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RECUEIL
CHISTORIENS
DES CROISADES
ten)
DOCUMENTS ARMÉNIENS
RECUEIL
DES
ISTORIE
DES CROISADES
PUBLIÉ PAR LES SOINS
DE L’ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES
DOCUMENTS ARMÉNIENS
TOME PREMIER
PARIS
IMPRIMERIE IMPÉRIALE
M DCCC LXIX
ÉBIBLIOTEECN
MEGA
VONACE NUS
Basyensche
S'aatshibliothek
Linshon
PRÉFACE.
I
Lun des deux volumes dont l'Académie des inscriptions et belles-
lettres m'a fait l'honneur de me confier la publication il y a quelques
années, et qui voit enfin le jour, contient les récits que les historiens
arméniens nous ont laissés sur les croisades et sur la part qu'y prirent
leurs compatriotes de la Cilicie. Ces ouvrages que j'ai mis à contribu-
uon sont dus, presque tous, à des contemporains, placés à proximité,
souvent même en face des faits qu'ils ont enregistrés. Ces ouvrages ont
été reproduits 1c1 par extraits plus ‘ou moins étendus, quelquefois en
entier, suivant le degré de convenance ou d'intérêt qu'ils m'offraient
pour le sujet auquel ce livre est consacré. L'ordre dans lequel je les
ai disposés, le rang que je leur ai assigné a été déterminé par l'âge
où les auteurs ont vécu et aussi par celui où commencent et finisssent
leurs récits. J'ai suivi la marche progressive du temps et la succession
des époques autant que me l'ont permis la nature et la provenance
des matériaux dont j'avais à me servir.
Quoique les écrivains arméniens ne se soient pas occupés des croi-
sades d'une manière spéciale et ne les envisagent que comme un épisode
de l'histoire générale de l'Orient ou de leur histoire nationale, il y à
néanmoins beaucoup à apprendre d'eux sur ce sujet, et 1ls nous révèlent
une foule de choses dont on chercherait vainement le souvenir ailleurs.
Plusieurs rapportent les mêmes événements, prennent pour cadre la
même période; mais là où se manifeste cette uniformité, elle n'a rien
d'absolu et ne crée pas un double emploi. Ils se distinguent en effet
l'un de l’autre par des circonstances particulières, par des appréciations
différentes que leur suggèrent le caractere personnel, la position ou
Hisror. AM. — 1. A
I | PRÉFACE.
les opinions de chacun d'eux. Je n'ai pas cru devoir faire disparaitre
ces répétitions et les dissimuler; j'aurais craint de détruire du même
coup ce quil y a en eux d'original, et d'effacer le cachet d'authenticité
que met si bien en relief ce rapprochement inattendu de tant de
témoignages divers. [l m'eût été facile de fondre tous ces fragments
en un ensemble ‘systématique, de les souder l'un à l'autre dans un
enchaînement chronologique continu; mais ce remaniement aurait eu
l'inconvénient grave de substituer une œuvre individuelle, artificielle-
ment élaborée, à la parole vivante ct animée des écrivains que j'amène
tour à tour sous les yeux du lecteur et qui viennent faire leurs confi-
dences devant lui. J'aurais donné un pastiche plus ou moins bien
agencé et non l'expression réelle et vrate des idées et des faits, des
doctrines et des passions d'un âge dont l'écho lointain retentit ainsi
inaltéré jusqu à nous. D'ailleurs, chacun de ces écrivains nous présente
en quelque sorte un tableau à part, qui peut être considéré et étudié
séparément, et dont l’âge se trouve indiqué dans la note préliminaire
ou courte préface qui l'accompagne; en outre une histe d'ensemble
permet d'apercevoir d'un coup d'æil le rang où ce tableau doit être
placé sur l'échelle des temps et dans l'ordre des recherches que l'on
se propose d'entreprendre '.
La situation du royaume de la Petite Arménie?, dans le voisinage
des colonies fondées par les Franks outre-mer, les liens formés de
part et d'autre par la communauté de religion, par une solidarité
d'intérêts et le besoin d'une défense réciproque contre les infidèles,
produisirent un rapprochement qui rend inséparable l'histoire de ces
divers établissements chrétiens.
Disséminés dans le comté d'Édesse, dans le nord de la Syrie et la
Cilicie, les Arméniens, en se trouvant mêlés et en prenant une part
1 Voir cette liste ou tableau synoptique à la vinrent s'établir dans le xr siècle; la scconde,
suite de’ la Préface, page xv.
? Je me suis servi, d'après un langage con-
ventionnel et généralement accepté, mais qui
n'exclut pas un défaut sensible de précision géo-
graphique, des deux appellations de Cilicie et de
Petite Arménie (Armenia Minor); la première,
employée par les Arméniens dans son vrai sens
inconnue ou du moins très-rare chez eux, mais
familière pour nous par l'usage, ou plutôt par
l'abus qu'en ont fait nos chroniqueurs du moyen
âge. Les Arabes connaissent cette contrée. ou
pour mexprimer plus exactement, sa partie
orientale, la Cilicie champêtre et le fragment de
la chaîne du Taurus qui la borde au nord, sous
historique, pour désigner la contrée sud-est de
l'Asie Mineure, qui s'étend depuis la chaîne du
Taurus jusqu’à la mer de Chypre, et où ils
la dénomination de Pays du fils de Léon, ou bien
encore de Pays de Sis.
_ PRÉFACE. NI
active aux événements qui s'accomplirent, à l’arrivée ou pendant le
séjour des croisés, dans ces contrées éloignées du théâtre principal
de l’action, ont dû connaître ces événements mieux qu'aucune autre
nation. Tandis que les chroniqueurs arabes, grecs ou latins, abondent
en détails sur les affaires de la Syrie moyenne et méridionale, ils se
montrent insufisants pour l'histoire de la principauté d'Antioche, pour
celle de la domination courte et brillante des comtes français d'Édesse,
confus ou muets en ce qui concerne la Cilicie. Nos historiens, en les
suppléant par les informations qu'ils nous fournissent sur ces points
obscurs ou négligés, comblent une lacune considérable, et, nous intro-
duisant dans un champ encore inexploré d'investigations, se recom-
mandert à notre attention. U
Par un effet de la position géographique que les Arméniens occu-
paient et que Je signalais tout à l’heure, plutôt continentale que ma-
riime, les entreprises des croisés exécutées par voie de terre leur
furent beaucoup mieux connues et sont décrites par eux d'une manière
plus exacte et plus circonstanciée. que les expéditions qui prirent la
route de mer. La Cilicie était le chemin le plus court, le seul ouvert
aux pèlerins armés de l'Europe qui dirigeaient leurs pas vers la Pales-
tine. C'est dans ces lieux qu'ils se rencontrèrent pour la première fois
avec les Arméniens, et que ceux-ci s'empressèrent de Îles accueillir.
Tancrède et Baudouin, frère de Godefroy de Bouillon, ayant
franchi le Taurus vers l’ouest, du côté du défilé célèbre dans l'anti-
quité sous le nom de Pyle Giiciæ, parcoururent chacun avec un déta-
chement de leurs plus vaïllants compagnons la vaste et fertile contrée
qui de Tarse s'étend jusqu'au golfe d'Alexandrette et qui était alors au
pouvoir des Grecs et des Turks; pendant que le héros normand en
achevait la conquête, le corps principal de l'armée, conduit par Gode-
froy, traversait péniblement la chaîne de l'Anti-Taurus pour aller dé-
boucher dans la plaine d’Antioche. Les Arméniens n'étaient pas encore
descendus de cette région de montagnes où l’un de leurs chefs les plus
hardis et les plus habiles, Roupên (Ruben), venait de jeter les fonde-
ments d'un petit État et d'asseoir la dynastie des princes qui de son
nom furent appelés Roupéniens. Mais au moment du siége d’Antioche,
et lorsque la famine et la maladie eurent envahi les rangs affaiblis et
découragés des soldats de la Croix, ils accoururent, leur apportant
À.
IV __ PRÉFACE.
des vivres et des provisions de toute sorte. Constantin, fils de Rou-
pên, était à leur tête, et son concours efhicace et généreux lui mé-
rita la reconnaissance et l'affection des chefs des croisés et son adop-
tion par eux comme frère d'armes. La fausse politique de plusieurs
chefs latins à l'égard des populations arméniennes, l'ambition qui les
portait à s'imposer à elles par la violence ou la ruse, et à les traiter
sans plus de ménagements que des infidèles vaincus, troublèrent de
temps en temps, mais ne détruisirent Jamais entièrement ces mutuelles
relations. Deux chroniqueurs, Matthieu d'Edesse et son continuateur
Grégoire le Prêtre, se sont faits les narrateurs aussi originaux que véri-
diques de la coopération active des Arméniens à la conquête labo-
rieuse de la Terre sainte par les Franks, des luttes acharnées que
soutinrent ces derniers contre les sulthans seldjoukides de la Perse et
contre leurs lieutenants, et de la conduite tantôt ouvertement hostile,
tantôt cauteleuse, et jusqu'à présent si mal définie, des sulihans d'Ico-
nium contre les Franks, les Arméniens et les Grecs.
La seconde croisade, sous les ordres de Louis VII et de l'empereur
Conrad, ayant échoué dans le centre de l'Asie Mineure, le bruit n'en
parvint pas, à ce quil paraît, dans les retraites du Taurus, où les suc-
cesseurs de Roupên vivaient cantonnés, puisque nos historiens gardent
le silence sur cette expédition. |
Mais, en revanche, ils sont très-explicites sur celle de Frédéric Bar-
berousse, en nous racontant sa marche à travers les domaines des
sulthans d'Iconium, la députation que lui envoyèrent Léon Il, qui
gouvernait alors la Cilicie, et le patriarche Grégoire VI, dit Abirad,
les secours que le prince et le patriarche arméniens firent parvenir aux
troupes du souverain allemand errant dans les plaines arides et désolées
de la Lycaonie, son arrivée à Seleucie Trachée et sa fin soudaine et si
malheureuse dans les flots perfides du Saleph (Calycadnus).
Comme on doit sy attendre, ils disent peu de mots de la croisade
conduite par Philippe-Auguste et Richard Cœur-de-Lion, et de celle
de saint Louis, dont le voyage s'opéra par mer et avec lesquels ils ne
furent qu'un instant en rapport. Le même motif les fait passer très-
rapidement sur les attaques réitérées que les flottes de l'Europe diri-
gèrent contre l'Égypte, et en général sur les expéditions postérieures
à la prise de Saint-Jean-d'Acre par les croisés en 1191. Ceux-ci
PRÉFACE. v
avaient désappris la route périlleuse de l'Asie Mineure, et les Armé-
niens, affaiblis par leurs dissensions intestines, menacés par de fornu-
dables voisins, entraînés sous les drapeaux des Mongols, n'étaient plus
en état d'agir spontanément hors de chez eux et de combattre, comme
autrefois, pour la cause commune des chrétiens.
Alliés naturels des Latins, sympathiques à leurs triomphes et à leurs
revers, ils font éclater ces sentiments toutes les fois qu'un motif légitime
de mécontentement ou leur susceptibilité blessée ne vient point en gé-
ner ou en arrêter l'effusion. Avec quels accents de tristesse ne déplo-
rent-ils pas la mort de Frédéric Barberousse et la perte des espérances
qu'avait fait naître son arrivée! La prise d'Édesse (1144), la chute
de Jérusalem (1187), retombées au pouvoir des infidèles, eurent
parmi eux un retentissement aussi grand, aussi douloureux que dans
tout le reste de la chrétienté. Ces funestes événements inspirèrent la
muse mélancolique de l'éloquent et doux patriarche saint Nersès Schno-
rhali (le Gracieux), et excitèrent la verve rude, mais énergique et puis-
sante, du patriarche Grégoire V, surnommé Dgh'a (l'Enfant). J'ai ex-
trait de ces deux compositions tout ce qu'elles renferment de détails
historiques, en laissant de côté les interminables invectives qu'une
pieuse ardeur suggère aux deux poëêtes contre les disciples de l'Alcoran,
artisans de ces désastres, ainsi que les longues digressions où ils dé-
ploient leur érudition théologique ou leurs sentiments de dévotion.
Les œuvres qu'a enfantées la littérature arménienne dans la Cülicie
sont, comparativement à celles dont elle s'est enrichie sur le sol natal
et fécond de la Grande Arménie, très-inférieures en mérite et en
nombre. Si l’on en excepte saint Nersès le Gracieux et un autre écri-
van, plus érudit peut-être, mais moins pur et moins élégant, saint
Nersès de Lampron, archevêque de Tarse, on ne pourrait mettre en
avant aucun nom qui ait brillé d'un vif éclat littéraire dans un pays où
les Arméniens eux-mêmes se considéraient comme étrangers et comme
des exilés. Des causes diverses, nées des malheurs du temps, se réuni-
rent pour contrarier ou arrêter le développement des lettres et des
arts. À partir du xiv° siècle, et à mesure que l'on descend le cours des
âges, les productions de l'intelligence, et surtout celles de la muse
historique, deviennent plus rares de jour en jour et finissent même
par disparaitre tout à fait au milieu des préoccupations suscitées par
LÉ
vi PRÉFACE.
les querelles religieuses, les révolutions intérieures et les invasions
continuelles des ennemis du dehors. |
Celles de ces productions qui ont échappé aux ravages du temps ou
à la main encore plus destructive des barbares, sont pour la plupart
conçues dans un style simple et vulgaire et qui porte l'empreinte du
siècle de décadence où elles virent le jour. Mais sous cette couche
inculte se cache une mine riche en renseignements sur la situation
intérieure de la Petite Arménie, sur les relations que ce royaume
entretenait avec les Latins de la Syrie et de l'Europe, avec les souve-
rains de l'Égypte et de l'empire d'Iconium, et avec les khans mongols
dont les princes de la Cilicie furent constamment les fidèles vassaux et
les auxiliaires.
À cette classe d'ouvrages appartiennent ceux qui sont signés des
noms suivants et que j'ai admis dans mon Recueil :
1° Vahram d'Édesse, dit Rabboun (maître ou docteur), secrétaire
du roi Léon II (1271-1289), auteur d'une chronique rimée, com-
posée par ordre de ce prince, pour faire suite au poëme historique,
Ù tauvuñmBh%, de saint Nersès le Gracieux ! : cette chronique s'étend
depuis l'avénement de Roupén [", vers 1080, jusques et y Coprs les
premières années du règne de Léon IL
2° Le maréchal d'Arménie, Héthoum, comte de Gor'i gos, connu
en Occident sous le nom de Haytho ou Haythonus monachus. par sa
Relation des Tartares. Un autre travail dont il est l'auteur, resté pen-
dant longtemps inédit et anonyme, et dont la véritable attribution a
été indiquée par le savant mékhithariste J. B. Aucher, qui s'en est fait
l'éditeur, consiste en une table chronologique des événements survenus
principalement dans la Petite Arménie depuis 1076 jusqu'en 1308.
3° Sempad, frère aîné du roi Héthoum [”, et connétable d'Arménie,
auquel est due une chronique en prose, abrégée de celle de Matthieu
d'Édesse et de Grégoire le Prêtre (952-1152), continuée par le même
Sémpad en rédaction originale jusqu'en 1274, et ensuite par un ano-
nyme jusqu'en 1335.
4° Le chronographe Samuel d’Ani, qui a pris pour base la chronique
1 Ce poëme est un abrégé très-sommaire de Il a été publié plusieurs fois, et en dernier
l'histoire des trois dynasties qui ont régné sur lieu dans le recueil des Œavres poétiques de
l'Arménie, antérieurement à celle de Roupên, ; saint Nersès le Gracieux; Venise, in-18, 1830,
les Haïciens, les Arsacides et les Bagratides. p. 478-559.
PRÉFACE. | vu
d'Eusébe, en l'appropriant à l'histoire particulière de l'Arménie, et en
prolongeant son travail jusqu en 1140 ou 1441, et qui a été continué
par un anonyme, dont les annotations très-concises et en même temps
trèsintéressantes nous conduisent jusqu'en 1340.
D'autres sources qui ne sont pas à négliger se rencontrent dans des
ouvrages d'exépèse ou de controverse religieuse, qui, étrangers à toute
intention purement historique, touchent incidemment et par quelques
points aux affaires générales du royaume ou à des personnages ayant
joué un rôle politique. C'est à ce titre que j'ai fait entrer dans mon
volume l'Oraison funébre de Baudown, comte de Kecoun et de Ma-
rasch, le Balduinus de Mares de Guillaume de Tyr, écrite par le doc-
. teur Basile, confesseur et ami de ce prince; des extraits du livre de saint
Nersès de Lampron sur le mystere de la messe et les institutions comparées
des différentes éqlises, la lettre du même prélat au roi Léon Il, et la re-
lation de la conférence qui eut heu en 1262, à Saint-Jean-d’Acre, entre
le docteur Mékhithar de Daschir, envoyé du patriarche Constantin Ie",
et le légat du pape, frère Thomas de Lentüil, évêque de Bethléhem.
_ Dans ces pages qu'aucune idée préconçue n’a dictées nous voyons
se dessiner au vif l'antagonisme des deux partis qui étaient alors
en présence dans la Cilicie et la Grande Arménie, le parti national ct
celui: des Arméniens latinisants, le roi et l'aristocratie, se rallier dans
un but tout politique à l'église romaine, le clergé inférieur et les masses
populaires repousser ces tentatives de rapprochement, les Franks
accourir en foule et peu à peu accaparer une position prédominante
à la cour de Sis, dans les rangs de l'aristocratie et de l'armée, se super-
poser partout aux indigènes, et le royaume divisé, par suite du mé-
lange et du conflit des populations, s'affaiblir, pencher vers sa ruine,
et enfin s'abimer dans une suprême et terrible catastrophe (1375).
Les compositions que je viens de passer en revue ont pour complé-
ment nécessaire des monuments d'un autre ordre et qui ne sont pas
moins précieux : 1° les monnaies des Roupéniens; 2° les notes histo-
riques où mémMOriaux, hzumwkwpuñe, des copistes ajoutés à la fin ou
dans le corps des volumes transcrits par eux, afin de marquer la date
de la transcription par celle de quelque événement remarquable con-
temporain; 3° les nombreuses inscriptions tracées sur les murailles des
palais, des églises et des monastères; et 4° les chartes émanées des
VIT PRÉFACE.
souverains de Sis, les lettres des papes, ou des princes et des répu-
bliques de l'Europe, avec lesquels ces souverains étaient en corres-
pondance, et autres pièces d'origine occidentale, comme mémoires
ou rapports, ayant trait aux affaires politiques où commerciales de la
Pétite Arménie. La publication de ces monuments divers est réservée
pour un volume subséquent, dont les éléments sont déjà en majeure
partie rassemblés.
Pour la période des Lusignans qui, après Léon V, remplacèrent
les souverains de descendance arménienne directe (1342), il ne nous
reste aucun souvenir historique de provenance nationale; lous les
documents ont péri dans les effroyables dévastations que subit alors
la Cilicie. Nous n'avons, pour écrire l'histoire de cette époque tour-
mentée et malheureuse, que les indications disséminées dans des chro-
niqueurs étrangers, et quelques pièces écrites par ordre des papes ou
des souverains de l'Europe qui conservaient encore des sentiments de
commisération pour les chrétiens d'Orient. C’est avec ces secours rares
et insuffisants que J'ai essayé dans un Appendice (p. 699-738) de resti-
tuer à la Petite Arménie, sous le gouvernement des Lusignans, ses
fastes perdus et jusqu'à présent ignorés.
IT
Les rapports des Arméniens, sujets des Roupéniens, avec les Occi-
dentaux, furent si multipliés au moyen âge; la région montagneuse
qu'ils habitaient avait une telle importance comme position stratégique
entre l'Asie Mineure et la Syrie, dont elle était la clef, et comme vote
de communication d'une contrée à l’autre: 1ls furent si souvent en
contact avec les Musulmans, leurs voisins, qu'il n'y a peut-être pas un
seul écrivain en dehors de ceux qu'a produits la littérature arménienne
qui, en traitant des alfaires de l'Orient à cette époque, n'ait l'occasion
de mentionner la Cilicie el ne puisse grossir ses annales de quelques
pages ou de quelques lignes. Je me bornerai à rappeler les noms de
ceux qui peuvent être les plus utiles pour le genre de recherches qui
nous occupe 101, et que j'ai le plus souvent consultés.
Parmi les Arabes se présentent Ibn-Alathir, dont la chronique,
le Kämel-ettewärik, embrasse l'histoire de la plus grande partie de
PRÉFACE. IX
l'Asie occidentale jusquen 628 de l'hégire (1230-1231); Kemäal-
Eddin, qui, dans son Histoire d'Alep, est riche en détails sur la prin-
cipauté d'Antioche, le nord de la Syrie et les contrées de la Cnicie
limitrophes: l'auteur de la Vie de Saladin, Behà-Eddm, qui nous dé--
couvre la ligne politique que suivit Léon IT à l'égard du conquérant
de Jérusalem, et qui noùs a transmis la lettre si curieuse que le pa-
triarche Grégoire Dgh'a adressa à ce redoutable ennemi des chrétiens
pour lui annoncer l'approche de Frédéric Barberousse et linstruire
des mouvements et de l'état de son armée. Postérieurement à la prise
de la Cité sainte, et lorsque la Petite Arménie eut été constituée en
royaume par le couronnement de Léon IT (1198), quand, plus tard,
la ruine complète des colonies latines d'outre-mer (1291) eut laissé
ce royaume seul en butte aux coups des sulthans d'Égypte, jaloux
d'abattre ce dernier rempart de la puissance chrétienne en Orient, les
auteurs arabes ont plus souvent l'occasion de diriger leurs regards et
leur attention vers la Cilicie; ils deviennent de plus en plus intéres-
sants à interroger, et remplacent les auteurs armén iens dont la pénurie
ou labsence se fait dès lors sentir. Noveiri, Abou l-Mehâcen relatent
quelques-unes des expéditions des princes égyptiens: contre les faibles
souverains de Sis: Makrizi, dans son Kitäb-essolouk, est plus abondant,
plus précis, et l'on voit qu'il a eu entre les mains des documents offi-
ciels, dont 1l a su tirer bon parti. Aboulféda, dans ses Annales, est un
guide excellent à suivre, surtout pour le récit des entreprises militaires
qui eurent lieu dans les premières années du x1v° siècle; car, en sa qua-
lité de prince de Hama, et comme l'un des feudataires des sulthans ma-
melouks, 11 marcha avec eux à la tête des troupes de sa principauté.
Ses énonciations substantielles, sous une forme très-concise, prouvent
qu'il parle en témoin oculaire et très-bien informé de ce qui se passait
dans l'intérieur de la Petite Arménie.
Mais de toutes les sources orientales aucune n'a pour nous autant
de valeur que la chronique syriaque du prélat jacobite Grégoire Bar-
Hebræus, dit Aboulfaradj. Nul n'était mieux que lui à portée des ren-
selgnements et n'a su mieux en profiter. Ses compatriotes étaient ré-
pandus partout dans la Cilicie; ils y possédaient quantité d'églises et
de couvents placés sous la protection des rois roupéniens. Longtemps
les deux églises arménienne et syrienne avaient subsisté debout l'une
HisTOR. ARM. — I. B
x ET PRÉFACE.
à côlé de l'autre, en communion et en paix. Au temps d'Aboulfa-
rad), il paraît qu'elles avaient fait scission, pour une cause que nous
ne Savons pas au juste, mais qui ne peul être que les tendances mani-
festées plus d'une fois, sous l'influence de considérations temporelles,
par le haut clergé de la Cilicie et l'aristocratie arménienne de s'unir
à l'église romaine. Écho passionné des idées les plus exagérées de sa
secte, l'historien jacobite ne dissimule point son aversion contre les
Arméniens; 1l ne leur épargne ni les insinuations malveillantes, ni
même les injures, et sa partialité doit nous tenir en garde sur ce point
_ contre lui. |
Les Byzantins, où nous avons aussi à faire notre moisson, sont
Anne Comnène, Cinnamus, Nicétas Choniates, et, à une époque plus
lardive, qui coincide avec le règne des Lusignans d'Arménie, Nicé-
phore Grégoras et Cantacuzène. Les Roupémiens, d'abord subordonnés
à l'empire grec, employérent un siècle d'efforts et de luttes pour s é-
manciper. Jean et Manuel Comnène dans leurs expéditions de Syrie
nous entrainent avec eux dans la Ciicie, qui était sur leur chemin,
et où nous les voyons s'arrêter «pour donner la chasse à ces vassaux
rebelles, sans parvenir jamais à les dompter entièrement. Enfin Léon II
s'affranchit de la tutelle byzantine, et, pour assurer son indépendance,
se place sous la suzeraineté de l'église romaine et de l'empire d'Occi-
dent. Il en obtient le titre de roi, se proclame lui-même autocrate,
agit, el le royaume de la Petite Arménie s'élève en même temps
que Île royaume de Chypre, constitué sur la même base et reconnu
dans le droit public des nations chrétiennes. Les successeurs de Léon IL
vécurent en bonne intelligence avec la cour de Constantinople, consi-
dérés par leurs anciens maîtres et traités par eux sur un pied d'égalité,
mêlant leur sang avec le sang impérial et avec celui des plus illustres
familles de la noblesse française d'Orient. Les Grecs sont placés par
leur nationalité et leur religion à un paint de vue, sinon contraire, du
moins tout différent de celui des Arméniens. La dissidence en matière
de foi avait engendré des deux parts une anlipathie analogue à celle
qui divisait les Grecs et les Latins. Les assertions des Byzantins, en ce
qui touche les hommes et les choses de la Petite Arménie, doivent donc
être contrôlées et discutées avec critique, pour y discerner ce qu'elles
offrent d’avéré et d'acceptable pour nous.
PRÉFACE. | xT
Les historiens latins de la première croisade, en décrivant la marche
pénible des Franks à travers les montagnes de la Cilicie, le siége d'An-
tioche et l'occupation d'Édesse par Baudouin de Boulogne, nous font
connaître les chefs arméniens retranchés dans ces hautes régions :
Kogh' Vasil ou Basile le voleur à Marasch et à Keçoun, maître aussi
du château de Hr'om-gla (château des Romains) et autres places fortes
voisines de l'Euphrate ; Pakarad (Pancrace) à Gouris (Cyrrhus ou Coros)
et à Areventan (Ravendan ou Ravendel), dans le nord de l'Euphratése;
Constantin, fils de Roupên, au centre et dans les parties reculées du
Taurus; et enfin à l'ouest, dans les environs des Pylæ Cilciæ, et
comme gardiens de ce passage, les seigneurs de Lampron, 1ssus
d'Oschin [°° et appelés Héthoumiens, du nom de Héthoum [°, fils de
cet Oschin.
L'espace de temps qu'a embrassé Guillaume de Tyr correspond à
très-peu près à la première période de la dynastie des Roupéniens,
période pendant laquelle ces princes cherchèrent à se dégager des
étreintes de l'empire grec, et à se rattacher à la confédération des
colonies latines de la Syrie. Le savant historien n aperçoit le pays où
régnait cette dynastie que dans un vague lointain; mais ces princes,
il les connaît très-bien et il parle d'eux avec son exactitude ordinaire,
toutes les fois qu'ils interviennent personnellement dans Îles affaires
des croisés. Ses continuateurs mentionnent plus fréquemment que lui
la Petite Arménie, leurs récits sont plus détaillés; la raison en est
dans les circonstances qui avaient changé la face de l'Orient latin. Le
royaume des Roupéniens avait grandi en importance et était devenu
une parle essentielle d’un corps politique, jadis puissant, maintenant
démembré par les infidèles, et à qui 1 ne restait plus pour sappuyer
que Saint-Jean-d'Acre et quelques autres villes du littoral syrien, et
en dehors du continent, le royaume de Chypre. À l’avénement de
Léon Il comme monarque indépendant (1198), la Petite Arménie
entre en communication directe avec l'Europe; elle ouvre ses ports
aux navires des républiques marchandes de fltalie, Venise, Gênes,
Pise, de la Sicile, de l'Aragon et de la Provence, et s'associe à ce
vaste mouvement de transactions et d'échanges qui se produisit alors
dans le bassin de là Méditeñranée. Les Latins affluaient dans la Cilicie:
plusieurs y occupaient de hauts emplois, y possédaient de vastes
BR,
XII PRÉFACE.
domaines, et jouissaient de la faveur du souverain et d'une grande
influence. Ce pays était une des étapes du Levant les plus fréquentées
par les voyageurs s'acheminant vers l'intérieur du continent asiatique.
Cest de ces pérégrinations et de ces rapports multipliés que provient
tout ce que nous lisons dans les ouvrages des deux Vénitiens Marino
Sanuto et Marco Polo, du cordelier Rubruquis et dans l'encyclopédie
historiqué du savant dominicain Vincent de Beauvais.
Dans cette énuméralion des sources extérieures auxquelles j'ai eu
accès, 1l faut encore citer une relation dont il a été déjà question plus
haut, celle que nous a laissée Héthoum, comte de Gor'igos. Retiré à
Poitiers, dans l’abbaye des Prémontrés, dont il avait pris l'habit, 11 se
servit de notre vieille langue française pour dicter un récit des guerres
des Mongols contre les Musulmans de la Syrie et de l'Égypte, guerres
auxquelles les Arméniens s'associèrent dans les rangs des Mongols, et où
notre historien se distingua en portant les armes à côté de Héthoum IF,
son souverain et son parent. |
Le contingent que nous fournissent les écrivains de nationalité étran-
gère dont les noms viennent de passer sous nos yeux se trouve chez
eux épars çà et là dans une foule de pages. Ceux des modernes qui ont
pris les croisades pour objet de leurs travaux, qui se sont imposé la
tâche de dérouler à nos yeux l'ensemble ou l'un des épisodes de ce
grand drame, ou bien qui ont entrepris d'éditer et d'interpréter les
monuments qui nous en restent, ont éprouvé un singulier embarras
en rencontrant dans le cours de leurs recherches des faits ou des per-
sonnages que revendique l'histoire de la Petite Arménie. L'impossi-
biité de recourir aux lexles originaux leur a fait commettre bien des
erreurs: le lien qui raltache ces textes à ceux d'une autre provenance
leur manquait. J'ai pris à lâche de leur mettre dans la main ce fil
conducteur, en plaçant en parallèle dans des notes souvent assez éten-
dues les témoignages arméniens avec ceux que j'ai recueillis ailleurs.
J'ai voulu donner ainsi à mon livre un double caractère d'utilité, par
une confrontation qui servira à éclairer et à expliquer les uns par les
autres. | |
J'ai considéré comme un préambule essentiel de mon sujet le récit
des expéditions tentées au x° siècle par les empereurs Nicéphore Phocas
et Jean Zimisces, pour arracher les Saints lieux des mains des infidèles;
PRÉFACE. XI
expéditions brillantes, mais qui n'eurent aucun succès durable. J'ai
emprunté ce récit à Matthieu d'Édesse qui nous à CONservé un docu-
ment très-précieux, primitivement écrit en grec, la lettre qu'adressa
Zimiscès à Aschod IT, roi bagratide d'Ani, dans la Grande Arménie,
et qui est comme le bulletin officiel de sa campagne de Syrie et de
ses triomphes sur les Musulmans. Cette lettre avait été probablement
ürée par notre chroniqueur des archives royales d'Ani.
Mais avant tout j'ai cru devoir faire connaitre au lecteur le théâtre
sur lequel nos auteurs .arméniens allaient le transporter, en lui pré-
sentant dans mon Introduction une esquisse géographique de la Cilicie
au moyen âge; en lui donnant une idée des institutions qui régissaient
ce royaume, de la hiérarchie des pouvoirs politiques ou religieux aux-
quels 1l était soumis, des transformations qui saccomplirent dans les
mœurs, les usages et les modes du costume et même dans le langage
des hautes classes et dans l'étiquette de la cour, sous l'influence et à
limitation des Latins: et en décrivant, dans un rapide apercu, le
commerce que les croisades avaient fait naître dans Île royaume des
Roupéniens, les établissements qu'y possédaient les marchands de
l'Europe, qui avaient obtenu la permission d'y fonder des comptoirs
permanents, et les capitulations qui garantissaient leur condition civile
et leur autonomie.
On me croira sans peine, Jose l'espérer, si ] afhrme que la réunion
et la mise en œuvre des matériaux qui composent ce volume m'ont
coûté de longues recherches et un labeur assidu de plusieurs années.
Les ouvrages que j'ai rassemblés étaient, au moment où ils ont été
livrés à l'impression, presque tous médits, el une partie, la plus con-
sidérable, voit ici le jour pour la première fois. [la fallu me procurer
au loin ou faire copier à grands frais, lorsque je ne pouvais en obtenir
l'envoi, des manuscrits qui ne se trouvaient dans aucune de nos biblio-
thèques de Paris, et mes démarches pour activer ces communications
ont eu plus d’une fois pour résullat une attente prolongée outre mesure,
quelquefois une déception. Dans les notes préliminaires ou préfaces
sommaires dont j'ai fait précéder chacun des auteurs de ma collection,
Jatindiqué l'origine des manuscrits dont je me suis servi soit pour établir
mon texte, soit pour l'enrichir de variantes. Malgré tout le zèle et l'habi-
leté consommée de l'Imprimerie Impériale, l'exécution typographique
XIV PRÉFACE.
a occasionné des difhicultés et des lenteurs inévitables. Il suffit d’un
regard jeté sur l'écriture arménienne pour voir aussitôt que plusieurs
des caractères qu'elle emploie ne diffèrent entre eux que par quelques
traits à peme perceptibles et peuvent facilement se confondre à l'œil de
l'éditeur ou sous la main de l'ouvrier typographe même le plus exercé;
il est possible ainsi de se faire une idée de l'attention et’ des soins
qu'exige la correction des épreuves. J'étais seul pour suffire à cette
besogne minutieuse et fatigante, et bien des inadvertances ont dù
m'échapper. J'ai commis aussi sans doute plus d'une erreur en inter-
prétant certains passages obscurs ou altérés dans les copies que J'ai
eues à ma disposition d'ouvrages qui n'avaient jamais été traduits
ou publiés. Comme spécimen de la révision critique à laquelle j'ai dû
me livrer et des chances que j'avais de m'égarer, je citerai l'Oraison
funèbre du comte Baudouin (p. 203-222), dont le texte, fixé d'après
un manuscrit unique, appartenant à la bibliothèque des pères Mékhi-
tharistes de Saint-Lazare, à Venise, nous est parvenu tellement mutilé
qu'il ne présente à première vue aucun sens d'un bout à l'autre. Ce
n'est qu'à force de patience et de conjectures que j'ai pu le restituer,
et je suis loin de me flatter d'y avoir toujours réussi. Je n'hésite pas à
faire le très-humble aveu de ces imperfections et de tant d'autres que
Je n'ai pas pu ou su éviter, et je prie le lecteur de me les pardonner
en faveur de ce que mon livre peut lui offrir de bon et de neuf.
ÉD. DULAURIER.
LISTE CHRONOLOGIQUE
DES AUTEURS ARMÉNIENS CONTENUS DANS CE VOLUME.
La lettre C. indique la date où ils commencent; F. celle où ils finissent.
Années de l'êre chrétienne.
1 Matthieu d'Édesse, Chronique. 1% extrait. C.......... 963
PR DRE RE 974
a Michel le Syrien, Chronique. Extrait. C......... en. 1011
3 Vahram d'Édesse, Chronique rimée des rois de la Petite
Arménie. C. vers............................ 1040
k Héthoum, comte de Gor'igos, Table chronologique. GC... 1076
5 Mardiros (Martyr) de Crimée, Liste rimée des rois de la
Petite Arménie. G........................... 1080
6 Le connétable Sémpad, NE du royaume de la Petite
tmdnie Fxirait, C........:................ 1092
* Matthieu d'Édesse. 2° extrait. C.................. 1096
7 Guiragos de Kantzag, Histoire d'Arménie. Extrait. C... 1097
8 Samuel d’Ani, Chronographie. Extrait. C............ = Même année.
1* Matthieu d'Édesse. 2° extrait. F................... 1 5 février 1137.
o Grégoire le Prêtre, Continuation de Matthieu d'Édesse. C. 16 février : 137.
10 Le Docteur Basile, Oraison funèbre de Baudouin, comte de
Keçoun et de Marasch... ..................... 1144
11 Le patriarche saint Nersès le Gracieux, Élégie sur la prise
d'Édesse par Emäd-eddin Z'angui................. Mème date.
. 9" Grégoire le Prêtre. F.............. PET ee 1163
12 Vartan le Grand, Abrégé d'histoire universelle. C. .. .... Même date.
13 Saint Nersès de Lampron, extraits de son ouvrage inti-
tulé : Réflexions sur les institutions des différentes Églises
et sur le mystère de la messe. ................... 1177
8” : Samuel d'Am.- PF: rss siemens ebtauwia 1179
14 Le continuateur anonyme de Samuel d’Ani. C........ 1185
15 Le patriarche Grégoire Dgh'a, Élégie sur la prise de Jé-
rusalem par Saladin. ......................... 1187
13° Saint Nersès de Lampron, Lettre au roi Léon Il...:... 1198
. 2* Michel le SN LE CL AE 1225
RE AE 1 CR Mème année.
1 OURROS Eu serie sn sean Même année.
16 Le docteur Mékhithar de Daschir, Conférence tenue à Saint-
Jean-d’Acre avec le légat apostolique... ...........
1202
684
610
24
413
h 47
150
152
204-222
226-268
169
465
569
456
Ibid.
272-307
603
409
L43
A30
693-698
X VI
LISTE CHRONOLOGIQUE.
Chant populaire sur la captivité de Léon, fils du roi Hé-
thount ET: 52322 vend os dis berenes
Le connétable Sémpad. F.......................
Vahram d'Édesse. F. vers.......................
Le continuateur anonyme du connétable Sémpad. C....
Le roi Héthoum IT, Poëme historique. ..............
Héthoum, comte de Gor'igos. F..................
Le continuateur anonyme du connétable Sëémpad. F....
Appendice. Fin du règne de Léon V et dynastie des Lusi-
_ gnans d'Arménie. G...........................
Le continuateur anonyme de Samuel d’Ani. F........
Mardiros (Martyr) de Crimée. F...... de A
ADPENICe PR De omis sed
Années de l'êre chrétienne.
1206
1274
1280
1286
1292
1307
1335
1339
1340
1405
Mème date.
Pages.
537
653
539
653
550-555
490
672
701
L68
685
738
INTRODUCTION.
a CE ——
LE ROYAUME DE LA PETITE-ARMÉNIE
OU
LA CILICIE AU TEMPS DES CROISADES.
CHAPITRE PREMIER.
GÉOGRAPHIE PHYSIQUE CONSIDÉRÉE DANS SES RAPPORTS AVEC LA GÉOGRAPHIE POLITIQUE.
L'une des provinces de l'Asie Mineure dont le nom réveille les plus antiques
et les plus mémorables souvenirs, l'une des plus importantes par sa position
géographique, est la Cilicie. Placée sur la limite des contrées qui furent le
théâtre de l'activité politique et commerciale des peuples anciens, et où s'éle-
vérent de puissants empires, elle se rattache, d'un côté, par la péninsule ana-
tolique, dont elle fait partie, à l'Europe, de l’autre, par la Mésopotamie et la
Syrie qui lui sont contiguës, à l'Asie et à l'Afrique; joignant comme par un
trait d'union deux mondes, l'Orient et l'Occident.
Les commencements de son histoire se perdent dans la nuit des temps et
les obscurités de la légende mythologique. Ses plaines basses, formées par
des alluvions et des atterrissements séculaires, nous apparaissent, dès l'âge
le plus reculé, occupées par des populations de race sémitique, auxquelles
vinrent dans la suite se mêler des colonies pélasgiques, argiennes et doriques,
qui se répandirent sur les côtes pour y chercher une nouvelle patrie et y
fonder des comptoirs. Tarse commençait déja à grandir sous l'industrieuse
impulsion des Phéniciens '.
La Cilicie était comprise dans les vastes domaines des rois d'Assyrie; le der-
nier de ces souverains, Sardanapale, chassé par deux de ses satrapes révoltés,
vint y chercher un asile; la tradition lui attribue la fondation de la ville ma-
ritime d'Anchialè, où fut son tombeau, monument remarquable surtout par
une inscription qui perpétuait la honte d'une existence vouée à la plus gros-
sière et la plus abjecte sensualité ?.
L'avénement des Perses à la domination de l'Asie occidentale leur donna la
l Ritter, Erdkunde, Band IX, Klein-Asien, TheilIl, dateur de Tarse; cf. Strabon, liv. XIV, P. 462, éd.
P. 197-220, a résumé l’histoire de Tarse, dans l'an- Casaubon, et Clearchi Solensis Vitarum fragmenta
tiquité, au moyen âge et à l’époque moderne. dans Carol. Müller, Fragm. Histor. Græc. 1.11, p. 305,
? Cette inscription annonce qu'il fut aussi le fon- col. 1, éd. Didot.
Histor. arm. — L. c
7 =— — —
—
me
OO =
RE
_—_ = ‘+
——
XVIII | INTRODUCTION. :
Cilicie, et Darius fils d'Hystaspe, dans la division des satrapies de son empire,
lui assigna le quatrième rang’. Alexandre le Grand la parcourut en maitre, y
laissant une trace ineffacable de son passage par sa victoire d'Issus. À la mort.
du héros macédonien, cette contrée échut, parmi les dépouilles de sa riche
succession, aux Séleucides, qui la conservérent, jusqu'a ce qu'elle tombät au
pouvoir des Romains, vers la fin de la guerre contre Mithridate. Le partage de
l'Empire par Théodose entre ses deux fils, Arcade et Honorius, la fit entrer
dans le lot des souverains de Byzance. Au vur° siècle, les Arabes vinrent s'y
implanter, et le khalife Haroun el-Réschid en restaura et en fortifia les villes
principales. Deux siècles plus tard, les Grecs, conduits par deux empereurs,
qui furent de vaillants capitaines, Nicéphore Phocas et Jean Zimiscès, les
Grecs en reprirent possession, mais pour s y voir bientôt troublés par de nour-
veaux arrivants. Sortis des steppes de l'Asie centrale, les Turks envahirent
rapidement la Perse et les pays limitrophes à l’ouest, et, d'un élan irrésis-
üble, pénétrérent jusque dans l'Asie Mineure, où 1ls établirent la dynastie
des Seldjoukides d'Iconium dans la seconde moitié du x1° siècle.
Les populalions chrétiennes de la Grande-Arménie, refoulées par ces
hordes victorieuses, avaient commencé à sinfiltrer dans les montagnes du
Taurus. De ces hauteurs inaccessibles, descendant peu à peu dans la Cilicie
des Plaines, et gagnant le littoral jusqu'au golfe de Pamphylie ou de Satalie,
elles fondèrent le royaume de la Petite-Arménie. Voisin et allié des colonies
latines que les croisades avaient créées dans la Syrie, ce royaume subsista
pendant trois siècles, jusqu'en 1375, époque où 1l succomba sous les coups
réitérés et terribles des sulthans mamelouks d'Égypte. De leurs mains dévas-
tatrices la Cilicie passa aussitôt après à celles de l'un de ces émirs turkomans
qui, après la chute des Seldjoukides d'Iconium, se partagèrent l'Asie Mineure,
Karaman Ibrahim-Bek, dont le nom a fait donner à la Cilicie moderne
celui de Karamanie. Dans le cours du xv° siècle, les sulthans de la dynastie
d'Othman, profitant de l'état d'affaiblissement où ces émirs étaient tombés,
et sétant rendus prépondérants, finirent par absorber successivement tous
les Étatsrivaux. Sélim II étendit ces agrandissements jusqu'aux extrémités de
la Péninsule anatolique et acheva la conquête de la Gilicie. Aujourd'hui cette
contrée, province de l'empire ottoman, relève des successeurs de ce prince;
mais son éloignement de Constantinople, en paralysant l'action du pouvoir
central, laisse toute la partie montagneuse au pouvoir de tribus turkomanes
et kurdes, mélangées d'Arméniens, qui abritent derrière Îles rochers du Tau-
rus leur vie pastorale et leurs prétentions à une complète indépendance.
$ 1.-— Configuration générale du sol; montagnes et défilés.
Les lunites de la contrée dont nous venons de parcourir les annales à vol
d'oiseau sont si bien définies par la nature, elles la séparent d'une manière
si tranchée des pays voisins, que lon ne saurait imaginer une démarcation
politique différente de celle qu'indique le relief du sol. A l'ouest s'élèvent,
1 Hérodote, IL, xc.
CE = _
ss ER DE
Ê 1.4 i
a kg à
INTRODUCTION. | XIX
comme un mur immense de circonvallation, les hautes chaînes de l'Isaurie
et de la Ciicie-Trachée. Ce massif de montagnes présente la figure d'un vaste
triangle, dont la base, au nord, s'appuie sur les plaines de la Lycaonie; l'un
des côtés est tracé par le bord oriental du golfe de Satalie; le second côté par
le rivage occidental du golfe de Pompeïopolis; le sommet de ce triangle est
le cap Anemour, Anemurium promontorium, la pointe de terre de l'Asie Mi-
neure la plus avancée vers le sud.
Sur le littoral pamphylien, Sidé (Eski-Adalia, ou la Vieille-Satalie)}!, le port
où s'embarqua Cicéron, en quittant sa province proconsulaire de la Cilicie
pour retourner à Rome, marque le point jusqu'où s'étendit l'autorité ou du
moins l'influence des princes arméniens. Nous savons d'une manière positive
que cette limite atteignait le Manavgat-Tchaï (Mélas) dont Sidè avoisinait
l'embouchure à l'est.
Un très curieux document que nous a conservé le connétable Sémpad dans sa
Chronique, et qu'il avait tiré probablement des archives royales de Sis, est la
liste des seigneurs de la Petite-Arménie, maîtres de châteaux forts, gkpquunknp,
qui furent conviés au couronnement de Léon II, en 1198 °. Cette liste nous
fait connaître le château de Manavgat qui, avec celui d'Alara, quelques lieues
plus à l'est *, était alors en la possession d'un chef nommé Mikhaïl ou Michel.
Sinous pouvions identifier tous les noms géographiques contenus dans la liste
précitée avec les dénominations que d'autres sources nous aident à retrouver
sur cette côte, peut-être aurions-nous à reculer encore plus à l'ouest et au
dela du Manavgat-Tchaï“ les bornes de la domination arménienne; mais
aucun lémoignage historique ne nous autorise à supposer qu'elle ait compris
même momentanément une ville aussi importante que Satalie.
Les défenses naturelles qui protégent la Gilicie étaient renforcées par celles
que la main de l'homme avait élevées. À l'embouchure des cours d'eau, sur
le sommet ou la croupe des montagnes, dans les anfractuosités des vallées
ou les défilés des montagnes, des châteaux forts projetaient vers le ciel leurs
murs redoutables. Si l'on jette les yeux sur une carte de ce pays, on recon-
naît aussitôt par la dénomination arabe-turke de Kalëé (château) que portent
une foule de localités, et qui dénote le site d'une ancienne construction mili-
taire, combien le nombre en était considérable. Un auteur du v° siècle, Moïse
de Khoren, affirme que la Cilicie renfermait quantité de forteresses et de villes*.
! Je dois avertir une fois pour toutes que, pour
éviter la continuelle répétition des mots ancien et
moderne, en comparant les dénominations géogra-
phiques usitées dans l'antiquité avec celles d’au-
Jourd'hui, je me bornerai à indiquer celte corres-
pondance en la plaçant entre parenthèses.
? Voir cette liste ci-dessous, p. 636-63K.
* Cette position était sur le cours d'eau appelé
maintenant Alara-Sou à l'est du Manavgat-Tchaï.
Près de l'embouchure et sur la rive droite de l’Alara-
Sou, existe un village du même nom; non loin de
là, on voit se dresser un rocher élevé qui se détache
comme une dalle gigantesque du reste de la mon-
lagne , et qui est couronné par les ruines pittoresques
de l'ancien château aujourd'hui Alara-Hissar ou
Alara-Kalessi). Voir M. de Tchihatcheff, Asie Mi-
neure, 1" partie, p. 279.
* En prenant pour limite extrême du royaume
arménien le Manavgat-Tchaï, nous avons très-exac-
tement celle que Pline {Hist. nat. V, xxu\ assigne à
la Cülicie dans les temps les plus anciens : fénisque
antiquus Ciliciæ Melas amnis.
5 Géographie, dans ses Œuvres complètes, p. 603,
éd. de Venise, in-8°, 1843. Le texte publié par les
frères Whiston à la suite de leur traduction de l'Hirs-
toire d'Arménie, de Moïse de Khoren , et, d'après eux,
par Saint-Martin, dans ses Mémoires historiques et
géographiques sur l’ Arménie, t. 1, p. 301-394, porte
c,
ET NS Eu D - ge
XX | INTRODUCTION.
Michel le Syrien', au xu° siècle, nous dit que le roi Léon II commandait à
soixante et douze châteaux, et le connétable Sëmpad, qui est du siècle sui-
vant, en énumère, dans sa liste précitée, quarante-neuf de premier ordre,
sans compter les forteresses dont 11 parle incidemment dans lé cours de son
ouvrage.
Une ligne de placés fortes et de châteaux, dont les ruines attestent pour la
plupart une structure byzantine, s'avançait tout le long de la côte de la Ci-
licie-Trachée. La plus importante de ces places était Sélefké (Séleucie),
dont le château commandait le cours du Saleph (Calycadnus}?, à quatre
lieues en amont de son embouchure. Située au centre de la Cilicie-Trachée,
Séleucie avait le rang de métropole; elle fut le plus solide boulevard de cette
frontière sous le règne des Roupéniens, contre les Musulmans d'Iconium.
À la pointe orientale du massif triangulaire dont nous venons de décrire
la figure, se soude la chaîne qui, sous les différents noms modernes de Boul-
gbar-Dagh, Ala-Dagh et Youldouz-Dagh, se continue par les ramifications de
l'Anti-Taurus jusqu à Sivas (Sébaste) et Tokat (Eudoxias), en enveloppant la
Cilicie du côté du nord. À l'extrémité occidentale de ce rempart souvre un
défilé débouchant de la Cappadoce, et par où passait au temps des Achémé-
nides la route royale de Sardes à Suse°. Ce défilé, célèbre dans l'antiquité sous
le nom de Pylæ Ciliciæ“, est décrit par Xénophon* et Diodore de Sicile dans
le récit de l'expédition qui conduisit le jeune Cyrus de Sardes, chef-lieu de
sa satrapie, jusque dans les plaines de la Mésopotamie, à Cunaxa. Le frère et
le rival d'Artaxerxe Mnémon le iraversa sans obstacles, favorisé par la négli-
gence imprévoyante de Syennésis, roi de la Cilicie. Alexandre le Grand, en
marchant à la rencontre de Darius, n'y éprouva pas plus de diflicultés ?; les
soldats chargés d'y faire la garde avaient pris la fuite, et le gouverneur de
Tarse, Arsame, ayant abandonné précipitamment cette ville, était allé re-
joindre le gros de l'armée perse, campée sur l'Euphrate.
Lorsque l'Asie Mineure eut été rangée sous l'obéissance des Romains, le dé-
fé des Pylæ Ciliciæ livra passage à un voyageur qui, sans être d'extraction
- royale et un. Pannes aussi considérable que les prépedents, n'était pas ce-
pendant homme à se laisser oublier par la postérité. En l'année 703 de Rome
(51 av. J. C.), Cicéron s'acheminait, en partant d'Éphèse, par les étapes suc-
cessives de Tralles, Apamée, synpade, Philomelium Iconium et Cybistra, jus-
qu'aux Pylæ Ciliciæ, et de là à Tarse, chef lieu de son gouvernement. Aprés
lenombre de ces forteresses à trois cent soixante-cing,
bpEp Swphep dufBunu h éfvy. Mais ce chiffre est une
de ces interpolations dont cet ouvrage a été surchargé
et qui en avaient fait à tort suspecter l'authenticité
par Saint-Martin. Les récents éditeurs, les RR. PP.
Mékhitharistes de Venise, les ont avec raison élimi-
nées. !
1 Voir ci-dessous, p. 405, notre Extrait de la
chronique de Michel le Sÿrien.
2 Voir ci-dessous, p. 636-638 et 648.
# Hérodote, V, Liv.
Le défilé de Gouglag des Arméniens, Cogulat
ou bien Cojulacium dans les chartes latines des
princes Roupéniens, Porta Judæ des historiens la-
tins des croisades, Kulek-Boghaz des Turks.
$ Anabase, I, 1.
6 Biblioth. histor. XIV, xx.
7 Arrien, De Exped. Alexandri, lib. HT, p. 65, ed.
Gronovius, 1704 ,in-fol. et Quinte Curce { Vita Alex...
IT, 1v). On lit dans ce dernier auteur : « Alexander
« fauces jugi quæ Pylæ appellantur, intravit. Con-
«“templatus locorum situm, non alias magis dici-
« turadmiratus esse felicitatem suam ; obrui potuisse
« vel saxis confitebatur, si fuissent qui in subeun-
“tes propellerent; iter quaternos vix capicbat ar-
« matos.»
INTRODUCTION. | XXI
avoir retracé dans sa correspondance son itinéraire officiel, il n'a garde d'o-
mettre les travaux et les hauts faits de sa campagne contre les montagnards
indépendants de l'Amanus, et surtout le titre d'imperator qu'elle lui valut”.
Deux siécles plus tard, Pescennius Niger, poursuivi par Septime Sévèére,
contre lequel il s'était déclaré, se retrancha derrière ce passage, qu'il avait for-
tifié avec le plus grand soin. L'armée impériale y aurait été arrêtée sans pou-
voir peut-être jamais le franchir, si les pluies et la neige fondue, s'accumulant
en torrent, neussent balayé les obstacles dressés devant elle. Les Dieux, dit
Hérodien, dirigèrent sa marche, et Pescennius Niger, complétement battu,
périt dans la plaine d'Issus, sur le même champ de bataille qui avait vu la
défaite de Darius”.
Sans vouloir rappeler ici tous les souvenirs historiques que suscite cette
voie, à suffira de dire qu'elle continua à être suivie comme la grande route
de l'Occident vers l'Orient, à travers la Péninsule anatolique. C'est ce que
montrent les routiers officiels de l'époque impériale, ainsi que les témoignages
des écrivains des âges postérieurs. En partant d'Iconium, qui était un des centres
où convergeait le réseau des voies romaines de l'Asie Mineure, deux de ces
voies traversaient le Taurus par les Pylæ Ciliciæ. L'une existe encore toute
tracée dans la vallée du Tarbas-Tchaï*, le plus méridional des affluents de
droite du Sarus (Seyhän); l'autre passait plus haut, probablement par la vallée
de Kirk-Getchid (les Quarante passages); elles se réunissaient à la station
thermale d'Aquae Calidae, non loin du Tachta-Kôpru (Pont de planches)".
Mais jamais la route des Pylæ Cihciæ ne fut plus fréquentée qu'au temps
où le grand mouvement des Croisades entraïnait les nations de l'Europe en
Asie, et où florissaient l'empire d'Iconium et le royaume de la Petite-Armé-
nie. C'est par ce défilé que les chrétiens, sujets de ce royaume, pénétraient
sur le territoire des infidèles de la Cappadoce, et que ceux-ci venaient faire
du dégât chez les Arméniens. Au rapport du connétable Sémpad, le roi Léon II
avait porté ses courses au nord du Taurus is Le Héraclée, Laranda et
même jusqu'à Césarée, qu'il assiégea el mit à sac”.
Le vaste massif du Boulghar-Dagh, au pied duquel s'ouvre le passage pré-
cité, est coupé par de nombreuses vallées, dédale inextricable sans le secours
d'un guide. C'est dans l'une de ces vallées solitaires que dut s'aventurer et
que ségara Baudouin, frère de Godefroy de Bouillon, après avoir quitté
* Ad Atticum, V, xur-xxi, et VI,1-vu; ad Fami- Là se trouvait sans doute un édifice bâti par les sou-
liares, 1, x-xix; HE, v-vuis VIE, xxx; IX, xxv; XIII,
H-IX, LIH-LXV* XV, 1-x1v.
? Hérodien, liv, IE, p. 189 et suiv. éd. de 1665;
Dion Cassius, liv. LXXIV (in Epit. Xipbhilini),
p. 313-315, éd. d'Henri Estienne, 1592, in-fol.
Zonaras, Annales, XII, vi. Cf. Tillemont, Hist.
des Empereurs, t. IL, p. 32-35, a° édit. in-4°, Paris,
1702.
* La dénomination de Tarbas-Tchaï est composée
de deux mots, l'un turk, ske rivière, l'autre ar-
MEDIEN, quwpmuu palais, Ce dernier nom, qui s'est
conservé jusqu'à présent, désigne un emplacement
situé sur le revers septentrional du Boulghar-Dagh.
verains Roupéniens, ou par les princes Héthoumiens
de Lampron, qui dominaient dans cette partie du
Taurus. Ce nom a cela de remarquable qu'il fixe
Ja limite des possessions des Arméniens au nord-
ouest, quoique par la conquête et momentanément
ils se soient étendus encore plus loin de ce côté.
4 Ritter, Erdk. B. IX, Th.Il, p. 254. Cf. Antonini
Aug. tiner. p. 41, et Îtiner. a Burdigala Hierusalem
usque, p. 181, ed. Fortia d'Urban et Miller. Hérodote
" (V, cn) distingue aussi deux passages sur ce même
point: émi dè Toïos Toutewr oÙporot diËds Te mas
duebeXGs na dE QuAaxripia mapaueileas.
5 Chronique, ci-dessous, p. 644.
XXII INTRODUCTION.
la grande armée des Croisés à Héraclée pour entrer en Cilicie', tandis que
Tancrède, à la tête d'un autre détachement, ayant pris la voie ordinaire,
arrivait directement devant Tarse.
Au moyen âge les Pylæ Ciiciæ étaient une des stations du commerce
de transit qui se faisait par la Cilicie avec l'Asie Mineure. Les marchandises
que recevait le port d'Aïas ou Lajazzo (Ægææ) dans le golfe d'Alexan-
dretie” étaient dirigées dans l'empire d'Iconium, soit à demeure, soit pour
une destination plus éloignée. Les Arméniens s'employaient comme intermé-
diaires de ce négoce très-lucratif pour eux.
Des forteresses dont plusieurs sont encore apparentes par les ruines qui
couronnent les hauteurs voisines des Pylæ Ciliciæ, commandaient l'entrée et le
parcours de ce passage. Sur le revers du Taurus qui fait face à la Cappadoce,
et comme poste d'avant-garde, s'élevait Gybistra* dont ïl est souvent question
dans les lettres de Cicéron. Au commencement du xn° siècle, cette forteresse
appartenait à trois chefs grecs, fils d'un certain Pantaléon (Mandalé, [Pauruyk),
vassaux de l'empire byzantin. C'est dans ses murs et de leurs mains que périt
Kakig II, dernier roi de la dynastie des Bagratides d'Ani, et, à ses créneaux
que fut pendu, par un outrageant raflinement de cruauté, le corps inanimé
de l'infortuné monarque. Matthieu d'Édesse, en racontant comment le prince
Roupénien Thoros [* tira vengeance de ce lâche assassinat et s'empara de ce
château“, nous donne une idée de la force de sa position et de la solidité de
ses murailles. |
A l'entrée du défilé et dans la vallée du Sarus, se trouvait la ville forte de
Podandus, Butrentoth des chroniqueurs latins des Croisades*. En s'enga-
geant plus avant, on distingue par des pans de muraille encore debout,
à gauche sur la cime de la montagne, le château, appelé Anascha-Kalessi,
puis Gouglag (Kulek-Kalessi), qui donnait son nom au défilé; à droite, sur le
versant méridional du Boulghar-Dagh, tel que nous le montre la carte de
l «Interea dominus Balduinus, ducis frater,
«cum his qui secum advenerant, devia seculus,
« maximan) victus pertulerat inopiam; tandemque
« post multos errorum circuitus, in montis verticem
« casu se contulit, unde subjectam Ciliciæ regionem,
« cum suis urbibus , usque ad mare prospectu libero
« posset intueri. » (Guillaume de Tyr, HI, x1x.)
2 Issicus sinus des anciens; au moyen âge et pour
les Arméniens, 39 &w»3, Golfe d'Arménie ; pour
les Européens, Golfe de Canamelle { Culfum Ca-
ramelle de Marino Sanuto; voir sa carte de la côte
méridionale de l'Asie Mineure à la suite de son ou-
vrage intitulé : Secreta fidelium crucis, dans Bon-
gars, t. Il). |
3 Les Arméniens écrivent Ufghuwnw, lranscrip-
tion du grec Kü6:opa. On sait qu'il y avait deux places
du nom de Cybistra ou Cyzistra; l’une, indiquée par
Ptolémée (V, vi,$ 15) dans la préfecture de la Cappa-
doce, par 39° 20' de latit. (Cybistra de la table de Peu-
tinger, entre Césarée et Tyane), l’autre dans la pré-
fecture de la Cataonie (V, vi, $ 7), par 38° 15 de
latit. Cette dernière se rattachait comme siége épis-
copal à l'éparchie de la seconde Cappadoce, dont
elle était une des huit villes principales, et politi-
quement au Thème arméniaque (Hiéroclès, Synec-
dème, 37° éparchie, et Constantin Porphyrogénète,
de Thematibus, Th. II dictum armeniacum).
Matthieu d'Édesse (ci-dessous, p. 67) dit qu’elle
était située sur les limites des possessions de Tho-
ros [*, dans la contrée de Tzëgan-Dchour, Qu
One (Rivière du poisson), en face des montagnes
des Kamirs (Cappadoce). Le nom arménien de cette
place est écrit Guëntrôsgavis ou Guëntrosgé.
# Adannum 528 (1079-1080); voir sa Chronique
complète, chap. cix, t. [°° de la Bibliothèque histo-
rique arménienne, p. 183-184.
$ Voir le même chroniqueur, ad annum 560
(1111-1112), chap. Lvir, ci-dessous, p. 97-100.
6 Zonaras (Annales, XVI, xxv) cite un autre chà-
teau , à cette entrée de la Cülicie, et il le nomme
Api&i6rov. L'empereur Nicéphore Phocas, dans sa
seconde expédition contre les Sarrazins de Tarse
(965), prêt à s'engager dans le Taurus, par les
Pylæ Ciliciæ, y laissa sa femme et ses enfants.
mt
à
am à
+ —
INTRODUCTION. XXII
M. Théod. Kotschy, le Tansit-Kalé', et au pied de la même montagne Lam-
pron (Nimroun), jadis la résidence de la famille des princes Héthoumiens,
position redoutable, et qui seule eût suffi pour arrêter une invasion, si ces
princes n'eussent pas été constamment en rivalité et en guerre avec les Rou-
péniens, et empressés de prêter la main aux Grecs et aux Turks, éternels
ennemis des Arméniens. Au nord-est et à une faible distance, le Gaënsin-
Kalé, sur l'emplacement duquel a été bâti le petit village de Gaënsin, corres-
pond peut-être au site de l'ancienne forteresse de Babar'ôn, fief dépendant des
Héthoumiens et apanage des cadets de cette famille.
Dans l'itinéraire de la Mecque, rédigé au xvir siècle pour l'usage des pe-
lerins qui vont visiter le sanctuaire vénéré de l'islamisme?, la route, en cou-
pant l'Asie Mineure par le milieu, franchit le Kulek-Boghaz (Pylæ Ciiciæ),
où elle se bifurque; un embranchement conduit droit à Tarse, et le second,
qui est la voie postale, celle que suivent les pélerins, s'infléchit pour aller
aboutir à Adana.
Il y a quelques années, le Kulek-Boghaz à repris un instant son importance
stratégique, lorsque le vice-roi d'Éeypte, Méheémet-Ah, déclara la guerre au
sulthan Mahmoud son suzerain. Le fils du vice-roi, Ibrahim-Pacha, après avoir
conquis sur les Ottomans la Syrie et la Karamanie, entreprit de leur fermer
l'entrée du Taurus, en faisant fortifier le Kulek-Boghaz par un ingénieur
polonais, le colonel Schultz (Yousouf-Aga); mais le tbisasent de la paix
après la bataille de Nezib, décisive en faveur des Égyptiens, et la retraite de
ces derniers, par suite du traité de Londres (1840), rendirent ces travaux
de défense inutiles: ils ont été abandonnés par les Turks et sont maintenant
en ruines.
Un autre passage, par lequel la Cülicie était en rapport avec l'empire
dIconium, à travers la chaîne du Taurus isaurien, et qui avait pour points
d'arrêt principaux Mout (Claudiopolis) et Ermének (Germanicopolis), nous est
connu par un chroniqueur chypriote du xv° siècle, Diomède Strambaldi®, dont
le texte, écrit en grec, ne nous est parvenu que dans une version italienne.
Cet auteur nous apprend qu'un office de douanes était établi à Pilerga; ce
leu ne saurait être que le bourg de Pilergonda ou Pilawganda", dans la val-
lée de Nawahy, bassin de l'un des affluents de l'Ermének-Sou (Calycadnus),
ou Heuve de Sélefké’, Mais rien ne nous permet d'aflirmer, comme on l'a fait,
que Pilerga ou Pilergonda ait jamais appartenu aux souverains arméniens, et
! 6600 pieds d'altitude. Voir la carte du Kulek- È Pilergonda ou Pilawganda semble être la forme
Boghaz (Skizze des Bulghar-Dagh im cilicischen archaïque, perpétuée jusqu'à présent, du mot Pi-
Taurus, zwischen den Cydnus Quellen und den lerga. On reconnait en effet dans Pilergonda la ter.
Sarus bei Bozanti) à la fin de l'ouvrage de M. Théod. minaison qu'affectent une foule de noms géogra-
Kotschy, intitulé : Reise in dem cilicischen Taurus phiques, dont l’origine est rapportée aux Cariens,
über Tarsus, Gotha, in-8°, 1858. et qui se rencontrent dans toute la partie sud-ouest
? Extrait du Kitdb menassik el-Hadj (Livre des cé- de l'Asie Mineure et jusque dans l'ile de Rhodes,
rémonies du pèlerinage}, trad. par M. Bianchi, tels que Alab-anda, Cary-anda, Oro-anda, Dalis-
dans les Mémoires de la Société de géographie, t. If, andus, Asp-endus, Âl-inda, Cal-ynda, Isi-onda, etc.
P- 99-100. 5 Nommé aussi Gôk-Sou (eau couleur bleu cé-
* Ms.italien de la Bibliothèque PR n°386, leste).
ad annam 1361.
XXIV | INTRODUCTION.
que leur domination ait de beaucoup dépassé la vallée du Calycadnus inférieur.
Le haut plateau isaurien était au pouvoir des Seldjoukides, et, après la chute
de leur dynastie vers la fin du xmi° siècle, cette contrée fit partie de la prin-
cipauté d'Ermenek, dont les émirs, descendants de Karaman Ibrahim-Bek,
la possédaient au temps où Strambaldi vivait. Ce sont eux sans doute qui
avaient institué ce bureau de douanes à Pilerga, sur la frontière occidentale, à
l'un des points par où les marchands chypriotes et ceux de l'Europe, et prin-
cipalement les Génois, avaient alors accès dans l'intérieur de l'Asie Mineure?.
I est probable que le nom d'Ermenek*, qui remplaça le nom ancien de Ger-
manicopolis, vient de ce que cette ville était peuplée d'Arméniens; mais aucun
historien ne la cite comme ayant été comprise dans le royaume de la Petite-
Arménie. La supposition toute contraire du P. Indjidji, qui veut que ses com-
palriotes en aient été les maîtres, à l'époque des princes roupémiens, n'a
d'autre fondement que la valeur étymologique qu'il attribue au mot Ermenek".
A l'autre bout de la chaîne du Taurus ciicien, dans l'est, s'ouvre la vallée
du Pyrame ou Djeyhân, qui mettait en communication la Cappadoce, et par
contiguité , la région de l'Euphrate supérieur, avec la Petite Arménie. Dans le
système de routes militaires qui sillonnaient cette partie de l'Empire romain,
il y en avail une qui reliait les deux métropoles de la Cappadoce, Césarée et
Sébaste, avec la Cataonie, au sud (theme de Lycandus sous l'empire byzantin),
et les villes d'Arabissus, Comana, Cucussus ou Cocusus*. Elle pénétrait en
plein dans la vallée du haut Pyrame, à Marasch (Germanicia), et de là des-
cendait dans la vaste et fertile plaine qu'enserrent de part et d'autre le Cydnus
et le Pyrame et où florissatent les villes de Tarse, Adana, Anazarbe et Mop-
sueste. L'itinéraire d'Antonin traverse le Taurus oriental, en échelonnant sur
1 Environ deux journées de marche en amont de
Séleucie-Trachée, mais deux très-petites journées,
comme dut les fournir l’armée de Frédéric Barbe-
rousse, épuisée de fatigue et de privations en sortant
du territoire d'Iconium pour entrer dans la Petite-
Arménie (1190). « Et Turchimanni agrestes qui non
« sunt de potestate soldani semper infestaverunt eos
« (scihcet Theotonicos) usque in Armeniam. Post-
« quam venerunt in Armenia et ascenderunt mon-
« tana, ipsi amplius non fuerunt secuti, sed invene-
« runt Armenos et Græcos, qui dederunt eis forum.
« Post descenderunt de montanis et devenerunt flu-
«men Calphii (leg. Salaphii) et iverunt duos dies
« per ripam illius. » (Annal. Mediolanenses, dans Pertz,
t. XVII, p. 381. Cf. sire Raul, sive Radulphi Medio-
lanensis, de Rebus gestis Friderici I Comment. dans
Muratori, Rer. [talic script. t. VI, col. 1094-1095.)
? Cf. les ouvrages de deux auteurs arabes du
xv° siècle, Schehàb-Eddin {Messalik-el-absar, chap.
de l'Asie Mineure, trad. par Ét. Quatremère, dans
les Not. et Extr. des Man. t. XII, p. 339 et suiv.)
et Ibn-Batoutah, trad. par MM. Sanguinetti et. De-
frémery, Asie Mineure, t. Il, p. 255 et suiv. et
* Voyages d'Ibn-Batoutah dans l'Asie Mineure, trad.
par M. Defrémery dans les Nouvelles annales des
voyages, 1851;M. de Mas Latrie, Des Relations po-
litiques et commerciales de l'Asie Mineure avec l'ile de
Chypre, sous le règne des princes de la maison de Lusi-
gnan, dans la Biblioth. de l'École des chartes, Ilsérie,
t. 1, p. 301-330; Professor Aug. Schônborn's Tage-
buch, dans Ritter, Erdk. B. 1x, Th. IT, p. 368-370.
— Cf. la carte de l'Asie Mineure de M. Kiepert,
sect. v, et celle de M. P. de Tchihatcheff, f° 2, où
la position de Pilerga est marquée par Île groupe
montagneux du Pilawganda-Dagh {Kiepert) ou Pi-
laouganda-Dagh (TchihatchelT).
3 Ce nom est composé du mot Ermen, RL
«arménien » et de la terminaison ek. Ces éléments
de formation appartenant à la langue turke, il sem-
ble en résulter que le changement du nom de Ger-
manicopolis en celui d'Ermenek a dû avoir lieu au
temps où cette ville appartenait aux émirs de la
famille de Karaman, et non point sous les rois de
. la Petitc- Arménie, comme l'a pensé Ritter, L. L.
p. 308.
* Sue E juñuncuitt unpur, BE uuquwbptiny Suns
E dudiuutu (pacphubuug 4nsEgur ju PET Ep.
tuw.p. Géogr. de l'Arm. moderne, p. 370.
5 Coxon des historiens latins des croisades, au-
jourd'hui Gôgsün ou Gôgsyn.
XXV
INTRODUCTION.
ce parcours les postes militaires de Cocusus, Laranda, Badimum, Flavias
(Sis) et Anazarbe. Cetle route tenait le milieu entre le cours du Sarus
et celui du Pyrame, en franchissant plusieurs rivières, leurs tributatres. Si
l'on suit la marche de Godefroy de Bouillon dans cette partie de l'Asie Mi-
neure, on voit qu'après sêtre élevé depuis Reclei (Héraclée), vers le nord-est,
jusqu'aux environs de Césarée, le chef de la grande armée des croisés arriva
devant Marésie (Marasch)* en gravissant à grand'peine la chaine que les chro-
niqueurs latins nomment les Montagnes du Diable. D'après Matthieu d'E-
desse ‘, les guerriers de l'Occident s'emparèrent, chemin faisant, d'Ablastha”,
et s'y établirent. Mais leur occupation ne fut pas de longue durée, puisque
ce même historien relate, sous la date de 554 de l'ère arménienne (1105-
1106), qu'ils en furent chassés cette année par les habitants, révoltés contre
eux par les excès et la tyrannie dont ils les rendaient victimes.
Sous la domination arménienne, ce passage, par la vallée du Pyrame, avait
pour barrière un château dont il est parlé souvent dans les annales des princes
Roupéniens, le château de Gaban°. C'était le lieu de sûreté de ces princes en cas
de danger, celui où ils déposaient leurs trésors, et la clef de l'entrée de la Cüli-
cie par la Cappadoce orientale ou par le nord de la Syrie. C'est dans ses murs
!_ Recueil des itinéraires anciens, éd. Miller, p. 62.
? Le savant géographe Ritter a cru devoir éta-
blir une distinction entre Marésie, où parvinrent les
croisés immédiatement après être sortis d'Héraclée,
etoù mourut Gutuera, femme de Baudouin, frère de
Godefroy (Guill. de Tyr, Ill, xviu), et entre Marésie
(Marasch ou Germanicia) qui était située plus à l’est,
au milieu des Montagnes du Diabl:, et supposer une
lacune dans le texte de l'archevêque de Tyr; mais
les expressions dont se sert celui-ci (ibid. xxv) , « Bal-
«duinus ad majorem exercitum quijam Maresiam,
‘ai prædirimus, pervenerat, sociis id exigentibus,
«reversus », semblent indiquer qu’il s’agit ici d’une
seule et même ville.
Ÿ Voici la description de ces montagnes et des
fatigues qu'y éprouvèrent les croisés. C'est un té-
moin oculaire, le prêtre Tudebode, qui parle :
« Nos autem qui remansimus , exeuntes inde ex urbe
«Coxon intravimus in Diabolicam Montaneam,
“quæ tam nimis erat alta atque angusta, quod nul-
* lus nostrorum audebat per tramitem ejus aut per
‘semilam, quæ in monte patebat, ante alium præire.
«Illic præcipitabant sese equi, et unus saumerius
* præcipitabat alium. Milites ergo stabant undique
«tristes; plaudebant manibus præ nimia tristitia
«atque dolore, dubitantes quid facere debuissent
«de semetipsis et de suis armis, vendentes suos cly-
* peos et loricas nimis optimas et galeas solummodo
‘per tres aut quinque denarios, sive per id quod
“plus potuerant habere. Qui autem vendere nequi-
« bant gratis et immune jactabant et ibant. Exeuntes
‘intur de exsecrata montanea, pervenimus ad
“quamdam civitatem quæ vocatur Marasim.» —:
Histor. de Hierosol. itinere, thema IV, vi. Cf. Tude-
bodus abbreviatus, IV, v: Tudebodus imitatus et con-
Hisror. arm. — I.
tinuatus, cap. xxx, et Roberti monachi fistor.
Lherosol. IE, xxvi.
Chap. xu1, ci-dessous, p. 80.
* Aujourd'hui Albistan ou Elbostan (le Jardin).
D’Anville (Géogr. anc. abr. dans ses Œuvres com-
plètes, éd. de Manne, t. Il, p. 286) pense que cette
ville pourrait répondre à la Comana Cappadociæ, et
le P. Léonce Alischan a adopté cette opinion dans
sa Géographie politique (en arménien), $ 1884,
p. 565 (Venise, in-4°, 1853}. Le colonel Lapie
(Recueil des itinéraires anciens, édition précitée, p. A9,
61, etc.) assimile Comana à Viran-Schebr, qui
est plus au nord. Mais l’une et l'autre de ces iden-
tifcations donnent lieu à quelques difficultés; car
Ablastha ou Elbistan est citée par Matthieu d'Édesse
(chap. xzr) comme la capitale du district de Dchaham
ou Djeyhän, contrée qui tirait son nom de celui de
ce fleuve, et qui, par conséquent, était située tout
près de ses bords. Cette position ne convient pas à
la Comana Cappadociæ, sur le Sarus (cf, Procope,
De Bell. Pers. \, xvn), nià la moderne Viran-Schebr,
assez éloignée du Djeyhân, tandis qu'Elbistan se
trouve dans le voisinage de ses sources. Cf. la des-
cription d'Elbistan dans Indjidji, Armén. mod.
p.378, et Ritter (d’après le missionnaire américain
Perkins. 1857), B. IX, Th. Il, p. 18-22.
6 En arménien Ywgwv, Gaban, littéralement « dé.
filé. » Qugvey pépn Gabno -pert où Guru pkpy
Gabna'-pert signifie forteresse ou château de Gaban.
Cette dénomination est transcrite en syriaque par
Aboulfaradj (Chron. syr. p. 329) LS
Gabnou-pert, et en grec par Cinnamus (I, vi) rè
Karviomepre Ppouprov. C'est ainsi qu'il faut lire dans
ce dernier historien, et non Kamvéoxepri, comme
portent toutes les éditions,
INTRODUCTION.
que le dernier souverain de la Petite-Armêéme, Léon VI de Lusignan, serré
de près par les troupes du sulthan d'Égypte, Mélik-Aschraf Scha' ban, courut
chercher un dernier asile en 1374. Geite place était considérée comme im-
prenable, et en effet, investie par une armée nombreuse et aguerrie, et défen-
due seulement par une poignée d'hommes, elle résista jusqu'à ce que les
horreurs de la famine eussent contraint, au bout de neuf mois, les assiégés à se
rendre". Comme premier fief de la couronne, Gaban avait pour tenancier un
des plus hauts dignitaires de l'État, appelé à ce poste d'honneur par la confiance
du souverain, ordinairement l'un de ses fils ou de ses plus proches parents.
Parmi les revenus de ce domaine, 1l y en avait un qui devait être considé-
rable : c'est celui qui provenait des droits de douane dont étaient frappées les
marchandises qui par ce point entraient dans le royaume où en étaient expor-
tées”. Par là, en effet, passaient les caravanes qui allaient chercher à Tauris,
en Perse, les produits de l'extrême Orient, el qui les rapportaient en touchant
aux stations successives d'Édchmiadzin, Erzeroum et Erzingan dans la Grande-
Arménie, et ensuite à Sébaste de Cappadoce* ; de cette derniére ville elles
descendaient la vallée du Pyrame jusqu'a Mamistra, et de là arrivaient au
port d'Aïas, où ces produits trouvaient des acheteurs européens.
Sur l'un des affluents du haut Pyrame, l'Anabad-Sou ou Korsula-Sou, 1l
existe un lieu dont le nom, écrit Geben, est évidemment le même que Gaban,
en tenant comple de l’adoucissement de la voyelle a en e, opéré par les ha-
bitudes de la prononciation turke. Ce nom nous révéle le site de l'ancienne
forteresse arménienne".
L'Amanus, qui borde la Gilicie à l'est, projette du nord au sud deux ra-
meaux qui contournent le golfe d'Alexandrette. Le premier, le rameau occi-
dental, en se développant presque parallèlement au cours du Pyrame, sur la
gauche de ce fleuve, va se terminer au cap de Mégarse {Kara-Tasch Bouroun,
(Cap de la Pierre-Noire e); le second, le rameau Ron suit, en se courbant
légèrement, les inflexions de la côte orientale du même golfe, et se termine
par une saillie (le mont Pierius) qui domine le Rhossicus Scopulus ou Räs-
el-Khanzir (la Tête du port |
Les passes donnant accès de la Syrie dans la Cailicie par la chaîne : l'A-
mauus étaient désignées dans l'antiquité sous le nom de Pylæe Amanides ou
Amanicæ et de Pylæ Syriæ ou Cilicie. Xénophon*, en retraçant la marche du
XXV1
voyage de Tarse à Trébisonde, dans la Revue fran-
çaise, t. VI, 1836, p. 336-338) écrit Gheiben. On
1! On peut voir dans notre Appendice (ci-dessous,
p. 718-721) le récit du siége et de la reddition de
Gaban, ainsi que de la captivité du roi Léon, de sa
famille et des seigneurs de sa cour qui se trouvaient
renfermés avec lui dans la place.
2 Cet office de douanes est mentionné dans un
privilége commercial accordé par Léon IT aux Gé-
nois, en 1215, et publié à Turin dans les Monu-
menta historiæ patrie, t. 1, n°514, col. 574-576.
3 Voir plus loin, chap. 111, $ 1, les détails de cet
itinéraire, d'après Balducci Pegolotti.
* Cette identification de Geben avec Gaban a été
signalée par M. Kiepert (apud Ritter, Erdk. B. IX,
Th. IT, p.36 et157). M. Ch. Texier {Fragment d'un
ht Geben sur la carte de M. de Moltke à la suite de
Briefe über Zustande und Be.
gcbenheiten in der Türkei, Berlin, 1841, et sur celle
de M. Kiepert, sect. V.
5 Anabase, 1, 1v. — De Tarse au Sarus (Wapos
dans le texte de Xénophon), large de trois plèthres
son ouvrage intitulé :
(90 mètres), 2 étapes, 10 parasanges; du Sarus au
Pyrame, 1 étape, 5 paras.; de là à Issus, dernière
ville de la Cilicie, 2 étapes, 15 paras.; d’Issus aux
_portes de la Cilicie et de la Syrie, 1 étape, 5 paras.:
de ce dernier point à Myriandrus, sur le territoire
de la Syrie, à étape, 5 paras.
0
XXVII
INTRODUCTION.
jeune Cyrus, Quinte-Curce! et Arrien?, dans leurs récits de la bataille d'Issus,
distinguent ici trés-clairement deux défilés. Si l'on suit les mouvements
d'Alexandre et de Darius dans ces lieux, en prenant pour guides les deux
historiens du conquérant macédonien, il est impossible de ne pas reconnaître
la position des Pylæ Amanides dans la coupure qui divise le rameau oriental
de l'Amanus en deux tronçons, le Gusel-Dagh et l'Akma-Dagh *. C'est par ce
défilé que déboucha l'armée perse dans la plaine étroite où elle vint st impru-
demment se livrer aux habiles manœuvres et aux coups décisifs d'Alexandre.
Les Arabes nomment ce défilé &;ù xs Derbend-el-Merry. Aboulféda en
parle dans sa Géographie", à propos du château de Serfendkar. « Ce chà-
teau fort, ditl, est situé non loin de la rive méridionale du Djeyhän sur
le: chemin du Derbend-el-Merry qui se trouve à l'est dudit château, à une
portion de journée de marche. La contrée qui s'étend entre le Derbend-el-
Merry et Serfendkar est plantée en pins qui, pour la hauteur et la grosseur,
n'ont leurs pareïls nulle part ailleurs. » Dans ses Annales, 1 rapporte qu'en 697
de lhéoire (1298), le sulthan d'Égypte Latchin ayant envoyé des troupes pour
dévaster le territoire de Sis, un détachement entra dans la Cilicie par le
Derbend-el-Merry, et l'autre franchit l'Amanus, au sud, par le défilé d'Isken-
deroun (Mexandrette), dépendant de Bagras (Pagræ), et longea la route qui
borde la mer; et qu'ensuite ces deux détachements se réunirent sur les rives
du Djeyhän.
Ce dernier défilé, celui d'Iskenderoun, nous représente les Pylæ Syriæ
proprement dites’, c'est-à-dire le passage resserré entre la mer et l'Ama-
nus, qui est unpeu au-dessus d'Alexandrette, les fauces de Quinte-Curce*.
Ârrien ne laisse aucun doute sur cette attribution”, lorsqu'il raconte les
combinaisons stratégiques dont usa Alexandre, pour surprendre son adver-
saire. Le roi de Macédoine s'étant porté sur Myriandrus, après avoir fran-
chi ce passage, revint sur ses pas, et le traversa de nouveau pour atteindre
l'armée des Perses, campée sur les bords du Pinarus (Deli-Tchaï). Tout auprès
est le lieu appelé Aræ Alexandri par Cicéron, Bomitæ par Pline”, le Sakkäl
Thoutän, bb Je, de l'Itinéraire de la Mecque, Jonas’ Pillars des navigateurs
! Lib. IL, cap. vu.
? De Exped. Alex. lib. Il, p. 75.
Ÿ Ce passage est très-clairement indiqué sur la
carte de M. Kiepert et sur celle qui accompagne l’ou-
vrage posthume de Barker {Lares and Penates or Ci-
licia and its governors, London, in-8°, 1853), publiée
par le savant voyageur M. W. Ainsworth, le plus ré-
cent auteur qui se soit occupé de cette intéressante et
difficile question des défilés ciliciens. Diodore de Si-
cile (XIV, xx), en parlant de la marche du jeune
Cyrus de la Cilicie en Syrie, décrit ce passage avec
une précision qui nous en fait retrouver tout de
suile l'emplacement. « Ce lieu, par sa situation natu-
relle, dit-il, est étroit et escarpé, de manière à pou-
voir être gardé par une poignée d'hommes; les mon-
tagnes sont très-rapprochées l’une de l’autre. L'une
est abrupte et a des précipices considérables : l'autre
est le point de départ du seul chemin qui s'ouvre
dans ces lieux; elle s'appelle le Liban et s'étend
jusque dans la Phénicie. L'espace compris entre
ces deux montagnes est d'environ trois stades ; il est
fortifié de part en part au moyen d’un mur et fermé
dans sa partie la plus étroite par des portes. Cyrus
les franchit sans danger ; après une marche de vingt
jours, il parvint à la ville de Thapsaque, qui est
sur l'Euphrate. » Quinte-Curce (II}, vnr) nous ra-
mène à ce méme lieu, lorsqu'il nous dit : « forte
«eadem nocte et Alexander ad fauces, quibus Syria
«aditur, et Darius, ad eum locum, quem Amanicas
« Pylas vocant, pervenit. »
1 P. 257, éd. Reinaud et de Slane.
Pyle Syrie Ciliciæ de la carte de M. RISErE,
6 Lab. HIT, cap. vu.
7 Lib. I, p. 71-72.
$ Epist. ad famil. XV, 1v (Lettre à M. Caton).
9 [list. nat. V, xvurr.
XXVIII INTRODUCTION.
modernes. À l'époque arménienne, au moment où les relations de la Cilicie
avec les colonies latines d'outre-mer étaient dans toute leur activité, ce pas-
sage était fréquenté par les marchands et les pèlerins, qui ne cessaient d'affluer
d'un pays dans l'autre. C'est la Portella ou le Passus portellæ de Willebrand
d'Oldenbourg ', de Marino Sanuto* et des chartes latines émanées de la chan-
cellerie royale de Sis. Le premier de ces deux auteurs le place à quatre
milles (germaniques) d'Alexandrette (à peu près 30 kilomètres), distance
comptée à une demi-journée de marche par l'auteur vénitien. Les souverains
arméniens y avaient établi un office de douanes où les marchandises intro-
duites de la Syrie dans leurs États par la voie de terre acquittaient les
droits d'entrée, tandis que celles qui étaient apportées directement dans le
port d'Aias par les navires d'Europe, de Chypre ou de la côte syrienne, rele-
vaient de l'administration centrale, dont le siége était à Tarse.
Cette appellation de Portella traduit le nom générique de qmn% (porte),
par lequel les Arméniens désignaient les ouvertures des montagnes don-
nant entrée dans le cœur de leur pays, et en particulier les Pylæ Syrie. Ce
dernier sens, tout local, s'induit d'un texte de Grégoire le Prêtre’, où 1l ra-
conte qu'en l'année 604 de l'ère arménienne (1155) le sulthan dIconium,
Mac'oud, ayant envoyé de ce côté un des lieutenants de son fils Kilidj-Arslan,
nommé Yakoub, à la tête de trois mille hommes, pour aller ravager le terri-
toire d'Antioche, cet officier fut battu et exterminé avec tout son détachement
par une troupe de Franks, auxquels s'était adjoint Sdéph'ané, frère du prince
Thoros II. Comme le chroniqueur qualifie ces Franks de freres, guerriers amis
du Christ, on doit conclure de cette expression qu'il entend parler des Tem-
pliers, qui possédaient Gaston ou Gastim et plusieurs autres châteaux sur le
revers oriental de l'Amanus, aux confins du territoire d'Antioche, et que
c'est dans le voisinage de la Portella que ce combat eut lieu‘.
D'Antioche à la Portella, on arrivait à travers la montagne, par deux voies
ayant Bagras pour point commun de départ. L'une allait aboutir sur le
golfe d'Alexandrette, au-dessous de cette ville, au Castellum Gothofredi. C'est
la passe qui prend son nom actuel du village de Beïlan, position assimilée
par M. W. Ainsworth à l'Erana de Cicéron, au Pictanus de 1Ttüinéraire de
Bordeaux à Jérusalem. Cette voie, la plus courte pour se rendre de la Syrie
dans la Cilicie*, et la plus suivie dans tous les temps, l'est encore par les
1 Willebrand d'Oldenbourg, qui décrit de visu la 2 « Exeuntibus Armeniam Minorem occurrit via
Portella, s'exprime ainsi :
« Hoc est casale bonum, prope se habens portam,
«a qua ipsum denominatur. Hæc sola {leg. porta)
« sita est in strata publica, in ripa maris, et est orna-
«tissima, albo et valde polito marmore composita ;
«in cujus summitate, ut dicitur, ossa Alexandri
« prænominati requiescunt ; qui illic se, ut volunt,
« poni mandavit, ut reges et principes per illam por-
«tam transeuntes, eum etiam mortuum super sua
« capita sustinerent, quem aliquando vivum super
«se sustinuerunt. Hoc casale distat ab Alexandreta
«quatuor millia. » (Îtiner. Terræ sancte, p. 14.)
«arcta inter montes et mare, et vocatur Passus Por-
«tellæ, inde media dieta per maritimam pervenitur
« Alexandretam et inde transitur Montagna nigra. »
— Secreta fidelium crucis, lib. III, part. XIV,
Cap. 11.
3 Chap. cxv, ci-dessous, p. 171-172, et ibid.
notes 1 et 2.
4 Voir ci-dessous, p. 171, note 1, et notre Extrait
de Michel le Syrien, ci-dessous, p. 349.
Cette voie passait tout auprès du château de
Gaston, qui était à quatre milles d’Antioche et non
loin de Bagras. « Quibus expletis, montes qui medii
INTRODUCTION. xXIX
Musulmans de la Roumélie et de l’Anatolie que leur dévotion attire à la
Mecque. La seconde, qui se dirige au nord, est le défilé de Bagras (Bagras-
Beli-Boghaz); elle croise l'Amanus, en côtoyant l'éminence que surmonte le
château de Merkez, et descend directement aux Pylæ Syriæ ou Portella.
Ce dernier passage une fois franchi, un autre obstacle attendait le voyageur
cheminant tout le long du golfe d'Alexandrette et venait l'arrêter au seuil de
la Ciicie. Vers le sommet de ce golfe, la montagne, en se rapprochant de la
mer, ne laisse qu'un espace très-étroit, barré par une porte monumentale, le
DémirKapou de l'Itinéraire de la Mecque. « C'est une voûte bâtie en pierre, dit
l'auteur de ce routier, sous laquelle on passe et où les marchands payent les droits
d'entrée !. » Ce défilé ne doit pas être confondu, comme cela est arrivé sou-
vent, avec les Pylæ Amanides, formées par les deux segments principaux de
lAmanus oriental, le Gusel-Dagh et l'Akma-Dagh, et par où Darius pénétra
dans la plaine d'Issus. On ne saurait placer aïlleurs qu'au Démir-Kapou le défilé
dont sempara Parménion, lorsque Alexandre, campé à Castabalus, le fit partir
en avant pour aller reconnaître les difficiles abords d'Issus”. La station doua-
niére que le rédacteur de l'Itinéraire de la Mecque indique à ce point exis-
tait déja, sans doute, à l'époque arménienne, quoiqu'il n'en soit fait mention
dans aucun des monuments contemporains; mais comme nous savons que le
bureau de douanes de la Portella se maintenait encore en 1323, sous le règne
de Léon V', il est à présumer que celui du Démir-Kapou, plus avancé dans
l'intérieur du royaume, était aussi en exercice en même temps. Les conve-
nances topographiques marquent ce dernier emplacement comme point d'arrêt
pour les importations des régions de l'Euphrate supérieur, par les Pylæ Ama-
nides, tandis que le Passus Portellæ, dans le voisinage immédiat d'Alexan-
drette, était particulièrement affecté aux provenances de la Syrie.
Pour se rendre bien compte de la situation territoriale et politique du
royaume de la Petite-Arménie, par rapport aux colonies latines de la Syrie,
ou aux puissances musulmanes avec lesquelles il fut sans cesse en contact
ou en danger, il faut avoir en vue les trois défilés qui coupaient la frontière
orientale, et dont la position est maintenant bien déterminée. Ce sont en
allant du nord au sud :
1° Les Pylæ Amanides, dans la chaîne orientale de l'Amanus, Derbend el-
Merry des Ârabes:;
2° Le Démir-Kapou, au sommet et au nord-ouest du golfe d'Alexandrette;
3° Les Pylæ Syro-Ciliciæ ou Portella, défilé d'Iskenderoun d'Aboulféda,
«Alexandriolam Guastonemque oppidulum diri- * On en a la preuve par un traité de paix
«munt, conscendit (Tancredus), viam difficilem conclu, cette même année, 1323, entre le roi
«sed cunctarum ad Syros directissimam. » (Raoul de d'Arménie et le sulthan d'Egypte, Mélik-Nacer-
Caen, cap. xuiv, p. 639.) Mohammed. On lit dans cette pièce : « Soldanus de-
1 Cf. ltinéraire de la Mecque, p. 104-105. « bet habere ab Armenis tributum consuetum anno
2 ,Ïbi Parmenio regi occurrit, quem præmise- «quolibet; ultra hoc debet habere medietatem diric-
“rat ad explorandum iter saltus, per quem ad ur- «tuscommercii Layacii et Portellæ et medietatem sa-
«bem Isson nomine penetrandum erat; atque ille, «linarum. » (Joannis XXII Epist. t, IV, p. 2, epist.
“angustiis ejus occupatis, et præsidio modico re- secret. p. 8g ; dans Rainaldi, Annal. eccles. t. V,
«“lieto, Isson quoque desertam a barbaris ceperat.» p. 221, ad annum 1323, S IX.)
(Quinte-Curce, I, vn.)
XXX /
INTRODUCTION.
entre Alexandrelte et Païas (Baïæ), communiquant avec la Syrie par le Ba-
gras-Beli-Boghaz et la passe de Beïlan. |
Sur cette frontière, le royaume de la Petite-Arméme était, plus que partout
ailleurs, vulnérable et exposé aux plus redoutables attaques. Il en fut garanti,
tant que furent debout les établissements chrétiens de la Syrie, qui formaient
comme un rempart protégeant ses approches contre les sulthans d'Egypte;
mais après la prise de Saint-Jean d'Acre par Melik-Aschraf Khalil, en 1291,
et la ruine complète des Latins, ce royaume, en butte aux coups immédiats
d'ennemis acharnés, finit à son tour par être abattu, en 1375.
Aussi, dès l'antiquité, la Cilicie orientale avait été pourvue de solides et
nombreux ouvrages de défense et hérissée de forteresses. Dans la relation
de sa campagne contre les montagnards de l'Amanus, Cicéron dépeint les
abruptes retraites où ils vivaient retranchés, Erana leur chef-lieu, moins un
bourg qu'une ville, dit-:1, Sepyra et Commoris, dont la résistance fut longue
et opiniâtre; et les autres six forteresses qu'il prit d'assaut, et celles en très-
grand nombre qui furent livrées aux flammes”.
Douze à treize siècles plus tard, la position la plus avancée que les Armé-
niens aient occupée dans ces montagnes, est Gaston ou Gastim, château très-
fort, dépendant du territoire d'Antioche*. Il est vrai que cette place ne fut
en leur pouvoir que quelques années, au moment où Léon II, à l'apogée de
sa puissance, était invesli de la tutelle de son petit-neveu Raymond Rupin,
prince d'Antioche. Nous dirons plus loin * comment il fut forcé par le pape
Innocent III de la rendre aux Templiers qui la revendiquaient, en vertu d'un
droit de conquête antérieur et déjà ancien.
Sur le bord oriental du golfe d'Alexandrette, ies princes roupéniens possé-
daient la ville qui donne son nom à ce golfe, place forte, récemment détruite,
à l'époque où Willebrand d'Oldenbourg la visita (1211), mais que, dans la
suite, ces princes firent restaurer; Nigrinum ou Castrum regis nigrum, qui
répond peut-être au château actuel de Merkez; Canamella, château dont le
nom rappelle celui de la canne. a sucre, que l'on cultivait dans les environs,
et Diéguër, AÿY4ke (Giguerium des Chartes latines), sur le territoire de Paias
(Baiæ), fief que Léon IT, en 1214, livra avec Nigrinum et autres domaines
en antichrèse aux Hospitaliers, en garantie d'une somme de 20,000 besants
sarrazins, au poids d'Âcre, qu'ils lui avaient prêlée.
1 Lettre à M. Caton, ad Famil. XV, 1v.
? « Hoc est castrum quoddam fortissimumi, tres
teur de Guillaume de Tyr {XXIV, xxxv, p. 136-137)
ajoute que Foulques de Bouillon, qu'il qualifie de
« habens muros circa se fortissimos et turritos, situm
«ia extremis montibus Hormeniæ, illius terræ in-
« troitus et semitas diligenter observans; et posside-
«tur a rege ilhus terræ, scilicet a rege Hormeniæ ; in
« cujus possessione Templarii conqueruntur se spo-
« liari. Ipsum vero directe et de vicino prospicit An-
«tiochiam et distat quatuor millia. + (Willebrand
d'Oldenbourg, Jtiner. p. 13.)
Saladin s'était emparé de Gaston après la prise de
Jérusalem ; mais à la nouvelle de l'arrivée de l'em-
pereur Frédéric Barberousse, il évacua cette place
(1190). En nous apprenant ces faits, le continua-
cosin germain de Livon (Léon Il), en prit alors pos-
session et qu'il la conserva vingt ans; ce qui nous
porterait en 1210. Mais l’on verra plus bas que le
roi d'Arménie s'en était rendu maître au préjudice
des Templiers, bien avant 1199, et qu'il l'avait
donnée au moins dès 1107 à sire Adam, ancien
seigneur de Bagras, lequel s'était mis à son service, et
qui figure comme témoin et signataire d'un acte en
date du 17 mars 1107, sous le nom de Adam de Gasto-
nis (charte de donation de Raymond Rupin aux Hos-
pitaliers, Paoli, Codice diplom. t. 1, p. 95, n° xci).
$ Ci-dessous, p. 171, note 2.
XXXI
INTRODUCTION.
En s'avançant vers le nord, dans la plaine qui s'étend entre les deux bran-
ches de l'Amanus, puis en remontant de proche en proche dans le Taurus par
la vallée du Djeyhän jusqu'à Gaban, on voyait se dresser de distance en dis-
tance, comme de vigilantes sentinelles, des forteresses célèbres dans l'histoire
arménienne : Hamous, Serfendkar, Thil de Hamdoun', Simana-gla (la forte-
resse de Simon), Anë, Gouda ou Goudaf, Éngouzoud, Thornga, Pertous,
Gantchi, Fornos? et Haroun*. Cette dernière était située à l'extrémité du
royaume, à Ja jonction de la frontière de la Syrie avec celle de la Mésopo-
tamie”.
À la mort de Héthoum I‘, gendre et successeur de Léon II (1270), et dès
que se manifestèrent les premiers symptômes de décadence de cette petite
monarchie, la frontière orientale cessa d’être surveillée avec le soin et T'at-
tention que les circonsiances prescrivaient. Les Égyptiens, maîtres d'une
grande partie de la Syrie et bientôt de la Syrie tout entière, devenaient
chaque jour plus menaçants.
Une autre cause contribua à ce funeste dhéndon, La portion de territoire
comprise entre Île Pyrame et cette frontière était un sujet de perpétuelles
contestations entre les princes d'Antioche et les Roupéniens; ceux-c1 récla-
maient cette portion de territoire, comme enclavée dans les limites naturelles
de leur royaume; les premiers, comme une propriété qui leur appartenait en
vertu du traité conclu par l'empereur Alexis avec Boëmond, lors du séjour
des Croisés à Constantinople en 1097. Forts de ce traité, ils se regardaient
comme autorisés à exiger des princes arméniens foi et hommage, et à s'im-
poser à eux comme suzerains ‘. | |
À l'appui des droits qu'ils s'attribuaient, ils faisaient valoir une possession
incontestée et non interrompue pendant quarante années, de la Cülicie tout
1 TX d8 xpnoQUyeror, paha dyupév. (Cinnamus, nombre, et avaient été pourvus de riches dotations.
IV, xvu.)
* Aboulféda, Géogr. p. 251 et 257; Sëmpad,
ci-dessous, p. 636-637.
Ÿ Sémpad, ibid. — &wpmy Haroun ou 4wpne uv
Harousn en arménien, ä5,.4 en arabe, du nom de
Haroun-el-Reschid son fondateur (Aboulféda, ibid.
p.235,et Édrisi, t. Il, p. 141 de la trad. d'Am.
Jaubert). Cette place, l'un des fiefs principaux de
l Petite- Arménie, appartenait en 1198 à un sei-
gneur du nom de Léon, qui figure parmi les invités
a la cérémonie du sacre de Léon II (Sémpad, ci-
dessous, p. 636) Plus tard elle fit retour à la cou-
ronne, puisqu'en 1226, le roi Héthoum I" et sa
ferame Zabél (Isabelle) la donnèrent aux chevaliers
teutoniques.
I résulte des récits du connétable Sémpad que,
sous Îe règne de Léon I {1187-1219), ces places
étaient parfaitement entretenues et défendues par
une vallante noblesse, recrutée parmi les Armé-
nieos, sujets naturels du roi, parmi les Grecs ou les
Latins qui s'étaient mis à son service, tous ses
hommes liges. Les chevaliers de Saint-Jean de Jérusa-
lem et ceux de l'Ordre teutonique comptaient dans ce
S C'est la partie de la Gilicie orientale qui, à l’é-
poque romaine, avait reçu la dénomination de
Cilicie proprement dite, à idiws Ksuxia. (Ptolémée,
Géogr. V, vu, $ 7.)
$ La délimitation du territoire en litige, primiti-
vement cédé à Boëémond,
Grecs, occupé de nouveau par Tancrède (Raoul de
ensuite repris par les
Caen, cap. cxir, p. 704), est ainsi fixée dans le
traité susmentionné (V. Anne Comnène, Alexiade,
p. 326-327 éd. de Venise) : Maÿpo» ëpos xa) ædvta
Ta Üm” éxeivo Tarlôueva xaoîpa, xal 5 Üroxesuévn
TOUT oÙuraoa eds. « La Montagne noire et tous
les châteaux qui en dépendent , ainsi que la plaine
entière subjacente, »
L'empereur se réservait , entre autres portions dé-
tachées du duché d’Antioche, la stratégie de la ville
de Tarse, la ville d'Adana, Mopsueste et Anazarbe:
en un mot, toute la contrée de la Cilicie comprise
entre le Cydnus et l'Érmôn (le Pyrame) : rè o1pa-
TNYATOY TOÙ Tapoou æékews, xal ÿ Adava SOS,
xai ai Toù Médou Écliau, xai À Avé£apla, xa
ouvrehôpTa avai, À xwpa wäca Tÿs Kouxéas,
Bœnv à Kudvos nai 6 Épuodr TEpiopiRouatv.
XXXII INTRODUCTION.
entière, ou plutôt de la Cilicie des plaines; car tel est le sens restreint dans
lequel il faut entendre ici le texte de Guillaume de Tyr'. Ces prétentions
contraires, mises en avant ou dissimulées suivant les alternatives de prépon-
dérance des deux États voisins, arménien ou latin, durent nécessairement
réagir sur l'entretien militaire et la sécurité de cette frontière.
C'est pour se dégager de ces prétentions et mettre à l'abri d'un coup de
main la résidence royale, que Léon II la transporta d'Anazarbe à Sis, sur un
pic 1solé, appuyé par derrière au massif du Taurus. Il y bâtit un château
dont la solidité et la magnificence apparaissent encore par les ruines qui Jon-
chent le sol sur lequel 11 était assis. Ses successeurs continuérent à y résider,
en sûreté sur le haut de ce rocher, laissant les Égyptiens se répandre dans
les riches campagnes de la Cülicie champêtre et les hordes des Turkomans
envahir peu à peu les gorges du Taurus et de l’'Amanus.
Vahram d'Édesse, dans sa Chronique rimée, nous montre ces hordes pasto-
rales campées dans les yaïlas (stations d'été) de ces montagnes, et Léon III
aux prises avec elles. Le connétable Sëmpad et le chroniqueur syrien Grégoire
Aboulfaradj nous les peignent aussi dans une attitude toujours hostile, se fai-
sant les auxiliaires des Musulmans d'Iconium et de la Syrie, pour venir fondre
avec eux sur le territoire arménien. Î semble que ces régions alpestres aient
été destinées par la nature à abriter des populations rebelles à toute idée de
subordination et de discipline sociales; et pour expliquer l'histoire de la période
dont nous avons entrepris ici de faire le tableau par celle des âges qui l'ont
précédée ou suivie, nous rappellerons que Cicéron eut à y class les
Éleuthérocilices, les Tibarani, et autres tribus aux instincts féroces, jelouses
de leur sauvage indépendance. Celles qui les ont remplacées aujourd'hui n'ont
rien changé au caractère que prête l'orateur romain à celles qui y vivaient de
son Lemps. Ce sont des Turkomans amalgamés de Grecs et d'Arméniens, tour
à tour pâtres ou brigands, bravant impunément dans leurs inaccessibles re-
traites tous les efforts du gouvernement ottoman pour les assujettir à ses lois
et au payement de l'impôt.
Un des points de la Cilicie orientale que les princes arméniens sattachérent
le plus vivement à défendre et à maintenir, et les Égyptiens, leurs constants
ennemis, à leur disputer, est la ville maritime d'Aïas, devenue, par suite de
l'impulsion et du développement immense que les Croisades donnérent au
1 XIV, xxiv. — « Sicque suo vindicavit imperio
« (Joannes imperator, anno 1137) universam Ci-
« liciam, per annos quadraginta, a principe Antio-
« cheno sine calumnia possessam, ex quo prædicta
« Tarsus per manum domini Balduini, fratris domini
« ducis, Mamistra vero cum omni reliqua regione,
« per manum domini Tancredi, viri clarissimi, ante-
« quam Antiochia in nostram devenisset potestatem,
« christianæ libertati restitutæ sunt. »
En 1183, le prince d'Antioche, Boëmond II,
effrayé des progrès de Saladin, et dans l'embarras
de conserver la possession de Tarse, à cause de l'é-
loignement de cette ville, la céda à prix d'argent à
Roupen III, frère et prédécesseur de Léon II. Dès
lors la Cilicie orientale tout entière appartint de
droit, sinon toujours de fait, aux Arméniens.
« Utque minus sollicitudinis haberet, magisque
« circa fines Antiochenos invigilare posset et curam
«impendere propensiorem, Tarsum primæ Ciliciæ
« metropolim, quam a Græcis receperat, Rupino,
« Armeniorum satrapæ potentissimo, qui ejusdem
« regionis urbes reliquas possidebat, multarum pe-
« Cuniarum tradidit interventu, consulte id faciens;
«nam cum esset ab eo remota nimis, et prædicti
« Rupini terra in medio constituta, non nisi cum
« difficultate et infinitis sumptibus ejus curam prin-
«ceps gerere poterat; quod prædicto nobili viro
«erat facile. » (Guill. de Tyr, XXII, xxiv.)
2
INTRODUCTION. XXXIII
commerce du Levant, l'un des centres principaux de ce commerce et l'en-
trepôt des richesses et des productions les plus précieuses de l'Asie.
$ à. — La côte cilicienne.
À partir de cette ville, jadis populeuse et florissante, et qui n'est plus au-
jourd'hui qu'un amas de décombres inhabité, et en longeant la mer, dans Îa
direction de l'ouest jusqu'au golfe de Satalie, l'aspect de la côte sollicite
notre attention, comme un des traits de la configuration du sol cilicien qui
ont eu le plus d'influence sur le caractère des habitants et sur leurs destinées
historiques.
Cette côte n'est point découpée par des ouvertures larges et profondes,
abris sûrs et commodes pour les navires, comme la côte que baignent les
flots tiédes et azurés de la Propontide et de la. mer Égée, et qu'embellissaient
tant de cités, filles de la Grèce, fières de leur opulence et de leur civilisation
raffinée; elle ne se développe point, comme la rive septentrionale de l'Asie
Mineure, en une suite de lignes isométriques, peu favorables à l'essor de la
navigation. Le littoral cilicien présente un caractère qui tient le milieu entre
celui qu'affectent les deux autres côtes de la péninsule. Au premier coup
d'œil on voit que s'il se prête facilement au cabotage et à la piraterie, 1l
est impropre à la création d'une grande marine militaire ou marchande. Le
golfe d'Alexandrette, en senfonçant dans les terres, est entouré d'une cein-
ture de montagnes qu'il faut gravir ou tourner pour pénétrer dans l'intérieur
de l'Asie Mineure. Ces conditions topographiques nous avertissent déjà que,
sur ce point, les communications ne purent se faire que par l'intermédiaire de
petites caravanes. Si, malgré cette barrière, le commerce prit une immense
extension dans ce golfe au moyen âge, c'est par suite de l'état politique où se
trouvait alors le monde oriental et de la présence des Latins en Syrie et à
Chypre. À l'ouest du cap de Mégarse (Kara-Tasch Bouroun), la côte cilicienne
dessine une ellipse qui forme le golfe de Pompeïopolis et qui, par son éten-
due même et le peu d'inflexion de sa courbure, laisse les embarcations exposées
à l'action des vents du sud et des vagues orageuses qu'ils soulèvent. Tarse, le
grand emportum de la Cüicie dans l'antiquité, touchait à une vaste lagune,
le Rhégma, à l'est d'Anchialé, dans laquelle se déversait le Cydnus, et qui
souvrait sur la mer. C'était son port et tout autour s'élevaient les arsenaux.
Quoique ce bassin soit tout à fait comblé par l'accumulation progressive des
terres et lexhaussement du sol, qui ont déplacé l'embouchure du Cydnus, la
simple inspection des lieux suflit pour prouver qu'il n'eut jamais une capacité
suffisante pour contenir une flotte tant soit peu nombreuse et être une station
navale de quelque importance.
Sur le bord opposé de ce golfe était situé Gor'igos', position militaire de
! Gorigos, Kdpuxos, Corycus des géographes nom est écrit (=5»5 et uws5yaÿ (lisez (mof»5). Le
grecs et latins, au moyen âge Curcum, Curtum, traducteur, M. Jaubert, a supposé qu'il faut lire
Curta, Corc, Le Courc et Le Court, était effective- Cirrhus, pensant peut-être qu'il s'agit dans ce pas-
ment le port de la Cilicie le plus rapproché de sage du géographe arabe de Cyrrhus, métropole de
Chypre. Cf. Édrisi, t. IL. p. 130 et 132, où ce la Cyrrhestique, dans la Syrie septentrionale.
Hisror. arm. — ]. Ë
INTRODUCTION.
premier ordre, avec un petit port très-fréquenté à l'époque ôù cette place ap-
partenait aux Arméniens, comme lieu d'embarquement pour Chypre et de
transactions commerciales avec cette île'. Mais ce ne fut que plus tard, lors-
que cette place se fut livrée aux Chypriotes, en 1367, et grâce à eux qu'elle
entra pleinement dans le courant du négoce qu'ils faisaient sur cette côte
et sur celle de la Pamphylie. Un nommé Tibat, fils d'un bourgeois de Chypre,
en grand crédit auprés du roi Pierre IT, lui demanda, entre autres faveurs,
le commandement de Gorigos. Le chroniqueur Strambaldi, qui rapporte
ce fait, nous apprend que les instances du solliciteur étaient stimulées par
l'appât des revenus que donnait la douane de Gorigos et ” sélevaient à
trois ou quatre mille ducats par an?
Le littoral jusqu à Alaya Corel est bordé par les ramifications par-
uelles de la chaîne du Taurus, qui sont coupées çà et là par d'étroites et
profondes vallées, inclinant vers la mer, et par où s'échappent des rivières
au cours irrégulier et impétueux*. Ces petites baies étaient autant de points
de relâche et des comptoirs pour les navigateurs sarrasins ou chrétiens.
XXXIV
Au xiv° siècle, sous les derniers princes de sang arménien et sous les Lu-
signans, ces points de relâche, ainsi que les châteaux et les villes des environs,
Scandelor, Manavegat, Antiochette {Antiochia ad Cragum), Anemour, Sigui ou
Sechin, Selefké, Lamos, etc. furent successivement occupés par des émirs,
vassaux pour la plupart du grand Karaman, auxquels les Chypriotes en dis-.
putaient souvent la possession. Gor'igos resta à ces derniers jusqu'en 1448.
Sechin et Antiochette restaient encore aux Arméniens en 1332, comme on
le voit par un bref de Jean XXII, adressé d'Avignon, en date du 22 août
de cette année, au grand maître des chevaliers de Rhodes, pour lui offrir
de la part du roi d'Arménie, Léon V, ces deux places, a condition que l'Ordre
se chargerait de les défendre contre les Turcs, qui les serraient de près".
Mais, quels que fussent les maïtres de cette côte, Musulmans ou Chrétiens,
elle ne cessa jamais d'attirer les marchands de l'Europe, Vénitiens, Génois,
Catalans, Provençaux et ceux de Chypre. Ils venaient y chercher les produc-
tions de l'Asie Mineure, ou y déposer les provenances de l'Orient qu'ils se
procuraient à Alexandrie, ainsi que les objets de contrebande de guerre et
1 Vers 1268, sur la fin du règne de Héthoum I",
un galion chargé de marchandises appartenant à
des gens de diverses nations, arméniens, chypriotes,
syriens ou musulmans, se trouvait dans le port de
Gor'igos, in portu Curchi, où il fut, par suite d’une
contestation, pillé par l'amiral génois Luchetlo de
Grimaldi. Une plainte fut portée au roi d'Arménie,
qui adressa de vives réclamations à la république de
Gênes; une transaction eut lieu, et les marchands
furent indemnisés. On peut voir les pièces relatives à
cetle affaire dans l'Hist. de Chypre de M. de Mas La-
trie, t. IT, Documents, p. 74-70.
? « Ha saputo come la duana di Curico val tre
« quatro milli ducati all’ anno, et per questo stava
« molto penseroso il Tibat. » (Chronica di Cipro, ad
annum 1375.)
3 Corancez, Itinéraire d'une partie peu connue de
l'Asie Mineure, Paris, 1816, p. 292, et Beaufort,
Karamania, 2° édit. chap. 1x, p. 181 et suiv.
“ Joannis XXII Epist. curial. anni 1332, alias
epist. anni XVI, p. 2; epist. comm. anni 1331, apud
Rainaldi, Annal. Eccles.t. V, p. 538; et Paoli, Cod.
diplom. t. IT, p. 81-82.
5 Dans la nomenclature des positions nautiques
de la Cilicie et de la Pamphylie, inscrites dans les
portulans des x, x1v° et xv° siècles, les noms in-
digènes se présentent sous unc forme altérée par les
Européens qui visitaient ces parages ; d’autres noms
sont purement italiens ou provençaux, comme
Lena de la Bagaxa, San Todero, Porto Pin, le Pro-
ensal, Porto cavaller, Castel Lombardo. etc.
INTRODUCTION.
XXXV
les esclaves qu'ils vendaient avec de gros bénéfices aux infidèles. Par ce dé-
tour, ils éludaient les prescriptions des conciles et du chef de l'Église qui
frappaient d'anathème toute relation avec le sulthan d'Égypte et ce honteux
trafic de chair humaine.
De tous les cours d'eau qui sillonnent la côte que nous parcourons en ce
moment, aucun, pas même l'Eurymédon et le Mélas, que les auteurs de l'an-
tiquité nous représentent comme navigables, ne Comporta, dans son embou-
chure, un grand établissement naval!
. Un effet de la configuration de cette
ligne côtière fut l'impossibilité à laquelle je faisais allusion tout à l'heure,
et qu'éprouvérent tous les pouvoirs qui se succédèrent dans le gouvérnement
de la Gilicie, de doter ce pays d'un corps de marine puissamment organisé.
Cette impossibilité simposa aux toparques, Contemporains des Achéménides,
aux Séleucides, aux Romains et aux Byzantins, comme plus tard aux souve-
rains arménlens.
Les pirates de la Cülicie-Trachée et de lIsaurie, sur lesquels le proconsul
Pubhus Servilius Vatia remporta uu premier triomphe qui lui mérita le sur-
nom d'sauricus (75 av. J. C.), et dont la défaite définitive et la dispersion
illustrérent Pompée (65 av. J. C.), ne possédèrent une grande marine et ne
se firent redouter au loin que lorsqu'ils eurent conquis sur les côtes de l'Asie
Mineure, de la Grèce, de l'Espagne et de la Sicile, et même de l'Italie, des
ports où 1ls retiraient leurs flottes et qui leur servaient d'arsenaux et de lieux
de ravitaillement ?. |
Parmi les nations qui ont tour à tour dominé dans la Cilicie, les Arméniens
sont celle qui songea le moins à se créer une marine. Peuple essentiellement
continental par sa position géographique et par ses instincts, ils n'eurent Ja-
mais l'occasion ni le goût des choses de la mer. Ni le désir des conquêtes, ni
l'attrait des bénéfices du commerce, ne purent les entraîner sur un élément
dont les dangers sont peints par un de leurs historiens du 1v° siècle avec une
exagéralion aussi éloquente que naïve’.
Les princes de la dynastie de Roupén, obéissant aux inspirations d'une poli-
que qui exigeait la concentration autour d'eux de toutes leurs forces, et
AUSSI au sentiment de leur impuissance, s’abstinrent prudemment d'étendre
! L'embouchure de l'Eurymédon était cependant
accesible aux vaisseaux de guerre, comme le mon-
trent les témoignages anciens. Thucydide parle du
double combat livré Je même jour (Olymp. 77, 1v, —
469 av.J. C.) par Cimon » fils de Miltiade, aux Perses
sur l'Eurymédon, #7) ESpuuédovr: woraué, le pre-
mier de ces deux tngagements ayant eu lieu en mer,
à la hauteur de Chypre, et le second à terre, sur les
bords mêmes du fleuve. (Cf. Plutarque, Vie de
Cimon, $ 12-13, et Diodore de Sicile, XIV, xcix.) On
lit dans Xénophon (Hist, grec. IV, vin) qu'un autre
général athénien » Thrasybule, se dirigea de Rhodes
sur la côte de Pamphylie, Jusqu'à Aspendus, et que
sa flotte jeta l'ancre à l'embouchure de l'Eurymé-
don, xai sis cmevdor dPixbpevos, Gpuioarto els
Tôp EipuuéSovra Gorauéy (390 av. J. C.). En 192,
la flotte des Rhodiens, auxiliaires des Romains
contre Antiochus III roi de Syrie, se retira dans,
l'Eurymédon, « ad Eurymedontem classe adpulsa »
(Tite-Live XXXVII, xxur-xxv: cf. le même histo-
rien, XXXVIII, xxxvim, et Polybe, XXIV, XXVI.)
2? Cicéron, in Verrem, V, xxiv. Plutarque, Vie de
Pompée, $ 24, dit que ces pirates avaient en mer
douze cents gros navires, possédaient quatre cents
places fortes et un grand nombre d'iles, et qu'ils
étaient en état d'entraver le commerce depuis les
colonnes d'Hercule (détroit de Gibraltar) jusqu’au
Bosphore de Thrace et la côte de Syrie. (Cf. Ritter,
+ Erdk. B. IX, Th. II, p. 378.)
* Agathange, préface de l'Histoire de la conver-
sion du roi Tiridate II au christianisme, et de la
prédication de saint Grégoire l'Hluminateur, premier
patriarche de l'Arménie.) Voy. l'ouvrage de cet au-
teur, Venise, in-18, 1835, P. 1-23.)
XXXVI INTRODUCTION.
leur empire sur les eaux environnantes; profitant de la forte position que
leur pays tient de la nature, 1ls cherchèrent plutôt à sy renfermer comme
dans une sorte de camp retranché'. Léon II, le plus puissant de ces souve-
rains, neut, pas plus que ses successeurs, l'idée de former un corps de ma-
rine. Étant allé à Chypre rendre visite à la famille de sa seconde femme, Si-
bylle de Lusignan, 1l fut à son retour attaqué en mer. Il dut, en toute hâte,
dit l'historien Guiragos, rebrousser chemin pour aller emprunter des galères.
Avec ce secours, 1l revint faire face aux ennemis, et ayant coulé bas l'em-
barcation que montait leur chef, il dispersa le reste de leur flotte ?.
La ville d'Aïas était un port plutôt européen quarménien, par la natio-
nalité des navires qu'il recevait, par l'origine des marchands qui s'y rendaient
avec un concours empressé, par les comptoirs et les établissements de tout
genre qu'ils y avaient fondés, par les capitulations qui les régissaient et qui
garantissaient leur autonomie *. Comme je l'ai fait remarquer plus haut, ce
furent les croisades et les établissements dont elles provoquérent la fonda-
tion en Syrie et dans l'île de Chypre et le mouvement qu'elles firent naître
dans tout le bassin oriental de la Méditerranée ainsi que l'existence simulta-
née du royaume de la Petite Arménie et de l'empire d'Iconium qui produi-
sirent les transactions multiphiées et si importantes dont ce port fut le foyer”.
Le manque de grandes artères fluviales fut aussi une des causes qui arrè-
térent ou réduisirent à un espace très-circonscrit la navigation et le commerce
maritime des Arméniens. Cette cause est à noter dans notre étude de la géo-
graphie physique de la Gilicie.
3. Système fluvial.
Suivant l'observation d'un voyageur qui s'est voué depuis plusieurs annees
à l'exploration de l'Asie Mineure, M. Pierre de Tchihatcheff *, observation cor-
roborée par l'autorité d'un géologue éminent, M. Élie de Beaumont, le régime
hydrographique de la Cilicie, comme celui de la péninsule anatolique en
, général, est remarquable par la différence considérable de niveau qui existe
entre l'altitude des sources de tous les cours d'eau et celle de leur embou-
chure, par les anfractuosités au travers desquelles 1ls se font jour, et par la
rapidité de leurs pentes. Cette disposition du terrain, en donnant à ces cours
d'eau un caractère alpestre, détermine leur peu de profondeur, l'entraînereent
d'une masse énorme de détritus, et, par suite, l'envasement et l'instabilité des
1 « Haec est terra firmissima ; ex una enimparte les villes d'Aïas et de Plaz; mais cette dernière
« cingitur mari, ex alia vero munitur altis montanis
«et asperrimis, quæ paucos habent introitus et mul-
« tum custoditos ; ita ut hospes, si terram intraverit,
« absque regia bulla, exire non potest. » (Wille-
brand d'Oldenbourg, Îtiner. p. 13-14.)
2? Voir ci-dessous, p. 425.
3 M. Pouqueville, dans son Mémoire historique et
diplomatique sur les établissements français au Levant,
depuis l'an 500 de J. C. jusqu’à la fin du xvir siècle,
cite comme les deux ports de la Petite-Arménie où
trafiquaient les Génois, les Vénitiens et les Siciliens,
ville n'a jamais existé, pas plus que le nom que
lui attribue le savant académicien et qui semble
être de son invention (Mém. de l'Acad. des inscrip-
tions, 2° série, t, X, p. 572).
4 Le port d’Aias était déjà fréquenté dans l'anti-
quité, ainsi que l'atteste Lucain, IT, 227 :
Mallos et externæ resonant navalibus Ægæz,
mais le principal commerce de la Cilicie était alors
à Tarse; c'était l'inverse au moyen âge.
S Asie Mineure, part. 1°, chap. vu, p. 374-387.
"INTRODUCTION. XXXVII
ouvertures par lesquelles ils vont se perdre dans la mer. Le contraste qu'offre
l'Europe, et surtout l'Amérique, est ici frappant; les fleuves de ces deux con-
tinents, en promenant sur des surfaces planes et très-étendues la nappe large
et unie de leurs eaux profondes, ouvrent des voies à la navigation intérieure
et au commerce, répandent la fertilité dans les campagnes et fournissent des
forces motrices au travail de l’homme.
Dans la Cilicie-Trachée, en y comprenant cette portion de la Pamphylie qui
reconnut la suprématie des souverains de Sis, le caractère torrentiel des cours
“d'eau est bien plus marqué que dans la Cilicie champêtre. Depuis Satalie Jus-
qu'à Alaya, les fleuves qui descendent des hauteurs de la Pisidie et de F'Isaurie
sont le Catarractés (Duden-Sou), au nom trés-significatif, le Cestrus (Ak-Sou),
l'Eurymédon (Kôpru-Sou), le Mélas (Manavgat-Tchaï) et l'Alara-Sou. Les sou-
venirs de l'époque arménienne, dont le connétable Sémpad s’est fait l'écho,
nous ramènent jusque dans ces lieux où survivent encore les dénominations
sous lesquelles ils étaient alors désignés. Cet historien nous à déjà fait con-
naître, parmi les conviés à la cérémonie du sacre de Léon II, le seigneur de
Manavgat et d'Alara, châteaux forts dont les ruines sont situées non loin de
l'embouchure des deux fleuves du même nom.
Nous avons vu que l'Eurymédon était jadis navigable jusqu'à la ville d'As-
pendus; il en était de même du Cestrus qui reliait la ville de Pergê avec la
mer \, lorsque cette côte était habitée par des populations grecques actives et
industrieuses. Mais postérieurement, et dès le xI° ou le xrr° siècle, Aspendus
et Pergé, séparées de la capitale de l'empire byzantin par le vaste territoire
des Seldjoukides dIconium, avaient été remplacées par Satalie, Alaya et
autres places du littoral. Rien ne rappelait, comme autrefois, les nautoniers
sous leurs murs dépourvus de protection ?,
M. de Tchihatcheff, qui a parcouru ces parages, nous assure que le Mélas,
qui n'est qualifié par aucun auteur ancien de fleuve navigable, est cependant
plus profond que le Cestrus et l'Eurymédon. Ce fait, en Opposition avec la
tendance de tous les cours d'eau de l'Asie Mineure à s'ensabler et à exhausser
leur lit, ce fait, s'il est admissible sur 1a foi de.ce zélé voyageur, ne peut s'être
produit qu'à partir du xine siècle. En eltet, Nicétas Choniates dit formellement
que le Mélas n’était ni large ni profond, mais obstrué par la vase, qu'il se dessé-
chait pendant l'été et grossissait tellement dans la saison des pluies, qu'il inon-
dait au loin les Campagnes dévastées par ses eaux. Ce sont là tous les Carac-
téres d'un torrent, et non d'une voie fluviale régulière. A l'appui de ce quil
avance, ce chroniqueur nous retrace une peinture effrayante de l'un de ces
débordements et des désastres qu'il occasionna à l'armée de l'empereur
Conrad, qui campait sur ses bords :.
! Strabon, XIV, p. 459, éd. Casaubon. « Ces- p. 395, éd. de Bonn, et le commentaire de Wesse-
«trus DaVipari facilis, » dit Pomponius Mela, I, xiv. ling, ibid. p. 475). Quant à Pergê, eile était encore
? La ville d'Aspendus est mentionnée dans les célèbre, Gepivuuos, au temps de Constantin Por-
ouscriptions des conciles des cinq premiers siècles, phyrogénète (x° siècle), qui la cite dans sa descrip-
Mais déjà elle avait perdu son nom primitif pour üon du XIV° thème (Cibyrræotarum), De Them.
Prendre celui de Primopolis, [peuoërolus (dans lib. I, p. 57, même édit.
l'éparchie de Pamphylie, voy. Hieroclès, Synecdème, 3 Règne de Manuel Comnène, 1, v.
XXXVIII | | INTRODUCTION.
Les massifs montagneux qui vont en se rétrécissant peu à peu se terminer
à la pointe d'Anemour, l'Andricus, lImbarus et le Cragus, se rapprochent de
si prés de la mer, que les cours d'eau qui se précipitent de leurs flancs ro-
cailleux ne peuvent avoir qu'un parcours très-borné et des allures fougueuses
et désordonnées. Dans l'intervalle qui sépare Alaya du cap Zephyrium, on ne
rencontre que des ruisseaux qui disparaissent sous Îles feux du soleil d'été;
au nord-est de ce cap iln'y en a plus aucun jusqu à Séleucte-Trachée.
Dans la belle plaine où, trois cents ans environ avant notre ère, Séleucus
Nicator fonda-cette ville !, le Calycadnus {Saleph°) roule ses ondes froides et
rapides, tristement renommées par la mort qu'y trouva l'empereur Frédéric
Barberousse. Il débouche à trois lieues au nord-est du Sarpedon promontorium
(Liçan el-Kahpeh), qui forme la pointe la plus avancée du vaste delta de ce
fleuve‘. Les Arméniens l'appelaient fleuve d'Isaurie, Fuwdrpy gb, du nom
que portait alors la contrée qu'il traverse“. Au sud-ouest, dans la petite baie
de Holmi (Aga-Liman) qui sert d'échelle a la moderne Sélefké*, s'élevait un
château dont les ruines annoncent une construction byzantine, et qui appuyait
comme un ouvrage avancé de défense le château de Séleucie. Ce second
château‘, dont les murs, garnis de tours et assez bien conservés, trahissent
pareillement une œuvre byzantine avec des appropriations ou restaurations
arméniennes, couronne la montagne qui domine le Calycadnus et qui avait
à sa base la ville antique. ll protégeait la vallée du Calycadnus inférieur et
tout le littoral, tandis que le haut pays, le plateau Isaurien, traversé par l'an-
cienne voie romaine d'Iconium à Séleucie, était au pouvoir des Seldjoukides”.
Fortifiée par les empereurs byzantins, pour arrêter les incursions des
Sarrasins de Tarse*, Séleucie fut pour les Roupéniens, à peine installés dans
le Taurus, un objet de convoitise, et ils méditèrent dés lors de l'enlever aux
Grecs. Léon 1* (1129-1137). après s'être emparé sur eux de plusieurs places
de la Cuicie et de lIsaurie”, menaçait Séleucie. Jean Commens, alarmé de
ses progrès, profita de l'expédition qu'il entreprit en Syrie (1137), pour
s'arrêter dans la Gilicie. À son approche Léon, effrayé, se sauva dans les
gorges du Taurus ; l'empereur, s'étant mis à sa poursuite, l'atteignit, sempara
de lui et de ses deux fils, Roupèn et Thoros, et les envoya prisonniers
à Constantinople. Vingt-deux ans après ces événements (1159), à l'époque
où Manuel, fils de Jean et son successeur, passa, lui aussr, en Syrie, Séleucie
! Ammien Marcellin, XIV, vi. Cf. Strabon, XIV,
p. 461, éd. Casaubon; Pline, Hist. nat. V, xxn.
2 Ou Salef, Selefii flumen, au moyen âge (voy.
Histor. Hierosol. auctoris incerti, dans Bongars, t. I,
p. 1162). Aqua Selephica de Tagenon de Passau.
* 3 Aucun des écrivains anciens, comme le fait
remarquer M. de Tchihatcheff, n’attribue au Ca-
1ycadnus la propriété d'être navigable, à l'exception
d'Ammien Marcellin (XIV, vi), dont ce diligent
voyageur a transcrit le texte en le mutilant; il faut
lire : « Quam mediam ([sauriam) navigabile flumen
« Calycadnus interscindit. »
* Sémpad, ci-après, p. 645; Constantin Por-
phyrogénète, De Them. lib. 1, Them. XIIT, p. 35-36.
5 « Seleuciasupraamnem Calycadnum Tracheotis
«cognomine, ab. mari relala, ubi vocabatur Hol-
«mia, » (Pline, Hist. nat. V, xxvn.)
6 On peut en voir la description dans Beaufort,
Karamania, 2° éd. chap. x1, p. 220-226, et dans
M. Cb.Texier, Asie Mineure, chap. xLiu, p. 724-725
(Collection de l'Univers pittoresque).
7 Deux autres voies romaines partant d'Iconium
allaient aboutir sur le littoral cilicien, l’une à Ane-
mour, l’autre à Soli ou Pompeiopolis. (Voy. Tabula
Peutingeriana, $ CLXI, p. 204.)
8 Constantin Porphyrogénète, ibid.
9 Cinnamus, V, x.
à
\ —
#\
INTRODUCTION. | XXXIX
était encore entre les mains des Grecs, et dépendait de la préfecture d'Attalie
(Satalie) !. Thoros Il, de retour de sa captivité à Constantinople, en fit enfin la
conquête, et la légua avec le reste de ses États à son frère, Léon II. Celui-ci
la donna, en 1 189, à à Schahënschah, fils du prince de Saçoun, Tchordouanël”,
en lui faisant épouser sa nièce, Philippa*; mais Tchordouanël mourut trois
mois après son mariage, et cette place fit retour à la couronne. En 1210, Léon
la céda aux Hospitaliers sous la condition d’une redevance annuelle d'une
somme d'argent et d'un corps de cavalerie de quatre cents lances". Ils s'y
maintinreut jusqu'en 1226; se voyant impuissants contre les attaques du sul-
than Alla-Eddin Keï-Kobad, ils la rendirent au grand baron Constantin, qui
gouvernait le royäume, en qualité de baïle ou régent, pendant la minorité de
Zabël (Isabelle), fille de Léon II.
Le sol de la Cilicie champêtre est une création des trois fleuves, le Cydnus
(Tersous-Tchaï), le Sarus (Seyhän) et le Pyrame (Djeyhän), qui descendent
des hauteurs du Taurus et de l'Anti-Taurus pour aller se déverser dans la mer
de Chypre. L'action énergique de leurs eaux rapides sur Îes roches au travers
desquelles elles se sont frayé passage, en a détaché et en entraîne sans cesse
des masses de fragments pierreux, de terre et de sable. De ces débris en-
tassés est née au sein de la mer la vaste et fertile plaine qui, des bords du
Pyrame, se prolonge jusqu'aux bords du Cydnus, l’Aleïus Campus, rù AAñior
aedioy des anciens”, le Tchukur Ova (Plaine basse) moderne. Ce phénomène
géologique avait frappé leur attention dés les temps les plus reculés; un
oracle disait :
Il arrivera dans la postérité que le Pyrame aux vastes tourbillons,
En reculant le rivage, atteindra l'ile sacrée de Chypre.
Le rapport du régime d'eau de ces trois fleuves avec la présence de l'homme
sur le sol cilicien peut être historiquement constaté à tous les âges, et doit
l'être d'une facon particulière par nous pour l'époque dont nous nous occu-
pons ici. Comme les écrivains arméniens, indifférents ou inhabiles à l'obser-
vaion du spectacle de la nature, ne nous apprennent rien ou très-peu de
chose sur l'aspect physique de leur pays, nous allons tacher d'y suppléer
par induction, ou à l'aide de témoignages empruntés aïlleurs. Une présomp-
üon que suggère d'abord leur silence et que nous ont fait déjà entrevoir
les considérations dans lesquelles nous sommes entré, c'est que les cours
d'eau de la Cilicie ne tinrent qu'une place insignifiante, on pourrait dire
nulle, dans la vie économique et commerciale des populations arméniennes.
Cinnamus, IV, vi, et Grégoire le Prêtre, c. cxx n° XCIV; cf. Rainaldi, Annal. eccles. ad annum 1210,
et CAXIV, ci-dessous, p. 185-188. Voir les notes sur $$ XXXIV et XXXV; Innocentii III Epist. lib. XIII,
ces deux chapitres du chroniqueur arménien. epist. 119, t. Ï, p. 468, ed. Baluze; Bosio, Jstoria
? District de la province d’Aghëtznik, ou Méso- della sacra religione di san Giovanni gerosolimitano,
potamie arménienne. 1® part. lib. VIT, p. 155-156. Voir aussi (ibid.) la
Ÿ Sémpad, ad annum 638 (1198); ci-après, bulle par laquelle le même pape confirme la do-
P. 629. nation faite aux Hospitaliers {Latran, 3 août, même
* Lettre de Léon II à Innocent NI, datée de année). |
Tarse, miavril 1210, dans Paoli, Codice diplom. 5 Homère, Îliade, VI, 201.
del sacro militare ordine gerosolimitano , t. 1, p. 98-99, 6 Strabon, XIT, p. 360.
gi INTRODUCTION.
Tout le négoce extérieur avait été transporté, comme je l'ai fait remarquer
précédemment, et s'était concentré à Aïas, où il était attiré par la situation
de cette ville, à proximité de la côte de Syrie et du port de Famagouste, à
Chypre.
Le Cydnus, dont le nom réveille Jes souvenirs d'Alexandre le | et de
Cléopâtre, jaillit des sommets du Boulghar-Dagh, au nord-ouest de Tarse,
par trois affluents qui se réunissent au-dessus de cette ville; là 1l franchit une
barrière de rochers qui marque la limite de son cours, jadis navigable. On
arrivait de la mer dans le Rhégma, et de cette lagune dans le fleuve, son tri-
butaire, jusqu'au milieu des murs de Tarse, par un parcours de cinq stades
(un kilomètre) ‘. Ambitieuse de subjuguer le cœur de Marc-Antoine, Cléopâtre
vint lui rendre visite pendant qu'il séjournait en Cüilicie. La galère à da poupe
dorée, aux rames argentées, aux voiles de pourpre qui portait la reine
d'Égypte, fit son entrée dans la splendide métropole de la Cilicie, en voguant
triomphalement sur les eaux du Cydnus*.
La position géographique de Tarse était des plus favorables pour fe com-
merce, et fit sa prospérité pendant une longue suite de siècles. Assise sur le
bord de la mer, à quelques heures de distance de l'entrée de l'Asie Mineure,
par les Pylæ-Cihciæ, accessible, par les défilés de la frontière syrienne, aux
provenances de la haute Asie, elle compta parmi les principaux emporiums
de l'Orient, comme Îla rivale d'Éphése, de Smyrne et de Sardes; sous les
Séleucides et les Romains, elle devint un foyer d'études philosophiques et
littéraires.
Lorsqu'elle eut élé conquise par le khalife Haroun el-Reschid, il en fit sa
place d'armes, sur les limites de ses États et de l'empire byzantin. Au 1x° siècle,
elle était entourée d'un double, rempart, pourvue d'une garnison de cava-
lerie et d'infanterie, habitée par une nombreuse population *. Édrisi®, qui
vivait à une époque coincidant avec l'avénement des Roupéniens, mentionne
les deux bazars en pierre que possédait cette ville, et son commerce consi-
dérable et l'entrepôt des marchandises qui arrivaient par mer; cet entrepôt
était au fort d'Avlasch, 1, que Ritter identifie avec le lieu appelé AÿAu
par Étienne de Byzance, entre Tarse et Anchialé *. Sous le règne des princes
arméniens, et dés les premières années du xm° siècle, lorsque ce mouvement
d'affaires se fut ralenti au profit du port d'Aïas, des raisons de convenance
locale firent maintenir à Tarse les bureaux de l'administration centrale des
douanes; c'est là que les marchands étrangers étaient obligés d'aller, en dé-
barquant, acquitter les droits d'entrée et demander leur libre pratique dans
l'intérieur du royaume, s'ils appartenaient à une nation à laquelle des capi-
tulations n'avaient pas accordé des privilèges spéciaux.
Les révolutions de la nature sur ce littoral sablonneux et mouvant on
1 Strabon, XIV, p. 462 et 463. lants et des plus magnifiques. Plutarque en donne
2 (oîe œXeiv dvà rdv woraubv, Plutarque, Vie une très-curieuse description, tbid.
de Marc-Antoine, $ 25. Cf. Athénée, lib. IV, p. 147- $ Istakhri, Liber climatum, trad. de Mordtmann,
148: Pline, Hist, nat. IX, xxxv; Macrobe, Saturn. p- 39.
IL, xurr. La reine était sous le costume et avec les * Géographie, t. IL, p. 134.
attributs de Vénus, dans un équipage des plus ga- $ AÛœ, émivesoy Tv Kikixewy, v° AÛdas.
INTRODUCTION.
déplacé successivement dans le cours des âges le point où les navires abor-
daient à Tarse, point qui est fixé par les auteurs anciens tantôt à Anchialé,
tantôt à Aulæ ou au Rhégma. On s'explique sans peine ces changements, si
l'on songe que l'échelle de Tarse, qui était au petit village de Kazalu, à
dix kilomètres environ de l'embouchure du Tersous-Tchaï (Cydnus), lorsque
Beaufort faisait le relévement de la côte de Karamanie en 1810}, avait cessé
d'être praticable quelques années après, et se trouve aujourd hui à Mersyn
(Zephyrium) vinot-deux kilomètres à l'ouest de cette mêmé embouchure. Le
Cydaus est maintenant fermé aux navires, qu'arrête la barre de sable qui en
obstrue l'entrée.
Ce savant hydrographe mesura douze milles géographiques (un peu plus
de 22 kilomètres) à partir du minaret de la grande mosquée de Tarse jus-
qu'au point de la côte le plus rapproché. Dans la période arménienne à laquelle
se rapportent nos comparaisons avec l'aspect antérieur et l'état présent des
lieux, Tarse touchait encore à la mer, et les navires pouvaient arriver dans
son voisinage immédiat. Lors de la première croisade (1097), et tandis que
Baudouin, frère de Godefroy, occupait cette ville, les siens aperçurent du haut
des murailles une flotte stationnée en pleine mer, à une distance de trois milles
à peine. Accourus sur le rivage, ils purent lier conversation avec les gens de
cette flotte; c'étaient des pirates flamands, mais en même temps des Chrétiens,
des compatriotes, des auxiliaires contre les infdéèles, et 1ls les invitèrent à
entrer dans le port?. Raoul de Caen parle des birèmes de Raymond de Saint-
Gilles que les vents du sud y avaient poussées". Willebrand d'Oldenbourg n'a
garde d'oublier le port de Tarse, dans sa description de cette ville“. Quelques
années après, en 1232, Richard Filangieri, maréchal de l'empereur Fré-
déric Il, ayant été battu par les Chypriotes, vint y chercher un refuge avec
une partie de ses troupes, tandis qu'il laissait le reste à Cérines, sur la côte
septentrionale de Chypre‘. Mais si le port de Tarse pouvait encore, dans les
premières années du xi° siècle, servir d'abri momentané, 1 avait cessé sur
la fin de ce même siècle d'être fréquenté par les navires marchands. C'est là
un fait qui s'induit du privilége accordé par le roi Léon III aux Génois,
en 1288°; l'article 10 de cet acte règle les conditions du commerce qu'ils
faisaient en transit par la Cülicie avec l'intérieur de l'Asie Mineure, et qui dans
! Karamania, 2° édit. chap. x, p. 260.
? « Dumque ibi, sopitisscandalis, per dies aliquot
‘in omui tranquillitate sedissent, ecce classis visa
cest in pelago, vix tribus milliaribus distans ab
* urbe. Ad quam, ex utroque ordine, tam equites
“quam pedites, certatim properantes, ad mare des-
*cendunt, ubi de littore mutuo sibi colloquentes,
“Cognoverunt per eorumdem relationem quod
« christianæ professionis essent homines. . . Cognito
«vero quod viri fideles essent, eos ad portum in-
«vitant; et datis dextris, in osculo pacis susceptos,
‘Classe in tuto locata, usque ad Tarsum perduxe-
“runt, + (Guill. de Tyr, II, xxm.)
$ «Mittis, Alexi, Tancredo gazas dum Raimundi
« biremes donis tuis refertæ, pæne summerguntur ;
Hisror. arm. — |.
«quæ felicibus tamen auspiciis, multa infelicitatis
«loca præterlapsæ, in hostilem fiscum ad portum
« Tharso proximum deferuntur; ventis agitatæ fu-
« rentibus,inimicorum manus nequeunt declinare. »
(Gesta Tancredi in exped. hierosol. cap. cxv, p. 768,
éd. de l'Acad. des Inscript. et Belles-Lettres.)
à Jtiner. p. 14.
« Li autre se recueillirent es galees et s’en alerent
«en Armenie et entrerent en la fois de Torsot
+ (Tarse), et la se receurent. Li roi Heiton [Hé-
« thoum [*), et ses peres Costans (le grand baron
« Constantin) les enorerent moult.» {Contin. de
Guill. de Tvr, XXXIII, xxxvi, p.401.)
5 Voir le n° à de nos Chartes arméniennes, a la
fin du volume. |
F
XLII INTRODUCTION.
les limites du royaume avait pour lieu de départ le port d'Aïas, et pour terme
extrême le défilé de Gouglag (Pylæ Ciliciæ), par lequel on entrait sur le ter-
ritoire d'Iconium. Si le port de Tarse eût été alors une station navale facile-
ment abordable, il est clair que c’est à ce point que seraient allés relâcher les
Génois, comme le plus voisin et le plus à portée du défilé de Gouglag. Plus
tard, la ville d'Aïas ayant été prise par les Égyptiens (1322) et la Cilicie orien-
tale se trouvant exposée à leurs attaques continuelles, les navires européens
durent s'éloigner de ce port et revinrent dans celui de Tarse, comme le prouve
un privilége accordé par Léon V aux Vénitiens, en date du 10 novembre 1333.
Si l'on admet, comme tout semble le démontrer, que la Tarse moderne
correspond par son emplacement à la cité antique, on sera amené à conclure
que le Cvdnus a subi dans son cours inférieur une révolution analogue à celle
qui a transporlé son embouchure à l'ouest du Rhègma; 11 décrit une courbe
qui l'éloigne de trois quarts de lieue environ à l'est de la ville. D'après tous les
témoignages historiques, 1l la traversait par le milieu, en passant, au dire
de Strabon, auprès du gymnase des jeunes gens’. C'est ce qui résulte aussi
des paroles d'Apollonius de Tyane qui, reprochant aux Tarsiotes leur indo-
lence et leur oisiveté, les compare à des oiseaux aquatiques qui vivent per-
chés sur les bords du fleuve ?. Procope, qui est très-explicite sur cette question
de topographie fluviale, raconte que le Cydnus, grossi par la fonte subite des
neiges du Taurus, ayant causé les plus grands dégâts dans l'intérieur de Tarse,
Justinien en fit diviser les eaux, de manière qu'une moitié seulement s'écoulât
par le milieu de la ville, et fit rebâtir des ponts plus larges et plus solides*.
Rien n'était changé à cette direction intermédiaire du fleuve, au xr° siècle;
en effet le connétable Sémpad rapporte, sous la date de l'année 695 (1246),
que les troupes du sulthan Ghïäth-Eddin Ker-Khosrou, ayant mis le siège devant
Tarse, abattirent les remparts depuis l'endroit où le Cydnus pénètre dans la
ville jusqu'à celui où il en sort, sur une étendue d'un bon jet de flèche.
Le travail incessant que la nature accomplit dans la constitution hydrogra-
phique de la Cilicie champêtre est encore plus sensible dans les métamorphoses
qu'a éprouvées le Sarus ou Seyhän. Son embouchure a subi un mouvement
de translation de l'est à l'ouest, qui l'a écartée de dix-neuf lieues de celle du
Pyrame, avec lequel 1 se mêlait autrefois, et l'a rapprochée à une distance
d'une lieue et demie seulement de l'embouchure du Tersous-Tchaï.
Le Sarus est le plus considérable des fleuves de la Cilicie, par le dévelop-
pement de son cours qui est de quatre-vingt-dix lieues; 11 prend naissance
sur le haut plateau cappadocien, non loin des sources de l'Halys (Kizil-Irmak),
dans les environs du Khanzir-Dagh (Anti-Taurus). Ses deux branches princi-
pales, le Saran-Sou ou Seyhân proprement dit et le Zamanta-Sou se joignent
auprès du campement d'été de la tribu turkomane de Karsanti-Oglou, quatre
lieues au-dessus de la ville d'Adana. |
H y a trente ou trente-cinq ans que M. W. Ainsworth et trois ofliciers
! Liv. XIV, p. 463. 3 De Ædificüs, cap. v. p. 463, et Histor. Arcan.
? Philostrate, Vie d’Apollonius de Tyane, livre 1, cap. xvur, p. 317.
chap. vu. Voir ci-après, p. 650.
INTRODUCTION. XLHI
prussiens d'état-major, MM. de Moltke, Fischer et de Vincke, ont exploré les
sources et le bassin supérieur du Sarus!; mais son cours moyen, jusqu'aux
environs d'Adana, et sa partie inférieure, depuis cette ville jusquà la mer,
restent à explorer. |
À droite de la vallée du Saran-Sou et au revers septentrional du Kermes-
Dagh, la contrée de Hadchïin, le thème de Lycandus des Byzantins, nous
rappelle à la fois le lieu d'exil de saint Jean Chrysostome et le berceau de la
dynastie des Roupéniens. C'est dans cette contrée reculée et sauvage qu'après
la mort du dernier des Bagratides d'Ani, Kakig Il, Roupèén I‘, fondateur
éponyme de cette dynastie, trouva une retraite au village de Gor'omozol, Ur-
ann ?, C'est de là que ses successeurs descendirent pour conquérir pied à
pied, sur les Grecs, tout le territoire cilicien. Mais il semble que rien ne les
ait ramenés plus tard vers ces hauteurs, et qu'ils n'aient pas senti le besoin
de veiller sur cette frontière de leurs États. Elle est, en effet, infranchissable
pour les caravanes comme pour les armées, et ces princes étaient en sûreté
et sans intérêts de ce côté.
Je n'ai point à me livrer ic1 à une discussion critique et à la comparaison
des textes qui constatent les vicissitudes qui ont affecté le Sarus dans son
cours inférieur, sa Jonction avec le Pyrame ou sa séparation intermittente dans
le laps des siècles. Ces textes, qui touchent à l'une des plus intéressantes ques-
tions de la géographie physique, ont été recueillis et examinés par Cellarius”,
Beaufort", Letronne’, Ritter‘, et après ces savants, par M. de Tchihatcheff?.
Je me bornerai, en faisant observer que cette question est loin d'être épuisée,
et en la réduisant à ce qui nous concerne ici, je me bornerai à dire qu'il est
constant, par ces mêmes textes, que pendant la période arménienne, c'est-
a-dire du x11° au xv° siécle, le Sarus et le Pyrame, réunis au-dessous d'Adana
et de Mopsueste, s'épanchaient dans la mer par une issue commune, et for.
maient une seule artère fluviale, navigable jusqu'à la hauteur de ces deux
villes*, Aujourd'hui l'embouchure du Sarus est embarrassée, comme celle du
Gydnus, par une barre de sable que de petites embarcations ne peuvent pas
même surmonter.
Les mêmes nécessités sociales, les mêmes convenances commerciales ou
politiques qui avaient fait établir Tarse sur le Cydnus, Mopsueste sur le Py-
rame, déterminèrent la fondation d Adana sur Île Sarus. Son origine date des
chronologique des voyages faits dans l'Asie Mineure,
depuis le commencement du xur1° siècle, p. 800-803.
2 Ou Gor'ozomol, nn rgadny ; Tchamitch, Hist,
d'Arménie, V, 1, t. IT, p. 6.
3 Notitia orbis antiqui, II, vi, t. Il, p. 208.
I W.F. Ainsworth, Travels and researches in
Asia Minor, Mesopotamiu, Chaldea and Armenia,
London, 1842, 2 vol. in-8° ; Moltke, Briefe über
Zusiände and Begebenheiten in der Türkei, 1841,
in-8°, Berlin; cf. Fischer, Carte du versant septen-
trional du Boulghar-Dagh (Taurus) et de l’Ala-Dagh
(AntiTaurus}, entre Eregli, Nikdeh et le Kulek-Bo-
ghaz (Pyle Ciliciæ), Berlin, 1854, et Vincke, dans
Kiepert, Memoir über die Constraction der Karte von
Klein-Asien und Türkisch Armenien, Berlin, in-8°,
1854. Les travaux de ces savants voyageurs ont été
4 Karamania, 2° édit. ch. x, p. 277, et ch. xiu,
P. 290.
Journal des Savants, 1819, p. 393.
6 Erdk. B.IX,Th. Il, p. 119 et suiv.
1 Asie Mineure, 1° part. p. 301-313.
8 Le Sarus, qui au temps de Procope (vi' siècle)
résumés par Ritter dans son Erdkunde , B. IX, Th. I];
cf. aussi M. Vivien de Saint-Martin, Hist. des découv.
géographiques, 1. Il, Bibliographie géographique, série
coulait séparé du Pyrame, était navigable, ainsi que
cet historien l'affirme expressément, De Ædificis,
db. V, p. 165.
XLIV INTRODUCTION.
temps fabuleux; mais elle ne commença à acquérir de l'importance et de
l'éclat que lorsque la Cülicie appartint aux Romains. |
Sous les Roupéniens, elle était une des places les plus fortes du royaume,
el, par son château de style byzantin, commandait toute la plaine qui se
prolonge depuis Tarse jusqu'à Mopsueste. Placée sur la grande route de l'Asie
Mineure vers les contrées de l'est, elle devint la principale étape du commerce
dont les Arméniens étaient les intermédiaires actifs, une populeuse et opulente
cité !. Grâce à la fertilité du sol environnant et à sa position centrale, elle
conserve encore, sous l'administration ottomane, quelques reflets de sa pri-
mitive splendeur et une partie de son négoce et de sa prospérité d'autrefois.
Plus nous avançons vers l'est sur le littoral de la Cilicie champètre, et plus
les traces des transformations qu'y a opérées l'action lente mais irrésistible des
eaux fluviales sont manifestes.
J'ai déja dit quel intervalle considérable sépare les embouchures, jadis
réunies, du Sarus et du Pyrame. Ce dernier fleuve, arrêté par l'accumulation
de monceaux de terre et de sable charriés par ses eaux, s'est frayé un nou-
veau lit, en se repliant en spirale, dans l'intervalle qui sépare les derniers
éperons du Djebel-Missis et le massif montagneux que termine le cap Kara-
Tasch-Bouroun; il va se perdre dans la baie d'Aïas. Son ancienne embouchure
était à plus de huit kilomètres de la, vers le sud-ouest, à la pointe du Delta,
sur laquelle s'élevait l'ancienne Mallos ; l'une des immenses lagunes qui en-
tourent les ruines de cette ville, celle qui s'ouvre sur la mer, nous indique
l'emplacement où fut cette embouchure *.
Le Pyrame prend naissance par son affluent septentrional, le Chourma-Sou,
dans la vallée de l'Halys, au sud de Sivas (Sébaste) et du Khanzir-dagh.
Son affluent de gauche, le Djeyhän-Tchaï ou Djeyhän proprement dit, a sa
source dans la vallée d'Albistan, au pied du Scher-dagh*. Ces deux cours
d'eau réunis à l'ouest de la ville qui a donné son nom à cette vallée, et
grossis d'autres affluents qu'un lit commun recoit, au-dessous de Marasch,
arrosent cette partie de la Cappadoce méridionale à laquelle les Arméniens
avaient conservé sa dénomination byzantine de Lycandus, contrée entre-
coupée de sites sauvages, mais aussi de belles et riches vallées.
Parmi les souvenirs historiques qui s'y rattachent, ceux qu'y a lais-
sés la domination arménienne sollicitent plus particulièrement notre at-
tention; 1ls nous représentent les villes de Coxon (Cocusus) “, Albis-
1 _« (Tancredus) solutis castris ad urbem vicinam 2 On peut voir sur la Carte de l'Asie Mineure, de
«cui nomen Adana se contulit, ad quam perve-
«niens non est permissus introire; obtinuerat enim
«eamdem civitatem quidam Guelfo, natione Bur-
«gundio, qui..... ejectis inde Turcorum co-
«piis eam violenter occupaverat..... Repererat
«enim Guelfo prædictus eamdem civitatem auro et
« argento, gregibus et armentis, frumento, vino et
« oleo etomni commoditate redundantem ». (Guill. de
Tyr, , xx.) — Cf. Tudebode, IV,n1; Raoul de Caen,
cap. xxxx ; Robert le Moine, II, xxnr (on lit Athena
dans ce dernier) ; Édrisi, Géographie, t. Il, p. 133.
M. Kiepert, section V, le tracé hypothétique de
l'ancien lit du Sarus et du Pyrame, au-dessous de
Mopsueste et d’'Adana.
$ Ritter, Erdk. B. IX, Th. Il, p. 6.
# « Deinde venimus ad quamdam civitatem no-
«mine Coxon, in qua erat maxima ubertas, atque
a stipata omnibus bonis, quæ nobis erant necessaria.
« Christiani videlicet alumni illius civitatis, reddi-
« derunt sese statim; nosque fuimus ibi satis op-
« time per tres dies, atque maxime sunt illic recu-
« perati nostri. » (Tudebode, Hist. de Hierosol. itin.
—
INTRODUCTION. XLV
tan' et Marasch ?, florissantes par l'industrie et l'agriculture et habitées
par des populations chrétiennes, grecques et en majeure partie armé-
niennes. Cet état prospère s'est maintenu jusqu'à nos jours, dans ces vallées
que les voyageurs modernes nous PApen comme couvertes de nombreux
villages *.
La longueur totale du Pyrame est de 76 lieues. M. W. Ainswor 4h pense
qu'il pourrait porter de petits bateaux à vapeur depuis son embouchure jus-
qu'à Mopsueste, et même jusqu'à la hauteur d'Anazarbe‘. Mais la propriété
de ce fleuve d'être navigable devait exister à un bien plus haut degré lorsqu'il
était accru du contingent que lui apportait le Sarus. Nous savons que c'est
précisément ce qui eut lieu pendant la période arménienne. Il est vrai que
les princes roupéniens, et leurs sujets, à leur exemple, paraissent n'avoir été
que médiocrement préoccupés d'utiliser ce fleuve, ainsi que leurs autres cours
d'eau, pour les besoins de la vie économique et la circulation de la richesse
nationale. Il est même présumable que ces princes s'en abstinrent de parti
pris, dans le but de favoriser le développement du commerce dans le port
d'Aïas, et del éloigner autant que possible de Satalie, où les Seldjoukides, maî-
tres de cette place si bien située, s’efforçaient de l'attirer.
thema IV, v: voir Tudebodus continuatus, IV, v, et
Tudebodus imitatus et continuatus, $ XXXIIT.)
1 Albistan, après être tombée au pouvoir des
croisés, qui s'y maintinrent pendant sept à huit ans
(1097-1105), comme nous l'avons vu précédem-
ment (p. xxv), appartint tantôt aux sulthans Sel-
djoukides d'Iconium , tantôt aux émirs turkomans de
Cappadoce de la famille de Danischmend, qui ne
cessérent de s'en disputer la possession. Le roi Léon II
tenta, mais vainement, de s'en emparer sur ces
derniers en 1205. (Grégoire le Prêtre, chap. cxvu,
ci-après, p. 177, et chap. cxxvir, p. 194; cf.
Sémpad, ci-après, p. 641.)
? Marasch (Germanicia), enlevée au duc d’An-
tioche, Philarète Brachamius, par le célèbre chef
arménien Kogh’ Vasil (Basile le Voleur), cédée par
ce dernier à Josselin de Courtenay (Matthieu
d'Édesse, ad ann. 553 (1104-1105, chap. xxxvi,
ci-dessous, p. 75), possédée ensuite par Baudouin
(Balduinus de Mares de Guillaume de Tyr, VI, x1v
et av, BaXdovivos ès Mapauoiou (lis. Mapaoiou) de
Cinnamus, 1, vu), frère ou parent très-rapproché
de Raymond de Poitiers, fut enfin incorporée au
royaume de la Petite Arménie. Cf. Saint-Martin,
Mén. histor. géogr. sur l'Arménie, t. [*, p. 200, et
le P. Léonce Alischan, Géogr. politique, $ 1859,
P- 559. Tudebode (Th. IV, vi) vante l'abondance
des biens de la terre qui s'offrit aux croisés, quand
ils furent arrivés à Marasch (Marasis), et Guillaume
de Tÿr (IV, vn) est encore plus explicite ; voici ce
qu'il dit : « Erat autem prædicta civitas christianos
« habens habitatores. . Ad quam postquam Deo
*devotus pervenit exercitus, ante urbis mœnia, in
“pascuis virentibus castrametati sunt, violentiam
‘inferri civibus prohibentes. Unde factum est ut
«rerum venalium illic, cum omni tranquillitate,
« ministrata sit abundantia. »
$ Indjidji, Armén. mod. p. 370, 372 et 378; le
P. Léonce Alischan, Géogr. polit. $ 1884, p. 565.
Marasch est aujourd'hui un centre des missions
protestantes, et les relations sur l'état actuel du pays
ne nous font pas défaut. Voir celle du missionnaire
américain Perkins (1851) dans Ritter, Erdk. B. IX,
Th. Il, p. 18 et suiv. et celle de M. Léon Paul
(1664), publiée sous le titre de Journal de voyage,
Paris, in-12, 1865.
4 Travels and researches in Asia Minor; cf. M. de
Tchihatcheff, Asie Min. 1"° part. p. 299.
5 Ce port appartenait encore aux Grecs en 1147,
et c'est là que sembarqua Louis VII pour cingler vers
le port de Saint-Siméon, à l'embouchure de l'O-
ronte. Mais comme les Turks des environs de Sata-
lie incommodaient beaucoup les habitants, ceux-ci
firent la paix avec eux en consentant à leur payer
tribut. Lorsque cette ville fut devenue une des con-
quêtes des Seldjoukides, le commerce y prit une
extension considérable, ainsi qu'à Scandelor et dans
les autres petites places du voisinage, sur le littoral
de la Pamphylie et de la Cilicie-Trachée. Ce mou-
vement d'affaires était surtout entrelenu par les com-
munications qui avaient lieu avec Cérines, sur la
côte septentrionale de Chypre. Voy. Guill. de Tyr,
XVI, xxvi; Marino Sanuto, Secr. fidel. cruc. lib. I,
part. 1, cap. 1, et part. IV, c. iv et v; Balducci Pe-
golotti, dans Pagnini, Dellu Decima di Firenze,
t. III, p. 41, 42, 44, 45, 296, 367, 370 et 374;
et M. de Mas-Latrie, Des Relations politiques et com-
merciales de l'Asie Mineure avec l'ile de Chypre, dans
la Biblioth. de l'École des chartes, 2° série, 1. I,
p. 304-305.
INTRODUCTION.
Le bassin du Pyrame, compris entre Mamistra (Mopsueste) et la mer, servait
de port à cette ville '. Dans l'expédition que Tancréde, régent de la principauté
d'Antioche, entreprit contre la Cilicie, 1l envoya un détachement de ses troupes
sur des galères à trois rangs de rames, qui entrèrent dans le fleuve qu'Anne
Comnène nomme Sarôn, c'est-a-dire le Sarus et le Pyrame réunis *, et remonté-
rent jusqu'aux ponts de Mopsueste. Nicétas Choniates atteste que les navires
venaient jeter l'ancre dans ce fleuve, et nous apprenons de lui que Manuel
Comnène, après avoir rendu les derniers devoirs à son père Jean, fit placer
le corps sur un des navires stationnés dans le Pyrame, pour être transporté à
Constantinople *.
À un autre point de vue que celui d'un service de navigation, le Pyrame
avait une destination d'une importance capitale : il avait été pris pour base
d'une grande ligne militaire, établie pour couvrir la frontière orientale, la
plus vénérable, la plus exposée aux attaques par son étendue et par de redou-
XLVI
tables voisinages. Cette appropriation stratégique se révèle au premier coup
d'œil jeté sur une carte de la Cilicie. Cette ligne partait de l'embouchure
du Pyrame, et, en longeant le cours du fleuve et de quelques-uns de ses
affluents, allait sappuyer en plein sur les contre-forts du Taurus. De distance
en distance étaient échelonnés des châteaux et des places fortes, constituant par
leur ensemble un système complet de défense : au sud et à quatre parasanges
(20 kilomètres) de la mer”, Mamistra*, l'antique Mopsueste, avec ses solides
murailles flanquées de tours, sa nombreuse et riche population, et ses cam-
pagnes fertiles et agréables; en remontant le fleuve, Amouda, dont la position
semble répondre au Tumlo Kalessi d'aujourd'hui, au nord-ouest et non loin de
la jonction de la rivière de Sis avec le Pyrame. Ce château, cédé par Léon Il?
l «Ïtaque profectus sum ad portum de Mamis-
«tra; ibique quum navigare in Cyprum insulam
« pro victualibus vellem, comminatus est mihi mul-
«tum sanctus Andreas, nisi cito reverterem et vobis
«injuncta mihi referrem. » (Lettre de Pierre Barthe-
lemy, inventeur de la Sainte Lance, à Raymond de
Saint-Gilles et à l’évêque du Puy. — Raimundi d’Ai-
guilers Histor. Francorum qui ceperunt Iherusalem,
cap. XI, p. 299.) |
? Alexiade, liv. XII, p. 277. Ce mot Sarôn , Zapor,
est sans doute une forme augmentative du nom du
Sarus, employée pour exprimer l'accroissement de
ce fleuve, unit au Pyrame.
3 À dà Baoiheds rà boue TÉ œarp}i éxTehécas xal
Taîs vavol T0 ua évléuevos, aï Tr Iupauo morauÿ
évwpuiovro, ds Moÿovecliay Airaivur Saldoon
æpooméxere, x. 7. À. (Règne de Manuel Comnéne,
I, 1.)
4 Aboulféda, Géogr. p. 251. Il dit qu'un homme
assis sur le haut de la grande mosquée pouvait
apercevoir le littoral.
5 Ou Malmistra des chroniqueurs latins, ame,
Maciça des Arabes, Mécis, W'sts, des Arméniens.
6 « Erat autem Mamistra una de nobilibus ejus-
«dem provinciæ civitatibus, turribus et muro et
« multorum incolatu insignis ; sed et opimo agro ct
« gleba ubcre et amænitate præcipua commendabi-
« lis. » (Guill. de Tyr, III, xx.) —Voir tbid. l'énumé-
ration des richesses et des provisions de toute sorte
qu'y trouva Tancrède en s'emparant de cette ville,
en 1097. Cf. Tudebode, p. 41, 131 et 185; Raoul
de Caen, cap. xL, p. 634, et une foule d'autres
auteurs du moyen âge, qui tous vantent la prospérité
de Mopsueste.
7 « Dono et concedo..... in primis famosum
« castellum Amudam nomine et casale inferius sibi
« adherens nominatum ; cum pertinenciis, et divi-
« sionibus ipsius signatis in hunc modum. À parte
« Simonaglaïn tendit usque ad antiquum adaqua-
« rium, ubi due sunt arbores salices et modo factus
“est laccus; dehinc usque ad rostrum de Rocha
«media justa gastinam que est de territorio Adidy.
« À gastina illa superius ascenditur usque ad Quilli,
« quod dicitur latine meta de Gammasa. Alia divi-
« sio inter Gammasa et Amudayn tendit ad cavam,
«ubi est arbor dicta chaisne spinosa et abbacia
« Chalot et agger vinee de Mechale et extenditur
«meta usque viam. Âlia divisio inter pastores et
« Amidain tendit usque ad collem, ante quem col-
«ler sunt duo rubi selvatici et arbor morarius;
XLVII
INTRODUCTION.
aux chevaliers teutoniques, gardait le gué d'Amouda, par lequel on pénétrail
dans la plaine cilicienne et par où passérent tant de fois les invasions égyp-
tiennes. Plus haut et sur un des affluents du Pyrame, était Anazarbe, fortifiée
par l'empereur Justin [* et par le khalife Haroun-al-Raschid avec toutes les
ressources du génie militaire, et accrue de nouvelles constructions par les
Roupéniens?, qui y firent leur résidence avant que Léon II l'eût transportée
plus au nord, à Sis. Sur un pic isolé, baigné à sa base et sur la gauche par
un autre affluent du Pyrame*, s'élevait Sis, gardée par sa vaste et solide for-
teresse, ouvrage de Léon II, et entourée d'une ceinture de châteaux forts et de
postes militaires‘. Cette chaîne stratégique plongeait dans les profondeurs de
la montagne par un dernier anneau qui était l'inexpugnable château de Gaban.
La ligne dont nous venons de noter les points principaux était encore ren-
forcée par cette longue suite de forteresses que nous avons énumérées, en
décrivant l'Amanus (p. xxx1), et qui en couronnaient les cimes ou s'étageaient
sur ses flancs. Elle se prolongeait sur le bord oriental du golfe d'Alexan-
drette par Djéguër (Giguerium), Alexandrette, Nigrinum ou Castellum regis
nigrum, la Portella, et au revers de la montagne, jusque sur le territoire
d'Antioche, par le château de Gaston, que Léon II compta pendant quelques
années au nombre de ses possessions.
Ce vaste système de positions militaires, savamment reliées l'une à l'autre,
aurait pu arrêter, comme une insurmontable barrière, les plus terribles atta-
ques *, si le royaume avait vu se renouveler des règnes comme celui de
religieux Mékhithariste, c'est qu'il y a inséréles ren-
« dehinc tendit usque ad gastinam dictam Dagie et
seignements oraux que lui avaient fournis des Ar-
<extenditur usque ad Zamga; dehinc usque ad la-
«cum Helia et Ioh ; et inter Ioh et Ramam est que-
«dam cava divisa. »
Acte de donation aux chevaliers teutoniques par
Léon IT, avril 1212; conservé aux archives secrètes
de Berlin, e copiario Ordinis theutonici, fol. parche-
min du xiv* siècle, n° 1, c. 12, fol. 35 c. Cf. Wille-
brand d'Oldenbourg, Itiner. qui dit (p. 15) : «In
‘pede hujus castri decurrit quidam fluvius qui
“maximo gurgite oritur ex montanis Hormeniæ et
«vicinis. ..., hoc castrum distat à Naversa (Ana-
* zarba) duo millia. »
l'Aboulféda (Moslem. annal. ad annum 664)
mentionne Je gué d'Amouda, dans le pays de Sis,
? Voir une inscription arménienne trouvée dans
le donjon du château d'Anazarbe, par M. Victor
Langlois, et reproduite dans son Recueil des inscrip-
tions de la Cilicie, n° 35, et du même auteur Vue
des raines d'Anazarbe, dans la Revue archéologique,
x année, 1856, septembre. La célébrité des for-
tifications d'Anazarbe lui avait valu le surnom de
Troas ou bien Nouvelle Troie (Matthieu d'Édesse,
chap. n, ci-après, p. 30).
Ÿ Indjidji, Armén. mod. p. 360, nomme cet
affluent Uju#änc4 Asméntzoug; voir ibid. la des-
énption de Sis et du district environnant. Ce qui
fait le prix de cette partie de l'ouvrage du savant
méniens ses compatriotes, originaires de la Cilicie,
renseignements qu'il a fondus avec ceux empruntés
par lui à la Géographie turke de Hadji-Khalfah, le
Djihän-Numa.
# Vahga (Baxä de Nicétas Choniates, à d'Ibn-
Alathir, Féké d'aujourd'hui ; Partzérpert (F orteresse
haute, &,s ju» d'Aboulféda); Mountas (à Mantas-
Deressi), et autres constructions militaires, dont
les dénominations modernes nous font connaître le
site ancien, comme Andal-Kalé, Kars, Kara-Sis,
Dun-Kala, Castel-Anabad. Cette dernière position,
indiquée comme un ancien château sur la carte de
M. Kiepert et dans Ritter {Erdk. B. IX, Th. Il, .
p. 55), tirait son nom du voisinage d’un couvent,
probablement Garmir-Vank (Couvent Rouge), le
mot arménien wvwmunn, anabad, signifiant dans
la langue usuelle un monastère situé dans un lieu
solitaire et inhabité, mais non pas inculte, unange-
bauet, comme traduit Ritter. Voir, pour la position du
monastère de Garmir-Vank', ci-après, p. Lxxur.
5 Istakhri énumère les positions militaires qui,
sur une ligne allant de l'Euphrate au Cydnus, à
l’ouest, couvraient de ce côté, au ix° siècle, la
frontière de l'empire byzantin, Malathia, Haditha,
Marasch, Harounia, Kenissa, et ensuite Anazarbe,
Massissa, Adana et Tarse. Liber climatum, trad,
de Mordtmann, p. 33, 38, 42 et 44.
INTRODUCTION.
Léon II, homme de tête et d'action, politique consommé, ou de son gendre,
Héthoum I", prince sage et prudent; mais déjà, sous Léon III, ls d'Héthoum,
et sous ses inhabiles successeurs, la Petite Arménie, en proie aux discordes
religieuses, à l'anarchie féodale et à des invasions sans repos n1 trêve, et
affaiblie aussi par le contre-coup qu'elle ressentit de la ruine définitive des
colonies latines de la Syrie (1291), la Petite Arménie n'eut plus à opposer à
ses envahisseurs triomphants les murs de ses forteresses abandonnées et les
bras courageux de leurs défenseurs, partis pour l'exil ou l'émigration.
La plaine basse comprise entre le Cydnus et le Pyrame, et que le Sarus
coupe par le milieu, la plaine Aleïenne, ne présente plus aujourd'hui au regard
attristé du voyageur que l'image de la stérilité et de la désolation. Bien dif-
férent était ce spectacle dans l'antiquité, lorsque la splendeur de Tarse,
d'Adana et de Mopsueste rayonnait tout à l'entour de ces illustres cités.
Au moyen äge et sous l'administration byzantine et arménienne, cette
prospérité n'était pas encore tout à fait éteinte. La plaine de Mëéloun, UWr:5,
dénomination que les Arméniens avaient imposée à la plaine Aleïenne!, était
au xiv* siècle, ainsi que l'affirme le continuateur du connétable Sëmpad ?,
couverte de constructions royales, de villages et de fermes, et, dans le
nombre, était le casal de Vaner (Vanerium) que Léon IT vendit pour 10,000 be-
sants sarrasins aux Hospitaliers ‘.
C'est dans la partie de cette plaine depuis Mopsueste jusque sous les murs
d'Anazarbe qu'il faut placer le pratum palliorum de Guillaume de Tyr', >
zw%il des Arabes’, où Boémond IT fut tué dans un combat contre les infi-
dèles, et où mourut l'empereur Jean Comnène.
L'ordre teutonique y possédait des propriétés considérables, quil tenait
de la libéralité des souverains arméniens; le château de Cumbethfort, don de
Léon II, mentionné dans l'itinéraire de Willebrand d'Oldenbourg, et le chà-
teau d'Amouda, dont nous connaissons déjà le site, à l'entrée de cette même
plaine, deux milles au sud d'Anazarbe*. Le chanoine d'Hildesheim n'oublie
pas, à cette occasion, de vanter l'estime et l'affection particulières dont ces
chevaliers étaient l'objet de la part de Léon IT; et, en effet, ce prince leur en
donna bientôt une nouvelle preuve en leur abandonnant, par l'acte précité
du mois d'avril 1212 ?, plusieurs domaines compris dans le territoire contigu
au château d'Amouda. Ce document décrit le plan cadastral de ces domaines
avec des détails tellement circonstanciés qu'ils impliquent nécessairement
l'idée d'un très-grand morcellement de la propriété rurale et d'une mise en
XLVIII
1! Du nom d'une forteresse, GA Le dont 8 Paoli, Cod. diplom.t. I*, p. 104-105, n° XCIX.
parle Édrisi, t. I], p. 132, 133 et 306. Je dois faire & XIII, xxvur, et XV, xx. |
remarquer que le traducteur, M. Jaubert, a mal lu ce 5 Aboulféda, Géogr. p. 251.
nom, qu'il transcrit par Mulawen, cie, comme si 6 Itinerariam Terre Sanctæ, p. 14, col. 2.
c'était le participe passif du verbe arabe, à la seconde 7 Voir ci-dessus, p. xzvi, note 7. La rubrique de
forme, us. et il le rend par coloré. Une autre erreur cet acte est ainsi conçue dans le copiarium Ordinis
plus grave de ce même académicien, est celle qui
lui a fait identifier Méloun avec Mallos, qui était
déjà en ruines, au temps d’Édrisi.
? Ad annum 784 (1384-1385), Voy. ci-après,
p. 671-672.
theutonici : « de castro Amudan et casali sibi adhe-
« renti et casalibus Sespin et Buquequia et Ayim cum
« pertinenciis suis et libertatem [omni]modam tam
«per mare quam in terra, q (que) dedit rex Leo
+ Hermenie domui in toto dominio suo. »
INTRODUCTION. XLIX
culture florissante, el confirment le témoignage que nous avons déjà invoqué
du continuateur de Sémpad. En 1236, le roi Héthoum I‘, animé envers les
Teutons des mêmes sentiments de bienveillance que leur avait montrés son
prédécesseur, Léon IT, les gratiha de la petite ville de Haroun ou Harounta,
qui était un des fiefs de la couronne, avec les abbayes, les casaux et les
revenus de toute nature qui en dépendaient !. |
Comment et à quelle occasion les Arméniens étaientils venus se transplan-
er dans le pays que nous venons d’entrevoir d'un rapide coup d'œil ? Dans
quelles conditions et sous quelles institutions y vécurentils? Telles sont les
questions qui sollicitent maintenant notre attention et sur lesquelles nous vou-
drions essayer de présenter quelques considérations.
CHAPITRE DEUXIÈME.
LE ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE AU POINT DE VUE HISTORIQUE.
$ 1°. — Ses origines et ses premiers rapports avec les croisés.
La fondation du royaume de la Petite Arménie fut l'œuvre de la conquête
qui mil aux mains des Arméniens l'une des provinces de l'empire byzantin
les plus reculées, et où la configuration montagneuse du sol, le caractère indé-
pendant et belliqueux des habitants et les invasions des Arabes avaient rendu
la domination des souverains de Constantinople difficile et précaire. Cette
conquête fut préparée par les immigrations des Arméniens dans les parties du
terriloire grec auxquelles ils confinaient, la Mésopotamie, le nord de l'Eu-
phratèse, et la Cappadoce. L'approche des Turks seldjoukides, qui avaient
déja subjugué la Perse et largement entamé la Grande Arménie”, détermina
ce. mouvement des populations, il fut accéléré par la politique ambitieuse,
mais aveugle, sans cesser d'être perfide, des souverains de Byzance, qui, depuis
des siècles, convoitaient la possession de la Grande Arménie et qui, après
l'avoir arrachée par lambeaux à ses maîtres légitimes, cherchaient à en chasser
les Turks victorieux; vain espoir, inutiles efforts, comme ceux qu'ils avaient
jadis déployés contre les Sassanides et les khalifes.
Sénékérim Jean, roi du Vasbouragan*, issu de l'antique famille des Ardz-
rounis* qui dominait sur cette vaste province, effrayé de l'apparition des
! Voir, pour la position de Harounia, chap. 1°. sud du lac de Van jusqu'au delà de l'Araxe, sur les
$ 2, ci-dessus, p. xxxr. L'acte de donation, con- limitesde l’Atropatène (Adërbadagan des Arméniens,
sentt par Héthoum et sa femme Zabèl (Isabelle), Azerbeïdjan moderne). Indjidji, Armén. ancienne,
en date du 22 janvier 1236, se trouve aux Archives p. 156 et suiv.; Tchamitch, L III, tables, p. 188,
secrètes de Berlin {e copiario Ordinis theutonici, 1, col. 2: le P. Léonce Alischan, Topographie de la
c. xt, fol. 36 ci. Grande Arménie, tableau, p. 23-24 ; Saint-Martin,
? Voir la Chronique complète de Matthieu d'É- Mém. hist. et géogr. sur l'Arménie, t. 1, p. 128-120.
desse ad ann. 467 (1018-1019), dans la Biblioth. # Au sujet de cette illustre famille souveraine,
histor. armén. t. 1, p. 40-43. dont l'origine remontait, suivant la tradition, à
> Aomoupaxär, Baomapaxär, Baorapaxaxa, A or Sennachérib roi d'Assyrie, par les deux fils de ce
mpaxaviav. Cette province, la plus considérable de la prince Sarazar et Adramelech, qui s'enfuirent en
Grande Arménie ,s’étendait depuis les montagnes au Arménie, après avoir tué leur père, voir ci-après,
Hisror. arm. — I. É
L INTRODUCTION.
Turks et se sentant impuissant à les repousser, fit l'abandon de cette pro-
vince, en 1021, à l'empereur Basile IT, et obtint de lui, en retour, la ville de
Stbaste, en Cappadoce. En 1042 un prince de la même maison, Abëlgharib
ou Abëlkharib, reçut de Constantin Monomaque le gouvernement de Tarse
et de Mopsueste'. En employant la ruse et le parjure, Monomaque réussit à
attirer à sa cour Kakig ÎT, roi bagratide d'Ani?, le plus puissant des souverains
entre lesquels était alors partagée la Grande Arménie; lui ayant extorqué la
cession de ses Etats, il lui donna en échange les villes de Galonbeghad et
Bizou, situées, à ce que l'on suppose, non loin de Césarée. Un autre Kakig, de
la branche des Bagratides établie à Gars (Kars), livra, en 1064, son royaume à
Constantin Ducas, qui lui accorda en compensation, dans la partie méridionale
de la Cappadoce, la ville de Dzaméëntav (Téauard0s), en v joignant quelques
autres places du voisinage et une centaine de villages *. Témoins de l'incurie
et de la lächeté des Grecs et de l'ineflicacité de leurs secours pour les protéger
contre les progrès et les dévastalions des Turks, plusieurs autres chefs armé-
niens allèrent chercher un asile sur les terres de l'empire. L'un d'eux, Oschin,
. qui possédait la forteresse de Maïriats-Dchourk’, [J'ypbg S np (Rivière des
Bois), non loin de la ville de Kantzag“, dans la contrée d'Artsakh, l'une des
provinces de l'Arménie orientale, émigra dans la Cilicie, en 1072, avec ses
deux: frères, Halgam et Pazouni, et se retira auprès d'Abëlgharib son ami, qui
lui donna le château fort de Lampron (Nimroun). Oschin est la tige des princes
Héthoumiens, Lénine, la plus puissante famille de la Cilicie, après celle
des Roupéniens, et à laquelle il était réservé de s'asseoir un jour sur le trône
par le mariage de Héthoum [°° avec Zabël (Isabelle), fille de Léon IT (1226).
Nous avons vu déja (p. xx) comment le roi Kakig ÎT fut assassiné, en 1079,
par les trois fils de Mandalè (Pantaléon), dans Îa forteresse de Cybistra ou
Guëntrosgavis, et comment, la royauté nationale arménienne ayant pris fin
en lui, un des officiers de son armée et son parent, Roupên, se jeta dans les
gorges du Taurus, et, fort du concours et de l'appui de ceux de ses compa-
triotes qui habitaient ces montagnes, enleva aux Grecs la forteresse de Partzër-
pert, dans le district de Gobidar. Plus tard, son fils Constantin: I‘, aussi
brave, aussi entreprenant que lui, leur prit un autre château, Vahga; 11 y fixa
sa résidence et en fit le berceau de la puissance des Roupéniens ”
Les croisés, sous la conduite de Godefroy de Bouillon, parvenus à l'entrée
de la Cilicie, y rencontrérent les Arméniens, qui accueillirent à bras ouverts
ces guerriers de l'Occident qui venaient relever la croix abattue et humiliée
p. 10, n. 4, et mes Recherches sur la chronologie
arménienne, t. ], 2° partie, Anthologie chronologique,
n® xxx, XxxIV et xzv. Cette famille a produit un
savant écrivain, Thomas Ardzrouni, qui s'en est
fait l'historien et qui vivait au rx°siècle. Cf. Soukias
Somal, Quadro della storia letteraria di Armenia, p. 57-
58, et le P. Karékin, Hist. de la littérature armé-
nienne, p. 411-428.
1 Tchamitch, Hist. d'Arménie, I, xxxvinr, t. HIT.
P- 925, et xLvIn, ibid. p. 995.
2? Matthieu d'Édesse, Chronique complète, ad
ann. 492 (1043-1044), chap. zxv, dans la Bibl. hist.
arm. t. 1, p. 76-76.
3 Dans le thème de Lycandus. Voy. Constantin
Porphyrogénète, De Themat. I, xur.
à Guendjé, xst en persan, aujourd'hui et
sous la domination russe, Élisabethpol. On nom-
mait cette ville Gurdwk Uancwtfg, Kantzag de l'Al-
banie, pour la distinguer de Ravdwg Vepaumwuiuh,
Kantzag de l’Atropatène, ou Tauriz.
5 Tchamitch, Hist. d’Arm. V, 1 et nr, t. HI,
p. 6 et 18.
INTRODUCTION. Fe
par les infidéles. Il se forma aussitôt de part et d'autre des relations qui
devinrent de plus en plus multipliées et intimes, et dès lors les Arméniens
combattirent avec les croisés sur presque tous les champs de bataille. Lors-
qu'en 1097 ceux-ci, campés devant Antioche, dont ils faisaient péniblement
le siége, souffraient de la famime et de la maladie, Oschin de Lampron
et Pazouni, son frère, ainsi que Constantin, fils de Roupèn, de concert avec
les moines de la Montagne Noire, et tous les chrétiens des environs, accou-
rurent à eux avec des secours et des vivres!. En récompense de son dévoue-
ment, Constantin reçut le titre de baron, dont héritèrent ses successeurs Jus-
qu'a Léon IT, qui, en 1198, prit celui de roi. Suivant Vahram d'Édesse, les
Franks conférèrent au prince arménien Île double titre de comte-marquis”.
Les commencements de la dynastie roupénienne furent faibles et très-labo-
rieux; les Grecs ne cessaient de revendiquer la partie du territoire cilicien dont
ils avaient été dépouillés. Jean Comnène, à l'époque de son expédition dans
le nord de la Syrie, en 1137, reprit toute la Ciicie, fit prisonnier Léon f°,
fils de Constantin, et l'envoya chargé de chaînes à Constantinople, avec sa
femme et deux de ses fils, Roupên et Thoros *. Les trois autres fils de Léon,
Sdeph'ané, Constantin et Mleh, se trouvaient alors en sûreté à Édesse, auprès
de leur cousin germain, Josselin le Jeune. Léon mourut pendant sa captivité;
mais Thoros, étant parvenu à s'échapper, revint dans le Taurus, sous le dégui-
sement d'un mendiant; là, s'étant révélé à ses compatriotes, et les ayant ralliés
à lui, il reconquit l'héritage de ses pères et en recula les limites. Depuis lors,
les Roupéniens restèrent maîtres définitifs de la haute région de la Cülicie, et
Manuel Comnène, fils de Jean, dans son expédition de Syrie, en 1143, en
laissa la possession à Thoros, se contentant de la simple reconnaissance de sa
suzeraineté. La cour impériale comprenait qu'il était d'une sage politique de
dissimuler ses griefs et de ménager ces chefs qu'elle ne pouvait atteindre;
impuissante à les réduire à l'obéissance, elle entreprit de les gagner par des
honneurs et des titres. Manuel accorda à Thoros celui de sébaste, et quelques
années aprés, lorsque la puissance et la renommée du prince arménien se
furent accrues, il l'éleva de plusieurs degrés dans cette hiérarchie de cour,
en le décorant du titre de pansébaste“.
Ce dernier lien de subordination fut enfin rompu par Léon II, dit le Ci
qui mérita ce surnom autant par ses talents militaires que par son habileté
politique. Ses prédécesseurs, dont l'ambition était de s'affranchir du Joug des
Grecs et de se créer des appuis contre eux, avaient cherché des alliances
dans les familles de la noblesse française d'outre-mer’. Arda, petite-fille de
Roupén °', épousa, en 1100, le frère de Godefroy de Bouillon, Baudouin,
alors comte d'Édesse; Léon I°' s'était uni à une sœur de Baudouin du Bourg;
Roupên IIT, frère de Léon IT, à Isabeau, fille de Honfroy, seigneur de Thoron |
1 Matthieu d'Édesse, chap. n, ci-après, p. 33. * Grégoire le Prêtre, Chronique, chap. cv, ci-
? Chron. rimée, ci-après, p. 498; v. 197-198. après, p. 192-193, et ibid. notes.
NS gnome Péuñs quuhe. junpétu, * Voir, pour ces litres, ci-après, p. Lxxx, nole 2.
org L opghg dEpuduÿutu : 5 Voir, à la suite de l'Introduction, la Concor-
« l'ayant élevé à la dignité de comte, ils le nommc- dance du Livre des lignages d'outre-mer avec nos Ta.
+ rent comte-marquis. » bleaux généalogiques, et ces tableaux n°1, 2,3ct5.
G.
LII INTRODUCTION.
et de Krak; Léon IT, fidèle à ce système d'alliances, accorda la main de sa
nièce Alice, veuve de Héthoum, fils du prince de Saçoun, Tchordouanêl, à
Raymond, comte de Tripoli, fils aîné de Boëmond le Bambe, prince d'An-
tioche, et lui-même épousa en premières noces Isabeau, princesse de 1a
même maison, et ensuite Sibylle, fille d'Amaury de Lusignan, roi de Chypre,
et d'Isabeau de Plantagenet, reme de Jérusalem.
Compagnons d'armes des croisés, unis à eux contre les Musulmans par les
sentiments dune foi commune, et contre les Byzantins par le désir de se
rendre indépendants et par une profonde antipathie contre l'Église grecque,
les Roupéniens achevèrent, par des mariages devenus de plus en plus fré-
quents, d'entrer dans la grande famille des princes latins d'Orient. Celui de
la nièce de Léon II avec le comte de Tripoli lui donna l'occasion de jouer
un rôle considérable et d'acquérir une influence prépondérante dans les af-
faires générales des Chrétiens de Syrie. Comme tuteur de Raymond Rupin
(Roupèn), fils de Raymond de Tripoli, il eut de longs démêlés avec Boëmond
le Borgne, oncle du jeune Rupin, contre lequel il soutint les droits de son
pupille à la principauté d'Antioche. Des alternatives de revers et de succès
firent passer tour à tour cette ville entre les mains des deux compétiteurs
jusqu'à ce qu'enfin, en 1216, elle resta à Boëmond.
Vingt-cinq ans auparavant ‘lorsque Frédéric Barberousse, en marche dans
l'Asie Mineure, eut atteint le territoire du sulthan d'Icomium, Izz-Eddin Kilidj-
Arslan, et que ses troupes, errant dans les plaines arides de la Lycaonie,
étaient en proie aux tourments de la faim, Léon IT et le patriarche Grégoire
Abirad lui vinrent en’aide avec le plus ostensible empressement”. En même
temps Léon chargeait ce même prélat d'aller complimenter le souverain atle-
mand sur son heureuse arrivée, en se faisant accompagner par l'archevêque
de Tarse, saint Nersès de Lampron, bien connu par le goût quil affectait
ouvertement pour les Latins, et qui, à ce titre, ne pouvait manquer d'être
le bienvenu; mais cette ambassade échoua par un accident qui survint à
saint Nersès, pendant qu'il cheminait pour aller rejoindre le patriarche, au
château de Hrom-Gla*°. I fut attaqué dans la montagne au dela de Marasch
par une bande de Turkomans* qui pillèrent ses bagages et tuëérent cinq hommes
1 Ilest bon de savoir que presque en même temps
ce patriarche entretenait des intelligences et une cor-
respondance avec Saladin. On peu lire dans Behà-
Eddin (édit. et trad. de Schultens, p. 120-122) la
lettre qu’il écrivit au conquérant de Jérusalem pour
l'assurer de son dévouement et de son respect et lui
rendre compte de tous les mouvements des croisés al-
lemands. Ïl est impossible de savoir au juste s’il était
de connivence avec son souverain en faisant cette dé-
marche auprès d’un prince infidèle, et l'on ne peut
tout au plus que soupconner la complicité de Léon II.
Le R. P. Tchamitch, qui a d’ailleurs intercalé dans
son Histoire d'Arménie tant de choses oiseuses, s’est
bien gardé de parler de cet acte de duplicité.
? Hr'om-Gla, en arabe Kala’t-erroum, es An ks
(Forteresse des Romains), ancienne et célèbre for-
teresse située sur la rive occidentale de l'Euphrate,
daus la Comagène, au nord-ouest d'Alep. Elle fut
enlevée en 1115 ou 1116 à Vasil-Dgh'a, fils adoptif
et successeur du prince arménien Kogh -Vasil, par
Baudouin du Bourg, qui la céda ensuite à Josselin
le Jeune. La veuve de ce dernier la vendit au pa-
triarche Grégoire IT, dit le Bahlavouni, qui s'y fixa
et la transmit à ses successeurs; ceux-ci continuè-
rent à y faire leur résidence jusqu'en 1292, époque
où elle fut prise par les troupes du sulthan d'Égypte,
Melik-Aschraf Mohammed, fils de Kalaoun. {Voy. la
relation du siége et de la prise de Hr om-Gla, d'après
les historiens arabes Aboulféda et Makrizi, et les
historiens arméniens Sëmpad et Nersès Balients,
craprès, p. 542-543, 653-654, et ibid. notes 1 et 2.)
3 Saint Nersès de Lampron nous a laissé le fidèle
INTRODUCTION. LI]
de son escorte. L'historien Vartan raconte que Frédéric, reconnaissant des
services que Jui avait rendus le prince arménien, lui députa trois ambassadeurs
pour le remercier et écrivit à Grégoire Abirad que, s'il jugeait ce prince digne
de la couronne et du titre de rot, 1l était prêt à les lui accorder!. Mais sur
ces entrefaites, ayant franchi le Taurus et étant arrivé à Séleucie Trachée,
fut surpris par la mort dans les eaux du Saleph (Calycadnus). Ce fatal
accident, qui consterna la nation arménienne, ne fit pas renoncer Léon à son
projet d'obtenir le titre qu'il ambitionnait; il s'adressa au pape Célestin III et
A Henri VI, successeur de Barberousse, en leur proposant de se déclarer le
vassal du saint-siége et de l'empire d'Occident. Le pape, avec l'assentiment
de l'empereur, lui envoya une magnifique couronne qu'il confia au cardinal
Conrad de Wittelsbach, archevêque de Mayence, chancelier d'Allemagne?.
Les envoyés de Léon allèrent chercher le messager impérial et apostolique à
Saint-Jean-d'Acre et le conduisirent à Tarse, où le 6 janvier 1198, jour de
l'Épiphanie, Léon fut sacré roi d'Arménie dans la cathédrale de Sainte-Sophie
par le cardinal et par le patriarche, en présence des grands et des principaux
membres du clergé, convoqués pour cette cérémonie.
S'avouer le vassal de puissances aussi éloignées que le saint-siége et l'em-
pereur d'Occident “ était un acte de politique raffinée; Léon y trouvait l'avan-
tage de ne subir qu'une suzerainelé nominale, de lier sa cause d'une manière
plus étroite a celle des princes latins de la Syrie, et de s'assurer des auxiliaires
et des protecteurs contre les anciens maîtres de la Cïlicie, les Grecs, avec les-
quels 1 rompait ainsi ouvertement et quil pouvait maintenant braver avec
impunité. Cette conduite si bien calculée porta ses fruits. Alexis l'Ange, voyant
quil fallait compter désormais avec Léon, n'hésita pas à le reconnaître en
qualilé de souverain indépendant, et, dans l'espoir de le détacher des Latins,
il Ju offrit, lui aussi, une couronne d'or, enrichie de pierreries, et lui adressa
une lettre dont l'historien Guiragos nous a conservé la substance”: « Ne place
pas sur ta tête le diadème que t'ont donné les Romains, mais le nôtre; car
«tu es beaucoup plus prés de nous que de Rome. » Léon n'eut garde de re-
récit de sa mésaventure de voyage dans un Mémorial
ajouté à la suite de son livre intitulé Le Mystère de
ecclesiæ Arm. cum Rom. c. xx, t. 1, P. I, p. 346.)
à C’est ainsi que Léon s'intitulait en écrivant au
la messe et les institutions des différentes églises. Cette
pièce se trouve rapportée ci-après, p. 564-565.
1 Histoire universelle, ci-après, p. hho-4hà.
? Guiragos de Kantzag, Hist, d’Arm. ci-après,
P. 422; et Contin. de Guill. de Tyr, p. 215 et 220.
* «Noveritis, Domine, quod ad nos venit nobilis,
‘sapiens et sublimis archiepiscopus Moguntinus ,
* qui nobis attulitex parte Dei et ex parte sublimita-
«tis Ecclesie Romanæ et ex parte magni imperatoris
* Romanorum sublimem coronamet coronavit regem
*nostrum Leonem, et nobis reddidit coronam quam
“perdidimus a longo tempore, unde nos fuimus
*longati a vobis. » (Lettre du patriarche Grégoire
Abirad à Innocent IT, dans Innocenti Epist. hib. IT,
éP. 217,1. II, P. 182-483, ed. Baluze; Rainalli,
Ann. eccles. ad ann. 199, $ 65; Galanus, Conciliatio
pape, comme on en a la preuve par plusieurs de
ses lettres, et entre autres par celle qui suit :
« Reverendissimo in Christo patri et domino Inno-
«centio, Dei gratia, saummo sanctæ et universalis
« Ecclesiæ pontifici, Leo per eamdem et Romani
«imperii gratiam rex Armeniorum, Sanctitatis suæ
« servus, sanctæque Romanæ Ecclesiæ nova devota
«et obediens planta; cum omni reverentia, grata
« servitia et pedum oscula. » (Lettre de Léon à In-
nocent III, pour lui demander de confirmer les
donations faites par lui aux Hospitaliers, écrite de
Tarse, mi-avril 1210; Paoli, Codicediplom. t.I, p. 98-
09, n° xGiv; Rainaldi, Annal. eccles. ad ann. 1210,
$$ 34 et 35; Innocenti III Epist. lib. XIIT, epist.
119,t. Il, p. 468, ed. Baluze.)
5 list. d'Arménie, ciaprès, p. 421.
LIV INTRODUCTION.
pousser ces avances, il y répondit avec de grandes démonstrations de recon-
naissance et de joie, et offrit en retour à l'empereur de magniliques présents.
Il est essentiel de remarquer que la création du royaume dela Petite Arménie
en faveur de Léon II est de la même date que l'érection du trône de Chypre
où monta Amaury de Lusignan. Elle procède de la même imspiration poli-
tique, de la même nécessité de rendre aux établissements chrètiens de la Syrie
la grandeur et la force auxquelles les événements qui s'étaient accomplis de-
puis un demi-siècle avaient porté une si grave atteinte. Le principal de ces
étabhssements, le royaume de Jérusalem, avait succombé sous les coups de Sa-
ladin (1187), et les grands fiefs qui relevaient de la couronne des successeurs
de Godefroy étaient menacés ou envahis. Édesse, boulevard des possessions
des Latins du côté de lorient, était tombée depuis quarante-trois ou quarante-
quatre ans au pouvoir de l'atabek Emâd-Eddin Zangui et de son fils Nour-Eddin;
le brave mais indolent héritier de ce comté, Josselin le Jeune, avait fini ses
jours misérablemént à Alep, dans les fers. Tripoli ne se soutenait plus qu'avec
peine; Ptolémaïs avait été conquise, et subissait momentanément le joug des
infidèles: Antioche restait affaiblie et isolée au milieu de son territoire cerné
de toutes parts et amoindri. À la nouvelle de cette situation déplorable des
affaires d'outre-mer, l'Europe s'était émue et prenait les armes, entraînée par
le désir de la vengeance et par la voix de l'honneur et de la religion.
On comprend avec quel empressement, dans ces conjonctures difciles, Ja
chrétienté dut saluer l'inauguration de deux nouveaux royaumes, gages d'un
meilleur avenir et du retour d'une prospérité évanouie, Chypre, au milieu
de la Méditerranée, rendue inaccessible par les flots dont elle est entourée,
la Petite Arménie, abritée par ses hautes montagnes et ses forteresses.
C'est à l'initiative et au patronage des souverains pontifes, promoteurs de
tout ce mouvement, quest due la fondation de ce dernier royaume; malheu-
reusement les populations appartenaient a une commurion dissidente, et
leur réunion avec l'Église romaine, tour à tour sollicitée ou exigée, tour à
tour promise et idée suscita des déchirements et des désordres intérieurs
qui ébranlèrent le trône des Roupéniens, et en firent, pour les puissances
chrétiennes, plutôt un fardeau à soutenir qu'un moyen de résistance contre
les infidèles.
À l'époque où nous placent le départ de la troisième croisade et le cou-
ronnement de Léon II, tout était prêt dans la Cilicie pour le changement qui
transforma cette principauté, vassale de la cour de Constantinople, en un
royaume indépendant. Léon, depuis son avénement comme baron, en 1187,
avait redoublé d'efforts pour la dégager de la suprématie byzantine et en faire
un État autonome, égal pour le rang et l'étendue aux États latins du voi-
sinage; comme symbole de fa plénitude du pouvoir remis entre ses mains, il
prit le titre d'autocrate, Fptwk4uy ". Afin de rendre cette assimilation avec Îles
Franks plus complète, il emprunta leurs institutions féodales, il forma une
noblesse militaire et organisa sa cour et tous les services judiciaires et admi-
nistratifs à l'instar de ce qui se pratiquait chez eux. Ce prince est indubitable-
1 Suscription de la lettre de saint Nersès de Lampron à Léon IF, ci-dessous, p. 579.
INTRODUCTION. | LV
ment l'auteur de cette réforme politique et sociale, car ce n'esl que sous son
règne qu'apparaissent les monuments où 1l en est question; mais aucun histo-
rien n'en parle expressément a une date détermmée. Si l'on peut conjecturer
qu'elle remonte, du moins en principe, encore plus haut, il est certain que
ce n'est qu'à partir des premières années de Léon qu'elle commença à être
réalisée et à recevoir une consécration officielle; l'historien Sëémpad affirme
en effet que la charge et le titre de connétable existaient déjà à cette époque
et avaient été conférés à un certain baron Baudouin.
Ce nouvel ordre de choses dut être accepté sans peine par les seigneurs
de la Cilicie, aussi enclins que le roi à se modeler sur l'exemple des Franks,
non moins engoués de leurs costumes et de leurs manières, flattés de l'éclat
donné à leur pays par son admission dans le concert des nations chrétiennes,
et convaincus aussi que ce changement était, en présence des progrès me-
naçants des infidèles, la plus efficace mesure de salut.
Les résultats de l'influence des croisés sur la société arménienne de la Ci-
licie ont été retracés dans une trés-vive peinture par l'archevèque de Tarse,
saint Nersés de Lampron. Accusé par les moines de la Grande Arménie, ad-
versaires ardents des doctrines occidentales, d'être l'aveugle partisan et le
propagateur de ces doctrines, et le contempteur des rites antiques de l'église
nationale, il se justifia par une lettre qu'il adressa au roi Léon, et où 1l s'at-
tache à mettre en contraste les usages primitifs et les usages d'importation
latine, et à prouver que plus que lui et avant lui tous s'étaient épris de ces
nouveautés. Nous avons imséré cette lettre dans notre Recueil (p. 579-603),
comme l'image la plus vraie de celle société que nous essayons ici de faire
revivre avec son aspect extérieur et sa physionomie particulière.
$ a. La constitution politique; la royaute et l'aristocratie.
Pour apprécier le caractère et la portée de la révolution qui s'opéra alors,
il est nécessaire d'avoir, avant tout, une idée de la constitution de l'Arménie
ancienne.
Dans la première période de son existence, l'Arménie nous apparaît comme
vassale de deux des plus puissants empires qui s'élevèrent dans l'Asie occiden-
tale, Ninive, sous les Assyriens, la Perse, sous les Achéménides. De ces temps
reculés, qui correspondent à l'intervalle pendant lequel régnérent les princes
de la famille de Haïg, et que les historiens arméniens circonscrivent entre le
XXV' siècle avant J. C. et la conquête de la Perse par Alexandre le Grand, de
ces temps reculés, il ne nous reste que de vagues traditions qu'avait recueillies
l'historien syrien Mar Iba Katina, et que Moïse de Khoren a sauvées en partie
de loubli?, Elles nous apprennent que les souverains arméniens recevaient
l'investiture des monarques assyriens. Moïse raconte qu Aram obtint de Ninus
le droit de porter le varçagal, fwpuwuy *, diadème enrichi de perles, et de
tenir le second rang immédiatement après Jui.
Déjà, sous la première dynastie, celle des Haïciens, ainsi appelée du nom
l V : “ 4
Or Ci-après, p. Lxxxv, la liste des connéta- 2 fist. d'Arménie, Liv. ET et iv. IF, rx.
bles as a :
de la Petite Arménie. 3 Le varçagal, mot signifiant littéralement « qui
[VI INTRODUCTION.
de Haïg, le premier de ces princes, il existait plusieurs grandes familles en
possession du sol arménien, entre autres les Sélgounis, antérieurs peut-être
au fondateur même de la monarchie; les Bagratides, qui étaient destinés, dans
un avenir encore bien éloigné, c'est-à-dire dans le 1x° siècle de notre ére, à
s'asseoir sur le trône, et qui prétendaient descendre de Schampath, un des
juifs ramenés par Nabuchodonosor, lors de la prise de Jérusalem; les Ardz-
rounis, qui rapportaient leur origine à Sennachérib, roi d'Assyrie, et dont il
a élé déjà question!. |
Mais nos renseignements sur l'organisation politique et administrative de
l'Arménie ne commencent à prendre un caractère précis et détaillé qu'à partir
de l'an 150 avant J. C., lorsque ce pays devint le partage de l’une des branches
cadettes de la dynastie des Arsacides de Perse. Valarsace, ayant reçu en apa-
nage de son frère Arsace, autrement appelé Mithridate IT, l'Arménie et les
contrées à l'ouest, depuis l'Euphrate jusqu'a l'Halys, établit sa cour et le
youvernement de ses États d'après le modèle que la Perse lui offrait, et qui,
comme tout porte à le croire, n'était que la continuation du système suivi de
tout temps dans les grands empires de l'Asie occidentale. Au souverain de la
Perse appartenait la suprématie sur les trois autres branches de sa famille,
celles de l'Arménie, de la Bactriane, et des contrées au nord de la mer Cas-
pienne. Lui seul avait le droit de battre monnaie et le titre de roi des rois,
priviléges que, dans la suite, s'attribuerent les Sassanides. L'ordre dans lequel
je viens d'énumérer les quatre branches des Arsacides indique leur rang de
préséance à l'égard l'une de l'autre, et leur subordination envers la branche
aince.
Rien de plus curieux que Île tableau que nous offre Moise de Khoren de la
constitulion donnée par Valarsace à son royaume, et de la manière dont il ratta-
cha à sa personne, par des charges de cour, et à son service, par des emplois
militaires et civils, les familles qui occupaient ie sol avant son arrivée, et
dont une partie descendait des fils de Haïg?. Chacune de ces familles était
représentée par un chef ayant le titre de nahabed, wu$uybn, « chef de race »;
dér, nkp, « Seigneur »; danoudér, mufwneunkp, « chef de maison »; ischkhan dérou-
thian, polo nkpnfBbu, « chef de seigneurie ». Dans leur ensemble, ces fa-
milles constituaient la classe des nakharars, tufuupwpp, mot qui signifie litté-
ralement « ceux qui agissent en avant ou qui précèdent, » et que l'on traduit
ordinairement par sutrapes, parce que leur position dans le royaume d'Arménie
rappelle en quelques points celle des chefs des grandes divisions de l'empire
perse, sous les Achéménides, telle que nous l'ont fait connaître les écrivains
de l'antiquité, et principalement Hérodote, Gtésias, Thucydide, Xénophon,
Arrien et Quinte-Curce.
Les nakharars possédaient des domaines en propriété pleine et entière et
retient la chevelure ,» était un bandeau s'appli- verains de la Perse, sont figurés portant sur la tête
quant sur le front, à la naissance des cheveux, et cette sorte de couronne, que l’on est convenu d'ap-
entourant la tête, tel qu’on le voit représenté sur les peler {ire arméniaque.
médailles des Arsacides de Perse. C'était l’insigne 1 Voir, ci-dessus, p. xLIx-L, et Moise de Khoren,
du monarque suprême, du roi des rois. Les Arsa- ist, d'Arménie, I, xx1 et xx: Il, vr-1x.
cides arméniens, les seconds en rang après les sou- 2? V. surtout les détails donnés dans les chap. vrix.
INTRODUCTION. LVII
par droit de transmission héréditaire; mais ces domaines apparlenaient à toute
la famille, comme dans notre système féodal: chacun des membres y avait
un droit réel, Jus in re, et par cela même ils étaient Inaliénables et incessibles
sans le consentement de tous; le chef n'en était que le détenteur tempo-
raire. Valarsace, à son avénement, en même temps qu'il confirma les anciens
propriétaires terriens, créa de nouvelles satrapies, auxquelles il attribua,
comme on peut le supposer, les portions du sol encore inoccupées. Plusieurs
de ces domaines étaient si considérables, qu'ils égalaient ou dépassaient même
en étendue ceux du monarque, et qu'ils devinrent dans la suite, comme ceux
de la famille Siçagan, dans la province de Siounik’, et des Ardzrounis, dans
le Vasbouragan, de véritables royaumes. |
Si la féodalité arménienne nous laisse entrevoir une certaine ressemblance
avec le régime qui prédomina en Europe et dans l'Orient latin au moyen âge,
elle en différait cependant par des traits essentiels dont le plus saillant est
l'absence, ou plutôt l'état incertain et mal défini, des devoirs et des obliga-
tions réciproques des nakharars et du roi, qui chez nous unissaient si étroi-
tement le feudataire et son suzerain.
Au-dessous des nakharars principaux, wruug auüneunbuwpp, Qui formaient la
haute aristocratie, étaient placées à différents degrés des familles d'une
moindre importance, Yrubpumgnju. Mais nous Ignorons si elles dépendaient
de ceux-ci, et s'il existait en Arménie quelque chose d'analovue à nos arrière-
fiefs. Ce que nous savons d'une manière certaine, c'est que, outre les grands
tenanciers, 1 Y avait une classe de nobles, wqunp, ubuym$p, OU mnnuïbhlp,
composée des membres des familles Satrapales dépourvus de fiefs, et de ceux
qui faisaient partie du service personnel du roi, du patriarche ou des crands
nakharars. C'était la noblesse militaire, dans les rangs de laquelle était re-
crutée la cavalerie, principale force des armées du roi et des seigneurs.
Maîtres absolus dans leurs domaines, les nakharars les faisaient adminis-
lrer par des officiers à eux: ils avaient le commandement suprême de leurs
Propres troupes, et le droit de haute et basse Justice, sans recours au roi. Ils
n étaient tenus envers ce dernier qu'à lui fournir, en cas d'invasion de l'en-
nemi ou d'une expédition militaire entreprise au dehors, un corps de troupes
dont le commandement leur était réservé: ils pouvaient même refuser ce
contingent sans être passibles de la confiscation de leur fief ou de toute
autre pénalité édictée par la loi. Leurs sujets devaient l'impôt au trésor royal,
à l'exception cependant des habitants de la ville où résidait le chef de chaque
atraple, et qui avait le titre de cité libre, nunuñu,
C'est pour obvier aux inconvénients de cette indépendance illimitée des na-
kharars que le fondateur de la dynastie des Arsacides arméniens s'efforca de
rapprocher de lui, par un service personnel ou administratif, les grandes fa-
milles qu'il trouva, à son arrivée, tout établies dans le royaume. Ses suc-
tésseurs se réglèrent d'après les mêmes visées politiques, et pour appeler la
1 , . .
J'ai emprunté une partie des détails que Je Suyuunuvkug, 3 Vol. in-4°, Venise, 1838, t. II.
donne ici au SaVanl ouvrage du P. Luc Indjidji, ch. x. L'auteur y a rassemblé avec soin tout ce qu'il
intitulé Archéologie de l'Arménie, Stufrounc {pi a pu trouver de passages relatifs à son sujet.
HisTor. Am. — I. H
LVIII INTRODUCTION.
noblesse auprès d'eux, ils instituèrent une distinction honorifique, qui consis-
tait dans le privilége d'assister, assis sur un siège, 4w$ Où pwpä, plus ou moins
élevé, plus ou moins voisin du trône, aux banquets et aux cérémonies de la
cour. L'historien Faustus de Byzance, qui vivait au 1v° siècle de notre ère,
compte jusqu'a neuf cents de ces sièges sous le règne d'Arsace IT, fils de Diran
(363-381) '; un autre auteur, que l'on suppose avoir été contemporain de Faus-
tus ou postérieur de peu de temps, le biographe anonyme du patriarche $.
Nersès le Grand, et Etienne Orbêlian, qui est de la fin du xti° siècle, disent seu-
lement quatre cents. Mais dans les manuscrits cotés n° 95 et 99, ancien fonds
arménien de la Bibliothèque impériale de Paris, qui renferment cette biogra-
phie de $. Nersës, et, à la suite, la liste de ces familles ayant tabouret a la cour,
on lit quelles étaient encore beaucoup plus nombreuses; ce qui peut nous
faire accepter comme vraisémblable le chiffre de neuf cents indiqué par Faustus
de Byzance et nous rassurer contre l'exagération ordinaire de cet écrivain.
Le relief accidenté du sol de l'Arménie était un obstacle à cette concen-
tration des nakharars autour du souverain. Elle développa et entretint parmi
eux un esprit de liberté personnelle et de révolte que rien ne put comprimer.
Coupé par des chaînes de montagnes et de nombreux cours d'eau, ce sol
était morcelé en une foule de centres de populations séparés par autant de
barrières naturelles, et où chaque chef de satrapie pouvait facilement se can-
tonner, vivre à sa guise et braver le souverain. Les funestes effets de cet iso-
lement se firent sentir fréquemment. Lorsque le pays était en danger et que
le roi engageait les nakharars à joindre leurs forces aux siennes, on vit plus
d'une fois les uns rester sourds à cet appel, d'autres faire cause commune
avec les ennemis. Il n'avait d'autre moyen de répression que l'emploi de la
force ouverte ou de la ruse. Il invoquait l'assistance de ceux qui lui restaient
fidèles, et les invitait à s'armer contre le rebelle et à lui courir sus, par l'appât
de l'attribution ou du partage de ses dépouilles. Nulle part on ne trouve la
preuve que le refus du service militaire ou même la révolle ouverte ait fait
encourir de plein droit au coupable la déchéance de son domaine, contraire-
ment au principe de notre droit féodal, qui prononçait cette peine contre
le vassal, dans le cas de félonie ou forfaiture. Moïse de Khoren* rapporte
que Séloug, chef de la maison des Sélgounis, ayant fait alliance avec Scha-
bouh (Sapor Il), roi de Perse, contre son propre souverain, Tiridate IT, celui-
ci recourut à ses nakharars, et promit les terres de la famille des Sëlgounis,
situées dans la province de Douroupéran, à celui qui exterminerait Séloug.
Mamkoun, originaire du Djénasdan (Chine)°, ayant réussi dans cette entre-
prise, Tiridate le récompensa par le don de cette seigneurie.
Ce morcellement du territoire en une multitude de satrapies placées en de-
hors de l'action du pouvoir royal eut pour conséquence imévitable la désunion
presque continuelle des nakharars et du roi, et des nakharars entre eux, les
guerres intestines et les désordres auxquels l'Arménie fut en proie, son affai-
1 Büiblioth. histor. IV, u1. mille des Mamigoniens, émigra en Arménie, et s'y
? Hist, d'Arménie, I], Lxxxiv. fixa un peu avant l'avénement de Tiridate Il {287
3 Mamkoun, tige de la puissante et glorieuse fa- de J. C.). Voir Moïse de Khoren, I, Lxxxt et Lxxx1x.
INTRODUCTION. LIX
blissement progressif et enfin sa ruine. Asservie par les Romains el les Parthes,
ui s'en disputérent les lambeaux, et qui en firent le théâtre de leurs luttes
mutuelles, elle finit par être divisée entre les empereurs de Byzance et les Sas-
sanides. Vers le milieu du v* siècle, le roi de Perse, Vr'am (Behram V), fils
d'Iezdedjerd I”, supprima la royauté arménienne, et Ardaschir, le dernier des
Arsacides, fut renfermé dans une prison d'État, le château appelé Antëmésch,
lie, ou forteresse de l'Oubli (Anousch-Pert), au fond du Khoujasdan
(Khouzistan) l où 1 mourult*?. Ce triste résultat est l'inverse de celui qui s'est
produit en France, où l'autorité royale, acquérant chaque jour plus de force
et de prépondérance, parvint à englober successivement les grands fiefs de la
couronne, et aboutit enfin à constituer, dans toute sa plénitude, sous Louis XIV
cette unité politique et territoriale à laquelle notre patrie doit sa grandeur
et sa prospérité. |
La différence entre l'ancienne féodalité arménienne et celle de l’Europe res-
sort suffisamment des considérations succinctes que je viens d'énoncer. Les
domaines des nakharars étaient des terres libres, une sorte de francs-alleux
perpétuels et héréditaires; 1ls n'étaient assujettis à aucune subordination ou
obligation analogue à celles qui grevaient chez nous les terres allodiales au
profit du chef qui en avait fait la concession primitive; le possesseur n'avait de
devoirs à remplir envers le roi que sil était investi d'un oflice de cour, d'un
commandement militaire ou de fonctions civiles. Dans notre régime féodal,
au contraire, c'était la terre elle-même qui devait l'hommage, la redevance
pécuniaire ou le service militaire, et elle en restait toujours grevée, quel
que fût le titulaire du fief. En Arménie, la dépendance des nakharars à l'égard
du souverain était toute personnelle, inhérente aux fonctions qu'ils remplis-
saient, tandis que, en Europe, la sujétion du feudataire envers son suzerain
était fondée sur le droit foncier ou territorial qui lui avait été dévolu, et
subordonnée à sa tenure. Par suite, le souverain arménien n'était astreint
à aucun des devoirs de protection et de défense qui liaient par une juste ré-
ciprocité le suzerain à son vassal, de même que les nakharars étaient libres
envers le souverain.
L'esprit d'imitation qui poussa les Arméniens de la Cüicie à copier les
Franks introduisit dans l'antique constitution du royaume de profondes
modifications. Les nakharars prirent le titre de barons et devinrent de véri-
tables seigneurs féodaux. Le régime aHodial des satrapies, tel qu'il existait sous
les Arsacides et les Bagratides, fut changé; propriétés libres, inamovibles dans
la même famille, transmissibles par le seul fait de l'hérédité, sans aucun be-
som de l'investiture royale, elles furent converties en fiefs régis par les mêmes
loïs que consacrait notre jurisprudence féodale. I ne nous reste aucun mo-
nument du droit arménien particulier à la Cilicie; mais divers témoignages
* Khoujasdan, ture duumu,, littéralement le pays 2 Moïse de Khoren, I, zxiv; Lazare de Ph'arbe,
des barbares, du mot khouÿ, juni d, qui, ainsi que touj, Histoire d'Arménie, édit. de Venise, 1795, p. 41-
#4, Où en réunissant les deux mots pncdwgned, 45; Jean Catholicos, Histoire d'Arménie, chap. 1x;
khoujatou, signifie un peuple parlant une langue Acogh'ig, Abrégé d'hist. universelle, {, n. Cf. Saint-
érangère, habitant des lieux inculles et déserts, Martin, Mémoires historiques et géographiques sur
des nomades. l'Armenite, t. Ï, P. 319-320.
Lx INTRODUCTION.
historiques impliquent nécessairement l'idée que c'était le fonds lui-même qui
emportait l'obligation du service militaire dû par le vassal à son suzerain. Cette
induction découle des termes employés dans plusieurs des actes qui nous sont
parvenus. On lit dans le privilège accordé par Léon Il aux Génois (mars 1201):
« In omni terra baronorum meorum; » dans les actes passés entre Léon II et
les Hospitaliers (1210 et 1214), et dans les actes de donation de Raymond
Rapin son petit-neveu, prince d'Antioche au même Ordre (1203 et 1215),
1 y a ces expressions : « homines nostri; barones nostri; fideles barones avun-
«culi mei, regis Hermeniæ. » Le feudataire était tenu de combattre person-
nellement ou par procuration pour le souverain dont 1l relevait, comme on en
a la preuve par une foule de passages de la Chronique du connétable Sëém-
pad, ou bien de lui fournir des troupes. C'est ainsi qu'au dire du même his-
torien, les Hospitaliers, qui tenaient de la libéralité de Léon IT le château fort
de Saleph, siège de leur commanderie de la Cilicie, étaient obligés de payer
chaque année une redevance en argent au roi, et de lui envoyer un corps de
quatre cents cavaliers. Celte sorte de vasselage plus étroit, qui donnait lieu à
lhommage-lige, avait été aussi introduit dans la Cilicie; en effet, la lettre de
saint Nersès de Lampron, que j'ai citée plus haut, nous offre le mot 6x" « lige. »
La jurisprudence des Assises de Jérusalem faisait loi au moins en matière
féodale, et pour les instances du ressort de la baute cour, ou cour des ba-
rons, dans la Petite Arménie. Parmi les exemples que l'on pourrait citer d'a-
prés ce recueil, il y a le suivant, qui est un des plus remarquables. Il était
admis en principe que le fief patrimonial passait à l'ainé de la famille, sans
que le pére püt en disposer en faveur de l'un de ses autres enfants ou au-
trement; mais cette restriction ne s’appliquait pas aux fiefs adventices ou
fiefs de conquêt. « Gelui qui a fié conquis, dit ce code, le peut doner par
« l'assise ou l'usage de ce reiaume, auquel qu'il viaut de ses heirs, mais que
«ce seit par l'otrei de celui de qui ïil tient le fié. » Le prince héthoumien
Constantin, le grand baron, qui fut baïle d'Arménie après la mort du roi
Léon Il, avait reçu de lui en don le château de Gorigos, quil voulait trans-
mettre à Oschin, son fils cadet: mais le connétable Sémpad, l'aîné, y mit
contredit et chalonge. Le père consulta sur cette question de droit Jean d'Ibe-
lin, qui, après avoir pris l'avis du seigneur de Saïette, messire Balian, et de
sire Nicole Antiaume, répondit que Constantin pouvait disposer à son gré de
Gorigos, et que la donation faite à Oschin était valable !.
Je termine ce paragraphe par une liste qui en est le complément néces-
saire, la liste chronologique des princes et des rois de la Petite Arménie. Les
dates de leur avénement ont été empruntées en très-grande partie à la chro-
nique du connétable Sëmpad, frère de Héthoum I". La position élevée et
intime de cet écrivain à la cour de Sis, en lui donnant la facilité de puiser
aux sources officielles, est pour nous une garantie de son exactitude.
1 Chap. exLv, p. 220, édit. Beugnot. Je dois faire a parfaitement connus. C'est donc à tort que son
observer que Jean d'Ibelin a nommé très-exacte- savant éditeur a supposé dans sa note b, même
ment tous les personnages dont il parle à propos de page, que ces noms ont été confondus et brouillés
l'affaire sur laquelle il donna son avis, et qu'il les par le célèbre jurisconsulte chypriote.
Ere
arménieune.
947
617
618
624
634
636
646
668
INTRODUCTION. LXI
LISTE CHRONOLOGIQUE
DES PRINCES ET DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE.
Ére chrétienne.
Veis 1080.:4: 124553
(25 février 1098 — 24 février 1099).
(25 février 1100 — 23 février 1101).
(17 février 1129 — 16 février 1130).
(16 février 1136 — 14 février 1137).
(15 février 1139 — 14 février 1140).
(14 février 1141 — 13 février 1142).
(9 février 1164 — 7 février 1165).
(8 février 1168 — 6 février 1169).
(7 février 1169 — 6 février 1170)..
(6 février 1175 — 5 février 1176)..
(3 février 1185 — à février 1186)..
(3 février 1187 — à février 1188)..
(31 janvier 1197 — 30 janvier 1 198).
(26 janvier 1219 — 25 janvier 1220).
Rouen I", dit le Grand, s'établit dans le Taurus.
PRINCES RÉGNANTS.
Consranrin [", fils de Roupèn, se rend maitre de
la forteresse de Vahga et fonde la dynastie des
Roupéniens; il recoit des croisés le titre de
baron, ou, suivant Vahram d'Édesse, celui de
cumte-marquis. |
Mort de Constantin, son fils Tonos I" hérite de
son titre et de sa principauté.
Thoros meurt; il a pour successeur son frère
Léon 1°.
Léon est fait prisonnier par l'empereur Jean Com-
nène, qui se rend maître de la Cilicie; il est
envoyé, chargé de fers, à Constantinople.
I meurt en prison.
Taoros IT, son fils, s'échappe de Constantinople
et revient dans la Gilicie, où il reprend pos-
session des États de son père.
Sdéph'anè, frère de Thoros, cest tué par les
Grecs.
Mort de Thoros; son jeune lils, Rourën 1}, lui
succède sous la tutelle de Thomas, cousin ger-
main de Thoros et baïle (régent) d'Arménie.
Mcen, frère de Thoros, s'empare de la princi-
pauté. Thomas s'enfuit à Antioche, et le jeune
Roupên est mis en sûreté dans la forteresse de
Hr'om-gla, où il meurt l'année suivante.
Au bout de sept ans les grands tuent Mieh.
RoupËn III, fils aîné de Sdéph'anè, est placé par
eux sur le trône.
Ï est pris en trahison par le prince d'Antioche
Boëmond le Bambe; mais bientôt après il est
rendu à la liberté.
Mort de Roupèn II]; il est remplacé par son frère
Léon IT.
ROIS.
Le 6 janvier, jour de l'Épiphanie (: 198), Léon
est sacré roi sous la suzeraineté de l'Église de
Rome et de l'empire d'Occident.
Mort de Léon Il.
Sire Adam de Gaston, et ensuite le grand baron
Constantin, gouvernent avec le titre de baïles.
LXII
Êre
armenicnpe.
INTRODUCTION.
Ere chrétienne.
671 {25 janvier1229 — 24 janvier 1223). Pricivre, fils de Boëmond le Borgne, prince d'An-
748
794
796
79?
794
(24 janvier 1226 — 23 janvier 1227).
(14 janvier 1266 — 15 janvier 1267).
(14 janvier 1268 — 13 janvier 1269).
(13 janvier 1290 — 12 janvier 1271).
(8 janvier 1289 — 7 janvicr 1290).
. D F e e.
(6 janvier 1297 — 5 janvier 1298).
(6 janvier 1299 —- 5 janvier 1300).
(4 janvier 1305 — 3 janvier 1306).
(4 janvier 1307 — 3 janvier 1308).
(4 janvier 1308 — 3 janvier 1309).
(1 janvier 1320 — 30 déc. 1320).
(31 décembre 1320 — 30 déc. 1321).
(29 décembre 1330 — 28 déc. 1331).
(27 décembre 1339 — 25 déc. 1340).
(26 décembre 1341 —- 25 déc. 1342).
(26 décembre 1342 — 25 déc. 1343).
{24 décembre 1344 — 23 déc. 1345).
tioche, est appelé au trône et épouse Zabël
(Isabelle). fille et héritière du roi Léon.
H est détrôné et renfermé dans la forteresse de
Sis, et y reste confiné pendant deux ans, au
bout desquels il meurt empoisonné.
Héraoun [°”, fils de Constantin, est choisi pour
roi et marié à la reine Zabël (26 juin).
Léon, fils de Héthoum, est fait prisonnier, et son
frère Thoros est tué en combattant les Égyp-
uens.
Leon recouvre la liberte.
Mort de Héthoum I‘: son fils, Léon III, est sacre
l'année suivante.
Léon meurt; Héraoun II, son fils, lui succède.
Le roi Héthoum se rend avec son frère Thoros à
Constantinople, laissant l'administration du
royaume à son autre frère Sémpad; celui-ci,
à Jeur retour, se saisit d'eux et les met en
prison.
SEMPAD fait aveugler Hethoum et étrangler Thoros.
ConsranTix Il, quatrième frère, chasse Sémpad
et monte sur le trône.
Héthoum règne de nouveau après avoir expulsé
Constantin et Sémpad; au bout de quelque
temps, il abdique en faveur de son neveu
Leon.
Leon IV, fils de Thoros.
Le roi Léon et son oncle Héthoum sont tués
par Pilargh'ou, général mongol, le 17 no-
vembre.
Oscuin, frère de Héthoum, est sacré à Tarse.
Mort d'Oschin : la Cilicie est envahie par Îles
Égyptiens.
Léon V, fils d'Oschin, est couronné.
[l épouse, en secondes noces, Constance, fille de
Frédéric IT, roi de Sicile, et veuve de Henri IT,
roi de Chypre.
Sa mort.
ROIS LUSIGNANS.
JEAN (Djouan ou Diivan), dit Consranrix IT, fils
de Zabloun ou Zabël (Isabelle), fille de Léon II,
mariée à Amaury, prince de Tyr et Sidon, frère
de Henri IT, roi de Chypre.
Il est tué par les grands dans l'année mème de son
avénement.
Guy, frère de Constantin.
Il périt comine lui après un règne de deux ans.
ConsTanrTin IV, descendant de Léon V, et fils du
baron Baudouin, maréchal.
INTRODUCTION. LXHI
Ere
armenigone,
811 21 décembre 1361 — 20 déc. 1362. Sa mort.
Êre chretienne.
813 (21 décembre 1363 — 19 déc. 1364). Interrègne de deux ans.
814 (20 décembre 1364 — 19 déc. 1365). Léon VI, fils présumé de Constantin IV, et ne
d'une mère arménienne.
Il épouse Marie, nièce de Philippe de Tarente,
empereur titulaire de Constantinople.
824 (18 décembre 1374 — 17 déc. 1375). Il est fait prisonnier par les troupes du sulthan
Mclik-Aschraf Scha'ban, et conduit au Kaire.
Destruction définitive du royaume d'Arménie par
les Égyptiens.
831 (17 décembre 1381 — 16 déc. 1382). Léon est délivré par l'intervention de Pierre IV,
roi d'Aragon, et de Jean [”, roi de Castille.
842 (13 décembre 1392 — 12 déc. 1393). I meurt à Paris, le 29 novembre, premier di-
| manche de l'Avent. |
$ 2. — Le Patriarcat et le Clergé.
Au temps des Arsacides, vers le commencement du 1v° siècle, lorsque
le christianisme fut devenu la religion dominante et officielle de lArme-
nie, sous l'autorité dun chef revêtu du titre de catholicos , 4uf3m qbtne,
ou patriarche universel, un nouveau pouvoir prit place dans l'Etat; le siége
du patriarcat s'éleva dans la ville de Valarsabad, alors capitale de l'Armé-
nie, inférieur seulement au trône du roi, suivant l'expression de Matthieu
d'Édesse. |
Ce suprême sacerdoce fut confié à une famille illustre entre toutes, d'ex-
lraction royale, la famille Sourên Bahlav, l'une des branches de celle des
Arsacides de Perse, et le dépôt s'en perpétua dans son sein, d'une génération
à l'autre, sauf quelques rares intermittences, Jusqu'au commenceinent du
xur siècle. Saint Grégoire dit l'Iuminateur, greumenppy, parce qu'il éclaira des
lumières de l'Évangile son pays plongé dans les ténèbres de l'idolâtrie?, saint
Grégoire commença en 303 cette série de pontifes de la même lignée, la
plupart hommes distingués ou éminents, et son dernier descendant, Gré-
goire VI, dit Abirad, la termina à sa mort, arrivée en 1203.
Les catholicos eurent une influence marquée sur la direction des affaires pu-
bliques; ils intervenaient par leurs sages avis et avec l'autorité qu'ils tiraient
de leur caractère sacré et de leur haute naissance dans les différends qui sur-
gissaient entre les nakharars et le roi; quelquefois même ils déterminérent
le choix de celui des membres de la famille royale le plus digne du trône,
en conseïllant ou garantissant ce choix aux maîtres étrangers, grecs ou perses,
de qui dépendait l'Arménie. Aussi les souverains et les grands se plurent
à fortifier l'institution du patriarcat par la considération et le respect dont
ils l'entouraient et par la donation d'immenses domaines. Un historien du
Ix' siècle, à même mieux que personne d'être parfaitement informé, puisque lui-
même exerça ces hautes fonctions, Jean VI, dit Catholicos, vante fréquemment
! Chronique complète, ch. Lxaxix, dans la Bi- 2 Expression du Scharagan où hymnaire arme-
blioth. histor. armen. t. [", p. 1286. nien,.
LXIV INTRODUCTION.
la richesse de ses prédécesseurs et les magnifiques constructions, églises ou
couvents qu'ils firent élever’. Matthieu d'Édesse rappelle avec un sentiment
de profond regret pour une grandeur déchue au temps où il vivait les nom-
breuses possessions du catholicos Pierre I“ (1019-1058) et le grand état que
tenait ce prélat.
Bien peu de temps avait sufli pour que cette décadence s'accomplit et que
s'éclipsât cette prospérité. La dynastie des Bagratides d'Ani avait fini par la
dépossession de Kakig IT, victime de la perfidie de l'empereur Monomaque et
de Îa trahison des siens. Ani, livrée aux Grecs, avait été quelques années
plus tard (1064) prise et saccagée par le sulthan Alp-Arslan. Le patriarche,
abandonnant à jamais ses murs asservis, alla porter ses pas errants sur une
terre lointaine, fuyant les violences des Turks pour aller se heurter aux per-
sécutions des Grecs. Matthieu d'Édesse fait vivement ressortir cette spléndeur
et ce subit abaissement dans le récit suivant de la mort du catholicos Kha-
tchig ou Khatchadour.
« Cette même année (1065), dit-il, mourut l'éminent catholicos Khatchig,
après avoir siégé six-ans en pays étranger. Fixé parmi les Grecs, loin de sa
patrie, il avait vu sa vie s'écouler dans l'amertume et la tristesse. Bien des
fois 11 eut à souffrir à Constantinople leurs mjustices, et 11 éprouva toutes sortes
de tribulations en haine de sa foi. Nous avons entendu dire, en effet, qu'ils
le soumirent à l'épreuve du feu et qu'il traversa les flammes sain et sauf. Eux-
mêmes racontaient ce fait sans pouvoir cacher leur dépit et les soupirs qu'il
leur arrachait. La position pénible de Khatchig entretenait un profond cha-
grin dans son âme. ll se représentait sans cesse le trône patriarcal de l'Armé-
nie renversé, la couronne arrachée à la dynastie des Bagratides, le royaume
assujetti aux Grecs perfides, le suprême pontificat, héritage de saint Grégoire
lHuminateur, dégradé par la pauvreté. Car lorsque le seigneur Pierre exer-
çait ces hautes fonctions, 11 avait'à sa disposition le riche patrimoine donné
par nos souverains aux catholicos, et possédait cinq cents gros villages avec
des revenus considérables; sa juridiction s'étendait sur cinq cents évêques ou
chorévéques administrant cinq cents diocèses. Il avait à demeure, dans son
palais, douze évêques et quatre docteurs, soixante prêtres et cinq cents reli-
gieux ou laïques. Le trône patriarcal ne le cédait qu'au trône royal. Les ob-
jets précieux que renfermaient l'église patriarcale et le palais des catholicos
étaient d'une valeur immense; la brillait une magnificence admirable. Cette
splendeur, transmise jusqu'à Pierre, avait disparu au temps du seigneur Kha-
tchig. Ces souvenirs étaient sans cesse présents à son esprit et lui rendaient
plus sensible le contraste de son humiliation actuelle. »
Ces vicissitudes ne sont pas les seules qui atteignirent le patriarcat. Au mi-
lieu des envahissements que subit l'Arménie, des révolutions et des troubles
qui en furent la suite, et principalement à partir des invasions des Turks sel-
djoukides aux x°et xr° siècles jusqu'à la restauration de la royauté nationale
1 Histoire d'Arménie, trad. de Saint-Martin, in-8°, imparfaite sous bien des rapports, elle suffit néan-
Paris, Imprimerie royale, 1841. Quoique cette tra- moins pour donner une idée approximative et géné-
duction contienne de nombreux contre-sens et soit rale du sens de l'original.
INTRODUCTION. LXV
dans la Petite Arménie, le patriarcat fut livré à de fréquents déchirements,
à des intrusions presque imcessantes. En HUIT 00 comptait quatre sièges
rivaux; en 1113, 1 sen éleva un nouveau à Agh' thamar, île du lac de Van,
lequel affecta de se tenir en communion avec l'Église grecque et qui a sub-
sislé jusqu'à la fin du siècle dernier; enfin, en 1445, une scission profonde
s'opéra; il y eut deux titulaires principaux, entre lesquels se partagez et est
encore divisée la nation, l'un résidant À Sis, en Cilicie, l’autre à Édchmiadzio,
dans la Grande Arménie ”. |
Depuis la prise d'Ani, les catholicos furent sans dénetré fixe, s'installant
tantôt dans un lieu, tantôt dans un autre, partout où ils espéraient trouver
un asile et la sécurité. Enfin, en 1147, Grégoire III dit le Bahlavouni ou le
Parthe, ayant acheté le château de Hrom-Gla de la veuve de Josselin le jeune,
s'y étabht, et ses successeurs continuërent à y résider Jusqu'à ce qu'en 1292
(29 juin) ce château fut emporté d'assaut par les Égyptiens. Le siège fut
alors transféré à Sis; et sous la protection des princes Roupéniens, il recouvra
une partie de son ancien éclat et de ses prérogatives d'autrefois. Sa juridiction
était encore très-étendue, puisqu'elle comprenait à la fois la Petite Arménie,
une partie de la Grande Arménie, la Mésopotamie, la Syrie, toute l'Asie Mi-
neure, Chypre, et en Europe, la Thrace. Mais le catholicos eut à lutter contre
un pouvoir qui prétendait simposer à lui, celui du patriarche latin d'An-
tioche, et souvent à se courber, par nécessilé politique, sous l'autorité du
siége de Rome. J'ai mis en évidence cette position du chef de l'Église armé-
mienne relativement à l'Église latine, dans les notes où j'ai commenté la liste
des diocèses orientaux qui fait suite à la chronique du connétable Sëmpad
(p. 673-678).
La constitution intérieure du patriarcat arménien, ses rapports discipli-
naires avec le clergé régulier ou le clergé séculier, qui était sous sa dépen-
dance, ne nous sont connus qu'imparfaitement. Nous savons seulement que
le titulaire était choisi de droit parmi les membres de la famille des Arsa-
aides, descendants de saint Grégoire {Tluminateur, et que cet usage, à part
quelques exceptions de circonstance, se maintint jusqu'au dernier des sur-
vivants de cette famille, Grégoire VI dit Abirad. Ce choix se faisait par l'élec-
lon, avec l'assentiment du roi ou du chef de l'État, dans l'assemblée des
évêques et des docteurs de l'Église (vartabeds). Pour faire connaître les di
mites de la ose dites que la juridiction patriarcale embrassait et l'orga-
nisation du clergé arménien sous le règne des Roupéniens, je ne saurais
mieux faire que de transcrire ici la liste des diocèses, des couvents et des
offices ecclésiastiques dont j'ai pu recueïllir les noms dans Îles monuments de
cette époque.
Voici d'abord celle des catholicos qui se sont succédé pendant la durée de
la dynastie de Roupèn (1080-1375). Cette liste, dressée d'aprés de nouvelles
recherches, rectifie celle qu'a insérée Tchamitch dans le IIT° volume de son
Histoire d'Arménie (tables, p. 110), et qua reproduite Saint-Martin, dans ses
Mémoires lusloriques et géographiques sur l'Armente (1. 1, p. 441-443). Ty al
! Voir ci-après, p. 720, note 2.
HisTor. ARM. — T. | |
LXVI
INTRODUCTION.
consigné la date de l'avénement et de la mort des catholicos, d'après les his-
toriens réunis dans ce volume et d'aprés un chronographe de la fin du
x siècle, Mëkhithar d'Airivank’, ainsi que d'après les notes historiques
connues sous la dénomination de mémoriaux. Depuis 1341 jusqu'en 1376,
Jai eu recours aux indications de Tchamitch, quoique sujettes quelquefois
peut-être à contestation, parce que je n'ai encore rencontré pour cette der-
nière période aucune date nulle part ailleurs.
DATE DE L'AVÉNEMENT.
514 (3 mars 1065-4 mars 1066)...
530 (1° mars 1081-28 fév. 1082)...
562 (22 fév. 1113-20 fév. 1114)...
596 (13 fév. 1147-12 fév. 1148)...
616 (8 fév. 1167-7 fév. 1168).....
I. CATHOLICOS.
SANS RÉSIDENCE FIXE. DATE DE LA MORT
e
OU DR LA CASSATION DES PONCTIONS PATRIARCALE4,
Grégoire II, dit Vahram'......... a mars 1109.
Basilé d'Ant:::5:,6:22.444540 962 (a1 fév. 1113-20 fév. 1114).
Grégoire 111, le Bahlavouni.
DANS LE CHATEAU DE HR'OM-GLA.
Le même..... drame non 616 (8 fév. 1167-7 fév. 1168).
Nersès IV, Schnorhali: ........... 13 août 1172.
Ga (7 fév. 1172-5 fév. 1173).....
638 (a fév. 1189-1* fév. 1190)...
643 (1° fév. 1194-31 janv. 1195)...
652 (30 janv. 1203-29 janv. 1205).
653 (30 janv. 1204-29 janv. 1209).
657 (29 janv. 1208-27 janv. 120Q).
669 (29 janv. 1220-24 janv. 1221).
717 (14 janv. 1268-12 janv. 1269).
736 (9 janv. 1287-8 janv. 1288)...
739 (8 janv. 129o-7 janv. 1291)...
741 (8 janv. 1292-6 janv. 1293)...
756 (4 janv. 1387-3 janv. 1303)...
771 (31 déc. 1321-30 déc. 1322)...
776 (30 déc. 1326-29 déc. 1327)...
Grégoire IV, Dgh'a (l'Enfant)... ...
Grégoire V, Manoug (Jeune homme).
16 mai 1169.
643 (1°” fév. 1194-31 janv. 1195).
Grégoire VI, Abirad............. 652 (30 janv. 1203-29 janv. 1204).
Jean VIT, le Magnanime, déposé... 652 (30 janv. 1203-29 janv. 1204).
Didier lines 656 (29 janv. 1207-28 janv. 1208).
Jean VII, rétabli. ............... 669 (12 janv. 1229-11 janv. 1230).
Constantin sessions 16 mars 1269.
Jicaues lee sus 739 (9 janv. 1286-8 janv. 1287).
Constantin IL, éposé issue 738 (8 janv. 1289-7 janv. 1290).
Etienne IV..... PT 741 (8 janv. 12y2-6 janv. 1293).
A SIS.
Grégoire VII.
Constantin IT, rétabli.
Constantin III..................
Jacques Il. °
779 (30 déc. 1325-29 déc. 1326).
RS D PR Mékhithar.
0 PE Jacques II, rétabli.
LD ss esta Mesrob.
LP dé rovuvedudue Constantin IV.
MU PRE D Paul [°.
1370 en rives Théodore Il, tué en.............
841 (13 déc. 13g1-11 déc. 1392).
Il. SIÉGES ARCHIÉPISCOPAUX:.
TARSE.
1190. Ausbert, archevêque latin; « Ausbertus
u Tarsensisarchiepiscopus etprincipalis
1 Sous son pontificat, la dignité patriarcale est
scindée en plusieurs siéges rivaux.
2? La distinction hiérarchique en siéges archié-
piscopaux et épiscopaux chez les Arméniens est
d’origine latine. Auparavant la dénomination d'ar-
chevèque était plutôt un titre d'honneur et de res-
pect, réservé aux prélats pourvus des plus grands
sièges, que l’insigne d'une suprématie effective de
juridiction. C’est dans ce dernier sens que ce mot
«“curiæ (Antiochiæ) cancellarius. » (Pri-
vilége commercial accordé aux Génois
par Boëmond le Bambe. Ughelli, talia
sacra, t. IV, p. 1215-1216, veter. edit.
se trouve employé par les anciens auteurs armé-
niens, au 1v° siècle par Faustus de Byzance, au
v° par Moïse de Khoren et au 1x° par Jean Catho-
licos, mais uniquement en parlant des prélats de
l'Église grecque. Dans la primitive Église armé-
nienne, il n’y avait que des évêques et des cho-
révêques, leurs coadjuteurs pour l'administration et
l'inspection des paroisses rurales, tous ressortissant
de l'autorité du catholicos. Dès le début des croisades,
INTRODUCTION.
apud Lequien, Oriens christianus , t. IT,
col. 1181.) !.
1198. Étienne, seigneur du couvent de Mëlid;?.
(Sémpad, listes, ci-après, p. 635.)
1210. Pierre « Petrus venerabilis Tarsensis elec-
«tus. » (Paoli, Cod. diplom. t. I, p. 100-
101, n° xCvI.)
1219. Paul « Dominus Booz (Mogru), Tarsen-
«sis electus. »{ Paoli, ibid. p. 106. n° ci.)
1307-1314. Jean, évêque arménien. (Galanus,
Conciliatio ecclesiæ Armenæ cam Ro-
mana, t. Ï, p. 458 et 504.)
1341. N. archiepiscopus Tarsensis. (Rainaldi,
Ann. eccl. ad ann. 1341, $ 46.)
1342. Vartan. (Rainaldi, ibid.; Mansi, SS. Con-
cilior. nova et ampliss. collect. t. XXV,
col. 134-135, 668-669 et 1 187; Mar-
tène et Durand, Ampliss. collect. t. VIT,
col. 312-313.)
ANAZARBE.
1198. Constantin, seigneur du couvent de Gas-
dagh'ôn. (Sémpad, listes.)
1314. Jean, évêque arménien. (Galanus, t. I,
p. 503-504.)
1341. N. archiepiscopus Navarzanensis. (Rai-
naldi, ad ann. 1341, $ 46.)
1342. Étienne. (Raivaldi; Mansi; Martènc et
Durand; ibid.)
MAM!STRA (MOPSUESTE).
1198. David, seigneur du couvent d'Ark'aga-
ghin. (Sémpad, listes.)
1219, Jean, « Dominus Joannes Mamistaneæ
«ecclesiæ electus. » (Paoli, t. [, p.106,
n° ci.)
1314. Jean, évêque arménien. {Galanus, t. I,
p. 504.)
lorsque les Franks se furent répandus et établis dans
la Cilicie, ils s'empressèrent d’ériger plusieurs villes
en siéges archiépiscopaux ou épiscopaux , que l'on
donna à des litulaires latins, placés sous la juridic-
tion du patriarche d’Antioche, tout en laissant sub-
sister, côte à côte, mais non en rivalité, le titulaire
arménien. {Voir ci-après, Extraits de saint Nersès
de Lampron, p. 577-578; ainsi que l'énumération
des diocèses"orientaux, dans l'Appendice à la chro-
nique du connétable Sëmpad, p. 673-678; et Ordi-
nalio sub apostolica sede Antiochiæ catholicorum, me-
tropolitanorum, archiepiscoporam, episcoporum, à la
suite de Guillaume de Tyr, p. 1135-1137.) Les
souscriptions des conciles et autres documents qu'a
mis à contribution Lequien , dans son Oriens christia-
nus, n'indiquent point la nationalité arménienne ou
laline des prélats de la Cilicie; j'ai tâché d'en faire la
distinction, toutes les fois que cela m'a été possible.
! Il faut remarquer que Tarse, mentionnée
LXVII
1342. Basile. (Rainaldi, ad ann. 1342-1345,
Mansi; Martène et Durand; ibid.)
sis.
1198. Jean, seigneur du couvent de Trazarg.
(Sémpad, listes.)
1307-1314. Constantin. (Galanus, t. I, p. 458
et 504.)
1342. Basile. (Rainaldi, Mansi, Martène et Du-
rand; ibid.)
LAMPRÔN.
1198. Vartan, seigneur du couvent de Sguëêvr'a.
(Sémpad, listes.)
| | SÉLEUCIE-TRACHÉE.
1198. Thoros. (Sémpad, listes.)
JÉRUSALEM.
1198. Minas. {ibid.)
ANTIOCHE.
1100. Cyprien. {Matthieu d'Édesse, chap. xvu,
ci-dessous, p. 52.)
1198. Joseph, seigneur du couvent de Içouca-
Vank’. (Sémpad, listes.)
CÉSARÉE DE CAPPADOCE.
1307. Constantin. (Galanus, t. [, p. 458-459.)
. Marc. (Rainaldi, Mansi; Marténe et Du-
rand; tbid.)
SEBASTE.
1307. Étienne. (Galanus, t. I, p. 458-459.)
. Siméon. (Rainaldi, Mansi; Martène et
Durand; ibid.)
ICONIUM.
1342. Basile. (Les mêmes, ibid.)
DAROÔN *.
1307. Jean. (Galanus, t. [, p. 504-505.)
comme archevêché arménien, en 1198 (Sëmpad,
listes), était descendue, en 1307-1314, au rang
de simple évêéché. Les Franks avaient été chassés
de la Syrie par les infidèles, depuis vingt-quatre
ans environ, et ceux qui habitaient la Cülicie ne
s'y maintenaient plus que par la tolérance des sou-
verains armépiens; l'archevèché latin de Tarse avait
cessé d'exister de fait, et le siége arméaien de cette
ville livrée sans cesse aux attaques des infidèles et,
bientôt après, tombée en leur pouvoir, avait perdu
son ancienne importance,
2 Plusieurs prélats arméniens étaient en même
temps seigneurs temporels de couvents et en por-
taient le titre. (Voir ciaprès, p. 635, la liste des
membres du clergé qui assistérent à la cérémonie
du couronnement de Léon IT en 1198.)
3 Cyprien est qualifié d'évèque simplement par
Matthieu d'Edesse.
à District considérable de la province de Dou-
1.
LXVIII
INTRODUCTION.
III. SIÈGES ÉPISCOPAUX.
ADANA.
1314. Étienne. (Galanus, t. I, p. 503-504.)
1342. Grégoire. (Rainaldi, ad ann. 1342-1345;
Mansi; Martène et Durand; ibid.)
| AIAS.
1307. Jean. (Galanus, t. 1, p. 458-450.)
1342. Jean. (Rainaldi; Mansi; Martène et Du-
rand; ibid.)
ÉNGOUZOUD.
1198. Mékhithar. (Sémpad, listes.)
GABAN.
1198. Grégoire, seigneur du couvent d'Arek.
(Sémpad , listes.)
1307. Basile. (Galanus, t. I, p. 458-459.)
1313-1328. Jacques !. (Le même, ibid. p. 503-
504; Rainaldi, ad ann. 1317, $ 35,
et 1328, $ 8et11.)
1342. Nersès. (Rainaldi; Mansi; Martène et Du-
rand ; ibid.)
GOBIDAR.
1307. Siméon. (Galanus, t. I, p. 458-459.)
MARASCH (GERMANICIA ).
1100. Grégoire, mort cette année. {Matthieu
d'Édesse, chap. xvin, ci-après, p. 52.)
1307-1314. Grégoire. (Galanus, t. I, p. 458-
h5g et 503-504.)
1342. Grégoire. (Rainaldi; Mansi, Martène et
Durand; tbid.)
MASCHGAVOR OÙ MASCHGUÉVOR.
1307. Thoros. (Galanus, t. I, p. 458-450.)
1342, Grégoire. (Rainaldi, Mansi; Martène et
Durand; cbid.)
MEDZK AR.
1198. Asdouadzadour (Dieudonné), évêque et
seigneur du couvent de Medzk'ar.
(Sémpad, listes.)
1342. Jean. (Rainaldi; Mansi, Martène et Du-
rand; ibid.)
PARTZÉRPERT.
1307-1314. Étienne. (Galanus, t. [, p. 458-459
et 503-504.)
roupéran, dans la Grande Arménie : simple évé-
ché, en 1342. (Voir ci-après, $ III, la liste des
évêchés.)
! Envoyé en 1313 par le roi Oschin comme
ambassadeur en Europe.
? Le texte de Sémpad porte hyhuyne, Philippos,
qui parait être Philippopolis, ville de la Thrace,
1342. Basile. (Rainaldi, Mansi, Martène et Du-
rand ; ibid.)
PERTOUS.
1198. Étienne, (Sémpad, listes.)
PHILIPPOPOLIS ?.
1198. Constantin. (Le même, ibid.
SANVÉLI.
1198. Jean. (Le même, ibid.)
ANCYRE.
1314. Constantin. (Galanus, t. 1, p. 503-
504.)
1342. Basile. (Rainaldi, Mansi; Martène et Du-
rand; ibid.)
TRÉBISONDE.
1342. Étienne. (Les mêmes, ibid.)
DZAMÉNTAV (Téapaœvdés).
1307. Léon. (Galanus, t. I, p. 458-459.)
1342. David. (Rainaldi; Mansi;, Martène et Du:
rand; ibid.)
COQUANA.
1342. Paul. (Les mêmes.)
SORCANANT.
1342. Mesrob. (Les mêmes.)
TARTUYN.
1342. Grégoire. (Les mêmes.)
EUDOCIAS (TOKAT ).
1342. Vartan. (Les mêmes. )
TYANE.
1307. Nersès. (Galanus, t, 1, p. 458-459.)
DARON.
1342. David. (Rainaldi ; Mansi; Martène ct Du-
rand ; ibid.)
HARK'5.
13h42. Andre. (Les mêmes.)
MARANTOUNIK' *.
1342. Jean. (Les mêmes.)
sur l'Hébrus, où vivaient établies nombre de familles
arinéniennes.
* District de la province de Douroupéran , ainsi
que celui de Darôn; Xapxé de Constantin Por-
phyrogénète, De Administrando imperio, cap. xuiv.
* Ou Marant, ville et district de la province de
Vasbouragan, dans la Grande Arménie.
INTRODUCTION.
R'ORAN.
1342. Haïrabed. (Les mêmes.)
MENZGUERD OU MENDZGUERD |,
1342. Garabed. (Les mêmes.)
ANI ?.
1342. Vartan. (Les mêmes.)
| | KHORTZËN .
1342. Philippe. (Les mêmes.)
;
NÉPH'ÉRGUERD [MARTYROPOLIS ) #.
1342. Avedik”. (Les mêmes.)
GARS (KARS).
1342. Constantin. (Les mêmes.)
IV. CHAPELLE DU
1253. Garabed, chapelain de la Porte (la Cour
du roi), qu bpkg.(Guiragos, Journal
asiatique, avril-mai 1858, p. 466.)
1307. Constantin, premier chapelain ou archi-
prêtre, wewg. bpkg. (Galanus, t. Ï,
p. 458.)
LXIX
COLONIA {en arménien AGHOUNTZOR ) °.
1342. Constantin. (Les mêmes.)
SALAMASD OU SALMASD 5.
1342. Jacques. (Les mêmes.)
DAMAS.
1342. Constantin. (Les mêmes.)
CHYPRE.
1342. Nicolas. (Les mêmes.)
CONSTANTINOPLE.
1307. Hésyche ('Oucig). (Galanus, t. [, p. 458-
459.)
PALAIS DU ROI.
13:14. Thoros, premier chapelain. (Le même,
1bid. p. 503.)
1342. Léon, archiprètre de la maison du roi.
(Rainaldi; Mansi;, Martène et Durand;
ibid.)
V. CHAPELLE DU PALAIS PATRIARCAL.
1307. Jacques, évêque, fils de la sœur du ca-
tholicos Grégoire VII. (Galanus, t. I,
p. 458.)
1307. Mardiros(Martyr), docteur. (Le même , tb.)
1307-1314. Étienne évêque. (Le même, ibid.
et p. oi.)
1342. Jean, maitre du palais patriarcal. (Rai-
naldi; Mansi; Martène et Durand;
| ibid.)
1342. Sarkis (Serge), Basile, Grégoire et Basile,
notaire public, évêques du palais pa-
triarcal. (Les mêmes, ibid.)
VI OFFICIERS ECCLÉSIASTIQUES DIVERS.
1210. «Joannes, Tarsensis cantor. » (Paoli, t. I,
P. 100-101,n° xcvi.)
1210. « Helias, Tarsensis thesaurarius. » (Paoli,
tbid.)
1342. Jacques, archiprètre de Sis.
Basile, archiprêtre d'Adana.
Asdouadzadour (Dieudonné), archiprêtre
de Tarse,
Daniel, frère mineur, lecteur de Sis.
"Forteresse et ville du pays de Dzophk’ (Sophène),
dans la Quatrième Arménie.
? Ville du district de Schirag, dans la province
d'Ararad, Grande Arménie. Siége du patriarcat sous
les souverains bagratides, puis archevéché au temps
des Roupéniens, et enfin réduite peu à peu à n'être
qu'un simple évêché. Prise en 1064, par le sulthan
Alp-Arslan, puis par les Géorgiens ; tombée au pour
voir des émirs de la famille des Beni-Scheddad; em:
portée d'assaut par les Mongols, en 1239, cette ville
éprouva en 1319 une dernière catastrophe; un
Basile, lecteur de Maschgavor.
Constantin, sacristain.
Constantin , chanoine de Sainte-Sophie [ de
Sis |.
Jean, chanoine de Sainte - Ethennacin
de Sis.
Etienne et Nersès de Posenant, docteurs.
(Rainaldi; Mansi; Martène et Durand:
ibid.)
tremblement de terre la ruina en partie et acheva
de disperser ses habitants.
3 District de la Quatrième Arménie, Corsena de
Justinien (/nslitutes, cap. xn1, de Apparitoribus).
# Ville de la Sophène, Meïafarekin des auteurs
arabes.
5 Ville de la Seconde Arménie, sur l'Euphrate,
au nord de Mélitène.
6 Ville de la Persarménie, à l'ouest du lac d'Our-
mia; Zœhauäs de Constantin Porphyrogénète, De
Administr. imper. Cap. XLIv.
INTRODUCTION.
VIL ÉTAT NOMINATIF DES MEMBRES DU CLERGÉ.
A. PRÉSENTS AU COURONNEMENT DE LÉON Il, LE 6 JANVIER 1 198.
(Voir Sémpad, ad annum 647, ci-après, p. 634-635.)
B. AU CONCILE DE SIS, TENU EN 1 307, SOUS LÉON IV !.
(Galanus, t. 1, p. 458-459; Mansi, SS. concilior. nova et ampliss. collect. t. XXV. gol. 134-135,
et Tchamitch, Hist. d'Arménie, t. TL, p. 310.)
PRÉLATS.
Constantin, archevêque de Césarée.
Jean, archevèque de Tarse.
Étienne, archevèque de Sébaste.
Constantin, archevêque de Sis, la mé-
tropole.
Étienne, évêque de Tarse, la ville gardée
par Dieu.
Nersès, évêque de Tyane.
Jean, évêque d'Anazarbe.
Jean, évêque d'Aïas.
Étienne, évêque de Partzérpert.
Basile, évêque du district de Gaban.
Grégoire, évêque de Marasch.
Jacques, évèque, fils de la sœur du catho-
licos Grégoire VIT.
Thoros, évèque de Maschgavor.
Hésychius (‘Oucig), évêque de Constan-
tinople, Uchuopu.
Vartan, évêque d'Eudocias.
André, évèque de Hark”.
Siméon, évêque de Gobidar.
Léon, évêque de Dzaméëntav.
Jean, évèque de Marantounik'.
Étienne , évêque du palais patriarcal.
. Georges, évêque.
Haïrabed, évêque de R'oran, (}vrpaupu.
Nicolas, évêque de Chypre.
Garabed, évêque de Medzguerd.
Vartan, évêque d'Ani.
Philippe, évêque de Khortzên.
ABBÉS ET DOCTEURS DE L'ÉGLISE.
Jean, chancelier du'couvent de Medzk'ar.
Marc, docteur du couvent de Sguëvr'a.
Guiragos, docteur et anachorète.
Grégoras, docteur.
Vartan, docteur d'Anazarbe.
Mardiros (Martyr), docteur du palais pa-
triarcal.
Grégoire, docteur.
Grégoire, docteur de Medzk'ar.
Thoros, docteur de Graguits, Urwk4gf'v.
Vartan, docteur du couvent d'Agner.
Sarkis, abbé d'Agner.
Grégoire, abbé du couvent de Thurk'ith.
(pee fr.
Basile, abbé du couvent de Khorin, Jur_
elufu.
Thoros, abbé de Medzk'ar.
Garabed , abbé du couvent de Movsis-
nots, Urdohovaghiu.
Joseph, abbé du couvent de K'élégh'agan,
Pébqulquiu Juuhy?.
Thoros, philosophe et abbé du couvent
de Tzor.
Constantin, premier chapelain du roi.
C. AU CONCILE D’ADANA, TENU EN 1314, SOUS LE RÈGNE D’ÔSCHIN.
| (Galanus, ibid. p. 503 et 504; Mansi, ibid. col. 668-669, et Tchamitch, ibid. p. 314.)
PRÉLATS.
Constantin, catholicos de toute l'Arménie.
Jean, archevêque de Tarse.
Constantin, archevèque de Sis.
Jean, archevêque de Darôn.
Étienne, évêque d'Adana.
Jean, évêque d'Anazarbe.
Jean, évêque de Mopsueste.
Nersès, évêque de Mauléon.
l Ce concile eut lieu, le siége patriarcal étant vacant; il y rappela Constantin Il, archevêque de Césarée,
lc premier des prélats inscrits sur la liste précédente. — ? Château fort et couvent de la Cilicie orientale.
RE RES
INTRODUCTION. LXXI
Étienne, évêque de Partzërpere.
Jacques, évêque de Gaban.
Grégoire, évêque de Marasch.
Avédik, évêque de Néph'érguerd (Martyro-
polis.)
Constantin, évêque d'Ancyre.
Marc, évêque de Gats (Kars.)
Etienne, évêque de Colonia.
Jacques, évêque de Salamasd (Selmas).
Constantin, évêque de Marantounik”.
Étienne. évêque du palais patriarcal.
ABBÉS ET DOCTEURS DE L'ÉGLISE.
Jean, docteur d'Ézénga.
Guiragos, docteur et anachorète.
Grégoire, docteur de Kermagh'per.
Grégoire, docteur.
Mardiros {Martyr), docteur.
Haïrabed, abbé de Thurk'ith.
Basile, abbé de Khorin.
Thoros, premier chapelain du roi.
D. AU CONCILE DE SIS, TENU EN 1342, SOUS LE RÈGNE DE CONSTANTIN IV.
(Mansi, ibid. col. 1187. — Martène et Durand, Ampliss. collect. t. VII, col. 312-313. — Rainaldi,
Annal. eccles. ad ann. 1342-1345. — Tchamitch, ibid. p. 341-342.)
PRÉLATS.
Mékhithar de K'érna’, catholicos.
Basile, archevêque de Sis.
Vartan, archevêque de Tarse.
Étienne, archevêque d'Anazarbe.
Marc, archevêque de Césarée de Cappadoce.
Basile, archevêque d'Iconium.
Siméon, archevêque de Sébaste.
Basile, évêque de Partzérpert !.
Grégoire, évêque d'Adana ?.
Jean, évêque d'Aiïas (de Leace).
Nersès, évêque de Gaban.
Jean, évêque de Maschart t.
Grégoire, évêque de Germanicia {Marasch).
! Texte latin: Partepert, au lieu de Partzërpert.
La restitution est certaine, mais je dois faire obser-
ver que les noms arméniens de personnes ou de
lieux, pris, comme ici, dans un document latin,
sont quelquefois altérés au point de devenir mécon-
naissables. Je les ai rétablis dans leur forme origi-
nale toutes les fois que je l'ai pu avec certitude.
Lorsque cette restitution est restée douteuse pour
moi, j'ai reproduit en note la forme latine. J'ai eu
soin de donner les restitutions indiquées par Tcha-
mitch, dans son Histoire d'Arménie (1. III, p. 314-
342), en distinguant celles que j'ai adoptées et
celles aussi sur lesquelles je diffère de lui.
? Texte latin : Actanensis. Restitution de Tcha-
mitch.
* Texte latin : Campaniensis. Restitution de Tcha-
mitch.
* Texte latin : Mathecar. J'ai lu avec T'chamitch
Basile, évêque d'Ancyre.
David, évêque de Darûn.
Daniel, évêque de Damas °. .
Étienne, évêque de Trébisonde.
‘Paul, évêque de Coquana‘.
David, évèque de Dzaméntav ?.
Grégoire, évêque de Maschguévor#.
Mesrob , évèque de Sorcanant ?.
Grégoire, évèque de Tartuyn !°.
Évêques sans siége, nullatenses : Jean, Cons:
tantin, et un autre Jean, Étienne.
Évêques du palais patriarcal : Serge, Basile,
Grégoire et Basile, notaire public.
Uwwps, Maschart, couvent sur les limites de la
Cilicie et de l'Euphratèse.
S Texte latin : de Themesca. Ce mot est le génitif
du nom arménien de Damas, pp 4 « Tëmèëschg. »
Tchamitch lit : Tchémeschgadzak (Hiérapolis), ville
du district de Khôzan dans la Quatrième Arménie.
6 Texte latin : Coquanensis. J'écris en caractères
italiques les noms de localité inconnue, ou telle-
ment altérés, que toute restitution ou assimila-
tion est impossible. Tchamitch lit Yngpuns, Cucu-
sus.
. 7 Texte latin : Camando. Tchamitch : [Thil de]
Hamdoun.
8 Texte latin : Masgacim. Restitution de Tcha-
mitch.
9 Tchamitch : Khortzèn, dans la Quatrième Ar-
ménie. {V. p. LxIx, note. 3.)
10 Tchamitch : Spwvw, Tyane.
LXXII INTRODUCTION.
DOCTEURS DE L'ÉGLISE.
Daniel, frère mineur, lecteur de Sis.
Basile, lecteur de Maschgavor ! ?
Jean, docteur du palais patriarcal.
Étienne.
Nersès de Posenant?.
ABBÉS DE COUVENTS.
Jean, abbé d'Agner.
Garabed, abbé de Khorin :.
Thoros, abbé de Movsisnots à.
Etienne, abbé de Kélégh'agan ÿ.
Jean, abbé de Plour®.
Constantin, abbé de Lesernat:.
Haïrabed (Herabiet}, abbé de Saint-Romain.
Jean, abbé de Kaylkoyn?.
Léon, abbé de Quemerqueçon”.
David, abbé de Perquer !°.
AUTRES DIGNITAIRES ECCLÉSIASTIQU ES.
Léon, archiprêtre, wrweg bpkg, du palais
du roi. |
Jacques, archiprêtre de Sis, et autres prêtres.
Basile ,archiprêtre d'Adana { Athana), et autres
prètres. *
Asdouadzadour (Deodatus), ‘archiprêtre de
Tarse, et autres prêtres.
Constantin, sacristain, et autres sacristains des
principales églises.
Constantin, de Sainte-Sophie (de Tarse), et
les chanoines de la même église.
- Jean, de Sainte-Ethennacin et plusieurs cha-
noines de la même église.
COUVENTS.
1. ÂREx, dans l'Amanus ou Montagne-Noire,
appelée aussi la Sainte-Montagne, \Jaepe jFwn.
1198. Sous la juridiction seigneuriale
de l'évêque de Gaban. (Sénrpad,
listes.)
2. Turk'iTru, même localité.
1307. Grégoire, abbé. (Galanus, t. I,
p. 458-459.)
1314. Haïirabed, abbé. (Jbid. p. 503-504.)
3. Scaoucx'r ou COUVENT DES BASiLIENS, dans le
Taurus, entre Sis et Marasch, à deux journées
de distance de cette dernière ville. L'ancienne
église de Schough'r, bâtie en pierres, subsiste
encore aujourd'hui !!.
1113. Le catholicos Basile [* y reçoit
la sépulture. (Matthieu d'Édesse ,
ch. LxIv, ci-après, p. 108.)
1114. Un tremblement de terre ren-
verse ce monastère. {Jbid. ch. Lxvu,
ci-après, p. 112.)
1 Texte latin : Magequar. Restitution de Tcha-
mitch.
? Posenant, omis par Tchamitch.
3 Texte latin : Cirorim. Tchamitch lit Medzk'ar.
à Textelatin : Moismos. Restitution de Tchamitch.
5 Texte latin: Quessedan. Tchamitch lit Miaguet-
ser, couvent de la Cülicie.
6 Texte latin : Pelor, Pince, littéralement colline,
o
h. GarmiR-Vanr’ (Couvent-Rougc), auprès de
la ville de K’éçoun, dans le nord de l'Euphra-
tèse.
1105. Le catholicos Grégoire Vahram y
est enseveli. (Matthieu d'Édesse ,
ch. xxxvII, ci-après, p. 77.)
1136. Ge couvent est incendié par les
troupes de Mélik-Mohammed, fils
d'Amir-Gazi, émir de la famille des
Danischmend de Cappadoce. ({bid.
ch. ct, ci-après, p. 149.)
1148. La croix élevée par le prince Kogh'-
Vasil sur la coupole de l'église de
la Résurrection, à Garmir-Vank’,
apparaît entourée d'une auréole de
lumière. (Grégoire le Prêtre, ch. cx,
ci-après, p. 165.)
5. ‘Icoucavanx’ ou ‘Ecouanrs-Vanr’ (Couvent
des Jésuéens), auprès de Marasch.
1114. Renversé par un tremblement de
bourg du territoire de la ville de Garin, dans la
province de Haute Arménie.
7 Tchamitch : Liçangan, couvent de la Cilicie.
8 Le même : K'élégh'agan.
9 Le même : Kermagh per.
10 Le même : Ph'érguitch, ypghs , [couvent du
Saint-Sauveur.
l Indjidji, Arménie moderne, p. 176.
“r
M. ar
INTRODUCTION.
terre. (Matthieu d'Édesse, ch. Lxvu,
ci-après, p. 112.)
1198. Sous la juridiction seigneuriale de
l'archevêque arménien d'Antioche.
(Sémpad, listes.)
6. AnrTriaçanx” ou des ANDRÉANS, auprès de
la forteresse de Partzérpert, dans la chaîne du
Taurus.
1269. Siméon, abbé. (Mémoriaux.)
e KonëR, dans le district de Partzérpert.
(Mémoriaux.)
ARk'AGAGH IN, auprès de Sis.
1198. David, archevêque de Mécis {Mop-
sueste), abbé. (Sëmpad, listes.)
8. TrazarG (Tres Arcus ou Tres Arces dans
les chartes latines), même localité.
1198. Sous la juridiction seigneuriale de
l'archevêque de Sis. (Sémpad, listes.)
9. AGNER, auprès de Tarse. Ce couvent fut
fondé par le roi Léon II.
1307. Sarkis , abbé. (Galanus, t. 1, p.458-
k59.) Vartan, docteur. (Le même,
ibid. )
1344-1345. Jean, abbé. (Rainaldi, ad
ann. 1342-1345: Mansi; Martène
et Durand.)
10. SGUËVR'A, auprès de la forteresse de
Lampron.
1198. Vartan, archevêque de Lampron,
abbé. (Sémpad, listes.)
1307. Marc, docteur. (Galanus, t. I,
p. 458-459.)
11. GASDAGH'ÔN, auprès de la forteresse de
Vahga.
1095. Le prince Roupén 1" y estenterré.
(Vartan, Hist. univ.)
1098. Constantin I°, fils de Roupén, y
est aussi enseveli. (Matthieu d'É-
desse, ch. x, claprès, p. 48.)
1198. Sous la juridiction seigneuriale de
l'archevêque d'Anazarbe. (Sëmpad,
listes.)
LXXTIII
12. ZôRVRI-Gozer'\, dans le district de Hisn-
Mansour. (Matthieu d'Édesse, ch. cv de sa Chro-
nique complète, t. I de la Büblioth. histor. arm.
P. 173.) |
13. SaINT-GEORGES, dans le Taurus, sur les
confins de la Cilicie Trachée et de 1a Pamphylie.
(Mémoriaux. )
14. Kxorin. Ce couvent eut pour fondateur
le grand baron Constantin, père du roi Hé-
thoum I”, lequel bâtit aussi, dans le voisinage,
deux monastères, Miaguetser et Liçangan. (Tcha-
mitch, t. INT, p- 261.)
1308-1314. Basile, abbé. (Galanus, t. I,
p. 458-459 et 503-504.)
15. MascHGavor ou Mascaeuévor. Le docteur
Grégoire est écrasé sous les ruines de ce couvent,
dans un tremblement de terre (1114.) (Mat-
thieu d'Édesse, ch. LXVIT, CÉ-après, p. 112.)
Ce couvent est restauré par le prince Tho-
ros IT (1141-1168.)
16. Mepzx'ar.
1198. Sous la juridiction seigneuriale
de l'évêque de Medzk'ar. (Sëmpad,
listes.)
1307. Jean, chancelier. (Galanus, t. I,
p. 458-459.)
1307. Grégoire, docteur. (Le même,
ibid.)
1307. Thoros, abbé. (Le même, ibid.)
17. GRAGUITS.
1307. Thoros, docteur. [Le même, ibid.)
18. Movsisnors.
1307. Garabed, abbé. (Le même, ibid.)
19. K'ÉLÉGH'AGAN.
1307. Joseph, abbé. (Le même, ibid.)
20. Tzor.
1307. Thoros, philosophe et abbé. (Le
même, tbid.)
21. KERMAGH'PER.
1314. Grégoire, docteur. (Le même,
p. 503-504.)
Aprés avoir considéré les deux degrés les plus élevés de la société armé-
mienne de la Cülicie, la royauté et le patriarcat, soit en eux-mêmes, soit dans
leurs rapports avec l'aristocratie et le clergé, 1l nous reste maintenant à par-
courir les autres degrés de cette société, en les rétablissant aussi bien qu'il est
possible à l'aide des monuments que nous possédons aujourd'hui.
! J'aurais pu augmenter de beaucoup ce cata-
logue des couvents arméniens de la Cilicie; mais
j'ai regardé comme inutile d'y insérer des noms sur
lesquels les renseignements géographiques ou his-
Hisror. arm. —— I.
toriques font défaut. J'ai cru devoir omettre aussi la
nomenclature des couvents syriens, grecs ou latins |
parce qu'elle sort de mon cadre et donne lieu à
des incertitudes ou autres difficultés.
INTRODUCTION.
LXXIV
$ 3. Grands oflires de la couronne et dignités civiles ou militaires.
Cours de justice et tribunaux.
Parmi les titres de dignités qui furent en usage chez les Arméniens, les uns
leur appartiennent en propre, les autres furent empruntés à la hiérarchie
sociale et à l'idiome des différentes nations auxquelles 1ls furent tour à tour
assujettis, les Perses, les Grecs byzantins, les Arabes, les Turks seldjoukides
et les Mongols. Je n'ai point 1c1 pour objet, et ce serait une tâche trop longue,
d'énumérer tous ces titres; je me bornerai seulement à ceux qui eurent cours
dans la Cilicie sous les princes roupéniens, en distinguant les dénominations
qui avaient leur équivalent dans la constitution de l'ancienne Arménie, et
celles qui furent créées ou adoptées nouvellement.
Dans le nombre des grandes charges de la cour instituées par le roi Valar-
sace, l'une des plus considérables importées par lui de la Perse est celle qui
consislail dans le priviléve héréditaire de ceindre le diadème sur le front du
souverain, lors de son inauguration. Le titulaire était appelé thakatir, Gaugwmhp,
littéralement « poseur de couronne,» ou fhakabah, fPruquumg, C'est-à-dire
«gardien ou conservateur de la couronne. » Cette charge fut attribuée par
Valarsace [* à Schampa-Pakarad, alors chef de la puissante famille des Bagra-
tides, d'origine juive’. Elle se conserva dans cette famille tant que dura la
dynastie des Arsacides; mais plus tard, lorsque les Bagratides eux-mêmes
régnèrent dans la ville d'Ani, elle dut sans doute être abolie, puisque les his-
toriens contemporains n'en font point mention. Sous les Roupéniens, elle fut,
a l'avénement de Héthoum [‘, rétablie comme une réminiscence de l'antique
monarchie arménienne. Nous savons par l'historien Guiragos” que le grand
baron Constantin baïle du royaume donna à son cousin et beau-frère, nommé
comme lui Constantin *, la forteresse de Lampron, à titre d'apanage de fa-
mille, et le créa thakatir d'Arménie. Cette promotion doit être antérieure à
une charte du mois d'octobre 1233, rédigée en français, et dans laquelle
Constantin le thakahr, en faisant donation à Guérin de Montaigu, grand
maîlre des Hospitahiers, du casal de Gouvaïra, se qualifie de « seigneur de
« Lambron ou des Embruns (Lampron) et sers de Deus, et meteor de la cou-
«ronne des Ermines. » L'identité de cette expression dans Île texte de cette
charte et dans celui de l'historien Guiragos prouve que le rédacteur français
a dû traduire sur un original arménien, et en même temps met hors de
doute l'authenticité, suspectée par quelques savants, de cette pièce“,
Le titre de sbaçalar, asbaçalar, ou bien d'asbahabed, sbarabed et asbed, si-
1 Moïse de Khoren, Hist. d'Armén. IT, 11. il s'agitici, déposée au grand prieuré de Saint-
2 Hist. d’Armén. chap. xxxv, éd. de Venise, 1865,
in-8°, p. 197.
$ Voir notre cinquième tableau généalogique,
intitulé : les Héthoumiens, princes de Lampron.
* Dans l'Histoire du prieuré de Saint-Gilles, en
Provence, par Raybaud, avocat d'Arles, conservée
en manuscrit à la bibliothèque d'Aix, on lit, t. [‘,
p. 116, la mention de cette donation faite aux Hos-
pitaliers, sous la date d'octobre 1232. La charte dont
Gilles, dont le siége était à Arles, et ensuite trans-
portée à Malte en 1741, avait le n° 240. La même
indication est reproduite dans l'inventaire des titres
qui furent envoyés à Malte cette année (t. IT de l'ou-
vrage précité). (Lettre de M. Gibert, bibliothécaire
de la ville d'Arles, du 24 avril 1856.) Il est ques-
tion aussi de la même pièce dans le Nouveaa Traité
de diplomatique des Bénédictins, t. IV, p. 703, aux-
quels elle fut signalée par l'avocat Raybaud. La date
INTRODUCTION. LXXV
gnifie littéralement « commandant des cavaliers; » et comme la cavalerie for-
mait la principale force des armées d'Orient, ce titre était devenu celui du
commandant en chef des troupes arméniennes. Ces expressions admettent la
réunion de deux éléments d'origine aryenne ou plutôt iranienne facilement
reconnaissables, en premier lieu www, asb, « cheval, » mot qui n'existe plus
aujourd'hui séparément en arménien, mais qui se retrouve dans de nombreux
composés, et en second lieu uuywp, salar, « général d'armée, et aussi troupe
d'élite, » et wbw, bed, qui a la signification de « chef » (le sanskrit pati, maitre).
Ces titres sont trés-anciens dans la langue arménienne, puisqu'ils y étaient
passés bien longtemps avant que les Sassanides se fussent emparés de l'Ar-
ménie orientale, en 425. En effet, le titre d'asbed, que l'on traduit ordinai-
rement, mais à tort, dans le sens restreint de chevalier, avait été accordé avec
celui de thakatir à Schampa -Pakarad par Valarsace [*°. Sous Tiridate IT (287-
342), Ardavazt Mantagouni était sbarabed, mot qui a ici le sens non douteux
de pénéralissime. Quelquefois ce mot signifiait simplement « commandant d'un
corps d'armée, » et, dans ce cas, on réservait au général en chef le titre de
miakélkhabed, putin", qui était aussi celui que portait ce même Arda-
vazt Mantagouni. À l'époque où les Grecs commencèrent à dominer dans l'Ar-
ménie occidentale, cette dénomination fut remplacée par celle de swpunkjunn,
ciparekdrns, et Théodose le Jeune en décora Vartan, le chef de la guerre que
les Arméniens soutinrent contre Yezdedjerd II, roi de Perse, pour la défense
de leur liberté religieuse, et où ils saccombérent héroïquement sur le champ
de bataille d'Avarair, dans la province de Vasbouragan*. Le sbacçalar, le stra-
télatés se continuérent dans la Cilicie sous le nom de connétable, gntquenwuy ,
qui prévalut dans l'étiquette de la cour de Sis. Le connétable rappelait aussi,
quoique d'une manière assez éloignée, l'ancien schahakhor abed, zur$upuanangtin,
ou schahourabed, sur$nenunybin, chef des écuries du roi, comes stabuli, dont
parlent le biographe de saint Nersés * et Élisée !, auteurs du v° siècle. Le frère
du roi Héthoum [°, l'historien Sémpad, avait reçu ce titre, comme nous l'avons
vu, et il affecte de s'en parer dans le cours de son récit. Voici la liste de ces
officiers, sous les Roupéniens.
CONNÉTABLES D’ARMÉNIE.
LÉON II, PRINCE RÉGNANT *. LEON !1, ROI.
1188. Le baron Baudouin. {Sëémpad, ad ann. 1207. Le baron Abëlgh'arib, seigneur de Gouda
637.) | ou Goudaf. (Sémpad, listes. }« Eburgarib,
est ainsi conçue : « lan de la lettreure des Ermines 1 Moise de Khoren, II, vi.
“que elle fust trouvée DCLXXXII. » Comme 682 de
l'ère arménienne correspond à l'intervalle du 23 3 Apud le P. Luc Indjidji, Arch. arm. t. II, P. 70.
février 1233 au 22 février 1234 inclusivement, # Histoire de la querre de Vartan et des Arméniens
il s'ensuit que la date est octobre 1233 etnon 1232. contre Yezdedjerd II, roi de Perse, p. 174, éd. de Ve-
Des recherches ultérieures, faites à Malte, dans les nise, 1842; et trad. du P. Garabad, Paris, in-8°.
diplômes originaux, par M. Ferrugia, consul général S J'ai donné en rubrique le nom du souverain
de Turquie, ont été sans résultat pour découvrir régnant. La date qui précède le nom de chaque ti-
celte charte, ainsi que le constate sa lettre adressée tulaire est celle du document où j'ai rencontré ce
de Malte, le 18 juin 1856. (Cf. mes Recherches sur nom transcrit, ou bien l'année à laquelle il est cité
la chronol. arménienne, 1. K°", 1" partie, p. 129-126.) par les historiens, sans que l’on puisse en induire le
;.
Ménologe arménien, 7 août.
ni INTRODUCTION.
«regni Armeniæ connestabulis. » (Paoli. nétable. (Tchamitch, t. III, p. 279; Gala-
t. I,p. 95-96, n° XCI.) nus, t. [”, p. 460.)
LÉON II. | ÔSCHIN.
1210-1915. Constantin, grand baron. (Paoli, 3,4 Le baron Héthoum, seigneur de Gofigos.
t. 1", p. 100-101, n° XCVI; p. 104-105, (Sémpad, Listes, Galanus, t. L°, p. 504;
n° XCIX; p. 105, n° C; conestabulus Ar- M. de Mas-Latrie, Hist. de Chypre, t. IT,
menie, p.106, n° CI.) p. 692.)
er
HÉTHOUM 1°. A A
1296-1215. Le baron Sémpad, seigneur de Ba-
bar’on, fils de Constantin, et frère du roi
Héthoum I‘. (Sémpad, listes.)
Le baron Léon, fils de Sémpad. (Le
1329. Le baron Constantin, fils de Héthoum
et seigneur de Lampron.(Sëmpad, listes,
et son Cont. ad ann. 778.)
même, ibid.) | LÉON Y.
LÉON III. HÉTHOUM 1. LÉON IV. Le baron Jean (Djivan ou Djouan), fils
1277-1307. Le baron Oschin, fils de la sœur du du prince de Tyr et Sidon, Amaury de
maréchal Oschin, créé par Léon III sei- Lusignan; roi en 1342, sous le nom de
gneur de Gantchi et sénéchal, puis con- Constantin III.
ASSESSEUR DU CONNÉTABLE.
LÉON 1. «conestabuli ducha. » (M. de Mas-Latrie,
1304.Le baron Thoros, «Baronus Tarocius Hist. de Chypre, t. III, p. 677.)
L'un des grands d'Arménie avait la prééminence sur tous les autres. Sous
les Arsacides 1l était appelé ép4pnpg Buqunnpn fui, « le second du royaume, »
ou le lieutenant du roi’. Nous ne savons point au juste quelles étaient ses
fonctions; ce qui est certain, c'est qu'il prenait une part active au gouver-
nement, et il est probable qu'il servait d’intermédiaire entre le roi et les na-
kharars, et quil était aussi leur organe auprès de lui. Suivant Moïse de Kho-
ren, cette charge fut créée par Valarsace [”, qui en investit le chef des Mèdes
faits capüfs plusieurs siècles auparavant par Tigrane [‘, de la dynastie de
Haïg, et transplantés en Arménie, où il les établit dans la contrée comprise
à l'est de l'Ararad, jusqu'au district de Kogh'thën, sur l'Araxe. Cette colonie,
qui comptait comme une des populations les plus considérables de l'Arménie,
avait à sa tête un chef appelé UJ'wpiwgreng bp, « seigneur des Mèdes?; » mais
ces étrangers se tinrent séparés du corps de la nation, et ils inspirèrent bientôt
des craintes sérieuses aux Arsacides; car, sous Ardaschès II, Ardavazt, fils de
ce prince, détruisit cette satrapie, en faisant périr Arkam, alors à la tête des
Médes, avec ses enfants et les principaux d'entre ces colons *.
Après l'extinction des Arsacides, et lorsque Vr'am (Behram V}, roi de Perse,
eut soumis la plus grande partie de l'Arménie, il la fit gouverner par des
marzbans ou préfets qu'il y envoyait. Ce prince et ses successeurs, pensant
qu'il était d'une bonne politique de laisser aux Arméniens un semblant d'in-
dépendance, leur permirent d'avoir un chef choisi parmi eux et chargé de
plus ou moins de temps pendant lequel les fonc- ? Moïse de Khoren, tbid. IT, vi.
tions ou le titre continuèrent postérieurement. $ Le même, ibid. 11.
1 Moise de Khoren, Hist. d'Armén. I], vur et xuiv. * diupqyquñu, persan vb, gardien des frontières.
Lu
INTRODUCTION. LXXVI
gouverner sous l'autorité du marzban: ce chef, qui avait le pas sur tous les
nakbarars, de même que le lieutenant du roi sous les Arsacides, reçut la qua-
lification de prince des princes, baba fsbrwrury. était garant de la fidélité de ses
compatriotes, et chargé de la rentrée de l'impôt pour le compte du roi de
Perse. Le même mode d'administration avait été adopté par les empereurs
grecs pour l'Arménie occidentale, placée sous la juridiction d'un préfet qui avait
le titre de patrice ou de curopalate. Les fonctions de prince des princes se main-
tinrent sous les Arabes, devenus maîtres de l'Arménie en 639’. Elles furent
confiées plus d'une fois à des princes bagratides, jusqu'en 885, époque où
l'un d'eux, Aschod I”, échangea ce titre contre celui de roi, par la volonté
du khalife Mo‘tamed, qui voulut le récompenser de la sagesse de son admi-
nistration et du dévouement qu'il lui avait montré. Mais Aschod et ses suc-
cesseurs ne furent en réalité que les agents de la cour de Bagdad, soumis
au contrôle des ôsdigans ou préfets arabes. Dans la Cilicie, sous les Roupé-
niens, le prince des princes se transforma en grand baron, ww muwpnu?; et
c'est ainsi qu'est désigné Constantin, père de Héthoum [*, le même que Gui-
ragos nomme prince des princes. Le roi Héthoum II, fils de Léon II, prit ce
titre en abdiquant en faveur de son neveu Léon IVi.
L'une des plus hautes dignités de la cour roupénienne était celle de cham-
bellan, paf, où grand chambellan, Æ$w5 puufjej, dénomination due
aux Latins de Syrie, et nouvelle dans le langage arménien, mais qui s'appli-
quait à des fonctions déjà trés-anciennes chez eux. Faustus de Byzance cite"
Phiçak, de la province de Siounik’, maître de la chambre ou chambellan,
obibquwbin, du roi Diran (353-363). Il résulte du texte de Moïse de Khoren°
qu'il y avait à la cour des Arsacides plusieurs officiers auxquels ce titre était
conféré, puisqu'il dit que Diran fut étouflé par ses chambellans. Mais ce
n'étaient probablement que de simples officiers de la chambre, des camé-
riers, sous les ordres du grand chambellan. Le poste de ce dernier était au
chevet du roi; il se tenait debout, ayant en main l'épée royale, à la lame
d'acier bien trempé, au fourreau d'or et au ceinturon enrichi de perlesf. Dans:
la lettre écrite par saint Nersès de Lampron à Léon II, pour se justifier de
l'accusation de latiniser que faisait retentir contre lui le clergé de la Grande
Arménie, on voit que les Arméniens avaient pris aux Arabes le titre de «==
hadjeb”, équivalent de celui de sénégabed ou chambellan. Dans le nombre des
chambellans qui furent au service des Roupéniens, les monuments ne nous en
font connaître que deux : Héthoum II, seigneur de Lampron’, qui vivait sous
Léon I, et dont la qualification était Lung dESuS punlepuÿy, « grand cham-
l Voy. mes Recherches sur la chronologie armé- d'Ani, ad ann. 746, ci-après, p. 465, et la Table
nienne, t, ], 2° part. Anthologie chronologique, n° x1. chronologique de Héthoum, ad ann. 756, ci-après,
? C'est-à-dire baro senior; ce titre répond à celui p. 490.
de capitaneus baronum, usité dans le royaume de 4 Biblioth. histor. IV, in.
Chypre et qui dans une note du chancelier de la » Hist. d'Arménie, WE, xx.
république de Venise, en date du 20 août 1310, est 5 Jbid. 3x.
donné à Aygue de Bezan. (Voy. M. de Mas-Latrie, 7 Voy. ci-après, p. 598.
Hist. de l'ile de Chypre, t. IL, p. 117.) » Voy. au sujet de Héthoum II, ci-après, p. 582,
* Voyez le Continuateur anonyme de Samuel n. 2.
INTRODUCTION.
bellan d'Arménie!,» et Héthoum, seigneur de Nigrinum ou Negrinum, l'un
des régents du royaume pendant la minorité de Léon V. Nous avons le nom
de deux personnages, François et Jean Myre, qui furent successivement ca-
mériers du dernier roi de la Petite Arménie, Léon VI, pendant son séjour en
France, à la cour de Charles VI, et en Angleterre auprès de Richard IT, et dont
le premier figure en dernier lieu comme sénéchal de sa maison.
LXXVIII
CHAMBELLANS.
« berlanus et gubernator regni Armeniæ, »
précédemment sous Oschin, capitaine de
la cour du roi (M. de Mas-Latrie, Histoire
de Chypre, tome III, pages 692-693);
baïle du royaume. { Deuxième charte de
Montpellier ?.)
LÉON I.
Héthoum IT, seigneur de Lampron , grand
chambellan d'Arménie. (Journ. astat.
1858, avril-mai, p. 434-435.)
LÉON V.
1321. Héthoum, « Aytonus de Negrino, cam-
CAMÉRIERS.
LÉON III. «meniæ. » (Rymer, Fœdera, conventiones,
1288. Pierre, « Bedroïs, camerlinga et scriba. » elc. 1" édit. t. VII, p. 549.)
(Privilége aux Génois, Not. et Extr. des
man. t. XI, p. 122.)
LÉON VI.
-1391. «Johannes Myre, camerarius repis Arme
« niæ. » (Ibid.)
LÉON VI.
1386. « Franciscus Myre, camerarius regis Ar-
L'imitation de l'étiquette de la cour et des formes administratives de l'em-
pire grec a laissé aussi des traces dans le vocabulaire arménien. On y ren-
contre le mot Sppañund ft Où SppruñtuShm y « porphyrogénète, » qui désignait
les princes nés depuis que leur père était monté sur le trône, et Bague npuSuyp
OÙ wnpuySuyp, PaotÀEOT TU, « père du roi, » c'est-à-dire régent ou principal
conseiller de la couronne pendant une minorité. Le premier de ces deux titres,
porphyrogénète, date chez les Arméniens au moins du 1v° siècle, puisqu'il se
rencontre dans Agathange*. Il reparaît à l'époque roupénienne dans un mé-
morial “ où 1l est donné aux enfants du roi Héthoum [I°, Léon et Thoros, et
à ses trois filles. Le titre de BaorAcomdrwp remontait chez les Grecs au règne
de Théodose le Grand, qui, au rapport de Cédrénus*, le conféra au savant Ar-
sène, en lui confiant l'éducation de ses fils Arcade et Honorius. L'empereur
Léon le Philosophe en consacra officiellement et définitivement l'usage, en
1 Mémorial métrique d'une Bible, cotée n° 3
dans le catalogue des Bibles arméniennes de la Bi-
bliothèque du couvent patriarcal d'Édchmiadzin,
apud M. Brosset, Rapports sur un voyage archéolo-
gique exécuté en Géorgie et en Arménie, en 1847 et
1848 , 1° livraison, p. 28-29.
? Voy. à la fin du volume, Chartes arméniennes,
n° 3.
5 Cet auteur, secrétaire du roi Tiridate IL, vivait
au 1v° siècle de notre ère, et il est cité, pour le titre
dont il est ici question, dans le grand Dictionnaire
arménien de l'Académie de Saint-Lazare de Venise,
VS Sous fu et php tri vy.
4 J'ai publié ce mémorial dans la notice sur Mi-
chel le Syrien qui précède ma traduction d'un
Extrait de cet historien (Journal asiatique, cahier
d'octobre 1849, p. 286-287). |
5 Pag. 258 et 259; cf. Théophane, p. 53, éd.
de Venise, 1729, in-fol.; Zonaras, XIII, xix, et le
Ménologe arménien, 8 mai.
INTRODUCTION. LXXIX
l'accordant à son beau-père, Zantzés Stylianus, successivement hétæriarche,
magistros et logothète”. Dans le mémorial précité, le grand baron Gonstan-
tin, père de Héthoum [*, est appelé « père du roi.»
Le proximos, sp6Ëos, terme qui, dans le Code théodosien?, a le sens d'as-
sesseur du magister scriniorum ou garde-rôle de la chancellerie, était en Cüli-
cie, comme on le voit par plusieurs documents, chargé de fonctions fiscales;
c'est en effet le proximos auquel étaient adressés les ordres du roi, et qui avait
la mission de les faire exécuter en ce qui concernait les droits de douane et
les immunités accordées pour cet objet aux marchands étrangers*. Un person-
nage appelé Senescale, altération probable du nom arménien Sëmpad, figure,
avec la qualité de proximos Armeniæ, parmi les hauts dignitaires de la Cilicie
et de la principauté d'Antioche, comme témoin dans l'acte de 1214, par le-
quel Léon IT donne en antichrèse aux Hospitaliers la terre de Djéguèr, Gigue-
rum, en garantie d'un prêt de 20,000 besants sarrasins au poids d'Acre“. An-
térieurement aux Roupéniens, les Arméniens employaient le titre de proxi-
mos, mais comme étranger à leur langue et à leurs habitudes administra-
üives, et seulement en parlant d'une sorte d'ofhiciers grecs. Dans Matthieu
d'Édesse. le proximos est le lieutenant, l'aide de camp d'un commandant mi-
litaire; cest dans ce sens qu'il se sert de cette expression, en racontant sous
là date de 1065 l'envoi d'un détachement de troupes par le gouverneur grec
d'Édesse, sous les ordres de son proximos*.
PROXIMOS.
LEON 1H, LEON IV, ÔSCHIN.
1214. Sémpad, « Senescale pximos (proximos) 1907-1214. Thoros, seigneur de Djofré-gla.
« Armeniæ. » (Paoli, tome [, page 105, (Galanus, t. [, p. 460 et 504.)
n° c.) ÔSCHIN.
LÉON II. 1313. Le baron Oschin Ehannents. (1° charte
1288. Oschin. « Ossinius, proximus. » (Privilége de Montpellier.)
aux Génois, Notices et Extraits des man. LEON V.
t. XI, p. 122.) 1311. Le baron Bedros. (2° ch. de Montpellier.)
Un autre souvenir de la domination byzantine dans la Petite Arménie est
le titre de sébaste. Alexis Comnène (1081-1118) étendit l'usage de ce titre
et des dénominations honorifiques qu'il en fit dériver, en dehors de la famille
impériale, à ceux de ses grands officiers qu'il voulait récompenser, ainsi qu'à
des princes ou chefs étrangers qu'il désirait s'attacher; plusieurs chefs armé-
niens le reçurent de lui, de son fils Jean ou de son petit-fils Manuel. Kôgh-
! Zonaras, XVI, xu; Léon le Grammairien, græc. vi IbéËimos et Mel ompéËiuos, et Gloss. med.
p. 376-380. — La dignité de Baœorkeomärwp était et inf. latin. v° Proximus.)
une des plus importantes de la maison impériale: 3 Voy. à la fin du volume, Chartes arméniennes,
dans les temps postérieurs, celui qui en était revêtu n°1, 2 ct 3.
fut aussi appelé uéyas Baioudos. (Cf. Codinus, De * Archives de Malte, fasc. V, dipl. 27, dans Paoli,
officirs Constantinopolitanis, Cap. XIV, n° 15.) Cod. diplom. t. |, p. 105, n° C.
? Titul, XXVI, lib. VI, leg. vi, De proximis, co- 5 Matthieu d'Édesse, Chronique complète, chap.
mutibus, etc. (CF, Du Cange, Glossarium med. et infim. xe, t [de la Bibl. histor. armén. p. 131.
Fr. INTRODUCTION.
Vasil, seigneur de K'ecoun et de Marasch, l'ami de Tancrède, avait été décoré
de ce ire". Le prince roupénien Léon T° l'obünt aussi, et il le transmit à son
fils Thoros IT, qui, par une nouvelle faveur de Manuel, l'échangea plus tard
contre celui de pansébaste?. Chez les Héthoumiens, l'aîné de la famille héri-
tait, avec la seigneurie de Lampron, du rang de sébaste. Thoros II est le der-
nier des Roupéniens qui se montre à nous dans l'histoire avec cette qualifica-
ton. Il est à supposer qu'elle ne dut pas se transmeitre dans cette famille au
dela du roi Léon IT, qui le premier abjura toute sujétion envers les empereurs
d'Orient, et dut rejeter tout ce qui pouvait en rappeler l'idée. Mais les Héthou-
miens se plurent à conserver plus longtemps cette appellation honorifique.
L'un de ces princes, Héthoum IT, fils d'Oschin, le portait encore sous le règne
de Léon If. Dans leur rivalité avec les Roupéniens*, les Héthoumiens affec-
talent le plus grand dévouement envers la cour de Byzance, et plusieurs fois
is prirent parti pour elle contre leurs adversaires. Léon IT avait imposé sa
suzeraineté à tous Îes seigneurs de la Cilicie, indigènes ou étrangers, tandis
que les Héthoumiens lui résistaient encore. Les ayant tous attirés à Tarse, sous
prétexte de marier sa nièce Philippa à Oschin II , fils aîné de Héthoum II, il
se saisit d'eux, leur enleva Lampron qu'il donna a sa mère Ritha (Marguerite\",
et mit Héthoum en prison. Celui-ci reçut, comme compensation et en pro-
priélé, le monastère de Trazarg, où 11 finit ses jours.
En l'absence de tout témoignage positif, 1 est impossible de savoir si la
dignité de sébaste se transmit chez les princes de Lampron au dela de l'époque
où cette famille remplaça les Roupéniens sur le trône par le mariage de Hé-
thoum, l'un des fils du grand baron Constantin, avec Isabelle, fille de
Léon If, en 1226.
L'avénement des Héthoumiens ne mit point un terme à linimitié qui divi-
sal les souverains de la Cilicie et les seigneurs de Lampron. Quoique le roi
Héthoum eût rendu cette place à son cousin Constantin, le thakatir, celui-ci
ne tarda pas à se révolter, et Héthouin fut obligé de prendre les armes pour
le faire rentrer dans le devoir. Alors Constantin recourut au sulthan dIco-
nium, el, se metlant à la têle des infidèles, ravagea la Cilicie. Battu sept fois
par les troupes royales, mais non soumis, 1l se renferma dans sa forteresse
et nosa plus en sortir *.
La cour byzantine, qui conservait peut-être des prétentions tacites sur la
Cihicie, et qui tenait à s'y ménager des adhérents, en les gagnant par des fa-
veurs et des distinctions honorifiques, accorda, à ce qu'il paraît, le rang de
sébasle à d'autres chefs que ceux que nous venons de citer, et entre autres
au châtelain de Nor-Pert (Castellum Novum des chartes latines), le baron
l Grégoire le Prêtre, chap. cxxvun, ci-après, % Sémpad, Chronique, ad ann. 619, p. 624-625.
P. 103. Cette princesse portait le titrede Dame des dames
2? Pansébaste, la soixante et dix-septième dignité ou Reine des reines, eh4fu uwnbifuwg, c'est-à-dire,
dans l'étiquette de la cour byzantine; protosébaste, «reine douairière. »
la treizième; panhypersébaste, la cinquième ; et enfin 5 Sëémpad, ad ann. 647, ci-après, p. 640.
sébastocralor, qui était au-dessus du césar et immé- 5 Cf. mon Extrait de Guiragos, Journal asiatique,
diatement après l'empereur. (Codinus, De officis avril-mai 1858, p. 433-436. .
Constantinopolitanis, cap. 11.)
ea 1?
INTRODUCTION.
Henri, l'un des feudataires de Léon II, et dont le nom est inscrit parmi ceux
des assistants à la cérémonie de son couronnement !.
La substitution des titres d'origine française aux anciennes appellations
arméniennes est remarquable en ce qu'elle nous révèle le caractère des nou-
velles idées qui prévalurent dans la Cilicie avec la civilisation de l'Occident;
elle nous explique comment saint Nersès. de Lampron, dans sa Lettre au rol
Léon Il, combat le reproche qui lui était adressé de latiniser les rites de son
église, en objectant l'entraînement de ses compatriotes laïques à emprunter les
dénominations féodales ou chevaleresques des croisés et à délaisser celles
dont ils se glorifiaient auparavant, et qui étaient tombées en discrédit*.
Nous venons de passer en revue les termes d'origine latine qu'adoptérent
les Arméniens pour désigner des dignités qui existaient déjà identiques ou
analogues chez eux. Nous avons vu qu'ils en avaient retenu aussi plusieurs
de provenance byzantine; 11 nous reste à connaître ceux qu'ils prirent aux
Franks pour des offices dont ceux-ci leur fournirent l'idée et le modèle.
Et d'abord se présente celui de baron, qu'ils reçurent en lui donnant un sens
tout pareil à celui qu'il avait chez nous à la même époque*. Les anciens nakha-
rars organisés en corps de noblesse féodale s'intitulèrent barons, en imitant
l'esprit, le costume et les habitudes de ceux de l'Europe qu'ils avaient sous les
yeux. Dans la liste des quarante-cinq feudataires de Léon II, seigneurs de
châteaux ou forteresses, qui assistérent à son couronnement, en 1198, on voit
par leurs noms que les uns étaient Arméniens; d'autres, en minorité, Grecs;
plusieurs, d'origine française, et un, le baron Kraff ou Krafft, Allemand.
À cette nomenclature il faut ajouter les trois ordres de Saint-Jean de Jéru-
salem, du Temple et Teutonique. Nous avons dit (chap. [", $$ 1 et 3) que les
premiers possédaient le château de Saleph (Séleucie-Trachée), qui leur fut
donné par Léon Il en 1210, avec NorPert et Camardesium, en reconnais-
sance du dévouement qu'ils lui avaient témoigné dans ses longs démélés
au sujet de la principauté d'Antioche, avec Boëmond le Borgne, et comme
tuteur de son petit-neveu Raymond Rupin. Ils avaient acquis en 1214 de ce
mème prince le casal de Vaner et autres domaines. Aux Templiers appartenait
Gaston, dont nous connaissons déjà la position, sur le versant oriental de
l'Amanus, à proximité d'Antioche, Dépouillés de cette forteresse par Léon II,
irrité de ce que, dans cette même querelle, ils s'étaient déclarés contre lui, et
qui en avait fait don au seigneur de Bagras, Sire Adam, ils la recouvrerent
LXXXI
! Sémpad, Liste des seigneurs convoqués au cou-
rounement de Léon II ,en 1198, ci-après, p. 638.
? Ciaprès, p. 597-598.
Ÿ Dans l'allocution que le grand baron Constan-
tin, baïle du royaume, adressa à l'assemblée des
graods et du clergé, pour les engager à choisir un
époux à la jeune reine Isabelle, il les interpelle
AIDSI : qwpstuse, « barons ! » Ce titre est celui que
prennent tous les seigneurs tant arméniens que
franks qui, dans les chartes, figurent comme té-
moins de la validité de ces actes.
‘ Sire Adam ou Adan professait la religion
Histon. AR. — I.
grecque, d'après le témoignage de l'historien Guira-
gos; ce qui semble indiquer qu'il avait commencé
par étre à la solde des empereurs de Constantinople.
D'abord seigneur de la forteresse de Bagras, dans la
principauté d'Antioche, il passa au service de Léon1Il
à l'époque du couronnement de ce prince. Sa natio-
nalité ne nous est pas connue; mais on peut soup-
conner que c'était un de ces aventuriers qui, sortis
des rangs de la noblesse européenne, allaient cher-
cher fortune à la conr de Byzance. (Cf. ci-après,
p. LxxxvI, la notice sur le château de Gaston dans
ma Liste des fiefs de la Petite Arménie.)
K
LXXXIT INTRODUCTION.
en 1214, lorsque ce souverain fit la paix avec eux. Mais ces chevaliers conti-
nuéreni, à ce quil paraît, à lui être peu sympathiques; on ne voit pas que
leurs possessions dans la Cilicie se soient augmentées depuis lors, et elles ne
furent jamais trés-considérables', quoique ce pays comptât comme une de
leurs commanderies. On doit supposer qu'ils avaient repris faveur sous
Léon III, puisque ce fut le commandeur des Templiers de la Petite Arménie
qui fut chargé, en 1285, de conclure un traité de paix entre ce prince et le
sulthan Kalaoun*. La fin brusque et tragique de cet Ordre et la disparition de
ses archives sont cause sans doute qu'aucun document ne nous est parvenu,
où nous puissions retrouver la mention de leurs établissements dans la Petite
Arménie. Les chevaliers teutoniques, au contraire, y furent parfaitement ac-
cueillis et jouissaient à la cour de Sis d'une haute faveur; J'ai décrit précé-
demment les domaines considérables qu'ils devaient à la pieuse munificence
de Léon II et de son successeur Héthoum [°'*.
Postérieurement à l'historien Sémpad, et du temps de son continuateur
(1276-1335), le titre féodal de baron avait dévié de sa signification originaire
et exclusive pour désigner un chef en général, et s'appliquait usuellement
aux chrétiens comme aux musulmans. Dans les pages écrites par ce continua-
teur, le chef turkoman Timourtasch (Damourdasch}, qui avait hérité d'une
partie du territoire des sulthans d'Iconium, est appelé £nadeg auupr, baron [du
pays] des Romains. L'usage de ce titre sétait propagé en même temps jusque
dans la Grande Arménie; il apparaît parfois dans les inscriptions qui couvrent
les ruines des édifices religieux de ce pays, et qualifie indifféremment des
chefs chrétiens ou infidèles. Enfin, par un nouvel abus de langage, ce titre
devint plus tard et est aujourd'hui chez les Arméniens une simple formule
de politesse, qui accompagne les noms propres, et qui équivaut à notre mot
français monsieur.
! Ces possessions ne dépassaient pas une valeur Annal. eccles. ad ann. 1202, $ x; Galanus, Conci-
de 20,000 besants. comme on le voit dans une liatio ecclesiæ Armeniæ cum Romana, P. T°, cap. xx,
lettre de Léon II à Innocent III en date de Sis, 1° t.1, p. 362-364.
octobre 1201: «Igitur Sanctitatem vestram latere
«nolumus, quod meuse julii exercitum nostrum
+ coadunavimus contra barbaricas nationes , quas du-
«rius cum Dei auxilio lædere sperabamus, propter
« discordiam inter eas emersam; in quo negotio mi-
«simus pro Templariis tenentibus in regno nostro
« de possessionibus valentibus viginti millia byzan-
«tiorum, ut venirent in auxilium nostrum , ad ho-
«norem et defensionem Christianitatis; qui Antio-
« chiam usque venerunt, et nos in propria persona
«cum gaudio et exultatione usque ad fines Antio-
«chiæ obviam eis exivimus. » (Innocenti III Epist.
lib. V, ep. 42, et Gesta, cap. ex.) Cf. Rainaldi,
C'est par une erreur évidente que l'on a compris
dans Îles possessions des Templiers de la Cilicie
le Portus Bonelli, sur le golfe d'Alexandrette, entre
cette ville et le Räs-el-Khanzir, ainsi que les chà-
teaux de Gaston et de Derbecak, au revers opposé
de l'Amanus; ces localités étaient, à proprement
parler, en dehors des limites du royaume d'Armé-
nie et faisaient partie du territoire d'Antioche.
? Le texte de ce traité est rapporté par Makrizi,
dans son Histoire des sultans mamelouks d'Égypte,
trad. par Ét. Quatremère, t. Il, 1" partie, p. 166-
171 et 201-212.
3 Voir ci-dessus, p. xxx1, note 3, et p. xLIX.
en]
+
INTRODUCTION. LXXXIIT
ÉTAT NOMINATIF DES BARONS POSSÉDANT CHÂTEAU (rbprumnbpe),.
1. PRÉSENTS AU COURONNEMENT DE LÉON II, 6 JANVIER : 198.
(Voir Sémpad, ad annum 647, ci-après, p. 636-638.)
2. PRÉSENTS AU CONCILE DE SIS, 1307.
(Galanus, t. I, p. 460: Tchamitch, t. III, p. 310.)
Le roi Léon IV. Vaçag, seigneur de Pertgan.
Héthoum IT, Père du roi!. Sémpad, seigneur de Sémpada-gla.
Le baron Oschin, seigneur de Gaban, frère Oschin, seigneur de Gobidar!.
Ligos, seigneur de Guiçaram, When und ?,
du roi.
Alinakh, seigneur de Lampron et de Tarse, Thoros, capitaine de la maison du jeune roi
frère du roi. (Léon IV), quil Bauquenphit qu
Oschin, connétable, seigneur de Gantchi. apuunch lun.
Sémpad, maréchal, seigneur d'Asgour'as. . Thoros, proximos, seigneur de Djofré-gla,
Raymond, sénéchal, seigneur de Mikhaïlag, dorée.
Dhhuyrhe. Ligos Kyr Aschnents, ÿ£n (bug.
3. PRÉSENTS AU CONCILE D’ADANA, 1314.
(Galanus, ibid. p. 504-505; Tchamitch, ibid. p. 314.)
Oschin. le pieux roi d'Arménie. Oschin, seigneur de Gor'igos.
Alinakh, frère du roi, seigneur de Tarse et Sémpad, seigneur de Sémpada-gla.
de Lampron. Oschin, seigneur de Gobidar’.
Le baron Sémpad, maréchal, seigneur d'As- Ligos, seigneur de Khëntzorovid, lutänpn.
gour'as. uen
Héthoum, connétable d'Arménie. Thoros, proximos, seigneur de Djofré-gla.
Raymond, sénéchal, seigneur de Mikhaïlag.
4. SEIGNEURS D’ANTIOCHE QUI PASSÈRENT AU SERVICE DE LÉON II,
APRÈS LA MORT DE BOËMOND LE BAMBE.
(Voir Sémpad, ad annum 647, ci-après, p. 639.)
5. RÈGNES D'OSCHIN (1308-1321) ET DE SON FILS LÉON V (1321-1341).
La liste suivante, qui se trouve dans le Liber pactorum, déposé aux archives
des Frari, à Venise, en a été extraite par M. Giuseppe Canestrini’, et par
M. de Mas-Latrie“, avec quelques différences de transcription que j'ai eu soin
de noter. Postérieurement ce dernier savant a reproduit la même liste colla-
tionnée de nouveau sur l'original, mais sans changements notables”.
* C'est le titre officiel de Bwqur npwçuyp, Baoi- qui se lit correctement Juvénpnftw, Khèntzorovid,
lcomérup, c'est-à-dire tuteur. chargé de la régence; dans la liste n° 3.
Héthoum II l'avait pris en abdiquant en faveur de 3 Archivio storico Italiano, appendice, n° 29,
son neveu Léon IV. P- 272.
? Le nom de cette place est ainsi écrit dans le * Histoire de Chypre, t. II, Documents, p. 692.
lexte armémien de Galanus; il y a dans le latin Ghis- 5 Biblioth. de l'École des Chartes, VF série, t. I,
lerram; c'est probablement une altération du nom . p. 43, 1864.
LXXXIV | INTRODUCTION.
« Aytonus, dominus Nigrini, capetanus curiæ
«regis Hermeniæ.
“ Aytonus, conestabilis Hermeniæ.
« Hoissinus de altitonante! genere Ruppino-
«rum, Armeniæ rex.
« Alienat (M. Canestrini, Alionut), filius quon-
«dam regis Hermeniæ, dominus Lambri,
«Montis Livonis, Cogelag et Roisso.
« Alinoch (M. Canestrini, Almech), regis frater
«et quondam serenissimi regis filius.
«Frater Johannes?, ordinis Fratrum Mino-
«rum, primogenitus quondam serenissimi
«regis Hermeniæ. Mortuus.
« Leo, rex Armeniæ.
« Aytonus, seneschalcus regni Armeniæ.
« Aytonus de Negrino (M. Canestrini, Negririo;
«M. de Mas-Latrie, 2° copie, Nigrono),
«camberlanus et gubernator regni Arme-
«Nniæ. »
Je dois ajouter que l’Alienat et l'Alinoch, qui, dans ce dernier document,
sont donnés comme deux personnages différents, n'en font en réalité qu'un
seul, qui est bien connu, et qui n'est autre que Roupên, dit Alinakbh, fils de
Léon IIT et frère des rois Héthoum II, Thoros III, Sémpad, Constantin II et
Oschin. Il avait été seigneur de Tarse avant de posséder les fiefs de Lampron,
Mauléon, Gouglag et Roisso. La forme de ce nom, Almech, qu'on lit dans
l'édition de M. Canestrini, provient de la confusion à laquelle a donné lieu
l'absence du point sur l'i, et qui lui a fait prendre la syllabe in pour les trois
jambages de la lettre m. La même faute a été commise par Rainaldi (Annal.
eccles. ad annum 1306, Lettre de Clément V à Léon IV).
$ 5. Fiefs principaux.
1. GasToN où GasriM, aux Templiers. [ ré-
sulte du récit de Grégoire le Prêtre *, que déjà
en 1158 les Templiers étaient maîtres de Gaston.
Dans la lutte qu'eut à soutenir Léon IT contre
le comte de Tripoli, les Templiers prirent,
comme je l'ai dit déjà (p.Lxxx1), le parti de ce
dernier, tandis que les Hospitaliers, qui avaient
embrassé d'abord la même cause, ne tardèrent
pas à se ranger du côté de Léon. Le prince d'A-
lep, Malek-Dhaher, fils de Saladin, et le sulthan
d'Iconium, voisins des Arméniens, se déclarèrent
aussi pour le comte de Tripoli; en même temps
que le sulthan d'Égypte, Malek-Adel, ennemi
du comte, soutenait Léon. Le roi d'Arménie,
furieux, chassa les Templiers de ses États et leur
enleva Gaston. En 1 199, Innocent III lui écrivit
pour l'engager à leur rendre ce château“. Mais
Léon, sourd à la’ voix du souverain pontite, le
donna à l’ancien seigneur de Bagras, sire Adam,
que nous voyous dès lors paraître dans les chartes
1 Cette expression rappelle tout à fait celle de
altithronus, du petit poème de Fortunat, in Cellu-
lam sancti Martini (Saint-Martin de Tours), dans Île
vers suivant :
Emicat altithroni cultu venerabile templum.
alticovante dans M. de Mas-Latrie (1° édition), mais
cette mauvaise leçon a été corrigée dans la 2° édit.
2? Le roi Héthoum Il; cf. craprès, p. ex, note 6.
avec le titre d'Adam de Guastone, de Gastonts,
de Gastum ou de Gastan*°. Pour punir le refus de
Léon, Innocent III lança contre lui une sen-
tence d'excommunication, dont il remit l'exé-
cution au patriarche d'Antioche et qu'il aggrava
encore en 1213, ainsi qu'il l'annonça au roi par
une lettre en date du 2 des kalendes de mars
(28 février)‘. Après des alternatives de revers
et de succès, qui firent passer Antioche au pou-
voir, tantôt de Raymond Rupin et de Léon, et
tantôt du comte de Tripoli, celui-ci resta maitre
de cette ville en 1216. Quelque temps aupara-
vant, Léon, s'étant réconcilié avec les Templiers,
leur avait restitué Gaston, et le patriarche de
Jérusalem, légat du saint-siége, fut chargé, en
1215, de le relever de l'excommunication’.
2. DsécuËr, Giguerium. Le district de ce nom
correspond, à ce qu'il paraît, au territoire de
l'ancienne ville de Baiæ, aujourd'hui Paias, sur
le bord oriental du golfe d'Alexandrette, un peu
% Chap. cxv, craprès, p.171,et ibid. notes 1et 2.
“ Innocentii III Epist. lib. I, ep. 259. t. f”,
p. 510.
5 Actes de 1207,1210et1914, dans Paoli, Cod.
diplom. t. 1, p. 95, 100 et 104. L
5 Innocenti III Epistole, lib. XIV, ep. 64,65 et
66,t. Il, p. 535-536.
7 bi. lib. XVE, ep. 7,t. Il, p. 735.
INTRODUCTION.
au-dessus de la Portella. Cf. le R. P. Léonce
Alischan, Géogr. politique, $ 1 880, p. 564, col. 2.
1182.
1198.
1214.
Roupén III, fait prisonnier par Boë-
mond le Bambe, lui donne, comme
rançon, Djéguêr, ainsi que Sarvan-
tik’ar et Thil de Hamdoun. (Sémpad,
ad ann. 631.)
Le baron Osdér. (Sémpad, listes.)
Ce fief, dans l'intervalle, avait fait re-
tour à la couronne, puisque cette année
Léon IT l'engagea aux Hospitaliers pour
une somme de 20,000 besants sarra-
sins, qu'ils lui avaient prêtée.
3. Gasan. Forteresse du Taurus, dont la po-
sition a été indiquée ci-dessus, p. xxV-XxvI et
LXVIT.
1182.
1196.
-
1219,
1226.
1277.
1307.
1875.
Léon II reçoit ce fief de son frère Rou-
pên ILE. {Sémpad , ad ann. 631.)
Le baron Mangri (Tancrède).(Le même,
listes.)
Léon. « Et excepto passagio quod do-
«minus Leo de Gabban habet in flu-
«mine quod vocatur Jahan.» ( Liber
jarium , t. [, n° DXIV, col. 074-576.)
Léon soutient le siége de cette place
attaquée par le sulthan d'Iconium ‘{zz-
eddin Keï-Kaous, et le force de se re-
tirer. (Sémpad, ad annam 665.)
Constantin est fait seigneur de Gaban
par son père Léon IT. (Tchamitch,
t. Il, p. 279.) En 1299, il monte sur
le trône.
Oschin, « baro Ossinus, dominus Ga-
« bam, frater regis (Leonis IET). » (M. de
Mas-Latrie, Hist. de Chypre, t. IE,
Doc. p. 687 ; Galanus, t. |", p- 460.)
Gaban tombe au pouvoir des Égyptiens
après un siège de neuf mois, et le roi
Léon VI de Lusignan, qui s'y était ren-
fermé, est forcé de se rendre prison-
nier et est conduit au Kaire.
h. ParrzénpenT, c'est-à-dire Forteresse haute,
château très-fort, situé au milieu du Taurus, à
l'extrémité septentrionale de la Cilicie, au nord
de Sis. C'est la première place dont s'empara le
fondateur de la dynastie des princes de la Petite
Arménie,
1191.
1198.
L Voir,
Roupén I", vers 1080.
Vasil, (Sémpad, ad annum 600.)
George. (Le même, listes.)
pour la situation de cette plaine , ce qui à
été dit plus haut, p. xLviu-xurx.
Le Sauran-Tchaï, affluent de droite du Pyrame,
auquel il se réunit un peu au-dessus d'Anazarbe.
3 «
Voy. ci-dessus, p. xLvr.
1 Vov.
ci-dessus, p. xLvuI.
LXXAV
5. Gosinar’. Forteresse de la chaîne du Tau-
rus, dans le district de Maraba.
1097. Constantin [”, le second des princes
roupéniens. (Matthieu d'Édesse, c. 11,
ci après, p. 30.)
1277-1307-1314. Oschin, connétable, sous
le règne de Léon TT. (Tchamitch,
t. IT, p. 299; Galanus, t. [°, p. h60
et 504.) Créé aussi par ce prince sei-
gneur de Gantchi.
6. Vaner, U] aiubp, Vanerium, pluriel vulgaire
de ut, « demeure, habitation, couvent. » Casal
ou domaine rural, situé dans la plaine de Méloun,
Uri
1198. Le baron Vasil, maréchal. (Sémpad,
listes.) « Basilius Sefricum. » (Paoli,
t. J, p. 104-105, n° XCI.)
1214. Ce fief ayant fait retour à la couronne,
Léon IT le vend aux Hospitaliers pour
10,000 hesants sarrasins. (Paoli, ibid.
P. 104-105, n° XCIX.)
7. ApAwopaNA ou Amoupa. « Adamodana quod
«est castrum hospitalis seu domus Allemanorum,
«quod dominus rex [Leo 11], qui semper Alle-
«manos dilexit, eis pro remedio animæ suæ cum
« villis attinentibus, donavit. In pede hujus castri
«decurrit quidam fluvius?, qui maximo gurgite :
«oritur ex montanis Hormeniæ et vicinis....
« Hoc castrum distat a Naversa (Anazarba) duo
«millia.» (Willebrand d'Oldenbourg, ltiner.
p. 15.) En suivant la marche du pèlerin alle-
mand, nous retrouvons, au sud d'Anazarbe, sur
un monticule assez élevé, les ruines du château
connu aujourd'hui sous le nom de Tumlo-Kalessi
et qui semble répondre au site de l'ancienne
Amouda ?.
1198. Le baron Simon {Sëémpad, listes.)
1210. Les chevaliers Teutoniques. ( Wille-
brand d'Oldenbourg, ibid.)
8. CuMBETEFORT où CuMBETHFORT *. « Abhinc
«[a Mamistere ?] transeuntes Cumbetefort, ubi
« domus est et mansio bona hospitalis AHemano-
“rum, venimus Tursolt6.» (Willebrand d'OI-
denbourg, p. 14.) |
9. TARSE.
1072. Abëélgharib, prince de la famille des
Ardzrounis, commandant de Tarse et
de Mopsueste pour la cour de Byzance.
5 Dans le texte imprimé il y a Manistere, fausse
lecon poura Mmistere (Mamistra.)
6 Ou Trousot, comme on lit dans différents au-
teurs du moyen äge et notamment dans Vincent de
Beauvais: ou bien Torsot, dans la Contin. de Guil.
Jaume de Tyr (Voy.crdessus, p. x11, note 5); Tarse.
LXXXVI INTRODUCTION.
1307. Alinakh, frère du roi Héthoum Il.
(Contin. de Sémpad, ad annum 756.
M. de Mas-Latrie, Hist. de Chypre,
t. IT, Documents, p. 692.)
10. Gor'icos (Kpuxos, Coryÿcus des anciens,
aujourd'hui Korghos), place forte et port situés
sur la côte occidentale du golfe de Pompeio-
polis, au nord-est de Séleucie-Trachée.
1198. Le baron Simon. (Sémpad, listes.)
Geoffroy, « Gofredus de Curco. »(Paoli,
t. [, p. 100-101, n° XCVIT.)
1210-1215. Vahram, « Baharam ,» fils du
précédent (ibid.); « Vaharam marescal-
«ous.» (Paoli, 1. F, p. 100-101, 104
à 107, n* XCVI, XCIX, C, CI et CI];
et Lib.jur.t.T, n° DXIV, col. 574-576.)
1268. Oschin frère du roi Héthoum I". (Sëm-
pad, ad ann. 714; Rubruquis, dans les
Mémoires de la Société de Géographie,
t. IV. p. 392-393.)
1277. Grégoire, de la famille des princes
| héthoumiens de Lampron, créé par
Léon ITT comte de Gor'igos et baïle du
royaume. (Tchamitch, t. III, p. 279.)
Grégoire étant mort peu de temps
après, son frère cadet, Héthoum (Hay-
thonus) l'historien, reçoit ce fief du
même souverain. {/bid.)
1277 Où 1278-1305. Héthoum.
1318-1323. Oschin, baïle, « Ossinius, gu-
«bernator, regiæ procurator, » fils du
précédent, tué en 1328. (Contin. de
Sémpad, ad ann. 767, 770 et 778;
Galanus, t. I, p. 504; Rainaldi, ad
ann. 1322, $ 46, et1323,$$ 4 et 6.)
1330. Bramond de Lusignan, ambassadeur
de Léon V auprès du pape Benoît XII.
1361, janvier. Robert de Lusignan prend pos-
session de Gor'igos, au nom de Pierre",
roi de Chypre. — Schahan, gendre
du roi d'Arménie, Léon VI, conserve
le titre, purement nominal, de comte
de Gor'igos.
1448. Par suite de la trahison de Jacques
de Bologne, commandant de Gor’igos,
cette place est enlevée aux Chypriotes
par un des descendants de l'émir tur-
koman Karaman Ibrahim-beg.
Marino Sanuto, Willebrand d'Olden-
bourg, Barbaro (Viaggqi fatti da Venezia
alla Tana, etc. dans Ramusio, Raccolta
delle navigazioni e viaggi, t. 11) et,
parmi les modernes, Beaufort (Karama-
? Cette détermination assez vague résulte de
ordre géographique suivi, de l’est à l'ouest, dans
nia, 2° éd. c. xt, p. 240-248), parlent
des ruines de Gor’igos. On y voit deux
châteaux, appartenant à l’époque ar-
ménienne, Khorgos Kalaler, et dont
l'un est situé sur le bord de la mer, et
l'autre dans un îlot attenant. Un poëte
du moyen âge, Guillaume de Machaut,
a donné, dans son poëme de la Prinse
d'Alixandre (Bibl. imp. anc. fonds franc.
ms. n° 1584; ms. Lavallière, n° 29),
une description des châteaux de Gor’i-
gos remarquable par son exactitude.
11. SÉLEFKÉ, SALEPH OU SALEF (Séleucie-Tra-
chée). (Cf. ci-dessus, p. xxxvn.)
118-1190. Cette place est donnée par
Léon II à Schahënschah, fils de Tchor-
douanël, seigneur du district de Sa-
çoun. (Sémpad, ad ann. 638.) Scha-
hénschah meurt au bout de trois mois.
1198. Constantin. {Sémpad, listes.)
1210. «Frater Albertus Roirad, præceptor
« Selefkiæ. » (Paoli, Cod. diplom. t. I,
p. 99-100, n° XCV, et p. 100-101,
n° XCVI.)
1210. « Frater Hemericus ou Hemeyricus de
« Pax, Selefkiæ castellanus. » (Ibid.)
1214. «Frater Faraldus de Baras, castella-
«nus Selephii.» (Ibid. p. 104-105,
n° XCIX.)
1226. Séleucie est rendue par le frère hos-
pitalier Bertrand, châtelain, au grand
baron Constantin, baïle d'Arménie.
(Sémpad , ad annum 675.)
12. BR'AGANA. Position inconnue, mais qui
doit être placée vers les limites de la Cilicie
Champètre et de la Cilicie Trachée, entre Lam-
pron et Babar'ôn d'un côté, et Séleucie-Trachée
de l'autre.
1198. Le connétable Baudouin, qui s'était
emparé de cette place, esttué, et. deux
mois après, Léon II s'en rend maitre au
moyen d'un stratagème. (Sémpad, ad
annum 63.)
1198. Dikran (Tigrane). (Sémpad, listes. )
1248. Les Arméniens rentrent par surprise
dans Br'agana, enlevée par le sulthan
Ghiâth-eddin Keï-Khosrou. (Sémpad.
ad annum 695.)
13. CaMaARDESsIUM. Position inconnue, proba-
blement dans le voisinage de Séleucie-Trachée.
1210. Ce fief est donné par Léon II aux Hos-
pitaliers. (Paoli, Cod. dipl. t. 1, p. 98-
99, n° XCIV.)
la Liste du connétable Sémpad, ci-après, p. 636-
638.
INTRODUCTION. LXXXVII
14. Louiva, position qui doit être fixée très. château de Merkez. (Voir, ci-dessus, p. XX1X.)
probablement entre Lampron et Babar'ôn, au- Le baron Baudouin, seigneur de Nigrinum,
près des Pylæ Cüiciæ (Kulek-Boghaz.) { 19h. ( Sémpad, listes.)
1198. Le baron Schahënschah. (Sëémpad, 1321. Héthoum, & Aytonus de Negrino, cam-
listes.) «berlanus et gubernator regni Arme-
1216. Cette forteresse est cédée par Léon II «niæ.» (Ci-dessus, p. LxxxIv, État no-
au sulthan‘Izz-eddin Keï-Kaous. (Sëm- minatif, n° 5.) Le même, chambellan
pad, ad annam 665.) et baïle. (Chartes arméniennes, à la fin
15. Nicrinom, Necrinum ou bien CasTELLOM du volume, n° à.)
recis Nicru, entre la Portella (Pylæ Syro-Cili- 16. Nor-Perr ou CasrezLum Novum, Château-
ciæ) et Canamella, sur la montagne à droite, Neuf, à l'est d'Anemour, dans la Cilicie Trachée.
en suivant la côte orientale du golfe d'Alexan- 1198. Henri, sébaste. (Sémpad, listes.)
drette (Willebrand d'Oldenbourg, Itiner. p. 14), 1210. Ce fief est donné par Léon IT aux Hospi-
correspondant peut-être à la position actuelle du taliers. (Paoli, t. I, p. 98-99, n° XCIV.)
Quoique l'office et le titre de chancelier, wnbumupp, datent de loin chez
les Arméniens, cependant, antérieurement aux Roupéniens, ils n'avaient rien
d'analogue à cette sorte de magistrature suprême qui existait chez les Franks,
sous la dénomination de chancelier du royaume ou grand chancelier, et que les
Arméniens leur empruntérent avec le nom même qui la désignait, pañybp.
L'archevêque de Sis, la ville royale, était de droit investi de ces fonctions,
et de plus messager d'État, legatus ; il présidait une cour de justice de second
degré’, curia Sisensis archiepiscopi. Du grand chancelier dépendaient les chan-
celiers particuliers, les interprètes de la cour, drugomanni curiæ, les transla-
leurs pour la traduction des actes arméniens en latin ou en français, les scrives
da roi, scriptores regis, et autres employés de bureau. Ces deux langues,
outre larménien, l'idiome national, étaient consacrées par un usage ofliciel
dans la chancellerie d'un royaume en communication continuelle avec les
Européens et où ceux-ci résidaient en trés-grand nombre.
I. CHANCELIERS DU ROYAUME.
LÉON II, LÉON V.
1201. « Dominus Johannes, venerabilis archi- 1331. Vasil. (Privilége aux Siciliens, dans les
«episcopus Sisensis, illustris Armeniæ Chartes arméniennes ,-à la fin du volume,
«cancellarius. » (Archiv. stor. tal. App. n° 4.)
LÉON V.
n°29, p. 364. Cf. les Lettres échangées
entre Léon IT, le patriarche d'Arménieet 1333. Le même, « Honorabilis vir dominus
Innocent III de 1202 à 1205, dans Ba- « Johannes. » (M. de Mas-Latrie, Hist. de
luze, Innocentii III Epist. et Gesta.) Chypre, t. IT, Documents, p. 727.)
I. CHANCELIERS PARTICULIERS ET EMPLOYÉS DE LA CHANCELLERIE.
LÉON II. HÉTHOUM I°.
1207. u Basilius, fidelis cancellarius domini Leo- 1245. «Gregorius, sacerdos, cancellarius. »
«nis, regis Armeniæ. » (Paoli, Cod. dipl. (Archiv. stor. ital. App. n° 29, p. 365
1. p. 95-96, n° XCI) et 369.)
LÉON II.
1214. « Magister Bovo, latinus cancellarius do-
«mini regis apud Tarsum. » (Paoli, Cod.
dipl. p. 104-105, n° XCIX, et p. 105, «nois.» (Archiv. stor. ital. App. n° 29,
n° C.) p. 370.)
1 Priviléges de Léon II aux Génois, mars 1202, et du même souverain aux Vénitiens, décembre même
année.
1271. «Jeffroy le Scrive, translateur de l'ermi-
LXXX VIII INTRODUCTION.
LEON II. LÉON I.
1288. « Atto, cancellarius et scriptor regis. » (Not. 1307. Grégoire le chancelier. (M. de Mas-La-
et Extr. des man. t. XI, p. 116.) trie, Hist. de Chypre, t. II, p. 690.)
| « Paumier le escrivain. » {Jbid.)
1304. « Guillelmus, drugomanus curiæ. » (M. de CONSTANTIN IV.
Mas-Latrie, Hist. de Chypre, t. IT, p. 678.) 1344-1345. Basile, notaire public. (Rainaldi,
1304. Gabriel de Péronne « Gabriel de Perono, ad annum 1342-1345; Mansi; Marténe
«notarius publicus communis Januæ et et Durand, collections précitées.
«domini regis Armeniæ. » Ibid.)
Le titre de comte, ÿmi, comes, avec le sens qu'il avait chez les Grecs byzan-
tins, c'est-à-dire de préposé à l'un des services de la maison de l'empereur,
ou de gouverneur de province, passa chez les Arméniens dans le 1v° siècle, et
fut donné pour la première fois par Théodose le Grand à un prince de la fa-
mille satrapale des Mamigoniens!. Mais ce n'est que sous les derniers Roupé-
niens que le mot 4mà, changé en gm%f@.- kounth, par une transcription du
français comte, se montre avec l'acception féodale de seigneur terrien, pro-
priétaire d'un domaine érigé en comté. C'est ainsi que l'entend le continuateur
de Sémpad, en parlant d'Oschin, baïle du jeune roi Léon V, et comte de
Gorigos, am Uonpyruuy?.
Le baïle, bajulus, balius, wwy , était le lieutenant ou régent du royaume, et
gouvernait pendant la minorité du souverain. Sire Adam de Gaston fut baïle
de la reine Isabelle, fille de Léon IT, pendant deux ans, de 1219 à 1221,
époque où il fut assassiné par les Ismaéliens à Sis, dans une ruelle conduisant
à l'église syrienne de Mar Barsoma*. Il fut remplacé par le grand baron Cons-
tantin, alors revêtu de la charge de connétable. Une des deux chartes armé-
niennes de Montpellier“ est signée par les baïles de Léon V, les deux Héthoum,
un chambellan, et l'autre sénéchal. Le continuateur de Sémpad rappelle
qu'Oschin, comte de Gorigos, fut aussi un des baïles de ce même prince*.
Dans la charte par laquelle le prince d'Antioche, Raymond Rupin, donne la
ville de Gabulum (Gabala ou Djébélé)* aux Hospitaliers (22 mars 1207), 1
qualifie Léon IT, son grand-oncle et tuteur, de avunculus et balius meus”.
BAILES DU ROYAUME.
1207-1210. Le roi Léon IT, tuteur de son petit-
neveu Raymond Rupin, prince d'Antio-
che. (Paoli, t. I, p. 94-95, n° XCI.)
1219-1221. Sire Adam de Gaston, tuteur de la
reine Zabël (Isabelle).
1 Faustus de Byzance, Biblioth. hist. V, xxxvni.
? Ad annum 770, ci-après, p. 667.
3 Aboulfaradj, Chron. syr. p. 484.
à N° 3 de nos Chartes arméniennes, à la fin du
volume.
S Ad annum 770, ci-après, p. 667.
6 « Civitas Gabulensis, quæ vocatur Gibel, cum
« divisionibus et pertinentiis in mari et in terra...
1221-1229. Constantin, grand baron, tuteur de
la même princesse, jusqu'au moment où
elle épousa Philippe d'Antioche.
1224-1226. Constantin, tuteur de nouveau.
«et castcllum de la Veille (Vetulæ) quod est de per-
« linentiis dictæ civitatis Gibel. » (Archives de Malte,
dipl. orig. fasc. 5, dipl. 12, Paoli, Cod. diplom. t. I,
p.99, n. CI.)
7 C'est ainsi que Baudouin, comte de Flandre,
qui avait été tuteur de Philippe [‘’, roi de France,
s'intitule dans les chartes : « Philippi Francorum re-
« gis ejusque regni procurator et bajulus. »
œr—
LXXXIX
INTRODUCTION.
«Héthoum, chambellan.» (Même charte.)
« Aytonus de Negrino, camberlanus. »
(Même État nominatif.)
1320. Oschin, comte de Gor'igos, « gubernator,
«regiæ procurator. » (Rainaldi, ad annum
1322, $ 46:1323, $ 4 et 6; Contin.
de Sémpad , ad annum 767.) Tuéen 1329.
(Contin. de Sémpad, ad annum 778.)
LÉON HI, |
1277. Grégoire, seigneur de Gor'igos. (Tcha-
mitch, t. III, p. 279.)
LÉON V.
1320. Héthoum, sénéchal (2° charte de Mont-
pellier, à la fin du volume, Chartes armén.
n° 3); « Aytonus senescalcus.» (Ci-des-
sus, P. LXXXIV, État nominatif, n° 5.)
L'institution en Cilicie de ces sortes d'officiers, à la fois d'épée et de robe,
qui, en Europe et dans l'Orient latin, représentaient le monarque sous le nom
de baillis royaux", est attestée par l'acte dans lequel Léon II cède, sous forme
de donation pieuse, ou plutôt vend le casal de Vaner aux Hospitaliers (1 2 1 4°),
et où il dit : « Sine contrarietate mei, vel heredum meorum, seu fidelium ba-
«ronum meorum, vel bajulorum. » Ce témoignage est confirmé par une pièce
en date de 1271, où il est parlé du bailliage royal comme d'un tribunal res-
sortissant de la Cour du roi ou Haute cour. Mais nous n'avons encore ren-
contré dans les monuments contemporains le nom d'aucun des officiers de
cette catégorie.
La charge de sénéchal, dont le titre donné comme équivalent de grand
domestique par Guillaume de Tyr (Il, v), pp, , fut entre les mains de sire
Adam de Gaston pendant une grande partie du règne de Léon II. En 1277,
elle était exercée par Oschin, prince héthouimnien, qui fut plus tard conné-
table; en 1321, pendant la minorité de Léon V, par un des deux Héthoum
signataires de la seconde charte de Montpellier, lequel avait été auparavant
connétable “.
SÉNÉCHAUX.
1210-
1277.
1]’'
LEON II.
1219. «Adam de Guastone, senescalcus. »
(Paoli, t. 1, p. 100-101, n° XCVI ) H ne
figure pas en cette qualité dans les deux
actes de 1 21 4 (ibid. p. 104-105 , n° XCIX,
et p. 105, n°C), mais bien dans celui de
1219. ({bid. p. 106, n° CI.)
LÉON III.
Oschin, fils de la sœur du maréchal Ôs-
chin, créé par Léon IIT, seigneur de
Gantchi, et en premier lieu sénéchal,
puis connétable. (Sëémpad, listes, et Tcha-
mitch, t. IT, p. 279.)
institution des baillis était encore récente en
Europe, puisqu'on sait que Henri II, roi d'Angle-
lerre et duc de Normandie, est le premier qui ait
fait mention de cette classe d'officiers, dans une
charte de l'année 1155.
? « Actumin Aiacio, in curia domini regis Arme-
(Dlæ,
“anno
quæ regit curiam ducalem et bailiam regis,
dominicæ nativitatis millesimo CC LXX [°,
‘indictione XIII, die sexta octubris, circa vesperas. »
Quittance des marchands de diverses nations, Chré-
Histo. ARM. — I.
LEON IV. OSCHIN.
1307-1314. Raymond, seigneur de Mikhaïlag.
(Galanus, t. [, p. 460 et 504.)
LÉON V.
1321-1331. Héthoum, « Aytonus, seneschalcus
«regis Armeniæ, » précédemment conné-
table (ci-dessus, État nominatif, n°5);
baïle (2° charte de Montpellier).
LÉON VI.
1391. « Franciscus Myre, senescalcus magnifici
«principisregis Armeniæ. » (Rymer, t. VIT,
p. 706.)
tiens et Sarrasins, dépouillés à Gor'igos par l'amiral
génois Luchetto de Grimaldi, et reconnaissant avoir
été indemnisés par Jacques Pallavicino, agissant au
nom de la république de Génes. Archives de la cour,
à Turin, Trattati diversi, mazzo 2, rapporté dans
l'Hist. de Chypre de M. de Mas-Latrie, Documents,
t. Il, p. 78-79.
3 Conf. ci-dessus, p. Lxxxiv, l'État nominatif
se rapportant aux règnes d'Oschin et de Léon V,
n° 5.
XC INTRODUCTION.
Sous les ordres du connétable, et immédiatement. après lui, marchait le
maréchal du royaume, fupegups. Nous connaissons seulement huit titulaires
de cet office, à partir du règne de Léon II jusqu'en 1314, sous Oschin. Pour
les autres, et surtout jusqu à la destruction du royaume de la Petite Arménie,
en 1375, les monuments nous font entièrement défaut.
MARÉCHAUX.
LÉON II.
1198-1214. Le baron Vasil, seigneur de Vaner.
1207. « Basilius Sefricum, regni Armeniæ ma-
« rescalcus. » (Paoli, Cod. diplom. t. 1, page
95-96, n° XCI.)
1210. «Basilius, marescalcus.» { Ibid. p. 100-
101, n° XCVI.)
LÉON 11.
1214-1215. Vahram, « Vaaram, marescalcus. »
« Baharam , filius Gofredi de Corco, » « do-
«minus Varan. » (Paoli, t. I, p. 100-101,
104-109, 106-107, n* XCVI, XCIX, C,
CI, CIT; Liber juriam, t. 1, col. 574-576,
n° DXIV.)
LEON III.
1277. Oschin IT, fils de Constantin de Lam-
pron, le thakatir, créé par Léon Il,
seigneur d'Asgour'as et de Mar’nisch,
et maréchal. (Sémpad, App. listes, ci-
après, p. 780. Tchamitch, tome III,
p+ 279.)
HÉTHOUM II. SÉMPAD. CONSTANTIN III.
1295. Le baron Héthoum, fils du précédent,
seigneur d'Asgour'as.
Le baron Thoros, seigneur de Simano-gla.
Le baron Sémpad, seigneur de Binag.
Le baron Baudouin, seigneur de Nigri-
num, ‘,7egh. (Sémpad, App. listes,
ibid. )
LÉON IV, ÔSCHIN.
1307-1314. Le baron Sémpad, seigneur d'As-
gour'as. {Galanus, t. I, p. 460.)
Le capitaine de la cour du roi, capitaneus ou capelanus curiæ regis, corres-
pondait sans doute à ce quest, chez nous, le maréchal du palais. En 1307,
sous Léon IV, cet emploi était rempli par un certain Thoros; dans Îles der-
nières années d'Oschin, par le seigneur de Nigrinum, le premier des deux
Héthoum qui ont apposé leur signature à Îa seconde-charte de Montpellier,
lequel fut plus tard chambellan et baïle de Léon V.
CAPITAINES DE LA COUR DU ROI.
LÉON IV.
1307. Thoros. (Galanus, t. I, p. 460.)
OSCHIN.
LEON Vi.
1385. « Johannes de Rusp, magister hospitit ma-
«gnifici principis Leonis, regis Armeniæ. »
(Ryruer, t. VIT, p. 480.)
1308-1320. Héthoum, « Aytonus, dominus Ni-
«grini, capetaneus curiæ regis Herme-
«niæ. » (Ci-dessus, État nominatif, n° 2.)
L'institution du premier grade de la noblesse militaire, celui de chevalier,
dut prendre faveur promptement chez les Arméniens à la suite de l'arrivée
des Franks. Déja, en 1151, Héthoum II, fils d'Oschin, prince de Lampron,
était chevalier. L'initiation avait heu après les mêmes épreuves et aux mêmes
conditions que chez les Latins. La première de ces conditions était d'être
chrétien, et Sémpad fait remarquer, comme une exception à cette règle,
que le jeune Héthoum était chevalier, quoiqu'il n'eût pas encore reçu le bap-
tème. À l'année 708 (1259), le même historien dit que le roi Héthoum [°,
après avoir pris la forteresse de Mountas, arma chevaliers ses deux fils, Léon
INTRODUCTION. XCI
et Thoros'. Son continuateur raconte que les Égyptiens, ayant envahi la Ci-
licie et pris Aïas, en 1322, seconde année de Léon V, furent ensuite attaqués
par les Arméniens, qui perdirent dans le combat plusieurs de leurs chefs les
plus considérables, et vingt et un chevalers*. Le roi Léon IT reçut l'accolade
de la main de Boëmond le Bambe, qu'il avait servi comme vallet grant piece”,
et plus tard (1274), Boëmond VIT, dernier prince d’Antioche, se rendit à la
cour d'Arménie pour se faire conférer le même grade par son oncle Léon III".
Au-dessous de ces premiers rangs de la société arménienne dont nous ve-
nons de retrouver la trace, s'échelonnait tout un ordre d'institutions et de
services publics dont 11 serait curieux de pouvoir recomposer le tableau. Mais
nos chartes ne contiennent à cet égard que de trés-rares indications, qui
éveillent notre curiosité sans la satisfaire entiérement. Je noterai celles que
jai pu relever, quoique pour le moment je ne puisse fournir sur la plupart
que des notions incomplètes, par l'ignorance où nous sommes de l'ensemble
hiérarchique auquel elles se rattachaient.
Il y avait les chevitaines ou capitanet, que je crois avoir été des préfets, re-
présentants directs, dans les villes et les districts de la Cihicie, de l'autorité
royale, avec un pouvoir politique et administratif et peut-être de police. Deux
priviléges, l'un de Léon IV, accordé aux Vénitiens, en date du 20 mai 1307,
et l'autre du 1* mars 1321, par lequel le successeur de ce prince, Léon V,
confirme l'acte précédent, citent les chevitaines locaux et le chevitaine d'Aiïas*.
Une quittance du 10 juin 1304, délivrée par l'assesseur du connétable {cones-
tabuli-ducha) au consul des Vénitiens, nous fait connaître deux chevitaines,
capitanei, smultanément en exercice dans cette même ville, Ligos et Galozan*.
Le personnel administratif à la douane, pwdinm% OÙ putin, pasidum ou
pasidonum, nous est en partie connu; nous avons en premier lieu le chef de
ce service si important à Âïas, capitaneus pasidont de Ayacio, V\yuuny puydinuñit
gbuwnp. Dans un privilége du 23 décembre 1288, accordé par Léon III aux
Génois, la notification de ce privilège faite par le proximos Oschin aux agents
du fisc à Aïas nomme comme capitaine de la douane un certain Pagouran’.
Cet officier était assisté d'un fonctionnaire, premier commis aux écritures,
reqiæ duanæ secretorum protonotarius, appelé Barthélemi dans deux actes d'août
et septembre 1210°. En sous-ordre venaient des contrôleurs et des expédition-
! Craprès, p. 651. 1321. (Archives de Venise, Liber Pactorum, t. IN,
* Cont. de Guill. de Tyr, XXIV, xxv, p. 213. fol. 170, publié dans l'Archivio storico Lialiano, Ap-
Ÿ Tbid, XXXIV, xx, p. 466. pendice, n° 29, p. 371-374.)
| Ci-après, p. 667. 6 Archives de Venise, Liber Commemor. t. 1,
* « Encement, si fors de Leyas (Aïas) par tout Her- fol. 115 v°, publié par M. de Mas-Latrie, Hist. de
«menie, vodra home riens pruntero recommandera Chypre, t. III, Documents, p. 677-678.
* Veneciens, les chevitaines de celui leuc les devent 7 Archives de Turin, Trattati diversi, mazzo 5,
* mander devant le chevitaine de Leyas et devant le parchem. pièces originales. Le texte arménien et la
«baill et que ceaus deivent regarder leur fait, ce il traduction latine contemporaine ont été publiés
‘sera por imprunt, que il soit escrit au carturaire par Saint-Martin, dans les Notices et Extraits des
“et prendre chartre du baill. » {Archives de Venise, manuscrits, t. XI, p. 97-122. (Voir, à la fin de notre
Liber Pactorum, 1. IL. fol. 48; Commemoriali, t. J, volume, Chart. armén. n°5 , avec la planche y jointe.)
fol. 115 ve, apud M. de Mas-Latrie, Hist. de Chypre, 8 Archives de Malte, Dipl. orig. fasc. 5, dipl. 18
t. Il, Documents, p. 687-690.) La même formule et 19. Paoli, Cod. dipl. t. I‘, p. 99, n° XCV, et
est, à très-peu près, répétée dans le chrysobulle de _ p. 100, n° XCVI.
XGII INTRODUCTION.
naires, scribæ. Le privilège précité est visé par un certam Elméhk-Ibn-el-
Abbas Ibn-Maher, dont la signature et le nom témoignent qu'il était d'origine
arabe. Dans la notification qu'en fait le proximos Oschin au capitaine de la
douane d'Aïas, figure comme scribe un certain Bedroïs ou Bedros, Méwpnu
(Pierre), qui était en même temps camerlingue.
La police du port d'Aias était confiée à un agent spécial nommé, dans le
texte arménien de ce même acte, Wim, minaban, et dans l'expédition latine
qui l'accompagne, mirabam, mot formé, suivant la remarque de Saint-Martin,
de l'arabe Lx où âne, mina, « port, station navale, » et du suffixe arménien
_mwb, Qui a la signification de « possesseur » ou « gardien. » Les marchands qui
abordaient dans ce port étaient tenus, en arrivant, de se rendre à Tarse pour
sy munir d'un acquit-à-caution délivré par le chef de la douane de cette der-
nière ville pour le minaban, afin d'être admis à Aïas en libre pratique.
ADMINISTRATION DES DOUANES.
CAPITAINES DE LA DOUANE ([PASIDONUM) D’AÏAS.
LÉON Il. tance de Thoros, apud M. de Mas-Latrie,
t. IT. p. 678.)
1288. Pagouran, « Pagoranus, capitaneus pasi- |
OSCHIN.
« doni de Ayacio. » (Privilége aux Génois,
Notices et Extraits des manuscrits, t. XT,
p. 122.) de la douane d'Aïas, lywwny puyd.
null qyluunp. (Chartes armén. n° 2.)
HÉTHOUM 1.
LÉON V.
1304. Ligos et Galozan, «baroni Ligossus et 1321. Le baron Gosdants, même qualité.
« Galozanus, capitanei de Lajacio. » (Quit- (Chartes arméniennes, n° 3.)
EMPLOYÉS.
LÉON II. (Privilège aux Génois, Not. et Ertr. des
1210. « Bartolomæus, regiæ duanæ secretorum manuscrits, ibid.)
«domini regis Armeniæ protonotarius. » LÉON Il.
(Paoli, t. I, p.99-100, n° XCV,etp.100- 1288. N. minaban {garde du port) d'Aïas. (Ibid.)
ro1, n° XCVT.) HÉTHOUM 11.
LEON III. 1304. « Thomas, censarius. » (M. de Mas-Latrie,
1288. Pierre, « Bedrois, camerlinga et scriba. » t. IT, p. 658.)
1314. Sire Thoros Mikhaïlents, préposé en chef
Au-dessous de la noblesse et de cette hiérarchie des pouvoirs publics, était
le corps de la nation, divisé en deux classes, les habitants des villes et ceux
de la campagne. Dans l'ancienne sociélé arménienne, ces deux classes étaient
profondément distinctes par leur condition civile et leur position respective.
Le premier roi d'Arménie de la dynastie des Arsacides, Valarsace, prescrivit,
dit Moise de Khoren ', que les citadins tiendraient un rang supérieur à celu
des paysans, que ceux-ci honoreraient les citadins, et que ces derniers n affec-
teraient point de la hauteur envers les paysans, mais qu'ils vivraient avec eux
en frères, pour le maintien de l'ordre et de la bonne harmonie. Cette distinc-
out eu puqwpwghug Jupqquit wpqny Lo un abnfloet ubpäuñvu,, eyy baeuypwpwr Jwrbl
œunnke luby pui gtE 1 9 4wy, L En? Lwg uuwunneb, Juut puplhwpenc (but L aibuwfuuudnen 4m: ( Hist.
gewqmpewghe npubu qhobrsun. L puqupugbug df {wpk d'Arménie, Ïl, vin.)
INTRODUCTION. | XCIHI
tion se perpétua sous les princes roupéniens, en se modifiant d'après les cou-
tumes des Latins, et en se traduisant sous les formes de leur langage par les
expressions em.#x4u (bourdjès), burgenses, ou burgienses, et de rustici. Mais ces
rastici étaient-ils des cultivateurs libres ou attachés à la glèbe? Si nous tenons
compte du silence absolu des historiens arméniens antérieurs à l'avénement
de ces princes, nous sommes autorisés à affirmer que le servage était inconnu
dans l'antique Arménie. Les Franks l'introduisirent dans la Cilicie; mais 1l est
probable que cette institution n'y prit qu'un développement très-restreint, car
elle répugnait au caractère et aux habitudes de la nation. Le chrysobulle du
22 Janvier 1236, par lequel le roi Héthoum I‘ et sa femme Zabël (Isabelle)
donnent aux chevaliers teutoniques la ville de Harounia et autres propriétés’,
contient un passage très-curieux où 1l est parlé des paysans du roi et des ba-
rons, et des redevances auxquelles ils étaient tenus ?, redevances analogues à
celles qui constituent en France, entre les propriétaires et les ouvriers attachés
à la culture de leurs champs, cette sorte d'engagement que l'on appelle colonat.
Dans les pages qui précèdent, nous avons eu l'occasion de voir en passant
que la Petite Arménie avait des cours de justice dont le nom trahit une im-
portation de provenance latine. J'ai tâché de réunir le peu de renseignements
que nous fournissent sur ce sujet les chartes de la chancellerie de Sis, seuls
monuments où 1l en soit question.
Le premier de ces tribunaux était la regals curia ou curia regis, la roiale
haute cort, c'est-à-dire la cour des barons. Elle était présidée par le roi, et en
son absence par l'un des hauts barons, le connétable ou le maréchal du
royaume, et sans doute organisée sur'le modèle et avec les attributions dont
les Assises de Jérusalem nous suggérent l'idée. Par conséquent, elle avait pour
objet principal l'application des règles du droit féodal. À défaut de renseigne-
ments explicites sur la jurisprudence qui la guidait dans la décision des af-
faires intérieures de l'État. nous savons par nos chartes comment elle inter-
venait dans certaines procédures où étaient impliqués les étrangers.
Son ressort comprenait la cour de l'archevêque de Sis, chancelier du
royaume, curia Sisensis archiepiscopi; en second lieu, la cour ducale, curia
dacalis, ou tribunal de l'assesseur du connétable, connestabuli-ducha: enfin,
le bailliage royal, bailia regis.
Ces documents, on le conçoit, ne nous montrent ces trois tribunaux fonc-
tionnant que pour régler les rapports des Arméniens avec les marchands eu-
ropéens domiciliés ou trafiquant en Cilicie, ou bien les intérêts de ces mar-
chands entre eux, s'ils appartenaient à l'une des nations qui n'avaient point
obtenu le bénéfice d’une capitulation. Des exemples de ces divers cas se pré-
senteront dans notre chapitre troisième, qui traite du commerce de la Cilicie.
Avant de terminer celui-ci, je dois ajouter qu'après la mort de Léon VI, dernier
1 Voir, ci-dessus, p. xxx et ibid. note 3, et « Emerance. Illos rusticos, si volunt fratres dimittere
P. xLIx ei 2bid. note 1. «in sua terra, dabunt sicut ante erat constitutum,
* «In quo (casali) sunt regis rustici et unus «ut darent medietatem reddituum qui dicentur ar-
«rusticus domini Michaelis d'Andraple, et alii re- « menice engague Haronie et cetera dominis suis. »
“gis ligiorum hominum rustici et domini Baudin * Quittance précitée de 1271 (p. Lxxxix, n. 1).
XCIV INTRODUCTION.
roi de la Petite Arménie, survenue à Paris, le premier dimanche de l'Avent,
29 novembre 1393, et lorsque la souveraineté nominale de ce royaume
échut aux Lusignans de Chypre, ces princes maintinrent chez eux les grands
offices de la cour d'Arménie, en y attachant de riches dotations. Nous en avons
la preuve pour le maréchalat et la charge de chambellan par divers docu-
ments. Le premier est un pouvoir donné le 16 août 1395 par le roi Jacques I*
à son neveu Jean de Lusignan, seigneur de Beyrouth. Parmi les membres de
la haute cour, témoins et signataires de cet acte, figurent Jean de Tibériade,
Johannes de Tabaria, regni Armeniæ marescallus, et Jean Babin, Johannes Babi-
nus, rent Ârmenie camerarius'. Ce qu'il y a de remarquable dans cette pièce,
cest quelle constate par sa date que ces deux dignités existaient déjà dans le
royaume de Chypre deux ans après la mort de Léon VI, et il est probable
qu'elles durent être créées immédiatement après cet événement et en même
temps que Jacques [° se déclara roi d'Arménie. Jean de Tibériade mourut
en 1402 encore pourvu de son titre, comme on le voit par l'inscription sui-
vante de son lombeau, dans l'église arménienne de Nicosie : « C1 gist le noble
«cheualier monseigneur Johan de Tabarie, fis dou noble cheualier messire
« Bartelemi de Tabarie, noble marechau dou roiaume d'Ermenie, qui trespassa
« le mercredi a xx11 jours d'ahoust l'an M.cccc. n1. de Crist?. » Ce titre était porté
en 1459 par Phæœbus de Lusignan, sire de Sidon, fils naturel du roi Janus,
lequel est ainsi qualifié : Phæbus de Luxignano, nules et marescallus Armeniæ,
dans un acte de vente passé la même année (10 février), à Nicosie, entre sa
fille Éléonore de Lusignan et Louis de Magnac, grand commandeur de l'H6-
pital en Chypre *.
CHAPITRE TROISIÈME.
COMMERCE, TARIFS DES DOUANES ET CONDITION CIVILE DES ÉTRANGERS
DANS LA PETITE ARMÉENIE.
Après avoir occasionnellement indiqué dans notre chapitre premier les
voies par lesquelles s'effectuait le commerce de la Petite Arménie, nous avons
à revenir sur ce sujet et en même temps à étudier la position que la législa-
tion arménienne faisait aux marchands qui venaient du dehors trafiquer dans
ce pays.
Le commerce avec les Occidentaux, et principalement avec ceux de l'Eu-
rope méridionale, commenca avec le xi° siècle, trois ans après le couronne-
ment de Léon IT, Le monument le plus ancien qui nous en soit parvenu, et
qui est un privilège en faveur des Génois, porte la date de mars 1201°.
Ambitieux d'entrer de plus en plus dans le concert des nations chré-
1 M. de Mas-Latrie, Hist. de Chypre, Documents, 4 Publié, dans les Notices et Extraits des manus-
t. II, p. 420. crits, t. XI, p. 19, d'après les Archives de la banque
? Le même, Notes d'un voyage archéologique en de Saint-Georges à Gênes, aujourd'hui à Turin, par
Orient, Bibliothèque de l'École des Chartes, 2° série, Sylvestre de Sacy, et reproduit dans l'ouvrage in-
t. If, p. 519. _ titulé : Historiæ patriæ monumenta, Liber jurium,
3 Le même, Hist. de Chypre, Documents, t. III, col. 468 et suiv.
P. 94.
st
oO
INTRODUCTION. XCV
tiennes, et d'assurer à ses sujets les avantages matériels que la situation géo-
graphique de la Gilicie comportait, Léon ouvrit l'accès de son royaume aux
marchands de l'Occident, et, en leur accordant des faveurs et des immunités,
les convia à venir s'y fixer. Les chartes qui nous restent de ce prince, d'accord
avec d'autres témoignages du même temps, attestent le succès de ses grandes
vues, et l'impulsion quelles donnèrent, et qui continua encore longtemps
après lui, au commerce de la Petite Arménie. Suivant la remarque d'un au-
teur italien moderne, M. Giuseppe Canestrini', on ne saurait s'expliquer
comment ce pays put résister à tant d'invasions et se relever après avoir subi
les plus effroyables malheurs, si l'on ne se rappelle que le négoce y faisait
affluer d'immenses richesses.
Ces relations se maintinrent actives et prospères, tant que la dernière des
colonies latines de la Syrie, Saint-Jean-d'Acre, avec son port si fréquenté,
resta debout, c'est-à-dire jusque vers la fin du x siècle. Elles persistaient
encore sous le règne de Léon V (1321-1341), quoique en samoindrissant
graduellement. Dans ce moment, la Ciicie était affaiblie par les dissensions
intestines, et écrasée par les Egyptiens. Le sceptre se trouvait entre les mains
débiles de ce prince, qui venait de succéder à son père Oschin, à l'âge de dix
ans, sous la direction d'un conseil de régence, composé d'Oschin, comte de
Gorigos, du sénéchal Héthoum, seigneur de Nigrinum, et de Héthoum,
chambellan. I n'y avait nulle part sécurité n1 pour les nationaux, n1 pour les
étrangers. Malgré tant de causes d'éloignement, les marchands de Montpellier,
les Siciliens, les Vénitiens et la compagnie des Bardi de Florence n'avaient
pas renoncé tout à fait à visiter la Cilicie; nous en avons la preuve par plu-
sieurs documents émanés de Léon V, dans l'intervalle du 16 mars 1321,
année de son avénement, au 1° mars 1341, dernière année de sa vie?. Posté-
rieurement à la mort de ce souverain, lorsque les Lusignans eurent été appelés
à s'asseoir sur le trône d'Arménie, cet état de troubles et de misères n'ayant
fait qu'empirer, ces relations paraissent s'être ralenties de plus en plus et
avoir cessé tout à fait, puisqu'on n'a pu découvrir les vestiges d'un seul acte
souscrit par ces princes en faveur des marchands étrangers.
Si nous interrogeons le petit nombre de documents de ce genre que nous
ont laissés les princes issus de Roupên, nous verrons que ces documents peu-
vent être rangés en deux catégories : les uns accordés aux nations les plus
favorisées, celles qui possédaient des établissements permanents dans le
1 Discorso sulle relazioni commerciali dei Vene- chartes d'Arménie, Venise, 1863, in-4°, p. 193-194.
ziani con J’Armenia e Trebisonda, nei secoli x et 4° Privilége à la compagnie florentine des Bardi,
xv, dans l'Archivio storico Italiano, appendice, n°29, 10 janvier 1335, mentionné par Balducci Pegolotti,
p. 335. Pratica della mercatura, cap. x1, dans la Decima
? 1° deuxième charte de Montpellier. { Voir, à la di Firenze, de Pagnini, t. IE, p. 45.
fin du volume, Chartes arméniennes, n° 3.) 5° Lettre à Barthelemy Gradenigo, traitant d’af-
2° Privilége aux Siciliens. (Voir, tbid. n° 4.) faires commerciales, et datée de Sis, 1° mars, in-
3° Privilége aux Vénitiens, 10 novembre 1333; diction IX (1341); Archives des Frari, à Venise,
Archives des Frari à Venise, Liber Pactorum, reg. II], Commemoriali, reg. IT, fol. 193; mentionné par
fol. 49 ,et Archives de Vienne, dans la copie du Liber M. de Mas-Latrie dans son Rapport au Ministre de
Pactorum, reg. [IT fol. 75; très-incorrectement pu- l'instruction publique, qui à paru dans les Ar-
blé, et avec nombre d'omissions, dans le Trésor des chives des missions scientifiques, juillet 1852, p. 370.
XCVI INTRODUCTION.
royaume, et qui s'y livraient à un trafic régulier et suivi, comme les Vénitiens
et les Génois, et les autres aux marchands des pays qui n'entretenaient avec
les Arméniens que des relations temporaires ou bornées à certaines opérations
commerciales. Dans cette dernière classe paraissent avoir été les Pisans, et
furent très-certainement les Catalans, les Provençaux et les Siciliens, mais
ces derniers seulement jusqu'au règne de Léon V, époque où le mariage de ce
prince avec la reine Constance de Sicile les plaça sur le pied le plus avanta-
geux. On n'a retrouvé jusqu'ici d'autres priviléges accordés aux marchands du
midi de la France que les deux chartes de Montpellier, qui sont d'une date
comparativement récente, 1314 et 1321. Les renseignements consignés par
Balducc1 Pegolotti dans son Livre de la Pratica della mercatura sont aussi
d'une date tardive, et contemporains de la présence des Montpellierais sur
les côtes de la Cilicie.
Les Vénitiens et les Génois, qui étaient trés-répandus dans la Petite Armé-
nie, et qui y possédaient à la fois des comptoirs, des magasins, des églises
et autres propriétés foncières, avaient avec les Arméniens des rapports con-
tinuels qu'il fallut tout d'abord réglementer. Les traités qu'ils obtinrent et qui
avaient pour objet non-seulement les tarifs des douanes, mais encore les dis-
positions du droit civil ou pénal applicables à certains cas particuliers, en con-
formité ou en dérogation avec la loi arménienne, nous offrent le modèle des
plus anciennes capitulations qui régissent les Européens dans le Levant et de
l'institution des agents consulaires. Ils paraissent, sauf deux, qui sont le pri-
vilége de 1288, concédé aux Génois, et celui de 1333, aux Vénitiens, avoir
été tous rédigés d'après une même formule usitée dans la pratique de la chan-
cellerie arménienne. Les stipulations qu'ils renferment peuvent être ramenées
à cinq chefs principaux, qui sont :
1° Les tarifs des douanes et autres droits imposés par le fisc aux étran-
gers;
2° Les dispositions relatives aux bris et naufrages ;
3° Celles qui concernent le droit d'aubaine;
4° Les contestations et proces;
b° L'état des personnes.
$ 1. Tarifs des douanes.
Le plus ancien privilége accordé aux Génois (mars 1201), par Léon IT, le
fut à la requête de leur ambassadeur, Ogerius de Pallo ou de Pallio; 1l énonce
en leur faveur les plus larges libertés : « Concedo et volo ut omnes Ianuenses
« cum rebus et mercimoniis suis per totum regnum meum, in civitatibus, ca-
«salibus, in omni terra mea quam modo habeo et quam, Deo auxiliante,
«“acquisiturus sum, et in omni terra baronorum meorum, sint salvi et securi
«ab omnibus hominibus qui sunt et qui erunt sub potestate et dominio meo;
« eant et redeant, et vendant et emant hibere, quiete, sine omni contradictione
«et servicio, sine omni drictura, sine omni pacto, et sine omni actione seu an-
« garia tribut vectigalis. »
Les Vénitiens ne tardèrent point à suivre leurs rivaux sur les marchés de
INTRODUCTION. | XCVII
la Cilicie, et le doge Henri Dandolo envoya à la cour de Léon II Jacques Ba-
doaro, dont la négociation eut pour résultat un traité conclu entre le roi
d'Arménie et la République. Cet acte, qui porte la date de décembre 1201,
reproduit à peu près les termes de celui des Génois, et leur assure les mêmes
libertés per terram el per mare, in civitalibus, in portibus, in pontis (sic). Une
réserve est faite pour les Vénitiens qui, fixés dans les pays d'outre-mer, vou-
draient se rendre par terre de la Syrie dans la Cilicie; en passant par la Por-
tella, où existait, comme nous le savons déjà, un bureau de douanes armé-
niennes, ils devaient acquitter les droits d'usage imposés à tous les chrétiens
qui franchissaient ce passage. « Excepto quod Venetici habitantes semper in
«cismarinis partibus, et transierint per Portellam, teneantur ibi persolvere
dricturam, sicut solitum est omnibus christianis transeuntibus et retrans-
euntibus persolvere. »
Une autre clause prévoit le cas où les Vénitiens, important des matiéres
d'or et d'argent, en fabriqueraient des besants ou autre monnaie. Is avaient
alors à acquitter les mêmes droits que ceux de leurs compatriotes qui, établis
sur le territoire de Saint-Jean-d'Acre, y battaient monnaie et inlroduisaient
dans le royaume les produits de cette fabrication. Si les hngots d'or ou d'argent
recevaient une autre destinalion, 11 n'y avait rien à payer.
Nous avons vu qu'outre la douane royale, regiu duana, dont les bureaux
principaux étaient à Tarse et à Aïas, 1l y avait des offices de douanes par-
ticuliers érigés en faveur des possesseurs de fiefs où se trouvaient des passages
donnant accès dans l'intérieur du pays. Dans le privilége de Léon II aux Gé-
noïs, de 1215, le roi, en leur accordant la franchise dans tous ses États,
stipule une réserve pour quatre seigneurs : à l'est, Adam de Gaston, dont le
château gardait l'entrée de la Cilicie par la Syrie; au nord, Léon, seigneur
de Gaban, sur le fleuve Djeyhän, où s'ouvrait le passage conduisant dans
la Cappadoce, la Grande Arménie et la Perse, et par lequel s'acheminaient les
caravanes qui allaient chercher à Tauriz les productions les plus précieuses
de l'Inde et de l'extrême Orient; au sud, sur la mer de Chypre, le maréchal
Vahram, seigneur de Corc (Gor'igos) ; et enfin Othon de Tibériade , qui tenait
dans la Cilicie un fief dont la position n'est pas déterminée, mais doit être
cherchée trés-certainement au nord-ouest, vers le défilé de Gouglag (Pylæ
Gihciæ). Les droits de douane perçus à ces quatre points si importants du
royaume avalent-ils été attribués par Léon IT aux quatre barons précités, en
même temps que les fiefs dont il les avait pourvus ? ces droits avaient-ils été
cédés à titre personnel et temporaire, ou bien étaient-ils inhérents à la cons-
* Cet Othon de Tibériade était d'origine fran- mer, chap. xvn : « Ci dit des heirs de Tabarie. ») I]
çaise el un de ces cadets de famille qui allèrent est cité souvent dans les chartes provenant de la
chercher fortune au service de Léon IL. Par sa mère, principauté d'Antioche ou du royaume de la Petite
princesse de Galilée, il était petit-fils de Hugues, Arménie, où son nom est écrit Osto, Otho on Ottho
châtelain de Saint-Omer, et eut pour père Guille- de Tabaria, [oste ou Hostius de Tiberiade. (Paoli,
min [* ou Guillaume de Bures, qui fut connétable t. 1, p. 99-100, n° xcur; p. 104-108, n° xaix et c;
el régent du royaume de Jérusalem pendant la cap- p.106, n° cr; et dans la collection intitulée Histo-
üvité de Baudouin du Bourg (1123-1124). (Cf. riæ patriæ monumenta le Liber jarium, t. 1, col. 574-
Guillaume de Tyr, XII, xvrxxv, et Lignages d'outre- 576, n° puiv, et col. 577-578, n° pxvi.)
Histor. ARM. — I. M
XCVIII | INTRODUCTION.
titution même de ces fiefs ? C'est ce que nous ne saurions décider. Toujours
est-il que, prévoyant le cas où les domaines en question feraient relour a
la couronne, il ajoute : « Verumtamenu si aliqua terrarum istarum, vel dictum
« passagium, ad manus meas vel ad manus successorum meorum aliquo tem-
« pore redierit, volo et concedo ut eamdem libertatem 1b1 habeatis quam vobis
« dedi et concessi in alia terra mea. »
La franchise obtenue par les Génois et les Vénitiens avait pour objet de les
garantir, eu tout ou en partie, de certaines redevances, prestations et corvées
ou des exactions qu'infligeaient quelquefois les officiers royaux aux marchands
étrangers, domiciliés ou séjournant momentanément dans le pays. Nos actes
en relatent plusieurs, parmi lesquelles il y en a dont la signification et le but
sont clairement déterminés, el d'autres dont nous n'avons qu'une idée assez
imparfaite.
Voici les termes que j'ai pu relever :
Actio seu angaria tribuli vectigalis, contribution forcée, avanie.
Arboraqius ou arboragium, droit perçu à l'embouchure des rivières, el fixé
par le privilège de 1288 à deux drachmes par mât’.
Censaria ou censarium, cens ou taxe due au trésor royal sur les marchan-
dises qui se vendaient sur les places publiques ou dans les magasins parti-
culiers, in platea vel domo. L'agent qui était chargé de percevoir ce droit se
nommalt censarius ?.
Contrarietas, violence apportée à l'exercice d'un droit ou d'une chose per-
mise ou tolérée.
Dato, drictus, drictus, drictura, tribut, prestation, redevance.
Pactum ou pactio, tribut établi en vertu d'une convention, stipulée par un
accord réciproque, principalement entre un conquérant et les habitants du
pays soumis par lui, afin de se rédimer du meurtre, du pillage, de l'incendie
et autres excès que le vainqueur se croit permis.
Passagium, taxe à payer pour traverser les villes, les ports ou défilés des
montagnes, et les ponts. — Passagium barcarum, droit de passage aux bacs
établis sur les rivières, fixé par le privilège de 1288 à une demi-drachme
par charge de bête de somme, de sauma.
Servitium, prestation de toute nature, due par le vassal ou le tenancier en
raison de son fief ou de sa tenure, et aussi corvée.
Tablagium, tabulagtum ou taulagium, droit à payer pour tenir une table ou
un étalage dans les marchés. L'acte de 1214, par lequel Léon IT remet aux
Hospitaliers le territoire de Djéguër (Giguerium), comme gage d'un prêt de
20,000 besants sarrasins, porte qu'il leur abandonne, pour servir à l'amor-
tissement de cette dette, « tablagium et omnes dricturas terræ et maris, tam
«lignorum quam aliarum rerum venalium, quæ per totum Giguerium ven-
1 Du Cange (Glossar. med. etin/fim. latin.)explique fixe positivement, et tel que nous l'avons donné, le
ainsi ce mot : « facultas forte erigendi malum navis sens de cette expression.
«in portu. » Le savant lexicographe doute s’il ne faut ? Voir, pour une définition plus ample et plus
point lire préférablement anchoragium ou aborda- précise des expressions censaria et censarius, notre
gium. Mais notre acte de 1288 ne laisse aucune in- note sur le mot wap, samsèr, dans la charte armé-
certitude sur la leçon arboragius ou arboragium et nienne n° 1, à la fin du volume.
= PRES DRE A
pre
INTRODUCTION. XCIX
«dentur vel ementur, secundum consuetudinem loci ilius, cum introitibus
et exitibus suis et omnibus sibi de jure pertinentibus. »
Tzarca, prime exigée pour la recherche, par la police arménienne, des effets
volés, et fixée par l'acte de 1288 à un tiers de la valeur de ces effets.
Nous lisons dans Pegolotti que les Pisans, la compagnie des Peruzzi de
Florence, les Catalans et les Provençaux, payaient deux pour cent, et toutes
les autres nations quatre pour cent sur les importations et les exportations; que
les Génois, les Vénitiens et les Siciliens entraient et sortaient en franchise, et
n'étaient tenus qu'à un droit d'un pour cent pour le pesage des matières d'or
et d'argent, qui se comptaient par marc. Les deux chartes de Montpellier énon-
cent que les marchands de cette ville seront admis, moyennant un droit fixe de
deux pour cent sur toutes sortes de marchandises, comme l'étaient les Pisans
et autres nations énumérées avec eux ci-dessus. Ce que dit Pegolotti nous
montre qu'au temps où 1] composa son Traité, les Siciliens avaient obtenu de
trafiquer dans la Ciicie, sur le pied des nations les plus favorisées; c'était une
nouvelle concession ajoutée aux concessions que leur avait faites le privilége
de 1331, négocié à l'occasion du mariage de Léon V avec Constance de Sicile.
Ce privilége avait réduit pour eux les droits à deux pour cent sur les marchan-
dises sujettes au pesage, et les avait abolis entièrement sur celles qui ne se
pesaient pas, comme le vin, l'huile, etc. tout en réservant pour toutes indis-
tinctement la taxe due au trésor royal, censaria. Les immunités qu'avaient
obtenues les Siciliens eurent pour cause, outre la bienveillance que leur valut
le mariage de Léon V, le besoin qu'éprouvait ce prince d'attirer les étrangers
pour ranimer le commerce eu souffrance. En effet, la Cilicie était alors trou-
blée et en partie ruinée par les invasions incessantes des Égyptiens, qui déja,
en 1322, avaient exécuté un coup de main sur Aïas, et détruit la forteresse
de cette ville.
Par une prérogative que Pegolotti avait su habilement ménager à la puis-
sante compagnie dont il était le représentant, les Bardi étaient traités en Ci-
hicie aux conditions les meilleures. Il nous apprend que l'acte qui leur assurait
cette faveur était du 10 janvier 1335.
Quoique la majeure partie des priviléges concédés aux Génois et aux Vé-
aitiens stipulent qu'ils jouiront d'une entière franchise, il résulte cependant
des dispositions de l'acte de 1288 et d'un acte de 1333 (Léon V aux Véni-
tiens), que cette liberté n'était pas accordée dans un sens général et absolu.
Il existait certaines catégories de marchandises pour lesquelles les républiques
de Venise et de Gènes avaient à acquitter une taxe qui variait de un à quaire
pour cent. Ce même privilège de 1288 nous révèle l'existence d'un double
droit, l'un fixe, l'autre proportionnel, frappant un seul et même article; le
bois par exemple, qui payait 18 karoubes! par barzounag, 4 par filakh, et 13
par double filakh?, et de plus un pour cent de la valeur. Ge dernier droit fut
1 L'une des subdivisions du besant, en usage chronologie arménienne, t. I, 1° part. p. 156, n. 21.)
dans le royaume de Chypre et aussi dans la Petite ? Nous ignorons aujourd'hui la valeur exacte de
Arménie. {Voir mes notes sur la charte arménienne ces trois mesures. {Voir mes notes sur la charte ar-
n°1, à la fin du volume, et mes Recherches sur la ménienne précitée.)
C INTRODUCTION.
alors supprimé. Une distinction est faite entre les marchandises soumises ou
non au pesage, et celles-ci sont déclarées libres de toute contribution, sauf
la censaria à laquelle aucune n'échappait. Dans le privilège de 1333, ïl est
parlé d'autres marchandises sujettes précédemment à la taxe et qui en étaient
exemptées pour l'avenir : les pelleteries et les cuirs importés ou exportés par
les Vénitiens, les laines qu'ils tiraient de la Cüicie pour fabriquer des camelots,
ainsi que les draps en balles qu'ils vendaient à la mesure.
Un des plus puissants motifs pour les Européens de se rendre dans la
Petite Arménie était la traite des esclaves. L'acte de 1288 nous apprend que
ce pays était un de ceux où les Génois venaient sen procurer pour les livrer
ensuite aux infidèles. Cette branche de négoce donnait de très-gros bénéfices,
et ils avaient réussi, comme cet acte l'atteste, à la faire affranchir de tout droit.
Seulement, par un principe d'humanité et de religion qui honore les mo-
narques arméniens, le roi Léon III mit pour condition qu'ils sengageraient
par serment à ne point vendre ceux de ces esclaves qui étaient chrétiens aux
infidèles, ou à toute autre personne qu'ils sauraient devoir les leur vendre.
À cette époque la Cilicie avait une grande importance commerciale, non-
seulement pour les produits que le sol fournissait, mais encore parce qu'elle
était le lieu vers lequel convergeaient les objets les plus estimés, les plus rares
du négoce oriental”, les épices, les aromates, les pierreries et les perles et les
fins tissus, et parce que ces objets s y trouvaient en qualité supérieure. Ils y
arrivaient par caravanes, en franchissant par une longue suite d'étapes toute
l'étendue du continent asiatique; les marchandises d'un plus gros volume y
parvenaient après avoir fait la plus grande partie de leur parcours par eau;
transportées par le golfe Persique a Bassora, elles remontaient le Tigre pour
atteindre Tauriz, ville d'ailleurs renommée par ses manufactures de draps d'or
et de soie et où aboutissaient les deux routes, terrestre et maritime. A partir de
cette ville, deux voies sembranchaient; l'une, se dirigeant vers Trébizonde,
communiquait avec les établissements vénitiens et génois du nord de la mer
Noire, et avec les pays des Bulgares et des Russes; l'autre conduisait par le sud
de la Grande Arménie et l'Asie Mineure jusque dans la Cilicie, au port d'Aïas.
Une partie des denrées de l'Inde et de la Chine qui arrivaient à Aïas étaient
de là transportées par mer en Europe; une autre partie était destinée aux
provinces de l'Asie Mineure qui formaient l'empire des Seldjoukides d'Iconium.
Ce commerce de transit à travers la Ciicie ne fut point interrompu, lorsque
cet empire eut été détruit par les Mongols au commencement du xiv° siècle,
et que sur ses débris s'élevèrent plusieurs principautés fondées par des émirs
turks ou turkomans, dont les plus puissants étaient ceux de la dynastie d'Oth-
l «tem, de sclavis quos emebant et extrahebant
«extra regnum et solvebant drictum, non inde dle-
« beant solvere dricturam; sed si emunt sclavum qui
«sit christianus, quod jurent, ipsum non vendere
« Sarracenis vel aliquæ personæ quod credant quod
«ipsum vendant Sarracenis. »
2 « Encor hi a sor la mer, dit Marco Polo, une
« ville ki est apellée Laias, laqual est de gran mer-
«caandie; car sachiés tout voirement qe toutes les
« speseries et les dras de Fratere (l'Euphrate) se por-
« tent à ce ville, et toutes autres chier coses, et les
« marcaandies de Venise et de Jene et de toutes pars
«hi vinent et l'acatent. Et 1ous homes et mercans
« ke vuelent aler en Frater, prenent lor voie de ceste
« ville. » (Édit. de la Société de Géographie, ch. xx.
Cf. l'édition de M. Pauthier, Paris, 2 v.in-8°, 1867)
INTRODUCTION. | CI
man, à Nicée, dans la Bithynie; ceux qui descendaient de Guermian, et qui
étaient établis à Cotyæum (Kutaïeh), dans la Phrygie; et enfin ceux issus de
Karaman, dans le sud de l'Asie Mineure, maîtres plus tard de toute la côte
de la Pamphylie et de la Clicie jusqu'au golfe d'Alexandrette.
Voici les différentes étapes de ce second itinéraire tracées par Pegolotti :
Terre di Bonsaet ', cioë signor dei Tartari. — Torisi (Tauriz). — San-
doddi. — Condro. — Le Piane del fiume. — Gli Camuzoni. — La Piana di
Falconieri. — Locche. — Scaracanti. — Soto l'arca Noe (Pied de l'Ararad). —
Le tre Chiese? (Édchmiadzin). — Calacresti. — Agoia. — Sermessa. —
Polorbecche. — Bangni d'Ârzerone (Erzeroum) verso Torisi. — Arzerone. —
Bangni d'Arzerone. — Il Gavazera (caravansérail) fuori d'Arzerone. — H Ponte.
— Ligurti. — Il Gavazera sulla montagna. — Arzinga (Érzénga). — Mug-
hisar. — Greboco. — Dudriaga. — Il Gavazera di case Jacomi. — Gadue.
— Salvastro (Sébaste de Cappadoce)°. — Il Gavazera dell amiraglio. — Ca-
sena. — Gandon. — Terra del re d'Armenia. — Colidara (Gobidar, dans le
Taurus cilicien). — Ajazzo (Aïas).
Nous avons vu (p. XXIV, XXXIV et XXXVI) combien étaient multipliées les
relations qu'entretenaient les Génois par la Cilicie avec l'intérieur de l'Asie
Mineure. Nous en avons une autre preuve par l'acte de 1288, où sont énu-
mérés les droits qui pesaient sur certaines marchandises acheminées d'Aïas
vers le défilé de Gouglag (Kulez-Boghaz), et de là dans les provinces du
centre et de l'est de la Péninsule. |
La Petite Arménie servait aussi de passage aux Vénitiens pour pénétrer non-
seulement dans les États des sulthans d'Iconium, mais encore dans toutes les
contrées voisines où régnatent des princes musulmans en rapport d'alliance
ou d'amitié avec les souverains de Sis. Ce fait résulte de la clause qu'ils firent
insérer dans tous leurs privilèges et qui leur assurait protection et sécurité
en dehors des frontières de la Cilicie, partout où se faisait sentir l'influence
de ces souverains. « Concedo insuper et volo, ut si aliquis Veneticus mercator
« voluerit peragrare per terram meam in aliam terram seu Christianorum seu
«Sarracenorum ubi pacem et treugas habeam, sine contradictione aliqua cum
«quibuslibet mercimontis vadat quando voluerit, et redeat; et si aliquid dam-
«num in 1ps0 itinere Venetico viatori evenerit, ad restituenda ablata, tanquam
« mea propria, operam dare et studium concedo. » {Acte de décembre 1201,
Léon IT.) — « E se auchun des Venetiens voudra passer par nos en terre de
«Christiens ou de Sarasinz, ont nos aionz pais en serment, il peut aler et
“revenir lui et tote sa mercheandise sans arestament. Et ce aucun domage
“avient a celui Venetien chi ira, nos penerons et en tel manere procurerons
«cum de le nostre chose au recourer. » (Acte de janvier 1271, Léon IT.)
En effet les Vénitiens avaient conclu avec les sulthans d'Iconium un traité
qui leur permettait de faire le commerce dans les États de ces princes, et
! Abou-Sa'id, khan des Mongols de la Perse, le- qui s'élèvent à droite et à gauche, sous l'invocation
quel régna de 1317 à 1335. des saintes Hr'ipsimé et Kaïané.
? Ce nom n'est que la traduction de l'appellation $ Voir, pour cette identification de Salvastro avec
lurke Utch Kiliceh, que portent encore le couvent Sébaste, ci-après, p. 703, note ».
et l'église d'Edchmiadzin, avec les deux autres églises
CII INTRODUCTION.
qui porte la date de 1289 '. Ces transactions comprenaient non-seulement les
riches produits de l'Asie orientale que recevait le port d'Aïas, mais aussi les
articles qui sortaient des manufactures de l'industrieuse Venise et qui étaient
échangés contre les savons, les soies gréges, les essences aromatiques et les
belles étoffes que l'Asie Mineure fournissait.
]] serait curieux d'avoir aujourd hui les tarifs des douanes arméniennes et la
liste des objets qui formaient le fonds du commerce de la Cilicie. Les actes
que nous possédons rappellent en termes généraux les immunités ou diminu-
tions de droits dont les souverains de Sis gratifièrent les Génois, les Vénitiens
et les autres nations accueïllies dans leurs États: mais ils n'entrent dans aucun
détail. Un seul, le privilége de 1288, contient, pour les articles du négoce
auquel se livraient les Génois, des indications qui sont applicables, sans
doute, à celui de leurs rivaux, les Vénitiens. D'autres actes, d'une date pos-
térieure, présentent quelques données, éparses çà et là, que nous avons
rassemblées et que nous allons passer en revue. Il doit être entendu que la
franchise totale ou partielle laissait toujours subsister l'impôt prélevé pour le
compte du trésor royal, le cens, censaria, appelé jura regalia dans un pri-
vilége de Léon V aux Vénitiens, du 10 novembre 1333. |
TARIF DE 1288, NÉGOCIÉ EN FAVEUR DE LA RÉPUBLIQUE DE GÈNES
PAR SON AMIRAL, BENOIT ZACHARIE ?.
Vin et huile, à l'importation, 1 drachme nouvelle par tonneau, pro vegete, pour le cens royal.
Esclaves, à l'exportation; tout droit antérieur est aboli.
Bois, à l'exportation, droit proportionnel : 18 karoubes par barzounag, 4 karoubes par filakh,
13 karoubes par double filakh, et droit fixe de 1 pour cent; ce droit fixe est aboli.
Céréales : blé et orge, importés par mer, ancien tarif, 4 pour cent; aboli.
À l'exportation.
Cheval ou mulet, 4 besants staurats.
Ane, 5 drachmes nouvelles.
Gros bétail, bœuf ou vache, 3 drachmes nouvelles, plus 1 karoube.
Petit bétail, mouton ou brebis, 4 karoubes.
Peau de buffle ou de bœuf, 6 karoubes.
Volaille et œufs, en franchise.
Fer, 1 pour cent.
Transit entre le port d'Aias et le défilé de Gouglag (Pylæ Ciliciæ) en destination
pour l'intérieur de l'Asie Mineure.
. N. B. L'unité monétaire est la drachme nouvelle.
La première rangée de chiffres, à gauche, indique le droit perçu par charge
1 Liber pactorum, t. IT, fol. 169, Archives des
Frari à Venise; apud M. de Mas-Latrie, Des rela-
tions politiques et commerciales de l'ile de Chypre avec
l'Asie Mineure (Bibliothèque de l'école des Chartes,
2° série, t. II, p. 303).
2 Cf. à la fin du volume, le n° 1 de nos chartes
arméniennes et les notes qui en accompagnent la
traduction française; on y verra à quelle occasion
l'amiral Benoît Zacharie, qui croisait alors dans les
mers du Levant, se rendit à la cour de Sis, et traita
avec le roi Léon III. J'y ai donné aussi l'explication
des termes techniques et des noms des poids, me-
sures et monnaies que contient notre tarif.
INTRODUCTION. | cn
de chameau; la seconde, par charge de mulet; la troisième, par charge
d'âne.
Soie grége et draps de soie.....................,,.. 25 00 00
Indigo et droguerie......:..........,.,........... 25 19 16
Poivre, gingembre et bois de Brésil, ...,,..,,,..,.... 20 15 12
Draps d'Europe et toiles de coton, à tissu fin ou grossier.. 20 15 12
Coton en rame, sucre, vif-argent, étain et cuivre......... 15 12 9
Savon........... A 10 8 7
Malgré leurs privilèges, garantis par la signature et la bulle royales, les
_Vénitiens et les Génois étaient quelquefois victimes des exactions que leur
faisaient subir les officiers du fisc, enhardis peut-être par l'approbation tacite
ou du moins par la tolérance du gouvernement. Une pièce arménienne dont
la rédaction se rapporte à l'une des premières années du règne de Léon V,
constate les griefs des Vénitiens èt en demande le redressement, en sollicitant
quelques faveurs particulières ; elle nous apprend les concessions que leur fit
ce prince, ou plutôt son conseil de régence, à la requête de Michele Justi-
niani, ambassadeur du doge Jean Soranzo'. Il leur fut permis d'introduire et
de vendre dans le royaume, comme auparavant, des lingots d'or et d'argent,
mais avec une réserve nécessite par les embarras du trésor royal, grevé d'un
tribut annuel à payer au sulthan d Égypte; la moitié des lingots d'argent devait.
être remise à la zecca (hôtel des monnaies) de Sis.
Dans un rapport adressé en 1232 ou 1233 au doge F. Dandolo par Pierre
Bragadino, sur la situation des affaires commerciales de l'Arménie, cet'agent
se plant que le droit de 1 pour cent sur les fers est encore en vigueur; mais
les réclamations dont 11 était Linterprete ne tardèrent pas à recevoir satisfac-
tion. Dans l'état de détresse où était tombée la Gilicie, toujours menacée et
à chaque instant envahie par les Égyptiens, Léon avait le plus grand intérêt à
plaire à la puissante république, alors reine de la Méditerranée, et à retenir
auprès de lui les Vénitiens; aussi leur fit-1, en 1333, les plus larges conces-
sions. Ceux qui étaient domiciliés dans le pays, et qui se livraient à la fabri-
cation des draps de camelot furent exemptés de la patente due pour l'exercice
de leur industrie. Les marchands de vin et cabaretiers n’eurent plus à donner
le taccolin (drachme), qui était exigé d'eux, chaque semaine, pour le vin ou
le moût qu'ils achetaient ou vendaient. Un autre droit, qui était d'une drachme
nouvelle par tonneau dans l'intérieur des villes, et de deux drachmes nou-
velles à la sortie, fut supprimé. Les taxes qu'ils acquittaient à Tarse par charge
de bête de somme, et celles qui, dans le port de cette ville, frappaient les
peaux et les cuirs transportés par navires vénitiens, furent abrogées. Ils purent
se procurer la laine pour la fabrication des camelots ou toute autre marchan-
dise, aux conditions édictées dans leurs anciens priviléges. Les droits sur
les balles de draps destinés à être vendus en détail (in pannis mensuratis)
prirent fin. Un autre paragraphe (n° 9) de cet acte dispose que les officiers
! I est nécessaire d'observer que la date de la mort du doge J. Soranzo. La date de 1320, sous
cette pièce doit être circonscrite entre 1321, année laquelle elle a été classée dans le Trésor des chartes
de l’avénement de Léon V, et 1328, qui est celle de d'Arménie, est purement arbitraire.
CIV INTRODUCTION.
royaux ne pourront plus à l'avenir forcer les Vénitiens de ieur acheter le sel
et le blé, n1 les contraindre à aucune corvée.
J'ai déjà dit que les Montpellierais avaient obtenu du roi Oschin (1314),
et de son fils, Léon V (1321), de ne payer que 2 pour cent du prix de leurs
marchandises, pesées aux balances de la douane d'Aïas, p euydinuñtu b BuBb:
qu'en 1331 les Siciliens furent placés sur le même pied, sauf l'acquit du cens
royal maintenu par le privilége qui leur fut accordé cette année, et qu'en
1335 la compagnie des Bardi dut aux démarches’ de Balducci Pegolotti
d'être admise au même titre que les nations les mieux traitées.
L'actif et habile représentant de cette riche compagnie a retracé le tableau
du commerce qui se faisait alors dans la Petite Arménie et dont il énumère
les principaux arlicles, avec les noms et la valeur des poids et mesures.
ERMENIA.
Ermenia per se medesimo, cioè in Lajazzo d'Erminia, ove si fa il forzo della mercatanzia, perchè
ene alla marina, e ivi dimorano del continovo i risedenti mercatanti.
Pepe, e gengiovo, e zucchero, e cannella, e incenso, e verzino, e lacca, e cotone, et tutte
spezierie grosse, e ferro, e rame, e stagno, tutte si vendono in Erminia a ruotoli d'occhia, xv per
uno ruotolo, e di ruotoli xxrr1 per uno catars d'Erminia.
Sete, e tutte spezie sottile vi si vendono a occhia, di occhie x11 per uno ruotolo, e chiamasi occhia
della piazza.
Oro si vende a pesi, che gli L pesi fanno 1 mars d'Erminia. Argento si vende a mars, ch'è
L pesi.
Pelle si vendono a peso del marchio, e dassi xc de’ detti pesi per una ara grande di pelle.
Tele, line e canovacci si vendono a centinajo di canne, e a pregio di tanti bisanti e den{ari},
x taccolini per bisante.
Sapone, e lana, e ciambelotti si vendono a ruotoli d'occhia, xv per uno ruotolo.
Biado si vende all Ajazzo in Erminia a moggio e a marzapanni, cioè in grosso e a moggio, a
minuto a marzapanni; e gli x marzapanni fanno uno moggio.
Seta chermisi si vende a occhia, ch è pesi cx di diremo.
Zafferano si vende a occhia, ch’ è pesi cx di diremo.
Olio si vende a botte, tale come ella ene.
H bisante di Romania si conta x taccolini d'argento; il taccolino vale den. x de Erminia, e il
denaro vale 1v folleri ?.
$ 2. — Du cas de bris et naufrage.
Au temps des Roupéniens, une coutume barbare régnait dans toute l'Eu-
rope et dans Îles colonies latines d'outre-mer, comme chez les musulmans.
Les débris des navires et les marchandises que les flots soulevés par la tem-
pête jetaient sur le rivage devenaient la propriété du fisc ou des habitants du
littoral; quelquefois les naufragés eux-mêmes étaient réduits en servitude.
Dans divers pays, ces épaves appartenaient de droit au souverain, et M. Par-
dessus * cite une ordonnance de 1277, qui prouve qu'en France le roi exerçait
ce droit dans ses domaines, puisqu'il en exemptait certains étrangers. Telle
1 Pratica della mercatura, dans le Traité de Pa- Arabes, on peut consulter ma note sur le mot g#w,
gnini, intitulé : Della Decima di Firenze, cap. x1, tram, où j'ai donné l'assimilation et la valeur de ces
t. LIT, p. 44-48. diverses monnaies, dans ma traduction de la charte
2 Pour connaître la valeur du taccolin d'argentou arménienne n° 1, à la fin du volume.
drachme, du denier ou karoube, et du follero (obole), 8 Collection de lois maritimes, antérieures au xvir
han ,ph'ogh', le us fels, au pluriel wwsÂs folous, des siècle, t. II, Introduction, p. cxvi.
FER à
INTRODUCTION. cv
était aussi la coutume en vigueur dans la Cülicie. La loi romaine, qui protégeait
les naufragés par des prescriptions conformes à la justice et à l'humanité,
était tombée en désuétude, à la suite de l'invasion des Barbares. « Dans ces
«tempslà, dit Montesquieu ', s’établirent les droits insensés d'aubaine et de
naufrage ; les hommes pensèrent que, les étrangers ne leur étant unis par
«aucune communication du droit civil, ils ne leur devaient, d'un côté, aucune
« sorte de justice, et de l'autre, aucune sorte de pitié. » En vain des constitu-
tions promulguées dans plusieurs Élats de l'Europe, sous l'inspiration de la
religion et d'un sentiment d'humanité, prononçaient des peines contre qui-
conque pillerait les naufragés; en vain le concile de Latran, en 1079, avait
frappé d'anathème ce brigandage légal; rien ne put le faire cesser, et 11 sub-
sista dans toute sa force pendant tout le cours du moyen âge. Les puissances
maritimes et commercantes sefforçaient de s'y soustraire par la négociation
de traités et de privilèges, dont la multiplicité même prouve combien cet usage
odieux était universel et enraciné. Les républiques de Venise et de Gênes
avaient réussi à le faire abolir à leur profit dans la Cilicie et à faire insérer,
dans les privilèges qu'elles obtinrent, une clause spéciale dont les termes se
reproduisent presque identiques de l'un à l'autre. 1 me suflira de citer pour
exemple la clause des actes de 1201 (Léon If aux Génois) et de 1271 (Léon III
aux Vénitiens). |
« Concedo insuper et volo, ut si naves Januensium in littoribus regni mei
quoquo modo periclitari vel frangi, quod absit, contigerit, corpora, res et
« mercimonia eorum sint salva et secura ab omnibus hominibus qui sunt et qui
“erunt sub potestate et dominio meo, et ad lanuen[sium] reddeant pro-
«prietatem, sine omni occasione seu contrarietate. Et si forte constiterit naves
«aliarum gentium in littoribus regni mei frangi vel periclitari, in quibus ali-
« quis lanuensis cum mercimoniis suis fuerit, res et mercimonia que legi-
«time fore sua seu lanuensium probare potuerit, sint salva et secura, et ad
“sua reddeant proprietatem, sine omni occasione et contrarietate. »
« Et se vassiau de Veneze brise en toute nostre terre, en rive de mer ou
“en mer, tot quant che sera delivré de la mer, soit home, vassiau ou autre
« chose, tout sera sans doute e sanz penser de nos et de nos subiés. Et se
«homes d'autre nation ne autre chose, seront au vassiau, chi brisera, si de-
«morront a nostre comandement avec le leur. Et les Venetiens vassiau ne
“autre chose d'home d'autre nation ne prendront en leur garde ou delivre-
“ront come le leur. Et se autre manère de vassiau brise en che y soit Vene-
«lien, le Venetien soit franz et sans peine, luy et toutes ses choses lesqueles
«il provera che soient soues; et le vassiau et les homes d'autre nation demour-
“ront au nostre comandement avec le leur. »
$ 3. — Du droit d'aubaine.
Une autre exaction non moins funeste au commerce que la précédente,
et qui se conserva encore plus longtemps, est le droit d'aubaine. La succes-
! Esprit des lois, XNXI, xvu.
Hisror. anm. — 1. \
CVI INTRODUCTION.
sion de tout étranger mort sans laisser d'héritier sujet de l'État sur le terri-
loire duquel il décédait, était dévolue au fisc. Cette coutume, qui s'était
introduite en Cilicie, sans doute avec les autres institutions que les Armé-
niens empruntérent aux Franks de la Syrie, n'avait point échappé aux prévi-
sions des Génois et des Vénitiens, et ils en avaient fait prononcer l'abroga-
tion. Dés 1201, on trouve la mention de cette exemption en faveur des
Vénitiens; il n'en est point question dans la charte concédée la même année
et quelques mois auparavant aux Génois, mais seulement dans celle de 1288.
H est cependant impossible de conclure de ce silence que ces derniers aient
été moins bien traités que leurs concurrents, et en effet nous verrons tout à
l'heure qu'ils étaient entrés peut-être plus avant dans la faveur des souverains.
La succession testamentaire ou ab intestat' de tout homme appartenant à
l'une de ces deux nations, mort en Cülicie, revenait de plein droit à celui de
ses compatriotes fondé à y prétendre, ou à telle autre personne au profit de
laquelle le décédé en avait disposé. (Actes de 1201, 1245, 1271, 1288 et
1321.) S'i n'y avait en Cülicie, au moment de la mort d'un Vénitien ou d'un
Génois, aucun de ses compatriotes habile à recueillir l'hérédité , les biens du
défunt étaient mis sous séquestre à la cour de l'archevêque de Sis, chance-
lier du royaume; ils y restaient jusqu'à ce que le doge de Venise ou celui de
Gênes, auquel avis en était donné, eût fait parvenir une lettre munie de son
sceau, et indiquant à qui les biens devaient être remis, ou la mamière dont
il fallait en disposer. Une réserve est stipulée dans l'acte de 1288, à l'égard
de tout Génois marié à une indigène, et qui serait resté veuf en jouissance
des biens propres de sa femme. Dans le cas où lui-même viendrait à mourir
sans héritier, l'héritage ou la donation provenant du chef de sa femme faisait
retour à la cour du roi, tandis que ses biens personnels revenaient à la com-
munauté des Génois. |
« Si aliquis lanuensis qui sit habitator terre et accipiat uxorem et accipiat
« heritagium cum uxore, ex parte uxoris sue, vel qui habuerit in donatione,
« et ipse decesserit ab intestato et sine herede, omnes sue res preter heritagios
« debeant reddire in manus comunis,.et heritagium debeat reddire in manus
“cuie (curie)?. »
$ 4. — Des contestations et procès.
Un autre principe qu'avaient fait admettre dans leurs capitulations les
Génois et les Vénitiens, principe de la plus haute importance pour eux, était
que les différends survenus entre compatriotes seraient réglés par la loi de
leur pays et par leurs propres juges. Dans les actes de 1201, 1244, 1271,
1 [ya dans le texte arménien, wvwfwf/h4, an-
diathig, qui est le grec dsabfxn « testament, » avec
le préfixe négatif wv, où a privatif. Ce terme fait
penser que les Arméniens de la Cilicie, d'abord su-
jets ou vassaux de l'empire grec, avaient puisé dans
la législation byzantine et introduit dans leur droit
civil quelques-unes des dispositions des Basiliques.
Déjà, dans le vi° siècle, le droit romain avait été
établi dans les provinces occidentales de la Grande
Arménie, alors soumises à la domination impériale.
(Voir la Novelle xx1, de Armenüs, ut et illi per omnia
leyes romanas sequantur, et l'Authentique xxt, de
Armenüs, datée du xv des kalendes d'avril, Constan-
tinople, post-consulat de Bélisaire (536), 2° année
en cours de Justinien.
? V. à la fin du vol. le n° 1 de nos Chartes armén.
e
INTRODUCTION. CVII
1307 et132:,il est dit que la cause sera portée devant le baïle des Vénitiens
ou devant le consul des Génois, assistés de leurs prud hommes. En l'absence
de leurs juges nationaux, les Vénitiens ou les Génois devaient en référer au
tribunal de l'archevêque de Sis. Si la contestation surgissait entre Génois ou
Vénitiens, d'une part, et Arméniens ou sujets d'une puissance étrangère, de
l'autre, c'est la cour du roi qui devait être saisie. Quant aux Siciliens, qui
n'avaient ni domicile permanent n1 comptoir dans la Cülicie, ils étaient tenus,
pour faire vider leurs contestations, soit entre eux, soit avec des Arméniens
ou autres, de les soumettre à cette même cour.
Dans toutes les affaires criminelles où des étrangers se trouvaient mêlés,
le roi seul avait la haute justice et, à ce titre, sa cour jugeait les accusa-
tions de vol ou de meurtre dans lesquelles les Génois ou les Vénitiens étaient
impliqués ou lésés. Tout vol commis au préjudice d'un Vénitien était puni de
l'emprisonnement. (Privilége de 1333, Léon V, aux Vénitiens.) Dans l'acte
de 1201 (Léon IT, aux Génois), la pénalité est omise, mais le roi sengage,
dans le cas où un malfaiteur étranger aurait commis une escroquerie ou larcin
au préjudice d'un Génois, et sur la plainte qui en sera faite avant que ce
Génois quitte le pays, à lui faire rendre, sans exiger aucune indemnité, les
objets dérobés. |
« Concedo denique et volo, ut si aliquis malefactor in terram meam vene-
«rit ad afidandum vel non affidandum, et lanuensis depredatus fuerit ante-
«quam de terra mea exeat, lanuensibus, de ablatis injuste conquerentibus,
«ablata, pro posse meo, restitui sine occasione faciam. »
L'acte de 1307 (Léon IV, aux Vénitiens) contient une disposition qui con-
cerne la responsabilité de 1a communauté des Vénitiens de la Cilicie pour les
faits et gestes de chacun de ceux qui la composaient :
« Et ce Veneciens fassent nulle faute as homes demorant a nostre terre ou
«a autre strenger, le comun doat amender le doumage qui se fait; sauve
« ceaus homes che n'en demorent en Venesie, ou en autre leuc que le poier
de Venise non se peut joindre, et que nulle de notre mercandie ne soit en
« alant avec Veneciens, et ne soit armé lein ! de deniers de Veneciens: la de-
« faute que avendra, le comun ne sera riens tenu de payer nos, car nos et
«aus n'acordarons. Mais ce il avient que l'ome entre arier au poier de Vene-
« ciens, il nos doivent rendre l'ome, que nous soions payé de nostre domage. »
Dans le privilége accordé aux Siciliens (1331) et dont nous possédons l'ori-
ginal arménien, il est dit :
« Si une contestation survient entre deux Siciliens, ou bien entre un Sici-
lien d'une part et un Arménien ou un étranger de l'autre, la régle à suivre
est que l'affaire soit portée devant notre cour. Dans le cas où un Sicilien à
commis un préjudice sur notre territoire, soit contre un de nos nationaux,
soit contre notre trône, si l'Arménien est un de nos bourgeois ou tout autre
de nos sujets, celui-ci doit se présenter devant notre cour et déclarer le dom-
mage qu'il a souffert. Alors notre cour mande ceux des Siciliens qui se trou-
! Lignum, navire.
CV | INTRODUCTION.
vent dans nos États, et constate par leur témoignage le préjudice. Les Sici-
liens présents doivent écrire dans leur pays que tel des leurs a nui à un
Arménien dans tel ou tel lieu, et déclarer la quotité de la perte occasionnée.
Une année sera accordée pour que l'indemnité réclamée soit envoyée, ou que
l'auteur du préjudice vienne s'acquitter lui-même. S'il est décédé, on pren-
dra sur ses biens pour envoyer ce qu'il doit. Si, après que les Siciiens
auront donné connaissance de l'affaire en Sicile, une année s'écoule sans que
l'indemnité soit reçue ou que le délinquant lui-même arrive, tous les Siciliens
qui se trouveront ici seront contraints de payer le dommage que leur com-
patriote aura fait subir à nos nationaux, et la somme sera déposée à notre
COUT. »
Lorsqu'un Arménien ou un étranger domicilié en Cilicie voulait emprun-
ter de l'argent aux Vénitiens, voici les formalités prescrites :
«“ Encement, ce nul home, demorant en nostre terre ou a autres estran-
« gers, veulent emprunter ou recommande dimiers à Veneciens, doivent fair
« primierement assavoir au baïll de Veneciens. Si le baïll dit que l'ome est
« bon et coneu, et que il die : « Pruntés di, » 1l 1 empruntera et nostre chevi-
« taine fera escrire le fait au carturaire, et prendront chartre dou baill por ce
a fait. Mais ce le baïll dit que lome soit trobolior et laron : « Ne le emprun-
“tés, ne recomandés; » sur ce, ce 11 li done, bien li en sovegne. » (Acte de
1307.)
Si un Arménien, débiteur d'un Vénitien, était incarcéré, il ne pouvait sor-
tir de prison qu'après avoir payé ou donné caution. (Acte de 1333.)
$ 5. — De l'état des personnes.
La nationalité de tout étranger trafiquant ou résidant en Cilicie devait être
constatée par un élat civil authentique. Le privilège de 1288 nous montre
que, dans le doute, le consul des Génois, assisté de ses prud'hommes, était
chargé d'examiner les dires ou les papiers de tout marchand qui revendiquait
la qualité de citoyen de la République; vérification faite, et si le dire de ce
marchand élait reconnu vrai, le consul envoyait à la douane, pour en donner
avis, le nonce du consulat, portant la verge, insigne de ses fonctions, bastona-
rius. Cet avis devait être confirmé et valide par sa signature et par celle des
témoins, inscrite sur les registres de la cour du roi. La douane alors donnait
la libre pratique au nouvel arrivant, pour sa personne et ses marchandises.
Les Vénitiens constituaient à Aïas une communauté (commun) à laquelle
était préposé un baïle, bajulus burgensium Venelorum de Lajiacio'. Le chef des
Génois, ainsi que celui des Pisans, portait le titre de consul. Une déclaration
de Jacques Pallavicini, agent de la république de Gênes, en date du 7 oc-
tobre 1271, nous apprend que les Génois avaient une loge, logia, ou bourse à
Aïas, et, sans doute, les Vénitiens possédaient aussi dans cette ville un lieu
de réunion pour y traiter de leurs affaires commerciales.
J'ai déjà fait pressentir que les Génois étaient la nation la plus favorisée en
! Au temps de la domination byzantine, les Vé- ment sous la juridiction d'un chef appelé baillivus,
nitiens établis à Constantinople étaient pareille. enitalien balio.
INTRODUCTION. CIX
Cilicie, et qu'ils l'emportaient à cet égard même sur les Vénitiens. Cette asser-
tion est confirmée par le nombre d'établissements qu'ils tenaient de la muni-
ficence des souverains arméniens. Dans l'acte de 1201, Léon II leur donne
à Sis un terrain pour y construire une église, un fondouk', des maisons et
une cour de justice ; à Mamistra, une église toute construite et des immeubles
destinés à l'entretien de ces mêmes fondations; à Tarse, un quarlier, une
église et une terre pour y bâtir une maison de bains et un four banal, el y
planter un jardin. Leurs établissements à Aïas ne sont point mentionnés dans
les actes qui nous restent; cependant 11 est à présumer qu'ils étaient encore
plus considérables et plus importants que partout ailleurs, parce que cette
ville était le centre de leur négoce, et principalement fréquentée par eux.
I! paraît que les Vénitiens étaient fixés dans deux villes de la Cilicie seule-
ment, Mamistra et Aïas. Ils avaient obtenu en 1201, de Léon II, à Mamistra,
une église, une rente en nature pour l'entretien du prêtre et du clerc qui la
desservaient; un fondouk pour y déposer leurs marchandises et leurs effets,
et un terrain pour élever une maison; de Léon IT, en 1271, une église à
Aïas, et la confirmation de la donation des maisons qu'ils tenaient de son
pere, Héthoum [°”. Une pieuse obligation était attachée à ces concessions,
celle de prier à l'intention des prédécesseurs décédés du donateur et de ce
dernier après sa mort.
Jai essayé de remettre en lumière cette civilisation qui s'épanouït dans la
Cilicie sous le gouvernement des Roupéniens et des LEusignans, et qui avait
disparu sous les ruines des âges sans laisser de traces, civilisation hybride,
composée d'éléments arméniens, grecs et latins, qui en se superposant se com-
binérent les uns avec les autres, pour former l'édifice social. En cherchant à
discerner, autant qu'il est possible aujourd'hui, la part quil faut assigner à
chacun de ces éléments, on trouve que le premier faisait le fond des idées na-
tionales et religieuses; que le second, l'élément grec, avait envahi la législa-
uon et quelques branches du service admimistratif; et que le troisième, qui
est le plus récent, et qu'avait fait prévaloir l'influence des Franks de la Syrie,
parmi les classes les plus élevées de la nation et dans le monde officiel, avait
transformé les institutions politiques par l'introduction du régime féodal et
constitué sur de nouvelles bases la hiérarchie des pouvoirs publics.
l En grec wavrdoyeïov ou mavdoxeïov, en arabe mettaient en dépôt leurs marchandises et leur ar.
GAS, fondoak, en latin du moyen âge funda, fun- gent et où ils s’assemblaient pour conférer de leurs
dicus, fandacus, fondechus, etc. lieu où les marchands affaires.
CONCORDANCE
LIVRE DES LIGNAGES D'OUTRE-MER
AVEC LES TABLEAUX GÉNEALOGIQUES I ET II POUR LES ALLIANCES DES FAMILLES ARMÉNIENNES ET DES FAMILLES
FRANÇAISES, À PARTIR DU RÈGNE DE THOROS 11 (1141-1168), 3USQU'À LEON V (1321-1340).
(Les lettres italiques placées entre parenthèses indiquent les renvois aux Tableaux.)
CHAPITRE II. —— CI PARLE DES LIGNAGES DES ROIS DE CHIPRE.
Marguerite [l'une des filles de Hugues IT, roi de Chypre] esposa Thouros {jj), le fis au roi
Livon de Ermenie (n)... Amaury [fils de Hugues II] esposa Ysabeau (pp), la fille au roi Livon
d'Ermenie {n), et orent quatre fis et une fille : Hugue {{t), Henry (uu), Gui (xx) et Jehan (vw) et
Marie (yy).
CHAPITRE IV. — CI DIT DES ROIS D'ERMENIE.
Thoros de la Montaigne (a) fu sire d'Ermenie, et moru sans heir, et-escheut Ermenie au Melih
son frère (b), lequel Melih ot deus fis, Rupin (c) et Sanon!. Rupin esposa Isabeau, la fille Hanffroy
dou Thoron, et orent deus filles, Aalis (e) et Phelippe ({f). Aalis esposa le prince Beimont? et orent
un fis qui ot nom Rupin, que l'on appelait le prince Rupin (g}, et esposa Helvis, la fille dou roy
Emeri de Chipre, si com est dit, et orent deus filles, Eschive (i) et Marie (j). Eschive moru; Marie
esposa Phelippe de Monfort, sire de Sur. Phelippe (f), l'autre fille Rupin de la Montaigne, esposa
Pacre’, et orent un fils Constans (h), qui moru. Puis la mort de Rupin de la Montaigne, Livon son
frère (d) se saisit de la terre et se fit coroner a roy, et fu le premier roy d'Ermenie, et esposa Sebille,
la fille dou roy Eimeri de Chipre et de la royne Isabeau, et orent une fille qui ot nom Isabeau (l).
Après la mort dou roy Livon, la dite Isabeau espousa Phelippe, le fis dou prince Borgne, lequel
valut mout poi, et le tuerent li baron d'Armenie; puis esposa la royne Ysabeau d'Ermenie Hei-
ton (1m), le fis Constans {zz), qui estoit conestable et baïll d'Ermenie *, et orent deus fis et cinq filles :
Livon (n), Thoros {o), Sebille (p), Femie (q), Ritta (r), Isabeau (s), Marie {t). Scbille esposa le
prince Beimon d'Antioche, Femie esposa Julien le sire de Saïette, Ritta esposa le sire de la Roche,
Maric esposa Gui de Ibelin, Ysabeau moru; Thoros fu occis de Sarrasins. Livon fu roy après la mort
de son pere, et esposa Guiran (n bis), la fille au scignour dou Lambron, et orent sept fis et trois filles :
Heïton {ü}), Thoros (7j), Semblat (kk), Constans ({!), Horses®, Rupin que il nomerent Alinah (00),
Oïsim (mm), Ysabeau (pp}, Ritta (qq) et Jefanon (rr). Puis la mort du roy Livon {n), Heïton son fis (u)
ot la seignorie et ne se vost coroner, ains vesti abit de menoursf, et dona la seignorie a Thoros son
frere (jj); puis li toli et la dona a Semblant, son autre frere (kk) et fu coroné dou royaume d'Er-
menie. Thoros esposa Marguerite, la fille dou roi Hugue de Chipre, et ot un fis, Livon {ss); Isa-
beau esposa Amauri, le fils dou roy Hugue de Chipre, si com vous avez oy; Ritta esposa le fis de
l'empereur de Constantinople; Jefanon morut. Le dessusdit Semblat fittuer Thoros son frere, puis
Heïton le fit prendre, et dona la seignorie a Constans, son frere (ll); puis fit il prendre Constans,
et manda Semblat et Constans en Constantinople; là morut Constans, et il dona la seignorie a Li-
‘ Lisez Livon ou Léon {d). Le rédacteur a commis ici une «riécs, l’une (bbb) au roi de Chipre, et l'autre (aaa) a Johan
grave erreur en attribuant à Melih ou Mleh les deux fils du «de Ybelin, qui fu conte de Japhe.»
frère de ce dernier, Sdéph'ané. 5 Lisez Versès (nn).
3 H faut lire Reimont. 5 Ceci est encore unc erreur du rédacteur des Lignages
9 Lisez Lascre ( Lascaris). d'outre-mer ; Héthoum IT régna effectivement, et ce n'est que
* Au chapitre xv, Ci dit des filles qui furent de messire Philippe lorsqu'il abdiqua en faveur de son neveu Léon IV qu'il prit
de Naples, on lit de plus : « Et les filles dou baiïll si furent ma- l'habit des Frères Mineurs sous le nom de frère Jean.
<
rs
INTRODUCTION. | CxI
von son neveu (55), qui fu fis Thoros et de Marguerite, la fille dou roy Hugue de Chypre, come a
esté dessus dit.
CHAPITRE V. —— CI PARLE DES PRINCES D'ANTIOCHE.
Beimont fut prince puis la mort de son pere, et esposa Sebille (p), la fille au roi Heïton d'Ermenie,
et orent un fis et trois filles : Beimont (u), Isabeau (v), Marie (x) et Lucie (y). Ysabeau moru da-
moiselle; Marie esposa Nicole de Sainct Omer, et moru sans heir; Lucie esposa Nerio de Toussi, et
moru sans heirs.
CHAPITRE VI. —— CI DIT DES HOIRS QUI DESCENDIRENT DOU PRINCE BORGNE.
Le prince Borgne si ot a feme Plaisence, qui estoit fille de Hue de Gibelet et de Estelenie, la
segonde fille de Henrr le Buffle, et orent quatre fiz et deus filles : Reimont et Buemont et Phclippe
(lis) et Henri et Orgueillouse et Marie. ...Marie fu feme de Thoros! et ot un fiz Buemont, et
morut. . .. Phelippe fut baron de la royne Ysabiau d'Ermenie {l), et les Ermins le tuèrent.
CHAPITRE Viil. —— CI DIT ET PARLE DE CEAUS DE YBELIN.
Gui, le fis Baudouin de Ibelin, seneschal de Chipre esposa Marie {t), la fille au roi Heïton d'Er-
menie, come a esté dit, et orent un fis et une fille, Thoros (cc) et Isabeau | dd). Thoros esposa Se-
bille, la fille Oissin de la Roche, et orent un fis et une fille, Livon (gg) et Riffa (Ritha) (hh); Isa-
beau esposa Heïton le sire dou Courc (ddd), et orent quatre fis et une fille, Oissin {fff), Constans
(ee), Livon {ggq) et Baudouin (hhh) et Diffa (ii).
CHAPITRE XVIII. — CI DIT DES HEIRS DE SAIÏETTE.
Julien (fils de Balian d'Ibelin) fu sire de Saïette, et esposa Femie (q), la fille au roy Heïton
d'Ermenie, et orent deus fis et une fille : Balian (2), Johan (au) et Marguerite (bb), qui esposa Gui,
le seignor de Gibelet. Johan noia en Ermenie; Balian esposa Marie, la fille au seignor de Giblet, et
orent deus filles, Femie (ee) et Isabeau (ff); Femie esposa Heïton, le fils dou maraschal d'Ermenie
(ccc), et orent deus fis et une fille. Isabelle esposa Mansel de Buïllon, et orent une fille.
! Ce Thoros, qui m'est inconnu, a été omis dans mes Tableaux généalogiques.
CXII | INTRODUCTION.
1°" TABLE AU.
SOUVERAINS DE LA PETITE ARMÉNIE.
PREMIÈRE BRANCHE : ROUPÉNIENS.
PRINCES RÉGNANTS.
A
1. — ROUPEN [I°, dit le Grand,
parent du dernier roi bagratide d'Ani, Kakig FF,
se refugic dans les montagnes du Taurus et enlève aux Grecs la forteresse de Partzérpert,
vers 1080.
Î
11. — CONSTANTIN 1°.
En 1092, il s'empare du château de Vahsga,
et établit définitivement la domination arménienne
dans la Cilicic;"F 1100 !.
III. — TROROS [",
succède à son père en 1100;
Trio;
Antevellus d'Albert
d'Aix. <
.
|
Oscuin'!. ConsTAxTIN, RocpEN, V.— (a) THOROS 11, VII. — (b) MLEH,
mort + à Constantinople pansébaste, autrement appelé Mleh Khodoron !°
empoisonné 12, 1140!°. + décembre 1165 { Milo, Melier, Meslier, MeMas !°),
ou 1168 !5, règne sept ans ; tué en 1175 '$.
I avait d'abord été templier
et avait apostasié 19,
A
VI. — ROUPEN IT, N. fille, VII. —(c) ROUPÉN JII, 1x. —(4)/LÉON Il,
sous la tutelle mariée baron en 1175 *, baron en 1187, épouse:
de Thomas, à Heéthoum I], épouse Isabeau , 1° Zabél ( Isabeau) d’Antioche, en 1189;
son cousin, fils d'Oschin IT, fille de Honfroy, 2° Sibylle, fille (du second lit) d'Amaury,
mort tout jeune prince scigneur de Thoron roi de Chypre, et d'Isabeau de Plantagenet,
à Hr'om-gla de Lampron 4, et de Krak, en 118: : reine de Jérusalem, en 1210 °°.
en 1170. Pi1072 — Sibylle était née après 1198,
| puisque son père se maria à cette époque **.
|
(e) Auicr (Aalis), (f) Pair rppa N. fille,
mariée en 1189 épouse, en 1189, Schahëénschah, épouse André, fils d'André IT,
à Heéthoum (Hayston de Sasoigne}, fils de Tchordouanél %t, roi de Hongrie *.
fils de T'chordouanél, prince de Sacouu #?, puis Théodore Lascaris,
et en 1144 empereur à Nicéc®s.
à Raymond, fils ainé de Boëmond le Bambe, |
prince d’Antioche, |
et frere de Boëmond le Borgnc *?. |
(g) Raymonp Rupi (Roupéx), RiTHa. (h) Consranr,
prince d'Antioche, mort en bas âge.
epouse, en 1210, Helvis ou Halvis,
deuxieme fille d'Amaury [*, roi de Jérusalem
et de Chypre,
et d'Eschive d’fbelin *?,
et deja mariée légitimement
à Endes de Dampierre.
(1) EscHive. (7) MARIE,
dame de Thoron,
cpouse
Philippe de Montfort,
seigneur de Tyr°e.
g
———
= pui me .
INTRODUCTION.
CXNI
épouse : 1° la
l,
IV. — LEON 1°
fille d'Isaac, frère de l'empereur Jean Comnène* ;
2° la sœur de Baudouin du Bourg, comte d'Édesse ;
baron en 1129, fait prisonnier et conduit à Constantinople, 1 136 ;
\. fille,
mariée à Josselin de Courtenay,
dit le Vieux*.
Tarroc ou TAPANUz ?.
|
ARDA,
mariée à Baudouin, frère de Godefroy de Bouillon,
en 1100";
répudiée et forcée d'entrer au couvent de Sainte-Anne,
N. Me N.
épouse le prince Vasil
Dgh'a”?.
lle,
Ve
TAoMAs.
fils de la tante maternelle
1189’.
SoEpx'axË épouse Ritha, CONSTANTIX ,
fille de Sémpad, fils naturel,
seigneur de Bebar'on est privé de la vue
Tu64%. par ses frères en 1139 ?!.
|
Dourra, N. fille.
mariée
à Bertrand de
Gibelet??,
ù Sémpad, Chronique, ad ann. 541 et 549.
* Guillaume de Tyr, X, 1; Albert d'Aix, Hist.
Hieros. I], m1; Ét. de Lusignan, Histoire de
Chypre, fol, 22.
* Sémpad, ad ann. 549 et 578. ;
* Bis. Hieros. XI, XL ; Du Cange, Histoire des
Principautez de Hierusalem, de Cypre et d'Arménie,
fol. 21 r°.
* Vahram, Chronique rimée.
| Aboulfarad), Chron. syr. p. 315; Matthieu
d'Édesse et Grégoire le Prêtre, ad ann. 585 et 586.
7 Sémpad, ad ann. 978, 585 et 588.
* Guillaume de Tyr, XIV, nr.
* Le même, X, 1.
” Le même, XI, 1; Ordéric Vital, lib. V,p. 576,
et VII, p. 689; Du Cange, Hist. ms.’des Princip.
fol. = r°,
‘Inscription de la chapelle du château d'Ana-
zarbe. (Inscriptions de la Cilicie recucillies par
M. Victor Langlois, P- 10-15.)
3 Vahram, Chron. rimée, et Samuel d’Ani
Chronographie, ad ann. 574. |
% Tchamitch, t. [{E, p. 62.
Histor. ARM. — I.
de Thoros IF °°,
ambassadeur arménien
à Antioche 5!
14 Aboulfaradj, Chron. syr. p. 365.
15 Sémpad, ad ann. 617.
16 Héthoum, Table chronologique, ad ann. 685.
17 Guillaume de Tyr, XX , xxv; Cinnamus, VI,
XI-XIL.
18 Sémpad , ad ann. 624,
19 Guillaume de Tyr, XX, xxvitr.
30 Le même, ad ann. 613.
1 Le même, ad ann. 585; Tch. t. IF, p. 51.
% Aboulfarad) , ibid. p. 323 ; Matthieu d'Édesse,
ad ann. 565.
35 Sëémpad, ad ann. 619.
3% Le même, ad ann. 600.
33 Le même, ad ann. 624.
4 Le même, ad ann. 636.
% Le même, ad ann. 630, 638 et 659.
38 Du Cange, Hist. ms. des Princip. fol. 13 r°;
Lignages d'oatre-mer, p. 343, et Étienne de Lusi-
gnan, Hist. de Chypre, ch. xxt1.
3% Paoli, Cod. diplom. t. 1, p. 517. — Dans
les Lignages d'outre-mer, chap. 1, p. 465, édit.
Beugnot, cette princesse est appelée Douce, niesse
dou roy Livon d'Ermenie. De Guignes, Hist. des
à Jérusalem "°.
Huns, t. I, p. 460, d'après l'édition des Lignages
donnée par le P. Labbe, l'appelle Clolet, leçon vi-
cieuse, mais qui se rapproche davantage de la vé-
nitable forme Doleta.
% Guillaume de Tyr, XX, xxvinr ; Aboulfarad),
Chron. syr. p. 365.
31 Vahram, Chron. rimée.
33 Sëmpad, ad ann. 643; Tchamitch, Histoire
d'Arménie, t. III, p. 141.
33 Charte de 1207; Contin. de Guill. de Tyr,
ms. G,p. 208 et 212.
% Sëmpad et Tchamitch, ibid. (n° 32).
3 Vahram, Chron. rimée, et Lignages d'outre-
mer, p. 445 et 462.
% Laporte du Theiïl, R. L. 54, Mss. de la Bi-
bliothèque impériale.
37 Lignages d'outre-mer, p. h43 et 445; Étienne
de Lusignan, chap. xxnr, et Du Cange, Hist. ms.
des Princip. fol. 21 r°; Innocentii III Epust. t. IT,
p. 155, édit. Baluze.
3% Vincent de Beauvais, Spec. hist. XXXJ, xxx;
Lignages d'outre-mer, chap. 1v, Ci dit des rois
d'Ermenie. |
O
première femme
INTRODUCTION.
2° TABLEAU.
SOUVERAINS DE LA PETITE ARMÉNIE.
PREMIÈRE BRANCHE : ROUPÉNIENS.
(SUITE.)
ROIS.
IX. — (k) LÉON II, dit le Grand,
sacré le 6 janvier 1198 ;'F 1219.
Après sa mort, sire Adam de Gaston exerce les fonctions
de baïle du royaume ou régent pendant deux ans,
au bout desquels il est tué par les Ismaéliens,
et remplacé par le grand baron Constantin !.
Rrrua, ESTÉPHÉMIE, (l) IsABEAU
née d'Isabeau d'Antioche, mariée à Jean de Brienne, roi titulaire de Jérusalem?. épouse: 1° X.— 2° ({ bis) Philippe,
fils de Boëmond le Borgne,
de Léon. prince d’Antioche, en 1222 *.
DEUXIÈME BRANCHE : HÉTHOUMIENS.
2° XI. — (m) HÉTHOUM [",
fils du grand baron Constantin, en 1226 ; 'F 12684.
(p) SIBYLLE
XII. —{n) LÉON HI,
épouse Boëmond VI, prince d'Antioche.
né en 1226,
épouse Guér'an, ou Kyra Anna,
(o) Tuoros, Rouprñrn,
tué en 1266, mort
le 24 août *. en bas âge !°.
fille du seigneur de Lampron ;
sacré en 1271; veuf le 29 août 1285 ?;
1289.
|
XIV.—(};) THOROS II,
épouse : 1° une fille de Gazan,
khan des Mongols ;
2° Helvis, autre fille de Hugues III,
roi de Chypre ;
d'abord seigneur de Babar'on :
XII. — (ù) HÉTHOUM II,
sacré en 1289;
pes Marguerite,
ille de Hugues III
de Lusignan, roi de Chypre ;
abdique en faveur
roi en 1297,
épouse : 1° Isabeau,
fille de Guy,
comte de Jaffa !°:
s°une princesse
de son neveu Léon IV, roi en 1294; tartare !?,
en 1305 , en prenant l'habit tué par son frère Sémpad
des Frères Mineurs en 1299 l*.
sous Île nom de frère Jean !*;
tué en 13074.
XVII. — (ss) LÉON IV N. fille,
épouse Agnès, admise
fille parmi les femmes
d'Amaury de Lusignan, de Gazan,
prince de Tyr;
roi après 1299 *;
tué en 1307 *°.
ee
XV,—(kk) SÉMPAD, XVI. — (I) CONSTANTIN I],
khan des Tartares ‘!.
(u) BoëmonD VIT. {v)IsaBeau. (x) Mare. (y) Lucit.
KVIIL. — (mb ÔSCHIN,
d'abord seigneur de Gaban, épouse :
1° Isabeau, sœur d'Amaury de Lusignan.
prince de Tyr;'F 1310;
seigneur de Gaban en 1277.
roi en 1299 !$.
2° en 1317, Anne (Jeanne, dans Rainaldi,
ad ann. 1318,$ 17),
fille de Philippe de Sicile,
prince de Tarente !?;
roi en 1308 %;"F 1320".
LS
XIV.— LÉON V, GEORGES.
né en 1310, d'Anne, succède à son père
à l'âge de dix ou douze ans * ; sacré roi en 1321 **:
épouse : 1° la fille d'Ôschin, comte de Gor'igos,
baile du royaume, qui est tuée par lui ;
2° Constance ou Éléonore,
fille de Frédéric II, roi de Sicile,
et veuve de Henri IT, roi de Chypre, en 1331 **;
mort sans enfants.
+ = = mm.
! Aboullaradj, Chron. syr. p. 458.
3 Continuation de Guillaume de Tyr, XXXI,
ni,p. J10; et Chartes des Roupéniens; Paoli,
Cod. diplom. p. 104-105, 379-380.
3 Sémpad, ad ann. 671.
‘ Le même, ad ann. 719 et 720.
5 Le méme, ad ann. 675.
8 Tchamitch, t. III, p. 270 et 282, et Confé-
rence du docteur Mékhithar de Daschir avec le légat
du pape à Saint-Jean-d'Acre, ci-après p. 689-696 ;
Lignage, d'outre-mer, p. 445.
7 Sémpad, ad ann. 714 et 720.
$ Continuat. de Sémpad, ad ann. 333 ; Lignages
d'outre-mer, p. 445.
* Contin. de Sëmpad, ad ann. 715; Aboul-
faradj, Chron. syr. p. 569.
19 Vahram, Chron. rimée.
Aboulfaradj, p. 570; D'Ohsson, Hist. des
Mongols, t. HI, p. 476.
13 Lignages d'outre-mer, ch. xviri, Ci dit des
heirs de Saiïette.
(g) FÉMIE
épouse Julien,
sieur de Saïete.
l
(r) RiTua
épouse le sieur
de la Roche.
INTRODUCTION.
13 Contin. de Sémpad, ad ann. 796 ; Et. de
Lusignan, ch. xx11: Aboulféda, Moslemici annales,
ad ann. 697; Tchamitch, t. III, p- 282.
4 Etat nominatif des selsneurs et feuda-
taires de la Petite Arménie, n° 5: Voir ci - dessus
P: LXXXIY.
5 Contin. de Sëmpad, «d ann. 748; Lignages
d'outre-mer, P- 444; Ët. de Lusignan, ch. xx et
xxIT. (Cet historien écrit Ghelvis 1e nom de la seconde
femme de Thoros III.)
18 Buchon, Recherches et matériaux Pour servir
à une histoire de la domination française en Orient.
1" partie, Tableau généalogique des rois chrétiens
d'Arménie.
7 Spondanus, Annales ecclesiastici »>t I, ad an-
num 1294 ,$ VIT; Continuation de Samuel d’Ani.
ad annum 746.
18 Contin. de Sémpad, ad ann. 748; Tcha-
mitch, t. IIT, p. 270.
" Contin. de Sëmpad, ad ann. 759.
* Le même, ad ann. 757.
|
(s) IsaBEAU. (t) Marre
épouse Guy d'Ibelin,
fils de Baudouin,
sénéchal de Chypre.
CXV
31 Contin. de Sémpad, ad ann. 769, et État
nominatif n° 3; ci-dessus, P: LXXXIIT.
3% Tchamitch, t. III, P: 279.
33 Etat nominatif, etc. n° 5.
3% Contin. de Sémpad, ad ann. 58.
% Lignages d'outre-mer, P- 444.
*% Tchamitch, t. III, p. 270 et 279.
Nicéphore Grégoras, VI, var.
* Aboulfaradj, Chron. syr. p. 574 et 584-585.
* Contin. de Sëémpad, ad ann. 748; Ét. de Lu-
signan, ch. xxr1.
30 Contin. de Sémpad, ad ann. 756.
SÙ Villani, VIII, xxxv.
3? Contin. de Sémpad, ad ann. =80; Aboul-
feda, Ann. mosl. ad ann. 697.
35 Aboulfeda, ibid. ad ann. 719.
* Contin. de Sëémpad, ad ann. 380; Villani,
XII, xxxix.
27
55 Ét. de Lusignan, ch. xxt1.
% Buchon, Rccherches et matériaux etc. 1° par-
tie, p. 395.
N. fille,
fiancée au Sahib-Pervané Mo’in-eddin
Soleyman,
principal ministre de Rokn-eddin,
sulthan d'Iconium ;
avant le mariage en 1267 "1.
(z) Bazrax (aa) JEnan. (bb) MarGuEnrTe, (cc) Tnoros
ie “ed 1e, mariée à Guy, épouse Sibylle,
ille
fille
seigneur de Gibelet.
(dd) Isa8Eac
épouse Héthoum
(Haythonus) l'historien.
du sieur de Gibelet.
(ee), FEMTE f) Isasgau
epouse Héthoum ( ccc}, pi
fils du maréchal Mancel
d'Arménie. de Buillon '?.
d'Oissin de la Roche.
(gg) Léon. (hh) Rrrna.
Le |
: ne (vo) ROUPEN, dit Alinakk, (pp) FU (gg) Rita où Mari * (rr) THÉOPHAN6, N. fille,
lo seigneur de Tarse, épouse Amaury de Lusignan, (reine): épouse, fiancée née
puis de Lampron, prince de Tyr, Tiag8tt. le G janvier 1296, à Jean l'Ange, d'une concubine,
. de Mauléon, fils de Hugues III, Michel, fils de Jean et mariée au fils
de Gouglag et de Roisso 33. roi de Chypre. fils d'Andronic le Vieux, sébastocrator ; du Sahib - Pervané
1309". | empereur T:296, Mo'in-eddin
de Constantinople.
|
avant le mariage. Soleyman ?*.
f
“rOHuGues, (au) Hexnr, En Le M ANSE Le)GUY. (vy } MARIE ANNE
on dit (appelée épouse : 1° Thomas,
FA POSGT: Constantin [I Aqnes comte de Céphalonie ;
à Sis, par Étienne 2° le neveu
js de Lusignan, de ce dernier, Thomas,
si mère,
ch. xx).
d espote d'Acarnanie
et d'Etolie ‘.
O0.
CXVI
INTRODUCTION.
3° TABLEAU.
SOUVERAINS DE LA PETITE ARMÉNIE.
TROISIÈME BRANCHE : LUSIGNANS:.
XX.— JEAN, dit CONSTANTIN IT, XXI. — GUY (Kouidon),
monte sur le trône en 1342. frère de Guy, épouse la cousine de Jean Cantacurène,
tué, par les grands du royaume, après un an de règne. puis la fille du grand échanson Syrgianès
(sire Jean);
roi en 1343 ; périt, comme son frère,
N. fille, après un règne de deux ans.
fiancée à Manuel,
troisième fils de l’empereur Jean Cantacuzène.
XXII. — CONSTANTIN IV,
fils du maréchal Baudouin,
épouse une fille de l'empereur d'Orient ;
roi en 1349 ; Ÿ 1362.
LEON. OscHin.
INTERRÈGNE.
PLUSIEURS COMPÉTITEURS, PARMI LESQUELS PIERRE I°', ROI DE CHYPRE,
REÇOIT DES ARMÉNIENS LE TITRE DE ROI.
XXII. — LÉON VI,
roi en 1365 ; fils présumé de Constantin IV,
et Arménien par sa mère,
épouse Marie, appelée par les Arméniens la reine Maroun,
nièce de Philippe de Tarente, empereur titulaire de Constantinople,
et parente de Louis [*, roi de Hongrie et de Pologne ;
fait captif par les Égyptiens, en 1375 ;
à Paris, le 1°’ dimanche de l'Avent (29 novembre) 1393. —
Marie , f à Jérusalem en 1404 ou 1405.
Pu'inna (Joséphine), PHILIPPE, Guy ou Guxor,
épouse Schahan, fils naturel. fils naturel,
comte de Gor'igos. archidiacre de Brie capitaine
en l'église de Panis. de la Tour d'Ambleux.
! Voir sur quelles autorités cette généalogie est établie, dans notre 683, ainsi que dans notre Histoire des Lusignans d'Arménie, Appen-
Note préliminaire du poëme de Mardiros (Martyr) de Crimée, p. 681- dice. p. 699-738.
INTRODUCTION.
CXVII
ä° TABLEAU.
TRANSMISSION DE LA COURONNE DE LA PETITE ARMÉNIE
DANS LA MAISON DE SAVOIE
PAR LES ROIS DE CHYPRE DE LA FAMILLE DES LUSIGNANS.
I — PIERRE 1°,
élu par les Arméniens pour leur souverain !.
(1359-1369.)
Il. — PIERRE II.
(1369-1382.)
III. —JACQUES !°.
(1382-1398.)
IV. — JANUS.
(1398-1432.)
V.— JEAN I.
(1432-1458)
VIT. — Jacques JT, dit le Bätard ,
(1460-1473),
épouse, en 1471,
Catherine Cornaro.
(1458-1460)
VI. — CuaARLOTTE
épouse, en 1448, son cousin germain Louis IT;
ANNE
epouse, en 1432,
Louis [°, duc de Savoie,
fils d'Amédée VIII.
LOUIS II,
comte de Genève,
fils puiné de Louis E*.
abdique, en 1482,
en faveur de son neveu,
Charles [*, duc de Savoie, dit le Guerrier,
fils d'Amédée IX.
a Rome le 16 juillet 1487.
‘Suivant le témoignage de Guillaume de Machaut dans sa Prinse
d'Alsandre (ci-après, p. 717, et 1bid. note 2), ce fut vers 1368 qu'un
Parti puissant et assez considérable parmi les Arméniens appela, pour
les gouverner, Pierre [", roi de Chypre. Le trône de la Petite Armé-
mie, sur lequel siégeait alors Léon VI, cousin de Pierre, était ébranlé
et presque ruiné pa
r les désordres intérieurs et les attaques des enne-
mis du dehors. Mai
? Q : . . . . .
s l'assassinat du prince chypriote, qui ent lieu à
Nicosie le 16 janvier 1369, empécba les effets de cette compétition,
et le titre de souverain de la Petite Arménie ne devint définitif et officiel
dans la famille des Lusignans de Chypre qu'après la mort de Léon VI, le
dernier des Lusignans d'Arménie, survenue à Paris, le 29 novembre 1 593.
Nous savons par un document contemporain, transcrit p. 736-737,
note 2, que, dès le commencement de l'année suivante, 1394, Jacques [°
portait ce titre, qui lui avait été reconnu par la nation arménienne.
INTRODUCTION.
CXVIHI
5° TABLEAU.
À
La
\ à
HETHOUMIENS ,
PRINCES DE LAMPRON.
ÔSCHIN IT, sébaste,
seigneur de Lampron, épouse Schahantoukhd, fille de Schahan,
frère de saint Nersès Schnorhali; fait prisonnier par Thoros [f,en 1151,
1 donne en otage son jeune fils Héthoum."f 1168 .
| | |
HETHOUM IT, sébaste, SÉMPAD, ABIRAD. SCHAHÉENSCHAH, GREGOIRE.
seigneur de Lampron, chambellan d'Arménie; nommé ensuite seigneur
épouse, en 1151, Nersès de Lampron, de Loulva,
N. fille de Thoros IT"; archevèque de Tarse; assiste au sacre
: assiste au couronnement de Léon IE, en 1198. né en 1153; de Léon Il,
Ce prince lui enlève Lampron, Ÿ 14 juillet 1198. en 1198.
et lui donne le monastère de Trazarg*,
où Héthoum finit ses jours.
| |
Oscuin II, CoNSTANTIN, GEOFFROY !*. N. fille,
fils aîné'5. creé seigneur de Lampron épouse le grand baron Constantin,
et thakatir baile d'Arménie.
par le grand baron Constantin.
Oscnix IT, N. Fa Le baron SÉmpan, fils ainé,
maréchal d'Arménie, mariée connétable d'Arménie, seigneur de Babar on ;
seigneur d'Asvour as à sire Adam de Gaston, auteur de la Chronique du royaume
et de Mar’ nisch ;"F 1295 !?. baile d'Arménie !#. de la Petite Arménie,
De cette fille descendent : né en 1208; le vendredi 6 mars 1276 '°.
Le baron LÉoN, connétable ?*.
SÉMPAD, (cc) HÉTHOUM , nn. Oscnis, GRÉGOIRE, (ddd) FHérnoux (Haythonus) l'historien,
succède à son père maréchal d'Arménie, créé seigneur de Gantchi créé connetable |
en 1295 pose Fémie (ee) , et sénéchal en 1277, seigneur de Gor'igos remplace Grégoire comme seigneur de Gor'igos ;
comme seigneur fille de Balian puis connétable par Léon If; et baile en 1277, épouse Isabeau d'Ibelin :
d'Asgour as, et de Marie. tué en 1308 par Léon III. Roc a
avec le roi Léon IV
et Héthoum Il
par le général mongol
Bilarghou-Khan*.
|
N. fils. N. fille. (ece) CONSTANTIN., (fff) (gg) LÉON. (hhh) Baupouin. (au) Dirra.
seigneur de Lampron, comte de Gor'igos, |
connétable ?#. baïle,
gubernator, reqiæ procurator *?,
tne en 1329 *.
HérTaoun, N. fille,
mort tout jeune epouse le roi Léon V,
en 13295 “1. en 1321.
émigre en 1072 de la province d'Artsakh avec ses frères, sa mère, sa femme
INTRODUCTION.
ÔSCHIN 1°"
et ses principaux officiers.
CXIX
HALGay
et Pazounr!,
frères d'Oschin.
Ï reçoit en possession héréditaire la forteresse de Lampron, du prince arménien Abëlgharib,
gouverneur de Tarse et de Mopsueste pour les Grecs.
Désigné sous le titre de ÂAomiérms, en arménien Asbed «commandant en chef,»
par Anne Comnène#;"# 1110.
, |
HETHOUM I", sébaste.
‘ SÉMPAD, N. lille,
mariée à Vasil,
Sehahan
[en ri,
'
Gécont CoNSTANTIN. MaRIE SCHOUSCHAN DazrTHA
se fait (Susanne). ou DoLFrTA.
religieuse ?.
JEAN VI,
archevéque de Sis,
catholicos en 1201 ?.
nl Licos *1, (aaa) MARIE,
bre. seigneur marié mariée à Jean d'Ibelin,
Fr de Gor'igos : à dame Agathe, seigneur d'Arsour,
établi nhhfu (eg. connétable du royaume
HR par son frère de Jérusalem ;
| comme lieutenant + en 125$.
du roi,
T126821.
Sire LEON
et trois filles ??.
! Tchamitch, t. III, p. 10; Matthieu d'Édesse,
ad ann. 546, et Samuel d'Ani, ud ann. 532.
? Alexiade, liv. XII, p. 276-277 (éd. de Venise).
* Sémpad, ad ann. 600; Vies des Saints, par
. B. Aucher, t. V, p. 316.
‘ Sémpad, ibid.
3 Le même, ibid.
* Le même, ad ann. 647.
7 Le même, ad ann. 6532.
. * J. B. Aucher, Vies des Saints, t. V, p- 351.
* Sémpad, ad ann. 600.
"* Le même, ad ann. 646.
‘1 Le même, ad ann. 600.
3 Aboulfaradj, Chron. syr. p. 485.
‘ Sémpad, ad ann. 647; et mon Extrait de
Guiragos, Journal asiatique, 1858, ch. xxr.
Guiragos, ibid. Sëmpad, ad ann. 665.
8 Mémorial d'une Bible de la bibliotheque
=
seigneur de Babar'on,
tué en 1:51.
frère de saint Nerses
| Schnorbali.
PAGOURAN Vaçac, Hazçcan I. Sire GEorrroY, RiTHA
succède à son père, seigneur seigneur épouse le prince
comme seigneur d'Asgour'as de roupénien
de Babar'on ?; et de Lamos !°. Sarvantik’ar "2. Sdéph'ané.
assiste au sacre
de Léon IT, en 1198.
(:z) CONSTANTIN,
grand baron, connétable, baïle d'Arménie,
épouse sa cousine N. fille de Héthoum F1 ;
Hr26i'e.
| | |
HÉTHOUM I, BasiLe, LEON.
roi d'Armenie, archevéque,
seigneur du couvent
de Trazarg*.
d'Édchmiadzin, apud M. Brosset, Rapports sur un
voyage archéologique en Géoryie et en Arménte,
1'* livraison, p. 28-29.
18 Aboulfarad)j, p. 484 ; Sëmpad, passim ; Tcha-
mitch,t. III, p. 265.
17 Contin. de Sémpad, ad ann. 741; Tcha-
mitch,t. I, p. 279 et 293.
18 Sémpad, ad ann. 665.
19 Lemême, adann.657 ; Aboulfarad), p. 580; Às-
sises de Jérusalem , Haute cour, ch.cxLv,t.[, p. 220.
% Tchamitch, t. HIT, p. 195.
#1 Mémorial de la traduction arménienne de
Michel le Syrien, Journal asiatique, 1848, cahier
d'octobre ; Rubruquis, Mémoires de la Société de géo-
graphie, t. IV, p. 322-395 ; Sémpad , ad ann. 714.
1 Mémorial d'un Evangile de la bibliothèque
du couvent de Venise, collection de Zohrab, Ms.
de la Bibl. imper. suppl. arm. n° 27.
JEAN.
évêque,
visiteur du couvent
de Konér, en 1280 ?!.
STÉPHANIE Où ÉTIENNETTE,
nommée aussi Emeline,
mariée vers 1237
au roi de Chypre,
Henri [°735,
3% Mémorial cite ci-dessus, note 21: Tcha-
mitch,t. IT, P- 199.
4 Mémorial de ma collection.
** Contin. de Guill. de Tyr, p. 408; Sanuto,
Secr. fid. cruc. p. 215.
26 Rainaldi, Annal, eccl. ad ann. 1 289,558 ; Sém-
pad, Liste des connét. Tch.t. IL, p-289,295et31.
?7 Collection précitée de Zohrab.
** Contin. de Sémpad, ad ann. 778, et Liste
des connétables.
3% Le chroniqueur Antonin de Forciglioni, dans
sa Summa historialis (tit, ax, cap. ir, S 6), dit
qu'Oschin de Lampron était oncle du roi Oschin.
Rainaldi, ad ann. 1322, S 46: 1323,S 4 et G
Contin. de Sémpad, ad ann. 563.
% Contin. de Sémpad, ad ann. 778.
‘ Le même, ad ann. 774.
4 Le même, ad ann. 770.
INTRODUCTION.
CXX
6° TABLEAU.
BRANCHE DE LA FAMILLE DES ARSACIDES DE PERSE,
DITE SOURÉN-BAHLAV,
TIGE DES CATHOLICOS OÙ PATRIARCHES D’ARMÉNIE,
CONTINUÉE JUSQU'A L'EXTINCTION DU PATRIARCAT DANS CETTE BRANCHE.
ARDAZ,
descendant des patriarches saint Grégoire l'Iuminateur et saint Sahag (Isaac) le Parthe'.
APOUGH'AN.
|
KRIKORIOS (GREÉGoIRE),
épouse Schouschan;f 434 de l'ère arménienne — 985 de J. C.
Vaçac, VaHRan. Dixran (TIGRANE).
seigneur de Pëdchni ; à
#420E. A.— 971 de J. C.?. '
Grécoine (Magistros), GRÉGOIRE, SÉMPAD'. APOUGH'AMR
duc de la Mésopotamie. ‘1047. vivait en 1031.
7 | | | l
VAHRAM, surnommé GRÉGOIRE II, Vacac, Vasiz. PuiLiBBë. N. fille,
dit Vgaiacér (l'Ami des Martyrs), duc d'Antiocheÿ,. mariée à Vacag, fils d'Abirad,
patriarche d'Arménie, fils de Haçan.
1065-1105.
| Le
Basize [*, Haçan. GREGOIRE, ABÉLDCHAHAB.
archevêque d'Ani, et ensuite patriarche curopalate d'Orient ;
dans l'Arménie orientale, Ÿ 1090.
1082-1093°.
f
ABIRAD, Basie IT,
vers 1174. archevéque d'Ani,
siége comme patriarche
dans l'Arménie orientale,
T'180°.
KRIKOR (GRÉGOIRE )'?. _ Miuaiz, GRÉGOIRE IV, N. fille,
seigneur de Gargar” dit Dgh'a (l'Enfant), mariée à Tchordouanél,
et de Bébou. patriarche d'Arménie, de la famille des Mamigoniens,
1173-1180. seigneur de Saçoun.
HErnou, SCHAHËNSCH AU,
marié à Alice, marié à Philippa,
fille du prince Roupén IT]: sœur d'Alice !*.
mai 1189 '*.
INTRODUCTION.
N. fille.
CXXI
ABIRAD, VAHRAN. Vacac. GRÉGOIRE ?,
seigneur de la forteresse sacré par Grégoire IT,
de Dzovk'?; en qualité d'évêque
tan des Arméniens d'Egypte.
? % 4 2 l La À
Vasiz (l'aîné), SCHAHAN, GRÉGOIRE II], NERSES, ABËLGHARIB, Licos,
hérite de Drovk’, général des troupes dit le Bahlavouni, surnommé Schnorhali .
| seigneurs de Bir
seigneur arméniennes. ou le Parthe, (le Gracicux), {Birah) 1
de Gargar °. patriarche d'Arménie, patriarche d'Arménie, |
1113-1166 10.
N. fils ou fille. GREGOIRE VI, dit Abirad
(le Méchant),
patriarche d'Arménie,
1195-1202.
GREGOIRE V, dit Manoug
(le Jeune Homme),
patriarche d'Arménie,
1193-1195 !,
! Tchamitch, Histoire d'Arménie, t. I, p. 851
el 939.
* Matthieu d'Édesse, chap. xn de sa Chronique
complète, t. I” de la Biblioth. historique arménienne.
* Inscriptions de la ville d'Ani dans Schakha-
thouni, Description du couvent palriarcal d'Échmiad-
in et des cinq districts de l'Ararad, imprimerie de ce
couvent, 2 vol. in-8°, 1842, et dans Sarkis Djala-
Hisror. arm. — |.
1166-1173.
liants, Voyage dans la Grande Arménie, Tiflis, 2 vol.
in-4°, 1842 et 1858; et Tchamitch, t. II, p. 938.
‘“ Açogh'ig, Abrégé d'histoire universelle, Y, 111,
$ 41; et Inscriptions d'Ani.
5 Matthieu d'Édesse. chap. cxr.
* Tchamitch, t. III, p. 7.
7 Le même, ibid. p. 32.
* Le même, ibid. p. 18.
* Matthieu d'Édesse, chap. cexxxur, et Tcha-
mitch, tbid. p. 32.
1© Matthieu d'Édesse, chap. ccuix.
1 Le même, chap. ccrv; Tchamitch , ibid. P- 39.
Tchamitch, 1bid. p. 147.
13 Le connét. Sëmpad, Chronique, ad ann. 638.
14 Le même, thid.
1 Tchamitch, ibid. P: 159.
CXXII INTRODUCTION.
7° TABLEAU.
ÉMIRS TURKOMANS DE CAPPADOCE,
DE LA FAMILLE DE DANISCHMEND.
MOHAMMED ou ISMAÏL,
fils de Danischmend,
s'empare de Sébaste, de Césarée et du Pont en 477 de l'hégire,
1396 de l'ère des Grecs (1085 de J. C.);
1417 (1106), après avoir régné deux ans à Mélitène !.
Ïl laisse à sa mort douze fils, dont l'ainé,
AMIR GHAZI,
se défait de ses frères et succède à son père ?.
Guazi,
combat Arab, fils du sulthan Kilidj-Arslan 1°,
et le défait en 1438 (1127).
SON&oOR (Sangh'our).
Kilidj-Arslan 1° lui enlève Mélitène
en 11006.
N reçoit du khalife de Perse le titre et les insignes de Mélik;
T 529 hég. 1446 (1135).
Mézix-MonaumED où MÉzik-Maumoun, YAGAN. DoLaTx ou Doaun, YAKOUB-ARSLAN, Bazpouxu,
émir de Mélitène:; émir d'Ablastha, dans le district de Dchahan. prend possession émir
il s'établit à Césaree Ses possessions lui sont enlevées de Mélitène de Samosate ?.
qu'il restaura en 1446 (1135). par Mélik-Mohammed en 1454 (1113);
Sa veuve, la Khathoun, en 1448 (1135). + 1475 (1164).
épouse Yakoub-Arslan,
I se rend maître de Mélitèeneen 1454(1143);
en 1462 (1151).
Il'avait épousé la fille du frère de Mac'oud,
sulthan d'Iconium *.
IL avait épousé
frère de Mohammed. une fille
du sulthan Mac'oud.
DsouLnoux Aadoëyns 5, Jonas, ALipas'l, [BRAIN , Ds'oci.-KARNEIN, ISMAÏL,
succède à son père, emir émir émir succède à son père !f, fils d’un frère de Yakoub - Arslan !*,
à Césarée; de de de émir de Cappadoce, à Sébaste.
le sulthan Kilidj-Arslan 11 Macara!. Sébaste. Mélitène?. [Il avait épousé la sœur du sulthan Kilidj-Arslan 1],
s'empare de cette ville | veuve de Yakoub-Arslan,
en 1480 (1169). : qui était par conséquent sa tante.
Dsoulnoun I fut tué par les grands de Sébaste
avait eu en partage en 1484 (1173), et remplace
Césarée et Scbaste par son oncle paternel {lisez cousin) Dsou'Inoun.
en vertu du testament Celui-ci étant allé chercher
du sulthan Mac'oud®?. du secours à Damas, auprès de Nour-Eddin,
| contre les attaques du sulthan, ceux de Sébaste l’appelèrent
et lui remirent cette ville.
MonawMep, ABou'L-KAGEM, FÉrinoux (Afridoun\, Kilidj-Arslan +. ss Es la mort . à un
émir de Mélitène, son frère cadet, est mis à sa place frère puiné à PARENT à LnOUR en 1488 04 1);
devenu odieux la même année. d'Aboul-Kacem , LL Su bee Sébaste, Néocésarée GE Comes
« habitants H allait épouser la fille le remplace Re RU RULES
re P : RU de le l’empereur Manuel Comnèene.
de cette ville, de Kara-Arslan, et épouse la jeune fille Lis = léià 83
en sort émir de Zaïd (Iisn-Zeyad) destinée à ce dernier. PHOISARSS RE ue, e 14 . (1172)
en 1481 (1170). ou Kharpert et de Hisn-Keila, D AUTeneU mate pioneer,
lorsqu'il meurt appartenant aux autres princes de la dynastie
Tahochau de ri de Danischmend, mit ainsi fin à cette dynastie,
ès une durée de 122 ans '.
en 1483 (1172). id
1 Aboulfaradj, Chron. syr. p. 293. * Nicétas Choniates, p. 61 (éd. de Venise).
? Tchamitch, t. II, p. 24. 9 Aboulfaradj, Chron. syr. p. 331 et 332. ”
3 Aboulfaradj, ibid. et Michel le Syrien, Chronique. 1 Ménologe arménien , 28 juillet ; et Tchamitch, t. IIT, p. 178.
* Aboulfarad;, p. 347. * Aboulféda, ibid. et Tchamitch, t. IT, p. 49, loc. laud.
$ Le même, p. 360.
3 Aboulfaradj, p. 347.
'& Michel le Syrien, Chronique.
5 Aboulfaradj, Chron. syr. p. 381.
‘ Le mème, p. 349.
7 Vartan, list. univers. et Matthieu d'Édesse, ch. cxLvi.
# Aboulféda, Moslemici annales, t, III, p. 597.
INTRODUCTION. CXXILI
LISTE ALPHABÉTIQUE
DES SOUVERAINS, PRINCES ET SEIGNEURS, D'ORIGINE EUROPÉENNE,
QUI S’ALLIÉRENT À LA FAMILLE ROYALE D'ARMÉNIE OU À LA FAMILLE DES HÉTHOUMIENS DE LAMPRON.
Ana (Sire), sorti des rangs de la noblesse d'Occident, pour se mettre à la solde des empereurs
de Constantinople: puis seigneur de Bagras, château du territoire d’Antioche, et plus tard
entré au service du roi Léon IT, qui le crée seigneur de Gaston et sénéchal d'Arménie; il
épouse la fille de Constantin LE Lampron, le thakatir. (Voir {a signification de ce titre,
p. Lxx1v.) |
Acxès, fille d'Amaury de Lusignan, prince de Tyr et de Sidon, épouse son cousin germain, le roi
Léon IV.
Amaury DE LusiGnan, prince de Tyr et de Sidon, fils de Hugues IIT, roi de Chypre, épouse Isabeau ,
fille du roi Léon IIT et de Guer’an (Kyra Anna) de Lampron.
Anoké, fils du roi de Hongrie, André IT, épouse N. troisième fille de Roupên IIT, prince régnant
de la Cilicie et sœur d'Alice et de Philippa.
Anne ou Jeanne, fille de Philippe de Sicile, prince de Tarente, empereur titulaire de Constanti-
nople, épouse le roi Oschin, veuf d'Isabeau, fille de Hugues IIE, roi de Chypre.
Bazran D'IBeuin, fils de Guy, connétable de Chypre, épouse Alice, fille du prince de Lampron
(le seignor dou Lambron).
Bavvouix DE BouLocxe, frère de Godefroy de Bouillon, épouse Arda, fie de Taphnuz ou Tafroc
(Thoros), et petite-fille de Roupên I”, fondateur de la dynastie des Roupéniens; plus tard
répudiée.
Bauooun pu Boure, comte d'Édesse et ensuite roi de Jérusalem, marie sa sœur à Léon [”, prince
régnant de la Cilicie.
BerrrAND DE GiBeer, épouse Doleta, fille du prince roupénien Sdéph'anê et sœur de Léon II.
Bormono IV, prince d’Antioche, épouse Sibylle, fille du roi Héthoum [* et d'Isabelle d'Arménie.
Consrance ou ÉLéonore, fille de Frédéric IL, roi de Sicile, et veuve de Henri II, roi de Chypre,
épouse le roi Léon V. |
FEMIE, fille de Balian, sieur de Gibelet, épouse Héthoum de Lampron, maréchal d'Arménie.
Guy, sieur de Gibelet, épouse Marguerite, fille de Julien de Saïette et de Fémie, fille du roi Hé-
thoum [°.
Guy D'Iseu, fils de Baudouin, sénéchal de Chypre, épouse Marie, autre fille de Héthoum 1°.
Hecvis ou Hazvis, fille d'Amaury de Lusignan, roi de Chypre, et d'Eschive d'Ibelin , d'abord mariée
à Éudes de Dampierre, lui est enlevée et est ensuite épousée légitimement par le petit-neveu
de Léon IT, Raymond Rupin, prince d'Antioche.
Hezvis, fille de Hugues IIT, roi de Chypre, épouse le roi Thoros III.
Henri 1°, roi de Chypre, fils de Hugues [”, épouse en secondes noces Stéphanie, fille du grand baron
Constantin de Lampron et sœur de Héthoum I".
Isaseau, fille de Honfroy, seigneur de Thoron et de Krak, épouse Roupén III.
Isaëeau, princesse de la maison d'Antioche, épouse Léon Il, pendant qu'il était encore prince ré-
gnant de la Cülicie.
Isaseau, fille de Guy d'Ibelin et de Fémie, fille de Héthoum [”, épouse Héthoum de Lampron,
comte de Gor'igos, connétable d'Arménie, l'historien Haython.
Isaseau, fille de Hugues ILE, roi de Chypre, et sœur d'Amaury, prince de Tyr et de Sidon, épouse
le roi Oschin.
Isaseau, fille de Guy, comte de Jaffa, épouse le roi Sémpad.
CXXI INTRODUCTION.
Jean L'ANGE, fils du sébastocrator Jean, fiancé à Théophanû, fille du roi Léon IIT et de Guér'an
(Kyra Anna) de Lampron:; morte avant la célébration du mariage.
Jean DE BRIENNE, roi titulaire de Jérusalem, veuf de Marie de Montferrat, épouse Estéphémie, fille
du roi Léon IT et d'Isabeau d'Antioche.
Jean D'ÎBeuin, seigneur d'Arsour et connétable du royaume de Jérusalem, épouse Marie, fille du
grand baron Constantin de Lampron.
Josseuin pe Counrenay, dit le Vieux, épouse N. fille de Constantin [°, prince régnant de la Cilicie.
Juuen, sieur de Saïette, épouse Fémie, fille de Héthoum I“.
Manuez., troisième fils de l'empereur Jean Cantacuzène, fiancé à N. fille de Jean de Lusignan, dit
Constantin ÎIT, roi d'Arménic; mais non marié par la rupture de ce projet d'union.
Marçuertre, fille de Hugues IIL, roi de Chypre, épouse le roi Héthoum II.
Marie, appelée par les Arméniens la reine Maroun, petite-nièce de Philippe de Tarente, empereur
titulaire de Constantinople, épouse Léon V1 de Lusignan, dernier roi d'Arménie.
Marie, fille du sieur de Gibelet, épouse Balian, fils de Julien de Saïette et de Fémie, fille de
Héthoum [°.
Micnec PaLéouoGue, empereur d'Orient, fils d'Andronic IT, épouse Ritha (Marguerite), autrement
appelée Marie, fille de Léon III ei de Guér’an (Kyra Anna) de Lampron.
N. fille du sébastocrator Isaac Comnène, épouse Léon [‘, prince régnant de la Cilicie.
N. cousine de l'empereur Jean Cantacuzène, épouse Guy de Lusignan, roi d'Arménie.
N. fille de Syrgianès (sire Jean), grand échanson à la cour de Byzance, épouse le précédent Guy
de Lusignan, resté veuf et sans enfants.
N. sieur de la Roche, épouse Ritha (Marguerite), fille de Héthoum I".
Pauvre, fils du prince d'Antioche, Boëmond le Borgne, épouse la fille de Léon II et de Sibylle
de Lusignan, Isabelle d'Arménie, mariée en secondes noces à Héthoum I".
Pauipre D'IBeuin, fils de Guy, connétable de Chypre, épouse Marie, fille du baron Vahram (Veheran),
comte de Gor'igos et maréchal d'Arménie.
Paiuippe DE Monrronr, seigneur de Tyr, épouse Marie, dame de Thoron, fille de Raymond Rupin,
prince d'Antioche et petit-neveu de Léon II.
Raymonn, fils aîné du prince d’Antioche, Boëmond le Bambe, épouse Alice, fille aînée de Roupén II
et veuve du prince arménien Héthoum de Saçoun (Haysthon de Sasoigne).
SiBYLLE, fille d'Amaury de Lusignan, roi de Chypre, et. d'Isabeau de Plantagenet, reine de Jéru-
salem, épouse Léon IT, divorcé avec Isabeau d'Antioche.
SByLLE, fille d'Oissin de la Roche, épouse Thoros, fils de Guy d'Ibelin et de Marie, fille de Hé-
thoum °°.
Taéonore Lascaris, empereur à Nicée, épouse Philippa, fille de Roupèn III et veuve du prince
arménien Schahënschah, de Saçoun.
Taomas, comte de Céphalonie, épouse Anne, fille de Michel Paléologue et de ié Ritha,
fille du roi Léon IIL.
Tuomas, despote d'Acarnanie et d'Étolie, neveu du précédent, épouse Anne, sa veuve.
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MATTHIEU D’ÉDESSE.
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NOTE PRÉLIMINAIRE.
Avant de reproduire la partie de la Chronique de Matthieu d'Édesse où il
raconte la première croisade, Jai cru devoir lui emprunter les chapitres où,
retraçant les expéditions des empereurs Nicéphore Phocas et Jean Zimiscès
dans la Mésopotamie, la Syrie et la Palestine, 11 nous rappelle les premières
tentatives des chrétiens pour reprendre aux musulmans les lieux sanctifiés
par l'œuvre de la Rédemption, tentatives que l'on peut considérer comme le
prélude de la conquête qui assura l'établissement de l'empire des Latins en
Orient. Le récit de ces expéditions se rattache essentiellement à l'histoire de
nos guerres saintes d'outre-mer. En effet, cette histoire ne saurait être bien
comprise si elle n'est éclairée par l'étude des faits qui préparérent la scène
où nos ancêtres vinrent jouer un rôle si glorieux : la domination arabe; les
invasions des Turcs seldjoukides, avec lesquels 1ls eurent tant de fois à se
mesurer; l'origine des principautés que les enfants de Seldjouk fonderent en
Perse, dans le nord de la Syrie et dans l'Asie Mineure; les luttes des empe-
reurs grecs contre les princes de la puissante famille arabe des Hamadanites,
qui possédait le nord de la Syrie et la Mésopotamie, et contre les khalifes
fathimites; enfin ces pélerinages qui, depuis le vi° siècle, conduisirent de
tous les points du monde chrétien tant de pieux visiteurs au tombeau du
Christ. C'est ainsi que le plus savant annaliste de la Palestine, Guillaume de
Tyr, en décrivant la marche des Franks, a toujours soin de jeter un coup
d'œil rétrospectif sur les lieux où ils plantérent leurs drapeaux victorieux, et,
dans ces derniers temps, MM. Michaud! et Wilken*? ont cru devoir remonter
jusqu'à l'époque où Constantin releva l'étendard de Ja Croix dans l'église du
Saint-Sépulcre, à Jérusalem.
L'un des plus précieux documents qui nous restent de cette période anté-
rieure à l'arrivée des Franks dans la Ferre Sainte, et que nous a transmis
Matthieu, est la relation de la brillante campagne que Zimiscés entreprit dans
la Syrie et la Palestine, et qu'il a racontée lui-même dans une lettre adressée
à Aschod IIT, dit le Miséricordieux, roi de la Grande Arménie. Nous pouvons
suivre maintenant d'étape en étape la marche de ce prince, décrite avec des
détails qui n’ont été connus ni de Léon le Diacre ni d'aucun autre chroni-
queur byzantin.
2? Geschichte der Kreuzzüge; Leipsig, 7 vol. in-8°;
1 Histoire des Croisades, 8° édition: Paris, 1853,
1807-1832.
4 vol. in-8°.
Hiernn anse ___F
1
2 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
L'authenticité de cette pièce, qui provient sans doute des archives des rois
bagratides d'Ani, ne saurait être mise en doute, car les fautes mêmes que l'on
y remarque prouvent qu'elle a été traduite en arménien sur un original grec.
Dans quelques passages, cette version nous offre des noms propres conser-
vant les inflexions grammaticales qu'ils avaient dans le texte primitif : on y lit
U atunmñ, Vridoun, qui est le nom de la ville de Béryte à l'accusatit, Bipuro»;
nfnejoh, OVOUlÔN, transcription du génitif pluriel 6661wv, oboles.
Si Matthieu d'Édesse tient à l'histoire des croisades par les souvenirs qu'il
évoque et qui lui sont antérieurs, il s'y rattache encore bien plus étroitement
par la narration des faits contemporains dont il a été le témoin oculaire. En
. parcourant les pages de son livre, nous voyons comment se forma et grandit
peu à peu le royaume de la Petite Arménie, comment s établirent et se dé-
veloppèrent d'une manière de plus en plus intime les relations de ce royaume
avec les États latins du voisinage. En nous parlant des événements qui eurent
pour théâtre le comté d'Édesse, lorsque cette ville obéissait à des princes
français (1098-1144), et de ceux qui s'accomplirent alors dans la Comagéne,
dans les parties septentrionales de la Syrie, la principauté d'Antioche, et dans
la Cilicie, 11 est neuf et original, et aucun des historiens arabes, syriens, grecs
ou latins de cette époque ne saurait le suppléer.
Dans la Préface de la Chronique de Matthieu d'Édesse, que j'ai publiée pré-
cédemment, | ai cherché à apprécier son mérite comme historien, l'influence
exercée sur lui par sa nationalité, par le caractère sacré dont il était revêtu, et
le siècle où il vivait. Dans sa narration, esquissée d'une main rude et sans art,
avec les formes incorrectes du langage vulgaire usité de son temps, et où
éclate souvent la passion politique et religieuse, 11 nous apparaît quelquefois
éloquent avec simplicité, toujours véridique dans sa rude franchise, dihigent
dans ses investigations, et généralement bien informé. J'ai discuté les sources
où 11 a pu avoir accés, et J'ai montré les différences tranchées qu'il présente
avec les écrivains byzantins ou orientaux contemporains, et avec ceux aussi de
sa propre nation. En m'en référant à ce que j'ai dit dans ma publication pré-
citée, Je crois devoir me borner ici à transcrire les courts détails que Jai pu
réunir sur la vie de Matthieu. Malheureusement 1l en est pour lui comme pour
tous les autres écrivains de sa nation, leur biographie nous fait défaut. La lit-
térature dont ils émanent, si riche en monuments de l'histoire religieuse ou
politique, n'a rien produit d'analogue à ce qui constitue pour nous l'histoire
httéraire, et nous ne pouvons retracer cette biographie qu en la composant avec
des traits épars çà et là et insufhisants. Tout ce que nous savons à cet égard est
ce qu'il nous apprend lui-même dans les prologues de sa 2° et de sa 3° partie.
H se donne le surnom ethnique d'Our haïetsi, (l.n$ykgk, c'est-à-dire habitant
ou plutôt natif d'Édesse (fer $wy, Our'ha'); et, en effet, 11 ajoute immédiate-
ment que cette cité lui avait donné le jour; quelques lignes plus loin, il se
qualifie de vanéréls, fuub#kg, où supérieur de couvent. La date de sa naissance
et de sa mort nous est inconnue. Ce qui est indubitable, c'est que son exis-
tence dut se prolonger au delà de 1136, année où se termine son livre. C'est
1 Bibliothèque historique arménienne, t. K*; Paris, 1858, in-8°.
s RS QE gr
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 3
sans aucun fondement qu'un historien arménien moderne, le P. Michel Tcha-
mitch!, a supposé, et que CGirbied a répété, que Matthieu, déjà trés-avancé
en âge, fut enveloppé dans le massacre des habitants d'Edesse lorsque cette
ville fut prise, en 1144, par Emad-eddin Zangui, prince de la dynastie des
Atabeks de Syrie et père du fameux Nour-eddin. H paraît qu'il y passa la plus
grande partie de sa vie, puisqu'i affirme que c'est là qu'il rassembla et mit
en œuvre les matériaux de sa Chronique, dont les deux premières parties seu-
lement lui avaient coûté quinze années de recherches persévérantes. On peut
inférer de ce qu'il dit au chapitre cut (Extrait Il) que plus tard il s'était retiré
à K'éçoun, ville du nord de la Comagène, qui appartenait alors, ainsi que
Marasch, à un prince latin nommé Baudouin, lé Balduinus de Mares de Guil-
laume de Tyr°. En effet, ses paroles semblent indiquer qu'il était à K'écoun,
lorsque l'émir de Cappadoce Amër-Gazi, fils de Mohammed Ibn-el-Danisch-
mend, vint en faire le siége en 1136; et, en parlant de Baudouin, il l'appelle
notre comte, comme s'il voulait faire entendre qu'il dépendait de ce prince.
J'ai eu pour faire ma version trois manuscrits de la Bibliothèque impériale
de Paris, cotés sous les n° 95 et 99 de l'ancien fonds arménien, et le troi-
sième classé dans le supplément. Le premier, que je désignerai par la lettre À,
est tracé avec assez d'élégance sur cette. sorte de papier de coton appelée
improprement papier turc, dans la forme d'écriture cürsive que l'on nomme
nôdrakir, tonpwshn (écriture de notaire ou de chancellerie), et dont on fait
remonter l'usage au commencement du xvi° siècle. Le texte de ce manus-
crit, qui est ordinairement assez correct, comprend les cent vingt premiers
chapitres de la Chronique de Matthieu, jusqu'a l'année 530 de l'ère armé-
nienne (1% mars 1081-28 février 1082). Le manuscrit n° 99, indiqué ici
par la lettre B, a été transcrit, sur papier d'Europe, en caractère nôdrakir, à
double colonne, par un scribe à la main inhabile et ignorant, qui a fait dans sa
copie tant de fautes et d'omissions, qu'il l'a rendue souvent inintelhigible ; mais
ce manuscrit est plus complet que le précédent, puisqu'il va jusqu'au chapitre
ccvir inclusivement, 560 de l'ère arménienne (22 février 1111-21 février
1112). Le troisième manuscrit, coté C, est une copie des cent trente-deux der-
niers chapitres de la Chronique de Matthieu et de la continuation de Grégoire
le Prêtre, qui a pour limites l'année 611 (9 février 1162-8 février 1163).
Cette copie a été faite en 1849, d'après ma demande, par un jeune et savant
religieux, le R. P. Khoren Calfa, sur cinq exemplaires que possèdent les RR.
PP. Mékhitharistes dans leur bibliothèque du couvent de Saint-Lazare, à Ve-
nise, et dont il a eu soin de noter en marge les variantes. Je distinguerai
ces cinq exemplaires par les doubles lettres Ca, Cb, Cc, Cd et Ce. Le texte
de mon premier fragment de Matthieu a été établi d'aprés les manuscrits A
et B; celui du second, d'après les manuscrits B, Ca, Cb, Cd et Ce, jusqu'au
chapitre Lvir inclusivement, à partir duquel je n'a1 plus eu que le manuscrit
Ca pour me guider.
1 Histoire d'Arménie, t. III, p. 67. —? Notices et extraits des manuscrits, t. IX, 1" partie, p. 279. —
3 Liv. XVI, ch. xrv et xvir.
l EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
L.
EXPÉDITIONS
DE NICÉPHORE PHOCAS ET DE JEAN ZIMISCÈS
DANS LA MÉSOPOTAMIE, LA SYRIE ET LA PALESTINE.
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Ubbhbgeag lb dE dis Jen. ff Eunlp wntine gr sulqu np gSupum du? puqup. b uit.
1 B. Qhibhkgung. — 2 B. gSwpuhuu.
TRADUCTION.
I. En l'année 412 (31 mars 963-29 mars 964), Nicéphore (Néguiph'ôr) régna
sur les Grecs’. C'était un homme de bien, saint, animé de l'amour de Dieu, plein
de vertu et de justice, et en même temps brave et heureux dans les combats. Misé-
ricordieux pour tous les fidèles du Christ, il visitait les veuves et les captifs, et
nourrissait les orphelins et les pauvres?. Ayant réuni une armée immense, il tra-
versa la mer Océane” et marcha contre les musulmans. Rugissant comme ua lion, il
s'avança avec impétuosité contre la Cilicie, et, après avoir remporté une insigne
victoire, il se rendit maître de la célèbre ville de Tarse*. De là 1l vint s'emparer
1 Nicéphore, fils aîné du Domestique d'Orient
Bardas Phocas, fut couronné dans l’église de Sainte-
Sophie, par le patriarche Polyeucte, le dimanche
16 août, après avoir été proclamé empereur par
J'armée d'Orient, campée devant Césarée de Cappa-
doce, le jeudi 2 juillet de l'an du monde 6471,
indiction vi — 963. (Cedrenus, p. 507 et 508';
cf. Léon le Diacre, éd. Hase, in-folio, p. 204, et
M. Éd. de Muralt, Essai de chronographie byzantine;
Saint-Pétersbourg, 1855, in-8°, p. 539.)
2 Ce bel éloge que fait Matthieu d'Édesse de
Nicéphore contraste avec ce que disent Cedrenus,
Zonaras, Glycas, de son avarice et de sa cruauté.
Cependant le témoignage de Matthieu n'est pas
sans importance; il a d'autant plus de poids que
ce chroniqueur est ordinairement d’une partialité
extrême contre les Grecs.
$ Le mot Océan, chez les Arméniens, désigne
aussi la Méditerranée, et cette appellation se re-
trouve déjà dans Moïse de Khoren, qui écrivait au
v° siècle. (Histoire d'Arménie, I, 14, et II, 12; cf.
Mëkhithar-abbé, Dictionnaire des noms propres.)
4 La seconde année de son règne, au mois de
juillet, indiction vn — 964, Nicéphore partit pour
la Cilicie, à la tête d’une armée considérable, com-
posée d'impériaux et d’auxiliaires ibères et armé-
niens:; il soumit les villes d’Anazarbe, Rhossus et
Adana, et quantité d’autres places. Comme l'hiver
était déjà prochain, il n’osa point attaquer Tarse et
Mopsueste, et alla hiverner en Cappadoce. Au re-
tour du printemps, il rentra en Cailicie, et, ayant
divisé son armée en deux corps, il confia l'un à son
frère Léon, en l'envoyant contre Tarse, tandis
qu'avec l’autre corps il s’avançait lui-même contre
Mopsueste. Après un siége rigoureux, cette ville, qui
souffrait en même temps de la famine, fut emportée
de vive force. Mais Léon ne fut pas d'abord aussi
heureux; ayant fait partir un détachement, sous la
* Les pages des auteurs byzantins cités en note sont celles de l'édition de Venise, ex typograpkhia Bartholomæi Javarina et typis
J. Baptistæ Pasquali, in-folio, MDCCXXIX-MDCCXXXIIT. Pendant le cours de mon travail, j'ai eu cette édition sous les yeux,
sans cesser, toutefois, de recourir à celle de Bonn ct de profiter de ce qu’elle a pu m'offrir de neuf et d'utile.
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DE MATTHIEU D'ÉDESSE.
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d'Adana, de Mëcis (Mopsueste), de la grande cité d'Anazarbe; il fit un horrible
carnage des musulmans (Dadjigs) ’ et les poursuivit jusqu'aux portes d'Antioche*.
Après ces magnifiques succès, il s'en retourna, traînant après lui une multitude de
captifs et chargé de butin, et rentra à Constantinople, sa capitale. Il garda auprès
de lui Basile et Constantin, fils de Romain, et leur donna pour habitation son
palais, où ils étaient traités avec une haute distinction et les plus grands honneurs.
IT. En l'année 412, un homme digne des derniers châtiments était retenu pri-
sonnier dans une île; il se nommait Zimuscès (Tchéméëschguig) “. L'impératrice
conduite de Monastériotès, pour aller fourrager et
chercher des vivres, ce détachement fut battu dans
une sortie des habitants de Tarse. Ces derniers,
pressés par la famine et par l'armée grecque, dé-
putéreut à Léon pour le prier d'intercéder en leur
faveur auprès de l’empereur, et se rendirent. Nicé-
phore, après avoir incendié les autres villes de la
Gilicie, reprit le chemin de Constantinople, au
mois d'octobre, indiction 1x — 965. (Cedrenus,
p. 512-513; cf. Zonaras, t. II, p. 158.)
! Le mot Dadjig fut appliqué anciennement par
les Arméniens, comme le mot Scythe par les Grecs
et les Romains, à tous les peuples nomades. Dans
Matthieu d'Édesse, les Dadjigs sont les musulmans
en général, et quelquefois, dans un sens spécial,
les Arabes. Aujourd'hui les Arméniens compren-
nent sous cette dénomination tous les peuples qui
professent l’islamisme, et principalement les Turcs
Ottomans.
? Nicéphore entreprit contre la Cilicie, et ensuite
contre la Syrie, deux expéditions, qui semblent
avoir été confondues en une seule par Matthieu.
Cette seconde expédition est placée par Cedrenus
(p. 513-514) au printemps de la troisième année
de Nicéphore, c'est-à-dire en 966. L'empereur,
étant passé devant Antioche sans l'attaquer, alla
s'emparer des places situées dans le Liban et depuis
les côtes de la Phénicie jusqu'à Édesse, au delà de
l'Euphrate. Laodicée et Menbedj, l’ancienne Hiéra-
polis, firent peu de résistance. Alep se sourit à un
tribut annuel, ainsi que Tripoli et Damas. Arka fut
prise en neuf jours. Émèse, que Nicéphore trouva
déserte, fut brûlée. Au mois de décembre, il revint
vers Antioche; mais le manque de vivres au milieu
d'un pays dévasté et les mauvais chemins l'obligè-
rent à battre en retraite, et il retourna à Constanti-
nople. Après son départ, le patrice Michel Bourtzès
et l'eunuque Pierre Phocas réussirent par un coup
de main à se mettre en possession d’Antioche, qui
rentra ainsi entre les mains des Grecs, après avoir
été pendant plus de trois siècles au pouvoir des
Arabes. Lebeau et M. de Muralt ont suivi Cedrenus
en fixant à 966 l'expédition de Nicéphore en Syrie,
mais M. Hase (/n Leonis Diaconi historiam note,
p. 218) pense qu'elle doit être retardée jusqu’en
968, d'après le texte de Léon le Diacre et le calcul
de Pagi (Critica in Annales Baroniï, t. IV, p. 19 C).
3 Romain II, dit le Jeune (10 novembre 959-
15 mars 963).
4 Zimiscès vivait alors, non point exilé dans une
ile, comme le prétend Matthieu, mais relégué chez
lui en Asie. L'empereur, cédant aux suggestions de
son frère Léon, l'avait dépouillé de la charge de Do-
mestique, et lui avait intimé l'ordre de se retirer
dans sa maison, avec défense d'en sortir. L'impéra-
trice Théophanô, qui haïssait Nicéphore et qui s’é-
tait éprise de Zimiscès, avait su obtenir de son mari
une lettre qui le rappelait à Constantinople. Le mes-
sager qui en était porteur le ramena à Chalcédoine,
où Nicéphore lui fit dire d'attendre encore un peu de
temps. Zimiscès, traversant le Bosphore en secret
pendant la nuit, se rendait au palais et entretenait
des relations criminelles avec Théophanô.—Suivant
les auteurs arméniens, Zimiscès était de leur nation
et originaire d'Hiérapolis, dans le district de Khé6-
zan, qui fait partie de la province de la Quatrième
Arménie. Cette ville fut appelée Tchèméschgadzak,
Qui quwSwe (Naissance de Zimiscès), du nom de cet
empereur.
6 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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Juda uquenpne Juñit Gnhug atophu hf wbpbu ban. qroaptnr uo|hu
1 B.4 Gar-uiub que untEy gépudivu wvoplu BwqgneGrnjy.— 2 B. éEpdétu, .
[Théophanô]|, infâme épouse de Nicéphore, envoya vers lui en secret, et ayant
obtenu un ordre de l'empereur, elle le fit sortir de l'île où il était confiné, et venir
À Constantinople à l'insu de Nicéphore. Elle se ligua sous main avec lui pour qu'il
tuât l'empereur, sous la promesse qu'elle lui fit de devenir sa femme et de lui
donner la couronne. Zimiscès accepta cette proposition, et un soir que Nicéphore, ce
prince pieux, assis sur son trône, lisait à la lueur des flambeaux de cire l'Ecriture
sainte, l'impératrice, étant survenue, attacha fortement autour de lui l'épée qu'il
avait à son côté. Puis elle alla trouver son complice ct lui remit de sa propre main
le glaive destiné à trancher la vie du juste. Zimiscès étant entré furtivement dans
la chambre de l'empereur, celui-ci, en le voyant, lui dit : «Chien enragé, que
« viens-tu faire ic1?» Puis, s'étant levé résolument, il cherchait son épée, mais 1l
s'aperçut qu'elle était liée solidement à sa ceinture. Aussitôt Zimiscès se précipita
sur lui avec la férocité d'une bête sauvage, massacra cet excellent prince et coupa
son corps en trois morceaux. Nicéphore, nageant dans le sang, rendit son âme
au Christ, victime du plus atroce forfait. On découvrit alors qu'il portait sur la
chair nue un cihce que dissimulait la pourpre dont il était revêtu. Le sang de
l'homme de Dieu rejaillit sur la figure des meurtriers!. Il fut enseveli à côté
des saints monarques ses prédécesseurs, dans un magnifique sépulcre*. L'indigne
Zimiscès, monté sur le trône, s'empara du gouvernement de Constantinople, et
1 Suivant Cedrenus (p. 518-519), Glycas
(p. 238) et Léon le Diacre (V, 1x), ce fut dans la
Atzypothéodore. Ayant surpris Nicéphore pendant
son sommeil, ils le massacrèrent, et, après lui avoir
auit du 10 au 11 décembre, indiction xt, l'an du
monde 6478 — 969, que périt Nicéphore; Mat-
thieu est donc en avance, pour cette date, de près
de six ans. — Zimiscès fut introduit par l'impéra-
trice Théophanô, au moyen d’une corbeille, dans
le palais. Il était accompagné de ses amis le patrice
Michel Bourtzès, le Taxiarque Léon Valentius et
coupé la tête, ils la montrèrent par la fenêtre, à la
lueur des flambeaux, aux gardes et au peuple ac-
courus. Zimiscès fut aussitôt proclamé empereur.
? D'après Léon le Diacre, Nicéphore fut enterré
auprès de Constantin le Grand, dans l'église des
Saints-Apôtres, où était la sépulture des empe-
reurs, à Constantinople.
A A RE Due m Ë
, DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 7
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Eu qhayp dEdun. nepufunr bu. Quiukp f dEpuy ShapañuuhEqur) pure pli ep wine.
Leu 4asb db, b déc Vega gEunn: pe qgoppt Suqug Ebay four qug pue
gopu Snnndhg. L upft uunfl oquanbugl pi gout Son mlig? dEp4 un garpu pu.
auf Vida. L qoppt SuMug pop fr ufr ou unuÿh go Snnmhg: L pan.
qred'fmnnpudu gba f'unguiuh finfiu f pue. L qop pu Sanodrg puñnuklguis an. unfit
l À ajoute Shwpækphr, Diarbékir, glose qui paraît avoir été introduite dans le texte par les copistes et
qui est le nom moderne de l’ancienne Tigranocerte ou Amid. — ? B omet fy gopvt &onndg.
soumit tout l'empire à son autorité. Il éloigna en toute hâte d'auprès de l'infâme
impératrice les fils de Romain, Basile et Constantin, et les fit conduire à Vaçag-avan
(bourg de Vaçag), dans le district de Hantzith ', auprès de Sbramig, la mère du
grand Mëkhithar, afin de les soustraire au danger d'être empoisonnés. Le crime
dont il s'était rendu coupable l'avait plongé dans une grande tristesse, et le livrait
sans repos à de cuisants remords.
IT. Voici ce qui arriva en l'année 421 (28 mars 972-27 mars 973). Le gé-
néral des Romains”, le Grand Domestique Mleh”, marcha avec des forces consi-
dérables contre les musulmans, et, dans une foule de rencontres, les vainquit par
le secours du Christ. S'étant avancé contre la ville de Mélitène, 11 fit endurer aux
habitants un blocus rigoureux qui leur interceptait les vivres et l'eau, et qui les
contraignit à se rendre. Fier de ce succès, il vint mettre le siége devant Tigra-
nocerte (Dikranaguerd), ville nommée aussi Amid (Amith), et qui est située sur
le Tigre (Otkgh'ad). Les musulmans firent une sortie, et un grand combat s'en-
gagea aux portes de la ville. Les infidèles, ayant été mis en fuite et ayant essuyé
des pertes considérables, rentrèrent dans la place. L'armée romaine établit son
maictsik’, est attribuée plus particulièrement aux
Romains d'Occident, ou d’une manière générale aux
Latins, ainsi qu à tous les peuples de l'Europe. Nous
en verrons des exemples plus loin dans le texte de
Matthieu. | |
% Le Domestique d'Orient, Aouéofinos rüv oyoü,
dont il est ici question et sur lequel se taisent les
historiens byzantins, était sans doute Arménien,
comme ce nom de Mleh semble l'indiquer. En effet,
pendant toute la durée du Bas-Empire, une foule
d'Arméniens furent au service de la cour de By-
zance, et quelques-uns même parvinrent aux plus
hautes dignités.
1 Army de Ptolémée (V, xur, S 18), Xavètr
de Constantin Porphyrogénète (De admin. imper.
cap. 1), district de la Quatrième Arménie.
= * Les historiens arméniens, comme les Byzan-
tios, appellent du nom de Romains les sujets de
l'empire grec. On sait, en effet, que Byzance avait
reçu de Constantin le Grand le nom de Nouvelle
Rome. Il semble cependant que, dans le langage ha-
bituel des Arméniens, la dénomination de nan,
Hor'omk', où &nndp, Hromk', soit réservée aux
Grecs, qu'ils appellent aussi quelquefois Gne,
Ouink' «ones» les Romains orientaux, ol mpès éw
Pœuañu de Nicétas Choniates, p. 330. Celle de
&nndukghe, Hromaietsik’, où &nanydukgk.e, Hr'ov-
8 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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but pphunubhg geurwunchu wn fuu(huju f eos puqup. L'adhit uivg dhnuiu:
1 B. omet Of. — 2 B. yrcqwpht af. — 9 B. wbukphuy.
camp sur les bords du fleuve, dans un lieu appelé Aucal, à deux portées de flèche
d'Amid. Quelques jours après, un châtiment, signe de la colère divine, tomba du
haut du ciel sur les troupes chrétiennes. Il s'éleva un vent si violent que la terre
tremblait par le bruit qu'il produisait. La poussière, soulevée par son souffle impé-
tueux, se répandit sur le camp, et, condensée en nuages épais, le couvrit entiè-
rement, tandis que cet ouragan entraînait les bagages dans Île fleuve. Les hommes
et les animaux étaient plongés dans les ténèbres, et ne pouvaient ouvrir les yeux,
aveuglés par les tourbillons de cette effroyable poussière. L'armée romaine se trou-
vait ainsi enveloppée de tous côtés, sans issue pour sortir de cette terrible situa-
tion. Cependant les infidèles, témoins de ce châtiment céleste, et voyant que Dieu
combattait pour eux, fondirent tous à la fois sur elle et en firent un horrible car-
nage. La plus grande partie fut exterminée. Le général des Romains et ses princi-
paux officiers furent faits prisonniers et conduits à Amid. Ces officiers, tous d'un
haut rang et illustres, étaient au nombre de quarante. Les chefs musulmans, voyant
la défaite des chrétiens, conçurent de grandes craintes et se dirent : « Le sang romain
« que nous avons versé ne nous profitera pas. Cette nation fondra sur nous et détruira
« la race des musulmans. Eh bien! faisons amitié et alliance avec le général et les offi-
« ciers qui sont tombés entre nos mains, et, après avoir reçu leur serment, nous les
«renverrons en paix chez eux. » Tandis qu'ils délibéraient entre eux sur ce sujet,
la nouvelle du meurtre de Nicéphore' leur parvint. Alors ils envoyérent ces qua-
rante officiers au khalife”?, à Bagdad, et tous y moururent. Le Grand Domestique
1 Lors de cette expédition de Mieh en Mésopotamie, il y avait trois ans que Nicéphore était mort. —
? Mothi'-lillah (946-974).
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 9
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3 B. omet # qunbpwqu
1 B. Law,
4 B. omet DT LITTLE
3 B. ajoute Swuwutp.
adressa à Constantinople une lettre dans laquelle il avait consigné de terribles ma-
lédictions: « Nous. n'avons pas été jugés dignes, disait-il, d'être ensevelis, suivant
«la coutume chrétienne, dans une terre consacrée, et nous n'avons obtenu pour
«nos ossements d'autre abri qu'une terre maudite et la sépulture des malfaiteurs.
« Non, nous ne vous reconnaïssons pas pour le maître légitime du saint empire ro-
« main ; le trépas malheureux de tant de chrétiens, leur sang versé sous les murs
«d'Amid, et notre mort sur la terre étrangère, sont des griefs dont vous rendrez
« compte sur votre tête à Jésus-Christ notre Dieu, au jour du jugement, si vous ne
«tirez pas de cette ville une vengeance éclatante. » Cette lettre étant parvenue à
l'empereur Zimiscès, à Constantinople, il leva des troupes, cette année même,
dans tout l'Occident, et, bouillant de colère, pareil à un feu ardent, il marcha
contre les musulmans et se prépara à pénétrer dans l'Arménie.
IV. À cette époque, les princes arméniens du sang royal, les nobles, les sa-
trapes et les principaux seigneurs de la Nation orientale’, se réunirent auprès du
roi Aschod le Bagratide ?. Dans le nombre étaient Ph'ihbbé, roi de Gaban*, le
des Bagratides d’Ani, dit le Miséricordieux, fyar fins,
à cause de sa charité inépuisable envers les pauvres,
régna, suivant le chronographe arménien Samuel
d'Ani (trad. de J. Zohrab, à la suite de la Chronique
d'Eusèbe, Milan, 1818, in-4°, p. 68-69), de 402 de
l'ère arménienne (2 avril 953-1* avril 954) à 419
‘(29 mars 970-28 mars 971). Cependant il est cons-
tant qu'il vivait encore vers la fin de 974, comme
1 Dans le langage des Arméniens, cette expres-
Si00, Set wpkbyhy « Maison ,» c'est-à-dire Nation
orientale, » ou [pééye « Orient, » désigne la portion
de territoire qui s'étend à l’est de l’Euphrate jus-
qu'à la mer Caspienne, et qui formait la Grande
Arménie. Elle leur fut probablement suggérée par
la situation de ce pays par opposition à l'empire
grec, qui était à l'ouest pour eux. Elle ne paraît
pas remonter plus haut que le xn' siècle, au temps
de la domination des princes roupéniens dans la Ci-
licie. (Cf. Matthieu d'Édesse, t. I’ de ma Bibliothèque
historique arménienne, et Encyclique et lettres fami-
lières de saint Nersès Schnorhali, texte de l'édition
de Saint-Pétersbourg, 1788, in-4°, et trad. latine
de M. l'abbé Cappelletti, Venise, typogr. des RR.
PP. Mékhitharistes de Saint-Lazare, 1833, 2 vol.
in-$°, passim. )
? Aschod II, le cinquième souverain de la dynastie
Hisror. An. — I.
le prouve la lettre que lui adressa Zimiscès pour lui
annoucer les succès qu’il avait obtenus contre les
Arabes dans le cours du printemps de cette même
année. (Voir ci-après, ch. vi.) Tchamitch (Histoire
d'Arménie, t. ]1, p. 850) prolonge son règne jus-
qu'en 977-
3 Ph'ilibbé appartenait à la seconde dynastie des
rois de Gaban ou Ph'ar'iços, petit État de la pro-
vince de Siounik', dans l’Arménie orientale. Ph'i-
libbé eut pour fils et successeur Taguin-Sévata, et
2
10 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
Uwpoig bot L \bpbphl À wuugne pau obpu L anal Viälughug uk
k gage ndEauÿt nc Jeunes | 3e pabaul Supbu fr Luwppuy queunft we berk
En. L. blbrug Sphomukp Huquenpft Sonodüg un tauw, L'abufé aonpuunului quite
Caÿi nou Suns dagedbur ff Juge: L Epfbu qundkgfi ugaucnpfiu dia :
Qéegfé L pates Legeg afoh SoEzmu Sang plounuukpé | Lit L jun?
LB yfobatangt, — ? À. Yuunr. | |
+ D 2 qe 0 0)
roi des Agh'ouans, Kourkên ', Apas, seigneur de Gars *, Sénék'érim, seigneur du
Vasbouragan*, Kourkên, seigneur d'Antzévatsik’*, ainsi que toute la Maison de
Saçoun *. lis établirent leur camp dans le district de Hark’°, au nombre de 80,000
hommes environ. Des envoyés de l'empereur, étant venus vers eux, virent toute
la nation arménienne réunie sous les armes, dans un même lieu. Ils revinrent
en faire part à Zimiscès, et partirent accompagnés de Léon le Philosophe’,
celui-ci Sinak'érem ou Sénék'érim, qui fut père de
Grégoire, contemporain de Matthieu d'Édesse.
Les historiens arméniens Étienne Açogh'ig, Var-
tan et Étienne Orbélian s'expriment d’une manière
confuse et contradictoire sur la durée et la fin des
princes de Gaban, et il est impossible de les con-
cilier. Suivant Açogh'ig (liv. IT, ch. xvir), Ka-
kig I", roi d'Arménie, et Ph'adloun, émir kurde de
Tévin , se seraient disputé et auraient ensuite par-
tagé les États de ces princes, après la mort de Si-
nak érem et de Grégoire. D'un autre côté, Matthieu
d'Édesse (ch. cxxvi, t, I* de ma Bibliothèque histo-
rique arménienne) dit formellement que ce Grégoire
était encore vivant de son temps, quoique lui-même
soit postérieur d'un siècle environ à Açogh ig. Pour
expliquer cette contradiction, Tchamitch (t. IE,
P. 1042-1046) a imaginé une restauration de cette
dynastie par de nouveaux souverains, dont les deux
derniers auraient également porté les noms de Si-
nak'érem et de Grégoire.
1 Kourkën ou Guriguë I, troisième fils d’Aschod
le Miséricordieux, reçut en apanage de son frère
aîné, le roi Sémpad II, l'Agh ouanie ou Albanie
arménienne. Il mourut en 989. Il fut la tige de
la branche des rois bagratides dits Goriquians,
qui avaient pour résidence Lor'é, ville principale
du district de Daschir, dans la province de Kou-
kark'. Cette dynastie s’éteignit vers le milieu du
xn° siècle.
2 Apas était fils de Mouschegh', frère d'Aschod
le Miséricordieux. Celui-ci avait donné en apanage
à Mouschegh' la ville de Gars et le district appelé
le Petit Vanant, dans lequel cette ville était située.
Par suite de la confusion que notre historien a in-
troduite dans la chronologie des Bagratides, il -
avance le règne d'Apas, qui ne monta sur le trône
qu'en 984, après la mort de son père Mouschegh'.
Ce royaume n’eut qu’une existence éphémère; il
finit en 1064, par l'abandon qu'en fit Kakig, fils
d'Apas, à l'empereur Constantin Ducas.
5 Sénék'érim Jean, roi du Vasbouragan, de la
puissante famille des Ardzrouni, qui possédait toute
cette province et qui faisajt remonter son origine
à Adramélech, fils de Sennachérib, roi d’Assyrie.
Matthieu anticipe son avénement comme roi du
Vasbouragan; il ne le devint qu’en 1003. Plus tard,
en 1021, il céda ses États à l'empereur Basile II.
* Khatchig Kourkën, frère aîné de Sénék'érim
Jean, fut son prédécesseur dans la souveraineté du
Vasbouragan. Après la mort de Kourkën, Sénék'é-
rim s’empara de tout le pays, au préjudice des fils
de ce dernier, Térénig, Kakig et Aschod. Les deux
districts d’Antzévatsik’ et de R'éschdounik’, dans
cette province, étaient dévolus comme apanage aux
puinés de la famille des Ardzrouni. C’est donc par
erreur que Matthieu nomme comme roi du Vasbou-
ragan Sénék'érim Jean avant son frère Kourkén.
Sénék'érim n'était encore que prince de R'ésch-
dounik’. (Voir ce que j'ai dit sur la famille des
Ardzrouni, dans mes Recherches sur la chronologie
arménienne, t. [”, 2° partie, Anthologie chronolo-
gique, n° xxXXIII, XXXIV et XLV.)
5 Par l'expression « Maison de Saçoun, » qui est
une locution élégante dans la langue arménienne,
Matthieu entend les seigneurs de ce district, l'un
des plus considérables de la province d’Agh étznik
(l’Arzanène des écrivains byzantins), et limitrophe,
vers l'ouest, de la Mésopotamie arménienne. (Cf.
Saint-Martin, Mémoires sur l'Arménie, 1. I, p. 156
et suiv.)
6 C'est la contrée appelée Xépxa par Constantin
Porphyrogénète { De admin. imper. cap. xuiv). Elle
formait un des seize districts de la province de
Douroupéran , et avait pour capitale l'ancienne ville
de Manavazaguerd, Manazguerd ou Mandzguerd
(Mavräxlepr), aujourd'hui Melazguerd, dans le pa-
chalik d'Erzeroum. (Cf. Luc {ndjidji, Arménie an-
cienne, Venise, 1822 ,in-4°, p.115-116, et Arménie
moderne, Venise, 1806, in-8°,p.111;etleR.P.Léonce
Alischan, Topographie de la Grande Arménie, Ve-
nise, 1853, grand in-4°, $ 82.)
7 Ou Quvytraukny « Pantaléon, » comme ce nom
est écrit dans la suscription de la lettre que lui
adressa Zimiscès. (Voir ci-après, ch. vi.)
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 11
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abug nan vfpy de Luges L bénpbug gout Vomony qu ble jortuñon u%- Le
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angeepu L'anXfu, L quulEtoÿt ambup qu$ph? nl Ven. L gdepouubuit Suyng
leo abuholnunuut L 'abobeuuut dES wupahop jpuwphbhuwg? wn U go Bauqunnpii
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quulEtuuÿu Ephhpu L gewqndl pwmmpu, L qudnip pbpgs k Soit papaupananuqu wap Fa
1 C'est l'arabe byasS , vivres ; provisions. — ? B. Jeenwphbiwg. — S B. Uhen duiu.
du prince Sëmpad Thor'netsi’, ainsi que d'autres personnages, évêques ou doc-
teurs, députés par les chefs arméniens. Ces envoyés établirent paix et alliance
entre l'empereur et Aschod. Zimiscès, à la tête d'une armée immense, se mit en
marche et arriva en Arménie dans le district de Darôn. Parvenu à Mousch>°, il
s'arrêta devant la forteresse d’Aïdziats*. La première nuit, l'armée romaine fut vi-
vement inquiétée par les fantassins de Saçoun. Les chefs et les docteurs arméniens,
s'étant rendus auprès de Zimiscès, lui présentèrent la lettre de Vahan, catholicos
d'Arménie, Il reçut ce message et ceux qui en étaient chargés avec bienveillance
et une haute distinction, et confirma le traité d'amitié qu'il avait fait avec les Ar-
méniens. Ayant demandé que les troupes d'Aschod se joignissent aux siennes, ce
prince lui fournit un corps de dix mille Arméniens des plus braves, tout équipés.
Il réclama aussi des vivres et des provisions qu Aschod lui donna; après quoi il
renvoya vers le roi d'Arménie le docteur Léonce, les évêques et les chefs armé-
niens, comblés de marques de sa munificence.
V. Zimiscès, que l'on nommait aussi Kyr Jean, porta la guerre contre les mu-
sulmans, et se signala par d'éclatantes victoires, marquant son passage en tous
lieux par l’extermination et l'effusion du sang. Il détruisit jusqu'aux fondements
trois cents villes ou forteresses, et arriva jusque sur les limites de Bagdad. Toute-
que l'on peut l’inférer du témoignage des historiens
Açogh ig, Guiragos et Vartan. (Cf. Indjidji, Archéo-
logie arménienne, 3 vol. in-4°, Venise, 1835, t. II,
p- 229-230, et Tchamitch, t. II, p. 830.)
2 Mousch, capitale du district de Darôn, dans la
province de Douroupéran; elle porte aujourd’hui le
même nom et est comprise dans le pachalik de Van.
3 La forteresse d'Aidziats, [\y5#4w9, où Aïdzits,
Uuysés (des chèvres), nommée d'abord Ardzévis,
UrSnchu, existait déjà comme une trèsforte place
au commencement du vir siècle, d'après le témoi-
gnage de l'historien Jean Mamigonien ( p. 36, édit.
de Venise, in-8°, 1832).
1 Sémpad Thor'netsi, prince du district de
Dchahan, dans la Troisième Arménie. Lorsque lui
et Léon furent députés par les confédérés arméniens
vers Zimiscès, ils se rendirent à Constantinople, où
l'empereur leur fit le plus honorable accueil. Léon
reçut les titres de rabounabed, ou chef des docteurs,
et de philosophe, et Sëmpad ceux de péy101p0s et de
Spwroomabäpios. (Cf. sur ces deux mots Du Cange,
In Anne Comnenæ Alexiadem note, p. 30, et Reiske,
Comment. ad Constantinum Porphyrogenitum, De ce-
rim. aul. Byzant. p. 66-68 et 129-130.) Sëmpad
est le premier Arménien qui soit mentionné comme
ayant été décoré de la dignité de magistros, ainsi
12 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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&e cor Us dEgp : L fut ajunpfl supp Sie wnbjn qpwqu ph (dé : Ve bjbuy
Gngu br Jbpu) vupuuft punueft wub gBuwquinpu. Vs dhpuy Kunÿ quu fr qunnEpuwq,
L sGunluphe que pEg luhauufip. L'aukp Buquenpu. \ppqne dt ml un fu pub
quuuphoss purugln, L'wquabugfii diuprfeg. wubp fifi pumweft. |X9 purs
guet np Gay & déçue Verawnef gba, L ajohe quuunbugke ghpgneii pr:
Ve wpup arqasopi wjughu. L wnbuy puqu quil auker L'wpéwfn L Bug
ae do Ga bep, qu gb OQYbfé f quuunht Yuoguuy 6e b wbqenjt np
Jejudul Ynsh Das, Le Ye bof unes Ep. gb juju dunlñnukfu Suxt.
Gactph 6bu whphau, poqee inbybaug :
Le Su Paquet Gntug fowquyp ghayp dore wo luun$u Sax kug wpbuñu$kqn.
Puf fish fe auSliiuu Quqounn paquet. L Qui unbuy quépef foie wo oups
Euayp JLbopreuunkl puqups ne gpbug Buquennt Dikbl Brin un Von Buqu_
coph Suyng wjuuhu :
fois il épargna Édesse, par considération pour les moines qui habitaient la mon-
tagne voisine et le territoire d'alentour, au nombre d'environ dix mille. Puis 1l
s'avança contre Amid, en proie à un violent ressentiment. Cette ville appartenait
à une femme qui était la sœur de Hamdan (Hamdoun), émir musulman’, et avec
laquelle Zimiscès avait eu autrefois un commerce criminel. Ce souvenir retint les
efforts qu'il aurait pu faire pour se rendre maître d'Amid. Cette femme, s'étant
présentée sur le rempart, fit entendre à l'empereur ces paroles : « Eh quoi! tu
« viens faire la guerre à une femme, sans songer que cest une honte pour toi!»
Zimiscès lui répondit : « J'ai fait serment de ruiner les remparts de ta ville; mais
«les habitants auront la vie sauve. » — « Puisqu'il en est ainsi, reprit-elle, va dé-
«truire le pont qui s'élève sur le Tigre, et de cette manière tu accompliras ton ser-
«ment.» L'empereur suivit ce conseil. Il emporta d’Amid de grosses sommes d'or
et d'argent, mais n'entreprit aucune attaque, à cause de cette femme, et aussi
parce qu'il était originaire du district de Khozan, d'un lieu que l'on appelle au-
jourd'hui Tchëméschgadzak. Elle était aussi de ce pays, car dans ce temps-là les
musulmans avaient soumis un grand nombre de contrées. L'empereur les tra-
versa en faisant couler des torrents de sang, et parvint jusqu'aux confins de Bagdad.
Après les avoir parcourues dans tous es sens, en pénétrant j Jusque dans l'intérieur,
il se dirigea vers Jérusalem ?, et écrivit à Aschod, roi d'Arménie, une lettre ainsi
conçue °
1 Cette princesse était probablement la sœur de
Seif-eddaula-Abou'l-Haçan-Aly, fils d’Abd-Allah-
Abou'’l-Heïdja et petit-fils de Hamdan , fils de Ham-
doun, prince de la famille arabe de Tagleb, fils
de Wayel. Il régna à Alep, où ses successeurs se
maintiprent jusqu’en 1014. Une autre branche de
cette famille posséda Mossoul jusqu'en 979.
? Zimiscès n'atteignit pas Jérusalem, ainsi que
le prouve un passage de la lettre de ce prince,
qu'on lira un peu plus loin.
3 Cette lettre paraît avoir été écrite par Zimiscès
lorsqu'il revenait de son expédition de Syrie, par
conséquent dans l'automne de 974. C’est dans l'an-
née précédente qu'il avait pénétré dans l'Assyrie
jusqu’au delà du Tigre et dans le nord de la Syrie.
(Cf. Pagi, Critic. in Ann. Baron, ad annum 974, et
M. Hase, in Leon. Diac. Hist, notæ, p. 250.) Dans
l'intervalle de ces deux campagnes, il était retourné
passer l'hiver à Constantinople. |
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DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 13
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VI. « Aschod, Schahinschah * de la Grande Arménie, mon fils spirituel, écoute
«et apprends les merveilles que Dieu a opérées en notre faveur, et nos miraculeuses
«victoires, qui montrent qu'il est impossible de sonder Îa profondeur de la bonté
«divine. Les éclatantes marques de faveur qu'il a accordées à son héritage, cette
“année, par l'intermédiaire de Notre Royauté, nous voulons les faire connaître à
« Ta Gloire, ô Aschod, mon fils, et t'en instruire; car, en ta qualité de chrétien et
«de fidèle ami de Notre Royauté, tu t'en réjouiras et tu exalteras la grandeur
«sublime du Christ, notre Seigneur; tu sauras ainsi que Dieu est le protecteur
« constant des chrétiens, lui qui a permis que Notre Royauté réduisît sous le joug
«tout l'Orient des Perses *. Tu apprendras comment nous avons emporté de Nisibe”,
«ville des musulmans, les reliques du patriarche saint Jacques; comment nous
«leur avons fait payer le tribut qu'ils nous devaient, et leur avons enlevé des cap-
“tifs. Notre expédition avait aussi pour but de châtier l'orgueil et la présomption
«de l'Emir-el-mouménin, souverain des Africains nommés Makhèër Arabes “, le-
3 Saint Jacques de Nisibe était de la race royale
des Arsacides, de la branche Sourên Bahlav, et fils
de Khosrovoubi, sœur d'Anag, père de saint Gré-
goire l'Huminateur, le premier patriarche de l'Ar-
ménie. Il assista, en 325, au concile de Nicée. (Cf.
J. B. Aucher, Vies des saints (en arménien), 12 vol.
in-12, Venise,1810-1815, t. X, p. 4 et suiv.) II
a composé une suite d'homélies qui ont été publiées
en arménien, avec une traduction latine, par le car-
dinal Antonelli (Rome, 1756, in-fol.).
# Ce mot, d'où les Arméniens ont tiré l'adjectif
dufpwuñu, mokhragan, employé par saint Nersès
Schnorhali dans son Élégie sur la prise d'Édesse
1 En persan, sLASLS « Roi des rois, » titre trans-
crit sous la forme arménienne Cæéfipwé, Cu
Guugug et Cwsturé, et de Xeyavoaé dans Agathias
et Zamoéy dans Cinnamus. Ce titre fut conféré par
les khalifes de Bagdad aux souverains bagratides
Aschod II et Kakig 1°’, Celui d'Aschod III était Cw64-
UrÆv, Schahi-Armén. Roi d'Arménie. » On voit dans
la lettre de Zimiscès qu'il était aussi qualifié de
CuwSfvyws, Schahinschah. Le titre de Sëémpad Il
était CofrpwS-Vedkv, Schahinschah- Armén « Roi
des rois d'Arménie. » Les princes bagratides de Gars
avaient aussi la qualification de Schahinschah, ou
simplement Schah. (Cf. Matthieu d'Édesse, t. I‘ de
la Biblioth. histor. armén. ch. Laxxvin.)
? Dans cette expédition, Zimiscès ne s'avança
pas plus loin que Darôn, au nord-est de la Méso-
potamie et à l'entrée de la Grande Arménie. Ce
sont ces contrées qu'il désigne par l'expression
Urébie Qwpukg « l'Orient des Perses. » Elles for-
maient, en effet, la limite de la domination des
Parthes et des Perses, à l'extrémité orientale de
l'empire grec.
(p. 27, édition de Zohrab, Paris, in-8°, 1828), et
ducaeh, Mough'ri, est une altération de l'arabe
ap maghrébi « occidental,» et, en particulier,
« originaire du Maroc. » Un peu plus loin, Matthieu
se sert de l'expression Ui#rf4é5he « Africains. » Par
cette double dénomination, il entend les Égyptiens.
L'Émirelmouménin, auquel Zimiscès fait allusion,
est le khalife fathimite Mo'ezzlidinillah, qui s'était
rendu maître de l'Égypte en 362 hég. (972 E. Ch...
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Ju EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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« quel s'était avancé contre nous avec des forces considérables. Dans le premier mo-
« ment elles avaient mis en péril notre armée, mais ensuite nous les avons vaincues,
« grâce à la force irrésistible et au secours de Dieu, et elles se sont retirées ignomi-
« nieusement, comme nos autres ennemis. Alors nous nous sommes rendus maîtres
«de l'intérieur de leur pays et nous avons passé au fil de l'épée les populations
« d'une foule de provinces. Après quoi, opérant promptement notre retraite, nous
«avons pris nos quartiers d'hiver.
« Au commencement d'avril, mettant sur pied toute notre cavalerie, nous nous
«sommes mis en campagne, et nous sommes entrés dans la Phénicie et la Palestine,
« à la poursuite des maudits Africains, accourus dans la contrée de Scham (Syrie).
« Nous sommes partis d'Antioche avec toute notre armée, et, avançant directement,
«nous avons traversé le pays qui autrefois nous appartenait, et nous l'avons rangé
« de nouveau sous nos lois, en lui imposant d'énormes contributions et en y faisant
« des captifs. Arrivés devant la ville d'Emèse', les habitants de la contrée, qui étaient
« nos tributaires, sont venus à nous et nous ont reçus avec honneur. De là nous
«avons passé à Balbek, qui porte aussi le nom d'Héliopolis, c’est-à-dire la Ville du
«soleil, cité illustre, magnifique, bien approvisionnée, immense et opulente. Les
« habitants étant sortis dans des dispositions hostiles, nos troupes les mirent en fuite
«et les firent passer sous le tranchant du glaive. Au bout de quelques jours nous
«commençâmes le siége et nous leur enlevâmes une multitude de prisonniers,
«jeunes garçons et jeunes filles. Les nôtres s'emparèrent de beaucoup d'or et
«d'argent, ainsi que d'une grande quantité de bestiaux. De là, continuant notre
«marche, nous nous dirigeâmes vers la grande ville de Damas, dans l'intention
«de l'assiéger; mais le gouverneur, qui était un vieillard très-prudent, envoya
«à Notre Royauté des députés apportant de riches présents, et chargés de nous
1 La ville d'Émèse était en la possession des princes hamdanites d'Alep; celui qui régnait alors était
Sad-cddaula, fils de Seïf-eddaula.
= = -
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 15
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Supqu je Slug, wnuñeg up mpeg: L Keptgft qopufupo à dEtÿ, abp Sun.
Bb oncbuy deg f Swuununnne di npuku gyumdiuuleugh,p" Share boby deg guuh.
(S. Matthieu, XIV, xm-xxr; S. Marc, VI, xxxti-xurn;
S. Luc, IX, xvu-xxin; S. Jean, VI, r-xur), Sfr véur
| vwkus L Ephnse kung.
3 B. qwçkquuu. À
1 Le mot vwp£ signifie nop-seulement des har-
Rais, comme j'ai traduit ici, mais aussi des armes et
toutes sortes d'objets d'équipement militaire.
3 Au lieu de Swphep L 6pkp Aju%, je crois de-
voir lire, pour me conformer au texte des Évangiles
«supplier de ne pas les réduire en servitude, de ne pas les traîner en esclavage,
«comme les habitants de Ba'lbek, et de ne pas ruiner le pays, comme chez ces
« derniers. Îls vinrent nous offrir de magnifiques présents, quantité de chevaux
«de prix et de beaux mulets, avec de superbes harnais ornés d'or et d'argent.
«Les tributs des Arabes, qui s’élevaient en or à 40,000 tahégans', furent
«distribués par nous à nos soldats. Les habitants nous remirent un écrit par
«lequel ils promettaient de rester sous notre obéissance de génération en gé-
«nération, à jamais. Nous établîimes, pour commander à Damas, un homme
‘éminent de Bagdad, nommé Thourk’ (le Turk), qui était venu, accompagné de
«cinq cents cavaliers, nous rendre hommage, et qui embrassa la foi chrétienne. I
«avait déjà, auparavant, reconnu notre autorité. Ils s'engagèrent aussi, par ser-
«ment, à nous payer un tribut perpétuel, et ils crièrent: Honneur à Notre Royauté!
“Ïls s’obligèrent en même temps à combattre nos ennemis. À ces conditions,
«nous consentimes à les laisser tranquilles. De là, nous nous dirigeâmes vers le
«lac de Tibériade, là où Notre Seigneur Jésus-Christ, avec deux poissons [et cinq
«pains d'orge], fit son miracle. Nous résolûmes d’'assiéger cette ville; mais les ha-
«bitants vinrent nous annoncer leursoumission, et nous apporter, comme ceux de
« Damas, beaucoup de présents et une somme de 30,000 tahégans, sans compter les
«autres objets. Ils nous demandèrent de placer à leur tête un commandant à nous,
“et nous donnèrent un écrit par lequel ils s'engageaient à nous rester fidèles et à
histor. armén. ch. 1x, note 2, et Pascal Aucher,
Traité des poids et mesures, Venise, in-4°, 1821 (en
arménien), p. 71-74 et 199.) Dans un passage de
Matthieu d'Édesse, il est parlé du tahégan (ch. xcr);
Guillaume de Tyr (XIII, xv), en racontant le même
fait, cite l'espèce de monnaie appelée, du nom de
l'empereur Michel Ducas, michaelita.
! I paraît que le tahégan équivalait au dinar des
Arabes; quelquefois il est mis en rapport avec le
besant, L'étymologie du mot qw$#quu, en persan
des, prouve que cette monnaie avait le même
principe de division (#5, dix) que le 8yvépro et le
Jlos. Il y avait des tahégans de deux sortes, d'or et
d'argent. (Cf. Matthieu d'Édesse, t. I" de la Biblioth.
16 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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gopudep L f dep Ynju wpupuwp. L ons Suwquiugbuyu aguunbmuguus oquseplhqup : (| >
1 Il faut lire Quyn dk).
« nous payer un tribut à perpétuité. Alors nous les avons laïssés libres du joug de
« la servitude, et nous nous sommes abstenus de ruiner leur ville et leur territoire.
« Nous leur avons épargné le pillage, parce que c'était la patrie des saints apôtres.
« [l'en a été de même de Nazareth, où la mère de Dieu, la sainte Vierge Marie, en-
«tendit de la bouche de l'ange la bonne nouvelle. Étant allés au mont Thabor, nous
«montâmes au lieu où le Christ, notre Dieu, fut transfiguré. Pendant que nous
« faisions halte, des gens vinrent à nous, de Ramla et de Jérusalem, solliciter Notre
« Royauté et implorer notre merci. Ils nous demandèrent un chef, se reconnurent
« nos tributaires et consentirent à accepter notre domination; nous leur accor-
« dâmes ce qu’ils souhaitaient. Notre désir était d'affranchir le saint tombeau du
« Christ des outrages des musulmans. Nous établimes des chefs militaires dans tous
«les thèmes (provinces) soumis par nous et devenus nos tributaires, à Bethsan,
« qui se nomme aussi Décapolis !, à Génésareth et à Acre, appelée également Pto-
«lémaïs. Les habitants s'engagèrent par écrit à nous payer, chaque année, un
« tribut perpétuel, et à vivre sous notre autorité. De là, nous nous portâmes vers
« Césarée, qui est située sur les bords de la mer Océane, et qui fut réduite; et si ces
«maudits Africains, qui avaient établi là leur résidence, ne s'étaient pas réfugiés
« dans les forteresses du littoral, nous serions allés, soutenus par le secours de
« Dieu, dans la cité sainte de Jérusalem et nous aurions pu prier dans ces lieux
« vénérés. Les populations des bords de la mer ayant pris la fuite, nous assujettimes
«la partie supérieure du pays à la domination romaine, et nous yÿ plaçâmes un
«commandant. Nous attirions à nous les habitants; mais ceux qui se montraient
« réfractaires étaient forcés de se rendre. Nous suivîmes la route qui longe la mer
| Le mot QE pay, que porteletexte, estévidem- ou Scythopolis, située à l’ouest du Jourdain, au sud
ment une altération. En effet, en suivant la marche du lac de Tibériade. C'était la principale ville de la
de Zimiscès vers le sud, de Nazareth au mont Tha- Décapole, et de là vient sans doute la synonymie
bor, nous sommes conduits à la ville de Bethsan donnée par Zimiscès.
un
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 17
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1 B. gUrecbrb, Soucéri.
“et qui va aboutir en droite ligne à Béryte, cité illustre, renommée, protégée par
« de forts remparts, et qui porte aujourd'hui le nom de Bérouth. Nous nous en
«rendîmes maîtres après une lutte très-vive. Nous fîmes mille Africains prison-
« niers, ainsi que Nouceïry, général de l'Émir-el-mouménin, et d’autres officiers du
« plus haut rang. Cette ville fut confiée par nous à un chef de notre choix. Puis nous
«résolûmes de marcher sur Sidon; dès que les habitants eurent connaissance de
«notre dessein, ils nous députèrent leurs anciens. Ceux-ci vinrent implorer Notre
« Royauté et demander à devenir nos tributaires et nos très-humbles esclaves à
«jamais. D'après ces assurances, nous consentîimes à écouter leurs prières et à
«accomplir leurs volontés. Nous exigeâmes d'eux un tribut et nous leur imposämes
« des chefs. Nous étant remis en marche, nous nous dirigeâmes vers Byblos, an-
«cienne et redoutable forteresse que nous prîmes d'assaut, et dont nous réduisîmes
«la garnison en servitude. Nous suivîmes ainsi toutes les villes du littoral en les
«mettant à sac et en livrant les habitants à l'esclavage. Nous eûmes à traverser des
«routes étroites par où n'avait jamais passé la cavalerie, routes affreuses et très-
«pénibles. Nous rencontrâmes des cités populeuses et magnifiques, et des forte-
«resses défendues par de solides murailles et par des garnisons arabes. Nous les
«avons toutes assiégées et ruinées de fond en comble, et nous en avons emmené
«les habitants captifs. Avant d'arriver devant Tripoli, nous envoyâmes la cavalerie
« des Thimatsis' et des Daschkhamadatsis? au défilé de K'arérés”, parce que nous
pourrait y reconnaître peut-être l'expression raËario
ou raËfèoy « garnison. » Les Daschkbamadatsis se-
raient ainsi les ra£äros de Théophane, taxati; dans
Anastase le Bibliothécaire, milites præsidiarü. (Cf.
Annibal Fabrot, Gloss. in Cedrenum.)
3 Ce passage doit se trouver dans les gorges du
Liban, non loin de Tripoli. -Rwpspku signifie, en
arménien, « Face de pierre » ou « de rocher. »
1 Le mot Thimatsi, @bdivgh, est, si je ne me
trompe, un adjectif ethnique dérivé du grec Séypa,
expression qui désignait les divisions territoriales
de l'empire grec, et aussi les légions auxquelles
la garde en était confiée. Ici la cavalerie des Thi-
malsis est peut-être le corps cantonné en Phénicie,
ou bien les milices provinciales à cheval qui fai-
saient partie de l'armée de Zimiscès.
? C'est sans doute quelque mot grec altéré; on
Hisror. ARM. — 1.
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18 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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dup np #5 Swqubahqut fuquenpoiftbuiuu deprS qopri fbaudp wvbgft Vuuwm Sn.
18h. Sewuorhu.
3 À. Oncpqu, Zourz6, Mais la leçon Qnepqu ,
Bourz6, qui est donnée par notre texte, est la véri-
table; elle se retrouve dans la Chronique du conné:-
table Sémpad et est confirmée par Léon le Diacre,
qui écrit Bopé (p. 103).
«avions appris que les maudits Africains s'étaient postés dans ce passage. Nous
« commandâmes à nos troupes de sembusquer, et nous leur préparâmes un piége
« mortel. Nos ordres furent exécutés. Deux mille de ces Africains, s'étant montrés à .
« découvert, s'élancèrent contre les nôtres, qui en tuèrent un grand nombre et leur
« firent beaucoup de prisonniers, qu'ils conduisirent en présence de Notre Royauté.
« Partout où ils rencontraient des fugitifs, ils semparaient d'eux. Nous saccageâmes
« de fond en comble toute la province de Tripoli, détruisant entièrement les vignes,
« les oliviers et les jardins; partout nous répandines le ravage et la désolation. Les
« Africains qui stationnaient là osèrent marcher contre nous; aussitôt, nous pré-
«cipitant sur eux, nous les exterminâmes jusqu au dernier. Nous nous rendîmes
«maîtres de la grande ville de Djouel, appelée aussi Gabaon ', de Balanée, de
« Séhoun”, ainsi que de la célèbre Bourzô*, et 1l ne resta, jusqu'à Ramla et Cé-
“sarée, ni mer ni terre qui ne se soumît à nous, par la puissance du Dieu incréé.
! Le mot Djouel, Hmk,, est la transcription du
nom arabe de la ville de Ia Gibelet ou Gabala,
située sur la côte de Phénicie, entre Laodicée, au
nord, et Balanée, au sud. Zimiscès, ou peut-être le
traducteur arménien, en affirmant que cette ville
porte aussi le nom de Gabaon, a été entraîné pro-
bablement à cette synonymie par la ressemblance
éloignée du nom de Gabala avec celui de Gabaorr;
mais Gabaon, cité de la tribu de Benjamin , au nord
de Jérusalem, ne peut se rencontrer dans l'itiné-
raire que parcourut Zimiscés, le long des côtes de
la Syrie.
? Séhoun, en arabe ,,sag « Sébioun, » petite
ville et château très-fort du territoire d’Antioche. Ce
château s'élevait sur le haut d'une montagne, protégé
par de profondes et larges vallées, en guise de fos-
sés. Aboulféda (Géographie, éd. de MM. Reinaud et
de Slane, p. 257) place Séhioun à l’est de Laodicte,
en tirant vers le sud. On lit dans le dictionnaire
géographique arabe intitulé Merdcidelitthila’ (t. IE,
p. 173, éd. Juynboll) : - C'est une place très-forte
« de l’un des districts du Sahel, dépendante de
« Hems. Elle ne domine pas la mer, mais elle est
« située sur le sommet d’une montagne. Ses fossés
« sont des vallées larges et profondes; d'un côté seu-
« lement elle a un fossé qui a été taillé dans le roc,
«et dont la largeur est de soixante coudées environ.
« Elle est défendue par trois murailles, dont deux
« sont devant le faubourg et une devant la forte-
« resse. » ( Saona d'Ansbert, Historia de expeditione
Friderici imperatoris, ed. Jos. Dobrowsky, Prague,
1827, in-8°.)
35 C'était une ville trèsforte, assise sur un des
sommets les plus élevés de la chaîne du Liban.
Opundeis à vob AiSévou….. xai xaT° adriy rir paxlar
dgixbuevos, Tv Bopê&, mois épuuvarérmr, &E émièpo-
uÿs elAev. (Léon le Diacre, p. 103.) Les auteurs
arabes l’appellent is) 34 , Berzouïa, ou à; ps Bor-
zia, et la placent au nord-ouest et à une journée de
marche d’Apamée, et à l'est et à la même distance
de Séhioun. (Aboulféda, Géogr. p. 261; Merdcidel
itthila’,t. I, p. 143.)
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 19
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3 B. Lépuives.
1 B. dEp.
A B, Een.
1 B. ghembu.
« Nos conquêtes se sont étendues jusqu à la grande Babylone ', et nous avons dicté
« des lois aux habitants, et nous les avons faits nos esclaves; car pendant cinq mois
«nous avons parcouru le pays avec des forces nombreuses, détruisant les villes,
«ravageant les provinces, sans que l'Émir-el-mouménin osât sortir de Babylone à
«notre rencontre, ou envoyer de la cavalerie au secours de ses troupes : et si ce
«n'eût été la chaleur excessive et les routes dépourvues d'eau dans les lieux qui
avoisinent cette ville, comme Ta Gloire doit le savoir, Notre Royauté serait arrivée
jusque-là; car nous avons poursuivi ce prince jusqu'en Égypte, et nous l'avons
«complétement vaincu, par la grâce de Dieu, de qui nous tenons notre cou-
«ronne.
« Maintenant toute la Phénicie, la Palestine et la Syrie sont délivrées de la
«tyrannie des musulmans, et obéissent aux Romains. En outre, la grande mon-
«tagne du Liban a reconnu nos lois; tous les Arabes qui l'occupaient sont tombés
«captifs entre nos mains en nombre très-considérable, et nous les avons distribués
“à nos cavaliers. Nous avons gouverné l'Assyrie avec douceur, humanité et bien-
«veïllance. Nous en avons retiré environ vingt mille personnes, que nous avons
«établies à Gabaon. Tu sauras que Dieu a accordé aux chrétiens des succès comme
«jamais nul n'en avait obtenu. Nous avons trouvé, à Gabaon, les saintes sandales
“du Christ, avec lesquelles il a marché lorsqu'il parut sur la terre, ainsi que
“l'image du Sauveur qui, dans la suite des temps, avait été transpercée par les
«Juifs, et d'où coula, à l'instant même, du sang et de l'eau ; mais nous n'y avons pas
! Par le nom de Babylone l'auteur entend tantôt Babylone d'Égypte : « Babylonia quam ipsi appel-
Bagdad, tantôt le Kaire. On sait que nos chroni- « ant le Cabaire, » dit Jacques de Vitry, 2° lettre au
queurs du moyen âge emploient habituellement la pape Honorius Ilf, dans le tome III du Thesaurus
même expression dans ce double sens. On voit, par anecdotorum de Martène et Durand.
la suite du récit, qu'il est ici question du Kaire ou
20 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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1 B. omet qupditruuu, — 2 A. Urewdpacuoky, Anamioudén. — ° B. Jerawphb que.
«aperçu le coup de lance. [Nous trouvâmes aussi,] dans cette ville, la précieuse
«chevelure de saint Jean-Baptiste le Précurseur ‘. Ayant recueilli ces reliques, nous
« les avons emportées pour les conserver dans notre ville, que Dieu protége. Au
«mois de septembre, nous avons conduit à Antioche notre armée sauvée par sa
«toute-puissante protection. Nous avons fait connaître ces faits à Ta Gloire, afin
« que tu sois dans l'admiration en lisant ce récit, et que tu glorifies, de ton côté,
‘ l'immense bonté de Dieu; afin que tu saches quelles belles actions ont été accom-
« plies dans ce temps-ci, et combien le nombre en est grand. La domination de
« la sainte Croix a été étendue au loin, en tous lieux; partout, dans ces contrées,
«le nom de Dieu est loué et exalté; partout est établi mon empire, avec éclat et
« majesté. Aussi notre bouche ne cesse de rendre de solcnnelles actions de grâces
«à Dieu, qui nous a accordé d'aussi magnifiques trionrphes. Que le Seigneur,
« Dieu d'Israël, soit donc éternellement béni! »
«À Anaph'ourdên Léon, protospathaire de Terdchan?, gouverneur militaire
«de Darôn, salut et joie en notre Seigneur!
« Nous avons appris que tu n'as pas remis la forteresse d'Aïdziats, comme tu
« l'avais promis. Nous avons écrit à notre commandant de ne pas l'occuper, et de
«ne pas prendre les mulets que tu étais convenu de livrer, parce que maintenant
« nous n'en avons plus besoin; mais les 40,000 oboles que nous avons envoyées, fais
l Suivant Léon le Diacre (p. 102), ce fut à
Menbèëd) que Zimiscès trouva les sandales du Christ
et la chevelure de saint Jean-Baptiste. Il déposa
la première de ces reliques dans Île temple de
la Mère-de-Dieu, qui s'élevait dans le Grand Pa-
lais, et la seconde dans l'église du Sauveur, qu'il
avait bâtie dans le vestibule de ce même palais.
(CF. Codinus, De originibus Constantinopolitanis,
p. 50; Du Cange, Constantinopolis christiana, IV, 1,
$5,etur, $ 27.) Léon le Diacre affirme que c'est à
#
Béryte que Zimiscès obtint l'image du Sauveur.
C'était un tableau représentant le crucifiement. Il
l'envoya à Constantinople, pour être déposé aussi
dans l'église du Sauveur. Le même auteur rapporte
(ibid.) la tradition du miracle auquel cette image
avait donné lieu, et que rappellent ici les paroles
de Zimiscès. |
2? District de la Haute Arménie, situé à l'ouest
de Garin ou Théadosiopolis (Erzeronm).
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 21
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SuX bb Ephbque - L pq qnfmftbudg pupbpuubghfu qu L gnumghsu np,
1 I y a dans tous nos mss. la leçon Houkgfv, qui ne donne ici aucun sens.
«les porter à notre commandant, qui les transmettra à Notre Royauté. Tu obtien-
« dras la récompense de tes travaux et une moisson proportionnée à ce que tu
«auras semé : tous les biens possibles, au fur et à mesure que tu les auras mérités. »
Zimiscès écrivit aussi au docteur arménien Léonce, en ces termes :
« À notre agréable et bien-aimé philosophe, l'illustre Pantaléon ', salut !
« Nous t'avons invité à te trouver, à notre retour de l'expédition que nous avons
“entreprise contre les musulmans, dans notre ville sainte et bénie. Lorsque tu vins
«à nous de la part d'Aschod Schahinschah, mon fils spirituel, tu apaisas le res-
sentiment qu'il nous avait inspiré, et tu amenas Bab, le Bagratide, du district
«d'Antzévatsik”, ainsi que Sëémpad Thor netsi, le protospathaire. Tu feras tous
«tes efforts pour que nous te trouvions dans notre ville gardée par Dieu, et là
«nous célébrerons des fêtes solennelles en l'honneur des sandales du Christ, notre
« Dieu, et de la chevelure de saint Jean-Baptiste. Je serai enchanté, surtout, de
«te voir entrer en conférence avec nos savants et nos philosophes, et nous nous
«réjouirons eh vous. Que Dieu soit avec nous et avec vous, et Jésus-Christ avec
“ses serviteurs ! »
Lorsque le docteur Léonce eut connu la volonté de l'empereur, il partit pour
Constantinople. Des fêtes magnifiques eurent lieu en l'honneur des sandales de
Dieu et de la chevelure du saint Précurseur. L'allégresse fut générale dans la
cité impériale. Notre docteur arménien soutint des controverses, en présence de
l'empereur, avec tous les savants de cette ville, et se montra invincible dans son
argumentation, car il répondit à toutes les questions d'une manière qui satisfit
tout le monde. H fut comblé d’éloges, ainsi que le maître de qui il tenait ses doc-
historien, ou de quelque ancien copiste, qui l'aura
! Cette variante se rencontre dans tous nos ma-
fait prévaloir dans les temps postérieurs.
auscrits, et il est impossible de savoir si elle pro-
vient de l’auteur de la lettre, Zimiscès, de notre
22 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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1 À. bphbiu. — 2 B. yocnwphbuw,.
trines, et gratifié, par l'empereur, de cadeaux très-précieux; puis, tout joyeux de
cette réception, il s'en retourna en Arménie, vers l'illustre Maison de Schirag”'.
VII. Après un grand. nombre de combats livrés et de victoires remportées,
Limiscès fut tout à coup saisi dela crainte de la mort et de la frayeur des terribles
jugements de Dieu. Ilse rappelait, dans ses réflexions, la mort injuste du vertueux
Nicéphore, et son sang innocent versé par lui. Plongé dans une douleur profonde,
il pleurait et poussait des soupirs. Alors il résolut d'adopter une vie sainte, pour
parvenir, si C'était possible, à racheter, à force de repentir, le meurtre qu'il avait
* commis. Il \ avait Cinq ans seulement qu'il était sur le trône.
Tandis qu'il était dans ces pensées, il lui vint une bonne inspiration, conforme
aux volontés de Dieu. Il envoya à Vaçagavan, dans le district de Hantzith, et en
lit ramencr Basile et Constantin, fils de l'empereur Romain, ces deux princes qu'il
avait envoyés précipitamment auprès de Sbramig, à cause de la crainte que lui ins-
piraient pour eux la perversité et la cruauté de l'impératrice [Théophanô]. Lorsque
Basile fut arrivé à Constantinople, Zimiscès rassembla tous les grands de l'empire,
etune réunion imposante eut lieu dans son palais. Ayant pris de ses propres mains
la couronne qui était sur sa tête, il la plaça sur celle de Basile, le fit asseoir sur le
trône et se prosterna la face contre terre devant lui. Après avoir remis à ce prince
les rênes du gouvernement, et lui avoir rendu le trône de ses pères, il se retira
dans le désert, et embrassa la vice monastique dans un couvent où il établit sa ré-
sidence. Celui donc qui hier encore était revêtu de la pourpre se trouvait main-
1 C'est-à-dire vers le roi Aschod le Miséricordieux , niens. Ani, ruinée successivement par Îles Turcs
à Ani. L'expression « Maison de Schirag » est prise seldjoukides et les Mongols, et par un tremblement
pour le district de ce nom, dans la province d'Ara- de terre, en 1317, fut abandonnée définitivement
rad, où s'élevait la ville d’Ani, capitale des souve- par ses habitants, en 1319; elle ne subsiste plus
rains de la principale branche des Bagratides armé- aujourd'hui que par ses magnifiques ruines.
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 23
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Goantrauy gergupkn fade np panne Euntg, Juris gb dunubgbugk gbpuum fu unL pp
ue Famwpuibfih L JAiuphugk quil aille n ! wuäfuu Æähidronauy :
1 B. gdrav hu,
tenant le commensal des pauvres, dont il avait adopté l'humble condition, jaloux
de mériter ainsi la béatitude promise par le saint Évangile, et d’acquitter la dette
que lui imposait son crime envers l'innocent Nicéphore’.
très-vifs reproches, mais celui-ci dissimula son mé-
contentement. L'empereur étant arrivé dans la
plaine d’Atrôa, au pied du mont Olympe, chez le
patrice et sébastophore Romain, petit-fils de Léca-
pène, un eunuque, échanson de ce dernier, gagné
par l'accubiteur, versa à Zimiscès un breuvage em-
poisonné. Ce prince rentra mourant à Gonstanti-
nople, et ne tarda pas à succomber, le 10 janvier
6485 (lisez 6484), indict. 1v = 976.
1 Cette version de Îa fin de Zimiscès est toute
différente de celle que donnent Cedrepus (p. 535),
Zonaras {t Il, p. 169) et Léon le Diacre (p. 109).
Suivant le récit plus explicite de ce dernier, Zimis-
cès, à son retour de la Syrie, remarqua, en fran-
chissant le Taurus cilicien, que les châteaux de
Longias et de Drizès, au milieu d'un pays très-
fertile, récemment conquis par son armée, avaient
été occupés par l’accubiteur Basile; il lui en fit de
RIBLIGTHECN
REGIA
MON ACENSIS
24 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
LT.
RÉCIT
DE LA PREMIÈRE CROISADE.
EE
Ce Geyel dudiwkpu [p BncuquñncfBbuñus Loyeg 2bE] funwptgur divpqupl
aff ape \Epebuk Sang Suypuubaubi, q0ç dut SandiyEgeng Ejhgu (vost que puy
twfoupuqu L pure fobuñtut Sayng wlwesfu- L ane ur junuÿ fou gun, ww! jupe
Jandituukfe ibuup wsep dEpndp, qui op f Sud diugnculit fupquwphugur uncpn L
qpuñEpuques agp Vonnén dEéu Ukpubu: pe age Ep dupqupho fui upanjs
Dasbhhh, gp wbuuñuke k (Nugk qhEpeepañot? yep quite, L juan
abuba L gneguiulp wvbpmf qneunbijé L qñpbjé L qui. manu Supltbjé gfinsgbuquis :
bof b udiñuuthe bgle Ef Sandigtgeng b pwgur quent | aunfiugeng wi - Jun
qhunpep qulEgur Sbp quunbquqet pin nt uno: loc qupäbuy Fab SEE pwp.
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Ée Bipbu, Sbe, wpf L JG décdbe gb fuuuan. LB Oupfbur npubu k ptny Skr
opuhu Sjop ah Bubbugk gel bep, L bug jEuuS 96 uno bep, twfowufis ju
nbuhg wpup quauu :
| Ca. omet uw. & Ca. wrnrvu.
2 Ca. rd &bpquparuy. 5 C. q4 Jtinu.
3 Ca. omet pwgue para.
TRADUCTION.
I. En l'année 545 de l'ère arménienne (26 février 1096-24 février 1097),
s'accomplitla prophétie du patriarche saint Nersès ’, relative à l'expédition entreprise
par les Romains (Franks), et qu'il révéla aux satrapes et aux chefs de l'Arménie et
leur annonça bien des années auparavant. Ce qu'avait prédit à l'heure de sa mort
ce grand saint, ce thaumaturge, cet homme de Dieu, nous l'avons vu de nos
propres yeux se réaliser dans notre siècle. C'était la vision qui apparut à Daniel,
lorsqu'à Babylone il vit la figure d'un animal monstrueux, vision qui se manifesta
à lui ouvertement, et qu'il expliqua en disant que cet animal dévorerait, mettrait
en pièces et foulerait aux pieds les débris échappés à la fureur des bêtes précé-
dentes*.
Au temps précité eut lieu l'irruption des Romains, et la porte des Latins s’ouvrit.
C'est avec leurs bras que Dieu voulait combattre les Perses *. I] apaisa sa colère,
suivant cette parole du prophète David : « Réveille-toi; pourquoi dors-tu, Seigneur?
« Lève-toi, et ne nous rejette pas à jamais *. » « Le Seigneur s'est réveillé de son
«sommeil, pareil à un homme fort, pour enlever son prix; il a repoussé ses en-
«nemis et les a rendus un objet d'opprobre éternel. »
L Saint Nersès, dit le Grand, le sixième des pa- 2 Daniel, VII, vu.
triarches d'Arménie, se rattachait par son bisaïeul, 5 Matthieu se sert indifféremment du nom de
saint Grégoire l'Nluminateur, à la branche des Ar- Perses, d'Élyméens ou de Turcs, pour désigner les
sacides de Perse, dite Sourén Bahlav; il siégea, sui- Turcs seldjoukides, qui étaient à cette époque
vant le calcul le plus probable, de 364 à 384. (Cf. maîtres de la Perse.
Tchamitch, t. III, Tables, p. 109.) # Psaume XLIV, xxiv.
CE
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 25
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que bobo Vounoudpihet. pp funurogp L Pwqurnpugneup, Suranna) b
edEtaujt Count up oenne JE unlg gupqupbiu,.p » k Efv s“ubuwtp f qrpou pupni fEuiu :
(erg 6Pv wunuhpt wjonphh- Urventel agp Spop, 90 Ep b jugah Puqunnpuÿt San
lybgengt, L'Urpfu Eqeaypu unit. yo Uémnbes Ep ap mbbp q$bun fup guet
L aB rep Ù Euufuibouh Buqurogft np {mnngbwg hour qxpneuahd. &p L dES Yi
ap wubfi Elu, L Suvegh encprprbé ep, LG np wub OUARE agp wSupyr.
1 Ca. hyUibebhtu. —? Ca. hobuiupu Pauvquug.
_ Cette année, les populations de l'Italie et de l'Espagne, jusqu'aux confins de l’A-
frique, et les nations des Franks les plus éloignées se mirent en mouvement, et ac-
coururent par masses immenses et formidables, aussi pressées que les sauterelles,
que l'on ne peut compter, ou le sable de la mer, dont les grains sont au-dessus de
tout calcul. Dans toute la force et l'éclat de leur puissance, marchaient les plus
grands capitaines du pays des Franks, chacun à la tête de ses troupes. Ils venaient
briser les fers des chrétiens, affranchir du joug des infidèles la sainte cité de Jéru-
salem, et arracher des mains des musulmans le tombeau vénéré qui reçut un Dieu.
C'étaient des chefsillustres, rejetons de familles souveraines, éminents par leur foi et
leur piété, et élevés dans la pratique des bonnes œuvres. Voici leurs noms : le va-
leureux Godefroy, issu de la race des rois des Romains, lequel avait en sa posses-
sion la couronne et l'épée de l'empereur Vespasien, cette épée qui détruisit Jéru-
salem; le frère de Godefroy, Baudouin *; le grand comte Boëmond et Tancrède,
son neveu; le comte de Saint-Gilles, homme redoutable et d'une haute 1llustra-
Celui ot Alixandres qui le mont conquesta,
1 On sait que Godefroy descendait de Charle-
Et pui l'ot Tholomeus, puis Macabeus Judas,
magne par sa grand'mère Mahaut de Louvain. (Cf.
ae ne Tant a l’espée alé que deçà que delà,
Du Cange, Histoire des Principautez et des royaumes
| ; | . Que Vespasianus, qui Dame Dieu venja
de Hiérusalem, de Cypre et d'Arménie, ms. de la Bi- Au sepulcre l'offri où Diex resuscita.
Puis l'ot Cornumarans li pere Corbada,
Jerusalem trai cil à qui le dona.
? Baudouin de Boulogne s’allia par mariage à la
famille des princes r'oupéniens, comme nous le sa-
vons par Guillaume de Tyr (X, 1) et Albert d'Aix
(IT, xxx), en épousant Arda, fille de Thoros (Ta-
froc, dans Guillaume de Tyr; Tatos, traduction fran-
çaise; T'aphnuz, dans Albert d'Aix), frère de Cons-
‘tantin, fils de R'oupên. Ce dernier historien ajoute
que Taphauz, en donnant sa fille au prince français,
lui pronit de le faire héritier de ses États et de lui
donner une dot de 60,000 besants, et que, sur cette
somme , il n'y en eut que 7,000 qui furent payés. En
1104, lorsque Baudouin occupait le trône de Jérusa-
lem, il répudia Arda « absque causæ cognitione, non
« convictam, non confessam, lege matrimoniorum
« neplecta, » et la força d'entrer au couventde Sainte.
Anne , à Jérusalem. (Guill. de Tyr, XI, 1.)
bliothbèque impériale, supplém. franç. n° 1224,
fol. 1 r°: l'Histoire Littéraire de la France, t. VII,
p. 599, et l'Art de vérifier les dates, t. II, p. 460, et
t. II, p. 9.)
‘est probablement pour cette raison que la tra-
dition rapportée par Matthieu attribuait à Godefroy,
comme issu des empereurs d'Occident, la posses-
sion de la couronne et de l'épée de Vespasien. On
peut croire que l’auteur arménien est ici l'écho des
trouvères qui accompagnaient l’armée des croisés,
puisque l'on rencontreune tradition analogue dans la
Chanson d'Antioche, composée, au commencement
du xn' siècle, par Richard le Pélerin, et renouve-
lée, sous le règne de Philippe-Auguste, par Graindor
de Douai, chant v, couplet 4 (édition de M. Paulin
Paris, t. Il, p. 12-13). Il s'agit, dans le poëme du
trouvère français, du branc ou épée Requite (forgée
deux fois), ouvrage de Galan (le célèbre Wailand
le forgeron) : |
Histon. ARM. — I.
20 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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Yranump, puSaiuuyp L uwgyunwgneup : {ne deu alu fade Xañtupupçnp.
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Bargaurcagft. L'ujoufufh MétwuunSnpqne Euh Swuuuhft f Su Uronathneuoghe :
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Greg, L jujtl wemp bgl puqud wghuug $Eqeedi : L'uyuufuh of pire ap
age bp quyft dE tauÿt uns fe dEpuy vegu f equnnbqugnl, LUE gun paugne
1 Ca. qdacwp.
tion; Robert, comte de Normandie, ainsi qu'un autre Baudouin '; puis venait le
comte Josselin, distingué par sa bravoure et sa force. Ces intrépides guerriers
savançaient avec des armées innombrables comme les étoiles du firmament.
A leur suite figuraient une foule d'évêques, de prêtres et de diacres. La route des
Franks s’effectua péniblement dans les provinces les plus reculées de l'empire
romain. Ce fut avec des fatigues inouïes qu'ils franchirent la contrée des Hon-
grois, à travers les étroits et inaccessibles défilés de ses montagnes. De là, ils arri-
vèrent chez les Boulgares, qui étaient sous la domination d'Alexis, empereur des
Grecs?. Ce fut en cheminant de la sorte qu'ils parvinrent à la grande cité de Cons-
tantinople.
Alexis, ayant eu connaïssance de leur marche, avait envoyé des troupes contre
eux. Un combat fut livré, dans lequel il y eut des pertes considérables des deux
côtés; mais les Franks mirent les Grecs en fuite. Cette Journée fut des plus san-
glantes . De même les populations des pays par où les croisés passaient se
montraient partout hostiles et les incommodaient beaucoup. À la nouvelle de
1 Baudouin Du Bourg, cousin germain des trois
frères Godefroy de Bouillon, Baudouin et Eustache.
IL était né dans l'évêché de Reims, de Hugues,
comte de Retest, et de Mélissende. (Guillaume de
Tyr, XIE, 1 et n; Guibert de Nogent, VII, xxxv.)
? Matthieu d'Édesse et les autres auteurs armé-
niens qualifient les empereurs d'Orient de Bwque np,
qui est la traduction du terme fPaoiÂeüs, qu'em-
ploient les écrivains byzantins. Quelquefois, mais
- rarement, ils les appellent 4wyup « césar. » J'ai subs-
titué partout la dénomination, plus usuelle pour
nous, d'empereur,
3 Notre auteur veut parler du combat qui sur-
vint entre les Grecs et les troupes de Raymond de
Saint-Gilles, campées à Rodostum, ville située
sur la côte de la Propontide, à quatre journées au
sud-ouest de Constantinople. Alexis et les chefs de
la croisade ayant envoyé une. députation à Ray-
mond, pour l'engager à venir se concerter sur les
moyens de hâter la marche de l'armée chrétienne
vers la Syrie, le comte arriva avec une petite es-
corte, et fit son entrée à Constantinople, précédé
des apocrisiaires impériaux, et fut traité de la ma-
nière la plus honorable. L'empereur cherchant à
l'amener à lui prêter hommage, comme l'avaient
fait déjà les autres princes latins, le fier Raymond
s'y refusa avec fermeté. Alexis, irrité, transmit
l'ordre à ses soldats de harceler ceux de Raymond
et de leur faire tout le mal possible. Les Grecs sur-
prirent de nuit les Provençaux et en tuèrent plu-
sieurs, mais ils furent repoussés honteusement. À
cette nouvelle, le comte, furieux, envoya plusieurs
de ses amis reprocher à Alexis ce qu'il considérait
comme un outrage et un acte de perfidie. Celui-ci,
sentant qu'il était allé trop loin, etse repentant de
ce qu'il avait fait, manda Godefroy, Boëmond et le
comte de Flandre, pour les prier d'intervenir au-
près de Raymond. Ils lui persSuadèrent d'oublier ou
du moins de dissimuler son ressentiment. (Guil-
laume de Tyr, IX, xix-xx, Robert le Moine, liv. I,
p. 37; Raymond d’Agiles, p. 140.)
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 27
cwpsupuiñrop : Up joug que Bin Buquenpu Vkput dépwguyg gong, kon
ban y quant die bras + Le adEtuft poule un Suwmpul Eu fpu f qnint
Qrumñgénemopuh, L noble wvguuts dog Snft ({ 4puvnu à \ye Buqunançu Uykpsr
wpup bp k fuupaiñun feu pue adEtuÿt foluuñnis pa tlauÿt, L'imupan. gunow f uncpe
Ur, L Een bngur page anne pu nulee L'iné un b'inpu Epqneuit Udiu gl qu.
Bat gun ap junuÿ bu bp Song able f Oupehg, L'euit quj Burqun epfv
Uubesbt, L'uoup$t opokg L Upuuug Enbglt wgaft aug : Up eyuuhuf
queuibns [JE ulf lose] L oubimopuiuny Yangbkaffu gkpyns ii wbqne Saiubh fusruquitro p - L
wnbuy qopu L foluuite & Buqurnpht, k'ankfi pie JESU (}{ {puñvnu. b Sub pag.
le fbanl puñusqunt b pq pt np Yes bb dou b Sn ({4huivk à |
Le cEtuÿu gone Qupufg Enqnfkquiu & dEpuy qopug bawtlug, np pañuhut LFu
pomSiñn juju, L wpugft vqunnbquqd pi opt pauitlaug. L jejudunl qoppt brut
Qog ju tgté put Quputg L'apufé dou fupnuquite L jupauktquñs vpn
Q$Eun bngu L ewphundh jgfv abphhe: Ve qaunbqugleus b déve emuueft buy, 4
pren ft gout L Grannpbgft qulteuÿt aucuns : Up jajudenl qiugfi Xhs-
1 Ca. hynd$barbE unfy.
cette défaite, Alexis arrêta son glaive, et cessa de s'opposer à eux. Lorsqu'ils furent
arrivés aux portes de Constantinople, ils firent halte, et demandèrent à traverser
l'Océan. Alexis fit paix et alliance avec leurs chefs, les conduisit dans l'église de
Sainte-Sophie, et leur donna en présent des sommes considérables d'or et d'ar-
gent. Ils convinrent que toutes les provinces qui avaient appartenu aux Grecs et
dont les Franks sempareraient sur les Perses, seraient rendues à Alexis, et que
les conquêtes faites en pays perse ou arabe seraient réservées aux Franks. Ce
pacte fut scellé par un serment prononcé sur la Croix et l'Évangile, et à jamais
inviolable. Après avoir obtenu de l'empereur un renfort de troupes et des officiers,
ils traversèrent l'Océan sur une flotte et arrivèrent en masse devant Nicée, non
loin de la mer.
Les Perses, s'étant réunis, vinrent attaquer les croisés dans le camp que ceux-ci
avaient établi en ce lieu; mais la victoire resta aux chrétiens, qui mirent les en-
nemis en déroute, et, s'élançant à leur poursuite l'épée à la main, inondèrent de
sang toute la contrée‘. Puis, ayant entrepris le siége de Nicée, ils s'en rendirent
maîtres de vive force, et massacrèrent tous les infidèles”. Abattus par cet échec,
la reddition de Nicée. Dans le récit de la première,
il exagère évidemment le nombre des Turks opposés
aux chrétiens, en le portant à six cent mille : la
Chanson d’Antioche (chant 11, couplet 16) dit qu'ils
étaient cinquante mille; Albert d'Aix (Ù, xxvur),
dix mille hommes d'avant-garde et cinquante mille
formant le gros de l’armée; Robert le Moine (liv. INT,
p- 39) indique le même chiffre qu’Albert d'Aix. Les
diverses circonstances de la narration de notre chro-
niqueur arménien ont été discutées avec beaucoup
de sagacité et de jugement par M. J. L. À. Peyré,
dans son Histoire de la première croisade, à vol.in-8°,
Lyon, 1859, t. I, p, 291, note 1.
2? Matthieu doit être ici rectifié. Anne Comnène
(liv. XI, p. 248) rapporte que Manuel Boutoumi-
tès, un des officiers d'Alexis, s'introduisit dans Ni-
cée et traita secrètement avec les assiégés, qui lui
remirent cette place, et, lorsque les croisés se dis-
À.
1 Suivant l'historien Vartan, il y eut deux actions
successives entre les Turks et les Franks, avant la
prise de Nicée : Urgkus.e & “Ubu Swebv 1 16%
wuquit fuuqul L Ephlgu, L'une gba L Eennct
JU eur : « [Les Franks] étant arrivés a Nicée, bat-
«tirent Kilidj-Arslan une première et une seconde
« fois, et donnèrent cette ville à Alexis. » Mais aucun
auteur, que je sache, ne mentionne ces deux enga-
gements. Suivant Île témoignage d'Anne Comnène
(liv. XI, p. 245-246) et des chroniqueurs latins, il
n'y eut qu'une bataille, celle qui eut lieu sous les
murs de Nicée, le samedi 16 mai 1097, surlende
main de l’Ascension. Peutêtre Vartan faitil allu-
sion, par une confuse réminiscence, à la bataille
de Dorylée, livrée le 1° juillet suivant. Matthieu
d'Édesse parait ne pas avoir été mieux renseigné;
il parle de deux grandes batailles, probablement
celle de Nicée et celle de Dorylée, qu'il place après
28 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
Qui un oncpnuñiu fu Msuquñiu, pop qunobpuqdhp f Ep puqupf UEpnbtn,,
qu bingÿu gg wpugfiu blu. L'hnpu wpugbuwy nan wbffhe pagdin fun
eye b dépuy beau gout f quan fé \fhhaye pe wpwpft ouuunfh sunsE pq?
JÉphognüg Yogig, L uubitey pupuuhe jupäwhouu & dhçuy dhdbuug L ququiu.
eup polubbh g%Mwljpunn pub puquliug - L h duuppunneolgith vaqusaopunugu L fh usb
acbSugt L bp yBt wgbquiugt bal qrediuphug wdbtuÿr pag Die qopwÿh
ypuqehug : dune gb f own EE ujohg anqup Ephbré L fus) GEubgu Eph.
decet vuçpubft. pol op wpfuquiupt L Gunfegt 6fi pui pur pui Epuubfu, L'epubu
géopbehe enr dnig" wbfituy kb qupdl uftu - L bp opt ji op dES L'uriwqfits wnauÿfi
aqunnbpaglf, dut gb 4 ebeged ont peqdhe une pra pig get bauñhug à Une br dE
puy apupuit aunEpuqdiug junfbug qoppv bauueg gps Uupufg, k wpeupfé gunuw
fufuunatqjutns wwenp b owunbl Yrnnpwdnd - np b dwd-ÿbuy bal quenu qlauquul dE
bep: be wnfit pfige pfe pig cup L'abpnffut, k He ns gp robe L'un wfn gp
uni k Qupuhg :
! Ca. tétby.
2 Ca. Gauwnpwis.
3 Ca. ee Puy NUIT
à Ca. wnhiàn).
les Perses coururent porter leurs doléances au sulthan Kilidj-Arslan ', occupé en .
ce moment au siége de Mélitène, et lui racontèrent leur défaite. Ce prince, ayant
rassemblé des troupes innombrables, se porta à la rencontre des Franks, dans la
province de Nicée. L'action s'engagea terrible des deux côtés; les deux armées se
précipitèrent avec rage l’une contre l'autre, et se heurtèrent comme des bêtes
féroces. Au milieu des éclairs que lançaient les casques reluisants, du craquement
des cuirasses brisées et de la vibration des arcs, les infidèles resserraient leurs
rangs avec une nouvelle ardeur. Les clameurs des combattants ébranlaient la
terre, et le sifflement des flèches faisait trembler les chevaux. Les plus braves, les
héros, se prenaient corps à corps, et, pareils à de jeunes lions, se frappaient à
coups redoublés. Cette première journée fut grande et solennelle, car le sulthan
avait sous ses ordres six cent mille combattants. Mais les Franks triomphérent,
mirent les Perses en déroute, et les exterminèrent sans miséricorde sur tous les
points. La plaine fut jonchée de cadavres, le butin fut immense, et les captifs se
comptèrent par milliers. Les dépouilles, en or et en argent, dépassaient toute
évaluation.
posaient à livrer.un dernier assaut, ils furent tout
surpris de voir flotter sur les murailles les éten-
dards impériaux. Guillaume de Tyr (IIE, x11) donne
la date du 20 juin 1097. Étienne, comte de Blois
et de Chartres, dans la lettre qu'il écrivit de Nicée à
sa femme Adèle (Mabillon, Museum italicum, t. I,
p. 237), marque le 13 des calendes de juillet
(19 juin). Guibert de Nogent (II, v) dit que le siége
commença la veille des nones ou 6 de mai, et dura
sept semaines et trois jours, calcul qui fixe la reddi-
tion de Nicée au 26 juin. Le général grec Tatice
(Tatinus trancati nasi ou truncatæ naris, Albert d'Aix,
IE, xxnet xxxvir: Tatin l’esnasé de la Chanson d’An-
tioche) intervint dans cette capitulation pour Îa
faire agréer aux croisés, et obtenir que la femme et
les enfants de Kilidj-Arslan pussent se retirer en li-
berté. |
1 Kilidj-Arslan Daoud, fils de Soliman, fonda-
teur de la dynastie des Seldjoukides d'Iconium.
Notre chroniqueur, en affirmant que ce prince, au
moment du siège, était occupé à celui de Mélitène,
a très-certainement fait confusion avec une autre
circonstance de la vie de Kilidj-Arslan. li est cons-
tant, par l'accord unanime de tous les auteurs, que
le sulthan fut présent, à la tête des Turks, aux
deux batailles de Nicée et de Dorylée. M. Peyré,
dans son Histoire de la première croisade, tome 1,
p. 291, note 1, remarque avec raison qu'il est
contre toute vraisemblance que Kilidj-Arslan fût allé
” attaquer Mélitène, à l'extrémité opposée de l'Asie
Mineure, au moment où l’arrivée des croisés met-
tait, dans le plus grand danger Nicée, sa capitale,
où étaient renfermés sa femme, ses enfants et ses
trésors.
| DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 29
Le afb Épbg wencpg qupébus onu equp Eplpape ago, & wçuweft pq.
Pan quyp b dbpuy baañuhf gode, Lopepfé squnntpuql wÇurnp L uuunhl pur
qonuphiu. L qoppt bautlug génft puphrnt wpluvkfe b dv qopuge Quels,
L oumnbl frnnmuSn] L gEpne bu ESuiv quon juil luwpSfu. L bunmi ve
bawthug g\Ubhbuy br Sonny Bugurnpft Uykpult :
( hepäbu k Breutuio baie Long fe juuli TT L juunepu $wpungbunuigh
Logog ke wSpenioy L'obp (Nwponb, kb BuqunnpneBbuñi Going Vkeabt Sn.
1 Ca. omel k Juda.
Au bout de trois jours, le sulthan réunit de nouveau des forces imposantes et
recommença l'attaque. Une seconde bataille fut livrée, plus terrible que la précé-
dente. Les chrétiens vainquirent encore les Perses, les taïllèrent en pièces, sans
faire quartier à aucun, leur cnlevèrent quantité de prisonniers et les chassèrent
du pays. La ville de Nicée fut remise par eux à l'empereur Alexis.
IL. En l'année 546 (25 février 1097-24 février 1098), au temps des deux catho-
licos d'Arménie, le seigneur Vahram et le seigneur Basile’, et sous le régne d’Alexis,
1 Il s'agit ici de la célèbre bataille de Dorylée,
qui fut décisive pour le succès de la première croi-
sade, en ouvrant aux chrétiens tous les passages de
l'Asie Mineure. On peut consulter à ce sujet Anne
Comnène (liv. XI, p. 251-252), la Chanson d'An-
tioche {chant ur, couplets 1-13), Tudebode (IX, 1x),
Albert d'Aix (LI, xxxviri), Foulcher de Chartres
(ch. v), Baudry (liv.II), Robert le Moine (liv. I),
Raymond d’'Agiles (p.242) et Guillaume deTyr (II,
xv). L'emplacement où Îles deux armées se rencon-
trèrent, la vallée Dogorganhi, Gorgonia ou Ozellis,
paraît être le même que la localité appelée aujour-
d'hui {n-eunu, à quatre heures de marche au nord-
ouest de Dorylée, la moderne Eski-schehr; telle est
du moins l'opinion de M. Baptistin Poujoulat, dans
son Voyage en Asie Mineure (lettres 1x et x), opi-
nion reproduite par M. Michaud, dans son Histoire
des Croisades (liv. Il, t. 1, p. 117, 8° édit.), et, avec
quelques modifications, par M. Peyré, dans son
Histoire de la première croisade (ch. xx1). M. Callier,
officier d'état-major, qui a exploré, comme M. Pou-
joulat, les lieux où fut livrée cette bataille, pense
qu'il faut le placer dans la plaine de Dorylée, plus
au sud (cf. Notice sur la carte générale du théâtre des
croisades, par M. Jacobs, jointe à l'édition de Guil-
laume de Tyr donnée par l'Académie des inscrip-
tions), et en cela il est d'accord avec les paroles
d'Anne Comnène, qui dit : wepi ràs roù Aopualou
webtdèas. Je n'ai point à discuter ici cette question
de topographie; il me suffira de faire remarquer
que Matthieu d'Édesse est généralement mal ren-
seigné pour les événements accomplis en dehors de
la Petite Arménie, de la Mésopotamie et du nord
de la Syrie.
. 7 Dans l'origine, c'està-dire à partir du com-
mencement du 1v° siècle, l'Église d'Arménie fut
gouvernée par un seul catholicos ou patriarche
universel, qui résidait dans la ville royale de Valar-
sabad. Plus tard, lorsque l’Arménie fut partagée
‘entre les Perses et les Grecs, la dignité patriarcale
fut divisée entre deux titulaires, dont l’un résidait
dans la portion du territoire arménien soumise aux
Grecs, et l’autre dans la portion échue aux Perses.
Au milieu des désordres et des bouleversements
que produisirent les invasions des Turks seldjou-
kides dans le xr siècle, plusieurs compétiteurs à la
fois s'arrogèrent ce titre. En 1082, il y en avait
quatre en même temps. Depuis cette époque jusqu'à
nos jours, on a toujours compté deux siéges diffé-
rents, l’un dans la Grande Arménie et l'autre en
Ciülicie. Le patriarche Grégoire IT, dit Vahram et sur-
nommé Vgaiacér, 4 4wpwukp «ami des martyrs, »
parce qu'il traduisit ou fit traduire en arménien
une grande partie des martyrologes grec et sy-
riaque, résida quelque temps à Dzamëntav, dans la
Cappadoce, puis en Égypte, et enfin vint mourir
en Cülicie, auprès du prince arménien Kogh'-Vasil
(voir ci-dessous, ch. xxxvu). Le patriarche Basile
giégeait à Ani, dans la Grande Arménie. Ils étaient
parents et descendaient de la branche des Arsacides
appelée Sourên Bahlav, dont était issu saint Grégoire
lTluminateur, et à laquelle était dévolu le pontificat .
suprême de la nation arménienne. Dans la liste
des catholicos, métropolitains, archevéques et évé.
ques qui relevaient du patriarcat d’Antioche, placée
à la suite de Guillaume de Tyr, le catholicos d’Ani,
catholicus Ani, qui est Persidis, est mentionné, tan-
dis que celui de la Cilicie n'y figure pas. Cette omis-
sion a, sans aucun doute, sa raison : c'est que le
clergé frank de la Syrie ne reconnaissait pas le chef
religieux des Arméniens de la Cilicie. Aussi les ca-
tholicos de la Petite Arménie furent fréquemment
en querelle avec les patriarches latins d’Antioche,
dont ils rejetaient la suprématie, et plus d’une fois
les papes furent saisis de réclamations et de plaintes
à ce sujet.
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30 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
and wppuyfé, updbu pau Sanluybgengu L afuÇçadiop pugdie {bu 1 peph
aebepo que Babe we wpupfi? boleñft (en Say (vrpoot L dES fobuñtf Lung
Qounañquh npecy (lecpfeg np mubp g$Srprs Eur f jehwnsft Urupanunuy
b Papusuy, op L paugned quamaug nfebul bp, k f goes way Ekbuy bp.
get brut Uéqefbudé pq Métuuups wpuphuw * pig wouueSu (Nr pu
beugeng L pqupauk pañnulue wbguñubp po vuÇdaiu Quodjuug , L Swuuukfu ki qd mp
dupe 1Eputg Sapout. L fuwqugbus bag pue fit paul pue VE quite np,
ghued pue Uibthhay. L buitg jun Spawquy np & Uaucupquy, L'Swuwukp fr pu
1 Ca. omet 2.
2 Ca. wpwpbuw,.
3 Ca. L gopet bawvhwg fu Xn ébumbuwk L Xn
« mille fantassins et de cent mille chevaliers, tous
« montés sur des coursiers; ilss’avançaienten masse. »
— Cd. ga benlwÿ L Xn Afainp Pauvwg SES Eng,
duo, alu SES. L pugle Obunlh Xañvwupupé «de six cent mille fantassins et cent mille chevaliers
“pwpbu: « L'armée franke était composée de cent <franks qui formaient la cavalerie. »
empereur des Romains, le camp des croisés se mit en marche en nombre immense;
il était de cinq cent mille hommes environ. Thoros, seigneur d'Édesse, en fut pré-
venu par une lettre qu'ils lui envoyèrent, ainsi que le grand chef arménien Constan-
tin, fils de R'oupén, lequel occupait le mont Taurus, dans la contrée de Gobidar ?,
qui dépend du district de Maraba”, et s'était rendu maître d'un grand nombre de
provinces. Constantin était sorti des rangs de l'armée de Kakig“. Les Franks chemi-
nèrent très-péniblement à travers la Bithynie; ils franchirent la Cappadoce en
colonnes qui s'étendaient au loin, et parvinrent aux pentes abruptes du Taurus;
la grande armée passa par les défilés étroits de cette chaîne de montagnes pour
gagner la Cilicie *, et aboutit à la Nouvelle-Troie, c'est-à-dire Anazarbe’, et de là
1'Thoros, fils de Héthoum, Arménien de nation,
comme son nom l'indique, était gouverneur ou duc
d'Édesse pour les Grecs, avec le titre de curopalate.
Tadj-eddaula Tëtousch ou Toutousch, sulthan d'A-
lep, s'étant emparé de cette ville, en 1094, l'avait
confirmé dans ses fonctions, ce qui n'empêcha pas
Thoros d’avoir à souffrir, dans la suite, des incursions
des Turks : « Qui christianam provinciam quam re-
« gebat non tam armis a gentilium incursibus quam
« pecuniaria redemptione protexerat. » (Guibert de
Nogent, IT, xu1.) Suivant Guillaume de Tyr (IV, nr
et 1), les Turks étant venus l'attaquer avant que le
temps de son commandement eût pris fin, il fut
forcé de le conserver au delà du terme fixé, dans
l'impossibilité où il était de retourner chez lui. Les
habitants d'Édesse y consentirent, quoique Tho-
ros, très-avancé en âge, fût devenu incapable de
les protéger efficacement contre leurs ennemis et de
leur procurer la tranquillité. Maïs je crois que les
griefs des Édesséniens, dont l'historien latin s’est fait
l'écho, ne sont qu’un prétexte qu'ils mirent en avant
pour justifier le meurtre de Thoros, massacré par
eux dans une insurrection (voir ci-dessous, ch. v),
prétextequeles Franks, qui profitèrent de ce meurtre,
contribuèrent peut-être à accréditer. (Cf. ibid. p. 38,
note 4.) Guillaume de Tyr s'est trompé sur la natio-
nalité de Thoros, qu'il prétend avoir été Grec.
2 Forteresse de la chaine du Taurus cilicien, si-
tuée à l’est de Mëcis ou Mopsueste, vers les derniers
contre-forts de l’Amanus.
3 Ce district correspondait, à ce que je crois, à
la partie sud de celui de Dchahan, dans la Troi-
sième Arménie.
à Kakig Il, fils d'Aschod le Brave, fut le der-
nier souverain des Bagratides d’Ani. Il fut dépouillé
de ses États par Constantin Monomaque, en 1043,
après avoir régné deux ans, suivant le chrono-
graphe Samuel d'Ani (p. 72) et Matthieu d'Édesse
(tome I de ma Bibl. hist. armén. chap. Lvi-Lxv).
Plus bas (ch. Lvn), Matthieu raconte la vengeance
que tira le prince r'oupénien Thoros de la mort
de Kakig, assassiné par trois chefs grecs, fils d'un
certain Mandalé {Pantaléon), dans la forteresse de
Guizisdra ou Cybistra, sur les confins de la Cap-
padoce. Cedrenus {p. 595) est dans l'erreur en
donnant pour père à Kakig, Kaxuos, Jean, lw6ave-
alxys, qui était frère d'Aschod le Brave, et par
conséquent oncle de Kakig. Cet auteur rapporte
d'une manière toute particulière, et qui diffère en-
tièrement du récit des historiens arméniens, com-
ment Kakig fut privé de son royaume par Mono-
maque.
$ Ici se présente une question assez importante,
Ja détermination de l'itinéraire des croisés à leur
entrée dans la Cilicie. Nous allons voir quelles lu-
mières peut nous fournir à cet égard la comparaison
de nos documents arméniens avec les témoignages
occidentaux. On sait que Godefroy et Baudouin,
son frère , se séparèrent à Antioche de Pisidie (An-
tiochette}), suivant Guillaume de Tvyr (IE, xvur), ou
CR ,
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 31
qupl UCrupa D: L wÇuwagfit gopar ff Eulp puñaukhuut b dépuy aps L jgbu quesjbunnanmud
quger bnp, Lopelibug b pue gaoparubuit Qjwnuhg Sub bpä goport be pre aline
1 Ça. b pump fu.
devant Antioche. Leur vaste camp se déploya sous les murs de cette ville, et leurs
bataillons couvrirent l'immense plaine qu'elle domine. Le général perse Agh'oucian ”
à Héraclée, suivant Tudebode (IV, x), qui faisait
partie de l'expédition. M. Peyré (Histoire de la pre-
mière croisade, ch. xxin1, t. Ï, p. 370) pense, d'après
M. de Saulcy, qu'on peut concilier ces assertions
contradictoires en admettant que Baudouin et
Tancrède partirent ensemble d’Antiochette pour
éclairer la marche de l'armée, et qu'ils ne la
quittèrent définitivement qu’à Héraclée, dans la
Cappadoce. Après leur départ, la grande armée,
conduite par Godefroy, prit à Antiochette quelques
jours de repos; elle suivit ensuite la route qu'avaient
tenue Baudouin et ses compagnons, jusqu’à Héra-
clée, en passant par Iconium. Mais, tandis que
ceux-ci descendaient vers le sud dans la Cülicie, par
la voie royale, via regia, Godefroy remontait vers
le nord-est. Il est constant que Tancrède entra dans
la Cülicie par la vallée de Butrentum et les Pyle
Ciliciæe, défilé appelé Gouglag par les Arméniens
et Porta Jada par Albert d'Aix, aujourd'hui Kulek-
Boghaz, et qui conduisait à Tarse. Baudouin, qui
avait manqué ce passage, s'égara dans les mon-
tagnes, et ne parvint devant Tarse que lorsque
Tancrède y était déjà arrivé depuis trois jours. Si
la marche des croisés sur ce point ne présente au-
cune incertitude, iln'en est pas de même de celle de
Godefroy. D’après M. Michaud (liv. II, t. I, p. 132,
8° édit.), ils n'atteignirent point Césarée de Cappa-
doce, ville que l’élégant auteur de l'Histoire des
croisades regarde comme trop éloignée vers le nord
de l’Asie Mineure, pour ne pas être restée en dehors
du théâtre des événements. L'opinion du savant édi-
teur de la Chanson d'Antioche, M. Paulin Paris,
qui semble d'accord avec les paroles de Matthieu
d'Edesse, est qu'il ne s’agit point ici de Césarée de
Cappadoce, mais d'Anazarbe, comme ayant porté
aussi le nom de Césarée (chant nm, couplet 22, t. I,
p.182, note 1); mais Tudebode et Robert le Moine
(Bv. IT, p. 44), témoins oculaires, ne permettent
pas de douter que Godefroy ne soit arrivé jusqu’à
Césarée de Cappadoce, et leur témoignage est con-
firmé par Guibert de Nogent (IV, 1) et Raoul de
Caen (chap. xxxn1); et d'ailleurs, s’il est avéré que
Godefroy n'entra point dans la Cilicie par le dé-
filé de Gouglag, il est incontestable qu'il dut cher-
cher un autre passage dans le Taurus. Or, il n'en
existe qu'un second qui soit praticable dans cette
chaîne: c'est celui de Gaban, dans la parlie orien-
tale de la Cilicie. Une charte accordée, en 1215, aux
Génois par Léon I (Historiæ patriæ monumenta,
Liber jurium, t. 1°, col. 574-576, n° 514), atteste
que là effectivement se trouvait un défilé protégé
par ‘e château fort de Gaban, et où était établi
un bureau de douanes dont les revenus apparte-
naient au possesseur de ce fief. En effet, Léon IT,
en accordant la franchise commerciale aux Génois,
dans ses États, réserve quatre passages, parmi les-
quels il nomme celui de Gaban, sur le fleuve
Djeyhan, in flumine quod vocatar Jahan. C'était le
défilé qui mettait en communication la Cilicie
orientale avec la Cappadoce, par une route directe
entre Césarée et Marésie ou Marasch. Il était
impossible à Godefroy de ne point prendre cette
voie, la seule qui s'ouvrait devant lui, et dont les
étapes sont toutes tracées sur la route que nous in-
diquons : Césarée, Coxon, l'ancienne Cucusus, au-
jourd'hui Gueuksun, et Marésie. D'ailleurs la des-
cription que nous donne Albert d'Aix des difficultés
que les croisés rencontrèrent en traversant les Mon-
tagnes du Diable s'accorde parfaitement avec celle
que nous lisons, dans les voyageurs modernes, de la
passe du Djeyhan, si étroite et si abrupte quelque-
fois que les rocbers surplombent le cours du fleuve.
On sait que Baudouin ayant disputé à Tancrède
la conquête de Tarse et étant parvenu à s’en rendre
maître, le prince sicilien alla s'emparer de Mamistra,
d'Adana, d'Alexandrette, Alexandria minor, et de
plusieurs forteresses de l'Âmanus, et ravagea toute
la partie orientale de la Cülicie. Ensuite Tancrède
alla rejoindre le camp des croisés à Marésie, où il
avait été rappelé, après avoir reçu des présents con-
sidérables des chefs arméniens et turks qui habi-
taient le Taurus, et qui, craignant pour leurs pos-
sessions, s'étaient montrés jaloux de rechercher son
amitié. (Cf. Guillaume de Tyr, III, xix-xxv, et IV,
vit; Guibert de Nogent, II, xn; Albert d'Aix, IN,
v-xxvi; Foulcher de Chartres, ch. vi.)
$ Nouvelle-Troie ou Troade, Spnfwquwy, surnom
que reçut la ville d'Anazarbe ou Anabarze, à cause
de la célébrité que lui valurent ses fortifications,
regardées comme inexpugnables. Elle était située
sur le Pyramus ou Djeyhan. Il paraît que déjà, sous
l'empereur Constance, elle avait le rang de métro-
pole de la Seconde Cilicie, et Tarse celui de métro-
pole de la Cilicie Première. Plus tard, lorsque, pos-
térieurement au règne d'Héraclius, l'empire eut été
divisé en thèmes, ces deux #illes, ainsi que la Cilicie
entière, furent comprises dans le thème de Séleu-
cie. (CF. Hieroclis Synecdemus, 42° et 43° éparchie,
et le commentaire de Wesseling, ainsi que Constan-
tin Porphyrogénète, De thematibus, thème s 3.)
Guillaume de Tyr (III, xv) suit l’ancienne division
romaine.
L Bäghi-Siän çjuw &b dans les auteurs arabes,
ou mieux peut-être {ylew $b Yégui-Sian, car le
92 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
cpaññt, Lawenfl qunbpwglor wpwpheg gpwqupt quibuu di \pe jee but quyu ml
Luji Qncppukusy fobosupt apuhg L dESur. Suvghufe.p quyft quanbpugdi fr JEquy
brut gopwgi?. fu unpu un] qupänmquubft qualliufh Pjiudhu frphuirg :
Docgul unncpu bgh danger) oypugabugt, pol be oEuuÿ VUbobhtghet Suivekpa
aEtuju Snfkqbpept, \ppreuwghl L'adEtuÿé ouGdñnuthgpu \fapuy, Suçuu LL di
él fo dES huit pqunn Le huqugfit wufgfe L'auSwdiug purge fEunle fi Epuy go
put basuf. L japdul jeu qu aypuqebwgu, duntofu qopu fephuïvg k Ejuit
Ceebd bague: pe dau bp ue pus L'auunbpeglen L Of bajeuhut. he fppph
qunfeS jupäwkguñ da nf f {Ep pheprig b owSo Wuibnpuy- L wSwaf juq_
Boca qupdacgfiu f dufurioun L'wupuft ouf fonnpuS goes Qwnulg :
Deçdbup afp Uecpdi opefe Voerdblt, op paf L'oquunbmegdhn, k'inkpt
1 Ca. gUrheuhuiuy. 3 Ca. omet wyp.
2 Ca. gopegu hauwvquua. à Ca. omet Lajuyku.
et la garnison y furent bloqués pendant six mois, et eurent à soutenir de vigou-
reux assauts. À la nouvelle de ce siége, les chefs perses du voisinage accoururent
avec des forces considérables pour s'opposer aux Franks; mais ils furent repoussés
vigoureusement. Cependant les infidèles sè rassemblèrent de tous côtés : ceux de
Damas, les Africains, ceux du littoral, de Jérusalem, tous les peuples limitrophes
de l'Égypte, ceux d'Alep, d'Émesse, jusqu'au grand fleuve Euphrate, tous mar-
chèrent contre les croisés !. Ceux-ci, instruits de leur approche, prirent les armes
et coururent à leur rencontre. Boëmond et Saint-Gilles, ces deux héros, s'élanceé-
rent à la tête de dix mille hommes contre cent mille, dans la province d'Antioche,
les battirent complétement, et, les ayant dispersés, en firent un carnage affreux ?.
Cependant l'intrépide Soukman, fils d'Artoukh*, et le seigneur de Damas, les-
texte syriaque d’Aboulfarad) (éd. de Bruns et Kirsch,
p. 231) porte gen, et en supposant, ce qui
est probable, que le » yod initial a été négligé par
les éditeurs, on pourrait lire Yagui-
Sagän, (rw &> Yagui-Sagän dans Kemäl-eddin
où ce mot est écrit sans points diacritiques sous la
première lettre, çylew 4. Nos chroniqueurs occi-
dentaux transcrivent ce nom sous les formes di-
verses d'Acxianus, Ansian, Gracianus, Darsianus,
Garsion, etc. Mélik-Schah, sulthan seldjoukide de
Perse, lui avait confié le gouvernement d’Antioche,
en 535 de l'ère arménienne (28 février 1086-27
février 1087), suivant Matthieu d'Édesse (t. I de
la Bibl. hist. armén. ch. cxxix). Il avait marié une
de ses filles à Ridhouän, prince d’Alep, fils de Té-
tousch.
1 Appelés par ceux d'Antioche, les musulmans
d'Alep, Césarée, Hama, Émesse, Hiérapolis et
des villes voisines, étaient accourus à la dérobée
et avaient établi sans bruit leur camp auprès de
Harem (Harenc), château fort situé à une journée
de marche au sud-est d'Antioche, attendant l’occa-
sion de fondre à l'improviste sur les Franks, occu-
pés au siége de cette ville. (Guill. de Tyr, V, 1.)
? Les infidèles, au nombre de vingthuit mille,
furent battus et poursuivis jusqu'à la forteresse de
Harem, qui était à une distance de dix milles du
lieu du combat. La garnison, craignant de ne pou-
voir résister, mit le feu à la place et prit la fuite.
Les chrétiens du pays, Arméniens ou autres, qui
étaient en nombre considérable, s’en emparèrent
et la remirent aux croisés. Ce combat fut livré le
7 février 1097 (lisez 1098). (Guill. de Tyr, V, un.)
$ Mo'ezzeddaula Soukman, émir de la race des
Turkomans d'Arménie, fils d'Artoukh (Ortok-Beg),
fondateur de la dynastie des Ortokides, dont une
branche régna à Mardin et à Meiafarékin, et l’autre
à Hisn-Keïfà et à Amid, dans la Mésopotamie. Souk-
man appartenait à cette dernière branche. Il avait
hérité de son père, ainsi que son frère Ilgazi, de la
souveraineté de Jérusalem. Mais cette ville leur fut
enlevée, dans le mois de scha’ban 489 hég. (août
1096), par les Égyptiens, sous la conduite de Mélik-
el-Afdhal, général en chef, (5 M, fils du cé-
lèbre Bedr-el-Djemäly, qui avait été le principal
ministre du khalife Mostanser-billah, et Arménien
d'origine. Soukman et ligazi se retirèrent à Damas;
de là ils franchirent l'Euphrate, et Soukman vint
s'établir sur le territoire d'Édesse, tandis qu'Ilgazi
se rendait dans l'Irak. Les Égyptiens placèrent pour
gouverneur à Jérusalem Iftikhär-eddaula, qui en
avait encore le commandement lorsque les croisés
s'en emparèrent. (Cf. l'historien arabe Ibn-Alatbir,
ad annum 489.)
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DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 33
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Quug - Uajuyku L fuvapu, pu {JL l écbrr YEpuukpop ogBbft bag - fe anfEinujt wgq.p $w-
une faute de copiste : « Une calamité vint frapper
« l'armée des Franks. »
.4 A. euwktruw, « campés ».
5 Ca. goput « aux troupes ».
1 Ca. 5 macfu Yrvynpek «le grand duc Gode-
froy ».
2 Ca. omet gopwgp.
Ÿ Ca. joug Suouwvkp gopuÿt &uwyng, Ce QUI si-
gnife, en lisant Pau 4wg au lieu de &wyng, qui est
pee + 20 +
mme
quels étaient deux émirs du plus haut rang et illustres, rassemblèrent les troupes
turkes de Mossoul et de toute la Babylonie, au nombre de trente mille hommes, pour
aller se mesurer avec les Franks. Les chefs chrétiens, conduits par Godefroy,
marchérent, avec sept mille hommes, contre les infidèles, sur les confins d'Alep,
et leur livrèrent un grand combat. L'émir de Damas, Toghtékïn ’, s'étant préci-
pité sur Godefroy, le fit voler de son cheval; mais la cotte de mailles du prince
frank résista au coup que Toghtékin lui porta, et le garantit. Au même instant, les
chrétiens mirent les infidèles en déroute, les poursuivirent et les taillèrent en
pièces. Après ce succès éclatant ils rentrèrent au camp.
La multitude des Franks était si considérable, que la famine leur fit sentir
ses rigueurs. Les chefs arméniens qui habitaient le Taurus, Constantin, fils de
R'oupên, Pazouni, le second de ces princes, et Oschin le troisième ?, envoyèrent
aux généraux franks toutes les provisions dont ceux-ci avaient besoin. Les moines
de la Montagne Noire * leur fournirent aussi des vivres; tous les fidèles, en cette
investi de ces fonctions, il s'adonna à l'ivrognerie et
laissa Tancrède dévaster la Cilicie, sans essayer de
lui résister, quoique ce fût là principalement la
mission que lui avait confiée l'empereur.
La princesse grecque ajoute qu'Oschin ou Aspié-
tès était de la race royale des Arsacides. Nous le
retrouvons mentionné par Raoul de Caen (Gesta
Tancredi, capp. xxxix et xz), qui défigure son nom
sous la forme Ürsin, et qui raconte Îe stratagème
par lequel il avait enlevé Adana aux Turks. Os-
chin était dans cette ville lorsque Tancrède vint se
présenter sous ses murs. S’étant rendu auprès de
lui, il l'invita à y entrer et à marcher ensuite contre
la ville de Mamistra, pour s'emparer des richesses
qu'elle contenait.
$ La Montagne Noire, Jéwc jhwna%, Où mont
Amanus, qui fait partie de la chaîne du Taurus,
s'étend à l'est de la Cilicie, parallèlement au golfe
d'Iskenderoun. Elle est coupée vers le milieu par un
6
1 Dhahir-eddin Abou-Mansour Toghtékin ou
Toghdékin (Doldequinus, Guillaume de Tyr), d'a-
bord simple mamelouk au service de Tétousch,
devint ensuite le ministre du fils de ce dernier,
Dokak (Ducac, Guïll. de Tyr), lequel, après la
mort de son père, s'était mis en possession de Da-
mas. Plus tard, Toghtékin s'empara de cette ville,
au préjudice des enfants de Dokak.
2 Voir,ausujetd'Oschin, prince de Lamprôn, mon
Introduction. C'est le même personnage qu'Anne
Comnène {liv. XII, p. 276) appelle Aoriérps, mot qui
est la transcription du titre arménien wuwytru, asbed,
littéralement « commandant de la cavalerie », et, par
suite, « général en chef». Elle fait un magnifique
éloge de sa valeur et rapporte (ibid. p. 277) un trait
de courage par lequel il se distingua, en Illyrie,
dans la guerre d'Alexis Comnène contre Robert Guis-
card, et qui lui valut le commandement de la Ci-
licie avec le titre de stratopédarque. Mais, une fois
HistTor. ARM. — I.
94 | EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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engpbeus jhubp kb qoju, L'uw$bug Ejuukp ghulopS juphbju L ehquwgus L El diner dus.
k dudkbeug qe dust bpluhg L quunÿe jy Yeupdbep b qupdauwh, L Swuuwukp fr qu
1 Ca. gneguubfu uaqgu. + Ce. ebdkp.
2? Ca. #, cinq. 5 Ca. 4qh dun.
3 Ca. b qujvu quyvu. {
occasion, rivalisèrent de dévouement. À la suite de la disette, la maladie s'intro-
duisit parmi les croisés; sur sept hommes ils en perdirent un’, tandis que les
survivants se voyaient éloignés de leur patrie. Mais la Providence ne les aban-
donna pas dans cette triste position; elle veillait sur eux avec une sollicitude pa-
ternelle comme autrefois sur les enfants d'Israël, dans le désert.
III. Cette même année, dans le mois d'arek ?, une comète se montra vers l’oc-
cident. Sa queue, qui était petite, dessinait dans le ciel des rayons lumineux. Au
bout de quinze jours elle disparut et cessa tout à fait de briller.
IV. Cette même année, un signe terrible et étrange se manifesta dans le ciel,
du côté du nord, signe tel, que personne n’en avait jamais vu d'aussi merveïlleux.
Dans le mois de maréri° la face du ciel s'enflamma, et, par une atmosphère se-
reine, se colora d'un rouge ardent. Elle était contractée, comme seraient des
collines entassées : tout embrasée, elle prit des teintes diversement nuancées. Ces
masses s'avancèrent en glissant droit vers lorient, et, après s être accumulées, se
séparèrent en plusieurs parties, et couvrirent presque toute la voûte céleste; elles
étaient colorées d'un rouge foncé et dont l'aspect était étonnant. Puis elles s'éle-
passage, Pylæ Amanides, qui la sépare en deux par-
ties, le Gusel-Dag au sud et l'Akma-Dag au nord. La
multitude de couvents arméniens, syriens, grecs et
latins qui s'élevaient sur cette montagne, lui avait
fait donner le nom de Urepp jhwnÿ « Montagne
sainte ». Les Byzantins la désignaient sous la déno-
mination de Maüpov ëpos, qui se retrouve dans
Cedrenus (p.345 et514)et AnneComnène (liv. XIV,
p. 526). Wilken (Geschichte der Kreuzzüge, t. II,
p. 703, note 13) propose une explication de cette
épithète de Notre que lui a suggérée Jacques de
Vitry (ch. xxxu) : « Antiochia habet a septentrio-
«pali parte montem quemdam, qui vulgariter
«montana Nigra dicitur; in quo sunt multi eremitæ
«ex omni gente et natione et plura monasteria tam
« græcorum quam latinorum monachorum. Et quo-
«niam fontibus et rivis totus est irriguus, mons
« Nero, id est, aquosus, nuncupatur. Neros enim
« græce, aqua latine. Simplices autem et laici, noire,
«id est, nigra, exponunt vulgari sermone. »
1 La maladie qui désola l'armée chrétienne de-
vant Antioche fut occasionnée non-seulement par
la famine, mais encore par la pluie, qui tomba
avec tant d'abondance qu'elle pourrit les vêtements
et les vivres. (Guillaume de Tyr, IV, xvu.)
2? Dans le calendrier vague arménien, le mois
d'arek correspondit, cette année, à l'intervalle
écoulé du 23 septembre au 22 octobre inclusi-
vement. (Cf. mes Recherches sur la Chronologie ar
ménienne technique et historique, t. [*, Chronologie
technique, 1" partie, ch. n.) |
3 Le mois de maréri coincida alors avec l'inter-
valle compris entre le 22 novembre et le 21 dé-
cembre inclusivement.
nc) OO DH ee “> =
=
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 85
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dit hautluug fr Orpoçuoup - L Ynskp Qi win fipi og fhu puy uulewg
bepag, fut bg bug np mb fi démminp wdppubugé : \pe Fhbu Yi q ar.
1 Cd. concorde. — Ca. omet frs. .
+
vérent jusqu'au méridien. Les savants et les sages, interprétant ce phénomène,
dirent qu'il annonçait l'effusion du sang. En effet, de terribles événements et des
catastrophes dont notre livre contient le récit sommaire reçurent leur accomplis-
sement.
V. En l'année 547 , 25 février 1098-24 février 1099), le comte Baudouin,
s'étant mis à la tête de cent chevaliers, vint s emparer de la ville de Thëlbaschar!.
A cette nouvelle, Thoros, gouverneur romain d'Édesse, fut rempli de joie. Il en-
voya vers le comte frank, à Thëlbaschar, pour le prier de venir à son secours
contre ses ennemis, les émirs du voisinage, qui l'inquiétaient beaucoup *. Bau-
1 En arménien, (41 aebembwg « bourg ou vil-
« lage de la bonne nouvelle », dénomination que les
Arabes ont traduite par -£L J5 « colline de la bonne
«nouvelle ».— Turbessel de Guillaume deTyr. Cette
place est fixée à deux journées de marche au nord
d'Alep, par Aboulféda (Géographie, p. 232), et le
Meräcid-el-itthila’ (t. I*, p. 210).
? Le récit de la conquête du comté d'Édesse par
Baudouin, et de la révolution intérieure qui le mit
en possession de la capitale de l'Osrhoëne, nous est
fourai par Guillaume de T'yr (IV, u-vi), Albert d'Aix
(IT, xix-xxv), Guibert de Nogent (IN, xmi), Foul-
cher de Chartres {ch. vi), et la Chanson d’Antioche
{chant m, couplet 24). Le témoignage de Matthieu,
qui nous donne sur ces événements des détails nou-
veaux et si curieux, est d'autant plus important
qu'il en a été le témoin oculaire. Le seul des au-
teurs latins qui, mieux qu'aucun autre, était en
position de nous renseigner exactement, Foulcher
de Chartres, chapelain de Baudouin, est ici d’une
concision extrême, et qui lui avait peut-être été
officiellement imposée. M. Peyré, dans son Histoire
de la première croisade (ch. xxv), a résumé les faits
qui se rapportent à l'occupation d'Édesse par les
Franks. Je puis donc me borner à mettre en relief
ce qui ressort de la comparaison des documents
occidentaux avec les informations que nous devons
à Matthieu.
Guibert de Nogent nous apprend que le curo-
palate Thoros et son épouse, parvenus à un âge
avancé sans avoir d'enfants, adoptèrent Baudouin :
pour leur fils. Il donne sur la cérémonie de cette
adoption des détails intéressants. Le curopalate fit
passer Baudouin, dépouillé de ses vêtements, entre
sa chair et sa chemise, le serra contre son sein, et
scella par un baiser l'engagement que tous deux
contractaient; sa femme en fit autant après lui, et
Baudouin put dès lors se considérer comme l'héri-
tier légitime de Thoros.
Lechef arménien qui, depuis Nicée, s'était sèche
à la fortune de Baudouin et était devenu son fami-
lier, Pancrace, frswquwpuwm « Pakarad », OU fRwgpun
« Pakrad », était le frère d'un autre chef que nous ver-
rons plus tard jouer un rôle assez important, Kogh -
Vasil. Pancrace s’était enfui de Constantinople, où il
avait été jeté en prison, sans doute par une de ces
mesures politiques dont les empereurs byzantins
usèrent si souvent envers les princes et les généraux
arméniens dont ils se méfaient. Baudouin l'avait
admis dans son intimité comme un guerrier d'une
valeur éprouvée dans les combats, d’un esprit fer-
tile en ressources et connaissant parfaitement la
Syrie, l'Arménie et la Grèce (l'empire byzantin)
(Albert d'Aix, IX, xvn). Guillaume de Tyr (VU, vi)
raconte que Pancrace et Kogh -Vasil, hommes émi-
nents, mais rusés à l'excès, confiants dans la force
des places qu'ils occupaient dans les montagnes de
la Cilicie orientale, accablaient d’exactions les gens
du pays, et principalement les monastères. Un
jour il arriva que l'un des chefs arméniens du voi-
sinage (Nichossus, Nicusus ou Nicomède) envoya
à Godefroy une tente magnifiquement ornée, et
que Pancrace l'enleva aux gens de service chargés
de la porter, et la fit offrir à Boëmond. Il en résulta
entre les deux généraux franks un différend très-vif,
qui ne se termina que lorsque le prince de Tarente,
cédant aux remontrances qui lui furent faites, eut
rendu la tente à Godefroy (Albert d’Aix, IV, xvn,
5.
36 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE |
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25 SunliupÆwÿhque Epubly pointu: Gojudal jaupuñt ft jupunh dinbut wdEuuft
peéis echonrikhg, L bubu gogo (Qreppug Eh 4% Spannp f dEçuy agw, L
1 A. Qoueuwt. — 2 Ce. ajoute ewnupfu. — 3 Ca. gopo.p.
douin, répondänt aussitôt à cet appel, se rendit à Édesse avec soixante chevaliers.
Les habitants, accourant au-devant de lui, l'introduisirent dans la ville avec em-
pressement. Sa présence causa une vive joie à tous les fidèles. Thoros, curopalate,
lui témoigna beaucoup d'amitié, le combla de présents et fit alliance avec lui.
Sur ces entrefaites, le chef arménien Constantin arriva de Gargar !. Au bout de
quelques jours, le curopalate les envoya assiéger Samosate et faire la guerre à
l'émir Baldoukh?. Les troupes dé la ville, ainsi que l'infanterie de toute la pro-
vince, accompagnaient les Franks. Ils marchèrent très-nombreux contre Samo-
sate et saccagèrent les maisons situées hors des murs de cette ville. D'abord les
Türks n'osèrent pas bouger; mais les troupes chrétiennes s'étant mises toutes
ensemble à piller, à cette vue, un détachement de trois cents cavaliers turks sortit
et Guillaume de Tyr, V, 1x). Lorsque Baudouin,
ayaht quitté la grande armée des croisés à Marésie,
se mit en routé vers la Mésopotamie, Pancrace l’aida
à prendre Turbessel (Tellbäscher), Ravenel (Aré-
véntan bu Rawendan), et autres places qui àvaient
été enlevées paf les Turks. Baudouin donna Ra-
venel à Pancrace; mais quelques chefs arméniens
des environs, parmi lesquels Albert d'Aix nomme
Fer et Nicusus, le dénoncèrent à Baudouin comme
s’entendant sous main avec les Turks. Le prince
frank exigea aussitôt la remise de Ravenel: sur le
refus de Pancrate , il le fit saisit et mettre à la ques-
tion. Les tourments ne purent vaincre l'obstination
de l’Aréhien, jusqu'à ce que Baudouin l'eût me-
nacé de le fairé couper tout vif en quartiers. Pan-
‘crace écrivit à son fils, qui était resté dans la place,
une lettre qu'il confia à Fer, et Ravenel fut rèndue.
Dès lors il se sépara de Baudouin; néanmoins il
se maintitit, avec Kogh-Vasil, dans lès montagnes
voisines de Turbessel et de Ravenel, où ils étaient
occupés à infester le pays (Albert d'Aix, IV, xrr-xrv).
On peut voit dans le même historien ibid.) la rude
punition que Godefroy infligea aux soldats de ces
deux chefs arméniehs. Plus loin (XI, 1x), il nous
montre Pancrace et Kogh-Vasil venant, en 1111,
de Crasson ou K'éçoun, aë secours de Tancrède
dont Maudoud avait envahi lé territoire. Pancrace
et Kogh'-Vasil s'offrent à nous, dans les récits de
Matthieu d'Édesse, sous des couleurs bien diffé-
rentes, et qu'il est curieux de mettre en contraste
avec celles q''emploient pour les peindre nos chro-
niqueurs latins.
! Gargar', en arabe ,S,S, place forte de l'Eu-
phrate où Comagète, sur la rive occidentale de
l'Euphrate, entre Samosate et Hisn-Zeïad ou Kbar-
pert. (Aboulféda, Géogr. p. 265; Meräcid-el-itthila,
t. I, p. 305.) Le chef arménien Constantin, au-
quel appartenait cette place, et dont il est ques-
tioh dans ce chapitre, ét plus loin, ch. Lxxiv, né
doit pas être confondu avec Constantin, fils de
R'oupén (Cf. chap. n). Guillaume de Tyr (IV, tv)
et Albert d'Aix (I, xxu) parlent de ce Constan-
tin, seigneür de Gärgar , et de la part qu'il prit à
la détermination dés habitants d'Édesse de se don-
ner à Baudouin. |
2 Suivant Matthieu d'Édesse (t. I* de ma Bibl.
hist. armén. ch. extvi) et l'historien Vartan, Bal.
doukh, émir de Samosate, était fils d'Amér-Gari,
fils d'Ibn-elDanischménd, de la maison des prin-
ces turkomans de Cappadoce. Voyant qu'il né pou-
vait résister à Baudouin, il lui céda Samosate
pour une somme de dix mille pièces d'or, et s'eh-
gagea à lui remettre sa femme et ses enfants en
otage; mais, comme il différait, sous divers pré:
‘textes, d'accomplir sa promesse, Baudouin, profi-
tant de ce qu'il était venu lui rendre visite, suivant
son habitude, lé fit arrêter par ses Français et dé-
capiter. (Guillaume de Tyr, IV, v, et VII, vu; Al.
bert d'Aix, V, xxri.)
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 87
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Mvphu féprhug Epencii f'üeguth gb fi dEnhglt alu, L'iuu augk gjuijt Lg pure
binou, Le aupe fipi L Yi fep giavuglt f UEpnbtf pe Sabu un hou QU] purge
1 Ca. pu .: mille hommes ». — 2 A. Goumwtn. — 3 Ca. 20pwfon jt.
4
pour les attaquer. Les infidèles furent vainqueurs et mirent les Franks en fuite,
ainsi que les gens du pays venus avec eux. Depuis Samosate jusqu'à Thil’, ce
ne fut qu'un cârnage continuel. Un millier d'hommes resta sur la place. Cons-
tantin et le comte rentrèrent à Édesse auprès du curopalate Thoros. Ce combat
eut lieu la seconde semaine du carême.
Lorsque le comte fut de retour à Édesse, il se trouva des traîtres, conseillers
pervers, qui complotèrent avec lui de faire périr Thoros. Certes, celui-ci était loin
de mériter un sort pareil, après avoir rendu tant de services à la ville; car c'était
par $a prudente habileté, par son ingénieuse industrie et sa bravoure, qu'elle avait
été affranchie du vasselage de la féroce et cruelle race des musulmans. Quarante
conjurés, associés pour cette œuvre de Judas, se rendirent, la nuit, auprès de Bau-
douin, frère de Godefroy, et, après l'avoir initié à leurs criminels desseins, promi-
rent de lui livrer Édesse. Baudouin y donna son adhésion. Ils gagnèrent aussi le chef
arménien Constantin. La cinquième semaine du carême, ils soulevèrent contre
Thoros la multitude, qui, le dimanche suivant, pilla les maisons des grands atta-
chés au service du curopalate, et ils s'emparèrent du corps supérieur de la citadelle.
Le lendemain ils se réunirent pour cerner le corps intérieur de la place où Thoros
s'était renfermé, et en firent le siège avec vigueur. Réduit aux abois, il leur dit que
s'ils s'engageaient par serment à l'épargner, il leur abandonnerait la citadelle et la
ville, et se retirerait avec sa femme à Mélitène. Alors il leur présenta la croix de Va-
s turis appellant. » Thi ou Thil de Hamdoun était
située à une journée de marche, au sud du Djey-
han et à deux journées de Sis, à l'ouest, auprès de
Hamous (Aboulféda, Géogr. p. 251).
1 « Thila, dit Wülebrand d'Oldenbourg (Jtine-
rarium Terræ Sanctæ, p. 15), est castrum valde
« bonum cujusdam nobilis. Juxta illud situs est qui-
« dam mons satis amœnus, quem montem de Aven-
38 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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anupbingt os dEquuskg alu + Epeneusc fi Spboobuugbinct & h Spbzunubou & fr diup
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Bauÿju diupanhpnuwgt qop Pan] apbuy bp frepouh win. You : Le Goçpu Epqnbu, uuyur
wdEtuujh oppnpu, L jujudunf ffespnu wap gp h'ünuuw, k went L op flou pu
eauqupfit dinuit hr You. L pour nig æ cmpufnet fr oh unepp frwnwuuhqu wpeupfi po.
qepuighkpt vannnf ange fi dépuy, L upop L ppop Ywfubuw, puYEgfiu que fr upupumylu
E JES poqglindpnlu fonc bouyhit - Le own <uwuwugnol} mhdbaug dpaupuiu f fhpey Vapas L sup,
sup diuSneudg L puqgliufung uncubpop uuuiuuuk fus. L aomupft dequ dE Sun Su are mÿh
CoumSn L upuupuils Gauubgft h prunru banques Le fuuspmunulquitop pp fiu * qu fr pan
eudEgui Le jauqu annep ncgpuusquit gbpqredè gp Egfu, b jun wyunnfy anuil q f en Su
b Sknu Qjapanfh Yrlofii : |
1 Ca. oncpp. 4 Ca. louspenunwkop pwEfu.
2 Ca. omet $ vnouuw. ; 5 Ca. £quiu.
3 Ca. uaqwlfu que.
rak' et celle de Mak'énis”?, et Baudouin jura _—. ces vénérables reliques, au milieu
de l'église des Saints-Apôtres, de ne lui faire aucun mal. Il prit à témoin les ar-
changes, les anges, les prophètes, les patriarches, les apôtres, les saints pontifes
et toute la milice des martyrs, qu'il exécuterait ce que Thoros lui avait demandé
dans la lettre qu'il lui avait adressée. Après que le comte eut prêté ce serment,
sanctionné par l'invocation de tous les saints, Thoros lui remit la citadelle, et
Baudouin, ainsi que les principaux de la ville, y firent leur entrée. Le mardi,
jour de la fête des Saints Quarante”, les habitants se ruèrent en foule contre Tho-
ros, armés d'épées et de gros bâtons, et le précipitèrent du haut du rempart, au
milieu des flots tumultueux d'une populace déchaïînée. Ces furieux, se jetant tous
à la fois sur lui, le firent périr dans des tourments affreux, et en le criblant de
coups d'épée. Ce fut un forfait épouvantable aux yeux de Dieu. Lui ayant attaché
une corde aux pieds, ils le traînèrent ignominieusement par Îles places publiques,
parjures au serment qu'ils avaient fait. Baudouin fut mis aussitôt en possession
d'Édesse!.
‘1 La croix de Varak, l’une des reliques les plus
célèbres, les plus vénérées de l'Arménie, était un
fragment de la vraie Croix, conservé dans le
monastère de Varak, situé dans la partie sud du
district de Dosb ou de Van, lequel était compris
dass la province de Vasbouragan. Le roi ardzrouni
Sénék'érim Jean, en émigrant à Sébaste, l'emporta
avec lui; mais, après sa mort, arrivée en 1029,
deux de ses fils, Adom et Aboucçahl, la réinté-
grèrent à Varak, conformément aux dernières vo-
lontés de leur père. En 1092, elle fut transportée
à Édesse et déposée dans l'église des Saints-Apôtres.
? Le couvent de Mak'énis ou Makénots était
dans le district de Kégh'arkounik', autrement ap-
pelé Kégh'am, qui faisait partie de la province de
Siounik’, dans l'Arménie orientale. Ce monastère
était placé sous le vocable de la Sainte Mère de
Dieu de Kégh am. |
3 Les quarante martyrs de Sébaste, qui souf-
frirent la persécution sous Licinius. Leur fête est
fixée, dans le calendrier arménien, au samedi de
la quatrième semaine du carême. (Cf. ci-après les
notes de l'Élégie sur. la prise d'Édesse, par saint
Nersès Schnorhali.)
à Guillaume de Tyr (IV, 1v et v) reproduit les
accusations que les habitants d'Édesse énonçaient
contre le curopalate Thoros. Il prétend que celui-
ci, pour se venger de ceux d'entre eux dont il
croyait avoir à se plaindre, appelait les Turks du
voisinage pour enlever leurs troupeaux et incendier
leurs moissons; mais, à cet égard, Matthieu justifie
complétement son compatriote. D'un autre côté,
l'historien latin décharge Baudouin de toute parti-
cipation au complot qui lui livra la ville d'Édesse.
On voit que la nationalité des deux écrivains a 1n-
flué sur la manière dont ils rapportent et envisa-
gent les événements. (Cf. Albert d'Aix, I, xrxu11;
Guibert de Nogent, III, x.) — Voici, d’après mon
ouvrage intitulé Recherches sur la chronologie arme-
nienne, t. Ï, n° partie, Anthologie chronologique,
RE en me nn
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 39
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EL goput peswtlquy L bb up pull que lb qrrnt { den Suns - L Gugbuy pawugm gore
push f juenipu Sudng, L Gbphau, quudt Leujt aperoguqul, L jennb pq Juporguitkn
be dépuy punupfé. L bal Sage paugie buis qopeug mn Gas s pe qGub le annep qayg wn
Qrepouquant apf Vareepañfiu Uantneay wdpugfte L wvpbu f yrngt Qrepuu_
quufi Le wqusbp qu o4bE Urgu- L Lis à dus hauuy publ [BE aurqus
& L onfwptl: |
Le eu paquet upétrus Eagle atuufu Yurpuout juplbihg dsl f dinsou mp.
1 Cb. et Cd. concordent. Ca. gopez fbuufp. — ? Ca. ajoute vagw.
VI. Cette même année, Kerbogâ’, général de la cavalerie de Barkiarok, sulthan
de Perse, arriva avec une armée STE pour faire la guerre aux Franks. Il
établit son camp aux portes d'Édesse, et y séjourna avec toutes ses forces jusqu'à
l'époque de la moisson, ravageant les campagnes et dirigeant des assauts contre
la ville. 11 avait réuni autour de lui des troupes innombrables. Au bout de quarante
jours, le fils d'Agh'oucian, émir d'Antioche, vint le trouver, et, s'étant jeté à ses
pieds, implora son assistance, et lui raconta que l'armée franke était très-réduite
et souffrait beaucoup de la famine”.
Cette même année, tout le Khoraçan* se souleva en armes, et ce mouvement
n° Lvn, la série résumée des dates fixées par Mat-
thieu d'Édesse aux incidents du drame dont la mé-
tropole de l'Osrhoëne fut alors le théâtre :
En 1098, Pâques 28 mars.
1° Combat livré auprès de Samosate, la seconde
semaine du carême, c'està dire dans l'intervalle
écoulé du dimanche 14 février au samedi 20 du
même mois ;
2° Pillage des maisons des officiers du curopalate
Thoros et prise du corps supérieur de la citadelle
d'Édesse (forteresse de Maniacès) par la multitude
soulévée, le dimanche de la cinquième semaine du
carême, 7 mars;
3° Siège da corps intérieur de cette forteresse
et sa reddition à Baudouin, le lendemain lundi
8 mars:
4° Meurtre de Thoros et prise définitive de pos-
session d'Édesse-par Baudouin, le lendemain mardi
9 mars, jour de la fête des Saints Quarante (martyrs
de Sébaste).
1 Kerbogä (Kiwâm-eddaula) était émir de Mos-
soul, au service des sulthans seldjoukides de Perse.
Guillaume de Tyr le nomme Corbagath, Corbagaz;
l'auteur de la Chanson d’Antioche, Corbaran, et
Anne Comnène, Kouprayév. Il mourut en 495 hég.
— (26 octobre 1101-14 octobre 1102), à Khoi,
&y%, ville de l’Azerbeïdjan, où il s'était rendu par
ordre du sulthan Barkiarok. Après sa mort, Schems-
eddaula Djekermisch, ue Ale of met, Turk
de nation, seigneur de Djéziréibn-Omar, s'empara
de Mossoul. (Abulfedæ Ann. moslem. t. II, p.356.)
? BâghèSiän avait deux fils, Schems-eddaula
(Samsadolas, Guillaume de Tyr, VII, vr; Sansa-
donia, Albert d'Aix, 1,1, et IE, xxx et xLvur1; San-
sadoine, Chanson d’Antioche, chant v, passim) et
Mohammed. C'est ce dernier qui se rendit vers
Kerbogà, tandis que Schems-eddaula allait deman-
der du secours à Dokak et à Toghtékin. (Cf. M. De-
frémerv, Récit de la première croisade, dans ses
Mémoires d'histoire orientale, p. 37.) Albert d'Aix
(IV, n et xux) nomme le second fils de Bâghi-Siân
Buldagi. (Cf. Tudebode, IV, xxr.) .
Suivant Foulcher de Chartres (chap. vn et x),
Bâghi-Siän avait auparavant député son fils Sansa-
dolus vers le sulthan de Perse, ad imperatorem Per.
sidis, qui rassembla aussitôt une nombreuse armée
et la fit partir, sous les ordres de Corbagath. Cette
armée alla camper d'abord pendant trois jours de-
vant Édesse, où se trouvait Baudouin; mais, n'ayant
pu rien faire contre cette ville, elle continua sa
marche vers Antioche. (Cf. Guillaume de Tyr, V, x
et x1v, et Albert d'Aix, IV, x.) Fr,
3 Par le mot Khoraçan, les auteurs arméniens,
. comme les chroniqueurs latins, entendent non-seu-
lement la province de ce nom, mais encore la Perse
entière, et en général tous les pays qui, en tirant
vers l’ouest, dépendaient des Seldjoukides de Perse,
comme l'Azerbeïdjan, l'Arménie, et même la Méso-
potamie. « Baldach (Bagdad) quæ est caput regni
« Corrozan, » dit Albert d'Aix (VIII, vu). Quelque-
fois aussi cette expression est étendue à la partie de
l'Asie Mineure sur laquelle dominaient les Seldjou-
kides d'Iconium. C'est dans un sens analogue que
Guillaume de Tyr et les autres chroniqueurs latins
appellent indistinctement Perse les Turks de l'Asie
Mineure et ceux de la Perse. Nicétas Choniatès
(p. 17) se sert aussi de la même expression en par-
lant des Turks d'Iconium : oi rüv ixoméw» Tépou.
40 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
Lo, b V'epuy él b (Nwpbit b Grtuug L juphEhg jen wobwrt, pole L
adEtunÿt Snfkgbpayp?, L pypneounbkdiuy fish jañtsuqunnt - agefkut SannfEguis Afjus.
cne pbepo # L Still qonu phepu pipe qéuyp beege feprbonueg Le jy gpaounu
L qewpän hu, k'uSunnp Suuupunne bu Suusukp f JEpuy eut gomugt f qrent Ve
efnpay: Vpe Vannes 05 QudEgur Ynpruutb| quuur qoput ppfuunnubg, uyp $ndEu
use jun npube qpaiuk apeengu opeyhik : Ve dftsrbn f puwgbuy hf qonp wyy_
agebugu, dj ai phobutug pumupft Sub f 4bobnh dèvpre un Edit L'un y
bebuñut bautlug, L hénphug bip Suypbuhet. L'unbu, f'unguius Epancdi, qqs
eg bæt2beh soupe anne purge f Xbnu Elu : Ve pugbut fra qhjug
bug qu quete, L'abus paul aug dinukp f pump une: L pie
waucont fupuis SUsEgnegfu gen ErpbpuguS Ets qonpt + L jrebut quyu page
het wdbtuÿt EnEt qodiophwtp, kr ghunbf qefusk fr jus: pe quen f qnpé
wphheu goppt bas wpwpf un frnnpusu quauw - L'uppuÿts Vqneupuñtits fur
4 Ca. wS qninv.
S À. by fbipwgÿu.
; Ca. JwplEibiuwy.
2 Ca. sn/bakpev.
$ Ca. phopu 4 «trente mille ».
s étendit de l'orient à l'occident, depuis l'Égypte jusqu à Babylone, en y compre-
nant le pays des Grecs et l'Orient, Damas et les contrées du littoral, depuis Jéru-
salem jusqu'au désert. On vit huit cent mille cavaliers et trois cent mille fantassins'
s'avancer fièrement à rangs pressés et couvrant au loin les plaines et les montagnes.
Ils vinrent se présenter devant l'armée franke aux portes d'Antioche, avec une ar-
rogance capable d'inspirer la crainte. Mais Dieu, qui ne voulait pas la destruction
de la petite armée chrétienne, étendit sur elle sa protection, comme autrefois sur
les enfants d'Israël. Tandis que les infidèles étaient encore éloignés, un des prin-
cipaux de la ville” envoya un message à Boëmond et aux autres chefs des Franks,
pour leur dire qu'il leur remettrait Antioche, à condition que ses biens paternels
lui seraient conservés; et ayant reçu d'eux cette promesse confirmée par un ser-
ment, il livra en secret pendant la nuit la ville à Boëmond. Il ouvrit la porte d'une
tour du rempart, et introduisit les Franks dans Antioche. À l'aurore, ceux-ci
ayant fait retentir leurs trompettes, à ce bruit, les infidèles s'attroupèrent; mais
ils ne purent se sauver, parce qu'ils étaient paralysés par la frayeur. Alors les
Franks, fondant sur eux, le glaive à la main, en firent un horrible massacre. L'é-
mir Âghoucian s échappa de la ville, et fut tué dans sa fuite par des paysans, qui
1 Ce nombre de 800,000 cavaliers + 300,000
fantassins — 1,100,000 hommes est évidemment
exagéré. Foulcher de Chartres (ch. xiv) en compte
660,000, et Raoul de Caen 300,000. Le chiffre
200,000, que donnent Guillaume de Tyr (V, x1v)
et Albert d’Aix (IV, x), est plus vraisemblable.
? Guillaume de Tyr (V,x1) dit que c'était le
chef de l’une des principales familles chrétiennes
d'Antioche, nommée Beni-Zerra (Beni-Zerrad) :
«filii loricatoris »; il l'appelle Emirfeirus ( ;a4)
hr), et ajoute qu'il était secrétaire du gouver-
peur, et qu'à ce titre il jouissait d'un trèsgrand
crédit. Il avait la garde de la tour des Deux-Sœurs,
à l'occident de la ville, près de la porte Saint-
Georges. Ibn-Alathir et Kemäl-eddin (ad annum 491)
affirment pareillement qu'il s'appelait Firouz, et
le premier de ces historiens, qui le qualifie de
si, « fabricant de cuirasses », nous apprend qu'on
lui avait confié la garde de l’une des tours, au-
dessus d’une fenêtre grillée, dé, ayant vue sur la
vallée par laquelle les Franks furent introduits. Ils
le gagaèrent en lui donnant de l'argent et des fonds
de terre. Suivant Anne Comnène {liv. XI, p. 253)
et Bernard le Trésorier (Muratori, Rerum Italicarum
scriptores, t. VIII, col. 691), c'était un Arménien,
et, à ce qu'il paraît, renégat, d'après Raymond d’A-
giles (p. 148-149). Aboulfaradj (Chronique syriaque,
p. 280) raconte que les croisés, qui assiégeaient de-
puis neuf mois Antioche, voyant qu'ils ne pouvaient
prendre cette ville, gagnèrent à prix d'or un Perse
nommé Rouzbeh, exS109, qui était le gardien de
la tour attenant à la caverne appelée Kaschkarouf,
DO-24S , sur laquelle étaient placées des poutres
en fer qui soutenaient cette tour.
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DE MATTHIEU D'ÉDESSE. h1
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nu qpuquph f Ebnu opus, L fupbuiup ginmuglu f juolwpSt aug : pe wbubuy
Usure Sn ges auf np agp an uauus g fugue han L ngnpdt que Unque : |
Le fokbgun fr ebebolé bof des wn uen. L'uçu bplbgue k @h2bple unipa wnu.
pb QEupou euthh fe Vouneusuwuuuf. L'uukp, ET Eufuutonl E4knkgeye
Guy b quant 6% mprd <fNghuunne kb Lpbhgt burn qlungne db juñnuqunn & Gaqut bee
puis juge hu Spbhgu, Su Gary wnauÿf funpuiufit- Suthp una qhau L'inun.
Fée bquukquqi, L'unur junfkp Buts Xbpng, pue L fighuunne Taunuituyfi :
lui coupèrent la tête avec une faux !. Ce fnt de cette manière que fut prise cette
cité jadis enlevée aux Arméniens”. Les débris de la garnison restés dans ses murs
se retranchèrent dans la citadelle et sy défendirent. Trois jours après, l'armée
perse approcha. Sept fois plus considérable que celle des chrétiens, elle les enve-
loppa de tous côtés, et, les tenant étroitement bloqués, elle les inquiéta beaucoup.
Ceux-ci furent en proie à toutes les souffrances de la faim; car déjà auparavant
les vivres étaient épuisés dans Antioche, et chaque jour aggravait leur position
désespérée. Ils résolurent de demander à Kerbogä de leur assurer, sous la foi du
serment, la vie sauve, en promettant de lui abandonner Antioche; après quoi ils
retourneraient dans leur pays *. Dieu, ayant contemplé l'excès de leur misère, eut
pitié d'eux et leur fit sentir sa compassion. |
Une vision miraculeuse eut lieu parmi eux pendant la nuit; l'apôtre saint Pierre
apparut à un Frank d'une haute piété, et lui dit : « Dans l'église, sur la gauche,
«est déposée la lance avec laquelle le Christ eut son côté immaculé percé par la
« nation athée des Juifs. Elle se trouve devant l'autel; allez l'en retirer, et, armés
« de ce signe sacré, marchez au combat. Par lui, vous triompherez des infidèles,
«comme le Christ de Satan. » Cette vision se renouvela une seconde et une troi-
rendre indépendant dans le nord de la Syrie, et, en
1078, il se rendit maître d'Antioche. Cette ville
tomba au pouvoir des croisés le 3 juin 1098. (Guil-
laume de Tyr, V, xxu1.) — La Chanson d’Antioche
(chant vir, couplet 1) fixe le jour d'une manière en-
1 Suivant Jbn-Alathir, Ibn-Djouzi et Kemäl-
eddin (ad anrum 491), ce fut un Arménien qui
coupait du bois, et qui, passant auprès de Bäghi-
Siän, le tua. Guillaume de Tyr (V, xx) nous
apprend que c'étaient des Arméniens qui reconnu-
rent Bâghi-Siän dans sa fuite, et que, se jetant sur
lui, ils le renversèrent de cheval et lui coupèrent
la tête avec son épée. Foulcher de Chartres (ch. 1x)
ajoute qu'ils apportèrent cette tête aux croisés.
? Ces paroles font allusion à la prise d’Antioche
par Soliman, père du sulthan Kilidj-Arslan, sur Phi-
larète Brachamius, qui dominait alors dans cette
ville. Philarète était, en effet, Arménien d'origine,
du district de Varajnounik', dans la province de Vas-
bouragan; il avait le rang de curopalate et avait été
nommé Grand Domestique par Romain Diogène.
Plus tard, après la fin malheureuse de ce prince,
arrivée en septembre 1071, il commença à se
Histor. ARM. 2 7 I.
core plus précise :
Antioche fu prise un merquedi au soir (2 juin),
Et demain au jeudi fut ens tout lor avoir.
3 Les chefs des croisés, pressés dans Antioche
par Kerbogä, tinrent un conseil secret dans lequel
ils décidèrent d'abandonner l'armée et tout le
peuple, et de se retirer, pendant la nuït, sur la
flotte qui était dans le port Saint-Siméon; mais Go-
defroy et Adhémar, évêque du Puy, les en détour-
nèrent à force de reproches. (Guillaume de Tyr,
VI, x; Albert d'Aix, IV, xxxvir, et Chanson d’An:
tioche, chant vi, couplet 12.)
42 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
Le cyouhuh pres behpnpn b Eppopn bol out : pe ere gft Qévenokft
L épée L odbif fous, L ofhget wpwpft umohg. L b'iouñnughet nbnf
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1 Ca. aqunnnekebiug. « bataille. » —= ® Cb. et Cd. de ekeps « cent quatrce-
3 Ga. ajoute: fugdeg QE nat gMokunr queb. «vingt mille [fantassins |.»
cugdfu fipeg « Boëmond rangea les siens en ordre de |
sième fois. Elle fut racontée à Godefroy et à Boëmond, ainsi qu'à tous les chefs.
Après s'être mis en prières, ils pratiquèrent une ouverture dans l'endroit indiqué,
et y trouvèrent la lance du Christ. C'était dans l'église de Saint-Pierre".
Sur ces entrefaites arriva du camp des infidèles un messager chargé de provo-
quer les Franks au combat; ceux-ci en furent transportés de joie. Boëmond et les
autres chefs firent répondre à Kerbogâ qu'ils acceptaient son défi pour le len-
demain ?. L'armée franke était bien diminuée, elle ne comptait plus que quinze
mille [cavaliers] * et cent cinquante mille fantassins. Les chrétiens s’avancèrent
t L'historien Vartan donne une autre version à
propos de la découverte de la lance du Christ, à
Antioche : «Les Franks, ditil, trouvèrent sur la
« droite, dans l’église de Saint-Pierre, la lance avec
« laquelle les Juifs percèrent par dérision l'image
« du Sauveur, et d’où il sortit du sang et de l'eau,
«comme du côté véritable de Jésus-Christ. Cette
« lance fut vénérée à l'égal de celle qui pénétra
« dans le corps de Dieu, et que les Arméniens pos-
«sèdent. Fortifiés par cette arme, les Franks vain-
« quirent leurs ennemis; plus tard, ils l'envoyèrent
« à Alexis. » D'après Aboulfaradj (Chron. syriaque,
p. 281), ce sont les clous avec lesquels Notre-Sei-
gneur ävait été attaché à la croix que trouvèrent
les croisés, et dont ils fabriquèrent une croix et le
fer d'une lance. (Cf. Guillaume de Tyr, VI, xrv;
Raymond d’Agiles, p. 150 et suiv.; Tudebode, IV,
xxtv-xxY; Robert le Moine, liv. VIT; Foulcher de
Chartres, ch. x.)
On voit, dans le récit de Matthieu d'Édesse, que
la version de ceux des Occidentaux qui croyaient,
avec Raymond de Saint-Gilles et la majeure partie
des Provençaux, à l'authenticité de la lance dé-
couverte par le prêtre Pierre Barthélemy, s'était
répandue parmi les populations chrétiennes de
l'Orient, à l'exclusion de l'opinion de Boëmond,
d’Arnoul de Rohes, chapelain du duc de Norman:-
die, et d'une foule d’autres, qui prétendaient que
c'était une imposture concertée entre Pierre Bar-
thélemy et le comte Raymond. (Cf. Raoul de Caen,
Gesta Tancredi, ch. cxi.v, et Foulcher de Chartres,
ch. x1x.)
2 C'est Pierre l’'Ermite que les croisés envoyèrent
à Kerbogà. On lui avait adjoint un certain Herluin,
« Persarum idiomatis et parthicæ linguæ aliquam
« habens peritiam, vir itidem prudens et discretus, »
dit Guillaume de Tyr (VI, xv). Ils proposèrent à
Kerbogà de terminer la guerre par un combat sin-
gulier ou par une bataille générale. L'émir leur ré-
pondit arrogamment que le sort des chrétiens était
entre ses mains, et qu'il n’avait attendu jusqu'alors
que pour les faire périr de faim. Les messagers rap-
portèrent ces paroles aux croisés, et la bataille fut
résolue pour le lendemain, 1v des kalendes de
juillet, veille de la fête des apôtres saint Pierre et
saint Paul ou 28 juin 1098. (Cf. Robert le Moine,
liv. VII; Guibert de Nogent, V, x; Guillaume de
Tyr, VI, xxn, et Chanson d’Antioche, chant vu,
couplets 23-26.) |
3 Les croisés, par suite des fatigues qu'ils avaient
éprouvées, de la famine qui leur avait fait sentir ses
rigueurs, et des intempéries du ciel qu'ils avaient
subies pendant le siége d'Antioche, avaient perdu
ou sacrifié presque tous leurs chevaux, et, suivant
le témoignage d'Albert d'Aix (IV, Liv), un grand
nombre de chevaliers parmi les plus distingués et
es plus nobles étaient réduits à servir comme fan-
tassins ou à aller au combat sur de vulgaires bêtes
de somme : « Ex his vero egregiis viris qui mulum
« aut asinum vel vile jumentum vel palefridam tunc
«acquirere poterat, pro equo utebatur, » — Plus
loin, Matthieu est dans l'erreur en affirmant que ce
fut Raymond de Saint-Gilles qui, s'avançant contre
Kerbogä, portait la sainte lance; le comte de Tou-
louse, alors malade, avait été laissé à Antioche pour
veiller à la défense des murs, et la précieuse lance
avait été confiée à Raymond d’Agiles, qui faisait
partie du détachement de l'évêque Adhémar.
Le
= 7
43
DE MATTHIEU D'EDESSE.
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1 Ca. fupwgftr.
au combat, précédés de la lance du Christ, comme d'un étendard. Les infidèles
étaient déployés sur toute l'étendue de la vaste plaine d'Antioche, sur quinze
rangs de profondeur.
Saint-Gilles, se portant en avant, éleva la lance du Christ en face des étendards
de Kerbogâ. Celui-ci leur opposait des troupes innombrables, accumulées comme
une montagne. Dans l’armée chrétienne, l'aile gauche était commandée par Tan-
crède, à l'aspect de lion, et l'aile droite par le comte de Normandie, Robert.
Godefroy et Boëmond faisaient face au centre des Turks. Alors, ayant invoqué à
haute voix l'assistance de Dieu, et pareils à la foudre qui éclate du haut des cieux
et brûle le sommet des montagnes, les croisés fondirent en masse sur les infidèles
et les mirent en fuite. Dans leur fureur, ils les poursuivirent, en les exterminant,
une grande partie de la journée. Leurs glaives dégouttaient de sang, et la plaine
fut couverte de cadavres. Mais c’est surtout sur l'infanterie ennemie qu'ils firent
tomber les rigueurs de la vengeance divine; car ils firent périr par le feu trente
mille hommes. De fétides émanations infectèrent au loin le pays. Après quoi ils
rentrèrent dans Antioche, chargés de butin, traînant après eux de nombreux
captifs, et au comble de la joie. Ce fut une journée grande et mémorable, qui fit
éclater l'allégresse parmi les fidèles. |
VIT. Cette même année, un nouveau signe apparut dans le ciel, du côté du nord.
À la quatrième heure de la nuit!, la voûte céleste se montra plus enflammée en-
core que la première fois, et d'une couleur rouge sombre. Ce phénomène dura
vers six heures. La quatrième heure de la nuïit est
l Par un usage qui parait remonter à une
ici, par conséquent, dix heures du soir environ. Je
haute antiquité, les Arméniens partageaient la nuit
en quatre veilles, ww$p, de trois heures chacune.
La première commençait à partir du coucher du
soleil, vers six heures; la seconde répondait à peu
près à neuf heures, la troisième à minuit, et la
quatrième se prolongeait jusqu'au lever du soleil,
heures variait suivant les saisons. Cet usage im-
plique nécessairement celui de l'année solaire, qui
fut effectivement la mesure du temps toujours em-
ployée par les Arméniens. |
6.
dis environ parce que la longueur des veilles et des _
LA EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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1 Ca, poin gpaju eg qu Laqu, — 2 Ca. Guufu.
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depuis le soir jusqu'à la quatrième heure de la nuit. Jamais on n'en vit de plus
sinistre; il grandit, en s'élevant successivement, et, sous la forme d'un réseau de
veines, enveloppa toute la partie nord du ciel jusquà son sommet. Les astres
prirent une teinte de feu. Ce phénomène était un présage de colère et d’extermi-
nation. |
VIII. En l'année 548 (25 février 1099-24 février 1100), il y eut une éclipse
de lune à la manière accoutumée. Cet astre devint d'abord d'une teinte de sang
foncée, depuis la première veille jusqu à la quatrième heure; puis il prit une cou-
leur sombre, tout en conservant un aspect ensanglanté. L'obscurité qui le voilait
était si intense, que toute la création fut plongée dans les ténèbres. Les savants
affirmèrent, d'après le témoignage de leurs livres, que cette éclipse annonçait que
le sang serait répandu par les Perses, comme la lune l'indiquait, au sujet de cette
nation. |
Cette même année, les Franks se dirigèrent vers la sainte cité de Jérusalem,
afin que saccomplit la prophétie de saint Nersès, patriarche d'Arménie, qui a
dit : «C'est de la race des Franks que viendra le salut de Jérusalem; mais cette
«ville, en punition de ses péchés, retombera sous le joug des infidèles ', » Dès
que l'armée chrétienne fut en marche, les Turks, de leur côté, se mirent en
mouvement, de même que les Amalécites s'avancèrent contre les enfants d'Israël.
Lorsqu'elle fut parvenue devant Arka”, les infidèles l'attaquèrent vivement; mais
1 Cette prophétie de saint Nersès est apocryphe;
elle a été ajoutée après coup a discours qu'il pro-
nonça au moment de sa mort, et qui se trouve dans
la Biographie anonyme de ce patriarche (Petite bi-.
bliothèque arménienne, UYrpépe Suyywqurep, Ve-
nise, 1853, 20 vol. in-32, t. VI, p. 89-104). Cette
biographie, attribuée à tort jusqu'ici à Mesrob le
Prêtre, qui vivait dans Je x° siècle, parait être
l'ouvrage d'un écrivain beaucoup plus ancien et
postérieur de quelques années seulement à saint
Nersès, c'est-à-dire de la fin du rv° siècle de notre
ère. :
? Arka, petite ville à douze milles au nord-est
de Tripoli, assise au pied du Liban, sur une col-
line abrupte que domine la forteresse de cette ville.
(Aboulféda, Géogr. p. 255; Merdcid-el-itthila, t. U,
p. 250.) Archis dé Guillaume de Tyr, VII, x1v; Ar-
chas de Raymond d'Agiles, p. 163; Arche de Bau-
dry, liv. IV. Le combat dont parle Matthieu ne fut
qu'une légère escarmouche, à laquelle prirent part
*
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 45
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1 Ce. wuwuiubs. — 1 À, bpwqupu.
elle remporta la victoire et put continuer sa route tranquillement. Arrivéé sous
les murs de Jérusalem, elle livra de grands combats. Dans ce moment, le sei-
gneur Vahram, catholicos d'Arménie, se trouvait dans cette ville. Les infidèles
voulurent le tuer, mais Dieu le sauva de leurs mains. Après des assauts réitérés,
les Franks élevèrent des tours en bois et les approchèrent des remparts, et par des
prodiges de valeur, à la pointe de l'épée et avec une résolution inébranlable, ils
se rendirent maîtres de la Cité sainte. Godefroy, ayant pris en main le glaive de
Vespasien’, se précipita de toute sa force contre les infidèles. Il en immola soixante-
cinq mile dans le Temple, sans compter ceux qui furent massacrés dans les autres
parties de la ville’. Ce fut ainsi que fut prise Jérusalem, et que le tombeau du
Christ, notre Dieu, fut délivré de la servitude des musulmans. C'était pour la troi-
sième fois que l'épée de Vespasien sévissait contre Jérusalem depuis que le Sei-
gueur avait été crucifié.
IX. Cette même année, il y eut un rassemblement immense de troupes en
Égypte, jusqu'aux pays de Scythie et de Nubie, et jusqu'aux confins des Indes”.
. Trois cent mille hommes s'avancèrent, armés de pied en cap, contre Jérusalem.
mille faits prisonniers. Suivant Aboulfaradj (Chron.
syr. p- 282), soixante et dix mille Arabes reçurent
la mort dans le Temple.
3 Le mot U4##, Sgath, est la transcription
du mot Scythia ou Scythiaca regio, le désert de
croisés. (Tudebode, IV, xxx1v.} Schété, au sud-ouest d'Alexandrie, célèbre par le
L Voir, au sujet de l'épée de Vespasien, page 25, grand nombre de saints anachorètes qui vécurent
note 1. dans cette solitude. Matthieu entend par les ex-
? Le nombre des musulmans exterminés par pressions Sguth et Noubi (les Nubiens) les‘ peuples
les croisés, dans le Temple de Jérusalem, diffère du nord et du midi de l'Égypte, en y comprenant
beaucoup dans les divers auteurs. Guillaume de l'Ethiopie, qu'il appelle &%zf4e «l'Inde.» Cette
Tyr (VD, xx) le porte à dix mille, sans compter dernière expression se rencontre dans les auteurs
ceux qui périrent dans les rues et sur les places pu- del'antiquité grecs et latins; c'est ainsi, par exemple,
bliques, et que l’on supposait avoir égalé cenombre. que Tibulle dit :
quatorze chrétiens et soixante Turks. Ceux-ci es-
cortaient un convoi d'hommes et d'animaux, au
nombre de plus de quinze cents. Les infidèles s’en-
füirent au premier choc, laissant six des leurs sur
le lieu de l'action et six chevaux au pouvoir des
Ibn-Alathir et Aboulféda (ad annum 492) se rappro- Hili sint comites fusci, quos India torret,
chent de notre historien arménien eu affirmant que Solis et admotis infcit ignis aquis.
(Lib. 11, Eleg. 113, v. 57-58.)
cé chiffre dépassa soixante et dix mille. Abou’l-Méha-
cen, cité par Deguignes (Histoire des Hans, t. IL,
P. 99), dit qu'il y en eut cent mille tués et cent
Elle s'est maintenue dans le langage géographique
jusqu'au siècle dernier.
L6 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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Poupogh Suyag Ywfnenbhnuh : opus giwgbut fr dEpuy reine puñtft f quewns
Unibet, ut gb bp ur eg L $gop LS qunnbpuqin, güugbut gopep beprle k abiv
ap wub Qeqqneuñ . L Suwubut b dépey (ovrepelt L equunbquqdin Spb quauw?, L
1 Ca. vuuwubguu. — ? Ca. L awn Sauwput b pufuncun qupaur. — 5 Ca. juphhqu. — 4 À, Uonnvfu,
Aschornin. — 5 À. omet &. — 5 Ca. uwnykgncuw, Gaghezouan. — 7 Ca. omet gueuu.
Cette nouvelle fit trembler les Franks. N'osant pas attendre l'ennemi dans Jérusa-
lem, ils marchèrent à sa rencontre, dans la pensée que, s'il était impossible de
soutenir le choc de cette masse d'infidèles, ils pourraient se frayer un passage
pour regagner leur patrie. Les deux armées se trouvèrent en présence non loin
de l'Océan. Dès que le roi d'Égypte ! aperçut les Franks s’'avançant, il donna
l'ordre aux siens de les attaquer; aussitôt les Franks s élancèrent, et, chargeant
les Égyptiens, les mirent en déroute. Ce n'étaient pas eux qui combattaient, mais
Dieu, qui soutenait leur cause, comme il fit contre Pharaon dans la mer Rouge
en faveur des enfants d'Israël. Ils repoussèrent si vigoureusement l'ennemi, qu'ils
culbutèrent cent mille hommes dans la mer, où ils furent engloutis. Les autres
furent exterminés ou mis en fuite. Après cette insigne victoire, les Franks ren-
trèrent à Jérusalem, chargés de butin.
X. Cette même année, Grégoire le curopalate, frère du seigneur Basile, catholicos
d'Arménie, réunit des troupes dans l'Orient et marcha contre les Turks qui sta-
tionnaient dans la province d'Aschornék"?. Cet intrépide guerrier, étant arrivé avec
les siens dans le village de Gagh'zouan, battit les infidèles, les mit en déroute et
1 Matthieu traduit par le mot Bwguwrnp «roi»
le titre “Me, que portait El-Afdhal, le général en
chef des Égyptiens. Il décrit ici la célèbre bataille
d’Ascalon, dont le succès fut dû principalement à
Raymond de Saint-Gilles. La perte des infidèles fut
très-considérable. Suivant Albert d'Aix (VI, xz),
trente mille Égyptiens restèrent sur le champ de
bataille, deux mille furent étouffés à la porte d’As-
calon, sous les pieds des hommes et des chevaux,
et les fuyards, qui trouvèrent la mort dans les flots
de la mer, ne pouvaient être comptés, sine numero.
Le même chroniqueur et Guibert de Nogent (VII,
xv1) indiquent lesamedi, veille des ides {le 1 2) d'août,
comme date de cette bataille. Parmi les infidèles,
les plus maltraités furent les Azoparts , « gens ni-
« gerrimæ cutis de terra Æthiopiæ, dicta vulgariter
« Azopart... qui flexis genibus suo more, bellum
« solent committere..... viri horridi et teterrimi
« [habebant] flagella ferrea et sævissima quibus lo-
« ricas ct clypeos gravi ictu -penetrabant, equos in
« frontibus percutiebant et sonitum terribilem per
«universa agmina fidelium faciebant.» (Albert
d'Aix, VI, xz1 et xLvi.)
2 Aschornék', forme vulgaire d'Arscharounik, dis-
trict appelé aussi Éraskhatzor (littéralement vallée
de l’Araxe), situé à l'est de celui de Pacën, dans la
province d’Ararad (Grande Arménie).
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 47
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bube grrr Spy Yu was, LR pbpnt ep erof Ù ose Swphey Gus Seulfte, &. fe vuqurues.
1 Ce. wma, — 2 À, Siuémy.
leur tua beaucoup de monde; après quoi il reprit le chemin de la ville d'Ani.
Sur la route, un soldat turk, qui s'était embusqué sous un arbre, l'atteignit d'un
coup de flèche à la bouche. Grégoire, renversé par ce coup terrible, tomba à terre
et rendit l'âme. Sa mort fut pleurée par toute la nation arménienne. Telle fut la
fin du brave Grégoire, de ce chrétien fervent. Il était fils de Vaçag, fils d'Abirad,
fils de Haçan, de la race des héros, et descendait des Bahlavouni!.
XI. Cette même année, le comte de Saint-Gilles s'en retourna chez les Franks?,
emportant la lance du Christ, qui avait été trouvée à Antioche. Après en avoir
fait présent à Alexis, empereur des Romains, il se mit en route”.
XII. Cette même année, mourut le grand prince arménien Constantin, fils de
R'oupên, laissant deux fils, Thoros et Léon. Il avait étendu sa domination sur
un grand nombre de villes et de provinces, et s'était emparé de la majeure par-
tie du mont Taurus, qu'il avait enlevée aux Perses par la vigueur de son bras. Il
avait été un des chefs de l'armée de Kakig, le Bagratide, fils d'Aschod.
Un prodige qui eut lieu dans son palais annonça sa mort. Un jour, un éclair
étincelant de mille feux fendit la nue, et la foudre éclata sur la forteresse de Vahga".
à la fin de la Chronique de Matthieu d'Édesse,
Biblioth. histor. armén. t. I.)
2 Matthieu entend par le pays des Franks l'Eu-
rope. Raymond de Saint-Gilles, dans ce voyage,
n'alla pas plus loin que Constantinople. Il jouissait
d'une très-grande faveur auprès de l'empereur
Alexis, qui estimait la prudence consommée, la
candeur et la pureté de mœurs du héros toulou-
sain, et qui s'était pris d'une vive affection pour
lui. (Anne Comnène, liv. X, in fine; cf. Guillaume
de Tyr, IX, x.)
3 « Fert secum apocryfam illam cuspidam...….
« banc, inquam, asportat, Alexio munus. » (Raoul
de Caen, ch. cxzv.)
4 Vahga, château fort situé dans la chaîne du
Taurus cilicien, à l'est du fleuve Sarus ou Seyhan;
Bœxé de Nicétas Choniates (Jean Comnène, ch. vi,
1 Les Bahlavouni, dont le nom dérive de celui
de la ville de Bahl, leur primitive résidence, que
l'on suppose avoir existé dans les environs ou sur
l'emplacement même de Bactres, descendaient de
la famille royale des Arsacides. À l’époque où nous
place ici Matthieu, cette famille se perpétuait encore
avec éclat, en Arménie, dans la branche Sourën
Bahlav, qui avait produit saint Grégoire l'Tlumina-
teur, et à laquelle se rattachait Grégoire, fils de
Vaçag. Elle donna naissance à plusieurs hommes
remarquables, et, entre autres, au prince Grégoire
Magistros, grand-père du précédent Grégoire, et duc
de la Mésopotamie, aussi célèbre par ses talents mi-
litaires que par son érudition, ainsi qu’à plusieurs
patriarches, parmi lesquels fat le savant et éloquent
saint Nersès Schnorhali [le Gracieux). (Cf. Tableau
généalogique de la famille du prince Grégoire Magistros,
L8 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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Councw , meunkfi l ns jpeg beuypfit : (| >e guwqnidu auf , FRE auju Vu: Sn EF qu.
1 Ca. Yaru. 4 Ca. wneE pp.
2? Ca. 36 « jusqu’à la cinquième [heure] ». 5 Ca. ajoute p>kbwvp « princes, chefs ».
3 Ca. mwpfu an.
Elle pénétra dans la maison des gens de service, frappa un plat d'argent, et en en-
fonça un fragment jusqu'au-dessous de sept autres plats.”. Les sages dirent que
c'était un présage que la dernière année de la vie de Constantin était arrivée, et,
en effet, il mourut avant qu'elle fût écoulée. Il fut enterré dans le couvent de
Gasdagh'ôn *. |
XIII. Cette même année, apparut le troisième signe igné, de couleur rouge
foncé. Il se maintint jusqu'à la septième heure de la nuit, en se dirigeant du nord
vers l'est; ensuite il prit une teinte noire. On assura que ce phénomène annonçait
l'effusion du sang des chrétiens, prédiction qui, en effet, se réalisa. Depuis le jour
où les Franks entreprirent leur expédition, aucun signe favorable n'apparut;
tous les présages, au contraire, marquaient l'extermination, la ruine, la mort, les
massacres, la famine et les catastrophes.
XIV. Cette même année, la famine désola la Mésopotamie et principalement
la ville d'Édesse. De toute l'année il ne tomba pas une goutte de pluie dans les
campagnes; le ciel refusa sa rosée fécondante. Privée d'eau, la terre se dessécha,
les arbres et les vignes périrent, les sources tarirent, et la disette occasionna une
grande mortalité à Édesse. Cette ville vit se reproduire dans ses murs les scènes
qui s'étaient passées à Samarie au temps du prophète Isaïe. Une femme, chré-
tienne et romaine, fit cuire son jeune enfant et se nourrit de-sa chair. Un infidèle,
musulman de nation, pressé par les angoisses de la faim, mangea aussi sa femme.
Dieu avait affaibli la vertu du pain; il ne rassasiait plus. Quantité de gens préten-
daient que c'était un effet de la colère divine, qui vengeait l'injuste trépas de Tho-
p. 12) et Bax& de Cinnamus ([, vin). Ces deux au-
teurs, qui racontent longuement le siége de cette
place par Jean Comnène (cf. Grégoire le Prêtre,
chap. civ), nous apprennent que Vabga était situé
sur un pic très-escarpé. Le nom de Vahga doit
être lu à& dans Jbn-Alatbir (ad annum 531), où il
est question de ce siége, et non point Zi, comme
dans l'édition de M. Tornberg, vol. XI, p. 55.
1 Vartan ajoute que le même coup de foudre
tua un des hommes de service dans le palais.
? Le monastère de Gasdagh'ôn était situé dans la
chaine du Taurus, non loin du château de Vahga.
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que Jésus-Christ opérait en Judée, lui écrivit pour
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. A9
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saunnpuuunneffhunf, L Ybpukocpi qkqué Ep diuSwebp qbgep- L aff ous en pg
1 Ça. aeEinwpuñund. — 2 Ça. kun..
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ros, le curopalate. Les habitants avaient juré sur la Croix et l'Évangile de respecter
sa vie; et ils violèrent ce serment en le faisant mourir dans les plus affreux tour-
ments, en plaçant sa tête au bout d'une perche, pendant qu'ils vomissaient des
imprécations contre lui, et en plantant cette perche devant l'église du Sauveur,
jadis construite par le saint apôtre Thaddée’. C'est en expiation de ce crime que
Dieu envoya ce châtiment au peuple d'Abgar*. D'année en année, il ne cessa
d'appesantir son bras sur cette ville coupable.
XV. Au commencement de l'année 549 (24 février 1100-22 février 1101),
l'abondance revint partout. Il y eut à Édesse du froment et de l'orge avec une pro-
fusion qui fit oublier la disette précédente. Un boisseau produisit au centuple,
les arbres furent chargés de fruits, les sources regorgèrent d'eau, et les hommes
et les animaux eurent de tout à satiété.
XVI. Cette même année, Godefroy, général des Franks, étant venu avec ses
troupes à Césarée de Philippe, ville qui est sur le bord de l'Océan”, les chefs mu-
sulmans se rendirent auprès de lui, sous prétexte de faire la paix; ils apportèrent
des vivres, et les servirent devant lui. Godefroy accepta et mangea sans défiance
teur confond Césarée de Palestine, l’ancienne Turris
Stratonis, située sur la côte de Syrie, avec Césarée
de Philippe ou Paneas (vulgari appellatione Belinas,
Guillaume de Tyr, XV, 1x), au nord du lac de Gé-
nésareth, à moins qu'il ny ait ici une interpolation
faite par un copiste ignorant.
Dans une expédition entreprise par Tancrède et
Godefroy sur le territoire de Damas, contre Dokak,
prince de cette ville, Godefroy, en s’en retournant,
fut invité par l'émir de Césarée à un repas, pendant
lequel il se trouva indisposé. Suivant le témoignage
de Guibert de Nogent { VII, xx1r), on pensa que les
mets qui lui avaient été servis étaient empoisonnés.
Guillaume de Tyr (IX, xx) dit qu'il mourut le 15
des kalendes d'août (18 juillet) 1100, et qu'il fut
enseveli dans l'église du Saint-Sépulcre, dans le
. tombeau où furent déposés ses successeurs.
l Saint Thaddée, l’un des soixante et douze dis-
ciples, vint, avec l’apôtre saint Barthélemy, évangé-
liser la Grande Arménie. On peut voir le récit de sa
prédication dans Moïse de Khoren, Histoire d’Ar-
ménie, Il, xxxnr. (Cf. Guill. de Tyr, XVI, v.)
. 2 Les habitants d'Édesse sont appelés fréquem-
ment, par les auteurs arméniens, peuple d'Abgqar,
maison d'Abgar, par allusion à Abgar le Noir, pre-
mier souverain chrétien de l'Osrhoëne. C'est lui
qui, suivant la tradition, ayant appris les miracles
le prier de venir le guérir d'une maladie très-dou-
loureuse, et auquel le Sauveur adressa une réponse
devenue célèbre dans les premiers siècles du chris-
tianisme. (Eusèbe, Hist. eccles. 1, xin, et Évagre,
Hist, eccles. IV, vu.) | |
% C'està-dire la Méditerranée. (Cf. mon premier
extrait de Matthieu d'Édesse, p. 4, note 3.) L'au-
Hisror. AR. — I.
50 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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L Ca. yruquethgfr.
ces mets qui étaient empoisonnés. Quelques jours après il mourut, et quarante per-
sonnes avec lui. Il fut enterré à Jérusalem, devant le saint Golgotha, parce qu'il se
trouvait dans cette ville au moment où il expira. En même temps on envoya cher-
cher son frère Baudouin à Édesse, et on lui donna le trône de Jérusalem. Tancrède,
étant parti, se rendit à Antioche, auprès du comte Boëmond, son oncle maternel!
XVII. A cette époque, le général des Rômains, Prince des princes, résidait à
Marasch, ville qui appartenait à l'empereur Alexis, et qui avait été cédée par les
chefs franks dans la première année de la guerre sainte. Mais ceux-ci renièrent
leurs serrhents; ils avaient promis, et ils se dédirent de leur parole. Le grand
comte Boëmond s'étant mis en marche avec Richard, fils de sa sœur”, tous les
deux rassemblèrent les Franks et se portèrent contre Marasch. Ils attaquèrent le
Prince des princes, nommé Thathoul*, exigeant de lui qu il leur remît cette ville,
et dirigèrent contre elle des assauts réitérés. Mais Thathoul, qui était un brave,
1 Muratori, s'appuyant sur l'autorité d'Orderic
Vital, dit que le père de Tancrède s'appelait Odon
le Bon, Odo Bonus marchisus. Cet Odon épousa
Emma, fille de Tancrède de Hauteville, père du
fameux Robert Guiscard, et Boëmond était le fils
de ce dernier; par conséquent, Boëmond aurait été
le cousin de Tancrède du côté maternel. L'historien
(Table des noms de lieux et de personnes, art. Tan-
gré ou Tancrède, p. 372); M. de Sauicy, dans un
très-intéressant travail sur Tancrède, publié dans
la Bibliothèque de l'École des chartes, cahier de mars-
avril 1843, n’a pas osé trancher la question de la
naissance de ce prince.
? Richard du Principat, prince de Salerne, cou-
de Tancrède, Raoul de Caen, dont l'autorité sur ce
point est d'un trèsgrand poids, et Jacques de Vitry
(cap. avi), affirment la même chose. Mais suivant
Guibert de Nogent (IT, n), Guillaume de Tyr (I,
xv1), Baudry (lib. I, p. 89), Marino Sanuto (lib. IT,
part. IV, cap. x1) et Albert d'Aix (IV, xv), qui rap-
porte les propres paroles de Boëmond, T'ankradum
filium sororis mee, lesquels se montrent d'accord en
cela avec Matthieu, Tancrède aurait été le neveu
de Boëmond. Tudebode (liv. I et Il) le nomme
Marchisi filius; Anne Comnène (liv. XI, p. 278),
roù Mapxéoy Tayypé, et la Chanson d'Antioche,
le fils Marquis, le fils à l'Asacant, le fils à l'Amirant,
le Pullant. (Cf. Du Cange, In Alexiadem notæ, p.94,
et Ch. Mills, The History of the crusades, t. I, p. 108,
note.) Le savant éditeur de la Chanson d’Antioche,
M. Paulin Paris, a émis la conjecture que Tancrède
était le fils d’un émir sarrasin du nom de Makrisi
sin de Boëmond par Guillaume du Principat, frère
de Robert Guiscard, père de Boëmond. Guillaume
de Tyr (II, xx) donne pour père à Richard Guil-
laume Bras-de-fer, autre frère de Robert Guiscard;
mais Du Cange (În Alexiadem notæ, p. 100) a
montré, par le témoignage de Gaufredus de Mala-
terra, écrivain contemporain, que c'est là une
erreur, puisque Guillaume Bras-de-fer mourut sans
enfants.
3 Le nom de ce chef, auquel les Grecs avaient
confié le gouvernement de la Cilicie, prouve qu'il
était Arménien d'origine. Au chapitre xxxvi, Mat-
thieu d'Édesse dit qu’il céda Marasch à Josselin, et,
plus loin (chap. Lxxiv), que Boëmond l'en avait
chassé. Ces deux assertions contradictoires sex-
pliquent en supposant que Josselin, lorsqu'il reçut,
en 1114, de Baudouin [°, roi de Jérusalem, le fief
de Tibériade, avait rendu Marasch à Thathoul.
| DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 51
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J Ca. JocquwphEu .
et qui se voyait entouré, à Marasch, de sa nombreuse noblesse, méprisait leurs
efforts. Boëémond, après avoir établi son camp dans la plaine environnante, sou-
mit tout le district qui en dépend.
XVIII. Cette même année, l'émir perse Danischmend', lequel était seigneur de
Sébaste et de tout le pays romain, arriva à la tête d'une armée considérable contre
Mélitène, qu'il attaqua vivement. Le commandant de Mélitène, Khôril”, envoya
prier Boëmond de venir à son secours, promettant de lui donner cette ville. Aus-
sitôt Boëmond et Richard s'avancèrent à la tête de leurs troupes contre Danisch-
mend, tandis que ce dernier faisait partir des détachements pour soutenir la lutte
contre les Franks, dans la plaine de Mélitène. Il plaça des embuscades dans une
foule d'endroits, et se mit lui-même en marche avec des forces considérables.
Cependant Boëmond et Richard, de leur côté, cheminaient sans précaution et
dans une sécurité complète; leurs soldats avaient quitté leurs armures et s'étaient
parés d'ornements, comme des femmes qui accompagnent un convoi funèbre; ils
avaient confié le soin de porter leurs armes à leurs serviteurs. Ces guerriers, s'as-
similant à des captifs, s'étaient dépouillés de leur équipement militaire. Tout à
1396 de l'ère des Grecs, 477 hég. — 1084 Ë. Ch.
2? Khôril est une altération du mot Gabriel ou
Gavril, écrit suivant la prononciation byzantine.
Guillaume de Tyr {IX, xx) le nomme, en effet,
Gabriel. Aboulfaradj (Chron. syr. p. 283) lui donne
le même nom et dit qu'il était Grec. Suivant Guil.
laume de Tyr {X, xxiv), ilétait Arménien de nation
et Grec de religion. Albert d'Aix l'appelle Gaveras.
Suivant Matthieu d'Édesse (1. I" de la Biblioth. his-
tor. armén. ch. cxuix), 11 était beau - frère de Tho-.
ros, curopalate d'Édesse, Il maria sa fille Morfia cu
Marsilia à Baudouin Du Bourg, comte d'Édesse et
plus tard roi de Jérusalem, en lui donnant une
nation et né.en Arménie. Aboulfaradj (Chron. syr. très-riche dot. Baudouin eut d’elle quatre filles,
p. 280) le nomme Ismaël, fils de Danischmend, Mélissent, Haalis et Hodierne ou Odiart, ainsi que
Soas} 3 Su Jsooa. |, et dit qu'il s'empara + Joie (Iveta), qui lui naquit lorsqu'il fut parvenu
de Sébaste, de Césarée et du Pont, en novembre au trône. {Guillaume de Tyr, XIE, 1v.)
7.
Ÿ KumuschTékin, fils de Theïlou, autrement
appelé Mohammedibn-el-Danischmend, c'està-dire
le fs du savant ou du docteur, parce que son père
avait été maître d'école, était un chef turkoman qui
fut la tige des émirs de Cappadoce. Il possédait
Mélitène, Sébaste et autres villes voisines. (Aboul-
féda, Annal. t. II, p. 324.) Guillaume de Tyr l’ap-
pelle Danisman, Albert d'Aix Doniman, et Cin-
namus Tamouémos. Ce dernier ajoute qu'il était
Persarménien. Cette assertion vient à l'appui de ce
que nous apprennent Matthieu et Vartan, qu'Ibn-el-
Danischmend était d’origine arménienne. D'après
cela, on peut supposer qu'il était Turkoman de
52 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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Younnpnidi uulEhau gopuugl Daulpuug L Sun gopugh l,4 Yeuquit 4 A Ednivqu L gr.
Pupau d'un us] | (| >t vuquibeur Jeu dquenb purge p Euhununu P u]07 ; Uaphaunrs Ur
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Le see buy quyu und God (VenSupeg Le anlEtufu bg aug vpe JUinnbne du.
pEquiu g$Ein afodusufiu . euh 2 usts wnbu) PAL balnahry L qUresuprs de Ephuufdh
fomuiiep euqaue fou. L jubug quyu agent, qupdun J{len Sue L aug
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qaennachpubut Sun. L gp rs Yunulkn Couniuwd quujl Gent quiu Uunpus. fu Coswniws
1 Ca. omet gomugu. — ? Ca. omet hiqiwg.
coup les gens de Danischmend fondirent sur eux, et une lutte acharnée s'engagea.
Les Franks et les Arméniens furent exterminés, et Boëmond et Richard faits pri-.
sonniers. Dans cette journée, deux prélats arméniens, Cyprien, évêque d'An-
tioche, et Grégoire, évêque de Marasch, perdirent la vie. Boëmond les avait
auprès de lui par suite de la haute estime qu'il professait pour eux. La nouvelle
de ce désastre jeta la consternation parmi les chrétiens, et répandit l'allégresse
parmi la nation des Perses; car les infidèles regardaient Boëmond comme le vé-
ritable souverain des Franks, et son nom faisait trembler tout le Khoraçan. Bau-
douin, comte d'Édesse, ainsi que les Franks d'Antioche, ayant appris ce fatal
événement, se mirent à la poursuite de Danischmend. Celui-ci conduisit Boë-
mond et Richard, chargés de chaînes, à Néo-Césarée. Comme ils étaient déjà
partis, Baudouin s'en retourna à Édesse, et remit cette ville à un autre Baudouin,
surnommé Du Bourg, qui avait été précédemment page de Boëmond. Après
avoir soumis les habitants d'Édesse à toutes sortes d’exactions et leur avoir ex-
torqué des sommes énormes, il acheta à Jérusalem la couronne de son frère Gode-
froy, et devint roi. Tancrède reprit le chemin d'Antioche, ainsi que nous l'avons
dit plus haut *.
Le désastre qu'éprouvèrent les Franks fut la punition de leurs œuvres d'ini-
quité. Ils s'étaient écartés de la droite voie pour suivre le sentier de perdition,
transgressant les commandements divins, pratiquant le mal, plongés dans la dis-
solution, et n'ayant aucun souci des préceptes du Seigneur ; ce qu'il défend, c'est
! En arménien, xaps signifie « serviteur, disciple, ? Suivant Guillaume de Tyr (X, x) et Albert
« jeune enfant ». (Cf. le Dictionnaire de l'Académie d'Aix (VII, xziv-xzv), Tancrède, gardant encore
arménienne de Saint-Lazare, Venise, 2 vol. in-4°, rancune de l’injure que lui avait faite Baudouin
et J. B. Aucher, Dictionnaire manuel arménien lit: de Boulogne devant Tarse, et ne voulant lui rien
téral et arménien vulgaire, Venise, in-18,.1846.) devoir, lui remit Caïpha et Tibériade, dont Gode-
Matthieu est le seul auteur que je sache, qui donne froy lui avait fait don, et partit pour Antioche.
cette qualification à Baudouin Du Bourg.
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 53
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Ven bg pe Qrecppt dupuñt à Upe qhéf PE winep quyp Qaronjs L qù Abuenp pi
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pre og blu fr Sareatns fut à (Gubdal qupäus raté k fEpuy puqupf We, L
\ Ce paragraphe, depuis Ury oyu puy, manque dans le manuscrit Ca. — 2? Ca. fun £uyny.
ce qu'ils convoitaient. Aussi Dieu leur retira son appui et la victoire, comme au-
trefois aux enfants d'Israël. Ce fut la première défaite qu'ils essuyèrent. Dès ce
moment, prêtez votre attention et ne vous lassez pas.
XIX. Cette même année, l'émir perse Soukman, fils d'Artoukh, dont le courage
égalait la férocité sanguinaire, ayant rassemblé des forces considérables, se porta
contre la ville de Sëroud}, et fit des incursions dans toute la contrée voisine. Le
comte Baudouin Du Bourg et Foulcher',
agression, marchèrent à la rencontre des Turks. Mais leur imprévoyante négli-
gence causa leur défaite. Après une lutte acharnée, les infidèles vainquirent
les Franks et en firent un grand carnage, ainsi que des Arméniens qui s'étaient
Joints à ces derniers. Le comte de Séroud), Foulcher, fut tué. C'était un homme
d'un courage héroïque et d'une pureté de mœurs parfaite. Le comte Baudouin se
réfugia avec trois des siens dans la citadelle d'Édesse, réduit à un état pitoyable.
Mais les principaux de la ville, l'ayant invité à rentrer parmi eux, le replacèrent
sur son trône. Au bout de trois jours il partit pour Antioche afin d'aller chercher
du renfort. Cependant les infidèles attaquèrent la forteresse de Sëroud;, où tous
les chrétiens de la ville s'étaient retirés, et avec eux l'archevêque latin (Babiôs)?
d'Édesse. Alors les habitants de Séroudj se mirent d'intelligence avec les Turks.
Au bout de vingt-cinq Jours arriva Baudouin avec six cents cavaliers et sept cents
fantassins. [1 mit en fuite les infidéles; mais les gens de Sëéroud) refusèrent de re-
connaître son autorité. Les Franks aussitôt attaquérent cette ville, en massacrèrent
que dans la vieille traduction française (VII, vu).
2 Babiés est le mot grec wéras, père, titre qui
était attribué, dans les Églises d'Orient, aux pa-
triarches, aux métropolites et aux évêques, et qui,
dans l'Église grecque, est donné aussi aux simples
prêtres. Aboulfaradj (Chron. syr. p. 327) écrit ce
mot MOARS. En 1104, l'archevêque latin d’'É-
desse se nommait Benoît (cf. ci-après chap. xxxu);
c'est sans doute celui dont il est ici question.
1 Foulcher de Chartres, Folkerus Carnutensis
ou Falcherus Carnotensis, dans Albert d'Aix (II,
xxv) et Guillaume de Tyr (VII, vu). Le premier de
ces deux historiens dit que Baudouin, après s'être
emparé de Séroudj, lui confia le commandement
de cette ville. Les leçons Fulbertus et Foubert se
trouvent dans l'édition de Guillaume de Tyr de
Bôngars, et dans celle qui fait partie du pré- .
sent Recueil de l'Académie des inscriptions, ainsi
comte de Séroudj, prévenus de cette
54 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
qu'un cogne fiv puwquphu Yennpbwg upn], L wpepfiu wqunf wn. Sue qu
dEuuuju punqupl: daruljni tu L wnplnruu L Yusinuyqu il Çunliug Earl hf pu LpU {lee Su) 5
L qguwe wpbunp alEteuÿjl puwqupl !:
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Deujt ncfuuhqu np bu J\ poncuwn£d k bfiu Jejédaul enlEteujt dEn.p dE dut op sun uuÿ |:
1 Ca. Lguwr- aEpnPbwdp Wuuwhnp L wdbuwjt nncuu Dauwuk4uwg « Antioche et tout le pays des Franks
« furent remplis de captifs. » |
la population et saccagérent toutes les maisons; ils emmenérent à Édesse une
multitude immense de jeunes garçons, de jeunes filles et de femmes; Antioche
et tous les pays occupés par les Franks regorgèrent de captifs, et Séroudj nagea
dans le sang. |
XX. Cette même année, pour la quatrième fois, le ciel se colora en rouge
dans la partie nord par un phénomène encore plus effrayant que les précédentes
fois; puis cette teinte se changea en noir. Cette quatrième apparition fut accom-
pagnée, tout le temps qu'elle dura, d'une éclipse de lune. Ces signes annonçaient
les effets de la colère céleste qui menaçait les chrétiens, comme l'atteste le prophète
Jérémie par ces paroles : « Du côté du nord s'allumera sa colère.» Et en effet il
survint des malheurs comme jamais on n'aurait pu en prévoir.
XXI. En l'année 550 (24 février 1101-23 février 1102), un prodige surpre-
nant et terrible eut lieu dans la sainte cité de Jérusalem. La lumière du tom-
beau du Christ, notre Seigneur, cessa de s'enflammer comme d'habitude; elle ne
brilla pas le jour du samedi, et les lampes restérent éteintes jusqu'au dimanche;
après quoi elles s'allumèrent à la neuvième heure. Ce phénomène plongea dans
la stupeur tous les fidèles. Ce qui l'occasionna, c'est qu'ils avaient dévié vers la
gauche de la route et abandonné la voie légitime, qui est à la droite du che-
min des péchés. Ils goûtèrent au calice rempli d'une lie amère. Les ministres
même de la sainte Église se vautraient dans la fange avec une ardeur qui n'était
jamais assouvie. Au milieu de pareils désordres, ils avaient cessé de détester le
péché, quelque énorme qu'il fût. Mais, ce qui est pis encore, ils avaient préposé
des femmes au service du saint Sépulcre et de tous les couvents de Jérusalem.
Les crimes les plus abominables s'accumulaient devant Dieu. Ils chassèrent des
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 55
Cocrnc day gg L qasonnd, qU'unph ko mugh dépd-bgft pri fouhqÿ. b japdanl anbrufis
quyu quuweinp L Qubu Jababulañune fus cure ff beuulaug $ b Ewg dEpd bgfu ghustuuqu
ph oupuuwenpr EVE unipp acfunhgu np j{pprcownkd, L qudEtuuju wgq Gagne guiuk hu
Jber acfunt, L uuulh junoffu aug 6 wgg Suctnnugbpngu. L pneus T'uunrwé wnofdhg
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] A. guy.
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monastères les Arméniens, les Romains, les Syriens et les Géorgiens. Lorsque les
Franks eurent vu ce prodige, indice accusateur contre eux, ils éloignèrent les
femmes du service des couvents et rétablirent chaque nation dans ceux qui lui
appartenaient. En même temps, les cinq nations fidèles ! se mirent en prières. Le
Seigneur les exauça, et la lampe du saint Sépulcre prit feu le dimanche, ce qui
ne s'était jamais vu auparavant; car cette lumière commençait toujours à briller
à point nommé le samedi, à la onzième heure du jour?.
Le prodige que ñous venons de rapporter arriva sous le pontificat des deux ca-
tholicos d'Arménie, Grégoire Vahram et Basile, époque à laquelle fut instituée pour
nous l'adoration [de la lumière du saint Sépulcre]. Le patriarche des Romains,
siégeant à Constantinople, était le seigneur Nicolas; le patriarche d'Antioche,
Jean“; le patriarche de Jérusalem, Siméon*; le patriarche des Syriens, Athanase.
l'y avait 6610 ans écoulés depuis Adam; mais nous n'avons point tenu compte
1 Les Grecs, les Latins, les Syriens, les Armé-
niens et les Géorgiens.
? Ces paroles font allusion au feu sacré que
la multitude des pèlerins qui visitaient Jérusalem
croyaient descendre du ciel sur les lampes du saint
Sépulcre, le samedi saint, à la neuvième heure du
jour. Foulcher de Chartres raconte fort longuement
le mème fait (ch. xxrv). Le patriarche ayant donné
l'ordre aux chanoines de commencer l'oflice, on lut
les leçons alternativement en latin et en grec, après
quoi un des Grecs entonna d’une voix retentissante
le Kyrie eleison, auquel l'assistance répondit; mais,
comme le feu ne paraissait pas, la même prière fut
répétée deux fois. Après une longue attente, le pa-
_triarche entra dans le saint Sépulcre et revint an-
uoncer que le feu ne s'était pas montré. Celte nou-
velle répandit la douleur et la consternation parmi
les fidèles. Comme la nuit approchait, il fit éva-
cuer l'église, afin qu'il n'y restât personne, nihomme
ni, femme, souillé de péché, qui pût empêcher l'ac-
complissement du miracle. Le lendemain, jour de
Pâques, une procession solennelle eut lieu, à la-
quelle assistèrent le roi, les grands, le clergé et une
. Partie considérable du peuple, qui se rendirent
annoncer au patriarche qu'une des lampes, placée
devant le saint Sépulcre, s'était allumée. Aussitôt
l'allégresse se répandit dans toute la ville et éclata
par le chant du Kyrie eleison, des hymnes, le son
des trompettes, et par des applaudissements. (Cf,
Mosheim, De lumine Sancti Sepulchri commentatio,
dans ses Dissertationes, t. I, Lubeck, 1727.)
3 Nicolas IV, surnommé Muzalon, qui siégea de
1097 à 1151.
siége en 1090. Lorsque cette ville tomba au pouvoir
des croisés, en 1098, ils ne voulurent pas le rem-
placer. Cependant, au bout de deux ans, Jean,
voyant qu'un patriarche grec ne pouvait convenir
dans une ville possédée par les Latins, se retira à
Constantinople. Les croisés nommèrent à sa place
Bernard de Valence, évêque d'Arta, en Épire, qui
avail suivi à la croisade l'évêque du Puy, Adhémar,
en qualité de chapelain. (Guill. de Tyr, VI, xumu.)
ÿ Siméon monta sur le siége en 1088. Lors de
la prise de Jérusalem par les Franks, le patriarcat
de cette ville fut donné à Daimbert où Dagobert,
archevêque de Pise.
pieds nus au Temple de Salomon. Enfin on vint
# Jean, patriarche grec d’Antioche, monta sur le
|
|
50 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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Sul Fagedu k dépug verge. L EGbuy vncprañi Vo buupañ, L'owunfl vqunnt_
cul jupyg b dEpuy vrgu foutu purple fhbegees L'wqug wbfg he Yrnequdu
gueuus pu feph Ka pe OX EX upudhe El uobumuuñ haute unhnp
l Ca. qewpdbu,.
2 Ca. fau Pauvhwg « le comte frank ».
3 Ca. omet td (dre ppwyg.
ÿ Ca. qwpéEuw,.
._ & Ca. Srwwohiw).
7 Ca. h'unguuk.
a Ca. ET 3 Ludiw.
de cet excédant de dix années dans nos calculs chronologiques‘, et nous avons
négligé en même temps l'art d'écrire.
XXII. Cette même année, le comte de Saint-Gilles retourna de chez les Franks,
parce qu à l'époque où la sainte cité de Jérusalem fut enlevée aux infidéles, il prit
la lance du Christ et partit; et lorsque l’on sut qu'il l'avait emportée, toutes les po-
pulations furent en émoi après lui. I revint dans l'intention d'attaquer Tripoli. Il
comptait cent mille guerriers sous ses ordres. Arrivé à Constantinople, il fut com-
blé de présents par Alexis, qui lui fournit les moyens de traverser l'Océan. Mais
l'empereur renouvela envers les Franks l'œuvre de Judas, car il fit dévaster par
l'incendie tous les pays qu'ils avaient à parcourir, ordonna de les guider à travers
des plaines désertes, et, empêchant qu'ils reçussent des vivres, les condamna à
souffrir les tourments de la faim. Réduits aux dernières extrémités, ils mangèrent
leurs chevaux. Alexis, qui avait fait prévenir sous main les Turks de leur marche,
souleva toutes les forces des infidèles contre eux. Le sulthan Kilidj-Arslan accourut,
leur livra une grande bataille dans les environs de Nicte, et en fit un horrible car-
nage; cent mille Franks périrent. Saint-Gilles se sauva avec trois cents hommes
seulement et se réfugia dans Antioche *. Tout le reste de l'armée chrétienne avait
1 C'est l'ère mondaine de Constantinople, dont
l'année 5509 commença le 1° septembre qui pré-
céda l'ouverture de notre ère vulgaire. L'année 6610
équivaut à 1101-1102. (Cf. mes Recherches sur la
chronologie arménienne, t. 1, Appendice à la pre-_
mière partie, n° n1, Sur les ères mondaines.)
2? J'ai déjà fait observer (p. 47, note 2) l'er-
reur de Matthieu relativement au prétendu voyage
de Raymond en Europe. Il y a encore, dans ce
qu'il dit au sujet du lieu où Saint-Gilles fut dé-
fait dans l'Asie Mineure et des aventures qui lui
arrivèrent après cet échec, quelques inexactitudes
qu'Anne Comnène {liv. XI, p. 263), Albert d’Aix
(VIIT, v-xcn) et Guillaume de Tyr (X, xti-xm)
nous permettent de rectifier. Après avoir laissé à
Laodicée sa femme et sa famille, il se rendit à
Constantinople pour demander du secours à Alexis,
afin de retourner en Syrie et d'y conquérir quelques
villes; car il voulait, dit Guillaume de Tyr, consa-
crer le reste de sa vie à la croisade et ne plus reve-
nir dans sa patrie. Il resta deux ans auprès de l'em-
pereur, qui le combla d’honneurs et de bienfaits.
Sur ces entrefaites arriva une armée de croisés de
la Lombardie, conduite par Anselme, évêque de
Re me Ce, me um jen =
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 57
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1 Ca. qrequpgbuwg. — ? Ca. [Jupnruwvench, Sarouantoui.
Ted
rm
passé sous le tranchant du glaive. Les femmes et les enfants furent emmenés es-
claves en Perse. Cette défaite fut le châtiment de leurs péchés; car tous avaient
suivi avec amour la voie criminelle, et abandonné celle de Dieu. Le comte d’An-
tioche, Tancrède, profita de l'occasion pour s'emparer de la personne de Saint-
Gilles, et le fit conduire chargé de chaînes dans la ville de Sarouantavi |.
Milan; Albert, comte de Blandraz; son frère Guy,
Hugues de Montbel et autres seigneurs italiens. Ils
commirent toutes sortes de déprédations sur les
terres de l'empire et dans Constantinople méme,
et Alexis eut la plus grande peine à leur faire passer
le détroit de Saint-Georges. Arrivés à Nicomédie, aux
approches de la Pentecôte (1° juin 1101),1ils furent
rejoints par Conrad, connétable de l'empire germa-
nique, à la tête de deux millechevaliers teutoniques,
Étienne, comte de Blois, et Étienne, duc de Bour-
gogne; ils formaient une armée de deux cent soixante
mille hommes. Alexis leur avait donné pour guide’
Saint-Gilles avec cinq cents cavaliers turcopoles. Le
comte de Blois et Raymond leur conseillèrent pru-
demment de suivre la route qu’avaient tenue Gode-
froy et la grande armée; mais les Lombards, con-
fiants en leur nombre et pleins de présomption,
déclarèrent qu’ils voulaient marcher vers le Corro-
zan, et aller délivrer Boëmond, ou détruire de fond
en comble la ville de Baldach (Bagdad). Ils tour-
nérent donc vers la Paphlagonie, précédés de
Raymond, qui ne voulut pas les abandonner, et de
ses Turcopoles. Mais ils furent battus auprès de la
ville de Maresch, entre Constamnes (Kastamouni)
et Sinope. Le comte de Toulouse, voyant la partie
perdue, s'enfuit du camp pendant la nuit avec ses
Provençaux et les Turcopoles, à travers les mon-
tagnes, abandonnant les croisés. Il atteignit le chà-
teau de Pulveral, qui appartenait à l'empereur,
puis Sinope, et s'embarqua le lendemain pour
Constantinople. À peine l'armée se fut-elle aperçue
de son départ, que, saisie de frayeur, elle prit la
fuite vers Sinope, d'où elle gagna Constantinople.
Alexis, irrité de la défection du comte de Toulouse,
lui en fit des reproches; mais son mécontentement
céda aux explications que lui donna Raymond. I le
traita parfaitement, ainsi que les autres chefs, leur
donna de l'or, de l'argent , des chevaux, des mnulets et
des vêtements, en compensation de ce qu'ils avaient
perdu, et les retint pendant l'automne et l'hiver,
fournissant largement à tous leurs besoins. Albert
d'Aix (VII, 1x et xLvir) rapporte que le bruit avait
couru que Raymond, séduit par les présents et les
vivres que lui fournissaient les Turks, et se confor-
Hisror. ARM. — LL.
mant aux instructions secrètes de l’empereur, avait
égaré les croisés dans l'Asie Mineure et causé leur
perte; mais un peu plus loin ïl le justifie complé-
tement. D'ailleurs le grave et savant archevêque
de Tyr (X, xu1) affirme que ce furent leurs désordres
et leur désunion qui occasionnèrent leur défaite.
En outre, Anne Comnène, en rapportant les mêmes
événements (liv. XI, p. 262-263), dit positive-
ment que l’armée ayant été mise en déroute par les
Turks, Saint-Gilles, qui n'avait conservé avec lui
qu'une poignée de cavaliers, fut forcé de se sauver.
D'après le témoignage de la fille d'Alexis, c’est sur
les limites du Thema Paphlagonum et du Thema
Armeniacum que cette défaite eut lieu. Le nombre
de cent mille morts énoncé par Matthieu est cer-
tainement exagéré; Guillaume de Tyr (loc. land.)
n'en compte que cinquante mille. Au commence
ment de mars de l'année suivante, les chefs qui
avaient échappé au désastre de Maresch passèrent
par mer à Antioche. Lorsqu'ils abordèrent au port
Saint-Siméon, un certain Bernard l'Étranger, Ber-
nardus Extraneus, qui possédait la ville de Lon-
ginach auprès de Tursolt (Tarse), prévenu contre
Raymond, par les bruits qui avaient couru sur le
compte du prince toulousain, le saisit et le livra à
Tancrède, qui le fit mettre en prison à Antioche;
mais, grâce à l'intervention des chefs les plus in-
fluents, il recouvra la liberté, sous la condition qu'il
ne tenterait aucune entreprise contre le territoire
qui s'étend depuis Acre jusqu'à Antioche. Connais-
sant sa valeur et sa prudence, ils lui confièrent la
défense de Tortose, dont ils venaient de s'emparer,
d’après ses conseils. |
l Forteresse dont le nom arménien, {w.
pncuñvyhewr, sigoifie Rocher de Sarvant, et est tra-
duit dans le même sens en syriaque par LsL
0:29 dans Aboulfaradj, aujourd'hui is, u
: Serfendkiar. Cette forteresse est située à une journée
de marche au sud-ouest d'Anazarbe, sur le sommet
d’un rocher; dans le voisinage et au sud coule le
Djeyhan. (Indjidji, Armén. mod. p. 366, Aboul-
féda, Géogr. p. 256, et Hadji-Khalfa, Djihan-numa,
p. 603 de la traduction d'Armain, conservée en
manuscrit à la Bibliothèque impériale.)
e
58 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE |
ap JUuahn.p L CT pu<uileupp pupbhroub gfiu aure Suanh, L Juwpéwkhbiug quus. L qheuy
Ou L wpup Fagnd f dépey Spwuoqun puqupfe, L dESur ofwgrf unes k {puy
top L 2bukwg pump f dEpusy :
Pot Huwdanuÿhu quynp pawqniS qgopep 4 Yndyu peuwülaug np wuf Q£ nbfu?. L
uquye que pee wobup$t Sanduhgceg k Griug, 1 plap SES bn poe Uiu. L Su
N
forme, item Bernardus Bedevvin, dans le Cartulaire :
de l’église du Saint-Sépulcre, édit. de M. Eug. de
Rozière, Paris, in-4°, MDCCCXLIX, p. 330.
1 L'expression arménienne vulgaire fcwp , ufuwp ,
uqwp, est l'arabe ;La=, action d'assiéger, siége.
2 Bédévin, Q=kfv, transcription du mot fran-
çais Poitevin. On trouve cet adjectif sous la même
Quelque temps après, le patriarche des Franks, à Antioche, et les autres mem-
bres du clergé intercédèrent pour lui auprès de Tancrède, qui lui rendit la li-
berté. Saint-Gilles, délivré de ses fers, réunit des troupes et alla investir Tripoli;
il pressa vivement cette ville, et en construisit une tout auprès !.
À la même époque, le grand comte frank de Poitou *, à la tête d'une armée de
trois cent mille cavaliers, traversa le pays des Romains et des Grecs, et parvint avec
l Le Château Pèlerin, que Raymond de Saint-
Gilles fit construire en 1103 sur une colline près de
Tripoli, et que les Arabesappelaient Mate (çp2>,
Hisn-Sendjil, le château de Saint-Gilles. (Cf. Aboul-
féda, Annal. t. III, p. 356.) Guillaume de Tyr (X,
xxŸi1) nous apprend qu'il était situé à deux milles de
Tripoli, et que Raymond lui donna le nom de Mont
Pélerir, parce que ce furent des croisés venus pour
visiter les Saints Lieux qui le bâtirent.
? La même année qui vit la déroute des Lom-
bards, et qui était la première du règne de Bau-
douin, il y eut deux autres expéditions non moins
. désastreuses, l'une conduite par Guillaume, comte
de Nevers, l’autre par Guillaume IX , comte de Poi-
tiers. Matthieu d'Édesse n’a connu que cette der- |
nière.
Guillaume de Nevers, parti avec quinze mille
hommes de cavalerie et d'infanterie, aborda à Ci-
vitot, près de Nicomédie, vers la fin de juin (post
Beati Joannis Baptistæ nativitatem). Laissant la route
suivie par Godefroy et Boëmond, il arriva en deux
jours à Ancras (Ancyre), place qui avait été prise
précédemment par les Lombards; puis, tandis que
ceux-ci continuaient leur marche à gauche vers la
Paphlagonie, les nouveaux venus tournèrent à droite,
et, tirant vers le sud, parvinrent à Stancon et en-
suite à Reclei (Héraclée, dans la Lycaonie). C’est
_ dans ce lieu que les Turks, réunis sous le comman-
dement de Soliman (Kilidj-Arslan) et de Donisman
(Danischmend, émir de Cappadoce), les extermi-
oèrent. Le comte de Nevers, son frère Robert, et
Guillaume de Nonanta s'enfuirent avec tous leurs
cavaliers à Germanicopla (Germanicopolis, dans
l'Isaurie). Là, se confiant à douze Turcopoles, qui
avaient la garde de cette place pour l'empereur, et
qu'ils avaient soudoyés, ils partirent pour Antioche ;
mais en chemin ils furent dépouillés par leurs con-
ducteurs et laissés nus et à pied au milieu d’un dé-
sert. Le comte continua son voyage, déguisé sous
des haillons, et, après mille traverses, atteignit An-
tioche, où Tancrède, par sa réception, s’efforça de
lui faire oublier les malheurs qu'il avait éprouvés.
À Guillaume de Poitiers s'étaient joints Guel-
fe IV, duc de Bavière, le comte de Vermandois,
l'évêque de Clermont, et Ida, margrave d'Autriche.
Cette expédition comptait plus de cent soixante
mille pèlerins, combattants ou femmes. Elle tra-
versa le détroit de Saint-Georges, au temps de la
moisson, et, après s'être arrêtée à Nicomédie, par.
vint à Stancon; de là à Phiniminum (Philomelium)
et Salamia, que l’armée détruisit. Ayant fait halte,
à Reclei, au bord d'un torrent où les croisés étan-
chèrent leur soif, ils furent mis en déroute et écra
sés par Soliman, Donisman, Carati et Agunich. Le
duc Guelfe, après avoir abandonné sa cuirasse et
tout ce qu'il possédait, s'enfuit à travers les mon-
tagnes. L'évêque de Clermont se sauva aussi avec
peine; mais la margrave Ida disparut sans qu'on
ait pu savoir ce qu'elle devint. Quant à Guillaume
de Poitiers, escorté d’un seul écuyer, il réussit à ga-
gner Longinach, auprès de Tarse, où Bernard V'É-
tranger l'accueillit avec empressement et lui four-
nit tout ce dont il avait besoin. Quelques jours
après, Tancrède l’envoya chercher sous la protec-
tion d’une escorte de scldats, et le reçut magnifi-
quement à Antioche. (Albert d'Aix, VIII, xxv-xL.)
L'itinéraire de Guillaume de Nevers et de Guil-
laume de Poitiers dans l'Asie Mineure, tel qu'il est
retracé par Albert d'Aix, présente des difficultés
qui sont loin encore d'avoir été éclaircies, mais
dont je n’essayerai point ici de chercher l'expli-
cation, pour ne pas sortir du cadre dans lequel je
dois me circonscrire.
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 59
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Btunle froukp pie Puquenphu Gneluug, L kampine Ynsbp qu b os mit Lutte wub
Gale, deck qe bep aulog E by: but Parqueng Vibes Le adEinuÿs nm Gruug
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QE boot Gang L dESun wqusuñop St ga b Ueonaiqémuhu. L
wpup Buquenpu Ulis JES puenctEqa fut, L'annepu usant quiuämg upehbp lu,
L auenpronñts JESuES wpug wnuÿf bopu L quuqned Suwfuop wgneguiukp qi pu
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Puquenpu Vykeut be bunutp h Swuÿv, L qui ep nuunb brgu. Le ibobp ju den
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Bug, gb npugbus Ep por bnuus, ur wa pfi bpq fat ne purgne fbuñs hngu, qne borne ui
$ Altération probable du grec æoripiov.
6 Ca. enbqiv.
7 Ca. qéncuwnp.
8 Ca. bye dE Seb de.
1 Ca. omet b Grow une yohu.
? Ca. omet Hôur gopm Péup L.
3 Ca. omet Bwquenpu VEpre.
1 Ca. Hs.
ces forces devant Constantinople. Il parla avec une souveraine hauteur à Alexis,
lui accordant seulement le titre d'éparche et non d'empereur, quoique le comte ne
fût lui-même qu'un jeune homme de vingt ans environ. Il effraya Alexis et tous
les Grecs. L'empereur se rendit au camp du comte de Poitou avec les grands de
sa cour, et, à forces d'instances, l'amena dans la ville. [1 lui fit une magnifique
réception, lui donna d'immenses trésors et de splendides festins, et fit de grands
frais pour le transporter de l'autre côté de l'Océan, dans la contrée de Kamir |.
Il lui donna aussi des troupes grecques pour l'accompagner. Dès ce moment il
mit à exécution ses projets perfides, en prescrivant à ses officiers de conduire les
Franks à travers des lieux inhabités. On leur fit parcourir pendant quinze jours
des solitudes dépourvues d’eau, où rien ne s'offrait au regard que le désert dans
toute son aridité, rien que les âpres rochers des montagnes. L'eau qu'ils trou-
vaient était blanche comme si l'on y avait dissous de la chaux, et salée?. Alexis
avait recommandé de mêler de la chaux au pain, et de le leur fournir ainsi apprêté.
C'était un crime énorme devant Dieu. Ainsi affamés et épuisés pendant une
longue suite de jours, les croisés virent la maladie se glisser dans leurs rangs. La
conduite de ce prince à leur égard avait pour motif la rancune qu'il nourrissaïl
de ce qu'ils avaient violé le serment qu'ils lui avaient fait dans l'origine, et
2 Cette description des solitudes que parcourut
l'armée du comte de Poitiers rappelle les. vastes et
arides plaines de la Lycaonie, et les lacs de cette
partie de l'Asie Mineure, aux eaux saumäâtres et sa-
turées de sulfate de soude et de magnésie. (Cf. Asie
Mineure, de M. Pierre de Tchihatcheff, 1" partie,
Géographie physique comparée, chap. in.)
8.
1 La contrée de Kamir est le nom que les Armé-
niens donnent à la Cappadoce, et qu'ils font dériver :
de Gomer (Kamer), fils de Japhet. lis comprennent
souvent, sous cette dénomination, la plus grande
partie de l'Asie Mineure. (Cf. Moise de Khoren, I,
xxx, et Vartan, Géographie, apud Saint-Martin,
Mémoires sur l'Arménie, t. Il, p. 434.)
60 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE s
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Le cup gp rabhug b joug wobupsfu, L ns quutbfiu Eje fou. b qm_
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bepng, Eu but hr, & aypugefi apuertaus (hub queaprunu (Epfu. L'uçu a bp
built gaffe eu nkquiugu. L Eunbu Nul grnnpne ie qopug bep, puyp qu.
tue. k foutu, qaunbuoqifé aXuptur judEtuÿs Yeplg pufubut (Bubp 4x
© Æhoenpod : L quyp qopét un Sup jrnepkgf pfepu Le h Suvuñuhp rit aug
À Ca. & au JÜewncSny kal « ceci vint de Dieu ».
Cette leçon donne ici un tout autre sens, c'est-à-
_ dire que, par la volonté de Dieu, Alesis fut puni du
mal que sa perfidie avait causé aux croisés.
2? Ce. nca dS wpbkyhg «le grand sulthan
d'Orient ».
3 Ca. omet gopwg.
5 Ca. Ououp. — Ce. Quwk. C'est le mot grec
atdos, « vallon, ravin ».
6 Au lieu de g4omngnedù, il y a dans le ma:
nuscrit Ca. 4@%P bete Ephfwpug L ggnaqn ë 16 puiugr
& jt d'f Grunpnudt Ep, «le fracas des chevaux et
l'ébranlement des montagnes. Ob, quel désastre
c'était!»
à Ca. Dathdinufu.
n'avaient pas tenu leurs promesses. Mais les Grecs n'en furent pas moins coupa-
bles aux yeux de Dieu, en se montrant impitoyables envers les croisés, en les
rendant victimes de leurs vexations et de leur perfidie, et en causant leur ruine.
Aussi le Seigneur permit que les infidèles marchassent contre les Grecs et leur
fissent expier leurs péchés. |
XXII. Le sulthan d'Occident’, Kilidj-Arslan, ayant appris l'arrivée des Franks,
écrivit à Néo-Césarée, pour en prévenir Danischmend, ainsi que les autres émirs; :
puis, à la tête d'une armée immense, il s'avança contre les chrétiens. Ceux-ci se
rencontrèrent avec les infidèles dans la plaine d'Aulos*. Une lutte acharnée s'en-
suivit et dura une bonne partie du jour; le sang coula à flots. Les Franks, écrasés
et perdus dans un pays qui leur était étranger, ne voyaient aucun moyen de sortir
de leur situation désespérée. Dans leur perplexité, ils se groupèrent et s'arrêtèrent
comme des bestiaux effrayés. Ce fut une journée sanglante et terrible pour eux.
Sur ces entrefaites, le général qui commandait les Grecs prit la fuite. Le comte
de Poitou, placé sur une montagne voisine dont les infidèles entouraient la base,
contemplait la défaite des siens. Quel spectacle! Les arcs vibraient de tous côtés
avec un bruit strident; les chevaux se cabraïent effrayés, et les montagnes reten-
tissaient du fracas du combat. A la vue de ses soldats massacrés, le prince frank
pleura amèrement. Les infidèles ayant redoublé d'efforts, le comte, acculé sur
tous les points, prit la fuite avec quatre cents cavaliers. Son armée, forte de trois
cent mille hommes, fut détruite entièrement. 11 alla chercher un asile à Antioche,
1 C'est-à-dire de l'Asie Mineure ou du pays de
Roum, par opposition aux sulthans de Perse ou de
l'Orient, de la même famille des Seldjoukides.
? La plaine d’Aulos, dont le nom indique la po-
sition entre deux chaînes de montagnes, est sans
doute la plaine d'Érégli, arrosée par plusieurs cours
d'eau qui, dans une direction sud-ouest, vont se
jeter dans le lac d'Érégli (Ak-gôl de ia carte de
M. Kiepert; Bektik-gheul de celle de M. P. de Tchi-
hatchef). :
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 61
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Bbuule L qui b dEpuy uarpe pue pfh \pporounkdhs : Gojudaë Hiuqusopt | porn.
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bb Dhepäbus k Priukunbafit uyag PL bah 2ohnftnil ES kb ewuinp
tÔt brrcuwat-p et tantôt Epreuwakuiuy, POUr le gé-
nitif.
# Ca. Ywrdwnk, « Santzar'el ».
1 Cette phrase, depuis wn Suwvggk, est fournie
par le ms. Ca.
2 Ca. Guides :
3 Ca. boncuwn ti); les manuscrits portent tan- Ca. h Quwyqque.
*
auprès de Tancrède, et de là se rendit à Jérusalem. Il en partit au bout de quelques
jours pour le pays des Franks, d'où il était venu. Il jura par un serment solennel
de revenir contre les Perses, de tirer vengeance de cet échec et de punir la perfidie
de l'empereur des Grecs. Il voyait, en effet, ses soldats traînés captifs par milliers
en Perse. |
N , ” ., . , «
XXIV. Cette même année, l'Egypte entière se mit en mouvement, et, s'étant
réunie en une armée formidable, marcha contre Jérusalem. Le roi de la Cité sainte
alla à la rencontre des jnfidèles avec une poignée de troupes qui furent mises
en déroute. Baudouin courut se réfugier à Jérusalem. Ce fut dans cette rencontre
que fut tué le comte de Dëlouk””', Guillaume Santzavel”. Le roi Baudouin avait
d'abord gagné Baalbek, et c'est de là qu'il arriva chez lui; tandis que les infi-
dèles, fiers de ce triomphe signalé, rentraient à Ascalon, qui leur appartenait *.
XXV. L'année 551 (24 février 1102-23 février 1103) fut marquée par une
violente perturbation de la foi religieuse, dont la célébration de la Pâque devint
Franks près d'Yazour, au nord-ouest de Ramila.
Cette fois les chrétiens eurent le dessous. Dans cette
bataille périrent Étienne, comte de Blois et Étienne,
duc de Bourgogne. Quelques circonstances du récit
de Matthieu sont entachées d'erreur; Baudouin,
après la bataille, ne se dirigea point vers Ba‘lbek
ni Jérusalem ; il se réfugia à Ramla, où les infidèles
vinrent l’assiéger. Il était dans le plus grand dan-
ger et dans une anxiété extrême, lorsqu'un émfr
musulman, dont il avait sauvé la femme du déshon-
neur et de la mort, vint lui proposer de le conduire
secrètement hors des murs. Sous la protection de
ce guide fidèle, 1l gagna les montagnes, et de là, à
travers les embûches des ennemis, la ville d'Arsur,
d'où il passa par mer à Joppé. Son retour inattendu
répandit la joie la plus vive parmi les chrétiens.
(Guillaume de Tyr, X, xx-xxnr.)
! Délouk', en arabe d, fs, château fort de la Co-
magène, situé non loin d’Ain-tab, sur la croupe
d'une chaîne de montagnes qui, en se détachant
de l'Amanus, se prolonge vers l'Euphrate. Tulapa
de Guillaume de Tyr, AoÂfyn de Ptolémée, Teloby
d'Anne Comnène.
? Le mot Santzavel, YJuväurs, , paraît être une
transcription aussi approximative que le permet
l'alphabet apménien des deux vieux mots français
sanz avehor, sans aveir, qui formaient le surnom de
tous ceux qui, ne possédant pas de fief, étaient consi-
dérés, comme sans avoir dans le système féodal.
? Déjà Mélik-el-A fdhal avait envoyé en Syrie Sa’d-
eddaula el-Thouci, mamelouk de son père, qui ren-
contra les Franks entre Ramla et Jaffa; il fut battu,
et dans sa fuite, son cheval s'étant abattu, il fut tué.
Alors Afdbal fit partir son fils, Schérefel-Mé’äli, à
la tête d'une nombreuse armée, qui attaqua les
62 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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L Sue L Uuogke dut Rwgfir Semoun. fu Sanndb L beuu4 qu Sbunbnnp
ep vbpltgt gap vEpliubug was SEphakhout Vafurt, ap wpquiukp qaodiupu f jus.
apbié BE, Le gone oeuf Sañubgneguñbp benoit 4 quepme L jun.nep uw,
ge ge L Uorhe 4 Lecygtste wolf bg 6 juurbib, ve Sete ttgn guiukp
bonoih Suguqupté : Ve quyu quodup un bte PfephuS foupuiubut kg fe
chumpuÿ Vafunrt op bp agp Snndyhghe dut gb jeta jupuapksgft qodiug sun
pot EF 4 Eh enpnpie, dé fe dun on 4oskgf agp quup poumautowgé. b juququ
ajurphl dufuugbet topo put por bauw, L EÿEu qu wnbuy qaphuqits k qu E
app, L qdéps Podu qua Puu- np Suivuuug dk fr dope Out quunqug aEtuuÿt 4
fs | pe pe pou gun Xiunuop Cÿnjup L Lomlkahe hub dnjaphuw,.p unlltuuÿu
16 auf. quyu wjowhu Yepquwanbesg Kafannt f juqaqu Snndiukgrng fut eopup aqua Xiunh
JE S diupunne fi En puy nue L. pur up Ë Uwkuju- aug qU Dewblquy astts mb
| Ce. Gaunuwbiu,p. | > Ca. Gocphu « aveuglé »,
2 Ca. h juphb E. 6 Ca. fwpuvkp.
3 Ca. & juuphl q 7 À. habwr, Igh'idon; c'est le nom grec iptws.
1 Ca. nou b deunhugepnfy. 3 Ca. agobuwtvuv.
l'occasion. Dix nations chrétiennes tombèrent à ce sujet dans l'erreur, à l'exception
des Arméniens et des Syriens, qui maintinrent la véritable tradition. Les Romains
et les Franks reçurent la mauvaise semence répandue par l'infâme hérétique Irion',
qui établissait le terme de la Pâque au 5 avril, et faisait coïncider la pleine lune
avec la fête de saint Lazare, en fixant ce terme au samedi, tandis que, pour
les Arméniens, les Syriens et les Hébreux, elle tombait au 6 avril”. Lui, la fit
” cadrer avec le dimanche des Rameaux. Ce philosophe [riori, qui était Romain
d'origine, avait ainsi faussé l'ordre du comput, parce que, lorsque le calendrier
fut établi, d'après la forme de la période composée de dix-neuf cycles’, les autres
savants ne l'avaient pas appelé pour concourir à ce travail. Cet oubli lui inspira
une extrême animosité contre eux; 1l vint_.et s'étant saisi furtivement de leurs
livres, il fit du 6 un 5, et des premiers nombres les derniers : calcul qui déplace
la célébration de la Pâque tous les quatre-vingt-quinze ans. C'est là ce qui pro-
duisit l'erreur dans laquelle tombent les Grecs et les Romains, à chaque renou-
vellement de cette période. Tel fut le comput auquel Irion donna cours parmi
les Romains, et d'où naquirent de grands débats entre les Grecs et les Armé-
niens. Les Franks n'avaient aucun souci de contrarier ces derniers sur ce point
l Jrion, qui était un prêtre attaché à la cour de
Justinien I‘, avait voulu introduire une légère cor-
rection dans le calendrier pascal d'André de By-
zance, usité chez les Arméniens depuis le milieu du
iv* siècle, et qui n’est autre que l'ancien calendrier
alexandrin. Quatre fois dans le cours de la période
pascale de cinq cent trente-deux ans, la fête de Pà-
ques tombe, pour les Arméniens, le 13 avril, tandis
que les Grecs et toutes les nations chrétiennes la
célèbrent le 6, dimanche précédent. Cette diffé
rence a occasionné dans tous les temps des querelles
pareilles à celles dont parle ici Matthieu. J'ai dis-
cuté longuement ces questions et expliqué le calen-
drier d'Irion dans mes Recherches sur la chronologie
arménienne, t. [°’, 1"° partie, chap. n, S$ iv et v.
2 L'Église arménienne célèbre la mémoire de la
résurrection de Lazare le samedi qui précède le
dimanche des Rameaux, ÿvwg 4wqwp.
3 La grande période pascale de 532 ans est for-
mée, en effet, de l'ennéadécaétéride ou cycle lu-
naire de 19 ans, multiplié par le cycle solaire de
28 ans. Après chacune de ses révolutions, les dates
de la Pâque reviennent dans le même ordre qu'au-
paravant, aux mêmes quantièmes mensuels et aux
mêmes féries. C’est la période connue en Occident
sous le nom de Victorienneou Dionysienne. (Cf. mes
Recherches sur la chronologie arménienne, 1" partie,
chap. un, $ nr.)
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 63
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Le pe junufuqnt gl ayjuuheh déçopne de (rciuug k uncpe quunhé, L jppnruu.
abd' ns btbp Janv di Yuuftbquou. & jujodunl wypurqgehkpv quuufu <unmunuglrw)u
jupBukuñugt vpn Ymnegbrug b juenepe À ut & jun ex 4 SE Bneutuñf à \pe
Gus juge dnnbbugpn bave kgh Ephpnp diprpn ti Gus à Guyidun quun pu
Satuyhg one EF kpwqupt jflen Sa gg wpwpf Baba bu phesgluk Says
funabhruh, np phukbus Ep b LT ban f juitasniuh juan ve 45h Urbabs-L
Lu gun] XEnft fupnr, Swunenpbhwg qhauu witowpd Wu h Soc neqnuwusa nf buitiu :
Le 6e qu hi Pt uguuku qnp aphug k Jen Su :
Rchonouk Xdiuphan ebpnquge L qu aiunqugg open Ecreeto-f bus, eu Suiluyhgre
L hofouitug. L op faut Sucunmwglw denndogrgg agfnju. L dEagju cp wituu np
uhpn puma bybugk Zbg k | mumenpsh uncpp wfanau: pe wpg Su qlou-
mu up fut qahpu Xe céboguy L qhuapbuque Ep jeep. L gpedefqeælt
1 Ca. 2 bnBañuu « d'être dans le trouble ». —? Ca. omet swpdm%. — 3 Ca. [néet.
ET
de doctrine; mais il en fut tout autrement des Grecs, qui eurent les plus vio-
léntes querelles avec les Arméniens. Les habitants d’Antioche, de la Cilicie et
d'Édesse eurent des discussions sans fin à soutenir avec eux, parce que les Grecs
s'efforçaient d'imposer aux Arméniens leur calendrier vicieux, Par ces luttes, ils
suscitèrent des désagréments à notre nation, sans toutefois réussir à l'ébranler.
Les Syriens d'Édesse, cédant à la crainte, embrassèrent le parti des Grecs, et
renoncèrent à l'alliance qu'ils avaient contractée avec les Arméniens.
Précédemment les Grecs avaient commis une erreur semblable, et les lampes [du
Saint Sépulcre] ne s'allumèrent pas. Dans cette occasion, les infidèles massacrèrent
les pèlerins accourus pour visiter les Saints Lieux. C'était sous le règne de [l'empe-
reur] Basile, et dans l'année 455 de notre ère (20 mars 1006-19 mars 1007).
Dans cette troisième partie de notre histoire *, les Grecs se montrent pour la se-
conde fois dans l'aberration sur le même sujet. Les ecclésiastiques d'Édesse en
avertirent par une lettre le catholicos d'Arménie, Grégoire, qui habitait la Mon-
tagne Noire, dans le célèbre couvent d'Arek; et 1l leur répondit de sa propre main
pour les engager à demeurer fermes dans la foi orthodoxe.
Sa lettre était ainsi conçue :
« Aux véritables amis du Christ, à ceux qui professent la croyance en la Sante
« Trinité, aux prêtres, aux grands et à tout le peuple fidèle, salut!
« Que la bénédiction, accompagnée d'une digne affection, découle sur vous, du
« siége de notre Iluminateur [Saint Grégoire]. J'ai lu votre lettre où éclate l'amour
divin, et qui me faitconnaître ce que vous désirez; nous avons parfaitement compris
1! Matthieu d'Édesse prétend que les chrétiens qui
furent massacrés dans l’église de la Résurrection
étaient au nombre de dix mille, et que leurs osse-
ments se voyaient encore, de son temps, conservés
dans une caverne à l'occident de Jérusalem, et
étaient vénérés sous la dénomination de Reliques
tor. armén. 1. E°, chap. xxxu1.)
3 La Chronique de Matthieu d'Édesse est effec-
tivement divisée en trois parties, dont la première
s'étend depuis 952 jusqu’en 1051 ; la seconde jus-
qu’en 1:01. et la troisième jusqu'en 1136.
A
des Jeunes gens, Q'wvquug v)kwnge. {Cf. Biblioth. kis-
64 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE _.
Saukugup qne fus apSnepa yo & acheuqu. qgop JESumgbu qr$ne feu détrue uiq
dunngup Von wnupbpeuit puiuhep op & on wowkbonbuquii, EBE jnpdu
Lo qpaupbumuounne (bu Sueasenx 2Ep np kb Sbe, brquwdp qn$mfdEandh f JEçesy ani
Lajuh, ap L Pape puit Quad ap Euh $opk L Spurhobeug glupnhhe À une fepry
pepäpre (but b'aannmaudne Eat. ap L'qeg quhumwgbeusp Piqupur qffm bu
bord: L qopm Bet npSbug npng añop fo doprhe Grrblñus bol Ye plu.
St brpämeBbuñogs pu L fug She Ghoneu Péphunnu oqmfBhutu L qopme But mugk
dEg juuEuujtf L fisunm fuit qupqhbugk Guy wauwÿh faiuusung k Sgopwug" pen
abuncan fepey Spunlitfu, EE UE Srquyp PE npubu k quul qfvz boukgf.e- gb uk
dE f dune. jujtd}4 qbvs fvoutuphp- quob fFapu eight nqepdlie Eau ji pn
L'aEtupluft gp bu fepnd: (le Phughus Lan us ep f qui buS qui.
qyncbuk qdeg L'uEinuÿr bpwfunbop uumnmbug L 'pwnäpwugng npubu f Sum
abepcuykr, L awpe ur on us Subuuug dEquiuskpt wuggop k dagndequuivep, funp_
Seveee L puñbfup, ghanneObuÿ kb nibgfunn Eu, j dudñnwktuy 4Euguwngm fi dep :
Le wpe w$u Sanunnnfpu bu L Sonpu fl adÿupé ns Barqueneh Ep dem gba b
AUS bo bousuh 1 qopugl L ns gopunbunwg , ns cn uÿfhnque us L as Sounh fr png au} PTT /
bégat Sinuquiug bay Ep Le quitftu fr Surmayne uït Yeugne gba : Ve pui anuphpu.
Qui Sa fe pupuñushe png Sannnegbu, apned'qliuput qiupuu, pm aber
abehbnu, peu quunnfef quel, Le ghpoltt Quyubp, Le gun da Vunmdny
1 Ca. Sxbb le « nous prions, nous implorons ».
men ms
«toutes les observations qu'elle contient; aussi rendons-nous avec empressement
« grâce à Dieu, en vous rappelant les paroles que l'apôtre saint Paul adressait à ses
« disciples : « Lorsque j'apprends votre piété et votre foi en Notre-Seigneur, je m'en
«réjouis en rendant des actions de grâces à Dieu. » (Ep. à Philémon, V, 1v et v.
« Car c'est Dieu le Verbe lui-même, issu du Père, qui a invité les hommes à glo-
« rifier l'éclat de sa grandeur et de sa divinité, lui qui nous a accueillis avec clémence,
« nous, faibles créatures, et qui a ‘accordé la force à ceux qui en étaient dépourvus.
«afin qu'ils puissent résister aux invisibles suggestions du Tentateur. C'est Notre
« Seigneur Jésus-Christ qui vous donnera le secours et la force en tout, et qui vous
«accordera la sagesse, lorsque vous vous présenterez devant Îles savants, obéissant
«ainsi à ses ordres infaillibles. « N'ayez aucun souci, a-t-il dit, de savoir comment
«ou ce que vous répondrez, parce quil vous suggérera en ce moment les paroles
« que vous aurez à dire. » (S. Luc, XII, x1 et x11.) En effet, il connaît tout par sa
« grâce, qui est omnisciente, et par sa puissance, dont la pénétration embrasse tout.
«Et cependant nous péchons contre lui, qui du néant nous a appelés à l'existence,
«qui nous a relevés et exaltés par ses bienfaits, comme il fit à l'égard d Israël,
« dans les temps anciens. Malgré cela nous péchons sans cesse contre lui, nous et
«le peuple, tous à la fois, par pensées, par paroles, par savoir, par ignorance,
« pendant cette vie passagère. Néanmoins j'existe par la foi, et ma foi existe. Mais
«mon troupeau et moi, nous n avons jamais péché contre le souverain qui nous
«gouverne, ni contre le prince, ni contre l'armée, n1 contre les généraux, n1
«contre, les supérieurs ecclésiastiques, ni contre les troupeaux qu'ils dirigent.
« Loin de là, nous sommes soumis à tous, et nous sommes à leur service, nous
«conformant en cela au précepte de l'Apôtre, rendant-à chacun ce qui lui est dû,
«l'impôt à qui nous devons l'impôt, la crainte à qui nous devons la crainte, l'hon-
« neur à qui nous devons l'honneur, à César ce qui lui appartient, et à Dieu ce qui
=
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DE MATTHIEU D'ÉDESSE. | 65
2unpSbp: Ve ns ndp ump} Pinugbuwp L n$ suph sup Suannigbulp : Ur wpr
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qui Lp L. qgénpni hp > L 4 fl prouy 2 liupfrn opfilreugis pnfuurtuwl Epufunbuqu aqunund ny ap
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hpkrifbuiu L quyneuin Sun dEp& &. L ap pugnel poil p upper fDEuin acbflp
dupq auphfe.p just Swbnbpäbqngt L 4 SEuwnÿk our Sn dEpnj L quppng Vopas. L up
eus ape aufEluujuh un & Gunnupét L bb, fout gh bphbughu Xuliupanbt w ph + Le owp
Bbuban b Eu fopufunju ol &Eg L poÿubnh Sudpbkphy euEtufu fulwunmfbunlp, L ns
beel ghennwumabes She wpanwpry ranl Yphogt, og Yen op (bug Eu diuçwkhg
bg quuiuhgbl julEteuju qopéu L frabowu nuiipuitewg. L ns ounupatud Yan je puuun
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dumahp gewphrp UwSuunwknefhatit Léfuncuk b fps Xodiopunm ff Euitu : A] Guy FE fuà
1 Ca. qupomkus. — 2 Ca. wjuyku.
«est à Dieu’. Il ne faut être envers personne comme un débiteur en retard, ni
«rendre le mal pour le mal. Maintenant donc, si, agissant avec cette droiture, nous
«sommes jugés injustement comme des gens inférieurs et de peu d'importance,
«et si, en violation des préceptes de la véritable loi, nous recevons des châti-
«ments au lieu de bienfaits, néanmoins soyez sans trouble et sans appréhension,
« car le temps du salut approche, et l'avénement du Seigneur n'est pas éloigné.
« Nous avons un grand nombre de paroles consolantes dites par les Prophètes tou-
«chant la vie future, Dieu Notre Seigneur et les saints ; elles doivent s accomplir
«et s'exécuter, afin que ceux qui sont dans la vérité soient manifestés. Certes, je
« vous prodigue les exhortations, et je vous encourage en vous enseignant la pa-
«tience, et non comme un pasteur au cœur timide qui ne prend aucune part
«aux peines communes. Je me ferai volontiers votre compagnon dans le trépas,
« dans toutes les occasions et dans tous les tourments, quels qu'ils soient. Je ne
«méloigne pas de mon poste, et je ne renie pas mes devoirs, lors même que ce
«serait une tâche trop pénible pour moi que celle de répondre à des discours,
« de me livrer à des recherches, ou de subir des interrogations. Au contraire, nous
«sommes prêts à donner sur chaque point une solution à tout ce qui nous sera
«demandé, pourvu que ce soit en temps opportun et convenable; et lors même
«qu'on nous ferait souffrir des tourments et la violence, nous ne nous refuserions
«point à ces exigences. Nous rendons grâces à Dieu en tout temps, de ce que,
«jusqu'à présent, nous avons été sous le coup de la crainte et des condamnations
«de la part de maîtres impies et païens, et maintenant nous éprouvons un sort
« pareil de la part des chrétiens. Maïs vous, ne vous découragez pas, car Dieu
« peut tout dans les tentations; il peut nous en faire sortir en nous les faisant sup-
« porter avec patience. Cependant nous devons, autant qu'il est en notre pouvoir,
« combattre comme de braves soldats du Christ pour la vérité. Le Seigneur notre
LS. Paul, Ép. aux Romains, XUI, vis S. Matthieu, XX, xxr; S. Marc, XIE, xvnr; S. Luc, XX, zxv.
Hisror. ARM. — I, 9
66 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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1 Ca. ag. qepS E niug quuliug. à Ca. jun &juwp.
2 Ca. qdbg . À. dkquushp « [pourquoi] sommes-nous tour-
3 Ca. dnjac bu, « mentés ?»
« Dieu, en présence de qui nous sommes continuellement, nous est témoin que
« nous ne professons aucune erreur, que nous n'avons altéré aucun dogme, que nous
«n'avons point une confiance présomptueuse en notre orthodoxie; ce qui serait le
« propre des insensés et des ignorants. Éclairés par la grâce de Dieu et la doctrine
« des saints illuminateurs, nos prédécesseurs, nous suivons le royal et véritable che-
«min en Jésus-Christ, ne déviant ni vers la droite n1 vers la gauche, ne nous écar-
« tant pas des préceptes divins, et ne nous levant pas dès l'aurore pour nous livrer
« à des folies, ne montrant pas un visage hautain et arrogant comme les Romains
«et autres, dont il est inutile de rappeler le nom !. Si nous dissimulions sous des
« dehors trompeurs une foi tenue pour erronée par les fidèles, pourquoi serions-
« nous tourmentés comme des coupables? et alors n'aurions-nous pas le repos?
« tandis que nous sommes plongés dans la tribulation, errant sur mer et sur terre,
«comme saint Paul le raconte de lui-même à ceux auxquels il adressait ces pa-
« roles : « Pourquoi mourons-nous chaque jour, pourquoi sommes-nous jetés dans les
«prisons et dans les fers? J'ai combattu les bêtes féroces, j'ai souflert au fond des
«abîmes”.» Dans le cas où mon espérance en vue de Jésus-Christ serait vaine, je
« dirais, comme l'Apôtre, qu'il eût été superflu de supporter les fatigues de ces
«courses, ces fuites, ces tourments et ces peines, mais surtout si j'avais enduré
«tout cela pour une croyance condamnable. Il y a quarante ans que j'exerce les
« fonctions pastorales; j'ai abandonné la maison paternelle dans un temps de paix
«pour venir m'établir ici. Certainement moi seul j'ai été abusé; mais cependant je
« conserve l'espoir en Dieu, et je m attache au témoignage des Livres saints, parce
1 Le patriarche Grégoire Vabram fait allusion, principalement d'Arméniens. Il rappelle en termes
par ces dernières paroles, avec la réserve que lui indirects, dans sa lettre, les accusations dirigées par
prescrivaient son caractère sacerdotal ct sa haute les Grecs contre la croyance arménienne, et celles
position comme catholicos, aux Franks, qui occu- aussi auxquelles elle donnait lieu de la part des La-
paient le comté d'Édesse, le nord de la Comagène tins.
el la partie orientale de la Cilicie, pays peuplés 2 I" épiître aux Corinthiens, XV, xxx1r et axxnl.
67
DE MATTHIEU D'ÉDESSE.
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l J'ai admis, dans mon texte, la leçon du ma- 75 gqunnt- « celui qui n'entoure pas le pain sacré d'un
nuscrit Ca à la place de celle que donne le manus- «mur.»
crit À et qui paraît incorrecte : np quncpp $wgÿu guufu 2? Ca. fr.
«que jai une foi orthodoxe et parfaite. Vous, qui êtes associés à mon ministère et
«à ma foi, que ce ne soit pas la condescendance ou le respect humain qui vous
«inspirent la considération ou la crainte. Ne vendez pas votre Dieu pour une vaine
«existence, car voici le temps de mériter le titre d'élu et d'obtenir du Christ la
«couronne. Je suis votre garant devant Jésus-Christ pour vous promettre que celui
«qui ne détruit point la muraille élevée par les saints Pères sera couronné avec
«les saints, et que, si quelqu'un préfère la gloire des hommes à celle de Dieu,
«1l sera placé au jour du jugement dernier dans les rangs de ceux qui n'ont pas
«confessé le Christ comme Dieu; que celui-là soit exclu de notre communion, et
«privé de notre bénédiction. Mais ceux qui croient avec nous, qu'ils soient bénis
«par les habitants du ciel et ceux de la terre, par Dieu et par nous, par Dieu qui
«est glorifié dans l'éternité. Amen!» |
En recevant cette lettre, les fidèles d'Édesse furent plus que jamais confirmés
dans la véritable doctrine. À Pâques, les habitants de Jérusalem allumèrent les
lampes [du saint Sépulcre] par supercherie et en fraude; et trompant leurs na-
tionaux, ils se servirent pour ces lampes divines d'un feu subreptice. Mais elles
salluméèrent exactement à la Pâque des Arméniens, comme en furent témoins
tous les chrétiens qui se trouvaient à Jérusalem; et les Grecs furent couverts
de confusion, parce qu'ils avaient célébré cette fête le jour du dimanche des
Rameaux!.
XXVI. Cette même année, le souverain d'Égypte et celui de Damas firent une
nouvelle levée de boucliers, et s'avancèrent avec des forces imposantes contre
quelles donna lieu le comput pascal entre les Ar-
! Dans mes Recherches sur la Chronologie armé-
méniens et les Grecs; elles se reproduisirent encore
nienne, 1° partie, chap. n, $ 5, j'ai retracé l’his-
toire de ces contestations souvent sanglantes aux- en 1728.
En let ne ment de ES
68 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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gBurqunni\ppneowgh die) uhquhnifu f Epuy pdbot- L juju \xBaduuugfi suuiuu .
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apouenpet b dép open Gupm but fe qunt gbpbuñft fRphounaut Vuunmsr
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L Ca, Chet Ce. Qungunjuu qhuuwyp.
L Ca. qæmkpugdin..
3 Ca. ajoute bpurqu pv bp Je): L Spy ndè
« dans sa ville d'Âcre, lorsqu'on musulman....»
maïs était encore au pouvoir des musulmans, et
qu'elle ne fut prise par les chrétiens que l’année
suivante (1103).
à Ca. & 2œpufh.
Cette leçon ne saurait être correcte, puisque Ptolé.
Jérusalem. Le roi Baudouin se porta à leur rencontre. Les Égyptiens avaient déjà
mis les chrétiens en déroute, après une lutte acharnée, lorsque l'on vit débarquer
des masses de Franks, qui repoussèrent les Égyptiens, les mirent en fuite et les
taillèrent en pièces, sans faire quartier à aucun!.
Baudouin étant parti pour retourner à Jérusalem ,un musulman d'Acre, Éthio-
pien de nation, qui s était posté sous un arbre, l'atteignit d'un coup de pique dans
les côtes. Le meurtrier fut tué sur la place même; mais la blessure du roi resta
incurable jusqu'à sa mort. Jérusalem, désolée de ce funeste accident, fut plongée
dans le deuil et la tristesse”. Ce malheur fut la punition de la fausse célébration
de la Pâque. Déjà les Grecs avaient osé donner l'exemple d'une pareille subver-
sion sous le règne de l'empereur Basile, lorsque les lampes [du tombeau du Christ]
ne s’allumèrent pas, et que les infidèles massacrèrent les pèlerins dans l'église de
la Résurrection, à l'entrée du saint Sépulcre.
XXVIIL Au commencement de l'année 552 (24 février 1103-23 février 1104),
un châtiment terrible frappa la ville d'Édesse. Une inondation survint le cinquième
1 Baudouin, parvenu à Joppé, ne tarda pas à y
être assiégé par les musulnians; mais bientôt arri-
vèrent devant le port de cette ville deux cents navires
montés par des pèlerins anglais et allemands. Les
vaisseaux des musulmans, qui la bloquaient, les atta-
qüérent et furent repoussés; ce combat fut livré un
mardi du mois de juillet 1102. Les croisés purent
ainsi entrer dans la ville, et trois jours après ils
firent une sortie, avec Baudouin à leur tête, et
mirent en fuite les musulmans, dont une partie se
réfagia dans Ascalon, et l'autre, qui crut pouvoir
échapper sur mer, fut engloutie par la tempête.
Trois mille infidèles avaient péri dans l’action. Le
lendemain, Baudouin retourna avec tous les pèle-
rins à Jérusalem (Albert d'Aix, IX, 1x-xm1).
? En 1103, après les fêtes de Pâques (39 mars),
Baudouin partit de Jérusalem pour aller assiéger
Ptolémais; mais, n'ayant point de flotte, il fut
obligé d'abandonner son entreprise, après avoir
tué quelques habitants et enlevé des troupeaux et
du butin. Voulant revenir par Césarée, il rencontra
des brigands à Pierre-Incise (Petra Incisä} dans le
lieu appelé Districtam, auprès de Tyr, entre Ca-
pharnaüm et Dora; les uns furent tués, les autres
mis en fuite; mais l’un d'eux atteignit par hasard
le roi d’un trait dans la région du cœur. L'art des
médecins conserva la vie à Baudouin; mais cette
blessure lui causa jusqu’à sa mort de cruelles souf-
frances (Guillaume de Tyr, X , xxvi).
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 69
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dd polos Ba paie bb Loge pbpéy dus ke veGloie myfmreSfe bipess k
1 Ca. oghwkaiuus. {kr iwiulp.
jour de la Petite Semaine !, inondation qui rappelait le souvenir du déluge univer-
sel. L'air, violemment agité, se confdensa dans l'atmosphère; des bruits accompa-
gnés d'éclats de la foudre se firent entendre; toute la face du ciel était boulever-
sée avec un fracas horrible : quelques personnes pensaient que c'en était fait
d'Édesse. À partir de l'aurore, il tomba des torrents de pluie mélés de grêle. Au
lever du soleil, les eaux, se frayant une issue du côté de l'ouest, se développèrent
dans toute l'étendue qui va d'une colline à l’autre; elles se précipitérent contre le
rempart, et, l'entr'ouvrant, envahirent la ville entière, dont une partie fut détruite.
Un grand nombre de maisons s'écroulèrent, et beaucoup d'animaux périrent;
mais personne ne perdit la vie dans ce désastre si imprévu, parce qu'il eut lieu le
jour, et que chacun put y échapper.
XXVIII. Cette même année, le comte des Franks, Boëmond, fut racheté des
mains de Danischmend, au prix de 100,000 tahégans, par l'intermédiaire et grâce
au concours du grand chef arménien Kogh'-Vasil”. I] fournit pour cette rançon
10,000 tahégans, tandis que le comte d'Antioche n'y contribua en rien. Tout ce
qu'on put trouver d'argent fut remis entre les mains de Kogh-Vasil, qui employa,
pour l'obtenir, tout l'ascendant de son autorité et tous les soins imaginables; il fit
porter la somme exigée jusqu'aux limites de sa principauté où les 100,000 tahégans
viste sur l'ennemi. Il faisait sa résidence à K'éçoun,
que signifie cette expression Petite Semaine; je ne ville de la Comagène, au nord-ést de Marasch; il
l'ai rencontrée ailleurs qu’une seule fois dans un possédaiten 1113, à sa mort, tout le district de Hisn-
passage d'Étienne Açogh'ig, historien de la fin du Mansour, qu'il avait enlevé aux Franks. Ji avait reçu
x° siècle (I!° part, n° chap.) Dans ma traduction del'emperear Alexis le titre de sébaste. Sa cour était
de Matthieu d'Édesse (t. k* de la Bibl. histor. arm. le séjour de tout ce que l'Arménie avait alors de
chefsillustrés, et le siége patriarcal avait été transféré
chap. czxxvir, note 1), j'ai montré que la Petite Se-
maine doit être lune des quatre comprises depuis dans ses États. (Cf. chap. 1x.) Il était le frère de
la troisième jasqu’à la sixième du grand carême ou
carème de Pâques, à l'exclusion de la Semaine
! Nous ne savons point au juste aujourd’hui ce
a été question au chap. v, et page 35, note 2. Albert
Sainte ou Grande Semaine Ucwg Jwpw@, et que d'Aix l'appelle Corouassilius, Guillaume ‘de Tyr
c'est dans cet intervalle, qui s'étendit cette année Covasilius, Ibn-Alathir et Aboulféda on Jan ,
du jeudi 27 février au jeudi 19 mars, qu'eut lieu Aboulfaradj (Chronique arabe) Jéus ë, et Ibn-
l'inondation occasionnée à Édesse par le Scirtus,ou Khaldoun Jul »S (Cf. Ibn-Khaldarii Narratio de
Daïsan, qui baigne ses murs. expeditionibus Francoram in terras islamismo sub.
? C'est-à-dire Basile le Voleur : on lui avait donné jectas, ed. C. J. Tornberg, p. 65, Upsaliæ, in-4°,
ce surnom parce qu'il tombait toujours à l'inrpro- 1840.)
“ L 2
«<— Er
Pakrad, ou Pancrace, seigneur d’Arévëntan, dontil
70 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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ef kb queunt Suug &'ougat (Pépoiteg®. k wpug faunpwdu guaouw, L Yuan
qudbpuÿt tngu np uk (ete Wen. L'afuñtauge Lange Grgu uçhp & about L
Fouquet [jen uy qghutugu bnguri Ua uiuSuuliup $onu nsfuupug po di fppl.n wy
Lqäbng L quwfopbwg L qnequnrg, qu fupepé pus fr puqu pu (lens :
Le Gegyed ah [pk Saypuubui Luyag wbp (Nwpokn hr ewreeht Ver aliauÿ
uunoukhe.p brome k wquanop, Eubu4nunuop L puSatuyhe.p, L quyp f parqu pi (en <uy-
4 Ca. omet «8.
3 Ca. wphfr.
l Ca. Sadpkpnqugu.
2 Ca. Uérobuny « de Mélitène ».
3 Ce. Dep Uuwp « Sarkh Salar ».
furent comptés. Vasil alla au-devant de Boëmond devenu libre, le reçut avec hos-
pitalité dans son palais, le traita avec la plus grande distinction et lui offrit de
magnifiques présents. Il ne se montra pas moins généreux envers ceux qui avaient
amené ce prince : les largesses qu'il leur distribua montaient à 20,000 tahégans.
Au bout de quelques jours, Boëmond se mit en route pour Antioche, après être
devenu, par la consécration de serments solennels, le fils adoptif de Kogh'-Vasil!.
Quant à Richard, neveu de Boëmond, Danischmend le relâcha par considération
pour l'empereur Alexis, en retour de sommes considérables que celui-ci lui donna.
XXIX. Cette même année, le comte d'Édesse, Baudouin, rassembla des troupes
et entreprit une expédition contre les Turks, sur le territoire des musulmans,
dans le district de Mardin. Il les extermina, et fit prisonnier leur émir Oulough-
Salar*, Il s'empara de leurs femmes et de leurs enfants qu'il rendit esclaves; il prit
aussi des troupeaux de brebis par milliers, environ mille chevaux, et autant de
gros bestiaux et de chameaux. Il rentra à Édesse avec tout ce butin.
XXX. Cette même année, le catholicos d'Arménie, le seigneur Basile, étant
parti de la ville d'Ani, escorté de tous ses serviteurs, de nobles, d'évêques et de
1 Vartan dit, comme Matthieu, que la rançon de
Boëmond fut de 100,000 tahégans, et que Kogh-
Vasil y contribua pour 10,000. On lit dans Raoul de
Caen (Gesta Tancredi, apud Muratori, Rerum italica-
ram scriptores, t. V, p. 286). « Boamundus reverti-
«tur decem myriadibus michelatorum vix redemp-
« tus. » Les chroniqueurs arabes portent cette rançon
à 100,000 dinars, et ajoutent que Boëmond s'en-
gagea à remettre en liberté la fille de Bâghi-Siän,
qui était retenue captive à Antioche. D'après Albert
d'Aix (IX, xxxur-xxx vin), l'empereur Alexis offrit à
Danischmend, qui avait en son pouvoir le prince
d'Antioche, une somme de 260,000 besants pour
le racheter; il espérait, en se rendant maître de
sa personne, se délivrer des craintes que Boëmond
lui inspirait. Mais Soliman (Kilidj-Arslan), appre-
nant cette proposition, écrivit à Danischmend pour
lui réclamer la moitié de la rançon; Danischmend,
qui désirait garder le tout, demanda conseil à
Boëmond, dont il connaissait l’habileté et l'esprit
fertile en expédients. Celui-ci lui offrit 130,000 be-
sants, que fourniraient ses amis et ses parents, en
échange de sa liberté. Le prince turkoman accepta,
et la somme convenue fut bientôt réunie, tant à
Antioche qu’à Édesse et en Sicile. Boëmond revint
à Antioche au mois de mai 1103, l’année de la
prise de Ptolémais.
2? Ces deux mots sont plutôt un titre qu'un nom
propre; dsl, oulongh, en turk oriental, signifie
grand, magnifique, et ,YLw, salar, en persan , général
d'armée. — Cet émir était sans doute un des offi-
ciers du prince ortokide Nedjm-eddin ligazi.
TS
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 71
L Yodit pet Qegupit jayd dE Swpbe, } ques dE squunnenm npuku Jukik Sup.
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Sung pu Fogn aEwhoÿnagnoun tu Uaocaiuhg aohuwn<$ft, L Ebnbuwnpkght gbrneuypu
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géuwgu. b'wbubuy cpuoug fèunnbng L wubu fE, VS dES qnpS dEqug qnp ns Sulpbp£
1 Ça. dESwpbiwg. — 2 Ca. gwpdingur « fut étonné ».
a meta
prêtres, se rendit à Édesse. Le comte Baudouin l’accueillit avec les égards dus à
sa haute dignité ecclésiastique, lui donna des villages, le combla de présents et
lui témoigna beaucoup d'amitié.
XXXI. Cette même année mourut le catholicos des Agh'ouans (Albanie), le sei-
gneur Étienne. Alors le catholicos d'Arménie, le seigneur Basile, et les évêques des
Agh'ouans tinrent une assemblée, et le frère d'Étienne' fut sacré et installé comme
son successeur, dans la ville de Kantzag”. Mais dans la suite il se montra indigne
de ce choix : il fut excommunié par le seigneur Basile, puis chassé de son siége
et privé de sa dignité. Cette punition lui fut attirée par sa mauvaise conduite.
XXXIL En l'année 553 (23 février 1104-21 février 1105), le comte d'Édesse
Baudouin et Josselin rassemblérent des troupes et marchèrent contre Khar'an
(Harran). Ils envoyèrent à Antioche appeler le grand comte des Franks, Boëmond,
ainsi que Tancrède. Ils s'adjoignirent toutes les troupes arméniennes, et formèrent
une armée très-nombreuse. Arrivés devant Khar'an, ils assiégèrent vigoureusement
cette ville ; elle eut cruellement à souffrir du manque de vivres. Pendant ce siége,
un Frank fit une chose très-déplaisante à Dieu. Après avoir ouvert un pain et y
avoir fait ses ordures, il alla le déposer en face de la porte de la ville. Par mal-
heur, les habitants ayant aperçu ce pain, l'un d'eux se jeta dessus et s'en saisit
pour le manger; mais ayant découvert les saletés qu'il contenait, il fut pris de dé-
goût. Néanmoins il l'emporta et vint le montrer aux autres. À cette vue, des gens
judicieux dirent: « C'est là un péché que Dieu ne laissera pas impuni; il ne leur
2 Kantzag, ville de Ja province d'Artsakh, au-
jourd'hui appartenant aux Russes, qui lui ont
donné le nom d’'Elisavethpol. Elle est appelée quel
quefois Kantzag des Agh'ouans, pour la distinguer
de Kantzag de l'Adërbadagan (Azerbeïdjan) ou Tau-
ris. C'est Gazæ, Féda, Fégaxa, l'agaxov, Kavréaxév et
Kayréaxiov des auteurs anciens et des Byzantins.
1 C'est Jean. V, cinquante-quatrième catholicos
des Agh'ouans; il tint le siége dix ans, suivant la
liste donnée par feu Mr l'évêque Schahkhathouni,
daos sa Description d'Édchmiadzin et des cinq dis-
tricts de J'Ararad, publiée à l'imprimerie du cou-
vent patriarcal d'Édchmiadzin, 1842, 2 vol. in-8°,
t. IE, p. 340.
nn
72 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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funu fepbuñg Lada bt L 4Sateph SEnuwgnjuu laugegft f gong be prg- L umwgfi
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Qu L'ANoubu qopugu (recppf (bvbp wS$uenpg L owunbh quan" jou
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eye Gugft udhnns gopapt bepbuug*. qentun oput enfit L'uuquith ft fufuumuuis fflen
Say puwqup :
Ÿ Ca. Quevguug.
4 Ca. brpoe.
l Ca. qh Swgr.
? Ca. Quwpukg.
«accordera pas la victoire, parce quils ont souillé 1 pain, profanation sans
«exemple sur la terre.»
Cependant les Perses marchèrent contre les chrétiens, ayant à leur tête Dje-
kermisch, émir de Mossoul!, et Soukman, fils d'Artoukb. Les chefs des Franks,
ayant appris l'approche des infidèles, partirent tout joyeux pour aller à leur ren-
contre. Ils étaient déjà parvenus à deux Journées de marche de la ville, dans un
lieu nommé Auzoud (sablonneux). Le comte d'Édesse et Josselin, pleins de pré-
somption, placèrent Boëmond et Tancrède dans un poste éloigné, en se disant :
« C'est nous qui attaquerons les premiers les infidèles, et seuls nous aurons l'hon-
«neur de la victoire. » Mais lorsque la lutte se fut engagée entre Baudouin et Jos-
selin d'un côté, et les Turks de l'autre, l'action devint sanglante et terrible; un ter-
ritoire étranger, au pouvoir des musulmans, en était le théâtre. Les Perses eurent le
dessus et firent tomber sur les chrétiens le châtiment d'un Dieu irrité. Le sang
coula à torrents, et les cadavres jonchèrent le sol. Plus de trente mille chrétiens
furent immolés, et la contrée resta dépeuplée. Le comte d'Édesse Baudouin et
Josselin furent faits prisonniers, et traînés en captivité. Les autres [deux chefs
franks], ainsi que leurs troupes, n'éprouvèrent aucun mal. Ils prirent avec eux
leurs plus vaillants soldats et coururent chercher un asile à Édesse ?.
1 Schems-eddaula Djekermisch, émir de Djéziré-
ibn'Omar, avait succédé, en 495 hég. (26 oct. 1101-
14 oct. 1102), à Kerbogä, dans la principauté de
Mossoul. Il se rendit maître de cette ville après que
le Turkoman Mouça, appelé par les habitants pour
être leur souverain, eut été assassiné par les soldats
de sa garde, avant même d’avoir pris possession de
Mossoul. (Aboulféda, Annales, t. III, p. 337.) Al-
bert d’Aix l'appelle Geigremich (IX, xxxvir).
? Les habitants de Khar'an, pressés par la famine,
vinrent au camp des croisés faire leur soumission.
Une contestation s’éleva alors entre Boëmond et
Baudouin, pour décider auquel des deux se rendrait
la ville, et quel étendard y flotterait le premier;
ils résolurent de retarder au lendemain pour avoir
le temps de vider leur différend. Mais avant l’aurorc
arrivèrent en nombre considérable les Turks, qui,
après un court engagement, mirent en déroute les
chrétiens. Baudouin et Josselin furent faits prison-
niers, ainsi que Benoît, archevêque latin d'Édesse,
qui, avec Bernard, patriarche d’Antioche, et Daim-
bert, patriarche de Jérusalem, avait accompagné
l'expédition. Les Turks le mirent sous la garde d'un
chrétien, qui eut pitié de lui et le laissa s'échapper;
l'archevêque rentra quelques jours après à Édesse.
(Guill. de Tyr, X, xxix et xxx.) Soukman et Dje-_
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. : 73
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wgquqi Q wpuhg : be Gfu Suphkp° ques JEdan mdqhufbuudh, b hu n$5 qukp ui.
1 Ce. ajoute ephumntktg «les chrétiens ». à Ca. 4 Su qhv.
2 Ca. Poteupékgque.. 5 Ca. Swphuntn.
$ Ca. Qfrotu « Binôl ».
a
or am ne
Ce qui affigea surtout les habitants d'Édesse, c'est que ceux de Khar'an, cou-
pant la retraite à l'avant-garde échappée aux mains des infidèles, cernèrent la
montagne et la plaine, et massacrèrent tous les fuyards, au nombre de dix mille.
Ils causèrent plus de mal aux fidèles que les Turks eux-mêmes. Une profonde
douleur, les plaintes, la tristesse, les pleurs, tel était le spectacle que présentait
Édesse. On n’entendait partout que lamentations et gémissements. Toutes les con-
trées chrétiennes étaient livrées au désespoir. Le comte Baudouin fut conduit à
Mossoul, ville des musulmans, et Josselin à Harsënkev (Hisn-Keïfa)', chez Souk-
man, fils d'Artoukh. Ce fut Djekermisch qui emmena Baudouin.
Cependant Boëmond conçut le projet de retourner dans le pays des Franks
pour aller chercher du renfort, et il laissa le gouvernement d'Édesse et d’Antioche
à son neveu Tancrède. Lorsqu'il fut parvenu chez les Franks, il rencontra une
dame fort riche, qui avait été mariée à Étienne Pôl, comte frank d'une illustre
origine. Boëmond ayant habité chez cette dame, elle le retint de force, en lui di-
sant : « Prends-moi pour ta femme, car j'ai perdu mon mari, et ma terre a1NSi que
« mes cavaliers, qui errent d'un côté et d'autre, sont sans maître. » Mais Boëmond
rejeta cette proposition : « Je suis venu ici, lui répondit-il, lié par un serment so-
«lennel, pour me procurer des troupes, et je désire m'en retourner promptement,
«pour porter secours aux débris de l'armée chrétienne, entourée en ce momént par
quantité de troupeaux et de richesses tombèrent
entre les mains des Turkomans de Soukman, qui
prirent aussi Baudouin. (Ibn-Alathir et Aboulféda,
kermisch, qui avaient réuni leurs forces, comptaient
sous leurs ordres : le premier, sept mille cavaliers
turkomans; et le second, trois mille cavaliers turks,
arabes ou kurdes. Ils rencontrèrent les chrétiens ad annum 497.)
sur les bords de Ja rivière Balikh, qui se jette dans 1 C'est-à-dire Château de Keifa, bourg sur la rive
l'Euphrate au-dessus de Rakka, et où l’on en vint orientale du Tigre, entre Djéziré-ibn-'Omar et Meia-
aux mains. Les musulmans ayant simulé la fuite, farékin. Indjid}i (Arm. mod. p. 234) pense que c'est
les chrétiens les poursuivirent l’espace de deux pa- peut-être l'ancienne forteresse de Këntzi, dans la
rasanges; mais les infidèles, ayant fait volteface, Quatrième Arménie.
tombèrent sur eux et les culbutèrent. Une grande
Hisror. ARM. — I. 10
74 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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L. Bunbgur Jlppruusél & Kañtwuupsh Urqnitf wuiupfé : Vol epnf opus rep.
dau bp gap Le mpeg qauquis ange aqn wpuphu qopét Qupukg b guy jogine…
1 Ca. wub.
« les infidèles de la Perse. » Cette femme renouvela ses instances avec une violence
extrême, quoique Boëmond lui opposât toujours les mêmés refus. Voyant sa per-
sistance inébranlable, elle le fit charger de chaînes et jeter en prison. Après y avoir
demeuré quelques jours, il céda, et l'ayant épousée, il eut d'elle deux fils. Au bout
de cinq ans, le grand comte des Franks mourut, sans avoir revu l'Asie.
XXXIII. Cette même année, Danischmend, grand émir du pays des Romains,
et Arménien d'origine, cessa de vivre. C'était un homme bon, le bienfaiteur des
populations, et très-miséricordieux envers les fidèles. Sa perte fut vivement re-
grettée par les chrétiens qui dépendaient de lui”. I] laissa douze fils, dont l'aîné,
nommé Gazi, lui succéda et se défit secrètement de ses frères.
XXXIV. Cetie même année mourut Soukman, fils d'Artoukh, qui possédait
autrefois la sainte cité de Jérusalem. Artoukh y laissa des traces visibles de son
passage dans l'église de la Résurrection; car on y remarque trois flèches quil
lança au plafond, et qui y sont restées fixées jusqu à présent. Il finit ses jours
à Jérusalem, et fut enterré sur la voie qui conduit au temple de Salomon. Son
fils Soukman était un méchant homme, une bête féroce, ardente à verser le sang.
1 Ce récit du voyage et de la fin de Boëmond
en Europe est évidemment un roman qui avait pris :
cours parmi les populations orientales et que Mat-
thieu a reproduit. Ce qu'il y a de certain, c’est que
ce prince, se voyant à bout de ressources et dans
l'impossibilité de résister aux Grecs et aux musul-
mans, imagina, pour sortir d'embarras, un strata-
gème dont les détails singuliers sont racontés par
Anne Comnène (liv. XI, ir fine; cf. Guillaume de
Tyr, XI, ret vi). Il se fit passer pour mort et se ren-
ferma dans un cercueil qui fut placé, avec un grand
‘appareil funèbre, sur un navire tendu de noir. I
sortit ainsi sans accident du port Saint-Siméon.
- Lorsque le navire fut parvenu à Korypho (Corfou),
Boëmond ressuscita tout à coup et apparut aux
regards étonnés des habitants qui étaient accourus.
ll se rendit à Rome, où le pape l'accueillit comme
un héros et un martyr, et ensuite à la cour de Phi-
lippe I”, roi de France, qui le traita magnifique.
ment êt lui donna en mariage sa fille Constance,
épouse séparée de Hugues, comte de Champagne.
Ayant réussi à rassembler une armée, dans le but
avoué d'aller au secours des Saints-Lieux, il se jeta
sur les terres de l'empire grec et attaqua la ville de
Dyrrachium (Durazzo), en Iliyrie, Mais il échoua
et se retira dans sa petite principauté de Tarente,
où il mourut au commencement de mars 1111, ne
laissant qu'un fils encore enfant, qui plus tard lui
succéda en Palestine. ll avait eu ua autre fils nommé
Jean, mort en bas âge.—Voir Romuald de Salerne,
apud Muratori, Reram italicarum scriptores, t. VII,
col. 178.
3 Mohammed ou Ismaël-ibn-el-Danischmend mour-
rut, suivant Aboulfaradj (Chron. syr. p. 293), en
1417 des Grecs = 1106 ère chr. |
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 75
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chou vpey EkbaEgen out wpbhhg. fut gb ou Eh vpuñsbueerS & db Sup.
1 Ca. Equn.. — 2 Ca. Qromuug buy. — 5 Ca. nEp.
EEE ——
—————
Il avait rassemblé des troupes perses et marchait au secours de Tripoli contre les
Franks, lorsque la mort le surprit en route. Aussitôt ses soldats se débandèrent
et s'en revinrent dans leur pays.
XXXV. Cette même année mourut le roi des Perses, Barkiarok. fils de Mélik-
Schah, fils d'Alp-Arslan. Il eut pour successeur Daph'ar', qui était né d'une
femme khëph'tchakh (kiptchak)”, la même qui avait empoisonné le puissant mo-
narque Mélik-Schah, à Bagdad”.
XXXVI. Cette même année, la ville de Marasch fut perdue pour les Grecs; le
Prince des princes, ayant quitté cette ville, la céda à Josselin. Il vendit en outre
l'image de la sainte Mère de Dieu, pour une forte somme, au grand chef arménien,
Thoros, fils de Constantin, fils de R'oupén, et partit pour Constantinople.
XXXVII. En l'année 554 (23 février 1105-22 février 1106), le saint patriarche
Grégoire, nommé aussi Vahram, fils de Grégoire [Magistros], fils de Vaçag,
et Bahlavouni d'origine, termina sa carrière. Ainsi tomba la colonne de la foi
arménienne, le rempart de l'Église de la Nation Orientale. C'était un homme
3 ] existe sur la mort de Mélik-Schah une autre
version, que nous fournit Aboulfaradj (Chron. syr.
p. 276-277). Il dit qu'en l’année 485 hég. (1092)
un différend s’éleva entre Mélik-Schah et le khalife.
Celui-ci avait épousé la fille du sulthan ; Mélik-Schah
voulait que le fils qui naîtrait de cette union fût
déclaré khalife et successeur de ce dernier. Sur le
refus de son gendre, le sulthan lui envoya dire de
sortir de Bagdad. Le kbalife répondit: « Je ferai ce
«que tu m'ordonnes; mais laisse-moi dix jours seu-
« lement pour faire mes préparatifs de départ. » Le
l Ainsi que l’a fait observer Silvestre de Sacy
(Notices et extraits des manuscrits, t. IX, p. 321),
Daph'ar est très-probablement le nom turk d’Abou-
Schodja Mohammed Ghïâth-eddin, frère et succes-
seur de Barkiarok. Anne Comnène l'appelle Taw4-
pns (p. 143); mais elle le fait fils de Barkiarok. Du
Cange, dans ses Notes sur l’Alexiade (p. 68 B), s’est
également mépris sur l'identité de ce prince, en le
confondant avec son père Mélik-Schah.
? Suivant Matthieu d'Édesse {t. Ie de la Bibl. hist.
arm. Chap. cxxxix), la femme de Mélik-Schah, Tur-
kan-Khatoun, était fille du sulthan de Samarkande,
de la race des Tartares du Kiptchak. D'après Hamd-
allah Mustaufy (TarikhiGuzideh, apud M. Defré-
mery, Journ. asiat. cahier d’avril-mai 1848, p. 447),
elle était fille de Thogmadj-Khan, fils de Boghra-
Khan, fils de Nasr, fils d'Ilek-Khan , fils de Boghra-
Khan l'Ancien, souverains de la race des Tartares
Hoei-Ke, dans le Mâwarä-el-Nahar.
septième jour, le sulthan fut pris d’une fièvre ar-
dente à laquelle il succomba. Le bruit courut qu'un
esclave kurde l'avait empoisonné. Après sa mort, sa
femme Turkan-Kbatoun, qui était d’une prudence
consommée , prit les rênes de l'administration, et
le fils de Mélik-Schah, Mahmoud , âgé seulement de
cinq ans, fut proclamé sulthan à Bagdad.
10.
-—e
= ont
76 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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Fed puSep Le wpoffnp, L Qayp b een Voumén aitu owmglaubpqn.
Puf : (je unpngbug qhupe Suwecunnng Rujumnatbeyg, L'ailçuitefuun Hupedium,
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Sounf <faphunnuf, fut gb bp pub bem Ynpn]b gong Zuap$ug : Uxe bp ou bliibuwy
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1 Ca . poptnp.
D Se ae
qui opérait des miracles parmi les populations, qui brillait par l'éclat de ses vertus,
et dont la vie s'écoula dans la pratique des austérités, dans le jeûne et la prière,
et dans le chant des psaumes, par lesquels il célébrait les louanges de Dieu. Il
restaura la foi arménienne; il était sans cesse occupé à faire des traductions; et tout
ce qui nous manquait dans l'observance des commandements de Dieu, il le ré-
tablit avec une complète et magnifique régularité. Il s'appliquait tout entier et
sans relâche à faire traduire des livres grecs et syriaques. Il remplit des lumières
des saintes lettres l'Église d'Arménie. Doué d'un esprit doux, humble de cœur, il
Joignait à ces qualités une haute piété et une pratique assidue des préceptes di-
vins; il avait toute l'aptitude nécessaire pour pourvoir aux besoins du troupeau du
Christ, tant il possédait abondamment les grâces célestes. Il ressemblait aux an-
ciens savants d'Arménie, Je veux dire Moïse et David '; car il avait une tête athé-
nienne et une langue imprégnée de feu, et c'était avec facilité qu'il soulevait le
voile de l'Ancien et du Nouveau Testament. Il ouvrait les sources qui découlent
du sein de Dieu, et répandait l'intelligence de l'Esprit-Saint parmi les fidèles qui
accouraient pour l'entendre. 1 devint le modèle des religieux, les surpassant tous
dans l'exercice des plus sublimes vertus. |
Après avoir siégé pendant quarante ans sur le trône pontifical, il se trouvait
au moment de sa mort chez le grand prince arménien Kogh'-Vasil, cet illustre
guerrier auprès duquel s'étaient groupés les débris de otre armée nationale. I
y avait là aussi un jeune homme nommé Grégoire”, petit-neveu (fils du fils de
1 Moise de Khoren et David le Philosophe, sur-
nommé l’Invincible, auteurs du v° siècle; le premier
est célèbre surtout par son Histoired'Arménie, écrite
avec une grande érudition et une admirable perfec-
tion de style; le second, par ses travaux sur ÂAris-
tote. Les Arméniens les comprennent dans cette
pléiade d'écrivains et de savants que produisit leur
pays au v' siècle, et qui s'appliquèrent à faire passer
dans leur langue les chefs-d'œuvre de la littérature
grecque. Comme un de leurs travaux les plus esti-
més est la traduction de la Bible sur le texte des
Septante, ils sont désignés et honorés dans l’Église
arménienne sous le titre de orcpp Puwpqdisuhse
« saints traducteurs ».
? Grégoire III, Bahlavouni, c'est-à-dire issu de
la race royale des Arsacides, était fils du prince Abi-
DE MATTHIEU D'EDESSE. 77
Pobarebe wat, pprpeeee ape bp ban wSpuy. qu jannbif ps
bp Pohereke L'añnuñthp qu Gun thnu k dEpuy oui Lao gb dusreuñi
ke Nawçont. L dEfhinape Wwgneguiubp gb fuit Layng qù mobi qubp babe, L ant.
Lauju up fuup$uwg unpeu : Up wkp (Nwpubg Suumquiug bg wdEtujt Spudilusg nb
Doberchoh, L juju oh Lun. un. fou qu'une atbe ft Yufnmenkynu aekarche green
Cadence bal Euh abu junuÿft up alu wqm Sughgt jump ju.
puni fobiaubque vncpe Suypaubuñe bp Qvphanpho!. L Buntkgus dESun $uñrphufr.
Eure ab pa f Péunt. L'iobp Vauban Soyp duinwgt wep age
b deu 46ebqift Uapu Qpobanapug L puSutuhg, L Saypuubiueit auusarn]
Jaurhteg® ge pr uncpouls Vos polo Lugag Ù wubit Lu equnmqneés Soyrg
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opus, Juut ak gphbut EnEt jejtufuf uncpe Superbe Lingus hote) jayfit ennetit
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4 Ca. gbnuvb ju « à mourir », au lieu de ;£peub fu
« à s'exiler », comme porte le ms. A.
5 Ca. n5bus.
| Ca. yérrrbne.
2 Ca. ee qephbuig.
3 Ca. Jregbu, .
la sœur) du seigneur Vahram. Le patriarche Grégoire le désigna, dans une as-
semblée, pour lui succéder comme catholicos d'Arménie, après la mort du sei-
gneur Basile, et plaça l'exécution de ses volontés sous la sauvegarde de Vasil,
prince de K’éçoun' et autres lieux. Le seigneur Basile se conforma aux ordres de
Grégoire, et, dès ce jour, il prit auprès de lui Grégoire, fils d'Abirad, catho-
- dicos désigné. C'est dans le mois de drê, la première semaine du carême de l'été”,
un samedi, que mourut ce saint patriarche; il fut enterré avec solennité à Garmir-
Vank” (Couvent Rouge), non loin de K'éçoun. Le seigneur Étienne, supérieur de
ce monastère, réunit autour de son tombeau des moines et des prêtres, et l'envoya
rejoindre les milices des saints avec les honneurs dus à son rang de pontife. Vasil
et les autres membres de la noblesse arménienne versèrent des larmes amèéres sur
cette perte, et déplorèrent profondément le vide qu'elle allait produire parmi
eux. Les Arméniens pleurèrent au souvenir de cet homme de bien en se rappelant
le sort qui les condamnait à vivre déshérités de leur souveraineté nationale au
milieu des peuples étrangers, et à s'exiler loin de leur patrie.
XXXVIIT. Cette année, le thaumaturge, l'éminent Marc, ermite, finit ses jours.
Il avait passé soixante-cinq années de sa vie dans la retraite, ne se nourrissant que
x
en syriaque JJaæaa9 , ville de l'Euphratèse, au
milieu des montagnes , à l'orient de Marasch et dans
le voisinage de Béhesni ; aujourd'hui Kouçoan, rési-
dence d'un kadhi (kadhilik), dans le pachalik d'A-
dana. (Indjidji, Armén. mod. p. 368-369.)
2? Cette date correspond au 1 2 juin. J'en ai donné
rad, fils d’une sœur du patriarche Grégoire II. n
siégea de 1113 à 1166. Il assista en 1136 au con-
cile que tint à Jérusalem le légat Albéric, évêque
d'Ostie, le troisième jour après Pâques, 25 mars:
quelques points de dogme controversés entre les
Arméniens et les Latins y furent discutés et réglés,
et le catholicos promit d'opérer plusieurs réformes
dans le rite et la discipline. (Guillaume de Tyr,
XV, xvm. Cf. mon ouvrage intitulé: Histoire,
dogmes, traditions et liturgie de l'Église arménienne
orientale, traduit de l’arménien et du russe. Paris,
in-18, 1859, 3° édition.)
! K'éçoun ou Guiçon, 4pwrv, en arabe pots ;
l'explication dans mes Recherches sur la chronologie
arménienne, t. [*, 2° partie, Anthologie chronolo-
gique, n° uix. On peut consulter le même ouvrage
pour la discussion des quantièmes mensuels dont
la concordance est indiquée dans la suite du présent
travail.
—
78 | EXTRAITS, DE LA CHRONIQUE
2hbug f Ypotuenpm bu feprdls Une agu! fu mbp quon $nqk upeng
lupquphbgu, L Ep puqdiug dhuyhug, juni gb jadEtuÿy juremep nbauiubp hu gp fi
cree Uxe bp pubs japon put dé aug quewnf ap ut Uoiqut. np
bp wunph luuwpolituspr, dép fjuwups (wpm) puqupfie ou enofffe.p jEphne ut.
qeag Prep Eu fr je mu GuEu à jus fol diupquphugun b déçu autlg, jnpdunf
nf quaepe puqu et \ppneuurb E4, qupdbu gopaituit wggt Qupukg L qui upnd
sl Eybac Nlhutnu Sndnb. np be ubuup fu :
Le wuugup Qui puSuñtuyhg L dngndonng BE Bauuibuiu k Sweunng, L. puni
CrureuSuuounn Bah juolupshte bnewqglu Sueunnp, L 4ubfi qpncip uncpe Eyb
ge: burcwpfé h qrpéng fepbuñtg. qupäbu, drautut quon fçuitu uncpe un kann.
paf <faghuunnuh. Snfañvuñ den.p L suphe k dévey Erkob, Locale dupe fepl. ft Sn
1 Ca. un,
A a EEE
d'herbages, sans goûter au pain ni à aucun autre aliment semblable. Il possédait
l'intuition des prophètes, et beaucoup de personnes avaient acquis la certitude que
tous les jours l'Esprit-Saint se révélait à lui. I habitait dans la province de Mogk”,
sur une montagne aride appelée Gonkanag. Il était Syrien de Kharsina”, d'un en-
droit voisin du territoire de la ville de Marasch. Par ses prières il fit jaïllir de
l'eau en deux endroits différents dans ce pays. Lorsque les Franks conquirent la
sainte cité de Jérusalem, il prédit que les Perses reprendraient le dessus et péné-
treraient, le glaive à la main, jusqu'au bord de la mer Océane, prédiction dont
nous avons vu en effet l'accomplissement.
[Voici ses paroles :] — « Nous avons dit au sujet des prêtres et des peuples qu'ils
«se relâcheront de la foi, et que le culte de Dieu cessera parmi eux, leur croyance
« s'affaiblira, et les portes de la sainte Église se fermeront. Ils seront aveuglés par
«leur perversité; ils oublieront les préceptes du saint Évangile. Les péchés et le
« mal inonderont la surface de la terre, et les fils des hommes seront emportés
»
1 Mogk, l'une des quinze provinces de la Grande-
Arménie, au nord-est de la Mésopotamie syrienne.
ï Pm >»
2? Kbarsina, en syriaque Lin 3.9 et en arabe
Gè,s. Suivant le dictionnaire des noms ethniques
arabes, intitulé Lobb-ellobäb (éd. Veth, P- 91),
c'était une localité de Syrie ; l’auteur du Méräcid-el- |
itthila’ dit que c'était une ville du pays de Roum,
dans le voisinage de Mélitène. D'après Aboulfarad)
(Chron. syr. p. 341), elle était située près du château
d'Abdahar, non loin de l’'Euphrate; et ce chroniqueur
en montre clairement la position, lorsqu'il nous ap-
prend qu'une partie de la montagne voisine, s'étant
écroulée dans la vallée qui est entre le château d'Ab-
dahar et la ville de Kharschéna, arrêta le cours de
l'Euphrate pendant trois heures. On lit dans As-
semani (Bibliotheca orientalis, t. II, Dissertatio de
Monophysitis) : « Urbs Cyrrhesticæ, apud Mabugum
* (Menbédj) seu Hierapolim, armenis Ciliciæ regi-
* bus subjecta. » Toutes ces indications, rapprochées
de celles que fournit Mätthieu, qui place Kharsina
dans le voisinage du territoire de Marasch, fixent la
position de cette ville dans la partie de la Syrie ap-
pelée Euphratèse, vers le nord. I] paraît donc certain
que notre Kharsina ou Kharschéna ne saurait être
identifiée, comme on a voulu l'établir, avec une
localité aussi éloignée que le Charsianam castrum.
En effet, le Thema Charsianum, où s'élevait le chà-
teau fort du même nom, était traversé par le fleuve
Halyÿs et formait le centre de la Cappadoce, en y
comprenant Césarée. C'était l'une des trois divisions
que la Cappadoce avait reçues sous Justinien ou
l'un de ses successeurs immédiats (Cf. Constantin
Porphyrogénète, De Thematibus, lib. I, them. n,
et De admin. imper. cap. L.), et elle était séparée
de l'Euphrate par le Thema Sebasteæ. Je n'ai point
à m'occuper ici de savoir si quelquefois les auteurs
arabes ont confondu la Kharsina de l'Euphratèse
avec le Charsianum castram de la Cappadoce, en
prolongeant le territoire du Thema Charsianam
jusqu’à l'Euphrate; il me suffit d'avoir prouvé par
les passages que j'ai rassemblés et notamment par
ceux de Matthieu d'Édesse et d'Aboulfaradj, dont
l'autorité est sur ce point d'autant plus grande
qu'ils vivaient dans des pays voisins de la localité
susmentionnée, que cette localité était située sur la
rive orientale de l’Euphrate.
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 79
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onbpwgdon qopwgu Q pu . L bob, Lagau qubapuupuumn: fus popeæyh pauwbhug
eæfube? qéaes & dupull (ft gluuqeuk* puqupft, b dfarpañ aiuuju qep pi Qupuky
wpwphh Gomnpugu hpaplh pu 47 L &. L ep bi, * quEukgnh qooifout onmpiil
EQopuhhe : Le 698 vrusg ES jure pt jujudhh fr dép (ler Suyny, ut gt judEtuuje
om once & aq join Gap. L wphundh qupywpbu, Ep wdEtuujh dope pur pfs
(eng: L quand Vhpdhé dun. jury Be bad L qhurg jus fou S à bep
lu: Geyul an dau joli auilpug OA np bp b dépury puqepft Spusoçuy-
Le quoemurpf ewrapt qnp 2Hbrus L ggopu bep kencporefé bep b QEoBret op be
trouve en arabe écrit 5 « fossé», et principa-
lement « fossé d’une ville».
à Ca. ebphu, .
1 Ca. fautes qopébi.
3 Ca. ewhbhe, .
3 Ca. 4 putyek. Le mot kuwvgswk s'est conservé
dans le persan sous la forme 5 , que l'on re-
pre ee Te Te mt
“au milieu du débordement des crimes, comme au milieu des flots de la mer.
« Toutes les nations fidèles cesseront de pratiquer la justice. »
Ce digne moine fut enterré dans le couvent de Gasdagh'ôn, auprès du château
fort de Vahga, dans la chaîne du Taurus.
XXXIX. Cette même année, Djekermisch, émir de Mossoul et de Nisibe, vint,
à la tête de forces considérables qu'il avait réunies, camper à la porte d'Édesse
au moment de la moisson. Le général des Franks, Richard, auquel Tancrède
avait confié la défense de cette ville, fit imprudemment une sortie à la tête de son .
infanterie, pour se mesurer avec les milices aguerries de la Perse. Celles-ci, pro-
fitant de cette faute, fondirent sur eux, et les rejetérent tous dans les fossés de la
place. Les chrétiens perdirent quatre cent cinquante hommes. Les infidèles écor-
chèrent les têtes des cadavres, et les emportèrent en Perse. Ce désastre jeta le
désespoir dans Édesse. Chaqué famille était dans la désolation, chaque maison
retentissait de gémissements; toute la campagne aux environs ruisselait de sang.
Après quoi Djekermisch rentra chez lui en triomphe.
XL. Cette même année mourut le comte des Franks, Saint-Gilles, pendant
qu'il assiégeait Tripoli’. Ï laissa la ville extérieure qu'il avait bâtie” et ses troupes
au fils de sa sœur, Bertrand *, guerrier illustre. C'est ce même Saint-Gilles qui
Jourdain, comte de Cerdagne, qui prenait part avec
ce dernier au siége de Tripoli, et qui, après sa mort,
le continua pendant quatre ans. Au boutdece temps,
Bertrand arriva en Palestine avec une flotte génoise
À La mort de Raymond de Saint-Gilles arriva le
28 février 1105, deux ans après la prise de Ptolé-
mais. (Guillaume de Tyr, XI, n; Albert d'Aix, IX,
xxx.)
pour réclamer les conquêtes de son père Raymond.
? Cest-à dire le Château Pèlerin.
* Matthieu se trompe : Bertrand était fils de Ray-
mond de Saint-Gilles et de sa première femme, fille
de Bertrand, marquis de Provence, oncle de Ray-
mond. Son erreur provient de ce qu'il a confondu
Bertrand ayeclepetit-cousin de Raymond, Guillaume
Guillaume Jourdain refusa d'abordde les lui rendre:
mais, par suite d'une entrevue qui eut lieu entre
eux, et grâce à l'intervention d'aris communs, il
fut convenu que Guillaume aurait les villes d’Arka
et Tortose, et Bertrand, Tripoli, Byblos et le Mont
80 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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Huwqunnpfiu Uékestr b Qrusuuqüoc ul :
TS Gegel oh puqupi np 4esh Vaquubu ft S'uSuit qacunfit ufr bbqne.
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Suyag) L haugfit fr déçu Quyfe. L'aubu pe qopuqynfit auu4ug, EBE Vph un
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quouug anwenulr) 196» L fugba gunliu pt qui unpEp.p : ( Neupahu gubp L qneprufuns
bei h ohebibuwsg, douitm fut ab fu orupeod-Eque f JEquuy Ephph, Sunnnigfiu
abc ll JEkbabguas h qunt supbuwg fupng, k pulbquu jpnup ane Xe prfits Couni._
dy, 2tPuit Luufokrpt b Leur) ; pupauubkquu op$unfdfrup Con dn b er
Sun. euSuiluu) p dunub quits lb sur daunsupnifdfuuu L h panne. vbquup L as crquil p
1 Ca. baba. — ? Ca. et Ce. Gpwdinbuwg, — 3 Ca. wuSiwpquwpiwk.
avait emporté la lance du Christ et l'avait donnée à l'empereur Alexis, à Constan-
tinople. |
XLI. Cette même année, la ville d'Ablastha, dans le district de Dchahan!, eut
à souffrir bien des tourments et des calamités de la part des Franks. Elle fut telle-
ment maltraitée, que les habitants résolurent de s’en venger cruellement. [ls se
tournèrent du côté des infidèles. Leur ayant envoyé un secret message , et ayant
appelé dans leurs murs la milice du district, les Arméniens se liguèrent avec
eux et investirent la forteresse. « Va-t'en dans ta nation, dirent-ils au chef des
« Franks, et que Dieu soit avec toi.» À ces mots, ceux-ci, furieux, s'élancèrent
comme des bêtes féroces sur les habitants. Mais ces derniers furent vainqueurs et
les massacrèrent tous; pas un n'échappa. Le Seigneur tint compte aux gens d'Ab-
lastha de ce qu'ils avaient fait, comme d'un acte de justice. Cette journée vit périr
environ trois cents hommes, qui expièrent ainsi les maux dont ils avaient accablé
les fidèles; car 1ls avaient ruiné le pays et l'avaient dépeuplé. La terre ne portait
plus que des ronces et était devenue stérile sous leurs pas. Les vignes et les arbres
se séchèrent, les plaines se hérissèrent de chardons, les sources tarirent. Ils dé-
truisirent l'affection et la joie entre amis; la trahison et la haine s'étendirent
partout. Les fidèles, rebutés par les vexations dont ils les rendaient victimes, ne
venaient plus avec un concours empressé à l'église. Les portes de la maison du Sei-
gneur se fermèrent; les lampes qui l'éclairaient s’éteignirent; les bénédictions de
Dieu cessèrent de s'attacher à son temple. Les prêtres furent courbés sous le joug
Pèlerin. Après la mort de Guillaume Jourdain, 1 Ablastha, ville appelée aujourd'hui par les Ar-
en 1109, Bertrand resta seul maître des possessions méniens Albësthan, Uwu@uv, où Élbisthan, Eeths_
de son père. (Guillaume de Tyr, XI, et 1x; cf. Bu, et située auprès de la source du Seyhan, au
Dom Vaissette, Histoire générale de Languedoc, t. I, nord de la Cilicie. (Indjidji, Arménie moderne,
note xxx1v, $ 20, ett. III, Liv. XIV, chap. xvint, édi- p. 378.) — Le district de Dchahan occupait le sud
tion de M. AI. Du Mège.) de la Troisième Arménie.
bn mise ——
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 81
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JS duo byknkge jh due augure :
lb: Geyed ab Ephbuy ang dh ghouran, wSuwenp, dES L'qwpdltwh L uaukwh
Ephbuy obunqugt jughdinhg 4meuk f Swpurn, 4eqiku. L'abupi npus bibg 48
dut pub: Vo b bbnplugft adlun ke, L Ep both Shantpuqunupfiu: Up que
gbuy quuncqu &, k Sfaugnei qnpékbp but aq aEtaujt pus ng. Jul qh npubu
paye Re MORE LASER Ep En AR RENE Re CRUE FAR
aunugfé fivunmupt L SutXiuphapt, EE Vu wunge Hwquinph &- Bwquinp Su
gage ufr, ap us ph dEtuuft wpupusng, k Suuuth Buqusnpm fO{utunqe f Sak
Wish f En, npubu qe St Vnbpouñep dukqriugfi :
1 Ça. LuywuPuñy.
Î
de la plus dure servitude et jetés en prison. Les autels et les baptistères furent
abattus et détruits; les mystères de la Croix disparurent dans l'ombre; l'odeur de
l'encens se perdit; les louanges de Dieu furent empêchées tout à fait dans la contrée
d'Ablastha. En d'autres endroits les chapelles furent démolies. Les prêtres de-
vinrent un objet de mépris. La controverse religieuse fut abolie, la vérité persé-
cutée, la justice rejetée, la piété proscrite. Le jugement du redoutable tribunal de
Dieu fut mis en oubli. Ces maux furent l'ouvrage de la nation enragée des Franks;
car alors les chefs et les guerriers les plus illustres de cette nation n'existaient
plus, et leurs principautés avaient passé à des successeurs indignes. Telle est la
cause qui porta les Franks à susciter aux fidèles des persécutions et des tourments
qui n'avaient au fond d'autre mobile que la cupidité”.
XLIT. Cette même année, l'église de Sainte-Sophie, à Édesse, s’écroula du côté
occidental; une grande partie de cet édifice fut ruinée.
XLIIT. Cette même année apparut une comète d'un aspect terrible à la fois et
merveilleux, et dont l'orbe immense inspirait l'effroi. Elle occupait le sud-ouest. Sa
queue couvrait une vaste étendue de la voûte céleste. C'était le 13 février, le soir
de la fête de la Purification, qu'elle se leva sur l'horizon. Elle brilla pendant cin-
quante jours, jetant la consternation dans tous les esprits, parce que le mouvement
de sa queue ressemblait aux ondulations d'un fleuve. Personne n'avait jamais oui
parler d'un phénomène pareil. Les savants et les hommes d'expérience assurèrent
que c'était l'astre d'un roi, et que cette année il en naîtrait un qui étendrait son
empire d'une mer à l’autre, comme le grand Alexandre de Macédoine.
l'on trouve consignées dans les historiens latins. Ce
mécontentement réciproque explique l'attitude hos-
tile des chefs franks, et principalement des comtes
d'Édesse, à l'égard des Arméniens, leurs sujets, et
les mesures rigoureuses dont ils usèrent quelque-
fois contre eux.
1 Cesrécriminationsamères des Arméniens contre
les Franks, reproduites par Matthieu ici et en une
foule d’autres endroits, sont des aveux très-curieux
à noter, parce qu’elles forment la contre-partie des
accusations que les Occidentaux faisaient entendre
à leur tour contre les chrétiens indigènes, et que
Hisror. ARM. — L. 11
82 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
Guyus odp Elfe puqin {nt gopug Vpuulwg JU pwpaugeng jure p$ft, anfpuitus
Spa Le odEvuÿt Suqug mpbwpfe. Eu fepl pepe ob juju jupm gba pu
gopukuñt Vunmdnt Suvaph join Vinnhnpuy, L ghwgbu fr Ep age wpup guau
dfrmwquñe b auf fe aeuque qeupäus f paquet Vanne :
bb aptes pb Brun bu Luyog judh 286 dEnur AN'4pdpz wdppuÿt \J'ou .
eg b Xbnug Vuth eppuyft Qunuhg: fut gb Egl vauuhl aquentpwq jEryngmg
Gene. L jun bwg Such qopug ANUpdbebu. L Swpfit que Ubu fr fung diugme,
JEer aulpus annepg ouh (Eubp sup qques aj L qudEtuft aps ep ang
FE om parti lu (EXiwuputuS. anupp L Pa) wmnniit gYndut fr Zkni Lapus ghnduu | en <uwyn à
Qui gb ins np guwgnjit big Swnuy: pe pan Snqn qomug Vu Amuquit on pruñit
uplainfg, L'ghgbus ban Q\fous La A'atou L'quuEtut fours brquu :
bb: Guyul af junug puit que aug Joué page qopop fr fEpuy (ln
Syy: LE Gwgbus quancpu fs fr dEpuy puquel qunnbpuqdiue, L'osfts Gupug wabt :
Gupmgbeu qhuug L un gpuqupi np Ynsh Vownuñ L'upup qufEuuft fun pr
dbaude fupnd, L qwpäun jpualbwpsu bep:
k 0 bvl b Docukqutne fruité 297 Judp 259 En RE aqunnb pau NUE
L Ca. &ku. 4 Ca. ajoute bag.
2 Ca. yUwphu. , * Ca. dent FobAwuqa one puruft.
3 Ca. Ekéuwup. |
Cette même année, les Arabes [nomades] sortirent de leur pays, au nombre de
trente mille environ, pour venir s'emparer d'Alep et de toute la contrée qui ap-
partenait aux musulmans”. Le vaillant champion de Dieu, Tancrède, comte d'An-
tioche, s'avança contre eux, et, les ayant mis en fuite, rentra dans cette ville avec
un riche butin.
XLIV. En l'année 555 (23 février 1106-22 février 1 . Djekermisch, émir
de Mossoul, fut tué par Djâwali*, émir perse, dans une lutte acharnée qui s'était
déclarée entre eux. Djäwali vainquit Djekermisch, et l'atteignit d'une flèche.
Quelques jours après, cette bête féroce expira, laissant sa principauté au sulthan
Kilidj-Arslan. Il lui donna aussi Baudouin, comte d'Édesse, qu'il retenait dans
les fers. Kilidj-Arslan, sulthan d'Occident, ayant réuni ses troupes, vint prendre
possession de Mossoul, de Djéziré et de tout le territoire qui relevait de Djeker-
misch.
XLV. Cette même année, mais antérieurement à ces événements, Kilidÿ-Arslan
était venu avec des forces imposantes assiéger Édesse. Il fit pendant quelques jours
de grands efforts pour se rendre maître de cette ville; mais il échoua. Ayant opéré
sa retraite, il vint s'emparer de Khar'an. Après avoir soumis tout le pays d'alen-
tour, il regagna ses États.
XLVI. En l'année 556 (23 février 1107-22 février 1108), une guerre terrible
1 Matthieu d'Édesse entend ici la partie septen-
trionale de la Syrie.
2? Cette victoire fut remportée auprès d’Artab.
Les musulmans étaient commandés par Ridhouän,
prince d'Alep, dont l'étendard tomba au pouvoir
des chrétiens, et qai prit la fuite le premier. (Guil-
laume de Tyr, XI,11, et Albert d'Aix, IX, xzvri.) Sui-
vant Kemäl-eddin (ad annum 498), les Arméniens
d’Artah, secouant le joug des Franks, s'étaient don-
nés à Ridhouäân, et c'est pour les faire rentrer dans
l'obéissance que Tancrède se mit en campagne.
3 Djâwali-Sakâwa, ou Ben-Sakâäwa, fut d'abord
gouverneur de Mossoul, puis vice-roi de la province
de Fars, en Perse, en qualité d'atabek ou tuteur
d'un enfant de‘deux ans, nommé Djagbry. fils du
sulthan Mohammed. Il mourut en 510 hég. (1116-
1117), suivant Aboulféda.
DE MATTHIEU D'ÉDESSE.
bup$t! SwXug b quuuwnfu (fou : upon LS ouh wdppuÿu puqned'qonee
Gepuñr pire plan, L Egl owenfh wgbuiu $bqne fi Epyngn bg 4oulivvg, L je ug
Vauut qopugt vrmpruiift. L Siugbu qonpt bep uufounuquis giugft h .puqupt
U'épebuh : Le ceqputaus fr dES apunbpuqufu onepuati My Mivopat. L Egb diu$ un
amet JS fi dép prhunrktg, gt be up euh L purge judEtuÿu Gnuliivg. L inn.
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lol Gagel au gopudnqel Ent gg Qwpohg p#n, L'ugbur pr Sopro (wa
Bb queunt op Gogh Viucuwpquy, L'upup weuwg quil Epkhot (rreruk aprenit
fecefiuy : pe quyp aigutbn pie quut puqupft apuuy. L'af{fr qhoreftunlà
Sasuke bphhee Qeg eut f ebak op 4nsb (NépanseuunS foutu bnsfpwlquiuu :
Le obus quit folie Luyng Ù wubit qopudaqnd wpwphur qambet Suyng go
pugt, L'inpeu npgbu qupéfru L Qu npubu ghagpfebu wnfudng Swuuitbfit f JEpuy
jpg hugt, L wpupft van L'uçannp qunbowgdl. L dESun jun (a fbuu que.
ne-gfi q (Ovecnpt b duufuneuun, L'ffwpuis vpn] SE péfuguis L'uqupft wvffn Yrunn_
purdu gum. L Yep gewqnedà h'ünguiulk, L Bunbhgbt quuflinujt nb gap Bi:
1 Ca. yubwpéfr. — 2e. £phne npnk «ses deux fils». — * Ca. fiépqns, Pertous. |
ER ——
éclata dans la province musulmane de Mossoul. Kïlidj-Arslan et l'émir Djäwali,
chacun à la tête de troupes nombreuses, en vinrent aux mains. Il y eut de part et
d'autre beaucoup de sang répandu; mais la victoire resta à Djäwali. Les débris de
l'armée du sulthan se sauvèrent à Mélitène. Ce dernier périt dans l'action, et sa
mort fut un deuil pour les chrétiens; car c'était un prince d'une bonté et d'une
bienveillance extrêmes. Ses quatre fils se partagèrent les provinces qu'il avait
assignées à chacun d'eux’.
XLVII. Cette même année, un corps de douze mille Perses franchit le Taurus
et pénétra dans la contrée d'Anazarbe, semant la désolation dans tout le pays de
Thoros, [petit-]fils de Roupën. Après avoir traversé la plaine de Marasch et avoir
fait une multitude de captifs, ils parvinrent sur le territoire de Kogh'-Vasil, à un
lieu nommé Pertousd?, dans les limites consacrées. À la nouvelle de cette invasion,
Kogh-Vasil ayant réuni la légion arménienne, ces soldats intrépides comme des
aigles, courageux comme de jeunes lions, coururent à l'ennemi, et, après une lutte
longue et très-vive, remportèrent une victoire complète. Ayant mis les Turks en
déroute, ils se précipitèrent tous ensemble à leur poursuite, en leur tenant l'épée
dans les reins, et en les massacrant. Ils leur enlevèrent quantité de prisonniers,
la nouvelle de son arrivée à Nisibe, Djäwali se sauva
et se dirigea vers Rahabah. Kilidj-Arslan s’'empara
de Mossoul, puis se mit à la poursuite de Djäwali.
Sur cesentrefaites , celui-ci, ayant grossi ses forces de
celles de Ridhouän et de plusieurs émirs, en vint
aux mains avec Kilidj-Arslan auprès du fleuve Khä-
bour. Kilidj-Arslan fut vaincu, et, voulant se sauver,
se jeta dans le fleuve, où il se noya. Alors Djäwali
revint sur Mossoul, qui se rendit.
? Ou bien Pertous, fiépqacu, Pertounk’, Rép.
ancre, et Pertouk”, fiépqnce, château fort situé
dans le voisinage de la forteresse et du défilé de
Gaban, non loin du Pyrame ou Djeyhan , et, comme
le texte nous porte à le croire, sur le territoire de
l Aboulféda {adannum 500) et Aboulfaradj (Chron.
arabe, p. 244) rapportent que le sulthan de Perse,
Mohammed, ayant donné à Djäwalile gouvernement
de Mossoul dont était déjà investi Djekermisch,
celui-ci s'avança à la tête de ses troupes pour re-
pousser son compétiteur; mais il fut défait et tomba
entre les mains de Djäwali. Djekermisch, sexagé-
paire et paralytique, s'était fait porter au combat
dans une litière. Djäwali le fit promener chargé de
fers autour de Mossoul, exhortant les habitants
à se rendre; mais ils s’y refusèrent et mirent à leur
téteZangui, fils de Djekermisch. Ce dernier, enfermé
dans un souterrain, ne tarda pas à succomber. Ce-
83
pendant les habitants de Mossoul appelèrent à leur
secours Kilidj-Arslan Daoud, sulthan de Roum. À
quelque église ou couvent.
11.
8h | EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
Le qupdun? pop Suyag Ù auf L'adEtuÿu quemwanhqh Suyag dksun jun.
Bashung, L puges dl acquufers fun kGbau hewquet np Pfuni, L CLULN CUT qa$ne.
Bheïi Vuuntg np Juif au 48 uuntfit frwshu <fippunauk :
bof. Dog b Suvuke fireuuita [hu Luyeg 254 qupäkus Yplmeurth dannf
ape eg af upekg ; Lopu pianbpu jRUbEU keçh qu: L Suqbpé une pauiunifu fe phuiug
quylé jeun wubt Suyng fobuiufu. L pfhukiughe pub fu quil auf Gmnn,
puSfiu, qu kraaphwg folautt W wupju k fNbpqacuu. k quan Sault fuus_
débul puqupfi np Qash Sun Tfeupts (pe 6e dunitulk SUngu wpwopkuygu, 4
upupfé Gonspuë gluunuquanpuu, L Suunkpé qgbpa bat qupâut L [fun wn
Bbpu op vb Supfuiu os pendu jeu fobuñ Lagos eg Ù oubli qu yjug
qéuwgt, Suuuitkn qgopop fu pale h {kpuy uagu EX mqunlp p sd apenfil vwuuhl un"
pupuqehqh Luyeg- L'aquanph gfdluiu jonqrgbfi L joduqupuin pupuñayft punqhd
vec fipuwg gopug à Vugpuruuf jurquus wqg£ fe qopogt? juplukbus f dEpusy uypugagkugi,
L Uékunpou phaky Qhg up bee mqunap wphuituyp: LU ufr si Squ, aitu
: Ÿ Ca. wpubuwgu.
$ Ca. 49e. * :
7 Ca. fuk gopeu. — Cb. Hip gong.
Ca. qopébur, .
2 Ca. app,
ÿ Ca. b Pépqneut, a Pertous.
8 À. sut Q'unp, Hacën-Mëçour.
et leur reprirent le butin et les captifs dont 1ls s'étaient emparés. Kogh-Vasil s'en
revint avec la noblesse arménienne, fier et joyeux de ce beau succès, et rentra
dans sa ville de K'éçoun. Il rendit grâces à Dieu, qui avait confondu les ennemis
de la Croix.
XLVIIT. Au commencement de l'année 557 (22 février 1108-20 février 1109),
les Perses rassemblèrent une nouvelle armée, forte de six mille hommes, tous guer-
riers d'élite, placés sous le commandement de leur sulthan. Ils marchèrent contre
Kogh'-Vasil pour tirer vengeance de l'échec qu'il leur avait fait récemment éprou-
ver à Pertousd. Comme des animaux furieux, ils arrivèrent sur le territoire de la
ville de Haçan-Mëçour !, au temps de la moisson et des récoltes. Les ouvriers des
champs furent, les uns exterminés, les autres réduits en servitude. Les infidèles
s'arrêtérent auprès de la forteresse de Harthan°. Kogh-Vasil, instruit de leur ap-
proche, s'avança contre eux à la tête de cinq cents hommes. Cette poignée de
braves Arméniens combattit avec une rare intrépidité. Les nobles, s'excitant l'un
l'autre à l'envi, se distinguèrent par les plus brillants faits d'armes. L'un d'eux,
Ablaçath*, chargea à la tête des siens; Pierre, oncle maternel de Kogh'-Vasil, se-
condé par ses nobles, se signala par ses prouesses; Vasil, surnommé Dgh'a*, noble
1 Haçan-Mécour, ville de la Petite Arménie, si-
tuée dans le district du même nom, au sud de Mé-
. Jitène, près de Samosate, et sur la rive droite de
l'Euphrate. (Mëkhithar-abbé, Dictionnaire des noms
propres.) La dénomination vulgaire Haçan-Mëcour
ou Hacën-Mëçour est une corruption de l'arabe Hisr-
Mansour, ,a32 Le» « forteresse de Mansour »,
ainsi appelée parce qu'elle fut bâtie du temps de
Merwän, le dernier des khalifes ommeyiades, par
Mansour - ben -Djou’ounah -el- Amery. (Aboulféda,
(réograpkhie, p. 269; Meräcid-el-itthila’, t. }, p. 306.)
? Harthan, forteresse située sur les limites du
district de Dchahan , au sud-est, non loin de Haçan-
Mécour.
3 Ablaçath, fils de Dadjad, était de l'illustre fa-
mille satrapale des Mamigoniens, laquelle tirait
son origine du pays des Djén ou la Chine, et était
venue s'établir en Arménie sous le règne de Tiri-
date I et de Sapor E°", fils d’Ardeschir, roi de Perse.
(Cf. Moïse de Khoren, II, zxxxr.) Ablaçath fut tué
en 1112, dans un combat contre les Turks. (Voir
ci-après, chap. Lxi.)
à Le mot dgh'a, ngy, surnom du jeune Vasil,
signifie en arménien jeune enfant. Vasil-Dgh'a était
de la famille Gamsaragan, qui descendait des sou-
verains arsacides de Perse, par la branche Garën
Bahlav. Il succéda à Kogh'-Vasil dans sa principauté.
(Cf. ci-dessous, chap. Lx.)
85
DE MATTHIEU D'ÉDESSE.
luyphubap juquur wggh LU fun gopept pbhuikp ghui gopugt Ujupwkg: L Shapuis
agp rep ke) opgh, wgloruluil K Sud up Sugng Us opapl opabqeql arf en
pupuqa het auag, Lk juqllkgfh gong wjpwaghaugh dedans. juni hong, L. wpus.
chu suwsihy Gosnpudn qghauuw . L fuupuiu qurre passslfls Sn7 L quel gwgord botauitats
Qwpsbs, L baton duphe dunuu wnugh feg be quplur folie Loges À mrtit
HS? jun fkauls L pique mcupaure, L kb fi pasquph fup {banc L brbu
que qhprf{ulr, gap nf uypugghgte L bqh ES nepwfone fui Gien sen
gËL"3 *
le Gael up Aout gtbug b D unk gite (Ven Say aUurmepit ja qust.
fui - L Elju° un. boteuiti SUN aa.“ ul auufi y L wmup ES pq ul pi ff Lvagqu, L
bob os puqoed'innequ à Upe qhug appt L'upup age SES png & (lues
3 Ca. 6pb4 |
1 Ca. wpupfu.
4 Ca. omet wn.
2 Ca. dE Sue …
COR et EE Zn
du côté de sa mère, à la tête d'un détachement, et en compagnie de l'intrépide
Tigrane (Dikran), qui descendait de l'une des plus illustres familles d'Arménie,
culbuta les ailes de l'armée perse. La vaillante légion arménienne fit des prodiges
de valeur, et remporta sur les infidèles une victoire décisive. Elle en fit un hor-
rible carnage, et s'empara de la personne du sulthan d'Arménie’ et d'une foule
d'officiers perses. Kogh'-Vasil les emmena en esclavage, en les faisant marcher de-
vant lui. Après ce magnifique triomphe, il rentra, chargé de butin, dans sa ville
de K'éçoun. Il remit en liberté les prisonniers tombés au pouvoir des infidèles, et
l'allégresse éclata parmi les chrétiens.
XLIX. Cette même année, Josselin racheta à Djâwali le comte d'Édesse, Bau-
douin, pour une somme de trente mille tahégans. Celui-ci et Josselin se ren-
dirent auprès de Kogh'-Vasil, qui les accueillit de la manière la plus honorable
et les combla de présents. Baudouin, étant parti, réunit un corps de cavalerie à
_than d'Arménie. En effet, noussavons, par plusieurs
monnaies présentant des légendes bilingues, en ar-
ménien et en arabe, où figurent les noms du roi Hé-
thoum ΰ et des sulthans ’Ala-eddin Keï-Kobad, et
Ghiâth-eddin Keï-Khosrou-ben-Kei-Kobad, que les
princes d'Iconium se considéraient comme suzerains
de l'Arménie et furent reconnus quelquefois comme
tels par les Arméniens eux-mêmes. (Cf. Namisma-
tique de l'Arménie au moyen âge, par M. V. Langlois,
p. 55-57 et planches I, n° 11 et 12; II, n° 2, et IV,
n° 4.) En même tempsje dois faire remarquer que
M. Langlois s'est trompé en donnant à ces deux
sulthans, le père et le fils, le même prénom, Ghiäth-
eddin , tandis que le père, Kei-Kobad, portait celui
de ‘Ala-eddin, comme nous le savons par les histo-
riens et comme on le lit distinctement sur la mé-
daille de ce prince (ibid. planche IV, n° 4). C'esten
vertu de cette prétention que les souverains d’fco-
nium durent prendre le titre de sulthan d'Arménie.
Du reste, aucun auteur, que je sache, autre que
Matthieu, ne mentionne ces deux expéditions des
Turks d'Iconium contre la Cilicie.
? En l'année 502 hég. (11 août 1108-30 juil-
let 1109), le sulthan de Perse Ghiäth-eddin Mo-
! La qualification de sulthan d'Arménie, qu'on
lit dans tous nos mavuscrits, pourrait conduire à
penser qu'il s'agit de Soukman-el-Kothby, souve-
rain de Khëlath, ville située au nord-ouest du lac
_de Van, Après avoir été attaché comme mamelouk
au service de Kothb-eddin Ismayl, prince seldjou-
kide de l’Azerbeïdjan. Soukman devint maître de
Khëlath .et de plusieurs villes voisines, avec le titre
de Schah-Armén (roi d'Arménie), qu'il transmit à
ses descendants, Il régna depuis 493 hég. (1099)
jusqu'en 506 (1112). (Aboulféda, Annal. t, III,
p. 326.) — Telle est l'opinion que j'ai émise dans
ma traduction de Matthieu d'Édesse (Biblioth. histor.
armén. t. [, chap. xxcvnr, note 4) sur la possibilité
d'identifier le salthan d'Arménie, dont parle ici
notre auteur, avec Soukman-el-Kothby. Mais, en y
regardant de plus près, je crois que cette opinion
n'est pas exacte; si l'on tient compte de la direc-
tion que suit l’armée des Turks, de la plaine d’A-
nazarbe vers Marasch et de là vers Pertousd, sur le
territoire de Kogh'-Vasil, c'est-à-dire de l'ouest à
l'est, on a lieu de croire qu'il s'agit d’une expédi-
tion partie des États du sulthan d'Iconium; et cette
induction est corroborée par le titre même de sal-
86 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
beuqugt au: L Gunltgun quant puqdes pr Sañaph or ent Vannes aq pop:
Le couple Quant L Nouv quyu fus 4np8 uitophüne fuit, np ns bp SwXbh Vo.
one. wnupbgft an akmuÿt Qeupuhg fr Vaurk L pEpft que fuphuñg jogum ni
bn Spurnpnf: L jupregft cuuutf quuskqugl pue Suegh {ft Virpapuy, dun
ques go nb bp Suñteph, prpdiol fi b bon fu Los up qunuws?. L jun
déeuu Saieph & Xepune flat wS Et, L'hnpu 05 Sueuukft Uiu. k Eh nan] U] wufit
ur boue’ euqpu pA le up qope us fulug f Sonndhg Burqurenpft qomwgu, pe bi bete
1 À. up Us.
Raban’, ville qui était en la possession de Kogh'-Vasil, dans l'intention de faire la
guerre au pieux Tancrède. Baudouin et Josselin commirent une œuvre d'iniquité,
criminelle au plus haut point devant Dieu. Ils envoyèrent un message à l'émir perse
Djâwali, lui persuadèrent de venir à leur aide avec cinq mille cavaliers, et attaqué-
rent avec acharnement le comte d'Antioche, Tancrède. Cette agression était motivée
sur ce que Tancrède, pendant leur captivité, s'était approprié les districts qui leur
appartenaient, et refusait de les rendre, voulant que ces deux princes fussent ses
vassaux, prétention qu'ils repoussèrent bien loin. Kogh-Vasil envoya aux deux
chefs franks un détachement de huit cents hommes et un corps de Patzinaces* à
la solde de l'empereur des Romains, et cantonnés dans Îa ville de Mècis (Mop-
bammed ayant envoyé Maudoud à la tête d'une
armée considérable contre Djäwali, émir de Mos-
soul, celui-ci, après avoir fortifié cette ville et y
avoir laissé sa femme, qui était la sœur de l’émir
Boursouk, partit pour aller chercher du secours. Il
amenait avec lui Baudouin, qu'il retenait à Mossoul,
et qui avait été fait précédemment prisonnier par
Djekermisch. Il lui rendit la liberté, à condition
qu'il lui fournirait une rançon de 70,000 dinars,
qu'il renverrait ses captifs musulmans, et que, dans
toutes les occasions où Djäwali aurait besoin de ses
services, il accourrait avec les Franks: en outre,
qu'il resterait à Kala’-Dja'bar jusqu'à ce que sa ran-
çon eût été payée. Baudouin fut donc libre, et ayant
fait venir Josselin, fils de sa sœur, il le laissa comme
caution et partit pour aller chercher la somme pro-
mise. Djäwali revétit Josselin d'un costume royal,
et, lui ayant donné son propre cheval, le renvoya
à Baudouin afin qu'il fit hâter l'envoi de la rançon
et la délivrance des captifs. Arrivé à Antioche, Jos-
selin députa Tancrède vers Djäwali avec 30,000 di-
nars et cent captifs, hommes ou femmes, qui
étaient du territoire d'Alep. (Aboulfaradj, Chron.
syr. p. 290-291.) Guillaume de Tyr (XI, vi) place
en 1109 la délivrance de Baudouin, qu'il appelle
consobrinus de Josselin, et qui était resté cinq ans
dans les fers. |
1 Raban, ville de l'Euphratèse, entre Marasch et
K'éçoun, et au sud-ouest de cette dernière ville.
(Mëkhithar-abbé, Dictionnaire des noms propres, et
Tchamitch, t. III, Tables, p. 180.)
? Les Patzinaces ou Petchénègues, peuple de
race turke, étaient fixés originairement entre l’Atel
ou Volga et le Geech ou Yaïk (Oural), suivant
Constantin Porphyrogénète (De admin. imper. cap.
xxxvu). Sur la fin du x° siècle, les Ouzes, s'étant li-
gués avec les Khazars, qui habitaient la Chersonèse
Taurique, attaquèrent les Patzinaces et lesobligèrent
à leur céder le territoire qu'ils occupaient. Les Pat-
zinaces , dans cette émigration forcée, tombèrent
sur les Ouzes, les chassèrent devant eux, et se ré-
pandirent jusqu'au delà du Danube. Une partie
resta confondue avec les Ouzes, et les autres passè-
rent dans les pays dont les Turks s'étaient emparés
cinquante ans environ auparavant; ils se partagèrent
toutes les terres qui sont sur le cours inférieur du
Danapris (Dniépr) ou Borysthène. Leursincursions
s'étendirent dans la Russie méridionale et désolè-
rent aussi l'empire byzantin. Sous Alexis Comnène,
en 538 de l'ère arménienne (27 février 1089-26 fé-
vrier 1090), au rapport de Matthieu d'Édesse, les
Patzinaces vinrent piller la Thrace et la Macédoine,
et défirent les impériaux., Mais, dans une seconde
rencontre, l'armée grecque, forte de trois cent mille
hommes recrutés parmi diverses nations, parvint à
mettre le feu aux chars sur lesquels les Patzinaces
combattaient, et remporta une victoire complète.
Le roi des Patzinaces resta mort sur le champ de
bataille, sa famille fut exterminée et son royaume
réduit en province de l'empire. Depuis cette épo-
que, les souverains de Constantinople se servirent
des soldats patzinaces comme garnison, principale-
ment dans les villes d'Asie. (Voir M. Fréd. Neumann,
Die Vôlker des südlichen Russlands, Leipzig, 1847,
page 111.)
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 87
puques L Eng dope pasgru : Gusjiduul quyg gncopé phanauk Sugrk n Au
cop Log Stambuquiu gopuit pue Us k out feopusy, Elec auf quusbqeuql
Quonglé L Subqpkh L domabuñ pig fubuñn wSugfé L quplañuwh : Vu4 goppt
put wpupft ouuuvfl fronpuSu g$kinlulpait ? gopet f Suvagbh €bebu. bulk F pus
hu, qaunbpugit ju hu Suiugpk go Quai, wpupft dufuunwluil
günuu : pe peujudul gun un Sas upunlinae fui h fEpusy SV ouh, Le. uncp h qapà
“obus Jupe guauu cuuhh Yrrnqudeg : L dEnab jauuncp pujudhh b quuarg prhvus
bg he begh pa: pe quplus Sutagh dEdan juge fu} L qugs JUinobne
puqup fep, le Qowgenfüt pfvbp pefonmulquiu L uiuuitEn k abpgt ag wuh on
DNoubiu dinsubkp b aware b ebprt bep L abpôun
Le grpdul pau quyu fr puqupt (len<Suy, en Sault f unes dinfiu L fe npuliu
Puis faut Qauqontft, fut gb denbug qhunbfié qhuu s (pe wmuft agnd yE4Eabsfr
bonpe GnSañithu Lun wuupout ratug fuit Jpwpuñum fuit. gk Epfrsh fu P4
papébuy auf puqupt f Suivepf, L bus y qulinuÿt JEqf f &bns Vruÿupnft, gt
Lu Japd ul nebkp qpmqupt (len<uÿ puqgiug uebp wpug: Folk god EUfir k dh duyr
5 Ca. omet L qwg.
1 Ca. ajoute pv.
& Ca. gdka.
2 Ca. g$kmhwk.
sueste). Ces renforts réunis formèrent un contingent considérable. Sur ces entre-
faites, Tancrède, le champion du Christ, arriva avec un millier de cavaliers
et un corps d'infanterie. L'engagement eut lieu sur les limites de Thëlbaschar.
Baudouin et Tancrède combattirent l’un contre l'autre, avec rage et avec une va-
leur héroïque, tandis que les Perses écrasaient l'infanterie de Tancrède. Cepen-
dant celui-ci, tentant un suprême effort, vainquit Baudouin et le mit en fuite;
puis, fondant avec fureur sur Djâwali et frappant à coups redoublés, il porta la
mort dans les rangs de ses soldats. Dans cette journée, deux mille chrétiens res-
tèrent sur la place. Après cette insigne victoire, Tancrède s'en retourna dans sa
ville d'Antioche, tandis que Baudouin, fugitif, allait se renfermer dans la forte-
resse d'Arévèntan !, et Josselin à Thëlbaschar, où il fut en sûreté?. |
Lorsque les habitants d'Édesse connurent cette défaite, ils furent dans la déso-
lation. Ils regrettaient Baudouin quils croyaient mort. Alors ils tinrent, daps
l'église de Saint-Jean, une assemblée où assista l'archevêque latin ( babiôs) de
cette ville, pour se concerter sur le parti quil y avait à prendre; car ils craignaient
qu ’Édesse ne tombât de nouveau entre les mains de Tancrède, qui la remettrait
sans doute à Richard. En effet, lorsque ce dernier occupait lab: il avait causé
se bornaient à se lancer des flèches. Bandouin et
Josselin se réfugièrent à Tellbäscher, ainsi qu'une
partie des Turks de Djäwali, qui lui furent ren-
voyés après qu'ils eurent été guéris de leurs bles-
sures, (Aboulfaradj, Chron. syr. p. 297-298.)
Ibn-Alathir (ad annum 502) rapporte ces faits à
peu près de la même manière, J1 dit que Djäwali
plaça à l'aile droite de son armée les émirs Aksiän,
Altoun-Tascb et autres; à la gauche, l’émir Bedrân-
ben-Sadaka, l'isbahbed Sabäwab et Sonkor Daraz;
et au centre, Baudouin et Josselin. (Cf. le récit de
Kemäl-eddin, apad M. Defrémery, Récit de la pre-
mière croisade, dans ses Mémoires d'histoire orien-
tale, p. 54- 56 et ibid. note 2.)
* Arévéntan, forteresse de l'Euphratèse, à l'ouest
et près de la ville de Gouris (Cyrrhus). Les auteurs
arabes la nomment jf xh,, et Guillaume de Tyr
Ravandel ou Ravendal.
? Ridhouän, irrité contre Djäwali, qui dévastait
ses possessions, demanda du secours à Tancrède,
et obtint de lui quinze cents cavaliers franks, aux-
quels Ridhouän joignit cinq cents cavaliers turks.
Baudouin et Josselin accoururent au secours de
Djäwali. L'action s'engagea auprès de Tellbäscher.
L'avantage resta aux Franks et aux Turks du parti
de Ridhouân ; un grand nombre d'infidèles périrent.
Les Franks ne combattaient pas les uns contre les
autres corps à corps; montés sur leurs chevaux, ils
88 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
euqupughph, Sn puit fuoubquit pu suuhou L'auwgfé, Qbp divpe L dep Bin must
due pumupfé, usb. dEg obp juguit Li pe afuh day annip quyp Nour L Aug
of L dinukf fpuqupt (jen Su. L'wpewght fut ejt [uoufg pbun Bit, k Sunlin_
cg qujé puño wpunn, L Bnekgf! quoi bi sup fenpSnpne. L puy jun an bp
fl, L'quyeg wulbqug qusul fjeuuny fuunwghgnegf: (pe jurnigt juif pwpfi
sopugup pans ephannubhg. dan qh mag aug qhepur blé eEiuÿs? sup
hanrins buñit, L jod#wpm fbunle $kqne fo wpbuñt wntlfo afnleg L wpqup wpuñug à Vo
ajhgunt juñnqibguie fish quepbuhongns Lagos ane Vobbañnuft qusp Sañky
Dauyfs. que ghuwgbu puqupugbugt quide-qne [fut unpus gUE ft qéer n quSbuit :
Où Gage au bg quinze hs L'ququiu Adbnÿ, L f puphm uk opnjt Surnui
eq up wtuuunmlp L asmie npneuuw EE pee dt Ephhes Uxe bobl
1 Ca. Bhrpkgfr.
2? Ca. omet wbuÿy.
$ À. et Ce. wsu Swut-fo.
4 Ca. duduuwkh.
la ruine d'une foule de personnes. Dans cette réunion, les habitants inculpèrent
vivement l'archevêque. « Que vos hommes, ajoutèrent-ils, et les nôtres gardent
« la forteresse” jusqu à ce que nous sachions quel est le maître qui doit nous gou-
« verner. » Le surlendemain arrivèrent Baudouin et Josselin qui firent leur entrée
à Édesse et s'enquirent des propos qui avaient été tenus dans cette assemblée. Ils
considérèrent ces propos comme très-dangereux et les interprétèrent dans un
sens tout à fait criminel. Ils firent piller les maisons d'un grand nombre d'habi-
tants et crever les yeux à des gens qui n'étaient nullement coupables. Ils infli-
gèrent dans cette occasion de cruels supplices aux chrétiens, car les Franks pré-
taient facilement l'oreille aux dénonciations les plus calomnieuses et se plaisaient
à répandre le sang innocent. Ils poussèrent la cruauté à un tel excès qu'ils vou-
lurent priver de la vue l'archevêque arménien, le seigneur Étienne. Les habitants,
sachant qu'on n'avait rien à lui reprocher, le rachetèrent pour une somme de
mille tahégans”. |
L. Cètte même année, l'hiver fut si rigoureux, que l'intensité du froid fit périr
partout beaucoup d'animaux domestiques et d'oiseaux. En Perse il tomba de la
l Cette forteresse, qui servait de citadelle à
Édesse, avait reçu le nom de Maniacès, en souve-
nir du protospathaire Georges Maniacès, qui, sous
le règne de Romain Argyre, s'en était emparé et
s'y était maintenu, pendant longtemps, contre tous
les efforts des émirs les plus puissants du voisinage.
(Cf. Matthieu d'Édesse, t. 1° de la Bibl. hist. arm.
chap. xzni.)
2? On a déjà vu, chapitre xui (conf. ci-après cha-
pitre Lxn), que les princes latins ne Vivaient point
en bonne intelligence avec leurs sujets arméniens;
l'impartialité exige de dire que les torts furent ré-
ciproques. Si ces princes accablaient d'exactions
les populations qui s'étaient données volontaire-
ment à eux, et les traitaient en conquérants, à leur
tour elles se montraient prêtes, au moindre mé-
contentement, à pactiser avec les infidèles et à les
attirer. Cette désunion entre Baudouin et les Édes-
séniens avait éclaté déjà peu de temps après qu'ils
l'eurent choisi pour maître. Comme leur ville était
inondée de Franks, attirés par les libéralités que
répandait Baudouin, et dont Édesse faisait les frais,
et empressés de prendre du service chez lui, douze
des principaux habitants, mécontents d’ailleurs de
voir leurs conseils négligés, et la direction des af-
faires remise aux mains des Franks, formèrent un
complot. Ils envoyèrent secrètement vers les Turks
pour les engager à leur venir en aide pour tuer
Baudouin et les siens, ou les chasser. Le comte,
instruit par la révélation d’un des conjurés, qu'Al-
bert d'Aix nomme Enæhu, et confirmé dans le rap-
port que cet homme lui avait fait par la contenance
de ses complices, dont l'espérance avait ranimé la
physionomie, fit saisir les conjurés par une bande
de Français, manu Galloram, à sa dévotion, et les
fit jeter en prison. Puis il ordonna de transporter
dans son palais ce qu'on put trouver de leurs ri-
chesses, qu'il distribua à ses officiers. Les cou-
pables, qui avaient caché la majeure partie de leurs
trésors et leurs effets les plus précieux dans les for-
teresses du voisinage, offrirent de se racheter pour
une somme considérable. Baudouin, épuisé par ses
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 89
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1 Ca. ajoute #5. Le sens est alors : « Ce phéno- 2? Ca. Quupu.
« mène était un présage funeste pour cette nation, 7 Ca. qumnkpu.
«et les sages du pays ne purent en trouver l'inter- # Ca. &uyng.
« prétation. »
neige noire, phénomène qui fut hou par les sages de cette nation comme
un présage funeste pour elle.
LI. Cette même année, il y eut dans la partie de l'Arabie qui se nomme Bosra',
et qui est la patrie de Job, de grands combats entre les Turks et les Arabes. Ceux-
ci se défendirent avec la plus grande bravoure, mirent leurs ennemis compléte-
ment en déroute et les taillèrent en pièces. Cependant le général perse recruta de
nouvelles troupes et se mit derechef en campagne. Après une lutte où il déploya
une valeur extraordinaire, il repoussa les Arabes. Cinquante mille de ces derniers
passèrent dans la province d'Alep, afin de chercher à se mettre sous la domination
de Tancrède, comte d'Antioche. Ayant demeuré là quelques jours, ils s'en retour-
nérent chez eux.
LIT. En l’année 558 (22 février 1109-21 février 1110), Baudouin, comte
d'Édesse, et Josselin, comte de Thélbaschar, réunirent des troupes, et se dirigèrent
vers Khar'an, afin de ravager le territoire de cette ville. Avec eux se trouvait un
noble Arménien qui appartenait à l'armée de Kogh -Vasil, et qui était fils de Dadjad,
seigneur de Darôn; il se nommait Ablaçath, et était un des plus valeureux guer-
riers de son temps. Ayant quitté Kogh-Vasil par suite de quelques démêlés, il
était venu à Édesse. Arrivés en vue de Khar'an, ceux d'Édesse se mirent à ravager
et, malgré toutes les invitations de revenir, ne re-
parut plus. (Albert d'Aix, V, xvi-xvin ; + uRUne
de Tyr, VII, vi.)
1 Bosra ou Bostra, ville de l'Idumée orientale,
dans le pays de Themän. C'était la capitale de la
partie de l'Arabie située au midi de Damas et ap-
pelée Hauranitide. Déjà au 1v° siècle elle avait le
prodigalités, finit par y consentir et reçut de chacun
d'eux une somme de 20,000, 30,000 ou 60,000
besants, des mulets et des chevaux, des vases d’ar-
gent et autres objets de valeur. Deux seulement des
conjurés furent privés de la vue; d’autres, parmi les
gens du vulgaire, eurent les jambes ou les bras cou-
pés, et furent expulsés de la ville. Le beau-père de
Baudouin, Taphnuz (Thoros), effrayé de ces exécu-
tions, et craignant, s'il ne payait le reste de la dot
qu'il devait encore à Baudouin, d'être mis à mort,
s'enfuit dans ses forteresses au milieu des montagnes,
Hisror. ARM. — I.
seling, În Hieroclis Synecdemum comment. p. 533,
éd. de Bonn.) Son nom vulgaire était Bussereth.
(Guill. de Tyr, XVI, vurr.)
12
rang de métropole de la Première Arabie. (Cf. Wes-
æ
90 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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Drug :
1 Ca. ajoute £.
la campagne. Tout à coup quinze cents cavaliers turks fondirent sur eux et leur
tuèrent cent cinquante hommes. Les Franks, qui étaient en petit nombre, se
mirent à fuir vers Édesse, tandis qu'Ablaçath, poussant un cri d'aigle, et donnant
ainsi le signal aux siens, se précipitait sur les ennemis et les dispersait. Les Franks
revinrent à la charge; mais les Turks les forcèrent de reculer. is se sauvérent de
nouveau vers Édesse, et quoique rudement menés par les infidèles, ils réussirent
à rentrer sains et saufs dans ses murs. Ablaçath, ne s'accommodant pas de la con-
duite des Franks, s'en retourna auprès de Kogh-Vasil. Quoique blessé au bras, il
ne succomba pas, parce que le fer [de son armure] avait arrêté la force du coup.
LIIT. Cette même année, la ville maritime de Tripoli fut prise. Après onze ans
de siége, les habitants, fatigués des assauts terribles et du blocus rigoureux qu'ils
soutenaient, car Baudouin, roi de Jérusalem, et Bertrand, parent du grand comte
de Saint-Gilles, les pressaient vivement, les habitants appelèrent Tancrède, comte
d'Antioche, et se donnèrent à lui.
Aussitôt le roi de Jérusalem et Bertrand se mirent en guerre avec Tancrède;
en effet, c'étaient eux qui dirigeaient les travaux du siége. Le patriarche et les
évêques franks intervinrent, et la paix ayant été rétablie, Tancrède reprit le che-
min d'Antioche. Cependant le roi de Jérusalem équipa une flotte pour agir contre
Tripoli, et ayant investi cette ville par mer et par terre, il l'attaqua avec vigueur.
Les Franks, l'ayant enfin emportée d'assaut, y mirent le feu, en exterminèrent la
population, et y répandirent le sang à flots. Ils s'emparèrent de riches trésors d'or
et d'argent, et emmenèrent d'innombrables captifs dans leur pays’.
! Ibn-Alathir, Aboulféda et Noveiri fixent la date l'an 503 (1° juillet 1110). Ibn-Djouri indique l'an-
de la prise de Tripoli au lundi 11 de dsou’lhiddjé de née 502 avec le même quantième de dsou'lhiddjé
mm = =
. (12 juillet 1109), et Guillaume de Tyr (XI, x) le
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 91-
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guib un. os enEtuujt php. faufubussS edbbufu quan, gl uftuliope. L own
drait dire que cet émir se regardait alors comme .
1 Ca. Jéekeeerr qonbpwagut, .
ayant été la dupe de Baudouin. Ces deux leçons
2 Ca. wpaupr.
Le verbe #wkbur , à la troisième personne du donnent l’une et l’autre un sens également ad-
prétérit, «il s'enfuit», en parlant du comte d'É- missible.
& Ca. omet #.
desse, semble indiquer qu'il cherchait à éviter la
5 À, faufubrauy.
présence de Maudoud. Le ms. Ca. porte pwphgur
«il fut trompé » ; ce mot, appliqué à Maudoud, vou-
LIV. Au commencement de l'année 559 (22 février 1110-21 février 1111),
le comte d'Édesse voulut recommencer la guerre contre Tancrède. Baudouin et
Josselin, le cœur plein de rancune contre ce dernier, conçurent une pensée indigne
d'un chrétien. Ils envoyèrent à Mossoul appeler à leur secours le général des
Perses, Maudoud', guerrier intrépide, mais féroce et sanguinaire. Maudoud ac-
quiesça à cette demande avec empressement, et, ayant rassemblé tous ses Turks,
se mit en marche avec des forces imposantes et parvint sur le territoire de Kha-
r'an. Ayant mandé auprès de lui le comte d'Édesse, celui-ci, effrayé, n'osa pas se
rendre à cette injonction. Maudoud, comprenant que le comte l'évitait, s'avança
contre Édesse. Aussitôt Baudouin chargea Josselin d'aller chercher du renfort, et
envoya dire au roi de Jérusalem d'accourir à son aide. Celui-ci était alors occupé
au siége de Bérouth, ville située sur le bord de la mer Océane. Pendant que ces
démarches avaient cours, l'émir Maudoud arrivait avec une armée qui se déploya
sur toute l'étendue de la vaste plaine d'Édesse. 11 investit de toutes parts cette
ville et couvrit [de ses soldats] la montagne et les collines.
L'Orient entier était rangé sous ses drapeaux. Toutes les populations se sau-
Maudoud prit cette ville dans le mois de séfer 502
(sept.-oct. 1108). (Aboulféda, Annal. t. III, p. 378
et 382.)
Guillaume de Tyr ie nomme Menduc, et Albert
d'Aix Maldacus. Il avait le titre de commandant de
la cavalerie, c'est-à-dire de général en chef, isfahça-
lar, ,Ylugiul, ou isbahçalar, > Ymgault , transcrip-
tion du mot arménien ou persan ancien wuwuwwuwpqup
OÙ vqawuwwp. (Cf. mon Introduction.)
12,
10 juin 1109. Ce fut au roi de Jérusalem et à Ber-
trand, suivant ce dernier historien, que la ville se
rendit, et non à Tancrède; elle fut remise à Ber-
trand, qui, en retour, prêta hommage au roi.
1 Schéref-eddaula Maudoud, fils d’Altoun-Tékin
ou Altoun-Tasch, général des armées du sulthan
de Perse Mohammed (Daph'ar). Il fut envoyé par
ce prince contre Djäwali pour lui enlever Mossoul.
92 EXTRAITS DE LA GHRONIQUE
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Phi, b'empuharobes jhobfé judEÿt Yaqañeg, Eaitäpegtenp juélipenquen purent
peqiugé le Luka & Sugh bts, dut qh docs LE wpebibet bp f per tue
greg, gb a0p mn bh fe muquilurtl fi à {pe pour den f nheoqutg qepu Grerphu #fs
and gpuqupuuh® L epriaug an Saw quai queunt, np es ru bte 2ft
Los he Ougu pur Spunlañrm. waiqasn mplbthg aquyfi . L frunnphug um Se.
cupek qulluuyÿh qreufurt peuqupfi np eye parut. à SEiè f Ep mpeg quefinuÿt
dutapusgpt ape EU fr érbtu. & urpeeghuf opfisuluee u Gun (ln eg À AS ban (bas
Le gi sep uen ana Qégpnif f Soueg ogbrefihenfiés \ourm Se à un
Sasmpeul quete son YeumpEgfi, L iguit gen et autiees pœgdin ftrorté
part: LAN out bp f junte fo puede pri fer, L wpur ANoutét w$unrp
pures (pe off jap Earl pau buy quedEtusft qope k qoyp joint fui purqurpkh
(le Saupe : Qype L Harqaagi | ppreseédh k (Nbr pal lit Spmuequer. que dt.
Buyh qeneb & JUiuohne guqup mn Suñiqpf, L Eu aqusuitep Sursié gr gui fib din
Gmail, joghu (fui pq pfiu (lea Suyns: Vpe fuwqugbaus anfbtuufh qonpt yrectipes
Ehfi eun fotos Lung mn Ù up. L'un dan bug qurtusft ggopu (up b Sæuwikp f We.
dcuunr : Qype L aff vegu fobouñi Suyng Vaawchu qopee fepnde, ap uubp b pump
1 Ca. dutdépwgbuwg Jde quant puy doqury.
2 A. qeswqupnyt.
à Ca. ajoute euwywpfu.
5 Ca. omet éft.
0 Ca. £uunpbuws.
$ Ca. L m5 dp bg ns fiwy.
vèrent et quittérent le pays, qui devint désert, tandis que les assiégés, en butte à
des attaques incessantes, étaient consternés. Pendant cent jours ils furent dans
la situation la plus critique et dans des angoisses extrêmes. Déjà accablés par les
assauts qu'ils avaient à soutenir, ils commencèrent à souffrir de la famine. L'accès
et la sortie de la ville étaient empêchés par la multitude des ennemis qui l'entou-
raient, et qui massacraient tous ceux qui tombaient entre leurs mains; dans la
campagne, aux environs, s amôncelaient les cadavres. L'incendie dévorait tout; pas
un seul édifice ne resta sur pied. Par ce système de dévastations, Maudoud obéis-
sait aux ordres du sulthan, émir de l'Orient”. Il détruisit les jardins qui étaient en
dehors des murs et démolit ] jusqu aux fondements les monastères qui s élevaient
. sur la montagne. Cette guerre à outrance plongea Édesse dans la désolation.
Quelque temps après, et grâce à la protection de Dieu, Bérouth était enlevée
aux musulmans. Les habitants furent passés au fil de l'épée, et les Franks se gor-
gèrent de butin. Josselin assista à la “di de cette ville et y du la plus grande
valeur”.
De là il partit, à la tête de l'armée, pour marcher au secours d'Édesse, avec le
roi de Jérusalem et Bertrand, comte de Tripoli. Ils allèrent trouver Tancrède à
Antioche, et, à force d'instances, le décidèrent à les accompagner; puis, continuant
leur route, ils arrivèrent chez le prince arménien Kogh'-Vasil, lequel donna l'ordre à
ses milices de s'équiper, et se dirigea vers Samosate. Le chef arménien Abëlgh'arib’,
1 Matthieu veut désigner ici le sulthan Mobam-
med (Daph'ar).
? Guillaume de Tyr (XIII, x1) fixe la date de
la prise de Bérouth au 27 (20, trad. franc.) avril
1111, deux ans après celle de Tripoli; Foulcher
de Chartres (chap. xxxvi) en 1110. Suivant ce der-
nier historien, le siége, commencé en février, dura
soixante et quinze jours, ce qui nous porte vers la
fin d'avril. Ibn-Alathir, Ibn-Djouzi et Elmakin mar.
quent à très peu près la même date, l'année 505
(30 juillet 1109-19 juillet 1210).
$ Abélgh'arib ou Abëlkharib était fils de Vaçag.
et arrière-petit-fils du prince Grégoire Magistros,
de la famille arsacide des Bahlavouni. Il avait un
frère nommé Ligos, dont il est parlé au chap. Lxxiv.
(Cf. le Tableau généalogique de la famille de Gré-
goire Magistros , à la fin de Matthieu d'Édesse,
tome ΰ de la Bibliothk. histor. arménienne.)
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 93
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Pete Brut qepstgfé goes mbophhm En - ghugfe an \Jerfanot km pogeñs
gerhunnuultquit Swann, L'owugfé (adinnmufu EE odEtuÿt put pautuug
faufunnuquits Qui L Epfuñ. k qrebug que (Panhanct qupdue 4$Eu gong yauit.
eg - br punueft en Say potht iish jlbounn gbuit Eh wptuni 9Ep4hie, 4pu.
3 À. Juwn uw).
1 Ca. wunrwbp.
$ Ca. bpwqueEu (cn éuwny b qouvku.
1 Ca, omet pwquwpfr.
qui résidait dans la ville de Bir!, prit part aussi avec ses troupes à cette expédition.
Ces forces, réunies en un contingent considérable, parvinrent sur le territoire
d'Édesse. A cette nouvelle, le général des Turks, Maudoud, leva le siége et se porta
vers Khar'an, tandis que les Franks arrivaient sous les murs d'Édesse, où ils éta-
blirent leur camp. Le lendemain, au point du jour, ils se disposèrent au combat.
Plaçant la sainte croix de Varak au haut d’une lance, ils la portèrent en tête de
leurs bataillons. Sur ces entrefaites, les Turks reculèrent au delà de Khar'an,
afin d'attirer les chrétiens, par un stratagème, dans un pays inconnu à ceux-ci;
en même temps, ils placèrent en embuscade, dans l'intérieur de la ville, un fort
détachement. Les généraux franks, ayant eu vent de ce piège, retournèrent sur
leurs pas et vinrent camper sur le territoire musulman, non loin du château fort
de Schénav”, qu'ils attaquèrent résoläment. Tancrède, ayant su qu'une trame était
ourdie contre les siens par les autres chefs, se retira vers Samosate avec le COrps
qu'il commandait, et fit halte sur les bords de l'Euphrate. Bientôt toute l'armée
franke vint le rejoindre. Les habitants d'Édesse et ceux de la province, qui s'étaient
renfermés dans la ville, sortirent tous, jusqu'aux femmes et aux enfants, pour
suivre les Franks.
Deux Franks accomplirent dans cette occasion un acte de prévarication. Ils
se rendirent au camp de Maudoud et abjurèrent la foi chrétienne. Ils lui annon-
cérent la fuite et la retraite des leurs. Alors Maudoud se mit à leur poursuite; de-
puis Édesse jusqu'à l'Euphrate il versa partout le sang, exterminant les popula-
? Bir, en arabe &,w, Bira, place forte de la 2? Schénav, place forte au nord-est et à trois
Mésopotamie, située sur la rive occidentale del'Eu- heures de marche de Khar'an. On voit au chap. vi
phrate, à quelque distance et au nord-ouest de que l'émir arabe qui était alors maître de cette
Khar an, à l'est et à une journée de marche de
Kala't-er-Roum (Hr'om-gla) et à l'ouest de Séroudj.
(Aboulféda, Géographie, p. 268.)
crit sous la forme 4, Meéni.
place s'appelait Mani, nom que Matthiéu a trans.
94 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
qeupeughpt L que uunwnhpl : | >e Suumwr U'udinn ai ykqp pr JA hu 1, L app wbfd frs.
nunnnud vu counawghpt, L ant n ndp Lan güunuu: ok auf wn Swuwmuok uit
(à IT" | | T l
gbauy fit pujulgnqu qhinnÿt L er ppu gSucunnunbupe upufunngfenqu wpeophu,, gl aug EU
puñnokbiu Yquyfu?, nu g$ouu nsluupusg - qÜcene uw uumnn cup finit bd fr db.
puy Vagu, gh TpbçpuunS huk f jephut qupäus. L Qt eujl Et ap bbnnbque fr foupiu,
ap dinutl fu prqnpqg & Qaiteupfit wugmqu'ub pbs api L'onusbg dinnukfiu f huscuv, le
E q tan pupegue À cb dupe, ab wdEuujt np Pastuup dinusuls f : | > NL/LL E mencp bah
awcswphugS wdEtaufu queuwnt flen<upny L gb uuliopg: uyu bp ap qpbghv nu fit
bdiuuun:tpu, RE ul ui ul Leon : Du goppu Dautlquy np Éfu jujuÿnyu qgEunnju
Céçuu obouthft que oEtuft nivgqu pphuunnubhg L nsbius Yuphfu ogub, , y Lyhr
qunbuuyku e Coujudunl qupdunr V'udinnciuy JE Sas Jen ne fbudp L. qu b luunu,
L jaitunh jun uwÿbiug JuotownSt bep abpnfdbudp be wcuwpus ufr 3
[N7/ unequruilr JS aulpquufu wphbphg Yephu, a up wppuju L Guugbiug qu Ep
Gufdh qurquiuop L unupur Eq b granit pl JS bug pbpet Seupoun : }vok goppt Daulqug
g'auofit adoffny yhepupaiñusheg quiewnt, juut qh afuustul hpre buis wvgn fi wpeupfit
1 A, Jbtrwunw,.
2 Ca. 4uyp.
S Ca. np Élu you.
4 A. ajoute Ep ‘ur pu.
5 Ca. rvkadtqur..
6 Ca. wcEpbul,.
7 Ca. Drushhu, Souliman. Il faut lire sans doute
Urcedu, Souk'man (el-Kothby).
tions de la ville et celles de la campagne. Parvenu sur la rive du fleuve, il mas-
sacra tous les gens du pays qu'il rencontra, et s'empara des femmes et des enfants.
Les Franks avaient déjà gagné le bord opposé. Les fidèles, accourus aussi nom-
breux que des troupeaux de brebis, passèrent sous le tranchant du glaive. Mau-
doud fit tomber sur eux le châtiment de la vengeance céleste avec une telle rigueur
que l'Euphrate roula des flots de sang. Beaucoup se noyèrent dans ses eaux. Ceux
qui s'y précipitaient à la nage et s’efforçaient d'atteindre l'autre rive ne pouvaient
y parvenir. Un nombre plus considérable encore se jetèrent dans les bateaux. Cinq
ou six de ces embarcations sombrèrent pleines de monde, car chacun voulait v
trouver place. Ce jour vit saccager et dépeupler toute la province d'Édesse. C'était
le désastre que les anciens prophètes avaient consigné dans leurs livres: « Malheur,
s'étaient-ils écriés, malheur à la nation d'Abgar!» Les Franks, qui stationnaient
sur la rive occidentale, contemplaient ces scènes de désolation sans pouvoir les
empêcher, et versaient des larmes amères. Après ce succès signalé, Maudoud s'en
retourna à Khar'an, et de là dans son pays, avec des masses de captifs et un butin
incalculable.
Cependant le sulthan, grand émir de l'Orient, s'étant emparé de l'émir Balag',
le fit charger de chaînes et renfermer dans la forteresse d’Aïdziats, au district de
Darôn. Les Franks s'en revinrent, la honte dans le cœur, parce qu'au lieu de sau-
1 Nour-eddaula Balag, fils de Behram, fils d’Ar-
toukh (Ortok), occupa d’abord la place forte de
Séroudj, qui lui fut enlevée par Baudouin; il vint
plus tard, en 517 (1° mars 1123-18 février 1124),
s'emparer d'Alep sur Soleiman, son cousin. Guil-
laume de Tyr (XIII, xr) l'appelle potentissimus Tur-
corum satrapa. Sa principale résidence était la
forteresse de Kharpert, Juwpasrs, Quartapiert ou
Catapiert (Guillaume de Tyr, XI, xvii), aujourd'hui
Kharpout, dans le district de Dzoph'k' (Sophène),
situé dans la Quatrième Arménie, au sud de l’Eu-
phrate méridional, Ar adzani des Arméniens, Arsa-
nias de Pline, le Mourad-tchaiï actuel.
Matthieu d’Édesse entend ici par le sulthan, grand
émir de l'Orient, le prince de Khëlath, Soukman
el-Kothby, auquel appartenaient le pays de Darôn et
la forteresse d’Aiïdziats (cf. ci-dessus, p. 11, note 3)
où il renferma Balag.
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 95
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1 Ca. mpuwp, —— 2 Ca. gb, . 3 Ca. géuumunnry.
ver les fidèles, ils avaient causé leur ruine. Le vaillant champion du Christ, Tan-
crède, ayant réuni des troupes, vint dans la province d'Alep attaquer la place
forte d'Athareb”. Après un siége continué pendant quelque temps, il s'en rendit
maître; mais il épargna la garnison”.
LV. Cette même année, les Turks envahirent le district d'Anazarbe, et le rava-
gèrent dans tous les sens, ainsi que la contrée de Maraba. Le grand chef arménien
Thoros, fils de Constantin, fils de R'oupên, se tint sur la défensive en présence
des forces supérieures des Perses, et ne se risqua pas contre eux. Les Turks, traf-
nant à leur suite d'innombrables captifs et chargés de butin, s'en retournèrent
chez eux, après avoir tout dévasté de fond en comble.
Cette même année, un phénomène terrible eut lieu en Arménie, dans la pro-
vince de Vasbouragan *. Un jour, pendant l'hiver, au milieu des ténèbres de la
nuit, un feu éclata du plus haut de la voûte céleste, qui s'entr'ouvrit en lançant
des tourbillons de flamme. Ce feu frappa la mer de Vasbouragan“, dont les flots
retentirent de violents mugissements; il atteignit aussi le littoral, et la terre et
l'onde, agitées avec violence, tremblèrent. La mer prit une teinte de sang, et la
là il se dirigea sur la forteresse de Zerdana, qu'il
1 Athareb, en arménien Thereb, château fort à :
prit pareillement, et dont il traita les habitants
deux parasanges environ d'Alep, suivant le Merdcid-
el-itthila”, et au nord; Cerepum, Cerep et Ceperon de
Guillaume de Tyr; Gerez d'Albert d'Aix (XI, xcmr),
l'ancienne Sarepta Sidonioram.
? Ibn-Alathir (ad annum 503) affirme, au con-
traire, que deux mille hommes de la garnison furent
passés au fil de l'épée par les Franks, et le reste fait
prisonnier. Tancrède avait intercepté les vivres aux
assiégés, qui bientôt se trouvèrent dans une position
très-difficile. Alors ils pratiquèrent une ouverture au
mur du château pour faire une sortie vers le camp
de Tancrède. Lorsqu'ils en furent près, un jeune
homme, Arménien de nation, vint lui demander
l'amén et lui fit connaître ce qui se passait. Tan-.
crède, se mettant en défense, les combattit si vi-
goureusement qu'il se rendit maître de la place. De
comme ceux d'Athareb.
3 Le Vasbouragan est une des quinze provinces
de la Grande Arménic. Cette province, qui était
très-étendue, avait pour limites : à l'est, la Persar-
ménie; au sud, le pays de Gordjaik’; à l'ouest, le
Douroupéran ; au nord, la province d’Ararad. ÂÀcwpa-
xavla , Âomoupaxäy et Baaowpanéy, des écrivains by-
zantins.
4 La mer de Vasbouragan, ainsi appelée de la
province de ce nom qui la borde à l’est. Elle est
nommée aussi par les Arméniens mer d'Agh'tha-
aujourd'hui lac de Van. (Cf. À arte von dem kaukasi-
schen Isthmus und von Armenien, du professeur Karl
Koch, 1" feuille.)
mar ou de Péznounik'; Arsissa palus des anciens,
96 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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l Ca. quan baug &Epd.
2 Ca. ap wub.
3 Ca. ouf, Dchôlman.
4 Ca. Urebhv, Souliman. Il faut lire, comme
précédemment, UYre£2/%, Souk'man (el-Kothby).
5 Ca. Qwpun fe, de Barsoukh.
—
flamme enveloppa la surface de l'abime. A l'aurore on aperçut des monceaux de
poissons morts, accumulés sur le rivage comme des piles de bois. Ils répandirent
au loin l'infection. La terre, dans le voisinage, s'entr'ouvrit en crevasses d'une pro-
fondeur effrayante. | |
LVI. En l'année 560 (22 février 1111-21 février 1112), Maudoud tenta une
nouvelle invasion à la tête d'une armée formidable de Turks. Il vint attaquer la
forteresse de Thëlgouran'; la garnison, réduite à l'extrémité, se rendit. Il sv
trouvait quarante Franks, que Maudoud fit passer au fil de l'épée. Il s'empara
aussi de Kaudéthil”; après quoi il vint à Schênav, auprès de Mani, émir arabe.
De là il se dirigea sur le territoire d'Édesse, vers la forteresse de Dchoulman *,
où des renforts considérables lui furent amenés par le grand émir Ahmed-
Yel", par le sulthan, émir de l'Orient”, et le fils de Boursoukh*. Tous ensemble
marchérent contre Édesse. Après avoir passé là quelques jours, ils se rendirent
à Séroud], et, ayant franchi le grand fleuve Euphrate, ils parvinrent devant
la forteresse de Thëlbaschar. Il ÿ avait en ce moment dans ses murs le comte
frank, l'intrépide Josselin. Les Turks, qui étaient en nombre immense, incom-
modèrent beaucoup les assiégés par leurs assauts réitérés; mais ils échouèrent.
1 Thélgouran ou Thoulkouran, aujourd'hui
Thélkuran, bourg fortifié de la Mésopotamie, situé
à deux journées au sud d'Amid. {Indjidji, Arm.
mod. p. 229.)
2? Kaudéthil, bourg au sud-est et à six heures de
marche de Bir, dans la Mésopotamie. Il est aujour-
d'hui en ruines.
3 Dchoulman ou Dchôlman, village situé au
sud-est d'Édesse, et habité par des Arabes.
à Ahmed-Yel (le brave) -ben-Ibrahim-ben-Wab-
soudan, de la tribu kurde des Réwadi, érnir de la
ville de Méraga, dans l'Azerbeïdjan. D'après l'his-
torien arabe Ibn-Férat, cité par Ét. Quatremère,
dans son Mémoire sur les Ismaéliens, inséré au
tome IV des Mines de l'Orient, il périt en 509 ou
510 (1115 ou 1116), de la main des Bathéniens
ou Assassins. Ibn-Djouzi et Aboul-Méhacen placent
sa mort en 508 (1114-1115).
:% Matthieu veut parler évidemment de Soukman
el-Kothby; car nous savons, par l'historien Kemäl-
eddin (ad annos 504 et 505), que ce prince prit
part à l'expédition dont il est ici question.
6 Boursoukh, ou, suivant la transcription arabe,
Gwy Boursouk, était l’un des fils de Boursouk, qui
avait été compagnon de Thogrul-beg, et le premier
schihneh ou représentant de ce sulthan, à Bagdad.
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 97
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napugaÿ pompe fut Nour, L app up fupañn Gba pue ul L EqËv Eqpwpe
iuñg : Vpe jupnegtuy Vadinnet ant gopope Qupohg giuye b LEvey Uiunkn_
puy Le puubp febabt np tek Chawr: bol Savaot wpaphu dogef quEtuÿ wgqh,
Dasbug, quyp Lan bu uwqunap {pneu hd} Quoi LU Epfpuñu Yadiu Spu.
ao, agp Le aug God fera. L fr Chaque bout L bphrpbañ paul Suit.
hubgui bug, L rs mpupft quunbquqls opus (fadhnnct LL quqnugiug
bp ut Sh bep, L got Dauñqug ghugft fouquqn bang fk ambu fe phuñug:
Geyed Suiv} cumwlbus uk oncpruñf adbpuÿus wpbEhg k Mañuupsfit, jui
GupEundius Egbug wpduturng ouauulglulh f SEwntk. Judu gb pp pugml unbpu k
frunnpudu f gun f}en<uyny : |
Ole Gage wdf bg deb Eféugpne {fut jun Se aide phuñits Quugfuy Curie.
4 Ca. L qumqu Laqu.
1 Ca. LE TE
3 Ca. &ask. $ Ca. Ureitir wdppEy. C'est encore Urcedai,
3 À. Guy huh. Souk'man (el-Kothby).
L'émir perse Ahmed-Yel, qui depuis longtemps avait entendu vanter la bravoure
de Josselin, se lia d'amitié avec lui, et ils devinrent frères. De là Maudoud, se di-
rigeant avec toutes les troupes perses vers Antioche, s arrêta dans un lieu nommé
Schêzar”. Alors Tancrède réunit autour de lui tous les Franks. Il fut rejoint par
le roi de Jérusalem, Baudouin, par Bertrand, comte de Tripoli, et Baudouin,
comte d'Édesse. Les infidèles et les chrétiens se rencontrérent à Schézar; mais ils
n'en vinrent pas aux mains. Maudoud se retira furtivement dans son pays, et les
Franks rentrèrent chez eux en paix”.
A cette époque, Soukman, émir de l'Orient, mourut subitement en chemin,
d'un trépas qu'il méritait bien et que le Seigneur lui envoya pour le punir d'avoir
porté si souvent la ruine et le massacre dans la province d'Édesse ?.
LVII. Cette même année, Dieu vengea l'effusion du sang innocent par le chàâ-
timent qu'il infligea aux meurtriers de Kakig, Schahënschab, fils d'Aschod, le Ba-
traduit par M. Defrémery, sous le titre de Récit
de la première croisade, dans ses Mémoires d'Histoire
orientale, pages 60-64.) L'issue de cette invasion de
Maudoud est marquée par Albert d’Aix à la fin de
septembre {le 29), in festo Sancti Michaëlis archan-
geli. (Cf. Foulcher de Chartres, ad annum 1111,
cap xxxvir.) Kemäl-eddin raconte que les confédérés
musulmans étaient arrivés, dans leur marche vers
Antioche, à Ma arrat-en-no’mân le 29 de séfer 505
l Scheïzar, ville de Syrie, sur l'Oronte, dans le
voisinage et au nord-ouest de Hama, anciennement
Larisse; Cæsara de Guillaume de Tyr, et Zéep ou
Zéréep de Nicétas Choniatès.
2 Albert d'Aix, en racontant cette expédition,
donne la liste des vassaux de la principauté d’An-
tioche qui accoururent au secours de Tancrède, et
dans le nombre il énumère les chefs arméniens de
la Cilicie. Cette mention nous apprendqueles princes
d'Antioche se regardaient comme suzerains de ces (14 septembre 1111).
chefs; mais il ést fort douteux que ceux-ci recon- 3 Soukman el-Kothby s'étant porté contre Alep
nussent la légitimité de cette prétention. L’historien avec plusieurs émirs, ses confédérés, tomba ma-
latin dit : « Venerunt et Pancras (Pakarad, seigneur lade devant cette ville, et, en s'en retournant, il
« d'Arevéntan) et Corrouasilius (Kogh -Vasil) de civi- mourut à Bâlis. Les siens l'avaient placé dans un
« tate Crasson (K'eçoun); Ursinus quoquede monta- cercueil pour le transporter chez lui, lorsqu'ils
« nisAntiochiæ (le princeOschin deLampron): Ante- furent surpris et attaqués par Ilgazi, accouru pour
« vellus {le prince r'oupénien Thoros I‘) et Leo frater les faire prisonniers et les piller. Alors ils mirent
«ejus (Léon I“). » À Maudoud s'étaient jointscomme le cercueil au milieu d'eux, et, ayant repoussé Il-
auxiliaires l'atabek Toghtékin, Ahmed-Yel le Kurde, gazi, lui enlevèrent le butin qu'il avait avec lui:
Soukman el-Kotbby, Boursouk fils de Boursouk, après quoi ils rentrèrent chez eux. (Ibn-Alathir, ad
et autres émirs. (Cf. le fragment de Kemäl-eddin, anaum 505 (10 Juillet 1111-7 juin 1112).
HisTor. ARM. — Î]. 13
En
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98 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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Enbprip Jhlulu: Vu Jeprigbug Vonnewudwumeupu qupäus fe mt fup. qupäun b
1 Ca. Dave, Efu. — 2 Ca. bqewpp. — $ Ca. (Orepauk.
gratide, en se servant du bras du valeureux prince arménien Thoros, fils de Cons-
tantin, fils de R'oupên. Du temps de Thoros, les assassins de Kakig, roi d Arménie,
habitaient la forteresse de Guëntrôsgavis'. Ce château, entouré de formidables
défenses, élevait fièrement ses murs inexpugnables de tous côtés. Les trois fils de
Mandalé étaient encore vivants. L'un d'eux s était allié à Thoros, et par suite de
la parenté qui existait entre eux, üls lui avaient promis de lui céder la forteresse ;
car elle était située sur les limites des possessions de Thoros, dans le voisinage de
la contrée nommée Tzëquëèn-Dchour (Rivière du poisson), en face des montagnes
de Kamir (la Cappadoce). Thoros partit avec un faible détachement, pour aller
leur faire une visite d'amitié. Parvenu sur leur territoire, 11 leur fit annoncer son
arrivée. Alors un des meurtriers, s'étant muni de présents, vint trouver le chef
arménien, par lequel 11 fut accueilli parfaitement. Il lui offrit un couteau de prix
et un riche costume, et tous les deux mangèrent et burent ensemble. Thoros lui
dit : «J'ai votre promesse au sujet de votre forteresse. Livrez-la-moi, et en retour
«vous choisirez tel lieu qui vous conviendra dans toute l'étendue de mes do-
«maines.» Mais l'autre, démentant ce qui avait été convenu précédemment,
lui dit : «Nous ne pouvons pas te céder notre forteresse, parce que c'est l'hé-
“ritage de nos pères et la demeure de notre famille.» Thoros voyant quil
avait été trompé, lui rendit les présents qu'il avait reçus, et ajouta avec colère:
« Va, pars, retourne-t'en chez toi, et dès ce moment soyez en garde contre moi.»
l La forteresse de Guëntrôsgavis ou Gulzisdara
est la même que Ko6:51pa de Strabon (XIT, 1). Cet
auteur la place à trois cents stades de Césarée et
dans le voisinage de Tyane, au pied du Taurus, en
se dirigeant vers les Pyle Ciliciæ, ou défilé de Gou-
glag (Cogelaquus, Gogulat des chartes latines et fran-
çaises, aujourd'hui Kalek-Boghaz, voir pag. 30 et
31, note 5). Cicéron (Ad Atticum, lib. V, epist. 18)
l'indique dans la Cappadoce, auprès du Taurus.
Dans la Table chronologique de Héthoum, comte
de Gor'igos (Haytho ou Haytonus monachus), publiée
par le P. J. B. Aucher, à la suite de sa traduction
arménienne de l'Histoire des Tartares, la position
de cette forteresse, dont le nom est écrit 4évyepr”
&y, Guentrosgo, est fixée dans le thème de Ly-
candus.
|
|
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 99
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Leu Jy errerphque 3 { pt Jrpdal buis & ctuukhs pu eugbus k Jul Ynnisuk qrinl L
Eybu, paul au. L goppv (Ovepnuh an fit gebprt L Yuspurt grufoumuolquiuuts , L. Saubreug
undt qfu ropruk . L Yu Jyd Sfastuup L. gun dE due ne pufoni fbanlp b ebeyr b Ur
qgooukju fu 5. L green dress. b ebpqu , uluuwr ere fdfuu wnbly quibäunnuit Lngu ; Jus
gb aufEtnuÿts quueunfi quiu& auf Le wpdiuwfd} ail 'd auuEuinh £e d'agndbiuy : | RUE wukn
Dvepre g{jañanuhh spnhet, PE NN Epke un fu away ang LaSuivekpät Luyng
Buquenphu > L Ln pus ebphu- nbubiuy (Oepnuh Eqauy qualuuwyku, L unfEtauj gop.pt
T7 /d'E L Joan Srurhiuyheg (0 pneu griguub gqubäu bephuirg >, L Un Lpus ju buu ns
quufu h fonunu 6. uljuuiu b ben panel uit wplthy gunues ; € Jujuduul dpru breuygru wmquskp
ggopulquitil gb nuwpgËt qlu ru prupruljpnne pi ab pre ru SFngk > L Japan nupuils ä CrTU ahupi
| à Ca. nbuus.
5 .Ca. Uavenuwukur pu, Gantr'asgavis.
Vos 4eunEfu k fnuin.
1 Ca. 4 ppp.
3 Ca. wphuutfu.
Le déicide' s'en alla, tandis que Thoros faisait semblant devant lui de prendre le
chemin de sa résidence. Dès que le meurtrier eut disparu aux regards, Thoros
revint sur ses pas avec ses troupes, et pendant la nuit il s'avança Jusque sous les
murs de la place. Il mit en embuscade ses fantassins et s'éloigna dans la cam-
pagne avec sa cavalerie, afin d'y faire une incursion. Au lever de l'aurore, les
soldats de la garnison descendirent et se trouvèrent en face des gens apostés par
Thoros. Aussitôt ils prirent la fuite, et ceux-ci les poursuivirent en gravissant la
colline abrupte où est assise la forteresse. À cette vue, les fuyards fermèrent la
porte, tandis que les soldats de Thoros en barricadaient l'entrée par dehors. En
même temps, commençant l'attaque, ils mirent le feu à la toiture, qui s'enflamma
vivement. Témoins de l'incendie, ceux de l'intérieur, ayant ouvert une issue qui
donnait d'un autre côté, sortirent et se mirent à courir. Aussitôt les gens de Thoros
s'emparèrent de la forteresse, et firent prisonniers les fuyards. Ils vinrent lui racon-
ter ce succès, et ce prince, tout surpris et plein de joie, fitson entrée dans la place.
Le trésor fut le premier objet que cherchèrent les vainqueurs; car tout l'or et
l'argent du pays y avaient été mis en dépôt et entassés. Thoros dit aux fils de Man-
dalé : « Remettez-moi l'épée et les vêtements de Kakig, roi d'Arménie. » Ceux-ci lui
obéirent. À la vue de cesobjets, le prince et les siens fondirent en larmes. Ensuite
il leur dit de lui indiquer leur trésor, et comme ils s'y refusaient obstinément, il
ordonna de les appliquer à la torture. Un des trois frères ayant supplié les officiers
arméniens de le conduire dans un endroit escarpé, afin qu'il pût verser de l'eau,
il profita de cette occasion pour se précipiter du haut du rocher, et fut écrasé du
coup. Thoros ayant commandé de tourmenter l'un des deux qui restaient, celui-ci
Q e e . . \
du sacre au crime des juifs qui crucifièrent Jésus-
1 Matthieu qualifie l’un des assassins de Kakig Il
Christ.
de l'épithète de déicide, QÜoswassSumaut, EN assi-
milant le meurire d’un roi qui avait reçu l’onction
100 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
FE eupäpm bus pub fr deg, Lab vuumulhque supp à Vel quhau Enr
cour. fe fouñe wpuubs (Qrepru. & u jopük Ephuop wubn gf@rpeu, EE ar $uy
Jupe bu, dbp Sant fobup. q fus Qudpe aqannuufuuñif up Sonodhg Pauquenaf,
ng quanbu g$ranS up ?!: Gujudad opudinbius (Oopauh L qnju Ephumgu appiugnetk
ge, L'wnbu f af bp pk df fauñh L ququiuwpup jupdukEgun EE puy unpus
buubp, EE (4 6he rue np quyp $gop L qu Buquenpi Suyag uuituithhp.
Gun q fus uufuuñuh Einmp wqqfi Suyng: pe pupufount vu suquusep $upluiut
Du fish vumskhgue qui çunug dugneundes pe jujuduuf gate q{uune do np
Gun g4phd puit up Suyng wpeuyfit. fout gh Suyp Sopu fep” (ecgbu fr que.
Lugu Vaughuy bp: pe fuupugé opuphut qudEtÿt amie ungui qauqud quiudu k 4:
cube & fous jy dE SulSu wpdwfdf L aquan4bp no4bäny, L'wpéuft wnbu ing
LU Ste L'oeu Egpoyg got nuvbp, L qubp gone he pEt au$wuquivu :
Of P Bouquins Luyng 2h qepäbu de wpup sup L'wphiupan. qu
qu (Punlinneu Le quyg fasquyp f dEpuy punueft (en <ugy- h Ep jujul dudit uiusn.
qugbut pump fiulith. bu juiulwpäu4h Suuukp f dE paqupfi gfuf qunf
Juenepé dEnbjngt, k bp uuSdp dcr an: (pe quyp fpnubn f Gaeafiiu. L jupe gba
adEtuÿ pugliefbundh f qrent puqupft (lenSuye, Gwgbu quencpu p nfubkgun
be Ugo ougot, L'uñank quyp puvbp &urcge Ù Haye dun fr wphuuu : {ujudunl
1 Ca. quunbu ghg. — ? Ca. Lapiw. |
lui dit avec impudence: « Toi, tu es Arménien, et nous, nous sommes des seigneurs
«romains; quelle réponse vas-tu donner à notre souverain pour avoir maltraité un
« Romain? » Ces paroles rendirent Thoros furieux, et sa figure changea de couleur.
Saisissant le manche d'un marteau, il en frappa le Grec avec rage. « Qui étiez-vous,
«lui criait-il, qui étiez-vous, vous autres, lorsque vous avez assassiné un héros, le roi
« d'Arménie, consacré par l'onction sainte, et qu avez-vous répondu à la nation ar-
«ménienne? » Et il continua de l'assommer, en lui arrachant des gémissements, jus-
qu'à ce qu'il l'eût fait périr de cette mort douloureuse. Thoros rendit grâce à Dieu
de ce que sa justice n'avait pas laissé impuni le meurtre de Kakig, car il descendait
de ce monarque par R'oupén, son grand-père. Puis il enleva tout ce que les fils
de Mandalé possédaient de richesses, leurs trésors, qui étaient considérables, des
étoffes de brocart, des croix en argent d'une très-grande dimension, et une statue
coulée en or. Il emporta ce riche butin au château de Vahga, emmenant avec lui
celui des trois frères qui avait survécu, et après avoir confié à ses troupes la garde
de la forteresse tombée en son pouvoir.
LVIIT. En l'année 561 (22 février 1112-20 février 1113), Maudoud, cette
bête féroce, ce buveur de sang, ayant fait une nouvelle levée de troupes, marcha
contre Édesse, dans un moment où J'on était loin de l'attendre. Il parut tout à
coup devant cette ville, le lendemain de Pâques, jour de la fête des Morts, au
commencement du mois de sahmi’. Il arriva devant Goubin, et de là aux portes
d'Édesse, avec toutes ses forces. Étant resté en cet endroit huit jours, il se rendit
sur le sommet de la montagne de Saçoun”, d'où il descendit en se dirigeant vers
1 Dans l'Église arménienne, le lendemain de main 22, lundi, jour des Morts, correspondit au 1*
Pâques, ainsi que des autres grandes fêtes, Épi- du mois de sahmi dans l'année arménienne 561,
phanie, Transfiguration, Assomption, Exaltation qui s’ouvrit le 22 février.
de la Croix, est consacré à prier pour les morts. ? Saçoun ou Saçounk', forme vulgaire du mot Sa-
En 1112, Pâques tomba le 21 avril, etle lende- naçounk’', nom d’un district montagneux et considé-
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 101
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Guy Sauwukp f appui fr quant pue (Qraipe qu. L uyuuku puÿunyku diupur
les Saints-Martyrs, non loin du rempart. Le victorieux champion du Christ, le
comte Josselin, à la tête de trois cents cavaliers et de cent fantassins, se porta
vers Séroud}, où il entra. Aussitôt les Turks, au nombre de quinze cents cavaliers,
firent une diversion du côté de cette ville, le samedi d'Élie!. Josselin tomba sur
eux, les battit, fit cinq de leurs chefs prisonniers et leur enleva tous leurs bagages.
Les infidèles qui échappèrent à cette défaite coururent auprès de Maudoud, vers
Édesse. Celui-ci, en apprenant cette nouvelle, s'avança contre Josselin vers Sé-
roudj; mais Josselin, en étant parti furtivement, regagna Édesse. Maudoud, ayant
demeuré sept jours à Séroud}, revint sur Édesse. Quelques traîtres, accourus à
lui, lui dirent en route : « Fais-nous miséricorde, et nous livrerons aujourd hui
« notre ville entre tes mains. » Il consentit avec joie à cette proposition. Comme ces:
gens-là souffraient beaucoup de la disette, dans l'état de détresse où ils se trou-
vaient, ils ne surent pas ce qu'ils faisaient. Ayant conduit pendant la nuit Mau-
doud et cinq hommes avec lui, ils leur livrèrent la populeuse cité d'Édesse. Ils
leur remirent une tour qui dominait la ville du côté de l'est, et ces cinq hommes
en prirent possession; puis ceux-ci semparérent de deux autres tours où ils s'éta-
blirent en plus grand nombre. Mais Dieu, qui ne veut pas la perte des fidèles,
avait conduit auparavant Josselin au secours d Édesse, la cité bénie. Ce brave cham-
pion de Dieu, instruit de cette surprise, s'adjoignit le comte Baudouin, et, à la tête
des Franks, vola au rempart pour combattre les Turks. I attaqua la tour avec tant
sur les mœurs et la manière de vivre de ces monta-
gnards, de très-curieux détails que j'ai reproduits
dans mes Recherches sur la chronologie arménienne,
t. Ie", Ile partie, Anthologie chronologique, n° xxvur, .
rable de la Mésopotamie arménienne, compris dans
la province d’Agh'ëétznik’.—La partie nord de ce dis-
trict était habitée par des populations sauvages qui,
suivant la tradition, descendaient des Assyriens de
basse extraction émigrés dans ces lieux à la suite note 6
d'Adramélech et de Sarazar, fils de Sennachérib, 1 Le samedi d'Élie est celui de la semaine qui suit
roi d’Assyrie, lorsque ceux-ci, après avoir tué leur la Pentecôte, et pendant laquelle les Arméniens
père, cherchèrent un refuge en Arménie. (Cf. Moïse observent le jeûne. Ils la nomment le Semaine du pro.
de Khoren, Histoire d'Arménie, 1, xxur.) Thomas phète Elie. Cette année la Pentecôte tomba le 9 juin,
Ardzrouni, historien de la fin du 12° siècle, a donné, et le samedi d'Élie, par conséquent, le 15.
102 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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Bei qopug (vrcgews & dy Sbaue b awpuubht, Lennon pu L'unonpt f dfeuufit nus
ukbguius Vpe guet jujudhh Duubhus bal purqu pi [lenSuy b (Orreppug pupns.
Punk N'oubu Lay qopegu pq pugbwugt: Gujudal Gad AN ouf un pughnr Hbui,
cpanl bep L f XEnt supafuou jEqoewg pouqned wphet SEqEt wide fr purge pugbugt,
Le uquiulude L aypdudh $prj, L fupunnu gurwglüu, qnp n5 bp SuXEh Von ëg: Ve
Jet unl (funfinneuir jupnigbu gang bun (vingt, bunk Ephuop qiug
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géuuuith (fomg L a foveepbpe L'afleobè, L'qwpäyg k juagt ray : \pe gi
Swbagh bwquqo Dune f puqupt bep Vunhne:
U- Geo ah jupbq dy be dEnuñvkp dES balai Suyng np 4rskgun. Qvag Ù wep:
Le fab oncg vuvufl adEbaÿt uit Sayng, fut gb wa uw bfu degefbut fugbu
dreu Suyeg L'udEtanÿu qopet (Nwgpumntbwg L Qusqunnebbugt. L aprhpt Buqu
1 Ca. porte fautivement Gujudu wdpp.
de vigueur et d'intrépidité, qu'il précipita tous les ihfidèles du haut des murailles.
Ce fut ainsi que périrent à la fois et les traîtres qui avaient livré cette tour, et les
ennemis qui sy étaient installés. En ce jour, Édesse fut sauvée par la bravoure
de Josselin et des troupes de la ville. Ce prince, la colère dans le cœur, et excité par
des délations calomnieuses, fit couler beaucoup de sang innocent parmi les habi-
tants, ordonnant de les massacrer, de les brûler ou de leur infliger de cruels sup-
plices. Cette injuste rigueur fut odieuse aux yeux du Seigneur. Maudoud, ayant
levé le siége, vint s'emparer de Thëlmouzën'; et de là 1l se rendit dans le Kho-
raçan, couvert de honte et d'opprobre.
LIX. Cette même année, le comte d'Antioche, Tancrède, ayant rassemblé des
troupes, marcha contre le prince arménien Kogh'-Vasil. Il attaqua R'aban, et après
de vigoureux assauts, lui enleva eette ville. De là il s'avança sur K'éçoun, et s'ar-
rêta à l'extrémité de la plaine intérieure, auprès de Thil. Vasil, de son côté, réunit
cinq mille hommes. Quelques jours s'écoulèrent sans qu'ils en vinssent aux mains ;
après quoi ils firent la paix, et R'aban fut rendue à Tancrède par Vasil, qui avait
pris aux Franks Îe district de Haçan-Mëçour, ainsi que Thourer* et Ourémën”.
Tancrède s'en revint tranquillement chez lui, à Antioche.
LX. Cette même année, le 24 du mois d'arek (samedi 12 octobre), mourut le
grand prince Kogh-Vasil. Cette perte occasionna un deuil universel dans notre
nation. Auprès de lui s'étaient réunis les débris de l'armée arménienne, les troupes
des Bagratides et des Bahlavouni; à sa cour résidaient les princes du sang royal et
1 Thélmouzën, en arabe {y NS Tell-Mauzen, ? Thourer, ville située dans le voisinage et au sud-
ville ancienne et en ruines, située entre Ras-'ain ouest de Haçan-Mëçour. (Tchamitch, t. IE, index.)
et Séroudj, à une distance de dix milles environ 3 Ourémèën, ville du nord de l'Euphratèse. (Tcha-
de Ras-'ain. (Merdcid-el-itthila’, t. [*, p. 213.) mitch, ibid.)
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 103
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apr fus, L wfdan Sujpuughinnmfibus Ruyng ewohuupSft op Eque. uv gb wfoku,
Ep puqnud quemnwg fepaf gopmfbundfiu. L auEtuuf bpup Ypotun-npuwg, bufugown.
LS » $wpg L Juppuubtuuusg wn uw dagnl quiu Len Kuuwpul kuyhu dE dus. nepufuas.
bu Pénue foboutée Spayng Le Buntque pape À añeë Le ke Srebpupäns inpu
L <uyp lonuunnquiun buis wbp (Newpobn fufnsnbhoudu ung : Uxe nent Saquapuul ps
pafhue, L quunuququeg FE quSbuié bb L og squolure, L dunug ae à Ve
up Savqphh pq anepu funk Uuuts, puqnu quiudu h qfupuu, dfu L
Dophu- nu Lg But Gun À] euh nn Grp Saaghh. Lay fobeñrugt qui
man puqned puduyu, L wypannug puqoedl fusu s Upe eut ghobeuium fut | wub
€ Saey el npubu qnpnk h Eng $op bep, 4Enbgqunnbuf k'unfiSunkd, juan
b opeugqeefu, op paf L œqunnbquqgén, auliug f LE fig: ques tuannegft jufnn ES fofo,
Ufu ] auf L'uleu Suquitnkquitu edbtuwju goppu, fus gh pay wnunnuätnah L dEduw
aug ble whpljbog, jusu wdEkqneh L qomugu. L wpeop dfinupuis Fangnf bp (Nwpukn,
Log quuEtnuÿé fofuuunc fau fr Sr Ù uk. L bal mp file be dEpey uit
SyN3 |
uC: Cjuyel wdh h dupbph unir de nbnbght dE d- b Such uyut ul Suueph ;
!
la noblesse militaire d'Arménie, où ils vivaient en paix, et avec les honneurs dus
à leur rang. Le siége du patriarcat avait été transféré dans ses États, dont il avait
reculé au loin les Dis par sa valeur. Les moines, les évêques, les pères et les
docteurs s'étaient rassemblés auprès de lui, et ils y passaient leur vie, parfaitement
traités. Après sa mort, ce prince fut enterré à Garmir-Vank”. Son père spirituel et
son confesseur était le seigneur Basile, catholicos d'Arménie. Pour prix de la sé-
pulture qui fut accordée à Vasil, le couvent reçut mille tahégans. Cent cinquante,
ou même plus, furent consacrés à des messes. I1 y eut des repas sans fin pour les
pauvres. Tancrède reçut en cadeau une foule d'objets précieux, qui lui furent ap-
portés de la maison de Vasil, beaucoup d'argent, des étoffes de brocart, des chevaux
et des mulets. Le diadème de l'épouse de Vasil fut envoyé à la femme de Tancrède.
Les autres chefs de provinces obtinrent aussi une grande quantité de présents. Les
pauvres eurent également une bonne part de ces largesses. La principauté de Vasil
fut donnée à Vasil-Dgh'a, comme à un fils dans le sein de son père’. C'était un jeune
homme de bonne mine, à face de lion, habile, bonne tête, un fier et vaillant
guerrier. [1 avait vingt-cinq ans. On le fit asseoir sur le trône de Vasil, et toute
l'armée se soumit à lui, gagnée par la générosité et la munificence dont il don-
nait publiquement des marques à ses amis. Le seigneur Basile, ayant réuni une
assemblée générale, lui remit les rênes du gouvernement. Ce choix fit éclater l'al-
légresse parmi la nation arménienne.
LXI. Cette même année, le 18 du mois de maréri {jeudi 5 décembre), périt
empoisonné le plus grand de tous les fidèles, Tancrède, comte d'Antioche?. C'était
1 Phrase biblique empruntée à l'Évangile de
saint Jean (1, xvnr), et dont le sens est ici, comme rut empoisonné par le patriarche d’Antioche. Le
à un fils véritable et légitime; c’est-à-dire que Vasil siége était alors occupé par Bernard de Valence,
ancien évêque d’Arta, en Épire, qui leconserva jus-
Dgh'a succéda à Kogh-Vasil qui l'avait adopté et
le considérait comme son propre fils. qu’en 1129. Ïl avait suivi à la croisade, en qualité
3? Le chronographe Samuel d’Ani et Guiragos, de chapelain, le légat Adhémar de Monteil, évêque
du Puy. Aboulféda, ad annum 506 (1112-1213),
historien du xur° siècle, affirment, comme notre
auteur, d’après un bruit qui avait circulé sans doute ditque Vasil l'Arménien, (ge, Yi Jam, étant mort,
parmi les chrétiens orientaux, que Tancrède mou:
€«
104 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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puquph. b Bugbgus & uncpe Qéunpru fe dES JEkntsfé Vobreuy, q0p SPup4t fi
smpe wnuwuphu) ph banpnu L Qjoquus {pe Spaodistus Sauvaphh 4v6u jufdnn opu
gpncpapalu fer op 4rsbr (boxbe, up eu) L'wphutuit aunnbpuqlèr. juju ul qunnph.
wpqh Le odEtuuÿt holbostpu pautluug pub g(oXEpu jufinn Suvapkh L aus aUr-
ahnp h Fa unpus :
Cesu us Jionuÿ ouioui p tra tuuiu.ptr dE SU Shut L Cepouwt b (reepp gopwgi
Æplee Vesbh (ocpftuy senc. ape 6fv b avwgu Ù wub :
U( \. apaäbus Enk h Hnoulqjuiun(buñiy Suns che wuopht L cwpfutuppn quuquil
[edinns ui appt augure (uufits ecpobg, que fowquyp wuSwdiup qgopop hi JErmu Druu_
fuug. L Swuwtkp fi puqupu Swxwg np Ynsh Juwnuu: Upe jpujodunf À] umnfiüt nuit
fer Su bp gone hum (Ouen. jujodul juge hu euithug pp supwoncisp
L qunt npnXon.p Sunljuur supne bat b dnrunefbuiu Suwunegquitkfiu own Yet L wub,
EE (Nawqgm lp fuupañubos Eu laudpu qpuwqu.pu (}en<uy bp Qreeppt au be Unpuw
l Je lis ainsi, au lieu de Gwpwjauts p.
= —
un homme pieux et saint, d'un caractère bienveillant et rempli de charité; il
avait sans cesse l'attention tournée à faire le bien des chrétiens; il se montrait
plein d'humilité envers tous et d'une justice parfaite dans l'application des lois et
des prescriptions de Dieu. I mourut à Antioche et fut inhumé dans la princi-
pale église de cette ville, à Saint-Pierre, dont les fondements avaient été posés
jadis par les apôtres saint Pierre et saint Paul. Conformément à ses dernières
_ volontés, on lui donna pour successeur le fils de sa sœur, Roger’, qui était un 1n-
trépide guerrier. Le patriarche et tous les chefs franks ayant installé Roger sur le
trône, le mirent en possession d'Antioche.
Cette année, deux chefs qui faisaient partie de l'armée de Vasil, le grand Ti-
grane et Ablaçath, furent tués par les Turks, dans le pays de Léon, [petit-]fils de
R'oupên*. | |
LXIL En l'année 562 (21 février 1113-20 février 1114), l'émir Maudoud,
général des Perses, ce scélérat sanguinaire, s'avança à la tête d'une armée innom-
brable contre les Franks; 11 arriva à Khar'an, ville des musulmans. En ce mo-
ment, Baudouin, comte d'Édesse, se trouvait avec ses troupes dans la ville de
Thélbaschar. Quelques Franks, gens pernicieux et habitués à ruminer le mal,
rapportèrent au comte des propos inventés par la méchaneeté et la perfidie, et lui
dirent qu'une foule d'habitants s'étaient ligués pour livrer Édesse aux Turks; le
"le seigneur d’Antioche partit pour aller s'emparer
des États de ce dernier, et que, comme il avait suc-
combé en chemin, sire Roger, JL>yaw, s'en rendit
maître. Foulcher de Chartres (chap. xxxvit1) donne
la date du 26 novembre :
Jam bis tredecies sol viserat Arcitenentem,
Cum subiit quod erat, ut quod fuit id foret ipse.
1 Roger, fils de Richard du Principat, cousin
germain de Tancrède; il gouverna la principauté
d'Antioche pendant la minorité du fils de Boë-
mond. (Cf. Guillaume de Tyr, XI, xvinr et xx;
Du Cange, dans ses notes sur l'Alexiade, Stemma
dacum Apuliæ et regum Siciliæ ex familia norman-
nica.)
2? Léon [° était frère de Thoros et fils de Cons-
tantin, fils de R'oupén. Thoros étant mort sans lais-
ser d'enfants, Léon lui succéda en 1129. Par ces
mots, le pays de Léon, Matthieu entend la Cilicie,
qui était appelée par les auteurs arabes, au temps
des croisades, yoY (pri 5%, pays du fils de Léon,
ou bien (su 534 UYT Royal) co Ÿi 5, pays
de Sis. (Cf. Ibn-Alathir, passim, Aboulféda, Géogra-
phie, éd. de MM. Reinaud et de Slane, p. 257, et
d'Anville, Géographie anc. abrég. t. II, p. 95.)
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 105
Gaanmmgbeug une supuluouns fuit wvopkt lb sup jhqnewg, L pujudunf fhäne di sup
Euubp fr udiuk. wnuphug feunduqukh ant Up gay L Spudiujbewg quEtuwuÿju
pump { ler $uy Sub hpwnwphv, kns Jiuug fr puqupu dEl diupe. ay bop$nipt pu
che supwgkd wgqh, L juunp jujudpl fe quiu vpn Suphuuby L Yaenpbg qudEtuuÿh
puqupl un Gumupmul. k jodwphhiu f SEqrig qupfuu whupumnhqu L qu'ulqug np asbus
£pu gopd bou cupunn juildwvg. puyg fr suprrffbuit opuhg we fit fephutg quulinuju np
supepunp fwpSkfu : eg bjuwdub ai up b gauenep Ghepaulh k Xl Monet Sunwuk
b déc Men Segy sup nb qunbn but, np nepugus Sup qepak L epnt 4$r
Juuu gb jeug L ane Loges on <ennopeul ju nujh peuquph, L wpemwuncop, uqny L
pad funlp gnsbfe ont own ench fouut qh E<uiv Juphuwg keuul qufEtufu paru pi,
L uphy Spediuybawg qnpu b ab quwlkfiu. ns Pug L ns dh, pouyg dpujt ap nefdumhb. b
quju pbm yF4Eabghu fi uneap Qrapnu Fagnfbes Efiu k Ypeju ghunenpop, L wi
guauus (pe Gp jusncpt jujudpl vnig dES & fEpuy [en Sue, gb ut np dhuy 4wp_
bu b dEpuy taf fps & ns rwg fs sup gfon op vs mob fr fEpuy pu.
elu (ler <$iun) gl Deuwlug : (| »pe Juyol Juyphr jgwe wuugbeh juniuÿfii nbunqugu,
app wuwgfii, FRE ui] anruslil Cekoupne bug dE tuuju pp pauqupfiu fr Vjuuneuunn.
L Eagle digpepuqut (lenSuy qunugh, L'un. fepl qufé db eyef vu ep dye be
Januÿ aEtnuft upespeSng, Le un fupu dannkp qulEtuju gprebaquu wfuoupsf, L Gun
aÿÿ np junuÿewgniu Hjuukfe foushe.p pugnkd auulogs, pophu dis pañnuqnd qoufit wa
comte ajouta foi à ces calomnies et écouta les paroles de ces langues menteuses.
Un mauvais dessein émana de sa pensée; il envoya immédiatement le comte de
Séroudÿ, Païen!, à Édesse, avec l'ordre d’en faire sortir les habitants, de manière
qu'il n'y en restât pas un seul. Cette nation à l'aspect hideux résolut de les chasser
ce jour même, l'épée à la main, et de les massacrer. Les Franks s'empressèrent
ainsi de répandre le sang innocent, d'immoler des gens qui n'avaient cominis
volontairement aucune offense; mais cette nation au cœur pervers regardait toutes
les autres comme capables de mal.
Le 20 du mois de sahmi, un dimanche, à l'heure de l'office du repas”, une hor-
rible calamité tomba sur Édesse : le père méconnut son fils, le fils renia son père;
les plaintes, les lamentations et les gémissements éclatèrent partout; chaque mai-
son, plongée dans le deuil, le chagrin et le désespoir, retentissait de cris. Ils
expulsèrent les habitants de leurs foyers, les chassèrent de la ville et ordonnèrent
de brûler ceux que l'on trouverait renfermés dans les maisons; il n'en resta pas
un seul, à l'exception de quatre-vingts hommes, qui se réfugièrent vers le soir
dans l'église de Saint-Thoros (Théodore) et qui furent renfermés dans la forte-
resse, sous la garde de soldats. Ce fut un jour terrible pour Édesse. Chacun de
ceux qui en furent témoins déplorait le sort qui le frappait lui-même. Il n'y eut
pas d'atrocités que les Franks ne commissent. Alors s’accomplit la parole des an-
ciens prophètes, qui avaient dit: « Malheur au peuple d'Abgar!» Ces infortunés
proscrits se retirèrent à Samosate; et Édesse, cette illustre métropole, resta déserte;
elle devint comme une veuve, celle qui auparavant était la mère de tous, qui grou-
pait autour d'elle les populations dispersées des autres pays etceux aussi qui accou-
rurent avec la Croix au-devant des Franks, lorsque ces derniers vinrent à eux en
signe la quatrième heure canonique de. l'Église
arménienne, sexte du bréviaire latin. Cette heure
correspond à peu près à midi.
1 Paganus de Sororgia, dans Albert d'Aix, XI, xL.
? Cette année, le 20 de sahmi vague tomba le
11 mai julien. — L'expression office du repas dé-
Histor. ARM. — I.
14
106 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
Ur. Lu pofouñnuk puplagi qui wjuuhu qnpéEgft pue vauw, L sup Sunnnrgfir
anfnujh $ucunnugEng :
UV: Gus ge (rrepewg re 6ft fun Ghuyp niuguukp fus \pfçunn qhuit,
Le pauqug wdbtuÿe page und be gag b uncpp puqut Vppreowqhd, un funk.
pue dun Puqurnpfu \pprouwghdh L pue wdEtuju gg pruvhug : Uxe yrpdunl
goes quyu Quoi EE giug (uniant L fgu fnmbiu parus, anliushus
be por om bu} gré bent. wnmekp Bnn@ k en Suy, qupäneguiubp gpu
qupugfel, L aff uen quplur adEtuÿt dupe bmb fig:
Pot Buqueop\ppacownhdiug mnuphug jure L qutS koi a uiuluug 4 (ox Et
Qbug on fi, qulinuÿt qoppu bautug L qhodit Spuuoqury grotte O x br, L
fupuñs qéugfé fe Gofi Gnpur à Vol qopet Venu Sawpnwghus 1Efe, jun
pugui L Euh k fEpuy qopwgu (Ovecppug & quunbquql, EB4 ab 16 quygbt Viunpn.
esghpt L wnhnegqnu wiunch puPfruifibuu?s {re Uouniwd n5 SuX que puy bnpsnipr
Supra Grgu L juif wpug quijuwpeuuiin {ut age. ut qf japdunf
Jupéutégui pue dhdbuñvu f quuntpuql kb juni Egfu qorpv (srepewg qopugt Maui.
Qug, L qupänegfé guauu f fufuneuun, L'upp dnunurenp ouf f gopugt aug L
gSbunlaul gone qulltusft frinapkgfiu : pe dj nd uyp pu) f gong (ureppug Sub
Puqarnpfu \ppocounhdiy, L'Ephufh pourri Suphuithn 4@bhnite vepu. fuk ünpu
ogheulquit Vonaeus kg L bphbug ques. fut gb unjtunliuft Suubl fu gop et Unnfinpu_
geeg L Spwuoqun: \pe bubut qui (NoxEp Gad arhr puy, L qr5bug rpubu quafn à
1 Ca. qgepov bp. — ? Ca. puÿncfbulp.
mendiants. Et maintenant, pour prix des bienfaits qu'Édesse leur avait prodigués,
ils l'ont accablée des plus indignes traitemerits, et ont fait le malheur des fidèles.
LXIIL. À cette époque, les Turks qui stationnaient à Khar'an, ayant franchi
l'Euphrate, se portèrent en nombre immense contre Jérusalem, pour attaquer le
roi de la Cité sainte et toute la nation des Franks. Baudouin, apprenant cette
nouvelle agression de Maudoud, et sachant qu'il avait fait halte sur les limites du
royaume de Jérusalem, eut honte de la trahison dont il s'était rendu coupable
envers les habitants d'Édesse. Il écrivit pour donner l'ordre de les y faire rentrer,
et au bout de trois jours chacun d'eux revit ses foyers. ‘
Les infidèles campèrent auprès de la ville de Tibériade, non loin de la mer
de ce nom. Le roi de Jérusalem envoya chercher à Antioche le grand comte
des Franks, Roger, toutes les troupés frankes et le comte de Tripoli, fils de
Saint-Gilles'. Tous répondirent à cet appel. Cependant les troupes de Jérusalem,
enflées d'orgueil, se hâtèrent de s’avancer contre les Turks, afin de prévenir l'ar-
rivée de celles d'Antioche et de leur enlever l'honneur de la victoire. Mais Dieu,
irrité de cette pensée présomptueuse, la fit tourner à leur confusion. Les deux
armées en étant venues aux mains, les Turks culbutèrent les chrétiens, les mirent
en fuite et leur tuërent plusieurs chefs d'un haut rang. Toute l'infanterie franke
fut exterminée. Un infidèle, qui était un des plus braves, fondant sur le roi de
Jérusalem, lui asséna sur les épaules un coup de sa massue de fer. Mais Dieu veil-
lait sur le roi et le sauva, car dans ce moment survinrent ceux d'Antioche et de
Tripoli. À la vue des Franks ainsi maltraités, le comte d Antioche, Roger, rugis-
1 Le comte de Tripoli, dont parle ici Matthieu, Pons avait épousé Cécile, veuve de Tancrède et fille
est Pons, fils de Bertrand, et petit-fils de Raymond cadette de Philippe I‘, roi de France, d'après le
de Saint-Gilles. C'est donc à tort qu'il le nomme désir exprimé par Tancrède lui-même, dans ses
fil de Saint-Gilles. Bertrand était mort en 1112. derniers moments.
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 107
L SuuwvEp fugdomqukh wugp, L qepänyg hf duufuncun qgoppu (@raippug k plug
guwquenpu L quliuÿ qopit | ppreuunhiu: Gajidunl puñuuyhgus gone uypege us
bd} Yan Erbiv, Los wpuopfiu cqunnbqwqn puy pull ut se Geugbag we annpu, L
qupdwe U'udinncuy L din fr Do puyep, gop£ Dauuljauy gupà are" app faq.
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qudfpuuju “}u5uuy gSeeqofhfé L wnbney gpeumupls Une eyu funp$nepg UEUqnf/Eutiu
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Guru, gh uaquiug£ qUwdiènneuu: | xe El Japan Equitkp V'edinncuu foutu wngofdhg
bepbuug\ L up Yuuqubu f dEg X'Ediupusufits ur Geupdhp opte, quyp Qupuhlt L jui.
poser que Maudoud, au moment où il fut tué, sor-
tait de son oratoire particulier, tandis que ce fut sur
le seuil de la Djami' ou grande mosquée qu'il périt.
1 Notre manuscrit porte kp»g, génitif de #:p, son,
sa, ses; mais il faut lire, sans aucun doute, hphuvy,
lear ou leurs. La première leçon pourrait faire sup-
sant comme ün lion, se précipita sur les Turks, les mit en déroute et dégagea le
roi de Jérusalem et son armée. De là les infidèles allèrent camper sur un des
flancs de la montagne, et le combat prit fin. Après avoir fait halte quelques jours,
Maudoud se retira à Damas, tandis que les divers corps franks reprenaient chacun
la route des villes d'où ils étaient venus".
Pendant son séjour à Damas, Maudoud conçut la pensée de faire périr Togh-
tékin, émir de cette ville, dans l'intention de s'en emparer. Cetté trahison étant
parvenue aux oreilles de l'émir, il tira de sa prison un condamné à mort, Perse
de nation, lui promit sa grâce et des honneurs, s'il voulait tuer Maudoud, et lui
donna en même temps 5oo tahégans. Au moment où Maudoud sortait de la mos-
quée, où il était allé faire sa prière, et tandis qu'il était debout au milieu du por-
tique, auprès d'une colonne rouge, le Perse s'approcha, et, lui plongeant tout à
trente chevaliers, et dans le nombre le brave Ri-
chard de Brus, perdirent la vie. Au bout de trois
Jours arrivèrent Roger d'Antioche, Pons de Tripoli,
Baudouin d'Édesse et Josselin. Les Franks gagnèrent
les montagnes qui étaient en face des Turks. Pen-
dant vingt-six jours les deux armées restèrent sans
bouger. Enfin les ennemis, qui se trouvaient éloi-
gnés des villes qui leur appartenaient, furent forcés, ‘
par le manque de vivres, de se retirer, et se por-
tèrent vers Damas. Guillaume de Tyr (XI, xx) af.
firme, comme Matthieu, que la défaite des chrétiens
fut occasionnée par l’impatience du roi de Jérusa-
lem, qui ne voulut pas attendre l'arrivée de ses alliés.
Foulcher de Chartres (chap. x) indique comme
date de ce combat le 12 juin r113:
Ter quater exorto sub Cancri sidere Phæbo
Dissipat incautos truciter gens perfida Francos.
Iba-Alathir et Aboulféda (ad annum 507) mar-
quent le 13 de moharrem (30 juin 1113). Les
musulmans rentrèrent à Damas dans le mois de
rabi premier (septembre-octobre). Cf. Aboulfarad)
(Chron. syr. p. 295).
! Maudoud, s'étant adjoint Témirek; dysë,
seigneur de Sindjar, Aiïaz, ;L}, fils d'Ilgazi et Togh-
tékin de Damas, marcha contre les Franks. Les in-
fidèles, laissant à droite le territoire d’Antioche, et
longeant Apamée, entrèrent dans la Syrie; puis,
passant à gauche de Damas, ils pénétrèrent dans la
Phénicie, en cheminant entre T yr et Césarée de Phi-
lippe. Franchissant ensuite les montagnes du pays
de Nephtali et de Zabulon, ils dévastèrent le mo-
nastère du mont Thabor, dont ils massacrèrent les
religieux, et vinrent camper au sud du lac de Ti-
bériade, entre deux affluents du Jourdain, dans
une île qui avait accès par deux ponts. À la nou-
velle de cette invasion, le roi Baudouin partit de
Ptolémais, et s'avança jusqu'au pont qui conduisait
à Tibériade. Les chrétiens, apercevant un détache-
ment de cinq cents Turks, s’élancèfent à leur pour-
suite; mais ils tombèrent dans une embuscade de
deux mille infidèles, qui les taillèrent en pièces.
Baudouin prit la fuite après avoir perdu son éten-
dard, sa tente, des vases d'argent et autres objetspré-
cieux. Le patriarche Arnould réussit aussi à se sau-
ver. Douze cents chrétiens, parmi lesquels étaient
14.
—
EE Ré de mt el ee pm See ec cn,
108 . EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
Gps wkh Sopuñitp nuwtolu qéubny prie, L owmukbug quo L qui ququiis
ein. L Qupuplt b vaÿe bb supusup uumukbque. L qongt \fanfinnranfi
phugfu fufonulquiu pub Quwpukg :
Uh- Geo of juuébuñti ph jusinq SfugEpeprk, dénuthp Suypuubuit Lung
bp (Napubn: age Fis quanu$tu Un swpf wggkgn HER. fut gb jaune dpm
bp b dép wutbwgt b qhodr ap Yrsh U'wpnuSEpf pp bp dEpé ju uno fr us.
die UESbwbne. wowkbqnegt SuugbpE uyp jupe, puSuuyhee, Eubulnagnupre, L
Jañups-wkh ue L YnpS-ufutque mo. Los mdtp bqh ous puy pui burn
(apunh, dut qh Saga Yon Gore auphou muñé L pb. Le aupbus bah quenequ à:
Le wap auitly afp Ke duupu (ep np 4rsh Coca L UE fEuwdi fepr) inuyp
quon Sapin but fup L'aport f Qehanghe pet Vabruwft, ap bp pncpoert
bp ue: (fénus bp (Nwpobq k Bunkgur h Cocqét dESue Suivahufe,
que f Seypuutimuqui gbpkqdaiuf :
coup son couteau dans le flanc gauche, lui donna la mort. Telle fut la fin de cette
bête féroce, altérée de sang. Le meurtrier fut impitoyablement massacré sur le
lieu même; et les troupes de Maudoud, se débandant, s'en retournèrent en Perse !.
LXIV. Cette même année, dans le mois de drê, un jeudi”, mourut le catholicos
d'Arménie, le seigneur Basile, par un accident qui fut l'œuvre du démon. Un
jour, étant monté sur la terrasse de sa maison dans le village de Vartahéri, situé
non loin et sur les confins les plus reculés de Béhesni”, 1l était là en prière avec
ses disciples, des prêtres et des évêques, lorsque tout à coup la maison s'éeroula.
Personne n'éprouva de mal, si ce n'est Basile, qui se heurta et se brisa le côté contre
la muraille. Il survécut trois jours à cette blessure. I se fit transporter à son cou-
vent de Schough'r", et, avant de rendre le dernier soupir, il donna lui-même le
trône et le voile du patriarcat® à Grégoire (Krikorès), fils d’Abirad, qui était le fils”
de la sœur du seigneur Vahram. Basile fut enterré à Schough'r avec une pompe
solennelle, et déposé dans le tombeau des patriarches. |
1 Suivant Ibn-Alathir, Aboulféda et Ibn-Kbhalli-
kan, Maudoud fut tué par un Bathénien ou Ismaé-
lien au moment où il sortait de la grande mosquée
de Damas, le vendredi 12 de rabi second 507
(21 sept. 1113). Cet homme fut massacré à l’ins-
tant même. Afin de constater son identité, on lui
coupa la tête, que l’on envoya dedivers côtés, mais
personne ne le reconnut. On voit que Matthieu a
suivi une autre version, qui imputait à Toghtékin
le meurtre de Maudoud. Cette version avait été
adoptée par quelques personnes, à ce que rapporte
Aboulfaradj (Chron. syr. p. 295-296); c'est celle
qu'ont suivie Guillaume de Tyr (XI, xx) et Albert
d'Aix (XII, xvii). Aboulfaradj ajoute que le bruit
courut aussi que c'était Ridhouân qui avait envoyé
cet Ismaélien.
? Le mois de drê vague correspondit cette an-
née à l'intervalle compris entre le 22 mai et le
20 juin juliens inclusivement. Cette année ayant
eu pour lettre dominicale E, le jeudi tomba le 22 et
le 29 mai, le 5, le 12 et le 19 juin. Il est donc im-
possible de préciser celui de ces cinq quantièmes
mensuels auquel mourut Basile.
3 Béhesni, Béhesna ou Béhesdin, place forte de
l'Euphratèse, à deux journées de marche et au
nord-ouest d'Aïn-tab, entre Raban et Hisn-Man-
sour, non loin de Marasch et de Samosate. {Aboul-
féda, Géographie, p. 265 ; Merdcid-el-itthila', t. I,
p. 183.)
Tchamitch, en rapportant (t. Ill, p. 35) l'acci-
dent qui fit périr le patriarche Basile, dit qu'il se
brisa la colonne vertébrale.
& Schough'r, couvent de la Montagne-Noire, si-
tué entre Marasch et Sis, sur une élévation très-
boisée , à deux journées de distance de la première
de ces deux villes. L'ancienne église de Schougbr,
bâtie en pierres, subsiste encore aujourd'hui. (In-
djidji, Armén. mod. p. 376.) Ce movastère est appe-
_ 1é aussi Couvent des Basiliens, parce qu'il était sous
la règle de saint Basile. (Voir plus loin, ch. Lxvii.)
5 Un des insignes des patriarches arméniens est
le voile, dont l’usage est passé aussi aux évêques et
aux vartabeds (docteurs en théologie). Il est en
étoffe noire, et recouvre la tête en forme de capu-
chon conique, en retombant sur les épaules.
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 109
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dufbguit abgauty hou: Yuvpder (Nncpuncfii fr pwqupt (jen Su, L'atunf guy
LXV. Cette même année, le seigneur Grégoire, fils d'Abirad, fut élevé sur le
siége pontifical. Il descendait de Grégoire Magistros, fils de Vaçag le Bahlavouni.
Après que Basile fut mort, des évêques et des pères tinrent une assemblée à Garmir-
Vank” (le Couvent-Rouge), sur les limites du district de K’éçoun; et, par la volonté
de l'Esprit Saint, ils consacrèrent le seigneur Grégoire, d'abord évêque de la na-
tion arménienne, et ensuite, le même jour, catholicos, et le placèrent sur le trône
de saint Grégoire. Il était tout jeune, car la barbe n'avait pas encore commencé à
lui pousser; il était haut de taille, beau de visage et humble de caractère.
LXVI. En l'année 563 (21 février 1114-20 février 1115), le sulthan des
Perses, Daph'ar, fils de Mélik-Schah , rassembla une armée et en confia le com-
mandeément au grand émir Boursoukh (Boursouky)'. Celui-ci, ayant pris avec
loi le fils du sulthan encore enfant?, marcha contre Édesse, à la tête de forces im-
posantes. Le 24 du mois de sahmi, un vendredi”, il arriva sous les murs de cette
ville, et ne cessa de l'attaquer vivement pendant trente jours. De là il atteignit
l'Euphrate et ravagea tout le pays qui longe ses bords; puis il se porta contre la
ville de Bir, située sur l'Euphrate. Toutes les troupes frankes du côté occidental
de ce fleuve se réunirent, mais n'osèrent pas se mesurer avec lui. Boursoukh re-
vint vers Édesse et de là vers Mëdzpin (Nisibe), ville des musulmans. L'émir Tgazi‘
Sindjar. (Aboulféda, Annal. t. DI, p. 382, 388, 392
et.410.) Albert d'Aix le nomme Bargoldus, Guï-
Jaume de Tyr Borsequinus, et son traducteur français
Borsses ou Borssequin.
? Maçoud, surnommé Ghiâth-eddin, lequel régna
plus tard. Ibn-Alathir et Ibn-Djouzi disent, comme
Matthieu, qu'il accompagna Boursouky dans cette
expédition avec des forces considérables.
$ Cette année, le 24 de sahmi vague correspon-
ditau 15 mai julien. Cette date concorde avec celle
que donne Ibn-Alathir, le mois de dsou'thiddjé
508 (mai 1114).
* Nedjm-eddin Ilgazi, fils d'Artoukh (Ortok),
1 Abou-Sa'ïd Ak-Sonkor el-Boursonky el-Gäzi, sur-
nommé Kâcim-eddaula Seif-eddin , affranchi de l’un
des deux Boursouk, dont il est parlé p. 96, note 6.
Le sulthan Mohammed le fit émir de Mossoul, à la
place de Maudoud, et après la mort de ce dernier.
Boursouky conserva ce gouvernement jusqu'en 509
hég. (1115-1116), où il fut remplacé par l'émir
Djoiïousch-Beg, et il se retira dans la ville de Raha-
bah, qui lui fut assignée comme fief. En 512 (1118-
1119}, le sulthan le nomma préfet, schihneh, de
Bagdad; plus tard, en 515 (1121-1122), ce même
souverain lui rendit la principauté de Mossoul
avec ses dépendances, comme Djéziré-Ibn-"Omar et
110 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
EUSebé pue SuXlqug à Ve d'age pop bougé Wowgh & Quel b dun qu
| Epuqiiur Jen tafv { Nazpunz/ufis, L epeopfit qu paufuunulkquits L Yusquiu aspnb une pe
caf, L jh fe puy Habit gen :
le Gegel ed bg Vouneuswumnn pape nt f dou mpupuSngu. anis gl
Pupu Sbp Uunneud dE gopne bug fepr L dEgur upon bang fepry
Suykgun jupaqudu fep gb nptle diupeluit un Sup EE dpnpbos juppapne [ui
Mbauuup$e wfterk, pou diupquphft ap wubkp, EPE AS +9 b Sudñulh juyudhh flous,
lupqugh lunufünpg, Las np & op un gewph,k ns nb ns hi: Ùjuuhub ophrukqu
adEub.pfi hptgfé qu'topln bat Xafnuupun$h dEquenuug L annbgfé quEtuuÿt sus
ane fpuñuu L gbpue nee homme Sa. fut qh ns boue L ns qopuuitp Le 05 agepqequi, p
Les unafhongp, puSañtuuyp L Ypotuenpe ns Minugfiu Las ugft f 48 Vounndn
cquhe, of] puBugui q$bun givre buis diupée. Lang ubph aobupsu L que ut
Lu Suuliupkgu Vuunmaud f 4npS game di dEqug- Lu El quan puivfit diupqu_
PÉEE np wubp, [\ Suyh JErkbe L ouy gages oliu. L'une qh Suybgue She UunnuS ju
eudu pwphugue, L'upupusp juif nf Yrpéuuhy just gopreBbuñg Stunt: x
bg aguiuhu. Just qh us judobuñi Biupbph p# ui juunepé jop Ghepwkbf noth fous.
qheufi Egl dES L'ummnfh wp$urhoe f {Epuy bEgEpug, np ns pour ujuuhuf punhne
et Balag, ayant rassemblé leurs troupes, lui livrérent un grand combat, le vain-
quirent et le mirent en fuite. Ils firent prisonnier le fils du sulthan; mais plus
tard ils le relâchèrent.
LXVII. Cette même année, la colère céleste éclata contre les créatures. Dieu,
dans sa toute-puissance et son courroux, jeta ses regards sur elles. Il était irrité
contre les fils des hommes qui s'étaient égarés, en s'écartant du droit sentier, sui-
vant cette parole du Prophète : « [1 n'y a dans ce temps-ci personne, ni prince, ni
« prophète, ni chef, qui pratique la justice; il n'ÿ en a pas un seul. » Ce fut ainsi
que tous suivirent avec entraînement la route de la perversité, qu'ils prirent en
haine les commandements et les volontés de Dieu; princes, guerriers, hommes
du peuple, prélats, prêtres, moines, aucun ne resta ferme dans la bonne voie.
Tous s'abandonnèrent aux penchants corporels, aux voluptés mondaines, choses
que le Seigneur considère comme le plus haut degré du péché. On vit alors
se réaliser cette menace du Prophète : « Îl regarde la terre et la fait trembler.»
Dieu ayant jeté un regard courroucé sur ses créatures, elles ne purent s empé-
cher d'être abattues par la terreur de ses prodiges. Voici comment cela eut lieu.
Le 12 du mois de maréri, un dimanche, jour de la fête de l'Invention de la
Croix?, un phénomène terrible éclata, signe de colère tel que jamais de mémoire
avait été d’abord gouverneur de Bagdad pour les
sulthans seldjoukides de Perse, et après la mort de
son frère Soukman, il occupa Mardin. Il devint un
des princes les plus puissants de la Syrie, et soutint
de nombreux combats contre les croisés. Il mourut
dans le mois de ramadhän 516 (novembre 1112),
suivant Abou’1-Méhacen, Ibn-Alathir, Aboulféda et
Ibn-Djouzi, date qui se rapporte à celle donnée par
Matthieu. Ibn-Djouzi ajoute que d'autres plaçaient
la mort d'Ilgazi en 515 (1121-1122), ce quis'ac-
corderait avec l'époque fixée par Guillaume de Tyr
(XII, xiv), qui indique l'année 1121 de l'Incarna-
tion. En 511 hég. (1217-1118), les habitants d'A.
lep, fatigués des perturbations qu'occasionnait dans
le gouvernement la minorité de Sulthan-schah, fils
de Ridhouäân, tour à tour livré à des tuteurs (ata-
beks) différents, et craignant les Franks, remirent
leur ville à Hgazi, qui en confia la défense à son fils
Houçam-eddin Timour-tasch. (Aboulféda, Annal.
t. II, p. 390.)
1 Psaume CII, xxxni.
? Le 13 de maréri vague concorda cette année
avec le 29 novembre julien, veille de la fête de
Saint André. C'est par erreur que Matthieu rappelle
ici celle de l’Invention de la Croix, fête mobile de
l'Église arménienne, variant dans l'intervalle du 23
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 111
Bb$ uumopwréh ns junes L ns add Le og fr quannefpuñnrg qprg vpang : Ve we wrças
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Gauupulg al tuÿt wpupudp. L El apqee dé vunnlqunghu L'uSwe ft Prqliodf zundk.
gere Ephhp, Libolte sauumuntquii Le erunaud Jhfp L Split ppnepe. L fe omuugne EE
uÇwenp pwplhn but Suskfit 1bphup L pop L heph 4Etquuh vituumhp vuursttru
debbi, np L 0bb bo 1bbbp puppune (Epuñug, L eup bepl qarsec fi poulie huit pus
Suguog à Ve ayuoh epféaues fepl 450 Sbbur bbpbus app spupuse just
gopn buis SEunt Von: ant gb un Sauupuk fepl qunbuz Sbsbug ulinuÿt
quoue L 1krfle, L epubu géunu $ngdiu4nébuqu Epépuyp qoquyp vuuuñthp. L quyp
aghr L Shmfdful wpwpudnge npuyko gpwqgèphes <heuughu, dEdusr EpYheats
drpsune jetée, L bpéfe grseGabe éép bep ghafonnut, L opounplinfs
qupSnpkp, Le beple déquequque np Euÿi ageng L pupre fr wpumuuneug Sañtkp. L jubyb 1h.
hp Ajit gGuf up tt fepl qh Sul efobplu. k just pupeuna pp fObuit ut.
Laujb np pre uwSunntque fr ÿbtaugu. LL wuwafit, EE pu op funumwpudh L puni
drpnud's O n qeujh uni quunnhbpt nbkp- op Ep Yhpwkk, L Æujh f jun Æwujuv bp, L
d'homme un pareil ne s'était manifesté dans les siècles passés, ou dans le nôtre,
tel que ne fut jamais aucun de ceux dont l'Écriture fait mention. Tandis que nous
étions plongés dans un profond sommeil, tout à coup on entendit un bruit hor-
rible, dont l'univers entier retentit. Un tremblement de terre se fit sentir; les
plaines et les lieux les plus élevés furent soulevés avec fracas; les montagnes et les
rochers les plus durs se fendirent, et les collines s'entr'ouvrirent. Les montagnes
et les collines, ébranlées avec violence, retentissaient, et, comme des animaux
vivants, sagitaient en rendant un souffle. Ce fracas arrivait aux oreilles comme la
voix de la multitude dans plusieurs camps réunis. Semblables à une mer boule-
versée, les créatures se ruaient de tous côtés, éperdues par la crainte que leur
inspirait la colère du Seigneur; car les plaines et les montagnes résonnaient avec la
sonorité du bronze et s’agitaient en tous sens comme des arbres tourmentés par le
vent. Les gémissements des populations s'échappaient en sourdes rumeurs, comme
les plaintes d'un homme depuis longtemps malade. La frayeur les faisait courir à
leur perte. La terre était comme un fugitif réduit aux abois, dans les convulsions, et
consternée comme un condamné qui pousse des lamentations et des gémissements
accompagnés de larmes. Sa voix se fit entendre encore après le tremblement de
terre, pendant une heure environ cette nuit. Dans ce désastre, chacun crut que
c'en était fait de sa vie. Tous s'écriaient : « C'est notre heure suprême! c’est le jour
« du jugement dernier! » Ce jour-là présentait, en effet, une date déterminée et
caractéristique; c'était un dimanche, il était marqué par le ton var}, et, de plus,
Guillaume de Tyr (XI, xx) indique la mème année;
et ce qui prouve que c'est la date véritable, c’est
que la lettre dominicale de cette année, qui fut D,
amena un dimanche au 29 novembre. (Voir mes
Recherches sar la chronologie arménienne, t. I:", Ie par-
tie, Anthologie chronologique, n° Lxv.)
1 C'est un des huit tons de la musique de l'Église
‘arménienne. Chacun de ces tons sert tour à tour
à régler le mode d'après lequel doit être chanté l’of-
fice du jour. Comme le ton var’ a un caractère plain-
tif, cette circonstance, jointe à la coïncidence du
dimanche et du déclin de la lune, explique les idées
au 29 octobre inclusivement. La date de la veille
de Saint André, c'est-à-dire la nuit du 28 au 29 no.
vembre, est confirmée par Gauthier le Chancelier
(Bongars,t.[*, p.442) qui dit: « In vigilia festivitatis
« beati Andreæ apostoli, sub tempestate noctis silen-
«tio, qua humana fragilitas habilius atque dulcius
« quiescere consuevit, factus est terræ motus in An-
«tiochiam etomnes partes immensus et horribilis. »
Seulement ce chroniqueur s’est trompé d’une année
en écrivant1115 pour 1114.Ibn-Alathir et Kemäl-
eddin mentionnent le même événement en 508,
_ dansle mois de djoumäda second (novembre 1 1 14).
112 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
poe up nes bp h qeudEtuuÿt upurn Xeurn gdtpptu ane pl mukp : I >L us fepu u$upblhuy"
teck gdhnbuqu yneuuSunnbup. L juge 4f2boho 4aréuithguir paugoul f puqupug
quuuuniug, L unEteujt np Ypo uwukquis Eu qu un Deutljuug. L op queunuws L fun
auyjuqq bag as Eqh fuuu ashus I >t gayu abobrh h Wade vunn pm pl L Sun
Uorp ; fun L (lueur L Uupus puqup" mue np . L YopSwbhquiu nqfip bert
fon, fut qh Ep psquiudhnfu pump ,L ns dinug h'unguiuk L ns dj: Uxe apuuku fi U}hu V1"
qup Yon ab gue wufdfe swpuiug L Yuibuñtog Le apg pouqued bnp L Juiunpe),p- ail unliup
pp L fuir, p Seuquupre Swgupug L phepe pfupneg Yapd-uub quiu : I > En b U£us | Ewuny
Jébaeailh fi jusqu np Ynsh (Neopobnbuug Efiu Eagodbus yJE4Enbghuons uk.p “pp
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la lune était sur son déclin. Il réunissait ainsi tous les signes du dernier jour.
Chacun était plongé dans la consternation, comme s'il eût été sous le coup de la
mort et sans espoir. Cette nuit vit la ruine de beaucoup de villes et de provinces,
mais ce fut uniquement dans les pays possédés par les Franks; dans les autres et
dans ceux des infidèles, rien de fâcheux n arriva. À Samosate, à Haçan-Mecour,
à K'éçoun, à R'aban, et à Marasch, le fléau fut terrible, et quarante mille per-
sonnes perdirent la vie; car c'étaient des cités très-populeuses, et personne n'é-
chappa. Il en fut de même dans la ville de Sis', où il périt une multitude innom-
brable d'habitants. Beaucoup de villages et de couvents furent détruits, et quantité
d'hommes et de femmes écrasés. Dans la célèbre Montagne-Noire, au couvent
des Basiliens (de Schough'r}), se trouvaient rassemblés, pour la bénédiction de
l'église, de saints moines et docteurs arméniens. Tandis qu'ils étaient occupés à
célébrer l'office divin, l'édifice tomba sur eux, et trente moines ainsi que deux
docteurs furent engloutis sous les décombres; et leurs corps y sont restés enfouis
jusqu à présent. Pareil accident se reproduisit auprès de Marasch; le grand cou-
vent des Jésuéens * écrasa sous ses ruines tous les teligieux. Lorsque les secousses
cessèrent, il commença à tomber de la neige, et le pays fut enseveli sous ses
couches épaisses. L'illustre docteur arménien Grégoire, surnommé Maschguavor”,
superstitieuses que se formaient les populations du
phénomène physique raconté par notre chroni-
queur. En effet la nuit du samedi au dimanche, con-
sacrée à la mémoire de la Résurrection de Notre-Sei-
gneur, doit être témoin, suivant l'antique croyance
arménienne, de la résurrection générale et du ju-
sement dernier. (Voir le discours synodal du pa-
triarche Jean Otznetsi, p. 4o de ses OEuvres com-
plètes, Venise, in-8°, 1834.)
1 Sis, ville principale de la Cilicie, située dans une
plaine, à vingt-quatre milles au nord d’Anazarbe,
sur les bords d'une petite rivière qui se joint au
Djeyhan. Il paraît qu'elle existait déjà au x° siècle.
Le roi Léon Il, en y fixant la résidence des sou-
verains arméniens, l'agrandit considérablement et
l'orna de beaux édifices. Elle continua à étre la
capitale de la Petite-Arménie jusqu’à la destruction
de ce royaume, en 1375, par les Égyptiens.
? Dans la liste des prélats et des barons qui as-
sistèrent, en 1198 , au couronnement de Léon II,
le connétable Sëmpad mentionne Joseph, arche-
vêque arménien d'Antioche, et abbé dü couvent
des Jésuéens. (Voir la Chronique de Sémpad, éd.
de M. Osgan-Ovhannisiants, Moscou, in-12, 1856,
p. 99, et éd. de M. l'archimandrite Garabed Chah-
nazarian, Paris, in-12, 1859, p. 110.)
S Maschguavor ou Maschgouor, mot formé de
du) 4, «peau tannée, cuir, peau de brebis avec sa toi-
son, ou bien habit fait de cette matière. » C'était un
couvent de la Cilicie, ainsi nommé, sans doute, parce
que les religieux étaient vêtus de peaux d'animau.
Il fut restauré par le prince r'oupénien Thoros I".
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 113
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la mort du docteur Georges Mégh rig : Eve # Wu.
gocpukuy quewnt & yWvuyhep 4asbgbur gba 9E, il
était originaire de la province de Vasbouragan, da vil-
lage d'Analiour. (Cf. Indjidji, Armén. anc. p. 227.)
1 Ici le texte était visiblement corrompu. Aa lieu
de Uiwher, Analiour, il portait qu g4g Pu Hp,
ce qui n’a aucun sens. La véritable leçon nous est
fournie par l'historien Vartan qui dit, en parlant de
périt dans le même lieu. Ce fut ainsi que des accidents multipliés et d'effroyables
malheurs frappèrent les fidèles, en punition de leurs péchés ; car ils avaient aban-
donné le véritable sentier des préceptes divins et s'étaient jetés avec ardeur dans
la voie de l'erreur, s'écartant des règles tracées par les Livres saints et agissant en
insensés. Comme ces insensés qui, au temps de Noé, mangèrent et burent jus-
qu'au jour de leur perte, si bien méritée par leurs actions coupables, ceux-ci con-
tinuèrent à se livrer à la joie jusqu'au moment où ils furent atteints par le Sei-
gneur, qui détruisit ces ouvriers d'iniquité, parce qu ils commettaient des crimes
énormes. |
LXVIIT. Cette année mourut le saint docteur arménien Mégh'rig ", homme émi-
nent, religieux admirable. Il avait vécu dans la solitude et dans l'accomplissement
“des règles de l'ascétisme, pendant cinquante ans; il en avait soixante et dix quand
il termina sa carrière. Ses jours s'étaient écoulés dans l'abstinence et la pratique
des austérités de toute sorte. I ne se nourrissait que d'aliments secs. Par ses mœurs
et sa piété, il fut l'égal des saints des âges antiques. Pendant toute sa vie, il passa
chaque dimanche debout, en prière. Il était Arménien de naissance, originaire
de la province de Vasbouragan, d'un gros village appelé Analiour. S'étant voué
dès l'enfance à la vie monastique, il acquit promptement un nom célèbre et s'éleva
à une haute perfection. Il devint un exemple pour beaucoup de chrétiens et le
confesseur de toute l'Arménie. Il rappelait les peuples à la voie lumineuse et les
couvent des Saints-Apôtres dans l’île de Sévan, au
milieu du lac de Kégham, aujourd'hui Gôktcha.
(Tchamitch, t. III, p. 16.)
* Il s'appelait Kéork ou Kévork (Georges), et il
avait été surnommé Uéark4, Mégh'rig « mielleux »,
à cause de la douceur de son caractère. Il était ap-
pelé aussi Sévanetsi, parce qu'il avait été moine du
HisTor. ARM. — I.
114 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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offrait, régénérés par la pénitence, à l'adoption du Père Céleste”. Il expira dans les
sentiments d'une foi parfaite, et fut enseveli dans le district d'Anazarbe, au grand
couvent de Trazarg?, qui avait été restauré par l'illustre prince Thoros.
LXIX. En l'année 564 (21 février 1115-20 février 1116), un phénomène ter-
rible eut lieu à Amid, ville des musulmans, attiré par le débordement des crimes
horribles et infâmes de cette nation. Le feu du ciel tomba tout à coup, pendant la
nuit, sur la principale mosquée d'Amid. Ce feu avait une violence telle, et s'en-
flamma si vivement, qu'il dévora avec rage les pierres des murs comme du bois.
Les habitants accoururent, mais sans pouvoir maîtriser cet incendie inextinguible.
Au contraire, il samoncelait de plus en plus et s'élevait jusqu'aux cieux. 11 con-
suma et ruina entièrement la maison de prière des musulmans, ce lieu immonde
de leurs réunions. Voilà ce qui se passa dans la ville d'Amid, jadis bâtie par Ti-
grane, roi d'Arménie”. |
LXX. Cette même année, l'asbaçalar (général en chef) des Perses, l'émir Bour-
soukh (Boursouky), ayant de nouveau rassemblé des troupes, arriva devant Édesse.
Après avoir fait une halte de quelques jours, il traversa l'Euphrate et se rendit à
Alep*. De là il vint s'emparer de Scheïzar, ville des musulmans; puis il voulut
1 C'est une phrase empruntée au Scharagan, ou
Recueil des hymnes de l'Église arménienne.
.2? Le couvent de Trazarg était situé non loin de
Sis, et placé sous la juridiction immédiate du ca-
tholicos. Dans les chartes latines des rois de la Pe-
tite- Arménie, ce nom a été transcrit, par une sorte
de jeu de mots, sous la forme Tres arcus ou Tres
arces. Les ruines de ce couvent n'existent plus au-
jourd'hui.
| 3 Tigrane I”, de la dynastie des Haïceins, ou
première dynastie arménienne, lequel régna, sui-
vant Tchamitch, dans le vi° siècle avant J. C. D'a-
près le témoignage de Maise de Khoren (I, xxx),
Dikranaguerd était un bourg, uw, que Tigrane
agrandit et embellit, et qu'il donna à sa sœur Di-
kranouhi, femme d’Astyage, roi des Mèdes. Il l'ap-
pela de son nom Sbapuuwkbpw, Dikranaguerd,
mot dans lequel entre la racine du verbe arménien
&bpwk, «faire, bâtir, construire », en persan US: ;
c'est la célèbre ville de Trypavonépra, Tigranocerta,
ou Amida des écrivains grecs et latins. Il parait que
déjà, dès le 1v° siècle, elle portait aussi le nom
d'Amid ou Amith, puisqu'un historien arménien de
cette époque, Faustus de Byzance (III, x), l'appelle
Uwgeng pwqw.p. C'est aujourd'hui Diarbékir, chef
lieu du pachalik de ce nom. (Cf. Indjidji, Arm. anc.
p. 74-84, et Arm. mod. p. 211-210.)
t Cette expédition de Boursouky et la précé-
dente paraissent avoir été réunies en une seule par
Ibn-Alathir.
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 115
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Ganliupwuhquiu Ejuitlg fr aqusnbpeq, L geqguupun qupäun Nrcponcfii fuup own]
gopwgi Deuil .L ghenugbeu, EE faufubun { Nazpuncfut qu Pruqus npu Lopreuuw :
dédiu L. [y] Spuugoun qupduit dus pt fut b Snequbhft h Sapuuÿt, gwgft f
quan bephuiug : L>- wyb qhanmgbe, { Nacpuns fut gg gopugh heatlpug qupdu:
JUreahre L log aup Swphuibtby gent. b pncbusy quuyu Yndüu (en <upny qupäun
b JUashnp » L wnbuy qf bou EX Efauenpnd b Guuubkp fe fhpuy (Noipuncfofu hf Su.
a
saccager Thélbaschar et le territoire d'Antioche. Aussitôt toute la nation des Franks
se réunit à Antioche, auprès du comte Roger. Le roi de Jérusalem et Baudouin,
comte d'Édesse, accoururent aussi et se rencontrèrent dans le district de Scheïzar.
En même temps arriva au camp des Franks le puissant émir perse Ilgazi, fils d'Ar-
toukh, qui vint avec des forces considérables trouver Roger; car Ilgazi était l'ennemi
juré de Boursoukh'. On vit aussi arriver l'émir de Damas, Toghtékin. Ils se Joi-
gnirent aux chrétiens et contractèrent avec eux une alliance et une amitié cimen-
tées par un serment solennel. L'émir d'Alep” se rallia pareïllement. L'armée des
infidèles et celle des Franks restèrent en présence pendant quatre mois, sans que
les Turks osassent en venir aux mains, après quoi Boursoukh se retira furtivement,
à l'insu des Franks. Ayant appris sa retraite précipitée, le roi de Jérusalem, le
comte de Tripoli, l'émir Ilgazi, Toghtékin et l'émir d'Alep s'en retournèrent chacun
dans leur pays. Boursoukh, instruit du départ des chrétiens, marcha vers Antioche,
dans l'intention de ravager le territoire de cette ville. À cette nouvelle, le comte
d'Édesse revint à Antioche, et, ayant emmené avec lui Roger et sept cents cava-
voix publique d'avoir machiné le meurtre de Mau-
doud. C'est dans ces conjonctures que ces deux
émirs firent cause commune avec Îles Franks.
? Cet émir se nommait Loulou. C'était un eu-
nuque qui, après la mort de Ridhouän, arrivée en
508 hég. (1113-1114), fut chargé du gouverne-
ment de cette ville au nom du fils de Ridhouân,
nommé Tadj-eddaula Alp-Arslan el-Akhras, ou le
Muet, âgé de seize ans, et qui avait pour mère la
fille de l’ancien émir d'Antioche, Bâghi-Siän. L'an-
née suivante, le jeune prince fut tué par ses pro-
pres officiers dans la forteresse d'Alep, et Loulou
mit à sa place Sulthan-Schah, autre fils de Ri-
dhouân. Lorsque Loulou apprit que le sulthan
Mohammed allait envoyer une armée en Syrie,
sous les ordres de Boursouk-ben-Boursouk, crai-
gnant qu'on ne voulüt lui ôter Alep’, il se jeta dans
le parti de Toghtékin. (Aboulféda, Annal. t. II,
p. 380, 384 et 386; Aboulfaradj, Chron. syr.
| Il semble que Matthieu ait confondu Boursouk-
ben-Boursouk avec Ak-Sonkor el-Boursouky. C'est
ce dernier auquel Iigazi en voulait particulièrement.
D'après Ibn-Alathir et Ibn-Djouzi (ad annum 508
— 7 Juin 1114-26 mai 1115), le sulthan de Perse
Mohammed, ayant investi Ak-Sonkor el-Boursouky
du gouvernement de Mossoul, lui ordonna de mar-
cher contreles Franks. Ak-Sonkor convoqualesémirs
du voisinage, et Ilgazi lui envoya son fils Aïaz avec
un faible détachement. Ak-Sonkor, mécontent, pilla
les gens d'Ilgazi et s'empara de son fils. Alors Ilgazi,
s'étant adjoint l’émir Rokn-eddaula Daoud, seigneur
de Hisn-Keïfà, fils de son frère Soukman, et un parti
nombreux de Turkomans, marcha contre Ak-Son-
kor, et, l'ayant rencontré auprès du fleuve Khabour,
le défit et le força à prendré la fuite, et Aïaz fut
délivré. Le sulthan Mohammed, instruit de l'échec
qu'avait éprouvé son lieutenant, fit partir Boursouk-
ben-Boursouk contre Igazi. Celui-ci, effrayé, cou-
rut à Damas implorer le secours de Toghtékin, qui p. 298-299.)
était fort mal avec le sulthan, comme accusé par la
116 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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Qeepeu Enpagp | Loub kesbus aSney À oki, L bug bruni uejus ges, mme
Pen Guy un. Uarpopiit rl. uw qques f forges mphethp quyp per) b
Sgop qunbmeunlen, L pari fbuh wnbuy b'luitk qua quueurt, & funpuñubay
qudEtuÿh fobuñunefhet Lung: Vpe jeu wfun$t Ù wufj guy en | Lit uivbpiu
bep, Le añnnh paper gba qu b Uromaingéoe go L aparp Sale Baurquu nçis ER
ES dugnbbo fi L adetuÿt qopug be pes :
SD epibus b Brun path Loyeg 2h gopedeqel wpup {ni (Ven Suyry
Quaufe, L'euyp fou Very. L ginught b dEpuy Sayng bebuñft pr ant Yn2bp
Ceuawphie op bp Eneaye À Erof L opabe ul, wpe pupe L qunnbpugènp. np
putes ft abahonunñs anal bp (Oueeuonuy ef Qupuhg wnbug Efv pq
1 J] y a très-certainement une omission ou une et qu'il m'est impossible, par le manque d'autres
altération dans cette phrase, qui est inintelligible, manuscrits, de rectifier.
liers, s'avança contre Boursoukh, dans le district d'Alep. L’ayant surpris à l'im-
proviste, il fondit sur lui, remporta une victoire complète, et le força de prendre
la fuite. Les Franks firent prisonniers des officiers distingués et enlevèrent un
butin considérable, que leur fournit le pillage du camp des Turks. Les infidèles
échappés à cette défaite se sauvèrent avec Ignominie.
LXXI. Cetié même année, le comte d'Édesse, Baudouin, entreprit de faire la
guerre à Vasil-[Dgh'a], le grand prince arménien.
LXXIL. Baudouin vint assiéger la place forte de R'aban. Il continua ses attaques
pendant un temps assez nié: sans en venir à bout, quoiqu'il la tint bloquée de
tous côtés.
LXXIIT. Vasil-[Dgh'a] s'étant rendu auprès du grand prince arménien, Léon,
fils de Constantin, fils de R'oupên, et frère de Thoros, pour épouser sa fille,
Thoros invita Vasil à venir le trouver, sempara traîtreusement de sa personne et
le conduisit à Édesse, auprès de Baudouin, comte de cette ville. Baudouin fit tor-
turer cruellement cet illustre guerrier, lui arracha la cession de ses États, et en-
leva ainsi tout ce pays à la domination arménienne. Vasil se retira auprès de Léon,
son beau-pére, et de là à Constantinople, où il fut accueilli très-honorablement,
ainsi que les troupes qui l'accompagnaient, par l'empereur des Romains.
LXXIV. En l'année 566 (10 février 1117-19 février 1118), le comte d'Édesse,
Baudouin [Du Bourg], ayant rassemblé des troupes et s'étant associé le comte de
Séroud;, marcha avec lui contre le chef arménien Abëlgh'arib, frère de Ligos et
fils de Vaçag, tous deux d'une bravoure éprouvée. Ces deux frères avaient con-
quis sur les Perses, par la vigueur de leur bras, un grand nombre de lieux, et
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 117
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be pa k Geeghes Ubgng L armure bp Upupéunuy, mp bb tumuñir Mani p
cwpepup bbnrefdbudh b ebpat (jouawuun. L À eb2kph 2upéfi L œuf, qlu. ge
1 Le manuscrit porte fautivement vrqu.
entre autres la ville de Bir, qu'ils restaurérent pour en faire leur résidence; car
c'étaient d'intrépides et illustres guerriers. Ils avaient mille combattants sous leurs
ordres. Le comte ayant porté des regards de convoîitise sur leurs possessions, l'en-
vie prit violemment empire sur son cœur; il ne put résister à ce sentiment cri-
minel, et vint, à la tête de ses troupes, attaquer Bir. I en voulait encore plus
aux chrétiens qu'aux Turks. Il tint pendant un an Abëlgh'arib assiégé avee une
rigueur extrême et en lui faisant endurer toutes sortes de souffrances. Dans cette
situation critique, Abëlgh'arib, voyant qu'il n'y avait plus d'espoir pour lui, livra
Bir et tout le district à Baudouin, et se retira auprès de Thoros, [petit-|fils de
R'oupén, à Anazarbe. Le comte céda Bir et le territoire qui en dépend à Waléran',
prince frank. Il sévit successivement contre les divers chefs arméniens et les ren-
versa tous, se montrant plus impitoyable envers eux que Îes Perses eux-mêmes. II
persécuta ces princes, restes échappés à la férocité des Turks; il les proscrivit
avec une barbarie inouïe. I détruisit la principauté de Kogh'-Vasil, et força les
nobles de tout rang à chercher un refuge à Constantinople. Il ruina également le
brave chef arménien Pakrad”?, qui résidait à l’orient [de la Cilicie], non loin de Gou-
ris”, et le dépouilla de ses États. Il abattit aussi Constantin, seigneur de Gargar’,
lequel mourut misérablement dans les fers, renfermé dans la forteresse de Samo-
sate. La nuit du tremblement de terre, on le trouva sur les bords de l'Euphrate,
1 Waléran ou Galéran était cousin (eonsangui- d’Arévëntan (Ravenel), dont il a été question
page 55, note 2.
neus) de Josselin de Courtenay, suivant Guillaume
de Tyr (XII, xvu). Foulcher de Chartres (ch, ui) 3 Gouris ou Kouris, l’ancienne Cyrrhas, capi-
l'appelle neveu, repos, de Baudouin Du Bourg. Mais tale de la Cyrrhestique, place forte de la Syrie, si-
c'est probablement une erreur, et cet historien, qui tuée dans la montagne au nord d'Alep. (Fchamitch,
parle de Waléran à l'occasion de la captivité de Bau- t. III, p. 40.) Coriciam, Corice, de Guillaume de Tyr
douin, de son neveu et de Waléran, à Kbarpert, (X, xx1v; XV, xiv et xwi; XVII, xvr); aujourd’hui
où les retenait l'émir Balag, aura sans doute con- Khoros.
fondu ces deux derniers. 4 Cf. au sujet de Constantin, seigneur de Gar-
2 C'est ce même Pakrad, ou Pancrace, seigneur gar', page 36, note 1.
118 _. EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
Lépuun qbunnf JEpaeun & duyp Snoba , f frquel Dhutfe quyp phknbu f puñanh, k
jupe Elu hr Jup, L ajbuyhu dEnus : 4 jeu L Ed b peug fupheg quES fofuuiin
Sos gholuuñeg bobo, ap pubu bp bep puqup à ul y page gbab.
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L buy, Si Où ILE et Sup, mot vulgaire que Phiv, fonpudwukac fiv, fowpyuwfonc his, vEuqne
le dictionnaire turk-arménien de Mgr. Jacques Bô- @fe%, fowp, quewXuvn ff:%, fourberie, tromperie,
zadjian {Vienne, 1841} traduit par v4%g, fuwpkne. stratagème, perfidie; c'est l'arabe äkus. .
précipité du haut en bas et attaché à un chapiteau de colonne, comme il l'avait
été dans sa prison. Entraîné avec cette colonne, ce fut dans cette chute qu'il périt.
Boëmond, de son côté, avait chassé le chef romain, prince des princes, qui gou-
vernait la ville de Marasch. Une foule d’autres grands personnages, recommanda-
bles à divers titres, finirent leur vie en prison, dans les tortures ou dans les fers.
Un grand nombre eurent les yeux crevés, les mains ou le nez coupés, les parties
génitales tranchées, ou expirèrent attachés à une croix; 1ls sévissaient contre les
enfants innocents, en haine de leurs parents. Ces supplices multipliés et indicibles
n'avaient d'autre motif que le désir cupide de s'emparer des trésors que possé-
daient ces chefs arméniens. C'est ainsi que par les plus iniques et les plus affreux
moyens ils désolèrent ces contrées. C'était là leur occupation de chaque instant;
ils n'avaient autre chose dans l'esprit que la méchanceté et la fraude; ils aimaient
toutes les œuvres de mal, n'ayant aucun souci de faire le bien ou une noble action.
Nous aurions voulu énumérer leurs nombreux forfaits; mais nous n'avons pas osé
le faire, parce que nous étions placés sous leur autorité.
LXXV. En l'année 567 (20 février 1118-21 février 1119),Baudouin Du Bourg,
comte d'Édesse, se rendit en triomphateur à Jérusalem. A l'époque du carême
le roi de la Cité sainte, Baudouin, frère de Godefroy, ayant rassemblé ses troupes,
s'était dirigé vers l'Égypte, afin de ranger ces barbares sous son obéissance; mais
il trouva tout le pays désert et les populations en fuite. Alors il se remit en route
pour retourner directement à Jérusalem; dans le trajet, il tomba malade et mou-
rut. Avant d'expirer, il avait recommandé d'envoyer à Édesse chercher Baudouin
et de l'établir lieutenant général du royaume de Jérusalem, jusqu'à ce que son
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 119
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frère [Eustache] fût arrivé de chez les Franks, et de donner la couronne à ce
dernier. Le corps du roi fut placé dans une litière et transporté à Jérusalem, où
il fut inhumé devant le saint Golgotha. C'était un homme de bien, enclin à la
sainteté et humble de cœur. Ceux qui l'avaient accompagné dans cette expédition,
ayant trouvé Baudouin [Du Bourg] à Jérusalem, furent tout étonnés et en même
temps ravis de joie, par la pensée que son arrivée était un effet de la Providence.
D'après le testament du roi, ils lui conférèrent la régence; mais Baudouin, qui
ambitionnait le rang suprême, n'accepta pas ces fonctions. Il promit cependant
d'attendre un an, en stipulant que si passé ce délai le frère du roi n'était pas de
retour, il serait libre de monter sur le trône. Toute la nation des Franks s’em-
pressa d'adhérer à ces conditions. Le dimanche des Rameaux, le comte d'Édesse
fut conduit au temple de Salomon et élevé sur le trône, et à la fin de l'année
on lui posa la couronne sur la tête’. Ce prince était un des Franks les plus il-
lustres par son rang, valeureux guerrier, d'une pureté de mœurs exemplaire,
ennemi du péché et rempli de douceur et de modestie; mais ces qualités étaient
ternies par une avidité ingénieuse à s emparer des richesses d'autrui, par un amour
insatiable de l'argent et un défaut de générosité; du reste très-orthodoxe dans sa
loi, très-ferme dans sa conduite et par caractère. Voilà donc deux rois qui sor-
tirent d'Édesse et qui se nommaient l'un et l'autre Baudouin. °
LXXVI. Cette année fut signalée par la mort du sulthan de Perse, Daph'ar,
fils de Mélik-Schah. C'était un prince cruel à l'excès; car, dans ses derniers mo-
Baudouin Du Bourg avait promis d'avance le comté
d'Édesse, fit un pompeux éloge des qualités de ce
prince, et entraina tous les suffrages. Le dimanche
suivant, jour de Pâques, le nouveau souverain fut
proclamé et reçut l'onction sainte dans l’église de
la Résurrection. Deux ans après, en 1120, il fut
couronné solennellement, avec sa femme Morfia,
le jour de Noël, dans l'église de Bethléem.
! En 1118, Pâques tomba le 1 4 avril. Guillaume
de Tyr (XII, m7 et xu) dit que ce fut le dimanche
des Rameaux, 7 du même mois, que Baudouin fit
son entrée à Jérusalem. Il était venu pour visi-
ter les Saints Lieux et y faire ses dévotions. Les
chefs du clergé et les principaux de la ville, ayant
tenu un conseil pour donner un successeur au frère
de Godefroy, Josselin de Courtenay, à qui sans doute
120 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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apuilsEh qupqupuiiep f que dub wnagh opus Vel Vopuw qui dES ugm<pi
anuff bep ouuñtuiuhp. gb dj wnagk [ep app géneayiu bep qujt ap enbwt bp une qunuit
bbrpht wbuest Qapohg b jUeghuñs purge L f Vobde, op be Je en Eu fi lung
pui qui. L gp ayuagh4 atkp Saoupi juan Pasqurnpee [but fu pay qui
ab bep ours, Laye quels Qupubhu b Zbnu vopw. L a4envbe pal
ments, il fit une chose horrible et inouïe jusqu'alors. Lorsqu'il sentit approcher
sa fin, songeant à l'intérêt de ses fils, il ordonna d'appeler dans son palais sa
femme Kohar-Khathoun , qui était fille de l'émir Ismaël”, et de l'égorger en cachette
des troupes, en sa présence, afin qu'elle ne pût se remarier et frustrer ses enfants
du trône et de l'héritage qu'il leur laissait; car il descendait de puissants mo-
narques et possédait une armée considérable. Il avait rassemblé, d'entre toutes
les nations, quatre cents jeunes filles qui se tenaient devant lui debout, parées
des plus beaux atours, de pierres précieuses et de perles enchässées dans de l'or
d'Arabie, avec un diadème sur la tête, les cheveux tressés et entremêlés d'or;
elles brillaient par leur magnifique parure,-que fehaussait l'éclat de couleurs va-
riées. Son but, en faisant périr la grande reine, était d'éviter qu'elle n'épousât son
frère, qui régnait avec le titre de sulthan dans l'intérieur de la Perse, dans les
villes d'Ozgan‘ et de Khizn°, qui sont à trois mois de marche plus avant dans le
royaume qu'Asbahan (Ispahan). Après cette exécution, Daph'ar fit asseoir sur le
trône son fils aîné Mahmoud, et lui remit le gouvernement de la Perse. Il établit
son fils cadet Mélik? en qualité de sulthan dans la ville arménienne de Kantzag,
khothba ou prière publique, le vendredi, et celui
de Mahmoud le second. (Aboulféda, Annal. t. I,
\ Kohar, gn$wp, en arménien, RS , queuher,
en persan, signifie « perle, pierre précieuse », et
url, khatoan, en mongol et en turk oriental, a
le sens de « dame noble, princesse, reine ».
? Kothb-eddin Ismayl, fils d'Yakouti, frère de
Zobeïdé-Khatoun , première femme de Mélik-Schah.
Il avait été envoyé par ce prince, en 1090, à Ma-
rand, dans l’Azerbeïdjan, en qualité d'ôsdigan ou
gouverneur. Il fut tué par deux de ses officiers en
1094, comme le raconte Vartan, dans son Histoire
universelle, encore inédite. Il était cousin et en
même temps beau-frère de Mélik-Schah.
3 Ce frère de Mohammed (Daph'ar) était Sindjar,
auquel Barkiarok avait donné, en 1097, la royauté
du Khoraçan. Daph'ar redoutait avec raison son
ambition; car, lorsque ce dernier fut mort, Sin-
djar attaqua son neveu Mahmoud dans l'Irak per-
sique, et le défit entre Reï et Saveh; après quoi il
lui accorda la paix, mais à condition que son nom
serait prononcé le premier comme sulthan dans la
p. 395, ad annum 513.)
& Ozkend, ville du Ma-wara-ennahr, près de
Fergbana, sur la rive méridionale de l'Taxarte ou
Seiboun, au nord-est de Samarkande.
5 Ghizna, Ghazna ou Ghiznin, capitale de la
province de Zablestan, dans le royaume actuel de
Kaboul, et autrefois la métropole de la puissante
dynastie des Ghaznévides, qui possédaient une par-
tie de l'Inde, la Perse et la Transoxiane, et dont
le premier souverain, Yémin-eddaula Abou'lkacem
Mahmoud, régna au commencement du xr° siècle.
6 Moughith-eddin Abou'lkacem Mahmoud régna
de 1118 à 1131.
7 Mélik ou toi est le titre de ce prince, qui se
nommait Thogrul. C’est à tort que Matthieu le
qualifie ici de sulthan, titre au-dessus de celui de
mélik. I] monta plus tard sur le trône de Perse,
et régna de 1132 à 1134. |
nn D qe
A
. cinq années solaires, un mois et quelques jours.
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 121
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puit pop eypurge bug - be dafiu qusbug npubu quafnS, k Sañ£pé gopopi pulok qui
b déçuy vagu, L qupäeyg dau f fuufuneuun , k upn f SE dus f qnent puqupfit Un.
napbug jun, L'upug guess pq, np up ns Epuit pu qaent puqupft fr
EE = — D RS Su me ET
EE TZR =
et lui laissa l'empire de tout l'Orient. Il avait encore deux autres fils, mais aucun
de Kohar-Khathoun !.
Cette même année mourut le khalife des Perses (Arabes) ?, qui occupait le trône
de Mahomet à Bagdad.
LXXVIL Cette même année, le grand comte 4 Franks, Roger, seigneur d'An-
tioche, ayant levé des troupes, vint attaquer Azaz *, ville qui appartenait aux mu-
sulmans, et située non loin d'Alep. Le prince arménien Léon, fils de Constantin,
fils de R'oupén, se joignit avec ses forces à cette expédition. Roger tint Azaz as-
siégée pendant trente jours, sans pouvoir forcer les Turks de rentrer dans la
place; après quoi il céda aux Arméniens le soin de l'attaque. Il appela Léon et lui
dit : «Demain tu marcheras au combat, afin d'éprouver un peu la valeur des
« Arméniens. » Léon ayant donné l'ordre à ses soldats, qui étaient dans le camp, de
se grouper autour de lui, ce brave champion du Christ les exhorta l'un après
l'autre à se bien comporter. Le lendemain, les Turks s'ébranlèrent pour attaquer
les Franks, et aussitôt Léon ayant commandé aux siens de prendre les armes pour
repousser les musulmans, les Arméniens, au signal qu'il donna, se précipitèrent
sur les infidéles. Léon, poussant des cris comme un lion, les culbuta et les pour-
suivit l'épée dans les reins jusqu'aux portes de la ville, les massacrant et leur enle-
vant des prisonniers. Dès lors les infidèles ne tentèrent plus de sortie. Léon s'ac-
qui s'y faisaient représenter par un schihneh ou
préfet, et que le souverain pontife de l'islamisme
n'y exerçait l'autorité temporelle que d'une ma-
nière nominale. Mostadhhir mourut le 16 de rabi
. second 512 (6 août 1118), suivant Ibn-Alathir et
Aboulféda.
3 Azaz ou Ezaz, place forte au nord-ouest et à
une journée de marche d'Alep. (Merdcid-el-itthila”,
t. II, p. 255); Hasarth de Guillaume de Tyr.
1 Le sulthan Mohammed mourut le 24 de dsou’l-
hiddjé de l'année 511 (17 avril 1118), à l’âge de
trente-six ans (funaires), quatre mois, six Jours
(Aboulféda, Annal. t. III, p. 389), c’est-à-dire trente-
? La qualification de khalife des Perses, donnée
par notre auteur au khalife de Bagdad, Mostadh-
bir-billah Aboy'i-Abbas Ahmed, fils de Moktadi-
biamr-allah, s'explique par le fait que cette ville
était alors au pouvoir des sulthans seldjoukides,
16
Hisror. ARM. — I.
122 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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pq Gbnkp qewquph Ugegu, & own aunbpequiius <wune guiukg juauus L Ewn
buwqunqnefEunle Le doper nsbus dEqregque, op wpäwlbiug gebuwkhsuu fougue fbulp :
| AA Jejodunr Enk dEdà <eljunwljes fit rLy k puqh aulfpuuÿjt L puy { boaxZpu- Jun gp
neuf Efu Ju hpEike L ewpblunlp dpt uit >» L gaud d'une Eabu Potudhp. quil
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Pa | +. [A7 bp Suusnby freins fbuitiu Suyng Jeu op, qopudanqed pu efpuujir
kr peuqgl np Uoan-bu aug fit eg f bunlp - fuut qh npuku quuÇuubu b dJbpuuy
Su lpug gopug heprd agent, L quuts wjunphh dagndEquit f nu bnpas. L jupu ul
bruqug page d'aopeg f dEpuy (ox bb Uiarktieuy tedèft, Lee b dEpuy wii bruit.
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nipu Yougbuwy b nsbus apple, fuuu. L 'wvquukp puy { Dhpuun qbuv, L Jrubuwau
tee bepk gäh Seunauseulquigs pe bp puqndpufwghg & fuurs.uwupn Suunequbkp eq
nbabiuws, uns ab CT ROULETTE LETTTIE Yeupfiu erdbhrujts quuc un. p Drailquug nb, gebpqu L
auqgupreulqu L dusunpuyu », L Ynunpbuwy FL Sauuepeuly qudEububuñs ad bpu L genquupu : | >»
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Sepupemugbiu,- fou wjunphh ns Jun ujunnpurnn Ent quid wgE baopr hi hop L
JboEuwag Lau gedlpupeneus wine [di eg fu bepbuug, k wn astus Suiuphuy Lu gqopul
a ————_—_—_——_— ——— ———_—_— — ————__————— —— _ —
quit une réputation de bravoure dans cette journée, et son nom devint l'objet des
éloges universels parmi les Franks. Dès ce moment Roger se prit d'affection pour
les troupes arméniennes. Par ses assauts réitérés, il força Azaz à se rendre ; mais
il usa de clémence envers les habitants, et, loin de leur faire aucun mal, il les laissa
se retirer tranquillement. Une grande inimitié naquit entre Ilgazi et Roger, qui
étaient auparavant intimes, et ils devinrent irréconciliables, parce qu Alep et
Azaz appartenaient à Ilgazi. Cet émir turk, fils d'Artoukh, frémissait de rage dans
son cœur. |
LXXVIIT. Au commencement de l'année 568 (20 février 1119-19 février 1120),
Igazi rassembla une armée formidable ; et comme il était considéré à cette époque
comme un chef suprême par les musulmans’, tous vinrent à lui avec un’con-
cours empressé. Il marcha contre Roger, comte d'Antioche, à la tête de quatre-
vingt mille hommes. Ce fut avec ces forces imposantes qu'il arriva sous Îles
murs d'Édesse. I1 s'arrêta là quatre Jours sans rien entreprendre contre cette
ville; puis il se dirigea vers l'Euphrate, qu'il traversa. 11 marchait, pareil à un
coursier quun galop long et rapide met hors d'haleine. Il saccagea nombre
de lieux; car aucune des provinces occupées par les Franks n'était prémunie
contre cette subite invasion. Il sempara de forteresses, de villagés, de couvents,
massacrant les populations, jusqu'aux vieillards et aux enfants. Parvenu à Bëzah”,
il fit halte; cependant Roger, dans l'orgueil de sa puissance, n'avait songé à faire
aucun préparatif de défense; plein de confiance en ses forces, il se souvenait de
la fierté dé la race dont il descendait, et méprisait profondément les Turks. Il
1 « Gazi veno major vocabatur eorum. » (Fal- d’Alep et dépendante du territoire de cette dernière
cherii Carnotensis. Gesta peregrinantiam Francora…m, ville. (Aboulfédx, Géographie, texte, p. 267, et Mé.
Cap. XLVI.) ; rdcid-el-itthila’”, t. 1, p. 150). Iièé, dans Nicétas
? Bëzah, en arabe Lis, et äely, , Bozà’ ou Bizä, Choniatès, p. 15.
ville située à une journée de distance au nord-est
he
DE MATTHIEU D'ÉDESSE.
125
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Los quuvbkfiu Mioupoulg faufouunbuits. L'un Suuupmul bonqlenatu jbubfé h 46e pay PT |
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con ph, L odEtujt putaulfu wub vpn] L uwfuguu.. ju En Jadubañit pwnng q , punk.
me. pen pee espere ere
négligea toutes les précautions que réclamait la prudence en cette occasion. Sans
s'être entouré de troupes suflisantes, sans avoir appelé les Franks ses alliés’, il
partit, plein de présomption, à la rencontre des infidèles. Il avait sous ses ordres
cent cavaliers franks, cinq cents cavaliers arméniens et quatre cents fantassins;
il était suivi en outre de dix mille hommes, tourbe recrutée parmi toute espèce de
gens”. Les Turks avaient recouru à tous les moyens possibles pour s'assurer la
victoire, et avaient disposé quantité d'embuscades. Le territoire dela ville d'Atha-
reb fut le théâtre de la lutte terrible qui s'engagea. La multitude des Perses enve-
loppa les chrétiens, qui se virent cernés de tous côtés, sans issue pour s'échap-
per. Tous furent passés au fil de l'épée, et le comte des Franks, Roger, périt
avec les siens. Quelques-uns à peine parvinrent à se sauver. À partir de l'Eu-
phrate jusqu'à l'Océan, les Turks étendirent partout leurs ravages, répandirent le
sang et firent une foule de captifs. L'armée chrétienne avait été anéantie. Ce dé-
sastre eut lieu le 6 du mois de k'agh'ots”, le samedi, veille du dimanche gras qui
1 Matthieu est ici en contradiction avec Guil-
laume de Tyr (XII, 1x), qui raconte que lorsque
Roger eut appris qu’Ilgazi, accompagné de Togb-
tékin et de Doubaïs, roi des Arabes, s'avançait vers
le territoire d’Antioche, à la tête de six mille bom-
mes, et était déjà campé auprès d'Alep, il appela
aussitôt à son secours, avec de grandes instances,
Josselin, comte d'Édesse:; Pons, comte de Tripoli ;
Baudouin, roi de Jérusalem ; et que ce n'est qu'après
avoir longtemps attendu ces deux derniers qu'il se
porta à la rencontre des infidèles. Suivant Ibn-
Alathir (ad annum 513), l'armée d'Ilgazi, composée
de ses troupes et de volontaires, était forte de vingt
mille hommes. Il avait avec lui Ouçâma-ben-Elmo-
barek-ben-Schebl le Kéläbite, l'émir Schems-ed-
daula Thoghan-Arslan, seigneur de Bitlis et d’Arzen.
Kemäl-eddin fixe le chiffre de l'armée d'Ilgazi à
un peu plus de quarante mille hommes. Les Franks
comptaient trois mille cavaliers et neuf mille fan-
tassins. Le combat fut livré auprès d'Athareb, dans
un lieu appelé Tell-’Ifrin (dans Guillaume de Tyr
Campus sanguinis), au milieu des montagnes, dans
‘une position inaccessible d’un côté, le 15 de rabï
premier 513 (26 juin 1119). Suivant Kemäl-eddin,
ce fut le 17 de rabi' premier {28 juin) qu’il ent
lieu, près de Belat, non loin des gorges de Sarméda,
au nord-est d'Antioche. (Cf. Gauthier le Chancelier,
p. 455; Foulcher de Chartres, chap. xcv.) Aboul-
farad) (ad annum grec. 1430 — 1° oct. 1118-30 sept.
1119) dit que ceux d’Alep avaient obtenu de Roger
une trêve de quatre mois pour faire la moisson et
la récolte des fruits, et qu'aussitôt après ce délai ïl
vint mettre le siége devant leur ville. Ils appelè-
rent Ilgazi, qui accourut à la tête de sept mille
Turks, et qui livra à Roger le combat dans lequel
celui-ci perdit la vie. Les Turks se répandirent
davs le territoire d’Antioche, et massacrèrent un
grand nombre de moines de la Montagne-Noire,
jusqu'au moment où survint le roi Baudouin.
2 Notre auteur fait allusion par ces paroles à cette
multitude de marchands qui avaient suivi Roger,
et que mentionne Guillaume de Tyr (XII, 1x),
Ce dernier raconte effectivement que l'armée d’An-
tioche se composait de sept cents chevaliers et trois
mille fantassins tout équipés, sans compter les
marchands qui avaient coutume d'accompagner
l'armée pour vendre et acheter.
3 Il faut lire 9 de k'agh'ots au lieu de 6, c’est-à-
16.
124 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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ep JunuSwphuwg ul jun Egaue : fout af got Ephngnitg Gruuiug pelusut qui
euyg uywgebugt suæubeg juju mg En agp, 05 86 dhuÿt vpnf up b noBoju,
Swphutbqn fr Parqunpht auulug: (pe wdEteÿt qonet bruits giwgft pue Si
beobulg. qhug L Buquiogu Quqofit bouquet leg ppprsuughl
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cer d'uunnbmugdiug, L puy anni f dEpusy Sereunmugb ing aphownul, puyg f {puy
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précède la Transfiguration. Le roi de Jérusalem, Baudouin, se rendit à Antioche,
et, ayant réuni le reste des troupes frankes, marchä contre les Turks. Le 25 du
mois d'arats, c'est-à-dire le 16 août, un nouveau combat fut livré dans le même
lieu que le précédent. Les chrétiens immolèrent nombre de Turks, puis les deux
armées prirent la fuite, chacune de son côté, sans avoir eu l'une où l’autre l'avan-
tage ou le dessous; car chaque parti avait éprouvé beaucoup de pertes. Celle des
infidèles s'éleva à cinq mille hommes. Ce ne fut pas seulement le fer qui fit tant
de victimes, mais aussi la chaleur; le roi de Jérusalem avait surtout porté aux infi-
dèles de rudes coups. Les Franks se retirèrent chez eux, et le roi Baudouin rentra
dans la Cité sainte!.
Cette année mourut l'empereur des Romains, Alexis, prince vertueux et sage,
intrépide à la guerre, miséricordieux pour tous les fidèles, excepté pour notre
dire le 28 juin. En effet, la. Traosfguration, fête
mobile dans l'Église arménienne, tomba cette an-
née le dimanche 6 juillet, et le samedi veille du
dimanche gras, pwpk4Ewquu, Où de la semaine de
jeûne qui précède cette fête, fut le 28 juin. (Cf.
mes Recherches sur la chronologie arménienne, t. I°",
Il‘ partie, Anthologie chronologique, n° Lxxvi.)
1 Le roi et le comte de Tripoli, partis pour
venger la défaite et la mort de Roger, arrivèrent à
un lieu appelé Mons Nigronis ; aussitôt Ilgazi envoya
contre eux dix mille cavaliers d'élite, qui se divi-
sèrent en trois corps, se dirigeant, l’un vers.le port
Saint-Siméon, les deux autres, par des chemins
différents, vers l'endroit où campaient les chrétiens.
Un de ces deux derniers détachements, ayant atteint
le roi de Jérusalem, fut repoussé, entièrement dé-
fait et mis en fuite. De là Baudouin se rendit
à Antioche, tandis qu'Ilgazi s’emparait d'Athareb
(Cerepum) et de Zerdanà {Sardonas). Le roi, pensant
le rencontrer à Athareb, se dirigea sur Rugia; puis,
traversant la ville de Hab, sur le territoire d'Alep,
il assit son camp sur la montagne de Danim. Le
lendemain Iigazi vint l'attaquer avec une armée
considérable. Baudouin avait sept cents chevaliers;
il divisa les siens en neuf corps. L’effort des infi-
dèles porta principalement sur l'infanterie des
Franks, dont ils connaissaient la bravoure et l'im-
pétuosité; ils en mirent une grande partie hors de
combat. Le roi, tombant alors sur eux avec quatre
corps qu'il tenait en réserve, les mit en déroute et
décida la victoire; mais elle lui coûta sept cents
hommes de pied et cent chevaliers. Ilgazi, Toghtékin
et Doubais (Debeis) s'enfuirent, abandonnant les
leurs; Baudouin rentra à Antioche au bout de deux
jours. Ce triomphe fut remporté la veille de l'As-
somption. {Guillaume de Tyr, XII, xr et ar, et
Foulcher de Chartres, chap. xzv.) — La date du
16 août indiquée par Matthieu exige une explica-
tion et une rectification. En l'année 568 de l'ère ar-
ménienne (20 février 1119-19 février 1120),
l'Assomption , qui est une des fêtes mobiles des Âr-
méniens ,.variant dans les limites inclusives du
12 au 18 août, tomba en effet pour eux le 17 août.
Mais notre historien n'a pas fait attention que le
renseignement dont il fait ici usage est calculé sur
le rite des Églises grecque et latine, où l'Assomp-
tion est invariablement fixée aa 15 août; il aurait
donc dù dire en réalité 14 et non 16, et cœæ qui
achève de le prouver, c'est qu'en 1119, le 25 du
mois d'arats vague coincida avec le 14 août. D'ail-
leurs Foulcher de Chartres énonce positivement
la même date, 19 des kalendes de septembre. Il faut
remarquer en même temps que Guillaume de Tyr
est en retard d'une année sur Matthieu d'Édesse
et Foulcher de Chartres, en marquant 1120 au
lieu de 1119. |
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 125
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nation qu'il haïssait profondément. I se rendit illustre, il est vrai, mais il viola
les commandements de Dieu; car 1l ordonnait de conférer une seconde fois le
baptême, réprouvant avec mépris ce sacrement tel qu'il a été institué par le con-
cile de Nicée, et propageant les dogmes du concile de Chalcédoine '. I faisait, sans
remords, rebaptiser les Arméniens, et sans redouter l'Esprit Saint qui a fondé
avec éclat cet auguste sacrement. Il mit en oubli la prescription de l'apôtre saint
Pierre, qui a dit : « Baptiser une seconde fois celui qui l'a été déjà, c'est crucifier
« de nouveau le fils de Dieu et débuter par une œuvre de mort”. » Cette année,
le fils et successeur d'Alexis, [Jean] Porphyrogénète, monta sur le trône ; prince
remarquable par son courage militaire, par sa clémence et sa mansuétude. II se
déclara également contre les Arméniens et exigea, avec encore plus de rigueur
que son père, l'obligation du second baptême, rejetant le baptême spirituel pour
y substituer un sacrement imparfait *.
LXXIX. Cette même année, le roi de Jérusalem, Baudouin, donna Thëlbaschar
et Édesse au comte Josselin et le renvoya dans cette dernière ville. À l'époque de Ja
mort de Tancrède il avait arraché Josselin de la maison et des domaines que celui-
ci possédait ; et, après l'avoir ainsi dépouillé, il l'avait jeté dans un cachot, où il
infligea à ce noble guerrier les tortures de la faim et les plus mauvais traitements.
Puis, l'en ayant retiré avec violence, et le traitant comme un homme souillé de
1 Au moment où fut tenu le concile de Chalcé-
doine (451), les Arméniens, occupés à soutenir la
guerre contre Azguerd (Yezdedjerd Il), roi dePerse.
furent empêchés d'assister à cette assemblée, et
étaient sans communication avec les Grecs. Des
partisans d'Eutychès et de Dioscore, patriarche
d'Alexandrie, dont les doctrines avaient été con-
damnées par ce concile, se répandirent en Armé-
nie, et représentèrent les Pères de Chalcédoine
comme ayant renouvelé l'erreur de Nestorius. Les
Arméniens, abusés par ces faux rapports, rejetèrent
ce concile, tout en reconnaissant le dogme de la
coexistence des deux natures en Jésus-Christ, tel
que l'avait défini saint Cytille d'Alexandrie. Ils
comptent même Eutychès au nombre des héré-
tiques, et prononcent anathème contre lui. Leur
position mal définie entre l'Église grecque et l'Éghse
latine subsiste encore aujourd'hui. (Voir l'ouvrage
intitulé, Exercice de la foi chrétienne, par M. Msé-
rian, professeur de théologie à l'institut Lazareff
des langues orientales de Moscow, in-12, 1850; ou-
vrage qui a paru avec l'approbation et le sceau de
feu ME Nersès, précédent catholicos d'Arménie.)
2? Cette citation est apocryphe.
3% Matthieu est ici en retard d’un an. D'après
Zonaras et Nicétas Choniatès, Alexis Comnène
mourut le 15 août, indiction XI (1118). Son fils
Jean, appelé aussi Kaloïwävrys, ou le beau Jean, lui
succéda immédiatement.
126 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE |
wpaup jou Supudulquii Saunuyky omup wluwpwg - qop wnuÿfiu Bwqunepi \pprruunk
lu krskug ques b dE Sun. unnnen] up gpuqupt Suis bout, Lwgryg quw
Jugud quwrfiu anbpe Las dés june Eunlà quyp pue bi BivudEug bush [ap
anus à U] act qh yepd ul dénus Qoqfé L Huqunophug dpeu Multi Sup, L
qupyg aout b J{erSuy, L ugniquithp qu pogebl Qupulg auerbpwliug : 4b
be up eu? L Sgop quwubuglèg L aneuf judEtusfs nt bauñuqug, L fr puÿre
PEU op rue etui anni Qupuhg. kquplur fee ngoplie Huit f {Epuy
DerSuyg, Pribus gququituluit qpuqiu qop mbbp jupuÿuenju : Vpe Buqurnghug
Quoi b dEpusy Viunprpuy L uinuÿt LE Uhubhégeng, \procounhiin but
et uluup ft Laçui sk jlpebeunne :
À Ph qu Suuuñtt Brewquiunfhuñit Suyjag UE auçäkey gopud god wpuptius
luewgh put, b fuqlbu, game qopuug (png Min, L quyp ft dEpuy aq fé ruñlug
wpug Suuwbbp fi qrent (ler Sue pue, L Eh qopep un Suvwpul quultusft qu)
pub Yugbwy quuncpu à wauluiubug qulbtuft wupenpuyuu f Ent wilfgfr gopeugi :
Le Juprugbuy mguñèbp don Vox pong L 'quunwpag aigmguñhp Qté Si
crimes, il le chassa et le contraignit à aller servir dans les pays étrangers. Le roi
précédent de Jérusalem, appelant auprès de lui Josselin , l'avait reçu avec une
haute distinction; il lui avait cédé la ville de Tibériade, avec. le territoire d’alen-
tour. Là, Josselin résista victorieusement aux ennemis de la Croix. Lorsque Bau-
douin mourut et qu'il fut remplacé sur le trône par Baudouin Du Bourg, celui-ci
fit revenir Josselin à Édesse, en le chargeant d' opposer une barrière aux invasions
des Perses. C'était, en effet, un chef renommé parmi les Franks pour sa brillante
valeur. Josselin reprit des sentiments de bienveillance et d'humanité pour les ha-
bitants d'Édesse, et abjura ce caractère de cruauté qu'il avait montré aupa-
ravant'. Baudouin | Du Bourg] régna sur Antioche, sur la Cülicie entière, sur
Jérusalem, et ses États s'étendaient jusqu'aux confins de l'Égypte.
LXXX. Vers le commencement de l'année 569 {20 février 1120-18 février 1121),
l'émir Ilgazi rassembla de nouveau et équipa ses bataillons, qui comptaient cent
trente mille hommes. Il marcha contre les Franks et se porta avec rapidité sous
les murs d'Édesse. Les plaines environnantes furent couvertes de ses soldats. Il
campa quatre Jours devant cette ville, pendant lesquels 1l ravagea toute la cam-
pagne. De là il vint passer par Séroud)j et fit traverser à la dérobée l'Euphrate à
1 Précédemment, en 1102, Baudouin Du Bourg,
alors comte d'Édesse, avait commencé la fortune
de Josselin de Courtenay, son cousin, « vir nobilis
«de Francia, de regione quæ dicitur Gastineis. »
Il lui donna la partie de son comté située sur l'Eu-
phrate, et qui comprenait les villes de Gouris (Co-
ricium) et de Dolouk ( Tulupa), et les places fortes
de Tellbäscher, Aïn-tab et Rawendan, avec quel-
ques autres; il ne garda pour luï que le pays au
delà de l'Eupbrate, dans le voisinage immédiat
… des infidèles, et Samosate, quoique englobée dans
le territoire qu’il cédait à Josselin. (Guillaume de
Tyr, X, xxiv.) Plus tard, Josselin se montra ingrat
envers son bienfaiteur, au milieu de l'abondance
où il nageait. Il ne vint point au secours de Bau-
douin, quoiqu'il sût d'une manière certaine que ce
dernier et les siens étaient dans la détresse. L'his-
torien latin raconte (XI, xx11), dans les mêmes
termes que Matthieu d'Édesse, comment Baudouin
punit Josselin, et comment celui-ci, chassé de ses
domaines, se rendit auprès du roi de Jérusalem,
qui lui donna Tibériade. Nous avons vu {page 119,
note 1) que Josselin, usant de son influence sur
les barons de la Syrie, fit prévaloir l'élection de
Baudouin comme roi de: Jérusalem. Le nouveau
souverain, en récompense de ce service, et désirant
lui faire oublier la violence avec laquelle il l'avait
traité, lui donna le comté d'Édesse. Josselin con-
naissait parfaitement ce pays. Baudouin, après avoir
reçu son serment de fidélité , lui conféra l'investi-
Lure par l'étendard, et Josselin prit possession de
son fief. (Guillaume de Tyr, XII, 1v.)
\
DE MATTHIEU D'ÉDESSE.
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127
EEE ——— EE et rer ent |
une grande partie de ses troupes. Depuis Thëlbaschar jusqu à K'éçoun, il réduisit
en captivité les hommes et les femmes, les massacra impitoyablement et fit brûler
et rôtir les enfants avec une barbarie sans exemple et en nombre incalculable.
Ayant franchi l'Euphrate avec des forces considérables, il extermina les popula-
tions d'une foule de villages ; les prêtres et les moines périrent par le fer ou le feu.
Le comte Josselin, qui se trouvait en ce moment sur le territoire de la ville forte
de R'aban, courut à K'éçoun et à Béhesni, et convoqua ses troupes. A l'aurore,
s'étant mis à la poursuite des Turks, il fondit sur eux et en tua un millier. Fgazi
se retira avec les siens et vint camper près d'Azaz. Sur ces entrefaites, le roi de
Jérusalem, à la tête de tous les Franks, se porta vers Azaz, à la rencontre des
Turks. Josselin, arrivé à Antioche, vint grossir l'armée du roi. Les infidèles et les
chrétiens restèrent plusieurs jours en présence sans engager d'action. Alors Ilgazi
opéra sa retraite et vint dans la partie du pays de Mélitène que l'on nomme Gar-
mian'. Le roi rentra dans Jérusalem, et Josselin à Édesse?.
LXXXI. En l'année 570 (19 février 1121-18 février 1122), un émir de la
contrée de Kantzag, nommé Gazi, homme sanguinaire, effronté et brigand, lequel
était voisin des Géorgiens, ami et vassal de leur souverain”, conçut un mauvais
dessein. Ayant recruté trente mille Turks, il pénétra sur le territoire géorgien
1 La dénomination de Garmian ou Guermian, sur les infidèles, comme on le voit dans les mêmes
auteurs, d'accord avec notre chroniqueur arménien.
donnée à une partie du territoire de Mélitène, date
probablement de l'époque des Seldjoukides, et vient 3 Les détails par lesquels Matthieu d'Édesse ca-
sans doute de quelque émir turkoman de ce nom. ractérise l'émir Gazi (Khazi), vassal du roi de
? Cette agression d'Ilgazi contre les Franks doit Géorgie, montrent suffisamment que ce personnage
être la même que celle qui est racontée par Ibn- ne doit pas être confondu avec le célèbre prince de
Alathir, Aboulféda et Kémäl-eddin à l’année 514 Mardin, Ilgazi, quoique le nom de l’un et de l'autre
(2 avril 1120-21 mars 1121). L'armée d'Ilgazi était soit écrit, dans le texte arménien, de la même
composée principalement de Turkomans; l’engage- manière; en effet, notre auteur appelle toujours
ment eut lieu à Zat-el-Bakl, AûWf «5, surleter- Ilgâzi Gazi, comme Aboulfaradj et Guillaume de
ritoire de la petite ville de Sermin, dans la province Tyr; Gauthier le chancelier écrit Algazi.
d'Alep. Josselin ne tarda pas à prendre sa revanche |
128 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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qgépäu fophuiug, L Son wpluvhfiu f bp, qlung hephuug. L uhwgqbunfup L euqu.
qauilep Xfolquitu wnaukhu f Qatdulf pouquph fuphuug une puouiufits" ue U'rrhpt npfu
Seuupht, L ennqnp ewpäbew, pond ane fr Lapu gYapreuuns tephuiug .L ujLP Suuulkfi
h quiunt Crus by oluuwnsy Qopdkaifu D aun a} k peuql apyl Cernibls, L
sunnlpuuke jupe gum Yapounbuwt fegphuïuy aqpundb fu din. L ‘Unpus win gopni
Pbuiu fapray b eupépudqn{ffbuut Spudiuybes Fagnd jbuby eauqune fut gopwg fupny
quEtnuju wqqu (Qrecpqug h Coctuug woluwp$Eu push juphbje qullinufÿu Vywpudturs
de app Suliup gopug feprg quEtuuju XSn. b wnmphug fi Swpucwondu fi juroluwp$s
Urupugeng, k 4nsbuwg g$ban ep qBuwquenpu pweluug np 4osb Qwneg pub Sreuuyhul-
Ca. twephpuufv, de Garmiran.
et traîna en captivité une partie des habitants arrachés à leurs foyers; puis il vint
asseoir son camp dans le pays où était sa résidence. En apprenant cette agression,
Tavith (David), roi de Géorgie', envoya ses troupes pour chasser les Turks.
Celles-ci, étant parties à la dérobée, tombèrent sur eux et exterminèrent ces trente
mille hommes; elles s'emparèrent de leurs femmes, de leurs enfants, de troupeaux
innombrables de brebis et de moutons, et sen retournèrent chargées de butin.
Les Turks qui avaient échappé au glaive des Géorgiens, accablés par ce revers,
déchirèrent leurs vêtements et répandirent de la poussière sur leurs têtes. Vêtus
de deuil et la tête découverte, ils allèrent à Kantzag porter leurs doléances à leur
sulthan, Mélik, fils de | Mohammed | Daph'ar, et implorer, en fondant en larmes,
sa pitié pour leur malheur. D'autres se rendirent chez les Arabes, dans la contrée
de Garmian, auprès de l'émir Ilgazi, fils d'Artoukh, et lui racontèrent, en pleu-
rant amèrement, ce désastre. Celui-ci, dans sa puissance et son orgueil, ordonna
de lever une armée considérable et d'appeler tous les Turks, depuis les contrées
des Grecs jusqu'à l'Orient, ainsi que dans le pays de Garmian. Il fit le dénom-
brement de ses soldats, dont le chiffre était de cent cinquante mille. Il envoya
dans les contrées du Midi, chez les Arabes, mander le roi de cette nation, nommé
Sadaka, fils de Doubaiïs”, qui arriva à la tête de dix mille soldats. Ce prince était
1 David Il, dit le Réparateur, l'un des plus
illustres souverains de la Géorgie, était fils de
Giorgi Il, de la famille des Bagratides; il monta
sur le trône en 1089 et l'occupa jusqu'en 1125,
pendant trente-six ans.
2 Matthieu est dans l'erreur : il s’agit ici d'Abou'l-
A’azz Doubais, mws 35%) #1. fils de Seif-eddaula
Sadaka, wo Aout Liuw, d’après le témoignage
de tous les auteurs musulmans, ainsi que d'Aboul-
farad;. Il appartenait à la tribu arabe des Beni-Açad,
et était souverain de Hillah, sur l'Euphrate. Son
père avait péri dans le mois de redjeb 501 hég.
(22 août 1107-10 août 1108), dans un combat qu'il
livra contre Île sulthan Mohammed (Daphar). On
voit que Matthieu a confondu le père et le fils, et
attribué à ce dernier les guerres soutenues par Sa-
daka contre Mohammed. En 517 hég. (1123), le
khalife Mostarsched ayant vaincu Doubais, celui-ci
se sauva dans la tribu arabe de Ghaziah, qui ne
voulut pas l’accueillir, et de 1à dans celle de Mon-
tafek, avec laquelle il vint saccager Basra; de là il
passa en Syrie, chez les Franks, auxquels il s'efforça
de persuader de s'emparer d'Alep. En 523 (1129),
il pilla une seconde fois Basra. (Aboulféda, Annal.
.t. UE, p. 418 et 432.) Il fut mis à mort par l'ordre
du sulthan Maç'oud, auprès de la ville de Khoï,
par un esclave arménien, le 14 de dsou’lhiddjé
529 (12 août 1135). Guillaume de Tyr l'appelle
Debeis.
——
129
DE MATTHIEU D'ÉDESSE.
que un us Sa ue b Ep uu uyp pu. quunbqugég . L'or gEpt duptug gwquunn
puqup, Le squunbquql Quiibug pur Suwpfit Qupuhg nnepruñfit, op k juge.
L Ep our wgque (huh, L jyd SuySyhs V'esdhuh L aBiufu Ywpqeg ap {Ju
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Pbudg gopegt, L Suuuñthp utile gang fe fEpuy wwe U vw :
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bouge wep pauqdin Euh L dinbbp k jun Ù pes k qoni Sbobwg puqu.
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En) qupu L piufeu, L juggh Vuñuug wpu EX, L paul XL Ep ognunnuk wa dE,
kung Vunnewd Sté E jupe op: gl ont qunrbpuqd"h dés Ephnrg (kpuñug,
un valeureux guerrier ; 1l avait saccagé la ville de Bagdad, trois fois combattu avec
succès Daph'ar, sulthan des Perses. Il était de la secte des Rafédhites, blasphéma-
teur de Mahomet et de sa religion!. Il avait planté ses tentes au milieu de l'Éthiopie
et de l'Inde. I1 vint alors et épousa la fille de l'émir perse Ilgazi?. Cette année,
ce dernier arriva à Kantzag avec des forces considérables, en se dirigeant vers la
Géorgie.
LXXXII. Mélik, sulthan de Kantzag, à la tête de quatre cent mille cavaliers
aguerris, pénétra en Géorgie du côté de la ville de Dëph'khis (Tiflis), par la
montagne de Tigôr*. Le roi de Géorgie, David, fils de Pakarad (Bagrat), fils de
Korki (Giorgi)', instruit de l'approche des Turks, s'avança contre eux avec un
corps de quarante mille guerriers intrépides. Il avait en outre sous ses dra-
peaux quinze mille hommes d'élite que lui avait donnés le roi des Khaph't-
chakhs; cinq mille que lui-avaient fournis les Alans, et une centaine de Franks.
Ce fut le 15 août, le jeudi de la semaine du jeûne observé pour la fête de la Mère
de Dieu‘, qu'eut lieu la bataille. Elle fut terrible ; les deux montagnes entre les-
septembre 1 135).sous le poignard de quelques Ismaé.
liens, envoyés, comme l’affirment Noveiri et Aboul-
faradj (Chron. syr. p. 315), par le sulthan Siadjar.
? Cette princesse se nommait (p5ls 520$
Gueaher-K hatoun.
3 Le mont Tigôr ou Didgôr, au sud-ouest de
Tiflis. (CF. M. Brosset, Histoire de la Géorgie, Addi-
tions et éclaircissements, p. 236, note 1 ; et Saint-
Martin, Mémoires sur l'Arménie, t. Il, p. 233.)
# Il faut lire : fils de Korki (Giorgi Il), fils de
Pakarad (Bagrat IV).
5 Les Alans ou Alains, wwe, habitaient au
nord-est de la grande Arménie, et étaient bornés à
l'ouest par la Géorgie, au nord par le pays des
Massagètes {(UJ'wwpre@e, Mask'outhk'}, et à l’est par
la mer Caspienne. Une colonie d’Alains vint s'éta-
blir sur les bords du Danube, d'où, vers 406, ces
peuples allèrent, avec les Suèves et les Vandales,
ravager la Germanie. Ils se répandirent dans les
Gaules et la péninsule Hispanique. Ce sont les Osses
ou Ossètes d'aujourd'hui, dans le centre du Caucase.
6 Il faut lire le 14 août, puisque l'Assomption,
17
1 Les Rafédhites sont des hérétiques, partisans
d'une secte qui maudit Abou-Bekr, Omar et Oth-
man, et leur refuse la qualité de légitimes khalifes
ou vicaires de Mahomet, tout en soutenant, au con-
traire, avec une partialité poussée jusqu’à l'excès,
qu'Ali et ses descendants en ligne directe sont les
seuls et véritables successeurs du Prophète. Cette
secte, à laquelle se rattachent les musulmans schii-
tes de la Perse, donna naissance à celle des Bathé-
piens, IJsmaéliens ou Assassins, dont le chef est
connu, par les récits de nos chroniqueurs des croisa-
des et de Marco Polo, sous le nom de Vieux de la Mon-
tagne. La secte des Ismaéliens sapait dans ses fonde-
ments la doctrine du Koran, et, en général, toute
religion révélée. (Cf. Silvestre de Sacy, Exposé de la
religion des Druzes, introd. P- XLVII, XLVINI Ct LXIV;
Sale’s Coran, Preliminary discourse, $ 8.) Ce qui ex-
plique encore la qualification de blasphémateur de
Mahomet que Matthieu attribue à Doubais, c’est
que celui-ci fut en guerre continuelle avec le khalife
Mostarsched, qui le dépouilla de ses États. Mostar-
sched périt dans le mois de dsou’lka’dé 529 (août-
Hisror. ARM. — I.
130 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
ap b jpu$uwuefu Naf dintk qopgu qnskfiu bobupt: k jujuduS gun fu Suguiukp [CA
Sy be dépuy Ù es qopwge, LE bts quanbpuguft qufétuuji gout (Qrrcnpuws
qupänegfiu h uufeneun. L joujhl wenip Eqh uwuenhly b. ue np Yrnnpud gopug Ori p_
puy, b jui ghoujedpp qEunp L ännp Fou, b un Let puporhniup Epuuy daud 4h quits:
Use 6h Suliup Yninnmed-nju qopug (Qrnsnpwg ke ebepu, bk Xbppuwlpuqu wpaupfiu wpu TE
ee Jbphdwpwgt L f Shogt œuÿEjag Swdbque. wEtauÿt bpba qugamumg : Ve. quincpu
e q$Sban deuphquu qopp Wudswg L U aug push. fe ouGiliiuu pauqeupht ben : pe unL[_
nait Vwpuhy Uértpt Le Ruwgh qupéat pugnd'uloftnf JueobeupSu fephuiug Jiuqu._
rep uufennbanfs - pou Swqug sEp inugbuy :
Geyudl'edh bun une Bague V pes gouqupi Sélohe f Qapokg. L wpup
uusun/il} faunopud-x gpunquplh kw EX: vpuutiqu P repars Sub ui sanmwbhg supusiun:
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quelles elle fut livrée retentissaient du choc des combattants. Mais le Seigneur
vint au secours des Géorgiens, et leurs héroïques efforts réussirent à mettre les
Turks en déroute. Le carnage fut horrible; les cadavres comblèrent les fleuves
et les vallées, et s'accumulèrent jusqu'à la crête des montagnes qui disparut cachée
sous cet amas de corps. Les Turks laissèrent quatre cent mille hommes sur la
place, trente mille furent faits prisonniers; les chevaux et les armes des morts
couvraient au loin la surface des plaines. Pendant huit jours, les Khaph'ichakhs
et les Géorgiens poursuivirent l'ennemi jusque sur les limites de la ville d'Ani.
Le sulthan perse Mélik et Hgazi, couverts de honte, regagnèrent leurs États. Les
infidèles qui parvinrent à se sauver, mais avec beaucoup de peine, ne dépassaient
pas vingt mille, faible reste de cette innombrable armée !. |
Cette même année, David enleva Déph'kis aux Perses, et y répandit des flots de
sang. ]l fit enfiler et empaler l'un sur l'autre cinq cents hommes, qui expirèrent
dans cet affreux supplice”.
dans l'Église arménienne, tomba cette année le 17,
et que le jeudi de la semäine de jeûne qui précède
cette fête, jour où eut lieu la défaite des Turks par
les Géorgiens, se rencontra le 14. Cette date de 570
de l'ère arménienne (1121) est confirmée par le
chronographe Samuel d'Ani et le compilateur de
l'Histoire de la Géorgie, traduite par M. Brosset,
page 336. (Cf. mes Recherches sur la chronologie
arménienne, t. [*, IF partie, Anthologie chronolo-
gique, n° LxVII.)
1 Dansle récit de cette expédition contre la Géor-
gie, il est facile de reconnaître combien notre auteur
a exagéré le chiffre des infidèles et les circonstances
de leur défaite. Le témoignage d'Ibn-Alathir, d’Ibn-
Khaldoun et d'Ibn-Djouzi (apud M. Defrémery,
Fragments de géographes et d'historiens arabes inédits
relatifs aux anciens peuples du Caucase et de la Russie
méridionale, Journal asiatique, 1849, p. 26-34 du
tirage à part), ainsi que celui d’Aboulfaradj (Chron.
arabe, p. 249), doivent être mis en contraste avec
celui de Matthieu. — En 514 hég. (1120-1121), les
Géorgiens, unis aux Kiptchaks, s'étant avancés sur
le territoire musulman, igazi, Doubais-ben-Sadaka
et Mélik -Thogrul, auquel appartenait l'Arran et
Nakhdjavan jusqu'à l'Araxe, marchèrent à leur ren-
contre avec trente mille hommes. Les deux armées
se rencontrèrent près de Tiflis. Elles se préparaient
au combat, lorsque s’avancèrent deux cents Kipt-
chaks; les musulnians, pensant qu'ils venaient de-
mander merci, n’eurent aucune défiance; tout à
coup ces Kiptchaks font une décharge de fleches et
jettent le désordre dans leurs rangs; ceux qui étaient
par derrière, croyant à une déroute, prirent la
fuite. Les Géorgiens les poursuivirent l'espace de
dix parasanges, en en faisant un grand carnage;
quatre mille musulmans furent faits prisonniers.
Mélik-Thogrul, Ilgazi et Doubais parvinrent à s'é-
chapper.
? Il existe de notables divergences sur la date de
la prise de Tiflis par le roi David II. Parmi les au-
teurs musulmans, Aboulféda et Hadji-Khalfa la pla-
cent en 514 (1120-1121); Ibn-Alathir, Yakout
et El-Aïny en 515 (1121-1122); Dzéhéby et Ha-
méky en 516 (1122-1123); et Ibn-Kéthir en 517
(1123-1124). Aboulfaradj (Chron. arabe, p. 249)
dit que le siége dura depuis 514 jusqu'en 515. —
Deux auteurs arméniens, Samuel d’Ani et l’histo-
rien Étienne Orbélian (éd. de M. l'archimandrite
Garabed Chahnazarian, Paris, 1859, in-12, t. Il,
Pp. 124) indiquent, le premier, comme Matthieu,
l'année 570, et le second, 572 (19 février 1123-18
février 1124).
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 131
A Geguladlh jundibait ogomunut wufbus Eh. How bplihg, L uyrbwg quewg
Edpuñie np 4uyp fpwqupt Quprunn. quyu XEdiupuiiu quñugtbut bp rence ourpuruiit
Qupehg Eneeye Veau, L obus 4e qu quplañunh L Spuouh grpéwpuñoe -
gb grp al Gun au quolupSu upuhg qu FES qunrtpugl fuiubug po wqgu Qu.
oh. b jujotunl que f wqounn puque, L Spudiybug qui wnofhg ont YuivqvEt
og gl (Orrcapug, gh fé ing wggt (Qeeppug jury went Vowuug. bb ju
af wüqur Gpuwl L'uyphuwg gXEdiupuiit (rec ppwg quhnS Sapofupuñtit bagues :
AV Pepibupk BremquiineBbañt Layeg 2$w qopwd ago upup Mough wuuquuu
up apokg, L guy K dEpuy gout bautug. L fpuñthp b dEpuy Sup pump,
Lana gheyp paul Supluthp f Chaure b Sudqus ppp. L jajidul qayp Que
onjit Puquenpu \pprouughdliy, que Swuusukp un Ga Yeliu (lenSuyy Nour
L fupuñ gay fQuiubfi Subehu gopugt (rnppug. L quuEunÿt anne wlivnatuyfrh
os wqupfé qunnkqpuq, poor pqnbd fpbpug judibuñit ubuunbdpEph wnautg wub,
og pwkhgu p rip L'euplu fepupuñistep b pwqupt (up: pe wdppuÿÿ luut
dinun. h Sun, L Ququl wdppuÿt np been pepnt Wowgk L Ep op pu L dhp qunnk.
cup qupäur gum L gage b queuwnt fup, Suñtatf : Gujidud Aout L
Gepuqut joebut quyu L'Buituyft g$Eu gorge Qupuhfu - L Saut blu f qu un
Ne Say E 46e ve Yrch Sub, Swpbep Auropr] Suwuuit fe fEpuy wap. L Qupulits
Eu Guy 3 Apurnpnife bekah dp qbnuqgtug Lie punn jyd 2mpfh, b gopegt fu prie
anus fuyp bin. L got rutlug añalinwpug fubpwquptu jfub fé, jurp ul qui
bdécuy, L pie bnpurtfuit n5 Guphft wtguibps Ve Quoi wdEtuuju gopept Guye puy.
EE ————
LXXXIIL Cette même année, au mois d'août, la foudre éclata et brüla la prin-
cipale mosquée de Bagdad, édifice construit sur un plan magnifique par le sul-
than Thogrul, frère d'Alp-Arslan, lorsqu'il conquit la Perse. Ce prince avait guer-
royé pendant vingt ans contre cet empire avant de Île réduire sous le joug et de
s'en rendre maître. À cette époque, étant venu à Bagdad, il fit élever cette maison
de prière pour les Turks, afin de leur éviter d'entrer dans celle des Arabes. Ce
fut ainsi que le feu du ciel dévora la mosquée des Turks, le lieu immonde de
leurs réunions.
LXXXIV. En l'année 571 (19 février 1122-18 février 1123), Ilgazi, général en
chef des Perses, rassembla des troupes et marcha contre les Franks. Il se porta
d'abord vers Alep, de là il vint camper à Schëzar, ville des musulmans. Baudouin,
roi de Jérusalem, accourut, et Josselin, comte d'Édesse, vint se Joindre à lui. Ayant
réuni leurs forces, ils allèrent camper en face de l'armée turke. Mais tout l'été
s'écoula sans qu'il y eût d'engagement, quoique les deux partis fussent en pré-”
sence. Au mois de septembre ils se retirèrent, et chacun revint chez soi. L'émir
Îgazi rentra dans Alep, et l'émir Balag, fils de sa sœur’, qui était un valeu-
reux guerrier, partit secrètement pour se rendre dans son district de Hantzith.
Josselin et Waléran, ayant eu avis de son départ, coururent sur ses traces, à la
tête de cent cavaliers, et l’atteignirent sur le territoire d'Édesse, au village de
Daph'thil. Balag stationnait avec huit cents cavaliers dans un endroit où coulait
un fleuve et que des marais environnaient de toutes parts, et s'était retranché
dans cette forte position. Les Franks, comme des inconsidérés et des fous, s'élan-
cérent sur les Turks; mais ils ne purent franchir les ravins profonds qui les
! Balag n'était point fils de la sœur d’Ilgazi, comme le prétend Matthieu, mais de Behram, frère de ce
dernier.
17.
132 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
a ËS unguwu, L Ubanhep fongnubug quel Epfujupu -“Uunguw, b pop Suyerdiulquiu
qui qopu bauthwg. L'wpupfu SEpputut qe Yaéu authuog 4 Nous L ur
pepau, Le Yeurapbgfu qudEtuÿs pau. L IN oupft b g\pepupuiiu kpluwfih fau
Lop uwpuiu hr luwpebps L bat kb eutunh wiun, PE Deauuljfu emwpuru fr {Nawqne : Le
bébp cpu odEtnuft unecg ES uEinuju non 2 À » L tar Swpbhbu, due
cuowbneffEunlp. ju Egl f ubuunbdpbph uuluan) dy :
juju wempu dénuukp dES wdppuju pwal" npnh U etreopu, Le amwppr qudénuÿ
uobuupSu hpnepapef fup h Qupoÿt wdppujt. L jeu wpewphuy qumiu L qnpyhur
her be op great Lg Sbdée parut. L pEplt ququaop aluugh & Sujuuy
be hownui, L eñtanh opus RBunbaft ques fer buwpalu k puquph bep: Qepuly dl}
peju wbpbuwg puwqned ques : |
DL‘ bewpibug k Pouokuunef}buñin un fr Jul 2e gopudnnn) wpupbeusg fu
quenpih | ponrcunk dh Qegupiu, L jregkp aqunnbpeql pue Veopolqery wodhquuyfiu, duniy
Ephos foboutuwgt qnp cophbus Ep fe patent q A'ouhuv & aUepuqpuiiu. L Swuuukp fu.
quunpu wdEhnujÿn qgopopu bauuluug h (lsuquii pumupu: {ve Qepwlju Jan urg nf
bYbuy Ep dEpà fil quesunfiu, gh abkphhpu wpuugk woup h qbpu fu, L qupdbuibu ns
qhbind Ephogncug Yngdañugt : pe Ebowy fPruqueenpiu vue gonopÿ h C “Lÿkny Qarquu.
protégearent. Balag leur tint tête avec tous les siens. Les infidèles, à coups de
flèches, blessèrent les chevaux des Franks, qui furent mis en fuite. Ils firent pri-
sonniers Josselin et Waléran, et taillèrent en pièces tous les chrétiens. Les deux
comtes, chargés de chaînes, furent conduits à Kliarpert et jetés en prison. Vingt-
cinq de leurs compagnons furent emmenés à Palou ”. Ce désastre fut un deuil pour
les fidèles, qu'il plongea dans la consternation. Il eut lieu le 13 septembre”.
A cette époque mourut le grand émir Ilgazi, fils d'Artoukh, laissant ses États
au fils de sa sœur, l'émir Balag, ainsi que le soin de sa maison et de ses enfants,
Soleiman et Timourtasch*. Son corps fut transporté dans une litière d'Alep à
Khar'an, et de là à sa ville de Mouph'argh'in (Méiafarékin), où il fut enterré.
Balag se trouva ainsi maître d'un grand nombre de contrées.
LXXXV. En l'année 572 (19 février 1123-18 février 1124), le roi de Jérusa-
lem, Baudouin, réunit des troupes pour attaquer l'émir Balag et venger les deux
comtes Josselin et Waléran, que celui-ci retenait dans les fers. Le roi arriva avec
toutes les forces frankes à R'aban, tandis que Balag était déjà sur les limites de
ce district, où 11 était venu piller et enlever des captifs. Les deux armées igno-
raient la présence l'une de l'autre. Baudouin, s'étant avancé avec un faible détache-
ment à Schëndché-Kanthara (pont du Schëndché)", traversa le fleuve sur ce pont
des suites d’une indigestion: Guillaume de Tyr fixe
sa mort à l’année 1121 au lieu de 1122, en antici-
pant d'une année, comme il le fait quelquefois.
Elle est indiquée par Ibn-Alathir et Aboulféda au
! Palou ou bien Pagh'ou, place forte sur la rive
septentrionale de l'Euphrate, et chef-lieu du canton
de Palakhohovid ou Palahovid (vallée dePalou),dans
le district de Khozan, qui fait partie de la Quatrième
Arménie. Palou est à trois journées au nord d'Amid.
(Indjidji, Arm. anc. p. 46; Arm. mod. p. 225.)
2 Le roi de Jérusalem, accompagné de Josselin
et des principaux d’Antioche, s'était mis en marche
pour repousser dne nouvelle agression d’Ilgazi,
lorsque celui-ci fut tout à coup frappé d'une at-
taque d’apoplexie, suivant le témoignage de Guil-
laume de Tyr (XII, xiv) et de Gauthier le Chance-
lier (p.466). D'après Kemäl-eddin, Ilgazi succomba
mois de ramadhân 516 (novembre 1112).
3 Houçäm-eddin Timourtasch succéda à son
père Ilgazi à Mardin, et Schems-eddaula Soleiman
à Meïafarékin. Alep resta en partage à son neveu
(fils de son frère) Bedr-eddaula Soleiman-ben-Abd-
el-Djebbar-ben-Ortok, jusqu’à ce que son cousin Ba-
lag s’en empara. (Aboulfarad), Chron. arabe, p. 249.)
* Le Schëndché, en arabe kw, Sendja, ou autre-
ment (à ,,Y} 1 Nahr.elazrek« fleuve bleu », le Zhyyas
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 133
po à afghao gbannife be dépug fanlbp boat be nbnbé op vb Cipe, & Quel
pugnl gemop qe dEpà f edft. jnpdunf Sup aout Busgannpfit, L Paqunpit fau.
dép cpu pq. & Quel niques jupäwhkgue. fr dEpuy bip dbinoju gopapt,
Le pug Yrenpaud-u um $gopu, k faupeue gwgannpu \pposounkd} L gpmprmett
Baquenphu : Ur bal judubatitu $nnh wenepe wbquubpny oncpp gunnhff L onwpnur.
Qu gPemquunpiu b qunu Qwrlounu » Le Tu anub}p qgUewrkun. h &tah Qayehfu LL
awpuñ quant k qpncpopnfé blvwreben, L bp furgaño kft b fenp puñtunbt,
mp bqbuy fauyp ra 717 L Qepoprii ;
9.9: Guyol wdh gljüh E culony np uyu qnpôtqun" bgl quplèituh Pts; Ju qh ju.
ququ wjunphÿ Eng GuuupuS Yopounbuwtu. jpupnigbuwy dpoupuitbquiu wpp S'hgbanwuu’t
bguuliup pépnlt QESEuim, L'funpSEguiu funpSnepqe puÿeg, L Qunmwptgfu qurpèu
wnhiuShg: Guprighe wpuñtg ayunghh gout k Lutaff quewafiu, L joe netbfi qu
ep ebpet lvwpebpeg np Gayft jupatpatngh Paquet aug L N o0bit L ue
L'Euuguwpuy, transcription de l'arabe, ë,Li5 , pont.
et choisit pour camper un lieu nommé Schëndchrig. Balag, avec des forces con-
sidérables, était posté non loin de là en embuscade. Lorsque l'on eut planté la
tente du roi, il voulut se donner le plaisir de la chasse au faucon. Tout à coup
Balag se précipita avec tous les siens sur les chrétiens, en fit un massacre épouvan-
table et s'empara du roi ainsi que de son neveu {fils de sa sœur). Cet événement
arriva dans le mois de hor'i, le quatrième jour après Pâques!. Balag conduisit aux
portes de Gargar’ Baudouin, qui lui fit cession de cette forteresse. De là, le roi
fut traîné avec son neveu à Kharpert, où, après avoir été chargés de chaînes, ils
furent jetés dans un profond cachot où gémissaient déjà Josselin et Waléran?.
LXXXVI. Cette même année, cinq mois plus tard, il se passa un fait admirable,
mais qui occasionna de grands malheurs. Quinze hommes, s'étant associés, par-
tirent de la place forte de Béhesni, méditant une entreprise héroïque; ils accom-
plirent une action immortelle. S'étant rendus dans le district de Hantzith, ils se
mirent en observation devant la forteresse de Kharpert, où étaient renfermés le
roi de Jérusalem, Josselin et Waléran. S'étant aperçus que la garnison était peu
connu, les grands du royaume et le clergé se réu-
nirent près de Saint-Jean-d’Acre, et donnèrent la ré-
gence à Eustache Grénier, connétable du royaume,
seigneur de Sidon et de Césarée. Mais Grénier mou-
rut bientôt après, dans l'année, et fut remplacé
par Guillaume de Bures, seigneur de Tibériade,
naud, Introduction à la Géographie d’Aboulféda, qui administra avec le concours de Païen le chan-
celier. (Guillaume de Tyr, XIL, xvui, xx, xx1V, xxv.)
p. xvi, et Schultens, Index geographicas in vitam Sa-
ladini, v° Fluvius Sensja.) Kemäl-eddin (ad annum 517) raconte que Baudouin,
! Cette année le mois de hor'i vague correspondit élant parti le mercredi 17 de séfer (16 avril 1123)
au 22 mars-20 avril ; Pâques tomba le 15 avril, et, pour combattre Balag, qui assiégeait la forterésse
par conséquent, le mercredi suivant fut le 18. (Cf. de Kerker (Gargar), le rencontra dans un lieu
mes Recherches sur la Chronol. armén. 1. 1, II° partie, appelé Aurasch, 5,1 (Urasch, apud Wilken, t. II,
Anthol. chronol. n° uxrx.) p. 477), non loin du pont du Sendja. Le roi fut
? Le roi, voulant connaître par lui-même l'état battu et fait prisonnier, et la plus grande partie
des affaires dans les possessions chrétiennes au de son armée et de ses officiers périrent, quoique
delà de l'Euphrate, cheminait de Telibäscher vers son armée fût supérieure en nombre à celle des in-
Édesse, lorsqu'il fut pris, pendant la nuit, à l'insu fidèles. Balag pilla la tente du roi, et, au bout d’une
semaine, réduisit Kerker. Après quoi, il alla renfer-
des gens de son cortége, par Balag, embusqué sur
son passage, Ce malheureux événement ayant été _ mer Baudouin à Kharpert avec Josselin et Waléran.
de Ptolémée (V, xv, $ 9), est une rivière considérable
qui coule au nord-ouest de Samosate, et va se jeter
dans l’Euphrate, non loin de cette ville. Le pont du
Sendja est de construction romaine, et les écrivains
arabes le citent comme une des merveilles du
monde. (Voir Merdcid-el-itthila’, t. Il, p.58; M. Rei-
154 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE |
pop. Lnbofé quuuaquie pbpefé vwquru L Quyfi ni$nqu. gigfé h qrent 48mS
kEpuwpuiog L hepl qgumwuununuccpp. up L'uyl np paume &'ubpps pbpafiu.
alt vue dh unlie ghdegf Le dif f ebprt, L pupuubu fuñnwguit f puit, L qop
bqoent qaafié ouf. bb gl gerer b JESun mquguqur Suvuukftf pEpt op Ep
Puqueni wpqgbug L'N oui L Uepupuiie buy polo pr, L Sup gueuu f'auñunht
dE Sun. nepufure Dbunff, L quyje mate qopu purge Safi f ququñug wpp L quiruye.
lb fr ebqbug wugfiu fe puit Jus fpqreBbuñ Puqurnpfu k Noubéfu L uyyeg us.
pente L Ebay Buquropé b aEufr puñnmupetutph, L'unfé qpbpré Li unh.
PEglt Etat nutit Qupufu. L hepl preus quyu gone eypuga but ape bfu f qu uw
af duufobuit ke juyy woluwps: Ve gdheu jy eh2bolu b 2upalh jreouñuff Ebay
D\oubi L SEunlauk pig Wu, L ququmupug quugfu k fbunt, L'uanf quugf JU
ane, gb aopudeqef wpuugk L quygk join Put Bawquenpft L ayjeg faute pu :
Le ke gugod dunfin qopurgbat Qaatlug gong Nobel np bp agp ewS L Sep, Sun
anni Surannwgbu anacks puit qunun tb], uw dESupuñ wpfnnnm Euh wu$kp
bre ppurg qutuÿ queue rats gypse b 4Uanpne L 4 (en ay, Lt.
bou Shuquenpmfbunl wpfaupaup fwgkeg :
Pek gerdu uyu 4ngSbgue bp wdbpeÿt fOvrcppug up f Supouy puqupr. k
Jeu pneu quye dEuuÿt, ER S'uupurnpneBEunlh enfiu 4 \vwpeEpnt, jupn gb
nombreuse et qu'elle ne se tenait pas sur ses gardes, ils s'approchèrent de la porte,
vêtus d'habits misérables et sous l'apparence de gens en litige. Ils se ména-
oérent des intelligences avec un homme de l'intérieur. Au bout d'un peu de temps
ils sélancèrent dans la forteresse et cherchèrent à se faire jour jusqu'à la prison.
Les soldats qu'ils rencontrèrent à l'entrée furent égorgés; puis, fermant la porte,
ils parvinrent, en poussant de grands cris, jusqu'à celle de la tour où étaient dé-
tenus le roi de Jérusalem, Josselin et Waléran ainsi que d'autres chefs, et brisèrent
leurs fers avec des transports d'allégresse. Ils rendirent aussi la liberté à une foule
de guerriers, d'hommes et de femmes. Quelques habitants du pays s'étaient in-
troduits dans la prison pour aider les libérateurs. Le roi et ses compagnons d'in-
fortune, dégagés de leurs chaînes, s'emparèrent de la forteresse et de toute la
maison de Balag”. En apprenant ce qui venait d'arriver, les troupes infidèles qui
stationnaient dans la contrée la quittèrent en s'enfuyant. Une nuit, à l'aurore du
quatrième jour de la semaine {mercredi}, Josselin, étant parti secrètement avec
une escorte de fantassins, se rendit à K'éçoun, et de là à Antioche, afin de ras-
sembler des troupes et de porter secours au roi et à ses compagnons de captivité.
À cette époque, le général des Franks était le comte Geoffroy, guerrier intrépide
et le croyant le plus fervent qu'il y eût. Il défendait par la vigueur de son bras,
contre les Turks, les provinces qui formaient le domaine des Franks, Jérusalem,
Antioche et Édesse. Il les protégeait par son habileté, sa prudence et son courage.
Lorsque l’émir turk, Balag, qui se trouvait à Alep, eut connu dans tous ses détails
le coup de main qui avait rendu les chrétiens maîtres de Kharpert, il partit avec la
1 Ce coup de main si hardi, entrepris par quel- Aboulfaradj (Chron. syr. p. 303) dit que c'étaient
ques Arméniens contre la forteresse de Kharpert, des ouvriers arméniens qui habitaient Kharpert,
pour délivrer les prisonniers chrétiens que Balag y et qu'ayant su que la garnison de la forteresse
tenait renfermés, et la fatale issue qu'il eut, ont été était peu nombreuse, ils se réunirent devant la
racontés par Guillaume deTyr (XI, xvin), quinous porte, en faisant semblant de se quereller pour
| apprend que les libérateurs étaient au nombre de leur salaire. Ibn-Alathir donne la date de rabi pre-
cinquante, et sujets arméniens du comte d'Édesse. mier 517 {mai 1123).
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 135
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rapidité d'un aigle, et en quinze jours il arriva devant cette ville, dont il assiégea
vigoureusement la forteresse. Ses officiers, ayant dressé des machines et miné les
remparts, renversérent la Grande tour. Ce succès terrifia les chrétiens. Le comte
Waléran, partageant cette frayeur, alla trouver Balag et lui hivra Kharpert. Ce jour
même, l'émir fit périr tous les prisonniers, au nombre de soixante-cinq environ,
et quatre-vingts femmes charmantes; 1l les condamna à être précipités du haut des
murailles. Dans sa fureur, il fit de nouveau charger de chaînes le roi, Waléran et
le neveu du roi. Cependant Josselin s'avançait à leur secours à la tête des Franks.
Lui et Geoffroy, ayant connu ce fatal événement, furent saisis d'une extrême dou-
leur et s'en revinrent, le cœur navré, chacun de son côté. Le rot, Waléran et le
neveu du roi restérent en prison.
LXXXVII. Cette même année, la guerre éclata entre les oiseaux, dans la pro-
vince de Mélitène. Les cigognes, les grues et les arôs” accoururent de toutes parts
etse combattirent. Les grues vainquirent les cigognes et les exterminèrent. A peine
sil en resta quelques-unes *.
LXXXVIIL. Cette année vit mourir le grand philosophe arménien Paul”, ce doc-
! Suivant Kémäl-eddin, Balag prit la forteresse ne connaissons que très-imparfaitement. Le diction-
de Kharpert le 23 de redjeb 517 (16 septembre naire arménien vulgaire de Mékhithar-abbé rend ce
1123). Îl fit mettre à mort tous ceux de ses guer-
riers, dans la garnison, qui l'avaient trahi, et tous
les Franks qui se trouvaient dans la place. Il ne fit
grâce qu'à Baudouin, à Waléran et au fils de la
sœur de Baudouin ; après quoi , il les fit conduire
à Harran (Khar'an), où ils furent mis en prison.
On lit dans Guillaume de Tyr (XII, x1x) qu'une
tour, qui s'élevait sur la colline dominée par le
mot par 564, Bon, tchig, thôil; 5hÿ me paraît être
l'arabe 541%, sorte d'oiseau aquatique du genre
anas; Boy est sans doute l'arabe Job , Oiseau aqua:
tique à longs pieds, ayant la queue noire et le plu-
mage cendré. J. B. Aucher, dans son Dictionnaire
arménien littéral et arménien vulgaire, traduit
wpou Par Æasuny teoct œpugh 4e aithh sure NON
« d’un oiseau de la grosseur de la cigogne ou de la
château de Kharpert, s'étant écroulée avec un hor- «grue.»
3 Ce fait si singulier est rapporté pareillement
rible fracas, le roi craignit que le château entier
ne s'abimât de la même manière. Il alla trouver par Michel le Sÿrien, Guiragos, Vartan et plusieurs
Balag et lui rendit la place sans conditions. Celui- autres historiens arméniens. Il a quelque ressem-
ci lui accorda la vie sauve, ainsi qu’à son neveu et blance avec celui que raconte Théodulphe, évêque
à Waléran. Les Arméniens qui avaient exécuté cette d'Orléans (vur° siècle), dans ses OEuvres poétiques,
entreprise furent condamnés à mourir dans les ap. Sirmond, Bibliotheca Patrum. (Voir d'Aldéguier,
plus cruels supplices. (Cf. Foulcher de Chartres, Histoire de Toulouse, t. I‘, p. 197.)
& Paul, surnommé Swpoïuwgk, Darônatsi, c'est-à-
chap. Lu.)
? Les arés, wpou, sont une sorte d'oiseau que nous dire originaire de Darôn. habitait le couvent de
136 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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“Eug bus Epule], Lwpu fn wugneguiukp JEchheu \boaqwg: L jesbet uqun-oniu pus,
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teur qui brilla du plus vif éclat, et qui était profondément versé dans la science de
l'Ancien et du Nouveau Testament. Il atteignit à la perfection des saints docteurs
des temps primitifs. Il apparut comme le second Illuminateur ' de notre nation,
comme un rocher de diamant contre lequel vinrent se briser les efforts des héré-
tiques, comme le champion de l'orthodoxie. Il fut toute sa vie d'une sévérité ex-
cessive contre les corrupteurs de la foi. Il était natif du district de Darôn. I fut
enterré dans le couvent de Saint-Lazare, non loin de Saçoun.
LXXXIX. Cette année, David, roi de Géorgie, extermina soixante mille Perses;
voici à quelle occasion : le sulthan de Kantzag vint avec des forces considérables
établir sur le fleuve Gour (Cyrus) * un pont de bateaux où passèrent ces soixante
mille hommes, qu'il conduisait contre le pays des Aph'khaz*. À cette nouvelle, le
roi de Géorgie fit partir des troupes et détruire le pont, et tailla en pièces toute
l'armée .des infidèles. Le eo s'enfuit en Perse, dans la ville d'Ozgan (Ozkend),
auprés du frère de son père".
Le roi David était un brave; 1l he un rare courage dans les guerres quil
soutint contre les Perses. Il remporta sur eux de nombreuses victoires et renversa
leur puissance de fond en comble. Il leur enleva de magnifiques provinces à la
pointe de l'épée et par la vigueur de son bras. Il sempara des villes de Déph'khis,
Saint-Lazare, appelé aussi des Saints-Apôtres, à * Les Aph'khaz, ou Abkhazes et Abazes, Abasgi
Mousch, dans ce méme district, non loin de la ville
d’Aschdischad. 1 se montra un des plus ardents ad-
versaires de l'Église grecque.
1 Matthieu fait allusion à saint Grégoire, premier
patriarche d'Arménie, qui a été surnommé J nus.
capks, Illuminateur, comme ayant éclairé de la lu-
mière de l'Évangile ce pays couvert auparavant des
‘ ténèbres de l'idolâtrie.
? Le Gour ou Cyrus, l’un des fleuves les plus
considérables de l'Arménie, prend sa source dans
le mont Barkhar (Iapuéèpys des anciens), qui est
daas le Daïk', province du nord-ouest de l'Arménie;
il pénètre en Géorgie, où il passe à Gôri et à Tiflis;
descendant ensuite vers le sud-est, il rentre sur le
territoire arménien, et, grossi par l’Araxe, va se jeter,
par plusieurs embouchures, dans la mer Caspienne.
ou Avaspi, peuple chrétien, occupant de toute an-
tiquité une portion du pourtour oriental de la mer
Noire, entre la Circassie au nord, et la Mingrélie au
sud , sur le versant occidental du Caucase. Une frac-
tion assez considérable de ce peuple, désignée sous
le nom d’'Abadza, habite les hauteurs de la chaïîne
vers le nord, où elle s’est mêlée aux tribus Tcher-
kesses. Les Abkhases du littoral, convertis au chris-
tianisme par Justinien , au vi siècle, furent depuis
lors sous la dépendance, tantôt des empereurs de
Constantinople, tantôt des rois de Géorgie; ils sont
aujourd'hui soumis au protectorat de la Russie, et
gouvernés par un des membres de l’ancienne famille
régnante des Scherwaschidzé, le prince Mikhaïl.
à Le sulthan Sindjar. (Cf. chap. Lxxvi, note 3,
page 120.)
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 137
he pue, Lun QC tedutt L'aC pk k qCudpun, ban bep page quan: {pe
Eee “ect wppug op encpe L'unwpltf, qgupqupbus adEtuÿu Vunnewëuupunm.
Pban Le puph wpgupaefbunh. bou bphbque pugrehon L ubpog wgqhu Suyag- wn
au drqnkgui uughku qoppt Suyng. Le uw 2fubug puqup Suyog b purs t U pws,
be Sanannbug EkEnEgbe L fuñnpugu pugnedi. b'añneuubeug quiunct purqupft von -
L ubkp dESun nepuufum bang L g6En bug quulltoujs wggt Luyag : up L Swpu.
qu npeh df Puqguropft, vpndatntit wubfu bdkuph & $uy Gunpf, L Eqpop Bag.
caphu wubfi f@rouoput :
À: Vordbus k Bruvquium huit Lagag 2$4, gopudtaqe epunte Uuçul up
qoÿu L qhuug b dEpuy gowgu aathewg, h Suuuukp f Suqug puquep. L afbf van
.
———
Tmanis', Schirvan*, Schak'i *, Schamk'ar “, et autres lieux. C'était un saint et
vertueux monarque, d'une haute piété et d'une justice accomplie. [1 se montra
toujours bienveillant pour notre natiqn, et notre ami. I] avait attiré auprès de
lui les restes de l'armée arménienne. Il fonda en Géorgie une ville arménienne,
qu'il appela Kéra*, et y bâtit nombre d'églises et de couvents. I] prodigua à notre
nation toute sorte de consolations et de joies. Il avait un fils légitime. nommé
Dimitri (Témédré), qui lui était né d'une femme arménienne, et un frère
nommé Thôdôrmé.
XC. En l'année 573 {19 février 1124-17 février 1125), l'émir Balag réunit
des troupes et marcha contre les F ranks. Il se rendit d'abord à Alep, et au bout
1 Tmanis, Adiwthu, ou Toumanis, Mec divhr,
ville de la Grande-Arménie, sur les confins de la
Géorgie, à l'extrémité de la province de Koukark',
vers le nord-est. (Indjidji, Armén. anc. p. 517.)
? Schirvan, ancienne capitale de la province dece
nom, aujourd'hui en ruines. Cette province s’éten-
dait au nord-est de l'Arménie, entre le fleuve Gour
(Cyrus), la mer Caspienne et le versant méridional
de la chaîne du Caucase. Elle est appelée aussi Agh”-
ouank” ou Albanie du Schirvan. La fondation de
celte principauté remontait au roi de Perse Chosroès
Anouschirwan , dans le vi* siècle. (Cf. Maç'oudi, apud
C. d'Ohsson, Des peuples du Caucase, p. 2 et 3, et
note 1, p. 153— 154.) Aujourd'hui le Schirvan est
compris dans le gouvernement de Schemakha, Ty6ep-
ain mewaxmacxan, et fait partie de la Transcaucasie
russe, depuis qu'il a été enlevé, en 1820, par le gé-
néral Yermolof, à Moustapha-Khan, qui en a été le
dernier souverain.
* Schak'i, Cup, ou Schak'é, Cwgk, ville armé-
nienne, qui a donné son nom à un district situé
sur Ja rive gauche du Gour. (Indjidji, Armén. anc.
P. 533.) Aboulféda (Géogr. trad. de M. Reinaud,
t Il, p. 299) place Schak'i près des sources du
Samour, rivière qui traverse le pays des Lekzis ou
Lezghis, dans le Daghestan méridional, et que
d'Anville (Géogr. anc. t. I, p. 122) assimile à l’AI-
banus de Ptolémée. Cette rivière sépare aujour-
d'hui Ja province de Kurin, Baaxhuie xiopaucroe, du
cercle ou district de Samour, Oxpyrs camypeniä, et
va se jeter par deux embouchures principales dans
Hisror. ARM. — I.
la mer Caspienne, au sud-est de Derbend. La capi-
tale du district de Schak'i est actuellement Noukba.
& Schamk'ar ou Schamk'or, ville arménienne,
au sud et sur les bords du Gour. Guiragos (éd.
de M. Osgan Ovhannisiants, Moscou, 1858, in-12,
" p. 113 et 114) en attribue la fondation à Schath
le Khazir, C8 fwgbp, fils de Dchépou khak'an,
D Eere pupu, sous le règne de Khosrou, roi de
Perse, Yu 26vbuwg puquwpu Sue juin Cufup
aCubPun, gCudpun, gCuwek, gCpreu, gCu
dufuh, gCrwuopañu: «WU bâtit cinq (lis. six) villes
au nom de Schaih : savoir, Schathar', Schamk'ar’,
Schak'i, Schëérvan, Schamakhi et Schabôran. » Ces
villes appartenaient, à ce qu'il paraît, à la contrée
des Agh'ouans ou Albanie. Cependant Jean Catholi-
cos, historien du 1x° siècle, semble indiquer Scham-
k'or comme faisant partie de la province d'Oudi,
et à son extrémité orientale. Elle est en ruines de-
puis longtemps. (Indjidji, Armén. arc. p. 532 , et le
R. P. Léonce Alischan, Topogr. de l'Arménie, $ 166.)
5 On écrit aussi Kôra, 4opw, et, en arménien
vulgaire, Kôri, Qhopp, ville de la Géorgie, au nord
du Gour et au nord-ouest de Tiflis. (Mëkhithar-
abbé, Dict. des noms propres.) Voir la description
de cette ville dans la Géographie de Wakhoucht,
trad. par M. Brosset, p. 245-247. Aujourd'hui
Gori, dans le Karthli.
$ Dimitri 1, fils de David II le Réparateur, régna
sur la Géorgie vingt-huit ou vingt-neuf ans, de1125
à 1154 ou 1155. (Cf. Hist. de la Géorgie, trad. de
M. Brosset, Saint-Pétersbourg, in-4°, 1849, p.381.)
18
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138 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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L jajuded appt ap fr Ypuyÿu- aug L eu JoŒluluiunr [3 fu Suungubhp on Ymliy
Dauüulquug AN ourbuu L AN °4rE » L. Suubu, ep Joqüeuljusune [hit pnouunubuwyn y jpu.
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EG, quyp Lust ni SLey, ViBud L (aq. L job quyu Qupuulft
Japhukkque publ unge fe apunbpuwq, Jon b Jp EX punwp, L. Egl ouf ju
ab puuqu gb gop.pu cppeuge buts euqn Efu » L. Dawülqugu aulquue Efiu: { V\auyq Jen bug
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nubp qdheu Ynaëù (rarne qopugt, dpeu agp Yan fuulbug gym epeuaus. L ques
ewqre d'une pu Du b a SEE pouqner tu NW ou[hufiu Younnpkafiu vpag diupwhpnuulquit Suis hufr hs :
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pwgdfu » L deunbeu Eire an h (Orpi pump bep: L Juol wi Yrunnpb quiu ewgned
bobouup Jwaqhu Daeuulquy > L Ep opu jt eSbn b dES fi Jkpuu) SueunmugEpng : ju El.
Jenlübraitit ur fr dk te diujhu un), 7 : (gel un qupdäus. À ul dE dar Jante fftunlp
b fQun h JE pu) eumqu ef e722 17 », L duujl açgunE prog CII CETTE gopugl. L hp emqn
de quelques jours il vint attaquer Mënbêd]', ville des musulmans. Ayant dressé
ses catapultes contre la forteresse, il les fit jouer vigoureusement et causa beau-
coup de mal aux assiégés. L'émir qui défendait la place envoya demander du se-
cours aux comtes Josselin et Geolfroy,‘leur promettant que, dès qu'ils seraient
arrivés, il céderait la ville à Josselin. Ces deux chefs se rendirent à cet appel avec
les débris des troupes frankes que Josselin avait réunis. Mahuis, comte de Délouk',
Aïn-tab” et R'aban, accourut aussi. Dès que Balag eut connaissance de leur ap-
proche, il s'avança à leur rencontre non loin de Mënbëd;. L'action fut terrible,
car les infidèles étaient aussi nombreux que les Franks l’étaient peu. L'avantage
fut d'abord pour ces derniers, et les Turks furent repoussés. Les chrétiens mi-
rent en fuite une aile de leur armée, tandis que Josselin taillait l'autre aïle en
pièces. Mais un corps de Turks enveloppa le comte de Marasch et une foule
d’autres guerriers, ainsi que la noblesse de Josselin, et ils périrent de la mort
des martyrs. En apprenant ce malheur, Josselin lâcha pied et fut vaincu sur ce
même champ de bataille. Le lendemain ül se réfugia dans sa ville de Thèlbas-
char. Cette journée vit tomber une foule de grands personnages d'entre les
Franks; elle fut désastreuse pour les chrétiens; ce fut le 10 du mois de sahmi,
date qui correspond au 4 mai, qu'elle eut lieu. Après cette victoire signalée,
Balag se porta contre Mënbëd, et donna l'ordre aux siens d'en commencer l'at-
1 Menbëdj appartenait à Haçan-ben-Kumusch-
Tékin el-Ba’lbéky. Suivant Kemäl-eddin {ad annum
518), Balag, ayant passé auprès de cette ville, in-
vita Haçan à se joindre à lui, pour marcher en-
semble contre Tellbäscher. Mais aussitôt Balag,
qui avait quelque sujet de mécontentement contre
Haçan, le voyant en son pouvoir, se saisit de lui,
et entra dans Menbèëdj. Alors le frère de Haçan,
nommé ‘’Iça, se réfugia dans la forteresse pour
tenir tête à Balag. C'est dans ces conjonctures qu'il
écrivit à Josselin. D'après Ibn-Djouzi, Haçan se
trouvait en ce moment à Alep, et ce fut là que Ba-
lag s'empara de lui.
? Anthaph, UzÆw# en arménien, A%6a de Pto-,
lémée, place forte de l'Euphratèse, au nord et à
trois journées de marche d'Alep et à deux Jjour-
nées de Marasch; Hamtap ou Hatab de Guïllaume
de Tyr. Elle est comprise aujourd'hui dans le pa-
chalik d’Adana. (Indjidji, Arm. mod. p. 377.)
$ Cette correspondance, établie par notre auteur
entre le 10 de sahmi et le 4 mai, est fausse. En
cette année 573 le 10 de sahmi, dans le calendrier
vague arménien, coïncida avec le 28 avril. (Voir
mes Recherches sur la chronologie arménienne, t. I,
2° part. Anthologie chronologique. n° LXX.)
| DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 139
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pu, dust gb agp Ep b dEpusy waalit Lang, ape blé pur Æbnaudà aqua:
QU Goyed uercp bp Baqusni L prcpopeft b Uupepuiié h Supu purque. ju
dal ANoub Le Baqre mpupfé qubte pre Sudan güt aBwqannp, L
uit quinnuñqu qareunp Bauquropfé L qe PNoubofé Log FE quinnañng, pr Sa
quSbluuu. Lb jadübatiy baunbdphph Epbag RBwquenp Qumofut fr dune [HE UEU
uypwgqhug b Ekbeuy jUunbre pump, L Egl nepufum fi juenipt jujbdph wdEteujt
Sarunmwgbng faphennuk : Pol lit Vuçwpui L prennent Buganopfit ugf wn
taque. Dans la joie que son succès lui inspirait, il se dépouilla de sa cotte de
mailles en fer. En même temps, un adorateur du soleil’ lança de la forteresse
une flèche qui l'atteignit à l'aîne et le blessa mortellement. Ayant mandé auprès
de lui Timour-Tasch, fils d'Igazi, il lui remit ses États, et à l'instant à rendit le
dernier soupir. À cette nouvelle, ses troupes se débandèrent. Sa mort causa une
joie universelle parmi les Franks; mais, dans les contrées qui lui appartenaient,
ce fut un deuil général et une tristesse profonde, car il avait toujours témoigné
de la bienveillance aux Arméniens qui étaient sous sa domination.
XCI. Lors de cette bataille, le roi, son neveu et Waléran étaient retenus à
Alep. Le comte Josselin et la reine traitèrent avec Timour-Tasch de la rançon du
roi, et lui donnèrent en otage sa fille et le fils de Josselin, avec quinze autres
personnes. La rançon fut fixée à cent mille tahégans. Dans le mois de septembre,
le roi Baudouin fut enfin délivré des mains des infidèles. Lorsqu'il fut arrivé à An-
tioche, son retour excita des transports de joie parmi les chrétiens. Mais le comte
Waléran et le neveu du roi restèrent au pouvoir de Timour-Tasch et furent mis à
Lopah 4awquinp, gCoiv, aCodwk, qUuwbuwp,
auras boqun 4npsuvbug - L jheng qupäbus Ju
mauusf Suwphep pugduguiu k T'Er@br L b JUPE :
« [1 vint à Mardin, et saccagea cette ville... Il dé-
«truisit de fond en comble quatre villages habi-
tés par les Arévorti, Schôl, Schëmrakh (Cepup,
Schmérschakh, apud Indjidji, Archéol. armén. t. II,
p.162), Safari et Maraschi (W'wpwnk, Maraqh'i, ibid.).
« Mais ensuite, par les artifices de Satan, ces sectaires
«se multiplièrent à Mardin et à Amith. » La croyance
des Arévorti se rattachait au sabéisme, qui avait son
foyer dans la Mésopotamie, son principal sanctuaire
etune école, devenue célèbre, dans la ville de Harran.
? Plusieurs versions différentes circulèrent sur
la manière dont fut frappé Balag. Suivant celle qu'a
recueïllie Kemäl-eddin, la flèche qui le perça venait
de la main même de ça, et l'atteignit à la clavicule
Cappelletti; Venise, 1833, in-8°, t.Il, p.269275.) gauche; tandis qu'Ibn-Alathir et Aboulféda aflir-
Thomas de Metzoph', historien du xv° siècle, ment que l'on ignorait de qui ce coup était parti.
(ms. de la Bibliothèque impériale de Paris, sup- Aboulfaradj (Chron. syr. p. 303) dit simplement
plément arménien, n° #:, f° 16), en racontant l'in que ce fut une flèche, lancée des remparts, qui
vasion de Timour (Tamerlan) en Mésopotamie, dit: tua Balag. D'après Guillaume de Tyr (XIII, n), ül
Gé Ur Bf, we kphug g pwqwpu..b sapu ba Ur périt dans le combat livré contre les chrétiens, sous
18.
1 On appelait {irbuwmuwn, Arévabaschd, c'est-à-
dire « adorateur du soleil », ou [rkapnh, Arévorti,
c'est-à-dire «fils du soleil», les Arméniens qui
avaient conservé l'ancien culte du feu, professé
par cette nation, avant qu’elle se convertit au chris-
tianisme, vers le commencement du 1v° siècle. Les
Arévorti se maintinrent dans la Mésopotamie, prin-
cipalement dans la ville de Samosate. Ils y vivaient
mélés avec les musulmans. Le prince Grégoire
Magistros (cf. ci-dessus note 1, p. 37 ), qui vivait au
siècle, fait mention de ces sectaires, dans sa lettre
adressée au patriarche des Syriens. Ceux de Samo-
sate voulurent embrasser le christianisme dans le
siècle suivant, comme on le voit dans une lettre du
patriarche saint Nersès Schnorhali au chorévêque
et au clergé de cette ville. (Éd. de Saint-Pétersbourg,
in-4°, 1788, p. 197-203, et traduct. de M. l'abbé
RE RUE en NO = te momie
140 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
Sudfune dt Late vuuitañts Uxe pe age bp qbpnefubu np moon fun Nou.
LPbpé bb Egl age fe gEpne [HE UEU |
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ab bugs Pb be Vuplunug opt Urowuñehuÿ daqnlbwg wpu S, Le faugha
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Value L'Stuqutqn Hu nf qUEune phpgu fi (Or pewg. L Egl ne pufun fui
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A Geged ut Buqgaraps UV puy wpug qupäbu url hspite
gout ewpohg bepl E phepu, L ban gBuqurnpupiul paquet Suyeg Vif pe qnp_
Eh Uatorbh Suvbus fr jee Le anuqur f Slubu: L'wquunkque uqan puit
euquph Vi,np Wugbu bp Sunagne But quul 4. fSpuuparun LdES Ehbnbkgh Weng
cncpe Gufnentlu, go lle bft wpwpbu, Eaqnlkug ghubolknununclut L 4 pusuituyu
Lghpéturnpu Suyrg wow, LopSubwg qurepe fun thé dESun Suñghufn- k bal
}
dl
mort. Ainsi, par les soins de Josselin, Baudouin fut affranchi deux fois de la
captivité”.
XCII: Cette même année, grâce au secours de Dieu, Gargar’ fut enlevée aux
Turks. Le seigneur de cette ville, Mikhaïl, fils de Constantin, entreprit de s'en
rendre maître, à la tête de cinquante hommes. Il accabla par une lutte opiniâtre
les Turks qui la défendaient. Ceux-ci, dénués de tout secours et réduits à l'ex-
trémité, se rendirent et lui livrèrent Gargar’. Ce fut de cette manière et par les
mêmes efforts que Mikhaïl enleva la forteresse de Bébou aux Turks. Ce succès ré-
pandit l'allégresse parmi les fidèles.
XCIIT. Cette même année, le roi de Géorgie, David, fit de nouveau un hor-
rible massacre des Perses. I en tua vingt mille environ. Il sempara d'Ani, et prit
dans ses murs les fils de Manoutché", qu'il emmena à Dëph'khis. Ainsi fut délivrée
cette cité royale du joug qui avait pesé sur elle pendant soixante ans. L'auguste
et vaste cathédrale, que les infidèles avaient convertie en mosquée, réunit dans
son enceinte, par les soins de David, des évêques, des prêtres et des moines de
l'Arménie, et fut bénie avec une pompe solennelle. Ce fut un grand bonheur pour
les coups de Josselin, qui ensuite lui coupa la
tête, sans le connaître. (Cf. Reiske, Adnotationes
historicæ ad Abulfedæ annales, t. LIL, not. 306.)
Foulcher de Chartres (cap. Lv) indique la mort de
Balag au 19 avril de cette même année 1124 :
Sol decies novies listséeat lumine Taurum,
Quando Balac cecidit, vel eum fortuna fefellit.
1 Le roi Baudouin, cette fois, était resté dix-huit
mois et un peu plus au pouvoir des infidèles. Sa
rançon fut de cent inille michaelitæ, « quæ moneta,
«ajoute Guillaume de Tyr (XI, xv), in regio-
«nibusillis, in publicis commerciis et rerum vena-
«lium foro principatum tenebat.» (Cf. ci-dessus
note 1, p. 15.) Kemäl-eddin (ad annum 518) affirme
que le roi sortit de prison de Schéizar , le vendredi
17 de redjeb (30 août 1124).
? Bébou, forteresse de l'Euphratèse.
3 Tchamitch (t. IE, p. 51-52) raconte que la for.
teresse de Gargar'avaitété d’abordenlevée à Mikhaïl
par Baudouin, auquel les Turks la prirent ensuite.
Plus tard les Turks rentrèrent en possession de
cette place et de Bébou , et enfin ils en furent chassés
par les Latins , qui en confièrent le commandement
à Vasil, frère du patriarche saint Nersès Schnorhali.
‘On lit dans Aboulfaradj (Chron. syr. p. 323) que
Mikbaïil s'empara de Gargar', qui avait été vendu
aux Franks par Balag, et qu'il céda cette place en
échange de Souprous, SHO0iSaæ, à Josselin le
Jeune, lequel la revendit à Vasil, frère du patriarche
saint Nersès. Plus tard, Mikhaïl, étant allé saccager
le territoire de K'éçoun, tomba dans une embus-
cade que lui dressèrent les Franks, et fut tué.
à Manoutché, émir de la ville d'Ani, de la fa-
mille des Beni-Scheddad, de la tribu kurde des
Réwadi. (Voir la généalogie de cette famille, apud
M. Brosset, Histoire de la Géorgie, p. 344.)
= mm
_ lians, dans l'Histoire de la Géorgie de M. Brosset,
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 141
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Brebhh :
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Guiagibug feu pbpes purrbd puqupft, L'pupañu L'hhibaquioe Eabug type pvrrbd
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AS
notre nation de voir ce saint édifice arraché au pouvoir tyrannique des infi-
dèles!.
XCIV. Cette même année, un duc arriva du pays des Franks avec des forces
considérables. I établit son camp devant la ville de Tyr située sur les bords
de l'Océan. Il la tint investie pendant longtemps et la pressa vigoureusement.
Il l'avait bloquée par mer avec une flotte, tandis que du côté du continent ül la
cernait avec une nombreuse armée, l'environnant ainsi de tous côtés. Il éleva des
tours en bois, dressa des catapultes et des balistes pour battre les murailles. Les
assiégés eurent à supporter à la fois et la famine et de continuels assauts. Leur
position devint si critique qu'ils consentirent à se rendre, et, après avoir obtenu
du général frank le serment d'épargner leur vie, ils lui livrèrent la ville et se re-
tirèrent à Damas. Au bout de quelques jours Tyr fut donnée en -hommage au
tombeau du Christ ; et le duc s'en retourna avec son armée chez les Franks?.
XCV. Cette même année, le roi de Jérusalem, Baudouin, et Josselin convo-
quérent toutes les troupes frankes et marchèrent contre Alep. Josselin alla trouver
juillet (28 juin) 1124, et Baudouin Du Bourg re-
couvra sa liberté deux mois après, le 4 des kalendes
de septembre (28 août), suivant Guillaume de Tyr
(XII, xv et xwi). Matthieu s'est donc trompé en
plaçant la délivrance de ce prince à une date anté-
rieure à cette conquête. Le duc frank dont il parle
ici est le doge de Venise, Domenico Michieli, qui
prit une part active au siège, en bloquant avec ses
informés de ce projet, furent dans le trouble et don- vaisseaux le port de Tyr. Les opérations militaires
du côté du continent furent dirigées par Pons, comte
nérent avis de ce qui se passait au roi de Géorgie,
David IT. Ce prince étant arrivé aussitôt, les habitants de Tripoli, régent du royaume de Jérusalem pen-
lui livrèrent Ani. Après en avoir remis le gouverne. dant la captivité de Baudouin. Les croisés avaient fait
ment à Abèléth ou Aboaléth et à Ivané, fils de ce venir d’Antioche un ingénieur arménien, nommé
dernier, de la famille des Orbélians qui était alors Hauedik (U+-#wée. Avédik), dont Guillaumede Tyr
au service des rois de Géorgié, il s'en retourna à (ibid. x) vante l'extrême habileté à diriger le jet des
Tiflis,emmenant avec lui l’émir Abou‘lséwar.(Tcha- pierres, et auquel les croisés assignèrent un trai.
mitch, t. Il, p. 44.) Voir la généalogie des Orbé. tement considérable sur le trésor public. Sa pré-
sence, dit l'historien latin, donna au siége une
! Les habitants du district de Schirag, et parti-
culièrement ceux d’Ani, avaient alors à leur tête
Abou'séwar, fils de Manoutché, homme sans cou-
rage, et incapable de les protéger contre les incur-
sions incessantes des Turks. Il résolut d'abandonner
cette ville, et proposa à l'émir de Gars de la lui
vendre pour une somme de 60,000 dinars, suivant
le témoignage de l'historien Vartan. Les habitants,
addit. et éclaire. p. 351. nouvelle et vigoureuse impulsion.
? La ville de Tyr fut prise le 3 des kalendes de ‘* Tyr relevait alors deskhalifes fathimites d'Égypte;
142 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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ua Nu L fnopaiñutgue pue Win, k qonop fipop quyp og fut N'oubfit. Er
an Noubiu Ban “qres vncqufu, L'uncpoaiit [Epebüung opt RobMiuuquiuusy.
bah ES Sutgku f dEpuy puqupfr Supaquy : pe mp4 qouqupt b des bbqne [fui un
del quunbpuqdèns" qq d'unniqu. jujudunl pumpughet Suuneguiubfit an mou.
cupupt (Necpuncfi fou puqupt qu og%Eg uagu. bu daged wpwphu, page
gopug, L Wup quon Swuuñhp f Lujuy puqup hf pug dupbug qaopu auñwg, L
gépdu Supuu, L Giaugffu qoppu bauwugeug jf pupuñshep on wbifuuu : | pe Huqu.
co Vouuug Gus L'apup auquel gout L qudEtuÿe EE4béé (Nes qu foi. L
fNecçuncfu Qugbeuy fr Suopuu ua wonepu L queug f dk, L'apug diuwupuño fui
gg Soequoffu wdppaÿu juli4u :
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fre vunnfh aunbmuglèn. juwphwg qowquet dES VEqu Euh, k 4wgbu fr dEpauy
puqupft qudfuu 7, fish fout unit UE abgue paquet L f pugituug vanju par
L]
le roi des Arabes, Sadaka (Salé), fils de Doubaïs’ et gendre d'Hgazi; ils firent al-
liance et amitié ensemble, et le roi des Arabes se joignit avec ses troupes à Jos-
selin. Le petit-fils du sulthan Téëtousch”?, ainsi que le sulthan de Mélitène, fils de
Kihdj-Arslan*, accoururent aussi. Ces divers contingents formèrent une masse
imposante de forces réunies devant Alep. Les habitants, après avoir longtemps
et cruellement souflert du manque de vivres et des attaques des assiégeants, en-
voyèrent à Mossoul implorer Boursoukh (Boursouky). Celui-ci réunit des troupes
considérables et, au bout de six mois, arriva en vue d'Alep. Il repoussa les Franks,
“et la ville fut sauvée. Les chrétiens opérèrent leur retraite sans éprouver aucune
perte. Le roi des Arabes, en se retirant, vint saccager Mossoul et tout le territoire
de Boursoukh. Ce dernier, ayant passé quelques jours à Alep, se rendit à Da-
mas où il fit alliance avec Toghtékin, émir de cette ville.
XCVI. Cette même année, Gazi, émir de Sébaste et fils de Danischmend, marcha
contre Mélitène. Il attaqua vivement cette ville et lui fit beaucoup de mal. Le
siége s'étant prolongé pendant six mois, les habitants furent en proie à une
mais les habitants, voyant arriver les Franks, s’a-
dressèrent à l’émir Toghtékin, pour lui demander du
reafort et un homme capable de les défendre. Celui-
ci leur donna pour wäli (préfet) un certain Macç'oud,
guerrier plein de courage et de capacité. En même
temps ils écrivirent au vizir El-Afdhal, pour lui dire
qu'ils n'avaient point renoncé à l'obéissance du
khalife, et qu’ils remettraient leur ville au gouver-
neur qu'il leur enverrait. Üne flotte étant partie
d'Égypte pour venir à leur secours, Maç'oud se
rendit sur le vaisseau monté par l'amiral, qui le
fit charger de chaînes et l’expédia en Égypte, et
qui prit lui-même le commandement de la place.
Ces divisions, la faiblesse de la garnison et le
manque de vivres, forcèrent enfin les assiégés à se
rendre. Une capitulation leur fut accordée, et ils
sortirent, emportant tout ce qu’ils purent de leurs
richesses. bn-Alathir fixe la date de cet événement
au 23 de djoumada premier 518, et Aboulféda au
20 de ce même mois (8 ou 5 juillet 1124).
1 Il faut lire Doubaiïs, fils de Sadaka. Notre au-
teur commet la même erreur que nous avons si-
gnalée précédemment, p. 128, note 2.
2 Sulthan-Schab, fils de Ridhouän.
3 Aboulfaradj nomme quatre fils de Kilidj-
Arslan [°", savoir : Maç'oud, Mélik-Schah, Arab et
Thogrul-Arslan. Le premier, en succédant à son
père, fixa sa résidence à Iconium et laissa à Méli-
tène ses deux frères, Arab et Thogrul-Arslan. Mé-
lik-Schah avait été fait prisonnier par Gazi, fil
d'Ibn-el-Danischmend, et privé de la vue. C'est
donc ou Thogrul-Arslan ou Arab que Matthieu dé-
signe sous le nom de sülthan de Mélitène ; mais Je
crois qu'il s’agit du dernier, comme semble l'indi-
quer le récit de l'historien syrien (pages 298-
309).
* Ak-Sonkor el-Boursouky prit possession d’Alep
dans le mois de dsouhiddjé 518 (janvier 1125),
suivant Ibn-Alathir.
me
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 143
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gbphrunmuuits gupabu pugg£d tops, L popheos pvÿlgfv Je aophout Unpus. L Youyp Ugewgr
LES juive, L Eabt pniuuSunnbau.p quSuquitp np Hayfu fiv : Foly papa promu
quyu Bauqunnpiy | ppreuwgk di EE qupaäur Nocpunefuu h Sujuuy » geæpregbu, un
Juqukh L quyp JUtepnp Le Æujh neck yopuyt Dautuug quwg Yoüu N'oujbuu de Sur
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Stunbuwl gopu mn: L quyp Hawque np | pereuwrh ii up L Puiukp h Qrephu - L pnebwg quyu
augure eupil Q wpufg, fuyEque gopeb L pau dEpé h Supuuiu ; € Suyudunl gopel Drub.
uug Boghu qguhuÿt qSwtpagt fo phutg hr Qrepho, L odEbujt punnpouune Eu ghus
gbe JU Qguuqu, L'anbufit hr aliig db L onEpbhuw, ages, L de ds fu hr junborps
cruelle famine, qui, augmentant chaque jour, les emportait par milliers. Dans la
pénurie qui les accablait, ils sortaient des murs et se rendaient au camp des en-
nemis. Enfin, n'y pouvant plus tenir, ils remirent Mélitène à Gazi; et la femme
de Kilidj-Arslan', qui en était la souveraine, se retira à Mëschar
XCVII. En l'année 574 (18 février 1125-17 février 1126), le général en chef
des Perses, Boursoukh et Toghtékin, se mirent à la tête d'une armée de qua-
rante mille hommes d'élite, recrutés dans toute la Perse. Ils s'avancèrent avec ces
forces imposantes contre Azaz, place qui appartenait aux Franks, et l'attaquèrent
avec vigueur. Boursoukh se vantait insolemment de l'emporter d'assaut, et de fouler
aux pieds avec mépris la puissance des chrétiens. Les infidèles établirent une
batterie de douze balistes, et 1ls minérent deux des murailles de la forteresse, qui
s'écroulèrent. Azaz était en grand danger, et la garnison avait perdu tout espoir.
Cependant le roi de Jérusalem, ayant appris que Boursoukh était retourné à
Alep, se rendit aussitôt à Antioche et, ayant rassemblé les troupes frankes, il fut
rejoint par le comte Josselin qui accourut en toute hâte, ainsi que par le comte
de Tripoli, fils de Saint-Gilles, et Mahuis, comte de Dëlouk”. L'armée chrétienne
se composait de treize cents cavaliers franks, de cinq cents cavaliers arméniens,
et de quatre mille fantassins. Le roi de Jérusalem se porta sur Gouris (Cyrrhus).
À cette nouvelle, le général perse vint avec un détachement camper auprès d'Alep.
Les Franks, laissant leurs bagages à Gouris, volèrent vers Azaz. Cette cité leur
présenta le spectacle d'un monceau de ruines prêt à tomber entre les mains des
1 La veuve de Kilidj-Arslan se nommait Isabelle, Arménie (V, vu, $ 4), sous la dénomination de
et était sans doute chrétienne, comme on peut l’in- Maoépa où Maoépa. Elle semble répondre aujour.
férer de ce nom. (Cf. Aboulfaradj, Chron. syr. d’hui à une position appelée Maschiré, Wrwhpt (Mi:
p. 309.) séré dans la carte de l'Asie-Mineure de Kiepert),
? Je crois que Méschar est la même ville dont village à huit lieues au sud-est de Malathia (Mé-
le nom est écrit quelquefois Masr, et dans Aboul- litène), sur la route de Samosate, et chef-lieu d'un
liva du même nom, dépendant du pachalik de
faradj, Jscoso, Magçara (p. 309-331), et que Pto-
lémée mentionne, dans la description de la Petite- Malathia.
l 44 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE 7”
que. jujudul quplut qoppt upuhg k dEpuy qopwgu auulwg. L'quincqpu bpfu uu_
bu qunuu fun bbque[Hbunf, Yuyfiu f dES fuuqh k ewugtuugh, n5Bus Minh pa
bogus. L fe ouf bbqnfOEUEU get fe pbutg f dis ef, L'un Sup jreuusu
anbgu b {Euugi. L gone (Or ppug qrn ul lopahanaitupn fr Eçpuy vogw, L oQuune
obus grow b'ewpämuduft wququlaue, apubu qupéhe op JEçpedé qui thus furjuitus -
ujbuku qope uypge bug gp mn Suowpul f fEpuy au qopuigh, L judEtu jt Yan
hgu jayfé atAwpbus go pphuunnukhg, L'uSwpbhhu, diu$m guñquitugfu, L djiusl
be Abel 2otsu Suubu dub: Ve dust. juyu owpwneoutu uyfu, funp$m pe
bé pupety (rpsEgue quoi, L'wukp gba gopwg fepeg,\utjp quwpägnse quèp
FE ut, upS hu ugne p'(Qvaeppug gong EEK fr ufuncenn qupäup, qf ane b tu
pif Qquiu juporghu (Bupgfé a$Ein dép. L dep jujidul qupägnie F dEpuy ungu fr ur
bp, L'inbugoup EE fs mpuugk pur dEg iphone: Ve ag aunnoe bp up
apeg Eu k ebort Vague, L'uukn, BE Grpdu dupañifi SE dép, qe. dEq touiu jury
wpuphe k dEpuy ebpabe: L Buquunpu fyEgur wdEtuÿt qopopt f (Ep ui : Ve 4h
mwgbau (Nacponefit wuuuuupunt EEE fafuunuquis hu, Euÿu nn bug wdEtuuÿu qo_
put, hupuit k 4$Eun ufwgkup quyfé, npabu quyfu g$bun esfuupugu, Loft ik puy
JE Sun quan L'uGuafiu Sutahufn, L qrsdiudh Eujihe g$Eun pruñtuug qopurÿ fus.
clé. Lhepl ghugfu djotu p, dhwpuul qui gope aypegebugu 4$be gomug ephunnubky
L jujotunl wpupf plqwdu duauit fjuaji. L'wbubus Bawqueopi | ppocuwrhdiu, k ut.
tugju qopeugqnfupu, duju opSum bu un VuunnewS wququhhgft jupe L nqpund.
qhulhS Swpbu h dbe JEckbiu wa unes aqusutu wnupbft, gt Swugk joqum fui
ele Sounfit fre pr :
infidèles. Les Perses, s'avançant alors contre les Franks, les enveloppèrent et, les
harcelant, les inirent dans un péril extrême, car ils manquaient de vivres. Ceux-
ci n'attendaient plus que la mort, et ne conservaient aucun espoir. Les Turks
les défiaient par des paroles pleines de menaces et d'arrogance, et les tenaient
cernés de tous côtés. Puis, avec des cris terribles et comme un aigle qui fond
sur une troupe de colombes, ils se ruërent en masse sur eux, Les Franks, ré-
duits aux abois et frappés de terreur, ne désiraiént plus rien que la mort, et
croyaient toucher à leur dernière heure. Tandis qu'ils étaient dans cette dou-
loureuse perplexité, le roi eut une excellente inspiration. Il dit au commandant
de ses troupes : « Allons, marchons directement vers Athareb; nous ferons croire
«aux Turks que nous prenons la fuite, et ceux d'entre eux qui sont en embus-
«cade courront après nous; alors nous reviendrons sur eux et nous verrons ce
« que le Christ fera pour nous.» En même temps il prescrivit à la garnison d'Azaz
que, lorsque les infidèles se grouperaient pour les poursuivre, elle lui en donnût
le signal, en élevant une colonne de fumée sur le sommet de la forteresse. Le rot
s'étant donc dirigé avec ses troupes vers Athareb, Boursoukh, s'imaginant que
les Franks prenaient la fuite, ordonna aux siens de les poursuivre. Les infidèles
se précipitérent tous à la fois sur leurs traces, comme des loups après des bre-
bis, et en poussant des clameurs. Après avoir parcouru une distance d'environ
deux milles, ils serrèrent leurs rangs pour attaquer les chrétiens. En ce mo-
ment, ceux d Azaz firent le signal convenu. Le roi de Jérusalem et ses officiers,
l'ayant aperçu, bénirent le Seigneur en versant des larmes et en gémissant; dans
leur douleur ils élevaient leurs voix suppliantes vers Dieu, pour le prier de venir
au secours de son faible troupeau.
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 145
Gujudul Spulybuwg Barquunpt SusEgniguuly gen quanbpwqfé, L fpurnuiu goppt
ecbmtkhy nblegbé b décuy apuagtugr. b ql'nmus oi Yupbu, puÿ pui
beta, L pneu Sp wmofdfg Uungu, L& dE upamlinm bug puwpänegfi g rec ppr
bbupureun- k juÿt#ulump f q0çË wphbus qopp Sweunmugbing, L ji auEtuuÿt Ephuu
quoumug be 4 gui Subft guoumu. L'Ynlit Noufbit dESur quymuginde, bep quafné vp
daisk q$tin Equiug, yjuuku Law duphn g$bun gopug path, L ju kgun wphuu
ahÇueunnhqt . vajigku L uwqusnpu Le oubtuujy goppu <fAphounnuh fupkquiu g$truw go
afropfäuugt, L Ymnnphgft wibfituy sk f Lupuu pwqup. & Egh Sauhiop Yomnpuënÿr
En. qhug wuqwuuçu Ujupuhg L Soeqefhft jh uen , fuit gb Sbqhumwuut wdppuy
baquubmegft Yrnnphae bqË. L'qupdut gone erhuwthkg dESur nepufune fbuuÿ Le
aug uses, L kql opiu up op ncpaufuns huit wlbluujh $uewmwaEpngu fu u_
auf: {pe ago Egh julibuñit angl ff L jueocg E up. L gféh wencpg fs wnbu
Necpuncpii greg Bugueconfé L'anpeft Aoubft, L'awqus bg flow AN'uup,
L fut qhug b our: Ve JE ouwpee dha, jugelü fepdh ppp wub Luxt, wyoburnpf
pere me amer d
= A ——
Aussitôt le roi commanda de faire retentir les trompettes pour donner le signal
de la charge, et les chrétiens fondirent par un mouvement simultané sur les inli-
dèles, en invoquant l'aide du Seigneur, et se signalèrent par d'héroïques etlorts.
Leurs prières furent exaucées. Ils repoussèrent avec fureur les Turks, les firent
passer sous le tranchant du glaive et les dispersèrent au loin sur la surface de la
plaine. Le comte Josselin, emporté par son impétuosité et pareil à un lion rugis-
sant qui poursuit des bœufs, se jeta sur eux et se gorgea de sang. Le roi et toute
l'armée du Christ, acharnés de leur côté, les taïllèrent en pièces sans leur faire
quartier, en les poursuivant jusqu'aux portes d'Alep. Il y eut cinq mille Turks de
tués. Le général perse et Toghtékin s'en retournèrent couverts de honte. Quinze
émirs avaient péri dans ce combat, Les chrétiens s'en revinrent ivres- de Joie et
avec un riche butin. Cette victoire répandit l’allégresse parmi les fidèles. Elle
fut remportée le 24 du mois de drê, un jeudi’. Quelques jours après, Boursoukh
emmena la fille du roi et le fils de Josselin à Kala-Dja’ bar”, où 1l les déposa, et
partit pour Mossoul”.
Au bout d'un an, des gens de sa nation, de ceux que ee: nomme Hadji”, pé-
1 Le 11 juin, Boursouky, ayant rassemblé ses
troupes, alla faire le siége de Kafarthäb (Capharda)
qu'il prit; de là il se dirigea sur Zerdanä (Sar-
danum) dont il leva le siége pour marcher contre
Azaz (Hasarth). C’est devant cette dernière place
qu'il fut surpris par les Fraoks, qui lui tuèrent un
millier d'hommes, suivant Ibn-Alathir {ad annum
519), ou deux mille, suivant Guillaume de Tyr
(XI, xvi). Boursouky s'enfuit à Alep, où il laissa
son fils, ‘Izz-eddin Maç'oud. Puis, traversant l'Eu-
phrate, il rentra à Mossoul pour réunir une nouvelle
armée.
? Kala”-Dja’bar, yae> à, c'est-à-dire le chà-
teau de Dja'bar, forteresse de la Mésopotamie, sur
l'Euphrate, au nord, entre Rakka et Bâlis; Calogen-
bar de Guillaume de Tyr. Cette forteresse apparte-
nait, comme nous l’apprend Ibn-Alathir, à Schems-
eddaula Salem-ben-Malek qui mourut cette même
année, 519 hég. Au temps d'Aboulféda (cf. Géogra-
HistTor. AM. — L
phie, texte, p. 277), c'està-dire au commencement
du x1v° siècle, elle était en ruines et abandonnée.
3 Après avoir parlé dn retour de Boursouky à
Mossoul, Guillaume de Tyr ajoute {XIII, vr) que
le roi, ayant réuni une somme considérable, soit
par les dépouilles des infidèles, soit par la libéralité
de ses amis, racheta sa fille, âgée de cinq ans, qu'il
avait donnée en otage en RARES de sa propre
rançon.
* Hadji, en arabe, &læ, pèlerin, celui qui a fait
le voyage de la Mekke, prescrit par la religion mu-
sulmane. Au rapport de Kemäl-eddin et d'Aboul-
faradj (Chron. arabe, p. 250), Boursouky fut tué
par huit Bathéniens déguisés en derviches, qui
se jetèrent sur lui le vendredi après son retour à
Mossbul, dans la mosquée où il était allé faire sa
prière, et à l'instant où il s'avançait vers la chaire.
Suivant Ibn-Alathir, c'était au moment où il était
en prière, placé au premier rang des assistants, que
19
146 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
kEpuhe péreuf dinusuk fu 'd Lapau ani Ut, L quelqu] uuypwluïth fit qu 5 Jajudtunr cpu puno
vb ph bnp vunmokbofiu juauw lb wyjhu fr eunumpht, qupu qufiu ajbihüh YÿEpahu, pu
ne font out ofit :
AL Gogh qopudaqel mu qopugjafit Qupuhg be poqglie fBbunfi"
mdppagÿé wpkbtbg, où wo Vechl vent Voubhétuy, L auppuÿ LuñtéBuy, vp mb
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nétrèrent dans son palais sous leurs vêtements de pèlerins, et le tuèrent à coups
de couteau. Les meurtriers furent massacrés par ses serviteurs, qui firent subir le
même soft à tous ceux qu ils rencontrèrent dans la ville pe un pareil costume,
au nombre de quatre-vingts.
XCVIIL. Cette même année, le général des Perses, émir de l'Orient, Ibrahim,
fils de Soukman, ainsi que l'émir de Hantzith, Davoud, fils de Soukman, fils
d'Artoukh, firent une levée immense de troupes. Une foule d'autres émirs leur
amenèrent des renforts considérables, et tous ensemble marchèrent contre la
Géorgie. Le souverain de ce pays, s'étant avancé à leur rencontre, en fit un grand
carnage, les mit en fuite et les maltraita encore plus que dans les occasions pré-
cédentes. Il les poursuivit pendant cinq jours, et inonda de sang les plaines et les
montagnes. Tout le pays fut infecté de l'odeur qu exhalaient les cadavres.
XCIX. Cette année, mourut le saint roi de Géorgie, David. On plaça sur le
trône après lui Dimitri, son fils, prince belliqueux, rempli de piété, et qui, par
ses belles actions, se montra l'émule de son père. Il renvoya les fils de Manoutchè
à Ani, après leur avoir fait jurer par des serments réitérés d'être ses fidèles vassaux,
et de lui rester soumis toute la vie. Il leur donna cette ville qui avait beaucoup
souffert de la part des Perses, lorsque David mourut. Il leur fit cette cession, parce
que d’autres guerres et l'administration de ses États réclamaient des soins dont il
était surchargé. Il était né d'une femme arménienne. Les fils de Manoutché sen-
gagérent en outre, par un serment solennel, à laisser à jamais les Arméniens en
possession de la cathédrale et d'empêcher tout musulman d'y entrer.
dix hommes l’assaillirent à coups de couteau; il suc-
comba, après en avoir tué lui-même trois. Il expira
le même jour, 6 de dsou’lka'dé 520, ou, suivant
Ibn-Khallican, le lendemain 9 (17 ou 18 novem-
bre 1126); en 519, suivant Abou'l-Méhacen. Son
fils’{zz-eddin Mac'oud lui succéda à Mossoul. Aboul-
* faradj remarque que le seigneur d’Antioche fit par-
venir à ce jeune prince la première nouvelle de la
mort de son père; les Franks, dit:il, l'avaient connue
avant tous les autres, à cause de l'extrême diligence
qu'ils apportaient à s'informer de tout ce qui concer-
nait les musulmans.
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 147
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C.: En l'année 575 (13 février 1126-17 février 1127), arriva du pays des
Franks le fils de Boëmond, fils de Robert [Guiscard], lequel se nommait Boëmond
comme son père!. Il vint avec des troupes à Antioche, et épousa la fille du roi de
Jérusalem. Celui-ci lui promit la couronne après sa mort; il lui remit Antioche et
toute la Cilicie. Boëmond, fils de Boëmond, soumit à sbn autorité, par sa: puis-
sance et son ascendant irrésistible, toute la nation des Franks. Le comte d'Édesse,
Josselin, et le fils de Saint-Gilles reconnurent sa suprématie. Boëmond était ce-
pendant tout jeune; il n'avait pas plus de vingt ans, et son menton était sans
barbe, mais déjà il avait fait ses preuves dans les combats. Il était de haute taille, -
à face de lion; il avait les cheveux de couleur blond clair. Une foule de nobles
et de grands étaient accourus avec lui de Rome”.
CI. En l'année 576 (18 février 1127-17 février 1128), mourut le docteur ar-
ménien Cyrus, l'égal des saints de l'ancien temps. Il avait appris la Bible en entier,
et était exercé aux investigations les plus profondes. Il possédait à fond l'intelli-
sence de l'Ancien et du Nouveau Testament. Il avait été le compagnon du saint
(Cf. p. 148, note 2.) Cette erreur à été rectifiée
par M. Wilken. (Geschicht der Kreuzzüge, t. IT,
p. 585, not. 23.) |
! Boëmond, fils de Boëmond [°', né en 1107,avait
‘ingt-deux ans lorsqu'il arriva en Palestine, poùr
succéder à son père, dans la principauté d'An-
tioche; il épousa Aalis, seconde fille de Baudouin
Du Bourg. Il eut de violents démélés avec Josselin,
comte d'Édesse, qui, s’alliant aux Turks, était entré
sur les terres de Boëmond. Baudouin, avec le con-
cours de Bernard, patriarche d'Antioche, rétablit
la paix entre les deux adversaires. En 1130, les mu-
sulmans d'Alep étant venus ravager la principauté
d'Antioche, Boëmond accourut pour les repousser,
et, s'étant avancé jusque dans la Cilicie, fut tué
dans la plaine appelée Pratum Palliorum ou Pré des
Pailles, non loin de Mamistra. (Guillaume de Tyr,
AT, xx et xxu.) Je dois faire remarquer que le
savant archevêque de Tyr s’est trompé en mettant
Ridhouän, sulthan d'Alep, aux prises avec Boëmond
le jeune. Ridhouân était mort depuis seize ans
(en 1115); et Emad-eddin Zangui était alors maître
de cette ville, comme nous le verrons au chap. CII.
2? Matthieu entend ici la contrée des Franks
ou l’Europe. Rome ayant été la capitale politique
de l'Occident, sous les empereurs romains, et plus
tard sa métropole religieuse, est la ville de cette
partie du monde que les Arméniens connurent le
mieux, et dont le nom leur sert à désigner l'Eu-
rope ou l'Occident en général. Aboulfaradj (Chron.
syr. p. 312) se sert de la même expression en
disant qu'en 1438 de l'ère des Grecs (1° octobre
1126-1127), Boëmond le Jeune arriva de Rome.
Il ajoute qu'une querelle s'étant élevée entre les
Franks, qui attira Josselin sur le territoire d'Antio.
che, le patriarche irrité jeta l’interdit sur les églises,
en fit fermer les portes, et ordonna de cesser les
prières et le son des cloches jusqu'à ce que Josselin
eût rendu le butin qu'il avait enlevé.
19.
148 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE
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Gonnphug arf U ou Buqurap, L'wpug qu dufusuhuit k uno :
docteur Georges, surnommé Mégh'rig. Il fut enseveli dans le couvent de Trazarg,
appelé le Tombeau des saints docteurs, où était aussi la sépulture du bienheureux
Mégh'rig. Celui-ci, ayant rassemblé dans ce couvent une congrégation d'athlètes
du Christ, y établit les règles et la discipline des saints Pères des premiers siècles.
= CIL En l'année 577 (18 février 1128-17 février 1129), le général des Perses,
l'émir Zangui, fils d'Ak-Sonkor, l'ancien maître d'Alep’, arriva avec des troupes
sur le territoire d'EÉdesse, et fit amitié avec Josselin. Il parvint jusqu à Alep sans
avoir été ‘inquiété en route’. Désirant se lier avec Boëmond, seigneur d'Antioche,
il employa dans cette négociation Josselin comme médiateur. Après avoir séjourné
quelque temps à Alep, il se rendit avec toutes ses forces à Damas; car l'émir de
cette ville, Toghtékin, était mort et avait été remplacé par son fils*. |
Cette même année vit mourir le sulthan de Perse, Mahmoud, fils de Daph'ar;
il eut pour successeur son frère Mélik*, le même qui résidait à Kantzag, ét qui fut
défait par David, roi de Géorgie, et forcé de s'enfuir en Perse.
1 ’Emäd-eddin Zangui n'avait que dix ans lors-
qu'il perdit son père, Kacim-eddaula Ak-Sonkor,
émir d'Alep. I} apprit le métier des armes sous les
plus grands généraux dg son temps, Kerbogà, Dje-
kermisch, Maudoud et Boursouky. Après avoir été
préfet de Bagdad, il fut créé émir de Mossoul et
atabek en 522 hég. (16 janv. 1127-5 janv. 1128)
par le sulthan Mahmoud. Zangui étendit son pou-
voir sur Nisibe, Sindjar, Harran, Djéziré, et en-
suite sur Alep, Hama, Émesse, Ba’lbek, et autres
places de la Syrie, quil posséda tout entière, à
l'exception de Damas. (Aboulféda, Annal. t. III,
p. 428, 430, 434, 470, 480 et 498 ; Aboulfaradj,
Chron. arabe, p. 250.) Il fut la tige des princes ata-
beks de Syrie.Nos chroniqueurs latins le connaissent
sous le nom de Sanguinus. Il laissa un fils qui devint
encore plus célèbre que lui, Nour-eddin.
2 Au mois de moharrem 532 (janv. 1128), Zan-
gui vint occuper Alep , d’après un ordre du sulthan
Mahmoud, qui soumettait à l'autorité de Zangui
Mossoul, la Mésopotamie et la Syrie. Les habitants,
en proie à des désordres intérieurs, causés par des
changements de maîtres et l'instabilité du pouvoir,
et menacés par les Franks, l'accueillirent avec joie.
En effet, Josselin était venu récemment tenter un
coup de main sur Alep, et ce n'est qu’à prix d'ar-
gent que son éloignement avait été obtenu. Zan-
gui, une fois en possession de cette ville, y rétablit
l'ordre et la sécurité. (Ibn-Alathir et Aboulféda, ad
annum 592.)
3 Ce fils de Toghtékin, émir de Damas, se nom-
mait Tadj-el-Molouk Bouri, ç)» Si Kb. Après
la mort de son père, arrivée, suivant Ibn-Alathir,
le 8 de séfer 522 (12 fév. 1128), il lui succéda
dans sa frincipauté. Il mourut le 20 de redjeb
526 (17 mai 1132), après un règne de quatre ans,
cinq mois et quelques jours. (Aboulféda, Annal.
t. IT, p. 450.)
* Mélik-Thogrul fut placé sur le trône de Perse
par son oncle Sindjar, en 526 hég. (1139). Il
régna trois ans et deux mois, et mourut à Ha-
madan, dans le mois de moharrem 529 {91 oct.-
19 novembre 1134). (Aboulféda, ibid. t. II}, p. 448-
454.)
DE MATTHIEU D'ÉDESSE. 149
Ab: GQGuyos soDaugogne bu modiunfu Suyng 2 » EGu (eos dEun an pure ns
Cf leg puce Vfatfu à (Je EE paqeud qopep jubnS VJ'apuuy, k
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qupuupft vuwphoul. mu puÿubphe, giupefh puqupft waufonpgp L puSwruyp
bobuñg japarebieL vuquunuñop un SEp Wupeufu, L'afbnatfé Rinpbft put O4
danfthy fr iFnu whopfhugt, L Suwnp L Sully dub SEBuñbnuusg wvdanf L punuwvbop.
bush. duntyop, pugunmuqes wpoffu.e quant pupdpugm guuk ft quuyqt L 49bptk
Saumguiubjef: Vol op juaujuf pupbqneft L agnpliuS Vus ns fuulkgun. fuit
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onu puqupft {but L'uphug que Ù avpt, quon nos, akrx feu
fulntg, foutu pb nbpmhuwquit fopahg L pupatg, Eh duphus L abpqu.
CIIT. En l'année 585 (16 février 1136-14 février 1137), le sulthan Moham-
med!, fils d'Amir-Gazi, fils de Danischmend, vint avec une armée considérable
dans la contrée de Marasch, auprès de K'éçoun, et incendia les villages et les
couvents. On était à l'époque des vendanges. Il demeura six jours campé devant
la ville, mais sans élever de bastions, ni dresser des machines, ou lancer des
flèches. I restait tranquille, occupé, seulement à couper l'eau du fleuve, à ra-
vager les jardins, à faire des incursions çà et là et à recueillir et mettre en sûreté le
butin qu’il enlevait. Cependant les habitants, qui s'attendaient de jour en jour à
un assaut, à l'effusion du sang et au triomphe des ennemis, tombèrent dans un tel
excès de découragement, qu'une nuit ils abandonnèrent le rempart extérieur.
Mais leurs chefs et les prêtres parvinrent à les ranimer à force d'exhortations.
Alors, adressant leurs supplications à Dieu, ils résolurent de mourir plutôt
que de tomber entre les mains des infidèles et devenir un objet de raillerie et
d'opprobre pour les païens, en se livrant à eux avec leurs familles. La Croix à
la main et les bras étendus, ils passaient le jour et la nuit en prières, ‘chantant
à haute voix les louanges de Dieu. Aussi celui qui est infiniment bon et misé-
ricordieux ne voulut pas nous abandonner, quoique pécheurs, à nos ennemis;
il eut compassion de nous, qui avons été rachetés par le sang de son fils bien-
aimé, Jésus-Christ. Il ne commanda pas aux infidèles d'investir et d'attaquer la
ville, et le vendredi, qui est le jour de la Passion de notre Sauveur, K'éçoun fut
délivrée. L'ennemi brûla Garmir-Vank’ (le Couvent-Rouge), la chapelle et les cel-
lules des religieux, brisa les croix de bois et de pierre, et s'empara des croix en
1 Le Mouyouuér de Nicétas Choniatès (Jean Com- mina l'empereur Jean Comnène, avec d’autres rai.
nène, I, v), Mayouuér de Cinnamus (I,1v). Ces au- sons dont il sera question plus loin, à faire alliance
teurs le font succéder immédiatement à Danisch- avec le sulthan d’Iconium contre Mohammed et à
mend, Tavouéy, tandis qu'il ne devint prince de passer en Asie. Après avoir pris Castamon et Gan-
Cappadoce qu'après son père Gazi, fils de ce der. gra, il revint à Constantinople, d'où l'année suivante
nier, Gazi s'était emparé de Castamon (Kastemouni) (1137) il entreprit son expédition de Syrie.
dans le thema Paphlagonum, et c'est ce qui déter-
LA
150 EXTRAITS DE LA CHRONIQUE DE MATTHIEU D'ÉDESSE.
PEnbEtu Lou tal, JEphhe 4epé übug quéquuut oppnefbuiu Swgh docbiwg, b qqn
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qurusunmul ufuwyhg frouju Rnugbusy bqnequhgk, jul npuku quaqness qugnmwuntuwl LOTUTATTR
b Jbpuuy Yronpudy : Le [os dE ut qiuug ei futuÿh juinip neppwfdne, opuku uw.
gup-puuqh Swdpuur Eu fi jubphu vapus Jenqequ fugue apliu Sonodhg, PE qhdtuy qu)
Jon fut apuowphes pomuplt <fMbutar, dhpa fobuufu Ququneufu Ynskagbjy dur _
PEjo un nu aps. gb jun nepuu jujunuh4 dep Ep Huqunonpu ntug plunbrp, uk
Er 9 Sox Guru. ewpäèbuy foboutne flot dep hobowufiu | Lot Ynsbgkjy, L g.pu_
qupu L qgebpqu andmpu yfu.pu qoucbu,, L qu wnbiug wuwtkp juoluwpS$t joug,
Jujuynju Sndncu, f uu<duiuu Chut es fuuup$fit :
fer ct en bronze; et, démolissant les autels où s'offrait le pain du saint sacrifice, il
en dispersa les débris. 11 enleva la porte, où se dessinaient des enroulements ad-
mirables, ainsi que d'autres objets, et les emporta dans son pays pour les montrer
à ses concubines et à la populace, comme fit autrefois le Babylonien”. C'est ainsi
qu'il donna lieu à l'accomplissement de ces paroles : « J'ai abandonné la fille de
«Sion, comme une tente au milieu des vignes, ou comme la cabane de ceux qui
«gardent les fruits, ou bien comme une tourterelle plaintive restée seule après
«avoir été délaissée par sa compagne, ou comme le corbeau à l'aspect hideux qui
.« plane sur des cadavres. » Mohammed battit subitement en retraite, un vendredi,
comme nous l'avons dit plus haut, en apprenant que l'empereur des Romains
[Jean Comnène] accourait au secours de K'éçoun assiégée et de notre comte
Baudouin°, qui l'en suppliait à genoux. Déjà l'empereur approchait d'Antioche,
ravageant les pays musulmans”. Après avoir dépouillé notre prince Léon de sa
souveraineté, il sempara de ses villes, de ses forteresses, et, s'étant assuré de sa
personne, l'emmena dans la contrée des Grecs, de l’autre côté de la mer, sur les
limites de l'Asie.
1 Ces paroles font allusion au roi de Babylone,
Balthasar, qui, dans le splendide festin qu'il donna
et dont parle Daniel {V, vi-1), se fit apporter les
vases sacrés du temple de Jérusalem et y but, lui,
ses grands officiers, ses femmes et ses concubines.
2 Baudouin, comte de K'éçoun et de Marasch;
Ba)dovivos à Mapaolou de Cinnamus (I, vniet V, 1x),
Balduinus de Mares de Guillaume de Tyr (XVI, xvi
et xvi), Baudoin des Marais de la traduction fran:
caise. (Cf. ci-dessous, chap. cix..)
$ Les pays musulmans ou des Dadjigs, Swx.
fwnumuv, Dadjgasdan, sont la partie de l'Asie Mi-
neure que traversa Jean Comnène en se rendant
en Syrie, et qui formait les États des émirs turko-
mans de Cappadoce de la famille de Danischmend,
et ceux des sulthans d'Iconium.
Ro tt -— — mnt RENE SRE eee
GRÉGOIRE LE PRÊTRE.
NOTE PRÉLIMINAIRE.
. La vie de Grégoire le Prêtre ne nous est pas mieux connue que celle de
Matthieu d'Édesse, dont il s'est fait le continuateur: tout ce que nous en
savons se réduit à quelques indications que fournit la lecture de son livre. ll
dut être le disciple de Matthieu, si l'on en juge par l'animosité extrême qu'il
témoigne, comme lui, contre les Grecs, et par la manière toute semblable dont
il apprécie les hommes et les événements. Il se qualifie d'Éréts, L>r£g, ou prêtre
séculier, c'est-à-dire étranger à l'état monastique et marié!. H jouissait, à ce
qu'il paraît, d'un grand crédit parmi ses compatriotes, puisque le début de
sa Chronique nous le montre s'adressant aux grands et au gouverneur de
K'éçcoun, lorsque, en 1137, la crainte des Turks fit abandonner cette ville par
ses habitants, les exhortant à la défendre et s y renfermant avec eux. Les expé-
ditions des empereurs Jean et Manuel Comnène en Cilicie et en Syrie, la prise
d'Édesse sur les Franks par l'atabek Emad-eddin Zangui, les relations tour
à tour hostiles ou pacifiques des sulthans d'Iconium avec les princes R'ou-
péniens de la Petite-Arménie, les démêlés et les guerres de ces sulthans
avec les émirs turkomans de la Cappadoce, la fin de la dynastie des comtes
d'Édesse de la maison de Courtenay, les entreprises des Croisés contre
Nour-eddin, celles du roi de Géorgie, Giorgi III, sur le territoire arménien,
contre les villes d'Ani et de Téëvin, tels sont les faits principaux dont 1l nous
offre le récit. Son style n'est pas moins dues et trivial que celui de son
devancier.
L'exemplaire dont je me suis servi pour mon travail est la copie faite en
1649 par le R. P. Khoren Calfa, sur trois manuscrits de la bibliothèque du
couvent de Saint-Lazare, à Venise. Cette copie appartient aujourd'hui à la
Bibliothèque impériale de Paris, où elle est classée dans le supplément ar-
ménien. Le numérotage des chapitres \ fait suite, comme ici, à celui de
l'auteur précédent.
! Dans l'Église arménienne, comme dans toute tabeds ou docteurs investis du droit de précher et
l'Église orientale, chez les Grecs, les peuples de d'enseigner, les évêques, les patriarches ayant rang
race slave, etc. les prêtres séculiers, qui forment d'archevêque, et le patriarche universel ou catholi-
le clergé des paroisses, sont obligés de se marier cos. Dans les premiers temps de l'Église arménienne,
avant de recevoir la consécration sacerdotale. Leurs au 1v° siècle, saint Grégoire l'Iluminateur et ses
Pouvoirs se bornent à conférer les sacrements et à successeurs immédiats, c'est-à-dire, ses fils et des-
la célébration de l'office divin; c'est ce que l'on cendants, furent mariés avant de monter sur le
appelle le clergé blanc en Russie. Les autres, en- siége patriarcal, qui était dévolu de droit à cette
gagés dans les vœux monastiques {le clergé noir), branche de la famille des Arsacides, les Sourën
doivent vivre dans le célibat. De la classe de ces (Suréna) Bahlav, comme la royauté appartenait à
derniers seulement sortent les dignitaires ecclé- la branche puinée de celle qui régnait sur la
si
astiques, qui sont, chez les Arméniens, les var- Perse.
CHRONIQUE
D E
GRÉGOIRE LE PRÊTRE.
D
A Paigh b pewppuñs BouuñunGhañi Luyeg juuà 244, Va Buqur pi
Sn apeh ViEpobé, spl avai ke Qbnugband£u, Eu dES fun nn Euh jeu.
qu et Viucupquy. bp jusncquu judiuatuyfu}, juju jaujhegy. L fuuwphug 4 pq pt
aencpu [b, kUbqhug pupuñundt, k'ünpu on Jouvet Ent qpuqupt f Buqur.opi
Uérugbnn dus je bu ban quububofu, k 4 Lu fout Suyeg, L'aocehev L Hfiiv
Eun, L qumpe untégt Vownuswétfée, L auque be Urunuñqimgohe Ve ui
l Ce. ajoute yépkum%, le trente [ du mois de juillet].
ge Eee ne
EEE —
ee L"
TRADUCTION.
CIV. Au commencement de l'année 586 (15 février 1137-14 février 1138),
l'empereur des Romains, fils d'Alexis, nommé [Jean Comnène| Porphyrogénète,
vint, plein de colère, attaquer la ville d'Anazarbe, pendant l'été, dans le mois
de juillet”. Il la tint investie pendant trente-sept jours, et lui fit beaucoup de
mal avec ses machines de guerre. Les habitants, réduits à l'extrémité, se ren-
dirent. Il les fit tous prisonniers, ainsi que le prince arménien Léon, ses fils et
l Cette expédition de Jean Comnène dans la
Cilicie et la Syrie fut provoquée par le méconten-
tement qu'il ressentait contre les Latins d'Antioche
- et les Arméniens; 1l en voulait aux premiers de
ce qu'Antioche avait été donnée à Raymond de
Poitiers, avec la main de Constance, fille de
Boëmond Il; il prétendait que toutes les conquêtes
des croisés devaient lui appartenir, parce qu'à leur
arrivée à Constantinople ils avaient promis par ser-
ment d'en faire hommage à son père Alexis. (Cf. Guil-
laume de Tyr, XIV, xxiv.) Sa rancune contre les
princes R'oupéniens étaitun sentiment héréditaire et
inhérent à la politique des empereurs de Byzance,
qui ne pouvaient oublier que les Arméniens leur
avaient enlevé une partie considérable de la Cilicie.
Jean Comnëne en voulait à Léon, AeSoüv»s, en par-
ticuher, de ce que celui-ci lui avait pris Mopsueste
ou Mécis et plusieurs autres villes, et menaçait
encore Séleucie. (Cf. Cinnamus, 1, vir, et IE, xiv.)
Ce n’est pas tout; Léon, après avoir été le com-
pagnon d'armes et l'ami de Roger d’Antioche f{cf.
Matthieu d'Édesse, chap. Lxxvn), avait eu récem-
ment des démêlés avec Raymond de Poitiers, suc-
cesseur de Roger. Raymond, n’osant point attaquer
Léon à force ouverte, s'entendit sous main avec Bau-
douin de Marasch, qui invita Léon à venir avec lui
faire une visite à Raymond. Le prince d’Antioche
profita de l’occasion pour se saisir du chef arménien,
et le renferma dans une forteresse. Après y être resté
détenu pendant deux mois, Léon consentit à livrer
pour sa rançon deux villes, Mëcis et Adana, à
payer 60,000 tahégans et à donner un de ses fils
en otage. À ces conditions, il recouvra la liberté.
À peine dégagé de ses fers, il conquit de nouveau
les villes qu’il avait cédées et battit les princes la-
ins, ses voisins, au point qu'ils furent obligés
d'appeler à leur secours Foulques, roi de Jéru-
salem. Mais tous les efforts dirigés contre Léon res-
tèrent impuissants; son fils lui fut renvoyé, et il
reçut à son tour des otages. Les Franks ayant im-
ploré la médiation du comte d'Édesse, Josselin , dont
le père, Josselin de Courtenay, avait épousé la sœur
de Léon, le comte rétablit la paix. Une des condi-
tions de ce raccommodement fut, comme le raconte
Cinnamus, que Léon joindrait ses armes à celles
des Antiochains contre l’empereur.
CHRONIQUE DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 153
dense JES fofouut Sun laert apyh QGrouuumiuu ap) ( bof) : | > Pupu Bu
quenph U£r gbnnc dE blu h ebpyu À quSu, b un pabmfdkanfp. b anuvqrail qlas fou.
ebqrd wyqh peuulqug b puqupt ap Yn 5h C Equp > L autunh Flju JUukrp : (| > qu
Uribe V'usdhuu oo h ebprv Oocuqus 1, gag diupenfe.p diupuneghusg L Ubinu
1 Ce. Qacar, Zoublou.
sa femme, il prit aussi la sainte image de la Mère de Dieu’, et les transporta
à Constantinople, où mourut le grand prince Léon, fils de Constantin, fils de
R'oupën. L'empereur marcha ensuite contre la forteresse de Bëzah, dont 1l se
rendit maître de vive force’. Par d'astucieuses insinuations, les Franks l'atti-
rèrent devant Scheïzar, d’où il se rendit à Antioche“. Mélik-Mohammed, dont il a
été déjà parlé (ch. ci), attaqua la forteresse de Zoublas’; mais, malgré des
! Pendant que Jean Comnène assiégeait les villes
de la Cilicie qui étaient au pouvoir des Arméniens,
il envoya un corps de troupes à la poursuite de
Léon. Ce prince, qui s'était sauvé dans les gorges
- du Taurus, fut surpris et cerné dans une vallée
et, par le manque de vivres, forcé de se rendre. Ses
deux fils, faits prisonniers avec lui, étaient R'oupên
et Thoros. Ses trois autres fils plus jeunes, Sdé-
ph'ané, Constantin et Mleh (Milo du texte de
Guillaume de Tyr, XX, xxv; Melier ou Meslier de la
traduction française; Melih des Lignages d'outre-
mer ; Melfas de Cinnamus), étaient alors en sûreté
à Édesse, auprès de Josselin, leur cousin germain.
L'empereur tint pendant un an en prison Léon,
R'oupén et Thoros à Constantinople; après quoi, à
_ la sollicitation de quelques amis du prince arménien,
il les délivra, mais en les retenant à sa cour, où ils
furent traités hbonorablement. Quelques soupçons
qui lui furent suggérés contre R'oupên le détermi-
nérent à priver de la vue le jeune Arménien, qui mou-
rut des suites de ce supplice. Pour éviter que Léon
ne cherchât à venger son fils, on le réintégra en
prison avec Thoros. Il y finit ses jours après sept ans
de captivité. Cependant Manuel Comnène, en suc-
cédant à son père Jean, touché du sort de Thoros,
resté orphelin, le prit auprès de lui et lui montra
beaucoup d'amitié. C’est dans ces conjonctures que
celui-ci s’échappa secrètement de Constantinople et
regagna la Cilicie, comme nous le verrons plus loin.
* Tchamitch (t. II, p. 61) prétend que cette
image de la sainte Vierge avait été apportée de
Marasch à Anazarbe par Thoros. (Cf. Matthieu
d'Edesse, ch. xxxVI.) Mais, d'après Vahram, dans
sa Chronique rimée, elle avait été prise par ce
même Thoros dans la forteresse de Guëntrôsgavis
ou .Cybistra aux fils de Mandalé, et placée par lui
dans une église qu'il avait fait construire à Anazarbe,
alors Capitale des princes r'oupéniens. (Cf. ibid.
ch. Lvis.) On peut croire que cette église n’est autre
que la chapelle située dans l'intérieur de l'ancienne
forteresse arménienne qui couronne le rocher au pied
duquel on voit aujourd’hui les ruines d’'Anazarbe.
_* Pn-Alathir [t. XI, p. 36, éd. Tornberg, Upsal,
in-8°, 1851) et Noveiri (Man. de la Bibl. impér. de
Hisror. AM. — I.
Paris, suppl. arabe n° 738, fol. 60 v°) affirment,
au contraire, que l'empereur prit Bezah à compo-
sition le 25 de redjeb 532 (8 avril 1138); mais
qu'ensuite, violant sa parole, il massacra ou fit
prisonniers une partie des habitants.
à Cinnamus, qui décrit la marche de Jean Com-
pène, nous dit (I, vis et vin) qu'après être entré en
Cilicie par les Pyle Cilicie, ou défilé de Gouglag,
ils'empara de Mopsueste, Tarse, Adana, Anazarbe,
et de la forteresse de Vahga (Bax&). De là il vint
se présenter devant Antioche, qu'il assiégea. Mais
Raymond ayant fait sa soumission et s'étant déclaré
son vassal, l'empereur leva le siége et se dirigea
vers Âlep, Béppose, qu'il laissa sur sa route; ensuite
il prit Bezah (Ilig&), Hama (Xauä), Kafarthäb
(XaSapôä), et reçut la reddition de Scheïzar (Zéoep);
puis, retournant en Cilicie, il plaça des garnisons .
dans les forteresses de Vahga et de Kapnispert ou
Gaban (rù Kamylowepri Ppobpioy et nOD Karwoxépri,
comme il y a dans le texte imprimé), et prit ses
quartiers d'hiver dans la plaine qui s'étend entre
Tarse et la mer. (Cf. Guillaume de Tyr, XIV, xxx.)
Cette expédition comprend les deux années 1126
et 1137. Ibn-Alathir, Aboulféda et Kemäl-eddin la
fixent à l'année 531 (29 sept. 1136-18 sept. 1137),et
Aboulfaradj en- 1448 des Grecs (1 oct. 1136-
1137). Ce dernier rapporte (Chron. syr. p. 321) que,
tandis que Jean Comnène campait devant Antioche,
Josselin étant venu le trouver, ils convinrent en-
semble que, si les Grecs prenaient Alep et autres
villes de la Syrie, ils les remettraient aux Fraoks,
et que ceux-ci, à leur tour, leur rendraient Antioche.
C'est alors que l'empereur et Josselin, ayant réuni
leurs forces, allèrent investir Bezah et envoyèrent un
détachement attaquer la forteresse de Scheïzar. Sur
ces entrefaites, Macç'oud, sulthan d’Iconium, étant
entré en Cilicie, assiégea et prit Adana, et ayant
chargé de chaînes l'évêque de cette ville et tous les
habitaots, les emmena à Mélitène. À cette nou-
velle, l'empereur mit le feu à ses machines de
siége et rentra en Cilicie. Après avoir fait la paix
avec Maç'oud, il retourna à Constantinople.
5 C'est sans doute la forteresse dont le nom est
écrit Zo06Aas par Cinnamus (VI, xv), et Zotéieor
20
1 NIRE
154 CHRONIQUE
affine bu, a5bos Guquug watt pbpebé. Luejughe qi pue tannepu jbpuilst np
Ur peuy Yogho, quug juobup Su bep pe dEp qa$ugup 4SEwntk np pbs gb b Spajr
cup L'aquunbwg kb Péudbugu: Vue f juiuguiuhy HEpuñt, jap ul Ep Hu.
quunçh b déçu MquSy Suwg php, qu vocpe quankfit, ghwg bjr puqwpfi
Pc auf gopop L SES Ep fupop, L pukhse puquelu be ghwgft, L Hub
Ping puqupu hi jupuñg. bpfbuñ L Eu bpuqu ph ne apqrode, L qiuwgft mit.p
Bb MES h, L alu fe (fruit, nlit,p k Sandpuju, L Su ont aituliupe. uusqun
assauts réitérés et les nuées de flèches qu'il fit pleuvoir, il ne put la réduire.
Alors, traversant le sommet des montagnes de Goulla ', il rentra dans ses
États. Nous rendîmes grâces à Dieu, qui nous avait préservés des terreurs d'un
siége, et nous avait délivrés de nos ennemis. Vers la fin de l'hiver, lorsque
notre empereur” était encore occupé au siége de Bëzah, contre les musul-
mans, après la sainte Pâque”, arriva le seigneur de K'éçoun, Baudouin, avec son
infanterie et sa cavalerie. Les habitants quittèrent notre ville, qui fut ainsi dé-
peuplée; la crainte les fit émigrer avec leurs familles, et ils se retirèrent, les uns
à Béhesni ou à Raban, les autres à Hr'om-gla", et K'éçcoun demeura déserte.
par Nicétas Choniatès (Manuel Comnène, VI, v et vi),
et qui fut restaurée, ainsi que Dorylée, par ce
souverain et ensuite détruite en vertu du traité
qu'il fit avec le sulthan Izz-eddin Kilidj-Arslan , fils
de Maç'oud, en 1176. Cinnamus en fixe la position
vers les sources du Méandre, c'est-à-dire dans la
partie occidentale du Thema anatolicum. Aboulfarad)
(Chron. syr. p. 329) mentionne, à l'année 1450
. des Grecs (1° oct. 1138-1139 ), une invasion de
Mélik-Mohammed en Cilicie, dans laquelle il s’'emn-
para des forteresses de Vahga, Oo, et de
Gaban, LS (Quwwiny pbpy), Conquises
deux ans auparavant par Jean Comnène. (Cf. la
note précédente.)
1 Comme Mélik-Mohammed dut traverser l’Anti-
Taurus pour s’en retourner dans ses États de Cap-
padoce, c’est dans cette chaîne qu'il faut chercher
sans doute les montagnes de Goulla ; elles en formaient
la partie la plüs élevée, s'il est vrai que le mot
Goulla, try, est l'arabe à, qui, entre autres
significations, a celle de sommet d’une montagne.
2? Cette expression, notre empereur ou notre roi,
dép Buquwiapu, prouve clairement que les princes
arméniens de la Cilicie reconnaissaient alors la
suzeraineté de l'empire grec. On en verra une
nouvelle preuve au chapitre cxim, où Thoros II,
s'adressant à Andronic, gouverneur de la Cili-
cie, lui dit : «Je suis le serviteur de ton souve-
rain.» D'ailleurs, le témoignage d'Anne Comnène
(liv. XIV, p. 326) est décisif sur ce point. Le traité
conclu entre Boëmond et l’empereur Alexis, ou
plutôt l'acte d'hommage du prince de Tarente,
contient cette clause : « Excepté les possessions
des Roupéniens, Léon et Théodore ( Thoros ),
Arméniens, qui sont les homines liges de Votre
Majesté.» Âveu ômaovors Ts T@v Pourevlwv diaxpa-
rhosws, Aéovrôs ve xai Ocoëdpou rüv Àpueriuw, yeyo-
voTwy dyÜpamwy To xpérous Ut.
3 En cette année 1137, Pâques tomba le 11 avril.
* Hrom-Gla, Roum-Kalé, xa5 po ou Kala'ter-
roum, psy) à, c'est-à-dire le château des Ro-
mains, forteresse célèbre dans l'histoire des croi
sades, située à l’est de Samosate et au sud d'Édesse,
près de la rive occidentale de l'Euphrate; la rivière
Marzban , qui se jette dans l'Euphbrate, coule au-des-
sous de Hr'om-Gla. (Aboulféda, Géogr. texte, p. 269.)
Elle faisait partie des possessions du prince armé-
nien Kogh -Vasil. (Cf. la chronique de Sémpad, ad
annum 561.) En 1116, elle fut prise par Baudouin
Du Bourg, alors comte d'Édesse, sur Vasil Dgh'a qui
avait succédé à Kogh'-Vasil. (Cf. Matthieu d'Édesse,
ch. Lxxi1.) Baudouia la donna à Josselin de Courte-
nay, et après que le fils de ce dernier, Josselin le
Jeune, fut tombé au pouvoir de Nour-eddin, sa
femme la céda en 1150 au catholicos Grégoire IX,
qui s'y fixa et la transmit à ses successeurs. Ils y
firent leur résidence jusqu'en 1293, époque où
elle fut prise par les troupes de Mélik-el-Aschraf,
sulthan d'Égypte. Au rapport de Sëmpad (ad an-
num 590), cet acte de cession ou de vente existait
encore de son temps, vers la fin du xm'° siècle,
Ce témoignage formel réfute suffisamment le
conte que fait Aboulfaradj (Chron. syr. p. 345), à
l'année 1461 des Grecs (1° oct. 1149-1150), sur
la manière dont Grégoire III entra en possession de
Hr'om-Gla, conte qui lui a été suggéré par la haine
qu'en sa qualité de Syrien et de Jacobite il avait
vouée aux Arméniens, et dont il fait preuve en
maints passages de son livre. Selon lui, un Armé-
nien nommé Michel, gouverneur de Hrom-Gla,
envoya proposer à la femme et au fils de Josselin
d'appeler à son aide Grégoire, qui résidait dans le
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 155
bebe Paugfi babaus SEnbukoe, b'inne4 pauqupfe apr ane Ù ur$çunS Hnshup
Le Eu ren etqor Ephge cie quauus fhputet fr quSequiun (fut pu
bte, gb db qugk Elus eyphgft qowqup dEp, np Enl fu : Of fe onu fugue npfiu
Grtug, apeh Ven EE puy añmt fauqpuuquñs 4e, qupäbuy b Su unnauñk pu.
qd gone, k E4Euy f Puquinpht bepl ghufnnuquié, Elu fe puqup (hui à Vol
pu np fu f pq but, qupSncghup, Wupékft O4 he V'usdhu fgb,
Bab qgowqupt L Ejut Epblyfus ok & dune Egbuy owqun (@rocppug uirguiubfi
de Ewriasqont, L'plantEgfu quyp nt, L'obablugui fr uiuk 4 n5 np 4uy (pm
qepfi- aupu Eu wpuñug fegh Epboufg, dif L'uypk gb qpuqu pu bon. L'appactu
euqupfu L qpwpépupuel moupuiiut, qnp fbbu bp ES (obus Sang eg U ufr,
Le quyy 2huu pwpäpugnit bof. L frphuitp ghaugf feufouumuquius, wub uyng pvyE.
peugh fe phare: fol diuprfh purqepfit papa E dheu opt, fepupañushep fr anmtiu fu puy
L Ep Pruutuiufiu 246: |
(4 qoutuitwg, jugak vpfhuyh, bb obus fo upeh fepoud, opel aim bp
Quelques-uns des principaux y restèrent seuls avec les fantassins de la garnison,
et le duc (gouverneur), qui se nommait Vahram. Moi, l'humble Grégoire, prêtre
séculier, je les exhortai à garder avec courage leur cité, de peur qu'on ne vint y
mettre le feu. C'est ce qui arriva en effet; car, au retour de l'empereur, Kara-
Arslan, fils de Daoud', qui revenait du pays des musulmans avec une armée
considérable, s’'éloignant de ce monarque comme s’il le fuyait, se dirigea vers
R'aban. Ceux qui étaient encore à K'éçoun, effrayés et simaginant voir arriver
Mélik-Mohammed, partirent vers le soir. Le lendemain, quelques Turks, en tra-
versant les montagnes, firent prisonnier un homme qui leur apprit qu'il n'y avait
plus personne à K'éçoun; ils y entrèrent au nombre de trente environ, et mirent
le feu dans l'intérieur de la ville. Après avoir contemplé les portes et les palais
aux dômes élevés qu'avait construits le grand prince Kogh'-Vasil, et autres ma-
Jestueux édifices, ils sortirent en s'enfuyant et rejoignirent leurs compagnons. Le
jour suivant, les habitants rentrèrent dans leurs foyers. C'était en l'année 589
(15 février 1140-14 février 1141).
Ün guerrier appartenant à la nation des Sicaires”, nommé Simon, gar-
monastère du Lac (de Kharpert). Celui-ci, ajoute
Aboulfaradj, étant arrivé, ourdit une intrigue contre
Michel, et ayant réussi à l'expulser, lui enleva ses
richesses, et resta seul maître de la place.
! Fakhbr-eddin Kara-Arslan, souverain de Hisn-
Keïfa, fils de Rokn-eddaula Daoud et arrière-petit-
fils de Soukman, fils d'Artoukh. Il succéda à son
père, d'après Aboulfaradj (Chron. syr. p. 332), en
1455 de l'ère des Grecs {(1* oct. 1143-1144). Son
frère aîné, Arslan Togmisch, ,S'étaitre-
tiré auprès de l’atabek Zangui, qui voulait le subs-
tituer à Kara-Arslan; mais ce dernier implora l'ap-
pui du sulthan d’Iconium, Maç'oud, qui lui donna
vingt mille cavaliers, et Zangui se désista alors de son
entreprise. Sa principale résidence était la forteresse
de Zaïd, gs) (Aboulfaradj, ibid. p. 349), ou Khar-
pert, en arabe sl, es, sur un des affluents de
l'Euphrate. (Cf. Aboulféda, Géogr. texte, p. 52, et
le Meräcid-eLitthila’, t. 1, p. 305, et t. Il, p. 490.)
? En me déterminant à lire dans notre texte sp
&uy, sicaire, brigand, au lieu de 4h, qui n’a au-
cun sens, j'ai supposé que Grégoire le Prêtre a dû
employer la même expression dont s'est servi Michel
le Syrien (voir mon Extrait de sa Chronique, dans le
Journal asiatique, cahier d’avril-mai, 1849, p.328),
pour désigner les Mardaïtes ou Maronites du Liban.
Ce dernier historien dit (fol. 81 v° du manuscrit de
la Bibliothèque impériale de Paris, ancien fonds ar-
ménien, n° 96) ce qui suit: # BE ur Gavin bu)
EFv uphhuge L pwgbquiu k jan | bpañtsitns, L {ask
gui wurde. k Quake uitacuukgfr guauw nur.
up : « En la neuvième année de Gosdant [l'empe-
«reur Constantin Pogonat, en 677) des brigands
« firentuneirruption etvinrentsefixer dansle Liban;
« on les appela rebelles. Les Syriens leur donnèrent le
«nom de Djour djans | SN udacieux). »
J'ai montré (ibid. note 216, p. 366) comment
l'origine deces populations vient de la secte des mo-
20.
)
156 CHRONIQUE
Wa, qogague QlUBuné b hab (ln Sayge L Guybu ie émane of de, L. arme
Bfinpmpar peersb Viubagey ewräuys Ut ali :
AL: Phodi 29 6ob4 Puqucog Greg Uéamban dE; L gañaue np he
wat qUinobre b ercrsér Vague. Lau Gun. biuliuk qui Le qhouk, L jnen
diner f pmqupl :
NO b Brun fbuñt Sue 298 bolbbgun be KEtgrmquu Puquenps (Gniiwg
QEnagnm 453 aptb Vibeubi, kamel, Srsn aphih dog. L gent bep Susmu.
bug jura bepy Puquespn bat qUpen (Pabhiée L Buqainn Koprauumhiliy
pafulgun.: pe qunliitp Et die ayu Ephusg Hague rpg) autlaug L (pates - gb Era.
dant rancune au comte d'Édesse, lui enleva par surprise Aïn-tab. Il retint un
an-cette place en sa possession, et la lui rendit ensuite par la médiation du
prince d'Antioche.
CV. En l'année 591 (14 février 1142-13 février 1143) arriva l'empereur des
Grecs, qui tenta par les plus vives instances d'acheter Antioche au prince de cette
ville. Plus tard, celui-ci reçut de l'empereur des trésors et des étoffes précieuses,
et Jean [Comnène] y fit son entrée en secret!.
CVI. En l'année 592 (14 février 1143-13 février 1144), [Jean Comnène] Por-
phyrogénète, fils d'Alexis, termina sa carrière vers la Pâque, au commencement du
mois d'avril”, après avoir légué la couronne à son fils Kyr Manuel. Le roi de Jéru-
salem mourut aussi; et ce qu'il y a d'étonnant dans la fin de ces deux monarques,
nothélites, qui furent condamnés par le sixième
concile œcuménique, tenu à Constantinople, en
680-681, sous ce même empereur, et comment
ils furent chassés des villes de la Syrie, et forcés
de se retirer dans les montagnes du Liban et de
J'Anti-Liban. J'ai rapporté en même temps la cir-
constance, diversement interprétée, qui donna naïs-
sance à cette dénomination de mardaïtes ou rebelles.
On sait qu'ils ont été depuis lors convertis au catho-
- licisme et avec quelle ferveur ils s’y sont ralliés. Si
la restitution que j'ai admise est vraic, 1] y aurait
eu des Maronites dans les armées des Latins de Sy-
rie, et le nom de Simon, que porte le chef dont il
est ici question, rend cette conjecture très-vraisem-
blable. *
1 Cinnamus (I, x) nous fait connaître le motif
de cette seconde expédition de Jean Comnène en
Cilicie et en Syrie; il avait destiné son fils aîné
Alexis à lui succéder, et il voulait faire au plus
jeune, Manuel, un apanage de la Cilicie, d'Antioche,
d’Attalie et de Chypre; mais Alexis et son frère
puiné, Andronic sébastocrator, moururent dès le
commencement de cette expédition. Le troisième,
Isaac, fut exclu de la succession paternelle par son
père lui-même à ses derniers moments, d'après le
vœu général, et Manuel fut appelé à régner.
Notre chroniqueur arménien est dans l'erreur en
prétendant que Jean Comnène fit cette fois son en-
trée à Antioche. Li vint camper devant cette ville
et demanda de nouveau qu’elle lui fût livrée en vertu
de l'engagement que Raymond avait contracté. Ce-
lui-ci, fort embarrassé, réunit les principaux de
la ville et du pays, qui le dégagèrent de sa parole
et envoyèrent une députation à l'empereur pour lui
annoncer leur refus. Le monarque grec, irrité, fit
saccager le territoire d’alentour par ses soldats, et
bientôt après rentra en Cilicie pour y passer l'hiver.
(CF. Guillaume de Tyr, XV, xix-xxim; Cinnamus,
I, 1x-x ; Nicétas Choniatès, Jean Comnène, ch. x1-xr.)
C'est précédemment, en 1137, que l'empereur fit
solennellement son entrée à Antioche; mais Jos-
selin ayant excité sous main le peuple, les Grecs
furent forcés d'en sortir.
2? Cette année, Pâques tomba le 4 avril. Sui-
vant les témoignages combinés de Nicétas Cho-
niatès, Cinnamus et Othon de Freysingen (VII,
vi), d'accord avec celui de Grégoire le Prêtre,
Jean Comnène mourut en 1143, le 8 avril. Aboul-
faradj (Chron. syr. p. 332) indique également le
mois d'avril (nisan). On peut lire dans les deux
chroniqueurs grecs précités et dans Guillaume de
Tyr, (XV, xxu) les détails de l'accident qui lui sur
vint à la chasse, au printemps qui suivit son retour
en Cilicie. Ayant attaqué un sanglier, il se blessa à
la main avec une des flèches de son carquois, qui
étaient empoisonnées. S'étant refusé à subir l'
putation de la partie malade, il succomba quelques
Jours après.
3 Foulques, comte de Tours, du Mans et
d'Anjou, fils de Foulques le Réchin et de Bertelée
de Montfort; il avait épousé en secondes noces
Mélissende ou Mélusine, fille ainée du roi Baudouin
Du Bourg et de sa femme arménienne Morfa, et
lui avait succédé; il régna onze ans, et mourut le
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 157
Gaug dénuukp japuu, fun fouph jhauy ojuuuXiun. dèuçrs tft og: L haut Piuqus.
he fe anlf jaguh Save ebuit, L aupres El tulès wahfé diet: pe uauyg
apeult bee jen bep & oncpe pmqugt Vppacowntd, np be Guaofiét: paf me Purs
hu VPékpi ah de luwakh auiukp :
Lee Juge op oui Ephhgus yhpYfuu k kogifa Shaubuos L bepl. quiet preuny, jus
Bigompuft menu, LE op duuku Eplhup. L QUof age Baquunpp babbguis :
Le bovphqueñs b gElokdh ph anfany ke op, L opt Ep zum, bei vppaÿ Wet
uiauf tua, maux (len<uy b Outgk, op bp apr Vasuqeepft, L Yssnapk ft
abus, dun Suunounnbjngu np f (phone, qnp quultogk dia 6e unepeu (ep wdbt
Ale: Pol b dépoñus Brutañn bu Lung. 219: b webperBbuñit. Virobn puy
apuy Véalufé, op bp fr ofu dal fEañit, uyp Sgop redire, y ns fubpugk yhdimune
1 Ce. ajaute »p#y, avec l'épée.
cest que ce fut un sanglier, à la chasse, qui occasionna celle de l'empereur, et
que, dans la même année, le roi frank étant aussi allé chasser, ce fut un lièvre
qui devint la cause de sa perte. Il transmit le royaume de Jérusalem à son fils
Baudouin !. Mélik-Mohammed, fils d'Amir-Gazi, mourut aussi cette année*.
Le jeudi saint °, un signe apparut dans le ciel, du côté du nord, sous la forme
d'une colonne de lumière; on l'aperçut pendant huit jours consécutifs. Ce phé-
nomène précéda la mort des trois souverains que nous venons de nommer.
Dans le courant de cette année, le 23 décembre, un samedi, jour de la fête du
protomartyr saint Étienne, Édesse fut prise par Zangui, fils d'Ak-Sonkor“. Les
habitants furent impitoyablement massacrés à cause de leur ferme croyance en
Jésus-Christ, qui les couronnera avec ses saints. Amen ! |
CVIL. C'était à la fin de l'année 593 (14 février 1144-13 février 1145); An-
tioche était sous la domination du fils du comie de Poitou”, qui, tout jeune
jour des ides ou 13 de novembre 1142 (Guillaume
de Tyr, XV, xxvni), ou, suivant le Chronicon Turo-
nense, ad annum 1143 (Recueil des historiens de
France, t. XII, p. 473), le jour de la fête de Saint-
Martin d'été (4 juillet) : « Eodem anno, in festo
«B. Martini æstivali, dum Fulco rex ierosolymi-
« tanus venatum iret et leporem sequeretur, equo
« cespitante ruens, mortuus est per miraculum;
“ipse enim quamdiu comitatum Andegavensem te-
« nuit,ecclesiam B. Martini Turonensis, in quantum
« potuit, infestavit: » |
* Baudouin III avait douze ans quand il perdit
‘son père. Mélissende, sa mère, fut régente pendant
sa minorité. Il mourut le 11 février 1162, à l’âge
de trente-deux ans, sans laisser de postérité.
? D’après Aboulfaradj (Chron. syr. p. 331),
Mélik-Mohammed mourut à Césarée en 1454 des
Grecs (1* oct. 1242-1 143); 1 avait désigné pour
lui succéder son fils Dsou’inoun; mais la khatoua,
sa veuve, ayant épousé Ya’koub Arslan, frère de
Mohammed et fils d'Amir-Gazi, fit reconnaître l’au-
torité de Ya’koub à Sébaste. Dsou’inoun s'enfuit à
Sémendav, 0% (en arménien, Dramëntav,
Téapavèés de Constantin Porphyrogénète et de Cedre-
ous), puis il s'empara de Césarée. De Jà il alla as-
siéger Mélitène avec son frère lounous, maso. .
émir de Maçara, j 20%, mais sans succès. Ensuite
tous les deux marchèrent contre ’Arka, Los. Sur
cesentrefaites lakhatounenvoya deux mille hommes
pour occuper Mélitène et donna l'ordre d'en faire
venir à Sébaste les Turks qui s’y trouvaient; mais ces
derniers, furieux d’être rappelés, brisèrent à coups
de bache la porte appelée Bouridieh, Ots 90 :
que le gouverneur refusait de leur ouvrir, mirent
en fuite ces deux mille hommes, et, ayant appelé
Dolah, op 09, oncle paternel de Dsou’Inoun, lui
remirent la ville.
S Le 1® avril 1143.
4 Voir, pour la discussion des dates assignées
par les différents chroniqueurs à la prise d'Édesse,
mes Recherches sur la chronologie arménienne, t. I®',
2° partie, Anthol. chronol. n° Lxxrv.
ÿ Raymond Î* de Poitiers, fils puîné de Guil-
laume IX, duc d'Aquitaine et comte de Poitiers,
était né à Toulouse vers 1099 ou 1100: ik était
allé se fixer à la cour de Henri I", roi d'Angleterre,
dans les armées duquel il avait pris du service,
tandis que son frère aîné, Guillaume X , gouvernait
l'Aquitaine, dont il avait hérité de son père. (Guil-
laume de Tyr, XIV, 13.)
158 CHRONIQUE
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1 Ce. ajoute why, innocents.
encore, brillait par sa puissance et sa valeur, mais n'avait pas la sagesse de l’âge
mür. Baudouin était seigneur de K'éçoun et de Marasch, et des districts environ-
nants, depuis les frontières de Mélitène jusqu'au territoire d’Antioche; prince
jeune d'âge, mais vieux d'expérience, agréable à Dieu dans toutes ses prouesses.
Josselin le Jeune’, fils de l'illustre Josselin, était comte [d' Édesse]. C'était sous le
pontificat du seigneur Grégoire (Krikorès), patriarche de la nation de Thorgom”.
À cette époque, et, comme nous l'avons dit précédemment, au temps de la fête
du protomartyr saint Étienne, la ville d'Édesse, devenue indigne des grâces
bienveillantes du Créateur, tomba entre les mains des enfants d'Agar, conduits
par leur chef Zangui. Dans sa férocité il répandit des flots de sang, se montrant
sans pitié pour les vieillards vénérables et les enfants semblables à des agneaux.
La frayeur de la mort força les habitants à chercher un refuge dans la citadelle,
nommée forteresse de Maniacès. Livrés à cette perplexité, le frère n'avait aucun
souci de son frère, le père de son fils; la mère avait perdu toute compassion
pour sa fille; le parent, l'ami ne s'occupait plus de l'être qui lui avait été cher.
Dans ce jour funeste et douloureux, les fugitifs ne purent pénétrer dans la for-
teresse, et furent étouffés à la porte; deux mille environ périrent. L'archevêque
(babiôs) des Franks fut pareillement étouffé dans la foule*. À cette vue, le cœur
1 Josselin Il, fils de Josselin de Courtenay et de
la fille da prince arménien Léon [*, fut adonné,
dès son enfance, à l'ivrognerie et à la débauche;
il avait abandonné Édesse pour se retirer à Tur-
Dessel (Tellbäscher) et se livrer, dans cette déli-
cieuse résidence, à son amour du plaisir et du
repos. (Guillaume de Tyr, XIV, m1.) Suivant
Tchamitch (t. IE, p. 65), il se trouvait à Édesse
lors de la prise de cette ville par Zangui; il se
sauva revêtu d’un costume de mendiant et gagna
Tellbäscher. Ibn- Alathir dit aussi que Josselin
établit sa résidence à Tellbäscher après la Be
d'Édesse.
2? La nation ou maison de Thorgom, Six Prp-
4°, est un des noms que se donnent les Armé-
niens, comme descendants, par Haïg, leur ancêtre
_
et leur premier roi, de Thorgom (Thogarmah),
fils de Thiras, fils de Gomer, fils de Japhet, sui-
vant la généalogie rapportée par Moïse de ue
dans son Histoire d'Arménie, I, v.
3 Après la prise d'Édesse, les plus prudents ou
les plus alertes des habitants coururent avec leurs
femmes et.leurs enfants chercher un refuge dans
les parties fortifiées de la ville pour préserver leur
vie, ou au moins la prolonger. La foule s'y pré-
cipita en si grand nombre, que beaucoup périrent
étouffés à l'entrée, et parmi eux l'archevêque latin
Hugues et plusieurs de ses clercs. (Guillaume de
Tyr, XVI, v.) Mais ce fut principalement vers la
citadelle, la forteresse de Maniacès, que se porta ce
flot de peuple et que l'encombrement fut le plus
considérable et le plus désastreux.
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 159
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Joie 65 mUEfie nf quyu L ubpad L Epydlf s Une wanna ji fuugun. fu.
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A ——————————
du tyran s'amollit, et il ordonna de remettre dans le fourreau l'épée qui égorgeait
impitoyablement les hommes au milieu des rues comme des animaux. Mais il fit
massacrer sous ses yeux tous les Franks faits prisonniers, et emmener en captivité
leurs femmes et leurs enfants. Les chrétiens qui avaient pu s'échapper et trouver
accès dans la forteresse ne s'y maïntinrent que peu de jours, car l'eau leur manqua.
Les Turks les reçurent à composition en leur promettant par serment la vie sauve.
Le vainqueur arrogant, voulant rétablir la tranquillité, fit publier l'ordre de ne
plus faire de mal aux habitants; les siens étaient rassasiés de meurtre et de pil-
lage. Il s'enorgueillissait de l'importance de son triomphe; car depuis longtemps
aucun des plus redoutables et des plus illustres guerriers n'avait réussi à se rendre
maître de la cité bénie par le Seigneur, et au sujet de laquelle sa voix infaillible,
. pendant son passage sur la terre, avait prononcé ces paroles, . contenues dans sa
Lettre au roi Abgar : « La famine et l'extermination n'entreront pas dans ta ville
pendant ton règne, et tant qu'elle observera mes préceptes ".» Mais dans la suite,
les habitants négligèrent les commandements du Créateur, semblables aux Israé-
lites, qui, malgré les bienfaits sans nombre qu'ils avaient reçus, ne se souvinrent
plus des bontés dont il les avait comblés et qui ne leur coûtaient aucun effort,
et regrettaient en soupirant l'oignon et l'ail des Égyptiens, et leur joug oppres-
seur; C'est ainsi qu'ils irritèrent un Dieu plein de mansuétude, et il ne leur permit
pas de voir la Terre Promise. De même ceux d'Édesse oubliérent les promesses
divines; les crimes dont ils se rendirent coupables, en se révoltant contre les vo-
lontés di Christ miséricordieux, leur attirèrent un châtiment digne de leur folie.
Après ces événements, le sanguinaire Zangui réunit ses troupes; il était venu .
attaquer Kala-Dja bar, et pressait avec une extrême vigueur cette place, lorsqu'il
! Ces paroles, qui manquent dans le texte de la lit dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, I, x,
la lettre de Jésus-Christ au roi Abgar, telle qu'on sont apocryphes.
160 CHRONIQUE
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fut tué une nuit par ses gardes, un an après [la prise d'Édesse] !. 1 ne fut pas jugé
digne de jouir de sa gloire, et son triomphe lui fut accordé comme une suffisante
satisfaction. Cette ville tomba entre ses mains dans le temps de Josselin le Jeune.
Tant que ce prince resta soumis au Seigneur, son nom, symbole du triomphe, fut
redouté des ennemis du Christ; tel avait été son père, qui pendant son règne fut
glorifié par Dieu et par les hommes, et qui n'enleva jamais rien aux chrétiens.
CVIIL. Trois ans plus tard, le comte Josselin rassembla des troupes, et ayant
pris avec lui le grand prince Baudouin, seigneur des contrées de Germanicia
(Marasch) et de K'éçoun, tous deux arrivèrent devant Édesse, et y pénétrèrent par
surprise pendant la nuit. Leur entreprise réussit; mais comme il n'est point de
succès parfait, au bout de cinq jours, les infidèles accoururent et reprirent
la ville. Baudouin, cet illustre et victorieux soldat du Christ, succomba dans la
mêlée, malgré des prouesses héroïques”. Il laissa un deuil universel dans sa
1 Suivant Ibn-Alathir, Zangui fut tué le 5 de
rabi' second 541 (14 sept. 1146) par plusieurs de
ses mamelouks, qui se réfugierent dans la forte-
resse de Kala’-Dja’bar. Aboulfaradj (Chron. syr.
p. 336), qui rapporte cet événement à la même
année, dit que Zangui reçut la mort dans sa tente
au moment où il baissait la tête pour examiner un
bassin d'or qu'on avait fabriqué pour lui, et que
ce fut un de ses écuyers qui le frappa d’un coup
d'épée par derrière; il ajoute qu'il circulait à ce
sujet une autre version, qui est conforme à celle
d'Ibn-Alathir, et d'après laquelle il fut tué par
trois de ses esclaves pendant la nuit, tandis qu'il
était plongé dans l'ivresse et le sommeil. Tel est
aussi le récit de Guillaume de Tyr (XVI, vu), qui
dit que le seigneur de Kala'-Dja bar (Calogenbar)
donna asile dans sa forteresse aux meurtriers, et
que l’armée de Zangui, privée de son chef, s’en-
fuit et se dispersa.
? On lit dans Guillaume de Tyr (XVI, xivxvi)
et Aboulfaradj (Chron. syr. p. 339-340, novembre
1458 des Grecs — 1147) que Josselin et Bau-
douin de Marasch étant venus assiéger Édesse,
leurs fantassins se mirent d'accord avec les Armé-
niens, qui défendaient les remparts, et escaladè-
rent deux tours. Les Turks, cédant à cette surprise,
cherchèrent un asile dans la citadelle. Le lendemain
matin, la Porte des Eaux ayant été ouverte, Josselin
entra dans la ville. Les Franks y restèrent six jours,
au bout desquels Nour-eddin vint d'Alep les attaquer
à la tête de dix mille Turks. Josselin, trop faible pour
soutenir un siége, et ne voyant de chance de salut
qu'en se frayant une issue, le fer à la main, à tra-
vers les ennemis, sortit des murs, entraînant les
habitants, hommes, femmes et enfants, qu'il con-
traignit de le suivre. Alors les Turks de la citadelle
ouvrirent les portes aux assiégeants, qui envelop-
pèrent cette multitude sans défense et en firent un
horrible carnage. Puis ils s'élancèrent à la poursuite
de Josselin, qui s'était dirigé du côté de l'Euphrate,
et ne tardèrent pas à l'atteindre. Les chrétiens fu-
rent mis en déroute après avoir perdu beaucoup de
monde, et entre autres Baudouin de Marasch, dont
le corps ne fut pas retrouvé. Les Turks, poussant
en avant avec leurs chevaux les captifs mis à nu et
garrottés, les emmenèrent pour les vendre. Josselin
se réfugia à Samosate. L'évêéque syrien d'Édesse,
Basile , réussit à s'échapper, mais l'évêque arménien
tomba entre les mains des infidèles. Aboulfarad)
_ ajoute que, dans la première et la seconde prise
d'Édesse, trente mille habitants furent tués et
seize mille faits prisonniers.
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 161
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brut Lnpu Ut YoskPu wggh feg, puun wnwuumgbjbwg fuphaug pryu Suscunnns. gnpu
principauté; car il préférait les Arméniens aux Franks. Le bienheureux docteur
Basile, son confesseur, homme rempli des grâces divines et de science, animé
de la crainte de Dieu, rigoureux observateur du jeûne, aimant la prière, versé
dans la connaissance de l'Ancien et du Nouveau Testament, l'avocat et le défen-
seur des opprimés, composa un discours sur la mort de ce prince, pour l'ins-
truction de ceux qui le liront, et pour perpétuer de génération en génération le
souvenir de ce triste événement |.
CIX. En l'année 598 (12 février 1149-11 février 1150) périt le prince d'An-
tioche [Raymond de Poitiers|?, frère délaissé de Baudouin*. La témérité pré-
somptueuse des siens fut la cause de sa perte ; ils eurent la présomption de com-
battre les infidèles, sans vouloir s'adjoindre les autres troupes chrétiennes qui
étaient alors sous les armes, et non-seulement eux-mêmes et leurs chefs furent
exterminés, mais encore un grand nombre de chrétiens. Ce jour-là, le fils de
Zangui, que les siens appelaient Nour-eddin, c'est-à-dire, d'après leur menteuse
tants d’Antioche voulaient se rendre à Nour-eddin;
mais les autres envoyèrent en toute hâte prévenir
le roi de Jérusalem, qui accourutaussitôt, et, après
avoir relevé le courage des troupes qui restaient,
donna le gouvernement de la principauté au pa-
triarche en attendant la majorité du jeune Boëmond
fils de Raymond.
3 D'après ces paroles, Baudouin de Marasch
était frère de Raymond de Poitiers, et, par con-
séquent, fils de Guillaume IX, duc d'Aquitaine. Jus-
qu'à présenl on ne connaissait que trois fils de Guil-
laume IX, savoir : Guillaume X, qui lui succéda dans
lecomté de Poitou et dans les duchés d'Aquitaine et
de Gascogne; Raymond, qui devint prince d’An-
tioche, et Henri, dont fait mention Guillaume de
Tyr (XIV, xx),et qui futreligieux de Cluny. (Cf. Dom
Vaissette, Hist. de Languedoc, XVI, xxx.) Les deux
premiers étaient nés à Toulouse, l’un vers le com-
mencement de 1099, et l’autre dix mois plus tard,
comme semble l'indiquer l'auteur de la Chronique
de Maillesais, pendant que Guillaume IX faisait
son séjour dans cette ville, dont il s'était emparé
en l'absence de Raymond de Saint-Gilles, alors en
21
1 On trouvera ci-dessous cette oraison funèbre, à
la suite de la Chronique de Grégoire le Prêtre.
? Nour-eddin étant venu attaquer la forteresse
d'Anab (Nepa de Guillaume de Tyr, XVII, x), un
combat fut livré aux environs, dans lequel les Franks
furent défaits, et Raymond périt le mercredi 21
de séfer 544 (30 juin 1149), suivant Kemäl-eddin.
Ibn-Alathir et Aboulféda indiquent la même année,
d'accord avec Aboulfaradj (Chron. syr. p. 342) et
Robert Du Mont, continuateur de Sigebert de
Gemblours, qui dit que Raymond fut tué aux
kalendes d'août; mais Guillaume de Tyr fixe le
27 juin 1148, jour de la fête des apôtres saint
Pierre et saint Paul (il y a dans le texte de Bongars
et celui de l’Académie des inscriptions : vigesima
septima die mensis; il faut corriger en vigesima nona,
qui est effectivement la date de cette fête); il ajoute
que cet événement arriva «Inter urbem Apa-
«miam et oppidum Rugiam, in loco qui dicitur
«Fons muratus.» Aboulfaradj dit que c'est pour
chasser Nour-eddin du territoire de Harem, qu'il
ravageait, que Raymond de Poitiers vint le com-
battre. Après ce désastre, la majeure partie des habi-
Hisror. ARM. — I.
162 CHRONIQUE
apuufunqhung wpugfi L qu bekpn fui dut gft, géants foleuiue, jupheñur2 ht
euquelh ua :
Los uaju auf papa as np dub quecto prhousikhg, payg duajs hot AN'ouki
dbotenñuns ui aps, qupäbug vumnlpuqus. w$ quant but wiÇunuwunkgt k {Ep
apey bhbabgeg. L El Buqueopi Podiykpugeos, apeuf aitnt Gp Uuquauu, purge
gore SEBuiunuug. Ep Bneuuii 29 ef, f ubuunblbgh lon, b wi pp busbo.
as JEpturtuy k dEpey purple V'upuoug bu qu. puugh ns qyl tope b Ptoetu- L
auuqumu wpughu JEphhet ag 4rsh (he eebubug, np aydl uk (ren, Le eut.
ut ouGililu opus vpay up wpwghuf qopu Eqfun jun: pe puqul jt bp ep
fupho bu Epyunch juiumt JE Su Cussns da) », L fpnigwbEfiu jeulpagugu gephuwn.
Ukugul, qÉpk fupbu qubulufis (pe Luke belpbt 7Noutüu Subefhebque. fr peu pfi
croyance, lumière de la foi’, fit égorger une partie des principaux chefs, nourris
dans les délices, et emmena les autres en captivité à Alep, cette ville bâtie de sang”.
Cette même année, comme les chrétiens n'avaient à leur tête aucun guer-
rier illustre, si ce n'est le comte Josselin qui résidait dans sa principauté”, la ter-
reur qu'inspiraient les ravages des infidèles se répandit de nouveau sur la sainte
Église. Le roi des Ismaélites*, Maç'oud”, arriva avec de nombreuses hordes de
paiens. C'était en 598, au mois de septembre, à l'époque de la fête de la Sainte-
Croix°. Après un siége très-court’, 1l se rendit maître de Marasch, dont la citadelle
était dégarnie de troupes. I envahit le territoire de Thil-Avédiats, ville appelée
aujourd hui Thëlbaschar, et passa au fil de l'épée tous ceux qu'il rencontra. Beau-
coup d'entre les infidèles, par de faux serments faits au nom de Dieu très-grand”,
persuadaient aux chrétiens de sortir de leurs forteresses, et les réduisaient en
esclavage. Le seigneur de la contrée, Josselin, qui était alors à Thëlbaschar, ne put
Terre sainte. (Dom Vaissette, Hist. de Languedoc, XV, sont non-seulement les Arabes, mais encore quel-
LXVIII, LXXXVII et note 19.)
L'assertion de l’auteur arménien sur le degré de
parenté qui unissait le comte de Marasch à Ray-
mond de Poitiers concorde parfaitement avec les
paroles du docteur Basile dans son oraison funèbre
de Baudouin, et mérite d'autant plus de confiance
que Basile habitait la ville de K'éçoun et était le
confesseur de ce prince. Les relations intimes qui
existaient entre Raymond et Baudouin viennent en-
core à l'appui de cette assertion. Les deux villes de
K'éçoun et de Marasch, dont celui-ci était seigneur,
se trouvaient dans la partie du territoire de la Petite-
Arménie sur laquelle s'étendait la suzeraineté des
princes d'Antioche.
1 C'est, en effet, la signification qu'a en arabe le
nom de Nour-eddin, {2%} 2», littéralement lu-
mière de la religion. Dans Guillaume de Tyr, Nora-
dinus Sanguini filius. :
2 Voir, sur cette expression, ci-dessous , ch. cxxv,
note 2, page 189.
3 Après la mort du prince d’Antioche, dit Aboul-
faradj (Chron. syr. p. 343), et du seigneur de K'é
çoun, cette dernière ville et celle de Bethhesna,
Lisa RS (Béhesni), furent données à Josselin.
Dans le langage des auteurs arméniens, Îles
Ismaélites ou descendants d’Ismaël, fils d'Abraham,
quefois, comme ici, les Turks, ou bien, d'une ma-,
nière générale, les musulmans.
5 Maç'oud, fils de Küilidj-Arslan I‘, sulthan d'Ico-
nium, régna de 1119 à 1155 environ.
6 La fête de l'Exaltation de la Sainte-Croix, qui est
mobile dans l'église arménienne, et se célèbre tou-
Jours le dimanche dans l'intervalle du 11 au 17 sep-
tembre inclusivement, tomba cette année le 11.
(Voir mes Recherches sur la chronologie arménienne,
t. [°, mr° partie, tableau D.)
7 Suivant Aboulfaradj (Chron. syr. p. 343), ce
fut le jeune Kilidj-Arslan, fils de Ma’çoud, qui £t cette
expédition contre Marasch. En l'année 1460 des
Grecs, 543 de l'hégyre (1148-1149), Kilidj-Arslap,
s'étant emparé de Marasch, promit .avec serment
aux chevaliers, à l'évêque et aux prêtres franks de
- les faire conduire sains et saufs à Antioche; mais
après les avoir congédiés, il les fit massacrer par
les Turks qu'il leur avait donnés pour escorte. Dans
le pillage de la ville, le trésor de l’église des Syriens,
l'urne ou vase qui contenait le saint chrême, les
calices, les burettes, les encensoirs d'argent, les
vêtements sacerdotaux et les tentures devinrent la
proie des infidèles. |
8 L'auteur arménien traduit par les mots ss
Uwncws la formule arabe ,4ST AN.
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 163
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ab gbpbaqt putes t bep upäbuy Gift Bugbut ju $rqu Entay b Ba.
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bep Shan puph h dESuSuiunn futft Ù wubu, np be bague WufBmabhruft L'wbp
Uephunuy, Sugar fephuñtu, qh Sglu f'ébppu. L junuÿ fuliugbu, ju
agi odiykpugeng rpg gb npfé jvrpuust Ynshep, np bp obus Suitäbuy wbp
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E Ce. £uun, du froment.
_tenir tête à Maç'oud, et celui-ci regagna ses États, emmenant ses captifs. Le comte
ne fit aucune attention aux ennemis, et ne prit aucun souci de rassembler sa ‘cava-
lerie, comme sil n'eût jamais été vaincu. Il se contenta d'envoyer, sous la conduite
du vertueux et saint prince Vasil, frère du catholicos [Grégoire II], et seigneur
de Gargar', les troupes qui lui restaient, avec l'ordre de se charger de pain, afin
d'approvisionner l'intérieur de la place. Les Ismaélites, ayant eu vent du départ de
ce convoi, arrivèrent ayant à leur tête Kara-Arslan, seigneur de la contrée de
Hantzith et de plusieurs autres districts; ils tombèrent sur les chrétiens et les
firent tous prisonniers, au nombre de quatre cents environ, et avec eux le prince
Vasil. Ils le conduisirent devant la forteresse de Gargar’, où étaient sa femme et ses
enfants. Ceux de Gargar' exigèrent que l'émir s'engageñt par un serment sincère et
inviolable à faire ramener en paix chez eux tous ses prisonniers, sans leur faire au-
cun mal; son désir ardent de posséder cette importante forteresse le fit consentir
sans difficulté à cette condition!. I fit donc escorter ces captifs jusqu à Samosate par
des troupes dont il était sûr, et auxquelles il avait fait jurer de remplir fidèle-
ment leur mission. Quant à Vasil, il l'emmena dans ses États en le traitant avec
beaucoup d'égards, et lui donna des terres, agissant envers lui comme avec un.
tres; à cette condition ils promettaient de rendre ce
qu'ilsavaient pris. Les moines, parmi lesquels les uns
voulaient accepter et les autres refuser, étaient sur le
point de s'entr'égorger, lorsque l'un d'eux, d’un âge
avancé, les apaisa en leur conseillant de choisir
deux religieux de chaque parti qui iraient proposer
aux Turks de leur adjoindre quelques-uns des leurs
pour aller trouver l’émir et s'en remettre à sa jus-
tice. La fourberie des infidèles ayant été par ce
moyen mise à découvert, les moines, d’un commun
accord, refusèrent de livrer les habitants, etles Turks
se relirérent après avoir incendié les vignes et les
pressoirs. Mais le butin enlevé fut rendu par l'émir,
à la prière des moines, qui allèrent le lui réclamer
dans sa forteresse de Zaïd ou Kharpert.
2L.
1 Voici comment Aboulfarad)j (Chron. syr. p. 343
-344) raconte l'attaque de Kara-Arslan contre
Gargar' : Des éclaireurs envoyés dans la contrée de
Gargar' rapportèrent à Kara-Arslan que les habi-
tants s'étaient retirés avec tout ce qu'ils possédaient
dans la montagne du voisinage, où était le mo-
nastère de Mar-Bartzouma. Les Turks placèrent des
embuscades en trois lieux différents, et le lendemain
matin pillèrent les propriétés particulières et enle-
vèrent des bestiaux; trois serviteurs du couvent et
deux Turks furent tués. Ensuite ils envoyèrent de-
mander aux moines de leur livrer les habitants, as-
surant qu'ils laisseraient à ces derniers la liberté, et
la faculté de rentrer chez eux, pourvu qu'ils consen-
tissent à cultiver la terre pour leurs nouveaux maï-
164 CHRONIQUE
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frère bien-aimé. Les troupes chrétiennes, dispersées et en désordre, se rendirent
de Samosate à K'écoun. | |
Cependant la nouvelle se répandit partout que le comte Josselin, qui était con-
_sidéré alors comme le chef des chrétiens, en se rendant à Antioche dans quelque
dessein, sans doute pour essayer de se procurer du secours, avait été fait pri-
sonnier, seul de tous les siens, par un effet de la colère céleste”. De même, dans
les temps anciens, le fils de David, révolté contre son père et fuyant devant lui,
fut puni par la volonté de Dieu, et arrêté par sa chevelure; David, ce prince
agréable au Seigneur, fut ainsi vengé; ce fils rebelle resta suspendu aux branches
d'un arbre, jusqu à l'arrivée de ceux qui le poursuivaient et qui lui coupèrent la
tête avec l'épée. Pareille punition atteignit Josselin, parce qu'il s'était mis en op-
position aux ordres divins. Il fut pris par les ennemis de Dieu, à l'aspect re-
poussant, aux mœurs féroces, et traîné à Alep. Les nations musulmanes, voisines
ou éloignées, furent remplies d'une joie indicible. Les chrétiens, frappés au cœur,
furent abattus, car ils n avaient plus de chef pour les guider au combat.
CX. Un an auparavant (1148), le 30 du mois de janvier, un lundi, au point
du jour, le tonnerre gronda d'une manière effrayante, la foudre éclata, et les élé-
? En 1460 des Grecs (1148-1149) Josselin partit
de Tellbäscher pour Antioche avec deux cents cava-
liers. Ceux-ci étant tombés pendant la nuit au mi-
lieu d'un parti de Turkomans, et pensant qu'ils
avaient affaire à un millier d'ennemis, prirent la
fuite, effrayés par la voix des infidèles. Les Turko-
mans, s'étant mis à leur poursuite, s'emparèrent de
Josselin, et le livrèrent au prix de mille dinars à
Nour-eddin , qui le fit charger de chaines et jeter en
prison à Alep. La captivité du prince chrétien dura
neuf ans, pendant lesquels ni menaces ni séductions
ue purent le déterminer à abjurer sa foi et à se faire
musulman. Dans ses derniers moments, il fit ap-
peler Ignace, évêque syrien d'Alep, qui le confessa
et lui donna la communion. (Aboulfaradj, Chron.
syr. p. 344-345.) On lit dans Guillaume de Tyr
(XVII, nu) qu'il fut pris par des brigands en se ren-
dant à Antioche, où l'avait appelé le patriarche,
et tandis qu'il s'était séparé de sa suite pour satis-
faire un besoin naturel, « gratia, ut dicitur, alvum
purgandi. » (Cf. Kemäl-eddin, apud M. Reinaud, Ezx-
traits des auteurs arabes, relatifs aux Croisades, p. 99,
et le récit d'Ibn-Alathir, éd. Tornberg, tom. XI,
p. 101, qui est conforme à celui de Kemäl-eddin.)
Ibn-Alathir dit qu'après que Josselin eut été fait pri-
sonnier, Noureddin se mit en possession de ses
forteresses Tellbâscher, Aiïn-tab, Azaz, Tellkhäled,
Kouris, Rawendan, Bourdj-el-Raçäs, Hisn-el-Bära,
Kafarçoud, Kafarlathà, Dolouk, Marasch, Nahr-el-
Djouz et autres lieux. |
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 165
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1 Ce. yæp&ur-hpu, en objet d’épouvante.
ments furent bouleversés. La Croix qui avait porté un Dieu parut enflammée et
resplendissante de lumière; c'était celle que le grand et invincible champion du
Christ, Vasil, sébaste !, avait élevée pendant son règne sur le dôme de l'église de la
Sainte-Résurrection, à Garmir-Vank’. Ce prodige est le troisième qui apparut sur
cette croix glorieuse. Les sages l'interprétèrent dans un sens défavorable, comme
un signe de terreur et de dévastation pour les chrétiens; et l'événement justifia
cette prédiction.
CXI. Cette même année, le jour de la Pentecôte [22 mai], lorsque chacun
était dans l'attente de la venue du Saint-Esprit, arriva le sulthan Maç oud, avec
des forces immenses. Le son des cloches”, les éclairs des épées, le choc des lances
innombrables, nous firent trembler, nous tous qui nous trouvions à K'éçoun. Les
habitants, terrifiés, rendirent sur-le-champ la ville, après avoir reçu de Maç'oud
et de son fils le serment de les épargner”. Huit jours après, l'inexpugnable ville
de Béhesni se soumit aussi, et au bout de quatre jours la célèbre cité de R'aban.
Maçoud entra ensuite sur le territoire de Thëlbaschar, qu'il avait saccagé et
ruiné l'année précédente. Il y séjourna assez longtemps, mais sans aboutir à
nès, et convinrent avec lui que les Franks qui
élaient chez eux pourraient se retirer tranquille-
ment à Aïin-tab. Lorsque cet accord eut été exécuté,
ils remirent leur ville au sulthan, C’est ainsi qu'il
devint maître de K'éçoun et ensuite de Béhesni,
R'aban, Ph'arzman ou Barzman et Marasch. Pen-
dant qu'il était occupé au siége de Tellbâäscher,
son gendre Nour-eddin vint le rejoindre. Maç'oud,
n'ayant pu s'emparer de celte ville, se retira; après
quoi le roi de Jérusalem en fit sortir la femme de
cette époque comme instruments de musique mi- Josselin et ses fils, ainsi que les Franks qui en for-
maient la garnison, et les conduisit à Jérusalem. ]
litaire chez les musulmans.
3 Aboulfaradj raconte (Chron. syr. p. 344-345) mit à Tellbäscher un corps d'Impériaux qui s'éta-
qu'en'1461 des Grecs — 1149-1150, les habitants blit aussi à Aïn-tab et à Azaz; mais ces garnisons,
attaquées et affamées par Noureddin, lui livrèrent
de Ké'çoun, voyant s'augmenter la puissance des
Turks, députèrent vers Maç'oud l'évêque Mar loan- ces places avant qu'il en eût entrepris le siége.
| C'est le prince arménien Kogh'-Vasil, dont le
nom revient si souvent et avec tant d'éclat dans les
pages de Matthieu d'Édesse. Il avait reçu le titre de
sébaste, comme les princes Héthoumiens, de Lam-
prôn et les R'oupéniens. Ce titre honorifique avait
été accordé aux chefs des trois principautés armé:
miennes les plus copsidérables de la Cilicie par les
empereurs, jaloux de rattacher à eux ces chefs et
de faire acte de suzeraineté.
? On voit que les cloches étaient employées à
|
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166 CHRONIQUE
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Le £a junncqu bepp DNoububu Eplbque ni qunnañuf" (repret aunch. oghuuit L
A
© 1 Ca. Qrérqnu, Théodose.
rien, car la place était défendue par le fils du comte’, secondé par les troupes
de son père et les habitants. Ces braves combattirent vaillamment pour leur foi;
et quoique les infidèles missent en œuvre différents moyens d'attaque et fissent
jouer sans relâche leurs machines de guerre, ils furent obligés de s'en retourner
dans leur pays, affaiblis et découragés. Maç'oud céda les pays conquis par lui
sur les chrétiens à son fils [‘Izz-eddin] Kilidj-Arslan, qu'il avait désigné pour lui
succéder.
CXII. En l'année 600 (12 février 1151-11 février 1152), le 23 de navaçart
(6 mars), il tomba de la neige rouge dans la contrée de Dchahan. Le même
jour où ce phénomène eut lieu en pays chrétien, il tomba aussi de la neige blanche
mêlée de cendres, comme cela était arrivé l'année précédente.
CXIIL. L'année suivante (12 février 1152-10 février 1153), la garnison et les
habitants de Thëlbaschar éprouvèrent pendant dix-huit mois des maux qu'ils
supportèrent avec patience et résignation. En ayant eu connaissance, le fils de
Zangui, seigneur d'Alep, vint les assiéger; et comme ils étaient privés de tout
secours, ils se rendirent sous la foi du serment, et en stipulant en outre que les
chrétiens, soit Franks, soit Arméniens, qui étaient parmi eux, pourraient se
retirer, à leur gré, à Antioche ou ailleurs, et que Nour-eddin les y ferait conduire
en toute sûreté; clause qui fut exécutée. Le sulthan Maç'oud et son fils Mélik
[Kilidj-Arslan|, qui convoitaient ardemment notre pays, s'en rendirent maitres
facilement, en acceptant de semblables conditions; ils y souscrivirent, non par
respect pour notre foi, ni par sympathie pour nous autres chrétiens.
Dans le temps de Josselin le Jeune se révéla un jeune homme nommé Thoros’,
1 Josselin JT, fils de Josselin IT et petit-fils de Jos- de Jérusalem Baudouin IIT et épousa Agnès, troi-
selin de Courtenay, dit le Vieux. « Joscelinus comi- sième fille de Henri de Milly, dit le Buffle, qui lui
«tis Edessani secundi Joscelini filius. « (Guillaume apporta en dot le Château du Roi et Montfort. (Cf.
de Tyr, XIX, rx.) Après que son père futtombéentre Lignages d'outre-mer, chap. xxvi et xxvnr, p. 462
les mains de Nour-eddin, et que celui-ci eut achevé et 464, édit. de M. le comte Beugnot.)
de lui enlever ses États, il se retira auprès du roi 2? Thoros II, le cinquième des princes de la dynas- |
DE GRÉGOIRE LE PRÉTRE. 167
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cepé gage juge Lope fui f Handañugu Guuliug fu-pog- pue mempbpwui Zuÿié, (jf
Go mpaqls,o8d fu fruœuinuy. npghn Lun Epuñbift Goqua apop jhphimemn gb.
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pb Varpu ulamaout LSk L Sutwphgh opgeg Uounueheg npaesy (hophik-
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Papa, up mnusty L'iwfglug pbpahg L puqupug puit gui fepe O aperuph
aokobuy (rqnobfhh ofi witut, wgque Son, b sup aufouñté linbus, ns qulkgun juty
qubruñs Segy bobeañifis. L bp a eunupbus b ugannphis Gofoug Ven Veil nr.
du ES pump Suwpusiih L uuus: Vos flou $bisl. rs qumuwghp bhfBuy L di.
pabp pig Saybpuhe op bike Sogedhquit fe mobi an pu uyu ffrepas f'hmpuupiins.,
de HE LE Couss Sn) -0p & aqusbpuqiun. phlbso). f JEpus bague UEnkp guauw. L bape,
1 Ca. omet »p.
a —————————
dépourvu de toute assistance humaine, et sans autre appui que la Providence,
qui dispose pour nous les événements, dans le cours des siècles, à des époques
déterminées par sa volonté, suivant ces paroles de l'Apôtre : « Dieu est miséricor-
«dieux ou rigoureux pour qui il veut !.» Comme il fit à l'égard du bienheureux
Paul , en l'attirant du haut des cieux à ses volontés et à son service. IH en fit de
même pour Thoros. Le regard d'un Dieu, prodigue de ses bontés, qui ne refuse
ses dons à personne, s'abaissa sur ses eflorts et ses espérances, et en peu de
temps il recouvra les Etats de ses pères. Il était fils de Léon, sébaste, l'illustre
et sage fils de Constantin, fils de R'oupên. Sa valeur héroïque lui conquit non-
seulement son patrimoine héréditaire, mais encore un plus grand nombre de
forteresses et de villes que ses ancêtres n'en avaient jamais possédé. Témoin de
ces triomphes, Andronic, Romain de nation”, en conçut une extrême jalousie,
et refusa de reconnaître son titre de prince arménien. Il avait été envoyé par
l'empereur des Grecs Kyr Manuel comme gouverneur de la grande ville de Tarse
et de Mècis. Dès ce moment il ne cessa d'avoir de l’animosité contre Thoros, et
de tourmenter les Arméniens, qui, par l'inspiration de Dieu, accouraient sous
les drapeaux de Thoros. Andronic les attaqua et leur fit beaucoup de mal; mais,
tier oupénienne. Cinnamus, qui l'appelle Tepoèys ou Du Cange, Familiæ Byzartinæ, Siemma Comneni-
cum, p. 148.) Ce prince lui avait donné, avec la
Tepérêys (dans Nicétas Choniatès Topotoys), raconte
aussi que ce jeune prince s’échappa de la prison Cilicie, les revenus de l’ile.de Chypre. Il succéda
où il était retenu à Constantinople, et ajoute qu’ar- dans le gouvernement de la Cilicie à Michel Bra-
rivé en Cilicie, il s’efforçait d'enlever les villes de nas. Nous verrons Andronic reparaître plus tard
ce pays à la domination grecque. Des détails curieux dans la Chronique de Michel le Syrien, qui parle,
et dramatiques sur cette évasion se trouvent dans comme Nicétas Choniatès et Guillaume de Tyr, de
les Chroniques de Michel le Syrien, de Vahram Ra- ses scandaleuses amours avec sa cousine Philippa,
poun, et du connétable Sëmpad, dont je donne ci- fie de Raymond de Poitiers et sœur de la femme
dessous des extraits. de Manuel, ainsi qu'avec sa parente Théodora, veuve
1 Saint Paul, Épitre aux Romains, IX, xvnr. de Baudoain Il, roi de Jérusalem, de ses aven-
? Andronic Comnène, le même qu'Andronic tures, et de sa fuite avec Théodera et les deux en-
Phorbène ou Euphorbène, cousin paternel de l'em- fants qu'il avait eus d'elle et un ls légitime, auprès
pereur Manuel. (Cf. Cinnamus, II, x; V,xnis VI, du sulthan de Perse.
x1; Nicétas Choniatès, Manuel Comnène, IV, 1v-v;
168 CHRONIQUE
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1 Ce. wggw, notre nation.
retenus par l'amour et la crainte quils avaient pour le grand empereur des
Grecs, ils n'opposèrent aucune résistance. Chaque Jour, mus par ces sentiments,
ils le suppliaient de Îles laisser servir en paix ce monarque; mais il ne les écoutait
pas, et il s’'avança, plein de présomption, contre la ville de Mëcis. Thoros lui adres-
sait des prières réitérées : « Je suis, disait-il, le serviteur de ton souverain; netirrite
«pas.» Les habitants lui criaient de l'intérieur de leurs murailles : « Nous avons
«encore le fer avec lequel nous poursuivimes ton père, et il nous servira à te
« forger des chaînes. » Enfin le brave Thoros, ne pouvant plus supporter tant de
hauteur et d'arrogance, et se confiant en la puissance du Christ qui l'avait tiré du
néant pour lui donner l'être, pratiqua pendant la nuit des ouvertures au rem-
part, et, au lever du soleil, sortit avec ses troupes et vint attaquer Andronic, qui
avait avec lui douze mille hommes. Il les battit, les mit en fuite et en un clin
d'œil les tailla en pièces, en les passant au fil de l'épée; tous furent exterminés.
Au plus fort de la mêlée, les Arméniens firent prisonniers Oschin, seigneur de
Lamprôn', Vasil, seigneur de Partzérpert”, frère de Dikran (Tigrane) et nombre
d'autres, et les dépouillèrent; mais ils relâchèrent les pusillanimes Romains sur
lesquels. je dis : hélas! Beaucoup de sang fut répandu dans ce combat. Thoros
resta tranquille possesseur de Mëcis, que sa valeur avait enlevée à cet efféminé.
1 Oschin, second du nom, était fils de Héthoum I
fils de cet Oschin que nous avons vu figurer parmi
les princes arméniens qui envoyèrent des secours
aux croisés pendant le siége d’Antioche. (Cf. Mat-
thieu d'Édesse, chap. n, p. 33, not. 2.) Les sei-
gneurs de Lamprôn se reconnaissaient vassaux
de l'empire grec, et en cette qualité ils se mon-
trèrent toujours dévoués à la cour de Byzance et
opposés aux R'oupéniens, jusqu'a ce que le mariage
de Héthoum, fils de Constantin, petit-neveu d'Ôs-
chin Il, avec Zabël (Isabelle), fille du roi r'oupénien
Léon I, eut fait asseoir les Héthoumiens sur le trône
de la Petite-Arménie et réuni ces deux familles. (Cf.
les tableaux généalogiques des R’oupéniens et des
Héthoumiens à la suite de mon Introduction.) Plus
tard (cf. Sémpad, ad annum 600), Oschin et Tho-
ros se réconcilièrent, et ce dernier donna sa fille en
mariage à Héthoum, fils d'Oschin. Tchamitch (t. Ill,
p. 97) dit que cette réconciliation fut l'œuvre de
saint Nersès Schnorhali, excité à interposer sa mé-
diation par son frère, le catholicos Grégoire III.
? Partzërpert, c'est-à-dire forteresse haute, en arabe
Sywy, château situé sur un des sommets du
Taurus, au nord de Sis, à une journée de marche
de cette ville, et sur un des affluents du haut Pyra-
mus ou Djeyhan. C'était la place la plus forte des
_rois de la Petite-Arménie, où ils renfermaient leurs
trésors et qui leur servait de résidence d'été. (Cf.
Aboulféda, Géographie, texte, p. 251.)
forces, pratiqua par une nuit sombre, où le ciel
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 169
bou. ap Sabu b Saypbübwg bepng, upughe wpwpbug une L oppende Ash
Juphdinanu: Vo ape age Etqud bin n5 Guugbeug sul gb bufoannañtuugt que
Krbeg, L ep munbaus ghopreun bobos dESwg L quyy qopugt, ghughe duufuumu
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C'est ainsi que fut vengé son pète, qui, privé de son patrimoine, avait été emmené
captif en Occident avec ses fils et toute sa famille. Le perfide Andronic, ne pouvant
endurer l'affront qu'il avait subi, et ayant reçu une bonne leçon par la perte de tant
de chefs et de soldats, se rendit en fugitif auprès de l'empereur, accusant à grands
cris les Arméniens de l'échec dont sa folie seule était cause. Cependant l'illustre
Thoros, traînant à sa suite les officiers et les soldats captifs, rentra paisiblement dans
sa ville, chargé du butin enlevé aux Grecs, et qui consistait en trésors immenses d'or
et d'argent, objets de diverse nature, équipements de guerre, chevaux et mulets”.
CXIV. Après cette éclatante victoire, qui augmenta la prospérité de Thoros,
Satan, cet instigateur de discorde, entreprit d'exciter les puissances de la terre
contre les Arméniens. Les Grecs, qui ne cessaient de chercher à venger l'affront
fait à leur César, envoyèrent des sommes considérables au sulthan Maç'oud, qui
était le chef de tous les musulmans. Celui-ci, gagné par la richesse de ce présent,
se mit en marche avec des forces innombrables, supérieures à celles qu'il avait
déployées précédemment, et s'avança contre la Cilicie. Quoique la terreur de son
nom fût grande, cependant, par la grâce du Christ, les Arméniens ne perdirent
Andronic se précipita sur Thoros, et d’un coup de
lance le jeta à bas de son cheval; mais le long bou-
clier et la cuirasse en fer du prince arménien le
préservèrent. Quelques jours après, Andronic, aban-
donnant les soins de la guerre et cédant à la passion
que lui inspirait la princesse Philippa, partit pour
Antioche. L'empereur, irrité en apprenant le mo-
tif honteux d'une désertion qui lui faisait perdre
l'espoir de reconquérir la Cilicie, remplaça Andro-
nic dans son commandement par le prince hon-
grois Constantin Calaman, sébaste, fils de Boris,
et arrière-petit-fils, par sa grand'mère Euphémie,
1 Andronic, adonné à la mollesse, aux plaisirs
et à l'amour des jeux scéniques, laissait Thoros
étendre ses conquêtes en Cilicie. Le prince armé-
nien, voulant garantir Mopsueste, où il s'était ren-
fermé et qu'Andronic assiégeait avec toutes ses
versait des torrents de pluie, plusieurs brèches au
rempart, et tombant à l'improviste sur les Grecs,
les mit en déroute. Andronic, averti tardivement,
sauta à cheval, s'élança contre les Arméniens et fit
des prodiges de valeur; mais obligé de céder à la
supériorité du nombre, il se sauva avec peine de
la mélée, et partit pour Antioche. Quelque temps de Vladimir Monomaque, grand prince de Russie,
après il revint à Constantinople. (Cionamus, III, (Cf. Karamzin, Mcropia rocyaapersa pocciäcraro, t. II],
xv, et IV, x.) Ce combat, dans lequel les Armé- chap. 13, p. 201-202,6° édit. St.-Pétersbourg, in-1 2,
niens avaient pour auxiliaires les Franks, suivant 1851.) Calaman fut battu aussi et fait prisonnier
Aboulfaradj (Chron. syr. p. 349), fut livré, en 1465 par Thoros, qui le rendit à l'empereur pour une
des Grecs (1° oct. 1153-1154), à la porte de Tarse, somme considérable. {Nicétas Choniatés, ibid. ch. v.)
et trois mille Grecs y perdirent la vie; le reste s'en- Plus tard, il tomba entre les mains de Nour-eddin,
qui acheva la ruine des Grecs en Cülicie. (Cinna-
fuit par mer.
: D'après Nicétas Choniatès (Man. Comnène, IV,1v)}, mus, V, 1x; Guillaume de Tyr, XIX, 1x.)
| 22
HisTor. ARM. — L.
170 CHRONIQUE
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1 Ca. puy qunqudivphmiy, avec les envoyés. | |
pas courage, et se dirigèrent vers la montagne qui les séparait des infidèles”. Les
deux armées étaient campées des deux côtés de la montagne, chacune dans les li-
mites de son territoire. Les Arméniens, inaccessibles à la crainte, méprisaient la
multitude de leurs adversaires; Ceux-ci, stupéfaits en contemplant cette confiance,
se disaient : « Quels sont donc ces gens-là, qui n hésitent point à braver la mort en
« venant nous combattre?» Tandis qu'ils étaient livrés à ces pensées, tout à coup,
par un effet de la miséricorde divine, le sulthan envoya des députés au général des
Arméniens Thoros, avec ces paroles : « Nous ne sommes pas venus pour ravager
« votre pays; mais reconnais notre autorité, et rends à l'empereur des Grecs les con-
« trées que tu lui as enlevées ; à ce prix, nous te regarderons comme un fils bien-
«aimé.» Les Arméniens, remplis de joie par ces propositions, glorifièrent le Sei-
gneur de l'univers, qui avait adouci subitement cet indomptable et orgueilleux
tyran , au point qu'il leur demandait leur alliance, comme s'il eût traité avec une
puissance supérieure à la sienne. Après avoir retenu les envoyés plusieurs jours,
ils les firent partir, accompagnés d'un ambassadeur chargé de dire au sulthan:
« Nous consentons volontiers à nous soumettre à toi, comme à notre roi; cartunas
« montré aucune jalousie de nos progrès, et tu n'es pas venu porter la désolation
« chez nous. Mais rendre aux Romains nos possessions, c'est impossible. » A cette ré-
ponse, le sulthan se tint tranquille, et ayant rédigé un traité d'alliance et de paix,
sanctionné par un serment, il le leur expédia par un député, se moquant ainsi de
l'empereur et de ses trésors ; ensuite 1l rentra dans ses États, sans avoir fait de mal
à personne. Ceci arriva en l'année 602 (11 février 1153-10 février 1154).
CXV. Au bout de trois ans, l'empereur envoya au sulthan des présents en or et
en argent, plus magnifiques que les premiers, avec ce message : « Apaise le ressen-
! Grégoire le Prêtre veut parler de la partie de la chaîne du Taurus qui sépare la Cilicie de la Lycaonie.
DE GRÉGOIRE LE PRÉTRE. 17]
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1 Ca. 94. |
= —
“timent de mon cœur contre les Arméniens ; détruis leurs forteresses, incendie
« leurs églises, et ordonne que tout leur pays devienne la proie des flammes; de
« cette manière ma colère se calmera. » Mac oud, ayant reçu ces présents, revintavec
une armée encore plus formidable attaquer Mècis, et ensuite Anazarbe; mais il
échoua. De là il marcha sur Thil de Hamdoun, et resta longtemps devant cette place,
sans mieux réussir. Sur ces entrefaites il fit partir un des officiers de son fils Méhik
[Kilidj-Arslan |], nommé Ya koub, homme perfide et cruel, avec un corps de trois
mille hommes environ, pour ravager le territoire d'Antioche. Lorsque Ya’koub
eut franchi le passage nommé Zourn | Porte) !, voilà que, comme envoyés du ciel,
les Frères”?, ces guerriers amis du Christ, et Sdéph'anê, frère du général des
upon the comparative geography of the cilician and sy-
1 L'endroit appelé par les Arméniens han,
rian gates, dans le Journal of the R. geographical So-
Porte, est l’un des passages resserrés qui se trouvent
entre le mont Amanus et le rivage de la mer, sur
le golfe d'Iskenderoun, et qui donnent accès de la
Cilicie dans la Syrie ( Pylæ Syriæ). Ce passage est
appelé Portella par les chroniqueurs du moyen äge
et dans les chartes latines éimanées de la chancellerie
des rois r'oupéniens. Là était un bureau de douanes
arméniennes, qui dépendait du fief de Gaston ou
Gastim (voir la note suivante). D'après Willebrand
. d'Oldenbourg (ltinerariam Terræ sanclæ, p. 14), la
Portella était un casal situé à quatre milles de dis-
tance d’Alexandrette, et au nord de Gastim; non
loin de là, et sur le bord de la mer, s'élevait une
porte de marbre blanc et poli, magnifiquement
ornée, au haut de laquelle, suivant la tradition,
reposaient les ossements d'Alexandre le Grand. On
hit dans Marino Sanuto : « Exeuntibus Armeniam
«* Minorem occurrit via arcta inter montes et mare,
«et vocatur Passus Portelle. Inde, media dieta per
“imaritimam, pervenitur Alexandretam, et inde
« transitur Montagna Nigra : et alia media dieta per-
« venilur ad duo castra Bagaras (Bagras) et Trapasa
« (Derbeçak) ad pedem montis : inde est media diela
‘in Antiochiam. » (Lib. II, part. x1v, cap. n.)
La détermination de la position des Pylæ Syrie
et des Pyle Amanides, dans le voisinage, présente
beaucoup d'incertitude dans les auteurs anciens,
Quinte-Curce, Ptolémée, Arrien, etc. M. Will.
Aïnsworth a essayé de traiter celte intéressante et
difficile question dans un mémoire intitulé : Notes
ciety of London, 1838, p. 158-195. Cf. cc mémoire
traduit dans les Nouvelles annales des voyages, an-
née 1839, t. IT, p. 67-91.
2? Par le mot Frères, Ppkpe, que les Arméniens
empruntèrent aux Franks à l'époque des croisades,
Grégoire le Prêtre entend ici les Templiers. Il ré-
sulte des paroles de notre auteur que cet ordre était
déjà établi dans la Cilicie avant le règne de Léon Il
(1188). Plus tard, ce prince y appela les Hospi-
taliers et les Chevaliers teutoniques. Un des do-
maines que possédaient les Templiers, le château
de Gaston ou Gastuim {5,5 dans le Meräcid-el-
itthila”, çyplaa5 dans Aboulféda, Annales,t.V,p.135;
Gastun, dans Guillaume de Tyr, XV, x1x; Gaston
dans Ansbert, Hist. de exped. Friderici imperatoris,
p. 5), était situé au sud et non loin de la Portella. I
tomba au pouvoir de Saladin après la chute du
royaume de Jérusalem; mais, à l’arrivée de Fré-
déric Barberousse dans la Petite-Arménie, en 1190,
la garnison , saisie de frayeur au nom seul du prince
allemand, l'abandonna. I] fut occupé, en vertu
d'une cession de Léon II, qui s'en était emparé,
par le seigneur de Bagras, sire Adam, qui prit dès
lors, comme on le voit dans plusieurs chartes la-
tines, le nom du fief de Gaston, Adam de Guastone,
de Gastam, de Guastonis ou de Gastim. (Cf. Actes de
donation de Léon IT et de Raymond Rupio aux Hos-
pitaliers, en date de 1207, 1210 et 1214, dans
Paoli, Codice diplomatico del sacro militare ordine Ge-
22.
172 CHRONIQUE
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qu bb aïe muunukl ge. L elec ere fbaphuez Vase ut vquhas pie [F0 bye ghu,
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wub fi, japeg nee venu gui puit Bb Raugfi: pe quji nbobue dE Suit S ue (grep.
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qabtu bephutg Fe éaufounbuii.k féphuup pvr dvgwencn Srpu k je ed vEuy dempe Su.
bu bb géuyfé drpup MafusupupÇue - dSudkS SkXmeup\ L puqeel swpupeéh
1 &käne.w est l'arabe >>, huissier d'appartement chez un souverain, chambellan.
Arméniens [Thoros], tombant sur eux à l'improviste, les exterminèrent jus-
qu'au dernier. Leur chef Ya’koub, atteint d’un trait qui lui perça le foie, exhala
son âme impie en poussant de douloureux gémissements. À cette nouvelle, les
infidèles furent consternés, et le ciel se déclarant encore pour nous, une maladie
qu'ils appellent dabakh! sévit sur leurs chevaux, et en fit périr la plus grande partie*.
Témoins de ces désastres, les chefs turks prirent tous la fuite; l'ami n’attendit
pas son ami; le frère délaissa son frère. Beaucoup d'entre eux coupèrent les jarrets
de leurs chevaux et de leurs mulets; ils jetaient leurs armes pour se sauver plus
rapidement, et, traversant des vallées boisées et des lieux impraticables, ils s'éga-
rèrent en faisant fausse route. Les grands chambellans du sulthan et une foule
rosolomitano, t. 1, pièces n° xcr, xevi, xax et c.) Le
continuateur de Guillaume de T'yr, dans son Estoire
de Eracles empereur, liv. XXIV, ch. xxv, p. 136-137,
édit. de l'Académie des inscriptions), nomme ce
seigneur Fouques de Buillon, et dit qu'il était cou-
sin germain de Léon II et qu'il garda le Chastel
de Gaston vingt ans. Ce sont là autant d'erreurs,
comme le prouve le témoignage irrécusable des
monuments originaux et contemporains, armé-
niens ou Îatins.
Les Templiers prétendirent que Gastim, leur
ayant appartenu, devait leur être rendu; sur le
refus de Léon IX, ils s'unirent au prince d’Antioche,
Raymond le Borgne, contre lequel le roi armé-
nien défendait les droits de son petit-neveu Ray-
mond Rupin à la principauté de cette ville. Le
pape Innocent III, pour punir Léon de cette spo-
liation , lança contre lui, en 1213, une sentence
d'excommunication (Innocentit tertii epistolæ, ed.
Baluze, lib. XIV, epist. 64, 65 et 66). Deux ans
après, Léon ayant fait la paix avec les Templiers
et leur ayant restitué ce fief, Innocent II écrivit
au patriarche de Jérusalem, son légat, en le char-
geant de lever l'anathème (ibid. lib. XVT, epist. 7). La
détermination de la position qu'occupaient les Tem-
pliers au-dessous de la Portella prouve que ce sont
bien les chevaliers de cet ordre qui. avec le prince
arménien Sdéph'anè, tomberent sur les Turks de
Kilidj-Arslan dans les passages de l'Amanus.
Aboulfaradj (Chron. syr. p. 353) raconte, à l'année
même où nous sommes parvenus dans Île récit de
Grégoire le Prêtre (1467 des Grecs=— 1° oct. 1155-
1156), une querelle qui divisa pendant quelque
temps Thoros et les Templiers. Le prince d'Antio-
che, et avec lui tous les Franks, réclamaient pour
cet ordre la remise des places enlevées aux Grecs
par les Arméniens , qui refusaient de s’en dessaisir;
un combat fut livré auprès de la porte Synkraton,
sos, et Thoros, vaincu, prit la fuite;
il obtint la paix en rendant les forteresses qui fai-
saient l’objet de la contestation. C'est sans doute
après cet accord que les Templiers se réunirent à
Sdéph'ané contre les Turks.
1 Je suppose que le mot dabakh est l'arabe àss,
« douleur à la gorge, étouffement par l'afflux du sang
« à cette partie du corps, angine. »
? Aboulfaradj (Chron. syr. p. 350) dit quen
1465 des Grecs (1° octobre 1153-1154) le sulthan
d'Iconium étant entré en Cilicie avec une armée
considérable, et pendant qu'il pressait vivement le
siége de Thil de Hamdoun, une nuée de cousins
et de moucherons vint assaillir ses troupes. Au
bout de trois jours, l'infection de l'air engendra
des maladies, et, comme le fléau augmentait de
Jour en jour, les infidèles prirent la fuite en aban-
donnant leurs bagages. Thoros, avec ses Arméniens,
descendant des montagnes, les poursuivit et ne cessa
de les tailler en pièces que lorsque les bras luï tom-
bèrent de fatigue. — Quoique dans ce paragraphe
Grégoire le Prêtre n'attribue la fuite des Turks qu'à
la mortalité qui sévit sur leurs chevaux, cependant,
plus loin, il fait allusion à cette invasion d'in-
sectes contre l’armée de Maç'oud, et il est ainst d'ac-
cord, pour cette circonstance, avec l’historien syrien.
DE GRÉGOIRE LE PRÉTRE. 173
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aébérd quon Ephheyfie, Label Re dépes ge bep qu {pybuit, gp kan
lu SpEzomfe, jure mofumne [DE bep gep kpbug f Xiuuqungfh, Epuibke)
rémst mboniubs quant npmed as Eur Spunlitr Splmuquñr, y qepäng free
d'autres officiers couraient à pied. C'était le Très-Haut qui avait jeté la frayeur
dans leur âme, car ils n'avaient rien à craindre des hommes, puisque les Armé-
niens étaient allés pendant ce temps ravager le territoire des infidèles, d'où ils re-
vinrent avec un butin immense ‘. A leur retour, ils virent la faveur inespérée que
leur avait accordée le Tout-Puissant, en mettant en fuite leurs ennemis abattus et
couverts de honte, pareils au faible renard qui se dérobe devant le lion royal.
Tremblants, éperdus, les infidèles couraient, se croyant poursuivis par une ca-
valerie nombreuse, acharnée à répandre le sang; telle était la pensée qui préci-
pitait leurs pas.
Le même sort fut réservé, auprès de Mëdzpin (Nisibe), à Gavad {Cabadès},
petit-fils de ‘Azguerd (Iezdedjerd), roi des Perses”. Oubliant les traités faits par
ses ancêtres avec les chrétiens, il vint, plein de haine, à la tête de ses troupes,
saccager ce pays. Après avoir longtemps dirigé ses machines de guerre et ses ef-
forts contre les fortifications de MËdzpin, au moment où il allait livrer l'assaut, le pa-
triarche saint Jacques apparut tout à coup, se promenant sur le rempart, et vêtu
de pourpre comme un souverain; autour de lui se tenaient les légions célestes, et'il
avait sur la tête une planche de l'arche de Noé, qu'un ange lui avait donnée en ré-
compense des fatigues qu'il avait endurées en allant visiter l'arche sur la montagne*.
3 L'auteur ne nomme point cette montagne; mais
1 Thoros, ayant pénétré dans la Cappadoce,
il est probable qu'il a voulu désigner le Macis ou
pilla les Turks et puis rentra chez lui. Alors le
sulthan Mac'oud, s'étant ligué avec Ya’koub-Arslan,
de la famille des Danischmend, auquel il avait
donné sa fille en mariage, se prépara à envahir la
Cilicie; mais comme les avant-postes arméniens
étaient sur leurs gardes, et composés d'hommes
aguerris, les Turks s'en revinrent furtivement , sans
oser s'aventurer dans les gorges du Taurus.
2? Cabadès, Ra64èys, ou Koéys, en arménien Gavad,
4uiuwuw, de la dynastie des Sassanides. Il était fils de
Béror, Firouz ou Pérozès H, fils dé Iezdedjerd II. H
régna de 486 à 497, et de nouveau, de 501 à 531.
Ârarad en adoptant l'opinion qui a toujours eu
cours parmi les Arméniens et qu'ils conservent en-
core avec amour comme un antique souvenir na-
tional, opinion d’après laquelle l'arche de Noé s'ar-
rêta sur l’Ârarad. On sait que chez les juifs et les
chrétiens de la Mésopotamie et de la Syrie, dès les
premiers siècles de notre ère, prévalut une autre
tradition d'après laquelle l'arche se serait repo-
sée sur une des cimes des monts Gordyéens dans
l'Assyrie. (Cf. Saint:Martin, Mémoires sar l'Armé.
nie, t. [°°, p. 260-et suiv.)
me Eu ter &
174 CHRONIQUE
P£unlp-quac pet Vus Sn Jbphhe bep ,upod dis tout uhpng qarwufumul{u : O ap abubuy
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duk fu. og Lu auunneÇiuu Elf h JEpey vagqu, hé uw, qunË< L XX Lun Suwueupul
Epbdupe wabus, qufungufdunf (btEel yhepupuñshep jwpabdluith, Los np upkr
A puqum FUEL U edenuEy abphwpu hephuug. L upuuku jinuny amuqgheuuyh Sun quibkp
Lngeu gag una Su wphbaug fi fbpriuun. npuku h Suns wn Kopukpiughpu gl x tuy_
onu $upluiukg eÿ Syopfu U ounnedny. L uk unlofduhg agupenbaug fugue à.) 7702
bg qunrbuyp juquiiuk Rpfounaut L jugofbg vrey Seypuubuft Gulopuy-. puiugh
ge. Eplfe quduwg heprg watk Sp. L'oopu ns pug Sun jujlwuk ap dl qnpd-byqun.,
gop wbuup wsop dEnop :
j | >ekbgs aitquul ep Eur, QOeeppwuunaiiu dEtuwju hr JEpus) (Orepruh L qopuug fupng, L
nsbus Qupuwg nb) Ehbabgbuqu. gp pwqnel uçpnnekp sunbeuy bfu hr Puquenpk£t
Lou uug Jeu qupà mgquuby glousu Le ab4bnkgb ; euguql famulqustusg ; euspreuprl usg :
Usb, FE n$s bp jogbo fit Swubeus pq lju jo np upupgbqus fi JEpauy fuuwskit,
ncpbii Gang, full fit gopeugenuse npil Sbpadncwdnqust ; auquel abkbntolu unLpp ,
L abrhhee Shi 4 dJEp unbb ni]. LUpIE UNEUI GUTPT LT EE buwquanefbEunln ;5L Lapu uugfiu ruufu.
ponton Le dEda, udofn], npubu jpunauÿh wuuwgeup :
MN (0. {fran apunphh hepl 05 Yunnwpbque funp$nepg supnifdbuit fauphutg, wuyu
Pb S'taupu uhpay dinuiukp LL but, np Ep h Jr ane prurtl SopEn fequl, Swmnunnbu,
Le messager céleste ne permit pas à l'homme de Dieu d'achever son pèlerinage ; il
lui ordonna de sen retourner en paix, en lui remettant ce fragment précieux comme
un témoignage de la faveur divine. À cette vue, les Perses, effrayés, n'osèrent point
franchir le rempart qu'ils avaient renversé. Ce n'est pas tout ; ils furent atteints
d'un châtiment: des nuées de guëpes, de frélons et de moucherons assaillirent
les chevaux, qui s'échappèrent avec impétuosité en brisant leur frein, et leurs
cavaliers ne purent les retenir, tant étaient épaisses ces nuées d'insectes. Ce
fléau leur fut envoyé du ciel comme une humiliante punition, semblable à celle
dont le bras du Tout-Puissant frappa autrefois l'Égypte, pour protéger les Israé-
lites. Le roi des Perses s'en retourna, vaincu et couvert d'ignominie, après cette
défaite infligée par la protection du Christ et la médiation de saint Jacques; car
Dieu exauce les vœux de ceux qui le craignent". Ce fait rappelle de tout point
celui qui se passa dans cette dernière occasion et que nos yeux ont vu saccomplir.
C'est ainsi que deux fois la nation des Turks se levant en armes contre Thoros
resta impuissante, malgré ses eflorts largement soudoyÿés par l'empereur, jaloux de
réduire en cendres l'Éplise ct la Croix, et se retira en tournant en dérision les
ordres de ce prince. Les Arméniens disaient : « Si nous n'avions pas été soutenus
« par ce bras invincible qui a été étendu sur la Croix, nos ennemis auraient mis
«à exécution l’œuvre criminelle des hérétiques, en renversant la sainte Eglise,
«en dévastant notre pays de fond en comble ». Ils conservèrent donc la tranquillité,
et les autres n'obtinrent pour résultat de leurs agressions que la He et la honte,
comme nous venons dé le raconter.
CX VI. Après avoir vu échouer ces perverses machinations dirigées contre nous,
les infidèles songèrent à faire la paix. Kihidj-Arslan, que son père,le grand sulthan,
/ ! Évagre (Histoire ecclés. IV, xxvin) rapporte un miracle semblable arrivé à Sergiopolis, ville de
l'Euphratèse, lorsqu'elle fut assiégée par Chosroës, fils de Cabadès. |
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 175
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1 Ce. »7, 604.
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avait investi de la dignité de mélik (roi), réalisa cette pensée. Vivant dans la sécu-
rité et remplis de Joie, les chrétiens glorifièrent la Sainte-Trinité, avec les aus-
tères et pieux évêques, les saints prêtres, et les cohortes d'anachorètes, dont les
bras sont continuellement levés vers le ciel.
Au début de l'invasion des ennemis du Christ dans la principauté de Thoros,
lorsqu'ils vinrent assiéger Thil de Hamdoun, le 16 du mois de drê (27 mai), un
vent violent s'éleva, accompagné d'un bruit horrible; quantité d'arbres furent
déracinés ; la grêle tomba en une foule de lieux, et abîima les blés et les vignes.
Le 25 du même mois (5 juin), un phénomène terrible répandit l'épouvante
parmi toutes les populations, apparaissant pendant trois jours, comme autrefois à
Ninive; en commençant à la première veille de la nuit pour se prolonger jusqu’au
lever de l'aurore. Par une dérogation à l'état habituel de l'atmosphère dans cette sai-
son, des ténèbres épaisses se répandirent, semblables à l'obscurité profonde qui ré-
gna en Égypte. Les nuages s'entrechoquaient avec des éclats de tonnerre, comme des
montagnes qui auraient eu la dureté du diamant, et se précipitaient les uns contre
les autres ; des éclairs enflammés embrasaient toute la voûte céleste. Il n’y avait
pas un coin du ciel qui ne fût sillonné par la foudre, qu'accompagnait un vent impé-
tueux. Oh! qui aurait pu contempler sans émotion ces terribles et incessantes con-
vulsions de la nature! Effrayés par le spectacle de ces trois nuits, tous, hommes,
femmes, vieillards, enfants, se pressaient, éperdus, dans les églises. Éplorés et
gémissants, ils invoquaient l'intercession de la Mère de Dieu et des saints. Enfin
le Seigneur eut pitié de ses créatures ; il arrêta ce fléau, signe de destruction
pour ceux qui s’obstinent dans le péché et pour les incrédules qui vivent dans
les ténébres. Lorsque ce phénomène eut lieu, on était dans l'année 603 (11 fé-
vrier 1124-10 février 1155). Jusqu'à présent nous avons rapporté ce que nous
avons entendu dire ou ce que nous avons vu de nos propres Yeux.
176 | CHRONIQUE
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1 Ca. omet »pyf%. — ? Le mot puup est l'arabe | b, juge, kadhi.
CXVII. Le sulthan des Turks [Maçoud|, de retour dans son royaume, après
cette expédition honteuse pour lui, ne survécut que dix mois. Le cri des innocents
qu'il avait immolés et des captifs condamnés à un esclavage sans espoir monta
jusqu'aux oreilles du Seigneur des armées. Étant tombé malade, il manda son fils
Kilidj-Arslan, et le plaçant sur le trône, se prosterna devant lui, en présence des
grands de sa cour, et lui posa la couronne sur la tête; après quoi il expira, en lui
laissant ses États. C'était en l'année 604 (11 février 1155-10 février 1156)!. Il
avait encore deux autres fils, dont l'un était d'une générosité sans bornes et d'une
figure beaucoup plus avenante que celui qui était devenu sulthan. Ce dernier,
soupçonnant une opposition possible à ses volontés de la part de son frère, qu'il
redoutait comme étant beaucoup plus robuste que lui; excité en outre, au milieu
des festins et de la débauche, par de perfides conseillers, l'étrangla pendant la
nuit. Le plus jeune des trois frères* lui obéit pendant quelque temps comme un
fils dévoué; mais ensuite, poussé par la crainte, il s'enfuit dans ses forteresses
de Gangra* et d'Ancyre, et on ne le revit plus. Kilidj-Arslan s'était défait non-
seulement de son frère, mais encore des grands de sa cour, des émirs, du prin-
cipal ministre de son père, nommé Bagh'daïn, et du kadhi qui avait été en charge
1 Cette date de la mort de Macç'oud diffère d'un an
à peu près de celle indiquée par Aboulfaradj, 1466
des Grecs {1° oct. 1154-1155). Avant de mourir, Ma-
c'oud partagea ses États entre ses enfants; il donna à
‘1zz-eddin Kilidj-Arslan, KArr£aoË A4, sa capitale Ico-
nium, avec toutes les contrées qui en dépendaient;
à l'un de ses gendres, Ya’koub-Arslan, lzyouracérys,
Amasie et Ancyre, avec la Cappadoce et les contrées
voisines, et à Dsou'inoun, Aaîoë»ys, son autre gen-
dre, Césarée et Sébaste. (Cf. Nicétas Choniatès,
Manuel Comnène, Ill, v.) Ibn-Alathir et Aboul-
féda (ad annum 660) disent qu’Ancyre fut accordée
_ à Schahinschah, autre fils de Maç'oud, et qu'Ibra-
him, frère de Dsou’Inoun, eut Malathia. Aboul-
faradj ajoute que Kilidj-Arslan, incapable de dé-
fendre ses États contre les princes de Cappadoce,
laissa Nour-eddin lui enlever Ph'arzman et Aïn-tab.
? Dans une des guerres que Manuel Comnène
soutint contre Kilidj-Arslan II, Schahinschah,
Zaioév, le plus jeune des deux frères de ce der-
nier, prit le parti de l'empereur (1159). La même
année, Kilidj-Arslan le dépouilla de ses États, et
Schahinschah se retira auprès de Manuel. (Cinna-
mus, VI, xnir et x1v.)
3 Gangra, ville principale du thema Paphlago-
num, au nord-est d'Ancyre, dans le voisinage et au
nord du fleuve Halys ou Kizil-Irmak; elle est
nommée aujourd'hui Kiangari.
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 177
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b burhe dehd-nsgu “bb k ail Ephplv tp .L Caccaqpoupuñiu biogbe, que uun Lnpa ;
CLELTTE abehhpu dEuujt nqho hap Sn, owpbu bpÿhpp ns qhpnfbundg : Vo va paruilil
acception plus étendue, doit signifier imâm , prêtre,
x
1 Le mot £mæw, en arabe »})5, pluriel de
desservant d’une mosquée ou docteur de la loi.
ob; lecteur du Koran, attaché en cette qualité
au service d’une mosquée. Îci ce mot, pris dans une
sous ce dernier. Le grand émir Ya koub-Arslan !, fils d'Amir-Gazi, seigneur de Sé-
baste et de la Cappadoce, qui ne partageait pas ses sentiments, réunit un corps
considérable de cavalerie, et envahit la contrée de Lycandus. Il transporta les chré-
tiens dans son pays, mais en Îles traitant avec bienveillance, et sempara de la
place forte de Larissa ? et de plusieurs autres villes. I! agissait ainsi à cause de son
neveu (fils de son frère)*, qui était l'ennemi de Kïlidj-Arslan. En apprenant cette
agression, le sulthan rassembla les troupes de son père et de nombreux cava-
liers, et savança pour la repousser. Lorsqu'ils furent en présence, leurs prêtres
imposteurs s'interposèrent entre eux quelque temps, et ne leur permirent pas
d'en venir aux mains. Enfin, ayant fait un simulacre de trêve, ils s'en revinrent
chez eux. Deux mois se passèrent ainsi sans que la paix ou un combat eussent
terminé leur différend. Au bout de ce temps, Ya koub-Arslan se porta à la dé-
robée dans le district de Dchahan, à Ablastha, qui en est la capitale. Comme
l'esprit de l’homme s’enracine dans des habitudes de mal dès l'enfance, le sul-
than avait oublié la mansuétude et la bonté qu'avait montrées son père pendant
son règne. Instruit de la marche de Ya’koub, Kilidj-Arslan accourut en toute
hâte et en frémissant de rage, résolu de venger le pays où il avait été élevé. Son
adversaire, sachant qu'il approchait, réunit toutes les populations, au nombre
! Dans le texte d’Aboulfaradj, le nom de Ya--
koub-Arslan est écrit, Los) Sao, Fa’koub-
Arslän, comme dans Nicétas Choniatès et notre
chroniqueur arménien. Cet accord semble prou-
ver que Ÿa’koub est la véritable forme de ce
nom. Les auteurs arabes, Ibn-Alathir, Aboulféda
et Ibn-Khaldoün, écrivent Bdghi, &b, ou Yäghi,
dk.
? Larissa, ville de la Deuxième Arménie, qui
devint, sous le règne de l'empereur Léon le Philo-
sophe, un poste militaire, roüpua, dépendant de Sé-
baste, dans le voisinage de laquelle il était situé.
{ Constantin Porphyrogénète, De Admin. imp. cap. L.)
Hisror. ARM. — I.
3 Je pense que ce neveu ou fils de frère est
Dsou'Inoun, (yo 95, qui était établi à Césarée de
Cappadoce, et à qui Kilidj-Arslan enleva cette ville,
Il était fils de Mélik-Mohammed ou Mabmoud, et
arrière-petit-fils d'Ibn-el-Danischmend. L'oncle de
Dsou'incun, Ya’koub-Arslan, avait épousé comme
lui une fille du sulthan Macç'oud. (Cf. p. 157,
note 2,et p.176, note 1.) Les traducteurs d'Aboul-
faradj, Bruns et Kirsch, par une confusion du
jp mim et du © waw, ont lu et transcrit Damla-
noun, 4309; au lieu de Doulnoun, ao}.
qui est la véritable leçon, autorisée par les textes
des auteurs arabes et byzantins.
23
178 CHRONIQUE
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de soixante et dix mille personnes, et les emmena, sans toutefois leur ravir la
liberté. Cependant le sulthan n'arriva pas à temps pour le rencontrer dans cette
contrée, car Ya koub avait pris une route détournée en se retirant avec les chrétiens.
Kihidj-Arslan ayant pénétré sur le territoire de Lycandus, les habitants, décou-
ragés à l'idée du caractère difficile et terrible de ce prince, allèrent vers lui
spontanément. Il leur accorda un serment par lequel il s'engageait à ne point
emmener ceux qui étaient ainsi venus vers lui. Ya koub, après avoir établi en sûreté
les populations qu'il avait transportées dans ses États, vint camper en face du sul-
than, bataillon contre bataillon. Leurs chefs religieux, intervenant de nouveau,
les retinrent de prendre les armes. Mais après avoir longtemps attendu, le sulthan,
se laissant enfin emporter par sa colère, s'avança vivement contre son adversaire.
Leurs prêtres se Jetèrent à ses pieds, et le supplièrent de ne pas exterminer les
musulmans, ses coreligionnaires. Cédant à leurs prières, 1l fit la paix et conclut un
traité qui fut discuté article par article, mais sans stipuler le retour des chrétiens
expatriés. Ce qui le décida fut la raison suivante : Sdéph'anê, frère de Thoros, sé-
baste, fut excité par des étourdis et des brouillons, et non par l'inspiration divine,
à enlever le. pays des chrétiens aux infidèles. Mais son frère ne lui prêtait aucune
assistance, car les gens de Sdéph'anê pillaient leurs propres compatriotes, et
leur dérobaient tout ce qu'ils possédaient de richesses et d'objets précieux. Ils ne
ressemblaient en rien à des chrétiens qui se doivent une mutuelle assistance,
comme la Sainte Écriture le leur enseigne. Tel fut le motif qui engagea le sul-
than à venir dans le district de K'éçoun, dont son père s'était déjà rendu maître.
Les fidèles, dénués de secours, et ayant connu son arrivée, prirent la fuite partout
où ils ne se trouvaient pas en nombre. Le sulthan, sans recourir à la force, fit
rentrer la contrée sous sa domination. Il conclut la paix avec le roi de Jérusalem
[Baudouin III], avec le seigneur d'Antioche ’, ainsi qu'avec le victorieux Thoros;
1 Renaud de Châtillon, qui avait suivi le roi les troupes de Raymond de Poitiers, seigneur d'An-
Louis VII en Palestine, prit ensuite du service dans tioche. Ce dernier étant mort en 1148, sa veuve
DE GRÉGOIRE LE PRÈÊTRE. 179
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2? Ce. wnr, d'après [la volonté].
1 Ce. Jognuumnu widün k dnceu, au conimence-
3 Ce. <Rwp/niu, K'armous.
ment d'août.
FI
après quoi il reprit tranquillement le chemin de ses États. Ceci se passait cn
l'année 606 (10 février 1157-9 février 1158), au mois d'août. Lorsquil vint à
Pertounk', forteresse dont Sdéph'anê s'était emparé de vive force et en trompant
son frère Thoros, Sdéph'anê, pour se rendre le sulthan favorable, la lui remit,
sans le consentement de Thoros; le sulthan laissa la liberté à la garnison, infan-
terie et cavalerie, pour reconnaître la soumission de Thoros et sa bonne volonté
à lui faire cette cession.
Antérieurement à ces événements, et en l'année 605 (11 février 1156-
9 février 1157), le 26 octobre, un tremblement de terre se fit sentir partout.
Plusieurs villes appartenant aux musulmans, sur les confins de l'Arabie, du côté
d'Alep, furent renversées jusqu'aux fondements; mais le Seigneur préserva les
chrétiens, jusqu'au commencement de l'année suivante. Il fut impossible de
compter les secousses qui eurent lieu, pendant quatorze mois consécutifs !.
CXVIIT. En l'année 606, le 2 octobre, s'éleva un ouragan accompagné de
pluie, qui fut suivie d'un torrent de grêle. Les vignes et les treilles en souffrirent
beaucoup, partout où elle tomba.
Maintenant je dirai quelques mots touchant le grand et inexpugnable château
de Béhesni. Sdéph'anê se rendit dans notre contrée de K'éçoun, avec de mau-
vaises troupes, et contre le gré de son frère. Celui-ci lui avait adjoint quelques
hommes qui s'appelaient eux-mêmes K'armoud”. Thoros, sébaste, lui avait
de forteresses, Scheïzar, Kafarthäb, Maa’rra, Apa-
mée, Émesse, le Château des Kurdes, Arka, Laodi-
cée, Tripoli et Antioche. Nour-eddin, craignant que
les Franks ne profitassent des dégâts occasionnés aux
murailles et aux remparts des places musulmanes,
rassembla ses troupes et les posta sur ses frontières,
jusqu'à ce que ces dégâts eussent été réparés.
? Notre chroniqueur veut parler ici, d’après ce
que l'on peut supposer, de quelques restes des an-
ciens Karmathes, transformés alors en Ismaéliens
ou Bathéniens.
Constance choisit Renaud pour époux et comme
régent pendant la minorité de Boëmond III, fils de
Raymond. Elle tint d'abord son union secrète, jus-
qu'à ce que le roi de Jérusalem, dont elle était la
cousine, et qui était le protecteur de la principauté,
eût donné son consentement. (Guillaume de Tyr,
XVII, xxvi.)
1 Kemäl-eddin, Ibn-Alathir et Aboulféda men-
tionnent ce tremblement de terre sous la date de
552, au mois de redjeb {août-sept. 1157). Il désola
toute la Syrie, et y détruisit quantité de villes et
23.
180 CHRONIQUE
abpqlie b quyo ns ghomughe, Ep EE f fitvunlag Voun Se ka, Yen BK K'iubushäns k
Enpopu. k fau gb nubugÿu oi L'adjuupéuux prhunropt op bp be phenfi, qnpa
ni ns un dupquy pue que wgquiubs, Elus b lepanrk unepaufilt fige, np
dut punggp que Vuybje b prhuedubkaugu, bus an by füby LE eqpuuus Sax wphuilhp
Laufhu quyuenneulquit puSubeuqu L uuplasewmnhu L quhuou%h wufuneuntrupe, k gey
Sauiupol pphondubuge fuubu swpsuphp, L Suñpwgnguube 4$wplu Kg éulsug
seul QESbuuns Ve db fe dEquephugk tag, puiqh jumuqu sup pren spl
quildfbu f dus Fqbug, Ynsbafu qUubquiuk, Phplu QupuusËt que QnpS EL suspuyeez
pra npfe, L 05 Gupwghet qhnpShie nt ke ærefe gb dé ni gba k pphumn_
Bhbgs mnbug Epgdair nefunfi que mbbfi un hpupu, EpObu qunewgyg qutppunh jt
but bpBupnl b euqahiu, op du wunnpunns bp: uk baqas Su urenwglreut
bent fig, hop pupbubp 4Euito piqäbabug li, 05 Ep wprupu. didabus fegh
quphbus wpbudh adequeu op pl Suuphubquu, Spudiyhuwg us mnfrp k Ab.
rep, hf pupäp pub ke eyp up &eËL: quye sup gode bep qeprqne@ nkubus
ephunrtbay pt, JE ques wp$unfppu (ler $ey puqueft, hdbut un Ehheut og.
Qat,p bp rnb ebpeft qopep- fun Egbug wbuwlhp qhenapudt, qf ns Elu f dép:
au nu gout qulububut, qupu b ghutuye, q8bpu L ququyu, nm
1 Ce. gmwpk bunpébiv, la bonne pensée de.....
conseillé de ne pas aller jusqu'au point de réduire tout à fait cette forteresse.
Nous ignorons si c'était là une idée suggérée par la Providence ou née de la Ja-
lousie '; car le seigneur de Béhesni, tyran altier dont j'ai jugé à propos de taire
le nom, -avait transgressé les ordres que le sulthan son souverain lui avait
donnés, d'épargner Îes chrétiens, objets de la bienveillance de ce prince. Au
contraire il n'en était que plus acharné contre les prêtres et les diacres véné-
rables, les pères de famille les plus recommandables, et contre tous les fidèles,
qu'il accablait indistinctement de vexations. Les habitants de la célèbre ville
de Béhesni étaient surchargés d'impôts. Qui donc leur fera un crime d'avoir,
au péril de leur vie, appelé Sdéph'ané pour essayer de tendre un piége à ce
scélérat? Mais ils ne purent mener à bonne fin cette entreprise; un traître, vio-
lant le serment qu'ils s'étaient donné mutuellement, alla l'avertir de ne pas
aller aux bains publics, où 11 trouverait la mort. Le tyran suivit ce conseil, qui
lui sauva la vie, et ne sortit pas de sa maison. Rugissant comme un animal
féroce, altéré du sang des innocents qui étaient sous sa main, il les fit préci-
piter, pieds et poings liés, du haut d'un rocher escarpé. Les chrétiens, témoins
de cette exécution, et se rappelant le terrible désastre d'Édesse, coururent à celui
qui était venu à leur secours. Il se tenait en face de la forteresse avec ses soldats,
contemplant ces scènes douloureuses qu'il ne pouvait empêcher. Alors il prit avec
lui les habitants, hommes et femmes, vieillards et enfants. Ceux-ci, abandonnant
avec empressement leurs foyers et l'héritage paternel, quittèrent ces lieux, qui de
temps immémorial les avaient vus naître de père en fils, où ils avaient été élevés,
et où ils avaient vécu sous la protection de princes pieux qui les traitaient comme
1 Les deux frères Thoros et Sdéph ané vivaient de tuer Thoros; mais que Thoros, ayant découvert
en mésintelligence, comme l’atteste aussi Aboulfa- son projet, se saisit de lui et le tint en prison
radj, qui dit, sous la date de 1 469 des Grecs (1 oc- pendant six mois, ou, suivant Michel le Syrien, dix
tobre 1157-1158), que ce dernier avait comploté mois.
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 181
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des enfants bien-aimés. Eux dont l'existence s'était écoulée sous de frais ombrages,
qui étaient accoutumés à une vie de délices, ils émigrèrent, sous la conduite de
Sdéph'anê, dans un pays désagréable, où ils étaient exposés à toutes les incom-
modités. Enfin le sulthan, songeant au sort malheureux de la place forte de Bé-
hesni, gardée par Dieu, et aux souffrances des chrétiens, trouva, dans sa sagesse,
un moyen de les ÿfaire revenir. ÂAttirés par la mansuétude qu il leur témoignait,
ils commencèrent à y rentrer l'un après l'autre, et Béhesni, dépeuplée et dé-
pouillée de ses richesses, retrouva sa prospérité.
Mais que dirais-je de notre ville de K'éçoun, mot qui signifie belle !? Le chef
auquel l'empereur en avait confié le gouvernement et la défense fut impuissant
à sortir des murs pour repousser l'ennemi. Lui et les siens, conjurés contre
les habitants, expulsèrent de saints prêtres, d'illustres et honorables chefs de
famille, ainsi que tous les hommes sans distinction, n'y laissant que les femmes
et les enfants. Néanmoins, ce qu'il y avait de bon dans ce chef, c'est qu'il ordonna
de respecter et de garder à l'abri même du soupçon les femmes des émigrés. Ces
infortunés proscrits eurent pour habitation, non plus leurs magnifiques palais,
ou leurs maisons, mais des villages et des monastères. Aucun d'eux n'avait la
force de s'éloigner : ils choisissaient un gîte à l'ombre des arbres et des murs,
et s'asseyaient là, silencieux, immobiles et n'ayant en perspective que la mort ou
l'esclavage. Cette crainte leur faisait oublier leur exil et leur existence akitée par
tant de vicissitudes. Ces calamités se prolongèrent du mois de maréri (mai-juin) au
mois de juillet, jusqu'à l'arrivée du grand sulthan à Pertounk'. Alors le pays recou-
vra sa tranquillité, et les habitants rentrèrent dans leurs foyers. La forteresse de
! Grégoire, en affirmant que le nom de la ville de (y, haçan, qui a une conformité de sens et
quelque analogie de prononciation.
Guiçon ; Uéerr, ou K'éçoun, Run, signifie belle,
rapporte peut-être l'origine de ce mot à l'arabe
182 . CHRONIQUE
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Qui was puit puy wppuÿb Wuwupuhg : |
Le hist jee dESh owponeoh Efiu Huqueopu \ppoeuunkdiuy L akbp \innhnpns
1 Ca. 4 quuhiugu, d'après les volontés. temps des croisades. — Cet emprunt s'explique d'au-
? Ce. & pavar Wbuk, par la violence [de son cœur]. tant plus facilement quel’auteur, Grégoire le Prêtre,
3 Le mot qwrpt, Bôrn, au génitif quepwp, n'est vivait dans un pays qui avait été sous la juridiction
pas arménien; d’après le contexte il a ici le sens de d'un seigneur français, Baudouin de Marasch, et
frontières, bornes, limites. C'est sans doute notre mot qui relevait de la principauté d'Antioche.
français borne, passé dans la langue arménienne au 4 Ca. vapuw.
Pertounk’ fut remise à ce prince, d'après la volonté de Thoros, désireux d'ob-
tenir son amitié, mais contre le gré de Sdéph'anê, dont la valeur l'avait enlevée
au Turk qui la possédait, homme abominable qui avait en haine le Christ et
qu'il tua de sa propre main.
CXIX. Cette expédition terminée, le sulthan rentra dans son royaume. Il dé-
libéra avec les grands de sa Porte sur le projet de consolider les liens qui l'unis-
saient déjà aux Franks et aux Arméniens. Ses vues ayant été approuvées par ses
conseillers, il envoya de nouveau des hommes de confiance à Jérusalem, à An-
tioche et auprès de Thoros, pour conclure une alliance cimentée par un traité
librement consenti de part et d'autre. Il n'agissait pas en cela d'après l'entraf-
nement de son cœur; car qu'y a-t-il de commun entre le Christ et Bélial? mais
dans le but de chercher des appuis contre le fils de Zangui, seigneur d'Alep, et
mari de sa sœur. En effet, après la mort du sulthan Maç'oud, le fils de Zangui,
dédaignant le fils et successeur de ce prince [Kilidj-Arslan|, sempara du terri-
toire des chrétiens, franchit les frontières des possessions de ce dernier, et occupa
tout ce qu'il put prendre, les formidables forteresses d'Aïn-tab et de Ph'arzman’,
et tous les villages qui en dépendent. Kilidj-Arslan lui écrivit maintes fois de cesser
ses injustes entreprises. « Rends-moi, lui disait-il, les pays qui m'appartiennent
“et que mon père a destinés à servir de limite entre toi et moi.» Mais il ne tenait
aucun compte de ces représentations et se montrait beaucoup plus hostile et ar-
rogant envers cette race belliqueuse que vis-à-vis du roi de Perse.
Pendant que le roi de Jérusalem et le seigneur d'Antioche, Renaud, étaient
1 Ph'arzman, en arabe (5e, , place forte de la Troisième Arménie, sur les limites de l'Euphratèse.
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 183
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[}
1 Le mot toïP@uñXur , Gônthandjau, est la trans. que portait Foulques avant d’être roi de Jérusa-
cription arménienne du titre de comte d'Anjou, lem.
plongés dans une perplexité extrême, celui dont la puissance est plus élevée
que les cieux, et qui jamais ne perd de vue, qui ne néglige jamais la verge qu'il
tient en réserve pour les pécheurs, au milieu des fortunes diverses qu'éprou-
vent les bons, celui qui relève notre désespoir, se décida, dans sa justice infail-
lible, à infliger à Nour-eddin un châtiment soudain, en le frappant de la plus
douloureuse maladie. Ce prince manda de tous côtés, auprès de lui, les plus
habiles médecins, mais leur science fut inutile; au contraire, le bras de Dieu ne
faisait que s'appesantir chaque jour davantage sur lui. Après s'être lié avec le
comte Josselin par des traités et les serments les plus solennels consentis de
bon accord, il avait agi envers lui avec une inhumanité inouïe; car jamais
on n'avait entendu dire chez aucun peuple et dans aucun siècle, quun homme
ayant fait prisonnier son ami, tombé dans les embüûches qu'il lui avait fait
dresser par d'autres, et en dehors d’une guerre réciproque, l'eût retenu dans
les fers pendant neuf ans, après lui avoir crevé les yeux; traitement qu'il in-
fligea à ce héros si souvent victorieux, et maître de tant de provinces. Bénédic-
tion, louanges et gloire aux très-saints jugements de Dieu, de la part de toutes
ses créatures!
CXX. Revenons maintenant à des faits que nous avons omis. En 602 (11 fé-
vrier 1193-10 février 1154), Jérusalem avait pour souverain le fils du comte
d'Anjou, roi des Franks, jeune homme de dix-huit ans *. Le Très-Haut, étendant sa
protection sur ce prince, lui accorda une victoire éclatante, en lui livrant l'inexpu-
1 Ibn-Alathir, Aboulféda et Kemäl-eddin fixent fenêtre grillée, les partisans de son frère se disper-
sèrent, et Miran s'enfuit à Harran. (Ibn-Alathir, éd.
cette maladie de Nour-eddin à l'année 554 (23 jan-
Tornberg, t. XI, p. 166-167.)
vier 1159-11 janvier 1160). Le bruit courut
un instant qu'il était mort. Comme il ne laissait
pas de fils en état de lui succéder, son frère cadet
Nasret-eddin Miran rassembla quelques troupes et
essaya de s'emparer de la citadelle d'Alep. Mais
Nour-eddin s'étant fait voir au peuple par une
? Baudouin III, qui était âgé de douze ans à la
mort de son père Foulques (1142), devait avoir par
conséquent vingttrois ans à l'époque de la prise
d'Ascalon, et non dix-huit, comme le prétend notre
chroniqueur.
184 CHRONIQUE
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Quifé ng5, E pal Ouvabh, ep bp be Sup, L'apabu fuuphn badge hp
1 Ce. Urbuwpwufr, de l'Évangile. —? Ca. pepng. — 3 Ce. nb, 605.
gnable et invincible château d'Ascalon, repaire des infidèles. Dans ce siége, la
valeureuse nation des Franks éprouva bien des fatigues, partagées par son brave
et saint roi, pendant une année entière. Un grand nombre d’entre eux et de
Frères obtinrent la couronne du martyre. Ils avaient déjà bien souffert, lorsque
la patronne et l'espérance des chrétiens, la Mère de Notre Seigneur, supplia son
divin fils d'achever leur triomphe ou de leur donner la force de supporter de
nouvelles fatigues. Enfin la ville tomba entre les mains du roi et des Frères le
jour de l'Assomption de la Mère de Dieu, et grâce à son intercession |.
CXXI. Une trahison des Scythes (Turks) ?, cette nation athée, ayant été dé-
couverte, le roi, tout humain qu'il était, en fit passer au fil de l'épée un très-grand
nombre, et leur fit expier le sang des chrétiens dont ils s'étaient abreuvés. Il
chassa de la ville ceux qui furent épargnés, et fixa leur demeure hors des murs.
À la place des blasphèmes contre le Christ, on entendit retentir partout des
louanges en l'honneur de ce nom vivifiant. La Croix rédemptrice s’éleva sur le faîte
des plus hauts édifices de ce peuple pervers, plongé dans les ténèbres et enclin
au mal, en signe de honte et d'opprobre pour lui, de gloire et d'allégresse pour
nous autres fidèles. Après cette magnifique victoire, les Franks se donnèrent un
peu de repos; puis ils songèrent à tenter un coup de main sur Damas. Vers le
commencement de l'année 603 {11 février 1154-10 février 1155) arriva le fils
1 Cette indication nous donne pour quantième le
dimanche 16 août, jour où tomba, en 1153, l’As-
somption, fête mobile dans l'Église arménienne.
Ibn-Alathir et Aboulféda marquent l'année 548 hég.
(29 mars 1153-17 mars 1154). Mais Guillaume de
Tyr (XVIIE, xxx) place la prise d'Ascalon au 12 août
de l'année suivante, 1154. Aboulfaradj (Chron. syr.
p. 349) accuse Michel le Syrien d'avancer d'un an
cette date qu'il fixe lui-même à l'année 1465 des
Grecs (1° oct. 1153-1154) et 548 hég. (29 mars
1193-17 mars 1194). Il résulte de ces divers té-
moignages que la date de 1153 est la plus pro-
bable; le siége durait depuis le mois de février.
Les habitants se rendirent à composition, après
avoir perdu une grande partie de la garnison, et,
au bout de deux jours, ils abandonnèrent la ville
pour se retirer en Égypte. Ascalon, à cette époque,
appartenait au khalife fathimite d'Égypte Dhaher-
billah.
2? Le mot W4h-Pwshe, Scythes, est appliqué quel-
quefois par les Arméniens aux peuples originaires
de l'Asie centrale, que nous connaissons sous le
nom générique de Tartares,etsousles dénominations
particulières de Turks, Turkomans, Mongols, etc.
cette cité à Modjir-eddin. Il eut l'adresse de lui
/
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 185
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L juge Ephfe be brndor lun. fut ayjunpfh Ephwpudekp, gt 46 juñulu ns qopbp
pue be haut, L auf wuugunmugbjo 05 fupkp wep put Sur :
NPD Cu bopsripe wnbu Bague \ppocuughdp fhuuañuus Puquenpfit
de Zangui, qui essaya de s'emparer par ruse de cette ville, malgré les habitants,
retenus par leur sollicitude pour le sort de leurs fils, qu'ils avaient envoyés en
otage à Jérusalem, conformément aux ordres du roi. Cependant ïl parvint à s'in-
troduire furtivement dans l'intérieur de Damas, et à y établir sa domination ’.
CXXIIL. Au commencement de l'année 604 {11 février 1155-11 février 1156),
il gagna à prix d'or le roi de Jérusalem, et ayant obtenu l'adhésion du seigneur
d'Antioche à ses desseins pervers, il fit alliance avec eux. Ils consentirent à le
laisser entreprendre une expédition dans les pays chrétiens que les Franks occu-
paient antérieurement. Aussitôt il se dirigea avec des forces imposantes vers la
grande et célèbre cité d'Ain-tab, dont le siége ne dura pas longtemps; ayant miné
et abattu les remparts, il pénétra dans la place. Une multitude d'infidèles et de
chrétiens y furent massacrés, ou faits prisonniers. Après quoi 1l expédia plusieurs
messages aux gouverneurs des contrées de R’aban et de K'éçoun, pour demander
à en prendre pacifiquement possession. Mais ils s'y refusérent, par crainte du sul-
than. Nour-eddin, ayant appris que le roi de Jérusalem et le prince d'Antioche
avaient rompu la trêve et étaient venus ravager son territoire, partit précipitam-
ment pour ÂAlep et Damas. Comme ces provinces étaient dans le trouble, il crut
prudent de temporiser; car pour le moment il n'était pas en force pour résister
aux Franks, tandis que ceux-ci, tout en faisant des incursions, étaient impuis-
sants à prendre Damas”.
CXXIIIL. Cependant le roi de Jérusalem forma le dessein de s'allier par un
bitants, qui l'introduisirent par la porte orientale.
(Mejeredin, dans Guillaume de Tyr, XVI, vin), ar- A yant assiégé dans la forteresse Modjir-eddin , celui-
ci fut forcé de capituler et d'accepter Emesse en
rière-petit-fils de Toghtékin. Comme les Franks s’é-
taient rendus maîtres d’Ascalon, et que Nour-eddin compensation, et ensuite Bâlis. Mécontent de ce chan-
ne voyait aucun moyen de les en chasser, parce que gement, il passa dans l'Irak, et se fixa à Bagdad, où il
Damas se trouvait entre lui et cette ville, et comme mourut. Ibn-Alathir indique le mois de séfer 549
d’ailleurs ils manifestaient l'intention de s'emparer (avril-mai 1154) comme date de la prise de pos-
de Damas, il employa un stratagème pour enlever session de Damas par Nour-eddin. Aboulfaradj
(Chron. syr. p. 351) raconte cet événement avec
rendre suspects les émirs attachés à son service, et les mêmes circonstances, et d'accord aussi avec
parvint à les éloigner. Il gagna les milices et les ha- Guillaume de Tyr.
" 24
Hisror. ARM. — I.
! Damas était alors au pouvoir de Modjir-eddin
186 CHRONIQUE
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2 dendanehh b unje wdf, Wiisnba Bmautuñis Layeg np bp, 6 Bugan pu Gniiuy
JeoteupSu (eapauh, qnp patnefbunlp unbauy Ep" k Yrnifinuuu$Eu Sanndng hi \J'uhu,
neubpnf puy hip qopuug plepu d: Le fropou fiugbaus qgureue wppuyft slot unli
1 Ca. £. |
mariage avec Manuel. L'empereur agréa avec empressement la demande qui lui
en fut faite, et envoya à Jérusalem sa cousine (fille du frère de son père) ', avec
une escorte de confiance attachée à la personne de cette princesse, un corps de
cavalerie, et quantité de trésors. En même temps il promit au roi de venir
en personne au secours de Jérusalem et des chrétiens, engagement qu'il ne
tarda pas à réaliser; car aussitôt, cette même année, c'est-à-dire en 608 (10 fé-
vrier 1199-9 février 1160), il entra dans le pays qui appartenait à Thoros,
depuis que celui-ci l'avait enlevé au gouverneur romain de Mécis?. Manuel avait
sous ses ordres cinq cent mille combattants. Thoros, apprenant son arrivée, se
1 1] faut lire sa nièce. C'était Théodora, fille du
sébastocrator Isaac, frère aîné de Manuel. Elle
n'avait alors que treize ans. (Guillaume de Tyr,
XVII, xx.) Baudouin n'eut pas d'enfants de cette
princesse; mais après la mort de son mari, elle
entretint avec son parent Andronic, cousin de Ma-
nuel, des relations criminelles, et lui donna un
fils et une fille, Alexis et Irène. (Cf. ci-dessus ch. ext,
p. 167, note 2, et p. 169, note 1; Lignages d’Oatre-
mer, ch. 1, Ci dit des rois de Jerusalem, p. 442 , éd.
de M. le comte Beugnot; Du Cange, Familiæ Byzan-
tinæ, Stemma Comnenicum, p. 152.) |
2? Cinnamus, IV, x, ajoute quelques détails
qui complètent le récit de Grégoire le Prêtre. Ma-
nuel était sur le point d'entrer en Cilicie et appro-
chait de Séleucie, lorsque Thoros, prévenu par un
de ces pèlerins latins qui se rendaient en mendiant
dans la Palestine, s'enfuit dans les gorges les plus
reculées du Taurus, en cachant sa retraite à tous,
excepté à deux amis, Thomas et Korkë, Kôpxy
(Gorzk, Georges). Le surlendemain l'empereur,
ayant franchi les frontières de la Cilicie, prit sans
coup férir le château fort de Lamos, ensuite Cis-
tramos et Anazarbe. De là il marcha sur Longinias,
dont il s'empara également; puis, tandis qu'il allait
prendre Thil, T{A, il envoya contre Tarse son beau-
frère Théodore Vatatze. À l'approche de celui-ci,
les défenseurs de Tarse, effrayés, se précipitèrent
du haut des tours, et la ville se rendit.
Il existait plusieurs causes pour lesquelles Renaud
de Châtillon évitait la présence de l’empereur, et
qui en éloignaient aussi Thoros. Manuel en vou-
lait au premier de ce qu'il avait obtenu la main
de Constance, fille de Boëmond II, au préjudice
du césar Jean Roger, qui avait été trouvé trop
vieux, et qui avait été refusé aussi par la crainte
que cette union ne soumit Antioche à la domina-
tion impériale. Son autre grief était l'expédition que
Renaud avait entreprise contre l'île de Chypre, qui
appartenait alors aux Grecs; enfin il ne pouvait
oublier que Thoros lui avait enlevé les villes les
plus importantes de la Cilicie, et il lui gardait
rancune de sa connivence avec Renaud. Thoros et
Renaud, effrayés de l’arrivée de Manuel, et n'osant
pas lui envoyer directement des députés pour im-
plorer leur pardon, s’adressèrent à ses plus proches
parents. À la fin, Renaud arriva avec plusieurs ha-
bitants d’Antioche, la tête découverte, les manches
retroussées jusqu'au coude, les pieds nus, la corde
au cou, et un glaive à la main gauche. Il était resté
d'abord en dehors de la tente impériale sans oser
entrer; Manuel, cédant aux sollicitations les plus
pressantes, finit par le recevoir et lui pardonner.
Cette scène se passa en présence des députés des
nations asiatiques venus du Kharazm, de Suse, de
toute la Médie, de Babylone (Bagdad), du pays des
Abasges et des Ibériens, de la Palestine et de l’Ar-
ménie, de ceux de Nour-eddin, satrape de Berrhæe
(Alep) de Ya’koub-Arslan, layoumacéwns, phylarque
des Perses. Le roi de Jérusalem, Baudouin, ayant
intercédé pour Thoros, l’empereur se laissa fléchir;
il consentit à recevoir le prince arménien, qui se
présenta dans une attitude suppliante et humble,
et l’admit parmi les vassaux de l'empire romain,
dobAots Tüv Popualewy évéypaÿe. La paix fut ainsi ré-
tablie. Aboulfaradj (Chron. syr. p. 356) dit que les
médiateurs de cette paix furent le roi de Jérusalem
et le patriarche ; mais, dans son récit, il ne fait pas
mention de Renaud de Cbätillon. :
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 187
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eÉph un, bts fauubwp ndep f phuksug Epholu: vayp b Puqaragt \ppreuaku}
sauva avec ses chevaux et toutes ses richesses, avec les grands de sa cour, sa femme
et ses fils, chacun emportant tout ce qu'il possédait. Il se réfugia auprès du rocher
que l'on appelle Dadjig, où depuis les temps les plus reculés, et de mémoire
d'homme, personne n'avait habité ou cherché un abri. Il avait oublié l'avis du
sage qui dit : « Ne t'attaque pas à plus fort que toi.» Thoros, à la tête de sa ca-
valerie, évitait de stationner dans un lieu déterminé; ïl errait dans des endroits
de difficile accès et boisés, espérant en la miséricorde divine, et comptant, pour
lui et pour le seigneur d'Antioche qui gouvernait la principauté avec le titre de ré-
gent, sur la médiation probable du roi de Jérusalem auprès de l'empereur. Le motif
principal qui les rendait craintifs et tout honteux l’un et l'autre devant les Grecs,
c'est qu'auparavant le prince d'Antioche était allé avec une flotte, d'après les insti-
gations de Thoros, et, en compagnie avec lui, un détachement que Thoros lui avait
fourni, faire une descente dans l'île de Chypre. Ayant surpris les habitants dans
une sécurité complète et sans moyens de défense, ils les traitèrent comme des infi-
dèles, ravageant leurs cités et leurs villages, les chassant de leurs maisons, enle-
vant leurs richesses, maltraitant les populations et les ecclésiastiques grecs aux-
quels ils faisaient couper le nez et les oreilles”. Ces excès, ayant ge connus à
Constantinople, excitèrent le courroux de l'empereur et des grands; mais pour l'ins-
tant iln' ÿ pouvait rien. Lorsqu ‘il arriva à Mécis et qu 1l eut occupé tout le pays, on
était dans les premiers jours de novembre; toutefois il ne fit aucun mal aux habi-
tants. Cependant le roi de Jérusalem tardait d'arriver pour se concerter sur les
Franks emportèrent les objets précieux dont ils
s'étaient emparés, et emmenèrent comme otages à
Antioche l'évêque, les abbés des couvents et les ma-
gistrats, jusqu'à ce que la rançon stipulée eût été
payée. Selon Cinnamus, Renaud, effrayé des me-
naces de l'empereur, et ayant besoin d'argent pour
l Deux chroniqueurs arméniens, le connétable
Sëémpad et Michel le Syrien, assurent, comme Gré-
goire le Prêtre, que Thoros prit part avec Renaud
de Châtillon à l'expédition contre Chypre; mais Cin-
namus (IV, xvui), Guillaume de Tyr (XVII, x), et
Aboulfaradj, n'y associent point le prince armé-
nien. Cedernier historien raconte qu'en l'année 1468
des Grecs (1 octobre 1156-1157) Renaud, ayant
envahi Chypre, saccagea cette ile et enleva les ha-
bitants, leurs richesses et leurs troupeaux. Les Chy-
priotes, arrivés au bord de la mer, s'engagèrent à
fournir une grosse somme d'argent pour eux et leurs
troupeaux, et furent mis en liberté. Néanmoins les
lui résister, imagina de se jeter sur Chypre, el y
prit une quantité immense de richesses. Il avait
été d'abord repoussé par Jean Comnène, neveu de
Manuel, et par Michel Branas, qui avaient le com-
mandement de l'ile. Mais ceux-ci l'ayant impru-
demment poursuivi jusqu à Leucosie, il les fit pri-
sonniers.
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188 CHRONIQUE
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Yep uquainmug. L lonounañnun dès puqned Suniupéwns DE unlp Sr L Supamune |
bang feuy Spaltang ruquuenpft, opayku Le wpup huk:
moyens à employer, afin de vaincre les nations qui ne reconnaissent pas le Christ et
d'affranchir l'Église; mais Manuel n'avait, au fond de l'âme, aucun souci de déli-
vrer les captifs. |
CXXIV. A la fin, le roi de Jérusalem arriva, accompagné des Frères, cette mi-
lice du Christ, et du seigneur d’Antioche. Celui-ci s'était rendu auparavant auprès
de l'empereur, pour s’excuser de son expédition contre Chypre. Une foule de chré-
tiens, accourus vers Manuel, pour le motif qui a été énoncé plus haut, le sup-
plièrent avec les plus pressantes instances de calmer la colère qui l'animait contre
Thoros. Comme les Grecs nourrissaient des sentiments de haine contre les Armé-
niens, quoiqu'ils n'eussent rien à leur reprocher, il n'accepta qu'en apparence la
médiation et la garantie du roi de Jérusalem et des Frères. Lorsque Thoros se fut
rendu auprès de lui, il fut d'abord exclu de sa table. Maïs la Providence voulut
qu'il plût à Manuel, qui, charmé de sa bonne mine, adressa de vifs reproches aux
calomniateurs qui avaient noirci Thoros. Le prince arménien, étant resté au camp
quelques jours, voulut s’en retourner chez lui. L'empereur y consentit, à condition
qu'il reviendrait immédiatement. Thoros, réfléchissant judicieusement aux be-
soins de l'armée, ramena un convoi considérable de brebis, de buffles et de chevaux
arabes; puis il retourna auprès de l'empereur, et lui offrit ces présents venus dans
un moment si favorable. Manuel, étonné et enchanté de voir une telle abondance
de vivres, loua hautement la prudence de Thoros en présence des grands officiers
du camp et des ennemis du prince arménien; il le gratifia de trésors d'or et d'ar-
gent, et d'un costume, avec une générosité digne d’un monarque, et lui pardonna
du fond du cœur sa désobéissance et sa rébellion envers son souverain; Thoros
lui promit de son côté une soumission pleine et entière, et il tint parole’.
\
1 Ce fut conformément à ce pacte, fait avec liaire le prince arménien ainsi que Dikran, Trypévys,
Thoros, qu'un peu plus tard Manuel , se préparant à . etun certain Chrysaphius, Cilicien. (Voir Cinnamus,
marcher contre Kilidj-Arslan, appela comme auxi- IV,1v). Nicétas Choniatès (Manuel Comnène, Il, 1),
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DE GRÉGOIRE LE PRÉTRE.
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189
CXXV. Une généreuse résolution fut prise en commun par les deux monar-
ques !, l'invincible milice des Frères, le seigneur d'Antioche et Thoros, résolution
à laquelle adhérèrent tous les chrétiens avec foi et un cœur fervent; ils voulaient
mourir ou délivrer les captifs qui gémissaient depuis longtemps, sans espoir, dans
les fers à Alep et à Damas, ces villes bâties de sang”. L'armée chrétienne tout
entière, se mettant en marche, fit son entrée dans Antioche, comme chez elle.
Mais comme .on était loin de penser que les habitants répondraient sur-le-
champ à l'appel de l'empereur, Manuel exigea qu'ils lui remissent en otage les
fils des principales familles. Ils s'empressèrent d'obéir et de faire acte de sou-
mission, dans la crainte que les captifs ne fussent point arrachés à la servitude,
et de violer le vœu qu'ils avaient fait au tombeau du Rédempteur, et la parole
qu'ils avaient donnée au roi de Jérusalem, lorsqu'il s’allia par mariage à l'empe-
reur. Les chrétiens savançaient en bataillons innombrables, rugissant comme
des lions; ils rivalisaient à qui se devancerait l’un l'autre, comme des aigles
qui fondent sur une troupe de perdrix. C'est ainsi qu'ils couraient avec intrépi-
dité porter le ravage sur le territoire des Scythes (Turks). En un jour de marche
ils atteignirent Balanée, sur les limites d'Alep. Tous les fidèles rapprochés ou
éloignés furent dans une allégresse extrême lorsqu'ils apprirent la ligue formée
dans le but d'exterminer les infidèles et de délivrer du joug pesant de la servi-
tude l'Église du Christ, rachetée au prix de son sang précieux. A la nouvelle
de cette invasion sur leur territoire, toutes les populations musulmanes furent
qui laisse toujours percer la haine que les Grecs teur arrogante que l’empereur affectait envers les
avaient vouée aux Arméniens, assure que Thoros, princes latins de Syrie, et qu'il témoigna même au
qu'il représente comme un homme d'une profonde roi de Jérusalem.
astuce, abusa l’empereur par la duplicité de son ? Cette même expression est appliquée à Damas
langage, et trahit ensuite ses serments. par Guillaume de Tyr (XVI, m1) : « [Damascus]
1 Cinnamus (IV, xx-xxrr) raconte en détail la con- «interpretatur autem sanguinea vel sanguinolenta. »
férence de l'empereur Manuel et de Baudouin IL, Cette étymologie paraît fondée sur la racine 0, en
hébreu, sang.
‘et les rapports de ces deux princes avec Nour-eddin.
Les circonstances de son récit nous montrent la hau-
190 CHRONIQUE
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ue LG, Qéuuute an uqguenpu L funuuuugue eut Sunuyu f qEpbing
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Lu JE juveqtEt pes Mug wntEg qulububuñ dus fr uuiuebagu: V juuuk
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Le Pise jujeh brpsont 66e, jalps ah juqgdih supft Sprfumrut E$u
dans l'effroi. Cédant à la terreur extrême que lui causait la coalition du roi de
Jérusalem et de l'empereur, Nour-eddin, seigneur d'Alep et de Damas, leur
envoya des ambassadeurs, pour leur annoncer qu'il s'engageait à rendre les captifs
qu'il retenait et qu'il traitait avec une rigueur impitoyable, au nombre de dix
mille”. Il voulut d'abord, après les avoir habillés de neuf et avoir fait dispa-
raitre la trace des souillures qu'ils avaient contractées dans les fers, les envoyer
à la rencontre des deux souverains, pour les disposer en sa faveur, et leur dire
qu'il se courberait sous leur autorité comme un esclave. Mais les conditions qu'il
proposait furent rejetées, et ses envoyés revinrent avec cette réponse, que Nour-
eddin eût à quitter le pays, et à se retirer où il leur plairait; ou sinon, que toutes
les populations musulmanes, jusqu'aux enfants à la mamelle, seraient exter-
minées. À tant d'audace l'armée chrétienne joignait une Joie quelle faisait
éclater comme en un jour de noce. Mais tandis que l'on ne pensait à rien autre
chose, tout à coup et par la volonté du démon arriva de la Ville impériale (Cons-
tantinople) une lettre annonçant qu'une insurrection avait éclaté contre Manuel,
ainsi que d'autres événements qui avaient pour mobile la magie”. Nous n'avons pu
approfondir et savoir avec certitude ce qui produisit cette œuvre satanique; mais à
1 Parmi les prisonniers que rendit Nour-eddin gouvernement populaire. (Cf. Cinnamus, IV, x1x.)
étaient Bertrand, fils naturel d’Alphonse, comte Nicétas Choniatès (Manuel Comnène, III, 1v) affirme
de Saint-Gilles et de Toulouse, et le grand maître que Théodore était innocent, et fut la victime des
du Temple, Bernard de Tremblai, ainsi que nombre dénonciations calomnieuses de Jean Camaterus,
de personnes de distinction. Il renvoya en même
temps six millecaptifs, gens du commun, Allemands
principalement, qui étaient tombés entre ses mains.
Jl s'engagea en outre à suivre l'empereur dans les
guerres que celui-ci ferait en Orient. À ces condi-
tions Manuel consentit à se retirer. (Cinnamus, IV,
xx; Cf. Guillaume de Tyr, XVIE, xxr; XVIII, xxv.)
2 Grégoire le Prêtre fait allusion à quelques évé-
nements qui survinrent à Constantinople pendant
que Manuel était encore en Cilicie. L'un de ses se-
crétaires et courtisans intimes, Théodore Stypiotes,
préposé du Canicleum, fut accusé et convaincu de
trahison, et condamné à avoir les yeux crevés et la
langue coupée. Il allait répétant, comme s’il eût
parlé d'inspiration, &s &md rpimoèos, que la vie de
l'empereur était arrivée à son terme, et qu'il fallait
confier la gestion des affaires publiques non à un
homme jeune et dans la force de l’âge, mais à un
vieillard, qui, prenant la raison pour guide, les
administrerait comme elles doivent l'être dans un
logothète du dromos ou directeur des postes. Celui-
ci était jaloux de ce que l’empereur avait chargé
Théodore de présider, dans la grande église de Bla-
chernes, à la prestation du serment qui assurait la
succession de l'empire à Alexis (Béla) fils puiné de
Geisa, roi de Hongrie, et à sa femme Marie, fille de
Manuel. Camaterus prétendait que cette mission
lui appartenait, comme étant dans les attributions
du logothète. (Cf. Cinnamus, V, vi.)
Le récit de Radevic (De Gestis Friderici, IE, xLvni)
présente des différences notables. C’est celui qu'a
suivi Lebeau (Hist, du Bas Empire, Lxxxvim, $ 33).
En même temps, le chef des joueurs de trompette
impériaux, qui portait le titre de primicier de la
cour, œpipuxpios vis aÿAÿs, Georges, surnommé
Pyrrhogeorges, se rendit coupable envers l'empereur
d'une faute grave ; mais il obtint son pardon, et
n'eut d'autre punition que d'être révoqué de ses
fonctions. (Cf. Aboulfaradj, Chron. syr. p. 356-
357.)
DE GRÉGOIRE LE PRÉÊTRE. 191
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Qvrpeug prbugbu nbbfts pe wgqt wphuuñs, op Et euh, bppopn og buis
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an$bbihe Puqurnpef Sanmleg, L aigunh aunbym fai op mefé mn wqgu Saga,
ag Ep q0p wuwgup + Va f fopSecpn dinbuy Bouin L Quñwgh wggt Sonny,
aubal pére Buwquro fepbuug", VE LeËp Sugeg L bawtluug, fnfugbp Ep
Juan en, L'quwpèbu E4EugEu :
APL: eye job neneunugt, L dofus ocpufune but qe Gun,
1 Ca. He pag. |
coup sûr, cette nouvelle imprévue fut le motif qui détermina l'empereur à se ré-
concilier sous main avec le prince d'Antioche et à rendre à Thoros les pays qu'il lui
avait enlevés, regardant ces deux faits de spoliation comme un triomphe suffisant
pour lui. Nous savons en effet, par ce qui s'est passé dans les temps anciens, et nous
lisons dans les chroniques, que les empereurs des Grecs n'ont Jamais rien fait pour
la délivrance des chrétiens, et qu'au contraire ils ont occasionné la ruine et la prise
de leurs villes et de leurs provinces. C'est grâce à ces princes que les Arméniens fu-
rent forcés de s'expatrier, que les infidèles devinrent puissants, et que dans leurs
fréquentes irruptions ils s'emparèrent de toutes les contrées, et en premier lieu
d'Ardzën (Erzeroum); de Mélitène, de Sébaste, de la cité royale d'Ani, et que
les hordes turkes étendirent leurs conquêtes jusqu'au voisinage de Constanti-
nople. Les Franks, cette race belliqueuse, entreprirent une troisième expédition
pour la délivrance des chrétiens; mais, par suite de la trahison et de la perfidie
de l'empereur, ils furent vaincus et détruits par les Turks, comme nous l'avons
vu nous-même de nos propres yeux. Si c'était dans l'intérêt des chrétiens que ce
prince fût venu, il n'aurait pas dû prolonger son séjour sept mois à Mècis. C'est
de la même manière que s'était comporté son père, qui emmena secrètement le
baron Léon et autres chefs arméniens. Ces explications suffiront à quiconque
est doué de jugement. Les faits et gestes des souverains de Constantinople dé-
montrent évidemment la haine implacable qu'ils ont vouée à notre nation. Ces
Romains lâches et efféminés, après s'être concertés en conseil, dirent à leur
maître : « N'écoute ni les Arméniens, ni les Franks; hâte-to1 de retourner occuper
“ton trône, et puis tu reviendras. » |
CXXVI. A cette nouvelle, les orthodoxes’, au lieu de la joie qu'ils np,
: 1 Grégoire le Prêtre entend par orthodoxes les Ar- cobites, à l'exclusion des Grecs, dont les Arméniens
méniens, et peut-être aussi les chrétiens svriens ja- étaient séparés par des dissidences religieuses qui
LS
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192 CHRONIQUE
Jéb}ohffup vncq dinbuy puququ qhupy bapw- qup puquel wvqudl wqusbu qua.
cop, ns ljupuwgfis qupänegubtly. Epféuwnogu wquskfiu, b quyo Ephu wencpu juju AT TE b
dépos Susjaey, bol heu ns judE gui pub punk Réeput: Sabu ehuuquite wn bp Sun.
y, puy Jus jeebu uyphp feu fungey ybphhenk vagus quofte lp fougue (buis
nb. gop feglh pau, h powgnl fouqn EG EU june. krPEguit ,ns Wuwpnkfiu qualit
qanmeufouhh nul, Yupé kit jounbuh wmwque bb ay Eu: NT onnecqhbiu, JEGbpngu,
fonnutns)fi unbb g$Spæduiuu Pauquenphii . puin aureSfits Epydaity bepng : Just d'un mu
ra h uqunne ulqjuil Daubljeugnfu ; Le 4 Pbepbug ailpuugh Hauquinpu - Jul dupqu<uwXne.
Puis Banbug qu'uSunliupuu, qnp wupng bp iphonno h Zbnu bapw. qap fopbuñup Eph
aquoebu, k qd grapupurbja qu pus tufouiuäne L sup Yjunliug fephuug. ns doncp.
dustshi | DEtqheug digne ul :4 bepäuu aitrunaugs euqueu ff Eunlpr » hofuustuul gopEn wnfr_
da, beple quanckuv wluup. L npyku uufounuuitp quyfit Swvuwthft jEphhpu JujbXwuquiu
ane jerrssilfits , np [hui ns puin « » chunnuk deb Efivnhp Egbu vagues, vu pui wbhShg
L SuySnpne fuit Snnnilng » np eupägfiu Jieqtumnenu quurLg ns Joabbt EYbnabgrny L
abebing : bu, gluh vagur bert frufuunkhg Junn L wubphaul wgg (reppdañunug, L
Gaunnpbahu b na nn cpu p# ul a., svuewbbau, L quubp Pawquenpliu , «nb, qâhu L
1 Ce. dighilaiu fu.
tombèrent dans une douleur inconsolable, causée par l'abandon des Grecs. Malgré
leurs supplications réitérées, ils ne purent faire changer l'empereur d'avis. Ils le
conjuraient de s'arrêter, avant son départ, trois jours seulement devant Alep, mais
ilse montra sourd à ces justes représentations. [1 envoya des ambassadeurs au
seigneur de cette ville, alors tremblant de frayeur de tout ce qu'il apprenait, et
consumé par le feu ardent de la terreur que les chrétiens lui causaient, pour lui
demander de conclure un traité de paix. À cette proposition, les infidèles ne trou-
vèrent pas de paroles pour faire une réponse convenable; ils simaginaient en
effet que ces messagers étaient venus à eux comme espions. Mais sur les assu-
rances qui leur furent données, ils promirent de se conformer aux volontés de
l'empereur. Toutefois, violant leurs serments, ils ne renvoyérent que cinquante
prisonniers, choisis parmi les Franks les plus illustres et réclamés par cet indigne
monarque. Il abandonna ainsi, par des considérations humaines, une multitude
de captifs que le Christ allait lui rendre, le Christ auquel ils rendent un culte im-
parfait, tout en nous calomniant et en nous condamnant d'après les suggestions
de leur haine et de leur malveillance! Les musulmans ne nous trompent pas tout
en nous immolant. Les Grecs se retirèrent en nombre immense, non comme le lion
courageux, mais comme le faible renard; pareils à des fugitifs, ils arrivèrent dans
les États du sulthan Kïülidj-Arslan. Ce n’est point comme ministre des ordres de
Jésus-Christ que celui-ci tira vengeance de leur conduite; il était chargé seulement
de leur faire expier leurs malédictions et leurs blasphèmes, qui n'atteindront ja-
mais les orthodoxes, et qu'ils avaient proférés, en refusant de porter secours à
l'Église et aux captifs. La perverse et vile race de Turkomans, s'étant mise à leurs
trousses comme après des fuyards, leur tua douze mille hommes, parmi lesquels
était le beau-père de l'empereur, et leur prit vingt mille chevaux et mulets.
engendrèrent une animosité extrême entre ces deux l'ai dit précédemment (p. 1 25° note 1}, à l’occasion
nations. Cette séparation s'était effectuée, comme je du concile de Chalcédoine.
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 193
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1 Ce. px, deux mille. — ? Je lis ainsi, au lieu de wvywykjv, qui n'offre ici aucun sens.
”
Ce conflit engendra une inimitié implacable entre l'empereur et le sulthan Kilidj-
Arslan !.
CXXVII. Dans la faiblesse et l'impuissance de mon esprit, il me semble que si
les secours qui nous étaient arrivés nous ont fait défaut, il ne faut en chercher
la cause que dans la haine conçue contre nous et dans l'accomplissement de la
prédiction du saint homme de Dieu, le grand Nersès, notre liluminateur”, lequel,
éclairé par une intuition supérieure et par une inspiration céleste, consigna dans
son livre véridique au sujet des souverains des Romains, «qu'ils n'auront plus
« qu'une existence très-courte, qu'ils n'accorderont désormais aucune attention à la
« guerre, et n'auront d'autre occupation que de lever des impôts et de susciter des
« discussions théologiques. »
Les choses s'étant ainsi terminées, le pansébaste* Thoros resta sans crainte dans
ses États héréditaires, et, protégé par la volonté bienveillante de l'empereur, il con-
serva la paix et la sécurité. Cependant le seigneur d'Alep, flambeau de sa nation,
délivré des terreurs qui l'assiégeaient, et poussé par les Grecs, ses frères pour la
malice et ses associés pour la religion, envoya solliciter le roi de Jérusalem de
conclure une trêve de quatre mois, en lui donnant de grosses sommes et en le cir-
convenant de tous côtés; car il le savait très-avide d'argent; puis il marcha sur Kha-
r'an, ville qu'il avait précédemment livrée à son frère Miran. En route, des calom-
niateurs lui insinuèrent que, pendant sa maladie, Miran avait voulu le faire périr; il
ajouta foi à ces délations, et assiégea Khar'an avec une armée considérable. Au bout
sacrèrent ou les firent prisonniers. L'empereur, sans
s'arrêter, rentra en triomphe à Constantinople.
(Cinnamus, IV, xxn1.)
2 Voir, au sujet du patriarche saint Nersès le
Grand, note 1, p. 24.
3 On a vu, dans le chapitre cxvnr, que Thoros
portait déjà le titre honorifique de sébaste ou au-
guste. Il est probable qu'il reçut celui de pansé-’
baste ou augustissime lors de sa réconciliation avec
1 Manuel, désireux de hâter son retour à Cons-
tantinople, laissa sur la gauche la Pamphylie, et
prit directement par la Lycaonie, malgré tous les
efforts du sulthan pour l'en détourner. Dès qu'il
fut parvenu à la ville d'Aranda ou Laranda, les Turks
s'enfuirent, persuadés qu'il allait faire halte auprès
d'Iconium. Cependant, voyant que les Grecs res-
taient inoffensifs, ils reprirent confiance et vinrent
leur apporter des vivres en abondance; mais, au-
près de Cotyæum (Kutaïeh), ils tombèrent sur ceux
qui s'étaient écartés du gros de l’armée et les mas-
Hisror. ARM. — Î.
l'empereur.
25
194 CHRONIQUE
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de deux mois il emporta cette ville d'assaut, et se rendit maître également des con-
trées voisines que possédait son frère, de Rakka et d Édesse, et fit rentrer sous sa
domination tous les pays qui s'y étaient soustraits. Il envahit le territoire de R'aban,
qui aujourd'hui appartient au sulthan, et s'en empara; de là il se porta sur Ma-
rasch, qui tomba également en son pouvoir. En apprenant ces succès, l'émir
de K'éçoun, craignant pour sa ville, trahit le parti du sulthan, et vint faire
sa sofmission à Nour-eddin, pendant que celui-ci était à R'aban:; ils marchèrent
tous deux contre Marasch et Béhesni. Les habitants, privés de tout secours,
étaient consternés; il prit ces villes et détruisit leurs remparts. S'il réussit à
ruiner ces contrées, cest grâce au traité qu'il avait conclu avec le roi de Jéru-
salem, en se jouant de lui comme d'un enfant. Mais tandis qu'il séjournait à
Béhesni, il reçut de Damas une mauvaise nouvelle : on lui écrivit qu'à l'expi-
ration de la trêve les troupes frankes des Frères étaient venues faire du dégât chez
lui. H revint à Alep et à Damas, et rassembla des forces immenses, dans l'intention
de combattre le roi de Jérusalem.
CXXVII. Au commencement de l’année 609 (10 février 1160-8 février 1161),
toute la nation des Turks se réunit auprès du fils de Zangui à Damas, et les
Franks auprès du roi de Jérusalem, prêts à marcher les uns contre les autres.
Cependant ils restèrent dans l'inaction jusqu'au commencement de l'hiver; ils
conclurent alors une trêve de deux ans, et chacun s’en retourna de son côté.
Kilidj-Arslan et Ya’koub-Arslan firent également la paix; le sulthan donna à
celui-ci la ville d'Ablastha et le territoire d'alentour, qui faisait partie de ses do-
maines, et avait jadis appartenu à son père; car c'était là l'objet des réclama-
tions d'Ya koub-Arslan au milieu de leurs querelles réciproques.
1 Rakka, äÿ) ville de la Mésopotamie, sur la graphie, texte, P- 276; Meräcid-el-itthila', tom. Ï,
rive orientale de l'Euphrate, à trois journées de p. 478.) C'est l’ancienne Callinicum.
Harran. On l’appelait aussi Rafka. (Aboulféda, Géo-
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 195
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CXXIX. Cette même année, le fils du comte ! fut fait prisonnier et emmené à
Alep. Au mois d'octobre, un émir nommé Amir-Miran?, fils d'Amir-Ibrahim,
fils de Soukman, maître des villes et districts de Khëlath, Ardjésch, Mousch,
Dôgh'odaph' et Mandzguerd, envoya son beau-père Adradin (Nasr-eddin?) * à la
tête d'une armée considérable en Géorgie. En ce moment le souverain de ce
royaume, le vaillant Giorgi *, se préparait avec les siens à aller ravager le territoire
des Turks. Les deux armées se rencontrèrent dans le district d'Okhthis”, et enga-
1 Comme dans nos manuscrits le nom de ce
comte est omis, il est impossible de connaître le per-
sonnage que l’auteur a au juste en vue; il se peut
qu'il ait voulu parler de Josselin III et suivi la
version adoptée par Aboulfaradj, d’après laquelle
Josselin, qui sortait continuellement de la contrée
de Harem pour ravager le territoire d'Alep, tomba,
en 1471 des Grecs (1* oct. 1159-1160), dans une
embuscade que lui avait préparée Nour-eddin. Con-
duit à Alep, il fut jeté dans la même prison où avait
été renfermé son père. (Chron. syr. p. 357.)
Mais Ibn-Alathir et Aboulféda, en rapportant cet
événement au mois de ramädhan 559 (août 1164),
et Guillaume de Tyr {XIX, 1x) au 4 des ides ou
10 d'août de l’année suivante, 1165, offrent un récit
qui renferme de tout autres circonstances que celui
de l'historien syrien. Nour-eddin, ayant été battu et
forcé de prendre la fuite à La Bocquée, La Bochea,
revint l'année suivante, avec son frère Kothb-
eddin Maudoud, prince de Mossoul, Fakhr-eddin
Kara-Arslan, prince de Hisn-Keïfa, Nedjm-eddin Al-
bi, prince de Mardin, et autres émirs, attaquer Ha-
rem. À cette nouvelle, Boëmond, prince d'Antioche,
Raymond, comte de Tripoli, Josselin III, Hugues
de Lusignan, Constantin Calaman, gouverneur
grec de la Cilicie, et le prince arménien Thoros,
réunirent jeurs forces pour aller au secours de cette
place. Nour-eddin, simulant la fuite, réussit à at-
tirer la cavalerie des Franks à sa suite, et, faisant
tout à coup volte-face, fit un carnage horrible de
l'infanterie, Tous les chefs chrétiens nommés plus
baut furent faits prisonniers, à l'exception de
Thoros, qui s'enfuit dès le commencement de Îa
déroute. Kemäl-eddin nomme, au lieu de Thoros,
son frère Mleh, et dit que sa fuite fut favorisée par
les Turkomans Yarouks (Hiaroquin de Guillaume
de Tyr et d'Olivier le Scholastique), avec lesquels il
était lié.
? Miran, autrement appelé Soukman II, petit-fils
de Soukman I‘ el-Khothby, et fils de Dhaher-eddin
Ibrahim, régna de 1128 à 1185; il reçut le sur-
nom de Schahi-Armén ou roi d'Arménie, parce que
ses victoires lui assurèrent un rang supérieur à
celui des autres émirs; il résidait à Manazguerd
ou Mandzguerd, et s'était rendu maitre des villes
et des provinces dont Grégoire le Prêtre donne l’énu-
mération, ainsi que de Meïafarékin.
3 Suivant Ibn-Alathir, c'était le beau-frère de
l'émir Miran (Soukman II) qui marcha cette année
(1161) contre les Géorgiens. Le chroniqueur arabe
le nomme Mélik-Salik, prince d’Arzen-Erroum
(Erzeroum). Sa sœur, mariée à Soukman II, s'ap-
pelait Schah-Banou, ou Schah-Banoun. On peut
consulter les recherches intéressantes de M. Defré-
mery (Journ. asiat. cahier de juin 1849, p. 491)
sur les princes d'Érzeroum de la dynastie des Sali-
kides ou Saldoukhides, et le tableau généalogique
de cette dynastie qu'il a dressé d'après Ibn-Alathir,
Ibn-Khaldoun et le Schéref-Nameh. M. Brosset a
donné, de son côté, d'après les sources géorgiennes
et arméniennes, quelques notions sur ces princes,
dans le Bulletin historico-philologique de l'Académie
impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, t. I,
P- 216-217, et dans son Histoire de la Géorgie,
P- 457. :
4 Giorgi II succéda en 1156 à son frère David II];
il était fils de Dimitri I”, fils de David II le Répa-
rateur. David IT avait régné un mois, suivant Tcha-
mitch (t. II, p. 79), et six mois, suivant l'Histoire
de Géorgie (p. 382).
5 Okhthis ou Okhdik’, aujourd'hui Olthi, ville
et district de la province d'Akhaltsikh, ancienne-
ment province de Daïk, dans le nord-ouest de l’Ar-
ménie, sur les limites de la Géorgie. L'historien
Vartan parle de cette ville comme existant déjà
dans la seconde moitié du x° siècle. (Indjidji, Arm.
mod. p. 123 et 126.)
25.
196 CHRONIQUE
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kepoiubuf fploumqunnhh uSEquiu, frs gréubp Non Ephor quil Sububfi: {pe gfbh
gèrent une lutte acharnée. Les Géorgiens furent vainqueurs; ils mirent les infi-
dèles en fuite, leur tuèrent beaucoup de monde, et firent de nombreux prison-
niers, parmi lesquels figuraient trois cents chefs turks. Le commandant de la
cavalerie géorgienne, atteint à la main d'un coup de flèche, descendit de cheval
et s'assit pour faire panser sa blessure. À l'arrière-garde des Turks étaient restés
des Géorgiens musulmans, venus à eux sous la conduite de Vaçag, renégat géor-
gien, et qui leur avaient servi de guides. Ils survinrent à l'improviste et sur-
prirent le général géorgien descendu de cheval; ils s'emparèrent de lui et le
conduisirent à l'émir qui porte le titre de Schahi-Armën. Ce chef, qui était sur-
nommé Gagh' (boiteux), fut le seul prisonnier qu'ils firent.
CXXX. En l'année 610 (9 février 1161-8 février 1162}, le roi de Géorgie,
Giorgi, fils de Dimitri, fils de David, vint assiéger la grande cité d’Ani, cette ré-
sidence royale, pendant l'été, un lundi; il n'employa qu'un jour à l'investir et la
prit d'assaut le lendemain; il massacra un millier d'habitants, tant chrétiens
qu'infidèles. Après y avoir laissé deux mille guerriers d'élite pour la garder, il
revint en triomphe dans ses États. Cependant le seigneur de Khëlath, le Schahi-
Armên, ayant réuni quatre-vingt mille hommes, vint attaquer. Ani. Aussitôt le
roi de Géorgie accourt, le bat et le met en fuite; il lui tua sept mille hommes, ct
fit deux mille prisonniers, parmi lesquels étaient six généraux et cent cin-
quante émirs d'un haut rang; il leur enleva en quantité immense des chevaux,
des mulets, des chameaux, des tentes, des cuirasses et autres armes, ainsi que
des troupeaux de brebis. La ville d'Ani regorgea de richesses; ce qu'elle avait
perdu lorsqu'elle tomba au pouvoir des Géorgiens * lui fut rendu au double, à
! Nous avons vu (chap. xCnt) qu'en 1124 le roi fixée, par Vartan comme par Grégoire le Prêtre,
de Géorgie, David II, enleva Ani à l'émir kurde à l'année 1161 ; Vartan dit : « Giorgi s'empara d'Ani
Abou'lséwar. La seconde prise de cette ville est «surl'émir Ph'adloun, qui avait succédé à son frère,
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE. 197
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Wish b Saswpuk ab2bryt, vjubus Eebhrpkt, np &p ep peeft Eh 4:
tel point qu'une cuirasse de prix ne se vendait que deux tangs'!'. Au bout de
quelques jours, les habitants, étant allés visiter le théâtre du combat, trouvèrent
dans l'herbe des tas de cuirasses, et les emportèrent. C'est ainsi que le roi combla
de biens cette ville, lorsqu'il s'en rendit maître. 1 donna quarante mille tahégans
pour racheter des mains de ses cavaliers les captifs d'Ani, chrétiens ou infidèles.
La prise de cette ville eut lieu à l'époque du jeûne de saint Grégoire, au milieu
du carême de l'été; le Schahi-Armên, Amir-Miran, fut vaincu dans le mois
d'août”. Trois jours après, il y eut une éclipse de lune; cet astre prit une couleur
de sang depuis le soir jusqu'à minuit. C'était le quatorzième jour de son cours.
« Schadad {Scheddad). Au bout de cinquante jours
« arriva le Schahi-Armén avec un corps considé-
« rable de troupes légères pour attaquer cette ville,
« déjà ruinée et abimée par les Sons (habitants du
« Souanêth}). Giorgi, ayant appris l'arrivée du
« Schahi-Armén, revint et fit passer les infidèles sous
« le tranchant du glaive. Personne ne put savoir le
« nombre de ceux qui périrent; il y en eut quarante
« mille faits prisonniers. Giorgi laissa, pour comman-
« der Ani, un chef nommé Satoun. Celui-ci, soup-
« çonné de projets de révolte, à cause de l'empresse-
« ment qu'il mit à fortifier les murailles, et dénoncé
« pour ce fait au roi, fut révoqué de ses fonctions.
« Dans son mécontentement, il se retira auprès d'Il-
« diguiz (Éldigouz), atabek de l'Azerbéidjan; en-
« suite, l'éristhav (gouverneur) de Schaki, s'étant
« saisi traîtreusement de lui, l'envoya au roi, qui le
«fit périr. Giorgi nomma à sa place Sarkis, fils de
« Zak aré. » Jbn-Alathir (t. XI, p. 184, édit. Torn-
berg) confirme la date donnée par les auteurs armé-
niens de la prise d’Ani, en indiquant le mois de
scha ban 556 (août 1161) ; il dit que le Schahi-
Armèén, fils d'Ibrahim, fils de Soukman, s’avança
contre le roi de Géorgie avec une armée dans les
rangs de laquelle servaient un trèsgrand nombre
de volontaires, et qu'ayant été mis en fuite, il se
sauva, ne ramenant que quatre cents cavaliers.
l Le mot arménien qwv4 OU quwvg signifie une
menue monnaie qui est la quatrième partie de la
drachme, une obole, un objet de peu de valeur,
en persan bis. Ce mot a passé en grec sous
la forme 3avéxy. Dans la version atménienne de
l'Ancien Testament, le tang est pris comme l'équi-
valent de l’obole, et dans celle du Nouveau Testa-
ment, pour l'as, dcdpiov. (Cf. Pascal Aucher, Traité
des poids et mesures des anciens (en arménien), Ve-
nise, in-4°, 1821, v° yutg.)
2Le calcul précis des dates fournies par Grégoire
le Prêtre dans ce chapitre nous donne : 1° pour
la prise d'Ani, le mardi 27 juin. En effet, cette année
Pâques ayant été le 16 avril, la Pentecôte le 4 juin,
il s'ensuit que le lundi de la semaine d’abstinence,
qui dans l'Église arménienne précède la fête de saint
Grégoire l'Tiluminateur, ou de la deuxième semaine
du carême de l'été, se rencontra le 26 juin; c'est
le jour où Giorgi arriva devant Ani, et le lende-
main 27 il prit cette ville. 2° Pour la défaite du
Schahi-Arméên, le 4 août. En calculant par les
Tables de M. Largeteau (Calcul des syzygies éclipti-
ques ou quelconques, à la suite du Résumé de chro-
nologie astronomique de M. Biot, t. XXII des Mé-
moires de l'Académie des Sciences), on trouve qu’en
1161 il y eut une éclipse totale de lune le 7 août
à 23 heures 33° de temps moyen, au méridien
d'Érzeroum. La bataille où Giorgi vainquit le
Schahi-Armén, ayant précédé cette éclipse de trois
jours, eut lieu, par conséquent, le 4 août. En re-
montant de ce quantième au 26 juin, il y a un
intervalle de quarante jours, tandis que, suivant
Vartan, il s’en écoula cinquante entre la prise d’Ani
et l’arrivée du Schahi-Armén.
' Aboulfarad; (Chron. syr. p. 357-358) ajoute à
ce que nous savons d’ailleurs de Ja prise d'Ani un
détail curieux : il raconte que l’émir de Mossoul,
Djemäl-eddin, homme miséricordieux et qui répan-
dait d'abondantes aumônes, députa vers le roi
Giorgi le maphrian (docteur) Ignace, pour traiter
de la rançon des captifs arabes que le souverain géor-
gien avait emmenés en nombre très-considérable,
Giorgi reçut cet envoyé avec honneur, et non-seule-
ment lui remit les Arabes sans rançon, mais encore
le renvoya à Mossoul comblé de présents et en le
faisant accompagner par un ambassadeur, Lorsque,
à leur retour, ils furent près de Mossoal, le préfet
:
}
- mr = - _
L = 2 =
me on 2
198 CHRONIQUE
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ablouh op Gosb or wuaqpumuu obnbp L of Ephhpt wscwp wnbkjny, L qEpbjn
a rrpeduuut qop quuukp f out. mubjn puy fug diupyu n, puy dfjunnp, puy
Sncpuk, ue foupreutqug, dé Shankuk: ul (ot, ap bp Eplpapn \opof,
Jurnauÿusg nl Fagndkuy wpu a, papy qoEu, juni + L cqunnpuunne fJEunln CETTE
b dépuy D > abrbght L ouquüft qudEubobuu, b Yuçpuiu gppfodu nkpiu Ureprpnr Le.
Spuenpu jy Le oauitur jujul wencp wpu as Une opt quopdue nepuponfbunh
bg fbudp dinar. f uquu, oubin puy hip gli nput » L geploiv kw f Su
que pouqnel huufounnutop L <uy$ngne bug. L iwnamphiwsg un ame npu wun { opoufiiu, qh
bp Lau hi hhoh juinepu jusjbnuh, Jagadbkug cogne) SESEjop puy Huwquinpliu \ Dane.
unhdh. p fppk pres) quydur , acbpbuwg L qbph bwn qudEuufh quant dfusk
\ Ca. J'uybr; Ce. uiafu.— Ces deux formes, Guillaume de Tyr (XVI, xxvui), il fit prisonnier
ainsi pa, de qui est donnée dans le texte, sont Renaud dans un lieu appelé Commi, entre Cressum
le nom altéré de Medjd-eddin ibn-Daïé, frère de (K'éçoun) et Mares (Marasch}), le 9 des kalendes
lait de Nour-eddin, l'un des principaux émirs at- de décembre {22 novembre) 1161.
tachés à son service et gouverneur d'Alep. Suivant
CXXXI. Cette même année, le seigneur d'Antioche, qui avait le titre de Prince,
et se nommait sire Renaud, vint pendant l'automne faire une incursion dans
la contrée d'Alexis!. Sans être inquiété, il étendit ses ravages jusqu à la forte-
resse du catholicos, appelée Dzov *, et dévasta tout le pays environnant, faisant
prisonniers les Turkomans qu'il rencontrait. Il avait avec lui un millier d'hommes,
cavaliers, fantassins et autres gens de guerre*. Sur ces entrefaites, Medjd-eddin,
lieutenant de Nour-eddin, qui avait rassemblé antérieurement un corps de
dix mille hommes, posta son avant-garde en embuscade, et, s'étant avancé avec
précaution, prit ou tua nombre de chrétiens, et, entre autres, le Prince, avec
trente chevaliers. Quatre cents hommes perdirent la vie dans ce combat. Medjd-
eddin rentra à Alep tout joyeux et en triomphe, traînant à sa suite ses captifs; 1l
y amena aussi le Prince, qu'il accabla d'insultes et d'outrages; puis il envoya an-
noncer sa victoire à Nour-eddin, occupé en ce moment à Damas à réunir de la
cavalerie pour marcher contre le roi de Jérusalem. Aussitôt Nour-eddin partit,
et porta la dévastation dans toute la contrée jusqu'à Tripoli; puis il amena ses
prisonniers à Alep. Ensuite il se porta contre Harem; mais l'abondance des
de cette ville vint à leur rencontre. Le maphrian
et les Géorgiens y firent leur entrée avec des croix
placées à l'extrémité des lances, spectacle qui fut
une consolation pour les chrétiens, comme la gé-
nérosité du roi de Géorgie le fut pour les musul-
mans,
1 La suite du contexte montre que cette contrée
d'Alexis doit être la Sophène ou Quatrième Âr-
ménie, à l'est de l'Euphrate.
2? La forteresse de Dzov ywvry ou Dzovk' gnde,
aneien château fort bâti au milieu du lac de Khar-
pert, à l'est de l'Euphrate. Vers la fin du xur° siècle,
il appartenait aux princes arsacides de la famille
de Grégoire Magistros. Il y avait dans cette île un cou-
vent arménien qu'Aboulfaradj appelle le monastère
du Lac. (Cf. note 4, page 154.) En 1125, le catho-
licos Grégoire III, arrière-petit-fils de Grégoire -
Magistros, y fixa sa résidence. Son frère Nersès
Schnorhali vint le suppléer pendant le voyage que
Grégoire fit à Jérusalem, en 1136, en compagnie
du légat du pape, Albéric, évêque d'Ostie. Gré-
goire transporta ensuite le siége du patriarcat dans
le château fort de Hr omgla. (Tchamitch , t.IIl, p.53.
Cf. sur le lac de Kharpert, appelé aujourd'hui par
les Turks Gueuldjuk (petit lac), Indjidji, Armen.
mod. p. 240.)
3 J'ai rendu par cette phrase : « Et autres gens
de guerre, » les mots &ncyw4, dzoulag, et bwpreuñt.
awp, kharouantar, dont j'ignore la signification.
DE GRÉGOIRE LE PRÉÊTRE. 199
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| pluies, et de plus la crainte qu'il avait du roi de Jérusalem, l'arrétèrent. Ce der-
nier, en effet, savançait avec Thoros, descendant de R'oupên, et des troupes
grecques. Mais le roi s'étant retiré avec ses auxiliaires, Nour-eddin alla assiéger le
formidable château d'Ardzkhan ', qui se rendit à composition; il le démolit et le
détruisit de fond en comble; il réduisit en captivité les chrétiens de la garnison,
et les conduisit à Alep.
CXXXII. Cette même année, le sulthan Kilidj-Arslan alla visiter l'empereur
Kyr Manuel, emmenant avec lui l'émir Miran, frère de Nour-eddin. Il fut
comblé de présents, et, après ayoir juré soumission et obéissance à Manuel jus-
qu'à sa mort, il s'en retourna dans sa capitale, emportant des trésors d'or et
d'argent?
Au commencement de l'année 611 (9 février 1162-8 février 1163) mourut
un homme digne de tous les éloges, le docteur Basile*. Il fut enseveli dans le cou-
1 Le nom de la forteresse d'Ardzkhan, dans le
territoire d'Antioche, m'est inconnu; peutêtre y
a-t-il ici quelque erreur de copiste.
2? Kilidj-Arslan fut magnifiquement reçu à Cons-
tantinople. Au-dessus d’une tribune splendidement
décorée s'élevait un trône d’or massif rehaussé dedia-
mants et d'hyacinthes, avec d'autres pierres précieu-
ses entourées de perles d’une blancheur éclatante.
Des lumières répandues à profusion faisaient jaillir
de tous ces joyaux des rayons éblouissants. Sur le
trône était assis, dans toute sa majesté, l'empereur,
revêtu d'un manteau de pourpre où des diamants et
des perles réunis avec art formaient des dessins
admirables. Sur sa poitrine pendait, retenue par des
chainettes d'or, une pierre qui avait la couleur
de la rose et la grosseur d’une pomme. Des deux
côtés étaient rangés les membres du sénat, chacun
à la place que lui assignaient ses fonctions dans
l'État. Kilidj-Arslan, introduit, fut frappé de tant
de magnificence, et refusa d'abord de s'asseoir,
malgré les instances de l'empereur; enfin il alla
occuper un siége inférieur. Pendant son séjour à Ja
cour de Manuel, il eut pour demeure un des palais
qui s'élevaient dans la partie sud de Constanti-
nople. Tous les plaisirs de la ville impériale, com-
bats équestres, jeux du cirque, spectacle du feu gré-
geois, lui furent offerts. (Cinnamus, V, vi.) Aboulfa-
radjraconte, à l'année 1473 des Grecs(1° oct. 1161-
1162), que Kilidj-Arslan, ayant appris le projet d'Ya’
koub-Arslan et des autres émirs de le renverser et
de lui substituer son frère, se rendit à Constanti-
nople, où il fut traité somptueusement; il y de-
meura près de trois mois. Deux fois par jour, on
lui apportait des mets servis dans des plats d'or et
d'argent, qu'on lui laissait en cadeau. Dans une
occasion, mangeant avec l'empereur, ce prince lui
offrit toute la vaisselle et les ornements qui garnis-
saient la table, sans compter d'autres présents qui
lui furent donnés, ainsi qu'aux Turks, au nombre
de mille, qui formaient son escorte. Le sulthan, à
son retour, reçut la soumission d’Ya’koub-Arslan,
effrayé de l'alliance de Kilidj-Arslan et de Manuel.
(CF. Nicétas Choniatès, Manuel Comnène, III, v.)
$ Le docteur Basile, de Marasch, prêtre éminent
par sa science et sa piété, le même qui avait été le
confesseur, Sp fvnwwadwèn.féwr, de Baudouin
de Marasch, et qui composa l’oraison funèbre de
ce prince. (Cf. ci-dessus, ch. cvuri.)
200 CHRONIQUE
Buwngbgun b dat fewquogh, mp Eu abobalve. umpe dupqwuteugé Gufañilug
bepag : Ve gb weuwperne ii puithg L ufqpt Pmuwuiufu :
ANA: Gogel ef vuuitun \obuth Enpuye (Oveprut olumnk dESh, np | Lip,
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gopeuñit echenrukks : Vel Eqeweg bepeg wnbu q4d0bd wpbuñt unpu Swqupuuunnfit
Jegehu Greg, apng pou Enbgh vuuitog nef jt wnuph Vous:
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erboifbandh. f vEnpu disbut quil fufuunuquit qopuug ypwgebug, np EtEu ft k pu.
quphé con td bnp f oquunb pag, L'tus f ufuneuun qupäne get frnopbug géauu. be
Bague qhdè kpuqupt wpupbu, dpupuñ dinbus pur qocnt purewpfr, L fmongkgfis
qu ububuits ail fur) ; abréglu L wypbagfit getuulqne Hhulu Lagw. L Pupb us, p qupdäuiu
JE Su auque L'ebpnefEudh jules u fe phuiug :
vent de Trazarg, qui renferme les tombeaux des saints docteurs dont il imita
les vertus. Ceci est le terme de nos récits et le commencement d'une nouvelle
période.
CXXXIIT. Cette même année périt Sdéph'anê, frère du grand Thoros, sé-
baste, et fils de Léon, par la perfidie et la trahison d'un duc scélérat !, qui fit
étouffer ce héros, cet illustre champion des chrétiens. Ses frères [Thoros et Mleh]
vengèrent sa mort par celle de plusieurs milliers de Grecs; le meurtrier répondra
de leur sang devant Dieu.
CXXXIV. Cette même année, la célèbre ville de Tévin fut prise par le roi de
Géorgie, Giorgi. Il y pénétra en poursuivant les infidèles, qui étaient sortis des
murs pour le repousser; il les mit en fuite et les taïlla en pièces. Ceux qui échap-
pèrent au glaive coururent vers la ville pour y chercher un refuge; mais les Géor-
giens y entrèrent avec eux, les exterminèrent tous sans miséricorde ou les firent
prisonniers, et brûlèrent leurs habitations. Après quoi ils revinrent dans leur pays,
chargés de butin et traînant après eux une multitude de captifs ?.
1 Ce duc ou gouverneur était Andronic Euphor-
bène, le même dont il a été question précédemment
(note 2, p. 167, et note 1, p. 169). Thoros lui im-
putait plusieurs griefs, et, entre autres, le meurtre
de son frère Sdéph anë. (Cinnamus, V, x.) Vahram
et Sëmpad racontent que les Grecs firent périr
Sdéph'ané en le plongeant dans une chaudière bouil-
lante; mais c'est là évidemment un conte popu-
laire, expression de la haine des Arméniens con-
- tre les Grecs. Le récit d'Aboulfaradj (Chron. syr.
p- 359) est beaucoup plus vraisemblable; il dit
que Sdéph ané, ayant été invité à un repas chez
Andronic, gouverneur de Tarse, fut trouvé sans
vie et gisant auprès de la porte de cette ville, et
que Thoros, pour venger sa mort, tua plus de dix
mille Grecs, jusqu’à ce que le roi de Jérusalem,
intervenant entre les Arméniens et les Grecs , les eût
réconciliés.
2 Le nombre des prisonniers qu'emmena Giorgi
s'élevait à soixante et dix mille, suivant le chro-
nographe Samuel d'Ani. À la nouvelle de la prise
de Tévin, l'atabek Éldigouz ou Ildiguiz, qui avait
des prétentions sur cette ville, accourut, mais sans
pouvoir atteindre le roi de Géorgie. À la vue de cette
cité, dépeuplée et réduite en cendres, furieux, :l
alla attaquer la place forte de Mërian, au nord de
Tévin; 11 y répandit le sang à flots et y mit le feu.
Quatre mille chrétiens, Arméniens ou Géorgiens,
perdirent la vie dans ce désastre. Il traita de la mème
manière le grand bourg d'Aschnag, dans la province
d’Artsakh, où sept mille personnes trouvèrent la
mort dans les flammes. De là, ayant pénétré dans la
province de Koukark’, et étant entré dans la plaine
de Kak, 1l voulut mettre aussi le feu au célèbre
couvent de la Sainte-Croix; mais, suivant le té-
moignage de l'historien Vartan, son camp fut envahi
par une masse de serpents venimeux qui l'arrè-
tèrent dans sa marche. Ce fait est d'autant plus
croyable que, dans la plaine de Mough'an contigué,
vers l’est, à la province d’Artsakh et riveraine de la
mer Caspienne, la contrée, couverte d’herbes très-
hautes, est infestée de serpents, dont la longueur
atteint souvent huit-à neuf pieds, et qui se multi-
plient tellement en été qu'ils rendent le passage de
DE GRÉGOIRE LE PRÊTRE.
SENS
201
| pt Lphomnuh hupwuhpnh run. p Jeerfunbuitu Jus-pabhg opS LEpat . al :
TEL LS
Au Christ miséricordieux gloire et bénédiction dans les siècles des siècles !
Amen.
cette plaine très-périlleux (cf. Klaproth, Tableau
historique, géographique, ethnographique et politique
du Caucase, Paris, 1827, in-8°, p. 153). Quatorze
siècles avant Tidiguiz, Pompée rencontra dans ces
lieux le même obstacle. Au rapport de Plutarque,
le général romain «s’estant mis en chemin pour
‘ penetrer jusqu'au pays d'Hyrcanie et à la mer
« Caspienne, fut contraint de s’en retourner en ar-
«riere pour la multitude grande des serpens veni-
« meux et mortels qu'il y trouva, en estant aproché
« de trois journees. Si s’en retourna en Armenie la
« Mineure. » (Vie de Pompée, trad. d'Amyot, t. [”,
fol. 417 v°, éd. de 1619, in-f°.)
Hisror. ARM. — I.
Cependant les infidèles, apprenant que Giorgi
accourait avec des forces considérables, furent ef-
frayés, et se retirèrent en toute hâte, abandonnant
leurs bagages et les captifs qu'ils avaient enlevés, et
que recueillirent les Arméniens et les Géorgiens.
(Tchamitch, t. ILE, p. 79-80.) Ibn-Alathir et Aboul-
féda racontent l'expédition des Géorgiens contre
Tévin à la date du mois de scha’ban 557 (juillet-
août 1162), et la revanche que prit sur eux Ildi-
guiz, accompagné du Schahi-Armén , Ibn-Soukman-
el-Kothby, et du fils d'Ak-Sonkor, prince de Méra:
gha, dans l’année suivante.
26
+ LE DOCTEUR BASILE.
NOTE PRÉLIMINAIRE.
Cette oraison funèbre a été retrouvée à la suite de l'un des cinq manus-
crits de la Chronique de Matthieu d'Édesse, que possède la bibliothèque du
couvent de Saint-Lazare, à Venise; n'ayant à ma disposition, pour faire ma
traduction, que la copie prise sur ce manuscrit unique, j'ai dû respecter
scrupuleusement le texte, quoique altéré dans plusieurs endroits, et ne pas
hasarder des restitutions conjecturales. Je n'ai admis que celles que la gram-
maire ou le sens réclamaient avec une exigence évidente.
Nous ne savons rien du docteur Basile, si ce n'est qu'il mourut, ainsi que
l'atteste Grégoire le Prêtre (ch. cxxx11), en l'année 611 de l'ère arménienne
(9 février 1162-8 février 1163). Dans les notes 2 de la page 150 et 3 de la
page 161, j'ai donné, sur l'origine présumée de Baudouin et sur sa mort, des
détails que le lecteur pourra consulter. Dans le récit lamentable que nous
retrace Guillaume de Tyr (XVI, xvi) de la catastrophe qui fit tomber pour 1a
seconde fois Édesse aux mains des musulmans, commandés par Nour-eddin, il
dit en parlant de Baudouin : « Mortuus est ibi vir nobilis….. et militaribus insi-
«.gnis operibus dominus Balduinus de Mares. » Ces quelques mots, et deux li-
gnes qu'on lit dans Aboulfaradj, sont le seul souvenir qui ait été consacré à la
mémoire d'un prince français qui fut l'un des héros des croisades. Il est donc
précieux pour nous d'entendre les révélations de l'auteur arménien, qui rem-
plit auprès de lui un ministère sacré et tout de confiance, et qui vécut dans
son intimité.
26.
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204 ORAISON FUNÈÉBRE DE BAUDOUIN,
ORAISON FUNÈBRE DE BAUDOUIN,
COMTE DE MARASCH ET DE KÉÇOUN,
| PAR BASILE, |
DOCTEUR EN THÉOLOGIE, SON CONFESSEUR.
(Nwpobg vacuum Swan, gpbd J-S-uslqerlquite fAnpop k pugliuSunius wmnuuneop Su.
pb Susmeugbing Éphunnuk, fitacaitg fEplwkuyhg dEpng fbotn, QESEute,
Meoute, Qéplsuphey L ape de unpop abons, meute L hpobannnuïte hgE, Jhepu_
pulshup Jwgqu k béqueu, dut wuÇuuqhun Ynpneubkçy fobouuft k añnnkp dEnuiukpnju
@ asqune ft:
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L. wbfpus fofvuñnoy qopurg Snodiybgeng. juger wnbbo Kunliug Vpn lt, vupuatus
at enwpbnp L wpupuS.p anni, L np Surghe Seybugfu, soutft que ohkabre
Etat. qf Sn wquqaelh, Oh n$ un. L Ephhp qn5h, BE ns SwS4Egur puy $nnnd
bag hf Log L fnip Spy lui, bf4 5 dép Sulinpdukkgu.p pau juyuivE]
med. p que. fr fopunn wunnneuuk ungne quil fu Von da: us k ebpbaqiit annrebt,
Ms. ques .
TRADUCTION. |
Moi, Basile, humble serviteur [de Dieu], j adresse ces paroles en les accompa-
_ gnant de douloureux gémissements, de soupirs et de larmes, à tous les fidèles du
Christ, et principalement à nos voisins de K'éçoun, de Behesni et de R'aban, de
Germanicia (Marasch), et à ceux qui habitent les villages, bourgs et monastères
dépendants dé ces villes, quelle que soit leur nationalité ou leur langue, au sujet
de la triste fin du printé infortuné Baudouin.
Dieu le tout-puissant, auteur de l'univers, lui donna l'être et l'établit en vue
des chefs impénitents et pervers des Romains (Franks). Les éléments et toute la
nature, qui manifestent la volonté du Créateur, et sont soumis à cette volonté,
et le monde entier, chose incroyable! ne le possèdent pas. La mer s'écrie : Il n'est
pas ici. La terre dit: Il n'est pas caché sous le sol, dans mon sein. L'air et l'eau,
avec le principe igné, tiennent ce langage : Nous n'avons pas osé révéler et mani-
fester à qui que ce soit ce que Dieu a caché avec la menace de peines sévères. La
mort et le tombeau proclament ces paroles : Nous ne l'avons pas saisi, et nous ne
1 L’auteuraicien vueprincipalement les Franks, que déjà en 1115 le prince r'oupénien Léon E*
qui étaient répandus dans la Cilicie, surtout dans avait fait bâtir un petit couvent pour des moines Îla-
la partie de ce pays au nord de la principauté tins, à la prière de sa femme, sœur de Baudouin Du
d’Antioche, ainsi que les Syriens Jacobites, qui Bourg. (Cf. au sujet des monastères arméniens, sy-
avaient des monastères sur la Montagne-Noire, et riens, grecs et latins de la Montagne-Noire, p. 33,
dont le patriarche recevait l'investiture des princes note 3.)
arméniens. On lit dans Tchamitch (t. NI, p. 38)
COMTE DE MARASCH. 205
BE fe ns minibus Los wbuwp Hp b wpau dEnkjog, L fr dep KÉvauillug ni
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boperute, Jhpmguitts Joke ape uuqm dt qu qenent nukbpop, gewpäpurguuuk
chugwugop dupdfi. L ép Guamunhgbiuy ququiuf vfque 05 fouñqequnntque k 4 kakghm.
BEUE Uaque, bas uusbug quanqunknf k this top, os qOugun & bag Phi
Unpuw, L 05 agnpd qu diulqpusjuit anhng dub js but unpus, ftuybjnd fr uw inquyne-
Put up. b SE, n5 Æuwjubwg on us, 54 np hgbu qe Gul neunh, Swpquubçad qgeub,
Péplo fEnYtuy ghhuñtkp Yurmunnefhih quauun huit puy SuulEuun SuiXiuphry L pur
bat qunwufuuñhe opus, wébuuyfuphté jhqneus fr Sabot pwppunbur que
Eeugliug Suñtogkufs fulenaneffui, gone L f Sauwkh ebuwkf puÿuiupnfl
l'avons pas vu descendre dans les rangs des morts, et cependant il n'apparaît nulle
part parmi les vivants'. Eh bien donc! ce jeune homme si audacieux dans les
combats, ce guerrier victorieux, si intrépide dans les luttes contre les barbares,
ce robuste athlète, ce brillant et valeureux champion des chrétiens, Baudouin mon
bien-aimé, quelles mains ont saisi ses mains à l'étreinte irrésistible et endurcies
par la fatigue? Quel faible bras a courbé ce bras invincible? ou plutôt quel est le
vaillant, le fort d'entre les milices des circoncis qui a pu percer et précipiter à
terre ce héros aux membres énormes et robustes, ce géant vigoureux? Quel est
le cœur de bête féroce et enragée qui n'a pas été attendri à la vue de sa beauté,
qui n'a pas eu honte, qui n’a pas été retenu de commettre un pareil forfait, qui na
pas été ému à la vue de ce prince charmant? quel est celui qui a été sans pitié
pour les grâces de sa jeunesse, sans compassion pour cette adolescence dans sa
fleur? quel est celui qui, alors, lui aurait dit : Qui es-tu et d'où es-tu? sans se
laisser peut-être toucher par ses paroles, et sentir amollir sa férocité par sa mo-
deste, prudente et sage réponse émanée de sa bouche véridique, et exprimant
couramment en arménien” la sagesse, la force, la grandeur héroïque de l'âge mûr,
plus tenir, résolurent de sortir de la ville pendant
la nuit. Ils avaient déjà franchi les portes, suivis
de la multitude des habitants, lorsque les Turks
tombèrent sur eux et en firent un carnage horrible.
Mille d'entre eux seulement, après s'être fait jour,
le fer à la main, parvinrent à gagner Samosate.
Ce fut dans cette mêlée que périt Baudouin, et
! Pour comprendre toutes ces figures oratoires,
il est nécessaire de se rappeler le récit d'Aboulfarad)
(Chron. syr. p. 339-340) et de Grégoire le Prêtre
(ch. cv). Zangui, après s'être emparé d'Édesse,
y avait laissé une garnison turke. Ce prince ayant
été tué quelque temps après sous les murs de la
_ forteresse de Kala’-Dja'bar qu'il assiégeait, Josselin
crut l'occasion favorable pour recouvrer sa capi-
tale. Il se mit d'intelligence avec les habitants
d'Édesse, dont la plupart étaient Arméniens et
chrétiens. Un coup de main, dans lequel il fat se-
condé par Baudouin de Marasch, le remit en pos-
session de cette ville, à l'exception de la citadelle,
où s'élaient renfermés les Turks. Au bout de quel-
ques jours, tandis qu'il était occupé à en faire le
siége, Nour-eddin accourut d'Alep. Les guerriers
chrétiens, placés entre la garnison de la forteresse
et l’armée de Nour-eddin, voyant qu'ils ne pouvaient
son corps, comme nous f'apprennent Aboulfarad)
et l'auteur de cette oraison funèbre, au milieu
des images qu'il accumule, ne fut pas retrouvé.
(Conf. Guill. de Tyr, XVI, xvr, et Ibn-Alathir, ad
annum 542, t. x1, p. 75, édit. Tornberg.)
? Ces paroles attestent combien les rapports du
comte Baudouin avec les Arméniens furent in-
times, puisqu'il avait appris à s’énoncer dans leur
idiome, mtey@wpbik 1éqrcur., d’une langue qui ne
bronche pas, impertarbablement, suivant l'expression
de notre auteur.
-
— a ms NE PR mm 7
TE gr oo,
D po mo mo
206 ORAISON FUNÈBRE DE BAUDOUIN,
Juan fit L'aEtuÿu Uhpe avguinp 4Evgwgqu, ncuunp Xañnush dE Su Eum it qn_
Joe fobrtuwgu :
C£ioer dell Epluftp qpuñuu, gb dj onquuuhgfdle f qupuurunnbu wunnquy
bapu, L'ufpuÿaquh XuitwuunSh, qnp puqnl wvqud ghqnigu.e n$ qu quite uatuih
gap opus. Los uitunug pulhg Uopu grep wnbut E ann, qh 05 ou fs
upuubup [vous pue Uliu, puyg goes wbafu Vopu, qhpke feu L févusyn fi
cum uub ing pphunitbkg. non wivpneg que: Gapul euh dpuÿt neuf k dE. fu qm_
2uhEgup ghapreun un bnp page uñiquf, Hhuber k'quekp dEg k adncwnlit kp
qui auby Uu, que op re rs babbe: Wet S'uwphup quis, Bbphu quosnpkuir
bekhg & bebbugk k juivguñug papas f furtugSne {et nqapdaeBEuñt Le ufunfusaupn
Phi pungpm Bbut. gl ns wibaferañunt qui, 4h uiunqopl garni (fübjng k
Jupup queue lun Se wdEtuuju uivagoql uunhg wub f Suite bpäkeft kw
pepe aitfg : Sun uk nr dupe ap & E diupeuiuk qu f Sphzumwug Eplivurnqug,
ay Vuunneud Gupufi gen, np bou & Spbanuug L diupeluis Of ay juñrguiup
1 Ma. aougfranustau, [fu <
que chacun reconnaissait en lui, et tous les sentiments qui, dans cette vie passa-
gère, trahissent la magnanimité et l'excellence des princes?
Mais je ne veux pas insister plus longtemps sur ce point, afin de n'être pas
blâmé par les ennemis de Baudouin, qui s'appliquent à le dénigrer, et je me
bornerai à signaler la mauvaise voie qu'il avait prise et dont, par nos avis, nous
avons essayé bien des fois de le détourner’, voie qu'il suivait avec obstination.
Il a refusé d'écouter les raisons que nous lui donnions et dont ïl a fait l'expé-
rience; car nous n'avons jamais été occupé à lui dire autre chose que ce qui
pouvait profiter à son âme, c'est-à-dire de sauver et de protéger les malheureux
chrétiens; mais il rejeta ces conseils. Cette année même, entre autres, nous
l'avons prévenu bien souvent que sa perte était imminente, quoiqu'il nous en
coûtât de le lui dire, et quoiqu'il fût pénible pour nous de lui tenir ce langage,
que nul autre n'aurait osé lui adresser. Cependant nous n'avons pas hésité à
le faire, espérant que peut-être, effrayé, il changerait sa vie criminelle pour
adopter l'humilité, la charité, l'oubli des injures et la douceur. En effet, il n'igno-
rait pas que la sentence inflexible du juste juge, de Dieu, doit atteindre ici-
bas et dans la vie future tous ceux qui ont un cœur dur et les orgueilleux. Nul
d'entre les hommes, nul d'entre les anges qui habitent le ciel, ne peut s'opposer
à ses volontés, et c'est lui qui est leur maître souverain. Les autres défaillances de
la chair rangent naturellement parmi les pécheurs ceux qui s'en rendent coupables,
et les conduisent en jugement. Il ÿ en a qui souvent obtiennent grâce du Seigneur,
1 Tout en proclamant les nobles qualités de
Baudouin et en témoignant de l'attachement qu'il
lui portait, le docteur Basile ne cesse de lui re-
procher son ambition, ses violences et ses dépré-
dations. C'est là l’idée dominante de son discours,
l'éternel grief de la nation arménienne contre les
croisés. Nous avons entendu les mêmes récrimina-
tions exprimées par Matthieu d'Édesse, et nous les
verrons renouvelées plus tard par l'archevêque de
Tarse, saint Nersès de Lampron. De la part de ce
dernier, dont la modération, la douceur de caractère
et la sympathie pour les Occidentaux sont connues,
elles ont un trèsgrand poids; et le témoignage des
historiens latins nous montre qu'elles n'étaient pas
sans fondement. Le discours du docteur Basile,
comparé avec ce que disent les deux écrivains ar-
méuiens, peut expliquer plusieurs faits de l'histoire
des croisades auxquels les Arméniens se trouvèrent
mêélés, et jeter un nouveau jour sur les rapports
politiques qui existèrent entre eux et les Franks.
COMTE DE MARASCH,. 207
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1 Ms. uvkpfr.
qui est l'ami des pécheurs.« Il a abaissé les cieux! » etest venu à la recherche de la
brebis égarée, notre image, afin de ramener à la pénitence celui qui était criminel.
Mais l'orgueil arrogant, l'obstination que rien ne peut dompter, l'endurcissement du
cœur, le défaut de miséricorde, joints à l'habitude de la spoliation, mènent au péché;
et les hommes mondains, que les démons dominent ici-bas, se transforment par
l'influence de ces esprits du mal en démons, et ils subiront le même sort que Satan
et ses satellites, au jour terrible de l’impartial et juste jugement. Dans ce monde
même Dieu n'épargne pas de pareils endurcis, surtout ceux qui sont suscep-
übles encore d'être corrigés, et qui, dans des occasions particulières, sous un pré-
texte, pour peu de temps, et avec répugnance, selaïssent entraîner à cette conduite
satanique, qui ici-bas s'ennuient et rougissent de la confession, et néanmoins s'in-
dustrient pour sortir de cet état fâcheux au moment favorable. Mais comme
ils ne se hâtent pas [de se convertir] et de rejeter au loin ces iniquités, et qu'au
contraire ils y ajoutent de jour en jour, d'heure en heure, d'année en année, et
en comblent la mesure, tout en en concevant du regret, et en s'imaginant pouvoir
tromper Dieu que l'on n'abuse Jamais, 1l ne leur pardonne pas; il les avertit en les
frappant de châtiments, une fois, deux fois, et quelques-uns beaucoup plus sou-
vent. Quant à ceux qui aggravent leur endurcissement et qui résistent à ses avertis-
sements, il les condamne sans rémission et les fait périr ici-bas, afin que le mal ne
s'accroisse pas pour leur perte et celle d'une foule d’autres. Toute l'Écriture Sainte,
l'Ancien et le Nouveau Testament servent de preuve à mes paroles pour ceux qui
voudront s'en éclaircir; et les exemples des hommes qui se sont repentis ou qui
se sont perdus tout à fait leur donnent plus de force. Mais j'ai pensé qu'il était
1 Psaume XVII, x.
208 ORAISON FUNÈBRE DE BAUDOUIN,
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hors de propos et superflu de les rapporter ici. En effet, quand il s'agit de ce dé-
funt incorrigible et indisciplinable, de ce captif qui ne doit plus revenir, de ce
prince disparu à jamais pour nous, beau jeune homme, victorieux et intrépide
guerrier, perspicace, sage et prudent, dont la vie fut si courte, de cet excellent,
agréable et digne chef, sire’ Baudouin, ce serait un tort de ne pas raconter sa perte,
et de ne pas déclarer publiquement et franchement ses erreurs; non pour ternir
sa mémoire, mais afin qu'il obtienne de Dieu la rémission de ses péchés. Car nous
savons que tous ceux qui ici-bas s'efforcent de cacher leurs fautes et les secrets
honteux de la conscience, pour ne pas rougir devant les hommes, ceux-là, dans
l'autre vie, verront leurs actions divulguées et seront couverts de confusion, en
face des anges et des hommes justes ou criminels, lesquels ont existé depuis Adam
jusqu'à nous, et qui, ressuscitant, se tiendront debout, pleins de crainte, la terreur
empreinte sur la figure, la tête renversée et”tremblants, devant le redoutable tri-
bunal de Dieu. Dans cette publique assemblée, en présence du Père universel, de
son fils unique, le Verbe, et du Saint-Esprit, le rénovateur des créatures, il ny
aura ni parole, ni action, n1 pensée qui reste cachée à la pénétration omnisciente
de notre Créateur. Ce qui est déplorable, bien fait pour arracher des larmes, et ce
qui sera irrémédiable à jamais, c'est que, lorsque sa terrible et redoutable sentence
sera prononcée, les âmes des pécheurs, couvertes de la même honte, resteront
dans cet état d'opprobre pendant toute une éternité sans limite, sans fin, sans
mesure, suivant la parole du grand archange [Michel], qui, lorsqu'il parlait au pro-
phète Daniel, lui fit cette révélation : Quelques-uns ressusciteront pour une vie éter-
nelle [et les autres pour un opprobre qu'ils auront sans cesse devant les yeux *|.
Ici-bas, si nous reconnaissons notre culpabilité, si nous la proclamons en
! Les titres d'honneur ou de dignité empruntés tillier, yoyy#n ; chambellan, pewiypju; connétable,
par les Arméniens aux croisés appartiennent tousà grctqemung ; baïle ou baïilli, 4wy, . Ces titres étaient
notre vieille langue française. Ils leur ont pris,entre en plein usage à la cour des souverains r'oupéniens.
autres, ceux de sire, hp; maréchal, Sivpwgwfs où (Cf. mon Introduction.) |
diupufuÿunn; Sénéchal, v£tE guy OÙ whubuÿuy ; DOU- ? Daniel, XII, u.
COMTE DE MARASCH. | 209
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L Guumupbaut fununaguñtnfffub L Suewuup upper wewquiufiu, hop$t deg angl
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umop , bufu L'une Sn qhannalu qdqu ff, L aq 3kg wdbükqni:
(V'L éabute L hobuñtwkhg bee bS L Eneupe, gore Etui SES time k Srunluukop,
l'avouant, sans fausse honte, sans dissimulation, sans chercher à la pallier par des
subterfuges, alors une confession véritable et parfaite, et égale au mérite de la
piscine sainte, nous fait obtenir notre pardon, si toutefois nous y ajoutons un re-
pentir suflisant. Tous nos péchés avoués sont détruits en nous; effacés et purifiés,
ils n'existent plus; car Dieu, qui est enclin à pardonner et miséricordieux, fait
grâce à ceux qui, de cette manière, avec un esprit éclairé, ou de plein gré, con-
fessent leurs égarements dans ce monde. |
Ces réflexions et la considération des torts de notre cher prince m'ont porté à
les divulguer et à les rendre notoires à tous, et à les consigner par écrit, comme
si je me les attribuais moi-même. En eflet, ceux qui ont si peu d'affection pour
leurs amis, qu'ils oublient ou cachent après leur mort les fautes que ceux-ci ont
commises, ceux-là peuvent être comptés parimi les animaux entraînés par leurs
instincts charnels, et doivent être regardés comme les amis du corps seulement.
Nous, cest en veillant spirituellement au soin de son âme que nous entre-
tenions notre attachement pour lui, et s'il nous avait écouté tant soit peu, il serait
maintenant vivant et par l'âme et par le corps. Mais comme il avait endurci son
cœur, il a péri à Jamais dans sa double existence. Aussi, plein de tristesse, je
m écrie d'une voix gémissante : Peuples et nations de tout langage, prêtez l'oreille;
principalement vous, rois, princes, vous tous juges de la terre, et vous qui êtes
chargés de devoirs difficiles et qui avez la direction des volontés dans la conduite
des choses temporelles; écoutez et apprenez les erreurs de notre bien-aimé et
illustre prince. Je viens de sa part et pour ainsi dire par sa bouche, comme si
c'était lui-même, vous les révéler en tombant à genoux avec larmes, d'abord devant
Dieu qui connaît mes péchés, ensuite devant vous tous.
« O princes, et vous mes collègues dans le pouvoir, et mes frères, vous, sol-
«dats, cavaliers et fantassins, envers qui je me suis rendu coupable et j'ai commis
Histor. ARM. — 1 27
. 210 : ORAISON FUNÉBRE DE BAUDOUIN,
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bepanm fpruu qnb quil dEquy 2ogefom fbanln. Lun gop Yurunupus-fiu bdny gdinaus
« des injustices, vous peuples, qui, dans une position contraire À la leur, étiez tombés
«sous le pouvoir de mes indignes mains contractées par le péché; dans ma folie,
« j'ai encouru ma disgrâce par les innombrables rapines que j'ai exercées sans pitié
«et les malédictions sans fin qu'elles m'ont attirées, par une conduite faite pour
«arracher bien des soupirs et des larmes. Car je n'ai jamais réfléchi aux paroles
« divines qui se faisaient entendre et retentissaient sans cesse à mes oreilles sourdes
«et fermées par l'iniquité, paroles qui me disaient : Ne donne jamais dans ta vie
«occasion à personne de te maudire, car Dieu, qui a créé celui qui se plaint,
« écoute les gémissements de son cœur; et les autres préceptes qui interdisent la
« tromperie, la convoitise des propriétés et des objets de notre prochain, de ses
« villages, de ses campagnes, de ses provinces; qui commandent d'être soumis
« volontairement aux princes plus élevés en puissance que nous, comme à Dieu
« lui-même, et cela avec fidélité et non point comme à un homme simplement;
«qui interdisent de faire tort à qui que ce soit, de dépouiller les orphelins, les
« veuves, les voyageurs, de s'énrichir par la violence, les exactions et les rapines,
« d'élever de somptueux édifices, ou les remparts d'une ville, au prix des larmes
« des étrangers, des veuves, et des malheureuses populations des campagnes
« écrasées d'impôts; — paroles qui défendent la calomnie ainsi que l'orgueil ins-
« piré par le sentiment personnel de la force, de la grandeur et de la sagesse que
«l'on possède; qui veulent que l'on ne condamne pas les fautes d'autrui, celles
à que [l'Évangile] appelle de tout petits fétus de paille, en négligeant de voir les
«grosses poutres que nous avons dans l'œil; que l'on ne méprise pas les lois du
« Créateur, en pensée, et celles des chefs de l'Église établis pour être nos juges,
«par un acte de désobéissance formelle; que l'on n'ait pas l'esprit dominé par la
« passion de la concupiscence; que l'on ne se vautre pas dans les plaisirs des sens,
«et que l'on nen contracte pas la souillure; — paroles qui m'obligent à penser
COMTE DE MARASCH. 211
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diuprny gp Count day Spanish uljuniub fui. fuut npny k quant purge thqng EU
« sans cesse au moment de ma mort, et à tâcher de faire une bonne fin; qui exigent
« que je jure à Dieu d'accomplir ses préceptes, exclusifs du péché et consignés dans
« la sainte Écriture, et que j'ai entendu annoncer par nombre de prédicateurs, si
« souvent que je les ai appris par cœur; préceptes enseignés par le docteur [Basile]
“en deux langues’, et sans cesse proclamés par lui, inaltérés, d'une manière ferme
«et convenable. Je les répète maintenant suivant la mesure de mon intelligence,
« faisant ainsi ma solennelle confession devant Dieu et devant vous. Je veux que vous
«sachiez que c'est avec justice que Dieu, devenu inexorable, a sévi contre moi.
« Je savais qu'il fait périr sans rémission certains hommes, même lorsque la
« guerre a pris fin et que les armées ont recouvré la paix; 1l se hâte alors d'impo-
«ser aux pieds et aux mains le désir du meurtre. Ceux qui vont vers leurs amis ou
« vers leurs troupes pour les abuser, et qui tiennent un langage perfide ou com-
« mettent des iniquités, ceux-là tombent sous le coup de cette sentence du Créa-
« teur : Quiconque verse le sang humain, son sang sera versé en expiation; meur-
«trier, 1l sera relégué par le Seigneur parmi les traîtres, réputé abominable, et
«recevra de lui la mort. Je sais quil est écrit : Tu ne convoiteras pas le bien
«d'autrui, tu ne tenrichiras point par des injustices, afin que tu n'aies pas à
« laisser au milieu du jour ce bien mal acquis. Je savais aussi que les palais magni-
« fiques, les édifices somptueux, les villes construites au prix d'exactions, de ra-
« pines, de soupirs et de larmes, ne conserveront pas leurs habitants. Je sais ce
«qu'a dit saint Paul sur ceux qui ne sont pas soumis à leurs supérieurs, qui s’op-
« posent à leurs volontés, lorsqu'il affirme que ce n'est pas aux ordres de l'homme
«qu'ils résistent, mais de Dieu même. C'est pourquoi ceux-là encourront la ven-
1 Cette phrase prouve combien la langue fran- çais et tantôt en arménien. Nous verrons plus loin
çaise était alors répandue dans la Cilicie, et combien ces faits confirmés par Île témoignage de saint Ner.
le nombre de nos compatriotes y était considérable, sès de Lampron.
puisque le docteur Basile prêchait tantôt en fran-
27.
212 ORAISON FUNÈBRE DE BAUDOUIN,
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gEuft b SEuntk, df qunnhp, gb db quwhghe, L EE YbaSuunp, Suit fu qebpuirq
guuiuk pri, np q$tan uyurghh pañuu bu. gb ff upg uivybu, achat que
détauÿs juitquñaug jui fdisure[fabu, op qphu Qu jumnncud af qfpu, gp Eu qu
déj qhunbh L opfirap L ehann hu El dEquegbut Vues eut apry wuitful
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pousnfute fu quungepliefbuñ grquitop Sañnbpa. dstheeffhit, Route fui
L'uquanpulp dumok GÉtguquu fuel fi qhu: (le wyreunrfbudf mbk quite, funl
bnufi Suuunnb) qrpuñuk que, ay br pag pouls Pages qaulEteÿt unnpuitu fu
cho fbañ éugangugu fudhh. vuluÿ 05 fre uguy, dus 946 e9bu Yapreun wluis, quyu
Pour qunnSuuk plug b SEwnñh: (lpr$bink qyunaguagnj fpunn pump [Htuñ
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Epkeb suphus VyLab æubguy Les frpuuntguy Uepsbt ns pd24Eguy, bunmugnequitt.
pod qqun Gp pne fait anffuqanueuities fuit uperfe, ait fanaitutn [JE pungnne-
Bb Von Se jaumoloupm Bet qhe 4esk, pop ban Gbpkpe vñgqunle huis
« geance de Dieu, dès à présent et à la fin de leur vie. Je sais qu'il n'est pas per-
« mis de calomnier, d'accuser et de médire, qu'il ne faut pas tirer une vaine gloire
« de la grandeur et de la sagesse qui nous ont été départies. Je sais ce qu'a dit
«le Seigneur : Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés. Hypocrite, ôte
« d'abord la poutre qui est dans ton œil, etc." ne voulant pas énumérer la série
« des prescriptions qui condamnent le péché et qui sont contenues dans la sainte
« Écriture, le péché qui est une offense envers Dieu, ainsi que me l'apprennent et
« la loi écrite et la science des choses divines. C'est pourquoi je me prosterne
« devant le Seigneur, et je fais ma confession. Je reconnais mon orgueil, mon
«inhumanité, mes actes de spoliation, mes tromperies; la puissance, les vaines
«séductions de cette vie mondaine m'ont abusé. Mais, en faisant le mal, je
«n'avais point perdu l'espérance, je ne voulais point laisser persévérer dans ces
« penchants mon cœur porté à la componction, je me proposais de renoncer un jour
«entièrement à ces vanités et à ces séductions éphémères. Cependant j'ai différé
«de venir à résipiscence, jusqu à ce que ]j ai vu ma dernière espérance s'évanouir
«et la main du Seigneur s'appesantir sur mol. Auparavant je ne croyais pas que
«ses avertissements, donnés avec douceur, étaient destinés à opérer ma guérison;
“et maintenant cest moi qui spontanément m accuse et qui justifie le Créateur,
«parce que, par de faibles moyens, les châtiments corporels, la mort prématurée
« de l'épouse associée à ma vie et de ses enfants, ainsi que d'autres personnes
«qui me touchaient de près ou qui m'étaient étrangères, et livrées à leurs pen-
« chants sensuels, il m'avait fait entendre sa voix, transformant en biens infinis des
« crimes indignes de pardon. Mais comme, après avoir été ainsi admonesté, je ne
«me suis ni corrigé ni amendé, et que Je suis resté dans l'endurcissement, l'obs-
«tination et l'orgueil, oubliant que la mansuétude du Seigneur m'invitait au re-
1 S. Matthieu, VIL r et v: S. Luc, VI, xxxtti-xL 1.
COMTE DE MARASCH. 213
by, vs gh2Egh, v4 qinut 08 kr, dfvsk pungprfhut agopie Eu Vpepsht k guuns ii
papa Eu wuaft fly qapänegh: |
Le ere het quye Poncenuluiiu, gl os apubu dénbuy f diu$ne jhounneulEng Ed,
Los opube fEbquuk f Gba Ephbjng, appañ She WE L dun peunlugbur & fa.
neuk L Spore qupänegfé gbpbuu bephug b pantur JBvE oghurqañons fu h & qep
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«pentir, et qu'il pardonnerait avec bonté ma désobéissance, j'ai perdu de vue ces
«avis salutaires et je n'y ai pas réfléchi jusqu'au moment où j'ai changé sa dou-
«ceur et sa clémence en un terrible courroux sous lequel j'ai succombé.
« Je n'ignore pas maintenant, infortuné que je suis, que ma mémoire ne sera pas
«mentionnée après ma mort, comme on le fait pour ceux qui ne sont plus, et que
« je ne dois pas revenir à la vie, comme ceux qui jouissent de l'existence, parce que
«le Seigneur de la vie et de la mort a été irrité. Aussi les anges ont-ils détourné
«leurs faces de moi en m'enlevant le secours et la bienveillance du Sauveur. Les
« hommes m'ont voué une haine profonde, mon père et ma mère par leur mort
« m'ont délaissé; les fils auxquels j'avais donné le jour, mon épouse, mes amis, tous
« mes soldats ont été sans entrailles pour moi. Mes parents, mes proches, mes com-
« pagnons d'enfance, mes fils ont renoncé à mon affection, se sont éloignés de
«moi et ont perdu mon souvenir. Tous m'ont pris en aversion comme un étran-
«ger, et m'ont évité. Ils mont abandonné sans m'accorder une pensée après le
«trépas, et comme un captif qui n'est pas destiné à être racheté et qui reste aux
«mains des infidèles. J'ai été oublié, comme mort, dans le cœur de tous, en-
«glouti, brisé en pièces et détruit comme un vase d'argile. Et maintenant où est
«mon espoir? quelle sera la compensation à tant de souffrances intolérables
“que j'ai subies dans le monde? Personne ne prendra pitié de mon âme in-
« fortunée, pour me rappeler parmi les vivants, ou pour répêter mon nom avec
«ceux des morts. Non, personne ne me rendra ce service. Voilà cependant que
«j'ai révélé à tous mes frères et à l'univers, par un aveu public, franc et. spon-
«tané, les plaies de mon âme, et je n'ai été ni soulagé ni délivré. J'adresse
1 Guillaume IX, comte de Poitiers, père de Bau- laumeIX, mourut vers 1116. Plus tard, en 1119,
douin de Marasch, était mort le 10 février 12127. Guillaume avait épousé en troisièmes noces Hilde-
(Dom Vaissette, Hist. génér. de Languedoc, XVI, garde, quil répudia bientôt après pour prendre
Lxxxnt. ) Nous ignorons si Baudouin eut pour mère, Maubergeon, vicomtesse de Châtellerault. (Dom
comme Raymond d’Antioche, Philippa de Tou- Vaissette, ibid. xvzut et Lx.)
louse; cette princesse, seconde femme de Guil-
214 ORAISON FUNÈBRE DE BAUDOUIN,
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« donc mes supplications et mes vœux à mon Seigneur, mon Créateur, au Père
« des miséricordes, à Dieu, et, pareil à l'enfant prodigue et débauché, prosterné
« devant celui qui est la bonté même, je m'écrie : Père céleste, j'ai péché contre le
« ciel et en présence de ton anneau, de tes sandales, de ta tunique ineffable; ne me
«sépare pas, ne m éloigne pas, moi seul, des autres créatures terrestres, ne me
«perds pas entièrement, et fais que je vive encore; retire-moi de la perdition, car
«les profondeurs de l'abime n'ont pas de secrets pour toi, et tu peux ressusciter
«un homme d'entre les morts. O Seigneur, j'irai alors faire pénitence jusqu à la
« fin de ma vie coupable et jusqu à l'extinction de mon souffle vital. Car mainte-
« nant j'ai pris une nouvelle et véritable naissance; j'ai connu les effets terribles de
«ta colère, et combien c'est un sort redoutable que de tomber entre les mains
« du Dieu vivant. Si je suis mort dans le péché, si j'ai été privé de la vie, qu'il te
«suflise, Ô Dieu clément, que cette âme pécheresse ait demeuré si longtemps
« dans les tourments et les souffrances, oubliée dans les prières des vivants et au
«sacrifice de la messe. Tu me manifesteras dans ta miséricorde, et peut-être
« alors accordera-t-on souvenir et pitié à mon âme infortunée. Ne me livre pas
«à des tourments inouïis au milieu des morts et des vivants, parce que tu es
«le maître de la mort et de la vie, et que j'espère encore en tes paroles ré-
« vélées, sachant que tu peux me rendre à la vie ou me tenir caché. Je n'ignore
«pas, Seigneur, que Je tai irrité par mes crimes innombrables et indignes de
«pardon, par les fautes que jai commises envers toi, envers mes semblables,
« volontairement et involontairement, par pensée, par parole, par œuvre, dans
«mon âme, dans mon souffle, dans mon corps, dans mon esprit et dans tous mes
«sens; jai été retenu dans les liens du péché toute ma vie. Aussi je me pros-
«terne de nouveau en ta présence, à toi dont l'indulgence est infinie. Dieu clé-
«ment et bon, épargne-moi, quoique Je sois mort indocile; aie compassion de
COMTE DE MARASCH. 215
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«ta créature, de ton malheureux serviteur. Il ne compte plus sur la commi-
«sération des hommes, car l'affection pour lui s'est desséchée dans tous les
«cœurs, la pitié sest éteinte dans toutes les âmes. Mon nom a disparu et
«mon souvenir sest effacé de la terre des vivants, parce que tu as été irrité
«contre moi. Aucun d'eux nest touché de mon sort, car toutes les créatures
« obéissent à tes volontés. Mais c'est toi qui es véritablement miséricordieux, et je
«mets ma confiance en toi, qui pardonnes le mal et qui es souverainement bon.
« Mon père et ma mère m'ont abandonné, mon frère’ a oublié sa tendresse pour
«moi, qui la lui rendais avec la cordialité d’un frère. H a été absorbé et enve-
«loppé par les rêves du monde, par le soin des affaires temporelles, se com-
« plaisant, à mon exemple, dans une voie large, imprudente et où l'on s'égare,
“et dans laquelle il ne lui arrive jamais d'avoir la pensée de s'occuper ou de se
«souvenir de son âme, à plus forte raison de moi, captif sans rançon, perdu
«sans espoir de retour.
« Ne me rejette donc pas entièrement, ne m'oublie pas, ne me laisse pas dans
«cet état de détresse, ô mon Dieu! Mon Dieu! ne détourne pas ta face de moi, ne
«me châtie point dans ta tolère, ne me fais pas des reproches avec indignation,
«n'entre point en jugement avec ton serviteur, et ne me laisse point plongé dans les
«ténèbres et les tourments pour me faire servir d'exemple à tous. J'adjure ici les
«cieux et la terre, les anges et les hommes, affirmant que je ne suivrai plus une
« voie dissolue et de perdition, que je ne transgresserai plus tes commandèments,
« si tu me fais encore grâce cette fois. Je renonce au crime énorme que je. com-
« mettrais envers toi en faisant de nouvelles fautes, si je retourne parmi les vivants.
« Mais si je suis réellement condamné à ne point revenir d'au delà du trépas, tu
« dois me pardonner, à Dieu clément et éternellement miséricordieux : car dans
«l'enfer personne ne célébrera ta gloire et les morts ne te béniront pas. Montre
1! Raymond de Poitiers, prince d'Antioche.
216 ORAISON FUNÈBRE DE BAUDOUIN,
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« aux justes, révèle à tes dignes serviteurs mon âme indigne, afin que par leurs
« prières | obtienne grâce. Car Je n'ignore point que jusqu à présent personne na
« songé à moi, qui suis complétement oublié dans tes bienfaits, à Seigneur. Tristes
«et se détournant à ma vue, les cieux et la terre, les anges et les hommes se
« sont courroucés contre moi. Tout ce qui existe ma regardé d'un œil de colère
«et menaçant. En effet, la mort m'a fui; la vie s'est éloignée; la terre, effrayée
« par tes ordres terribles, ne m'a pas reçu dans son sein et ne m'a pas accordé de
« place pour ma sépulture; tous empêchant ainsi que l'on ne prononçât le nom de
«celui qui n'a trouvé d'asile nulle part. Si donc les éléments insensibles et ina-
«nimés mont pris en horreur, mont exclu, m'ont rejeté du milieu de la créa-
«tion, quel est celui d'entre les hommes qui sera indulgent pour moi? Reviens,
« Seigneur, reviens de ta fureur, détourne ta face de mes péchés, jette sur moi
«un regard doux et favorable. Oui, Seigneur, Seigneur, Père saint; oui, Sauveur
« du monde; oui, Être miséricordieux et clément, Esprit-Saint; ayez compassion
«d'un malheureux! O sainte Trinité, par l'intercession de la bienhenreuse Mère
« de Dieu, par les prières des apôtres, des prophètes et de tous les saints, qui
« depuis le commencement du monde ont été agréables à tes Yeux, fais-moi grâce
« et vivifie celui qui est anéanti; manifeste-moi vivant ou mort, Dieu des morts et
« des vivants. Gloire à toi dans l'éternité! »
Cette humble confession, ces supplications, ces prières ont été rédigées et écrites
par moi, au nom d'un captif sans maître, d'un mort oublié, notre cher sire Bau-
douin. Je ne cesserai de cette même voix suppliante de crier vers le Seigneur et
ses saints, Jusqu'à ce qu'il soulage mon cœur affligé, ce cœur qu'il a brisé dans
sa colère, en punition des péchés de sire Baudouin et des miens.
O vous tous qui entendrez ce discours contre l'orgueil, discours écrit par nous
COMTE DE MARASCH. 217
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à l'occasion de ce prince, qu'une confession publique, franche et solennelle, telle
qu'il convient aux véritables pénitents de la faire, telle que la prescrivent les com-
mandements du Créateur, vous porte à décharger votre conscience, en présence
de celui qui connaît les pensées et les actions de chacun, jusqu à ce que, désarmé,
il vous accorde un pardon complet. Vous chefs, et vous. qui vivez sous leur au-
torité, et vous tous guerriers, ne reniez pas Dieu, en restant indifférents à vous
préoccuper si son œil toujours ouvert et qui dirige ses jugements se fermera sur
vous avec indulgence. Contemplez le châtiment qui a perdu Baudouin, et réflé-
chissez aux menaces divines. Le cyprès, est-il dit, se lamentera, parce que le pin
est tombé. Écoutez ces paroles du Seigneur, paroles semblables aux précédentes,
et qui s'adressent à ceux qui sont indociles et sourds à ses avis : « Pensez-vous,
“a-t-1l dit, que ces Galiléens dont Pilate mêla le sang à celui des victimes qu'ils
«immolaient, ou ces dix-huit personnes que la chute de la tour [de Siloë] écrasa,
« pensez-vous qu'ils étaient plus coupables que tous les habitants de Jérusalem?
«Je vous le dis, si vous ne faites pas tous pénitence, vous périrez de la même
«manière .» Maintenant donc que vous savez tout cela, veillez sur vous-mêmes,
Ô tyrans, Ô princes. Car un jugement raisonné et impartial attend tous les êtres
doués de raison, ici-bas et après leur vie. Vous ne voulez pas écouter ce que dit
l'Écriture, et vous ne divulguez pas vos péchés par une confession pareille à celle
que vous venez d'entendre, et cependant mes paroles ont été mises par écrit, pour
glorifier et soulager Baudouin, pour servir d'avertissement et de réprimande à tous.
Aujourd'hui tous ses péchés ont été pardonnés, et 1l a recouvré son innocence
par son immense et profonde humilité, qui le portait à s'abaisser devant tous,
devant ses guerriers, cavaliers et fantassins, en leur prodiguant des paroles douces,
agréables et pleines de bonté, en les appelant tous enfants de Dieu, ses véritables
! Citation des paroles de Jésus-Christ rapportées dans l'Évangile de S. Luc, XII, 1-v.
HisTor. ARM. — I. | | 28
:
218 ORAISON FUNÉBRE DE BAUDOUIN,
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but, nounh L ataebphjoft pong bouw up Ynprobuw, Enk. L he gokjuñtugu wiug nephkôv,
frères. Distinguant par leur nom les chefs, les seigneurs, les nobles, il les excitait,
les exhortait, les animait comme un athlète victorieux et un champion intrépide;
il faisait le tour de son armée, et fortifiait ses soldats de sa voix sonore et terrible.
I adressait à çhacun en particulier des épithètes d'honneur : « Heureux notre
« sort, Ô mes braves, s'écriait-11, heureux les jours de grâce où il nous est donné
«de combattre! Encore quelques efforts et nous remporterons la victoire. Ne crai-
« gnez pas, au moment de la lutte, de courir à la mort pour le Christ, de succom-
«ber pour la défense des chrétiens. » C'est ainsi qu'il encourageait, qu'il rassurait
ses guerriers placés en dehors du camp. Puis, pénétrant au milieu des rangs, ïl
exhortait d'abord ceux que la crainte avait abattus, ceux qui se sauvalent pour se
cacher; il comblait d'éloges les braves; il enlevait les armes aux lâches et à ceux
qui avaient les mains contractées et desséchées par la peur; il les leur arrachait
pour les remettre aux vaillants; aux uns il les donnait, aux autres il les retirait;
puis, comme un lion, et plein d'une fière intrépidité, il courait ailleurs. Nuit et
jour, il remplissait toute l'étendue de son camp de sa voix puissante, de ses mâles
accents; car l'oreille n'aurait pu entendre ailleurs des cris de guerre aussi forts
que ceux que poussait le sire Baudouin, l'œil voir une course aussi rapide que la
sienne, jusqu'à ce que, fatigué, la voix lui manqua et la force morale aussi, jusqu’à
ce que son cheval fut affaibli, et que la visière entourée d'un frein qui protégeait
sa bouche eut été rouillée par les rouges vapeurs de son cœur’, comme quelques-
uns le racontent. C'est alors que sa dureté, sa hauteur, furent effacées et expiées.
Son inhumanité habituelle fut en ce jour rachetée par le dévouement et la commi-
sération que son âme attendrie fit éclater pour ceux qu'il voyait périr misérable-
ment. C'est en voulant rester avec eux qu'il trouva avec eux la mort. Les injustices
! L'auteur veut dire que Baudouin, frappé à mort, teignit de son sang, qu'il rejetait par la bouche,
la visière de son casque.
COMTE DE MARASCH. 219
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dont il avait accablé les autres impitoyablement, lui-même les éprouva ce jour-
là, dans ce combat, de la part de ses alliés; car les chefs et les troupes qui
étaient venus à son secours l'abandonnèrent au plus fort de la mêlée, et parti-
rent. Aucun d'eux ne revint sur ses pas pour s'enquérir de ce qu'était devenu ce
chef suprême, notre illustre guerrier.
Par suite de cet abandon, il est constant que dans cette lutte aucun des siens
ne périt ou ne fut fait prisonnier en même temps que lui, et que personne ne
l'aperçut. Nous ne pouvons dire que ce fut par la lâcheté et l'abandon spontané de
ses soldats qu'il succomba, mais parce qu'il fallait que l'expiation des torts et des
injustices qu'il avait longtemps accumulés, il la trouvât en ce jour, en devenant
lui-même victime des torts et de l'injustice des siens, ainsi que nous l'avons dit
avec raison. Le sang qui fut répandu à flots de son temps, quand le lâche et perfide
Vasil’ vint dans ce pays-ci, fut racheté par l'effusion seule de son sang qu'il répandit
avec dévouement en faveur des chrétiens qui quittèrent le théâtre de l'action et
furent sauvés. Ceux qui parvinrent à s'échapper ont déclaré ouvertement qu'ils de-
vaient leur salut, d'abord à Dieu, ensuite, parmi les hommes, au sire Baudouin.
Puisqu'il est mort martyr en combattant, il a donc obtenu du Seigneur le
pardon de ses péchés; et au jour terrible du jugement dernier, au jour où les
justes seront récompensés, il sera couronné par Dieu avec les princes pieux et les
intrépides confesseurs de la foi; nous savons en effet et nous croyons que tel est
le sort de ceux d'entre les chrétiens qui tombent dans la guerre, sous le glaive des
! Je crois que ce Vasil, que l’auteur qualifie si
: sévèrement, est le même dont parle Grégoire le
Prêtre (chap. cxnr), comme seigneur de Partzérpert,
vassal et allié des Grecs. Lorsque l'empereur Ma-
nuel envoya en Cilicie, contre Thoros II, le César
Andronic son cousin {cf. p. 167, note 2), Vasil
alla grossir l'armée d'Andronic avec les autres
chefs arméniens dévoués à la cour de Byzance; il
était d’ailleurs irrité contre Thoros, qui lui avait
enlevé sa forteresse de Partzërpert. Grégoire raconte
comment les troupes impériales et leurs auxiliaires
furent battus, et leurs principaux officiers faits pri-
sonniers, parmi lesquels se trouvait Vasil.
28.
220 ORAISON FUNÊBRE DE BAUDOUIN,
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infidèles. S'il était vivant, et si la prouesse qu'il a accomplie était connue, sa
renommée se serait répandue déjà dans tout l'univers, comme elle s'y répandra
de jour en jour, jusqu'à la fin des siècles.
Ce long discours que nous avons composé sur Baudouin, qu'aucun de ses mal-
veillants ennemis, qu'aucun de ses détracteurs qui aiment à se cacher dans
l'ombre, ne le critique, ne médise de nous, afin de gagner le repas dont on gra-
ufie les raïlleurs. De tous les discours que j'ai prononcés ou écrits pendant sa vie,
aucun ne l'a été au sujet de ce prince mort dans l'abandon et perdu sans retour.
Tant qu'il vécut, jamais on n'a entendu sortir de ma bouche un mot de douceur
ou d'éloge; toutes mes paroles étaient des reproches, des menaces, par lesquelles
je m'efforçais de faire pénétrer un remords amer dans son âme. Si par cas il
pouvait ressusciter ou sil était encore vivant, certes il ne verrait point ces lignes
que ma main vient de tracer. |
Nous avons raconté l'action où il périt, et son trépas, après avoir appris ces
détails non pas de dix ou de vingt personnes seulement, mais de tous, unanimes
dans leur témoignage, principalement de la bouche de ses ennemis et des troupes
romaines (frankes) elles-mêmes. La cause réelle de ma prolixité est l'attachement
que je lui portais, attachement spirituel, comme il se produit ordinairement chez
les serviteurs de Dieu, et qu'il me rendait largement. Après sa mort, c'était une
obligation pour moi de reconnaître, par un tribut d'affection, cette amitié sans
bornes qu'il m'avait vouée. Ce prince, dont les possessions s'étendaient depuis le
territoire d'Antioche jusqu'aux confins de Mélitène, maître de contrées et d'ar-
mées si considérables, n'a pas trouvé seulement un lieu de repos après son trépas.
Ce chef illustre et renommé est maintenant oublié parmi les morts, il a disparu
d'entre les vivants. Personne n’a fait sonner les cloches à son intention; son nom
na été prononcé dans aucune église; 1l n'y a eu ni messe ni la plus simple com-
COMTE DE MARASCH. 221
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Brant Lulu, Cd rt Ynpniubpnju afuu ebpbeu, up PTT L wnofdu wpuwphp we.
mémoration de miséricorde en sa faveur dans ce pays. On n'a distribué aux pau-
vres les plus nécessiteux ni chevreau, ni tang'. Nul ne songe à lui, nul ne le plaint.
Il n'a pas eu de tranquillité pendant sa vie, et n'a jamais joui d'aucun agrément;
au contraire, depuis sa plus tendre enfance, il na connu que les tribulations, les
illusions et les peines, et elles ne l'ont pas quitté pendant sa jeunesse. Victime des
démons, de ses ennemis, et des puissants de ce monde que rien n'arrêtait, et de son
propre caractère qui l'a trahi, 1l a succombé; il est mort sans laisser de souvenir.
Son nom et l'amour qu'on lui portait se sont évanouis en tous lieux; ils ont dis-
paru du cœur des habitants de son pays comme du cœur des étrangers.
Lorsque je considère son sort triste et cruel, je me sens étouffer par les sou-
pirs, je verse des larmes et ne sais plus que faire et qui secourir en tendant
la main à ceux qui se noient. Voyant que personne ne sympathise à ma dou-
leur, je me réfugie avec confiance en Dieu, qui seul est clément et bon, qui
ne veut point la mort du pécheur, et ne se réjouit de la perte d'aucune de ses
créatures.
Nous avons écrit cette confession et ces supplications au nom de Baudouin et
au nôtre, et nous ne cesserons de crier sur le même ton et partout, en présence
du Tout-Puissant qui est plein de bonté, et qui a été irrité contre nous et contre
lui, jusquà ce qu'il s'apaise et reprenne sa mansuétude, et fasse reparaître ce
prince mort ou vif. Je vous en conjure aussi, Ô vous tous qui entendrez ce dis-
cours funèbre; gardez-vous de dédaigner et de rejeter loin de vous avec ennui
et Inattention les prières que je vous adresse pour lui. N'ayez point à son égard
de l'indifférence ou de la haine, mais pardonnez-lui avec empressement et ne
conservez pas de rancune à un homme qui n'est plus; implorez le Juge suprême,
! Voir, pour la valeur de cette sorte de petite buer des aumônes en aliments et en argent, comme
monnaie, Grégoire le Prêtre, chap. cxxx, p.197, nous l'avons vue pratiquée à la mort du prince
note 1. L'auteur fait allusion à la coutume de con- Kogh-Vasil (Cf. Matthieu d'Édesse, chap. Lx).
vier les pauvres aux funérailles, et de leur distri-
222 ORAISON FUNÈBRE DE BAUDOUIN, COMTE DE MARASCH.
Gauupulaug que L'wpupfét eullukgmt unes, gb nqepdEugf Ulis L [Bnngk
qudEuÿt puvguiuu bnpw, gop un QuumeuS qu wa dupe déquegbu high k ut.
Baogop wpuwphét Venus puphfuoun Hhudh unipe VonnuswStit, k wqusuisop ut.
ji upung ognpdEugh die, b. Bagne [fut wpuugk dEuuÿ juiuguñuug Gopu dE Sault Seg
L'popmhg, L q4bg opSvEugk $rquaf L dupiüng, L Epluhg wppugn but enduit
wpuugk pu adE but uncpeu f fhpponnu Gunce frnbp dép, pre uun.p jui fanbuñu
all :
RE
pour qu'il lui fasse grâce et lui accorde la rémission des fautes qu'il a commises
contre Dieu et contre les hommes, afin que le Créateur tout-puissant, fléchi
par l'intercession de la Mère de Notre-Seigneur, par les prières des saints, lui
accorde le pardon de tous ses péchés, grands et petits; et afin qu'il vous bénisse
dans votre âme et dans votre corps, et vous rende dignes du royaume céleste,
avec tous les saints, en Jésus-Christ, Notre-Seigneur. À Îui gloire dans l'éter-
nité. Amen!
SAINT NERSÈS SCHNORHALI
(LE GRACIEUX).
NOTE PRÉLIMINAIRE.
Quelques détails sur la vie de l'auteur du poëme suivant doivent trouver
place 1ci.
Saint Nersès, le quatrième de ce nom dans la série des patriarches d'Ar-
ménie, appelé aussi Schnorhal, ou le Gracieux, à cause de la douceur de son
caractère et du charme de son style plein d'onction et d'élégance, et Glaietsi,
c'est-a-dire habitant de Hr'om-gla’, parce quil eut sa résidence dans cette
célébre forteresse, saint Nersès était le plus jeune des quatre fils du prince
Abirad, qui possédait le château fort de Dzovk', dans le district de Kharpert,
du chef de son aïeule, fille du prince Grégoire Magistros. [1 descendait de
la race royale des Arsacides de Perse, par la branche Sourên Bahlav, et
comptait parmi ses aïeux saint Grégoire l'uminateur. Il fut élevé dès son
_ enfance, ainsi que son frère aîné Grégoire, plus tard catholicos sous le nom
de Grégoire IT, par son grand-oncle le patriarche Grégoire Vgaïacèr. Son
frère, étant monté sur le siége patriarcal en 1113, lui conféra le sacerdoce,
et bientôt après l'éleva à la dignité épiscopale. Il le prit avec lui pour l'ac-
compagner au concile tenu à Jérusalem en 1136, et qui suivit de près celui
d'Antioche, dans lequel fut déposé Rodolphe, patriarche de cette dernière
ville. L'arrivée du catholicos avait pour but de s'entendre avec le clergé
latin sur divers points de dogme et de discipline particuliers à l'Église armé-
mienne, et que Grégoire promit de modifier et de rendre conformes à l'unité
catholique’. Celui-ci, parvenu à une extrême vieillesse, et sentant arriver le
terme de sa carrière, résolut de se démettre de ses fonctions en faveur de
. Nersès. Il rassembla un concile à Hr'om-gla, et ayant conféré à son frére,
malgré sa résistance, l'onction sainte, il lui remit les insignes du patriarcat,
le pallium, le voile et la crosse. Il mourut trois mois après, en 1166, et Ner-
sés lui succéda immédiatement. Le nouveau catholicos mit tout son zèle à
rétablir la discipline ecclésiastique et à instruire ses compatriotes par ses pré-
dications et ses écrits. Un des projets dont il poursuivit la réalisation avec le
plus d'ardeur est la réunion de l'Église arménienne et de l'Église grecque ;
il entretint pour cet objet une correspondance et des rapports suivis avec
1 Cf. Guillaume de Tyr, XV, xvnr, et Matthieu d'Édesse, note 2 de la page 29, et chap. xxxvir, p. 75-77.
294 ÉLÉGIE
l'empereur Manuel. H mourut à l'âge de soixante et quinze ans, en 621 de l'ère
arménienne, ou 1172 de J. C. le jeudi, 13 août.
Saint Nersès est un des écrivains les plus remarquables et les plus Cr
de la littérature arménienne. Tour à tour théologien, orateur sacré et poëte,
il a laissé une foule de productions qui attestent son mérite sous ce triple
point de vue. Aussi ses ouvrages, tenus en grande estime par les Arméniens,
ont été réimprimés nombre de fois. On peut en voir la liste dans Soukias
Somal” et M. Patcanian”. Le recueil de ses œuvres poétiques, moins l'Élégie
sur la prise d'Édesse, a été publié en 1830 par les RR. PP. Mëkhithanistes
de Venise, en un volume 1in-18 de 620 pages.
L'extrait que nous donnons de cette Élégie est le seul document un peu
considérable que nous possédions sur les opérations du siége qui rendit l'ata-
bek Zangui maître d Édesse’, et enleva cette ville à la domination française, qui
s'y était maintenue pendant quarante-six ans. Quoiqu'elles soient racontées
sous une forme poétique, il est possible cependant d'en suivre la marche et les
progrès dans tous leurs détails. Nersès appelle son œuvre prosopopce, pu pup_
unhwqu, parce que, personnifant la ville d'Édesse, il la représente comme
prononçant le discours qui sert de cadre à son poëme. Les vers qu'il aemployés
sont monorimes, c'est-à-dire terminés par une assonance qui revient la même
pendant plusieurs pages de suite, jusqu'a ce qu'elle semble épuisée. L'idée de
ce genre de versification fut empruntée par les Arméniens très-probablement
aux Arabes. Comme on le retrouve dans les poésies de Grégoire Magistros,
qui mourut vers 1058, 1l n'est pas permis de supposer, comme la fait Saint-
Martin', que l'introduction du vers monorime chez les Arméniens est due à l'in-
fluence des Franks, et des Français en particulier, à l'époque des croisades, et
qu'elle est une imitation de nos chansons de gestes. Le mètre est celui que l'on
NOMME #Hmnbuñ, Cest-à-dire de huit syllabes, divisées en quatre pieds, avec
une césure au milieu.
J'ai fait ma traduction vers par vers séparément, en conservant rigoureuse-
ment la coupe du mètre original et l'enchainement des pensées, et en rendant
avec autant de fidélité que possible le mouvement et les figures du style ori-
ginal. Malgré les tournures insolites en français auxquelles ce système de tra-
duction m'a contraint parfois, et malgré la difficulté d'exprimer dans notre lan-
gue, si sobre et si contenue, les épithètes hardies et les synonymes variés à
l'infini de la langue arménienne, on verra que ce poëme est loin de mériter le
jugement qu'en a porté, sur la foi de Chahan de Cirbied, Michaud qui, dans
son Histoire des Croisades”, afhirme que c'est une composition froide et diffuse.
1 Quadro della storia letteraria di Armenia, Venise,
in-8°, 1829, p. 82-88.
? Catalogue de la littérature arménienne, depuis
le commencement du 1v° siècle jusque vers le milieu
du xvir", dans le Bulletin historico-philosophique
de l’Académie impériale des sciences de Saint-Pé-
tersbourg, février-mars 1860, p. 106-107.
3 Nous savons par Aboulfarad)j (Chron. syr. p.335)
que deux évêques syriens, Mar Denys Bar-Tzaliba
et Mar Basile, d'Édesse, avaient écrit, le premier
deux pièces de vers et le second trois sur la prise
de la capitale de l'Osrhoëne. Mais aucune de ces
compositions ne nous est parvenue, ou du moins n’a
été encore retrouvée.
& Préface française de l'Élégie sur la prise d'É-
desse, éd. de Jean Zohrab.
$ T. I", page 354, note 1, 8° édition.
———
ee
| SUR LA PRISE D'ÉDESSE. 295
Si saint Nersès se permet de loin en loin des figures exagérées et que le bon
goût réprouve, 1l faut reconnaître aussi qu'il est plein d'animation dans le ré-
cit des combats, pathétique lorsqu'il fait gémir Édesse sur la catastrophe qui
la livra aux infidèles, rempli de grâce et de fraîcheur en nous peignant les
beautés et les charmes de cette terre fertile et embaumée dont Édesse fut
la métropole et l'ornement, la vie simple et primitive des populations de
l'Orient chrétien. |
J'ai extrait de ce poëme toute la partie historique, qui se compose des treize
cent cinquante-huit premiers vers; l'ouvrage entier en comprend deux mille
cent quatorze dans l'édition de Paris, publiée en 1828 ,in-8°, aux frais de la
Société asiatique, par feu Jean Zohrab, ex-religieux de la Congrégation armé-
nienne des Mékhitharistes de Venise. C'est ce texte que j'ai suivi, en ÿ ajou-
tant un choix de variantes recueillies dans les copies imprimées ou manus-
crites que j'ai pu me procurer. Ces copies, désignées chacune par une lettre,
sont les suivantes :
À. Manuscrit provenant d'Ézenga, ville de la Haute-Arménie, et dont Zohrab
a donné les variantes à la fin de son édition.
B. Manuscrit originaire de la Cilicie, et consulté par le même éditeur.
C. Manuscrit in-4° minimo, transcrit à une époque assez récente, sur pa-
pier oriental, en caractères nôdrakir ou cursifs, et appartenant à la Biblio-
thèque impériale de D où il est coté sous le numéro 130 À, ancien fonds
arménien.
D. L'édition publiée en 1832 à l'imprimerie du Collége arménien de Cal-
cutta, appelé V'epquuboutuu Miupuu, Académie posanthropique, in-8°,
édition qui n'est que la reproduction de celle donnée à Madras, en 1810,
in-12, par Sarkis Dzaph'our Agh'avaliants, [wpgpe yunbreg Vaudubuirg.
La disposition typographique de nos variantes a été établie de manière à
obtenir toute la clarté désirable. Celles qui ont pour initiale une majuscule
se rapportent à un commencement de vers; celles qui ont pour première
lettre une minuscule, au milieu ou à la fin. Dans les variantes composées de
plusieurs vers, placés à la suite l'un de f'autre, sur une même ligne hori-
zontale, chacun d'eux se distingue du suivant par son initiale majuscule; le
numérotage correspond à celui des vers dans l'ensemble du poëme.
Histon. ARM. — I. 29
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LA PRISE
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ÉGIE
SUR
D'ÉDESSE.
Gécprere Suds jop 2upufsf :
ee enewgbe, E4bnËgke;
upon cup JEphuv aurreucquuuuh -
Pere L Eqeupe [nf sfpkite,
fee grue Suuncp golf wobuupst -
Pump b qbing un Suuupuuly,
ae L wagbp ap be Jkchrt:
Sucunmugbuyn,p Lighannuh,
2. GC. begre gba mbunt VEpubuk Ve vppuquie fu@neakqnuk, bacor vrpar obarcleb, Lagny L5k
&uypwwknk Poëme composé par le seigneur Nersès, Le très-saint catholicos, Frère de saint Grégoire
(Krikoris), L'illustre patriarche d'Arménie. D. trgs E ngbus Skp “Vhoubuh be uppuquiu SEnbuwk4p Poëme
dont le seigneur Nersès est le très-saint auteur; les deux autres vers comme dans C. — 3. B. fiut puwpun_
twkuiu — 4, À. Sagbe supbuy — 5. B. C. D. Juoubuy puufu — 6. D. babubay — 8. À. C. n-Bbpbhh
D. nHObpnpyh — 9. D. beuut L bpbp; il faut
b eut cbpbp comme porte correctement l'édition de
Madras. — 10. C. D. op ppt — 11. C. omet Cet — 13. C. &upe L Eaewpp L “botibe Pères, frères
et amis. — 15. C. Raonwpe L gfne — 16. D. np |
TRADUCTION.
Discours du seigneur Nersès,
Patriarche d'Arménie,
Dit en forme de prosopopée,
Versifié en rimes homériques,
Et prononcé sur un ton douloureux,
Au sujet de la prise d'Édesse la grande,
Dans l'année cinq cent
Quatre-vingt-treize,
Le vingt-trois décembre,
À la troisième heure, un samedi.
1 C'est-à-dire, d'après le calcul de l'ère armé-
nienne, en 1144, le samedi 23 décembre, à 9 heurcs
du matin. |
2 Cette locution Jé6pfv wnwquumk, Au lit cé-
leste, et celle de 4&pfv funput , pavillon ou tente
céleste, reviennent fréquemment dans le langage
religieux et mystique des Arméniens. Unwqguun
signifie littéralement rideau, courtine, pavillon,
[LA VILLE D'ÉDESSE, PERSONNIFIÉE PAR LE POÈTE,
S'EXPRIME EN CES TERMES. |
Faites entendre de lugubres accents, ô Églises,
Compagnes de l'Époux céleste?,
Sœurs et frères chéris,
Épars dans tous les lieux du monde:
Cités et campagnes, partout à la fois,
Races et nations de la terre,
Fidèles du Christ,
tente, et krpuwt, pavillon, tente, édifice surmonté
d'un dôme. Ces expressions désignent le lieu où,
suivant la coutume orientale, la nouvelle mariée se
&
tient, en attendant son époux, et où elle se montre
à lui pour la première fois, seule et à visage dé-
couvert. De là le sens de lit nuptial qu'ont pris les
mots wnuwqaunn € tunpuiy.
15
15
ÉLÉGIE SUR LA PRISE D'ÉDESSE.
Lekeroeuqre.e unplé fewsh:
ro eoel
20 Crdhashuyy L Spuuih,
L Dar Eplb, p4hgpv pahiiuhau ,
Géekrb wfnne Ephrun-ph
{le Ée entvns di wunnneuwdeupfil,
P Jenebp£t eg Eteuhu ;
25 Grçu un h ED punk,
Snap <nuuiu gran opel,
Cercle pqwftakre
Cebowebp pgliodh pau.
Ur op froufl wngbpuwh,
221
Mecs 10Eghp peqpue Auf: ji
Lorcuuhd puqwp dESf
Qrwquinof Epljuun nf
eu ophup L divpqwpé.p
Caeloupug prb ybekrk:
Gredt npylu Sop pus, ”
lu daughque. wtXiunbt)l:
Le F4 apntug Epuium fn,
Guwnaupwgnis puis quulluk-
Datqh tufuhh Sucumugh,
O apr rvy $op quueullrgf : 40
21. B. vuuk — 24, bounebpér juju Ja £uh — 25. B. Grpu wn k 4bg punnpe fou D. Nre on
1:72 ewnumifqpuuk — 26. B. ghin énçayt. C. D. qhump Sapndlu — 28. C. ethdiuu — 30. D. inewprege —
34. C. Labpowpuwp — 35. B. Jusuh — 38. B. D. put wlbuh — 39. B. D.‘ vupuyfu — 40. B. Nrrt
Adorateurs de la Croix.
En premier lieu je m'adresse à vous!,
30 Éclatants comme le soleil, et admirables,
Pareils aux [chérubins] à quatre faces,
À vous, qui êtes ici-bas les trônes du Père céleste’,
Et une émanation divine
De la source d'Éden,
25 D'où, par quatre canaux,
S'épanche un fleuve aux ondes immenses et ra-
pides, à
Pour abreuver l'univers
Des flots de la parole de la bonne nouvelle;
Vous qu’implore ma voix gémissante ;
1 Le poëte veut parler des siéges ou églises fon-
dées par les Apôtres. Plus loin, il énumère ces
siéges dans l'ordre suivant : 1° Jérusalem; 2° Rome;
3° Constantinople, où fut transféré le siége de
saint Jean, qui était primitivement à Éphèse:
4° Alexandrie, et 5° Antioche.
2 Les chérubins sculptés en or devant l'arche
d'alliance, ou peints sur les rideaux du tabernacle,
étaient figurés, à ce qu’il paraît, avec quatre faces,
celles d'un homme, d’un lion, d’un bœuf et d'un
aigle. (Cf. Exode, XXV, xvn-xxn1; Ézéchiel, X, xiv.)
Les trônes, wfne #, c'est-à-dire les siéges ou églises
apostoliques, sont comparés par notre poëte aux
chérubins qu'Ézéchiel nous représente dans sa vi.
sion {ch. X) comme le char ou le trône de l'Éternel.
(Cf. Psaume XVIII, vr.) Cette image de Dieu porté
dans sa majesté sur les ailes des chérubins apparaît :
à tout moment dans les prières de la liturgie et les
poésies sacrées des Arméniens.
3 Par cette allusion aux quatre fleuves qui sor-
taient de l'Éden ou paradis terrestre, Nersès rappelle
les quatre grands siéges apostoliques les plus an-
ciens, Jérusalem, Rome, Alexandrie et Antioche.
Prètez l'oreille à ces accents de la douleur! 30
Jérusalem, ville du grand
Roi céleste,
D'où sont sortis la Loi et les Prophètes,
Qui se sont répandus comme une source sur la
terre ;
Toi, où le Fils unique du Père,
À apparu comme une lumière ineffable,
Et m'a proclamée bienheureuse
Avant aucune autre [cité |;
Car la première de toutes j'ai cru [en lui],
J'ai confessé le Fils uni au Pères. 40
35
* Suivantlatradition, Abgar, surnommé Lsoso
ou le Noir, roi d'Édesse, fut le premier souverain
qui reconnut la divinité de J. C. Ayant appris,
par les ambassadeurs qu'il avait envoyés. à Julius
- Marinus, préfet de la Syrie pour les Romains, et qui
étaient Mar Ihap, gouverneur (#}742k) de la pro-
vince d'Agh'ëtznik”, Schamschakram, prince d’Aba-
hounik', et Anan, son messager et son favori, les
guérisons miraculeuses opérées par le Sauveur, il
Jui adressa une Îettre dont il chargea ces mêmes
ambassadeurs. La réponse, commençant par ces
mots, « Bienheureux celui qui a cru en moi, quoi-
qu'il ne m'ait pas vu », était accompagnée d'un por-
trait du Christ, peint par Anan. (Cf. Moise de Kho-
ren, Il, xxx; Eusèbe, Hist. ecclés. I, x.) Cette.
image, devenue célèbre et désignée par les Armé-
niens sous le nom de Saint - Suaire du Christ,
unLpp quunwnwk Rphunnuk, fut conservée à Édesse
jusque vers la moitié du x° siècle. L'empereur
Constantin Porphyrogénète l’acheta aux Arabes,
qui possédaient alors Édesse, pour une somme
de douze mille pièces d'argent, la fit porter à
Constantinople et l'entoura de magnifiques orne-
29.
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43. C. p pus — 45. C. QE L aydl bd k éouwh, Gekpqwebk Mais aujourd’hui, placée au milieu
de mon troupeau, Je me prosterne. — 47. B. D. fiuyg ane pnubus — 51, C. fiyjpmpuwqup — 55. À. C.
bééabalen Tes églises. —— 29. B. cugdiunntnbui — 60. D. mgognuk us — 61. D. Nrrabing — 62. D.
mp buwqui — 63, C. éwubuy pur Va-4uyh
Loin de m'enorgueillir de ce témoignage,
Je ne me suis point regardée comme supérieure
à toi;
C'est dans ton sein que le Seigneur fut mis à
mort sur une Croix :
Moi, c'est de loin que je l'ai adoré.
Mais aujourd'hui, animées d'un même senti-
ment,
Nous nous prosternons devant la même Croix.
Or donc, écoute, à mon amie,
Les gémissements d'une proscrite infortunée.
Sois ma consolatrice, en t'associant à mon
deuil,
Et offre-moi le remède efficace pour un cœur
brisé. |
ments. (Ménologe grec, 16 août, et Baronius, Ann.
eccles. t. X, ad annum 944; Fleury, Hist. ecclés.
LV, cxxx.) Elle resta déposée à Constantinople
jusque vers le milieu du xiv° siècle. À cette époque
Jean Paléologue, ayant recouvré, par le secours
des Génois, la couronne impériale dont l'avait dé-
pouillé son gendre Jean Cantacuzène, voulut té-
moigner sa reconnaissance au doge Leonardo Mon-.
taldo, et lui donna la sainte image. Celui-ci, après
l'avoir précieusement conservée dans son palais, la
légua, par un testament en date du 14 juin 1384,
à l'église de Saint-Barthélemy, qui appartenait à des
religieux arméniens de l'ordre de saint Basile, et
desservie aujourd'hui par les Barnabites. Cette re-
Jique est confiée à leur garde; elle est renfermée
dans une niche de marbre que protégent quatre
portes de fer et onze clefs, dont une est en la pos-
sessioù des Barnabites, une appartient au conseil
municipal de Gênes, et les neuf autres sont entre
les mains des notables de la ville. Elle ne voit le
Jour qu'une fois l'an, pour la fête de la Pentecôte,
Ô Rome, mère des cités,
Splendide et vénérable,
Toi le siége du grand Pierre,
Le chef des apôtres;
Église inébranlable, 55
Bâtie sur la pierre de Céphas,
Et contre laquelle ne prévaudront jamais les
portes de l'Enfer,
Sceau de celui qui ouvre les cieux,
Vigne ferfile, chargée de rameaux,
Plante de Paul aux racines profondes; 60
Arrosée de son sang |; |
Tu es comme le jardin d'Éden :
Toi qui as été aussi le partage de Luc,
Le divin historien?
où elle est exposée à la vénération publique. Un
notaire dresse l'acte authentique de son extraction
du lieu où elle est placée et de sa réintégration.
(Cf. l'Armenia de M. l'abbé Cappelletti, Florence,
in-8°, 1842 ,t. II, p. 24-28.)
l Saint Paul, après avoir exercé pendant deux
ans à Rome le ministère de la prédication, fut dé-
capité hors des murs de cette ville, en l’année 69
de J. C. (Cf. mes Recherches sur la chronologie ar-
ménienne, t. 1°, 1° partie, Anthol. chronol. N° HI)
? Saint Luc, qui accompagna saint Paul dans
ses courses apostoliques, vint à Rome avec lui. C'est
cette circonstance qu'a sans doute en vue saint
Nersès. On lit dans la Géographie attribuée à Vartan
(apud Saint-Martin, Mémoires sur l'Arménie, t. Ï,
p. 445) que le troisième siége est en Dalmatie
(l'Italie ou l'Occident), et que c'est là que saint Luc
composa son évangile, en langue franke (latine),
vingt-deux ans après l’Ascension de J. C. Mais il
est constant que saint Luc écrivit en grec, et le pré-
tendu Vartan comme saint Nersès paraissent avoir
SUR LA PRISE D'ÉDESSE.
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66. C. géxwg nn pr V'uwwgkk Toi, l'apanage et le siége de Matthieu. — 68. C. fr juye — 69. C. Les
— 70. D. Qos gpbgkine% npwku pvp D'après la parole que l'on entend prononcer. — 72. C. FE 4uwwykmgu
— 74. C. Fra gkpnah — 84. B. liuppwqnih — 93. D. Suvqnje vduu fbpfv jwph L'égal du temple cé-
leste. — 95. À. Phayg qe — 95. C. ghe judiujh — 96. D. Juibpwkh — 97. B. anwuquut.
65 Je viens t'implorer,
Moi, l'apanage et le siége de Thaddée!,
Entends de loin ma voix, æ
Compatis au malheur qui m'accable;
Méle tes pleurs aux miens, d'après la parole
rapportée
70 Dans l'Évangile écrit pour toi.
Hâte-toi de tendre une main secourable
À celle qui gémit sous le poids des chaines d'une
prison ;
Exerce une vengeance implacable
Contre l'ennemi qui m'a réduite en servitude.
75 C'est maintenant vers toi que je me tourne avec
affection,
Ô ville glorieuse
Bâtie par l'empereur Constantin
À l'entrée de l'Asie;
Toi qui es devenue une seconde Jérusalem,
80 Une nouvelle Rome digne d'admiration ;
Toi où du disciple bien-aimé
suivi une tradition tardive et apocryphe sur le lieu
ou l'idiome dans lequel saint Luc composa son
évangile. |
! Eusèbe {Hist. ecclés. I, xin) nous apprend que
saint Thaddée, l'un des soixante et douze disciples,
fut envoyé à Édesse, auprès du roi Abgar, par
l'apôtre saint Thomas, et qu'il y répandit les pre-
mières semences du christianisme. (Cf. Baronius,
Le siège a été transféré,
Qui réunis les reliques des martyrs,
Où se trouve tout ce qu'il y a de plus saint;
Demeure d'un puissant et grand monarque; 85
Semblable, sur la terre, au séjour céleste;
Écoute-moi, à ton tour, avec bonté,
Prête l'oreille à mes cris plaintifs;
Car j'ai fait partie .
De ton domaine avec le rang de métropole. 90
Dans mes murs s'élevait un temple construit
par toi
Et consacré sous le même nom que le tien ?,
L'égal de la Sion céleste,
Et auquel la Sion terrestre ne saurait être com-
parée.
Aujourd'hui tu m'as laissée dans l'abandon, 95
Pareille à la chouette qui hante les ruines,
Ou comme l'homme qui n'a plus de secours
à espérer,
Et qui est oublié parmi les morts.
Annal. eccles. ad annos 43 et 44.) Il fut le premier
apôtre de l'Arménie. (Voir, au sujet de sa prédi-
cation et de son martyre, Moïse de Khoren, I,
XXxNII. )
? L'église de Sainte-Sophie à Édesse. (Cf. Mat-
thieu d'Édesse, ch. xLir.)
3 Notre poëte semble reprocher aux Grecs
de n'être pas venus au secours d'Édesse. L'em-
230
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105. B. Crkevwirenp guukul D. V'£S4 Uabeuwtere guukas;h — 1 15. B. &ebonwke Epaup D. el.
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128. B. C. D Qanmwbgsiny — 133. D. fug@uñp — 134. C. Skwny wnwÿh En présence du Seigneur.
Je t'en supplie, ranime
100 Ta force indomptable,
Pour accomplir une multiple
Vengeance dans le cœur de mon persécuteur.
Je viens faire retentir mes plaintes à ta porte,
Ô capitale de l'Égypte,
105 Alexandrie la magnifique,
Dont le nom rappelle celui de ton fondateur;
Toi le siége de Marc,
Qui nous a apporté la bonne nouvelle;
Du jardin divin
110 La plante spirituelle germe dans ton sol;
Comme des rameaux de palmier fleuris, dans
la maison,
Est la troupe de tes justes, vouée au Seigneur;
Aux cèdres du Liban sont pareils
Les moines de ton pays,
115 Chœur d'anges chargés du fardeau de la Croix,
Et semblables dans ce monde à des êtres imma-
tériels;
pereur Manuel, qui se trouvait en Cilicie au mo-
ment où son père Jean y mourut (8 avril 1143),
était retourné à Constantinople, où il s’occupa
d'abord du soin<de s'assurer la possession du trône
contre les prétentions de son frère aîné Isaac,
ainsi que de son couronnement et de son ma-
Eux, le fondement et l'appui de l’orthodoxie,
Où viennent se briser les efforts de l’hérésie.
Tu as vu une succession de patriarches
Occuper ton siége auguste. 120
Aujourd'hui ils ne sont plus,
Fvanouis comme un songe de la nuit;
Car toi aussi tu es devenue veuve !,
Et tu m'apparais aussi infortunée que moi-même.
[L'une et l'autre] jadis dignes d'envie, 125
Nous voilà tombées dans un excès d'infortune.
Aussi, Ô noble cité,
Viens consoler ma peine.
Toutes deux, pareïillement,
Nous sommes courbées sous le joug des infidèles. 130
Pour soulager notre douleur,
Dans notre commune infortune,
Que des prières émanées d'un cœur pur etsincère
Soient offertes par nous au Dieu créateur,
Afin que sa colère allumée par nos péchés 135
Se tourne en bienveïllance, |
riage avec Berthe, nièce de Conrad III, empereur
d'Allemagne. |
1 Alexandrie était au pouvoir des musulmans
depuis l'an 641. La prise de cette ville acheva la
soumission de l'Égypte, dont la conquête avait été
confiée, en 640, à Amrou par le khalife Omar.
SUR LA PRISE D'ÉDESSE.
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137. B. D. 4 a puph C. EL obuuuby dy paewph On peut voir qu'il y a du bon en nous. — 139. C.
SwXnpuughu — 142. Ces deux vers manquent dans D. — 146. D. Ue£wpuñvpu Q'un@th — 149. D. (tr
echonsube fEpuwduÿuh — 153. B. (rale sGunthu— 159. Au lieu de ces quatre derniers vers C. et D. portent :
Lay con Lwgonpe de peunb, Qu Ed bé paup fmw4p Pleure avec les infortunés qui pleurent, Répands pour
moi un ruisseau de [larmes].
En voyant qu'il y a du bon en nous,
Et que le mal est le propre de nos ennemis.
S'il s'apaise dans cette vie,
140 Et si, dans l’autre, il nous donne la récompense,
L'objet de nos désirs sera accompli
Par celui qui est libéral pour tous.
Par la parole, par l'examen, je discute avec toi,
Ô Antioche, sœur chérie,
145 Demeure des Apôtres;
Suivant l'évangile de Matthieu},
C'est chez toi qu'un nom merveilleux
A été adopté pour la première fois ?,
Le nom de chrétien qui fut donné
150 Aux adorateurs du Christ.
Ô ma sœur bien-aimée,
Pendant que tu étais dans la joie,
Pourquoi n'es-tu pas venue avec promptitude
1 D'après une tradition arménienne, ce fut à
Antioche que saint Matthieu écrivit son évan-
gile en langue hébraïque, sept ans après l’As-
cension de J. C. (Cf. la Géographie attribuée à
Vartan, apud Saint-Martin. Mém. sur l'Arménie,
t. Il, p. 443.)
? Actes des Apôtres, XI, xxvi.
Ÿ Nersès fait allusion à l'animosité qui existait
entre Raymond de Poitiers, prince d'Antioche, et
le comte d'Édesse, Josselin le jeune. Raymond re-
fusa de marcher au secours de cette ville, et laissa
les Turks s’en emparer, applaudissant ainsi à l'hu-
A mon secours ?
Dans ta haine contre moi, tu m'as laissée 155
Tomber entre les mains de l'impie.
Ne dédaigne pas ma plainte amère
Sympathise à l'affliction dé mon âme,
Pleure sans réserve avec moi,
Partage la tristesse de mon cœur navré, 160
D'après le saint précepte de l'Apôtre,
[Qui recommande] de pleurer avec les malheu-
reux qui sont dans le chagrin.
Pour les contrées situées au-dessous de la
nôtre #,
Ce que nous venons de dire suflira;
Maintenant ma parole va changer,
Et retourner vers l'Orient,
Vers la grande Arménie, nation de T'horgom,
Race et famille de Japhet;
miliation et à la ruine d'un ennemi qu'il abhorrait.
(CF. Guillaume de Tyr, XVI, 15.)
4 C'est-à-dire les pays situés au sud-ouest de
l'Arménie, et où se trouvent trois des villes patriar.
cales précitées, Jérusalem, Antioche, Alexandrie.
5 Voir, pour cette expression Orient, prise dans
le sens de Grande-Arménie, Matthieu d'Édesse, P-9:.
note 1.
5 Sur cette locution, nation ou maison de Thor.
gom, on peut consuller, dans la chroniqué de
Grégoire le Prêtre, chap. cv, la note 2 de la
page 158.
239 ÉLÉGIE
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169. D. Ua np wfnat qupfhuwquh — 173. B. P JUreanrE Puqueinph — 178. B. D. Ge ounuhn
Et le rameau. — 180. D. Lrcuwcaphsv Guy 4uwquiuf Iuminateur des Arméniens. — 186. D. Au uw pq
&beupuuwyfu — nd B. unnpfuu LT dd
Là où s'élèveletrônedesdescendants des Parthes,
170 Des rois arsacides,
Dans l'empire desquels j'étais située,
Comme je l'ai raconté précédemment.
Par le roi Abgar,
Pour eux j'ai été bâtie ?,
175 Et destinée aussi à être le siége
De l’apôtre Thaddée;
Racine de la belle fleur éclose
Sur le rameau du sceptre [pastoral]
De Grégoire le Parthe,
1 Les Arsacides d'Arménie commencèrent à ré-
gner vers l'an 149 ou 150 avant J. C. et se main-
tinrent jusqu'en 428 de notre ère. On voit que,
du temps de saint Nersès, la tradition historique
voulait qu'Édesse eût élé sous la dépendance de
ces princes. La conjecture émise par Saint-Mar-
tin (Hist. des Arsacides, t. 1, p. 106), que les
premiers rois de cette ville ne furent que des
gouverneurs nommés par eux, paraît donc parfai-
tement fondée.
2 Le roi Abgar restaura la ville d'Édesse, mais
ne la bâtit point. Selon les Arméniens, sa fondation
remonte aux époques les plus reculées de l'histoire
de l'Asie. (Saint-Martin, Hist. des Arsacides, t. I,
p. 106.) Les écrivains grecs et latins l’attribuent
à Séleucus Nicator, qui voulut établir sur ce point
une position pour défendre le Zeugma ou pont
de l'Euphrate donnant entrée de la Syrie dans
J'Osrhoëne. (Cf. Pline, V, xxiv, et Tchamitch, t. I,
p. 578.) Ce que dit Nersès prouve qu'Abgar était
réellement soumis aux rois Arsacides, soit comme
vassal, soit à titre de gouverneur d'Édesse.
$ Saint Grégoire, de la race royale des Arsaci-
des, premier patriarche de l'Arménie, est considéré
cnmme le successeur et l’hérilier de saint Thad-
dée. Nersès rappelle les tourments que le roi Dértad
{Tiridate Il), encore paiïen, lui fit endurer, avant
IHuminateur de notre patrie, 180
Confesseur du Christ
Et martyr vivant ®,
C'est toi qu'à présent j'interpelle,
Ô Église d'Arménie,
Sur laquelle a brillé la lumière céleste, 185
[Qui] a fondu la glace du Nord,
Et où s'est répandue la lumière sans ombre,
Éclat du rayon ineffable.
Il a frappé fortement avec un marteau d’or;
Des voix ont retenti sous la terre. 190
que, témoin des miracles et des vertus de l’homme
de Dieu, et de l'empressement avec lequel les popu-
lations accouraient à lui, il vint à son tour tomber
à ses pieds, touché de repentir, et embrasser la foi
chrétienne. Ces faits ont été racontés par Agathange,
Romain ou plus probablement Grec d'origine et
secrétaire de Tiridate, qui écrivit dans le rv° siècle
l'histoire de la prédication de saint Grégoire. (Cf.
Compendio storico di memorie chronologiche, concer-
nenti la religione e la morale della nazione Armena,
suddita dell” Impero Ottomano, dal marchese Gio-
vanni de Serpos, Venise, 1786, trois vol. in-12,t. II,
p. 303-318.) L'ouvrage d’Agathange a été édité à
Constantinople, en 1709 et 1824, et en dernier
lieu à Venise, par les RR. PP. Mékhitharistes,
1835, in-18 de 686 pages. Les mêmes religieux
en ont traduit en italien toute la partie histo-
rique, sous le titre de : Storia di Agatangelo, Ve-
nise, in-8°, 1843. La version grecque abrégée de
Siméon le Métaphraste a été publiée par Stülting,
dans les Acta sanctorum des Bollandistes, 30 sep-
tembre, jour de la fête de saint Grégoire dans les
martyrologes grec et latin. Il en existe aussi une
traduction latine, qui paraît remonter pour le moins
au x1° siècle, par un anonyme, conservée en ma-
puscrit dans la bibliothèque Barberini, à Rome.
(Cf. la préface de la Storia di Agatangelo, p. 1.)
LL | = _-
SUR LA PRISE D'ÉDESSE. 233
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191. D. Ua — 19. B. wqq Ephpuëuh — 199. C. (ir Jutwmunnu Qui était dans le désert. — 196. C.
Réte vu — 199. C. Jwt-wquitf — 200. D. gun E Sat —— 204. D. sun fupuk d'uukuiug Enbp Tu as été
l'institutrice des enfants. — 211. D. #7 vwgbyk, à glorieuse [cité]. — 214. Ces deux derniers vers manquent
dans D.
Alors la troupe des anges
S'est précipitée du haut des cieux, comme un
torrent,
Et la race humaine, née de la terre,
À pris son vol vers le séjour éthéré !.
195 Toi, jadis un lieu désert,
Tu étais devenue une fleur épanouie ;
Imprégnée d'un sang virginal,
Tu as brillé de la coulcur de la rose ?.
Tu as engendré des fils par le baptème,
200 Plus nombreux que lé sable de la mer;
Tu leur as fait sucer le lait de tes mamelles,
Tu les as nourris d'un sang vivifiant,
1 L'auteur fait allusion à la vision dans laquelle
saint Grégoire aperçut le ciel s’entrouvrir et un
rayon de lumière descendre, précédé d'une nuée
d’anges, derrière lesquels apparaissait une figure hu-
maine de haute taille et d'un aspect redoutable, te-
nant à la main un marteau d'or. Ce rayon lumineux
s'inclina vers le milieu de la ville de Valarsabad;
la figure humaine frappa le sol avec son marteau,
et des profondeurs de l'abime se firent entendre
d'horribles mugissements. Un ange apprit à saint
Grégoire que c'était le fils de Dieu, le Verbe divin
incarné, Sur cet emplacement, qui reçut le nom
de Crqutug, Schogh'agath, effusion de lumière,
saint Grégoire fonda le sanctuaire de l'Arménie,
encore debout et toujours vénéré, Hpÿ#wsfv, Édch-
miadzin, mot qui signifie le Fils unique est descendu.
(Gf. mon ouvrage intitulé Histoire, dogmes, tradi-
tions et lilargie de l'Église arménienne orientale, 3° édi-
tion, in-18, p. 18-19.)
? Le poëte veut dire que la terre d'Arménie a
été rougie du sang d'une noble et belle vierge chré-
tienne , sainte Hr'ipsimé, de sainte Gaïané, et des
HisToR. ARM. — I.
Bonne institutrice des enfants,
En leur donnant la loi de Moïse,
Et le pain des forts,
L'Évangile du Christ.
Alors tu étais heureuse,
Ton sort te rendait digne d'envie pour tous,
Pour les habitants du ciel, et pour ceux de la
terre,
Et pour tous les êtres de la création.
Je t'interroge, Ô désirable!
Je sollicite une réponse à mes questions;
Fais-moi connaître avec certitude
Et successivement ce que je veux savoir.
trente-sept autres jeunes filles, leurs compagnes,
venues en Arménie pour fuir les persécutions de
Dioclétien. Elles furent mises à mort, en confessant
le nom de J. C., d'après l’ordre de Tiridate, irrité
de ce que Hr'ipsimé avait résisté à ses séductions et
à ses violences. L'une des deux hymnes que saint
Nersès Schnorhali a consacrées à glorifier sainte
Hripsimê et ses compagnes, et que redit encore
l'Église arménienne, offre une image analogue à
celle que nous trouvons ici :
Copritemi di velo, ed ornatemi,
Incoronate di rosa purpurea,
Conducetemi lieti al talamo
Della casa nuziale, ne’ cieli.
(Trad. de M. Luigi Carrer.)
Cette belle image de la rose empourprée du sang
d'une vierge martyre rappelle celle non moins tou-
chante de la strophe que l'Église latine adresse à la
Croix le dimanche de la Passion :
Arbor decora et fulgida,
Ornata regis purpura.
205
210
215
220
225
215
220
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234
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215. B. D. Uudr rep E Pwapv pr gwpnh — 216. D. mgpuwpu guvkuwh — 217. C. Ne E gupqupuup
ar2muyb Qui est la parure de la reine. — 219. B. C. D. {er aude Au Supunwpuuh Où est la tunique
de la chambre nuptiale. — 221. C. fer 54 pénaju — 222. D. Wu bhowckpu k fpwfuxsivp Et le para-
nymphe qui préside au festin? — 224. B. g6papv up D. gbpquu ur @h — 225. B. ns Swpquuh —
226. C. Opnir Spusbv Etne font-ils pas retentir la trompette? — 227. B. C. géant — 228. B. D. às
guy a 231. B. gnewpäwkhg GC: qgoewpAuugfu D. Nr popbhuwdppu gnewpäuwkh — 232. À. GC: npyLAR)
wuuwnwkfn — 233. B. D. Suypbuh — 234. B. D. dbquengph — 235. D. Equuwkh — 236. D. Epuud nf
= 237. B. Nr Lubbppgnse Év uncpe wwnk — 241. C. N'-r uncpp bapénecpqu b Jromquunre Où est la
célébration du saint mystère?
ete mm
a ———
Où est la couronne dont tu étais parée,
Et ton splendide diadème ?
Où sont les ornements de la reine,
De l'épouse du prince royal,
Et les splendeurs du palais des noces,
Et les franges tissues d'or?
Pourquoi l'époux est-il absent de la chambre
nuptiale,
Et ses amis, de l'Église É
Que sont devenus ses compagnons ?
Ils ne redisent plus les chants de David.
Pourquoi ne font-ils pas résonner
La trompette retentissante de Tarse !?
Où est la paire de bœufs engraissés ?
Pourquoi ne sont-ils pas immolés chez toi ?
Où sont les échansons qui présentent la coupe,
Pourquoi ne versent-ils pas le vin généreux?
Et les amis qui se réjouissent
1 Chez les Arméniens, pendant la célébration
du mariage à l’église, les clercs et les assistants
chantent des psaumes et récitent des leçons tirées
de l'Écriture sainte et principalement des épîtres de
saint Paul, appelé par notre poëte la trompette reten-
tissante de Tarse, parce.-que saint Paul était né dans
cette ville. Après que les deux époux ont reçu la
bénédiction nuptiale, leurs familles et les para-
Enr
Du retour de l'enfant prodigue,
Et les bras paternels s'ouvrant
Pour donner le baiser au pécheur?
Qu'est devenue la douce voix des chantres
Et l'harmonie de leurs concerts?
Où sont les lecteurs de la sainte Écriture,
Et les docteurs entourés d'une pompe solen-
nelle,
Et le siégce du patriarche,
Et les prêtres qui prennent place sur l'estrade
du sanctuaire,
Et les diacres associés au saint ministère,
Et les clercs qui aident au divin sacrifice ?
Qu'est ‘devenue la fumée odorante de l'encens,
dans tôn enceinte
Tour à tour invisiblé et visible ??
Où sont les flots du peuple
Qui se pressait aux jours des fêtes du Seigneur?
nympbhes ou garçons d'honneur les reconduisent à
la demeure du mari en chantant des hymnes et
autres poésies sacrées. On peut lire une description
intéressante des cérémonies du inariage arménien
dans le Compendio storico du marquis de Serpos,
t. IT, p. 163-174.
? L'entrée du sanctuaire dans les églises armé-
niennes est garnie d'un rideau que l'on tire aux mo-
239
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SUR LA PRISE D'ÉDESSE. 235
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247. À. Burgur-npwg Des rois. — 249. B. Vebmpunpt dep wppuyh D. ur vepupune JS wp pus Où les
satrapes du grand roi? — 252. À. sp &y D. «pe Eu — 260. C. Gnyd &baunnp — 261.B. Urecpge Epwg —
262. D. pur Pt — 266. D. s6r8 — 267. B. et ep qebg — 268. B. ]fv6, vquwbhy B. Ve cpqwkhg
TE ———————"
Gal wkunbnpnkpé h Swnkagh:
CS eupäun. ju dumuqnjé,
Gud SEnagun. np skphh. 260
Cércnge pue Efñe jayuih,
Vre Su hbque. k qupf fé: |
Où est le trône du roi
Dans ta ville de Valarsabad 1?
Où sont les satrapes royaux
350 De la province d'Ararad?,
Et les princes qui occupent le premier rang,
Et les gardes du corps qui se tiennent par der-
rière ?
Où sont les guerriers dans la lice,
Et les légions marchant au combat,
255 Et les grands assis au banquet,
Et la table chargée de mets,
Et les nobles du palais,
ments les plus solennels de la liturgie ou la messe,
pour dérober aux regards des assistants l'autel où
s'accomplit le plus auguste mystère du christianisme.
Cet usage date de la plus haute antiquité. Chez les
Grecs et dans toutesles églises qui appartiennent à la
même communion, le rideau est remplacé par une
cloison, iconostase, qui sépare le sanctuaire de la nef,
et où sont pratiquéestrois portes ; celle du milieu, ou
Porte royale, placée dans l'axe de l'autel, s'ouvre ou
se ferme pendant les diverses phases de la liturgie.
! Valarsabad, l’une des capitales de l’ancienne
Arménie, située près de la rivière K'açagh', l'un des
affluents de l'Araxe, dans la province d’Ararad. Sui-
vant la tradition rapportée par Moïse de Khoren (Il,
LXV), ilexistait surson emplacement un bourg fondé
par Vartkès (littéralement, celui qui a une chevelure de
roses), époux de la sœur d'Érouant I*, l’un des des-
cendants de Haïg, le fondateur de la nationalité
arménienne. Cette tradition s'appuyait sur les an-
ciennes poésies populaires, dont Moïse nous a con-
servé le fragment suivant : |
Ayant émigré
Du canton de Doub,
Près du fleuve K'açagh',
I va s'établir
Non loin de la colline de Schrésch,
Et les fils d'illustre naissance dont le poste est
dans le jardin ?
Tout cela t'a été subitement enlevé,
Tout cela a disparu et s'est éclipsé ; 260
Ce n'étaient que fantômes et songes
Que dissipe le réveil.
À ces splendeurs
À succédé l'excès de la misère,
Car tu es là, orpheline et veuve, 265
Le visage triste comme si tu portais le deuil.
C'est pourquoi je t'ai appelée
Pour être ma compagne dans la douleur.
Dans le voisinage de la ville d'Ardimét,
Auprès du fleuve K'açagh',
Pour tailler et sculpter la porte
Du roi Érouant.
Dans la suite, Tigrane le Grand y établit les
juifs qu'il avait ramenés captifs de la Palestine,
et, grâce à ces nouveaux colons, le village de
Vartkès acquit une grande importance commer-
ciale. L'un de ses successeurs, Valarse ou Vologèse,
qui régnait vers la fin du n° siècle de notre ère,
après l'avoir restauré et lavoir entouré de forts
remparts, l'appela de son nom Valarsabad. Ce bourg
agrandi portait aussi, au temps de Moïse de Khoren,
c'est-à-dire dans le v° siècle, le nom de Ur pump,
Ville nouvelle.
? C'est-à-dire les satrapes de la province où fu-
rent les deux principales métropoles de l'Arménie,
Valarsabad, sous les Arsacides, et Ani, sous les Ba-
gratides. Ces satrapes étaient les grands officiers
ou les seigneurs terriens qui approchaient de la
personne du roi, et qui avaient un coussin (pwpd)
ou tabouret à la cour. — Voir, sur l’ordre hiérar-
chique des satrapies, etsur le rang ou la préséance
de ces siéges de cour, tels que les établit Valarsace,
le premier des Arsacides arméniens, Moïse de
Khoren , II, vis et vin.
30.
236 ÉLÉGIE
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Ure ncuncugEu , OT vhpbb ;
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C Hubs y Enbp net eppncbh ;
Miughu Uuçuivepe Cupuyh,
Qrequinpuy ewagpunnnebh,
Ne 4 968 Pereyhit,
274. C. Gus puwÿ wbnbiwk — 279. D. Jus — 278. D. Le eobubs Et à récréer. — 283. B. o%
wppuyk.
Aussi grand que le tien
270 Est le malheur qui naguère m'a frappée !.
Enseigne donc, Ô mon amie,
À plaindre dignement mon sort,
Comme l'orateur habile aux discours qui font
couler les larmes,
Et expert dans l'art d'embraser les cœurs.
275 Toi aussi je t'invoque à mon aide,
O Ani, ville orientale;
Viens unir ta voix à la mienne,
1 L'Arménie avait été conquise, et fut dévastée
à plusieurs reprises par les Arabes, à partir de
639, et par les Turks seldjoukides, depuis 1021.
Les Grecs, qui occupaient la partie occidentale de
ce pays, et dont l'ambition tendait sans cesse à
agrandir leurs possessions, ne lui furent pas moins
funestes.
2 Schara', fils d'Armais, fils d'Arménag, fils de
Haïg, reçut en apanage de son père la contrée très-
productive située sur le versant septentrional de la
montagne Arakadz, et qui fut, dit-on , appelée de son
nom Schirag. Schara avait une nombreuse famille,
et était renommé pour sa voracité. Un proverbe qui
avait cours parmi les paysans de l'Arménie au temps
de Moïse de Khoren, et que rapporte cet historien
(I, xu1), atteste, dans un langage trivial, la fertilité
du district de Schirag : « Si tu as le gosier de Schara,
« nous n’avons pas les greniers de Schirag. » Là s’éleva
Aaï, qui n'était dans l'origine qu'une petite forte-
resse. Le roi Dértad (Tiridate Il), vers 321, ac-
corda en apanage à Gamsar, chef de l'une des
familles satrapales d'Arménie, le district de Schirag
et Ani. Sous la domination des descendants de Gam-
sar, ce pays devint de plus en plus florissant, grâce
à la sagesse de leur administration. Après l'extinc-
tion de la dynastie des Arsacides, il fut ruiné par
les Perses, et plus tard par les Arabes. Les princes
de la famille Bagratide fondèrent, vers le milieu
du ix° siècle, une nouvelle dynastie qui eut Ani pour
capitale. Cette ville fut ornée par eux de nombreux
Et être ma consolatrice ;
Autrefois tu étais
La fiancée délicieuse qu'un voile dérobe à tous
les regards;
Toi, objet d'envie pour tes voisins
Et pour les nations éloignées.
Tu fus bâtie pour être une résidence royale
Dans le pays choisi par Schara’?,
Et le séjour des souverains Bagratides
Issus de la race d'Israël,
et beaux édifices, églises, palais, hospices, marchés, et
entourée de solides remparts. En 1045, l'empereur
Constantin Monomaque l’enleva frauduleusement à
Kakig II, le dernier de cette dynastie. En 1064, le
sulthan Alp-Arslan la prit et la saccagea; huit ans
après, il la céda à un émir kurde nommé Ph adloun,
dont les fils s'y maintinrent jusqu'en 1124, époque
où elle tomba au pouvoir des Géorgiens; mais ils la
leur rendirent au bout de deux ans. Après une foule
de vicissitudes et de changements de maitres, les
Mongols la prirent d'assaut en 1239, et la dévas-
tèrent. Ani, après avoir subi si souvent l'action du
fer et du feu, renversée par un tremblement de
terre en 1319, perdit ses derniers habitants, et
tomba tout à fait en ruines.
5 Les Bagratides, qui étaient déjà sous les Arsa-
cides une des familles les plus considérables, fai-
saient remonter leur origine à un seigneur, de reli-
gion juive, appelé Pakarad, qui s'était attaché au
service de Valarsace [°" et qui lui-même était issu
d'un certain Schampath, ramené de Jérusalem par
Nabuchodonosor (Moïse de Khoren, I, xx; I, vi
et vir). Lorsqu’en 885 cette famille s'établit en sou-
veraine à Ani, elle donna naissance à deux autres
branches, celles des rois de Gars et des princes Gori-
guians ou Guriguians dans l’Albanie arménienne.
Une autre branche plus ancienne, qui fournit des
maîtres à la Géorgie, à partir du vr siècle, s'est per-
pétuée jusqu’à nos jours sous le nom russe, devenu
aujourd’hui si célèbre, de Bagration.
280
285
280
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SUR LA PRISE D'ÉDESSE.
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Le eusuiuse cayje pau Qupat,
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O ep PE wobfu Sup4 (Fvbak, 315
L'ecdoewpf cEphwpkh,
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289. D. Génégkuivnut — 2090. D. Nr Eppwkh nunng — 291. D. OkppapanBéuupu — 295. D. Nrwte
quygh — 296. À. suwgeget 1 — 297. D. Qavgmvepe pe quewpAuh — 300. D. G£pg kb gwp —
301. D. Biwqer ag [ton] roi. — 304. À. Uuyeg f Ep — 306eÀ. quumtgpu GpEpmwbh aux chœurs des
anges. — 307. D. Guwpdivpuëng — 309. C. Ut »p Suivqnjt D. R'rop Suvyku Dans une nouvelle pompe. —
314. B. h œuwäiwph D. Quurswdiuenp je m%wph — 315. C. Or PE wubint Supk [eh C. Sæphwinph
— 316. C. yéphwpkyk — 317. D. ydlaus — 318. B. C. Gnpng E ns & kb pb D. Gneng ns E Eu k pb —
319. C. (re £puwgh — 320. D. (rube g8wnh4 yelispujuk — 322. D omet ces deux derniers vers.
De la famille du grand David,
Père de Dieu, prophète;
Toi dont le nom, admirable {cité |,
290 Est exprimé par trois lettres,
Symbole du mystère de la Trinité,
Qui par toi est adoré.
Au temps de ces princes, tu étais
Pleine d'allégresse ;
295 Une vigne couronnée de grappes,
Un olivier chargé de fruits;
Tu voyais tes fils dans la joie,
Semblables à un jardin nouvellement planté;
Tes filles, belles de leurs parures,
300 Sans cesse occupées à chanter et à jouer de Îa
lyre;
Tes rois illustres,
Assis sur le trône, la couronne en tête,
Avec les guerriers à leurs côtés,
Debout, prêts à exécuter leurs ordres ;
1 Les fils de Sion, c'est-à-dire le clergé. .
? D'après l'historien Étienne Açogh'ig (II, xxx),
ce fut la femme de Kakig I", Gadramidé, fille de
Vaçag, prince de Siounik', qui acheva la construc-
Les fils de Sion, 305
Semblables aux chœurs enflammés {des anges].
Par sa magnifique architecture,
Ta cathédrale
Était l'égale et la copie
Du sanctuaire céleste ?. 310
Les patriarches et les évêques,
Et les ministres de Dieu, dans leur hiérar-
chie,
Chacun à son rang,
Étaient en harmonie avec ce temple.
Décrire ces pompes 315
Serait une tâche difficile et longue,
Sans profit pour moi maintenant,
Puisqu'il n'en existe plus rien;
Elles se sont évanouies comme un fantôme,
Elles ont passé comme une fleur d'été; 320
Elles ont cessé et disparu aujourd'hui
Suivant la parole du Psalmiste :
tion de la cathédrale d'Ani, commencée par Sëém-
pad, frère et prédécesseur de Kakig. Cet édifice fut
l'ouvrage du célèbre architecte arménien Dértad
(Tiridate).
238 ÉLÉGIE
Pec easeoatws Jerpt def
Qapouñupkp $Eakquunf.
825 Qu qmennigbu, wpquppwh,
fe ce LEE mqurnaun fr:
Une pi inqgepl wivopfvf,
(le Æp ph bp f undt,
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330 [JPbsh b qu Gunnwmuëh,
QE Leu ES nepbi f.eka,
(eue yhe juge dautuhh .
Sciäbug got juan ,
Gutusuropu L f Suwukk:
335 Ouygbt bubug wpluumuph,
Véchbug jounngt pq
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Srobug balai Dr prg Eur:
Cour hu feet,
340 Ven 4e qh2 qui.
Pausaaghgr Ppbwnut
Cobode vEphbug akbnbgh-
323. C. pgsnpnn-Qh D. Le quand — 325. C. wypagqdwgh — 328. D. E Supanrp — 329. C.
E jugkur — 333. C. wvquunwut — 334. B, Quuuws bpuSuv cnp b Suugp C. Qurañrswcnp &k Swuwk
D. Oéañuss Epupd np b Sœukp — 336. D. W'érhhuwg prumnju padh@bE UF — 338. À. gong Skabab C. 4e.
cbuwg vpdiu ÿong ghinh — 339. D. gnbubfu — 340. B.C. Ur@wn hnbuy D. Qén bus wufun — 341. C. Re.
Guuuyhg erhemsukh — 343. C. Yapquiwqug pphonnikhg — 345. D. Le ay poydugu npe n5 Puf —
346. D. O4 4 — 348. D. fargep ut — 348. B. fivump upek. — 350. D omet ces deux derniers vers.
— 351. D. qu wjv dub C'est pourquoi je te supplie. — 351. C. #4 #7461b Ô malheureuse [cité]!
— 352. D. pu wdbuk — 353. D. 8 wngtrinp — 357. B. Raguñudiar — 358. B. Fa pnyfvr — 361. C.
Gukutuuh — 362. C. aqb.
« Comme un ruisseau abondant se répand,
«Torrent de printemps,
325 « Ou comme une bulle d’eau gonflée,
« Qui, à peine formée, crève. »
L'épée de l'impie au cœur impitoyable
ÂAltéré de notre sang,
Qui n'en est pas rassasié et ne s'en rassasiera
jamais,
330 Jusqu à ce que se lève le dernier jour,
S'est dirigée contre toi,
Et maintenant vient de m'atteindre.
_ [L'ennemi] a coupé la gerbe des campagnes,
Verte et en épis;
335 Il a arraché la vigne jusqu'aux racines,
Et dépouillé de ses rameaux l'olivier;
1 a versé le sang des saints sur la terre,
Et l'a répandu comme l'eau d'un fleuve;
Il a laissé des cadavres innombrables
340 Qui gisaient sans sépulture, livrés aux bêtes
féroces.
Les prêtres du Christ
Uurlunwqug until
V'upfie wvkbu deg bnynat-
Le y euqeed op rs Br,
Le £ wub aupkt,
fe e6g Sul ju! duyph,
Pepg euh disumip sup.
Le pue papta art,
Put poenh fi uyp an Eh:
Ù oct ojunghh, 6] aiuæ4uph,
Ne Eu tEpSnet ujug Euh,
Peut Jujtduf fofuin wnbank,
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Ont teint les églises de leur sang;
Des diacres, ministres [des autels],
Les corps jonchaient tes rues;
Et autres massacres sans nombre,
Qu'il serait impossible de raconter.
Tout ce qui t'arriva à cette époque
N'était que calamités et misères.
Ils t'ont réduite en captivité
Avec plus de rigueur que Jérusalem.
Par tant de malheurs, ô noble cité!
Toi qui as été éprouvée,
Lorsque tu fus si maltraitée,
Apprends à connaître mon triste sort,
Et mon infortune;
Sois-moi compatissante ;
Car pareil au tien en tout
Est le désastre que j'ai subi.
Réunis tes filles,
Sois pour moi dans la peine et le deuil.
Excite toute âme à gémir,
En prenant un ton plaintif,
345
350
355
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SUR LA PRISE D'ÉDESSE. | 239
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Car la consolation d'un cœur affligé
N'a d'autre source que cette sympathie.
365 La douleur de mon désastre |
Ne saurait être soulagée par un léger remède.
Elle n'est pas circonscrite à un seul lieu,
Et ne peut être allégée par quelques amis;
Mais celui qui la partagera
370 Doit appeler, avec des accents lamentables,
Les quatre parties du monde,
Où vivent les enfants des hommes,
L'orient et l'occident,
Le midi et le septentrion.
375 À ceux-là, je crie d'une voix gémissante,
Et je dis en pleurant :
O vous tous, membres de la famille humaine,
Rassemblez-vous dans un même lieu,
Hommes, femmes, pères et fils,
580 Époux que réunit le même lit nuptial:
Tendres enfants, adolescents, jeunes hommes,
Vieillards et gens de tout âge;
l On sait que les Macédoniens établis en Asie
appelèrent l'antique métropole de l'Osrhoëne Édesse
Rois avec vos armées,
Chefs, princes, seigneurs de ce monde;
Patriarches, pasteurs de troupeau, 385
Établis pour être les princes de l'Église,
Prêtres, diacres,
Et tous les ordres du clergé ;
Moines du désert,
Êtres immatériels dans un corps humain ; 390
Troupe chaste des vierges saintes,
Associées au chœur des séraphins:
Savante cohorte des docteurs
Et des ministres sacrés, à la voix mélodieuse,
Venez mêler vos pleurs à ceux que je répands 395
Sur mes enfants exterminés.
Fondez, fondez en larmes,
Tous ensemble;
Lamentez-vous amèrement sur moi,
Vous tous, régénérés par le baptème. 400
Édesse, Our‘ha’, ville ! |
Qui as perdu tes fils, restée orpheline et veuve,
en souvenir de l'une des villes de leur patrie. Sous
les Séleucides, elle porta aussi le nom d'Antioche de
240
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ge duybib Je dirai donc ce que j'ai eu de bon {en partage.] — 434. D. pus — 435. D. ok
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Je crie vers toi d’une voix languissante,
Entrecoupée de sanglots.
405 J'enlève le voile qui couvrait ma tête;
Je déchire les vêtements, ma parure;
J'arrache les boucles gracieuses de mon front,
Je fais tomber impitoyablement ma cheve-
lure;
Je frappe avec une pierre ma poitrine et mon
cœur ;
410 Je meurtris mes joues de soufllets,
Reléguée tristement dans une maison obscure,
Comme un malheureux au désespoir,
Au lieu d'un costume de pourpre ;
J'ai pris un vêtement noir et lugubre.
415 Mes yeux répandent des larmes intarissables,
Comme un fleuve qui roule des flots grossis.
J'ai été un objet d'opprobre sur la terre,
En butte aux outrages du monde entier.
Les passants, dans le cheinin,
Callirhoë, ou de la Belle Source. Son ancien nom
Nréw, Ourha, suivant le témoignage du pa-
triarche Denys de Tel-Mahar, dans sa Chronique
syriaque, lui vint d'Ourhoui, fils de Khewia, son
premier souverain , lequel commença à régner 126
ans avant J. C. Procope (De bello persico, 1, xvu),
qui appelle ce prince Osrhoës, ailirme pareille-
mm remet
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a ——_—_—_—_—__———————
S'écrient : malheur! malheur! 420
Car je n'étais pas dans un lieu caché,
Ou dans quelque coin obscur;
Mais des fleuves qui arrosent l'Éden
J'occupais le milieu :
Assise entre l'Euphrate et le Tigre, 425
Je portais 1e nom de Mésopotamie.
[J'étais le | palais du grand roi
Des Arméniens et des Syriens, Abgar.
D'abord je dirai ce que j'avais reçu
De bienfaits de la main du Seigneur; 430
Ensuite les maux qui me sont advenus,
Comme un soudain châtiment de mes péchés.
Vous, avec bienveillance, prêtez
L'oreille à mes discours.
Je vous exposerai brièvement 435
La longue série de mes tribulations.
J'étais unc mère riche de famille;
J'ai engendré d'innombrables enfants,
ment qu'il donna le nom d'Osrhoëne à la ville ainsi
qu'au territoire d'alentour. Sous Justin I", elle
prit celui de Justinopolis, parce qu'il en fit rebâtir
les murailles. (Cf. Saint-Martin, Hist. des Arsacides,
t. [, p. 104-105.) — C'est fer, Ourfa des Armé-
niens modernes, L#,, Roha des Arabes.
SUR LA PRISE D'ÉDESSE.
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444. D. Uaehep À quo — 444. B. op pphobh — 445. D. Crgouucnr Jujph vpluv Pareille à une terre
fertile. — 446. B. opt @nch D. bu @nith — 448. D. omet ces deux derniers vers. — 450. C. Oniwpe
Pausunh4 D. Ge qu'uwquu Et variées. — 452. B. D. Qésnng vod fnwk Saukp, Dancpuumsiu wppncguiutn
Elle produisait un ruisseau semblable aux fleuves,
Lequel arrosait les jardins. — 455. D. mydky —
456. D. bG- géowawnwuny —— A57. B. Pwgdiwunhdh — 458. D. Niruglo abri q-Lpouwfuin &wqdt-p
459. D. Up Oufuhin Sun op Suwnkkp ; Ron unnwenju aunquwpbplp — 462. D. wudiuçne (buy £niun bulk encpbp
— 468. D. pvdfpenke — 465. B. Linuweoummv — 467. B. Jbekrt vb D. Ep4ph vw Ep — 469. D. Or 4
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Que j'ai nourris avec tendresse
440 Du lait de mes mamelles.
Je les ai formés beaux,
Et je les ai magnifiquement ornés;
Car j'étais une terre fertile,
Une source abondante de lait.
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Égale à la terre promise,
Et peut-être même supérieure,
Je regorgeais de richesses,
Et de productions de toute sorte.
De mon sein s'épanchait une eau vivifiante
Qui faisait germer des plantes agréables à la vue;
Elle arrosait des jardins,
Et apportait le bonheur aux habitants.
La mer dans mes murs ondoyait mollement,
Un vent doux ridait sa surface;
Elle enlevait les souillures de la boue,
Et faisait l'ornement des places publiques !.
45
©
45
or
* C'est par une figure poétique que Nersès com-
pare à la mer le Scirtus ou Daïsan, qui prend sa
source dans le Taurus, au nord-ouest d'Édesse ,
coule à l'ouest et à côté de ses murs, et va se jeter
dans le Balissus ou Belias, l'un des affluents de
l'Euphrate. Cette rivière, peu considérahle ordinai-
rement, roule un grand volume d'eau lorsqu'elle
est grossie par la fonte des neiges du Taurus; elle
HistTor. ARM. — I.
Mon sol donnait des fleurs aux couleurs dia-
prées,
Comme le jardin d'Éden;
Il se couvrait d'arbres touffus,
Et était d'une fécondité sans limites: 460
Leurs rameaux se balançaient doucement ;
Une odeur céleste embaumait les airs:
I produisait le nard et le safran;
La rose et la violette y exhalaient leurs parfums.
Chaque jour mon sein, fécondé par la rosée du 465
matin,
Brillait d'une splendeur qui pouvait soutenir
l'éclat de l'or,
I! était incomparable
Par tous les trésors qu'il prodiguait.
Ah! jamais on ne pourrait compter tous les biens
que je possédais,
Si on les énumérait l'un après l'autre. 470
se développe alors comme une mer entre les deux
collines qui entourent la ville. (Cf. Matthieu d’É-
desse, chap. xxvii, et au sujet des inondations du
Scirtus, la note 1° du chapitre cxxxvir de ma traduc-
tion complète de la chronique de Matthieu d'Édesse,
t. [de la Bibliothèque historique arménienne, p-442-
443.)
31
242 ÉLÉGIE
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472. D. Ephpwugnré — 472. C. ap vbpdutkp — 474. D. dub ruwng 4ud Epbumy — 475. D. buk
Sup — 477. D. Jernbdiupuñuu El Gueuphn — 478. B. Rasjune gapabu b — 480. D omet ces deux
derniers vers. — 48 1. D. Juvquiap — 183. GC. SE — h92. C. Quphouy Eebus, — 494. D. Himuunmsku
wpackunannp — 495. C. qfmunp [posée] en sentinelle. D. gpuuwr»p chevelue. — 499. D. wwXwnp —
5oo. B. C. D. zp#quenp — 501.B. D. guwp4 — 503. B. C. D. Ruyg pabrouuupr — 507. B. D. & visu np
— 508. C. Yéprwgnetnjÿy — 510. D. ebubus dupe puis
—_——————————
Lorsque mes campagnes étaient travaillées
Par le bras de l'homme et ensemencées,
C'est cent ou soixante,
Ou bien trente fois autant qu'elles lui rendaient.
475 Par les fruits qu'elles produisaient,
Elles répandaient partout l'abondance.
Dans des greniers étaient entassés
Les grains qui servaient à nourrir mes enfants.
Leurs vœux étaient comblés
480 Par les bienfaits inépuisables que ma terre leur
versait.
Si mon site était décrit avec tous ses avan-
tages,
Et d'une manière digne,
Je crois qu'aucune ville n'aurait pu m'être com-
parée,
Entre toutes les cités du monde.
485 J'étais assise sur un trône vaste,
Pareille à un roi sur son char,
Ou à une reine d'une beauté ravissante,
Revêtue d'une robe à la queue d'or et tissue
de brocart,
Avec des franges brillantes,
Et magnifiquement parée. 490
J'étais protégée par une enceinte circulaire
Et un rempart large et solide;
Mes tours s'élevaient imposantes,
D'après un système savant et ingénieux,
Comme une tête bien adaptée 495
Sur un corps avec lequel elle s'harmonise ;
Mes fondements s'enfonçaient profondément
dans le sol; |
J'étais couronnée de créneaux.
Des habitations et un temple admirables
Étaient renfermés dans ma belle enceinte. ‘ 500
Les maisons et la rue consacrées au commerce
S'alignaient sur un plan symétrique.
Mes palais somptueux,
Quel luxe ils étalaient!
Impossible à moi de le dire; 505
Aucun mortel ne pourrait l'exprimer.
Semblables aux demeures célestes,
Ts rivalisaient avec les plus sublimes,
Admirables et sans pareils,
Tels que n'en a jamais contemplé l'œil de 510
l'homme.
SUR LA PRISE D'ÉDESSE.
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539. C. U'ée Pvadbug quupt fpvquu D. ES Bwdbug quvppu brut — 540. D. Le cbrbihes web
mqamy Et mes amis gémissent amèrement. — 542. C. D. ounpgu — C. épuy Ejuiv
Aussi combien j'étais joyeuse!
J'étais cornme une mère qui se complaît en ses
enfants :
Mes filles et mes fils innombrables
Autour de moi formaient des chœurs de danse,
Semblables aux feuilles d’une rose épanouie ;
J'étais comme un beau pommier À la tige luxu-
riante,
Comme une vigne haute et touffue,
Une treille chargée de grappes,
Ou un cep de choix planté dans un coin
De terre grasse et féconde.
Soixante et dix bourgs, nombre symbolique,
M'entouraient de tous côtés.
Là je siégeais comme une reine,
Au milieu de ma pompe et de ma gloire.
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CG
525 La prospérité dont je jouissais et que je viens de
peindre
À été racontée en abrégé.
Cet éclat qui datait de siècles reculés
À pris fin tout à coup;
Cet éclat qui me rendait si fière,
Et qui m'assurait tant de bonheur. |
J'étais célébrée par ceux qui entendaient parler
de moi,
Et admirée par ceux qui me voyaient de près.
Mais à présent,
Tout ce que j'avais
De prospérité n'existe plus;
La douceur s’est changée en amertume;
Au lieu de me traiter d'heureuse,
On ne m'appelle plus qu'infortunée.
Tous nos ennemis se réjouissent,
Et nos amis poussent des gémissements.
Ils se sont révoltés contre moi,
Ceux qui avaient été mis sous mes pieds,
La race faite pour nous obéir,
Les fils de la servante
Qui a fui Sara:
Agar et Ismaël jadis chassés,
Ismaël auquel l'héritage de son père
Abraham n'était point dévolu,
Maintenant se sont levés contre le fils né libre:
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Vo prenbh & purs Gupuib dl awntu np nhubtguv — 561.B. C. yhu — 562. B. C. La re vnbn5 bg
— 267. C. SGubuws . — 970. B. aunnh hacust — 572. B. app s usure 276. C:; uit à déprium
nby Suugpumbus || m'a portée en haut, dans un lieu de repos.
550 Îls ont voulu me chasser, moi la maîtresse de
la maison,
Me dépouiller de mon patrimoine,
Et me repousser loin des fils des hommes.
Comment ont-ils accompli leurs desseins ?
Pour quelles raisons ont-ils fondu sur moi? .
555 Îl est temps de le dire ouvertement,
Et d'en faire le pénible récit.
Quoiqu'il ne soit pas possible
De tout énumérer,
Cependant peu de paroles me sufhront
560 Pour révéler mes malheurs.
C'est le gardien de la vigne ?,
Qui a établi celui qui dans l'origine me donna
l'existence ;
C'est lui qui m'a transmis le précepte
1 On voit que le poëte désigne comme fils
d’Agar, et descendants d'Ismaël, non-seulement les
Arabes, mais aussi tous les musulmans en général.
Il comprend sous cette dénomination les Turks, les
Turkomans, les Kurdes et les Arabes, qui formaient
l'armée à la tête de laquelle Zangui marcha contre
Édesse. (Cf. sur cette expression, Grégoire le
Prêtre, chap. cix, et ibid. note 4, page 162.)
? Je pense que, par ces mots, le gardien de la
vigne, Nersès entend Noé, dont l'arrière-petit-fils
Nemrod alla se fixer dans les plaines de la Mésopo-
tamie et de l'Assyrie, et auquel une ancienne tra-
dition, rapportée par Michel le Syrien, attribuait la
fondation d'Édesse.
Ÿ I est fort difficile de savoir à quels événements
Nersès fait ici allusion, et quelle tradition il a sui-
D'où découle la vie immortelle.
Alors les fils de ma mère 565
M'ont attaquée en traîtres. |
M'ayant vue dans une splendeur incomparable,
Ils ont été embrasés d'une atroce jalousie,
Ils m'ont repoussée vers la terre maudite,
Où germent l'épine et le chardon; 570
Ïls m'ont remplie de crimes sans jamais se
lasser,
Et m'ont privée de l'amour du Créateur,
Jusqu'à ce que le pasteur courageux
S'est mis en quête de sa brebis,
Et l'a soulevée sur son épaule divine, 575
Pour la porter vers les hauteurs d'où elle était
tombée à.
Mais je suis devenue de nouveau malheureuse;
vie pour l'histoire d'Édesse, antérieurement au
règne d'Abgar le Noir, qui fut contemporain de
Jésus-Christ. Peut-être que par cette expression,
les fils de ma mère, il entend les princes arméniens
de race arsacide, qui possédaient la Mésopotamie
et résidaient à Nisibe, et qui finirent par s'emparer
d'Édesse. Saint-Martin (Hist. des Arsacides, t. J,
P. 115-119) suppose que ce fut le premier de ces
princes, Arscham, qui fit cette conquête. Son fils
Abgar le Noir y trangporta sa cour, ses idoles,
Napok, Bel; Pathnikagh' et Tarata, les livres des
écoles attachées aux temples, ainsi que les archives
royales. (Cf. Moïse de Khoren, IT, xxvi.)
* Ce pasteur est l'apôtre saint Thaddée, qui,
comine nous l'avons vu, page 229, note 1, prêcha
le premier l'Évangile aux habitants d'Édesse.
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SUR LA PRISE D'ÉDESSE.
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600
580. Les 37 vers qui précèdent, depuis 543 inclusivement, Ugg np Sweuwpeu, etc. ne se trouvent pas dans D.
— 581. D. O4 gœumnctovpt demwquy — 584. D. gnpSag — 584. C. wnwbabquy — 585. C. Jouu kw
D. Urardevbuv fou qwpdu Je suis devenue le temple de Salomon. — 589. C. £4 Fod ur Bu, — 590. C.
œquugphomwgu, — 592. C. Thvks juger — 593. D. kyhu géeuy — 594. C. Svaiveprv — 596. D.
Jud wbfupw, Sans merci aucune. — 597. C. View quespupu — 598. D. (re k ufr Fod pcÿwkuy —
599. C. £ pute Efe D. Ravekgft & urbpbaft — 600. B. qiuw D. guauft — 602. D. cu, ghpiwkusy — 603.
és Oapu & Jeudasr
J'ai été précipitée du ciel sur la terre,
Je suis tombée du faîte où j'étais élevée,
580 J'ai été abaissée et abimée.
J'ai oublié alors les commandements de Dieu,
En m'écartant de sa loi.
J'ai accumulé péchés sur péchés,
Je me suis souillée de crimes.
585 Moi qui étais le temple de Salomon,
Renommée par mon diadème,
Et que contemplait avec des regards d'envie
Le soleil resplendissant , j'ai été voilée d'obscu-
rité.
Je dis donc, hélas! sur moi, pour me conformer
aux paroles de David :
590 J'ai longtemps erré dans l'exil!,
Depuis l'époque où j'ai commencé
À appartenir à la nation des Romains ?.
1 Psaume CXX, v.
? Les Romains, c’est-àdire les peuples d'Occi-
dent ou les Franks, les croisés, au pouvoir desquels
passa Édesse en 1098. Dans les vers suivants, Nersès
semble leur reprocher d'avoir été cause des attaques
et des désastres que cette ville eut à subir, pendant
qu'ils en étaient les maîtres, de la part des musul-
mans. Il se rend l'organe des accusations plus ou
moins fondées de ses compatriotes contre les Latins,
et que nous avons vu dans les pages précédentes
se reproduire si souvent et avec tant d'énergie.
Alors se sont avancés contre moi
Les descendants d'Agar.
D'abord les fils de mes entrailles 595
Ont été massacrés par eux sans merci;
Ensuite les bourgs qui m'environnaient,
Comme une ceinture ingénieusement disposée,
Ont été abattus et détruits,
Et sont devenus des ruines. 600
Et ce n'est pas en peu de temps,
Mais dans l'espace de quarante ans et un peu
plus *,
Que j'ai perdu ma puissance,
Et que ma force s'est affaiblie.
Les brigands ont accouru, suivis d'autres bri- 605
gands.
Dans leurs incursions, ils m'ont faite captive;
J'ai enduré toutes sortes de maux,
3 Saint Nersès fait allusion sans doute au temps
que dura la domination française à Édesse, et qui
fut de quarante-six ans, sous les quatre comtes sui-
vants :
Baudouin, frère de Godefroy de Bouillon, en
1098, roi de Jérusalem en 1100.
Baudouin Du Bourg, en 1100, roi de Jérusalem
en 1116. |
Josselin de Courtenay, dit le Vieux, en 1118.
Josselin IE, ou le Jeune, en 1131 jusqu’en 1144.
246
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L- qupabbe, quyjh fr Juypft Cés cabdnen ghu wnbhfit..
609. C. be #énwgnyg bd ns quæwy Je n'ai trouvé personne qui m'indiquât le remède. — 612. C. 4
L juunwtpu fombguy D. Le & jummbpt — 615. D. Yrrbuwy — 616. À. Lu vévqui ap — 619. D. Bwpai_
gEuy — 6292. D. Pwp skr a 624. C. Ouukf swpEiwg gnpncubfu D. Ney wboihpu 4n 1327 LUPUT TX smphiwg
gopéncvEfu — 625. D. Urdwkkqui. — 62 7. B. Brpdul bkunku C. QapacL okufu — 628. D. Qapdut pneus
L fugue Ne gopwkuiu pv Elune sEfu — 631. B. V'rhowtuivfu — 634. D. x 1707 — 635. C. Caivpr
abvk quusbuw 4uyfv Les chiens m'environnaient. D. Ocopg phepwcnp quinbuw, 4wjfu Des milliers de soldats
m'environnaient.
Je suis tombée épuisée par des souffrances mor- Son nom est |
telles; Zangui, l'artisan de mal.
Sans remède contre tant de maux, Il s’élança subitement, 625
ÿ10 Sans médecin pour les guérir. Et dans un moment inattendu !;
Je suis arrivée aux portes de l'enfer, Dès qu'il eut appris
Et j'ai approché du fond de l'abime. Que mes guerriers étaient absents,
Aussitôt il m'investit de toutes parts,
0630
ôl
02
or
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Témoin de ce spectacle, le tyran,
Ce cruel dragon, aux replis tortueux,
S'avancait en rampant comme le serpent,
Plein d'astuce, venimeux,
Pour me mordre le talon,
Et me frapper avec une flèche cachée.
Il avait, en se dissimulant,
Concentré sa malice dans son cœur;
Le loup, embusqué dans sa caverne,
Se dérobait à mes regards, dans le désert.
1 Zangui parut devant Édesse un mardi, 28 de
tischrin second ou novembre de l’an 1456 des
: Grecs (1144). Il établit son camp près de la Porte
des Heures, du côté de l'église des Saints-Confes-
seurs. (Aboulfaradj, Chron. syr. p. 332.)
2 Voir, sur cette expression dafrpewku, Mmaghrébin,
Matthieu d'Édesse, p. 13, note 4.
3 Au sujet du mot Élyméen, pris dans le sens de
Turk, voir Matthieu d'Édesse, p. 24, note 4. Les
Khétéens, «R£mwgke, ou Céthéens, peuple de la
terre de Chanaan, issu de Kheth, fils de Chanaan,
Hills de Cham, habitaient les montagnes au sud de
Et m'entoura de ses troupes
D'Arabes maghrébins ?,
Que, certes, il scrait impossible d'énumérer par
leurs noms,
D'Élyméens, et de Khétéens *,
En légions innombrables.
Îls m'environnaient avec des bandes de chiens 635
et de troupeaux, |
Et empêchaient d'entrer dans mes murs ou d'en
sortir.
la tribu de Juda et étaient répandus aux environs
d'Hébron et de Bersabée. Ils ne purent être détruits
par.les Israélites; mais, sous le règne de Salomon,
leurs rois devinrent tributaires de ce prince. Ils exis-
taient encore comme nation distincte, lorsque les
Hébreux revinrent de la captivité. (Cf. Genèse, À ,xv,
et XXID, m1; Exode II, xvu1; Î Paralipomènes, Î,
x1; 1 Rois, VIII , vu, etc.) Par ce nom de Khétéens,
Nersès entend sans doute les tribus arabes dissé-
minées dans la contrée que les Khétéens avaient
jadis occupée.
SUR LA PRISE D'ÉDESSE. 247
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qunbu poing wudfu D. Znpncp quinbu pajap juwäfu Le corps tout entouré de cuirasses de cuir. —
643. C. Q@recpucope cuwnbrvus-npp Armés d'épées et d'arcs. D. Sbqwiape cuwnbiuwnpp — 644. C. fvngn_
gEfu —645. C. pb — 650. B. pwpwgpu Spukuyhu des braves à Ja taille de géant. — 651. C. D.
djunfu — 654. D. épdañug — 655. C. Yhr — 655. D. végniqu — 656. D. & owXupft et du temple. —
659. C. powppun.p — 661. C. D. WF yudiunk, pvyqkdl vagk De ne pas continuer à leur résister.
Lears assauts étaient incessants;
Is me tourmentaient sans relâche.
Chaque jour des bataillons nouveaux
640 Marchaient au combat, équipés de pied en cap,
Couverts d'armures, la lance au poing,
Le corps protégé par des cuirasses de cuir,
Armés de piques et d’arcs,
Frappant et transperçant avec leurs flèches.
645 Ayant élevé un bastion et dressé des machines,
Ils lançaient des pierres,
Brisaient, fracassaient,
Et me causaient les plus grands dommages.
Malgré ces efforts, ils ne purent
650 Triompher des braves qui défendaient mes
murs,
! Nersès désigne ainsi les mineurs qui, à l’aide
des machines appelées talpæ ou domélaxes, sous
lesquelles ils s’abritaient, sapaient les fondements
des murailles et ouvraient des tranchées. Du
Cange, dans son Glossarium mediæ et infime latini-
tatis, cite deux passages qui rappellent de tout point
le langage de notre poëte arménien : « Deinde in-
«cipientes minare instar talparum, conantur in-
«vadere civitatem» (Guill. de Podio Laurentii,
cap. xLIM); et « talpinum animal imitantes, itinera
fodiunt » (Senator, lib. IX, ep. 3). (Cf. le même
auteur, in Anne Comnenæ Alexiadem note, p. 99.)
? Au rapport de Kemäl-eddin, la mine fut pra-
tiquée par dessapeurs d'Alep, qui creusèrent en plu-
sieurs endroits, et, pénétrant jusqu’au-dessous du
rempart, placèrent partout des pièces de charpente
Jusqu'à ce qu'un autre moyen d'attaque fut venu
à l'esprit
De ce fourbe, fécond en stratagèmes.
A l'instar de la taupe !, ils creusèrent
Sous les fondements de la citadelle,
Et établirent des colonnes et des étais
Pour soutenir les tours et le rempart [ainsi
minés |,
Se disposant à mettre ensuite le feu à ces
appuis, |
Comme c'est leur usage ?.
Puis ils firent entendre ces mots
À la multitude de la ville :
« Cessez de soutenir ce siége,
« Afin de vous épargner de périr:;
pour le soutenir. Ensuite ils vinrent demander à
Zangui la permission d'y mettre le feu. Celui-ci des-
cendit dans la mine pour juger par lui-même.de
l'état des travaux. Lorsqu'il eut douné le signal,
les étais s'embrasèrent, le rempart s'écroula, et les
musulmans, se précipitant dans la ville, la prirent
de vive force. M.Reinaud (Extraits des auteurs arabes,
relatifs aux croisades, p. 72) a fait remarquer que
les sapeurs d'Alep étaient renommés pour leur
habileté et recherchés par tous les princes mu-
sulmans. Ïl cite Behä-eddin, qui nous apprend
qu'en l’année 588 (1192) Richard Cœur-de-Lion
employa pour miner la forteresse de Daroum des
sapeurs alépins qu'il avait gagnés à son service,
pendant qu'il faisait le siége de Ptolémais. (Cf, Vita
et res geslæ Saladini, trad. de Schultens, p. 227.)
650
660
660
248 ÉLÉGIE
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Pat BE vpaty dESb mfunf,
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664. D. suwmvwéhafu. — 666. C. Radet D. Ruÿe — 667. D. Qruvwkfu — 669. B. As Jértaru —
671. C. D. Gue-unmuy À ne pas ajouter foi. — 67 2. D. Gunliur pur — 673. D. Rabqh pwpinp — 674. C.
din uk fu D. QE wbmquuop dbnwukfu — 675. C. Rough pub D. Ge vs pub Et ne pas trahir. — 677. B.
V'upwatuug
« Mais rendez-vous spontanément, et de bon
gré,
« Et vous obtiendrez merci !.»
A ces paroles, se réunirent
Les braves et les héros, tous ensemble;
Se soutenant, s'animant l'un l'autre.
Ils s'engagèrent, par un serment réciproque,
À ne pas reculer devant l'ennemi,
À ne pas abandonner le combat,
À refuser toute proposition,
_ Et à ne point ouvrir volontairement les portes.
Îls pensaient qu'il était préférable
1 La comparaison de ce passage avec le récit
d'Aboulfarad; (Chron. syr. p. 333) et de Guillaume
de Tyr (V, xvi) prouve combien notre poëte s'esl
conformé à la vérité historique. L'écrivain syrien
raconte que les musulmans ayant ouvert une mine,
et les assiégés en ayant creusé une de leur côté, les
travailleurs se trouvèrent face à face, et ceux d'É-
desse tuèrent les infidèles; mais déjà deux des tours
avaient été entièrement minées. Comme elles étaient
près de s'écrouler, Zangui en donna avis aux habi-
tants : « Prenez deux d'entre nous en otage, leur dit-
«il, vous enverrez aussi deux des vôtres, et 1ls s’assu-
«reront par eux-mêmes de l’état des choses. I] vaut
« mieux vous rendre, et ne pas attendre la prise de
« la ville et la mort. » L'archevèque latin d'Édesse,
Hugues, qui dirigeait la défense, espérant voir
arriver d'un moment à l’autre Josselin et les troupes
du roi de Jérusalem, rejeta avec mépris cette pro-
position. |
? Lorsqu'au v° siècle les Arméniens se soule-
vèrent pour défendre leur liberté religieuse op-
primée par ’Azguerd (lezdedjerd II), roi de Perse,
ils avaient à leur tête Vartan le Grand, de la
famille satrapale des Mamigoniens, et Vahan, de
De succomber à leur poste.
Que de trahir leurs serments solennels, 675
Dussent-ils à ce prix acheter des plaisirs chaque
jour renaissants;
Émules des Machabées
Et des guerriers compagnons de Vartan ?.
Sans cesse ils s’excitaient de la voix,
Et disaient hautement : 680
«Ne craignons pas,
«Frères, le glaive que tient une main mortelle.
« Au courage du héros
« Gardons-nous de mêler la frayeur du lâche;
la famille Ardzrouni. Dans cette lutte, Vartan se
signala par des prodiges de valeur; et ceux qui
combattirent avec lui, honorés comme des martyrs,
ont reçu le nom de Vartaniens. Sa petite troupe,
cernée par l'armée perse, et accablée par le
choc des éléphants et le bataillon des Immortels,
fut exterminée entièrement, dans la plaine voisine
du village d'Avarair, sur les bords de la rivière
Dëgh'moud (boueuse), dans le district d'Ardaz, pro-
vince de Vasbouragan. Dans cette persécution, les
Arméniens confessèrent héroïquement le nom de
Jésus-Christ; les guerriers, en versant leur sang
sur le champ de bataille; les prêtres et les femmes,
en courant aux supplices ou à l'exil. Le tableau de
ce grand mouvement national, retracé en arménien
sous une forme animée et dramatique, et avec une
parfaite élégance de style, par Élisée, écrivain con-
temporain, a été reproduit dans ces derniers temps
en anglais, par M. Fried. Neumann, Londres, 1833;
ea italien , par M. l'abbé Cappelletti, Venise, 1841;
en français, par M. l'abbé Grégoire Kabaragy Ga-
rabed, Paris, 1844; et en russe par M. Schans-
cheïef, Tiflis, 1853.
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SUR LA PRISE D'ÉDESSE. 249
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685. D. Oum pwphwg — 686. B. C. wgg D. juggu — 689. C. wuwkt ici, à présent. — 690. C.
b Suugbult — 695. D. ay — 699. B. D. £ — 700. C. Ureur puptp qupqh nf D. Wipur pwph.
papous wn fu Us ont obtenu des biens infinis en échange. — 702. D. quvrwn&yfv [un bonheur] ineffable.
— 703. D. “urhsuhgne.e — 703. C. fhuyfu — 704. D. re — 705. B. Hurquns à la fois. D. O+ kwpuñr
— 706. D. GuyBons — 707. C. QE vhsvbugne D. QE vevhy — 709. D. qupowtwgpe — D. pui.
quups au gardien du bain. — 712. C. 4 g6abv D. k ghnbu — 714. D. 6p4pwëpr
685 « Méritons un nom glorieux,
«Qui retentira parmi toutes les nations;
« Que notre constance soit inébranlable,
« Appuyée sur l'espérance céleste.
« Les bons exemples, ajoutaient-ils,
. 690 « Ne nous manquent pas pour soutenir nos cf-
forts.
«Les martyrs, ces cohortes
« Innombrables,
« Qui vainquirent les puissances du mal
« Visibles et invisibles,
695 « Sont maintenant exaltés par tous,
« Et glorifiés par Dieu;
« Ceints du diadème de la vie immortelle,
« Ils resplendissent comme le soleil.
« Leurs supplices furent bien peu de chose,
700 « En comparaison des avantages infinis qu'ils ont
recueillis.
« Par des tourments d’un instant,
1 Pour l'intelligence de ces paroles, il faut se
remettre en mémoire la légende des Quarante
soldats qui souffrirent le martyre à Sébaste, sous
Licinius. Le gouverneur de la province, Agricola,
“ordonna de les exposer nus, pendant la nuit, sur
un étang glacé, aux environs de cette ville. En
même temps, et comme moyen de séduction, il
fit préparer un bain chaud dans des thermes si-
tués dans le voisinage. L'un d’eux succomba à la
Hisror. ar4. — I.
« Us ont mérité l'éternité.
«Imitons les saints martyrs
« Qui se sont rendus célèbres, au nombre de
quarante;
« ls coururent tous ensemble, 705
« Et remportèrent le prix dans la lice.
«Ne ressemblons pas au lâche et au faible
« Qui succomba à l'attrait d'un bain,
«Mais à celui qui contemplait les couronnes
[ qui leur étaient destinées],
«Au sage geôlier !. 710
«Aucun adversaire n'osera se mesurer avec
nous
« Dans le monde entier;
« Car nous n'avons pas mis notre confiance en
l'homme
« Mortel et terrestre,
« Mais dans le chef des légions des anges, 715
« Assis sur le trône des Chérubins.
tentation et vint se jeter dans le bain. L'officier,
ou geôlier, préposé à la garde des martyrs, aper-
çut des anges qui descendaient du ciel, et qui
leur apportaient des couronnes, excepté à un seul,
le renégat. Touché de cette vision céleste, l'officier
ôta ses habits et prit place auprès des autres confes-
seurs, qu'il consola ainsi de l’apostasie de leur com-
pagnon. (Baronius, Annal. eccles. ad annum 316,
t. IT, p. 159-160, et Fleury, Hist. ecclés. X, xxn.)
32
250 | ÉLÉGIE
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718. B. yu@wpuus Les quatre vers qui précèdent manquent dans D. — 719. D. Be ve miklp —
720. D. & gwkp et notre amour.— 722. D. ppwphruh — 723. B. D. O4 BE Juntbee mpowkblp — 725. B.
LEE — 727. C. ER yupamprgrt nuubugft Elles seront admises parmi les justes. D. Quvufgm.p — 731. D.
gunnn£y — 732. À. 4nsh pwdlt qui est appelée le partage [de nos pères]. — 733. C. D. fr & quySuwn cbpkbik
Qui est belle et remarquable. — 734. D. Juju dép @mk paraît à nos yeux. — 735. C. Urgecnpfv — 737. C.
D.R tube Bhuvg — 739. D. Guifiuçuwquiu — 740. D. ubysuwquir — 742. B. fe tobuñwg — 742. C.
bus — 744. D. Wrdbatwgnps — 745. C. D. Ney 2bvor. — 746. D. uyr — 747. B. Ut ve quivaibwg
burfiup gbp4fu Celui qui a élevé le ciel comme une voûte. — 748. B. gqauv — 749. B. “uw & — 750. C.
be ge D. be ges bis — 751. C. ui — 751. D. Awvwwmbugnrg [C'est en lui que] nous place-
rons [notre espérance]. — 752. C. Oum paSurwumpu gbpyaufv D. One L Guru ukpv pue eut Notre
espérance, notre foi et en même temps notre amour.
Se
«C'est lui qui prépare la lutte,
«Et qui décerne le prix;
«C’est lui en qui reposent inébranlables
720 « Notre foi et notre espoir, comme en un ami;
« C’est lui qui nous donnera une double
« Couronne, gage de la victoire.
«Si nous triomphons, un diadème sera notre
récompense,
« Et notre nom sera proclamé avec honneur;
725, «Si, au contraire, nos corps périssent,
« Nos âmes seront éclatantes de lumière ;
« Nous serons rangés parmi les justes,
« Dans le royaume du Père céleste,
« Dans la chambre nuptiale de l'éternité ,
7130 « Qu'il a promise au vainqueur. |
« Si nous sommes enlevés à notre pays,
« À cette terre qui est notre patrie,
« Et qui, belle entre les plus belles,
« Offre aux yeux un aspect ravissant,
735 « À la place de ces biens éphémères,
« Nous obtiendrons des biens sans fin,
« Dans le jardin de délices et de lumière,
« D'où fut exilé le premier homme,
«LA où la douleur et la mort n'ont point
accès,
« Dans notre véritable patrie. 740
« Nous quitterons cette ville, |
« Œuvre humaine,
« Pour habiter une cité bâtie par Dieu,
« Que la main de l’homme n’a point édifiée , une
cité céleste,
« Dont les bases ont été posées par l'architecte, 745
« Par la droite du Créateur éternel,
« Lui qui a affermi la voûte du ciel,
« Et en a fait le séjour des bienheureux,
« Qui a établi la terre sur ses fondements,
« Avec tous les êtres qui la peuplent, jusqu'aux 750
limites du néant.
«C'est en lui que nous avons placé
«Et notre espérance et notre foi.
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SUR LA PRISE D'ÉDESSE. 251
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753. Ce Ut BE — 797. C. Uevnc wiky — 799. D. Neubo gb Sup fovwdiuphk Il veille sur nous comme
un père miséricordieux. — 760. B. 46v4 D. dur déqug dép punk I nous châtie à cause de nos fautes. —
762. D. Ywguÿy qwpdbu — 762. D. vepfv bug E — 763. D. Be gfvpnivu Powphinkh — 765. B. vrgfr
| D. L'PTLLIS ER wpwsg quuwhg Lvagfu Pour se hâter de les saisir par les pieds. — 766. D. bohun — 767. D. (ire
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— 769. D. Rovybugfr wcbpbugfr Ve k Sbliug mwqurbugfu — 771. D. Obe6 — 771. C. uwquwgert —
772. C. Lagfu — 773. C. qranhiu D. gdnnst — 774. A. Orpu — 779. D. cu, wjuwhuh — 776. C. um
bbuñspu — 782. D omet ces deux derniers vers. — 786. C. Q'hwhepéncprre 1bvkbv Et étaient animés d'une
même pensée. B. place ici les vers 781 et 782 : W'hzsn Guivuwmwg etc. — 788. B. fup g6nbv D. Gayhugne
qoup L dupowaghup, Le puSuñrunet qunnarbptfu Les évêques, les docteurs et les prêtres recommandaient
[ d’être fermes].
. «Comme cette tour écroulée depuis longtemps,
« Et qu'ils avaient rebâtie !;
« Ou comme les abimes de l'enfer,
« Que la main du Tout-Puissant a dévastés?. »
Telles étaient les paroles et bien d’autres en-
« Si sa volonté est de nous délivrer,
« Nous lui rendrons gloire et honneur;
« Mais si cela ne lui plait pas,
«S'il nous abandonne aux mains des infidèles,
« Nos actions de grâce seront encore plus vives,
« Parce qu'il a toujours notre bonheur en vue. core,
« Comme un père, il nous châtie avec misé- Qu'ils s'adressaient sans cesse l'un à l'autre;
ricorde, Pareils au sanglier qui aiguise ses dents,
« Pour punir nos fautes, Ils s'excitaient par leurs discours.
«Mais ensuite il répand ses consolations, Le père encourageait son fils,
« Comme sa nature l'y invite. Et les fils se préparaient au combat.
«Les enfants de Babylone L'appel aux arines retentissait sans cesse
« Seront livrés par lui aux troupes chrétiennes, Dans les rues et dans les maisons.
« Pour que celles-ci les saisissent par les pieds, Ïl n'y avait plus de chef illustre par son rang,
«Et s’'acharnent à les frapper contre la pierre. Plus d'homme de condition infime;
« Détruisez tout aujourd’hui, se sont-ils écriés; Tous étaient égaux et confondus,
« Et ils ont pénétré jusqu'aux fondements, Tous animés d'une même pensée.
« Îls ont tout abiîmé, ruiné, Évêques, prêtres,
« Tout renversé de fond en comble, Tous, à chaque rang de la société,
1 C'est-à-dire la tour de Babel, et la ville de ? Allusion à la descente de Jésus-Christ aux
Babylone, qui fut bâtie sur l'emplacement où cette enfers avant sa résurrection.
tour s'élevait.
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L eh26elr — 807. C. twanugfpu D. tuniukgfu — 808. D. (png Fuebuup — 809. GC. jummntfu — 810. B.
Ne Jen Suuecp D. fre JrvnSwtunip — 811. D. Swy ogvn@f.% Pour porter secours. — 816. B. /n#wpt-fv
C. Jawpkgfu — 819. D. Ury — 819. C. dufiatwkfu — 825. C. d&phwgnegfv ils mirent à nu [leur malice].
Pr
S'exhortaient à être fermes dans la lutte,
À résister avec intrépidité,
À mépriser le glaive,
Qui tue le corps seulement.
«Ne craignons, disaient-ils, que celui
«Qui livre l'âme et le corps aux tourments de
©
79
l'enfer.
795 « Aimons celui-là seul
eo
« Qui couronne son ami.
Q U
« Que rien n'ébranle notre constance,
«Et nous recevrons une récompense ineffable. »
Tandis que, par ces propos,
Ils s'excitaient à l'envi :
« Voici venir à notre aide [disaient-ils]
« Les invincibles phalanges célestes. »
Hs attendaient du secours,
L'œil fixé sur toutes les routes,
La nuit et le jour,
Sans cesse espérant voir accourir leurs auxi-
80
(=)
80
on
liaires.
Cependant ils n'arrivèrent pas,
1 Nous savons déjà que Raymond d’Antioche,
qui avait voué une haine mortelle à Josselin, laissa
Zangui attaquer et ruiner Édesse, sans faire le
moindre effort pour secourir cette ville. Jérusalem
Ceux sur lesquels ils comptaient,
Car aucune diligence ne fut faite
Par les chrétiens des divers pays, 810
Pour venir en aide à notre comte:
Les adorateurs de la Croix [restèrent inactifs ]!.
Dans la crainte de leur arrivée, le siége était
poussé avec vigueur
Par l'armée ennemie,
Pressée de voir les travaux souterrains 815
Promptement achevés,
Car les infidèles savaient
Qu'ils ne rencontreraient pas de résistance,
Et que les habitants s’enfuiraient en toute hâte,
Et se sauveraient dans des lieux d'où ils ne pour- 820
raient s'échapper.
Mais comme le nombre des péchés
Commis par mes enfants allait croissant de plus
en plus,
Toutes les provisions nécessaires à la vie
Furent interceptées par les infidèles.
Is nous firent supporter teutes les tribulations 825
imaginables,
était à une trop grande distance: et l’ordre de faire
partir les troupes, donné par Mélissende, qui avait
la régence pendant la minorité de son fils Bau-
douin III, n'eut pas de résultat.
SUR LA PRISE D'ÉDESSE.
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vénérable. — 856. C. h 44at — 857. C. Egewpe L ubpbite — 860. C. fr & ghruñvu
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Jusqu'à la fin du siége.
Maintenant mon cœur est oppressé,
B est tout ému,
La douleur fait palpiter mon sein:
850 Mon esprit et mon âme sont dans le trouble
Quand je me rappelle ce jour terrible,
Cette aurore lugubre,
Ce jour où ne brilla pas la lumière,
Et qui se leva couvert de ténèbres épaisses.
835 Lorsque le feu de Sodome,
Allumé par les ennemis, s'élanca de bas en haut,
Ge n'est pas des nues que descendit cette pluie ;
* Mais elle jaillit des profondeurs des fossés.
Alors le rempart de la forteresse
840 S'écroula entièrement,
Abattu de fond en comble,
Et la brèche fut ouverte.
Mais les braves ne reculèrent pas
Et ne lâchèrent pas pied;
845 [ls s'excitaient mutuellement
* C'est-à-dire : « Ils se précipitaient vers la mort
“que leur donnait le fer de l'ennemi, et qui leur
À montrer du courage. |
Ils restaient fermes et inébranlables,
Les armes à la main, sur les ruines du rempart ;
ls s'exhortaient à marcher au combat,
À mépriser le fer des infidèles. 850
Comme le troupeau du berger,
Îls se jetaient avec impétuosité sur le sel céleste!.
Les prêtres, revêtus de la chape,
S'armaient de l'épée ;
Les évêques vénérables 855
Prenaient en main le crucifix :
« En avant, frères chéris,
« Ne craignez rien, criaient-ils,
« Acceptez avec courage la mort
« Qui est préférable à la vie. 860
« L'agonistarque est là,
«Tenant à la main le prix de la lutte:
« Îl couronnera les héros
«Qui succomberont en ce jour. »
Cependant le ministre de la perversité, 865
« procurait l'entrée du ciel, avec la même ardeur
« qu'un troupeau se jette sur un tas de sel. »
954 _ ÉLÉGIE
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866. B. C. D. Junip — 868. B. jwjups fiopiofu qu pdf D. 4 juju diupenfu — 873. D. Ofrbur
yyd Jwntkfv Prenant leurs armes, ils étaient ple
rempart]. — 878. D. {ire — 881. C. jurvmuwn Et
ins d'ardeur. — 876. B. D. & scwpt à l'ouverture [du
D. Ge vpube ghaye Fus juñrmunt — 884. C.vpçuphfr
— 885. B. quid ff Efe D. Ep blu wuafu — 887. D. uk prwquyh — 888. C. Xrdiks D. Ravgb AGE quhew
qounab Car il attriste le cœur de celui qui l'entend. — 889. D. fi yayuguivk — 890. Cypnbl — 894. C.
eupuug — 895. C. dhrept D. 4homuwv le dragon. — 896. C. D. Quskug nui4 — 897. C. horcp curbp
Au glaive et à la destruction. D. R encp eurwp — 898. B. C. Us vb — 899. B. C. épputgfv les
Hébreux. — 902. D. hypl gbnuivepv bufuufus Pnçop quunbu 20cpÿ ewnqewpfr Semblables à une chau-
. dière bouillante, Ils cernèrent la ville. — 903. C. Qénuwdp yhaubwy Se tenant par la main. D. 9 pd
ubpr4 Avec un entraînement chaleureux.
oo
Ayant armé ses légions,
Faisait proclamer dans leurs rangs l'ordre
De se comporter vaillamment dans le combat,
Promettant des récompenses
870 Et de hautes dignités sur la terre,
Et en même temps des châtiments
Pour les lâches et les poltrons.
Alors, prenant leurs armes,
Les cohortes athées,
875 Pareilles à des bêtes féroces, s'élancèrent
Vers le rempart.
Cependant les héroïques combattants,
Qui s'étaient portés sur ce point,
Résistant aux assaillants,
880 Les mirent tous en déroute.
Et comme s'ils abattaient du bois,
Îs les massacraient,
Au point qu'ayant jeté l'épouvante parmi eux,
Ps les firent reculer.
885 Que je serais heureuse
Si mon récit s'arrêtait là,
Sans aller plus avant,
Pour attrister le cœur de ceux qui lenten-
dront !
Mais il ne me servirait de rien
De taire ce qui eut lieu ensuite, 890
Puisque, en effet, fondit sur moi
Un grand et irrémédiable malheur.
Car, lorsque les ennemis comprirent
Qu'ils ne pouvaient vaincre la résistance qui leur
était opposée,
Leur chef infernal, 895
Appelant la foule de ses soldats,
Leur commanda de livrer au glaive , au pillage
et à la captivité,
Tous les habitants.
A ces mots, les Arabes
Et les troupes innombrables de barbares, 000
Comme l'avant-veille, investirent
Et cernèrent la ville de tous côtés;
En rampant et formant la chaîne, ils s'avancèrent
rapidement,
SUR LA PRISE D'ÉDESSE.
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Pet hupeurhn ququinug
904. D. Be we Hure — 905. B. 4 eonbppe D. & wc pane Gpvskfs les instruments de musique reten-
tissaient. — 907. D. Quyv aug fu mpdolEfu — 908. B. &phte — 909. D. (te Jumuwufenpt Lpfvskfu
En 913. D. Raugb done vacwatfy, (Rs purwkuun p quppemyfh —— 919. C. Uureuir qumbin, — 916. D.
Pyméwft [par une lutte] terrible. — 917. D. Eu
2 — 917. C. dut — 918. D. go k lopuafi
— 920. D. qu ft bb Frs mdpagfe L quÇwbagt Bunfacp qpwfr Aussi une partie de la citadelle Leur
apparut dégarnie de ses défenseurs. — 923. D. #agn
decor — 925. D. wpdwgtfu — 928. B. C. Ua 6.
ac fu Ep qodacwpfr D. Ua ebun: hi ty E qrdncwpfb — 034. D. jury fu s'entassaient. — 935. C. bG-
tt Due rve junwg — 937. C. bug foppugtir ququvf D. bob putes ququitp supfu
a
Courant à la suite l'un de l'autre.
Ils faisaient résonner les trompettes et les tim-
bales!;
On eût dit le tonnerre grondant dans les nuages;
Les airs retentissaient de clameurs terribles,
Qui ébranlaient la terre.
Les lâches tremblaient ;
910 Les braves sentaient redoubler leur ardeur.
Ceux-ci volaient à la mort:
Ceux-là mouraient de frayeur.
Mais commeilsne formaient qu'unefaible troupe,
Insuffisante pour protéger les remparts,
915 Qu'ils étaient fatigués et succombaient à la
peine,
puisés par une lutte incessante,
Soutenue si longtemps,
Puisque les combats se prolongeaient depuis un
mois,
Une partie du rempart
90
or
! Le mot ges, timbale, dont le pluriel vulgaire
employé ici est gaukp, se retrouve en persan, sous
la même forme, us , et avec la même significa-
tion; il a aussi celle de grand tambour d’airain à un
seul côté, servant dans les camps et dans les palais
Apparut aux infidèles dégarnie de ses défenseurs. 29
Alors y montant,
Ils pénétrèrent en petit nombre dans la tour.
Cependant la multitude de la ville,
Effrayée de la présence de l'ennemi,
Se mit à pousser des cris plaintifs, en
Et à prendre la fuite.
Viton jamais spectacle pareil :
Et plus douloureux ?
Car la tourbe des infidèles, _—.
Les apercevant s'enfuir,
Dégaina l'épée
Et s'élança au milieu des rues.
Les assiégés, en masse,
Abandonnant leur poste, sur les pas les uns
des autres,
Coururent tout droit
Vers la porte de la citadelle,
Tandis que ces bêtes féroces à face humaine
935
des souverains ou des hauts fonctionnaires. Le
Dictionnaire de Mëkhithar-abbé nous apprend que
cet instrument est en usage parmi les troupes turkes
et dans la demeure des pachas.
256
Pavupuuneprt ewdhfir-
Le opuhe quyte b Son qunuñg ,
940 }n JEP Lagncb wulqjuiulfr :
Ur Soupe yrunnphf®,
obuu Jpumupe $nukfi:
Oéoborowpes L padithonft
Ubuguubu furalenbfi
945 Gebe SEpagu »5 geBuyfr,
es E Suuukré wpqeyfi -
(se cnnhe purspiuuyf ,
(Le Jump Suypauybenfi-
U'Pés gb wpbañugpu Auuquqlit
250 y éregt wike UEphuiul fu :
Le pusatugent krpsprrfi
Pouncpe wpbuit YEtwpeupfiu
O up fephuitg jet frunlhfr,
Le eg toufu Puftuckfu:
ÉLÉGIE
Lastagh wphuiiu kp dauqpurh, 955
Le wpekgue uneppu bapfi.
Uetes qosboug & jutunwnfit,
Le atoubous& wp9u f payfu
(Neyg eaSutek jt ngapdisqfiu,
(le qunhuqni & jnonqfr, 960
DE parut puit wunnqlit
Q and qunbinpiu win fi :
Patqh jujudunl quyjppt Jjunfii,
Le cocher 1bpee quart agf -
O Sou nshaspugpiu gppreEgf, 965
Oatdeg que fus aqurmunkgfiu :
Gagul Ephfenk qupsnephfr,
Merde pacte ahdifiu:
Peg swpac Eur wppuñtkfiu,
(le cru bp pjuyf, 070
Parcrchu cupebS Eqhau Uagliv,
938. B. D. pwp2bfu — 039. C. D. f 9 qunuvg —940.C. h Som vagncug D. O g$brin tngu jupawkEfs Ts
se précipitaient sur leurs pas. — 942. D. Owpbu famwkpu — 943. B. D. 4 poduvnetu — 944. D. [bp_
Lapwpug — 947. D. Guppemmbinfiu du patriarche. — 948. D. eut fu du prêtre. — 949. B. Ava ft
D. yuphuvgpt Saaquwnho — 950. B. véphuvuyfu D. pEpeg abepr vhe4Efr — 954. D. punk — 955. C.
wpbaiu Super fu — 956. D. Nord Ewn ghurbup opounfu — 9957. awbugunfit dans le désert. — 998. C. b-
ahoubws D. ffpfu dans la forêt. — 959. D. pyçuvptut — 963. D. yrpdunf — 964. D. f pepuwpfu dans
la bergerie. = 965. B. gronckfu — 966. B. aqenwe bfu — 971. B. Canrcpur
Leur plongeaient dans le sein des épées effi-
lées ;
. Et, comme des loups à la poursuite d'un trou-
peau d'agneaux,
930 Fondaient sur eux,
Et, les exterminant tous jusqu'au dernier,
Versaient le sang à flots.
Les jeunes gens et les enfants
Furent cruellement massacrés.
945 Ils étaient sans pitié pour les cheveux blancs du
vieillard,
Pour l’âge tendre des plus jeunes enfants,
Pour la dignité des prêtres,
Pour le haut rang des patriarches.
Dans cette immense effusion de sang,
950 Les cheveux blancs du vieillard se teignirent en
rouge.
Les prêtres qui célèbrent les saints mystères,
Au sang vivificateur
Mèëlaient leur propre sang,
! Suivant le récit d’Aboulfaradj (Chron. syr.
p. 334), les Franks qui gardaient la citadelle re-
fusèrent d'en ouvrir la porte et attendirent que
l'archevéque latin Hugues fût revenu du combat. Il
arriva enfin, mais trop tard, ct lorsqu'un millier
de personnes avaient péri étouffées à l'entrée. En
Qui allait se confondre avec celui de la foule.
Car le tyran était affamé de carnage, 055
Et son épée s'en rassasia.
Le lion rugit dans les forêts,
Et l'ours, avide de cadavres, gronda dans sa
tanière.
Au milieu de ces scènes douloureuses,
Dont le récit est si pénible, 960
Le poëte serait impuissant
À décrire cet épouvantable désastre;
Car lorsque les loups furent entrés,
Et qu'ils eurent cerné les chiens impudents,
Ils dispersèrent le troupeau de brebis 965
Et mirent en pièces les agneaux innocents.
Poussés par la terreur,
Les habitants gravissaient la rampe de la cita-
delle [de Maniacès |;
Mais l'artisan de mal,
Qui en était le gouverneur, 970
Leur ayant fermé les portes,
vain voulut-il se frayer un passage à travers les
cadavres qui en obstruaient l'accès; il fut tué sur
le lieu même, par les Turks, d'un coup de flèche.
D'après Guillaume de Tyr, il succomba étouffé
dans cette cohue. (Cf. la note 3 de la page 158.)
SUR LA PRISE D'ÉDESSE.
(le Prawgug pad ebonliu.
Le ewgie fui fuufvpuukfis,
GE uppajt funrounbhfiu :
975 CAbphut bg ne fuit,
Pep juuueht mtquiukfiu
Ut cadhe uiguiubfir,
Up bagage ff:
Le gb ul dieu wnupft,
980 (2 Pptulwg uncppu JEppfr,
Get an qoepugié fneinkfi,
Perl eq2Enpe msg,
Us prb yphuwg fupnfi,
VEuivg dép nhquthfr
085 Üce L quite, Sbnp L wpquye,
Vuthectp cuulhu guh Sup :
Deccbpet f dveg uyfu evo4fv,
Lecèe peput bocwnh fi -
Vuret parer pére pethfr,
000 [ufr up den uuk pi :
257
Sunet be puerg mwnuwkfi,
O6 feoqn Bu Suusvpgb.
Nerteë due Swpgpt puñuyfé,
Of E guitenpe Epohglt :
Cuz ab 56e np pau Gngfv, 905
(ls agen. k juju duypbn, |
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Ouspe lung annquati :
Le 4 boubp ns fupkfv,
Grerg Skin $Eqdun fi -
Vaesyr Eneop ns ogukf,
Le re bençurt 40,
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Pegbhnnnp bo4 1békfiu
Muusg torhre Blu Abat 5 nuyfv,
Of Loundbp ns pupbfin:
Pecuputshep hope nbquny,
[ee cuuSbugt , afvquiukfi -
Le E arbsnÿt unewqn fBEuñug
1000
1005
972. B. Bruqugnyg D. pub wlnip la citadelle qui était fermée. — 073. C. be pq Bit pu.
bac wap D. Ve purge five foncuu$efu — 974. D. pafonc un an fo — 976. Per aquunuñ win fi
— 978. D. Yauntg Abo ju mwgvangtfu, Vabogopd juyd qnauyfu Îls étaient dans une extrême confusion,
Et poussaient des cris lamentables. — 982. C. pg2&n ÿ — 983. C. uw opfuwk duphg buynk D. fuyphg —
984. B. #hquvuyft — 987. D. Davpeur pu b fupg qhekpr eyfv Les enfants pleuraient dans les bras de leurs
mères. — 988. B. vnewgbft — 989. B. pqwquerr C. D. guy — 992. D. Ok heko Bb Suusiuhgk
— 994. C. 04 verpete avguubfr D. Ejuivpghr — 995. B. C. Us ab skp ve oquwupft D. utuy ogiuwtuis
— 999. À. Ruivgk — 1002. C. 4 emyepu — 1004. À. Uabhnwmapr bvEfr D. Lakhrpeg Japdnpkfr Us étaient
accablés de douleur. — 1005. D. #pr4ne@buir ns puryFy ils ne s'occupaient pas de leur salut. — 1006. D.
Ratgb —— 1007. D. nEnfu.
EEE +
Ne leur permit pas d'y pénétrer.
Le peuple fuyait
Pour échapper au tranchant du glaive.
975 Tous se pressaient vers ce lieu
Pour y chercher un asile.
Dans leur empressement à y courir,
Et leur précipitation, la confusion était ex-
trême.
Comme la forteresse se ferinait devant eux,
980 Etque le ferde l'ennemi les menaçait parderrière,
Ils se groupèrent à l'entrée,
A flots immenses:
Comme des monceaux de bois dans les forêts,
Îls s'entassaient les uns sur les autres,
985 Hommes, femmes, vieillards, enfants
Et gens de tout âge.
Les filles pleuraient dans les bras de leur mère;
Tout en larmes, elles s'évanouissaient.
Les mères, serrant dans leurs bras leurs petits
enfants, |
HistTor. ARM. — I.
Mouraient avec eux. 990
Les pères s'inquiétaient pour leurs fils,
Afin de leur procurer un moyen de salut.
Les fils avec leurs pères s’efforçaient
" De gagner un lieu de sûreté;
Mais, dépourvus de secours 995
Et de soutien, en ce moment, :
Ils se contentaient de lever vers le ciel
Leurs yeux mentalement suppliants.
Ils ne pouvaient parler,
Étouffés par leurs soupirs.
Les frères ne tendaient pas la main à teurs frères,
Et n'avaient pas pitié de leurs sœurs,
Quoique les aimant vivement,
Et pleins de tendresse pour elles;
Ils ne semployaient pas à les sauver,
Parce qu'eux-mêmes ne pouvaient bouger.
Chacun, à la place
Où il s'était rencontré, tombait.
Privés de respiration,
1000
1005
33
258
1010 Léqupaänck we 1hbb ft :
[N7/ pauufopuunbuy pu rouukfiu,
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1015 flpehe be œban Wen b nb,
1020
1025
1010
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1025
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Pecupuñsheg re pou djunfi,
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ÉLÉGIE
O uju supusup fvoqlonnbli
Le abagtieg abri
Vepdpuot wpuwppu pwpobfu:
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Uéck pougamaon at qu Boat
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Orfiuurp ns Punk
Le vs GrS nd gaeqephb fu:
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Loc as Spusns fi wunnewduyfiu :
(Us cpomoibuyp oumlnukfiu,
(es cophurugp putain in:
QEuten Jhphfin Snake FF
Le JUowni Sn Fu bp fn fit F
(eng auncui pp ypr2dk fu
b ecapr But Eng qorlv,
bg rgupglwyepu Suuulquss Uk déupdlpuph urbuguannek, pu , =
1011. C. fafumgbupv D. duponcgbupt npe Sbybfu — 1012. C. D. qgwpéncptft — 1013. C. wv4byng
D. Be pve wvbkking — 1014. B. Ukuppu nnbep D. Got nukg wjue (Pukfr Ceux-ci étaient foulés aux pieds.
— 1015. C. 4 p &nglu — 1017. C. D. y, wgqaugpu — 1019. D. gewquiupe — 1022. C. Ua proper Oh
— 1024. D. fre — 1026. D. Lire vpu Pupbuve Gun uuEfu — 1027. C. Sunnw4fw — 1028. D. Oujuu —
1029. D. be ghbantingre mhwkncvu Raup)but wprwppe dpnkfu — 1031. B. C. (re D. gévkfi — 1033. D.
Buntfv — 1040. B. swpyurwg D. remplace les six vers qui précèdent par les quatre vers suivants : ve rs 4e
Eee euh, (5 vuphucug qwjnoukh, Of opFiroe ns Bunbfr, We 05 4rënde jrenwe4kfv On n'entendait pas
les chants du prêtre; Il n'y avait pas de diacre pour le service funèbre; On n'’enterrait plus les morts
avec les cérémonies usitées; On ne les accompagnait pas avec des lamentations. — 1043. D. 4rebguv —
1044. B. lb 'aupr-bhiy.
“
Ils périssaient suffoqués.
Cependant les fugitifs se pressaient,
Redoutant les ravages du fer ;
Et se faisant jour à travers les cadavres entassés,
Une partie couraient [en les foulant] aux pieds.
Comme s'ils eussent été dans une rivière ou
dans la mer, |
Îis nageaient [dans le sang] au-dessus des têtes
[des morts].
Cependant les infidèles en masse
Les poursuivaient l'épée dans les reins.
Comme des bêtes féroces
Au milieu d'un troupeau, ils fondaient sur
eux.
Chacun [des ennemis], guidé par sa pensée,
S'attachait à un choix,
Faisant prisonniers
Ceux qui avaient une figure agréable,
Parmi les garçons et les filles,
Et qui leur plaisaient.
Quant à ceux qui étaient chargés d'années,
Ils étaient égorgés sans pitié.
Les cadavres des habitants, étouflés par mil-
liers ,
Étaient repoussés avec dédain.
Après les avoir examinés, ils les dépouillaient,
Etles laissaient dans une ignominieuse nudité.
Îls n'en enveloppaient aucun de linceuls;
Ils ne jetaient pas [sur eux] de manteau;
Ils ne les enterraient pas suivant les cérémonies
accoutumées,
Et ne les accompagnaient pas avec des lamen-
tations.
On n'entendait nulle part les chants du prêtre;
Dieu n'était pas invoqué;
Il n'y avait ni ministres du culte pour psal-
modier,
Ni diacres pour lire [les versets de l'Écriture].
Quoique les âmes [des victimes] montassent
au ciel, |
Et soient aujourd’hui dans le sein de Dieu,
Et que leurs noms soient inscrits
Dans les pages du livre de vie,
Leurs corps étaient profanés,
1030
1035
1040
1045
1030
1035
1040
1045
SUR LA PRISE D'ÉDESSE. 259
Of yuuudyé Burukfi fist fins qi qrpékafr.
O açpu roy euphuupt Snukfi . ù 72 Le oph Sourusugbrinfi 1065
Perl pq4h2 anudtuyfiu, Vresne pupbug plat gfi
Pœuquihug qhounbfi, (Le Lopaquñg pda Quufubuis,
1050 Te Gépuwknrp auivg pbub fiv: Pobubuk sup ququiuf.
Ode quunqulp diupqwpkfit Vers g$ouçpu duuiukgfiu,
GenuDwqnjt quel, Le ud quibäfibe uyphgnegfiu: 1070
Géorcowgkl foutu pañufiu, CL eupuuke Swpyuiukfi
(ee Lun fu faurwphfi: ets quypait aqurmun nait.
1055 O0 wphet opangt JErhph SFr, fs ab bof un pagup
(eue Sruuup Prcpg deumubfi - obugbup b Sañrhuli
PapuSuijt L qd agndneprr Lanliykgeag Somugtinf, 1075
Ce Suuupul fennlunabfis : Ouuu bep fe dius ban jury Sounfir -
Dong ways prhewrukkg LS quel bep puy ouf, |
1060 rgrefup Souhg np ann Guyfis, edit Grequy Vukuphfi,
Verdiuntaii L (reprit, Labuwque jt wnuplh,
Got L Uunpfiu, fe puSutuÿt bp puinm bof. 1080
Cz Susureupruulg quuafuu Eqhu,
{ Nupbpupnju pui quel ouf ;
1046. B. wmwdncd D. Urwpquirop wvfBwy ufr Is restaient ignomigieusement sans sépulture. —
1048. D. pggk2u — 1051. B. C. opt L pu D. Oopit L pau — 1055. C. y6n4bp — 1056. D. pp
Gauuñuwg — 1097. C. Papwçwuume L dnqnfnipye D. arwsavuye L gd nqnderpqu — 1059. C. &wqg [des
quatre] extrémités. — 1061. C. agwgonbui L gfBnpqnduñ D. Quglenpujr — 1062. D. Gairwguruf
— 1065. D. Sofreunytnft du chef des pasteurs. — 1067. D. gpl puwprbuy — 1070. D. Ye 5 — 1071. D.
dupvsEfs Hs combattaient. — 1073. D. Dés & tee — 1074. D. Yuwerwphgwu Ils furent exterminés.
— 1078. U'okuwpufu — 1070. D. batuwqupr — 1080. C. D. puSutru) D. Ep b'uunackbpfu.
Et tout souillés d’un sang
Le Dalmate!, le Thorgomien (Arménien),
Le Grec et le Syrien, :
Tous ces chefs se dévouèrent,
1 Le mot Dalmate est ici synonyme d'Occidental,
Romain ou Frank. Cette assimilation provient sans
doute du voisinage de la Dalmatie et de l'Italie, tou-
Jours énumérées l'une avec l’autre dans les géogra-
phes arméniens. (Cf. Géographie de Moïse deKhoren,
dans ses (Œuvres complètes, Venise, in-8°, 1843,
Et s'exposèrent au trépas;
Prêtre, symbole du nouveau sacerdoce.
Ce pasteur, homme vertueux, comme le témoi-
gnent les éloges [de tous |,
p. 594, et Géographie de Vartan , dans les Mémoires
sar l'Arménie de Saint-Martin, t. II, p. 451.) Nous
avons vu comment la dénomination de Romains
est donnée, par Matthieu d'Édesse et Grégoire le
Prêtre, dans un sens générique aux Franks ou Eu-
ropéens. (Cf. page 7, note 2, et page 147, note 2.}
33.
Qui ruisselait à travers les pierres, Imitant le pasteur intrépide, 1065
Comme le sang d'animaux égorgés. Dans leur sublime charité,
Is étaient déchirés par les bêtes sauvages Ils ne s'enfuirent pas comme des mercenaires
1050 Êt devenaient la pâture des chiens. A la vue de l'animal féroce,
Les oracles émanés de la bouche des prophètes Et ne lui abandonnèrent pas le bercail,
Avaient jadis annoncé Pour songer à leur propre sûreté. 1070
Dans leurs menaces contre Jérusalem, Mais ils attaquèrent vaillamment
Ce qui s'accomplit alors contre moi. Le loup qui met'en pièces [les brebis],
1055 Le sang des justes inonda la terre Au point que, dans cette guerre,
Comme les eaux d'un torrent débordé. Après maintes preuves de courage,
Les prêtres et le peuple Le pasteur des Romains (l'archevêque latin) 1075
Furent tous immolés. Souffrit la mort pour son troupeau,
Des quatre nations chrétiennes Et versa son sang pour lui,
1060 Qui avaient dans mes murs leurs chefs reli- Pareil à Judas Machabée
gieux, | Et à cet Fléazar de l'ancien temps,
1080
260
Le Sbpncfiu puun <uueulyfit :
ee L a Suyng waquwg gEnbt
Lodoknane funphwt ngfr
1085 fQr£ cyber fiuçne nas dunnulfiu,
Lau frs pupkpæwrfr ,
Oagjo np quSburg b ED Ymenfi
Nouku aGriouit ke dog 4ferfr,
Ugo pnpncug br Suahub,
1090 GewnEog gp. juuusphufir-
Vide eonbuy quiudu fup fus,
bee Jorlel Sonubinfiu -
aug ab Sup »5 1Evbglr
O ep union qunnwpkgfi
1095 ÙPh guur y 4vbL eue,
O pepupuiusheg qrifbuan uitäfiu,
Op ge qu 2uperepenbt
Le Spip puñunnpfiu:
ÉLÉGIE
(ls 86 cpluup djeuju uivafiu,
Le cbabul pbpEuw unit. 1100
Vu Le üngncbg Ep wp$Eoufir,
(le quo uwhe grçe undbu
(aug de b hupe uiqg wnuwÿhi,
odbus uypugni.p wuun dEppuwfi.
hist juñ4Eu ufprauub og 1105
QeerdEur where nqnçuliugi : |
Paatab bepl 2mpp Swofir-
Le grure 4h02 wwpbsft
Un qunuñg fr Su fjunfi,
ua diode L up Jufuxeiuk fi : 1110
fee Jujuduiuk 4Epéuiubfi,
Us b enËe alfaitrenfi -
Gr Sr EYbuw pprimenpliu,
{ ) auyu wubin) pois wn ‘unufiu.
bd fE n5 1po0kp putfiv, 1115
1083. D. ‘pu & &uyng À. wagqugbralu — 1085. D. fivwvkgf — 1087. B. C. Te ap D. fr que qu try
_ hdkp grub Qui le préserva au milieu de la foule. — 1089. D. yngm%g — 1092. C. kpp opfrw C. D.
Soumkg ape [comme un exemple] à ses troupeaux. 1093. B. 5 wubgh — 1095. C. 4pbus puufr, bep.
puvshep — 1097. D. Ok wvgup E gmpugpnnlt — 1099. D. dujt anpyup — 1100. C. Ye Gul mbqbwk Ou
qui est instruit. D. pépw4urft — 1101. D. Uyr L ghwungr Et même de ceux qui sont habiles. C. 445» wp._
Skuunbt — 1102. D. fre qutSuke quel un ft — 1104. D. Fupdbus, Gugarp wub 9@tpkv Nous com-
pléterons notre récit. — 1105. D. yuvgte C. fufAuvbugft — 1106. D. agnpdbik — 1107. C. pyrnite
D. pot ppv — 1108. D. grep — 1109. D. qunuvgy g6kin — 1110. C. £ vpay Jupwukft — 1112. B.
C. 4 nabwÿu. Au lieu des trois vers qui précèdent, on lit dans D : 4e mépopruy daqnebgft, Yuwkujy nduïve
bocumpefu, Ve b qnbawfu pur Et les égorgèrent sans pitié; Quelques habitants cependant se sau-
vèrent, Et se retranchèrent dans la forteresse. — 1113. D. Onp — 1114. D. fau wubjo quyu pue voufu,
O5 04e be Spurl.
Était déjà avancé en âge.
Le chef de la nation arménienne,
L'évêque qu'elle s'était choisi,
1085 Ne périt pas,
Grâce à la miséricorde divine,
Qui préserva ses jours dans ce massacre,
Comme Jonas dans le ventre de la baleine;
Au milieu de ce carnage où tant de gens succom-
bèrent,
1090 Ï1 resta vainqueur dans la lice,
Après avoir spontanément affronté Ja mort,
Comme c'est le devoir d'un pasteur.
Mais comme il est impossible
Que toutes les prouesses qui furent faites en
cette occasion
1095 Soient racontées ici en détail,
Nous ne pouvons accorder à chacun la louange
qu'il mérite;
Cette tâche est au-dessus des forces du poëte,
Et même de tout être doué de raison ;
1 Psaume XXII, XIL, XV.
Elle ne saurait être accomplie par l'homme dont
l'esprit est débile
Et qui ignore les règles de la poésie, 1100
Pas plus que par celui qui les possède à fond,
* Et qui s'est acquis par son talent un nom illustre.
Revenons maintenant sur nos pas,
Pour reprendre notre récit,
En le développant jusqu'au bout, 1105 .
Et retraçons des malheurs dignes de compassion.
Car, comme des chiens, ils arrivèrent,
Et [comme] des taureaux gras, ils nous entou-
rérent !. |
Îs poursuivirent de tendres agneaux,
Les étouffant ou bien les égorgeant avec le glaive. 1110
Ceux d’entre [les habitants] qui se sauvèrent
En petit nombre, se retranchèrent dans la cita-
delle;
Le tyran, s'en étant approché,
Leur adressa ces paroles :
«Si vous rejetez ce que je viens vous dire, IS
SUR LA PRISE D'ÉDESSEÉ.
Le Siuquihu ou b Ebni.
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1118. D. fre fuir with p fr hangbr Ceux qui sont tombés gisants dans les rues. — 11 20. D. Be y
FE dbañ 05 juil wn fu, Vphwpup pugn El Gurgft DÜyé sup ququit pra npfu Us ne consentirent pas à ren-
dre [la ville]; Is résistèrent intrépidement à ce tyran, bête féroce. — 31 24. C. Uve 4épukocp wap gfi
— 1125. C. pq porg D. Ve ns pq 2e un k fépreun fRbphur. wuyptu Et que de l'eau n'avait pas été
apportée en haut. — 1127. C. D. schowsukhg — 1130. C. guy L Gpufu D. L a pepfu [que l'ennemi appro-
Chait] sans difficulté. — 1137. B. vw£p D. ot C. ke vaut D. 4 pug auf — 1138. B. Ne erva hr
D. Air & porn @fny E ju ungfu — 1140. C. Ners — 1141. C. 4uvgnss of D. puiquhy. — 1143. C.
auqus fi.
«Et si vous ne faites pas votre soumission entre
mes mains,
« Vous aurez pour lot le sort de ceux
« Qui sont tombés la proie des animaux féroces. »
Les assiégés, loin d’être effrayés,
1120 Refusèrent de se rendre,
Et s'obstinant avec intrépidité,
Se disposèrent à résister vaillamment ;
Mais comme auparavant
Ïis n'avaient pas approvisionné la forteresse
1125 Que de l'eau d'en bas
N'y avait pas été transportée ;
Et que, de plus, aux troupes chrétiennes
Qui s'étaient réunies,
Personne n'avait donné avis
1130 De l'approche des ennemis !,
Ils ne purent
! Le poëte veut désigner les troupes du royaume
de Jérusalem, qui avaient été convoquées, mais
qui ne se hâtèrent pas de partir, parce qu'elles
ignoraient l'imminence du péril qui menaçait Édesse.
Il est positif, par les paroles de notre poête, que la
régente Mélissende leur avait donné l'ordre de se
réuñir.
* Aboulfaradj nous apprend que 1a garnison de
la forteresse de Maniacès se rendit au bout de deux
Jours, et se retira la vie sauve. Grégoire le Prêtre
Tenir longtemps contre les infidèles :
Mais au bout de quelques jours, terme
Qui leur avait été assigné, ils sortirent de la for-
teresse ?,
Cependant le fourbe [Zangui], réceptacle du
démon,
Le trompeur, le parjure,
Viola le serment qu'il leur avait donné,
Comme sa perverse nature l'y entraînait.
H fit un choix parmi mes guerriers,
Contre lesquels il avait de la haine,
Et, les suspendant par les pieds, comme un
point de mire,
Il les perçait de flèches de sa propre main,
Meurtres qu'il regardait comme un triomphe
Éclatant et honorable pour lui,
Comme une récompense,
(chap. cv) atteste aussi que la place capitula sous
la condition que ceux qu'elle renfermait seraient
épargnés. Nersès est le seul qui affirme que Zangui
viola sa promesse. Ce fut sans doute à l'égard des
Franks, car Aboulfaradj et Grégoire sont d'accord
pour attester que les Turks massacrèrent tous ceux
de ces derniers qu'ils purent saisir, et l'historien
syrien ajoute qu'ils respectèrent ses compatriotes et
les Arméniens.
1135
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262
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1146.B. Qou dunnwgnps wvopfufu — 1150. C. D. quppuvu — 1151. D. putppe abpnitbuñs — 1154. D.
Der baunnt qgapu œuwgh — 11 55. D. gnpu — 1 157. B. D. Lagnuantgfu — 1 158. C. O$Swpg L Gurncg gap
qu D, OSwpg & gubiubug quivdu ape 4wyfr Les trésors qu'avaient possédés leurs pères et leurs an-
cêtres. — 1160. C. éubyépa udfu leurs vêtements. — 1161. C. qnu4babvfi D. Owpswbbabve pue eu4talufe
— 1163.B. pncpnet — 1164. B. qu'uqwputu D. Oévson p2rst hu Spkrmwft Et le L'éschots retentissant,
ayant la forme d'un ange. — 1167. D. be ra6mvabpdpe muwxiupft Et les tentures du temple. — 1168. B.
Su kpafr des habillements. — 1172. C. D. qgneungpt — 1174. C. Ar & — 1195. D. Onwgdiuqn vw.
EEE
Que lui avait accordée son infâme législateur
[Mahomet].
Le misérable se considérait
Comme le vengeur de Dieu,
Auquel, en holocauste,
1150 11 offrait le sang des chrétiens,
Ainsi que la parole du Seigneur
L'avait prédit dans les temps anciens.
Lorsqu'ils eurent terminé ces massacres,
Que j'ai décrits sommairement,
1155 Alors, dépouillant leurs captifs,
Et ceux aussi qu'ils avaient tués,
Ils leur enlevèrent leurs biens et leurs ri-
chesses,
Héritage de leurs pères et de leurs ancêtres ;
Les ornements en or des femmes,
! Le késchots 2323, flabellam, ou éventail, des-
tiné à écarter les mouches ou autres insectes du
même genre. Dans les églises arméniennes, c'est
une crotale ornée de petites sonnettes, et qu'agi-
tent les diacres à la messe au-dessus de l'autel.
Les Grecs l'emploient dans la liturgie pour garan-
tir le pain présenté à l’offrande; quelquefois aussi
ils le remplacent par un linge. (Cf. Goar, Eucolo-
gion sive rituale Græcorum, Paris, 1647,in-f°.) Le
disque du k'éschots a ordinairement la forme d’un
chérubin ou d’un séraphin. L'usage de cet instru-
Et les vêtements précieux ;
[Les vases] d'argent et d'or,
Les vases du saint sacrifice,
Et ceux où brüle l'encens à l'odeur suave,
Et les k’éschots retentissants | ;
Le rideau du sanctuaire,
Et les tentures de l'autel;
Les riches ornements des prêtres,
Et le manteau du patriarche;
Les chapes magnifiques,
Et le pallium du saint mystère”;
L'étole tissue d'or, |
Qui se place autour des épaules,
Ornée de pierres précieuses, quadrangulaire,
Semblable au saint éphod.
Brillante de couleurs variées, admirable,
ment existait très-anciennement chez les Latins;
on le réserva ensuite, orné de plumes de paon,
pour les messes papales. C'est le flabellam que l'on
voit figurer sur les monuments égyptiens, porté
par un esclave qui se tient auprès du souverain.
2? Émiphoron, kdh#apry, mot qui est unc altéra-
tion du grec &u6@opoy, humerale, pallium, c'est une
sorte d'amict ou ornement des évêques orientaux,
qui se place sur la chape, et qui entoure en forme
de croix les épaules et la poitrine.
1165
1170
1175
1160
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SUR LA PRISE D'ÉDESSE.
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1177. C. D. op b Gwpgft — 1178. A.L4 S£uw fr [qui est digne] des lamentations d'Isaie. D. NergJhon-h
Æ agewk Dont le souvenir arrache des larmes. — 1189. D. déupuu — 1185. D. Le puçuñnse vuphur ns
gp — 1184. C. D. up wakfu — 1185. À. Suypugka gt Ce Saypuutene b 9h D. be Soypurgt-uir
ES unglv — 1188. B. ne opfvw4 comme l'abeille. — 1190. D. apg — 1191. D. Lrwy bpwg pufbu_
vuyfu Ils couraient avec la plus grande rapidité, — : 192. À. frybu pasous — 1195. D. Core stlopfongp
Pie BEa, KE dé php qunpu wuyfr, OEpqu k pwpäm tu malle, Répbpunppbuñupr énsEfr S'unissant à
la multitude des Esprits célestes, Ils glorifiaient [le Seigneur] d'une voix unanime ; Îls faisaient monter
leurs chants vers le ciel Et retentir le trisagion. — 1198. B. D. gré D. ajoute : Log L opycny L uncpp $nqu-nju,
Les bphhomwquttfs Pour le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Ils se prosternaient en pleürant. —
1200, D. Quai jnewpée pe blaju dujuhu Vous, écoutez ma voix. — 1201. C. qunhwqniu D. Of qwntwnkp
gpencng swpfu — 1204. C. D. wpbkuñu — 1905. C. apyles D. apqhu — 1206. C. abekes — 1207. D.
Üurcep L '4b7S qupzwmuwnop De leurs pieds impurs et sacriléges. — 1209. D. mwSupupe.
a ——_—_—_—_—_—_—…—_ _—_ _————_—
Et retombant en franges;
Et tant d'autres objets précieux,
Dignes de mémorables regrets,
Et qui, dans les fêtes du Seigneur,
1180 En rehaussaient 1a pompe solennelle,
Pareille à celle de l'épouse dans la couche nup-
tiale,
Ou de l'époux dans son palais.
Les prêtres et les diacres,
Chacun À leur rang et réunis en chœur,
1185 Avec le patriarche au milieu,
En sa qualité de chef du troupeau ,
Faisaient le tour de l'église,
En s'avançant avec gravité.
La multitude du peuple,
1190 Hommes et femmes, rassemblés dans le temple,
Marchaient sur leurs pas,
Comme des brebis 4 la suite du pasteur.
Hs glorifiaient [Dieu] tous ensemble,
. Et élevaient leurs chants vers le ciel.
Unissant leurs voix à celles des chérubins, purs 1195
esprits,
Is faisaient retentir le trisagion ;
Is louaient la Trinité,
Et confessaient en elle un seul Dieu tout-puis-
sant.
Mais à la place de ces cérémonies,
Écoutez ce qui advint, 1200
Sachez quels furent les fruits amers que l'impie
Substitua à ceux que je goûtais.
Les païens étant entrés dans mes murs
Et ayant fait couler des torrents de sang,
Les beaux enfants auxquels j'avais donné le 1205
Jour
Furent massacrés dans mes bras.
Sous leurs pieds sacriléges,
Ils foulèrent les objets les plus vénérés du culte;
Ils profanèrent le temple auguste,
Et détruisirent les autels. 1210
La croix de Jésus-Christ
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1215. B. D. Eee rqupey — 1216. C. D. & guy — 1219. B. C. D. wnwginpy D. pue, arabe dés
maître, seigneur, juge, magistrat, « molla ». — 1225. C. wrbanhu 1228. C.— wmv L inbah D. Opn vbuyçu.
Gus emn L quabqlt — 1229. C. dupnpus — 1231. C. Qers D. Brpng — 1234. À. Véesw B. Uues —
1237. C. Ok wy#l unwp Car aujourd’hui nous avons pris. D. Of æy#f f eg pobruphbugnep — 1 238. C.
guet — 1230. C. b San — 1240. B. Cauvermovbapupu D. Rpbuunaufu Du Christ. — 1241. B. bewlt_
Muubfy.
Fut foulée aux pieds; «Ta propre maison, le lieu qui t'appartient;
Les images divines « Nous l'avons enlevée à ces peuples égarés,
Du Verbe incarné, « Adorateurs d'une pierre inanimée, 1230
1215 Et celles de la sainte Mère de Dieu, « Après avoir inondé de leur sang le pays,
Et de tous les saints, «Suivant les prescriptions de ton Koran.
Étaient abattues et outragées, « À toi aussi, bonne nouvelle,
Au milieu des blasphèmes qu'ils vomissaient. « Noble Mekke, demeure de Mohammed,
Cependant les chefs de leur fausse religion, «Qui renfermes la pierre noire, notre espé- 1255
1220 Qu'ils appellent mamoul?, rance,
Montèrent au lieu élevé «Et l'empreinte d'un pied ?;
Où l'on sonne les cloches, « Car aujourd'hui nous convertirons à ta loi
Et d'une voix retentissante, « Les adorateurs de l'Orient (Grande-Arménie),
Et à grands cris, ils dirent : « Insensés sectateurs de la Croix
1225 « Aujourd'hui, bonne nouvelle pour toi, « Et serviteurs de Jésus. » 1240
«Mohammed, l'envoyé de Dieu,
«Nous avons repris, après l'avoir perdue,
1 Le mot fn, mamoal, et plus correctement
diujesJ, maloum, comme écrit Mëkhithar-Kôsch,
‘ dans ses Fables (n° xcix), est l'arabe mo’allim fre
« savant , professeur, maître. » Le Nouveau Diction-
paire arménien des Mékhitharistes et le Diction-
naire arménien littéral et vulgaire de J. B. Aucher
rendent ce mot par les différentes acceptions de:
«imâm, docteur, lecteur ou crieur (Mouezzin) de
mosquée.» Au lien de disney, l'édition de Cal-
cutta porte dy, qui est l'arabe (4.+, « molla. »
? C'est la pierre noire qui est encastrée près de
l'angle du mur sud-est de la Ka'ba, Maison carrée,
En tenant ce langage, ils faisaient éclater leur
Joie
ou temple de la Mekke. La vénération des Arabes
pour cette pierre, qui, suivant la tradition, fut
donnée à Ismaël par l'ange Gabriel, a été consa-
crée par l'autorité de Mahomet. Une autre pierre, qui
est celle sur laquelle on croit que monta Abraham
en bâtissant la Ka'ba, ou, suivant une tradition dif-
férente, rapportée par l'historien Vartan, en venant
visiter son fils Ismaël, est pareillement l’objet du
respect des musulmans. Cette pierre est renfermée
aujourd'hui dans une caisse de fer, et conservée
dans l'enceinte de la Maison carrée. (Cf. Sale’s Ko-
ran, preliminary discourse, sect. 1v.)
SUR LA PRISE D'ÉDESSE. 265
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1245 Vue & swpbt wppuñllwg,
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1242. D. Buÿnqu — 1243. D. Ouh pq ubhh — 1245. C. Uuz b swpbug wppuub4fu — 1246, D, bwghpu
— 1246. C. furnwnber, Gopuny dEpuy D. Gunmwnkft, Gnpng dEpuy — à 249. C. vqubgkpnfu, Gurdfuu —
1251. B. Séqdm ft D. Ye qnpadufuu puunun EF — 1259. B. buySunnbfr — 1253, D. “uw L pages poupe
ebrB bb, RE fuepaœuuñs jaiqwp4kfw Xs écorchaient aussi les têtes et les envoyaient dans le Khoraçan.
— 1156. B. D. Qu — 1257. D. sep — 1258. C. sup @hiv la scélératesse [du tyran]. — 1261. D.
qhuwns la gloire [du temple]. — 1262. C. & Gmwyulr — 1266. C. D. émimt — 1268. C. LE 72
En Véuqnd k (br D. L qwgnuku et Vabominable. — 1269. D. »np — 1272. D. qunt bpfuyfu l'agneau
céleste. — 1273. B. C. Epals vpdpu — 1274. B. D. qlvwppneu C. qluwppnpu — 1279. D. re.
Yaukfu [Où] se réjouissaient [les anges]. — 1277. D. fer ebprfekeru qngwfu Où les chérubins trem-
blaient.
.
om nn a |
S
Par des chants, par des banquets;
Îls battaient des mains,
Sautaient et dansaient.
1245 D'autres, parmi ces artisans de mal,
D'entre ceux que l’on appelle gh'azi!,
Tels que des chiens enragés É
Se précipitant sur le gibier,
Prenaient le sang des cadavres
1250 Et s’en frottaient le corps.
_ Leur fendant le ventre,
lis en arrachaient le foie qu'ils déchiraient à
belles dents;
Ils écorchaient les têtes
Pour les emporter dans le Khoraçan,
1255 Afin de recevoir un salaire
Proportionné au nombre de ceux qu'ils avaient
tués.
|
Le pervers et immonde dragon,
Le tyran impur,
Semblable à l'Antechrist.
Levant sa corne contre le Créateur, 1260
Méprisa le temple,
Divine et admirable habitation,
Qui est sous l’invocation de saint Jean
Baptiste, appelé le Prophète,
Ou le Précurseur de la parole évangélique, 1265
Deux surnoms qui lui ont été donnés.
Étant entré dans ce temple, ce tyran abomi-
nable, couvert de souillures,
Sanguinaire, fourbe consommé,
Avec les troupes qu'il conduisait,
Et les ministres de Mahomet, 1270
Osa, sur l'autel consacré,
Où le fils de Dieu était sans cesse offert en sa-
crifice,
Faire asseoir et chanter ses concubines,
Et des ivrognes, à l'exemple d'Hérode;
Dans ce lieu où résonnait la voix des anges, 1975
Où les séraphins déployaient leurs ailes,
Où les chérubins se tenaient rangés tout alentour,
è ss; «* guerrier, principalement combattant les infidèles; général à la tête de son armée; conquérant,
héros.
Hisror. An. — I.
34
266
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Unes divpqugh fuupkpeyfi,
luuwcwph opt opfivwpfiu,
1286. D. gne Jl26gt que jai mentionnées. — 1287. C. bnpuiu D. socpp dbnpuñuls — 1289. C. bep.
enushepupe frubfu D. Gudubufu— 1292. C. D. £— 1295.C. panng — 1296. C. guys —C. 1297. Oauitu
— 1298. B. Nr £r D. Nre y D. up — 1301. C. Orpu — 1302. D. quaqhen — 1303. D. Pet raabtrbuuu
flo L'ofvhenfe Qupqh bug quajuu puhbbfr, Carbabsbhurt prephli, V ébnucopu jreqwpghfr Les
femmes et les enfants captifs, Ils se les donnaient mutuellement en présent; Ils choisissaient les plus
beaux, Et les envoyaient au loin. — 1308. C. vau@uwfe D. Jurpuuwmy dbS unrjftwufu — 1309. C.
D. purhhuylu — 1310. C. 4 4nyp kncpwg.
Où les puissances célestes tremblaient,
Quand le Roi des cieux
1280 Descendait,
Et que l'Agneau sans tache
Répandait son sang sur l'autel},
Pour réconcilier le Père céleste
Avec le pécheur repentant.
1285 Ne se bornant pas à commettre dans ce temple
Les abominations que je viens de retracer;
Mais dans toutes les églises des saints
Qui s’élevaient dans mon enceinte,
Hs pénétrèrent successivement
1290 Et profanèrent les objets les plus vénérés,
Se livrant à tous les horribles excès
Que leur a enseignés Mahomet,
Excès dont le récit souillerait la bouche,
Et serait intolérable pour une oreille chaste.
1295 Ils transformèrent [ces églises |, les unes en éta-
bles à chameaux,
Les autres en écuries pour leurs ânes et leurs
chevaux;
1 Par ces mots, le roi des Babyloniens, Nersès en-
tend certainement le khalife d'Égypte, qui résidait
dans la ville de Misr, ou Vieux Kaire, autrement
appelée Babylone. Le prince fathimite qui occu-
Dans d’autres ils se Jlogeaient eux-mêmes,
Plus vils que des brutes.
: Lorsqu'ils eurent achevé ces dévastations,
D'après la permission que leur en avait donnée 1300
celui qui est miséricordieux,
Dévastations qu'en abrégé
Nous avons racontées, ainsi que nos mal-
heurs,
Alors ils firent le partage des captifs,
Les destinant à être offerts en présent,
Et à ètre envoyés au loin. 1305
Ceux qui étaient beaux, et qui avaient été mis à
part,
Furent réservés pour le roi des Babyloniens,
Pour le grand sulthan du Khoraçan,
Pour le khalife, vil imposteur !,
Aveugle chef des aveugles, 1310
Lequel siége sur le trône de Mahomet,
Faux prophète, séducteur,
Législateur des nations plongées dans les ténèe-
bres,
pait alors le trône d'Égypte était Amir-biahkàm-
allah ; le grand sulthan du Khoraçan était le prince
seldjoukide Macç'oud; et le khalife de Bagdad,
Moktaf.
1315 Et qui, pratiquant les œuvres les plus sales,
1320 Leur prescrit ce qui est abominable;
1325 Mais la beauté de l'âme,
SUR LA PRISE D'ÉDESSE. 267
Qugbwg déquy neungnafi. CS quupunoup pupäf fus, 1330
1315 (hé ep œroëk quunbqne fui, Le cgpuqupu wap ungliu
Oafnuutbu divper 1Eqre fi. Suuukgh Shi jupl fi :
flureguiuh fup dagndlr (Neug age pobpaet by dupuafi,
Vreséc ed pendu : Ne dur pyn & Sueannfi,
Leeuco foi pus tngfv Le crus puy twfivnÿh, 1335
1320 Orbtewrek paaranbibr, Que foqudhfi :
Marauikt Prprd 4Eufr, VuL ane Jhebui qbu jerpewpf,
Verte Juju abrkElu. PoupeE k diuerB fr,
(er L khunp np h Sndbv, Of Eu guy funlurqeulh
Urasbjeit puit pqunulius Géeleé puntunl bepu aug ndfit - 1340
1325 fuÿ paSnqenju fut en ffuu Le cumul dl quultufi,
V'énee Pb fou FE padpu (re qu g{'ounneud ape fi :
ee oyuuhenu joig wub Uve que anekp munp b Stnfiu,
een Sresbe juuiufu unpfir- Phert beeuye ven swf.
(O6 aebunke ba Prat, luebeuge Voiñ Qaurpuutf, 1345
1314. D. Quwphiwg qnp&aÿr [Précepteur] d'œuvres d'iniquité. — 1315. C. wpmbqne@huv — 1316. D.
Ouyhole livpyquiu skancfr Que la langue de l'homme ne peut rappeler. — 1317. C. fevrcguvog —
1318. D. Get uk gqn0S ypnsulr À faire en public le crime immonde. — 1320. g/ncunnfu de
se baigner. D. LocwgneÆ dpt — 1321. D. Quoguhy — 1322. D. (red diveph duju ip Qui ne net-
toie que le corps. — 1323. C. (rr{ £ gnpwe Par lequel les grenouilles. — 1324. D. Le qgwgnuk gnpSpe
Lagfo Ueuwbjnt L as wnuwgkv Leurs œuvres iniques S’accumulent, loin de diminuer. — 1326. C. Bogby
— 1327. À. wyouhop D. Le quyuuhuk jncpu — 1398. D. uogfu — 1329. D. 46g huqerBbwlh — 1330. C.
ui au sot D. 6 powpdh quuwpunou — 1335. C. vupoufu — 1336. C. dusqudqupfu, PETSAN, LheRAS ,
prophète. — 1338. C. D. f a4nR@fr, arabe, Axme, mosquée. — 1339. B. O4 &u ww D. Of Gus ku Car
voilà que moi. — 1340. B. D. gwggpu tngbr C.k quugg vngfv et leur nation. — 1341. D. y 4 prps Et
janéantirai aussi. — 1343. C. Us er gebr — 1344. Fret group D. Ua que aekr b ewewlulr,
Ge wewpbe kb seu Gear. Fer breuge joe funfr, Vupobwuge vel Caupuw4fr Voilà ce qu'il écri-
vait dans une lettre Qu'il envoya vers les quatre points [de la terre |; Il s'enorgueillissait dans son âme,
Arrogant comme Rabsacès.
Précepteur du mal et du crime, . «J'ai détruit le culte de la Croix;
« Par moi leurs places fortes
« Ont été renversées, et le soleil en éclaire les
fondements.
« C’est là le début des guerres
«Que je soutiendrai pour ta foi,
« Pour l'apôtre, ton prédécesseur,
« Messager de Dieu, prophète.
« Souviens-toi donc de moi, le vendredi,
Indicibles à la langue de l'homme,
Enseigne à ses peuples
À suivre son exemple;
Lui qui, comme expiation de leurs péchés,
[Qui leur recommande] de se laver avec de l'eau
de rivière
Pour nettoyer seulement l'extérieur [du corps];
Tandis que, à cet égard, les baleines, dans la
mer,
L'emportent sur eux.
« Lorsque tu prieras dans la mosquée ;
« Car par moi Jésus promptement
« Va disparaître de la terre avec ses secta-
teurs;
«Et je détruirai tous ceux
« Qui professent le dogme du Fils de Dieu.»
Voilà ce qu'écrivait le tyran.
Gonflé d'orgueil par l'esprit du mal,
Insolent dans son langage, comme Rabsacès!,
Ils la plongent dans la fange du péché.
Cependant la nouvelle de ces succès
Fut transmise [au khalife] :
« À toi, bonne nouvelle.
arrogant, et le plus menaçant. (IV Rois, XVIII, xvu-
xxxvii, et Isaie, XXXVI et XXXVII.)
1 Rabschakeh, l’un des trois envoyés de Senna-
chérib, roi d'Assyrie, vers Ezéchias, roi de Juda, et
qui tint aux députés de celui-ci le langage le plus
34.
1330
1335
1340
1345
268
luersbe DrpEL qwaqu ve Yuyfi -
{ls abobel que lue,
Res gofunun be Yerpfiv,
(04 »5 ndnd been puahfi,
1350 Qu gopnefbanli fbep 4hnS Hpianb ,
Lab gen Ses nine upufiu,
Duubty bug ch ghpe But.
ÉLÉGIE SUR LA PRISE D'ÉDESSE.
Vu td dEquwgt pue fou,
Le guAuholp qe rg swpfv,
V'bug b Zbnu ivophuf, 1355
lupus cpomwdf pprungfir.
(euh Epebdfiu ququqnÿs,
Ut age Eube Vereyhilt :
1346. B. que np Guyfv — 1347. C. Jbdiup &nafu — 1349. C. QE qu ns ndu — 1350. C. D. qgianfu
— 1351. D. Or pq pt wa ft Lapfu, Le géwkhsupu jnmnpbafu Us prirent la ville d'Édesse, Et en
massacrèrent les habitants. — 1354. C. D. gnp87 — 1355. D. wvopftwg des infidèles. — 1356. D. Jupuu
sunqnpl Très-impitoyable. — 1358. C. “uavatu D. hepuytlr.
I] méditait de détruire les nations [chrétiennes |,
Ne sachant pas, l'insensé,
Et ne réfléchissant pas, aveugle qu'il était,
Que ce n'est point par la vigueur de son bras,
1350 Ou par la valeur de ses troupes sacriléges,
Qu'il avait réussi à s'emparer d'Édesse,
Et à livrer cette ville au meurtre et à l'esclavage;
Mais que c'est seulement le nombre de mes pé-
chés
Et le débordement des crimes,
Qui m'a livrée entre les mains de l'infidèle, 1355
Tyran cruel et indomptable,
Comme autrefois :
Le même sort atteignit Israël.
LE PATRIARCHE GRÉGOIRE DGH'A.
NOTE PRÉLIMINAIRE.
Grégoire surnommé Dgh'a, cest-a-dire l'Enfant, était fils de Vasil, seigneur
de la forteresse de Gargar'', frère du patriarche saint Nersès Schnorhali, et
issu, par conséquent, du sang royal des Arsacides. Il naquit vers 1133. Lors-
que son père fut dépouillé, en 1148, de son domaine par un émir turk
nommé Khorçan, le jeune Grégoire fut emmené par sa mère dans le château
fort de Hr'om-gla, alors do de son oncle le catholicos, et y reçut son
éducation. Après la mort de saint Nersès, arrivée en 1172, 1 fut appelé par le
vœu unanime du clergé arménien à lui succéder. Continuant l'œuvre de son
prédécesseur, dont tous les efforts avaient tendu à la réunion des deux Éplises
grecque et arménienne, 1l adressa deux lettres sur ce sujet à l'empereur
Manuel Comnène; mais cette correspondance.fut sans résultat. Plus tard,
en 1179, il rassembla à Hrom-gla un concile où furent discutées et accep-
tées les propositions du clergé grec; saint Nersès de Lamprôn, son cousin
du côté de sa mère, sacré par lui archevêque de Tarse, en 1176, y parla
dans un but de concorde et de paix. Mais la relation de ce concile, transmise
à l'empereur, ne put lui parvenir; les agitations qu'avaient fait naïtre dans
l'Asie Mineure le passage des croisés et leurs guerres contre les infidèles for-
cérent les députés arméniens à rebrousser chemin, et, bientôt après, la mort
du catholicos mit fin à ces tentatives de rapprochement entre les deux
Églises. Le clergé de la Grande-Arménie, opiniâtrément attaché aux anciennes
doctrines, repoussait toute concession ; l'un de ses membres les plus actifs et
les plus influents, Grégoire Doudèéorti, supérieur du monastère de Sanahin,
dirigea de violentes attaques contre ceux qui avaient adhéré à la réunion de
Hr'om-gla. Grégoire Dgh'a lui écrivit pour l'exhorter à la soumission; mais
Doudèorti, irrité par cette démarche, entraîna avec lui les moines des cou-
vents de Sanahin et de Hagh'pad, et, rompant ouvertement avec le catholicos,
se plaça sous l'autorité de Basile, archevêque d'Ani”.
Les Grecs de la Cülicie, jaloux du bon accord qui régnait entre les Latins et
les Arméniens, cherchaient à nuire à ceux-ci dans l'esprit des Latins, en
les représentant comme sectateurs d'Eutychès; ils réussirent ainsi à semer
1 Cf. au sujet de Vasil, prince de Gargar', ci-des- 2 Cf. sur Basile d'Ani, ci-dessus, p. 29, note 2.
sus, p. 140, note 3.
270 LE PATRIARCHE GRÉGOIRE DGHA.
entre les deux nations les germes de la désunion. Affligé de ces inculpations et
de ces déchirements ; Grégoire Dgh'a eut recours au pape Lucius IIF, et lui
écrivit pour l'assurer de son attachement au Saint-Siège, lui révéler les
menées des Grecs, et le prier de lui faire connaître la SRCIpIUS de l'Église
romaine. Îl chargea de ce message Grégoire, évêque arménien de Philippo-
polis, qui savait très-bien le latin; le pape lui répondit que l'Église d'Arménie
n'était nullement séparée par les dogmes de l'Église latine, et lui envoya les
livres qui contenaient la discipline et les offices en usage à Rome.
Voici comment l'historien Vartan raconte la mission de l'évêque Grégoire :
« Le pape, dit-1l, l'accueïllit avec une parfaite distinction, lui fit célébrer les
« saints mystères, y communia , et lui donna ses ornements pontificaux. ap-
« pela auprès de lui les plus grands personnages, l'empereur d'Allemagne, le
« roi d'Angleterre et le roi de France, avec les gens de la suite de ces monar-
« ques. Il convoqua aussi le patriarche d'Allemagne, qui possède quinze mille
« cavaliers; l'archevêque d'Espagne, qui en a dix mille; l'archevêque de Saint-
« Jacques, qui en compte cinq mille, et de ce côté-ci [de la mer] 1 manda le pa-
« triarche de Jérusalem. Les ayant réunis en conférence, il dressa avec eux un
«écrit inspiré par la révélation des saints Apôtres et rédigé en leur nom; [cet
« écrit portait ce qui suit]: Le patriarche d'Arménie, outre-mer, aura un pouvoir
« absolu sur les Arméniens, les Grecs et toutes les nations chrétiennes, pouvoir
« égal à celui qui nous appartient dans la partie du monde que nous habitons; il
« tiendra les clefs du ciel et de la terre; et comme 1l y a une grande distance
«entre notre pays et le sien, je lui ai envoyé mes insignes pontificaux , l'éphod,
«la couronne et les sandales, afin que, s'en revêtant, il officie en portant
«l'anneau au doigt. — Il dit à l'évêque Grégoire : Prends ces insignes et
« revêts-en le sétésréhés: auquel appartiendra désormais la dignité suprême,
« dans les siècles des siècles. »
Nous verrons plus tard comment l'empereur Frédéric Barberousse, en
marche vers la Palestine, étant parvenu sur les confins de la Cüilicie, Gré-
goire Dgh'a fut chargé par le roi de la Petite-Arménie, Léon IT, d'aller avec
saint Nersès de Lamprôn complimenter le monarque allemand; et comment
ce projet d'ambassade avorta par l'accident survenu en route à l'arche-
vêque de Tarse, tandis qu'il allait rejoindre le catholicos. Quoique Grégoire
Dgh'a, d'accord avec Léon, eût montré beaucoup d'empressement pour la
cause chrétienne, au moment où l'armée de Frédéric Barberousse souffrait
des rigueurs de la famine dans les plaines de la Lycaonie , il ne négligeait pas
cependant de ménager Saladin, alors maître de la plus grande partie de la
Syrie, et dont la puissance formidable pouvait être fatale à la Cilicie, et 1l
entretint des intelligences et une correspondance avec lui. H est curieux de
lire dans l'historien arabe Behä-eddin la lettre écrite, un peu après la mori
de Frédéric, par le patriarche arménien à Saladin, et dans laquelle il instruit
le vainqueur de Jérusalem de la marche des croisés allemands, de leurs forces,
de leur discipline et de leurs mœurs, et l'assure de tout son dévouement’.
I mourut le 16 mai 1189, à l'âge de cinquante-sept ans, après seize ans
1 Vita et res gestæ Saladini, édit. et trad. d'Albert Schultens, chap. LXX.
LE PATRIARCHE GRÉGOIRE DGH'A. 271
et un peu plus de huit mois de pontificat. 1 fut enterré à Hr'om-gla, auprès
de ses oncles Grégoire III et saint Nersès Schnorhali. Son neveu Grégoire V,
surnommé Manoug (Jeune homme), fut élu à sa place d'après la volonté de
Léon II.
Grégoire Dgh'a nous a laissé six ou sept lettres, les unes relatives à la réu-
nion de l'Église grecque et de l'Église arménienne, les autres dirigées contre
les docteurs de la Grande-Ârménie, et de plus son Élégie sur la prise de Jéru-
salem. Ce dernier ouvrage a été retrouvé dans deux manuscrits de la biblio-
thèque du couvent de Saint-Lazare à Venise, et c'est d'après la copie envoyée
par les savants religieux de ce monastère qu'a été faite la présente édition,
la première qui ait paru jusqu'ici. Dans ce poëme, Grégoire semble avoir
voulu imiter celui de saint Nersès Schnorhali sur la prise d'Édesse; comme Jui,
il a employé le mètre usité à cette époque pour les compositions de longue
haleine, les vers tétramètres, et personnifié, sous forme de prosopopée, la cité
dont il déplore la catastrophe; mais pour le style, le tour de la pensée, l'éclat
et la vivacité des images, 11 est resté bien au-dessous de son modèle.
Les déclamations, les répétitions, les allusions naturelles ou forcées à des
situations analogues quil découvre dans l'Ancien Testament reviennent à
chaque instant. J'ai éliminé sans scrupule toutes ces longueurs, et je n'ai
conservé que les parties qui contiennent ou le récit des faits ou la descrip-
tion des mœurs, des coutumes et des institutions des Franks de la Palestine.
De deux mille trois cent quatre-vingt-quinze vers que contient l'Élégie de Gré-
goire Dgh'a, une moitié à peu près a été 1c1 conservée. Les interruptions dans
l'ordre du numérotage indiqueront suffisamment les endroits où j'ai pratiqué
ces coupures. La lettre B, dans les variantes, désigne celui des deux manus-
crits de Saint-Lazare sur lequel ces variantes ont été recueillies.
CT
©
10
ÉLÉGIE
DU PATRIARCHE GRÉGOIRE DGH'A,
CATHOLICOS D'ARMÉNIE,
NEVEU (FILS DU FRÈRE) DU SEIGNEUR NERSÉS, NOTRE | PRÉCÉDENT | CATHOLICOS,
SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM
[PAR SALADIN|.
%
Cu ujbll Euÿt nqpuugfi,
Que ponte wpermuntcusgfi
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Ovveug Sayphg Enunnpulit.
Ge gb un fu Bunbut r4sbt
Le yupncghur yhnopklir,
ITR wuduuoft punaeulqneufiu ;
(le Erunlust Eehhe wulit-
TRADUCTION.
Je viens faire entendre des accents douloureux,
Des plaintes entrecoupées de larmes ;
Je lève les mains en haut vers le ciel,
En inclinant en bas ma voix vers la terre.
Je les invoque à la fois,
Pour sympathiser avec mon âme afligée.
Je viens raconter mon triste sort
Et mes douleurs lamentables.
Vous, prêtez l'oreille à ce pénible récit,
Sœurs et frères, de concert;
Vous, fils de Sion, cette illustre mère;
Vous, épouses de la tente céleste ?.
Je suis la Jérusalem antique,
1 Ce titre est la traduction de celui que porte
notre manuscrit, el qui a été ajouté sans doute après
coup par quelque copiste : Séwn% Qphanrh 4wbne_
abqnub Æuyng, apatny Eanop wbwnt A Epubuk, fu
Poegbeoufu dprj wuwgbu pair npebpqwuir, Jus
an dañu Lpncouwntdp :
Métropole de la Palestine,
Le centre de l'univers,
Le point principal du monde.
Soit à cause de Ja position que m'a donnée celui
qui a assigné leurs lots
À Sem, Cham et Japhet,
Sur les limites du territoire
Et dans la proximité de ces trois races;
Soit parce que le Sauveur a été enseveli dans mon
sein,
Et est ressuscité le troisième jour,
Je suis connue jusqu'aux quatre extrémités
Qui forment la triple division de la terre *;
2 Voir sur cette expression, dans l'Élégie sur la
prise d'Édesse, la note 2 de la page 226.
3 Les quatre points cardinaux, considérés par
rapport à Ja division du monde, dans l'antiquité, en
trois parties, l’Europe, l'Asie et l'Afrique.
20
20
ÉLÉGIE SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM.
Le re op Ed {pepaufi,
(Le Sbnurnp El] bakfi,
Uohe dpt E ouSaiufé .
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30 À ÉpuBnmgtu un fu quyfio,
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Mer be Sage dunannpfi,
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Cropquig SE Buñnufi:
Gred aqeuyz LUE up
a ——_—__—_—_—_—_—]—_]
Je ne suis pas étrangère à l’Europe,
Ni éloignée de la Libye ;
L'Asie touche à mes frontières :
Dans mon voisinage
Est la mer Océane;
30 En volant sur sa surface, on venait À moi:
En traversant ses vastes flots,
On abordait aux rivages de l'Asie:
Mer autrefois renommée
Par le fracas de ses gouffres profonds.
Que dirai-je du Pont,
Des pays contigus,
Et des provinces qui en font partie,
Et qui s'étendent tout alentour?
Décrirai-je les navires de Carthage
40 Qui arrivaient, chargés de trésors ?
Mentionnerai-je la célèbre
Et magnifique mer Caspienne ?
Et la mer d'Égypte,
Voisine du mont Sinaï,
Au sein de laquelle un grand prodige
Eut lieu, la perte de Pharaon,
* Voir pour ce nom de Mer Océane, donné à la
Méditerranée, ci-dessus, Matthieu d'Édesse, P. 4,
note 3, et passim.
* L'auteur fait allusion aux riches produits que
donnaient la mer Morte en bitume et en sel, le lac
de Tibériade et celui de Séméchonitis ou Samocho-
nitis (CF. Josèphe, de Bello Jadaico, HE, x, et IV, 1),
aujourd'hui Babr-el-houla, par les poissons que
Hisror. AnM. — I.
Par la puissance du Seisneur qui a été attaché
sur Ja croix,
Cette mer qui fut divisée par la verge de
Moise, *
Et que l'on appelait Erythrée,
Contiguë 4 un désert que les pas de l'homme ne 50
foulent pas ?
Et ces lacs situés au milieu des terres,
Sources de produits pour moi ??
De leurs îles accouraient
Les adorateurs dans mon tabernacle;
Hlustre pour eux,
Chérie des enfants des hommes,
Îls me regardaient comme une reine,
Et me proclamaient la maison de Dieu.
C'est pourquoi ils me portaient envie.
En place des commandements lumineux 60
Par lesquels le Père [céleste] est glorifié,
Ï y eut, par leur fait, pour son nom glo-
rieux,
Des outrages de la part des païens;
C'est là ce que prescrit d'éviter
leurs eaux fournissaient et que l'on salait, le jonc
et le roseau odorant, qui croissaient sur leurs
bords, ainsi que le papyrus, qui servait à faire
des cordages et des câbles de navires. On peut con.
sulter notamment sur ce point les autorités réunies
par l'abbé Guénée, Recherches sur la Judée, à la
suite de ses Lettres de quelques juifs à M. de Voltaire,
t. If, p. 335; et M. Munk, Palestine, page 9 a.
35
274
Uownuusft opquphfr,
fe Eubok 4SEeceyksft
UE vuuufe pour jhliupfi:
ct apr uajt hub gfñ
Sur cSwpneuSu Pupuyh ht -
70 fauuqh unguu | Nwpbqugfit,
Pol bb? ESuu Pole uwgfir,
LSee Sepriudu wifi,
(le dnuguy qUiunfnpfiu,
Le abetat ae a£otal
Gunaduget (Nawpkpugfi :
Orabg b pag paSbernuf,
fe un pa deb it Ghuneufiu:
Para page, ju agp.
Oabnd pole don. pb$tale.
80 Qujutil Jun Cropophi ,
Ur euqupugnu \acpwgft,
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Laesye L eye Sulannn$fi -
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€ÿtran fannewpdut an fu euufi ;
Uépdiouk que $uwsruun Lapfi
UrhrountRtunlp Lapny $ounfil :
Paugh un fu ppilbbwg wpfeu,
(aug L'an. pba Doug fvrnspre fr:
U ect ayunghh k dpuufit
up be EL dE k diupufi.
O0 PE page ape hi ki
PoreSuiuneg 4oql wap pu,
(Neyg PL eye vkp aitElpuphi
Lesrcubu ebrg Srubu dèvpafit :
(Or, ges, fa Ep sSwubp H4f,
Peche baie ap aydl Eye.
O ph fune Ni fans d'usqne d fi
Le Peru fun ff.
Me sahough qls nr tlu
90
100
Le Prophète divin,
Lequel gourmande les Hébreux
Avec de grandes menaces, à cause de leur folie.
Aussi se sont renouvelés les mêmes
Châtiments qui avaient frappé les Israélites.
70 Contre eux [s’avancèrent] les Babyloniens;
©
Contre moi ont marché les Scythes (Turks),
Qui m'ont châtiée si rudement,
Que j'ai oublié le sort d'Antioche!,
Et je ne me suis plus souvenue des captifs
Emmenés autrefois par les Babyloniens.
Je passerai sous silence le traitement que me fit
éprouver Titus,
Lorsqu'il vengea Jésus-Christ.
J'élève la voix sur un ton douloureux ;
Je remplace par des habits noirs mes vêtements
de fin lin.
Et d'abord je gémirai sur toi, 6 Antioche,
Métropole de la Syrie;
Toi, mon soutien et ma force,
Et pour moi comme un frère et une sœur, issus
d'un même sang; |
1 Peut-être Grégoire Dgh'a fait-il allusion à la
prise d’Antioche, par Soliman, fils de Koutoul-
misch, fondateur de la dynastie des Seldjoukides
d'Iconium, en 1034, auquel cette ville fut enlevée
en 1085, par son parent Tétousch, et à ce dernier
par Mélik-Schah, l'année suivante. Antioche resta en
la possession des Turks jusqu'à ce qu'elle tomba au
pouvoir des croisés, en 1097. Peut-être aussi veut-
il parler du triste sort qui semblait menacer cette
ville, lorsque Saladin se fut rendu maître de Jérusa-
lem, de la plus grande partie de la Syrie et de la
Palestine. Plus loin, l'auteur exprime formellement
Cité qui fut le berceau d'où,
Après la Passion que souflrit le Verbe dans mes
murs,
Se répandit sa foi,
Avec le baptème qui consacra le nouveau trou-
peau ?. |
Si chez moi fut versé le sang [ du Sauveur |,
Chez toi coula l'eau du saint Mystère;
C'est pourquoi ensemble
Nous aurions dû combattre;
Car, au milieu de cette foule d'habitants
Répandus dans le monde entier,
Un lien d'affection nous unissait toutes deux,
Comme deux sœurs jumelles.
Pourquoi n'es-tu pas accourue à mon secours,
Au milieu des châtiments qui viennent de me
frapper ?
90
De nuées de barbares
Les tourbillons orageux m'ont couverte d'un
brouillard épais,
Et je n'ai pu me rendre compte de ce qu'ils ont
fait,
cette pensée, véritable prédiction qui se réalisa
quatre-vingts ans plus tard, lorsqu’en 1268 la mé.
tropole de la Syrie fut prise et ruinée par le sul-
than Beiïbars Bondokdäri.
2 C'est en effet à Antioche que les disciples de
Jésus-Christ adoptèrent pour la première fois lenom
de chrétiens, et que leur culte reçut un commen-
cement d'organisation. (Voir les Actes des Apôtres,
XI, xxvi; Fleury, Histoire ecclés. Liv. 1, xx; et l'Élé-
gie de saint Nersès Schnorhali, ci-dessus, vers 147,
p. 231, et ibid. note 2.)
RU Se mn
SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM. 275
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Tant mon âme a été dans l'affliction et brisée;
Mais je te le dirai en abrégé,
À toi qui compatis à ma peine.
Je me tairai sur l'avenir, |
Pour ne pas fatiguer ceux qui m'écoutent;
Car, plus d'une fois, ils ont pleuré
Sur mon ancienne catastrophe.
Mais toi, verse sur moi des larmes amères,
Et à mon tour je déplorerai douloureusement ton
infortune ;
110 Car il paraît que le même jour néfaste t'est ré-
servé,
Lorsque tu resteras abandonnée et seule.
Maintenant, écoute le récit de mes malheurs,
Prête l'oreille à une pauvre affligée,
Au sujet de ce qui lui est advenu dans ces der-
niers temps,
Aux jours de ma vieillesse.
Lorsque l'ère, en accumulant les siècles écoulés,
comptait
Six cent trente,
! L'addition de ces nombres nous donne 637 de
l'ère arménienne (3 février 1188-1 février 1189).
Le poëte place une année trop tard la prise de Ti-
bériade par Saladin, puisqu'elle eut lieu le di-
manche 26 de rabi second 583 (5 juillet 1187),
suivant Ibn-Alathir (t. XI, éd. Tornberg, p. 255),
date confirmée par Marino Sanuto, qui indique le
mois de juillet (lib. III, part. 1x, cap. 1v).
? Après la mort de Nour-eddin ,en1174,lesémirs
appelèrent à Damas Saladin, qui arriva aussitôt,
sous prétexte de prêter hommage à El-Mélik Essa-
leh Ismaïl, fils de Nour-eddin, et se rendit tout-puis-
Plus un dans le rang des unités,
Et deux fois trois dans l'ordre ternaire!,
À cette époque malheureuse, 120
A cette heure de ruine et de calamité,
Où le sulthan, descendant d'Agar,
Saladin de Damas ?
Prit la ville de Tibère,
Et saccagea la contrée limitrophe de ce lac.
Il infligea une rude défaite
À la grande armée des Romains (Occiden- :
taux );
Le roi de la Cité sainte’
Fut fait prisonnier par lui dans cette occasion.
Il livra les autres en pâture à la lance, 130
Et couvrit les plaines de leurs cadavres;
A d'autres encore il trancha la vie,
En se couvrant des gouttes de leur sang qui re-
jaillit.
H y en eut dont la tête écorchée
Fut un trophée pour les infidèles.
Loin d'avoir du respect pour les vieillards.
sant dans cette ville. À la fin, son joug devint intolé-
rable pour le jeune prince, qui réclama le secours
de son cousin Seïf-eddin Ghazi, prince de Mossoul.
Un combat fut livré auprès de Hama, où, pour prix
de la victoire, Saladin obtint de rester en possession
de toute la partie de la Syrie dont il s'était emparé,
à l'exception d'Alep, que conserva El-Mélik Essaleh.
Depuis lors Damas devint le centre des opérations
militaires de Saladin, et c'est sans doute pour cette
raison que l'auteur arménien l'appelle Saladin de
Damas.
3 Guy de Lusignan.
39.
976 ÉLÉGIE
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Ps les accablaient d'outrages et de mépris.
Îs n'épargnaient point les jeunes gens,
Et étaient sans pitié pour les enfants;
140 Pareils à des chiens enragés,
Ils léchaient les cadavres.
Au milieu de cette tempête qui répandait l'obs-
curité
Et de ce déluge de maux
[Les habitants] étaient comme frappés de stu peur,
Comme saisis de vertige et égarés. |
Le frère laissait son frère sans secours:
Les pères ne regardaient plus leurs fils;
Chacun de son côté
Songeait à soi uniquement.
150 Car le jour terrible était arrivé,
Et l'orage les engloutissait tous.
Îls tournaient les uns autour des autres,
Et le salut leur manquait.
Mais comme le brouillard du désordre
Avait obscurci leurs esprits,
Les uns couraient d'un côté,
Et les autres tournaient leurs yeux ailleurs.
Mäis leur espoir se trouva frustré,
Et les ennemis embusqués les blessaient.
160 Car d'effroyables dangers les entouraient,
Et, s'égarant, ils ne pouvaient s'y soustraire.
Assiégés de craintes au dehors,
Cernés par les attaques de l'ennemi,
Bien peu réussirent à s'échapper
Et à se sauver ailleurs:
Sous les coups des infidèles
Ils tombaient tristement.
Par là ils étaient conduits à penser
Qu'ils acquittaient ce qu'ils devaient à Dieu.
«La bienveillance du Créateur s'est détournée 170
de nous,
« À cause de notre malice, disaient-ils:
« Ïl a laissé fouler aux pieds la vigne désolée,
«En ne donnant au vendangeur que des épines. »
Telle fut la vengeance du Créateur 198
Et la peine imposée à notre perversité.
Cependant, ayant repris courage, 200
Et s'appuyant sur le Christ :
« Nous sommes chrétiens, s'écriaient-ils,
« Enfants de 1a piscine sainte;
« Nous ne ressemblons point aux incirconcis
«Déshérités des grâces du Seigneur:
« Restons fermes dans son amour,
« Inébranlables dans la foi. »
Les vieillards, s'adressant aux jeunes gens,
SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM.
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Faisaient appel à leur bravoure;
210 Les jeunes gens se montraient pleins de défé-
rence
Pour leurs vénérables cheveux blancs.
« Voici qu'un beau jour se lève, s'écriaient-ils,
« Pour tous ceux qui sont animés de bonne vo-
lonté ;
« Rappelez-vous en premier lieu
« Les confesseurs du Christ,
« Dont les actions, racontées devant nous,
« Faisaient tressaillir de joie nos cœurs et nos
COrpS. »
Encouragés par ces paroles
Et beaucoup d'autres semblables,
220 [ls couraient à la mort;
Comme les agneaux de l'holocauste,
Bs se livraient au glaive,
Par l'espérance du séjour céleste,
Et étaient immolés à l'instant
Par le glaive du méchant.
Leurs noms sont ignorés,
Quoiqu'ils aient été inscrits dans un livre où ils
sont ineffaçables.
Lorsque ces événements arrivèrent,
1 Cf. ci-dessus, dans Matthieu d'Édesse, note 1,
P. 20.
? En 1187, la fête de l’Exaltation de la Croix,
Et que leur pays était sans maître,
Une incursion envahit la grande plaine: ‘230
La ville de Ptolémais fut prise,
Et la belle cité de Joppé, |
Sur les bords de la grande mer,
Césarée de Stratonice,
Sidon (Dzaïtan) de Phénicie.
R s'approcha de la montagne du Carmel,
En cernant la base d'un côté et de l'autre.
[I prit] Béryte, où était conservée une miracu-
leuse
Et sainte image de celui qui a été crucihñé.
Mais Tyr ne succomba point comme Sidon; 240
H en fut de même de la divine cité de Jérusa-
lem.
Ses courses s'arrêtèrent 1à.
Tandis qu'on était au commencement du jeûne
de la sainte Croix ?.
Postérieurement à ce que nous venons de ra- 252
conter,
Mais peu de temps après,
Les Égyptiens se mirent en marche
Contre la grande cité d'Ascalon.
Ayant investi cette ville de toutes parts,
mobile dans l'église arménienne, tomba le 13 sep-
tembre; et le jeûne qui la précède, et qui dure une
semaine, commença par conséquent le 6.
278
Vos Gpnreboy Jperbe edf
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ÉLÉGIE
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©
Is ne livrèrent qu'un petit nombre d'assauts;
Pareils à des ouvriers fouissant la terre,
Ils pénétrèrent jusqu'aux fondements du rem-
part,
260 Et lançant avec leurs machines des traits enflam-
més,
Is firent écrouler les solides fortifications.
A cette vue les assiégés furent effrayés
Et tremblèrent;
Car ils n'avaient personne pour les secourir. ,
H n'y avait plus de chef suprême dans la Pales-
tine,
De prélat préposé au saint Sépulcre,
De patriarche dans le sanctuaire,
Ni de roi sur son trône;
Plus de généraux pour commander,
270 De juges pour rendre la justice,
D'hommes forts pour servir de protecteurs,
De cavalerie pour marcher au combat,
Plus de braves en ligne de bataille ;
Tous, sans exception, tous étaient tombés,
Et le pays était resté sans maître;
Aussi les assiégés furent-ils abattus
Et découragés.
1 Jbn-Alathir (t. XI, p. 360, éd. Tornberg) et
Aboulféda disent qu’Ascalon se rendit le dernier
jour ou 29 de djoumada second 583 (samedi 5 sep-
tembre 1187), après un siége de quatorze jours.
Ils avaient vu leur souverain,
Les mains liées, au pouvoir de l'ennemi;
Ils avaient entendu citer les noms de ceux qui 280
avaient été tués |
Et de tous les grands qui avaient péri.
Ces pensées les jetaient dans la consternation
Et le désespoir.
Le soleil ayant fait disparaitre
Son disque rond à l'horizon,
Un vendredi, sixième jour de la semaine,
A l'heure où le Seigneur fut attaché sur la
croix, |
Lorsque la sphère terrestre inclinait vers l'occi-
dent,
À la neuvième heure
De ce jour fatal, 290
La ville d'Ascalon fut prise ‘.
Ainsi fut accomplie la parole
Du Prophète [David], père de Dieu :
«Les ténèbres de l'ombre m'ont enveloppé;
«La nuit du péché a remplacé la lumière.»
Cependant arrive une triste nouvelle 310
A la Jérusalem terrestre :
— Voilà que ton ennemi approche,
Grégoire Dgh'a nous apprend que ce fut à trois
heures de l'après-midi; seulement il est d’un jour
en avance sur les deux historiens précités.
SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM.
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—————— ||]
Pareil à un homme aux désirs impurs;
Il s'avance et lie avec Samarie un commerce
adultère,
‘Imitant ainsi ce Roboam de l'ancien temps,
Qui, sur la montagne de Garizim,
Adora une génisse,
Et entraîna dans son égarement la tribu d'E-
phraim,
Qui comptait Jacgb pour aïeul.
348 La colère de Dieu s'alluma,
Et il frappa de nouveaux coups;
350 1 livra [Jérusalem] à un ennemi impitoyable,
À cause des péchés dont nous nous rendions
coupables.
Celui-ci prit la ville, résidence du souverain,
Dont il détruisit le trône.
Jérusalem, cette belle cité,
Capitale de la Terre Promise,
L'Égyptien y entra,
À l'instar d'un adultère impudique;
Ïl s’assit sur les marches du sanctuaire,
Qui fut souillé de l'abomination du désert 1.
«362 Ses actions démentirent ses paroles;
Aucun témoin ne répondit pour ce cruel.
H avait négocié avec les lâches habitants,
Abattus par leur chute;
Mais, infidèle à ses serments,
Il n'hésita pas à les violer.
Les uns furent mis à mort
Par le tranchant du glaive;
Les autres, entièrement dépouillés de leurs ri- 370
chesses,
Se rachetèrent ainsi deux fois à prix d'or.
Ils furent chassés de leurs foyers paternels,
Qu'ils avaient mis tant d'années à édifier.
Le Golgotha fut profané,
Le Temple souillé,
Le saint Sépulcre fermé;
Sion devint un objet de moquerie ;
Les prêtres furent maltraités,
Et en butte aux outrages:
Les diacres se cachaïent, 380
Par crainte d'un vainqueur altier.
[Les infidèles] commettaient des turpitudes,
Comme le prescrit la loi de Mahomet,
Dans le Saint des Saints;
Ils se livraient à des actes sodomiques.
A l'insulte ils mêlaient la raillerie,
La dérision
Et les blasphèmes de toutes sortes,
? Notre poëte fait allusion à l'Antechrist, qui doit sortir du désert, et auquel il compare Saladin.
280
Le Gentbeel ur wntbfi-
300 pbs war ShSunbftr,
402
410
390
402
410
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Oadeg quafiiupu gpprebfr,
Uri L uvqpe Jupkafr,
Le gbe L guv JErkré Suufir:
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GhoB bug fournit
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Qponcunuwaque b dE S- vpq{fit ;
415. Guru, ainsi que disney €t divynid, sont une corruption de l'arabe bre V. l'Élégie de Saint Nersès
Schnorhali, page 264, note1.— équipe Où péqundighe, persan prets V. ibid. vers 1336, p. 267. — 436.
B. Orfvjuun. Le mot fifjuup OÙ dfupwp est l'arabe yañe, la chaire d'une mosquée, où se place l'imäm
pour faire la prière publique et la khothbah, Xe (prèche).
Et se faisaient un jeu d'infliger de mauvais trai-
tements,
En les accompagnant de rires.
Ïis nous appelaient adorateurs d’un morceau de
bois,
Par injure et par moquerie.
Pareils à des loups, fondant sur nous,
Ils dispersèrent les agneaux innocents,
Les emmenèrent d'un côté et d'autre,
Et dans toutes les directions les chassèrent de
la contrée.
Les jeunes lévites
Furent conduits à Babylone
Avec la sainte Croix
Pour être offerts en présent à leur khalife!,
«Reçois, lui dirent-ils, l'objet des adora-
tions
« De toute la race des chrétiens.
« Réjouis-toi de la victoire remportée
« Par les musulmans sur le Christ;
« Maintenant, dans le Temple, est proclamé
« Par l'imâm le nom du Prophète.
« Maintenant la cité divine
«Où est le tombeau de Jésus
«Est comme un tison enflammé. »
Comment est-elle devenue aduitère, la ver-
- tueuse
Et sainte cité de [l'époux] céleste,
D'où la loi est sortie,
Où les Prophètes firent entendre leur voix ?
Une profonde obscurité, remplaçant la lumière,
À environné le saint Tombeau.
Au lieu du grand rideau
Qui s’étendait devant le sanctuaire du Temple,
Îls ont élevé le minbar (chaire) où le ministre
de leur culte
Annonce Mahomet.
Le tombeau de la Mère de Dieu
Fut détruit en premier lieu ;
Ils profanèrent les églises
Où l'espérance inspire la prière.
Les rues de Sion
Furent teintes de sang
Et obstruées par leurs allées et venues:
Car ses enfants furent tués.
Plongée dans l'infortune, couverte de deuil,
1 Nacer-Lidin-Allah, qui régna, à Bagdad, de 1180 à 1225.
428
430
440
428
430
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SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM.
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Elle a été comme une veuve désolée.
Les ministres du saint Sépulcre,
Semblables à des anges,
450 Étaient dispersés et dépouillés
Des ornements sacrés de la sainte Église:
Arrachés au sein de leur mère,
Ïis étaient privés de son lait.
Les mères étaient couvertes du sang
De leurs enfants largement répandu.
Comme dans un lieu de refuge
Îls accouraient dans le Temple
Et mouraient dans les églises,
Au pied des autels.
460 Les enfants s'empressaient vers leurs mères,
Qui, à ce spectacle, perdaient la vue.
Les hautes coupoles
Étaient renversées jusqu'aux fondements;
Par le bruit des plaintes et des cris déchirants,
Les églises s'écroulaient.
Verse de nouveau des larmes, à Rachel,
Élève bien haut ta voix plaintive;
Car des cris de détresse ont retenti
Annonçant que la mort étendait partout ses
rigueurs.
482 Béthanie, le lieu du Seigneur,
À été envahie par une formidable cavalerie;
Hisror. ARM. — I.
Elle a pris des vêtements lugubres
Pour remplacer la tunique de fin lin;
Elle a déchiré le voile qui cachait ses traits;
Elle a rejeté sa couronne de mariée;
Elle a ceint ses reins d’une corde,
Pour remplacer la ceinture enrichie de pierres
précieuses; |
Elle a retroussé ses jambes au milieu d'un désert 490
aride,
Et tourné la meule d'un moulin, comme une
esclave ;
Elle s'est accroupie humblement sur la pous-
sière, |
N'ayant plus de trône pour s'y asseoir glorieuse-
ment.
Les ténèbres se sont répandues sur ses murs
Déshérités de l'affection de Dieu.
La pompe de l'époux ayant été détruite,
Elle s'est vue délaissée, comme une veuve.
— J'ai souffert seule, en silence,
Sans que nul soit venu à mon aide,
Ni l'empereur des Grecs, 500
Ni mes troupes françaises,
Ni ceux qui se glorifiaient de moi,
Ni ceux qui mettaient en moi leur appui,
Ni le grand et puissant souverain de l'Allemagne,
36
920
289 ÉLÉGIE
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508. B. dagnÿ — 509. B. Qbepa fr — 510. B. Yéagnuwg — 511. B. fihequupt — 512. B. QE
— 517. Au lieu de Yauwwv, que porte le texte, j'ai cru devoir lire Snuquñt, Toscan, comme l'ana-
logie semble l'indiquer dans cette énumération de peuples. — B. Hah/aglr — 519. B. Qupwwugnegv —
520. B. buqunquufu — 521. B. Qocpqncvnju
Ni les Latins de la Dalmatie, Lesquels par troupes venaient à moi,
Ni les chefs des Hongrois, Accouraient dans mes murs, et s’y livraient à la
Ni le maître de la Sicile, joie. |
Ni Charlemagne avec sa troupe de Franks, Aujourd'hui pas un seul ne s’est rencontré
Ni l'Anglais, mon fils, Pour m'aider, dans ma situation désespérée.
Ni le roi de Servie, Aucun n'est arrivé pour me secourir, 530
510
520
Ni les Pisans illustres,
Ni le Patzinace ou le Poitevin,
Ni le Russe avec le Boulgare,
Ni le Longobard avec le Lombard,
Ni le Provençal et le Vénitien,
Ni l’'Amailfitain et le Génois,
Ni le Toscan ou le Limousin,
Ni les Bretons, nation voisine du Tanais!,
Ni le Brabançon et le Flamand,
Ni le Gascon ou l'Espagnol,
Ni le Bourguignon et le Normand,
Ni le Westphalien ou le Thrace,
Ni le Suédois ou le Polonais,
Ni l'orient avec l'occident,
Et le nord avec le sud,
! La distance des lieux peut faire excuser en
quelque sorte la grossière erreur géographique que
commet l'auteur sur la patrie des Bretons. En par-
Et soutenir avec moi le poids des combats.
Je suis restée seule et silencieuse dans ma maison,
La tête dans mes mains;
Car ceux qui étaient comme des frères et des
sœurs
M'ont abandonnée et détestée,
Montrant au contraire plus d’attachement
Aux ennemis qui m'ont si cruellement traitée.
Aussi les loups enragés,
Qui, altérés de mon sang,
Depuis longtemps cherchaient
À me dresser des embüûches, s'ils le pouvaient,
Ayant saisi l'occasion,
Et excités par mes propres enfants,
Firent des massacres affreux,
540
courant cette liste de peuples, il semble qu'il ait
voulu désigner les habitants de notre Bretagne plu-
tôt que les Britanni de l'Angleterre.
SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM.
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Et furent insatiables de carnage.
Au milieu de cet état irrémédiable
Et d'une guerre terrible,
Je me tournai vers la glorieuse ville de Rome;
J'invoquai saint Jacques !;
Ün souvenir de l'Espagne vint à la mémoire
Du peuple qui souffrait dans mon enceinte.
Où donc est la voix des Prophètes
Qui faisaient entendre leurs oracles en faveur
de mes fils?
Se pourrait-il qu'une nation éloignée
Vienne au secours de la pauvre exilée ?
J'ai tourné mes regards tout alentour
Pour voir si quelqu'un se montrait;
Mais le pape de Rome n'est pas venu,
Lui mon souverain dans le domaine spirituel ;
IE n'est arrivé ni archevêque, ni évêque,
Ni les saints pères du mont Sinai.
Tous ont négligé
Cette Jérusalem, où ils apparaissaient dans toute
leur pompe;
Is ont détourné de moi leur assistance,
Et dérobé à mes yeux la lumière;
Îls ont laissé toute liberté au tyran.
572 Mais mes fils, que pourraient-ils pour moi,
283
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Lors même qu'ils reviendraient,
Puisque mon âme est partie,
Et s'est détachée tout à fait ?
Cependant, comme le souffle vital reste encore
À Antioche la divine,
Je les conjure tous
D'accourir vers cette noble [cité],
Pour empêcher que sa couche chaste
Ne soit souillée par cet infâme adultère;
Car je crains pour elle une pareille union,
Le malheur et la ruine.
En effet, elle est encore debout,
Quoique tremblante comme un roseau.
Mais si quelqu'un arrose
La greffe de la plante, peut-être qu'elle rever-
dira.
Mais voilà que deux années se sont écoulées,
Et je suis encore dans la douleur et les tour-
ments,
Réduite à une captivité plus dure
Que celle des Israélites à Babylone.
Là du moins, assis sur les rives du fleuve,
lis se rappelaient et pleuraient Sion;
Le Livre de la loi
Était suspendu par eux aux saules.
1 Saint Jacques de Compostelle, patron de l'Espagne.
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Ce n'était pas le Livre de la loi, mais les minis-
tres mêmes des autels qui étaient perdus.
Là il y eut un vainqueur cruel;
Le nôtre rivalisait avec Bélial.
Leurs ennemis les exhortaient
À chanter un nouveau cantique ;
Les nôtres ne permettaient même pas
De prononcer le nôm du Verbe;
Ïis ne rendirent pas hommage au Crucifié,
Eux qui ne le reconnaissent pas pour le Fils [de
Dieu |.
Si les Israélites, sur la terre étrangère,
Avaient perdu le souvenir de leurs chants,
Ici, dans la maison même de la sainte Sion,
Il était interdit de bénir le Seigneur.
Ceux qui les emmenèrent partirent au loin;
Ici, nos ennemis habitaient avec nous.
Mais quoiqu'il en ait été ainsi,
. Non, tes bienfaits ne s'effaceront pas de ma mé-
moire;
Si tu es jamais oubliée, à Jérusalem,
Par moi, lors même que je serais frappée,
Que ma main droite m'oublie,
Que ma langue s'attache à mon palais;
Si je ne te célèbre, 6 Jérusalem,
Dans mes chants, avant tout,
Que la douleur ne me quitte jamais;
Que jamais mon cœur abattu ne sc relèvel.
Lors même qu'auprès du fleuve de Babylone
Je serais assise, je pleurerais amèrement,
Sans fin existera le souvenir de la montagne de
Sion,
D'où est descendu la loi du Seigneur;
Jérusalem sera rebâtie;
Ceux qui sont dispersés se réuniront;
Les cœurs brisés reprendront une nouvelle vie;
Les blessures seront bandées,
Et tous trouveront le repos dans Sion; GGU
Car la gloire de Dieu y reparaîtra dans son
éclat. |
Maintenant je mentionnerai la belle cité 602
De Bethléhem, ou naquit le Sauveur,
Et d'où vient le pain de vie,
Qui met ceux qui s'en nourrissent à l'abri de la
faim.
Je n'oublierai point ce [lieu] remarquable
Où fut vaincu notre ennemi,
Et où coule une source éternelle,
! Ce passage est une reproduction paraphrasée de la majeure partie du Psaume CXXX VI.
SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM.
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71
72
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Dont les eaux étanchent à jamais la soif,
Où le Seigneur pleura sur le corps
D'Adam, notre premier père.
Je ne passerai point sous silence l'admirable
Montagne des Oliviers,
Le lieu des bénédictions du Seigneur,
Au jour où il monta dans les cieux;
Là où il enseigna cette prière,
70
(em)
« Notre père qui êtes aux cieux, »
Et le précepte qui nous commande
De remettre à notre débiteur ce qu'il nous doit.
710 Que dirai-je de la montagne d'Hermon,
Et du Thabor qui s'élève en face,
Et où Dieu descendit,
Comme autrefois sur le Sinaï;
Où la voix du Père
Proclama le Seigneur comme son fils unique?
722 Lorsque ces souvenirs me reviennent à l'esprit,
Je me sens évanouir;
Et mon cœur s'attendrit.
Ah ! il faudrait les paroles d'un Jérémie,
Qui aurait oublié Babylone;
Maintenant ses plaintes retentiraient sur nous,
Et Jérusalem exciterait ses pleurs,
Cette cité, devenue esclave, brülée,
285
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Et dépouïllée misérablement de sa splendeur.
Oh! pourquoi une source ne coule-t-elle point 730
De ma tête, comme un torrent ?
Car, le jour comme la nuit,
Je verserais des larmes incessantes.
Ne sois point irritée contre moi, 47
Ô Nazareth, ville où fut nourri le Sauveur,
Où habita le fils de mon Dieu,
Et où il chemina à pied, 750
Si tu viens dans mon discours
Après les autres cités dont tu partageas le sort.
Mon cœur est dans le trouble,
Et mes paroles deviennent incohérentes, 757
Lorsque je songe à l'assaut que tu subis:
Mes yeux s'obscurcissent, je perds l'ouie.
Et les cris que je pousse ne résonnent plus ter- 760
ribles à mes oreilles.
[Ces paroles] de David je redis avec tristesse : 776
Ô Dieu, ton temple a été envahi
Par la nation profane des incirconcis;
Le sang qu'elle a versé
À coulé tout autour de Jérusalem. 780
Seigneur, ne garde pas le silence 787
Envers l’auteur de tant de maux.
286
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Le scsi ghopt Xpdibfv,
Cu Sen] SEroutuyfit:
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Supucuyl aodbye eyf, 940
806. “y et au génitif 5y£k, transcription de notre mot français Noël.
——_—_——————_— 9
801 J'invoque le Jourdain,
Qui entendit jadis la voix du Père;
Où l'Esprit-Saint, sous forme d'une colombe,
Révéla la gloire [du Fils] qui lui est consub-
stantiel.
Où sont maintenant tes troupes, qui ne se mon-
trent plus,
Le jour de la grande et sainte fête de Noël?
Hélas! il a cessé cet imposant
Concours de peuple!
Je vais sur la montagne où triomphèrent
810 Les vainqueurs de mon âme afiligée,
Où habitaient des moines,
Occupés à la prière et aux macérations,
Des troupes de vierges brülant [de l'amour divin]
Devantleslampesqu'ellesentretenaientallumées.
Hélas! à leur place rampent
Les serpents et les scorpions de l'Égypte;
821 J'invoque le lac de Tibériade,
Dont la contrée fut saccagée la première ;
Où fut la résidence du Christ
Et de ses onze disciples.
Pourquoi restes-tu ainsi muet ?
Tes ondes n'ont-elles pas été teintes de sang ?
905 Voici ce que dit l'Église mère,
Qui est la montagne de Sion,
La forteresse du grand roi,
Du prophète [David], père de Dieu :
— Il fut un temps, jadis,
Où mes fils formaient chez moi des chœurs de 910
danse ;
Ils se réunissaient pour chanter des cantiques,
Et faire retentir le trisagion;
Hs célébraient des fêtes pompeuses,
Invitant les cèdres à contempler ce spectacle.
Autour de moi se déployait leur grandeur;
Ils allaient et venaient
Et se groupaient dans mon sein,
En arrivant des pays lointains.
Ceux qui entraient chez moi 931
S'endormaient dans l'abondance des biens que
je leur prodiguais ;
À mes mamelles ils suçaient
Le lait et le vin qui s'en épanchaient;
En exprimant ce qu'elles contenaient encore,
Hs se gorgeaient d'huile et de miel.
S'ils me pressaient,
Je rendais une odeur dont ils étaient embaumés.
Avides de contempler ma gloire,
Les reines du Midi accouraient, 940
96
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SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM.
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Gén éur QuySrt dESwelr,
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Le geuSutulft pig uneumwhfit :
Le quuugug El urewfir,
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Pacquundie Kaitite fl Spa puits
Gubu b eug dEphugngfi : 1000
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Out evewpwp forpow4tgfr,
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Genupuqnu JFuEt Su - 1710
Ainsi que les souverains du pays de Saba,
Et les princes de l'Arabie
Venaient m'offrir
Leur or précieux;
De pierres brillantes et d'un grand prix
Ils remplissaient mon trésor.
Ils se plaisaient à me parer,
Comme une fiancée.
L'architecte m'avait donné pour base
L'escarboucle et l'émcraude,
La topaze et le jaspe,
Mêlés à l'améthyste précieuse,
Le saphir admirable,
La sardoine et le bdellium.
Quant à ma couronne,
Personne n'en pourrait donner l'idée ;
Car rien ne lui est comparable,
Si ce n'est la Croix du Seigneur,
Ou l'arc-en-ciel qui apparaît
960 Dans la saison du printemps.
J'étais alors la fiancée du jeune époux,
Une reine ,-siégeant à sa droite;
Une couronne d'or
Ceignait mon front avec éclat.
969 Chez moi vivait l'esprit sacerdotal
Qui converse sans cesse dans la profondeur des 970
cœurs ;
Et les diacres de la sainte Église,
Qui, s'énonçant à haute voix,
Invitaient les étrangers à accourir
Et à s'approcher de ma table.
À présent la lumière du soleil s'est obscurcie 993
pour moi,
Lorsque j'ai vu ceux à qui on a ôté la vie,
Mes fils égorgés entre mes bras,
Et m'inondant de leur sang,
Et moi-même, dépouillée de ma couronne,
De mon voile de mariée
Et du magnifique manteau
Que l'on m'a enlevé, 1000
Livrée à l'opprobre, à la spoliation,
Mise à nu,
Accablée de coups et de mauvais traitements,
Criblée de blessures sur blessures.
Aussi rien ne peut arrêter mes larmes;
Dans ma douleur, je meurtris ma poitrine;
Car le saint calice
Ils l'ont brisé en éclats avec irrévérence,
Et le signe de la sainte Croix
Ils me l'ont d'abord enlevé. 1010
1020
1053
1020
1053
288 ÉLÉGIE
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Qoabth babe, Vppreuunkl,
Le bapounu, \preuwkd
Celui 1e gb, Vppreuwnki,
Les encensoirs en or
Ont été mis en pièces avec l'encens ;
Mes quatre sortes d'encens m'ont été ravis,
Et le bassin qui les contenait, jeté au loin.
Pour avoir mes pierres précieuses,
Ils m'ont renversée jusqu'aux fondements.
Ils se sont emparés de mes lampes lumineuscs
Et de mes flambeaux.
Les chants sacrés ont été empêchés,
Les autels profanés,
Les jamahar en bois! brûlés,
Les chapiteaux de colonnes détruits.
Mon époux m'a abandonnée
Dans l'aversion qu'il a conçue contre moi.
Ô terre d'en haut, écoute ma voix;
Race orientale, issue de Japhet?,
D'où vient la lumière du soleil.
Et où est situé le paradis d'Éden,
Prends avec toi les enfants de Sem,
Sans oublier les descendants de Cham.
Occupant le monde entier,
! Le jamahar, gufugwp, est une sorte de cré.
celle ou instrument de bois qui, par le bruit qu'il
produit lorsqu'il est frappé avec un maillet, sert, en
Orient , à appeler les fidèles à la prière. Le jamahar
a aujourd'hui dans quelques localités, comme en
Cilicie, la forme d'un cadre à lames en bois, sus-
pendu par une corde à la porte des églises. Lors-
Et répandus en tous lieux, 1060
À l'orient et à l'occident,
Au nord et au midi.
Tous ensemble
Venez contempler ma douleur.
Vénérable par ma vieillesse
Et chargée d'années,
J'ai fait la dure expérience des différents
Maux qui ont fondu sur moi,
Au point que je pensais que la fin
Des temps était arrivée. 1070
Tes honneurs, Ô Jérusalem, 1137
Ne sont plus ceux qui te sont dus, ô Jérusalem;
Tu n'as plus de voile, ô Jérusalem,
Ni de vêtements, 6 Jérusalem, 1140
Ni d'ornements, à Jérusalem,
Magnifiques, à Jérusalem.
Tu es devenue adultère, à Jérusalem,
Et un objet d'opprobre, 6 Jérusalem.
Tu as été inondée de sang, Ô Jérusalem,
qu'on le frappe, il rend des sons gradués, suivant
la grosseur des lames. A Constantinople, on em-
ploie une barre de fer, qu'un homme, parcourant
les rues, fait résonner en la heurtant contre terre,
et en criant : du Spulkgl'p, venez à l'office.
? La NationOrientale, c'est-à-dire la Grande-Armé-
nie. (Cf. ci-dessus Matthieu d'Édesse, page 9,note1.)
1150
SUR LA PRISE DE JERUSALEM.
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1100
1150
1160
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289
1170
1180
1190
Comme d'une mer, Ô Jérusalem;
Les petits des colombes, Ô Jérusalem,
En ont été couverts dans ton sein, Ô Jérusalem,
Passés au fil de l'épée, à Jérusalem,
Baignés de sang, à Jérusalem,
Dont les flots, Ô Jérusalem,
Les ont inondés, à Jérusalem ;
Ils ont été engloutis, à Jérusalem,
Dans ces souillures, à Jérusalem.
La voix de la tourterelle, à Jérusalem,
Retentissait dans ton enceinte, à Jérusalem.
Qu'es-tu devenue, Ô Jérusalem,
Avec tes filles, Ô Jérusalem?
Où est ton Temple, ô Jérusalein,
Maintenant sans splendeur, à Jérusalem ?
Ce temple à la magnifique architecture, 6 Jéru-
salem,
Sans pareil, Ô Jérusalem ?
Dans quel état est aujourd’hui, ô Jérusalem,
Cette sainte Sion, Ô Jérusalem,
D'où s'écoula, à Jérusalem,
Le fleuve de vie, à Jérusalem?
Tu n'es plus, Ô Jérusalem;
Et ton souvenir s'effacera, Ô Jérusalem.
Le tombeau, à Jérusalem,
HistTor. ARM. — I.
De celui en qui est l'espérance du bonheur, ê 1170
Jérusalem,
A été ébranlé, Ô Jérusalem,
Et ruiné, 6 Jérusalem.
Tu as été oubliée, à Jérusalem,
Dans ton exil, à Jérusalem;
Tu es devenue une veuve, à Jérusalem,
Plongée dans le deuil, à Jérusalem.
Où te chercher, à Jérusalem,
Et où te trouver, à Jérusalem,
Toi le chandelier, Ô Jérusalem,
À sept branches, ô Jérusalem?
Tu ne pourras, Ô Jérusalem,
Te cacher dans un coin, Ô Jérusalem,
Ni te dérober, 0 Jérusalem,
Sous la litière, d Jérusalem,
Quand même tu serais, Ô Jérusalem,
Alors cachée, à Jérusalem,
Sous la protection, Ô Jérusalem,
De la sainte pierre, Ô Jérusalem;
1180
Mais tu verras venir pour te voir, Ô Jérusalem,
De l'étranger, ô Jérusalem,
Des jeunes filles, Ô Jérusalem,
Cortége de la mariée, Ô Jérusalem.
Tu es le parfum répahdu, à Jérusalem,
37
1190
290
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Prend L qdien, \ppocuwgbd,
Qrrepec4 Eabg%, Loreuwabil,
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oepep onunbohg, Vpn
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Las Buunuu, À ppreuugl dl
(Neyg bah She, Lonuunki,
1210
A l'odeur suave, à Jérusalem ;
Le safran et la myrrhe, à Jérusalem,
La canne odorante , Ô Jérusalem,
Le cinnamome , Ô Jérusalem,
Une masse de myrrhe, à Jérusalem,
L'encensoir d'or, à Jérusalem,
1200 Qui recoit les quatre encens, ô Jérusalem,
L'urne remplie, à Jérusalem,
Du pain céleste, Ô Jérusalem.
Tu es semblable à la rose, Jérusalem,
Et au lis, Ô Jérusalem :
Sur tes traces, à Jérusalem,
| lem,
Brülant de désirs, à Jérusalem :
Me conduiront-ils, à Jérusalem,
Jusqu'à tes portes, à Jérusalem,
Mes pas, Ô Jérusalem ?
| Tu es devenue resplendissante, à Jérusalem ,
: Carta clarté a brillé, ô Jérusalem,
| Tandis que les ténèbres, Ô Jérusalem,
Ont couvert la terre, à Jérusalem .
Et que le brouillard, à Jérusalem :
| À enveloppé les païens, Jérusalem :
Mais chez toi le Seigneur, Ô Jérusalem,
; 1210
Je cours, le cœur éperdu d'amour, à Jérusa-
e
ÉLÉGIE
Geyuvh dunog, \ppocuubi:
Ve que San, \ppreuwnkd,
O ago pb jéegbe, Lorceunks
SEu daqnkug, \pperuwabi,
gen disuyachug, \ppneumnbid,
Oppnbot en, Lenesuntd,
Par aouunbpee, \ppriuwb id
Op quel qui, Vprocuwkil,
begert pr, Voneuwubd
PiEg Puquenpe, \rpreuunkl,
Le gpudunp, Vpreuwuabil,
yes L huuglt, \ppreuwqh,
1220
oeuf jee un, pre uunhi 1230
(Nayg dagfnepne, \ppreuunhd,
SEBuinunsg, \ppreeuhi,
jaujudul nbuyku, \xpreuunkd,
Le g0S wugbu, \pprcuuhd,
Le dnaughe, \ppneuwnbd,
Ur qyercEute, \preuwh dt
Op tobbugh, \oencuuntd,
Vo eba duofohe, Vponsuunkd,
Qunnpe Enr, \pprcuunhd,
Le gudiupf, Vppneuwnkd,
Le dE Snefdfuiy, | poncuuwnki,
1240
Se manifeste dans sa gloire, ô Jérusalem.
_Lève, à Jérusalem,
Tes yeux vers le ciel, à Jérusalem; 1220
Vois rassemblés, à Jérusalem,
Tes jeunes gens, Ô Jérusalem,
Tes fils, à Jérusalem,
Et tes filles, Ô Jérusalem ;
Îls accourent, à Jérusalern,
Vers ta lumière, d Jérusalem.
À toi les rois, à Jérusalem,
Et les chefs d'armée, Ô Jérusalem,
Viendront aussi, à Jérusalem;
À l'éclat de tes clartés, à Jérusalem,
La foule, Ô Jérusalem.
Des paiens, Ô Jérusalem,
Apparaîtra, Ô Jérusalem,
Pour t'être un sujet de joie, Ô Jérusalem.
1230
Tu oublieras, Ô Jérusalem,
Le deuil de ton veuvage, à Jérusalem;
Car tu obtiendras, à Jérusalem,
Dans une large compensation, à Jérusa-
lem, |
L'empire de la mer, à Jérusalem,
Et de la terre, à Jérusalem,
Et la domination, à Jérusalem,
1240
1250
SUR LA PRISE
Vageg cut, | pneu
Of qui un pbg, \ppreuukd,
Megwbpunhuke, \ppesuuk,
Le Su kbuglt, \ppneuunks,
Caduyees en, Vpneuugh
Papaudtuugt, \ppmuuntd,
Le Vétugke, Voncuwgkd,
Det Ve, Vpn,
PE bob, \ppreuwgkd,
Ooulf abe, \ppnuunkil,
yes L quil, \pprsuunkd,
Sale pupudpp, \ppreuunkd,
Qurrocutuitap, \ppneuwkd,
Le terne But, | ppocuunkd
Cadet angl, | ppreuurh
Ut & pubuet, pp d,
fe Qéewpn, \ppreuwh,
OvandEugli, \ppreuunki,
1260 Ce VITE EYbauy, { pDorcuuwunkil,
1250
1260
Suuntpa lonpepi ; { Dereuwnki,
UeebndB ut, \ppoiuunkd
Sur les nations et les races humaines, Ô Jérusa-
lem.
Chez toi se rendront, à Jérusalem ,
Les chameaux par troupes, Ô Jérusalem,
Et ils rempliront, à Jérusalem,
Tes campagnes, 6 Jérusalem.
Les Madianites, 6 Jérusalem,
Et les habitants d'Épha', Ô Jérusalem,
Viendront de Saba, ô Jérusalem,
T'apportant, ô Jérusalem,
L'or le plus pur, à Jérusalem,
L'hyacinthe, 6 Jérusalem,
Avec des pierres, 6 J érusalem,
Précieuses, 6 Jérusalem,
Et comme salut de bienvenue, à Jérusalem.
lis entendront la bonne nouvelle, 6 Jérusa-
lem. |
Les brebis, 6 Jérusalem,
De Cédar, ô Jérusalem
Se réuniront, Ô Jérusalem,
Accourant à toi, Ô Jérusalem,
Avec les béliers, Ô Jérusalem,
À Épha, en hébreu ñ5y, canton de l'Arabie,
qui avait reçu ce nom de l’un des fils de Midian
(Genèse, XX V, 1v: [ Paralipomènes, II, xzvir; Isaie,
LX, vi). On ignore la position précise de cette loca-
lité, que les uns placent au sud-est de la mer Morte,
dans le voisinage des Midianites, et les autres dans
l'Arabie Heureuse.
DE JÉRUSALEM. 291
O$ diunnneuglt, | ppasauqki,
PE que, \ppreuugk
Leur but, | ppur sql;
UEauit prprÿe, \ppneuuntd'
Le Vertibaygé, \ppoeountl,
LecncEp punto, xp vaut,
Gui f put, \ppreuugk,
Let Suwgbu, lppneuuge al
Le Shepwghet, \ypneuwgk, À
Srupriugke, \ppneuwnk,
uk iphe, Lercougkf,
Ocupugkrs, \pprecuwnt,
Lebheuugglt, peste,
REg bbruups, pont
fer uno, \ppreuunti,
Vepibus gps uw, \xpneuwnkf,
Dose unainÿ, \ppneuuntil,
Vs wnunbs, \ pement 250
Path obuogsr, \ypreuuntd,
Ouai, \pprcuunk,
Le dEpDb un pr, pneus
De Nabaïoth ?, ô Jérusalem à
Afin de s'offrir, 6 J érusalem,
À toi en sacrifice, 6 Jérusalem,
Sur l'autel, 6 Jérusalem,
D'expiation et de purification, 6 Jérusalem.
Les Galiléens, ô Jérusalem,
Plongés dans les ténèbres, 6 Jérusalem,
Se lèveront à la lumière, 6 Jérusalem,
Qui jaillira de toi, Ô Jérusalem. 1270
Les Tyriens, à Jérusalem,
Ceux de la Trachonitide, 6 Jérusalem,
Ainsi que de la Phénicie, à Jérusalem.
Tous les étrangers, Ô Jérusalem,
Viendront se prosterner, ô Jérusalem ,
Devant toi, dans l'humilité, 6 Jérusalem.
Plus glorieuse que jamais, 6 Jérusalem,
Tu te réjouiras, ô Jérusalem,
Comme tu le faisais jadis, ô Jérusalem,
Et même plus, Ô Jérusalem; 1280
Ceux qui te contempleront, 6 Jérusalem,
Seront dans l'admiration, ô Jérusalem,
De la nouvelle splendeur, ô Jérusalem,
? Cédar et Nabaïoth , contrées de l'Arabie Pétrée
dont les habitants s'adonnaient à l'élève des trou-
peaux et au transport, à dos de chameaux, des mar-
chandises du port d'Aïlah ou Ælana, sur la mer
Rouge, dans les ports de la Phénicie. Nabaïoth est
le pays des Nabathéens.
SPA ù
1290
1300
1290
1300
292
Say Vend, \ppreuunbid,
SEuuubqn, | ppreuwnkd,
Paehepeg ebepe, Voorcuunbd,
fre bert. quelqu, \ppreuuqhi,
Donne quyglt, \ppreuwbil,
Le voue Aug, \ppreuwnkil,
Lou qui, \ppocuwqhul
Uor Lure, \ppreuuhi,
Suugbt un pbg, \ppreuwunhd,
(Sue pbogEu, \ppoiuwnhd,
Dub paugnedi, \pprsuuhil,
Usb Yaabuy , \ppocuwakd,
Sue “ere, Lopnieunhil
(epäbuwp neqnnig, \ppreuwqhi,
Scrbpa f20p, \ppocuwbd,
Pég dESa fifi, \ppreuunhl,.
BP Scéequjung, \pprcuuwnkl,
Sue E pe dupnfe pu, \ppreuwh,
Qunncuquiiep, \ppreuwnhi
Uegehe, voufuu, \ppoeuwkd,
euobe, vera, \ppocaunbd
Op bibugEu, \pporuwnbid,
Deribus paguphe, Vppreuwnkid,
O ep pure, \ppocuunhi,
De la maison du Seigneur, à Jérusalem ;
Et en voyant, à Jérusalem,
Comme par milliers, Ô Jérusalem,
Semblables à des nuées, Ô Jérusalem,
Ceux qui voleront vers toi, à Jérusalem,
Et pareils à des poussins, à Jérusalem,
Ils accourront par troupes, à Jérusalem.
Les navires, à Jérusalem,
Aborderont sur tes rives, à Jérusalem,
T'apportant en présent, Ô Jérusalem,
Quantité de trésors, ô Jérusalem,
Des îles, Ô Jérusalem,
Pour ton saint temple, Ô Jérusalem.
Des chameaux chargés, à Jérusalem,
Et des ânes, Ô Jérusalem,
T'apporteront les richesses, à Jérusalem
Des Indes, à Jérusalem,
Et des bois, Ô Jérusalem,
De prix, Ô Jérusalem,
Le laurier, le platane, Ô Jérusalem,
Le sapin et le cyprès, Ô Jérusalem,
Afin de construire, ô Jérusalem,
De nouveau les édifices, d Jérusalem.
Qui ont été détruits, d Jérusalem
Et renversés, à Jérusalem.
LÉGIE
Le area, Voncouhl
Vues Epuñuh, Vposuwghd,
Ut obungbt, \ppreuwbd, 1310
ue L aencpgu, \ppreuunbd,
dedufé, \ppneuwhi,
Gredud (bubp, Woncewkd,
Opc wuugft, Loncuugbdi
(aug gba b'ünju, \pprcuunbi,
Qu 4Eabphu, ppreuwnkd,
Le cuuntil, |ppreuwhd,
Davbreps vbun, \pprcuurhd
Sr caapibede, Vpposuwunbid,
[RCI ddl, \ppneuwnki. 1320
(Napll pgnepSu, \pporuunki,
Qu pySouns, | pre uw
QE bob up, \pperuwkd,
Le & guunbugu, \ppreuunk,
bp L opndhurtu, Loencouwunk
124 Juyu euthqu ; Loercuunkd,
(Nayg PE obulg, \ppreuuwunkd,
Daekg b uns, \ppreuwunki,
Ù 1 gba, \ppoeuwngkd
pdt up perl, \ppncuwkd, 1330
Peupock babe, \ppreuunkd,
Heureux celui, à Jérusalem,
Qui verra cette rénovation, ô Jérusalen:, 1310
Heureux ces jours, à Jérusalem,
Et ce temps, Ô Jérusalem,
Où s'accomplira, à Jérusalem,
La parole qui a été annoncée, à Jérusalem.
Mais à présent encore, 6 Jérusalem.
Ma situation reste la même, à Jérusalem,
Et je sens se déchirer, 6 Jérusalem,
Mon cœur endolori, Ô Jérusalem.
Ma tête couverte de poussière, Ô Jérusalem,
Disparaît sous ses flots épais, 6 Jérusalem: 1320
Je frappe ma poitrine, à Jérusalem.
Mes joues sont inondées [de larmes], à Jérusalem.
Je n'ai point de consolation à attendre, à Jéru-
salem,
Dans le moment actuel, à Jérusalem;
Aucun soulagement, Ô Jérusalem,
Ne pourrait m'être procuré par tous mes dis-
cours, Ô Jérusalem,
À moins que je ne te voie, à Jérusalem,
Recouvrer ta gloire, Ô Jérusalem,
Et devenir lumineuse, ô J érusalem.
De nouveau, à Jérusalem, 1330
Tu as été soumise à l'esclavage , à Jérusalem,
1340
SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM.
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( pun up aquuunt y \ Dercuwnk d,
Le aq, Drreaug
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À érfie à rampe, Vppne cup
Ï Laglv L Ænppl, | prncuwnkd,
ego nufiu ; { pDrncuuwnkid,
Le Uéreipe, Vopresuntd
der eupäpuugh, \ppreuunks,
| Ufish cbgh, { pDpreuwunki,
1353
1340
1353
Papun ebg dolls, ppt,
Mawpanecquub,, Lors uuwnhaf,
Vaes abnbunu, acuuwnËEa,
LEN ŒESÇEupu, App 75
Loto eadok Eu, | pPoriuuwnki,
lb pr Ubnqsugu , | Peneuwnkd
Ce fut du, japdud jput
Qui prie fbuñs uju wSwgfiu,
QE ewpiqpugue. uac pi | pau fi.
GLrrcounkS puqup dESfi
Ldéeu apaft Suqupusfiu,
RES wprupe pyl}epuyfi :
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Et à la servitude, toi qui étais libre, 6 Jérusa-
lem,
Tu es devenue une servante, 6 Jérusalem.
Toi, la grande reine, à Jérusalem.
Puisse ne jamais tomber, à Jérusalem
La pluie sur toi, à Jérusalem ;
Puissent s'abaisser, 6 Jérusalem ,
Les montagnes et les collines, à Jérusalem,
Et se combler les vallées, à Jérusalem,
De Gabaon, 6 Jérusalem:
Que la vallée, 6 Jérusalem,
De Cédron s'élève, à Jérusalem,
Jusqu'à ce que, ô Jérusalem,
Vienne à toi un sauveur, 6 Jérusalem,
Pour faire rentrer, d Jérusalem,
Tes captifs, 6 Jérusalem,
Et te venger, 6 Jérusalem,
De tes persécuteurs, ô Jérusalem !
Malheur à moi, quand j'entendis
Cette triste et terrible parole :
Le glaive d'Ésaü s'est levé
Contre la grande ville de Jérusalem:
Le fils d'Agar est entré,
Il a chassé le fils de Sara ;
Sur le trône de Moïse s’est assis,
293
eus. jufBon.jiu (J'ofupufis
(Le Dupuy ag url pupf,
Cor rpoañutp \fuSdhuofé,
Men À wep déplujukp:
Le gopugue june 'uSlEnfis,
Greg Qype wnuginpnf.
Le eugliugun Euju quñusnntie,
Debut upper unfuurniu.
Le Æplugue vais Ypannf,
Île 6e LE pu ae mquiupte:
Le Æp puplur quunfe ES,
Cure Bon Suypunyhinfi,
Uresuñbgun upon tb fé,
Qopeuñt bg aboqundt pi:
Us PE si00h Zuÿu pwpngl
JL bug Qurggnuyfie.
Uud BE sub voopry {bp
Leleosquqne. pui quan jura fi.
Le 25 une une pe Whniufé,
(le coupe ptet,
(Le ÉrBLE4 peuAiunft ,
Île vepuuenpe (NE But,
(Le SP ERe gagna,
Le re dogode artiuyf-
1360
1370
1380
Non point la famille de Pharès, ni le lévite, 1360
Mais le représentant de Mahomet,
Celui que l'on nomme kadhi (gh'ati).
La puissance de Mahomet a grandi,
De ce guide aveugle des aveugles.
On a entendu fréquemment la voix du crieur
(muezzin),
Qui a remplacé le jamahar sacré.
Le glaive a été tiré du fourreau par le circoncis,
Cet ennemi de la sainte piscine.
Notre grandeur suprême nous a été enlevée;
Le trône patriarcal est tombé:
Il est tombé sans jamais pouvoir être relevé,
Pour être foulé aux pieds d'une manière indi-
cible.
Hélas! la voix des prédicateurs est muette
Dans le temple du Golgotha;
: 1370
La sainte pierre
Ne reçoit plus les adorations qui lui sont dues.
Plus d'honneur pour la sainte Sion;
Plus de ministres du saint Sépulcre,
Ni de concours dans le temple,
Plus d'affluence à Bethléhem,
Plus de branches d'olivier, le dimanche des Ra-
meaux ;
Plus de concours de peuple dans la Galilée.
1380
294
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1408. Il y a dans notre manuscrit ppreg, mOt qui me paraît une faute de copiste, et que j'ai cru de-
voir remplacer par #p»eg, littéralement en dehors de la porte, c'est-à-dire, à l'extérieur.
La voix des docteurs
A cessé de se faire entendre à la Porte de la mi-
séricorde:;
À Bethphagé, voisine de Béthanie,
Tout souvenir de miracle a disparu.
Plus de foule empressée au Jourdain,
Plus de moines sur la sainte montagne:
Plus de nautoniers sur le lac de Tibériade:;
1390 Plus de fidèles avides de s'approcher de la sainte
Table; | :,
Sur le Thabor
Personne ne va accomplir un pèlerinage loin-
tain.
Le son des cloches
Ne résonne plus dans les occasions solennelles,
Ce son qui retentissait si fortement
Le saint jour de Pâques,
Qu'il faisait trembler nombre de personnes,
Qui en étaient émues,
Tandis que tous les esprits étaient attentifs
1400 À l'arrivée du jour qui n'aura pas de nuit.
Hélas! on n'entre plus dans le sanctuaire,
Dans le Saint des saints :
Le sacrifice
N'est plus offert sur l'autel d'expiation:
Les prêtres ne forment plus de chœurs
Dans l'asile du saint temple,
Et ne marchent plus tout autour
Du lieu que l'on appelle l'enceinte extérieure
de Sion.
Les chantres à la voix mélodieuse
Ont cessé leurs accents pareils à ceux des séra- 1410
phins;
Les alleluia du chantre inspiré par l'Esprit saint
Ne retentissent plus en l'honneur de mon Jésus.
À Bethléhem, plus de mystère:
Célébré le jour de la Nativité.
Les solennités ont pris fin;
Plus d'instruments de musique et de décachorde.
Où est le concours, au Jourdain,
D'une troupe en fête ?
Où sont les honneurs rendus à la sainte Sion,
Qui est admirable et excellente, 1420
Et au saint Sépulcre?
Où les adorateurs prosternés sur le Golgotha?
Et cette foule immense,
Qui venait adorer la noble et sainte Croix ?
Où les prières accompagnées de coups sur la
poitrine
Et de soupirs ?
SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM.
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1464. L'expression swp4pv4ks est composée de fvgtg « celui qui lance », et swp4, en persan gp>: mot
qui entre autres significations a celle d'arbalète, ou arc fortement tendu.
J'omettrai de raconter
Ce que faisaient les voués à la Mère de Dieu,
Et leurs cérémonies dans le saint temple,
. 1430 Où la Croix fut trouvée,
Et où était adoré
Ce signe vivifiant de notre Rédemption;
Lorsque leur voix se faisait entendre,
Un miracle se produisait;
Du saint Sépulcre
Les lampes prenaient feu.
Qu'est devenu cet éclat, maintenant disparu.
Et cette splendeur si vantée ?
Où est la couronne du roi
1440 Et le trône du patriarche ?
Où sont les prêtres qui célébraient les saints
mystères,
Et les diacres coopérant à leur ministère ?
Où sont les clercs de la sainte Église,
Et le clergé?
Où les portiers du temple,
Et ceux qui étaient chargés d'éteindre les lampes
du saint Tombeau :
Où sont les religieux du monastère,
Vivant à la manière des anges et dans les macé-
rations ?
Où les ascètes du désert,
S'efforçant de devenir incorporels dans leurs
corps sur cette terre ?
Que sont devenus les guerriers, maintenant dis-
parus,
Et les champions de la victoire ?
Où sont les chefs qui siégeaient
En jugement solennel,
Et ceux qui occupaient les premiers rangs,
Et qui avaient le titre d'orateurs ?
Où sont ceux qui, sur le front de bataille, en-
gageaient le combat,
Et les athlètes qui soutenaient la lutte?
Et les chevaliers qui figuraient dans les tournois:
Où les soldats armés de lances et de boucliers?
Et les archers qui atteignent au but,
Et les soldats, tenant l'épée nue d'un bras ferme?
Où les frondeurs au coup assuré,
Et ceux qui se servaient de l'arbalète dans les
incursions ?
Où les soldats armés de cuirasses et la tête rou-
verte d'un casque,
Et le simple peuple?
Où est l'époux dans le jardin des fleurs,
Et la mariée dans le pavillon nuptial ?
1450
1460
1450
1460
296
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1483. B. sfvk4uperv. — 1487. Les mots féumwnkes et fhumun fr sont une altération du latin vestia-
rius et vestitor, en grec Beoliépios, Bealirwp et Béons, officiers qui avaient soin de la garde-robe du souve-
rain à la cour de Byzance, et qui étaient chargés d'en présenter les différentes pièces au vestiaritès,
Beoliaptrns, pour que celui-ci en revêtit l'empereur. La dignité de Beolépyns et de mpuro6ealiaptrys était
une des plus considérables. (Cf. Codinus, De Officiis magne ecclesiæ et aulæ constantinopolitanæ, cap. 11, et
ibid. Goar, note 9.) Les RR. PP. Mëkhitharistes, de Venise, dans leur Nouveau dictionnaire arménien, ont
omis la signification de ces mots, comme leur étant inconnue; et le P. Dchakhdchakh, dans son Dizio-
nario armeno-italiano, les a traduits d’une manière conjecturale et fausse.
Où sont les vierges retirées dans les apparte-
ments secrets,
1470 Et les damoiselles dans l'intérieur de la maison?
Où sont les fils de famille assis à la même table,
Et les jeunes filles cachées sous le voile ?
Où sont les pompes de la famille royale,
Et les dames de haut parage ?
Où les servantes et les caméristes,
Et celles attachées au service des jeunes filles
nobles ?
Où sont les fêtes et les danses,
Les battements de mains et les applaudisse-
ments ?
Où sont ces beaux échansons
1480 Qui apportaient les coupes à boire
Et les présentaient
À l'extrémité de trois doigts ?
Où sont les sénéchaux de la table,
Qui avaient l'intendance des aliments,
Et qui, semblables à des anges,
Stationnaient auprès du banquet céleste ?
Où sont les officiers du vestiaire.
Blonds et fauves, tirant sur le rouge,
Parés d'un costume noir,
Rehaussé par le blanc qui encadrait leur figure? 1490
Où sont les jeunes gens qui se livraient à des
jeux,
Et ceux qui étalaient leur fierté ?
Où ces convives qui buvaient,
Ilustres dans ces réunions?
Où les chanteurs de louanges avec leur luth,
Et les chanteurs de farces, dans les assemblées,
Et ceux qui s'accompagnent de la lyre,
Et les joueurs d'échecs ?
Où sont les cuisiniers chargés
De préparer les différents pains de choix? 1500
Où les officiers de la coupe,
Qui mélaient au vin l'arome des fleurs ?
Où sont et la tour élevée,
Et les portiques d'une admirable structure,
Et les coupoles à forme ronde,
Et leurs voûtes étagées l'une sur l'autre,
Brillant de couleurs variées,
Et semblables à la coupole céleste?
SUR LA PRISE
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1510 Swbg L jwpluug qnp Yuqdt-pfiv,
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Le gañuhnun fuupnhg Yuqdpi.
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Ce agu Ylau Sunfu,
Ge pau foraine ounfit,
Île ce Sunkbiit Punuf,
1520 Ve hub de bye snpuugfi,
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1539 Of qupdiñtunl gap fus nbupii
1540 Use bd paqnpSu np qunu$pi.
DE Jultwphhs popug fie
Pobunnukhg Eaqnife wvgfiu,
Le aétun ul jinguiufir,
Murauuuent puqup.p bngfiu,
Ogppe puiupe ES taf,
Noesis L Ep Prcwkquir ungf,
Où sont les jardins plantés de lis,
1510 Les maisons ornées de lambris
Qui étincelaientde pierres précieuses ctde cristal,
Et faits de bois incorruptibles,
Et où étaient disposés des siéges en ivoire,
Et en bois de marqueterie ?
Où est le trône en bois des Indes,
Rehaussé d'or et d'argent ?
Tout cela est passé comme la fleur,
Ou comme l'herbe née avec l'aurore,
Qui, à peine fleurie, se flétrit
1520 Et bientôt se dessèche; |
N'ayant qu'une racine mal assurée sur le toit,
Elle tombe, frappée par la chaleur du soleil,
Et dans la main du moissonneur
Elle n'est pas recueillie, comme le blé.
1539 Je m'étonne de ce qu'ont vu
1540 Mes yeux, et des actions qui ont été accomplies,
Et comment en un clin d'œil
La nation des chrétiens a disparu,
Avec leurs forteresses inexpugnables
Et leurs villes entourées de remparts,
Bâties par eux à grands efforts:
Malgré leur nombre :
Et quoiqu'elles fussent un lieu de sûreté
Hisror. ARM. — I.
DE JÉRUSALEM.
297
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Ciäuñug üngu jurencp divpanfit.
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Île benquyng Ubu bof. 1250
Need L pnfipe nunputf,
Peur afiGunann gapé nf Yasbi.
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Cistaugu ap sbplf:
Couubu Lu fin auf,
Le 72 ado di spa bgf
Chpt Eau np ukgfv
(rue unufu fig np Yugfis:
Ufisnbn bat bup paf, 1575
Lu ESuu dEg Æuÿ qm dpi,
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Ur Sauupuk ÿEn Puñurup,
Junuiquenpesé Luqupfr,
Ocue apabert Venu, 1580
heu jEe4he dounpi
fe ua pt VJncpuypts
Ceft wcuwp L ebnkgfi
Oapu fe Seau Vanpnpfi.
Suuukgfu jumwlt-gfiu,
Pehéiugupup Sppek$tgfr,
Pour eux, au jour du combat,
Elles n'ont pas tenu plus que le sable
Avec lequel les enfants font des constructions, 1550
Et que l'on appelle nids de tourterelles ,
À cause de leur défaut de solidité;
Comme la toile de l'araignée,
Elles ont été balayées sans laisser de trace.
Ainsi sont tombées ces places,
Sans tenir un mois seulement.
Tout ce qu'il y avait d'édifices
À été emporté, comme une toile.
Tandis que nous étions encore livrés à notre 1575
douleur,
Survint la triste nouvelle
Que la nation d'Ésaü s'était mise en mouvement,
Toute la race des Chananéens,
Les héritiers d’Agar,
Les fils que Sara n'a point enfantés, 1580
Et qu'ils étaient entrés tous à la fois dans la con-
trée
Qui est la province de Syrie;
Ils enlevèrent et firent prisonniers
Les habitants du territoire d'Antioche,
Rasèrent les édifices jusqu'aux fondements,
Les livrérent impitoyablement aux flammes,
38
298
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1590 VgdEtauunutupi hpinsgfu:
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Le caheugurt ypkgfr,
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1621 Uxe ayuahuh agepliuahi
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Le eraechb vehsvkgft ;
Oudbtbubuñs pui Ypkfv
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Le Dupin Engter wéfr,
Meube UEeordet ji mn uÿfr:
gd pont añnupgkgft,
1630 fun wuf3 gg fran Qeaghufofis :
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ÉLÉGIE
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V'ESapeql on | Liu ephi:
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Le pungrugue Yunlp null:
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U'uvnck finp ; eunefbunle puit 2
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Qujubug quunch ppp) boushu,
Guy tu h ES squnnbpuaqupt,
(leshe qupéhe bol JEpudpu.
L$ce eahreou bebdwpfr,
hapourtgyg b dh9 vogfr-
Ceaabuwy palery bep Ufqufr,
PESwp pate plouf,
VhuBuru, Yuguyg pub:
Les abimèrent, les détruisirent,
Démolirent les églises,
Les pillèrent et les mirent à sac,
1590 Abattirent les monastères,
Égorgèrent les hommes,
Firent périr les femmes par le feu,
Et rôtir les enfants dans le sein de leurs méres.
1621 Telles furent les cruautés
Et les atrocités qu'ils accomplirent.
Lorsqu'ils eurent établi ici leur domination,
Îls se firent les émules de la sangsue,
Et s'eflorcèrent de faire tout tomber
Dans le gouffre de la perdition.
Ils bravèrent le Très-Haut,
Comme jadis Nemrod;
JÏs traitèrent avec mépris nos chefs,
1630 À limitation de Goliath l'incirconcis.
Ensuite, gagnant la chaîne du Taurus,
Ils pénétrèrent dans la Cilicie,
1 Le poëte décrit avec une complaisance mar-
quée les succès qu'obtint Léon IT contre les déta-
chements que Saladin avait envoyés vers le nord,
dans l’Amanus, lorsque le sulfhan, après la con-
quête de Jérusalem, envahit, l'année suivante, le
littoral de la Syrie et le territoire d’Antioche. (Cf.
sur cette expédition de Saladin, Ibn Alathir, ad an-
num 584, t. XII, éd. Tornberg, p. 210; Aboulféda,
Annal. Moslem. t. IV, p. 86-92; Behä-eddin, Vita et
res gestæ Saladini, cap. xLu-xivn, et Aboulfarad),
Chron. syr. p. 415-416.) Le récit de ces auteurs a
été résumé par M. Reinaud, dans ses Extraits des
Où régnait le descendant de Haïg,
Le victorieux et brave Léon !.
En ce moment la bonté de Dieu nous fit sentir
ses effets,
Et la volonté de l'Étre incréé s'adoucit pour
nous.
Dans une vaste plaine
Arriva l'armée ennemie.
Léon, prince de la Cilicie,
Jeune d'âge, bon de caractère, 1640
Prit en main son épée à deux tranchants,
Et, invoquant le nom de la sainte Croix,
Se précipita au milieu des bataillons ennemis
Comme un aigle sur une troupe [de colombes|;
Pressant les flancs de son coursier,
Il fondit sur les infidèles,
Et, dirigeant droit sa lance,
I frappa leur général au cœur,
Et l'étendit mort au milieu du champ de bataille.
chroniques arabes, relatifs aux croisades, p. 224-231.
Léon II venait de succéder, depuis un an envi-
ron, à son frère, R'oupén II, avec le titre de baron,
conféré par les croisés aux R'oupéniens, ou sous le
titre arménien de prince des princes, kobvuñu h)luvws.
On sait que ce n'est qu’en 1198 que, le premier des
chefs de la Petite-Arménie, il prit la qualification de
roi et rompit tous les liens de vasselage qui unis-
saient à l'empire d'Orient ses prédécesseurs; il plaça
son royaume sous la suzeraineté de l’empereur d'AI-
lemagne et du pape.
SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM.
1650 fre we E4ft sbekL Ephofr,
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jun bug Lagu dE-d- Yapndbu,
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LR Jupuit gb qEunp wpbut Elu:
Cauphu, JEun Lau fi ;
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ù 71 eq$SEun wub, puwÿhu
Ve qrnçhuwg b peÿt quoi:
O bp apayku ju diupphnphu,
1660 luteghu Spuskp Yninnapudfit:
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O h ape uguuwnc£p Ep foluusufiu
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Sec heuque Pépdluphfiu,
Nord Pau Hagng wufi,
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(oubs Lente Sue dhfiu: dis
sueur pqSEan djunbur paf ,
CabeSupug nedn) puugkfu,
Le we ESwp qupibu ypokfir,
Por an fa unÿo Supnewdf,
Guhuitueng dESh ouf,
Gucocg ncbuÿt quunkh ungfu:
Del eut qap fe gnegfr
L'aspuouquii qnpSpu pupli,
Ce np SEpuh paSuyrbuft
1650 Ainsi ceux qui étaient venus pour semparer de
la contrée
Furent abattus par son glaive ;
Ce héros les repoussa,
Et les passa au fil de l'épée,
Au point que lesfleuvesroulèrentdes flots desang.
S'échappant en toute hâte hors du district,
Ils prirent la fuite et furent exterminés;
Le vainqueur, s'attachant à leurs pas,
Les massacra, dans la vaste plaine.
Comme le bruit des coups d'un bûcheron,
1660 Ainsi était le fracas du carnage.
Dédaigneux du butin et des richesses de l'ennemi,
Aucun des soldats ne songea à y jeter les yeux;
Car le prince avait recommandé
De s'attacher uniquement à les massacrer.
Quelques infidèles se sauvèrent avec peine,
En se dirigeant droit vers leur pays,
Et repassèrent le Taurus,
Effrayés par de terribles clameurs;
Ïls se réunirent dans la grande plaine
1 Arek était un couvent fortifié qui s'élevait sur
le revers occidental de l’Amanus ou Montagne-Noire,
entre la Cilicie et la Syrie. Comme l'enceinte de ce
monastère renfermait sans doute des habitations oc-
cupées par les gens de service et les colons qui cul-
tivaient Îes terres des moines, l’auteur a cru devoir,
dans son langage poétique, qualifier Arek du nom
de ville. Plus loin il énumère pareillement, parmi
À laquelle la ville d'Arek donne son nom!; 1670
Là l'habitant de Cédar fait paître ses troupeaux
Et plante le picu de sa tente,
Non loin de la ville de Germanicia,
Qui, dans les temps modernes, se nomme Ma-
rasch,
Avec ses femmes, ses enfants et sa suite,
Les troupeaux de Nabaïoth
Et les chameaux d'Épha?;
Les fils d'Ismaël
Étaient embusqués là dans des lieux fortifiés,
Comme des hiboux dans le creux des rochers. 1680
Le brave [Léon], fondant sur eux,
Comme un lion, de son bras vigoureux,
Les déconfit de nouveau, à cette place même,
Comme il l'avait fait précédemment.
C'était à l'époque d'une fête solennelle,
Le jour de leur vaine Pâque.
Je n'ai point à dire les prodiges de valeur
Et les hauts faits admirables du brave [Léon],
Ce prince qui, avec l'aide du Seigneur, s'assit
les places fortes que prit Saladin, le couvent de
Schough'r, qui était situé aussi dans l’Amanus.
2? Par ces noms bibliques, le poëte entend les
Turkomans nomades dispersés dans la partie du
Taurus qui sépare la Cilicie d'avec la Syrie, et dont
les descendants y vivent encore, disséminés sur les
hauteurs et dans les vallées du Giaour-Dagh, ainsi
que dans le Zeytoun et le pachalik d'Adana. :
38.
300 ÉLÉGIE
1600 Len qufnn dunuitq pupls
Per ohpogeu fapheneulir,
lot prié Ghunofi,
Copdbu qui vu Vpwrsfr,
Un ep juchun bp de edf -
Ve obug ae JEppuuwfr,
Pégng Ungu qhupt wifi:
Ver pompe reg hngft,
O Etbuwg duiuynitpu qn$ Lagfu-
efout wpbuit uvpuir quon,
1700 Oavpfut uagu SE Jbphrlv:
Ureug avunbp (Nupboiulit
U'pecg pudulf fonte jpuphel :
Qprcun uit fun eh ewgfi
luwcuphgue jus Lapft -
lusgrie ralongurt gp $wpfir,
Len pad obd wpbuñs unglir,
Suuwyg frfouñt qund'uuuunfil,
Decdyg paguedt h œpoelu vegft
LSwe pofouñt, pou wub fi,
Oopabert brpe Suquputi:
Le Sée cl sup Spuupefit
onu Lagfi qpud ul djppbt,
Le arugue fl Suyluglie,
Ut op vues Glubfwfir -
Usher tuiug (Nuphedoft
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Op Qaiifouuwg fort 1e 39h
LVoespuibufu f vugdaufu
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Ve are pou e6a ele hpekfu
bb nul Sbuwnpu pod:
Deuil dite juunwpud fi -
Unes aa frbserr abrkgbr,
Le caa panchsort 1e 469fv,
Daswphitoquet fufuun $wpfv,
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1690 Sur le trône de ses pères, dont il fut le digne
héritier,
Léon, ami du Christ,
. Soutenu par la droite de Jésus,
Mà par la volonté du Créateur,
Qui était sans cesse avec lui.
Arrivé sur le théâtre de l'action,
H se montra terrible aux ennemis;
Il changea leur fête en deuil,
Et immola leurs jeunes gens, pour leur tenir
lieu de victimes:
À la place du sang des agneaux, animaux sans
raison,
1700 Il répandit leur sang sur la terre.
H fit boire à la fille de Babylone
Le calice rempli de la lie mêlée au sang.
Le Chaldéen infortuné
Perdit la lumière, par la terreur qu'il éprouvait.
Les coups [de Léon] répondirent 4 ceux des in-
fidèles;
Il tira vengeance de leurs meurtres,
Leur rendit le mal qu'ils avaient fait et qu'ils
méritalent,
Et fit retomber les calamités sur leurs têtes.
l Les représailles des Arméniens contre cette
agression de Saladin furent le commencement de
la guerre que, depuis lors, les sulthans d'Égypte ne
cessérent de faire aux Arméniens, et qui dura, avec
des intermittences de repos très-courts et d'hostili-
Une vengeance dix fois plus grande
ÂAtteignit les fils d'Agar, fils illégitimes;
Le Seigneur fit boire à un ennemi orgueilleux,
Par la main de Léon ,-la coupe amère de la lie.
Il resta victorieux, notre descendant de Haïg,
Et nous donna un peu de consolation !.
Les enfants de Babylone furent faits prisonniers,
Frappés à la face et taillés en pièces;
Afin que fût accomplie Ja prophétie
Consignée dans les chants du Psalmiste :
« Bienheureux ceux qui te rendront
« Ce qu'ils ont souffert de toi;
« Et toi, reçois à ton tour
«La rétribution que dispense la main du Sei-
gneur ?. » |
Mais attendez maintenant la fin.
Îls s'emparèrent de ceux qui étaient venus pour
faire des prisonniers;
Ils tourmentèrent leurs persécuteurs,
Frappèrent rudement ceux qui voulaient les
battre, |
Massacrèrent ceux qui leur apportaient la mort.
[Léon] enleva le butin de ces ravisseurs
Et leurs troupeaux,
tés terribles, jusqu'en 1375, époque où le royaume
de la Petite-Arménie, dernier boulevard des chré-
tiens en Orient, succomba sous les armes du sulthan
mamelouk Mélik-Elaschraf Scha'ban.
2? Psaume CXXXVI, vin et 1x.
1710
1720
1746
1750
1710
1720
1746
1750
SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM.
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301
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1770
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Et les conduisit dans sa capitale,
À Sis l'inexpugnable.
De même que les troupes d'Alexandre
Défirent en cet endroit celles de Darius!
Ainsi les infidèles furent battus par Léon,
Emule du héros macédonien ;
Notre grand et brave [souverain]
1760 Rendit son nom illustre à jamais,
Semblable à [Judas] Machabée,
Vainqueur dans de grands combats ;
À Haïg, qui autrefois
Renversa Bélus d'un coup de fléche?;
1 A la bataille d’Issus.
? La légende épique du combat dans lequel
Haïg, le père de la nation arménienne, vainquit
Bélus, roi d'Assyrie, nous a été conservée par Moise
de Kboren, Hist. d'Arménie, 1, x1.
$ Il est ici question d'un trait de bravoure par
lequel le roi d'Arménie, Tiridate IL, se distingua
dans la guerre de Carus contre les Perses, et |
que rapportent Moïse de Khoren (II, Lxxix) et
saint Nersès Schnorhali {Histoire rimée d'Arménie,
vers 405-417). « L'empereur Carus, dit Moïse, ras-
sembla ses troupes, afin de livrer combat au roi
des Perses, Ardaschir [Babégan]. Après avoir ob-
tenu la victoire, il retourna à Rome. Ardaschir,
ayant appelé à son aide nombre de peuples, et
entre autres les Arabes du désert, attaqua de nou-
veau les Romains des deux côtés de l'Euphrate. Il
tua Carus à R'inôn, Gnfurÿ, ainsi que le fils de
ce dernier, Carinus, qui marchait contre Gor'nag,
dans le désert, en compagaie de Tiridate. Carinus
et ses troupes ayant été taillés en pièces, ceux qui
échappèrent à ce désastre prirent la fuite. Tiridate,
dont le cheval était blessé, ne pouvant courir avec
les fuyards, prend ses armes et les harnais de sa
monture, et se jette à la nage dans les flots vastes
et profonds de l’Euphrate, pour aller rejoindre le
gros de l’armée, où se trouvait Licinius. » Ce récit
de Moïse sur la fin de Carus s'éloigne considérable-
ment de celui d’Eutrope et de Vopiscus, qui racon-
À Tiridate, lorsque la rive d'un fleuve
S'écroula sous la pression de son pied ‘;
Plus grand qu'Ardaschès,
Qui défit Crésus i:
Pareil à Tigrane,
Qui extermina Crassus 5.
Je crie bravo à notre prince,
Et je prie pour la prolongation de sa vie,
Lui qui, issu de la race d'Arams,
À apparu comme un signe éclatant.
Qu'il obtienne une existence
Remplie de jours, du Seigneur vivant!
1770
tent que ce prince périt auprès du Tigre, frappé
de la foudre.
* Ce passage fait allusion à une légende, d'après
laquelle le roi d'Arménie, Ardaschès Ir, qui vi-
vait au 1r° siècle avant notre ère, aurait fait pri-
sonnier Crésus, qui lui est antérieur de près de
400 ans, et mis fin au royaume de Lydie. Quoique
Moïse de Khoren reconnaisse positivement (II, xt
et xin1) que Crésus vivait deux cents ans avant Nec-
tanébis, roi d'Égypte, et Nectanébis, deux cents ans
avant Ardaschès, cependant, entraîné sans doute
par un sentiment d'orgueil national, il a adopté
cette tradition sans s'inquiéter du grossier anachro-
nisme qu'elle suppose, et en prétendant s'appuyer
de l'autorité de quatre historiens grecs, Polycrate,
Evagre, Camadrus et Pblégon.
$ C'est à Tigrane le Grand que la tradition,
telle qu'elle est rapportée par Moïse de Khoren
(If, xvu), attribue la gloire d'avoir défait et tué
Crassus. |
* L'un des plus anciens rois de la première dy-
nastie arménienne, celle des Haïciens. I était le
sixième descendant de Haïg. IL s’illustra par ses
conquêtes dans la Mésopotamie, l'Assyrie et l’Asie-
Mineure, et agrandit considérablement ses États.
C'est de lui que Moise de Khoren (I, xu1) fait dé-
river le nom d'Arménie, « par lequel, ditl, les Grecs
et les Perses désignaient ce pays que les nationaux
ont toujours appelé &wywumuv, Haïasdan. »
302
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Après tous ces événements,
Quelque temps s'écoula ;
À la fin de l'année, |
1780 Et lorsqu'elle penchait vers son terme,
Tandis qu'une espérance de bien |
Consolait ceux qui avaient éprouvé de si ter-
ribles échecs,
Et qui vivaient maintenant dans une heureuse
attente,
Les yeux sans cesse tournés vers la mer,
Une triste nouvelle arriva,
Apportée d'Antioche :
— Les Arabes reviennent à la charge
Avec destroupes nombreuses, contre ton pays.—
À l'instant où ces paroles affligeantes retentis-
saient,
1790 Survint tout à coup l'invasion ennemie;
Les infidèles campèrent |
Autour de Laodicée,
Couvrant au loin la vaste plaine,
Comme les flots d'une mer immense.
Cette ville leur fut livrée par ses défenseurs,
Qui n'opposèrent aucune résistance.
Îs saccagtrent tout,
Comme le méritait cette lâcheté.
1 Psaume CXXVI, 1.
* Après avoir échoué devant Tyr, Saladin passa
Ils prirent Antaradus (Tortosc), sur les bords de
la mer,
Où s'élève le temple de la Mère de Dieu; 1800
Ils ravagèrent toute la contrée,
Afin que les chrétiens apprissent à connaître Dieu.
Ceux-ci se confiaient en leurs richesses
Eten la force de leurs bras;
Retranchés dans leurs forteresses,
Ils se vantaient de la solidité de leurs murailles.
Mais si le Seigneur n’en est pas le gardien,
C'est en vain que veillent leurs défenseurs !.
En effet, toute résistance fut impuissante
Dans les forteresses les plus redoutables, 1810
Considérées comme très-importantes,
Et comme un asile imprenable :
Celle qui porte le nom de Seyhoun,
Garmir (Rubea) l'invincible,
Bourzaié dont la force est au-dessus de tout
examen, |
Bekas l'inexpugnable,
Forteresse terrible, hors de toute atteinte,
Et les places environnantes,
Et celle appelée K’ar (Rocher), et qui est ad-
mirable, |
Laquelle porte aussi le nom de Schough'r?. 1820
l'hiver à Acre et se remit en campagne au printemps
de 1188, comme nous l'avons déjà dit (p. 300,n.1).
SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM.
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303
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1840
Alors ils se dirigèrent d'un autre côté,
Au nord d'Antioche, |
Afin d'entourer cette ville,
Et d'avoir raison de ceux qui ne voudraient pas
se rendre.
Hs allèrent camper dans une vaste plaine,
Auprès d'un lac qui s'étend en ces lieux,
Et investirent la place forte
Que l’on nomme Sara (Bagras).
Ils entourèrent Schouglr'r d'une tranchée, ’
1830 Dressèrent de formidables machines,
Lancèrent des pierres avec leurs balistes,
Et des flèches que dardaient leurs [arcs ] à la cour-
bure immense ;
Jusqu'à ce qu'ayant criblé de blessures
Les soldats de la garnison,
Ceux-ci, bien malgré eux,
Et voyant leurs murs renversés,.
Sortirent ct allèrent trouver les assaïilants:
Les enfants d'Agar s'emparèrent encore de cette
place.
1 prit Tortose, qui n’opposa aucune résistance, et
Giblet, et dirigeant sa marche au nord, vers Antio-
che, il réduisit Seyhoun, Bekas, Schough r, Rubea
(Garmir-Vank’, c’est-à-dire, Couvent-Rouge), Bour-
zaié, Derbeçak, qui appartenait aux Templiers, et
Bagras; de là il rentra à Damas, où il se donna un
peu de repos. Ensuite il alla attaquer Séfed, sur le
territoire d'Émesse, et Kaukab, défendu par les Hos-
pitaliers, et situé au sud du lac de Tibériade, et
prit ces deux places.
1 C'est le lac qui est auprès et au nord-est d'An-
tioche, et qui porte le nom de cette ville. Plus au
Retournant sur leurs pas, ils marchèrent vers
un autre pic
Que l'on appelle le Détroit de Sem?; 1840
S'en étant emparés, ils étaient tout joyeux
De l'espoir de dominer sur tout le pays.
Dès que le prince arménien vit leurs succès,
Il détourna de ses lèvres la coupe d'amertume;
Il fit la paix avec eux, |
Et les disposa à la bienveillance.
Boëmond [le Bambe], prince de la grande
Et divine cité d'Antioche,
Cédant à des exigences auxquelles il ne pouvait
résister,
Fit aussi amitié avec eux. 1850
H conclut une trêve de huit mois*,
Après laquelle ils pourraient retourner.
Cet accord eut lieu,
Non par la bonne volonté de l'ennemi, laquelle
ne se manifestait pas, |
Mais à cause des redoutables fortifications
D'Antioche, aux murs de diamant,
nord se trouve Bagras, que Saladin vint assiéger
après avoir réduit Derbeçak, et qui se rendit.
2? Je suppose que c'est le passage connu sous le
nom de Pylæ Amanides, qui coupe la chaine de l'A-
maous, et par lequel passent aujourd'hui les cara-
vanes se rendant de la Karamanie à Alep.
5 La durée de cette trêve fut fixée depuis le com-
mencement de tischrin 1‘ (octobre) jusqu'à la fin
d'iyar (mai) 1188, suivant Ibn-Alathir (éd.Tornberg
t. XII, p. 11). Behä-eddin (cap. xLvii) dit pareïlle-
ment qu'elle fut de sept mois.
304
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Et parce que les devins
Lui disaient : «Tu ne prendras pas [cette cité],
l'objet de tes désirs. »
Ce fut là le motif de son retour
1860 Dans sa propre ville de Damas.
1885 Je n'ai point à rapporter ce qu'eut à souffrir
La race des chrétiens:
Mes os tressaillent et tremblent,
Ma lumière disparaît, mon cœur se serre;
Car mes yeux contemplent
1890 Le spectacle douloureux des coups qui nous ont
atteints.
Nombre de chefs sortirent de leurs demeures,
Abandonnant leurs richesses ;
Privés de leurs chevaux,
Ils cheminaient à pied.
Les jeunes enfants, au milieu du ee
Et dans l'impuissance de marcher, expiraient.
Les moines des couvents,
Errant à l'aventure, ne trouvaient pas de toit
hospitalier;
Ceux qui ne levaient pas les yeux sur les femmes
1900 Étaient forcés d'entrer chez elles;
Manquant de pain, sans vêtements, ils erraient
cà et là,
En cheminant nu-pieds.
Les habitants des villes et ceux de la campagne
Erraient tous ensemble confondus.
Les femmes quittaient leurs maris,
Et ceux-ci étaient sans souci de leurs femmes.
Îls émigraient au loin,
Dans les pays étrangers.
Plus de considération pour l'homme d'un rang
élevé,
Ni de distinction pour le riche. 1910
Les fils de famille ne se montraient plus,
Personne ne rendait honneur aux grands.
Celui qui distribuait le pain, n'en avait plus
pour lui-même,
Et le vin manquait aux convives.
Plus de cheval pour le cavalier,
Ni d'arme pour le fantassin.
Parmi les étrangers ils erraient en étrangers,
Mendiant leur nourriture.
Les dames qui habitaient de somptueux palais
Et se paraient de vêtements de soie,
N'avaient plus de pain,
Et demandaient de quoi couvrir leur nudité.
Des chefs qui portaient le titre de prince,
Et qui regorgeaient d'argent,
Maintenant réduits à la pauvreté,
1920
SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM. 305
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Le chruyhart pouf. Nat rue Xkq, Suppi wubft,
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Étaient dénués d'aliments. Ensuite, comme ils n'avaient personne pour les
Ceux qui donnaient des présents considérables, réconforter,
Etaient dans l'attente d'une bouchée de pain; Point de consolateur dans leur infortune, 1950
Quoique honteux de cet abaissement, Ils restaient abandonnés comme l'orphelin et la
1930 Ils osaient demander, contraints par le besoin; veuve,
Quoique rougissant de mendier, Et sous le coup terrible qui les avait frappés.
Cependant, pressés par la faim, ilsn'hésitaient pas. Ils excitaient la commisération
Exténués de souffrances, De ceux qui jetaient les yeux sur eux;
Ils tombaient succombant d'un côté et d'autre. A ceux qui les interrogeaient avec pitié,
Les enfants, les yeux fixés sur leurs mères, Ils répondaient par des larmes.
Cherchaient en elles leur salut; Ils ne trouvaient point de soulagement à leurs
Et celles-ci, attendries à cette vue, maux,
Rendaient subitement le dernier soupir. Et n'avaient pas de quoi payer le médecin.
Les pères, émus de compassion pour leurs en- Ils se contentaient d'invoquer Dieu,
fants en bas âge, - En l'appelant le Seigneur des orphelins. 1960
1940 Poussaient des lamentations déchirantes: Le feu de la douleur brülait leurs cœurs,
En voyant ces jeunes créatures, élevées pareux, Et ils se répandaient en plaintes lamenta-
Dans cet état d'infortune bles.
Et expirantes, , Lorsque, au milieu des chemins,
Eux-mêmes expiraient. La mort moissonnait leurs fils,
Car ce n'est pas un seul chagrin qu'ils ressen- Ils levaient leurs regards au ciel,
talent, Vers Jésus-Christ.
Mais deux, et bien cruels: Ce n'est pas seulement un tombeau,
D'abord ils sortaient de chez eux comme des Mais deux qui s'ouvraient pour eux;
Ils étaient enterrés l'un à côté de l'autre.
proscrits,
Et dépourvus des choses les plus nécessaires à En déposant leurs enfants dans les bras des mères, 1970
la vie; « Adieu , leur disaient leurs pères,
Hisron. ArM. — I. 39
306
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Les Supbüh Saqu ncubfiu:
Le cyuuboh snepdiuafi
« Nous allons vous suivre. »
Ces êtres faibles, voyant la mort arriver,
Et consternés,
Tournaient les yeux en haut,
Et demandaient le pain de vie.
« Seigneur tout-puissant , tol dont le nom est si
grand,
«Ne nous dépouille pas, à cause de notre dette;
«Que nous soyons trouvés dignes de la grâce
100 « Que ton Fils nous a accordée. »
Alors ils couraient à la mort
Plus volontiers que vers la vie.
Les sœurs et leurs frères se donnaient un baiser,
Et, se jetant dans les bras les uns des autres,
Ïls se disaient dans une douloureuse et mutuelle
sympathie :
« Partez, et demain nous vous rejoindrons. »
Leurs paroles n'étaient pas fausses,
Car elles s'accomplissaient immédiatement.
Ïls s'embrassaient
1990 Dans une dernière étreinte ;
Et le trépas, survenant aussitôt,
Réunissait la sœur et le frère.
Quelques-uns, après avoir prononcé une seule
parole,
Rendaient l'âme à l'instant.
|
D'autres demandaient de l'eau pour apaiser leur
soif,
Et, avant de la porter à la bouche, cxpiraient.
Ceux-ci, en disant : « C'est notre dernier jour, »
Et en tombant dans les bras [d'un ami],
Mouraient sur son sein,
Devenu leur tombeau. 2000
Ceux-là s'embrassaient
Au milieu des chemins,
Et aussitôt trépassaient,
En disant : « Voici l'ennemi. »
D'autres encore pleuraient en se rencontrant,
-Et se disaient le suprême adieu.
Sur cerlains nul ne versait des pleurs,
Et seuls ils pourvoyaient à leur sépulture;
Des torrents de sang coulaient;
La main dans la main l'un de l'autre, 2010
Ïls accompagnaient le mort à sa dernière de-
meure,
Et là, assis, ils versaient des larmes;
Car c'était un tombeau inconnu,
Une sépulture étrangère ;
Point de monument funéraire, comme les con-
venances l'auraient exigé;
Point de terre des ancêtres.
De pareilles infortunes épouvanteront
SUR LA PRISE DE JÉRUSALEM. 307
Creusot enREngRES (eus echntbuye Ephhpuwe fit
Cr PE one rs erbugfr re Soc L ba, [et vuecaf,
2020 À 4£nuul npp wppnegfit “Ur L Soqung pr Ewkgfiu. 2390
2382 [J"heuÿh Sunnn doh#wuuumafit, (ere oups fun p uni,
Roy JE 1bgoee Hum Gngf: Uodd L juekun L juqrufé,
Patah bapu qe uyp uunbgf, Fès Juke pb4 jur-funbufiu,
Le ober Coutht cpu Ehfr PoudEagjt apqeng qupulit,
abuse uncpe auwpeEgfir, re Judy Spubuy bupu:
Le 6 Peghuunnu sSucunwgfi :
Ceux qui en verront le tableau; Et n'a pas cru au Christ.
Malheur si le même traitement n'est pas infligé Mais les chrétiens t'adorent,
2020 À la main qui nous a présenté la coupe! Avec ton Père, à Fils véritable,
2382 Ô Dieu, châtie donc l'infidèle qui a mérité ta Et avec ton Esprit-Saint, consubstantiel. 2300
vengeance,
Et ne nous laisse pas exposés à ses railleries;
Car il a eu en haine le Père ;
I a renié le Fils,
Outragé la sainte Croix,
À vous honneur et gloire,
Maintenant, à jamais et sans fin,
Jusqu'à l'éternité qui n'aura pas de nuit,
De la part de tous les enfants de la race
Issue d'Adam.
39:
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MICHEL LE SYRIEN.
NOTE PRÉLIMINAIRE.
En publiant dans le Journal Asiatique (cahier d'octobie 1848 et avril-
mai 1849) un fragment de la Chronique de Michel le Syrien, j'ai donné
une notice sur sa vie, sur cet ouvrage et les autres productions dont il est
l'auteur. Je crois devoir la reproduire : ici en l'abrégeant. Les matériaux m'en
ont été fournis par Assemani', qui lui-même les avait puisés dans la Chro-
nique syriaque d'Aboulfaradj. Michel fut patriarche jacobite d'Antioche, et
le centième de la série de ces pontifes. Il fut surnommé le Grand ou l'An-
cien. Il avait commencé à faire profession dans le couvent de Bar-Tzaumä
de Schanà, Te TEE +», dont il devint plus tard archimandnite. Sa mort
arriva le 7 novembre de l'année 1511 de l'ère des Grecs (1“ octobre 1 199-
1200), dans la soixante-treizième année de sa vie et la trente-troisième de son
pontificat. Il fut enseveli dans la nouvelle église de son monastère, dans un
sépulcre qu'il avait fait creuser, de son vivant, devant l'autel placé au nord.
Les productions qui lui sont attribuées, et dont parle Assemani, sont : une
Liturgie, qui a été traduite en latin par Renaudot”; un Traité sur la prépa-
ration à la communion ; un Recueil de douze canons; une pièce de poésie, et
enfin sa Chronique ou Histoire universelle. À ces travaux il faut ajouter la ré-
vision du Rituel et du Pontifical des Syriens jacobites, qu'il rétablit dans un
meilleur ordre, et une copie, faite de sa main, des Saintes Écritures. Outre ces
ouvrages, énumérés par Assemani, la littérature arménienne nous a transmis
la version de deux opuscules inscrits sous le nom de Michel, et qui complètent
la liste que nous a fournie le savant maronite. Le premier a pour titre, Tou-
chant l'origine des institulions sacerdotales ; le second est une profession de foi
où sont exposés les dogmes de l'Église à laquelle notre auteur appartenait.
La Chronique de Michel, telle qu'elle existe aujourd'hui en langue armé-
menne, n'est qu'une traduction du syriaque; mais elle n'en est pas moins
précieuse, parce que nous ne possédons plus l'original, qui est perdu, ou
qui na point été retrouvé jusqua présent. Celle version se trouve à la
Bibliothèque impériale de Paris, dans le manuscrit n° 96, ancien fonds
arménien, dont elle occupe les 184 premiers folios. Ce volume, transcrit à
Constantinople, en 1721, sous le patriarcat du docteur Jean, et sous le règne
* Bibliotheca Orientalis clementino-vaticana, 1. 11, p. 154-156, 283, 302 et Ps
Que di Orientalium collectio, t. I, p. 488 et seqq.
310 MICHEL LE SYRIEN.
du sulthan Ahmed IIT, par un prêtre nommé Grégoire, est tracé avec une
extrême élégance dans la forme de caractères appelée nôdrakir ou écriture de
chancellerie, en double colonne, sur papier turk. Quoique ce manuscrit soit
généralement assez correct, on y remarque cependant des fautes et des omis-
sions, dont les unes sont dues au copiste et les autres doivent être imputées
évidemment au traducteur arrhénien. Uni mémorial qu'on lit f° 220 v° 221 r°
nous apprend que celte version fut faite par un prêtre nommé Ishôk (Isaac),
habile dans l'art de la médecine, au temps de Mar Ignace, patriarche jacobite
d'Antioche. J'ai désigné ce manuscrit par la lettre A. Le manuscrit B est une :
copie faite sur l'exemplaire de la Bibliothèque des Mékhitharistes de Venise;
il m'a fourni une collation souvent trés-profitable.
La composition historique de Michel comprend les temps écoulés depuis la
création du monde jusqu à Héthoum [‘, roi de la Petite-Arménie, mentionné
à la fin du livre comme occupant, à cette époque, le trône avec sa femme
Isabeau. Ce prince ayant commencé à régner en 1224, et Isabeau étant morte
en 1252, quinze ans avant son mari, il sensuit que Cest dans l'intervalle
écoulé de 1224 à 1252 que cette chronique fut rédigée. Mais comme, d'un
autre côté, nous savons que l'auteur cessa de vivre en 1199, il est évident
que les dernières pages sont l'œuvre d'un continuateur anonyme, Syrien ou
Arménien, c'est ce que nous ignorons. Dans ce livre, les temps antérieurs à
Jésus-Christ, et jusqu'au vi° siècle de notre ére, sont résumés trés-succincte-
ment sous forme d'abrégé chronologique. Mais à partir de ce moment, et en
se rapprochant de l'âge où vécut Michel, le récit s'étend et prend de l'ampleur.
Syrien d'origine et jacobite de religion, 11 n'appartient point à l'école des his-
toriens arméniens, qui se distinguent généralement par des vues modérées.
Adversaire outré du concile de Chalcédoine, ses opinions religieuses ont in-
flué souvent sur la manière dont 1l apprécie les faits politiques, et le dévelop-
pement des preuves dont 1l s'efforce d'appuyer ses doctrines ralentit parfois
la marche de sa narration. Infiniment plus passionné et plus crédule que son
coreligionnaire et son successeur Aboulfarad, il est l'expression la plus fidèle
des tendances exagérées de la secte dont il fut un des chefs, et de l'esprit de
naîve superstition qui avait cours de son temps. Malgré ces défauts, sa Ghro-
nique offre un intérêt vif et réel par Îles notions qu'elle nous permet d'ajouter
à celles que nous devons à Aboulfarad}, qui lui a fait d'ailleurs de larges em-
prunts, et à cause du pelit nombre d'écrivains syriens parvenus jusqu à nous.
Dans le fragment que je vais placer sous les Yeux du lecteur, et qui com-
mence à l'époque de l'irruption des Turks Seldjoukides dans l'Asie occiden-
tale, on trouvera, mêlée de fables et d'erreurs historiques, la mention de faits
importants, et dont il n'existe de traces nulle part ailleurs. J'ai laissé subsister
ces erreurs el ces fables comme un écho des opinions populaires qu'avait re-
cueillies Michel parmi ses compatriotes. Je me suis borné à les rectifier dans
mes notes, toules les fois que je l'ai cru nécessaire pour l'intelligence de sa
narralion.
EXTRAIT
DE
LA CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN.
EE
Su Egl dEg jagod dfpngh juger nb run fuufqug juququ Equiuk pe wqqfit
Qrocppug, L B£ jepdh we Ru, L'ap Eure bngu, L neuuk L qfus qunnXiunun
EYbu juobwpse dép, k'waft punk quan quewnu : voie dispquphhst
Urduhe wub EF ahot feprul Gupbf Sue gf@puu b gvudbn?, ke us q (Ovrp_
qe, bus gode & quyju pig bio. neuf jayun & gb Jugak* (ropenu 6% à U] ait
apy recpe® wub, jepdé Mede b Üuagnde. op &° age ugnfuuqui, ap? aol gplait
1 B. Juju — 2 B. omet gheodtp — 3 B. gode — B. #£ Jw9aE — $ B. Aubupp — 6 B. omet »p £
re B. ap kb.
TRADUCTION.
Il me plait maintenant de raconter aux amis de l'étude les invasions de la
nation des Turks, de dire de quelle race ils sont issus, la situation des pays qu'ils
habitaient et d'où ils sont sortis, quelles causes les amenèrent dans nos contrées,
et les portèrent à s'établir dans un grand nombre de lieux ’. Le premier des pro-
phètes, Moïse, dit dans son livre : « Japheth engendra Thiras et Gomer; celui-
« ci engendra Thorgom, qui engendra Gog et d'autres fils ”*. » Ces paroles prouvent
évidemment que cette nation est issuc de Thorgom. Aussi porte-t-elle le nom de
Turks * d'où viennent Gog et Magog‘. C'est une race populeuse. Après la disper-
1 Le récit de Michel sur l'origine des peuples de cienne, puisqu'elle apparaît déjà dans l'Apocalypse
race turke, remanié et abrégé par Aboulfaradj (XX, vu). Les commentateurs de la Bible ont pris
(Chron. syr. p. 234-235), peut être utilement com- ces noms tantôt dans un sens symbolique, tantôt
paré avec celui de Guillaume de Tyr (I, vi). dans un seos littéral, en les appliquant, suivant cette
2 Cetie descendance de Gog comme fils de Thor- seconde interprétation, aux peuples du centre de
gom (Thogarmah) ne se trouve nulle part dans la l'Asie, Scythes, Sarmates, Huns, etc. qui ont figuré
Bible. Ezéchiel est le premier des auteurs sacrés où tour à tour comme conquérants dans l'histoire.
on lit le nom de Gog (XXXVIIL et XXXIX), par le- Ces deux noms de Gog et Magog suggérèrent une
quel il paraît entendre le chef du pays de Magog. légende qu'a répétée ici Michel et qui, sanctionnée
3 On voit que Michel fait dériver le nom de Turks par l'autorité du Koran (sourate XVIII, Lxxxnr et
de Thorkom ou Thorgom, par le retranchement de suiv. et sour. XXI, xcv), eut une très-grande vogue
la dernière syllabe de ce mot. Cette étymologie, pendant le moyen âge en Orient, puisqu'elle se ren-
absurde philologiquement, a pourtant sa raison contre dans la plupart des traités de géographie
historique. Lorsque les Turks, sortis de l'Asie cen- arabe, et aussi dans Marco Polo, À mesure que le
trale, se furent emparés d'une immense étendue de domaine de la géographie mythique fut circonscrit
pays dans l'Asie occidentale, et y eurentfondéleur et rétréci par une connaissance plus exacte du con-
domination, les Arméniens, subjugués aussi par tinentasiatique, leslimites dans lesquelles on plaçait
cette puissante nation, cherchèrent à rattacher leur Gog et Magog furent de plus en plus reculées vers
origine à la sienne, et ils imaginèrent une descen- le nord et l'est. {Cf. d'Herbelot, aux mots Jagiouge .
dance commune d'un mème ancêtre, Thorgom. et Magiouge; Assemani, Bibl. orient. t. III, 2° part.
* L'association des noms de Go et Magog, pour p. 16-20; M. Reinaud, Géogr. d'Aboulféda, Intro-
désigner d'une manière générique les peuples bar- duction, SIT, p. ccexr-ccexiv, ct A. de Humboldt
bares relégués aux extrémités delaterre,estfortan- Asie centrale, t. I, p. 93-103.)
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212 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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1 À, qwpkbje.p — 2 B. Sheohuk — 3 B. ébeuruh — $ B. omet be chu, Lv. —58B.4 b der, et chez les
Géorgiens. — 5 B. omet 4% — 7 B. & Gnsbu que Uop Quvhph, np — 8 B. omet »5 — ® B. omet np —
10 À, quSwquit — 1 À, kiabu qbpkbe — 12 B. omet 4nS Eu qua, 4%.
sion qui suivit l'érection de la tour de Babel, elle se répandit vers l'Orient, puis,
se dirigeant vers le nord, elle se fixa au delà des hautes montagnes qui s'étendent
en une longue chaîne, et que l'on appelle les mamelles du Nord’. De proche en
proche, ces peuples se répandirent du nord-est jusqu'au sud-ouest. Leur pays a
deux entrées, l'une en Perse ?, l'autre au-dessus, chez les Alans *; Alexandre de
Macédoine ferma ces issues. Ils sont pacifiques par caractère, généreux et modérés
dans leur commerce avec les femmes; 1ls adorent un seul dieu qu'ils nomment G6g
Thangri, mots qui signifient dieu bleu céleste“; en effet, ils croient que le ciel est
dieu. Ils se nourrissent indifféremment d'aliments impurs de toutes sortes, ainsi
que de cadavres. Leurs vêtements sont en laine et en poil d'animaux, les seules
matières qu'ils possèdent pour se couvrir. Ils n'ont pas de loi écrite ou tradition-
nelle, car ils n'ont été visités par aucun prophète ni par aucun apôtre.
Aussi les Perses, lorsque leur puissance prit de l'extension, fermèrent par une
porte bien fortifiée l'entrée du pays des Turks, bâtissant sur cette porte et dans le
voisinage six forteresses, où 1ls mirent des garnisons, afin de contenir ces barbares”.
1 Le mot wwfz, au pluriel »wfrg, Signifie ma- de l'Histoire du Bas-Empire, de Lebeau, p. 269,
melle et aussi source. On conçoit facilement le rap- note 1.)
port de cette dénomination avec la forme des mon- à En mongoletenturk, 1510), kouke, d)S, gük,
tagnes, réservoirs des cours d'eau qui arrosent la «ce qui est de couleur bleue, ou le ciel », et Le,
surface du globe. La marche des peuples de Gog et Thagri,\Aysss , Thangri, sys Tanri, ou, sui-
Magog, telle qu’elle est indiquée par Michel, après
la confusion des langues, des plaines de la Baby-
lonie vers le nord, nous conduit vers le Caucase.
2? Ce sont les Caspiæ pylæ, dans le pays des Ta-
puri, au sud-est de la mer Caspienne, donnant
passage de la Médie dans la Parthyène.
3 Les deux leçons des manuscrits À et B, Uri
h db, «chez les Alans vers le haut, et yUte 4
k dt, «chez les Alans et les Virs (Géorgiens), »
ont le même sens; car le défilé des Alans ou de
Dariel, qui s'ouvre au milieu de la chaine du Cau-
case, met en communication le pays qu'occupaient
les Alans au nord et les Géorgiens au sud. Ce sont
les Portes caucasiennes des anciens. (Cf. Saint-Mar-
tin, Mémoires sur l'Arménie, t. I, p. 195, et t. VI
vant la prononciation vulgaire, Tangri, « Dieu».
5 Michel veut rappeler les travaux gigantesques
exécutés dans la chaîne du Caucase par les Sassa-
nides, et principalement par Chosroës Anouschir-
wan, qui fit bâtir ou réparer la ville de Derbend, et
construire une large muraïlle flanquée de tours, fer-
mant les gorges du Caucase, et s'étendant entre la
Mer Caspienne et la mer Noire, dans un espace de
5o lieues, c'est-à-dire à travers l’isthme tout entier.
Ce qu'il y a de vraisemblable dans ce récit, c'est que
ce souverain fit fortifier avec soin les passages les
plus importants de cette chaîne, tels que le défilé de
Derbend, ou Porte des Huns, le défilé de Dariel, ou
Porte des Alains, et, dans le Caucase occidental, les
issues qui existent dans le Souanèth et l'Abkhazie.
DE MICHEL LE SYRIEN. *. a13
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ppusyft U rio, L gsnatdliphauku , np b vaguñEu Ep, wnuwphewg h Vungbuufiuk :
1 B. ap b opens, bplas Swqup qwpphwg — 2 B. wunuin -— 3 B. Jupqupbu » Reda — 4 B. U'ogrya
— 5 B. frudubpuwy. C'est la reproduction légèrement altérée du texte d'Ezéchiel, XXXIX, 1: qeÿr
hobuug (fafudbung puy k (grapéçuy: — 6 B. vagw LpniuwnkS — 1 À. qu E — 8 B. bpkp — 9 B. ju & —
10 B, bug Swphep L avmuu win, Eh wyughuh — in B, Quwdphiunn — 12 B. Vepripogninaunp:
EE ——]
Alexandre pareillement fit élever la porte de Derbend, qui fut fabriquée en bronze
et en fer par six mille forgerons. Cet ouvrage, qui coûta six années de travail,
reliait la montagne et la mer par un rempart infranchissable !,
C'est de ces peuples que parle Ezéchiel en les appelant Gog et Magog, et lors-
qu'il mentionne le prince de Thubal et de Mosoch *. Ce sont ceux dont il annonce
la venue à la nation Juive, lui prédisant qu'ils détruiront à trois reprises différentes
Jérusalem. Le prophète répète deux fois cette menace, ce qui nous prouve qu'il faut
compter trois irruptions des Turks. La première, dit-on, est celle qu'ils firent
cinq cent dix ans avant Jésus-Christ; elle eut lieu à l'occasion suivante. Les rois
de Perse, daus des moments pressants, tiraient des troupes de ce pays par la
Porte, autant qu'ils en avaient besoin, cn les prenant à leur solde, comme fit Cam-
byse, fils de Cyrus, lequel est appelé par quelques-uns Nabuchodonosor; il ap-
pela un corps de Turks et marcha avec eux contre le roi d'Assyrie. Il envoya en
Palestine Holopherne, qui était de cette nation. C'est ainsi que les souverains
(Cf. Lebeau, t. VI, p. 269, et t. X, p. 72, et Saint-
Martin, ibid. notes.) Les ruines de la muraille qui
protégeait Derbend subsistent encore à partir de
cette ville, en tirant vers le nord-ouest, à travers le
Caucase, sur une étendue de 40 à 50 verstes.
? La construction de la porte de Derbend est attri-
buée par la tradition à Dsou’l-Karneïin (l’homme aux
deux cornes) A»Ÿl +5, dont il est fait mention dans
le Koran, et que quelques commentateurs ont iden-
tifié avec Alexandre le Grand, d'autres avec le fon-
dateur de la dynastie des Séleucides, Séleucus Nica-
tor. Suivant Mahomet, « Dsou'l-Karnein, en mar-
chant à la conquête du monde, arriva aux lieux où le
soleil se lève, et, continuant sa route, parvint à l’en-
droit qui sépare les deux montagnes. Au pied ha-
bitait une nation dont il était presque impossible
d'entendre le langage; elle le sollicita d'élever une
barrière entre elle et les peuples de Yadjoudij et Ma-
djoudj, qui l'infestaient de leur brigandage. Dsou'l-
Karneïn prescrivit de lui apporter de grandes pièces
HisTor. AM. — I.
de fer, pour fermer le passage entre les deux mon-
tagnes, el de souffler le feu jusqu'à ce que le fer fût
rouge. Après quoi il versa dessus de l'airain fondu.
Les peuples de Yadjoudj et Madjoud)j, ajoute le Pro-
phète, ne purent escalader ce mur, tant il était élevé,
ni le percer, à cause de sa solidité. Cependant, lors-
que le monde sera près de finir, ce formidable rem-
part s'écroulera, le passage sera ouvert de nouveau,
et ces hordes, qu'une longue attente aura rendues
plus impatientes, se précipiteront sur les nations et
donneront cours à leur férocité. » (Koran, sour.xvint,
vers. 82 et suiv. et sour. xxi1, vers. 96; conf. Sale's
Koran, Preliminary discourse, sect. IV ; M. Reinaud,
Géogr. d'Aboul/éda, Introd. p. ceext-ccexn.) Michel
nous montre que ces légendes avaient cours, de son
temps, parmi les chrétiens d'Orient comine parmi
les musulmans.
2 Chap. xxxvin, v. 2 et 3, et Chap. xxxiIx, v. 2.
3 Je n'ai pas besoin, sans doute, de faire ressor.
tir les erreurs chronologiques accumulées ici par
ho
|
|
|
|
314 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
Vuuke Gate, L afub fuel qunnb pag quptbus nuñbfé Luphuñtft bobpens
Le trpu oblige fuphuño judEtuÿu papnefbuiug Eplpf nolf L'wpSwf L Suis.
eÉplu wgüheu Le annequ. Le 2updbfu k gun (het bapu, L ELEy wnubft, PE Yu
pougbu qurutby Sinupu?
Le Eole gb pour undapne fuit uñub fu goou jupe pupuitu fephuivg, L'uuurp bf
emupogple Le don Ebeg f qnent jupbuit f dEpuy oubaqugt L'upuSwuuiteg pou, L
YrunopEgft quauw, L'awunfu db kebpnhgt le wpupft pur Spunirog® fephuivg:\ x ur
ppt Epefu bephuñug, L Eli oŒquEg ungu, kw fu quyp phoque" k anfuuguiu {x
ur Eqh SEnanopuwggf hngu, np quyfiu fobuite L'Xrfuuenfte ungu, gb KÉteutf dj wyh_
ul wrufunpnhpt bngu, Ephbu wnuÿh hagu®, fppl quote k japdunl gpnckfiu k dipn.
bb, dESugnjte Quñshp, L pwpäneguiukp en Fupt: 3e Eplbpaue fé uk Suruiuk_
get, L'Epbp güouw sl fgmnt. L'auçu php k Eu pue hu: {pe Jepdul funk
Juufubug page fut gai jetée, qupdhus ulbgft qprent, LEE dsl
Jeu dEpé wyuupSfu upuhg, Lun Eau Ephre puit: {pe plu fbriuu,
PB. 4 vbpge, op L'anbfu — ?B. & 2upd4fu Uogu gum hr Ejuubiny, BE Gwpwuglt quuut Gwpu
et 1ls les excitaient au désir de sortir [hors de la Porte] et d'en pouvoir trouver le moyen. — * B. ajoute
vague — À BR, &qbuy — 58. 4 Spudlañiu — $ À. yhphpfe — 7 B. phpquu — S B. oufurwk Enhbuwuy, wnwÿunp.
atr — ° B. omet &phkug wnuÿh ungu — VB. L aug fo vu bphpe — 1 B. pur.
perses recouraient à ces auxiliaires, et après avoir terminé la guerre, ils les con-
gédiaient et les faisaient rentrer dans l'intérieur de leur pays. Ceux-ci rappor-
taient de ces expéditions toutes sortes de richesses, de l'or, de l'argent, des vête-
ments précieux et des denrées. Alléchés par la convoitise d'un pareil butin, ils
rivalisaient à chercher les moyens de sen procurer.
Or il arriva, dans une circonstance, que, suivant la coutume, on les ramena
dans leur retraite, mais avec une faible escorte. Près d'arriver à la Porte, ils s'in-
surgérent contre leurs conducteurs et contre les gardiens de ce passage, et les mas-
sacrèrent; ils semparèrent d'une des forteresses, et la placèrent sous leur autorité.
Ils firent parvenir la nouvelle de ce premier succès dans leur contrée, et leurs com-
patriotes accoururent pour leur prêter main-forte. Ils se rendirent maîtres des autres
forteresses et s y cantonnèrent. Leurs tribus les plus éloignées, où résidaient leurs
chefs et les personnages les plus riches, apprirent l'apparition d'un animal de cou-
leur blanche, qui se montra à eux pour leur servir de guide, sous la forme d'un
chien. Lorsque ces peuples venaient à se disperser et à s'égarer, il hurlait fortement et
les ramenait auprès de lui. Ils adorèrent cet animal, et s'abandonnèrent à sa direc-
tion; il les conduisit à Ja Porte, qui s'ouvrit pour les laisser passer avec leur guide!.
Lorsqu ils furent sortis en nombre considérable, ils la refermèrent, et savancèrent
jusqu'auprès d'Aragh'ia”, non loin du pays des Perses. Là, après s'être divisés
Michel. La première irruption des Scythes, celle dont
il veut parler, n'eut pas lieu en 510 avant J. C. mais
en 633. Ces peuples, sous la conduite de Madyëès,
leur chef, après avoir battu Cyaxare, roi des Mèdes,
qui assiégeait Ninive, se rendirent maîtres de l'Asie
supérieure pendant vingt-huit ans; ils en furent
chassés en 605 par ce même Cyaxare.
Cambyse, fils de Cyrus, régna de 529 à 522
avant J. C. et Nabuchodonosor, roi d’Assyrie, qui
envoya Holopherne en Palestine, plus d'un siècle
antérieureinent à Cambyse, suivant les calculs de
la plupart des chronologistes.
1 Aboulfaradj (Chron. syr. p. 231) remarque
qu'il n’a trouvé nulle part ailleurs que dans Michel
ce récit sur le chien qui servit de guide aux Turks,
dans leur migration hors de leur pays, et que peut-
être ce patriarche le tenait d'une personne qui le
lui avait raconté, ou l'avait puisé dans quelque livre
que lui, Aboulfaradj, ne connaissait point.
2? Le mot Aragh'ia, ou, comme on lit ailleurs dans
DE MICHEL LE SYRIEN. 315
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capacfofutiu — 7 B. war.
r
en trois camps, ils consultèrent le sort en jetant trois baguettes en l'air. L'une
de ces baguettes tomba vers le sud, et la troupe qui formait l'avant-garde se di-
rigea vers l'Inde. L'autre tomba vers le nord-ouest, et la fraction qui occupait le
centre, se mettant en marche, s'arrêta dans le voisinage de la Thrace, et s'appela
Comans, du nom des lieux où elle se fixa *. La troisième baguette tomba au centre
de la terre, et leur arrière-garde se répandit dans la Perse, où elle se mêla avec
les habitants, auxquels elle se soumit partout où elle s établit ?. |
La Porte souvrit de nouveau et donna issue à d'autres hordes, qui, une fois
sorties, la refermèrent sur elles. Soixante et dix chefs les commandaient; ceux-ci
tracérent un cercle, autour duquel ils se rangèrent, chacun tenant une baguette à
la main; ils lancèrent ces baguettes en l'air après être convenus que ceux dont la
“baguette tomberait dans le cercle seraient rois. Il en tomba neuf; mais 1l n'y en eut
qu'une seule qui se planta en terre. Alors ils fondèrent dans cet endroit même neuf
souverainetés, subordonnées toutes à un chef suprême, nommé Khak an *; c'est
dans ce pays qu'ils ont établi leur demeure permanente; leur domination s'étend
Michel, Aragh a, désigne les pays situés au nord et
au nord-est de la mer Caspienne, et confiuant à la
contrée des Thédalatsi. c’est-à-dire la Thédalie,
comme écrit Michel, ou Thidalie, suivant la irans-
cription de Moise de Khoren (Hist. d'Arménie, ], vu).
Dans son Mémoire sur les Huns Hephthalites (Paris,
in-8°, 1849), M. Vivien de Saint-Martin a montré
l'identité de ces Huns, appelés aussi Huns blancs,
avec les Thédalatsi. Procope (De Bello persico, I, 11),
cilé par ce savant géographe, place leur résidence
sur la limite des Perses, du côté du nord, là où
se trouvait la ville de Gorgô (Djordjän des géogra-
phes arabes), vers l'angle sud-est de la mer Cas-
pienne. Ce passage de Michel peut éclaircir celui d’A-
boulfaradj, qui dit que le roi Khosrov envoya les
jeunes filles qui avaient été faites captives dans la Mé-
sopolamie , au roi des Turks qui vivaient dans l'inté-
rieur de la Perse, (Cf. ci-dessous, p. 318, n. 1.) Notre
auteur, par une assimilation qui se retrouve dans les
écrivains musulmans dont le témoignage a été invo-
qué par M. Vivien de Saint-Martin, comme Tabari,
Firdouci, l’auteur du Modjmel -et-tewarikh et Mir-
khond, affirme que la Thédalie est le Turkestan.
1 Les Comans, qui habitaient au nord de la
mer Caspienne, se rapprochèrent de bonne heure
des côtes de la mer Noire, d'où une partie passa
jusqu’en Hongrie. Il résulte des paroles de Michel
que cette double migration des Comans était déjà
ancienne de son temps. (Cf. M. Reïnaud, Géogr.
d'Aboulféda, 1. IT, [° partie, p. 291-292.)
2 « Volentes votis consonis sibi regem creare,
«describentes suorum universam multitudinem,
« repererunt in eis centuim familias ceteris splen-
« didiores, quarum quamlibet sagittam unam præ-
« ceperunt afferre, et juxta numerum familiarum
«centum sagittarum colligaverunt manipulum.
«Quem aperientes, vocaverunt quemdam pueru-
«lum iunocentem, præcipientes ei, ut immissa
«manu sub velamento, quo prædictarum latebat
«manipulus sagittarum, eo unam educeret solam,
«ea conditione, ut de ea familia rex assumeretur,
«cujus sorte sagilta exiret. Factum esique casu,
« quod puer eduxit sagittam familiæ Selducorum
« (Seldjoukides). » (Guillaume de Tyr, I, vi.)
3% Khak'an ou Khakhan, Xéyavos, « roi suprême, »
est le titre que portaient les souverains turks et
ho.
De
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316 | EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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Ura Gpne Ep vnguw Eu 6, L Eppnpyt areulqur fi Gannwphpng K\. poun dupqupl/fiu
Loalhhhih, ap wut.. ROTTTTT LT D quofuupt quiu push 9 engbounfuk don, f juin fut
1 À omet esuqh — 2B,. ajoute L —58B. Vue, & Que — 4 B. ajoute b — 5 B. dp Ephbpquwquul.p
— 6 B. omet Lajuuyku — 1B, b fee usuqus rain wqqu, Lvajuaghuh.p (2720 Ju, se B. Joduwkuiune fiv A vaguiut. —
9B. Jubtsope — À. pur dulañutu — NB. (fobyag E.
jusque dans l'intérieur de la Porte, aussi ils ne s'éloignent pas de cette position,
qui est leur boulevard de défense. Un grand nombre d'entre eux se sont mêlés
aux Arabes, et du nom de ces derniers sont appelés musulmans, dénomination qui
leur vient du mot moslim ". Ce qui a cimenté encore cette union, c'est qu'ils croient
les uns et les autres à un seul dieu, et comme les Turks ont entendu les Arabes
dire qu'il ne faut pas adorer les créatures, ils méprisent la Croix et l'Église.
Ceux qui se portèrent vers le sud et vers l'occident rencontrèrent les chrétiens
et adoptèrent leurs croyances”; pareïllement, ceux qui émigrèrent chez les idolâtres
devinrent païens; car ces peuples adoptent facilement toutes les religions.
Les Arméniens et les Géorgiens les ayant appelés à leur secours par une autre
porte, en arrivant parmi eux, ils embrassèrent le christianisme. Ils reçurent le nom
de Khutchakh (Kiptchak). Khu signifie vallée, et tchakh veut dire vase; comme
si dans une vallée ils étaient renfermés en quelque sorte dans un vase. Suivant
la nécessité, on les appelle de temps en temps comme auxiliaires.
Deux de leurs invasions ont déjà eu lieu, et nous sommes dans l'attente de Ja
troisième, suivant le prophète Ézéchiel qui à dit : « En ravageant les contrées, ils
« viendront jusque sur les limites de la Palestine, pour la manifestation du fils de
tartares depuis une haute antiquité, ainsi que nous 1 Moslim, en arabe, due, celui qui se soumet à
l’apprennent les écrivains byzantins. Les rois des
Khazars, quoique cette nation ne fût pas de race
turke, prenaient aussi ce litre, comme l'atteste
Moise de Khoren, qui vivait au v° siècle de notre
ère. (Géographie, dans ses OEuvres complètes, p.605,
Venise, in-8°, 1843.) Voir, sur le sens des dénomi-
nations de Khan, Khakhan, Cäan et grand Cäan,
la note 10 de la page 10, t. [°", de l'Histoire des
Mongols de la Perse, de Raschid-eldin, trad. par
Et. Quatremère, et mon travail intitulé les Mon-
gols d'après les Hisioriens arméniens, extrait de Var-
tan, dans Île Journal asiatique, cahier d'octobre-no-
vembre 1860, p. 290, note 1.
la volonté et à l'empire de Dieu, et qui fait profes-
sion de l'islamisme. Les Persans et les Turks ont
formé de ce mot l'adjectif ywm+, musulman, qui
a la même signification.
? Michel fait allusion aux peuples turks, ou que
l'on considérait comme étant de race turke, lesquels,
du 1x° au xr° siècle, émigrèrent sur les terres de la
domination grecque, dans le voisinage du Danube,
et dont quelques-uns adoptèrent le christianisme,
les Comans, les Madjars, les Baschkirs, les Petché-
nègues, les Ouzzes ,etc. (M. Reinaud , Géogr. d'Aboal-
féda, 1. IE, 1" partie, chap. des régions septentrio-
nales de la terre, passim.)
DE MICHEL LE SYRIEN. 317
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con nom gqhuustu. lb pnpdu Enbu günuus fuaputu, Ejimg jy, h Swpybuy quan.
Month, anug- (Nuit E deg? aofounnbune bu, gp pneu bu b Supÿo héhÿs bBE
gepduS Hiugeenppt Snnadng Shmquiigneffutu animplu (free ppeuy, dEpäbun we br
apbeun fe: pe ESwpg* foupañt, BE gaie Sepyo up Vawpuhg; L bnp ewoubŸ ns,
y dEq aout qfuhuu. L quodiuque fuupuñit BE uyqubu ds & Snnadhg® Ping
cnpref{nb s \pe Uajt GoSutthuT uk, 4 Spuyuñnut jy Supur wpugp guwpuu:
(oyg ehuuuie op EpBut, »5 fe pot wluup$u ungu Epfait, ay f frupuñit, op
ke" supanupe pat, jujthau all Qupuhg, bee obéit Wuclsun.". npuhu
aundt fu gévnaiugt (jncunbuñinuh L pue. b Basque np Gaga dau (uupuit
1 B. 4 b Swpguitby gun Away — 2 B. wa dy — 3 À. ancmugku — & B, Supg — ° B. jp Unpu —
6 À. &nndubqueg — 7 B. Gafsuuivku — 8 À. Crphatau — 9 À. awshnupéwgt — 10 À, Gui — 1 B. Ur
jwunr — 12 B. Abpokq).
« la perdition ‘. » Jean d'Asie * raconte que Tibère [Constantin IT] envoya vers eux
des ambassadeurs *, et lorsque le khak'an les vit, 1l versa des torrents de larmes;
comme on lui en demandait la cause, 1l répondit : « [1 y a une prophétie qui a
« cours parmi nous, et que j'ai entendue de la bouche de nos anciens. Elle annonce
« que lorsque les rois des Romains enverront leur soumission aux Turks, la fin du
« monde sera proche. » Le khak'an les ayant questionnés pour savoir s'ils étaient
tributaires des Perses, ces ambassadeurs lui répondirent que non, qu'au contraire
les Perses payaient tribut aux Grecs. À ces mots, le khak'an admira la grandeur et
la puissance de l'empire romain. Le même historien rapporte que Trajan soumit les
Perses“. Les députés qui font le voyage du Turkestan ne vont point jusqu à l'ex-
trémité du pays, mais seulement chez le khak'an, en dehors de la Porte, au delà
de l'empire perse, de l'autre côté du Caucase, ainsi que l'ont raconté les ambas-
sadeurs de Justinien et d'Héraclius *. Le roi des Turks est toujours investi du titre
1 Chap. xxavii, vers. 18. Cette phrase est une
imitation et non point une citation textuelle. Par
le fils de la perdition, il faut entendre l'Antechrist.
2? Jean, évêque d'Asie, auteur d’une chronique
syriaque, qui, suivant Assemani (Bibl. orient. 1. IF,
‘ p. 83-90), commençait au règne de Théodose le
Jeune, en 408, et finissait à la dixième année de
Justin I] (Justinien III, suivant les Syriens), en 574.
Jean était monophysite. Dans la liste des histo-
riens consultés par Michel et énumérés en tête de
son livre, il dit que la chronique de Jean d'Asie
ne comprenait que les temps écoulés depuis Anas-
tase (491) jusqu à Justinien III. Mais peut-être veut-
il parler d'une portion seulement de cet ouvrage.
(Voir mon Extrait de la Chronique de Michel le
Syrien, Journal asiatique, 1848, cahier d'octobre.
p. 288.) |
3 Cette ambassade, qui avait pour objet de ga-
gner la puissante nation des Turks et de s'en faire
un auxiliaire contre les Perses, est de la seconde
année de Tibère Constantin (26 septembre 579-
580). Ce prince en chargea Valentin, officier de sa
garde. On peut voir le récit de cette mission dans
Menander Protector; p. 103 et suiv. et le résumé de
Lebeau, r, $ 33.
4 Dans la campagne entreprise en Orient par
Trajan, et qui dura trois ans, de 114 à 116, il
rangea sous ses lois l'Arménie, l'Ibérte, les Sar-
mates, les Osrhoéniens, les Arabes et les habitants
du Bosphore. Ayant attaqué les Parthes, il s'empara
d'Arbelles, de Gaugamèle, de Ctésiphon, et de plu-
sieurs autres places. Ces victoires lui méritèrent le
surnom de Parthique.
5 Dizaboul ou Dilziboul, grand khan des Tarks,
ayant envoyé en 571 des ambassadeurs à Justin H,
conclut avec lai an traité d'alliance et de commerce.
Au retour des ambassadeurs, l'empereur les fit ac-
compagner par Zémarque, comte d'Orient, suivi
d'un nombreux cortége. Après un long voyage, Zé-
marque parvint dans Ja Sogdiane, et de là continua
sa route jusqu'au mont Âltaï, Exréy, demeure or-
dinaire du grand khan. (Menandèer Protector, p. 100
et suiv.)
Michel a mentionné précédemment l'ambassade
qu'Héraclius envoya au roi du nord, le khakhan
des Khazars, afin de lui demander quarante mille
218 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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1 B.4 Ep Vault — 2 B. une {Ourvwque (aquepuÿy — 3 B. nuEhu ybph4phr — 4 B. er
de khak'an. C'est à lui que Sapor, roi des Perses, envoya cinq mille vierges”. Le
nom du pays est Aragh'a. Il s'étend jusqu à la Thédalie, qui se nomme Turkestan.
Cest de là que Mahmoud, émir (sulthan) du Khoraçan, emmena des captifs°.
De leur race étaient issus Thogrul-beg, qui devint sulthan, et Alp-Arslan, qui
lui succéda. Ces peuples ont conservé les coutumes de leur patrie primitive; seu-
lement ils renoncérent alors à l'anthropophagie, qui était en usage chez eux. Mais
revenons de cette digression au fil de notre histoire.
cavaliers pour marcher contre les Perses, promet-
tant de Jui donner sa fille Eudocie en mariage.
Ce fut vers 625 de J. C. (Cf. mon Extrait de la
Chronique de Michel le Syrien , Journal asiatique,
avril-mai, 1849, p. 216-217.) On voit que notre
auteur a cru que Îles députés grecs avaient pour
terme de leur mission la cour du khakhan des Kha-
zars, tandis que, réellement, ils pénétrèrent beau-
coup plus au nord, jusque dans l'Altaï. Il semble
de plus avoir confondu dans une même origine les
Turks et les Khazars.
! Michel, quelques pages auparavant, a raconté
tout au long ce même fait, en le plaçant sous le règne
de Chosroës le Grand; il est aussi rapporté sous la
même date par Aboulfarad;j (Chron. syr. p. 87-88),
et dans le Ménologe arménien (7 septembre). Il
eut lieu dans les dernières années du règne de
Chosroës Il, vers 574 ou 575. Ce prince, revenant
d'assiéger Sergiopolis, en arménien, Jawpgun-wohe
(Sarksoupolis), ville située sur l'Euphrate, ses sol.
dats prirent une multitude de chrétiens grecs et ar-
méniens, et, dans le nombre, quantité de jeunes
filles, qu'il envoya en présent au roi du Turkestan,
afin d'obtenir de lui un secours de troupes contre
les Grecs. J'ai montré ailleurs {Extrait précité de la
Chronique de Michel le Syrien, Journal asiatique,
octobre 1848, p. 320, note 45) que Sarksoupolis
doit être la même ville que Dara, qui possédait les
reliques du saint martyr Sergius (Sarkis).
? Mahmoud, fils de Sébektékin, sulthan de Ghiz-
nin ou Ghizna, premier souverain de la dynastie
des Gaznévides. D'après l'Histoire des Seldjoukides,
extraite du Tarikhi-Guzideh d'Hamdallah Mustaufy,
par M. Defrémery (Journal asiatique, avril-maï 1848,
p. 451), Seldjouk était un Turk de la tribu des
Kabaks. Il eut quatre fils, Israïl, Mikaïl, Moucça-
Bigou et Jounis. Ces hommes, qui possédaient des
biens immenses, passèrent, en 375 de l’hégire (985-
986), du Turkestan dans le Ma-wära-ennahar, et
fixérent leur résidence non loin du nour de Bo-
khara et du soghd de Samarkande. Le sulthan Mah-
moud vécut avec eux en bonne intelligence. Israil
étant allé le visiter, Mahmoud lui surprit, par des
queslions insidieuses , la connaissance des forces des
Turks. En ayant pris de l'ombrage, il l'emprisonna
dans la forteresse de Kalendijer. Israïl, avant sa
mort, envoya un message à ses frères, pour les exci-
ter à s'emparer des États de Mahmoud; ils passè-
rent dans le Khoraçan, qu'ils finirent par enlever
au sulthan Mac'oud, fils de Mahmoud, el en 429
(1037-1038), Thogrul-beg, fils de Mikail, s'établit
à Nischapour avec le titre de sulthan. Il sera ques-
tion un peu plus loin des conquêtes de ce premier
des souverains seldjoukides. Aboulfaradj {Chron.
syr. p. 234-235) dit qu'à l’époque de la puissance
du khakhan des Charzéens, ce prince avait à son
service un émir nommé Thoukak, autrement ap- *
pelé Thémourialeg, ou « Arc de fer, » à cause de sa
“rande force. Ce Thoukak eut un fils nommé Sal-
gouk, qui, ayant perdu son père de bonne heure,
fut élevé dans le palais du khakhan. Salgouk émigra
avec ses gens et ses troupeaux du Touran, c'est
à-dire du pays des Turks, vers l'Iran, ou la con-
trée des Perses. I eut’ quatre fils, Mikaïl. Jabgou,
Moucça et Arslan. Mikail fut père de Mohammed,
autrement appelé Thogrul-beg, et de Daoud, dit
aussi Gagri-beg.
J'ignore d'où Michel a tiré le fait que le sulthan
Mabmoud emmena de la Thédalie des prisonniers
parmi lesquels furent les ancêtres de Thogrul-beg
et d'Alp-Arslan. Il veut rappeler ici sans doute la
transplantation des Seldjoukides, par Mahmoud, du
Ma-wâra-ennahar dans le Khoraçan. (Cf. Deguignes,
Hist. des Huns, t. f*, p. 242.)
DE MICHEL LE SYRIEN. 319
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— 5 B. & Sln —
a
En l'année 460 de l'ère arménienne (19 mars 1011-17 mars 1012), Constan-
tin Monomaque monta sur le trône de Constantinople, et régna douze ans. C'était
un prince magnanime et libéral ‘. Les Arabes étaient alors gouvernés par Abou-
Abbas”, sous le règne duquel la ville d'Ezënga fut submergée *; il n'y eut de pré-
servée qu'une seule maison, qui était celle d'un orthodoxe “, homme pieux, nommé
Cyriaque (Guiragos).
La même année, un tremblement de terre eut us
Septuagésime ‘ :
Après cela il s'éleva des troubles à Antioche parmi les ecclésiastiques unitaires
(monophysites) relativement à un point qui était en contestation. Une partie d'entre
eux alla trouver le patriarche des dualistes pour lui soumettre la difficulté. Celui-ci
les gagna à la doctrine du concile de Chalcédoine, et sempara de l'église des ortho-
doxes, qui était bâtie sur le tombeau ‘de l'évangéliste Luc, comme auparavant les
dualistes s'étaient mis en possession de [l'église de] Saint-Pierre. Mais à la fête de
Pâques le Seigneur exerça contre eux une vengeance éclatante; car tandis qu'ils cé-
lébraient l'office divin, on entendit gronder le tonnerre, et le feu du ciel tomba
et consuma un grand nombre de personnes, parmi lesquelles était le patriarche.
à l'époque du jeûne de la
! La date de l'avénement de Constantin Mono- entend par les mots orthodoxes et sainte église les
maque est du 12 juin, indiction X (1042). I régna
douze ans et sept mois, jusqu’au 11 janvier, indic-
tion VIII (1055). J'ai montré ( Recherches sar la chro.
nologié armén. t. I, 1" partie, Appendice, n° III d,
et n° partie, Anthologie chronologique, n° VII) que
Michel calcule habituellement d'une manière fautive
l'ère arménienne, qu'il la retarde de cinq, six ou
sept ans, quelquefois même de vingt et un ans. J'au-
rai soin, chaque fois, de rectifier son calcul.
? Le khalife Kader-Billah Abou’l-Abbas Ahmed,
le vingt-cinquième de la dynastie des Abbassides. Il
était monté sur le trône en 381 de l’hégire (991),
et mourut dans le mois de dsou'’l-hiddjé 422 (dé-
cembre 1031-janvier 1032).
* Aboulfaradj raconte cette inondation à l'année
1996 des Grecs {1° oct. 1044-1045).
* Dans tout le cours de sa Chronique, Michel
monophysites, c'est-à-dire ceux qui, adoptant la
doctrine d'Eutychès, archimandrite de Constanti-
nople, n'admettaient qu'une seule nature en J. C.
doctrine condamnée par le concile de Chalcédoine,
en 51. Tous les chrétiens qui reconnaissaient dans
le Sauveur la coexistence des deux natures, di-
vine et humaine, c'est-à-dire les catholiques, sont
appelés par lui dualistes.
3 C'est la semaine qui précède le dimanche de la
Septuagésime:; elle est consacrée au jeûne que les Ar-
méniens appellent wæwÿurnpge, [jours] préalables,
parce qu'il est antérieur au grand caréme ou carême
de Pâques. (Cf. sur l'origine de ce jeûne et de la dé-
nomination qu'il a reçue, mon ouvrage intitulé :
Histoire, dogmes, traditions et liturgie de l'église ar-
ménienne orientale, Paris, 1857, 3° AS p. 21,
101-103 et 178.)
320 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
dpuñrqul ns Qupugliu Saiuby k Spa: qhumugfit alu phil EE quant Sun
BL agp nepugbut fi qupdut & frumafuñun [hr fuphutg, kb pwgnuelb jouit
dlp bal, L usa npEque Swcunnu dE:
Dog b iveey Bocuquñns fbuñs Up af, aqunmun Egun bobine ffñ unga f pauqee al fin _
onu, L'uquur Burçurnpn [fau (Qseeppug. gb 4Ephag auf, gop bd (Pusiieus,
LétwkEgug & aupuque Ephph, L Enr quauu f quulè uit&uiug , x Egfu b Supinwgui :
Le oi Fioguiih fobouñnugue L Buquenghug, npnj avant bp Sneaefl 44, q0e Mequ
pulpe wuugue dEpugeÿt, pu uypeg Grain. ap b dE Swgue pupäpugue. b Buquin_
chu quan dE, Lnppbug puqueS wobup$ug pe wnupbug qopu b wa Lagny
sh EUEpelbh, Le anfié cup paques ba bphe h quotas gdE plu og, Le Huuque
ghouw &fet vuunfl fi 1Eplèu \jusiung?, à dénuit 4 wuäfup fi (Qreegpugu. bulk gEphpu qu
bu qupdut, qf undep fut guy b Abuiv :
1 B. acpwgogph — 2 B. Bonn — 3 B. eég — 4 B. (Or quepup — 5 À. &n situ — 6 B. £ bqk qnnng LS
— TB. Yaruog — + B. Jupd Ep.
Il fut impossible de relirer du feu un seul de leurs ossements. Tous comprirent
que c'était là le jugement de Dieu. Ceux qui avaient renié leur croyance y revin-
rent, et une multitude de dissidents se convertirent. Notre foi fut ainsi glorifiée.
Sur la fin de l'année 430 [de l'hégire] (commencée le 3 octobre 1038), l'empire
des Arabes se démembra sur une foule de points et les Turks commencèrent à
dominer. Les captifs que Mahmoud avait ramenés et qu'il avait établis dans des
contrées fertiles, en les laissant livrés à leurs propres volontés, se multiplièrent
et donnèrent l'essor à leur audace. L'un d'eux devint leur chef et régna sur eux.
Il se nommait Thogrul-beg; c'est le même que nous avons mentionné plus haut
sous le nom de Thoghla-pagas, comme d'autres l'appellent. Sa puissance et ses
forces prirent un développement considérable, il devint un grand souverain et se
rendit maître de beaucoup de contrées'. Il envoya des troupes sur les confins de
l'Arménie, jusqu'à Mélitène : elles firent un butin immense ct une multitude de
prisonniers; puis elles s'en retournèrent par la haute Arménie. Les Turks, surpris
par une neige abondante dans les montagnes de Saçoun, perdirent trois mille
hommes, et leurs captifs, dans ce désastre, recouvrèrent la liberté et s'en retour-
nèrent; car ils étaient habitués au froid et à la neige*.
l Daoud Djagri-beg, frère de Thogrul-beg, ayant
réuni un grand nombre de Turkomans, s'empara
de plusieurs villes du Khoraçan et de l'Arménie.
Puis, étant revenu vers son frère, il lui dit : «Il y
«a deux chefs puissants, le Khovarezm-schah Ha-
roun et le sulthan Macç'oud, fils de Mahmoud, fils
« de Sébektékin, que nous ne pouvons soumettre.
« Passons dans le Khoraçan et en Arménie, où,
« ainsi que l'ai pu m'en assurer, 1] n'y a personne:
que Jap
« capable de uous résister. » Thogrul-beg approuva
ce conseil. Ils se mirent tous les deux en campagne,
franchirent le Djeyhoun, et saccagèrent de fond en
comble Dâmgän. S'étant avancés contre la ville de
Simnäo, ils mirent en déroute l’armée des Arabes
et des Persans. Ils saccagèrent aussi Reï; puis, ayant
essayé de prendre Kazwin, et n'en pouvant venir à
bout, ils se relirèrent après avoir imposé un tribut
aux habitants. (Aboulfaradj, Chron. syr. p. 235.)
Le même auteur rapporte ensuite, sous la date
de 429 de l'hégire (1037-1058), une expédition des
Gozzes ou Ouzzes (branche des Turks à laquelle
se rattachaient les Seldjoukides) contre l'Arménie,
l'Azerbeïdjan et le Khoraçan. Thogrul-beg, ayant
fait son entrée à Nischapour, s'assit sur Île trône de
Maç'oud; Djagri-beg s'établit dans la ville de Sar-
khas, et Kizil, mari de leur sœur, se fixa à Rei.
Plus loin, sous la date de l’année des Grecs 1354
(1% oct. 1042-1043), on lit le récit d'une invasion
des troupes de Thogrul-beg dans la Mésopotamie.
Elles dévastèrent Nisibe, Meïafarékin, Sindjar,
Khabour et Amid, et s'emparèrent de Moussoul sur
Mo'tamed-eddaula. Mais, peu de temps après, Mo-
tamed, ayant rassemblé des forces, et s'étant mis à
la tête des Arabes, attaqua les Gozzes, les vainquit,
et en tua un grand nombre. Le reste se sauva dans
l'Azerbeïdjan.
? En 1369 des Grecs {1° octobre 1057-1058),
les Turks, au nombre de trois mille, attaquèrent
DE MICHEL LE SYRIEN. 921
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a ————
L'empereur des Grecs Monomaque étant mort, la couronne passa à sa fille
Théodora, qui la conserva un an’. |
Après elle, Michel l'Ancien régna pendant un an, homme vertueux et conti-
nent, lequel ne mangeait pas le fruit du travail des autres, mais vivait du labeur
de ses mains, en fabriquant des cuillers, qu'il vendait *.
Michel voyant que la puissance des Turks avait pris une grande extension, qu'ils
s'étaient emparés de la Perse, de la Médie, ainsi que de l'Assyrie, et qu'ils venaient
ravager l'empire grec, Michel conçut des craintes, et transporta les chrétiens au
delà de la mer*, dans des lieux fortifiés.
Les Turks, en s'avançant, trouvèrent les contrées d’Adalia, Oudj" et Iconium
dépeuplées; ils résolurent de les habiter, et s'y arrétèrent. C'est ce qui fait qu'un
grand nombre de gens murmurèrent de la conduite que tint Michel dans cette
occasion. Cependant c'était un prince plein de charité, et qui en donna des preuves
aux fidèles. |
Au bout de quelque temps un des grands de l'empire, nommé [Isaac] Com-
nène, lut ravit la couronne, et Michel, s'étant rasé la tête, entra dans un couvent.
Comnène exerça le pouvoir pendant deux ans. Il eut pour successeur Constantin
Ducas, qui était originaire de la Paphlagonie, et qui régna neuf ans*.
Mélitène. Pendant vingt jours ils ne cessèrent de se dora était fille du frère de Basile II, Constantin VIT,
livrer au pillage et de verser le sang des habitants. mort le 11 novembre 1018.
Au bout de ce temps, ayant mis le feu à la ville, ils ? Michel Stratiotique fut proclamé le 31 août
se retirèrent. Arrêtés par les rigueurs de l'hiver sur 1056.
les flancs de la montagne de Saçoun , ils furent mas-
sacrés par les montagnards arméniens. Ceux qui
échappèrent s'en retournèrent à Mélitène. (Aboul-
faradj, Chron. syr. p. 258.) Le récit de cette expé-
dition, fatale à Mélitène et ensuite aux Turks eux-
mêmes, raconté en détail par l'historien Arisdaguès
Lasdiverdtsi, est reproduit dans mes Recherches sur
la Chronologie arménienne, t. I”, n° partie, Antholo-
gie chronologique, n° L. |
! I y a ici une erreur évidente, puisque Théo-
Histor. ARM. Eu: E.
3 Cette expression désigne, pour les Arméniens,
la Thrace, et d'une manière générale les provinces
européennes de l'empire grec.
* Le mot Oudj (Ouzze), placé entre Adalia et
Iconium , semble indiquer une des contrées du sud-
est de l'Asie Mineure dont s’'emparèrent les Turks
seldjoukides, et encore occupées aujourd’hui par
des Turkomans nomades.
5 Le règne de Constantin Ducas dura sept ans et
six mois, du 1° décembre 1059 au 1° juin 1067.
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322 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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Le qénit L qSwqnpg regauunwgt aypbg Eur, L'an mt nb, k Swgf? k Br qu.
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L Fe Eufoukrugnuep"s Vo ufe puit Souuiutfr k pump, fr pp EU run $w.
que L ounmwnbgur fegl q{iphou mopuuñufft jé he efrunntit fRgfounnek,? npnf
heponbuñts lp wpugbu pie fut Sweunne, (nie wupunbusp (fubfu k Saquaju.
pou epnul quypugbu vncpgi | Buñnuu, ais ghnu, k 'ünge Ent ges fe prupn pi
Jupunpu f fou 4agh, 'wqusuiop fugm<$raÿu qupdur jufdnn fe:
Pob Srehst ff wn bu, Buqaunghug ybre dus (jsodiunu :
Le Bugucopt (rrcppwg Snenehit Eaux, L'un qubgh bapur Udnuuquñit?, np
LB. <Rofuwpgou — ? À. pwgmwph —S B.kns Sugh —% B. avqul squnnps — 5 B. omet wawniy —
6 A. omet puu L Sfug —7B. ajoute & — 8 B. fepngp — 9 B. Vi pupu:
Ce prince, s'étant fortifié, marcha contre les Turks. Il releva les remparts de
Mélitène. K'riçaros', général de Thogrul, s'étant mis en campagne, s'empara
d'Alep. Ce fut la première ville prise dans la Cœlésyrie, contrée qui est à l'occi-
dent de la Mésopotamie. 11 s'empara aussi de tout le pays depuis Damas jusqu'à
la mer Égée?, et s'avança jusqu'à la mer du Pont.
À cette époque, Satan inspira le patriarche de Constantinople, qui fit une action
horrible aux yeux des anges et des hommes; ce prélat excita l'empereur et les
grands, et fit brûler et fouler aux pieds la croix, le saint chrême et l'eucharistie des
orthodoxes; le pain et l'huile consacrés devinrent ainsi l'objet de leurs outrages.
Il fit saisir et conduire vers lui le patriarche Athanase, avec vingt-cinq évêques.
Mais avant leur arrivée à Constantinople, 1l fut frappé par la main de Dieu. Son
corps se rompit, et 1l eut le sort d'Arius, ce corrupteur, cet ennemi du Christ, ce
fils de perdition. Dans les conférences où les articles de foi furent discutés, les
Grecs furent vaincus par l'Esprit-Saint. Alors Athanase, enflammé de colère, les
maudit. Les Grecs l'envoyèrent en exil avec ses compagnons de foi, dans l'île de
Tios *; mais les supplications de l'impératrice le firent réintégrer sur son siége.
Cependant Ducas étant mort, la couronne passa à Romain Diogène.
Le roi des Turks mourut aussi“, et eut pour successeur Alp-Arslan, qui vint
1 Je pense que ce général turk est le même que
Xwpooähapros de Scylilzès (p. 636) ou Salar-Kho-
raçan de Matthieu d'Édesse, lequel entreprit deux
expéditions dans la Mésopotamie, en 1062 et 1065.
(Conf. ma Biblioth. histor. armén. t. I‘, ch. Lxxxvi
et XGI, p. 115-117, 130-133, et notes, p. Aoë.)
? I] y a dans le texte 4 5% Uvyphuvau, Jusqu'à
la mer Adriatique, expression qui porte à supposer
que l’auteur a réuni sous une même dénomination,
grossièrement erronte, la mer Adriatique et la mer
Égée.
3 Peut-être Téos, ville de la côte d'Ionie, vis-a-
vis de Samos, dans une péninsule qui formait une
ile lorsque la mer devenait haute et agitée. Peut-
être aussi fautil lire Chios.
* Le sulthan Thogrul mourut, suivant Ahoul-
faradj, le 7 septembre de l'année des Grecs 1374
(1063), dans la ville de Reï, à l’âge de soixante et
dix ans. Hamdallah Mustaufy dit que ce fut dans la
place forte appelée Kasran Birouni, non loin de
Reï, et donne, comme Ibn-Djouzi, la date du 8 de
ramadhan 455 (4 sept. 1063). (Cf. M. Defrémery,
Histoire des Seldjoukides, Journal asiatique, avril-
mai 1848, p. 430.)
DE MICHEL LE SYRIEN. 323
alu fepn Eh Sage, L Sinquugbug gruu, unbuy aCuounk. L'augbuy
bb hoc, un qu Le aqua fe pau de, L pnqugun juple et, quplur fut
aucuns Vol bo dutt Yacurbuy wbf{u. qopu, snqun fi dEpuy bep, L E4Eus f wep,
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Gal & Upotu bep qupämugk: pe preun Sp L. ns juSaatgue Udiu, 4h 4mnnphguiu qopp
tops, L bp plpnbkgue k ghpneffui :
Le ab f Qruuubqhneuohe, Bugurnpkgngft ah: Vo bre duitit ?
aéeSEu wquguñtop bn fanuçpneHEudf uuuçpuus, fudkque gba b Growuñque
aoghe Le Gubet qu, Sauf quest, L 3gur une tou, bal L'oupS up f spi”:
1B. op 4 audwdp bju — 8. jagugue wpbudp — SB. Méndlit — 48,684 — 58. puvgh — B. at.
paykie —7B. péri — 5 B. Tuawuwuy — ° À. & zu.
«
lui-même en Arménie, et soumit ce pays après s'être rendu maître de Scham-
schouïldé !. Ayant marché contre Ani à la tête de cent mille hommes, il prit cette
ville, et, ayant fait mettre à mort mille personnes dans un des fossés, il se baigna
dans leur sang *; de là il retourna à Nakhdjavan. Diogène, ayant rassemblé une
armée immense, s'avança contre lui, et, étant arrivé à Gars, brüla l'église des
Arméniens, et jura que, s'il revenait victorieux des Turks, 1l exterminerait la na-
tion arménienne tout entière, ou la convertirait à sa croyance. Dieu entendit ses
paroles, mais ne les exauça pas; son expédition échoua, son armée fut détruite,
et lui-même fait prisonnier *.
La nouvelle de ce revers étant parvenue à Constantinople, on plaça Michel
[Parapinace] sur le trône. Cependant Diogène, ayant obtenu d'Alp-Arslan sa li-
berté à force d'instances, et au moyen d'un traité d'alliance“, voulut se rendre
à Constantinople. Mais, les Grecs, s'étant saisis de sa personne, lui crevérent les
yeux”. Sa vaine gloire sobscurcit, et son orgueil et sa jactance lui tournèrent
à mal.
1 Schamschouïldè ou Schamschouldé, ville et
forteresse placées par l'historien Açogh'ig (IT, xxx)
dans la contrée de Daschir, qui faisait partie de la
province de Koukark', vers le nord-est de la Grande.
Arménie. Cette ville existait déjà au v° siècle de
notre ère, puisqu'elle est mentionnée dans la Géo-
graphie de Moise de Khoren. (Cf. Indjidji, Arménie
ancienne, p. 362-364.)
? Voir le récit de la prise d'Ani, par Alp-Arslan,
dans Matthieu d'Édesse, ch. Lxxx vint, Biblioth. histor.
armén. t. |”, p. 120-125; Arisdaguès Lasdiverdtsi,
ch. xxiv, et Scylitzès, p. 637.
3 Diogène, à la tête d’une armée considérable,
se dirigea en Arménie contre Manazguerd, et en
ayant chassé les troupes d’Alp-Arslan, sans coup
férir, se mit en possession de cette ville. Le sul-
than, effrayé des forces de Diogène, lui envoya
Saoutékin, un de ses émirs, pour lui proposer de
faire la paix et de s’en retourner chacun dans ses
États. Diogène repoussa ces ouvertures avec hau-
teur. Les deux armées en vinrent aux mains un ven-
dredi vers midi, entre Khëlath et Manazguerd; les
Turks fondirent sur les Impériaux, qui, après avoir
perdu beaucoup de monde, plièrent et prirent la
fuite. L'empereur fut fait prisonnier par un esclave
grec qui appartenait à un eunuque turk, et qui le
reconnut pour l'avoir vu à Constantinople. On sait
la magnanimité vraiment royale avec laquelle le
sulthan traita son captif. Il lui rendit bientôt après
la liberté, et le lit ramener dans ses États avec une
escorte de cent esclaves et de deux émirs. Lui-même
l'accompagoa jusqu'à la distance d’un parasange.
(Cf. Aboulfaradj, Chron. syr. p. 268-270.)
* Le même auteur (1bid.} atteste que les condi-
tions de la rançon de Diogène furent qu’il payerait
au sulthan un million de dinars, et chaque année
un tribut de 360,000 pièces de même valeur. Le
sulthan lui demanda aussi que les villes d'Antioche,
Édesse, Mabog (Menbëdj) et Manazguerd, enlevées
aux Arabes par les Romains, lui fussent rendues.
L'empereur répondit : « Lorsque je serai de retour
« dans mes États, envoie tes soldats pour soumettre
« ces villes; je ferai en sorte qu'elles te soient li-
« vrées. Maintenant, quand bien même je le vou-
« drais, elles ne m'obéiraient pas. » |
5 Diogène, ayant levé des troupes et appelé à son
ha.
324 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
Go unrhh wnupbug Vhareqaiie ! QUjecbit pbapenegfiu bep b Sage hf Gojtu,
L foluñuwgun bngus L Pauquinpbug. np Edècaun k ah2bph Jump, hun qu, L ques pet
ésrpou que HYbUbgft wpur dalhfe?:
Dog Judiñauqu whousy dh uuphhumal L'ugofwekn L pungpuaupe Eli f Wu.
age nlhus qopog L Spot Vauupuis*. un qUluun L qUéuwphw, wfpbuwug 5 L
Je Sugus. + Le ugu Egh uhqeu anni alu, gb age Ep aan ünpur: fañqh jnpdunl
qualit bu unpu ghpnektbudh f (sbamwqugengh, neuuiu qophu SuXqug, L _
Surubbuwp dûpup opfugt \ausdhe CPS ape mnt ok fivahe Enk °,
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curl ete, L fabahu bqhe waubfé fu (sreppug, SEE ed qurnu. L EEu°
JEchtet Vepuoug, bof afp agp dh Sunlugeh bephuïtg, L fuoub gui pég Wdis pan dinfr,
Lutte Éun dbq® LE dép fobout, L fvepkognee dep ® ququpe jupnakqnife Vu.
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&qb — 18, Jbonacu up — 8 B. J'élwequnu — 9 B. EYfu — 10 À, V'aepwne — 1 B, œubfu — 12 B. Cv dg
— DB, &9 — M B. phrunpou.
Après cela, Alp-Arslan envoya Soliman, son neveu (fils de sa sœur), dans le
pays des Arméniens et des Grecs. Celui-ci, ayant établi sa domination sur eux,
devint leur souverain; il s'introduisit pendant la nuit dans Antioche, surprit cette
ville, et transforma en mosquée Saint-Pierre, sa principale église.
Ce fut dans ce temps qu'un émir, dont la contenance annonçait la modestie,
qui était ami de la prière et plein d'affabilité, vint en Cappadoce avec des troupes
et par l'ordre d'Alp-Arslan. Il s'empara de Sébaste, de Césarée, et se créa une prin-
cipauté considérable. IL fut la tige de la maison des Danischmend, à laquelle 1
donna son nom. Lorsque précédemment des Turks avaient été emmenés esclaves
de la Thédalie, ils avaient connu la loi des Arabes, et adopté la fausse doctrine de
Mahomet; cel émir se fit son vengeur plus que tous les autres, ct se montra son
émule. |
À cetle époque, cinquante Arméniens, supportant avec impatience les vexations
des Turks, se retirèrent dans le désert, armés de toutes pièces, et dans une foule
d'endroits firent éprouver à leurs oppresseurs toutes sortes de maux. Étant parve-
nus sur le territoire de Marasch, ils rencontrèrent un de leurs compatriotes, et,
s'ouvrant à lui, ils lui dirent : « Viens à nous, sois notre chef, et, avec l'aide de
« Dieu, nous chercherons un lieu pour nous y fixer. » Il acquiesça à ces paroles.
C'était un homme de haute stature, d'une figure noble et plein de bravoure. Il
partit avec eux. Son nom était Philarète. Ils entrérent dans la Cilicie, conquise
récemment par les Turks, leur enlevèrent une forteresse et s'y établirent. Ayant
secours Alp-Arslan, voulait disputer la couronne Jean Ducas, qui défendit même de panser ses bles-
à Michel. Vaincu une première fois auprès d'Âma- sures. Dans ce triste état, il ne tarda point à suc-
ste, dans le Pont, par Constantin, second fils du comber. {Scylitzès, p. 660; Zonaras, t. II, p. 224;
césar Jean Ducas, il se jeta dans la Cilicie, et se Glycas, p. 254.) Suivant Aboulfarad)j (p. 272), il
renferma dans Adana, où il fut attaqué et pris par hâta lui-même sa mort en se frappant la tête contre
Andronic, frère ainé de Constantin. Relégué dans une muraille.
île de Protè, il eut les yeux crevés par ordre de
DE MICHEL LE SYRIEN. 325
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—6h#, rec ppuwy — 7 B, sn wÿtnes — 8 B. Suwxhh — 986, Sun.
soumis tout le pays avec ses places fortes, ses villes, ses montagnes et ses plaines,
Philarète devint très-puissant, et son nom célèbre. Dans une de ses expéditions,
Marasch, Ablastha, Mélitène, K'éçoun et Gargar tombèrent en son pouvoir; puis
il se dirigea vers l'Euphrate, qu'il traversa; il occupa Édesse et un grand nombre
d'autres villes. Dès lors les Turks commencèrent à trembler devant lui !. L'em-
pereur des Grecs, instruit des succès de Philarète, lui envoya des présents et le
nomma sébaste.
Cependant les Turks, s'excitant les uns les autres à prendre les armes, se ras-
semblèrent de toutes parts contre lui et le défirent ; ils lui enlevèrent la moitié
de ses États, qui passa sous leur joug. Alors il alla À Bagdad pour réclamer les
possessions dont il avait été dépouillé; là 11 abjura sa religion et reçut un diplôme
par lequel il recouvrait tout ce qui lui avait appartenu. Mais cette concession ne
lui servit de rien, car, ‘lorsqu'il fut de retour, il trouva les Turks maîtres du reste
de la contrée. Ayant marché contre lui, ils le chassèrent. Soupirant du fond de
son cœur, et pleurant amérement, il se rasa les cheveux, se voua à la pénitence,
et revint à sa foi primitive en se retirant dans un obscur monastère.
Les Arabes, qui jusqu'à ce moment étaient appelés Dadjigs, du nom de leur
chef Tay *, se mélèrent avec les Turks, et formèrent un seul peuple, uni par la
religion qu'ils professaient en commun. Ils sont confondus maintenant sous le
1 C'est le célèbre Philarète Brachamius dont il
est si souvent question dans Matthieu d'Édesse
(ch. cvr et suiv. t. I de la Bibl. hist. armén. p. 173-
193), ainsi que dans les historiens byzantins. II
était effectivement Arménien d'origine, comme le
dit Michel, du district de Varajnounik', dans la pro-
vince de Vasbouragan. L avait le rang de Curopa-
late et fut nommé Grand Domestique par Romain
Diogène.
? Les Syriens avaient étendu à tous les Arabes
Ÿÿ ee
en général le nom de Lu Tayoyo, pluriel Lo
Tayoyé, qui appartenait spécialement aux Beni-
Taÿ, la plus considérable des tribus qui erraient
dans les plaines sablonneuses de la Syrie. Cette
tribu, d'origine yémanique, avait émigré vers Île
milieu du m° siècle de J. C. dans le Nedjd, au
centre de l'Arabie, d'où elle se répandit, en se frac-
tionnant en plusieurs branches, dans la Syrie, la
Mésopotamie et l'Irak. (Cf. M. Caussin de Perceval,
Essai sur l’histoire des Arabes avant l'islamisme, t. 1,
p. 603.)
326 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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même nom. Le prince qui régnait à Bagdad, et qui descendait de Mahomet,
fut maintenu dans cette capitale et proclamé khalife, c'est-à-dire successeur ou
* héritier de Mahomet. Les deux peuples se soumirent à lui par une déclaration
écrite et confirmée par serment, s'engageant à accepter ses volontés et ses lois; ils
l'honorèrent à l'égal de Mahomet, et se constituëérent ses défenseurs zélés. Désor-
mais ce fut par l'ordre du sulthan qui régnait dans le Khoraçan, et du khalife,
que les fonctions d'émir furent conférées à ceux qui en étaient jugés dignes. Ces
émirs firent des expéditions et semparèrent de plusieurs pays et provinces,
comme fit Soukman, d'origine turke, qui vint en Arménie où il établit sa domina-
tion, et qui fut surnommé Schah-Armên, c'est-à-dire roi d'Arménie, et Arthoukh
(Ortok), qui fondit sur la Mésopotamie et sen empara. C'est de lui que vient le
nom des Arthoukhi (Ortokides), qui sont d'extraction turke.
Cependant l'empereur des Grecs, Michel, redoutant les Turks, n'osa pas leur
déclarer la guerre. Indigné de sa lâcheté, un des grands, Nicéphore [Botoniates|,
se mettant en révolte contre lui, attaqua Constantinople, s'en rendit maître, et
commença à verser le sang. Michel, prenant entre ses mains la couronne, alla au-
devant de Nicéphore, et lui tint ce langage : « Tiens, voilà l'objet de tes désirs, et
« cesse de tirer le glaive contre les chrétiens. » Nicéphore accepta aussitôt cette con-
dition, et Michel, embrassant la vie religieuse, se retira dans un couvent. Nicé-
phore fit eunuques les deux fils de Michel”. Cette cruauté déplut aux grands de
l'empire, qui en conçurent du ressentiment. Aussi, un d'entre eux, Alexis, s'étant
fait un parti puissant, monta sur le trône, et rendit à Nicéphore ce que celui-ci
avait fait à Michel. Il régna vingt-neuf ans.
1 D'après Scylitzès, Zonaras, Glycas et Nicéphore subir le traitement dont parle Michel, et d'après
Bryeune, Michel n’avait qu'un fils, nommé Cons- lui Aboulfaradj, puisqu'il fut question plus tard
tantin, auquel Nicéphore Botoniates ne fit jamais de le marier à Anne Comnène.
DE MICHEL LE SYRIEN. 327
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Dans ce temps, et tandis que les Turks dominaient à Jérusalem et sur tout le
littoral, un chef nommé Saint-Gilles vint visiter la Cité sainte. On perçut de
lui un tahégan comme de chaque pèlerin, puis les infidèles voulurent exiger de
force ce qui lui restait, et, comme il refusait de le leur livrer, ils le frappèrent
sur la tête et lui arrachèrent l'œil droit. Saint-Gilles, l'ayant recueilli, le mit dans
sa poche, l'emporta à Rome; puis, allant le montrer en tous lieux, il excitait
chacun à la vengeance. Les chrétiens quittèrent leur pays avec leurs comtes, et
sous la conduite de leurs chefs; des troupes nombreuses se joignirent à eux. Ils
se rendirent à Constantinople et assiégèrent cette ville pendant sept ans.
La septième année, un tremblement de terre se fit sentir à Antioche. Dans les
ruines d'une tour qui s'écroula de fond en comble, on découvrit des figures en
bronze montées sur des chevaux de la même matière, lesquelles avaient la forme
et la ressemblance des Franks. Elles furent apportées à l'émir, et il rassembla les
habitants pour voir ce que cela signifiait. Quelques-uns dirent que c'étaient des
idoles remontant aux anciens temps. L'émir commanda de les casser et d'en dis-
perser les fragments; cet ordre fut exécuté. Une femme très-âgée et qui avait perdu
la vue, ayant eu connaissance de cette découverte, prétendit que c'était un talis-
man fabriqué à l'aide de moyens magiques par les Grecs, pour empêcher l'ar-
rivée des Franks qui habitaient au delà de la mer”. « Car, dit-elle, vous avez
« remarqué que ces figures étaient liées par des chaînes de fer.» L'émir, instruit
de ce propos, eut beaucoup de regrets de ce qu'on les avait détruites.
Les croisés, ayant pris tout à coup Constantinople, traversèrent la mer, se
portèrent sur Antioche et s'en rendirent maîtres. Ils avaient à leur tête neuf chefs;
1 Ce même récit apocryphe sur la cause qui dé- populaire qui avait cours parmi les Syriens et les
termina la première croisade, se retrouve dans Arméniens, et que Michel et Vartan ont recueilli.
l'historien Vartan. Il est probable que c’est un bruit
328 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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deux étaient d'extraction royale, et se nommaiïent Boëmond et Tancrède; sept
avaient le rang de comtes, et s'appelaient Roger, Raymond, Josselin, Waléran,
Godefroy, Salguës! et Richard.
Le gouverneur d'Édesse, Théodore [Thoros], à qui l'Arménien Philarète avait
confié cette ville, fit dire aux croisés d'envoyer un des leurs pour en prendre pos-
session. Ce message les remplit de joie, et ils s'écrièrent : « Sois béni, Ô Christ
«notre Dieu ; la première ville qui a cru en toi est Édesse; c'est dans ses murs
« que tu as régné pour la première fois, par la conversion du roi d'Arménie [Abgar|,
«et ensuite à Jérusalem. Maintenant tu nous as livré cette ville tout d'abord, comme
“un gage que tu nous donneras Jérusalem, afin que tu règnes, Seigneur, désor-
« MAIS, avec ceux qui croient en tol.»
Godefroy fit aussitôt partir son frère Baudouin, qui devint ainsi i maître d'Édesse.
En même temps Guiçan et Agh'uçan, émirs d'Antioche *, qui s'étaient ca-
chés, sortirent et prirent la fuite. Ils rencontrèrent deux braves Arméniens, qui
les tuèrent et qui apportèrent leurs têtes aux comtes. Ceux-ci les comblèrent
d'honneurs.
Vers cette époque, Soliman, qui était devenu souverain dans le pays de Grecs,
fut tué à Iconium*, et remplacé sur le trône par Kilidj-Arslan.
,
»
1 ]lest impossible d'identifier ce nom avec aucun forme en distinguant deux personnages,
P
de ceux des chefs qui prirent part à la première
croisade, et que nous connaissons. Tous les autres
noms sont mentionnés dans notre Extrait de la Chro-
nique de Matthieu d’Édesse (conf. ci-dessus, ch. 1",
p. 29 et 26), à laquelle le lecteur voudra bien re-
courir. On pourrait croire cependant que le chroni-
queur a voulu désigner le comte de Saint-Gilles,
dont il avait sans doute transcrit le nom dans l'ori-
gina] syriaque, comme l'a fait Aboulfaradj, sous la
Saint-Gilles et Raymond, au lieu d’un seul. Il est
probable aussi que le traducteur arménien a, de
son côté, contribué à cette confusion.
2 Michel fait ici une étrange méprise, en pla-
çant deux émirs à Antioche, par une double alté-
ration d'un seul et même nom, Baghi-Siän. (Cf. ci-
dessus notre Extrait de Matthieu d'Édesse, ch. 11,
et ibid. note 1, p. 31.)
3 Ceci est encore une erreur, puisque Solinan
DE MICHEL LE SYRIEN. _ 329
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Le sulthan du Khoraçan [Barkiarok], ayant appris l'expédition des Franks,
fit marcher contre eux Kerboga, à la tête de cent mille cavaliers. À peine arrivé,
celui-ci assiégea les Franks dans Antioche, et les pressa vivement. Les croisés,
recourant à Dieu par des prières incessantes, trouvèrent, d'après une révélation
faite au patriarche, la lance du Christ, déposée dans les fondements de l'église
[de Saint-Pierre]. Fortifiés par la possession de cette arme, ils taillèrent les Turks en
pièces par un miracle éclatant. Les infidèles, épouvantés, se sauvèrent du littoral.
Les troupes frankes, continuant leur marche, s'emparèrent de tout le pays
jusqu'à Joppé, et parvinrent devant Jérusalem. Cette ville était alors remplie
d'Arabes, arrivés depuis peu d'Égypte, et qui l'avaient enlevée aux Turks’. Les
croisés, fondant sur eux l'épée à la main, les exterminèrent. Les principaux
d'entre les infidèles s'étaient entassés dans le Temple; ils en furent arrachés et
mis à mort. |
Le patriarche suivit une rue, et, massacrant sur son chemin les infidèles, il
arriva [à l'église] de la Sainte-Résurrection, les mains coilées par le sang à la
garde de son épée; il les lava en récitant ce psaume : « Que le juste se réjouisse
« dans le Seigneur, en contemplant la vengeance dont il est le ministre. Il lavera
«ses mains teintes du sang du pécheur”.» Puis il célébra la messe, en disant
qu'il n'avait jamais offert de sa vie un sacrifice plus agréable à Dieu.
Godefroy régna à Jérusalem deux ans, au bout desquels il eut pour succes-
seur Baudouin, qui occupa le trône quinze ans”.
Kilidj-Arslan, qui voulait envahir le territoire de Mélitène, ayant connu la prise
périt dans un combat livré contre son oncle Té- 2 Psaume LVII, x.
tousch, sulthan d'Alep, entre cette ville et Antioche. $ Godefroy ne régna qu'un an, du 10 des ka-
(CF. dans la Bibl, histor, armén. Matthieu d'Édesse, lendes d'août — 23 juillet 1099 au 15 des ka-
ch. cxxvur, et ibid. note 1.) lendes d'août — 18 juillet 1100 (Guillaume de
1 Cf. ci-dessus, dans notre Extrait de Matthieu Tyr, IX, 1 et xx), et Baudouin, son frère, d'oc-
d'Édesse, la note 3 de la page 32. tobre 1100 à avril 1118 (Jbid. XI, 1 et xxxi).
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390 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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6 B. Matane; dits —1H, g Quik — 8, Ur.
de Jérusalem, s'arrêta. Danischmend assiégea Mélitène pendant trois ans, et
brûla les ouvrages qui la défendaient. Il ÿ avait là, depuis le temps de Philarète,
un chef! qui promit de livrer cette ville aux Franks, mais qui, manquant à sa
parole, la remit à Danischmend. Celui-ci donna du pain et des bestiaux aux ha-
bitants, leur accorda des immunités, et restaura leur cité.
En ce temps-là, plusieurs contrées étaient sous la dépendance de chefs armé-
niens, qui les occupaient depuis l'époque de Philarète. [Kogh']-Vasil gouvernait
Kéçoun et R'aban, et les fils de R'oupên, la Cüilicie.
Des dissensions ayant éclaté entre les Arabes et les Turks dans le Khoraçan,
il sensuivit une guerre signalée par des déprédations de part et d'autre. Mais
dans la Cappadoce et la Bithynie, il n'y avait pas d'Arabes; c'étaient les Turks
qui possédaient ces provinces, et qui combattaient les Grecs.
Danischmend, après avoir pris Mélitène, mourut au bout de deux ans*°. Alors
Kilidj-Arslan survint et enleva cette conquête à Sonkor, fils de Danischmend, et
y établit sa domination *.
Ghiâth-eddin, devenu sulthan du Khoraçan ‘, envoya Djâwali contre les Franks.
Lorsque celui-ci fut arrivé à Mossoul, l'émir Djekermisch s'avança contre lui;
1 Ce chef était Khauril ou Khôril (Gabriel), le
beau-père de Baudouin Du Bourg. (Cf. ci-dessus,
p. 51, note 3; et ch. exuix et cLxvn, t. I, de la Bibl.
hist. armén. p.212et230,etibid. notes, p. 430-431.)
Aboulfarad)j, en sa qualité d'ennemi acharné des Âr-
méniens, se complaît à représenter Gabriel comme
un tyran rapace et cruel. Ï1 raconte que lorsque
Mélitène fut tombée au pouvoir des Turks, ceux-ci
et les chrétiens, encore plus animés contre Gabriel
que les infidèles, l'accablèrent d'outrages et de mau-
vais traitements. Sous les coups et les menaces des
Turks et dans un péril extrême pour sa vie, il es-
saya encore de les tromper; mais, sen étant aper-
çus, ils le massacrèrent et jetèrent son cadavre
aux chiens.
? En1417 des Grecs (1° septembre 1105-1106).
$ D'après Aboulfarad), le siége de Mélitène, par
Kilidj-Arslan, dura un peu moins d'un an; il le
commença le 28 septembre de l’année 1417 des
Grecs — 1106; et, après des assauts réitérés, cette
ville lui fut livrée par capitulation, le 2 septembre
de l’année suivante.
4 Ghiäth-eddin Abou-Schodja Mohammed, le
Daph'ar de Matthieu d'Édesse, Tamépys d'Anne
Comnène {cf. ci-dessus, p. 75, note 1), l'un des
trois fils de Mélik-Schah, eut d'abord en partage
l'Azerbeïdjan et la Syrie. Mais nous devons nous
rappeler que les Arméniens désignaient par le nom
générique de Khoraçan tous les pays qui en s'éten-
dant à l'ouest jusqu’à la Méditerranée formaient les
États des Seldjoukides des diverses branches, (Cf.
ci-dessus, Matth. d'Édesse, ch. vi, p. 39, note 3.)
DE MICHEL LE SYRIEN. 351
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— 15 bas dis) — 166,24 ns Lu.
Djâwali, l'ayant pris et chargé de chaînes, le conduisit vers la ville. Au bout de
quelques jours, Djekermisch mourut, et Djäwali fut délivré de lui. Alors les
habitants députèrent vers Kilidj-Arslan, promettant de lui remettre leur terri-
toire; il vint et en prit possession.
Djâwali, ayant augmenté ses forces, se tourna contre Khabour et prit cette ville.
À cette nouvelle, Kilidj-Arslan vint le combattre; mais en traversant le fleuve, il
périt'. Djâwali, plein de joie, accourut, s'empara de Mossoul, de Nisibe, et,
chargé des trésors qu'il avait enlevés, reprit la route du Khoraçan.
La mort de Kilidj-Arslan ayant été connue dans ses États, la couronne fut
dévolue à son fils Thogrui- Arslan. Ce prince donna le commandement de ses
troupes à deux généraux, Él-Arslan et Bizmisch ?. Il avait trois frères, qui se nom-
maient Arab, Schahënschah* et Maç'oud. Schahënschah tua Maç'oud, et l'émir
Gazi, fils de Danischmend, fit mourir Arab, parce qu'il ne voulait pas qu'il régnât
sur la principauté de son père, et que les sentiments de haine ne s'éteignirent
jamais dans cette famille.
Ce fut dans ce temps qu un chef Frank nommé Godefroy, accompagné de
trente hommes de noble naissance, vint en pèlerinage à Jérusalem. Ayant pris la
? L'émir Djäwali avait joint ses forces à celles
de Ridhouän, sulthan d'Alep, et avait sous ses or-
dres quatre mille cavaliers d'élite. Kilidj-Arslan en
comptait cinq mille. Le combat eut lieu auprès de la
ville de Khäbour. Kilidj-Arslan, après avoir vaillam-
ment combattu, fut abandonné par ses soldats, qui
prirent la fuite. Monté sur son cheval, il se précipita
dans le fleuve Khäbour, d’où il lançait des flèches
contre ceux qui s'étaient mis à sa poursuite. Chargé
d'une pesante cuirasse de fer, et sous la gréle de
traits qui l'accablaient, il fut entraîné par son
cheval dans un endroit profond où il se noya. Quel-
ques jours après son corps fut rejeté par les flots
sur le rivage, et on le transporta dans le village de
Moschem (Schemiçanié, il, dans Aboulféda,
tom. III, p. 362), où il fut enseveli. (Aboulfaradij,
p. 295.)
2 Bizmisch était le général à qui Kilidj-Arslan
avait confié la garde de la citadelle de Mossoul,
lorsqu'il vint se mettre en possession de cette ville.
(Aboulfarad)j, p. 295.)
3 Saïisan, Zaioäv, dans Anne Comnène (Alexiade,
p. 341). C'est le même prince qui est appelé Malek-
schah par Aboulfarad)j (p. 296). Il était l'oncle d’un
autre Schahënschah ou Schahinschah, Savsoév, dont
il est question dans Grégoire le Prêtre. ( Cf. ci-des-
sus, p. 176, notes 1 et 2.)
42.
232 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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7 À. re.
———————_—
résolution de ne jamais plus s'en retourner, ils se firent moines, en se consacrant
à la prière et à une vie de sainteté. Le second roi de Jérusalem, Baudouin, et le
patriarche les engagèrent à combattre les Turks, leur disant que l'œuvre la plus
agréable à Dieu est de faire la guerre pour la défense des chrétiens. En même
temps ils leur donnèrent le Temple pour habitation et des propriétés sur terre
et sur mer, des navires, des villages et des vignes. Cette corporation s'accrut peu
à peu. Ses membres avaient pour règle de vivre dans une continence absolue
pour la gloire de Dieu, d'avoir tout en commun, et de ne posséder rien en
propre, au spirituel comme au temporel. Ils reçurent le nom de soldats du Christ,
parce qu'ils se proposaient pour but la guerre contre les infidèles, et jamais
contre les vrais croyants. La fondation de cet institut ayant été connue à Rome et
en tous lieux, on leur donna des couvents, des forteresses, des villages et des
redevances dans toute la chrétienté. Ces libéralités les rendirent puissants et riches,
et ils formèrent une milice particulière. Telle fut l'origine des Frères nommés
Hospitaliers, parce qu'ils entretenaient des maisons pour y recevoir les pauvres
et les malades.
Plus tard ils se divisèrent, et quelques-uns d'entre eux, qui vivaient dans la re-
traite, dirent aux autres : « Cédez-nous pour notre portion, et en vertu d'un pacte
«écrit, nos anciennes possessions. » Ce qu'ils réclamaient leur ayant été accordé, ils
le vendirent et devinrent riches. Puis ils demandèrent de la terre pour se faire un
jardin, autant qu'une bête de somme peut en transporter; et comme ils en char-
riaient jour et nuit, ils firent réflexion qu ils ne pourraient résister à ce travail. Alors
ils rachetèrent les anciens domaines qu'ils avaient vendus, et acquirent une grande
étendue de terres, en donnant en retour de l'or et de l'argent. D'autres leur cédè-
DE MICHEL LE SYRIEN. 399
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rent des villages et des communautés. Ils portent le nom de Templiers, ce qui si-
gnifie maison des pauvres; comme le nom d'Hospitaliers veut dire maison des malades.
Voilà ce que nous avons appris touchant l'origine de ces Ordres”.
Il s'éleva de la race des Ortokides un émir appelé Balag, qui régna et devint
célèbre. Il marcha contre Gamakh. Aussitôt Mangou-Djag, seigneur de Gamakh,
s'enfuit à Trébizonde, où il chercha un refuge auprès des Grecs. S'étant mis à la
tête d'un corps de troupes qu'ils lui fournirent, il marcha contre Balag; mais les
Grecs furent vaincus et Mangou-Djag ainsi que Gavras faits prisonniers, et en-
suite rachetés pour 30,000 tahégans”*.
À cette époque, les princes arméniens de sang royal, qui, sous le règne de
l'empereur Basile, avaient émigré du Vasbouragan, et reçu Sébaste, Césarée et Ka-
vadanék *, en échange de leurs États héréditaires, se virent dépossédés par la
perfidie des Grecs. Ainsi dépouillés de nouveau, ils passèrent dans la Cilicie, et
se rendirent maîtres, à main armée, d'un grand nombre de districts, de forte-
resses et de châteaux. Ces princes sont nommés R'oupéniens, ils descendent de
deux tiges des illustres et puissants rois qui avaient Haïg et Sennachérib pour
ancêtres“, et qui sallièrent par le sang, et dans les temps anciens dominèrent sur le
En racontant l'origine des Templiers et des
Hospitaliers, l'auteur ne se montre pas plus exact
qu'il ne l'est habitueliement lorsqu'il parle des La-
tins. On sait que ce fut un Français, nommé Gérard,
qui fonda l'ordre des Hospitaliers, confirmé par le
pape Pascal II, en1113. Celui des Templiers doit
son origine à Hugues de Payen, en 1118.
? Gamakh est le nom par lequel les écrivains
arméniens du xu° et du x siècle désignent le dis-
trict de Taranagh'i, dans la province de la Haute-
Arménie. Cependant cette synonymie doit être
plus ancienne, puisque nous trouvons, parmi les
subscriptions du concile de Constantinople, 6° œcu-
ménique (680-681), celle de Georges, évêque de
Tapavé}nos Où l'épayov. C’est dans ce district qu'était
située la forteresse d’Ani ou Gamakh, où les rois ar-
sacides d'Arménie avaient leur sépulture. (Moise de
Khoren, IT, x; Indjidji, Armén. anc. p. 7-9.) —
Aboulfaradj dit (p. 306) que cette expédition fut en-
treprise en février 1430 des Grecs (1118), par le
sulthan de Mélitène, et que le seigneur de Gamakh
fut secouru par Théodore Gavras, duc de Trébi-
zonde. (Cf. Anne Comnène, liv. VI, p. 189-190.)
3 Khavadanék', forteresse au sud-ouest de Sébaste.
4 Ce sont les Haïciens, ou souverains de la pre-
mière dynastie qui, suivant les historiens armé-
niens, régnèrent dans la Grande-Arménie depuis
l'époque de Ninus jusqu’à Alexandre le Grand,
et les princes Ardzrounis, qui faisaient remonter
leur origine jusqu’à Sennachérib, roi d’Assyrie, et
3934 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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1B. suypu — ? B. Vos — 5H. ajoute Ep —! Qouupuafu — 5 B. Yaswwmuw — 6 B. ag qu fu pu
1 B,. vacuum — 8 B. Uowswmu — 9 B. bobuvaer huis — 10 B, gawqne — 1 B. Jbekbrr — 2 B, b bal
— 15 Au lieu de JL B. lit & — 1 B. omet um: .
Vasbouragan, contemporains des Bagratides, souverains de la Grande-Arménie.
Ce fut dans la Cilicie et dans l'Isaurie que leur trône fut alors restauré. R'oupên
devint le fondateur de cette dynastie, qui fut continuée par Constantin, Thoros
et leurs successeurs, l'un à la suite de l’autre.
En l'année 500 de l'empire des Arabes (commencée le 2 septembre 1106), l'Arabe
Sadaka régna sur Tékrit, et ses compatriotes accoururent auprès de lui’. À cette
nouvelle, Ghiâth-eddin, sulthan du Khoraçan, marcha avec toutes ses forces contre
Sadaka, qui s'enfuit, fut pris et tué. Quelques-uns prétendent qu'en lui fimit
la domination arabe, soixante et dixans après que celle des Turks avait commencé*.
À cette époque, une guerre terrible éclata parmi les oiseaux. Les grues et les
cigognes se rassemblèrent pendant plusieurs jours dans la contrée d'Amid, à un
lieu nommé Thëlkhoum. Ces oiseaux s'envoyèrent de part et d'autre des députés
pendant trois jours. Ensuite ils se livrèrent bataille en poussant des cris aigus,
depuis la troisième heure du jour jusqu'à la neuvième. Il tomba des deux côtés
une multitude de combattants. À la fin les cigognes furent vaincues et s'enfuirent.
Quelle fut la cause de cette guerre? Le Créateur seul le sait *.
qui possédèrent le Vasbouragan. L'origine et les des-
tinées bien distinctes de ces deux familles sont retra-
cées dans nos annotations sur la Chronique de Mat-
thieu d'Édesse (ch. vin”, note 4 ,et ch.cxx1x”, note 1),
t. Je" de la Bibliothèque historique arménienne.
1 Jbn-Alathir dit qu'au mois de séfer 500 (oc-
tobre 1106), Keï-Kobad, fils de Hazarasp, le Dei-
lémite, livra la place forte de Tékrit à Seif-eddaula
Sadaka, roi de Hillah. (Cf. Aboulféda, t. III, ad
annum 500.)
2 Abou-Dolaf Scherkhäb, fils de Keï-Khosrou, et
émir de Sava, ayant eu des difficultés avec le sul-
than Ghiâth-eddin Mohammed, chercha un refuge
auprès de Seif-eddaula Sadaka. Le sulthan ayant
réclamé plusieurs fois Abou-Dolaf, et Sadaka, fidèle
aux lois de l'hospitalité, refusant de le rendre, il
s'ensuivit une guerre dans laquelle Sadaka fut
vaincu. Trois mille hommes de sa cavalerie res-
tèrent sur la place. Dobais, fils de Sadaka, et l'émir
Abou-Dolaf tombèrent entre les mains du sulthan.
Sadaka périt dans ce combat, et sa tête fut apportée
au bout d’une lance au vainqueur. Cet événement,
que Michel place en 500 de l'hégire, est fixé par
Aboulféda au mois de redjeb 501 {janvier- février
1108). On aura remarqué sans doute que notre
auteur le raconte postérieurement au récit de l'expé-
dition de Balag et du sulthan de Mélitène-contre Ga-
makh, qui est de 512 (24 avril 1118-13 avril 1119).
$ Cf. sur ce même fait, ci-dessus, p.135, notre
Extrait de Matthieu d'Édesse, ch. Lxxxvir.
DE MICHEL LE SYRIEN. 335
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1 B, pan: be JerduT — 12 BR, Lonvwkb,.
—
Dans ce temps-là mourut Balag. L'émir Gazi, fils de Danischmend, en ayant
été instruit, vint occuper Mélitène. I rendit le repos aux habitants, accablés
de vexations par Balag. Le khalife lui envoya une couronne et lui conféra le titre
de Mélik-Gazi, roi du Nord.
Jean, monté sur le trône des Grecs, prit Castamon et deux forteresses. Mais
Mélik-Gazi marcha contre lui et lui reprit ces conquêtes.
À cette époque, Zangui, émir de Mossoul, s'empara d'Alep qui se rendit à lui
avec empressement, parce quil avait la réputation d'être bon et en même temps
juste dans ses jugements.
Cette même année, l'émir Gazi reçut en présent du khalife et de Ghiâth-eddin,
quatre drapeaux noirs, une chaîne en or destinée à être portée au cou, et une
baguette du même métal, ainsi que des timbales? et des trompettes. Mais lorsque
les envoyés chargés de lui remettre ces insignes arrivèrent, ils le trouvèrent mort.
Alors ils les offrirent à son fils Mohammed; ils entourèrent son cou de la chaîne,
en mirent une en or à ses pieds, et le frappèrent de douze coups avec la ba-
guette, en signe de vasselage; ils le proclamèrent mélik *. C'était de tous les
1 Cette expédition est rapportée par Nicétas
Choniates (Règne de Jean Comnène, $ 6), qui dit
que Danischmend s'était emparé précédemment de
Castamon. L'empereur Jean, étant arrivé dans la
Paphlagonie, apprit que Danischmend était mort,
et que Castamon était possédée par un certain Mo-
harnmed, alors en hostilité avec le sulthan Maç'oud.
Jean ayant fait la paix avec ce dernier, et ayant
obtenu de lui des renforts, attaqua et prit Casta-
mon. De là il marcha sur Gangra, qui eut le même
sort.
? Le mot twmwpw, naghara, est le persan 5,5,
nakäreh, timbale, d'où est venu, dans le moyen
âge, le latin nachara. (Cf. Du Cange, Gloss. med. et
infim. latin.) Cet instrument, associé au tambour,
: à la trompette, au clairon, au hautbois, servait à
former un orchestre qui se faisait entendre cinq
fois par jour, à l'heure des cinq prières canoniques,
devant la porte du palais des khalifes et des sul-
thans, et trois fois, lors de la prière du matin, de
l'après-midi et du soir, devant celle des principaux
dignitaires de l'État. Lorsque le khalife voulait ho-
norer l'un de ses grands officiers ou un prince, il
lui accordait la prérogative d’avoir un orchestre de
ce genre, thabalkhaneh. (Cf. Ét. Quatremère, Hist.
des Mongols de la Perse, t. 1, p. 419-423, et Hit,
des Sultans mamlouks, t. I, 1" partie, p. 173.)
3 Aboulfaradj place à l'année 529 de lhégire
(commencée le 22 octobre 1134), 1446 des Grecs
(1® octobre 1134-1135), l'envoi de ces insignes
souverains fait par le khalife à Gazi, émir de Mé-
litène et fils d'Ibn el-Danischmend. Il ajoute que
le khalife accorda en outre à Gazi le titre de mélik,
qui était immédiatement au-dessous de celui de
sulthan. Mais lorsque les députés du khalife arri-
vèrent auprès de Gazi, il était tombé malade, et
: %
330 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE :
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1 B. omet bulk apuumpfuwunr, &u— BE, bob, k Gwghe quguwpbiwg — 15 B. quawé liuu .
musulmans le plus vertueux; il sabstenait de vin et de toute action répréhen-
sible. Mais ces qualités ne l'empêchaient pas d'avoir les chrétiens en aversion et
de les persécuter.
L'émir Zangui entra en guerre avec les Ortokides, et les soumit à son autorité.
À cette époque, le pape de Rome quitta son siége et se rendit à Jérusalem, et
de là à Antioche ‘. Les Grecs, partisans du concile de Chalcédoine, accoururent
à lui, et se mirent à tourner en dérision les Syriens jacobites. Ils lui dirent :
« Ces imposteurs nous haïssent, ainsi que le concile de Chalcédoine, et révé-
«rent Bar-Tzaumä, qui a maudit le quatrième concile; ils possèdent sa main
« droite renfermée dans une cassette d'or, et trompent le peuple en prétendant
«que cette relique fait des miracles. Mais lorsque nous les prions de nous en
«rendre témoins, ils objectent quils ne peuvent pas, dans la crainte qu'il ne
«survienne des inondations et des grêles.» Tels étaient les propos railleurs que
ces gens-là tenaient. Alors le pape ayant ordonné de déposer cette main dans
l'église de Saint-Pierre, elle y fut apportée de la montagne. Puis il dit [aux
Syriens] de la retirer du reliquaire. « Nous n'osons point, lui répondirent-ils;
«ouvre ce reliquaire toi-même, père.» Dès qu'il l'eut ouvert, le ciel sobscurcit,
des bruits et des tonnerres se firent entendre; la pluie tomba accompagnée
d'éclats de la foudre et de grêlons énormes. Les éléments semblaient conjurés
pour abîmer la ville. Le patriarche et tous les habitants tombèrent la face contre
terre et rentrèrent la relique, au milieu des lamentations qui retentissaient; mais
ensuite le fléau s arrêta.
Cette année, les sauterelles ravagèrent le district d'Antioche. Le pape dit :
comme il mourut au bout de quelques jours, ils 1 J'ignore où Michel a puisé la mention des
proclamèrent mélik son fils Mohammed. Celui-ci faits qu’il rattache au prétendu voyage du pape à
alla s'établir à Césarée de Cappadoce, ville qui Jérusalem et à Antioche. IA fait confusion, sans
avait été détruite depuis longtemps, et qu'il re- doute, avec quelque légat de Pascal II, qui était
bâtit. alors dans la chaire de Saint-Pierre. |
DE MICHEL LE SYRIEN. 29 1
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Los qu", gb drvfunegbaug bfu. Le upennnehpbiws Jp cupmbby güouw hf puqupt, qh
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Gus ajunphh ebphv gaEquprt Pighonnuh wuncuitbuwfu, L ww. gamt qhqupqu
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fou spas Eu SFunh qoquguil dtine dh, L urupusil Jébasuqun , L. fouusE af qluu, L
fonde quukkgft, L wpdbe L Sfpuuh qgabgmgfit, La bqwnebundh fungkgfu que, k'qu.
JE npufuns fut fjunmukquiusg" Sun swpoupfiu èu : “prjtghu b Spwpu np f JEpuy
1 B. Gun: db unit démpusfrfu, qaip,s Üonpher — 2 B. wju — 3 B. gdpeuu — à B. 4 aus — » B. Louwtho tu
— 6 BR, Sbnpnbhe — 7 À. omet uncpp — 8 B. gencpp Qupowdin. — 9 Au lieu de ocvhlp, B. lit wpb de
e— 10 B, qufu — 1 B. 4 unnuy — 12 B. bpuwqupe, gl qunXuwn p — 15 B. wuqup — D. remplace ap par
LE — VB. get — 16B. & Sépbou — 7 B. juinwquirwgt.
« Passez la nuit en prières, ô Syriens, afin de conjurer ce malheur; car je suis
« persuadé que le Seigneur aura pitié de vous par l'intercession du saint qui a
«opéré un si grand miracle.» Les orthodoxes, s'étant réunis, prièrent depuis le
matin jusquà l'aurore suivante; et ayant pris la dextre du saint, ils sortirent
en dehors de la ville portant ce signe vivificateur. Par la vertu de Jésus-Christ,
par les supplications des orthodoxes, et grâce à la médiation et à la protection
de cette relique vénérée, toute cette nuée de sauterelles prit son vol et se précipita
dans la mer. On rendit à Dieu de solennelles actions de grâces, ainsi qu à saint
Bar-Tzaumâ. Le pape prononça anathème contre quiconque se permettrait de
blasphémer contre ce saint, en le condamnant à subir la sentence portée par le
concile de Chalcédoine, « car, dit-il, Dieu, qui scrute les choses secrètes, repose
« dans ses ossements', et nous n'avons rien à objecter contre sa volonté. » Il fit re-
chercher ceux qui avaient mal parlé du saint pour les châtier; mais on ne put
les découvrir, parce qu'ils étaient en fuite. Il donna l'ordre de ne pas les recevoir
dans la ville, «comme étant la cause, ajouta-t-il, du malheur que nous avons
«éprouvé. Mais vous, vous êtes les membres du Christ, conservez la paix entre
«vous, et seulement combattez les infidèles. »
Après cela on apporta la lance du Christ, et il dit : «Je connais la véritable
« lance avec laquelle le Seigneur fut percé, ct qui fut emportée en Arménie par
« l'apôtre Thaddée; mais où est-elle? » On trouva une relation sur ce sujet dans fa-
quelle étaient consignées les lignes suivantes : « Les juifs de Tibériade, le vendredi
«où l'on crucifia Notre-Seigneur, volèrent un enfant, et, l'ayant emmené dans le
1 Psaume XXXIIT, xx.
HisTon. ARM. — I. | 43
238 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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6 Au lieu de ap, B. lit acuwh — 7 B. omet 4 — 8 B. ajoute uœuwfé k — 9 B. &pobkp — 10 B. Erbg.
« désert, le crucifièrent, le couronnèrent d'épines, le revêtirent d'écarlate et de
« pourpre, et répétèrent sur lui tous les tourments ignominieux qu'ils firent subir
«au Seigneur. Les mêmes prodiges qui signalèrent la mort de Jésus-Christ
«s'accomplirent pour cet enfant : le ciel s’obscurcit, la terre trembla, les pierres
« se fendirent, de l'eau et du sang coulèrent de son côté frappé d'une lance. Ces
« prodiges révélèrent à toute la Phénicie ce qui s'était passé; on se mit en quête,
“et le crime commis fut découvert. |
« Les juifs s'enfuirent dans le pays des musulmans, et envoyèrent dire aux
«chrétiens de leur pardonner cet énorme forfait, promettant de reconnaître le
«Christ comme le vrai Dieu annoncé par les Prophètes et crucifié pour le
« salut du monde. Les chrétiens y consentirent et les rappelèrent. Alors les juifs,
«ayant tous reçu le baptême, embrassèrent le christianisme pour la gloire du
« Christ. C'est cette lance par laquelle ont lieu des miracles insignes.» Le pape
ayant entendu la lecture de cette relation, y crut, glorifia Dieu et l'adora.
Tout à coup le bruit se répandit qu'un terrible tremblement de terre s'était
fait sentir dans le Khoraçan et qu'il avait occasionné de grands désastres. La mos-
quée s'écroula et huit mille personnes périrent, hommes et femmes, réunies pour
entendre la prédication; car ce jour-là était un vendredi.
L'an 1455 de l'ère syrienne et 571 de l'ère arménienne !, l'empereur des Grecs,
Jean, mourut en Cilicie. Il eut pour successeur son fils puîné, Manuel, qui se
trouvait alors auprès de lui. Manuel partit pour Constantinople et reçut la sou-
mission de son frère aîné et des habitants de la ville impériale.
1 L'an 1455 de l'ère syrienne — 1” octo- ces deux dates et de vingtiet un ans sur la seconde,
bre 1143-1144, et 571 de l’ère arménienne — pour l’avénement de Manuel Comnène, qui est d'a-
19 février 1122-18 février 1123. Michel est en re- vril1143.(Cf. mes Recherches sur la Chronologiearmé-
tard d’un peu plus de six mois sur la première de nienne, t. K°, Il° partie, Anthol. chronol. n° Lxxuii.
DE MICHEL LE SYRIEN. 339
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La même année vit mourir le roi de Jérusalem. Il fut remplacé par son fils
Baudouin, qui était encore en bas âge. [Mélissende,] mère du jeune prince, prit
les rênes de l'Etat.
La même année fut signalée aussi par la mort de l'émir de Kharpert, Daoud,
qui était de la race des Ortokides'. Il eut pour successeur son fils Kara-Arslan.
En 572 de l'ère arménienne {19 février 1123-18 février 1124), l'atabeg Zangui
enleva Édesse à Josselin; mais au bout d'un an Zangui fut tué et eut pour suc-
cesseur Nour-eddin, son fils, seigneur de Mossoul”?.
A cette époque, Satan souflla ses inspirations dans le cœur du patriarche de
Constantinople. Ce prélat prétendit que le Christ avait opéré ses miracles par la
magie, et que c'est à l'aide de tels moyens que les Apôtres persuadèrent les po-
pulations. Un grand nombre de personnes ajoutèrent foi à ses paroles. L'empe-
reur les fit mourir; mais cette hérésie sest maintenue jusqu'à nos jours pire
que toutes les autres erreurs*. |
Cependant Josselin, seigneur d'Édesse, rassembla des troupes après la mort
de Zangui, et arrivant de nuit sempara derechef de cette ville qui lui avait ap-
partenu. À cette nouvelle, les Turks, s'excitant les uns les autres, vinrent en faire
le siége. Leur arrivée consterna les Franks. Ceux-ci commirent par imprévoyance
une faute grave, qui causa la ruine d'Édesse; car ayant forcé les chrétiens d'en
sortir pour leur faire traverser l'Euphrate, les Turks fondirent sur ces derniers,
1 C'était la branche des princes ortokides de
Hisn-Keïfa et Amid, qui avait pour auteur Souk-
man, fils d'Artoukh.
? Michel, qui est en retard de vingt et un ans
pour la date de la prise d'Édesse, est aussi dans
l'erreur en disant que Nour-cddin régna à Mossoul
après la mort de son père Zangui. Celui-ci avait laissé
quatre fils, dont l'aîné, Seif-eddin Gazi, succéda à
son père à Mossoul, et le second, Nour-eddin, régna
à Alep, dont il s'était emparé.
3 Michel, ennemi des Grecs, a raconté ce fait à
sa manière. Ce qu'il y a de certain, c'est que le pa-
triarche Cosmas fut déposé le 26 février 1147,
pour avoir soutenu un moine nomimné Niphon, in-
fecté de l'hérésie des Bogomiles.
A3.
298 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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1 À. omet gh — 2 B. bib p —5 BH. Jbebuiune fo hiuu — 4 B. ewgdniffiup — 5 B. ajoute Vrac 39 ——
6 Au lieu de #p, B. lit atuwf — ? B. omet 4 — 8 B. ajoute uœuwpf & — 9 B. 4pobp — 1 B. pt.
« désert, le crucifièrent, le couronnèrent d'épines, le revêtirent d'écarlate et de
« pourpre, et répétèrent sur lui tous les tourments ignominieux qu'ils firent subir
«au Seigneur. Les mêmes prodiges qui signalèrent la mort de Jésus-Christ
«s'accomplirent pour cet enfant : le ciel s'obscurcit, la terre trembla, les pierres
« se fendirent, de l'eau et du sang coulèrent de son côté frappé d'une lance. Ces
« prodiges révélèrent à toute la Phénicie ce qui s'était passé; on se mit en quête,
“et le crime commis fut découvert.
« Les juifs senfuirent dans le pays des musulmans, et envoyèrent dire aux
«chrétiens de leur pardonner cet énorme forfait, promettant de reconnaître le
« Christ comme le vrai Dieu annoncé par les Prophètes et crucifié pour le
«salut du monde. Les chrétiens y consentirent et les rappelèrent. Alors les juifs,
«ayant tous reçu le baptême, embrassèrent le christianisme pour la gloire du
« Christ. C'est cette lance par laquelle ont lieu des miracles insignes.» Le pape
ayant entendu la lecture de cette relation, y crut, glorifia Dieu et l'adora.
Tout à coup le bruit se répandit qu'un terrible tremblement de terre s'était
fait sentir dans le Khoraçan et qu'il avait occasionné de grands désastres. La mos-
quée s'écroula et huit mille personnes périrent, hommes et femmes, réunies pour
entendre la prédication; car ce jour-là était un vendredi.
L'an 1455 de l'ère syrienne et 571 de l'ère arménienne !, l'empereur des Grecs,
Jean, mourut en Cülicie. Il eut pour successeur son fils puîné, Manuel, qui se
trouvait alors auprès de lui. Manuel partit pour Constantinople et reçut la sou-
mission de son frère aîné et des habitants de la ville impériale.
1 L'an 1455 de l'ère syrienne — 1” octo- ces deux dates et de vingt'et un ans sur la seconde,
bre 1143-1144, et 571 de l’ère arménienne — pour l'avénement de Manuel Comnène, qui est d’a-
19 février 1122-18 février 1123. Michelestenre. vril1143.(Cf. mes Recherchessur la Chronologie armé.
tard d'un peu plus de six mois sur la première de nienne,t. I‘, Il° partie, Anthol. chronol. n° Lxximi.
DE MICHEL LE SYRIEN. 339
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6 B. ain Lranchh — 7 B. wn — 8 À. Juwpuqui — 9 B. £wn — 1B,. remplace wpaibrunt PAT on pois.
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La même année vit mourir le roi de Jérusalem. Il fut remplacé par son fils
Baudouin, qui était encore en bas âge. [Mélissende,] mère du jeune prince, prit
les rênes de l'État.
La même année fut signalée aussi par la mort de l'émir de Kharpert, Daoud,
qui était de la race des Ortokides'. Il eut pour successeur son fils Kara-Arslan.
En 572 de l'ère arménienne (19 février 1123-18 février 1124), l'atabeg Zangui
enleva Édesse à Josselin; mais au bout d'un an Zangui fut tué et eut pour suc-
cesseur Nour-eddin, son fils, seigneur de Mossoul*.
A cette époque, Satan soufla ses inspirations dans le cœur du patriarche de
Constantinople. Ce prélat prétendit que le Christ avait opéré ses miracles par la
magie, et que c'est à l'aide de tels moyens que les Apôtres persuadèrent les po-
pulations. Un grand nombre de personnes ajoutèrent foi à ses paroles. L'empe-
reur les fit mourir; mais ee hérésie s'est maintenue jusqu'à nos jours pire
que toutes les autres erreurs *
Cependant Josselin, seigneur d'Édesse, rassembla des troupes après la mort
de Zangui, et arrivant de nuit sempara derechef de cette ville qui lui avait ap-
partenu. À cette nouvelle, les Turks, s'excitant les uns les autres, vinrent en faire
le siége. Leur arrivée consterna les Franks. Ceux-ci commirent par imprévoyance
une faute grave, qui causa la ruine d'Édesse; car ayant forcé les chrétiens d'en
sortir pour leur faire traverser l'Euphrate, les Turks fondirent sur ces derniers,
! C'était la branche des princes ortokides de
Hisn-Keïfa et Amid, qui avait pour auteur Souk-
man, fils d'Artoukb.
? Michel, qui est en retard de vingt et un ans
pour la date de la prise d'Édesse, est aussi dans
l'erreur en disant que Nour-cddin régna à Mossoul
après la mort de son père Zangui. Celui-ci avait laissé
quatre fils, dont l’aîné, Seif-eddin Gazi, succéda à
son père à Mossoul, et le second, Nour-eddin, régna
à Alep, dont il s'était emparé.
$ Michel, ennemi des Grecs, a raconté ce fait à
sa manière. Ce qu'il ÿ a de certain, c’est que le pa-
triarche Cosmas fut déposé le 26 février 1147,
pour avoir soutenu un moine nommé Niphon, in-
fecté de l'hérésie des Bogomiles.
43.
340 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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sppéS gqus, bibi qqus puqup : Vol Gote 4nsbfu que Var phu eagle, nou
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1 Au licu de hwg, B. lit type — ? B. garenaqugt — 9 B. wrbpduu — 4 B. 4@E Netg — 5 B. Uunpeag
cbqnebu — 5 Qençu—7B. g607 — 8 B. f Qugbunput — ° B. op 46 — DB. qu — D'un rinugee
— 12 B. omet que — 15 B. omet ag euh — VB, jégacurt — 15 B. [Pugkqnupun — 16 B, 4, dix. —
17 B, quuwubuwy — 18 B, fer 7%.
en tuërent trente mille et firent seize mille prisonniers. Tu peux lire le récit de
ce désastre dans les autres historiens. Au lieu de cela, apprends quelle fut l'ori-
gine de cette ville. Je te dirai par qui elle fut bâtie, et à quelle occasion.
L'Écriture atteste qu'elle se nommait Ouroth (Ur). On y lit qu'elle fut fon-
dée par Nemrod, après le déluge, et que, suivant notre idiome, il la nomma
Ourhau, cest-à-dire «le village des Chaldéens,» car our signifie « village,» et
hau, «chaldéen.» Cest ainsi que Melchisédek, fils de Cham, fonda en Pa-
lestine une ville quil appela Jérusalem, mot qui se traduit par village de la
paix. En effet, dans notre langue syriaque, une ville ne saurait être appelée
village.
Édesse, ouvrage de Nemrod, fut détruite par Sennachérib, roi d'Assyrie, et elle
resta en ruines jusqu au temps d'Alexandre le Macédonien, qui, à la vue de l'em-
placement qu'elle occupait, dit à son ami Séleucus: « J'aime ce site, construis-y une
« Ville. » Cet ordre fut exécuté après la mort d'Alexandre par Séleucus, qui la
nomma Édesse, mot qui signifie, dans l'idiome des Macédoniens, « je l'aime, » et
qui faisait allusion aux paroles d'Alexandre : «jaime [ce lieu], élèves-y une
«ville.» Les Grecs l'appelèrent l'Assyrie Macédonienne, comme pour dire Macé-
doine d'Assyrie.
Au bout de trois cents ans, Abgar, roi d'Arménie et de Syrie, fils d'Arscham, la
trouva ruinée et la restaura, et la mariant au Christ, il en fit une épouse sainte.
Après lui et son fils [Ananoun|, Édesse obéit aux Romains pendant trois cents ans.
1 Cette étymologie du nom d'Édesse, aussi con- songer au verbe #àcodæs, étre délecté, avoir plaisir
jecturale que les autres que donne Michel, fait d’une chose, se réjouir.
DE MICHEL LE SYRIEN. 941
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Que fs squupague. juge wnwfinpqug, k'dious. père Zkaude Suïqug fr Grdivpuy
Genk ml %, push ke mhpkfu (Or news :
Ve ep vulpue Frs ehpbus k bamiqug, [que abafn.p7 L fur bunag qaptha
Ubeheh, Lan uin Ynpunbuñe pus. & Kg ntugkt jhue jus bunfuiu fa:
D 25e Brubé Suyng Elf qupiu fQrapne brumuñugiouuoqul, gbpS tu b aber bi
qhüp déSreuiu Sop bep À Lobh. gnp nuphus bfr Got swpofbudh feptatg jEplpks
Uéibhégeng, wupughe wabb qua k Suyplubwgu?, gp vumwghut bp qu spa] L wub
ques pe bi Stunt own bp UBatuuu dEunpungohui jangfl Vuspang, L ban By
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Guubug jun fugp L ggbwg. L'abuft dEpäuhuypi L Suubu BE qfnfifu
Pighunauh® ESuu pphunvbhg, L féquglt Jyd ncquufum fui dES. L imumuSkque.
Sasfpure opus 1 pe qh Gun wuwughg, aKuf owlpue tulinulf, pugpäbu arbpkug aulEuÿt
Epheb :
1B. pp boduuk — 2 B. <ouhp — 5 B. oplhuubw)p — & A. pwgunefdfit — 5 B. g$EpdnrwS — 6 unw.
Praprk —? B. wmnbnbe.p, d'ordures. — 8 B. shpbugl — 9 B. ajoute bpbuug — 10 B. omet qua — URB. 6H
— 12 B. omet Robusnauk. |
Les saints confesseurs qu'elle produisit, sont : Simon, Gori, Harbig, Cosmas,
Damien, les Corians et une foule d'autres.
Sous le règne de Constantin, quantité de couvents furent bâtis sur la mon-
tagne. Cette ville ne se soumit pas à Julien. Sous Valens, elle repoussa l'hérésie
de ce prince, et supporta toutes sortes de tribulations pour le Christ; mais sous
Marcien, elle n'éprouva aucun mal. Peu de temps après, elle tomba en décadence
par la faute de ses gouverneurs insensés. Elle passa entre les mains des Arabes
pendant quatre cents ans, depuis Omar jusqu à la conquête des Turks.
Sous la courte domination des Franks, elle fut plongée dans toutes sortes de
calamités, et devint un objet de deuil pour les enfants de Sion. Hélas! Quelle ruine
que la sienne! Mais Dieu jettera ses regards sur elle en accomplissant ses promesses.
L'an 574 de l'ère arménienne (18 février 1125-17 février 1126), le baron
Thoros revint de Constantinople, délivré de captivité après la mort de son père
Léon, que les Grecs, dans leur malice, avaient emmené de la Cilicie et banni de
ses domaines, conquis par la vigueur de son arc et de son épée. II se rendit à pied
auprès du seigneur Athanase, métropolite des Syriens jacobites, qui lui donna son
cheval, une troupe de douze hommes, et l'introduisit pendant la nuit dans la
forteresse d'Amouda. Le lendemain, Thoros arbora sa bannière et la planta [sur
les murs de la forteresse |. Les gens d'alentour, apercevant cet étendard, connurent
que la miséricorde de Dieu était revenue visiter les chrétiens, et éprouvèrent
une très-vive joie. La nouvelle de l’arrivée de Thoros se répandit de tous côtés, et
je dirai, pour être bref, queen peu de temps il rentra en possession de toute la
contrée ?. |
1 Le connétable Sëmpad fournit la véritable date (14 février 1141-13 février 1142). (Cf. ci-dessus,
du retour de Thoros II, de sa captivité à Constan- Grégoire le Prêtre, ch. ex, p. 166, et ibid. note 2.)
tinople. Cette date est 5go de l'ère arménienne 2 Aboulfaradj, qui a reprodnit et étendu ce récit
942 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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HUB, sw — 12 B. 4 un fu wpuu — 15 Au lieu de bei, B. lite — BR. bdiwquiu k newpuir wn Vip
nur, L& bg _— 1 B. Eur — 16 B. g (driuuwp = 1 B. g (opur — 18 B. aPESEuuh — 19 B. ajoute L —
20 B. qgura@uwju — ?! B. ajoute fun — 2? À. Yu.
Dès lors Dieu frappa de crainte le cœur des Turks et des Grecs, qui redoutaient
Thoros, à ce point qu'un jour, comme il se rendait à R'aban avec une escorte de
douze cavaliers, auprès de Josselin, il rencontra un fort détachement de Turks
accourus pour piller et faire une incursion. Avec l'aide de Dieu :l leur tua trois
mille hommes. Tous ses ennemis à la ronde tremblaient devant lui.
Dans ce même temps, Josselin étant venu au couvent de Mar Bar-Tzaumä,
les prêtres sortirent au-devant de lui, portant l'Évangile et la Croix, comme au-
devant d'un chrétien; puis ils le conduisirent à l'église. Mais 1l s'empara des points
fortifiés du couvent et y plaça une garnison de ses troupes.
Cette même année, Josselin étant allé faire une partie de chasse, les cavaliers
qui l'accompagnaïent se dispersèrent. Son cheval le précipita contre un arbre, et
étant tombé, il perdit le sentiment. Deux Turks le surprirent et l'emmenèrent à
Alep sans savoir qui il était. Là ils le vendirent à un juif. Plus tard, ayant été re-
connu, il fut conduit à Nour-eddin qui le fit mettre en prison. Puis celui-ci s'em-
para de tout le pays qui appartenait à Josselin, savoir : Azaz, Tellbâscher,
Bir, R'aban, Marasch, Béhesni, Hisn-Mansour, Samosate, Gargar’, Gaktha’, à
l'exception de Hr'om-gla, où était la femme de Josselin avec ses deux filles. Jos-
(Chron. Syr. p. 342), rapporte que Thoros étant ar- 1 Dans Aboulfarad) (Chron.syr.p. 338), 0
rivé auprès de l’évêque des Syriens, Mar Athanase, |; ajoute à cette énumération 5Le La JL Tagankar,
lui demanda de prier Dieu pour qu'il réussit à re-
couvrer les États de ses pères. Athanase lui fournit
de l'argent pour acheter un cheval. Thoros, ayant
rallié douze hommes, s'avança contre la forteresse
d'Amouda. Ceux de l'intérieur, reconnaissant leur
maître légitime, lui livrèrent aussitôt cette place.
Les Grecs de la garnison furent massacrés. Sa pe-
tite troupe s'étant grossie d’Arméniens et de Franks,
il enleva aux Grecs, paralysés par la terreur qu'il
leur causait, plusieurs autres forteresses.
en arménien ‘hérmpwnp Tégh'ènk'ar (Rocher jaune).
Une inscription en vers rimés, tracée sur une
plaque de marbre noir servant de maître-aulel,
dans l’église arménienne de Tarse, nous apprend
que Tégh'énk'ar était une forteresse considérable
de la Cilicie. (Voir le Haïasdan, journal arménien de
Constantinople, n° du + juin 1850, et M. Victor |
Langlois, Inscriptions grecques, romaines, byzantines
et arméniennes de la Cilicie, Paris, 1854, p. 27.)
DE MICHEL LE SYRIEN. 343
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eue 6 uit . L Yu —7B. b pnipÿu — 588, ajoute L: — 9 B. lruiuqusquhquir pui — 10 Au lieu de buk, B. lit .
selin fut privé de la vue et mourut entre les mains des infidèles. Sa femme ! manda
à Grégoire, catholicos d'Arménie qui habitait Dzovk’, de venir résider à Hr'om-
gla, parce quelle voulait s'en revenir chez ses parents de l'autre côté de la mer;
elle lui fit dire en même temps qu'ayant un fils, s'il retournait un jour, Gré-
goire lui rendrait la forteresse; qu'il valait mieux qu’elle appartînt au patriarche
que de tomber au pouvoir des Turks. Le catholicos se rendit à cette invitation,
et il s'établit à Hr'om-gla jusqü'au retour du fils de Josselin. On persuada alors
à celui-ci [de céder cette place] à prix d'argent et de la quitter, car lui-même
ne Jugeait pas possible de s'Y maintenir au milieu des Turks. Par la faveur
de la Providence, ce château devint pour toujours le siége des catholicos d'Ar-
ménle.
Cette année, la veille de l'Ascension, il tomba en Palestine une pluie mélée de
gouttes de sang. Au mois de mai, la première rosée qui, à l'aurore, couvrait le
sol à Jérusalem, était de couleur de sang; dans le mois de juin, il tomba de la
neige rouge. Tous ces signes annonçaient les massacres qui devaient marquer Îà
prise de Jérusalem.
En l’année 1464 de l'ère syrienne et 580 des Arméniens”, le roi de Jérusalem,
déjà parvenu à l'adolescence, voulut dépouiller sa mère de la direction des af-
faires. Celle-ci, ayant attiré à elle quelques grands, se renferma dans la tour de
David et sy fortifia. Alors Baudouin se mit en guerre avec elle. Mais la reine
lui ayant adressé de tendres reproches, le roi versa des larmes, et, après s'être
lié par un serment envers elle, il la fit sortir de la tour.
Amaury, roi de Jérusalem, et ensuite à Hugues
d'Ibelin.
! Cette princesse se nommait Béatrix; veuve de
Guillaume, seigneur de Saône, elle avait épousé
Josselin IT, et lui donna un fils, Josselin III, et deux
filles, Élisabeth et Agnès. (Cf. Du Bouchet, Histoire
généalogique de la maison de Courtenai, Liv. [°, p. 9.)
Les Lignages d'outre-mer (ch. va, 1x et xxvint) ne
mentionnent qu'une fille, Agnès, mariée d'abord à
2? Octobre 1152-1153 et 17 février 1131-16 fé-
vrier 1132; différence, 2 1 ans. Dans mes Recherches
sar la Chronologie arménienne, Il° part. Anthol. chro-
nol. n° Lxxx, j'ai moniré, d'après Guillaume de Tyr,
que la date exacte est 1148.
A4 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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11 B. omet 4 — À. qu —B.LE—UR, géptbu — 1 B. goppv — '6B. 284, — !7B. ajoute ke
CR as |
Il marcha à la tête de ses troupes contre Ascalon, dans le pays des Philistins,
et attaqua cette ville. Avant établi ses machines de guerre, il renversa une partie
des remparts. Sur ses décombres se réunirent vingt mille musulmans, armés de
pied en cap, qui s'écrièrent : « Ceci est la ville qui fut le fondement de la puissance
« de Mahomet, dans les premiers temps de notre religion; combattons vaillamment
« pour la défendre, et que hors de ses murs nos yeux ne voient plus la lumière du
« soleil. » Quatre cents chevaliers franks' s'élancèrent contre ces vingt mille hommes;
aucun de ces héros n'échappa, et tous moururent sur la brèche. Le roi frémit
de colère, ainsi que ses troupes, et fut dans la douleur. Les assiégés tentèrent pen-
dant la nuit de réparer leurs murailles; mais un des chefs franks, sire Renaud,
par ses efforts et au péril de sa vie, les en empècha. Au lever de l'aurore, le roi
prenant la Croix en main et s'étant approché du rempart, la jeta dans l'intérieur,
en s'écriant : « S'il y a un chrétien qui ait la foi dans le cœur, qu'il vole à la re-
« cherche du signe sacré qui fut arrosé du sang de Dieu. » À ces mots, les soldats,
enflammés de l'amour du Christ, se précipitèrent en un clin d'œil dans la ville
de tous les côtés, sans qu'aucun d'eux s'avisât même s'il avait revêtu ses habits.
Ascalon fut prise; seize mille personnes y perdirent la vie; il y eut une multitude
de prisonniers. Un petit nombre, étant parvenus à s'embarquer dans un navire,
se sauvérent en Égypte D
Renaud fut fait seigneur d'Antioche, et reçut pour épouse la femme de Raymond
de Poitiers. | |
A cette époque, le grand prince des princes, Thoros, fils de Léon, fils de Cons-
! Les chevaliers qui accompagnaient le roi étaient ? Sur la véritable date de la prise d'Ascalon par
au nombre de 375. Aboulfaradj dit que c'étaient des les croisés, cf. la note 1 du chapitre cxx de Gré-
Frères (chevaliers de l'Hôpital ou du Temple). goire le Prêtre, p. 124.
!
DE MICHEL LE SYRIEN. 945
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Lun nf fr fuuhbuyhi. L Unpu pubs EG hr dEpuy U'ouuy, Les Quiqpug mn,
Grip que qupäu f déc (puy, L funuumugus que wewg opt. wnfiu din,
1 B. (brephtu, — 2 B. ewgned gbkpni@badp L wcwpu — ÿ Data dbuitrg — & B. dinh — 5 Au lieu de
munele, B. lit y6p4plu — 6 B. 2 —7B. Qapnufu — 8 Au lieu de vrpw, B. lit Qretwg — ° B. ajoute & —
10 B, omet cry dhdbuivu — 11 B. wulur — 12 B. uw kgfu — 15 B. ajoute L.
tantin, fils de R'oupên, de race royale, dirigea une expédition dans la Cappadoce
contre les Turks, et en revint chargé de butin, avec de nombreux captifs, et cou-
vert de gloire.
À Iconium régnait Maç'oud, l'un des fils du khak'an, lequel donna sa fille en
mariage au fils d'Ya’koub-Arslan, de la maison de Danischmend. Ce prince, plein
de présomption, voulut pénétrer dans la Cilicie. Mais lorsqu'il fut arrivé sur les
limites, il n'osa pas les franchir, car on lui avait préparé une embuscade dans les
défilés qui donnent accès dans ce pays, et il s'en retourna honteusement.
Cependant l'empereur [Manuel] était irrité contre Thoros, parce que celui-ci
avait enlevé aux Grecs toute la contrée [de la Cilicie]. I fit marcher contre lui
son général Andronic à la tête d'une armée considérable. De son côté, le grand
Thoros, ayant rassemblé ses troupes, s'avança contre les Grecs. Les deux armées
se rencontrèrent auprès de Tarse, et le combat s'engagea. Mais Dieu protégea les
Arméniens; les Grecs ne purent leur tenir tête et furent battus. Ils perdirent trois
mille hommes; une foule de captifs, d'entre les principaux officiers de l'armée,
furent chargés de fers, et ensuite rendus à la liberté, moyennant une grosse
rançon. Le grand Thoros, ayant mis la main sur tout ce que renfermait le camp
des Grecs et recueilli la rançon des captifs, se vit possesseur de richesses im-
menses. Îl rendit grâce à Dieu qui l'avait vengé de ses ennemis.
Ce fut dans ce temps que les fils de Zangui, qui étaient à Mossoul, se liguè-
rent avec l'émir de Tékrit et se révoltèrent contre le khalife [Moktañ]. A cette
nouvelle, celui-ci marcha contre Mossoul; mais il échoua. Alors il se dirigea
contre Tékrit, et promit à ses troupes le pillage; elles prirent cette ville, et la
Histor. ARM. — I. 44
340 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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AEnunlg : Oaÿu œunnnchpbuwsg Ephg* napqcng fipng, npng puduwvkwg abhobeutne fu uu
bep . gr. Dupalu D aV'Eculfu 15 Las Fr 4 Alan fil 16, gluuñh ban Fr Neiupeufiu", L
qgSwpu En fr C “anfiruanfiits 18 ;
1H. Jeærwph — 2 À, b Lun —A,4 4apaju wuuw — à À. Ve euh — 5 B. 4 ut — 6 B. un nn ÿwgur.
L puwnuwnphwg — 7 B. ajoute & — 8 B. 4 ghepnphiu — 9 B. ajoute 4 — 10 B. ajoute & — !1 B. ajoute 4
— A. omet 6phg — VB. ghobuñva pp — 1 B. gQactepgfet — 8 gérenfit — 608. fu ion fi, L
— 1. 4 Danhioqugfir — 8 À. L& k Canfimnfr.
saccagèrent; la citadelle fut remise à l'émir Schems-eddin ', homme bienveillant
et ami des chrétiens, qui restaura la ville avec empressement, ainsi que les
églises. Il était sous l'obéissance du khalife.
Nour-eddin, seigneur d'Alep, marcha contre Damas, qui se rendit à lui sur
son serment; mais ensuite il fit périr les principaux habitants. Il démolit les
remparts bâtis en briques et les reconstruisit en pierres.
Vers cette époque, Timourtasch, Ortokide, seigneur de Mardin, tomba malade.
Comme les médecins ne trouvaient aucun remède pour le soulager, et jugeaient
son état désespéré, ils l'abandonnèrent. Alors il eut recours aux prières des chré-
tiens. Il envoya au couvent de Mar-Bar-Tzaumä, et on lui apporta la dextre du
saint. Il vit un homme de feu, qui, s'approchant, le prit par la main droite en lui
disant : «Les chrétiens m'ont envoyé vers toi pour que tu ne meures pas.» À
l'instant il recouvra la santé et glorifia le Christ.
11 procura aux chrétiens de grandes consolations et à l'Église beaucoup d'avan-
tages, à Mardin, Nisibe, Meïafarékin, Ras-el-'aïn, Dara, et dans un grand nombre
d'autres lieux qui dépendaient de son autorité. Il recommanda à ses trois fils de
tenir la même conduite, et leur partagea ses États. 11 donna Meïafarékin et Mardin
à Nedjm-eddin [Alby]; Khani * à Djemäl-eddin; et Dara à Schems-eddin.
1 Je suppose que c'est le même qui est nommé devant Tékrit et furent forcés de rentrer à Bagdad.
Moudjahhy-eddin Firouz, par Aboulfarad)j (p.360), 2 Khani, Juu#, a Le ,eten arabe, &le, Ana,
lequel était ennuque et émir de Tékrit, et avait petite ville située sur une île du même nom, au
pour ministres les deux frères, Eyoub, père du milieu de l'Euphrate, avec un château fort, dans le
grand Saladin, et Schirakouh. Contrairement à voisinage et au nord de Haditha. {Géographie d'À-
ce que Michel rapporte, Ibn-Alathir et Aboulféda boulféda, p. 286, éd. de MM. Reinaud et de Slane:
(ad annum 549) disent que le khalife Moktafi eten- et Merdcid-elitthila’, t. I, p. 229.)
suite son vizir 'Aun-eddin ibn-Hobeiïra échouèrent
DE MICHEL LE SYRIEN. 347
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Paunliaÿut pepy (Oveprul?, L ghug wEtauÿu ne da ep : ok inpus baivuuwns fEuny
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Sebabt qhump, npubu Eeebiè quopu (EG pupfuliy?, L ns be Xbai funÿu*, apabu q Sp.
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7 B. Dévépbphiuy — 8 B. fung — ° B. ajoute puwgnedp — 1 B. ajoute £ — !! Au lieu de pv4, B. lit 4 —
12 B,. $wypu — BE, ajoute L— MB, Uarcpouçuiry — DB, 4 wn ghepagdius.
+ om,
a ———————————————_—_— —— —_—_…———— ——…—"— "…——"——_—— —————
L'empereur des Grecs, ayant appris que le sulthan Maç'oud était arrivé sur les
confins de la Mésopotamie, lui envoya des ambassadeurs avec des présents pour
l'engager à envahir la Cüilicie et à attaquer Thoros. Le sulthan se mit en marche
avec toutes ses forces. Les habitants s'enfuirent prudemment et cherchèrent un
asile dans les lieux fortifiés, tandis que l'armée arménienne prenait position au
pied de la montagne. Le sulthan se dirigea sur Thil de Hamdoun. Mais le Dieu
des chrétiens atteignit les infidèles, non point avec une épée de feu comme au-
trefois les troupes de Sennachérib, non point par la main d'une femme comme
Holopherne, mais avec des moucherons et des insectes : c'était, disait-on, abso-
lument comme la plaie qui frappa Pharaon au cœur endurci. Comme on était dans
l'été, les hommes et les animaux succombèrent, et les infidèles prirent la fuite.
Les troupes arméniennes, s'élançant de la montagne, les taillèrent en pièces en très-
grande partie, semparèrent de leurs richesses et en remplirent leurs maisons en
rendant grâce à Dieu de ce succès. Maç'oud rentra à Iconium couvert de confu-
sion, et, après avoir été châtié deux fois par le Seigneur, il mourut.
En l'année 1466 de l'ère syrienne et 582 des Arméniens’, le fils de Maçoud,
Kilidj-Arslan, monta sur le trône. 11 avait deux frères. Il emprisonna l'un, et
l'autre s'enfuit vers les bords de la mer, et se cantonna dans les forteresses que
son père lui avait données avant sa mort. Il se nommait Schahënschah, et s'était
allié par mariage à la famille de Danischmend. Yakoub-Arslan, prenant fait
et cause pour lui, déclara la guerre à Kilidj-Arslan, et le combattit. En même
temps 1l envoya prévenir Nour-eddin, qui accourut, et sempara de Ph'arzman
et d'Ain-tab.
1 Octobre 1154-1155 et 16 février 1133-15 fé mort du sulthan Maç'oud et l’avénement de son fils
vrier 1134 ; c’est la première de ces deux dates, Kilidj-Arslan II l’année 604 de l’ère arménienne
la date syrienne, qui est correcte ; elle est confirmée (11 février 1155-10 février 1156).
par Grégoire le Prêtre, chap. cxvit, qui fixe pour la
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948 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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Les Arabes possédaient encore l'Égypte, qu'ils occupaient depuis Mahomet, et
les Turks n'avaient pas pu y fonder leur domination. Les Égyptiens avaient un
khalife de la race d'Ali; depuis lors Bagdad fut le siége du khalifat!.
À cette époque mourut le khalife d'Égypte [Dhafer]. H avait un fils nommé
Abbas, qui voulut le remplacer?. Mais comme le prince (vizir) d'Égypte s'y opposa,
Abbas prit tous les trésors de l'État, et emmenant avec lui trois mille esclaves ar-
. méniens, il les équipa et les arma. Puis, sous la direction des Bédouins, il prit pen-
dant la nuit le chemin de Damas pour se rendre auprès de Nour-eddin. Mais le len-
demain les troupes égyptiennes, se mettant à sa poursuite, l'atteignirent. Les esclaves
arméniens, rendus à la liberté, tombèrent sur les Égyptiens qu'ils exterminèrent.
Ceux, parmi ces derniers, qui échappèrent au massacre, s'enfuirent en Palestine
où ils firent halte. Cependant un des Bédouins, arrivé à Jérusalem, annonça aux
Franks ce qui venait de se passer. Aussitôt ceux-ci s'équipèrent ct marchèrent
contre les Arméniens. Abbas, après avoir disposé sa troupe, lui dit : « Courage,
«mes enfants, soyez braves contre les Franks comme vous l'avez été contre les
…d Égyptiens. Je vous comblerai d'honneurs. » Les Arméniens, prenant leurs armes
et faisant bonne contenance, s'avancèrent contre les Franks avec ardeur. Cepen-
dant, ayant aperçu le signe de la rédemption porté au-devant des Franks, les mains
leur manquèrent, et, fondant en larmes, ils descendirent de cheval et se proster-
1 ]l est presque inutile de faire remarquer l'er- avec les dépouilles qu'il avait enlevées. Mais les
reur de Michel, puisque les Abbassides de Bagdad Franks l'arrétèrent en route et le tuèrent. Thalaï
sont antérieurs de deux siècles aux Fathimites. prit alors le titre de vizir et le surnom de Mélik-
2 Michel commet ici une grave méprise. Abbas essaleh; et ayant réclamé aux Franks Nacer, fils
n’était nullement le fils du khalife Dhafer, mais d’Abbas, qu'ils retenaient prisonnier, il le mit à
son vizir. Ayant tué le khalife, il proclama le fils mort dans le palais même du khalife, et fit attacher
de ce dernier, âgé de cinq ans, appelé Abou’lkacem son cadavre à un gibet auprès de la porte Zoveiïla,
Tça, lequel prit le titre de Fäïz-binasr-Allah; en au Kaire. (Ibn-Alathir et Aboulféda, ad annum 549.)
même temps, il pilla les trésors du palais. Les 3 Aboulfaradj (p. 351) dit pareillement que ce
gardes et les eunuques noirs appelèrent pour lui corps d'Arméniens, à la solde d'Abbas, était fort
résister Thalaï-ibn-Razik, émir de Moniat-Abou’l- de trois mille hommes,
khacib. A son approche, Abbas s'enfuit en Syrie
DE MICHEL LE SYRIEN. 349
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nèrent devant ce signe sacré comme des gens mourants de désir. Les Franks
semparèrent facilement de trésors immenses et vendirent Abbas au prince
d'Égypte. Dès que celui-ci le tint en son pouvoir, il le fit crucifier. Les Franks
laissèrent les enfants de l'Arménie se retirer avec leurs vêtements seulement, mon-
trant ainsi leur ingratitude envers leurs bienfaiteurs, envers de pieux chrétiens,
qui de leur propre mouvement les avaient mis en possession de tant de richesses.
Renaud [de Châtillon], qui portait le titre de prince d'Antioche, eut une con-
testation avec le baron Thoros, au sujet des forteresses que les Grecs avaient
enlevées aux Frères (Templiers) et que Thoros avait reprises aux Grecs. Renaud
disait : « Les Frères combattent pour la cause commune des chrétiens; rends-leur
« ce qui leur appartient. » Un combat fut hvré auprès d'Iskenderoun, et beaucoup
de gens périrent des deux côtés. Renaud fut contraint de s'en retourner chez lui
couvert d'humiliation. Postérieurement Thoros rendit de lui-même aux Frères!
les forteresses qui étaient sur les confins d'Antioche; et ceux-ci lui firent ser-
ment de secourir les Arméniens, dans toutes les occasions où ils en auraient be-
soin , même jusqu à la mort, et de partager toutes leurs peines.
En l'année 584 de l'ère arménienne (15 février 1135-15 février 1136) le
baron Sdéph'ané, frère du baron Thoros, étant arrivé sous les murs de Marasch,
y fit entrer pendant la nuit ses troupes, qui furent reçues dans les maisons de
ceux des habitants qui étaient chrétiens. Cette surprise fut ménagée par un prêtre
de cette ville avec lequel le baron Sdéph'anê était d'intelligence. Au lever de
l'aurore, ses soldats s'emparèrent de la place, et massacrèrent les Turks qu'elle
renfermait. Fiers de leur victoire, ils insultaient ceux qui étaient renfermés dans
la citadelle, et avaient commerce ouvertement avec leurs femmes. Aussi Dieu. irrité,
1 C'étaient les Templiers de Gastim, château goire le Prêtre, ch. cxv, notes 1 et 2, p. 173 et
fort que l'Ordre possédait au nord de la Portella, 172, et Aboulfaradj, ad annum 1463 (1155-1156),
Pylæ Syrie, entre l'Amanus et la mer. (Cf. Gré- cité ibid.)
350 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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ne la livra pas entre leurs mains. Alors ils mirent le feu à la ville, et ayant em-
mené les chrétiens, ils pénétrèrent jusque dans l'intérieur du pays. L'émir, ayant
saisi le prêtre qui avait favorisé ce coup de main, le fit écorcher et brüler vif”.
Cette année, Renaud, d'accord avec Thoros, et aidé par lui, passa dans l'île
de Chypre, s'en empara et la pilla. I extorqua une rançon pour les hommes et
les animaux qui vivaient sur le littoral, mais en les laissant en liberté. Il prit
seulement des otages, retenant auprès de lui des évêques, des prêtres et des
nobles, jusqu'à ce que la contribution qu'il avait imposée eût été acquittée. Cette
expédition fut motivée par deux raisons : la première, parce que les Grecs tour-
mentaient les Franks qui habitaient cette île, et la seconde, parce qu'ils excitaient
les Turks à tuer les Arméniens.
Cependant le baron Sdéph'anê vint attaquer la forteresse de Pertous et la pressa
vivement. Les assiégés lui demandèrent de leur assurer par serment de les épar-
gner, promettant à cette condition de se rendre. Ce serment leur fut donné, et les
Arméniens, étant entrés dans la place, laissèrent aux Turks la vie sauve et la fa-
culté de se retirer.
On rapporta au baron Sdéph'anê que les Turks ne cessaient de faire en-
1 Cette date de l'ère arménienne est en relard de
vingt et un ans, puisque Aboulfaradj donne celle
de 1467 des Grecs (octobre 1155-1156). « Cette
«tants. Parmi eux se trouvait l’évêque Mar Denys,
«fils de Tzaliba, qui fut emmené par ces abomi-
« nables Arméniens, et se sauva à pied dans le mo-
«année, dit-il, l’émir de Marasch étant allé assiéger
«une des villes arméniennes, Sdéph'anë, frère de
« Thoros, réunit les Arméniens, qui se cachèrent
« pendant la nuit dans les maisons de leurs compa-
«triotes. À l'aurore, aussitôt que la citadelle fut
«ouverte, ils semparèrent de la porte, ainsi que du
« mur extérieur, et entreprirent de miner le mur
“intérieur. Sur ces entrefailes, ayant appris que
« l'émir, avec un corps considérable de Turks, arri-
« vait, et effrayés à l'idée qu'ils allaient être cernés
«entre les deux murailles et exposés aux altaques
«du dedans et du dehors, ils pillèrent la ville, y
« mirent le feu, et, emportant tout ce dont ils pou-
« vaient se charger, ils prirent la fuite avec les habi-
«nastère de Kâlaciour. J1 composa trois pièces de
«vers sur ce désastre de Marasch; car cette ville
« dépendait de son diocèse. Les Turks, de retour,
« faisant preuve d'humanité, montrèrent des dis-
« positions pacifiques envers les chrétiens qui étaient
«restés, et rendirent aux fugitifs arméniens, qui
« rentraient, leurs maisons, leurs vignes et leurs
«champs. Mais un prêtre de cette nation, qu'ils
« soupçonnaient d'avoir été de connivence avec ses
« compatriotes, fut écorché vif. Au bout de trois
« jours, ils lui coupèrent la langue, les mains et les
« pieds, et le précipitèrent dans les flammes. Les
« Arménicns, indignés de cet acte de cruauté, firent
« subir le même supplice à quelques Turks. »
DE MICHEL LE SYRIEN. 391
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guyud Skin — 1 B. ajoute 4 — À À. Yeynebuiup — 16 B. Muvncduupgu — ! À. omet gb — !8 B.
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Harem aux Arméniens ». — ?! B. wewgh fepnok, bBE Wewbpuvt funpép.
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tendre des menaces, annonçant leur intention de s'adjoindre de nouvelles forces
et de venir saccager la contrée. Alors il consulta des ecclésiastiques, qui lui répon-
dirent que si ces provocations étaient telles, il était dégagé de son serment. En
conséquence il les fit tous massacrer. Les infidèles, ayant eu connaissance de cette
exécution, devinrent derechef les ennemis des chrétiens.
Cette année mourut le grand sulthan du Khoraçan, Maç oud, laissant un fils en
bas âge. On lui donna pour atabek [tuteur] l'émir Hdiguiz, qui épousa la mère du
jeune prince et prit en main les rênes de l'État', Peu de temps après, celle-ci
mourut, et le pouvoir suprême fut remis à Ildiguiz; mais il conserva le titre
d'atabek. C'est pour cela que depuis lors les souverains du Khoraçan portent ce
titre, et leur royaume le nom de Maison des atabeks. Leur autorité s'étend jus-
qu'à Mossoul, et dans la Mésopotamie jusqu à Khar'an, dans toute l'étendue de la
contrée.
Pareïllement les princes établis dans la Cappadoce prennent le titre de Kha-
k'ans et de Seldjoukides, du nom de leur ancêtre. Les Danischmend ne formaient
pas un empire entièrement consolidé, car Kilidj-Arslan et Kara-Arslan, seigneur
de Sébaste, étaient en rivalité. Le baron Sdéph'anê en profita pour faire une in-
cursion dans le domaine de ces deux princes. |
Le roi de Jérusalem, s'étant rendu à Antioche, y réunit des troupes, appela un
corps d'Arméniens, et vint semparer de Harem, et os le pays jusqu'à
Alep.
Sdéph'ané fut calomnié auprès de Thoros, à qui on insinua qu ‘il méditait de
1 L’atabek Schems-eddin Iidiguiz avait le gou- distan. Il fut le premier des atabeks de l'Azerbeï-
vernement souverain de l'Azerheïdjan et du Kur- djan, dont la dynastie se prolongea jusqu’en 1225.
392 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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pluukbu, Efiu, ext jo) b gopuwqu : O ap Ping us 8 RTL sunephaug gopu unbpl,
1B. 4 Svapebu, powgdiug L'wnkbu, Epynid EGuiv qupébu, quuw — ? À. omet Géowphn, — 3 B. Daunr 2.
fau — 4 B. Tuvpje — 5 À. Vega bu — 6 Au lieu de 4v4, B. lit & — 7 B. yhobutug ‘unpuw — 8 B,
cuq ve supwgtru, « furieux de cela ».
le tuer. Celui-ci, ajoutant foi à ces mauvais propos, fit arrêter son frère et le mit
en prison, où il le tint renfermé dix mois. Enfin, cédant aux instances d'un grand
nombre de personnes qui interposèrent leur médiation, il le relâcha, et les deux
frères ne cessèrent plus d'être d'accord.
Kilidj-Arslan fit amitié avec Danoun (Dsou Inoun), émir de Césarée*, et par
le secours que celui-ci lui prêta, il ébranla la maison de Danischmend *.
L'empereur des Grecs, Manuel, ayant trouvé l'occasion favorable, entra en
Cilicie, dans les Etats de Thoros, parce que les Franks étaient très-occupés. d'un
autre côté, étant tourmentés par les Arabes d'Abd-el-Moumen*. Thoros se sauva avec
ses troupes dans les montagnes. Manuel, traversant la plaine de la Cilicie*, parvint
jusqu à Antioche. Il se disposait à marcher avec les Franks contre Alep, lorsqu'il
apprit la fâcheuse nouvelle qu'un des grands de l'empire voulait semparer de la
couronne. Il revint sur ses pas, en demandant à Thoros sa soumission. Mais il
eut beaucoup à souffrir, en route, des Turks, qui habitaient les rochers et qui
massacraient les Grecs en marche. Pour se venger de ces hostilités, Manuel
1 Aboulfaradj (p. 355) ajoute que cette réconci-
liation eut lieu par l'intermédiaire des Franks, et
que Sdéph'ané alla ensuite prendre du service chez
ces derniers. |
2? Cf. au sujet de Dsou’Inoun , Grégoire le Prêtre,
ch. cxvir, note 1. p. 176, et note 3, p. 177. On
voit, par ce que raconte Michel, que Kilidj-Arslan
se réconcilia avec Dsou’inoun, afin de s’en faire un
appui contre les autres princes de la famille de
Danischmend. |
3 Ici est intercalé un récit de la conquête de
l'Espagne par les Arabes, d'un caractère tellement
fabuleux et puéril, que j'ai cru devoir le retrancher.
4 C'est-à-dire les Arabes auxquels commandait
Abd -el-Moumen, fils d'Ali, de la dynastie des Al-
mohades, et soûverain du Marok. Michel fait allu-
sion aux invasions que firent en Espagne les Almo-
hades, et dans lesquelles ils mirent fin à la dynas-
lie des Almoravides et remportèrent de très-grands
avantages sur les rois de Portugal, de Castille, de
Léon, d'Aragon et de Navarre. À cette lutte contre
les Arabes prirent part les Pisans et les Génois,
Guillaume VI, comte de Montpellier, et Ermen-
garde, vicomtesse de Narbonne. (Cf. Dom Vaissette,
Hist. de Languedoc, t. IV, p. 123.) La puissance
des Almohades ne fit que s'accroître, jusqu'à ce
que la bataille de Las Navas de Tolosa (1212), dé-
sastreuse pour eux, amena leur expulsion de la
Péninsule et prépara l'extinction de leur dynastie
dans le Marok.
5 C'està-dire la Plaine Aléïienne, AAyiov médiov,
Aleïius campus, aujourd’hui Tchukur-Ova, dans le
Delta formé par le Sarus (Seyhan-tchaï) et le Pyra-
mus (Djeyhan-tchaï). En suivant ce chemin, l'em-
pereur dut côtoyer le golfe d'Issus (au moyen âge,
Golfe des Arméniens) pour arriver à Antioche. (Cf. .
les cartes de l'Asie Mineure de MM. H. Kiepert et
Pierre de Tchihatcheff.)
DE MICHEL LE SYRIEN. 399
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6 B. omet qua — 7 B. dunflisuwkuwr — 8 B. Vecpwnfufn — 9 B. quuw — 10 BR. abph — NE, ajoute L —
12 B. Réaogak. | |
envoya des troupes sur le territoire de Kilidj-Arslan, afin d'y faire tout le dégât
possible. C'était une guerre implacable entre les Turks et les Grecs”.
De son côté, Nour-eddin, instruit de ce qui se passait, vint saccager la partie
des États de Kilidj-Arslan située sur les confins de l'Euphrate, Béhesni, R'aban,
Marasch et autres villes, dont il sempara aussitôt. Mais ayant ensuite fait la paix
avec le sulthan, il les lui rendit. H se réconcilia pareïllement avec Ya koub-Arslan,
et ils conclurent la paix.
Cependant le roi de Jérusalem donna Harem au fils de Josselin, qui portait le
même nom que son père, et qui était l'héritier de Hr'om-gla. Celui-ci, pour
venger la mort de son père, saccageait jour et nuit le territoire d'Alep. Mais au
bout de deux ans il fut pris par les troupes de cette ville, conduit dans ses
murs, et il y mourut dans les fers. |
Le roi de Jérusalem Baudouin s'avança sur les confins de Damas, et ayant
gagné les Bédouins, qui campaient dans ces lieux par ordre de Nour-eddin, il
alla avec eux en Égypte, pilla ce royaume et lui imposa un tribu de 160,000 ta-
hégans; il revint de cette expédition couvert de gloire, traînant après lui une
multitude de captifs, et chargé de butin consistant en objets précieux et en
bestiaux ?.
Cette année, le roi des Géorgiens, Giorgi, défit l'émir Salthoukh, qui résidait
1 Voir ce récit développé dans Grégoire le Prêtre, Michaud, ainsi que M. Reinaud, dans ses Extraits des
chap. cxxv-cxxvi. auteurs arabes relatifs aux croisades, ont résumé les ré-
? Cette guerre contre l'Egypte fut faite, non cits des chroniqueurs occidentaux et orientaux sur la
point par Baudouin III, comme le prétend Michel, lutte que soutint Amaury contre Nour-eddin et en-
qui brouille ici les événements, mais par son frèreet suitecontre Saladin à ses débuts. Il suffit de consulter
son successeur, Amaury, quientreprit contre cepays ces ouvrages pour avoir l'intelligence du récit de Mi-
trois expéditions, dans les limites des années 1164et chel et y rétablir l'ordre. On pourra recourir aussi
1169. (Cf. ci-aprèsla Table chronologique de Héthoum.) aux Annales d’Aboulféda, t. IIT, et en particulier à
Deux historiens récents des croisades, MM. Wilken et la Chronique syriaque d’Aboulfaradj, p. 361-369.
Hisror. ARM. — I. 45
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994 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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8 À. puyg — ? B. ajoute 4 — 10 Au lieu de fu4, B. lit & — ! B. omet fer — !? B. ajoute & — 1B. ww.
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à Garïn, et l'ayant fait prisonnier, il le vendit dans cette ville même. Les Turks,
s'étant rassemblés en nombre considérable, fondirent derechef sur Giorgi, qui
les extermina par milliers ”.
Le sulthan Kihdj-Arslan et Ya’ bee se firent dés nouveau la guerre. Le
sulthan fut vaincu, et Ya’koub-Arslan s'empara de tous les insignes royaux de ce
prince. Mais, agissant avec magnanimité, il les lui rendit, et ils firent ensemble
paix et alliance. |
Le roi de Jérusalem fut averti que le seigneur de Saïda, Cirad avait équipé
des navires, les avait remplis de corsaires, et quil faisait plus de mal aux chré-
tiens qu'aux Turks. Irrité contre lui, il le chassa. Celui-ci se rendit à Antioche
auprès du Prince, qui lui concéda Bagras; et là il recommença le cours de ses
déprédations sur mer et sur terre. Le Prince, en ayant été instruit, l'expulsa
pareillement. Alors Girard se réfugia auprès de Nour-eddin, qui fut charmé de
son arrivée, parce qu'il lui promit de soumettre à sa puissance tout. le littoral.
Nour-eddin lui ayant fourni des troupes, Girard vint ravager la contrée située
sur les bords de la mer. Cependant le roi de Jérusalem, fortifié par le nom du
Christ, marcha contre lui, extermina les troupes turkes, et sempara de ce mi-
1 Cet émir était de la famille des Salthoukhides
ou Saltoukides, qui régnait à Arzen-erroum ({Erze-
roum). Suivant Ibn-Alathir, les Géorgiens, après
avoir une première fois battu et fait prisonnier
Mélik-Saltouk, en 548 de l'hégire (1153-1154),
lui frent éprouver le même sort en 556 (1161);
| graphes arabes et persans inédits, Journal asiatique,
Juin 1849, p. 491-499).
2? Girard'était fils du connétable Eustache Gré-
nier ou Garnier (cf. ci-dessus, p. 133). Il eut en
partage Saïda ou Saïette {(Sidon), que le roi Bau-
douin [* avait donné à son père. Son frère Gauthier
c'est ce dernier événement dont parlé Michel, et -
qui eut lieu sous le règne de Giorgi III. Au milieu
des divergences orthographiques que présente la
transcriplion du nom de cet émir dans les auteurs
arabes, il est évident par le texte de Michel qu'il
faut lire Saltouk, comme l'a conjecturé avec raison
M. Defrémery (Fragments d'historiens et de géo-
était seigneur de Césarée (Lignages d'Oùtre-mer,
ch. xvni, Ci dit des heirs de Saïette). Aboulfarad),
qui reproduit le récit dé l'événement dont if est ie1
question, en fixe la date à 1472 des Grecs (octobre
1160-1161), et nous donne ainsi exactement celle
de la mort de Girard. 1 É
DE MICHEL LE SYRIEN. 355
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ajoute £L —1B,. uncçpowufu fusk qunw,fu — 15 B. Lapiu.
nistre de Satan. L'ayant fait garrotter, il llemmena à Jérusalem, où il le condamna
à périr par le supplice du feu. C'est ainsi que finit ce scélérat.
Manuel, empereur des Grecs, fit mourir sa femme par le poison, parce qu'elle
était stérile, et épousa la fille du Prince d'Antioche, contrairement aux lois chré-
tiennes !.
Cependant Ya koub-Arslan fit la paix avec les habitants de Mélitène, et leur
donna pour émir un jeune enfant, son neveu (fils de son frère). Une dénoncia-
tion calomnieuse fut portée au sulthan contre Ya koub. On l'accusa de s'être ligué
avec plusieurs émirs pour tuer le sulthan et mettre le frère de celui-ci sur le
trône. Kilidj-Arslan, ayant ajouté foi à ces propos, envoya à Manuel son chan-
celier Christophe lui demander du secours, l'assurant que, s'il lui donnait la ga-
rantie d'un serment, il irait lui faire une visite d'amitié. Manuel, enchanté de cette
proposition, accorda le serment qu'on lui demandait. En conséquence, le sulthan
se rendit avec une escorte de mille cavaliers à Constantinople, où il fut reçu avec
les plus grands honneurs. Il y passa quatre-vingts jours. On lui envoyait ses pro-
visions de vivres, deux fois par jour, dans des vases d'or et d'argent, qui tous
restaient à ce prince et ne revenaient plus au palais de l'empereur. Au bout de
quelque temps, les deux souverains s'assirent à la même table, et Manuel fit pré-
sent au sulthan de tout le service qui la garnissait. Lorsque ce dernier fut au
moment de prendre congé, l'empereur lui donna un monceau d'or qui s'élevait
jusqu à la hauteur de la taille du sulthan, debout devant lui dans la salle du festin”.
1 Cette assertion de Michel sur l’empoisonne- Raymond de Poitiers et de Constance, qui avait
ment d'Irène (Berthe), première femme de Ma- pour père Boëmond II. En s'asseyant à côté de Ma-
nuel, répétée par Aboulfaradj, est contredite par nuel sur le trône impérial, elle reçut, suivant l'u-
Cinnamus {V, iv) et Nicétas Choniates {Manuel sage des Grecs, en échange de son nom, celui de
Comnène, Ill, v), qui affirment que l’empereur lui Xéné.
donna de très-grands regrets. La princesse qu'il 2 Cf. Grégoire le Prêtre, chap. cxxxn1, note 2,
épousa en secondes noces était Marie, fille de p. 199. |
45.
396 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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Ynsbaug quwpou Wok Quñtk b Miusoy ounnpuunmfdfut, L quput qopébu, uuniu qluu
ququhfr L gopu FAT Laliu : \ > 2wpdbkque upwprit fOvapru h guuncdù fr JE) $rchau, L
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SuoubgnequiuEg quauu 3, L fonounwtuuygp ui geumqnil aukf br Qeusnutquneuoquk L pape
Lojp PE wtugupn hgk Jhpwgt YepS bag, & ns bu ougtuuby que: ST uqunpr
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aepollt np die, L pullug géfupuft ® ap wgbuwdg k aukbpep pchunnubhg 2b.
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Grend wenepu plpnubque (prime bp Ueupns f qopuwg 4 eperufit 12, Sk_
dEpop L à SEunluwljop quugbuy jEphhrt Su] », np ewgnel Egayg puQnr fau nufo
ee pin di. puyg gb euqeud bp (Ovreget L qupuit qnpébu bp f Swënck, unnk fi
1 B. wdppuyuu — 2B. Ep — S B. 4 wnbuw, funpéncpqu k (32 wpwpfu Lente uhpa, — 4 B. Ua erth4nu
bobouu — 5 B. qu puy. (@apruh — 6B. 484 awtupupin E jhpugu gnpSbing — 1B. Lapuw quu — 8 B. ajoute L —
9 B, Rbreqgh bun gVbu — 10 B, a Newpohfu — 11 B, ahpuju — 12 À. Vrervqufu — 15 B. nip.
Kilidj-Arslan partit, tandis que Ya koub-Arslan convoquait tous les émirs de la
Mésopotamie; ils accoururent auprès de lui, pour marcher contre Kilidj-Arslan.
Mais lorsque les deux partis se trouvèrent en présence, ils furent effrayés réci-
proquement de leur nombre considérable. Des conférences s'ouvrirent, et la paix
ayant été conclue, ils se retirèrent chacun de son côté.
A cette époque, le prince Andronic, investi du gouvernement de la Cilicie
par Manuel, convia le baron Sdéph'anê à un repas, et tandis que celui-ci s'en re-
tournait, il fut tué, lui et ceux qui l'accompagnaient ". Le baron Thoros, furieux
contre les Grecs, leur tua dix mille hommes. Alors Andronic supplia le roi de
Jérusalem de venir les réconcilier, lui promettant de lui faire envoyer de Cons-
tantinople beaucoup d'argent. Il lui jura qu'il était innocent du crime dont on
le soupçonnait, et qu'il n'avait jamais ordonné ce meurtre. Le roi de Jérusalem
répondit à cet appel, et rétablit la paix entre eux; mais ce ne fut qu'avec de
grandes instances qu'il la fit accepter par Thoros, qui cessa dés lors de faire du
mal aux Grecs.
Le roi des Géorgiens, Giorgi, se rendit maître de la ville de Tévin, massacra
les Perses qui s'y trouvaient, et détruisit le -minaret qui avait été élevé avec le
sang et les ossements des chrétiens *. |
Renaud, seigneur d’Antioche, fut fait captif par les troupes de Nour-eddin. I]
était venu avec cent vingt cavaliers et cinq cents fantassins sur le territoire d'Alep,
où il accomplit de grandes prouesses avant d’être pris. Mais comme les Turks
étaient très-supérieurs en nombre, et s'étaient cachés dans une embuscade, ils le
1 Grégoire le Prêtre, chap. cxxxim, note 1, p. 200. — ? Le même, chap. cxxxiv, note 2, tbid.
DE MICHEL LE SYRIEN. | 397
qüaus. (huhen LT Yeupon bp wqunaunky L Equitls, up 15 quEgus Jhusjt up, bin
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qupéus- k Elu q$Ein Uunçuu Cdoph, Gownphug jus k rufunyg, L funhhawg quni L qupe
dun. qEpfiu :
8 boot ouh Vigne auuputt Swquibnbug qgSuiuna aEneopapefu" jap, ag amquaneule
phuy Ee & Uéaephes L deg bed, me EU ae (of ele, Le bamué qme
apurudf dpt np aiug & qupäus :
Le luwpuupuñiuh snque b JU pl, L ns Yeupuwsg wnbacg qe, k qupäus h ET
L Ynsbuwg qUarecpuuquii buy puenchbqafbui. Les Yeunébwg F4 UEvqne bu
1 B. 4 PEukan — 2 A. Vrervalru — 3 B. gwquenpnc fu Ds B. Du — 5 B. 4 “qu quu ——
6B. wnbuw, q6ph pugeid —71B, Nivel —#8B. ajoute L —9B, Uarcaouquir —10B, EC cou B. luer._
wuqul.
cernèrent. Quoiqu'il pôût se faire jour au travers de leurs rangs et leur échapper,
il ne tenta aucun eflort, et se livra aux ennemis, qui le conduisirent auprès de
Nour-eddin, à Alep.
Sur ces entrefaites, les Turks, ayant dirigé une incursion vers Laodicée, y
firent sept mille prisonniers chrétiens. Cet événement causa une profonde dou-
leur dans l'Église.
Le roi de Jérusalem, en ayant été informé, marcha contre Alep; mais ses
efforts furent inutiles. Alors, ayant fait la paix, il reprit le chemin de Jérusalem.
Arrivé à Acre, il mourut, laissant la couronne à Amaury son frère. Celui-ci ayant
transporté ses restes mortels à Jérusalem, leur rendit les honneurs funèbres;
cette perte le plongea dans le deuil pendant longtemps. Amaury régna dix-neuf
ans !.
Cependant Nour-eddin fondit sur le territoire de Jérusalem, et ayant enlevé
un butin considérable et une multitude de captifs, il s'en revint. Amaury, accou-
rant sur ses pas, le défit et le mit en fuite. I] lui reprit les dépouilles qu'il
avait enlevées et les captifs qu'il emmenait, et qui recouvrèrent ainsi leur liberté.
Cette même année Ya’koub-Arslan fit rentrer sous son obéissance Dsou’inoun
son neveu (fils de son frère), qui s'était révolté à Césarée. Il se rendit à Gamavi,
qui est Ani, c'est-à-dire Gamakh, et après avoir tué l'émir rebelle de cette ville,
il sen retourna. |
Kara-Arslan marcha contre Amid, mais ne put réussir. Alors il revint à Harsën-
Kéf (Hisn-Keïfa), et invita Ya koub-Arslan à un festin, pensant s'agrandir par une
trahison. Avec des forces considérables, il envahit le territoire de ce dernier, et
1 On a déjà vu que Michel a bouleversé la chro- Ce prince régna onze ans et un peu moins de cinq
nologie des rois de Jérusalem, et qu’il est considé- mois, du 18 février 1162 au 11 juillet 1173, d'a-
rablement en retard pour l’avénement d'Amaurÿ. près Guillaume de Tyr (XIX, 1, et XX, xxx).
398 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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crus! Eplar, ghébaunbau L gbotkupau, ape q6pSuit fuit 4Etquiuhe : |
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bpEe Swphengt Le mnngbfius pe gopdud Efbt juplufé L nbuf gyopednr fu (rar p_
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apoP fr gpl wpoftuu, el ncubpnl diugne pe wbubug (Oveeppugi was Ephfen
Shut fr dbpuy uogu, L [og gjwpuubt [uphuñg L dEpluguit queunwliun fui
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Guufi hnger L Ymnngkgfb pfupu L Suwqupu, L 4kpSun {jecpunfit yyd vuwencp. L
Urgu 19Ee que. bugs np ungu, qupdut févgnfHbudh f fun fiphuunnuk
UuuarSa dEpay:
LB. éaghotomgee —?B. jucneqie — ? B. prpugfi —* Bague — SR. fewrpésfi — SP. jh ui.
quatre — 7 B. 4 pphunnuuubp L auwnwswutp.
y fit cent mille captifs, parmi LS étaient deux évêques chrétiens, qui par-
vinrent à se sauver de ses mains
Cependant le baron Thoros, sis la captivité de Renaud, se rendit à Antioche,
et établit comme Prince de cette ville le fils de Renaud, Boëmond”?, malgré l'op-
position de la mère de ce dernier.
Nour-eddin ayant rassemblé des troupes et étant venu faire une incursion vers
Tripoli”, un parti de Turks rencontra trois cents cavaliers franks, sans que les uns
et les autres se reconnussent. Mais les Franks s'aperçurent bientôt que c étaient des
Turks, et Nour-eddin, pensant de son côté qu'il avait en face le roi de Jérusalem,
prit la fuite. Aussitôt les trois cents cavaliers franks s'élancèrent à la poursuite des
infidèles en les taillant en pièces. Lorsqu'ils se furent avancés au loin et qu'ils
découvrirent le gros de l'armée ennemie, ils virent qu'ils se trouvaient en pré-
sence de Nour-eddin, et furent effrayés. Ils gravirent une colline, et là, descendant
de cheval, ils se mirent à réciter les prières de l'heure suprême, dans l'attente
de la mort. À ce spectacle, les Turks, frappés de terreur par le Seigneur, aban-
donnèrent leurs bagages, jetèrent leurs armes, et s'enfuirent sans songer à regarder
en arrière. Les troupes amies du Christ, prenant courage, fondirent sur eux et les
massacrèrent par milliers. Nour-eddin s échappa avec une poignée d'hommes. Les
chrétiens, chargés des bagages et du butin enlevés aux infidèles, s'en revinrent
en triomphe, pour la gloire du Christ notre Dieu".
qu'elle était prête à lui livrer Antioche. Le patriarche
et les grands, ayant connu ses intentions, firent venir
de la Cilicie Thoros, qui fit son entrée à Antioche,
chassa Constance, et plaça le jeune prince sur le
trône. (Aboulfarad), p. 359.)
* C'est le combat de ia Bocquée, qui fut livré
auprès du château des Kurdes, en 1165, et dans
1 Cette expédition de Kara-Arslan est fixée par
Aboulfaradj (p. 359) à l’année 1474 des Grecs
(octobre 1162-1163).
2 C'est Boëémond III, dit le Bambe, fils de Ray-
mond de Poitiers, et non de Renaud de Chätillon,
comme le prétend Michel.
$ La princesse Constance, pendant que son mari
Renaud de Châtillon était dans les fers à Alep,
voulut éloigner d’Antioche son fils Boëmond, dont
elle se méfiait; mais les grands s’y étant opposés,
elle envoya dire à l'empereur Manuel, son gendre,
lequel Nour-eddin faillit être pris par les chrétiens;
le dévouement d’un Kurde, qui se fit tuer, lui laissa
le temps de s'échapper. (Conf. ci-dessus, p. 195,
note 1.)
DE MICHEL LE SYRIEN. 399
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PB. Uarcpuuqur — °B. Suypusnncg, k —$B. ghoñyhie game vapu —* À. Que) — 5 B. quy.
Lau — 6 B. sphhhagbu — 7 À. 4kupg — 8 B. quaumudatre, — 9 B. pbpft — VB. 64 — 1 À, ppuum —
12 À, omet 4 bupu — 15 B,. qu, — 1% Au lieu de eg; B. ht & — 15 PR. gaunnacbp — 16 B. 4 rues
Guunwe. — 17 B, guopébu, |
© Se 2
Cependant Ya’koub-Arslan se rendit auprès du frère du sulthan, Schahën-
schah, lequel occupait les forteresses du littoral qui lui avaient été données par
son père; il sen revenait, rempli de joie, lorsque parvenu à Gangra, non loin
du fleuve Halys, il mourut. Son armée mit à sa place Ismaïl son neveu (fils de
son frère). Mais les troupes qui étaient à Ablastha proclamèrent comme souve-
rain Mahmoud, fils de Mahadi. Cette scission jeta le trouble dans la famille de
Danischmend.
Le roi de Jérusalem étant passé en Égypte pour recevoir le tribut, les habi-
tants se divisèrent entre eux. Les uns le lui payérent en lui rendant hommage;
les autres, pleins de présomption, lui résistèrent, et envoyèrent prier Nour-eddin
de venir à leur secours. Alors le roi, dégaînant son épée, les extermina sans pitié
en nombre incalculable. Puis il investit la ville de Belbeïs pendant sept mois.
Sur ces entrefaites, ayant reçu la nouvelle que Nour-eddin était venu attaquer
Harem et cherchait à sen emparer, il écrivit aux habitants, pour leur enjoindre
de ne faire aucune sortie avant son arrivée, et, laissant le siége de Belbeïis, il se
mit en route. Mais ceux de Harem manquèrent à ce qu'il leur avait prescrit, et,
sortant des murs, ils en vinrent aux mains avec les infidèles. En même temps
ceux-ci, faisant une diversion, s'éloignèrent. Les assiégés campèrent hors de la
place, et les Turks, revenant sur eux, les surprirent, les taillèrent en pièces, et
se rendirent maîtres de Harem. ”_ firent prisonniers le Hnde d'Antioche et: une
foule d’autres grands personnages |. | SUN LS
En l'année 1496 de l'ère syrienne et 592 des Arméniens, 7 ET Kilidj-
! Cf. Grégoire le Prêtre, chap. cxxx1, p. 198. chel pour la date syrienne, tandis que l’ère armé-
? Octobre 1164-1165 et 14 février 1143-13 fé- nienne est, comme picesemnents en arrière ‘de
vrier 1144. Aboulfaradj est ici d'accord avec Mi- vingt et un ans.
360 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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L qSupuitrn : |
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— 7 Au lieu de fu4, B. lit & — 8B. £ &Bong quyu np huneklu — ? À. omet guu — 10 B. omet & — 1 B,
ajoute sstung — 1? B. Bagarre Wubi.
Arslan triompha des fils de Danischmend, avec le concours de l'émir Dsou Inoun,
et conquit Gadoug , Ablastha et Laranda *.
Cette même année, le baron Thoros envoya des ambassadeurs avec des pré-
sents à Alep pour réclamer les Arméniens qui y étaient retenus prisonniers. Mais
on les lui refusa. Thoros, irrité, fit une irruption dans le district de Marasch et
le saccagea. Nour-eddin ayant envoyé des troupes contre lui, elles furent battues,
et Thoros fit un grand nombre de prisonniers. Alors Nour-eddin, redoutant
Thoros, lui rendit ses captifs*. Les Franks firent une semblable demande, en
sollicitant la liberté du Prince d'Antioche, qui l'obtint moyennant une rançon
de 100,000 tahégans. Délivré de ses fers, 1l se rendit à Constantinople auprès
de sa sœur, et en revint chargé de trésors. Il ramena de chez les Grecs, en qua-
lité de patriarche d'Antioche, un nommé Athanase, et l'introduisit dans cette
ville. Le patriarche frank Aimeric, témoin de cette intrusion, en sortit aussitôt
pour venir se fixer à Koceïr“, et excommunia les habitants d'Antioche.
Un an après ces événements, l'empereur des Grecs Manuel marcha contre les
Boulgares; mais il fut vaincu et fait prisonnier. Il fut délivré par un homme quil
avait gagné par des promesses appuyées d'un serment; 1] les accomplit lorsque
cet homme l'eut ramené à Constantinople °.
1 Gadoug, bourg de la seconde Arménie ou Ar-
ménie Mineure, dans la partie sud du Thema Cap-
padociæ.
? Laranda, Daranda ou Aranda, aujourd'hui De-
rindeh , à quinze lieues sud-est d'Iconium, au revers
septentrional du Taurus et au pied du contre-fort
qui relie l’Ala-Dagh avec le Bolghar-Dagh. Après
que ”Izz-eddin Kilidj-Arslan se fut emparé de cette
ville, elle resta au pouvoir des sulthans d'Iconium,
jusqu'à ce que le roi Léon Ï], qui la convoitait de-
puis longtemps et qui, par un acte de 1210, s'était
engagé, au cas où il s’en emparerait, à la céder
aux Hospitaliers, l'enleva aux infidèles. Il la leur
rendit, à prix d'argent, en 1116.
3 Aboulfaradj (p. 321) dit, à l'année 1476 (oc-
tobre 1164-1165), que Thoros, ayant pillé Marasch
et fait prisonnier quatre cents Turks, écrivit à Nour
eddin que s'il ne voulait point accepler la rançon
des chefs chrétiens qu'il retenait dans les fers, il
ferait périr ces Turks dans les flammes; et que Nour-
eddin, effrayé de cette menace, consentit à traiter
avec le prince arménien.
4 En arabe as, ville et forteresse situées sur l'O-
ronte, au nord-est d'Antioche, entre cette dernière
ville et Harem; Cœsara de Guill. de Tyr; Cosor de
Robert le Moine. (Cf. Ét. Quatremère, Histoire des
sultans Mamlouks, t. I°", 51° partie, p. 266-268.)
5 J'ignore d’où Michel a tiré ce qu'il dit de la
DE MICHEL LE SYRIEN. 361
bob Loaheqpons bal pue $wqungm (bug {ec quuguhu), L hobokn uaguw C “Epupun :
Daqui qupébuy Huwquenpu \xpaiuwnkdh Jéçeuy age L fuufubur C Epupur JEcE uw
Lnpu. Eaun. À aU'vre Le wpuup puy Swnjurs, L Jeird_ qubähe.p qupduwr :
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gpphowrubuquu, & pbphp* juXiwnkp wtopftnugu L up soupasseun :
1 B. cue Seuphus Unpunupu — 2B.4 we — 5 B. Qurncpu — 4 B. JEekber — SyUeuy — © B. omet sut
— 7 À, omet nan Héuwh — 5 B. suwphpu — ° B. Sunmvgt — 1 B. omet guw — 1 À. omet &pBuyp —
12 B. omet ebpekr.
Cependant l'Égypte passa sous la domination de Nour-eddin, et il en donna
le gouvernement à Schirakoub. Le roi de Jérusalem marcha de nouveau contre
les Égyptiens, et Schirakouh prit la fuite à son approche. Le roi, s'étant rendu
maître du pays, imposa un tribut aux habitants et s'en retourna avec des tré-
sors immenses !. .
Au bout de quelque temps, on apprit que les Dadjigs (musulmans) oppri-
maient les chrétiens. Le roi de Jérusalem accourut les châtier et les extermina;
puis il s'en revint, traînant après lui des captifs.
Andronic, cousin de l'empereur Manuel (fils du frère de son père), quitta la
Cilicie et se rendit à Acre, pour y rejoindre [Théodora|, fille de son frère, la-
quelle avait été la femme du défunt roi de Jérusalem ?. [ se chargea du soin de
sa maison, et des relations criminelles s'établirent entre eux. La chose s'étant dé-
couverte, les deux coupables s'enfuirent à Khar'an, et là il leur naquit un enfant
dont l'origine illégitime les couvrit d'infamie*. Alors Andronic s'en vint à Mar-
din; mais, comme on avait refusé de le recevoir, il passa à Garin, où il s'arrêta.
S'étant mis à la tête de troupes turkes, il faisait des captifs sur les chrétiens; puis,
les emmenant, 1l les vendait aux infidèles, et se livrait à toutes sortes de scélé-
ratesses.
captivité de l'empereur Manuel chez les Boulgares, ALExIS L*,
ce prince n'ayant jamais été en guerre avec eux. empereur.
Dans ses expéditions sur le Danube contre les Hon- RE SE
grois et les Serbes, il fut toujours heureux, d’après JEAN, Isaac,
le témoignage de Cinnamus et de Nicétas Choniates. empereur. sébastocrator.
1 Ceci se rattache à la première expédition |
d'Amaury en Égypte, en 1164; Schirakouh, qui ANDRONIC, Isaac, MANUEL, ANDRONIC,
s'était renfermé dans Belbéis, attaqué à la fois par
les Franks et les Égyptiens et commençant à man-
quer de vivres, consentit à une capitulation; il
évacua l'Égypte et reprit le chemin de la Syrie par
le désert, en longeant les bords de la mer Morte.
? Théodora, femme de Baudouin III, était nièce
de Manuel, et petite-cousine d'Andronic. Voici sa
généalogie :
HisToRr. AR“. — I.
sébastocrator. sébastocrator. empereur. plus tard empereur.
JEAN, THéoDonA.
protosébaste.
Mai.
$ Michel aurait pu ajouter qu’il naquit du com-
merce de Théodora avec Andronic une fille, qui fut
nommée Jrène. Le fils fut appelé Alexis. (Cf. ci-
- dessus, p. 186, note :.)
46
962 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
Pol aqupru (Orepout! Egeuyp dh bp WMES vu, supupupe & duypbtdqn, np ns
Sucurmup dis frnpou?. fut apay gsuphug ur snque in ercpua lu, L bin lie qUre.
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Le qaqugue glublp Suyeg, Los qu su ner fui ape :
Reg Sheubqugbu auprt (Qsaprul wquiubp fpotaucoququis Suñykpäu, k dESun. pri
eng Yaunwpbp h ghuunu, kbgbu Eplbib daunop L wphasquit papes fdbunf.t four
Lapuu op bre fuel L qpncunnfe.p (hf JE4EnEghe nenqudbuunwg- L Eng wquy de fnertk,
JuduEqad qu yfotoutnis :
Pol ES oupulstos au pnçedu wntbp. bpqae wa fu fuk fobouñu pt L din
SE quest Eee, gb db ae4Eugk ququjus Val ur obus Epeñit L'un gençop Ephhrt,
Lulu gl ququju f Seodljuÿt, Lafon dtuuhpt
D Bai Layog 20 pwplur fobmm pli Suqug jithaunnut, op vquun
1 B. Qrepauny — 2B. ajoute Lans fus — 3 B. güreolu) — à B. ajoute k —5 B. aU'i6 Su — 6 B. Luwkp
— Tfohañun ii.
Le baron Thoros avait un frère nommé Mleh, homme pervers et féroce, en
qui Thoros n'avait aucune confiance. De son côté Mleh, qui ne pouvait souffrir
son frère, alla trouver Nour-eddin, qui lui donna’ Gouris. [1 causa aux chrétiens
toute espèce de maux, les faisant prisonniers et les massacrant sans pitié, pillant
les couvents arméniens. Il combla la mesure de l'abomination.
Thoros, étant tombé malade, se revêtit du costume monacal, et, plein d'es-
pérance spirituelle, il mourut en Jésus-Christ, après une vie glorieuse, illustrée
par des prouesses héroïques. Que sa mémoire soit bénie et louée dans les églises
orthodoxes! Il laissa après lui un tout Jeune enfant, qu'il recommanda aux grands
du pays. |
Cependant Mleh poursuivait le cours de ses forfaits. Les grands, après avoir
exigé de lui un serment, le laissèrent rentrer, en lui faisant promettre quil ne
dépouillerait pas le jeune prince de ses droits. Mais Mleh, sans égard pour la
{oi jurée, sempara de toute la principauté. Alors on transporta en toute hâte le
fils de Thoros à Hr'om-gla, où il fut élevé".
En l'année 596 de l'ère arménienne {13 février 1147-12 février 1148)”, la
1 Ce jeune prince était R'oupén IL. On lit dans
Aboulfaradj (p. 365 et 370) : « En décembre 1479
« des Grecs (1167), mourut Thoros, prince de la
« Cilicie, lequel s'était fait moine quelque temps
«avant sa mort. Ïl laissa un fils en bas âge, qu'il
« avait déclaré son successeur, et dont il avait confié
« la tutelle à Thomas, fils de sa tante maternelle.
« Mleb, irrité d'être exclu de l'héritage de son frère,
«alla trouver Nour-eddin, et, à la tête d'un corps
«de Turks que celui-ci lui donna, il envahit la
« Cilicie. Il enleva seize mille personnes, garçons
«et jeunes filles, hommes et femmes, prêtres,
« moines et évêques, et les conduisit à Alep. Là, les
«ayant vendus à des marchands, il distribua à ses
« soldats turks l'argent qu'il en retira. Cependant les
« Arméniens le rappelèrent, et lui donnèrent la moi- .
« tié de la principauté, en lui faisant jurer de con-
« server au jeune prince l'autre moitié. Mais, infi-
« dèle à son serment, il s'empara de la totalité. I]
« fit crever les yeux à des évêques et à une foule de
«grands personnages, couper les mains et les pieds,
« arracher la peau, et jeter leurs corps en pâture aux
« animaux féroces. Deux ans plus tard, en 1481 des
« Grecs (octobre 1169-1170), le roi de Jérusalem
« [Amaury], informé des maux que les chrétiens
«avaient à souffrir de la part de Mieh, marcha
« contre lui, plein de colère, le prit, et le renferma
« dans une forteresse. Plus tard, Mleh ayant témoi-
« gné du repentir et promis d’être soumis à l'auto-
« rité du roi et de ne plus s’allier aux Turks, Amaury
« cessa de lui faire la guerre et s’en retourna. »
Suivant Guillaume de Tyr (XX, xxwin), Thomas
était le fils de la sœur de Thoros, et par conséquent
cousin germain de R'oupén IL; mais les fonctions de
tuteur dont il fut chargé, et qui supposent qu'il
était plus ägé que R'oupén, rendent l'assertion du
chroniqueur syrien plus vraisemblable.
? Cette date est en arrière de vingt-cinq ans, et
DE MICHEL LE SYRIEN. 303
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Pol Cac gopuubn ayphuwg af up pwque, L'unbuy qewqgin Ofut gg unjuu_
gun b Cunk eue, &'wnugbug an pepe fé gbqbu qoygé b bn Cpupay. L
1B. yMeiopuy — ? B. ape Efv Cher — 9 B. ajoute 6 — t B. nvgér — 5 B. auqug — 6 B. 4 o4_
vhugbu — 1 B.4 pacs — 8B. mu — 9 B. Lapus — 10 B. Saque — 1 B, Cérupon.
domination des Arabes en Égypte, qui avait commencé à Omar, fut abolie, par
suite d'un schisme qui créa deux partis; les uns étaient appelés Rafédhites', et les
autres, qui avaient leur centre en Assyrie, étaient désignés sous le nom de Sun-
nites. Les premiers, qui se nommaient aussi Schiites, confessaient qu'il y a un
seul Dieu, qu'il n'est point et n'a jamais été l’auteur du mal, et que par là ül
est évident qu'il est unique et le mal multiple. Les Sunnites affirmaient que tout
vient de Dieu, le mal et la mort, et tout ce qui arrive de fâcheux. Les deux partis
commencèrent à se détester et à se diviser en deux sectes rivales en Égypte, où
figuraient les partisans des deux opinions. Les Schiites se déclarèrent pour Nour-
eddin* et les Sunnites pour les Franks. Nour-eddin envoya des députés à ces
derniers, pour les engager à se détacher des Franks, à leur refuser le tribut, et à
soutenir leur propre religion. Ils accédèrent à cette proposition, et se donnèrent
aux Turks. Ils fortifièrent Belbeïs et ne voulurent point payer aux Franks le tri-
but accoutumé. A cette nouvelle, le roi de Jérusalem accourut et prit Belbeïs, et
ayant trouvé dans cette ville douze mille cavaliers et deux cent mille fantassins, il
les passa au fil de l'épée.
Cependant le général des troupes Schaver brüla la ville de Misr*, et, emmenant
avec lui la foule des habitants, il alla se renfermer dans le Kaire, où il se fortifia.
En même temps il donna avis à Nour-eddin, par l'intermédiaire de Schirakouh,
de l'état des choses. Aussitôt Nour-eddin fit repartir ce dernier avec cent mille
doit être rectifiée par celle que fournissent Ibn-
Alathir et Aboulféda, 567 de l’hégire (1171-1172),
époque de l'extinction du khalifat des Fathimites
en Égypte, par la mort d'Adhedlidin-Allab, dernier
prince de cette dynastie. Aboulfaradj est en retard
d'un an, en indiquant l'année 1484 des Grecs (oc-
tobre 1172-1173).
? Voir, pour l'explication de ce mot, ci-dessus,
Matthieu d'Édesse, chap. Lxxxi, p. 129, nole 1.
? Nous savons cependant que Nour-eddin était
un adepte fervent de la doctrine des Sunnites, et
par conséquent le khalife d'Égypte était pour lui
un hérétique et un usurpateur, et celui de Bagdad
le légitime successeur de Mahomet et le véritable
pontife de l’islamisme.
3 Suivant Ibn-Alathir (t. XI, p. 221, éd. Torn-
berg), le 9 de séfer 564 (12 novembre 1168),
Schaver ordonna de brüler la ville de Misr, et pres-
crivit aux habitants de se transporter au Kaire et
de dévaster la contrée, ce qui fut exécuté; et il ne
resta plus rien, lors de l’arrivée des Franks. L’incen-
die se prolongea pendant cinquante-quatre jours.
AG.
304 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
qupang repunrté aC Epugure) Xn SES Eine, re don EeBuii tngu buuquit qluwhbuÿe,
k beupz j\pabaunouk quagh apr. buuquit qugbu? geçhoun pt Su2qug, L foluuiuus
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Le afib æ wugs dau ÇEpugur., Le Eur ghotone fi Eneoprenti CEpupust (Gm.
ane Qus, np Lu fupu & Uepueunfiu. L BE à ES Gui wuwghg : Sup vapu bp hr pc”
puquph dESug Suyng, wugqae <faepe, Toocp$ at, pl Nec : Uiju Yoncpu
L Uehht® boeaye bee bé bee © dut ag punnm Gta, L by kWJhughens,
EpBtup k Qt dif foin hu pkoi: pe june dj dl aqunndl og À va pi
Epuug DSuf dfaud Ejuubp, uk, jhpuitg fulhg $ecp, L'ayghp quobewn$u : \xe muk Gin
1 B. aC vu pur —?B.4 qupdébu vu — 3 B. wdung [au bout de trois] mois. — 4 B. Cérupusr — 5 À,
eva Qu — 6 B. Ep — 7B. Vu, — 8 B. bre — 9° B.4 Cérepus — 10 B, b Vu — 1 Le mot 7%.
ngqa-Hlu% « garnison », est le dérivé, en la forme abstraite, de l'arabe sax, qui a la même signification.
cavaliers; dès son arrivée, il tua le khalife et mit fin à la dynastie qui gouvernait
l'Egypte. H fit périr aussi les principaux d'entre les Arabes, et s'arrogea le
pouvoir suprême’. Le roi de Jérusalem revint chez lui après avoir obtenu de
grands succès dans son expédition.
Au bout de trois ans, Schirakouh mourut, et son neveu Youçouf lui succéda;
c'est lui qui est Salah-eddin. Je vais faire connaître son origine. Son père était
de la ville de Tëvir, dans la Grande-Arménie, et Kurde de nation. Il se nommait
Eyoub, fils de Soliman*. Cet Eyoub et Schirakouh son frère quittèrent Tévin à
cause de leur pauvreté, et passèrent dans la Mésopotamie; arrivés à Tékrit, ils s'in-
corporèrent dans la garnison de cette place . Un jour Eyoub raconta à un juif un
songe quil avait eu : « Îl sortait, dit-il, de mes reins un feu qui incendia le monde. »
Le juif lui répondit : « Il naîtra de toi un fils, qui en sera le ravageur. » « Si la pré-
1 Ceci a besoin d'être expliqué. Au milieu des
troubles occasionnés en Égypte par le vizir Schaver,
appelant à son aide tantôt les Franks, tantôt les
troupes de Nour-eddin, qui se disputaient la pos-
session de ce pays les armes à la main, le khalife
Adhed envoya implorer de nouveau le secours de
Nour-eddin , et, pour rendre ses instances plus pres-
santes, il mit dans sa lettre des boucles de cheveux
de ses femmes et de ses filles. Nour-eddin fit partir
pour l'Égypte Schirakouh et Saladin. À leur ap-
proche, les Franks s’enfuirent et retournèrent chez
eux. Schaver cherchait les moyens de se défaire de
Schirakouh, lorsque Saladin et ‘Izz-eddin Djordik
se saisirent de lui. Le khbalife, en ayant été instruit,
fit demander la tête de Schaver à Schirakouh, qui
la lui envoya. Celui-ci fut investi du vizirat avec le
titre honorifique de Mélik-Mansour (roi victorieux);
mais il mourut, après avoir occupé ces fonctions
pendant deux mois et cinq jours, un samedi 22 de
djoumâda second 564 (23 mars 1169). Le khalife
le remplaça par Saladin, qui était encore un jeune
homme; et bientôt le pouvoir tout entier appartint
au nouveau ministre. (Aboulféda, Annal. moslem.
t. I, p. 609-625.)
Dès qu'il fut devenu tout-puissant en Égypte,
il reçut de Nour-eddin l'ordre de faire supprimer
dans la khothba le nom du khalife Adhed, et d'y
substituer celui de Mostadhi, khalife de Bagdad.
Cet ordre fut exécuté le vendredi 8 de mohar-
rem 567 (11 septembre 1171). La famille d'Adhed
lui cacha cette mesure; il était alors gravement ma-
lade, et mourut le surlendemain. L'empire des fa-
thimites avait duré deux cent soixante et douze ans,
soit en Afrique (à Sedjelmäça), soit en Égypte.
(Aboulféda, t. IX, p. 633-641; Ibn-Alathir, t. XÏ,
p. 241, éd. Tornberg.)
Michel s'est trompé en disant que Schirakouh
fit périr le khalife, puisqu'il est constant, comme
l'affirment les deux chroniqueurs musulmans pré-
cités, que celui-ci mourut de maladie.
? Michel est le seul auteur, à ma connaissance,
qui donne au père d'Eyoub et de Schirakouh le
nom de Soliman; partout ailleurs il est appelé
Schadi.
5 Le même récit sur les commencements de
Saladin se retrouve dans le Continuateur anonyme
de Samuel d’Ani {ms. de la Bibl. imp. n° 96, av-
cien fonds arménien), qui ajoute qu'Eyoubet Schi-
rakouh étaicnt si pauvres, qu’en arrivant à Tékrit
ils se firent porteurs de bois.
DE MICHEL LE SYRIEN. 309
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quéuuu ph — TB. cqyuwpanfu — 8 B, bunphuwg — 9 B. 4 #£wpg — 10 À. omet gere œuwgbuy, Li — 1 A,
omet 4 fummphque, Eu. — VB. pog wdéuwÿjy &phhpu « dans tout le pays ». — 15 B. go — lt À. omet 4
eye pwqne, £.
« diction s'accomplit, répliqua Evoub, tu obtiendras de lui, de génération en géné-
« ration, mille [tahégans d'or] rouge pour chaque année écoulée. » Le juif consigna
par écrit ces paroles, avec la date de l'an et du mois. Cette même année naquit
Youçouf, qui grandit dans la plénitude de la vigueur. Schirakouh, son oncle, le
prit avec lui, et, s'étant rendu auprès de Nour-eddin, fut accueilli avec bienveil-
lance et fit de grands progrès dans la faveur de ce prince : tout lui venait à souhait;
Nour-eddin le fit son général, et l'envoya en Égypte. Quoiqu'il eût éprouvé deux
défaites de la part du roi de Jérusalem, il réussit à s'emparer de cette contrée, et,
lorsqu'il mourut, il laissa ses fonctions à Youçouf. Le juif, interprète du songe,
ayant appris l'élévation de Youçouf, réclama l'accomplissement de la promesse
d'Eyoub, qui lui répondit : « Allons trouver le feu enflammé, afin qu'il te donne
« ce qui est dû. » Ils se rendirent donc auprès de Youçouf, qui demanda le compte
des années. Le juif lui remit le calcul, et Youçouf, l'ayant vu, y crut, et lui fit re-
mettre comme payement du temps écoulé, et suivant la promesse d'Eyoub, un
million de tahégans. Le juif sen retourna fort content chez lui à Tékrit. Au bout
de quelques jours, Eyoub, frappé à la tête d'un coup de pied de cheval, mourut,
et son fils lui fit de pompeuses funérailles. Cependant Saladin voyait chaque jour
ses forces s’accroiître, sa puissance se développer et augmenter. Il était terrible
et altier, et en même temps heureux dans ses entreprises. Ainsi s'accomplit la pro-
phétie du juif, conformément à l'explication qu'il avait donnée du songe d'Eyoub.
Saladin publia un édit en Égypte qui interdisait aux chrétiens de monter à
cheval ou sur des mulets, et qui leur enjoignait de porter en public continuelle-
ment une ceinture en signe de servitude.
366 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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blimunas Euh « par sa grande science ». — © B. omet 4 — 7 B. ganfuvqu, — 8 B. guap jrwkwpuñnïn —
9 A. omet wggh wgghhw. — 1 À. omet ke Ep quy$wn, Lu: — 1 B,. ajoute la rubrique suivante, qui paraît
avoir passé de la marge de quelque copie dans le texte: S£p “Véeebub Lnkp hub qummupouñuh Qu.
Bawquenpfu Gaciwg « réponse du seigneur Nersès et du seigneur Michel à Manuel, empereur des Grecs ». —
12 B. Vrais — 1 B. V'ébakile — 1 À. &nhgu « une troisième fois ». — 15 B, Quphuvkuy.
En l'année 600 de l'ère arménienne (12 février 1151-11 février 1152), Kilidj-
Arslan enleva Césarée et Dzamëntavy aux fils de Danischmend !.
Cette année, un évêque nestorien se mit en possession de l'église des Jacobites
à Bagdad; mais le Seigneur lui fit sentir le poids de sa colère, et il rendit l'église
à ses maîtres légitimes.
Cette époque vit briller de l'éclat de. orâces divines et de la doctrine le saint
homme Jacques, fils de Tzaliba. T1 fut sacré évêque et reçut le nom de Denys.
Il composa un grand nombre de livres sur des sujets moraux ou de science,
et commenta en entier l'Ancien et le Nouveau Testament, d'une manière qui
obtint les éloges des savants; il opérait des miracles qui manifestaient les faveurs
dont Notre-Seigneur Jésus-Christ l'avait comblé*. Il était illustre, et, comme le so-
lil, brillant de lumière. Il mourut dans les sentiments d'une foi parfaite, la figure
resplendissante, et passa ainsi de cette vie terrestre à celle qui réalise l'espérance
de l'immortahté. |
En l'année 1496 de l'ère syrienne et 613 des Arméniens *, l'empereur des Grecs,
Manuel, envoya vers le seigneur Nersès [Schnorhali], catholicos [des Arméniens],
et vers moi Michel, pour réclamer de nous deux l'unité de foi, d'amour et de
dogmes. Cette proposition nous fut d'abord apportée par un certain Christophe,
et la seconde fois par Théorien le Philosophe.
1 Dans Aboulfaradj (Chron. syr. p. 366), 1480
des Grecs (octobre 1168-1169); ainsi il y a retard
dans Michel de dix-huit ans sur la véritable date.
2 C'est ce même Denys qui avait composé deux
poëmes sur la prise d'Édesse par Zangui (cf. ci-
dessus, p. 224, note 3), comme nous l’apprend
Aboulfaradj (bid. p. 335).
3 Octobre 1184-1185 et 9 février 12164 — 7 fé-
vrier 1165; retard de la date arménienne sur la
date syrienne, 20 ans.
* La députation de Théorien vers Micheletsaint
Nersès Schnorhali eut lieu, non point aux dates
qu'indique Michel, mais en 1170,comme le prouve
la lettre de l'empereur Manuel dont cet envoyé
était porteur, et qui est datée du mois de mai, in-
diction III. Dans cette lettre, Théorien est qualifié
DE MICHEL LE SYRIEN. 307
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quyib que q{unbu: |
1B. Vewnwnÿ — ? B. ajoute fe — S B. prgpéug — 4 B. pra Bbuuy — 5 B. ajoute wjfune — 6 B.
b Apdiupanne Qbut — 7 B. jymp, L — 9 BR. j Jwpaunn bu.
mm
Le seigneur Nersès m'écrivit en ces termes : «On me demande de reconnaître
« deux natures en Jésus-Christ, et d'honorer Île quatrième concile, de solenniser
« la naissance du Christ le 25 décembre, de célébrer la messe avec du pain fer-
«menté et de l'eau, et de ne pas employer la formule : Dieu saint, qui as été
« crucifié !. — À ces conditions ils nous promettent de nous faire beaucoup de
« bien. Quelle sera notre réponse *? »
Voici celle que je lui adressai : «Ce qu'ils nous demandent, à l'exception des
«questions relatives aux deux natures, au quatrième concile, et à la formule,
«qui as été crucifié, — est la doctrine que nous professons. Mais si tu altères main-
« tenant la foi de tes pères sur des points capitaux, ou d'autres de moindre im-
« portance, tu montreras que jusqu à présent vous n'avez pas possédé la vérité tout
“entière. Que votre doctrine soit donc complète. Il nest pas convenable à la
«onzième heure, et dans l'attente du salaire, de changer de croyance par res-
« pect humain. Mais nous savons que vous êtes parfaits, en ce qui touche les points
« fondamentaux établis par les Apôtres; et toi, tu es au courant du reste. »
de yhabrv fispunn, legionis gagister. On y lit qu'il
était accompagné de Jean, supérieur du couvent
arménien de Philippopolis. (Cf. l'ouvrage intitulé :
Encyclique et lettres de S. Nersès Schnorhali (en ar-
ménien), éd. de Saint-Pétersbourg, in-4°, 1788,
p. 136-137.)
l Les Arméniens complètent la formule du tri-
sagion par une addition qui varie suivant la fête
du jour et qu'ils adressent tour à tour à l’une des
trois personnes divines. C’est ainsi qu’ils disent en
chantant cette hymne en l'honneur du Fils: qui as
été cracifié par nous. Les Grecs prenaient prétexte de
là pour leur reprocher de croire que la Trinité s'était
incarnée et avait souffert la mort sur la croix, et
s'efforçaient de leur faire retrancher ces paroles.
S. Nersès Schnorhali réfuta complétement cette ac-
cusation dans son « Exposé de la foi arménienne,
rédigé par ordre de l'Empereur Manuel Comnène,
en l'an 1166 de J. C.» On peut lire cet écrit du
pieux et savant patriarche arménien traduit dans
mon ouvrage intitulé : Histoire, dogmes, traditions
et liturgie de l'église arménienne orientale, 3° édition,
p. 64-105. (Cf. Ibid. p. 43-44 et 95-96.)
2? La lettre de S. Nersès au patriarche Michel,
telle qu'elle est rapportée ici, est en substance con-
forme à celle qu'on lit dans Assemani { Bibl. Orient.
t. II, p. 364). Dans une réponse de Nersès à .Mi-
chel, insérée dans l'ouvrage précité (Encyclique et
lettres, etc.), ce patriarche est Join d’être aussi ex-
plicite sur les questions théologiques alors en litige
entre les Syriens ét les Arméniens d’une part, et
les Grecs de l'autre. Il faut donc admettre l’exis-
tence de deux pièces au lieu d’une seule qu'a con-
nue M. l'abbé Cappelletti (Sancti Nersetis Clajensis
Armeniorum catholici opera, t. [“, p. 248, n. 1):
1° La lettre écrite par Nersès à Michel, et rapportée
par ce dernier et par Aboulfaradj (apud Assemani,
loc. land.), et que nous n'avons plus en arménien;
2° une réponse de Nersès, la même qui se trouve
parmi ses lettres arméniennes. (Cf. la relation de la
conférence tenue entre Nersès et Théorien, relation
reproduite par Galanus, Conciliatio ecclesiæ armene
cum romana, part. 1, p. 241 et suiv. d’après la Bi:
bliotheca maxima patram, ainsi que mon ouvrage
précité : Histoire, etc. de l’église arménienne orientale,
p. 40 et suiv.)
3068 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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B. lit & — D B. &k.
Nous lui envoyâmes en même temps un de nos disciples, versé dans les sciences
profanes, afin qu'en notrenomilentrât en controverse avec Théorien, et parce qu'il
n'y avait personne parmi eux qui fût habile dans les connaissances philosophiques.
Lorsque mon disciple fut arrivé auprès du catholicos, il entreprit par ordre
de celui-ci de discourir devant Théorien sur la question des deux natures [en
J. C.]. Après quoi il interrogea Théorien en ces termes : « En combien de par-
«ties se divise la nature?» « En deux parties, répondit-il, en personnalité et im-
personnalité. Le Syrien reprit : «Les deux natures, que vous exigez que nous
« reconnaissions, sont-elles personnelles ou impersonnelles?» Le Grec garda le
silence pendant longtemps, incertain et dans l'impossibilité de donner une so-
lution; car 1l se sentait pris dans des filets inextricables. Ensuite il dit : «Qu'est-ce
« que nous avons de commun avec les auteurs profanes? Laissons cela de côté. »
Alors le catholicos le réprimanda en disant : « Quelle autorité vous opposerons-
«nous donc, puisque tu évites de discuter même d'après les Saintes Écritures, et
« que tu t'esquives en prenant ta course? Quant à ce que ton esprit a rêvé, c'est
«comme loracle d'un magicien qui interroge la terre, et nous le rejetons. » Après
une conférence qui dura plusieurs jours, le célèbre philosophe n'obtint en par-
tage que la honte d'avoir échoué. ‘Pour satisfaire à la demande de Manuel, nous
rédigeâmes la profession de foi des Syriens, et nous la lui fimes parvenir.
Dans la suite, nous reçûmes une lettre ainsi conçue : « Louanges et grâces à toi,
« à cause de la déclaration que vous avez écrite. Encore un effort; venez nous voir,
«et nous communiquerons de vive voix avec vous. » Mais nous refusâmes de nous
rendre à cette invitation, et nous leur adressâämes notre réponse en y consignant
notre profession de foi sur le Christ, conçue en ces termes : « Nous le glorifions en
e
DE MICHEL LE SYRIEN. 309
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1B.4 £QOE — 2 A. &uponbuwqu —5 B. qgaunwufouñv fu — B,. ajoute L —° B, omet dhpa) — 6H. able
que — 1 B. wbuaumuhh — 8 B. omet 4 — 9 B. oquancfhiu — 10 B. sewpnc DE uit — 1 B,. gun fu
«une seule nature, une seule volonté, et une seule opération; il est indivisible
« dans toute l'économie de son incarnation. Quiconque adoptera cette doctrine
«sera en paix et amitié avec nous. Mais notre empressement sera encore bien plus
«grand, si quelqu'un nous haïit et nous persécute à cause de nos opinions. Nous
« resterons attachés avec les nôtres jusqu'à la mort à la tradition de nos pères,
« inébranlables sur les fondements posés par les Apôtres et les Prophètes; nous
« tendrons même le cou [aux bourreaux], dans notre ardeur pour le martyre, dont
«nos pères nous ont donné l'exemple. »
Nous ne connûmes pas la réponse qu'écrivit le seigneur Nersès. Mais c'était un
homme profond dans la science de l'Écriture Sainte, vénérable, et dont le zèle
était dirigé d'après les doctrines canoniques. Il s'acquitta de ce qu'il devait. .
Nous connûmes alors et nous sommes persuadés que c'est la Providence, glo-
rifiée par nous, qui arrêta les efforts hostiles de l'empereur, en lui suscitant les
invasions désastreuses des Turks. Cependant le catholicos Nersès quitta cette
vie, et la base de notre foi resta inébranlable contre les vents et les portes de l’en-
fer, grâce aux prières de nos pères, au sang et aux larmes versés par eux’.
À cette époque le roi de Jérusalem ayant demandé des troupes à l'empereur
des Grecs, son parent par alliance}, pour marcher contre l'Égypte 2 ce dernier lui
‘en envoya par mer. Lorsque les Grecs furent arrivés en Égypte, poussés par leur
malice invétérée, ils voulurent tromper le roi et semparer de cette contrée pour
leur propre compte. Mais quelques personnes avertirent à temps ce prince de
l Amaury avait épousé Marie, fille de Jean Com-
nène protosébaste, neveu de l’empereur Manuel.
(Cf. ci-dessus le tableau généalogique des Comnènes,
p- 361, note 2.)
? Il est ici question du premier siége de Da-
miette entrepris par les chrétiens. Les Grecs étaient
venus à leur secours, en leur fournissant un corps
de troupes et des vaisseaux. La flotte sortit du port
de Ptolemais, et quelques jours après f7 des calendes
Hisror. ARM. — I.
de septembre — 26 août 1169) l'armée de terre
se mit en marche en suivant le littoral. Les chré-
tiens arrivèrent devant Damiette le 6 des calendes
de novembre (27 octobre). Cette expédition, comme
on sait, échoua, et le roi s’en retourna à Ptolemais,
où il arriva la veille de Noël. (Guillaume de Tyr,
XX, x1v-xvi.) Ibn-Alathir fixe la date de séfer 565
(25 octobre-23 novembre 1169).
47
310 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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vacu — |? B. b fuAun wputur — 15 B. Gudliwphwy — là B, Gwecunnwglking — 15 À, b qhius
leurs intentions. Le tribut auquel les Égyptiens s'étaient:obligés lui fut payé en
une somme d'or, et ils sengagèrent pour l'avenir, en lui donnant des otages; car
Youçouf [Saladin] n'était pas encore en mesure de repousser les Franks.
Le roi de Jérusalem quitta l'Égypte en y laissant les troupes grecques; mais elles
ne purent tenir et se rembarquèrent. Surprises par une tempête, elles périrent
en très-grande partie.
Un terrible tremblement de terre se fit sentir le 29 juin de cette même année,
à la fête des apôtres saint Pierre et saint Paul, au moment de la messe. La terre
s'agita dans ses profondeurs jusqu'à la neuvième heure du jour. On eût dit qu'elle
était soulevée, et retombait ensuite sur elle-même. Nous nous trouvions alors dans
le couvent de Mar Anania; nous deéfendîimes que personne ne sortit de l'église,
jusqu'à ce que la colère de Dieu fût apaisée. Mais, pour dire la vérité, nous
n'espérions pas que ce fléau s'arrêterait, chacun de nous assurant que cet hor-
rible signe de la colère céleste était la fin du monde. Cependant lorsque le Ser-
gneur se fut rappelé sa bonté créatrice, lorsque la terre eut repris son assiette,
et que nous nous fümes envisagés les uns les autres, tous les yeux fondirent en
larmes, toutes les bouches s'ouvrirent pour louer et bénir le Seigneur.
Nous apprîmes que le rempart d'Alep s'était écroulé ainsi que tous les édifices
construits de main d'homme que renfermait cette ville, à l'exception d'une seule
église qui resta debout. En même temps la terre s'entr'ouvrit et une eau noire,
sortie de son sein, causa une inondation qui fit périr par milliers les habitants
d'Alep. Ce désastre fut un juste châtiment de Dieu; car on voyait là les chrétiens
exposés comine des animaux sur le marché public. Des ordres impitoyables fai-
saient couler leur sang comme de l'eau et les vouaient, avec une insatiable cruauté,
DE MICHEL LE SYRIEN. J/1
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nul khbkabghuv 2, ns fut pples qgnpd-ng y J'uququ Swpqu 13 cuil fig Jfjauju :
1 À. grpSng — 2 B. Vyuabu — 3 B. uquiu — 4 B. wqwskgfu qh dingk — $ B. unpuw — 6 B. ju — 7 B.
remplace ur Par k — 8 B. ajoute asus — °B. gapounphunq — 10 À. omet qhuwgbuw,, Lu. — NB, diu&Xo. ph
— PE. E&kakghe — 15 À, Guupg
—
à la mort, comme sil se fût agi de leur arracher des trésors. Dieu assura ainsi le
salut des chrétiens, en tirant une juste vengeance des infidèles. Il est à croire que
ce n'est pas là sans doute une compensation pour leurs crimes, mais un gage du
feu inextinguible qui leur est réservé, ce feu où aura lieu la punition des œuvres
sodomiques dans lesquelles ils sont plongés, et où les géants, qui furent englou-
tis par le déluge, expient leur impiété, laquelle s'est tellement accrue dans ces
derniers temps, qu'un grand nombre, aveuglés par leur stupidité, ont douté du
Jugement de Dieu.
À Antioche l'église de Saint-Pierre s écroula aussi; l'église des Grecs ensevelit
sous ses décombres les prêtres occupés à célébrer la messe, et une multitude de
gens, parmi le peuple. Le Prince et tous les habitants, revêtus de cilices, allèrent
se prosterner aux pieds du patriarche et le supplier de rentrer dans la ville, pen-
sant que ses anathèmes étaient la cause de ce malheur. Il leur dit : « Chassez avec
« mépris le patriarche grec [Athanase|, qui est un intrus. » Étant allés s'acquitter
de cet ordre, ils le trouvèrent mourant, parce qu'il avait été frappé d'une pierre
au moment de la chute de son église. Alors le prince leur commanda de le trans-
porter sur une litière et de le jeter hors de la ville; ce qui fut exécuté. Cet homme
mourut là dans son opprobre. Après quoi le patriarche frank Aimeric rentra dans
Antioche, et la ville fut consolée ; en même temps l'on se mit à relever les édifices
qui avaient été renversés par ce tremblement de terre. Quoique partout ce fléau
eût ruiné les forteresses, les villes et les églises de construction récente, néan-
moins la miséricorde du Christ conserva à Antioche et dans toutes les contrées
du littoral les églises des orthodoxes, non à cause de leurs bonnes œuvres, mais
parce que le dépôt de la foi de leurs pères est demeuré intact entre leurs mains !.
1 C'est sans doute le tremblement de terre dont qui dit que ses secousses réitérées furent si ter-
parle, à l'année 565, sous le quantième du 12 de ribles, qu'on n’en avait jamais vu de pareilles. Elles
schewal (29 juin 1170), Ibn-Alathir {t. X1,p.233), se firent sentir dans toutes les parties de la Syrie,
47.
379 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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— TB. Vopfiu — 8 B. Frowyfrfr —°B. ajoute “yrcpwg fu — 10 À. L apunphy — NB, ajoute Frepfr
— VB. futaphuje — 15 B. Juukg — à B. ajoute Tresfir — 5 Le mot »4p est une corruption de l'arabe
rs, le principal constiller et ministre d’un souverain, vizir. — 16 B. nc pag fufi
En l'année 1494 de l'ère syrienne et 613 de l'ère arménienne”, mourut Kothb-
eddin, atabeg de Mossoul et de toute l’Assyrie?. Nour-eddin s'attribua, comme
étant son frère, Mëdzpin (Nisibe) et Sindjar. Les fakirs furent dans la tristesse
[de cette perte], car Kothb-eddin ne buvait pas de vin et ne manquait jamais au
précepte de la prière. Ils prétendaient qu'il était prophète.
À cette époque mourut le khalife Mostandjed, qui eut pour successeur Mos-
tadhi son fils. Nour-eddin lui écrivit en ces termes : « Maintenant est accomplie
«la parole de Mahomet qui a dit que pendant cinq cents ans Dieu ne permet-
«trait pas la destruction des chrétiens; j'ai donc l'intention d'aller vers toi,
«afin que nous nous concertions à ce sujet. » Mais la Providence insinua dans le
cœur du khalife que Nour-eddin voulait se rendre auprès de lui dans un dessein
perfide, afin de le tuer et de lui enlever le khalifat, comme il s'était déjà emparé
de l'Égypte en employant Schirakouh. Cette opinion le porta à lui écrire en
termes sévères et pleins de menaces. Pour le contrecarrer, il donna l'ordre de
bâtir en tous lieux des églises et des couvents, et de laisser enseigner le christia-
nisme, car Nour-eddin n'autonsait la construction d'aucune nouvelle église ou
monastère. Ayant mandé auprès de lui le vizir® qui était d'accord avec Nour-
eddin, il le fit mourir.
de la Mésopotamie, à Mossoul, dans l'Irak et aûtres
lieux. Mais nulle part elles ne furent plus intenses
que dans la Syrie, où elles détruisirent en très-
grande partie Damas, Ba'ibek, Hems, Hama, Schei-
zar, Ba’rin, Alep et autres villes. Les remparts et
les tours de ces cités s'écroulèrent, et les maisons
écrasèrent sous leurs ruines les habitants, dont il
périt un nombre incalculable. Cet événement est
mentionné à la même date par Aboulfaradj (p. 370),
Guillaume de Tvr (XX, xx) et Robert Du Mont.
l Octobre 1182-1183 et 9 février 1164-7 fé-
vrier 1165. Différence en moins pour l'ère armé-
nienne, dix-huit ans.
? Michel a beaucoup trop reculé la mort de
Kothb-eddin Maudoud Abou’imoulouk, fixée par
Ibn - Alathir et Aboulféda au mois de dsou’l-hiddjé
565 (août-septembre 1170), d'accord avec Aboul-
faradj, qui marque l’année 1 481 des Grecs (octobre
1169-1170) et 565 des Arabes.
$ Iba-Alathir (t. XI, p. 237) dit que ce vizir
se nommait Îbn-el-Bélédi, et qu'ayant été ap-
pelé au palais pour assister à la proclamation de
DE MICHEL LE SYRIEN. 273
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1 Au lieu de P&E, B. lit gb — 2 À. omet 4 pghr, Lu, — 3 À. quudu — 4 B. gduwn us — 5 À. omet bpag
—(08%. gémpfu — 7 B. omet Goudisu — 8 B. Dre énar ut — BH. dgbugk — 10 B. blu — 1B. ajoute L —
12 B. aUybit Vtac)davku — 15 B. aC sw uzums — LB, nu plu — 15 B. ajoute k—168B,. Cas ujuék
UT B, pue — 18 B, 4 éuuquñs
Nour-eddin vint assiéger Mossoul, où se trouvaient sept de ses neveux (fils de
frère). H leur jura de ne leur faire aucun mal s'ils consentaient à le recevoir en ami
dans la ville. Ayant eu accès dans la forteresse, 1l sempara de tous les trésors,
fit sortir [la garnison] de Mossoul, et y introduisit ses soldats, en les chargeant
d'occuper la place en son nom. Puis il partagea le pays entre ses neveux, et, ayant
réduit sous son obéissance tous les châteaux forts, 11 se retira.
Il commença à aggraver les impôts qui pesaient sur les chrétiens, et leur en-
Joignit de porter les cheveux courts. Il prescrivit aux juifs de déployer une pièce
d'étoffe rouge sur leur turban et sur leur épaule droite afin qu'on püt les distinguer.
Cependant Amaury, roi de Jérusalem, se rendit à Constantinople, et revint
chez lui chargé de trésors’.
Kilidj-Arslan étant venu attaquer Mélitène, échoua; mais il fit douze mille pri-
sonniers; après quoi il sen retourna. Nour-eddin prit avec lui Ismaïl, de la
famille de Danischmend, Schahënschah, frère de Kiïlidj-Arslan, et beaucoup
d'autres émirs, et se rendit à Césarée. Le sulthan ne voulut pas marcher contre
eux; alors ils lui envoyèrent dire de céder à son frère la moitié de ses États.
Comme il avait auprès de lui les sept fils de Schahënschah”, il en prit un, et,
l'ayant tué, le fit rôtir et l'envoya au père de ce jeune prince, en' lui faisant dire
Mostadhi comme khalife, il fut tué en y entrant, tint que des promesses qui restèrent sans exécution,
et que son corps coupé en morceaux fut jeté dans et, à son retour dans la cité sainte, il trouva Nour-
le Tigre, et sa maison mise au pillage. eddin plus puissant et plus menaçant que jamais.
1 Comme Amaury avait sollicité vainement les (Conf. Cinnamus, VI, x.)
princes d'Occident, il se rendit à la cour de Manuel 2? Suivant Aboulfarad; (p. 371-372), qui répète
afin de lui demander du secours. On peut voir dans à très-peu près le récit de Michel, les fils de Scha-
Guillaume de Tyr (XX, xxiv-xxvi) la description de hënschah étaient au nombre de quatre.
la brillante réception qui lui fut faite. Mais il n’ob-
974 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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1 B. gwgnpqu — 2B. gBuuéparfdfiu — 3 B. ajou te wn kg — 4 B. 84; 53. — ° B. ajoute L — 68. sw.
ea — 78. put pu Guunupquy — 5 B. Bb —B. Que pdaivbuy — B. quipup gnpEuny — 1 B.
née Dhuñiu — 12 B,. gSacwplquiu — 13 B, phauksaug — l& Au lieu de qu? ; B. ht gb — 15 B. ajoute & —
16 B. Ewn ghouum fiv
que, s'il ne se retirait pas, il recevrait ses autres enfants de la même manière. A
ce spectacle, tous fondirent en larmes, et, frappés de terreur, ils partirent.
Cette année}, dans le mois [de la fête] de la Croix”, il tomba de la neige comme
jamais on n'en avait vu ni entendu parler, comme aucune tradition ni aucun livre
nen avait conservé le souvenir. Elle atteignit une épaisseur qui fut mesurée à
vingt-cinq empans. Dans l'Inde, où jamais il nen tombe, elle s'éleva à quatorze
empans. Les animaux sauvages et les reptiles moururent, ainsi que les oiseaux.
Les eaux se gelèrent et les poissons périrent; les animaux domestiques, man-
quant de nourriture, eurent le même sort. Toutes les plantes qui naissent de se-
mence furent comme brûlées.
Au renouvellement de l'année, on éprouva une famine si cruelle, que les
grands de la Cappadoce tuèrent l'émir musulman de Sébaste, de la famille de
Danischmend”, et pillèrent les greniers où était déposé son froment, afin de ne pas
succomber eux-mêmes d'inanition". Ce crime abominable resta caché trois mois,
à cause des rigueurs de la saison. Mais, au bout de ce temps, il fut découvert, et
toutes les populations environnantes en furent indignées. Quelques habitants du
pays envoyèrent alors à Damas vers Danoun (Dsou‘inoun), émir de Césarée, qui
avait été chassé, ainsi que ses parents, par le sulthan. Ils le rappelèrent, et il ren-
tra en possession de sa principauté de Sébaste.
1 En 1484 des Grecs (octobre 1172-1173), d'a-
près Aboulfaradj (Chron. syr. p. 375).
2 La fête de l’Exaltation de Ja Sainte-Croix, qui
est fixée dans l’Église orientale, comme en Occi-
dent, le 14 septembre, est mobile dans l'Église ar-
ménienne, et se célèbre le dimanche qui tombe
dans l'intervalle du 11 au 17 septembre inclusi-
vement.
3 C'était Ismaïl, neveu (fils de frère) de Ya’koub-
Arslan , et par conséquent petit-fils de Mélik-Gazi et
arrière-petit-fils de Kumuschtékin Ibn-el-Danisch-
mend, fondateur de cette dynastie. Après la mort
de Ya’koub-Arslan (1164), il épousa sa veuve, qui
était la fille du sulthan Kilidj-Arslan IT, et sa tante
par alliance. L
4 Aboulfaradj (p. 375-376) ajoute que, dans cette
révolte, les grands de la Cappadoce massacrèrent
non-seulement l'émir Ismail, mais encore sa femme
et cinq cents de ses domestiques, esclaves ou ser-
vantes.
DE MICHEL LE SYRIEN. 375
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Daquiu j{len Se L ukuut punk) que, FFE ququiuqu Uehduh Yufospreh ntk, L own
wpduwf}m] à Era pas fu » L. Pupbutp quucutb qfu CAS AT LI ET » L qupäncgfit akuh
dupnpne fai be phuïiug L on b pequphi . L pnupl Un sEgft ghnuu GreufhEute
1 B. 4 quupdwe — 2H. gPrébuuk — 3 À. omet gRhunir — 4B.4 qricbuy — 5 B. omet 4 —6 B, ajoute &
— 1 B. omet & —58 B. D urGuitruy — 9 B. b bousquqn Qi. k Eng oncquuitit q Suiñvrai tu — 10 À. b Sruquu.
que Pheu — A. npnufu — BR. k bah
À cette époque, Nour-eddin tomba malade, et l'on désespéra de lui. Alors les
émirs et les gouverneurs de provinces entrèrent en lutte les uns avec les autres.
Cependant il releva de maladie, pareil à un ressuscité d'entre les morts que l'on
n'attend plus. La crainte qu'il inspirait se répandit partout de nouveau, et net) 1-
noun espéra qu il le sauverait des mains du sulthan.
Nour-eddin, ayant rassemblé des troupes, vint à Sébaste, et y consolida la do-
mination de Dsou’inoun, en faisant entendre des menaces contre le sulthan, s'il
faisait la guerre à ce prince. Dans son retour il se rendit maître de Béhesni, de
Kécoun et de Marasch. A cette nouvelle, le sulthan marcha contre lui, et Nour-
eddin s'avança à sa rencontre. Ils campèrent auprès du fleuve Djeyhan, l'un d'un
côté, l'autre sur la rive opposée, tous les deux se redoutant mutuellement. La
famine s'étant mise parmi leurs troupes et causant de grands ravages, des propo-
sitions de paix furent échangées et acceptées de part et d'autre. Le sulthan laissa
Dsou Inoun se soumettre à la suzeraineté de Nour-eddin. Après quoi chacun des
deux adversaires regagna ses États.
Je vais parler maintenant d'une hérésie qui s'est élevée de nos Jours. Avant la
mort du catholicos Nersès, trois ecclésiastiques, dont deux étaient supérieurs de
couvent et se nommaient Hésyche ['Oucig] et Georges [Kéork], et le troisième
prêtre de village et appelé Garabed, allèrent trouver le seigneur Nersès, qui les
réprimanda vivement à cause de leur mauvaise réputation. Ils sortirent de chez
lui pleins de confusion et de tristesse. De là ils se rendirent à Édesse et se mi-
rent à débiter de mauvais propos sur le compte de Nersès, prétendant qu'il était
infecté de l'hérésie de Simon le Magicien, et qu'il conférait l'imposition des
mains à prix d'argent. Ils firent profession des doctrines du concile de Chal-
cédoine, et entraînèrent dans leur erreur quatre cents familles de la ville. Les
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3 10 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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acquit Sun L Corpiog gb Jepdunr Corping nenqauifruuruu açpunphaupe) Eu,
1B. ajoute 4 — ? B. ajoute age — ° B. omet gauw —* B. f anncwu « dans leurs foyers. » — 5 B. pu
—08B. ajoute UEpabu — 1 B. wdanju — 8 B. Sfuqgrwpwf ne — 9 Au lieu de buk, B. lité —10B, ajoute
“véeukok — NB. ajoute & — 2 B. ajoute ap Uwyhruuv 4nsEfu « lequel était surnommé Abirad. » — 15 B,
ajoute Gus = V8 BR, Euhoknaqnuug — 15 B. aqueenp hp
habitants les nommèrent Ouciguians, par injure. Le catholicos écrivit au gouver-
neur d'Édesse de les chasser, ce qu'il fit. Alors ils allèrent à Alep auprès de Nour-
eddin, et ayant obtenu son autorisation, ils rentrèrent à Édesse. Je les appelai
par-devant moi, et, les ayant réprimandés, je leur persuadai de revenir à leurs
croyances primitives; puis je les renvoyai au catholicos, sous la conduite d'un
homme honorable attaché à ma personne. Mais, pendant qu'ils étaient en route,
le catholicos mourut en Jésus-Christ, dans le mois de la fête de la Mère de
Dieu (Assomption), le huitième jour, un jeudi, l'an 620 de l'ère arménienne et
1500 de celle des Syriens’. L'impie Hésyche, étant allé à SHRDEnE, fut baptisé
une seconde fois par les Grecs.
Or le seigneur Nersès avait deux neveux (fils de frère) qui étaient évêques et: se
nommaient, l'un Grégoire, et l'autre Grégoras. L'aîné, le seigneur Grégoire, était
éloigné au moment de la mort de son oncle; c'est pourquoi l'on proclama Grégoras
catholicos, mais il ne fut pas sacré. Au bout de quelque temps, le seigneur Grégoire,
étant arrivé, et ayant appris ce qui s'était passé, s'en retourna et se rendit auprès
de son gendre Mieh. Celui-ci l'ayant emmené, ils allèrent trouver Nour-eddin, et,
par l'ordre de ce dernier, Grégoire fut conduit à Hr'om-gla et sacré catholicos. Le
jour de cette cérémonie, il appela deux de nos prélats, Grégoras, évêque de K'é-
çoun, et Basile, évêque de R'aban, et les traita avec beaucoup d'honneur. Après
sa consécration, il députa vers nous des personnages considérables, d'après l'u-
sage antique et traditionnel des Arméniens et des Syriens. Lorsque, en eflet, un
patriarche est élu par les Syriens orthodoxes, il envoie sa profession de foi et
1 7 février 1171—8 février 1172 et octobre thoum I" (Petite Bibliothèque arménienne, WYrhbre
1188-1189. — La date syrienne est fautive de Suyfwgmp , t. XIV, p. 80 et 82-83), ce patriarche
dix-sept ans et la date arménienne d’une année seu- mourut le jeudi 13 août 621 de l'ère arménienne
lement, puisque suivant l'auteur de la Vie de saint (1172). Cf. ci-dessus, p. 224.
Nersès Schnorhali, écrite sous le règne du roi Hé-
DE MICHEL LE SYRIEN. 371
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Juge L ppehenmmgeng", JlBncpugerg Lf Sayog bb ue nlugees , 4h
1B. tale — 2 PB, p gwpghe Sugunju — S B. wggtn — DB. 4n5by — 5 B. wn pjuvdvunn fu, L aug
Lu — 6 B, auncalbquiu — 7 B. omet bepa) — 68H. &ugfu — 9 B. omet BE — 10 B, omet cigare ne ukuits
15. Gusparughinu — 13 À, omet b déeuy — 15 B. ywfnn — LB, ajoute ki
————
un pacte d'union au catholicos des Arméniens, et lorsque ceux-ci choisissent un
, catholicos, 1l agit de même. Je fus ravi de la nomination de Grégoire, qui était un
savant et saint homme au plus haut degré, et je lui adressai mon pacte d'union.
Néanmoins je lui fis quelques petits reproches de ce que des paroles d'inimitié
étaient survenues à propos d'une grâce spirituelle, et cela entre parents. Je lui dis
que le premier nommé à la dignité patriarcale aurait dû occuper le siège, mais
que je souhaitais que la miséricorde de Dieu se répandît sur lui. Je le suppliai
instamment de faire disparaître de sa nation, qui était pure et irréprochable, l'in- .
fâme usage de prendre de l'argent pour la collation des grades spirituels, l'exhor-
tant à ne pas donner prétexte au renouvellement des calomnies de Hésyche et de
ses adhérents, en fournissant occasion d'être traités de simoniaques. Il m'avait écrit
en particulier. En outre j'intercédai en faveur de son frère, dont la nomination
était antérieure à la sienne, lui recommandant de le traiter honorablement, et
lui représentant qu'il était convenable à une grande, illustre et nombreuse na-
tion comme la sienne, de créer ses patriarches suivant l'ordre des évangélistes. I
écouta très-bien ce que je lui dis à ce sujet, car il envoya son frère à Lampron, en
lui confiant le diocèse de Tarse, et en même temps plaçant la Cappadoce sous sa
juridiction. Celui-ci, qui était surnommé Abirad, lui succéda dans la dignité
patriarcale .
Cette même année, Nour-eddin convoqua des troupes de tous côtés, parmi les
habitants du Yémen, les Égyptiens, les Assyriens, les Arméniens et les Cappa-
! Le patriarche Grégoire IV, surnommé Dgh'a,
était fils de Vasil, seigneur de Gargar’, frère de
saint Nersès Schnorhali, et Grégoras, que Michel
donne à tort pour frère de Grégoire, était fils de
Schahan, autre frère de saint Nersès, et par con-
séquent son cousin germain. Ce dernier siégea plus
HisTor. ARM. — I.
tard (1194-1203), sous le nom de Grégoire VI,
mais non pas immédiatement après son cousin,
comme on pourrait peut-être le supposer d’après les
paroles de Michel; il y eut entre eux un autre
catholicos, qui fut Grégoire V, dit Manoug, ou le
Jeune Homme (1172-1194).
48
378 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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6 B. ajoute qua — 1 B. gwguwenpar hi — 8 B. Dubé — 9 B. Puquinp — 10 À. omet nu — n B.
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dociens, avec l'intention de détruire le royaume de Jérusalem et la souveraineté
du sulthan Kilidj-Arslan. Plein d'arrogance, il restait assis en silence pendant
plusieurs heures, sans prononcer un mot, ne faisant que lire et prier. Il ne per-
mettait pas que l'on bût du vin dans son camp; nulle part on n'entendait,
parmi ses troupes, les cris qui accompagnent les jeux, les chants et les danses.
Pour prix de cette austérité, il espérait qu'un ange viendrait s'entretenir avec
lui; car les fakirs et les scheïkhs le trompaient. Les uns lui disaient, « Nous
“tavons vu monter au ciel; » d'autres : « Un ange de Dieu est à tes côtés et con-
« verse avec toi. » Lui ajoutait foi à ces propos; tandis que, dans l'orgueil que lui
inspiraient ces pensées, il restait à Damas, des troupes innombrables lui arri-
vaient de toutes parts. Mais tout à coup le Seigneur le frappa, et il mourut après
un règne de vingt-neuf ans. Alors ses troupes se dispersèrent, et chacun retourna
dans son pays. Son fils Mélik-Saleh fut l'héritier de sa puissance”.
Le roi de Jérusalem marcha contre Damas, qu'il investit après avoir dévasté la
contrée d'alentour. Les habitants promirent de lui payer tribut s'il voulait se re-
tirer; mais il espérait prendre leur ville. Toutefois, les péchés des chrétiens furent
cause qu'il ne réussit pas. Sur ces entrefaites, il fut atteint d'une grave maladie,
et ayant accepté l'or qui lui était offert, il leva le siége et s’en vint à Acre*; là 1l
! Nour-eddin mourut d’une angine, le mercredi
11 de schewal 569 (15 mai 1174), suivant Ibn-
Alathir et Aboulféda, d'accord avec Aboulfaradj,
qui indique (p. 380) le mois d'iyar (mai) 1485
des Grecs (1174); Guillaume de Tyr (XX, xxxm)
place cet événement une année plus tôt, en mai
1173.
? Amaury mourut non point à Acre, mais à Jé-
rusalem, comme l’atteste formellement Guillaume
de Tyr (XX, xxav) : « Hierosolymam reversus est.
« Ubi ingravescente valetudine, febre etiam cœpit
« violentissime laborare ; cessante physicorum arti-
. ficio, dissenteria. .. Antequam tarmnen corpus me-
«dicinæ violentia exhaustum, sumpto cibo posset re-
« ficere, febre solita recurrente, in fata concessit. »
Amaury venait de renirer d'une expédition quil
avait tentée contre Panéas, aussitôt après la mort
de Nour-eddin, et non point contre Damas, ainsi
que le dit Michel. Guillaume de Tyr raconte que
la femme de Nour-eddin, qui se trouvait dans Pa-
néas, lui offrit des sommes considérables pour l'en-
gager à se retirer. Après un siége de quinze jours,
le roi, voyant que la garnison opposait une résis-
tance de plus en plus vigoureuse , et se sentant déjà
malade, accepta ces propositions; ayant obtenu
en même temps la liberté de vingt chevaliers, il
DE MICHEL LE SYRIEN. | 3 19
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71 Dao )dliutuy — 8 B. Us dunpur Eaeupu — 9 A. gYwqe — 10 Le mot vulgaire Luwyçwf, OU COMME
on lit dans le manuscrit B. uw et ailleurs vw, 8 ou w,4@, est une corruption de l'arabe is), malé-
diction. — 11 B. QrouncD — 12B. ep Pagu E Qarwéwa fie — 15 B. ajoute 4 — MB. ous — 15 B. pure
péug w)humpéh |
mourut au bout de quarante jours. Il avait régné douze ans. Sa mort occasionna
des regrets universels parmi les chrétiens. Son fils Baudouin hérita de sa couronne
qu'il porta dix-sept ans’.
Kilidj-Arslan, ayant appris la mort de Nour-eddin, marcha contre Sébaste, et
s'en rendit maître; il sempara aussi de Comana et de Néo-Césarée. I1 mit fin à la
dynastie de Danischmend, qui avait duré cent vingt-deux ans; elle compta six
princes, qui régnèrent successivement *.
Cependant Seïf-eddin {fils du] frère de Nour-eddin, sortit de Mossoul et vint
prendre Mëdzpin (Nisibe), Rakka et Khar'an *. Son neveu (lis. cousin) Mélik-Saleh
reconnut son autorité. Seïf-eddin abolit la règle établie par son frère (ls. oncle),
et qui était inscrite dans toutes les mosquées [cest-à-dire] : anathème contre
quiconque boira du vin parmi les Turks et les Arabes. Il erdonna de gratter
cette inscription et permit de boire du vin en pleine liberté, en tous lieux, même
dans la mosquée, si quelqu'un en avait le désir.
Youcouf, qui est le même que Saladin, le maître de l'Égypte, régna sur l'inté-
rieur de l'Arabie et sur une portion de la Nubie.
partit. On lit dans Ibn-Alathir (ad annum 569) que
l'émir Schemseddin Mohammed ben-Abd-el-Mélik
ben-el-Mokaddam, qui gouvernait pendant la mi-
norité de Mélik-Saleh, rassembla les troupes à
Damas, et, s'étant mis en marche, envoya vers les
Franks en les menaçant d'appeler de Mossoul Seif-
eddin Gazi, neveu de Nour-eddin, et de l'Egypte,
Saladin, et de les attirer sur leur territoire. Les
Fraoks consentirent à faire la paix et se retirèrent
après avoir obtenu de l'argent et la délivrance d'un
certain nombre de captifs.
l La date de la mort d'Amaury, dans Aboulfa-
rad}, est 1 485 des Grecs (1174), au mois de tamouz
ou juillet, quarante jours après celle de Nour-eddin; .
Guillaume de Tyr, qui s'accorde avec l'historien
syrien sur le mois {5 des ides — 11 de juillet),
diffère sur l'année (1173), comme pour la mort
de Nour-eddin.
2 La dynastie de Danischmend ayant fini,
comme on le voit dans Aboulfaradj (p. 382), en
1174, et ayant duré cent vingt-deux ans, dut com-
mencer, d'après ce calcul, en 1052.
$ Ibn-Alathir affirme que Seïf-eddin s’empara
successivement de Nisibe, de Harran, d'Édesse, de
Rakka et de Seroudj, et de toutes les possessions
de Nour-eddin dans la Mésopotamie, à l'exception
de Kala'-Dja’bar et de Ras-'Ain.
48.
LE
380 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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— CB. vœu — 7 B. & swn — 8 B. ajoute & — ° B. ajoute & — 10 B. 4 Sy — ! B. ajoute & — 2 B,
gp purge — 1 B. YEbuwwfit — 1 B. ajoute wut
ne ee ee CRE CRE ee eee
A cette époque, les forteresses que tenaient les Arméniens en leur pouvoir,
dans la province de Saçoun, attaquées vivement par l'émir de Meïafarékin !, se
donnèrent à l'émir de Khëlath, le Schahi-Armén*!.
Mieh, prince de Cülicie, fut tué par la volonté des seigneurs [du pays]; ct
comme le jeune fils de Thoros était mort à Hrom-gla’, on donna la principauté
à R'oupên, fils de Sdéph'anê, qui fut sacré à Tarse. Il mit à mort les meurtriers
de son oncle (frère de son père), car on lui avait dit que non-seulement ils l'avaient
tué, mais encore qu'ils avaient jeté son cadavre aux chiens. Lorsqu'il eut connu
ce crime, il ne put résister au désir d'en tirer vengeance *
Saladin vint d'Égypte prendre Damas, et de là rte sur Alep. Mélik-Saleh
trembla devant lui Saladin lui envoya ce message : « Je suis ton esclave et je viens
«au secours de mon seigneur pour m opposer à ses ennemis.» Mais Mélik-Saleh
n'ajouta pas foi à ces paroles et ne lui ouvrit pas les portes de la ville. Alors Sa-
ladin se retira de devant Alep, et vint emporter d'assaut Hëms et Hama; puis il
retourna à Damas, d'où il emmena les Franks retenus en captivité. Il les rendit
pour une légère rançon, et après avoir conclu la paix avec les chrétiens, il fit venir
d Égypte de M en abondance, et rassembla une nombreuse armée.
Cependant Seïf-eddin marcha contre Saladin, la menace et l'injure à la bouche.
1 disait de lui que c'était un chien enragé qui aboyait contre son maître, et que
lui-même se hâtait d'arriver afin de l'empêcher de prendre la fuite. Saladin lui
fit dire plusieurs fois de renoncer à toute agression et de ne pas se mettre en guerrè
! Nedjm-eddin Abou'Imodhaffer Alby, fils de Ti- réfugia dans une forteresse. Les gens de la garnison,
mourtasch, l'Ortokide (1153-1176). qui savaient tout le mal qu'il avait fait aux chré-
2 Soukman Il, fils de Dhabir-eddin Ibrahim tiens, le tuèrent, et jetèrent aux chiens son corps
(1198-1185). coupé en morceaux. Suivant le témoignage, ici pré-
5 Suivant Aboulfaradj (p. 384), en 1486 des férable, des auteurs arméniens, Mieh reçut la sépul-
Grecs (octobre 1174-1175), les grands de la Cilicie ture chrétienne dans le couvent de Medz-K'ar. (Cf.
s'étant révoltés contre Mleh, celui-ci, effrayé, se Tchamitch, t. III, p. 140.) Il avait régné oinq ans.
DE MICHEL LE SYRIEN. 381
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ajoute & — 5 B. ogg — ° B. ko — 10 B, gepeft — 1 B. ogémbgpire — 11 B. x — 1 B. T'épure
— LB. sup pt bee — 15 B. Weyhewg for — 16B. qu — 17 B. vafuefugt. puy PE — 18 B. ajoute fs
— 19 B. omet vw 7
tous les deux; « car, ajoutait-il, nous ne formons qu'une seule nation, et nous
«avons la même croyance. » Seïf-eddin ne voulut rien entendre; mais, continuant
sa marche, il vint attaquer Saladin. Le combat s'étant engagé, les troupes de
Seïf-eddin eurent le dessous et prirent la fuite. Il en périt un grand nombre
sans même que la main de l'ennemi les frappât. Saladin, voyant que la victoire
était à lui, fit cesser le carnage, et se jetant au milieu de ses soldats, les rappela
impérieusement : « Arrêtez, leur cria-t-il, si vous ne voulez pas encourir Ja co-
«ère de Dieu. » Î} fit prendre soin de ceux qui avaient échappé au carnage, les
renvoya libres, et fit donner la sépulture aux morts.
La renommée de ce triomphe le rendit redoutable à tous les musulmans et à la
nation turke, mais surtout à Mélik-Saleh. Celui-ci relâcha pour une faible rançon
ses captifs franks; le comte de Tripoli fut taxé à 80,000 tahégans; Josselin, fils
de Josselin, à 50,000; Renaud, prince d'Antioche, à 120,000; il demanda en
même temps le secours des troupes d'Antioche !.
Seïf-eddin réunit de nouvelles forces, et, sadjoignant le seigneur de Mélitène
et de Harsënkev (Hisn-Keïfa), il s'avança contre Saladin à la tête de soixante mille
cavaliers. Saladin n'en avait que douze mille à lui opposer; il lui envoya dire ceci :
« Ne marche pas, ne combats pas contre moi. [Ne sais-tu pas] qui je suis? Quel
«mal t'ai-je fait? Je suis ton esclave. Si j'ai le dessous, il n'y aura pour moi au-
“cune honte, parce que tu m'auras contraint à me défendre, et que tu auras
«été injuste à mon égard. Si au contraire j'ai l'avantage, ce sera pour toi, qui es
«mon maître, un grand déshonneur d'avoir été vaincu par ton esclave. » Mais Seit-
eddin fut sourd à ces paroles. Les deux armées, se rapprochant, se trouvèrent en
1 Le comte de Tripoli, Raymond, ainsi que Jos n. 1), et Renaud de Chätillon par Medjd-eddin
selin, fils de Josselin le jeune, avaient été faits ibn-Daïé, lieutenant de Nour-eddin, en 1161.
prisonniers par Nour-eddin en 559 de l'hégire — (Cf. le même auteur, ch. cxxx1, p. 198, n. 4.)
1164 (voir Grégoire le Prètre, ch. cxxix, p. 195,
382 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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Lau cnnmgumquue fr foognjy, L Youpi un Lu bp JePt:°3 anutil { Debosifiruy 16, are Leu
guufuns gb) p 17, Jngnbug gaopub LA upeup guaueu gopugnefuu : 18 Crupbug qéuuquihuo wn.
1 B. ajoute 4 — ? B. avg fivqumnep — * B. ajoute 4 — 4 B. saqu — 5 B. remplace pwyg par 4 —
6 B. Au)buwgu — 7B. ajoute L —58 B. mqusuup wnwpbqfu j{enwp oquEy — 9 B. ajoute L — 10B, b go.
pouÿu — 1 B, US div fiv — 128, Turc por fu — 13 Au lieu de bug, B. te — 1 B. vi — 15 B. omet
bpyne — 16 B. Vuvac)dluwubu, — "1 B. ajoute & — 18 B. ajoute L — 91 B, q-bumquit
présence, et Saladin se tint sur la défensive. Enfin, les troupes en étant venues
aux mains, Seïf-eddin fut défait une seconde fois. Il prit la fuite monté sur un cha-
meau qu'on lui présenta, se sauva à grand peine, et se mit en sûreté.
Saladin, poursuivant sa marche, se porta sur Menbëd] qu'il prit. Les seigneurs
de Tellbascher et de ‘Aïntab se rendirent auprès de lui.
Puis il alla attaquer Azaz. Pendant qu'il était devant cette ville, des hommes
de la secte des Assassins fondirent sur lui; mais leurs coups ne furent pas mortels,
et il fit mordre la poussière aux assaillants. Lorsque bientôt après il fut rétabli, 1l
envoya dans leur pays des troupes qui le saccagèrent. Après s'être emparé d'Azaz,
il vint assiéger Alep. Les habitants envoyèrent à Antioche solliciter instamment
du secours. Renaud, libre des fers des infidèles, accourut à cet appel et extermina
une partie des troupes de Saladin ; il les mit en fuite, et Saladin retourna en
Egypte.
En l’année 622 de l'ère arménienne (6 février 1173-5 février 1174), mourut
Nedjm-eddin, seigneur de Mardin, et son fils Kothb-eddin lui succéda”.
La même année, l'empereur des Grecs fut blessé par un sanglier, et le bruit ayant
couru qu'il était mort des suites de cet accident, Kilidj-Arslan fit une incursion sur
le territoire grec et saccagea nombre de localités. L'empereur recouvra compléte-
ment la santé. Il avait auprès de lui deux des fils de la famille de Danischmend
qui étaient venus lui demander asile. 1] rassembla une armée et leur en donna le
commandement ?. En même temps il envoya des ambassadeurs à Kilidj-Arslan pour
1 La mort de Nedjm-eddin Abou’Imodhaffer ? Aboulfaradj (p. 385) ne nomme qu'un de ces
Alby, et l'avénement de son fils Kothb-eddin Il- princes, Dsou’Inoun, qui s'était réfugié en 1174 au-
gazi, sont placés par Aboulfaradj { Chronicon syria- près de l'empereur, lorsque, après la mort de Nour-
cum, p. 386) en l'année 1487 des Grecs {octobre eddin, Kilidj-Arslan était venu s'emparer de Sé-
1175-1176), et 571 de l'hégire (22 juillet 12175- baste, Néo-Césarée et Comana.
9 juillet 1176).
DE MICHEL LE SYRIEN. 383
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Lupriuqnÿt gg qfif, L jaiuquunquunne qabas q (Qvree nv junamanugh, L° Gounphuwg :
bel veccet, ve le Je, guug pur trad Sheubun Suduubu, L abphug JErkpht
Greteg Xe wudfuu, fuituupu banque, franngbkin] quouu*:
Le Paquet birobe qure parue, k'fuphp qua wnauÿf bep, gb os kwdhp 4e pur
lu wacprutt, Lugano wnupbug gopehut aber nus Sn. un. fr dhpuy \hrkb-
uupho. one EcBbut tuant & {Epusy np: jook (Oseeppt funpudüiu4, ap fbbr ew_
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qapo bu, ED qupuit Faq, L vupuult Juda} L ge nn cugbgfiu cpu pu : | >t
obubauy gopuÿt, Sweenmugf L rufubut, L Ejbu Stan Wngu qgopph fOwenpug uurçiu.
que puqupfl, L qpauqnedé onnphgft f'üaguiuk, k'uqutft gpbnenqh Pauqunnpf :
Le gugtut gqanndegfu Buguwenphu, L'opndkque jyd, L fgue dEp£ f Qui L
Deus h Ænpuh dpnÿ k JES Eplne pjong a dncwpwgnhhg. L eQu agsnbkqub guess
Oreppduup nb jojo fdhaup jy, L apooeupbgft gher ft winipu É, L cle fi
LB. uvre )divkuy — ?B. omet & — 5 B,. époucuny —% B. ggoput — 5 B. Quvarydlatbuy —$ B. ya.
&éowppu — 7 B. omet vapuw — 8 B. avr phuhp, qnpu — 9 BE — 08. Qacnpdiupu — 11 Le mot ef
est l'arabe EP» agreste, rustique, sauvage. Ce mot est appliqué ici aux Turkomans nomades campés alors,
comme ils le sont encore aujourd'hui, dans la région orientale de l’Asie Mineure.
lui porter ces paroles : « Rends aux fils de Danischmend, qui sont auprès de moi,
« leur héritage paternel. » Il suivit de très-près ce message, et ayant surpris à l'im-
proviste les Turks dans des lieux de difficile accès, il les tailla en pièces ”. Sur
ces entrefaites, les Turks du pays des Ouzzes (Oudj) fondant, par le nord, à la
dérobée, sur le territoire grec, y firent cent mille captifs, femmes et enfants, et
massacrèrent la population virile.
Cependant l'empereur cherchait et poursuivait sans relâche le sulthan, qui
évitait d'en venir aux mains. Îl envoya les fils de Danischmend à la tête de cin-
quante mille hommes contre Néo-Césarée; arrivés devant cette ville, ils en firent
le siége. Le fourbe Turk qui la commandait composa une lettre qu'il adressa
aux troupes [grecques] au nom de ceux des habitants qui étaient chrétiens,
et conçue en ces termes : « Les Danischmend, que vous vous êtes donnés pour
«chefs, veulent vous livrer entre les mains des Turks, qui vous ont dressé une
«embuscade. Ils n'attendent que l'occasion favorable. » Cette lettre fut jetée par
dessus les murs. Les Grecs, l'ayant lue, crurent à ce qu'elle contenait et prirent
la fuite. Les Turks qui formaient la garnison, s'étant mis à leur poursuite, leur
tuèrent beaucoup de monde, ainsi que le neveu de l'empereur ?.
Les Grecs coururent annoncer à Manuel ce qui venait d'arriver; 1l en fut vive-
ment affecté. Étant parvenu près d'Iconium, il campa dans une petite vallée res-
serrée entre deux collines escarpées. Tout à coup les Turkomans nomades l'en-
l La guerre de Manuel Comnène contre ‘Izz-
eddin Kilidj-Arslan, commencée en 1176, dura
Jusqu'en 1179. Elle a été racontée par Nicétas Cho-
niates (liv. VI) et Guillaume de Tyr (XXI, xu).
? Ce prince, appelé Jean Cantacuzène, était le
neveu par alliance de l'empereur Manuel, qui lui
avait donné en mariage Marie, fille de son frère
Andronic Sébastocrator et veuve de Théodore Da-
siota. (Du Cange, Famil. Byzant. p. 209.) Suivant
Nicétas Choniates (VI, 1v), il fut tué à la bataille
de Myriocéphalon, forteresse en ruines située au
nord-ouest d'Iconium, ct où les Grecs furent mis
complétement en déroute par les Turks, en sep-
tembre 1176.
384 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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béeguiul dupe L qpuun pugml, L'un qnn%ÿlu bngur Ya pha fu:
Le éphbuit yyd* qopet Gnibwug, k'emmpbuwg fuqueopé an uneputi L Ein lus
4 pongupu, qnp vapuju bfiu 2Pubu, L'ewqusbewgt gbpdnguuby que k bEqrufdliEu, L
wnupbgfis vbp og dhdbuñuu s Uye mepufe Eqh uncquañiu, L yqhug on us bp)
SESEpnle Sub qu vbanf L'enbby fe Ueomuqhneuohe. pp EGEut Swputofi,
a ereget, b jrenh abus vquuñu guy: pe (enpñi EpBuye wuuf L uñnnf L
sbwpebp quacpinuÿu, gb ahboug qQuouu k Zbnuwg Vague, guwpwgbey Hobunlhuu li
qe aout aftuwfuunn : Ougut aukfi L SE g$bank dufubfi L juoumughfit
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eut agent pug it :
1B. fngeunkfr — ? B. 4 kqku wvajd et [les forces des Grecs] furent affaiblies» — 5 B. jus —tB,
ajoute qu — 5 B. wn%hgft — 6 B. wnwphuwg — 7 B. ajoute vncpuruw — 8 B. ajoute & — ° B. sfpuhg
— 10B. 594 —1UB, bog vapw — VB. Efu — 1 B. 4wpkp — MB. 4 Ruwvky — 5 B. ajoute gouw —
16 B. qautuwgupGuft be phuñug b Grivuwg — 17 B. acqnupun. — 18 B. yép4nuf
tourèrent en nombre immense et le tinrent cerné pendant sept jours. Ils faisaient
pleuvoir de tous côtés sur les Grecs les pierres que les rochers leur fournissaient,
et les blessaient à coups de flèches nuit et jour. Ils leur tuèrent une multitude
d'hommes et de bêtes de somme, et leur enlevèrent cent mille charges de vivres.
Les Grecs étaient dans la consternation. Dans cette conjoncture, l'empereur en-
voya des députés au sulthan, lui offrit trois villes que les Grecs avaient bâties; et
le supplia de le dégager de cette position périlleuse. Les deux princes firent la
paix. Le sulthan, enchanté, envoya à l'empereur trois émirs avec de la cavalerie,
pour l'aider et le ramener à Constantinople. Ceux-ci, étant arrivés, repoussèrent
les Turks, et les Grecs se mirent en mouvement et opérèrent leur retraite. Cepen-
dant les Turkomans, accourant de tous côtés, reprochaient durement au sulthan
d'avoir sauvé les Grecs lorsqu'ils les tenaient en leur pouvoir, affaiblis et impuis-
sants, et de leur avoir fourni des provisions, sans aucune peine de leur part pour
se les procurer. Ils ne cessaient de lui répéter ces paroles; puis, attaquant succes-
sivement les corps de l’armée grecque, ils leur enlevèrent leurs armes, leurs che-
vaux, et en tuèrent un grand nombre à coups de flèches et de pierres lancées
avec la fronde.
Comme les Grecs accusaicnt les émirs de les laisser exterminer, ceux-c1 leur
jurèrent qu'ils n'y pouvaient rien, que ces peuples étaient indépendants, fé-
roces par caractère, méprisant tout, et que personne ne pouvait les empèé-
cher d'exercer leurs déprédations. Les Grecs eurent à souffrir jusqu à ce que les
émirs les eurent conduits hors de ce pays; ils perdirent en route vingt mille
hommes. Manuel reprit le chemin de Constantinople, tout confus et accablé par
cette défaite, lui qui se vantait avec arrogance de triompher de ses ennemis tem-
porels par une guerre ouverte, et de vaincre l'Église orthodoxe par des combats
spirituels. C'est ainsi que ses eflorts échoutrent dans cette double entreprise.
DE MICHEL LE SYRIEN. 989
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Ehbabglt L'uuug. Eqaunp, Boncunnfdfobu uju ut déqug &, puugt juurwphu be
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Lab pruit Chr SEfduñtinuu L. niuuis gqnpdu 'lnquu, dun snnpne {3 buiug bnqw, babu
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Bapus bep dust qnpông (eprg- ban gout bene pit L fipt gag b luwpebpr L
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pégus Vous finpSulpupeefbandh, L pungmugus Xujuk auto fuit Epltu
1 B. ajoute & — 2 B. op hp W'érnbuh Guyfe — 9 À. Guyp —$ À. nbuuvbl — 5 B. gnpëpr —S B. ajoute 4
—TB. jobug — 8 B. pue dég a@nc@buwdpu — 9 À. agngnupav — B. ajoute 4 — !! B. ajoute 4 —
12 B. ajoute 4 — ! B. ajoute 4 — 4 B. Swgwawgne hu « l'opposition ».
A ——
Lorsqu'il fut de retour, il envoya au sulthan de grosses sommes pour le rachat
des captis.
A cette époque, les chrétiens de Mélitène étaient en proie à de cruelles vexations
de la part de leur émir, qui vivait dans une prodigalité crapuleuse au milieu de
la disette générale. Les ministres de l'Église leur tinrent ce langage : « Frères, le
«malheur qui nous accable est dû à nos péchés, car nous avons vu se renou-
« veler parmi nous les mêmes occasions de reproche dont les Israélites se rendirent
«coupables, et que le Prophète dénonce en ces termes : « Ils se sont mêlés aux
« paiens, ils ont appris à pratiquer leurs œuvres, ils ont adopté leurs coutumes;
«et leurs œuvres sont devenues un sujet de scandale pour ces nations elles-mêmes. »
« Êt maintenant nous avons été exterminés et anéantis, nous avons été réprouvés
« par le Seigneur. Que chacun de nous se détourne donc aujourd'hui de la voie
«criminelle où nous sommes engagés; ensuite nous implorerons la bonté de Dieu,
«et il nous regardera avec cette miséricorde qui lui est propre. C'est par elle que
«nous vivrons et que nous éviterons la mort. »
La foule entendit ces avertissements de l'Église, et elle revint au Seigneur par
des jeûnes, des supplications, des larmes et des veilles prolongées pendant toute
la nuit.
La colère de Dieu s'apaisa; il toucha le cœur de l'émir et mit dans son esprit
le remords de ses actions. Celui-ci, ayant livré la ville au sulthan, se retira à
Kharpert, et Mélitène recouvra la tranquillité; le pain devint abondant, les im-
pôts furent allégés, et Dieu fut glorifié par les actions de grâces qu'on lui rendit.
Le goût que porte avec elle la pénitence fut adouci par les manifestations aux-
quelles elle donna lieu, puisque Dieu permit qu'un homme cruel et stupide res-
Hisror. AnM. — I. 49
380 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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b Uaugbunfus Yupure ral df, L wpEanf ape pnmgun woféhg L unofthug, L 5 pujinl
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Juprrghet quitté gui L nfunEguit mefun wnuwÿf Vuunndn, #5 qupänguitt af.
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jpg bwgu, LE puqnedh, L Ebbje wat plu, qupäbut Of JEchdwpwg,
LUE Ent brbewpSEug wpumuunkgfu, L1gft gebpuibu fephuug wwe uivacunli
1 B. Qratioc)diuubu, — 21. Lan « 33,000 » — 5 B. Eyg — 4B. ajoute L — 5 À. omet 4 — 6B. uybvuup.
Sfr — 11. Quogennjutu — 8 B. ajoute L — 98B. wphbbug — 10 B, gopwg fipag —- 1 B. ajoute L— PB,
omet we S6e — BR, ajoute £ — 1 B. ajoute L—8B,. Lvn- an fÿ Lingus — 16 B. £pl bu qu —
17 B. omet 4 — 18 B,. apuwuncbin) furuepéE qui
sentît du repentir et quittât ses possessions paternelles pour s'en aller ailleurs.
C'était le dernier des Danischmend!.
En l'année 629 de l'ère arménienne (5 février 1180-3 février 1181), Saladin
sortit de l'Égypte à la tête de trente-quatre mille cavaliers armés de toutes pièces,
sans compter les gens de pied et l'infanterie; cinquante-deux mille bêtes de
somme chargées d'armes les précédaient. Arrivé dans la Palestine, il fit prison-
nier un Frank, et, avant de prier, il fit ses ablutions dans le sang de cet homme,
après quoi il se prosterna. Aussitôt 1l se disposa à commencer la guerre et à dé-
vaster la contrée.
.À la nouvelle de cette invasion, le roi de Jérusalem, Baudouin | IV], réunit
son armée; mais elle était bien faible en comparaison de celle des infidèles. I!
se jeta la face contre terre en se tournant vers l'orient, en présence de ses trou-
pes, qui imitèrent son exemple. Tous élevèrent spontanément leur voix vers le
Seigneur en versant des larmes; puis ils se relevèrent, et, ayant fait le vœu de-
vant Dieu de ne pas tourner le dos à l'ennemi, et de mourir résolûment pour Îa
sainte Église, ils se préparèrent au combat, séquipèrent de pied en cap, et
s'armèrent de leur foi. Ayant marché à la rencontre des ennemis, ils les aper-
çurent au loin comme une foule immense qui s'avançaient en courant à l'envi
les uns des autres. Alors, descendant de cheval, ils tombèrent à genoux, et,
1 Aboulfarad] (p. 387-388) raconte que Kilidj-
Arslan investit Mélitène avec des forces immenses
pendant quatre mois. Laissant le siége traîner en
longueur, il ordonna à ses soldats de bâtir des mai-
sons de briques, comme pour hiverner, et en fit
élever une pour lui avec les pierres qui surmon-
taient les sépulcres. L'émir de Mélitène, craignant
que les principaux de la ville, pressés par un blocus
rigoureux et par la famine, ne le livrassent au sul-
than, lui demanda la vie sauve et se retira dans la
forteresse de Zaïd (Kharpert). Kilidj - Arslan devint
ainsi maître de Mélitène, le mercredi 25 de ti-
schrin premier 1489 des Grecs (25 octobre 1177).
— Îl ne faut pas oublier que cette année 1177
ayant eu 10 du cycle solaire et B pour lettre do-
minicale, le 25 octobre fut un mardi, et non point
un mercredi.
En disant que l'émir de Mélitène était le der-
nier des Danischmend, Michel veut parler sans
doute d’une ligne collatérale ; car nous avons vu
que la ligne directe avait fini trois ans plus Lôt,
en 1174.
DE MICHEL LE SYRIEN. 387
channuk, Vouracws qu fupeuo L fobuuït fiu$m L 4Evwug, L fun kguit fi ubp np:
Le tout JEphupe bepbutg,L fonpugbut bepl ques nc fu JE paul tganmeug, Suiufil
bepuputehee géquuS {up fr pige Budtugte 26h L Zebgfi quauw : [xe faptee
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Engt wnulg àbafu k Uquhh. L'ünpu Yrnngbgfus géaus Los que wuphgmguiubfiu, k
gorebguiu faufounulut pue Yong Swupureg on wbugunnniu. puy" unept 5 qupdun
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byb op quubhfu f'unguiuk phase? ke one Loquñtuiuk fi Ve fit qulltujh Suñupm [Ou
ang tag k quaunn foutue Ungu Ynskgbwft, qubure b qunbqnchu L gufpququu®, L
gdesñiu bague Le quEtefu qunnpannnne fut vupuunc gi. jguiu L fuupfunluguis, Loc quufu
app SEp agnenmgtaqu bep, L 965 unepe Ehbabgb b Saufaun.u vgu an bubug-* Le inuyfits
opS une fhel Venere, gb pb qubfu uibopfiwgt k Bubbwg quhqunu ungus wqS wgkuqu}
b cbauk joe fephuitg :
Bel VouSwufit tape L'iuwfoudift alu k Pop gyd vutuine, L' ggkqua
ubrec L epabque f obubeokÿ L 'oufbug afp foweupus gpwgnel wenequ:
1 B. omet £& —? B. y6ppfuwpur — 5 B. guhquée — BB. Bvudkug fepng — ° B. 4auwanptf — 5 B. Lans —
7 Au lieu de pe, B. lit L — 8 À. vgouv f Rwgbauÿt L — ° À. jpbuy — 9 B, ajoute & — !1 Le mot
arménien vulgaire fm, OU mwt est le persan xls avec le sens ici de tente, fumpuñr, et en général d'ha-
bitation, maison, hôtellerie, nmv, o@Equu, hpkfuir, puwwpuñs, fwup. Cf. le Dictionnaire arménien vulgaire
et arménien littéral de Mékhithar-abbé, v° put — 2 B. gupqwgo — 13 B. ajoute 4 — 4 À. omet 4 —
15 B. gquéwgbau « bronzés ». — 16 À, omet 4
fondant en larmes, ils firent retentir le nom terrible du Christ, en l'invoquant
comme Dieu, comme maître de la mort et de la vie. Embrasés de son amour,
ils s'élancèrent comme des aigles sur une troupe de liévres, en dirigeant leurs
lances droit contre la poitrine des infidèles, et les culbutèrent. Le Christ Dieu,
notre roi béni, suscita, à l'encontre des musulmans, un vent violent qui les pré-
cipitait de leurs chevaux, sans le secours du bras ou de la lance. Ils furent ex-
terminés sans quartier. Dans leur déroute, ils s'enfuirent, en prenant la direction
du sud, à travers le désert. Le glaive ne cessa de les frapper jusqu’au coucher du
soleil. Le lendemain, le carnage recommença sur les débris échappés la veille,
et dura jusqu'au septième jour. On en rencontrait qui, exténués de faim, étaient
aussitôt immolés. Les Franks s'emparèrent d'immenses provisions de vivres et de
nombreux magasins d'armes, de leurs flèches, arcs et lances, de leurs tentes et
de tous leurs bagages. Ils furent chargés et enrichis de butin. La sainte Église,
qui comble de joie ceux qui placent leur espérance en elle, fut dans l'allégresse
à la nouvelle de ce triomphe. Dieu fut béni de ce qu'il avait brisé les reins des
infidèles et humilié leurs cœurs souillés par leurs vaines espérances".
Sous le coup de cette défaite et couvert de honte, Saladin se réfugia en Égypte
avec les faibles débris de son armée. Il se revêtit de noir, se renferma dans une
chambre, et s'imposa la gêne de rester dans les ténèbres pendant plusieurs jours.
l Cette bataille eut lieu non loin de Ramla, dans récit d'Ibn-Alathir dans ses Extraits des historiens
le mois de djoumâda premier 573 (octobre 1177), arabes relatifs aux croisades (p. 180). — À peine
d'après Ibn-Alathir, Aboulféda et Aboulfaradj qui ai-je besoin de faire remarquer que Michel fausse,
indique en même temps l’année 1489 des Grecs comme d'habitude, dans ce paragraphe et les sui-
(1® octobre 1177-1178). Guillaume de Tyr a décrit vants, la date arménienne, en l’anticipant de deux
longuement ce fait d'armes si glorieux pour les ans et quelques mois.
chrétiens {XXI, xx-xximr). M. Reinaud a résumé le
49.
388 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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cg Vnaqpue Siuquiiqnffbunlp. b bpqaiws lu pod Haqguig gabprt an uw, k
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Voiy gbphiè. L os dlunbbuwg que S£e b Zbau ungu, paiuqh vuabawg pphudt Epydusiu,
L qupdur k Supauy S'aauquibgss ff walbpasju np use : |
LP Pr ap qhug Huquinpu | ppreuunkdp b éepaatuu L hu fr ur nu np Yash
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Que hYuwdiwulnu, k Deuulpu an boup asp page k ebph ft bnguiuk L yEphphu, qup_
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1 B. ajoute k —2B,4 un — % B. omet que — # B. h Stasquuqae fo fu — 9 B. four — 6 B,. Use uw
nf — 7B. buwn — À B. ajoute vap « la nouvelle [ville] ». — 9 B. ,pv6pe — 108. pe éd vapu — NB. ju.
PauSiwukqunn pu — 2 B. ajoute L
Ya Ÿ
Cette victoire décida l'émir de Harem à abandonner le parti des Turks et à
se soumettre à Antioche. Quoique le Prince lui eût juré de lui laisser sa forte-
resse, dans la suite il viola son serment. S'étant adjoint R'oupên, maître de la
Cilicie, il tenta de s'emparer de Harem; mais le Seigneur ne livra pas cette place
entre leurs mains, car le Prince avait manqué à la foi jurée, et l'émir qui y com-
mandait rentra sous la domination d'Alep”.
En l'année 630 de l'ère arménienne {4 février 1181-3 février 1182), le roi de
Jérusalem se rendit au Jourdain, et s'arrêta à l'endroit qui se nomme Île Passage
de Jacob, et que les Philistins appellent le Gué de Jacob. 1 fonda en cet endroit
une ville, comptant se servir de cette position pour se rendre maître de Damas.
L'entreprise d'abord réussit; les constructions s'élevèrent et les chrétiens accou-
raient pour s y fixer. Saladin, prévenu de ce fait, conçut des craintes pour Damas,
et, ayant rassemblé de nouvelles troupes, se rendit dans cette ville. L'émir de Ba-
bek, ou la ville du Soleil (Héliopolis), se confiant en ses forces, résistait encore à
Saladin. Celui-ci marcha contre lui, et Ba'lbek lui fut livrée par capitulation, et
d'après les promesses qu'il donna. Ayant ainsi acquis un point fortifié sur lequel
il pouvait s'appuyer, il attaqua la nouvelle cité fondée par les Franks.
Les glorieuses troupes chrétiennes, si bien familiarisées avec la victoire, bat-
tirent les infidèles et les maltraitèrent comme la veille et le jour précédent. Sa-
ladin prit la fuite et courut se renfermer dans Damas. Les Franks, après avoir fait
un butin considérable, et pris une multitude de captifs parmi les Égyptiens et
parmi les populations du pays, retournèrent à la ville qu'ils construisaient.
1 Cet émir, qui s'appelait Sa'd-eddin Kumuasch- au fond du cœur; on lui fit un crime d’avoir
tékin, était vizir de Mélik-Saleh, fils de Nour- mis en liberté les captifs pris par Nour-eddin, et,
eddin. Originaire de l'Occident, il fut accusé de entre autres, Renaud de Châtillon. Mélik - Saleh le
favoriser les chrétiens et d'être chrétien lui-même fit périr.
DE MICHEL LE SYRIEN. 389
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D opu fBrifi dan (aff Barpurvpt Gocbug off LE dk wppnye [tu fu pry,
L. Pwquinphwg spah üuepu Ukes mquy pd our. L pole pd opqannphfi
gusquenpne ft brque sul dügg hop gl Swann, puyg pe Xbaui m$ép
gere quibämgh. L otre Ven on aie fk sant fut, k 05 autre $mrunn
aphE zinc buts pe Jep du just gai hp.pv, fre SEguin auquitaiulty ques wibophhp
Basqan-mpne bai k quby qaneuenp (alt, p bp pe dt Gnph. L phogu 4fu k pat
1 B. ajoute & — * B. ÿr6p — ° B. Spbpu. k — + B. Spbngu — 5 B. quudfuu k Gnupu — 9 À. quug —
1h. Path, — 8 B. bohaiup — 9 B. omet ep — 10 B, diujpu — UR. qupééoune Béetis = 12 B. yet
— 19 À. svoptup « des scélérats ».
Dans une autre incursion dirigée contre Damas, ils firent un peu de butin
et quelques captifs. Lorsqu'ils furent pour se retirer, Saladin, reprenant vigueur,
les poursuivit et leur enleva cent Frères. Le succès revint de son côté, en pu-
nition de notre malice et de l'oubli où nous avions mis les commandements de
Dieu. Ayant réuni les Arabes du désert, 11 marcha contre la nouvelle ville; mais
il n'y trouva pas le roi. de Jérusalem; il y avait seulement cinq cents Frères.
L'ayant investie, il l'emporta de vive force et y mit le feu. Toutes les constructions
récemment élevées s'embrasèrent et furent consumées. A cette vue, les Frères, se
voyant vaincus, furent découragés et se précipitèrent les uns dans le feu, les
autres dans Île fleuve, pour ne pas tomber entre les mains des infidèles. Ceux-ci
massacrèrent le reste des habitants, et Saladin s'en revint à Damas !.
En l'année 631 de l'ère arménienne (4 février 1182-3 février 1183), mourut
Manuel, empereur des Grecs, après trente-sept ans de règne. Il eut pour succes-
seur un enfant de douze ans, son fils Alexis. Douze grands de l'empire prirent
la direction des affaires de l'Etat. La mère d'Alexis [ Marie d'Antioche] embrassa
la vie religieuse, tout en conservant l'administration des trésoreries. Parfure en-
vers Dieu, elle tomba dans l'adultère et viola son vœu de chasteté. Lorsque sa con-
duite eut été découverte, les régents de l'empire complotèrent de la tuer, et en
même temps de mettre sur le trône une fille de Manuel, née d'une autre femme”.
! Les chroniqueurs arabes passent sous silence
l'échec que reçut en preinier lieu Saladin lorsqu'il
vint attaquer la forteresse que les Franks avaient
bâtie auprès de Panéas, et dont la défense avait été
confiée aux Templiers. Ïls ne mentionnent que la
revanche qu'il prit bientôt après, et dans laquelle
les musulmans mirent les chrétiens complétement
en déroute, et firent an très-grand nombre de pri-
sonniers, parmi lesquels Ibn-Alathir énumère le
fils du seigneur de Ramla et de Naplouse, qui était
le plus considérable des chrétiens après le roi; le
frère du seigneur de Djobaïl {Gibelet) ; le seigneur
de Tibériadc; le grand maître des Templiers et
celui des Hospitaliers, ainsi que le seigneur de
Djinin (Ginum ou Ginea).
? Marie, fille d’Irène (Berthe), la première
femme de l'empereur Manuel. Elle avait épousé,
à l’âge de trente ans passés, un jeune homme qui
390 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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2 B. D'oywgcnÿy — 13 B, ajoute gh 4nnckugk pue wvbpu bp «afin de combattre son beau-père ». — là A.
Rrérqop « Théodore ».
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Mais la mère d'Alexis et ce jeune prince, ayant eu connaissance de leur projet,
ordonnèrent d'arrêter onze d'entre eux. Ceux-ci se réfugiérent dans l'église | de
Sainte-Sophie] et les satellites accoururent pour les saisir et les mettre à mort.
Mais la multitude soulevée occupa la porte de l'église pendant sept jours.
Le patriarche survint et implora l'empereur et sa mère; il leur fit jurer d'épar-
gner la vie des coupables; alors il les fit sortir de l'église et les conduisit au palais.
Mais ces ennemis de Dieu violérent leur serment; il est vrai qu'ils ne firent pas
mettre ces grands à mort; ils leur firent arracher les yeux, tourment plus cruel
que la mort même.
Le seigneur de K'éçoun et de Harsënkev (Hisn-Keïfa), qui se nommait Nour-
eddin ! et qui était gendre du sulthan, conçut de l'aversion pour sa femme et
appela Saladin à son aide pour faire la guerre à son beau-père. Saladin agréa
cette proposition, et tous les deux marchèrent contre le sulthan. Mais l'émir Haçan
vint au-devant d'eux, et après que, par de sages paroles, 1l leur eut persuadé de
retourner sur leurs pas, la paix fut rétablie.
L'émir d'Édesse et de Khar'an, s'étant révolté contre le seigneur de Mossoul, se
rendit auprès de Saladin. |
Le patriarche Théodose, qui s'était porté caution pour les grands qui avaient
été privés de la vue, sortit de Constantinople et partit. Pendant sept mois la messe
ne fut pas célébrée dans cette ville, et les morts restèrent sans sépulture. Dans sa
n'en comptait que dix-sept, Régnier, second fils Alexis, amant de l’impératrice, et qui la gouver-
de Guillaume l'Ancien, marquis de Montferrat; nait ainsi que le jeune prince.
Régnier reçut de Manuel, avec le nom de Jean, le ! Nour-eddin Mahmoud, fils de Kara-Arslan,
titre de César. (Du Cange, Famil. byzant. p.155.) prince ortokide de Hisn-Keïfa et d'Amid , lui suc-
Cette princesse fut l'âme de cette conspiration, céda en 1167. |
ourdie dans le but de renverser le protosébaste
DE MICHEL LE SYRIEN. 391
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sottise, 11 avait anathématisé des gens innocents, et non point seulement l'empe-
reur et sa mère adultère, tous les deux parjures.
Saladin marcha contre Amid, s'en empara et donna cette ville à Nour-eddin,
en exécution de la promesse qu'il lui avait faite.
Cependant Seïf-eddin, ayant rassemblé de nouvelles troupes, marcha contre
Saladin; maïs il n'osa pas en venir aux mains.
En l'année 633 [de l'ère arménienne] (4 février 1184-2 février 1185), mou-
rurent Seïf-eddin et Mélik-Saleh !. Le pouvoir passa aux mains de Izz-eddin, autre
frère de Seïf-eddin.
En l'année 634 de l'ère arménienne (3 février 1185-2 février 1186), l'infâme
Andronic, meurtrier du baron Sdéph'anë, lequel s'était enfui à Acre, où 1l séprit
d'amour pour sa parente [ Théodora], avec laquelle il eut des relations criminelles,
et qui avait erré en une foule de lieux en y commettant les plus mauvaises actions,
se rendit à Constantinople et s'y introduisit comme un fourbe, sous prétexte de
venir dans l'intérêt du jeune empereur et pour prendre sa protection. Après avoir
vécu quelque temps familièrement dans le palais, il ne tarda pas à mamifester sa
perversité, car il noya dans la mer Alexis et sa mère”, et s'assit sur le trône. I] fit
périr un millier de personnes des plus considérables de la nation grecque, et
ruina quatorze mille villages ou monastères de l'empire. Ce misérable vieillard,
ce fils de Bélial, épousa la femme d'Alexis. Il chassa les Franks répandus dans la
ville et dans les provinces. Il voulut se défaire d'Isaac (Ph'sig) [lAnge], prince
1 Seïf-eddin Gazi mourut en 576 de l'hégire sui- étranglée par l'eunuquePtérygionite et l’hétæriarche
vant Aboulfaradj, Ibn-Alathir et Aboulféda, le 3 de Constantin Tripsyche, et l'empereur son fils avec
séfer — 30 juin 1180, d'après ces deux derniers; une corde d'arc par ce mème Constantin Tripsyche,
et Mélik-Saleh Ismaïl l’année suivante, dans le Étienne Hagiochristophorite et un certain Théodore
mois de redjeb — novembre. Badibrène, préfet des Rhabdophores. { Alexis Com-
? Suivant Nicélas Choniates, l'impératrice fut, nène, ch. xvir et xvurr.)
392 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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6 B. sous fu — 1 B. omet que — 5 B. nhpbwg — 9 À, omel 4 — 10 B. L Ebay Pauukwgu — B. oquni
Phuwdp — 2B,. ajoute k — DB, Snkqbpuyu — KB. ajoute £ — 158, gpncpapaqlv bip — 16 B. wuneuilp
Parquapfu
de la famille impériale, et l'envoya chercher. Comme celui-ci refusait de se rendre
à cette invitation, parce qu'il pressentait ses intentions, Andronic ordonna au
messager, avec menaces, de l'amener par force. Le sbire étant venu pour le con-
traindre à le suivre, le prince tira son épée et le frappa; puis il se réfugia dans
l'église [de Sainte-Sophie], tenant à la main son glaive ensanglanté, et s'écriant :
« Sachez, vous, gens de toute sorte, qu Andronic veut détruire toutes les familles
«grecques. » Le peuple se souleva et courut à l'église; car qui n'était pas indigné
contre ce scélérat? Les grands de l'empire qui avaient échappé à sa cruauté invité-
rent le patriarche à donner immédiatement à Isaac l'onction sainte. C'est ce qu'il fit.
À cette nouvelle Andronic se sauva sur un navire. Aussitôt on se mit à sa
poursuite, et l'ayant atteint on le ramena. Mais avant d'être arrivé, il fut mis en
pièces et jeté à la mer. Ce qui resta de son corps fut porté à Constantinople et
consumé par le feu ”.
Saladin, s'étant rendu maître de la Mésopotamie, vint avec tous ses émirs as-
siéger Karak et Schaubek. Les Franks firent des sorties contre les infidèles, et,
victorieux par le secours de Dieu, les repoussèrent au loin; puis ïls fortifièrent
les villes et les forteresses du littoral ?.
Le roi de Jérusalem fut frappé d'un cruel malheur; il devint lépreux, et la
médecine fut impuissante à le guérir. Il résigna la couronne à son neveu {fils de
sa sœur), jeune enfant encore en bas âge.
l Andronic, qui succéda à Alexis IT, régna vingt leux. Il expira dans les tourments Îles plus ignomi-
et un mois et quelques jours, jusqu'au commence- nieux et les plus affreux. (Nicétas Choniates, Andro-
ment de septembre 1185. Saisi par le peuple, que nic Comnène, II, xi.)
ses cruautés avaient irrité, il fut chargé dechaines et ? Cette expédition est fixée par Ibn - Alathir et
abimé de coups; après qu'on lui eut crevé un œil, Aboulféda au mois de rabi second 580 (juin-
on le promena, dans le forum, sur un chameau ga- juillet 1184).
DE MICHEL LE SYRIEN. 393
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Saladin vint s'emparer de Mëédzpin (Nisibe). De là il marcha contre Mossoul,
mais sans pouvoir prendre cette ville. Pressés par un siége soutenu avec une opi-
niâtreté croissante, les habitants promirent de se rendre et de mettre leurs troupes
à sa disposition. Après avoir reçu leur serment, il se dirigea contre Meïafarékin, et
s'en étant rendu maître, 1l revint à Damas.
La même année vit mourir Nour-eddin et Kothb-eddin {Ilgazi |, seigneurs
d'Amid et de Mardin, lesquels étaient parents et de la race des Ortokides; tous
les deux fléaux de l'Eglise, hostiles aux chrétiens et ennemis de la vraie foi.
Après leur mort, Houçam-eddin [Youlouk-Arslan|, fils de Kothb-eddin, prit
possession de Mardin, et Ar'mëtin, seigneur de la forteresse de Palou', se rendit
maître de Kharpert.
Cette année mourut aussi Amir-Miran (l'émir des émirs, Soukman IT), sei-
gneur de Khëlath, Schahi-Armên”. Il eut pour successeur Bektimour, son esclave.
Le prince d'Antioche [Boëmond le Bambe] fit amitié avec Saladin et voulut
semparer par trahison de la personne de R'oupên, maître de la Cilicie. S'étant
saisi de lui, il le mit en prison; puis 1l envahit ce pays et y séjourna tout l'été,
mais sans réussir à y faire aucun mal, parce que Léon *, frère de R'oupén, se tenant
prudemment les armes à la main pour repousser toute attaque, protégeait les
habitants, auxquels il procura la sécurité et la tranquillité. Le Prince se retira
honteusement. Cependant la tendresse que Léon portait à son frère l'engagea à
1 Cf. sur la position de Palou, dans l'ancienne
Arménie, la note 1 de la page 132. Aujourd'hui
le district de Palou est une des divisions du pa-
chalik de Diarbékir. (Indjidji, Arménie moderne,
p. 224-225.) :
? Cf. sur ce prince, ci-dessus, p. 195-197, 201
et notes, ibid.
Hisror. ARM. — I.
* R'oupén Ill et Léon IT étaient fils de Sdéph'ané.
Le premier, qui était l'aîné, gouverna la principauté
de Cilicie, avec le titre de baron, depuis 1175 jus-
qu'à sa mort, arrivée en 1189. Il avait épousé Isa-
beau, fille de Honfroy, seigneur de Thoron et de
Krak. Comme il ne laissait pas d'héritier mâle,
Léon lui succéda immédiatement.
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394 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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TB. éheupeupe — 8 B. ponjs — 9 B. wbgkio,.p
céder Adana et Thil; à ce prix, il obtint sa liberté. Dans la suite les deux frères,
ayant repris [ces deux villes], rentrèrent en possession de ce qui leur appartenait
auparavant |. | :
En l'année 636 |de l'ère arménienne] (3 février 1187-2 février 1188), la guerre
éclata entre les Mèdes, qui sont les Mars, et les Turks, qui sont les Thorgomiens?.
Cette guerre dura huit ans. En voici la cause : Les populations turkes nomades,
qui s'abritent sous des tentes contre la chaleur et le froid, émigraient pendant
l'hiver vers le sud, cherchant de doux climats et un terrain sec. L'été elles remon-
taient vers le nord, pour y trouver de l'eau en abondance et la fraîcheur d'un air
tempéré. Dans ces courses, les Mars étaient leurs compagnons. Ceux-ci, quittant
l On lit dans Aboulfaradj que Léon racheta son
frère aîné en donnant au prince d'Antioche 30,000
dinars, et en lui cédant les deux villes de Ma-
mistra et Adana. — Ces mêmes faits sont ainsi ra-
contés par Tchamitch, t. ILE, p. 140-141, à l'an-
née 1182. Après Ja mort de l'empereur Manuel,
l'inimitié s'étant réveillée entre les Arméniens et
les Grecs, R'oupên (troisième du nom) attaqua
Tarse, qui appartenait à ces derniers, et s'en em-
para. J1 leur'enleva pareillement la place forte de
Mamistra. Cette agression le brouilla avec le sé-
baste Héthoum (IT), seigneur de Lampron, et gen-
dre de Thoros, oncle paternel de R'oupên. En effet,
Héthoum, qui était le vassal et le fidèle allié des
Grecs, avait été chargé par l'empereur du com-
mandement de la province de Tarse, et il regarda
l'attaque de R'oupên comme une agression per-
sonnelle. L'année suivante, la querelle s’enveni-
mant de plus en plus, Roupên réunit des forces
considérables, et vint investir Lampron. Il exigeait
que Héthoum se soumnit et lui remit cette forte-
resse. Mais comme Héthoum rejetait ces proposi-
tions, et qu’en même temps il était impuissant à
résister en rase campagne à son ennemi, il se tint
pendant un an entier renfermé dans la place. En-
fin, réduit à l'extrémité, il écrivit à Boëmond le
Bambe, pour le supplier de venir à son secours,
promettant de lui donner tout ce qu'il lui deman-
derait. Boëmond, qui n'osait se mesurer les armes
à la anain avec R'oupén, employa la ruse. Il lui
envoya un message pour l'inviter, sous un prétexte
amical, à venir lui faire une visite; et, l'ayant fait
asseoir à un banquet, il se saisit de lui et le char-
gea de fers. À cette nouvelle, Léon, frère de R'ou-
pén, plein de douleur et d'indignation , n'eut plus
d'autre désir que de le venger. Mais craignant que,
s’il attaquait ouvertement le prince d'Antioche,
celui-ci ne fit mourir R'oupén, il se tourna contre
Héthoum. Il alla mettre de nouveau le siége devant
Lampron, et pressa tellement cette forteresse, qu'il
contraignit Héthoum à demander la paix. Une des
cooditions fut que celui-ci emploierait sa média-
tion auprès de Boëmond pour procurer la liberté
à R'oupên (1184). Elle lui fut en effet rendue
moyennant la rançon que Léon s'engagea à fournir.
R'oupên donna sa fille Aalis (Agh'ida) en mariage
à Boëmond, fils cadet de Boëmond le Bambe; et 1l
fut stipulé qu'après la mort de ce dernier le jeune
Boëmond lui succéderait à Antioche. De cette union
naquit un fils, qui fut appelé Raymond Rupin
. (R'oupèa). La paix fut ainsi rétablie entre les princes
d'Antioche et les barons arméniens de la Cilicie.
2 Le nom de Mar, U'wr, que les Arméniens
donnent aux Mèdes, descendants de Madai, est fort
ancien, puisqu'il se retrouve dans Faustus de By-
zance, auteur du 1v° siècle. Plus tard, ce nonf a été
appliqué aux Kurdes, d'après une opinion qui as-
signe à ce peuple, pour demeure primitive, la
Grande Médie.(Cf. Tchamitch, t IT, tables, p. 166.)
Sur l'adjectif ethnique Thorgomien, par lequel
les Arméniens se désignent eux-mêmes, ainsi que
les Turks et les Turkomans, comme issus d'un
ancêtre commun, Thorgom (Thogarmab}), voyez
la note 2 de la page 158.
DE MICHEL LE SYRIEN. 395
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LB. qopubu, Swsqughu 2np@bin quyjegu, pue april L mu t pu uyjogu déquius Efu (er-sewg qn-
am-PBtuwdp 2ap@kjng «afin de subvenir à leurs besoins ils dérobent furtivement le bien d'autrui; c'est en
suivant ces habitudes qu'ils portaient préjudice aux Turks plus qu'aux autres par leurs pillages ». — ? B.
CurOuñs — S B. fnnnphgur bRonEtv b Ang Qocppfe — + B. 4 jhphhpe Sreporwmquuy — S À. np
— 6B. gÜrecp.et — 1 B. Lu JEp — 5 B. ajoute b 9 — 9 B. ajoute k — 10 B, E powkbinge k h puukar,
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le territoire qu'ils possèdent, stationnent là où ils se rencontrent. Comme pour
subvenir à leur pauvreté, ils enlèvent le bien d'autrui. Ils portaient préjudice aux
Turks en dérobant leurs bestiaux. A cette époque, les Turks rencontrèrent deux
cents Kurdes postés en embuscade dans la contrée de Schëbëgh'than ’, et les
attendant sur leur passage pour les piller. Les ayant pris, ils les tuèrent. Alors les
Kurdes, au nombre de dix mille, et les Turks en nombre deux fois plus considé-
rable, se combattirent à Schébëgh'than. Les Kurdes furent vaincus et entièrement
exterminés.
Les Mars qui habitaient les montagnes du Djéziré, dans le pays de Dou-
raban, apprirent cet événement. S'excitant les uns les autres, ils se rassem-
blèrent au nombre de trente mille, se rendirent à Mëdzpin [Nisibe] et provo-
quèrent les Turks. Ceux-ci se réunirent pareillement en masse et marchèrent
contre leurs adversaires. Un engagement eut lieu entre Dara et Mëdzpin. Les Turks
eurent le dessus et les Kurdes furent vaincus comme auparavant et complétement
taillés en pièces; car ces trente mille hommes périrent. Aussitôt les Kurdes, cou-
rant à leurs campements et à leurs habitations, et prenant leurs enfants et leurs
femmes, ainsi que leurs bagages, s'en retournèrent aux lieux où ils avaient l'ha-
bitude de stationner. Leur nation fut chassée ainsi de la Mésopotamie, les grands
comme les petits. Après de longues années ils oublièrent leurs défaites, et le reste
de cette nation, en très-petit nombre, émigra en Cilicie, implorant la merci des
habitants.
Après que le combat fut terminé, les Turks trouvèrent dans les maisons des
chrétiens des Kurdes que ceux-ci avaient cachés par commisération. Furieux
1 Schëbëgh'than, en arabe Last, Schebekhtän, district de la Mésopotamie arménienne.
90.
396 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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Arabes et les Turks des environs ». —— 4 B. sjtme.$bink — 5 B. wvgbuquu quogg pphuemnukhg —B. n1 « 630 ».
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contre les fidèles, ils s'emparèrent d'Arabthil et de Thëlmouzen', et massacrèrent
ou vendirent les chrétiens, dont les principaux étaient de leur part l'objet de vifs
griefs. Irrités aussi contre les Turkomans des environs, ils leur imposérent une
contribution. Mais chacun des émirs traita avec bienveillance les chrétiens qui
tombaient entre ses mains.
En l'année 638 [de l'ère arménienne] {2 février 1189-1* février 1190), la
puissance de Saladin augmenta par l'accumulation de nos péchés. Il réunit toutes
les nations qui dépendaient de lui, les Égyptiens, les peuples de l'intérieur de la
Libye, les Bédouins, les Assyriens, ceux de la Mésopotamie, et en forma une
armée immense et formidable. Il fit des approvisionnements d'armes et de ma-
chines de guerre en quantité incalculable, et, à la tête de ces forces, 1l s'avança
contre le roi de Jérusalem. Il voulait tirer vengeance de tous les affronts qu'il
avait reçus des Franks dans sa première sortie d'Égypte, lorsque, avec trente-
deux mille guerriers armés de pied en cap, qu'il conduisit à leur perte, il
fut écrasé. Il avait concentré dans son cœur le venin de son dépit, jusqu'à ce qu'il
eût l'occasion de l'en arracher, et qu'il se fût procuré les troupes qu'il désirait.
Il vint, ce meurtrier, instigateur de l'antique perversité, apportant, comme un
nouvel ennemi, l'ivraie pour la semer. Il vint, ce second Roboam, cet antagoniste
de notre Salomon, ce Saladin, et établit son camp auprès de Tibériade. Le roi
de Jérusalem s'avança à sa rencontre. Les péchés des chrétiens furent comptés en
présence du Seigneur, et l'examen en fut fait suivant les règles de sa justice im-
muable. Ils furent pesés dans la balance, et il fut reconnu que le poids était
! Au sujet de Thëélmouzen, voir ci-dessus, dans elle doit être cherchée dans la Mésopotamie. Le
l'Extrait de Matthieu d'Édesse, p. 102, note 1.— nom d'Arabthil, Vrwp@h, . signifie, en arménien,
La position d'Arabthil m'est inconnue; mais comme «bourg ou château des Arabes. :
elle se trouvait dans le voisinage de Thèlmouzen,
DE MICHEL LE SYRIEN. 397
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trop lourd. Le comte de Tripoli, qui avait fait auparavant un pacte avec les infidèles,
laissa à dessein ses troupes souffrir de la soif et les livra ainsi affaiblies aux enne-
mis ; lui-même passa dans les rangs des musulmans. Ceux qui méritaient notre
haine prévalurent sur les membres du Christ et les passèrent impitoyablement au
fil de l'épée. O moment terrible! ô heure ténébreuse! ô jour de notre perte, dans
lequel le troupeau marqué du signe de la rédemption et ses agneaux terrestres furent
abandonnés aux bêtes féroces, sur l'étendue de la plaine couverte de cadavres ! Les
chevaux, exténués de soif, cherchaient l'eau en se précipitant dans la mer [de
Tibériade |, épuisant ainsi les efforts vigoureux des bras qui voulaient les retenir.
Les loups, affamés de carnage, altérés du sang de ces guerriers à la puissante
stature, se jetaient sur eux, furieux et avec des dents aiguisées. En quelques ins-
tants, ils donnèrent à un camp beau comme les étoiles l'apparence d'un amas
de rochers en ruines, et au paradis planté par Dieu, l'aspect d'une forêt dévastée
par la cognée des bûcherons *.
Les lamentations redoublérent à Jérusalem, je veux dire dans toutes les églises,
l Raymond UE, fils de Raymond II, arrière-
petit-fils de Raymond de Saint-Gilles. Il est à re-
marquer que tous les auteurs chrétiens, latins.
syriens et arméniens, et parmi ces derniers Gui-
ragos, Vartan et le continuateur du chronographe
Samuel d’Ani, sont d'accord pour accuser le comte
de Tripoli d'avoir trahi les chrétiens à la bataille
de Hottein ou Tibériade, tandis que les auteurs
musulmans sont unanimes à le disculper. I paraît
seulement que Raymond, mécontent du mariage
de Sibylle, comtesse de Jaffa, avec Guy de Lusi-
gnan , et de l'élévation de ce dernier au trône de
Jérusalem, eut d'abord quelques intelligences se-
crêtes avec Saladin ; mais ensuite il se rallia fran-
chement à la cause des chrétiens, et, ce qui le
prouve, c’est le témoignage positif d'Ibn - Alathir
et d’Aboulféda, qui racontent qu'après la bataille
de Hotteïn il se retira à Tripoli, où il mourut, peu
de temps après, du chagrin que lui causa ce dé-
sastre. Un écrivain moderne, suspect, avec juste
raison, de légèreté, Vertot {Histoire de l'ordre de
Malte, liv. Il) a reproduit cette odieuse accusation
contre le comte de Tripoli; mais il a été suffisam-
ment réfuté par dom Vaissette (Hist. de Languedoc,
XVII, cxxxvin et note x) et par son nouvel éditeur,
M. Alex. Du Mége (Additions au livre XVII, n. 39),
ainsi que par Marin, dans son Histoire de Saladin,
et Michaud (Histoire des croisades, liv. VII, 8° édit.
t. IT, p. 47, note 1.
? La bataille de Hottein ou Tibériade fut li-
vrée le 25 de rabi' second 583 (4 juillet 1187)
d'après Ibn-Alathir et Aboulféda, et la même an-
née d'après Aboulfaradj. Le même quantième du
4 juillet est donné par l'auteur anonyme de l'His-
toria hierosolymitana, qui dit: die Translationis sancti
Martini (apud Bongars, t. I, p. 1153), et le conti-
nuateur de Guillaume de Tyr, où l'on lit : « celi jor
«“estoit samedi, et si fu feste de saint Martin-le-Boi-
« lant. » Sanuto est en retard presque d’un an en in-
diquant le 2 juin 1188 (lib. IE, part. 1x, cap. 1v).
398 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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LB. que — ? BR. Ppbpuge — 3 B. qUisinhk — * B. ajoute 4 — 5 B. omet 4 — B. Eur — 7 B. ajoute 4
— 8B, Newb — 9 B. kudk pu — 10 B. quuuwbwpnifs fiv — un B. wnubp — 12 B. ajoute L — DER. £& gopahuh
— KB, gopyhouniPhivu — 15 B. Jbrebtuu — 16 B, raduwvuwh — 17 B, Gwuwpiwkiwg — 18 À, byCobor —
19 À. omet dj — 20 B, fe uaquiune [9 fau — 21 B, gwquenp — 2 B, Gedhgh — 25 BR. ajoute L
comme un cri poussé pour des grenades écrasées dans un champ. Car les infidèles
avaient fait captifs le jeune roi et le bataillon armé de toutes pièces des braves
Frères. Ils massacrèrent avec rage, parmi leurs captifs, Amaury ‘ et trois cents
hommes, ainsi que le prince d'Antioche [Renaud de Châtillon. Saladin] se baïgna
dans leur sang ; et rendant gloire à Mahomet, ül fit sa prière.
Il s'empara de Tibériade et en extermina les habitants.
1 vint à Acre et prit cette ville. Les chefs qui s'y trouvaient s'enfuirent aussitôt
par mer à Tyr (Sour). Ceux de Césarée, de Nazareth et de Jaffa, désertèrent
ces villes et se sauvèrent pareïllement. Saladin s'en rendit maître sans coup férir,
et à sa volonté. Oh! qui pourrait déplorer les outrages et les insultes, les opprobres
de tous genres et les crachats qu'il nous prodigua, restes des souffrances du Christ!
Nous ne retracerons pas en détail les malheurs que les infidèles nous firent suppor-
ter, en actions ou en paroles, et que rapportent une foule de livres écrits en diverses
langues et chez différentes nations. La concision est pour nous désirable, d'autant
plus que la connaissance précise de nos irréparables calamités a établi des sépa-
rations parmi ceux qui les ont déplorées, suivant les nations, les sexes, les âges
et les dispositions particulières.
Ensuite Saladin vint attaquer Ascalon, et afin d'éviter les fatigues du siége
d'une place aussi forte, et pour'se reposer un peu du massacre du troupeau fidèle,
il fit entendre un langage de douceur et promit par serment de rendre la liberté
au roi [de Jérusalem], et de le laisser aller où il voudrait avec les siens. La ville
L Amaury, frère du roi Guy de Lusignan et con- Guillaume de Tyr, XXIV, x1, p. 121.) Michel se
nétable du royaume de Jérusalem, plus tard suc- trompe donc en aflirmant qu'Amaury fut massacré
cesseur de Guy sur le trône de Chypre. Il fut fait avec les autres prisonniers, Hospitaliers ou Tem-
prisonnier à la bataille de Hotteïn, mais, plus tard, pliers.
délivré en même temps que son frère. (Contin. de
DE MICHEL LE SYRIEN. 309
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1 B. Jean bah — 18, quiudfuu wbmgnpaju — 3 B. Luvquh up — * B. ajoute & —5 B. wpunwenlu ——
6 B. ét mb ju Efu — 7 B. asquinbug — 8 B, qu * Âo0o ». — 9 B. ajoute wpoc L Eg puplobwg gopwg fi png « il dis-
tribua à ses troupes les jeunes garçons et les jeunes filles ». — 10 À. £pfirwuwpg — VB. jugbeuwgnpène.
Bb k Etap hu — l2B, ajoute & — PB, qupu — à B. œurlupdfu — 5 B. Jbercowakd — 16 B. omet
borcumstg — 17 B. wwB£gft
se rendit, et les habitants se retirèrent, avec le roi, à Tyr, autrement nommée
Sour, cité imprenable, si Dieu la protége; sinon, c'est en vain que veillent ceux qui
l'ont bâtie, et c'est inutilement que ses gardiens la défendent .
Cependant Saladin, ayant reçu par la victoire une nouvelle trempe comme
l'acier, savança joyeusement contre la cité sainte de Jérusalem. Le siége dura
quelques jours; et comme les Franks n'attendaient aucun secours, ils résolurent
de livrer leur ville et de s'abandonner au glaive insatiable des païens. Mais Saladin
se montra magnanime dans cette circonstance, et leur permit de se racheter au
prix de dix tahégans par tête et de se retirer en paix. Cette condition fut exécutée.
Ils partirent, faisant retentir l'air de leurs gémissements, comme des agneaux
qui sont séparés de leurs mères. Poussant des cris lamentables, ils s'éloignèrent
de la ville qui a reçu un Dieu. Ils auraient arraché des larmes même à des cœurs
de pierre. Il en resta vingt mille, hommes ou femmes. Saladin donna la liberté
à trois mille d'entre eux, vieillards des deux sexes, et à sept mille enfants, et
envoya en Égypte cinq mille jeunes gens pour fabriquer des briques destinées à
la construction des remparts et des palais. Les nobles fils de Sion furent condamnés
aux travaux des anciens Israélites par notre Pharaon, lancé contre nous par le
Pharaon incorporel (Satan), pour nous tourmenter. Il laissa aussi des chrétiens à
Jérusalem, pour restaurer les remparts de cette ville, qu’il disposa pour en faire
une de ses places fortes.
Le Temple fut inondé du sang des fidèles immolés. Les musulmans lavèrent
cet édifice avec de l’eau, et ensuite avec de l'eau de rose. Saladin y fit sa prière,
1 Psaume CXXVIX, 1.
AOÛ EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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pubqh E4buy bp ave rfi fe b dinbuug fe purge pt uufu puit quyuwphft qiuu , un purg
L Sutupuqunn, f nt bnpu wupkgug Sbe qaÜeip & quowpliuhu, Los fs Yupuug
ul dEquisty :
DL abat WepusSufiu L quug f Wbart, wa qe qhephun
Vu anank dupebue pue Ubpnc L pe S babiv L pue Slt, L aGof vuun.my
laubquiu fe bat 0 Unpar Le inhpbaug b dépuy nur :
BB Sagag ofe gug WapuSafti L'un f Epuy <fewpepey L Cascanupn),
Le zuun wfumubut qgopu bep jenluçuwupbug gueuw, b'unbu, Ynnnghug 4 Epbug k
Jeegh ESup: L qu fe faupup pape df 19E uw Po wpdwftnf, np $wy dh bp
apulquu, an fr queb k'upeb qu, LS aller 05 qupwg wnter( fun, bons qu
wprebusnenp op quphp faite fus kudiu, bol que tajuughu L ghuwugfr :
O Get joel Evwgtus" Was yEphhee WESfi, L auouwpbug 4] wub
Lun que, k'unncgbuy pur S babh pubug que:
1 B. aber — ? B. ectosnvk — SB, Gpudwpt b echunmnukncf£ut — “ B. Gwporf Euñrr — 5 B, ajoute &wpdhp
«un [tahégan] rouge ». — © B. & pwqu pu, pur quwwpbir junwÿ — 7 B. ajoute 4 — 8 B. & part 4 un
qua qhepus : Er — 9 B. UF — l0R, b Anne — 11 B, quawgbu TJeopurGun- Fit br Rwpwp L Crawp, L
anus fr d&puy Laqu — 12 À. omet 4 on bus. Gannpbhuwg — 135 B. omet & — lé B. qu — 15 B. Uééruh —
16B. 9 &wb1E
et ils y établirent leur culte. IL y plaça une inscription qui défendait aux chré-
tiens d'y entrer sous peine de mort ou d'être contraints d'embrasser l'islamisme.
H mit un tribut sur l'église de la Résurrection; ceux qui voulaient y avoir accès
pour prier devaient payer un tahégan par personne.
Puis il marcha contre Tyr, emportant avec lui ses machines de guerre. Mais,
comme un chef frank [Conrad, marquis de Montferrat,] était accouru dans ses
murs, avant que la place fût investie, et que c'était un homme plein de bravoure
et de capacité, Dieu employa son bras pour délivrer Tyr, et les efforts des assié-
geants restèrent impuissants.
Saladin s'étant porté contre Sidon, en fit facilement la conquête.
De là il vint attaquer Beyrouth, Djobaïl (Byblos) et Tibnin, qui au bout de peu
de temps tombèrent en son pouvoir, et passèrent sous son obéissance.
En l'année 640 de l'ère arménienne {2 février 1191-1° février 1192)", il alla
_assiéger Karak et Schaubek, qu'il emporta après de rudes assauts. Il y fit des
captifs et du butin *. On découvrit une grotte pleine d'argent vif, et comme iln'y
avait aucun fondeur pour le raffiner et le purifier, on ne put en faire usage. Les
infidèles, n'ayant pas d'artiste versé dans la connaissance des procédés métallur-
giques, laissèrent là cette mine et s'éloignérent.
Saladin, étant parti pour la contrée de Seyhoun, assiégea Laodicée et s'en ren-
dit maître. Ayant attaqué Djébélé (Gabala), 11 détruisit cette ville.
l Cette date du second siége de Karak el de Les deux places assiégées se rendirentà composition.
Schaubek par les musulmans est en retard de trois ? A cette énumération des conquêtes de Saladin
ans, puisque Ibn-Alathir marque l'an 584 (2 mars sur les croisés, il faut ajouter Naplouse, Jéricho,
1188-18 février 1189). Ce n'est point Saladin, mais Ramla, Arsur, et une foule d’autres villes qui res-
Malek-Adel, son frère, qui conduisit alors ce siége. taient sans défenseurs et presque dépeuplées.
DE MICHEL LE SYRIEN.
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eg ee abdfle, L Sun gopug joe fé ouf Spufanne. nppenjie
1 B. gvewg — ? Il y a dans le texte nenfuñufu frpn « [il fit un sacrifice] à son filet», ce qui ne signifie
rien ; j'ai ÎU green quufu, CAS oblique de qne nu, qui est l'arabe kourbän, Ub», sacrifice fait à Dieu, ce
qui est offert en sacrifice. — 5 B, been — * B. Sayp unpuw — 5 À. omet wughw, Lu. — 6 B. ajoute 4 —
7 À. OmMEt fuwqwque bus — 8 B. puy — 9 B. ajoute 4
De là 11 marcha vers Bagras, qu'il soumit;: puis, continuant sa marche, il
attaqua Derbéçak, et renversa aussi cette place !. |
Ensuite il retourna à Damas, où il fit un sacrifice solennel et offrit une fête à
tous les musulmans. I] gratifia ses troupes de largesses et de vivres à profusion,
tandis qu'il plongeait les chrétiens dans la désolation.
À cette époque, Haçan, général de Kilidj-Arslan, irrita ce monarque contre
son fils, qu'il prit dès lors en aversion. Le Jeune prince, s'étant fait une multitude
de partisans, se vit à la tête d’une grande armée qu'il destinait à agir contre son
père. De son côté Kilidj-Arslan réunit des
troupes nombreuses pour s'opposer à son
fils. Mais avant qu'ils en vinssent aux mains, Vahram-Schah , Seigneur d'Érzënga Ge
gendre de la famille, intervint, et rétablit la paix et l'amitié entre eux. Car les
troupes qui avaient embrassé le parti du fils avaient honte de marcher contre le
sulthan à cause de sa vieillesse. Ce prince promit d'abord à tous une amnistie:
mais ensuite il fit mettre à mort quatre mille de ces rebelles, et le général Haçan
lui-même fut tué par ordre du fils.
‘ Saladin étant ensuite allé attaquer Antioche,
Boëmond lui fit demander une trêve. Saladin y con-
sentil, en réclamant les prisonniers musulmans.
Une suspension d'armes ayant été conclue à partir
du 1° jour de tischrin premier ou octobre Jusqu'à
la fin d'iyar ou mai, il envoya un député à Antioche
pour veiller à ce que la principale clause de ce
traité, la délivrance des captifs, fût fidèlement exé-
cutée. Puis il partit pour Alep, le 3 de scha’ban 584
(27 septembre 1188), et de là pour Damas, où il
licencia les troupes auxiliaires qui lui étaient ve-
nues de la Mésopotamie. ( Aboulfaradj, Chron. syr.
p. 416.)
? Érzénga ou Ézénga (conf. p. 319), et, en
arménien vulgaire, Ézengan; en arabe, oLs;,!, Ar-
HistTor. ARM. — I.
zindjan, ville du district d'Eguégh'iats (Acilisène),
dans la province appelée Haute-Arménie.
* Aboulfaradj (p. 417) mentionne la révolte du
fils aîné du sulthan Kilidj-Arslan à l'année 1500
des Grecs (octobre 1188-1189). Il ajoute que le
sulthan éloigna Ikhtiär-eddin Haçan, son secrétaire
et son chambellan , qui allait colportant des propos
entre le père et les fils. Ikhtiär-eddin, ayant rassem-
blé ses parents et ses domestiques, qui formaient
un corps d'environ deux cents cavaliers, se dirigea
vers le pré de Kanioukb. Le fils du sulthan envoya
contre lui des Turkomans, qui le mirent en dé-
route , le massacrèrent et promenèrent dans Sébaste,
le jour de la fête de la Sainte Croix, les lambeaux
de son corps, suspendus à leurs lances.
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h02 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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Un des fils du sulthan, lequel se nommait 1zz-eddin ‘ Kaïçar-Schah, prit Méli-
tène et en fit son patrimoine.
En l'année 641 de l'ère arménienne (2 février 1192-31 janvier 1193) les
Franks se mirent en mouvement. C'était un ramas de populace, sans roi”. Néan-
moins, le cœur enflammé par les malheurs des chrétiens ct par l'amour de Jéru-
salem, ils accoururent avec ardeur et arrivèrent par mer. Ils se bornèrent à s'arré-
ter sous les murs d'Acre. Cette ville avait été fortifiée par Saladin, qui y avait mis
une garnison de cent mille combattants. La guerre s'engagea entre les Franks et
les infidèles, sans que Saladin osât s'aventurer à secourir cette place. Les Franks
se fixèrent tranquillement en cet endroit, et y bâtirent quantité de maisons, des
églises, ainsi que des moulins à eau, au nombre de quatre mille, à ce qu'on assure.
Tandis qu'ils séjournaient en ce lieu, l'empereur d'Allemagne [Frédéric Barbe-
rousse] arriva à Constantinople. Pendant quelque temps il fit la guerre [aux Grecs];
mais, comme la guerre traînait en longueur, il conclut la paix, et passa de l'autre
côté de la mer. Les Grecs, fourbes de leur nature, le conduisirent à travers des
rochers arides et abrupts, et par des déserts où le manque de vivres se faisait
sentir de jour en jour. Les croisés étaient en outre harcelés par les Turkomans,
tantôt ouvertement, tantôt à la dérobée. Parvenus à Iconium, ils massacrèrent
un grand nombre de Turks. Le sulthan, en ayant été instruit, les accueillit et
tion, Mo'ezz-eddin rentra à Malathia dans le mois
. de dsou’lkadé (décembre). (Tbn-Alathir, t. XIE, p. 50;
Aboulféda, t. IIT, p. 117.)
3 C'est par erreur que Michel dit que les croisés,
arrivés de toutes les contrées de l’Europe, et qui
mirent le siége devant Ptolémais, étaient sans chef.
1 Mo’ezz-eddin, et non point ‘Izz-eddin, qui
était le surnom du sulthan Kilidj-Arslan, père de
ce prince. Mo’ezz-eddin alla trouver Saladin dans le
mois de ramadhan 587 (octobre 1191) pour im-
plorer son appui. Kilidj-Arslan, en divisant ses
États entre ses enfants, lui avait donné Malathia,
el à son autre fils Kothb-eddin Mélik-Schah, la ville
de Sivas. Kothb-eddin, qui dominait son père, vou-
lait le contraindre à reprendre Malathia à Mo’ezz-
eddin pour se faire donner cette ville. Saladin reçut
avec honneur le prince fugitif, et lui fit épouser la
fille de son frère Malek-Adel. Fort de cette protec-
Ils avaient à leur têle le roi Guy de Lusignan,
qui, dégagé de ses fers, fut relevé par un conseil
d'évêques du serment par lequel il s'était engagé
envers Saladin à quitter la Terre-Sainte et à reve-
nir en Occident.
DE MICHEL LE SYRIEN. 403
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les fit partir en leur donnant des guides qui les conduisirent à Séleucie. Tandis
qu'ils prenaient du repos dans cette ville, l'empereur voulut nager dans le fleuve
qui baigne ses murs, et tout à coup, par une impulsion diabolique, et à cause
des péchés qui nous restaient à expier, il fut englouti et périt étouflé dans les
eaux". Son corps, ayant été retrouvé, fut apporté à Antioche, et reçut les hon-
neurs de la sépulture. Les regrets qu'il méritait lui furent accordés; mais surtout
nous pleurâmes sur nous-mêmes qui n'étions pas dignes d'un tel prince.
Ses troupes restèrent sans chef, et en proie à toutes sortes de perplexités. Léon,
prince de Cilicie, frère de R'oupên et fils de Sdéph'ané, leur rendit les plus grands
services. Ayant réparti ces troupes dans la contrée, il en prit la majeure partie
auprès de lui, les nourrit et pourvut à leurs besoins, pendant tout l'hiver, jus-
qu'au moment où arrivèrent deux princes [Richard Cœur-de-Lion et Philippe-
Auguste], qui les conduisirent devant Acre. Ils prirent la ville et massacrèrent les
Turks quelle renfermait. Cependant ils laissèrent la vie à un très-grand nom-
bre, afin de racheter, par un échange, les Franks retenus captifs à Damas. Cet
échange ayant été refusé, ils en massacrèrent vingt-cinq mille, et les entassant
les uns sur les autres, ils se prosternèrent sur ce monceau de cadavres pour prier
à la gloire du nom du Christ, comme Saladin l'avait fait à l'égard des chrétiens.
Ils rebâtirent Acre et y fixèrent leur demeure; ils établirent le neveu {fils de la
sœur) du roi d'Angleterre”, comte de cette ville; mais, ayant reçu des nouvelles
fächeuses de leur pays, ils conclurent la paix avec Saladin et s'en retournèrent.
! D'après Aboulfarad), l'empereur Frédéric Bar- 2? Henri de Champagne, neveu à la fois du roi
berousse, déjà avancé en âge, s’apprétant à se bai- d'Angleterre et du roi de France, plus tard marquis
gner dans le Calycadnus, le Saleph deschroniqueurs de Tyr et roi titulaire de Jérusalem par son ma-
du moyen âge (aujourd’hui Gueuk-Sou), fut saisi riage avec Isabelle, fille du roi Amaury, et veuve
par le froid très-rigoureux qu'il faisait ce jour-là, de Conrad, frère de Guillaume, marquis de Mont-
tomba malade, et mourut en ce lieu. ferrat.
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EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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En l’année 642 [de l'ère arménienne] (1° février 1193-31 janvier 1194) mou-
rut Kilidj-Arslan à Iconium, et il y fut enterré. Il avait régné trente-huit ans, et
laissait ses États à ses douze fils !.
Au bout d’un an, Saladin mourut à Damas”, laissant vingt-trois fils. Il avait
assigné à lainé (Afdhal-Nour-eddin Ali) Damas; au second (Aziz Othman)
l'Égypte, et au troisième (Dhaher Gazi) Alep, avec le titre de sulthan. H constitua
aux autres des apanages, en les plaçant sous la suzeraineté des trois premiers.
I avait un frère qui s'appelait ‘Adel, auquel il avait donné le titre de mélik, et
concédé Édesse, Khar‘an, Meïafarékin, Samosate, Kala’- -Dja' bar, Karak et Schau-
bek; dans la suite celui-ci sempara de Mëdzpin et de Rakka.
Le seigneur de Mossoul (‘1z:-eddin Maç oud) fit alliance avec ses frères, le
seigneur de Djéziré (Mo'ezz-eddin Sindjar-Schah) et le seigneur de Sindjar (’Emad-
eddin Zangui), et marcha avec eux contre Khar'an. Mais étant tombé malade en
route, il s'en retourna. Ses frères s'en revinrent aussi chacun de son côté *. Lors-
qu'ils furent arrivés, ‘Îzz-eddin mourut et fut remplacé par Nour-eddin, son fils.
La même année, le grand Léon, chef des Arméniens, fit prisonnier le prince
d'Antioche, et lui fit subir des tortures par représailles des mauvais traitements
! La mort de Kilidj-Arslan IT est marquée dans
Aboulfarad] à l'année 1 503 des Grecs, vers la fin du
mois d'ab (août 1192). Lorsque, dans ses dernières
années, il partagea ses États entre ses fils, Kothb-
eddin Mélik-Schah avait obtenu Iconium, la capi-
tale, outre Sivas (Cf. ci-dessus, p. 402, note 1). Il
en fut expulsé par son frère Ghiäth-eddin Keï-Khos-
rou, qui, lui-même, fut chassé à son tour par son
autre frère Rokn-eddin Soleiman. Ibn-Alathir et
Aboulféda fixent la mort de Kilidj-Arslan au 15 de
scha ban 588 (1° août 1192).
? Saladin mourut le mercredi matin 27 de séfer
589 (4 mars 1193), suivant Aboulféda, d'accord
avec Aboulfarad).
% Mo'ezz-eddin Sindjar-Schah était non point le
frère de ‘Izz-eddin Mac'oud, mais le fils du frère de
celui-ci, Seïf-eddin Gazi. Cette levée de boucliers ne
futqu'un vain effort des princes atabeks descendants
de Zangui, père de Nour-eddin, contre la famille
alors toute-puissante des Eyoubites. Saladin, ou-
bliant ce qu'il devait à la mémoire de Nour-eddin,
à la cour duquel il avait grandi, objet de sa bien-
veillance, et qui avait commencé sa fortune, ne
laissa à Mélik-Saleh, fils de son bienfaiteur, qu’une
ombre d'autorité à Alep, jusqu'à ce qu'il eut enlevé
cette ville à Emad-eddin Zangui, cousin et succes-
seur de Mélik-Saleh.
DE MICHEL LE SYRIEN. 405
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que le prince avait infligés à R'oupên, frère de Léon, Le comte Henri [de Cham- .
pagne|, étant arrivé d'Antioche, interposa sa médiation et, à force d'instances, le
tira de ses mains; car c'était un homme ami de la paix et du bien.
Le valeureux Léon étendit sa domination sur soixante et douze forteresses, et
sa renommée se répandit en tous lieux. Les Grecs et les Franks s'empressèrent de
le reconnaitre comme roi. Chacune de ces deux nations lui envoya une couronne,
l'une et l'autre revendiquant sa gloire. Ce fut un monarque puissant, illustre,
terrible envers les peuples infidèles qui entouraient ses États et qui tremblaient
devant lui. Aussi sa protection fut-elle implorée par les fils de Kilidj-Arslan, affai-
blis par la division du royaume de leur père en un grand nombre de princi-
pautés. L'un d'eux, le plus jeune, régnait à Iconium; un second à Ablastha', et
un troisième à Néo-Césarée. Les autres avaient pris ce qui restait des possessions
paternelles, et la désunion existait parmi eux. Mais celui qui eut le plus recours
à Léon fut le prince (Mélik) qui occupait la partie supérieure du pays et qui
résidait à Ablastha. Celui-là entreprit des expéditions qui ajoutèrent à son patri-
moine des forteresses et des provinces.
Le souverain de l'Égypte, Mélik- Aziz, marcha contre son frère à Dies. Ayant
appris cette agression, Mélik-"Adel, leur oncle, partit pour venir rétablir la paix
entre eux. Mais il se rendit coupable d'une trahison infâme, en empoisonnant
Mélik- Aziz, qui, à son retour chez lui, succomba. Alors Mélik-'Adel s'empara de
l'Egypte et la soumit à son autorité.
\ Ybn-Alathir {t. XII, p. 57-59) nomme ce prince longtemps après sa mort, jusqu'à ce que Rokn-
Moghith-eddin {Kaiyoopons de Nicétas Choniates, eddin Soleiman eut achevé de triompher de ses
p.276). L'auteur arabe raconte comment, par suite frères, et eut terminé sa carrière vers 601 (1203-
du partage que fit Kilidj-Arslan de ses États entre 1204). | |
ses fils, des troubles survinrent et se prolongèrent
L06 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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1 B. ajoute 4 « [dans] mon [pays] ». — ? À. £ frwquan Why —S À. p SañvgumpennGhiv — % B. Pivu.
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Voulant tromper Mélik-Afdhal !, il lui tint ce langage : « Va dans la contrée de
« Samosate vivre en paix et tranquille. Garde pour toi Édesse, Khar‘an et Rakka,
«et moi je resterai à Damas pour m'opposer aux Franks et à tous nos ennemis. »
Mélik-Afdhal accepta cette proposition, et voulut prendre avec lui les trésors de
son père. L'autre lui dit : « Ne te fies-tu pas à moi? A qui appartiennent toutes
«ces richesses, si ce n'est à toi? Allons, va, j'aurai soin de te les envoyer après ton
« départ. » Ajoutant foi à ces paroles, et s'étant mis en route sans rien emporter,
il sen vint à Rakka, ville que Mélik- Adel lui avait désignée pour se jouer de
lui; car les habitants, connaissant les intentions de ce dernier, ne voulurent pas
recevoir Mélik-Afdhal, ni lui rendre aucun honneur. S'étant alors dirigé vers
Édesse, ce prince, si simple d'esprit, éprouva les mêmes refus; les habitants n1-
gnoraient pas, en effet, la tromperie de son oncle. Mélik-Afdhal s'en alla dépité
et se retira à Samosate, que Mélik-Adel consentit à lui laisser. Il se fixa dans cette
ville, comptant encore sur autrui, même après ce qui lui était arrivé.
Mélik-Adel, ayant cherché de tous côtés, découvrit les trésors de Saladin. Il
fut dans l'admiration de l'immensité et de la valeur de ces richesses, bien supé-
rieures à ce qu'il s'imaginait. Dans sa convoitise, il résolut de n’en rien donner à
son neveu. Au contraire il se moqua de lui, car ayant trouvé un magasin rempli de
réglisse que l'on appelle en [arménien] vulgaire maroukh, et qui avait été renfer-
mée là pour servir dans l'occasion, il la fit transporter dans la forteresse, où l'on
en fit un paquet, qui fut scellé, et qu'il lui expédia. À la vue d'un pareil outrage,
Mélik-Afdhal déplora son imprévoyance; mais il n'était plus en son pouvoir de
remédier à son défaut de jugement ou de rendre la pareille au traître qui l'avait
1 Le texte porte par erreur Mélik-Saleh.
. DE MICHEL LE SYRIEN. 407
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précipité d'une si haute position. Aussi 11 ne lui répondit pas, l'abandonnant au
jugement souverain de Dieu, en qui est notre suprême recours.
Cependant Léon gouvernait ses États habilement et avec une sagesse con-
sommée. Îl repoussait d'une main puissante les ennemis extérieurs, et fit régner
la paix tant qu'il vécut. Il éleva nombre de monastères, agrandit ceux qui exis-
taient déjà, et pourvut avec générosité à tous leurs besoins. Des inscriptions
gravées sur la pierre attestaient les donations qu'il leur fit en villages, fermes,
vignes et champs. On peut dire qu'il leur distribua la graisse du pays. Il aug-
menta leurs richesses par des revenus que fournissaient et la terre et la mer. Il
montra cette libéralité non-seulement envers les couvents arméniens, mais encore
envers ceux des chrétiens étrangers, syriens, grecs, franks et géorgiens, ne gar-
dant aucune rancune de ce qu'ils avaient fait contre lui, contre les familles
qui lui étaient alliées par le sang, ou contre les orthodoxes, soit éloignés soit
proches. Miséricordieux envers tous, il répandait ses bienfaits sur les ecclésias-
tiques et sur les laïques. Toutes les églises étaient riches et splendides, dans le
désert comme dans les cités, et dotées de revenus qui ont été maintenus jusqu'à
ce Jour. |
Après une vie qui lui valut les plus grands éloges de la part de toutes les na-
tions, 1l sendormit en Jésus-Christ, laissant une fille pour unique héritière. [ l'avait
mariée à Philippe, fils du prince d'Antioche. On fit asseoir le nouveau roi sur le
trône après lui avoir imposé le serment de maintenir la foi et les lois de l'Arménie.
Mais au bout de deux ans, cédant aux perfides suggestions de son père, il regarda
de mauvais œil les chefs arméniens, et songea à les exterminer. Ceux-ci, connais-
108 EXTRAIT DE LA CHRONIQUE
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— 71 B, omet 4 — 8 B, géwquwenpee {hu — ° B. rugupdwkbu, L uwpeSba, — 0B, omet puy &op L
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sant ses desseins, se saisirent de lui et le Jetèrent en prison, où au bout de
quelque temps il mourut. |
Alors on choisit [pour souverain] le fils de Constantin, prince illustre de la
Cilicie, et parent du roi Léon; il se nommait Héthoum. On couronna avec lui la
Jeune héritière du trône, appelée [Isabelle (Zabêl) dans la langue des Franks, et
en arménien Elisabeth, princesse d'une vie pure, craignant le Seigneur, agréable
à ses yeux, l'objet des éloges universels, pleine de charité et d'une vertu austère.
Elle fut donc mariée à Héthoum, qui monta ainsi sur le trône.
Ce prince, quoique encore fort jeune, était déjà orné de la prudence des vieil-
lards et plein d'habileté; d'un caractère bon et doux, il montrait en même temps
un esprit vaste. C'est lui qui règne aujourd'hui sur la nation arménienne, augmen-
tant chaque jour en sagesse et en mérites pratiques devant Dieu avec la reine,
entouré de fils dans la fleur de Fâge, et qui font son bonheur. Puissent mes prières
et les supplications des saints auprès de Dieu, notre bienfaiteur tout-puissant, et
l'ami de notre humanité, obtenir que sa vie se prolonge et que l'éclat de sa gloire
brille au loin dans toute l'Arménie. Que ses fils héritent de la même faveur, et
les fils de ses fils jusqu à la venue du roi incréé, tout-puissant et immortel, Notre-
Seigneur et notre Dieu, Jésus-Christ, dont le nom soit béni avec celui du Père
et du Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen’.
Quant à nous, après avoir achevé de garnir de rames la nacelle de notre dis-
cours, nous l'avons fait voler sur la mer d'un grand nombre d'histoires, et nous
1 Pour tout ce qui a rapport au règne deLéonll, princes héthoumiens de Lampron, on peut voir
de Philippe, fils de Raymond le Borgne, prince ci-après la Chronique rimée de Vahram, et notre
d'Antioche, et de Héthoum I”, de la maison des Extrait de la Chronique du connétable Sémpad.
DE MICHEL LE SYRIEN. 409
Jrentbg, L Suubutp f fu! Subqunbuit JEpndi parqupudupne[fhuis?, qundbug
Lab jriun] Epluunrp apuñlsb|hwgt L Sunny Sngenju vrerg Ephpope uitqu Eneu
ref phgree juéiSumwquit funpu puSutaupuuit Gupqaug Lqupqeeg, PE neuf uuun.,
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Cure, EEE qfts E pusutuge filet L'abus &° qnpS L'un parçuituyne hui,
Le uquufe Ungu, L juiuqniugne.e qodupm heu dEg f dun Voum da:
1 B, fubuyu ; arabe, Luus . port, havre, ancrage n, — ? B. &Eugumqwyuwpnr 9 but =" B. Gasmwspl qu: . —
à B. omet & — 5 B. ajoute %pny wbiwquh. lu « de notre [Dieu] tout-puissant. Amen».
sommes parvenu en sûreté au terme de notre voyage. Entraîné de nouveau par
le même espoir des prodiges célestes et des grâces de l'Esprit-Saint, nous nous
mettrons derechef en route pour voguer sur les profondeurs inaccessibles des ins-
titutions et de l'économie de l'ordre sacerdotal. Nous dirons son origine, son but,
sa fin, en dirigeant nos investigations suivant la mesure de nos forces, et en tra-
vaillant dans la vue des récompenses d'en haut, jaloux de faire connaître ce qu'est
le sacerdoce, le ministère auquel il est consacré, ses conditions, sa dignité, et nous
donnerons pour complément à nos elforts la perspective de la gloire de Dieu‘.
1 En terminant, Michel fait allusion à l'ouvrage «tions sacerdotales ,» Quwqmwgu puwSuvwpwquiu 4wp_
qui, dans nos manuscrits, vient après sa Chronique, gg PE mcunk nnvne quéhqrt.
et qui a pour titre : « Touchant l'origine des institu-
Hisron. ARM. — I. D2
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GUIRAGOS DE KANTZAG.
NOTE PRÉLIMINAIRE.
Guiragos (Cyriaque), surnommé uaäw4bgp, c'est-à-dire de Kantzag ou
Guendjeh, comme originaire de cette ville, ou bien encore Q»Ewkbgp, c'est-
a-dire de Kédig, parce qu'il avait fait profession de la vie religieuse dans ce
monastère, l'un des plus célébres et des plus florissants de la Grande Arménie
au moyen âge’, Guiragos a renfermé, dans la composition dont il est l'auteur,
le récit des temps écoulés depuis l’apostolat de saint Grégoire l'Hluminateur,
premier patriarche de l'Arménie, et depuis le règne de Tiridate IT, qui en fut
le premier souverain chrétien, vers le commencement du 1v° siècle de notre
ére, jusquà l'année 718 de l'ère arménienne (13 janvier 1269 —12 jan-
vier1270). Son ouvrage se divise, quant à la provenance des matériaux dont
il se compose, en deux parties : la première est une compilation des travaux
de ses devanciers; la seconde, beaucoup plus étendue, commence au règne
de Léon IT, et comprend la suite des faits accomplis du vivant de l'historien.
Son style est simple ordinairement, mais inégal et quelquefois vulgaire. Il
nous apprend lui-même qu'en l'année 690 de l'ère arménienne (20 janvier
1241 — 19 janvier 1242), 1 était âgé d'environ quarante ans; par consé-
quent, il était né au commencement du x‘ siècle.
Le fragment que je lui ai emprunté est surtout curieux par les renseigne-
ments qu'il fournit sur les relations qu'entretint, avec le Saint-Siége, Léon I,
ce prince qui joua un si grand rôle dans les événements dont le nord de
la Syrie fut le théâtre vers la fin du xn° siècle et au commencement du xmr';
sur la politique ambiguë qu'il adopta pour satisfaire à la fois aux exigences
de Célestin IIT, lorsque Léon voulait obtenir de ce pontife le titre de roi,
et pour ménager l'antipathie de sa nation contre l'Eglise romaine. Le récit
de la cession de la forteresse de Hrom-gla au catholicos Grégoire INT, par
la veuve de Josselin II, et le mariage d'Isabelle, fie et unique héritière de
Léon II, avec Philippe, fils de Raymond le Borgne, prince d'Antioche, s'y
! Le couvent de Kédig s'élevait dans le voisinage son supérieur, Mëkhithar Kôsch, bien connu par
de deux autres monastères non moins renommés son recueil de fables et par sa compilation du code
comme centres d’études au moyen âge, Sanahin et arménien, le rebätit sous le nom de “up Gp
Hagh pad. Il était situé dans le district de Tzoraph'or, «Nouveau Kédig, » un peu plus loin, dans un lieu
province de Koukark', dans le nord-est de la Grande appelé Swvanrumuwy 4np, Dantzouda’'-tzor « la vallée
Arménie, non loin de la forteresse de Gaïan.Cecou- de Dantzoud. » {Conf. Indjidji, Arménie ancienne,
vent ayant été détruit par un tremblement deterre, p. 357-360.)
52.
412 GUIRAGOS DE KANTZAG.
trouvent racontés avec des détails qui développent ou confirment ceux que
nous devons à Michel le Syrien, Vartan et Vahram d'Édesse.
Ma traduction a été faite sur trois manuscrits : le premier, que je désigne-
rai par la lettre À, est une copie très-soigneusement exécutée par les RR. PP.
Mëkhitharistes de Vienne, sur l'exemplaire qu'ils possèdent dans leur biblio-
thèque; le second, marqué B, est la transcription que j'ai faite moi-même d'un
exemplaire appartenant à M. Nikita Ossipitch Emin, inspecteur et professeur
à l'institut Lazareff des langues orientales, à Moscou; et le troisième, coté C,
est la reproduction d'un manuscrit assez défectueux, mais précieux par les
variantes et les additions que l'on peut y puiser, et qui est la propriété de
M. Jean de Brousse Tchamourdji-Oglou, ancien professeur au collége armé-
nien de Sainte-Jérusalem, à Scutari. J'ai mis aussi à profit l'édition donnée à
Moscou, par un jeune Arménien, M. Osgan Dér-Kéorkian Ovhanniciants
d'Érivan, in-12, 1858. Cette édition, que Jindiquerai par la lettre D, suit de
près le manuscrit de M. Emin, que M. Osgan paraît avoir eu constamment
sous les yeux.
EXTRAIT
DE
L'HISTOIRE D’ARMÉNIE DE GUIRAGOS DE KANTZAG.
Ge Pheuutik qugubp antec guet Vykput. Jo Le stbpope db tepwbpane
Sendgbghe El due (boul fondu Vabugeng bbarb qebu dobdnig un.
aquiluss ppfauanulhg hr \}Yfefiwgeag L h Nwpukhg? Sun bpz SuXsunuñnus : | > pugna
UrEghr Lbqoe fuite 3 Jrptsnjt { \Ebepus CU Abe est ty , np bp fuwquenp f QGrouut_
qrbacaophe, ququuh k jupibh Vbuqne bug. putqh Spudiubug wuophit fuwntb, pb 4h.
pukniqu gbn diu$ne, L owjtegho onuy vague, Uisuuykus L ypdègbphut. mouwkhus L dE.
auukht. L h Srfnub bu Vbbebuwg ghouw. jap dounu<uteuphu fr eu, bpph fr Sueuwnwlkhg
bephuug, L poppuwpauwgt forgot ffbunlp oguEp : (er Suwunniunt S£r $ putah L
se bel prhuwnnubi) >, apahu bas diupp une: Of puqnedpu dE nuits fr Desblqug » L din.
gbawph nchwju qupäuis JUenup, L'an qu L gl xpreuwnk bpne RBauquenpuwqniup
V'eyde iv L. Sawbnoh? L bofdu Ynduncup. L fwquinpbiwg Jl pencuwnkd Qruunpph L.
auquus q wqunn)lil , œdu anuwut. b EofFu L Jban Lnpu | EU /] à au aus puu ; | > qu Eqh
baba Brufi° Soyag:
A. et D. fvepbu — ? À. Quopausg — °C. smpsempañru — + B. et C. Lajuate —5 8. pp nmbfu; C. ape
ncutpu b pliykfu —C. be fonpwiiut puit gauppupasu, npnid SEp Vluwniws £unnecugk ghnfowpliy « lui-
mème était plus perfide que les barbares; que Dieu lui accorde la rétribution qu'il mérite. » — 7 B. et C.
Sutgphit — BB. Uovmnget — ° B. et C. Prewquupr
TRADUCTION.
Après Michel [Parapinace et Nicéphore Botoniate], régna Alexis [Comnène|].
La dix-septième année de ce prince, les Romains (Franks) arrivèrent par la
Thrace dans l'Asie, pour tirer vengeance des tribulations infligées aux Chrétiens
par les Scythes (Turks), les Perses et les Arabes (Dadjigs). Mais ils eurent à en-
durer bien des peines que leur suscita ce fils de Bélial, qui avait nom Alexis, sou-
verain de Constantinople, et qui les trahit soit en secret, soit ouvertement; car
ce scélérat donna l'ordre de méler du poison aux aliments et aux boissons, et de
les leur servir ainsi préparés. Les Franks mouraient après y avoir goûté. Sur mer,
ils éprouvèrent pareillement la perfidie de ce prince, auquel ils se confiaient
comme à leur frère par la foi. Il s'aida aussi, avec ruse, du bras des barbares. Que
Dieu lui donne la rétribution qu'il mérite! car ce n'était pas un chrétien, non plus
que sa mère | Anne Dalassène |. Un grand nombre de Franks succombèrent, et
ceux qui survécurent marchèrent, dépourvus de tout secours, contre Antioche.
Cette ville et Jérusalem furent prises par deux chefs de race royale, Boëmond et
Tancrède, aidés de sept comtes. Godefroy devint roi de Jérusalem, et après lui,
Baudouin, qui gouverna dix-sept ans; puis Amaury, pendant dix-neuf ans. Ces
événements arrivèrent en l'année 546 de l'ère arménienne (25 février 1097-
24 février 1098).
Al 4 EXTRAIT DE L'HISTOIRE D'ARMÉNIE
Vénus. VJ4heBugeng paturapu vgn it k juni purupft “pchuy F qopuwgt Une
ubg, Lung f pgnt puduñh kon fe bngu: ni prbugbu f Jurpuuut, Lnfi
byUorghouuit, Lu afù & jen Quewqgndhwgerg L Suns, bai Jeter, L uype
JL nbrbu, apag wuncwlph wudubof} dE :
Pate Bruuñft dupruubgur bp (Nepobr, 4uçbut aSuypwgtinn fuit fi
Éphumt L Epbp! k jupopgk quant wbp phenche bre \Eoutuh, dESwjn.p
quunnend. unçpu bft jugak pen phenghs U'wdv non L pue sky [uk jufnn
oncpe | mcuunpsht upuñusbih Suypuubuie® unepe Qehenghe qu wnwgeg uncpe qblt
gb quiwqui Ywpgep L'opfingpn Hhudh Quiurtuquitop, alEtuujuhe pag qui oph.
Lukh bepeg Vufiubugu fwpfy, voenju obangh L quel vou fes : er dafubug
quant Sujpuubanuuñs f pEpEt np Yash Sonodljpuy. puiuat feçh ouwpui Gajip wn
bepEuiu guehht Buqucogpi b'qubp UEunpou, wjeSbub. n5 bah jwphbju wfBnni
C. wulis 12 36 ans ». — ? B. uncpp Gwpuub nt — 5 B. et C. omettent uppnju Qrharnel, Ly. — BB. et C.
omettent Qué
Le tyran des Scythes, Kizil [-Arslan|", mourut, tué à la prise de Tëvin par
les Perses; ensuite l'empire des Turks se divisa en un grand nombre de souve-
rainetés; l'un régna dans le Khoraçan, l'autre dans l'Assyrie, un troisième dans
la Cappadoce et l'Arménie, un quatrième en Égypte, et d'autres, ailleurs, dont
les noms nous sont inconnus.
En l'année 562 (21 février 1113-20 février 1114), mourut le seigneur Basile
[Ie, d'Ani], après avoir occupé Île trône patriarcal pendant trente-trois ans. I] eut
pour successeur le seigneur Grégoire [IIT, Bahlavouni|, frère de Nersès [Schnor-
hall], qui revêtit glorieusement cette haute dignité. Grégoire et Nersès descendaient
de saint Grégoire l'Illuminateur. Aussi, une fois monté sur le siége héréditaire,
[Grégoire,] cet admirable pontife, embellit l'Église de diverses institutions, de rè-
glements et de canons. Tous ses efforts tendaient à marcher sur les traces de ses
ancêtres et à ressembler à saint Grégoire et à ses fils [Arisdaguès et Vërthanès]. Ce
fut lui qui transféra la résidence patriarcale dans la forteresse de Hr'om-gla. Car,
lorsque les Grecs eurent attiré chez eux le roi Kakig et le seigneur Pierre”, dès
1 On lit dans la chronographie de Samuel d’Ani, Cappadoce, où il mourut et où il fut enterré dans
à l’année 564 de l'ère arménienne {21 février 1115-
22 février 1116): fugziv bunqglonk, & qnefuunu uncpp
géuqeunn L aus fr wyphwg « Kizil [-Arslan]s'em-
« para dela ville de Lor é et brüla les saints couvents
« de Hagh pad et Sanahio. » Et un peu plus loin, sous
la date de 567 (20 février 1118-21 février 1119):
Uauuun. W{be-Bugf prtucaru Yuan iv, sp Pupqdiuf
jupe, jun dut puqupfu ect FE gopugt Qupulg,
ge qurwpbgft qu uudpu «le tyran scythe Kizil, mot
« qui signifie le Rouge, fut tué à la prise de Tëvin,
« par les Perses, qui avaient assiégé cette ville pen-
« dant six mois. »
2 Le catholicos Pierre [° siégea de 1019 à 1058;
contemporain des deux frères Jean et Kakig II,
souverains bagratides d’Ani, il eut des démélés
avec eux et contribua avec les nobles de l'Arménie
à livrer ce pays aux Grecs. Son existence fut très-
agitée; il quitta et reprit son siége et finit par se
retirer à Constantinople et ensuite à Sébaste, en
le couvent de la Sainte-Croix. Il exerça une très-
grande influence politique qu'il employa malheu-
reusement à précipiter la chute de la monar-
chie des Bagratides et à soumettre sa patrie à un
“asservissement dont elle ne se releva jamais. Mal-
gré cela les Arméniens le tiennent en grand hon-
neur pour un miracle qu'ils lui attribuent. Pen-
dant que l'empereur Basile Il hivernait dans la
Chaldée Pontique, Pierre s'étant rendu auprès de
lui, en qualité d'ambassadeur du roi Jean, Basile
l'invita à célébrer la cérémonie de la bénédicuon
de l'eau, le jour de l'Épiphanie, suivant le rite ar-
.ménien, en présence des grands de sa cour et du
clergé grec. Au moment où Pierre plongeait sa croix
dans le fleuve, les eaux s'arrétèrent tout-à-coup, et
lorsqu'il y répandit le saint chrème, des rayons de
lumière éclatèrent aux yeux de tous. Ce prodige
est rappelé avec complaisance par les historiens
arméniens, comme une manifestation ‘de la vérité
DE GUIRAGOS DE KANTZAG. A15
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troupes ». — ° B. et C. vrpw
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lors le siége patriarcal cessa d'être fixé dans l'Orient (la Grande Arménie), et, pas-
sant sous la dépendance des Grecs, il fut établi tantôt à Sébaste, tantôt dans le
lieu appelé Dzovk””. Grégoire le transporta à Hr'om-gla. Voici la cause de ce chan-
gement : Ce prélat, tourmenté par les Turks et les Arabes, errait çà et là, lorsque
cette forteresse aux murailles solides s'offrit à ses regards. Il y déposa ses reliques
et les objets du culte, et les mit ainsi en sûreté sous la garde d'une princesse bien-
veillante, franke de nation. A cette époque, le maître de cette forteresse [Josse-
lin I] mourut, laissant sa femme veuve. Le saint patriarche sollicita cette pieuse
dame de faire donation de la forteresse aux catholicos arméniens, afin qu'elle leur
servît de demeure. Cette demande fut accueillie avec empressement; le patriarche
ayant envoyé cette princesse dans la Cilicie, auprès du grand prince des princes,
Thoros [II], celui-ci lui concéda des villages et des champs, ainsi que d'autres
propriétés, et elle en fut très-satisfaite; ensuite il la fit partir pour le pays d'où
elle était originaire.
Thoros et son frère Sdéph'anê étaient fils du prince Léon, fils de Constantin,
fils de R'oupèn et |arrière-] petit-fils de ce dernier, qui était parent et descendant
du roi Kakig, de la famille des Ardzrounis?. Les deux frères étendirent leurs
possessions par leur valeur, et s'emparèrent de beaucoup de districts et de villes
de leur croyance nationale contre les Grecs, qui les
accusaient et les accusent encore d’hérésie ; il valut à
Pierre le surnom de g£wwyupd où gfwwpeby (qui
fait remonter en arrière ou arréte un fleuve), sous
lequel il est toujours désigné. (Cf. Arisdaguès Las-
divertsi, chap. n, p. 11-12, éd. de Venise, 1844;
le Ménologe arménien, 6 janvier, et Tchamitch,
Hist. d'Arménie, IV, vi, t. U, p. 908.)
! Pour la position de la forteresse de Dzovk,
voir p. 198, note 2.
? Kakig Il, dernier roi d'Ani (conf. ci-dessus,
page 30, note 1), était de la race royale des Bagra-
tides et non de la famille des princes Ardzrounis,
comme notre auteur le prétend. Cette spoliation du
souverain arménien est racontée dans tous ses dé-
tails par Matthieu d'Édesse, à l'année 492 (11 mars
1043 — 12 mars 1044) (conf. t. I* de la Biblioth.
histor. armén. chap. Lxv et Lxvi), ainsi que sa fin
tragique, qui fut une vengeance des traitements
ignominieux et de la mort affreuse que Kakig avait
fait subir à Marc, métropolite grec de Césarée. On
peut voir ci-dessus, p. 97-100, la manière dont le
prince Thoros I punit les meurtriers de Kakig. Ce
prince laissa un fils qui ne tenta jamais de recou-
vrer les États de son père, et qui mourut jeune
encore.
h16 EXTRAIT DE L'HISTOIRE D'ARMÈNIE
Urepugeng! L ayyrg pugliug : nf qu'une ail puquou* wolunfiu, gSupuru b g\}pu L
QUaruiteu de geler, 4 op 2m) qunpeg qununp® L pwqupp: Oo pabut quyuçis
Greg, ap Venu rslep names puqned qopep fr dEpuy fluituwugt Sayag Webi un
L Qreprufu lack, k odhatbu q{utquith fuphorfbadh Eu vaquiiuiut) : Jul
Deepauk un bu ghnponnpehe bep q(lvreebu h gl Lou, bg guauw k abpr di up, Lu
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up. qh gerluughuquu Grenngbp, k qui fafouunuuits wabhp jubowp$hu. L fie
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Fe ot af Le wpfu Snodihgeeg (Quañnok®, fboleon punmpft Vwpnguy, Er
eéaugorg ju K aquwphonghé bepbuiug :
Le onto ghufnghhaum fui Layng ju bp Qapuih Vobançhe vdi pu L
EpEpf: Val push Sayputat obqnphe, au 4008 wpkbuw, 2ubug bb nb
! Au lieu de Urcrwgeng, A. lit opwqgn)g, qui n'a ici aucun sens. — ? À. ewqupl — 3 B. et C. ajoutent
L qbrap — ac. h Srctwg — S B. Sauaelr — 6 B. et C. Es
Rs mn mr — mt
de la Cilicie. Parmi leurs conquêtes il faut compter les célèbres villes de Tarse,'
Sis, Adana, Séleucie, avec le territoire et les cités d'alentour. L'empereur Alexis,
ayant appris les succès des princes arméniens Sdéph'ané et Thoros, envoya contre
eux une armée considérable sous les ordres d'Andronic [Comnène]. Celui-ci, s'é-
tant saisi de Sdéph'ané par trahison, le fit périr. Thoros prit les enfants de son frère,
R'oupên et Léon, et les mit en sûreté dans une forteresse. Puis il tira vengeance du
meurtre de son frère sur les Grecs qui habitaient la Cilicie. Il immolait ceux qui
tombaient entre ses mains, et chassait les autres de la contrée; il se rendit maître,
par sa brillante valeur, de nombreux districts.
Cette même année, 562, le plus brave des Franks, Tancrède, prince d'Antioche,
mourut empoisonné par le patriarche de sa nation *.
Après Basile, la dignité de catholicos fut conférée à Grégoire [Bahlavouni], qui
la conserva cinquante-trois ans*. Cet admirable prélat, s'étant mis à l'œuvre, bâtit
dans la forteresse de Hrom-gla une magnifique église, surmontée d'une coupole.
‘ L'auteur commet un anachronisme évident,
en anticipant considérablement ces événements
qui appartiennent au règne de l'empereur Manuel :
1° l'expédition d'Andronic Comnène contre Tho-
ros [l, qui est de 1152 (conf. Grégoire le Prêtre,
chap. ex, p. 168), et 2° le meurtre de Sdéph'anê
qui eut lieu en 1163 (cf. tbid. ch. cxxxin, p. 209);
il faut donc lire ici Manuel au lieu d'Alexis.
2 Conf. ci-dessus Matthieu d'Édesse, chap. Lui,
p. 103, et ibid. note 2.
3 Les auteurs varient de trois ans environ sur la
durée du pontiücat de Grégoire III, Bahlavouni.
Elle fut de cinquante-trois ans, d'après le chrono-
graphe Mékhithar d'Aïrivank’ (édition de M. Emin,
Moscou, 1860, page 17) et l’auteur de la Vie de
saint Nersès Schnorhali ( Petite Büiblioth. armén.
Suyhuquive ontbpe, t. XIV, p. 67). Sacré en 562
de l'ère arménienne (21 février 1113-20 février
1114), suivant Matthieu d'Édesse (conf. ci-dessus,
p. 108, chap. zxiv), il mourut, comme l'aflirme
l'historien Vartan, en 617 (8 février 1168-6 fév.
1169); ce qui nous donne une durée de cinquante-
cinq ans; ou en 613 (9 février 12164 -—7 février
1165), si l'on s'en rapporte au biographe précité
de saint Nersès, et nous n'aurions plus alors que
cinquante ou au plus cinquante et un ans (conf.
Tchamitch, Histoire d'Arménie, V, x1v, t. IT, p. 82,
et 1bid. annotations, p. 394). Mais il existe, en tra-
duction arménienne, une lettre de Manuel Com-
nène adressée à Grégoire et datée de Constanti-
nople, septembre, indiction xv (1166). (OŒEuvresen
prose de saint Nersès Schnorhali, Saint-Pétersbourg,
in-4°, 1788, p. 102.) Lorsque l'officier du palais
qui en était porteur, nommé Sëmpad, fut parvenu
à Hr'om-gla, le patriarche venait de mourir depuis
quelques mois et avait été remplacé par son frère
cadet saint Nersès. La mort de Grégoire eut donc lieu
réellement en 1166, ou 615 de l'ère arménienne,
dans la cinquante-troisième année en cours de son
pontificat (cf. ci-dessus, p. 76, note 2); par suite,
DE GUIRAGOS DE KANTZAG. h17
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Il entreprit une traduction des Livres saints; des versions arméniennes d'une foule
d'ouvrages furent faites, soit par lui-même, soit par d’autres à qui il confia cette
tâche.
En 588 de l'ère (15 février 11 39-14 février 1140 ‘), un violent tremblement
de terre se fit sentir et détruisit Kantzag; les édifices de cette ville s'écroulèrent
sur les habitants. Le roi de Géorgie, Dimitri (Témédré), père de David (Tavith)
et de Giorgi (Kéorké)”, accourut, et, ayant enlevé les portes de Kantzag, les trans-
porta dans son pays. Les secousses firent écrouler le mont Alharag*, dont les
débris interceptèrent le petit torrent qui coulait dans la vallée et qui forma un
lac; ce lac existe encore aujourd hui et nourrit d'excellents poissons.
Chaque jour, Grégoire, cet homme merveilleux, augmentait les bonnes insti-
tutions de l'Église et lui donnait plus d'éclat. Il était aimé de toutes les nations.
S'étant mis en route pour la sainte cité de Jérusalem, afin d'aller adorer les lieux
consacrés par la vie du Sauveur, lorsqu'il fut parvenu à Antioche, tous les habi-
il faut introduire dans le texte de Vartan la cor-
rection si souvent nécessitée par l'erreur des co-
pistes du £&, 7,en £, 5, et lire n0£, 615, et non
ndk, 617. |
* Notre auteur confirme ainsi la date assignée à
ce tremblement de terre par Ibn-Alathir, qui le
place à l'année 534 de l’hégire (1139-1140) (cf.
M. Defrémery, Fragments d'historiens arabes et per-
sans inédits relatifs aux anciens peuples du Caucase et
de la Russie méridionale, p. 37-38 du tirage à part
du Journal asiatique, 1849). Ibn-el-Djouzi, Aboul-
faradj, Dzéhébi, Aïni et Hadji-Khalfah avancent
cet événement d'une année.
? Voir, au sujet du roi de Géorgie, Dimitri I”,
ci-dessus, page 137, note 6. Ses deux fils, David III
et Giorgi I, dont il a été question précédemment,
page 195, note 4, et pages 196, 197, 200, 201,
353, 354 et 356, lui succédèrent. Le premier n'eut
qu'un règne très-court, le second occupa le trône
pendant vingt-huit ans, de 1156 à 1184. (Conf.
M. Brosset, Hist, de la Géorgie, part. I, p. 382-402.)
* Un des battants de cette porte en fer se trouve
aujourd'hui au couvent de Gélath, en Iméretb,
Histor. ARM. — I.
dans une petite chapelle de saint Georges. On con-
naît le travail si complet que feu M. de Fraehn
a publié sur l'inscription arabe gravée sur ce mo-
nument. (Conf. Mémoires de l'Académie des sciences
morales et politiques de Saint- Pétersbourg, t. ll,
p. 531-546, et le précis du travail de M. de Fraehn,
consigné dans le Journ. asiat, IN! série, t. II, p. 137-
180.) Suivant la tradition géorgienne, ce monument
proviendrait de Derbend, d'où il aurait été emporté
par le roi David le Réparateur. Mais M. Brosset a
montré, d'après ce même passage de notre histo-
rien , par le témoignage de Vartan, et une inscription
géorgienne recueillie par lui, à Gélath, que la porte
conservée dans ce monastère est bien celle dont
parle Guiragos, comme d’un trophée pris à Kantzag
par le roi Dimitri I‘, la treizième année de son
règne. (Voir le Journal français de Saint-Pétersbourg,
n° du 16-28 mars 1847, et Histoire de la Géorgie,
J" partie, p. 368, note 3.)
* En arabe, Hérek, d,s, forteresse à une jour-
née de marche de Kantzag, décrite par Kazwini.
(Cf. M. Dorn, Geographica Caucasica, Saint-Péters-
bourg, 1847, in-4°, p. 30 et 67-68.)
| 53
18 EXTRAIT DE L'HISTOIRE D'ARMÉNIE
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Qrouuñhuñbaut Guyubp L \Enebuupouh Suypeubah dEpuufiu unageq£gft we. uagan*:
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pophnp brunnjuñum bu, B. et C. lisent pesqupeufawpo: huh
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tants sortirent au-devant de lui, portant des torches et des flambeaux, et le con-
duisirent avec une pompe solennelle au trône de l'apôtre saint Pierre, où üls le
firent asseoir. À son arrivée à Jérusalem, les Franks, maîtres de cette ville, ainsi
que leur patriarche, resserrèrent, à cause de lui, et plus fortement que jamais, les
liens d'amitié qui les unissaient à notre nation; car Grégoire était remarquable
par son bel extérieur et par sa connaissance de l'Écriture sainte. Ils renouvelèrent
à cette occasion les anciens traités de Tiridate et de saint Grégoire avec l'empereur
Constantin et le patriarche (pape) saint Sylvestre !. Grégoire, après avoir vécu
dans des sentiments parfaits de foi, prit son essor vers le Christ, plein de jours et
de mérites. IL eut pour successeur son frère Nersès [Schnorhali|, qui fut catholicos
pendant sept ans.
1 Suivant une tradition conservée avec vénéra-
tion par les Arméniens et qui remonte au rv° siècle,
le roi Tiridate 1], qui avait embrassé le christianisme
vers 300 ou 302, du temps de Dioclétien (cf. mes
Recherches sur la chronologie armén. t. I, [°° partie,
p. 47), ayant appris la conversion de Constantin,
résolut d'aller l'en féliciter; il partit accompagné
de douze de ses satrapes les plus considérables,
emmenant avec lui saint Grégoire l'Iluminateur, le
fils de ce dernier, Arisdaguës, et Albianus, évêque
du district de Hark', dans la province de Dourou-
péran. Après une longue pérégrination, ils arrivè-
rent en Italie et rencontrèrent l'empereur à Rome.
Constantin et Tiridate, le pape saint Sylvestre et
saint Grégoire contractèrent une alliance qui fut
cimentée par des traités. Une circonstance dont cette
tradition s’est accrue postérieurement est celle de
la consécration de saint Grégoire par saint Syl-
vestre, comme patriarche d'Arménie. (Cf. Tcha-
mitch, II, xxxx, t. °°, p. 408.) Mais si cette entre-
vue des deux monarques et des deux pontifes est un
fait incontestable, puisqu'il est affirmé par deux
écrivains contemporains, Zénob de Klag (p. 14, éd.
de Venise, in-8°, 1832) et Agathange, secrétaire de
Tiridate, ch. caxvi (édit. de Venise, in-18, 1835,
p. 646-652), et par un historien du v° siècle,
Élisée (p. 24, éd. de Venise, in-18, 1842), la cir-
constance racontée par Tchamitch est loin d’avoir
le même caractère d'authenticité, puisque saint Gré-
goire avait déjà reçu l'imposition des mains de saint
Léonce, évêque de Césarée. De même, si l'existence
des traités en question ne saurait être révoquée en
doute, puisque Élisée nous apprend que, lors de
l'ambassade envoyée par les Arméniens à Théodose
le Jeune, on apporta, à l'audience que les députés
obtinrent de l'empereur, les registres, Jisnkwue,
où étaient transcrits ces traités, on peut, par contre,
suspecter la reproduction de ces antiques docu-
ments, telle que nous l'offre le livre connu au-
Jourd'hui sous le titre de #18 quwuug. Le voyage
de saint Grégoire à Rome est la preuve péremp-
toire de la primitive union de l'Église arménienne
avec l'Église occidentale, et des bons rapports qui
les rattachaient alors l’une à l'autre ; ces rapports
cessèrent bientôt après, et les Arméniens s'isolè-
rent, vers le milieu du v° siècle, par leur schisme
particulier qui leur a fait une position mal définie
entre les Grecs et les Latins. Leurs relations avec
l'Occident ne recommencèrent d’une manière suivie
qu'à l'époque et à l'occasion des croisades; il est vrai
de dire que toutes les tentatives, plutôt politiques
au fond que religieuses, des princes de la Petite
Arménie pour opérer l'union avec le siége de Rome,
ne produisirent, par suite de l'opposition et de l’an-
tipathie de la majorité de la nation contre les La-
tins, que des résultats éphémères.
DE GUIRAGOS DE KANTZAG. L19
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Yoduv, b qgluug ° palwapenS ty bep 19:
l Les mots UT, 3 Laju manquent dans B. et C. — 2 C. pe ns bdiuquiu ghwphu hi — GC: quugbus
qugbunuys 4 C, quwnbkqui — 5 (,. ap, ue bp pou VEnfi a Epupphunns. Gnsk unjryhe L unpau. wju
upnpn) — 6 B. et Ce Esune Eh — 7 C. unumpEn AN À bywgoPtg aqua — 8 A. b juni Gui — 9 C. L
Lau Ein qua win Burquenpu. L 4ndiu qhuwg — NC, ajoute L yEin aiuqu bvs wn bu empuirs quocpp 4Equepry
Fumpp H9wëfr «et, au bout de quelques années, on transporta la sainte lance au couvent vénéré
d'Edchmiadzin ».
TT
À l'empereur Alexis succéda Kalo-Jean, et à celui-ci Manuel. :
En l'année 598 (12 février : 149-11 février 1150), les Latins, s'étant réunis
en une armée immense, se dirigèrent de ce côté-ci de la mer Océane, en chemi-
nant à travers la Thrace, et par la même route qu'ils avaient suivie précédem-
ment, comme nous en avons fait mention à l'année 546. Ils avaient oublié les
souffrances de toutes sortes qu'infligea le fils de Bélial à ceux qui ne connais-
saient pas son esprit fourbe et perfide, et qui le considéraient comme étant leur
frère par la foi, et comme un serviteur du Christ. Les nouveaux venus, ayant
perdu de vue les malheurs et les tribulations de leurs devanciers, furent encore
plus qu'eux les victimes de la trahison et des trames de son petit-fils, ce prince
dont le nom est le même que celui de F'Antechrist; et qui, tout à fait étranger
pour les œuvres et la foi à Emmanuel, s'appelle Manuel !. IL eut la cruauté de
fournir aux Franks des vivres empoisonnés.
Du temps de son aïeul Alexis, un comte se rendit de Jérusalem à Antioche.
Il entra dans l'église de l'apôtre saint Pierre, et lorsqu'il eut pris part aux divins
mystères, saint Pierre lui apparut et lui dit : « Dans une niche de la muraille est
«renfermée la lance avec laquelle les Juifs percèrent notre Sauveur : prends-la et
| l'emporte dans ton pays.» Le comte, Joyeux de la possession de cette relique,
se rendit à Constantinople. L'empereur Alexis, ayant appris ce qui s'était passé,
lui accorda les plus grands honneurs et lui donna des trésors en retour de la sainte
lance; le comte, la lui ayant laissée, continua sa route ?.
? Guiragos fait allusion à un jeu de mots repro- Jésus-Christ, tandis que Minuel (Manuel), bb,
duit d’une manière plus explicite par Samuel peut signifier longe a nobis Deus. |
d'Ani, sur le nom de l’empereur Manuel Comnène. ? Notre auteur veut parler du comte de Saint-
Immanuel, bn130y, nobiscum Deus, est le nom de. Gilles et de la découverte miraculeuse de la sainte
53.
120 EXTRAIT DE L'HISTOIRE D'ARMÉNIE
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Gulf pig Huquenpht wunbers funkuvg fpupatur S quand utgpefr, [el A udhei
Rupee hoc Gopeeñuñans : [aph bdakque qaurbpuql k dpporkk, bplulupe qepaut
rhsudthhg, paiigh angl bb h Supra, bagl wabubt qpnuç, pupobaust g$6Erusqut
CE ES Bétuwdbugu. Lingus vacp f qepS wpkbu juiuhilusy Goscapbgfiu à uk
Pasqua np ppreuwgkdh, gh ap puÿ Ep, qguuanede fauaebusg k Out ufuluslp !?
Pepe: L feph babe 6E itS rep Eole 46pSuife, gl auf ab pfulun fermes, Yeanlès. brun 15
het f Abau bagu. L bagues Epyre quÇuiphug bal, gb d6 eu Suiugb bngus unip,
Feglb hu, L qi jeu bp Snnlagkgung pe fpbuñke snqoët be dEpesy Upper,
1 À. Lvy — 2 C Suitp gopop — 3 C. &eudk que. dannub y — à C. ajoute brocuwntd} — C L k ækrabr aus _
peprk Ep — $C. Blu — 7 C. gbgbpu — 3 C. publ — 9 pugégfr manque dans C. — 1° C. & vapu
qguauus b unLp uacubEph diu)kgfv, arufoteupuwpiup &ruwnplgfu — !1 Les mots ab up puÿ Ee sont omis dans B. —
2 C. fhuju wuduwdlh — 5. karine dimuibuwg — 6 C. ajoute L Gacsmmuwpiliugnsg rer sn. Yave « et. 11 leur
donna sa parole ».
En l'année 636 (3 février 1187 - 2 février 1 188), s'éleva un tyran, Kurde d'ori-
gine, nommé Saladin, du district de Maciats-ôdën. Il avait été l'esclave du sul-
tan de Merdin et d’Alep'. Ayant rassemblé des forces très-considérables, il mar-
cha contre Jérusalem. Le roi de la cité sainte, Frank de nation [Guy de Lusignan],
s'avança à sa rencontre avec une puissante armée, mais il fut trahi par les troupes
du littoral. Le seigneur de Tripoli, s étant fait l'ami des infidèles, livra le roi entre
leurs mains de la manière suivante : La chaleur du jour était extrême et le lieu
où ils campaient dépourvu d'eau; le comte avait conseillé au roi de prendre
ensemble position dans un endroit pierreux et aride, tandis que les ennemis se
rangeaient sur la rive du Jourdain. Lorsque le combat fut engagé, vers midi, les
chevaux de l'armée chrétienne, pressés par la soif, ayant aperçu l'eau, désarçon-
nèrent leurs cavaliers et les précipitèrent au milieu des ennemis; ceux-ci, ayant
mis l'épée à la main, les massacrèrent impitoyablement. Cependant le roi, dont la
bravoure était à toute épreuve, fit, de sa propre main, mordre la poussière à une
foule d'ennemis; mais, voyant qu'il lui était impossible de se sauver, parce que son
cheval avait été tué, il se rendit volontairement. Les infidèles, ayant exigé de lui le
serment de ne plus porter les armes contre eux, lui rendirent la liberté, et 11 partit
pour s'en retourner dans la patrie des Franks”. De là ils marchèrent sur Jéru-
lance dans l’église de Saint-Pierre d’Antioche (cf.
Matthieu d'Édesse, ch. vi et x1, p. 41-42 et 47);
seukement il a arrangé ce récit à sa manière,
1 Il s’agit ici évidemment du célèbre Nour-eddin ;
mais Guiragos se trompe en lui'attribuant le titre
de sulithan que Nour-eddin ne prit jamais, même
à l'apogée de sa puissance, se contentant du titre
plus modeste d’Atabek; notre auteur est aussi dans
l'erreur en plaçant sous la même autorité Alep et
Merdin, puisque, à cette époque, cette dernière
ville appartenait à Houçam-eddin Timourtasch,
Ortokide, fils du célèbre Hgazi.
? Ceci est encore une erreur. Guy de Lusignan,
après avoir perdu son royaume par la prise de Jé-
rusalem , ne quitta point la Syrie; il dirigea d'abord
le siége de Ptolémais, mais déjà, avant que cette
ville tombät au pouvoir des croisés, il avait perdu
toute importance et avait fini par s'effacer, jus-
qu'au moment où il obtint le royaume de Chypre,
en 11972.
DE GUIRAGOS DE KANTZAG. 421
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Le aqunt quon à Ve pe bell bol L fol éruçlukbug quuSiliin onbpre fai (ep,
gb an Gus unobquoqd pe 2neppuñelfS mg, L jun bug page buule, punn uitar mit
arf dupe ; ab &nsh RO wnfud : Dech anbubi qyunqne fut Lapru enñaukqu pu
Orrcgpug L Suaqug, op Urcprutg néuncubft, Sagelkguu & Epuy Voqu vnepouñtt an
bbbe Soeg & douqnah nf gp L gore: Up poutre | Lip fab
? C. ajoute »pghe — ? B. et C. ajoutent &£4 »pubu junasÿhwg k païnwgur. « COMMeENt il fit des progrès
et étendit sa domination ». — * B. et C. pute,
salem, prirent cette cité et toutes celles des environs; les populations furent ex-
terminées, et le soleil se voila de ténèbres pendant plusieurs heures.
Les princes de la famille de Saladin devinrent maîtres de la Palestine, de
l'Égypte, de la Mésopotamie et d'une grande partie de l'Arménie, eux et leurs
descendants que l'on nomme Adéliens', et parmi lesquels étaient Mélik-Kamel et
Mébk-Aschraf, et autres sulthans qui dominèrent sur une foule de contrées.
LÉON RÈGNE DANS L'OCCIDENT.
Lorsque mourut le grand prince Thoros, fils de Léon I", fils de Constantin, fils
de R'oupên, issu du sang royal, dans la Cilicie, il eut pour suecesseur son neveu
(fils de frère), nommé R'oupên, $ls de ce Sdéph'anê qu'avait fait périr traîtreu-
sement Andronic, général des Grecs. Au bout d'un temps assez court, R'oupên
mourut et fut remplacé par Léon, qui était un vaillant guerrier, Léon, à peine
assis sur le trône, recula les limites de ses États; il attaqua ses voisins et les vain-
quit, déployant une bravoure dont son nom est le symbole, et qui l'égalait au
on; car Léon signifie [en arménien] ar'ioudz (lion). Dès que les tyrans turks et
Dadjigs *, qui portent le titre de sulthans, virent ses succès, celni d'Alep et de
Damas * rassembla des troupes, fit des armements immenses et marchs contre lui.
! Les Adéliens, Laibuwe, sont la famille des de Saladin, El-Mélik-eddhaber Ghiäth-eddin Gazi,
princes ayoubites, ainsi nommés de Malek-Adel ou
Mélik-el-’Adel, frère de Saladin et l’un de ses plus
célèbres successeurs. Cette famille forma plusieurs
branches, en Égypte, à Alep, Damas, Hama, Héms,
Khëlath, Meïafarékin, et dans l'Yémen.
* Voir l'explication du mot Dadjig, ci-dessus,
p. 5.
? [l'est ici question, sans aucun doute, du fils
qui, à la mort de son père, arrivée le 27 de se-
fer 589 (4 mars 1193), s'établit à Alep et régna
dans çette ville jusqu'en 1216. Mais Guirages se
trompe en lui attribuant la possession de Damas
qui appartenait à un de ses frères, El-Mélik el-
Afdbal Nour-eddin Ali, et dont s'empara ensuite le
frère de Saladin, Mélik el-’Adel.
k99 EXTRAIT DE L'HISTOIRE D'ARMÉNIE
Baluñuf qubdee di k déve (ep oypwges at ?, aXuaupbut $urwphug qgopu bep, L jui.
kupSwkh ESau fe dEpuy ungur npubo que" vywgdanle jEpuali Swing, k ESuwp juan
Supnewdu dE Sul du. L cncputh dnufoumulquits LA 7 désquugnegné gEpôes hi Uliuuk,
jh np fpnfunuitap qu f Ep np, Sunuyl que guiut(S qhu ts \pe quiib gps pupns
Bu unqu obobu guy wgqugt Suug, caqayft f'uuh® L'Swuphbfiu bin, L
ajuuku pahugque. f bpus dEUE ne : |
Lebecl bubu O$ jupnnk que div okpneféfeñit naueEy puit giaufithe ep, furpsbgue
asfone SEanb. pon Pahouñrt bep Log ESautss Buqurnpty Ve wnupbug b nhtak
cuSnguk pwqupt Landybgurg un figues Quyugé Lun mu, qh anugbü lu
Souhñ L Faq Paqurnpuquio. gb ns ulkgue us PE y mdEp waqh Ephbugk Su
Siuquibg Qu Bugh, puyg PE wgabt eutlug. duquel L awpéuu kep
deplus quacpe wauphuqit qQEwqnu b qOoqnu, op Qui f Snndyhgeeg puqupfs,
pue B$ E'üungntg wnbu qopSbne [buis vyuulfts à
Le angl Su Quyopé L qua Sanlybguag Bug wife quaupf Pugurnpuie,
LwpSncbu d} aquanneurcap, uyu Fupi wnpbahunanu, El But k qpeefe hop, Ephu
bee uu$uuÿEy h udiiuk, onoûby quo Sun L audEtauÿt oppeng gaprid wiemp lb Su
eh", Le dfau JEkbakgenfé Quumupk quoi fem fut L f ahobeh, go k du
queg Sbuk ns wnthfiu Sue & ruSwpnfituqu faudiyhh wqgft, y juju & dur
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LC. be secure Len hobtwg bahut qyunubit k {puy bep wggwg «et Léon, prince des princes, ap-
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Léon, prince des princes, à la nouvelle de cette agression, réunit ses forces en
_toute hâte et s'avança rapidement, comme un aigle qui se précipite sur une troupe
d'oiseaux. 11 les mena rudement, et le sulthan, prenant la fuite, se sauva avec
peine de ses mains, lui qui venait avec arrogance pour lui imposer son joug. Les
nations infidèles d'alentour, témoins de ce brillant fait d'armes, tremblèrent de-
vant lui et lui payèrent tribut. C'est ainsi qu'il étendit partout sa domination.
Lorsqu'il eut vu sa puissance accrue bien au delà de celle de ses ancêtres, 1l
délibéra, de concert avec les chefs et les grands, de prendre le titre de roi. I
envoya une ambassade à Rome, cette illustre cité, vers l'empereur [Henri VI] et
le pape [Célestin III], pour leur demander l'investiture et la couronne royale, car
il ne voulait point paraître le vassal, ni tenir le pouvoir d'aucune autre nation,
si ce n'est des Franks. En même temps, plein de vénération pour les apôtres saint
Pierre et saint Paul, dont les reliques sont conservées à Rome, c'est d'eux qu'il
désirait recevoir, en quelque sorte, son diadème bénit. |
L'empereur et le pape lui envoyèrent une couronne, à l'instar de celle des
anciens souverains, et députèrent un archevêque [Conrad de Wittelspach|], per-
sonnage éminent, pour la poser sur son front et lui demander de souscrire à trois
conditions : 1° de célébrer la fête [de la Nativité] et celle des saints le jour précis
où tombent ces fêtes; 2° de réciter à l'église les offices des heures du jour et de la
nuit, pratique que les Arméniens avaient cessée depuis longtemps, dès l'époque
de l'invasion des Ismaélites (Arabes), se contentant de dire ces offices au mo-
ment de la célébration de la messe; 3° de ne rompre l’abstinence de la veille de
423
DE GUIRAGOS DE KANTZAG.
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la Nativité et de Pâques qu'en se permettant l'usage du poisson et de l'huile.
« Lorsque vous aurez adopté ces rites, ajouta-t-il, vous n'aurez plus à vous inquiéter
«des dons et des redevances que vous avez à offrir à l'empereur et au pape
«comme hommage pour votre couronne. Si vous vous y refusez, j'ai l'ordre d'exi-
“ ger de vous des sommes très-considérables en or, en argent et en pierres pré-
« CIEUSES. »
Léon, ayant appelé le catholicos et les évêques, leur demanda quelle réponse
il devait faire aux propositions des Latins. Ceux-ci refusant de les accepter, Léon
leur dit : « Ne vous en inquiétez en rien, je les satisferai sur le moment par une
“soumission apparente.» D'après cela, il dit à l'archevêque latin : « Nous nous
«conformerons sans délai et sans restriction aux ordres du grand empereur et
« du souverain pontife. » L'archevêque ayant exigé que douze évêques scellassent
cet engagement par un serment, Léon persuada à douze de ses prélats de prêter
ce serment, et 1ls en jurèrent la formule. Dans le nombre étaient Nersès de Lam-
pron, évêque de Tarse; Joseph, évêque du diocèse d’Antioche et supérieur du cou-
vent des Jésuéens; Jean, qui devint plus tard catholicos; Ananie, qui fut catholicos
intrus à Sébaste, et autres. Il y eut ensuite une réunion très-nombreuse, composée
des chefs de l'armée, des troupes et de personnes de tout rang, et où figurèrent
le patriarche grec de Tarse, le patriarche des Syriens, résidant au couvent de
? Ces paroles de Léon au clergé arménien sont
l'expression de la politique artificicuse qu'il suivit
à l'égard des Latins, et qui fut celle aussi de ses
successeurs; elle est peu honorable et peu digne
au fond, mais elle était commandée en quelque
sorte par leur situation difficile et ambiguë. Placés
entre les exigences des papes qui réclamaient l’u-
nité dans le dogme et sur plusieurs points de la dis-
cipline, et qu'ils avaient le plus grand intérêt à mé-
nager comme arbitres de la chrétienté, et entre la
formidable opposition du clergé arménien et de la
nation, qui repoussaient les prétentions des Latins,
les souverains de la Cilicie se virent toujours forcés
de louvoyer. Ceux d'origine latine, comme Philippe
d'Antioche et les deux premiers Lusignan, Jean,
dit Constantin III, et Guy, son frère, qui ne crai-
gnirent pas de heurter les préjugés nationaux, fini-
rent d'une manière tragique.
424 EXTRAIT DE L'HISTOIRE D'ARMÉNIE
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Saint-Bar-Tzaumià , sur le territoire de Mélitène, et le catholicos d'Arménie avec tous
les évêques. Léon y fut sacré roi, et tous les peuples voisins vinrent offrir des
présents au nouveau monarque.
L'empereur [Alexis l'Ange] ayant su que les Franks avaient envoyé une cou-
ronne à Léon, lui fit parvenir de son côté des présents et une couronne ma-
gnifique, rehaussée d'or et de pierreries, avec ces paroles : « Ne mets pas sur
«ta tête la couronne des Latins, mais bien la mienne, car tes États sont plus
«rapprochés de nous que de Rome.» Léon, qui était un prince avisé, loin de
repousser les témoignages d'amitié qui lui venaient des deux côtés, des Latins
et de Constantinople, fit aux deux souverains une réponse conforme à leurs
désirs. Il reçut avec bienveillance les ambassadeurs, combla de présents ceux
qui lui avaient apporté l'insigne de la royauté, et fut ainsi ceint d'un double
diadème.
Bon par caractère, 1l était charitable envers les pauvres et les nécessiteux, ami
des églises et des ministres de Dieu; il fonda des couvents dans tous ses Etats, et
pourvut abondamment à leurs besoins, de manière qu'ils ne manquassent de rien
de ce qui est nécessaire à la vie, et que les religieux n'eussent à soccuper que
du service divin et de la prière. Parmi ces couvents était celui d'Agner, qui, par
les institutions que lui donna Léon, acquit un grand éclat, et où l'on observe en-
core aujourd'hui la discipline qu'il y établit. Cette discipline exige que l'absti-
nence soit observée tous les jours de la semaine; le samedi et le dimanche seule-
ment il est permis de manger du poisson et du laitage.
C'est ainsi que, par une sage administration, le pieux Léon gouverna son
royaume, se montrant parfait en tout, un point excepté, sa passion pour le sexe.
DE GUIRAGOS DE KANTZAG. 425
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Ïl répudia sa première femme, sa compagne lorsqu'il n'était encore que prince,
et épousa la fille du roi de Chypre”, franke d'origine, espérant trouver dans cette
alliance un soutien et du secours.
Pendant un voyage qu'il fit à Chypre pour aller rendre visite à son beau-père
et à sa’ belle-mère, ses ennemis, qui sur terre ne pouvaient rien contre lui, ayant
eu vent de son départ, équipèrent une flotte considérable pour le surprendre en
route. Léon , instruit de leurs desseins, rebroussa chemin vers Chypre, car alors
il se trouvait en mer pour s'en retourner; il prit des vaisseaux de guerre, et, par-
venu à l'endroit où cette embuscade l'attendait, il discerna avec cette pénétration
qui lui était propre l'embarcation qui portait le chef des ennemis; il l'attaqua,
monté sur un vaisseau léger, et la coula à fond avec tout l'équipage : les autres
navires se dispersèrent rapidement. La crainte que Léon inspirait redoubla par-
tout, de près comme de loin. |
Une fois, le sulthan d'Alep réunit des troupes pour marcher contre Léon,
au temps de Pâques. Il lui envoya dire ceci : « Si tu ne te soumels pas, et si tu
«ne me payes tribut, j'irai, avec la multitude de mes soldats, passer au fil de
« l'épée toutes tes populations, sans épargner ni la mère ni l'enfant ; et la fête que
«vous autres chrétiens vous célébrez avec des réjouissances, par honneur pour la
_ «prétendue résurrection de votre Christ, je la convertirai en deuil, et je ferai en
«sorte que le repas que vous préparez pour cette fête, vous le mangiez montés
1 Isabeau, princesse de la maison d'Antioche. Chypre, et d'Isabeau de Plantagenet, reine de Jéru-
On verra dans la Chronique de Sëémpad les causes salem. (Cf. Sémpad, ad annum 659.)
de la rupture de Léon II avec cette princesse et des 3 C'est le même prince dont il a été question
violences auxquelles il se livra envers elle. précédemment, p. 421, uote 3, El-Mélik-eddhaher
? Sibylle, fille du second lit d'Amaury, roi de Ghiâth-eddin Gazi, fils de Saladinu.
HisTon. arm. — I. 94
126 EXTRAIT DE L'HISTOIRE D'ARMEÉNIE
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gang wppuÿt | Lot qqs vunnquulit L qopudaqe (BUEL wypwgq but, Spanluptuug
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Lérv wp pui Les 0 B. ykquwnS nt — 5 C. 4 lPupu gneumnd gopudnnqnd wpup, L Et£aw, vagw, L juukwns E&uwp
que dbowdlbS &wpniwëu — 6C, gabebey L quyr a dEtauju lusu vaqu — 7 B. et C. gupdiuquiu — 8 C. nt
Gautiu uuwçuit 9 Ep Suwpu juppuyEu dépit, ‘unjuyku Lért wppoju dbp L bu juibibwg L Eng. h {Ep unpw
«sur vos chevaux. » Aussitôt après l'envoi de ce message, il partit avec toutes ses
forces, et, ayant fait halte sur la frontière arménienne, il attendit le retour de ses
envoyés. Léon, en apprenant l'arrivée des députés du sulthan et cette invasion,
ordonna que ces députés fussent détournés vers un autre point du pays, sous
prétexte que le roi se trouvait là; en même temps, il rassemble les siens, et, se
dirigeant d'un autre côté à la rencontre des infidèles, fond sur eux à l'improviste
et les défait complétement; le sulthan, s échappant avec peine, prit la fuite. Léon
s'empara des bagages et des tentes, et, emmenant tous les prisonniers, il alla asseoir
son camp sur son propre territoire au bord du fleuve’. Ayant commandé à ses sol-
dats de dresser les tentes des infidèles, et d’arborer, à l'entrée de la sienne, le
drapeau distinctif de chaque corps, 1l fit appeler les envoyés.
Ceux-ci, en apercevant les tentes et les pavillons avec les étendards particu-
liers des leurs, furent tout surpris, dans l'ignorance où ils étaient de ce qui s'était
passé; en ayant été instruits, ils se Jetèrent aux pieds du roi, en lui demandant
la vie sauve; Léon, dans sa bonté, leur fit grâce et les renvoya à leur maître; il
imposa au sulthan le tribut, augmenté même, que ce dernier voulait exiger, et
courba les infidèles sous le joug.
Le règne de Léon date de l'an 646 de l'ère arménienne {31 janvier 1197-30 jan-
vier 1198).
1 Ce fleuve est probablement le Djeyhan, ou Pyramus, qui est le plus rapproché des frontières de
la Cilicie vers la Syrie.
DE GUIRAGOS DE KANTZAG. 427
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L'udEtft qoppt un Swuwmul. gh jpyd ufpbih be edEtEgaUg pphunnouubp wnpuÿl :
1B. ajoute né ghu — 2C: Jen or — GC; ajoute Qughy wunculp — 4 A. &buwg « vivre. » — Ÿ Les mots
qéwbdut pwÿlu manquent dans B,. et C.
MORT DE LÉON.
Léon, roi d'Arménie, ce prince pieux et victorieux, outre les nombreuses
prouesses par lesquelles il s'illustra, eut le mérite de soumettre les nations qui
vivaient dans son voisinage.
Le catholicos Jean, qui résidait dans la forteresse de Hr'om-gla, et qui était
brouillé avec lui, vint et fit la paix, dès que fut mort le seigneur David, du cou-
vent d'Ark'agaghin !.
Cependant Léon tomba malade et mourut. Auparavant il avait mandé auprès
de lui le catholicos Jean et tous les grands officiers militaires avec leurs soldats.
Comme il n'avait pas d'enfant mâle, mais seulement une fille, il confia au catho-
licos et aux grands le soin de la placer sur le trône, leur recommandant de lui
être fidèles et de lui choisir un époux d’un rang assorti. Il remit la jeune prin-
cesse entre les mains du catholicos et des deux chefs les plus puissants, Cons-
tantin, son parent, et sire Adam [de Gastim], qui professait la religion grecque.
Ï rendit tranquillement son âme à Dieu, en l'année 668 de l'ère arménienne
(26 janvier 1219-25 janvier 1220), après avoir tenu le sceptre pendant vingt-
quatre ans, et s être illustré par ses victoires et ses vertus. Sa mort excita des regrets
amers et universels parmi les populations et dans l’armée, car ce prince, ami du
Christ, était chéri de tous.
! Le catholicos Jean VIII, dit le Magnanime,
U'£Swpwpn, d'abord archevêque de Sis, appartenait
à la famille des Héthoumiens, qui était sans cesse
en désunion et en rivalité avec celle des R'oupé-
niens. Jean, imbu de l'esprit de sa famille, une fois
sur le siége (1203), affecta de braver les ordres du
roi, ets’attira son mécontentement. Léon résolut de
le déposer; mais, craignant que cette mesure n'oc-
casionnât du mécontentement dans la nation, il prit
le parti de la patience. Enfin, ne pouvant plus sup-
porter l’arrogance du prélat, il fit élire, dans une
assemblée d'évêques et de docteurs, David JII d’Ar-
k'agagh'in (1206). À la mort de David, arrivée
en 1208, Jean, qui s'était réconcilié avec son sou-
verain, fut rétabli et se maintint jusqu'à sa mort
arrivée en 1225, sous la régence du grand baron
Constantin, baïle (tuteur) de son fils mineur, le roi
Héthoum I".
54.
428 EXTRAIT DE L'HISTOIRE D'ARMÉNIE
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Le tab ES Qrunañqft Sur ubkgyg ghufreathnst k qu) tu f dE wdtSwÿi
LC. opfrun — ? C. ajoute # 9 dagnfonbu « parmi le peuple ». — ° À. pfuni ju; C. uEuqn fin mufu
— 4 B.et C. gpopu — 5 D. 4n5kfu — $ C. ajoute Ouh — 7 B. vaio — 8 C. Buwqucnphgneglv gepFudu,
op Jivfuvncunfe wjumgbu 4nsEfu, bok wowquvuun ve Ep Dhibagns, L Rwqni$rajn Out «et ils placèrent
sur le trône celui qui porte le titre spécial de prince, et qui avait pour nom de baptême Philippe. La
reine se nommait Zabël {Isabeau). » — 9 C. aug quuyfu — 1 B. et C. omettent hyhut pu — NC. uwékgfr
gungEuuu — 1? C. omet 4 vf |
oo om mm
EE ————— = pas ZE A
Lorsque le temps du deuil fut fini, on embauma son corps pour l'ensevelir. À
cette occasion, il s'éleva une contestation : les uns voulaient quil fût déposé dans
la ville royale de Sis, les autres à Agner, ce monastère objet de sa prédilection,
à cause de la bonne discipline qui y régnait et des prières agréables à Dieu que
faisaient les moines. Mais il y en eut qui pensèrent que ce lieu n'était pas con-
venable; car il se pourrait, disaient-ils, qu'à cause de sa proximité des frontières,
et parce que le roi était détesté par la plupart des infidèles, il se pourrait que les
ennemis vinssent exhumer son corps et le brûler, pour satisfaire leur violente
rancune; enfin, on se mit d'accord, et il fut décidé que le corps serait enseveli à
Sis, et que le cœur et les entrailles seraient transportés au couvent d'Agner. Ainsi
mourut, dans des sentiments de piété, le brave et invincible roi Léon.
Le catholicos et les grands appelèrent le fils du seigneur d'Antioche, qui porte
comme titre particulier celui de prince, et lui firent épouser la fille de Léon, en
lui remettant les rênes de l'Etat. [1 se nommait Philippe et la reine Isabeau; mais,
au bout de quatre ans, son père, l'ayant circonvenu, se fit donner par lui la cou-
ronne de Léon et le trône royal qui servait dans les jours solennels, ainsi que
de fortes sommes d'or et d'argent. Les grands, voyant que Philippe n'était pas
fidèle à son serment”, le mirent en prison jusqu'à ce qu'il eût fait revenir les ob-
jets précieux qu'il avait envoyés à son père. Mais celui-ci ne voulut rien rendre,
et ne put pas même venir en aîde à son fils, qui resta renfermé jusqu à sa mort.
Le grand prince Constantin, avec l'assentiment du catholicos et de plusieurs
1 Un des principaux griefs imputés à Philippe, respecter leurs dogmes et leurs rites, et d'avoir
et le plus grave aux yeux des Arméniens, était montré de la partialité pour l'Église latine.
d'avoir manqué à l'engagement qu'il avait pris de
DE GUIRAGOS DE KANTZAG. 429
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1 B. et GC. ajoutent w@vafn — ? C. Gus np Gain wquwdiy — © B. et C. omeltent ap actkp, Lu. —
4 B. ajoute wBruju — 5 B. igtunu
Te Te =: ms EE =
d'entre les chefs, proclama roi son fils Héthoum, encore un tout jeune homme,
mais plein de vigueur, et remarquable par sa belle prestance. La reine repoussa
d'abord cette union, et, persistant dans son refus, se réfugia auprès des Franks,
à Séleucie, car sa mère [Sibylle] était de cette nation et originaire de l'île de
Chypre. Constantin, s'étant mis à la tête des troupes arméniennes, assiégea cette
ville, jusqu'à ce qu'on lui eût remis, mais à regret, la reine. L’ayant emmenée,
il la maria à son fils. Plusieurs jeunes princes naquirent de ce mariage À.
Isabeau était recommandable par sa piété et sa modestie, l'amie des gens pieux
et des pauvres; elle passait sa vie dans le jeûne, la prière et les austérités. Cons-
tantin, administrant au nom de son fils Héthoum, dirigeait toutes les affaires et
les réglait avec sagesse. 11 gagnait les uns par sa bienveillance, et se défaisait des
rebelles en forçant les uns à prendre la fuite, et en faisant mettre les autres à
mort. Îl fit amitié et alliance avec le sulthan du pays de Roum, Ala-eddin [Keï-
Kobad], qui possédait de vastes domaines. Il en agit de même envers toutes les
nations du voisinage, et de tous côtés il procura la paix au pays. Îl nomma son fils
aîné, Sëémpad, général des troupes arméniennes?, et l'autre, prince du royaume *.
Aucun des monastères n'avait à s'inquiéter des besoins temporels; il y pourvoyait
largement, voulant que les religieux n’eussent à songer qu’à la prière et au ser-
! On verra plus loin, dans mes notes sur la Chro-
nique de Sémpad, les détails intimes et très-curieux
que fournit Aboulfaradj sur la vie privée du roi
Philippe d’Antioche, sur la révolution de palais qui
détrôna ce prince, arraché de sa couche nuptiale
pour être jeté en prison, et sur les dispositions de
la reine Isabeau pour lui et ensuite pour son second
mari.
# C'est le connétable Sémpad, l'historien.
Ÿ Sans doute Oschin, le préféré de son père,
et auquel celui-ci avait donné en fief le comté de
Gor'igos, malgré l'opposition et les réclamations de
l'aîné, le connétable Sémpad. Des six fils du grand
baron Constantin, deux, ce même Sëémpad et le
roi Héthoum, ont été déjà nommés et nous sont
connus; un autre, Basile, seigaeur du couvent de
Trazarg, était ecclésiastique et, par conséquent,
inhabile à être investi du titre de prince du royaume;
deux autres encore, Ligos et Léon, ne remplirent
qu'un rôle obscur et presque ignoré. Nous sommes
ainsi conduits par exclusion à croire qu'il s’agit ici
d'Oschin, fils cadet de Constantin.
430 EXTRAIT DE L'HISTOIRE D'ARMÉNIE.
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Le £a olfart Bugunnpn fai LE By k a$e Bruit Luyag :
1 B. et C. qudbuÿju emfkgbpu — 2 C. ap wnwpfuh L $Eg, papinp kéglu, juudfu hepoid, puprnp un.
durbe L queqwnkwg :
vice des autels. La Cülicie se remplit d'une foule d'hommes, gens de peine ou ar-
tisans, accourus de tous côtés et fuyant les dévastations des Tartares, qui, venus
du nord-est, ruinèrent toutes les contrées.
À la suite de ces événements mourut le catholicos Jean, après dix-huit ans de
pontificat. Le grand prince [Constantin], de concert avec le roi, le remplaça sur
le siége de saint Grégoire par le seigneur Constantin, homme vertueux, doux et
de mœurs saintes; excellent guide pour lui-même, et qui régla la discipline de
l'Église avec orthodoxie. Aussi tous le vénéraient, les chrétiens comme les mu-
sulmans.
Le règne de Héthoum commença en 673 de l'ère arménienne (25 janvier 1224-
23 janvier 1225).
1 D'après les calculs du connétable Sëémpad, le
règne de Héthoum I" aurait commencé deux ans
plus tard, en 675 de l'ère arménienne (24 janvier
1226 — 93 janvier 1227). C'est cette dernière date
qui est la vraie, puisque Aboulfaradj (Chron. syr.
p. 497-498) fixe d'une manière précise l’avéne-
ment de Héthoum au lundi de la Pentecôte, 1 4 du
mois de Haziran (juin), 1537 de l'ère des Grecs
(1226); seulement le chroniqueur syrien s'est
trompé sur le quantième mensuel, puisque, en
1226, la Pâque étant tombée le 19 avril, la Pen-
tecôte se rencontra le 7 juin, et le lendemain lundi
fut par conséquent le 8. La différence entre Gui-
ragos et Sémpad peut du reste s'expliquer par le
fait que Héthoum, encore à peine entré dans l'ado-
lescence, fut accepté pour roi par le catholicos Jean
et les grands, sur la présentation et d’après les ins-
tances de son père le grand baron Constantin,
mais que ce ne fut qu’au bout de deux ans, et
après la mort de Jean, qu'il fut marié à Isabeau et
proclamé officiellement par le nouveau catholicos,
Constantin I*.
VARTAN LE GRAND.
NOTE PRÉLIMINAIRE.
En publiant dans le Journal asiatique (cahier d'octobre-novembre 1860) un
extrait de Vartan, relatif à la visite qu'il fit à Houlagou, khan mongol de la
Perse, j'ai donné sur sa vie et ses ouvrages des détails que je crois devoir
reproduire avec quelques remaniements.
Vartan est, sans contredit, l'un des écrivains les plus savants qu ait produits
la httérature arménienne, l'un de ceux dont l'érudition s'est exercée sur un plus
_ grand nombre de sujets. Tour à tour théologien et commentateur de l'Écriture
sainte ou poëte sacré, 11 se recommande surtout à nous par la composition
historique à laquelle il a attaché son nom; c'est un abrégé de l'Histoire uni-
verselle, commencant à la création du monde, et finissant à l'année 718 de l'ère
arménienne, ou 1269 de Jésus-Christ. Les sources auxquelles Vartan a puisé
n'y sont point indiquées nominativement; mais en examinant de près le ca-
ractère de sa narration, on peut conjecturer qu'il a dû mettre à contribution
d'abord les historiens syriens et quelquefois, mais plus rarement, les byzan-
tins, parmi lesquels 1l en est plusieurs qui certainement ne nous sont pas
parvenus, puisque les passages qu'il paraît leur avoir empruntés ne se re-
trouvent dans aücun de ceux que nous possédons; en second lieu, les chro-
niques et les chartes géorgiennes, et enfin cette innombrable quantité d'ins-
criptions retracées sur les édifices religieux de l'Arménie, véritables archives
monumentales dont la valeur historique ressort des débris qui nous en
restent, et qui ont résisté aux outrages du temps, aux révolutions de la na-
ture et aux dévastations encore plus funestes des Barbares*. Pour la partie
1 La renommée de Vartan a fait inscrire sous son 2 Une partie des inscriptions qui subsistent au-
nom différentes productions qui, tout porte à le jourd'hui a été recucillie par le P. Minas, religieux
croire, lui sont étrangères, entre autres une Géogra- de l'ordre des Mékhitharistes de Venise, dans son
phie de l'Arménie, publiée à Constantinople, en Voyageen Pologne (Lehasdan) et en Crimée, Venise,
1728, et de nouveau à Paris en 1819, par Saint- in-8°, 1830; par feu l'évêque Schakhathouni, dans
Martin (Mém. histor. et géograph. sur l'Arménie, t. IT, sa Description d'Édchmiadzin et des cinq districts de
p. 406-472). Ce savant critique pense avec raison l’Ararad, imprimée à la typographie du couvent pa-
que cet ouvrage n’est point de notre historien, mais triarcal d'Édchmiadzin, 2 vol. in-8°, 1842; et par
de l’un de ses disciples; il en est de même d'unre- MF Sarkis Djalaliants, actuellement archevêque ar-
cueil de fables qui sont d’un homonyme, d'ailleurs ménien de Tifis, dans son Voyage dans la Grande
INCONNU. Arménie, 2 vol. in-4°, Tiflis, 1842 et 1851.
432 VARTAN LE GRAND.
de son livre où il raconte les invasions des Mongols, il a eu recours au grand
ouvrage que son maître, le vartabed (docteur) Jean Vanagan, c'est-à-dire le
cénobite, avait écrit sur le même sujet et dont nous déplorons sajuue hui
la perte. En ce qui concerne les croisades, il a mis largement à profit la
Chronique de Matthieu d'Édesse et celle de Grégoire le Prêtre, qu'il copie
en les abrégeant très-succinctement. C'est pour cette raison que nous nous
sommes contenté d'extraire de son livre la partie qui fait suite au récit de ses
deux devanciers, en nous bornant même aux événements qui se sont passés
dans la partie de l'Asie occidentale théâtre de nos guerres saintes, et qui
seuls nous intéressent ici au point de vue où nous sommes placé. D'ailleurs
Vartan, si bien renseigné, si précieux pour l'histoire de la Grande Arménie,
est en général mal informé des affaires des Latins en Orient. Néanmoins il
nous offre, pour les relations de ces derniers avec ses compatriotes, des in-
dications qui ne sont pas à dédaigner, et qui rectifient ou confirment celles
que nous ont fournies les autres chroniqueurs de sa nation.
Son style, généralement assez correct et soutenu, a cependant ses difficultés;
la brièveté des énonciations, telles que les admet un abrégé aussi concis que
le sien, produit une obscurité où 11 n'est possible de porter la lumière que
lorsque l'on connaît par d'autres sources et en détail les faits qu'il résume en
quelques lignes.
Comme la plupart des écrivains arméniens, Vartan était dans les rangs du
clergé; il avait fait profession de la vie religieuse dans le monastère de Kédig,
où il étudia avec Guiragos et Malachie le moine', sous la direction de Jean
Vanagan. Le surnom de f\wpäpebpngh (Partzérperttsi) indique qu'il était origi-
naire de Partzérpert « Haut-Ghâteau », l'une des places les plus fortes de la Ci-
licie, dans la chaîne du Taurus, au nord de la ville de Sis, et celui de {fr5:, ou
le Grand, atteste l'estime que ses talents avaient fait naître pour lui. Néan-
moins il ne fut jamais élevé aux honneurs ecclésiastiques et resta toute sa vie
simple moine, quoiqu'il ait joué un rôle considérable et actif parmi ses con-
temporains et acquis une trés-grande influence politique. Guiragos nous le re-
présente comme jouissant d'une haute considération auprès du chef du clergé
. arménien, le catholicos Constantin [”, avec lequel 11 était lié d'amitié, et chargé
par ce prélat d'une mission importante auprès des évêques, des supérieurs de
couvent et des princes de la Grande Arménie. Le pape Innocent IV, qui,
comme tous les souverains pontifes à à cette époque, déploya tous ses efforts
pour ramener l'Église arménienne à l'unité catholique et lui faire accepter la
suprématie du Saint-Siège, envoya en Orient un légat nommé Spip, Di-
manche, forme vulgaire ou travestie peut-être malicieusement par les Armé-
niens du nom de Dominique, avec une lettre adressée au roi Héthoum [;
ce prince et le catholicos confèrent à Vartan, comme au plus docte de leurs
théologiens, le soin d'y répondre et de la réfuter. Cette réponse, qui renferme
en quelques pages la discussion des points de dogme controversés alors entre
l'Église arménienne et l'Église latine, prouve que Vartan élait au courant des
1 Malachie est auteur d’une histoire abrégée des écrite en style vulgaire et extraite de l'ouvrage de
invasions des Mongols dans l'Arménie et la Géorgie, Jean Vanagan.
VARTAN LE GRAND. 433
questions théologiques et philosophiques agitées de son temps dans les écoles
de l'Occident. | | |
Mais la circonstance de sa vie qui met le plus en relief l'influence que son
savoir et sa réputation lui avaient valu est sa visite à la cour de Houlagou,
alors dans tout l'éclat de sa puissance. La relation de l'entrevue de l'humble
moine arménien avec le monarque mongol nous laisse apercevoir la ligne de
conduite que Houlagou s'attachait À suivre pour faire oublier aux vaincus les
violences de la conquête, et les rallier à son autorité; elle nous le peint avec
des instincts de bienveillance, de douceuret d'humanité, et sous un aspect tout
différent de celui sous lequel nous le montrent d'autres écrivains, organes des
nationalités opprimées. La conversation intime queut notre historien avec
Houlagou, la déférence que lui témoignait la principale femme de ce prince,
Dôkhouz Khathoun, et dont elle lui donna une preuve éclatante, en le consul-
tant sur une des questions les plus graves et les plus délicates, l'ordre de
succession au trône, après la mort de, son mari, attestent combien Vartan
était apprécié à la cour de Tauriz. Sans croire qu'i décida à lui seul cette
question, en se prononçant évergiquement pour Abaka, et pour le maintien
des dernières volontés de Houlagou, manifestées en faveur de son fils aîné,
il n'est pas douteux que sa voix n'ait eu quelque poids dans la balance, et
n'ait conquis au nouveau souverain les sympathies et le concours d'un parti
puissant et nombreux, celui des populations chrétiennes de l'Orient.
J'ai établi mon texte et fait ma traduction d'après le manuscrit coté n° 12
dans le fonds arménien du Musée asiatique de l'Académie impériale des
sciences de Saint-Pétersbourg. C'est pour moi un devoir de remercier ce
Corps savant d'avoir bien voulu me communiquer cet ouvrage, l'un des plus
précieux qu'il posséde dans ses riches collections. J'ai tiré aussi quelque parti
de l'édition de Vartan, publiée à Moscou, par M. Emin, in-8°, 1861, et où
il a réuni les variantes d'un manuscrit lui appartenant et du manuscrit de
l'académie précitée. |
* Get écrit de Vartan se trouve dans le manus- sur papier de coton, a une grande valeur comme
crit de la Bibliothèque impériale de Paris, ancien ayant appartenu à la reine Guér'an ou Kyra Anna,
fonds arménien, n° 12, fol. 139 v°-149 r°. Ce de la famille des Héthoumiens, et épouse du roi
manuscrit tracé en polorkir ou caractères ronds, Léon III.
Hisror. ARM. — I. | | 55
EXTRAIT
DE
L’HISTOIRE UNIVERSELLE DE VARTAN LE GRAND.
Gel Fuhiwth [née nf], font Lung 20buy b paqned fun, b Qupdpp
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b Sup dénur sal: re fi vapeur, ap h Seedlqjuÿs, waupk f Ovrdet, L'ekphur
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El pu, BE Euh kÉbquiuf, wnuphghg un pbg, L aûe pin, opuhu Xdiupfun went.
pus. LEE n5, que bg puit omupeug : ne geugbut wnuph qnpafi, spam
Bisou jniedu qupänegft aphu, gb L Frpu es dunuSuitn frujt pubs f dE uypug_
qhug. puugh eobpbu bp (Oreep pt prjop 2e quwnwgt. L'ubu<wuquith que wftnn.
Suyog, q0p puphuuQun 4 S oubifut foboft, zupdbws h Leger En JEphnukuir
Supuqunnt fr ubp pherg L ki \Epubu :
1 B. Soutir.
TRADUCTION.
Vers cette époque (612 de l'ère arménienne — 11 février 1163-12 février
1164), le siége patriarcal d'Arménie fut transféré dans une foule de lieux difié-
rents : à Garmir-vank’, à Schoughr, à Dzovk'; enfin il fut fixé à Hr'om-Gla. Cette
forteresse avait été ainsi nommée, dit-on, d'un moine romain (grec) qui résidait
dans ce lieu. Les musulmans la lui enlevèrent, et le prince Kogh'-Vasil la conquit
sur ces derniers : ensuite elle fut prise par les Franks.
[Josselin le Jeune, | seigneur de Hr'om-Gla, étant allé à la chasse, tomba dans
une embuscade et fut fait prisonnier par les musulmans, qui le traînèrent à Alep,
où 11 mourut. :
Sa femme, qui résidait à Hr'om-Gla, envoya à Dzovk', et, ayant fait venir le pa-
triarche arménien, lui remit la forteresse, en lui disant : « J'ai laissé un fils de
« l'autre côté de la mer (en Europe), chez mes parents; je m'en retourne, et s'il est
“encore en vie, Je te l'enverrai, et, comme un fidèle dépositaire, tu lui remettras la
« place; s'il ne vient pas, 1 vaut mieux qu'elle soit à toi qu'à des étrangers. » Étant
partie, elle envoya ce jeune prince; celui-ci ayant reçu du patriarche quantité
d'objets précieux, on le décida à quitter Hr'om-Gla. D'ailleurs lui-même sentait
bien qu'il ne pourrait s'y maintenir, isolé au milieu des infidèles; en effet les
Turks étaient maîtres de toutes les contrées environnantes. Les Arméniens devin-
rent ainsi possesseurs de ce château fort, que la pieuse épouse de Josselin, inspirée
par l'Esprit-Saint, donna aux deux frères, Grégoire [Bahlavouni] et Nersès
[Schnorhali|.
EXTRAIT DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE DE VARTAN LE GRAND. 435
Nrbbndé Br juimwphay np Pebese, Jugoprk quBnni:
Ce vu mauptug añhf dun Sur unnay paealo but, b Enmi qpnf jnjd 4n
CO Le Sat pis hy que añone fu, qnn PU. Le quulqui puit ut nt
ge Pug qnpSt vlan , noubu gne quitté pus cl lannbturg fe :
Bebe Bb uunwpbug squunppupats Uéeubu gdupu up, Eu qupanbuns gun _
bebe ke wnbos gpof Qpbqns Enpopnpnh bnp Zknïnn MEudf ap : Uxe quo
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Fr GureupEquiu b dy. qUdsuquñi hoskgbiuy uns parut Pur Puphuwtu, nb,
qub hr J uf L aEpEu gunct Cheukuy : [077 [073 Ywdk que cu gpwmquph, L as
a —_—_—__
—_——._
En l'année 617 (8 février 1186-6 février 1 169), Nersès succéda à Grégoire,
qui avait terminé sa carrière dans l'exercice de ses fonctions.
L'empereur Manuel ayant envoyé demander aux deux frères leur profession
de foi, ils rédigèrent une exposition de notre croyance, exposition appuyée de
vigoureux arguments et qui fut agréée de tous; ils voulurent opérer la réunion de
notre nation [avec les Grecs], mais cette œuvre resta inachevée, comme on le voit
dans les histoires détaillées, où ce sujet est raconté.
En l'année 621 (7 février 1172-5 février 1 173), le seigneur Nersès mourut
aprés avoir siégé sept ans. Après lui, le voile patriarcal fut dévolu à Grégoire
[Dgh'a], fils de son frère, auquel cet insigne sacré avait été remis par Nersès lui-
même. Un autre neveu, Grégoire, surnommé Abirad, se retira à Lampron, et
administra le diocèse de Tarse.
En l'année 626 (5 février 1177-4 février 11 78), le roi Giorgi [II] prit Ani pour
la seconde fois!, poussé par les instigations d'Ivané?, émir sbaçalar (généralis-
sime), qui voulait s'y établir et y faire rentrer les chrétiens captifs. Le roi em-
mena avec lui l'émir Schahënschah 5, qui dés lors ne retourna plus à Ani. À la
nouvelle de cette invasion des Géorgiens, toute la nation des Turks se rassembla
en masse, et, les infidèles s'étant adjoint le sulthan Alp-Arslan ‘, ils marchèrent
contre Ani, et saccagèrent le district de Schirag. Ivané avait résolu de leur
livrer cette ville; mais son projet avorta, parce que les habitants, en ayant eu
! C'était la troisième fois qu'Ani tombait au
pouvoir des Géorgiens; cette ville avait été prise
d'abord en 1124 par David le Réparateur (cf, Mat-
thieu d'Édesse, ch. xcm, ci-dessus, p. 140), et en
1161 (cf. Grégoire le Prêtre, ch. cxxx, p-196-197),
par le même Giorgi dont il est ici question.
? Il ne faut pas confondre cet Ivané avec Ivané,
fils d'Abéleth ou Abouléth, mentionné ci-dessus,
P- 141, note 1. Il s’agit ici d'Ivané, quatrième du
nom, premier ministre du roi Giorgi IL, et chef
de ses armées, lequel mourut très-avancé en âge.
(Cf. le tableau généalogique des Orbélians, dans
l'Histoire de la Géorgie de M. Brosset , 1" partie, ad-
ditions et éclaircissements, p. 351, et l'Histoire
d'Étieune Orbélian, apud Saint-Martin, Mémoires
hisloriques et géographiques sur l'Arménie, tom. IL,
p. 78 et 80.)
* Autrement appelé Amir-Schah, de la famille
des Beni-Scheddad (cf. ci-dessus, p. 140, note 4),
à laquelle appartenait la ville d'Ani, qui lui fut
cédée par le sulthan Alp-Arslan I“, après que ce
prince s'en fut emparé en 1064.
* Dans Deguignes, Arslan-Schah, sulthan sel-
Joukide de Perse. Son fils, Thogrul-Schah, tué en
1195, fut le dernier de ces souverains qui comp-
térent parmi les adversaires les plus puissants et
les plus terribles des croisés.
29.
136 EXTRAIT DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE
Jupontgun. qnpôu, gb fdliugun puqupt h qgneowguit. L qhuwg vnepouiit bu fl ffi
bee upurufungbut, L'Eau Ephrpfiu fr dre up :
b Bof epg oyp qUbouquit re pra bofubug Sent, L gl yurtes db un uñi,
ep fphag fvepfu aoloupsfu, L'juquuui" dép aobuupsfu, np fu vpake op :
De Bobi, Buquenpu Vppriounkd} y Zpanoprl ESup queen f qui
Lercougkd} gen Bud} vmpp fusbo. np EkEwy Ep wnñne glypreuwhf Xfun un,
eupébus don Fiebuñ Doug qn mcoqame, np dhou ob fi E abinog L juebpug. jumug
Grub? Ep with bapu, opef Voeeplé went own qrhwgen, L f dESuñnuÿt
Yrstgun WupuSonunft, np & fuuquqn fu Sun unnny :
Pot Pot Jénutbp Vue L 4fi Gopu, qh qreuup bp portal Uiunmper
1 Mon manuscrit lit Jugroqmuv, Kizil-Oglan, au lieu de Jugwwuv, Kizil-Aslan ou Kizil-Arslan, qui
est la véritable leçon, telle que la donne d’ailleurs l'édition de M. Emin. — ? Ms. f-"#
connaïssance, se tinrent sur leurs gardes. Le sulthan et son atabek [Tdiguiz] se
retirèrent, la rage dans le cœur, et tous deux moururent dans l’année.
Cette même année, Thogrul remplaça le sulthan Alp-Arslan, second du nom;
Idiguiz eut pour successeurs ses deux fils, [Mohammed] Pehlevan , qui gouverna
l'intérieur du royaume, et Kizil-Arslan [Othman]|, qui eut en partage la partie
supérieure de notre pays’.
En l'année 627 {5 février 1178-4 février 1179), [Baudouin IV] roi de Jérusalem,
à la tête de trois cents cavaliers, défit Saladin aux portes de Jérusalem, par la pro-
tection toute-puissante de la sainte Croix *. Saladin était venu avec 140,000
hommes attaquer la Cité sainte. IL avait fait charger de l'eau sur 60,000 chameaux;
et cette provision était sans cesse renouvelée aux rivières et aux fontaines. Ce
prince, appelé d'abord Youçouf, était fils d'Eyoub, homme de rien, originaire
de Tévin. Lorsqu'il fut parvenu au pouvoir, Youçouf reçut le nom de Saladin,
mot qui signifie la paix de la foi.
En l'année 629°(4 février 1179-3 février 1180) mourut l'empereur Manuel”.
Comme sa femme était la fille du prince d’Antioche, elle voulut épouser un Frank
1 Des deux filsd'Idiguiz, l'un , Mohammed Pchle-
van, mourut dans l’année même de son avénement
(1186, dans Deguignes), etle second , Kizil-Arslan,
fut tué en 1191. La dynastie des atabeks de l’Azer-
beïdjan, fondée par Ildiguiz, vers 1136, fut dé-
truite par les Kharizmiens en 1225.
2 Ce combat où Saladin fut mis en déroute, ct
que les chroniqueurs arabes mentionnent sous Île
nom de défaite de Ramla, est raconté par Guil-
Jaume de Tyr (XXI, xxtt et xx), qui le place à la
troisième (lisez la quatrième) année de Baudouin IV
(1176 pour 1177), le 7 des calendes de décembre
(25 novembre), jour de la fête des saints martyrs
Pierre d'Alexandrie et Catherine, Ibn-Alathir (t. X],
p. 292-293, éd. Tornberg) indique la fin de djou-
mâäda premier 573 (fin de novembre 1177), et
Aboulfaradj (Chron. Syr. p. 387) la même annte
de l'hégire et 1489 des Grecs (1° octobre 1177-
1178). L'auteur arménien est donc en retard d'un
an sur la vraie date,
L'action fut livrée, non point aux portes de Jé-
rusalem, comme le prétend notre auteur, mais dans
le voisinage d'Ascalon. La déroute des infidèles fut
complète; les chrétiens les poursuivirent jusqu’à la
nuit, depuis le lieu appelé Mons Gisardi « Mongi-
sard» jusqu’au marais des Étourneaux {cannetum
esturnellorum, Lintanors des estorniaus). Baudouin
s'élait rendu à Ascalon, conduisant avec lui une
partie des habitants de Ramla, qui avaient quitté
leurs foyers à l'approche d'un renégat arménien,
nommé Îvelin, vir in bello strenuus et ad omnia ten-
tanda pronus, lequel avait pris du service chez Sa-
ladin. Effectivement, Ivelin, trouvant Ramla aban-
donnée, y mit le feu. (Guill. de Tyr, XXI, xxr-xxui.)
3 Vartan retarde d’un an la date de la mort de
Manuel, arrivée en septembre, indiction xiv(1180),
suivant le témoignage de Nicétas Chouiates (Ma-
nuel Comnène, VII, vi), de Codinus ou de l'auteur
du catalogue des empereurs qui porte son nom,
de Roger de Hoveden et autres chroniqueurs cités
DE VARTAN LE GRAND. 437
quegun nul math gp h oquiosut, gopgfé fee Vukpe, peu anne fi qBwgñ. L
defubus quit JE4b gl. L'wgg watt Uanubhbuy waquuñft uvph, L quy
oquituiuh quhuunost, ap ju wine gfuqm fi. L quygt Drug »p bp feu.
qupfi Go, hope [burn dinbut uufush fi funun Ægbug fuel, yphug je up
equiu L ququjt, L'un qu s (pe wnuphug Ynsby quyp dj Buqurnpugt huh}
ane, qh Le gl vuwugh. k'uopu gopugbu uuquit gant, L ES wEuÿt quad Epfusy
bone eh b oupdkgus puqupu, L sup vanunulh greprubhou, L abphns npnbu
voçus sde g ditouhu Snjulÿi up :
bg Bof Eau. bnpeh U ces mppuÿ, Les qyp bnp ph L nb iuÿe jursug
L Jhpuñnug juiwud bp api un fe L'wntne gun qaeuup ünpu (ounlupr, pb.
Eu Vs ep opebe (qu wppuyfit, np un g'jnfit puque, L'urqus gUjnuqui :
et faire mourir son fils Alexis, auquel on avait donné la couronne; l'enfant se
réfugia dans l'église [de Sainte-Sophie]". Andronic, parent de Manuel, ayant été
averti, survint et tua le sébaste, qui aspirait à la main de l'impératrice, et
massacra les Franks qui se trouvaient dans la ville; une partie d'entre eux ayant
réussi à s'enfuir sur des navires, il fit lancer contre eux le naphte, et périr
ainsi trente mille hommes dans les flammes. Il immola aussi le jeune empe-
reur, et sarrogea le pouvoir suprême. Ayant mandé un prince du sang im-
périal nommé Physicus (Isaac l'Ange) dans l'intention de sen débarrasser pa-
reillement, celui-ci, résistant avec courage, tua le messager, ct, poussant de
grands cris, courut à Sainte-Sophie. Toute la ville se souleva; Andronic fut
massacré cruellement, et ses deux fils, créatures encore innocentes, furent pré-
cipités dans la mer.
En l'année 633 (4 février 1 1 84-3 février 1185) Giorgi, roi de Géorgie, termina
sa carrière sans laisser aucun enfant mâle. Temna était le fils mutilé et aveuglé
du [roi] David [IIT}?. Giorgi eut pour successeur sa fille Thamar, qui épousa le fils
du roi des Russes, lequel s'empara de la ville de Tëvin, et ensuite Sôslan *.
par Du Cange (Familiæ byzantinæ, p. 154), qui
disent que la mort de Manuel eut lieu quatre jours
après celle de Louis VII, roi de France, par con-
séquent le 22 septembre.
1 La seconde femme de Manuel, la belle Marie
d'Antioche, fille de Raymond de Poitiers et de Cons-
tance, aussitôt après qu'elle eut perdu son mari, se
fit religieuse; mais elle ne tarda pas à quitter le mo-
nastère où elle s'était retirée, et prit en main la
tutelle d'Alexis, fils et successeur de Manuel, en-
fant âgé de onze ans, avec la direction des affaires.
Ses liaisons avec le protosébaste, Alexis Comnène,
never de Manuel, l'ayant fait accuser d'un com-
merce criminel avec lui, et ayant excité la jalousie
des grands, qui complotèrent contre son favori, et
des désordres dans Constantinople, Andronic en
profita pour usurper la couronne, et fit étrangler
Marie et le jeune empereur en 1183.
? Temna ayant conspiré contre son oncle,
Giorgi III, de concert avec son père, Ivané, et les
autres princes de la famille des Orbélians, ct étant
assiégé avec Ivané dans la ville de Lor'ê, céda à un
sentiment de crainte, et, escaladant les murs pen-
dant la nuit, alla se jeter aux pieds du roi, qui
lui fit grâce de la vie, en le privant de la virilité
et de la vue. Cet épisode des annales de Géorgie est
raconté par l'historien Étienne Orbélian. (Cf, Saint
Martin, Mém. histor. el géog. sur l'Arménie, t. I,
p. 81-99, et l'ouvrage complet d'Ét. Orbélian, éd.
de M. l'archimandrite Garabed Schahnazarian,
Paris, in-12, 1859, p. 125-137.)
3 J'ai corrigé le texte, évidemment corrompu ici,
d'après un passage qu'on lit plus loin, où Vartan
relate les mêmes faits. Le premier mari de Thamur
se nomimait Georgi (Qérpgk, Georges, dans Ét. Or-
bélian, t. II, p. 187).et était fils du grand-duc de
Russie, Andreï Bogolioubskoï; elle se sépara de lui
et le renvoya au bout de cinq ou six ans, vers 1192,
pour épouser David Sôslan, fils du roi des Osses
(lases ou Ases), nom sous lequel les Géorgieus dé.
signaient les Alains. Ce prince avait été adopté par
la tante de Thamar, la reine Rouçoudan, qui n'a-
vait pas d'enfants. M. Brosset (ist. de Géorgie,
addit. et éclaire. p. 288-298) a donné nne intéres-
L38 EXTRAIT DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE
boue Bof plinbbgun (joepht b epeushu, L Bunbbug qu | Lu Eneuyp unpur op.
ei Veobbatbug ape À Loup epreg UQrenuitebug [rpg] (oceEtuy, np whebwuyg
Se ebpabg, L qopugue ke kpuy Ggnciuug L Qupukg, L'awpup jy Suplue À (PAiuuquit
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Sala L supsapulu Susposqeue ut wgquug , gb mwpäght junte ‘Laga : ul œil np qpé wn
Lau wnbpuuuu qunapfhaupgh hphqnp, Eqeopaprt asbunt { pouf L etaoch Wwfn_
ghnuwgu Lung, Pomququtnut puy dagne pq Counc&n) Lons ges leu, cuyg Japriu
qupäng fr 4pobu bp,h quyju Seul Lupreupe NL ljuuyfiu Œ wfdnn EuyhoÿnanuncfJEuit,
L. an puSuinupp, gnpu f 4h Sueupbu, pabwqunkp, jnpeg uuun.p qgbpôui unlpnn
Sueununi : \ >. qujuuhufr wnbinu qu bp etarc JerlE ju bndonbuw, upauñhe, k ns
Pre Yupuglt wnübp: Voueke Léa qunnphupet Eapoqrane Jf pbenp sta fe oquruÿt
Snodi, fuit fuel qop b Grcinog Ypbbt Sue, Lab binrbugEt wqofdu L op$um.
Hbibu, npuybu L an blpl : O ap Yewpf dE Suwpbuwg upuuu, L bin up wnbby, L
Sungnprkque, b $wgnyg dis qhip puSustupeoubenuquiu fofouune (but Say kp4u :
En l'année 634 (3 février 1185-2 février 1186), Roupên fut fait prisonnier
par le prince [d'Antioche]. Léon, son frère, fils de Sdéphanèé, fils de Léon, fils de
Constantin, [fils] de Roupén, le délivra. Léon possédait soixante et douze forte-
resses; il triompha des Grecs et des Perses, et rendit tributaire Kilidj-Arslan, sul-
than de l'Asie Mineure.
En l'année 635 (3 février 1186-2 février 1187), les Grecs eurent pour souve-
rain Physicus, autrement dit Isaac [Ange], lequel suscita des persécutions et des
tourments aux populations du rite arménien, afin de les convertir à l'hérésie des
Grecs. Le patriarche Grégoire, neveu du seigneur Nersès et de Grégoire [Bahla-
vouni], catholicos, lui écrivit en termes suppliants pour le conjurer de laisser en
paix le peuple de Dieu. Mais ïl n'eut aucun égard à ses instances; il attira un
grand nombre de gens à sa croyance et chassa les autres. Dans trois évêchés,
1600 prêtres, réunis par lui, subirent ses violences; quelques-uns seulement
s'échappèrent en conservant la pureté de la foi.
Le scigneur Grégoire, dans l'amertume de son cœur, adressa aux fidèles de
l'Orient le récit de ces malheurs; mais ils ne purent y remédier en rien. IN en-
voya un évêque, nommé Grégoire, au pape de Rome, pour lui retracer le
tableau des tribulations que les Arméniens avaient à souffrir de la part des Grecs,
et pour solliciter ses prières et sa bénédiction, comme le faisaient les anciens”. Le
pape accueillit cet ambassadeur avec une haute distinction, lui fit célébrer la messe,
et y reçut la communion; il lui fit revêtir le costume de sa dignité pontificale.
sante notice sur les deux maris de Thamar, où il a
reclüifé le récit de Karamzin, et complété par les
renseignements géorgiens les recherches du Rév.
Eugénius, métropolite de Kief, dans son ouvrage
intitulé acropnuecroe nsospaxeuie o l'pysin ( Tableau his-
torique de la Géorgie), Saint-Pétersbourg, 1602, et
de M. l’académicien Boudkof, auteur d’un Mémoire
qui a pour titre : o Gparax® «uaseï pyccraxe Ce lpyau-
maux # Acrnaux (Sur les mariages des princes russes
avec des princesses Géorgiennes et lases, dans les Ar-
chives da Nord, 1825, note 4, p. 317-333).
Le nom du second mari de Thamar est écrit tantôt
Unes, Soslan, où Yowu%, Sôslan (Ét. Orbélian,
loc. laud.), et tantôt Ourwmquñs, Osn-Aslan
1 Notre auteur fait allusion aux bonnes relations
qui existèrent, dans les premiers temps de l'Église
d'Arménie, entre elle et l'Église occidentale. J'ai
déjà parlé (voir Extrait de l'Histoire d'Arménie de
Guiragos de Kantzag, p. 418, note 1) du voyage de
saint Grégoire l’Hluminateur et du roi Tiridate I
à Rome, et de leur alliance avec l'empereur Cons-
tantin et le pape saint Sylvestre.
DE VARTAN LE GRAND. 139
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La
En l'année 636 (3 février 1187-2 février 1188), des marchands [sujets] de
Saladin traversaient la Palestine, conduisant 400 chameaux chargés de mar-
chandises de prix; [Raymond], comte de Tripoli, en ayant donné avis au roi de
Jérusalem, reçut l'ordre de les piller. Saladin, instruit de cette violence, en-
voya à deux ou trois reprises demander qu'on lui rendît au moins ses sujets, el
rappeler les traités existants entre lui et le roi. Mais ses réclamations n'ayant pas
été accueillies, irrité, il prit les armes; de son côté, le roi s'avança à sa rencontre
à la tête de 36,000 hommes, dans la plaine de Hermon. Abusé par la perfidie de
[Raymond], comte de Tripoli, ïl fit halte sur une colline aride, et, ayant été cerné
par les Turks, il tomba entre leurs mains, après avoir essuyé une rude défaite.
Toutes les villes du littoral furent prises, et ensuite Jérusalem. Saladin épargna
la vie des habitants; mais il exigea qu'ils se rachetassent, fixant la rançon des hommes
à une somme de dix tahégans, et celle des femmes à cinq tahégans par tête. Comme
il leur permit d'emporter tout ce qu'ils possédaient, et de se retirer où bon leur
semblerait, ils mirent cette tolérance à profit. Le comte déloyal, qui s'était con-
certé en secret avec Saladin, mourut frappé de la main du Seigneur.
Saladin, étant venu mettre le siége devant [Tibériade], forteresse du comte,
réclama la femme de celui-ci et la remise de la place. La princesse, à son tour,
demanda des otages, pris parmi les principaux officiers de Saladin, avant de se
décider à se rendre auprès du sulthan et à devenir sa femme. Ayant introduit
ces otages dans l'intérieur, elle leur fit couper la tête et la fit jeter par-dessus les
murailles; à cette vue les infidèles, effrayés, se retirèrent'; ils avaient d'ailleurs
appris l'arrivée du grand empereur des Allemands [Frédéric Barberousse], avec
1 Vartan est encore ici fort mal renseigné, et a
singulièrement écourté le récit des événements qui
suivirent la bataille désastreuse de Tibériade. Sala-
din s'étant rendu maître de la citadelle de cette
ville, où était renfermée la femme de Raymond,
renvoya cette princesse à Tripoli; après quoi il se
dirigea contre Ptolémais, qu’il prit en deux jours,
et continua la campagne qui le rendit maître de
presque toutes les villes du littoral, depuis Ptolé-
mais, et qui se termina cette année (1187) par la
prise de Jérusalem et l'échec des infidèles devant
Tyr. Saladin poursuivit ses conquêtes sans obs-
tacle pendant les deux années suivantes.
k 40 EXTRAIT DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE
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ler sb Surnse wn L bapl Lb QUoÉS ESuu ghp b equnaphowpalkt vphanpny, BE
blup Jp b {jupe pump , L fiunfp pbg wuun. b fwqun.npt Engnbuw qudEinuju Ju.
ES u bep ban Yep, L fige RO bEUEU pugft. qpbiuwg aqpunuufuuilfr » FE un EE auf}
1 Manuscrit de M. Emin, 4 guuv L &fug unf, Vingt-cinq ans.
a —— nu ie meme OMR ceci em
150,000 cavaliers envoyés par mer, accourant à la nouvelle du désastre du Saint-
Sépulcre et de toute la chrétienté. À son arrivée, cette armée entreprit le siége
d'Acre, tandis que l'empereur cheminait à la tête de troupes innombrables à tra-
vers le pays des Grecs; il leur enleva les villes de Berœa ‘, Philippopolis, Adria-
nopolis (Andrinople) et quantité d'autres places fortes et châteaux. Il avait fait
partir son fils en avant pour attaquer Constantinople. Les nôtres, maltraités par
l'empereur Kyr Isaac, se joignirent aux Franks, et, pour satisfaire leur ressen-
timent, causèrent beaucoup de mal aux Grecs. Cependant les habitants de Cons-
tantinople demandèrent grâce et payèrent cent quintaux d'or et deux cents quin-
taux d'argent. Ils transportèrent gratuitement toute la multitude que les Franks
avaient recrutée dans les contrées des Valaques et des Boulgares, avec une masse
de trésors recueillis en traversant ces contrées.
Les fils de [’Izz-Eddin] Kilidj-Arslan, rejetant les conseils de leur père,
vinrent combattre les Franks, à la tête des Turks-Ouzzes; ils tinrent les chré-
tiens serrés de près pendant trente-trois jours, jusquà ce que ceux-ci les
eussent défaits et exterminés.
Les Franks éprouvèrent une famine si rigoureuse qu'ils restèrent pendant dix-
huit jours sans goûter aux produits de la terre, et jusquà leur arrivée à Ico-
nium ils mangèrent 60,000 chevaux. Ayant pris cette ville, ils en massacrérent
la population et y firent halte. a
L'empereur [d'Allemagne] envoya trois ambassadeurs à Léon, et se prit d'incli-
nation pour lui. Il quittait Iconium lorsqu'il reçut une lettre du patriarche Grégoire,
ainsi conçue : « Nous voici arrivés à Mècis et nous t y attendons. » L'empereur ayant
réuni ses officiers, leur fit lire à haute voix cette lettre, et elle leur arracha des
larmes de joie. Il répondit : « Je me propose, si tu le trouves bon, de cultiver pen-
1 Ville nommée aussi Jrénopolis, dans l'éparchie Ver'6. Philippopolis était une ville de la même
de la Thrace, et située au pied du mont Bermius; la éparchie, au sud-ouest de Berœæa.
moderne Veria, ou Kara-Veria, en arménien ÿ£no,
DE VARTAN LE GRAND. kh]
pe Spudèitun Yanfnl puits aitemout Suyng, L ane qu ybphhpe jf us pl
Bag L qqun, gb oSgbu Muqurop Saga qd op éuphu. L'uubp fe jebibe wdEUE gr,
pis o5 obuuñttl quwpritt" fil quacpe Ewpre, L'auquerpfspat Qeherp, re wub qap
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bhuguu L SEqgäus. fe qhut, L'qdiopdftit wnbut ouvpuñt f (fus Vpe bot puuque de
tunbglt Echo bephuivg, pub be L opel dj fpuubp Buquuopfiu, L'uÿ bu dénu
EePbup h Jeu:
(eus pub Buqurndo Vkbqug L dpeu bu y por W quiune wenpee Elf
Law qUbenou. L'jmebu fut atqjocfu fiaugbu gout, np ge Eft uowghu,
Guuft Bngus fr Pbhnibu. L'unbut qpuqupt, nubgft Le Giunhe up b qopugt Vu
poSonrbfi, L'abuet fol quad, np Elu juygbjec heu fepngu, wnuÿh bebe uequit
Yrunngbjol dsl Just s Ve gogo jupuyhgu ÆEnbulubuf nwpuñs jujtygu
l J'ai adopté, d'après une variante du manuscrit
de M. Emin, la leçon gwwpr%t fi mon baron» ou
Monseigneur {saint Pierre], c’est-à-dire Saint-Pierre
d’Antioche, la principale église de cette ville, au
lieu de guuwpuñÿy fx mon palais », comme portent
le manuscrit du Musée asiatique de l’Académie im-
périale des sciences de Saint-Pétersbourg et le texte
de M. Emin; leçon qui n'aurait ici aucun sens.
eo © mm
a
« dant vingt-sept ans la terre des Arméniens, et ensuite je m'en retournerai dans
« mes États. J'ai apporté une couronne et un costume [royal], afin que tu consacres
« roi d'Arménie celui que tu auras choisi. » Il disait à tous publiquement : « Tant
«que je n'aurai pas vu Monseigneur saint Pierre et le patriarche Grégoire, je
« ne révèlerai point ce que j'ai dans le cœur. »
Parvenue au gué de Séleucie, l'armée traversa le fleuve, pendant que l'em-
pereur s'était arrêté sur la rive, disant qu'il voulait prendre quelques instants
de sommeil. Lorsque ses officiers furent endormis, il entra dans l'eau, accompagné
de deux hommes seulement. L'un d'eux ayant été saisi par le courant et entraîné,
l'empereur, en allant à son secours, manqua de précaution et se noya, cau-
sant ainsi la perte des chrétiens. Son corps fut transporté à Sis. Une grande
partie de ses troupes s'en revinrent par mer dans leur patrie; car son fils cadet
[Frédéric de Souabe] mourut aussi, lorsqu'il fut parvenu devant Acre.
Le roi d'Angleterre [Richard Cœur de Lion] et un autre prince avec lui! arri-
vérent à cette époque en Orient, et semparèrent de Chypre. Ayant appris que les
troupes qui assiégeaient Acre étaient sans direction, ils marchèrent à leur secours.
Cette ville fut prise, et dix mille hommes d'élite des troupes de Saladin périrent;
le sulthan lui-même, qui était venu inspecter son armée, fut pourchassé par les
chrétiens, et ses soldats furent taillés en pièces jusqu à Ascalon. Nombre d'émirs
furent faits prisonniers et conduits de l'autre côté de la mer. Toutes les villes que
l Vartan veut sans doute parler de Philippe- dit, pendant que Richard séjournait à Chypre. Ce-
Auguste; mais il est dans l'erreur en prétendant que
ce prince arriva dans la Palestine en compagnie de
Richard, et qu’il s'empara, de concert avec lui, de
l'île de Chypre. Le monarque français, parvenu de-
vant Ptolémais avant le roi d'Angleterre, l'y atten-
Histor. ARM. — Ï.
lui-ci, après avoir vaincu Isaac Comnène, qui s'en
était fait le souverain avec le titre d’empereur, prit
possession de l’île qu'il vendit plus tard à Guy de
Lusignan.
56
A2 EXTRAIT DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE
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L'qupäur L'ounmEgue fr Msvinapensfiu s Ve O4 niSalqubw( pphuinn.
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Léert uju bis Suis bp Bivqueng f aubgug L hr Gciug, wnupbjo] lin Gugi
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Phubin pub guy (lreg L burn g{noquit, op Eh qW fes atom @budh Lait
bDercrpug. rh Stan dpunlop npak, L Ynsbuig quu | ujus pe fut juibus 48
que ba fuph, hot jura Ÿ we, op Le b gent 4nskgun QEnpal :
Poe Bof ph an. Piphuuns quunnauenpé dép À Lot, wnbie gg Snpur
poemnp bep up \paboupke ve, np pu Drug (Eqm fr Ouuk, Wwwpni
hosb : USE is gp gba apah wbun Viunfnpre, qu pk gb enanbih Ep ua
wgeh Suyng, L'ahept düfpucuñg aqunnnckp gheuuui Ep dinuquiug abus pre funbi
les Turks avaient occupées fürent reprises, à l'exception de Jérusalem, qui,
« disait-on, [restera sous le joug des infidèles] jusqu'au jour où elle sera visitée
« [d'en haut|.»
À cette époque, un des principaux émirs de Saladin vint mettre le siége devant
Mandzgüerd; mais 11 échoua, car une bourrasque de neige assaillit ses soldats pen-
dant l'été; il s'en revint et fut tué en chemin. Bektimour ! rendit grâces aux chré-
tiens [de ce qu'ils avaient si bien défendu Mandzguerd], et dès lors il commença
à les honorer et à les aimer.
En l'ännée 646 (31 janvier 1197—30 janvier 1198), Léon, qui venait d'être
reconnu en qualité de roi par les Franks et par les Grecs, reçut des uns et des
autres une couronne. C'était un prince puissant, victorieux, qui avait imposé un
tribut et un joug pesant à toutes les nations du voisinage.
Sous le règne de Thamar, les chrétiens virent leur puissance s accroître; elle
avait épudié son mari russe et épousé Osn-Aslan, qui remplit la Géorgie des
captifs et du butin enlevés aux Turks. Thamar eut de ce dernier un fils unique,
qu'elle nomma Lascha; elle mourut après un règne de vingt-trois ans, et son fils
monta sur le trône. H recut de ses es le nom de Giorgi. :
En l'année 668 (26 janvier 1219—25 janvier 1220), notre illustre Léon alla
rejoindre le Christ. Sa.couronne passa à sa fille unique, nommée Élisäbeth, la-
quelle, dans la langue des Franks, est appelée Zabél (Isabelle) Khathoün. Cette
princesse, ayant épousé Philippe, fils du prince d’Antioche, vécut avec lui deux
ans.
Philippe détestait les Arméniens, et témoignait une grande partialité pour les
Franks, ses compatriotes. Il viola son serment de maintenir la religion arménienne
et d'être l'ami de notre nation. Il envoya dans le palais de son père la couronne et
1 Seif-eddin Bektimour, mamlouk de Dhahir- pas d'enfant pour lui succéder, il s'empara de la
eddin Ibrahim, souverain de Khëlath. Aprèslamort principauté de Khëlath. Mandzguerd lui appartenait
du fils de Dhahir-eddin, Soukman, qui ne laissait aussi.
DE VARTAN LE GRAND. Lk3
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le trône glorieux qui lui avaient été donnés. Les grands, ne pouvant plus le suppor-
ter, le jetèrent en prison, et il y resta enfermé jusqu'à sa mort. Ils donnèrent la
main de la reine à Héthoum, fils de Constantin, jeune homme plein de magnani-
mité et de sagesse, remarquable par sa haute taille, sa large carrure et sa belle
prestance. Le patriarche Constantin posa la couronne nuptiale sur le front des
deux époux. Ce prélat était monté sur le saint-siége, après la mort du seigneur
Jean, en 669 de l'ère arménienne (20 janvier 1220—18 janvier 1221).
96.
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SAMUEL D’ANL
NOTE PRÉLIMINAIRE.
Samuel, surnommé Anelsi, V'ÿkgh, parce qu'il était originaire d'Ani, capi-
tale de l'Arménie au temps des rois bagratides, ou bien parce qu'il fut atta-
ché comme prêtre à la cathédrale de cette ville, est un des écrivains les
plus érudits qu'ait produits la littérature arménienne. Il a composé une Chro-
nographie qui s'étend depuis l'origine du monde jusqu'à l'année 626 de
l'ère armémienne (5 février 1177—4 février 1178). Son modéle a été la Chro-
nique d'Eusébe, qu'il suit jusqu'à la vingtième année de Constantin le Grand,
où se termine le livre de l'évêque de Césarée. [1 y a ajouté la mention des
événements les plus remarquables de l'histoire d'Arménie, la date du règne
des souverains de ce pays et du pontificat de ses patriarches ou catholicos.
On voit qu'il a consulté quelquefois Moïse de Khoren et plusieurs des anciens
écrivains de sa nation qui nous sont parvenus, et d'autres que nous ne possé-
dons plus aujourd'hui. Son ouvrage, comme celui d'Eusébe, se divise en deux
parties, dont la premiére comprend l'exposition des faits historiques groupés
suivant une division systématique des trois grandes familles humaines, issues
de Sem, Cham et Japhet. La seconde se compose d'une table chronologique
où sont rangées par synchronismes les années des olympiades, celles de la
Nativité de Jésus-Christ, de l'ère armémenne, et des souverains de Rome, de
Byzance et de l'Arménie, des khalifes et des catholicos, avec l'indication pa-
rallèle des événements.
Dans mes Recherches sur la Chronologie arménienne (t. K, p. 42), j'ai expliqué
les divers modes de supputation de notre auteur, et la manière de les réduire
aux années de l'ère chrétienne; j'ai démontré que son ere de la Nativité a
pour point initial le 1* octobre de la deuxième année qui précéda notre ère
vulgaire, et s'ouvre par conséquent quinze mois avant le 1° janvier de l'année
que nous comptons comme la 754° de Rome, suivant le calcul de Varron,
et la 4° de l'olympiade 194. De ces synchronismes j'ai cru devoir ne retenir
dans mon Extrait que la notation des années de l'ère arméniénne, qui suffit
ici pour fixer avec certitude la date des événements.
La traduction latine de la Chronographie de Samuel d’Ani, par le R. P.
Jean Zohrab, ancien moine de la congrégation des Mékhitharistes de Venise,
a été publiée à la suite de la version latine de l'Eusèbe arménien, due aux
TS = SAMUEL D'ANI.
soins de ce même religieux et du cardinal Angelo Mai, et qui a paru à Milan
en 1818. |
H existe une continuation inédite de la table de Samuel d'Ani par un
anonyme, prolongée, dans le manuscrit 96 de la Bibliothèque impériale,
jusqu à l'année 789 de l'ère armémienne (27 décembre 1339—25 décembre
1340). Cette continuation paraît ici, traduite pour la premiére fois. J'en ai
éliminé, ainsi que de la partie que j'ai empruntée à Samuel d'Ani, tous les
faits qui sont particuliers aux annales de la Grande Arménie, conservant
seulement ceux qui touchent à l'histoire des croisades, soit par une çon-
nexion directe, soit parce qu'ils eurent pour théâtre les contrées voisines de
la Syrie et dont les destinées furent souvent liées au sort des colonies latines
d'Orient.
EXTRAIT
DE
LA CHRONOGRAPHIE DE SAMUEL D’ANI.
CR,
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kineuwe & yriedtg, npubu Los de opus. L'uge pue qpbu bp depui up.
fau fit :
TRADUCTION.
546 de l'ère arménienne (25 février 1097 —24 février 1098).
Les Romains (F ranks) traversèrent la Thrace et pénétrèrent en Asie, pour ven-
ger les chrétiens des tribulations que leur faisaient éprouver les Scythes (Turks),
les Perses et les Dadjigs (Arabes). Ils eurent à supporter bien des maux de la part
du fils de Satan, nominé Alexis [Comnène], qui régnait sur les Grecs à Constan-
tinople. Ce prince les trahit sous main et ouvertement, leur fournissant des vivres
empoisonnés, les livrant sur mer à des officiers auxquels il avait donné de perfides
instructions, et quil leur avait présentés comme des hommes de confiance: il
excita contre eux les ecmbüches des barbares, auxquels lui-même transmettait des
indications. Que le Scigneur lui donne la rétribution qu'il mérite! En effet, ce
prince n'était pas chrétien, ainsi que beaucoup de gens nous lont attesté, pas
plus ” sa mère. C'est ce qu'a consigné dans son livre le docteur [Jean]
Diacre !.
loge Samuel d’Ani, Jean Diacre est auteur aussi de
différents ouvrages thtologiques ou ascétiques qui
sont énumérés dans le Quadro della storia letteraria
di Armenia, de Soukias Somal, p. 89-90. Son nom a
été rattaché à une ère qu'il créa , en la faisant partir
de l’année correspondante à notre année 1084, et
dont se servent quelquefois les Arméniens, et au ca-
lendrier fixe d'après lequel a été disposé leur Méno-
loge. (Voir mes Rech. sur la chron. arm. t. Ï, ch. tir.)
l Jean Diacre, un des hommes les plus savants
qu'ait vus naître l'Arménie, vivait vers le milieu du
xu° siècle. Outre un Traité du calendrier, dont il
ne nous reste plus aujourd’hui que des fragments,
il avait composé une Histoire d'Arménie, pour la-
quelle il avail consulté non-seulémeht lés anciens
écrivains de sa patrie, mais encore ceux de la Perse.
Ce livre est égaleinent perdu, et nous ne le con-
naissons que par de rares passages qü'en a tités avec
LA8 EXTRAIT DE LA CHRONOGRAPHIE
Cl |
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548 (25 février 1099 —23 février 1100).
Notre grand prince Constantin, fils de R'oupên, témoigna son dévouement aux
Franks et fut comblé par eux de marques d'estime ".
Les Franks s'emparèrent de Jérusalem sur les musulmans; ils en massacrè-
rent 65,000 dans le temple et un nombre considérable dans la ville. Le sei-
gneur [Grégoire] Vahram {patriarche d'Arménie, | se trouvait dans la Cité sainte
lorsqu'elle fut prise. Les Agaréniens voulurent le tuer; mais Dieu préserva sa vie.
Le duc Godefroy eut le commandement de Jérusalem. Il mourut en l'année 549
(23 février 1100 — 21 février 1101). Son frère Baudouin, comte d'Édesse, fut
le premier roi de Jérusalem. |
Un jour Constantin, fils de Roupén, était assis fa table] dis la forteresse de
Vahga, lorsqu'un plat d'argent qui était placé devant lui sauta tout à COUP,
[frappé par la foudre,] et vint tomber, dans un angle de l'appartement, au milieu
de sept autres plats. On prétendit que c'était un signe de la fin de ce prince, qui
en effet mourut peu de temps après. Il fut enterré à côté de son père, dans le saint
couvent de Gasdagh'ôn. Son fils aîné, Thoros [I* du nom], lui succéda et conserva
le pouvoir pendant vingt-neuf ans. Thoros avait auprès de lui son frère Léon”.
553 (23 février 1104 — 22 février 1105).
Mort de Barkiarok, fils de Mélik-Schah.
560 (22 février 1111 —21 février 1112).
Thoros se distingua par sa grande sagesse et sa valeur. Il ne tarda pas à venger
le meurtre du roi Kakig; car s'étant emparé des fils de Mandalê {Pantaléon), 11 les
l Ce paragraphe, qui se trouve dans la traduction latine de Zohrab, manque dans le manuscrit 96 de
la Bibliothèque impériale. — ? Cf. Matthieu d'Édesse, ad annum 548.
DE SAMUEL D'ANTI. L49
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bebouñnug, daube f Sandiuybgeng Buqurnpugu L aquunghwpqugs à (ju snqun
2 —
fit périr. Après avoir détruit leur forteresse de Gantrasgavi ( Cybistra), et y avoir
pris quantité de trésors, il en transporta tous les habitants sur les bords de la ri-
vière Paradisus ! et les y établit: cette rivière est appelée aujourd'hui Nerk'i Graga.
Il trouva aussi dans cette forteresse l'image de la sainte Mère de Dieu, et l'emporta
avec lui. Lorsqu'il se fut rendu maître d'Anazarbe, 1l y construisit une grande
église, où il plaça cette image de la Vierge. C'est ce prince qui bâtit aussi le saint
couvent de Trazarg, et restaura celui de Maschgavor et beaucoup d'autres, et les
enrichit de ses largesses *.
| 561 (22 février 1112 — 20 février 1113).
Le pieux prince Kogh-Vasil, seigneur de K'éçoun, de Béhesni, Marasch, Ra-
ban, Ph'arzman, Hr'om-gla, Maçara et autres districts, mourut en Jésus-Christ.
Cette même année, le plus brave de tous les Franks, Tancrède, seigneur d'An-
tioche et de beaucoup d'autres villes et provinces, ce prince pieux et bon, mou-
rut empoisonné par le patriarche frank d'Antioche. I eut pour successeur Roger”.
562 (21 février 1113 — 20 février 1114).
Le patriarche d'Arménie, le seigneur Basile, ayant terminé sa carrière, eut
pour successeur le seigneur Grégoire [Bahlavouni], qui s'assit glorieusement
sur le trône jadis occupé par saint Grégoire, l'illuminateur de l'Arménie, dont
il était le descendant. Le nouveau catholicos, comblé des grâces spirituelles, re-
commandable par ses mœurs saintes et d'une pureté exemplaire, fut vénéré et
glorifié non-seulement par nos compatriotes, mais encore par les princes et les sou-
verains étrangers, et principalement par les rois et prélats romains (franks). [1 se
1 Ce cours d’eau de la Cilicie Trachée est men- barus. » (Conf. ci-après la Chronique du connétable
tionné par Pline (Histoire naturelle, V, xxu), qui Sémpad.)
en fixe ainsi la position : « Prælerea intus flu- 2 Cf. Matthieu d'Edesse, ad annos 560 et 561.
«mina, Liparis, Bombos, Paradisus. Mons Im- 3 Cf. le même, ad annurn 561.
Histor. ARM. — I.
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L50 EXTRAIT DE LA CHRONOGRAPHIE
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rendit à Jérusalem, et, ayant visité et adoré les lieux saints où Dieu s'est fait
homme, il s'associa aux souffrances du Christ, afin d'obtenir l'espoir de partici-
per aussi à sa gloire. Là, les Romains, que l'on appelle aussi les Franks, maîtres
du pays, ayant connu l'effusion des grâces divines qui se répandaient avec abon-
dance sur Grégoire, jugèrent, par l'éclat et l'harmonieuse beauté de son corps,
de la beauté de son esprit. Ses discours sur la foi leur révélèrent sa parfaite ortho-
doxie, discours qu'il prononçait avec éloquence, en conformité avec les saints
canons, et avec une sagesse magistrale. Charmés de tant de perfection, ils se sen-
tirent encore plus fortement entraînés vers lui et notre nation. C'est ainsi que la
Providence règle d'avance toutes choses, parce que « Le Seigneur ne rejette pas
son peuple !,» paroles que le psalmiste adresse aux obstinés de sa nation”.
Cette même année, pendant le jeûne du carême de la sainte Pâque, le jeudi
de la cinquième semaine, jour correspondant à celui où les astres furent créés,
il y eut une éclipse de soleil *.
567 (20 février 1118 — 19 février 1119).
Après la mort d'Alexis, son fils Kalo-Jean lui succéda.
568 (20 février 1119 — 19 février 1120).
Les chrétiens construisirent Karak et Schaubek.
Après la mort de Baudouin, roi de Jérusalem, la couronne passa à un autre
Baudouin, [surnommé] Du Bourg, son cousin, qui la conserva quinze ans“.
Un grand combat fut livré à Garmirovid {la Vallée Rouge). Les troupes frankes
1 Psaume XCII, vers. x1v.
2 Cf. Matthieu d'Édesse, ad annum 562.
3 J'ai montré, dans mes Recherches sur la chro-
nologie arménienne, t. 1, 2° partie, Anthologie chro-
nologique, n° Lx, et 1bid. note 1, que ce quan-
tième hebdomadaire, jeudi, est inexact, et qu'il
faut y substituer le quatrième jour de la semaine,
ou mercredi, comme le prouvent les caractères
du calendrier pascal pour l’année 1113, et mon
calcul de cette éclipse solaire opéré par les Tables
de M. Largeteau. Elle eut lieu le 19 mars, à 8" 4,
en comptant à partir de minuit, temps moyen au
méridien d'Erzeroum.
* Il y a excès dans ce calcul de Samuel d’Ani;
DE SAMUEL D'ANI. A5]
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Los. gate Sabu h Ying, k kEgbur À | Lau anis Jp :
et arméniennes furent vaincues, en punition de la perversité de leurs chefs. Roger,
seigneur d'Antioche, périt avec un grand nombre des siens !.
Antérieurement à cette guerre, des colonnes de feu se montrèrent dans le ciel,
du côté du nord et de l'occident, à partir du soir jusqu à l'aurore. Toute la terre
paraissait enflammée par un incendie.
570 (19 février 1121 —- 18 février 1122).
David [Ii roi de Géorgie, vainquit Ilgazi et Mélik D du:
David s'empara de Déph'khis (Tiflis) *.
Un tremblement de terre se fit sentir dans le Khoraçan un vendredi; la grande
mosquée s'écroula et écrasa dans sa chute huit mille personnes, hommes ou
femmes.
573 (11 février 1124 — 10 février 1125).
Cette année, David prit Ani; après quoi il mourut, et son fils, Dimitri SE
monta sur le trône *.
278 (17 février 1129 — 16 février 1130).
Cette même année mourut le baron Thoros; il fut enterré à Trazarg. Son frère
Léon | I*] lui succéda; car le fils de Thoros avait été saisi par quelques scélérats,
qui le firent mourir par le poison". Léon vécut encore douze ans.
de plus en plus fréquentes et intimes, et ne cessè-
rent point tout le temps des croisades.
1 Cf. sur ce combat et l'emplacement où il eut
lieu, Matthieu d'Édesse, ad annum 568, ch. Lxxvin ,
ci-dessus, p. 123, et ibid. note 1.
2 Cf. Matthieu d'Édesse, ad annum 570.
3 Cf. le même, ad annum 573.
* Au sujet de ce jeune prince, qui se nommait
Baudouin du Bourg monta sur le trône le dimanche
des Rameaux, 7 avril 1118, et mourut le 21 août
1131. Par conséquent il régna treize ans quatre
mois et quinze jours. — Ce paragraphe ainsi que le
précédent, donnés par Zohrab, ne se trouvent point
dans notre manuscrit 96. Le prince Thoros I‘ était
intimement lié avec Roger, et fut constamment son
compagnon d'armes. Ces relations des Arméniens
avec les Franks d'Antioche devinrent dans la suite Constantin, cf. ci-dessous Vabram.
27.
h52 EXTRAIT DE LA CHRONOGRAPHIE
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Huquenpu Urohyopuy » gb foushurubuglu qun aÿautruu jt Lapuu. gEpébuwy Elu mn U Failuuw
582 (16 février 1133 — 15 février 1134).
Le soleil s'éclipsa le 2 août, un mercredi. L'obscurité dura à partir de la
septième heure du jour jusqu'à la neuvième, après midi”.
993 (14 février 1144 — 13 février 1145).
Les Dadjigs (Arabes) et les Turks s'emparèrent dela ville d'Édesse surles Franks,
y massacrèrent trente inille personnes et en emmenèrent quinze mille en captivité.
597 (13 février 1148 — 10 février 1149).
A cette date de notre ère, la nation des Franks, s'étant réunie en corps d'armée
immense, arriva de ce côté-c1 de l'Océan, en traversant la Thrace comme précé-
demment, et en suivant le même chemin que nous avons décrit à l'année 546. Ils
avaient oublié les cruelles tribulations que leur infligea alors le fils de Bélal,
Alexis. Ils ne se doutèrent pas de la perfidie de ce prince, pensant qu'il avait la
même foi qu'eux et qu'il était le serviteur du Christ; et comme ils ne pensaient
plus à leurs malheurs précédents, ils furent trompés encore plus gravement et
abusés par son petit-fils, dont le nom est le même que celui de l'Antechrist; car,
rejetant bien loin les exemples et la religion d'Emmanuel, il est appelé Manuel”.
601 (12 février 1152 — 10 février 1153).
Thoros [fils de Léon I“ et deuxième du nom], ayant rompu les liens de la cap-
üivité, après la mort de son père Léon, que l'empereur de Constantinople avait fait
prisonnier afin d'arrêter ses progrès, se rendit auprès d’Athanase, [patriarche] des
1 J'ai donné, d’après les Tables de M. Largeteau ayant eu XXII du cycle solaire, et pour lettre do-
(t. XXII des Mémoires de l'Académie des sciences), le minicale A (É du calendrier arménien), le 2 août
calcul de cette éclipse dans mes Recherches sur la tomba effectivement un mercredi.
chronologie arménienne, 2° partie, Anthologie chronol. + ? Cf. sur ce jeu de mots Guiragos de Kantzag,
n° Lxxu1, et ibid. note. Elle fut totale à 14°13,temps ci-dessus, p. 419, et ibid. nole 1.
moyen, au méridien d'Érzeroum. L'année 1133
DE SAMUEL D'ANI. : L53
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[Syriens] Jacobites ; celui-ci lui donna son cheval et dix hommes. Il le conduisit,
pendant la nuit, à la forteresse d'Amouda. C'est ainsi que Thoros réussit à re-
couvrer tout le pays ”.
605 (11 février 1156 — 9 février 1157).
Dimitri [I], roi de Géorgie, mourut et fut remplacé par son fils David [INT].
Au bout de deux ans, celui-ci mourut à son tour, et eut pour successeur son frère
Giorgi [IT].
607 {16 février 1158 — 9 février 1159).
Un nommé Eyoub et son frère Schirakouh, Kurdes de nation, étant partis de
Tévin, d'où les chassait leur pauvreté, se rendirent dans la Mésopotamie, et vin-
rent à Tékrit, où ils se firent porteurs de bois. Cet Eyoub vit en songe un feu qui
jaillissait de ses reins et incendiait une vaste étendue de contrées. Il raconta ce
songe à un juif, qui l'expliqua en ces termes : « Tu donneras le jour à un fils
« dont la domination s'étendra au loin.» Eyoub lui répondit : « S'il en est ainsi,
«ce fils qui doit me naître te donnera, à toi et à tes enfants, pour chaque année,
« mille tahégans d'or. » Ils consignèrent ces paroles par écrit. Cette même année,
Eyoub eut un fils nommé Youçouf. Lorsque l'enfant eut grandi, Schirakouh, son
oncle, le prit avec lui et se rendit auprès de Nour-eddin, sulthan d'Alep. Schira-
kouh était un homme plein de sagesse; le sulthan le fit chef de ses troupes et l'en-
voya en Égypte. Youcçouf, encore tout jeune, était dyandar * à la cour de Nour-
eddin et se rendit agréable à ses yeux. Après la mort de son oncle, ce prince le
corps, huissier introducteur, ou officier chargé de
faire exécuter la sentence d'un souverain. » Conf.
sur ce mot Et. Quatremère, traduction de l'Histoire
des sultans mamlouks de l'Égypte, par Makrizi, t. [”,
part. [®, p. 14, note 15, et Silvestre de Sacy, Chres-
tomathie arabe, t. II, p. 178.
1 Cf. sur la fuite de Thoros, fils de Léon [°, et
son retour en Cilicie, Grégoire le Prêtre, chap. exit,
ci-dessus, pages 166-169, et ci-après Vahram,
Chronique rimée des rois de la Petite Arménie, et la
Chronique du connétable Sémpad.
? C'est le persan >, «écuyer, garde du
L5k EXTRAIT DE LA CHRONOGRAPHIE
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nomma général à sa place. Youçouf tua le khalife d'Égypte! et devint sulthan,
quoique encore tout jeune; il fut nommé Selah-eddin. Le juif, étant alors venu:
le trouver, lui présenta l'écrit en question et reçut de lui un nombre de tahégans
d'or équivalent au nombre des années indiquées par le rêve. Eyoub, frappé par
un cheval, mourut; et Youçouf augmentait de jour en jour en puissance.
610 (9 février 1161 — 8 février 1162).
Cette année, le roi de Géorgie, Giorgi, prit Ani le 13 juin. Au commencement
d'août, il battit, avec soixante et dix mille hommes, le Schahi-Armën, qui en
avait quatre-vingt mille. Nous fûmes témoin oculaire de cette défaite; vingt-trois
mille personnes furent enregistrées comme prisonniers, sans compter ceux qui
furent tués, et dont les cadavres couvraient nos campagnes ?.
611 (9 février 1162 — 8 février 1163).
Cette même année, le 21 août, le roi Giorgi prit Tëévin. Il y fit soixante mille
prisonniers et détruisit le temple consacré par les infidèles à leur faux culte *.
Ensuite le sulthan du Khoraçan, ayant rassemblé des troupes, vint camper sous
les murs d'Ani et effraya les habitants de cette ville ; mais au bout de trente Jours,
il se retira à la dérobée, à la manière d'un renard. Il battit Giorgi, et, lui ayant
repris son butin, il s'en retourna dans ses États.
! Thoros, furieux contre les Grecs, leur tua dix mille hommes pour venger la
mort de [son frère] Sdéph'ané, qu'ils avaient pris et précipité dans une chaudière
bouillante °.
1 Samuel d'Ani se trompe en disant que Saladin 4 Ce paragraphe manque dans notre manus-
tua le dernier des khalifes fathimites d'Égypte, crit 96.
Adhed-lidin-Allah. (Voir, à ce sujet, p.362, note 2, Grégoire le Prêtre et Sëémpad diffèrent de deux
et p. 364, note 1 de l'Extrait de la Chronique de ans sur la date de la mort de Sdéph'ané, placée
Michel le Syrien.) par le premier en 611 de l'ère arménienne (9 fé-
? Cf. Grégoire le Prêtre, ad annum 610. vrier 1162 — 8 février 1163), et par le second,
3 Cf. le même, ad annum 611. en 613 (9 février 1164 — 9 février 1165).
DE SAMUEL D'ANI. 455
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615 (8 février 1166 — 7 février 1167).
Tremblement de terre dans la ville d'Ézënga !.
Mort du seigneur Grégoire [Bahlavouni], qui a pour successeur son frère, le
seigneur Nersès [Schnorhali].
Cette année mourut le grand prince des Arméniens, Thoros. :
621 (7 février 1172 — 5 février 1173).
Le seigneur Nersès | Schnorhali] mourut et alla rejoindre le Christ. Il eut pour
successeur le seigneur Grégoire [IV], son neveu (fils de son frère), et surnommé
Dgh'a.
623 (6 février 1174 — 5 février 1175).
Le seigneur Grégoire Dgh'a bâtit à Hr'om-gla une magnifique église, à l'instar
de celles de l'Orient (la Grande Arménie). 11 y éleva un tombeau aux deux pa-
triarches ses oncles (frères de son père), les seigneurs Grégoire et Nersès. Il
transporta aussi de Dzovk’ les restes mortels du grand Grégoire, oncle maternel
d'Abirad, son aïeul, et appelé aussi Vahram, et les plaça avec ceux des deux
patriarches précités. -
626 (5 février 1177 — 6 février 1 178).
Le roi de Jérusalem Baudouin, avec une poignée de troupes, vainquit Saladin,
qui avait avec lui des forces considérables, non loin de Jérusalem *.
des douze sandjaks ou districts qui forinent le pa-
chalik d’'Erzeroum; elle est située au sud-est et à
une distance de trois journées de marche de cette
dernière ville, au milieu d'une plaine, sur les bords
du Kaïl (Lycus), et non loin du confluent de cette
rivière avec l'Euphrate. Son enceinte est très-vaste,
mais peu peuplée, puisqu'on n'y compte environ que
8,000 familles. (Indjidji, Arménie moderne, p. 98.)
? Cf. sur ce combat, ci-dessus, p. 436, et ibid.
l La ville d'Ézènga ou Érzënga remonte à une
baute antiquité, puisqu'on la trouve mentionnée
par AÂgathange, écrivain arménien du 1v° siècle, qui
la cite comme un bourg et la nomme Érêz, au gé-
nitif Érizä; il parle du temple de la déesse Anahid
(la Vénus arménienne) qui s'élevait en cet endroit.
(Édit. de Venise, in-18, 1835, chap. v, p. 45, et
chap. cix, p.587.) Ézënga fut appelée par les Grecs
Justinianopolis. Elle est aujourd'hui le chef-lieu d'un
L56 EXTRAIT DE LA CHRONOGRAPHIE
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627 (5 février 1178 — 6 février 1179).
Les Franks taïllèrent en pièces les Égyptiens en Palestine, au lieu nommé le
(rué de Jacob; mais ensuite ils furent vaincus par les musulmans.
634 (3 février 1185 — 2 février 1 186).
Cette année, mourut le Schahi-Armên [Soukman 11], sulthan, au village de
Sarthan.
635 (3 février 1186 — 2 février 1187).
Un prodige admirable et où se montra le doigt de Dieu eut lieu à Édesse.
Tout à coup, au milieu de la nuit, une très-vive lumière apparut au-dessus de la
ville, et vint tomber dans la citerne où était déposée la sainte image du Christ”.
Les gardes de nuit qui veillaient à la citadelle et sur les remparts, et qui étaient
musulmans, aperçurent cette lumière, et, ayant aussitôt jeté un cri, accoururent
et virent quelle avait le volume de trois cierges brûlant au milieu des eaux;
que tantôt elle se condensait en forme de globe, comme le disque du soleil, et
tantôt semblait se dérober sous l'eau et reparaître par intervalles, en brillant
comme les astres, ou comme un brasier ardent; au-dessus de l’eau flottait un feu
note 2. Guillaume de Tyr dit qu'il fut livré auprès
d'Ascalon; Behä-eddin et Ibn-Alathir, dans le voisi-
nage de Ramla; tandis que Samuel d’Ani et Vartan
le placent auprès de Jérusalem. Cette apparente
contradiction peut s'expliquer par la position rap-
prochée de ces trois villes. Dans Jbn-Alathir, la date,
qui est la fin de djoumäda premier, et qui corres-
pond à très-peu près à celle que marque Guillaume
de Tyr (7 des calendes de décembre — 24 novem-
bre) , est en avance d'une année sur celle de Vartan
qui fixe l'année suivante, 627 de l'ère arménienne
(5 février 1178 — 4 février 1179).
1 J'ai dit précédemment {p. 139, n. 1) que les
historiens arabes ont omis l'échec éprouvé d'abord
par les musulmans au Gué de Jacob; mais il faut
en excepter Ibn-Alathir, qui dit positivement, d'ac-
cord avec Guillaume de Tyr (XXI, xxvitr et xx1x),
et comme Samuel d'Ani, que les chrétiens eurent
d'abord l'avantage. Ils chargèrent si vigoureusement
les infidèles, qu'ils faillirent les culbuter; mais en-
suite les musulmans reprirent le dessus et mirent
les chrétiens en fuite. Parmi les prisonniers qu'énu-
mère le chroniqueur arabe, le fils de Balian, sei-
gneur de Ramla et de Naplouse, le plus considérable
après le roi, se racheta pour une somme de 150,000
dinars syriens et la liberté de mille prisonniers mu-
sulmans. La date de ce combat est juin 1178 dans
Guillaume de Tyr, et le commencement de l'année
535 (juin 1179), dans Ibn-Alathir. La forteresse
que les Franks avaient construite auprès du Gué de
Jacob fut prise de vive force, le 24 de rabi pre-
mier (29 août), par Saladin, qui la fit raser.
2 On peut voir ci-dessus, p. 227, n. 4, des dé-
tails sur la célébre relique connue sous le nom de la
sainte image du Christ, peinte sur toile, et prove-
nant d'Édesse,
DE SAMUEL D'ANE 457
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agpuennent] :
! Notre manuscrit porte, par suite d'une erreur évidente, »fp&, 625 (6 fév. 1176 — 5 fév. 1177).
mm
éclatant comme la flamme de lampes garnies d'huile, à la vue de tout le monde.
Les infidèles accouraient de tous côtés pour être témoins de ce miracle. Comme
il provoquait leur incrédulité, ils firent descendre dans la citerne un musul-
man pour voir de près et toucher de ses mains cette lumière. Celui-ci, étant
descendu, y demeura deux heures environ. Voyant ce long retard, les infidèles le
remontèrent comme mort. Au bout de quelques heures, pendant lesquelles on
ne cessa de veiller sur lui, il recouvra ses sens, et, ayant rouvert les veux, il
poussa un grand cri; bénissant la Mère de Dieu et le Christ, 11 dit : « Et moi aussi
Je suis chrétien! » Plus de cinq mille personnes se rassemblérent autour de lui, et
comme on lui demandait ce qu'il avait vu, voici ce quil raconta : «J'ai aperçu
dans la citerne une femme vêtue de pourpre et assise sur un trône de lumière,
et un jeune enfant resplendissant, porté dans ses bras. Sur les genoux de l'enfant
était placé un linge où étaient représentés des caractères en forme de croix. Un
vieillard à l'aspect merveilleux était assis auprès d'eux, et deux anges se tenaient
devant lui. Maintenant donc, je suis chrétien.» Cet homme, étant allé trouver
un prêtre, reçut le baptême. Dès lors, la foule ne fit qu'augmenter de plus en
plus, pour venir contempler ce prodige, suscité pour la gloire du Christ, notre
Dieu, qui sera béni à jamais. Amen.
636 (3 février 1187 — 2 février 1188).
Saladin extermina les Franks à Tibériade, par la trahison du comte de Tri-
poli; il tua ce dernier de sa propre main, mais il épargna le roi et le renvoya
libre, après l'avoir traité très-honorablement '.
riade (1187). — Samuel d’Ani ou son continuateur,
comme l'historien Guiragos (cf. ci-dessus, p. 397,
et 1bid. note 1}, se fait l'interprète de l'accusation
calomnieuse dont le comte de Tripoli a été l'objet.
58
1 L'auteur confond Raymond III, comte de Tri-
poli, avec Renaud de Châtillon, seigneur de Karak.
C'est ce dernier qui périt de la main de Saladin et
de ses émirs, après la bataille de Hottein ou Tibé-
HisTor. ARM. — Ï.
L58 EXTRAIT DE LA CHRONOGRAPHIE
A+
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Lupup juur nenanefdfutu :
1 Le mot f#4swng, qui n'existe dans aucun dictionnaire arménien, a, comme on le voit ici, la signi-
fication de monastère.
643 (1° février 1194—31 janvier 1195).
Le seigneur Grégoire Dgh'a, [catholicos,| mourut et alla rejoindre le Christ; il
fut enterré dans le couvent de Trazarg.
Le seigneur Grégoire, autre neveu (fils de frère) du seigneur Nersès, siégea
pendant deux ans, et s'étant précipité du haut de la forteresse de Gobidar’, il mou-
rut de cette chute, et fut enseveli à Trazarg ”.
645 (1“ février 1196—31 janvier 1197).
[Grégoire] Abirad, autre neveu (fils de frère) des précédènts patriarches, les
seigneurs Grégoire [Bahlavouni] et Nersès, et cousin (fils de frère du père) de
Grégoire, qui mourut en se précipitant, [fut choisi comme catholicos.] Abirad
était sur le siége depuis huit ans, lorsqu'il vint de Hr'om-gla à Sis pour arracher
son neveu (fils de sa sœur) Héthoum des mains du roi Léon, qui l'avait jeté dans
les fers. Il finit ses jours à Sis, et fut enterré dans le saint couvent d'Ark'agagh'in.
Le roi Léon ayant rassemblé un grand nombre d'évêques, le seigneur Jean, ar-
chevêque de Sis, fut élu. Il avait une prestance royale; il était généreux, chari-
table, doux et humble de caractère ?.
646 (31 janvier 1197—30 janvier 1198).
J'ai oublié de parler du sceptre royal. Cette année, le jour de l'Épiphanie, le
6 janvier, Léon fut sacré roi, et 11 occupa le trône vingt-deux ans; il reçut une
couronne de chacun des deux empereurs, grec et frank °. Ce fut lui qui restaura la
monarchie arménienne, et il se distingua par la sagesse de son gouvernement.
1 Cf. Sémpad, ad annum 643. ibid. note 1, et p. 430. — 5 L'empereur de Cons-
2 Voir, sur le catholicos Jean VII dit le Magna- tantinople, Alexis l'Ange, et l'empereur d'Alle-
nime ou le Superbe, ci-dessus, p. 423, 427, et magne, Henri VI.
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647 (31 janvier 1198—30 janvier 1199).
Cette année, Nersès de Lampron mourut et alla rejoindre le Christ, à l'âge de
quarante-six ans. Il commenta les Psaumes, les Proverbes ainsi que la liturgie de
la Messe. Il traduisit beaucoup de livres grecs ou latins, et, dans le nombre,
l'explication de l'Apocalypse de saint Jean, dont il fit une version à Antioche ?,
et 11 commenta la relation qui commence par ces mots : « [Le bienheureux Jean]
était avec ses frères ?. »
655 (29 janvier 1206— 28 janvier 1207).
Le seigneur David, du couvent d'Ark'agagh'in, fut placé sur le siège patriarcal,
où 11 se maintint pendant deux ans, au bout desquels il mourut. Le seigneur Jean
y monta de nouveau et fit beaucoup de bien au pays.
662 (27 janvier 1213 — 26 janvier 1214).
Cette année le seigneur Jean fut exclu de ses fonctions.
668 (26 janvier 1219—25 janvier 1220).
Le roi Léon mourut. Ses entrailles furent déposées dans le couvent d'Agner,
qu'il avait construit dans un lieu qui lui plaisait beaucoup. Son corps fut trans-
porté à Sis, et on le plaça dans l'église qu'il avait bâtie *.
669 (26 janvier 1220 — 24 janvier 1221).
Le patriarche Jean termina sa carrière et fut enseveli dans le couvent de Tra-
zarg.
saint Jean l'Évangéliste et les dernières instructions
qu'il donna à ses disciples; elle se trouve imprimée
à la fin de la Bible arménienne.
3 Conf. Héthoum, Table chronologique, ad an-
Samuel d’Ani veut sans doute parler du com-
mentaire sur l'Apocalypse, composé par André,
archevêque de Césarée de Cappadoce, et que saint
Nersès traduisit du grec.
2? Cette relation contient le récit de la mort de num 668.
58.
&60 EXTRAIT DE LA CHRONOGRAPHIE
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671 (25 janvier 1222— 24 janvier 1223).
Philippe [fils de Raymond le Borgne, prince d'Antioche,| épousa Isabelle,
fille de Léon, et fut couronné avec elle !.
674 (24 janvier 1225— 23 janvier 1226).
Les chefs arméniens s'emparèrent du roi Philippe au delà du fleuve Djeyhan,
tandis que, en compagnie de la reine, il se rendait à Antioche. Après l'avoir
chargé de chaînes, on le jeta en prison [où il mourut]. D'après le vœu du pa-
triarche et de tous les grands, on maria Isabelle avec Héthoum, fils de Constan-
tin, le grand baron. I1 fut sacré roi d'Arménie et régna sur la Cilicie pendant qua-
rante-cinq ans *. | |
| 678 (23 janvier 1229 — 22 janvier 1230).
Cette même année vinrent les Khorazmiens. Ils assiégèrent Khëlath pendant
dix mois et s'en emparèrent*, ainsi que de la ville de Garïn où ils établirent pour
roi (mélik) Soutchman; puis, s'étant dirigés vers la Mésopotamie, ils parvinrent
jusqu à Damas. Îls saccagèrent cette ville de fond en comble et y firent quantité
. de prisonniers. Cependant le sulthan [d'Iconium] Ala-eddin [Keï-Kobad] et [le
sulthan de Damas Mélik el-] Aschraf les attaquèrent et les exterminèrent. L'émir
Soutchman, qui guidait les Khorazmiens, fut pris et tué.
684 (22 janvier 1235— 21 janvier 1236).
Les Tartares arrivèrent par l'ordre de Tchinguiz-Khan et sous la conduite de
Tcharmagh'an-Nouin “. Ils ravagèrent nombre de districts en Arménie, dans la
Géorgie et l'Agh'ouanie, et emmenèrent toutes les populations en. captivité.
1 Cf. Sémpad, ad annum 671. 1230), ce qui donne pour la durée de ce siége un
2 Cf. le même, ad annum 675. intervalle d’un peu plus de huit mois. (Cf. mon
3 D’après Ibn-Alathir, le siége de Khélath date Mémoire intitulé Les Mongols d'après les historiens
des premiers jours de schewal 626 (commencement arméniens. Extrait de Guiragos, Journ. asiat. cahier
d'août 1229), et celte ville fut prise le dimanche de février-mars 1858, p. 207-209.)
28 de djoumäda 1°” de l’année suivante 627 (14 avril # Nouin, wnufw, est idftranscription du mongol
DE SAMUEL D ANI. _ A6]
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692 (20 janvier 1243 —19 janvier 1244).
.… Cette année, les Tartares fondirent sur le pays des Romains, sous le comman-
dement de Batchou-nouïn. Ils mirent en déroute le sulthan Ghiâth-eddin [Kei-
Khosrou |, conquirent toute cette contrée et y établirent leur domination *.
700 {13 janvier 1251 —:7 janvier 1252).
Cette même année, dans l'Orient (la Grande Arménie), mourut en Jésus-Christ
le saint et vertueux docteur, le savant [Jean] Vanagan, à l'âge de soixante et dix ans.
707 (16 janvier 1258 —15 janvier 1259).
L'ikban Houlagou prit Bagdad *.
709 (16 janvier 1260 — 14 janvier 1261). |
Houlagou marcha contre Alep, s'empara de cette ville et la saccagea de fond
en comble *. Cette même année il se rendit maître de Mossoul.
715 (14 janvier 1266 —13 janvier 1267).
Les Égyptiens fondirent sur la Ciülicie, qu'ils ravagèrent horriblement; ils li-
vrérent aux flammes une partie de cette contrée, massacrèrent un nombre im-
mense d'habitants et en firent une multitude prisonniers, parmi lesquels était
Léon, fils aîné du roi Héthoum; ils exterminérent son autre fils, Thoros.
c'est-à-dire le lendemain du dimanche de la Quin-
quagésime, 1258. (Voir mon Extrait précité, Jour-
nal asiatique, cahier de juin 1858, p. 492.)
3 Cette date de la prise d'Alep par les Tartares
concorde avec celle que donne Aboulféda, 9 de
séfer 658 (26 janvier 1260). (Voir Journal asia-
tique, juin 1858, p. 497.)
Jx, nouïan, mot dout la signification est « sei-
gneur, prince. »
1 Conf. mon Extrait précité, Journal asiatique,
cahier d'avril-mai 1858, p. 428-431.
? La date exacte de la prise de Bagdad par Houla-
gou, fournie par Guiragos, est le 20 de navaçart (4 fé-
vrier), premier lundi du grand carême de Pâques,
L62 EXTRAIT DE LA CHRONOGRAPHIE
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717 {14 janvier 1268 — 12 janvier 1269).
Léon fut affranchi de la servitude des Égyptiens, et revint après avoir été comblé
de gloire et d'honneur par le sulthan [Beïbars]. Son retour causa une grande joie
à son père et aux Arméniens |.
Cette même année, on choisit pour patriarche le seigneur Jacques, homme
saint et vertueux, et d'une science consommée. Il donna la solution des passages
difficiles dans les livres écrits d'un style subtil.
719 (13 janvier 1270 — 12 janvier 1271).
Le roi Héthoum touchait à la fin de sa carrière. Pénétré d'un vif repentir, il
prodigua les bonnes œuvres et embrassa la vie religieuse, sous le nom de Macaire.
Étant allé rejoindre le Christ, il fut enseveli dans le saint couvent de Trazarg *.
720 (13 janvier 1271 — 12 janvier 1272).
Léon [IT], fils de Héthoum, fut sacré roi à Tarse. C'était un prince doux,
plein de longanimité, continent, à l'air affable, modeste, charitable, écoutant favo-
rablement ceux qui recouraient à lui. Il chérissait les églises, les monastères et
les ecclésiastiques, et surtout les docteurs en théologie (vartabeds). Il institua
une école où les docteurs étaient chargés d'instruire les jeunes gens, dans le saint
couvent de Medz-k'ar (Grand rocher.) Il avait trente-cinq ans lorsqu'il fut sacré
souverain d'Arménie, et régna dix-neuf ans *.
737 (y janvier 1288 — 7 janvier 1289).
Le seigneur Constantin [II], dit Brônakordz (fleur de poils de chèvre), au
trement appelé Gadouguetsi (de Gadoug), et Guéçaratsi (de Césarée), ayant em-
1 Cf. Sémpad, ad annum 717. — * Cf. le même, ad annum 719. — ? Cf. le même, ad annum 720.
DE SAMUEL D'ANI. 463
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brassé la foi de l'Église latine à Sis, fut, au bout de trois ans, exilé par le roi Hé-
thoum [IT]; 1l avait été romain [de religion] pendant ces trois ans.
738 (8 janvier 1289 — 7 janvier 1290).
Cette même année, mourut en Jésus-Christ le roi Léon, laissant sept fils et
trois filles. L'ainé, Héthoum, devint baron d'Arménie; il ne s'engagea pas dans les
liens du mariage; mais, gardant le célibat, il revêtit le costume de moine et vécut
ainsi dix-huit ans. Dans la suite, il fut tué par le scélérat Poulargh'ou-nouïn, sous
les murs de la forteresse d'Anazarbe, lui, son frère le [jeune] roi Léon, le conné-
table [Ôschin] , et autres chefs, au nombre de quarante.
741 (8 janvier 1292 — 6 janvier 1293).
Dans la quatrième année, arriva Mélik-Aschraf [Khalil], sulthan d'Égypte, qui
s'empara de Hr'om-gla et emmena captif le [patriarche Étienne IV]; il emporta
la dextre [de saint Grégoire] en Égypte. Étienne y mourut au bout d'un an !.
743 (7 janvier 1294 — 6 janvier 1295).
Le seigneur Grégoire [VIT] d'Anazarbe, homme savant et profond dans la con-
naissance de l'Ancien et du Nouveau Testament, fut choisi comme patriarche;
il siégea treize ans.
747 (6 janvier 1298 — 6 janvier 1299).
Tandis que Sëémpad régnait sur les Arméniens, les Égyptiens envahirent la Cilicie
et mirent le feu à tous les villages et à toutes les villes; une foule d'habitants
furent tués ou réduits en servitude ?.
contée par Makrizi {Histoire des sultans mamlouks,
1 Cf. Sëmpad, ad annum 741.
trad. d'Et. Quatremère, t. If, 2° partie, p. 60-65),
? Getle expédition contre la Cilicie est ainsi ra-
L64 EXTRAIT DE LA CHRONOGRAPHIE
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746 (6 janvier 1297 — 5 janvier 1298).
Héthoum confia les rênes du gouvernement à son frère Sëémpad, et, emmenant
avec lui un autre de ses frères, se rendit auprès de l'empereur des Grecs [ Andro-
nic II Paléologuc], à Constantinople. Sëémpad, d'après le conseil du patriarche et
des grands, se fit sacrer roi d'Arménie à Sis. Lorsque, au bout d'un an, revinrent
Héthoum et Thoros, pour reprendre possession du trône, Sémpad, se déclarant
contre eux, ne leur permit pas de rentrer dans la maison paternelle. Ils retournè-
rent vers l'empereur, et, s'étant munis d'une grande quantité d'or, ils se rendirent
auprès de Gazan-Khan, dans l'Orient. Sëmpad était allé déjà auparavant, chargé de
richesses, visiter les Tartares, et, ayant reçu du khan une épouse de la famille de
ce dernier, il était rentré en Cilicie. Ce fut sur le territoire de Césarée qu'il rencon-
tra ses deux frères, et, s'étant saisi d'eux, 1l les renferma dans la forteresse de
Partzérpert. Au bout de quelques jours, et à l'instigation des grands, il fit périr
à l'année 697 de l'hégire (1298). — Les Égyptiens
étaient partagés en deux corps, dont l'un était com-
mandé par l’émir Bedr-eddin Bektasch, et le se-
cond par Mélik Moudhaffer Takieddin Mahmoud,
prince de Hama. Le premier s'avança par le défilé
de Bagras, vers la ville d'Iskenderouna, et alla
mettre le siége devant Tell de Hamdoun, tandis
que Mélik Moudhaffer marchait du côté du fleuve
Djeyhan. On entra dans le défilé de Sis, le jeudi 4
de redjeb (17 avril 1299). Le prince de Hama vint
camper sous les murs de cette ville, et l'émir Bek-
tasch prit la route d'Adana. Ce fut là que se réuni-
rent les différents détachements de l'armée musul-
mane, après avoir égorgé tous les habitants qu'ils
rencontrèrent, enlevé les bœufs , les buffles, et pillé
de tous côtés. Puis ils quittèrent Adana, retour-
nèrent vers Meciça, au bout de trois jours, et, pas-
sant par le défilé de Bagras, camperent non loin
d'Antioche. Cependant un ordre du sulthan Latchin
parvint aux émirs, leur enjoignant de marcher de
nouveau contre les Arméniens et de ne point reve-
nir sans avoir pris Tell de Hamdoun. De Roudj
(Rugia) l'armée traversa le défilé de Bagras, se di-
rigeaut vers Sis, tandis que Kedjken et Kara-Arslan
se portaient contre Aïas. Ces deux officiers, surpris
par les Arméniens dans une embuscade, furent
forcés de battre précipitamment en retraite. Cepen-
dant l'émir Bcktasch s'avança contre Tell de Ham-
doun, qu'il trouva abandonnée par les Arméniens,
et qu’il occupa, le 7 du mois de ramadhän (18 juin);
il y plaça une garnison. Sur ces entrefaites, l'émir
Belban-Tabäkhi, naïb d'Alep, s'emparait de la ville
de Marasch. La forteresse de Nedjimah, qui con-
tenait une nombreuse population arménienne, com-
posée de laboureurs, de femmes de la campagne et
de leurs enfants, céda, après quarante et un Jours
d'un siége opiniâtre, aux efforts de l'émir Bektasch et
du prince de Hama. Les Égyptiens en prirent pos-
session dans le mois de dsou’lkada (août-septembre),
Les habitants, qui avaient obtenu une capitula-
tion, eurent la permission de se retirer où ils vou-
lurent. Onze places du territoire arménien tombé-
rent également au pouvoir des vainqueurs. L'émir
Bektasch en confia la garde à Seiïf-ddin Asendemur
Kurdji, l’un des émirs de Damas, qui les occupa jus-
qu à l'arrivée des Tartares. Alors celui-ci vendittout
ce qui s'y trouvait d'objets précieux, et évacua ces
forteresses, qui furent reprises par les Arméniens.
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Thoros et aveugler Héthoum. Son autre frère, Constantin, seigneur de la forteresse
de Gaban, ayant appris ces événements, rassembla des forces considérables et vint
attaquer Sëmpad, qui s'enfuit chez les Romains. Constantin, ayant retrouvé Hé-
thoum encore vivant, fut tout joyeux, quoique le meurtre de Thoros lui causât
beaucoup de peine. Ensuite, s'étant emparé de Sémpad, il le mit en prison. I] fut
baron d'Arménie pendant un an, comme Sëmpad avait été roi pendant un an
aussi. Plus tard, Héthoum, ayant à son tour mis la main sur Constantin et
Sémpad, les exila et les envoya vers l'empereur de Constantinople. Ayant pris
avec lui Léon, fils de Thoros, ce prince qui avait été victime de Sémpad, il le fit
sacrer roi en 755 de l'ère arménienne. Lui-même était investi de la dignité de
grand baron d'Arménie.
755 (4 janvier 1306 — 3 janvier 1307).
Cette même année, Léon [IV], fils du baron Thoros, reçut l'onction royale à
Sis. Au bout d'un an il fut tué.
756 (4 janvier 1307 — 3 janvier 1308).
Le seigneur Constantin [Brônakordz] de Césarée, [remonté sur le siége,] le
conserva seize ans. Sous son pontificat, le grand baron Héthoum tint un concile
où fut opérée la réunion avec l'église de Rome et où fut détruite la discipline de
[saint Grégoire] notre liluminateur. On convint de célébrer la fête de Noël le
29 décembre, et les fêtes des saints aux jours où elles se rencontreraient, et
de verser de l'eau dans le calice à la messe. Cela fut décidé cette année, le jour
solennel de la sainte Pâque :
Saint-Siége, promoteur de toutes les expéditions
guerrières en Orient, et qui désiraient en oblenir
des secours, avaient conçu le projet de la réunion
de l'Église arménienne avec l'Église latine, réunion
qui était l'objet des vœux et des instances réitérées
59
! C'est le cinquième concile qui fut tenu à Sis.
Dans l’état d’affaiblissement où se trouvait la Cilicie,
par suite des invasions incessantes des Égyptiens, le
roi Léon IV et le patriarche Grégoire d'Anazarbe,
qui sentaient le besoin de se ménager l'appui du
Hisror. Anv. — I.
466 EXTRAIT DE LA CHRONOGRAPHIE
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Cette même année, le scélérat Poulargh'ou-nouïn, étant venu en Cülicie avec
un dessein caché et sous un prétexte quelconque, manda, comme pour tenir con-
seil avec lui, le grand baron Héthoum. Celui-ci vint de bonne foi, escorté du
Jeune roi Léon, son neveu, du sénéchal Oschin !, alors connétable, et de beau-
coup d'autres grands personnages. Dès qu'ils os arrivés, le chef tartare, qui
convoitait de se rendre maître de la Cilicie, les fit arrêter et massacrer sous les
murs d'Anazarbe. Mais la Providence voulut que Héthoum n'eût pas emmené
avec lui son frère Oschin: celui-ci, ayant eu connaïssance de ces meurtres, se ré-
fugia aussitôt dans la forteresse de Sis, et, ayant rassemblé ce qui restait des
grands du royaume ainsi que des forces imposantes, 1l attaqua l'exécrable Poular-
gh'ou, le chassa du pays, et unt bon jusqu à ce que son frère Alinakh fût revenu
de chez le khan, où il était allé en visite. Oschin fut sacré roi à Tarse, et porta
la couronne treize ans.
758 (3 janvier 1309 — 2 janvier 1310).
Cette annéc se rassemblèrent à Sis, capitale du royaume, une multitude de
moines et de religieux, de prêtres et de diacres, ainsi que des docteurs et des
évêques, et beaucoup de peuple, hommes et femmes, qui refusaient d'accepter
l'usage de l'eau dans le calice à la messe, et autres innovations. Le roi Oschin,
d'accord avec le patriarche et les grands, se saisit de tout ce monde, renferma les
docteurs dans la forteresse, et fit mettre à mort une foule d'hommes et de femmes,
des papes. Ce concile était déjà convoqué, lorsque
le patriarche mourut. Dès qu'il fut rassemblé par
dans la ville royale de Sis qu'elles purent être mises
à exécution. Des murmures s’élevèrent contre le roi
Léon et le grand baron Héthoum, il donna pour
successeur à Grégoire Constantin de Césarée, et
adopta les réformes que relate le continuateur de
Samuel d’Ani et quelques autres, réformes que
Rome réclamait et que Grégoire avait entrepris de
faire prévaloir. Mais les décisions de cette assem-
blée rencontrèrent une violente opposition parmi
le clergé et le peuple arméniens, et ce ne fut que
Léon, Héthoum et le catholicos Constantin. Quel-
ques-uns poussèrent la haine jusqu'au point d'aller
le calomnier auprès de Pilargh'ou ou Poulargh'ou,
général mongol, chargé de protéger la Cilicie à la
tête d'un corps de mille Tartares.
1 C'est le même qui est qualifié {(p. 463) de
connétable; 1l avait été d'abord sénéchal.
DE SAMUEL D'ANL 167
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manu bi qurchit, L fon dénun :
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et quelques religieux et diacres; puis, faisant monter les moines dans un navire,
il les exila à Chypre, où la plupart moururent.
769 (1* janvier 1320 — 30 décembre 1320).
Le roi Oschin, étant allé rejoindre le Christ, fut inhumé à Trazarg. Son fils
Léon [V] fut sacré roi, n'étant encore âgé que de dix ans. |
Le seigneur Constantin de Lampron [catholicos d'Arménie] se rendit en
Égypte et conclut la paix pour le roi Léon, encore tout jeune.
770 (31 décembre 1320 — 30 décembre 1321).
Cette année, le scélérat nouin Timourtasch, fils de Tchôban !, fondit sur le
district de Sis; il y fit beaucoup de mal, massacra ou fit prisonniers une mul-
titude d'habitants; après quoi il rentra dans le pays de Roum*.
771 (31 décembre 1321 — 30 décembre 1322).
Les Égyptiens envahirent la Cilicie et y firent de très-grands dégâts ”
Cette même année, le baron Alinakh, frère de Héthoum et du roi Oschin, alla
rejoindre le Christ; il fut enterré à Trazarg. La cause de sa mort fut celle-ci: pen-
dant qu'il se baignait dans le fleuve de Tarse, il avait avec lui un cheval arabe qui
le frappa à la tête d'un coup de pied.
686.) Timourtasch entreprit l'expédition dont il est
ici question contre la Cilicie, à l'instigation du sul-
than El-Melik EÏ-Nacer, qui voulait se venger de ce
que le roi de la Petite Arménie cherchait à armer
l Timourtasch était gouverneur du pays de
Roum, dont les Tartares s'étaient emparés sur les
Seldjoukides d'Iconium. Il étendit ses conquêtes jus-
qu'aux bords de la Méditerranée, où les armes des
Mongols ne s'étaient pas encore montrées, et com. l’Europe contre l'Égypte.
battit tour à tour les Grecs et les Turks révoltés. 2 Conf. Sëmpad, ad annam 770.
(D'Ohsson, Hist. des Mongols, t. IV, p. 658-682, et 3 Conf. Sémpad, ad annum 771.
29.
168 EXTRAIT DE LA CHRONOGRAPHIE DE SAMUEL D'ANI.
297
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784 (28 décembre 1334 — 27 décembre 1335).
Cette année, Abou-Sa'ïd-Khan étant mort, il eut pour successeur Arpa-Gaoun,
qui régna six mois. L'oncle maternel d'Abou-Sa'id, Ali-Padischah-nouin, étant
venu de Bagdad, tua Arpa-Gaoun, parce que celui-ci était chrétien et de la race
des anciens khans. Puis, de sa propre autorité, il établit sur le trône un autre
khan, nommé Mouça, mais qui ne parut pas et se tint obscur. Ali-Padischah
dirigea le gouvernement de l'Ordou pendant un an et demi. Il prescrivit de
détruire les églises, ordre qui fut exécuté en beaucoup d'endroits, depuis Mossoul
jusqu à Khëlath et Salamasd. Mais le seigneur Zacharie, patriarche d'Ag'thamar,
étant venu le trouver, obtint la révocation de cette mesure cruelle. À l'époque de la
moisson, Ali-Padischah en vint aux mains avec Kadchith-agh'a, et fut tué sur le
territoire de la ville de Her .
789 (27 décembre 1339 — 25 décembre 1340).
Cette même année, le scélérat émir d'Alep, sur l'ordre de Mélik-Nacer, sulthan
d'Égypte, envahit furtivement le territoire de Sis et le saccagea de fond en comble,
massacrant les uns, faisant brûler les autres, et emmenant une partie des habitants
en esclavage. Il rendit désert le pays des Arméniens, si riche de sa population.
1 Dans l'Histoire des Mongols de d'Ohsson (1. IV,
p. 724-725), le meurtrier d'Ali-Padischah est
nommé Scheïkh-Haçan. C'était le premier mari de
Bagdad - Khatoun, qu'Abou-Saïd avait épousée
après avoir forcé Scheïikh-Haçan à la répudier.
Après la mort d'Arpa-Gaoun, il voulait placer sur
le trône de la Perse Mohammed, descendant de
Houlagou, tandis que Ali-Padischah tenait pour
Mouca. Ils convinrent de laisser les deux compéti-
teurs vider leur querelle par les armes. Mouça ayant
eu l'avantage, Âli-Padischah, glorieux de cette vic-
toire, descendit vers une fontaine pour y faire ses
ablutions, et alors Scheïkh-Haçan le tua.
HÉTHOUM L'HISTORIEN.
NOTE PRÉLIMINAIRE.
Héthoum, connu en Occident sous le nom de Haytonus monachus, le
moine Hayton ou ‘Haython, appartenait à la famille des princes de Lampron.
I était arrière-petit-fils de Héthoum, frère de saint Nersès de Lampron, ar-
chevêque de Tarse. Après la mort de son frère Grégoire, seigneur de Gorigos,
il hérita de ce fief, qui avait été érigé en comté. Plus tard, en 1295, le roi
Héthoum II, dit Jean, fils et successeur de Léon IIT, ayant eu des démêlés
avec les barons de la Cülicie, parmi lesquels étaient notre Héthoum et son
frère, le connétable Oschin, l'intervention du catholicos Grégoire d'Anazarbe,
avec lequel ils étaient trés-liés, rétablit la concorde entre eux et leur souve-
rain et amena la paix dans le royaume. Après avoir pris part vaillamment
aux guerres que soutint Héthoum II contre les Égyptiens, le comte de
Gorigos, fatigué du monde, résolut de se consacrer à Dieu et d'embrasser
la vie religieuse. Vers l'an 354 de l'ère arménienne (4 janvier 1305 — 3 jan-
vier 1306), il passa dans l'ile de Chypre et prit habit des Prémontrés dans
le couvent de l'Épiphanie. L'année suivante, 1l se rendit en Europe et vint
a Avignon rendre visite à Clément V, qui lui fit un accueil trés-bienveillant.
Il raconta, en présence du Pape, les merueilles des XIIIT royaulmes d'Ayse (Asie),
c'est-à-dire tout ce qu'il savait sur l'origine et les mœurs des Tartares, leurs
guerres, les vastes empires qu'ils avaient fondés, sur les principaux États de
l'Orient et sur celui du Soudan d'Égypte ou de Babylone en particulier. Ce
récit parut si intéressant au Souverain Pontife, qu'il engagea Héthoum à le
mettre par écrit. Celui-ci s'étant retiré dans un couvent de son ordre, à Poi-
tiers, le dicta en français à Nicole Falcon, qui le traduisit en latin et le pré-
senta à Clément V, en août 1307 '. Sur ce texte latin fut faite une version
« père nostre seigneur l’apostole Clément quint, en
« la cité de Poitiers; lequel liure, ie Nicole Falcon
“escrips premièrement en françois, si comme le
a dict frère Ha yton le dittoit de sa bouche, sans note
« ne exemplaire, et de romans le translatay en latin,
«en l'an Nostre Seigneur M.CCC. sept, ou mois
« d'aoust. Deo gracias. » Dans le manuscrit, fonds
Saint-Victor, n° 843, intitulé Varia mathematica, on
trouve à la fin la première partie du même ou-
vrage dans sa rédaction originale.
Le manuscrit 1380, fonds français, reproduit
la version de Jean Lelong; on lit dans l'intitulé :
! Le splendide manuscrit de la Bibliothèque im-
périale de Paris, n° 2810 G, fonds français, et le
manuscrit 632!°, supplément français, intitulés La
flear des Hystoires de la terre de Orient, contiennent
le récit primitif et original de Héthoum, ainsi que
le prouve la note de Nicole Falcon, par laquelle
se termine cet ouvrage. « Cy fine le liure des hys-
« toires des parties de Orient, compilé par religieux
« homme frère Hayton, frère de l'ordre de Pré-
« monstré, iadis seigneur de Corc (Gorigos), cousin
«germain du roy d'Arménye, sur le passaige de la
« Terre Sainte, par le commandement du souverain
470 HETHOUM L'HISTORIEN.
française, en 1351, par le frère Jean le Long, d'Ypres. La traduction latine
a été publiée un grand nombre de fois; la version de Jean le Long l'a été
en 1529, dans le curieux recueil, imprimé en caractères gothiques, sous le
titre de Lhystore merualleuse, plaisante et récréatiue du grand empereur de Tar-
tarie, seigneur, des Tartres, nommé le Grand Can.
L'un des plus savants religieux de l'ordre des Mékhitharistes de Venise,
feu Jean-Baptiste Aucher, revendiquant l'œuvre de Héthoum pour la littéra-
ture arménienne, l'a traduite sur le texte latin, et a publié sa version à Venise,
in-8°, 1842; il y a joint un opuscule de Héthoum, écrit en arménien et in-
connu jusqu ici : c'est une Table chronologique, où sont inscrits très-succinc-
tement les événements accomplis en Cilicie et dans la Syrie à l'époque des
croisades. Le titre annonce que cette table comprend un intervalle de 301 ans;
mais elle n'en contient en réalité que 232, puisqu'elle commence en 1076
et finit en 1307. Il est probable que ce n'est là qu'un fragment, et qu'au lieu
de partir de 1076 la table entière devait commencer en 1006. On remarquera
que la date de 1307, où elle se termine, est postérieure de deux ans au dé-
part de Héthoum de la Cülicie, et qu'a cette époque 1l était déjà fixé à Poitiers;
c'est la même année où son traducteur et secrétaire, Nicole Falcon, présenta
l'Histoire des Tartares à Clément V. La circonstance que l'original de cette
table est en arménien et la mention que l'on lit dans le titre qu'elle fut com-
posée en 1296, conduisent à croire que l'auteur, qui, en la rédigeant, avait
évidemment en vue ses compatriotes, n'avait pas encore alors quitté sa pa-
trie, et que les dernières énonciations qu'elle renferme sont f'addition d'un
conlinuateur anonyme. |
éditions de l'Histoire des Tartares de Héthoum,
M. d’Avezac, dans sa Notice sur les anciens voyages
en Tartarie en général, et sur celui de Jean du Plan
« Et fu ce liure translaté du latin en françois par
« frère Jehan Lelong dit et né de Yppre, moyne de
« l’abbaye de Saint Bertin en Saint Oiner, de l’ordre
« Saint Benoist, de l’eveschié de Terouenne, en l'an
« de l'incarnation Nostre Seigneur M. CCC. LL. »
On peut voir les détails aussi exacts que savants
qu'a donnés, sur les principaux manuscrits et les
de Carpin en particulier, dans le tome IV du Recueil
de voyages et de mémoires publié par la Société de
géographie, Paris, in-4°, 1839.
TABLE CHRONOLOGIQUE
DE HÉTHOUM, COMTE DE GOR1IGOS :.
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1 Voici, in extenso, le titre de cet opuscule de Hé-
thoum, dans l'édition deJ. B. Aucher : gris.
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Sucupbu, k quvwquit quand HEuiug, &uy, Snuvk L
wuaré. zæpugphu, quonu LEO, mhwnt Yonf{n_
cg, L'apup quyu puise k Packv &uyng shb, L k und
divpekan Bus SEuwnt adyg «Table chronologique
« de trois cent un ans, extraite en abrégé de diverses
« histoires en arménien, frank ou syriaque, et com-
« posée par le baron Héthoum, seigneur de Gor'i-
« gos, en 745 de l'ère arménienne, 1296 de l'incar-
« nation de N. S. J. C.»
TRADUCTION.
525 de l'ère arménienne (a mars 1076 — 1° mars 1077).
Cette année, Kakig, roi d'Arménie, fut tué par les fils de Mandalé (Panta-
Jéon)', dans la forteresse de Guentrôsgavis, dans le district de Lycandus ?.
Après cet événement, son parent R'oupên vint habiter dans la contrée de Go-
bidar', et, de là, au village de Goromozol”, où il termina sa carrière.
946 (25 février 1097 — 24 février 1098).
Son fils, Constantin, sempara [de la forteresse] de Vahga et D sur la
nation arménienne.
Alors eut lieu la première croisade“ des Franks se rendant à Jérusalem pour
1 Matthieu d'Édesse (ch. cxix de ma traduction
complète de cet auteur, Bibliothèque historique ar-
ménienne, t. Î*, p. 183) place la mort de Kakig,
dernier roi de la dynastie des Bagratides d'Ani, trois
ans plus tard, en 528 de l'ère arménienne {2 mars
1079 — 29 février 1080).
2? Le thème de Lycandus, formé par l'empereur
Léon le Philosophe, était compris dans la Première
Arménie, dans le sud-est de la Cappadoce, et au
nord de Germanicia ou Marascb.
3 Ailleurs Gor'ozomol, ten ngndn, , Village situé
sur le plateau du Taurus cilicien, dans la partie
appelée aujourd'hui Zeïtoun, et occupée par des
Arméniens indépendants et des Turkomans.
* I y a dans le texte pwowx#, transcription du
latin passagium, expression qui désignait spécia-
lement les expéditions en Terre sainte. Il y avait
deux époques de l'année où partaient ces expé-
ditions, vers le mois de mars, passagium vernale,
transitus vernalis ou passagium Pasche, et aux mois
de juin, juillet ou août, passagium æstivale, augusti
ou messis, ou bien encore vulgairement, passagiam
sancti Joannis Baptisiæ. (Cf. Du Cange, Glossariam
mediæ et infime latinitatis.
L72
TABLE CHRONOLOGIQUE
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délivrer cette ville du joug des infidèles; ils étaient excités à cette entreprise par
un solitaire frank, nommé Pierre l'Ermite. C'était en 1099 de l'Incarnation.
Cette même année, les croisés prirent Nicée, qui avait appartenu aux Grecs’.
947 (25 février 1098 — 24 février 1099).
Antioche et Édesse furent enlevées aux infidèles?.
548 (25 février 1099 — 24 février 1100).
Jérusalem ayant été délivrée, le duc Godefroy y exerça l'autorité.
249 (25 février 1 100 — à3 février à 101).
Godefroy mourut, et Baudouin, son frère, comte d'Édesse, fut élu premier
roi de la Cité sainte“.
990 (24 février 1101 — 23 février 1102).
Les infidèles perdirent la ville de Césarée.
551 (24 février 1102 — 23 février 1103).
Constantin, baron d'Arménie, mourut et eut pour successeur son fils aîné,
Thoros *.
1 Nicée était alors sous la domination des Turks,
qui avaient pour chef, dans l'Asie Mineure, Soli-
man, fondateur de la dynastie des Seldjoukides
d'Iconium. (Cf. ci-dessus, p. 27, notes 1 et 2.)
2? Pour le siége et la prise d'Antioche, et l'occu-
pation d'Édesse par les croisés, voir ci-dessus le
récit détaillé de Matthieu d'Édesse, ch. n1, p. 29-34,
et ch. v, p. 35-38.
$ Jérusalem tomba au pouvoir des croisés le
vendredi 15 juillet, à la neuvième heure du jour
(3 heures de l'après-midi). Le 23 du même mois,
Godefroy fut élu roi; mais on sait qu'il refusa ce
titre, et se contenta de celui de duc qu'il portait
déjà comme duc de Lorraine. (Guillaume de Tyr,
VIII et IX.)
4 Le 13 des calendes d'août —18 juillet. (Guill.
de Tyr, IX, xx.)
5 En 548 de l'ère arménienne (25 février 1099
— 24 février 1100), suivant Matthieu d'Édesse
chap. xn, cf. ci-dessus, p. 47.
DE HÉTHOUM, COMTE DE GOR'IGOS.
473
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593 (24 février 1104 — 22 février 1105).
Acre fut prise aux infidèles ’.
999 (22 février 1110 — 21 février 1111).
Tripoli, Beyrouth et Sidon éprouvèrent le même sort ?.
964 (21 février 1119 — 28 février 1116).
Les chrétiens bâtirent Karak et Schaubek *.
969 (21 février 1116 — 19 février 1117).
Baudouin, roi de Jérusalem, étant mort, la couronne fut donnée à Baudouin
Du Bourg, son parent.
978 (17 février 1129 — 16 février 1130).
Thoros, baron d'Arménie, termina sa carrière et fut remplacé par son frère
Léon.
980 (17 février 1131 — 16 février 1133).
Baudouin [Du Bourg], roi de Jérusalem, mourut, et le troisième souverain de
la Cité sainte fut son gendre, Foulques |.
l La prise de Saint-Jean-d’'Acre par Baudouin,
roi de Jérusalem, aidé des Génois et des Pisans,
est du mois de mai de cette année 1 104. (Guill. de
Tyr. X, xxvini; et Ibn-Alathir, ad annum 497.)
? Tripoli se rendit à composition en 1109 et
non point en 1111, comme le dit notre auteur. (Cf.
Matthieu d'Édesse, p. 90, note 1.) La date de la
prise des deux autres villes, Beyrouth et Sidon,
auxquelles il faut joindre Djobail (Gibelet), est
exacte. (Cf. le même auteur, p. 92, n. 2.)
3 Karak, Petra Deserti, forteresse située dans le ,
HistTor. ARM. — I.
voisinage et à l'est de la mer Morte, au sud et à
une distance de trois journées de marche de Schau-
bek ou Mons Regalis (Aboulféda, Géogr. éd. de
MM. Reinaud et de Slane, p. 347). On lit dans le
Meräcid-el-itthilé : « Karak, château très-fort à l'ex-
«trémité du Scham (Syrie), dans la partie mon-
« tagneuse du territoire de Balka, entre le Bahr-el-
« Kolzoum (Mer Rouge) et Jérusalem, sur une
« montagne élevée. — Schaubek, château fort entre
«* Am-mam et Aïla, dans le voisinage de Karak. »
* Cette année, Baudouin Du Bourg, après avoir
60
L78
TABLE CHRONOLOGIQUE
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586 (15 février 1137 — 14 février 1138).
L'empereur des Grecs, [Jean Comnène] Porphyrogénète, enleva la Cilicie au
baron Léon. Il envoya ce prince avec ses deux fils à Constantinople, où Léon
mourut.
592 (14 février 1143 — 13 février 1144).
Mort du roi Foulques”. Le quatrième souverain de Jérusalem fut son fils,
Baudouin [III].
593 (14 février 1144 — 13 février 1145).
Thoros, le valeureux fils de Léon, étant arrivé de Constantinople, s'empara de
Vahga et restaura la principauté d'Arménie.
595 (13 février 1146 — 12 février 1147).
Seconde croisade (passage) des Franks. Arrivée de Conrad, empereur d’Alle-
magne, et de Louis [VII], roi de France.
596 (15 février 1147 — 12 février 1148).
L'empereur et le roi de France assiégèrent Damas; mais 1ls échouèrent *.
repoussé les Turks devant Antioche, s'en retourna
à Jérusalem; étant tombé malade, il fit vœu d'em-
brasser la vie monastique, si Dieu lui rendait la
santé: mais il mourut le 22 août suivant. Le 18 des
calendes d'octobre (14 septembre), jour de la fête
de l'Exaltation de la Sainte-Croix, Foulques, comte
d'Anjou, qui avait épousé Mélissende, fille aînée
de Baudouin, monta sur le trône.
! Nous avons vu ci-dessus (p. 156, n. 3) que,
suivant Guillaume de Tyr (XV, xxvu), Fouiques
mourut le jour des ides ou 13 de novembre 1142;
Grégoire le Prêtre (chap. cvr), d'accord avec Hé-
thoum, fixe cet événement en 1143.
? Damas, qui appartenait alors aux khalifes
d'Égypte, était défendue par le vizir Moin-eddin
Anar. Les Franks furent obligés de lever le siège
au bout de six jours. Après cet échec, Conrad sen
revint en Europe, et Louis VII demeura encore un
an en Palestine, mais en simple pèlerin. (Guillaume
de Tyr, liv. XVII, chap. 1-vi. Conf. M. Reinaud,
Extraits des historiens arabes, relatifs aux croisades,
. p. 94-97.)
DE HÉTHOUM, COMTE DE GOR'IGOS.
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P unju dh ffwquunphug Loercounkdp SPvabpanpr Livni :
nd 9.
Udiunpy Pauquenpu | pprcounkdh burn. qUetuphu L gb :
Prise d'Ascalon par les Franks ”.
606 (10 février 1157 — 9 février 1158).
Le baron d'Arménie, Thoros, après avoir embrassé la vie monastique, mourut,
et son frère, Mleh Khodoron, lui succéda ?.
612 (9 février 1163 — 7 février 1164).
Le roi de Jérusalem, Baudouin [III], mourut”.
613 (9 février 1164 — 8 février 1165).
Mleh, frère de Thoros, fut tué à Sis; les grands ayant amené R'oupên, fils de
Sdéph'anê, l'établirent baron d'Arménie“.
616 (8 février 1167 — 7 février 1168).
Amaury, roi de Jérusalem, prit le Kaire*° et Belbeïs.
1 Héthoum est en retard de trois ans au moins
pour la date de la prise d'Ascalon. (Cf. Grégoire le
Prêtre, ch. cxx, et ibid. note 1 de la page 184.)
2 L'auteur donne pour successeur immédiat à
Thoros II son frère Mleh, ce qui n'est pas exact.
Après la mort de Thoros, son jeune fils, R'oupéa II,
hérita de la principauté, sous la tutelle de son pa-
rent Thomas, qui prit le titre de baïle ou régent. Ce
n'est qu'au bout de trois ans et après avoir mis en
fuite Thomas, qui se réfugia à Antioche, et avoir
supplanté R'oupén, qui fut tué presque aussitôt , que
Mleh devint maître seul et définitif de la Cilicie.
Peut-être Héthoum a-t-il puisé son assertion à la
même source que le compilateur des Lignages d'ou-
tre-mer, où se trouve la même erreur. « Thoros de
« la Montaigne fu sire d'Ermenie et moru sans heir,
«et escheut Ermenie au Melih, son frère. » (Ch. 1v,
Ci dist des rois d'Ermenie.) Mleh était entré d'abord
dans la milice du Temple, mais ensuite il apostasia ;
s'étant lié avec Nour-eddin, il vint, avec les troupes
qu’il lui empruntait, porter à diverses reprises le
ravage et la désolation parmi ses compatriotes de
la Cilicie jusqu'à ce que les grands consentirent à
l'accueillir et à le reconnaître comme leur chef. Mieh
n'épargnait pas plus les Latins que les Arméniens;
en 1171, il pilla et dépouilla, auprès de Mamistra,
Étienne, fils de Thibaut , comte de Champagne, qui
se rendait d'Antioche en Cilicie. Le roi de Jérusa-
lem, Amaury, irrité de ces excès, fondit sur le ter-
ritoire arménien, le saccagea, et, s'étant saisi de
Mieb, le mit en prison , où il le retint quelque temps.
(CF. Guill. de Tyr, XX, xxv, xxvi et xxvur, et Aboul-
faradj, cité ci-dessus, p. 362, note 1.)
3 Suivant Guillaume de Tyr, XVII, xxxiv, le
4 des ides ou 10 de février 1162.
* Notre auteur est en avance de onze ans pour
la date de la mort de Mleh, qui fut tué en 624 de
l'ère arménienne {6 février 1175—5 février 1176),
d'après le connétable Sëmpad.
5 Je n'ai pas hésité à lire le Kaire, Kähira, au
6o.
h76
TABLE CHRONOLOGIQUE
Ad E
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617 (8 février 1168 — 7 février 1 169).
Amaury combattit Saladin, et, secouru par les Grecs, mit le siége devant Da-
miette, mais sans succés !.
618 (7 février 1169 — 6 février 1170).
Belinas (Panéas ou Césarée de Philippe) fut enlevée aux chrétiens.
619 (7 février 1170 — 6 février 1171).
Un terrible tremblement de terre renversa nombre de villes et de forteresses,
principalement dans le Sahel (le littoral de la Syrie) *.
622 (6 février 1173 — 5 février 1174).
Le seigneur Nersès|Schnorhali|, de Hrom-gla, catholicos d'Arménie, mourut en
Jésus-Christ, le 16 août, un jeudi*.
623 (6 février 1174 — 5 février 1175).
Le roi de Jérusalem, Amaury, cessa de vivre“, laissant pour héritier son fils
Baudouin, sixième roi, lequel devint lépreux.
lieu de Sangaria que présente le texte, sans doute
par corruption. Dans sa troisième expédition contre
l'Égypte, Amaury ayant pris Belbeïs ou Péluse,
le 3 des ides (11) de novembre 1167, suivant
Guillaume de Tyr, ou dans les premiers jours de
séfer 564 (novembre 1168), d'après Ibn-Aboutai
(apud M. Reinaud, Extraits des historiens arabes, re-
latifs aux croisades, p. 129), et Ibn-Alathir (édit.
Tornberg, t. XI, p. 221), se dirigea sur le Kaire,
qu'il assiégea. Il pressa vivement cette place; mais
les Égyptiens ayant incendié la ville de Misr (le
vieux Kaiïre) et le vizir Schaver s'étant engagé à
payer au roi de Jérusalem quatre cent mille pièces
d'or, celui-ci, qui craignait d’ailleurs l'arrivée des
troupes de Nour-eddin, se retira.
1 Héthoum est ici en retard au moins de huit
mois sur les dates fournies par Guillaume de Tyr
(XX, xwi), qui marque octobre - décembre 1169,
et par Ibn-Alathir (t. XI, éd. Tornberg, p. 231), et
Aboulféda (Annales, t. III, p. 627), qui donnent
une indication équivalente à celle de l'historien
latin, c'est-à-dire le mois de séfer 565.
2? Cet événement est fixé par Ibn-Alathir (p. 223)
au 12 de schewal 565 (19 juin 1170), et par Guil-
laume de Tyr (XX, xix), au mois de juin, septième
année révolue d'Amaury, comptée à partir du 12 des
calendes de mars (19 février) 1:62.
$ J'ai donné (ci-dessus, p. 224) la date véritable
de la mort de saint Nersès Schnorhali, qui est le
jeudi 13 août 1172.
& Amaury mourut le 5 des ides (11) de juillet
1173. (Cf. Guillaume de Tyr, XX, xxxn.)
DE HÉTHOUM, COMTE DE GOR'IGOS. 477
art
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625 (6 février 1176 — 4 février 1177).
L'empereur des Grecs, Manuel Comnène, fut vaincu par le sulthan Kilidj-Ars-
lan, auprès d'Iconium |.
629 (5 février 1180 — 3 février 1181).
Mort de l'empereur Manuel”.
630 (4 février 1181 — 3 février 1182).
Baudouin le Jeune, fils du marquis *, monta sur le trône du vivant de Baudouin
le Lépreux, et fut le septième roi de Jérusalem. I bâtit une ville sur le Jourdain,
au Gué de Jacob.
633 (4 février 1184 — 2 février 1185).
Mort de Baudouin le Lépreux.
635 (3 février 1186 — 2 février 1187).
R'oupên [III], baron d'Arménie, étant mort, fut remplacé par son frère, Léon [IT]".
Cette même année, Baudouin Île Jeune termina sa vie, et ses États passèrent
aux mains de sa mère, la reine Sibylle, la huitième dans la série des souverains
de la Cité sainte, et du père adoptif de Baudouin, Guy de Lusignan*.
3 Baudouin V, fils de Guillaume, marquis de
Montferrat, surnommé Longuespée, et de Sibylle,
fille d'Amaury. Couronné à l’âge de sept ans, il
mourut l'année suivante.
# Le connétable Sémpad marque la mort de
R'oupéo II un an plus tard, en 636 de l'ère armé-
nienne {3 février 1187 — 4 février 1188).
$ Guy de Lusignan avait épousé en secondes
noces Sibylle, veuve de Guillaume de Montferrat.
1 Cette victoire de Izz-eddin Kilidj-Arslan IT, fils
de Maç'oud, sur l'empereur Manuel, fut remportée
dans un lieu appelé Myriocéphalon, non loin d'Ico-
pium. (Nicétas Choniates, VI, 11; Guill. de Tyr,
XXI, xu. Cf. sur la position géographique et la ba-
taille de Myriocéphalon, l'Extrait de la chronique
de Michel le Syrien, ci-dessus, p. 383, note 2.)
? Voir, pour la date de la mort de l'empereur
Manuel (septembre 1180), ci-dessus, p. 436, n. 3.
h 18 TABLE CHRONOLOGIQUE
AL,9.
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636 (3 février 1187 — 2 février 1 188).
Les chrétiens furent exterminés non loin de Jérusalem par Saladin; le roi Guy
fut fait prisonnier, et la sainte croix du Christ fut perdue.
À cette époque, Acre et ensuite Ascalon se rendirent à Saladin. Cette même
année, Saladin prit Jérusalem, et tout le Sahel, à l'exception de Tyr et de Tripoli;
c'était en l'année de Notre-Seigneur J. C. 1187.
639 (2 février 1190 — 1° février 1191).
L'empereur d'Allemagne, Frédéric [Barberousse], se noya dans le fleuve de
Séleucie, et fut enterré à Antioche. Philippe-[Auguste], roi de France, et Richard,
roi d'Angleterre, arrivèrent de ce côté-ci de la mer, et assiégèrent Acre. Les An-
glais, dans leur route, s'emparèrent de l’île de Chypre sur les Grecs et leur duc
Kyr Isaac.
Cette année fut signalée par l'institution des Frères allemands (Ordre teuto-
nique).
640 (2 février 1191 — 1" février 1192).
Le roi de France et celui d'Angleterre firent amitié avec Saladin. Guy, roi de
Jérusalem, acheta l'île de Chypre au roi d'Angleterre.
6A1 (2 février 1192 — 31 janvier 1193).
Richard conclut la paix avec Saladin. Jaffa, Arsouf, Césarée et Caïpha furent ren-
dues aux chrétiens.
1 I ya dans le texte, probablement par une erreur de copisle, nAdp, 1182.
DE HÉTHOUM, COMTE DE GOR'IGOS. 179
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643 (1° février 1194 — 31 janvier 1195).
Guy, roi de Chypre, mourut. Après lui régna Amaury, son frère.
Léon, baron d'Arménie, se saisit de Boëmond, prince d'Antioche, et le ren-
ferma dans la forteresse de Sis.
644 (1° février 1195 — 31 janvier 1196).
Boëmond fut délivré par l'intermédiaire du comte Henri [de Champagne], et la
paix se fit entre Léon et le prince d'Antioche.
645 (1 février 1196 — 30 janvier 1197).
Mort de Saladin. Le sulthan son frère [ Mélik el-Adel] posséda après lui
l'Egypte et Damas ’.
646 (31 janvier 1197 — 30 janvier 1 198).
Léon, baron d'Arménie, fut couronné le jour de l'Épiphanie; il fut le premier
roi de la Culicie.
Gibelet fut enlevée par surprise aux infidèles.
Mélik [el-Adel] reprit Jaffa aux chrétiens.
647 (31 janvier 1198 — 30 janvier 1199).
Beyrouth est enlevée aux infidèles?.
1197), d'après Ibn-Alathir, t. XII, p. :83. Même
année, dans la Continuation de Guillaume de Tyr,
XXVIE, vrr.
1 Saladin étant mort le mercredi 27 de séfer 589
(4 mars 1193), Héthoum est, par conséquent, en
retard de trois ans.
? Vers le milieu de dsoufhiddjé 593 (septembre
480
TABLE CHRONOLOGIQUE
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650 (30 janvier 1201 — 29 janvier 1202).
Le comte de Tripoli, Raymond [fils de Boëmond le Bambe], meurt ainsi que
son fils !.
651 {30 janvier 1202 — 29 janvier 1203).
Second tremblement de terre. Un grand nombre de cités furent renversées dans
le Sahel (littoral)}*.
652 (30 janvier 1203 — 29 janvier 1204).
Léon, roi d'Arménie, sempara d'Antioche.
653 (30 janvier 1204 — 28 janvier 1205).
Le comte de Flandre et le doge de Venise s'emparèrent de Constantinople sur
les Grecs, et Baudouin fut élu empereur.
Les troupes de Jérusalem et de Chypre firent une descente en Égypte et rui-
nèrent une foule de lieux sur le littoral.
Philippe, roi de France, prit la Normandie au monarque anglais [Jean sans
Terre |.
654 (29 janvier 1205 — 28 janvier 1206).
Mort du roi de Chypre, Amaury.
1 Raymond, fils aîné de Boëmond le Bambe,
prince d’Antioche et filleul de Raymond III, comte
de Tripoli, qui le fit son héritier. Déclaré par son
père prince d'Antioche et son successeur, il céda le
comté de Tripoli à son frère Boëmond. Son fils,
dont la mort est ici mentionnée, n’est pas connu
d’ailleurs. Son autre fils, Raymond Rupin, lui sur-
vécut vingt ans environ, puisqu'il mourut en 1220.
(Cf. Ja Contin. de Guillaume de Tyr, XXIIT, xLvu.)
? Ce tremblement de terre est décrit par Ibn-
Alathir (t. XII, p. 122), où l'on lit : « Au mois de
« scha'ban 597 (avril 1201), des secousses se firent
«sentir à Mossoul, dans le Diar-djéziré tout en-
«tier, la Syrie, l'Égypte et autres pays. Ce fléau
« causa des ravages affreux dans la Syrie et renversa
«un grand nombre d'édifices à Damas, Émesse et
« Hama. Une des villes du pays de Bosra fut ruinée
« de fond en comble. Il ne fit pas moins de mal aux
« contrées du littoral syrien, où il fut très-violent,
«notamment à Tripoli, Tyr, Acre, Naplouse ct
«autres places. Ces secousses se prolongèrent jus-
« qu'au pays de Roum; mais, dans l'Irak , elles furent
« peu sensibles et ne détruisirent aucune construc-
« tion. »
DE HÉTHOUM, COMTE DE GOR'IGOS.
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1 Le mot 4°. est la transcription du latin com-
mune, communia, communio, communitas, en fran-
cais, «commun, commune », l'association des bour-
geois d’une ville ou des habitants d'un village, avec
des consuls à leur tête ou des officiers délégués par
eux.
655 (29 janvier 1206 — 28 janvier 1207).
Mort du prince d'Antioche, Boëmond [le Bambe|]. Son fils Boëmond le Borgne
lui succéda.
656 (29 janvier 1207 — 28 janvier 1208).
Le roi d'Arménie, Léon, se saisit du sébaste Henri et de ses fils, ainsi que de
Khoumardasch, de Josselin et Baudouin !.
Le seigneur Jean, catholicos, fut renversé de son siége, et le seigneur David,
d'Ark'agagh'in, mis à sa place.
657 (29 janvier 1208 — 27 janvier 1209).
j
,
Boëmond [le Borgne], prince d'Antioche, défit ses troupes de cavalerie; et la
commune d'Antioche, insurgées contre lui. Il fit arrêter le patriarche, qui mourut
dans sa prison.
Khosrov-Schah”, sulthan d'Iconium, fils de Kilidj-Arslan, enleva Pertous aux
Arméniens, et fit prisonnier le seigneur de cette forteresse, Grégoire, fils de
Léon *.
1 Le premier de ces personnages, Henri, sé-
baste, seigneur de Nor-pert (Castrum Novum des
chartes latines), figure dans la liste qui nous a
été conservée par le connétable de Sëmpad (ad an-
num 646) des grands feudataires de la Cilicie qui
assistèrent au couronnement de Léon II, le 6 jan-
vier 1198.
Ce nom de Henri, qui révèle une origine ger-
manique ou latine, joint au titre grec de sébaste,
porte à croire que celui auquel appartenait ce nom
était un de ces cadets de famille qui, sortis des rangs
de la noblesse européenne, allèrent, comine le sei-
gneur de Gastim, sire Adam (cf. ci-dessus, p. 171,
note 2), chercher fortune à la cour de Byzance, et
HisTOr. ARM. — I.
ensuite passèrent au service des princes de la Pe-
tite Arménie.
Dans la même liste se trouve le baron Josselin,
seigneur de Sinida ; il y a deux Baudouin : l'un sei-
gneur d'Éngouzoud et l’autre seigneur d'Antouschdz
et de Gouba; mais rien, dans le texte de Héthoum,
ne détermine celui des deux Baudouin dont il veut
parler ici. Quant à Khoumardasch, c'est sans doute
quelque chef turkoman.
2? Ghiâth-eddin Kei-Khosrou, fils de Izz-eddin
Kilidj-Arslan If, régna de 1202 à 1210 ou 1212.
3 Grégoire et son père Léon sont aussi inscrits
dans la liste des barons de la Cilicie présents au
sacre de Léon II.
61
L82 TABLE CHRONOLOGIQUE
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658 (28 janvier 1209 — 27 janvier 1210).
[Théodore] Lascaris combattit le sulthan d'Iconium, à Chonæ’. Celui-ci, ayant
été tué, eut pour successeur Izz-eddin Keï-Kaous.
659 (28 janvier 1210 — 27 janvier 1211).
Jean [de Brienne|, couronné avec la reine de Jérusalem, Marie, fut le dixième
(lis. treizième) souverain de la Cité sainte.
Léon, roi d'Arménie, passa à Chypre, et épousa la sœur du souverain de ce
royaume, Sibylle ?.
660 (28 janvier 1211 — 29 janvier 1212).
Mort de David, catholicos d Arménie; Jean monta de nouveau sur le siége.
662 (27 janvier 1213 — 26 janvier 1214).
Les Assassins tuèrent Raymond, [fils de Boëmond le Borgne,] prince d'Antioche,
[à Tortose|.
Une guerre terrible éclata entre le roi d'Espagne et les Arabes d'Afrique
(Maghreb) *.
1 La patrie de l'historien Nicétas Choniates; premières noces une princesse d'Antioche, nom:-
Chonæ, ville de l'Asie mineure, dans la Phrygie, mée Isabeau. (Cf. le I‘ tableau généalogique de la
non loin du fleuve Lycus, appelée dans l'antiquité dynastie des souverains de la Petite Arménie.)
Colossæ, était à l'époque de la domination byzan- 5 L'auteur veut parler de la célèbre bataille de
tine comprise dans le troisième thème, dit des Las Navas de Tolosa, qui fut livrée en 1212, et
Thracésiens. (Constantin Porphyrogénète, De The- dans laquelle Alphonse IX, roi de Castille, Pierre If,
matibus, p. 24, éd. de Bonn.) roi d'Aragon, et Sanche VIT, roi de Navarre, débrent
2 La fille et non pas la sœur d'Amaury, roi de les Arabes d'Espagne, commandés par Nacerlidin-
Chypre, et d'Isabeau, reine de Jérusalem. C'était la Allah Abou-Abdallah Mohammed, de la dynastie
seconde femme de Léon IT, qui avait épousé en des Almohades.
DE HÉTHOUM, COMTE DE GOR'IGOS.
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663 (27 janvier 1214 — 26 janvier 1215).
Philippe, roi de France, défit l'empereur d'Allemagne, Othon [à Bouvines]|, et
Louis, fils du monarque français, vainquit Jean, roi d'Angleterre, [dans le Poitou.]
664 (27 janvier 1215 — 26 janvier 1216).
Le pape Innocent [III] tint un concile général pour arracher Jérusalem des
mains des infidèles; quatre cent vingt-deux évêques et soixante et douze arche-
vêques y assistéèrent |.
665 (27 janvier 1216 — 25 janvier 1217).
Mort de l'empereur d'Allemagne; Frédéric [I] lui succéda *.
Le roi d'Arménie, Léon, pénétra par surprise, pendant la nuit, dans Antioche,
et y établit comme prince R'oupên [Raymond Rupin|, petit-fils de son frère
[R'oupên Ill].
Le sulthan Keï-Kaous investit la forteresse de Gaban et fit prisonnier le prince
arménien, Constantin, connétable, lequel portait le titre de grand baron’, ainsi
que le baron Constantin, fils du seigneur de Lampron“, Kyr Isaac, seigneur de
Mamgh'a°, et autres chefs.
1 Le concile de Latran, douzième œcuménique.
2 Héthoum est ici en avance de deux ans, puisque
c'est en 1218 que mourut l'empereur Othon IV, et
que son fils, Frédéric II, lui succéda.
5 Constantin, grand baron, ww wwpnus C'est-à-
dire celui qui avait la préséance sur tous les autres
seigneurs du royaume, était de la famille des Hé-
thoumiens, père du roi Héthoum Î* et parent de
Léon Il; dans la suite, il fut baïle ou régent du
royaume , après la mort de Léon, et pendant la mi-
norité de la fille de ce prince, Isabelle. Il joua un
rôle considérable dans les destinées politiques de la
Petite Arménie, rôle dont Michel le Syrien, Guira-
gos et Vartan ont dit quelques mots, mais que nous
verrons, dans les historiens subséquents, retracé
avec plus de développement et d'ampleur.
* Constantin, fils du baron Héthoum IT, sei-
gneur de Lampron, de la même famille des Hé-
thoumiens.
$ La forteresse de Gaban était située sur le fleuve
Djeyhan, non loin de sa source, dans le Taurus cili-
cien. Dans la liste des barons conviés au couronne-
ment de Léon II, paraît Kyr Isaac, qui était Grec
d'origine, et qui est qualifié de seigneur de Vagh'va
(variante présumée, mais incertaine, du nom de
Mamgh a) et de Siga. C'est le même personnage
qui, dans la contin. de Guillaume de Tyr (p. 205,
ms. D), est appelé seignor d’Antioche (Antiochette,
Antiochia ad Cragum) et qui soutenait un parti-
san chypriote grec comine lui et nommé Canna-
qui (cf. M. de Mas Latrie, Histoire de Chypre, t. I,
p- 140-141;.
61.
L84
TABLE CHRONOLOGIQUE
A2,
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1 Le mot fuwuw£, est la transcription du vieux français chastel, château.
666 (26 janvier 1217 — 25 janvier 1218).
Le roi de Hongrie [André II] arriva de ce côté-ci de la mer, et le Château-
Péèlerin, forteresse appartenant aux Templiers !, fut rebâti.
Jean [de Brienne|, roi de Jérusalem, et le patriarche, relevèrent la forteresse
de Césarée?.
667 (26 janvier 1218 — 25 janvier 1219).
Le roi de Chypre [Hugues I“] mourut à Tripoli.
Les troupes chrétiennes allèrent investir Damiette.
Mort du roi d'Espagne, Alphonse le Bon.
Le roi d'Arménie, Léon, donna au sulthan [d'Iconium] les forteresses de Loulva
et de Lauzad [dans le thème de Séleucie|, pour la rançon de tous ses chefs faits
prisonniers.
668 (26 janvier 1219 — 25 janvier 1220).
Damiette tomba au pouvoir des croisés.
Le prince Boëmond [le Borgne] enleva Antioche à Raymond Rupin.
Mort du Roi d'Arménie, Léon II.
669 (26 janvier 1220 — 24 janvier 1221).
Philippe [Auguste], roi de France, étant mort, son fils Louis [VIII] lui succéda”.
1'Castellam Peregrinoram, sur le bord de la mer,
à trois lieues S.-O. du mont Carmel. « Templarii,
«auxiliantibus peregrinis, et Hospitali de domo
« Theotonicorum, castrum, quod prius dicebatur
« Filit Dei, reædificaverunt:; et Castrum Peregrino-
«rum vocant. » (Marino Sanuto, Secreta fid. crucis,
lib. LIT, part. XI, cap. vi.)
2 Césarée de Palestine, sur le bord de la mer,
au sud du château des Pèlerins. « Rex Jerusalem et
« dux Austriæ cum Hospitalariis Sancti Johannis et
« prædictis prælatis ac quibusdam aliis, celeriter et
«utiliter castrum Cæsareæ firmaverunt. » (Marino
Sanuto, loco laudato.)
3 Le roi de Castille, Alphonse IX, dit le Bon ou
le Noble, mort en 1214, et non en 1218.
4 En 1223. Héthoum est ici inexact, comme
presque toujours, lorsqu'il s'agit des affaires de
l'Occident.
DE HÉTHOUM, COMTE DE GOR'IGOS. 185
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_Le baron Vahram, maréchal d'Arménie, et autres grands du royaume, voulant
placer sur le trône le prince [d'Antioche] R'oupen, le baïle d'Arménie, Constantin,
les extermina auprès de Sis, et se saisit de K'oupén et des chefs ses adhérents,
dans la ville de Tarse.
Mort du seigneur Jean, catholicos d'Arménie, et promotion du seigneur Cons-
tantin de Partzérpert.
670 (25 janvier 1221 — 24 janvier 1222).
Postérieurement à la mort du roi Léon II, les chrétiens détruisirent Damiette.
La couronne d'Arménie passa à Philippe, fils de Raymond le Borgne, par son
mariage avec Isabelle, fille du roi Léon.
Un violent tremblement de terre se fit sentir et détruisit Paphos, dans l'ile de
Chypre.
674 (24 janvier 1225 — 23 janvier 1226).
Le roi d'Arménie, Philippe, fut mis en prison par ses propres troupes.
675 (24 janvier 1226 — 23 janvier 1227).
Les Arméniens se donnèrent pour souverain l'excellent prince Héthoum [I° du
nom|, fils de Constantin, grand baron. Il construisit à Sis l'église de Sainte-
Sophie, surmontée d'une coupole.
Les Frères allemands (chevaliers teutoniques) entreprirent de restaurer la for-
teresse de Montfort !.
1 Au nord-est de Keïfa et du mont Carmel
486 TABLE CHRONOLOGIQUE
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677 (24 janvier 1228 — 22 janvier 1229).
L'empereur Frédéric vint de ce côté-c1 de la mer et restaura Jaffa !.
678 (23 janvier 1229 — 22 janvier 1230).
Frédéric fit amitié avec [le sulthan d'Égypte] Mélik-Kamel, qui rendit aux chré-
tiens Jérusalem, Nazareth et Leyioun *.
680 (23 janvier 1231 — 22 janvier 1232).
Les Lombards s'emparèrent de Beyrouth.
-
681 (23 janvier 1232 — 21 janvier 1233).
Ils saccagèrent l'île de Chypre. Le seigneur de Beyrouth [Jean [‘] les extermina
et leur reprit cette île.
707 (16 janvier 1258 — 15 janvier 1259 ).
Houlagou-Khan s'empara [de la forteresse] d'Alamout, et extermina les Assassins.
ll conquit ensuite Bagdad, Alep et Damas.
710 (15 janvier 1261 — 14 janvier 1262).
[Michel] Paléologue enleva Constantinople aux Franks.
1 Marino Sanuto nous apprend que cette restau-
ration de Jaffa fut faite par l'empereur, de concert
avec les Templiers et les Hospitaliers. « Ait quod vel-
« let procedere ad firmandum Japham , ut proximior
« fieret Jerusalem , essetque via tutior. Cunctis autem
«annuentibus, Magistri Hospitalis Sancti Johannis
«et Templi responderant quia a summo Pontifice,
« cui obedire solebant, erant prohibiti ei obsequi
«vel parere, pro utilitate tamen terræ et populi
« christiani, parati erant juxta alios pergere, dum-
«modo præcepta vel banna ex parte sua nullatenus
« proclamentur. .. Et pervenientes ad locum, cas-
«trum reædificare cœperunt. » (Lib. III, part. XI,
Cap. xl.)
? L'auteur fait allusion au traité conclu entre
l'empereur Frédéric II et le sulthan d'Égypte Mélik
el-Kamel. Celui-ci rendit Jérusalem, Bethléem et
tous les villages situés sur la route de Jaffa et de
Ptolémais. Le traité stipulait que la paix durerait
entre les deux parties dix ans, cinq mois et quel-
ques jours, à partir du 28 de rabï’ premier (13 fé-
vrier).
DE HÉTHOUM, COMTE DE GOR'IGOS. 487
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715 (14 janvier 1266 — 13 janvier 1267).
Semm-elmaut', à la tête des musulmans, tailla en pièces les Arméniens à Mari;
dans ce combat, Léon, fils du roi [Héthoum], tomba entre les mains des infidèles,
et son frère Thoros fut tué. La Cilicie fut mise à feu et à sang jusqu à Partzèrpert
et Adana; Sis et sa principale église furent livrées aux flammes, les tombeaux des
rois et des princes violés, leurs ossements arrachés de ce dernier asile et brûlés,
et la cendre jetée au vent.
717 (14 janvier 1268 — 12 janvier 1269).
Bondokdar, sulthan d'Égypte, s'empara de Jaffa et détruisit Beaufort*.
723 (12 janvier 12754 — 11 janvier 1275).
I pénétra dans la Cilicie et ravagea ce pays.
731 (10 janvier 1282 — 9 janvier 1283).
Mangou-Timour, frère d'Abaka-Khan, combattit avec les troupes mongoles
contre [Kélaoun] Alf, sulthan d'Égypte. Un grand nombre d'infidéles périrent.
Dans la fuite des Mongols, deux mille chrétiens perdirent la vie .
! L'émir ‘Izz-eddin Igan, surnommé Semm-el-
maut, cs) pe (le poison mortel), ou Semm-el-arab,
DyaJl re (le poison des Arabes), le Sëémlémôth, ou
Méslëmôth, de Héthoum et de Vartan. (Cf. Makrizi,
Histoire des sultans mamlouks, trad. d'Ét. Quatre-
mère, t. [*, 2° part. pages 2 et 146.)
? Un mois après s'être rendu maïtre de Jaffa,
Beiïbars marcha sur la ville de Schekif-Arnoun, où
il détruisit un des deux châteaux élevés par les
Franks et appelé Beaufort ou Belfort. Makrizi (Ibid.
p. 51) concorde avec Héthoum pour la date, en
indiquant le 30 de redjeb 666 (25 mars 1268).
Marino Sanuto (lib. IT, part. XII, cap. 1x) marque
le 15 août de cette année. |
. 3 Ce combat fut livré dans le lieu appelé Cala-
mele par Sanuto (lib. UT, part. XII, cap. xviu),
entre Hama et Hems, le 14 de redjeb 680 (29 oc-
tobre 1281). Cf. D'Ohsson, Hist. des Mongols, t.Il,
p. 525. Dans l'armée tartare, forte de quatre-vingt
mille hommes, on comptait cinquante mille Mon-
gols; le reste se composait de chrétiens arméniens,
géorgiens ou franks.
188
TABLE CHRONOLOGIQUE
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732 (10 janvier 1283 — 9 janvier 1284).
Mort d'Abaka-Khan et de Mangou-Timour. Après Abaka régna Ahmed-Khan !.
734 {9 janvier 1285 — 8 janvier 1286).
Ahmed-Khan fut tué, et Argoun, fils d'Abaka, devint khan?
738 (8 janvier 1289 — 7 janvier 1290).
Argoun-Khan mourut et eut pour successeur Gaïkhatou.
Le sulthan Alfi [Kélaoun]| enleva Tripoli aux chrétiens.
739 (8 janvier 1290 — 7 janvier 1291).
Après la mort de Kélaoun, son fils, [Mélik el-] Aschraf, fut fait sulthan.
740 (8 janvier 1291 — 7 janvier 1292).
Aschraf prit Acre sur les chrétiens”. Ceux-ci livrèrent sans résistance Tyr,
Sidon et Beyrouth. Cette année, les établissements chrétiens furent anéantis dans
le Sahel (littoral).
1 Abaka mourut des suites de son intempérance,
le 17 avril 1202, et Mangou-Timour fut em-
poisonné par Moumin-aga, commandant de Djé-
ziré, à l'instigation du vizir Ala-eddin, vingt-cinq
jours après. {V. d'Ohsson, Hist. des Mongols, t. III,
p. 537-538.) Sanuto (lib. IIT, part. XIII, cap. vu)
rapporte une version différente : « Abaga contra
«soldanum Babyloniæ congregavit exercitum ; sed
‘ procurante quodam Saraceno Persa, a familiaribus
«muneribus corruptis, simul cum fratre Tango-
« domor (Mangou-Timour), veneno extinctus est.
« MCCLXXxXII. Âbaga successit frater Tangodomor
« (Tagoudar-Ogoul), in pueritia baptizatus, sed
« Saracenus effectus, Machumeth (Ahmed) cham
« voluit appellari. »
? En 1284, le 10 août, suivant D'Ohsson, t. II,
p. 607. Sanuto (loc. laud.) est d'accord avec Hé-
thoum en donnant la date de 1285.
3 La prise d'Acre eut lieu le vendredi (lis. mardi)
18 mai, suivant Sanuto (lib. III, part. XIE, cap. xxi
et xx11) ; le vendredi 17 de djoumada 1° (12 mai)
990 (1291), d'après Makrizi (t. II, J°° part. p. 125).
DE HÉTHOUM, COMTE DE GOR'IGOS.
189
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741 (8 janvier 1292 — 6 janvier 1293).
Aschraf prit la forteresse de Hr'om-gla, résidence des patriarches d'Arménie,
et fit prisonnier le seigneur Étienne, catholicos *. On lui livra volontairement le
château d'Abëldjés, situé sur la frontière. Le roi Héthoum [II], pour obtenir la
paix, lui céda aussi l'inexpugnable forteresse de Béhesni.
Cette même année, les Arméniens et les Syriens nestoriens tombèrent dans
l'erreur sur l'époque de la célébration de la fête de Pâques *.
742 (7 janvier 1293 — 6 janvier 1294).
Le sulthan Aschraf fut tué par ses officiers et remplacé par Kit-Bouga *.
Héthoum, roi d'Arménie, céda la couronne à son frère Thoros, et, embrassant
la vie religieuse, fit profession sous le nom de Macaire.
Douze galères génoises combattirent à Aïas contre trente-deux galères et vais-
seaux de transport" des Vénitiens, et sur ce nombre en prirent vingt-quatre.
Le roi Héthoum remonta sur le trône.
Le seigneur Grégoire [VII, surnommé] le don des prêtres, fut élevé à la dignité
de catholicos.
1 Une enceinte de sept murailles protégeait la
forteresse de Hr'om-gla. Elle était défendue par le
baron Raymond, oncle maternel de Héthoum. Les
Égyptiens, l’ayant enfin emportée d'assaut, pillèrent
et incendièrent les églises, s'emparèrent des vases
sacrés et de la dextre de saint Grégoire l'Illumina-
teur. Sur ces entrefaites, le bruit ayant couru que
des croisés , arrivés d'Europe, étaient venus mettre
le siége devant Alexandrie, Melik-Aschraf s’en re-
tourna. Îl mourut cette même année, et son suc-
cesseur, Kit-Bouga, fit la paix avec Héthoum, en lui
renvoyant les reliques et les vases sacrés ainsi que
les prisonniers enlevés à Hrom-gla. Le catholicos
Etienne resta un an en captivité, jusqu’à sa mort,
qui fut causée par le chagrin.
Hisror. ARM. — Î].
2 Voir, au sujet de cette dissidence religieuse, ci-
dessous le poëme composé par le roi Héthoum IT,
et mes Recherches sur la chronologie arménienne, t.f°’,
1 partie, ch. 17, $ 5, et note 218 de ce chapitre.
3 Mélik-Aschraf eut d'abord pour successeur Na-
cer Mohammed, fils de Kélaoun:; mais au bout d'un
an celui-ci fut déposé et remplacé par Mélik-Adel
Zein-eddin Kit-Bouga, lieutenant du royaume.
4 Il ya dans le texte, 4wp#@, tarith, qui est l'arabe
8 yb, vaisseau de transport, en latin du moyen âge,
Tarida, Tarides, Tareta. (C£. Et. Quatremère, dans
sa traduction de Makrizi, t. I*, 1° part. p. 144,
note 8; Silvestre de Sacy, Chrest. arabe, t. II, p. 44,
2° édit. et Du Cange, Glossar. med. et infim. latini-
tatis.)
62
490
TABLE CHRONOLOGIQUE DE HÉTHOUM, ETC.
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743 (7 janvier 1294 — 6 janvier 1295).
Gaïkhatou-Khan fut tué!. Baidou-Khan lui succéda. Cette même année, Baïdou
périt, et fut remplacé par Gazan-Khan, fils d'Argoun.
745 (7 janvier 1296 — 5 janvier 1297).
Le roi d'Arménie, Héthoum II, et son frère, le baron Thoros, abandonnèrent
l'administration du royaume à [leur frère] Sëmpad, et se rendirent à Constanti-
nople *.
Les Génois furent en lutte avec les Vénitiens à Constantinople; ils tuèrent le
baïle [de Venise] et cinquante-six personnes”, et firent un butin considérable.
Cette même année, le sulthan d'Egypte, Kit-Bouga, fut tué, et eut pour succes-
seur le sulthan Houçam-eddin Latchin“.
756 (4 janvier 1307 — 4 janvier 1308).
Le 17 du mois de novembre, le grand baron d'Arménie, Héthoum, et le fils du
baron Thoros, frère de Héthoum, Léon, roi d'Arménie, ainsi que d'autres person-
nages considérables, furent mis à mort traîtreusement, sous les murs de la forte-
resse d'Anazarbe [par ordre du général mongol Pilargh ou | *.
1 Ji fut étranglé avec une corde d'arc par ses
généraux, le jeudi 23 avril 1295. (D'Ohsson, Hist.
des Mongols, t. IV, p. 153.)
? Les deux sœurs de ces princes, Ritha [Margue-
rite] et Théophanô, avaient été fiancées, la pre-
mière à Michel, fils ainè de l'empereur Andronic
le Vieux, qu'il venait d'associer à l'empire, et la
seconde à Jean Ducas, l’Ange Comnène, fils de
Jean sébastocrator. Toutes les deux, en recevant
l'onction du saint chrème, suivant le rite de l’Église
grecque, changèrent de nom; on donna à Ritha
celui de Xéné ou Marie, et à Théophan celui de
Théodora, que portait la mère de l'empereur. Les
uoces de Marie furent célébrées le 16 janvier 1296.
Elle eut deux fils, Andronic, qui fut plus tard em-
pereur, et Manuel; et deux filles, Anne et Théo-
dora. Sa sœur, en allant rejoindre son fiancé, mou-
rut en route, et fut enterrée à Thessalonique.
(Pachymère, t. I, lib. IL, cap. v et vi; Nicéphore
Grégoras, VI, vir1.)
$ ]l doit ici y avoir une erreur, car Pachymére
(t. IT, liv. IT, ch. xx) atteste que le massacre fut
si considérable, qu'il fallut creuser de grandes
fosses pour y entasser les cadavres.
& Latchin fut proclamé le 15 de moharrem 696
(14 novembre 1296), d'après Aboulféda et Abou'l-
méhacen, apud D'Ohsson (Hist. des Mongols, t. I,
p- 211)et De Guignes (Hist. des Huns, t. IV, p. 174).
5 Cf. le continuateur anonyme de Samuel d’Ani,
ci-dessus, p. 466, et Sëmpad, ad annum 756.
VAHRAM D'ÉDESSE.
NOTE PRÉLIMINAIRE.
Pour connaitre la vie de Vahram, nous n'avons, comme pour beaucoup
d'autres écrivains de sa nation, que quelques informations rares et incomplètes
qu'il nous donne sur lui- -même et qui sont éparses dans son livre. Nous
savons quil était natif d'Édesse, qu'il fut attaché au service du roi Léon III,
en qualité de chancelier, et que c'est par l'ordre de ce prince qu'il composa
son poëme. Ïl le destina à faire suite à celui de saint Nersès Schnorhali inti-
tulé Ù puni (récit historique en vers)’, et dans lequel ce docte et
éloquent patriarche a retracé sommairement les principaux événements de
l'histoire d'Arménie, depuis l'origine de la monarchie jusqu'aux premiers
temps de la dynastie des R'oupéniens. Le poëme de Vahram est en vers mo-
norimes de huit syllabes, comme l'élégie de saint Nersès Schnorhali sur la
prise d'Édesse par Zanghi et celle de Grégoire Dgh a sur la prise de Jérusa-
lem par Saladin. Il en a paru trois éditions; la première, à Madras, en 1810,
assez défectueuse et incorrecte: la seconde, à Calcutta, en 1832, et la troi-
sième, récemment publiée à Paris, par M. l'archimandrite Garabed Schahnaza-
rlan”, mais moins complète que celle de Calcutta et inférieure aussi pour la
correction. C'est le texte de Calcutta que j'ai cru devoir suivre et que J'ai
reproduit, en y ajoutant quelques variantes utiles que m'a fournies l'édition
de Paris. Comme je l'ai fait précédemment pour les compositions de saint
Nersès Schnorhali et de Grégoire Dgh'a, j'ai traduit vers pour vers, aussi litté-
ralement que me l'a permis le génie de notre langue. Une version très-abrégée
ou plutôt une imitation en avait été publiée déjà par M. Frédéric Neumann, en
anglais, aux frais du Comité des traductions orientales de Londres; mais cette
version, qui suflisait sans doute au but que s'était proposé le savant profes-
seur de Munich, ne saurait donner qu'une idée imparfaite de l'original.
Vahram passe rapidement sur les règnes des premiers princes R'oupéniens,
et ne développe sa narration qu'à partir de Léon IT et en racontant les événe-
ments dont il a été contemporain. D'après ce qu'il dit dans son Prologue, il
jour en 1859, comprend la Chronique de Sëémpad
1 Œuvres poétiques, Venise, 1830, in-32 (impr.
(pages 21-141) et le poëme de Vahram (pages 185-
des Mëkhitharistes de Saint-Lazare), p. 498-539.
? Tome V de la collection que fait paraître, sous 242).
le titre de Galerie historique arménienne, format in-1 2, 3 Translations from the chinese and armenian, by
M. Garabed Schahnazarian. Ce volume, qui a vu le Charles Fried. Neumann, London, 1in-8°, 1831.
62.
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199 VAHRAM D'ÉDESSE.
paraît que, outre son poëme, il avait composé un Traité sur la Sainte Trinité
et l’Incarnation. Soukias Somal, dans son Quadro della storia letteraria di Ar-
menia (p. 115), lui attribue aussi quelques homélies sur différents points de
dogme et de discipline. La nature de ces travaux montre que Vahram appar-
tenait au clergé régulier, comme tous les hommes de sa nation voués à l'é-
tude ; et le surnom de Raboun (en syriaque Rabban, docteur, maître), sous
lequel 1d est désigné communément, et qui rappelle la savante cité dont il était
originaire, prouve le cas que ses compatriotes faisaient de son érudition et de
ses talents littéraires.
CHRONIQUE RIMÉE
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE,
PAR LE DOCTEUR VAHRAM D'ÉDESSE!.
Se VErebuf proue tu
SurouEuft que pute qppbu
{ Vague ju Sun cn Eu),
{ Juan np anne sipbeuy -
Le A Laufiub uw wbunh uljputreu,,
Le Ps EJfprt Suum tu :
O apahun Bit Laqu JuyuitEuwl, ,
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O np UT TL LT L duwlnigbiu,
10 ] AA Sun cp puujl od-Eauy
»
{ ppeunnnnefbubu hd Spounliuybiuy
1 Voici le titre que porte le poème de Vahram
dans l'édition de Calcutta : Séwnt Wwépuwdiyy Jp
dupquutef (pupo 4nsbgEey, euÿ aurbiun ph
Eppoprl Vo wpeuf Louez, mpwphus pou féurpey
vopfv wppuyh quwdin Qfer &ujeg aunfg sudiiudh,
« Histoire d'Arménie, écrite sous une forine mé-
« trique, par le seigneur Vahram, le grand docteur,
« surnommé Raboun, l'habile chancelier du roi d’Ar-
«ménie, Léon TI, à la demande de ce prince. »
boncpe Sop£t wntnrg qupäbul,
(le ds b deg bgke Suubuy,
GeSaugbunug dEpng Ywgbuy
Qrpd.p L Qu puñup fhquuuwubeu,
D une quanju puy url eu -
xe qgnnu wsop dEnnd/p anbubiuy,
Pansle 2j aller ut L:
Le whuipop Jeyeg jee Eu,
O wÿ bus apeby eulhu. sunhbuy,
Cz bibl aheçhur Jeyaiubruug : 20
rt Eu {] uSqpu (hewprch Zujbbuw),
(| >e Jhuuwhg nehajuwgbu, ,
L'édition de M. l’archimandrite Garabed Schahnaza-
rian remplace ce litre par le suivant :
Queer Luyng wygk,
Prebup ous sun, pouf,
Uuwépudiu, Jupquwubinf
UE EgL0g Vrory pwqwel :
Histoire d'Arménie, composée en vers métriques, par Vah-
ram, docteur de la ville de Sis, dans la Cilicie,
Ligne 4. wnghe — 5. Qun hp — 6. be Push yPogt — 7. vagfe — 8. FR fopunn — 10. LEnb — 19. find
arbre — 20. [bb qghepur — 22. nchuwju Ywgbuw,
TRADUCTION.
Le seigneur Nersès, ce prélat rempli de lu-
mières,
Patriarche d'Arménie, a retracé le récit
Qui contient l'histoire de notre pays
En vers métriques.
Il l'a commencé à partir de l'époque de nos an-
cêtres,
Et l'a conduit jusqu'au temps où il vivait;
Il les a peints tels qu'ils furent,
Et les a fait servir de lecon à toute notre nation.
Après avoir vu et lu ce travail,
iv Léon, roi d'Arménie, consacré par l'onction
sainte,
M'a donné l'ordre, à moi, infime,
De continuer l'œuvre de notre saint père.
Les événements survenus jusqu'au temps actuel,
Ce que les chefs placés à notre tête
Accomplirent ou dirent de remarquable, comme
l'avaient transmis
* Et rapporté des hommes dignes de foi;
Ce que nous avons vu de nos propres yeux, ”
Ou recueilli de la bouche des autres,
Il m'a prescrit d'en faire le récit en vers,
Pour que ces choses soient mieux connues. 20
Donc moi, Vahram, surnommé Raboun,
Dépourvu d'intelligence,
3
4
3
4
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AQ4 CHRONIQUE RIMÉE
Vouncuéwyf pebfe p fepdbiuy,
Le lywrahohuu ns Janfañtikeuy,
Povwrpuyh juge Swp4Egkuw,,
L£ dinp nwmwpbphul-
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Quow,g Ypokhv june <usubrau) ,
Meubu Moqou & Spulytw,
Lee 4 hohhhé paru qgpobuwl,,
Gr papes dEp Sprubwy,
Gen pqune [uv quu Sunligrhre,
Peuçämugni 4nes dpupesbu, :
Pouyoguith yyd que$m ph,
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À égk trur. Sun, - sl
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Gunupuwuyu Sudiupäwkhug,
Greund bd juju wuguuuaiute,
(le ce Euhg put & bepSEwg,
Crmuuku fou apeba,
Ve ec pad} np tufounntug,
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Seye L opt dy Suivm.gku,
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60
27. OF Spudisufu jnip Enbuwy — 32. Sheobuwy — 36. Spmdiwph, — ho. log puuuph — 13. Jer$SEuuy
— 52, qu dun gnegbu — 56. Gun uÿ hu — 65. CowncwënifpEuilp
Mais instruit des paroles de l'Écriture sainte,
Quoique ne les mettant pas en pratique,
Excité par le roi à ce travail,
Je suis tombé dans une grande perplexité;
J'ai craint, en désobéissant aux volontés
Que le monarque m'avait manifestées,
D’encourir un double châtiment,
Suivant le précepte de saint Paul.
À la narration qui a précédé la mienne,
Ajouter mon maigre récit
Me semblait une témérité,
Une présomption, une tâche au-dessus de mes
forces.
Effrayé de cette pensée,
J'inclinais À abandonner ce labeur.
Mais, ensuite, je réfléchis
Et je considérai avec raison
Que mon travail faible et dépourvu de mérites,
Ajouté au travail de mon devancier,
N'altérerait point la beauté
De son œuvre magnifique.
Même chose arrive dans la peinture
Aux maitres habiles dans cet art;
Parnni leurs couleurs, ils choisissent le noir,
Et le marient avec de l'or :
Non point parce qu'ils regardent le noir comme
une beauté, .
Ou égal à l'or,
Mais afin que cette dernière couleur, bien tran-
chée,
Se détache aux yeux par ce contraste; 50
L'or, par ce rapprochement, n'est point altéré;
Au contraire, il paraît plus brillant.
Il en sera de même de notre récit défectueux,
Destiné seulement à rehausser l'éclat de celui
[qu'il continue |.
Ces pensées ont ranimé notre courage,
Et nous avons osé nous mettre à l'œuvre.
J'ai mis mon espoir en celui
Qui a départi la raison à tous les hommes,
Qui a donné à chacun l'intelligence
Et qui n'a rebuté personne; 60
L'Étre qui se manifeste en trois personnes
Ne formant qu'une nature unique et égale,
Le Père et le Fils, tels qu'ils se révèlent à nous,
Et le Saint-Esprit, que la foi confesse ;
Puissance unique,
Qui est adorée dans son essence,
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE.
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70. bës gen L — 71. Uidfrpv op nparnÿt — 72. Sngenÿu — 79. wygpu — 85. Guruwgunnft —
89. opEtu Eybuy — 95. Our apal — 96. vunncwmugnegbuw, Te gubpncO fi wXbgncghu, « ils accrurent
leur tyrannie et augmentèrent leur puissance. »
De laquelle nous avons reçu l'être
Et qui nous conserve par sa prévoyante bonté.
C'est donc en son nom que nous commençons
70 Notre histoire, et que nous la finirons.
Le Père a engendré le Fils,
Et du Père procède le Saint-Esprit !.
Remontant un peu en arrière,
Et empruntant aux récits de nos ancêtres,
Je répéterai ce qu'ils ont dit,
Jusqu'à ce que je sois parvenu au temps où
nous vivons. |
[Les nations] éclairées des lumières de la foi,
Et qui ont été initiées à la plus pure doctrine;
Celles qui portent le nom de chrétiens,
80 Et qui forment l'héritage de Dieu,
Ont prévariqué en transgressant la loi,
Et se sont souillées de mauvaises actions.
1 L'Église arménienne, comme l'Église grecque,
admet le dogme de la procession du Saint-Esprit
pour le Père seulement. (Voir l'exposé de la foi
de l'Église arménienne par saint Nersès Schnor-
hali, dans mon ouvrage intitulé : Histoire, dogmes,
traditions et liturgie de l'Église arménienne orientale,
3° édit. p. 67.) Guiragos, dans son Histoire d'Ar-
ménie (p. 196-199, éd. de M. Osgan), rapporte
que le pape [ Grégoire IX] écrivit au catholicos
Constantin et au roi Héthoum I‘, pour les engager
à reconnaître, comme l'Église occidentale, la pro-
cession du Saint-Esprit par le Père et le Fils. Ils
réunirent un concile à Sis, composé des hommes
les plus savants de la Cilicie, parmi les Arméniens,
Leurs péchés ayant comblé la mesure,
Et allumé la colère du Seigneur,
On vit sortir du désert
Un feu qui s'était allumé dans l'Arabie.
C'est Mahomet que je veux désigner,
Ce fils de perdition,
Qui enseigna l'erreur,
Et entraîna sur ses pas nombre de populations. 90
Les armes et le glaive à la main,
Il s'empara de beaucoup de contrées.
Ce scélérat prit fin,
Mais sa perversité lui survécut.
Car ses descendants se succédèrent de père en
fils,
Et leur tyrannie ne fit que s'accroître.
Au bout d'un temps assez long,
Accourut des pays septentrionaux
les Grecs et les Syriens. Les Grecs furent d'avis
que le Saint-Esprit procède du Père seulement,
et quil a été manifesté dans le temps par le Fils;
mais quelques Syriens pensèrent différemment.
Les Pères arméniens du concile consultèrent alors
les docteurs de la Grande Arménie les plus en re-
nom, Jean Vanagan, Vartan, Joseph et autres,
lesquels répondirent que les Saints Pères, qui ont
purgé l'Église des hérésies, avaient employé, en
termes explicites et formels, la profession de foi de
l'Église romaine. Néanmoins le concile crut devoir
adopter la doctrine des Grecs, et une lettre dans
ce sens fut transmise en Occident. (Cf. Raïinaldi,
Annal. eccles. ad ann. 1238.)
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11
196 CHRONIQUE RIMÉE
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U'uponle geghuru dpuuiuqbu,,
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10
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Vu coul wpluumugku,,
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102. qupébu — 106. Juubu, — 107. l'en de géngburv — 117. qupibus — 119. Leu — 122. EH
— 194. gén bpdbu, — 128. rg$nsukbus — 130. Quwuwnynyhhn), — 193. wpdiuwumwgbu, — 134. gg
— 135: Ur — 136. wnncquobuw — 137. gasEuy — 138. wuny bu —— 139. dkpà Gaby — 140. LA
œuncu VpdEv dujubu,
Üne nation qui portait le nom de Turks,
100 Êt qui était divisée en vingt-quatre tribus.
[Cette nation] ravit l'empire aux Arabes (Da-
djigs),
Tout en adoptant leur fausse religion.
Elle abattit les rois de la terre,
Et triompha des Césars;
Elle porta partout la guerre,
Et extermina toutes les nations,
Mettant en danger le corps et l’âme
De ceux qu'elle avait soumis à sa domination.
Parvenus à Babylone,
[Les Turks] y établirent leur empire.
Arrivés dans l'Orient,
Dans les pays qu'habite la race arménienne,
Hs l'accablèrent de maux,
Et lui imposèrent un joug pesant.
Mais les Arméniens, fatigués de cette oppression,
Et ne pouvant plus supporter leurs souffrances,
Se relirèrent vers l'Occident,
Et s'enfuirent vers les contrées du Nord,
Abandonnant leur patrie
11
©
Pour émigrer à l'étranger. 120
Le roi d'Arménie consacré par l'onction sainte,
Kakig [deuxième du nom|,
À la vue de tant de malheurs,
Et dans la prévision de ceux qui menaçaient la
nation,
Céda tous les pays dont il était maître
À l'empereur des Romains? ;
I prit en échange
La grande et célèbre ville de Césarée,
Et la souveraineté de nombre de lieux
Qui faisaient partie de la Cappadoce. 130
Là se fixa le peuple arménien,
En étranger, au milieu des Grecs.
Alors se réveilla la vieille haine
Qui existait entre les deux nations;
Elle prit de nouvelles racines,
Et produisit de très-grands troubles.
En effet, un certain Marc,
Métropolite des Grecs,
Avait élevé un chien
Auquel il avait donné le nom d'Armén. 140
C'estàdire Bagdad. (Voir Matthieu d'Édesse, ci-dessus, page 19, note 1.) — ? Constantin Monomaque.
15
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160
150
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE.
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— 104. OUeughunn, — 170. Urn dogogo — 172. L. sur. &wgkuw — 178. Lagus wnbuw; — 170. &buop —
180. pafosnuwpébkiw,
Kakig, en ayant été instruit,
Convia le métropolite à un banquet;
Et ayant demandé avec instances le nom du
chien du prélat,
Celui-ci, qui redoutait Kakig,
Appela d'un autre nom l'animal,
Qui resta sourd à sa voix;
Mais aussitôt qu'il eut prononcé son véritable
nom, Armên,
Le chien accourut avec empressement.
Alors le roi ordonna de le saisir ainsi que
Marc,
Et de les précipiter ensemble dans un sac;
H les fit frapper si rudement,
Que le chien et le métropolite expirèrent ’.
Les Grecs, furieux,
Persécutèrent les Arméniens;
Le roi Kakig, pris et chargé de chaînes
Par les fils de Mandalé, périt sous leurs coups.
Les chefs arméniens, affaiblis,
Nos guerriers, méprisés,
Abandonnèrent leurs possessions,
1 Le récit de cette singulière et abominable ven-
. geance du roi Kakig II se trouve raconté dans tous
ses détails par Matthieu d'Édesse, ch. xciv de matra-
duction complète, Bibl. hist. arm. t.T, p. 152-154.
H1stToRr. ARM. — I.
Et se dispersèrent de tous côtés.
160
L'un de ces chefs les plus distingués,
Parent de Kakig,
R'oupêén,
S'empara de la forteresse de Gobidar’.
* Ayant appris la mort de Kakig,
H partit avec sa famille,
Et, franchissant la chaîne du Taurus,
Vint descendre dans les plaines de la Phrygie;
Puis, se dirigeant vers le village
De Gor’moloz?, il y fixa sa résidence.
Le Taurus avait déjà reçu
Des populations arméniennes qui s'y étaient éta-
blies. :
Toutes se rassemblèrent à sa voix;
Le grand R'oupèn les attira à lui.
Devenu très-fort par ce concours,
Il se rendit maître de ce pays de montagnes;
Il en chassa les Grecs,
Et y assit sa domination.
Après une vie passée dans Îa piété,
Il alla rejoindre le Christ.
170
2? C'est le même nom qui est écrit Yrenge/n,
Gor'ozomol, ou Wnendngny, Gor'omozol. (Cf. ci-
dessus, p. 471, et ibid. note 3.)
63
98
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CHRONIQUE RIMÉE
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bo Grow bu) Fab Rowgbus,
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189. dupuncghu, — 198. Aer vu — 1099. wpbiuwy — 203. GadEububuu — 208. Nr & quiué ES fu gai.
sé, — 213. bofuiug — 2 14. bogncnbqug — 2923. U'her
Sa principauté devint l'apanage
De son fils légitime,
Constantin,
Prince éminent par sa sagesse et sa vaillance.
Constantin s'empara de la célèbre forteresse
De Vagha',
Et en fit son habitation
Et le siége de sa puissance.
I déploya son courage dans maints combats,
190 Et fit de nombreuses conquêtes.
Il passa les Grecs au fil de l'épée,
Et vainquit leurs armées. ,
1 obtint des marques de haute estime de la
part des Franks, |
Qui dominaient en Orient.
ll fut leur compagnon d'armes,
Et guerroya avec eux contre les Turks.
Aussi ils l'élevèrent à la dignité de comte,
Et lui donnèrent ce titre et celui de marquis.
Son nom devint célèbre,
200 Et se répandit de l'autre côté de la mer.
Ïl se rendit recommandable par la pratique des
bonnes œuvres,
Et s'illustra par sa foi.
Plein de bienveillance pour tous,
I fut le bienfaiteur du pays.
Tandis qu'il était occupé à faire fleurir
Ses États et 4 y répandre le bonheur,
Un jour, un signe apparut,
Qui présageait Ja mort de ce grand prince.
Un plat posé devant lui,
Et qui était en argent, 210
Tout à coup s’envola,
Et vint tomber dans un coin du palais,
Au milieu de sept autres
Plats, où il disparut.
Les sages, interprétant ce prodige,
Dirent qu'il annonçait que Constantin irait
bientôt rejoindre ses aïeux.
En effet, ce prince, étant mort en Jésus-Christ,
Fut enseveli à côté de R'oupên, son père.
L'un et l'autre eurent leur sépulture dans le
saint couvent
De Gasdagh'ôn. 220
Constantin laissa après lui
Deux princes auxquels il avait donné le jour;
L'ainé se nommait Thoros,
Le second, Léon.
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE. 199
re bep pauñtegtu,
Le cata Soprt {bug
Péounm bu} wnanbibuy,
Le eupn Bug qrfupuñutu:
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230 O ES Quel, np Ep vuquiuba,
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Le eunuft diu$wgnegbu
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Le de flebait Jhpwpbpha) :
Uysnc L hpu gopugbu,
Le qua Greg jun uSwpb y:
Mer ul wbqbug bob,
240 O upqupes Jfuppt goutte, -
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Le Qecrst Ephhe 4rstu :
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Le quote tape una bu) :
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Le Peklopt ain Æuÿukug :
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Le aupqhop bupfunlugko :
Us cyuukul 4Etep 4wgkw,
Leur Pighounnu dEpuuhnfutw),
Poncpe aff qui EqEu,
(re 5 ewqupl añuncu ynsbu :
225. wugpuuhfu — 2268. unwqwpe bu, — 231. OUastuuw,kh — 232. OUranouturh — 2306. b &uyu
ebrbw, «ayant emporté [cette image] en Arménie. » — 237. &qh uw — 244. Ep — 260. duwjvbuy
a —_—_—_—_—_—_— 2 — © ——————_—_———————— …."—— ———…— —— ——— — ———— —— ——— — — —————…— — —————…—… …’”…"”…"” —_ _._. —_…—_—_. _…—…—…—_— . — —")…" — —
Le premier hérita du pouvoir
Et des États de son père.
Il était d'une sagesse consommée,
Et d'une bravoure qui lui valut les plus grands
éloges.
Aussitôt il s'empressa de venger le trépas
230 Du grand Kakig, victime d'un meurtre.
S'étant emparé des fils de Mandalé,
Il détruisit leur forteresse de Guentr'asgô;
Il y prit quantité de trésors,
Et mit les fils de Mandalé à mort.
Ayant trouvé là une image de la Mère de Dieu,
II l'emporta avec lui.
Cet exploit accrut sa puissance;
Il battit les troupes grecques;
C'est ainsi qu'il prit une foule de contrées,
240 Ainsi qu'Anazarbe.
HN éleva dans cette ville une vaste église,
Qu'il plaça sousl'invocation des Saints Guerriers!;
1 Les Arméniens désignent sous le nom de
Saints Guerriers, UWacpe OfFvninpe, saint Sarkis
(Serge) et ses compagnons d'armes et de martyre.
La légende raconte que saint Sarkis, Cappadocien
de naissance, était général dans l’armée romaine,
sous le règne de Constantin le Grand, et qu'il se
distingua par sa valeur dans les combats contre les
barbares. Sous Julien l’Apostat, le pieux Sarkis se
réfugia en Perse avec son fils Martyros et quatorze
1 y déposa l'image de la Vierge,
Comme l'attestent des inscriptions gravées sur
pierre. |
Il régna en prince vaillant,
Et mérita les éloges de tous les peuples,
Qui, abandonnant la dénomination de Cilicie,
Y substituërent celle de pays de Thoros.
Ce prince aimait Dieu de tout son cœur,
Et honorait ses ministres;
I bâtit nombre d'églises
Et de monastères qui devinrent très-célèbres.
Dans le nombre est celui de Trazarg,
Et celui de Maschguévor,
Ainsi qu'une foule d'autres qu'il fonda
Et enrichit de ses libéralités.
Après avoir vécu de cette vie.
Il prit son essor vers le Christ,
Et fut enseveli dans le saint couvent
De Trazarg.
de ses frères d'armes, et rendit témoignage avec eux
à Jésus-Christ devant le roi Sapor Il; ils eurent tous
la tête tranchée et reçurent la couronne du mar-
tyre. L'Église arménienne célèbre leur fête le à fé-
vrier. (Cf. Histoire, dogmes, traditions et litargie de
l'Église arménienne orientale, 3° édit. p. 103-104; et
Vies des Saints, par J. "B. Aucher, Venise, 1815,
12 vol. in-12,t. Îl, p. 3-65.)
65.
250
260
250
260
500
Uress opab db be Portes,
(lJ Qrouuefiv wiunit Eqbu,
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ULoe duswgne abard pupäba :
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CHRONIQUE RIMÉE
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Il laissa en mourant un fils
Nommé Constantin.
Des scélérats ayant jeté dans les fers [ce jeune
prince|,
Le firent périr par le poison.
Alors vint [Léon] frère de Thoros.
Léon |
Succéda à son frère
Et se montra son émule.
K prit Mamesdia (Mopsueste),
270 Et arriva jusqu'à la grande ville de Tarse.
Ces exploits lui valurent une renommée écla-
tante,
Et excitèrent l'admiration de Roger [d'Antioche].
Celui-ci pressa Léon avec instances,
Et l'invita à marcher avec lui dans les com-
bats.
Ces deux princes étant venus ensemble assiéger
Azaz,
[Roger] engagea le brave [Arménien | à com-
mencer l'attaque.
Léon y consentit,
Et en vint aux mains avec les infidèles.
I s'empara de cette place,
* Dans cette énumération des fils de Léon I",
Vahram a oinis Constantin, que mentionne Sémpad
Et les passa au fil de l'épée. 280
Ces exploits inspirèrent une vive admiration
À la brave nation [des Franks] qui en fut té-
moin ;
Les infidèles effrayés
Le surnommèrent Astyage.
Léon, couvert de gloire,
S'en retourna dans ses États.
Il y donna naissance à son quatrième fils,
Incomparable entre tous;
D'abord il eut Thoros, surnonuné le Grand,
Et Sdéph'anè, qui porta la couronne, 290
Ensuite Mieh, qui précédait
R'oupèn, le dernier de tous.
Cependant l'empereur des Romains [Jean Com-
nène|,
Surnommé Porphyrogénète,
Ayant appris les hauts faits de Léon,
Entra en fureur,
Et aussitôt, à la tête d'une armée considéra-
ble,
Ï pénétra en Cilicie.
I fit prisonnier le brave Léon,
Qui fut cerné par un fort détachement, 300
(ad annum 585), et qui fut privé de la vue par ses
frères.
= —— —
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE. 501
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Et qui, au lieu de chercher un abri dans une
forteresse,
Était allé se réfugier dans les montagnes.
Aussi fut-il bientôt pris,
Et conduit chargé de chaînes à l'empereur.
D'autres prétendent que l'empereur lui avait
donné la garantie d'un serment,
Et que ce fut par stratagème quil l'attira à lui.
1 s'empara aussi des deux fils de Léon,
Et les fit charger de chaînes avec leur père.
Il les emmena tous trois à Constantinople,
310 Et les renferma dans une prison.
Mieh ne se trouvait pas en Cilicie,
Ni Sdéph'anê non plus,
Lorsque leur père fut fait captif;
Ils étaient partis pour Édesse,
Et s'étaient retirés auprès du comte de cette
ville,
Qui était leur oncle maternel”.
L'empereur, ayant soumis la Cilicie,
Détruisit entièrement les forces arméniennes.
Puis ayant laissé là une partie de son armée,
320 Ï s’en retourna [à Constantinople].
1 I y a dans le texte arménien ebnp, mot qui
signifie « oncle du côté de la mère.» Notre au-
teur commet une erreur qu'il est facile de recti-
fier en jetant les yeux sur le premier tableau de la
généalogie des R'oupéniens. Josselin de Courtenay,
le Vieux, avait épousé la sœur de Léon I‘, père de
Léon, jeté en prison
Avec ses deux fils, y vécut dans l’affliction,
Sans autre espoir que la protection
De celui dont le trône s'élève au plus haut des
cieux.
Enfin la divine Providence leur devint favo-
rable,
Et toucha le cœur de l'empereur.
Ce prince, dès ce moment, traita Léon de la
manière la plus honorable,
Et l'admit continuellement avec ses deux fils
auprès de lui.
Il l'invitait à sa table, dans le palais,
Et l'emmenait prendre le divertissement de la 330
chasse.
I voulut qu'il fût revêtu d'un costume magni-
fique,
Et qu'il eût des chevaux à sa disposition.
Un jour l'empereur, s'étant rendu
Au bain pour vaquer aux soins de sa toilette,
Manda Léon,
Et lui témoigna en cette occasion, ainsi qu à
ses fils, une grande considération.
Mleh et de Sdéph ané. Lorsque ceux-ci se réfugièrent
à Édesse, cette ville était alors en la possession du
fils de Josselin le Vieux, Josselin IT, qui était, par
conséquent, le cousin germain, et non point l'oncle
de ces deux princes.
502 CHRONIQUE RIMÉE
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Là se trouvait R'oupên, qui s'était distingué par
sa bravoure
Et par de merveilleuses prouesses,
Au service de l'empereur,
310 Et que celui-ci voulait honorer.
En ce lieu s'élevait un bassin rempli d'eau;
R'oupén, l'ayant saisi d'une main vigoureuse,
Le souleva hardiment,
Et le déposa devant le monarque.
Les assistants, étonnés de ce trait de force,
Proclamèrent R'oupên un nouveau Samson.
Mais les guerriers, jaloux de lui,
Et pleins de haine à son égard,
Insinuërent à l'oreille de l'empereur
350 Des calomnies pour le perdre.
Par leurs artifices, ils parvinrent à le noircir,
Et à lui ravir la vie.
Thoros resta seul
Avec son père, dans l'exil.
Dans sa prison, il eut un songe
Qu'il s'empressa de lui raconter.
«J'ai vu, lui disait-il, pendant mon sommeil,
«Un homme vénérable et resplendissant de
u gloire.
«] m'a donné un pain
«Sur lequel était posé un poisson. 360
« Tout étonné,
«Je pris ce qu'il m'offrait.
«Toi, mon père, tu contemplais ce spectacle,
«et tu en demandais la raison:
«Mais tu n'y participais point.»
Léon, ayant entendu ces paroles,
Et éclairé par le Scigneur,
S'avança vers Thoros avec joie,
Et l'ayant embrassé avec effusion ct tendresse :
« Réjouis-toi, lui dit-il, Ô mon glorieux fils,
« Car tu es destiné à être l'égal de nos ancêtres. 370
«Après les maux que tu as soufferts,
« Un bonheur qui t'en récompensera au double
«t'est réservé. |
«Le pays que nous possédions,
« Et que nos péchés nous ont fait perdre,
«Redeviendra tout entier ta propriété,
« Comme l'indique le pain qui t'a été offert;
« Le poisson que tu as vu
«Signifie que tu domineras sur la mer.
«Tu parviendras à ce degré de prospérité;
« Mais moi, je ne la partageral pas.» 380
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PETITE ARMÉNIE. 503
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Léon mourut aussitôt après,
Et remonta vers le Christ.
Alors l'empereur, reprenant des sentiments de
clémence,
Fit sortir Thoros de prison. -
Le jeune prince vécut dans le palais impérial,
Et servit dans les rangs de l’armée ;
B brilla du plus vif éclat.
Jouissant de la faveur du souverain.
Au bout de quelques années,
L'empereur se mit en marche avec des forces
considérables,
Pour aller au secours du prince [d'Antioche]!,
Qui était accablé par Îles musulmans.
[Jean] Porphyrogénète, étant parti,
Vint établir son camp devant Anazarbe.
Mais dans une partie de chasse,
H se blessa lui-même avec une flèche empoi-
sonnée,
Et mourut dans ce lieu,
D'un trépas qu'il avait bien mérité.
Aussitôt ses troupes battirent en retraite,
! Raymond de Poitiers. |
? C'est le lieu nommé par Guillaume de Tyr
(XV, xxn) Pratam Palliorum, et l'assimilation avec
la dénomination arménienne Rwreprke K'agh'értik’,
Emportant son corps. 400
Ses entrailles furent enterrées dans ce même
lieu,
Et on y éleva un monument.
Jusqu'à présent on donne
À ce lieu le nom de K'agh'értik’ 2
Après que l'armée grecque se fut retirée,
Thoros resta dans le pays.
Il existe à ce sujet une foule de traditions
Dont les détails varient.
Les uns disent
Que Thoros arriva tout seul: | 410
Qu'il se rendit par mer à Antioche,
Et de là rentra en Cülicie ;
Qu'il y trouva Sdéph'ané,
Et que tous deux, réunissant leurs efforts,
S'emparèrent d'abord d'Amouda,
Et ensuite des autres places.
Ceux qui étaient attachés au palais de l'empereur
Prétendent que Thoros prolongea son séjour
Jusqu'à ce qu'une princesse grecque,
S'étant éprise de lui, 420
OÙ Rurert4 K'agh'értig, est confirmée par l'histo-
rien latin, qui dit {XV, xxm }, comme Vahram, que
là mourut l'empereur Jean Comnène. C'était une
vaste plaine dans le voisinage immédiat d'Anazarbe.
504 CHRONIQUE RIMÉE
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Lui donna des trésors, Il détruisit la domination des Grecs,
Qu'il emporta avec lui; Et défit leurs armées.
Qu'ayant gagné les parties montagneuses de la L'empereur [Jean] Porphyrogénète étant mort,
Cilicie, Eut pour successeur son fils
Il y rencontra un prêtre Manuel,
Auquel il se fit connaître en secret, Renommé pour sa bonté.
En lui révélant qu'il était le fils de Léon. Ayant immédiatement rassemblé des troupes,
Ce prêtre l'accueillit avec joie, | I marcha au secours des Franks, 450
Et l'employa à la garde des troupeaux. Qui étaient venus de ce côté-ci de la mer,
Cependant les Arméniens restés dans le pays, Et qui étaient harcelés par les infidèles.
430 Et qui habitaient la montagne, Dès qu'il fut parvenu en Cülicie,
En butte aux vexations des Grecs, Et eut appris les faits et gestes de Thoros,
Soupiraient ardemment après le retour de leurs Comment il maltraitait les Grecs,
anciens maîtres. | Et s'était rendu maître de la contrée,
Ayant appris du prêtre Saisi de colère,
Que leur prince chéri était revenu, H fit partir tous ses guerriers
Aussitôt ils se réunirent, Avec l'ordre de lui amener ce prince chargé de
Et saluèrent Thoros comme leur baron. fers.
I se mit d'abord en possession de Vahga’, Il comptait que ses volontés seraient exécutées; 460
Et après ce premier succès, des autres forte- Mais Thoros se renferma dans la forteresse
resses. De Partzérpert,
Quelle que soit la cause de ces triomphes, Et fit occuper les défilés des montagnes
440 I est certain qu'il fut guidé par Dieu. Par des corps d'infanterie.
Sorti de son cachot, Dès que les Grecs furent arrivés sur ce point,
Il recouvra les États de ses pères ; Ils furent aussitôt battus.
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DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE.
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Beaucoup d'entre eux furent faits prisonniers,
Et conduits enchaînés à Thoros.
À la nouvelle de ce désastre,
Manuel éprouva une vive douleur;
Il envoya quantité de trésors,
Et racheta ainsi ses grands officiers.
Thoros, ayant accepté l'argent qui lui était offert,
Le partagca entre ses fantassins.
Les sébastes !, témoins de cette libéralité,
Lui dirent :
« Pourquoi, ayant reçu autant
« D'or, le dissipes-tu en le distribuant à des gens
« vulgaires ? »
Thoros répondit
Aux parolesinconsidérées qu'il venait d'entendre :
«C'est afin que, s'ils vous font prisonniers de
«nouveau,
«Îls vous ramènent chargés de chaînes.»
Les captifs, délivrés, et revenus auprès de l’em-
pereur,
Lui racontèrent ce qu'ils avaient vu.
Manuel, étonné,
1 L'auteur entend, par le nom de sébastes, les
chefs de l'armée impériale, décorés de ce titre
honorifique. C'étaient non-seulement les officiers
grecs, mais encore ceux d'entre les Arméniens
qui, feudataires de l'empire ou à la solde de Manuel,
Hisron. ARM. — Ï.
Invita Thoros à venir faire la paix.
Le prince d'Antioche [ Renaud de Châtillon | in-
tervint,
Et remplit entre eux l'office de médiateur.
L'empereur, ayant réclamé Anazarbe,
Reçut cette ville du grand Thoros. 490
Quant au reste du pays conquis par celui-ci,
Manuel le lui céda en vertu d'un chrysobulle.
Arrivé à Antioche,
Il invita à venir auprès de lui lillustre Tho-
ros,
Dont les hauts faits
Excitaient l'admiration générale.
Les Arméniens retournèrent en Cilicie,
Et l'empereur reprit le chemin de ses États.
Tandis que [les Grecs] étaient campés
Dans la plaine d'Anazarbe,
Thoros s'échappa pendant la nuit,
Et se rendit secrètement à Vahga,
Soit que l'empereur eût machiné quelque trame
900
contre lui,
Et que Thoros en eût été averti,
avaient pris parti contre Thoros. Grégoire le Prêtre
en nomme quelques-uns en racontant en détail
cette défaite d'Andronic par les Arméniens. (Cf.
chap. ex, ci-dessus, p. 167-169.)
64
Se ——— — =
506 CHRONIQUE RIMÉE
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Et qu'il craignît
D'être emmené par Manuel.
Le départ de l'empereur
Ayant rendu à Thoros la tranquillité,
1 recommencça vaillamment ses incursions,
510 Êt sempara de nouveau d'Anazarbe.
I fit rentrer Mopsueste sous ses lois,
Et soumit les bourgs des environs.
Le duc [Andronic] investi du commandement
de Tarse,
Où il avait été placé par l'empereur,
Et qui avait reçu de lui des forces imposantes
Et le gouvernement de ce pays,
Ayant appris la victoire de Thoros,
Réunit les troupes grecques.
H appela Oschin,
520 Seigneur de Lampron,
Et rassembla les Nathaniléens,
Qui possédaient Asgour’as;:
Car les chefs de la race de Haïg, émigrés de
leur patrie,
Étaient venus de l'Orient vers l'empereur;
Ils s'étaient rangés sous sa domination,
1 Les Nathaniléens étaient une famille armé-
nicnne vassale de l'empire, et qui, à ce titre, oc-
cupait la forteresse d’Asgour'as dans la Cilicie
Et avaient recu en retour des dignités.
Aussi ils étaient allés rejoindre le duc [Andronic].
Et avaient pris rang dans son armée.
Ts investirent Mopsueste ,
Où s'était renfermé le brave Thoros. 530
Ce prince, se confiant en Dieu,
Fit une sortie avec une poignée d'hommes.
H vainquit la multitude des ennemis,
Et les fit tous prisonniers.
Parmi les Grecs, les uns se rachetèrent à prix
d'or,
Les autres furent livrés au glaive.
Quant aux guerriers arméniens, il leur laissa la
liberté,
Et se les attacha par des traités d'amitié.
Mais il exigea une rançon d'Oschin,
Et reçut de lui des sommes considérables. 540
Dans la suite, il se lia étroitement avec lui,
Et accorda à son fils la main de sa fille.
Cependant Thoros réunit de nouveau des
troupes,
Et se rendit maître de la célèbre ville de
Tarse.
occidentale. Ils professaient la religion grecque.
(Tchamitch, Hist. d'Arménie, t. I], p. 73.)
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE. 507
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1 parvint jusqu'aux précipices de l'Isaurie,
Et soumit toute la contrée jusqu'à la mer.
La Cilicie entière subit son joug,
Qui s'étendit d'une extrémité à l'autre.
À partir de l'Isaurie,
550 Une foule de districts le reconnurent pour
maitre.
L'empereur Manuel, instruit de ces succès,
Fut saisi d'une vive affliction;
Mais, impuissant par lui-même à faire le mal,
Car il avait éprouvé la force du redoutable
Thoros,
Il envoya un message au sulthan d'Iconium,
Kilidj-Arslan.
I lui donna des trésors en abondance,
Afin qu'il se saisit de Thoros.
Le sulthan, se rappelant les serments
Qui l’engageaient envers le prince arménien,
Refusa d'abord de servir ces projets de ven-
geance.
Mais ensuite il céda aux instances de l'empereur.
Ji réunit des troupes,
Et pénétra en Cilicie.
H vint camper dans la plaine d'Anazarbe,
CG
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Et assiéger la forteresse de Thil.
Alors le Très-Haut se déclara contre les infidèles,
Et, pour les punir,
Les frappa de divers fléaux,
Comme autrefois les Égyptiens. 570
Il leur envoya des moucherons et des guëêpes,
Honteux châtiment qui les fit beaucoup souffrir.
Dans une incursion que fit Thoros,
I alla saccager Iconium,
Et revint chargé de butin.
Alors Kilidj-Arslan lui envoya des présents.
Les infidèles, effrayés de ses exploits,
Et abattus par les fléaux qu'ils éprouvaient,
Se retirérent,
Et rentrèrent chez eux. 380
Revenus une seconde fois à la charge,
Ils furent forcés de reculer honteusement.
Après quoi le sulthan se lia par des serments
envers Thoros,
Et fit amitié avec lui.
Le héros arménien était d'une haute taille,
D'une intrépidité sans égale,
D'une générosité et d'une charité
Qui se répandaient comme les rayons du soleil ;
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508 CHRONIQUE RIMÉE
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Il brillait par le mérite de ses bonnes œuvres;
590 Sa foi était éclatante;
Il était revêtu de l'armure de vérité,
Couronné de justice,
Versé dans la connaissance des saintes Écritures
Et dans la science philosophique;
On dit qu'il avait reçu le don de l'Esprit-Saint,
Et qu'il égalait le Prophète
Dont il expliqua les paroles obscures,
Travail qui existe encore aujourd'hui.
Il fut accompli en tout,
600 Et toujours agréable à Dieu.
Chargé de ces mérites, il passa dans le sein du
Seigneur,
Et fut enseveli à Trazarg.
Cependant Sdéph'anè, dont il a été déjà parlé,
Le frère du grand Thoros,
S'étant arrêté dans la Montagne-Noire,
S'en rendit maître vaillamment.
Germanicia (Marasch) reconnut son autorité,
Avec le pays d'alentour;
Mais plus tard les Grecs se saisirent de lui,
610 Et le précipitèrent dans une chaudière bouil-
Jante.
I mourut dans ces tourments, |
Et rendit son âme à Dieu. |
Son corps fut enterré |
Dans le couvent d'Ark’agagh'in.
Il laissa en mourant deux fils,
L'un, nommé R'oupén,
Et le plus jeune Léon;
Ce dernier régna dans la suite.
Thoros, à sa mort,
Avait un fils en bas âge, 620
Qu'il confia, ainsi que la direction des affaires,
À un chef qui fut créé baron et baïle,
Ét qui était son parent.
Il se nommait Thomas.
Thomas prit auprès de lui ce jeune enfant,
Et gouverna en son nom.
L'un des quatre frères, nommé Mleh,
Dont nous avons fait mention précédemment,
Alla trouver le sulthan d'Alep [Nour-eddin |]
Et séjourna à sa cour, 630
Jusqu'à ce qu'il eut appris la mort de ses deux
frères.
Ayant recu du sulthan ! un corps de cava-
lerie ,
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Cest par erreur que notre auteur donne à Nour-eddin le titre de sulthan, que ce prince, pas
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE.
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I envahit le territoire arménien,
Et y fit beaucoup de ravages.
Mais, n'ayant pu s'en rendre maitre,
Il revint à Alep,
Et ayant réuni une nombreuse armée,
Il pénétra de nouveau en Cilicie. ’
Les chefs arméniens lui envoyèrent une dépu-
tation,
640 Et le proclamèrent baron en faisant la paix avec
Jui.
Mleh, ayant renvoyé les musulmans,
Prit tranquillement possession de la Cilicie.
Il chassa Thomas,
Qui se retira à Antioche, d'où il était venu.
Le ils de Thoros fut pris |
Par des scélérats qui le mirent à mort.
Mleh se montra cruel,
Et se souilla par de honteuses actions;
Aussi ses propres troupes le massacrèrent.
650 Il fut enterré dans le couvent de Medz-K'ar.
Les fils de Sdéph'anè furent élevés
plus que son père Zangui, ne prit jamais. L'un et
l'autre portaient le titre plus modeste d'atabek ou
tatius, sous la dépendance purement nominale des
Seldjoukides de Perse.
1 Pagouran, de la famille des Héthoumiens, fils
de Sémpad, et seigneur de Babar on, était l'oncle
des fils de Sdéph'ané par sa sœur Ritha (Marguerite),
Et grandirent auprès de Pagouran !.
Les grands et l'armée les firent venir,
Et établirent R'oupèn baron.
Ce prince fut bienfaisant,
Généreux avec justice ;
Hi fit fleurir ses États par sa libéralité,
Et les gouverna avec un ordre parfait.
Sa réputation se répandit partout,
Et son éloge était dans toutes les bouches. 660
Les Romains (Franks) se lièrent d'amitié avec
lui,
Et lui donnèrent une épouse,
De laquelle il eut deux filles,
Qui brillèrent par leur modestie ?.
R'oupên ayant investi la forteresse de Lampron,
Et causant aux assiégés beaucoup de mal,
Ils appelèrent le prince d'Antioche [| Boëmond
le Bambe]
A leur secours. |
Boëmond lui ayant envoyé un message,
Pour l'engager traîtreusement à un banquet, 670
qui avait épousé ce dernier. (Cf. Tableaux généalo-
giques des R'oupéniens et des princes héthoumiens
de Lampron.)
2 R'oupén III avait épousé Isabeau, fille de Hon-
froy, seigneur de Thoron et de Krak. (Cf. le I“ ta-
bleau généalogique de la dynastie des R'oupé-
niens.)
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CHRONIQUE RIMÉE
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R'oupên accourut à cette invitation,
Et fut renfermé dans une prison à Antioche.
Le prince espérait de la sorte
S'emparer de la Cilicie.
Mais la valeur du frère de R'oupén,
Léon, et le courage de ses troupes,
Assurèrent leur indépendance:
Ils pressèrent vivement le siége de Lampron.
Moyennant une cession de territoire et des
trésors,
Is rachetèrent le baron R'oupên.
Celui-ci, de retour chez lui,
Multiplia les preuves de sa bonté.
Arrivé au terme de sa carrière,
Il embrassa pieusement la vie monastique,
Et, après avoir prodigué ses conseils à Léon,
Il le fit asseoir sur le trône de leurs ancêtres,
! Ou plutôt ses deux filles, Alice et Philippa ;
Léon, fidèle à la recommandation de son frère
Roupén, les maria d’abord à deux chefs armé-
niens, Héthoum et Schahënschab, fils de Tchcr-
douanel, seigneur de Saçoun. Ces deux princes
moururent au bout de trois mois, et on soupçonna
Léon de les avoir empoisonnés. Alice, l'ainée,
épousa alors Raymond, fils aîné de Boëmond le
Bambe, et frère de Boëémond le Borgne; et Phi-
lippa, la cadette, fut mariée à Théodore Lascaris,
empereur de Nicée. ‘
? Le connétable Sëmpad et Aboulfaradj ont ra-
conté, le premier à l'année 636 de l'ère arménienne
(3 février 1187-2 février 1188), et le second à
l'année des Grecs 1498 (1° octobre 1186-1187),
Il lui confia sa fille !,
Avec la recommandation expresse
De ne point aller lui chercher un mari à l'é-
tranger,
Afin que les Arméniens conservassent leur sou- 690
veraineté nationale. |
Lorsque R'oupên eut bu à la coupe de la mort,
Il fut enseveli à Trazarg.
Léon, déployant toute sa bravoure,
Et une sagesse consommée,
Recula les bornes de la principauté,
Et acquit de nombreuses provinces.
Au bout d'un temps assez court,
La race d'Ismaël, s'étant mise en mouve-
ment,
Marcha contre les Arméniens,
Sous le commandement de Roustem ?; 700
cette agression de Roustem. C'était un chef de
pasteurs turkomans, qui erraient à cette époque
dans les yaïlas de la partie orientale de l'Asie Mi-
neure. Il envahit le territoire arménien à la tête de
cinq mille cavaliers et d’une multitude de fan-
tassins. Léon, à cette nouvelle, alla occuper les
défilés des montagnes du côté de Marasch, et,
étant tombé sur ces hordes de pillards, les mit
en déroute, les poursuivit en les massacrant jus-
qu'à Sarvantikar', et tua Roustem. Les Turkomans
s'étant réunis de nouveau au nowbre de cinq mille
hommes de pied, sur le territoire d'Alep, fondirent
sur la principauté d'Antioche pour la saccager.
Boëmond le Bambe les attaqua, et les détruisit tous
pareillement.
À I
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE. 511
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719. aUrwkrlu — 722. dEp4 wëbiw, — 724. bpqncdih — 726. 2eDaugug bu, — 731. wjungh} — 734. eue
chou — 736. pugiuqunrhk puphog — 742. Jabra
|
|
Mais Léon ne le craignait pas, IL était sur le point de prendre cette ville;
Et sans s’effrayer de la multitude des ennemis, Mais, ayant recu de l'or en quantité, h
L plaça sa confiance en Dieu, Il conclut un traité avec le sulthan. |
Qui mit en fuite Sennachérib. Il bâtit nombre de châteaux et de forteresses,
s'avança contre les infidèles avec une poignée Dont il entoura la Cilicie. |
de troupes, Il bâtit le célèbre couvent |
Et les défit malgré leur nombre. Qui reçut le nom d'Agner ?. .
Roustem périt, Les largesses que ses ancêtres avaient faites je
Frappé par saint Georges. Aux couvents fondés par eux, 730 | .
L'armée des Agaréniens, s'étant dispersée, H les augmenta, |
710 Fut poursuivie par les Arméniens; Et montra une plus grande générosité.
Et ceux-ci se gorgèrent d'un butin Les lépreux, objets de mépris,
Qui les enrichit. Et en butte à la répulsion générale, .
Renforcé par ce succès, Furent réunis par ses soins dans un même lieu |
Le grand Léon sentit redoubler son courage. Et il fit pourvoir à tous leurs besoins. |
HR chassa les musulmans, C'est ainsi qu'il acquit un nom illustre, : | |
Mit en fuite la nation des Turks, Objet des éloges de tous. |
Se rendit maître de l'Isaurie, .. ‘Sa renommée étant parvenue jusqu'à l'empereur |
Et s'avança jusqu'à la grande ville d'Iconium. des Franks [ Henri VI] | 1
Héraclée!, tombée en son pouvoir, Et l'empereur des Grecs | Alexis l'Ange], 740 |
720 Fut rendue par lui à prix d'argent. Ces princes, inspirés par la Providence, |
Ayant assiégé Césarée, Lui ceignirent tous deux le diadème. '
1 Héraclée ou Cybistra, ville et forteresse de la Cappadoce méridionale. (Conf. ci-dessus, p. 30-31,
note 5, et p. 98, note 1.) — ? Le couvent d’Agner ou Agnerev était situé auprès de Tarse.
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512
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CHRONIQUE RIMÉE
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748. OEkbabghu — 763. CaQrwsunss qocuwn wnbuw,
Ils lui envoyérent en pompe une couronne
royale,
Décernant ainsi au grand Léon cet honneur
suprême.
Alors les Arméniens en foule
Se réunirent dans la ville de Tarse.
Le catholicos, au milieu de cette assemblée,
Qui se tint dans l'église [cathédrale],
Sacra solennellement Léon
Roi de la nation de Thorgom.
750 Une fois assis sur le trône,
Il s'ilustra de plus en plus par ses belles actions;
Grâce à lui, l'Église fut triomphante,
Et le pays florissant.
1 Raymond, fils aîné de Boëmond le Bambe,
et mari d'Alice, nièce de Léon II. (Cf. note 12.)
Son père avait promis de le faire son héritier:
mais le jeune prince mourut en 1200 ou 1201, en
même temps qu'un de ses fils dont parle Héthoum
(Table chronologique, ad annum 650), mais sans le
nommer, et jusqu'ici inconnu d’ailleurs. Son autre
fils était Raymond Rupin, que son grand-père
déclara son successeur. Il fit jurer aux principaux
de la ville et au patriarche Pierre qu'après lui ils
maintiendraient sa volonté. Effectivement, après la
mort de Boëmond le Bambe, postérieure d’un an
à peu près à celle de Raymond, son fils aîné, Ray-
mond Rupin fut reconnu solennellement comme
héritier de la principauté. En 1210, Boëmond le
Borgne, comte de Tripoli, fils cadet de Boëmond
le Bambe, entreprit de lui disputer ses droits. La
lutte que fit naître cette rivalité, qui mit alternati-
vement Antioche aux mains des deux compétiteurs,
dura plusieurs années, jusqu'en 12 19, et finit par
l'expulsion de Raymond Rupin et le triomphe du
comte de Tripoli. Léon Il intervint activement
comme tuteur de son petil-neveu Raymond Rupin.
La nation arménienne se releva de sa déchéance,
Et son empire fut restauré.
Une paix profonde régnait dans notre contrée,
Qui abonde en fruits comme le paradis ter-
restre.
Léon se rendit maître de la grande Antioche,
Et donna cette ville à [Alice], fille de son frère, 760
Laquelle mit au monde Raymond Rupin | R'ou-
pên},
Qui reçut le titre de prince !.
[Léon] envahit le district d'Araçous?,
Et prit la forteresse de Bagh'ras ÿ.
Par son ingénieuse habileté,
Il se rendit maître aussi de Lampron.
(Cf. la continuation de Guillaume de Tyr, XVI,
xxV; XVIIE, vi; XXXI, nr, 1v et vu; XXXIL, xv: et
Marino Sanuto, lib. Il, part. X, cap. vinr, et part. XI,
cap. 1 et 1x.) On trouvera de plus amples détails sur
ces événements, qui troublèrent tout le nord de la
Syrie, et sur la part qu'y prit le pape Innocent I
dans mes notes sur la Chronique du connétable
Sémpad, et dans mon second volume, où j'ai réuni
tous les documents de provenance occidentale rela-
tifs à cette longue et difficile affaire de la succession
d’Antioche.
? Dans le nom d'Araçous je crois reconnaître
Arabissus, ville située dans la partie sud de la Cap-
padoce, au revers septentrional de la chaîne du
Taurus. L'expédition qui mit cette ville au pouvoir
de Léon était dirigée contre les Turkomans de Rous-
tem. Il sera de nouveau et plus amplement ques-
tion de ce chef dans la Chronique de Sémpad.
Ÿ Bagras, l’ancienne Pagræ, ville et château fort
du territoire d'Antioche, située dans l'Amanus,
entre celte ville au nord et Alexandria ad Issum
(Iskenderoun). Saladin s’était rendu maître aupara-
vant de cette place, en 1188.
78
77
78
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0
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DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE.
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Dans une expédition que fit le sulthan de Cap-
padoce,
Nommé Kaï-Kaous !.
Ï s'avança contre le roi Léon,
Et assiégea la forteresse de Gaban 2,
Cependant Léon, plein de courage,
Vint à la tête des siens à la rencontre du sulthan.
Mais ses troupes, manquant de prudence,
Ne l'attendirent pas;
À peine le virent-elles paraître, qu'elles s'élan-
cèrent au combat,
Et les infidèles eurent l'avantage;
Nombre d'Arméniens furent passés au fil de
l'épée,
Les autres faits captifs et chargés de chaînes.
Les ennemis, fiers de ce succès,
Redoubièrent d'efforts contre la forteresse de
Gaban.
Le roi ne fut point abattu,
! "Izz-eddin Keï-Kaous, fils de Ghiäth-eddin Keï-
Khosrou, fils de Kilidj-Arslan II, sulthan d'Iconium ;
mort vers 1222. Ces princes possédaient aussi la
Cappadoce, depuis que Kilidj-Arslan avait mis fin
à la dynastie des Danischmend. (Cf. Michel le Sy-
rien, ci-dessus, p. 370.)
? En arménien, furqu'y signifie littéralement dé-
. troil, défilé. La forteresse de cenom, situéesurle fleuve
Djeyhan ou Pyramus, dominait un passage étroit qui,
dans le Taurus, donnait accès de la Cappadoce dans
la Cilicie. (Cf. ci-dessus, p. 153-154, notes 4 et 5.)
Sous Léon IT, Gaban était un des fiefs les plus con-
sidérables du royaume de la Petite Arménie, et ap-
partenait à un seigneur nommé Léon. Là se trou-
Hisror. ARM. — I.
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Et ne conçut aucune lâche pensée;
Mais, rassemblant les débris de son armée,
IL fondit sur la Cappadoce :
Et ayant saccagé le territoire du sulthan,
S'en retourna chargé de butin.
Celui-ci, ayant appris les maux que lui avait
causés Léon,
Rentra dans ses États;
H fit avec lui une paix scellée par un serment,
Et lui renvoya les prisonniers.
Léon gouverna comme prince
Douze années pleines;
Comme roi d'Arménie, consacré par l'onction .
sainte,
Ï occupa le trône vingt-deux ans.
Sentant sa fin approcher,
Il appela les grands auprès de lui:
Et établit pour baïle l’un d'eux, nommé Adam,
En lui confiant sa fille. |
790
vait un bureau de douanes où les droits sur les
marchandises transportées de la Cappadoce dans
la Cilicie, et réciproquement, étaient perçus au
profit des possesseurs de ce fief. Cette place, par sa
position au milieu de montagnes abruptes, était re-
gardée comme imprenable; c'est dans ses murs que
Léon VI, dernier souverain de la Petite Arménie,
chercha un refuge lors de l'invasion de l'armée du
sulthan Mélik-Aschraf Scha’ban, et où, après un
siége de deux ans, il fut forcé, par le manque de
vivres, de se rendre, en 1375.
* Sire Adam ou Adan, dont il a été question
précédemment {page 171, note 2), professait la re-
ligiun grecque, d’après le témoignage de l'historien
65
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512 CHRONIQUE RIMÉE
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Îls lui envoyèrent en pompe une couronne
royale,
Décernant ainsi au grand Léon cet honneur
suprême.
Alors les Arméniens en foule
Se réunirent dans la ville de Tarse.
Le catholicos, au milieu de cette assemblée,
Qui se tint dans l'église [cathédrale],
Sacra solennellement Léon
Roi de la nation de Thorgom.
750 Une fois assis sur le trône,
Il s’illustra de plus en plus par ses belles actions;
Grâce à lui, l'Église fut triomphante,
Et le pays florissant.
| Raymond, fils aîné de Boëmond le Bambe,
et mari d'Alice, nièce de Léon II. (Cf. note 12.)
Son père avait promis de le faire son héritier;
mais le jeune prince mourut en 1200 ou 1201, en
même temps qu'un de ses fils dont parle Héthoum
(Table chronologique, ad annum 650), mais sans le
nommer, et jusqu'ici inconnu d'ailleurs. Son autre
fils était Raymond Rupin, que son grand-père
déclara son successeur. Il fit jurer aux principaux
de la ville et au patriarche Pierre qu'après lui ils
maintiendraient sa volonté. Effectivement, après la
mort de Boëmond le Bambe, postérieure d’un an
à peu près à celle de Raymond, son fils aîné, Ray-
mond Rupin fut reconnu solennellement comme
héritier de la principauté. En 1210, Boëmond le
Borgne, comte de Tripoli, fils cadet de Boëmond
le Bambe, entreprit de lui disputer ses droits. La
lutte que fit naître cette rivalité, qui mit alternati-
vement Antioche aux mains des deux compétiteurs,
dura plusieurs années, jusqu'en 1219, et finit par
l'expulsion de Raymond Rupin et le triomphe du
comte de Tripoli. Léon Il intervint activement
comme tuteur de son petit-neveu Raymond Rupin.
La nation arménienne se releva de sa déchéance,
Et son empire fut restauré.
Une paix profonde régnait dans notre contrée,
Qui abonde en fruits comme le paradis ter-
restre.
Léon se rendit maître de la grande Antioche.
Et donna cette ville à [Alice], fille de son frère,
Laquelle mit au monde Raymond Rupin [ R'ou-
pên|,
Qui reçut le titre de prince !.
[Léon] envahit le district d'Araçous?,
Et prit la forteresse de Bagh'ras ?.
Par son ingénieuse habileté,
Il se rendit maître aussi de Lampron.
(Cf. la continuation de Guillaume de Tyr, XVII,
xxv; XVIII, vi; XXXI, ox, 1v et vu: XXXII, xv; et
Marino Sanuto, lib. HI, part. X, cap. vi, et part. XI,
cap. 1 et 1x.) On trouvera de plus amples détails sur
ces évéuements, qui troublérent tout le nord de la
Syrie, et sur la part qu'y prit le pape Innocent Il
dans mes notes sur la Chronique du connétable
Sëmpad, et dans mon second volume, où j'ai réuni
tous les documents de provenance occidentale rela-
tifs à cette longue et difficile affaire de la succession
d'Antioche.
? Dans le nom d'Araçous je crois reconnaitre
Arabissus, ville située dans la partie sud de la Cap-
padoce, au revers septentrional de la chaine du
Taurus. L'expédition qui mit cette ville au pouvoir
de Léon était dirigée contre les Turkomans de Rous-
tem. Îl sera de nouveau et plus amplement ques-
tion de ce chef dans la Chronique de Sëmpad.
3 Bagras, l’ancienne Pagræ, ville et château fort
du territoire d'Antioche, située dans l’'Amanus,
entre cette ville au nord et Alexandria ad Issum
760
(Iskenderoun). Saladin s'était rendu maître aupara- :
vant de cette place, en 1188.
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770
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DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE.
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Dans une expédition que fit le sulthan de Cap-
padoce,
Nommé Kai-Kaous !,
Il s'avanca contre le roi Léon,
Et assiégea la forteresse de Gaban ?.
Cependant Léon, plein de courage,
Vint à la tête des siens à la rencontre du sulthan.
Mais ses troupes, manquant de prudence,
Ne l’attendirent pas;
À peine le virent-elles paraître, qu'elles s’élan-
cèrent au combat,
Et les infidèles eurent l'avantage;
Nombre d'Arméniens furent passés au fil de
l'épée,
Les autres faits captifs et chargés de chaînes.
Les ennemis, fiers de ce succès,
Redoublérent d'efforts contre la forteresse de
Gaban.
Le roi ne fut point abattu,
1 ’Izz-eddin Keiï-Kaous, fils de Ghiäth-eddin Kei-
Khosrou, fils de Kilidj-Arslan IT, sulthan d'Iconium,
mort vers 1222. Ces princes possédaient aussi la
Cappadoce, depuis que Küilidj-Arslan avait mis fin
à la dynastie des Danischmend. (Cf. Michel le Sy-
rien, ci-dessus, p. 379.)
2? En arménien, 4wwuu® signifie littéralement dé-
. troit, défilé. La forteresse de ce nom, située sur le fleuve
Djeyhan ou Pyramus, dominait un passage étroit qui,
dans le Taurus, donnait accès de la Cappadoce dans
la Cilicie. (Cf. ci-dessus, p. 153-154, notes 4 et 5.)
Sous Léon II, Gaban était un des fiefs les plus con-
sidérables du royaume de la Petite Arménie, et ap-
partenait à un seigneur nommé Léon. Là se trou-
HisTor. ARM. — I,
Et ne conçut aucune lâche pensée;
Mais, rassemblant les débris de son armée,
I fondit sur la Cappadoce ;
Et ayant saccagé le territoire du sulthan,
S'en retourna chargé de butin.
Celui-ci, ayant appris les maux que lui avait
causés Léon,
Rentra dans ses États;
I fit avec lui une paix scellée par un serment,
Et lui renvoya les prisonniers.
Léon gouverna comme prince
Douze années pleines;
790
790
Comme roi d'Arménie, consacré par l'onction .
sainte,
Il occupa le trône vingt-deux ans.
Sentant sa fin approcher,
Il appela les grands auprès de lui;
Et établit pour baiïle l'un d'eux, nommé Adam,
En lui confiant sa fille.
vait un bureau de douanes où les droits sur les
marchandises transportées de la Cappadoce dans
la Cilicie, et réciproquement, étaient perçus au
profit des possesseurs de ce fief. Cette place, par sa
position au milieu de montagnes abruptes, était re-
gardée comme imprenable; c'est dans ses murs que
Léon VI, dernier souverain de la Petite Arménie,
chercha un refuge lors de l'invasion de l'armée du
sulthan Mélik-Aschraf Scha'ban, et où, après un
siége de deux ans, il fut forcé, par le manque de
vivres, de se rendre, en 1375.
3 Sire Adam ou Adan, dont il a été question
précédemment (page 171, note 2), professait la re-
ligivon grecque, d'après le témoignage de l'historien
65
14
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CHRONIQUE RIMÉE
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Léon, étant retourné vers le Christ,
Fut enseveli dans le couvent d'Agner.
Une partie de ses restes mortels furent trans-
portés dans la ville de Sis,
Et sur l'emplacement [où ou les déposa] une
église fut élevée.
Adam ayant été tué,
On donna la charge de baïile à Constantin,
Qui était du sang royal !.
Constantin prit avec lui la fille de Léon,
Restée héritière de la couronne
Qu'avait inaugurée son père,
La vertueuse, la sainte
Isabelle (Zabél).
Les grands, lui ayant rendu hommage,
Guiragos (cf. ci-dessus p. 427), ce qui semble indi-
quer qu’il avait commencé par être à la solde des
empereurs de Constantinople. D'abord seigneur de
Bagras, il passa au service de Léon IT, à l'époque
du couronnement de ce prince, en 1198. Sa na-
tionalité ne nous est pas connue, mais je soup-
çonne que c'était un de ces capitaines d'aventure,
d'origine européenne, qui allaient chercher fortune
à la cour de Byzance. Sire Adam reçut de Léon Il
le château fort de Gastim, et fut créé grand séné-
chal. Il paraît qu'il possédait à un haut degré la
confiance de ce prince, puisque celui-ci, en mou-
rant (1219), le nomma tuteur de sa fille Isabelle,
avec le titre de baïle du royaume. Mais, au bout de
deux ans (1221), il fut tué par des Bathéniens
ou Assassins, apostés dans une ruelle de la ville de
Sis, conduisant à l'église syrienne de saint Bar-
Tzaumä. (Aboulfaradj, Chron. syr. p. 458.)
! Le grand baron Constantin. (Cf. p. 483, n. 1.)
2? Aboulfaradj (Chron. syr. p. 484) complète ce
récit sommaire de notre poëte sur la révolution
La reconnurent, sous la foi du serment, comme
leur baronne.
Cependant des troubles éclatèrent dans le
royaume.
Raymond Rupin (R'oupèën), prince d'Antioche,
étant arrivé, |
Attira à lui une foule de grands,
Et prétendit au trône.
D'abord il s'empara de Tarsc;
Ensuite il attaqua Mécis (Mopsueste).
Constantin, à la tête des troupes,
Marcha contre lui;
L'ayant surpris à Tarse,
Lui et les chefs qu'il avait ralliés,
Il les fit tous renfermer dans une prison
Où ils périrent ?.
820
dynastique dont le grand baron Constantin fut l'au-
teur, et sur la fin malheureuse de Raymond Rupin,
par des détails intimes dont l'intérêt nous fait une
loi de les reproduire ici. Raymond Rupin, après
avoir perdu Antioche, se rendit auprès de son oncle
Léon IT, qui était alors mourant. Rebuté de ce
côté, il alla trouver le légat du Saint-Siége, Pélage,
occupé au siége de Damiette, pour lui demander
du secours. Dans l'intervalle il apprit que le roi
Léon était mort, et que le baïle sire Adam avait été
tué, Escorté des troupes qu'il avait obtenues du
légat, il vint avec sa mère [ Alice] aborder à Chypre
et de là sur le littoral de la Cilicie au port de
Gorigos, afin de revendiquer la couronne de son
oncle. Le chätelain de Gorigos, le baron Vahram,
maréchal du royaume, qui portait aussi le titre de
seigneur de Schakad, O2 , l'empêcha d'aller plus
avant, et lui demanda sa mère en mariage, le me-
naçant, en cas de refus, de se saisir de lui et de le
tuer. Forcé de condescendre à cette proposition,
Rupin alla en faire part à sa mère, qui, dans son
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83
830
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE.
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835. Frot JupXus vin — 842. quéwykd — 8/5. JE unpas din$ncuu
Constantin, fort de cette victoire,
Vit le pouvoir affermi en ses mains.
I bâtit des églises |
Ettraita avec honneur les ministres de la religion,
Ainsi que le patriarche, chef du clergé,
Le seigneur Jean,
Lequel est le sixième catholicos
À partir de saint Nersès [Schnorhali!],
Ce bienheureux pontife
Dont nous avons continué le récit.
Nersès, parvenu au terme de sa carrière,
Échangea cette vie [mortelle] contre une vie
impérissable.
dépit, se mit à pousser des cris et à proférer des
injures contre Vahram. Alors les personnes de sa
suite, hommes et femmes de noble naissance, la
sollicitèrent de tout faire pour sauver son fils, dût-
elle se jeter dans les flammes. Vaincue par ces ins-
tances, elle s’écria : « C'est là pour moi un concu-
« binage, et non point une union légitime. » Vahram,
l'ayant admise au nombre de ses femmes, la traita
très-honorablement. Dès lors, se dévouant à sa cause
et à celle de son fils, il alla s'emparer de Tarse et
d'Adana et de là mettre le siége devant Maciça. Cons-
tantin, baïle du royaume, accourut avec les troupes
qu'il avait réunies, le battit et le mit en fuite. II le
poursuivit jusqu à Tarse, où il le contraignit de s'en-
fermer. S'étant emparé de lui, il le fit mourir, ainsi
que Raymond Rupin et la mère du prétendant,
Alice. (Voir la suite, p. 516, note 1.)
1 Notre auteur, tout en disant que depuis saint
Nersès Schnorbali, Jean VII fut le sixième catholi-
cos, n’en énumière que cinq; il a omis David III, du
couvent d'Ark'agagh'in, qui siégea dans l'intervalle
où Jean, déposé par Léon IT, avec lequel il s'était
brouillé, vivait retiré dans la forteresse de Hr'om-
gla (1206-1208). Mais David étant mort en 1208,
Jean, rentré en grâce avec son souverain, fut réin-
tégré. Vahram n'a point compté David, parce qu'il le
IT avait sacré pour lui succéder le seigneur Gré-
goire,
Surnominé Dgh'a ?,
Prélat d'une noble prestance,
Et d'une haute et robuste stature.
Ce dernier fut remplacé par le seigneur Gré-
goire,
Qui plus tard mourut en se précipitant ?.
Le trône pontifical fut ensuite dévolu au seigneur
Grégoire
Dit Abiradt.
Après sa mort, il fut donné
Au seigneur Jean, mentionné plus haut °.
considérait sans doute comme un intrus. (Cf. Gui-
ragos, ci-dessus, p. 427.)
2 Je dois ajouter à la notice biographique que
j'ai donnée {p. 269-271) sur Grégoire IV, surnommé
Dgh'a, que ce patriarche était fils du prince Vasil,
seigneur de Gargar, frère de saint Nersès Schnor-
bali.
3 Grégoire V, dit Manoug, UWrw%r.4 (Jeune
homme), ou bien Kahavé], quSuwyt+, ou K'aravé,
Rwpwykd (qui se précipite d'une hauteur), parce
qu’en voulant s'échapper de la forteresse de Sis où
il avait été renfermé par ordre du roi Léon IT et
descendre du haut des murailles, il tomba et mourut
de sa chute. Il était neveu de Grégoire IV, et siégea
de 1189 à 1194. Les causes de l'événement qui sug-
géra son surnom posthume sont racontées tout au
long dans la Chronique de Sémpad, ad annum 643.
* Grégoire VI, dit Abirad, U{whpuw ou le Méchant,
était fils du général Schahan, frère de saint Nersès
Schnorhali. Il fut d'abord évêque de Tarse et en-
suite catholicos, de 1194 à 1203. (Cf. ci-dessus
la Chronique de Michel le Syrien, p. 336-377.)
5 Jean VII, dit Medzaparo, Q'éSwpuwpay (le Ma-
gnanime ou le Superbe), précédemment archevêque
de Sis, siégea comme patriarche d’abord trois ans
840
840
environ, de 1203 à 1206, époque où il fut rem-
65.
850
850
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CHRONIQUE RIMÉE
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Le 47e pag jungle) :
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De wepuyh unuite Pnugbkuy:
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er mn em =
Le roi Léon, ayant eu des contestations avec
lui,
Mit à sa place le seigneur David,
Qui, après avoir gouverné l'Église pendant deux
aps,
Rentra dans le sein du bon Pasteur.
Le roi, s'étant réconcilié avec Jean,
Le rétablit sur son siége.
Cependant Léon tomba malade
Et mourut,
placé par David Ill; après sa réintégration (1208),
il conserva ses fonctions jusqu'à sa mort, arrivée
en 1229. ÏI était de la famille des princes héthou-
miens de Lampron, et, pour cette raison, ennemi
des R'oupéniens. Aussi vivait-il fort mal avec le roi
Léon II, qui, fatigué de son arrogance, l'avait fait
déposer.
1 Le baïle Constantin, après avoir vaincu et mis
à mort le compétiteur d'Isabelle, Raymond Rupin,
et avoir rétabli la tranquillité dans le royaume,
proposa au patriarche Jean VII et aux grands de
chercher pour leur jeune reine une alliance qui
fût politiquement utile au pays, et qui leur assurât
un secours efficace et puissant en cas de besoin. Il
désigna à leur choix Philippe, fils de Boëmond le
Borgne. Philippe régna un peu plus de deux ans,
pendant lesquels, au dire des Arméniens et d'Aboul-
farad), qui s’est fait leur écho, il administra fort
mal et mécontenta gravement la nation.
Le récit de ces événements tel qu'on le lit dans le
chroniqueur syrien est trop curieux pour ne pas mé-
riter d’être rapporté. Philippe cherchait à se défaire
des chefs du pays et à leur substituer des Franks.
Il méprisait les Arméniens, les appelant non point
soldats, mais paysans. Il ne les admettait point à sa
table, et les laissait frapper au moins dix fois à sa
porte avant de les recevoir, Cette conduite le rendit
odieux, et les grands, ne pouvant plus la supporter,
allèrent trouver le baïle pour le supplier de les
débarrasser de lui. Constantin, après avoir exigé
d'eux un serment, aposta des gens qui, sous l'appa-
rence de chasseurs, pénétrèrent pendant la nuit
Laissant les Arméniens inconsolables ;
Il émigra vers le séjour céleste.
Peu de temps après sa mort,
Constantin, qui prit les rênes de l'État,
Ayant rassemblé les grands,
Leur proposa une mesure excellente;
Leur présentant son fils
Héthoum,
Il l'unit à Isabelle !,
Héritière de la couronne.
chez le roi, se saisirent de lui tandis qu'il dormait,
et l'arrachèrent des bras de sa femme. À cette vue,
Isabelle se mit à fondre en larmes, à se déchirer
le visage et à crier de toutes ses forces : « Sire,
« Sire ! » car elle aimait tendrement son mari. Mais
les gens du baïile, sans l'écouter ni lui répondre, gar-
rottèrent Philippe en sa présence, et l’'emmenèrent
de Thil de Hämdoun à Sis, où il fut jeté en prison.
Il y resta environ deux ans. Son père, Boëmond,
malgré son courage, n'osa rien entreprendre contre
les Arméniens, dans la crainte qu'ils ne missent
son fils à mort. Il se contenta de leur envoyer des
ambassadeurs pour les supplier de le remettre en
liberté, n'élevant aucune réclamation sur les droits
de Philippe à la couronne. Voyant que ces démarches
étaient sans résultat, il se rendit lui-même à Thil
de Hamdoun, pour renouveler ses instances. Enfin
les Arméniens cédèrent, et ayant conduit Philippe
à la forteresse d'Amouda, ils firent prévenir son
père de venir le chercher. Sur ces entrefaites,
on lui dit : « Lors même que tu le ramènerais, il ne
« survivra point, car on lui a donné du poison, et
«il ne peut aller au delà de vingt jours.» C'est ce
qui arriva en effet : car, après que le Prince fut
parti furieux, en faisant entendre des menaces, au
bout de quelques jours Philippe mourut, et per-
sonne ne sut où on l’enterra. La reine Isabelle,
ayant appris sa fin, se réfugia de désespoir à Séleu-
cle, auprès des Frères [Hospitaliers], à qui cette
forteresse appartenait, et qui l’accueillirent avec de
grands honneurs. Elle y fut rejointe par sa mère
[Sybille], fille du roi de Chypre [ Amaury]. Comme
860
860
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE.
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517
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Héthoum fut sacré roi d'Arménie,
Et son front ceint d'un diadème d'or.
Un sceptre, surmonté d'un globe d'or,
Isabelle avait été mariée à Philippe, on avait voulu
faire admettre sa mère parmi les femmes de sire
Geoffroy (Gofri), seigneur de Sarvantik'ar, fils du
baron Sémpad, et frère (lisez oncle) du baïle, le
baron Constantin. Mais cette princesse, s’y étant
refusée, avait été chassée, et était retournée à
Chypre. À cette époque, elle était venue rejoindre
sa fille. Elles demeurèrent toutes les deux à Sé-
leucie, jusqu’à ce que le baïle vint en arracher Isa-
belle. (Aboulfaradj, Chron. syr. p. 485.)
Suivant Ibn-Alathir (ad annum 623, t. XIT, p. 303-
304, éd. Tornberg), le prince d'Antioche [Boë-
mond Île Borgne], voulant venger son fils, fit al-
lance avec Ala-eddin Keï-Kobad, sulthan d’Iconium,
etconvint d'attaquer simultanément les Arméniens,
l'un du côté de la Syrie, l’autre par les défilés de
la Lycaonie, donnant entrée dans la Cilicie. Boë-
mood partit, malgré la défense du pape de porter
la guerre contre un peuple chrétien, et malgré l'op-
position des Templiers et des Hospitaliers; il échoua
dans son expédition. Le sulthan, ayant pénétré sur
le territoire arménien (622 de l'hégire — 13 jan-
vier 1225-1* janvier 1226), le ravagea, mit le
siége devant un grand nombre de forteresses et en
prit quatre; les approches de l'hiver le forcèrent de
se retirer. Cependant le pape excommunia Boë-
mond, et écrivit en même temps aux Arméniens de
rendre la liberté à Philippe et de le rétablir sur le
trône, les menaçant, en cas de refus, d'autoriser
Boëmond à les attaquer. Sur ces entrefaites, Îles
Arméniens envoyèrent à Alep implorer le secours
de l’atabek Schebäb-eddin, en lui faisant entrevoir
combien il avait à redouter le voisinage du prince
d'Antioche. Schehäb-eddin leur fournit des soldats
et des armes. À cette nouvelle, Boëmond marcha
contre les Arméniens, mais sans plus de succès.
Aboulfaradj ajoute (page 497): « Quatre ans après
« [la fuite d'Isabelle], en 622 de l’hégire (1225), le
« baîle députa le patriarche syrien Mar Ignace avec
« Mar Constantin vers la fille du roi Léon, pour
« lui persuader de quitter Séleucie, et de permettre
«que des mesures fussent prises pour le salut des
« chrétiens qui habitaient cette ville. Car, par suite
« de ces dissensions intestines, le sulthan de Roumn,
« Ala-eddin, s'était emparé d'un grand nombre de
« châteaux de la Cilicie. Mais la reine, loin d'avoir
« égard aux représentations de ces deux envoyés,
«les réprimanda très-vertement, les accusant de
Fut placé dans sa main droite,
Pour qu'il conduisit comme un pasteur les des-
cendants de Haiïg !.
« conspirer dans le but de provoquer l'effusion du
« sang; ceux-ci, voyant que tous leurs efforts étaient
«inutiles, partirent et se rendirent à Aksara. Sur
«ces entrefaites, le baïle arriva, et annonça aux
« Hospitaliers qu'il allait employer la force pour se
« faire remettre Isabelle. — «Nos maisons et nos
« villes, répondirent-ils, sont la propriété des chré-
« tiens, et nous ne pouvons rendre la reine, qui a
« cherché un asile parmi nous. » — Le baïle, recou-
« rant à Ja ruse, leur acheta à prix d'or la forteresse
« de Séleucie et tout ce qu'elle renfermait. En ayant
« ainsi renvoyé les Hospitaliers, il en devint le maître
«et en prit le commandement. Alors il emmena
avec lui la reine, et la conduisit à Tarse. Il rassem-
« bla les patriarches, les évêques et les prêtres, qui
« célébrèrent l'union de son fils Héthoum avec Isa-
« belle. Héthoum fut proclamé roi de la Cilicie, le
« lundi de la semaine de la Pentecôte, 14 (lisez 8,
« d'après notre note 1 de la page 430) du mois de
«haziran (juin) 1537 de l'ère des Grecs (1126).
« Pendant dix ans, la jeune reine ne voulut avoir
« aucun rapport avec son mari; mais enfin, lui ayant
« accordé ses bonnes grâces, elle eut de lui plu-
«sieurs enfants. »
1 Haïg fut le père et le premier chef de la na-
tion arménienne, et, suivant la légende recueillie
par l'historien syrien Mar Iba Katina {apud Moïse
de Khoren, I, x-xn), 11 vainquit et tua Bélus, roi
d’Assyrie. L'historien Jean, catholicos, dit que de-
puis Valarsace, premier souverain de la dynastie
des Arsacides d'Arménie, en remontant jusqu’à
Haïg, il ya 2,297 ans (2,295 suivant quelques ma-
nuscrits). Valarsace ayant commencé à régner, sui-
vant Tchamitch (Histoire d'Arménie, t. I, p. 208, et
t. III, tables, p. 106), en 149 av. J. C. ou en 150,
suivant Saint-Martin (Fragments d'une Hist, des Ar-
sacides, t. I, p. 265), nous avons, pour l'époque
où vécut Haïg, une date qui peut varier entre 2447
et 2444 avant J. C. et pour la durée de la dynas-
tie dont il fut la tige ou dynastie des Haïciens, un
intervalle de 2288 ou 2285 ans. Une durée aussi
longue attribuée à une seule et même dynastie, et
sans exemple dans l’histoire, serait déja un motif de
suspicion et de doute, lors même que le récit de
Moise de Khoren sur ces temps reculés ne présen-
terait point la trace de réminiscences lointaines,
vagues et très-incomplètes, et un fond légendaire
d'un caractère purement épique.
870
870
|
|
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518 CHRONIQUE RIMÉE
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On le plaça sur un siège élevé; Elle était belle de ses vertus;
On le fit asseoir sur un trône d'or, Son âme était épurée par la prière;
Pour rendre la justice aux opprimés, Elle avait revêtu le manteau de l'humilité,
Et protéger les pauvres injustement dépouillés. Et estimait avant tout la modestie.
Ce fut un digne souverain, Aussi Dieu rendit ses entrailles fécondes;
Orné de toutes les perfections; Elle donna le jour à des fils de bénédiction, 900
En lui, la beauté du corps Issus d'une souche illustre,
Était relevée par la beauté de l'âme. Et comblés des grâces célestes.
Enraciné dans la foi orthodoxe, L'aîné fut le pieux Léon,
880 Célébré pour ses nobles actions, Qui est aujourd'hui notre souverain, régnant
Rempli à l'excès de bienveillance et de charité, par l'onction sainte.
Doué d'une équité qui ne se démentit jamais, Le cadet fut Thoros, le bienheureux,
Objet de l'affection universelle, Qui scella sa foi de son sang.
Il était d'une générosité sans bornes. La reine eut en outre cinq filles,
| La reine Isabelle Ainsi que R'oupèn, qui mourut en bas âge.
| Brillait d'une beauté digne de son haut rang; Cette princesse, parvenue aux limites de la vie,
Fille légitime d'un monarque Et au moment où le Seigneur allait la rappeler 910
| Dont elle était le gracieux rejeton, à lui,
Épouse d'un roi Entendit du haut des cieux ces paroles,
890 Avec lequel elle portait le sceptre, Qui frappèrent distinctement ses oreilles :
Elle se distingua par une piété fervente « Viens, Ô ma colombe,
Et par une foi sublime. « Viens, à ma bien-aimée!»
Unie d'amour à Dieu, Cet appel céleste
Guidée par la crainte du Seigneur, Remplit son cœur de joie. :
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PETITE ARMÉNIE.
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Charmée de cette vision,
Et au comble du bonheur,
Elle la raconta à ceux qui l'entouraient,
Et, tout en parlant, elle rendit le dernier soupir ;
Elle remit son âme entre les mains du Créateur,
Laissant ici-bas sa dépouille d'argile.
Les prêtres, s'étant réunis,
La déposèrent dans le tombeau en l'accompa-
gnant de leurs bénédictions.
Après qu'Isabelle eut quitté cette terre
Pour rentrer dans le sein du Christ,
Le roi Héthoum réfléchit à l'état
Dans lequel se trouvait le royaume.
Car un peuple plein d'audace s'était révélé,
Qui portait le nom de Tartare,
Accouru des contrées du nord,
Et, dans le pays dont il était originaire, appelé
Mough'al (Mongol),
Semant la désolation partout
Où il étendait sa domination.
On vit s'accomplir de nouveau la parole que le
prophète
Jérémic avait prononcée autrefois ! :
« Une chaudière bouillante
1 Chap. I, verset xur.
2? Voir la relation du voyage du roi Héthoum à
la cour de Mangou-Khan, souverain des Mongols,
« Débordera des contrées du nord. »
Quoique cette menace eût alors son effet,
Il fallait qu’elle se réalisât de nouveau.
De même qu'il s'éleva quatre empires,
Composés chacun de dix parties,
De même ce qui s'est passé aujourd'hui
Doit avoir dans l'avenir pareil accomplissement.
Quatre royaumes existent,
D'où dix autres ont pris naissance;
L'un de ces souverains, s'élevant au-dessus des
940
autres,
Adresse la parole au Très-Haut;
Enorgucilli par sa puissance,
[Il se dit ] le Fils de Dieu, venu du haut des cieux.
C'est vers ces peuples que se dirigea
Le roi Héthoum.
Il employa quatre ans à ce voyage,
Qu'il exécuta avec une extrême fatigue.
Sur sa demande et conformément à leur religion,
Ils lui donnèrent parole d'amitié et un traité de
950
paix.
Il s'en revint comblé d'honneurs,
Et après avoir obtenu la cession de nombre
de provinces ?.
traduite de Guiragos, dans mon Mémoire intitulé
Les Mongols d'après les historiens arméniens, dans le
Journal asialique, cahier d'avril-mai 1858. Le double
520
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CHRONIQUE RIMÉE
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1 battit les musulmans,
960 Et soumit leur territoire.
Germanicia (Marasch), conquise par lui,
Béhesni, emportée de vive force,
Furent arrachées au joug des Turks,
Qui s'en étaient emparés depuis longtemps !.
La volonté de Dieu se fit sentir à nous;
Il jeta sur nous un regard de bonté;
H ouvrit les portes des cieux,
Et versa l'abondance sur la terre,
Qui se couvrit de fruits,
970 Fécondée par les eaux vives, comme le paradis.
Tous les habitants vécurent dans le repos,
À l'ombre de leur vigne, suivant l'expression de
l'Écriture ;
Mais un petit nombre seulement étaient parve-
nus au point
De pratiquer le bien
En observant les lois de Dieu,
Et en se rendant agréables à ses yeux;
Les autres, esclaves de leur corps,
Amollissant leur âme dans la volupté,
itinéraire que suivit le roi d'Arménie à travers
l'Asie centrale, à son départ pour la cour de Kara-
koroum et à son retour en Cilicie, a été décrit par
Guiragos sur des documents très-certainement offi-
ciels, qui avaient pour base le récit personnel de
Héthoum.
Détruisaient en eux le principe de vie,
Et préparaient leur perte. 980
C'est ainsi que Moïse accusait
Autrefois les Israélites, leur reprochant
Que [les enfants de] Jacob avaient mangé à
satiété ,
Et acquis un extrême embonpoint,
En oubliant le Seigneur qui les avait nourris,
Et en regimbant contre le Créateur.
Un autre écrivain sacré, parlant
De Sodome, s'élève contre cette ville,
Qui, avant sa ruine,
Était l'égale du paradis: | 990
Les habitants, séduits par ces avantages,
Se précipitèrent dans un abime de malice;
Car ils mangèrent et burent,
Et s'abandonnèrent à la prévarication et à l'ini-
quité.
Aussi la pluie se changea pour eux en feu,
Et les fit disparaître de la surface de la terre.
Un pareil châtiment frappa la race arménienne
Qui habitait la Cilicie.
1 Au sujet de l'occupation de ces deux places par
les Arméniens et des représailles des Égyptiens,
voir le continuateur anonyme de Samuel d'Ani, et
Héthoum, Table chronologique, ad annum 715, ci-
dessus, p. 461 et 487; et ci-après, la Chronique de
Sëémpad, même année.
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE.
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1037. Cu vwpv
eee pra os mm en
0 po“ me
Au milieu d'une paix profonde,
1000 Et dans la situation la plus favorable,
Tandis qu'elle jouissait de toutes les douceurs
de la vie,
Elle devint insolente à force de prospérité;
Ainsi que le dit l'Écriture sainte,
Au sujet des enfants des hommes, et en leur
adressant des reproches,
Ils détruisirent la joie dans les cœurs
Et la remplacèrent par la honte;
Ils refusèrent les miettes de leur table au pauvre
torturé par la faim,
Des vêtements à celui qui était nu,
L'hospitalité à l'exilé,
1010 Tout secours au malheureux que l'afMiction ac-
cablait.
Toutes leurs richesses étaient sacrifiées à leur
gloutonnerie,
Et à satisfaire leur soif du plaisir;
Pour eux, ce fut le corps qui domina,
Et qui tint l'âme assujettie.
Aussi, vers cette époque, un esclave couronné !
Qui gouvernait fièrement l'Égypte,
Qui dictait des lois à Damas,
1 Dans le texte arménien, &wæuwy, esclave, tra-
duction du mot arabe dé mamlouk. II est ici
question du sulthan Mélik-Dhaher Rokn-eddin
Hisror. ARM. — I.
teens
Et avait humilié le sulthan d'Alep,
Qui s'était emparé de tout le pays
Compris sous la dénomination de Maison de 1020
Sem ,
Réunit autour de lui ses Mamlouks,
Et rassemblant les Agaréniens,
Forma une armée aussi nombreuse
Que le sable de la mer entassé,
Armée qu'il avait équipée d'épées et d'armures,
Et qu'il avait exercée aux combats.
Il marcha contre les chrétiens,
Comme le ministre des vengeances divines;
H saccagea de fond en comble le littoral [de Ja
Syrie],
Prit un grand nombre de fortcresses,
Et, parvenu à la grande ville d’Antioche,
La livra aux flammes,
Il renversa cette superbe cité,
Et en fit passer les habitants sous le tranchant
1030
du glaive.
Ceux d’entre eux qu'il emmena captifs,
Furent vendus dans les pays étrangers.
Après avoir assuré ses conquêtes,
IL prit le chemin de la Cilicie.
Beïbars Bondokdari, de la dynastie des Mamlouks
Babarites. Il régna de novembre 1260 à juillet
1277.
66
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CHRONIQUE RIMÉE
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Le giron preneur han
Uuz douane aypbu,
Ne be puqupi & Ubo svt:
Ope orbplulf L $prf puwkbug,
hat dvprbheri dufonrghuws:
Il envoya un message au roi Héthoum,
1040 Pour exiger de lui un tribut.
Celui-ci ayant rassemblé ses forces,
Et en ayant confié le commandement à ses fils,
Alla trouver les Mongols,
Dont 11 obtint du secours.
Mais avant qu'il fût de retour,
Les Agaréniens, étant arrivés,
Mirent en fuite les Arméniens.
Les fils du roi, restés à leur poste,
Résistèrent vaillamment
1050 Et furent couverts de blessures.
Les infidèles prirent Léon,
Et massacrèrent Thoros;
1 Notre auteur, de même que l'historien Vartan,
est dans l'erreur en plaçant la prise d'Antioche par
Beïbars, qui est de 666 de l'hégire (22 septembre
1267-9 septembre 1268), antérieurement à l'expé-
dition contre la Petite Arménie, laquelle eut lieu
en 664 (13 octobre 1265-1° octobre 1266). Ma-
krizi (Hist. des sultans mamlouks, trad. d'Ét. Qua-
tremère, t. Î, 2° partie, p. 33) dit que ce fut à
Der-beçak ou Derbecak, au nord d’Antioche, que
les Arméniens furent mis en déroute par les Égyp-
tiens, commandés, suivant Vartan et Héthoum,
par le général Semm-elmaut (Sëmëlmôth, cf. ci-
dessus, p. 487, note 1). D'après Aboulfaradj {Chron.
syr. p. 569), ce fut le 24 du mois d’ab (août)
1577 des Grecs (1266), que Léon fut fait pri-
sonnier, et son frère Thoros tué; l'engagement en-
tre les Arméniens et les Égyptiens eut lieu près
de Sarvantik'ar. Les infidèles incendièrent Sis et
saccagérent Mècis, Aïas et Adana. A Sis ils détrui-
sirent, outre la cathédrale arménienne, toutes
les églises des Syriens, à l'exception de celles de la
Mère de Dieu et de Saint-Bar-Tzaumà, qui étaient
bâties en pierres. Après avoir occupé et dévasté
le pays pendant vingt jours, ils se retirèrent, em-
menant une multitude de captifs. Sur ces entre-
Léon, l'aîné des deux, fut emmené captif.
Alors, fondant sur la Cilicie,
Ils la dévastèrent par l'incendie
Et par le fer.
Mais devant les forteresses qu'ils attaquèrent,
Ils échouèrent honteusement;
Car Léon avait envoyé un message secret
Pour encourager les siens à la résistance.
Ts brülèrent la magnifique église
Qui s'élevait à Sis,
Saccagèrent cette ville et la livrèrent aux flam-
mes;
Quant aux habitants, is se bornèrent à les
chasser !.
faites arriva le roi Héthoum, ramenant un renfort
de Mongols et de Turks du pays de Roum. Mais
ces barbares, au lieu de protéger la Cilicie, riva-
lisèrent de dégâts avec les Égyptiens.
Voici le récit de Vartan sur cette invasion de la
Cilicie par les troupes de Beïbars: «En l'année
« 717 de l'ère arménienne (14 janvier 1268-12 jan-
«vier 1269), aux approches de l'automne, le vase
« du vinaigre s'ouvrit pour nous, et la lie de la co-
« lère de Dieu [fut bue] par la nation arménienne.
« En effet, le sulthan d'Égypte Bondokdar réclama
« les forteresses dont le roi d'Arménie s'était em-
« paré avec le secours des Tartares. Comme il re-
«fusait de les rendre, surtout par crainte de ces
« derniers, le sulthan, irrité, rassembla une armée
« considérable, et la fit partir sous les ordres de son
«général Semm-elmaut (Sëémëlmôth} pour la Ci-
« licie. Celui-ci, ayant surpris ce pays à l'improviste,
«s’empara de Sis, la capitale et la résidence royale,
«et la brüla avec les églises que cette ville possé-
« dait. Il découvrit le trésor royal, déposé dans une
« chambre souterraine, et d'où il enleva des sommes
« énormes. On prétend que dans un vase seul il
« y avait 6,000,000 de tahégans d'or. Il étendit ses
«ravages jusqu'à Adana. Ayant ensuite reçu des
1060
1060
1070
1080
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DES ROIS DE LA
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223
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Lorsqu'ils eurent terminé cette expédition,
Qui leur réussit 4 souhait,
Fiers de ce triomphe signalé,
Ils s'en retournèrent chez eux.
Hétoum revint avec des troupes;
Mais voyant que les infidèles s'étaient retirés,
Il congédia les Tartarcs,
Et rentra dans ses États.
Quoique chagrin et profondément aflligé,
Il ne perdit pas l'espoir;
Il prodiguait à tous des consolations,
Et lui-même mettait sa confiance en Dieu.
De même son fils, qui avait été fait prisonnier,
Ne laissa pas abattre son courage ;
Son âme resta ferme,
Inaccessible à la crainte [du mal] corporel:
Ranimant l'espoir de ses compagnons
tivité,
« nouvelles d'Égypte, il s’en revint chargé de butin,
«cl traïnant après lui quarante mille capüifs, sans
‘ Compter ceux qui avaient péri dans cette invasion.
«Mais la perte la plus cruelle dans ce désastre,
«“ perle irréparable, fut celle de Thoros, fils du roi
« beau jeune homme d'un âge encore tendre, sur
« le point de voir naître sa barbe, objet des éloges
« universels, accompli dans la pratique du bien, et
“ conservé par sa virginité dans le giron des gräces
* divincs. Il courut avec empressement vers la cou-
-_« ronne céleste. Comme on lui demandait qui il était,
«il ne voulut pas se faire connaître, afin d'éviter
« d'être épargné et fait prisonnier et de devenir ainsi
“uu fardeau pour son père et pour son pays, avec
« son frère aîné Léon, lequel avait été couronné
de cap- .
Ïl les consolait dans leur malheur;
11 distribuait des aliments
uns,
Ï payait la rançon des autres et les rendait à
la liberté.
Les infidèles qui l'avaient emmené
Le conduisirent au sulthan :
Car celui-ci n'avait pas fait Partie de cette expé-
dition
Et était resté dans son royaume.
Dès qu'il eut vu Léon
Et entendu ses sages propos,
T1 le traita avec une extrême bienveillance,
Et lui fit des propositions de paix.
Léon, ayant obtenu l'agrément du sulthan,
Entreprit le voyage de Jérusalem ;
Îl alla adorer Jésus-Christ crucifié,
Et implorer le pardon de ses péchés ;
et des vêtements aux
“et destiné au trône du vivant de son père. C'est
« Léon qui est le principal des Captifs qui nous ont
“été ravis; c'est lui qui est pour notre patrie, pour
* notre nation un feu qui brûle nos entrailles, tor-
“ ture notre sein (foie) et brise notre cœur, tandis que
* nous restons sans souffle vital et plongés dans les
«angoisses. La main de Dieu nous a frappés avec
«colère; mais cette même main nous guérira avec
« bonté, en pansant nos blessures béantes, en nous
« rendant les captifs que les ennemis ont emmenés,
«après avoir séjourné vingt jours dans notre pays,
* accablant ces infortunés de mauvais traitements,
“et nous désolant par les nouvelles douloureuses
‘ qui nous parvenaient sur leur compte. »
"66.
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1090
524
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CHRONIQUE RIMÉE
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le traita constamment avec honneur. » — 1113. yqbuy
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Mais, toujours semblable à lui-même,
11 reprit le chemin de l'Égypte.
Là il fut mis dans la prison
1100 Où Joseph avait été renfermé autrefois.
Les prêtres lui prodiguaient leurs soins,
Le faisaient participer aux saints mystères.
Le jeune prince, dans les fers, s'occupait à lire
l'Écriture sainte ;
H était sans cesse en prières.
Dieu, ayant jeté sur lui un regard de miséricorde,
Toucha enfin le cœur du sulthan.
Léon avait atteint sa trentième année
Lorsqu'il éprouva cette disgrâce ;
I] vécut un an et dix mois
1110 En Égypte, loin de sa patrie.
Après quoi, le sulthan ayant fait un traité scellé
par un serment
Avec son prisonnier,
Et, par l'intermédiaire de ce prince, avec son
père [ Héthoum|,
! Les conditions du traité conclu entre Héthoum
et Béïbars étaient que le roi d'Arménie s'engageait
à obtenir des Mongols la liberté de l'émir Schems-
eddin Sonkor-aschkar (le faucon roux), tombé
entre leurs mains lorsqu'ils prirent Alep, et de plus
à rendre les villes de Béhesni, Derbeçak et autres,
comme appartenant au territoire de l'islamisme,
avec tous les approvisionnements qu’elles conte-
naient et dans l'état où elles étaient, lorsqu'il en
avait fait la conquête. En retour, le sulthan devait
accorder la liberté à Léon, fils du roi, au neveu de
Et ayant conclu la paix,
Lui rendit la liberté, le traita parfaitement,
Et le congédia avec les plus grands hon-
neurs |,
Le retour de Léon vers son père
Fut le signal de la restauration de notre pays.
Tous les habitants se portèrent à sa ren-
contre,
Et l'accueillirent avec une vive allégresse; -
Empressé de les embrasser,
Il recevait en retour leurs bénédictions de bien-
venue.
Ensuite le roi, debout,
Rendit grâces au Christ
De ce qu'il avait exaucé ses prières,
Et lui avait rendu Léon.
Il appela en sa présence le patriarche,
Successeur de Constantin,
Jacques”,
Prélat d'un mérite éminent,
ce dernier, ainsi qu’à leurs pages. Le ,,4S5 takafour
(Æwqucap, « Uhakavor, » roi) Héthoum jura l'obser-
vation de ce traité. Beïbars étant arrivé à Damas,
Léon vint lui faire sa cour, et, debout et la tête dé-
couverte, jura sur le même exemplaire des Saintes
Écritures qui avait reçu le serment de son père. Ïl
partit ensuite pour rentrer dans la Cilicie, accom-
pagné de l’émir Bedr-eddin Bedjkä-Roumi.
2 Jacques I‘, surnommé Qwvwpuñ, de Savant,
el'tuuybgh, Glaïetsi, c'est-à-dire de Hr'om-gla, parce
qu'il eut sa résidence dans cette forteresse; il était
1190
1130
1120
1130
DES ROIS DE LA
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Et convoqua aussi tous |les grands |;
Et, employant auprès de Léon les plus vives ins-
tances,
Il le détermina à monter sur le trône, héritage
de leurs aïeux,
Et lui remit les rênes de l'État.
Dans la suite, ses sollicitations devinrent encore
plus pressantes, |
Pour l'engager à recevoir l'onction royale.
Mais Léon déclina absolument cet honneur,
Quoique supplié à maintes reprises de l'ac-
cepter.
Tandis que le roi [Héthoum}] était dans la
joie
1140 De voir son fils baron d'Arménie,
Il se manifesta en lui des symptômes
Qui annonçaient sa fin prochaine.
Alors le repentir saisit vivement son âme;
Le bien lui apparut comme l'œuvre la plus im-
portante :
Il embrassa la vie monastique
Sous le nom de Macaire.
Ayant terminé sa vie terrestre
Et pris son essor vers le roi immortel,
originaire de Sis ou, suivant d’autres, de Tarse. Il
siégea de 1268 à 1266.
11 fut transporté à sa dernière demeure au chant
des hymnes sacrées,
Et enseveli à Trazarg,
Le baron [Léon] ressentit une douleur si cruelle
de cette perte,
Qu'il en fut malade à la mort.
Sollicité, par le vœu général,
1150
De prendre immédiatement le titre de roi,
NH s'y refusa d'abord,
Et resta sourd à toute consolation;
Il passa trois mois dans le deuil,
L'esprit abattu, plongé dans le chagrin.
Mais les tyrans
Qui dominaient dans le monde,
Le sulthan d'Égypte,
Et celui qui est revêtu du titre de khan,
Ainsi que d'autres princes du voisinage,
1160
Chefs souverains des nations,
Lui envoyèrent un message,
Pour l'inviter à se proclamer roi.
Pressé par leurs sollicitations, il céda,
Et réunit toute la nation arménienne :
Le patriarche accourut
Conduisant tout le clergé; 1170
1 Vahram veut parler ici d'Abaka, khan des Mon-
gols de la Perse, qui régna de 1265 à 1283.
596 CHRONIQUE RIMÉE
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tacgkuw, — 1200. wphumun — 1210. wpdwtewgk uw,
La réunion eut lieu à Tarse,
Et Léon fut sacré dans cette ville.
L'Esprit-Saint descendit sur ce prince,
Reconnu roi de la Maison de Thorgom!.
Un sceptre surmonté du globe d'or
Fut placé dans sa main droite,
Pour qu'il conduisit avec vigilance
Le troupeau confié par Dieu à ses soins.
Assis sur le trône de ses pères,
1180 [1 fit des largesses à tous;
Ceux qui l'avaient offensé
Obtinrent de lui le pardon le plus généreux.
Sa libéralité était incomparable;
Il augmenta sa cour,
Et accrut le nombre des officiers
Attachés au service du palais.
Sa table, tenue sur le pied le plus large,
Servait à l'entretien des pauvres;
Chacun était pourvu à satiété
1190 D'aliments fournis par lui.
D'après une règle qu'il s'était imposée,
Partout où il portait ses pas,
Les populations
Étaient nourries aux frais de son trésor.
Ce cas se reproduisit fréquemment;
Car lorsque ce prince se trouvait éloigné quelque
part,
Toutes les troupes accouraient à lui,
Et d'autres gens aussi, qui venaient à flots
pressés.
Cette foule séjournait là des mais entiers,
Sans avoir à s'inquiéter des besoins de la
vie; |
Le trésor du roi y suffisait,
Et chacun vivait dans l'abondance.
Par les dons qu'il fit aux églises,
Il surpassa ses prédécesseurs en munificence.
11 fonda un collége de vartabeds (docteurs en
théologie ).
Ïl aimait et honorait les savants,
Et accordait un présent particulier
À chacun de ceux qui étaient promus au doc-
torat,
D'après une fondation qu'il établit à perpé-
tuité,
Et qu'il fit consigner par écrit.
! C'est-à-dire la nation arménienne. (Cf. sur cette expression, p. 258, n° 2, et p. 231, n° 6.)
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1210
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1210
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE.
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1211. Onn34 gopnil — 19 19. #p &wponkuy — 1220. ap ergepbuws — 19233. “Uuwhe h JEpuy unpu EEug
« Ayant d'abord marché contre lui. » — 1237. npéocpagt — 1246. Gurnepgv tp L aifuun — 1250. Add.
Urdw sp g$Eun gopwgu Eqbuw,, Ne eur Zu wub « Étant venu lui -même à la suite de ses troupes,
Qui étaient plus nombreuses que le sable de la mer. » — 1294. vu pwkbu
EE —————_—_—]
ll porta la solde des troupes
Au delà de ce qu'elle avait été anciennement.
Tel était le caractère de ce prince,
Bienfaiteur de tous,
Rempli de douceur et de magnanimité ,
Toujours maître de lui-même.
Sa figure était gracieuse et riante,
Sa modestie parfaite ;
Charitable envers les pauvres,
1220 Prêtant l'oreille à toutes les plaintes.
Ces qualités faisaient ja joie
De la nation arménienne, et sa grandeur.
L'auteur du mal, témoin des vertus de Léon,
Entreprit de lui livrer combat:
1 demanda de le tenter par une guerre déclarée,
Comme il avait fait autrefois à l'égard de Job.
Mais, malgré tous ses efforts,
Et quoiqu'il le couvrit de blessures.
Il le trouva toujours inébranlable.
1230 Et supérieur même à Job.
Les tribulations dont Léon fut affligé
Vont être racontées par moi sommairement.
À l'instigation de l'antique ennemi du genre
humain,
Des embûches lui furent dressées
Par les chefs principaux du royaume,
Par ses propres parents.
Le roi ayant d'avance pénétré leurs desseins,
Et fort de sa confiance en Dieu.
Se contenta de saisir leurs forteresses,
Sans ravir à aucun sa liberté.
Mais le Seigneur fit retomber
Sur ces rebelles le mal qu'ils avaient ma-
chiné.
Après cela arriva à la tête d'une armée
Le sulthan d'Égypte,
Qui se fit l'agresseur de Héthoum,
En pleine paix, et au mépris des traités;
Violant les serments qu'il avait faits,
Ï marcha de nouveau contre nous.
Sans avoir découvert d'avance son dessein,
Ïl fondit furtivement sur la Cilicie.
Il s'adjoignit des Arabes
Et des Turkomans,
Peuples adonnés à la vie pastorale de toute an-
tiquité, et qui venaient
Conduire 1à leurs troupeaux, et y établir leurs
campements d'hiver.
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528 CHRONIQUE RIMÉE
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QuunbpuagdEy juiuäfiu Yes -
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Paauaqb uulpuue qgopp Efiu [Eu : 1280
1256. De gwdEtufu qnpS dbp — 1 260. gun ÿ fuupiu qgnp wbubkiw; — 1268. gen. Jp
Ces nomades, qui connaissaient le pays,
Et les défilés qui en ouvrent l'accès,
Coururent grossir l'armée du sulthan.
[Les infidèles] portèrent partout le ravage;
Ils firent mille fois plus de mal
Que les précédentes fois dont il a été déjà parlé;
Car ils allèrent traquer dans les montagnes et
en firent descendre
Bêtes et gens, réfugiés sur ces hauteurs.
Ils passèrent au fil de l'épée
Tous ceux qu'ils rencontrèrent dans les plaines;
Ceux qui occupaient des lieux fortifés,
Ou qui s'étaient retirés dans les forteresses,
Échappérent seuls au carnage :
1 Makrizi (Histoire des sulthans mamlouks, t. 1,
2° partie, p. 123) raconte ainsi cette expédition des
Égyptiens : « Le troisième jour du mois de schà’-
«ban 673 (1° février 1275), le sulthan (Bcïbars)
« partit du château de la Montagne, prit la route de
«la Syrie, et entra dans Damas, le dernier jour
«du mois (28 février). I quitta cette ville le 7 de
« ramadhän (7 mars), et arriva à Häma. Il en sortit
«à la tête des troupes et des Arabes; il délacha
« vers Birah un corps d'armée sous les ordres des
«émirs Îsä-ben-Mohannä et Houçâm-eddin-Atäbi.
« L'émir Kelaoun-Alfi et l'émir Bilik, le khdzindar
« (trésorier), ayant fait une incursion par terre,
«surprirent la ville de Maciça, et en égorgèrent
«tous les habitants. Ils avaient fait porter avec
«eux, sur des mulets, des barques démontées qui
« devaient servir à traverser le fleuve Djeyhan et
«le Nahr-aswad (le fleuve Noir); mais on n’en eut
« pas besoin. Le sulthan, à la tête de ses troupes,
«rejoignit les deux émirs après avoir traversé le
« Nahr-aswad. L'armée, malgré les nombreux obs-
« lacles qui s’offraient sur sa route, s'empara des
« montagnes el y ramassa un butin prodigieux, qui
== ET ee eee
Les autres furent pris tous sans exception.
Enveloppant notre pays,
Ils le livrèrent partout aux flammes. 1270
Tarse la grande fut ruinée,
Cette magnifique et illustre cité.
Ils brûlèrent l'église de Sainte-Sophie,
Et mirent la ville au pillage.
Après toutes ces dévastations,
Îls se retirèrent sains et saufs !.
Léon, conservant tout son courage,
Était résolu à les combattre ;
Mais les grands l'en détournèrent,
À cause du petit nombre des troupes armé- 1280
niennes,.
«consistait en bœufs, buffles et moutons. Le sul-
«than fit son entrée à Sis, en ordre de bataille,
«et y célébra la fête solennelle. Il livra la ville au
« pillage, démolit le palais du takafour (roi), ses
« belvédères et ses jardins. Un détachement, en-
« voyé par lui vers le défilé de Roum, DA Ni),
« lui ramena des prisonniers tatars, parmi lesquels
«se trouvaient un grand nombre de femmes et d'en-
« fants. Le prince fit venir de Tarsous trois cents
« chevaux et mulets. Des troupes envoyées du côté
«de la mer s’emparèrent de plusieurs vaisseaux,
« dont l'équipage fut égorgé. D’autres corps, dans
«des courses exécutées sur tous les points des
«montagnes, massacraient ou faisaient captifs les
«ennemis, et recueillirent quantité de butin. Un
« détachement, s'étant dirigé vers Aïas et trouvant
« cette ville abandonnée, la livra au pillage et aux
« flammes, et tua beaucoup de monde. Environ
« deux mille d’entre les habitants, Franks ou Armé-
«niens, s'étaient réfugiés sur des vaisseaux qui fu-
« rent engloutis dans les eaux de la mer. On recueillit
« des richesses incalculables. »
DES ROIS DE LA
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PETITE ARMÉNIE.
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1310
1320
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mie] qui frappa tout le monde. »— 1300. Ce vers manque. — 1302. Ce vers manque. — 1307. &y —
1313. pwphn.Hhudj — 1314. (fr k gweng — 1316. Wrfubuh — 1322. Lab JEpkbre
À la vue de son royaume dévasté,
I fut saisi de tristesse ;
Prodiguant à tous des consolations,
H ranimait, par ses libéralités, leur âme affligée.
Pendant qu'il soutenait ces épreuves,
Et comme il commençait un peu à respirer,
Il perdit un de ses fils
Encore en bas âge [Nersès|].
Lui-même tomba gravement malade,
1290 Et ses jours furent en danger.
Au milieu des souffrances quil éprouvait,
[1 vit mourir une de ses filles [Tésckho’].
Tant de malheurs ne l'abattirent point;
Il ne conçut aucune lâche pensée;
Mais, mettant sa confiance en Dieu,
H supportait ces épreuves en le bénissant.
D'autres disgrâces l'attendaient encore :
Le pays fut ébranlé d'un bout à l'autre;
Une épidémie mortelle survint,
1300 Qui enleva les populations qui avaient survécu.
La terre, restée inculte,
Ne produisit plus même de quoi sufire aux be-
soins de la vie.
1 Chap. Ï, vers. xxl.
2? Ces paroles ne sont point d'Osée, mais de Job
HistTor. ARM. — I.
=
ne
Cependant le roi relevait les esprits abattus
De tous ses sujets, et ranimait leur espoir.
Il allait, répétant les paroles de Job,
Et bénissant le nom du Seigneur.
u Ce que le Seigneur m'avait donné, disait-il,
«Il me l'a repris;
«Nous sommes sortis nus du sein de notre
« mère,
«Et nous reviendrons nus dans la terre !,»
Alors le Très-Haut, ayant vu
Que la parole du Prophète était accomplie,
Nous fit sentir l'avant-goût d'un état meilleur,
À nous qui vivions dans la douleur;
1 remplaça l'ombre de la mort par les clartés
de l'aurore,
Suivant le langage du prophète Osée?.
Réconcilié avec la nation arménienne,
Qui était tombée dans le dernier degré d'abais-
sement et d'infortune,
Et comme preuve du retour de sa clémence,
11 donna à notre roi de nouvelles forces.
Les troupes du sulthan étant revenues
Faire une incursion chez nous,
1310
1320
(XII, xx). Peut-être y a-t-il eu une substitution
de noi par suite de quelque faute de copiste.
67
|
|
|
|
|
1330
1330
530 CHRONIQUE RIMÉE
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1332. # luwupu — 1338. Nrrg L Jp
Le ge Sadjure wnunmugluy,
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OF Le umcubp updiu ypakus ;
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Ce rca 12804 abus,
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Le roi marcha à leur rencontre,
Et les défit complétement.
Chargé de butin,
F s’en retourna plein de joie !.
À la nouvelle de ce succès, le sulthan
D'Égypte
Envoya une ambassade à Léon,
Et conclut avec lui un traité d'amitié garanti
par un serment.
1 Ce combat, où les Égyptiens furent battus, est
de la mème année que l'expédition précédente,
1275, suivant un témoiu oculaire, auteur d'un
mémorial ou mémento de copiste, yfpumwkwpuiv,
qui fait partie d'un recueil de pièces de ce genre,
que je possède, et dont je donnerai un choix dans
les documents de mon tome second. Aboulfarad)
(Chron. syr. p. 577-578) rapporte cette victoire
des Arméniens à la même année (1586 des Grecs),
à l'époque du grand carême de Pâques. Trente fa-
kirs étant arrivés de Syrie en Gilicie pour se pros-
terner sur le tombeau du khalife Mamoun , à Tarse,
le bruit se répandit que parmi eux se trouvait le
sulthan Beïbars, venu sous un déguisement, pour
observer le pays. Le roi Léon les fit saisir et renfer-
mer dans un de ses châteaux les plus forts. La nou-
velle de cette arrestation étant parvenue en Égypte,
des députés arrivèrent fréquemment pour s'infor-
mer quels étaient les prisonniers. Ces allées et ve-
nues confirmèrent le soupçon que le sulthan se
trouvait parmi eux, et Léon ne voulut à aucun prix
les relächer. Alors un corps de cinq cents cava-
liers égyptiens entra dans la Cilicie et fut mis en
déroute par Léon, comme l’atteste Vahram, d'ac-
cord avec Aboulfaradj. Les Égyptiens revinrent à
la charge au nombre de huit mille et surprirent la
ville d’Aïas au point du jour, le lundi de la semaine
des Prodiges, 25 du mois de Dystrus ou Adar
(mars), et en massacrèrent la population; le lende-
main mardi ils se portèrent sur Maciça, où ils re-
nouvelèrent les massacres et brulèrent presque
toute la ville. Après avoir franchi le pont, ils se ré-
paudirent de tous côtés, à Tarse et jusqu'à Gor'i-
gos, commettant partout les mêmes excès et les
LS
Le bruit des triomphes du roi retentit
Jusqu'aux oreilles de l'ilkhan [ Abaka ] ?.
Ce prince lui envoya des armures et des
épées,
En l'exhortant à la guerre.
Cependant la nation des Turks,
Qui occupait la Cappadoce,
Et qui avait subi le joug des Mongols,
Et leur était assujettie comme nous,
mêmes déprédations. Un détachement arriva à Sis,
où il ne trouva personne, parce que les habitants
s'étaient retirés et fortifiés dans le faubourg. Les
infidèles incendièrent une partie de la ville et les
monastères des Arméniens et des Syriens. Le Pa-
triarche, réfugié dans la forteresse de Vahga, y
resta à l'abri jusqu’à la fin de cette invasion. Soi-
xante mille personnes périrent; les captifs, femmes
et enfants, étaient innombrables. Une fois les Égyp-
tiens partis, le roi Léon attaqua les Turkomans au
nombre de dix mille, qui avaient fait du mal aux
chrétiens, les extermina, s'assujettit leurs serviteurs
el pilla tout ce que ces Turkomans. possédaient.
L'année suivante (1276) fut signalée par une nou-
velle agression des Turkomans. S’étant adjoints un
corps de cent Égyptiens, ils tentèrent d'envahir le
territoire arménien du côté de Marasch. Aussitôt
Léon réunit ses troupes et en confia le comman-
dement à son oncle le connétable Sëémpad, notre
historien, et à plusieurs autres de ses principaux
officiers. Ils attaquèrent les infidèles auprès de Ma-
rasch, le vendredi dela troisième semaine du grand
carème de Pâques; Sëmpad, plusieurs barons ar-
méniens, parmi lesquels treize des plus qualifiés,
ainsi que trois cents chevaliers, perdirent la vie;
mais un grand nombre de Turks périrent, et les
autres, repoussés et voyant l'impossibilité d'enta-
mer la Cilicie, battirent en retraite.
2 Le titre d'Ikhan, yléd}, est transcrit par
Vabram #çau, Elgh'an , ailleurs et comme dans Var-
tan Eyauv, Élgh'an , OU wynuu, Aïlgh'an. La signifi-
cation du second élément de ce mot a été expli-
quée par Ét. Quatremère, Histoire des Mongols de
la Perse, t. 1, p. 10, note 1, où il montre que le
>
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE.
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1340 Le JEpruñft pusug Sufubury
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1360
1370
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1340. QuBwp gnput — 1348. Oudbibukut — 135). Ge b (ecppht whuopgu bkuwy « Et étant entré
dans le pays des Turks » — 1993. w8 kg — 1354. gv
1358. luwqunn: hr
Sac fEuwln — 135 7. Enbu CT SLA TE L. gupdiugbe —
——_—
Nous calomnia
1340 Auprès de l'ilkhan, et nous fit perdre sa bien-
veillance,
Son or aveugla tellement ce prince,
Qu'il s’allia avec les musulmans.
Les Turks, mettant À exécution leur dessein,
Nous accusèrent ouvertement.
Mais leurs intrigues ne réussirent pas,
Et ils furent couverts de confusion.
Les Mongols, fondant sur eux,
Les passèrent au fil de l'épée ;
Alors notre roi ayant envoyé des présents à ces
derniers,
1350 Ïls lui témoignèrent une vive reconnaissance.
Fort de leur appui,
Îl se jeta à main armée sur le Turkestan !.
Après ÿ avoir enlevé quantité de butin.
J rentra en triomphe dans ses États.
En apprenant ces hauts faits, nos voisins.
Rois ou tyrans,
Saisis d'étonnement, stupéfails, |
Ambitionnèrent de faire la paix avec nous.
titre de kan contracté de khakhan ou khagan, et
attribué au chef des princes issus de Tchinguiz-
khan et son héritier direct, est supérieur à celui
de khan. Quant au premier élément 1, êl, kg, êl
Où y, ail, le même savant conclut, d'après le
Notre roi, oubliant
Les maux qu'ils lui avaient causés.
Et leur pardonnant de bon cœur,
Noua avec eux des relations d'amitié:
Car c'est un prince porté naturellement à la
piété,
Et habitué à pratiquer le bien :
Conservant sa fermeté dans les épreuves de la
vie,
Et sans orgueil dans la prospérité,
Il suit les volontés du Seigneur,
Et règne en digne monarque.
Il a trois fils,
Dont l'aîné est Héthoum :
Prince versé dans l'intelligence des saintes Écri-
tures,
Et exercé 4 tous les travaux scientifiques.
Le second se nomme Thoros,
Et le troisième Sëmpad.
Léon avait rencontré une vertueuse com-
pagne,
Kyra Anna (Guer'an), princesse
1360
1370
Tarikhi- Wassaf, qu'il doit avoir le sens de grand,
et que, par conséquent, ilkhan signifie le grand
khan. |
! C'est-à-dire les contrées de l'Asie Mineure qui
formaient l'ancien empire des sulthans d'Iconium.
67.
539 |
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1380. Suns kb — 1387. qewAwpupt — 1401.
affaiblis dans la foi. » — 1402. Swqunwkbu,
En qui une foi ardente
S'unissait à une pureté de vie exemplaire.
Tel est notre souverain,
1380 Toujours agréable aux yeux de Dieu.
Que le Seigneur le conserve de longues années,
Et lui donne un règne paisible.
Maintenant, parvenu au terme de mon ou-
vrage,
J'y ajouterai un récit qui sera bref.
J'ai déjà mentionné plus haut
L'arrivée des musulmans dans notre pays.
Le temple du Seigneur,
Les images de la croix sainte,
Les oracles vivants
1390 Transmis dans les Livres saints à l'Église,
Et tous ces objets vénérés
Qui servent au sacré mystère,
Tombés entre les mains impures des infidèles,
Et sous le coup de leurs blasphèmes abomi-
nables,
Furent jetés dans les flammes,
Au milieu de leurs insultantes railleries.
Les adorateurs du Christ
CHRONIQUE RIMÉE
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Le ÆSuuke jy quyfulatu, -
Uéce Æquqaÿu durasS pbpbu,
LE awuinelso CULLELT LIT] nLiubuus °
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1400
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(eug ejuuhubt quyu Swuhgl,
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1410
6nbv ndisup — Add. b- Guemand nhwpwgbuw, « Et
Furent livrés au glaive ou emmenés en ser-
vitude.
Les fidèles, en proie à ces tourments,
Ressentirent un grand scandale; 1400
Les uns souffrirent avec résignation,
Tout en tombant dans le doute;
Les autres, vomissant des propos furieux,
Montrèrent une coupable insubordination.
Car les uns et les autres ont l'esprit aveuglé
Et une foi affaiblie.
« Est-il juste, disaient-ils,
« Le châtiment qui nous frappe?
«Sommes-nous plus pécheurs
« Que les autres peuples du monde?
« Est-ce par un sort réservé à nous seuls
« Que nous avons été ainsi couverts d'opprobre?
«Faut-il regarder comme une nation fidèle les
1410
« musulmans,
« À qui nous avons été abandonnés,
« Eux qui se souillent d'actions impures,
« Et dont la religion n'est qu'impiété?»
Que ceux qui tiennent un pareil langage sachent
Ce qu'a dit le Seigneur,
Que « lorsque la tour qui s'écroula
1420
1430
1440
1420
1430
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE.
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où due : TV tt lnlont 2
1421. QacOneiumuwuuupt — 1493. Pwquinp
« À Siloé, écrasa
« Dix-huit personnes qui se trouvaient là,
« Cet accident ne fut pas occasionné par leurs
« péchés,
« Et que lorsque ceux qui étaient venus de Ga-
«lilée
« Furent immolés par ordre de Pilate,
«Qui, au sang des sacrifices,
« Mêla leur sang qu'il fit couler,
« Leur mort ne fut l'expiation d'aucun crime,
« Ni une vengeance excrcée par le Seigneur;
« Mais quiconque refusera de faire pénitence,
«Subira un pareil châtiment !.»
Car le Seigneur corrige ceux qu'il aime;
Îl maltraite le fils qui lui est cher.
Une lecon est donnée aux hommes
Croyants et pieux :
Cette leçon, c'est que la foi véritable
Ne doit pas être leur seul appui,
Et que les bonnes œuvres, la pratique du bien,
Doivent s'unir en eux à la foi.
Car la foi est réputée morte
1440 Lorsqu'elle n'est pas accompagnée des bonnes
œuvres.
293
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ue bgErhrk évurnptguu.,
(| >e b dbpocuun anplub ob qua :
O h Laon » np ausbÿb qu ;
Si quelqu'un, égaré par la folie,
Persiste dans une coupable impénitence,
Qu'il sache qu'une punition l'attend,
Et qu'une juste rémunération lui est réservée,
Ou dans ce monde-ci,
Ou bien au redoutable tribunal du juge sou-
verain ;
Afin que chacun apprenne avec certitude
Que Dieu a l'œil ouvert sur tous.
Quand l'homme pieux est livré
Au méchant, et souffre,
Il est démontré par plusieurs exemples
Contemporains, ou déjà consignés par écrit,
Que le roi qui a condamné
. Cet homme à subir la mort par le glaive,
Ne confie pas à un. ami l'exécution de cette scn-
tence,
Ne donne pas cette mission à une personne re-
commandable;
Ses ordres méprisables
Sont transmis à un impitoyable bourreau.
C'est là ce qui se passe sur la terre,
Et ce qui a été réglé par la Providence.
Si les Égyptiens furent frappés de châtiments,
! Vahram reproduit les paroles de Jésus-Christ, en saint Luc, XIIT, 1-v.
1450
1460
1460
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534 CHRONIQUE RIMÉE
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Pawgghugender L 4Eptgu :
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Guupan iii enund Vagf,
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1470 (le Liuurne dy E obpt lt:
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Uué wbonen puis Spundañufits:
Ur B4 ouiup bip VuunSn,
Lee gqrinuk Snqenjt verve,
Gredul divpdfiu wfph $nqen,
Le cheb que bobuñr puma,
Gudul gb skip piliu wfunny,
OdEg End uit puñii Vanne Sa) :
Vuz £ quuug bac ait fepry
1480 Qawÿh, puun dep fuunfun qrpôny:
Le crogencbHhihunt qepu pull,
Parwphos pe bip deg jupes :
O b can fabppu f nquiuk
Doubs deg npebu &,
Grp unl ghauu & pus pupägk,
O Pis tool buït deg jy 4wggk ,
Of PE quitaumaunt qundkgh,
V'énregtiegré 4 fus mugk :
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Ne b artufu fun ivquivf- 1490
Grau 9 Vupuyhs Fu,
Oo fsb Son Po afunutung fit -
Of atfoeute dEquishfir,
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Nec Soudi anne pb,
Oki fu wuug Waufukfit -
Op L'upetudpe jump gli
Pewrrhewgker, red ul EUfir -
Petgh quo wuunncwdufit
Geatei Spry babwrkk ft 1500
PavcrencRlhetupt 4pnsEgfv,
Le eecho situwpet fi :
ue obuul puphauunlt
1468. mu. quaufu — 1476. œuwuñlk — 1483. O6 oghwkui pu np b'udiuuk — 1490. Nee P euufu —
1491. GhomemwukEs, — 1500. LT E
L'Écriture dit que ce fut par le ministère de
mauvàis anges.
De même, Israël fut châtié
Par le bras des Chaldéens, ct emmené par eux
en captivité.
Mais lorsque les temples divins
Et l'image de la croix rédemptrice
Sont livrés par Dieu à l'impie,
Pour être l'objet de ses outrages,
Ce que nous avons dit sera concluant pour celui
qui a du jugement,
470 Et qui est l'ami du Seigneur;
Car nous sommes le temple de Dieu,
Amsi que le proclame sa parole infaillible.
Si donc nous sommes son temple,
Et le réceptacle de l'Esprit-Saint,
Lorsque en nous le corps domine l'âme,
Et préfère le mal au bien,
Alors, devenant inutiles à ses desseins,
Le Verbe divin nous fait périr;
Le temple consacré à son saint nom,
1480 Il le détruit pour punir nos fautes.
I anéantit les objets vénérés du culte,
{
Et nous montre son courroux;
à
En effet, à ces choses saintes sont attachés des
avantages
Qui nous ont été concédés dans ce monde;
Et quand il détruit ces objets vénérés,
Quel espoir d'être épargnés nous reste-t-il ?
S'il punit ceux qui sont innocents,
Que fera-t-il donc à l'égard des pécheurs ?
C'est ainsi qu'il rend ces vérités manifestes à ceux
Qui sont continuellement occupés à étudier [ses 1490
oracles |;
Il leur rappelle le souvenir des anciens Israélites,
Et les dérèglementsauxquelsils s'abandonnèrent;
Ils tombèrent dans tous les excès, |
Se confiant en leur temple.
Aussi la parole divine
En prédit la ruine;
Et cette menace fut accomplie
Par les Chaldéens, lorsqu'ils fondirent sur la
Judée.
La demeure de l'Éternel |
Fut réduite en cendres: 1500
Les choses saintes furent profanées,
Les offrandes souillées.
Il faut donc que l'homme pieux
DES ROIS DE LA PETITE ARMÉNIE. 535
Ley doufu wp#uwinmugh
Let wppuÿt Suyng quodh,
Leuwrdivpor ayuml puiñk,
Cuz 4 ou JEpSuianh:
Uewrd djitut FES diupunfu,
(Le au JEckE EE,
Coc cluphts ybtfiu,
Qérebi E get wunnwuyfiu,
Le clin Ets trräfr- Pneu uiduugt, np Epowkh,
O prpdioh qunteut en fuel, Cuunreudn bag dur,
1510 CaSb vga aftanppumliue fi - {re £ opS tu jun,
Qu wfowp$f nn f dupuf, Cd Le otipuss jure fnnb'uf : 1520
TT JutfeufuX uit jun fanEufi :
1516. be ve pauw JbpEuubugh
Et dans ce monde, tandis qu'il est revêtu d'un
corps périssable,
Et dans l'éternité sans fin.
Que ce bonheur devienne le partage
De Léon, roi de la nation arménienne,
De l'auteur de ce livre,
Et de celui qui le lira!
Gloire aux trois personnes
Qui forment un Dieu unique,
Béni en tout,
Maintenant et dans les siècles des siècles.
Reste inébranlable au milieu des assauts,
Qu'il ne se scandalise point du spectacle qui
s'offre à sa vue,
Et qu'il ait les yeux tournés vers ce qui est im-
matériel ;
Qu'il reste ferme dans son espoir en Dieu,
Et qu'il attende avec confiance la fin de ses
épreuves;
Que par le repentir il revienne au bien,
1510 Et se rende digne d'obtenir une vie exempte de
tristesse, |
1520
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CHANT POPULAIRE
LA CAPTIVITÉ DE LÉON, FILS DU ROI HÉTHOUM l‘.
(APPENDICE À LA PAGE 022.)
NOTE PRÉLIMINAIRE.
” Vahram d'Édesse, en racontant l'invasion des Égyptiens dans la Cilicie, en
1266, et la défaite des Arméniens auprès de Derbeçak, mentionne comme un
des plus tristes épisodes de cette désastreuse journée la captivité de Léon, fils
du roi Héthoum, tombé entre les mains des infidèles, et la mort héroïque de son
frère Thoros, tué les armes à la main. En écoutant les accents de la douleur que
ressentit le catholicos Constantin pour le sort de ces deux jeunes princes, ses élèves
bien-aimés, et dont l'historien Vartan s'est fait l'éloquent interprète (cf. ci-dessus
p. 222-523, n. 1), nous apprenons que Thoros, pressé par les ennemis de se
rendre, refusa de se faire connaître et préféra un obscur trépas à une vie ra-
chetée par une rançon bien lourde pour sa patrie dévastée et ruinée. Léon,
chargé de fers, fut emmené en Égypte. Les regrets que son absence occasionna
éclatent dans un chant, l'une des inspirations contemporaines de la muse popu-
laire. Cette pièce de poésie a été publiée pour la première fois par le R. P. Léonce
Alischan dans son recueil intitulé Armenian popular songs '; elle est écrite dans
le dialecte vulgaire de la Cilicie. Pour avoir l'intelligence historique des paroles
du rhapsode arménien, je les ferai précéder du récit qu'a retracé Tchamitch *
des événements qui ont servi de thème à notre poëte anonyme, écho du senti-
ment national.
«Le roi Héthoum, voyant les Égyptiens entrés dans la Cilicie et s'y livrant à
toutes sortes de dévastations, divisa son armée en deux corps dont il confia le
commandement à ses fils Léon et Thoros, tandis que lui-même partait en toute
hâte pour aller demander du secours aux Tartares. Il n'était pas encore de retour
lorsque les infidèles, tombant sur les troupes arméniennes, les taillèrent en pièces
et mirent le reste en fuite. Cependant Léon et Thoros, à la tête d'une poignée
de braves échappés au fer des infidèles, les assaillirent de nouveau et en tuérent
un grand nombre. Dans la mêlée, Thoros, emporté par son ardeur, tomba criblé
de blessures. Son frère, trahi par quelques chefs arméniens, fut cerné et fait pri-
sonnier. Les Égyptiens, qu'aucun obstacle n'arrêtait plus, se répandirent par-
tout, le fer et le feu à la main, ct parvinrent jusqu'à Adana; mais, malgré tous
leurs efforts, ils ne purent s'emparer des places fortes et des châteaux. Le jeune
Léon, trompant la vigilance de ses gardiens, fit dire sous main à ses compagnons
1 Venise, in-8°, 1852. 2 Histoire d'Arménie, t. II, p. 266-268.
68
HisTor. ARM. — I.
538 CHANT POPULAIRE
d'armes de ne plus songer à lui et de résister de toutes leurs forces. Cependant
les infidèles, continuant leur marche victorieuse, arrivèrent à Sis et occupèrent
cette ville. Ils semparèrent des richesses qu'elle contenait, et des trésors du roi.
La grande église de Sainte-Sophie, qu'avait fait construire le roi Héthoum, fut
brülée. Après avoir étendu leurs dévastations dans tous les environs et enlevé
quarante mille prisonniers, ils évacuërent la Cülicie et s'en retournèrent chargés
de butin.
« Sur ces entrefaites, Héthoum revint avec un corps de Tartares. En apprenant
le malheur qui venait de le frapper comme père et comme roi, malheur auquel
il n y avait d'autre remède pour le moment que l'intervention de la Providence, il
congédia les Tartares après les avoir généreusement récompensés, craignant que la
présence de ces barbares sans frein et sans discipline n'aggravât une situation
déjà très-compromise. Îl fit partir pour Rome des ambassadeurs chargés d'en ex-
poser le tableau à Clément IV et de solliciter son appui. Le Souverain Pontife lui
répondit par des paroles d'encouragement et de consolation, et écrivit en même
temps à l'empereur Michel Paléologue et aux chevaliers des trois ordres de l'Hô-
pital, du Temple et Teutonique, en les exhortant à secourir le roi d'Arménie ?.
« Le jeune Léon, conduit au Kaire, n'eut pas de peine à gagner la bienveillance
de Beïbars : le sulthan, charmé de sa figure avenante, de la noblesse et de la grâce
de ses manières, et touché de sa résignation, se prit d'affection pour lui. Ïl lui
promit de lui rendre la liberté et de le renvoyer bientôt à son père; mais ses con-
seillers l'en détournèrent, et Léon obtint seulement la permission de faire le
pèlerinage de Jérusalem. Il accomplit ce voyage avec une escorte de soldats et
sans pouvoir quitter ses fers. À son retour, il fut réintégré dans sa prison et y
passa un an entier, occupé à prier, à faire des lectures pieuses et à ranimer le
courage de ses compagnons d'infortune.
« Cependant Héthoum ne cessait de pleurer la perte de ses fils. Quelquefois, pour
faire diversion à sa douleur, il allait visiter le couvent d'Agner, non loin de Tarse,
où le pieux entretien des religieux était pour son âme afligée une source de consola-
tions. Après quoi il rentrait dans son palais pour verser en secret des larmes dont
la vue aurait redoublé la tristesse de ceux qui lui étaient restés fidèles, et excité les
railleries des traîtres qui avaient livré son fils Léon. Dans une fête solennelle,
lors de la bénédiction de l'eau, le jour de l'Épiphanie, apercevant ses barons réu-
nis autour de lui, il ne put plus se contenir et s'écria : « Tous nos chefs sont-ils
« rassemblés? — Oui, lui répondit-on. — Tous nos chefs, répéta-t-il, sont-ils
« présents? -— Ils sont devant toi. — Mais Léon et Thoros, mes nobles et bien-
« aimés fils, où sont-ils donc? Ô mes enfants, votre nom est prononcé, et vous
« n'êtes point ici! L'un a été immolé par le glaive, l'autre gémit dans la servitude. »
À ces mots, il laissa éclater ses sanglots, et tous les assistants fondirent en larmes.
Après avoir pris l'avis de ses barons, il envoya au sulthan des ambassadeurs char-
gés de présents, pour le supplier de lui rendre Léon. Beïbars y consentit, à con-
dition que Héthoum, qui était l'allié et l'ami des Tartares, intercéderait auprès
d'eux pour obtenir la liberté de Sonkor-Aschkar (le Faucon roux), l'un de ses
émirs, tombé entre leurs mains à la prise d'Alep. Héthoum se hâta d'envoyer son
neveu à Tauriz, à la cour d'Abaka-khan, qui condescendit sans peine aux prières
1 Lettres de Clément IV, t. II, lettres 326, 327, armenæ cum romana, t. 1‘, cap. xxv, p. 391, 393
et 328; Rainaldi, ad annos 1266 et 1267, t. III, et 395; D'Achery, Spicilegium, t. 11, pag. 393 et
p. 200, 226 et 227; Galanus, Conciliatio ecclesiæ 470.
SUR LA CAPTIVITÉ DE LÉON.
239
du roi, et renvoya son prisonnier. À son tour, le sulthan, ayant fait venir Léon
en sa présence, et lui ayant fait jurer de conserver toujours la paix avec lui,
le congédia très-honorablement, après trois ans de captivité". »
P Le vpat SEBy.
Û
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Urcpe fous oqulut] Enthu ne uni:
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Y
DLérb qre Gunr2Gf bb,
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Pdqreu, bd jres ne vucpe Wu:
Urcce bout ogiuuiu | Ebfo ne wdEtnu :
TRADUCTION.
SE
SUR LÉON, FILS DE HÉTHOUM.
I
Je dis hélas! sur Léon,
Qui a été fait prisonnier et conduit à la cour
des Dadjigs (Musulmans).
Ma lumière, ma lumière et la sainte Vierge !
Que la sainte Croix soit en aide à notre Léon
et à nous tous!
Il
Le sulthan s'est rendu au Meïdan ? :
Il joue avec sa paume d'or *.
Ma lumière, ma lumière et la sainte Vierge!
Que la sainte Croix soit en aide à notre Léon
et à nous tous!
1 Voir, au sujet de ces événements, mes notes
sur la Chronique rimée de Vahram, p. 522-523.
2 Le mot arménien 4#-yw:%# est l'arabe Lee,
«champ ouvert et vaste, place destinée aux jeux
équestres (hippodrome, manége) ou à des exercices
de palestre. »
3 L'arménien gout OU gm%, «globe, corps
sphérique, et, par suite, la balle dont on se sert au
jeu de paume. » Il est question dans Matthieu d'E-
desse (ch. xx, p. 27-29 du t. [* de ma Bibliothèque
arménienne) de Térénig, de la famille des Ardz-
rounis, souverain du pays d'Antzévatsik, dans le
Vasbouragan, lequel avait été fait prisonnier par
Abou'lhadji, émir de Her, et que celui-ci condui-
sait quelquefois au meïdan pour jouer à la paume.
[I
Il joue, et, donnant [la paume] à Léon,
« Prends, dit-il, joue et donne-la à ton dada 5.»
Ma lumière, ma lumière et la sainte Vierge!
Que la sainte Croix soit en aide à notre Léon
et à nous tous!
IV
« Léon, si tu veux te faire musulman,
«Moi et mon dada nous serons tes esclaves. »
Ma lumière, ma lumière et la sainte Vierge!
. Que la sainte Croix soit en aide à notre Léon
et à nous tous!
(Cf. sur le jeu de paume à la cour de Byzance et en
Orient, Ét. Quatremère, dans Makrizi, Histoire des
sulthans mamlouks, t, [°, I" partie, p. 121, note 1.) Je
dois faire remarquer que ce savant orientaliste, dans
la note où il rapporte le passage précité de Matthieu
d'Édesse, a commis une grave erreur en faisant du
prince arménien Térénig, dont l'origine et la famille
sont parfaitement connues, un prince géorgien.
& On voit que Beïbars traitait très-doucement son
jeune prisonnier, puisqu'il l'associait à ses divertis-
sements.
5 En arménien vulgaire uw dada Où œuryuwy
baba’ « père, ou père nourricier, » et ici gouverneur
chargé de l'éducation ou bien de la direction d'un
jeune prince, atabek.
68.
940
&
Déc bp ebpgbv tant,
wunnaulf wshqu ne Ynipeun,
Pécduñnn, np b Ube KErBwu,
Pot pue aile vuushu :
9.
(lg °p auuft y qui jpukg,
Coun SES pukg Epunlo-
CHANT POPULAIRE SUR LA CAPTIVITÉ DE LÉON.
Léger h unz pull Equn ;
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E
(he on ab | dr men,
(le Swuus oppufu dis punnhi -
[LA peu, hr preu, ne oncpp Us,
Ur:pe fous oqg'eulqpuit I Enthu ne anlEuni.u :
a
V
Léon était renfermé dans une forteresse :
Un mouchoir sur les yeux, il pleurait.
«Ô caravane qui chemines vers Sis,
« Va porter de mes nouvelles ! à mon père!»
VI
Dès que son père eut appris cela,
Il réunit des cavaliers en troupe ;
! L'arménien vulgaire fuwmwp est la transcription
de l'arabe ya « nouvelle. »
? Ceci est évidemment une fiction du poëte,
imaginée pour flatter l’orgueil de ses compatriotes,
puisque lc retour de Léon auprès de son père ne
fut rien moins qu’imposé par la force, mais dû à la
IL partit et marcha contre le sulthan,
Et fit couler des torrents de sang ?.
VII
Il reprit son fils Léon,
Et obtint l'objet de ses vœux *..
Ma lumière, ma lumière et la sainte Vierge!
Que la sainte Croix soit en aide à notre Léon
et à nous tous!
soumission et aux prières instantes du roi. Abîmés
par Beiïbars, les Arméniens étaient , dansce moment,
tout à fait hors d'état de prendre les armes contre lui.
3 Le mot vulgaire Säcpunn est l'arabe 5Îpe « ce
qui est désiré ou désigné, désir, volonté, intention,
fin, but.»
LE ROI HÉTHOUM IL
NOTE PRÉLIMINAIRE.
Le poëme que le roi Héthoum IT a signé de son nom a été publié trois fois
à la suite de la Bible arménienne : dans l'édition de l'évêque Osgan, in-/°,
Amsterdam, 1666; dans celle de Constantinople, 1705, in-4°, et dans l'édition
de Mëkhithar-abbé, in-4°, Venise, 1733. Ce poëme offre autant d'intérêt par
les faits historiques dont il conserve le souvenir et par la peinture de l'état
déplorable où se trouvait alors le royaume de la Petite Arménie, que par le
titre et le rang de son auteur. Héthoum II était le fils aîné du roi Léon II et
de Guér'an ou Kyra Anna, princesse de la maison des seigneurs de Lampron:
Pour comprendre les allusions qu'il fait aux événements qui ont inspiré sa
muse mélancolique, il est nécessaire de parcourir les annales de son règne si
agité et terminé d'une manière si déplorable. Après la mort de son père, arrivée
en 738 de l'ère arménienne (8 janvier 1289-7 janvier 1290), il lui succéda
immédiatement, mais sans vouloir d'abord placer la couronne sur sa tête et
sans prendre d'autre titre que celui de baron. Les témoignages contemporains
nous apprennent que ce prince, élevé dans la piété et la pratique de l'humilité
chrétienne, faisait ses délices de la prière, de la lecture de l'Écriture sainte et
de la société des moines et des ecclésiastiques. Dès qu'il eut le pouvoir en main,
1] sempressa d'enyoyer à Rome, au pape Nicolas IV, un religieux latin nommé
Jean, chargé de présenter au souverain pontife ses hommages et l'assurance
de son dévouement à l'Église latine. Le pape lui répondit par de grands éloges
et des témoignages de satisfaction, et en l'exhortant à des démarches pressantes
auprès des prélats arméniens pour les décider à se rallier comme lui à l'unité.
Nicolas écrivit aussi à Thoros, frère de Héthoum et lieutenant du royaume,
au connétable Léon, au maréchal Oschin et autres chefs, ainsi qu à la tante du
roi, Marie veuve de Jean d'Ibelin, seigneur d'Arsour et connétable du royaume
de Jérusalem, princesse qui depuis la mort de son mari vivait dans une pieuse
retraite !. Ces relations de Héthoum avec le pape et sa condescendance envers
Rome suscitèrent des querelles et des troubles parmi les Arméniens et réveil-
lérent cette animosilé qui avait éclaté déja plusieurs fois et qui, depuis lors, se
ranima si souvent contre des prétentions qu'ils considéraient comme une at-
teinte à l'antique indépendance de leur Église nationale. Nous verrons plus loin
dans la lettre de saint Nersès de Lampron, archevêque de Tarse, au roi Léon IT,
avec quelle passion et quel acharnement les docteurs et les moines de la Grande
Arménie repoussaient le dogme de la suprématie du Saint-Siège et les rites
1 Ces lettres de Nicolas IV trouveront place parmi les documents que doit réunir notre tome second.
549 LE ROI HÉTHOUM IL.
des Latins. Le roi, qui sentait le besoin de se ménager l'appui du pape, dans
le fâcheux état où se trouvait la Petite Arménie, rompit ouvertement avec le
catholicos Constantin Brônakordz, dont il redoutait l'opposition et l'mfluence,
et, ayant réuni un concile, le fit déposer; il l'exila et lui donna pour succes-
seur Étienne IV, originaire de Khakh où Khakhd, village du district d'Égue-
ghiats, dans la province de la Haute Arménie. Ces dissensions furent enve-
nimées par une autre cause, qui depuis longtemps tenait les Arméniens
séparés des autres communions chrétiennes, la détermination de l'époque
où doit tomber le jour de Pâques, lorsque les caractères du calendrier ra-
ménent cette fête, pour les Arméniens, le 13 avril, et pour les autres le 6.
Héthoum rassembla les évêques et les docteurs, et leur fit décider qu'il fallait
suivre la règle des Grecs et des Latins et célébrer cette fête le 6 avril. Mais
dans la Grande Arménie, à partir de Césarée de Cappadoce, le clergé, fidèle
à ses habitudes d'opposition invétérée contre toutes les idées étrangères,
retarda d'une semaine. La seconde partie du poëme de Héthoum est con-
sacrée à discuter cette question de qui avait dans ces cir constances
une importance toute politique, et à prouver la vérité du calcul de l'Éplise
dont il voulait gagner la protection. Ces disputes religieuses et ces déchire-
ments eurent pour résultat d'affaiblir de plus en plus le royaume et de le
livrer sans défense aux invasions des Égyptiens, ces éternels ennemis des
princes chrétiens de la Petite Arménie. Le sulthan Méhik-Aschraf, fils de
Kélaoun, envahit la Syrie, et, après avoir pris Saint-Jean d'Acre, Tyr, Tripoli,
et détruit tout ce qui restait des colonies chrétiennes sur le littoral, s'avança
contre la Cilicie. Dans ce péril extrême, Héthoum alla occuper tous les pas-
sages de l'Amanus qui débouchaient en Cüicie, et implora Argoun, khan des
Mongols de la Perse. Mais Argoun, empêché par les guerres dans lesquelles
il était engagé, ne put lui donner aucun secours. Héthoum sollicitait en
même temps le Saint-Siége, auquel 11 annonçait l'orage prêt à fondre sur les
chrétiens d'Orient. Nicolas et ses successeurs Célestin V ei Boniface VIII firent
en vain retentir l'appel à la croisade : l'enthousiasme qu'excitait autrefois la
délivrance des lieux saints avait fait place à une profonde indifférence, aux
entraînements d'une ambition appelée à s'exercer sur un théâtre moins éloigné,
à des rivalités et à des jalousies politiques, et enfin aux préoccupations que
suggérait la situation alors agitée de l'Europe. Le roi de France Philippe le Bel,
Édouard, roi d'Angleterre, Rodolphe, empereur d'Allemagne, les souverains de
Navarre, de Naples, sollicités en vain de prendre la croix, prodiguèrent les pro-
messes, Mais Sans Jamais songer sérieusement à les réaliser. Mélik-Aschraf,
chargé de butin et traïnant après lui une multitude de captifs, reprit la route
del Égypte. L'année suivante (1292), il se mit derechef en campagne, et, ayant
réuni ses troupes à Alep, il se dirigea vers le nord, et alla investir la forte-
resse de Hr'om-gla, résidence des patriarches arméniens, située sur la rive
! On peut voir dans mes Recherches sur la chro- entre les Arméniens et les Grecs, presque jusqu'à
nologie arménienne quelles violentes querelles, nos jours, et notamment à Jérusalem, où les deux
toujours scandaleuses et quelquefois sanglantes, a communions se trouvent en présence et en conflit
occasionnées cette divergence dans le calcul pascal au Saint-Sépulcre.
LE ROI HÉTHOUM II. 543
droite de l'Euphrate. Le siége commença le mardi, huitième jour de djou-
mada second (15 mai). La place, entourée d'une enceinte de sept murailles
et défendue par le baron Raymond, oncle maternel de Héthoum, opposa une
vive résistance. Mais au bout de trente-trois Jours, le samedi 11 de redjeb
(16 juin), elle fut emportée d'assaut. Les infidèles massacrèrent la garnison
et les habitants; ceux qui échappérent au carnage, et dans le nombre le ca-
tholicos Étienne, furent emmenés captifs. Ils incendièrent les églises et le
palais patriarcal, emportérent les vases sacrés, et, entre autres reliques véné-
rées, la dextre de saint Grégoire 1THuminateur. Le sulthan changea le nom de
cette place en celui de Kalat-el-Mouslimin (le château des musulmans), sous
lequel elle fut désormais connue. L'émir Sandjar-Schoudjai fut chargé de re-
lever la partie des murailles qu'avaient abattue les machines de guerre et la
sape, et l'émir Tougan, wäli (gouverneur) de la banlieue de Damas, fut nommé
naïb (lieutenant) de cette nouvelle conquête. Mélik-Aschraf revint par Alep
et Damas en Égypte, faisant conduire devant lui le patriarche Étienne et ses
prisonniers, et entra au Kaire, le mercredi second } jour du mois de dsoul-
kadé !. L'année suivante (1293), il força le roi à lui hvrer Behesni, Marasch
et Tell de Hamdoun. La nouvelle de la remise de ces villes aux musulmans
parvint à Damas le premier jour de redjeb (26 mai), où l'on vit arriver l'émir
Tougan, accompagnant les ambassadeurs arméniens chargés du tribut et des
présents.
Fatigué d'une lutte aussi inégale et dégoûté du monde, Héthoum, après un
règne de quatre ans, céda au penchant qui l'entraînait vers la vie contem-
plative. Il abdiqua en faveur de son frère Thoros, et entra dans un couvent
de Franciscains, où il fit profession sous lé nom de frère Jean. Il vécut dans
cette pieuse retraite entouré de l'estime et du respect de tous, consulté avec
déférence dans toutes les occasions difficiles, et contribuant par ses conseils à
la bonne direction des affaires publiques.
Cependant la carrière active et politique de Héthoum n'était point encore
terminée. Au bout de deux ans, Thoros, désirant à à son tour se faire moine, le
sollicita vivement de reprendre les rênes de l'État. Héthoum céda aux instances
de son frère et des grands du royaume, réunis à Sis pour la célébration du ma-
riage de sa sœur Isabelle avec Amaury, comte de Tyr, frère du roi de Chypre
Henri II (1295). La même année, Héthoum se rendit auprès de Gazan-khan,
fils d'Argoun, et renouvela les traités d'amitié qui existaient entre les Tar-
tares et les Arméniens”. À son retour, deux ambassadeurs arrivérent de la
sume les historiens arméniens, car il paraît qu'il
ne comprenait que très-médiocrement les textes
grecs ou latins, et pas du tout les écrivains orien-
taux. Je dois ajouter qu'il est entièrement dépourvu
1 J'ai emprunté le récit de la prise de Hr om-gla
à Tchamitch (Histoire d'Arménie, t. II, p. 287,
288, et annot. p. 383), en le complétant et en le
rectifiant par les détails que m'a fournis Makrizi
dans son Histoire des sulians mamlouks (trad. d'Ét.
Quatremère, t. II, 1" partie, p. 141 et suiv.). On
peut dire, en général, que les détails que donne
Tchamitch sur les rapports des sulthans d'Égypte
avec Jes Franks et les Arméniens sont remplis de
confusion et d'inexactitudes. Cet auteur ne mérite
d’être consulté que lorsqu'il a compilé et qu'il ré-
de critique.
2? Aboulfaradj (Chron. syr. p. 643-644) raconte
que Héthoum, qui était parti pour aller faire sa
cour à Baïdou, arriva, après un voyage de deux
mois, à Siahcouh, au moment où le général Ne-
vrouz s’avançait contre ce dernier. Baïdou , dansun
moment où il allait se trouver aux prises avec son
ee — ne qq mn tl qu CR CR Ge 0 OR
5Añ LE ROI HÉTHOUM IL
part de l'empereur Andronic IT, chargés de lui demander la main d'une
de ses sœurs pour Michel, son fils. Héthoum accueillit avec empressement
la proposition d'une alliance aussi honorable pour lui qu'utile à ses intérêts,
et envoya à Constantinople ses deux sœurs, Ritha et Théophané, pour les
offrir au choix d'Andronic. Ritha, l'aînée, obtint la préférence, et la cérémonie
de son mariage eut lieu le 16 janvier 1296; Théophand, fiancée à Jean Ducas
l'Ange, fils de Jean, sébastocrator, mourut la même année, en allant rejoindre
son futur époux, et fut enterrée à Thessalonique.
Peu de temps après, Héthoum partit avec son frère Thoros pour aller faire
une visite à sa sœur Ritha !, après avoir confié les soins de l'administration,
pendant son absence, à son autre frère Sémpad. Mais à peine fut-il éloigné que
le régent, usurpant un pouvoir dont il n'était que le dépositaire, persuada au
catholhcos et aux nobles de le reconnaître pour souverain, prétendant que
Héthoum, par son abdication, avait perdu tous ses droits à la couronne et n'était
plus qu'un simple moine. Ayant réussi à se faire sacrer, 1l frappa monnaie en
son nom et s'arrogea tous les pouvoirs et les attributs de la royauté. Héthoum,
qui ignorait l'usurpation de son frère, revint en Cilicie; mais les grands se décla-
rérent contre lui et le chassérent. Il passa dans F'île de Chypre et de là retourna
à Constantinople pour solliciter l'appui de l'empereur; mais 11 n'obtint d'autre
secours qu'une somme d'argent. Il alla trouver Gazan-khan, et n'eut pas plus
de succès, car naguère son frère Sémpad s'était rendu à la cour du monarque
mongol, avait reçu un diplôme d'investiture, et, afin de s'assurer sa protec-
tion, avait épousé une princesse de la famille impériale de Tchinguiz-khan.
Abandonnés par les Mongols, Héthoum et Thoros, en revenant par Césarée de
Cappadoce, tombérent entre les mains de Sémpad, qui les renferma dans la for-
teresse de Partzérpert, où, au bout de quelques jours, ä fit étrangler Thoros
avec une corde d'arc et aveugler Héthoum*°. Un quatrième frère, Constantin,
prenant parti contre le fratricide, le surprit et le chargea de fers. Il rendit la
liberté à Héthoum, et monta lui-même sur le trône (1298). I paraît que le sup-
plice infligé à ce dernier n'avait point détruit en lui radicalement le principe
de la vue, puisqu'au bout d'un an ses yeux se rouvrirent à la lumière*. La
compétiteur Gazan, fit dire au roi, par un message,
de se rendre à Méraga, lui promettant, une fois le
langer passé, de le mander à l'Ordou. Héthoum
alla donc à Méraga, où il resta environ dix jours.
Sur ces entrefaites, Baïdou fut mis en fuite et
périt. Alors Gazan arriva à Tell Oukama (Colline
Noire), près de Dihbourkan, où 1l établit son camp.
Héthoum s'empressa d’accourir pour lui présenter
ses hommages. « Mais, dit Gazan, tu es venu pour
« Baïdou et non pas pour moi. » — « Il est de mon
« devoir, répondit le roi, de me prosterner devant
«les descendants de Tchinguiz-khan et d'adorer
«tout prince de sa race qui est assis sur le trône. »
Le khan le traita avec bienveillance, le fit revêtir
d'un costume royal, et ordonna de lui délivrer un
diplôme contenant la concession de tout ce qu'il
était venu demander.
Héthoum le pria de révoquer l'édit qui prescrivait
la destruction des églises, parce que c'étaient des
édifices sacrés et destinés à la prière. Un diplôme
fut rédigé en conséquence et remis aux préfets, por-
tant que les temples des idoles seulement seraient
convertis en mosquées et en colléges musulmans.
C'est ainsi que l'intervention du roi assura la con-
servation d'un grand nombre d'églises. Satisfait des
faveurs qu'il avait obtenues, il partit de l'Ordou
impérial le lundi 9 de tischrin 1° (octobre) de l'an
des Grecs 1607 (1295). |
1 Cf. sur Ritha (Marguerite), laquelle reçut des
Grecs, en se imariant, le nom de Marie ou de Xené,
ci-dessus, p. 490, note 1.
2? Il est probable que l'opération que subit Hé-
thoum fut pratiquée, suivant le mode en usage chez
les Grecs, par la cautérisation, et que l’exécuteur
se servit d'un fer qui n'était point suffisamment
chauffé pour aveugler tout à fait le roi.
LE ROI HÉTHOUM IL. 545
nalion, heureuse de sa guérison, qui fut attribuée à un miracle, voulut le
replacer à sa tête. Constantin, jaloux de conserver le pouvoir dont il s'était
emparé, résolut de délivrer Sémpad, afin de s'en faire un auxiliaire contre
Héthoum; mais celui-ci, dans le but de prévenir la lutte et les désordres que
menaçait d'engendrer cette rivalité, et soutenu par les grands, par les Tem-
pliers et les Hospitaliers, se saisit de ses deux frères et les envoya à Constanti-
nople, en priant l'empereur de les retenir prisonniers à sa cour. Devenu souve-
rain pour la troisième fois, son premier soin fut de donner à Gazan-khan une
nouvelle preuve de son dévouement. Le général mongol Soulamisch, s'étant
révolté, fut défait dans la plaine d'Ak-Scheher d'Erzendjan, le 27 avril 1299,
par un autre officier tartare nommé Koutlouk-schah. Soulamisch, en traver-
sant la Cilicie avec un corps de troupes que lui avait donné le sulthan d'Égypte,
Latchin, pour lui servir d'escorte ] Les te au pays de Roum, où il allait chercher
sa famille, fut attaqué par le roi, à la tête des Arméniens et d'un détachement
de Mongols; les Égyptiens furent battus, et Soulamisch, surpris dans un
château fort où il s'était réfugié, fut expédié à Gazan-khan.
Latchin, voulant venger cette défaite et exterminer les Arméniens, réunit
des forces considérables. Héthoum, effrayé, se hâta de prévenir Gazan, le
conjurant d'accourir; 1l fit garder les défilés qui commandaient l'entrée de
la Cilicie, tandis que lui-même se relirait, avec quelques hommes fidèles,
dans les parties inaccessibles du Taurus. En même temps 1l envoyait des am-
bassadeurs au Kaire implorer la clémence du sulthan. Latchin fut inflexible ;
par ses ordres, l'armée égyptienne rassemblée à Alep s'avança vers la Ci-
licie, en se partageant en deux corps. Le premier, sous les ordres de l'émir
Bedr-eddin Bektasch, franchit l'Amanus, par Bagras, et le défilé d'Iskende-
roun, et alla camper devant Tell de Hamdoun ; le second, commandé par
le Dévatdar (porte-écritoire) ‘Alem-eddin Sindjar, traversa les monts Méri, et
atteignit le défilé de Sis le 17 avril 1298. Lorsque ces deux corps eurent
opéré leur jonction, ils traversèrent le Djeyhan au gué d'Amoudeiïn, etse mirent
à ravager le pays. Le Dévatdar se porta sur Sis, et Bektasch sur Anazarbe et
Adana. De ce dernier point, ils opérèrent leur retraite en passant par Maciçah
et ensuite par Bagras, jusqu'aux environs d'Antioche, avec l'intention de ren-
trer dans leurs cantonnements respectifs. Un nouvel ordre du sulthan les fit
revenir sur leurs pas; il portait de ne point terminer la campagne sans avoir
pris Tell de Hamdoun. Les Égyptiens traversèrent donc une seconde fois
l'Amanus; un corps détaché vers Aïas fut surpris par les Arméniens embus-
qués dans un terrain fourré, et dut se retirer avec perte. L'armée entière
marcha contre Tell de Hamdoun qu'elle trouva évacuée et qu'elle occupa; elle
s'empara aussi des forteresses de Nadjimah et Hamous, et reçut la reddition
de onze autres châteaux. Les: Égyptiens, bientôt après, abandonnérent ces
places, et elles rentrèrent au pouvoir des Arméniens”.
Sur ces entrefaites, le roi envoya un ambassadeur au Kaire pour faire appel
a la miséricorde et à la bienveillance du sulthan. Au bout de quelques mois
1 Conf. ci-dessus, p. 463-464, note 2, et d'Obsson, Histoire des Mongols, liv. VI, chap. vi, t. IV,
P- 212-216.
Hisron. ARM. — I. 69
546 | LE ROI HÉTHOUM IL.
(janvier 1299), ce dernier mourut assassiné, et fut remplacé par Nacer, qui
avait précédemment occupé le trône et que les Mamelouks y réintégrèrent.
Dans ce moment même, Gazan-khan était en marche vers la Syrie et arrivait
sur les bords de l'Euphrate avec ses généraux Gôi-Ata, Moulai, Koutlouk-schah
et Tchoban, avec le roi de Géorgie et plusieurs chefs de la Grande Arménie
qu'il avait enrôlés comme auxiliaires. Héthoum rejoignit les Tartares avec son
contingent. Une grande bataille fut livrée auprès de Hèms, dans laquelle les
Égyptiens furent mis en déroute et taillés en pièces. Plusieurs villes de la
Syrie, Damas, Alep, Hëèms, Hama, tombérent au pouvoir des vainqueurs.
Gazan-khan s'en revint en laissant dans le pays Koutlouk-schah et Moulai,
qui eux-mêmes ne tardèrent pas à s'en retourner; et la Syrie passa de nou-
veau au pouvoir des Égyptiens. Sur la fin de l'année suivante (1300) et dans
les premiers jours de 1301, Gazan tenta une nouvelle invasion en Syrie;
mais le froid, la neige et les pluies forcèrent ses troupes à battre en retraite
presque immédiatement. Au bout de trois ans, au commencement de 1303,
il revint encore à la charge. Son général, Koutlouk-schah, à la tête des
Mongols et de deux corps auxiliaires d'Arméniens et de Géorgiens, s'avança
Jusqu'auprès de Damas. Les Égyptiens étaient sous les ordres du sulthan
Nacer et du gouverneur de Hama, Kit-bouga, l'ancien sulthan. Les deux
armées se rencontrérent dans une plaine verdoyante, appelée Merdj-essafar
(prairie jaune). Les Mongols furent complétement battus et périrent soit
par le fer, soit dans les eaux de la rivière, répandues sur toute la surface
de la plaine. Les habitants de Damas avaient rompu les digues des canaux
d'irrigation, et les Mongols, égarés dans les ténèbres de la nuit, au milieu
des eaux et d'un terrain vaseux, allèrent s y engouffrer (21 et 22 avril) !. Le
comte de Gorigos Héthoum, qui, avec le roi d'Arménie, prit part à ces com-
bats, raconte, dans son Histoire des Tartares ?, qu'un nouveau désastre attei-
gnit les fuyards; des bandes de Mongols, d' Arméniens et de Géorgiens, arri-
vées sur les bords de l'Euphrate, furent englouties dans ses flots grossis par
les pluies, tandis que le roi rejoignait à Ninive Gazan, qui lui donna un déta-
chement de mille Mongols, sous les ordres du général Pilargh'ou*, pour
protéger la Cilicie, et lui assigna pour l'entretien de ces troupes un revenu
à prendre sur les terres appartenant aux Turks.
Gazan, étant mort (1304), eut pour successeur son frère Kharbendeh
ou Oldjaitou, qui se montra d'abord bienveïllant pour les Arméniens. Il re-
commanda à Pilargh'ou de veiller avec soin à la défense de la Cülicie et du
roi. Mais ensuite, circonvenu par les imâms, les mollas et les docteurs musul-
mans, il changea de conduite à l'égard des chrétiens et se déclara leur en-
nemmi. D'après deux mémoriaux cités par Tchamitch (t. III, p. 299), sous
1 Cap. xLiv. les bords de l'Euphrate avec un autre oflicier tartare
2 Cf. d'Ohsson, Histoire des Mongols, liv. VI, nommé Mamai et Melek-Mansour Nedjm-eddin Gazi,
chap. vi, vi et vins. prince de Mardin, à la tête d’une réserve de dix
3 Ce général, l'un des principaux officiers de mille hommes. D'Ohsson, Histoire des Mongols,
Gazan, avait été chargé par le khan, dans sa pre- t. IV, p. 229, l'appelle Balargou.
mière expédition de Syrie, en 1299, de rester sur
LE ROI HÉTHOUM Ii. 547
la date de 755 et 756 de l'ère arménienne (1306 et 1307), le khan enjoignit
à tous les chrétiens de la Grande Arménie, de l'Agh'ouanie et de la Géorgie
d'embrasser l'islamisme; mais, comme les populations ne se laissérent point
ébranler, il recourut à la violence et à la persécution. Il imposa à tous, riches
ou pauvres, une capitation onéreuse et l'obligation de porter sur les épaules
un fragment d'étoffe en signe d'infamie. Ceux qui contrevenaient à cet ordre
étaient condamnés à perdre un œil, et à ressembler ainsi au khan, qui lui-
même était borgne, ou bien à subir la castration ou la circoncision. Cette
persécution fit partout de nombreuses victimes, et dura jusqu'à la mort de
Kharbendeh et ä l'avénement de son fils Abou-Sa'ïd (1317), qui rendit la paix
aux chrétiens.
Les deux dernières années du règne de Héthoum (1304 et 1305) furent
signalées par deux nouvelles attaques des Égyptiens. Sous prétexte de venger
un détachement de troupes d'Alep, qui, dans une incursion en Cälicie, avait
été inquiété dans sa retraite par les Mongols, le sulthan Nacer chargea l'émir
Bedr-eddin Bektasch de marcher contre le roi d'Arménie. Bektasch partit
d'Égypte en mal 1304, et recruta successivement, dans sa route à travers la
Syrie, des troupes à Damas, Héms, Hama, Tripoli et Alep. Une maladie
l'ayant retenu daïis cette dermére ville, il ordonna à l'armée de continuer sa
marche; elle se divisa en deux corps, dont l'un passa par Hr'om-gla (Kaïlat-
erroum) et Mélitène, l'autre par le défilé de T'Amanus. Après avoir commis
toutes sortes de dévastations, ils se réunirent devant Tell de Hamdoun, qui
capitula le 17 juin. La prise de cette place fut le terme de la campagne.
L'année suivante, sous prétexte que le roi tardait à payer le tribut, le gou-
verneur d'Alep, Schems-eddin Kara-Sonkor, fit entrer en Cilicie un détache-
ment de trois mille hommes, sous les ordres de Kousch-Timour, un de ses
mamelouks. Ce fut en vain que le roi, pour l'engager à se retirer, lui envoya
une somme considérable: les Musulmans continuérent leurs courses et leurs
ravages jusqu'à ce qu'ils se virent menacés par l'arrivée d'un corps de six
mille hommes, Arméniens, Franks et Mongols. Le roi Héthoum, qui était à la
tête des Arméniens avec le connétable Oschin, seigneur de Gantchi, et le frère
de celui-ci, Héthoum, comte de Gorigos, tomba sur eux et les malmena.
Kousch-Timour, poursuivi vivement par les Mongols, qui lui firent éprouver
une perte considérable, revint à Alep avec de faibles débris de son armée.
Cependant le roi, effrayé d'un succès qui allait provoquer la colère du
sulthan, se hâta d'écrire à Kara-Sonkor, pour le prévenir que cétaient les
Tartares qui avaient, sans son ordre, attaqué les troupes égyptiennes; il
promit de demander à Kharbendeh la liberté de quatre officiers égyptiens
faits prisonniers dans la déroute et conduits à TOrdou impérial. En même
temps 1l envoya de riches présents, en donnant l'assurance qu'à l'avenir il
payerait exactement le tribut. Ces présents et ces excuses, transmis au sul-
than par Kara-Sonkor, furent agréés !.
chap. 11, t. IV, p. 531-533), que j'ai résumé et qui
1 Le récit de ces événements, auxquels j'ai ajouté
a pris ici pour guides Noweïri et Makrizi.
quelques circonstances que m'ont fournies les écri-
vains arméniens, a été emprunté à d'Ohsson (I. VII,
69.
518 LE ROI HÉTHOUM IL
Lorsqu'il eut assuré la tranquillité de son royaume contre les ennemis exté-
rieurs, Héthoum s'associa Léon, fils de son frère Thoros, jeune prince aussi
distingué par sa prudence et sa modestie que par sa bravoure et ses talents
TT Après l'avoir fait sacrer à Sis, en 754 de l'ère arménienne (1305),
par le catholicos Grégoire VII, successeur d'Étienne, il abdiqua définitive-
ment, et, se contentant du titre de Grand baron, wewg um, et de Père du
rOl, PuwqunnpuSuyp, il se retira dans un monastère. Le nouveau souverain,
voyant les infidèles recommencer leurs incursions, tenta, de concert avec ses
trois oncles, Héthoum, Oschin, seigneur de Gaban, et Alinakh, seigneur de
Lampron et de Tarse, et avec le catholicos Grégoire, une démarche auprès du
pape Clément V, et lui envoya à deux reprises une ambassade. Le souverain
pontife lui répondit en termes affectueux et en lui promettant d'invoquer
pour lui l'assistance des princes d'Occident; mais cette promesse demeura
sans effet.
Quelque temps après, la vieille querelle qui divisait les Arméniens lati-
nisants et les Arméniens attachés à leurs anciens rites se ralluma et de-
vint fatale à Léon et à son oncle Héthoum. Le catholicos Grégoire VIT s'était
déclaré en faveur des changements réclamés par Rome ; mais l'opposition qu'il
rencontrait l'avait empêché de les réaliser. Il profta de la paix dont jouissait
momentanément le pays pour tâcher d'opérer l'union des deux Éplises. H
rédigea, dans ce but, un mémoire qu'il présenta au roi Léon et à Héthoum;
mais dans l'intervalle 11 mourut. Léon et Héthoum, reprenant ce projet, qui
était la sanction de leur politique et l'objet de tous leurs vœux, réunirent
un concile dans la grande église de Sainte-Sophie à Sis, le 19 mars 1307.
Quarante évêques el un nombre considérable d'ecclésiastiques de tout rang
et de chefs laïques y assistèrent. Dans cette assemblée figurérent, outre le roi
et ses oncles, le connétable Oschin, seigneur de Gantchi, le maréchal Sëémpad,
seigneur d'Asgour as, le sénéchal lavmon seigneur de Mikhaïlag, Vacag,
seigneur de Pertgan, Sémpad, seigneur de Sëémpada-gla, Oschin, seigneur de
Gobidar', Ligos, seigneur de Guizisdra, Thoros, grand maréchal du pélals, le
proximos Thoros, seigneur de Djofré-gla, Ligos Kyr Aschnents, et autres feu-
dataires ou grands officiers. Les modifications proposées par le patriarche Gré-
goire, en conformité avec les doctrines et les rites des Occidentaux, furent ac-
ceptées, et le concile, en même temps, confirma comme catholicos Constantin
Brônakordz, appelé à remonter sur le siége après Grégoire, qui venait de mourir.
Lorsque les évêques et les docteurs, membres de cette assemblée, furent de
retour chez eux, les uns gardèrent le silence sur les décisions qui avaient été
adoptées, les autres les annoncèrent ouvertement. Aussitôt une violente oppo-
sition et une grande fermentation se manifestérent en tous lieux et dans toutes
les classes de la nation; mais dans la capitale, à Sis, les murmures furent con-
tenus par la présence du roi; et ce n'est que dans cette ville que ces décisions
furent proclamées et mises à exécution. Les haines soulevées contré Léon, son
oncle Héthoum et le catholicos, ne tardérent point à produire le déplorable
résultat auquel je faisais allusion tout à l'heure. Leurs ennemis allèrent trouver
Pilargh'ou et les chargèrent de diverses accusations, et, entre autres, d'être
LE ROI HÉTHOUM Il
549
en secret les ennemis des Tartares. L'officier mongol, qui était déjà très-mal
disposé contre eux, les envoya quérir, sous prétexte de les entretenir d'une
affaire importante. Escortés de quarante chefs les plus considérables, parmi
lesquels était le connétable Oschin, ils arrivèrent à Anazarbe. Pilargh'ou les
reçut d'abord avec honneur, mais ensuite il les fit tous égorger, le 17 no-
vembre 1307!. À cette nouvelle, Oschin, frère puîné de Héthoum, réunit
à Sis les troupes arméniennes, et, marchant contre Pilargh'ou, le battit et le
força de quitter la Ciicie. Il succéda immédiatement à son neveu Léon, et
dans les premiers jours de l'année suivante (1308) il fut couronné dans la
cathédrale de Sainte-Sophie, à Tarse.
1 Voir, sur la mort des rois Héthoum II et Léon IV
et ces derniers événements, le continuateur de Sa-
muel d'Ani et la Table chronologique de Héthoum,
ad annum 756, ci-dessus, p. 465-466, et ibid. note 1
et p. 490.
J'ai suivi, dans mon récit, ces deux historiens et
Tchamitch. Mais M. d'Ohsson, dans son Histoire
des Mongols (liv. VIT, chap. nr, t. IV, p. 553), ra-
conte d'après le continuateur de Raschid-eddin,
avec des circonstances un peu différentes et le re-
tard d’une année environ, la catastrophe qui ter-
mina la vie des deüx souverains arméniens.
Bilargou ou Pilarghou, parent du noïan To-
gatchar, avait passé dans le Roum avec un détache-
ment de troupes, lorsque le général Irentchin eut
été nommé, en 1306, gouverneur militaire de ce
pays; il prit ses cantonnements en Cilicie. Musul-
man fanatique, il s'attachait à vexer le roi; et, à
son exemple, ses soldats molestaient les Arméniens.
Au printemps de l'année 1308, Bilargou accom-
pagna Irentchin à l'Ordou impérial; leur conduite
y fut approuvée, et ils retournèrent dans le Roum
avec une autorité plus affermie. Bilargou avait ap-
pris que le roi Léon s'était plaint de lui; qu'il avait
cherché, mais vainement, à le perdre et à intéres-
ser en sa faveur les officiers et les favoris du khan,
qui avaient refusé leur intervention et ses présents.
Le capitaine mongol résolut de se venger. Il entra
sur le territoire de Sis avec cinq cents hommes,
et demanda au roi de recevoir vingt de ses soldats
qui étaient musulmans, à Anazarbe, l’une des plus
fortes places de la Cilicie; le roi ne put ou n'osa
pas s'y refuser.
Comme Léon payait à la fois un tribut au khan
et au sulthan, il fit dire secrètement à ce dernier
que Bilargou, disposant à son gré des ressources
du royaume , le mettait dans l'impossibilité de s'ac-
quitter envers lui. Nacer expédia un émissaire à
Bilargou pour s'expliquer avec lui sur ce sujet. Cet
envoyé instruisit l'officier mongol de la démarche
secrète de Léon. Bilargou manda à ce prince que
lui et l’'émissaire du sulthan désiraient l'entretenir
en particulier, le priant de se rendre auprès d'eux
afin qu’ils pussent donner à l'Égyptien une réponse
commune. Léon partit avec son oncle Héthoum et
une escorte. En arrivant, il fut introduit seul auprès
de Bilargou, qui, après quelques moments d'entre-
tien, se levant pour faire son namaz (prière cano-
nique), tira son sabre et lui trancha la tête en pro-
nonçant son tekbir (la formule : Dieu est très-grand).
Dès que ses gens entendirent son invocation, ils
firent main basse sur les gens de la suite de Léon.
A la nouvelle de cette perfidie, le commandant
arménien d'Anazarbe fit mettre à mort les soldats
de Bilargou reçus dans la garnison, et des feux
allumés par son ordre donnèrent le signal d'alarme
aux autres châteaux forts. Bilargou se présenta de-
vant Anazarbe, croyant que ses soldats lui en ouvri-
raient les portes ; mais, accueilli par des volées de
pierres et de traits, il se douta que les siens avaient
péri. Comme des troupes arméniennes accouraient
au secours de la place, Bilargou, qui avait peu de
monde, jugea à propos de décamper, et ne fut pas
inquiété, parce que les Arméniens ne voulaient
pas traiter en ennemies les troupes du khan, leur
suzerain.
Cependant Oschin, oncle de Léon, avait pris la
route de l'Ordou. Bilargou le fit arréter à Siwas;
wais frentchin, qui revenait de Ja cour, le mit en
liberté, et adressa un rapport au khan sur cette af-
faire. Les deux parties furent citées à comparaître à
l'Ordou; elles plaidèrent leur cause en présence de
Kharbendeh, qui fit grâce à Bilargou; mais peu de
temps après, les ennemis de cet officier, ou des per-
sonnes gagnées par son adversaire, parvinrent à in-
disposer le khan contre lui, et il fut condamné à mort,
POÈME DE HÉTHOUM I,
ROI D’ARMÉNIE.
[le Sunubuqu El pfip wfuny,
Quubu orne sup 201yhs,
Un 4 dEqug ane onbphu,
Le tErSwkug bbpey wub, :
GE Jupe hp utnuquis
Pabbi funwgpe puñinuquis
Le cut gbphqliufu,
(ar wpoupfip fl aux x fi :
Sois ancung jo4 Huqunnp,
10 Qécey wepuin L uupuue np
Pastqh Ynsbl bobou Suyng,
MNayg Eu bebbs juhunhg bdñg :
Snegu gueng 4En jupukuy,
1 Le titre de ce poëme, dans les trois éditions
de la Bible de 1666, 1705 et 1733, est ainsi
CONÇU : Qewtuwsnp quopbuquezanfs Qauquse apfu ua
Qt SEEN Eu gefpu ue omuguy,
PB ogeuçey FUEL vunnwn,
Ovabo bots han itququp,
Pégruunngls Brdpphwu age,
Peonc bpluit Skag uituueg,
Qu Sabu pvypqdeEe,
AE gun q3bai fu pkgbpay: .
Üouguy wvybuqu Eu supusun
Gap fonce dÿfohfwp,
Qurraiun. vf qUunnuus yf2E,
Le ge Vu ff ocpule (EE.
es LE juuugu gap yhaunwk
Do b flag on Sunnwpuuk:
4tbBiy «[Poëme] métrique du pieux roi d'Armé-
nie Héthoum. »
TRADUCTION.
Moi, qui suis l'esclave de mille et mille pas-
sions,
Enchaîné par de coupables liens,
Dominé par le péché,
Jouet d'inclinations opposées,
Je sens des penchants irréfléchis
Entraîner mon âme douée de raison.
Semblable à un sépulcre renfermant des osse-
ments pourris,
Je brille par des dehors trompeurs !;
Moi, Héthoum, roi de nom seulement,
10 Au fond, pauvre et chargé de dettes,
Je commande aux Arméniens en vertu de mon
titre,
Et à mon tour j'obéis à mes passions.
Comme un remède toujours prêt pour les dou-
_ leurs de mon âme,
J'ai appris à retracer mes gémissements par écrit,
Et à exprimer ainsi ma douleur.
C'est là un stimulant continuel pour mon esprit
abattu,
Propre à le retirer de son engourdissement;
Comme est l’aiguillon employé contre l'animal
paresseux,
Ou comme, pour l'homme qui se noie,
Est le rameau que sa main cherche à saisir sur 20
le rivage,
Telle est la faculté que j'ai acquise, moi qui
suis tombé par ma perverse
Volonté dans un chagrin inconsolable.
Mon but a été par là de glorifier Dieu,
Et de me réjouir avec David;
De laisser à la postérité
Ün souvenir de moi et de tous les miens,
1 Littéralement, « mes dehors sont ornés de la chaux » {qui les reblanchit].
POÈME DE HÉTHOUM II, ROI D'ARMÉNIE. 551
Le See aeçnb bebosunpr hu),
6127 Qrocuuy buy fropnu nhphay:
\uqur I £ou apupoquanb eu,
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Pecoc qgnuuguitpt qui “sub, Us peut SEPdy 1pStwy,
Lrewg abphhes ssyu dEp inn<$dp : O1] £ob wppuy $uwypu [ul dpbbau :
Uz grow fit d'aue npyf, | Lr Jet qq frus dep L Epph
A ) Suyr (Orspnuh L. l£cip . O wuè D quad, snqun. 4Eph:
Et de devenir une source de bonheur Père de Thoros et de Léon,
Pour vous, qui êtes sans cesse occupés à prier. Lesquels se succédèrent de père en fils. |
Ce poëme a été terminé, Après Constantin régna Thoros,
30 Lorsque fut complet le nombre Qui eut pour héritier Léon,
50
Ce prince riche de trois fils,
Thoros, Sdéph'anê
Et Mleh.
Après qu'ils se furent transmis le pouvoir de
main en malin,
rables.
Prenant notre récit dès le commencement, Sdéph'anê donna le jour à deux fils,
R'oupên, qui régna le premier,
Nous vous le présenterons ici en abrégé.
De notre race, issue de Haïg, Et Léon, successeur de son frère.
La domination puissante et ancienne L'antique couronne [d'Arménie] détruite
Fut changée en servitude par les infidèles, Fut restaurée dans notre nation par Léon,
40 Et le pays où cette race était établie fut saccagé Emule de l'illustre Barouir ?.
de fond en comble. Ce fut un brave et habile monarque. 60
Sauvé de ce déluge, R'oupén, Isabelle, sa fille,
Qui descendait de la famille de Kakig, Régna après lui, son égale;
Elle fut mariée au roi Héthoum,
Pareil à l'arche de Noé,
Ouvrit à notre nation l'accès de cette contrée-ci Et donna le jour à Léon, mon père,
Qui, pour sa nation et son pays
(la Gilicie).
Ïl eut pour fils Constantin, Se dévouant, fut emmené captif.
Sept cent quarante
Quatre de l’ère arménienne,
Époque à laquelle
Nous fûmes témoins de divers faits mémo-
rains, 1l contribua puissammeent à la prise de Ninive
et à la destruction de l'empire d'Assyrie. Arbace,
vainqueur, grâce au concours et à l'appui qu'il avail
reçus de Barouiïr, lui donna une couronne royale
el le reconnut, lui et ses successeurs, comme mo-
narques indépendants. (Moïse de Khoren, I, xxr.)
l 7 janvier 1295 — 6 janvier 1296.
? Barouir, fils de Sgaïorti, l'un des princes de la
première dynastie arménienne, issue de Haïg. Asso-
cié à la conspiration d'Arbace, roi des Mèdes, et de
Bélésis, roi de Babylone, contre Sardanapale, dont
il était le vassal, ainsi que ces deux autres souve-
559 POÈME DE HÉTHOUM I,
Popukk qe aqauunnebqu ,
Gaetan Sépudi qupäun.,
lb ewquiu$nyg dpipuuu bus,
70 Grpmedl woboupS Que juypuge tu :
Le duc h quanglu
Glbebunwgeng pprtunnpht,
fe 2e) qadbep tpugbuwg whpbwg,
Le are JS arbphwg,
O pu udfogu pléprvknd,
Le aeerhonribuge Yrnnptçod:
(le 4 Jun dep wpzun bp,
Lobge wiqanl quyu qi opébkp:
Ueluujÿu auuSty Suypt pl puitrg
80 O qu L abrhhe Jbe hofoubgbug :
7
8
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Pol wn fol juulutgf
US wpSuhee Ephheqwali -
Of Poulet qpwgkw,,
Le Cruuloug upfu bob,
Lab burwp deg uiuspiwniit,
Cible up ang gui:
Honoré comme Îsraël,
Il revint d'Égypte par la volonté du Seigneur,
Pour retomber dans les vagues amoncelées de
la tempête
Qui agitait notre patrie, envahie par les infi-
dèles,
Et principalement par l'orgueilleux
Tyran des Égyptiens [Beibars |,
Dont l'empire s'étendait jusqu'à nos frontières,
Et qui ruina la grande cité d'Antioche,
S'empara de quantité de forteresses,
Et extermina les chrétiens.
H fondit sur nous
En renouvelant trois fois ses attaques.
Mais mon père, par ses efforts, tâchait de le
repousser
Du royaume qu'il m'a transmis.
De mon temps sont arrivées par surcroît
De grandes et effroyables calamités ;
Car les ennemis, devenus plus forts
Par le concours des Arabes, qu'ils avaient sou-
mis,
Nous plongèrent dans des ténèbres affreuses,
Dans un deuil immense, et sans consolations.
1 Cf. sur la prise d'Acre par Mélik-Aschraf Kha-
lil, la Table chronologique de Héthoum, ad annum
740, ci-dessus, p. 488.
2 C'est le souterrain situé auprès de la ville d’Ar-
daschad, dans la province d'Ararad, appelé Jus
Pobgh an fit gpuqu pt Up,
Le caançopiu ape de plis -
Séufiu PE 56 np oqhuqui,
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Op yopu ue dép wupuunuñs,
Uge thunnqugpu $Enquguis :
O ue want jeborpenwgtu,,
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Spb qq wdbulfiu.
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OdEg Jrerduÿuu Suuliupk rl :
Oo qu us défi ogg wnukp,.
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Decodupug dE Je zmw4ghus
DPebesçhes unepet Epuiñbuw,
De dut Ep kpobwg uufuhfiu
O bee oatpuñuugu L. qdbpuwfir :
En effet, ils prirent Acre !
Et toutes les places des environs.
Alors ils virent que tout secours nous manquait,
Et qu'ils n'avaient à redouter aucune résistance;
Car nos auxiliaires,
La nation des archers (les Mongols), tardèrent à
venir;
Rendus plus audacieux par leur absence,
Ils entreprirent de nous traquer comme des
animaux sauvages ;
Îls réunirent des troupes innombrables,
Afin de nous exterminer jusqu'au dernier.
Pareils à des lions, ils rugissaient,
Nous croyant déjà engloutis dans leur ventre.
Mais l'Être miséricordieux vint nous visiter,
Et sauva par miracle nos populations et le pays.
Ce bienfait fut dû à la médiation
Et à la bonté de notre ancien père,
Animé d'une tendre sympathie pour nous dans
notre détresse,
Le bienheureux saint Grégoire [l'Tuminateur |,
Lui qui pour nous souflrit autrefois
Les douleurs du inartyre et l'emprisonnement
dans un souterrain ?.
dbrww, Khor virab « fosse profonde, » dans lequel
saint Grégoire fut renfermé par ordre du roi Tiri-
date II, qui n’était pas encore chrétien, et où il
resta plongé pendant treize ans, ou, suivant d'au-
tres, quinze ans. (Cf. ci-dessus, p. 232, note à.)
90
100
| ROI D'ARMÉNIE.
Cod ogdEqug dE uçunnnr Su,
au puni wpduitwçuu,
Peu & 619 wnqupäne gba,
10 feb L juffnat frep pubs:
Sodht be quiudt puy sélupwg,
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Cold aus $nodiwqui,
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553
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130
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{ AU LS nluitq gusliun ne ft F
L'orcpe quuWh dipnpns fou:
fre L'un sSuuliupkfi,
140
Maintenant le châtiment de nos péchés
Et la verge correctrice que nous avions mé-
ritée
Ont été, grâce à lui, détournés,
110 Ét il les a attirés sur lui-même et sur son siége.
Le pasteur s'est sacrifié pour son troupeau,
Et a livré ses ossements vénérés !.
En effet, cet altier [tyran], ayant fait une diver-
sion,
Vint assiéger la forteresse de notre père,
Je veux dire Hr'om-gla,
La résidence de nos patriarches.
Événement au douloureux souvenir !
Malbeur poignant! désastre capable de faire
trembler !
Devenu maître de cette place, il en égorgea les
habitants,
120 Ou traina ces malheureux en captivité.
Ce nouveau Nabuzardan, dans sa rage,
Incendia le temple,
Maltraita le saint patriarche,
Et pilla les objets sacrés du culte.
Mais à lui aussi apparut une main
Qui l'inscrivit à côté de Balthazar,
1 L'auteur fait allusion à la dextre de saint Gré-
goire l’Iluminateur, conservée à Hrom-gla, comme
la relique la plus précieuse de toute l'Arménie, et
dont les Égyptiens s’emparèrent, lorsqu'ils prirent
Hisror. ARM. — I.
‘Comme ceux qui firent l’arche captive ?.
Tandis qu'avec ses concubines il avait l'effron-
terie
De profaner les vases sacrés;
Car il reçut le châtiment dont il était digne,
130
Et en effet [les infidèles] sont maintenant pu-
nis,
Par la désunion qui s'est mise entre eux.
Nous, par la grâce de Dieu, nous avons été pré-
servés,
Comme des passereaux échappés au chasseur,
Et le piége qui nous était tendu a été brisé.
Aussi bénissons-nous la miséricorde infinie.
Je raconterai un autre événement mémorable
Arrivé de notre temps,
Afin qu'il parvienne à votre postérité,
Comme une chose à éviter.
En 41 de l'ère [arménienne], -
Et de plus 700,
Quelques-uns tombèrent dans l'insubordina-
140
tion.
La sainte pâque donna lieu à une erreur;
Îls ne regardèrent pas comme une honte
cette forteresse, en 1293. (Cf. ci-dessus, p. 542-
943.) To
? Les Philistins.
3 8 Janvier 1292 — 6 janvier 1293.
79 -
RE RG pe _—
554 POÈME DE HÉTHOUM II,
On UEeenpet quubfh,
Le grnSunp Ehbabguy
Qanaun fi juan SEpänemé y:
Patob pds wurthibr,
150 (le 2P2dvphin &p op quuwhfi,
Peug Ponecy pupienbfr,
{ ) Ephpumunid pl phengé fiu :
Do Ep qoethigt qenntgup,
Lévts oged Jet uphgque,
PGUEL eaebes ww que,
Le gee vuncqh juif Gurpup :
Gujbdunl EfEuw f jrsuli
Scop jepdiodh bybab gli,
O aunnne ou ones qu ertuEgfu 5
160 O puñipu uncpp Supgé fr E9 m8 fi,
Le wbepuunf Xp2qppnbgun.,
resp Bl bros gregur
(ler) Soudi Quñurubqun
Souby b dbgpu Siwcwunbiue :
Pasbqh unipe ehrerb U'séuh
{ ) nrEpuumuit oppl priuuh
Soë gnequiuk Spunjt quunkh,
De se ranger parmi les Nestoriens;
Dans toute l'Église,
La passion de l'hérésie occasionna des divi-
sions.
Car, le six avril,
150 Qui était le véritable jour de Pâques,
Is soutenaient à tort et à travers qu'il fallait le
négliger,
Et choisirent le treizième jour.
Mais nous, nous décidâmes de prendre le bon
parti.
Nous employâmes nos efforts pour qu'un con-
cile eût lieu ;
Nous priâmes d'examiner les livres,
Et nous acceptâmes ce qui fut reconnu exact.
Alors vint en même temps
Et au complet toute l'Église.
On consulta l'Écriture sainte,
160 On cita les paroles des saints Pères:
Par là fut assurée
Et démontrée la vérité de la question,
Et un décret fut rendu
Pour solenniser le six avril avec certitude.
Car le saint livre de Moïse
Montre que le quatorze de la lune
Est le jour de la célébration de l'ancienne
päque ;
Le y" puagdèp ue Sunset :
bel Lap Ypunwlqu aunne id uw)fits
O Cpurneu eut quiy fr qunhhiy, 170
Le te busbu, juge nepewlfir,
Gupbun jh jtd f jEpprpelit.
fer BE opr SFr quan
QuruStugh Yprwkbh,
Of bustpoÿt op Saitefuf,
Dobb b dheupu op pal,
een PE ES cpl qu,
Sea fboeh bep quant -
feubo fun & fus,
Le cut Sup pour Une : 180
Le gyo Uerbr uk juyuh,
(ue y pogliug Sep brlih
Of buwstaÿu op phone
DocEpuuwuuit four pre:
O euqu obhuhnu wjesnel,,
Le Lecéek pus dokeyh,,
Le eo Uepérit Senliu&ujuh,
Puis qjunbfs wuk :
Drpbpououdu bp juge up,
ep ma
Et cela est établi par de nombreux témoi-
gnages.
Quant au Nouveau Testament divin,
Il dit que Jésus fit la pâque, 170
Qu'il fut crucifié le matin du vendredi,
Et qu'il ressuscita le troisième [jour |.
Mais si le jour de l'ancienne pâque
Tombe le dimanche, |
Comme le jour du crucifiement coincide,
[La fête] est remise au dimanche suivant.
Mais si c'est milieu de la semaine,
Le dimanche le plus proche est la pâque.
Telle est la règle de Nicée
Et de tous les Pères qui s'y sont conformés. 180
Saint Cyrille [d'Alexandrie] prouve évidem-
ment,
Ainsi que la plupart des saints Pères,
Que le crucifiement du Christ
Eut lieu le quatorzième jour de la lune.
C'est ce qu'atteste saint Denis,
Et qu'établit d'une manière péremptoire Eu-
sèbe [de Césarée].
Saint Cyrille [de Jérusalem |, comme les pré-
cédents, .
ÂAtteste que la résurrection eut lieu le seizième
Jour.
Le quatorzième jour, cette année-ci,
ROI D'ARMÉNIE.
190 Cort JE dk snplp2wr Bt
Dee L Sobbg eoçoe Pet
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200 f0£ L qpop Jun Susrunmugup,
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Sahuÿi qupdpep wyqunnn$ip,
Uurbtd Suygk Stunt GSpureuf,
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Le #2 lerkfé brbuwnbugh
Nacedi fui aiigpun if.
O6 deg L SE6g wnennuugf
on deu opus Ur ;
OrSté eine pe Sopt frpou,
Ve dée Sr bep unrpnu,
has b jun ben L juquintinu dl,
O Echo b de rm Bbuñ Unjteul. (dE :
210
220
190 Se rencontrait le mercredi saint.
Aussi, toute la nation juive |
Célébra, ainsi que nous le vimes, la fête de
Pâques.
Le dimanche suivant
Tomba donc le dix-huit de la lune.
Parfaitement distinct,
Le jour de la résurrection était ainsi le jour
certain de la pâque.
C'est ce que nous avons examiné soigneusement
avec des hommes savants,
Ayant consulté scrupuleusement les astronomes,
Et observé la lune nous-mêmes de nos propres
yeux,
200 Quoique nous nous en fussions assurés à l'avance
par les livres.
. Cependant il nous fut démontré par les juifs
Que le jeudi saint elle arrivait à son plein,
Et le samedi cette phase étant accomplie,
La pâque fut célébrée correctement.
En ce jour, toutes les nations attachées au même
sentiment
Furent unies dans la célébration véritable de
cette fête.
Donc ce que nous avons raconté en peu de mots,
* Vous qui vous complaisez à prier,
Frères, accueillez-le avec bienveillance.
Gardez-vous de nous oublier,
210
Et mes parents principalement ;
Je vous prie, Ô seigneurs, de vous souvenir
d'eux,
Ainsi que de mon père, le roi Léon,
Et de la reine Guer’an (Kyra Anna), mon excel-
lente mère,
De mes ancêtres qui m'ont précédé dans la
vie,
Et de tous les membres de ma famille.
Je vous supplie de demander à Notre-Seigneur
Jésus-Christ
De nous accorder la rémission de notre dette.
Il vous rendra au double
Une miséricorde qui n'aura pas de fin, 220
Afin qu'à nous et à vous soit abondante
La rosée des ruisseaux de sa grâce;
Pour le bénir avec son Père
Et avec son Esprit-Saint,
Toujours et à jamais,
Et dans l'éternité;
Les trois personnes réunies
En une seule essence. Amen.
70.
SAINT NERSÈS DE LAMPRON.
NOTICE SUR SA VIE ET SES ÉCRITS!.
Nersés, surnommé Lefprwgh, Lampronatsi, c'est-à-dire originaire de Lam-
pron, occupe dans l'histoire religieuse et politique de la Petite Arménie une
place éminente par la sainteté de sa vie, le mérite et le caractère de ses écrits,
par le rôle qu'il remplit en se faisant le propagateur et le représentant, parmi
ses compatriotes, des institutions et des idées importées par les Latins en
Orient, et par les amitiés illustres qu'il compta parmi les chefs de la troi-
sième croisade. Sa naissance le rattachait à la plus ancienne des maisons de
la Cuicie, à la plus puissante après celle de R'oupên, à la maison des princes
héthoumiens de Lampron. Son bisaïeul, Oschin I"?, chef de cette famille,
était venu de la partie orientale de la Grande Arménie, où 11 occupait, à titre
de seigneurie indépendante, dans la province d’Artsakh, la forteresse de Mai-
riats-Dchourk', [J'aypbwg S app (Eaux ou Rivière des bois), non loin de la
ville de Kantzag ou Guendjeh. Impuissant à résister aux Turks Seldjoukides,
alors maîtres de la Perse, et qui étendaient leurs courses dévastatrices jusque
dans l'Asie Mineure, il émigra, comme tous les autres chefs de son pays,
emmenant avec lui sa femme, ses enfants et ses deux frères, Halgam et Pa-
zouni; 1l se rendit à Constantinople, attiré par l'accueil bienveillant que la
noblesse arménienne qui voulait se mettre au service de la cour byzantine
était assurée d'y trouver. L'espoir de relever sa fortune le conduisit à Tarse,
où il se lia d'amitié avec le prince ardzrouni Abëlkharib, qui tenait cette ville
en fief de l'empire. Ôschin, homme de résolution et de courage, ne tarda pas
à conquérir à la pointe de l'épée, dans les lieux où 11 était venu se fixer, un
patrimoine non moins considérable que celui qu'il avait abandonné ; 1l enleva
aux infidèles le château de Lampron avec le territoire et les forteresses
d'alentour, et sy établit. Alexis Comnéne lui donna, à perpétuité, pour lui
liatio ecclesiæ armenæ cum romana, part. Ï, cap. xxn,
t. [, p. 324-331, et le marquis Giovanni de Serpos,
Compendio storico di memorie cronologiche concer-
nenti la religione e la: morale della nazione armenia
saddita dell” impero ottomano, 3 vol. in-12, Venise,
1786, t. Il, p. 442-443.
2 C'est ce même Oschin qui, avec son frère Pa-
zouni et Constantin, fils de R'oupén, vint au secours
des croisés et combattit dans leurs rangs au siége
d'Antioche. (Voir Matthieu d'Édesse, ch. 11, ci-des-
sus, p. 33.)
1 Les auteurs qui m'ont fourni les matériaux de
cette notice sont saint Nersès de Lampron lui-même,
dans ses divers ouvrages ; son biographe et son dis-
ciple Grégoire, moine du couvent de Sguévra (ms.
de la Bibl. impér. ancien fonds arménien, n° 76,
fol. 106 r°-113 v°); Tchamitch, Histoire d’Armé-
nie, t. IV, p. 88, 167, et ibid. annotations, p. 4o7-
411; J. B. Aucher, Vies des saints, 12 vol. in-12,
Venise, 1813, t. V, p. 344-3353; Soukias Somal,
Quadro della Storia letteraria di Armenia, p. 94-99 ;
le même, Quadro delle opere di var] autori antica-
mente tradotte in armeno, p. 35-36; Galanus, Conci-
558 SAINT NERSÉÈS DE LAMPRON.
el ses descendants, cette place, l'une des plus importantes de l'Asie Mineure
par sa situation à l'entrée de la Cappadoce dans Îa Cilicie.
Après la mort d'Oschin, arrivée en 1110, sa principauté passa à son fils
Héthoum [°, qui en recula les limites jusqu'au territoire de Tarse, et mérita
le titre de sébaste, qui lui fut conféré par Jean Comnène, fils et successeur
d'Alexis. H avait deux fils, Oschin II et Sémpad, qui héritèrent, le premier,
comme l'aîné, de la seigneurie de Lampron et du titre de sébaste, et le se-
cond du château de Babar'on, devenu depuis lors l'apanage des cadets de la
famille. Héthoum maria sa fille avec le prince Vasil, frère du patriarche saint
Nersès Schnorhali, et en même temps Vasil unit sa nièce Schahantoukhd, fille
de son frère le général Schahan, à Oschin. Cette double alliance mêëla le
sang des deux grandes familles royales de l'Arménie : celle des Arsacides, à
laquelle appartenaient Vasil et Schahan, et la race de Haïg, de laquelle étaient
issus les seigneurs de Lampron. Oschin II eut cinq fils : Héthoum, Sëmpad,
qui plus tard reçut le nom de Nersès et qui est notre auteur, Abirad, Scha-
hénschah, qui fut seigneur de Loulva, et Grégoire ; et trois filles : Marie,
Schouschan (Suzanne) et Dalitha ou Doleta, qui embrassèrent la vie religieuse.
Sémpad ou Nersès naquit en 1153. Il était encore dans le sein de sa mère
lorsque ses parents firent vœu de le consacrer, comme un autre Samuel, au
service des autels; mais lorsqu'il eut vu le jour, dit Grégoire de Sguévra,
son biographe, frappés de sa beauté merveilleuse, ils eurent regret d'avoir
pris un tel engagement et leur résolution changea; 1ls entrevoyaient pour lui
un autre avenir, comme héritier de leur principauté, peut-être de hautes des-
tinées à la cour brillante de Constantinople, dans la carrière des armes et
des honneurs. Mais, afin de s'acquitter envers Dieu, ils promirent de lui offrir
le premier fils qui leur naîtrait dans la suite !. Grégoire de Sguévra ajoute qu'ils
ne tardèrent pas à être punis de cette violation de leur serment : une maladie
mit les jours de Sémpad en danger. Le remords s'éveilla dans l'âme de la
mère alarmée; elle transporta le petit moribond dans l'église de Notre-Dame
de Sguévra, et là, prosternée devant l'image de la Vierge et fondant en larmes,
elle renouvela son vœu, et, pour le rendre plus solennel et irrévocable, elle
fit réciter sur la tête de l'enfant les prières de la consécration sacerdotale.
Saint Nersès fut prêtre, pour ainsi dire, dés le berceau; et, dans ce nouveau
baptême, Schahantoukhd, unissant à la maternité de la nature la maternité
spirituelle, se fit sa caution devant Dieu. Elle fut exaucée, et bientôt après
son fils recouvra la santé.
Jamais vocation spontanée ne répondit mieux à celle que ses parents avaient
choisie pour lui. Dés sa plus tendre enfance, 1l manifesta cette angélique
piété, l'amour et la crainte de Dieu, et le détachement du monde qui inspi-
rérent les pensées et les actions de toute sa vie, et qui éclatent dans tous ses
écrits. Conduit par son père à la cour de Manuel, il charma l'empereur par ses
eg Joel Suavkp gebabge her pbiogu Vhwgr fohuwvm@buv, L BE Sbp wgk up dvar4,
mhubu, ncfumwgpacde (Pubfu qupuvgu. que Juybe awgne.p habouïvwk vapw. (Grégoire de Sguévra, Bio-
qees qhg wub ns E up Guuby k fuybjsne@tuïvg graphie de saint Nersès de Lampron, fol. 101 r°.)
u)bwpéh, jt 4wggh Buugk & Junuiuqne Ofiu Suypk-
SAINT NERSÉS DE LAMPRON. 559
grâces enfantines et son instruction précoce. Manuel le prit un jour entre ses
bras, et, pour l'engager à rester auprés de lui, fit luire à ses yeux la plus
brillante perspective. Insensible à ces séductions, il répondit respectueuse-
ment qu'il ne voulait avoir pour maître que Dieu, et d'autres honneurs que
les récompenses impérissables qu'il réserve à ceux qui se vouent à lui tout
entiers. Il tint le même langage au prince d'Antioche, qui cherchait aussi à
le gagner. |
De retour en Ciicie, Sëémpad fut placé dans le couvent de Sguévra, sous
la direction spirituelle et la discipline littéraire du saint et savant docteur
Jean. Il fit les plus rapides progrès dans l'étude des saintes lettres et de la
philosophie. Il venait d'atteindre sa seizième année, lorsqu'il perdit son père.
Celui-ci, en instituant par son testament son fils aîné Héthoum héritier de la
principauté de Lampron, avait réglé que Sëmpad, dés qu'il serait en âge,
aurait l'abbaye de Sguévra. Mais les goûts et les aspirations du jeune homme
élaient tournés d'un autre côté; il rêvait la vie contemplative et ascétique, au
sein des äpres et profondes solitudes du Taurus, la vie partagée entre la
prière et l'étude, libre du tracas et de la servitude des honneurs ecclésias-
tiques; 1l avait conçu le projet de s'enfuir au désert. Sa mère Schahantoukhd,
devinant sa pensée et alarmée, résolut de mettre tout en œuvre pour l'en dé-
tourner et le retenir auprès d'elle. Ayant entrepris avec lui le pèlerinage de
Jérusalem, elle s'arrêta en route à Hr'om-gla, chez saint Nersès Schnorhali,
oncle paternel de Sémpad. Le patriarche, reconnaissant tout ce qu'il y avait
en lui d'heureuses dispositions à la piété et de germes de talents, le retint à
Hr'om-gla quelque temps, lui prodiguant ses instructions et ses conseils pa-
ternels; par ses instances, auxquelles sa vie admirable de pontife prêtait une
suprême autorité, il fit consentir Sémpad à entrer dans la carrière active des
fonctions sacrées; il lui conféra le sacerdoce, en lui donnant, en signe d'adop-
tion spirituelle, son propre nom, celui de Nersès, que Sémpad prit dès lors
exclusivement, et sous lequel nous le désignerons nous-mêmes désormais.
En même temps il l'envoya compléter et perfectionner ses études théologiques
dans un des monastères de la Montagne Noire, et recevoir les leçons du savant
docteur Étienne surnommé Diratsou ou le Clerc.
La Montagne Noire, l'Amanus des anciens, qui, par ses derniers contre-forts,
vient aboutir au nord d'Antioche, et qui sépare le territoire de cette ville de
celui de la Cihcie, était alors peuplée de couvents de diverses nations de
l'Orient et de l'Occident, et appelée par les Arméniens la Montagne Sainte,
Urepe | Ewnu, pour les mêmes causes et par le même sentiment de vénération
qui oht fait donner une semblable épithète par les Grecs au mont Athos. C'est
sans doute pendant le séjour qu y fit saint Nersès, à cette époque de sa vie,
et dans la fréquentation des moines, quil étudia et apprit le grec, le latin
et le syriaque, langues dont la littérature sacrée a fourni un large tribut à
son érudition et un aliment à son zèle et à son aptitude comme traducteur.
de plus de quarante années correspond à la durée
1 Ce prince d'Antioche, que te biographe ne
presque entière de la vie de saint Nersès de Lam-
nomme pas, ne peut être que Boëmond le Bambe
(l'Enfant) ou le Haube (le Bègue), dont le règne pron.
560 SAINT NERSÈS DE LAMPRON.
Les religieux de son couvent, témoins de sa ferveur et admirateurs de son
savoir et de son éloquence, l'exhortèrent à aller faire entendre la parole évan-
gélique dans les lieux de sa naissance. Il revint donc à Lampron, où ses pré-
dications attirérent un nombreux concours et lui valurent en peu de temps
une grande réputation. Les habitants voulurent qu'il devint leur évêque, et
qu'il se chargeât en même temps de la direction du monastère de Sguévra,
et ils employérent les plus vives instances pour l'y décider. Nersès, afin de se
dérober à ces obsessions qui contrariaient ses goûts et sa modestie, se sauva,
accompagné de son père spirituel, le docteur Jean, au couvent de Notre-Dame
de Sagh'rou, situé dans le Taurus, non loin de l'église de Saint-Georges, sur
les bords de la rivière Jeragrè.
Dans cet asile écarté, 11 se livra avec une nouvelle ardeur à l'étude de
l'Écriture sainte et des saints Pères, de ceux de l'Église grecque surtout, dont il
entreprit de traduire divers traités. Renfermé dans sa cellule, 1l n'en sortait que
pour aller à l'église célébrer les saints mystères; Jour et nuit au travail et à ses
exercices de piété, son attention était tellement absorbée qu'il lui arrivait d'ou-
blier sa nourriture quotidienne. Le serviteur chargé de la lui apporter retrou-
vait quelquefois intacte la provision de la veille, qu'il avait déposée sur l'appui
de la croisée. Aussi, bientôt le bruit se répandit que Dieu l'avait favorisé du
don des miracles, et les malades accoururent pour implorer son intercession.
Importuné par une célébrité qui offusquait son humilité, 11 quitta le mo-
nastère de Sagh'rou pour aller à Hr'om-gla rendre visite à son oncle saint
Nersès Schnorhali. I y revint à différentes reprises et s'y trouvait au moment
de la mort de ce saint patriarche, qui eut lieu en 1172.
Rentré à Sagh'rou, il dut en sortir de nouveau pour obéir à un ordre du
catholicos Grégoire Dgh'a, successeur de saint Nersès Schnorhali, qui l'ap-
pelait à l'archevêché de Tarse. Il recut l'imposition des mains, n'ayant encore
que vingt-trois ans. En même temps les moines de Sguévra le choisirent
pour leur supérieur. |
Nersès se dévoua tout entier aux soins de son troupeau; mais, au bout
d'un an, pliant sous le faix des occupations et des affaires que sa charge lui
suscitait, 11 revint à Sagh'rou. C'est dans cette chère solitude que, pour com-
plaire aux moines avec lesquels 11 vivait, 1l composa, à l'âge de vingt-quatre
ans, son livre sur les institutions de l'Église et le mystère de la messe,
œuvre d'un théologien et d'un érudit consommé, écrite d'un style à la fois
élégant et vigoureux, et précieuse pour nous par les détails qu'elle renferme
sur les cérémonies et les rites en usage dans l'Église latine et dont plusieurs,
aujourd'hui, sont tombés en désuétude. L'année suivante, à la demande du
docteur Jean, il écrivit son commentaire sur les Psaumes, et ensuite une expli-
cation des livres de Salomon et des douze petits Prophètes.
I était plongé dans ces travaux, lorsque survinrent tout à coup sa mère,
ses frères et quelques-uns des religieux de Sguévra, impatients de le revoir
et de le posséder; ils étaient munis d'une lettre du catholicos qui enjoignait
à Nersès de venir reprendre possession de son siége. Il partit donc avec eux;
mais son séjour à Tarse ne fut pas de longue durée : il se mit en route pour
a —
SAINT NERSÈS DE LAMPRON. 561
l'Égypte, afin d'aller visiter les lieux sanctifiés par les austérités des anachorètes
de la primitive Église. Des émissaires envoyés sur ses traces l'eurent bientôt
atteint; mais, se dérobant à leur vigilance, il prit une autre direction, et, seul
avec un de ses compagnons de voyage et à pied, il tourna vers la Grande
Arménie, pour aller prier sur le mont Sébouh, dans la caverne où saint Gré-
goire lIHuminateur avait fini son apostolat et sa vie!.
Cependant Îles mêmes émissaires qui le suivaient de près le rejoignirent
et le forcèrent de rebrousser chemin. Il leur échappa une troisième fois, et, à
la faveur d'un déguisement, il réussit à passer dans l'ile de Chypre et à se
cacher dans un.monastère grec. Sa famille ne tarda pas à l'y découvrir et à le
ramener à Tarse.
Sa répütation de science et de sainteté était alors universelle; les Franks
qui habitaient la Syrie ou la Cilicie lui témoignaient, non moins que ses
compatriotes, la plus vive admiration et le plus profond respect. Attirés par
sa parole éloquente, par sa douceur, sa charité et sa tolérance, tous fré-
quentaient son église, sans distinction de nationalité et de communion, et se
pressaient pour l'entendre : les Grecs et les Latins l'avaient surnommé le second
saint Paul, en le comparant en quelque sorte à l'apôtre des Gentils, et par
allusion à l'exercice de ses fonctions pastorales dans la ville où saint Paul
avait vu le jour et annoncé la parole évangélique. La confiance qu'il inspirait
à tous l'avait rendu le dépositaire de leurs aumônes et de leurs dons pieux, et
l'intermédiaire de toutes les bonnes œuvres. Nous verrons, dans sa lettre à
Léon II, l'estime et la considération dont l'entouraient les princes croisés, et
en particulier le roi de Chypre, Amaury de Lusignan, et le roi titulaire de
Jérusalem, Henri de Champagne.
Pour se soustraire aux hônneurs et à la gloire qui venaient le chercher
malgré lui, plus d'une fois 1l alla demander l'obscurité et le repos à son mo-
nastère bien-aimé de Sagh rou. Un ordre du catholicos Grégoire Dgh'a vint
l'en arracher, en 1179, en le convoquant au concile de Hr'om-gla, où devait
se discuter la question tant de fois agitée de la réunion des deux églises
grecque et arménienne. Nersès ne manqua pas à cet appel, et prononça dans
cette assemblée son discours synodal, qui est resté comme un monument
d'éloquence persuasive et pathétique, de haute et saine raison, et de science
théologique. Mais cette réunion, préparée par les efforts du précédent pa-
triarche saint Nersès Schnorhal, favorisée par les vues politiques des Comnènes
et si désirée des deux partis, ne put s'effectuer; les bouleversements et les
guerres qui agitaient l'Asie Mineure, traversée par les croisés, interceptèrent
les communications des Arméniens avec Constantinople, et ajournèrent indé-
tique des austérités et un complet oubli du monde,
etignoré de tous. Des bergers l'enterrèrent dans cette
caverne sans le connaître. (Cf. Moïse de Khoren,
Il, xcr.) Quelques années plus tard, ses reliques
furent découvertes, et ce lieu devint l'objet de la
vénération de la nation arménienne, et un but de
pèlerinage encore fréquenté aujourd'hui.
1 Le mont Sébouh est situé dans le district de
Taranagh'i, à l’ouest de l’Euphrate, et dans le voi-
sinage du district d'Éguegh'iats, dans la province de
la Haute Arménie. C'est sur les flancs de cette mon-
tagne, dans la caverne de Sainte-Mané, que se re-
tira saint Grégoire l'Illuminateur après avoir con-
verti l'Arménie au culte du vrai Dieu ; il y passa les
dernières années de sa vie dans la prière et la pra-
Hisror. ARM. — Î.
71
569 SAINT NERSÉS DE LAMPRON.
finiment ces tentatives de conciliation. Néanmoins elles eurent en avortant,
et par un côté inattendu, un résultat avantageux : les Arméniens, séparés des
Grecs, tendirent à se rapprocher de plus en plus des Lätins.
Les courses de saint Nersès et ses travaux apostoliques étaient loin d'épuiser
son activité. Tous les instants qu'il pouvait dérober à ses fonctions épisco-
pales, aux affaires dont il était surchargé, et à ses relations multipliées, étaient
consacrés à l'étude ; 1l y a lieu de s'étonner en voyant une vie si courte suflire
à la production de si nombreux et si savants ouvrages.
Parmi ses traductions du grec qui nous sont restées est celle du Commen-
taire sur l'Apocalypse, ouvrage d'André de Crète, archevêque de Césarée;
pour le latin, nous avons sa traduction des dialogues du pape saint Grégoire
le Grand, et de la Vie du même pontife. Saint Nersès nous a laissé aussi les Vies
des Pères du désert, transportées en arménien de diverses langues, et princi-
palement du grec, du latin et du syriaque !.
Parmi les manuscrits de la Bibliothèque impériale, celui qui porte le
n° 9, dans l'ancien fonds arménien, contient les Actes des apôtres, les Épitres
etl Apocalypse, transcrits sur vélin à double colonne, dont l'une représente le
texte grec en lettres onciales et l'autre la version arménienne. Une note ou mé-
morial, ppoumuuepuñ, que l'on lit à la fin des Épitr es de saint Paul, avec la signa-
ture de saint Nersès, nous apprend que ce manuscrit lui a appartenu, et que
le texte arménien a été copié en entier de sa main. Qu'il me soit permis d'ajou-
ter que j'ai le premier signalé la provenance et la valeur de ce manuscrit restées
inconnues à l'abbé Villefroy, rédacteur du catalogue aujourd'hui imprimé.
Voici cette note, que je transcris en conservant l'orthographe de l'original.
Je donnerai plus bas, à la fin de cette notice et sous forme de vignette, ce
spécimen de l'écriture de saint Nersès et de la paléographie arménienne à la
fin du xn° siècle. |
Déoubo un bij Supurih — uhpn June op 0 — dnnbuuu, g0p bp.
gbuug qub — pou SEpbteugenpe LE 'unpnebgh — pui Supenjg- Jung $h qu — Kg 1bgbl
bd sequgu up du:
Moi, Nersès, humble évèque de Tarse, mû par l'amour du travail que m'inspire ce saint
livre, en ayant trouvé un vieux manuscrit écrit en grec, J'y ai ajouté la version arménienne.
Puissé-je être digne de la grâce qui s'attache à vos prières, ô vous qui jouissez de cette
grâce |
Saint Nersès, dont la vie remplit, à quelques années près, la seconde
moitié du xir° siècle, fut contemporain des grands événements qui marquèrent
cette phase de l'existence des colonies latines de la Syrie ; il eut le spectacle
de triomphes éclatants et d'irremédiables catastrophes. Enfant, il put entendre
retentir autour de lui le bruit des victorieuses expéditions d'Amaury, roi de
Jérusalem, en Égypte; dans l'adolescence et à l'âge viril, à vit Saladin grandir,
marcher de conquête en conquête, et enfin enlever aux chrétiens Jérusalem
1 Les traductions arméniennes faites sur l'ori- à l'usage de l'église latine, sont attribuées, non sans
ginal latin, 1° de la règle de saint Benoît ; 2° des let- quelque fondement, à saint Nersès, mais sans qu'il
tres des papes Lucius HI et Clément III au catholicos ait été possible jusqu’à présent de déterminer s'il en
Grégoire Dgh a; 3° des prières et cérémonies usitées est le véritable auteur.
au sacre des souverains, et 4° d'un recueil de prières
SAINT NERSÈS DE LAMPRON. 563.
et la plus grande partie de la Syrie. À la suite de la commotion douloureuse
occasionnée partout par la perte de la Cité sainte, 1l lui fut donné de contem-
pler de nouvelles armées accourant à la délivrance des Lieux Saints, sous la
conduite des plus puissants monarques de la chrétienté, Frédéric Barberousse,
Phiippe-Auguste et Richard Cœur-de-lion, l'élite de la noblesse d'Europe et
d'outre-mer, réunie sous les murs de Saint-Jean-d'Acre, faire tomber cette
place importante sous ses coups persévérants et glorieux.
La haute naissance de l'archevêque de Tarse, son caractère sacré, sa renom-
mée et une réciprocité de sympathies lui assuraient un accueil empressé et
marquaient son rang dans cette société aristocratique, et plus d'une fois il s'y
trouva mêlé. Même sans sortir de son pays, il pouvait rencontrer à chaque
pas les Franks, qui commencçaient déjà à se répandre dans la Cülicie. Hs y
possédaient des églises et des monastères; dans les principales villes, ils avaient
relevé les anciens siéges épiscopaux, ou en avaient établi de nouveaux, et
des prélats latins les occupaient, en face des titulaires arméniens et quelque-
fois en concurrence avec eux.
Les limites de la principauté d'Antioche touchaient à celles des possessions
des princes r'oupéniens et se confondaient en formant entre eux un éternel
sujet de dispute. Dans la partie de la CGilicie Champêtre comprise entre
l'Amanus et la rive gauche du Djeyhan, partie revendiquée par les succes-
seurs de Boëmond, et où des seigneurs français occupaient, avec le titre de
comtes, les villes de Marasch et de K’eçoun, les Franks s'étaient superposés
aux populations arméniennes et grecques, et y vivaient pêle-mêle avec elles.
Dans les pages qu'a retracées saint Nersés, il peint avec des traits frappants
de vérité cette société de nos aïeux, en nous la représentant dans sa fière
rudesse, avec ses penchants aux violences de la guerre, ses mœurs galantes
et souvent licencieuses, mais animée d'une foi ardente et naïve, et de l'en-
thousiasme chevaleresque. I fait ressortir ses qualités et ses vertus, exalte ce
qui lui paraît en elle digne d'être admiré et imité, ses instincts et ses établis-
sements charitables, sa libéralité envers les ministres de la religion, le zèle
pour Île service des autels, pour la décoration des églises et la splendeur du
culte, la belle discipline et la régularité de son clergé. Il met en contraste la
négligence et la tiédeur de ses compatriotes, effet malheureux de leur longue
oppression sous le joug des infidèles, des troubles et de la ruine qu'ont appor-
tés des invasions réitérées, et de la timidité servile dont ils ont contracté l'ha-
bitude dans leur asservissement. | |
Léon IT, qui savait de quel crédit l'archevêque de Tarse jouissait auprés
des Latins, essaya de faire tourner cette influence à son profit dans une cir-
constance où ses intérêts les plus chers étaient en jeu. Ambitieux de rompre
les liens de subordination qui avaient rattaché ses prédécesseurs à lempire
grec et de sassurer une indépendance toujours contestée, 11 méditait de se
placer sous la suzeraineté très-éloignée, et, par conséquent, purement nomi-
nale, de l'empereur d'Occident et du pape, et de leur demander le titre de
roi. L'arrivée de Frédéric Barberousse était une excellente occasion que la
fortune vint lui offrir. En apprenant que l'empereur était parvenu sur le ter-
7.
564 ___ SAINT NERSÉS DE LAMPRON.
ritoire des sulthans d'Iconium, il s'empressa d'envoyer à l'armée allemande,
affamée dans les plaines brüûlées et arides de la Lycaonie, des vivres et des
provisions de toute sorte. Le catholicos Grégoire Dgh'a devait partir bientôt
après pour aller complimenter Frédéric au nom de son souverain. Léon avait
associé à cette mission, comme celui de ses sujets le plus propre à la faire
réussir et le plus agréable aux Franks, saint Nersès de Lampron.
Malheureusement cette ambassade manqua, par un accident survenu en
route à notre prélat lorsqu'il allait rejoindre le catholicos à Hr'om-gla. Lui-
même nous a raconté, dans un mémorial qui termine son ouvrage sur les ins-
titutions de l'Église, sa mésaventure et les vicissitudes que ce livre éprouva
à cette occasion. |
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Le dfou L jurfunbuitu juufunËuhg- alu :
Ces discours et constitutions spirituelles, œuvres de l'esprit et de la main de
moi, pauvre Nersès, ont été dictés par l'Esprit-Saint, en l'année susmentionnée
de notre ère 626 (5 février 1177 — 4 février 1178), à l'époque de ma vie où Je
comptais vingt-quatre ans, et où je vivais dans le silence et la solitude au milieu
des montagnes du Taurus. Au bout de quelques années, je fus rappelé aux fonc-
tions épiscopales et à des occupations temporelles, et le feu qui brûlait mon
cœur, et qui a éclaté dans mes paroles, je m'eflorçais de l'allumer dans le cœur
des autres et d'accomplir cette œuvre en conformité avec mes paroles. Mais mes
efforts restèrent impuissants; car, à deux reprises différentes, je produisis ces dis-
1 Un manuscrit porte pw6uwvw,?, « des prêtres. »
SAINT NERSÉS DE LAMPRON. 565
cours dans des réunions d’évêques et de chefs {séculiers], et on ne daïgna pas
même les lire ou les entendre. Vers la même époque, c'est-à-dire en 636 (3 fé-
vrier 1187 — 2 février 1188), Jérusalem, la cité sainte, fut prise par les Turks,
et les ecclésiastiques ainsi que les chefs qui étaient préposés au service des Saints
Lieux furent faits captifs. Cette nouvelle étant parvenue dans les contrées d'Oc-
cident, souleva tous les peuples, les rois et les princes, qui, à la voix du patriarche
de Rome [Clément III], se mirent en marche pour venir outre-mer. Tandis qu'ils
débordaient en nombre immense, en arrivant avec leurs navires, sur le rivage de
Ptolémaïs, en l’année 638 (2 février 1189 — 1° février 1190), notre grand
prince Léon nous députa vers le saint catholicos, le seigneur Grégoire [Dgh'a],
à sa résidence patriarcale de Hr'om-gla, située sur l'Euphrate. Tandis que nous
cheminions, vers le temps de la Pentecôte, et que nous étions parvenus au delà
de Marasch, les Turkomans fondirent sur nous et massacrèrent les moines et les
laïques de notre escorte, au nombre de vingt personnes, et enlevèrent entre
autres objets ce livre-ci, perte dont je fus inconsolable, car je n'en avais pas de
copie. Mais, plus tard, grâce à la bonté de la Providence, en l'année 641 (2 fé-
vrier 1192 — 31 janvier 1193), nous étant informé où ils l'avaient vendu,
nous le fimes revenir de la captivité. Il fut retrouvé dans le district de Dchahan,
et, par l'aide de l'évêque de ce lieu, Nersès, et du moine Vartan, il rentra en
mes mains : ce fut une grande consolation pour mon âme affligée et un sujet
d'adoration et de louanges adressées à Dieu. Gloire à la très-sainte Trinité, Père,
Fils et Saint-Esprit, maintenant et à jamais dans les siècles des siècles! Amen.
Le mauvais succès de l'ambassade de Léon ne le découragea pas; dès
qu'il apprit que Frédéric approchait de Séleucie Trachée, il partit lui-même
pour aller à sa rencontre, accompagné du catholicos, de saint Nersès de
Lampron et d'une escorte nombreuse; mais la nouvelle de la mort inopinée
de l'empereur, qui venait de périr dans les eaux glacées et rapides du Ca-
lycadnus ou Saleph, l'arrèta en route, et, consterné comme toute la nation
arménienne de ce fatal accident qui détruisait tant d'espérances, il retourna
sur ses pas. Néanmoins l'empressement et les bons offices du prince arménien
ne furent pas perdus, et 1l en recueillit les fruits quelques années plus tard.
Fort de l'appui des Latins et de son alliance avec eux, et assuré ainsi de
son indépendance vis-à-vis des Grecs, il pouvait maintenant traiter avec la
cour de Constantinople sur un pied d'égalité, et voulut renouer avec elle de
bons rapports. Pour l'aider dans cette négociation, il avait jeté les yeux sur saint
Nersès. L'archevêque de Tarse jJouissait en effet, auprès des Grecs, d'une consi-
dération aussi grande que celle que lui accordaient les Latins; 11 appartenait
à une famille dont le dévouement à la politique impériale était connu; dui-
même avait travaillé de toutes ses forces à un des projets favoris de cette po-
ltique, la réunion des deux églises grecque et arménienne. Léon était donc
certain que le prélat, d'ailleurs en vénération à tous, recevrait un excellent
accueil. En 1197 il le chargea d'aller porter des paroles d'amitié et de riches
présents à Isaac l’Ange, alors sur le trône, en associant à cette ambassade le
prince héthoumien Halgam, oncle maternel de Léon’, et le baron Paul, offi-
princesse étaiten même temps cousine germaine de
1 Le père de Léon, Sdeph'ané, avait épousé
S. Nersès de Lampron.
Ritha, fille de Sémpad et sœur de Halgam; cette
566 SAINT NERSÉS DE LAMPRON.
cier de son palais. Saint Nersès s'acquitta de sa mission avec tout le succès
que son souverain était en droit d'attendre, et que rendit plus éclatant la
science qu'il déploya pendant ” séjour à Constantinople, dans ses confé-
rences avec les théologiens grecs !.
Tandis que Nersés était retenu dans la capitale de l'empire, Léon députait
à Ptolémais Jean, archevêque de Sis, pour réclamer la couronne que lui en-
voyaient le pape Célestin IIT et l'empereur d'Allemagne. Henri VI, fils et suc-
cesseur de Barberousse, s'était empressé d'acquitter la promesse de son père
et la dette de reconnaissance que celui-ci avait contractée envers Léon. Le
prince arménien avait enfin obtenu le titre de roi qu'il convoitait depuis si long-
temps, sous la protection et la suzeraineté de l'empire d'Occident et de l'église
romaine, et un rang égal à celui d'Âmaury de Lusignan, reconnu tout récem-
ment roi de Chypre. Le cardinal-archevêque de Mayence, Conrad de Wittels-
pach, légat du pape et de l'empereur, vint d'Acre en Cälicie pour remettre à
Léon la couronne, insigne de la royauté, et un étendard aux armes de saint
Pierre. La cérémonie du sacre eut lieu dans l'église métropolitame de Sainte-
Sophie, à Tarse, le 6 jure 1198, le jour de la fête de l'Épiphanie et le
premier de l'année arménienne. Le catholicos Grégoire VI, dit Abirad, donna
l'onction sainte à Léon et lui posa la couronne sur la tête, en présence du
légat, des. hauts dignitaires du clergé et de la noblesse arménienne, et d'un
concours immense de population, qui saluait avec bonheur le rétablissement
de la royauté nationale.
Le terme de la carrière de saint Nersès n'était pas éloigné; quoiqu'il fût
encore dans la maturité de l’âge, puisqu'il venait d'entrer dans sa quarante-
sixième année, il était cependant épuisé de travaux et de fatigues; il mourut
quelques mois après le couronnement de Léon, le 14 juillet.
Son biographe, Grégoire de Sguévra, rapporte qu'un jour le pieux prélat,
prèchant dans son église de Tarse, se sentit saisi tout à coup d'un violent ma-
laise; on le rapporta dans sa demeure très-souffrant. Sentant sa fin approcher,
il faisait éclater sur son visage la Joie que lui donnaient ses ineffables espé-
rances; les aspirations de son cœur brülant d'amour étaient toutes dirigées
vers le moment qui devait le réunir à Dieu. Ayant fait venir auprés de lui ses
disciples, il leur adressa quelques paroles de consolation et ses dermiéres ins-
tructions, et les bénit; puis 1l reçut le saint viatique, et, levant les yeux au
ciel : « Ô Seigneur Jésus, dit-11, je remets mon esprit entre tes mains; reçois
« ton Nersès dans le sein de ta miséricorde. » Il expira doucement en murmu-
rant ces paroles. Sa dépouille mortelle fut transportée et ensevelie dans son
couvent de Sguévra. Le patriarche d'accord avec la voix publique proclama
sa béatification et fixa la célébration de sa mémoire au jour anniversaire de
sa mort. Cette fête est maintenant retardée de trois jours dans le ménologe
arménien, qui l'indique au 17 juillet.
Je n’ai donné que des extraits assez courts du Traité des institutions de
l'Église, me bornant à citer les passages qui ont trait au sujet tout spécial de
ma publication, c'est-à-dire à l'histoire des Croisades. Je les ai empruntés à
1 Voir, pour cette ambassade, ci-dessous, la chronique de Sëémpad, ad annum 646.
SAINT NERSÉS DE LAMPRON. 567
l'excellente édition qui a paru à Venise en 1847, par les soins des RR. PP.
Mëkhitharistes de Saint-Lazare. Mais j'ai cru devoir donner en entier la lettre
adressée par notre auteur au roi Léon Il: L'ensemble et l'enchaînement de
l'argumentation, dans cet écrit d'un genre tout polémique, ne permettent
pas de nen donner que des fragments sans rendre inintelligibles les diverses
parties ainsi séparées et privées de leur lien logique.
Ï est nécessaire de connaitre les motifs qui dictérent cette lettre et qui en
expliquent le ton et le but. Elle fut provoquée par un incident de la longue
querelle qui séparait en deux camps les Arméniens partisans des Latins et
favorables aux modifications que Rome proposait sur quelques points du
dogme et du rite, et les Arméniens du vieux parti national, réfractaires à
tout changement. Ce que j'ai dit jusqu'ici fait pressentir que saint Nersès avait
embrassé avec ardeur le premier de ces deux partis, auquel se rallia, quoique
imidement, le catholicos Grégoire Dgh'a, et 1l en était considéré comme
le chef. À ce titre, il comptait comme adversaires une notable portion du
clergé de la Cilicie et le clergé en masse de la Grande Arménie. L'opposition
était si violente et si formidable, que le roi lui-même n'osait la braver ouver-
tement. Nous savons par Guiragos' que ce prince, placé dans une position am-
biguë et trés-critique par cette hostilité déclarée contre Rome et en même
temps par les exigences du légat Conrad de Wittelspach, s’en tira par un
expédient qui peut faire honneur à sa dextérité politique, mais qui en fait
trés-peu à son caractère moral, par un mensonge destiné à tromper à la fois
ses évêques et le légat.
Les principaux adversaires de saint Nersès, ceux dont il prononce les noms
avec le plus d'amertume et d'irritation, étaient d'abord Basile, de la famille
des Arsacides, archevêque d'Ani (1180 — 1203), qualifié de patriarche par
les Arméniens orientaux, en concurrence avec le catholicos légitime qui sié-
geait à Hrom-gla, et ensuite Grégoire Doudèorti, abbé du couvent de Sana-
hin et plus tard de Hagh'pad, le plus ardent et le plus violent contre saint
Nersès et coalisé avec Jean, religieux de Sanahin, David de K'opair, moine
de Hagh'pad, et les docteurs Ignace, Vartan et Mékhithar de Khoraguerd.
Is écrivirent à Léon, en lui peignant l'archevêque de Tarse comme un héré-
tique et un novateur dangereux, comme un POrHroalaur de l'antique disci-
pline de l'Église. Le roi, sans ns foi entièrement à ces accusations, en fut
cependant ébranlé; ce qui le préoccupait, lui, chef de l'État, ce qui l'inquiétait
avec raison, était la crainte que ces ports ne compromissent la tranquillité
publique, les bons rapports qu'il avait à cœur de se ménager et d'entretenir
avec les Latins, et ses projets d'agrandissement, de réforme et de progrès. Il
manda Héthoum, seigneur de Larinèn, frère de saint Nersès, et le chargea |
d'aller dire à ce dernier de mettre un terme à ses innovations, sous peine, s'il
persistait, d'être exclu de son siége. C'est sous l'impression de cette menace,
qui fut considérée par l'archevêque de Tarse comme une injustice faite à la
pureté de ses intentions et comme un outrage à sa dignité épiscopale, qu'il
s'adressa au roi avec la sainte liberté d'un homme de Dieu, pour se justifier
1 Voir ci-dessus, p. 422-423.
568 SAINT NERSÉS DE LAMPRON.
et confondre ses ennemis. Celui-ci, convaincu par la solidité de ses raisons, à
ce que croit l'historien arménien Tchamitch, mais, plus vraisemblablement,
obéissant à un calcul, imposa silence à Doudéorti et à ses adhérents. Mais ils
ne tinrent aucun compte de cette injonction; le fanatisme du vieux parti
arménien brava la volonté du souverain et ne fut pas désarmé même par la
mort de saint Nersés; la querelle continua en suscitant au sein de la nation
des troubles et des dissensions qui furent une des causes les plus actives de
l'affaiblissement et de la ruine du royaume de la Petite Arménie.
La lettre de saint Nersès est un écho de cette lutte passionnée dans la phase
où elle était entrée à l'époque qui précéda sa mort de quelques mois!, un ta-
bleau fidèle de la situation religieuse des Arméniens vis-à-vis des Franks, et de
la rénovation sociale et politique qu'ils étaient en voie de subir sous l'influence
de ces derniers. On y voit se préparer, par l'adoption de l'étiquette, des titres
nobiliaires ou hiérarchiques, des mœurs et des costumes importés par nos ba-
rons dans les pays d'outre-mer, cette grande révolution que Léon inaugura
en transformant son royaume en une monarchie féodale et en le faisant ainsi
entrer dans la confédération et le concert des États fondés par les Latins en
Orient.
Nul parmi les Arméniens ne contribua plus efficacement que saint Nersès
à cette grande et pacifique révolution et au triomphe de la politique de
Léon IT; cependant, si lon en juge par les griefs qu'il articule contre ce
prince, dans sa lettre, 1l paraît que celui-ci n'appréciait pas suffisamment les
talents et le caractère de saint Nersès, ses idées larges et tolérantes et la
portée de ses réformes. Les mêmes préventions pèsent encore sur la mémoire
du saint prélat parmi les Arméniens dissidents. J'ai essayé de remettre en
lumière cette noble figure, si originale par ses traits mi-partis arméniens et
latins et qui se détache d'une manière si tranchée du cadre qui l'entoure.
J'ai suivi le texte le plus récent et le plus correct, celui qu'ont donné les
RR. PP. Mékhitharistes de Saint-Lazare, dans un volume publié à Venise, en
1838, in-18, et où 1ls ont réuni deux lettres du patriarche Grégoire Dgha,
adressées aux docteurs de la Grande Arménie sur la même controverse, et
quelques autres écrits de saint Nersès.
1 La date de la rédaction, ou du moins de l'envoi mois écoulés entre le couronnement de ce prince,
de cette lettre, peut être fixée avec certitude; letitre le 6 janvier 1198, et le 14 juillet suivant, jour de
de roi donné à Léon circonscrit cette date dans les six la mort de l’auteur.
Fac-simile de l'écriture de saint Nersès de Lampron.
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EXTRAITS DE L'OUVRAGE INTITULÉ
RÉFLEXIONS
SUR
LES INSTITUTIONS DE L'ÉGLISE ET EXPLICATION DU MYSTÈRE DE LA MESSE.
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TRADUCTION.
I.
DIFFÉRENCE DES INNOVATIONS INTRODUITES DANS L'ÉGLISE.
['OBJECTIONS ET RÉPONSES, SOUS FORME DE DIALOGUE ENTRE NERSÈS ET JEAN.
NERSÉSs. J'ai visité les monastères des Franks, des Romains (Grecs) et des Syriens,
et les informations exactes que j'y ai recueillies m'ont appris que l'on consacre
d'abord les religieux, et qu'ensuite on les revêt du capuchon et de l'habit. On ne
peut, en aucune manière, avant que cette cérémonie de la consécration ait eu
lieu, donner le costume monacal à ceux qui se présentent pour faire profession.
Is affirment que si un diacre ou un prêtre se présente, après avoir quitté le monde,
il est impossible, avant que l'on ait exigé de lui une renonciation aux choses du
siècle, et avant que le caractère de moine lui ait été conféré par des prières, de
lui donner l'habit. Ceux qui vivaient dans les couvents de ces trois nations et que
j'ai vus de mes propres yeux, vieillards ou jeunes gens, prêtres ou diacres, ainsi
que les novices non encore admis aux diverses fonctions ecclésiastiques, portaient
tous un même costume suivant la coutume de leur nation respective, avec une
liberté qui n'admettait point de distinction.
HIsToR. ARM. — Ï. 72
570 | EXTRAITS
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grpthe dinbpfuli abord puququit : Qunf L jopdunf juyu mofuup$u nul y ophuu
Jean. Mais nos savants soutiennent que ces nations se sont écartées de la foi, et
qu'il ne faut pas chercher à les imiter.
NERsÈs. Je n'admets pas le moins du monde que nous seuls soyons le peuple du
Christ. Si les docteurs qui soutiennent une pareille prétention proclament que
les Grecs sont dans l'erreur, pourquoi les Syriens vantent-ils cette coutume
comme bonne, et les Franks, arrivés dans notre pays, pourquoi sont-ils d'accord
avec eux sur ce point de discipline et non avec nous?
IL.
COMPARAISON DES INSTITUTIONS DE L'ÉGLISE CHEZ LES CHRÉTIENS GRECS, FRANKS ET SYRIENS,
ET PREUVES QU'ELLES TENDENT AU MÊME BUT.
Pareillement les Franks, ayant vu les ecclésiastiques portés à se livrer au dé-
sordre avec les femmes, employer pour les besoins de leurs enfants les dons faits
à l'Église, leur prescrivirent le célibat afin d'éviter, disent-ils, que l'Église, qui est
l'héritage du Christ, ne soit assujettie aux exigences d'une parenté charnelle; ils ob-
servent donc les traditions de leurs pères, quoiqu'ils soient tourmentés, comme on
le prétend, par les besoins de la nature, abandonnant à la volonté du Père céleste
les prescriptions de celui qui est son égal en gloire. Cette nation, dans des temps
postérieurs, a reçu d'un patriarche nommé Augustin la règle pour les ecclésias-
tiques de se raser, et cela, dans un sens mystique, afin de ressembler aux anges,
et aussi afin que ceux qui sont égaux par le rang paraissent sur un pied d'égalité
entre eux. On a voulu par là que tel ou tel d'entre eux ne cherchât pas à s'attirer la
considération par une barbe blanche. Cette vertueuse nation, dérogeant aux lois
de la nature et à la coutume, reçut les commandements du père commun avec
amour, comme des fils dévoués. Lorsqu'ils vinrent dans ce pays-ci, ils trouvèrent des
ns nn
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DE SAINT NERSÈS DE LAMPRON. 571
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Ses bnpspuS nef fer qunnmqugh huofu Hupliut que puis vaut (LS sbknbst
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pau kr qrep wdEuÿu agnogbuit, L n$ npuku quyy wggu back qünju wnof@br:(P. 189.)
corporations religieuses régies par des lois différentes, corporations qui associent
les institutions monastiques, en vivant dans le monde, à l'habit militaire, et qui
se proposent pour but de faire une guerre implacable aux ennemis du voisinage.
L'origine de cet ordre est louable, si Satan toutefois ne mêle pas finalement son
ivraie avec la bonne semence, suivant une parole que les gens frondeurs peuvent
nous appliquer, et nous leur rétorquer, ainsi que nous ne l'ignorons pas. Mais,
dans la suite, les institutions de cet ordre ne furent plus ce qu'elles avaient été
dans le principe.
= Notre missel a été traduit [du grec] avant l'établissement définitif de celui de
saint Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople, lequel dota l'Église d'un
grand nombre d'institutions, et y répandit sa lumineuse doctrine. Parmi ces ins-
titutions sont celles qu'il ajouta à la liturgie de la messe, et qui étaient en dehors
des pratiques des anciens. Nous ne les avons pas adoptées, ni les Franks non plus,
ni même ceux d'entre les Grecs qui suivent la tradition des autres Pères; et
s'ils emploient la liturgie de saint Basile ou celle de saint Athanase, ils récitent
d'abord celle de saint Jean Chrysostome jusqu'à l'Offrande, et ensuite ils revien-
nent à la liturgie de l'un ou de l'autre des deux patriarches précités.
Les cérémonies qui précèdent le Credo sont plus courtes chez les Franks que
chez les Grecs, et tout à fait semblables aux nôtres. Les Franks, en effet, chantent
le Credo après l'Évangile, comme c'est l'usage chez nous. Un seul prêtre, chez
eux, dit la messe avec deux assistants, diacre et sous-diacre, et reste debout
pendant la célébration des saints mystères, en tenant les bras étendus. Chez les
Grecs il y a, au saint sacrifice, une troupe de prêtres réunis en même temps.
Ce n'est que chez les Franks, maintenant, que le célébrant chante seul l'Oraison
dominicale à haute voix, devant tout le peuple, et ne demande pas, comme cela
a lieu chez les autres peuples, que les assistants unissent leurs voix à la sienne
pour dire cette prière.
72:
572 EXTRAITS
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+
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wébqneunn (vou wpunupay meunmguuk dagmlnbuti qophtut um Sn pwguyuyun
Les Franks et nous autres Arméniens, nous nous servons, pour le saint sa-
crifice, du pain azyme, parce que le pain fait par les prêtres est plus pur et plus
beau ‘. Ce mystère a sa raison pour nous dans l'exemple du Seigneur, qui, à la
fête des Azymes, prit du pain sans levain, le bénit, le consacra et le proclama son
corps. Mais les Grecs emploient le pain fermenté.
Si ces deux nations (les Franks et les Grecs) mêlent l'eau et le vin [dans le
calice], c’est pour montrer qu'un double jet coula du côté du Sauveur. Mais nous
n y mettons pas de l'eau, ayant reconnu que le Sauveur accomplit avec du vin le
mystère qu'il nous a transmis, et parce qu ensuite 11 a ajouté qu'il ne goûterait
plus désormais du produit de la vigne.
I est juste d'honorer la bonne discipline en prenant pour modèles les Franks,
qui font du pain azyme, mais non tous les jours.
IT.
CÉRÉMONIES QUE LES AUTRES NATIONS CHRÉTIENNES SONT DANS L'USAGE D'OBSERVER,
APRÈS LA RÉCITATION DE L'ÉVANGILE.
Il faut connaître la pratique des belles institutions qu observent les nations
chrétiennes dans la diversité de leurs rites. Les Grecs ne récitent pas immédia-
tement après l'Évangile le symbole de Nicée; mais que font-ils? Si c'est un jour
solennel ou un jour de fête, et que le peuple se trouve réuni, l'évêque, assis sur
son siége épiscopal, lui adresse là parole et lui enseigne les lois de Dieu, en lui
1 La veille du jour où les prêtres arméniens doi- le dimanche seulement, qu'une seule messe, qui est
vent offrir le saint sacrifice, ils font eux-mêmes le chantée solennellement. ( Cf. Compendio storico du
pain destiné à être consacré le lendemain. Comme marquis de Serpos, t. III, p. 20 et suiv. et les Let-
dans toute l'Église orientale, on ne dit, chez eux, tres édifiantes, Mission d'Arménie et de Perse, t. I,
le même jour, et, pendant le carême, le samedi et p. 317, édit. du Panthéon littéraire.)
DE SAINT NERSÉS DE LAMPRON. 573
dupe mnybanns hu npsuuk L Yardf . aspueykes watt L aubtap, pus pl duslulreu p
quamfli vpargh undnpne Bu: (P. 319.)
Peu El que ahastqugt neugnie pauphauounn(Ofii. put L inpur npuku qdtq
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Spdiubiug Nu) oquu, wbduwbg L ns puSuteuhil. putqh suit gdriinujt awlhpes, LL un.
Lot gbpluhg wppagne fuit. uit enncpu quewpfunanne, pub L ubpk Vonauws
suit fppl gopSümffut ns npubu queusmfifut. 0Eplitlt waunnm [us , gb
1 Saint Nersès transcrit notre mot français offrande, n$pug, ôfranth.
en présentant une explication claire dans les limites qu'il juge convenables. Cette
coutume est aussi celle des Franks, et nous savons qu'elle était suivie par les saints
des temps primitifs.
Eh bien! apprenons à connaître la piété des Franks. Eux, comme nous, disent,
après l'Evangile, le Symbole de la foi. Mais si c'est un dimanche ou un jour de
fête, ils récitent le Credo immédiatement, et ensuite que font-ils? Dans les églises
et les chapelles des villes, ils disent le Credo après l'Évangile, ensuite le peuple
fait l'Offrande. Mais qu'est-ce que c'est que l'Offrande? C'est une noble institution,
très-agréable à Dieu, recommandée par saint Paul à l'Église chrétienne, et au sujet
de laquelle il écrit en ces termes aux Corinthiens * : « En ce qui touche la collecte
« qui est faite pour les saints, ainsi que je l'ai prescrite aux églises de la Gala-
«tie, adoptez-la, vous aussi; que tous les dimanches chacun de vous recueille
«en son particulier ce quil pourra. » C'est d'après ce précepte que les Franks ont
agi jusquà présent, et qu'ils continuent encore de le faire. En effet, tous les
dimanches, et même chaque jour, le prêtre, après l'Évangile, se retourne vers
les assistants, tandis que le diacre se tient à côté de lui. Alors ceux-ci, s'avançant,
lui baisent la main droite avec la même ferveur que si c'était celle de Dieu. Vous
en avez été tous témoins. Chacun, suivant sa volonté et ses facultés, dépose dans
la main du ministre sacré les fruits de sa foi. Cette cérémonie se répète chaque
jour ainsi que le dimanche et les fêtes. Tous, dans l'assemblée, hommes et
femmes, accumulent des trésors dans la main du prêtre, pour le profit de leur
âme et non de ce dernier, car ils donnent le mammon d'iniquité, et obtiennent
en retour le royaume des cieux. Ils offrent leurs dons avec joie, comme Dieu les
aime; ils les offrent à titre de bénédiction, et non avec avarice; ils sèment avec
1 re Épitre, XVI, r et ni.
974 EXTRAITS
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Ungur wppannugun. Vu np dESuunmät Ep, Sanunnuñ gh L Fupbuñup tops ppunam
Pbunpt dESwugft: Ù eut ujunphh ns guy b dE nya ancphun, ns gft ns Juxiun.,
ns Bbe wencpg L ns fuiunwuSneffii, ns dun Sugnwntu L Omng pugin fu. ns
dEnbjog déj jy done fbuñit fiphonnubs, 05 & db $nqb Suowmuug wdEvbgmi
delocPbii cqunupugh iphone, Jus agunphl Sauupuluug ph Eu puñaure
Bb, ay gb BE deg ubtbgm$ fpgne Bit quanwpugh Piphuunnu : (P. 320-321.)
Pol 6RE ünpu (auñuge) negba L dep Olbep,h aprg vpeeg LE ahoukgne EVE ing
Jrphitbus, Ep dut SEqquub quan L fie neqbié ghu qaqmnu. 8 bout,
de qEde vagu unulauh pogiudR qinut jade, L qgpuÇañtuyfit fu rpuu qUioum
Sa nm Er, bep PE wubpn]. aju uncpp bn ag fut fl Sue baba & qfaphu_
nu Vhuunn Sn Sop qunwpug dunnneguiuk) :
Feb Ep mou fnguñt dpuje géeput fhuu L qpuqueudupm Bhutu, L 4$w.
connu ba gauu gop Unpur HEpacfhait jen dé nf phun n5 qulEgue nnfouuEs, n5 da
gros puis fe po wap, L ns puSuñuuy pau fepne dé, jy Equp Euhununupe
uhoe L'aquXmXbu gabuunn.p, &fn] L Sopnle jopwgtwLe | Ppubu gthauitqu
L quwphaqupuon fuir, quentin Sy Summit pau 75 neuup
1 Un manuscrit cité par les éditeurs lit : ywgpw_ ment pourvus ;» un autre manuscrit : yapne gh up
gbuye “ennuyés, rassasiés,» et ici «surabondam- «s'élevant ou élevés. »
profusion, car ils espèrent moissonner avec abondance; ils donnent un présent
pour mériter les grâces du Christ. Chacun d'eux, se rappelant que celui qui était
riche s'est fait pauvre pour lui, croit que cest en embrassant cette pauvreté,
acceptée volontairement par le Sauveur, que lui-même deviendra riche. Aussi
n'existe-t-il parmi eux ni trafic, ni spéculation, n1 commerce, ni supputation des
jours, ni profits, ni bois percé‘, ni accumulation de comptes. Ce n'est pas seu-
lement pour les morts qu'il y a espoir de salut par le Christ, ce n'est pas pour
une seule âme qu a été accomplie la rédemption commune; mais ils savent que
c'est pour le salut de nous tous que le Christ a été immolé.
Si les Franks sont donc dans le droit chemin et non dans la fausse voie, pour-
quoi, lorsque Îa sainte Écriture nous condamne, et que notre conscience nous
fait des reproches, pourquoi tardons-nous de nous convertir et de suivre leur
exemple? Ne voyons-nous pas avec admiration la frayeur terrible avec laquelle
ils se présentent à l'Offrande, pour baiser la main du prêtre, comme si c'était
celle de Dieu, et comme s'ils se disaient : C'est cette main qui va offrir Jésus-Christ
en sacrifice à son père ?
Nous n'avons appris d'eux qu'une seule chose, c'est de vivre et agir en toute
liberté et sans retenue. Mais nous n'avons pas voulu leur emprunter la foi et l’es-
pérance qui rachètent cette imperfection; laïques ou ecclésiastiques, aucun n'a
cherché à les imiter. Nous nous sommes montrés comme des évêques efféminés,
parés de riches vêtements, nous plaisant à posséder des mulets et des chevaux, à
limitation des Franks. Mais leur piété, leur charité, leur zèle pour le maintien
des lois de l'Église, l'assiduité au culte divin, nous ne leur avons rien pris de tout
1 Morceau de bois troué et crénelé pour servir pour le compte des intérêts; c'était une espèce de
aux opérations d’arithmétique, et principalement taille.
DE SAINT NERSÉS DE LAMPRON. 575
brguñuk. Ver Los Suitbug [84 bnpu jurluupéuquit euçuñughg Xbnatnugphé Eufuyn_
que, eprg SunliopÆuk & dEuupubfu.p eux xt, Los k pétunouug- gk O4 pwpkruyfg
cho um vus bagfugneqne, opubu L dépu E embopr Bi, gb falouñim Phi pure
Gpotunpolut YEpagfit bpAateug à ywupäbog k awfuupéouip nevuit h taquük qui.
beopr Bei bépulpng L quentin Gba uébfunbe pupafune de, L Gonannfé L pre un &
S'ueuquitqne fait ansfinpef L oskquug kYbabguns, Suqupuen but L opwphk ous
bounc-fkuiuit , nprfp npe qui JEquu punbu, ph L ns bunneh bg juiuäfiu [bi :
“us ou, op gqhunmph aug E Xlwgbiug, dinbuy pur route fè ybhbnbght, vw
Ep wopurauneogu fuouk Sup wnofdfe pt un Touncss, Low pu quivpuu um.
anch Ye on pufbp tulfi : (P. 322-323.)
7
Apple (hit mn ophuu Rphuumnuk, k Gussmmunc Dit OE ns E cquupin à fhXwk Lhbakgwkui
aunbauuh deb pue divplhwukuir wnçdhe Euh :
Pot cyunefh op bechonnthhg way pb Ed, mil gupe ouurun np fotouñ
erhennibue dEpé un Suypuugbinuqui fun Ont L Epuluyp fu qMus,
me Phplu grunbaquonm bu unit abuy(webh. né poux. L'qh ns nbfp,
v2 EPE Gupdbop wuk, up f dEpaukuy pphundibhgu qannbu, jopftugt quutfufp qu.
mwupbune. Gr pu Sade nnbuy, (ok dusje? Ganaunnf L uñmus wñmuñfule
erhonribuge, Bunfrig f qnpSng pou fepupuñishep Méituuuepsfe vu fupt qh 5 mi
1 Un manuscrit lit : quphh enr Héuñi, « de la modestie, de la piété. » — ? Un manuscrit lit : je4 &.
cela. Nous avons ignoré qu'ils choisissent pour évêques des prêtres séculiers, aux-
quels il est permis de porter des vêtements de soie, et non pas seulement des
moines, comme cest l'usage parmi nous, lesquels, promus à ces hautes fonc-
tions, n'ont pas la liberté de déroger par leur luxe à la règle du costume religieux.
Nos séculiers ont connu, par eux, l'intempérance dans les repas et les sales excès
de l'incontinence; mais ils ne leur ont pas emprunté la foi, l'espérance, la sou-
mission aux supérieurs ecclésiastiques, les offrandes à l'église, la modestie, la
retenue dans les discours, vertus par lesquelles ils expient ces péchés. L'Armé-
nien a adopté les habits du Frank; mais lorsqu'il entre avec lui dans le temple,
le Frank prie Dieu en fondant en larmes avec ferveur et attention, tandis que
l'Arménien se tient à côté de lui, semblable à une brute sans raison.
IV.
RECHERCHES SUR LES LOIS DU CHRIST, ET PREUVES QU'IL NE FAUT PAS SUBORDONNER LA DIGNITÉ
DES FONCTIONS ECCLÉSIASTIQUES À DES CONSIDÉRATIONS DE FAMILLE.
Nous qui vivons au milieu des nations fidèles, nous n'avons eu jusqu'à présent
qu'un petit nombre de chefs chrétiens marchant de concert avec l'autorité pa-
triarcale et qui lui soient soumis. Suivons-nous donc par hasard la voie de la
piété sans y broncher? Pas du tout. Et quand je dis que nous ne la suivons pas,
ce n'est pas une opinion individuelle que j exprime; mais en nous jugeant d'après
les nations chrétiennes qui sont dans notre voisinage, nous voyons que nous
avons encouru la condamnation portée par la loi. Si nous nous mettons en paral-
lèle avec elles, nous verrons que nous portons le titre de chrétiens, mais seule-'
ment pour la foi et le nom, et nullement pour les œuvres, mérite dont nous
9 10 EXTRAITS
bofuñuunt ul ayuop (bubft auñrqug juyu woboupSe pre whpbkgft gopne funds
Cuwnde. L'hnpu jp EU, jh bp wdEtauÿu V'puwabue L Vuscke, Wiiphe L
Ubethhe, Vedbhphas Le Upurapege Qfuu L'adEtuuÿu Quudhpe Soyeg wyqunu, np nubfi
Jétdunf foluuiuu L fpoétwunutu qui sun fephuiug. L 56 euuluubu Fofoustn [fuit
sl guy, wolf puupui Funfñnuqu 05 übus & ncpnep f Unguk & puqwp
bepbuitg Ganl juni Ebnkgf Von al kafoknunewqui Ju un. & fighuannu
Jreurÿh L ubpaÿt, pug juju que VpSpethou LU atuivebgf fout papbupuunp
wpughu EU fi Epauufue f Sanadñg wencpui à (lpsuh ünpu pupdut jupe dep ut.
Blu déprpnefhiu quplus, n5 4 auwpqn [uit & juju, pb. pui aivfulwuunnr.
Pub: pe haute f uuur wencpu (gfé qu wobupSu pupbaupunm fbunle,
bag qop Suyng belouñt pt mbbfu greg dunltuqu wnuñg EYbqkger L Euwhuyn_
grub, Mapa unbuf fu wneugft ghybabgequit up fin nn bfr, vpubu L'nbubu
El awusop L pret wljuiuÿop : (P. 927.)
sommes dépourvus, chacun de nous suivant à sa guise son état de vie. Je m'ex-
plique : 1l n'y a pas soixante et dix ans que les Franks habitent ce pays-ci, dont
ils se sont emparés par le secours de Dieu. À l'époque où ïls arrivèrent, toute la
Mésopotamie, la Syrie, la Cœlésyrie, RG Cilicie, la Pamphylie, la Cappadoce et
tout le pays de Kamir étaient peuplés d'Arméniens ayant des chefs à leur tête,
des monastères autant qu'ils peuvent en posséder, et aujourd'hui le nombre de
ces chefs n'a pas diminué. Néanmoins, dans tout le laps de temps qui s'est écoulé
depuis lors, aucun d'eux n'a bâti dans la ville ou le bourg qui lui appartient
une église, ou n'a élevé un siége épiscopal en l'honneur de Dieu, ou ‘bien en vue
de l'espérance en Jésus-Christ ou par amour pour lui, à l'exception toutefois de
l'église que les princes ardzrounis et les princes de Vanant?, si recommandables
par leur piété, ont érigée à Sébaste du temps des Grecs *. Mais dès que ces
princes ont été renversés, nos institutions se sont COROMpAES; non-seulement
par un eflet des désordres qui sont survenus, mais aussi de notre folie. Les
Franks, en peu d'années, ont rempli tout le pays de leur piété. Devenus maîtres
des contrées que les princes arméniens avaient si longtemps gouvernées sans
qu'il y eût d'église ou d'évêque, leur premier soin a été d'y établir les institu-
tions de l'Église, comme nous l'avons vu de nos propres yeux ou comme nous
l'avons appris.
avoir cédé, en 1021, leurs États du Vasbouragan
à l'empereur Basile, avaient obtenu en échange la
ville de Sébaste.
Les princes de Vauant, Vanantetsis, sont ainsi
appelés du nom du district où était située leur
1 Nous avons vu (p. 59, note 1, et p. g8) que
le nom de Kamir ou au pluriel Kamirk (pays de
Gomer) désignait chez les Arméniens toute cette
vaste portion de l'Asie Mineure que les Grecs com-
prenaient sous le nom de Cappadoce. Mais les écri-
vains postérieurs, comme saint Nersès de Lampron
et Vartan {apud Saint-Martin, Mémoires sur l'Arménie,
t. I, p. 435), semblent faire une distinction entre
la Cappadoce et le pays de Kamirk'; et je crois qu'ils
entendaient spécialement par la première dénomi-
nation la Cappadoce proprement dite ou Première
Arménie, dont Césarée était la capitale, et par la
seconde, et d’une manière générale, toute la con-
trée renfermée entre l’'Euphrate, à l'est, le Pont,
au nord, la Phrygie et la Galatie, à l'ouest, et le
Taurus cilicien, au sud.
? Les souverains de la famille ardzrouni, après
capitale, la ville de Gars (aujourd'hui Kars); ils
formaient une des branches de la famille des Bagra-
tides. En 1064, le dernier de ces princes, Kakig,
abandonna ses domaines à l'empereur Constantin
Ducas, et obtint en échange la ville de Dzaméntav
(Téauarè6s) dans la Cappadoce.
3 En 1080, sous le règne de Nicéphore Boto-
niate, les fils du dernier prince ardzrouni, Adom
et Abouçahl, et Kakig, le dernier des Bagratides de
Gars, furent tués par les Grecs, et les possessions
qui leur avaient été accordées en Cappadoce re ren-
trérent dans le domaine impérial.
DE SAINT NERSÈS DE LAMPRON. 577
Prer frs L'wuby jodwpfl V'upus puqup JES L jgbuy ppm fbude Soyrg bp,
wnuilg wffana b E4EnEgee. haute jrpdud bun, gpupäpuebet 2fbug Eu EYE
2Egb 4 ufdon : Upghuku k Eur ag Ù wub, op de pop pouf, b.
5 fan fs Udiu {phuunuk L ns dunuñrqn {ni fuk Pautrquy whphuf wppbahuyn.
cqruuqui f'bejt neqabgfit, L judEtuft went! np 2oepg qundun Ehbnkghu L uwuro.
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Pol qUepaueu bg pe L anpe ie Grgog wobuunsu aus wubdp, np fish guyuog
be Sugeg wbpnfbudh Eu paugned wfuun$ep, L wnuñg $nfnum buis L <nfnenÿi
Pphuunnul, L'unutg F4Enbgen L'uapft quySunn but. puiugh Eahununupt fr fuitn_
puyqu Eu, L Sout wnuwtg Sognewgu enud-h :
Glrwpaupuy Sugog boboupu EUEntgh Eù 2bubu: Sonodp on qbqft dpuñvqunl
L Ephhgu, hf Soyag EEnE ft Eahunuqeup QupeEgfu L jun She neck E4E nt ge nju :
Po Sayeg bobeuñupt unbut quaji fEpoufé gSanodhgt Eubulnuns dwpkgf, L qbyt
aEgbt eyph Loco Bolt, LE Uajinghu : Ubu & b (jen Se, bajbuhu L Vue mu
Le dEtunju peughune. gh pu Ubpnqne [buy VuunnSa ban. (One net quobuwpsv, L
aEkbrEghe dla uns Seyp juÿrentgfit & Pauñtqugs Qi Eu EkEnkghet Bu
dep faufanbhhet be oqumuith, L puSañtuuy pu punautanbuus fr dpdbuïtg Sunuytgnegft
! Un manuscrit lit: fuyuwwut « stations, demeures, lieux d'habitation. »
Sans vouloir m'appesantir sur ce sujet, je citerai Marasch, cette grande et
opulente cité, qui appartenait aux Arméniens, sans qu'elle fût dotée d'un siége
épiscopal ou d'une église, et qui, tombée au pouvoir des Franks, fut pourvue
par eux d'une vaste église ét d'un évêché; de même K'éçoun, qui relevait de
Kôgh'-Vasil, prince cité parmi les plus distingués par leur piété, et qui n'avait
pas de siége chrétien ni d'établissement ecclésiastique. Cette ville étant passée sous
la juridiction des Franks, ceux-ci y créèrent un archevêché. Dans tous les bourgs
qui dépendent de ces deux villes, ils bâtirent des églises et y mirent un clergé.
Mentionnerai-je Anazarbe, Sis et les contrées qui forment le territoire de ces
deux cités, contrées qui sont encore sous la domination arménienne, ainsi qu'un
grand nombre d'autres pays? Eh bien, là il n'y a ni direction spirituelle, ni pas-
teurs, ni églises, et l'éclat qui rejaillit de ces institutions y manque. En eflet,
les évêques habitent des monastères, et le troupeau du Christ est privé du soin
des pasteurs. É
À Anazarbe, les princes arméniens avaient fondé une église. Les Grecs, s'étant
emparés par deux fois de cette ville, y placèrent un évêque attaché à l'église
des Arméniens, en assignant à cette église un revenu fourni par le‘pays. Les
princes arméniens, ayant recouvré Anazarbe, chassèrent les évêques grecs et
laissèrent l'église veuve de son pasteur et dépouillée; et, depuis lors, elle est
restée dans le même état. Il en a été de même d'Édesse, de Samosate et de toute
la Mésopotamie. Les Turks, par la volonté de Dieu, ayant conquis ces provinces,
les Arméniens ont hérité des grandes églises que les Franks y avaient bâties.
Mais ces temples sont déserts, les cathédrales sont sans culte, et les prêtres,
maître des États de Vasil-Dgh a, héritier de Kogh'-
Vasil, qui avaient pour capitale la ville de K'éçoun.
(Voir ibid. ch. Lxx1-Lxxit, p. 116.)
1 Boëmond I“ et Richard du Principat s'empa-
rèrent de Marasch en 1100. (Cf. Matthieu d'Édesse,
ch. xvi, ci-dessus, p. 50-51.) Plus tard, en 1115,
Baudouin Du Bourg, alorscomte d'Édesse , se rendit
Hisror. ARM. — I. 73
578 EXTRAITS DE SAINT NERSÈS DE LAMPRON.
adogadnepnt, L fe Vo enbju Vonphet b Saab b f danmenpocfhih Eu ain,
Unis :
bel Ube op bobutuñifunrt & pue dep ay dl jgbwt foto k Snqndpgee, wnuig
aygbqn but Le uygkqnch, r5 bhbakalbe Las hu dopulegtuiit pufuge, L rs pus
ghalt BE Suphunnp & deg mb quyus Vupéuquiu fofuañune ait qouqmeS fs pau
phäle fu opotäbu nf b Pauuqug, L $nghnpé wü$wqnpg wdEub fi. puugh
page fut pphontkhgu pp fais ogfanne bu Yafushu, au pb opfiegt Vuunm
Sy L EhEnbguqui opfiuwg - Vjouko L'adEtufu qabuke L quunulbne fig ungfi
baba bug, gh kahokaane pu b fuiubupu bu, juju di ié su qhuobu ghu.
Fait qapéuwennp : (P. 528-529.)
divisés entre eux, ont plongé le peuple dans la servitude, tandis que dans ces
lieux mêmes, aujourd'hui, les Syriens proclament et glorifient le nom de Dieu.
Sis, notre capitale, où se trouvent maintenant une noblesse nombreuse et une
population considérable, Sis est sans évêché et sans évêque; elle n'a pas d'églises
où les fidèles puissent accourir en foule; ils ignorent même qu'il nous est néces-
saire de posséder de semblables fondations. Ils se sont empressés d'emprunter aux
Franks l'idée de certaines dignités temporelles, ainsi qu'une foule d'excellentes
choses, mais ils ont laissé de côté leurs institutions spirituelles. Aussi une multi-
tude de chrétiens qui habitent Sis se perdent par ignorance, sans pouvoir satis-
faire la soif qu'ils ont de connaître les lois de Dieu et celles de l'Église. On peut
en dire autant des forteresses et des villages qui sont sous la domination armé-
nienne; les évêques se sont retirés dans les monastères, se rappelant uniquement
qu'ils ont la charge de conférer l'ordination.
LETTRE ADRESSÉE AU ROI LÉON IL
Ur Rebunnusyon boteng dép Frpiwkuer fhuwiuln Lénr, Etacwuun y Epuhol ap k Sport vppa)
b&bnbgenju seu panoulr us) :
Mepuenn jEpiep oup qunmufuuñuh $Eque bu wdEiufoh np Supguibl Juu jrs _
cnÿé np & be Eba, bpuun aug deg gihunrp nmetingé Qéwpnu. L dep f np Vu.
nca, pre gopugbut Edb pulse quunpuun Ep sunmmufuñnnnnen [Eu Gaga,
pe E fEp puchep Bugu qualit b'onghuon OEUE, L f dvenf Sadfurng: uk np
btaufouutk quypeugbu Yade Yi paugnequiubh qusu divusg wa Xodupurne [but nbum
Bb, b Piobennok poule ane Bbunfe up un. ajughuté L umoBEy qreour-npm
Ptit, qh df muwgrup queen et 2uñg, Qu gupquphuñr fungbg JEpabéuivm fi L
BE Uebore ii à Up Loge fopaunk, junth SEphakhnuk JE fuñtqus L Ephhgu fuçu.
Eu Spudtwpbt, qfurbqnl qh Blepbur &'ujuyhoft, k dEquiusk, ns qhanbiel abs fvouh,
Lors fuit npa but Li Gagudth fupurbut Ep suurone [hate quydytu
TRADUCTION.
EE
À LÉON, NOTRE PRINCE AUTOCRATE |, FORT PAR LE CHRIST, L'HUMBLE NERSÉS,
MINISTRE DE LA SAINTE ÉGLISE DE TARSE.
« Soyez prêts à répondre avec douceur à quiconque vous interrogera au sujet de
«l'espérance qui est en vous. » Tel est l'avis que nous donne le chef des apôtres,
saint Pierre*. Nous-même, par la grâce de Dieu, et fortifié par sa parole, nous
sommes disposé à donner une réponse à ceux qui, par ignorance ou trompés par
de fausses rumeurs, se scandalisent de notre bonne manière d'agir. A l'égard de
ceux qui, irrités par l'envie, ferment volontairement les yeux à la perception de la
vérité, nous nous contenterons, ainsi que Jésus-Christ nous l'enseigne, de garder
le silence et de prier pour que la lumière vienne les éclairer, évitant ainsi de
donner les choses saintes aux chiens ou de jeter des perles aux pourceaux, de peur
que ces animaux ne les mettent en pièces et ne les foulent aux pieds°. En
outre, saint Paul nous recommande de nous éloigner d'un hérétique qui a été
admonesté une première et une deuxième fois; car alors nous savons que cet
homme est dévoyé, qu'il pèche, ne sait ce qu'il dit, et ignore l'erreur à laquelle
il est si obstinément attaché “. Dans notre humilité, instruit par ces paroles, nous
indépendance. Toutefois je ne connais aucun acte
de la chancellerie arménienne, aucun monument
où Léon figure avec ce titre, pas plus que ses suc-
! L'auteur se sert de l'expression f>bnnv Fugruw.
&uyn(Bbunla « qui gouverne en vertu d’un pou-
« voir autocratique. » Le mot fvptw4wpne fu tra-
duit littéralement le grec aÿroxpéreia, et fupvwku,, cesseurs.
le mot aüroxpérwp. Léon II avait pris ce titre impé- nd épitre, HIT, xv.
rial pour marquer qu'il ne relevait plus, comme ses 3 S. Matthieu, VII, vr.
ancêtres, de la cour de Byzance, et que par son cou- * Epitre à Tite, HIT, x-xi.
ronnement il avait acquis de ce côté une complète
79:
580 EXTRAITS
geo, ap b Qovyabuny & dEpuy dép qauobul gapuwpen bu fnaqu, uñnnbu
wpupup, L nqopltgue Vagft uiSutAwpne fut. ape ns 4 Soghnp L juitour 4h
anfOEuk SEnf 6, L'atluun $udbdanob| g$nghapu pre Srqhape, up hf diupifinuui
biunn EU pauduit gniguiuk qurufu Ungft qpbpu. wfudiupe L'athwpep, L yfulup
embhg auqupunnse, np L prb wgbhunrpt faugpog Eu juyu Ephpwpuponefhite quauft
Ms. L dEp emvpmue grunnufuounc [huit Gegu feph. quyp Ephuÿjtwd}er, L purglivunn.
af bepspanle: pce 5 nue de bnuft $wpg L frpt L rs Suñoftu fui, b juit.
qrent pbpatagu huvfounkbup, qnewpiugbaus juju duut Eparñuneffboit np wub. Epuiuh &
bg, JrpduS taff qäbg b wubglu pui sup qàbuÿ nee ut [ul guSmgbp L
acpulu 1Epare, 4h dwpäp bp pq Eu yE pb:
Pol JEer agup sde Los 4&bp wuunnewSuqupnm fui duiäpuyneghu, L ns dE
Xdupanne Obuñns pod nb qu bp Lu jupnwpupne huh, deb fé pre Bi aquçuiñs.
DEug juunneudiugon Yuprqee Uk. auf qh pagdiuSnqu bp, L Enhpopr 4b dép un
eufauunqué wfurp#kdp" pue ighunnuk sfyfousun (bb: Epoeere 46 lupXiudpun Le gong
bf mbfupon EUk, non dep Xdiuqpan fau uk: fRugh up avqul ble uyu
Swphe, L binpkgke & ES puñ ap un lg mqgncfbuiiu lus, mue gong upang
n avons accordé aucune attention aux libelles désordonnés qui, partis [du couvent]
de Tzoro’ked!, accumulèrent contre nous des pyramides de calomnies, et nous
avons pris en pitié l'ignorance de leurs auteurs. En effet, 1ls sont non-seulement
étrangers à toute science spirituelle et relevée, inhabiles à mettre en rapport
les choses spirituelles les unes avec les autres, mais encore ils se sont montrés,
dans leurs écrits, éloignés de toute sagesse corporelle, ignares, absurdes, ba-
vards insensés, à tel point que les plus grands ignorants peuvent les reconnaître
aux vils penchants qui les entraînent. Nous avons supporté leurs bavardages
en homme plein de longanimité et avec différentes pensées. Nous qui n'étions
point en contact avec eux, qui ne les connaissions même pas, nous avons été
injurié par des bouches sans frein, et nous avons été joyeux de mériter l'appli-
cation de cette béatitude : « Heureux lorsque l'on vous outragera, lorsque l'on dira
« de vous faussement du mal à cause de moi; réjouissez-vous et soyez dans l'allé-
« gresse, car votre récompense sera grande dans le ciel°.»
Malgré ce qui s'était passé, nous n'avons pas cru devoir fatiguer votre zèle pieux,
et implorer votre puissance soutenue par Dieu, pour venger la vérité que nous pro-
fessons, ainsi que vous le savez par notre exposition; d'abord à cause des affaires
multüpliées dont vous êtes surchargé; en second lieu parce que nous-même nous
nous réjouissons d'être en butte aux calomnies, et d'avoir l'occasion de pardonner
comme le Christ; et enfin parce que la patience vous manque pour écouter des
discours qui mettent en évidence la rectitude de notre foi. En effet, un pareil
devoir fut exigé de nous dans une autre circonstance; vous nous demandâtes une
déclaration prouvant notre orthodoxie, et nous vous la présentâmes appuyée
1 Dans le district de Schirag, appelé aussi Tzo-
ro'ked, province d'Ararad et dans le voisinage de la
ville d’Ani. (CF. Indjidji, Arménie ancienne, p. 416.)
Le couvent de Tzoro ked était sous la juridiction
immédiate de l’archevêque d’Ani, le catholicos in-
trus Basile, l’un des principaux adversaires et en-
nemis de saint Nersès. Les Tzoro kedatsis, Qnpnyake
mwghp, Sont les moines de ce couvent ou les doc-
teurs de ce district de la Grande Arménie, qui, à
l'instigation de Basile et coalisés avec les moines de
Hagh'pad, &wgeumwshe, avaient pris parti contre
l'archevêque de Tarse et l'avaient dénoncé au roi
Léon.
2 S. Matthieu, V, x1.
DE SAINT NERSÈS DE LAMPRON. 581
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nepoip agunnen) pupulabqup, as hop L ns Papkop jopuqup, L ns gpuSuiteupns futur
Ephpopy dupiny erofuunn fit D don jen! À fr parqupu bp Xbnabbpkg Equp, b ns gap.
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cbgep, L nb bp dwtdpoffih n$ wpaupup : Quurphe, Puma: fJEunlpu qnp
aclfulp JU ny , onauÿh bp feph. quhaliunp duunk Ep Ephbuw,, Ptfdhnftbanlp
oqgns L puuf) L genuquilqeu gap ncbful mn fa Spuopbauy Wu L Huqneghus, fopannbous
db diupquph£t, np wub. annbafu h gprour q juitnhuliuhse, LL geusbu uncpeu hqéu cpupfh -
dut uyunphh ep fiouunmti Eh Faut juÿjtulp vebugk, 4h Fandtuulÿt sup E:
Ue pence hunlg u fun qupuplu, , L on Couniwd bouubjoqne [9 Eu agpupasuybiup. npny
Gel wnauÿf dinunnp Swnwsdanlg, L atdnnus SES fdEudp, L dpon wpmwunceg $nu.
dupe, nas gheobjod gEphEhuu y Jp quubplnfe ur » L qdEphvu bvagbd, mp Piphuumaut
Lau php fut Vous Sn Late june qunofu fer on fo dun bd, np wmg. Sup Hunqul,
des témoignages de l'Écriture sainte, et suffisante pour contraindre nos adver-
saires à se concilier avec nous dans l'amour de la vérité. Ce fut une fatigue pour
vous de la lire et de la montrer à d'autres, quoique Dieu vous en ait fait une
obligation, vous à qui il a mis l'épée au côté, non point inutilement, mais pour
châtier les méchants. Témoin de votre lenteur à vous livrer à cet examen et à
faire justice, nous avons accepté le joug de l'humilité, et nous nous tenons ren-
fermé dans notre maison en gardant le silence. Nous ne fréquentons point votre
palais souverain pour obtenir des grâces spirituelles ou pour quêter des faveurs
temporelles. Nous ne nous enorgueillissons pas de notre parenté avec vous, et
de l'illustration de notre famille, ni par écrit, n1 en paroles. Nous ne nous sommes
point élevé au-dessus de notre position, nous n'avons empiété sur les fonctions de
qui que ce soit; nous n'avons point étalé un luxe de chevaux et de mulets, et
considéré le sacerdoce comme une occupation mondaine et secondaire; nous n'a-
vons rien entrepris contre les villes de votre royaume, ni opprimé leurs gouver-
neurs. Dépouillé par eux, nous nous sommes résigné; vexé par eux, nous avons
enduré leurs injustices avec patience, sans fatiguer jamais vos oreilles de nos
plaintes. Malgré la sagesse accomplie que nous tenons de Dieu, nous avons été"à
vos yeux comme un enfant encore ignorant, léger d'esprit et de langage; et le
talent que je possède en moi reste enveloppé et caché, d'après la parole du Pro-
phète : «À la cour, on haïit les censeurs, et les saints discours ont été profanés.
« C'est pourquoi le sage sera muet dans ce temps-ci, qui est un temps mauvais.»
Aussi je vis dans le silence, uniquement occupé à m'entretenir avec Dieu, pros-
terné devant lui avec un cœur endolori, des soupirs muets et des larmes intaris-
sables, insensible aux choses de ce monde pour ne songer qu'à ce qui est imma-
tériel, ne demandant au Christ qui est assis dans le ciel, à la droite de son Père,
que l’accomplissement pour moi de sa prière : « Père, je désire que là où je suis,
282 EXTRAITS
géecp bd gb, Lung jun fo (bébgbu. gb buuñhglt géuunu fu, gap anne gi gui Vju
fnugu Luit Juykisn (Eu nue qpunbut (dl wnpauum fie, BEL mul
aQoryatony biewrÿu L fupdenugbuugé wiuupquiiph L q4bp dungu: (re bu jre
curnghu b dub Huit Séqel qupunuuneu wnuÿh VunnSn Son dpinpqurt
Ghoncufn fiphoumnule, L 446 E'unjé anbun flute joivunngl, Le ugune qfannse bu
bplbibuge wp$alup$nqu wub:
Le és bo juge Burgu Le burn Qu nbebphur, btuñb fé Le me Pighumut
LUE Gu que Sudiuphjnf, L gfhufu & diupièh ns qughag, nprd$bunb. ns Ed jognium Xp, El
beton de SEP, L bebe un fu f 249 quunmbp Seudiuf rpabu an inSue di
tril L juyu Sunliunountquiu puupt, Bb wie & fl pifwgpu L uitognen, L sk pi.
asebas Epaulut Supg dépag Npberchet dhuguutek, k npft Sudan ap Nythu.
nu, Le. ap gif Ungft un Sajpuuten fAppangheu L'unphu baeoypu \Eçubu. L Eu nt
chepbup ul f'üungu Quequg, Lance L'eyy Sage bogft puBugukhge : VE n5
GE Juge, mpdañf Eh Superbe fbuñt L aqunnce. ouh au dEppugneguiuk qhu
« ceux-ci soient avec moi, afin qu'ils contemplent la gloire que tu m'as donnée !.»
Emporté par le désir d'associer mon humülité à cette gloire et d'habiter ce séjour
de bonheur, je fais bien peu de cas des outrages des frères et des professeurs
de Tzoro'ked, et aussi de votre magnificence. Éclairé par un avant-goût de ces
délices, je verse des larmes en présence de Dieu le Père, en prenant pour inter-
cesseur Jésus-Christ, le suppliant de vous éclairer dans la même perspective, et,
par cette révélation, vous inspirer le mépris des choses terrestres.
Tandis que j'étais dans ces dispositions et ces préoccupations, regardant comme
un bien pour moi de quitter cette vie et d'aller rejoindre le Christ, et considérant
comme vaine cette existence corporelle, puisque je ne vous suis d'aucune utilité,
arriva notre prince Héthoum *, qui m'apporta un ordre émané de vous et conçu
comme s'il était adressé à un enfant sans expérience. Ce qu'il me dit peut se résu-
mer en ceci : que ma conduite est déraisonnable, absurde, et s'écarte de la voie
tracée par nos saints Pères Sd Vgaïacêr [autrement appelé Vahram] et son
une Le qui résida en Éc gypte”, et par les patriarches leurs successeurs dans
ce pays-ci", Grégoire [| Bahlavouni] et son frère Nersès [| Schnorhali]; que je m'é-
gare loin des sentiers de ces saints docteurs, tandis que vous et les autres Armé-
niens vous les suivez fidèlement. Il ajouta que sans cela j'aurais été jugé digne du
suprême pontificat et des honneurs attachés à cette dignité ; mais que ma manière
d'agir m'en éloigne, en me rejetant au dernier rang; de plus, que ce n'est pas seu-
1 $. Jean, XVII, xxiv.
2? Héthoum Il, prince de Lampron, grand cham-
bellan d'Arménie et frère de saint Nersès, avait
épousé la cousine germaine de Léon IT, la fille de
Thoros Il, oncle de ce dernier.
(Voir le premier tableau généalogique de la dy-
nastie des Roupéniens, et celui des princes héthou-
miens de Lampron.)
$ Cet homonyme était, suivant l'historien Vartan,
le fils du frère du patriarche Grégoire Vgaïacèr;
suivant saint Nersès Schnorhali (Histoire rimée
d'Arménie), le fils de sa sœur. Grégoire, après
avoir séjourné un an environ en Égypte, en 1076,
lui confia en partant la direction spirituelle de ses
compatriotes dans ce pays, avec le titre d’Ar adch-
nort, wnwÿunpy, Ancien Où premier. Ce titre est
celui que porte encore le chef religieux des Armé-
niens d'Égypte; il réside au Kaire. Les évêchés ar-
méniens, aujourd'hui dépourvus de titulaire, in
partibus infidelium, sont administrés par un varta-
bed ou docteur qualifié d’ar adchnort.
à C'est-à-dire dans la Petite Arménie. En effet,
le patriarche Grégoire Bahlavouni vint établir sa
résidence dans la forteresse de Hr'om-gla, située
sur l'Euphrate, dans le voisinage de la Cülicie, et où
ses successeurs habitèrent jusqu'en 1293 (cf. ci-
dessus, p. 542-543).
DE SAINT NERSÈS DE LAMPRON. | 583
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lement sur moi, mais sur vous aussi, que j'attire les injures de ceux de Tzoroked,
de ces gens dont les vaines malédictions retomberont sur leur tête; que, pour
mettre un terme au scandale qu'ils prétendent éprouver, vous me priez de reve-
nir de mon erreur, ou sinon que je serai dépouillé des honneurs que j ai reçus de
vous jusqu'ici. En recevant de tels ordres de votre part, Joffre des actions de
grâces à Dieu avec une volonté inébranlable qui me rendra digne de subir des
humiliations pour le témoignage que je rends à sa véritable doctrine, si je suis
par le fait digne de cet avantage.
Je remercie celui qui veut bien m'accorder non-seulement la foi en lui, mais
encore la faveur d'être avili et de souffrir à cause de lui. Me voici prêt à recevoir
de vous plus de mépris que je n'ai encore obtenu d'honneurs. Si votre conseil de
cour’ croit devoir me destituer sans examen et sans jugement, j'accepte avec Joie
cette décision, comme me rendant participant du trône de Jésus-Christ; que si
vous pensez devoir procéder à un examen, je ne m'y refuse pas. Je suis disposé à
répondre même aux gens de Tzoroked, comme à ceux de mon pays, et à tout
contradicteur, et à prouver que je ne suis point dévoyé et en dehors des doc-
trines de la sainte Église, ni pour le dogme, ni pour la discipline. Bien plus,
dans mon orthodoxie, je ne condamne point leurs erreurs comme si j'enseignais
moi-même réellement la vérité, et je les ai reçus, quoique égarés, dans la com-
munion des fidèles, comme des frères. Sans cesse je prie pour eux, comme Dieu
m'en est témoin, lui qui exauce les supplications qu'on lui adresse.
Maintenant, si vous m'appelez en jugement, je suis prêt à comparaître. Quels
sont mes adversaires? Qu'ils se présentent, qu'ils prennent la parole et qu'ensuite
1 C'est la caria regis, la roial aate cort des chartes sur le modèle des cours des barons importé par
latines et françaises, qui était composée des barons les croisés en Orient.
de la Cülicie, et qui avait été organisée par Léon II
284 EXTRAITS
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ils écoutent. Mais si, sans discussion, vous avilissez la bonne doctrine que je pro-
fesse, si vous livrez au mépris comme vain un sentiment droit, et comme inutile
la vérité, ce qui est grand comme quelque chose de mesquin, vous n'aurez pas
mon adhésion. Pour cette même vérité je souffrirai les outrages et la mort; car
voici le Christ qui dit à ses disciples : « Quiconque violera l'un de ces moindres
« commandements, et apprendra aux hommes à les violer, sera regardé dans le
«royaume des cieux comme Îe dernier !. » Moi, je désire être grand dans ce séjour,
et non petit.
Ses apôtres nous ont appris à répondre à cette tourbe, comme eux-mêmes ré-
pondirent aux Juifs : « [1 faut obéir plutôt à Dieu qu'aux hommes*?.» Et saint Paul
dit explicitement : « Si J'étais agréable aux hommes, je ne serais pas le serviteur
« de Dieu. » Considérons si cette question est importante ou futile, cette question
dont tu prétends qu'il faut tenir peu de compte pour complaire aux hommes.
Est-ce donc une cause à traiter aussi légèrement que la mienne, la même pour
laquelle le Christ souffrit la Passion, saint Jean [Baptiste] fut décapité, saint Jean
[l'Évangéliste] banni, saint Hésyche expira sous les coups de bâton, et saint
Nersès par le poison ‘?
Dieu a établi comme loi d'observer le sabbat, non point d'une manière géné-
rale, mais dans les choses considérables, et de prendre du repos. Les Juifs préfé-
raient rester oisifs, et soutenaient que le Christ avait violé le sabbat en guérissant
ce jour-là les malades. Cependant, lui qui savait que le précepte absolu n'est pas
d'institution divine, il opérait ce jour-là même des guérisons. Mais n'ayant pu per-
suader les Juifs, il changea de jour. Il honorait la vérité, et fut crucifié par eux,
1 S. Matthieu, V, xix. (Moïse de Khoren, IIT, xrv.) Les mêmes causes
2? Actes des apôtres, V, xxx. amenèrent aussi la mort de saint Nersès le Grand.
3 Epitre aux Gualates, I, x. Comme ce patriarche reprochait vivement au roi
* Le roi arsacide d'Arménie, Diran Il (325- Bab, petit-fils de Diran (370-377), une honteuse
341 de J. C.), fatigué de la liberté avec laquelle le passion, celui-ci, qui n'osait se défaire de Nersès
patriarche Hésyche (‘Oucig) le reprenait de ses dé ouvertement, par crainte de l’empereur Théodose le
sordres, le fit périr à coups de fouet et de bâton. Grand, l'empoisonna, (Ibid. xxxvini.)
DE SAINT NERSÈS DE LAMPRON. 585
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sous prétexte quil n'avait pas observé le sabbat. Pourquoi ne les retint-il pas de
commettre un déicide, et changea-t-il de jour pour rendre la santé aux malades?
Quoique ce ne fût pas une loi, il l'observa cependant dans la mesure qui lui
convenait, en supprimant ce qui était surérogatoire. Moi qui chaque jour offre le
Christ en sacrifice à Dieu le Père, est-ce que j'empêche que son service ne se fasse
avec les vêtements sacerdotaux, la tête nue, par des ministres sacrés, puisque Dieu
a prescrit, par la bouche de Moïse, la forme de ces vêtements, et saint Paul d’avoir
la tête découverte, et puisque les saints Pères ont fondé la hiérarchie ecclésias-
tique? Est-ce que je revêts la pelisse comme l'évêque de Hagh'pad, le capuchon
long de deux empans avec la sak'oula! géorgienne, et célèbre la messe avec le
manteau (ph'ilon) noir de Hagh'pad”, en fermant la porte sur moi? Est-ce que
jétends le rideau”, et prive le peuple de la participation à la mort expiatoire de
son Dieu, comme cela se pratique dans tous les monastères des parties supérieure
et inférieure de l'Arménie, où le Mystère même n'est l'objet d'aucun respect “?
Et cependant la liturgie dit : « Chantez de concert avec les Séraphins; » ailleurs :
« Accorde-moi de te proclamer d'une voix haute, ô Père! » ailleurs encore : « Clercs,
« psalmodiez d'une voix douce, et bénissez le Seigneur dans les cieux *.» Vois
# L'auteur fait allusion à la décadence dans la-
quelle était tombée la célébration des cérémonies
du culte dans la Grande Arménie. Au milieu des
invasions et des ravages continuels des infidèles, et
depuis qu'ils tenaient ce pays sous leur domination,
l'habitude avait prévalu, parmi le clergé séculier
et régulier, de faire l'office divin sans ornements
sacerdotaux, dans le costume le plus négligé et avec
les portes de l'église fermées, et de ne recon-
naître ni les lois de la discipline, ni les liens de la
hiérarchie. Saint Nersès de Lampron, à l'exemple
des Latins, s’efforça de donner au culte le plus
de pompe possible, et d'introduire dans les cou-
vents arméniens la communauté de vie et de pro-
priétés, et autres institutions ou réformes qu'il
1 Le mot arménien wwpneyw est Je latin sacculus
ou cucullus, le capuchon de la robe monastique.
2 C'est l'ancien manteau grec Gelômoy, GaivéAys,
en latin phenula ou penula. Ce mot se retrouve sous
la forme pilone, dans un état des sommes réclamées
au nom du roi d'Arménie aux Vénitiens, pour dom-
mages occasionnés par eux dans le pillage du chà-
teau de Lajazzo. (Apad M. de Mas Latrie, Hist, de
Chypre, t. II, Documents, p. 684.)
Les prêtres arméniens qui assistent à l'office dans
le chœur, revétent le ph'ilon, qui est d’étoffe couleur
violette foncée, pour les vartabeds ou docteurs.
3 C’est le rideau Jwpwgnyp qui, dans les églises
arméniennes, sépare le sanctuaire de la nef, et qui
se ferme et s'ouvre alternativement pendant les
différentes phases de la liturgie. Il remplace l'ico-
nostase de l’église byzantine conservé aujourd'hui $ Cf. la liturgie arménienne, traduite dans mon
dans l’église grecque et gréco-russe. ouvrage intitulé : Histoire, dogmes, tradilions et li-
Le
H1STOR. ARM. — [.
énumère.
586 EXTRAITS
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comme dans tes monastères ces règles sont observées. Tandis que tu m ordonnes
de quitter, en vertu de notre loi, ce que tu en considères comme la transgres-
sion, tu laisses les autres vivre imperturbables dans la prévarication, sans les ju-
ger, eux qui sont des bavards à la langue indomptable. Y en a-t-il de plus habiles
qu'eux? Non certes, puisqu'ils parviennent à intimider votre esprit simple; et moi,
je ne voudrais pas même me servir de la vérité qui est mon partage pour influen-
cer mon supérieur, moi qui, avec des vêtements convenables, célèbre publique-
ment le saint sacrifice, établi pour le salut de tous, et qui accomplis les 1ns-
tructions qui s y trouvent contenues. Je ne méprise pas ces cérémonies comme
des riens, et je ne m'écarterai pas de la règle que je me suis tracée; mais j accep-
terai avec empressement, pour la splendeur du saint sacrifice, la mort, comme
le Christ la subit pour ses guérisons opérées le jour du sabbat.
La seconde irrégularité que l'on me reproche est que je suis en communion
avec tous les chrétiens. 11 doit être évident, à quiconque réfléchit, que les nations
chrétiennes diffèrent l'une de l'autre en quelques points. Mais la grâce de Dieu
m'a inspiré la force de me mettre par la science au-dessus de leurs vaines tradi-
tions ’, et d'attacher seulement du prix à une charité réciproque. À mes yeux, l'Ar-
ménien est comme le Latin, le Latin comme le Grec, le Grec comme l'Égyptien,
et l'Égyptien comme le Syrien. Si maintenant je me déclarais le partisan d'une
seule nation, pourrais-je être en communion avec les autres? Non, certainement;
je me mêle donc dans les rangs de ceux qui sont ennemis, et je les gagne tous,
suivant le précepte de l'Apôtre : « J'ai de quoi répondre à celui qui m interroge, en
« lui disant que je suis dans le droit chemin.» Par la grâce du Christ, je détruis
turgie de l'Église arménienne orientale. Paris, 1859, pron suit la pensée de Notre-Seigneur Jésus-Christ
in-18, 3° édition, p. 107-174. : (S. Marc, VII, 1x1), reprochant aux Pharisiens
1 Le mot traditions signifie ici les observances de pratiquer avec un scrupule exagéré les rites
particulières, surérogatoires, d'institution humaine transmis par leurs ancêtres et de négliger la loi de
et disciplinaire, et non divine; saint Nersès de Lam- Dieu.
DE SAINT NERSÈS DE LAMPRON. 587
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Bucnpre but op$bneffnt, jungft dfwpuñuneffut, qi quunbjoifu ncqabfu, quo.
bush Ephqutg gluqpunn, gpwqueh EkEEgen auujéwnnfdfut, quothg Juke fdfuu,
toutes les barrières de séparation, et ainsi ma bonne renommée s'étend dans les
églises des Latins, des Grecs, des Syriens, et dans l'Arménie, tandis que je reste
inébranlable au milieu d'eux, et sans jamais incliner vers leurs traditions par-
è
ticulières.
S'ils avaient de la malveillance, et s'ils portaient au plus haut degré d'aigreur
l'envie contre leurs voisins, ne serait-ce pas une consolation pour moi que d'avoir
su habilement rendre l'Arménie agréable à ces nations, et sans cesse nous attirer
leur amitié, comme vous en avez été le témoin par vous-même ou comme vous
l'avez entendu dire, vous dont le cœur est rempli de bienveillance? Si l'envie a
été obscurcie par la lumière du Christ, il n'est pas surprenant qu'elle l'ait été
aussi par la mienne; et en cela nous ne sommes pas éloigné de la doctrine de nos
saints Pères; au contraire, nous la suivons sans nous tromper. Car ce n'est pas
avec ceux de Tzoro'ked, mais avec nous, que s'accordent dans leurs enseignements
nos saints docteurs, Grégoire Vgaïacèr, et son homonyme, qui résidait en Égypte,
et nos autres prélats. Nous possédons par écrit leur profession de foi, et d'après le
rapport de témoins oculaires, l'exemple de leur vie, ainsi que la connaissance des
institutions qu'ils avaient adoptées. Lorsque nous comparaîtrons devant le tribunal
de Dieu, nous pourrons prouver que nous marchons sur leurs traces, pour la foi
et la discipline, et que ce sont nos accusateurs qui s'en écartent. Ce ne sont pas
seulement ces pontifes qui sont nos guides, mais aussi leurs saints prédécesseurs.
Soutenus par eux, si nous sommes mis en Jugement, nous ne resterons pas muet;
au contraire, nous réduirons victorieusement nos adversaires au silence, car nous
possédons la profession de foi de ces saints docteurs, nous tenons d'eux la forme
de la sainte liturgie, l'ordre des prières, la sollicitude pour la célébration des
divins mystères, la distinction des degrés de la hiérarchie, la bénédiction qui
consacre les moines, leur communauté de vie, le soin continuel d'imprimer à
tous, par des remontrances, une bonne direction, la surveillance des prêtres
74.
588 EXTRAITS
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qreunÿ Suyhgnqn ut, que f'üajt on Ephbjbwgu wpSanliun$nc fur, quyunr
erédiodh wpnwuncwgu wnnep, jnpih vapus ap qq qaunbu b jnpedhgu Qu pan hqu
Pbgh quauifi :
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nu Sub PE Sun fr ugeqniu Aañuwsh. dép uaane ju pu & KE JSunnnéilie foutu,
L hp eue L fe Sypbuf Punuuqne het. L al bEgenft wunnciu quep be jubp,
Laerurtent, L'op un Sreubapnbt L fenauyebglu, L'uypt Fephuitg snbunqpiu.
gb Srasnbapnté jupe REUE junug Eybuy jhqnewquptpniu une opuus win fr diupq
Quuk, L gdunu Von ns ghub + ace L pulpe pée oboupéuquiwg qunpuit
cuuquupl, k qbhEnkgen quent O4 pue 4p E éiaue sqluok- ap un dkg Xqanh jaruncgu_
6, L gaine Eapaypt bep Qudh, L ul B£ ns qoph woulbquts, Les bepaud nuit
eupenp JEpukugni qfunk (fuEL, ap JEkEabgee uppry wenpauit uitdunté qu'iidu pvEuyh,
L'junuÿfu pundft FaphuSuaneftbandt pugdhs uk Sunewuwgke Jupdprt wjupui
Grcpuwgbue & dfdbuvg tufuuudnck, dfivs hf puit fuoubfu Jpaju L dheunÿt nts wabb fi
adEujo fuñauquiugu jaumuquñp Eù L Sue : Oubudlo wXwpft Swan n5 nul
beçl quiwphuñtu, & qép vuuuunnpbju wauñg añusbin pehSuiubu s Wagu 05 qu
dE qu.p as lvouwbhy bubr aprd, Las Cueorbbjesefthih ab eubhe Las Legfu Gun
eg
séculiers, le zèle pour la décoration des églises urbaines et pour la célébration des
fêtes, l'examen de conscience fait avec remords, la confession quotidienne de nos
péchés, la contemplation de la céleste patrie, et, par une suite du désir qui nous
entraîne vers elle, le mépris des grandeurs terrestres, et les torrents de larmes
que ce désir fait couler, choses qui toutes ou presque toutes manquent à ceux qui
nous condamnent.
Je ne suis pas insensé parce que je me tais; cette épithète convient bien mieux
à ceux qui bavardent sur le compte d'un homme qu'ils ne connaissent pas. Le
Christ a dit, « Un arbre est connu par son fruit ';» notre fruit à nous, c'est l'illus-
tration de notre maison, l'honneur que vous nous témoignez et notre héritage
paternel. Vous savez par oui-dire quel est le fruit que produisent [Basile] d'Ani,
ceux de Tzoroked, Doudéorti, [David] de K'opair”, qui habitent ces lieux, et
leurs adhérents. Vous n'ignorez pas que Doudèorti, sorti du sein de l'abjection,
cherche par ses vains propos à s'attirer la gloire des hommes, et méconnaît la
gloire de Dieu; quil se gorge la panse en mangeant et buvant avec des sécu-
liers, sans savoir le moins du monde où est la porte de l'église; et cependant il
prétend nous enseigner, lui qui regarde le Turk comme son frère, lui qui n'a pas
le courage de former des disciples, et ignore qu'il y a un excellent supérieur dans
sa maison, lui qui s'arroge la dignité ecclésiastique dont il se pare, et de sa propre
volonté s'assied au premier rang. Les érudits de Hagh'pad sont tellement aveu-
glés par leur haine mutuelle, que lorsque l'un parle, l'autre se moque de lui;
conduite qui excite les railleries et les rires de tous les religieux. Eux, dont les pas
indignes ne foulent jamais le seuil du temple du Seigneur, tournent en dérision
notre manière d'exercer le saint ministère, sans en avoir la moindre idée. Non-
seulement nous n'avons pas voulu avoir de rapports avec eux par correspondance,
1 S. Matthieu, XII, xxx. Koukark', dans l'Arménie septentrionale. (Indjidji,
3 Couvent du district de Daschir, province de Arménie ancienne, p. 362.)
DE SAINT NERSÉS DE LAMPRON. 589
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mais même en conversation. Ils ne m'étaient connus ni par leurs bavardages ni
par un commerce quelconque du temps de notre seigneur Grégoire [Dgh'a'],
époque où, dans la même ligne de conduite, nous étions déjà en évidence aux
yeux de tous et depuis laquelle nous avons été de plus en plus en vue, jusqu'au
moment où Votre Piété nous convoqua pour la consécration du catholicos [Gré-
goire] Manoug. Après quoi vous nous renversâtes de notre siége, en nous appe-
lant à comparaître en jugement. Nous déclinâmes cet appel; mais votre ordre écrit
nous manda une, deux, trois, quatre et cinq fois. Nous vinmes enfin, et nous
souscrivimes à ce que vous décidâtes dans cette réunion.
Nous savions que des gens étaient morts à Hrom-gla, et que vous aviez pris Îà
de l'or et de l'argent. Nous n'étions pas plus faible de langue que les autres, et
cependant nous nous sommes abstenu de vous donner dans cette occasion un
conseil, comme certains l'ont fait. Nous avions néanmoins des droits temporels
et de famille à revendiquer dans le partage de ces biens; mais, nous conformant
au précepte divin, nous nous sommes courbé sous votre pouvoir, et nous avons
recommandé à Dieu le soin de vous éclairer à ce sujet, et de vous montrer vos
torts. Nos prières ont été exaucées et ont porté leur fruit, parce que vous aimez
le bien. Si cette tourbe d'aujourd'hui, redoutant votre puissance, m'a pris à votre
place pour le but de ses injures, et a soulevé avec elle les turbulents et les am-
bitieux, toi maintenant tu te joins à leur coalition contre celui qui a assumé sur
sa tête les outrages qui t'étaient destinés; tu me blâmes parce que je suis dans la
vérité, tai qui as vu par tes propres yeux que je possède cette vérité et qui en as
profité, et qui cependant écoutes leurs calomnies. Que Dieu te préserve de juger
l'instigation de l'empereur Manuel Comnène et du
patriarche de Constantinople. Les évêques et les doc-
teurs de la Grande Arménie, qu'il avait invités à ve-
nir y assister, refusèrent, et lui répondirent par des
récriminations et des injures. Plus tard, leur oppo-
sition se tourna principalement contre les tendances
1 Le patriarche Grégoire Dgh'a était en butte
aussi à l'animosité du clergé de la Grande Arménie,
à cause de son penchant pour Rome et de sa cor-
respondance avec les papes Luce III et Clément II,
et surtout à cause de ses efforts pour réunir l'Église
grecque et l'Église arménienne. Il avait convoqué,
en 1179, dans ce but, le concile de Hr'om-gla, à latines de saint Nersès de Lampron.
290 EXTRAITS
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comme le fit Pilate! car celui-ci, quoique à l'abri de l'amertume des outrages,
se laissa ébranler par les vaines clameurs des Juifs. Que ton tribunal, comme
celui des pieux souverains Constantin, Théodose le Grand et Théodose le Jeune,
prenne comme le plus juste des arbitres le Christ, afin que tu sOIS constitué le
défenseur de la vérité et non du bavardage.
Sur quoi je m'écrie : «J'ai brûlé du zèle du Seigneur Tout-Puissant, et j'ai
« réprimandé les prêtres de Baal; c'est pourquoi ils cherchent mon âme.» Leurs
malédictions, dont tu te crois atteint, retomberont sur eux, et retourneront dans
les maisons de ces prévaricateurs. Elles ne frapperont ni vous, ni nous qui sommes
en communion avec vous; mais elles leur vaudront à jamais le châtiment qu'an-
nonce le Christ par ces paroles : « Quiconque blasphème contre l'Esprit-Saint ne
«sera pardonné ni dans ce monde ni dans l'autre *.» Car de même que les Juifs
calomniateurs accusèrent le Christ, qui se glorifait de ses guérisons, de chasser
les démons à l'aide de Béelzébuth, et entendirent prononcer cette sentence, de
même ce ventru de Doudéorti et ces conciliabules de méchants de Hagh'pad se
sont refusés à tout examen, et n'ont pas cru que c'est à bon droit que nous avons
repoussé Manoug; ils se sont imaginés que nous portions envie à son élévation
dont nous étions rapproché et parfaitement instruit. Ce patriarche, ignorant tout
à fait ce qui se passait et la droiture de nos sentiments, a préféré rester obstiné-
ment sous le coup de cette menace de lÉcriture : « Malheur à toi, cité dont le
«roi est un enfant (manoug); tes chefs mangent dès l'aurore, et sadonnent aux
«boissons enivrantes °.» Leur préoccupation a été de se livrer sans scrupule à
l'ivrognerie, à des orgies et autres mauvaises actions, au milieu desquelles üls font
1 I Rois, XIX, x et xiv. car il ne se trouve ni dans la Bible arménienne,
2 S. Marc, IT, xxx. ni dans le texte des Septante sur lequel elle a
3 Dans cette citation, qui est tirée de l'Ecclésiaste été traduite, ni dans la Vulgate. On remarquera
(X, xvi), ce dernier membre de phrase : «qui s'a- que l’auteur joue sur la signification du mot ie.
« donnent aux boissons enivrantes, » L g$kn For ‘vnc4, manoug « enfant, » surnom du patriarche Gré-
genv, est sans doute une addition de notre auteur, goire V.
DE SAINT NERSÉS DE LAMPRON. 591
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éclater leur joie; et, dans le dépit de se voir interrompus, ils n'ont fait au-
cun cas de ta lettre, d'un écrit émané d'un prince affermi par Dieu, et de celle
du saint concile d'évêques réunis à toi, ainsi que du mandat du digne évêque
envoyé vers eux. Au contraire, ils ont fait honneur à la lettre de cet insensé
Manoug, en y répondant par une députation d'enfants pareils à lui, eux qui, sous
son pontificat, ont, comme les fils d'Héli, osé porter la main sur le troupeau du
Christ, et qui s'écriaient, « Donne-nous de la viande à cuire ou nous la prendrons
« de force”; » en y répondant par l'envoi de Tigrane, cet échappé de la servitude,
qui, à ce titre, a été jugé unanime de sentiments avec les Arméniens.
Toi qui es aimé de Dieu et établi par lui, ainsi que noùs, nous avons été ca-
lomniés par ces hommes à la langue effrénée, qui avaient pour organe un seul
moine leur député, dont le nom restera toujours inconnu de Dieu. Ce sera justice
de ta part que de faire consigner leurs paroles par écrit; sinon ce serait agir
contre nous. Ce sont des gens dont la bouche est remplie de malédictions et
d'amertume, qui ont le poison des vipères sur les lèvres, des pieds rapides pour
répandre le sang, qui ignorent le sentier de la paix, et n'ont point la crainte
de Dieu devant les yeux. Que le témoignage que nous rendons sur leur compte
soit exact, cest ce que montrent leurs écrits, dans lesquels ils t'ont représenté
pour ce que tu nes pas, et nous aussi; et cela sans connaissance de cause, et en
vomissant le feu de la calomnie.
Si Ta Piété les a trouvés dignes d'une réponse, dans notre sagesse nous nous
refuserons absolument d'en faire autant; car on nous a appris qu'il ne faut pas
répondre à celui qui est incorrigible. Malgré leur présomption, ils sont bien au-
dessous de tous les Pères qui ont pris parti pour notre orthodoxie, soit dans notre
propre pays, soit à la Montagne-Sainte avec les vénérables pasteurs qui l'habitent,
1 Saint Nersès ne nomme point cet évêque, qui était peut-être le chapelain du palais du roi, puñ
&pkg. — ? I'Rois, Il, xv et xvi.
292 EXTRAITS
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soit dans la province de Vasbouragan et son célèbre couvent de Varak '; bien au-
dessous de ces hommes éminents, tels qu'Étienne Diratsou, notre maître, Georges
l'ascète, Étienne, notre condisciple, les moines Christosadour (Christdonné) et
Timothée, lesquels sont pour nous comme des témoins oculaires qui adhérent à
nos sentiments orthodoxes, et seraient heureux de pouvoir manifester leur con-
formité avec nous. Je citerai le district de Darôn, avec son sage évêque Isaïe et le
professeur Théodore, qui proclament la vérité de nos doctrines et vénèrent ceux
qui les suivent; le district d'Éguégh'iats et la montagne de saint Grégoire ?, avec
les pères et les évêques qui y résident, et qui se plaisent à faire notre éloge dans
leurs écrits, ct qui tous déplorent d'être séparés de nous, par suite de leur pau-
vreté et de la tyrannie des infidèles, avec les princes de Khatchën* et les couvents
de ce district, où notre disciple Joseph, qui enseigne nos institutions, est honoré
comme un ange, et qui le désignent comme le futur catholicos des Agh'ouans.
Je mentionnerai encore les églises des Latins en Orient, ainsi qu'en Occident, qui
ont approuvé nos bons sentiments lors de l'arrivée de l'empereur des Romains
[Frédéric Barberousse]. Dans une réunion d'évêques, en me voyant instruit de
leur discipline, et répandant la lumière sur mon pays par la pratique du bien, ils
ont glorifé le Père céleste. Je rappellerai aussi les églises des Latins et des Grecs à
Antioche, lesquelles saluent notre humble personne du nom de Paul, attestant
que nous sommes le digne héritier du siége de cet apôtre, églises dont les portes
1 Cf. sur le monastère de Varak, ci-dessus, p.38, niers temps, que leur postérité subsistait encore à
note 1.
2? Le mont Sebouh. (Cf. ci-dessus, p. 560, note 1.)
$ Famille de princes qui possédait le district de
Khatchèn, faisant partie de la province d'Artsakh,
dans l'orient de la Grande Arménie. Les historiens
ne nous ont transmis sur le compte de ces princes
que quelques notions rares et incomplètes; mais on
sait, par les inscriptions recueillies dans ces der-
la fin du xnui° siècle. Ils furent soumis par les Mon-
gols, lorsque ces peuples pénétrèrent dans l'A-
gh ouanie et l'Arménie vers 1220, et ils se mirent
à leur service. (Cf. M. Brosset, Hist. de la Géorgie,
additions et éclaircissements, p. 339 et suiv. et mon
Mémoire intitulé : les Mongols d'après les historiens
arméniens, Journ. asiat. cahier de févr.-mars 1858,
p. 245.)
DE SAINT NERSÉS DE LAMPRON. 593
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nous sont ouvertes, et dont les ministres ont suivi nos leçons; et le patriarche des
Syriens, dont j'ai entre les mains les lettres et le témoignage éclatant qu'il rend
à notre chétive personne; et le connétable qui a été élevé au trône de Chypre’, et
qui, en venant chez nous pour vous secourir dans le besoin, a accueilli nos bons
principes avec empressement et éloge; et le comte Henri [de Champagne] qui
a été fait roi de la Palestine, et que vous avez amené cette année à Tarse *, lequel
commença la conversation avec nous en nous assurant quil n'avait trouvé per-
sonne jouissant à cette époque-ci d'une renommée meilleure et plus étendue que
nous, qui craignons Dieu.
Le précédent catholicos, notre seigneur Grégoire | Manoug]|, qui est retourné
vers le Christ, me dit au moment de sa mort: « Je t'ai persécuté dans ton ortho-
« doxie, pour complaire aux hommes, pardonne-moi. » Le catholicos actuel [Gré-
goire VI, dit Abirad], qui, par sa propre inclination, et inspiré par sa sagesse, suit
la même voie que moi, accepte avec plaisir les outrages que son approbation lui
attire. Outre ces témoignages extérieurs, j'ai celui de ma conscience, qui me rend
certain de la pureté de mes intentions, et qui justifie mes efforts à prouver que je
suis dans le vrai sentier.
Négligerai-je tous ces témoignages qui me viennent et des Arméniens, et des
étrangers, et de ma conscience, pour être agréable à ces deux hommes de Tzo-
ro'ked, qui aboïent comme des chiens effrontés, et qui, pour faire escalader les
(Hist. des Croisades, liv. IX, t. II, 8° édit. p. 188) et
Buchon (Éclairc. sur la principauté française de Mo-
rée, tableau généalogique des rois de Jérusalem, à la
fin du tome [*), en 1197. Il est probable que ce
voyage de Henri à Tarse fut motivé par une invi-
tation de Léon d'assister à son couronnement, qui
eut lieu le 6 janvier 1198. L'affirmation de notre
auteur est décisive, puisqu'il parle comme témoin
oculaire. Il y a donc lieu de rectifier la date (1197)
par conséquent reculer jusqu’à cette année la mort que l'éditeur de la Continuation de Guillaume de
de Henri de Champagne, fixée par Deguignes (Hist. Tyr a placée en marge du texte qui relate la mort
des Huns, t. I, p. 444) en 1196, et par Michaud du roi de Jérusalem (p. 220).
1 Amaury ou Émery, connétable du royaume
de Jérusalem, et frère de Guy de Lusignan. Il suc-
céda à son frère, dans l'ile de Chypre, en avril
1194, avec le titre de roi que, le premier des Lu-
signan, il inaugura ; il mourut le 1° avril 1205.
Il avait épousé en secondes noces Isabeau, fille
d'Amaury, roi de Jérusalem, et par cette alliance
devint roi titulaire de la Cité sainte.
2 La lettre de saint Nersès étant de 1198, il faut
Hisror. ARM. — I. 75
594 EXTRAITS |
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b Ref ne ghnuncfd heu pu 2Epry qdbq oufounnbu, L ain 4 fouprs Feb nus, Le dEq aupaqur,
nat is [J'Ep ke dépaju dnpophlp, Pbuku L 'Ungu ns Sun quil. qh 'ungu Yuuliugt
gone (Néopunt Yu neqhbnontfhalu &, b ns pl hp Xodispune [EE dnjopnc fu s U wut spn
ages bu gen pwphupuounnefhebe, ghu fepl qumaqbin np L quitniu juju Suspls syst: | pe
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quite puanneujuiue .: gb au$Eqpn) quajt Suannegos dè wnhg pue Eplpusnp de Sncfthuiu
degrés du siège patriarcal à [Basile] d'Ani, cet ivrogne qui passe sa vie avec des
chanteuses et dans les orgies et la crapule, nous injurient, et distribuent, à lui
des louanges, et à nous des outrages ? Nous laisserions-nous entraîner hors de
notre devoir, que nous ne trouverions pas grâce devant eux; car leur désir est
que Basile soit catholicos, et non point que Je sois trouvé coupable. Aussi je sup-
plie Votre Piété de ne pas me contraindre à cette justification, comme si j'étais
un ignorant et un homme illettré.
Mais, grâce à Dieu, je professe la vérité; jai renouvelé en Arménie d'excel-
lentes institutions tombées en désuétude; et si vous écoutez ce que je sais, Je
vous instruirai, et je me ferai votre guide dans le chemin qui conduit à Dieu.
Si au contraire vous ne tenez aucun compte de mes paroles, je ne me tairai point
pour cela, je dirai à Dieu : « Seigneur, tu sais que je n'ai point caché au fond de
« mon cœur tes justices ; Je les ai annoncées et je ne les ai point passées sous silence
« devant un peuple nombreux, et cependant ils m'entourent en me causant des
« maux innombrables, » En tout je fais les plus grands efforts pour gagner la grâce
du Christ et pour vivre en lui; c'est dans cet espoir que je vais me réjouissant de la
pensée de comparaître devant ton tribunal, et d'être vilipendé pour mon Sauveur.
Mais si tu n écoutes pas leurs bavärdages, ni les instigations de leur jalousie, et
si tu as égard aux paroles que je t'adresse et qui viennent de Dieu, tu accompliras
ce précepte du Christ, « Quiconque vous écoute, m'écoute; quiconque vous reçoit,
« me reçoit; et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé '; » et notre Seigneur
lui-même te fortifiera, afin que par moi tu écoutes sa voix. À ces mauvaises lan-
gues tu répondras : « Éloignez-vous de moi, vous tous qui pratiquez l'iniquité *.
« Les paroles du Seigneur sont plus douces pour moi que le miel, plus précieuses
« que les pierrerics; car, en les mettant en pratique, j'obtiendrai avec les grandeurs
1 S. Matthieu, X, xz. — ? Le même, VII, xx.
DE SAINT NERSÈS DE LAMPRON. 595
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b Suyu ob. Ebabgft np upqduth d'aguifupuit . Yufdneaghhout np Puwpqdiuh
« terrestres le titre de grand dans le royaume des cieux. » Que le Christ t'accorde
cet héritage pour la gloire de son nom, qui est béni dans l'éternité! Amen.
= Maintenant il ne me paraît pas inutile de rappeler à Ta Piété que l'amour est
le premier de tous les commandements de Dieu, ainsi que l'a dit saint Paul !. Le
Seigneur nous a donné ce précepte, qui était alors nouveau : « Aimez-vous les uns
«les autres”.» Ce nest point par des prodiges, par des guérisons miraculeuses,
qu'il voulut que les siens fussent distingués. « Que tous, leur dit-il, reconnaissent
« que vous êtes mes disciples en vous aimant les uns les autres *.» Gardons-nous
de contrevenir à ce précepte, en vivant en jalousie avec les autres chrétiens, et
en nous conformant ainsi aux idées de ceux de Tzoro’ked. S'ils nous détestent,
nous ne leur rendrons pas haine pour haine, mais nous recevrons dans nos bras
les Arméniens, les Latins et les Grecs comme n'étant tous qu'un seul corps en
Jésus-Christ et enfants de la foi d'Abraham, suivant la parole de l'Apôtre. Par la
connaissance que nous possédons de l'Écriture sainte, nous pouvons réduire au
silence le Grec, s'11 pense que l'Arménien est en dehors de la foi, et l'Arménien, s'il
a la même opinion sur le compte de toute autre nation. Ils sont la source et le
fondement de la foi, et nous, nous sommes issus d'eux, comme il est dit dans une
hymne que l'on chante chez nous : « Seigneur, vivifie le fils de ton serviteur, que
«tu as exalté par le siége de Rome, où a été posée la pierre fondamentale de la foi
« de la sainte Église. » Par ces paroles, notre docteur arménien les proclame comme
le fondement et nous comme bâtis sur ce fondement.
‘Nous trouvons dans l'Écriture sainte une foule d'expressions de leur langue qui
ne sont pas employées vulgairement dans la nôtre; mais, par honneur pour eux,
ces expressions ont été conservées telles qu'elles sont en grec, comme Christ, qui
en arménien se traduit par odzial, c'est-à-dire oint; église, qui signifie lieu de réu-
RE Épître à Timothée, 1, v. — ? S. Jean, XV, x et xvrr. — * Le même, XIII, xxxv. |
79:
596 EXTRAITS.
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6 Ékbabgenÿ Brqney, L Siwquiven huh juby, L'wuge pupkdpur ul p quaunXiunt
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nion; catholicos, dont le sens est universel; évêque, qui veut dire visiteur; Stéphanos,
Léon, Grégoire, Br'oskhoumén (æpdoyœuer, faisons attention), Orthi (dpbot, debout)
et mille autres. Pour cette raison, la coutume de l'Église catholique est qu'aux fêtes
solennelles, à Constantinople, on récite à l'église l'Évangile d'abord en latin, et
ensuite dans l'idiome national. À Rome, à Antioche et à Jérusalem, on le hit en
grec et ensuite en latin. C'est ainsi que ces églises se donnent un témoignage ho-
norable de leur affection réciproque. La cathédrale [de Sainte-Sophie], à Tarse,
est comme une de leurs églises; et toi, notre roi, tu es pour eux comme si tu
étais leur souverain. Une grande partie du peuple se composait de Grecs, et leurs
prêtres venaient, le dimanche des Rameaux, joindre leurs prières aux nôtres.
Nous avons montré plus haut que la langue grecque, loin d'être _méprisée par
nous, est au contraire en honneur. En demandant qu'ils lisent l'Évangile dans
leur idiome, et ensuite que nous en fassions autant dans le nôtre, je n'ai pas com-
mis un crime; j'ai au contraire respecté les lois de l'Église catholique. Ce n'était
pas amoindrir ta puissance royale, mais l'exalter en quelque sorte, comme cela
a lieu à l'égard des monarques qui appartiennent aux églises susmentionnées.
Votre devoir était de me laisser, à moi prince de l'Église, le soin de ses lois,
et de m'écouter avec déférence, et ensuite d'examiner mes raisons avec une bien-
veillante attention. Mais vous avez retenu quelque chose pour vous, et moi je me
suis empressé de vous obéir, non point en ignorant, mais comme un homme
soumis à la puissance temporelle.
Ce n'est pas seulement à l'église, chez nous, dans un lieu sacré, que les Grecs
ont leur entrée libre, mais aussi dans votre palais souverain. Pourquoi ne les chas-
sez-vous pas de votre cour, comme une nation profane, professant une croyance
étrangère, ainsi que le voudraient ceux de Tzoro ked? Au contraire, ils obtiennent
de vous le pouvoir, des honneurs, des apanages; vous leur témoignez de l'affection,
DE SAINT NERSÉS DE LAMPRON. 597
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aghu Ep hnufoühph- wXbyngEp 4$SEpu L qnpneu, npuku Xbp une. ya bah qrenuy juju
et vous leur faites absolument le même accueil qu'aux Arméniens !. Si de votre
côté vous observez le précepte de la charité, pourquoi nous poussez-vous à conce-
voir des sentiments de haine? Nous les voyons entrer dans nos églises et s'y pros-
terner avec foi, y venir les mains pleines de présents, avec des lampes, de l'en-
cens, de l'huile, cadeaux que je reconnais avec Dieu provenir de leur libéralité,
et qu'ils offrent et consacrent à l'image de la sainte Mère de Dieu. De la sorte,
l'église de Tarse et notre couvent sont pourvus largement de cire et d'encens. Ces
pratiques de piété sont en harmonie avec leur foi et leur zèle ardent pour le ser-
vice de Dieu et la splendeur du culte; et ces dispositions dans lesquelles je les vois
me rendent la haine contre eux impossible. De plus, je sais par l'Écriture sainte
que leur foi n'a rien d'imparfait ?.
Les gens de Tzoro’ked nous détournent des Latins, et vous aussi, et ne veu-
lent pas que nous adoptions leurs coutumes, mais celles des Perses, au milieu
desquels ils vivent et dont ils ont pris les usages. Mais nous, nous sommes unis par
la foi avec les princes d'Arménie, vous autres, comme maîtres des corps, nous,
comme chefs spirituels. De même que vous nous avez ordonné de nous conformer
aux traditions de nos pères, suivez aussi celles de vos aïeux. N'allez pas la tête dé-
couverte comme les princes et les rois latins, lesquels, disent les Arméniens, ont
la tournure d'épileptiques; mais couvrez-vous du scharph'ousch* à limitation de
vos ancêtres; laissez-vous croître les cheveux et la barbe comme eux. Revêtez un
tour’a “ large et velu, et non le manteau ni une tunique serrée autour du corps.
et Alexis Comnène, et les patriarches saint Nersès
Schnorbali et Grégoire Dgh'a. C'est dans le même
sens que parla l'archevêque de Tarse au concile de
Hromgla, en 1179, dans le discours synodal qu'il
prononça, et qui a été traduit en italien par le
R. P. Pascal Aucher (Venise, in-8°, 1812).
3 En persan (Ss2y>w, serpousch, mot qui, entre
autres significations, a celles de voile, tarban, diadème.
“ Sorte de manteau fait en peaux de chèvres,
dont le poil ordinairement très-long est tourné à
l'extérieur. Les montagnards de la Cilicie ont con-
1 La preuve de cette assertion existe dans la
liste des barons de la Cilicie qui assistèrent au cou-
ronnement de Léon IT, liste que nous a conservée
Sëmpad. On y voit figurer plusieurs seigneurs grecs
qui possédaient ou avaient reçu de ce prince, à
titre de fiefs, des châteaux ou places fortes dans la
Cilicie.
2? Saint Nersès de Lampron fit tous ses efforts
pour opérer la réunion de l'Église arménienne et
de l'Église grecque, réunion à laquelle travaillé-
rent successivement les empereurs Jean, Manuel
J98 EXTRAITS
Le asc, Le f ghrr L'queabu ul Quñtu, SEE Rp f owfunbut Epldupu Xacuin], L
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wppnéhhur anufüngi vafnpne [bai , L Ep Suche Qopyehaowgbwugt, L dinfub lp
qgbpu, L'uunuptile quunmumugh uupacçpuge L Eplne Yuiqot Jkqupnd. Spuphip
Qanupubuy gqEut, bille wnuÿh VauunneSe qouo L {poupe fhaui u pb.
pue bupugtugetuun f'auanape fi npubu vapu Yuafé, bn euivwgqhuu, npubu
Montez des coursiers sellés avec le djouschan * et non des chevaux sans selle et gar-
nis du lehl frank?. Employez comme titre d'honneur les noms d'émir, hadjeb*,
marzban“, sbaçalar Ÿ et autres semblables, et ne vous servez pas des titres de stre,
proximos ‘, connétable, maréchal, chevalier, lige”, comme font les Latins. Changez
les costumes et les titres empruntés à ces derniers, pour les costumes et les titres
des Perses et des Arméniens, en revenant à ce que pratiquaient vos pères. Réta-
blissez à votre cour l'étiquette des anciens âges, et alors nous, de notre côté,
nous donnerons notre assentiment aux gens de Tzoroked, et nous changerons
nos usages; nous célébrerons la messe avec la sak'oula et avec le velarium* de deux
coudées de long; nous mettrons de côté et nous renfermerons les vêtements de
soie, et nous nous présenterons devant Dieu avec une pelisse grossière et l'habit
monacal; nous porterons un cilice en offrant le saint sacrifice, comme ces gens-là
servé ce vêtement jusqu'à présent, et le nomment
meschlak ou kabouta (capote). Le dictionnaire turc-
arménien de M£' Jacques Bôzadjian rend ce mot
par Jupuqunwk, « manteau militaire, » 4p{ueg, « tu-
nique, chlamyde. » |
1 Ce mot se trouve aussi en persan et en arabe,
avec la même signification qu'en arménien, de cui-
rasse, cotte de mailles. Ici il semble désigner spécia-
lement le caparaçon qui protégeait le cheval de
bataille.
? Le mot lehl, 456,, est très-probablement l’an-
cien mot allemand {eilach, leilak, aujourd’hui lei-
laken, « couverture de lit, » et par suite ici « housse
« de cheval. » On voit que ce mot, qui était passé
avec plusieurs autres expressions équestres de l’al-
Jemand dans les langues romanes, avait été importé
par les Franks de Syrie, ainsi que l’objet qu’il dési-
gnait, chez les Arméniens.
5 Les deux mots émir pal et hadjeb >
sont d'origine arabe; le premier est trop connu
pour qu'il soit nécessaire de l'expliquer; le second
signifie « chambellan. » Les Arméniens écrivent et
prononcent $kxncw, hedjoub.
4 Le titre de marzban, diupqmui, en persan Uk,
est celui que portaient les gouverneurs perses de
l'Arménie sous les Sassanides, et que ces princes
donnèrent aussi quelquefois à des Arméniens en
les plaçant à la tête de ce pays. Ce titre, qui si-
gaifie « chef de marche ou frontière, » et qui équi-
vaut à notre mot marchio, marquis, se maintint en-
core assez longtemps en Arménie après l'extinction
de la dynastie des Sassanides.
5 Cf. sur le titre de sbaçalar ou asbaçalar, ci-
dessus, p. 91, note 1.
$ Le titre de proximos, an opuküu, ©p6Ëuos, proxi-
mus, a, dans le Code Théodosien, le sens d'assesseur
du magister scriniorum ou garde-rôle de la chancel-
lerie. Dans Matthieu d'Édesse (chap. xc1, tome ΰ
de ma Bibliothèque historique arménienne, p. 131),
il signifie « lieutenant ou aide de camp d’un chef
« militaire. » Dans les textes arméniens et latins des
chartes des rois de la Petite Arménie, nous voyons
ce titre donné à un officier qui était chargé, à ce
qu'il semble, de l’intendance du trésor royal et des
finances du royaume. (Voir mon Introduction.)
7 Transcrit en arménien sous la forme y#x,
ledj. « Is qui domino suo ratione feudi vel subjec-
«tionis fidem omnem contra quemvis præstat.»
(Du Cange, Glossar. med. et inf. latin. v° Ligius.)
Ce mot désigne ici les hommes liges, les feudataires
ou la noblesse de la Petite Arménie, les barons com-
posant la haute cour du roi.
8 Un des insignes des catholicos arméniens, dont
l'usage est passé ensuite aux évêques et aux varta-
beds ou docteurs, est le velarium, Jkqup, qui, sous la
forme d’un capuchon conique en étofle noire, se
place sur la tête, au-dessus de la sak’oula, en retom-
bant sur les épaules.
DE SAINT NERSÈS DE LAMPRON. 599
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gaine q{iunneudS opSubilp. quug gb quluubu, Ep kb duvenbhgu fuuququuiu
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eupu hi diuSpäu Suiuqskj. quup gh snbbku opSunefdfuu Ypouwenpug, uyp puSuñinupus.
gaegbaut fuoju qälh wnujhv. qnp nbubuwp sn Yauur Uuuu op UE Ynrouwmop, L wa
le voudraient, et non la tunique, ainsi que Dieu le prescrivit à Aaron et à ses
fils, en lui disant de faire des tuniques de lin descendant jusqu'aux talons, or-
nement qui est un objet de mépris pour eux; nous mangerons sans honte de la
viande, et nous nous ferons compagnons:de bouteille avec les Turks, comme ils le
pratiquent eux-mêmes et leur ami [Basile] d'Ani; nous boirons dans des coupes
ornées de petites sonnettes, et nous nous plairons à banqueter avec des cama-
rades à l'exemple de ce dernier. |
Mais Ta Majesté aurait de la répugnance à quitter aujourd'hui les usages ex-
cellents et raffinés des Latins, c'est-à-dire des Franks, et de revenir aux mœurs
grossières des anciens Arméniens. Si maintenant vous ne nattez plus votre che-
velure, si vous ne laissez plus pousser votre barbe et si vous avez cessé de porter
des vêtements amples, il serait encore plus pénible pour nous de repousser avec
mépris les institutions parfaites que nous avons empruntées aux Franks, pour la
gloire de la sainte Église, et cela, afin de complaire à ces deux renards de Tzoro'ked.
En effet, ayant trouvé les églises arméniennes sans ornements sacerdotaux, nous
avons adopté ceux des Latins, et, avec leur secours, nous avons remis en vigueur
l'antique usage. Nous avons vu que nos ecclésiastiques se réunissaient, à la troisième
heure, à la sixième et à la neuvième pour prier en commun; {ortifiés par l'exemple
des Latins, nous célébrons maintenant chaque office à son heure, et nous chantons
les louanges de Dieu sept fois par jour. Nous nous sommes aperçus que l'on ne
faisait pas dans nos couvents l'office de la paix”, et qu'eux en ont la coutume; nous
avons décidé que d'abord on se rendrait en commun à l'église, et qu'ensuite on
irait prendre le repos de la nuit. Nous avons vu que les nôtres n'avaient pas une
consécration particulière pour les moines, mais que, les élevant immédiatement
_au sacerdoce, ils se bornaient à leur en donner l'habit; à l'exemple des Latins,
nous consacrons maintenant le moine, puis nous le faisons diacre, et enfin prêtre.
1 Ce sont les sept heures canoniales que l'on soleil, de midi (ou du repas), du soir, de la paix et
trouve aujourd'hui indiquées dans le bréviaire ar- du repos.
rmépien : celles de la nuit, de l'aurore, du lever du
600 EXTRAITS
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pret, Sueuthgneguiul dp fuitrtuuquit onde, L Xrqouplulb K (Eqremqupusg Brit :
Nous avons vu qu’ils ont des établissements charitables pour le soulagement des
pauvres, et qu'ils ne se contentent pas de les secourir suivant l'occurrence; jaloux
d'imiter ce louable empressement, et grâce à votre charité envers notre église de
Tarse, nous avons décidé que le vendredi et le mercredi deux ou trois cents
pauvres recevraient du pain et des fèves; et si Dieu nous le permet, si votre bien-
veillance nous y autorise, nous augmenterons ces aumônes. Nous avons vu que
pendant la moitié de l'année leurs moines ne font qu'un repas par jour; nous
avons prescrit qu'il en soit de même chez nous. Et maintenant ces excellentes
pratiques les rejetterons-nous avec dédain pour être agréables à Doudéorti ? De-
viendrons-nous des profanes comme lui, afin qu'il se tienne tranquille? Nous
montrerons-nous ignorants comme lui, dont les conceptions se trahissent par ses
écrits et ses paroles, et qui n'est pas même l'égal du dernier des disciples que
nous avons formés ?
Si ensuite, et en ce qui touche la fête de l'Épiphanie , ls ont la présomption
de nous condamner en citant des passages des livres arméniens, nous nous
sentons capable de leur répondre; bien plus, nous y sommes tout disposé. Mais
je ne veux pas vous fatiguer par la longueur de cette lettre; et si nos adversaires
produisent leurs objections, je les écraserai sous le poids de la vérité divine, et
par des passages des mêmes livres et les paroles des Pères qui sont en vénération
dans l'Arménie. |
Il en est de même à l'égard du précepte qui concerne les troisièmes noces, et
sur lequel nous avons fléchi à cause de la faiblesse des enfants de ce siècle *. Nous
1 L'Église arménienne célèbre, comme la pri-
mitive Église, la Nativité et l'Épiphanie le même
jour, 6 janvier. Dans les tentatives de réunion des
deux Éplises byzantine et arménienne, la sépara-
tion de ces deux fêtes et la célébration de la Na-
tivité au 25 décembre furent un des points sur
lesquels insistèrent les Grecs. À l'époque des croi-
sades, lorsque les Arméniens entrèrent en relations
suivies avec les Latins, les papes ne manquèrent
pas de demander le même changement. (Cf. Gui-
ragos, ci-dessus, p. 422-423.) Il paraît, par les
expressions de saint Nersès de Lampron, qu'il l'a-
vait adopté dans son diocèse de Tarse, et que pour
ce fait il était vivement combattu par les docteurs
de la Grande Arménie.
? Après la dissolution par la mort de deux ma-
DE SAINT NERSÉS DE LAMPRON. 601
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quyu bp Spanhot Yanrwpl) :
cu BE qu fuusbuit jhgf wgqubuñnugu quift L'un $knuenpnefthe , fol
bref Ep Spurl E4kugEt wnuff 2Ep pe deg f djgnëè. gb 05 & eye wpfne.
ferons condescendre nos contradicteurs à notre opinion, en vertu des canons, et
nous éviterons le poison de leurs calomnies. Il en sera de même pour tout ce qui
scandalise en nous ces envieux et ces ignorants. Nous pouvons montrer que sur
tous ces points nous sommes d'accord avec l'Écriture sainte, et que ce ne sont
pas des inventions que le caprice a suggérées.
Nous ne pouvons négliger les prescriptions de l'Écriture et nous attacher à de
vaines traditions, sans nous exposer à entendre le Christ nous adresser ce repro-
che : « Vous avez abandonné le précepte de Dieu pour votre tradition, à hypo-
« crites !!» Au moyen des règles que contient l'Écriture, nous renverserons les tra-
ditions, laissant le champ libre à ceux qui se scandalisent, et répétant sur eux ce
qu'a dit le Christ : « Des aveugles sont les guides des aveugles; ils bronchent et
«vont tomber dans le gouffre de la perdition *. » Quant à nous, nous n'irons pas
nous engloutir dans ce précipice à cause du bavardage de ces envieux de Tzoro-
ked. Mais nous élèverons la lumière de nos pensées sur le chandelier de votre
puissance *; nous éclairerons ceux qui sont dans les ténèbres, et nous les convie-
rons à suivre notre sentier et celui du Christ. Jaloux de leur donner la lumière
dont ils sont privés, nous nous rendrons, si tel est votre ordre, sans hésitation
et sans crainte au milieu d'eux, et les paroles que nous avons fait entendre à vos
oreilles, nous les proclamerons devant eux sur les toits, sans avoir peur de ceux
qui peuvent tuer le corps, et non l'âme, nous confiant en Dieu, qui des pierres
peut susciter des enfants à Abraham“. Me voici donc tout disposé à obéir à cet
ordre.
Mais si la tendresse de nos parents nous retient ici, si la distance des lieux est
un obstacle, eh bien! que ces gens-là viennent par votre volonté souveraine en
1 S. Marc, VIT, 1x.
2 S. Matthieu, XV, xiv.
3 S. Matthieu, V, xv; S. Marc, IV, xxr; S. Luc,
VIIL, xvi, XI, xxx.
4 S. Matthieu, IT, 1x; S. Luc, I, vus.
76
riages, une nouvelle alliance était interdite au sur-
vivant des deux époux, par les canons de l'Église
arménienne, ainsi que de toute l'Église orientale.
Cette prohibition est encore en vigueur aujour-
d'hui.
HisTor. ARM. — Î.
602 EXTRAITS
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votre présence, pour entrer en discussion avec nous. Car ce n'est pas le propre
d'un brave de faire briller son glaive dans sa propre maison, ct d'en frapper l'air,
mais de descendre dans l'arène et de faire face à son antagoniste. Comprends pa-
reillement que ce n'est pas un combat spirituel, présenté loyalement, que celui
qui part de Tzoroked pour venir m'atteindre en Cilicie. Qu'ils arrivent donc sur
le théâtre de la lutte pour porter ou recevoir les coups, et que celui qui sera
vainqueur, par la vérité du Christ, obtienne les éloges mérités. Ils m'ont adressé
deux ou trois lettres d'injures; j ai composé un livre tout entier sur les irrégula-
rités où est tombée la nation arménienne, et qui par le laps du temps se sont
glissées parmi elle. Comparons ces écrits ensemble, pour voir quel est celui qui
l'emporte sous le rapport de l'exactitude, et pour l'accord avec l'Écriture sainte,
le mien ou le leur. Mais si vous n'envoyez pas chez eux les convier à la lutte, alors
permettez-nous de persister dans notre orthodoxie devant Dieu, et nous suppor-
terons leurs accusations et leurs calomnies comme d'ineptes enfantillages. Sur
quoi nous prions Dieu qu'il nous accorde la faveur de rester ferme dans nos bons
sentiments.
Si vous avez les mêmes pensées que Nicodème, qui honorait Dieu la nuit, ou
que ces chefs qui crurent au Christ, et qui n'osèrent pas le confesser publique-
ment, pour ne pas être exclus des rangs de la nation, et qui préférèrent la gloire
des hommes à celle de Dieu, nous le supplierons de vous pardonner; nous le prie-
rons de vous accorder le temps d'être prévenu par sa grâce, afin que l'éclat de la
vérité brille à vos yeux, et que vous, ainsi que les vôtres, vous receviez dans les
églises des saints, dirigées avec orthodoxie et suivant la vérité, votre récompense
avec David et Josias, Constantin et Tiridate, ces saints monarques qui, chacun
dans leur temps, ont fait fleurir la piété, et ont été les instructeurs de leur peuple.
Que Ta Piété s'applique à imiter leurs actions, dont le récit est contenu dans les
DE SAINT NERSÈS DE LAMPRON. 603
autocad aufuuñtdfu qeupf fuit. LSuiuknf quunnneutuiis juñuup
Eh pbpuñt Quand Ynsbughus O ungu jubpnl genes falañauu, gb 05 EE anni
que, 0j php, npuybu (éndufuu, np qgophtu Eglun Bagnghu, b quuiiqne
Ptit qgopugbup. L'un gpl, oqumunbug quai ait Qui añavpqne[}Euñit,
L'Suunantug qua fr dh9 opubih, L pie Epañtqhuu jou : Guyu gopmgneugk
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fenuwg bepog ue Etui vncpedt f jun funbiulquis Ybuñnit, be 'nfiu faune jun funbuitu .
VU:
livres saints, et qu'en prêtant l'oreille à cette lecture, un saint zèle vienne t'animer.
En séparant ce qui est précieux de ce qui est vil, tu mériteras d'être appelé la
bouche de Dieu. En entendant raconter leurs actions, tu comprendras que ces sou-
verains n'ont point été des observateurs de la tradition, mais de la loi, comme
Josias, qui trouva la loi cachée et la tradition en vigueur. I prit cette loi, et, saisi
de douleur de la voir méprisée, il déchira son vêtement; 1l la rétablit au milieu
des fils d'Israël, et il est compté au nombre des bienheureux. Que Dieu te donne
la force de faire revivre sa loi, au sein de ton peuple exilé et errant, de te rendre
agréable à ses yeux, et non point à ceux des hommes; qu'il te fasse participant
de sa gloire avec tous les saints dans la vie éternelle. À lui gloire à jamais! Amen.
76.
Digitized Google
LE CONNÉTABLE SÉMPAD.
NOTE PRÉLIMINAIRE.
Sémpad, de l'ilustre famille des princes héthoumiens de Lampron, était
fils du grand baron Constantin, connétable. Né en 1208, il était encore tout
Jeune, lorsque le roi Léon II l'appela à sa cour. Après la mort de Léon arrivée
en 1219, les Héthoumiens ayant remplacé les R'oupéniens sur le trône, par
suite du mariage de Héthoum, frère cadet de Sëémpad, avec Isabelle, fille et
héritière de Léon, le grand baron, leur père, régent du royaume pendant la
minorité d'Isabelle et de Héthoum, se démit, en faveur de Sémpad, du com-
mandement suprême des armées et du titre de connétable. Grâce à l'habileté
consommée de Constantin, la famille princière de Lampron devint alors la
premiére et la plus puissante de la Cilicie; par son chef, elle eut la haute
direction des affaires publiques; par Héthoum, la couronne; par Sëmpad,
la disposition de toutes les forces de l'État: le fils cadet Oschin obtint en
apanage le fief de Gor'igos * que son père tenait des libéralités de Léon; un
autre fils, Basile, entré dans la carrière ecclésiastique, devint supérieur de
l'abbaye de Trazarg. Marie, l'une de leurs deux sœurs, épousa Jean dIbelin,
seigneur d'Arsour, connétable du royaume de Jérusalem; la seconde, Stépha-
nie, contracta une alliance royale par son mariage avec Henri, roi de Chypre,
fils de Hugues [°. |
À l'avénement de Koïouk, grand khan des Mongols (1246), Héthoum en-
voya en ambassade son frère Sémpad vers ce prince, pour le complimenter,
renouveler son hommage et solliciter la restitution de plusieurs villes que
les sulthans d'Iconium avaient enlevées aux Arméniens. Koïouk accueillit
Sémpad avec bienveillance, lui remit un diplôme par lequel il assurait le
roi d'Arménie de sa protection et de son amitié, et donnait à Sémpad le
gouvernement des villes réclamées. À son retour, le connétable s'arrêta aupres
de Batchou-Nouïan, général en chef des Tartares, dans la Perse et l'Arménie,
et auquel était adressé le rescrit de Koïouk, et confée la mission de le faire
exécuter. Cet officier reçut Sémpad avec empressement et distinction, et le
congédia après lui avoir donné toute satisfaction.
I nous reste une relation de la première partie du voyage du connétable
d'Arménie, écrite par lui-même au moment où 1l était en route vers la cour
féodal sur laquelle le père consulta Jean d'Ibelin,
lequel, après avoir pris l'avis de messire Balian,
seigneur de Saïette, et de Nicole Antiaume, décida
que la donation était régulière et valable. (Cf. mon
Introduction.)
l Ce fait est consigné dans le livre des Assises
de Jérusalem (ch. cxzv, p. 220. éd. Beugnot).
La donation de Gorigos faite par Constantin à
son fils puîné Oschin suscita une réclamalion de
la part de Sëémpad l'ainé, et une question de droit
606 LE CONNÉTABLE SÉMPAD.
de Karakoroum. C'est une lettre qui porte la date de 1243, et qui adressa
au roi de Chypre, Henri, son beau-frère, et qui nous a été transmise par Guil-
laume de Nangis
Sémpad conserva ses fonctions de connétable jusqu'en 1276, époque de sa
mort, dont les circonstances nous sont connues par un mémorial ou note de
copiste*, rédigé en 725 de l'ère arménienne (12 janvier 1276 — 10 janvier
1277). Dans une invasion des Turkomans, qui avaient fondu sur la Cilicie du
côté de Marasch, Sémpad, malgré son âge avancé (il avait alors soixante-
huit ans), acharné à les poursuivre, fut entraîné par son cheval contre un
arbre, et, s'étant heurté le pied, il mourut quelques jours après à Sis, des
suites de cette blessure.
Je transcris ici en entier ce mémorial encore inédit, en lui conservant son
orthographe archaïque; 1 contient d'ailleurs la mention de plusieurs autres
événements intéressants.
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gefnnbiwug Buquuenphu | koh > L gunuu upnd diu>bkuwy :
1 Voir Recueil des historiens de la France, publié des mss. de la bibliothèque du couvent de Saint-
par l'Académie des inscriptions et belles-lettres, Lazare, à Venise, par Jean Zohrab, manuscrit de
t. XX, p. 360 et suiv. la Bibliothèque impériale, supplément arménien,
2 N° 10 de la Collection de mémoriaux extraits n° 27.
LE CONNÉTABLE SÉMPAD. 607
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Jhedèudh Jhoke L qnuep Jhobur Enbprep wnuÿh <fiphououh VouneSn: {ju qaUers-
Sud Epkg L gaSlpwgne Engesuypophuu d&p Lghounuhe Jlebugnep wnunplt le on pu
geefanbuit f <fiphuunnu €$hunru JUouniss dép, op & wcp$ bu, juefanbuiuu jun funk.
Lhg- nul :
« Ce livre a été terminé en 725 de l'ère arménienne, le 8 du mois de méhégan’,
au temps où Koubilai-Khan exerçait la souveraineté universelle, et sous l'empire
d'Abaka-Khan, fils de son frère; sous le règne de Léon [III], roi d'Arménie, fils
de la reine Isabelle, fille du roi Léon; sous le pontificat du seigneur Étienne,
tandis que nous étions dans l'asile (monastère) d'Éndzaïk’ de la sainte Mère de
Dieu, dans la province de Vasbouragan.
« Vous donc qui lirez ce livre ou qui le transcrirez, n'accusez pas l'imperfection
de ma copie ou les fautes que vous y trouverez, mais souvenez-vous dans vos
saintes prières des personnes susmentionnées”, et principalement de Dovros Mélik,
chef de village, et de son fils encore au berceau, nommé Thakvor, et de ses deux
frères, Éhana et Élie, pour que Dieu les conserve de longues années. Celui qui ne
nous oubliera pas, nous et nos parents, qu'il ne soit pas oublié, non plus que les
siens, par le Christ, au jour du terrible jugement. Amen.
« Je vous raconterai maintenant des calamités dont le récit est capable de briser
le cœur. En l'année? 24 de notre ère, le sulthan d'Égypte arriva à Sis et sacca-
gea quantité de villages ; il fit passer les populations, en nombre considérable,
sous le tranchant du glaive. Le roi Léon, se défiant de ses troupes, dont il con-
naissait la perfidie, ne marcha pas à la rencontre des infidèles. Alors ceux-ci,
pleins de présomption et de témérité, voulurent s'emparer de la solide forteresse
de Sis. Un prêtre s'avança pour les repousser en bataille rangée; il tua un des
généraux (sulthans); mais lui-même périt martyr dans l'action, et les ennemis
s'en revinrent triomphants dans leur pays.
« Cette même année, ils se portèrent de nouveau contre Sis; mais le Seigneur ne
les favorisa pas, il les livra entre les mains du roi Léon, qui les cerna et les tailla
en pièces. Ceux qui échappèrent à ce massacre s'enfuirent dans leurs repaires. Ce-
pendant le général en chef des Arméniens, qui s'était fait jour au milieu des
ennemis avec la plus grande bravoure, se retirait du combat, lorsque son cheval
dans la Cilicie par quelques détachements de l'ar-
mée du sultan Beïbars et par les Turkomans, la
première en 1275 et la seconde l’année suivante.
Aboulfaradj, dans sa Chronique syriaque (p. 577-
578), les distingue très-exactement en nous racon-
tant que c'est dans la seconde que Sémpad trouva
la mort. (Cf. ci-dessus, p. 530, note 1.)
1 18 juillet 1276.
2? Ou plutôt « mentionnées ci-dessous» snnpw.
+ebwye; 1] ÿ a là une distraction de l’auteur.
3 Le chiffre des centaines est omis, mais il faut
lire évidemment y 724 (12 janvier 1275 —
11 janvier 1276). L'auteur de ce mémorial réunit
en une seule date deux invasions différentes tentées
608 LE CONNÉTABLE SÉMPAD.
le précipita violemment contre un arbre. Ce coup lui fut fatal, car 1l était déjà
très-avancé en âge. S’étant rendu à Sis, il ne survécut que quelques jours; il s’en-
dormit dans une foi parfaite en Jésus-Christ, et alla rejoindre ses pères. Que ses
péchés soient effacés devant Dieu, et qu'il trouve place avec Abraham et Isaac dans
le royaume céleste!
« Cette même année, les musulmans (dadjigs) du pays de Roum fondirent trois
fois sur le territoire arménien; mais Dieu fut propice au roi Léon, qui les exter-
mina.
« Un nouveau malheur survint, infligé par Dieu, en punition de nos péchés. Cette
même année, une partie de la terre fut ébranlée, et les villes de Khëlath et d’Ar-
djésch furent englouties. Nous ignorons combien de gens trouvèrent la mort dans
ce désastre. Les secousses continuèrent pendant toute une année. Dieu seul sait
l'étendue de ce malheur, lui qui fait tout trembler, tandis que lui-même ne peut
être ébranlé par personne; et s'il se meut, cest par sa propre volonté, et pour
exercer sa bonté envers ses créatures. En effet, 1l y avait à Ardjêsch un homme
de bien, craignant Dieu, nommé Khatchig. Lui et son fils Constantin trouvèrent
sous les pierres des décombres une mort anticipée ; qu'elle leur procure la ré-
mission de leurs péchés, et qu'ils soient unis par le martyre à saint Étienne !
[Au nombre des victimes furent aussi] une femme vertueuse, nommée Dônasthi
( (qu ‘elle soit associée par le Christ au sort heureux de Marthe et de Marie!),
Étienne, mon disciple (puisse-t-il être traité avec le même honneur que Joseph
et Nicodème, les disciples du Christ !). Souvenez-vous d'eux, et vous trouverez un
pareil souvenir devant le Christ Dieu. N'oubliez pas non plus, en Jésus-Christ,
Abraham, prêtre, et Diratsou, qui étaient comme mes frères. Souvenez-vous d'eux
présentement et dans la suite, à jamais, en Jésus-Christ, notre Dieu. Qu'il soit
béni dans les siècles des siècles. Amen. »
La première partie de la chronique de Sëmpad, à partir de l'année armé-
nienne 400 (952) jusqu'en 611 (1152) est un simple abrégé de la chronique
de Matthieu d'Édesse et de Grégoire le Prêtre, qu'il suit pas à pas, mais sans
citer leurs noms une seule fois. À partir de cette époque, il a mis en œuvre des
renseignements qui lui appartiennent en propre et qu'il avait puisés, soit dans
les archives royales de Sis, soit dans ses souvenirs personnels; il termine en
12 74 . deux ans à peu près avant sa mort. Son continuateur anonyme reprend
en 1286 pour finir en 1331. Ce dernier ne s'est pas contenté de donner une
suite au travail de son devancier, mais ïl l'a encore accru de quelques addi-
tions qu'il a insérées çà et là dans le corps de l'ouvrage. Ces additions de se-
conde main se distinguent facilement par l'emploi de la troisième personne du
verbe, servant à désigner Sémpad; et d'ailleurs le style du continuateur est
d'un caractère encore plus vulgaire que celui du connétable, et rappelle tout à
fait le langage populaire usité dans a Cilicie à cette époque. J'ai à mon tour
fait quelques intercalations, provenant des additions faites à une chronique
latine du xur siècle, traduite en arménien, et retouchée, dans le xiv° siècle,
par un certain Nersès Balients ou Bagh'on '; j'ai mis en saillie ces additions du
l Ce Nersès Balients ou Bagh'on , originaire de la arménien fif@»pp ou Unitaires, fondée dans la
Cilicie, appartenait à la société des Frères-unis, en Grande Arménie, au xiv° siècle, par le dominicain
LE CONNÉTABLE SÉMPAD. 609
continuateur de Sémpad, et celles que j'ai prises à Nersès Balients, en les pla-
çant entre crochets. |
La chronique de Sémpad est, avec la chronique rimée de Vahram, tout ce
qui a survécu de la littérature historique des Arméniens de la Cilicie; elle était
restée longtemps ensevelie et ignorée dans la bibliothèque du couvent pa-
triarcal d'Édchmiadzin, qui en posséde deux exemplaires. Retrouvés et signa-
lés il y a quelques années seulement, ces deux manuscrits ont fourni un assez
grand nombre de copies, qui se sont répandues dans l'Orient et en Europe.
Is diffèrent l'un de l'autre par la substitution beaucoup plus fréquente dans
l'un des deux des formes du dialecte vulgaire à celles de l'arménien littéral.
Ces variations, qui n'altérent en rien le sens de la rédaction originale, doivent
être l'œuvre de quelque copiste très-ancien, mais dont il est impossible de fixer
l'âge, faute de renseignements, et en l'absence des deux manuscrits d'Édch-
miadzin dont l'aspect offrirait peut-être quelques indices révélateurs. J'ai
établi mon texte d'après une copie qui est une des premières transcriptions
faites sur celui des deux manuscrits d'Édchmiadzin le plus correct, le plus
conforme au style de la langue littérale; je la dois à l'obligeance de M. Tcha-
mour'dji-Oglou, ancien professeur au collége arménien de Sante-Jérusalem,
à Scutari. J'ai mis aussi à profit quelquefois l'édition donnée à Moscou, par
M. Osgan d'Erivan, in-12, 1856, et celle qua fait paraître à Paris, in-12, 1859,
M. l'archimandrite Garabed Schahnazarian. Dans les variantes, je désignerai
par la lettre A la copie de M. Tchamourd}ji, par B l'édition de Moscou, et par
C celle de Paris.
et depuis lors réimprimé trois fois (1574, 1616,
1635), et traduit en français sous le titre de Chro-
nique Martiniane, par Sébastien Mamerot (Paris,
1503, 2 vol. in-folio).
Nersès Balients inséra dans sa version l'histoire
Barthélemy de Bologne, évêque de Méraga, et
par son disciple le vartabed (docteur) Jean de
K'ér ni.
Cette société, qui compta un certain nombre
d’adhérents, avait pour but de rattacher l'église ar-
ménienne à l'église romaine, par une conformité
absolue, non-seulement dans le dogme, mais aussi
dans le rite et la discipline. Nersès Balients, qui
s'intitulait évêque d'Ourmia, et qui aimait aussi à
se qualifier de prêtre latin, vint en France auprès
du pape Clément VI, à Avignon, et profita de son
séjour dans cette ville pour se perfectionner dans
la connaissance de la langue latine.
Il traduisit de cette langue, en arménien, l'ou-
vrage de frère Martin le Polonais : Chronicon conti-
nens chronologiam pontificum romanorum ac impera-
torum, a Christo ad annum 1278, ouvrage dont la
première édition parut à Bâle, en 1559, in-folio,
HisToRr. ARM. — I.
des princes de la Petite Arménie, et ajouta à la fin
le catalogue de ces princes ainsi que des patriarches,
jusqu'à l’époque où il vivait. Ces additions trahissent
parfois le défaut de critique et la crédulité naïve ou
passionnée du compilateur ; elles ne doivent pas néan-
moins être dédaignées, et elles peuvent être très-uti-
les, dans la pénurie où nous sommes de documents
arméniens originaux sur le royaume de la Cilicie. I
existe un manuscrit de cette version dans la biblio-
thèque des RR. PP. Mékhitharistes de Saint-Lazare,
à Venise, et Tchamitch, qui l'a consulté, en a donné
quelques fragments dans le tome III de son Histoire
d'Arménie; c'est d'après lui que je les ai reproduits.
77
CHRONIQUE
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE,
PAR LE CONNÉTABLE SÉMPAD.
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Jopred ook qui queen P diu$rnit ouprt Vjousaehh, »p L f nf wp dEnun
Paunbque fe onipe nefout \pwouwqé : Ve bgl pop opafu hop (Qrapru:
1 À. qwpal (re pfr) quprit trou Fu ——_?(C. b V'udauwg av jun p — 3 À. thikko) — à À. cum wÿh
TRADUCTION.
547 de l'ère arménienne (27 février 1092 — 25 février 1093).
Après le meurtre du [roi] Kakig [11], les fils du baron R'oupên , chef d'une illustre
origine, vinrent de l'Orient; [l'un d'eux] le baron Constantin, avec le secours de
Dieu, s'empara, sur les Musulmans et sur les Grecs (Romains), d'une grande
partie de la Cilicie; la première forteresse qu'il occupa fut Vahga.
549 (25 février 1100 — 23 février 1 101).
Cette année mourut, en Jésus-Christ, le grand prince Constantin. Avant sa
mort, un prodige merveilleux eut lieu dans sa forteresse de Vahga’. La foudre
[pénétrant] dans le lieu des gens de service frappa un plat d'argent, et, le por-
tant d’un autre côté de la chambre, le fit entrer sous sept autres plats. On assura
que c'était un présage de la fin de Constantin, qui, effectivement, termina sa car-
rière cette même année. Il fut enseveli dans le saint couvent de Gasdagh'ôn. Son
fils Thoros lui succéda en héritant du titre de baron !.
! Cf, Matthieu d'Édesse, chap. xu, ci-dessus, p. 47-48.
CHRONIQUE DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 611
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5 À. aqpnun b que — 6 C. b Qu
Cette même année, il y eut une grande famine en tous lieux, et elle fut sur-
tout terrible à Édesse, car il n'avait pas plu depuis une année. Ce fléau fut si
violent, qu'une femme grecque fit rôtir son jeune enfant et le mangea. Un mu-
sulman mangea pareillement sa femme; car Dieu avait détruit la vertu nutritive
du pain; il ne pouvait rassasier. Mais, dans la même année, l'abondance revint
par la volonté de Dieu, et chacun eut largement de quoi pourvoir à ses besoins ”.
555 (23 février 1106 — 22 février 1107).
[L'église de] Sainte-Sophie s'écroula à Édesse, et une comète apparut?
557 (23 février 1108 — 20 février 1109).
À la même date, un prodige horrible se manifesta en Arménie, dans la pro-
vince de Vasbouragan. Un feu éclata du haut des cieux, et tomba dans la mer de
Vasbouragan, accompagné d'un terrible fracas du tonnerre. Tous les poissons de
cette mer périrent, et la campagne fut empestée de l'odeur fétide qu'ils répandaient;
le sol s'entr'ouvrit en divers endroits *.
Cette année, la mort de Kakig fut vengée sur ses meurtriers, et voici comment :
Les fils de Mandalé possédaient une forteresse située dans le voisinage de Tzë-
gan-Dchour (Rivière du poisson), en face des montagnes de la Cappadoce.
Les trois frères étaient encore vivants; leur château nommé Guizisdr'a “ était inex-
pugnable. L'un d'eux entretenait des relations d'amitié et d'alliance avec le baron
3 Cf. Matthieu d'Édesse, chap. Lv, ad annum 559
(22 février 1110 — 21 février 1111), p. 95-96.
à C'est la forteresse dont le nom est écrit aussi
Guëntrosgavis et Guentrosgô; l’ancienne Cybistra.
(Cf. ci-dessus, p. 30, 98,153, 471et 470.)
77:
1 Cf. Matthieu d'Édesse, chap. xiv, ci-dessus,
p. 48-49.
2? Cf. le même, ch. xuir et xzur, p. 81-82. Mais
il indique l'année 554 (23 février 1105 — 22 fé-
vrier 1106).
612 CHRONIQUE
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C. £qure dim.
Thoros, fils de Constantin, seigneur de Vahga. Ils avaient promis de lui donner
leur forteresse, parce qu'elle était placée sur les confins des possessions de Thoros.
Le prince arménien partit avec une poignée de troupes pour aller leur faire une
visite d'amitié, et, ayant fait halte dans le voisinage de leur territoire, 1l leur fit
savoir son arrivée. Alors un des frères, muni de présents, vint au-devant de lui
et lui offrit un poignard d'un grand prix et un vêtement. Lorsqu'ils furent à
manger et à boire ensemble, Thoros lui rappela la promesse qu'ils lui avaient
faite précédemment de lui remettre leur forteresse, et il en réclama l'accom-
plissement. Mais le fils de Mandalé, parjure à son serment, lui répondit : « Nous
«ne pouvons pas te la hvrer, car c'est l'héritage de nos pères.» Thoros, voyant
qu'il avait été trompé, lui dit avec colère : « Va, reprends tes présents, pars, et
« dès à présent soyez en garde contre mot. » Alors 1l fit semblant, en sa présence, de
s'en revenir tout droit chez lui. Mais, pendant la nuit, il rebroussa chemin à la
dérobée et posta ses fantassins autour de la place, tandis que lui-même s’écartait
avec ses cavaliers. Au lever de l'aurore, les gens de l'intérieur sortirent chacun
pour aller à sa besogne. Tout à coup ils aperçoivent l'embuscade et se sauvent en
gravissant la pente sur laquelle s'élevait la forteresse, poursuivis par Thoros. Mais
n'étant pas arrivés à temps dans leur asile, ils ne purent que fermer la porte inté-
rieure, pour arrêter les fantassins qui étaient à leurs trousses, et la porte exté-
rieure resta ouverte. Les assaillants, arrachant la porte [qui leur faisait obstacle],
mirent le feu à l'édifice, qui senflamma vivement. Ceux du dedans, effrayés,
entrouvrant une issue secrète, s'enfuirent. Thoros, tout joyeux de ce succés,
pénétra dans le château et se mit à chercher les trésors des trois frères, car tout
l'or et l'argent de ce district y étaient entassés. Il leur dit : « Remettez-moi
« l'épée de Kakig et son nranteau royal.» Ils obéirent. A cette vue, Thoros et les
siens fondirent en larmes. Irrité, il ordonna aux fils de Mandalé de lui indiquer
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 6I3
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leurs trésors ; et, comme ils s'y refusaient, il les fit mettre à la torture. L'un des
trois frères, ne pouvant supporter la douleur, se précipita du haut de la for-
teresse et se tua. Thoros fit subir les mêmes tourments à l'aîné; celui-ci lui dit
d'un air effronté : « Toi, tu es un Arménien, et nous, nous sommes des seigneurs
«romains; que répondras-tu à notre empereur, pour avoir infligé un supplice à
« des Romains?» Ces mots achevèrent d'exaspérer Thoros. « Et vous, lui dit-il, qui
«avez assassiné un héros, un roi consacré par l'onction sainte, que répondrez-
« vous à la nation arménienne?» Et, saisissant un maillet, il se précipita sur ce
misérable et, d'un coup assené sur la tête, le tua.
Le baron Thoros offrit des actions de grâces à Dieu qui l'avait rendu digne de
venger sur les fils de Mandalé le sang de Kakig versé par leurs mains, car le
grand-père de Thoros, R'oupén, était du nombre des principaux officiers de Kakig.
Ensuite il sempara de trésors considérables d’or et d'argent, et, emmenant avec
lui le frère qui avait survécu, il s'en retourna à Vahga. I] établit les gens de la
forteresse sur les bords du fleuve Paradis', dans un lieu appelé aujourd'hui
Gragga *.
961 (22 février 1112 — 20 février 1113).
Le grand prince arménien, seigneur de Hr'omgla, Kôgh-Vasil, mourut. Cette
perte fut un deuil universel pour les Arméniens, car ce qui restait de chefs de notre:
nation s'était réuni auprès de lui. Le siége patriarcal d'Arménie avait été trans-
féré dans ses États.
lequel a son embouchure à Calanthea, aujourd'hui
Erdemlu, à la limite de la Cilicie Trachée et de la
Cilicie Champèêtre. (Cf. ci-dessus , p. 449, note 1.)
2 Cf. Matthieu d'Édesse, chap. Lvir, ci-dessus
1 Pline {V, xxx), en décrivant la Cilicie dans
une direction de l'est à l'ouest, énumère successi-
vement ces trois fleuves : le Liparis, se jetant dans
la mer, à Soli ou Pompeiopolis, le Bombos, et enfin
le Paradisus, qui pourrait être le Serkendéré-sou, _ p.97-100.
614 CHRONIQUE
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Kôgh’-Vasil avait pour confesseur le seigneur Basile, catholicos, auquel il laissa
l'administration de ses biens, en lui confiant le soin de faire reconnaître pour son
successeur Vasil-Dgh'a, qui avait été élevé dans son palais comme son fils’.
Cette année, le seigneur Basile cessa de vivre, et l'on choisit pour catholicos le
seigneur Grégoire [Bahlavouni | *. |
263 (21 février 1114 — 20 février 1115).
.La terre trembla, parce que Dieu était 1rrité. Ce fut dans le mois de mareri,
pour la fête de l'Invention de la Croix. Au milieu de la nuit, les secousses se firent
sentir. Un murmure et un fracas horribles sortaient des profondeurs de la terre. La
mer se souleva; les montagnes et les collines faisaient entendre des bruits lamen-
tables. Un grand nombre de villes furent ruinées; Antioche s'écroula, ainsi que
Mëcis, Harsën-Mëçour (Hisn-Mansour), K'éçoun, Ablastha, R'aban et Samosate.
Marasch fut renversée de fond en comble, et 40,000 personnes y trouvèrent la
mort. Dans la Montagne-Noire, au couvent des Basiliens, des docteurs [varta-
beds] et des moines s'étaient rassemblés pour célébrer la bénédiction de l'église;
cet édifice tomba sur eux, et trente moines et deux docteurs furent écrasés *.
Cette année, mourut en Jésus-Christ le docteur Georges Mégh'rig, auteur de
la règle établie à Trazarg. Il fut enterré dans ce couvent“.
564 (ai février 1115 — 20 février 1116).
Un prodige terrible eut lieu à Amid, ville des Musulmans. Le feu du ciel tomba
sur la mosquée et en brûla les pierres comme du bois. Les habitants accoururent
1 Cf. Matthieu d'Édesse, chap. 1x, ci-dessus 3 Cf. Matthieu d'Édesse, chap. Lxvn, p. 110-
p. 102-103. . 118.
? Cf. le inème, chap. 1x1v, p. 108. # Cf. le même, chap. Lxvui, p. 113-114.
615
| DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE.
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en foule pour éteindre cet incendie; mais leurs efforts furent inutiles, car ce
n'était pas un feu d'une nature matérielle. C'est ainsi que les flammes consumè-
rent ce lieu de prières |.
Cette année, Boursoukh ? marcha avec des forces considérables contre le litio-
ral de la Syrie (sahel), qui appartenait aux Franks; il prit Scheïzar et saccagea
le territoire d'Antioche.
570 (19 février 1121 — 18 février 1122).
Le roi de Géorgie [| David IT] défit complétement le grand émir perse, nommé Iigazi
(Khazi), qui s'était avancé contre le territoire géorgien avec 150,000 hommes”.
Cette même année, il y eut guerre entre les oiseaux dans la plaine de Méli-
tène. Les cigognes, les grues et les arôs se réunirent et se livrèrent combat. Les
grues eurent le dessus et mirent les autres en fuite“.
NN
578 (17 février 1129 — 16 février 1150).
Thoros, fils de Constantin et petit-fils de R'oupên, mourut et fut remplacé
dans sa principauté par son frère Léon.
981 (17 février 1132 — 15 février 1133).
Léon s'empara de trois villes en Ciicie, Tarse, Adana et Mëcis. Les Franks
lui déclarèrent la guerre, ne consultant que leur propre intérêt, et saccagèrent
la contrée.
3 Cf. le même, chap. Lxxxi, p. 128-129.
* En 572 (19 février 1123 — 18 février 1124;
d'après Matthieu d'Edesse, chap. Lxxxvn, p. 135.
! Cf. Matthieu d'Édesse, ch. Lxrx, ci-dessus p.1 14.
2? Boursoukh-ibn-Boursoukh. {Cf. le inème au-
teur, ch. Lxx, p. 114-116.)
616 CHRONIQUE
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Le Jhu bob oupeg npet af Qbalfut bit Uiuupe] Yujus quwpri
Lért, & apehet | Lotf jupbui djibuñg Sun. L ujbu ghapaygpé Woo ft
Sauf qusgé, L Jeu Ephme ag Eun qenh qupre | Lip quinnuñqu, L af
duBunt Saqup Réquñe, L APohe à Qu L gupmañqleutt, L wpauttuy
alert:
Gugod ap be Barqungié Gray Mépbénodbié. L El Gun glouhétS L q{'ur.
caupqu Le QU uSquÿ Le qlidigpuS L qgéufuncuu Lquig aulrguitfiu üngw. L bin
1 À. qU'un y — ? À. omet &qh — $ À. pnpnpnte — * À. et C. ray vnt « Boëmond. » Il y a là une
grossière erreur de‘l’auteur ou des copistes; je l'ai rectifiée dans ma traduction. — ° B. ghuwçbx' « Kha-
Nid). s—68h.et C. are « Amouïik'.» — 7? A. wdhny
582 (16 février 1133 — 15 février 1134).
Les Arméniens envahirent le territoire de Maçara’ et le ravagèrent.
584 (16 février 1135 — 15 février 1136).
Léon prit Sarvantik'ar, et la guerre s'alluma entre les Franks et lui. Léon et
le fils de sa sœur” étaient d'un côté, le roi de Jérusalem et le prince d'Antioche de
l'autre. Ils dévastèrent la Cilicie, et les Turks, arrivant après eux, firent prison-
niers une immense quantité de chrétiens.
985 (16 février 1136 — 14 février 1137).
Léon battit complétement le baron Baudouin, seigneur de Marasch*. Au bout
de trois ans, Raymond, fils de [Guillaume] de Poitiers, seigneur d'Antioche, fit pri-
sonnier Léon. Les fils de ce dernier se firent la guerre mutuellement, et, ayant
saisi leur frère Constantin, ils lui arrachèrent les yeux. Deux mois après, Ray-
mond, ayant reçu comme otages les fils de Léon, une rançon de 60,000 tahépans
et les villes de Mécis, Adana et Sarvantik’ar, rendit la liberté à Léon.
Cette année, l'empereur des Grecs [Jean Comnène]| Porphyrogénète se mit
en campagne. Îl sempara de Khaliôn, d'Anazarbe, de Vahga, d'Amaïk, de
1 Les mots Ur Ephhrv, que l'on lit dans le
texte, pourraient se traduire par : le pays de Misr ou
doce de la famille de Danischmend, voir ci-dessus
la note 2 de la page 143.
Egypte; mais cette leçon est tellement incohérente,
que je n'ai point hésité à admettre que le mot
Vu est la transcription de Wwuwpw), dépourvue
des voyelles médiales. et sur laquelle les copistes ont
oublié de mettre le wwwfr, badiv, ou signe de sup-
pression. — Sur la position de la contrée de Maçara,
qui appartenait aux émirs turkomans de Cappa-
2 Ce doit être Josselin le Jeune, second du nom,
dont le père, Josselin de Courtenay dit le Vieux,
avait épousé la sœur de Léon et de Thoros.
$ Au sujet de Baudouin, comte de Marasch et de
K'éçoun, voir ci-dessus p. 150, et ibid. note 2, et
l'Oraison funèbre de ce prince par son confesseur
le docteur arménien Basile, p. 203-222.
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 617
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Jrbug que pianutbep f Uouauñngbneaohu!, L quanntbn uncpe Vans tft (ju
pau pe Buquropt Elug ke Ufibhhesy ouh dh L Eg wdpe. L giaug is h ua? L
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1 A. & Qouhe — 2 A. Au by — 3 À. b Qoybe
Tsakhoud et des lieux fortifiés dépendants de ces places”. Il fit saisir la femme et le
fils de Léon. Alors ce dernier alla trouver l'empereur, qui l'envoya lui et les siens
à Constantinople, ainsi que l'image de la sainte Mère de Dieu d'Anazarbe. Ce prince
séjourna dix-huit mois en Gilicie; il s'avança jusqu à Alep et Scheïzar, mais sans
faire aucune action d'éclat.
287 (15 février 1138 — 14 février 1139).
Ahmed-Mélik ? vint s'emparer des possessions que les Romains (Grecs) avaient
enlevées à Léon; il prit Vahga, Gaban et Garmir-Liar'n (la Montagne rouge).
988 (15 février 1 139 — 14 février 1140).
Léon mourut [en captivité] à Constantinople *.
589 (15 février 1140 — 13 février 1141).
[L'empereur Jean] Porphyrogénète s'avança vers les parties supérieures du
1 Deux des noms de ces places de la Cilicie,
Khaliôn et Amaïk, sont écrits, dans l'édition de
M. Osgan et dans celle de M. Garabed Schahnaza-
rian, Kbalidj et Amouik’. — Cinnamus (1, vi et vu)
et Nicétas Choniates (ch. vi) racontent que Léon
s'étant emparé de plusieurs cités qui appartenaient
aux Grecs, et menaçant Séleucie, Jean Comnène
réunit des troupes et se mit en route pour arrêter ses
progrès et le châtier. Un autre motif détermina le
départ de Jean. Après la mort de BoëmondIl, prince
d'Antioche, les principaux de la ville étaient venus
vers l'empereur pour lui proposer de marier Ma-
nuel, le plus jeune de ses fils, avec Constance, fille
de Boëmond, lui laissant entrevoir que, par cette
union, il deviendrait maître de la principauté. Mais
Jean, qui n’avait point alors l'intention ou la possi-
bilité de se rendre en Cilicie, refusa. Ceux d’Antio-
che, désappointés, s’en retournèrent, et les uns et
les autres, amis auparavant, devinrent ennernis dé-
clarés. Les Franks, se sentant impuissants à résister
HISTOR. ARM. — I.
à l'empereur, cherchèrent à gagner Léon , et, l'ayant
fait sortir de la prison où ils le retenaient, exigèrent
de lui le serment d’être à l'avenir leur allié et de les
soutenir contre les Grecs. (Cf. ci-dessus, p. 153,
note 4.)
? Dans Aboulfaradj {(Chron. syr. p. 329), Mélik-
Mohammed ou Mahmoud, émir de Mélitène, l'un
des fils de Gazi, fils d'Ismaël Ibn-el-Danischmend.
IL s'établit à Césarée, qu'il restaura, en 1446 de
l'ère des Grecs (1° oct. 1134-1135).
Les éditeurs Bruns et Kirsch ont transcrit les
deux mots du texte syriaque LS par
Gebnapirat, sans y reconnaître la dénomination ar-
ménienne Quwgvn pebpe, Gabno'-pert, Où uw)
een, Gabna’-pert « la forteresse de Gaban, » située
sur le fleuve Djeyhan, dans le Taurus. Aboulfaradj
place cette expédition de Mélik-Mohammed en 1450
des Grecs (oct. 1138-1139).
3 Cf. Gregoire le Prêtre, ch. civ, ci-dessus,
P. 192-196.
78
618 CHRONIQUE
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gub, L knbt fuufoumuquiu, k Dreg bphhpt l £ruf auebp :
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1 Le mot yk4wg est la transcription du français légat. — ? À. k Moyfu — * À. gUrys « Arouidz. »
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Pont et de la Cappadoce. Les habitants du Taurus recoururent à lui et se révol-
térent contre les Turks. Mais, lorsque l'empereur arriva, ils restèrent dispersés de
tous côtés et s'enfuirent; le pays de Léon continua à être en ruines.
590 (14 février 1141 — 13 février 1142).
Le seigneur Grégoire [Bahlavouni|, catholicos, se rendit à Jérusalem. Le léoat
vint le trouver, et ils eurent ensemble une conférence sur les matières de foi. Le
légat approuva tout ce que dit le catholicos, et ils glorifièrent le Seigneur à la fête
de Pâques.
Cette année, le jeune Thoros, l'un des fils de Léon, fils de Constantin, envoyé
par l'empereur à Constantinople chargé de fers, s'échappa du joug de la servitude
et se rendit dans la contrée où s'élève le château fort de Vahga. Arrivé incognito,
peu à peu il attira à lui avec prudence les personnages les plus influents d'entre
les ecclésiastiques et les séculiers; car 1l se faisait remarquer par sa sagesse, son
jugement sain et son expérience militaire; 1l était brun, haut de taille, beau et
d'un aspect imposant; 1l avait les cheveux frisés et se montrait plein de grâce. Par
la protection de Dieu, en peu de temps il rentra en possession des États de ses
pères; il prit Vahga, Amouda, Simana-gla et Ar'ioudz-pert*°.
A cette époque l'épouse du baron Josselin [le Jeune] céda par un écrit la pro-
priété de Hr'om-gla au saint catholicos, le seigneur Grégoire [Bahlavouni]|, afin que
cette forteresse fût à jamais le siége du patriarcat arménien. Cet acte de donation
s'est conservé jusqu à présent.
1 Sëmpad retarde de cinq ans cette conférence ? Simana-gla, c'est-à-dire « la forteresse de Siman
du catholicos Grégoire Bablavouni avec Albéric, ou Simon; » Ar’ioudz-pert, ou « Château du lion.»
évêque d'Ostie, légat du pape Innocent IT en Orient. La position de ces deux places est inconnue aujour-
Elle eut lieu en 1136, suivant Guillaume de Tyr, d’hui. (Cf. Grégoire le Prêtre, chap. cxui.)
XV, xvur, (Cf. ci-dessus, p. 76, note 2, et p. 223.)
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 619
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600 (12 février 1151 — 11 février 1152).
Le 23 du mois de navaçart (6 mars), il tomba de la neige rouge mêlée de cen-
dres ’. Cette année, Thoros enleva aux Romains (Grecs) Mëcis et Thil. Il se saisit du
duc Thomas. Le duc Andronic, qui avait été chargé par l'empereur du gouverne.
ment de la Cilicie, marcha à la tête de douze mille cavaliers contre Thoros [qui
était renfermé] dans Mècis. Il lui criait pour l'insulter : « Voici la chaîne de fer
« qui a servi à lier ton père Léon. Nous l'emploierons pour te garrotter et emmener
« prisonnier. » Thoros, ne pouvant supporter [tant d'insolence|, et se confiant en la
protection de Dieu, réunit ses troupes, et, ayant pratiqué une brèche dans le rem-
part de Mécis, s'élança pendant la nuit, comme un lion, sur les Grecs; il les battit
et les extermina. Dans ce combat, qui fut livré devant la porte de la ville, périrent
le baron Sëmpad, seigneur de Babar'on”; le baron Vasil, seigneur de Partzèrpert;
le baron Dêérin et le baron Tigrane qui tenaient le parti de l'empereur. Quant
aux lâches Grecs faits prisonniers, lorsque l'action fut finie, les Arméniens les
dépouillèrent et puis les laissèrent partir. Thoros resta maître sans peine de Mècis
et des districts dépendants de cette ville. Oschin, seigneur de Lampron, convint
de payer pour sa rançon 40,000 tahégans. Il en compta vingt mille, et remit à
Thoros en garantie du reste de la somme son tout jeune fils Héthoum; puis il s'en
retourna chez lui.
Héthoum, resté en otage chez Thoros, devint l'objet de son amitié, car ce
dait Ja forteresse de Lampron, tandis que Sémpad,
comme cadet, avait en apanage le château fort de
Babar'on. (Cf. le tableau généalogique des princes
Héthoumiens de Lampron.)
1 Cf. Grégoire le Prêtre, ch. exu, ci-dessus, p. 166.
? Sëémpad, bisaieul de notre chroniqueur, était
frère puiné d'Oschin Il, qui portait le titre de
sébaste, et, en sa qualité d’aîné de la famille, possé-
620 CHRONIQUE
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Eunniu — 7 B.et C. 1267 — 8 C. eulwkEqur
jeune prince était beau de figure et plein de sens. Oschin envoya à Thoros un
message pour lui proposer une alliance entre eux cimentée par le mariage de la
fille de ce dernier avec le jeune Héthoum; quant aux 20,000 tahégans quil lui
devait pour complément de sa rançon, Thoros en ferait la remise en les imputant
pour dot à sa fille. Thoros accepta ces propositions. Il fit conférer le baptême à
Héthoum, qui n'avait pas encore reçu ce sacrement, quoiqu'il fût chevalier. Il le
maria à sa fille et le renvoya auprès de son père à Lampron.
602 (11 février 1153 — 10 février 1154).
Après le triomphe remporté par Thoros, les Grecs, qui nourrissaient une amère
jalousie contre lui, et qui se voyaient impuissants par eux-mêmes à se venger,
excitèrent Ma'çoud, sulthan d'Iconium, et l'engagèrent à prix d'or à exterminer
le prince arménien et sa nation. Ma'çoud, gagné par ces présents, se mit en cam-
pagne, et Thoros, à la tête de ses troupes, s'avança à sa rencontre. Les musul-
mans, en apprenant quil était en marche, furent surpris de son audace. Le
sulthan lui envoya dire : «Je ne suis pas venu pour dévaster ton pays, mais
« reconnais notre autorité, rends les contrées que tu as enlevées aux Grecs, et tu
« resteras notre ami. »
Cette proposition remplit de joie Thoros, qui lui répondit : « Je consens à me
« soumettre à toi comme à un souverain, parce que tu n'as pas été jaloux de nos
« progrès. Mais rendre aux Grecs les contrées dont tu me parles, c'est impossible. »
Le sulthan, après ces paroles, ne voulut pas contraindre Thoros; et, ayant fait avec
lui un traité d'amitié, il s'en revint dans ses États, sans lui avoir fait de mal.
Ayant entrepris une nouvelle expédition contre le prince arménien, il vint assié-
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 621
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me
ger Thil. Mais le Seigneur fit sentir sa colère aux infidèles. Quoique ce fût pen-
dant l'été, le tonnerre gronda, des éclairs brillérent, un vent violent déracina les
arbres. Tous, dans ce terrible bouleversement de la nature, recoururent à Dieu, et
implorèrent sa miséricorde. Au bout de trois jours, le ciel et la terre recouvrèrent
le calme, et le sulthan battit en retraite couvert de honte. Il mourut au bout de
dix mois, laissant le trône à son fils [Izz-eddin] Kilidj-Arslan; celui-ci entretint
avec Thoros une sincère amitié. Il envoya une ambassade à Jérusalem et à An-
tioche, et resserra les liens qui l'attachaient au chef arménien”. |
Thoros fit encore autre chose. Le prince d'Antioche Renaud, poussé par ses
instigations, et Thoros avec lui, équipèrent une flotte et firent une descente dans
l'île de Chypre, comme si c'eût été un pays de Turks. Ayant surpris cette île sans
défense, ils saccagèrent les villes, enlevèrent dans les villages les buffles et accablè-
rent les habitants de mauvais traitements; ils coupérent les mains, les pieds, les
oreilles, le nez à une foule de gens, non-seulement parmi les séculiers, mais en-
core parmi les ecclésiastiques; après quoi ils les relâchèrent et partirent. À cette
nouvelle, l'empereur Manuelentra dans une violente colère; mais pour le moment
il ne pouvait se venger *.
613 (9 février 1164 — 7 février 1165).
Sdéph'ané, frère de Thoros, périt victime de la perfidie du duc de Hamous*,
dessus, p. 154, n. 2; 167,n. 1; 169, n. 1; 186 et
170. 200) et de Michel le Syrien (p. 362, n. 2; 392.
2 Cf. le même, chap. cxxini, p. 185-188. n. 1). — La forteresse de Hamous et celle de Nedji-
mah, voisines l'une de l’autre, se trouvaient entre
3 Le duc de Hamous n'est autre que le gouver-
neur grec de la Cilicie, Andronic Comnène, qui Marasch et Tell de Hamdoun, vers le nord de la
chaine de l’Amanus, et gardaient l'entrée de la
fut plus lard empereur, et dont le nom revient si
souvent dans les pages de Grégoire le Prêtre (cf. ci- Syrie dans la Cilicie supérieure. (Cf. le récit de
! Cf. Grégoire le Prêtre, chap. cxiv-cxvn, p. 169-
622 = CHRONIQUE
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7 C. Powgnepuitu, — 8 C. sohpbug — 9 À. Qouuy — 1 C. fRugee paru
qui l'attira sous les dehors de l'amitié. S’étant saisi de lui il le fit bouillir dans une
chaudière de cuivre. Sdéph'ané laissa deux fils en bas âge, R'oupèn et Léon. Ses
frères, Thoros et Mleh, furieux de ce meurtre, en tirèrent une vengeance éclatante.
Ce duc infâme sera comptable devant le juste tribunal de Dieu du sang inno-
cent qui fut versé pour expier ce forfait. Dès ce moment, Thoros, victorieux par
la force de son bras, tint sous sa puissance les districts montagneux du Taurus,
sur lesquels sa domination s'étendait, grâce au secours de Dieu. Il fut nommé
sébaste de Mëcis, d'Anazarbe et de Vahga. |
Son frère, Mleh, qui était un scélérat, cherchait à le faire périr; il recruta des
complices de sa perversité. Un jour les deux frères étant allés à la chasse entre
Mècis et Adana, Mleh résolut de profiter de l'occasion pour mettre son projet à
exécution et tuer Thoros. Mais celui-ci, qui avait été prévenu, se saisit de Mleh,
et en présence des grands lui adressa de vifs reproches; après quoi il lui donna
beaucoup d'or et d'argent, des chevaux, des mulets, et le chassa du pays sans lui
faire aucun mal. Ce fut sa seule vengeance. Mieh se retira auprès du sulthan
d'Alep, Nour-eddin, et entra à son service. Il reçut de lui Cyrrhus (Guros) et le
territoire de cette ville.
L'épouse de Sdéph'ané était fille de Sëémpad, seigneur de Babar'on, et sœur
de Pagouran, qui, après la mort de son père, Sémpad, tué devant la porte de
Mécis, lui succéda dans la possession de Babar'on. Cette princesse, ayant pris
ses jeunes enfants, se rendit auprès de son frère dans cette forteresse, où elle les
éleva. C'était une femme de tête; elle se nommait Ritha. Il y avait encore Vaçag,
l'expédition envoyée par le sulthan Latchin contre les Arméniens en 1298, ci-dessus, p. 463-464, n. 2,
et apud d'Ohsson, Hist. des Mongols, t. IV, p. 212-218.)
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 623
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frère de Pagouran, et seigneur de la forteresse d'Asgour'as et de Lamos' et du
territoire environnant. Pagouran, seigneur de Babar'on, était un homme de bien
et généreux, chéri de Dieu et des hommes.
616 (8 février 1167 — 7 février 1168).
À cette époque, le seigneur Grégoire [Bahlavouni] était déjà avancé en âge. Il
occupait le siége pontifical depuis cinquante-quatre ans. Au bout de ce temps,
inspiré par l'Esprit saint, il rassembla un concile composé d'évêques, de doc-
teurs (vartabeds) et de tous les moines, et consacra son frère, le seigneur Nersès
[Schnorhali], pour lui succéder. Il le supplia avec de vives instances de se charger
de cette dignité, car Nersès la refusait. C'était un homme plein des grâces divi-
nes; 1} me serait impossible de raconter sa vie. Sa réputation parvint à Constan-
tinople et à Rome, jusqu'aux patriarches et aux empereurs. Par lui toutes les na-
tions furent amenées à donner leur adhésion à la croyance des Arméniens.
617 (8 février 1168 — 6 février 1169).
Thoros, fils de Léon et seigneur de Mécis, mourut. Que le Christ lui fasse
miséricorde! Dans ses derniers moments, ïil donna pour baïle (tuteur) à son
jeune fils R'oupén le prince Thomas, qui gouverna pendant un an.
618 (7 février 1169 — 6 février 1170).
Mleh, frère de Thoros, ayant reçu un renfort de cavalerie du seigneur d'Alep,
peu au-dessous, au sud, sur la côte de la mer de
Chypre, s'élève une forteresse qui porte aujour-
d'’hui le nom de Lamas-Kalessi.
1 Lamos ou Lamôs, ville située sur le fleuve du
même nom, aujourd'hui Lamas-sou, à la limite de
la Cilicie Trachée et de la Cilicie Champèêtre. Un
624 CHRONIQUE
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qu qu ouplhuwg gopro.p q] au Bpru » L sun vbqufdhit Swuunyg 4 euuwkhsu Lapuu : ù 770
1 puupn est l'ancien mot français chambre pris dans le sens de « fisc, domaine, trésorerie. » — ? À. et
C: œuuiu huu — 3 B. paufows
entra en Cilicie à la tête d'un corps nombreux de Turks, et sempara de la prin-
cipauté de son frère. Il distribua un riche butin et quantité de dépouilles aux
Turks. S'étant saisi de ses adversaires, 1l les mit en prison; il saisit des évêques et
leur arracha les dents. Partout où il pensait qu'il y avait de l'or et de l'argent, il
allait l'enlever et l'entassait dans son trésor particulier. Des femmes pudiques se
virent livrées par lui aux plus infâmes outrages. Il se gorgea de richesses, fruit
des rapines qu'il exerçait contre des gens innocents. C'était un homme féroce,
méchant et impitoyable. Tous le détestaient et désiraient se sauver loin de lui;
mais, pour le moment, aucun refuge ne s'offrait à eux.
y
619 (7 février 1170 — 6 février 1171).
Le 19 juin, on ressentit un violent tremblement de terre qui renversa les rem-
parts d'Antioche et d'Alep. La magnifique église [de Saint-Pierre] à Antioche
s'écroula, et ensevelit beaucoup de monde sous ses ruines !.
Lorsque Mleh se fut mis en possession de la principauté de son frère, le baïle
Thomas s'enfuit à Antioche. Le jeune fils de Thoros fut conduit à Hr'om-gla, où
il mourut.
Le fils d'Oschin, Héthoum, qui avait épousé la fille de Thoros, la détestait;
mais, retenu, pendant la vie de son beau-père, par la crainte qu'il lui inspirait,
il n'osait rien faire contre cette princesse. Lorsque celui-ci eut fermé les yeux, 1l la
chassa de son palais. Mleh, irrité de sa conduite, vint attaquer Lampron, et fit
beaucoup de mal aux assiégés. Il y avait en effet longtemps que les R'oupéniens et
1 Cf. sur ce tremblement de terre, Michel le Syrien, ci-dessus, p. 370-371, et ibid. note 1.
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 625
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les Héthoumiens se voulaient du mal réciproquement; ce fut là une nouvelle cause
de discorde. Obéissant à ces sentiments de haine, Mieh fit beaucoup souffrir les
assiégés, soit le fer à la main, soit par la famine.
622 (6 février 1173 — 5 février 1174).
Le saint illuminateur, le seigneur Nersès | Schnorhali] de Hr'om-gla (Glaïetsi),
alla rejoindre le Christ. Ï1 avait prescrit de faire asseoir sur le siége pontifical le
seigneur Grégoire, surnommé Dgh'a.
624 (6 février 1175 — 5 février 1176).
Mieh était depuis sept ans maître du pays, lorsque les grands le tuèrent dans
la ville neuve de Sis, en haine de sa tyrannie. Ils envoyèrent à Babar'on, et en firent
venir le fils aîné de Sdéph'anê, R'oupén, pour l’asseoir sur le trône; aussitôt l'oncle
maternel de ce dernier, Pagouran, le fit partir. |
R'oupèn vint donc, et se mit en possession des Etats de ses pères. C'était un
prince bienveïllant, d'une figure charmante, brave dans les combats, habile au
maniement de l'arc. I distribua à tous d'abondantes largesses. Ayant mis la main
sur les trésors de Mleh, il se mit à les répandre de tous côtés sans en calculer
l'emploi. Il gagnait les grands et les militaires en leur offrant une table abon-
damment servie. Aussi, dans toutes les rencontres avec l'ennemi, aidé par eux,
il fut victorieux; il prit de cette manière Adana et Tarse.
Un jour, il fit honneur aux grands, et les remercia du service qu'ils lui avaient
rendu en donnant la mort à son oncle {le frère de son père), et en l'appelant pour
le remplacer. En même temps il promit de bien plus grandes récompenses au
Histor. ARM. — I. 79
026 CHRONIQUE
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meurtrier, sil parvenait à le connaître. Deux hommes, trompés par ces paroles,
se présentèrent à lui en disant : «C'est nous qui, de nos propres mains, avons
«immolé Mleh, par amour pour toi.» 11 leur témoigna d'abord une vive recon-
naissance ; puis il ordonna de leur attacher une pierre au cou et de les jeter dans
une eau profonde. L'un de ces hommes se nommait Dchahan, et l'autre, qui était
eunuque, Abëlgh'arib.
Lorsque R'oupên vit son pouvoir affermi, il attaqua avec vigueur Lampron,
et en fit le siége pendant trois ans. Il pressa vivement cette place, poussé par l'an-
cienne inimitié que les R'oupéniens avaient vouée à la famille de Héthoum. Mais
il échoua.
625 (6 février 1 176 — 4 février 1177).
Il y eut une éclipse de soleil; le ciel se voila de ténèbres, et les étoiles
brillèrent.
Cette même année, Kilidj-Arslan, sulthan d'Iconium, mit en déroute Manuel,
empereur des Grecs, devant Meldinis, forteresse située non loin d'Iconium, et
aujourd'hui ruinée ; après l'avoir prise ‘, il l'abandonna. Puis il fit un nouveau
traité d'alliance avec l'empereur.
626 (5 février 1177 — 4 février 1178).
Kyr Manuel mourut, et eut pour successeur son fils Alexis.
1 Dans cette expédition, racontée par Aboulfa-
rad}, Nicétas Choniates (VI, 1v) et Héthoum, Table
chronologique, ad annum 625 (Cf. ci-dessus, p. 477),
ce fut devant la forteresse en ruines de Myriocé-
phalon, située au nord-ouest d'Iconium, que le sul-
than Kiülidj-Arslan Izz-eddin défit Manuel {cf. ci-des-
sus, p. 333, note 2). Cette forteresse est la même
que notre auteur appelle Meldinis ou Mélitène,
sans doute du nom que lui donnaient les Armé-
niens.
2 Sëmpad est en avance de trois ans pour la date
de l'avénement d’Alexis II Comnène; ce prince suc-
céda à son père Manuel sous la tutelle d’Andro-
nic, au commencement de l'indiction xiIv, c'est-à-
dire en septembre 1 180. Îl régna trois ans, jusqu'en
octobre 1183.
627
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE.
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A. 4 ou
627 (5 février 1178 — 4 février 1179).
Andronic se déclara contre Alexis, et, l'ayant fait périr, monta sur le trône.
629 (5 février 1180 — 3 février 1181).
Andronic à son tour fut tué et remplacé par [Isaac] l'Ange”.
630 (4 février 1181 — 3 février 1182).
Le baron R'oupên se rendit à Jérusalem avec une magnifique escorte, et alla
épouser la fille du seigneur de Karak *.
Léon conçut des craintes du côté de son frère R'oupên, auquel des perfides
l'avaient dénoncé comme voulant se révolter contre son autorité. Léon s'enfuit à
Tarse, et de là à Constantinople. Mais la protection toute-puissante de Dieu ne
l'abandonna pas, et il fut accueilli avec beaucoup d'amitié par l'empereur.
631 (4 février 1182 — 3 février 1183).
Léon revint de Constantinople, et se rendit auprès de son frère Roupên, qui
le reçut affectueusement et lui donna Gaban.
1 Isaac l’Ange, successeur d’Andronic, se main- Howrroy De THoRon.
tint pendant neuf ans et huit mois, jusque vers le Honenor.
commencement de mai 1195, époque où il fut ren- Connétable du royaume de Jérusalem, marié à Estéfénie,
‘versé et privé de la vue par son frère Alexis IIT. fille de Philippe de Milly, seigneur de Naplouse.
Rétabli sur la fin d'août 1203, avec le secours des Fat SR RU
croisés français et vénitiens, il fut détrôné une se- Honrnoy, ISABEAU,
conde fois quelques mois après par Alexis Ducas, Premier mari d'Isabeau, Mariée à Rupin de la Montagne
dit Mourtzoupkl ÉCioiire à fille d'Amaury, roi de Jérusa- (R'oupén III).
LHOUTÉENDApRIES QUE de Pers lem , et de Marie Comnène.
2? Isabeau, fille de Honfroy, seigneur de Tho-
| AaLis ou ÂLICE, PuHiLiPpa.
ron et de Krak. Voici la généalogie de cette prin-
cesse, d'après le livre des Lignages d'outre-mer, ” Voir la suite, à la généalogie des princes R ou-
chap. xxv : péniens, J°" tableau.
79:
628 CHRONIQUE
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634 (3 février 1185 — à février 1186).
Cependant R'oupên, livré tout entier à son libertinage et à ses convoitises
adultères, fut entraîné à aller à Antioche faire des orgies avec des femmes de mau-
vaise vie. Le prince de cette ville [Boëmond le Bambe], profitant de l'occasion,
se saisit de lui et le jeta en prison. Les grands qui avaient accompagné R'oupên
s'enfuirent et revinrent chez eux. |
Alors R'oupên envoya à son oncle maternel, Pagouran, seigneur de Baba-
ron, un message pour lui dire de faire venir des otages, afin de les remettre
entre les mains du prince à sa place, et afin qu'il püt aller se procurer de quoi
payer sa rançon. Pagouran fit partir Ritha, mère de R'oupën, et quelques-uns de
ses parents. R'oupên sengagea à donner, pour prix de sa liberté, Sarvantik'ar,
Thil et Djéguër’, et mille tahégans d'or. Le prince d’Antioche, satisfait, le laissa
partir, et R'oupên, de retour chez lui, s'acquitta de ce qui était convenu, et déli-
vra Îles otages. |
636 (3 février 1187 — 2 février 1188).
R'oupên mourut, et eut pour successeur Léon, son frère, prince excellent et
loyal.
Cette même année, un Turkoman, nommé Roustem, recruta un grand nombre
1 Suivant le R. P. Léonce Alischan (Géographie à un seigneur nommé Osdér; ce fief ayant fait re-
politique, Venise, in-4°, 1853 (en arménien),
$ 1880), la position de la ville de Baïas, l'ancienne
Baiæ, aujourd'hui en ruines, sur le bord oriental
du golfe d'Iskenderoun, un peu au-dessus de la
Portella (Pylæe Ciliciæ), correspond au district de
Djéguêr, Giquerium des chartes latines. Nous ver-
rons plus loin que Djéguër était un fief appartenant
tour à la couronne, après que Léon eut pris le titre
de roi (1198), il le donna en antichrèse aux cheva-
liers de l'Hôpital, avec les châteaux d’alentour et
leurs rentes, en 1214, comme gage d'une somme
de 20,000 besans sarrasins que ceux-ci lui avaient
prêtée. (Paoli, Codice diplomatico del sacro militare
ordine gerosolimitano, t. [”, n° C, p. 105.)
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 629
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1 B. et C. bar — 2 C. SwSkkwg — 3 A. et B. gojvup — 4 A. Ephnu — 5 C. gaqubup wgwpot Lért
gebpet Qaukuiuw — 6 A. et C. bubppu — 7 B. gbrhnnwuuy, 12, A. À, 200. — 8 À. Judiurs — 9 À. Qcr-
apfañbyh — 1 À. junauÿfe — A UUES — À. Cousfirwspu
d'hommes de sa nation et envahit la Cilicie, menaçant insolemment d'anéantir le
christianisme. Il s'avança jusqu'à Sis, et vint camper devant la ville à Rôin, en
couvrant [de ses troupes] la surface du pays.
Léon, ce prince fort de la protection divine, après une escarmouche, abattit
sous ses coups leur chef, et tous prirent la fuite. Il les poursuivit, en les taïllant
1 . CR °1/
en pièces, jusqu à Sarvantik'ar.
637 (4 février 1188 — 2 février 1 189).
Sire Baudouin, chevalier digne de tous les éloges, et connétable, fut tué dans
la forteresse de Br'agana, dont il était venu s'emparer par surprise; deux mois
après, Léon enleva cette place par un coup de main, et tua deux cents hommes
de la garnison.
Le sulthan Saladin prit Jérusalem sur les chrétiens !.
638 (3 février 1189 — 4 février 1190).
À cette époque arrivèrent du district de Saçoun, auprès de Léon, les fils de
Tchordouanel; leur mère était la sœur du seigneur Grégoire [Dgh'a], catholicos
d'Arménie. C'étaient de beaux hommes. Léon donna à l'aîné, nommé Héthoum, la
fille de son frère R'oupên, appelée Alice, et la ville de Mëcis; à l’autre, qui s'ap-
pelait Schahënschah, il accorda Séleucie et la fille cadette de R'oupén, Philippa,
qui vivait auprès de [Ritha] mère de Léon.
Léon épousa la nièce (fille du frère) de la femme du prince d'Antioche, qui
(Cf. mes Recherches sur la chronologie arménienne,
1 La date véritable de la prise de Jérusalem est le
t. [*°, 2° partie, Anthologie chronologique, n° Lxxxv.)
vendredi 2 octobre, ou le lendemain samedi, 1 187.
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630 CHRONIQUE
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ou QE, gb ob BE wupot | Lot Egh oqunraun. ut gXodiupfouit Vouunnews qfunk :
Del uquy Gunther be ebasche Jepdanl bg qufacabhou sSuquitghp ut
Léger qualit, y Papufoloutn fEudf uubp g$Suypuutenne (het : Sujtdunl dis.
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eupéEgft quwpri | bou f qué fephuïug :
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1 B. et C. Epkbah — 2 À. auby — 9 À. npaybku
lui fut accordée par cette princesse avec empressement. Il fut enchanté de cette
union, qui le rassurait contre les craintes que le prince lui inspirait continuelle-
ment. Ïl espérait que la parenté que lui créait cette union le protégerait contre
toute agression de ce côté, comme cela eut lieu en effet.
Trois mois plus tard, le 16 mai, mourut en Jésus-Christ le seigneur Grégoire
Dgh'a, catholicos. Il fut enterré à Trazarg. Le siége patriarcal fut occupé après lui
par le seigneur Grégoire, surnommé Manoug ', qui était encore tout jeune.
Les grands princes, fils de la sœur du catholicos [Grégoire Dgh'a], Héthoum
et Schahënschah, moururent tous les deux dans le même mois que leur oncle.
Nous ne pouvons consigner ici par écrit ce que nous avons entendu raconter de
leur fin, car on prétend que c'est Léon qui en fut la cause. Mais Dieu seul sait
la vérité. | |
Cependant le jeune patriarche, le seigneur Grégoire [Manoug], depuis quil
était parvenu à cette dignité, affectait l'indépendance envers tous, revendiquant
pour lui seul l'exercice de l'autorité. Les principaux de la nation, mécontents de
lui, écrivirent à Léon qu'il n'avait pas la sagesse nécessaire pour exercer convena-
blement les hautes fonctions dont il était revêtu. Ils renouvelèrent trois et quatre
fois ces dénonciations, jusqu à ce qu'ils eussent gagné ce prince à leur sentiment.
643 (1° février 1194 — 31 janvier 1195).
Léon envoya à Hr'om-gla le seigneur Jean, archevêque de Sis, pour agir
1 L'auteur a commis une grave erreur en attri- était allé faire aux Lieux -Saints. (Voir ci-dessus,
buant à Grégoire Manoug le surnom du cinquième pag. 39.) J'ai rectifié cette erreur dans ma traduc-
prédécesseur de ce patriarche, Grégoire Vahram, tion. (Cf. au sujet de ce surnom de Manoug « jeune
dont il a été déjà question plusieurs fois précé- homme», saint Nersès de Lampron, dans sa Lettre
demment, et notamment lors de la prise de Jéru- au roi Léon, ci-dessus, p. 590, et ibid. note 3.)
salem par les croisés en 1099, dans une visite qu’il
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 631
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eberr L hubrebu" 260, Seuuft db f dEpuy Gjeyft b Jogt Suypuubuf fupbuïvg, b
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Lean bp Grsutuhu ghw@ncghnut, Epbp on vuwpru | Lit, L'apfu que f pEpyt
Uraorwny dufrut db: Pog Sanduytghéé mnthhatuse de mippun qarnugup.
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dannaceght al 3h, L enwpbu wquugl qu bp ebpnbo L aBnnnÿt bepy: Ve Su
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À. &dniun — ? B. innckjny — S B. et C. &qur. — 4 À, hobpph — 5 À. np wuqur — 6 À. byfu
comme il le jugerait à propos dans sa prudence. Celui-ci se rendit chez le catho-
licos, qui le reçut avec tous les honneurs de l'hospitalité; mais tandis qu'ils étaient
ensemble à table, l'archevêque ayant fait un signe de la main à ses gens de service,
ceux-ci allèrent s'emparer de la porte de la forteresse. Le tumulte devint général; le
catholicos, surpris, dit à Jean : « Seigneur, de quoi s’agit-11? — Tu es prison-
« nier, » répondit l'archevêque. Aussitôt ces scélérats se saisirent du catholicos, et
le confinèrent dans une prison d'où il était impossible de s'évader.
Lorsque le bruit de cet attentat se fut répandu au dehors de la forteresse et
dans l'intérieur du village, toutes les populations accoururent au secours de leur
patriarche, et attaquèrent la place pendant trois jours par des volées de flèches;
mais leurs eflorts furent inutiles. |
L'archevêque conduisit le catholicos à Léon, qui le fit renfermer dans la forte-
resse de Gobidar’. Grégoire y était prisonnier depuis quelque temps, lorsque ceux
de Hr'om-gla, douloureusement affectés du traitement injuste qu'avait éprouvé
leur seigneur, lui firent dire en secret que, s'il pouvait réussir à s'évader, ils lui
amèneraient un cheval, et iraient le rétablir dans la possession de Hrom-gla et
de son siége. Grégoire ayant ajouté foi à ces paroles, comme un enfant, s'attacha
un drap de toile autour du corps, afin de descendre pendant la nuit de la for-
teresse; mais ce lien s'étant rompu, il tomba et mourut du coup. On l'ensevelit à
Trazarg. Ces événements eurent lieu en 643.
Après lui, on donna la dignité patriarcale au seigneur Grégoire Abirad, fils du
général [Schahan|], frère des catholicos Grégoire [Bahlavouni] et Nersès de Hr'om-
gla. C'était un homme de bien, savant et avancé en âge.
À cette époque, Léon s'empara de la personne du prince [Boëmond le Bambe],
et le mit en prison pendant quelque temps. Cependant le comte Henri [de Cham-
pagne], issu d'une extraction royale, étant venu d'Acre, pria Léon de lui remettre
632 CHRONIQUE
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Funk FRS dénun. L Giuug Yfôu jab, Le Sinue ph 4 Enbghh wbobudi - L mu.
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hmguñt qu qemomBbudh, L dYunbug gr juñmt bqpoté (Meet:
LA. qQués — À. Dabue he — 5 À. (per
le prince d'Antioche à titre de gracieuseté. Léon yÿ consentit; alors ils firent en-
semble un traité d'amitié qui fut cimenté par un mariage. Léon donna au fils aîné
du prince, nommé Raymond, la fille de son frère R'oupên, Alice, veuve de Hé-
thoum de Saçoun; il fut stipulé que s'il naïssait un fils de cette union, il serait
l'héritier de Léon, et que Raymond, après la mort de son père, serait seigneur
d'Antioche. Ces conventions furent mises par écrit. Le fils du prince d'Antioche
resta auprès de Léon pendant quelque temps; après quoi il mourut, laissant sa
femme enceinte. Elle mit au monde un bel enfant mâle, dont la naissance com-
bla Léon de joie, car il n'avait pas de fils pour lui succéder. I le fit élever avec
soin, et baptiser, en lui donnant le nom de son frère R'oupên ’.
1 Le récit de la manière dont Léon se saisit de
Boëmond le Bambe, de l'intervention du comte
Heari de Champagne et du mariage de Raymond
d'Antioche avec Alice, nièce du roi d'Arménie, a
été retracé par l’un des continuateurs de Guillaume
de Tyr (rédaction du ms. D, p. 207-212), avec les
détails les plus circonstanciés et les plus curieux.
Léon avait invité Boëmond à venir le rejoindre
a la fontaine du château de Gaston, pour s'asseoir
ensemble à un banquet. Sybille, femme de Boë-
mond, qui estoit de mauvaise vie, s’acointa de Livon
de la Montaigne, qui avait promis de l'épouser, et
détermina son mari à accepter cette invitation. Le
prince d’Antioche, qui ne baoit mie à nul enging,
partit accompagné de ses barons, le connétable
Raoul des Mons, Barthélemy le maréchal, Olivier le
chambellan, Richier del Erminet et autres sei-
gneurs. Lorsqu'il fut arrivé au lieu du rendez-vous,
Léon l’engagea à pousser jusqu'au château, et, après
le repas, lui déclara qu'il était son prisonnier, et
qu'il eût à lui livrer Antioche. Boëmond, pris au
piége et ne pouvant refuser, envoya Barthélemy le
maréchal et Richier del Erminet, pour remettre
la ville aux Arméniens; Léon leur adjoignit Hé-
thoum de Saçoun (Hayston de Sasoigne), mari de
sa nièce Alice, en le chargeant d'aller en prendre
possession en son nom. Héthoum s'arrêta et s’héber-
gea à Saint-Julien, dans le voisinage d’Antioche,
pour attendre que les portes de la citadelle et les au-
tres lieux fortifiés eussent été remis aux Arméniens :
et pendant qu’un eunuque (escoillé) allait veiller
a l'exécution de ces premières mesures. L'eunuque
ayant vu dans la cour du palais une chapelle qu'a-
vait fait bâtir le prince Raymond en l'honneur de
Saint-Hilaire de Poitiers : « Nos ne savons, s’écria-
«t-il, que vaut dire Saint-Ylaiïre, mais nos la ferons
« baptiser et aura a nom Saint-Sarquis (Uwrzbr,
« Serge). » Les hommes du prince, déjà afiligés de Ja
perte de leur maître, entrèrent en fureur en enten-
dant cette parole orgueilleuse ; un sommelier, s'étant
armé de pierres, atteignit l'eunuque dans les reins
et le renversa. Cependant les autres criaient aux
armes; tous les habitants ensement d'une volonté et à
ane vois coururent à la porte du pont et prirent tous
les Arméniens. Is se réunirent avec le patriarche
Aimeri dans la cathédrale [Saint-Pierre], se formé-
rent en commune, et s'étant rendus auprès de Ray-
mond, fils aîné de Boëmond, lui déclarèrent qu'ils
le tiendraient pour leur seigneur jusqu'à ce queson
père fût délivré, et qu'ils ne pouvaient souffrir
qu’Antioche fût livrée à si vil gens comme sont Her-
mines. Héthoum de Saçoun , apprenant le mauvais
succès de sa mission et le soulèvement des Antio-
chains, se sauva précipitamment à Gaston, auprès
de Léon, qui l’attendait dans ce lieu. Léon se retira
emmenant son prisonnier à Sis, et le renferma dans
la forteresse, où il le traita très-honorablement.
Quelque temps après, Raymond et Boëmond,
les deux fils de Boëmond le Bambe, d'accord avec le
patriarche Aimeri, envoyèrent à Saint-Jean-d'Acre
prier le comte Henri de Champagne d'aller inter-
céder auprès de Léon en faveur de leur père. Henri
se mit en route par Tortose, s'arrêta pour faire
une visite au scheïkh des Bathéniens ou Assassins,
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMENIE. 633
NE
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A. f Qogho — ? À. fawgnepuñvuy — 3 — Vp5Lup est l'ancien français archevesque.
645 (1* février 1196 — 30 janvier 1197).
L'empereur des Grecs [ Alexis l'Ange | envoya à Léon une magnifique couronne,
en sollicitant son alliance et son amitié. Léon reçut ce présent avec une extrême
satisfaction.
646 (31 janvier 1197 — 30 janvier 1198).
Léon envoya à Constantinople, avec des présents [pour l'empereur], l'archevêque
de Tarse, Nersès de Lampron, fis d'Oschin, Halgam, prince d'illustre naissance,
frère de Pagouran et oncle maternel de Léon, et un officier de sa cour, le baron
Paul. Ces ambassadeurs allèrent assurer l'empereur de l'amitié et du dévouement
de Léon.
Le seigneur Nersès de Lampron était un prélat vertueux et savant, orné de toutes
les perfections. Les docteurs grecs se réunirent auprès de lui, et ils discutèrent
pendant plusieurs jours sur le dogme et la discipline ecclésiastique; il les amena
avec habileté à sa manière de voir. |
Cette même année, les Grecs furent dans l'erreur sur l'époque de la célébra-
tion de la fête de Pâques .
Léon envoya le seigneur Jean, archevêque de Sis, à Acre, pour réclamer la
couronne que l'empereur d'Allemagne [Henri VI] lui envoyait, et qu'avaient
apportée les troupes arrivées dans cette ville. En même temps vint l'archevêque
[de Mayence, Conrad de Wittelspach], légat du pape de Rome.
l Pâques tomba cette année le 6 avril pour les
Grecs, les Latins et toutes les nations qui suivaient
correctement le comput alexandrin ; pour les Armé:-
niens , 11 fut retardé jusqu'au 13. (Voir mes Recher-
ches sur la chronologie arménienne, t. 1°", IIT° partie,
tableau G, Table pascale.) |
et arriva enfin à Sis, où Léon le reçut avec les plus
grands honneurs. Il lui accorda sans rançon la li-
berté de Boëmond; Henri les réconciülia, et, pour
sceller le traité qui fut fait à cette occasion, maria
Alice, devenue veuve de Héthoum de Saçoun, avec
Raymond, fils aîné de Boëmond.
HISTOR. ARM. — I.
80
034 | CHRONIQUE
AE
Gretdwrh dEg Joe Jun Bbañit gl q} kr Puquunp Sung À Siwquiiqne.
Phit Ekbakgeoÿ Sandy, L'otgpmpfut Vunuug, L bqh ocpufum Out Lung.
gb jusnepe jbufu quiuEut bone {ut fepbuñtg obuft quiuqgubut L'unpnqghu, JEpEuu
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eeÉgl eur un fe q{anbpy Gwpqwugnqugn :
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Se Vobarr fobneabns np diotañunt Vhapounn :
l'Opep, 6nprour, ou, comme on lit quelquefois, pp, 6nproun, est le vieux français empereor. —
2 À. Gusyukp Uyudisuwg
647 (31 janvier 1198 — 30 janvier 1199).
Le 6 janvier, jour de la fête de l'Épiphanie, Léon fut sacré roi d'Arménie},
sous la suzeraineté de l'église de Rome et de l'empereur d'Allemagne. Ce fut une
grande joie pour les Arméniens de voir leur trône national relevé après avoir été
renversé, et maintenant restauré en faveur de Léon, souverain d'Arménie.
Cette même année mourut le seigneur Nersès de Lampron*.
Maintenant nous avons à raconter sommairement les avantages dont jouirent
si tardivement les Arméniens. Le roi Léon était un prince sage et habile, d'une
figure avenante, d'un cœur généreux pour ceux qui vivaient au loin comme pour
ceux qui l'approchaient, pour les grands comme pour les petits, pour les couvents
et les églises, pour les chefs comme pour le peuple. IH célébrait la fête de Pâques
par une réunion imposante et un banquet somptueux. Il rehaussa la pompe des
fêtes du Seigneur. Partout où 1l apprenait que vivait un homme sage ou savant, ha-
bile dans l'action, expert au métier des armes, ou possédant le talent de la parole
ou bien celui de répondre aux objections, il l'envoyait querir, l'attirait par des
promesses et se l'attachait par ses libéralités. Je suis du nombre de ces hommes
qu'il fit venir auprès de lui, moi, général Sëmpad, auteur de ce livre-ci.
Au sacre de Léon assistèrent une foule d'évêques et de chefs dont je vais don-
ner la liste abrégée, afin de les faire connaître au lecteur.
D'abord nous mentionnerons les dignitaires du clergé :
Le seigneur Grégoire Abirad, catholicos;
1 La véritable date du couronnement de Léon II 2 Cf. sur la mort de saint Nersès de Lampron,
est 646 de l'ère arménienne (31 janvier 1197 — arrivée le 14 juillet de cette année, ma notice sur
30 janvier 1198). Cf. mes Recherches sur la chro- ce saint et savant prélat, ci-dessus, p. 566 et 568,
nol. armén. t. I°, 1" partie, ch. xv, p. 164, note g. note 1.
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DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE.
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Sée Grdsuithu wppbuhonagne Vos L'okp ypwqupat :
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Sée Grdobt wnebuhu4maqnu Viubnrpay L'okn GEuneutg uivhgt :
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S£e up wpebuhugranu | wdppouft L wnufhopg W{hami:
S£e Urébatiinu wppbaghugeunu Suparh L'ukp irait :
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635
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Le seigneur David, archevêque de Mëcis et supérieur du couvent d'Ark'agagh'in;
Le seigneur Jean, archevêque de Sis et seigneur de Trazarg;
Le seigneur Minas, archevêque de Jérusalem;
Le seigneur Joseph, archevêque d'Antioche et seigneur du couvent des Jésuéens”;
Le seigneur Constantin, archevêque d'Anazarbe et seigneur de Gasdagh'ôn;
Le seigneur Vartan, archevêque de Lampron et supérieur de Sguévr'a;
Le seigneur Etienne, archevêque de Tarse et seigneur de Mëlid;
Le seigneur Thoros, évêque de Séleucie * ;
Le seigneur Grégoire, évêque de Gaban et seigneur d'Arek ‘;
Le seigneur Asdouadzadour (Dieudonné), évêque et seigneur de Medz-k'ar ;
Le seigneur Jean, évêque de Sanvéli;
Le seigneur Constantin, évêque de Philippopolis *;
Le seigneur Etienne, évêque de Pertous;
Le seigneur Mëkhithar, évêque d'Éngouzoud ;
Ainsi qu'un grand nombre de docteurs, d'abbés de couvents et de prêtres.
1 Monastère situé dans le voisinage de Sis.
? Autrement appelé Sfuncuwque, ’Icouçavank,
« couvent de Jésus ou des disciples de Jésus. »
3 Séleucie, aujourd'hui Sélefké, sur le Caly-
cadnus ou Saleph, capitale de la Cilicie Trachée.
— Les autres noms de cette première liste et de
celle des barons de la Cilicie, qui la suit, ont été
déjà expliqués précédemment dans le cours de ce
volume, ou représentent des localités dont la posi-
tion est aujourd’hui inconnue. — On remarquera
qe les prélats arméniens ici mentionnés joignent
pour la plupart à leur titre diocésain celui de supé-
rieur, ar'adchnort, ou de seigneur, dér, de l’un des
couvents de la Cilicie; il est difficile aujourd'hui de
décider s'il existait une différence réelle entre ces
deux qualifications. Je crois cependant que si la pre-
mière désigne l'exercice d’un pouvoir religieux, la
seconde semble impliquer plus particulièrement une
suprématie temporelle et une juridiction féodale.
Léon II avait sans doute institué, pour certains évé-
ques et abbés de la Cilicie, des fiefs, comme pour
ses barons, lorsqu'il donna à son royaume une cons-
titution féodale, calquée sur le modèle de celle des
Latins d'outre-mer.
4 Couvent situé dans la Montagne Noire.
5 Au lieu de pfrbuune, Philippos, que donne le
texte, j'ai cru devoir lire Philippopolis, ville de l'in-
térieur de la Thrace, située sur l'Hébrus. H y avait
dans ce pays nombre d’Arméniens, qui étaient ve-
nus s'y fixer dès avant le règne de l'empereur Basile
le Macédonien (866-886), qui était lui-même Ar-
sacide d'origine. L'évêque arménien de Philippopo-
lis, Grégoire, fut envoyé à Rome en 1185 ou 1186
par le catholicos Grégoire Dgh'a.
80.
636 CHRONIQUE
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Que Nobrt be Canuuiiu ?:
1 B. Quwnene — 2 B. Urlqns, C. Urwqniu — ÿ A. abeb — $C: Ubu — 5 B. Deuwtsaju — 6 A.et
B. Davgeb — 7 C. Conpui
Voici maintenant les noms des seigneurs châtelains :
Le baron Adam, seigneur de Bagras; |
Le baron Osdér, seigneur de Djéguër;
Le baron d'Arek, seigneur de Hamous;
Le baron Sëémpad, seigneur de Sarvantik'ar ;
Le baron Léon, seigneur de Haroun ;
Le baron Sirouhi, seigneur de Simana-gla;
Le baron Henri, seigneur d'Ané;
Le baron Abëlgh'arib, connétable, seigneur de Gouda ';
Le baron Baudouin, seigneur d'Éngouzoud ;
Le baron Estève, seigneur de Thor'nga;
Le baron Léon, seigneur de Pertous;
Le baron Grégoire, son fils;
Le baron Aschod, seigneur de Gantchi;
Le baron Abëlgh'arib, seigneur de For’nos”;
Le baron Tancrède, seigneur de Gaban;
Le baron Constantin, seigneur de Djand)i;
Le baron Geoffroy, seigneur de Schogh'agan ;
1 Le nom de cette localité est écrit un peu toute couverte de chênes, et où s'élève le monas-
plus loin dans la liste des connétables d'Arménie,
Grewwb, Goudaf. Sa position m'est inconnue.
? Cette place était dans le nord de la Comagène.
Aujourd'hui For nos est un bourg à deux journées
de marche à l’est du Zeytoun, habité par des Ar-
méniens et baigné par une petite rivière. Sur le
bord oriental de cette rivière est une montagne
tère de Saint-Étienne d'Ouini, à une heure de dis-
tance environ de For’nos. Au pied est une chapelle
qui renferme le tombeau de ce saint et où se rendent
en pèlerinage un grand nombre de chrétiens, ainsi
que de musulmans, attirés par les miracles qui
s'opérent en ce lieu. (Indjidji, Arménie moderne,
p. 376.)
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 637
ep (het bp ego :
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Qapré (Nastre puis nb Qurquen if:
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Quprt Shaput obp Qauwquitey :
Qepru Qouuuiug bp UEk Ph *:
Quprt Aout bp fus:
l'A, Qidwnou — ? À. [J'oprupu, GC. Wrsknupr, c'est le nom français Mauléon. — ? C. W£144hay
RE
Le baron Simon, seigneur de Mazod-Kbatch;
Le baron Simon, seigneur d'Amouda ;
Le baron Robert, seigneur de Thil ;
Le baron Thoros, seigneur de Thëlbagh'd';
Le baron Vasil, maréchal, seigneur de Vaner ”;
Le baron Georges, seigneur de Partzérpert;
Le baron Constantin, seigneur de Gobidar';
Le baron Ajarôs, seigneur de Mauléon ;
Le baron Sëémpad, seigneur de Gouglag *;
Le baron Héthoum, seigneur de Lampron ;
Le baron Schahënschah, seigneur de Loulva;
Le baron Pagouran, seigneur de Babar'on;
Le baron Vaçag, seigneur de Pertgan;
Le baron Tigrane, seigneur de Br'agana;
Le baron Constance, seigneur de Séleucie;
Le baron Josselin, seigneur de Sinida;
1 L'édition de M. Osgan et celle de M. Schahna-
zarian portent Æquww, Thélbas, que M. Osgan à
pris pour Thélbaschar ou Tellbascher. Mais cette
dernière forteresse était alors au pouvoir des mu-
sulmans, depuis que Nour-eddin s'en était emparé,
après que Josselin le Jeune fut tombé entre ses
mains, en 1149. J'ai préféré lire Thélbagh'd, nom
d'une forteresse du district de Baghin, dans la
Quatrième Arinénie ou Mésopotamie arménienne.
2 dev, pluriel vulgaire de uv, « demeure,
habitation, couvent. » La partie de la Cilicie où se
trouvait cette localité est la plaine appelée Méloun,
Urr.v, auprès de la ville forte de ce nom, (<>
uw d'Édrisi, confondue par Jaubert (trad. t. II,
p. 138) avec la ville de Mallos. Cette plaine était
située sur la rive gauche du Sarus (Seyÿhan), au
nord-est d'Adana. Vasil , possesseur de Vaner, étant
mort, Léon II, auquel ce fief avait fait retour, le
vendit aux Hospitaliers, moyennant la somme de
10,000 besans sarrasins, par un acte en date du
23 avril 1214, où ce fief est désigné sous le nom
de casale nomine Vanerium. (Paoli, Codice diploma-
Lico, t. 1, n° xcix, p. 104-106.)
* Cette forteresse commandait le passage appelé
Pyle Cilicie, le défilé de Gougläg, aujourd’hui Ku-
lek-Boghaz, qui conduit de la Cappadoce dans l'in-
térieur de la Cilicie; elle est la même, sans doute,
qu'un château de construction byzantine dont les
ruines existent encore sur le rocher qui borde ce
délilé à l'ouest. Non loin de là se trouvent les ou-
vrages élevés par Ibrahim-Pacha en 1838 et 1839,
pendant son occupation de la Karamanie.
‘638
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Qupru (oediutnu! unkp Couwnoun) 2:
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CHRONIQUE
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Qepru bah colonne wkp Epnny :
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Qupru og wbp Vendu L 'Uyreoqphe :
Quprte Yen Vote kg entr L Ubu:
Dept buy be VPatefouute Lk {un :
Qepru Vjeruuuun fu bp || wqnunbuny”:
pri “{bhbon [up Eqeuypu :
Q wpril Uér ul pt ukpiu Caubt L Ueupuunn) :
1 A. B. et C. portent Uwisvnu, Amanos. Malgré l'accord de ces trois autorités, J'ai cru devoir supposer
ici une altération, et rétablir la forme ffusivvnu « Romain», qui m'a paru être la véritable leçon. —
A. Uvgy — $ À. Qonghury — 4 B. Junow — 5 À. Sbuph —$ À. Ubn Yuswg — 7 À. et C. T'ondo
— À. Dutagqunnfu — 9% À. LuqnurEy est le nom français Lagravène.
Le baron Simon, seigneur de Gorigos ';
Le baron Romain, seigneur d'Adarôs;
Le baron Nicéphore, seigneur de Verguis;
Le baron Kraff, seigneur de Lauzad ;
Le baron Halgam, seigneur de Lamôs, de Jamëéngan et d'Anamour”;
Le baron Henri, sébaste, seigneur de Nor-pert ‘;
Le baron Baudouin, seigneur d'Antouschdz et de Gouba;
Le baron Kyr Isaac, seigneur de Vagh'va et de Siga“;
Le baron Michel, seigneur de Manovschad et d'Alar;
Le baron Constantin, seigneur de Lagravène ;
Le baron Nicéphore, son frère;
Le baron Kyr Vart, seigneur d'Aghôl et de Godrad *.
1 Gor'igos, château fort situé sur la côte de la
Cilicie, entre les fleuves Calycadnus et Lamus,
Kæpuxos de Ptolémée (V, vx, $ 4), Corycus de Pom-
poniusMela (I,xu1) et de Pline (XXXIIT, xx), appelé
au moyen âge Corc, Curco, Curch, le Courc et le
Court, aujourd’hui Gourgos. Plus tard, dans les
derniers temps de l'existence du royaume de Îa Pe-
tite Arménie, et lorsque ce pays était sans défense
et livré à l'anarchie, les Arméniens appelèrent à
leur secours Pierre I“, roi de Chypre, et lui en-
voyèrent une députation pour lui proposer d'occu-
per Gorigos, que, malgré tous leurs efforts, ils ne
pouvaient continuer à défendre contre les Turks.
Pierre accepta leur offre avec empressement, et, en
janvier 1361, fit partir Robert de Lusignan , cheva-
lier poitevin, venu en Orient pour faire la guerre
sous la bannière des princes de sa maison. Quel-
ques jours après, les habitants de Gor'igos ouvraient
leurs portes aux Chypriotes, et juraïent fidélité au
roi Pierre, dans leur cathédrale. Ce château fut
enlevé aux Chypriotes, en 1448, par un des des-
cendants de J'émir Karaman. (M. de Mas-Latrie,
Histoire de Chypre, t. I, documents, p. 75, note 1,
et Mémoire sur les relations politiques et commer-
ciales de l’île de Chypre avec l'Asie Mineure, Biblio-
thèque de l'École des chartes, 2° série, t. [", p. 491,
et t. II, p. 130.)
? Anemurium, Anamur, vulgairement Estenmur,
sur la mer de Chypre, à quinze lieues sud-est d'An-
tiochia ad Cragum, ou Antiochette.
3 Castellum novum, dans une charte de donation
aux Hospitaliers, par Léon II, en avril 1210.(Paoli,
Codice diplomatico, t. 1, n° xciv, p. 98-99. Inno-
centü [IT epistolæ, éd. Baluze, lib. XIIT, epist. cxix.
Raïnaldi, Annal. eccles. t. II, p. 468, ad annum
1210, $ 20, 34 et 35, p. 304-305.) La position de
cette forteresse nous est inconnue.
& Conf. au sujet de cet Isaac, d'origine grecque,
seigneur d'Antiochette, la Table chronologique de
Héthoum, ad annum 665, ci-dessus, p. 483, et ibid,
note 5.
5 Dans cette liste, les noms des châteaux forts
qu'elle contient étant au génitif, et la langue ar-
ménienne ne fournissant pas toujours un moyen
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 639
Le gén du$mi Que ppbifé jeun fohuue Elf JUSunupe be Sunayn pub
Fuquengf | Louk, ap Et wjonphl:
Ube Nedbe paf peuÿu :
Ube Lang op Ur pi:
Ur ocupei :
Ube re diou WEST prit:
Ute Vote | pv:
Ur bed op | tir:
Le aguubul brSES hobuñog L puÿ gopoe L'unmunn wupghop b poquwpäu ubquñng
quuht jod up Qugdhe f 4abes (lee Le bebp pupanghu dupkp 48, L squeupkp
Eabobiu L julie quan atopftwg - gb um fi? Xawugup$ $Ean ok
qulneh Baurqurnpfé | Lu, aunbu gpl L g0opahe Wok Vote op Efo bunp
Song VEqtut wbäqugng jyd, Lente f'unguité phpenpugs puñnhwg gbokbp
Lnqu
Le cgu 967 peuple quyp h deg Pfudtuss heph qupeybañ vuepnth, L
1 A, Dec Du: C. wine fins — 3 B. &nndivy
Après la mort du prince Boëmond [le Bambe], un grand nombre de chefs vin-
rent d'Antioche prendre du service chez le roi Léon; ce sont:
Sire Olivier, chambellan ; |
Sire Roger du Mont;
Sire Louard:
Sire Thomas Meslebrun ?;
Sire Boëmond Lair:
Sire Guillaume de l'Isle.
Avec le concours de ces chefs expérimentés, de ses braves troupes, en répan-
dant avec profusion des largesses et en entretenant une table largement servie,
Léon se fit partout des auxiliaires empressés au combat. Dans toutes les ren-
contres, il repoussait vigoureusement l'ennemi, et était sans cesse occupé à en-
lever aux infidèles du butin et des dépouilles. Aussi, à une distance d'un mois
de marche, on exaltait le roi Léon, et son nom seul faisait trembler. Les fils de
Kilidj-Arslan, qui possédaient le pays des Romains, battus et réduits à l'extré-
mité par lui, se virent enlever leurs forteresses et ravager leur territoire.
C'est ainsi que, par sa bravoure, il apparaissait parmi les ennemis comme
sûr d'en déduire le nominatif, il est impossible par-
fois, en l'absence de tout autre secours, de donner,
sans être exposé à se tromper, la véritable forme de
ces noins au cas direct. D'ailleurs, c'était le génitif
qui était habituellement admis pour ces dénomina-
tions, en sous-entendant le mot #épy « forteresse,
château fort », comme le prouve le nom de la for-
teresse de Vahga, qui est au cas oblique, Baxä ou
Baxé, dans Cinnamus et dans Nicétas Choniates, à
dans Ibn-Alathir.
1 Appelé Rogerias de Monte, dans une charte de
Léon II (1210) où il porte le titre de connétable;
Raoul des Mons dans la Contin. de Guill. de Tyr,
p. 207. Ce seigneur fut aussi attaché au service de
Raymond Rupin pendant que celui-ci possédait
Antioche, comme on le voit par un privilége de
ce prince aux Génois, de 1216, dans la collection
intitulée Historiæ patriæ monumenta, Liber Jurium,
t. I, col. 577-578, n° 516.
2 Thomas Viellebrun, dans un acte de 1214.
(Paoli, Codice diplomatico, n° c, p. 104-105), et
dans deux actes de 1215, Thomas Malebran (ibid.
n° c1, p. 106), Thomas Meslebrun (ibid. n° cu,
p- 107).
$ Willelmas de Insula, dans les actes précités de
1214 et 1215 (Paoli, t. I”, p. 104-107).
640 CHRONIQUE
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un héros invincible. Il se fit chérir des nations éloignées comme de ses voisins.
Se rappelant les maux que les seigneurs de Lampron avaient fait endurer aux
Arméniens de la Cilicie et à la famille des R'oupéniens, particulièrement Oschin,
père de Héthoum, qui, se mettant à la tête des Turks, enleva de la ville d'Adana
cinq cents jeunes filles, sans compter le butin qu'il fit, Léon songeait prudem-
ment à les dépouiller de leurs domaines. Dans ce but il envoya à Héthoum, fils
d'Oschin, un message, afin de l'amorcer. «Je veux établir des liens d'amitié
«avec toi, lui dit-il, et donner Philippa, fille de mon frère [R'oupên], en ma-
«riage à ton fils aîné Oschin.» Héthoum accueillit cette proposition. Les apprèts
de la noce furent faits à Tarse. Les Héthoumiens étant arrivés dans cette ville
avec tous leurs parents et leurs enfants, le roi Léon mit la main sur eux et sem-
para de Lampron sans coup férir. Après avoir renfermé Héthoum en prison pen-
dant quelque temps, il le relâcha, lui donna quantité de villages, et le traita dès
lors avec bienveillance. Héthoum, de son côté, se montra vassal soumis. Mais au
bout de quelques années, Léon le fit arrêter et renfermer de nouveau. Héthoum
revêtit l’habit monastique; et, le roi étant allé le visiter dans sa prison, ils se
pardonnèrent mutuellement. Léon lui rendit une seconde fois la liberté en lui
donnant [le couvent de] Trazarg, où Héthoum vécut retiré jusqu'à sa mort.
652 (30 janvier 1203 — 29 janvier 1204).
Le seigneur Grégoire [ Abirad], catholicos, termina sa carrière; il fut enseveli
à Ark'agagh'in.
Cette même année, le roi Léon réunit un grand nombre d'évêques et plaça
sur le siége patriarcal le seigneur Jean, évêque de Sis, homme prudent, géné-
reux, et qui tenait une table digne d'un roi, humble de cœur, mais perfide, simple
dans sa personne, mais sans souci pour les choses spirituelles. [1 était très-porté en
faveur des gens vertueux, et 11 ne divulguait pas les fautes des ecclésiastiques,
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 641
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aimant l'ordre et le pratiquant dans sa maison, et pourvoyant à toutes les néces-
sités avec un zèle digne d'éloges.
Il détruisit une foule d'objets du culte, des vases en or et en argent, le reliquaire
orné d'or, d'argent et de pierres précieuses, que le seigneur Nersès [| Schnorhali]
avait fait jadis confectionner, que plus tard le seigneur Grégoire Abirad avait
enrichi, et sur lequel 1l avait fait graver le nom de tous les deux; la grande croix
d'or du baron Vasil eut aussi le même sort. H fit fondre la croix, coulée en or, du
seigneur Grégoire, et en retira quantité de pierres précieuses et de perles. Il dé-
truisit la couverture de l'évangile qui avait appartenu au seigneur Grégoire, re-
haussée de pierreries et de perles, et le pallium du seigneur Nersès, lequel était
tissu d'or et se tenait droit comme sil eût été d'or coulé. Il enleva l'or, les pierres
précieuses et les perles du cercle de l'autel élevé par le seigneur Grégoire, ainsi
que la grande lampe d'argent que ce prélat avait fait fabriquer et suspendre à la
coupole [de l'église] de Saint-Grégoire [lIMuminateur]. 1} détruisit la ceinture
du seigneur Grégoire, que celui-ci avait fait faire, enrichie d'or, de perles et de
pierreries. Ne nous faites pas un crime de ces révélations, car nous ne parlons
pas d'après des oui-dire, mais de ce que nous avons vu et touché de nos mains,
lorsque ces dégradations eurent lieu. Nous. pleurâmes de voir ces magnifiques
objets ainsi mutilés. Mais [le seigneur Jean] munit sa forteresse de solides rem-
parts; il recevait tous ses visiteurs avec une si large hospitalité, qu'ils s'en reve-
naient en célébrant ses louanges. Il était de la famille des Héthoumiens, fils de
Constantin, fils d'Oschin.
654 (29 janvier 1205 — 28 janvier 1206).
Le roi Léon alla assiéger Ablastha, mais 1 ne put prendre {cette ville].
Hisror. ARM. — Î. 81
642 CHRONIQUE
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Khosrov-Schah, fils de Kilidj-Arslan ”, étant arrivé de Constantinople, se mit en
possession des E États de son père.
A cette époque, le seigneur Jean, catholicos, vint trouver le roi Léon, auquel
il rapporta des propos injurieux contre la reine, princesse de la maison d'An-
tioche. Léon, irrité, fit mettre à mort une foule de personnes de la suite de la
reine, et se livra lui-même aux plus grandes violences contre elle. À peine si
Constantin, fils de Vaçag, oncle maternel du roi, put l'arracher de ses mains à
demi morte. Léon la fit conduire en prison dans la forteresse de Vahga’. Il avait
d'elle une fille encore en bas âge, nommée Ritha, et qui était élevée par la mère
du roi, la reine des reines [Ritha]”; que la mémoire de cette princesse soit en
bénédiction !
655 (29 janvier 1206 — 28 janvier 1207).
Le doge de Venise [Henri Dandolo] et le comte de Flandre [Baudouin] enle-
vèrent Constantinople aux Grecs; ils les exterminèrent et les mirent en fuite.
Dès lors, les Grecs cessèrent de régner dans cette ville.
1 Ghiath-eddin Keiï-Khosrou, fils de ‘Izz-eddin
Kilidj-Arslan II. (Cf. ci-dessus, p. 404, 405, ‘481
et 482.)
2? Le titre sp4fv enhfuwg « reine des reines » était
celui que portait la reine douairière, mère du roi;
celui de Bwquse npwçuyp OÙ wppuyGuwuyp, BaoikeoméTtwp,
père da roi, désignait le baile ou régent du royaume
pendant une minorité. (Cf. pour l'explication de ces
titres en usage à la cour de Sis, mon Introduction.)
Le grand baron Constantin portait celui de père
da roi, lorsqu'il gouvernait le royaume pour son
fils, Héthoum I", encore tout jeune, comme on
le voit par un mémorial ou mémento de copiste,
qui fait suite à la chronique de Michel, dans le ma-
nuscrit de la Bibliothèque impériale, ancien fonds
arménien, n° 96, folio 220 v° et 221 r°, et que
J'ai publié en tête de ma traduction d'un frag-
ment de cette chronique (573 — 717 de J. C.),
dans le Journal asiatique, cahier d'octobre 1848,
p. 286-287.On trouve l’abstrait wppuwéwpm hi,
qui est le nom de cette dignité, dans un privilège
de Léon V aux Siciliens, en date de 1331, prove-
nant des archives de Messine, et publié pour la
première fois par le KR. P. Léonce Alischan dans
le Polyhisior, fiwglivJte, revue bi-mensuelle des
Mëkhitharistes de Saint-Lazare, à Venise, livraison
du 15 mars 1847. (Cf. mes Recherches sur la chro-
nologie arménienne, chap. 1v, p. 129-130.)
$ Cette date est fausse, puisque ce fut le lundi de
la deuxième semaine du grand carême ou carème
de Pâques, 12 avril de l’année mondaine 6712,
indiction vu (1204), que les Latins prirent Cons-
tantinople, suivant le témoignage de Nicétas Cho-
niates (Alexis Ducas Mourtzouphle, ch. n).
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 643
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l À, Qoshe — 2 À, g 0 Bento — $ À. b'udus — 4 B. et C. Quukiu « Isabelle »,
657 (29 janvier 1208 — 27 janvier 1209).
[Cette année fut celle de la naissance de Sëémpad, le connétable, auteur de cette
histoire :.|
Après la prise de Constantinople, un prince grec se sauva de ce côté-ci de la
mer [en Asie]. Il prit et soumit à son autorité Nicée, Adramyttium, Éphèse,
Smyrne et les forteresses dépendant de ces villes, Philadelphie et Pegæ (Bigh'as)?,
et régna dans ces contrées. Il se nommait [Théodore] Lascaris.
659 (28 janvier 1210 — 27 janvier 1211).
Le roi Léon passa dans l'ile de Chypre, et épousa la sœur du souverain de
cette île, Sibylle, princesse pieuse et modeste *.
665 (26 janvier 1216 — 24 janvier 1217).
Le roi Léon sempara habilement d'Antioche. Il gagna, par la promesse de
grandes libéralités, quelques-uns des principaux de la ville, qui lui en ouvrirent
la porte pendant la nuit; et il y fit son entrée avec des forces imposantes. Plu-
sieurs allèrentse retrancher dans la citadelle; mais quelques jours après ils vinrent
faire leur soumission.
1 Ceci est une de ces additions de seconde main,
introduites dans le texte de notre chroniqueur, et
que jai signalées ci-dessus, p. 608. Sëmpad étant
né en 1208, et, comme il nous l'apprend un peu
plus loin, le roi Léon étant mort en 1219,il en ré.
sulte que notre historien était âgé de onze ans lors-
que ce prince cessa de vivre. Il était par conséquent
tout jeune lorsque, d'après ce qu'il raconte, Léon
l'appela à sa cour. Cette faveur s'explique par l'il-
lustre naissance de Sémpad , qui était de la famille
des princes héthoumiens, et par Îe soin jaloux et
éminemment politique qu'avait le roi de grouper
autour de lui et de s'attacher les représentants des
plus grandes familles de la Cilicie.
2 Les noms de ces villes de l'Asie Mineure n'ont
besoin d'aucune explication , à l'exception de Bigh'as,
indiquée dans Spruner, Historischer Atlas (Griechen-
land und Kleinasien), sous le nom de Biga; Hyyai,
ville de l'Hellespont, dans Nicétas Choniates (Bau-
douin de Flandre, ch. 1, in fine); Les-Pigal de Geof-
froy de Villehardouin (Conqueste de Constantinople,
éd. Buchon, Paris, in-8°, 1840, p. 115), qui dit:
« Une chite ki sour mer seoit, et iert peuplee de Latins. »
Elle était située sur le canal de Saint-Georges, au
sud-est de Lampsaque.
S Sibylle était née du second mariage d’Amaury
avec Îsabeau, reine de Jérusalem. Amaury, mort le
1° avril 1205, avait laissé pour lui succéder son fils
Hugues I”, alors âgé de dix ans. L'époque de l'union
du roi d'Arménie avec Sibylle (1210) coïncida avec
celle de la majorité du roi de Chypre, telle qu'elle
était réglée par la législation d'outre-mer consignée
dans les Assises de Jérusalem.
81.
O4 CHRONIQUE
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12 A. A Crau, C. b Cow — BE. et C. Part — là À, omet Qu fu — 15 À. np — 16 C, soguEiwg
— 1 A. pncoubp, C. Suug np jun Ep — 8 À. qUobr Loeubug; B. L Quyby Oopubug — À. qop
Du temps du roi Léon, le sulthan d'Iconium, qui était de la famille des Sel-
djoukides, et qui se nommait ‘Izz-eddin Keï-Kaous, réunit son armée. Comme
Léon était déjà vieux et souffrait de la goutte, et qu'il avait les mains et les pieds
perclus, [les infidèles] résolurent de se venger des défaites qu'il leur avait infli-
gées. Il avait enlevé Héraclée et Laranda, assiégé et pillé Césarée. I leur rendit ces
villes à prix d'argent. Le sulthan étant venu mettre le siége devant la forteresse de
Gaban, le baron Constantin, général en chef de l'armée, et le baron Adam, [plus
tard] baïle, furent chargés par le roi de repousser les ennemis. Étant partis à la
tête de la cavalerie arménienne, ils allèrent camper à Schogh'agan, sur le sommet
de la montagne. Cependant le sulthan pressait vivement la place. Le baron Léon,
seigneur de Gaban', et les autres chefs qui la défendaient, firent une sortie, bat-
tirent les infidèles, et, à la tête de l'infanterie de la garnison, brûlérent les ma-
chines des assiégeants, et se tirèrent en braves de ce péril ?.
Alors le sulthan résolut de faire descendre dans la plaine un de ses détache-
ments, qui arriva, à l'aurore, vers Schogh'agan, dans un lieu nommé lézdi. Le
connétable Constantin s'avança à sa rencontre et avec les’‘siens livra combat, tan-
dis que ceux du baron Adam étaient empêchés de venir au secours du connétable,
contenus par les forces supérieures des Turks. Là furent faits prisonniers le baron
Constantin, fils de Héthoum”, seigneur de Lampron et beau-père du baron Adam,
ainsi que Kyr Isaac, seigneur de Siga, Azel Auxence (Ôk' sents), et autres chefs et
1 Ce Léon est le même qui, dans un privilége $ Cf. sur ce Constantin, cousin au second degré
de 1215, accordé par Léon Il aux Génois, est men- du grand baron Constantin, et @wqwnkp, thakatir,
tionné sous le.nom de « Leo de Cabban» (Hist. pa- c’est-à-dire investi de la charge de poser la couronne
triæ monumenta, Lib. jur.t.1,n° pxiv,col.574-576). sur la tête des souverains dans la cérémonie de leur
? Cf. sur ces événements la Table chronologique intronisation, la Table chronologique de Héthoum,
de Héthoum, ad annum 665, ci-dessus, p. 483. loc. laud. et ibid. note 4, et mon Introduction.
TT x
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 645
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° B. sUwbrty — À. Frs
Po a —————————————— ee mere
chevaliers. Les Arméniens furent taillés en pièces. Les captifs furent amenés sous
les murs de Gaban en présence du sulthan. « Cet avantage, dit-il, me suffit; » et
il abandonna le siége. Étant retourné dans ses États, il fit mettre en prison ses
captifs chargés de chaînes; 1ls y restèrent seize mois, jusqu'à ce que le roi Léon,
compatissant au sort de ces chefs qu'il avait élevés et nourris, céda la forteresse de
Loulva, le fleuve d'Isaurie, et l'imprenable passage de Lauzad}, et, à ce prix, ob-
tint leur liberté. Après la mort de Léon, le connétable Constantin reconnut ce ser-
vice au centuple, par ce quil fit pour la mémoire de ce prince et pour sa fille.
Il vaut donc mieux, pour un souverain, conserver un serviteur fidèle que ses
autres richesses !. ;
Après que le roi et le baron Adam eurent cessé de vivre, le sulthan ‘Izz-eddin
[Keïi-Kaous] mourut”. Il eut pour successeur son frère Ala-eddin [Keï-Kobad|],
prince savant et adonné à l'astrologie. Lorsque celui-ci se vit solidement appuyé
sur une armée considérable, recrutée de gens de toutes nations, chrétiens et mu-
sulmans, il enleva au petit-fils d'Adom, Kyr Vart, la forteresse de Galonoros, et
épousa, malgré la répugnance qu'il rencontra, la fille de ce dernier, qui, en'sa
qualité de chrétienne, ne voulut avoir aucun commerce avec lui. Le sulthan s'em-
para du territoire de l'Isaurie, jusqu'aux portes de Séleucie, ville que les frères
de l'Hôpital conservent avec le secours des Arméniens *.
1 Ce passage était situé, à ce qu'il paraît, non
loin de celui de Gouglag et débouchait, par Po-
dandus , dans la Cappadoce. Là se trouvait une ville
du même nom, que Hiéroclès, dans son Synecdeme,
appelle Aavgaëaie, et Constantin Porphyrogénète
{De Thematibus, 1, xt), Axtgaëos, et que le premier
place sous la dépeadance du gouverneur, ÿyeuwv,
de l'Isaurie, et le second dans le Thema Seleuciæ
(Cf. Banduri, Imperium orientale, t. I, p. 12 et 39).
? Suivant Sëémpad, la mort du sulthan ‘Izz-ed-
din Keï-Kaous et l'avénement de son frère seraient
postérieurs au meurtre de sire Adam (1221). Cette
date est en retard de deux ans environ sur celle que
donnent Ibn-Alathir et Aboulféda, qui marquent
l’année 616 (1219), et Aboulfaradj, qui indique
la même année de l’hésire, et de plus l'année des
Grecs 1531 (oct. 1219-1220).
3 Par le terme Jsaurie, il faut entendre la Gilicie
Trachée, qui porte aussi ce nom dans les Notices
de l'empire. Le château de Saleph ou Selef (Sé-
leucie) était alors le chef-lieu de la commanderie
des Hospitaliers en Cilicie. Dans un acte de do-
nation de Raymond Rupin à ces chevaliers, en
date de 1210, et dans celui par lequel Léon 1]
646 | CHRONIQUE
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Le baron Constantin, baïle, était un homme de tête, et la prudence dirigeait
tous les actes de sa vie. En vertu d'une stipulation, il recevait des Hospitaliers,
chaque année, comme prestation d'hommage, un corps de 4oo cavaliers. Tout
ce que les Franks lui offraient en dons volontaires, il le recevait avec empres-
sement. |
Cependant le sulthan, réfléchissant que la Cilicie était dans son voisinage et
pensant qu'il s'en rendrait maître quand il voudrait : « Allons d'un autre côté, se
«dit-il, et ouvrons-nous d’autres contrées.» Étant parti avec des forces considé-
rables, il vint prendre Ezënga, et mit à mort le prince qui possédait cette ville.
De là 1l marcha sur Erzeroum, dont il sempara, ainsi que de Mandzguerd, jus-
qu'au territoire de Gars. Ensuite il vint s'emparer de Mélitène, Kharpert et Tchè-
mèschgadzak, Amid et Dzovk', et soumit tout le pays que traverse l'Euphrate. Il
extermina aussi les Égyptiens (Sulthaniens), car le sulthan d'Égypte, étant accouru
au secours du seigneur de Aïn-tab, échoua; Ala-eddin le battit complétement et
le mit en déroute.
Sous son règne, le bruit se répandit que les Tartares arrivaient, et avaient en-
vahi le haut Turkestan dont ils avaient pris les forteresses et les villes. Ces hordes,
parvenues dans le Khorazm, avaient battu le Khorazm-Schah [Ala-eddin-Moham-
med] et l'avaient forcé à prendre la fuite. Après avoir traversé le grand fleuve
Djihoun, les Tartares s'étaient établis sur ses rives. Ils soumirent toute la contrée
qui s'étend entre les deux fleuves, le Djihoun d'un côté, et le Sihoun (Kéhon) de
l'autre. Les principales villes de ce pays sont Samarkande, Boukhara, Késch,
leur engage le fief de Djëéguêr (1214), figurent parmi l'eau, le jour de l'Épiphanie , à laquelle il assista,
les témoins Faraldus de Baras, castellanus Selephü, lorsqu'il se trouvait en Cilicie, en se rendant dans la
Hemericus de Pax, Selefhie castellanus; Albertus, Palestine, en 1211, dit que le roi Léon avait à ses
preceptor Selefkie. Willebrand d'Oldenbourg (Itine- côtés « magistrum domus Alemannorum, et castel-
rarium Terre sanctæ, dans Leonis Allatii Symmicta, «lanum de Saleph, hospitalarium, cum eorum
p. 15), en décrivant la fête de la bénédiction de « sociis viris religiosis millibus. »
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 647
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Nakscheb (Nakhschoub), Kerminié, et beaucoup d'autres dont j'omets les noms.
Le Khorazm-Schah était comme un homme couvert par les vagues au milieu
d'un fleuve, et simaginait sauver le Khoraçan et la contrée que sépare le grand
fleuve, à l'ouest. Tchinguiz-Khan, chef des Tartares, ayant établi un pont de ba-
teaux, franchit le Sihoun et se rendit maître, en quatre jours, de la grande cité
de Samarkande. En quatre années, il ne put parvenir à la ruiner, car Samarkande,
en langue turke, signifie ville grasse; et, en effet, c'est une cité riche et considé-
rable. Il prit aussi quantité d'autres places.
Mais il nous faut revenir à ce qui concerne la Galicie et continuer notre récit.
Le baron Constantin, baïle, rassembla le clergé et l'armée, et leur dit : « Barons,
« vous savez dans quelle condition déplorable j'ai trouvé notre pays, et l'état dans
«lequel l’a laissé notre souverain. Grâce à Dieu, je l'ai relevé au point où il est :
« maintenant; et la fille de Léon est en âge d'être mariée. Délibérons pour savoir
«quel maître nous nous donnerons, car Je veux assurer à ma famille et à mes
«enfants le repos et la tranquillité. » Après avoir tenu conseil pendant plusieurs
jours, ils s’arrêtèrent à la résolution de faire venir d'Antioche, plutôt que de par-
tout ailleurs, le fils du prince [Boëmond le Borgne], Philippe, par la raison que
ce prince, étant leur voisin, pourrait leur prêter un secours efficace toutes les fois
qu'ils en auraient besoin.
671 (25 janvier 1222 — 24 janvier 1223).
ls posèrent pour condition que leur jeune souverain vivrait à la mode armé-
nienne, qu'il adopterait la croyance et la communion des Arméniens, qu'il res-
pecterait les priviléges de tous les nationaux. Mais une fois devenu grand et par-
venu à sa vingtième année, cédant aux instigations de son père, il entreprit de
chasser tous les chefs arméniens et de les remplacer par des gens à lui. Les Armé-
648 | CHRONIQUE
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niens, ne pouvant plus supporter une telle injustice, se saisirent de lui à Thil, le
détrônèrent et le renfermèrent dans une prison, où il mourut". Après quoi, ils
instituérent de nouveau comme baïle le baron Constantin.
675 (24 janvier 1226 — 23 janvier 1227).
Le seigneur Constantin, catholicos, les évêques et les grands du royaume se
réunirent à Tarse, et choisirent pour roi l'un des fils du baron Constantin, le
jeune Héthoum, en le mariant à Isabelle, fille du roi Léon. L'allégresse régna
parmi les Arméniens. On resserra les liens de l'amitié avec le pape de Rome,
l'empereur d'Allemagne, et Ala-eddin [Keï-Kobad], sulthan du pays des Romains.
À cette époque, la reine Isabelle, poussée par une fureur diabolique, résolut
de se réfugier auprès de sa mère, qui était chez les Hospitaliers, dans la forte-
resse de Séleucie. Elle partit donc en rompant avec le roi et toute la nation. Le
baron Constantin, à la tête d'un corps de cavalerie, vint camper devant Séleucie.
Les Hospitaliers, pour qui la défense de cette place était une lourde charge, et
qui redoutaient le sulthan Ala-eddin, résolurent de rendre Séleucie et la reine
aux Arméniens, et de se maintenir en bons termes avec eux. Le frère Bertrand s'y
prit de la manière suivante : « Le roi Léon, dit-il, nous a donné cette forteresse.
« Nous ne pouvons pas dire à sa fille : quitte-la; mais nous en sortirons, et alors
« occupez-la et prenez la reine. » C'est ainsi que les Arméniens obtinrent Séleucie
et Isabelle ?.
À cette époque, le sulthan d'Alep, avec un corps nombreux de cavalerie, vint
attaquer Bagras, mais sans succès *.
! Cf. ci-dessus, p. 516, note 1. | 3 Ce prince était Mélik-el-’Aziz Gbhiäth-eddin-
2 Voir, pour la date précise de l’avénement de Mohammed, fils de Mélik-eddhaher, fils de Sa-
Héthoum I", ci-dessus, p. 430, note 1. ladin.
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 649
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Cette même année, Isabelle donna le jour à son fils aîné Léon.
Les Tartares ayant envahi le pays des Romains, la mère du sulthan prit avec
elle sa fille et se réfugia en Cilicie. Les Tartares envoyèrent aussitôt au roi Hé-
thoum pour réclamer les fugitives : « Si tu ne nous les remets pas, lui dirent-ils,
«l'amitié que tu as contractée avec nous n'est qu'un mensonge.» Les Arméniens,
craignant que les Tartares n'inondassent le pays, rendirent ces princesses. Le
sulthan [Ghiâth-eddin] Keïi-Khosrov-Schah et tous les musulmans en voulurent
beaucoup à Héthoum. A la tête de sa cavalerie, le sulthan, guidé par Constan-
tin, seigneur de Lampron, franchit la montagne de Babar'on, et, descendant dans
la plaine, porta partout l'incendie.
Le baron Constantin, père du roi, et le connétable Sëmpad se jetérent dans
Tarse, tandis que le roi avec ses cavaliers allait se renfermer dans Adana. Les
Turks investirent Tarse et campèrent au pied de la colline, derrière le fleuve
[Cydnus]. Ils saccagèrent, pendant six jours, toute la contrée environnante.
Ensuite ils partirent pour rentrer chez eux par le défilé de Gouglag. Le roi avec
sa cavalerie, le père du roi [Constantin] et le connétable Sëmpad se mirent à
leur poursuite et arrivèrent à un lieu nommé Maïdzar’. Les ennemis étant revenus
sur nous en nombre immense, l'action sengagea, et, par le secours de Dieu,
nous les battimes et les poursuivimes, en les exterminant, jusqu'à Podandus ”.
695 (19 janvier 1246 — 18 janvier 1247).
L'année suivante, les infidèles arrivèrent en nombre par le défilé de Gouglag;
1 Ancienne ville dans Îe sud de la Cappadoce, à Annascha-Kalessi. Au pied de cette montagne se
une journée de marche au nord-est des Pylæ Cili- trouve un vaste khan, où est établi un bureau de
ciæ. Îl n'en reste aujourd'hui que le château, qui est douane (badj-khäneh) pour les caravanes qui se
situé au sommet d'une montagne, etque l'on nomme rendent de Kaïsarié à Tarsous, et réciproquement.
H1stor. ARM. —- I. 82
650 CHRONIQUE
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cette armée comptait deux cent soixante mille hommes. Tarse fut investie de tous
côtés. Le père du roi ct moi Sëmpad, connétable, nous nous renfermâmes dans la
place. Si nous voulions décrire les dégâts occasionnés par les balistes et raconter
les combats que nous eûmes à soutenir, ce serait une tâche beaucoup trop longue,
car, depuis l'endroit où le fleuve pénètre dans la ville jusqu à sa sortie, sur une
étendue d'un bon jet de flèche, ils abattirent le rempart. Il y eut beaucoup de
monde de tué des deux côtés; mais en dehors des murs il en périt cent fois plus;
car nous avions avec nous, dans la ville, des Franks qui étaient d'excellents ar-
balétriers.
Sur ces entrefaites, survint un député tartare que les ennemis laissèrent se
retirer. Nous n'aurions pas pu l'écouter, parce que la ville était prise; mais ce
qui vaut mieux que tout cela, cest que Dieu eut compassion des chrétiens, car
en ce moment le sulthan Ghiâth-eddin [Keï-Khosrov], qui était dans sa forteresse
de Galonoros, au moment où il était occupé à boire, s'écria tout à coup : « À mot,
«à moil» et, sans avoir pu prononcer d'autres paroles, il tomba mort. Les émirs
qui avaient investi Tarse, ayant appris cet événement, entrèrent en pourparlers
avec le roi, en exigeant, pour se rctirer, qu'il leur livrât Br'agana. Il y consentit,
et les infidèles battirent en retraite. Nous ne pensions nullement à la mort du sul-
than, parce qu'il était auparavant bien portant ’.
Deux ans après, nous rentrâmes par surprise en possession de Br'agana.
Que personne ne se vante d'échapper à la volonté de Dieu, car, tant que la
1 Aboulfarad) {Chron. syr. p. 523) dit que c’est à
cause du ressentiment qu'avait conçu Ghiäth-eddin
Keïi-Khosrou contre le roi d'Arménie, de ce que ce-
lui-ci avait livré la mère et la sœur du sulthan aux
Tartares, qu’il envoya une armée envahir la Cilicie
et attaquer Tarse. L'historien syrien raconte, d’ac-
cord avec notre chroniqueur, que cette ville était dé-
fendue par le baïle [ Constantin |, père de Héthoum,
et son fils aîné le connétable Sémpad, et que les
assiégés, soutenus par un corps de Franks, oppo-
sèrent une vigoureuse résistance. « Les infidèles,
ajoute-t-il, incommodés par les pluies, ne trou-
vaient point d’abri, ni le moyen de se procurer de
la nourriture pour eux et pour leurs chevaux; la
boue était si profonde, que les cavaliers s’y enfou-
çaient avec leurs montures. Sur ces entrefaites, ils
apprirent la mort du sulthan, qui était leur soutien,
et ils battirent en retraite avant que la nouvelle en
fût parvenue aux Arméniens. Ghiâth-eddin mourut
subitement dans l'automne, au commencement de
l’année 1557 des Grecs (octobre 1245).:
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 651
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6 B. Epqncky — : A. omet Uvpuuw —— 8 C. quehquuwuqu
guerre dura, il ne tomba pas une goutte d'eau du ciel; et, lorsque la paix fut
faite, la pluie revint et ne cessa pas pendant vingt Jours et vingt nuits. Tout
le pays ressemblait à une mer immense. Plus de dix mille infidèles, combattant
à pied, qui avaient envahi la Cilicie, périrent dans les eaux. Nous nous serions
couverts d'infamie de les accabler, quoique nous ne fussions point liés à eux par
un serment.
697 [19 janvier 1248 — 17 janvier 1249).
Moi, le connétable Sëmpad, je me rendis chez les Tartares.
699 (18 janvier 1250 — 17 janvier 1251).
Je revins auprès de mon frère le roi Héthoum.
708 (16 janvier 1259 — 15 janvier 1260).
Le roi Héthoum prit la forteresse de Mountas et arma chevaliers ses deux fils,
Léon et Thoros.
714 (14 janvier 1265 — 13 janvier 1266}.
Le baron Oschin, seigneur de Gor'igos, mourut.
1 L'auteur veut parler de son ambassade à la
cour de Koïouk-Khan. Ce prince étant monté sur
le trône en 1246, on voit, d'après le témoignage de
Sémpad lui-même, que ce ne fut quau bout de
deux ans que le connétable d'Arménie entreprit son
voyage. C'est donc à tort que Tchamitch {Histoire
d'Arménie, t. IN, p.222) le fixe en 1246. La lettre
écrite de Samarkande le 7 février par Sémpad à son
beau-frère Henri [°, roi de Chypre, pendant qu'il
cheminait pour se rendre auprès de Koïouk, doit
donc être rapportée à l'année 1248. Notre chroni-
queur avait été chargé par son frère, le roi Hé-
thoum , d'aller complimenter le nouveau khan, suc-
cesseur d'Ogota, sur son avénement.
82.
652 CHRONIQUE
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715 (14 janvier 1266 — 13 janvier 1267).
Les Tartares semparèrent de Mélitène, d'Amid et d'Édesse.
Naissance de Héthoum, grand baron.
Cette même année, le roi Héthoum se rendit maître de Marasch.
Les troupes égyptiennes firent prisonnier Léon, fils du roi Héthoum, et tuèrent
le frère de ce dernier, Thoros!.
716 (14 janvier 1267 — 13 janvier 1268).
[Michel] Paléologue enleva Constantinople aux Franks ?.
117 (14 janvier 1268 — 12 janvier 1269).
Le sulthan d'Égypte [Beïbars-Bondokdar] prit Antioche et Jalfa.
Cette même année, Léon fut rendu à la liberté.
Le seigneur Jacques fut établi catholicos à Sis.
719 (13 janvier 1270 — 12 janvier 1271).
Le roi Héthoum mourut en Jésus-Christ.
720 (13 janvier 1271 — 12 janvier 1272).
Son fils Léon [III] fut sacré roi.
1 Cf. sur les deux fils du roi Héthoum I“, Thoros populaire sur la captivité de Léon, p. 539-540.
et Léon, l'un tué, l’autre fait captif en combattant ? Il y a ici un auachronisme de cinq ans, puis-
les Égyptiens, auprès de Derbécak, la Chronique de que la date de la conquête de Constantinople sur
Vabram, ci-dessus, p. 522, et tb. note1,etle Chant les Latins, par Michel Paléologue, est 1262.
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 653
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6C. 4 Ewn q4d6g pwmup «et 1l prit six villes ».
723 (12 janvier 1274 — 11 janvier 1275).
Le sulthan Bondokdar détruisit le pont de Mëcis, et pénétra jusqu'à Gor'igos.
735 (9 janvier 1286 — 8 janvier 1287).
Le seigneur Jacques, catholicos, termina sa carrière; on lui donna pour suc-
cesseur le seigneur Constantin Brônakordz.
737 (g janvier 1288 — 7 janvier 1289).
= Naissance du baron Thoros, fils du roi Léon.
738 (8 janvier 1289 — 7 janvier 1290).
Le roi Léon mourut et fut remplacé sur le trône par son fils le baron Héthoum.
Le seigneur Constantin | Brônakordz|, accusé par de faux témoins que l'on pro-
duisit contre lui, fut privé de ses fonctions patriarcales.
739 (8 janvier 1290 — 7 janvier 1291).
On choisit pour catholicos le seigneur Étienne de Hr'om-gla.
740 (8 janvier 1291 — 7 janvier 1292).
[Le sulthan d'Égypte Melik]-Aschraf extermina les chrétiens du littofl [syrien]
et prit Acre 2 |
741 (8 janvier 1292 — 6 janvier 1293).
Aschraf attaqua Hrom-gla avec des forces considérables. Après des assauts
L Cf, sur la date de la prise de Saint-Jean d'Acre par les Égyptiens, ci-dessus, p. 488, note 3.
654 CHRONIQUE
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longtemps prolongés, il prit cette forteresse, et enleva les saintes reliques que
lon y conservait, et, entre autres, la dextre de saint Grégoire ['uminateur|.
Le catholicos et une multitude d’évêques, de prêtres et de diacres furent faits
prisonniers et conduits en Égypte!. Là mourut le seigneur Étienne, catholicos.
Je pense que ce fut en punition de l'injuste sentence qui avait condamné le sei-
gneur Constantin à l'exil, et qui était l'œuvre de la jalousie *.
! On lit dans Makrizi, trad. d'Ét. Quatremère,
t. I, 1° partie, p. 141 : « Le sultan Mélik-Aschraf
quitta Alep le quatrième jour de djoumada second
6g1 (23 mai 1292), et se dirigea vers Kalat-.
al-Roum {le Château des Romains). Ï1 campa sous
les murs de cette place le mardi huitième jour du
mois (27 mai), et fit dresser vingt machines avec
lesquelles il battit les remparts, et l'on ouvrit des
mines. L'émir Sandjar Schoudjai, naïb (lieutenant)
de Damas, fit fabriquer une chaîne que l'on attacha
aux créneaux de la citadelle, tandis que l'autre ex-
trémité était fixée fortement en terre. Les soldats
s'en servirent pour monter à l'assaut, et combat-
tirent avec le plus grand courage. Enfin, grâce à
Dieu, la place fut emportée de vive force, le sa-
medi onzième jour de redjeb (17 juin).» Voir
le surplus des détails ci-dessus, p. 542-543.
? Le récit de la prise de Hrom-gla sur les Ar-
méniens, qui est le complément de celui de la prise
de Ptolémais sur les Franks, par le sulthan Mélik-
Aschraf Khalil, se trouve rapporté d'une manière
plus étendue et avec quelques détails un peu diffé-
rents, dans l'ouvrage de Nersès Balients. Il peut
être curieux de le rapprocher de la narration très-
abrégée de Sëmpad, et de celles de provenance
musuimane que nous devons à Makrizi et à Aboul-
féda, celui-ci témoin oculaire et l'un des chefs de
l'armée du sulthan. (Conf. Moslem. Annal. ad an-
num 691.)
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« En l'année 741, Aschraf, sulthan d'Égypte, après
avoir pris el ruiné ÂAcre, et détruit entièrement la do-
mination et jusqu’au nom des chrétiens dans la Terre
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE.
655
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Le baron Oschin, maréchal, mourut, et l'on pourvut à l'établissement de Ri-
tha, qui fut unie à [Michel fils aîné de] l'empereur [Andronic le Vieux].
À la même époque, le baron d'Arménie Héthoum racheta aux infidèles la
dextre de saint Grégoire [Illuminateur] et toutes les reliques dont ils s'étaient
emparés. Il les apporta à Sis.
Le seigneur Grégoire [d'Anazarbe] fut choisi comme catholicos.
746 (6 janvier 1297 — 5 janvier 1 298).
Le baron Héthoum établit roi d'Arménie Sémpad son frère, et lui-même, em-
menant avec lui son autre frère, le baron Thoros, seigneur de Babar'on, alla à
sainte et le sahel (littoral) de la Syrie, marcha contre
les Arméniens. Il s'avança à la tête de ses troupes dans
la Mésopotamie, sur les confins du territoire d'Édesse,
et vint mettre le siége devant la forteresse de Hr'om-gla,
antique résidence des patriarches arméniens. Il l'atta-
qua vigoureusement, dans la persuasion que les autres
chrétiens ne pourraient la défendre; car le roi d'Armé-
nie [Héthoum 11] y avait envoyé son oncle maternel,
le baron Raymond, à la tête d'un corps nombreux
d'hommes d'élite. Les Égyptiens n'auraient cerles pu
réussir à sen emparer par des assauls prolongés pen-
dant plusieurs années; mais ils abattirent le rempart
dans toute son étendue avec leurs balistes, et ayant
pénétré jusque dans l'intérieur de la citadelle par une
excavalion, ils s'efforcèrent de la renverser en sapant
ses fondements. Les assiégés, voyant qu'ils s'apprêtaient
à mettre le feu le lendemain [aux étais de la mine] et
à consommer leur projet de destruction, demandèrent
l'amanat (en arabe, il et (ji), c'est-à-dire la vie
sauve, et la permission de venir se jeter aux pieds du
sulthan; mais celui-ci repoussa leur prière, en prétex-
tant qu il leur avait proposé plusieurs fois de se rendre
et de les laisser se retirer avec ce qu'ils possédaient.
Dans cette situation désespérée, le seigneur Étienne, ca-
tholicos, surnommé Hr'omaietsi (c'est-a-dire de Hr'om-
gla), qui était dans la place, revêtit le lendemain ses
ornements ponlficaux , et, escorté de tous les évêques et
des prêtres, et avec la croix et les objets vénérés du
culte portés devant eux, alla se prosterner devant le
sulthan. En le voyant, le tyran, à ce que l'on prétend,
lui cracha dessus en disant : « Pourquoi n'as-tu pas fait
« cette démarche hier? » Néanmoins il lui en tint compte,
car il donna l'ordre de ne tuer personne. C'est ainsi qu'il
devint maître de Hr'om-gla. Le catholicos et tous les
chrétiens, au nombre de plus de trente mille, furent em-
menés en Égypte, mis en prison et réduits en servitude.
À)
« Lorsque le tyran, ce second Balthasar, eut conduit
à Babylone cette multitude, la main paternelle [du Tout-
Puissant] traça les mots qui le condamnaient : une mor-
talite se déclara parmi ses peuples et les enlevait tous.
Leurs prêtres et leurs docteurs vinrent remontrer au
sulthan que ce fléau était la punition de la captivité où |
il avait réduit le chef religieux des chrétiens. Alors,
ayant appelé le catholicos : « Choisis, lui dit:il, parmi
«les prisonniers, ceux que lu voudras, au nombre de
« vingt; emporte avec loi la sainte et glorieuse relique
“que tu avais dans les mains lorsque tu sortis de ta
«iorteresse, et quitie immédiatement mon royaume,
« car je suis persuarlé que la mortalité dont il cst afflioc
« cessera. » Le catholicos ayant pris la dextre de saint Gré-
goire [l'Iuminateur], le sulthan Ini donna, ainsi qu'aux
hommes qu'il emmenait avec lui, de quoi pourvoir à
leurs dépenses, et une escorte chargée de Îles ramener
en Arménie. Le jour même où le catholicos partit avec
sa relique, le fléau s'arrêta.
« Antérieurement à ces derniers événements, et tandis
que le sulthan assiégeait Hr'om-gla, les Arméniens li-
vrérent aux infidèles Abëldiès, forteresse royale située
sur la frontière. Le roi lui-même céda au sulthan l'im-
prenable château de Behesni, comme rançon du catho-
licos; mais celui-ci avait été déja mis en liberté, comme
il a été dit plus haut, sans que les Arméniens eussent
appris son départ. Le catholicos, de retour en Arménie.
fatigué et blessé au cœur, ne tarda pas à succomber
dans cette même année.
« L'année de la prise de Hr'om-gla et de la captivité
du patriarche, mais avant que cette furteresse fût au
pouvoir des ennemis. les Syriens, les Nestoriens el
les Arméniens lombèrent dans l'erreur sur l'époque
de la célébration de la Pâque, et le roi réunit un con-
cile à ce sujel.» (CI. ci-dessus Je Poëne du roi Hé-
thoum IT, et la note préliminaire, p. 541-555.)
6506
CHRONIQUE
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Constantinople rendre visite à Ritha, leur sœur. Lorsque les deux princes furent
de retour, Sémpad se saisit d'eux et les mit en prison.
748 (6 janvier 1299 — 5 janvier 1300).
Sémpad fit étrangler Thoros, dans la forteresse de Partzèérpert, et priver de la
vue Héthoum, au moyen d'un fer brûlant, à Mauléon.
Cette même année, un autre de leurs frères, le baron Constantin, seigneur de
Gaban, rassembla un corps de cavalerie, mit en fuite Sëmpad, et délivra son frère
aîné Héthoum'. Puis, par la volonté de ce dernier, il s'assit sur le trône.
Au bout de quelques jours, Héthoum se saisit de Constantin, et chassa du pays
Sëémpad. Peu de temps après, il donna la couronne au fils de Thoros, le jeune Léon.
Sous le règne de ce dernier, les troupes arméniennes et Île chef (baron) du
pays de Roum, Khazandjoukh, taillèrent en pièces, non loin d'Aïas, l'armée
égyptienne, qui se composait de quatorze mille cavaliers.
Le catholicos Grégoire étant mort, on lui donna pour successeur Constantin
[Brônakordz] de Césarée [qui fut réintégré|.
791 (5 janvier 1302 — 4 janvier 1303).
[Cette année, Gazan, khan des Tartares, cédant aux instigations pressantes et
1 Héthoum IT, sorti de prison, reprit les rênes
du gouvernement et joua un rôle très-actif comme
auxiliaire des Tartares contre les Égyptiens. Nous
avons vu précédemment, p. 544 et ibid. n. 2,
qu'ayant eu les yeux brülés avec un fer chaud, il
ne fut pas tout à fait aveuglé et guérit. Aboulféda,
contemporain de ces événements , et qui, associé avec
les princes de Hama, ses parents, aux expéditions
des Égyptiens contre la Cilicie, se montre parfai-
tement informé des affaires intérieures de ce der-
nier pays, Aboulféda dit que Héthoum, dans le
supplice qu'il subit, avait perdu un œil mais con-
servé l'autre. (Annal. moslem. ad ann. 697 et 699.)
? Le même historien raconte, ibid. les querelles
et la compétition des cinq fils du roi Léon IL. Il
les nomme très-exactement dans leur ordre de
primogéniture, Héthoum II, AS , Thoros JIT,
uvsrs, Sëmpad, Lu, Constantin IE, 2055 (lisez
ENS), et Oschin, «sësl. Sanuto, Secret. fidel.
crucis, lib. [IT , part. xu1,cap.n1, fournit pareïllement
quelques détails ; seulement il ne nomme que quatre
des cinq frères, Ayton, qu'il appelle aussi rater
Joannes, parce que ce prince s'était fait franciscain,
Thoros, Sembat et Constant.
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 657
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ui bec diug Buqueagu dfusl fuaje bal Seb esbeu, gh dun bp juuspk? L
Pup bp dhujv, Epybur BE plpabugh, qu ns puuphugh quntut gg wewgu : Vin
1 Le mot xwdivgh4, djamazig, ne se trouve dans aucun dictionnaire arménien. Il me paraît être l’a-
rabe ACZ qui se dit d'un chameau à l'allure rapide ou propre à supporter les plus grandes privations
et fatigues et à accomplir les plus longs voyages. La syllabe finale #4 indiquant les diminutifs en armé-
nien, le mot xwivgh4 doit signifier ici «un petit chameau, bon coureur. » — ? Le mot Juwépt, K ahré,
est Ja transcription de l'arabe &,ab «le Kaire ».
a
aux supplications du roi Héthoum, qui était de l'ordre des frères Mincurs, en-
vahit, à la tête de ses Mongols, le territoire du sulthan d'Egypte, Mélik-Nacer,
qui était encore un enfant de quatorze ans. Comme Île roi exhortait fortement le
khan à brûler Damas, celui-ci lui répondit : « Ce serait un crime de livrer aux
« flammes une pareille cité; je l'ai donnée à mon fils, et elle sera conservée pour
« lui. » Cependant le sulthan, ayant réuni ses troupes, arriva dans le voisinage
de Damas, à une distance de huit parasanges, et assit son camp dans une po-
sition fortifiée naturellement par deux rangées parallèles de collines abruptes.
Le khan s'étant avancé contre lui, le combat s'engagea dans ce lieu. Le sulthan,
culbuté par le choc des Mongols, prit la fuite avec les siens. Un nombre immense
d'Egyptiens furent tués ; leurs effets et leurs tentes devinrent la proie du vain-
queur. Le sulthan, accompagné de dix hommes seulement, et monté sur un petit
chameau à l'allure rapide, se sauva en Égypte. |
Le roi d'Arménie, qui était venu au secours des Mongols avec un corps de dix
mille hommes, s'élança seul à la tête des soldats qui purent trouver de rapides
montures, et qui, au nombre de quatre mille, s'attachèrent à ses pas; il se mit à
la poursuite du sulthan, sans s'arrêter pendant six jours, jusqu'à ce qu'il fût
parvenu à une localité nommée Doi. Ce lieu est à quatre journées de marche à
partir de la frontière, et depuis l'endroit où le roi commença sa poursuite et où il
revint, à une distance de onze journées; [le sulthan] avait sur lui une avance de
dix ou douze milles.
Parvenu à Doli, non loin du Kaire, le roi, se voyant seul, craignit d'être fait pri-
sonnier ou de ne pouvoir retourner par les sables [du désert]. Voulant laisser une
HisTor. ARM. — I. 83
658 CHRONIQUE
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wppt bre b déve (ufeupiunjé :
marque de son passage, il frappa de son épée la porte de la maison où il s'était arrêté,
et le palmier qui s'élevait au milieu de la place publique. C'était pour indiquer que le
roi d Arménie avait poursuivi jusque-là le sulthan d'Égypte sans pouvoir l'atteindre.
Il écrivit sur la muraille ces mots: « Ce que j'ai fait me suffit, car je suis arrivé jus-
«qu'en ces lieux, comme un géant, et avec une indomptable bravoure. Aucun de
«mes ancêtres, aucun chrétien n'est venu aussi résolûment, en pourchassant l'en-
«nemi, Jusqu'ici, par ce même chemin. » Après quoi, 1l revint sur ses pas. Cette
empreinte de son épée subsiste encore, comme un souvenir de ce brillant exploit.
Ayant omis plus haut de relater les circonstances du combat, nous en dirons
maintenant quelques mots assez brièvement. Pendant que les troupes du sulthan
d'Égypte se rangeaient en bataille, elles façonnèrent des mannequins en feutre et
les revêtirent d'étoffes éclatantes, afin de les faire resplendir au soleil. Les Égyptiens
avaient placé ces mannequins, au nombre de cinquante mille, sur des chameaux,
qu'ils disposèrent par rangs, tandis qu'eux-mêmes, postés derrière ces animaux,
étaient cachés à la vue. Cependant les Mongols, qui n'y entendaient pas malice,
restaient en face des Égyptiens comme des moutons. Lorsque les deux partis se
furent mêlés l'un avec l'autre, ils se regardèrent d'abord sans se frapper. Comme
les Mongols n'ont pour arme que des flèches, les Égyptiens attendaient qu'ils les
dirigeassent contre les mannequins de feutre assis sur les chameaux, tandis qu'eux-
mêmes seraient à l'abri, comptant que, dès que les Tartares auraient épuisé leurs
carquois, à leur tour ils s'élanceraient sur eux l'épée à la main et les extermineraient
entièrement. Cette manœuvre fut en effet exécutée : car lorsque l’un des Mongols
s'élançait pour combattre, les Égyptiens faisaient sortir de leurs rangs cinq ou six
mille hommes des plus résolus, afin de provoquer les ennemis à tirer. C'est ainsi
que ces braves se jetèrent au-devant des Tartares.
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 659
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À Tinstant, le khan ordonna au roi d'Arménie de charger avec les siens l'avant-
garde de la cavalerie du sulthan. Héthoum, à la tête des chrétiens, au nombre
d'environ trois mille cavaliers, et précédé de la Croix, se jeta sur les Égyptiens
et les extermina au nombre de six mille. Il n'y en eut que cinq cents qui échappèrent
à ses coups. La perte des chrétiens ne fut que de vingt hommes, encore même
fut-elle occasionnée par la faute des chevaux, qui, dans ces lieux pierreux, ne
pouvaient manœuvrer librement et s'abattaient. Sur ces entrefaites, les Mongols
firent une décharge générale de leurs flèches; puis, tandis que les Arméniens
regagnaient leur poste à la droite de l’armée, les Mongols, ayant épuisé leurs car-
quois, tournèrent le dos et prirent la luite”.
Dans ce moment, le brave roi d'Arménie, monté sur son coursier, courut vers
le khan Gazan, alors assis dans sa tente, occupé à écouter un concert de musi-
ciennes. En entrant, le roi lui dit : « Seigneur khan, veux-tu donc devenir un objet
« de risée et d'opprobre pour le monde entier?» — « Qu'est-il arrivé, dit celui-ci,
«pour que tu me ticnnes un tel langage? » — « Tes troupes, répondit le roi, sont
«en déroute et en fuite. » Le khan, se précipitant vers la porte de sa tente, aperçut
la débandade de son armée. « Djasch! » s'écria-t-il d'une voix retentissante, c'est-à-
dire: « Voici! » Aussitôt il donna l'ordre de répéter le mouvement qu'il allait exécuter,
menaçant de faire périr quiconque y manquerait. Suivant l'usage des Mongols,
cet ordre passa de bouche en bouche dans tous les rangs de l'armée jusqu'au dernier.
1 On peut comparer ce récit de la bataille de
Hëms, dans laquelle Gazan-khan mit en déroute
les Egyptiens, le 23 décembre 1299, avec celui de
Haython, De Tartaris, cap. xin, et la uarration
de M. d'Ohsson, Hist. des Mongols, liv. VI, chap. vi,
t. IV, p. 233-240. Il est évident que Nersès Balients
a ajouté ici quelques détails f:buleux, destinés à
rehausser le rôle que remplit le roi d'Arménie
Héthoum II, comme auxiliaire des T'artares. On peut
très-certainement révoquer en doute la poursuite
des Égyptiens par ce prince, après la bataille, jus-
qu'au lieu que le compilateur nomme Doli, et quil
place près du Kaire. En effet, le général mongol,
qui avait été détaché avec un corps de quinze
mille hommes pour donner la chasse au sulthan
Nacer, ne poussa pas plus loin que Gaza, et s'ar-
rêla à la limite du désert qui sépare la Sÿrie de
l'Égypte.
83.
660 CHRONIQUE
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Dans sa colère, :l jeta contre terre la toque qui lui couvrait la tête, et, s'étant age-
noulllé, 11 lança trois flèches contre les Égyptiens. En un clin d'œil, son comman-
dement fut exécuté. Tous les Tartares, se mettant à genoux, lancèrent chacun
leurs trois flèches. Dès lors, c'est-à-dire à partir de la troisième heure du jour
jusqu'à la neuvième, l'air fut obscurci [d'une nuée de flèches], et les deux armées
combattirent à l'ombre, tant elle était épaisse. Accablés par cette avalanche de
traits, et pour la plupart frappés à mort, les Égyptiens prirent la fuite.
Le roi d'Arménie, de retour de son excursion contre le sulthan, se rendit à
Jérusalem. I] trouva que tous les ennemis avaient été mis en fuite ou exterminés
par les Tartares, qui étaient arrivés avant lui. Entré à Jérusalem, il réunit les
chrétiens, que la peur avait forcés de se réfugier dans des cavernes. Pendant les
quinze jours qu'il passa dans la Cité sainte, 1l fit célébrer avec pompe les céré-
monies du culte chrétien, et des fêtes solennelles aux Saints-Lieux. La visite quil
fit à toutes les stations de pèlerinage fut une grande consolation pour lui. Il était
encore à Jérusalem, lorsqu'il reçut un diplôme du khan, qui lui conférait en
don cette ville avec le territoire d'alentour. Ensuite il partit pour aller rejoindre
Gazan à Damas, et y passa l'hiver avec lui. Le khan, ayant laissé une garnison et
un chef de mille avec un corps de troupes correspondant à ce titre pour protéger
le pays, partit, ainsi que le roi d'Arménie, chacun pour rentrer dans ses États.
Dix jours après le départ du khan, les infidèles de la contrée, qui avaient éte
tous épargnés par les Mongols, se soulevèrent sous le prétexte que cette contrée
était à eux. [ls se ruèrent sur les T'artares, les dépouillèrent ct les chassèrent; ils
se donnèrent pour chef le commandant de Damas, établi précédemment par le
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 661
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1 Le mot Ækp, d'où le substantif possessif 44 fou ap, est réndu dans tous les dictionnaires par la signi-
fication de « manche d'un outil ou d'un instrument ». Comme il s'agit ici d’une arme de guerre, j'ai traduit
par « massue, masse d'armes», qui me parait l'équivalent le plus rapproché. — ? Le mot swppunn est le
nom verbal de swppb4, se servir de l'arhalète, saphr OÙ swp4, et signifie, comme swpfour.np et swplugukkg, « at-
balétrier » (cf. ci-dessus, p. 295).
sulthan. À cette nouvelle, le khan entra en fureur. Le roi d'Arménie partit à
l'instant de chez lui, accompagné de trois hommes, et, ayant parcouru en onze
Jours un espace dont le trajet en demandait ordinairement quarante, il alla se
présenter devant Gazan, et, déchirant le collet de son vêtement : « Ce n'est pas là,
« dit-il, ce que je t'avais annoncé, lorsque je te conseillai de détruire entièrement
«tes ennemis. Tu n'as voulu en rien m'écouter, et maintenant ta honte se perpe-
“tuera de génération en génération. Comment peux-tu t'intituler seigneur ct
« maître, si tu te laisses pourchasser et tromper par cette misérable nation égyp-
«tienne?» Le roi ajouta encore une foule d’autres raisons. Le khan lui jura, par
sa tête, qu'il irait l'hiver prochain tirer une vengeance éclatante du sulthan. En
même temps, il prescrivit au roi de faire ses préparatifs de campagne, et de venir
à cette époque le rejoindre.
Héthoum, de retour dans ses États, rassembla une armée considérable de
guerriers d'élite; quatre mille cavaliers portant des masses d'armes, mille fantas-
sins, quatre mille arbalétriers, et nombre d'ingénieurs pour diriger les siéges,
car il avait l'ordre du khan de prendre, dès son entrée en campagne, toutes les
forteresses et places fortes et de les détruire, et ensuite de marcher en avant.
L'armée que le roi avait destinée à agir avec lui se composait, en totalité, de dix-
huit mille hommes.
Lorsque le moment du départ fut arrivé, et principalement dans le cours de
l'été, le sulthan s'attacha à gagner par des présents les ofliciers qui approchaient
du khan et ses conseillers. Ils firent entendre à leur maître que dans la contrée
où il allait entrer l'air était ardent et insalubre, qu'il ÿ avait de nombreux dan-
662 CHRONIQUE
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bé, & Luyogu Lu popkgui, L ns Yupeugfu bjuivbp. b ajugke oEübpbuñ aug um
l Le mot #pahnnepe, traïilourk’, et au singulier gpuyhqnep, traitour «traître », est le roman ou vieux
français traitor, traitor, traytor, trayteur. L'usage de pareiïlles expressions n'a rien d'étonnant de la part
de l’auteur et traducteur arménien, Nersès Balients, qui résida quelque temps à Avignon, et affectait de
se qualifier du titre de prêtre latin.
gers à courir. Ils l'exhorlèrent à ne point partir lui-même, mais à se substituer un
de ses généraux. Persuadé par ces raisons, il nomma à sa place le lieutenant de
son empire, nommé Koutlough-schah , qui avait le titre de baïle (atabek). Celui-ci,
s'étant mis à la tête de mille Tartares seulement, se rendit à Damas. Les musul-
mans le laissèrent occuper cette ville comme précédemment.
De son côté, le roi d'Arménie arriva avec son contingent. On lui dit que le sultban
était venu camper sur le théâtre de la dernière bataille. Le lendemain, les troupes
sortant de Damas parvinrent en ce lieu, et firent halte en face des Ée gyptiens. Trois
jours s'écoulèrent dans l'inaction. Cependant le roi d'Arménie pressait sans relâche
le général tartare d'en venir aux mains. Mais celui-ci ne bougeait pas, corrompu, à
ce qu'assurent quelques personnes, par le don de neuf charges d'or qu'il avait reçues
du sulthan afin de ne pas combattre. Et en effet sa conduite confirma ce propos, car,
le quatrième Jour, les É gyptiens ayant engagé une escarmouche, aussitôt lesTartares
tournèrent le dos et tous senfuirent vers Damas; mais, au lieu de se réfugier dans
la ville, ils continuèrent à se sauver, suivis par les Arméniens, qui, retenus par la
crainte qu'ils avaient du sulthan, n'osèrent pas abandonner la compagnie des
Tartares. Cependant les Égyptiens, en véritables Turks qu'ils sont, avaient pré-
paré une embuscade; ils s'étaient éloignés des deux rivières qui coulent dans la
grande plaine, à l'est de Damas, sur une étendue de deux journées de marche.
Cest par là que devaient passer les Tartares, auxquels toute autre issue était fer-
mée. Ceux-ci, en s'écartant des cours d'eau qui arrosent cette plaine, allèrent
s'embourber dans des lieux marécageux; ils s y engoulfrèrent, ainsi que les Armé-
niens, sans pouvoir se dégager; ils périrent à l'exception de cinq ou six mille d'entre
663
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DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE.
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eux et de cinq cents Arméniens, les seuls qui parvinrent à rentrer dans leurs
foyers. .
Un autre malheur encore plus grand les attendait; car ceux qui, s'appuyant sur
les cadavres des hommes et des chevaux, avaient réussi à grand peine en s'élan-
çant de l'un à l'autre à sortir de la boue, arrivèrent au bout de quelques jours
sur les bords de l'Euphrate, qu'il fallait traverser; 1ls trouvèrent ce fleuve débordé
et infranchissable, et une foule d'entre eux s'y noyèrent. Quelques Tartares ayant
improvisé des embarcations avec des outres ou des sarments, auxquels ils atta-
chaient plusieurs chevaux, atteignirent l'autre rive. C'est ainsi que pendant trois
ou quatre jours ils effectuèrent ce passage; après quoi ils transportèrent ce qui
restait d'Arméniens, mais en les faisant payer. Un grand nombre, après avoir
traversé le fleuve, retombaient dans une pire situation ; poussés et entraînés par
l'eau vers des lieux en ruines ou arides, d'où ils ne pouvaient sortir, beaucoup
périrent de faim dans ces solitudes sauvages; les autres, retirant les cadavres de
chiens, de chevaux ou d'hommes roulés par les flots, les faisaient servir à leur nour-
riture. On rapporte que la rive de l'Euphrate ne pouvait être aperçue [de l'autre
rive |, tant ce fleuve avait débordé!.
Cependant le roi d'Arménie, échappé au danger, alla porter ses doléances au
khan sur le désastre qui venait d'arriver. On raconte que Gazan versa des
larmes. [1 fit le serment solennel de marcher lui-même l'hiver suivant contre
les Égyptiens. En conséquence, il ordonna que, parmi ses troupes, sept hommes
sur dix monteraient à cheval pour l'accompagner. On dit que cette armée formait
1 Au sujet de ce désastre des Mongols et des
Arméniens, survenu en 1303, voir Haython, De
Tartaris, cap. xziv, el d'Ohsson, Hist. des Mongols,
liv. VE, ch. vin, t. IV, p. 331-334. Ce dernier ne
dit rien du passage si difficile et si malheureux de
l'Euphrate ,et les deux historiens offrent à peine quel-
ques détails sur la chute des fuyards dans les ma-
rais des environs de Damas. Cependant Haython,
d'après son propre témoivnage, fut présent à tous
ces événements, et il en parle en témoin oculaire :
« Ego enim Fr. Haythonus hujus historiæ compila-
«“tor, præmissis omnibus præsens fui, et si forte
«super hac materia loquor prolixius quam decet,
" « mihi, quæso, veuia tribuatur. »
064 CHRONIQUE
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259.
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quatorze tomans; or, chaque toman est de soixante mille hommes. Le sulthan,
ayant appris ces préparatifs immenses, envoya des trésors aux principaux digni-
taires qui approchaient le khan, afin qu'ils empêchassent cette expédition; ou, si
elle avait lieu, afin de préparer la ruine de cette armée. Séduits par ces largesses,
ils s'efforcèrent de persuader au khan de retarder son départ; mais il ne voulut
rien entendre.
Sur ces entrefaites, ce bon prince combla le roi d'Arménie de présents; 1l lui
remit des diplômes et des priviléges, et lui céda des redevances à prélever annuel-
lement dans son propre empire, afin de l'indemniser de son désastre et de ses pertes.
0 Retourne, lui dit-il, dans tes États et sois satisfait; moi-même je tirerai vengeance
« des Égyptiens. » Mais lorsque le moment où il devait se mettre en marche fut proche
et que ses grands officiers virent qu'ils ne pouvaient le détourner de son dessein, ils
l'empoisonnérerit. On prétend que c'est sa femme qu'il aimait tendrement qui lui
donna le poison. Par sa mort, les conseils et les efforts du roi d'Arménie restèrent
sans résultat.
756 (4 janvier 1307 — 3 janvier 1308).
Bilargh'ou fit égorger le jeune roi f.éon et son oncle (frère de son père), le
baron Héthoum, sous les murs d'Anazarbe. Que le Christ leur fasse miséricorde!
Cette même année, le frère puîné du baron Héthoum, le baron Alinakh, sei-
gneur de Tarse, se rendit auprès de Kharbendeh-khan *. I fit condamner à mort
Bilargh'ou, en punition du meurtre qu'il avait commis; après quoi Alinakh re-
tourna auprès de son frère Oschin.
1 Voir, sur la fin tragique du roi Léon II et de 2? Kharbendeh-khan, souverain des Mongols de
son oncle Héthoum IT, la note préliminaire du la Perse, de la branche de Touloui, nommé en
Poëéme du roi Héthoum, ci-dessus, p. 548-549, et mongol Oldjaitou, monta sur le trône en 1304; il
ibid. note 1. eut pour successeur, en 1317, son fils Abou-Sa'id.
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE.
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757 (4 janvier 1308 — 2 janvier 1309).
Oschin fut sacré roi d'Arménie dans la ville de Tarse.
[Sous le règne d'Oschin, une fatale zizanie s'éleva dans la famille royale de
Chypre. Amaury, comte de Tyr et de Sidon, se révolta contre son frère, le roi
Henri [11]. L'ayant dépouillé de sa couronne, il usurpa sa place et devint maître de
l'ile, avec le titre de régent. Il renferma son frère prisonnier dans le palais, priva
un grand nombre de scigneurs et de nobles de leurs fiefs et les exila. Il con-
tinua pendant deux ans les mêmes excès. Après quoi il envoya à son beau-frère
[Oschin]|, roi d'Arménie, Henri, chargé de chaînes. C'était en janvier. Au mois
de mai suivant, un vendredi avant la Pentecôte, dans l'après-midi, un de ses che-
valiers' qui s'était caché dans sa chambre se jeta sur lui et le massacra en le cou-
pant par morceaux. |
Aussitôt les grands qui avaient été exilés se réunirent. Au bout de quarante
jours ils renvoyèr®nt chez le roi d'Arménie la femme du comte de Tyr [Isabelle],
sœur du roi, et ses fils, et firent revenir leur souverain. Dès que Henri fut de retour,
il se saisit du plus jeune de ses frères [Guy], connétable de Chypre, de son gendre,
le prince de Galilée [Balian d'Ibelin}, ainsi que d'un grand nombre de barons, et
1 Voir le récit de ces événements dans le Songe
du vieil pèlerin, de Philippe de Maizières, cité en
extrait par M. de Mas Latrie, Histoire de Chypre,
t. Il, p. 115-117, et dans Loredano, Historie de re
Lusignani, éd. de Bologne, 1647, lib. V, p. 252-
253. Philippe de Maizières nous apprend que le
meurtrier, Simon de Montolif {Simeone da Monte
Olimpo, dans Loredano), était chambellan d'A-
maury, chevalier de grant lignée, quil avoit tout
noarry; il ajoute que le dessus dit chevalier s’ac-
corda avec la chevalerie de Chippre, et occist son
seigneur ès chambre des aisemens. Cf. Sanuto, Secr.
Histor. ARM. — I,
fidel. cruc. lib. III, part. xur, cap. x. Suivant le
bruit le plus répandu et le plus accrédité, rap-
porté par Loredano , le chambellan d'Amaury, suo
inlimo famigliare, le tua pour se garantir d'une
honteuse violence que celui-ci, pris de vin, voulait
consommer sur sa personne.
2? On peut lire dans Loredano {Hist. de’ re’ Lusi-
gnani, lib. V, p. 265-280) les détails curieux et cir-
constanciés de la tentative du prince Guy et des
seigneurs, ses adhérents, contre son frère aîné,
Henri Il, et de la triste issue qu'elle eut pour les
rebelles, lorsque ce dernier revint, sur la fin de
84
666 CHRONIQUE
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eulnnh, np bg dEnuih wub phut. ju wEuuju fr snpu Qu $fibg anuph {Xiwpkp:]
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4 Piphounnu :
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Guam Unqu, b Grnnpbwg queuu V'ouncdnd, k qupdus nepuufone (bug :
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Suñqhur b Pighuunu Ouquenp O bu :
Le b coju wdh bg dûp, ab gore Vepuy on bobgfv qaUbibhhese :
LC. & Pudpoqueuf
les fit renfermer dans un profond et obscur cachot, où ils moururent. Ces évé-
nements remplirent un intervalle de quatre ou cinq années. |
758 (3 janvier 1309 — 2 janvier 1310).
Le baron Alinakh mourut. Que le Christ lui soit miséricordieux!
759 (3 janvier 1310 — 1° janvier 1311).
La reine Isabelle mourut en donnant au roi Oschin un fils qui fut nommé Léon.
765 (2 janvier 1316 — 31 décembre 1317).
Ôschin envoya demander en mariage et fit venir [Anne ou Jeanne], fille de
[Philippe de Tarente], frère de Robert, roi [de Sicile].
767 (1° janvier 1318 — 31 décembre 1319).
Karaman!, avec un corps nombreux de cavalerie, vint saccager les environs de
Tarse, et, en s'en retournant, s'arrêta au pont de Pompeïopolis (Pampolsou-Gan-
tara). Le comte de Gor'igos, baron Oschin, à la tête de trois cents hommes, l'at-
teignit et, avec le secours de Dieu, extermina les infidèles. Il s'en revint tout
Joyeux.
769 (1* janvier — 30 décembre 1320).
Le roi Oschin mourut en Jésus-Christ.
Cette même année, il y eut du trouble occasionné par l'arrivée des Égyptiens,
qui vinrent saccager la Cilicie.
1310, de chez le roi d'Arménie Oschin où il avait leur empire. Ce chef, l'un des plus puissants, ent
été relenu en captivité. en partage la Phrygie, depuis Philadelphie jusqu'à
? Karamanétaitun desbeyÿs turkomans qui,après la Cilicie, dont le littoral, sur la mer de Chypre. a
la chute des Seldjoukides d'Iconium, démembrèrent été depuis appelé de son nom Karamanie.
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMENIE. 667
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Souditep jou purquupfiu, L'un fuufubuñt nuup f Ubapou, k due bWyaafhous lu
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Lerp vparuung EnËtu que anbpn di Ephphu. phs db diupend œuwglu k dEpuy (9Eduñh
I B. on f{ouny — 2 A. et B. ann diug — 3 A. paufruiu — à À, bp lu — 5 À, gore
Mais les Arméniens les taillèrent en pièces devant Parikarg, sur le territoire
d'Aïas. Le grand prince, seigneur de Gantchi, le baron Guillotin (Guiôtin), fut
blessé à mort dans ce combat.
770 {31 décembre 1320 — 30 décembre 13921).
On sacra roi d'Arménie le jeune fils d'Oschin, Léon, auquel Dieu veuille ac-
corder une longue vie! Il épousa la fille d'Oschin, comte de Gorigos, baïle
d'Arménie. -
Cette même année, le chef (baron) du pays des Romains, Timourtasch, fondit
sur la Cilicie avec des forces considérables, dans l'intention d'exterunner les chré-
tiens ; il fit un grand nombre de caplifs, mais, repoussé honteusement, il se
retira.
771 (31 décembre 1321 — 30 décembre 1322).
Les Égyptiens envahirent de nouveau la Cilicie en se dirigeant sur Aïas. Ils inves-
tirent cette ville ets en emparèrent, mais sans en prendre aucune autre. Ils firent pri-
sonniers une multitude de chrétiens. Au bout de douze jours ils attaquèrent l'île
(djéziré) [voisine] par toutes sortes de moyens et à coup de balistes. Les principaux
habitants découragés se rélugièrent en secret pendant la nuit sur les galères du roi de
Chypre, venues par son ordre au secours de la ville, et gagnèrent par mer, les uns
Chypre, les autres Gor1gos. Après avoir ruiné Aïas, les infidèles se portèrent sur le
bord du fleuve Djeyhan (Dchahan), et l'ordre leur ayant été donné de fondre sur la
contrée située au pied des montagnes de la Cilicie, ils en enlevèrent une foule de
captifs. Cependant les troupes du roi Léon, frappées au cœur par la ruine du pays,
84.
668 | CHRONIQUE |
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fu 6f tucbpe k Epuy hub. fiuguiu qu qopug dEp, k'uitguit juyu faquè
abSundiug jun s uk qopp dép dupukguit, qupauit ju wauÿf fofo fephuñig qopu_
golfe, b'uivonhu pv k jbinl, L qpaqe di vuuñufit : Vénus juju op yfoleutugt Sun,
quon Sfr S pluagfu nb, L fep bre ouprit joue lt, L'auprit WU] w<_
pur Towfhf, quprt Of dupugupunnt np, L Afaurng bi L dp,h npp dupy
auure, aprg nqopdEugk ungu Vuunnrwd :
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SBlqhat {phaunnuk gpl Guns bas Spulitur. Buqurnpfiü Ÿ Livh L Junn byfu.
ruruug q\ery Euhuknunoit quhp Uno fi pepe :
248
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1 B. qactanfiu
et accourues en petit nombre pour attaquer les infidèles dans leur camp, en firent
un grand carnage. La cavalerie ennemie, qui stationnait en face du lieu de l'ac-
tion et qui avait jeté un pont de bateaux sur le fleuve, apprenant l'arrivée des
nôtres, passa le fleuve en nombre immense. Les Arméniens s'étant repliés sur
Mëcis avec leur général, les infidèles, postés sur leurs derrières, leur firent
éprouver de grandes pertes. Parmi les chefs arméniens qui périrent ce jour-là,
étaient le baron Héthoum, seigneur de Dchëlonots; son frère, le baron Cons-
tantin; le baron Vahram Lôdig, le baron Oschin, fils du maréchal: vingt et un
chevaliers et une foule de gens du commun. Que Dieu leur fasse miséricorde!
Cette même année mourut le seigneur Constantin de Césarée, catholicos. A la
fête de la Nativité ‘ on lui donna pour successeur, par ordre du roi Léon et de la
majorité des évêques, le seigneur Constantin [III] de Lampron, évêque de Sis.
772 (31 décembre 1322 — 30 décembre 1323).
Le catholicos Constantin se rendit auprès du sulthan d'Égypte [Mélik-Nacer|, et,
ayant fait paix et amitié avec lui, revint comblé d'honneurs. Après avoir obtenu
la liberté de trois chevaliers, retenus là prisonmiers, et d'autres captifs d'un rang
inférieur, il rentra à Sis*°.
774 (30 décembre 1324 — 28 décembre 1325).
Le jeune baron Héthoum mourut en Jésus-Christ, laissant dans une profonde
douleur son père, le baron Ôschin, comte de Gor' 1905.
1 Le 6 janvier, jour auquel l'église arménienne la fin des copies manuscrites ou imprimées de la
célèbre à la fois la naissance et le baptème de Chronique de Sëémpad, paraissent avoir été déplacés
Jésus-Christ. (Cf. mes Recherches sur la chronologie parles copistes, ou ajoutés après coup par une main
arménienne, t. I, 1° partie, ch. IT, note 86, p.145.) inconnue; j'ai cru devoir les rétablir à leur rang
? Ce paragraphe et celui de l'année 775, rejetés à chronologique.
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DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 669
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— # À. le mot gwfs est la transcription du latin pallium.
775 (29 décembre 1325 — 28 décembre 1326).
Le 22 mai, un jeudi, au point du jour, un jeune homme, aveugle depuis sept
ans, alla se prosterner devant la Vierge, mère de Dieu. Il versait des larmes en lui
demandant sa guérison. À l'aurore, la Vierge lui apparut visiblement en l'appe-
lant : « Grégoire, Grégoire, pourquoi pleures-tu ? Lorsque tu perdis la vue, pour-
“quoi ne vins-tu pas à moi? je te l'aurais rendue.» Grégoire lui répondit : « Je
« ne connaissais pas ta demeure. » La sainte Vierge, posant les mains sur ses pau-
pières, les entrouvrit, et lui fit de nouvelles pupilles. Puis, ayant pris une petite
fole et un pinceau, elle passa ce pinceau sur ses yeux. À l'instant même le malade
fut guéri, et distingua parfaitement la sainte Vierge, revêtue de pourpre, et deux
anges se tenant devant elle. Des personnes qui l'avaient connu ayant les yeux
ternes le retrouvèrent avec le regard brillant. Tous les habitants de la ville et
du district, témoins de ce miracle, rendirent gloire à Dieu, digne d'être béni
éternellement. Amen. :
Cette même année mourut le seigneur Constantin de Lampron, catholicos.
776 (29 décembre 13236 — 28 décembre 1327).
On lui donna pour successeur à Sis l'archevêque d'Anazarbe, le seigneur
Jacques, fils de la sœur du seigneur Grégoire, appelé Dourk’ Éritsants (Don des
prêtres). Le corps de Constantin fut transporté à Trazarg; la tombe du seigneur
Constantin [I] de Partzérpert, catholicos, ayant été ouverte, on vit que son man-
teau était pourri, tandis que son pallium, de diverses couleurs, était en bon état
de conservation, ainsi que sa crosse et sa chevelure; mais on ne retrouva aucun
de ses ossements. Ils glorifièrent Dieu, qui opère des miracles dans ses saints.
670 | CHRONIQUE
Q4E
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777 (29 décembre 1337 — 27 décembre 1328).
Le chef impie du pays des Romains, Timourtasch, effrayé des bruits qui circu-
laient au sujet des troupes du khan des Mongols, s'enfuit auprès du sulthan
d'Égypte, Mélik-Nacer, et, soutenu par lui, résolut de venir porter la guerre contre
sa” propre nation et contre le roi Léon. Mais Dieu l'arrêta dans ses projets, ainsi
que ses complices. Au bout de huit mois, le suithan le fit mourir et envoya sa
tête au khan Abou-Sa id !.
778 (29 décembre 1328 — 28 décembre 1329).
Le 26 janvier, le jeune roi Léon envoya à limproviste des officiers avec un
corps de cavalerie, pour arrêter le comte de Gor'igos [Oschin, baïle du royaume]
et le frère de ce dernier [le baron Constantin, seigneur de Lampron!. Ils rencon-
trérent sur les confins d Adana le comte, qui se rendait auprès du roi avec cinq
hommes. Ils le saisirent, et, le faisant revenir sur ses pas, le renfermèrent dans l'é-
ghise de Saint-Maroutha, non loin d'Adana; puis, continuant leur marche, ilsallèrent
arrêter le connétable, frère du comte, dans le village du jeune Léon, et le condui-
sirent à Adana. Le même jour, ces deux seigneurs furent mis à mort. On donnait pour
raison de cette exécution, qu'après la mort du roi Oschin ils s'étaient approprié
beaucoup de forteresses en dehors des limites de leur territoire. Le peuple tenait
sur leur compte une foule d'autres propos, jusqu'à ce qu'on les fît mourir. Dieu seul
1 Tchoban, père de Timourtasch, ayantéte mis de s1 sœur, femme d'Abou-Sa”id, Bagdad-Khatoun.
à mort par ordre d'Abou-Sa'id, khan des Mongols et du vizir Ghiâth-eddin Mohammed, son ancien
de la Perse, Timourtasch se réfugia à la cour du ami, il le fit décapiter et envoya sa tête au prince
sulthan d'Égypte, Mélik-Nacer. Le khan ayant de- tartare. (D'Ohsson, Hist. des Mongols, t. IV, p. 688-
mandé son extradilion, le sulthan le fit arrêter. 698.)
Mais, craignant qu'il n'obtint sa grâce par le crédit
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE. 671
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1 À, Pruug wpbuly — ? À. Et — 3 A.#4 Uéagpnu — à A. JR C. pu. « s'écroula ». — ° B. Lapuñr —
GA. gut a «plus de mille».
sait ce qui en est. Le roi Léon est innocent de leur sang. Que Dieu leur fasse
miséricorde, et qu'il conserve pendant de longues années notre souverain !
779 (29 décembre 1329 — 28 décembre 1330).
I tomba beaucoup de pluie en tous lieux; quantité de fleuves débordèrent.
À la même époque, le 16 novembre, dans l'ile de Chypre, le grand fossé re-
gorgea d'eau, et le torrent emporta une partie de la ville de Leucosie; plus de
six mille personnes périrent.
780 (29 décembre 1330 — 28 décembre 1331).
Le roi d'Arménie Léon épousa [Constance], fille du roi de Sicile, Frédéric [II],
princesse modeste et vertueuse. Que Dieu accorde à notre roi et à notre reine
une longue vie, et qu'ils voient les enfants de leurs enfants! Amen.
784 (28 décembre 1334 — 27 décembre 1335).
[Cette année, la mesure de nos péchés et des péchés de nos pères fut comble,
et l'acidité de leurs dents agacées se fit sentir à leurs fils. Telle fut la cause qui
poussa le sulthan d'Égypte, Nacer, à précipiter notre ruine. Tandis que nous
étions en pleine paix et en relations d'amitié avec lui, il fit marcher en trahison
et furtivement contre nous l'émir d'Alep, dans un moment où nous étions loin de
nous y attendre; il l'envoya tout à coup à la tête d’un corps considérable de cava-
lerie, vers le temps de la moisson, à l'époque de la fête de l'Ascension. Une nuit
et un jour suffirent aux infidèles pour arriver jusquà Mamouesdia (Mopsueste)
672 CHRONIQUE DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE.
quous (ectfv, ab Pbole odnuby fwpuoglt qwquron \ hot. L juii$nqu b
peu qubar codbibebat: tarots dust auto E diucapers à
Puaig F qopug dfes gb E jurben juitSnqm OO EUEU f puquthe gap nf jaeutuus. L
wpauchu fou b E pugdaupe Ephhpu Suyng vbabguñ pue paques Live qfuqu
vs k Sup. L'qubus qubtbubuñs wuSnqu fe fowquy Judiuufé, nep hf babe
Supuañife wnlbft L fpuforañgft, L juifs Yrnnpbkgbt qpeqnedè vpn abhbnbgu.
Que Lu upSwuiuu, quip L a4f L advhete, L SpntSbup aypbgfu quatu L qu.
upuilu, gÉGEnEghe L'qwmonpuye. &'wnbut qua k'queup, k'4bpbu quou k qhuituyu
L'gnprte, L'q0ulh L'qupé ut bolphe affpeu L'añSunlupe, bu L gpuqd [fut yyd
pal Yétquibug, nepufure [bu Suivbu uput jubwpSu fe phuug:]
et Adana, et dans la plaine de Méloun, plaine couverte de constructions royales
et de forme circulaire; ils voulaient surprendre le roi Léon. Ayant trouvé les habi-
tants livrés à la sécurité et à limprévoyance, et le roi lui-même dépourvu de prépa-
ratifs de défense et sans troupes, et tellement tranquille qu'il était occupé en ce
moment à se laver aux bains, ils fondirent sur le territoire arménien, alors florissant
et peuplé, et dévastèrent les villes et les villages jusqu à Tarse. Partout les habitants
jouissaient de la paix avec une telle confiance, que dans quelques localités 1ls célé-
braient des noces et faisaient des festins. Les infidèles en passèrent quantité au fil de
l'épée, ecclésiastiques ou séculiers, hommes ou femmes et enfants; ils imcendièrent
les maisons, les palais, les églises et les moissons. Puis, ayant réuni leur butin et
leurs prisonniers, hommes, femmes et enfants, ainsi que des monceaux d'or et
d'argent pris sur nous, et une multitude de bestiaux, ils s'en revinrenten triomphe,
emportant ces dépouilles dans leur pays.]
APPENDICE
A LA CHRONIQUE DU CONNÉTABLE SÉMPAD.
D'rspi UCrofnpu rude. ujpunphuupeft wffnnnj EU wyu JA uwljuho 1, Gewfnenh_
Ynup L. dEunpuugopnt L sn suffit 2 Euhuljnunup, np FEV [4er | Yauffns qhnu.p » L Euyhuln_
waubp, L quewquilp Laqu :
Geboenbqnu Ù ewg nuit -
LG: fEAukp — 2 B. wnÿf
Sous la juridiction du siége patriarcal de la grande ville d'Antioche sont les
diocèses suivants ‘, régis par des catholicos, des métropolites, des archevêques
ayant rang de catholicos inférieurs, et des évêques. En voici la série :
Le catholicos de Géorgie ;
! Cetteénumération des diocèses orientaux paraît
avoir été rédigée d'après les mêmes données qui ont
servi de base pour la liste qui se trouve à la suite de
Guillaume de Tyr; néanmoins, comme elle présente
quelques différences, j'ai cru devoir la reproduire.
Je dois en même temps faire observer que la dis-
tinction des siéges en archiépiscopaux et épiscopaux
adoptée par les Arméniens de la Cilicie me paraît
être une imitation des Latins, et dater de l'époque
des croisades. Il n'existait auparavant dans la nation
que des évêques et des chorévêques, coadjuteurs des
premiers, pour les paroisses rurales, suivant la hié-
rarchie de la primitive église. |
Dans la division de l'Orient en provinces ecclé-
siastiques, par les Latins, l'église arménienne fut
comprise dans la circonscription du patriarcat
d’Antioche, Des treize siéges archiépiscopaux qui
relevaient de ce patriarcat, Tarse était au second
rang, immédiatement après Tyr, Anazarbe au sep-
tième, et Séleucie Trachée au huitième. Plusieurs
de ces siéges, très-anciens, mais devenus vacants
par suite des invasions des infidèles, l'occupation
ou la ruine des villes où ils étaient érigés, furent
relevés et conférés à des prélats latins qui s’y main-
tinrent, ainsi que dans un assez grand nombre
d'autres localités de la Cilicie , concurremment avec
des titulaires arméniens.
HISTOR. ARM. — I.
Je mets ici en regard la liste latine des siéges de
la Cilicie, comme plus complète que celle que don-
nent les manuscrits de la Chronique de Sëmpad,
dans ma copie et dans les éditions de MM. Osgan
et Garabed Schahnazarian.
Sedes secunda, Tarsus. Sub hac sede sunt epi-
scopatus v :
Sebasti, Mallos, Thina (Thila), Coridos (Kory-
kos), Pademdes {Podandus).
Sedes septima, Anavarsa. Sub hac sede sunt epi-
scopatus Ix :
Epiphania, Alexandros (Alexandria, Alexan-
dretta), Irinopolis, Cambrisopolis, Flavias, Rossas
(Rhosus), Castavali (Castabala), Eguas (Aegeae,
Aïas), Sisia (Sis).
Sedes octava, Seleucia. Sub hac sede sunt epi-
Scopatus xxIv :
Claudiopolis, Diocæsarea, Oropi (Olbe ?), Dali-
sandos, Sevila, Kelenderis, Anemor (Anemurium),
Titiopolis, Lamos, Antiochia parva (Antiochia ad
Cragum, Antiochetta), Nefelia (Nephelis), Ristria
(Cestri), Selenunta (Selinus vel Trajanopolis), Yo-
copi (Jotape), Philadelphia parva, Irinopolis, Ger-
manicopolis, Mobsea, Dometiopolis, Abidi (Zbidé
ou Bidè, et dans le Synecdème d'Hiéroclès, Zeéôn.
Cf. Wesselingii in Hier. Synecd. comment. p. 518,
édit. de Bonn, et Constantin Porphyrogénète, De
85
674
APPENDICE
Qewfbreaghhno Ephvwuoquh, np & Masquunn :
UewbBneqhyns pnodbhbphou", ap & Qwpufhe -
U'écpwmoqukp [27 aju :
Dec nf Eupukngs Ep pmwuuñs :
Supunes mb Eufuknunu Eoffi :
NerSe ob Eupukoune dunmunñ ÿ:
Lude mük Eupuÿnunu bof :
Pousçohe oct Euhoknunu mefd:
uuphio neub bupo4rune Film :
Céecwpqu nf Evfuynane fi :
Uérl he CTRN Eupoÿnunu puuil L snpu :
1 Le mot prodh4bkphou est la transcription du latin primicerius, — ? C. YJrajÿu — S À. E, 7.
Le catholicos d'Irénopolis ou Bagdad ;
Le catholicos primicier est celui de la Perse ”.
MÉTROPOLITES :
Sour (Tyr), comprenant treize évêchés ;
Tarse, cinq évêchés;
Édesse, onze évéchés ?;
Apamée, sept évêchés;
Hiérapolis, huit évêchés ;
Bosra, dix-neuf évêchés :
Anazarbe, neuf évêchés;
Séleucie [Trachée], vingt-quatre évêchés ;
Thematibus, cap. xu1 (Thema Seleuciæ), Zmono-
polis (Zénopolis), Adrasson (Adrassus), Mynu,
Neapolis.
Cette énumération est suivie de la liste des
huit métropolites indépendants, per se subsistentes,
et des douze archevèques. Parmi les premiers est
celui de Pompeïopolis (Soli), et parmi les seconds,
celui de Germanicia ou Marasch. Mais dans les
souscriptions du concile de Sis (1307) et d'Adana
(1314), Marasch ainsi que Mopsueste et Adana ne
figurent plus que comme simples évêchés occupés
par des prélats arméniens. La ruine des colonies
latines de la Syrie, consommée par la perte de
Saint-Jean d'Acre, en 1291, explique pourquoi ces
trois villes avaient cessé de compter, du moins pour
les Arméniens, comme archevêchés latins.
1 ]] ya une remarque caractéristique et très-im-
portante à faire sur la liste de Sëmpad, comparée
avec celle de Guillaume de Tyr. Les catholicos ou
patriarches arméniens, résidant alors dans la Caili-
cie, rejetaient la suprématie des patriarches latins
d’Antioche, et à leur tour ceux-ci, soutenus par
les papes, refusaient de reconnaître les catholicos
comme prélats indépendants, et prétendaient les
soumettre à leur juridiction. C'est très-certaine-
ment pour cette raison que, dans la liste qui ac-
compagne l'ouvrage du savant archevêque de Tyr,
le siége patriarcal de la Cilicie est omis, tandis que
le siége rival, dans la Grande Arménie (catholicus
Ani qui est Persidis) figure au premier rang. Ces
prétentions contraires suscitèrent de vifs et fré-
quents débats dont le caractère religieux se com-
pliqua plus d’une fois de considérations politiques.
Une semblable omission chez Sëmpad ou son
continuateur anonyme prouve évidemment que
non-seulement il a consulté et traduit un docu-
ment latin, mais qu'il se rattachait au parti des
Arméniens latinisants, qui seuls pouvaient faire
usage d’un pareil document. L’adhésion qu'il ma-
nifeste plus loin au dogme de la suprématie uni-
verselle du siége de Rome, rejeté alors par les Ar-
méniens, et objet de controverses et de querelles
très-vives et continuelles, achève de mettre son
sentiment hors de doute.
2 Dans la liste de Guillaume de Tyr, Édesse n'a
que dix évéchés.
A LA CHRONIQUE DU CONNÉTABLE SÉMPAD. 675
VZb nf Eupolnuou nuits,
Cu, bp Eufugrunu ut :
Srwuohe actf Eufu4ranu £npu:
Qrurk dE! actif Eufugnunu bof:
Sud mi Euhulnunu srpu:
[ Réetoku, dhnpuwgobp ju Eu |
Mécecf ncuh Eufuqnunu fit :
Prébougohe np & Queer :
Lehli:
Suçpuudiuuqu np & Vudpur :
Utens :
erhoncaohs :
ope:
Cour :
f Kusdigophu :
Ur muy Et Eghoukngnubp np Eu papy 4kwbncahhnus:
æ Uérlkhe fr upus :
1 A. Varpkd
Damas, dix évêchés ;
Amida, dix évêchés ! :
Tripoli, quatre évêchés ;
Tauris, sept évêchés ;
Émesse, quatre évêchés.
[MÉTROPOLITES INDÉPENDANTS ? :|
Béryte, neuf évêchés ;
Héliopolis, qui est Ba'lbek ;
Laodicée :
Arsamosate, qui est Samison ;
Cyrrhus ;
Martyropolis ;
Mëcis (Mopsueste) ;
Adana :
Pompeiopolis.
ARCHEVÊQUES AYANT RANG DE CATHOLICOS INFÉRIEURS.
1° Chalcis:
2° Gabala;
3° Séleucie de Syrie;
! Dans Guillaume de Tyr, Amida a sept évèchés. — ? Ibid. Metropolitani per se subsistentes, VIII. On
voit que le rédacteur arménien en compte neuf.
85.
676 APPENDICE
Æ ‘LerwobE:
E @ ul nu :
z Uppdisbuugohu :
E
d U À onde pltrpnnt l 8
dus Suñruiurqu ? :
VS GubBriahnup denpuupepnkp pont Eplne, rep wfnenthoup dEinwouñt, qu
cuquuph E : |
Sri wfgani uncpp bupaut hdi &, aprud Eu Sép géuuitu mp pure [Eu
Ephobg L fluo [pet dE, L dEpwqnju Wopqbuwg put qultÿt en wphuqui. [JE qnp
Geubu JEehpf Eabgb lgbut JEplfuu, L'qnp wçplulu JEplphe wedukbut JEphhe :
D ocpu Sujpbanfié nl if fus, L fe queuquiuf bg Xaluit, gb Snnek opfinvk b:
Drpu quuphupqn {Eat wftan bque juluwp$u* Spunditus. uncpe wnuwupbnÿt, qnp
JE uncpe ufub$nqoupt waurtt Suununnbgft, np & opftul srpEphbpubuit wftnnny
œunneud nef built :
Up want \ppreuwkdp, joel bp 1 que acbnupuñths à Vgunpt quunph_
L
1 A. et C. Oawunru — 2? À, Satan qupquy 0, JuotbwnSh ==<s47 À b unpuw
4° Nazareth:
5° Paltos :
6° Germanicopolis { Germanicia) ;
7° Gh'avouza {Larissa ?) ;
8 Salaminias :
9° Vargouça (Varcocos);
10° Araçous {Adrassus) ;
11° Danavagh'a (Anabagata).
Grands catholicos et métropolites, vingt-deux l; catholicos inférieurs, onze.
Voici leur rang : |
Le siége de Rome est [fondé sur] le rocher de saint Pierre. C'est à Pierre que
le Seigneur remit les clefs du royaume des cieux, avec une puissance supérieure;
il l'éleva au-dessus des autres apôtres en [lui disant :] « Ce que tu lieras sur la terre
« sera lié dans le ciel, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel.»
Au-devant du patriarche de Rome, on porte la croix, et, au lieu de crosse, il a le
tchogan ?, qui est l'insigne du pasteur. |
Quatre siéges patriarcaux furent établis dans le monde par l'ordre des saints
apôtres, et confirmés dans la suite des temps par les conciles. Ces quatre sièges
sont la figure du trône à quatre faces de la Divinité :
1° Le siége de Jérusalem, sur lequel s'assit saint Luc l'évangéliste. Au-devant
1 Notreliste donne un total effectif de vingt-neuf. celle de « bâlon recourbé par un bout, » auquel est
2 Le mot arménien aigu se retrouve dans le per- appendue une boule de fer ou d’acier. On le porte de-
san yË»=,tchogan, qui a,entre autressignifications, vant les souverains comme insigne de leur dignité.
a —- et mue ee me
A LA CHRONIQUE DU CONNÉTABLE SÉMPAD. 677
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Yrupbnb, np qneowk HE mnuÿliu Fahuÿnununfdfuu pl ppreuwnkdh Eu ne ju Euhu
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cugfumwuls fi on, np quiowk OE aboporen hit L ad wmnnewd nef L gnun
LULU wjungp dhXioljfu pwnngkght, L Swuwwunnbahu une wnpu h unine dnngn/wuhu
Juyunp ewpegly g ve Suppl f umipe dagnuuf
h l d'ybuw, hr Qrouuvguneuohu L JU xhbunu :
Dapuy [N qaépuutgprl &, np &pu epru ur buonupuuhs, gp my dES Jupe.
ubunit Cratruupnu aphoulquit Push Supudbawg g$Epdnswdnqui : C Jung “ wnÿl anusufiu
quecuqui dE, gh quecwquiut fuppewuhtenh wunfhXuiu E:
Sun Yu as nhlynuu Spin unLpp Suyparuybenfi ACT TR Ufaebounpouh » L uqus
ephawpehu Vjouuuvguneuoquf \JEwprbhuwunuh, L ayy Ephy euunphaupquwgu Yunlop Equn
socpe phqnp ] weuuenphsh juwfdnnu fOrwghnouh unupEpnyt luufdninblne dE
Sung : À unpuus wn Pl ant fus Ænqgend L quueuquiu, 4 & Euhpoÿnagnumbin L Jon
quoubun :
Spunhétun uncpe pbenph bre vmpe Gubne W'Spiuy Saypoutet auanphuope
l'A. ewpagbkque — ? À, Qoçbu = SA gapniud — à A. f unpu
du patriarche de cette ville on porte le bâton pastoral, et, à la place du voile cou-
vrant la tête, il a le gonk'ern épiscopal, ce qui signifie que le premier évêché fut
fondé à Jérusalem; cet ornement est l'insigne particulier de cet épiscopat;
2° Antioche, où siégea saint Matthieu l'évangéliste. Au-devant du patriarche de
cette ville on porte une croix placée à l'extrémité d'un bâton, et qui indique que le
Christ crucifié fut prêché en premier lieu à Antioche;
3° Constantinople, où fut transféré le siége de saint Jean, primitivement à
Éphèse. Comme cette ville fut érigée en métropole de l'empire, son patriarche
acquit le rang de primat. Devant lui on porte trois cierges blancs allumés, qui si-
gnifient que le dogme de la Trinité, avec les trois personnes égales pour la Divinité
et leur nature, fut proclamé pour la première fois dans ce diocèse, et décrété par
les Pères des saints conciles de Nicée, de Constantinople et d'Ephèse;
4° Alexandrie, où siégea l'évangéliste saint Marc, et où plus tard le grand doc-
teur Athanase poursuivit avec les plus héroïques efforts les hérétiques. Au-devant
du patriarche de cette ville on porte une crosse, emblème du doctorat.
D'après la décision du saint pontife de Rome, Sylvestre, du patriarche de Cons-
tantinople Métrophane, et avec le consentement des trois autres patriarches, saint
Grégoire l'Iluminateur fut institué catholicos d'Arménie et placé sur le siége de
l'apôtre Thaddée. Il fut reconnu comme patriarche de tous les Arméniens. Au-de-
vant du catholicos on porte la croix placée à l'extrémité d'un bâton et la crosse,
parce qu il est à la fois chef des évêques et docteur.
Par la décision de saint Grégoire, saint Jacques évêque de Nisibe fut créc pa-
1 En grec émryovériov, éyyelpiov. Le grand dic- «des bergers, et représentant symboliquement soit
tionnaire arménien des RR. PP. Mëkhitharistes dé- «le suaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ, soit l'épée
finit ainsi ce mot : « partie du costume des prélats
« pendant sur leur cuisse gauche, à l'instar du sac
« flambnyante des séraphins. »
678 APPENDICE
Uoopeog, gb du wuneuñs Suypuubufu Guwlnehhe auneuufit : Oop sopu qunnphur
qobph be au noi n5 puqenifu, poyg dhuju Sup. q0p Grue om pe ($wlnpuy
lufuñnt une Cou wa wub -
Vu ahowgle" Enewep, op Eve du Saypuugban pt Saga] nb fut Sur annn
pod op fs paf, Vu pp \ppneuwunhd} Eubu4nugosdt Eu, 56 puqnhwus Fagnifu wji:
Op qumpe Spa me qhuusbqm But Lg jupne Bu nb qu Çm fu mp, L
Euh fus vaun Swununnh: fé L pt Eu GE, bar ph wfbabpuquis daqn
wnbEf wnuug up vurphupquÿt L'un, a supEt Sulunwkht, qh jurEtuÿs n_
all qloprcowghd} Euholnunt pupäp buureguivbt :
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Qeprt run aulè saphpunwuuis :
Queprit (Ovapou bep apab ali pou fiv:
Queer | dû bep Eqeuypé undè mi :
Gba ayons Dénubnodti Quyupé Epb, Eun quyfoup$e, me VSdion déhgt fr Sin
me. Epkp augh fou UEgur Fusdh* Eli auopru (Qvapnu, Eu. QU wSquju, opt wpri
RTE
LC. qhawug fe — ? À, sk — 3 B. wjunp — à À. Eçauc Ybgue jus
triarche des Syriens; c'est de son nom que les Jacobites tirent le leur. Mais le
pape de Rome et les quatre patriarches ne les reçoivent pas dans leur communion;
les Arméniens seuls les admettent. Les Grecs donnent à saint Jacques le surnom
de Zanzale!.
Vous savez, frères, que lorsque les patriarches veulent tenir un concile sur des
matières de foi ou pour tout autre objet, si le patriarche de Jérusalem ne s'y rend
pas, ce concile n'est pas valable, parce que c'est lui qui a le gouvernement des lieux
sanctifiés par la naissance, le crucifiement et la résurrection de Notre-Seigneur,
et qui donne la sanction à toutes les décisions. Il peut tenir seul un concile œcu-
ménique sans le concours des autres patriarches et du pape, et ceux-ci ne peuvent
lui faire opposition. En effet, dans tous les conciles, c'est le patriarche de Jéru-
salem à qui on accorde la préséance.
Il
NOMS DES BARONS ET ROIS D'ARMÉNIE.
[Le baron Roupen I“|;
Le baron Constantin [I*|, quatorze ans;
Le baron Thoros [[‘], son fils, vingt-neuf ans;
Le baron Léon [I“], frère de Thoros, dix ans.
Après lui, l'empereur [Jean Comnène] Porphyrogénète s'empara de la Cilicie,
et ensuite Mélik-Ahmed (Mohammed”*), qui posséda ce pays pendant trois ans,
jusqu'au retour du baron Thoros, fils du baron Léon, lequel reprit Vahga.
1 C’est par une étrange erreur que notre auteur, donna, par ses prédications, une nouvelle vie à la
ou son continuateur, confond saint Jacques de Ni- secte des Eutychéens ou monophysites, et qui fut
sibe, qui vivait au 1v° siècle, avec le moine Jacques élevé sur le siége d'Édesse par ses adhérents.
Baradée, dit Zanzale, qui, deux siècles plus tard, 2 C'est Mohammed, fils d'Amir-Gazi, fils d'Ibn-
A LA CHRONIQUE DU CONNÉTABLE SÉMPAD. 679
Qaprè frere mpeb À Leu au puuñr L dy:
Quprb flore npgh (Orepoub au up :
Qagrt LES baeeye Ovepnuf uulè bof :
Qaprt (hrceht apah Votbuñkh ani Ephmmmuuis : ÿ
Lert Buqurap pal Webdbuukh aulè pour Epne :
béta Puquinp ai sapu :
SbBail Burgueng audi punwunct L Ju :
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Qupr Sem S anfa me:
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Qpri Qroanfi ul dp
Dope vuph fpng fus b | Lit Buquenp:
LÉ Gugacenadrbibes
Oùté Barqurenp wi bphpumuuñs :
er Paquinp, wu$bugk quu Vunnuws f pupf ui Swphep :
+ |
Uuspuwbunpt Eu &ueg À Léo Ququinp£t PE y :
Q pit Q aurenfil :
A wpou CTL ITU LE bp Uqrinuwbaju :
Le baron Thoros [11], fils de Léon, vingt-six ans;
Le baron R'oupên [II], fils de Thoros, un an;
Le baron Mleh, frère de Thoros, sept ans;
Le baron R'oupën [III], fils de Sdéph'anè, douze ans;
Le roi Léon [Il], fils de Sdéph'ané, vingt-deux ans;
Le roi Philippe, quatre ans; .
Le roi Héthoum [[‘], quarante-cinq ans;
Le roi Léon [III], dix-neuf ans;
Le baron Héthoum [11], huit ans;
Le roi Sëmpad, deux ans;
Le baron Constantin [II], un an.
Interrègne de quatre ans jusqu'au roi Léon IV.
Le roi Léon [IV], trois ans;
Le roi Oschin, treize ans;
Le roi Léon [V}, que Dieu le conserve un siècle entier en prospérité l,
[TI
CONNÉTABLES D'ARMÉNIE, DEPUIS LE RÈGNE DE LÉON [11], AU NOMBRE DE NEUF.
Le baron Baudouin;
Le baron Abëlgh'arib, seigneur de Goudaf;
1 Les chiffres des règnes dans cette liste sont en
partie inexacts; on les trouvera rectifiés dans mes
tableaux généalogiques des souverains de la Petite
el-Danischmend, et troisième souverain de la dy-
nastie des éinirs turkomans de Cappadoce. (Voir
ci-dessus p. 149, 150,153, 157, 355, 356, et bi.
note 3.)
Arménie.
680 APPENDICE À LA CHRONIQUE DU CONNÉTABLE SÉMPAD.
Qruuaiuqfit arcug apr :
Qespet Udfuun queen anke Qu dufir :
Qupou | Lt fep ep:
: UPPE TO 720
Quprt Sul Urakhouns nb :
pri QruunutfiS bep pe bp | adppnufi :
Queer Non Ve pré pbs
T
D'or iufr pu Évwyu à
up Ù why Ù at pnju bi :
up Oefr podppruwgft anthae hp:
Qupnt Soul bep npakv:
Mupru fOvepre Wdvulbt bis:
Quprt (dun Off bp:
Qué Qugnfé vprogh :
1 C, qoibquunwumg, — 2 A. uhuhAwiu — 3 A, run hu — 4 A. et B. cudpepnugfu — 5 À. vaughv
Constantin, grand baron;
Le baron Sëémpad le connétable, seigneur de Babar'on';
Le baron Léon, son fils;
Le baron Oschin, sénéchal:
Le baron Héthoum, seigneur de Gor'igos;
Le baron Constantin son fils, seigneur de Lampron ;
Le baron Jean, fils du seigneur de Tyr°.
IV
MARÉCHAUX.
Le baron Vasil, seigneur de Vaner;
[Le baron Vahram, seigneur de Gorigos;|
Le baron Oschin de Lampron, seigneur de Mar nisch;
Le baron Héthoum, son fils:
Le baron Thoros, scigneur de Simana-gla;
Le baron Sëémpad, seigneur de Binag;
Le baron Baudouin, seigneur de Nigrinum ;
[Le baron Sëémpad, seigneur d'Asgour'as*.]|
l L'auteur de notre chronique. 3 Voir, pour les dates et la justification de ces
? Amaury de Lusignan, frère de Henri Il, roi de deux dernières listes, les listes générales des grands
Chypre. Son fils Jean, le premier des Lusignan d'Ar- officiers de la couronne d'Arménie à la suite de nos
ménie, régna sous le nom de Constantin III. tableaux généalogiques.
MARDIROS DE CRIMÉE.
NOTE PRÉLIMINAIRE.
Le fragment suivant est extrait d'une liste générale des souverains qui ont
gouverné l'Arménie depuis l'origine de la monarchie, c'est-à-dire depuis le
xxv° siècle avant J. C. suivant le calcul des historiens nationaux’, jusqu'à la
chute finale de cette monarchie, marquée par la destruction du royaume
de la Cülicie, l'entier asservissement et la dispersion des Arméniens en 1375.
Cette liste comprend :
° La dynastie des Haïciens, £uyywqmp, qui eut Haïg pour fondateur, el
qui au fin à la mort de Vahé, le dernier de ces princes, tué en repoussant
l'invasion des armées d'Alexandre le Grand; |
2° Celle des Arsacides, Uyow4ym%tp, dont le premier fut Vagh'arschag, ou
Valarsace, frère de Mithridate [”, roi des Parthes, et qui eut une durée de
prés de six siècles (de 150 ou 149 avant J. C. à 428 de l'ère vulgaire).
3° La série des gouverneurs perses, grecs, arméniens et arabes, délégués
par les Sassanides, les empereurs de Constantinople et les khalifes comme
leurs lieutenants, avec le titre de marzbans, curopalates ou patrices et 6sdi-
gans (428-855).
4° La dynastie des Bagratides divisée en quatre branches, de Géorgie, de
Lor'è dans l’Albanie arménienne, de Gars ou Kars et d'Ani dans le district de
Schirag, province d'Ararad; cette dernière branche, qui fut la principale,
se maintint depuis 859 jusqu'en 1079.
5° Enfin les princes qui possédèrent la Cilicie, d'abord avec le titre de
barons, qui leur fut donné par les premiers croisés en récompense des services
qu'ils rendirent et du dévouement qu'ils témoignèrent à la cause des chré-
tiens d'Occident, et ensuite avec celui de Rois que prit Léon ÏT en 1098. Ces
princes comptent successivement pour auteurs ou chefs de race Roupën l
dit le Grand jusqu'à Léon IT inclusivement (les Roupéniens); Héthoum T°, de
la famille de Lampron, jusqu'à Léon V (les Héthoumiens), et enfin Amaury,
prince de Tyr et Sidon, fils de Hugues IIT, roi de Chypre, jusquà Léon VI,
dernier roi d'Arménie (les Lusignans ou rois latins). Cette dynastie eut une
durée de 296 ans environ {de 1080 à 1375).
La liste dont 1l est ici question est écrite en vers de huit syllabes mono-
1 Cf. ci-dessus, p. 517, note 1.
SU
Histror. ARM. — Î.
ne
682 MARDIROS DE CRIMÉE.
rimes. Son auteur, Mardiros [J'wpumppan où Martyr, prend, dans le titre, le
surnom ethnique de ‘| eb/gp, originaire de Crimée, parce qu'il était né proba-
blement dans la colonie arménienne de Théodosie ou Caffa, et la qualification
de vartabed ou docteur en théologie; il vivait dans la deuxième moitié du
xvir° siècle, puisque la date qu'il a indiquée symboliquement à Îa fin de son
petit poëme est 1121 de l'ère arménienne (5 octobre 1171 — 3 octobre
1172). Nous n'avons sur son compte aucun autre renseignement; et lui-
même ne nous en à transmis aucun sur les sources auxquelles il a puisé;
elles doivent être en partie les mêmes, sans doute, que celles auxquelles de
notre côté nous avons eu recours pour composer nos tableaux généalogiques
des souverains de la Petite Arménie. Cependant Mardiros trahit quelques dif-
férences légères dans les commencements, très-considérables et tout à fait
tranchées pour les derniers règnes, et surtout pour ceux des Lusignans.
Afin de mettre en relief ce que nos renseignements et ceux dont il s'est
servi ont de commun ou de divergent, nous avons dressé, d'aprés sa liste, le
résumé suivant, que l'on pourra comparer avec nos tableaux :
1. RouprËx [°.
2. CONSTANTIN [°.
3. Taoros [*. h. Léon [*.
>. Taoros II. 6. SDEPH'aNÉ. 7. Mren.
8. Rocpén IT. g. Léon IL.
| 10. PHILIPPE D'ANTIOCHE.
10. ISABELLE, mariée à
12. Héraoux [*.
12. LÉON III.
| |
13. HéTROUMIT, 14. SÉmPpan. 15. Consranrix II. 16. Autre frère. Oscuin. | Sœur.
[Tnoros II.] L [ ISABELLE, fenime d'Amaur)
PORN Lusignan, prince de Tyr et Sidon.]|
17. LEON IV. 38. ConstanTix IT.
20. JEAN ( Diovax). 21. Son frère [Guv].
22. CONSTANTIN IV.
23. Léon VE.
La pen qui comprend les successeurs de Héthoum IT et qui commence à
peu prés à l'époque de la prise de Samt-Jean-d'Acre par le sulthan d'Égypte,
Mélik-Aschraf Scha’ban, et la ruine totale des établissements chrétiens de
la Syrie, est tellement pauvre en documents originaux, tellement confuse
par suite des agitations qu'entretenaient dans la Cüicie les compétitions au
trône, les invasions incessantes et les ravages des Égyptiens, quil est sou-
vent trés-diflicile ou même impossible de déterminer avec certitude l'ordre
et la filiation des souverains arméniens, et la durée des interrègnes qui se
reproduisirent très-fréquemment dans ces temps désastreux. Cette confusion
est surtout sensible en°ce qui concerne les Lusignans. Le P. Estienne, qui
descendait de la famille royale de Chypre, a dressé une généalogie de la
083
MARDIROS DE CRIMÉE.
branche d'Arménie! qui s'écarte en un assez grand nombre de points de celle
que nous avons essayé de reconstruire d'après les témoignages contemporains,
malheureusement si rares et si incomplets. Comme cet auteur, évèque de Li-
massol, dans l'ile de Chypre, vivait au xvF siécle, c'est-à-dire dans un temps
où la domination des Lusignans venait à peine de s'éteindre, il a pu recueillir
des informations d'une certaine valeur, quoique trés-susceptibles d'être dis-
cutées. Il énumère cinq Lusignans arméniens comme ayant exercé un pou-
voir effectif”, tandis que Mardiros et nos tableaux n'en mentionnent que
quatre. L'assertion de l'écrivain chypriote semble, il est vrai, confirmée par
l'inscription qui se lit sur le tombeau de Léon VI, conservé aujourd'hui dans
les caveaux de l'église abbatiale de Saint-Denis, et où il est qualifié de « quint
« roy latin du royaume d'Arménie », et en outre, le P. Estienne dit formel-
lement que Léon VI «est le cinquiesme roy latin qui eust commandement
en ce royaume et de la famille de Lusignan*. »
En attendant que de nouvelles découvertes puissent mettre fin à ces incer-
Uludes, nous croyons devoir transcrire la généalogie donnée par le P. Estienne,
en rapprochant les éléments épars que son livre fournit :
Amaury, prince de T'yr et Sidon, fils du roi de
Chypre Hugues LIT, marié à Isabeau,
fille de Léon III, roi d'Arménie,
| | | | | |
1. HuGces JEAN. Guy. BEINOND. HENRI. AGNÈS.
1 roi Lusignan d'Arménie. (Tous quatre morts en Arménie sans enfants.) Mariée à Léon IV,
roi d'Arménie.
4. LÉoN IT épouse Irène, femme de Léon [son neveu;
2. JEAN AMAURY.
abdique en faveur de Léon [*', il est remplacé par Jean, qui quitte le froc
sou neveu, et revêt l'habit des pour reprendre la couronne et qui périt avec
Léon I], en combattant les Sarrasins.
Frères mineurs.
5. Léon IF, mort à Paris en laissant un fils illégitime.
3. Léon I",
marié à [rène, fille de Philippe, prince
de Tarente, frère de Robert, roi de Na-
ples, et de Charles, roi de Hongrie. fi
meurt bientôt après son avénement, sans
enfants.
térent le choix du monarque chypriole par les
Arméniens est raconté par Pierre de Machaut dans
son poëme intitulé, La prinse d'Alexandre, cité en
L Description de toute l'ile de Cypre, Paris, 1580,
in-4°, chap. xx-xxui, fol. 124-201, et ibid. Généalogie
des princes d'Arménie mineure, fol. 27 v° et suiv.
? Le P. Estienne, Mardiros et moi nousn'avons extrait par M. de Mas Latrie, d'après deux manus-
pas compté Pierre [°, roi de Chypre, élu roi d'Ar- crits de la Bibliothèque impériale de Paris, dans
ménie, mais qui ne régna point dans ce dernier son Histoire de Chypre, t. II, Documents, p. 309-
pays, et n’en fut qu'un instant souverain titulaire 312.11 paraît même que des monnaies furent frap-
ou nominal. Parti pour l'Europe, il se trouvait à pées dans la capitale de la Cilicie, à Sis, au nom
Rome en 1368, lorsqu'il reçut la nouvelle de son de Pierre [*. M. Victor Langlois a retrouvé, dans
élection. Il se rendit en toute diligence à Venise, la collection du docteur Orta d'Adana, une pièce
où il s'embarqua pour retourner en Orient; mais, d'argent portant l'effigie équestre et la légende de
arrivé à Nicosie, il fut assassiné, et sa mort retarda ce prince (Voir Numismatique de l'Arménie au moyen
âge, p. 96-97, et ibid. pl. VI, n° 9).
la réunion de la couronne d'Arménie à celle de
Chypre, réunion qui n'eut lieu définitivement qu a- 3 Description de toute l'ile de Cypre, chap. xx,
fol. 152 v°.
près la mort de Léon VI, arrivée à Paris le 20 no-
vembre 1393. Le récit des circonstances qui dic-
86.
LISTE RIMÉE
DES
SOUVERAINS DE LA PETITE ARMÉNIE.
(APPENDICE À La PAGE 678.)
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O polbouiune feu uust wa fi -
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TRADUCTION.
ORDRE ET NOMBRE DES ROIS D'ARMÉNIE, PAR LE DOCTEUR {VARTABED) MARDIROS DE CRIMÉE.
Après la mort du grand Kakig!,
La couronne de nos rois fut détruite;
Il ny eut plus de maitre pour occuper leur
trône,
Qui s'élevait dans la ville d'Ani.
Cependant le baron R'oupên [[”], de la famille
de Kakig,
Maintint le pouvoir au sein de notre nation.
Venu dans les environs d'Ani,
Il se dirigea de là vers la Cilicie,
Où il établit sa domination;
10 Vengeur de Kakig,
Îl en chassa les Grecs;
Au bout de vingt ans écoulés,
1 Sur la fin tragique de Kakig Il, dernier rot
bagratide d’Ani, voir Matthieu d'Édesse, ch. cxix
de ma traduction complète de cet auteur, dans la
Bibliothèque historique arménienne, t. [*, p. 183-
184, et ci-dessus, p. 97-100 et {19 , note 2.
GE bep opel bep rein fr,
eus (Osogre puÿu k wpfiv,
UE Gouin Sprku npaliu
GEun (Oseçpeuf Eee uopfv,
Oajo np Vlr an Sujub fu
Once | Louh (Ovepes Hprkfv,
Le Uobquil Eqeuyp vorfu
Qegru US ve Jhu uapliv,
Lefe vpeler bol bof:
Le gli uogu d'unuiug quslit
eee epab Vobhuukfi:
Gen (lreel Eqeuyp vpf,
ST
Ce héros quitta ce monde.
Après lui régna son fils Constantin [| |,
Qui eut pour successeur le vaillant Thoros [E"!|.
son fils.
Après Thoros vint son frère,
Nommé Léon [[*|;
Ensuite Thoros, second du nom, fils de Leon,
Sdéph'anè, son frère,
Et le baron Mleh, qui prit la place de ce der- 20
nier,
Tous trois fils de Léon.
Après eux, le sceptre échut
À R'oupèn [I }?, fils de Sdéph'ané,
Lequel eut pour successeur son frère
? Mardiros a omis Roupên Il, fils de Thoros Il,
sans doute parce que ce prince, resté orphelin sous
la tutelle de son oncle Thomas, mourut tout jeune
et que le trône fut usurpé par Mleh, frère de Tho-
ros IT, qui mit en fuite le baïle ou régent.
30
40
LISTE RIMÉE DES SOUVERAINS DE LA PETITE ARMÉNIE. 685
ln nf D punir gai,
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Dépuquugk ay judE UE ufiu:
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“Laos Verdon OUTL appt Lapfii ;
ÿEun [zen elfe o Qeuuuiun fiv,
Le aus jou Egeuygp QJebt,
CSrpny gncu wgqpl eeodtu,
OdES Sébn Swphhr Yprhhr
===
Léon, ce lion! qui, assis sur le trône,
Recut de deux empereurs? la couronne royale,
Et se montra supérieur à tous.
Il eut pour successeur Philippe | d'Antioche ], son
vendre,
Dont la vie, dit-on, fut de courte durée.
Le trône passa au grand Héthoum [[*],
Par son mariage avec la reine Isabelle,
Puis à Léon [IF], son fils.
Léon, conduit captif en Éevpte.
En revint pour exercer le pouvoir suprème.
Son héritier fut son fils ainé, Héthoum [If],
Ce brave prince qui, suivant l'histoire,
Était rempli de la crainte de Dieu.
En butte à de cruels tourments de la part de
ses frères, *
Il abdiqua volontairement son rang glorieux,
Qui fut transmis à son frère Sémpad,
Et ensuite à Constantin, second du nom,
Après lequel régna un autre frère, Thoros [II].
Tous trois ayant bouleversé le pays,
On força le grand Héthoum
À reprendre les rènes de l'État.
1 J'y a dans le texte wap, traduction du grec
Aécv «lion», pris à la fois comme nom propre
et comme nom significatif; lénv, Lévon, en armé-
nien.
? Henri VI, empereur d'Allemagne, et Isaac
l’'Ange, empereur d'Orient. Cf. Guiragos de Kant-
zag, ci-dessus, p. 422-424.
Gouuneguibbg with qusfu
Le- JEun Epyniy Le pu affii ,
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Uécewnesyh ebrbews bal:
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S péu, anu}ruu mmuwut le. dhu,
res pa Prog pue wfBnnfit-
Lreah ts. 1 lil | >Dabeunupi
oÙ
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Mais, deux ans après,
Ce bienheureux prince termina ses jours.
Sa succession fut dévolue à un certain Léon [[V],
son parent;
Ensuite le frère de ce dernier, Constantin [T]°,
Et Léon [V]}, fils d'Oschin, 50
Se succédèrent l'un après l'autre ;
Puis le baron Jean* (Djouan), fils [d'Isabelle],
sœur | d'Oschin}, père
De Léon susmentionneé,
Et [Guy] frère de Jean,
Qui tous deux eurent un règne éphémère;
Car les troupes, se soulevant [contre eux],
Les ésorgérent. |
Un certain Constantin [IV], de la famille de
Leon,
Fut alors appelé et couronné.
Il fut remplacé, en dernier lieu,
Par Léon [VI], ce roi infortuné
Qui, au bout de onze mois,
Perdit la couronne et le trône.
Le sulthan d'Égypte, [Mélik - Aschraf - Scha- |
ban, ]
60
3 Nous ne savons sur quels fondements Mardiros |
mentionne ce Constantin comme frère de Léon IV;
il ne figure pas dans nos Tableaux généalogiques.
&# Jean ou Djouan, suivant une prononciation qui
paraît être d'origine provençale, prit le surnom de
Constantin en montant sur le trône: c'est le Cons-
tantin HT de nos Tableaux généalogiques.
70
686
LVééuL 4bpbug quubvkuf,
Ouai h gb b dbuwfé,
Le aBaqne sit UPopne Unpfi:
Ce ce Peu portal,
(Osrque qu qui Bugs Su,
Vel agi op k qui:
Pole qd he Qugbuut,
Suuuuk qu YÉtiwg Unpfi
GLercewbS uncpe purqupf.
vert ir bug une pp up,
Suyog wagf uncpp wffnn fi -
Pont Suwphup Suyrg Bref,
Put sbEplp webpnpalit,
Guqglt and buy Suqupudfiu,
LISTE RIMÉE
O que ju pudwukpu quyu paf:
Le wuuutog puirpnu 4Epplu
Qudiupuuluwpne gp pusfil:
Patuuuqoeup dhpny punuf,
Ureuye L ubup dEp ouuiufi,
SEre Suylwgbbges de prrdtr,
Le eus L'ate donwpuiuafiu.
Mie Qupuhg diuuft eff,
Oorupophu wjug vaux,
Le 4bup Bacppug qonnq waqli
lé Swpluunne $ujbu diufu-
Goqugbn mquiug GEnb,
Dour houbuk open paf:
(Nouyg gnSnc fut nwugnip ryslv,
EE
Arrivant, les fit tous captifs,
Le baron [roi] et les siens en même temps,
Ainsi que la reine Môrou!, sa femme.
Mais, touché de compassion, le tyran
Rendit la liberté à cette princesse
Et lui dit d'aller où elle voudrait.
Elle se rendit en Palestine,
Où elle finit ses jours,
À Jérusalem, la cité sainte;
Elle fut enterrée auprès d'une colonne de l'église,
Au saint siége de notre nation?.
Ce fut en l'an huit cent de l'ère arménienne,
Accru de vingt-trois ?,
Que la cruelle race d'Agar
Les fit boire à cette coupe d'amertume.
1 Môrou ou Maroun, diminutif familier du nom
de Marie.
2? Le couvent de Saint-Jacques, encore debout
aujourd'hui, est l’un des plus riches qu'il y ait au
monde par les offrandes qu'il reçoit des Arméniens
qui se rendent en pèlerinage aux Saints-Licux.
Chaque année, un grand nombre d'entre eux ac-
courent pour accomplir cette pieuse visite et en re-
viennent avec le titre de mahdeci, diu&unkuk, qui
est une forme altérée de l'arabe mokaddecy, (4 ar
le hiérosolymitain, c'est à-dire « celui qui a visité la
maison du sanctuaire, » go uw Où Jérusalem.
Ils ajoutent ce titre à leur nom patronymique,
dans le même sens et avec le même sentiment de
dévotion que les musulmans, de retour du pèleri-
nage de la Mekke, prennent celui de hadji.
3 L'an 823 de l'ère arménienne (18 décembre
1373-17 décembre 1374). C'est la date de cette in-
vasion des Égyptiens dans la Cilicie. Ils prirent et
ruinèrent une foule de villes, de forteresses et de
couvents, et entre autres Sis, Adana, Mécis ou Mop-
sueste et Anazarbe. Léon VI, qui s'était réfugié dans
qq +
Ici finit le récit
Que j'avais entrepris de retracer;
Nos chefs de race princière furent immolés;
Nos souverains, nos plus grands personnages
perdirent la vie;
Les tribus de l'Arménie furent dispersées;
Ceux-ci émigrèrent dans la contrée des Perses *
Et se soumirent à eux comme des serviteurs;
Ceux-là passèrent chez l'orgueilleuse nation des
Turks,
Et, devenus leurs tributaires,
Furent accablés et épuisés d'exactions,
Tourmentés par des peuples étrangers,
Suivant la prédiction de saint Nersès‘.
Cependant rendons gloire au Sauveur,
la forteresse de Gaban, au milieu des gorges re-
culées et abruptes du Taurus, y soutint un siège
de neuf mois jusqu'au moment où, forcé, par le
manque de vivres, de se rendre, il tomba entre les
mains des infidèles et fut conduit prisonnier en
Égypte, avec sa femme Maroun et sa fille Ph'inna
(Joséphine), en 1375. Le mari de celle-ci, Scha-
han, comte de Gorigos, était sans doute absent ou
éloigné en ce moment du château de Gaban, et il
paraît qu'il échappa à la captivité, puisqu'il n'est
nullement question de Jui dans le récit de cette
catastrophe. D'après le rapport de plusieurs Âr-
méniens qui ont visité le couvent de Saint-Jacques
de Jérusalem, on lit sur une des colonnes de
l'église de ce monastère l'inscription tumulaire de
la reine Maroun et de sa fille Ph'inna. Cf. Tcha-
mitch, Histoire d'Arménie, Liv. V, ch. xum; t. HI,
p- 399-361.
# Voir, sur Île sens qu'a ici et dans les écrivains
arméniens du moyen âge le mot Perses, ci-dessus,
p. 24, note 3, et 39, note à.
* Surles prédictions de ce genre, toutes apocry-
q0
90
90
DES SOUVERAINS DE LA PETITE ARMÉNIE.
Se L Serge uapSwuqupnfi -
A ) Edp phase ewewquufiu,
Péchpruquqnee verey bwsbt:
GFPET pu uy ayu pEa , Ereuyp,
EE ——
Au Père et au Saint-Esprit, orné de grâces,
Nous, les enfants de la piscine sacrée,
Et adorateurs de la sainte Croix.
Accepte en présent de moi, 6 frère,
phes, attribuées à saint Nersès le Grand, voir ce que
j'ai dit de la prophétie de ce patriarche rapportée
par Matthieu d'Édesse, ci-dessus, chap. vur, p. 44,
et tbid. note 1.
l Le mot dzidzar’, Sks&wn, est apocopé ici pour
le besoin de la rime eten même temps pour créer
une expression numérique; la forme pleine et régu-
lière est 5h3wn%, dzidzar’n. Les lettres de ce mot
ainsi réduit donnent une suite de nombres qui,
687
Uépeg vahrkuwgnu Jéu b Niun,
epoppnuk JrŒbuwfdponeuwun
Crrowebpt ay [fut & dd un :
—
Cette histoire de nos ancêtres,
De moi, Mardiros, accablé d'infortunes.
L'ère qui court est dzidzar’ {l'hirondelle)!.
additionnés, produisent pour somme 1121 de l'ère
arménienne, date de ce poëme :
&,d— 50
bsi— 20
&,dz— 50
mm, A 1
nr —= 1000
Total n1121 == (5 octobre 1671 — 3 octobre 1672).
MÉKHITHAR DE DASCHIR.
NOTE PRÉLIMINAIRE.
À partir du règne de Léon II, qui, le premier des souverains de la Cilicie,
se plaça sous la suzeraineté de l'Église romaine et de l'empire d'Occident, et
entra dans un système suivi d'alliances et d'intérêts avec les princes latins de
la Syrie et de l'Europe, les papes ne cessèrent d'intervenir dans les affaires
religieuses et politiques des Arméniens; tous leurs efforts tendirent à les ra-
mener à l'unité de la foi, et à leur faire accepter le dogme de la suprématie
du Saint-Siége. Les princes de la Cilicie, à leur tour, pressés de tous côtés par
les infidèles, et impuissants par eux-mêmes à leur résister, sentant le besoin de
se ménager la protection et le secours des papes, alors arbitres suprêmes de la
chrélienté, témoignérent plus d'une fois, du moins en apparence, le désir
d'une réunion avec l'Église latine. Ces tendances à la conciliation et ces pro-
jets de fusion, profondément antipathiques à la mässe du clergé et de Îa na-
tion, furent une des principales causes des troubles et des désordres intérieurs
dont l'histoire de la Petite Arménie nous offre, à cette époque, de si fréquents
et de si tristes tableaux. La royauté, placée d'un côté entre cette répulsion
et une opposition compacte et ardenlie des populations, et de l'autre entre
les mstances réitérées des papes, se trouva souvent dans une fausse posi-
tion qui l'obligeait à suivre une ligne tortueuse de conduite envers les Occi-
dentaux. Ainsi, tandis que le roi Héthoum I‘, en correspondance avec Rome,
protestait de ses sentiments personnels de soumission filiale, et que le pa-
triarche Constantin I‘ recevait de Grégoire IX le pallium et lui adressait ses
remerciments, tous les deux provoquaient, de la part de leurs théologiens,
une polémique trés-vive contre les légats du Saint-Siége en Orient. L'opus-
cule suivant, qui est un des écrits composés à cette occasion, et qui émane
du vartabed ou docteur Mëkhithar de Daschir, donnera une idée de cette
controverse, dont l'influence fut si grande sur les rapports des Arméniens
avec les Latins, et si fatale pour leurs destinées politiques. Les objections
qu'il contient, en mettant à nu le fond du débat et l'origme de la querelle,
1 C'est ce qu'on lit dans le titre, que je transcris « Apôtres dans leurdignité, discours de Mëkhithar de
en entier: Y'khÆBwpuy mwjpwgcas juquweu Swdiumuw_ « Daschir dirigé contre ceux qui affirment que onze
aancac buis bphnmuusuhg wnwpkinÿt wuwgkw, put, «0e ces apôtres sontinférieursen puissance à Pierre,
run ES wjuagh4 np vniwg wubt ghmuuwst pu «et que le patriarche [d’Antioche] est au-dessus du
Pabuñrn Eur put gQEwpou, L app quwmphwpg Jr « Catholicos; cet écrit a été composé par ordre du
get wub} puis que ghhne. b puit Buwqaraptt «roi Héthoum et d’après les exhortations de Jac-
Suyng SEP, L h jrpnee ai bybu4ngnuk ww. «ques, évêque [du monastère] de Gasdagh'ôn [dans
mwquitny Suwknpuy : « Touchant l'égalité des douze «la Cilicie]. » |
07
HisTor. ARM. — I.
690 MÉKHITHAR DE DASCHIR.
ont une valeur véritablement historique, la seule dont nous ayons ici à nous”
préoccuper. Comme il eût été inopportun et téméraire à nous d'en entre-
prendre la discussion et la réfutation théologiques, 11 nous sufhira de dire que
cette querelle avait pour objet la grande question encore agitée de nos jours,
avec une ardeur et une conviction que le temps n'a point diminuées, ques-
on qui forme malheureusement le mur de séparation entre les chrétiens
d'Orient et ceux d'Occident, celle de savoir si la primauté du Siége de Rome
est d'institution divine ou simplement disciplinaire et canonique. Mëkhithar
fait valoir, à l'appui de sa thèse, les mêmes arguments mis en avant aujour-
d'hui par les Arméniens et les autres communions orientales dissidentes!,
-sans cesser toutefois de reconnaître qu'au successeur de saint Pierre, à Rome,
appartient la préséance d'honneur dans le monde catholique. Comme le pa-
triarche saint Nersès Schnorhali* et les autres pères arméniens, et d'accord
avec le témoignage unanime des livres liturgiques de toutes les Églises
d'Orient, notre docteur est formel sur ce dernier point; dans le préambule de
sa relation, que nous avons supprimé comme une répétition des arguments
qu'il reproduit plus loin avec plus de développements, 1l s'exprime ainsi : « Ce
“n'est pas que nous voulions nier le mandat d'autorité qu'ils ont reçu du
« Christ, et anéantir l'honneur dû à saint Pierre; Dieu nous en garde! 4 gnp
'd Pghunnuk Culjuquiu Spait fofuwun OEuiu, k LITE UT be pulquane di uqunnnin) uppnÿr
Qésnpau - pur L df bah :
L'écrivain arménien finit brusquement son récit au milieu de sa conférence
avec le légat, sans nous apprendre quel en fut le résultat, quelle impression
produisit le rapport qu'il en fit, à son retour, au catholicos Constantin, dont
il était l'envoyé, et quelles chméquenses cette conférence eut pour les rela-
tions ultérieures des deux Éplises, arménienne et latine.
Le récit de Mëkhithar de Daschir est extrait du manuscrit n° 12, ancien
fonds arménien de la Bibliothèque impériale de Paris; ce volume, qui est de
format in-4° et tracé en écriture ronde, gmnp gkp, Sur papier de coton, contient
plusieurs mémorlaux ou notes de copiste, et deux, entre autres, transcrits
folios 38 v° et 236 r°, où l'on lit qu'il fut transcrit en 723 de l'ère arménienne
(12 janvier 1274-11 Janvier 1279) par Étienne Irits-Orti (fils de prêtre) pour
la reine Guéran (Kyra Anna), surnommée Théophanô ou Theanô, de la fa-
mille de Lampron, et femme de Léon IIT; elle avait épousé ce prince en 1271
et mourut quatre ans avant lui, en 1285. Au fol. 236 v° elle est appelée
JE Swqupl L. puptaquoun Ypotur ap, « pieuse religieuse d'illustre naissance. » Comme
elle était en ce moment sur le trône, on doit supposer que cette qualification
lui est donnée parce qu'elle avait été afliliée sans doute à l'un des monastères
de la Cilicie, d'après un usage très-répandu parmi les Arméniens laïques et
vivant dans le monde, et souvent rappelé dans les inscriptions qui couvrent
les murs des églises et des couvents de la Grande Arménie.
1 Voir le travail publié par un Russe, M. Sou- Paris, 1"année, novembre 1859-1860, numéros 7,
schkoff, sous le titre, « Les Apôtres d’après le Nou- 8, 10, 11,15 et 16.
veau Testament, » dans l’Union chrétienne, journal 2 Cf. l'Élégie sur la prise d'Édesse, vers 1-74,
hebdomadaire, organe de l'Église gréco-russe à ci-dessus, p. 228-229.
_—_——
me ee ee en me pt mu den Ses
PET
RELATION DE LA CONFÉRENCE
TENUE
ENTRE LE DOCTEUR MÉKHITHAR DE DASCHIR,
ENVOYÉ DU CATHOLICOS CONSTANTIN I",
ET LE LÉGAT DU PAPE,
À SAINT-JEAN-D'ACRE, EN 19262.
(Appendice aux pages 465, 486, 487, 551, 552 et 651.)
Le Zufo gundañnulju ghqn.p dépoaphas Sutehufu. ab dpi mbfunbp h Yupdbop Suiu_
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nefdheta pondul pneus, L Spunliuykwg dE nd wnpXuwtuuaqnequLE, : LU nndutot
JC L’ CPE ES EE LAC (g JS Lt LS
Peurby b Supuubuku Sandy blu qu jannfiwgrrg puppunet, op Bupqlüith
l Le mot sh4wg, ligath, et ailleurs /b4urn, ligad, est la transcription de légat, envoyé du pape pour une
mission apostolique.
TRADUCTION.
Nous fixerons d'abord l'époque de la conférence solennelle que nous eûmes,
afin que personne ne s'imagine que ce qui se passa alors est faux et imaginaire;
ensuite nous raconterons notre entrevue avec eux {les Franks), et nous reprodui-
rons les arguments et les objections que nous opposâmes à leurs raisonnements
C'était en la quarante-deuxième année du pontificat de Constantin, catholicos
d'Arménie ’, sous le règne de Héthoum [I‘], souverain de la nation issue d'Aram?,
lequel eut pour très-agréable l'entreprise que nous avions exécutée, lorsqu'il en
entendit le récit, et qui nous ordonna d'en consigner le souvenir par écrit. À cette
époque vint de l'Italie, de la part du patriarche de Rome, un légat, mot latin qui
l Le patriarche Constantin I‘ étant monté sur Urbain IV, ancien patriarche de Jérusalein, était assis
le siége en 1228, nous avons par conséquent 1261 dans la chaire de Saint-Pierre, depuis le 29 août de
pour sa 42° année. Îl s’y maintint jusqu'à sa mort, l'année précédente: il avait succédé à Alexandre IV,
arrivée, suivant l'historien Varlan, le 14 janvier mort trois mois et quelques jours auparavant, le
1267. Comme ce fut sur la fin de décembre 1261 21 mai.
que Mékhithar de Daschir arriva dans le port de 2? Cf. sur le roi Aram, de la première dynas-
Saint-Jean d'Âcre, la conférence à laquelle il prit tie arménienne (les Haïciens), ci-dessus, p. 301,
part a pour date exacle les premiers mois de1262. note 6.
87.
L ER ÉD LE
692 CONFÉRENCE DU DOCTEUR MÉKHITHAR DE DASCHIR
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se traduit dans notre langue par tesban, «envoyé,» et qui désigne’ effectivement
un homme chargé d'un message. Il arriva donc dans le pays des Galiléens, dans
la ville de Ptolémaïs, aujourd'hui Acre. Il avait sous sa juridiction spirituelle
le littoral de la Phénicie jusqu à la grande cité d'Antioche, toute la Palestine qui
appartient aux Occidentaux, ainsi que tous les pays qui sont dans leur dépen-
dance. Il envoya aussi vers notre patriarche, pour lui faire savoir qu'il eût, comme
les autres, à lui offrir des présents. Mais celui-ci tint d'abord peu de compte de
cette invitation, et plus tard il écrivit une lettre qu'il confia à des messagers qu'il
avait dirigés autre part, et dans laquelle il disait qu'il s'occuperait de cela inci-
demment. Mais le légat ne voulut pas recevoir les députés, comme ils s'en étaient
flattés, et 11s s'en retournèrent trèés-mécontents.
À la même époque, Oschin [scigneur de Gor'igos|, frère de notre souverain, se
rendit, en vertu d'un ordre royal, comme ambassadeur à Acre, auprès du légat
et des chefs [des Franks]. Dans la réunion qui eut lieu, le légat inculpa vive-
ment notre catholicos, comme étant un homme grossier; 1l prétendit que si ce
n'était pas par considération pour ce qui est dû aux étrangers et pour les lois de
l'hospitalité, 1l aurait dû au moins, à cause de la déférence à laquelle il est tenu
envers l'Église de Rome, venir lui faire une visite. Oschin, de retour auprès du
roi, lui rapporta ces propos et d'autres encore; et les nôtres, agissant d'après le
caractère naturel de notre nation, qui a l'habitude d'exalter les autres et de se
déprécier soi-même, s'imaginèrent que ces reproches étaient fondés. Aussitôt ils
engagèrent le catholicos à envoyer un messager chargé d'une lettre particulière,
ou une députation avec une lettre patente et des présents. IL obéit aussitôt, re-
gardant lui-même cette démarche comme très-convenable. Ceux qui étaient au-
près de lui, ayant été d’un avis semblable, jetèrent les yeux sur mon humble
personne; et moi, quoique bien faible et inhabile à manier la parole, J'acceptai
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693
| ET DU LÉGAT DU PAPE.
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cette mission. Seulement je recommandai que dans la lettre on se gardât bien
d'employer le mot obéissance, parce que ces gens-là sont habiles dans le discours
et captieux, mais que l'on mît plutôt tout le contraire. Comme nous étions dans
l'hiver, notre navigation fut longue et pénible, et ce n'est qu'avec peine que nous
parvinmes vers la fin de décembre à Âcre. J'avais avec moi, d'après la volonté du
catholicos, l'évêque de Jérusalem de notre nation, lequel s'était rencontré à Tra-
janopolis ?.
Lorsque les ambassadeurs du roi furent disposés à se présenter au légat, ils me
prescrivirent de me tenir prêt, moi aussi, à entrer après eux. Ayant été admis
en audience, ils exposèrent l'objet de leur mission, tandis que nous restâmes à
la porte longtemps et jusqu'au soir. Nous pensâmes que ce retard avait deux mo-
tifs, quoique nous n'ayons pas su cela au juste : soit la hauteur du prélat, soit le
besoin de délibérer si l'on nous recevrait ou non, et dans le cas où l'on nous re-
cevrait, de savoir ce que l'on nous dirait; car le légat avait avec lui de rudes cham-
pions dans les joutes de l'éloquence, séjournant outre-mer, et parmi eux, l'évêque
+
-de Chypre.
Cependant on finit par donner l'ordre de nous introduire, tandis qué nos am-
bassadeurs étaient encore présents. Lorsque nous remîmes l'écrit et les cadeaux
du catholicos, le légat passa la lettre à notre évêque en lui disant : « Lis-moi
« cela en épelant. » L'évêque obéit et se mit à lire. Mais à peine eut-il parcouru
quelques lignes, que le légat ne lui permit pas de continuer et d'achever. « Re-
« prenez, s'écria-t-1l avec colère, ce que vous avez apporté; car ce n'est pas pour
«un profit et un avantage temporels que j'avais demandé que le catholicos d'Ar-
« ménie vint ici. C'était uniquement pour nous entretenir des institutions et des lois
«spirituelles, afin que le mur paternel ne se fende point ét ne se sépare point en
1 Il ne peut être ici question évidemment que de Sélinonte ou Trajanopolis, ville de la Cilicie Trachée.
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694 CONFÉRENCE DU DOCTEUR MÉKHITHAR DE DASCHIR
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« deux parties, et pour empêcher que les membres, étant disjoints de la tête, ne
«soient livrés à la corruption, comme les autres siéges apostoliques qui se sont
« détachés de l'Église de Rome, fondée par le Seigneur, et non point par la main
« de l'homme. C'est là ce que dit l'apôtre saint Paul : Personne ne peut poser d'autre
« fondement que celui qui a été posé déjà, et ce fondement est Jésus-Christ '. C'est pour-
« quoi, par sollicitude pour vous, j'avais réclamé la venue du catholicos, afin qu'il
«se réunît au chef de l'Église; et si, à cause de son extrême vieillesse, comme je l'ai
«appris, il ne pouvait se rendre en personne, et ce que je dis c'est par un senti-
« ment de charité, pourquoi n'a-t-il pas d'abord envoyé quelqu'un ? Si ce retard était
« occasionné par l'obligation d'apporter le tribut et de livrer la forteresse, ainsi que
« je l'ai su, quel vide aurait produit le manque d’un seul homme? Maintenant cette
« absence a-t-elle des inconvénients? » Il ajouta beaucoup d'autres paroles que je ne
puis rapporter par écrit, tandis que nous gardions le silence. Cependant, comme
il reprenait un peu haleine, Thomas, ambassadeur de notre roi, me dit : « Allons,
« prie-le de nouveau de recevoir tes présents. » Je renouvelai donc mes instances,
mais sans succès. Alors Thomas, s'étant levé lui-même, le supplia de les accepter
au nom de notre souverain, comme de la part d'un fils, titre dont il qualifiait ce
prince. « Si ton fils, lui dit-il, apprend ton refus, il en sera très-mortifié. » Le légat
répéta les mêmes raisons qu'auparavant, en disant que sa demande n'était pas
inspirée par un désir sordide des biens temporels; et cependant, quoiqu'il en
fit alors l'objet de ses dérisions, 1l les réclama plus tard avec insistance.
Il reprit en disant : « Maintenant mangeons. » Mais nous déclinâmes son invi-
tation et nous nous retirâmes pleins de tristesse, par suite du mépris témoigné
au siégc apostolique de l'Arménie. Je pense que les choses se passèrent ainsi par
un effet de la Providence, qui voulait m'inspirer la découverte des deux raisons
mystiques et solides que je vais rapporter.
L'jr Ép. aux Corinthiens, I, x.
ET DU LÉGAT DU PAPE. 695
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! Dchouphri, ÿ au#ph, Geoffroy. — ? Maisdèr, roman-provençal, maistre, majester. — Tanph'loun,
Had, Templum. — * K'oumandour, <fRacdüñnnneup « commandeur. »
Dans l'intervalle, il y eut une fête. Le légat me fit appeler, et me montrant un
visage bienveillant : « Depuis longtemps, me dit-il, je désirais m'entretenir avec toi
« (et je cite ici ses paroles), car j'ai appris que tu es un des hommes les plus savants
« parmi tes compatriotes, et peut-être nous seras-tu utile; mais les devoirs que
« m'imposaient nos solennités ne m'ont pas laissé de loisir jusqu'à présent. Main-
«tenant causons. — Je ne suis pas tel, lui répondis-je, que tu le crois, et celui
« qui t'a parlé de moi ne connaissait peut-être pas ma chétive personne. Mais ton
« langage à mon égard t'est suggéré par deux motifs : le premier est l'impartialité
« que t'inspire ton esprit philosophique, et le second, le désir propre à un disciple
« du Sauveur d'exalter les humbles. C'est là ce que j'avais à te dire; car ce voyage
«m'était fort agréable par la pensée de me faire votre disciple et de mettre à
« profit l'Écriture Sainte, à laquelle vous êtes attachés si fidèlement. Mais com-
« ment aurais-je le cœur de parler, dans la douleur amère où m'a plongé le refus
« que tu as fait de nos présents? Ce n'était point un accroissement de richesses
« pour toi, ni une privation pour celui qui les envoyait. Tu n'as pas lu la lettre
« pour savoir si elle me donnait créance ou non, et tu n'as pas écouté les paroles
“que javais l'ordre de te transmettre. — Eh bien! reprit-il en souriant, faisons
« ce que tu désires; causons. -— Que ta volonté s'accomplisse! lui dis-je. — Tu es
«un homme sage, ajouta-t-il, et tu répondras à toutes nos questions. » Il était ce
jour-là entouré d'une nombreuse assistance, dans laquelle figuraient le comman-
dant de la ville, nommé Geoffroy, homme pacifique, le grand maïtre du Temple
[Thomas Béraut], le commandeur de la maison des Hospitaliers ! et tous les chefs
du littoral de la Syrie, à l'exception du prince [d'Antioche, Boëmond VI], ainsi
maître Hugues de Revel (1260) qui le substitua à
1 Le titre de commandeur était alors tout nouveau
celui de précepteur qu'avaient porté jusque-là les
parmi les Hospitaliers, puisque ce fut le grand
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696 CONFÉRENCE DU DOCTEUR MÉKHITHAR DE DASCHIR
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1 Avoukathk', wencqwf?, avec la terminaison du pluriel arménien, les avocats ou avoués, et au sin-
+
gulier avoukath, une qu.
A
que tous les avocats. Nous ignorons si cette réunion avait lieu à cause de nous
ou pour tout autre objet. « Comment pourrais-je, dis-je, comme organe de toute
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«une nation, te répondre, surtout si la discussion roule sur l'Église? N aie pas
u l'idée que j'ai été député ici comme un homme parfait, parce qu'il arrive souvent
«qu à la cour des princes une bonne fortune échoit à des gens sans mérite. En
« effet, l'Église arménienne est très-riche en hommes savants et profondément
« versés dans la connaissance de l'Écriture Saïhte, et parmi lesquels je suis le der-
«nier. Sur tous les points auxquels je suis en état de fournir une réponse et que
«notre patriarche m a donné le pouvoir de traiter, je présenterai une explication;
« pour les autres, je lui écrirai et Je les lui soumettrai, et ce prélat, assisté d'une
«nombreuse réunion, les examinera et fera sortir de ses riches trésors, puisés
«dans l'Ancien et le Nouveau Testament, la solution qu'il enverra. » Ces paroles
parurent faire grand plaisir à tous.
« Tu me laisseras seulement, ajoutai-je, toute facilité de m'énoncer librement.»
En effet, il parlait beaucoup et écoutait peu. Ayant donc obtenu l'agrément de
faire des questions, je repris: «Tu as dit qu'un fondement ne peut être étabh
« par personne, suivant la parole de l'apôtre saint Paul, si ce n'est le fondement
« qui existe déjà, c'est-à-dire Jésus-Christ : rien de plus vrai. Et moi j'ajouterat à
«ce même fondement le texte qui suit : St quelqu'un bätit sur ce fondement, il élèvera
«une construction solde ; bâtissons donc, non point avec de la paille, qu peut être brülee,
«cest-à-dire en dehors de leur doctrine, mais: avec de l'or et de l'argent qui sont
chefsde maisons des différentes provincesdel'Ordre. églises et les communautés religieuses ; on donna
(Vertot, Histoire des chevaliers hospitaliers de Saint- aussi le titre d'advocati à de puissants personnages
Jean de Jérusalem, liv. HI.)
1 On appelait « advocati ecclesiarum, defensores
et causidici,» des légistes (avocats ou avoués)
chargés de plaider et d'ester en justice pour les
et même à des souverains qui exerçaient ce patro-
nage, non point par la parole, mais par l'épée.
(Cf. Du Cange, Glossar. med. et infim. latin. v° Ad-
vocatus.)
ET DU LÉGAT DU PAPE. 697
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« éprouvés, purifiés par le feu de l'esprit, suivant leur expression, afin que [l'ouvrage]
« se maintenne; celui qui bâtit ainsi recevra un salaire”, comme les habiles architectes.
— C'est vrai, répondirent-ils.
« D'où l'Église de Rome, continuai-je, tient-elle ce pouvoir, de se faire juge des
«autres sièges apostoliques, et de n'être point elle-même soumise à leur jugement?
« Car nous avons, nous, complétement le pouvoir de vous mettre en cause, à
« l'exemple des apôtres, et vous ne pouvez point vous soustraire à notre examen. »
Ces paroles furent très-déplaisantes pour eux; mais ils n'en firent rien paraître,
à cause de leur fierté naturelle; mais ils me dirent d'un ton calme : « Qui vous
«a donné cette prérogative? — Que mes paroles, répondis-je, ne vous fâchent
« pas; car nous avons promis de ne pas nous écarter de l'Écriture Sainte. Nous
« allons vous montrer par ces livres sublimes que les apôtres, scandalisés de Pierre,
«se firent ses juges, au point qu'il vint à Jérusalem se justifier lorsqu'il eut baptisé
«Corneille, ainsi que le rapporte saint Luc dans les Actes des Apôtres*. Il dit
«en effet que les apôtres et les frères qui étaient répandus dans la Judée avaient
«appris que parmi les païens 1l s'en trouvait aussi qui avaient reçu la parole de
« Dieu. Mais lorsque Pierre vint à Jérusalem, les fidèles qui étaient sortis des rangs
« des circoncis furent scandalisés de ce qu'il était entré chez des incirconcis et
«avait mangé avec eux. Îl se mit alors à leur raconter en détail, et depuis le com-
«mencement jusqu à la fin, la vision qu'il avait eue. Lorsque je commençat à parler,
« dit-il, le Saint-Esprit descendit sur eux, et je me rappelai ces paroles du Seigneur : Jean
«a baptisé dans l'eau, mais vous, vous serez baptisés dans l'Esprit-Saint*. Vois-tu
« comment non-seulement ils ne le reconnaissaient pas pour chef et autorisé à
« faire sa volonté, mais encore comment, dans le scandale qu'ils éprouvaient, ils
«le jugèrent souverainement, et comment aussi Pierre, ne se regardant pas
D li Ep. aux Corinthiens, IT, xr1-x1v. — ? XI, r-xvur. — S Actes des apôtres, XI, xv1, et Jbid. 1, v.
88
Hisror. ARM. — Î.
698 CONFÉRENCE DU DOCTEUR MÉKHITHAR DE DASCHIR.
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*« comme leur supérieur, ne leur répondit point en maître, comme le fit le Seï-
«gneur par ces paroles : J'ai en moi le pouvoir de donner à qui 1l me plait’? Au con-
«traire, Pierre confesse que c'est de Dieu qu'émane cette puissance, et non de
«sa propre autorité. Si Dieu, dit-il, leur a départ, à eux comme à nous, un don
«commun à tous, la foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ, comment aurais-Je pu empêcher
« la volonté de Dieu”? En entendant ces paroles ils gardèrent le silence, évidem-
«ment par suite d'un examen attentif. Vois—tu comment Pierre montre claire-
«ment qu'il n'est pas le chef? Je sais que l'on objecte que, d'après le témoignage
«[de l'écrivain sacré], ce ne sont point les apôtres qui furent scandalisés, mais
«les néophytes; que Pierre agit ainsi envers eux par condescendance pour leur
«faiblesse, et afin de les gagner, et dans le même sens que saint Paul exprime en
« disant : Recevez ceux qui sont faibles dans la foi. À cela nous répondrons qu'il
« n'y avait pas de faibles parmi eux, car le texte saint ajoute : Qu'ils avaient tous un
même cœur et une même âme". Et d'ailleurs, n'est-ce pas les onze apôtres à qui
« Pierre répondait : Lorsque Je commençait à parler, le Saint-Esprit descendit sur eux,
«comme il était descendu sur nous au commencement *? Qui étaient ceux qui se trou-
« vaient d'abord dans le Cénacle, si ce n'est les douze apôtres seuls? À qui s'adres-
«sait Pierre, si ce n'est à ceux qui avaient entendu le Seigneur et connaissaient
«ses paroles, [qu'il citait] : Alors je me rappelai ce mot du Seigneur : Jean a baptisé
«dans l'eau, mais vous, vous serez baptisés dans l'Esprit-Saint °? Voilà comment
«il est clairement démontré que Pierre fut jugé par les onze autres apôtres,
«et nulle part on ne voit qu'il les ait jugés lui-même. ........ TT )
1 S, Luc, IV, vi. * Actes des apôtres, IV, xxxu.
? Actes des apôtres, XI, xvn. » Ibid, XI, xv.
: Épttre aux Romains, XIV, 1. 6 Jbid. XX, xvi.
APPENDICE.
CONTINUATION ET FIN
DE L’'HISTOIRE
DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE.
NOTE PRÉLIMINAIRE.
Nous avons vu ci-dessus (p. 468) le continuateur du chronographe Samuel
d'Ani s'arrêter à l'année 789 (28 décembre 1339-26 décembre 1340), qui
est la limite extrême où nous conduisent les écrivains arméniens. Cette date
de 1340 marque la vingtième année du régne de Léon V, le dernier des sou-
verains de la Cilicie d'origine indigène. Au bout d'un an et quelques mois
il mourut, et le sceptre passa entre les mains de princes d'une autre fa-
mille, celle des Lusignans, de la maison royale de Chypre. Ceux-ci se main-
unrent jusqu en 1375, époque où le royaume de la Petite Arménie fut détruit
par les Musulmans d'Égypte, et où, ce dernier boulevard de la chrétienté
en Orient s'écroulant, l'espoir d'arracher la Terre sainte des mains des infi-
dèles s'évanouit à jamais. La durée de la dynastie des Lusignans arméniens
embrasse ainsi une période de trente-cinq ans, période d'invasions conti-
nuelles, de déchirements et de troubles intérieurs, de misères et de calamités
sans nombre, et qui vit se lerminer, dans une suprême et terrible convulsion,
l'agonie de ce.malheureux royaume. C'est la péripétie finale du grand drame
des croisades, et, à ce titre, l'histoire de cette dynastie ne saurait être passée
sous silence et mise en oubli.
Je me suis donc résigné à retracer cette monotone et triste narration qui
termine les récits consignés dans les pages précédentes. J'ai adopté la forme
d'annales abrégées, pour me conformer au plan suivi par Héthoum, comte de
Gorigost, dans sa Table chronologique; le connétable Sëmpad, dans sa Chro-
nique; Samuel d'Ani, dans sa Chronographie, et par les continuateurs ano-
nymes de ces deux derniers. (Voir ci-dessus, p. 469-490, 610-680 et 445-
465.) N'ayant plus pour me servir de guides les écrivains nationaux, j'ai dû
recourir à d'autres sources d'informations. Elles sont rares et insuflisantes
pour un temps où la Syrie avait cessé d'appartenir aux Latins et n'était plus
visitée que par quelques pèlerins qu'un zéle pieux entraînait encore en Orient,
et où la Cülicie n'entretenait plus avec l'Europe que des relations difficiles et
88.
700 NOTE PRÉLIMINAIRE.
souvent interrompues. J'ai glané tout ce que j'ai pu trouver de relatif à mon
sujet dans deux auteurs byzantins, Cantacuzène et Nicéphore Grégoras, dansles
lettres et les bulles des papes qu'a rapportées ou mentionnées Rainaldi, dans les
auteurs arabes qui se sont faits les annalistes des sulthans mamelouks d'Egypte,
et dans les témoignages contemporains des copistes arméniens qui ont ajouté
aux manuscrits transcrits par eux des mémoriaux ou notes historiques plus ou
moins développées, destinées à fixer la date de ces transcriptions.
En consultant nos chroniqueurs, Froissard, Juvénal des Ursins et le reli-
gieux de Saint-Denys, et quelques documents provenant des archives de
France, d'Espagne et d'Angleterre, jai pu suivre le dernier roi de la Petite
Arménie, Léon de Lusignan, dans sa captivité au Caire et dans ses pérégri-
nations en Europe; à Rome, à la cour d'Aragon et à celles de Navarre et de
Castille; en France, auprès de Charles VI; en Angleterre, auprès de Richard,
jusqu'à son retour définitif à Paris, où 1l mourut en 1393. Le P. Tchamitch
qui, en dehors de l'arménien, sa langue maternelle, ne connaissait guêre que
le latin et encore même assez imparfaitement, et qui était ainsi dans l'impos-
sibilité d'interroger des monuments écrits dans des idiomes trés-divers, le
P.Tchamitch n'a traité cette partie de l'histoire d'Arménie que d'une manière
trés-confuse et incomplète. J'ai pris dans son énorme compilation toutes les
données qui ont pu m'être utiles, mais en les soumettant à une révision sévère,
que le défaut de critique de cet auteur rendait trés-nécessaire.
FIN DU RÈGNE DE LÉON .
789 (27 décembre 133q — 25 décembre 1340).
La Petite Arménie commençait à jouir d'un peu de tranquillité et à réparer les
désastres des précédentes invasions; elle était en paix avec le sulthan d'Égypte,
son implacable ennemi, lorsqu'un nouvel orage vint fondre sur elle de ce côté.
Melik-Nacer Mohammed, fils de Kalaoun, voyant que les appels continuels
adressés par le roi Léon V au pape et aux souverains de l'Europe procuraient à
ce prince des secours assez considérables, et attiraient sans cesse les chrétiens en
Orient, avait senti redoubler ses alarmes, et il avait exigé de lui un serment par
lequel il s'engageait à rompre entièrement avec eux. Mais Benoît XII avait re-
levé Léon de ce serment, et ces relations avaient repris leur cours. Melik-Nacer,
irrité, fit entrer en Cilicie un corps de 16,000 cavaliers, qui dévastèrent ce pays
et y détruisirent seize forteresses. Le roi n'osa plus dès lors envoyer ouver-
tement des ambassadeurs en Occident: 11 se contenta de tenir au courant de
ses affaires le souverain pontife par des émissaires secrets qu'il avait soin de
choisir parmi les Latins qui habitaient ses États. Une des plus fâcheuses con-
séquences de cette situation difficile fut de susciter des querelles entre le roi, le
patriarche Jacques IT (Agop), les évêques et les grands, de passionner tous les
esprits, et, par suite, d'augmenter les embarras. Les uns prétendaient qu'il fallait
cesser ces démarches compromettantes, dont le résultat final tournait toujours
au détriment des Arméniens; les autres, d'ün avis tout opposé, objectaient, non
sans raison, le danger de donner lieu au soupçon d'une dissidence ou d'une rup-
ture avec l'église romaine, et de perdre la protection, alors toute-puissante, du
saint-siège.
Ces querelles, d'un caractère politique en apparence, avaient au fond pour
mobile les dissentiments religieux qui séparaient les populations de la Cilicie en
deux partis, très-animés l'un contre l’autre : le parti latin, rallié aux doctrines et
aux rites des Occidentaux, et le parti arménien, obstiné dans le maintien des tra-
ditions et des usages antiques de l'église nationale. Elles étaient entretenues
par la turbulence des seigneurs arméniens et par leur esprit d'opposition sys-
tématique contre le pouvoir royal. Dans ces circonstances, le patriarche crut
devoir faire entendre des remontrances au roi, et alla même jusqu'à proférer des
menaces.
790 (26 décembre 1340 — 25 décembre 1341).
Léon, offensé, chassa Jacques après onze ans de pontificat, et fit élire à sa
place Mëkhithar ou Mëkhig, originaire de K'ërna ou K'érni, bourg du district
d'Érèndchag, non loin de la ville de Nakhidchévan.
Cependant l'évêque d'Ourmia, Nersès Balients ou Bag'hon, dont il a été déjà
question (p. 608) comme de l'un des chefs des Arméniens latinisants, ayant
appris l'élévation de Mëkhithar, accourut à lui, espérant le gagner à sa cause.
Mais le patriarche, après un examen de ses doctrines et de sa conduite, l'excom-
702 CONTINUATION ET FIN
munia comme un infracteur des canons ecclésiastiques. Balients, très-mécontent,
passa en Europe et se rendit à la cour d'Avignon, où nous le retrouvons à cette
époque, s'attribuant le titre d'archevêque de Manazguerd'. De concert avec
plusieurs de ses compatriotes, membres de l'ordre des Frères-Unis, n%ffBonp,
il accusa auprès du pape le clergé arménien et son chef d'hérésie, et dressa une
liste de cent dix-sept erreurs qu'il leur imputait *.
Sur ces entrefaites arrivèrent des ambassadeurs de Léon V, pour solliciter du
saint-siége des secours contre les infidèles. Dans sa réponse au roi, Benoît XII
lui annonça qu'il avait appris par des personnes dignes de foi et qu'il s'était con-
vaincu par l'examen quil avait fait faire des livres arméniens , que partout, dans
la Grande comme dans la Petite Arménie, les plus détestables erreurs en matière
de foi, non-seulement étaient adoptées, mais encore enseignées ouvertement,
et qu'il était nécessaire de réunir un concile national où elles seraient solennel-
lement condamnées. Il ajoutait qu'à cette condition il accorderait aux Arméniens
des preuves de sa bienveillance toute particulière. 11 écrivit dans le même sens
au patriarche Mékhithar, à l'archevêque de Saint-Thaddée*, aux archevêèques
d'Anazarbe, de Tarse et de Soulthanieh #. | |
Léon, jaloux de disculper les siens ou plutôt de gagner les bonnes grâces
du souverain pontife ; fit rédiger par un docteur arménien, nommé Daniel, de
l'ordre des Frères-Mineurs, lecteur de la cathédrale de Sis, un mémoire qui avait
pour objet de montrer que les erreurs en question n'étaient que des accusations
sans fondement, inventées par la calomnie. Pour corroborer cette justification et
faire acte de soumission, 1l ordonna la convocation du concile réclamé par
Benoît XII. Mais avant que les membres du clergé et les grands du royaume qui
devaient en faire partie fussent rassemblés, il cessa de vivre, après un règne de
vingt et un ans et quelques mois, laissant son royaume déchiré et affaibh°. Comme
il n'avait pas d'enfant mâle, en lui prit fin la succession des souverains de race
arménienne directe; il ne restait que des collatéraux, d'origine latine par leur
père, issus, par la ligne maternelle seulement, de la famille royale d'Arménie.
Dans le nombre et comme ses plus proches parents, figuraient deux fils d'Amaury
de Lusignan, prince de Tyr, et de Zabloun ou Isabelle, fille de Léon IIT et tante de
Léon V, par conséquent cousins germains de ce dernier. L'aîné, nommé Djivan,
tes, ou Jean, administrait le royaume en qualité de baïle ou régent, titre que
Léon V lui avait conféré; le second, nommé Guy, Qrrefunni, était au service de
la cour de Constantinople, où l'avait appelé sa tante, l'impératrice Marie, femme
de Michel Paléologue.
Il paraît que, malgré les attaques et les ravages des infidèles, le commerce de
la Petite Arménie était encore assez actif et florissant. Dans le tableau que nous
1 Voir, au sujet de la fondation de cet ordre dit
des Frères- Unis de Saint-Grégoire l'Illuminateur,
la note 1 de la page 608. Il était placé sous la
règle de Saint-Augustin, modifiée par la constitu-
tion des Frères-Prêcheurs; confirmé par le pape
Jean XXII, il se répandit dans tout l'Orient. Cf. Cle-
mens Galanus, Conciliatio ecclesiæ armenæ cum ro-
mana, P. !°", cap. xxix et ult.
2 Voir cette liste dans Raïinaldi, ad ann. 1341,
$ xzv, et dans Martène et Durand, Ampliss. collectio,
t. VII, col. 310-413.
3 Monastère du district d'Ardaz, dans le Vasbou-
ragan, province de la Grande Arménie, situé à l'est
du lac de Van.
à Ces diverses lettres datées d'Avignon, kalendes
d'août 1341, sont rapportées en extraits ou ana-
lysées par Rainaldi, à cette même année, $ xzv.
® Suivant Villani, Istorie fiorentine, IX, xxx,
Léon V aurait été mis à mort par les grands, fat-
gués de sa tyrannie et de ses cruautés; c'est là une
erreur qu'a commise l'historien italien en confon-
dant ce prince avec l’un ou l’autre de ses deux suc-
cesseurs, Constantin IL et Guy, qui périrent tous
deux assassinés pour ce même motif.
ee — ne a ÿ
Gi DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE. 703
sà te a retracé de ce commerce, pour l'époque qui correspond à la fin du règne de
tt ae Léon V, Balducci Pegolotti', facteur à Famagouste, de la puissante compagnie
Bu, forentine des Bardi, nous voyons que les marchands qui fréquentaient le port
Su qp de Lajazzo ou Aïas, le principal emporium de la Petite Arménie, dans le golfe
d'Alexandrette, accouraient de presque toutes les parties de l'Europe. Car dans
ir le nombre des localités et des marchés dont il compare les poids et mesures
oi] et les monnaies avec les étalons arméniens, 11 énumère Venise, Gênes, Nîmes,
de Montpellier et les foires de Champagne, Majorque, Séville, Bruges, Londres,
de la Pouille , Messine , Salvastro en Turquie * et Camara de Crète *. |
ie, | L'existence de fréquents et bons rapports avec Venise est attestée par un
. autre document ; c'est une lettre de Léon V adressée au doge Barthélemy Gra-
_ denigo, lui annonçant qu'à la requête d'un ambassadeur du sulthan d'Égypte
Lu il a payé de ses propres deniers, à des marchands sarrasins et à l'acquit des
Pi Vénitiens, le prix de certaines marchandises livrées à ces derniers, et cela pour
on rendre service à ceux des sujets de la République résidant dans ses États qui
ns étaient menacés par cet ambassadeur d’être contraints de payer pour leurs com-
| patriotes absents; lettre dans laquelle il demande en outre à être remboursé de
# cette avance toute gratuite de sa part, et des frais qu'il a faits à cette occasion *.
| de :
il ’
Fa ROIS LUSIGNANS D’ARMENIE.
na JEAN DIT CONSTANTIN Il.
fu
Ë 791 (26 décembre 1341 — 25 décembre 134).
Jean, placé par le choix de la nation sur le trône, prit, en y montant, le nom
de Constantin ; il fut le troisième de ce nom dans la série des princes qui, de-
puis Roupên I”, gouvernèrent la Cilicie. Avec son consentement, le patriarche
| ëékhithar sempressa de réunir le synode préparé e roi Léon: Sis vit ac-
" Mëkhith d le synod aré par le roi Léon; Sis vit
: courir dans ses murs six archevêques, vingt-deux évêques, cinq docteurs en théo-
L logie (vartabeds), dix supérieurs de couvents ou abbés, et autres ecclésiastiques
distingués par leur rang ou leur savoir*. Cette assemblée discuta les cent dix-sept
5 La date du concile de Sis, le sixième tenu dans
cette ville à partir de 1304, varie, suivant Tcha-
mitch, entre 1341, 1342 ou même 1346. IN n'est
pas probable que, dans l'état de détresse où se
trouvait la Petite Arménie, et le besoin que ce
royaume avait de secours, on ait retardé jusqu'à
cette dernière date à donner au pape la satisfaction
qu'il demandait. D'ailleurs nous avons la relation
de ce concile rapportée par Martène et Durand, Am-
_pliss. collect. t. VI, col. 310-413, et par Mansi,
Concil. collect. max. t. XXV, p. 1136-1270, d'a-
près un manuscrit de la Bibliothèque du roi; et
dans le préambule la date se trouve indiquée d'une
| 1 Prattica della mercatura, cap. x1, dans D
; Della decima, t. II, p. 44-48.
2 On lit Savasto dans l'Atlas catalan de 1375,
publié par MM. Buchon et Tastu (Notices et extraits
des manuscrits, t. XIV, 2° partie, p. 100). C'est la
ville de Sébaste, la moderne Siwas, station de cara-
vanes placée sur la route qui conduisait, par la
voie de terre, de Tauriz en Perse au PIpore d'Aias
dans la Petite Arménie.
3 Camera di Creti, ville située dans le nord-est de
l'ile de Crète; l'ancienne Kaudpa ou Kauapa de
Ptolémée, IL, xvr, 1, et du Synecdème d'Hiéro-
clès; identifiée par Lapie avec Sainte-Vénérande.
* Archives des Frari à Venise, Commemoriali, manière précise :
reg. IIL, fol. 193, et Archives de Vienne, Commem.
reg. III, part. 2, fol. 544. Cette pièce est citée par
M. de Mas Latrie dans son « Rapport à M. le Mïi-
nistre de l’Instruction publique sur les archives de
Venise,» Arch. des Missions scientif. t. IV, p. 370.
« In nomine , in gloria Dei Patris et Filii et Spiri-
«tus Sancti, amen. Anno Incarnationis Domini
« MCCCXLII honorabilissimus pater dominus Be-
«nedictus XII, sanctissimus pontifex romanus,
« misit ad ecclesiam Armenorum libellum unum
ne Æ
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ones one ne à on ee
mt
704 CONTINUATION ET FIN
chefs d'accusation énoncés contre l'église arménienne; elle reconnut ce que les uns
avaient de fondé et les condamna, et, pour les autres, en présenta une explication
plus ou moins suffisante ou y opposa une complète dénégation *. Clément VI venait
de succéder à Benoît XII dans la chaire de saint Pierre. Le docteur Daniel, dont
nous avons déjà parlé, et le chevalier Grégoire de Sarges furent chargés d'aller
porter au nouveau pontife les actes du concile, et en même temps de lui rendre
compte de vive voix de ce qui s'était passé, et l'assurer de la soumission filiale du
roi et de ses sujets. Au dire du P. Tchamitch *, Nersès Balients, qui se trouvait
encore à Avignon lorsque les députés arméniens y arrivèrent, et qui ne vou-
lait pas avoir le démenti de ses paroles, encouragé en outre par les lettres qu'il
recevait des Unitaires de la Grande Arménie, Nersès Balients fit tant par ses in-
trigues quil parvint à noircir tout à fait ses compatriotes et à détruire le bon
effet de cette ambassade.
Il est vrai que ces griefs n'étaient pas sans quelque fondement. La masse du
peuple arménien restait attachée du fond du cœur à ses antiques traditions, en ce
qu'elles avaient d'exclusif et d'indépendant des autres églises et de celle de Rome
en particulier. Nous avons vu déjà (p. 423), dans le témoignage de l'historien
Guiragos, se manifester une tendance très-marquée contre l'église latine, lors-
quen 1297 Léon Il proposa à ses évêques de contenter par une soumission ap-
parente le légat de Célestin IIT, le cardinal Conrad de Wittelspach, venu pour lui
apporter la couronne royale que ce pontife lui envoyait et réclamer l'adhésion du
clergé arménien à l'unité dans le dogme et les rites. D'autres documents ne nous
manquent pas qui attestent combien étaient vives et profondes cette antipathie et la
répugnance à reconnaître la suprématie du chef de l'église romaine *. Cette dis-
position des esprits est le fait qui domine toute l’histoire du royaume de la Petite
Arménie dans ces derniers temps; fait digne de remarque par les résultats déplo-
rables qu'il produisit. En effet cette répulsion instinctive et persévérante des Ar-
méniens, les efforts que le saint-siége tenta si souvent pour les ramener, les con-
cessions que le roi, le patriarche et les hommes qui formaient ce que l'on pourrait
appeler le parti politique croyaient devoir faire pour obtenir l'assistance qui leur
était promise et dont ils avaient un si pressant besoin, l'irritation que ces conces-
« de erroribus; quos errores dicebat se audivisse ab Dans mon introduction, j'ai donné la liste des
«aliquibus detractoribus ecclesiæ; ideo paterna Pères du concile de Sis, et j'ai fait ressortir les ren-
« pietate rogabat catholicon et regem Armenorum,
« petendo ab eis ut cum synodo antistitum eccle-
«siæ Armenorum suprascriptos errores prædicti
« Libri audirent, cum examinatione condemnarent,
«tanquam inimicos catholicæ ecclesiæ; ut fides
«orthodoxa catholicæ ecclesiæ sine quocumque
«“errore teneatur, prædicetur et colatur, et in par-
«tibus Armenorum, sicut in ecclesia romana. Ideo
«ego dominus Merquitar (Mékhithar) quamvis in-
« dignus, tamen providentia divina catholicon om-
« nium Armenorum, de voluntate et consensu glo-
«riosi domini Constantini, gratia et electione Dei
«regis omnium Armenorum, venerabilium prin-
«cipum ejus, et diligentium Christum etiam cum
« consilio et adjutorio omnium episcoporum, magis-
« trorum,abbatum monasteriorum, aliquorum alio-
«rum ecclesiasticorum virorum idoneorum, qui
«sunt hi, etc.»
seignements qui en découlent sur la situation de
l’église arménienne à cette époque et sur l'étendue
de la juridiction du catholicos ou patriarche.
1 Les reproches dirigés contre l’église arménienne
portaient sur certaines pratiques superstitieuses, en
vogue parmi le peuple, mais nullement approuvées
par la partie éclairée du clergé , sur quelques abus
particuliers à cette église, et aussi sur des erreurs
dogmatiques formelles. Dans la relation précitée,
on lit, après chaque chef d'accusation, la réponse
des Arméniens.
2 Histoire d'Arménie, V, xin , 1. I, p. 349.
3 Voir ci-dessus, p. 689-698, la relation de la
conférence tenue à Saint-Jean d'Acre, en 12612,
entre le légat du pape et Mëkhithar de Daschir,
envoyé du patriarche Constantin I“, et ma Note pré-
liminaire.
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE. 705
QU lé on : _. a: | |
ï . sions excitaient dans les rangs du clergé inférieur et parmi le peuple, telles furent
11 ) . nl . . 4 . ! hé
: | “ les causes qui, réagissant les unes contre les autres, livrérent la Petite Arménie
"4x bouleversée et sans défense aux attaques des infdèles, et hâtèrent la décadence
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et la ruine de ce royaume.
Le règne éphémère de Constantin III n'a laissé d'autre souvenir que celui
de son impérilie, de sa faiblesse et de son mauvais vouloir envers ses sujets armé-
niens. Le P. Tchamitch, qui sest fait leur écho, nous peint ce prince comme
se complaisant à les traiter avec dureté et mépris. Il voulait, dit cet historien, les
forcer d'abjurer leur nationalité pour se conformer aux usages et aux rites des
Latins; il avilit le pouvoir remis entre ses mains et le rendit odieux, surtout aux
grands et à l'armée. Comme ces reproches sont les mêmes que ceux dont fut l'ob-
jet, de la part des Arméniens, Philippe d'Antioche, qu'ils s'étaient donné autre-
fois pour souverain, en le mariant à Isabelle, fille de Léon II, nous devons en
conclure que Constantin fut assez maladroit pour heurter, comme le jeune fils
de Boëmond le Borgne, le sentiment national et favorisa oùtre mesure le parti
latin; il finit aussi tristement que son prédécesseur. Celui-ci avait été jeté en prison
et était mort empoisonné ; Constantin fut assassiné par les grands, soulevés contre
lui, dans l'année même de son avénement. On ne lui connaît d'autre enfant qu'une
fille, fiancée à Manuel, troisième fils de l'empereur Jean Cantacuzène; mais ce
mariage n'eut pas lieu, ayant été rompu avant la célébration ".
792 (26 décembre 1342 — 25 décembre 1343).
Les barons et le clergé réunis placèrent à leur tête le frère de Constantin, Guy,
qui s'était fait une réputation de valeur militaire et une position considérable
dans l'empire grec. Jean Cantacuzène mentionne à différentes reprises sire Guy
de Lenouzia (Lusignan), Zupyñs Nreevouêlas *, gouverneur de Phères ou
Serrhes, dans la Macédoine, en parlant de lui sur un ton qui trahit les rancunes de
l'écrivain impérial. En effet, Guy, coalisé avec Monomaque, gouverneur de la
Thessalie, et avec le protostrator Théodore Synecdème, gouverneur de Thessalo-
nique, s'était déclaré contre l'usurpation de Cantacuzène ; il avait confisqué la
portion des immenses domaines que possédait ce dernier à Phères et dans toute
l'étendue de cette province, et pris les armes contre lui. Cantacuzène ayant enfin
réussi à semparer de Phères, son adversaire, forcé de se retirer, se dirigea d'abord
vers Constantinople et de là dans la Cilicie, pour aller prendre possession du
trône auquel il était appelé. Seulement Cantacuzène se trompe en disant que Guy
l'obtint à titre d'héritage paternel, puisqu'il n'y parvint que par le choix de Îa
nation, et qu'il ne descendait des rois d'Arménie que par les femmes. |
Un des premiers actes du nouveau souverain fut d'écrire à Édouard III, roi
d'Angleterre; dans quel but ? C'est ce que nous laisse ignorer le contenu de sa lettre,
qui obligeait les Arméniens et les étrangers qui
1 Du Cange, Famuliæ augustæ bysantinæe, $ XLIIT,
s'alliaient à la famille impériale ou qui se mettaient
F
: famnilia Cantacuzenorum; les Auteurs de l'Art de véri-
- | fier les dates, t.1, p. 467, sont dans l'erreur en attri-
; buant cette fille de Constantin ou Jean à Guy, son
frère et successeur. |
? Cantacuzeni ex-imperatoris historiæ, IV, xxx,
| xXXV, XAXVII, XLI, xLV et xuix. Nicéphore Grégoras
. (XII, xv, 1) le nomme lu et fait observer qu'il avait
conservé la religion de son pays, sans doute par dé-
| rogation aux habitudes de Ja cour de Constantinople, zène. ({bid. et XII, 1, vi.)
à son service, d'entrer dans le giron de l'église
grecque. Il avait épousé d'abord une cousine de Can-
tacuzène ; après avoir vécu longtemps avec elle sans
en avoir eu d'enfants, devenu veuf, il se remaria
avec la fille du grand échanson Syrgianès (sire Jean),
laquelle lui donna de la famille. Le même historien
mentionne aussi les démélés de Guÿ avec Cantacu-
Hisror. ARM. — I. 89
PO eu M fe == _
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=
706 CONTINUATION ET FIN
où il se borne à accréditer l'ambassadeur qui en était porteur, sans dire un mot
du but de la mission qu'il lui avait confiée’. Cette réserve était commandée sans
doute par la crainte très-fondée qu'inspirait à Guy le sulthan d'Égypte, qui était
toujours aux aguets. Mais l'objet de cette lettre est facile à deviner; c'était très-
probablement une de ces demandes de secours et d'argent que les rois d'Arménie,
dans leur détresse, ne cessaient d'adresser aux princes de l'Occident.
Guy connaissait les bonnes dispositions d'Édouard, qui, en effet, dans tout le
cours de son règne d'un demi-siècle, manifesta le plus grand zèle pour la con-
servation du royaume d'Arménie et la défense des chrétiens d'Orient.
Malgré les précautions que Guy avait gardées, en écrivant à Édouard Ill,
on peut croire que le sulthan * eut vent de cette démarche et quelle provoqua
l'expédition dirigée cette année contre la Cilicie. Le roi d'Arménie, impuissant
à opposer la moindre résistance, courut se renfermer dans une de ses forteresses,
laissant le pays en proie aux dévastations des infidèles, pendant qu'il expédiait en
toute hâte un message au souverain pontife. Clément VI renvoya aux cours de
France et d'Angleterre les députés arméniens munis de lettres de recommandation
pour Philippe de Valois et Édouard III, priant instamment ces monarques d'avoir
compassion de leurs frères en péril, rachetés comme eux par le sang de Jésus-
Christ, et de s'armer pour aller les délivrer *. Mais Philippe et Édouard, préoccu-
pés en ce moment de leurs querelles mutuelles beaucoup plus que des affaires de
l'Orient, se bornèrent à faire de belles promesses qui furent promptement oubliées.
793 (25 décembre 1343 — 213 décembre 1344).
Cette année fut signalée par une nouvelle invasion des infidèles encore plus
désastreuse que la précédente. La Cilicie s'ouvrait tout entière, et sans obstacles,
à leur ardeur de destruction et de pillage, et ils purent se livrer impunément à tous
les excès.
Les grands, divisés entre eux, n'étaient d'accord que dans un sentiment,
celui de la haine qu'ils avaient vouée au roi, qui n'était à leurs yeux qu un étranger.
Îls émigraient eu foule, désertant leurs domaines et leurs châteaux, qui passaient
entre les mains des parents du roi ou des Latins, ses adhérents. Dans cet abandon
général, Guy tourna encore une fois ses regards suppliants vers le saint-siége et
promit à Urbain VI de travailler de tout son pouvoir à la conversion des Armé-
- niens, et s'il y parvenait, de ne rien ménager pour les maintenir dans la foi. Sa-
tisfait de cet engagement, le pape donna l'ordre à l'amiral de la flotte croisée
d'aller protéger les côtes de la Cilicie, et en même temps il écrivit à Guy pour
l'exhorter à persévérer dans son zèle pieux, lui faisant entrevoir, comme récom-
« l'Ecce, ad Majestatis vestræ præsentiam mitti- med, et petit-fils de Kalaoun. La plupart des expé-
«mus ambaxatores et nuncios nostros, de inten- ditions des sulthans d'Égypte contre la Cilicie par-
« tione nostra plenarie informatos, quorum dictis et tirent d'Alep, sous le commandement du naïb ou
«relatibus cujuslibet eorum in solidum dignetur lieutenant qui avait le gouvernement de cette ville.
« vestra Excellentia fidem credulam et indubiam ad- Elles sont à peine ou inexactement indiquées, ou
«hibere, ut et nobis. — Data Adhene (Adana) civi- même passées tout à fait sous silence par les histo-
« t[ate] regni nostri, vit martii, xt indictionis. » Dans riens arabes de cette époque, lesquels en compensa-
Rymer, Fœdera,conventiones, etc.t.ÎE, part.1v, p.141, : tion nous donnent les détails les plus circonstanciés
dans la réimpression de La Haye, 1739-1755, et et souvent les plus oiseux sur les révolutions de
2° édit. de Londres, 1821, vol. IE, part. n, fol. 1220. palais et les affaires intérieures de l'Égypte.
? Le nom de ce prince n'est pas donné par Tcha- 3 « vit idus julii (15 juillet}. » {Clementis VI Epist.
mitch, mais nous savons que c'était Melik-Saleh t. Il, ep. secret. 134 et 135; cf. Rainaldi, ad ann.
Emad-Eddin Ismail, fils de Melik-Nacer Mobha- 1343, $ xx.)
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DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMENIE. 707
pense, dans ce monde, de continuels triomphes sur ses ennemis, et dans l'autre
vie, une couronne immortelle en échange de sa couronne périssable .
On lit dans les additions de Nersès Balients à sa traduction arménienne de la
Chronique de Martin le Polonais, que le pape promit à Guy de lui fournir chaque
année 12,000 écus d'or et un corps de 1,000 cavaliers, en ajoutant, comme tou-
Jours, que l'accomplissement de cette promesse était subordonné au retour des
Arméniens à l'unité catholique. L'espoir d'un secours dont il avait un si pressant
besoin redoubla l'ardeur de prosélytisme qui animait le roi et qui le poussait
quelquefois jusqu'à employer les rigueurs et la violence. Vainement ses conseillers
lui remontrèrent la nécessité de la modération et de la tolérance, lui rappelant
la fin tragique de son frère; son caractère emporté et hautain lui fit rejeter ces
sages avis, et son obstination lui coûta la vie. Après deux ans de règne, il tomba,
comme son frère, sous les coups de ses sujets, fatigués de sa tyrannie.
794 (24 décembre 1344 — 23 décembre 1345).
Pour le remplacer, les Arméniens choisirent un certain Constantin, qui fut
le quatrième de ce nom, et dont le P. Tchamitch rattache la descendance au roi
Léon V. Ce docte religieux ajoute que Constantin était fils de Baudouin, maréchal
du royaume, ou, suivant d'autres, d'un seigneur arménien nommé Héthoum*.
Mais un document contemporain, inconnu au P. Tchamitch, lève toute in-
certitude à cet égard et nous révèle la véritable filiation de Constantin. C'est
un mémento ou mémorial qui se trouve transcrit dans un livre des Évangiles,
magnifique maauscrit sur parchemin, avec reliure enrichie de figures et d'orne-
ments peints en or et en argent, et conservé aujourd'hui dans la bibliothèque du
couvent patriarcal de Sis. Ce mémorial, qui est tracé de la main même de Cons-
tantin, sous la date de 795 (24 décembre 1345-23 décembre 1346), nous apprend
que ce volume était un héritage de famille, et que ce prince en fit don à l'église
de Sis, en souvenir de lui et de toute sa famille, du maréchal Baudouin, son père,
alors défunt, et d'Oschin et Léon, ses fils *. Constantin IV était un prince sage
et prudent; aussi son premier soin fut de s'appliquer à calmer les esprits et à
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rétablir l'ordre et la tranquillité.
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« et efficaciter petimus, feceris, procul dubio tuuset yrewny, dfgen yhaumuk [Guy Fri L'udbiuft qgupdpg
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«regni tui prædicti status continuis prosperabitur
« successibus. ..… post coronam regni temporalis "9440 wn SRpbumnu. wyy k ani JEphup {Eva
« quod obtines , coronam perennem et immarcesci: "Fat dép L wwmnubwgunghe epqenst fig
«bilem regni consequeris sempiterni. Dat. apud UP & Le:
« Villanovam Avenionensis diæcesis, n1 idus septem-
«bris (11 sept.). » (Clementis VI Epist. t. IV, ep. se-
cret. 273. Rainaldi, ad ann. 1344 ,$ vur.)
2 Hist. d'Arménie, V, xinu, t. NI, p. 349.
3 Je transcris ici ce mémorial, tel qu'on le lit dans
un des journaux arméniens de Constantinople, le
l'« Ex quoquidem si hoc, ut desideranteroptamus
« En l'année 794 de l’ère arménienne, moi, Cons-
«tantin, roi d'Arménie, je possédais ce saint évan-
« gile, dont la reliure est en argent et en or et quiest
«orné de magnifiques peintures. Je l'ai acquis de
« mes biens légitimes. Il était venu en ma posses-
«sion de nos ancêtres, comme un témoignage de
« leur piété. Après l'avoir fait couvrir de riches or-
Haïasdan, n° du * juillet 1851 :
P Oniukuihu &uyng sang Eu Uruuwwvgfu &uyng
wppuy vw, quacpp we binwpuñuu, np E Gugubu wp.
Sufbnhu L Onu4bqlbu, Uhwpukbpuy gbaby4nQEtwun
gupewphu,. np L'unwgu, que jpuwpriup wpgbuïuy bang:
Cu Jon fu Lwhhbwg dbpng Swubuy Fqke wn dtg
tout pophwg, L vous Eunne quncpp wcbimwpuvu
SwSkhuw 48qbgh4 4Epuwpuñnnr.p, L juapSbgh que
«nements, je l'ai offert en cadeau à Ja sainte église
« pour accomplir le vœu ardent de mon cœur, en
« perpétuel souvenir de moi et de toute ma famille,
«ainsi que de mon père, le seigneur Baudouin,
« maréchal, défunt en Jésus-Christ, et afin qu'une
« longue vie me soit accordée, à moi et à mes fils
« Oschin et Léon, que Dieu m'a donnés. »
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108 CONTINUATION ET FIN
795 (25 décembre 1345—424 décembre 1346).
Les Pères du concile de Sis, en essayant de justifier leur église des erreurs qui
lui étaient imputées, n'avaient pas réussi, à ce quil paraît, à prouver clairement
son orthodoxie, et des doutes s'élevaient encore sur leur sincérité. Le successeur
de Benoît XII, Clément VI, fit rédiger un exposé des articles de foi auxquels tout
chrétien est tenu de croire, et des traditions de l'église romaine, et chargea An-
toine, évêque de Gaëte, et Jean, évêque élu de Coron (electus Coronensis), d'aller
donner connaissance de cet écrit au clergé arménien ct les munit d'une lettre
- pour le patriarche !.
La situation des affaires religieuses, autant que l'état des affaires politiques de la
Petite Arménie, réclamait l'envoi d'un ambassadeur en Europe. Le roi fit partir
pour la cour d'Avignon son secrétaire, le chevalier Constance. Le pape, qui, en
veillant au salut spirituel des Arméniens, avait également à cœur leurs intérêts
temporels, s'empressa de l'accueillir et de lui fournir tous les moyens de remplir
sa MISSION.
796 (23 décembre 1346—22 décembre 1347).
Il lui remit pour Édouard III une bulle, où il exhortait ce souverain à prêter
l'oreille aux sollicitations du roi d'Arménie et à cesser la guerre avec Philippe de
Valois, afin d'être libre de tourner ses armes contre les ennemis du nom chrétien ?.
Cependant le sulthan, ayant appris que les Arméniens avaient renoué des rela-
tions avec les princes de l'Occident, et vivaient dans une complète sécurité en at-
tendant leur prochaine arrivée, rassembla des forces considérables dans toutes les
parties de son empire, en Syrie, dans l'Egypte et la Nubie, et pénétra à l'im-
proviste dans la Cilicie. Il était persuadé qu'une fois ce royaume abattu, toutes
les entreprises des croisés, n'ayant plus de prétexte et de point d'appui, cesseraient
entiérement. À la nouvelle de cette agression, le roi Constantin groupa autour de
lui tout ce qui lui restait de troupes, leur donna pour chef un gucrrier d'une valeur
éprouvée, nommé Libarid , et, de concert avec lui, s'avança à la rencontre de l'en-
nemi. Les infidèles furent battus et repoussés; mais dans la mêlée, une multitude
de chrétiens perdirent la vie.
Cependant Hugues IV, roi de Chypre, et Deodat de Gozon, grand maître des
chevaliers de Rhodes, également menacés par les Musulmans, accoururent pour
soutenir le roi d'Arménie. Clément VI, en prodiguant des éloges à leur pieux
empressement *, prescrivit à son légat François, archevêque de Crète, et à l'amiral
de la flotte croisée, de faire voile vers la Cilicie en péril". Les infidèles, repliés sur
1 « Ad portandum eosdem articulos fidei et tradi-
« tiones ecclesiæ romanæ, in quo continentur : 1° ar-
«ticuli sanctæ romanæ ecclesiæ, ad quos tenetur
« omnis fidelis catholicus, sine quibus non est salus,
« quos dominus Benedictus XII disposuit mittere an-
« tedictis; 2° errores Armenorum cum responsioni-
« bus eorum ad colorandum falsitates contentas in
« dictis articulis, convocato eorum generali concilio;
« 3° impugnationes errorum prædictorum auctorita-
«tibus sacræ scripturæ et rationibus; 4° errores
« Græcorum cum impugnationibus eorum; 5° erro-
«res Jacobitarum cum impugnationibus eorum. »
Préambule de la relation du concile de Sis, dans
Mansi, Concil. coll. max. t. XXIV, p. 1186, et dans
Martène et Durand, Ampliss. coll. t. VIE, col. 311;
cf. Rainaldi, ad ann. 1346, $ vi.
? Bulla Clementis VI, papæ, super nuncio re-
gis Armenorum et ad pacem exhortatoria. — Da-
tum Avenione xn1 kal. februarii, pontificatus nos-
tri anno quinto.—Dans Rymer, Fœdera, conventio-
nes, etc. t. If, part. 1, p. 2.
3 Epist. t. V, ep. secret. 4o7 et 408. Rainaldi,
ad ann. 1347, S xxviu.
* Ibid. epist. secret. 409.
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMENIE. 709
Aïas, tenaient cette ville bloquée de tous côtés. Malgré les efforts combinés des
chrétiens, elle fut prise et saccagée.
La perte d’Aïas était la ruine du commerce de la Petite Arménie et tarissait Îa
source principale des revenus du trésor royal. Dans l'impossibilité d'arracher aux
infidèles leur conquête, Constantin recourut à Clément VI. À sa prière, le pape
invita les Vénitiens, alors en grand crédit auprès du sulthan, à obtenir de lui qu'il
rendit au roi Aïas, à prix d'argent ou à telle autre condition qu'il exigerait. Il écrivit
dans ce sens au doge André Dandolo et à la République , en leur annonçant, à
la date du vri des kalendes d'octobre (24 sept.), l'arrivée des ambassadeurs ar-
méniens. Mais les Vénitiens, qui faisaient un commerce très-lucratif en Égypte,
craignant de déplaire au sulthan, jugèrent prudent de s'abstenir de cette délicate
négociation. En même temps, le pape insistait auprès du roi Constantin pour
l'engager à extirper radicalement l'hérésie, lui promettant des secours plus abon-
dants, s'il recevait sur ce sujet si important de bons témoignages de la part de
ses légats, les évêques de Gaëte et de Coron ?.
797 (23 décembre 1347—21 décembre 1348).
Les rapports des légats durent être satisfaisants, puisque Clément VI envoya
une somme d'argent assez considérable, provenant des quêtes faites dans les églises,
et un corps de chevaliers de Rhodes.
Cette année, un horrible fléau, la peste noire, venue des régions lointaines du
Kbataï, se répandit dans l'Asie, l'Afrique et l'Europe, promenant partout la ma-
ladie et la mort. La Cilicie ne fut pas épargnée, et, au rapport d'Abou'-Mehäcen,
le takafour * (roi) perdait chaque jour, dans un seul et même lieu, Sis, sa capi-
tale, 180 personnes. Cette ville resta dépeuplée “.
798 (22 décembre 1348—21 décembre 1349).
Acharnés contre les chrétiens de la Cilicie, les Égyptiens ne tardèrent pas à
revenir à la charge. Constantin, à la tête de ses troupes et des chevaliers de
Rhodes, accourut pour les repousser et leur fit éprouver de grandes pertes. Les
ayant poursuivis jusque sur le bord oriental du golfe d'Issus, il leur enleva Alexan-
drette, place forte qui faisait jadis partie du domaine des rois d'Arménie.
Cette victoire rendit aux populations un repos dont elles étaient privées depuis
longtemps. Mais ce qui dut surtout y contribuer, ce furent les dissensions et les
révolutions qui agitaient l'Égypte à cette époque et qui étaient causées par l'ins-
tabilité du pouvoir et la faiblesse du gouvernement.
Après la mort du sulthan Melik-Nacer Mohammed, arrivée en 1341, et pen-
pus calé Luis Gilés ile pesé ls po à
En-nodjoum ez-zahiré, ms. de la Bibliothèque mm-
périale, ancien fonds arabe, n° 663, fol. 163 r°,
et n° 664, fol. 18 v°. Ibn-Batoutah (t. IV, P- 319)
parle de cette peste et des ravages qu'elle exerçait
dans la Syrie, au moment où il se trouvait dans cette
contrée. On en trouve aussi l’effrayante et lamen-
table description dans tous les chroniqueurs occi-
dentaux contemporains; et celle qu'en a retracée
Boccace, chef-d'œuvre de la prose italienne, est con-
rue de tout le monde.
1 Dilectis filiis Dandulo et communi Venetia-
rum. — Clementis VI Epist. t. VI, ep. secret. 406,
et dans le ms. du Vatican intitulé : De rebus trans-
marinis. Cf. Rainaldi, ad ann. 1347, $ xxvur.
2 Ibid. ep. secret. 410, et ms. précité.
3 Le mot 4%, takafour, est la transcription de
l'arménien Bwqnrenp, thakavor « roi». Les écrivains
arabes s'en servent aussi quelquefois pour désigner
l'empereur de Constantinople. Cf. Voyages d'Ibn-
Batoutah, traduits par MM. Sanguinetti et Defré-
mery, t. III, p. 427.
DIE Lga= La) usli uuesas Su UE LL 25
710 CONTINUATION ET FIN
dant un intervalle de vingt ans, neuf de ses fils se succédèrent rapidement sur le
trône. Six d'entre eux en furent précipités au bout de quelques mois; trois seule-
ment eurent un règne plus long : Melik Nacer Emad-Eddin Ismaïl, qui se maintint
un peu plus d'un an, et Melik-Nacer Emad-Eddin Haçan, qui, après avoir régné un
an et dix mois, fut forcé de céder la place à son frère Mclik-Saleh Djeläl-Eddin,
pendant trois ans et trois mois environ, et qui ensuite rétabli conserva le pouvoir
pendant six ans, sept mois et quelques jours, jusqu à sa déposition, en 1361.
799 (21 décembre 1349—20 décembre 1350).
Le projet de la formation d'une ligue dans laquelle les Anglais et les Fran-
çais se joindraient aux Arméniens, aux Chypriotes et aux chevaliers de Rhodes
contre le sulthan, avait amené le secrétaire du roi Constantin à Avignon. Nous
l'y retrouvons encore cette année, soit qu'il eût prolongé son séjour jp,
soit qu'une seconde mission l'y eût rappelé.
800 (21 décembre 1350—20 décembre 1351).
Un pareil projet ne pouvait manquer d'être agréé par le chef de la chrétienté,
promoteur de toutes les entreprises dirigées contre les infidèles. Clément VI invita
Philippe de Valois et Édouard III à y prendre part?. Mais ces deux princes, absorbés
par leurs démêélés et leurs affaires personnelles, ne firent que des réponses évasives;
l'ambassadeur Constance, voyant qu'il n'y avait point à compter sur eux, reprit
le chemin de son pays. Il rapportait de la part du pape, pour le patriarche Mëkbhi-
thar*, unc très-longue lettre, traitant une à une toutes les questions de dogme et
de discipline contestées par les Arméniens, et pour le roi une autre lettre conte-
nant, comme toutes les précédentes, des promesses dont l'accomplissement était
subordonné à une soumission absolue au saint-siége. Les termes dans lesquels cette
dernière lettre est conçue prouvent que la condition réclamée était encore loin d'être
remplie, puisque le pape presse le roi d'exhorter le patriarche et les autres prélats
à abandonner les subterfuges par lesquels ils s'efforçaient de dissimuler leurs
erreurs et à se rallier franchement“. Mais tempérant la sévérité de ses paroles
par une nouvelle preuve de sa bienveillance, 1l manda à Odon, évêque de Paphos,
de remettre au roi de l'argent pris dans le trésor apostolique, et à Philippe, ar-
chevêque de Nicosie, de recruter pour les Arméniens des auxiliaires, tout en
veillant avec soin au rétablissement de la foi °. Il excita pareillement le zèle du
grand maître des Hospitaliers, Deodat de Gozon”°, du roi de Chypre, Hugues IV,
et du capitaine pontifical de Smyrne ”. Comme Hugues, brouillé avec l'héritier
1 Rainaldi, ad ann. 1350, $ xxxvui.
2 Avignon, 1v des ides {10} de janvier. — Cle-
mentis VI Epist. t. VIII, epist. secret. p. 125. Cf.
Rainaldi, ad ann. 1350, $ xxxvur.
3 Dans la suscription de sa lettre au patriarche ou
catholicos, Clément VI traduit littéralement le nom
de Mékhithar, qui, en arménien , signifie.consolateur.
« Venerabili fratri Consolatori, dicto catholicon Ar-
«menorum. — Dat. apud. Villanovam Avenionensis
« diœæcesis, 111 kal. octobris (28 sept.) anno X. » {Cle-
mentis VI Epist. t. X, ep. secret. p. 72, et man. des
archives du Vatican, intitulé : De rebus T'artarorum,
Armenorum, Græcorum et aliorum infidelium et schis-
maticorum p. 95. Cf. Rainaldi, ad annum 1351,
_ $$ u-xvr.)
# Villeneuve, près d'Avignon, xvin des kalendes
d'octobre (14 sept.). — Epist. t. X, epist. secret.
p. 81, et ms. précité p. 89. Cf. Rainaldi, ibid. $xvin.
5 Epist.t. X, ep. secr. p. 65, Rainaldi, &6. $ x1x.
6 Bosio, Histor. [ospit. Terosolym. part. IT, lib.II,
et Clem. VI Epist. t. X, ep. secret. p. 83.
7 Cet officier portait le titre de capitaneus Smyr-
narum pro domno papa ou capitaneus et custos civilatis
Smyrnæ pro sancta ecclesia romana deputatus. En
1363 et 1365, c'était le Génois Pierre Rachanelli
qui en était investi. (Liber Bullarum des archives de
= =.
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE 711
présomptif de la couronne, son fils Pierre, le tenait renfermé en prison, et que,
par suite, la guerre civile était sur le point d'éclater, il s'employa à rétablir la
concorde et l’affection entre eux. Ayant appris que Hugues avait enfin rendu Îa
liberté à son fils, il lui écrivit pour lui en témoigner toute sa satisfaction .
809 (22 décembre 1359 — 20 décembre 1360).
Sur la frontière occidentale de la Cilicie et du côté opposé à à celui par lequel y
pénétraient les Égyptiens, sétait établi un autre ennemi non moins redoutable.
Des débris de l'empire seldjoukide d'Iconium, renversé par les Mongols, avaient
surgi plusieurs principautés, dont la plus considérable était celle de tn Ibra-
him-Bey. Il possédait toute la Phrygie, depuis Philadelphie jusqu'aux limites
de la Cilicie. Dans son voisinage, Satalie et Alaïa, l'ancienne Coracesium, sur
le golfe de Pamphylie, et plus à l'est, en se dirigeant vers la Cilicie Trachée,
Manavgat el Scandelor, obéissaient à des chefs musulmans. Ces chefs, étendant
de proche en proche leur domination, s'étaient emparés d'une portion des do-
maines des souverains arméniens. Constantin était trop faible peur pouvoir s'op-
poser à ces envahissements. Mais le royaume de Chypre avait alors pour souverain
un homme de courage et d'action, doué de grands talents militaires, esprit ouvert
aux plus vastes et aux plus audacieuses entreprises : c'était Pierre [*". Témoin de ce
démembrement du royaume d'Arménie, il résolui de ne point laisser aux mains
des infidèles, sans les leur disputer, les lambeaux qu'ils en arrachaïent chaque
jour. Une occasion s’offrit à lui de prendre pied sur l'un des points les plus impor-
tants du littoral, aux limites de la Cilicie Trachée et de la Cihcie champêtre. Les
habitants de la place forte de Gor'igos, voyant que leur roi, che era poverissimo,
dit un chroniqueur chypriote, François Amadi”, ne pouvait les protéger et les
avait abandonnés, députèrent à Pierre pour lui proposer de se donner à lui et de
le reconnaître pour maitre.
Le 15 janvier de cette année, Pierre manda les galères de Smyrne, et donna
l'ordre à Robert de Lusignan * , venu en Orient pour guerroyer sous la bannière
des princes de sa maison, d'aller en son nom prendre possession de Gor'igos. Les
habitants le reçurent avec honneur et avec de grandes démonstrations de } Joie.
. Dans une réunion solennelle, tenue dans leur cathédrale, ils prêtèrent entre ses
mains le serment d'hommage et de fidélité au roi; et Pierre fil approvisionner la
place de vivres, de soldats, et de tout ce qui était nécessaire à sa défense *.
exact qu'Amadi, écrit ce nom Roberto de Lusignan :
Florio Bustron, fol. 7 v° : Roberto T'holosan, lecon
qui paraît avoir été suivie par Loredano dans son
Histoire de Chypre, p. 353, où on lit Roberto Tolo-
sano. Tous également le qualifient de cavaliere in-
glese, sans doute parce que le Poitou, siége prin-
cipal de l'illustre famille des Lusiynans, relevait à
cette époque du roi d'Angleterre.
* Les détails que donne Strambaldi {fol. 29-31)
sur la prise de possession de Gor'igos par les Chy-
priotes, sont assez curieux pour mériter d'être con-
signés ic1 dans Îles termes mêmes dont l'auteur s'est
Malte, 1365. fol. 261, apud M. de Mas-Latrie, Hist._
de Chypre, t. I, Docum. p. 292, n. 4, et Clem. VI
Epist. t. X, ep. secret. p. 83.)
1 Clem. VI Epist. t. X, epist. secret. p. 65.
2 Cronica di Cypro, Bibl. impér. ms. ital. n° 387.
fol. 414. — Je dois faire observer qu'Amadi se
trompe en nommant ce roi d'Arménie Livon ou
Léon de Lusignan ; en effet, ce prince ne monta sur
le trône que trois ans plus tard. C'était encore Cons-
tantin IV qui l'occupait et qui était sur la fin de son
règne. La même erreur existe dans Florio Bustron,
chroniqueur du xv° siècle, Historia overo (sic) com-
mentarii de Cipro (ms. de la Bibl. imp. ital. n° 833, servi :
fol. 6 v°), quidit : Lionetto, re di Armenia. « Vedendo il popolo de Curico che ogni di li Tur-
5 Notre ms. d'Amadi (fol. 414) lit Roberto di «chili astringevano et li facevano andar da un luoco
Julassan ; Strambaldi (ms. de la Bibl. imp. ital. «al'altro et che li tolsero le case di fuori et li giar-
n° 386, fol. 38 v°), plus ancien et en général plus «dini, et li tolsero et la città, li Christiani altri
T2 CONTINUATION ET FIN
810 (21 décembre 1360 — 10 décembre 1361).
Les sujets chrétiens d’un roi aussi belliqueux que Pierre, fortement installés
dans le château de Gor'igos, étaient à craindre pour les émirs du voisinage. Ceux
de Satalie, de Scandelor et de Manavgat, avertis par Karaman du danger commun,
se liguèrent pour aller faire une descente sur Îles côtes de Chypre. Pierre, toujours
actif, équipa une flotte, à laquelle vinrent se joindre quatre galères fournies par le
grand maître de Rhodes et commandées par le frère Jean de Forbin, amiral. Parti
le 12 juillet du port de Famagouste, il arriva le lendemain en vue de Satalie;
douze jours de siége le rendirent maître de cette ville, et une garnison y fut piapée
sous les ordres du Turcoplier Jacques de Nores.
Effrayé de ce succès inattendu, le seigneur de Scandelor et Manavgat sollicita la
paix, proposant de se déclarer le vassal de Pierre. Celui-ci ÿ consentit et lui envoya
des drapeaux aux armes royales de Chypre, pour être arborés sur ses cités et ses
châteaux. Le 8 septembre, ayant quitté Satalie, il se rendit à Scandelor, pour re-
cevoir les clefs de la ville que lui apportait, avec de magnifiques présents, l'émir
accouru au-devant de lui. Quelques jours après, il reprit la mer, et le 22 du
même mois il rentra triomphant dans le port de Cérines.
811 (21 décembre 1361 — 20 décembre 1362).
Les Égyptiens, dont l'attention était détournée et l'ardeur guerrière contenue
« venero in Cipro, altri restorono nel castello et altri «et l'hanno accettato debitamente et hanno fatto
« fuori nel'isola et si ristringevano et lo tenivano per « processione et li menorono dentro. Et quando in-
« l'amor de Christo; et il regno de l'Armenia pervene « tr0 il capitaneo con quattro maestri palestieri, en-
«al re Liun, qual era povero; haveva molte città «tro nel domo, et li mese tutti a giurar sopra il
«et castelli et le tolsero et le ruinorono li Tur- «santo Evangelio che havessero a tener il detto cas-
« chi et parte de quelli tengono. Et vedendoilre de «tello per nome del signor re Pier, et primo per il
« l'Armenia, scampd et andd dalli suoi parenti in «nome della honoranda croce. Et questo hanno fatto
« Franchia. Li poveri christiani et li Armeni resto- «conbaron (?} li Turchi, et haveva il regnofastidio, et
« rono orfani et da christiani non havevano agiuto, « fece il regno del papa". Et li domandorono due gal-
«ne da vivere. Et mandorono imbassator al re Ugo, « lere che erano nell' isola di Cipro che li mandasse
« demandando agiuto et che li dariano il castello,
«alla guardia delle Smirne; et sempre era obligato
«et non volse, dicendo : Iddio non voglia che Lo to- «Cipro a mandar due gallere et salario alli Curi-
« glia il castello al mio zerman. Et essi pativano fin il « chioti et vittuaria et arme, perchè veniva combat-
«tempo del re Pier; et quandosi incorond, cosi pu- «tuto ogni giorno dalli Turchi et custodiva il castello
« blico per il mondo le buone opere del re Pier, de- «dalli Turchi.
« siderorono di buttarsi alle sue brazza et mando- « Etale dire? della immagine, che era nel domo,
« rono le donne di Curico imbassatori al re Pier a «li miracoli che faceva, et tra li altri in un insogno"
« di 8 zener 1361 de Christo; et venero duoi Greci, « del gran Caramano, padre de Machomet bassà ; lo
« buomini da bene et hanno racomandato tutta la « accecd et restd-cieco longo tempo, et confessd che
« gente de Curico et de l'isola al re et al suo conse- «una gentildona di Curico li dete su li occhi et lo
« glio. Et lesendo le letere et udendo che si vole- « fece deventare orbo, et era opera della immagine;
«vano render a lui, et desiderando el re di haver «et levd il suo essercito et fece piu torzi et tri ci-
« luoco in Turchia, li fece buono accetto. Et a di 15 . «cindelli d’argento et li messe inanti alla detta
«zener 1361 de Christo, il re mandà le gallere de «immagine et fece che avesso quattro zare d'oglio
« Smirne, et de D. Ruberto de Lusugnan, cavallier «a l’anno et assai ducati; et fece orationi tutta una
«enclese, capitaneo in ditto castello. Etquandogion- « notte, et il giorno seguente la matina tuolsero del
« sero in Curico tutti insieme, hanno averto le porle «gotton, et lo toccarono sapra la immagine et lo
* Le texte est ici incomplet et mutlé, et, par suite, inintelligible dans la copie faite par M. Francesco Massi, pour la Bibliothèque
impériale, sur le ms. 3941 dela Bibliothèque du Vatican, copie qui est une reproduction exacte de l'original, moins toutefois les
passages scabreux pour la morale, que le transcripteur déclare, dans une note préliminaire , avoir omis.
* Aldite, cio? audite, note marginale de M. Massi.
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE. 713
par des révolutions intérieures, avaient interrompu leurs expéditions contre les
Arméniens. Pendant le reste du règne de Constantin, c'est-à-dire dans un laps de
douze années environ, ils ne reparurent plus sur les frontières de la Cilicie. Mais
un autre fléau, la discorde, désolait le royaume. Les querelles religieuses conti-
nuaient avec la même animosité qu auparavant et avec le même cortége de troubles
et de maux qu'elles provoquent, et se prolongèrent jusqu'au septième concile de
Sis, en 1361. Le patriarche Mesrob, qui avait remplacé Mékhithar en 1359,
convoqua cette assemblée, qui décida que la nation reprendrait l'usage de ses rites
particuliers et les anciennes observances de son église.
Cette année le roi Constantin IV termina sa carrière. Les victoires qu'il rem-
porta, à ses débuts, sur les Égyptiens et le repos momentané qu'elles valurent à
ses sujets, sa prudence et son habileté lui assurèrent un règne dont la longueur est
sans exemple dans l'histoire des derniers princes qui ont gouverné la Cülicie. Ce
règne fut de dix-huit ans.
814 (20 décembre 1364—19 décembre 1365).
Pendant trois ans les Arméniens vécurent sans chef et dans l'anarchie. Ceux
des grands que l'émigration n'avait pas éloignés, restés en minorité, répugnaient
à choisir un souverain dans la famille du prince qui venait de les gouverner. Eux-
mêmes, jaloux les uns des autres et se détestant réciproquement, ne voulaient point
« con le galee di Rodi et la galea con la quale venne
« il legato. La quale armata ando a Satalia et messe
«in terra li soldati, discargo 200 cavalli et l'ingegni
«et machine che portavan per espugnar le torre; et
« dalla prima battaglia prese Satalia et entrd dentro
« con gran festa et honor, laudando Dio. Dove ordind
« 1] sfignor] Giacomo di Norco (Nores), il turcopullier,
« per capitan et lascid in sua compagnia tra caval-
« lieri, scudieri, et compagnioni numero 200 per
« guardia della terra, et lascid anco 3 galee et 500
« fanti. Li signori di Scandeloro et Monangati ve-
« dendo la gran potenza et prosperità del re Pietro si
« sbigottirno, et perd li mandorno ambasciatori, pre-
«gando et richiedendo pace per lui et farsi suoi sub-
« diti; etil re accetto la oblation loro et mand le sue
« bandiere et le messino in la città et castelli loro. Il
« re stette da un mese in Satalia et poi andd a Scan-
« deloro, et dismonto in terra; et il s[ignor] del detto
«loco li and incontro et le porto li chiavi della
« città, con molti ricchi presenti, de’ quali il re non
« tolse altro se non un bellissimo rubino, et il resto
« fece restituire al presentante insieme con le chiavi,
« tollendo da lui sacramento di esser suo homo et di
* servarli fideltà; et poi ritornà il re a Cerines et
«mandÔ l'armata a Famagousta. Et l'anno seguente
« il re fece armar 8 galee et 4 fuste, con quelle mandd
« Gio[vanni] di Sur l'amiraglio per dar cambio al tur-
« copullier in Satalia, et and alla Smira* et l’assedid
«et prese la; ruino li diffese et posta la a saccho et
« fuoco, tolse l'immagine di Santo Nicold, la quale
« di poi porto à Famagousta et abbandonata la città
«ruinata, torn0 in Satalia. » (Fol. 6 v°, 8 r°.)
« messero sopra li occhi suoi, et immediato si san;
«et moltri altri miracoli. »
À ce récit, je dois joindre celui non moins inté-
ressant et très-circonstancié de Florio Bustron, re-
latif aux expéditions accomplies cette année par les
Chypriotes et le roi Pierre, sur la côte méridionale
de l'Asie Mineure. — Ce chroniqueur, quoique
d'une époque comparativement récente, a aussi sa
valeur, et il n’est pas à dédaigner, parce qu'il s’est
servi de chroniques anciennes, aujourd'hui per-
dues :
« Lionetto, re di Armenia, divenne poverissimo,
«et non potendo tenere il castello di Curico, lo las-
« ciô et and in Franza; la communità del qual cas-
«“tello mandd a raccomandarsi al re Pietro, et lui
« mandô una galea con Roberto Tholosan, cavaliere
«inglese, per capitano del detto castello di Curico.
« Et egli fu recevuto da tutti con gran festa et li fe-
« cero homaggio per il detto re Pietro; il quale li
« fece fornire vittuarie, soldati et di qualunque altra
« cosa che era di besogni. Il signor di Caramania du-
« bitando del re de Cipro, il quale poteva per via
« di Curico dannegiare il suo paese, fece lega con
«il signor di Scandeloro et Satalia et Monangati
« (Manavgat), le quale feceno 30 fuste per venire a
« danni di Cipro. Il che inteso per il re Pietro, messe
«ancor lui una grossa armata per andar contro; al
« quale mando il gran maestro di Rodi 4 galee con fra
« Gio[vanni] Forbin l'amiraglio; et alli 12 de Luglio
“1361 monto il re su le galee et usci dal porto di
« Famagousta con galee 46, navi 20, fusti 12 et altri
« navighi piccoli, che furono alla somma di veli 106
* Ville de la Lycie, à l'ouest du golfe de Satalie, où fut au 1v° ou au v° siècle le siége épiscopal de saint Nicolas, dont le culte
est en vénération surtout parmi les Grecs, et patron national de la Russie.
Hisror. ARM. — I. go
ET
714 | CONTINUATION ET FIN
se courber sous la loi d'un égal. Cependant les compétiteurs ne manquaient pas;
plusieurs faisaient valoir leur descendance de la famille royale des Roupéniens ou
de la tige illustre des princes héthoumiens de Lampron, et s'arrachaient l'un à
l'autre le pouvoir et les insignes de la royauté. Les infidèles, profitant de cet état
de trouble, recommencèrent leurs courses dévastatrices, et les Arméniens, livrés
sans défense à leurs coups, subirent leur joug et portèrent le poids d'un lourd
tribut !. |
Urbain V, qui était assis dans la chaire de saint Pierre depuis le 28 octobre 136),
plein de sollicitude, comme ses prédécesseurs, pour un peuple chrétien au sa-
lut duquel se rattachait l'espérance d'avoir en lui un auxiliaire pour recouvrer
un jour les Saints Lieux, Urbain V, apprenant cette triste situation des Armé-
niens, les conjura de faire trêve à leurs querelles et de se concerter pour donner
la couronne à Léon de Lusignan, comme le plus digne de la porter par le droit
de la naissance”. Ce prince était de sang arménien par sa mère, issu, du côté
paternel, des rois Constantin III et Guy, et, par conséquent, proche parent de
Pierre [*, roi de Chypre.
Les expressions de la lettre du souverain pontife pourraient suggérer l'idée
que Léon est le prince mentionné avec son frère Oschin, dans le mémorial que
nous avons rapporté plus haut (page 707, note 2), comme le fils du dernier roi
Constantin IV: dans ce cas, ses droits à la couronne auraient été incontestables,
puisqu'ils étaient établis par une filiation directe et immédiate. Mais c'est là une
conjecture pour laquelle les preuves historiques font encore défaut. Léon avait
épousé Marie, ou comme disent familièrement les Arméniens, Maroun, cousine
de Louis I‘, roi de Hongrie, et nièce de Philippe de Tarente, empereur titulaire
de Constantinople. Le clergé et les barons, cédant aux conseils d'Urbain V, rati-
fièrent le choix qu'il leur indiquait, et Léon fut sacré solennellement dans la ca-
thédrale de Sis.
Dans sa lettre aux Arméniens, le pape le représente comme un bon catholique,
dévoué à l'Église romaine. À coup sûr ce n'était pas un titre de recommandation
pour la majorité de la nation, toujours antipathique aux idées religieuses de 'Oc-
cident. Mais Léon était, par caractère, doux et modéré, et doué de beaucoup de
jugement et de prudence. Peut-être aurait-il réussi, comme son prédécesseur,
à pacifier les esprits et à se maintenir sur le trône, si l'esprit de discorde, sans
cesse ravivé par le contact et le choc des populations de la Cüilicie, mi-partie
arméniennes et latines, ne fût pas devenu en quelque sorte un mal incurable
qui avait détruit dans le cœur de tous l'amour du sol natal et tout sentiment pa-
triotique. À l'arrivée de l'ennemi et au moment du danger, le chef de l'État ne
rencontrait autour de lui que des volontés rebelles ou inactives; ainsi désarmé et
paralysé par une désertion générale, 11 n'avait d'autre ressource que de prendre la
fuite et de pourvoir à sa sûreté personnelle en se retirant dans l’une de ses forte-
1 Nous avons une preuve que la Cilicie, où du qui était mort vers la fin du mois de dzoul-
moins la partie basse de cette contrée, la Ciliciedes kada.
plaines, était alors au pouvoir des Égyptiens, par la ? « Venerabilibus fratribus, archiepiscopis et
mention qui se trouve dans Abou’l-Mehäcen (ms. «episcopis ac dilectis filiis aliis, ecclesiarum et mo-
n° 663, fol. 192), qu’en l'année 765 de l’hégire «nasteriorum prælatis ac rectoribus, et personis
(commencée 9 oct. 1363) le sulthan investit du «ecclesiasticis, necnon magnatibus, aliisque nobili-
khilà (vêtement d'honneur) l'émir Mandjak-You- «bus et populis catholicis universi regni Armeniæ,
çoufy etle nomma gouverneur de Tarse comme suc- «salutem.» (Urbani V Epist. anni III, ep. curial.
cesseur du grand veneur Komary, ,KS& yaef &)L3, p. 239, dans Rainaldi, ad ann. 1365, $ xxi.)
= me Se eee a
=
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE. 715
resses et en abandonnant le pays à la fureur de l'ennemi. Aussi ce règne ne fut
qu'une suite continuelle de calamités, dont le terme fut la catastrophe qui fit tomber
Léon au pouvoir des infidèles, et anéantit pour jamais le royaume de la Petite
Arménie.
815 (20 décembre 1365—19 décembre 1366).
Comme prince chrétien, Léon était pour le sulthan un ennemi naturel; mais
son titre de parent et allié du roi de Chypre le lui rendait encore plus odieux.
Pierre [*, par un coup de main des plus hardis, avait un instant enlevé aux
Égyptiens Alexandrie et mis à sac cette ville’. Le sulthan, résolu de prendre pro-
visoirement sa revanche sur le roi d'Arménie, envoya contre lui un de ses
généraux, que Tchamitch nomme Schahar-Ogli. Le roi, soutenu par le brave
Libarid, marcha contre les agresseurs, qui avaient déjà envahi le territoire ar-
ménien. On en vint aux mains, et les Egyptiens commençaient à plier lorsque
Libarid, qui s'était engagé trop avant dans la mêlée, fut tué. Léon, découragé
par cette perte, se sauva précipitamment et gagna un lieu de sûreté. Du fond
de sa retraite il envoya demander la paix avec instances au sulthan, qui consentit
à la lui accorder et à rappeler ses troupes.
816 (20 décembre 1366—19 décembre 1367).
Sous le coup de la terreur qu'inspirait le nom d'un prince aussi belliqueux, aussi
entreprenant que Pierre I“, les Turks de la Karamanie, pour qui la possession de
Gor'igos, par les Chypriotes, était un danger permanent, se décidèrent à tenter un
suprême effort pour leur enlever cette place et vinrent l'investir”, À cette nouvelle,
« rono il castello assediato con gran multitudine di
l Cette expédition du roi Pierre fut entreprise
« Turchi, et havevano preso la torre che era fabri-
avec le concours des Hospitaliers. Étant parti de
Rhodes avec les deux flottes réunies, il arriva le « cata sopre la rocca, appresso il pozzo, fuori del cas-
jeudi 9 octobre, jour de la fête de saint Denys, «tello. Etquandodiscoversero li christiani l'armada,
dans le vieux port d'Alexandrie. Le lendemain, le « hebbero grande allegrezza et sonorono le cam-
« pane, et fecero sonar le trombette; et quando dis-
débarquement eut lieu, l'assaut fut donné et la ville
« monto il principe etintro nel castello con la sua
prise et abandonnée au pillage. Au bout de quatre
jours, le roi, apprenant que le sulthan arrivait avec
des forces considérables, se rembarqua emportant
un butin précieux et très-considérable. — Voir
Guillaume de Machaut, La prinse d'Alixandre ;
Bibl. imp. anc. fonds fr. ms. n° 1584, fol. 350.
ms. Lavallière, n° 25; Amadi, fol. 419; Florio Bus-
tron, fol. g v'-10 r°; Abou’l-Mehäcen, ms. n° 663,
fol. 198. Cf. de Guignes, Mist. des Hans, t. IV,
p. 233-235.
? La place était défendue du côté de la mer par
deux châteaux, dont les ruines existent encore au-
jourd’hui et qui étaient situés, l’un sur le continent,
l'autre sur un rocher voisin du rivage. Dans mon
récit de la délivrance de Gor’igos par les Chypriotes,
j'ai suivi principalement Strambaldi (fol. 86-87)
et Amadi (fol. 421). Je donne ici le texte du pre-
mier de ces deux chroniqueurs, comme plus cir-
constancié et ayant plus d'autorité.
« Et a di 26 febraro 1566 de Christo” uscite la
« armada da Famagosta et and a Curico, et trova-
« compagnia, fece tre giorni et non uscite del cas-
« tello, et combattevano di sopra con li Turchi. Et
« finiti Li tre giorni, commando il principe, et us-
+ cirono fuori quelli di Curico et fecero gran batta-
« glia, et hebbero la vittoria li christiani, et scam-
« porono li Turchi; et havendosi saputo che non
« tornavano per haversi rotto malamente, et lo av-
« visete al re, et hebbe gran allegrezza, et 11 mando
«a dir, et lo fece andar in Cipro a Famagosta à di
« 14 marzo 1367 de Christo. »
Florio Bustron (fol. 11 r° et v°) complète ce que
disent les deux autres chroniqueurs précités et mé-
rite aussi d'être cité textuellement :
« Da Curico fu data notitia al re di Cipro che la
a Caramania se metteva in ordine per assediare il
« detto castello di Curico, et subito fece armare 10
« galee et mandÔ capitano di quelle et sopra comiti
« Felippo conte di Brassinie, et altri cavalieri. Et an-
« dati in detto castello, trovorno un esercito grande
«di Turchi, che tenevano assediato il castello. Il
* Cette date est marquée suivant le comput vénitien qui ouvrait l'année au 1°" mars, et qui, pour les deux premiers mois, diffère
ainsi d'une unité de notre style vulgaire.
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110 CONTINUATION ET FIN
Pierre fit armer dix galères, dont il confia le commandement à son frère Jean,
prince d'Antioche, en lui adjoignant Philippe d'Ibelin, seigneur d'Arsouf, Jean
d'Ibelin, sénéchal de Jérusalem, Philippe, comte de Bressing, et autres cheva-
liers. Cette flotte partit de Famagouste sur la fin de février.
Les habitants de Gor'igos étaient dans un péril extrême. Les Turks s'étaient
déjà rendus maîtres de la tour située sur l'ilot, en avant du port, et tenaient
étroitement bloqué le château qui s'élevait sur la terre ferme. À la vue du secours
qui leur arrivait si à propos, les assiégés firent retentir les cloches et les trompettes
en signe de joie. Les Chypriotes, ayant réussi à forcer l'entrée du château, s y tin-
rent renfermés pendant trois Jours; après quoi le prince Jean commanda aux ha-
bitants de faire une sortie, et, de concert avec les Chypriotes, ils battirent si com-
plétement les Turks, qu'ils leur enlevèrent quantité de prisonniers et de butin, et
leur ôtèrent, dit Strambaldi, l'envie de recommencer leurs attaques. Quelques
Jours avaient sufhi pour accomplir ce brillant fait d'armes, et le 14 mars les oa-
lères du roi rentraient à Famagouste.
Les Égyptiens, jaloux de conserver en leur pouvoir Aïas, qui était pour eux
la clef du royaume d'Arménie, s'étaient retranchés dans Îes deux châteaux qui
gardaient l'accès de cette ville du côté de la mer’. Les déloger de cette forte
position était une entreprise impossible au roi Léon; mais il comptait sur l'assis-
tance de son cousin de Chypre, infatigable et toujours heureux contre les infi-
dèles. L'année précédente, Pierre, sorti du port de Famagouste pour aller as-
siéger Tripoli, avait vu en chemin sa flotte disperséc par la tempête, et il avait
dû ajourner son entreprise. Il la reprit cette année et partit le 23 septembre du
casal de Chiti. Le lendemain, sur le soir, il mouillait devant Tripoli, défendue par
20,000 musulmans; le surlendemain, 25, la ville était emportée d'assaut, pillée et
incendiée, et sa population passéc au fil de l'épée. Continuant ses dévastations sur
le littoral de la Syrie, Pierre prit Tortose, Laodicée, Belinas et plusieurs autres
villes, qui toutes furent également maltraitées. De là il arriva devant Aïas, où le roi
d'Arménie devait venir le rejoindre avec ses troupes. Les infidèles ayant essayé
d'abord de sopposer au débarquement des Chypriotes, Pierre, à la tête de
80 hommes seulement, tombe sur eux, les culbute et les poursuit jusqu'à une lieue
de distance; de là, revenant sur ses pas, il donne l'assaut à la ville et s'en empare.
Mais ses efforts échouèrent devant la résistance opiniâtre des deux châteaux.
« principe con tutta la sua gente et con quelli di
« Curico, li quali uscirno fuori, feceno giornata con
«li Turchi et li romperno el uccisono et presseno
- molti Turchi et anco presseno molti paviglioni et
« vittuarie; et una parte di loro rebellati tolseno li
« chiavi per forza et li volevan dare alli Turchi. I} re
« come fu avisato di cid, fece subito armare 28 galee
« ciprioti et le quattro de la religion di Rodi et altri
« navigli; et montato su egli in persona, ando a Sa-
« talia et fece tagliar la testa a maestro Pietro Cavalli,
« che era causa di questa munitatione; et poi si parti
“et ando a Rodi. »
L'importance de la position de Gorigos est pa-
reillement attestée par le dernicr roi d'Arménie,
Léon de Lusignan, dont Froissard nous a conservé
les paroles {IE , xxv) : « Adonc fut demandé au roi.
«el cette ville de Courch, en Arménie, est-elle forte?
«— M'aist Dieu, ois, dit le roi d'Arménie, elle ne
«fait pas à prendre si ce n'est par long siége ou
« qu'elle soit trahie, car elle sied près de mer à sec,
« et entre deux roches, lesquelles on ne peut appro-
« cher, et si est Courch très-bien gardée. »
1 L'un de ces deux châteaux s'élevait sur un ilot
avancé, silué vers l'entrée du port, et était relié par
une jetée avec l’autre château, placé sur la terre
ferme. Cesdeux constructions subsistent encore dans
un assez bon état de conservation, gräce aux restau-
rations qu'y fit faire au xvi° siècle le sulthan Soliman
le Grand. Sanuto (lib. Il, p. 4, cap. xxn) décrit en
ces termes l'ilot en question : « Laiacium habet por-
«tum et siccam unam ante se, quæ scolium dici
« potest; ad quam quidem siccam prodenses figun-
«tur et anchoræ versus terram firmam. »
nu mm = nn
+
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE. 717
Comme le siége paraissait devoir traîner en longueur et que les rangs de ses sol-
dats épuisés de fatigue commençaient à s'éclaireir, il fit mettre le feu à la ville
et se retira dans un port voisin que Guillaume de Machaut ne nomme point, mais
qui est trés-probablement Gorigos. Là il attendit pendant huit jours l'arrivée de
son allié d'Arménie. Cependant l'hiver approchait, et les affaires de Pierre l'appe-
lant auprès du pape, 1l se hâta de se rembarquer et de rentrer à Chypre !.
817 (20 décembre 1367—18 décembre 1368).
Il sc trouvait à Rome, lorsque la nouvelle lui parvint que les Arméniens lui
avaient décerné la couronne. Il se mit en route pour Venise vers la fin de septembre,
et de là fit voile vers Chypre. Il avait hâte de se rendre aux vœux de la nation qui
voulait lui confier le soin de:ses destinées; mais un coup subit et terrible vint l'ar-
rêter; 1] fut assassiné à Nicosie le 16 janvier 1369. Le choix d'un étranger par
les Arméniens, déjà pourvus d'un souverain, ne fut motivé par aucun événement
dont le souvenir nous ait été transmis. Mais le témoignage de Guillaume de Ma-
chaut sur ce fait même est formel, et il est confirmé par une monnaie d'argent por-
tant l'effigie équestre de Pierre et son nom, en caractères arméniens, Petros,
AjEumpnu, Le poëte nous apprend que le renom militaire du conquérant d'Alexandrie
et l'espoir de trouver en lui une puissante et efficace protection déterminèrent
son élection *. Mais il y a aussi d'autres raisons de ce fait omises par Machaut,
qui semble avoir ignoré entièrement l'existence de Léon de Lusignan, souverain
légitime, et alors régnant. Ces raisons ne peuvent être que l'avilissement du pou-
voir royal, et la division qui régnait au sein de la nation, et qui était si profonde
et si générale qu'une fraction de cette nation put sanctionner cette intrusion
par un vote public et lui donner, par l'empreinte d'une monnaie, un caractère
officiel.
820 {19 décembre 1370 — 18 décembre 1371).
Pendant trois ans les Égyptiens s'abstinrent, à ce qu'il paraît, de toute hosti-
lité, puisque l'histoire n'a enregistré, dans cet intervalle de temps, aucune nou-
velle invasion. |
Mais cette année, Schahar-Ogli revint, et se surpassa dans ses cruautés et ses
excès de tout genre; 1l brûla en partie la ville de Sis, et pendant vingt jours ses
hordes ne furent occupées qu'à détruire les moissons et à promener partout l'in-
cendie, la dévastation, la mort et l'esclavage. Les maux causés par les infidèles
furent aggravés par la famine qui en fut la suite, et qui se fit sentir après leur
retraite. Elle sévit si cruellement qu'à Sis un boisseau de froment se vendait, au
dire de Tchamitch”*, jusqu'à 500 dirhems. Par un effort désespéré, Léon, à la
tête d'une poignée de braves, se mit à la poursuite des ennemis et les mena
rudement. Mais accablé par le nombre, et ayant reçu une blessure, il fut obligé
de tourner le dos et de s'enfuir; 1l se réfugia au fond des gorges du Taurus, dans
une retraite inaccessible et ignorée de tous. Sa disparition subite donna lieu au
Li roys se parti de la court;
1 J'ai résumé ici, en les fondant ensemble, Îles
Mais sa renommée qui court
récits de Guillaume de Machaut, des chroniqueurs
à ; . : Par tous païs, par tous chemnns
chypriotes Strambaldi, Amadi et Florio Bustron, a
ne | | l L'essaussa tant, que les Hermins
ainsi que du chroniqueur arabe Abou’l-Mehäcen, L'ont pour leur seigneur esleu
Pris et nommé et receu.
Cf. Deguignes , L. IV, p. 128.
% Histoire d'Arménie, V, xuim, t. TT, p. 357.
2? Voici comment s'exprime Machaut :
118 CONTINUATION ET FIN
bruit qui se répandit partout qu'il avait péri en combattant. La reine était à Tarse,
lorsqu'elle reçut cette nouvelle; son âme en deuil du malheur public eut encore à
gémir sur le coup qui la frappait dans ses affections privées. Le patriarche Mesrob,
qui s'était mis à l'abri dans une forteresse, sempressa de venir lui prodiguer ses
consolations et ses bons conseils. D'accord avec elle, il fit partir pour l'Occident
Jean, archevêque de Sis, accompagné d'un interprète, nommé Manuel, fils de Jean
de Léon, chevalier génois; tous deux se rendirent d'abord auprès de Philippe de
Tarente, et ensuite, munis des lettres de recommandation que ce prince leur
donna pour le pape Grégoire XI, à la cour d'Avignon.
821 (19 décembre 1371 — 17 décembre 1372).
Cette année, le patriarche Mesrob termina sa carrière. Il avait remplacé Jac-
ques ÎT, remonté sur le siège après Mékhithar, en 1355. Mesrob eut pour succes-
seur Constantin [V.
L'archevêque de Sis, qui croyait, comme tout le monde, à la mort de Léon,
remontra au pape la nécessité urgente de donner à la reine un mari et un protec-
teur, et aux Arméniens un bras assez fort pour les défendre. Les vues de Grégoire XI
se portèrent sur Othon de Brunswick, de la famille impériale des Othons de Saxe,
cousin de Jean, marquis de Montferrat, au service duquel il s'était distingué, et
allié à la famille royale de Chypre. C'était un guerrier réputé pour son courage et
son expérience, estimé pour ses nobles et solides qualités. Grégoire XI le désigna
à Philippe de Tarente comme l'homme le plus capable de rétablir les affaires en
détresse de l'Arménie, ajoutant dans sa lettre que les chrétiens d'Orient dont le
chef de l'Église aurait pu, suivant l'usage, invoquer le concours, étant eux-mêmes
engagés en ce moment dans des guerres qui absorbaient toute leur activité, il ne
pouvait secourir la reine aussi vite et aussi énergiquement que les circonstances
l'exigeaient, mais qu'il allait solliciter pour elle le prince d'Antioche, Jean de Lusi-
gnan, les doges de Venise et de Gênes et l'ordre des Hospitaliers ; il l'engageait à
recruter lui-même des auxiliaires en tous lieux, et à s'adresser notamment au roi
de Hongrie, son parént et celui de la reine Marie. Il écrivit aussi à celle-ci pour
l'exhorter à ranimer le courage de ses sujets, et pour lui annoncer l'envoi de quel-
ques secours en attendant mieux.
822 (18 décembre 1372 — 17 décembre 1373).
L'archevêque de Sis, dès son retour en Cülicie, soccupa de faire agréer par la
reine et par la nation le choix indiqué par le Pape. Mais pendant que cette affaire
était en délibération, on apprit tout à coup que le roi était encore vivant dans le
lieu où il s'était tenu caché pour éviter les poursuites et les embüches de ses en-
nemis. Cette nouvelle, qui rompit brusquement tous ces projets d'union, fut ac-
cueillie par l'explosion de la joie générale, et, bientôt après, Léon se montra aux
regards impatients de ses sujets et vint rejoindre la reine à Tarse.
823 (18 décembre 1373 — 17 décembre 1334).
Cette année mourut le patriarche Constantin IV, et Paul, premier du nom,
1 Avignon, kalendes de février. — Gregorii XI Naples, à André Contarini, doge de Venise, à Domi-
Epist. t. Il, ep. secret. p. 4, dans Rainaldi, ad ann. nique de Campo Fregoso, doge de Gênes, et à
1372, $ xxx. Cet historien mentionne les lettres Raymond Bérenger, grand maître de Rhodes, pour
adressées par le même pontife à Jeanne, reine de les engager à se liguer en faveur de l'Arménie.
RER nn - mu mi
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE. 719
jut élevé sur le siége. Le premier soin du nouveau prélat fut de donner au roi le
conseil de tout mettre en œuvre pour apaiser le sulthan et obtenir une paix
durable. Mais les derniers moments du royaume de la Petite Arménie étaient arri-
vés, et sa destinée allait s'accomplir. En eflet, le sulthan Melik-Aschraf Scha ban
réunit une armée considérable composée d'Égyptiens et d'Éthiopiens, sous les or-
dres de son frère Ahmed, auquel Tchamitch donne le surnom d'Aboulhet-Hadji-
Térifé. Ce général avait l'ordre d'exterminer tous les chrétiens de la Cilicie et d'a-
chever la ruine de ce malheureux pays. Les infidéles, raconte ce savant religieux,
l'envahirent en s'y précipitant comme un torrent qui a rompu ses digues, et cou-
vrirent au loin la surface des plaines et les déclivités des montagnes. Les habitants,
grands ou petits, riches ou pauvres, épouvantés, ne songèrent qu'à se dérober par
la fuite à la captivité et à la mort. Les troupes qui restaient, faibles débris échappés
à tant d'exterminations précédentes, partageant la terreur commune, jetérent
leurs armes, pour courir se cacher derrière les murailles des places fortes et des
châteaux, ou dans les anfractuosités et sur les sommets du Taurus. Une partie de
la populations émigra dans les contrées étrangères; l'Asie Mineure, la Grande Ar-
ménie, et, plus au loin, l'Albanie, dans les environs de la mer Caspienne, la Perse,
les provinces européennes de l'empire grec et les îles de la Méditerranée reçurent
ces fugitifs partout en quête de l'hospitalité. Il en partit 30,000 ou même un
nombre plus considérable, suivant d'autres calculs. Les retardataires, surpris
en.rase campagne, et tous ceux que les infidèles purent saisir, furent égorgés
ou périrent dans des supplices affreux. Dans ce sauve qui peut général, Léon, dé-
sespérant du salut de son royaume, alla se renfermer avec sa femme, sa fille Ph'inna
(Joséphine), son gendre Schahan, comte de Gorigos’, et plusieurs autres sei-
gneurs de sa cour, dans le château de Gaban, situé sur le cours supérieur du Pyrame
(Djeyhan), dans une des gorges les plus abruptes et les plus resserrées du Taurus.
Les infidèles, s'attachant à ses pas, coururent l'y assiéger; mais comme cette place,
protégée à la fois par sa position naturelle et par la solidité de ses murailles, dé-
fiait tous leurs efforts, ils convertirent le siége en blocus. Pendant ce temps, des
bandes altérées de sang et de pillage faisaient des incursions dans toutes les direc-
tions. Non-seulement les bourgs et les villages dépourvus de défenses, mais en-
core des villes fortifiées comme Sis, Adana, Mopsueste, Anazarbe, ne purent ré-
sister et subirent toutes les horreurs de la guerre; les plus beaux édifices, couvents,
églises, palais devinrent la proie des flammes ou tombèrent sous le fer destruc-
teur; les tombeaux des rois furent violés et les ossements qu'ils renfermaient réduits
en cendres ou dispersés. La Cilicie, suivant l'expression de Tchamitch, ne fut plus
qu'un monceau de ruines et un désert ?,
ou dans le cours de l'automne de cette année.
1 Nous avons vu que Gor'igos était passé au pour
On lit dans Abou’l-Mehäâcen (ms. 663, fol. 199 v°):
voir des Chypriotes en 1367; ils possédèrent cette
place jusqu’en 1448 , époque où elle leur fut enlevée
par les Turks de la Karamanie. Le titre de comte de
Gorr'igos que portait Schahan était par conséquent
purement nominal; car lui et son beau -père, le
roi Léon, étaient loin de pouvoir faire rentrer ce
fief dans le domaine de la couronne d'Arménie et
encore moins d'en conserver la possession.
2 Cette expédition des Égyptiens est de la 22°
année du sulthan Mélik-Aschraf Scha’ban, 776 de
l'hégire (commencée le 11 juin 1374); par con-
séquent elle doit être placée vers le milieu de l'été
X de LU) guys &s probe CAE Rimll où de
Xe LU Qi es be SEL si sil ae
y 6e)Y} es Lars crus lys jogé HS
Lei GR pis NU Sault eu med
pli Si joug Labs
« Cette année Sis, capitale du pays, fut prise par
«l'émir Aschouk-Timour de Mardin, gouverneur
« d'Alep, après un siége de trois mois, et la souve-
« raineté des princes arméniens y fut complétement
720 CONTINUATION ET FIN
L'antipape Clément VII, dans une lettre adressée à l'archevêque de Tarra-
gone, en date du 1v des nones (4° jour) de juillet 1381, a retracé un tableau
de ces excès des envahisseurs avec des détails qu'il tenait d'un témoin oculaire,
le comte de Gor'igos, Schahan , qu'il appelle Soherius de Sarto".
824 (18 décembre 1374 — 17 décembre 1375).
La forteresse de Gaban résista pendant neuf mois consécutifs; enfin les vivres
manquèrent tout à fait, et les assiégés, après avoir épuisé les plus vils aliments”,
commencèrent à éprouver les tortures de la faim. Léon, de l'avis de ses officiers
et de la garnison, proposa de capituler si on leur garantissait sous serment la vie
sauve. Cette condition ayant été acceptée, il alla lui-même se remettre entre les
mains du général ennemi.
Les infidèles, maîtres de la place, semparërent des richesses qu'il avait
« détruite. Louanges à Dieu ! La nouvelle s'en répan-
« dit et Mélik-Aschraf fut au comble de la joie pour
« cette grande victoire. »
Abou’l-Mehäâcen ne parle point de la seconde
partie, sans contredit la plus importante, de cette
expédition , le siége et la prise de la forteresse de
Gaban, et la captivité des princes arméniens.
L'« Impiissimus soldanus Babyloniæ cum maxima
« Saracenorum multitudine regnum Armeniæ sæva
«crudelitate intravit ac civitates, castra et villas
« dicti regni, non sine magna christianorum strage
« capiens, comburens et destruens , et quam pluribus
« christianis fidem catholicam abnegare nolentibus
« diversa tormentorum genera inferens, agricultores
« vivos excoriari, religiosis et aliis presbyteris, lin-
«“guas, ne verbum Dei populo prædicarent, et qua-
«tuor digitos cum quibus corpus dominicum per-
« tractabant, abscindi fecit. » (Clementis antip. Epist.
lib. IE, p. 135, dans Rainaldi, ad ann. 1381, $ xuix.)
Dans cette lettre le nom du roi Léon est écrit
Leonetus ou Leonet (Lionetto dans Florio Bustron,
voir ci-dessus, p. 711 et 718). Un mémorial armé-
nien, que je rapporterai plus loin, offre la forme Jac-
quel pour le nom de Jacques, roi de Chypre. Cette
forme avec sa désinence caractéristique était propre
à la langue vulgaire des Chypriotes, qui était un
français imprégné d'italien et aussi de provençal;
ils faisaient entendre et avaient rendu familier ce
dialecte dans les échelles de la Syrie et, à ce qu'il
paraît aussi, dans la Petite Arménie.
2 On lit dans la lettre précitée de Clément VII
qu'ils furent réduits à manger des rats et des cuirs
de chevaux; «adeo arcte obsessos tenuit, quod
« fame afflicti mures et equorum coria comedere
« cogebantur. »
*3 La ville de Sis ayant été prise vers la fin de
l'année précédente (1374) et les Égyptiens ayant
dirigé ensuite leurs opérations contre le château
fort de Gaban, la reddition de cette dernière place,
au bout de neuf mois de blocus, dut avoir lieu vers
le mois d'août ou de septembre 1375.
Après la soumission du royaume d'Arménie,
Sis ne perdit point sa prérogative de ville capitale,
et devint le siége du nouveau gouvernement, et
le chef-lieu d'une province qui comprenait Aias,
Tarse, Adana, Missis et Ramadania, et qui dépen-
dait du naïbat (lieutenance) d'Alep. L'émir Ak-Boga
devint le premier gouverneur de Sis. Cf. De-
guignes, Hist. des Hans, t. IV, p. 239.
Les vainqueurs laissèrent debout dans cette ville
le siége patriarcal, qui fut maintenu jusqu’à la mort
de Paul [‘, en 827 de l'ère arménienne (17 dé-
cembre 1377 — 16 décembre 1378). À partir de
Théodore Il, son successeur, les chefs de l’Église
arménienne transportèrent leur vie errante partout
où ils espéraient trouver quelque sécurité. Ils ne
se rendaient à Sis que dans les occasions les plus
solennelles, comme pour leur consécration ou
pour la bénédiction de l'huile sainte (myron).
De nos jours ils habitent le grand couvent de
cette ville, mais très-amoindris par la rivalité du
siége d'Édchmiadzin, dans la Grande Arménie,
fondé ou plutôt rétabli en 1441, et reconnu comme
la véritable et légitime chaire de saint Grégoire
l'Iluminateur, par la presque totalité de la na-
tion.
Après avoir demeuré quelques années au pou-
voir des Égyptiens, la Cilicie passa sous celui de
l'émir turkoman Karaman Ibrahim-bey. Les Otto
mans en soumirent la plus grande portion sous le
règne du sulthan Mahomet I°, Sélim II en acheva
la conquête. Ceux des Arméniens qui évitèrent le
glaive des infidèles ou l’émigration remontèrent
la haute chaîne du Taurus ; et leurs descendants
s’y sont perpétués jusqu’à présent dans les contrées
de Hadchin et du Zeïthoun, mélés aux tribus des
Turkomans, et, comme ces derniers, indépendants
du gouvernement de la Sublime-Porte. Le reste de
la nation vit fractionné en groupes plus ou moins
considérables dans l'empire ottoman, en Russie, en
Autriche, dans l'Inde britannique, et, l'on peut
ajouter, un peu partout, dans le monde entier.
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721
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMENIE.
apportées avec lui en venant s’y réfugier. La Cüilicie, d'une extrémité à l'autre, était
maintenant courbée sous leur joug. Après avoir lié Léon avec une double chaîne,
et chargé de fers sa femme, sa fille, son gendre et les seigneurs de sa suite,
ils les emmenèrent d'abord à Jérusalem et ensuite en Égypte. Le sulthan les
fit renfermer dans le château du Kaire, et assigna pour résidence aux captifs
de condition inférieure un des quartiers de la ville, où ils purent se livrer à
l'exercice de différentes industries. Au dire de Tchamitch, ce prince, sollicité par
plusieurs de ses émirs de se relâcher un peu de sa sévérité envers ses prisonniers
et de les interner dans une des places fortes de l'Égypte, en leur permettant de
circuler dans toute l'étendue de son enceinte, répondit que non-seulement il leur
accorderait une pleine liberté, mais même les plus grands honneurs, s'ils consen-
taient à embrasser l'islamisme, et qu'ils repoussèrent avec horreur ces propositions
d'apostasie. La reine et sa fille, continue le même historien, trouvèrent seules
grâce aux yeux du sulthan; il consentit à les laisser sortir de temps en temps
hors des murs où elles étaient retenues; mais ces princesses refusèrent une faveur
qui leur aurait fait un sort différent de celui de leurs maris; tous également restè-
rent confinés au fond de leur cachot, résignés à la volonté de Dieu, n'ayant d'es-
poir qu'en lui.
825 (18 décembre 1375 — 16 décembre 1376).
Le royaume d'Arménie semblait perdu définitivement pour la chrétienté, et
la cause de son infortuné souverain abandonnée par tous les princes d'Occident;
* mais rien n'avait pu refroidir le zèle du saint-siége, et un rayon d'espoir se faisait
Jour encore dans l'âme de Grégoire XI. H fit appel à une milice qui était sous ses
ordres immédiats, puisqu'elle faisait vœu et avait pour premier devoir d'obéir au
successeur du chef des apôtres; il recourut à l'ordre des Hospitaliers. Il prescrivit
à ceux de Bohême, de France, de Navarre, de Castille, d'Aquitaine, d'Angleterre
et de Portugal d'équiper 5oo chevaliers et autant d'écuyers servants, et de les
acheminer au printemps de l'année 1377 à travers la Romanie (Asie Mineure),
vers les confins de la Cülicie, pour s'y tenir à la disposition du saint-siége et com-
battre les infidèles ". Mais cette diversion, si elle eut lieu toutefois, ne produisit
aucun résultat.
826 (17 décembre 1376 — 16 décembre 1377).
Cette année, le sulthan Melik-Aschraf Scha'ban fut déposé le 25 de dzoulkada
(24 mars), après un règne de quatorze ans, et remplacé par son fils Melik-Man-
çour Aly. Ce prince, encore tout jeune, reçut pour tuteur, et le royaume pour
régent, l'émir Barkok, mamelouk d'origine circassienne, qui était déjà à la tête des
armées avec le titre d'atabek. Le nouveau règne apporta quelque adoucissement
au sort de nos captifs; Barkok ne leur était point défavorable, et leur cœur affligé
s ouvrit à l'espérance.
829 (17 décembre 1379 — 15 décembre 1380).
Dans l'impatience de voir tomber ses fers, Léon songeait à provoquer en sa
faveur la médiation des souverains de l'Europe. Mais comment leur faire parvenir
le tableau de ses infortunes et ses supplications ; comment tromper la vigilance
de ses gardiens? La cinquième année de sa captivité, une occasion inespérée vint
1 Gregor XI epist. ann. V, ep. curial. p. 46, dans Rainaldi, ad ann. 1375, S 1x.
HisTOR. ARM. — Î. 91
= _— _—— = cb
722 | CONTINUATION ET FIN
soffrir à Jui. Son gendre, le comte de Gorigos, fut rendu à la liberté, grâce
à de puissantes intercessions. Léon lui remit des lettres pour ceux des princes
qu'il savait bien disposés à son égard. Schahan passa en Europe et alla d'abord
rendre visite à Pierre IV, roi d'Aragon, qui était en très-bonnes relations avec
le sulthan, et dont les sujets catalans faisaient un commerce suivi avec l'Égypte.
Le monarque aragonais, ému par le récit des infortunes de Léon, écrivit à
différentes reprises au sulthan et le fit solliciter par un marchand et patron de
navire de Barcelone, nommé En Francesch Çaclosa. Le sulthan ou plutôt Barkok
promit de rendre ses prisonniers, dès que Pierre lui aurait envoyé un ambassadeur
spécialement accrédité pour traiter de cette affaire. Le roi confia cette mission à un
de ses conseillers, le chevalier En Bonanat Çapera, auquel il remit des présents
et une lettre pour le sulthan conçue dans les termes les plus pressants et‘les plus
affectueux’. Un mois après il renouvelait ses instances en s'adressant directement
à Barkok avec un empressement non moins entraînant”. Cet émir était devenu
tout-puissant et régnait de fait en Égypte, prêt à saisir le pouvoir suprême et à
l'exercer en son propre nom. En effet, bientôt après (1382), ayant renversé le
dernier des sulthans de la dynastie des Mamelouks Baharites, Melik-Saleh Aschraf
Hadji, il inaugura la dynastie des Mamelouks Circassiens.
830 (16 décembre 1380 — 16 décembre 1381).
De la cour d'Aragon Schahan se dirigea vers celle d'Avignon.
Mais avant de l'y suivre et d'aller plus avant, il est nécessaire de jeter un rapide
coup d'œil sur la situation religieuse de l'Europe , divisée à cette époque par le
schisme d'Occident. La chaire de saint Pierre, transférée pendant soixante et dix ans
à Avignon, avait été reportée à Rome, en 1376, par Grégoire XI; celui-ci avait eu
pour successeur Urbain VI (7 avril 1378), auquel la France et l'Espagne opposaient
Clément VII. On sait que ce schisme dura quarante ans, jusqu à ce que le concile
de Constance eût prononcé définitivement la suppression du siége d'Avignon.
Clément VII l'occupait lorsque le comte de Gorigos vint se présenter à lui. La lettre
précitée (p.720), en date du 4 juillet, fixe son arrivée vers le milieu de l'année 1381°.
Il reçut à Avignon un accueil d'autant plus empressé, que l'antipape avait surtout
à cœur de se montrer comme le protecteur légitime des chrétiens d'Orient. I le
recommanda aux rois de France et d'Espagne ses adhérents. Mais la France était
agitée par les troubles de la minorité de Charles VI, et le conseil de régence, em-
pêché par d'autres affaires, ne put prêter qu'une oreille distraite aux doléances du
gendre de Léon. Le roi de Castille, Jean I‘, sollicité à son tour, s’éprit au con-
‘traire du plus vif intérêt pour le triste sort du monarque captif, et s'employa
activement pour lui procurer la liberté. |
D'après le témoignage assez vague d'un chroniqueur qui vivait dans le siècle
suivant, et qui par conséquent est 1ci d'une médiocre autorité, un chevalier ar-
ménien, miles armenus, qui n'est autre sans aucun doute que Schahan, apitoya
l Cette lettre est datée du monastère de Poblet, « almirayl del molt alt e poderos princep, le Solda
3 septembre 1380; Archives de Barcelone, reg. «de Babüilonia, salut e bona amor.» (Monastère
987, fol. 152, cxu; et Archives de Perpignan, reg. de Poblet, 3 octobre 1380. Arch. de Barcelone, re.
987, fol. 152, dans Bofarull, Coleccion de docu- 983, fol. 153, cxvi, Bofarull , ibid.)
mentos ineditos del archivo general de la corona de 3 Cette lettre commence ainsi : « Nuper ad nos-
Aragon , t. IV, p. 370. *trum, dilecto filio nobili viro Soherio de Sarto,
? « En Pere per la grasia de Deu, rey d'Ârago, et « comite Curchi, insinuante, non sine cordis amari-
+ cetera, al molt noble cet molt amat nostre, Barcoch « tudine, pervenit auditum, quod etc. »
a Re
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE. 723
la plupart des princes de la chrétienté, et entre autres les rois des Romains, de
France et d'Angleterre, et les détermina à intercéder pour le roi d'Arménie '. Ce
qu'il y a de vrai, c'est que les démarches faites en faveur de Léon se bornèrent à
celles des souverains d'Aragon et de Castille.
831 (17 décembre 1381 — 16 décembre 1382).
Le sulthan céda enfin, et les prisonniers obtinrent leur liberté au bout de huit
années d'une dure captivité. Il les congédia très-honorablement en les faisant
accompagner par une escorte jusqu ‘aux limites de ses États ?.
En quittant l'Égypte, le roi se rendit d'abord à Jérusalem pour y faire ses dé-
votions aux Saints Lieux et rendre grâces à Dieu de sa délivrance. La reine Marie
et la comtesse Ph'inna, sa fille, fatiguées des agitations et des peines de la vie, se
décidèrent, avec le consentement du roi, à rester dans la Cité sainte et à sy con-
sacrer, pour le reste de leurs jours, à la retraite et à la prière dans un couvent.
Léon , que l'espoir de rétablir ou d'améliorer sa fortune attirait en Europe, passa
dans l'île de Chypre, s'embarqua sur une galère, toucha à Rhodes et, après une
laborieuse navigation, aborda sur les côtes de l'Italie. Il dut arriver à Rome sur
la fin de cette année ou au commencement de 1383. Son premier hommage de
reconnaissance était dû au souverain pontife, auquel il avait d'ailleurs à commu-
niquer le projet qu'il méditait de recouvrer ses États. Urbain VI le reçut avec
bonté et lui remit des letires pour tous les souverains qui pouvaient le seconder
dans cette entreprise LA
832 (17 décembre 1382 — 16 décembre 1383).
Le même sentiment de gratitude le conduisit à Avignon, auprès de l'antipape,
qui lui avait donné aussi tant de preuves de zèle et de dévouement. Mais il avait
hâte surtout d'aller remercier ses deux libérateurs, les rois d'Aragon et de Cas-
tille. La date précise de son voyage en Espagne nous est fournie par la Chronique
municipale de Montpellier, connue sous le titre de Petit Thalamus. Nous y lisons
que Léon arriva d'Avignon dans cette ville le 7 mars, et en partit le lundi
matin, 20 du même mois“.
provenir de quelque source arabe, où certes cet
historien n'était pas lui-même en état de puiser.
$ Rainaldi, ad ann. 1383, S x.
à Je dois faire remarquer, en transcrivant le
texte du Petit Thalamus (éd. de la Société archéo-
logique de Montpellier, in-4°, 1841, p. 406), que
l'annaliste suit le style de l'année de l'Incarna-
lion , s'ouvrant le 25 mars , et est par conséquent
en retard d’une unité sur le millésime ordinaire,
pour l'espace de temps compris entre le 1° janvier
et la fête de l’Annonciation.
J'ai à signaler en même temps l'erreur qu'il a
commise en prétendant que la femme et les en-
fants du roi d'Arménie étaient morts en prison ; en
effet, la reine Marie et sa fille Ph'inna vécurent
encore de longues années après leur libération, dans
la retraite qu’elles habitaient à Jérusalem.
«Îtem aquel an (mcccrxxxn) lo rey dErminia,
« loqual avia combatut am lo soudan de Babilonia et
«era estat pres e sa molher e sos enfans et tot son
91.
| « Eodem tempore, quidam miles armenus, con-
« questus est regibus et principibus chrislianitatis.
« quod rex Armeniæ christianus, regno suo omnino
« destructo, et tota fere Græcia depopulata, cap-
“tivus teneretur a soldano Ægypti cum uxore,
« filiis, magnatibusque terræ. Qui quidem pro regis
« redemptione non aurum aut argentum expetebat
«aut munera, sed dumtaxat preces et supplicationes
« principum christianitatis. Îgitur reges Romanoruwm,
«“ Francorum et Anglorum et alii plerique principes
« litteras soldano direxerunt, supplicantes ut eum-
« dem regem a captivitate qua premebatur, digna-
« retur absolvere. » ({Cornelü Zantfliet, S. Jacobi Leo-
diensis monachi, Chronicon, dans Martène et Durand,
Ampliss. collect. t. V, col. 318, C et D.)
2 Suivant Tchamitch, le sulthan , au moment du
départ de Léon, lui confia une réponse adressée au
roi de Castille, en date du mois de redjeb, 784 de
l'hégire (7 septembre — 6 octobre 1382). J'ignore
où il a pu trouver ce renseignement, qui paraît
EE me
724 CONTINUATION ET FIN .
Son testament nous apprend que le roi d'Aragon lui accorda une pension via-
gère; mais nous n'avons trouvé nulle part ailleurs la trace de son passage à la
‘cour de ce prince , ni même aucune allusion à ce sujet !.
De là il partit pour aller rendre visite à Charles Il, roi de Navarre, qui lui
donna une riche nef d'argent contenant 2,000 florins d'Aragon, et fit remettre
en même temps au bouffon ou jongleur (yuglar) qui accompagnait Léon 15 florins
et 20 à son hérault?,
Au bout de deux mois depuis son entrée en Espagne, il arriva à la cour de
Jean I‘. La réception du souverain castillan fut cordiale et magnifique; à ses yeux
le roi d Arménie était un champion de la foi catholique, victime de son zèle pour
cette cause sainte. Jean [* était en ce moment à Badajoz, occupé à célébrer ses
noces avec l'infante Doña Beatriz de Portugal*. Le lendemain de l'arrivée de son
hôte royal, il lui fit tenir en cadeau des étofles de drap d'or, de la vaisselle d'ar-
gent, et quantité de doblas". À ces largesses il ajouta une pension annuelle et via-
gère de 150,000 maravédis, en attendant qu'il lui donnât plus tard, comme nous
le verrons bientôt, des marques d'une plus haute munificence.
__ Après une année environ de séjour en Espagne, Léon éprouva le désir d'aller
voir le roi de France, Charles VI. La date de son départ peut être établie par la
chronique précitée de Montpellier, qui mentionne son second passage dans cette
ville, au 28 mai 1384, veille de la Pentecôte *. Il dut arriver à Panis vers la fin de
juin ou au commencement de juillet°.
834 ! 15 décembre 1384 — 14 décembre 1385).
De nos trois chroniqueurs, Froissard, Juvénal des Ursins et le religieux de
Saint-Denys , qui nous entretiennent de la présence du roi d'Arménie à Paris, le
premier est celui qui le met en scène de la façon la plus vive et la plus saisissante,
au milieu de la cour agitée de Charles VI”. Les courtisans ne se lassaient point d'in-
terroger le nouveau débarqué au sujet des pays lointains d'où il arrivait, et sur
«realme, e pueys sa molher e sos enfans eron mort
«en la preyso, et el era estat delievrat per lo soldan
« a la requesta del rey dragon e daqui sen era ven-
«gut en Rodas e puoys en Avinhon; lo vu jorn de
« mars venc a Montpellier, e puoys le dilusm atin,
« que era a xx jorns del dich mes, partit de Montpel-
«lier e sen anet en Cathaloncha en ver lo dich rey
« dAragon. »
1 Dans la chronique intitulée : Indice de las cosas
mas notables que se hallan en las quatro partes de
los anales y las dos de la historia de Greronimo Çurita,
cronista del reyno de Aragon (Zaragoça, in-fol. 1668-
1681) il n'est pas dit un mot du roi d'Arménie, quoi-
que le règne de Pierre IV y soit raconté très en
détail, et que l’auteur paraisse avoir eu à sa dispo-
sition les documents officiels.
2° Voir José Yanguas y Miranda, Diccionario de
antiquedades del reino de Navarra, t. IT, p. 131,
Pampelune, 1840, in-8°.
3 Ce mariage fut célébré le 18 mai. (Mariana,
Historiæ de rebus Hispäniæ, XVII, vr, et don Mo-
desto Lafuente, Historia de España, part. IT, lib. LIT,
cap. xx, Madrid, 1852, in-8°, t. VII, p. 367.)
— Nous avons ainsi les dates des différentes étapes
que parcourut le roi d'Arménie dans son voyage
en Espagne. Parti de Montpellier le 20 mars, il dut
s'arrêter pendant le mois d'avril à la cour d'A-
ragon et à celle de Navarre, et arriver à Badajoz
après que la seconde quinzaine de mai était com-
mencée.
4 Le Dictionnaire de l'Académie royale espagnole
(éd. de Madrid ,'in-fol. 1783) nous fait connaître la
valeur de cette monnaie, à l'époque où le roi d'Ar-
ménie en fut gratifié par Jean I°.
« Dobla castellana. Moneda de oro de Castilla,
« que en tiempo del señor rey D. Juan el primero
« valia doce reales en plata amonedada, y en plata
« quebrada onza ÿy media y una ochava; tenia un
«peso de un castellano, y se Ilamaba tambien
« dobla de cabeza. »
5 «tem (en lan mcccrxxxiv) la vigilia de Penta-
« costa, que era a xxvi de mai, tornet a Montpel-
«lier lo sobre dich senhor rey dErminia, tornan
« dArago et dEspanha, e partit lendeman, anan-
«sen en Fransa vers nostre senhor lo rey (p. 409).
$ Cette date résulte des deux pièces de compta-
bilité transcrites ci-dessous, page 725, note 2.
T Chroniques, WI, xxv et xxvi.
-
i
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE. 795
la puissance et les armements des Turcks et des Tartres (Tartares-Mongols), alors
l'effroi de toute l'Europe. Léon s'offrait à eux, « non pas en trop grand arroi, mais
«ainsi comme un roi echassé et bouté hors de son pays. » Charles eut pitié de lui’,
et d'accord avec ses oncles et son conseil, voulant qu'il pût tenir un état moyen
et décent, il lui assigna sur sa Chambre des comptes une pension de 6,000 francs
par an, « bien payés de mois en mois, » et de plus il lui donna une somme de 5,000
francs qui lui fut remise immédiatement « pour lui etofler de chambre et de vais-
«selles, et de autres menues nécessités. » On le logea lui et les siens dans l'hôtel de
Saint-Audoin (Ouen) lez Saint-Denys.
Le religieux de Saint-Denys achève cette peinture, mais avec une touche plus
grave sans être moins exacte. [1 nous représente Léon comme petit de taille,
grand par le courage, l'esprit vif, le regard perçant, affable de langage et de
manières, montrant par la grâce et l'élégance de son extérieur l'illustration de sa
naissance et son haut rang. Charles envoya au-devant de lui les principaux
officiers de sa maison, et une foule de seigneurs de la cour, qui escortèrent le roi
d'Arménie jusqu'au palais. En le voyant, il se leva familièrement de son trône,
lui donna le baiser de paix et le salut de bienvenue, témoignant de la voix et du
geste tout le plaisir qu'il avait de le recevoir. Bientôt après, Léon, introduit dans
le conseil, raconta sa lamentable histoire et le triste état des affaires de l'Orient.
“ Prévenu en votre faveur, lui répondit le roi, par votre bonne renommée et par
« l'éclat de vos actions, nous avons résolu de vous accueillir avec honneur. Nous
« voulons que désormais vous receviez du trésor royal une pension qui vous per-
« mettra de continuer à soutenir votre rang”. »
Cependant Léon n'oubliait pas ses projets sur la Petite Arménie; et la coopé-
ration de la France et de l'Angleterre lui était indispensable. Mais ces deux
1 Je crois que Froissard, pour donner plus de de M. L. Bellaguet, Liv. V, ch. v. A l'appui de
ce que dit le chroniqueur des libéralités de Char-
relief et de mouvement à son tableau, a représenté
le roi d'Arménie comme beaucoup plus pauvre les VI envers le roi d'Arménie je citerai les deux
qu'il ne l'était réellement. Il ne faut pas oublier pièces suivantes.
que ce prince avait déjà reçu les libéralités des « Charles, par la grâce de Dieu, roy de France à
rois d'Aragon, de Navarre et de Castille, et qu'il «nos amez et féaulx les généraux conseillers sur
vivait honorablement de la pension que Pierre IV et «le fait des aides ordenés pour la guerre, salut
Jean I‘ lui faisaient. _«et dilection. Nous ‘vous mandons que par Ber-
Juvénal des Ursins (Histoire de Charles VI, ad «taut à la Dent, général receueur des diz aides,
ann. 1383, p. 43 de l'éd. de Denys Godefroy, « vous faites baïller et déliurer à nostre très cher
Paris, Impr. royale, 1653, in-fol.), en décrivant «et très amé cousin le roy d'Arménie la somme de
l’arrivée du roi d'Arménie à Paris, lui attribue, « mil frans, laquelle nous luy auons donné et don-
entre autres qualités, celle d'être riche, et ailleurs, - nons de grâce espécial par ces présentes, par les-
en racontant sa mort, il dit que « quand il vint il
apporta de grandes richesses. » |
« Le roy d'Arménie qui estoit vaillant roy, sage,
« prudent et riche fut tellement vexé et travaillé
« des Turcs, qu'il fut contraint à soy partir de son
«royaume et délibéra de s'en venir vers le roy. Et
«sur la mer eut moult à faire par les terribles
« vents et tempestes , et finalement après plusieurs
«vexations et travaux arriva en France. Si vint
« deuers le roy où il fut moult honorablement
« reçeu et luy fit le roy une très-grand chère, en
« l’accolant et baisant, et ordonna et voulut que,
« à ses dépens, son estat fust tenu, et ainsy faire le
« voulons icelle somme estre allouée ès comptes du
«dit Bertaut par nos amez et féaulz gens de nos
«comptes à Paris, sans contredit, nonobstant quel-
«conques autres dons par nous autreffois fais à
«nostre dit cousin qui en ces présentes ne soyent
« exprimez ou déclairez, et ordenances, mandemens
«ou deffenses quelconques à ce contraires. Donné à
« Paris le xx° jour de juillet l'an de grâce mil trois cens
« quatre vins quatre et de nostre regne le quatriesme.
« Par le roy, à la relation de messires les ducs de
« Berry et de Bourgogne. r
« J. Dr MonTEAcUTO. »
« promit le roy.» {Bibliothèque impériale, Cabinet des titres, collection des
2 Chronique du règne de Charles VI, édit. et trad. pièces originales.)
«quelles rapportant avec quittance sur ce, nous
7126 CONTINUATION ET FIN
puissances épuisaient toutes leurs forces l'une contre l'autre dans une lutte achar-
née ; il fallait réussir à y mettre un terme, et ensuite les entraîner de concert dans
une nouvelle croisade. Ces vues du prince exilé étaient d'accord avec les vœux les
plus ardents du pape, qui lui avait recommandé de faire tous ses efforts pour réta-
blir la paix et arrêter l'effusion du sang chrétien.
La trêve convenue entre Charles VI et Richard IT venait d'expirer et, au retour
du printemps, les chefs principaux de l'armée française, qui avaient reçu l’ordre
l'année précédente de rassembler tout ce qu'ils pourraient de gens de guerre, se
réunirent au palais du roi. Parmi eux figuraient Louis, duc de Touraine, frère de
Charles, les ducs de Berri, de Bourgogne et de Bourbon, ses oncles, tous les
princes du sang, plusieurs barons des plus qualifiés, ainsi que le roi d'Arménie.
La majorité du conseil opina de prime abord pour la reprise des hostilités ; la
fraction qui inclinait vers le maintien de la paix et qui connaissait la pensée de
Léon sur ce point et l'intérêt qu'il avait à la produire et à la faire accepter, l'invita
à prendre la parole et à lui servir d'organe. Ce prince avait jusqu'alors gardé le
silence ; il ne savait pas le latin et s'exprimait péniblement en français. Après
avoir développé dans son discours les raisons qui conseillaient une sage tempo-
risation et l'emploi des moyens de conciliation et de douceur, il conclut en ces
termes :
«Joffre, dit-il, si vous le voulez bien, d'aller traiter avec les Anglais. Aucun lien
« d'amitié ne m'unit à eux; aucun sentiment de haine ne nous divise; peut-être mes
« discours auront-ils sur eux plus de poids que tout ce que pourrait leur dire un an-
« cien ennemi suspect à leurs yeux. » Cet avis ayant prévalu, Charles, qui connais-
sait l'esprit de prudence et de modération dont le roi d'Arménie était animé et son
habileté, lui confia la mission de conduire à bien cette difficile négociation.
Voulant qu'il le représentât d'une manière digne de luï et du rang souverain
qu'occupait son ambassadeur, il lui adjoignit comme cortége d'honneur plusieurs
seigneurs de sa cour’. Léon fit aussitôt ses préparatifs de départ; il envoya par
avance le maître de son palais, Jean de Rusp, demander à Richard un sauf-conduit
pour lui et pour les chevaliers et les gens de sa suite”, ainsi que la permission
d'introduire en Angleterre 4o chevaux, 150 couples de vin de France et tout ce qui
était nécessaire pour l'approvisionnement et le service de sa maison *.
Dans les derniers mois de cette année, il se rendit à Boulogne, ct, profitant
« Nous Léon, par la grâce de Dieu, roy d'Armé- . vicesimo quarto die octobris.» (Rymer, Fœdera,
«nie, confessons avoir eu et receu de Bertaut à la
« Dent receueur général des aides ordennés pour la
« guerre, la somme de mil frans d'or, lesqueulx mon
«seigneur le roy nous a donnez pour certaine
« cause, si comme plus à plain puet apparoir par
« lettres de mon dit seigneur sur ce faites, donnés
«le xx° jour de ce présent moys de juillet. De la-
« quelle somme de mil frans d'or nous nous tenons
« pour bien contens et paiez et en quittons mon dit
« seigneur lé roy, ledit Bertaut et tous autres. Donné
« à Paris soubz nostre scel le xxu° jour de juillet,
«l'an mil ccc quatre vins et quatre.» (Bibl. imp.
cabinet des titres, etc.)
1 Chronique du règne de Charles VI, liv. VIE, ch. 1
etIl,
? «Pro magistro hospitii Leonis regis Armeniæ
“et pro ipso rege. — Dat. apud Westmonasterium,
conventiones, etc. t. IT, part. 11, p. 186 (anno 9
Ric. IT, 1385.)
3 Voir ibid. ce sauf-conduit, qui est de la même
date que le précédent et accordé pour le roi person-
nellement : cum vassallis, hominibus, servientibus
« et familiaribus suis cujuscumque gradus fuerint, et
« quadraginta equis necnon bonis et hernesiis quibus-
« cumque, » et la pièce portant la rubrique: « De vino
« pro expensis præfatiregis hospitit. Dat. apud Westmo-
« nasterium vicesimo octavo die octobris. » Ces sauf-
conduits étaient indispensables pour pénétrer en
Angleterre, car tous les points vulnérables de ce
royaume étaient gardés avec une extrême vigilance,
et surtout les côtes de la Manche et l'embouchure
de la Tamise, qui avaient été fortifiées à cause de la
crainte qui tenait tous les esprits en suspens, d'une
descente des Français (cf. Froissard, TE, xzvt).
= =. CT
|
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE.. 727
d'un vent favorable, il traversa le détroit et débarqua à Douvres; il y resta sept
jours, très-bien traité par les oncles du roi, les ducs d'York et de Lancastre;
puis étant parti «en bon conduit que ces seigneurs lui donnèrent par doute de
«rencontre, » il parvint à Londres.
À la nouvelle de l'arrivée du roi d'Arménie, dit le religieux de Saint-Denys,
Richard, considérant la visite d'un si grand prince comme un événement extraordi-
naire el comme un honneur qui ne lui était commun avec aucun de ses prédéces-
seurs, séduit d'ailleurs par l'éclat de la renommée de Léon, Richard se fit un devoir
de l’accueillir avec la plus grande distinction. [1 envoya à sa rencontre les officiers
.les plus considérables de son palais et une foule de hauts personnages. Puis lui-
même alla le recevoir avec une suite nombreuse de cavaliers. Après l'avoir salué
et embrassé très-gracieusement, il lui donna pour demeure un hôtel à Londres;
il l'invita plusieurs fois à sa table, lui montrant un air affable et l'entretenant
familièrement.
Au bout de neuf jours, Léon fut appelé au palais de Westminster pour exposer
devant le roi et son conseil l'objet de sa mission. Son allocution fut pathétique et
fondée sur les sentiments pieux qui avaient jadis entraîné tant de pèlerins armés
au delà des mers et qui n'avaient pas encore perdu tout à fait leur prestige sur les
cœurs chrétiens. « Si, au lieu de vous entre-déchirer, dit-il, vous fussiez venus en
« Orient vous mettre au service de Jésus-Christ, les infidéles ne souilleraient pas
« maintenant de leur présence la Terre Sainte, et les chrétiens, rachetés par son
«sang divin, ne seraient pas plongés dans la douleur, la misère et l'esclavage. » II
montra comment soixante années de guerre n'avaient produit pour les deux nations
que des désastres, et donné à l'Angleterre en particulier que des triomphes stériles.
Il finit en disant qu'il fallait conjurer les deux rivaux de se contenter de leurs
vastes domaines et de faire la paix, afin que, libres de ce côté, ils pussent tour-
ner en commun leurs efforts et leurs armes contre les ennemis de la foi, et af-
franchir leurs frères d'Orient opprimés, impatients de voir luire le jour de la
rédemption.
Le roi ne put entendre ce discours sans laisser échapper quelques marques
d'impatience. II répondit en peu de mots qu'il ne se refusait pas à entrer en pour-
parlers, et qu'il était prêt à conclure la paix moyennant la restitution pleine et en-
tière des duchés de Normandie et d'Aquitaine. Dans une déclaration datée de
Westminster, 22 janvier, il annonça que, désireux de mettre fin aux maux que
la guerre occasionnait aux deux nations, et déférant à la requête de son « cosyn
«le roy d'Arménie, » il était disposé à traiter, et nomma six commissaires, en leur
donnant ses pleins pouvoirs pour s'aboucher avec ceux que le roi de France dé-
A
signerait de son côté ’.
Afin de témoigner sa sympathie et son respect pour le malheur d'un prince dé-
pouillé de ses États par les infidèles, et de le dédommager autant que cela dépen-
dait de lui, il lui accorda une pension de mille livres, en monnaie anglaise,
payable en deux termes, à Pâques et à la Saint-Michel”. Richard ne s'en tint pas
là, ajoute le religieux de Saint-Denys: il déploya à l'égard de Léon et de sa suite
«l'an de grace mille trois centz quatre vingtz et
1 « De tractando cum adversario Franciæ ad re-
« quint et de noz regnes noefisme. » {(Rymer, 1. III,
« questum regis Armeniæ. + Le texte de cette pièce
est en français; elle se termine ainsi : « Don[né] par
« témoignance de notre grand scel à nostre palays de
« Westmoustier, le vint et second jour de januer, « cessa :
part. 11, p. 191, anno 9 Ric. Il, 1366.)
? « Pro Leone rege Ermeniæ, de annuitate con-
728 CONTINUATION ET FIN
une munificence qui allait jusqu'à la prodigalité; en les congédiant il leur distribua
à profusion des vêtements de soie, des destriers, des joyaux précieux par leur ori-
gine étrangère et autres riches cadeaux’. Puis, les prenant en particulier, il les pria
de travailler à la conclusion de la paix, et d'assurer le roi de France de son vif .
désir de le voir *.
Le roi d'Arménie rentra en France par Douvres et Calais*, et s'en alla directement
« Ob reverentiam Dei et sublimis status illustris
« principis et consanguinei nostri carissimi Leonis
« regis Érmeniæ, qui regali diademate decoratur,
« considerantes quod idem consanguineus noster,
«ex tolerantia summi Regis a regno suo per Dei
«inimicos atque suos mirabiliter est expulsus, vo-
« lentesque sibi in aliquo, ex hac causa, prout sta-
« tui nostro competit, subvenire, concessimus, etc.
« — Teste rege apud castrum regis de Windesor, ter-
«io die februarii. » (Rymer, t. IL, part. 111, p. 192.)
l « Olosericis, dextrariis, peregrinis jocalibus
«et donis uberioribus cumulatos remittens ad pro-
« pria. » (Chron. VII, 11.)
2 Nous avons suivi le récit du religieux de Saint-
Denys de préférence à celui de Froissard (III, xzvi),
qui est ici évidemment inexact. D’après ce dernier,
Léon, arrivé à Douvres aupres des oncles de Ri-
chard , et à Londres, en présence du roi, et inter-
rogésur le motif de son voyage, aurait répondu qu'il
était venu sans aucun mandat du roi de France, et
seulement en son propre et privé nom, mû par le
désir de rétablir la paix. Le chroniqueur ajoute
que dans le conseil tenuà Westminster et où assista
Léon, l’archevèque de Cantorbéry, organe de son
souverain, congédia Léon assez lestement en lui don-
nant une réponse conditionnelle et évasive. Mais
ces assertions sont en contradiction formelle avec
les témoignages officiels rapportés par Rymer, et
que nous lui avons empruntés : 1° le sauf-conduit
accordé par Richard à Léon (24 octobre 1385) sur
la demande de Jean de Rusp, qui s'était rendu
dans cette intention en Angleterre; 2° la permis-
sion (28 du même mois) d'introduire les provi-
sions et autres choses nécessaires à la dépense et
à l'entretien du personnel de l'ambassade; 3° le
manifeste de Richard (22 janvier 1386) annon-
çant la volonté de faire la paix, à la sollicitation
du roi d'Arménie et par considération pour lui;
4° le brevet de la pension de mille livres qu'il lui
accorda en témoignage d'estime et d'amitié.
Il se peut aussi que Froissard ait confondu cette
ambassade officielle de 1386 avec le simple voyage
que fit Léon en Angleterre en 1392, et sur lequel
cet écrivain ainsi que ses contemporains sont muets.
Le moine d'Evesham traite encore plus mal
notre souverain en l’accusant d'être venu à Londres
plutôt par cupidité que pour un bien de paix ;
et M. Buchon, dans une note de son édition
de Froissard (Panthéon littéraire, t. I, p. 529-
530, n. 1), a reproduit ces dires, en leur prêtant
créance ; mais il est facile de voir par les autres
}
circonstances du récit du moine d'Evesham, com-
bien il est ici mal informé. HN y a plus; Frois-
sard (II, xzvi) détruit complétement ses assertions,
; : ; _e
en faisant ressortir le désintéressement du roi
d'Arménie : « Et lui fit le roi d'Angleterre présen-
«ter de beaux dons d'or et d'argent, mais il n'en
« voult nul. prendre, ni retenir, quoiqu'il en eut
«bon mestier, for un seul annel, qui bien valoit
«cinq cens francs. »
3 Un sauf-conduit de Richard pour le retour de
Léon est daté de Westminster, 18 mars; il porte
que le roi d'Arménie emmène avec lui à son retour
ho chevaux, le même nombre qu'il avait à son en-
trée en Angleterre. Un autre sauf-conduit, daté du
même lieu, 12 mai, accorde la permission d'exporter
100 chevaux, et, en nous donnant ainsi la mesure
des libéralités de Richard, confirme ce que nous ap-
prend à ce sujet le religieux de Saint Denys. La pre-
mière de ces deux pièces présente dans sa rédaction
une difficulté qui a besoin d'être éclaircie. On y lit:
« Cum magnificus princeps Leo rex Armeniæ in
«regnum nostrum Angliæ de licentia nostra regia
«sit venturus,» comme si la venue du souverain
arménien était encore attendue. Mais les pièces que
. nous avons citées plus haut prouvent que son départ
pour l'Angleterre dut avoir lieu en novembre 1385,
et constatent sa présence à Londres dans les mois
de janvier et de février suivants.
Tout porte à croire que ce premier sauf-conduit
ne reproduit la phrase en question que comme
une formule ordinaire de ces sortes de pièces, et
qu'il fut accordé réellement en vue du retour plus
ou moins prochain du roi d'Arménie, tandis que le
second fut délivré au moment où ce départ était sur
le point de s'effectuer , et après l'audience de congé
dans laquelle Richard se montra si généreux en-
vers son royal visiteur. Il est dit dans ce dernier
document que le permis de séjour se prolongera
Jusqu'à la Noël. Comme Léon était pressé de re-
venir auprès du roi de France, il dut laisser ses
équipages en Angleterre, ainsi qu'on peut le suppo-
ser par la mission que remplit quelques mois après
son chambellan, François Myre, pour lequel il existe
‘un sauf-conduit daté de Westminster, 8 novembre :
Pro camerario regis Armeniæ. (Rymer, t.'IIf, part.
IV, p. 194, anno 10 Ric. II, 1386.)
D'après ce que nous venons de dire, on peut
placer le retour du roi d'Arménie vers la fin de
mai, et les conférences de Lelinghen, qui durèrent
six semaines, dans le courant de l'été, La saison
était avancée et l'hiver imminent, lorsque Charles
D
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMEÉNIE. 729
à l'Escluse rejoindre Charles et ses oncles, et leur rendre compte du résul-
tat de son ambassade. Nous n'avons point ici à rappeler des événements qui se
rattachent à l'histoire de France et d'Angleterre, et qui sont en dehors du cadre
que nous nous sommes tracé; il nous suflira de dire que l'entrevue qui eut lieu
entre les plénipotentiaires des deux souverains à Lelinghen, à mi-chemin entre
Calais et Boulogne, et à laquelle assistait le roi d'Arménie comme médiateur !,
n'amena pas la réconciliation espérée, et que la guerre se ralluma.
838 (14 décembre 1388 — 13 décembre 1389).
Pendant les trois années qui suivirent le retour du roi d'Arménie en France,
nous perdons de vue la trace de sa vie politique dans les chroniques et les monu-
ments que ce siècle nous a laissés. Il habitait alors son hôtel de Saint-Ouen, me-
nant un train conforme à sa dignité, grâce aux libéralités réunies des rois d’Ara-
son, de Castille, de France et d'Angleterre; très-bien vu et honoré à la cour
de Charles VI?. Nous l'y voyons figurer au premier rang, parmi les invités à
un tournoi donné par le roi à Saint-Denis, et prenant place à table avec la reine de
Sicile et les ducs de Bourgogne et de Touraine à la droite du souverain’; une
seconde fois, lors de l'entrée à Paris et du couronnement d'Isabeau de Bavière,
femme de Charles VI", convié au banquet qui eut lieu à cette occasion, où il était
assis à la haute table, à côté de la reine‘; et enfin deux ans plus tard assistant à
l'entrée triomphale de Charles VI dans la ville d'Amiens, et marchant côte à côle_
avec lui‘.
C'est à une date très-rapprochée de cette cérémonie qu'il faut rapporter un
nouveau voyage qu'il fit en Espagne. Quoique deux auteurs espagnols, Davila
et Quintana ?, n'indiquent qu'un seul séjour de ce prince dans leur pays, en 1383,
séjour qu'ils prolongent de sept ou huit ans, nous savons cependant, par le
témoignage de la chronique municipale de Montpellier, qu'il n'y passa d'abord
qu'une année ou treize mois au plus, et par celui de tous les autres documents,
qu’il résida depuis lors jusqu’en 1389 en France’, sauf le temps de son ambassade
et C pour lettre dominicale, le 20 août tomba un
vendredi; il faut donc lire 22 août, leçon qui est
confirmée par les registres du Parlement de Paris,
consultés par Godefroy, ibid.
ÿ J. Le Laboureur, ls Tombeaux des personnes il-
lustres, IX, v; cf. Juvénal des Ursins, p. 88 ; D. Fé-
libien continué par D. Lobineau, Hist. de la ville de
Paris, t. IT, p. 708.
6 Chronique du religieux de Saint-Denys, XIL, vu.
7 Gil Gonçalez Davila, historiographe de Phi-
lippe IV, dans son ouvrage intitulé : « Teatro de
«las grandezas de la villa de Madrid, corte de los
« reyes catolicos de España » (Madrid, 1623, in-fol.),
date l'avénement de Léon comme seigneur de Ma-
drid, Villareal et Andujar, à partir de son premier
voyage, en 1383. Geronimo Quintana (Historia
de la anliquedad, nobleza y grandeza de Madrid, UT,
xt, Madrid, 1629, in-fol.) prétend que l'exercice
de cette seigneurie dura huit ans continus, et que
dans cet espace de temps Léon fit rebâtir les tours
du palais royal de cette ville.
8 Outre les preuves que j'ai données plus haut
de la présence de Léon à Paris jusqu'à cette époque,
92
se trouvait encore à l'Escluse , attendant l'occasion,
à laquelle il dut bientôt renoncer, de faire une
descente en Angleterre {conf. Froissard, II, xLvi-
XLVIH).
l « Et retourna (d'Angleterre) le roy d'Arménie
« deuers le roy et luy dit la réponse qu'auoit fait le
« roy d'Angleterre, et estoit le roy très ioyeux d’y
«entendre. Et pour ce enuoya à Boulogne bien no-
«table ambassade et estoit le médiateur ledit roy
« d'Arménie et là furent six semaines. » (Juvénal des
Ursins, ad ann. 1384, p. 54.)
2? « Celle recouvrance nt le roy d'Arménie du roy
« de France de premier, et toujours en accroissant ;
«on ne l'y amenoit point, mais accrut ; et étoit à
« la fois de-lez le roy et par espécial aux solemni-
« tés. » (Froissard, IIT, xxvi.)
3 Chronique du religieux de Saint-Denys, X, 1.
* Le dimanche 20 juin 1389, suivant Froissard
(IV,1), cité par Godefroy, dans son Cérémonial fran-
çois, t. [, p. 649. La lecon : « le dimanche vingtième
«jour du mois d'août ,» adoptée par M. Buchon,
t. IT, p. 3, est évidemment fautive, puisque cette
année ayant eu xxvi du cycle solaire, le concurrent 1v
HistTor. ARM. — I.
130 CONTINUATION ET FIN
à la cour d'Angleterre. Des pièces officielles, et par conséquent d'une autorité
incontestable, nous prouvent qu'il retourna vers la fin d'août ou le commencement
de septembre de cette même année au delà des Pyrénées. La première de ces pièces
est un acte par lequel le roi de Castille lui confère la seigneurie royale des villes
de Madrid, Villareal et Andujar. Lorsque Jean I” eut notifié sa volonté aux habi-
tants de Madrid par une cédule revêtue de sa signature et de son scel de plomb, le
conseil de ville se réunit au son de la cloche en carrillon, a campana repicada, dans
le lieu ordinaire de ses séances, l'église de Saint-Sauveur (San-Sälvador), et nomma
une députation de cinq de ses membres pour se rendre à Ségovie, où se trouvait
Léon, lui jurer foi et hommage, et lui demander la confirmation de leurs fueros
et priviléges'. Cette requête leur fut accordée par une déclaration en date du 19 oc-
tobre suivant, adressée au conseil, aux alcades, chevaliers, écuyers et notables
habitants, et dans laquelle le roi d'Arménie se qualifie ainsi : « Don Leon, por la
« gracia de Dios, rey de Armenia, señor de Madrid, de Villareal e Andujar”°.»
Les habitants, auxquels déplaisait ce changement de domination, firent pré-
senter par deux députés au roi Jean une protestation contre un acte fait, disaient-
ils, à leur préjudice et .en violation des priviléges qu'ils tenaient de lui et de ses
prédécesseurs. Jean allégua qu'il avait accordé cette libéralité au roi d'Arménie
pour l'indemniser des pertes que lui avait fait éprouver son zèle pour la défense
de la foi catholique, et jura sa parole royale en s'engageant pour lui-même, pour
. Finfant Don Enrique, son héritier présomptif, et leurs successeurs à perpétuité,
de ne plus détacher Madrid du domaine de la couronne.
Cet acte fut ratifié par les fils du roi, les infants D. Enrique et D. Fernando;
par ses frères le comte de Vrueña, duc de Benavente et D. Enrique; par les in-
fants D. Juan et D. Dionis, fils du roi de Portugal; les archevêques et les évêques
du royaume, les grands maîtres des deux ordres militaires de Saint-Jacques d'AI-
cantara et de Calatrava, la noblesse de Castille, Murcie, Galice, Herrera, Léon et
des Asturies, les notables, ricos hombres, et les officiers de la maison du roi.
nous en avons une qui est décisive, et que nous four-
nit la pièce suivante :
« [Lyon par] la grace de Dieu, roy d'Arménie,
« saichent tous ceulx qui ces présentes lettres verront
«que nous auons eu et receu de Jaques Hemon,
« receueur général {des aydes] ordenez pour le fait
« de la guerre, la somme de cinq cens frans d'or,
« que mon seigneur le [roy nous] a ordenez prendre
«et auoir de lui, chacun moys pour un an, comens-
« sant le premier jour de januier derrenièrement
« passé et fenissant le derrenier [jour de] décembre
« prouchain venant; si comme il appert par mande-
«ment de mondit seigneur sur ce fait, donné à
« Mante le ri° jour de mars l'an mil cec init et 1x ;
_« de laquelle somme de cinq cens frans d'or dessus-
« diz nous nous tenons pour bien contens et paiez
«et en quittons mondit seigneur le roy, le dit rece-
« ueur général et tous autres, à qui quittance en puet
«appartenir. En temoing de ce, nous auons fait
« mettre notre scel de secret à ceste quittance. Donné
«à Paris le xxm° jour de mars l’an de grace mil
«ccc ur et neuf.»
(Bibliothèque impériale, cabinet des titres, collection des
pièces originales.)
1 La délibération du conseil municipal de Ma-
drid, en date du 2 octobre 1427 de l'ère d'Es-
pagne (1389), est rapportée tout au long par Da-
vila, p. 192.
? Davila, après avoir transcrit ce privilége,
donne la description du sceau et de la signature de
Léon , tracée en cinabre, suivant l'usage suivi dans
l'ancienne chancellerie arménienne, à limitation de
l'étiquette de la cour impériale de Constantinople :
« La firma esta de letra colorada y elsello de letra
« colorada, tiene un castillo con dos leones, encima
«una corona real, y por timbre dos ramos, en
«medio un grifo, con esta letra : REGIS ARMENIÆ
« LEONIS V.:
«Privilegio de D. Juan el primero para que
«no sea enagenada la villa de Madrid de la corona
« real.» Cet acte est ainsi terminé et daté : « E d'esto
«les mandamos dar este nuestro privilegio rodado
«e sellado con nuestro sello de plomo colgado. Fecho
«el privilegio en las cortes que nos mandamos fazer
«en Segovia doze dias de otubre, era de mil y
« quatro cientos y veinte y siete años » ( 1389), apud
Quintana, ibid.
|
ne ="
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE. 731
La donation de la seigneurie des trois villes précitées faite au roi d'Arménie
devait durer toute sa vie. Mais dès que Jean 1° fut mort, en 1390, son fils D. En-
rique (Henri III) la révoqua, par une cédule datée de Madrid, le 13 avril 1391,
deux ans avant que Léon eût terminé son existence.
839 (14 décembre 1389 — 14 décembre 1390).
Les souvenirs qui nous restent en si petit nombre et épars d'un côté et d'autre
des événements de la vie de Léon en Europe, nous laissent quelquefois ignorer
la cause à laquelle ces événements sont dus, et nous réduisent à des conjectures.
C'est en former une, mais très-vraisemblable, que d'admettre qu'il ne vit pas
sans un vif déplaisir la protestation des populations espagnoles contre l'acte qui
le Icur donnait pour maître, et que c'est ce motif qui détermina son prompt retour
en France. Nous savons en effet qu'il ne tarda pas à revenir à Paris, où nous le
retrouvons vers le milieu de cette année |.
841 (14 décembre 1391 — 12 décembre 1392).
Le samedi 20 juillet il fit son testament par-devant MM“ Nicolas Ferrebouc et
Jean Huré, notaires royaux au Châtelet de Paris. Dans cet acte de dernière vo-
lonté, après avoir réglé tout ce qui concernait ses funérailles, et fait divers legs
pieux, il ordonne que ses biens meubles et immeubles en deçà la mer seront di-
visés en quatre parts : les deux premières pour être vendues, et la moitié de l'ar-
gent en provenant distribuée en aumônes aux pauvres et aux ordres mendiants;
l'autre moitié convertie en une rente perpétuelle pour un obit fondé à son inten-
tion dans l'église de Notre-Dame des Célestins ou dans telle autre église de Paris
où son corps reposera. La troisième part est affectée aux frais d'entretien et d'édu-
cation de Guyot, son fils naturel, et doit lui être remise à l'âge de vingt ans par
« Lyon par la grace de Dieu, roy d'Arménie, sai-
« chent tous ceulz qui ces présentes lettres verront
« que nous auons eu et receu de Jaques Hemon re-
« ceueur général des aides de la guerre, la somme
«de mil frans d'or pour les mois de feurier et de
« mars derrenièrement passez, à cause de cinq cens
« frans d'or que monseigneur le roy nous a ordonné
« prendre et auoir de lui, chacun mois pour un an,
«commencent le premier jour de januier derrenie-
« rement passé et fenissant le derrenier jour de dé-
«cembre prochain venant, si comme il appert par
« mandement de mondit seigneur sur ce fait, donné
« à Paris le n° jour de juing l'an mil ccc x et x.
« de laquelle somme de mil frans d'or dessus dis
« nous nous tenons pour bien paiez et contens et en
«quittons mondit seigneur, le dit receueur et touz
«autres, à qui quittance en peut appartenir. En
« temoing de ce nous auons fait mettre notre seel de
« secret à ceste quittance. Donné à Paris, le x1v° jour
« de juing, l'an de grace mil trois cens quatre vingt
« dix. Quarrel. » (Bibl. imp. ibid.)
l «Charles par la grâce de Dieu roy de France,
«à nos amez et féaulx les généraulx conseillers, or-
« denez sur le fait des aydes de la guerre, salut et
«dilection. Nous vous mandons et enjoignons que
« par Jaques Hemon général receueur des diz aydes,
« vous faites bailler et déliurer à notre très cher et
«amé cousin le roy d'Arménie, ou à son certain
« mandement, pour chacun mois jusqu'à un an, à
« commencer du premier jour de januier derrenière-
«ment passé et fenissant le derrenier jour de dé-
«cembre prouchain venant, la somme de cinq cens
« frans d'or, qui font six mille francs pour la dite
« année, à les prendre ct auoir en le fourme et ma-
« nière que ordonnée luy auons l’année derreniere-
«ment passée, et par rapportant ces présentes et
« quittance de nostre dit cousin, tout ce qui baïllié
«et déclaré luy sera, nous voulons estre alloué ès
« comptes et rabatu de la recepte du dit général rece-
« veur par nos amés et féaulz les gens de nos comptes
« à Paris, sans ditficulté aucune et nonobstans orden-
«nances, mandemens et deffenses à ce contraire.
« Donné à Paris, le nn° jour de juing, l'an de grace
«mil cccr* et dix et le dixième de notre règne. »
Par le roy en son conseil, |
MonTacu.
(Bibl. imp. cabinet des titres, coll. des pièces originales.)
92.
132 CONTINUATION ET FIN
ses exécuteurs testamentaires, auxquels il confie la tutelle de cet enfant mineur.
Enfin, la quatrième part est réservée aux gens attachés à son service au moment
de sa mort. Il institue pour ses exécuteurs testamentaires Philippe de Maisières!,
chancelier de Chypre sous Pierre [*, passé plus tard au service du pape Gré-
goire XI et du roi de France Charles le Sage, ainsi que le prieur où procureur
de l'église où il aura sa sépulture. Il finit en les chargeant de supplier les rois
d'Angleterre, de Castille et d'Aragon de convertir les arrérages des pensions qu'ils
lui font, échus le jour de son décès, en messes, aumônes et secours charitables
employés pour le salut de son âme.
Deux ans plus tard, et quelques mois après que le roi d'Arménie n'était déjà
plus, le roi de France, continuant toujours pour lui le cours de ses bienfaits,
donna au couvent des Célestins, où Léon fut enseveli, une somme de 2,000 francs,
qui fut immobilisée en une rente annuelle et perpétuelle de 200 livres, pour
l'entretien de deux religieux chargés de prier pour l'âme du roi son cousin et
pour lui-même après sa mort °?.
1 Philippe de Maisières fut enterré aussi dans
l'église des Célestins de Paris. L'épitaphe du mo-
nument élevé à sa mémoire est rapportée par le
P. Beurrier, dans son Histoire du monastère des Ce-
lestins de Paris, p. 391-392, Paris, in-4°, 162 4.
? Lettres patentes de Charles VI, Paris, mars
1394; Archives de l'Empire, cote K, 168, n° 84.
Je donne ici in extenso le testament de Léon de
Lusignan, retrouvé aux Archives de l'empire, LL,
1505, registre des fondations des Célestins de Pa-
ris, fol. 9. Cette pièce a été déjà publiée, mais
d'une manière si fautive qu'elle est parfois inin-
telligible.
« Coppie du testament de haut et puissant prince
« Léon , roy d'Arménie.
« À tous ceux qui ces lettres verront, Jean, sei-
«gneur de Folleville, cheualier, conseiller du roy
«n{ostire sire et garde de la préuosté de Paris,
«salut. Scauoir faisons que pardeuant Nicolas Fer-
«rebouc et Jean Huré, clercs notaires jurés du
«roy n{ostire sire, de par luy establis au Chastelet
«de Paris, fut pour ce personnellement estably par
«noble et excellent prince Léon, par la grâce de
« Dieu, roy d'Arménie, sain.de corps et de très-bon
«et vray entendement, si comme il disoit et ap-
«paroit de prime face ; attendant et considérant
«que briefs sont les jours d'humaine créature, et
«qu'il n'est chose plus certaine que la mort, ny
«chose moins certaine que l’heure d'icelle ; et pour
«ce, tandis que sens el raison gouverne sa pensée,
« désirant de tout son pouuoir pourueoir et remédier
« au salut de son âme et des biens que nf{ostjre Sei-
« gneur J. C. luy a prestés en cette mortelle vie,
«ordonner et distribuer à la loûange de Dieu
«et au sauvement de son âme par distribution tes-
«tamentaire; pour ce fist et ordonna son testament
«en ordonnance de dernière volonté par deuant
«les dits notaires, au nom du Père, du Fils et du
« Saint-Esprit, en la forme et manière qui s'ensuit :
« Premièrement, comme bon chrétien et vray
« catholique, recommanda et recommande l'âme de
« luy, quand de son corps departira, à n{ostire très-
« doux père J. C., à la très-glorieuse vierge Marie sa
«mère, à M° S' Michel l'archange, à M" S' Pierre et
« S' Paul et à toute la benoïîte, glorieuse et sainte
«cour de Paradis; et après ce, ledit testateur voult
«et ordonne estre mis et enterré en terre benoîte en
« l'église des religieux des Célestins de Paris, au cas
« que il trépassa au royaume de France et qu'iceux
« religieux le voudront receuoir avec les messes qu'il
« ordonne estre dites cy-dessus en leur église, et au cas
«que lesdits] religieux Célestins ne le veuillent re-
« ceuoir à cette charge, il veut et ordonne dès main-
« tenant estre mis et enterré dans l’église des Char-
«treux de Paris, à la dite charge s'il leur plaist, et
« sinon il ordonne estre mis et enterré en l'église des
« Augustins ou des Cordeliers de Paris, à la volonté
«ct ordonnance de ses exécuteurs cy après nommés
«et selon ce que bon leur semblera à faire et estre
« fait ; et aussi veut et ordonne le dit testateur que son
« corps soit veslu le jour de son obit, en le portant en
« terre, d'une grosse flossoye* blanche et qu'il ait son
« visage et ses pieds découuerts et qu'il soit porté par
« douze pauvres du siècle, lesquels soient vestus de
« blans vestemens, et qu'il n'y ait à ce faire que
« quatres lorches de cire pour tout, lesquelles soient
«et seront portées par quatres pauvres vestus de
« blanc comme les autres pauvres dessus dits.
« Îtem, le dit testateur veut et grdonne que touttes
«ses debtes dont il appara suffisamment soient
« payées , et ses torts faits amendés par ses exécuteurs
« Cy après nommés.
« Item, il veut et ordonne que présentement soit
« payé à Estienne chfeuallier de la cité de Assis du
« royaume d'Arménie cent frans ; en quoy il est tenu
« à luy, et les quels il luy confesse deuoir, et au cas
* Flossoye ou flossoie, flossaie, flossade en vieux français et flasciata ou flussada en latin du moyen âge, couverture en laine, de
lit principalement. { V. Ducauge, Glossaire français et Glossartum mediæ et infimæ latinitatis.)
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE.
7133
Cependant, avant de prendre congé de la vie, Léon voulait encore une fois
revoir son ami Richard d'Angleterre. I existe un sauf-conduit daté de Windsor,
27 septembre, en faveur de François Myre, son sénéchal, et de Jean Myre, son
« que le dit Estienne soit allé de vie à trépassement,
. que la dite somme de cent frans soit payée aux en-
« fans d'iceluy Estienne, qui sont demeurans en
« Chypre ou en quelconque lieu qu'ils soient demeu-
« rans; et s’il est ainsy qu'ils soient trépassés, qu'iceux
« cent frans d'or soient donnés pour Dieu et en au-
«mosne à pauures personnes pour l'âme du dit
« Estienne, selon l'ordonnance de ses dits exécuteurs.
« Ltem, il laisse à l'église où il sera enterré tous les
« ornements de sa chapelle, sçauoir vestements, ca-
« lices, croix, reliquaires, reliques et touttes autres
« choses à ce appartenantes, à l'ordonnance de ses
« dits exécuteurs, au cas qu'aucun débat y auroit.
« Llem , il laisse à l'œuvre de l'église S' Nicolas
«des Champs et aux curé et chapelains d'icelle
«quatres livres parisis, c'est assçauoir quarante sols
« parisis pour la dite œuvre d'icelle église et quarante
« sols parisis pour les d{its] curé et chapelains afin
« de prier Dieu pour l'âme du dit testateur.
« Ltem, d laisse à l'église Notre Dame de Paris trois
« frans d'or.
« [em , il laisse à l'Hôtel Dieu de Paris pour une
« vigile sur le corps de luy, cinq francs.
« [tem , il laisse à l'hôpital S® Catherine fondé en
«la rue S' Denys à Paris, pour une vigile de morts
«et une messe de requiem à note en leur église,
« quatre frans.
« tem, il laisse à l'hôpital du Sépulchre à Paris,
« pour une vigile sur le corps du dit testateur et messe
« solemnelle au dit hospital, quatre frans d'or.
« tem , il laisse à l'hôpital S' Jacques à Paris, pour
«une vigile sur le corps de luy, trois frans.
« Item, il laisse aux quatre ordres mendians de
« Paris, c'est assçauoir, Cordeliers, Carmes, Jacobins
“et Augustins, à chacun ordre cinq frans, pour une
« vigile sur le corps de luy.
« [tem , il laisse à l’œuvre des Charniers du cyme-
« tière des SS. Innocents à Paris, trois frans.
« [lem, il laisse aux religieux des Billettes, de
« S' Croix des Blancs Manteaux, et de S" Catherine
« du Val des Escoliers à Paris, à chacun ordre trois
- frans d'or, pour une vigile sur le corps du dit testa-
«“ teur. |
« [tem , il laisse aux religieux des Chartreux hors
« Paris cinq frans pour une vigile et une messe de
« requiem solemnelle en leur église.
« Item, le dit testateur voult et ordonna que de tous
« ses biens meubles et immeubles qu'il a et pourra
_«auoir au jour de son trépassement de deca la mer
« en quelconque lieu que ce soit, soient faites quatres
« parties égales selon l'ordonnance et volonté de ses
«dits exécutteurs, dont la première partie d’iceux
- «biens meubles et immeubles sera vendüe ou donnée
« par ses dits exécutteurs le plus profitablement que
« faire pourront, et l'argent qui en viendra d’icelle
« première partie sera donné, baillé et distribué à
«* pauvres pour Dieu en aumosnes , comme pour faire
« dire et chanter messes pour l'âme du dit testateur,
“et aussy pour payer et accomplir les legs déclarés
«en ce présent testament. Et de la seconde partie,
« Jedit testateur veut et ordonne qu'elle soit vendüe
« par ses dits exécuteurs, et de l'argent qui viendra et
«restera de la vente d'icelle seconde partie soit
« acheptée rente annuelle et perpétuelle, laquelle
« rente soit donnée et assignée à l'église où le corps
« du dit testateur sera enterré, si bon semble à ses
«dits exécutteurs, ou si non, icelle seconde partie,
«tout comme elle pourra monter, et en tel estat
« comme elle sera, soit donnée et délaissée à toujours
« à icelle église où le corps du dit testateur sera en-
«terré, parmy ce que les religieux, prieur et cou-
«uent d'icelle église qui lors seront et qui pour le
«temps à venir seront, seront tenus de faire dire et
« célébrer par chacun jour à touiours, mais une messe
« ou deux ou plus à certains autels en leur dite église;
«et pour ce faire iceux religieux, prieur et couvent
« seront tenus d'ordonner et commettre certains re-
« ligieux de leur dite église pour les âmes du dit tes-
« tateur, ses père, mère et sa femme, enfans et de
« tousses parents et bienfaicteurs ; de laquelleseconde
« partie, soit en rente ou autrement, en quel prix et
« valeur qu'elle soit, ses dits exécutteurs pourront
« traiter, composer et accorder avec les d{its] religieux
«afin de faire dire et célébrer en leur dite église les
« dittes messes ou messe selon leur bonne discrétion,
“et qu'ils verront que bon sera à faire, tant comme
« la dite seconde partie se pourra estendre et à l'or-
« donnance de ses dits exécutteurs.
« Îtem, de la tierce partie de ses dits meubles et
« immeubles, le dit testateur veut et ordonne qu'elle
« soit baillée et déliurée à Guyot son fils bastard et
« non légitime, et icelle tierce partie luy laisse pour
« apprendre à l'escolle et auoir ses nécessités ; laquelle
« tierce partie sera et demeurera ès mains de ses dits
«exécuteurs et en leur pouvoir et puissance, qui
« seront tenus de la garder jusques à ce que le dit
« Guyot soit aagé de vingt ans, et duquel Guyot les-
« dits exécutteurs auront le gouvernement comme ses
« tuteurs et gouverneurs jusques au dit aage de vingt
«ans; et si tost que le dit Guyot sera àgé du dit aage
« de vingt ans, ledit testateur veut et ordonne que
« ses dits exécutteurs baillent et déliurent au dit Guyot
« le demeurant de la dite tierce partie. Et se auenant
« que le dit Guyot aille de vie à trépassement auant
« qu'il soit aagé des dits vingtans, ledit testateur veut
«et ordonne que ses exécuteunrs baillent, déliurent
“et aumosnent pour Dieu le demeurant de Ja dite
«tierce partie aux pauures pour les âmes du dit tes-
«tateur et du dit Guyot à l'ordonnance de ses dits
«exécuteurs.
134 CONTINUATION ET FIN
chambellan, et de cinq chevaliers qui les accompagnaient', venus sur le sol bri-
tannique sans doute pour annoncer et préparer la visite de leur maître. L'autorisa-
tion nécessaire à ce dernier lui fut en effet accordée par des lettres patentes de
Richard (Westminster, 11 décembre), lui permettant, pendant l'espace d'un an,
de séjourner dans le royaume et d'en sortir à son gré avec soixante personnes, che-
valiers ou gens de service. À la fin de cette pièce, on lit que cette autorisation est
donnée sous la réserve que le roi et les gens de sa suite auront à présenter l'original
à tous les gouverneurs des places fortes par lesquelles ils passeront.
842 (13 décembre 1392 — 12 décembre 1393).
Les adieux que fit Léon en quittant Richard pour revenir à Paris devaient être
les derniers; cette année termina une vie dont la plus grande partie s'était écoulée
dans des vicissitudes sans nombre et dans le malheur, et dont la fin fut adoucie par
la noble hospitalité des princes chrétiens qui sempressèrent d'accueillir le mo-
narque exilé. Le rêve de ses dernières années, le projet dont il avait poursuivi l'ac-
complissement par tant de sollicitations et de démarches auprès des cours les plus
puissantes de l'Europe, le projet de reconquérir ses Etats ne s'était pas réalisé.
La pensée qu'il les laissait à jamais au pouvoir des infidèles et sous leur do-
mination détestée dut attrister son âme à ses derniers moments. La mort le surprit
« [lem, de la quarte et dernière partie le dit testa-
«teur veut et ordonne qu'elle soit donnée et distri-
« buée par ses dits exécuteurs ou par celuy ou ceux
«qui s'entremettront de son exécution, à tous ses
« seruiteurs qui le seruent ou le seruiront au jour de
« son trépassement en quelque lieu et partie qu'ils
« soient, à chacun sa portion, selon ce qu'ils le peu-
«uent ou pourront auoir gaigné et deseruy selon
« leur estat et le tems qu'ils l'auront desseruy et du
« bon seruice que fait luy auront, et tout à l'ordon-
« nance de ses dits exécutteurs.
« Et pour tout ce que dessus est dit faire enteriner
«accomplir et mettre à fin et exécution deüe selon
« ce que dessus est dit, le dit roy Léon testateur fit,
« nomma, diuisat etélut par deuant lesdits nottairesses
«exécutteurs et foy-commissaires Mfessijre Philippes
« Maisières cheualier et chancelier de Chypres, le
« prieur ou procureur de l'église où le dit testateur
« sera enterré à Paris, qui sera au tems de Louys et
«François, chambellans du dit testateur,.ausquels
«ses exécuteurs ensemble, aux deux d'iceux ou à
«l'un d'eux pour le tout, au cas que les autres ne
« s'en voudront entremettre. ou mesler, ledit testateur
« donna et donne par ces présentes plain pouuoir,
« authorité et mandement spécial de ce sien présent
«testament enterriner, accomplir et mettre à fin et
«exécution deüe, selon sa forme et teneur; ès mains
«desquels ses exécuteurs et foy-commissaires en-
«semble ou aux deux ou à l’un d’iceux pour le tout,
« au cas dessus dit, il transporta et délaissa dès main-
«tenant pour lors ses biens meubles et immeubles
«“qu'ilaura et pourra auoir au Jour de son trépasse-
«ment en quelque lieu qu'ils soient, pour faire
«accomplir ce sien présent testament en la manière
« dessus dite ; ausquels ses exécuteurs dessus nommés
«qui s’entremettront d'accomplir ce présent testa-
«ment, ledit testateur laissa et donna à chacun
«d'iceux ses exécuteurs, cent frans d'or et tous les
« quels biens meubles et immeubles, soumet à jus-
«ticier par nous, nos successeurs, préuôts de Paris
«et par touttes autres justices sous qui ils seront
« trouvés; et voult et consenty le dit testateur que ce
« sien présent testament vaille et tienne par droit de
« testament ou de codicille ou de ce que mieux valoir
«pourra, en rappellant et mettant au néant tous
«autres testaments ou codicilles par luy faits par
« auant la datte de ces présentes.
« Item, le dittestateur prie et requière à ses dits exé-
« cuteurs ou à celuy ou ceux qui s’entremettront de
« son exécution qu'il leur plaise supplier et requérir
« pour et au nom de luy nfostjre sire le roy d'An-
«gleterre, le roy de Castille et le roy d'Arragon,
“ses seigneurs et cousins, en leurs annonceant et
« dénonceant qu'à ce que Dieu ait pitié et mercy de
“ leurs âmes, quand de leurs corps départiront , iceux
« roys et seigneurs ayent pitié et compassion de l'âme
« dudit testateur, il leur plaise que des rentes arrié-
« rages et pension que deües seront au dit testateur
«au jour de son trépassement, pour tourner et con-
« uertir au fait de son dit testament et distribuer en
« messes, en aumônes, bienfaits et autres œuvres cha-
« ritables et pitoyables , selon leur ordonnance et pour
« le salut de son âme. En témoin de ce, nous, à la
« relaltijon des d|its] notaires, auons mis à ces lettres
«le scel de la dite préuosté de Paris, qui furent
« passées et accordées doubles par le consentement
«et ordonnance dudit testateur, l'an de grâce 1392,
. «le samedy, 20° jour de juillet. »
! « Pro senescallo et camerario regis Armeniæ.
Rymer, t. IT, part. 1v, p. 71.
— Re D ne ne Bas LE ne A LL LL
—
DE L'HISFOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE. 135
le 29 novembre, premier dimanche de l'Avent, dans le palais des Tournelles,
qui appartenait au chevalier d'Orgemont, rue Saint-Antoine, vis-à-vis l'hôtel de
Saint-Pol, où nos rois avaient alors leur résidence ordinaire.
Conformément au vœu qu'il avait exprimé, ses obsèques furent célébrées dans
l'église des Célestins, et suivant le cérémonial observé aux funérailles des rois
d'Arménie, en présence des princes, des seigneurs de la cour et d'une multitude
de peuple accourus pour lui rendre les derniers devoirs et assister à un spectacle
aussi nouveau !|.
Le religieux de Saint-Denys nous fournit quelques détails sur les honneurs fu-
nébres rendus au roi, et que son humilité lui avait fait omettre dans son testament.
Son corps reposait sur un lit orné de draperies blanches”, revêtu d'un costume
royal de la même couleur, la tête ceinte d’une couronne d'or. À la suite marchaient
les officiers de sa maison et ses serviteurs, tous habillés de blanc.
Sur sa sépulture fut élevé un tombeau en marbre blanc, représentant Léon
étendu sur la couche où il dormait de son sommeil éternel, avec les insignes de
la royauté. Tout autour de la dalle qui supporte cette statue est gravée, en creux
et en caractères gothiques, l'inscription suivante :
« Cy gist très-noble et excellent prince Lyon de Lysingne, quint roy latin
«du royaume d'Arménie“, qui rendit l'âme à Dieu à Paris, l'an de grâce
« M.CCC. m et XIII; priez pour luvy.»
l Juvénal des Ursins (ad ann. 1393, p. 102)
atteste les sentiments d'estime et de sympathie que
Léon avait su inspirer à tous par ses belles et
nobles qualités, et les regrets que sa mort excita :
« Le roy d'Arménie , qui auoit été assez longue-
«ment en France, seigneur de belle et bonne vie,
« honneste et catholique, alla de vie à trespassement
«et fut mis en sépulture, vestu de vestemens tous
« blancs. Et à son enterrement furent les princes et
« foisnn de peuple. Et estoit assez riche de meubles,
« car quand il vint il apporta de grandes richesses,
« lesquelles il distribua en quatre parties; l'une à
«un bastard qu’il auoit, la seconde aux pauvres
« mendians, la tierce à ses familiers et seraiteurs,
«et la quarte aux maistres gouverneurs de son hos-
“tel. Et estoit fort plaint pour sa belle vie et hon-
« neste conuersation. » |
? Le blanc était la couleur du deuil chez les Ar-
méniens.
3% La rédaction de cette épitaphe a suggéré une ob-
servation dépourvue, il est vrai, de fondement, mais
qui ne doit pas être passée sous silence, parce qu'elle
donne lieu à quelques remarques qui ne sont pas
sans intérêt. On a dit qu'en plaçant dans l'épitaphe
précitée une virgule avant ou après le mot quint, on
a deux sens tout différents: suivant que l'on lit Lyon
de Lizingne quint, roy latin d'Arménie, c'est-à-dire le
cinquième dans la liste générale des souverains de la
Cilicie; ou Lyon de Lizingne, quint roi latin d'Arménie,
c'est-à-dire le cinquième des princes de la branche
des Lusignans arméniens. Il est vrai que nous ne con-
naissons, par les témoignages contemporains, que
quatre de ces derniers, Djivan (Jean), dit Constan-
tin lil, Guy, son frère, Constantin IV et Léon, dont il
est ici question ; à moins que l'on ne veuille ajouter à
ce nombre Pierre [*, roi de Chypre. Mais il y a une ob-
jection assez forte à opposer à cette dernière hypo-
thèse, c'est que Léon devait considérer comme un
-intrus et un usurpateur Pierre, élu au mépris de ses
droits et pendant que lui-même était sur le trône, et
n'eût jamais pris par conséquent sur son sceau, tel
que le décrit Davila, le titre officiel de : regis Ar-
meniæ Leonis V.
Si Pierre doit être exclu de ce nombre, comme
tout le démontre, il ne nous reste qu’à admettre qu'il
y a eu un cinquième roi Lusignan, qui n'a laissé
d'autre trace de lui que le souvenir vague et confus
qu’en a conservé le P. Estienne de Lusignan (voir ci-
dessus, p. 383), et qui n’est mentionné nulle autre
part.
Une preuve que dans l'inscription tumulaire de
Léonil faut entendrele chiffrequintcommeindiquant
l’ordre dynastique dans la série des Lusignans armé.
nicns, et non dans la succession générale des princes
de la Cilicie, arméniens ou latins d'origine, c'est la
formule même de cette inscription et un énoncé de
l'inventaire des Célestins de Paris (Archives de l’Em-
pire, registre S. 3801, fol. 25 v°, Laiète À, Liace G,
messes et obitz), énoncé qui lève sur le point en
litige toute incertitude :
« Testament authentique du bon roy Léon de
« Lusignan, quint roy latin du royaume d'Arménie,
«enterré tout deuant la corne dextre de l'autel où
«on chante l'euangile, daté du 20 juillet 1392. Il
-_« feit céans fondation de deux religieux, et accomplit
« pour luy Richart roy d'Angleterre, comme appert
« sur l'huisserie de deux celles du dortoir où sont ses
«armes; et de l'argent qu'il dona en furent acheptez
Re mm — =
136 . CONTINUATION ET FIN
Ce tombeau, comme on le sait, transporté lors de la Révolution de 89 au mu-
sée des monuments français des Petits-Augustins, a été déposé, sous la Restau-
ration, dans les caveaux des sépultures royales de Saint-Denis, où 1l est conservé
aujourd hui.
Dans un recueil manuscrit d'épitaphes que possède la Bibliothèque impériale,
les armoiries de Léon sont ainsi blasonnées : — « Burellé d'argent et d'azur
«de douze pièces, au lion de gueules, brochant sur le tout, qui est de Lusignan
« de Chypre; parti de Jérusalem, comme descendant d'Amaury de Lusignan, roi
«de Jérusalem et de Chypre; contre-parti d'Arménie qui est d'or au lion de
« gueules, chargé sur l'épaule d'une croix d'or.»
S1 nous nous en tenons aux termes du testament de Léon, il n'aurait eu qu'un
fils uaturel, appelé Guyot, nom qui est un diminutif de Guy, né d'une mère que
nous ne connaissons pas, poslérieurement à son arrivée en Europe, et encore
tout jeune à l'époque de la rédaction de cet acte, en 1392, puisque son père
pourvoit à son entretien pour l'époque où il sera en âge d'aller à « l'escole. » Suivant
le recueil d'épigraphes que je citais tout à l'heure, Léon aurait eu deux fils natu-
rels, Philippe, mentionné par le P. Étienne de Lusignan comme archidiacre de
Brie, en l'église de Paris, et Guy, capitaine de la tour d'Ambleux.
Le compilateur de ce recueil s appuie en effet de lettres patentes données par
Charles VI, à Paris en 1421, approuvant le choix fait par le chapitre de l'église de
Soissons « de la personne de son bien-amé Guy de Lusignan, fils de son très-cher et
« très-amé cousin le roi d'Arménie derrain trépassé, » pour exercer ces fonctions mili-
taires, et enjoint à ses officiers de lui obéir. Quant à Philippe, dont le testament ne
dit pas un mot, on pourrait supposer quil naquit dans l'intervalle qui sépare la date
de cet acte (20 juillet 1392) de celle de la mort de Léon (29 novembre 1393). Mais,
dans ce cas, il est difficile de s expliquer comment ce prince aurait tout à fait oublié
ce second enfant. Peut-être que la découverte de nouvelles pièces historiques élu-
cidera un jour une question qu'il est impossible maintenant de décider, en admet-
tant même l'hypothèse d'une naissance posthume. Ce qui augmente encore la diffi-
culté, c'est le témoignage de Juvénal des Ursins qui ne parle que d'un bastard'.
Léon commençait alors à se faire vieux, s'il est vrai, comme l’affirme Tchamitch,
qu'il comptait soixante ans lorsqu'il mourut. Il en avait passé dix sur le trône,
huit dans les fers en Egypte, et douze à la cour des souverains d'Occident.
843 (12 décembre 1393—11 décembre 1394).
Immédiatement après la mort de Léon, la couronne, ou du moins le titre
de roi d'Arménie passa à la branche de sa famille la plus rapprochée, aux Lu-
signans de Chypre. Un mémorial ou note historique, œuvre d'un copiste arménien”,
« quelques revenus, comme est faicte mention en la
« Laiète G, Liace F; et en ce premier tome il y a une
« copie non signée de l’admortissement que feit le
«roy Charles VI de l'au 1393, au moys de mars,
« touchant sa fondation, fol. 25 v°.»
1 Plus tard et dans un document dont la date doit
être comprise entre les limites extrêmes de 1411 et
1460, il n'est parlé que d'un fils naturel du roi
d'Arménie, soit qu'il n'en ait eu qu'un réellement,
soit que l’un des deux fût mort à cette époque. On
lit dans le vol. 372 de la collection Gaignières,
fol. 97 (Bibl. imp. de Paris) : « Au fils du roy d'Ar-
«menie le 16 feurier sur sa pension des mois d'oc-
« tobre, nouembre, décembre et januier précédens,
« À liures tournois. »
D'après le compte original conservé à la Chambre
des comptes et intitulé ainsi : « Deniers payez, baillez
«et distribuez par Yvonnet Paynel, sommelier de
« corps du roy et commis de par le dit seigneur a re-
« ceuoir des jurés et habitans de la vicomtéet chatel-
« lenie de Tournay la somme de 6,000“ chacun an. »
? Ce mémorial se trouve dans un manuscrit con-
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE.. 737
nous montre que, dans le courant de l’année 1394, Jacques I“, roi de Chypre,
s'était fait sacrer roi d'Arménie et était reconnu en cette qualité par les Arméniens
de la Cülicie. | |
Les descendants de Jacques s'attachèrent à conserver ce titre; ils maintin-
rent à leur cour quelques-unes des grandes charges du royaume dont ils avaient
hérité, pourvues de riches dotations. Ce titre et les droits qu'il consacre furent
transmis aux ducs de Savoie et se sont perpétués jusqu’à nos jours dans la royale
maison de Sardaigne, aujourd'hui des souverains d'Italie.
Cette année, le chambellan du roi défunt, François Myre, passa en Angleterre,
avec un cortége de six chevaliers. Le sauf-conduit ! qui lui fut délivré par ordre de
Richard II ne spécifie pas le but de ce voyage; mais on peut conjecturer qu'il
fut entrepris pour régler le solde des arrérages de la pension de Léon et veiller
au pieux emploi qu'il avait prescrit d'en faire par son testament (art. dernier).
854 (10 décembre 1404—9 décembre 1405).
La reine Marie survécut douze ans à son époux; elle termina ses jours cette
année dans le couvent de Saint-Jacques, à Jérusalem , à l'âge présumé de soixante-
cinq ans. Elle fut ensevelie au pied de l'un des piliers de l'église de ce monastère;
tenant une collection de chants spirituels, erwgwpuis,
ayant fait partie de la bibliothèque de feu Mgr
Garabed, archevêque arménien de Tiflis. Il a
été publié dans le journal Le Haïasdan , n° du
3: janvi cr ; ;
1" 1852, mais d'une manière assez fautive.
19 février
J'ai pu rectifier et compléter ce texte à l'aide d’une
autre copie du même ouvrage qui m'a été commu-
niquée par feu Agop-Effendi, résidant il y a quel-
ques années à Paris, en qualité de conseiller de
l'ambassade ottomane.
Ua gebguwe Equtuue np nwqupuñs SG L ‘Unp, qgnp
ar us$ frtr unecpp Swppu Eu Equuwkhuw b Bnebv PTT
E Seguin Qui nbwnt Ywpuubiuh L h Buquin.
pour Uhupauk NusbBk”, op L Luyag y, weps_
Lbgur L stac wub que aquenps qpbque d£nwup
dép DE L dquuwfo ur up L abwpduts gSwenh Euh
mpbquyh, belwqupr] Uhe, por Snduvbur uncpp" Ut.
Guc(quy]euh L Gévuwkhe uncpp vau[vfv] Qnen duubg
L [Oreuylhwite L'AwSquy[e] nee vauvhu, L'ugnÿr
uncpp pocuwenpsfu, boue L'ypunfe wcpfvu4k SEune
bibonbayf, np bp ngendbush, b Portes kb du
[hwgi]..... by L Eqauwcpu ay NEmçnu web quyh,
L jhauumwk Suwcquy dépng Q'epebonufu Sur [day]
L Eqauucpu bay (Gant &nu pusuivuyh :
« Ce recueil de chants musicaux, anciens et mo-
« dernes, composés par nos saints pères d'autrefois*,
«a été transcrit en l'an 844 de l'ère arménienne,
* Le manuscrit Garabed porte fautivement 4h, 824.
« sous le pontificat du seigneur Garabed et sous le
« règne de Jacquet, roi de Chypre, lequel a été sa-
« cré et proclamé roi d'Arménie. Le copiste est le
« dernier des hommes, plongé dansle péché, lemoine
« Esaic, [résidant] dans la ville de Sis, sous la pro-
«tection de saint Nicolas, de la sainte croix vivi-
« fiante de Tzoro-Vank'*, de la sainte croix d’Arka-
*gagh'in et de Vahga‘f! et de la dextre de saint
« [Grégoire] l’Huminateur 8. C’est sur un exem-
« plaire excellent et de choix [appartenant] à "Esou
« (Josué) le philosophe, auquel le Seigneur fasse
« miséricorde, et à la demande et d'après le désir
«de mon... et de mon frère Pierre, le moine, et
«en souvenir de mes parents [défunts], [mon] père
« Mardiros et mon frère Thaddée, le prêtre, [que
« J'ai fait cette transcription]. »
On lit dans la chronique de Florio Bustron (fol.
99 v°).
« Il re d'Armenia, nominato Lionetio, mori quest'
«anno et il re Giacomo, come il suo piu prossimo
« parente, richiese in corte il regno d'Armenia; et
«fu coronato re d'Armenia, et furno chiamati dal’
« hora in quà li re di Cipro, re di Gierusalemme,
« Cipro et Armenia. »
1_« Pro camerario regis Armeniæ.— Apud West-
« monasterium, X VI die aprilis. » (Rymer, t. IL, p. IV,
p. 94; 17 anno Ric. II, 1394.)
? Ce nom de Jacquet, dew£@, ou Jacques 1°, est indéchiffrable dans le manuscrit Garabed.
* Hya ici une contradiction évidente, à laquelle le rédacteur de ce mémorial n'a pas fait attention.
4 Saint-Nicolas, église ou couvent de Sis, ou peut-être des environs de cette ville.
* Tzoro’-Vank', couvent de la Grande Arménie; il y en avait deux de ce nom, l'un dans le district de Dosb, province de Vasbou-
ragan, l’autre dans la province de Siounik', sur les limites du district de Siçagan.
T Ark'agaghin, couvent de la Cilicie; Vahga', château fort de la même contrée, où l'on conscervait des croix qui, avec celle de
Tzoro'-Vank” et d'autres monastères ou églises, étaient en vénération et célèbres parmi les Arméniens.
# La main et le bras droits de l'apôtre de l'Arménie, précieuse relique, dont la possession a été de tout temps considérée
comme le gage de la légitimité du pouvoir patriarcal pour le siége où s'en trouve le dépôt.
Hisror. arm. — Î. :
99
738 CONTINUATION ET FIN DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE.
à côté d'elle fut déposée sa fille Ph'inna, morte à une époque que nous igno-
rons.
La sépulture de ces deux princesses existe encore dans le même lieu et porte
l'inscription suivante :
Là uur a fusts éns So. de L gneuunp bnp prit « Îci ns la reine et sa
«fille Ph'inna!».
“L'histoire ne nous dit pas ce que devint le comte de Gorigos, postérieurement
aux démarches qu'il fit en Europe pour obtenir la délivrance da roi son beau-
père, et dés ce moment nous le perdons de vue tout à fait.
_ Ainsi s'éteignit la famille royale d'Arménie.
Sur le sol, aujourd hui désolé, de la Cilicie, il ne reste d'autres souvenirs de
la domination des princes arméniens que les ruines des villes et des châteaux,
des églises et des monastères que ces princes se firent un mérite d'élever où
d'embellir en si grand nombre, de rares inscriptions ou quelques pièces de monnaie
qu'un hasard heureux exhume de temps en temps des entrailles de la terre ou
du fond des ruines qui les recèlent. Dans ce pays tant de fois ravagé par le fer ou
le feu, tous les documents écrits ont péri, et il ne s'en est conservé que quelques
débris dans les archives des nations de l'Europe méridionale, que le commerce
ou la politique mit jadis en relation avec la Petite Arménie. Mais ils suffisent
pour nous laisser entrevoir la place assez importante et toute particulière que tint
ce petit royaume dans l'ensemble de lorient chrétien au moyen âge.
1 Une note jointe à la copie de cette inscription nople. Mais je dois avouer que l'authenticité même de
nous apprend que la date est effacée, Bncwquñ l'inscription, qui présente une rédaction insolite dans
&gSncws &. La communication de cette copie m'est les monuments de ce genre, me paraît douteuse, et
parvenue par l'entremise du représentant, vékil, du je suis porté à croire que c'est peut-être une imita-
patriarche arménien de Jérusalem, à Constanti- tion moderne du monument original.
RECTIFICATION ET ADDITION
AUX PAGES 729 ET 730 DE L'APPENDICE PRÉCÉDENT.
En racontant les événements de la vie si agitée et si. malheureuse de Léon de
Lusignan, dernier roi de. la Petite Arménie, j'ai dit, sous la date de 1388-1389,
que ce prince dut cette année entreprendre un second voyage en Espagne. Cette
supposition était motivée par la date inscrite dans les documents relatifs à la
donation faite à ce prince par Jean [‘, roi de Castille, de la seigneurie viagère
des villes de Madrid, Villareal et Andujar. Ces documents, conservés dans les ar-
chives municipales de Madrid, ont été publiés au nombre de trois, par Davila,
dans son Teatro de las grandezas de Madrid, et par Quintana dans son livre inti-
tulé : Antiquedad, nobleza y grandeza de Madrid, sous la date de 1427 de l'ère d'Es-
pagne, ou 1389 de Jésus-Christ. Comme le petit Thalamus de Montpellier (ci-des-
sus, p. 723, note 4, et 724, note 5) démontre que Léon, après avoir séjourné un
peu plus d'un an en Espagne, en partit pour passer en France en 1384, il était
impossible que sa présence à Ségovie, constatée en 1389 par des actes ofliciels,
n'impliquât pas nécessairement l'idée d'un retour au delà des Pyrénées. De plus,
J'avais été conduit à conclure que ce fut un sentiment très-vif de déplaisir causé
au roi d'Arménie par la protestation des habitants de Madrid, contre sa nomination
comme leur seigneur, qui détermina sa retraite précipitée de la cour de Jean I® et
qui le ramena à Paris (p. 731). Après avoir ainsi disposé mon récit, après l'avoir livré
à l'impression, j'ai eu connaissance d'une récente publication qui a vu le jour en
Espagne sous le titre de : Historia de la villa y corte de Madrid (1860, 4 vol. grand
in-4°), par don José Amador de los Rios et don Juan de Dios de la Roda y Delgado.
Dans la pensée que cet ouvrage ne pouvait manquer de me fournir de nou-
velles lumières sur le sujet qui m'occupait, je me mis en quête pour me le pro-
curer. Il n'en existait aucun exemplaire à Paris dans les bibliothèques dont l'ac-
cès m'était ouvert. Forcé de le faire venir d'Espagne, j'ai dû subir une longue et
impatiente attente. Lorsque enfin il m'est parvenu, le tirage de mes épreuves typo-
graphiques était consommé. Je me vois donc réduit à me rectifier après coup et
par une addition hors d'œuvre. |
La lecture de la nouvelle Histoire de Madrid m'a prouvé en effet que j'avais
été entraîné par Davila et Quintana dans une erreur partagée par bien d'autres,
qui étaient cependant à portée de consulter les documents originaux".
«que encierra, especialmente en la parte que po-
« demos Hamar acta de pleitesia, olvidada o desco-
« nocida por cuantos publicaron hasta ahora este do-
1 A Davila et Quintana il faut ajouter nombre
d'auteurs qui ont consacré leurs travaux à la descrip-
tion ou à l’histoire de la capitale de l'Espagne, ainsi
que le remarquent MM. José Amador de los Rios et
Juan de Dios Delgado dans leur nouvelle Histoire de
Madrid. Voici ce qu'on y lit, t. I, I part. chap. x,
p. 401, note 1 : « Lo peregrino del hecho a que se
«refiere lo curioso y |interesante de los permenores
«cumento, y finalmente lo conveniente que es el.
«rectificar los errores cometidos en su copia, y
« entre otros la equivocacion de la fecha que se habia
« adelantada en seis años, todo nos mueve a trasla-
« darle a este sitio, transcribiendole por entero. »
| 03.
1m À
140 CONTINUATION ET FIN
_ J'yai retrouvé ces documents transcrits avec le soin et l'exactitude que la science
paléographique moderne impose comme une de ses lois les plus essentielles. La date
n'est plus 1427, mais 1421, c'est-à-dire 1383 de J. C., chiffre qui coïncide parfai-
tement avec celui du petit Thalamus. Il en résulte tout d'abord que l'hypothèse de
ce second voyage à la cour de Castille s'écroule, et il est constant que Léon, une
fois arrivé en France, n'eut plus l'occasion de revenir en Espagne ; et ensuite que
ce n'est pas la démarche des habitants de Madrid auprès de Jean I‘ et le mécon-
tentement qu'en aurait éprouvé le roi d'Arménie qui déterminèrent son départ.
En rétablissant nos pièces suivant l'ordre chronologique, les faits vont prendre
leur véritable place, dans l'intervalle de dix-huit jours écoulés du 2 au 19 oc-
tobre 1421 (1383), et leurs causes se révéler à nous.
2 octobre, Madrid. — Réunion du conseil municipal de cette ville pour nom-
mer des commissaires chargés d'aller, au nom des habitants, offrir foi et hommage
au roi d'Arménie, leur seigneur, et solliciter le maintien de leurs franchises et
priviléges. La délibération du conseil et la nomination des commissaires sont
rapportées textuellement dans la pièce n° 2.
12 octobre, Ségovie. — Les habitants de Madrid ayant envoyé supplier le roi
Jean 1° de ne plus distraire à l'avenir leur ville du domaine royal, ce prince en prend
l'engagement pour lui et pour ses successeurs par une déclaration revêtue de sa
signature, de celles de son fils aîné et héritier présomptif de la couronne, l'infant
don Enrique, de son second fils, don Fernando, de ses trois frères, des deux in-
fants de Portugal et des grands du royaume. Pièce n° 1.
19 octobre, Ségovie. — Procès-verbal de la prestation de foi et hommage ci-
dessus mentionnée. Pièce n° 2.
Même date, même lieu. — Confirmation par le roi d'Arménie des franchises et
priviléges des habitants de Madrid. Pièce n° 3.
J'espère que le lecteur me saura gré de mettre sous ses yeux ces documents
qui se recommandent par leur valeur historique, et aussi par l'extrême rareté,
en France, du livre où ils sont consignés. |
L.
En el nombre de Dios, Padre e Fijo e Spiritu santo, que son tres personas en un Dios verdadero,
que viue e regna por siempre jamas, e de la bien auenturada Virgen, gloriosa reyna de ( de consolacion,
santa Maria su madre, a quien nos tenemos por sennora e por bonds en todos nros fechos, e a
onrra € a servicio de todos los santos de la corte celestial, por que a los reyes es dado de fazer
grandes mercedes en aquellos logares do entendieren que con rrazon lo deuen fazer, porque en-
tienden que seran por ellos mas loados, mayormente quando confirman e dan gracias a los sus
vasallos e logares, porque sean ellos muy mas onrrados e se tengan por contentos los omes que en
ellos moran e finquen siempre dellos remenbranza al mundo. Para ende nos catando esto, quere-
mos que sepan por este nro previllegio todos los omes que son e que seran daqui adelante, como
nos don Johan por la gracia, etc. regnante en uno con la reyna doña Beatriz mi muger e con el
infante don Enrique, mio fijo, primero heredero en los reynos de Castiella e de Leon, con volun-
tad que auemos que a la villa de Madrid sean guardados sus previllegios e franquezas e libertades
que an de los reyes onde nos venimos, e confirmados de nos, por quanto la dicha villa de Madrit
sea mas rica e mas honrrada, ella e todos los que en ella moran. E por quanto el concejo e al-
calles e el alguazil e los caualleros e escuderos e omes bonos que han de ver e de ordenar fazienda
del concejo de la dicha villa de Madrit, nos enbiaron su peticion con Diego Ferrandez de Madrit,
nuestro vasallo, e con Alvar Ferrandez de Lago ce Gonzalo Bermudez e Johan Rodriguez sus procura-
dores, por laqual peticion nos enbiaron dezir que nos que dieramos la dicha villa de Madrit con
en
a annee
rt
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE. 741
su termino al rey de Armenia, e que esto que era en su perjuizio e contra los previllegios que ellos
avian de nos e de los reyes onde nos venimos, per quanto la dicha villa siempre fuera de la
nra corona real, et que nos enviauan pedir por merced que les quisiessemos guardar los dichos
previllegios e franquezas, que ellos avian en esta rrazon, e que quisiessemos que la dicha villa fuesse
siempre de la nra corona real, segunt que siempre fuera. À esto tenemos por bien e rrespondemos
a la dicha peticion, que nos que dimos la dicha villa al dicho rey de Armeña, por quanto el vino
a nos a los nros regnos, e a nos pedir ayuda, por quanto el perdiera su regno en defendimiento
de la sancta fee catolica, e dimosgela para en su vida, con todas rrentas e pechos e derechos que |
a nos pertenecian de la dicha villa e de su termino; pero que nra intencion e nra volun-
tad fue e es que fallesciendo el sennorio del dicho rey de Armenna de la dicha villa e de su ter-
mino, que luego e siempre finque e sea la dicha villa e termino de la nra corona real, et pro-
metemos e juramos por la nra fee rreal, por nos e por el infante don Enrique, mio fijo e primero
heredero, e por los que de nos e del venieren de nunca dar nin enagenar la dicha villa, nin
su termino, nin parte dello a otra persona alguna que sea, asi de los nros rregnos como de |
fuera dellos, mas que sea siempre de la nra .corona real, como mejor e mas cumplidamente
lo fue siempre, e se contiene en las cartas e previllegios que en esta rrazon que en el dicho con-
cejo tienen. Et mandamos al dicho infante e a los otros que de nos e del descendieren que non
vayan aun passen al dicho concejo contra este que nos juramos ce prometemos, nin contra parte
dello, en algunt tiempo por alguna manera. Et si contra ello o contra parte dello nos o el dicho
infante, o los que de nos e del descendieren, dieremos o mandaremos dar algunas cartas o pre-
villegios, mandamos al dicho concejo e omes buenos de la dicha villa de Madrit, que las non obe-
dezcan e las non cumplan, e que por ello que non cayan en pena alguna criminal nin zevil, ca nos
quitamos qualesquier penas en que por la dicha rrazon cayeren. Et sobresto mandamos al concejo e
alcalles e caualleros e escuderos e omes buenos de la dicha villa de Madrit, e a todos los otros
alcalles, jurados, juezes, justicias, merinos, alguaziles e otros oficiales qualesquier de todas las
cibdades, villas e logares de nuestros regnos que agora son o seran daqui adelante, que este nro
_ previllegio vieren o el traslado del, signado de escrivano publico, que amparen e defiendah
al dicho concejo de Madrit con esta merced que les nos fazemos, et que non consientan que
otros algunos les vayan nin passen contra ella nin contra parte della en algun tiempo por alguna
manera, e a qualquier o qualesquier que la feziesen, avrian nra yra e pecharnos ayan en pena
mill doblas de oro, e al dicho concejo e omes bonos de la dicha villa de Madrit, o a quien su voz
tomasse todo el danno e el menoscabo que por ende rrecibiesen, doblado, Et deste le mandamos
dar este nro previllegio rodado e scellado con nro scello de plomo colgado. Fecho el pre-
villegio en las cortes que nos mandamos fazer en la cibdad de Segouia, doce dias de otubre, cra
de mill e quatrocientos e veinte e un annos.
El infante don Enrique, fijo del muy noble e muy alto e bien aventurado sennor rey don Johan,
primero heredero en los regnos de Castiella e de Leon, conf. — El infante don Ferrando, fijo del
rey, conf. — Don Alfonso, hermano del rey, conde de Murueca, conf. — Don Fadrique, her-
mano del rey, duque de Benavente, conf. — Don Enrique, hermano del rey, conf. — El infante
don Johan, fijo del rey de Portugal, conf. — El infante don Deonis, fijo del rey de Portugal, conf.
— (Hay una sesenta firmas mas.) Et yo Diego Ferrandez la fiz escribir por mandado del rey, en el
quinto anno que el sobredicho rey don Johan regno. Diego Ferrandez, Alvarus decretorum doctor.
(Archives de Madrid, marca 2°, 305-279. Historia de la villa y corte de Madrid, t. I, part. I, cap. x.)
_ Hallase escrito en pergamino y en muy buen estado de conservacion; empieza con un crismon de colores, vien-
dose tambien iluminadas las iniciales, los nombres de Dios, rey, reyna ce infantes ; y la rueda exornada de castillos
y lcones. Ticne pendiente un sello de plomo; existe unido a el un traslado en papel, hecho en 13 de noviembre de
1385 por el escribano Nicolas Garcia, con autoridad del alcalde Pedro Ferrandez a peticion de Diego Alfonso, fijo
de Alfonso Yeñez, vecino de Madrid. (Note des éditeurs.)
IL. |
En la ciudad de Segouia, luncs diez y nuebc de octubre, erade 1421 annos, estando el muy alto e
muy noble don Leon, rey de Armenia en su palacio, en el monasterio de San Francisco de la dicha
cibdad en persona, antel dicho rey don Leon, et en presencia de mi Gonzalo Martinez, escrivano
de nro señor el rey don Juan de Castiella e su notario publico en la su corte e en todos sus
742 = CONTINUATION ET FIN
regnos, e de los testigos deyuso escriptos, parescieron Aparicio Sanchez, alcalde del rey en la
su corte € Diego Fernandez de Madrid, vasallo del dicho señor rey, e Dicgo Fernandez de Castro,
escrivano del dicho señor rey, vecinos de la dicha villa de Madrid, e procuradores que son de Ja
dicha villa, segunt que lo mostraron por una carta de personeria, escrita en papel e signada de
escrivano publico, que ante el dicho rey don Leon monstraron, que es su tenor della este que se
SISUE : :
Sepan quantos esta carta vieren como nos el concejo de Madrit, estando ayuntado a campana
repicada en la yglesia de San Saluador desta dicha villa, como lo avemos de uso e costumbre,
con Johan Sanchez e Johan Rodriguez alcalles e Gil Ferrandez alguacil, e con Diego Alfonso e
Pero Gonzalez e Gil Garcia e Gonzalo Bermudez e Pero Alfonso, que son de los caualleros e escu-
deros e omes buenos, que han de aver fazienda de nos el dicho concejo, otorgamos e conocemos
que fazemos nros ciertos, suficientes procuradores, e damos todo nro poder cumplido a
Diego Ferrandez de Madrid, vasallo de nro señor cel rey, e a Alvar Ferrandez de Lago, e a
Alfonso Garcia, despensero mayor del infante don Ferrando, fijo de nuestro sennor el rey,e a
Diego Ferrandez de Castro, cscriuano del dicho sennor rey, e a Aparicio Sanchez, alcalle del
dicho sennor rey en la su corte, nros vecinos, para que en nro nombre fagan pleyto ome-
nage al rey de Armenia por esta villa de Madrit, por quanto el dicho sennor rey ge la dio al
dicho sennor rey de Armenia, quitando los pleytos omenages .que nos fezimos por esta dicha
villa al dicho rey nro sennor e al infante don Enrique su fijo, primero heredero, e para fazer
e otorgar en esto e cerca desto todas las cosas e cada una dellas que nos mismos podemos fazer
e otorgar, presentes seyendo, e todas las cosas que los dichos nros procuradores e qualquier
dellos en esta razon ficicren e otorgaren, nos lo otorgamos e cstaremos por ello e non yremos
nin vernemos contra cilo nin contra parte dello en algun tiempo, so obligaeion de nros bie-
nes. Fecha en Madrid dos dias de octubre, era de mill y quatrocientos e veinte e un annos. Testi-
gos rrogados que estaban presentes, Estevan Ferrandez e Alfonso Sanchez e Francisco Ferrandez
e Pero Gonzalez, escrivanos publicos en Madrit. Yo Nicolas Garçia, escrivano publico por nro
sennor el rey fuy presente a esto con los dichos testigos e lo escrivi, e en testimonio fize aqui este
mi signo.
Por el qual dicho poder Aparicio Sanchez e Diego Ferrandez, en nombre del Ce de la
villa de Madrid, por quanto nro sennor el rey don Johan dio la villa de Madrid con su termino
e pechos e derechos e sennorio real al dicho don Leon, rey de Armenia, por toda su vida, e
manda por su privillegio rodado e scellado con su scello de plomo e firmado de su nombre
al concejo de la dicha villa e a los vezinos della e a todo logar de su termino que reciban
por sennor al dicho rey don Leon e obcdezcan e cumplan sus cartas e su mandado. Et ende el
dicho concejo dijeron que le recibian e recibieron por sennor de la dicha villa de Madrid, e de
su termino al dicho rey don Leon, segunt que el dicho sennor rey don Johan Îo mando por su
previllegio, et fizieron pleyto omenage al dicho rey don Leon de sus manos, asi como fazen e
son tenudos de fazer a su sennor una e dos e tres veces, de lo acoger en la dicha villa de Madrit,
cada que Ilegase de noche e de dia con pocos e con muchos, yrado o pagado, veniendo en amis-
tad e en amor del dicho rey don Johan, e de obedecer sus cartas e su mandado, asi como de su
sennor, en aquella manera que son tenudos e devidos de guardar, todavia guardando el servicio
del dicho sennor rey don Johan e del infante don Enrique, su fijo primero heredero. E que se
asi Jo non fizieren e cumplieren que el: dicho concejo de Madrit, e los vezinos e moradores,
donde finquen e sean por ende traydores, como aquellos que tienen castillo et matan sennor. Et
el dicho sennor rey don Leon recibio en sus manos de los sobredichos e en nombre del concejo
el dicho pleyto omenage en la manera que dicho es. E desto e como paso yo el dicho escrivano
e notario di testimonio a los dichos Aparicio Sanchez e Diego Ferrandez procuradores de la dicha
villa. Testigos, Arias Diaz Quijada y Johan Gonzalez, vecinos de Villareal, e Alfonso Ferrandez
de Leon, escrivano del rey. |
(Archives de Madrid, signatura 2°, 385-18. Historia de la villa y corte de Madrid, ibid.)
Esta escrito en papel bastante detcriorado, y reforzado con otro por detras. (Note des éditeurs.)
= 2 on ue On mme nu 1 ns
DE L'HISTOIRE DE LA PETITE ARMÉNIE. 743
HIT.
Don Leon, por la gracia de Dios, rey de Armenia, e sennor de Madrit et de Villareal e de An-
doxar, al concejo e alcalles e omes buenos e cavalleros e escuderos que avedes de ver e de orde-
nar fazienda del concejo de la dicha nra villa de Madrid, salud e gracia. Sepades que vimos
las peticiones que nos enbiastes con Diego Ferrandez, vasallo del rey nro primo, e Alfonso
Garcia e Diego Ferrandez e Aparicio Sanchez. vuestros procuradores, e a lo que nos embiastes
pedir por merced que guardasemos e confimnasemos todos vuestros fucros e cartas e previllegios,
e franquezas e libertades e buenos usos e costumbres e ordenamientos que avedes de los reyes
pasados e del rey de Castiella, don Johan, nro primo, de los que usastes fasta aqui. À esto
respondemos que nos plaze de vos guardar todo lo que dicho es, en la manera que lo pedides,
en quanto non contradize nin mengua a la gracia que el dicho rey don Johan, nro primo, nos
fizo de la dicha villa de Madrit e de su alcazar e de sus aldeas e de sus pechos et derechos. Et otrosi
a lo que nos enbiastes pedir que non echasemos nin demandasemos pechos, nin pedidos, nin
tributos, nin emprestitos, nin otros pechos algunos en la dicha villa nin en su tierra, sinon tan
solamente las rrentas e pechos e derechos que pertenecian al dicho rey don Johan, nro primo,
en Ja dicha villa e en su termino. À esto rrespondemos que nos plaze e tenemos por bien de non
echar a la dicha villa nin a su tierra pechos, salvo 1ds ordinarios que nos fueron otorgados por
el previllegio que el dicho rey don Johan, nro primo, nos dio en esta rrazon. Et otrosi a lo
que nos pedistes por merced que confirmassemos todos los oficiales desa dicha nra villa, asi
como los que han de ver fazienda del concejo, como los alcalles e alguazil e escrivanos publicos,
que ayan sus oficios como los hovieron e han avido fasta aqui por el dicho rey don Johan, nro
primo, por sus usos e fueros e costumbres. À esto respondemos en esta manera que los alcalles
e alguazil que los ayades segunt e en la manera que los ovistes fasta aqui, e en esta rrazon, que vos
sean guardados vuestros fueros e usos e costumbres, segunt que fueron guardados fasta aqui por el
rey don Enrique, que Dios perdune et por el rey don Johan, nro primo. E quanto a rrazon
de los que an de ver fazienda del concejo, plazenos de confrmar et confirmamos les los oficios
que les dieron el rey don Enrique e el rey don Johan, nro primo. E quando vacassen algun
o algunos de los oficios, que nos œue podamos poner otro o otros en su lugar, sepunt e en la
manera que lo fazia el dicho rey e el dicho rey don Johan, nro primo. E quanto a rrazon de
los oficios de los escrivanos publicos, es nra merced que los ayan los que agora los tienen,
segunt que los tovieron y tienen fasta aqui; e que asi los ayan e tengan daqui adelante, pagando
sus derechos acostumbrados de cada uno a nos, segunt que los pagaban en los tiempos pasados
fasta aqui. E a lo que nos pedistes por merced que mandassemos guardar que non posassen uras
compannas en casas de los cavalleros e escuderos, duennas e doncellas de la dicha villa, a esto
respondemos que nos plaze asi de lo guardar, scgunt que lo pedides. E juramos e prometemos
por la nra fe real e tener e guardar e cumplir todo lo sobredicho asi, e en la manera que en
esta nra carla se contiene, non yr contra ello nin contra parte dello en algunt tiempo por
alguna nianera, nos nin otro por nos. E si contra todo lo sobredicho en csta nra carta conte-
nido o contra parte dello mandassemos dar carta [o] cartas, o alvala o albalaes, mandamos que
sean obedecidas e non cumplidas, e por esta nra carta les quitamos la pena o penas, si en
alguna cayesen en esta rrazon, asi creminales como zeviles. E sobresto mandamos dar esta nra
carta firmada de nro nombre e scellada con nro scello. Dada en la cibtat de Segovia diez y nueve
dias de octubre, era de mill e quatro cientos e veynte e un annos. Roy Lyon quinto regnante.
(Archives de Madrid, signatura 2", 305-6o. Historia de la villa y corte de Madrid, ibid.)
Este privilegio, escrito en papel cepti, se halla por desgracia en muy mal estado; tiene en un sello de cera encar-
nada las armas de Leon V de Armenia, tales como las publicamos en su lamina correspondiente ', y la firma del
rey segun muestra el fac simile tambien dado a luz por nosotros. (Note des éditeurs.)
avoir souffert ct s'être un peu effacé depuis l'époque où Davila
le décrivait avec une précision de détails qui ne laisse rien à
désirer. (Cf. ci-dessus, notre page 730, note 2.)
: Le sceau du roi d'Arménie se trouve dessiné sur l'une des
planches qui accompagnent le chapitre x de l'ouvrage de
MM. J. Amador de los Rios et J. de la Roda y Delgado. H doit
RE SC
2 —_——_ ———.——————]———]—]——
CHARTES ARMÉNIENNES.
———"1HD QE — —
Il ne nous reste des souverains de la Petite Arménie que quatre pièces écrites
dans leur langue nationale, c'est-à-dire dans le dialecte vulgaire usité à cette
époque dans la Cilicie; ce sont des priviléges commerciaux accordés à trois des
nations de l'Europe méridionale qui venaient trafiquer dans ce royaume : aux Gé-
nois (1288), aux marchands de Montpellier (1314 et 1321), et aux Siciliens (1331).
Toutes les autres pièces que nous possédons aujourd'hui sont rédigées en latin
ou en français, les deux idiomes admis à titre officiel et concurremment avec
l'arménien dans la chancellerie royale de Sis. Les unes sont la traduction d'un
original arménien, qui s'est conservé, comme l'expédition latine jointe au privi-
lége octroyé aux Génois en 1288, on qui n'a pas été retrouvé, et dans cette der-
nière catégorie est le privilége de Léon II aux mêmes {mars 1201)’.
Il y en a qui, ne portant pas la mention d'un original arménien, et cest le
cas le plus fréquent, ont été peut-être rédigées primitivement et uniquement en
latin ou en français. Il en existe aussi dont nous n'avons que l'original arménien,
sans que rien indique qu'il ait été accompagné d'une expédition en tout autre
idiome, comme les deux chartes de Montpellier et le privilège obtenu par les Si-
ciliens.
Nous devons ajouter que ces documents divers sont en trop petit nombre pour
qu'il soit possible de retracer d'une manière sûre les règles et les usages qui gui-
daient la chancellerie dont ils émanent. Tous ont été retrouvés dans les archives de
l'Europe; aucun ne l'a été dans la Cilicie. Cette complète disparition a pour cause
les effroyables dévastations auxquelles ce pays fut si souvent livré, et l'incendie
des archives de Sis par les Égyptiens; tristes événements que le lecteur connaît
déjà par les annales de la Petite Arménie dont nous avons déroulé les pages sous
ses yeux. | :
De nos quatre chartes arméniennes, deux, celles qui concernent les Montpel-
lierais, ont été déchiffrées et publiées pour la première fois dans mes Recherches sur
la chronologie arménienne, technique et historique ; les deux autres ont paru dans diffé-
rents recueils; nous les réunissons ici en y joignant un commentaire et le fac-simile
de l'original de trois de ces pièces que nous avons réussi à nous procurer.
[.
PRIVILÉGE ACCORDÉ PAR LÉON IH£AUX GÉNOIS.
a ne
Cette pièce est, de toutes celles qui nous sont parvenues, la plus importante
sans contredit pour l’histoire du commerce de la Petite Arménie. Elle nous fait
« Armeniorum | Leonis Il], filii domini Stephani, de
«genere Rupinorum, ejus sigilli aurei impressione
«munitis. .. sicut in eo vidi et legi, transcripsi per
« omnia et exemplificavi, nichil addito vel diminuto
1 On lit dans le vidimus de cet acte fait à Gènes :
« Ego Atto Placentinus, notarius sacri palatii, hoc
«exemplum ab autentico et originali instrumento
« translato in latinum ab alio autentico scripto, ut
« credo, litteris armenicis in eodem pergamenoregis «in lilterarum oratione, etc. » :
HistTor. arm. —[. | | 94
746 CHARTES ARMÉNIENNES.
connaître en détail celui qu'y faisaient les Génois à la fin du xur° siècle, les pro-
duits du sol qu'ils venaient y chercher et les produits naturels ou manufacturés
de l’Europe qu'ils y apportaicent. Le paragraphe 10 est surtout curicux, en ce
qu'il nous apprend la nature et l'objet des relations qu'ils entretenaient avec
l'intérieur de l'Asie Mineure, par l'intermédiaire des caravanes arméniennes qui
se dirigeaient à travers la Cilicie, du port d'Aïas jusqu'au défilé de Gouglag (Pylæ
Ciiciæ). |
Le nom des articles que ce négoce de transit comprenait, celui des poids et
mesures et des monnaies, et celui aussi des officiers de l'administration des
douanes arméniennes, ne sont pas moins dignes d'attention, pour la diversité des
idiomes auxquels ces noms sont empruntés et qui confirment ce que nous avons
dit de l'origine hybride des éléments dont se composait la population de la Cülicie
et de l'affluence des marchands, qui, de tous les côtés, se rendaient dans ce pays.
La concession de ce privilège se rattache'à la présence dans la Cilicie de l’ami-
ral génois Benoît Zacharie, qui promenait alors sur les mers de Syrie et de Chypre
le pavillon de sa puissante république. Après avoir ravitaillé les places chrétiennes
du littoral syrien, et commis beaucoup de déprédations sur celles qui apparte-
naient aux Sarrasins, il vint à la cour de Sis et obtint sans peine du roi Léon II],
pour ses compatriotes, des immunités qui s'ajoutèrent à celles dont ils jouissaient
déjà. Léon ne survécut pas longtemps à la signature de cet acte; clle est en effet
du 23 décembre et sa mort du 6 février suivant. Le 27 avril, le sulthan Kalaoun
se rendait maitre de Tripoli et ruinait cette ville; l'amiral transporta en Chypre
et à Tyr les habitants empressés d'échapper à l'épée inexorable du vainqueur.
Cette année il retourna en Arménie, et le roi Héthoum II, qui venait de succéder
à son père Léon, lui accorda de nouvelles faveurs. Il est à présumer qu'elles furent
consignées dans un acte particulier, qu'il serait précieux pour nous de posséder,
mais dont la trace s'est perdue. Voici le récit de ces événements par Jacques Doria,
l'un des continuateurs de Caffaro (Annales Januenses, Pertz, t. XVIII, p. 324).
« Die X martis, circa eam (Tripolim) castrametatus est (soldanus Ægypti) cum
«trabucis et aliis ingenus; quam per dies xLvir obsidens, eam in ore gladu
«cepit, die xxvit aprilis .…….. Bencdictus vero prædictus depositis hominibus in
« Cipro et Tiro, et Acconem perrexit, ut confortaret homines dictorum locorum.
« Tandem in Armeniam reduit, et colloquio habito cum rege Antonio (Héthoum Il),
a filio regis Leonis qui nuper decesserat, impetravit ab co pro communi Januæ
«quemdam fondicum qui fuerat uxoris quondam Guiliermi Strejaporci sive Sal-
« vatici; impetravit etiam quod homines Januæ possent ascendere in Turchiam,
«cum ballis et mercibus pro satis minori pretio quam solvere soliti erant, ut im
«ejus litteris ejusdem manu signatis plenius continetur. »
La date de cette pièce est ainsi énoncée dans l'original arménien : h f#uuñuhe
Sugng SAGE L b dree Priukuñho Ep. t, judobuñe gblunbdèbop b bæ, et dans
l'expédition latine, in m° {millesimo) Armeniorum pcc° xxx° vir°, in pro m° (parvo
millesimo) 11, in mense decembri, die xx.
Dans le chiffre arménien de la grande ère il y a une faute, ;£, que le latin
nous permet de rectifier; 11 faut lire 5/5 ou EME, 737. Cette année s'ouvrit le
9 janvier 1288, pour finir le 7 janvier 1289 inclusivement. La petite ère est ici
l'indiction grecque ou constantinopolitaine que suivaient les Arméniens et qui
1 xxvr apriis, dans Muratori, fier, Halie. script, & VW, col. 506.
CHARTES ARMÉNIENNES.
7147
s'ouvrait au 1* septembre; et en eflet cette année 1288 fut affectée de l'indic-
tion 2 à partir du 1* septembre.
Archives de Turin, Trattati diversi, mazzo 5, pièces originales ; hauteur 0°,55 ; largeur 0",33; belle écriture ronde,
dite polorkir, ançnpæbhe: copie publiée par Saint-Martin, dans les Notices et extraits des manuscrits, t. XI, p. 95 et
suiv.; par M. Papaciants, sous le titre de : Originale armeno del privilegio accordato ai Genovesi da Leone III, in-4°,
imprimerie de Saint-Lazare, à Venise, S. D. ; et par M. Victor Langlois, Trésor des chartes d'Arménie, p. 154-158.
(Gates Sep L epgeeg k] vncpe $ngenje ah : Vu dEp Buqunpuuit pupap
Spuduup &, SwunwmmfIE vh4br' l£cup 2diuphur Sunw)h zu L tnphu jhnop$un.p
L ngopdru fa P awsquuenfifi oEtuuju Su/07 2, gap up bqu,p wuunne uw iu<uuurunn
L'Uéefn, sikegh', han, sikègh où vhgkz , sikél,
transcription du grec oixé}A6v, ou bien encore »f_
Pb, sidchil, vpxhy., sidjil, qui est le latin sigillum.
Ce mot est traduit dans l'expédition latine par pri-
vilegium; elle porte : Swuæuwnne fut vhky, privile-
giam certiludinis : « privilége de confirmation, » c'est-
à-dire acte confirmatif des priviléges accordés pré-
cédemment.
2 Roi de tous les Arméniens, f@usquwenp: wbju
Auyyng, CE QUI signifie, roi de la Petite et de Îa
Grande Arménie.
Ce titre, en ce qui concerne la Grande Arménie,
était purement nominal et honorifique, puisque,
dès le milieu du xr siècle, cette contrée fut occupée
par les Turks, et qu'au temps du roi Léon III et à
la date où il signa le privilége de 1288, elle était
tombée au pouvoir des Mongols.
Les variations successives de ce titre, dans Île
protocole arménien, sont très-intéressantes à étu-
dier, parce qu’elles tiennent à des considérations
politiques et à des événements que les princes
roupéniens eurent surtout en vue.
Il faut d'abord remarquer que si ces princes ne
paraissent pas avoir nettement observé la différence
qui existe entre le titre de rex Armenie, c'est-à-dire
souverain par un droit foncier, préexistant à tout
droit humain et venant de Dieu seul, et le titre de
rex Armeniorum ou chef de la nation en vertu de
la délégation du pouvoir souverain par le vœu de
tous, librement consenti, cette confusion, plus ap-
parente que réelle, provient de la nature de la
langue, qui exprime par un même mot, 4e, à
la fois et indifféremment l'Arménie et le peuple
arménien. Que les Roupéniens se considérassent
comme maîtres du sol par droit divin, c'est ce
qu'implique la formule gratia ou per gratiam Dei,
qu'ils ont toujours employée.
Léon II s’intitula d’abord {actes de mars et dé-
cembre 1201) Leo, Dei gratia, rex Armenie; plus
tard (Lettre à Innocent III, mi-avril 1210), comme
il avait à ménager le saint-siége, il écrit : Leo, Dei
gratia, per Romanam ecclesiam et Romant imperti
gratiam, rex Armeniorum. La même année (août),
et déjà mécontent de ce qu'Innocent IIT ne prenait
pas parti pour lui contreles Templiers, il supprime
J’hommage au pape: Leo, Dei et Romaniimperü gratia,
rex Armeniæ. Depuis 1212, brouillé tout à fait avec
ce même pontife, qui l'avait excommunié, et se
sentant assez fort par lui-même pour se passer de
l'appui des empereurs d'Occident, il supprime toute
marque de vasselage et continue ainsi jusqu’à la fin
de son règne (1219), en meltant simplement : Leo,
Dei gratia, rex Armeniæ. Ses successeurs affectèrent
comme lui, et possédèrent en effet, une complète
indépendance. Héthoum I‘, son gendre et son suc-
cesseur, ajouta à la formule précitée celle de fidèle
du Christ; Léon IIT, fils et successeur de Héthoum,
la rendit plus pompeuse, en se déclarant roi de tous
les Arméniens, et cette nouvelle addition se maintint
jusqu’à la fin de la dynastie.
Voici la série des formules qui prévalurent de-
puis Héthoum I‘:
Héraoux 1" (Acte du 22 janvier 1236). Volun-
tate beneficii Dei patris, et gratia Domini nostri
Jhesu-Christi, et beneplacito sancti Spiritus, Ego
Eython, Christi Dei fidelis, rex Armeniæ.
(Acte de 1245.) Ego Hetom, Dei gratia, rex Âr-
meniæ.
(Acte de 1252.) Haitum, par la grace de Deu,
rois d'Ermenie.
Léon III (Acte de 1271). Leon, en Crist Deu feel,
roy de tote Hermenie.
(Acte de 1288.) 14r% Aiuphun Sunuy Vuwmar Sn
L'unplu junpçunp L ogopln Op Buquinp wdEtuÿju
&uyag, «Léon, véritable serviteur de Dieu, par
sa grâce et sa miséricorde, roi de tous les Armé-
niens »; et dans l'expédition latine du même acte:
« Ego Leo, legalis servus Dei et per gratiam ipsius,
rex Armeniæ. »
Leon IV (Acte de 1307). Lyon, en Crist féable,
roy de tote Ermenie.
Leon V (Acte de 1321). Leon, feel de Jesu Cris.
par la grace et la misericordie de Dieu, roy de tous
les Armens. |
(Acte de 1331.) La b fpbunnu Venus Gare us.
mwgbu , junpéwre L'agopdm Euh vopft Pwqusnp
a fbinujy &uwyog « Léon, croyant en Jésus-Christ Dieu,
par sa grâce et sa miséricorde, roi de tous les Ar-
méniens. »
(Acte de 1333.) Leo Dei gratia, adjutorioque
ejus, rex ompium Armenorum.
(UE
748 CHARTES ARMÉNIENNES.
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bu Comet b, que EL k ja ebabarunÿu, np ubebdé qpwS Quy, L abus fol bre
dufubu, b 2ncuÿu vunlupn 6 ps. br unit P& daufubu, Liu) Ruby quunlupsE-pu a / ER bre
sub. L qhith PE wypunfdknd? dwfult ne [JE puwpsad Lajlyku, nr 26 DE upunf}£ni
LEoN VI, en Espagne (Acte de 1383). Don Leon,
por la gracia de Dios, rey de Armenia.
(1392, dans son testament.) Léon, par la grace
de Dicu, roy d'Arménie.
Dans les lettres des papes aux souverains de la
Cilicie, le titre que leur donnait la chancellerie ro-
maine, comme à toutes les têtes couronnées, est
rex Armeniæ illustris. Les autres documents émanés
de diverses puissances de l'Europe les qualifient de
rex Armenie; en sorte qu’il semble que le titre de
rex omnium Armenorum, Bwquwcnp ww £uwyng,
pris pour la première fois par Léon IIT, et dont ses
successeurs héritèrent, n'ait pas été officiellement
reconnu en dehors de la Cilicie, si toutefois il n’est
pas plus probable que les chancelleries occidentales,
ne comprenant pas la signification et la portée de
ce dernier titre, ont cru devoir se borner à celui plus
usuel de roi d'Arménie tout simplement. |
Sur les monnaies, on lit tantôt Bwqusrnp &uwynag,
roi des Arméniens , et tantôt Bague np alu &uyng,rTOi
de tous les Arméniens. Mais dans l'état de confusion
où est encore le classement de ces monnaies, il est
impossible de décider si ces deux formes sont mises
indifféremment l’une pour l'autre ou avec une in-
- tention déterminée.
1 qe fifu génitif et datif de g»c#% koumin, co-
munis du texte latin, commune, communauté : ici la
République de Gênes. |
2 hobuwfu, génitif de f>hu, prince, chef; ce
mot traduit le titre honorifique de dominus, omis
dans le texte latin, où l’on remarque en effet une
lacune.
+ déewyrbe, génitif de Jhœuyp, vikair, texte latin,
vicarü. La forme de ce mot appartient au dialecte
génois usité au x1n° siècle. Le titre de vicaire de la
commune des Génois outre-mer est sans doute la qua-
lification officielle que prenait l'amiral Benoît Za-
charie, et qu'a traduite littéralement le rédacteur
arménien. Dans le latin il y a: vicarii comunis Janue
citra mare.
4 Uhr, sir, sire, dans le texte latin dominus. Ce
titre de sire était aussi très-répandu chez les Armét-
niens, qui l'avaient reçu des croisés. {Voir la lettre
de saint Nersès de Lampron à Léon IT, ci-dessus,
p. 598, et nos deux chartes de Montpellier, n°* 2
et 3.)
S £vLe, Bénéth, transcription du nom génois
Bénet, Benoît; texte latin Benedictus.
G Uurpn au cas instrumental de uurfüp, samsèr,
OÙ wuwdüwp, samsar, forme altérée d'un mot qui ne
peut être que censar ou censari, en usage dans le
langage vulgaire des nations de l'Europe méridio-
nale qui fréquentaient les ports de la Cilicie, et tel
que les Arméniens l'avaient adopté. Le texte latin
traduit wwuJopn par cum censario. Une ligne plus
bas ce même mot se présente accru du suffixe ;6»,
tchek, où ske, tchék', qui produit l’abstrait vupste
samsèrtchék « censaria, sensatarium,» c’est-à-dire
le droit que prélevait l'officier fiscal appelé censa-
rius sur les objets mis en vente, soit sur les marchés,
soit dans les magasins.
Saint-Martin a traduit censarius par courtier et
censaria par droit de courtage, sans que rien implique
dans notre acte l'existence chez les Arméniens d’a-
gents, en titre d'office, s'entremettant entre le ven-
deur et l’acheteur, ou courtiers de commerce. Il
s'agit ici d'un droit particulier perçu au profit du
roi sur les marchandises, de même que le cens,
census, censa, censaria, était la redevance payée par
les tenanciers au suzerain, ou par le fermier au
propriétaire foncier. Le censarius de notre acte
rappelle peut-être le censor mercatureæ cité dans le
Glossarium mediæ et infime latinitatis de Du Cange,
éd. Henschel. Que la censaria fût un droit sur les
marchandises perçu au profit du roi, c'est ce que
montre une lettre de Léon V au doge de Venise,
Barthelemy Gradenigo, en date du 1° mars 1341,
par laquelle il lui réclame certaines sommes qu'il a
avancées pour les Vénitiens qui venaient trafiquer
dans ses Élats et qui étaient restés débiteurs envers
plusieurs marchands sarrasins. Dans cette lettre le
roi a soin de porter en compte ce qui lui est dû per-
sonnellement pour ses droits, et après le chiffre de ce
qu'il a soldé à chaque marchand, il ajoute: «Ta
« pacto quod dictus Venetus statim... teneretur...
« solvere sensatarium et jus domini regis quæ sunt
«tach{olini] CCCLXVIT, denarii VI; » ou bien «et
« solvere jus domini regis quod ascendit tach. III
« LXXIII, denarios VII et dimidium, etc. »
7 QrwBkn) , cas instrumental de wpn@k, Bèd-
thé, italien botte « tonneau »; texte latin: in vegetis.
8 hwnpsny , au cas instrumental de #wps, OU
pwps , mot arménien vulgaire, que le P. Dchakh-
dchakh, dans son Dizionario armeno-italiano, rend
par brochetta d'acqua, ici broc. C’est la mesure pour
le vin que les Génois vendaient en détail, et dont
ils avaient pris le nom aux Arméniens, puisque Île
rédacteur latin emploie ce mot, en écrivant tn parge.
0 ee #m —— cs note Eden une
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banni Dhyufe ep. de. qupr quyu Yrenufu Ke 3 dE4 y qui ap b Swrheru JE4
boeuf Luuy sun, mruqut] qui enauil :
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SRE» 2 quudupskph » Lu) qu np he Sepheph sopp Grey, ou saunas, anges quunlupsk£ pu
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eee, berne Quobt er. dEg, b awlorb Qobt ep. d6g- Guy quye bourtbpu sun
Jbeg$ b qfbs San ne Suns YF QUE ne Suubu, Lesy sanuit four nuup :
CO] Le gt ouph sb np qoemnh fu phpiègs b 4bwebpbe, jadht vuph ep bplrsp,
au sun Jhpiogs s'{nfthe L gpuunn gbts quEu, puy vanlopsk pt up bae sui:
Ü Xœwnwnd, au Cas instrumental de xwnw, en
arabe ë>, jarre, en italien giarra ou giarro; texte
latin én Jarris.
2 hpu, tram, suivant la prononciation des Ar-
méniens occidentaux, ou dram, suivant la pronon-
ciation orientale, grec 3payu#, d'où le mot ar-
ménien gpwd, et l'arabe P,5, dirhem; ancienne
monnaie d'argent dont le nom et l'usage s'étaient
conservés sous les princes Roupéniens. (Cf. Pascal
Aucher, Traité des poids et mesures des anciens (en
arménien), in-8°, Venise, 1821, p. 19 V° rw.)
C'est l’une des trois sortes de monnaies que notre
acte nous fait connaître. Malgré cette distinction, si
précise et si claire, et que j'ai fait ressortir dans mes
Recherches sur la chronologie arménienne, t. I, p.166,
tous ceux qui ont jusqu’à présent transcrit ou pu- .
blié cet acte, confondant les sigles ou abréviations
qui indiquent ces trois sortes de monnaies, ont
admis des lectures impossibles, et par suite faussé
toute l'économie du tarif des douanes arméniennes.
Il n'est pas difficile cependant de deviner la signifi-
cation de ces signes et de fixer l’ordre relatif des va-
leurs qu'ils représentent, en s’aidant des renseigne-
ments que fournit Balducci Pegolotti dans son Traité
de la Pratica della Mercatura.
La valeur la plus forte que mentionne notre acte
est le besant staurat ou besant à la croix, le croisat,
bisantius stauratus, figuré dans le texte arménien
(fac-simile, ligne 15) par un gros point carré,
flanqué à droite de deux traits obliques. La monnaie
qui vient immédiatement après est le dar, abrévia-
tion du mot daremus, écrit tout au long gpaf dans
le texte arménien; ensuite nous trouvons le signe
dr ou denarius, équivalant au sigle ?p abréviation
de pwpacwy, karoube, petite monnaie qui avait cours
dans le royaume de Chypre, et qui avait été impor-
tée dans la Cilicie. Cette échelle monétaire corres-
pond à celle de Pegolotti {voir notre Introduction,
p. civ), dans toutes ses subdivisions : « il bisantio di
«Romania si conta X taccolini d'argento; il tacco-
« lino vale den. X de Erminia, e ïl denaro IV fol-
«leri. » D’après ces données combinées avec celles
que notre acte contient, nous avons :
1° Le besant staurat ou besant de Romanie —
10 taccolins d'argent ou drachmes;
2° Le taccolin d'argent ou drachme — 10 de-
niers d'Arménie ou karoubes;
3° Le denier d'Arménie ou karoube— 4 folleri ou
hay arméniens, fels MX, au pluriel folous m5,
des Arabes.
Cette subdivision immédiate du taccolin d'argent
ou de la drachme en deniers d'Arménie est con-
firmée pleinement par la lettre précitée de Léon V
audoge Barthelemy Gradenigo , où on lit entre autres
énumérations analogues : « tach{[olini] CCCX VIT, de-
narii VI», ou bien : «tach. III" CCC LXXXXVI,
denarii IV »; ou bien encore : « tach. VI" VII LXIIII,
denarii II et dimidium. »
Lesdrachmes nouvelles, vag qpwdp, sont des pièces
qui avaient été frappées depuis peu de temps, sans
que nous sachions au juste l'époque, et qui étaient
probablement de meilleur aloi que les anciennes.
S Quwpgn uw, barzounag, dans le texte latin
barzana, nom d’une mesure de solidité. (Voir la note
suivante.)
à Dfyeo, filakh, dans le texte latin janconus ou
janconum, l'une des subdivisions, avec le double
filakh, du barzounag. Comme la graduation du tarif
des droits sur le filakh, le double filakh et le bar-
zounag, n'est pas établie en raison directe, mais en
raison multipliée suivant des vues particulières , il
est impossible de déterminer la relation de ces me-
sures entre elles. Je dois faire remarquer en pas-
sant que le mot wwe est la transcription de notre
mot français double; texte latin duplicium.
Uweéske, dans le texte latin arboragius, droit
750 CHARTES ARMÉNIENNES.
[| ÿ] Lee éoqul Jap ba ne. quEU ou suruiu puiug b Swphipu JE. hf Lu Epnju y"
ap Yrouugtfu, vauy cout queen juEu ebat üunp qu Yÿku:
+] Lee bat bee °e gracl a qbvs mg np ne (ub qodu ne qudh bep, buy bot
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[fs] Le deg dura ljubpnÿt np b4 requis » Luuy ahpbuy ap Gupu Yrepuiuuu, ne atpluy
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Lay qobgu fe gb diupelun. pu, jh YEggn ft re furulha (Eu ne Xegh npat,
be Jerephh gb diupau ne géuupuiu pooduon it, hs dE fuwnobu gbvp, ne qpbt
b bp oheuvuS gun bghu unit nr gduhav L qnpr Yocwpqhihhu gdwXpnjubpnju ri.
dus > * Push Grec bpfuypu ld Supuns. pudanwuEy Bnifufd ebrrke b prose 5, Lun) sup.
Eu:
[d'C:] Le 0E Mpiunidkg dénbh aitu hf, tu dEp aps unnpph Jbe begt 2Entunfrs fu
É bupv , guy ghnpt que dit wnune, ns wjuk qhus ueuÇuiubu E :
[ON] Ve guunip op wub puy JU Juuns pb Ur, ou wjuubu pbtu,, np nu
baphohduh JereuypE nb op qu pou ne She, hf aphodt Wuunt h jpqumuyphat
Lop qpud puit ne Sfr, k fEqulé, ne f jui que f'upruprbu" oc Eartpuhu"
ae faune). h juju h jedEuu ouh b ypqmuphau np gpud pouuneSfiug, uv
b Porkebai Gap goal out LL fou, bp, Jh2e6at unp qou auut ne bg. kb f qubqu nr
baruXiughju nc h puqaedh, f jqupb na np gp pous. L qhus huh Dauruly lanun. Ejub
Sun ne euwpuul] > NL abus bol puit 12 Ejuk Sun ni puçrul y Lau} uruug fr Jamwebn Lop
goud pou. L wgu hpdhe np jpauuyphau foeunuy Log pau puit, Vu any f Pankçbnÿ
Lap qoud unwub ne Su , L Jbeebn Lnp qu nuut ne Epnip. k gunpuulju ne
de mâture, qui se payait à raison de tant par mât,
JædEu uwph, pro omni arbore, à l'embouchure des
rivières, b qéwpbprufu, ad fauces du texte latin. Le
mot vwph, sari, a été rapporté avec raison par Saint-
Martin à l’arabe à,,w, sarié, qui, entre autres si-
gnifications, a celle de mat de navire; accru du suf-
fixe s£2, comme vadapske,samsèrtchék , « censaria »,
dérivé de swdap, samsèr, « censarius », il a formé
l'abstrait vwpkskp, saréichék « arboragius ».
1 Qervg, kounts, texte latin consul; plus bas et
dans le priviléue aux Siciliens (n° 4) qurvg, kaunts,
arabe Juais. (Cf. de Sacy, Chrestomaihie arabe, t. IT,
p.339, 2° édition.)
2 fRawdnait OÙ puydumncw, pajdoun, hôtel ou bu-
reau de la douane. Ce mot est composé de pwd, part,
portion, et aussi taxe, droit de douane, en persan zb,
batch, et de wmy, maison; xl zk batch khaneh, en
persan et en turk. Dans la transcription latine pa-
sidonum , pasidonium, passidum , et dans la lettre pré-
citée de Léon V à Barthelemy Gradenigo, pacetanum.
$ Speuu, divan. Par ce mot il faut entendre ici,
comme on le voit dans un passage de notre charte
n° 4, la Haute cour du roi, ou la Cour des barons ;
bp dép nbeuvu, texte latin, in nostra curia.
à Wredw, , goumasch, texte latin rauba (quodve te-
gumen, suppellex quævis, apad Du Cange, Gloss.
med. et inf. lat. in v°); arabe 4, kimäsch « objets de
vestiaire ou d'ameublement, étoffes, marchandises. »
5 U'hvwgus, minaban; texte latin mirabam, mot
hybride formé de l'arabe Line ou âge, port, station
navale, et du suflixe arménien ban, pers. uLe, man,
et Yb, bân, qui indique le possesseur, le gardien
d'une chose.
É Uirewrpwgh4, andiathig « ab intestat », texte latin,
sine testamento; du grec tabxn, testament, et du
préfixe négatif arménien *%, an, qui est l'a grec
privatif, et le préfixe latin in, où l’a s’est affaibli
en 1. Voir ce que j'ai dit à propos de ce mot, dans
mon Introduction, chap. 1, $ 3, in fine.
1 Qrfubd, bricim; texte latin sericum; f phobie,
de serico. C'est la forme vulgaire du mot smgphantd,
abrischoum où wwppmd, abérschoum ; persan pr).
abrascham « soie ».
8 Luwypote; texte latin, speciaria, «épiceries,
drogueries »; arabe ,aÿlie, pluricl de ,\&e, plantes
aromaliques où racines de ces plantes.
® ywbn ; texte latin, piper; arabe, Ab, filfil
ou foulfoul, « poivre ».
10 O ruxupn ; texte latin, gingiber, en dialecte gé-
_ nois zimzimbre; arabe, Jus, zendjebil, « gin-
gembre »,
1 Quyquu ; texte latin, brazile; persan et arabe,
ei , bakam et bakkam , « bois de brésil, pour teindre
en rouge ».
12 ppuu;textelatin , tella « toile de coton »; arabe,
Qeÿ, kothoun, « gossipium ». Plus bas on lit: pu
pwk,en persan, ax; texte latin, cotonum, « le coton
en rame ».
751
CHARTES ARMÉNIENNES.
bompupter fapeté ne fa ne Keys oe fntb des ne K ju qfts Poll Eu,
reg bjaragebn bnp qpul inanñs me fig, Le bpnpkebañ bop gp uni mi boop k k fo.
bat Gap RL fout payent ap ut, L k opheknt bnp gp vf, bb JU bnp
TT
[4] Loc op JugedStank bon jus sncf np foleuñn Of h dep Buwqurnpm Bb
Etuuju Siwquiiqugu, né fr dESuplEdugt L f fnpnbgu dep Buqgurnpuuii pupär
Soudañuge Sul feu, fun anunneuSuguss qu dofi Afünedhqugu med fl vE.
qu wnubp, Yol jp wbib Swpk fol panne quSpifts, y wjoghe Smugk
Guunannnt, npubu Spelyhy Ep: et apay awpellgue glEp Buqurnpuquis puräp
Sudañpu L qaunnme th uhebqu, L dun wnurby Suuwannn ft batuyqgptgue dEpr
nfopuuñt pupäp bniaugpedu. k Bduquñupe Lugog 22 18, L deep Breutuñhe jEp_
Gr ph, judübañu gblunbdikpf be: Sama E funlan pu Uluunm Sn:
Qebgur wpquSunmfp Brit paugsbplt, boum Swnugh Vanne éy L une
uppuyhe 2vapSogk oyud guwpqlfu :
[dh] Le be dha ve bb Jéphbes pére bp {Euÿe, ne nf Suypbthe np |
cbuk hr hero 4ESwg Yu h dep BwqguenprfdEtko wnpp, nc dEnbh wlunbuufthh ne °
auduwnuwtg , Wu bp Post, qupe b Soyphubuuubpnjé, quntuy h qm fifu Xbap, L Say
rEbhpb quntuuy kr cpwpriune FEU b äbn.ph:
“a lért Bausqusnp Suyag :
EXPÉDITION LATINE ANNEXÉE A L'ORIGINAL ARMÉNIEN.
(Archives de Turin, Liber jurium, t. 1, fol. 234 sqq.. Bibliothèque de l'Université à Gènes, Liber jurium, 1. I,
fol. 235 sqq. — Publiée par Saint-Martin dans les Notices et Extraits des manuscrits, t. XI, p. 97-122; publiée de
nouveau dans la collection intitulée : Historiæ patriæ monumenta, Liber jurium, t. 1, p. 183 sqq. et dans le
Trésor des chartes d'Arménie, de M. V. Langlois, Venise, 1863, in-4°, p. 159-163.)
Hoc est exemplum cuiusdam exemplati privilequ seu convencionis regis Armeniorum, scriptum in quon-
dam papirum *.
In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.
Hoc est altum preceptum nostrum regale et privilegium certitudinis 5, quod ego Leo, legalis
servus Dei et per graciam ipsius rex Armenie, ex eo quod damus potenti comunis ? Janue, ad requi-
sicionem honorabilis et prudentis [ Domini] et nobilis uicarii comunis Tanue citra mare, et specia-
lis et legalis amici nostri, domini Benedicti Zacarie, pro mercatoribus Januensibus, quod debeant
esse eorum consuetudines in hunc modum.
[1°] Primo, civitates nostre que sunt in manibus nostris, drictus noster erit sicut in Layacio, pre-
ter in illis locis qui nominantur in privilegio. Et omnia que uendunt * in platea, cum censario, \
uel domo, non soluant aliquid nisi censariam. Vinum possint uendere in uegetis uel in parge, et
glois. L'édition précitée a l'avantage de donner dans
schakar « sucre ». sa forme orthographique primitive le document
? Vox; texte latin, corallum; arménien vul- original, sauf quelques omissions d'inadvertance,
gaire Jp, en persan et en arabe {,Læye, mar- tandis que la copie de M. Castelli offre des lectures
djan « corail en général et sorte de corail rouge ». ou restitutions qui ne sont pas toujours heureuses.
Wreyh4, glaïeg, en arménien vulgaire, et wtuwg, J'ai pris pour base de mon texte celui de l'édition de
anak, dans la langue littérale; arabe m5: texte Turin, en le complétant par l’autre copie.
latin, stagnum «étain ». 6 Celsitudinis dans la copie Castelli, maïs à tort;
Ur; texte latin, sapo; arabe Lo, savon. il faut lire certitudinis, comme il ÿ a dans le texte
ÿ Cette phrase, omise dans l'édition du Liber latin qui traduit littéralement l'arménien £a.
Jurium, se trouve dans une copie qui m'a été en- wntf@6 uhgky, privilegium confirmationis ou certi-
voyée en 1856 par M. Castelli, directeur des ar- |
chives du royaume d'Italie, et qui a été reproduite
dans le Trésor des chartes d'Arménie de M. Lan-
| Cupwp; texte latin, zucharum; persan, Li,
ludinis.
7 Lisez comunui.
8 Venduntur, copie Castelli.
752 CHARTES ARMÉNIENNES.
specialiter oleum uendunt in uegetis vel iarris. Quod uenditur sine pondere, nichil ex predictis
soluant nisi censarie 1 darem. 1 pro uegete. |
[2°] Item de sclavis quod'! emebant et extrahebant extra regnum et soluebant drictum, non
inde debeant soluere dricturam; sed si emunt sclauum qui sit cristianus, quod iurent ipsum non
uendere sarracenis, uel alicui persone quod credant quod ipsum uendant sarracenis.
[3°] Item de lignamine ex quo dabunt? drictus de barzana dr. xvur et de jancono dr. mt et de
duplicio dr. xur, et ultra hoc unum per centum; id quod soluebunt® unum per centum, non soluant,
sed residuum soluant.
[4°] Item de frumento et ordeo , quod ferebatur per mare, accipiebant® ab iflis nr per centum et
ultra censaria; id quod soluebatur 11 per centum, non soluant, sed solum censaria.
[5°1 Item de bestiis quas extrahebant extra Armeniam soluebant de equo biss. stauratos mr, et
de mullo biss. 11, de asino darem. v, de bove dar. mi, et dr. 1, de montono dr. x, de corio bufali
dr. vi, de corio bouino dr. vi. Istas dictas dricturas non debeant soluere. Et omnes gallinas et oua
que emant et extrahant, non debeant soluere dricturam. | |
[6°] Et illos arboragios quos accipiebant abillis ad f[ajuces dr. 11 pro omni arbore, non debeant
accipere ab illis; specialiter bestie, id quod emunt, quod non debeant soluere nisi censariam.
[7°] Et ferrum ubi emunt, non debeant soluere nisi r per centum. In passagiis barcarum decbeant
soluere dar. 1 de sauma.
[8°] Et hec, lanuensis quod furetur et sit latro de qua lingua uelit, et rauba inueniatur, quod non
debeant accipere terzarcam ÿ.
[9° Et de mercatoribus, quando ueniebant, aperiebant eis capsias et scribebant eorum raubam;
non debeant aperire eorum capsias nec sigillare, nec scribere eorum raubam.
[10°] Et pro Januensibus mercatoribus qui non cognoscantur © quod sint Januenses nec filios
lanuensium, consul, cum suis bonis hominibus, debcant uidere probas si est Januensis vel filius
lanuensis, et mittat suum nuncium cum suo baculo ad pasidonum, quod debeant ipsum expedire
ad presens, et quod debeant scribere nomen consulis et testium in nostra curia. Et in eo quod ipsi
retinebant raubam mercatorum ’, quousque ibat apud Tsso (Tarsso) ad passidum, ad apportan-
dum literas ad mirabam, non debeant retineri. |
[11°] Et si fanuensis decedat sine testamento, quod nostri ufficiales® non debeant ponere manus
in suis rebus, sed comune debeat accipere suas res et facere secundum consuetudinem eorum.
[12°] Item, de passagio quod debent soluere inter Ayacium et Gogulat, sit in ista maineric”;
quod dent de serico, de sauma gamelli, dar. xxv, et de pannis de seta, de sauma gamelli, dar. xxv;
et de endico et de speciarum !°, pretcr de pipere, gingibere et de brazili, dent de sauma gamelli
dar. xxv, et de sauma muli dar. xvr, et de sauma asini dar. xv1; et de pipere , zimzimbre et bra-
zilli, de sauma gamelli, dar. xx; et de omnibus pannis, qui inde exeunt, grossi et subtiles, et omnes
telle que exeunt inde, grosse et subtiles, soluant de sauma gamelli dar. xx; et iste dicte res quæ
soluunt dar. xx de sauma gamelli, soluant de sauma muli dar. xv, et de sauma asini dar. xu. De
cotono, de zucharo, de argento uiuo, de corallo, de stagno, de ramo et de omnibus aliis rebus,
dent de sauma gamelli dar. xv, et de mulo dar. x11, et de asino dar. ix. De sapone, de sauma
gamelli dar. x, de sauma mul dar. vin, de sauma asini dar. var.
[13°] Et penes hec nullus habeat segnorias de illis qui sunt obedientes nostro regno, nec de ma-
gnis nec de parvis, contra nostrum preceptum regale contradicere, nec comuni lanue forciam
facere, nec destinenciam nec dricturam petere; sed in illa manerie debeant remanere stabiliter
sicut precepimus. Ideo donamus nostrum altum preceptum regale et nostrum nobile privilegium,
et per specialem certitudinem posuimus scriptum de manu nostra, sicut consueti sumus scribere,
ja m° Armeniorum pcc°xxx° vII°, in pro m° u°,in mense decembri, die xx: et est confirmatum
voluntate Dei.
Scriptum fuit per manum Attoni cancellarii, servi Dei et sancti regis, qui fecit hoc donum.
[14°] Item, si aliquis Januensis qui sit habitator terre et accipiat uxorem et accipiat heritagium
cum uxore, ex parte uxoris sue, vel qui habuerit in donatione, et ipse decesserit ab intestato et
1 Quos, copie Castelli. 6 Recognoscantur, cop. Castelli.
? Lisez dabant. "7 Mercatoris, ibid.
3 Lisez soluebant. ° 8 Officiales, ibid.
* Accipiebatur, cop. Cast. * In istam mayneriem, ibid.
5 Tzarcam., tbid. 1 De speciarns, ibid.
7153
CHARTES ARMÉNIENNES.
sine herede, omnes sue res res preter heritagios debeant reddire in manus comunis, et heritagium
debeat reddire in manus cuie (curie ).
“+ LEO, rex Armenie.
De Ossino proximo sciatis, honorate capitane pasidonii de Ayacio barono Pagorano et Bedrois
camerlingo et scribe, quod rex, Deus sibi det vitam, dedit privilegium honorabili comuni
Janue, et sicut vobis stabilitum est quod non deberetis expedire aliquem qui haberet privilegium,
ipsi portaverunt michi privilegium, et legimus illud et intelleximus, et precepimus quod esset scrip-
tum nobis; illi portant vobis privilegium; precepimus vobis quod debeatis accipere et intelligere
et facere scribi vobis, et duca similiter debeat scribere sibi, et debeatis facere sicut precepi, ut est
preceptum in privilegio!. |
AL or) url o? AU Lu
Ego Rollandinus de Richardo sacri palatii notarius hoc exemplum |scripsi |.
TRADUCTION DU TEXTE ARMÉNIEN.
[Au nom du Père, du Fils et] du Saint-Esprit. Amen.
Ceci est notre ordre royal sublime, et le privilége confirmatif [émané] de Léon, vrai serviteut
de Dieu, et par sa grâce et sa miséricorde, roi de toute l'Arménie; privilége que nous avons octroyé
à la commune des Génois, à la requête du recommandable et discret seigneur, l'honoré vicaire de
la commune de Gënes outre-mer, et le parfait et fidèle ami de notre Royauté, sire Benoît Zacharie.
En ce qui concerne les marchands génois, la règle à suivre à leur égard est la suivante
[1°] Et d'abord dans les villes qui sont en notre pouvoir, les droits de douane et les taxes se-
ront sur le même pied qu'à Aïas, à l'exception des lieux spécifiés dans ce privilége. Toutes les
choses qu'ils vendront au marché ou chez eux, sous l'inspection de l'officier préposé au cens, ne
payeront rien autre que ce cens; le vin qu'ils débiteront au tonneau ou au broc, ainsi que l'huile,
au tonneau ou à la jarre, denrées qui ne se pèsent pas, n'acquitteront d'autre droit que le cens, fixé
à une drachme nouvelle par tonneau.
[2°] Les esclaves qu'ils achètent ici et qu'ils exportent, et qui sont frappés d'une taxe, n'en paye-
ront plus; mais, s'ils achètent des esclaves chrétiens, ils fefont le serment de ne pas les vendre à
un musulman, ou à toute personne qui aurait l'intention de les revendre ainsi
[3°] Quant aux droits sur le bois, fixés à raison de 18 deniers par barzounag, de 4 deniers par
filakh, et de 13 deniers par double filakh, et en outre le droit de 1 pour cent, ce dernier impôt
sera aboli, mais le premier maintenu.
[4°] Le froment et l'orge qu'ils apportent par mer, et qui sont taxés à 4 pour cent, avec le cens
en plus, ne payeront plus les 4 pour cent, mais le cens seulement.
[5°] Les bêtes de somme qu'ils achètent ici et qu'ils exportent, et qui sont taxées ainsi qu'il suit
un cheval ou un mulet, 4 besants staurats; un âne, 5 drachmes nouvelles; le gros bétail, 3 nou-
velles drachmes, 1 denier; une brebis, 4 deniers; une peau de buffle, 6 denicrs; une peau de
bœuf, 6 deniers : tout cela sera affranchi de tout droit. Il en sera de même pour la volaille et les
œufs qu'ils achètent ici et exportent.
[6°] Le droit de mâture que l'on percevait d'eux, à l'embouchure des rivières, à raison de deux
drachmes nouvelles par mât, est supprimé.
Pour toutes les bêtes de somme qu'ils achéteront, ils n'acquitieront rien de plus que le cens
[7°] Le fer, dans quelque lieu qu'il soit acheté, ne payera que 1 pour cent
Pour le passage des embarcations, là où elles traversent, il ne sera perçu que la moitié d'une
drachme nouvelle par charge.
[8°] Si des objets appartenant à un Génois sont dérobés, quelle que soit la nationalité de VO-
1 Voir, pour l'explication des titres mentionnés et des fonctions qu'ils désignaient dans la hiérar-
| chie administrative de la Petite Arménie, notre In-
dans ce paragraphe, æpéËuos, proximus, capitanus
ou capitaneus pasidonii, et duca où connestabuli-ducha, troduction, p. LxxvI, LxxIx et xci-xcu.
99
HisTor. ARM. — I.
754 CHARTES ARMÉNIENNES.
leur, et le lieu où les objets volés seront FRONVER on n'exigera plus le tiers [de la valeur de ces
objets].
[9°] Les marchands qui, en arrivant, doivent ouvrir leurs caisses et faire enregistrer ce qu'elles
contiennent, ne les ouvriront plus à l'avenir; on ne marquera et on n'enregistrera plus ces caisses.
[10°] Si un marchand génois n'est pas connu comme Génois, fils de Génois, le consul, assisté de
ses prud'hommes, vérifiera s'il est réellement Génois et fils de Génois; il enverra son nonce muni
de sa baguette à la douane. [Nos officiers] seuls donneront à cet homme la libre pratique et consi-
gneront dans notre divan les noms du consul et des témoins; et comme on retenait les effets de ce
marchand, jusqu'à ce qu'il fût allé à Tarse et qu'il en eût rapporté un écrit pour le garde du port,
on ne les retiendra plus.
[11°] Siun Génois meurt ab intestat, nos officiers ne mettront pas la main sur ce qui lui appartient;
mais c'est la commune qui le prendra et qui en disposera, suivant la loi qui la régit.
[12°] Les droits qu'ils payent pour le transit d'Aïas à Gouglag seront ainsi réglés :
La soie sera taxée, par charge de chameau, 25 drachmes nouvelles;
Les étoffes de soie, par charge de chameau, 25 drachmes nouvelles;
L'indigo et les épices, à l'exception du poivre, du gingembre et du bois de Brésil, payeront, ainsi
que tout le reste, par charge de chameau, 25 drachmes nouvelles; par charge de mulet, 19; par
charge d'âne, 1 6.
Quant au poivre, gingembre et bois de Brésil, le tarif sera de 20 drachmes nouvelles par charge
de chameau;
Les draps d'Europe qui seront apportés ici, gros ou fins, toutes lestoiles de coton, grosses ou fines,
payeront, par charge de chameau, 20 drachmes nouvelles; et tous les articles qui payent 20 drachmes
nouvelles par charge de chameau, en supporteront 15 par charge de mulet et 12 par charge d'âne.
Le coton en rame, le sucre, le vif-argent, le corail, l'étain, le cuivre et tous les autres articles
seront taxés à raison de 15 drachmes nouvelles par charge de chameau, 12 par charge de mulet,
9 par charge d'âne.
Le savon, 10 drachmes nouvelles par charge de chameau, 8 par charge de mulet, 7 par charge
d'âne.
[13°] Dès à présent et dorénavant, que dans notre royaume aucun de nos sujets, grands ou petits,
ne prenne la liberté de contrevenir à notre ordre royal sublime, de faire violence ou des vexations
à la commune des Génois, d'en exiger d’autres redevances ou droits; mais que tout reste solidement
établi comme nous l'avons prescrit.
C'est pourquoi nous avons octroyé notre ordre royal sublime, et notre honorable privilége, et
pour le confirmer nous l'avons revêtu de notre sublime signature accoutumée, en l'année 537 de
l'ère arménienne, 2 de la petite ère, le 23 du mois de décembre.
[Cet acte] est confirmé par la volonté de Dieu.
Écrit par les soins diligents du chancelier Héthoum, humble serviteur de Dieu et du saint roi
qui a octroyé ce privilége.
[14° Article additionnel.] Si un Génois domicilié dans notre pays possède un patrimoine prove-
nant du chef de sa femme, ou d'une donation faite par notre Royauté, et meurt ab intestat et sans
héritier, tout ce qui lui aura appartenu, à l'exception de ce patrimoine, sera dévolu à la commune,
et le patrimoine sera attribué à [notre] cour.
IT.
PRIVILÈGE DU ROI ÔSCHIN EN FAVEUR DES MARCHANDS DE MONTPELLIER.
(7 janvier 1314.)
La perte des colonies d'outre-mer, enlevées définitivement aux Franks sur la
fin du xur° siècle, avait porté un coup funeste au commerce qu'ils entretenaient
dans cette partie du bassin de la Méditerranée, mais ne l'avait pas détruit entière-
ment. Sur la foi des traités conclus avec les sulthans d'Égypte, devenus maîtres
de la Syrie, les nations de l'Europe méridionale, adonnées au trafic du Levant,
es Se
CHARTES ARMÉNIENNES. 755
continuèrent de fréquenter le port de Saint-Jean-d'Acre et les autres places si-
tuées sur le même littoral. Leurs relations avec les deux royaumes chrétiens qui
reslaient encore debout, Chypre et la Petite Arménie, furent resserrées et se
multiplièrent par suite des événements qui avaient livré la Syrie aux mains des
infidèles. De leur côté, les souverains arméniens, jaloux de ranimer chez eux le
commerce compromis par les incessantes invasions des Éyyptiens et de raviver
cette source de prospérité nationale et de revenus pour leur trésor particulier,
les souverains arméniens redoublérent d'efforts pour attirer les marchands de
l'Europe, en leur accordant de nouveaux dégrèvements sur les tarifs de douanes
et de ‘plus larges immunités. C'est de cette pensée que procèdent les deux chartes
suivantes, dans lesquelles le droit de quatre pour cent qui frappait les importations
et les exportations des peuples qui n'avaient pas obtenu le bénéfice de capitula-
tions spéciales est réduit en faveur des Moutpellierais à deux pour cent.
Elles corroborent ce que nous apprend d'Aigrefeuille dans son Histoire de
Montpellier, que les marchands de cette ville étendaient leurs opérations jusque
dans la Cilicie. La preuve de ce fait résulte aussi des indications de Balducci
Pegolotti qui, dans son traité de la Pratica della mercatura ', donne l'équivalent
des poids et mesures de Nîmes et de Montpellier avec les poids et mesures de la
Petite Arménie. Dom Vaissète? parle, d'après divers documents, de la concur-
rence que, dans la première moitié du xur° siècle, Marseille et Montpellier se fai-
saient dans les échelles du Levant, et principalement dans le port de Saint-Jean-
d'Acre, et de la guerre que cette rivalité occasionna entre ces deux villes.
Les archives de Marseille renferment un privilége accordé en 1236 par le roi
de Chypre, Henri l*, fils de Hugues I‘, aux marchands de toute la Provence,
parmi lesquels figurent ceux de Marseille et de Montpellier, et où l'on voit que
leur commerce embrassait l'île de Chypre et s'étendait jusque dans les ports de
la côte méridionale de l'Asie Mineure, dépendant «del Soltan del Coine (Ico-
«nium)°. » D'autres pièces, en date de 1345, 1352, 1361, 1363 et 1365 prouvent
pareïllement que ceux de Montpellier entretenaient d'actives relations avec
Chypre. Dans celle de 1365 il est dit qu'ils avaient à Famagouste un consul «et
« deux, trois ou quatre bastonniers ou sergans, portant leurs bastons, avecques
«les armes du comun de Montpellier, et une loje (bourse), avecques lez armes du
«comun de Montpellier, pour illec tenir leur place et faire leur volunté”.
L'année arménienne 763 s'ouvrit le 2 janvier 1314; par conséquent notre
charte, qui porte le quantième du 7 janvier, est du sixième jour de cette année,
la septième en cours du règne d'Oschin.
(Archives municipales de Montpellier, grand charirier, armoire À, cassette 17, n° 12.
— Publié dans mes Recherches sur la chronologie arménienne, t. Î*, p. 187-191.)
Recto Pl Bauqannpuluit pupäp $pudistug phenwaghe, uuwprl [Le bu Sub un[np.
“fl ]no, np Yne$uwdEup np Urencgbrgh Ju Xwnuilquilp, qup ut h dEp w)luwnpu
b YU yes az qnp jee gh b Shen quiu ne qui fr JuXiwneuljatne het hi dép avnneuwuduuum
# M. Germain, Histoire de la commune de Mont-
P: 47. pellier, 3 vol. in-8°, Montpellier, 1851, t. Il, pièces
2? Histoire générale de Languedoc, liv. XXVI, justificatives, p. 503-511; et M. de Mas-Latrie,
ch. xxx1 et xcix, éd. Du Mége,t. VI, p.ioret159. Histoire du royaume de Chypre, t. I], documents,
3 M. Louis Méry, Histoire de la commune ee Mar- p. 208, et ibid. note 1, et p. 219, 220, 233, 250
et 268.
seille, t. I*, p. 419-420. |
99.
1 Apud Pagnini, Della Decima di Firenze, t. WT,
156 CHARTES ARMÉNIENNES.
apbuwpps fl jus, vuy abebte ge 4bpande un faut f JU juuny payent, ap
b Suufubju b fr qgübju b Supnpu bpynzp déu ou. bgbpu\.pbq Suduiup. h dES flv QU,
bnp V>: |
| UC AL L Wd*h
Verso. fn let LSetiulug un[apelul] nubu qfumughe, be Brçne \hpuybug , VU jun
po#anuilih qiluwenp, np awnbniu q{waqunpfiu à Engpuug® pupènp Suuhuitpu, ne fpnr
b paydinuitu bPubEpu, nc wpuy ap quewd E ne Swudiud hr dhkuuyy n ES:
R°. En vertu du commandement sublime du Roi,
Sache, baron Oschin Ehanents, proximos, que nous te donnons l'ordre suivant :
Les marchands de Montpellier, tant ceux qui résident dans nos États À Aïas que ceux qui, dans
ja suite, iront et viendront pour trafiquer daus notre pays gardé par Dieu, jouiront à Aïas du pri-
vilége suivant : à la douane de cette ville, sur les marchandises qu'ils vendront ou achèteront, ils
payeront deux pour cent seulement. Aie ceci pour entendu.
En l'année 763 de la grande ère, le 7 janvier.
OSCHIN , Roi.
Ve. De la part de moi, Oschin Ehanents, proximos, sache, sire Thoros Mikhaïlents, préposé en
chef de la douane d’Aïas, que tu aies à recevoir le commandement sublime signé de la main du roi
et à le faire exécuter aux balances de la douane; et agis en conséquence de ce qui est relaté et
prescrit d'autre part.
IL.
CONFIRMATION DU PRIVILÈGE PRÉCÉDENT PAR LE ROÏI LÉON V, MINEUR,
ASSISTÉ DE SES DEUX BAÏLES , RÉGENTS DU ROYAUME.
(16 mars 1321.)
Léon V, âgé de dix ans, venait de succéder à son pére Oschin, sous la tutelle
d'un conseil de régence, composé d'Oschin, comte de Gorigos, de Héthoum,
chambellan, seigneur de Nigrinum “, et d'un autre Héthoum, sénéchal, et aupa-
ravant connétable d'Arménie. Les affaires de l'État allaient de mal en pis; les
troupes du sulthan Mélik-Nacer étaient venues l'année précédente porter le ravage
sur le territoire de Sis; cette année elles retournèrent mettre le siége devant Aïas. Le
connétable Constantin, seigneur de Lampron, et le baïle Oschin, les repoussèrent
d'abord; mais les infidèles, s'étant adjoint les Turks de l'Asie Mineure, prirent cette
ville, et après l'avoir livrée au pillage, en détruisirent la forteresse et les remparts.
Dans l'intervalle, les régents avaient envoyé implorer Abou-Saïd, khan des
Mongols de la Perse, pour qu'il leur envoyät un secours de 20,000 hommes et
interposât sa médiation auprès du sulthan. Mais avant que les auxiliaires tartares
1 Ce mot, qui diffère sensiblement du dialecte
vulgaire moderne, est la 3° pers. sing. du futur du
verbe substantif #quvky Où kquuf, étre; en armé-
nien littéral, &rkab.
2 Faute d'orthographe du transcripteur de la
chancellerie arménienne, pour 44atqpus.
S Les deux signatures qui suivent, au bas de
cette pièce, tracées en lettres enchevêtrées et en
. abrégé, sont indéchiffrables.
à Qualifié, dans l'état nominatif de quelques sei-
gneurs et princes d'Arménie {Voy. Introduction,
p. LxxxXIN-LXxxIV), de Aytonas dominus Nigrini, ca-
petanus curie regis Hermenie, sous le règne d'Oschin,
et de camberlanus et qubernator regni Armenie, sous
celui de Léon V.
5 Aytonus conestabilis Hermenie, sous Oschin; se-
neschalcus regni Armenie, sous Léon V, ibid.
CHARTES ARMÉNIENNES. 757
fussent arrivés, Aïas était tombé au pouvoir des Égyptiens, et le patriarche Cons-
tantin, de Césarée, s'était rendu au Kaire, et avait obtenu du sulthan une trêve
de quinze années '.
Les troubles suscités par ces invasions étaient accrus pr le mécontentement
qu'avait provoqué le mariage de la reine douairière Anne avec le baïle Oschin,
oncle du roi précédent et par conséquent grand-oncle de Léon ; mariage contracté
“en violation des canons de l'Église arménienne ?.
C'est dans ces circonstances difficiles, qui paralysaient le commerce de la Cili-
cie, et dans l'espérance d'y voir revenir les marchands étrangers que Léon V
gratifia les Montpellierais de ce nouveau privilége. Cet acte est de la première
année de son règne; si la signature du baïle Oschin ne s’ y trouve pas, c'est que,
dans ce moment, il était éloigné de la résidence royale et engagé avec le connétable
Constantin dans la lutte contre les Égyptiens.
La manière dont cette charte est datée mérite notre attention. A l'année de la
grande ère arménienne 770 (30 décembre 1320-29 décembre 1321) est jointe
l'année 4 d'une ère gp, mentionnée sans autre désignation spéciale. C'est l'indic-
tion constantinopolitaine qui avait cours dans la Petite Arménie et qui, dans le
style de la chancellerie royale de Sis, était appelée tantôt et simplement pu, ère,
comme ici, tantôt pnpp Bnwkwu, petite ère, comme dans l'acte de 1288, et parvus
millesimus dans l'expédition latine de cet acte, ou bien encore fésnfpnhré Snnmg,
indiction des Romains, c'est-à-dire indiction grecque, comme dans le privilège ci-
après n° 4.
[Mème source que le numéro 2.]
Recto. x fOrwquenputuiu pupäp Spudañuug ghumwghp, qspot Aéunpnu wn[apuhn)]u,
op (J'etengbpgh Juriunwqupt phpfu wn dhg quijv Sud, pu, np JEp h +fiphumne
Suulnrgbuy Supt & apopebby bpbtg, np nbuwp. np hpbue, gnp Yt k yen TE nf y]
qi fr SE ne fe $Ean dEp wunnudamul$ w]2fnuppu by jus br fuMiunuuine het, au
bb ne huit blue pod k ju Supyp bpyre dé uit dE fou
die, me 4uSudie ba ve abebe b deuy ue Safugé nus quSbe °p Jp Sue &
upelt bebg. babe eh Sudñip. JO & dopeort, BV, ES 4 2
Logbk br ubebe quote app:
Verso. [J'Ete bn pudiqpuÿu ne D a ufuhÿEuu Suukgnegue qujunp pui
Fugdepfi:
EF SLGNRT + SLR
lb A éswpnu ... "bug sn [rpuhl Jeubu qhinwghp, auprv Qrouuvy, CU un) eut.
aoublh qluwnp, np wabn,p Bwgdnpht XEnbepug puwpäp Saodisup, np auubpu Vd JEquyg
a6$'u àEnbepl Lone onnep gts becydanitu hp Pufdbpu, ne wjubp npyku Sunliud Ek kb 4
ay RES:
R°. En vertu du commandement sublime du Roi,
Sache, baron Bedros, proximos, que les marchands de Montpellier nous ont remis le privilége
que notre père défunt en J. C. leur avait concédé, privilège que nous avons vu, et [qui porte] que,
d'Ohsson, Histoire des Mongols, t. IV, p. 664-665.
2? Antonin de Forciglioni, archevêque de Flo-
rence, dans sa Summa historialis, titul. XXI, cap. v,
t. III, fol. cr v° et cu r°.
Ÿ babsé.
l Aboulféda, Annales, ad ann. 719 et 721; Con-
tinuation de Sémpad, ad ann. 769 et 770, ci-des-
sus, p. 666-667; Continuation de Samuel d'Ani,
ad ann. 770-771, ci-dessus, p. 467; Tchamitch,
Histoire d'Arménie, V, xxxix, t. III, p. 320; cf.
758 CHARTES ARMÉNIENNES.
sait à Aïas, soit dans loute autre partie de notre pays gardé par Dieu, où ils iront et viendront pour
le commerce qu'ils font à Aïas, ils nous payeront comme droits, à la douane de cette ville, sur les
marchandises qu'ils achèteront ou vendront, deux pour cent seulement. Nous t'enjoignons de veiller
au maintien du privilége que notre père leur a accordé. Aie ceci pour entendu.
Le 16 de mars, 4° année de l'ère, et 770 de la grande ére.
Fais mettre cet écrit en forme de privilége.
Ve. Nous, Héthoum, chambellan, et Héthoum, sénéchal, nous avons notifié les ordres du Roi.
+ Signé, HÉTHOUM, + Signé, HÉTHOUM.
De la part de moi, Bedros, . .. .proximos, sache, baron Gosdants, préposé en chef de la douane
d'Aiïas, que tu aies à recevoir le commandement sublime du Roi, signé de sa main, et que les
baïles ont contre-signé, à le faire exécuter aux balances de la douane, et à agir comme il est pres-
crit d'autre part.
en IV.
PRIVILÉGE ACCORDÉ PAR LÉON V AUX SICILIENS.
(24 novembre 1131.)
Léon V, en montant tout jeune sur le trône, avait été marié à la fille du baïle
Oschin. Quelques années après, s'étant brouillé avec son beau-père, il le fit arré-
ter, ainsi que le frère de ce dernier, le baron Constantin, connétable, seigneur de
Lampron, et les fit mettre à mort. Il envoya la tête d'Oschin au sulthan d'Égypte,
Mélik-Nacer, et celle de Héthoum au khan des Mongols de la Perse, Abou-Saïd”.
Le continuateur de Sëmpad, en racontant la fin tragique des deux frères, nous
laisse entrevoir le prétexte purement politique qui la détermina”. Léon ne sen
tint pas là ; 1l enveloppa dans sa haine contre la famille du baïle sa propre femme,
et la fit périr en l'accusant d'adultère. Devenu veuf à l'âge de dix-neuf ans, il
épousa Constance, autrement appelée Éléonore, fille de Frédéric IT, roi de Si-
cile, et veuve de Henri II, roi de Chypre, princesse dont ce même continua-
teur vante les qualités dans un langage que l'on peut très-bien prendre pour une
flatterie officielle et de commande.
. C'est à l'ocçasion de ce second mariage et à la sollicitation de son nouveau
beau-père que Léon concéda aux marchands sujets de Frédéric le privilège
suivant, qui les admit dans le royaume de la Petite Arménie sur le même pied
que les nations les plus favorisées.
Je dois ajouter quelques observations sur fi manière dont la date est énoncée.
L'année 780 de la grande ère arménienne (29 décembre 1330-28 décembre
1331) concorde avec l'indiction grecque qui fut xv à partir du 1° septembre
1331, et dans laquelle est compris le quantième mensuel, 24 novembre. L'unité
de moins sur le millésime de l'incarnation {1 330) s'explique par la circonstance
que, dans un acte fait en faveur des Siciliens qui allaient commercer dans la Ci-
licie, le rédacteur a dû employer, pour l'ère de l'incarnation, le comput de ces
derniers suivant le style florentin; ce style, qui ouvrait l'année à l'Annonciation,
le 25 mars, était, comme on le sait, en retard d'une année sur le style pisan. L'un
et l'autre furent usités au moyen âge dans les royaumes de Naples et de Sicile. La
date de notre privilége est donc réellement 24 novembre 1331.
1 Tchamitch, Fist, d'Arménie, V, xui, t. I, p. 333. — ? Ad annum 778, ci-dessus, p. 670.
CHARTES ARMENIENNES. 759
[Archives de Messine, parchemin , hauteur 3 pans, &43 ; écriture ronde dite polorkir, paynpætr: l'en-tête, la date
et la signature du roi en majuscules £r4wf@wabp (écriture de fer). — Publié par le P. Léonce Alischan dans
la Revue des RR. PP. Mékhitharistes de Saint-Lazare, à Venise, intitulée fRRwgdivfkæ Polyhistor, livraison du
15 mars 1847, p. 92-94: par M. V. Langlois, dans les \élanges asiatiques, tirés du Bulletin de l'Académie
impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, L. IV, p. 649-666, année 1862, et dans le Trésor des chartes d’Ar-
ménie, p. 185-190.]
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[CU] Ve costs wqunnne fe, ap abs b SE nEv b JErhbes dinglt, L qfus np dep herbe
Pb nn Sub ne wuuEt , y abus Qué ne dub h dep pig Suunep une mu u , Lu]
qujh np Yobn.p dth uit h Swphephku Eplns. op awebh fpuncup saut, Baup hplugu:
L qu U Lobnp sdintE qubEU ne daufubu, wqun ju fEujh sg <Siuplyuug
> quyb fret 42Enps æ (a que [UE Er J ju wgg Sup
Pparcubg , qupe b udèwupsE pu, np udowpskp dé unit:
ré,est l’italien re, « roi », transcrit tel que les Armé-
niens l’entendaient prononcer par les Siciliens, tan-
dis que dans les mots européens qui se sont glissés
dans leur langue au moyen âge, c'est en général
la forme française, provençale ou celle du dialecte
italien en cours dans l'ile de Chypre, qui prévaut.
$ fuvgpncwëwpt lapsus du copiste primitif; 1l
lire dl Le L'ope afvk dép quing ke, traduc-
tion de la phrase : « omnibus præsentibus pariter ac
« futuris». Cette phrase revient encore plus bas et
montre que la chancellerie arménienne prenait
pour modèle les formules européennes.
2 Pak ue fu; il y a dans le texte du R. P. Alis-
chan pa t-Bwn4uy, leçon qui prouve qu'il n'avait pas
reconnu ce nom propre, écrit ici sous la forme d'un
génitif. Cette leçon a été répétée par M. V. Langlois,
dans les Mélanges asiatiques de l’Académie de Saint-
Pétersbourg, puis corrigée en pet Dep4y dans son
Trésor des chartes d'Arménie. Cela vaut mieux sans
doute, mais la véritable restitution est pa £ Que 4uy ,
la forme du * que l'on avait d’abord cru apercevoir
dans l'original conduisant nécessairement à supposer
un à (r fort) et non un (r faible). Le nominatif est
pen Danhh, ré Fèdèrik « le roi Frédéric ». Le motpnk,
faut lire Hg pne spy.
* Pargwk, rèzag; arabe Gf,,f, pluriel de 5,
choses nécessaires à la vie, provisions, aliments; ici ce
mot est pris dans le sens d’effels mobiliers, vestiaire,
ou plutôt de marchandises.
5 mubvuy, en vulgaire moderne, #.%f# dans la
langue littérale, is ont, ils possèdent.
Uwpste, sèmsarichék, autre forme du mot
“wdopsEe, samsèrtchék, «censaria ». (Voyez charte
n°1,p. 748, note fi.)
760 CHARTES ARMÉNIENNES.
leu diu}, ap aug un Yu wep g&duf* diupn. Geo papqul swntmu $bin fu.
péage, npubu Uhéfibet finobe ne 4 qaih nf wub uyjuubu us Yepgpbl qhep wqu.
ne fau jun fanbuñiu :
(NT 0e RE que job ke dép JEckboes SE Eghose ES fiber, Qu np délit Su dupe
Éof led pue y wgg Qu wpfut, Kong hourmtgt LE quinuunnit & dE qepauis
pe ee
[TD BE US uit auulpoune et bb fr dep Ephhos onedrerÆuit k qu Bufunnis,
BE enepxbus joh dép qu pubfs Ephohe, op 60 46% Upuët fe quwpaust ne quiulun,
Le jaguiuk ghep QE qnp bot wpuS (Ubu, buy qupepout 4esk FE WESbthatgt qe] quim
bp Eplbes np 4Etuy, ne WE hbañniu Swumuut quuvluunne fut, gen web juft wÿu
fupqoh. jujodud VS fyhañt aupufu np 4 plu Bunker jene ht b WStihuït, P4 uyu
be dupe be Bjee bg aju fun up b Sagag 46 pue, ne uluune ii ayu_
Eunb Poe: ep aout ph dp Sudgkpneffut, Qunl pre lé qËt qne qu juf, fuul
aEVE wbnqu, np qu Joph que wpuS juhe ne [DE aEUfu wunqt dEnbur (ufr, toy ytushgt
want, nqrplu Qbbt qhus wpeuS jüfiu. ne (4 yEre Jhdes (ob fou Gb VStibuïvg
USE fus brought sae ch ab lol aie qu, fs VS eyEghet quiu sEphbes est fi,
ep Luptt qEuu qop pie Fu Sur Jp plat swgu, ep 4Egbdh F rapauu :
M] Le tobte (bokgh un? pubs VEhiheñet-rne be Vétrbet, US tihuñt regle,
2p.p Et npe quing EU, pau jufr, usb cel deg Susunnupdannne [ft ", L ju dép
wnuiiquenugt, jh L jayukhg JE pape L'utupuun bp b Surinam fui
bephuitg debut lusprqn hui, k End L f gunliup, deg L dep JEphhou ,edht donne n.
qhañ jap bg op québdl, fe phuñtg el Yupnqnc fu <a annaplannm fbuñu wa ui
ah wg fuwphnrffbuis,
[Be] Geyel Stark sobf ap folvañtes [8 fet f urqure. np [dEuitu dép, wdEtuju Siuvquit.
eégbjngu, dlSudbduwug dis fr dnporbu, dép Buquiipuluit pupäp Spadüithu Sur.
nul be Qul pogehiliutqug Qu, Qu faune np L ufpéghur push UEhywbngt nd h
faubqne fu wnbty faul fpdhugih uekh Seupl qu fouet quSuit)E: ut rmugk
Soumunney edEtuuÿt, dj puun dhnÿk, opubu dEpn up Zne$E, wnuiug Sulqun En
nu dEpk :
COQ U ect ep qupehkgue fepbuñju qdEp pupäp 2ebqe ® L ZungSanop el.
l qudiiu, POUT wv qu dia ,en Vulgaire mo-
derne, au uuydlüiur., dans la langue littérale sous
cette condilion.
2 Q.Ep, kémni, datif de 44fv, kémin, où 4Edinuu,
kémounr, mème mot que qnedn%, koumoun « commun
« ou commune ». { Voy. charte n° 1, p. 748, note 1.)
$ Qupuumy, gh'alaba'; arabe àdS, compétition
ardente, latte pour s'assurer un avantage ou la vic-
loire, ici procès, contestation.
“ER Æp qupuuur, dans notre palais, c'est-à-dire,
dans notre haute cour, la cour du roi, curia regis.
(Cf. charte 1, p. 750, note à.)
Quuhunmy, MOt composé de Bwfur, EN armé-
nien vulgaire, wwfnr, en arménien littéral, cas,
en persan, trône, siége royal, et de emi%, Maison ;
littéralement : la maison du trône, c’est-à-dire, le pa-
lais du rot.
6 fRacpAku, pourdjés, bourgès; c'est le mot bour-
geois, sous sa forme provençale.
7 Quai, flan; arabe, JW, un tel ou tel.
* Il y a ici une faute qui provient, soit de l'ori-
ginal, soit de la copie d'après laquelle le P. Ali-
schan a établi son texte; il faut lire Wsh£gke « Sici-
«liens ».
9 fw, dans le texte du P. Alischan et de M. V. Lan-
glois; il faut lire £4, 3° pers. plurielle de l'indicatif
présent du verbe substantif 4, « je suis ».
10 Mot altéré; le P, Alischan propose la leçon que
j'ai aussi adoptée, ppkgkuy , «aimé, chéri».
1 Sucwwpdiuunnc hu, régulièrement, éwrw.
emule ff, « fidélité, sincérité»; cette leçon se
trouve répétée encore deux fois dans les lignes sui-
vantes, par conséquent elle doit être maintenue,
comme une forme peut-être particulière au dia-
lecte de la Cilicie. C'est donc arbitrairement qu'elle
a été remplacée par Sue unmwpdm-f@hy, dans le Tré-
sor des chartes d'Arménie.
12 Qeba, tchékegh', « sigillum »; même mot que
“ben, Sikegh', ubgby, sidchil. (Cf. charte n° 1,
P. 747. note 1.)
15 fubx, pèlvilidj, transcription approximative
du mot français privilége.
172022220020 mm mc mn
CHARTES ARMEÉNIENNES. 761
Jauqu uneeËt Samnunne[Bb uit atuqnkque dép] Huqunnpuuii pupdp bn.
grhuru, mn Yripbgue wrenchwkuit nef duejalu!, k uunu nubalt VounnSe. (hu:
Pogus E Pdekuño hat BopekEtwpe fiphounub greunft dEpay (SGA
b Suyeg ESwg Baifu D À, E grékerthe® Lonndig Qi, 4 jadibañi bi dtkph VV
bouñnbpn Bas Guñbu bphgutg* wpquSunnm bugs Yu Swnuyh Vue L
jorege Bugarnpft] ZuopSenb ego fEpinaphwr quel wgu :
FLN CPC CUUUESU SUGNE :
TRADUCTION.
Aa nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, véritable vivificateur. Amen.
Léon, fidèle en J. C. Dieu, et par sa grâce et sa miséricorde, roi de toute l'Arménie, fils du
défunt roi d'Arménie en J. C. Oschin [*, puissant et sublime, de l'illustre et excellente tige des
Roupéniens.
Nous vous faisons savoir, à vous tous, présents et à venir, que comme il était de règle et d'usage
pour les pieux souverains, croyants au Christ Dieu, nos bienheureux ancêtres, et [comme il l'est
aussi] pour nous, d'honorer tous les hommes, tant étrangers qu'indigènes, par des libéralités abon-
dantes, provenant des dons divins qui nous ont été si généreusement départis d'en haut, [et d'en
faire jouir] ceux qui viennent solliciter nos faveurs, d'après cela sont venus se présenter devant notre
Royauté les chers et nobles habitants de la Sicile, nous demandant d'étendre sur eux tous les dons
et les bienfaits de notre Royauté. De plus, en considération de l'amour que nous portons au glorieux
et illustre prince, roi par la grâce de Dieu, notre père magnifique, le roi Frédéric, et cédant aux
instances qui nous ont été faites, nous avons accueilli la requête des Siciliens; nous avons regardé
comme un devoir et comme convenable de leur octroyer ce qu'ils espèrent de notre Royauté et
qu'ils ont sollicité; nous avons voulu qu'eux tous, Siciliens d'origine et fils de Siciliens, présents et
à venir, soient tenus en affection, en honneur, protection et secours, dans leurs personnes et leurs
biens, de la part de notre Royauté et de nos sujets.
[1.] Pour tout ce qu'ils importeront par mer dans notre pays, et tout ce qu'ils en tireront et en
exporteront aussi par mer, pour tout ce qu'ils achèteront ou vendront dans toute l'étendue de nos
États, gardés par Dieu, sur toutes les marchandises qui se pèsent, ils jouiront d'une entière liberté,
en payant deux pour cent, rien de plus, leur faisant remise [de tout autre droit].
Les choses qui ne sont pas sujettes au pesage, et qu'ils achèteront ou vendront, seront affran-
chies de toute taxe et de tout droit, à l'exception du cens, qu'ils acquitteront seulement.
Il leur est imposé pour condition de ne pas se charger d'un navire étranger, d'un homme ou d'un
objet appartenant à une autre commune, pour les couvrir de la franchise, comme une provenance
sicilienne. Si quelqu'un est convaincu d'avoir violé cette clause, il perdra sa propre franchise à
Jamais.
la charge de Père du Roi (wp.puySwp, Baorheométwp),
dans le texte de M. Langlois {Mélanges asiatiques de
l'Académie de Saint-Pétersbourg, p. 660, et Tré-
{ion. sor des charles d'Arménie, p. 190). Mais comme le
Ÿ pubpn fiv, au lieu de pavgskpni hi, di- nom de Père du roi n'était donné qu'au tuteur d’un
« gnité de chancelier +; guwgskp, dchantsler, conme jeune souverain, et que Léon V, à l'époque où il
transcrivent les Arméniens. signa le privilége en faveur des Siciliens, était de-
8 Quvtu hphgwug, Anès iritsants, littéralement,
Joannes presbylerorum, Jean des Anciens ou des Pré.
tres. ‘Anès est bien le nom Jean, comme le prouve
la transcription latine de ce nom, dans un privi-
lége accordé en 1333 par Léon V aux Vénitiens
et où l'on retrouve le même personnage investi des
mêmes fonctions : sub cancelerala honorabilis viri
l'aocyo , au cas instrumental de fi, voul,
« bulla », 1CI, aukh guet, chrysobulle.
2 yroberubs, pour k ypvgheubrubu, dans l'indic-
puis longtemps parvenu à sa majorité, il est évi-
dent que cette seconde leçon est impossible. La
première, sous le règne de Basile, est absurde.
qu Swnwh Uunnc&ny L junpénah…. le texte
est ici complétement inintelligible par suite d’une
lacune, et les précédents éditeurs n'ont pu y décou-
vrir aucun sens. J'ai complété la phrase et rétabli
la véritable lecon, à l'aide du privilége de 1288
(n° 1}, qui se termine par une formule tonte sem-
blable.
domini Joannis.
$ QrpewnHBbuv, sous le règne, dans le texte du
P. Alischan; wppuwyS&wpne@ bu, durant l'exercice de
HisTor. ARM. — ]. 96
762 CHARTES ARMÉNIENNES.
[a.] Si un procès s'engage dans notre pays entre deux Siciliens, ou bien dans lequel un Armé-
nien ou un homme d’une autre nation ou d'un autre sang sera engagé, l'affaire et le jugement res-
sortiront de notre palais [haute cour].
[3.] Si un Sicilien commet quelque dommage dans notre pays, soit contre le peuple soit contre
notre couronne, {el si la personne lésée] est un de nos bourgeois ou un habitant de la campagne,
et quelle vienne porter plainte à notre palais [haute cour] et dénoncer le dommage qui lui a été
occasionné, la cour mandera tous les Siciliens résidant dans notre pays, et avec eux eHe constatera
Je dommage que l'on a fait éprouver à cet homme. Alors les Siciliens devront écrire et expédier
en Sicile un rapport constatant qu'un tel, dans un tel lieu, a causé préjudice à un tel d'entre les
Arméniens, et indiquant le chiffre de la perte. Un an de délai sera accordé pour que l'on envoie
l'indemnité due, ou l’auteur du dommage, venant pour donner réparation. S'il est mort, on prendra
+
sur ses biens et l'on enverra ce qu'il doit. Si, après que cette notification sera arrivée aux Siciliens en
Sicile, ils laissent écouler une année sans envoyer l'indemnité ou l'auteur lui-même du dommage,
tous les Siciliens résidant en ce payÿs-ci seront contraints de payer pour le tort que leurs compa-
triotes ont fait à nos nationaux, et cette indemnité sera déposée à notre palais (haute cour).
[4.] Nos bien-aimés résidants Siciliens, d'origine sicilienne, fils de Siciliens, présents et à venir,
seront tenus de nous garder fidélité, et, après nous, à nos successeurs, dès à présent et à l'avenir;
une affection et une fidélité droites et pures, autant que faire ils pourront, sur mer comme sur
terre, envers nous et notre pays et toute la nation, partout où ils se trouveront, montrant de
leur mieux cette fidélité sans y mêler un grain de tromperie.
[5.] Dorénavant que personne, dans notre royaume, d'entre nos sujets, depuis les plus grands
jusqu'aux plus petits, n'ose contredire ou empêcher notre ordre royal sublime, faire violence ou
vexation aux glorieux et chers résidants Siciliens, ou bien exiger d'eux des taxes ou droits au-dessus
[de ce que nous avons fixé]. Mais que tout ceci, et chaque chose en particulier, reste stable, de la
manière dont nous venons de le prescrire gracieusement ci-dessus, et à l'abri de toute contestation
de la part de qui que ce soit.
[6.] C'est pourquoi nous leur avons octroyé notre sublime charte et glorieux privilège, et pour
donner [4 cet acte] une plus grande confirmation, nous l'avons revêtu de notre sublime signature
royale et scellé de notre chrysobulle royal, pour la gloire de Dieu incréé.
Écrit en l'an 1330 de l'incarnation du Christ, notre espérance, 780 de l'ére de la Grande Ar-
ménie, indiction grecque XV, 24° jour du mois de novembre, Jean des Prêtres étant chancelier,
et par les soins diligents de Basile, serviteur de Dieu [et du saint roi] qui a accordé les grâces sus.
énoncées.
Signé, LEON, roi de toute l'Arménie.
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INDEX.
I.
, COLLECTIONS HISTORIQUES ET AUTEURS CITÉS !.
A
Asour.réva (lsmaïl)}, auteur arabe des xin° et xiv° siècles, Abulfedæ Annales muslemici, arabice et
latine, opera et studiis Jo. Jacobi Reiskii, etc. 5 vol. in 4°. Hafniæ, 1789-1794.
PRE Géographie, texte arabe, éd. de MM. Reinaud et de Slane, in-4°. Paris, 1840.
AsouL-MenÂcen, auteur arabe du xv° siècle, Annales intitulées El-nodjoum el-zahiré (Les astres
brillants), t. I et IT, publiés par M. Juynboll et Mathes, in-8°, Leyde, 1852-1861; M. Juyn-
boll a donné dans son premier volume, préface, p. 11-14, la liste détaillée des mss. de cet
auteur que possède la Bibliothèque impériale. Ceux dont on a fait usage dans le présent
volume sont les n* 663 et 664, ancien fonds.
ABuLPHARAGI (Gregorii), sive Bar-Hebræi, Chronicon syriacum, ed. Bruns et Kirsch, 2 vol. in-4°.
Leipzig, 1789.
Chronique arabe publiée et traduite en latin sous le titre de : Historia compendiosa dynas-
liarum, par Pococke, in-4°. Oxford, 1663.
AcHErY (D'), Spicilegium sive collectio veterum aliquot scriptorum qui in Galliæ bibliothecis delituerant,
2° édit. 3 vol. in-fol. Paris, 1723.
AcoGx”1G (Étienne), de Daron, auteur arménien des x° et x‘ siècles, Abrégé d'histoire aniverselle,
publié, mais sur un manuscrit tronqué, par l'archimandrite Garabed Schahnazarian, dans sa
Galerie historique arménienne, in-12, Paris, 1859; traduit en russe par M. Nikita Ossypitch
Emin, in-8°. Moscou, 1864.
AGATHANGE, secrétaire du roi Tiridate Il, auteur arménien du 1v° siècle, Histoire du règne de ce sou-
verain et de la prédication du christianisme en Arménie, par saint Grégoire l'Illuminateur, Constan-
tinople, 1709 et 1824; et in-18, Venise, imprimerie du couvent de Saint-Lazare, 1835;
traduit en italien par les PP. Mékhitharistes, dans leur Collana degli storici armeni, in-8°.
Venise, 1843.
La version grecque abrégée d'Agathange, par Siméon le Métaphraste, publiée par Stilting, se trouve dans
les Acta sanctorum des Bollandistes, 30 septembre.
A1GREFEUILLE (Charles d'), Histoire de la ville de Montpellier, depuis son origine jusqu'à notre temps, in-
fol. Montpellier, 1337.
AinsworTx (M. W. F.), voyageur anglais, Travels and researches in Asia Minor, Mesopotamia, Chaldea
and Armenia, 2 vol. in-8°. London, 1842.
Notes upon the comparative geography of the Cilician and Syrian qates, dans le Journal of the
R. geographical Society of London, année 1838, trad. en abrégé dans les Nouvelles annales des
voyages, année 1839.
ALBERT d'Aix, Historia Hierosolimitane expeditionis edita ab Alberto canonico ac custode Aquensis ecclesiæ,
: l
quelques détails pour les auteurs orientaux et surlout
! Dans ce catalogue je me suis borné à rappeler d'une
pour les écrivains arméniens et autres d'un usage spé-
manière très-succincte le tilre et l'édition des ouvrages
qui sont généralement connus. Mais j'ai dû entrer dans cial ou peu commun:
j 96.
Et.
164 INDEX.
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Armenian popular songs, texte arménien et traduction anglaise, in-8°. Venise, 1852.
Amani (François), xv° siècle, Cronica di Cypro, ms. italien de la Bibliothèque impériale, n° 38).
Le nom d'Amadi paraît être plutôt celui du possesseur vénitien de cette chronique que de l'auteur, qui est
resté inconnu. |
Amaoon de los Rios (don José), et don Juan de Dios de la Roda y Delgado, Historia de la villa y
corte de Madrid, h vol. in-h°. Madrid, 1860.
Amen Marcezuin, edd. Aug. Wagner et Aug. Erfurdt, 3 vol. in-8°. Leipzig, 1818.
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grec en arménien par saint Nersès de Lampron. Ouvrage inédit. '
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AnsserT, Historia de expeditione Friderici imperatoris, ed. Jos. Dobrowsky, in-8°. Prague, 1827.
ANTONIN DE ForciGLiont, archevèque de Florence, xiv° et xv° siècle, Samma historials, sive chronica
tribus partibus distincta ab orbe condito ad annum MCCCCLIX, dans les Opera omnia de cet
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ANVILLE (D'), Géographie ancienne abrégée, dans ses Œavres complètes, éd. de Manne, t. IT, in-4°.
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B
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Be tee ue = mes
ST RE rang mener er nee 95 rv7
ST —
ma
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Denys Bar-Tzauisa (l'évêque), auteur de deux poëmes écrits en syriaque, surla prise d'Édesse par
l'atabek Emâd-Eddin Zangui, en 1144; mentionné par Grégoire Aboulfaradj, dans sa Chro-
nique syriaque.
Diacre (Jean), moine du couvent de Hagh'pad, dans la Grande Arménie, au x1r° siècle, auteur
ascétique, historien et computiste. Son Histoire d'Arménie, son Traité du calendrier arménien
comparé avec celui des autres nations, c'est-à-dire la partie de ses ouvrages la plus importante
pour nous, n'existent plus qu’à l'état de fragments. Voir, pour plus de détails sur Jean Diacre,
Recherches sur la chronologie arménienne, technique et historique, par Éd. Dulaurier, chap. in,
t. I, p. 11, et les notes sur ce chapitre.
=
AUTEURS CITÉS. 767
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bliothèque des auteurs grecs de Didot.
Dion Cassius, Histoire romaine, éd. d'Immanuel Bekker, à vol. in-8°. Leipzig, 1849.
Dionysü Telmahharensis chronici liber primus, textum e codice ms. syriaco Bibliothecæ Vaticanæ
transcripsit notisque illustravit Otto Fridericus Tullberg, in-4°. Upsal, 1850.
Don, Geographia Caucasica, in-4°. Saint-Pétersbourg, 1847.
Docance, Familiæ Augustæ Byzantinæ et Constantinopolis christiana, publiés à la suite du Corpus scrip-
toram historiæ Byzantine.
Glossarium ad scriptores mediæ et infimæ græcitatis, 2 vol. in-fol. Paris, 1682, et Glossarium
medie et infimæ latinitatis, ed. Henschel, 6 vol. in-4°. Paris, 1 840-1850.
Histoire des principautez et des royaumes de Hierasalem, de Cypre et d'Arménie, ms. de la
Bibliothèque impériale, supplément français, n° 1224.
Docaurier (Éd.), Bibliothèque historique arménienne, ou choix des principaux historiens arméniens tra-
duits en français, t. I, contenant la Chronique complète de Matthieu d'Édesse et la continua-
tion par Grégoire le Prêtre (952-1163), in-8°. Paris, 1858. |
Recherches sur la chronologie arménienne technique et historique, t. I, in-4°. Paris, 1 859.
Histoire, dogmes, traditions et liturgie de l'Eglise arménienne orientale, trad. de l'arménien
et du russe, 3° éd. in-18. Paris, 1 859.
Les Mongols, d'après les historiens arméniens, dans le Journal asiatique , années 1858 et 1859.
E
Evnisr (Mohammed), géographe arabe du x1r° siècle, traduit, mais d'une manière très-négligée et
très-fautive, par Amédée Jaubert, 2 vol. in-4°. Paris, 1837-1839.
Éuisée, auteur arménien du v° siècle, Histoire de la querre de Vartan et des Arméniens contre Yezde-
djerd IT, roi de Perse; imprimée un grand nombre de fois : à Constantinople {1764 et 1823); à
Saint-Pétersbourg et Nouvelle-Nakhitchévan (1787); à Venise (1828, 1832, 1838 et 1852).
Traduite en anglais par M. Frédér. Neumann, in-4°, Londres, 1830; en italien par l'abbé
Cappelletti, in-8°, Venise, 1831 ; en français par le P. Garabed Kabaragy, in-8°, Paris, 1844;
en russe par M. Schanscheïeff, Tiflis, 1 853.
Ec-Maxin ou Ez-Macin (Georges) , auteur arabe du xur' siècle; Chronique commençant à la création
du monde et finissant en 1260; traduite par Erpenius, à partir de la naissance de Mahomet,
et publiée sous le titre de : Historia Saracenica, in-8°, 1625, et version française faite sur le
latin par Vattier, in-4°. Paris, 1657.
Emin (M. Nikita Ossypitch), de Moscou, traducteur et éditeur de plusieurs ouvrages historiques
arméniens, cités ici, chacun sous le nom de son auteur particulier.
Érienne pe Rvzance, De Urbibus, ed. Dindorf, 3 vol. in-8°. Leipzig, 1821.
Eucenius, métropolite de Kief, Tableau historique de la Géorgie (en russe), in-4°. Saint-Péters-
bourg, 1802. ,
Eusèse, Histoire ecclésiastique, éd. Fr. Adolph. Heinichen, 3 vol. in-8°. Leipzig, 1827-1828.
Chronique, d'après une version arménienne du v‘ siècle; texte arménien et traduction Ja-
tince par le R. P. Jean-Baptiste Aucher, 2 vol. in-4°, Venise, 1818; traduction latine, par le
cardinal Angelo Mai et Jean Zohrab, in-4°. Milan, même année.
Evacre, Histoire ecclésiastique, ex recensione Henrici Valesii, in-8°. Oxford, 1841.
F
Fausrus DE Byzance, auteur arménien du 1v° siècle, Histoire d'Arménie ou Bibliothèque historique (de
315 à 390). Constantinople, in-4°, 130; et in-8°, Venise, 1832. Traduite par M. Emin, dans
la Collection des historiens anciens et modernes de l'Arménie, t. 1, p. 209-310, in-8°. Paris, 1 867.
FéLiB1EN (Dom) et Dom Losineau, Histoire de la ville de Paris, 5 vol. in-fol. Paris, 1725.
Fiscser (M.), officier d'état-major prussien, Carte du versant septentrional du Boulghar-Dagh (Taurus)
et de l'Ala-Dagh (Anti- Taurus), entre Ereqh, Nikdeh et le Kalek-Boghaz (Pylæ Ciliciæ). Ber-
Jin, 1854.
Flenr (La) des Hystoires de la terre de Orient, ms. de la Bibliothèque impériale, n° 2810 G, fonds
168 INDEX.
français, contenant la rédaction originale ou plutôt la’ dictée de la Relation des Tartares du
moine Haython.
FLeury, Histoire ecclésiastique, 6 vol. grand in-8°. Paris, 1840.
Fontes rerum Austriacarum , collection de documents historiques publiée par l’Académie impériale des
sciences de Vienne {Autriche}, 27 vol. in-8°. Vienne, 1855-1867, en cours de publication,
ouvrage contenant plusieurs chartes et pièces émanées des souverains de la Petite Arménie,
dans les t. XII, XIII et XIV intitulés : Diplomata et acta.
Fonrunari (Venantii}, Opera omnia, à vol. in-4°. Rome, 1786.
FRauN (De), Mémoire sur une inscription arabe de l'an des battunts de la porte en fer de la ville de Kantzag,
conservé aujourd'hui au couvent de Gelath, en Iméreth, dans les Mémoires de l'Académie des
sciences de Saint-Pétersbourqg, Balletin des sciences morales et politiques, t. INT, p. 531-546.
Froissann. Voir Bucuon.
Fuccenn (Domni) Carnotensis Historia Iherosolimitana, gesta Francoram Iherusalem peregrinantium,
ab anno domini MXCV usque ad annum MCXXVII, dans le Recueil des historiens des croisades,
publié par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, in-fol. Paris, 1866.
G
Gazanus (Clemens), Conciliatio ecclesie Armenæ cum Romana, 2 parties en 3 vol. in-fol. Rome,
1658-1690.
GaRABED SCHAHNAZARIAN (L'archimandrite), ancien moine du couvent patriarcal d'Édchmiadzin,
P
éditeur de la Galerie historique arménienne ou Choix d’historiens arméniens, publiés en texte ori-
ginal, 8 vol. in-12. Paris, 1859-1860. Cette collection comprend : 1° Étienne Orbélian, His-
toire de la province de Siounik’; 2° Moïse Galgandoeuatsi, Histoire des Agh'ouans (Albanie armé-
nienne); 3° Thomas de Medzoph’, Histoire de Timour et des Timourides; 4° le connétable
Sémpad, Chronique d'Arménie; 5° Vahram d'Édesse, Chronique rimée, 6° Étienne Açogh'ig,
Abrégé d'histoire universelle.
Germain (À.), Histoire de la commune de Montpellier, depuis ses origines jusqu'à son incorporation défi-
nitive à la monarchie française, 3 vol. in-8°. Montpellier, 1851.
Gzycas (Michel), Annales, dans le Corpus scriptorum historiæ Byzantine.
Goperroy (Théodore), Le Cérémonial de France, in-4°. Paris, 1619.
Grand dictionnaire de l’Académie arménienne de Saint-Lazare (tout en arménien}, 2 vol. in-4°. Venise,
Imprimerie du couvent de Saint-Lazare, 1836-1833.
GRÉGOIRE DE SéuËvRr'A, auteur arménien du xur° siècle, Biographie de saint Nersès de Lampron, ms.
de la Bibliothèque impériale, ancien fonds arménien, n° 76.
Grécome De’, patriarche d'Arménie, xit° siècle, Élégie sur la prise de Jérusalem par Saladin, pu:
bliée pour la première fois dans le présent volume, p. 273-307, d'après une copie faite sur
les mss. de la Bibliothèque du couvent de Saint-Lazare, à Venise.
Grécome (Le Prêtre), auteur arménien du xn° siècle, Continuation de la chronique de Matthieu
d'Édesse, publiée dans le présent volume, p. 151-201.
Gréçoire (Le Prêtre), auteur du xir° siècle, traduction arménienne de la Chronique de Michel le
Syrien. Extrait de cette traduction dans le présent volume, p. 311-409.
Grécotre KaBarAGy GARABED (Le KR. P.), auteur d'une traduction française de l'historien arménien
Élisée. Voir ÉLISÉE. |
Guénée (L'abbé), Recherches sur la Judée, à la suite de ses Lettres de quelques Juifs à M. de Vol-
taire, h vol.in-1a,t. IV, Paris, 1817. |
Guiserr De Nocenr, Historia que dicitur Gesta Dei per Francos, edita a venerabili domino Guiberto,
abbate monasterü S. Mariæ Novigenti, dans la collection de Bongars, t. I, p. 467 sqq.
Guicnes (De), Histoire générale des Huns, des Turcs, des Mongols et des autres Tartares occidentaut,
etc. avant et depuis J. C. jusqu'à présent, h vol. en 5 tomes, in-4°. Paris, 1756-1758.
Guiccaume DE Poy Laurens, Chronica magistri Guillelmi de Podio Laurentii sapra historia negoti a Fran-
cis, Albigensibus vulguriter appellatis Albejots, quod olim constat actum esse in provincia Narbo-
nensi, Albiensi, Ruthenensi, Caturcensi et Agennensi diœcesibus pro tuenda fide catholica et pravitate
heærelica extirpanda, dans les pièces justificatives de l'Histotre des comtes de Tolose, par Guillaume
Catel, in-{ol. Tolose, 1623.
AUTEURS CITES. | 769
GuizcauME DE NanGis, Gesta sancti Ludovici, éd. de MM. Daunou et Naudet, dans le Recueil des his-
toriens des Gaules et de la France, t. XX, in-fol. Paris, 1840.
Guizcaume De Tv, Historia rerum in partibus transmarinis gestarum, à vol. in-fol. en deux tomes.
Paris, 1840; dans le Recueil des historiens des croisades de l'Académie des Inscriptions et
Belles-Lettres.
Gurmacos (Cyriaque), De KanTzac, auteur arménien du xni° siècle, Histoire d'Arménie (300-1264),
publiée par M. Osgan d'Érivan, in-12, Moscou , 1858, et par les PP. mékhitharistes de Venise,
à leur imprimerie de Saint-Lazare, in-8°, 1 865.
La partie de cet ouvrage qui raconte les invasions des Mongols en Arinénie et en Géorgie a été traduite
par M. Éd. Dulaurier dans le Journal asiatique , année 1858.
H
Haos-KHaLrau, Géographie turke, intitulée : Djthân-Numä (le Miroir du monde), traduite en fran-
çais par Armain, et conservée aujourd'hui en manuscrit à la Bibliothèque impériale, 2 vol.
in-fol.
Voir un extrait de cette version relatif à l'Asie Mineure, dans l'Histoire des découvertes géographiques des
nations européennes , par M. Vivien de Saint-Martin, t. III, p. 651-738.
Haïasoan (Le), ou l'Arménie, journal arménien de Constantinople, rédigé par M. Jean de Brousse
Tchamour’dji-Oglou. Il a cessé de paraître depuis 1852.
Hayrao ou Hayraonus Monacaus, nom sous lequel est connu en Occident Héthoum, comte de
Gor'igos, connétable d'Arménie, auteur de la Relation des Tartares, ou Liber de Tartaris. La ré-
daction originale, dictée en français par Héthoum à Nicole Falcon, existe dans le magnifique
ms. de la Bibliothèque impériale qui a pour titre : La fleur des hystoires de la terre de Orient,
n°2810 G, fonds français. La version latine, par le même Nicole Falcon, a eu un grand nombre
d'éditions, et entre autres celle de Grynæus dans son Novus orbis regionum ac insularam veteribus
incognitarum, petit in-fol. Bâle, 1532. La traduction française de cette version par le frère Jehan
Lelong, d'Ypres, sous la date de 1351, a paru en 1 529 dans le curieux recueil imprimé en carac-
tères gothiques etintitulé : L'Hystoire merueilleuse, plaisante et récréatiue du grand empereur de Tar-
tarie, seigneur des Tartres, nommé le Grand Can. Sur le latin a été faite, il y a quelques années,
une traduction arménienne par le P. Jean-Baptiste Aucher (voy. ce dernier nom).
Table chronologique comprenant les événements accomplis de 1076 à 1307, rédigée en
arménien, publiée pour la première fois par le même P. Aucher, à la suite de sa traduction
de la Relation des Tartares, et reproduite dans le présent volume, p. 471-490.
HerseLor (D’), Bibliothèque orientale, 4 vol. in-4°. La Haye, 1777-1779.
HérovoTe, éd. Guill. Dindorf, dans la collection des auteurs grecs de Didot.
HierOCLES, Synecdemus, et WessELINGI1I in Synecdemum commentarius, dans le Gorpus scriptorum histo-
riæ Byzantinæ, éd. de Bonn.
Histoire littéraire de la France, par les religieux Bénédictins de Saint-Maur, 1733-1763; continuée
par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, in-4°. Paris, 1814-1867.
Historiæ patriæ monamenta, collection publiée par ordre du gouvernement italien, 8 vol. in-fol.
Turin, 1838-1857. Le tome I" du Liber juriam de la République de Gênes, qui fait partie de
cette collection, contient plusieurs pièces provenant de la chancellerie des rois de la Petite
Arménie.
Houère, Îliade, éd. Guill. Dindorf, dans la Bibliothèque des auteurs grecs de Didot.
Humsoupr (Alex. de), Asie centrale, 3 vol. in-8°. Paris, 1843.
I]
ÎI8N-ALATHIR, auteur arabe des xn° et x siècles, Grande chronique intitulée Kémel-ettewérik, éd.
Tornberg, in-8°. Upsal, 1851 et années suivantes, en cours de publication.
Ien-Barouran, voyageur arabe du xv° siècle; sa relation publiée avec une traduction française par
MM. Sanguinetti et Defrémery, 4 vol. in-8° avec un fascicule de Tables. Paris, 1853-1850.
Isn-Dsauzy, chroniqueur arabe du xm° siècle, Mirât el-Zemän (le Miroir du temps), ms. de Ja Bi-
bliothèque impériale ancien fonds arabe, n* 640 et 641.
97
HisTor. ARM. — I.
170 : INDEX.
IBN-Forat, auteur arabe du xiv° siècle, Chronique universelle, ms. de la Bibliothèque impériale de
Vienne, en extrait à la Bibliothèque impériale de Paris, suppl. arabe, n° 543.
Ten-KaaLcixan, auteur arabe du xinr° siècle, Dictionnaire biographique, texte publié par M. le baron
Mac-Guckin de Slane, in-4°, Paris, 1838-1842, et traduit en anglais par le même, sous le
titre de Biographical dictionary, 3 vol. in-4°. Paris, 1842 et 1868. .
Invoni (Le P. Luc), religieux mékhithariste de Saint-Lazare, Description de l'Arménie moderne, in:
12. Venise, 1806. Description de l'Arménie ancienne, in-4°. Ibid. 1822. Archéologie arménienne,
3 vol. in-4°. Ibid. 1835.
Îsrarary, géographe arabe du 1x° siècle, Liber climatum, édité en fac-sümile d'après le ms. de Gotha,
par Moeller, in-4°, Gotha, 1839, et traduit par Mordtmann, in-4°. Hambourg, 1845.
J
Jacoss, Notice sur la carte générale da théâtre des croisades, dans l'édition de Guillaume de Tvr, de
l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
Jacques (Saint) ne Nisise, 1v° siècle, Homélies, en arménien, publiées et traduites pour la première
fois par Nicolas Antonelli, in-fol. Rome, 1756.
Jacques De Vitry, Jacobi de Vitriaco, episcopi Acconensis, historia Hierosolimitana, dans la collection
de Bongars, t: |, p. 1047 sqq.
Jean Orznersi, dit le Philosophe, patriarche d'Arménie, vur siècle, Discours synodal, dans ses œuvres
complètes, in-8°. Venise, 1834.
Jean VI, dit Carnozicos ou patriarche, x’ siècle, Histoire d'Arménie, depuis l'origine de la monar-
chie jusqu'en 925; ouvrage remarquable pour la manière savante et correcte avec laquelle
il est écrit; in-4°, Jérusalem, imprimerie du couvent arménien de Saint-Jacques, 1843; éd.
de M. Emin, in-8°, Moscou, 1853; traduction française très-imparfaite, par Saint-Martin,
publiée après sa mort par feu M. Félix Lajard , in-8°. Paris, Imprimerie royale, 1841.
JEAN dit VanaGan ou Le Cénobite, xin1° siècle, auteur arménien de plusieurs ouvrages d'exégèse reli-
gieuse encore inédits et d’une Histoire de la nation des Archers (Mongols), qui est aujourd'hui
perdue. |
Josepui (Flavii) Opera, éd. Guill. Dindorf, dans la Bibliothèque des auteurs grces de Didot.
Juvénaz Des Unsins, Chronique du 7” de Charles VI, éd. de Denys Godefroy, in-fol. Paris, Impri-
merie royale, 1653.
K
KaramziN, Histoire de l'empire de Russie (en russe), éd. d'Alexandre Smirdin, 10 vol. in-12. Saint-
Pétersbourg, 1852-1853.
Karékin (Le R. P.), religieux mékhithariste de Saint-Lazare, Histoire de la littérature arménienne (en
arménien vulgaire), in-12. Venise, 1865.
KewÂLc-Eonin, écrivain arabe des x1r° et xiv° siècles, Histoire d'Alep, intitulée : Envie de celui qu
veut connaître l'histoire d'Alep (ms. de la Bibliothèque impériale, ancien fonds arabe, n* 726 et
729), et l'abrégé de ce livre : La crême du lait de l'histoire d'Alep (ibid. ms. 728). Des extraits
en ont été publiés par feu M. Freytag, de Bonn, sous le titre de Selecta historiæ Halebi.
KieperT, Carte de l'Asie Mineure et de l'Arménie turke, en 6 feuilles, et Mémoire sur la construction
de cette carte {en allemand), in-8°. Berlin, 1854.
KLarroTu (Jules de), Tableau historique, géographique, ethnographique et politique da Caucase, in-8°.
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Kocx (Karl), Karte von dem Kaukasichen Isthmus und von Armenien, en 4 feuilles. Berlin, 1850.
Korscay (Théodor), naturaliste prussien, Reise in den cilicischen Taurus äber Tarsus, in-8°. Go-
tha, 1858.
L
LaruenTE (Don Modesto}, Historia de España, 21 vol. in-8°. Madrid, 1850 et années suivantes.
LançLois (Victor), Inscriptions grecques, romaines, byzantines et arméniennes de la Cilicie, fascicule,
in-4°. Panis, 1854.
/
mc nn
AUTEURS CITÉS. 771
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Trésor des chartes d'Arménie, ou cartulaire de la chancellerie royale des Roupéniens , in-4°. Ve-
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Laspiverrtsi. Voir ARISDAGUËsS LASDIVERTSI.
Lazare DE PH'ARBE, auteur arménien du v° siècle, Histoire d'Arménie (388- 485), in-19. + Venise,
1793 et 1807.
Le Lasoureur, Les tombeaux des personnes illustres dont les sépultures sont à l'église des Célestins de
Paris, avec leurs éloges, généalogqies , armes , blasons et devises , in-4°, Paris, 1641 ;in-fol. tbid. 1642.
Lezone (Frère Jehan), d'Ypres, xiv° siècle, traduction française de la version latine de la Relation
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Lequien, Oriens christianus, 3 vol. in-fol. Paris, 1740.
LerronNE, compte rendu de l'ouvrage de Beaufort intitulé Karamania, dans le Journal des sa-
vants, année 1819.
Lettres édifiantes et curieuses, éd. du Panthéon littéraire, 4 vol. in-8°. Paris, 1842. T. I°, Mission
d'Arménie et de Perse.
Liber commemorialium, ou vulgairement Commemoriali, recueil ms. de pièces d'État diverses et di-
plomatiques de la république de Venise, conservé aux archives des Frari, À Venise; en copie
aux archives impériales de Vienne.
Liber Pactorum, ou Patti, recueil ms. de traités d'alliance, de paix et de commerce faits par la ré-
publique de Venise; mêmes dépôts.
Livre des cérémonies des Pèlerins (Kitäb Menassik el-Hadj), ouvrage du xvn' siècle, écrit en turk et
traduit par feu M. Bianchi, dans le tome II des Mémoires de la Société de géographie.
Livre des lignages d'outre-mer, éd. de M. Beugnot, dans le tome II de son édition des Assises de Jéra-
salem. Voir Beucnor.
Lorenano, Historia de’ re Lusignani (di Cipro), in-4°, Bologne, 1647, publiée par l'auteur sous le
nom d'Henri Giblet, chevalier cypriot; traduite en français, sous le titre de Histoire des rois de
Chypre de la maison de Lusignan, à vol. in-12. Paris, 1732.
Lucain, La Pharsale, éd. Weber, 3 vol. in-8°. Leipzig, 1824-1830.
Lunic (J. Chr.), Codex Italiæ diplomaticus, 4 vol. in-fol. Francfort et Leipzig, 1725-1735.
Spicilegiam ecclesiasticum des deutschen Reicharchivs oder Germania sacra diplomatica et Con-
tinuatio, 7 vol. in-fol. Leipzig, 1716-1721.
Lusienan (Étienne de), Description de toute l'ile de Cypre, in-4°. Paris, 1680.
M |
Masizzon (Dom J.) et D. Micuer Germain, Musœum Italicanr, sive collectio veterum serpiorum , ex
bibliothecis Italicis erata, 3 vol. in-4°. Paris, 1687-1689.
Macuaur (Guillaume de), La Prinse d'Alixandre (la Prise d'Alexandrie, par Pierre I“, roi de Chypre),
mss. de la Bibliothèque impériale, ancien fonds français, n° 1584; Lavallière, n° 25
Macrose, Saturnales, éd. Zeune, in-8°. Leipzig, 1774.
Muisrères (Philippe de), Le songe du vieux pèlerin, Bibliothèque impériale, ms. français, fonds de
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Mas-Latrie , t. Il, Documents, p. 115-116.
Makrizi, auteur arabe des xiv° et xv° siècles, Histoire des sultans mamelouks d'Égypte, trad. par Et.
Quatremère, à vol. in-4°, chacun en deux parties. Paris, 1837-1845.
Mazacuie Le Moine, auteur arménien du xn° siècle, Histoire des invasions des Mongols dans l'Arménie
et la Géorgie, texte encore inédit; il en a paru une ébauche de traduction dans le tome I"
de l'Histoire de la Géorgie de M. Brosset, Additions et éclaircissements, p. 438-463.
Mamwiconien (Jean), auteur arménien du vr siècle, continuateur de l'Histoire du district de Daron
de Zénob Klag, imprimé avec ce dernier, au couvent de Saint-Lazare; in-8°. Venise, 1832;
Mans, Sanctissimorum conciliorum nova et amplissima collectio, 31 vol. in-fol. Florence et Venise:
1799-1798; t. XXV, conciles de Sis (1307 et 1342) et d'Adana (1314).
| 97:
772 INDEX.
Marco Poco, voyageur vénitien du x1v° siècle; sa relation, textes français et latin, dans les Mémoires
de la Société de géographie, t. III; texte français publié de nouveau avec un commentaire par
M. G. Pauthier, à vol. in-4°. Paris, 1867.
Manommos (Martyr) DE CRIMÉE, auteur arménien du xvir° siècle, Liste en vers monorimes des rois
d'Arménie. Voir la liste des princes et rois Roupéniens et Lusignans, dans le présent volume,
p. 682-687.
Maniana (Le P.), Historiæ de rebus Hispaniæ hbri XX, in-fol. Tolède, 1592, et Append:, libri sci-
dicet XXI-XXX, cum indice, in-{ol. Francfort, 1616.
Mar Isa Karina, auteur syrien du n siècle avant J. C., le plus ancien historien de l'Arménie; frag-
meuts de son ouvrage dans l'Histoire d'Arménie de Moïse de Khoren, compris dans le livre [",
etes chapitres 1 à rx du livre second.
Marino Sanure, voyageur et géographe vénitien du xiv° siècle, Secreta fideliam crucis, dans la col-
lection de Bongars, Gesta Dei per Francos, t. II.
MarTÈne (Dom Edm.) et D. Ursin Durano, Veterum scriptorum. .... amplissima collectio; 9 vol.
in-fol. Paris, 1724-1533.
Thesaurus novus anecdotorum, 5 vol. in-fol. Paris, 1717.
Manrin Le Poconais, x siècle, Chronicon continens chronologiam pontificum romanorum ac imperatoram,
a Christo ad annam mccuxxviir; 1° éd. in-fol. Bâle, 1559 ; réimprimée en 1574, 1616 et 1635;
il en existe une version française, sous le titre de : Chronique Martiniane, par Sébastien Ma-
merot, à vol. in-fol. Paris, 1 503; et une traduction arménienne, avec des additions relatives
aux affaires de la Petite Arménie, par un contemporain, Nersès Balients ou Bagh'on, évêque
d'Ourmia. Une copie de cette dernière traduction, encore inédite, est conservée dans la Bi-
bliothèque des RR. PP. mékhitharistes du couvent de Saint-Lazare.
Mas-Larie (L. de), Histoire de l'ile de Chypre, sous le règne des princes de la maison de Lusignan, à vol.
in-8°. Paris, 1852-1861. |
Des relations politiques et commerciales de l'ile de Chypre avec l'Asie Mineure, sous le règne des
princes de la maison de Lusignan, dans ja Bibliothèque de l'École des chartes, 2° série, 1. °,
1844,ett. Il, 1845-1846.
Notes d'un voyage archéologique en Orient, dans la Bibliothèque de l'École des chartes, 2° série,
t. IT, 1845-1846. |
| Rapport au ministre de l’iñstraction publique, dans les Archives des missions scient. année 1852.
Marrmeu D'Énesse, auteur arménien du xn siècle, Histoire d'Arménie (952-1137), en extrait dans
le présent volume, p. 1-1 50.
MëkeiTsaR D'AÏRIVANK, auteur arménien du xur° siècle, Chronographie publiée par M. Ein, in-8°,
Moscou, 1860, et par M. Badganian (Patkanolf}, in-8°. Saint-Pétersbourg, 1867.
MéxuiTHar DE Dascuir, docteur de l'Église arménienne, xun° siècle. Relation de sa conférence avec le
légat du pape tenue à Saint-Jean-d'Acre, en 1262; dans le présent volume, p. 689-698.
MéxuirHar Kôscn ou Koscn, auteur arménien du x1° siècle, 1° Recueil de 190 fables, imprimées
avec les fables d'Olympiodore, Venise, in-16, 1780 et 1842; 2° Collection des lois d'Ar-
ménie; deux manuscrits de cet ouvrage sont conservés à la Bibliothèque impériale.
MékHiTHAR-ÂB8E, fondateur de l'ordre des Mékhitharistes de Venise, xvn° et xvni° siècles, auteur de
plusieurs ouvrages, et entre autres d'un Dictionnaire arménien, in-8°, Venise, 1749; de la
traduction, encore inédite, de la Somme de saint Thomas; éditeur de la Bible arménienne, en-
richie de gravures, et très-estimée pour la beauté des caractères et la pureté du texte, in-fol.
Venise, 1733. |
Le tome second du Dictionnaire, complété et publié après sa mort par les religieux de son Ordre , renferme
un Dictionnaire des noms propres arméniens et étrangers, et un Dictionnaire de la langue vulgaire, expliquée
en littéral.
Mélanges astatiques, dans le Bulletin de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg,
in-8°, en cours de publication. |
Ménologe arménien, ($cpualius me gp; parmi les éditions in-folio de cet ouvrage, publiées à Constan-
tinople, la plus ancienne est celle qui reproduit la recension du docteur Dêér Israïél.
Merâcip eL-Îrrica’, Dictionnaire géographique arabe, éd. Juynbol], 3 vol. in-8°. Leyde, 1852-1854.
Mény (Louis) et Guinvox, Histoire de la commune de Marseille, depuis le x° siècle jusqu'à nos jours,
6 vol. in-8°. Marseille, 1841-1848.
AUTEURS CITÉS. | 773
Micuaun, Histoire des croisades, 8° édition, 4 vol. in-8°. Paris, 1853.
Micxez LE SYRIEN, patriarche jacobite d'Antioche, au xn° siècle; Chronique universelle parvenue jus-
qu'à nous dans une version arménienne du commencement du x siècle; en extrait dans le
présent volume, p. 311- - 909. Voy. un autre extrait du même ouvrage, par Éd. Dulaurier,
dans le Joarnal asiatique, années 1848 et 1849.
Miccs (Cb.), History of the crusades for the recovery and possession of the Holy Land, 4° éd. 2 vol. in-8’,
Londres, 1828; traduction française faite sur la 3° édition, par Paul Tiby, 3 vol. in-8°,
Paris, 1825-1835.
Minas Meoici (Le R. P.), religieux mékhithariste de Saint-Lazare, Voyage dans le Léhasdan (Pologne)
et dans la Crimée (en arménien), in-8°. Venise, 1830.
Moise DE KBoOREN, auteur arménien du v° siècle, Histoire d'Arménie, et Géographie, réimprimées
plusieurs fois et en dernier lieu dans ses Œuvres complètes, in-8°. Venise, 1842. Traduction
Jatine par les frères Whiston, in-4°, Londres, 1 336; russe et très-imparfaite, par Ohannésiants,
Saint-Pétershbourg, 1804; italienne, par les RR. PP. mékhitharistes de Saint-Lazare, in-8’,
Venise, 1841; autre en italien, par l'abbé Cappelletti, in-8°, Venise, même année; française,
par M. Levaillant de Florival, à vol.in-8°, Venise, même année; autre en russe, par M. Emin,
in-8°, Moscou, 1858.
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Nensès (Saint) De LauPRON, archevêque de Tarse, xn° siècle, Réflexions sur les institutions de l'église,
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Nersès (Saint) ScaxoruaLi (le Gracieux), patriarche d'Arménie, xn siècle, Élégie sar la prise d' Édesse
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avec traduction latine par M. l'abbé Cappelletti, Venise, imprimerie de Saint-Lazare, 1829.
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Bagratides (1045), dans ses Œuvres poétiques, p. 495 sqq.
NersEs BacienTs ou Bacu'on, évêque arménien, x1v° siècle, traducteur de la Chronique de Martin le
Polonais (ms. ).
Neumann (M. Ch. Fried.), traduction d'Élisée, sous le titre de : The history of Vartan and of the
battle of the Armenians, in-4°, London, 1830: et version abrégée de la chronique rimée de
Vahram d'Édesse, dans le livre intitulé : Translations from the Chinese and Armenian, in-8°.
London, 1831.
Ces deux ouvrages font partie des publications du Comité des traductions orientales de Londres.
Die Vôlker des sädlichen Russlands, in-8°. Leipzig, 1847.
NicéPHore GRÉGORAS, Byzantina hisloria, dans le Corpus scriptoram historiæ Byzantine.
Nicéras CHoniatTes, Annales, dans le Corpus scriptoram historiæ Byzantine.
Notices et Extraits des manuscrits; dans le tome IX, Extrait de la chronique de Matthieu d'Édesse,
| par Chahan de Cirbied; et, dans le tome XI, les chartes provenant des Archives de la jé de
Saint-Georges, à Gênes, publiées par Silvestre de Sacy et Saint-Martin.
Notice sur un atlas catalan de 1375, par MM. Buchon et Tastu, dans les Notices et Extraits des ma-
nuscrits, t. XIV, 2° partie.
774 | INDEX.
Noveini (Schehäb-Eddin Ahmed), auteur arabe des xin° et xiv° siècles, Encyclopédie historique, mss.
de la Bibliothèque impériale, ancien fonds arabe, n° 645 et 683.
0
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Caspienne, par Abou el-Cassim, in-8°. Paris, 1828.
Histoire des Mongols, 4 vol. in-8°. La Haye et Amsterdam, 1834-1835.
Oivern Scuozasricr Historia regum Terræ sanctæ et Historia Damiatina, dans Eckhard, Corpus his-
toricam medu œvi, t. If, in-fol. Leipzig, 1723.
OnsËuian (Étienne), de la famille des princes Orbélians, archevèque de Siounik’, auteur arménien
du x siècle, Histoire de la province de Siourik’, publiée par M. Emin, in-8°, Moscou, 1861,
et par l'archimandrite Garabed Schahnazarian, 2 vol. in-12, Paris, 1859; traduite par
M. Brosset, sous le titre de : Histoire de la Siounrie par Stephannos Orbélian, in-4°, Saint-Pé-
tersbourg, 1°" livr. 1864, a° livr. 1866.
Oscan (l'évêque), xvu° siècle, fondateur d’une imprimerie arménienne à Marseille, transportée
ensuite à Amsterdam, éditeur de la Bible arménienne, in-fol. et de plusieurs autres ouvr ages
remarquables pour l'élégance des caractèrés et la beauté de l'impression.
Oscar d'Érivan (M.), éditeur de plusieurs ouvrages arméniens et, entre autres, de l'Histoire d'Ar-
ménie de Guiragos de Kantzag. Voir ce dernier nom.
Ortonis Frisingensis episcopi ejusque continuatoris Radevici Liber de gestis Friderici I, impera-
toris, dans Muratori, Rerum Italicarum scriptores, t. VI, et dans Pertz, Monumenta Germanie
historica, t. XX. Voir Rapevicus (Racewinus).
P
Pac, Critica in annales Baronü, 4 vol. in-fol. Anvers, 1705.
Paoui, Codice diplomatico del sacro militare ordine Gerosolimitano, ogqi di Malta, à vol. in-fol. Lucques,
1733-1737.
PapacianTS, Originule armeno del privilegio accordato ai Genovesi da Leone IIT, in-4°, imprimerie du
couvent de Saint-Lazare, à Venise. S. D.
Parpessus, Cullection de lois maritimes, antérieures au xvui° siècle, 6 vol. in-4°. Paris, 1828-1845.
Paris (Paulin), La chanson d'Antioche, composée au commencement du x11' siècle, par le pèlerin Richard,
renouvelée sous le règne de Plhilippe-Auquste par Graindor de Douay, publiée pour la première fois
par P. P. a vol. in-8°. Paris, 1848. |
Pau (M. Léon), Journal de voyage en Orient [et dans l'intérieur du Taurus cilicien], in-1 2. Paris, 1865.
Pauz DaronarTsi ou de Daron, moine arménien du x1° siècle, controversiste et adversaire passionné
des doctrines de l'Église catholique ; son livre contre le théologien grec Théopiste a paru in-4?,
à Constantinople, 1752.
Pazmavés ou le Poryisror, Revue bimensuelle, publiée par les RR. PP. nekbihartes de Saint-
Lazare, en arménien vulgaire, in-8°, à deux colonnes; en cours de publication.
PerrTz, Monumenta Germanie historica, 20 vol. in-fol. 1826-1868.
Perir Tuazauus (Le), Chronique municipale de Montpellier, en langue romane, publiée par la Société
archéologique de cette ville, in-4°. Montpellier, 1840.
Petite bibliothèque arménienne, \Jrbbnp Suyluukuiup; collection de divers ouvrages d'un caractère
religieux ou historique, publiée par les RR. PP. mékhitharistes de Saint-Lazare, 20 vol.
in-18. Venise, 1853-1854.
Peyré (J. T. À.), Histoire de la première croisade, à vol. in-8°. Paris et Lyon, 1859.
PuicosrraTe, Vie d'Apollonius de Tyane, éd. Westermann, dans la Bibliothèque des auteurs grecs
de Didot. | |
PuLécon DE Traces, historien grec du n° siècle. Voir les fragments qui nous restent de lui, dans
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Pune, Histoire naturelle, éd. et trad. de M. Littré. à vol. in-8°. Paris, 1 860.
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Didot.
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çaise de M. Félix Bouchot, 3 vol. in-12. Paris, 1847.
Pouroni MezÆ, De Situ orbis libri LIT, ed. Bipontina, in-8°. Strasbourg, 1 809.
Pousouar, Voyage dans l'Asie Mineure, 2 vol. in-8°, Paris, 1840.
Pouquevize, Mémoire historique et diplomatique sur les établissements français au Levant, depuis l'an 500
de J: C. jusqa à la fin da xvri° siècle, dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-
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Procore, De Bello Persico, De Ædificits et Historia arcana, le Corpus scriptorum historiæ Byzan-
tineæ.
Q
Quarremèëre (Étienne), Mémoire sur les Ismaëliens, dans les Mines de l'Orient, t. IV.
Histoire des sultans mamelouks d'Égypte, de Makrizi. Voir Makrisr.
Histoire des Mongols de la Perse, de Raschid el-Din, traduite du persan , in-fol. Paris, 1 863;
t. I (le seul paru), dans la Collection orientale.
Quinrana (Geronimo), Historia de la antiquedad, nobleza y grandeza de Madrid, in-fol. Madrid, 1629.
Quinre-Curce, Vita Alexandri, ed. C. T. Zumpt, in-8°. Brunswick, 1846.
R
RaDevicus ou mieux RaGEewinus, continuateur d'Othon de Freisingen, Gesta Friderici L, imperatoris,
dans Pertz, Monumenta Germanie historica, t. XX, p. 338 sqq. | |
RaDuzrr CaDomEensis Gesta Tancredi, in expeditione Hierosolymitana, dans la Collection des histo-
riens des croisades, publiée par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, in-fol. Paris,
1866.
RarmunDi DE AGuiLERS, canonici Podiensis, Historia Francorum qui ceperunt [herusalem ; mème col-
lection, même volume.
Raïnaznr ou Rinazni (Odoric), Annales ecclesiastici, continuant les Annales ecclesiastici de Baronius.
à partir de 1198, éd. de Mansi, 15 vol. in-fol. Lucques, 1747-1758.
Ouvrage précieux pour la connaissance de l'histoire du royaume de la Petite Arménie.
Rauc sive Raouzpx1 MEDioLANENsis de Rebus gestis Friderici T1 commentarius ; dans Muratori, Rerum
Italicaram scriptores, t. VI.
RayBaup, avocat d'Arles, Histoire du prieuré de Saint-Gilles, conservée en ms. à la Bibliothèque
d'Aix.
Recueil des itinéraires anciens . comprenant l'Itinéraire d’Antonin, la Table de Peutinger, et un choix
de Périples grecs, avec des cartes dressées par M. le colonel Lapie, publié par MM. le mar-
quis de Fortia d'Urban [et Miller], in-4°. Paris, 1845.
Rernaup (Toussaint), Chroniques arabes, dans la Bibliothèque des croisades de Michaud, 4° partie,
in-8°. Paris, Imprimerie royale, 1829.
Géographie d'Aboulféda, trad. française, t. Î, Introduction, et partie du tome IT, in-4°.
Paris, Imprimerie nationale, 1848.
Religieux (Le) de Saint-Denys, Chronique du règne de Charles VI, texte latin et trad. française, par
M. Bellaguet, 6 vol. in-4°, Paris, HeNS 1852, dans la Collection de documents inédits sur l'histoire
de France.
Ritrer, Erdkunde; Band VII, 1° Abtheilung, comprenant la description de la Grande Arménie;
Band IX, Klein-Asien, Theil IT, description de la Gilicie.
Rogerr pu Monr, continuateur de Sigeberti Gemblacensis cænobitæ chronographia, dans la première
collection de Jean Pistorius, {llastrium veterum scriptorum qui rerum a Gerinanis per multas ætates
gestarum historias vel annales posteris reliquerunt, etc. 3 vol. in-fol. 1582-1607.
Roger: Monacui Historia hierosolimitana , dans la Collection des historiens des croisades, de l'Académie
des Inscriptions et Belles-Lettres, in-fol. Paris, 1866.
Rocert DE Hoveoen Annalium pars prior et posterior, dans Henri Saville, Rerum anglicarum scriptores
post Bedam præcipui, in-fol. Francfort, typis Wechelianis, 1601.
Rusruquis, ltinerarium fratris Willelmi de Rabruk, de ordine fratram minorum, anno gratte MCC LIL,
716 oo INDEX.
ad partes orientales, publié par M. d'Avezac, dans les Mémoires de la Société de géogra-
phie, t. IV.
Rymer (Th.), Fœdera, conventiones, litteræ et cajuscumque generis acta publica, inter reges Angle et alios
quosvis imperatores, etc. 20 vol. in-fol. éd. de Londres, 1727-1735.
S
SainT-MarriN. Mémoires historiques et géographiques sur l'Arménie, à vol. in-8°. Paris, 1818 et 1819.
Traduction de l'Histoire d'Arménie, de Jean Catholicos, in-8”. Paris, 1841.
Fragments d'une histoire des Arsacides, 2 vol. in-8°. Paris, 1850. Ces deux derniers ouvrages
sont posthumes et ont paru par les soins de feu M. Félix Lajard.
Notes sur l'Histoire da Bas-Empire, de Lebeau, jusqu'au vol. XIII inclusivement, in-8°.
Paris, 1824-1832. | |
SALE (George), The Koran, commonty called the Alcoran of Mohammed, translated from the original
Arabic, a new edition, in-8°. London, 1838. |
SAMUEL D'ANI, auteur arménien du x1r° siècle, Chronographie, continuée par un anonyme jusqu'en
1340; en extrait, avec la continuation, dans le présent volume, p. 447-468.
Une traduction de l'ouvrage entier de Samuel d'Ani, moins la continuation, a été donnée
à la suite de la chronique d'Eusèbe, par Angelo Maï et Zohrab, in-4°, Milan, 1818, sous
le titre de : Samuelis presbyteri Aniensis temporum usque ad suam ætatem ratio, e libris historicoram :
summatim collecta, opus ex Haicanis quinque codicibus, ab Johanne Zohrabo, doctore Armenio, dili-
genter exscriptum atque emendatum, Iohannes Zohrabus et Angelus Maiïus nunc primum, con-
iunctis curis, latinitate donatam, notisque illustratum ediderunt.
SARKIS DyALALIANTS (Mgr.), archevêque arménien de Ja Géorgie et de l'Iméreth, Voyage dans la
Grande Arménie, à vol. in-4°. Tiflis, 184a et 1858.
SCHAKHATHOUNI, EN rUSSe SCHAKHATHOUNOFF, évêque arménien, Description du couvent patriarcal d'Edch-
miadzin et des cinq districts de la province d’Ararad (en arménien), 2 vol. in-8°. Imprimerie de
ce couvent, 1842.
Scanscueïer, auteur d’une traduction russe d'Élisée, Tiflis, 1853. Voir ce dernier nom.
SCHARAGAN, où hymraire arménien.
Il existe nombre d'éditions de ce livre, et, entre autres, celles de Constantinople, in-12, 1828, et in-8°,
1834 ; les chants qu'il contient, disposés par canons, pour chacune des fêtes de l'année, sont très-anciens,
et plusieurs remontent jusqu'au v° siècle.
ScxenÂs-Eonin, auteur arabe du xv' siècle , Géographie intitulée : Messalik el-absar fi memalik el-amsar
(les Voyages des yeux dans les régions des cités). Un fragment de cet ouvrage, comprenant la
description de l'Asie Mincure, traduit par Et. Quatremère, a été inséré dans les Notices et
Extraits des manuscrits, t. XIIT, I” partie.
ScauLTens (Albert), éditeur et traducteur de la Vie de Saladin, par Behâä-Eddin (V.ce nom). Index
geographicus ir vitam Saladini, à la fin de ce livre.
Scyzirzès (Joannes) CuroPaLaTA, Breviarium historicum, à la suite de Cedrenus, dans le Corpus
.scriptorum historiæ Byzantineæ.
Sëmpao (Le connétable), xnr° siècle, Chronique abrégée de celles de Matthieu d'Édesse et Grégoire le
Prétre et Chronique particulière du royaume de la Petite Arménie (952-1274), continuée par un
anonyme jusqu'en 1335.
La partie qui comprend l'histoire de la Petite Arménie ainsi que la continuation se trouvent dans le pré-
sent volume, p. 610-680. Le texte de la chronique complète a été édité par l'archimandrite Garabed Scha-
| nazarian, dans sa Galerie historique arménienne, in-12. Paris, 1859.
Serpos (il marchese Giovanni de), Compendio storico di memorie cronologiche, concernenti la religione
e la morale della nazione Armena, suddita dell impero ottomano, 3 vol. in-12. Venise, 1786.
SILVESTRE DE SACY, Ghrestomathie arabe, 2° édition, 3 vol. in-8°. Paris, 1826-1827.
—— Exposé de la religion des Druzes, à vol in-8°, ibid. 1 838.
SIRMOND (Jac.), Opera varia, 5 vol. in-fol. Typographia regia, Parisiis, 1696.
Souxias SomaL, abbé général des Mékhitharistes de Venise, Quadro delle opere di vari autori antica-
mente tradotte in Armeno, brochure in-8°. Venise, 1825.
Quadro della storia letteraria di Armenia, in-8°, ibid. 1829.
AUTEURS CITÉS. 777
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Spauner (Karl von), Atlas historique divisé en trois parties : 1° atlas antique; 2° atlas depuis le
commencement du moyen âge jusqu'à nos jours; 3° pays extra-européens. Gotha, 1850, 1853
et 1854.
SrRABON, Géographie, éd. Dübner et Ch. Müller, dans la Bibliothèque des auteurs grecs de Didot.
SrrauBaLoi (Diomède), chroniqueur chypriote du xv° siècle, ms. italien de la Bibliothèque impé-
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T
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Tcuamircx ou Tcxamrcuian (Michel), religieux de la congrégation des Mékhitharistes de Venise,
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Tcatmarcaerr (M. Pierre de), voyageur russe, Asie Mineure, géographie physique et climatologie,
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Texier (M. Charles), Fragment de voyage de Tarse à Trébizonde, dans la Revue française, t. VI, 1836,
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Tuéonuzpxe, évêque d'Orléans, vin° et 1x° siècles, ses Œuvres, dans les Opera varia du P. Sirmond,
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Tuomas De Mevzorx’, auteur arménien du x+° siècle, Histoire de Timour et des Timourides, publiée
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extraits par M. Félix Nève, in-8°, Bruxelles, 1 860.
Taucypine, Histoire de la querre du Péloponnèse, éd. Haase, dans la Bibliothèque des auteurs grecs
de Didot.
Tizcemonr (Lenain de), Histoire des empereurs et des autres princes qui ont régné durant les six premiers
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Tire-Live, éd. Drakenborch, 7 vol. in-4°. Amsterdam, 1738-1766.
ToRN\8ERG (C. J.), Ibn-Khalduni narratio de expeditionibus Francoram in terras islamismo subjectas, in-4°,
Üpsaliæ, 1840; et édition de la chronique d'Ibn-Alathir. (Voir ce dernier nom.)
Turssoni ( Petri) seu Toperovis, sacerdotis Sivracensis, Historia de Hierosolymitano itinere.
Gesta Francorum et aliorum Hierosolymitanorum, seu Tudebodus abbreviatus.
Historia peregrinorum euntium Jerosolymam, seu Tudebodus imitatus et continuatus. Dans la
Collection des Historiens des croisades, donnée par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,
in-{ol. Paris, 1866.
D
Ucnecur, Italia sacra, sive de Italiæ episcopis opus, 10 vol. in-fol. Venise, 1717-1733.
V
Vauram D'Énesse, auteur arménien du xur siècle, Chronique rimée des rois de la Petite Arménie, in-4°,
Madras, 1810, etin-12, Paris, 1859 (éd. de l'archimandrite Garabed Schahnazarian); traduite
en anglais et abrégée par M. Ch. Fried. Neumann {V. Neumanx); éditée de nouveau, et tra-
duite en entier dans le présent volume, p. 493-535.
Varssère (Dom J.) et D. CLauoe De Vic, Histoire générale de Languedoc, 5 vol. in-fol. Paris, 1730-
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VarTan, auteur arménien du xur‘ siècle, Abrégé d'histoire universelle, depuis l'origine du monde
Jusqu'en 1267, publie par M. Emin, in-8°, Moscou, 1861, et par les religieux mékhitharistes
de Saint-Lazare, in-8°, Venise, 1 862; traduit en russe par M. Emin, in-8°, Moscou, 1861.
Géographie, attribuée à ce même Vartan et publiée une première fois à Constantinople,
1728, par Diratsou {le clerc) Mourad, et en second lieu, avec traduction française, par Saint-
Martin, dans ses Mémoires historiques et géographiques sur l'Arménie, 1. II, p. 406-453.
98
Hisror. AR“. —- I.
718 INDEX DES AUTEURS CITÉS.
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liers de Rhodes et aujourd’hui chevaliers de Malte; 6 vol. in-8°. Amsterdam, 1742.
Viscan: (Jean), Istorie fiorentine; ouvrage continué par Matthieu et Philippe Villani, in-fol. Venise,
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Viucerroy, Examen des mss. arméniens rapportés par Sevin, dans la Büibliotheca manuscriptorum nova de
Montfaucon; et Catalogue des mss. arméniens de la Bibliothèque impériale, dans le t. I du caia-
logue général, contenant les mss. orientaux.
VizcenarpouIn (Geoffroy de), Conqueste de Constantinople, éd. de Ducange, à la suite du Corpus
scriptorum khistoriæ Byzantinæ, et éd. de Buchon, dans ses Recherches el matériaux pour servir à
ane histoire de la domination française en Orient.
Vincent De Beauvais, x1v° siècle, Speculum khistoriale, dans son Speculum majus, 5 vol. in-fol. Nu-
remberg, 1483.
Vivien DE Saint-Martin, Histoire des découvertes géographiques, t. ÎT et TT, Asie Mineure, in-&°. Paris,
1945-1846.
——— Mémoire sur les Huns Hephthalites, in-8°. Paris, 1849.
W
Waxouscar (Le tsarévitch), Description géographique de la Géorgie (en géorgien), éditée et traduite
par M. Brosset; in-4°. Saint-Pétersbourg, 13842.
Waisrox {Les frères), éditeurs et traducteurs de l'Histoire d'Arménie ct de la Géographie de Moïse
de Khoren. (Voir ce dernier nom.)
Wien (Fr.), Histoire des croisades (en allemand), 7 vol. in-8°. Leipzig, r807-1832.
WicceBRAND D'OLDENBOURG, voyageur du xui° siècle, [tinerarium Terre Sanclæ, dans Leonis Allatii
Symmicta, à la suite de l'Historia chronica de Jean Malalas, dans le Corpus scriptorum historiæ
Byzantine.
X
XénoPxon, éd. L. Dindorf, dans la Bibliothèque des auteurs grecs de Didot.
Y
Yançuas y Minanoa (Don José), Diccionario de antigucedades del reino de Navarra, 4 vol. in-4°. Pam-
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Z
Zanreuier (Cornelii) sancti Jacobi Leocadiensis monachi chronicon, dans Martène et Durand, 4m
plissima collectio, t. V. |
Zouras (Jean), ancien religieux de la congrégation des Mékhitharistes de Venise, auteur de la tra-
duction de l'Eusèhe arménien et de la Chronographie de Samuel d'Ani, en collaboration
avec le cardinal Angelo Mai. (Voir Sauvez d'Ani).
Collection de notes historiques ou mémoriaux, extraits des mss. de la Bibliothèque du
couvent de Saint-Lazare, à Venise; ms. de la Bibliothèque impériale, n° 27 du supplément
arménien.
Zonaras, Annales, dans le Corpus scriplorum historie Byzantinæ.
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Historiens armeéniens, t. 1. CHARTE N° J.
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NOMS HISTORIQUES.
Aauis ou ALice (en arménien Agh'ida), fille de Rou- A8iRAD, lils de Grégoire, prince arménien de la famille
pén III, et d'Isabeau de Thoron, mariée d'abord au des Arsacides, p. cxx.
prince arménien Héthoum, de Saçoun, et ensuite à Agrran, fils de Haçan, prince arménien, p. Cxx.
Raymond, fils aîné de Boëmond le Bambe,p.u11,394, ABiran, fils d'Oschin IT, de la famille des princes hé-
480, 5ro, 512, 514, 515, 627. 629, 632, 634. thoumiens de Lampron, p. 558.
Aau1s, fille de Baudouin du Bourg, femme de Boë- ABLAÇATH, chef arménien au service militaire du prince
mond IT, prince d'Antioche, p. 147. Kogh'-Vasil, p. 84. 89-90, 104.
A4roN, grand prêtre, frère de Moïse, p. 594. Asou-Brexr (Le khalife), premier successeur de Maho
ABAKA-KHAN, souverain mongol de la Perse, p. 487, 488, met, p. 129.
525, 530, 538, 6o7. ABOUÇANL, frère d'Adom et {ils du dernier roi du Vas-
AsBas, vizir du khalife d'Égypte, Dhafer-billah, de la bouragan, Sénékérim Jean, dans la Grande Arménie,
dynastie des Fathimites, p. 38, 340. p. 38, 576.
ABo-ELz-MouMEN, fils d'Ali, de la dynastie des Almo- ABou-Dorar ScHERK«HÂB, émir de Sava, fils de Keï-Khos-
hades, souverain du Marok, p. 352. | rou, p. 334.
ABÉLDCHANAB, prince arménien de la famille des Arsa- ABOU L-ABBAS AUMED, khalife abbasside, p. 319.
Agsov L-Hansi, émir kurde du pays de Her, et de Zaré-
vart, dans la Grande Arménie, p. 539.
ABou'L-KacemM, émir de la famille de Danischmend,
cides, p. Gxx.
ABÉLÊTE ou ABOULÊTH, prince de la famille des Orbé-
lians, au service du roi de Géorgie, David II, dit le
Réparateur, p. 141, 435. p. XXII.
ABËLGHARIB OU ABÉLKHARIB, prince de la famille des ABou’1-Kacem Iça. — Voir Faïz-BiNAsR-ALLAR.
Ardzrounis, créé gouverneur de Tarse et de Mopsueste Anou'L-Sewar, fils de Manouichè, émir kurde de la
par Constantin Monomaque, p. L. 557. ville d'Ani, dans la Grande Arménie, p. 141, 196.
ABÉLGHARIB , fils de Vaçag. prince arsacide de la branche ABsou-Saïn, khan des Mongols de la Perse, p. c1, 468,
Sourëén -Bahlay, seigneur de Bir ou Birah, dans le 547, 664, 670, 556, 758.
nord de la Syrie, p. cxx1. — Voir, a la suite de l'In- ABRAHAM {Le patriarche), père d'fsaac, p. 395,601, 6o8.
troduction, le Tobleau généalogique de la famille pa- ABRAHAM, prêtre arménien, p. 608.
ABsALON, fils du roi David, p. 164.
triarcale d'Arménie.
ACHÉMÉNIDES (Les), souverains de la Perse et suzerains
ABÉLGH'ARIB, l'un des deux meurtriers du prince rou-
pénien Mleh, p. 626. de l'Arménie, p. XVII, XX, XXIV, LV, LVI.
ABËLGI'ARIB (Le baron), connétable d'Arménie, sei- ADam ou Ava (Le baron sire), seigneur de Bagras
gneur de Gouda ou Goudaf, p. Lxxv, 636, 67y. (Pagræ), entré au service de Léon IT, et devenu sei-
ABËLGH'ARIB (Le baron), seigneur de For’nos, château gneur du château de Gaston ou Gastim, cet sénéchal
fort de la Cilicie, p. 636. . d'Arménie; plus tard baïle on régent du royaume,
ABGar Ouxama, ou Le Norr, premier roi chrétien d'É- P-XXX, LXXXIX, XCVII, 171,427, 481, 513,514, 636,
desse, P. 340, restaure celle ville, p. 232, 244. 644, 645.
ABGAR (Nation ou peuple d'}. les habitants d'Édesse, AnéLiexs ou ÉrLiaxs (Les), princes de la famille des
P- 94, 105, 159, 227, 228. Ayoubites, ainsi nommés de Malek-Adel, frère de
AëiRAD, prince de la famille des Arsacides, de la branche Saladin, p. 421.
Sourên-Bablav, p. cxx1. — Voir, à la suite de l'Intro- ADneb-Linix-ALLau, dernier khalife fathimite d'Égypte,
duction, le Tableau généalogique précité. p. 363, 364, 454.
ÂginaD, seigneur de Dzovk', château fort de la Qua- Apuémar DE MonreiL, évêque du Puy, chapelain de
trième Arménie, père du patriarche saint Nersès Raymond de Saint-Gilles, légat du jrape à la première
Schnorhali, p. cxx1, 223. croisade, p. 41-42, 103.
yô.
780 INDEX.
ADou, frère d'Abouçahl et fils du dernier roi du Vas-
bouragan, Sénékérim Jean, p. 38, 576.
Apom, l’un des seigneurs du royanme de la Petite Ar-
ménie, p. 645.
A'oRaDiN (Nasr-Eddin?}, beau-père du souverain de Khë.
Jath, Amir Miran (Soukman IT); son beau-frère, sui-
vant l'Listorien arabe Ibn-Alathir, qui le nomme Mé-
lik.Salik, prince d'Arzen-Erroum (Erzeroum), p. 195.
ADRAMELECH , fils de Sennachérib, roi d'Assyrie, émigré
en Arménie avec son frère Sarazar, après avoir tué
leur père, p. xL1iX, 101.
AGar (Les fils ou enfants, ou bien la race d'},les Agaré-
niens, c'est-a-dire les Arabes et quelquefois les Mu-
sulmans en général, par opposition aux fils de Sara,
c'est-à-dire les vrais croyants, juifs ou chrétiens,
p.158, 294, 448, 511, 521, 522, 686.
— Saladin, appelé descendant d'Agar, p. 275.
“AG'CIAN. — Voir Bicni-Siäx.
Acxës, fille du prince de Tyr et Sidon, Amaury de
Lusignan, mariée à son cousin germain Léon IV, roi
d'Arménie, d'après le P. Estienne de Lusignan,
p. 683.
Acxès, fille puinée de Josselin IL et de Béatrix, p. 343.
AGnës, troisième fille de Henri de Milly, dit le Buffle,
femme de Josselin IIT, p, 166, 415.
AGRICOLA , gouverneur de la Cappadoce, sous l'empereur
Licinius, p. 248.
AGunicx, émir turk, p. 58.
Aumen. — Voir Tacoupar-Ocou..
AmMeo, surnommé par Tchamitch Aboulhéth Hadji
Térifé, frère du sulthan d'Égypte, Mélik-Aschraf-
Scha’ban, envahit la Petite Arménie et met fin à ce
royaume , P. 719 sqq.
Agen ÏI], sulthan ottoman (1703- 1730), p. 310.
Aamen-Méux, ou Méuix-MouauMep, ou bien Manmoun,
émir de Mélitène, de la famille de Danischmend de
Cappadoce, qualifie par Matthieu d'Édesse de sulthan,
p.LXX, CXXU, 149,190,153-157,177,335,336, 617.
AnMED-ŸEL, émir kurde de la ville de Méraga, dans
l'Azerbeïdjan, p. 96-97.
Aïaz, fils de l'émir de Mardin, Nedjm-Eddin Ilgazi,
P. 107, 119.
ÂIMERI Où Â1MERIC, palriarche latin d'Antioche, p. 360,
634, 635.
Asarôs (Le baron), seigneur de Mauléon, dans la Ci.
licie, p. 637.
Ax-Boca (L'émir), premier gouverneur de Sis pour le
sulthan d'Égypte, après la soumission du royaume
de la Pelite Arménie, p. 720.
Ak-Sonxor, émir de Méraga, p. 201.
Aza-EnDix MonaumrD KHorazu-ScHaAH, c'est-à-dire,
souverain du Khorazm ou Kharizm, p. 646, 647.
Aza-Evooi Keï-Kosan, sulthan d'Iconium, successeur
de son frère Izz-Eddin Keï-Kaous, p. xxxix, 429,
460, 517, 645, 646, 648.
AuBÉRIC, évêque d'Ostie, légat du pape Innocent IT, en
Orient, p. 77, 198, 618.
AzgerT, comle de Blandraz, p. 57.
ALBerT chevalier hospitalier, précepteur (commandeur)
de Saleph (Séleucie Trachée), p. 646.
ALBINUS ou ALBIANUS, évêque du district de Hark’, dans
le Douroupéran, province de la Grande Arménie .
p.418. :
Azeu-EnDin SixpsAR DévaTDAR (porte-écritoire}, géné-
ral des troupes égyptiennes, p. 545.
ALEXANDRE LE GRAND; tradition relative à un lieu où
gisent ses ossements, p. 171; maitre de la Cilicie, sa
victoire d'Issus, p. xv111, XX, XXVII, XL, 301, 312,
313, 340, 681.
ALEXANDRE IV, souverain pontife, p. 691.
ALexis 1‘ ComnèNE, empereur d'Orient, p. xxxt, xLr,
26-27, 47, 56-57, 70, 79, 125, 152, 154, 156,
326, 361, 413, 416. 419, 447, 450, 452, 557,
397
ALexis, fils aîné de Jean Comnène, p. 156.
ALexis, fils naturel d'Andronic Comnène et de Théo-
dora, veuve de Baudouin ITF, roi de Jérusalem , p. 186,
361.
ALexis IT, fils et successeur de l'empereur Manuel Com.
nène, p. 389, 390, 391, 437, 626, 623.
Azexis JIL L'ANGE, appelé par les Arméniens Ph'isig
(Physicus), empereur d'Orient; il envoie à Léon II
une couronne et le reconnait comme souverain indé-
pendant de la Cilicie, pages cuir, 424, 458, San,
633.
Acexis V Ducas, surnommé Mourtzouphle, empereur
d'Orient, p. 627.
ALExIS BéLaA, fils du roi de Hongrie Geisa, gendre de
Manuel Comnène, p. 190.
At, khalife, gendre de Mahomet, p. 348.
AL1-PapiscHau-Nouïax, oncle maternel d'Abou-Said,
khan des Mongols de la Perse, p. 468.
ALINAxE (Roupén, dit), seigneur de Tarse, de Lam-
pron et autres lieux, fils du roi Léon 1IT, p. Lxxxiv,
466, 467, 548, 664, 666.
ALipas, émir de Sébaste de la famille de Danischmend,
p. CxxH.
ALMOHADES (Dynastie des), souverains du Marok, p.352.
ALP-ARSLAN [", sulthan seldjonkide de Perse, p. 131,
236, 318, 323, 324.
ALP-ARSLAN où ARSLAN- SCHAH, fils de Thogrul, fils de
Mohammed, sulthan seldjoukide de Perse, p. 435,
436, 454.
ALP-ARsLAN (Tadj-Eddaula), el-Akhrad ou le Muel, fils
de Ridhouân, sulthan d'Alep, p. 115.
AUPHONSE IX, roi de Castille, dit le Bon ou le Noble,
p. 482, 484.
ALPHONSE (Don), frère du roi de Castille, Jean [",
p- 741.
ALPHONSE, comte de Saint-Gilles et de Toulouse, p. 190.
Amaxos (Le baron), seigneur d’Adarôs, dans la Cilicie,
p. 638.
Amaury [*, voi de Chypre, frère de Guy de Lusignan,
p. Liv, 398, 425, 479, 480. 482, 516, 561, 598,
643,536.
AMAURY DE LusiGnan, prince de ‘Tyr el Sidon, frère
du roi de Chypre, Henri IL, p.543, 665,680. 681,
683, 702.
Amaury, fils du roi d'Arménie, Hugues, d'après le
P. Estienne de Lusignan, p. 683.
Amaury, roi de Jérusalem ,p. 345,353,357, 358, 359,
361, 362, 363, 364, 365, 369, 370, 373, pi
379; 403, 418, 475, 476, 562, 593. j
AMIR-BiañkaM-ALLA8 , khalife fathimite d' Égypte, P 6,
266.
AuiR-Guazi ou Gazt, autrement dit Mézix-Gazt, fils de
Mohammed ou Ismail, émir turkoman de Cappadoce,
de la famille de Danischmend, p. zxx11, xx, 74,
41-14, 149, 331, 335, 336, 334, 617, 678.
AmiR-Scuan. — Voir SCHARËÉNSCHAH.
NOMS HISTORIQUES. 181
Amrou, conquérant de l'Égypte, pour Île khalife Omar,
p. 230.
AnaG, de la branche des Arsacides de Perse, dite Sourén-
Baklav, pere de saint Grégoire l'Illuminateur, p. 13.
Ana, messager et favori du roi Abgar Oukama ou le
Noir, p. 227.
ANANIE, patriarche d'Arménie, intrus, à Sébaste de Ce
padoce, p. 423.
AnAnouN, fils du roi Abgar, roi d Édesse, p. 340.
AnasrTasE [", empereur d'Orient, p. 317.
AnprAPLe (Michel d'), tenancier d'un domaine rural,
dans le voisinage de Harounia, ville de la Petite Ar-
ménie, p. XCIH1.
ANDRE II, roi de Hongrie, p. 484.
Anvré, évêque de Hark’, dans la Grande Arménie
P. LXVIIT, LXX.
Anpreï Bocouioussroi, grand-duc de Russie, p. 437.
ANDRONIG COMNÈNE, autrement dit Andronic Phorbène
ou Euphorbène, commandant de la Cilicie, plus tard
empereur, p. 154, 167-169, 186, 200, 219, 345,
356, 361, 591, 392, 416, 421, 437. 505, 506, 619,
621, 627, 628.
ANpRONIC II, empereur d'Orient, dit le Vieux, fils de
Michel et de la princesse arménienne Ritha, p. 464,
490, 544, 545, 655. -
ANDaoONIC, lils aîné du césar Jean Ducas, p. 324.
ANDRONIC, sébaslocrator, fils aîné de l'empereur Jean
Comnène et frère de l'empereur Manuel, p. 156, 361,
383.
’ANèSs IRITSANTS, Jean des Anciens ou Jean des Prûtres,
Joannes, chancelier d'Arménie sous le règne de Léon V,
p. 761, 762.
ANNA (Kyra), reine d'Arménie. — Voir GuÉR'an.
ANNE ou Jeanxe, fille de Philippe de Tarente, femme
du roi roupénien Oschin, p. 666, 757.
ANxe, fille de l'empereur Michel Paléologue et de la
princesse arménienne Ritha, p. 490.
ANNE DALASsÈNE, mère de l'empereur Alexis [* Com-
nène, p. 413.
ANseLME, évêque de Milan, p. 56.
ANTIAUME (Nicole), jurisconsulte chypriote, pages 1x,
605.
Anriocaus. III, roi de Syrie, se retire avec sa flotte à:
l'embouchure de l'Eurymédon, sur la côte de Pam-
phylie, P. xxx v.
ANTOINE, évêque de Gaële, légat de Clément VI dans
la Petite Arménie, p. 708.
Apas, fils de Mouschegh', roi bagratide de Gars, p. 10.
APOLLONIUS de Tyane ; mot de lui au sujet des habitants
de Tarse, p. xuu.
APOUGH'AMR, prince arménien de la famille des Arsa-
-cides, p. xx.
APOUGH'AN, prince arménien de la même famille,
P. Cxx.
ArAB, fils du sulthan d'lconium, Kid -Arslan [",
P. xx, 142, 331.
ARA&, roi d'Arménie, de la première dynastie, dite des
Huaïciens, le sixième descendant de Haïg, p. 301, 691.
— La Nation issue d'Aram, c'est-à-dire, la nation ar-
ménienne, p. 691.
ARBACE, roi des Mèdes, p. 551.
ARCADE , fils de Théodose le Grand, empereur d'Orient,
P: XVEN, LXXVHI.
ArDA, fille du prince arménien Taphnuz ou Tafroc (Tho-
ros) ,et femme de Baudouin de Boulogne. p. Lt, 25.
ARDASCHÈS [‘, roi d'Arménie de la dynastie des Arsa-
cides , p. 301.
ARDASCHÉS II, roi d'Arménie de la même dynastie,
P. LXXVI.
ARDASCHIR ou ARDASCHÈS III, dernier suuverain arsacide
d'Arménie, p. LIx.
ARDASCHIR ou ARTAXERXES BABEGAN, fondateur de la
dynastie des Sassanides de Perse, p. 301.
ARDAVAZT ( Ârtabare) Il, fils d'Ardaschès IT, roi arsacide :
d'Arménie, p. LXXVI.
ARDAVAZT MANTAGOUNI, sbarabed, c'est-à-dire, général
en chef de l'armée arménienne, sous le roi Tiri-
date IT, p. Lxxv.
ARDAZ, prince arménien de la famille des Arsacides,
P. Cxx.
ARDZROUNI (Thomas) , historien arménien du 1x° siecle,
P. L.
ARDZROUNIS (Les), maison salrapale, l'une des plus
considérables de l'Arménie, qui régna sur le Vas-
bouragan, et qui se disait issue d'Adramelech, fils de
Sennachérib, roi d'Assyrie, p. XLIX, LVI, LVI1, 10,
333, 4195, 576.
ARÉKOUIN ou ARÉKIN (Le baron), seigneur du château
fort de Hamous, dans la Cilicie, p. 636.
ARGOUN , khan des Mongols de la Perse, p. 488, 49o,
542, 543.
ArisoaGuës ou R'ÉsbaGuës, fils de saint Grégoire l'Illu-
minaleur, et son successeur sur le siége patriarcal de
l'Arménie, p. 414, 418.
AR10S, hérésiarque du 1v° siècle, p. 322.
ARKkAM, chef de Ja colonie des Mèdes, en Arménie,
exlerminé avec toule sa famille et les principaux
de cette nation par le roi Ardavazt (Ariabaze) II,
P. LXXVI.
ARMaïs, roi d'Arménie, de la dynastie des Haïciens,
p. 236.
ARMÉNAG, roi d'Arménie, de la dynastie des Haïciens,
__p- 286.
ARMÉNIENS (Corps de 3000), à la solde d'Abbas, vizir
du khalife d'Égypte Dhafer-Billah, p. 348.
— Au service de Baudouin III, roi de Jérusalem,
p. 391.
AR'MÉTIN, émir de Palou, s'empare de Kharpert, forte-
resse de la Quatrième Arménie, p. 393.
Arnous pe Roues {Édesse), chapelain de Boëmond [°,
p. 42.
ARNOULD, patriarche de Jérusalem, p. 107.
Ampa-Gaoux, khan des Mongols de la Perse, p. 468.
ARSACE le Grand, appelé aussi Mithridate IT, roi de
Perse; de la famille des Aïsacides, p. Lvi.
ARSACE IT, roi arsacide d'Arménie (363-381), p. Lviur.
ArsACIDES (Les) d'Arménie, branche cadette de la fa-
inille des Arsacides de Perse, occupant hiérarchique-
ment le second rang après ceux-ci, p. LVI, LVIT, LIX,
LXII, LXV, LXXIV, LXXVI, XCII, 19), 232,235, 681.
— Voir Bancavounis.
ARSAME, gouverneur perse de Tarse, s'enfuit a l'arrivée
d'Alexandre le Grand, p. xx.
ARscHAM (Arsame), père d'Abgar le Noir, roi d'Édesse,
p. 244, 340.
ARSLAN Tuocuiscx, frère aîné de Fakhr-Eddin Kara-
Arslan et fils de Rokn-Eddaula Daoud, prince orto-
kide, p. 155. |
ARTAXERXE MNEMON, roi de Perse de la dynastie des
Achéménides, p. xx.
782 L INDEX.
AaTouxx (Oriok-bek), émir turkoman, fondateur de la
dynastie des Ortokides, p. 74, 326.
ArTHoukgis ou OrToxiDEs (Les), princes descendants
d'Arthoukh ou Ortok-Bek, p. 326.
Ascaoo É, de la famille des Bagratides, d'abord chef
des Arméniens, avec le titre de Prince des Princes,
“créé roi d'Ani, dans la Grande Arménie, par le kha-
life Mo'tamed, p. Lxxvi1.
Ascaoo III, dit le Miséricordieux, roi bagratide d'Ani
(952-977). p. xt, 9, 12.
Ascaon, fils de Khatchig Kourkên, roi du Vasbouragan,
dans la Grande Arménie, p. 10.
Ascuop (Le baron), seigneur du château fort de Gan-
tchi, dans la Cilicie, p. 636.
Ascaouk-Trmour De Marvin, gouverneur d'Alep pour
le sulthan d'Égypte, assiége et prend la ville de Sis;
ses troupes s'emparent d'Adana, Mopsueste et Ana-
zarbe, p.719. :
ASDOUADZADOUR, nom arménien signifiant donné par
Dieu, Adeodatus, Dieudonné, p. Lxxu.
ASDOUADZADOUR, évêque et seigneur de Medzk'ar, dans
la Cilicie, p. Lxvirt, 635.
ASDOUADZADOUR, archiprêtre de Tarse, p. Lxx, Lxx11.
Assassins (Les), Ismaëliens ou Bathéniens, p. 129, 179,
382, 482, 486, 514.
— Le scheikh des Assassins ou Vieux de la montagne,
p. 635.
ASTYaGE, roi des Modes, p. 114.
Bas, roi d'Arménie, de la dynastie des Arsacides, p. 584.
Bas le Bagratide, chef arménien, va rendre visite à l'em-
pereur Zimiscès, p. 21.
Ba8in (Jean), baron de la Haute cour dans le royaume
de Chypre, chambellan d'Arménie, p. xciv.
Bapoaro (Jacques), ambassadeur de Venise auprès de
Léon IE, p. xevi.
Bacpap-KHaTouN, femme d'Abou-Saïd, khan mongol
de la Perse, p. 468, 670.
Baca'pain, principal ministre du sulthan d'Iconium,
Mac'oud, p. 176.
BÂcur ou YÂGui. — Voir YAKOUB-ARSLAN.
BÂcxi-SiÀn (en arménien Agh'sian), gouverneur turk
d'Antioche, p. 31-32, 39-40, 115, 328.
Bacnaripes (Les), ancienne famille satrapale de l'Armé.-
nie, d'origine juive, et dont les diverses branches ré-
gnèrent sur une grande parlie de ce pays et sur Îa
Géorgie, p. XLIV, LIX, LXIV, LAXIV, 102, 235, 236,
L14, 443,556, 681.
— Bagratides d'Ani, branche principale de cette famille,
p. Xx11, 471.
Bacrariox {Famille des), issue des Bagratides géorgiens,
aujourd'hui au service de la Russie, p. 236.
BagLayounis {Les), c'est-à-dire originaires de Balh ou
Balkh, famille satrapale d'Arménie, l'une des branches
de la tige royale des Arsacides, p. 47, 92, 102.
Baïvou, khan des Mongols de la Perse, compétiteur de
Gazan-Khan, p. 490, 543, 544.
BaLaG (Nour-Eddaula), prince ortokide, tué au siége de
Menbëdj, p. 94, 110, 117,131-135, 137-140, 333,
334, 335.
Bacpouxx, émir de Samosate, de la famille de Da-
nischmend, p. cxx11, 36.
AsTYAGE (Le nouvel), surnom ilonné au prince ronpé-
nien Léon [*, p. 500.
ATABEKS DE SYRIE (Dynastie des), famille qui régna à
Damas et à Alep et qui eut pour auteurs Émäd-eddin.
Zangui et Nour-eddin, p. 420.
ATHANASE (Saint), patriarche d'Alexandrie ; sa liturgie,
p. 571, 677.
ATHANASE, patriarche grec d'Antioche, intrus, p. 360.
ÂTHANASE, patriarche des Syriens jacobites , à Antioche,
p. 55, 322.
ATHANASE, métropolite des Syriens jacobites , en Cilicie,
p. 341, 342, 45.
Arro. — Voir HérHoux, chancelier.
ATZYPOTHÉODORE , oflicier grec, p. 6.
Aux-Eonix IBn-Hosrïra, vizir du khalife abbasside Mok-
tadi, p. 346.
AusBerT, archevêque latin de Tarse, chancelier de la
Haute cour, à Antioche, p. LxvI.
Avéoix. — Voir HavéDix.
Avéoik', évêque de Néphérguerd (Martyropolis),
P. LXIX, LXXI.
AYGuE De Bezaw, chef de la noblesse, capitaneus buro-
num, dans le royaume de Chypre, p. Lxxvir.
AzeL AUXENCE, en arménien Obsents, l'un des seigneurs
de la Petite Arménie, p. 644.
"AZGUERD (Yezdedguerd II), roi de Perse, de la dynastie
des Sassanides, p. 125, 173, 248.
"Azz-Orumax, fils de Saladin , sult. d'Égypte, p. 404, 405.
Barian (Messire), seigneur de Saiette, jurisconsulle
chypriote, p. Lx, 605.
BaLtan D IBELIN, prince de Galilée, P. 665.
Bazienrs ou BaGu'on. — Voir Nensës.
BaLTHasaR, roi de Babylone, p. 150, 553.
— Le sulthan d’ Égypte Beïbars lui est comparé, p. 655.
Barkianok, sulthan seldjoukide de Perse, p. 39, 79,
448.
— Sulthan du Khoraçan, p. 329.
Banxox (L'émir), d'abord régent de l'Égypte, puis sul-
than, le premier de la dynastie des Mamelouks cir-
cassiens, p. 721.
Barouïr, roi de la dynastie arménienne des Haïciens,
p. 991.
Barsoma ou Ban-Tzaumi (Saint), révéré par les ee
jacobites, p. 336, 337.
BanrTuéLemi (Saint), apôtre, évangélise l'Arménie, p. 49.
BarTHÉLEMt de Bologne, dominicain, évêque de Mé-
raga, au xv° siècle, p. 60g.
BARTHÉLEMI, maréchal de la principauté d'Antioche,
p. 634.
BARTHÉLEMI , premier commis aux écritures, à la douane
royale d'Aïas, regiæ duunæ secrelorum domini regis
Armeniæ protonotarius, p. XCI, XCU.
BaRTHÉLEMI, de Tibériade, seigneur chypriote, p. xciv.
Basire (Saint), évêque de Césarée; sa liturgie, p. 571.
Basize [*, archevêque d'Ani et ensuite patriarche dans
l'Arménie orientale, p. LxxIT, Cxx, 29, 46. 55, 70-
71: 77103, 108, 109, 414, 416, 449, 614.
Basize Il, archevèque d'Ani, et ensuite patriarche in-
trus, p. 269, 567, 580, 588, 594.
Basire, archevêque de Mamistra (Mopsueste), p. LAvII.
Basire, archevêque de Sis, p. LxvIT, uxxi.
L
NOMS HISTORIQUES.
Basice, archevêque arménien d'Iconium, p. &xvur, LxxI.
Basice, archevêque, seigneur du couvent de Trazarg,
fils du grand baron Constantin, p. 429, 605.
Basize, évêque du district de Gaban, dans la Cilicie,
P. LXVIII, LXX.
Basire, évêque de Partzérpert, dans la Cilicie, p. Lxvni,
LXXI.
Basice, évêque arménien d'Ancyre, p. LXVIIT, LXXI.
BasiLE, évêque du palais patriarcal, à Sis, p. LXx, LxxI.
Basire, évèque du palais patriarcal, notaire public, a Sis,
P. LXX, LXXI.
BasiLe, évêque syrien d'Édesse, p. 160, 224.
Basize, évêque syrien de R'aban, dans l'Euphratèse
p. 376.
Basne, abbé du couvent de Khorin, dans la Cilicie,
p. LXX, LXXI.
BasiLe, archiprètre d'Adana, p. LXx, LxxI.
Basice, docteur de l'Eglise arménienne, chapelain et
confesseur de Baudouin, comte de Marasch, p. 161,
162, 199-200. |
— Son oraison funèbre de ce prince, p. 204-222.
Basize, docteur de Maschgavor, couvent de la Cilicie,
P. LXXIT.
Basire, lecteur du couvent de Maschgavor, p. Lxx.
Basize Il, empereur d'Orient, fils de Romain II, le
Jeune; il obtient du prince arménien Sénékérim Jean
la cession de la province de Vasbouragan, dans la
Grande Arménie, p. 5, 7, 22, 63, 321, 333, 414.
956, 599.
Basic, accubiteur, au service de l'empereur Zimiscés,
23.
Barcuou-Novian, général mongol, commandant dans la
Perse et l'Arménie, p. 605; il envahit l'Asie Mineure,
p. 461.
BATHENIENS. — Voir Assassins.
Baunin ÉMERANCE, tenancier d'un domaine rural dans
le voisinage de Harounia, ville de la Petite Arménie,
p- XGH1I.
BauDouiIN, comte de Flandre, empereur de Constauti-
nople, p. 480, 642.
Baupouin , de Boulogne, frère de Godefroy de Bouillon,
d’abord comte d'Édesse et ensuite premier roi de Jé-
rusalem, p. 111, X1, XX1, XXV, xXXI1, 25, 35-38, Ga,
69. go, g1, 92,94, 97, 104, 106, 107, 115, 118-
119, 126, 154, 245, 328, 329, 332, 448, 450,
472, 473.
Baupouix pu Bourc, comte d'Édesse et plus tard roi de
Jérusalem, p. zu, xCvii, 26, 51-53, 70-73, 82, 85-
89, g1,y7, 101,102, 106, 107, 115, 116-1217, 118-
119, 123-120, 131-135, 139, 141, 143-145, 147,
245, 330, 413, 450,455, 473, 474, 577.
Bauooux III, roi de Jérusalem, lils de Foulques d'An-
jou, p. 157, 161, 165, 166, 178, 182-194, 199,
200, 248, 252, 338, 345, 351, 353, 354, 356,
397, 361, 474, 475.
Baupouin IV, roi de Jérusalem, fils et successeur d'A-
maury, p.379, 385, 388, 436, 476.
Bauvouin V, roi de Jérusalem, dit le Mézel ou le Le-
preux, p.392, 476, 473.
Bauvovin VI, roi de Jérusalem, mort en bas âge, p. 477.
Baupouin, comte de Marasch et de K’ecoun, Balduinus
de Mares de Guillaume de Tvr, p. vit, xLV, 150, 152,
154, 158, 160, 2161, 199, 203, 205, 213, 616.
BauvouIx (Sire), connétable d'Arménie, p. LIV, LXXV,
629, 639.
783
Bauvouin (Le baron), seigneur d'Antouschdz et de
Gouba, p. 638.
Bauvouix (Le baron), seigneur d'Éngouzoud, p. 036.
Baupouin, seigneur de Nigrinum, maréchal d'Arménie,
p. xc, 680.
Baupouin, maréchal d'Arménie, père du roi Cons-
tantin IV, p. 707.
Baupouin, l'un des seigneurs de la Cilicie, p. 481.
BÉATRIx, femme de Josselin Il de Courtenay, p. 343,
415, 434.
Béarriz (Doña), infante de Portugal, femme de Jean 1”,
roi de Castille, p. 724.
Bensxi-Rouui (Bedr-Eddin), émir au service du sulthan
Beïbars, p. 524.
Bévovins, guides du vizir Abbas, dans sa révolte contre
le khalife d'Égypte, Faïz-Binasr-Allah, p. 348.
— Gagnés par Baudouin III, roi de Jérusalem, l'accom-
pagnent dans une de ses expéditions contre l'Égypte,
p. 303.
— Réunis par Saladin à son armée, p. 396.
Bept-EnpauLa SoLEïMAN BEN-ABD-ELDJEBBAR BEN-ORTOK,
neveu d'Tlgazi, p. 132.
Bepr-Eonin Brxrascn, émir égyptien, p. 464, 545,
547.
BEpros ou PIERRE (Le baron), proximos ou surinten-
dant des finances d'Arménie, sous le roi Léon V,
P- LXXIX.
BéeLzÉBUTH, prince des démons, p. 590.
BEurAM, frère de l'émir Hgazi. p. 132.
Beisars Boxpoxoar ou Boxpokpari (Mélik-Dhaher
Rokn-Eddin), sulthan de la dynastie des Mamelouks
baharites d'Égypte, p. 274, 462, 487, 5a1, 522,
524, 527, 530, 538, 539, 552, 607, 652, 653.
Brimoxo ou Boëmon», fils du prince de Tyr et Sidon,
Amaury de Lusignan, p. 683.
Brxrimour (Seif-Eddin), d'abord mamelouk au service
de Soukman II, souverain de Khëlath, et ensuite son
successeur, p. 393, 442.
BEL, dieu des Syriens de la Mésopotamie, p. 244.
BELBAN-Tagakui, naïb (lieutenant) du sulthan Latchin,
à Alep, p. 464.
BéLésis, roi de Babylone, p. 551.
BéviaL (Fils de), nom donné à l'empereur Alexis Com-
nène par l'historien Guiragos, p. 419, 452.
BÉLisaIRE, date de son post-consulat, p. cvi.
BEcvs ou Be, roi d'Assyrie, p. 301, 517.
BÉNI-ScnenDaD. -- Voir ScHEDD:D.
Bexoir XIT, souverain pontife, p. 301, 702.
Bexotr, archevêque latin d'Édesse, p. 53, 72.
Benoir Zaccharie, amiral de la république de Génes,
négocie un (raité de commerce avec Léon IIT et Hé-
thoum IT, rois de la Petite Arménie, p. c11, 746,
748.
BÉrauT (Thomas), grand maitre de l'ordre du Temple,
p.699. .
Benxaro DE VALENCE, patriarche latin d'Antioche, p. 72,
103, 147.
BERNARD L'ÉTRANGER, seigneur de la ville de Longinach,
Longinias ou Longias, au nord de Tarse, à l'entrée
de la Cilicie, par le défilé de Gouglag (Pylæ Ciliciæ)
p. 57, 98.
BERNARD DE TREMBLAI, grand maître de l'ordre du
Temple, p. 190.
Béroz, Finouz ou Perozës II, fils de Yezdedjerd II, roi
sassanide de Perse, p. 173.
184 INDEX.
Berri (Le duc de), oncle de Charles VI, roi de France,
p. 724.
BERTAUT À LA DENT, receveur général des aides, sous
Charles VI, p. 725, 726.
Bentezée De Monrrorr, femme de Foulques le Réchin
et mère de Foulques. roi de Jérusalem, p. 156.
Berrue ou IRÈNE, nièce de l'empereur Conrad III et
première femme de Manuel Comnène, p. 230, 355,
389.
BerTrax», fils de Raymond de Saint-Gilles, comte de
Tripoli, p. 79-89. go, 92, 97.
Bertrano, fils naturel d'Alphonse, comte de Saint-Gilles
et de Toulouse, p. 190.
Bentranp (Frère), chevalier de l'ordre de l'Hôpital, chà-
telain de Saleph (Séleucie-Trachée), p. 648.
BizanGou ou Bazarcou. — Voir PicanGu'ov.
Biuix, émir égyptien, au service du sulthan Beïbars,
p. 928.
Bizmiscn, général des troupes de Thogrul-Arslan, sul-
than d'Iconium, p. 331.
Boëmonp 1, prince de Tarente, plus tard prince d'An-
tioche, p. xxx1, 25, 32,35, 4o, La, 43, 50-53, 57,
70,71-74, 104, 154, 328, 413, 577.
Boëmon» Il, prince d'Antioche, p. xLvn1, 147, 148,
186. 355, 6:17.
Boëmonp III dit le Bambe (V'Enfant) ou le Huube [le
Bègue), prince d'Antioche, pages xxxI1, LIT, EXVI,
161,195, 358, 388, 393, 394, 4o1, 4o4, 438,
479, 480, 50g, 510, 512, 559, 628, 631, 634,
635.
Boëmonp IV, le Borgne, fils de Boëmond le Bambe,
comte de Tripoli et ensuile prince d’Antioche, p. Li,
Bio, 512, 516, 515.
N.-B. Raymond le Borgne écrit par erreur pour Boëmond
CamByse, roi de Perse, appelé par quelques-uns Nubu-
chodonosor, au dire du chroniqueur Michel le Syrien,
p. 313, 314.
Campo-FREeGoso (Dominique de), doge de Gênes, p. 718.
CanTAcuzÈNE (Jean), empereur d'Orient, p. 228; sou-
met Guy de Lusignan , et le force de quitter la ville de
Phères dont celui-ci était gouverneur, p. 228, 705.
CanTacuzÈNE (Le prince Jean), devenu le neveu de Ma-
nuel Comnène, par son mariage avec Marie, fille du
frère de Manuel, Andronic, sébastocralor, p. 383.
CaraTI, émir lurk, p. 58.
Carinus (L'empereur), fils de Carus, p. 301.
Canus (L'empereur), lué par Ardaschir, roi de Perse,
d'après l'historien arménien Moise de Khoren, p. 301.
CarTuerine (Sainte), martyre, sous le règne de l'empe-
reur Maximin, p. 436.
Cécie, fille cadette de Philippe I“, roi de France,
femme de Tancrède, et, en second lieu, de Pons,
comte de Tripoli, p. 106.
Cézesrin III (Le pape), reconnait Léon II comme roi
d'Arménie et lui envuie une couronne, p. LI, 411,
421, 566, 704.
CécesrTin V (Le pape), p. 542.
CHaLcépoine (Concile de), tenu en 451, rejeté par les
Arméniens, p. 129, 192, 310, 319, 336, 367, 375.
CHARLEMAGNE et ses preux, p. 282.
Cnarces-MaRTEL, roi titulaire de Hongrie, p. 683.
le Borgne, p. 152, 4o7. 408, 411, 428, 44a, 460.
h80, 481, 484, 485, 635, 647.
Boëmonp VI, prince d'Antioche, p. 695.
BocomiLes (Les), hérétiques d'origine slave, p. 339.
BonanaT (En) Garera, chevalier, envoyé en Égypte par
Pierre IV, roi d'Aragon, pour traiter avec le sulthan
de la mise en liberté de Léon VI. roi d'Arménie, qui
était retenu prisonnicr au Kaire, p. 722.
Bonvoxpar ou Bonpoxpart. — Voir BriBars.
Bonirace VIII (Le pape), p. 542.
BouLcares (Les), expédition faite contre eux par Manuel
Comnène, suivant Michel le Syrien, p. 360, 361.
— Recrutés par l'empereur Frédéric Barberousse, dans
sa croisade en Orient, p. 44o.
Boursox (Le duc de), oncle de Charles VT, roi de France,
p. 726.
Bourcocxe {Le duc de), oncle de Charles VI, p. 724.
Boursouxx ou Boursoux, l'un des compagnons d'armes
du sulthan Thogrul-Beg, et son premier schihneh ou
représentant à Bagdad, p. 96.
Bounsouxu ou Boursoux, fils de Boursouk, général des
armées du sulthan seldjoukide de Perse, Daph'ar-
Mohamed, p. 96, 97, 115, 615.
Bounsouxx ou Boursouxx, Borsequinus, Burgoldus
(Abou-Saïd Ak-Sonkor el-Boursouky el-Ghäzi, sur-
nommé Kacim-eddaula Seïf-eddin), émir de Mossoul,
p.109, 114-116,142, 143 145, 148.
Bouvines (La bataille de), mentionnée dans la table chro-
nologique de Héthoum, comte de Gor’igos (Haytho-
nus monachus), p. 483.
BraGaDiNo (Pierre), agent de la république de Venise,
accrédité auprès du roi Léon V, p. cu.
Branas (Michel), gouverneur grec de la Cilicie, p. 167.
187.
CHarees V, dit le Sage, roi de France, p. 732.
Chances VI, roi de France, accueille Léon VI de Lusi-
gnan, roi d'Arménie, p. 700, 724 el suiv.
CuanLes Il, roi de Navarre, reçoit à sa cour Léon VI
et lui fait des libéralités, p. 724.
CHEVALIERS DE RHODES , envoyés par le pape Grégoire IX
en Romanie {Asie Mineure), pour aller de là délivrer
la Petite Arménie, p. 721.
Cnosroës ou Knosrov ANousciRvan dit le Grand, 2° du.
nom, roi de Perse, de la dynastie des Sassanides,
p. 137, 174, 312, 318. |
CHRisToPhE, envoyé de l’empereur Manuel Comnène
vers les patriarches Michel le Syrien et saint Nersès
Schnorhali, p. 366.
CHaistoPnE, chambellan du sulthan d'Iconium, Kilidj-
Arslan IL, p. 355.
CHrisrosabouUR (Christ-donné), moine arménien , p. 592.
Carysapmius, chef cilicien, auxiliaire dans l'armée de
Manuel Comnène, p. 188.
CicéRoN traverse l'Asie Mineure, et passe par les Pyle
Ciliciæ pour se rendre à Tarse; il s'embarque à Sidé,
sur la côte de la Pamphylie, pour retourner à Rome,
p. XIX, XX.
Ciuox, fils de Miltiade, général athénien, vainqueur
des Perses, sur la côte de Pamphylie, p. xxxv.
CLÉMENT II, pape, p. 562, 565, 589.
CLÉMENT IV, pape, p. 538.
NOMS HISTORIQUES.
CLéuenT V, pape, à Avignon, p. 469, 470, 548.
CLéMENT VI, pape, à Avignon, s'intéresse vivement au
sort du royaume de la Petite Arménie, p. 609, 304,
706, 708, 710.
CLÉMENT VII, antipape, à Avignon, p. 722.
CLéopÂtre, reine d'Égypte, va rendre visite à Marc-
Antoine, a Tarse, p. xL.
Conaice de Nicée, p. 574, 677.
— d'Éphèse, p. 677.
— de Constantinople, p.'333, 677.
— de Jérusalem, p. 77, 223.
— de Hr'om-Gla, 561, 589.
— 1% de Sis, p. Lxx, 548, 674.
— d'Adana, p. £xx, 674.
— 2° de Sis, p. LxxI.
Conrap III, empereur d'Allemagne, chef de Ja seconde
croisade, avec Louis VIT, p. 1v, xxxvir, 474.
Conrap, marquis de Montferrat, p. 4oo, 403.
Conrap, connétable de l'Empire germanique, p. 57.
Conran De WiTTeLsBacH, cardinal, archevêque de
Mayence et évèque de Sainte-Sabine, envoyé par le
pape Célestin IL et l'empereur Henri VI vers le roi
d'Arménie Léon Il; il couronne ce prince dans la
cathédrale de Sainte-Sophie, à Tarse, p. LI, 421,
566, 567, 633, 704.
Consraxce (Le concile de) supprime le siége ponti-
fical d'Avignon, devenu le rival de Rome (1414),
p. 722.
ConsTance (Le chevalier), secrétaire du roi d'Arménie,
Constantin IV, et son ambassadeur à la cour papale
d'Avignon, p. 708, 710.
Consrance (Le baron), seigneur de Séleucie-Trachée,
p. 657.
ConsTance, fille de Boëmond II, veuve de Raymond de
Poitiers, épouse en secondes noces Renaud de Chä-
tillon, p. 152, 179, 186, 344, 358, 437, Ga.
Consraxce ou Éréonore, fille de Frédéric II, roi de
Sicile, veuve de Henri IT, roi de Chypre, épouse en
secondes noces le roi Léon V, p. xc1x, 671, 258.
ConsTaxTIN I", de Partzérpert, patriarche d'Arménie,
p. vir, 430, 432, 443, 485, 495, 524, 537, 648,
669, 689, 691.
ConsTANTIN IT, dit Brôénahkordz, archevêque de Césarée,
et ensuite patriarche d'Arménie, p. Lxvir, Lxx, 462,
463, 466, 542, 548, 653, 654, 757.
— Îl est exclu de son siége, p.653; réintégré, p. 656.
ConstanTiN III, de Lampron, patriarche d'Arménie,
p- 467, 0668, 669.
ConsTANTIX IV, patriarche d'Arménie, p. 718.
CONSTANTIN, archevéque d'Anazarbe et seigneur du cou-
vent de Gasdagh'ôn, dans la Cilicie, p. 635.
ConsTanTiN , archevêque de Sis, p. 1.xvi1, Lxx.
CONsTANTIN, évêque arménien d'Ancyre, p. LXVIIT, LXAI.
CONSTANTIN, évèque arménien de Colonia, en arménien
Agh'ounuor, p. Lxix.
CoNSTANTIN, évèque arménien de Damas, p. Lxx.
CONSTANTIN, évêque de Gars (Kars), p. LxIx.
ConsTaNTIN, évêque de Marantounik’ ou Marant, dans la
Grande Arménie, P. LXXI.
CONSTANTIN, évêque arménien de Philippopolis, dans la
Thrace, p. Lxviir, 635.
CONSTANTIN, évêque arménien, p. LxxI.
Constantin (Mar), évêque syrien, p. 717.
CONSTANTIN, premier chapelain ou archiprêtre de la cha-
pelle royale, à Sis, p. Lxx.
Hisron. ARM. — I.
789
ConsTanTiN, abbé du couvent de Lesernat, dans la Ci-
licie, p. Lxx11.
ConsTANTIN® chanoine de Sainte-Sophie de Sis, p. Lxx.
ConsTanTIN, chanoine de Sainte-Sophie de Tarse,
p. LXXI
ConSTANTIN, sacristain, p. LXX, LXXII.
ConsranTIN 1e GRAND, empereur, p. 341, 418,438, 445,
499, 602.
ConsTanTIN VIII, empcreur d'Orient, p. 321.
ConsTanTiN PocoxarT, empereur d'Orient, p. 155.
CoNSTANTIN PORPHYROGÉNÈTE, empereur d'Orient, p. L,
197, 227.
ConsranTiN Monomaque, empereur d'Orient, enlève la
ville d'Ani au roi Kakig IT, p. L, Lxiv, 30, 236, 319,
321, 496.
Consranrin Ducas, empereur d'Orient; il se fait céder la
ville de Gars (Kars), par Kakig, prince de la famille
des Bagratides, p. 1, 5,7, 10, 22, 321, 322, 576.
ConsTanTIN, fils puiné du césar Jean Ducas, p. 324.
ConsranTiN CALAMAN, prince hongrois. gouverneur de
la Cilicie pour les Grecs, p. 169, 195.
Consranrin TRrirsycne, hélæriarque, étrangle le jeune
empereur Alexis IT et l'impératrice Marie, femme de
Manuel Comnène, p. 391.
Constanrix 1", fils de Roupén [”, fondateur de la dy-
nastie des Roupéniens, en Gilicie, p. 111, x1, L, Lt,
Lxxxi11, 30, 33, 47-48, 94, 116, 153, 330, 344,
415,421, 438, 448, 471, 472, 498, 551, 557, 610,
612, 615, 618, 679, 684.
ConsTanTiN Il, l'un des fils puînés de Léon IT et seigneur
de Gaban, ensuite roi de la Petite Arménie, p. 465,
544, 545,656, 679, 685.
ConsranTiN III, dit Jean, roi Lusignan d'Arménie,
p. Lxxvi, 423, 680, 683, 702, 703, 714.
— Son règne, p. 703-705.
ConsTanrin IV, roi d'Arménie, p. 685, 707-713.
ConsranrTin, fils de Thoros [”, mort tout jeune empoi-
sonné, p. CXII, 451, 500.
CoxsTanrix, fils naturel de Léon [", est privé de la vue
par ses frères, p. LI, cxit, 500, 616.
ConsranTiN, chef arménien, seigneur de Gargar’, p. 36,
37, 117.
CoxsTANTIN, grand baron, connétable d'Arménie, Costans
daus la continuation de Guillaume de Tyr, baïle ou
régent du royaume pendant la minorité de Zabël
(Isabelle), fille de Léon Il; il reçoit, à l'avénement de
son fils, Héthoum I", le titre de Père du rot, p. xxxix,
XLI, LX, LXXIV, LXXVI, LXXVII, LXXIX, LXXX, 408,
427, 428, 429, 430, 443, 460, 483, 485, 514,
515,516,517, 605, 642, 644-650, 680.
ConsTANTIN, seigneur de Lampron, fils du sébaste Hé-
thoum IT et thakatir du royaume d'Arménie, p. Lxx1v,
4183, 644, 644. °
— Se révolte contre le roi Héthoum I", p. xxx.
CoxsTanTiN (Le baron), seigneur de Djandiji, dans la
Cilicie, p. 636.
ConsTanTIN (Le baron), seigneur de Gobidar’, p. 63.
ConsTaNTIN (Le baron), seigneur de Lagravène, dans la
Cilicie Trachée, p. 638.
ConsTanTiN, fils puiné d'Oschin IT, de la famille des
Héthoumiens de Lampron, p. 641.
CowsrTanrTix, l'un des seigneurs arméniens de la Cilicie,
p. 667.
CoxsTanTiN, frère de Héthoum, seigneur de Dehél-
gnots, dans la Cilicie, p. 668
99
186
CoxsranTiN, seigneur de Lampron, connétable d'Ar-
ménie, frère du comte de Gor'igos, le baïle Oschin,
p. 6-0, 680, 756. |
Conrarini (André), doge de Venise, p. 718.
Conians (Les), martyrs d'Édesse, p. 341.
Conneize (Le centurion), converti au christianisme et
baplisé par saint Pierre, p. 697.
Cosmas, martyr d'Édesse, p. 34.
CouroONNE (La) d'Arménie réunie à celle de Chypre, en
1393, aussitôt après la mort de Léon VI de Lusi-
gnan, dernier roi d'Arménie, arrivée sur la lin de
celte même année à Paris, p. 683.
DaimsenT ou DaGo8enr, patriarche de Jérusalem, p. 55,
72.
Damrua ou Douera, fille d'Oschin II, de la famille des
princes de Lampron, p. 558.
Damien, martyr d'Édesse, p. 341.
Danpozo { André}, doge de Venise; sa médiation auprès
du sullan d'Égypte implorée par Constantin IV, roi
d'Arménie, p. 709.
Danvozo (Francesco), doge de Venise, p. cui.
Danpoco (Henri), doge de Venise; il s'empare de Cons-
tantinople avec Baudouin , comte de Flandre, p. xcvi,
480, 642.
Daniez., docteur arménien de l'ordre des Frères Mineurs,
lecteur de la cathédrale de Six, p. Lxx, 702, 704.
DANIEL, évêque arménien de Damas, p. LxxI.
DaniscHMenD (Mohammed ou bien [smaÿl, dit Ibn-El-),
Kumuschtékin ben Theïlou, émir turkomandeCappa-
doce, fondateur de la dynastie des Danischmend,
p- XLV, LXXI, CXXII, 51-52, 58-60, 70-71, 74, 177,
324, 330, 334, 345, 347, 351, 360, 374, 678-
679.
— Les fils de Danischmend ou dynastie des princes issus
d'Ibn-el-Darischmend, p. 352, 366, 374, 382, 383,
b13,616.
— Fin de cette dynastie, p. 379, 385.
Danoux. — Voir Dsou'Lz-Noux.
Daoun, dit Gagri-Bey, fils de Michael et petit-fils de
Salgouk (Seldjouk), p. 318, 320.
Dapu'aR (Ghiäth-Eddin Abou-Scl:odja Mohammed), fils
de Mélik-Schah, sulthan seldjoukide de Perse, p. 75,
83, 85-86, g1, 109, 119, 119-121, 128, 129, 148,
830, 334, 335.
Darius, fils d'Hystaspe, roi de Perse, assigne à la Ci.
licie le quatrième rang dans l'ordre des satrapies de
son empire, p. XVIII.
Darius Copoma, roi de Perse, le dernier de la dynastie
des Achéménides, p. xx, xxvIT, Xx1X, 801.
Dasiora (Théodore), premier époux de Marie, fille d'An-
dronic sébastocrator et nièce de l’empereur Manuel,
p- 383.
Davin (Le prophète et roi); Tavith, en arménien,
p. 278,550, 602.
DaviIll, d'Ark'agagh'in, patriarche d'Arménie, p. 427,
458, 459, 481, 482, 515, 516.
Davin, archevêque de Méëcis (Mopsueste), et supérieur
du couvent d'Ark'agagh'in, p. 634. .
Davin, évêque arménien de Dzamëntav, Téapavèôs,
p. LXVIIT, LXXI.
INDEX.
Crassus (Marcus Licinius}, le triumvir, vaincu et tué
par Tigrane IT, roi d'Arménie, d'après l'historien
Moise de Khoren, p. 301.
Crésus, roi de Lydie, p. 301.
Cyaxare, roi des Mèdes, p. 313.
CYPRIEN, évêque arménien d’Antioche, p. Lvtt, 52.
Cyrize (Saint), patriarche d'Alexandrie, p. 125, 554.
Cyrizze (Saint), patriarche de Jérusalem, p. 554.
Cyrus, roi de Perse, p. 312, 314.
Cyrus (Le Jeune). frère et compétitenr d'Artaxerxe Mné-
mon, défait'a la bataille de Cunaxa, p. XX, XXVIT.
Cyrus, moine arménien, p. 843.
David, évêque de Darôn, dans la Grande Arménie,
P- LXVIII, LXXI.
Davin, abbé du couvent de Perguer, dans la Cilicie,
p. LXXII. |
Davin De K'opair, moine du couvent de Hagh'pad,
dans la Grande Arménie, p. 567, 588.
Davin, lecteur de l'église de Sis, p. xx.
Daviv IT et Davip III, rois de Géorgie. -— Voir Tavira.
Davio Sosa, Sôslan, où Ôsn-Aslan, second mari de
la reine de Géorgie, Thamar, p. 437, 4h.
DavouD, émir de Handrith, lils de Soukman, ortokide,
p. 446.
DcuaHan, l'un des deux meurtriers du prince roupénien
Mleh, p. 626.
Dcu8rou-KHax'AN, souverain des Khazirs ou Khazars,
P. 137.
De Lisce (Sire Guillaume), Willelmus de Insula, sei-
gneur de la principauté d'Antioche, passé au service
de Léon IT, p. 639.
Denis (Saint) l'Aréopagite, p. 554.
Deonar De Gozon, grand maitre des chevaliers de Rho-
des, p. 708, 710.
Dérin (Le baron), l'un des seigneurs de lâ Pete Ar-
ménie, engagé au service des Grecs, p. 619.
Dérran. — Voir TriiDaTe.
Dearer-Biczan, khalife fathimite d'Égypte, p. 348.
Dixranoui, sœur du roi d'Arménie, Tigrane [°, et
femme d'Astyage, roi des Mèdes, p. 114.
Dimancue ou Dominique, légat du pape Innocent IV, en
Syrie et dans la Petite Arménie, p. 432.
Dimitri [°, en arménien Témédré, roi de Géorgie, fils
de David If, le Réparateur, p. 137, 146, 196, 417,
451, 453.
DiocLÉTIEN , empereur, p. 233, 418.
Dioscore, patriarche schismatique d'Alexandrie, p. 125.
Dinan I", roi d'Arménie, de la dynastie des Arsucides,
P- LXXVII.
Dinan I], roi d'Arménie, de la même dynastie, p. 584.
Dinarsou, c'est-à-dire Le clerc, nom d'un Arménien,
p. 608.
Dizanour. ou Divzisoue, grand khan des Turks, en-
voie une ambassade à Justin IT, 317.
Dsacu'ry, fils du sulthan seldjoukide de Perse, Mohaw-
med (Daph'ar), p. 82.
DsawÂLi-Saxâwa, émir de Mossoul, successeur de Dje-
kermisch, 82-83, 85-87, g1, 330, 331.
Diexermisca (Schems-Eddaula), émir de Mossoul, 32,
72-73, 70, 82-83, 148, 330-331.
NOMS HISTORIQUES. 787
Dsemäz-Eovin, l'un des fils de Timour-Tasch, ortokide,
p. 346.
DremiL-Evcin, émir de Mossoul, p. 197.
Dioïousc-Bex (littéralement commandant des armées),
gouverneur de Mossoul pour les sulthans seldjoukides
de Perse, 109.
Deonpix (1zz-Eddin), l'un des compagnons de Saladin
lorsqu'il fut envoyé en Égypte par Nour-Eddin,
p. 364.
Doxax, prince de Damas, fils du sulthan d'Alep, Té-
lousch, p. 33, 49, 67.
. Dôxaouz-KHarHouN, principale femme de Houlagou,
de la secte des Nestoriens et protectrice déclarée des
chrétiens, p. 443.
DocaTa ou Dora, émir d'Ablastha et du district de
Dchehan (Troisième Arménie}, de la famille de Da-
nischmend, p. cxxn1, 157.
DôNasTHi, nom d'une femme arménienne, p. 608.
Épouarp [". roi d'Angleterre, p. 542.
Épouano Ill, roi d'Angleterre, p. 705, 508, 710.
ÉHANA, nom propre arménien, p. 603.
Ez-ArpHaL. — Voir MELIK EL-AFDHaL.
Er.-ARstAN, général des troupes de Thogrul - Arslan,
sulthan d'Iconium, p. 331.
Ecniçouz. — Voir ILpiGuiz.
Éréonore pe LusiGNan, fille de Phæbus de Lusignan,
p. xCIv.
Éuie, Arménien, frère d'un chef de village appelé Dé-
vros-Mélik, P. 6oz.
ÉLisasern , Ulle aînée de Josselin ÎT ei de Béatrix, p. 545.
Ec-Merix IBN-EL-Anpas, I8n-MaEn, employé de la
douane royale d'Aïas, p. xc1, 753.
ENRIQuE (Don), fils ainé du roi de Castille Jean [", et
son successeur ({ Henri IIT, dit l'Infirme), p. 730, 340.
Enrique (Don), frère du roi de Castille Jean I‘, p. 741.
ERMENGARDE, vicomtesse de Narbonne, p. 352.
ErouaxT [", souverain de l'Arménie, de la première dy-
nastie, dite des Haiciens, p. 235.
ESsTÉFENIE, fille de Philippe de Milly, seigneur de Na-
plouse, el femme de Honfroy de Thoron, p. 627.
EsTÈève (Le baron), seigneur de Thorn'ga, dans la Ci-
licie, p. 636.
ÉTIENNE (Saint), protomartyr, p. 608.
ÉTIENNE [", patriarche des Agh'ouans (Albanie armé-
nienne), p. 71.
ÉTIENNE IV, dit Hr'omaietsi, c'est-a-dire de Hr'om-Gla,
patriarche d'Arménie, le dernier qui eut sa résidence
daus ce château, p. 463, 489, 543,548, 653, 654,
655.
ÉTIENNE, archevêque d'Anazarbe, p. Lxx1.
ÉTIENNE, archevêque arménien d'Édesse, p. 88.
ÉTIENNE, arthevêque arménien de Sébaste de Cappa-
doce, p. LXX, LXXVIT. .
Érienne, archevèque de Tarse et seigneur du couvent
de Mëlidj, dans la Cihicie. p. Lxvur, 635.
ÉTIENNE, évêque d'Adana, p. LXVII, LXX.
ÉTIENNE, évèque arménien de Colonia (en arménien,
Agh'ountzor), p. LxxI.
Dovgais ou Dogaïs (Abou'l-'Az), fils de Seif-Eddaula
Sadaka et roi arabe de Hillab , sur l'Euphrate, p. 123.
129,130, 142, 334.
Dôvros-Mézirx, nom d'un chef de village arménien,
p. 607.
Dsou'i-Karnein, ou l'Homme aux deux cornes, iden-
tifié, dans le Koran, avec Alexandre le Grand ou Sé-
leucus Nicalor, 33.
Dsou'z-KaRNEïin, fils de Dolath ou Dolah, émir d'Ablas-
tha dans le district de Dehahan (Troisième Armé-
nie), de la famille de Danischinend de Cappadoce,
P. CXXII.
Dsou £-Noux (Danoun), Aaôoëvys , émir de Césarée, fils
de Mélik-Mohammed, de la famille de Danischmend,
p. exxn, 197, 176, 177, 357, 360, 374, 375, 382.
Du Monr (Sire Roger), ou RaouL Des Moxs, connétable
de la principauté d'Antioche, passé au service de
Léon IT, p. 634, 639.
Érienve, évêque de Partzérpert, dans la Cilicie, p. LxvIn,
LXXI.
ÉTIENNE, évêque de Pertous, dans la Cilicie, p. Lxvur,
Lxx, 635.
ÉTIENNE, évêque arménien de Tarse, p. Lxx.
ÉrTiene, évêque arménien de Trébisonde, p. LxvI1, LxxI.
ÉTIENNE. évêque atlaché à la chapelle patriarcale, à Sis,
P. LXX.
ÉTIENNE, évêque du palais palriarcal, à Sis, p. LXx, LxxI.
ÉTIENNE, évêque arménien, p. LXXI.
Évienne, abbé du couvent de Garmir- Vank', dans le
Taurus cilicien , p. 77.
Ériense, abbé du couvent de Kélégh'agan, dans la Ci-
hcie, p. LXXII. |
Érienne, docteur de Posenant, dans la Cilicie, P: LAX.
ÉTIENNE, docteur de l'Église arménienhe, p. LXXII.
ÉTIENNE, dit Zrits-ôrti (fils de prêtre), prêtre arménien
de la Cilicie, p. 6go.
ÉTIENNE, moine arménien, p. 608.
Érienne, comte de Blois, p. 57, 61.
ÉTIENNE, duc de Bourgogne, p. 57, 61.
Érienne, fils de Thibaut, comte de Champagne, p. 475.
ÉTIENNE DiRATsOU (Le clerc), moine de la montagne
Noire, professeur de saint Nersès de Lampron, p. 559,
592.
Érienne Haciocurisropuonires, l'un des meurtriers du
jeune empereur Alexis II, fils de Manuel Comnéne, |
p. 391.
ÉTIENNE PôL, comte frauk,'p. 73.
Eusracune GRENIER, seigneur de Sidon et de Césarée,
connélable du royaume de Jérusalem, p. 133.
EuTycHÈs, archimandrite de Constantinople, hérésiar-
que du v° siècle, p. 125, 269.
Evous, fils de Soliman, père du grand Saladin, p. 346,
364, 365, 436, 453, 454.
Eyousires (La famille des), ainsi nommés comme des-
cendants d'Eyoub, père de Saladin, et dont les di-
verses branches régnèrent en Égypte, à Damas, à
Alep, etc. p. 4o4.
EzécHias, roi de Juda, p. 267.
99:
7188
Fanrique (Don),'frère du roi de Castille, Jean I",
p. 74.
Faïz-Binasr-ALLAH, d'abord nommé Abou’l-Kacem ’Iça,
khalife fathimite d'Égypte, p. 348.
Fazcon (Nicole ou Nicolas), secrétaire de l'historien
Héthoum (Haythonus Monachus), à Poitiers ; traduit
en latin sa Relation des Tartares, p. 469, 470.
FaraLDus DE Baras, casiellanus Selephii (Séleucie-Tra-
chée), de l'ordre des chevaliers hospitaliers, p. 646.
Fer, chef arménien, en relation avec Baudouin de Bou-
logne, p. 36.
Fenresouc (Nicolas), et Jean Huré, notaires au Chà-
telet de Paris, reçoivent le testament de Léon VI, roi
d'Arménie, p. 731.
FÉRIDOUN, en arménien Afridoun, émir de la famille de
Danischmend de Cappadoce, p. cxxi1.
FERNaNDO (Don, fils puiné du roi de Castille, Jean [*,
p. 740.
FicanGieRt (Richard), maréchal de l'empereur Frédé-
ric II, battu par les Chyprivtes, se réfugie dans la
Petite Arménie, à Tarse, p. xLt.
Firouz ou RouzBeu , renégal arménien, livre Antioche
aux croisés qui assiégeaient cette ville, p. 40.
Foczevire (Jean de), chevalier, conseiller du roi et
garde de la prévôté de Paris, sous le règne de Char-
les VI, p. 732.
EN
GaDraminË, femine du roi bagratide Kakig 1", p. 237.
Gacu’ (Boiteux), surnom du chef de la cavalerie géor-
gienne, sous le règne de Giorgi III, p. 196.
GaïxaaTou, khan des Mongols de la Perse, p. 488,
L90.
GaLozaN, chevitaine, capitaneus, où préfet de la ville
d'Aias, p. X£I, XCII.
Gamsar, chef de l'une des familles satrapales de l'Ar-
ménie, d'origine arsacide, p. 236.
GaraBen, c'est-à-dire précurseur (Feu Mf'.), archevéque
arménien de Tiflis, p. 537.
GanaBep, évêque de Medzguerd où Mendzguerd, dans la
province de Quatrième Arménie, p.LxIX, LXX.
GARABED , abbé du couvent de Khorin, dans la Cilicie,
P. LXXII.
GaRABED, abbé du couvent de Movsisnots, dans la Ci-
licie, p. Lxx. ‘
GaraBen, chapeloin du palais du Roi, à Sis, p. Lxx.
Ganagen, prètre de village, p. 375.
GaurTuier, seigneur de Césarée, p. 354.
Gavan, en grec Cabadès, fils de Béroz, ou Perozëès IT,
roi sassanide de Perse, p. 173-174.
Gaza, khan des Mongols de la Perse, p. 464, 490, 543,
546, 656, 659, 660, 661. 663, 664.
Gazi, émir de Cappadoce. — Voir AmIR-GHazi.
Gazi, émir de la contrée de Kantzag, dans le voisinage
de la Géorgie, p. 127.
Geisa II, roi de Hongrie, p. 1go.
Génoïs (Les), en lutte et aux prises avec les Véuitiens,
à Constantinople, p. 490.
Grorrroy, régent du royaume de Jérusalem, pendant
INDEX.
Forgin (Frère Jean de), amiral de la flotte des cheva-
liers de Rhodes, p. 712, 715.
FourcHer DE CHARTRES, comte de Séroudj (Sororgia),
dans la Mésopotamie, p. 53.
Four.Ques D'ANJou, roi de Jérusalem, p. 152, 156, 183,
473, 474, 616.
Fouiques LE RÉCHIN, comte d'Anjou, père de Foulques,
roi de Jérusalem, p. 196.
Fouques nE BuiILLon ou Fouiques DE BoviLLon, sei-
gneur du château de Gaston et cousin du roi Léon II,
d’après le continuateur de Guillaume de Tyr, p. xxx,
172. :
Franxcesce (En) Çaclosa, marchand et patron de navire
de Barcelone, chargé par Pierre IV, roi d'Aragon,
de solliciter du sulthan d'Égypte la liberté de Léon VI,
roi d'Arménie, p. 722.
François, archevêque de Crète, légal apostolique en
Orient , p. 708.
Frévénic [" BanBeroussE, empereur d'Allemagne,
P- IV, V, XXIV, XXX, XXXVIII, LI, LIN, 171, 270, 402,
4o3, 439,440, 478, 563, 565, 592.
Frépénic Il, empereur d'Allemagne, p. 483, 486; —
ses troupes battues dans l'île de Chypre, p. xui.
Frépéric pe Souase, fils cadet de l'empereur Frédéric
Barberousse, p. 441.
FréDénic Îl p ARAGON, roi de Sicile, p. 671, 358, 759.
la captivité de Baudouin du Bourg, p. 134, 133,
138. .
Grorrnoy, commandant de Saint-Jean-d'Acre, en 1262,
p. 699.
GEOFFROY, en arménien Gorni (Sire), seigneur de Sar-
vantik'ar, de la famille des princes héthoumiens de
Lampron, p. 517.
GEOFFROY, seigneur de Gor'igos, (Gofredus de Corco, p.xc.
Georrnoy (Le baron), seigneur de Schogh'agan, dans
la Petite Arménie, p. 636.
Georrroyx, comte de Marasch, lué dans un combat
coutre l'émir Balag, p. 138.
GronrGes {Saint}, martvr sous Dioclétien, patron des
guerriers, p.911.
GEORGES, en arménien Kéèork ou Kévork, évêque du
district de Taranagh'i, dans la province de Haute
Arménie, p. 333. |
GEORGES, évêque arménien, p. Lx.
GEORGES, supérieur de couvent, p. 375.
GEorcrs, ascèle arménien, p. 592.
GEonces, surnommé P}yrrho-Gcorges, chef des joueurs
de trompette, primicier de la cour à Constantinople,
P. 190.
Georces (Le baron), seigneur de Partzérpert, château
fort de la Cilicie, p. 637.
Georces MÉGu'aic (Le docteur), moine arménien, p. 614.
GrorGt, fils du grand-duc de Russie, Andreï Bogolioub-
skoï, et premier mari de la reine de Géorgie, Tha-
mar, p. 437, 44.
Guiatu-Eopin Keï Kaosroo ou KHosrov-Scnau. fils
du sulthan d'Iconium , Kilidj-Arslan II, Mogith-Eddin
NOMS HISTORIQUES.
d'Ibn-Alathir, Kaiyoopôys de Nicétas Choniates,
p. 404, 409, 481, 482, 513.
Guiâtu-Ennin Keiï-Kunosnou Il, fils de Kvei-Kobad,
sulthan seldjoukide d'Iconium, p. xu11, 461.
Gaiira-Enoi MonauMmen, vizir d'Abou-Saïd. khan
des Mongols de la Perse, p. 670.
Gizes (Saint), personnage apocryphe, qui vint visiter
Jérusalem et fut le promoteur des croisades, suivant
Michel le Syrien et Vartan, p. 327.
Giori Il, en arménien, Korké ou Korki, roi de Géor-
gie, fils de Pakarad (Bagrat IV), p. 129.
Giorci IT, fils de Dimitri IF, roi de Géorgie, p. 151,
195, 1906, 197, 200, 201, 353, 354, 356, 435,
437, 453, 454.
GrorGi LascHA, roi de Géorgie, fils de la reine Thamar
et de David Sôslan, p. 442.
GirarD, Français de nation, fondateur de l'ordre des
Hospitaliers, p. 335.
Girano, seigneur de Saïda (Saiette), trahit les chrétiens
et s'allie avec Nour-Eddin; est vaincu et pris par le-
roi de Jérusalem, Baudouin du Bourg, et condamné
au supplice du feu, p. 354.
Goperkoy, fondateur des ordres religieux militaires
en Palestine, suivant Michel le Syrien, p. 334,
448.
Goperroy DE BOUILLON, p. ni, xxF, L, LIV, 25, 33, 4a,
42, 43, 48-49, 118-119, 245, 328, 329, 413,
472.
Go et Macoc, en arabe Y absoubs et MapsouDs, expres-
sion désignant d'une manière générique les peuples
inconnus et barbares. relégués aux extrémités de la
terre, p 311, 312, 313.
Goï-ATa, général mongol, p. 546.
Gori, martyr d'Édesse, p. 341.
GoriGuiaxs ou GuriGutaxs, branche des rois bagra-
tides établie à Lor'è, dans l'Albanie arménienne,
p.10, 236. |
Gon'nac, allié d’Ardaschir, roi de Perse, conire les Ro-
mains, p 301.
GospanxTs {Le baron) cu CoxsTanT, capitaine de la
douane royale d'Aïas, p. xc11, 757.
GRADENIGO (Barthélemi), doge de Venise; ses relations
avec le royaume de la Petite Arménie, p xcv, 70%,
748 790.
GRéGomE IX, souverain pontife, p. 495, 732.
GRÉGOIRE XI, souverain pontife, p. 718.
GRéGorre (Saint), le Parthe, dit l'{luminateur, apôtre ct
premier patriarche de l'Arménie (302 ou 303-352),
P-. XXXV, LXIII, LXIV, LXV, 13, 24, 29, 47, 63, 130,
191,223,232, 411,414, 418, 438, ho, 592, 677,
720.
— Dextre de saint Grégoire, relique vénérée des Ar-
méniens, p. 463, 489, 543, 553; — enlevée de
H'rom-Gla par les Égyptiens, p. 654; — rachetée
par le roi [éthoum Il, et rapportée à Sis, p. 655.
GRÉGOIRE IT, Vauram, dit Vgaïacer (l'ami des martyrs),
patriarche d'Arménie, p. Lxx11, 29, 55, 63-67, 75-
77, 108, 223, 448, 455, 582, 587, 630.
GREGOIRE II], dit le Bahlavoun, patriarche d'Arménie,
P. LIT, LXV, 76-77, 108-109, 154, 158. 108, 198,
233,271, 343, 411, 414,415, 416,417, 418,434,
455,438, 44y, 450, 454, 458, 582,614, 618, 623,
631.
Grécoire IV, dit Daqh'a (l'Enfant), patriarche d'Arménie,
auteur du Poëme sur la prise de Jérusalem, p. v, 1x,
189
269 307, 377, 435, 438, 440,455, 458, 4gn, b15,
560, 561,562, 564,565, 566, 568, 589, 597.629,
629, 630. |
Grécoine V, dit Wanoug (Jeune Homme), patriarche
d'Arménie, p. 271, 376, 377, 458, 519, 569, 5qo,
bg, 593, 630, 631; — jeu de mots sur le nom de
Manoug, p. 50.
Grécore VI ou Grécoras, dit Abirad (le Mauvais),
d'abord évêque de Tarse et ensuite patriarche d'Ar-
ménie, EN, LI, Lx, 3706, 377,422, 435, 458, 515,
566, 593, 631, 633, G4o, 641.
GRéGoIRE VII, d'Anazarbe, patriarche d'Arménie,
surnommué Dourk' Éritsants (le don des prètres),
p. 463, 465, 466, 469, 489, 548, 655, 656, 664.
GréGotue. primat des Arméniens d'Égypte, neveu du
patriarche Grégoire Vgaiacèr ou Vabhram, p. cxx1,
082,587.
GnéGoire, évêque de Gaban, et seigneur du couvent
d'Arek, dans la Cilicie, p. 635.
Gréçore, évêque arménien de Philippopolis, ambassa-
deur du patriarche Grégoire Dgh'a auprès des papes
Lucius [IT et Clément IL, p. 270, 438.
GRéGoIRE, évêque d'Adana, p. LXVIII, LXXI.
Grécoire, évèque de Marasch (Germanicia), mort en
1100, p. LXVIII, LXX, D2.
GnéGoire, évèque de Marasch, en 1342, p. Lxxr.
Gnécoire, évèque de Maschgavor, dans la Cilicie,
P: LXVIII, LXXI.
Grécotre, évèque de Tartuyn, dans la Cilicie, p. Lxvur,
LXXI.
GRéGoinr, évêque du palais patriarcal, a Sis, p. Lxx,
LXXL.
GréGoire, abbé du couvent de Turkith, dans la Cilicie,
P. LXX.
GnrécotiRe, docteur du couvent de Medzk'ar, dans la Gi-
licie, p. LxX.
GréGoire, docteur du couvent de Kermagh'per, dans la
Cilicie, p. Lxx1.
GReGoire, docteur du couvent de Maschgavor, p. Lxxin
GRÉGOIRE, docteur de l'Eglise arménienne, p. LXXI.
GReGoiREe, docteur arménien, p. Lxx.
GrécoiRe, fils de Sénékérim, roi de Gaban dans l'Ar-
ménic orientale, p. 10.
GnéGoine, curapalate d'Orient, c'est-a-dire gouverneur
de la partie occidentale de la Grande Arménie, appar-
tenant aux Grecs, de la faille des Arsacides, p. cxx,
46, 47.
GRÉGOIRE, prince arménien de Ja même famille, p. cxx.
GRéçoine, de la famille de Lampron, seigneur de
Gor'igos, sénécha! d'Arménie, baïle du royaume,
sous Léon [IF, p. Lxxx1x, 469, 558.
GréGoire (Le baron), seigneur de Pertous, forteresse
de la Cilicie, Hils de Léon, p. 482, 636.
GRÉGOIRE, jeune Arménien, dont la vue est guérie par
un miracle, p. 669.
GRÉGOIRE DouoêorTi, abbé du couvent de Sanahin, et
plus tard de Hagh'pad, dans la Grande Arménie,
p. 269. 567, 568, 588, 5go, Gao.
GRÉGoIRE MaGisros (Le prince), de la famille des Ar-
sacides, duc de la Mésopotamie, écrivain arménien
distingué par sa vaste érudition, p. Cxx, 47, 92, 100,
139, 198, 223, 224.
GRÉGOIRE Mascuacavor, moine arménien, P. 112.
GRÉGORAS, évéque syrien de K'eçoun, p. 376.
Guerre IV, duc de Bavière, p. 58.
7190
Gueure, chef bourguignon, qui s'était emparé de Ja
ville d'Adana, dans la première croisade, p. xL1v.
Guér'An ou Kyra ANNa', surnommée Théané ou Théo-
phané, princesse de la famille de Lampron, épouse
du roi Léon IE, p. 433, 531, 541, 555, 690.
GoErin pe MoNTAIGU, grand maître des Hospitaliers,
P: LXXIV.
Gueuuer Knaroun, fille d'Ilgazi, épouse de Doubais,
P. 129.
Guiçan et AGHuçAN, deux noms employés par Michel le
Syrien comme appartenant à deux personnages difié-
rents et désignant en réalité un seul et même émir,
Bâghi-Siän (Agh'cian), p. 328.
Guiiraume IX, duc d'Aquitaine, conite de Poitiers et
père de Raymond de Poiliers, 58-61, 157, 161, 213.
Guircaume X, duc d'Aquitaine, successeur de Guil-
laume IX, son père, p. 157, 161.
GuiLLaumE (l'ancien), marquis de Montferrat, p. 300.
GuiLLauME, marquis de Montferrat, surnommé Lon-
guespée, premier mari de Sibylle, reine de Jérusalem,
p. 408, 477.
GuicLauME VI, comte de Montpellier, p. 352.
GuiLLAUME, comte de Nevers, p. 58.
GuiLLAUME, seigneur de Saône, p. 345.
HaçAx, prince arménien de la famille des Arsacides,
p. Cxx.
Haçax (L'émir), médiateur entre Nour-Eddin Mahinoud,
émir de Hisn-Keïfa et d'Amid, ligué avec Saladin,
et le beau-père de Nour-Eddin Mahmoud, le sulthan
Kilidj-Arslan I, p. 390
Haçan-Ben-Kunmuscu-TEexiN EL-BALSErY, émir de Meu-
bédj, p. 138.
Haïciens, nom des princes de la première dynastie ar.
ménienne, issus de Haïg, p. Lvi, Lxxvi, 333, 517,
681, 691. — Voir ce dernier nom.
Haic, auteur et ancètre de la nation arménienne et son
premier souverain, tige de la dynastie des Haïciens,
p. LV, 198, 239, 236, 301, 333, 506, 517, 551;
— La race de Haïg, c'est-à-dire les familles princières
d'Arménie qui rattachaïent à lui leur origine et quel-
quelois, dans un sens général, la nation arménienne,
p. 506, 517.
HaïrABED . évêque de R'oran, dans la Cilicie , p. Liv, Lxx.
Haïrasen, abbé du couvent de Turk'ith, dans la Ci-
licie, p. Lxxi.
HaïraBep, abbé du couvent de Saint Romain, dans la
Cilicie, p. Lxxrt.
HazGau [”, prince de la famille des Héthoumiens de
Lampron, p. 1, 557, 565.
HazGam IT, fils de Sémpad, de la même famille,
p. 632.
HacGam (Le baron), seigneur de Lamôs, de Jaméëngan
et d'Anamour, dans la Cilicie Trachée, p. 638.
Hauban (Seïf-Eddaula Aboul’ Haçan Aly), prince ham-
danite d'Alep, p. 12.
HaRBIG, martyr d'Édesse, p. 341.
Haroun, Khovarezm-schah, c'est-à-dire souverain du
Kharizm, p. 320.
Hanou-ErRescuin (Le khalife), maître de la Cilicie,
en restaure et en fortifie les villes principales, p. xvrit,
XL, XLVII.
INDE X.
Guit.LauME JourDaIn, coute de Cerdagne, P. 79.
GuiLLauME SANTzAvEL (Sans avoir), comte de Dolouk,
p. 61.
Guizzemin I* ou GuiLLAUME DE Bures, seigneur de Ti. :
bériade, connétable et régent du royaume de Jéru.
salem, p. xcvi1, 133.
GuicLorin, écrit en arménien Guiôtin, seigneur de Gant.
chi, dans la Cilicie, p. 667.
GuiraGos (Cyriaque), docteur de l'Église arinénienne et
anachorète, p. LxxI.
Guricuë. — Voir KounkËn.
GurTuera, première femme de Baudouin, frère de Go-
defroy de Bouillon, p. xxv.
Guy De LusiGnan, roi de Jérusalem, et ensuite de Chypre,
p- 279, 396, 398, 4o2, 420, 4h, 457, 477, 478,
L79, 593.
Guy, roi d'Arménie, fils d'Amaury de Lusignan, prince
de Tyret de Sidon, p. 423, 683, 685 ; — son règne,
P. 709-707, 714.
“Guy. connétable de Chypre, frère du roi Henri II,
p. 665.
Guy, frère d'Albert de Blandraz, p. 57.
Goxor ou Guy, capitaine de la tour d'Ambleux, fils na-
turel de Léon VI, roi d'Arménie, p. 731, 736.
— Fondateur du château et de la ville de Harounia,
dans la Cilicie orientale, p. xxx1.
ITavepix ou AvÉDIK , ingénieur arménien au service des
croisés pendant le siége de Tyr, p. 141.
Hazarnasr ou Hazanass, le Deïlémite, p. 334.
Héci (Le prophète), p. 591.
HËLIE, trésorier de l'église de Tarse, p. Lxx.
Heuericus DE Pax, chevalier de l'Hôpital, châtelain de
Séleucie Trachéc, p. 646.
HÉmon (Jacques), receveur général des aides de France,
sous le règne de Charles VI, p. 731.
Hexni VI, empereur d'Allemagne, p. 421, 458, 511,
566, 633, 685.
— Ïl reconnaît Léon II comme roi d'Arménie, sous la
suzeraineté de l'Empire d'Occident, p. Lu.
HEwri [", roi d'Angleterre, p. 157.
Henri Il, roi d'Angleterre et duc de Normandie,
P. LXXXIX.
Henri [*, roi de Chypre, p. 605, 6of, 651, 755.
Henri Il, roi de Chypre, p. 543, 665, 667. 680,
7958
Hexri De CHampacxe (Le comte), roi titulaire de Jéru-
salem, p. 403, 405, 479, 561, 595, 631, 035.
Hexni, fils du prince de Tyr et Sidon, Amaury de Lu-
signan, d'après le P. Estienne de Lusignan, p. 683.
Henni, religieux de Cluny, troisième fils de Guillaume IX,
duc d'Aquitaine, p. 161.
Henri (Le baron), sébaste, seigneur de Nor-Pert ou
Château neuf, dans la Cilicie Trachée, p. xxx, 481,
638.
Henri (Le baron), seigneur d'Anê, château fort de la
Cilicie, p. 636. |
HERLUIN, accompagne comme interprète Pierre l'Her-
mile envoyé en mission par les chefs croisés aupres
de l'émir Kerbogà, p. 42.
Héracuius (L'empereur), envoie une ambassade au ro!
du nord, le khak'an des Khazars, p. 317.
NOMS HISTORIQUES. 791
Hésycue (Saint), en arménien ‘Oucig, patriarche d'Ar-
ménie, p. 584.
Hésveue (‘Oucig), évêque arménien de Constantinople,
P. LXX.
Hésrene (‘Oucig), supérieur de couvent, p. 375, 375.
— ‘Ouciguians, nom donné aux adhérents de ce dernier
el de ses deux compagnons Georges et Garabed, p. 376.
Héruoun l*, roi de la Petite Arménie, fils du grand
baron Constantin de Lampron, p. xxxI, XXXIV, XLI,
XLVIII, XLIX, L, LX, UXXII, LXXVII, LXXX, XCIII, CiX,
168,310, 376, 408, 427, 428, 429, 430 .44a, 460,
461,462, 485, 495, 516,517, 518, 521, 522, 523,
‘524,527, 538, 551, 605, 648-652, 679, 681, 685,
689, 692, 747.
— 1] arme chevaliers ses deux fils, Léon et Thoros, p. xc.
Héraoux II (Le roi), Antonius, dans quelques chroni-
queurs latins du moyen âge, lils de Léon IIT, abdique
en prenant le titre de grand buron d'Arménie, p. xu,
Lxxvu, 463, 464, 465, 466, 467, 469, 489, 490,
532, 544-548, 653-664, 679, 681, 685, 746.
— Se fait moine franciscain , sous le nom de frère Jean,
p. 543.
Héruoux [°, fils d'Oschin [°, prince de Lampron, p. xi,
168, 558.
Héruou IT, sébaste, seigneur de Lampron , grand cham-
bellan d'Arménie, sous le règne de Léon IT, p. 1.xxvri,
LAXVII, LXXX, XC, 374, 458, 469, 506, 558, 559,
567, 582, 619, 620, 624, 637, 640, 644.
HérHoum, comte de Gor'igos, de la famille de Lam-
pron, connétable d'Arménie, connu en Occident sous
le now de Fuytho ou Haythonus monachus, auteur du
livre intitulé : Relation des Tartares ou Liber de Tar.
laris, p. VI, XII, LXXVI, CXII, 98, 469. 4go, 522,
546, 547, 659, 663, 680; 699.
— nolice sur sa vie et son livre, sa Table chronolo-
gique, p. 471-490.
Héruoux, fils d'Oschin II de Lampron, maréchal d'Ar-
ménie, p. xC, CXvIIT, 680.
HEéraouu , sénéchal d'Arménie, baïle du royaume sous
Léon V, p. Lxxxix, 756, 758.
HerHoun, fils du comte de Gor'igos, le baïle Oschin, de
la famille de Lampron, p. cxvin, 668.
Héraoux , né en 1266, grand baron d'Arménie, p. 652;
— ne figure pas dans le tableau des Héthoumiens,
P. CXVIII-CXIX.
Héruoum, seigneur de Dchélgnots, dans la Cilicie,
p. 667, 668. |
Héruoow, fils d'Oschin, de Lampron, seigneur de Ni-
grinum, d'abord capitaine de la cour du roi sous
Ôschin, et ensuite chambellan et régent du royaume
sous Léon V, p. LxxvtII, LXxXXIX, XC, XCV, 756, 757.
HérRouM, seigneur de Saçoun, fils de Tchordouanél
(Hayston de Sasoigne), p. Lit, 629, 630, 632, 634,
635.
IBN-EL-BéLED: , vizir du khalife Mostandjed , p 372.
IBRAHIM, émir de Mélitène, de la famille de Danisch-
mend, p. cxxn1, 176.
IBrañIM (Dhahir-Eddin), fils de Soukman -el-Kothby,
souverain de Khëlath, dans la Grande Arménie,
P- 146, 195, 197, 442.
Isramim-Pacra , fils du vice-roi d'Égypte, Méhémet-
Heraouw, seigneur arménien, p. 707.
Hérnous, chancelier particulier du roi Léon III, en
latin Atto, p. Lxxxvin, 752, 754.
Héraoumiens (Les princes), seigneurs de la forteresse
de Lampron (Nimroun), la famille la plus puissante
de la Petite Arménie, après celle des Roupéniens,
P. XI, XXI, XXII, LXXIV, LXXX, 165, 168, 557, 6o»,
625, 626, Cho, 681, 714.
Hivaire (Saint), évêque de Poitiers, au 1v* siècle, p. 634.
HiLDEGARDE, troisième femme de Guillaume IX, comte
de Poitiers, p. 215.
HocoPagrne, turk de nation, suivant Michel le Syrien,
p. 313, 314, 347.
Howraoy, seigneur de Thoron et de Krak, [* du nom,
p. 627.
Honrroy I], son fils, connétable du royaume de Jérusa-
lem, p. 627.
Howraoy IIT, fils du précédent, premier mari d'Isabeau,
reine de Jérusalem, rbid.
Hoxonivs, fils de Théodose le Grand, empereur d'Oc-
cident, p. XVIII, LXXVIIT.
HôpirTar (Chevaliers ou frères de |’), dans la Petite Ar-
ménie, p. XAXIX, LIN, Lx, 171, 916, 517,628, 637,
645, 648.
— Fondation de cet Ordre, p. xxx, xxx1, 332.
— Plus tard chevaliers de Rhodes, p. xxx1v:
Houçis-Eppin ATÂBt, émir au service du sulthan Beïbars,
p. 528.
Houçam-Epbin Yourouk-Arszan, fils de Kothb-Eddin
Igazi, prince de Mardin, de la famille des Ortokides,
p. 393.
HouzaGou, khan des Mongols de la Perse, p. 431, 433,
461, 486.
Hr'ipsiMÊ (Sainte), vierge qui, suivant la tradition armé.
nienne, vint du pays des Romains avec sainte Gaïané
el plusieurs autres compagnes, prècher le christia-
nisme dans la Grande Arménie, sous le règne de Dio-
clétien et de Tiridate I.
— Église placée sous son vocable à Édchmiadzin , p. ci,
233.
Hucuss, archevêque latin d'Édesse, p. 198, 248, 256,
Huues [*, roi de Chypre, p. 484, 605, 755.
Huçues IIT, roi de Chypre, p. 681, 683.
Huues IV, roi de Chypre, p. 708, 710.
Hucues, premier roi Lusignan d'Arménie, d'apres le
P. Estienne de Lusignan, p. 683.
Huçues D'ÎBeLciN, p. 343.
Hucues pe Moxrsez, l’un des chefs de la première croi-
sade, p. 57,
Hucues De Payen, fondateur de l'ordre des Templiers,
p. 333.
Hucues pe REVEL, commandeur des Hospitaliers, à Saint-
Jean-d'Acre, p. 695.
Huauss, châtelain de Saint-Omer, p. xcvi.
Ali, conquiert sur les Oltomans la Syrie et la Kara-
manie; 1! fortilie le défilé de Kulek-Boghaz, p. xxr,
637.
Ica, frère de l'émir de Menbedj, Haçan-ben-Kumusch-
Tékin, p. 138, 139. |
Içi-BEN-MouanvÀ, émir au service du sulthan Beibars,
p. 5268.
192 INDEX.
Ina, margrave d'Autriche, prend la croix et péril à la
bataille de Reclei (Héraclée), p. 58.
IrrixmÂn-EonauLA, gouverneur égyptien de Jérusalem,
p. 32.
IGnace (Mar), patriarche des Syriens jacobites, à Antioche,
p-310, 517.
Iexace, maphrian (docteur) syrien de Mossoul, p. 197.
IGNAcE, évêque syrien d'Alep, p. 164.
Iewace, docteur de l'Église arménienne, p. 567.
IxnriÂn-EnDiN Haçan, général des troupes du sulthan
Kilidj-Arslan IF, p. 401.
ILniGuiz ou ELniGovz (Schems-Eddin), atabek de l'Azer-
beïdjan et du Kurdistan, fondateur de la dynastie dite
des atabcks de l'Azerbeïdjan , p. 197, 200, 201, 351,
436.
ILGÂzt (Nedjm-Eddin), en arménien Gazi, ALGazr, fils
d'Artoukh (Ortok), fondateur de la dynastie des Or-
tokides, prince de Mardin, p. 32, 97,109, 115,122,
124,197,132, 142, 393, 451,615.
ILGazt (Kothb-Eddiu), fils du précédent Nedjm-Eddin,
p. 39%.
Innocent IT (Le pape), p. 618.
InNOcENT III (Le pape), p. xxx, 172, 483, 512, 746.
Innocenr IV (Le pape), p. 432.
loaxnès (Mar), évèque syrien de Kéçoun, p. 165.
louis (Arslan d'Aboulfaradj), l'un des quatre fils de
Seldjouk, p. 318.
lounous ou Joxas, émir de Maçara, de la famille de
Danischmend, p. cxxi1, 157.
IrèNe, fille naturelle d'Andronic Comnène et de Théo-
dora, veuve de Baudouin IIF, roi de Jérusalem, p. 186,
361.
IRÈNE, fille de Philippe, prince de Tarente, mariée à
Léon I“ de Lusignan, roi d'Arménie, suivant le -
P. Estienne de Lusignan , p. 683.
IRENTCHIN, général mongol, gouverneur militaire du
pays de Roum (Asie Mineure), p. 549.
Iron, prêtre attaché à la cour de Justinien , auteur d'un
comput pascal, p. 62.
Isaac (Le patriarche), fils de Jacob, p. 608.
Isaac L'ANGE (Kyr Isaac), empereur d'Orient, successeur
d'Andronic, appelé par les Arméniens Ph'isiy (Phy-
sicus), p. 391-392, 437, 438, 44o, 565, 627, 685.
Isaac CounèNE, empereur d'Orient, p. 321.
Isaac ConNÈNE, qui s'était déclaré empereur à Chypre,
vaincu et fait prisonnier par Richard Cœur-de-Lion,
p. 4h41, 478.
Isaac, sébastocrator, fils cadet de l'empereur Alexis I”,
p. 361.
Isaac, sébastocrator, fils aîné de l'empereur Jean Com-
nène, p. 186, 230.
Isaac (Le baron Kyr), seigneur de Vagh'va et de Siga
ou Séchin, dans la Cilicie Trachée, p. 483, 638, 644.
Jacon (Le patriarche), fils d'Abraham, p. 250.
Jacques (Saint), évêque de Nisibe, p. 13, 173,
677.
Jacques (Saint) de Compostelle, p. 283.
Jacques BARADÉE, surnommé Zanzale, évêque mono-
physite de Nisibe, p. 678.
Jacques Bar-Tzaisa, surnommé Denys, évêque syrien
de Marasch, p. 224, 590, 366.
IsaseAU DE Bavière, flemme de Charles VI, roi de France :
le roi d'Arménie, Léon VI, assiste à son couronne.
ment et au banquet donné à cette occasion, p. 729.
ISABEAU DE PLANTAGENET, reine titulaire de Jérusalem,
mariée en quatrièmes noces à Amaury [", roi de
Chypre, p. Lir, 4295, 482, 593, 643.
IsaBeau, fille de Honfroy, seigneur de Thoron et de
Krak, femme du prince Roupèn IT, p. ur, 39%, 509,
627.
Is1BEAU, princesse de la maison d'Antioche, première
femme du roi Léon IT, p. Li, 425.
ÎsaBELLE ou ÎsaBeau (en arménien Zabël), fille du
roi Léon Il, épouse Philippe d'Antioche, qui devient
roi d'Arménie, et en secondes noces Héthoum I".
P. XXXI, XXXIX, XLIX, L, LAXX, XII, 168, 310, 4o7,
408, 4a1, 428, hha, 460, 485, 514. 516.517,519.
551, 609, 607, 648, 649.
IsaBeLLe ou [sABsAU, appelée Zubloun par les Armé-
niens, fille de Léon IIT, roi d'Arménie, femme d’A-
maury, prince de Tyr et Sidon, p. 543, 565, 666,
683, 685, 702.
IsaBeuLe ou IsABEAU, fille d'Amaury, roi de Jérusalem,
p. 403.
ISABELLE, veuve du sulthan d'Iconium, Kilidj-Arslan f,
p. 143.
Îsaïe , évêque du district de Darôn, dans la Grande Ar.
ménie, p. 592. |
IsMAËL, fils d'Abraham, ancêtre des Arabes, p.,264.
IsMAËL ou Iswaïz (Kothb-Eddin}, gouverneur de l'Azer-
beïdjan, cousin et beau-frère du sulthan Mélik-Schah,
P- 120.
IsMAËLIENS, appelés aussi Bathéniens ou Assassins. —
Voir Assassixs.
Ismaïz. — Voir Monammen, fils de Danischmend.
Ismaïz, neveu (fils de frère) de Yakoub-Arslan, el émir
de Sébaste de Cappadoce, de la famille de Danisch-
mend, p. cxxt1, 359, 373, 374.
IsRAËL (Les fils d'}, les Israélites ou Hébreux, p. 602.
IsRaïz, l'un des quatre fils de Se'djouk, p. 318.
ÎvanE, chef storgien, fils d'Abélheth ou Aboulhëlh, de
la fanulle des Orbêlians, p. 141, 435.
Ivaxè, quatrième du nom, premier ministre du roi de
Géorgie, Giorgi III, de la famille des Orbélians,
p. 435.
— ]l conspire contre son souverain, p. 437.
IVELIX, renégal arménien au service de Saladin, p. 436.
"I2z-Eooin Kei-Kaous, sulthan d’'Iconium , successeur de
Kilidj-Arslan Il, p. 482, 483, 513, 644, 645.
‘Izz-Evnin Macç'ovus, frère de Seïf-Eddin Gazi et neveu
de Nour-Eddin, p. 391, 404.
‘Izz-Ennin Ican Semm-E1.. Maur ou Semu-EL-"AraB (Sém-
lémoth des historiens arméniens), général des troupes
égyptiennes, envahit la Gilicie, p. 487, 522.
Jacques [", en arménien 'Agop, surnommé le Savant
ou Gluiïetsi (de Hr'om-Gla), patriarche d'Arménie,
p- 462, 524, 652, 653.
Jacques IT, patriarche d'Arménie, p. 669, 701.
JACQUES, évêque de Gaban, dans le Taurus cilicien,
P- LXVIIL, LXXI.
JAcQuEs, évêque de Gasdagh'ôn, couvent de la Cilicie,
p. 690.
NOMS HISTORIQUES.
Jacques , évêque attaché à la chapelle patriarcale, à Sis,
. LXX.
J es , évèque de Salamasd ou Selwas, dans la Grande
Arménie, p. LXX, LXXI.
Jacques, évêque arménien, neveu du patriarche Gré-
goire VIT, p. zxx.
Jacques, archiprètre de Sis, p. Lxx, Lxxn.
Jacques I“, roi de Chypre, reconnu et proclamé souve-
rain d'Arménie, en 1394, après la mort de Léon VI,
son parent, P. XCIV, 737.
Janus, roi de Chypre, p. xciv.
Jean-BaPrTisTE (Saint) p. 584, 67.
JEAN (Saint), l'évangéliste, p. 459, 584, 677.
Jean CHRYSOSTOME (Saint), patriarche de Constantinople,
exilé à Cocusus, dans le Thème de Lycandus (Cappa-
doce méridionale}, p. xzin1, 571.
Jean XXII (Le pape), p. xxix, xxx1V, 702.
Jean VIT, dit Medzaparo’ (le Magnanime ou le Superbe),
d'abord archevêque de Sis et ensuite patriarche d'Ar-
ménie, p. LxvI1, 423, 427, 430, 458, 481, 482, 483,
515, 516, 566, 630, 631, 633, 635, 640, 64a.
Jean (Le docteur), patriarche arménien de Constanti-
nople, p. 309.
J8an, patriarche grec d'Antioche, p. 55.
Jeax V, patriarche des Agh'ouans (Albanie arménienne),
p.71.
Jean, archevêque de Darôn, dans la Grande Arménie,
P. LXVIIT, LXX.
Jean, archevêque de Sis, ambassadeur du roi d'Ar-
ménie, Léon VI, en Europe, p. 718.
Jean, archevêque latin de Tarse, p. Lxx.
Jean, évêque d'Aias (Leace), p. LxvII1, Lxx, LaxI.
Jean, évêque d'Anazarbe, p. Lxx.
JEAN, évêque élu de Coron, légat de Clément VI clans
la Petite Arménie, p. 708.
JEAN, évêque de Dzaméntav, p. Lxx.
JEAN, évêque de Marantounik’, ou Marant, dans la
Grande Arménie, p. LXVIII, Lxx.
JEAN, évêque du couvent de Maschart, sur les limites de
la Cilicie et de l'Euphratèse, p. Lxxi.
JEAN, évêque de Medzk'ar, dans la Cilicie, p. Lx.
Jean, évêque de Mopsueste, p. Lxx.
Jean , évêque de Sanvéli, dans la Cilicie, p. zxvut, 635.
JEAN, évêque arménien de Tarse, p. LxvHI.
JEAN, évêque arménien, p. LxxI.
Jean , abbé du couvent d'Agner, dans la Gilicie, p. Lxxtr.
Jean, abbé du couvent de Kaylkoyn, dans la Cilicie,
p. Lxx1I.
Jean, abbé du couvent de Plour, dans la Cilicie, p. Lxxu.
Jean , chanoine de Saint-Éthennacin, à Sis, p. Lxx, Lxx1I.
Jean, maitre du palais patriarcal, à Sis, p. Lxx.
JEAN, docteur du palais patriarcal , à Sis, p. Lxx11.
Jean, docteur d'Ézénga (Erzingan), p. Lxxt.
Jean, chantre de l'église de Tarse, p. Lxx.
Jean (Le docteur), moine du couvent de Sguêvr'a, pro-
fesseur et instituteur religieux de saint Nersès de
Lampron, p. 559, 560.
Jean DE K'ÉR'N1 (Le docteur), chef des Frères-Unis ou
Ünitaires, dans la Grande Arménie, p. 609.
JEAN, supérieur du couvent arménien de Philippopolis,
dans la Thrace, p. 367.
JeaN, moine latin, ambassadeur du roi Héthoum II
auprés du pape Nicolas IV, p. 541.
JEAN, moine du couvent de Sanahin, dans la Grande
Arménie, p. 567.
HisTor. ARM. — I.
793
Jean CANTAGUzÈNE (L'empereur). — Voir CaNTAGUzÈNE.
Jean CoMNÈNE ou le Beau-JEAN, KaLo-loannes, dit Por.
phyrogénète, fils d'Alexis, empereur d'Orient, p. xxx11
XXXVIII, XLVI, XLVIII, LI, LXXIX, 129, 149-152, 193,
154, 156, 228, :30, 335, 338, 361, 419, 450,
452, 474, 500-504, 558, 597, 616-618, 678.
Jean PaLÉOLOGUE (L'empereur), p. 228.
Jean COMNÈNE, protosébaste, fils d'Andronic, sébasto-
crator, p. 361, 490.
Jean Ducas, césar, p. 324.
Jean Ducas, l'Ange Comuène, fils de Jean, sébastocra-
tor, p. 490, 544.
JEAN CamaTeRus, logothète du dromos ou directeur des
postes, a Constantinople, p. 190.
JEAN saxs TERRE, roi d'Angleterre, p. 480, 483.
Jean [", roi de Castille, reçait à sa cour Léon VI, roi
d'Arménie; ses rapports avec lui, p. 722 el SUV.
740.
JEAN (Frère). — Voir Héruouu II, roi de la Petite
Arménie.
JEAN (en arménien Dsouan ou Divan), dit Constan-
tin III, roi d'Arménie, de la famille des Lusignans.
— Voir ConsrTanTin III.
Jean, frère d'Aschod le Brave, roi d'Ani, de la dynastie
des Bagratides, p. 30, 414.
JEAN DE BRIENNE, roi titulaire de Jérusalem, p. 482,
484.
Jean, fils d'Amaury, prince de Tyr et Sidon, d'après le
P. Estienne de Lusignan, p. 683.
JEAN, marquis de Montferrat, p. 718.
JEAN, prince d'Antioche, frère du roi de Chypre,
Pierre [°, p. 716, 716.
Jean [°, seigneur de Beyrouth, p. 486.
JEAN, chancelier de la Petite Arménie, sous Léon V.
— Voir ‘ANES IRITSANTS.
JEAN D'ÎBELIN, scigneur d'Arsour, connétable du royaume
de Jérusalem, p. 541, 605.
Jean D'IBELIN, sénéchal de Jérusalem, à la cour de
Pierre I“, roi de Chypre, p. 716.
Jean pe LEON, chevalier génois, p. 718.
Jean De LusiGNan, seigneur de Beyrouth, neveu du roi
Jacques [*, p. xciv.
JEAN DE Ti8ÉRIADE, l'un des barons de la Haute
cour du royaume de Chypre, maréchal d'Arménie,
P- XCIv.
Jean DE Tyn (Giovanni di Sur), amiral de Chypre, sous
Pierre [*, p. 713.
JEANNE Î[”, reine de Naples, p. 718.
JEROBOAM, roi d'Israël; le nouveau Jéroboam, nom donné
à Saladin par Michel le Syrien, p. 396.
Jos (Le patriarche), p. 527.
Jonas, émir de Maçara, de la famille de Danischmend.
— Voir lounous.
Josepx (Le patriarche), fils de Jacob, p. 524.
JosePx, disciple du Christ, p. bo8.
JosePu, archevêque arménien d'Antioche et seigneur du
couvent de Içoucavank’ (Couvent de Jésus), p. Lxvrr,
423, 635.
Josepx, abbé du couvent de Kélégh'agan, dans la Ci-
licie, p. Lxx.
Josepx, docteur de la Graude Arménie, au x siècle,
p. 495.
Josias, roi de Juda, p. 602.
Jossezin [*, de Courtenay, dit le Vieux, comte de Tell-
Bascher et d'Édesse, P. 71-73, 79. 85-88, 89, 91,
100
704 INDEX.
7 92, y6, 101, 107, 110, 123, 125-127, 131-135,
138,139, 141-143, 145,147, 152,154, 158, 160,
245, 328, 501,616.
Josseuin Il, dit le Jeune, fils de Josselin de Courtenay,
le Vieux, p. LI, LH, LIV, 140,152, 153, 154, 156,
158, 160, 161, 163, 164, 165,231,245.9248, 252,
339, 342, 41a, 415, 434, 501. 616, 618, 637.
Josseuin [T, fils de Josselin IE, p. 166,195, 345, 353,
381.
Jossein (Le baron), seigneur de Sinida, dans la Cilicie,
p. 481, 637.
Kau1G [°, roi bagratide d'Ani, p. 10, 237.
KauiG Il, fils d'Aschod, et dernier roi bagratide d’Ani:
dépouillé de ses États par Constantin Monomaque,
p. XXII, XLIII, L, LXIV, 80, 47, 97-100, 236, 237,
bi4, 415,448, 47, 496, 497, 499, 551, 610, 61,
613, 684. | |
Kawic, fils d'Apas, prince de la famille des Bagratides,
dernier roi de Gars (Kars), dans la Grande Arménie,
p. L, 10, 576.
Kai , fils de Khatchig Kourkèn, souverain du Vasbou-
ragan, province de la Grande Arménie, p. 10.
KaïanË (Sainte), vierge, qui vint avec sainte Hr'ipsimé
prêcher le christianisme dans la Grande Aiménie,
sous le règne de Dioclétien et de Tiridate IT, et
fut martyrisée; église placée sous son vocable à
Edchmiadzin, p. ci.
Kazaoun (ou Kelaoun, d'après une fausse prononciation),
sulthan d'Égypte de la dynastie des Mamelouks baha-
rites, p. Lir, 487-489, 528, 746.
KaRA-ARSLAN, émir égyplien, p. 464.
Kana-ARSLAN (Fakhr-Eddin), fils de Rokn-Eddaula Da-
oud , ortokide, prince de Zaïd (Hisn-Zeyad) ou Khar-
pert, Hisn-Keïfa, Amid, et du district de Hantzith,
p. exxni, 195, 160, 195, 339, 351, 357, 358, 390.
KARAMAN IBrauIM-BEG, émir turkoman, souverain des
provinces méridionales de l'Asie Mineure, connu’
sous le nom de Grand Karaman, il Gran Caramano
des chroniqueurs chypriotes; il donne sou nom à la
parlie sud-est de l'Asie Mineure, la Karamanie mo.
derne, p. xvit, XXX1V, 638, 666, 711, 712, 713.
Keosxen, émir égyptien, p. 464.
Keiï-Kosao, fils de Hazarasb, le Déilémile, émir de Té-
krit, p. 334.
KeLaouN. — Voir KaLaoux.
Kéonk£ ou Konmi. — Voir GionGi.
KerBoGÀ (Kiwâm-Eddaula), émir de Mossoul, p. 39,
h1-43, 148, 329.
KuapcaiTH-AGu'a, combat le prince mongol Ali-Padi-
schah-Nouiïan, et est tué, p. 468.
KmaRBENDEH-KHan, en mongol Üldjaitou, souverain des
Mongols de la Perse, p. 546, 547, 549, 664.
KHarizmIeNs. — Voir KHORAZMIENS.
KHaTcu1G ou KHaTcHADpouR (Don de la Croix), patriarche
d'Arménie (1058-1004), p. Lxi1v.
KHATCHIG, nom d'un Arménien, habitant de la ville
d'Ardjësch, p. 608.
KHazandJour, chef turk ou turkoman, dans le pays de
Roum (Asie Mineure), p. 656.
Kastu, fils de Chanaan, fils de Cham, p. 246.
. . , L
KHéwia, premier roi d'Édesse, p. 240.
Junas MACcHABÉE , p. 301.
JULIEN L'APOSTAT, p. 341, 499.
Juuius Marins, préfet romain de la Syrie, conlempo-
rain d'Abgar, roi d'Edesse, p. 225.
Josrix 1”, empereur d'Orient, p. 240.
— Ïl fortifie Anazarbe, p. xevir.
Jusrix IT (Justinien III des chroniqueurs syriens), em-
pereur d'Orient, p. 317.
JusTiniant (Michele), ambassadeur de Venise auprès de
Léon V, p. in.
Jusriniex É*, empereur d'Orient, p. cvi, 317.
KHORAZMIENS {Les}, détruisent la dynastie des Atabeks
de l'Azerbeïdjan, p. 436.
— Îls envahissent la Grande Arménie etla Syrie, p. 460.
KHorÇaAN, émir lurk, enlève la forteresse de Gargar’ au
prince Vasil, p. 260.
KHôniz (Gabriel), gouverneur de Mélitène, beau-père
de Baudouin du Bourg, p. 51, 330.
KHosrov ou Knosrou. — Voir CnosRoës.
Kaosrovouni, sœur d'Anag, père de saint Grégoire
l'Illuminateur, et mère de saint Jacques de Nisibe,
p. 13.
Kuosrov-Scuan ou Keï-Kuosrov-Schax (Ghiâth-Eddin),
fils du sulthan Iz-Eddin Kilidj-Arslan Il, p. 64,
649, 650.
KHoumarpascH, chef turkoman du pays de Roum,
p. 481.
Kiz1Ds-ARsLaN Î (Daoud), sulthan seldjoukide d'Iconium,
p. 28-29, 56, 58, 6o, 70, 82-83, 142, 143, 328,
829, 330, 331, 334.
Kicips-AnsLaN 11 (Izz-Eddiu), sulthan seldjoukide d'Ico-
nium , fils de Maçoud , p. xxvur, Li, cxxn1, 154, 162,
166,171,177, 182, 192,194, 199, 347, 351, 352,
353,354, 356, 359, 360,366, 373, 374, 377, 370.
382, 383, 385, 386, 390, 401. ko, 403 (sa mort),
405, 438, 4ho, 477, 481, 507, 513, 621,626, Gay,
639, 642.
KiT-BoucA, sulthan d'Égypte, de la dynastie des Ma-
melouks baharites, successeur de Mélik-Aschraf, puis
gouverneur. de Hama, p. 489, 490, 546.
Kizil, mari de la sœur de Thogrul-Beg et de Djagri-
Beg. p. 320.
KiziL-ARSLAN , émir turk; sa mort, p. 414.
Kiz1L-ARSLAN (Othman), de la dynastie des Atabeks de
l'Azerbeïdjan, fils et successeur d'Ildiguiz, p. 436.
Koca'-Vasiz, dit aussi BasrLe L'ARMÈENIEN, Corroua-
silius, seigneur de Marasch, Keçoun, Hr'om-Gla, et
autres places fortes voisines de l'Euphrate, p. x1,
XLV, LIT, LXXIX, LXAXII, 20, 39, 36, 70-71, 76-77, 83-
86, 89-90, 92, 102,103, 117,154,195, 164, 221,
350,434, 449, 537, 613, 614.
Konar-KHATHOUX , fermmme du sulthan de Perse, Daph'ar
(Mohammed), p. 120-121.
Koïoux, grand khun des Mongols, p. 605, 651.
Komany (Le grand veneur), gouverneur de Tarse pour
le sulthan d'Égypte, p. 714.
Konr£, l’un des amis du prince roupénien Thoros Il.
p. 186.
Korus-Epnin ILGazi, prince de Maerdin. — Voir ILGazi.
Kotus-Ennin Maupouo (Asou'L-MouLoux), prince ata-
bek de Mossoul, frère de Nour-Eddin, p. 195, 372.
NOMS HISTORIQUES.
Kora8-Evpin Mézix-Scuag, l'un des fils du sulthan
d'Iconium, Kïülidj-Arslan Il, p. 402, 404.
KousiLaï-KHan , grand khan des Mongols, p. 607.
KourxÊên ou GuriGuê [*, fils d'Aschod le Miséricordieux,
et roi de Lorè, fondateur de la dynastie des Gori-
gnians , dans l'Albanie arménienne, p. 10.
Kousca-Timour, général turk commandant les troupes
de Schems-Eddin Kara-Sonkor, gouverneur d'Alep,
° p. 647.
Kourioux-Scaan ou KourcLoucn-ScHau, général en
chef des Mongols, p. 545, 546, 662.
Lair (Sire Boëmond), seigneur de la principauté d’An-
tioche, passé au service de Léon Il, p. 639.
LancasTRE (Le duc de), oncle de Richard IT, roi d'An-
gleterre, p. 327.
Lascanis (Théodore I“), empereur a Nicée, p. 643.
Las Navas DE Touosa (Bataille de), p. 352. 382.
Larcnin (Houçäm-Eddin), sulthan d'Égypte de la dynas-
tie des Mamelouks baharites, p. xxvir, 464, 490, 545,
622. |
LaTran (Concile de}, 12° œcuménique, p. 483.
Léon, évêque arménien de Dzamëntav, p. Lxvint
Léon, Léonce ou PaxrALÉON, docteur arménien, p. 10,
11, 21-22.
Léon, abbé du couvent de Quémerquécon, dans la Ci-
licie, p. LxxXH.
Léon, archiprètre de la maison du roi, à Sis, p. zxix,
LXXII.
LEON Le PiLosopxe, empereur d'Orient, p. exxviit,
471.
Léon 1", prince roupénien de la Cilicie, marié à une
sœur de Baudouin du Bourg, p. xxxvItt, LI, LXXX,
47, 104, 116, 121, 150, 152, 153-158, 421, 438,
451-453, 473-474, 498, 500-503, 551, 615-617,
619, 623, 678-679, 684.
Léon IT, roi de la Petite Arménie, p. 1V, 1x, X, x1, xxx,
XXXVI, XXXIX, XLV, XLVII-LIIT, LX, LXXX, XC, CIX, 168,°
171,172, 270, 298, 360, 393, 403, 4o4, 4o5, 4o7,
408, 411, 416,421, 422, 423, 425, 426, 427, 438,
h4o, 442,458, 459. 460, 477, 479, 480.481, 48a,
483,484, 485, 508, 510-512,514,515, 516, 54x,
551, 561, 563, 564,565, 566, 568, 579, 580, 582,
283, 593, 597; 605, 607, 622. 627. 629-635, 637-
639, 641-648, 747.
— Îl transfère sa résidence royale d'Anazarbe à Sis,
P. XLvI.
— Îl prend le titre d'autocrate, p. Liv.
Leon IIT, fils de Héthoum I‘ et son successeur, p. xui,
XLVIII, LXXVII, XC,C, CIX, 461, 462, 463, 469, 487,
491, 493, 518, 522, 524, 527-528, 530, 535, 537-
54o, 541, 551, 555, 607-608, 64y-650, 652, 679,
685, 690, 702, 745-747, 748.
Leon IV, fils de Thoros et neveu de Héthoum I], p. Lxxvu,
LXXVIN, XC, 465, 465, 466, 490, 548, 656, 679,
685, 747.
— Sa mort iragique, p. 549, 664.
Léon V, fils du roi Oschin, P. XXIX, XXXIV, XCI, XCV,
xCIX, CI, Cl, CIV, 467, 642, 666-667, 670-672,
679, 681,685, 699, 701, 702, 747, 748, 596, 758,
761, 7632.
Leon VI, prince de la famille des Lusignans, dernier roi
795
Krarr ou Krarrr(Le barou ), seigneur de Lauzad, dans
la Cilicie Trachée, p. zxxxr, 638.
Krixor (Grégoire), prince arménien de la famille des
Arsacides, p. Cxx.
Krixoni0s (Grégoire), prince arménien de la famille
des Bagratides, p. cxx.
K'RISAROS Sazar-KHoRaçax, Xwpooaläpios, général des
armées du sulthan Thogrul-Beg, p. 322.
Komusca-Texin 8EeN Tueizou. — Voir DANISCHMEND.
Kunpes (Les), appelés aussi Mars (Mèdes), combattent
les Turks et sont mis en déroute, p. 395.
de la Petite Arménie; Lionetto des chroniqueurs
chypriotes, Leonetus ou Leonet dans une lettre de
l'antipape Clément VIT, p. xxvr, xcun1, 513, 681,
683, 685, 700, 714 et suiv. 719, 739, 741, 743.
747.
Leon Puocas, frère de l'empereur Nicéphore Phocas,
p. 4-5.
Léon VALENTIUS, laxiarque, p. 6.
Léon, fils du prince roupénien Léon I", mort avec son
père à Constantinople, p. 474.
Léon, fils du roi Héthoum [”, tué en combattant les
Égyptiens, p. 651, 652.
Léon, fils du maréchal Baudouin et frère du roi d’Ar-
ménie, Constantin IV, p. 707. | |
LEON. connétable d'Arménie, sous le règne de Hé-
thoum If, p. Lxxvi, 541, 680.
Léo, seigneur de Gaban , Leo de Cubban dans les chartes
latines, p. xcvit, 513, 644.
Léox (Le baron), seigneur du château de Harounia,
et feudataire du roi Léon IT, xxxr, 636.
LEoN (Le baron), scigneur de la forteresse de Pertous,
dans la Cilicie, p. 481, 636.
Léox, fils du grand baron Constantin, p. 429.
Leonanpo Moxrai.bo, doge de Gênes, p. 228.
Léonce (Saint), évèque de Césarée, p. 418.
LiBario, général en chef des troupes arméniennes de
la Cilicie, p.708, 715.
Licinius, empereur d'Orient, p. 249.
Licinits, général des Romains contre Ardaschir, roi de
Perse, p. 301.
Licos, de la famille des Arsacides d'Arménie, frère
d'Abëlgh'arib, et avec lui seigneur de Bir ou Birah
dans le nord de la Syrie, p. cxx1, 92, 156.
Licos, fils du grand baron Constantin, p. 429.
Licos, seigneur de Guïzisdr'a (Cybistra), p. 548.
Licos, chevitaine, capituneus ou préfet de la ville d'Aias,
p. XCI, XCII. |
Licos Kyn AscanenTs, l'un des seigneurs de la Petite
Arménie, présent au concile de Sis, lenu en 1307,
p. 548.
LISTE CHRONOLOGIQUE des catholicos ou patriarches d'Ar-
ménie qui ont siégé pendant la durée de la dynastie
des princes Roupéniens et Lusignans, p. Lxvi.
Lousarps (Les), s'emparent de Beyrouth, saccagent l'ile
de Chypre;.ils sont exterminés, p. 486.
Louaro (Sire), seigneur de la principauté d'Antioche,
passé au service de Léon IT, p. 639.
Louis VIT, roi de France, chef de la seconde croisade
avec l'empereur Conrad, P- 1V, xLV, 437, 474.
Louis VIIT, roi de France, p. 483, 484.
100.
196 | INDEX.
Louis (Saint) IX, roi de France, en Orient, p. 1v.
Louis, duc de Touraine, frère du roi de France Char-
les VI, p. 726.
Louis I", roi de Hongrie, cousin de Marie ou Maroun,
dernière reine d'Arménie, p. 714.
Lourou, émir d'Alep, p. 115.
Louys, chambellan de Léon VI, roi d'Arménie, p. 734.
Luc (Saint) l'évangéliste, p. 676, 697.
Macaire, nom que prend le roi Héthoum [*, en se faisant
moine, quelque temps avant sa mort, p. 462, 528.
— L'historien Héthoum, dans sa table chronologique
(p. 48q), attribue par erreur ce nom au roi Hé-
thoum IT, qui prit celui de Jean, en entrant dans
l'Ordre des Frères Mineurs.
Maç'oub, fils de Mahmoud, le second sulthan de la
dynastie des Ghaznévides, p. 318, 320.
Maç'oup (Ghiâth-Eddin), sulthan seldjoukide de Perse,
fs de Daph'ar (Mohammed), p. 109, 125, 266,
391.
Mac'oun, sulthan d'Iconium, fils de Kilidj-Arslan I",
p.xavin, Cxxu1, 142, 153, 155,162, 163, 165, 166,
169-172, 173, 176-180, 182, 331, 335, 345, 347,
477, 620.
Mac oup (‘Izz-Eddin), fils de Boursouky , et son succes-
seur dans le gouvernement de Mossoul, p. 145, 146.
Maçovo, wäli (préfet) de Tyr pour Toghtékin, p. 142.
Mapaï, fils de Gomer et petit-fils de Noé, ancêlre des
Mèdes, p. 394.
Maoyës, roi des Scythes, p. 314.
Macnac (Louis de), grand commandeur de l'Hôpital,
dans le royatime de Chypre, p. xciv.
MaumouD (Yémin-Eddaula Abou’l-Kacem), fondateur
et premier souverain de la dynastie des Ghaznévides,
dans l'Inde, la Perse et la Transoxiane, p. 120, 318,
320.
Maumoun, fils de Mélik-Schah, sulthan seldjoukide de
Perse, p. 79.
Masmoun (Moughith-Eddin Abou’l-Kacem), sulthan
seldjoukide de Perse, fils aîné de Daph'ar (Molhiam-
med), p. 120, 148.
Manmoun, fils de Mahadi, proclamé par une fraction de
l'armée comme souverain de la Cappadoce, à la place
d'Yakoub-Arslan, p. 359.
Manomer (Le prophète) ou Mohammed, p. 129, 264,
280, 324, 326, 344, 348, 363, 372, 398.
Manomer Î[*, sulthan ottoman, soumet la plus grande
partie de la Cilicie, p. 720.
Mauauis, comte de Dolouk, Aïn-Tab et Raban, p. 138,
143.
MaisièRes (Philippe de), ancien chancelier de Chypre,
exécuteur testamentaire de Léon VI, roi d'Arménie,
p.792.
Maxmisi, émir sarrazin, père supposé de Tancrède,
p. 90.
Mazex-ADez. — Voir MéLiK-Apez.
Macex-Scaau. — Voir MEéLix-ScHa.
Mauwaï, général mongol, p. 546.
Mamiconiexs (Les), l'une des plus puissantes et des plus
illustres familles satrapales de la Grande Arménie,
issue de Mamkoun, p. Lvint.
Mamxoux, originaire et émigré du Djénasdan (Chine),
LucugrTo DE GRiMaLDi, amiral génois, pille dans le port
de Gor’igos un navire appartenant à des marchands
arméniens , sarrazins et d'autres nations, p. xxxiv.
LusiGNans D'ARMÉNIE (Dynastie des), p. xcriv, 681.
— Liste de ces princes, d'après Mardiros de Crimée,
p. 682.
— D'après le P. Estienne de Lusignan, p. 683.
Lucrvs IT où Luce (Le pape), p. 270, 562, 580.
chef et fondateur de la maison satrapale des Mamigo-
niens, P. LVIIL
Mamou, khalife abbasside, p. 530.
ManpaLË ou PANTALÉON (Les trois fils de}, assassins de
Kakig IT, dernier roi bagratide d'Ani, seigneurs du
château de Cybistra ou Guëntrosgavis, p. xx11, L, 30,
a9-100, 193, 448, 471, 497, 499, 611-613.
ManDsar YoUçourY (L'émir), gouverneur de Tarse pour
le sulthan d' Égypte, P. 714.
Maxcou, grand khan des Mongols, p. 519.
Mancou-DsaG, émir de Gamakh, p. 333.
Maxcou-Timour, frère d'Abaka, khan des Mongols de
la Perse, p. 487, 488.
Mancri ou TancRÈDE (le baron), seigneur de Gaban
dans la Cilicie, p. 636.
Mani, émir arabe, maître de la place forte de Schënav,
P- 93, 96.
Manourcuê, de la famille des Béni-Scheddad, émir
kurde de la ville d'Ani, et ses fils, p. 140, 141,146.
Manuez Comnène, fils de Jean, empereur d'Orient,
P. XXXVIII, XLVI, LI, LAXIX, ee CXXH1,191,1953, 56,
167, 169, 176, 186, 191,199, 219, 224, 228,
230, 269, 338, 345, 347, 352, 355, 356, 358,
360, 361, 366, 368, 369, 373. 382, 383, 384
(sa mort), 339, 394, 416, 418, 455, 436, 437,
452, 477, 504, 505, 506, 507, oo 58y, 597,
617, 626, Ga7.
ManueL, fils de l'empereur Michel Paléologue et de la
princesse arménienne Ritha, p. 490.
ManuEz., troisième fils de l'empereur Jean Cantacuzène,
fiancé à une fille de Jean, dit Constantin LIT, roi Lu-
signan d'Arménie, p. 705.
MaxuEL , interprète au service du roi d'Arménie, Léon VE,
p.718. |
Maxuez BoutoumiTes, officier de l'armée grecque,
p. 27. |
Marc (Saint) l'évangéliste, p. 677.
Marc, métropolile de Césarée de Cappadoce, p. 415,
496, 497.
Marc, archevêque arménien de Césarée de Cappadoce,
P. LXVIL, LXXI.
Marc, évêque de Gars (Kars), p. Lxxi.
Manc, docteur du couvent de Sguêvr'a, dans la Cilicie,
P. LXX. :
Marc, ermite arménien, p. 77.
Marc-ANTOINE, pendant son séjour à Tarse, reçoit la
visite de Cléopâtre, p. xL.
Maroios (Martvr), docteur de la chapelle patriarcale,
à Sis, P. LXIX, LXX.
Marie, sœur de Marthe et de Lazare, p. 608.
Marie, fille du protosébaste Jean Comnène, et petite-
fille d'Andronic sébastocrator, femme d'Amaury, roi
de Jérusalem, p. 361.
NOMS HISTORIQUES.
Marie (Xénè), fille de Raymond de Poitiers et de
Constance, deuxième femme de l'empereur Manuel
Comnène, p. 355, 389, 391, 436, 437.
Mais, reine titulaire de Jérusalem, femme de Jean de
Brienne, p. 482. |
Mae , fille de l'empereur Manuel Comnène, fiancée au
prince hongrois Alexis Béla, et ensuite mariée à Rei-
nier de Montferrat, P- 190, 389, 390.
Mais, fille d'Andronic sébastocrator, frère de l'empe-
reur Manuel Comnène, mariée en premières noces à
Théodore Dasiota, et ensuite au prince Jean Canta-
cuzène, p. 383.
Marie ou Rita (Marguerite), fille du roi Léon III ;
femme de l'empereur Michel Paléologue, p. 702.
Marie, fille du grand baron Constantin, de la famille
de Lampron, mariée à Jean d'Ibelin, seigneur d'Ar-
sour, connélable df royaume de Jérusalem, p. 5,
605.
Marie, fille d'Oschin IT, de la famille de Lampron,
p- 558.
Mar Inap, gouverneur de la province d'Agh'étznik’ (Mé-
sopotamie arménienne), pour ke roi Abgar, p. 227.
MarTHE, sœur de Lazare et de Marie, p. 608.
Manryeos, fils de saint Sarkis ou Serge, martyr, p. 499.
Marre (Saint) l'évangéliste, p. 677.
MAUBERGEON, vicomtesse de Châtellerault, quatrième
femme de Guillaume IX, comte de Poitiers. p. 213.
Maupoun (Scheref-Eddaula), Menduc ou Malducus, émir
de Mossoul, P- 91, 92, y3, 94, 96. 97, 100, 101,
102, 104, 106, 108, 115, 148.
Meoyo-Eonin Jen-Daié, frère de lait de Nour-Eddin et
gouverneur d'Alep, P. 198, 384.
MéGu'niG (Georges), surnommé Sevanetsi (originaire de
Sévan), ermite arménien, p.113, 148.
MÉHÉMET-AL1, vice-roi d'Égypte, élend ses possessions
Jusque dans la Karamanie, P. xxH.
MékHirHar où Mëkuic de K'érna' ou K'érni, patriarche
d'Arménie, p. Lxx1, 701, 703,710.
MèkHiTHar pe Dascin, envoyé du patriarche Constan-
tin [vers le légat apostolique, frère Thomas de Len-
Ul: sa conférence avec lui à Saint-Jean-d'Acre, P. vil
et 689, 696.
MÉKHITHAR, évêque d'Éngouzoud , p. LxXvIn, 635.
MËkHiTuar (Le docteur) pe KHORAGUERD p. 567.
Mezcuisépecu, fils de Cham, suivant Michel le Syrien,
p. 340.
Méuix-Aschnar-KHaLie , sulthan d'Egypte; il prend Acre
et Hr'om-Gla, p. Xxx, 194, 463, 489, 552, 653,
654, 655.
MELIx - AscHRar- MOHAMMED, sulthan d'Égypte, fils de
Kalaoun, p. LI. |
MéLuix-AscuRar-SCHA'BAN, sulthan d'Egypte, fils de Ka-
laoun ; il met fin au royaume de la Petite Arménie,
p. xxvi, 300, 488, 513, 542, 682, 685, 71052
721:
Méux-En-Dnauer-Guzi (Ghiäth-Eddin), fils de Saladin
règne à Alep, p. 404, 421, 425, 648.
Mérix-ec-ADez ou Marex-Apez, frère de Saladin,
p. 4oo, 4o2, 404. 405, 4o6, &ar, 479.
Mézix-eL-ArpHaz Nour-Ebpin-Aut, fils de Saladin,
règne à Damas, p. 404, 405, 406.
MEuix -EL-ArDHaL, fils de Bedr el-Djemäli, général
égyptien, 32, 46, 61, 142. |
Mézix-Ec-AscHRAr, sulthan de Damas, de la famille
des Ayoubites, p. 421, 460.
197
Mécrx-eL-"Azrz GHiâru-Enpin Mouawmen, sulthan d'A.
lep, p. 648.
Méuix Es-SaLex ou Méuix-Sazex Ismaïiz, fils de Nour-
Eddin, prince de Damas. P- 275, 378, 57q, 380,
381, 388, 391 (sa mort), 404.
Méuix-Essazen, — Voir ThaLAï-1BN-R azx.
Méuix -IBn-er.-ABBas IBn-Maken, employé dans les bu-
reaux de la douane arménienne à Aias, p. xc11, 753.
Méuix-KameL, sulthan mamelouk d'Égypte, P. 42r,
486. |
Méuix-Mansour A11, sulthan d'Égypte, de la dynastie
des Mamelouks baharites P. 721.
Mécix-Maxsour Nensu-Ebpin GuÂzi, prince de Mardin |
p. 546.
Meuix-Mouaumep ou Maumoup. — Voir Axmep.
Mécix-Moupuarren Taui-Eppin Maxmoub, prince de
Hama, p. 464. |
Méuix-Nacer Emip-Epnin Haçan, sulthan d'Égypie, de
la dynastie des Mamelouks baharites, P- 710.
Mëzix-Nacer Euäo-Eppin Ismaïr., sulthan d'Égypte,
de la même dynastie, p. 710.
Mézix-Nacer Monammen, sulthan d'Égypte, de la même
dynastie, fils de Kalaoun, p. xxx, 467, 468, 489,
946, 547, 949, 657, 658, 659, 661, 662, 668, 670,
671, 701, 706, 709, 756, 798. |
Mécix-SazeH AscHRar Habit, sulthan d'Égypte, le der-
nier de la dynastie des Mamelouks baharites, p. 722.
Méuix -Sazen Der Âz-Eppin. sulthan d'Égypte, de la
mème dynastie, p. 710.
Mérix-Sazen Eman-Enpin Ismaiïz , sulthan d'Égypte, fils
de Mélik-Nacer Mohammed, p. 706.
MEuik-Sazik. — Voir ADRADIN. |
Méuix-Sazrouxn où Sazrnoux, émir d'Arzen-Erroum,
de la famille des Saltoukhides, p. 353.
Métix-ScHan, sulthan seldjoukide de Perse, p. 32, 75,
112,120, 330, 448.
MEux-ScHan où Macex-Scnan, fils du suithan Kilidj-
Arslan I". — Voir ScHAnËNschan.
MéuissenDe ou MéLusine, fille aînée de Baudouin du
Bourg et femme de F oulques d'Anjou, roi de Jéru-
salem, p. 156, 157, 252, 338, 345, 474.
MESLEBRUN, MALEBRUN ou VIELLEBRUN (Sire Thomas),
seigneur de la principauté d'Antioche, passé au ser-
vice de Léon II, p. 639.
Mesros, catholicos ou patriarche d'Arménie, p. 713,
718.
MEsro8, évêque de Sorcanant, dans la Cilicie, P. LXvIN,
. LXXI.
MÉTROPHANE, patriarche de Constantinople, p. 677.
Micuez L'ANGIEN, dit Stratiotique, empereur d'Orient,
p. 321. |
Micuez PALÉOLOGUE, empereur d'Orient, marié à Ritha
(Marguerite) ou Marie, fille de Léon Ill: il enlève
Constantinople aux Latins, p. 486, 490, 538, 544,
652, 655, 702.
Micuez PaRaPiNacE , empereur d'Orient, p. 323, 326,
415.
Micnec Bourtzës, pairice grec, p. 9, 6.
Micuez, Arménien de naissance, gouverneur de la for-
teresse de Hr'om-Gla, pour la femme de Josselin IL.
p. 154.
Micuieut (Domenico), doge de Venise, présent au siége
de Tyr, p. 141.
MixuaïL, l'un des quatre fils de Seldjouk, p. 318.
Mixuaïz (Le prince), de la famille des Schirvaschidzé,
198 INDEX.
souverain actuel de l'Abkhazie, sous le protectorat de
la Russie, p. 136.
Mixnaïz, fils de Constantin, s'empare sur les Turks des
forteresses de Gargar’ et Bébou, dans l'Euphratèse,
p- 140.
Mixuaïz, fils de Vasil, seigneur des forteresses de Gar-
gar’ et Rébou, prince arménien de la famille des
Arsacides, p. Gxx.
Mixgaïz ou Micue, seigneur des châteaux de Manavgat
et d'Alara, sur la côte de Pamphylie, l'un des con-
viés à la cérémonie du couronnement de Léon II en
1198, p. xx, xxxviI1, 638.
Minas, archevêque arménien de Jérusalem , p.Lxvir, 635.
Minan (Nasret-Eddin), frère cadet de Nour-Eddin,
p: 183, 193, 199. |
Minax ou AmiR-Miran, autrement appelé Soukman II,
fils d'Amir-Ibrabhim, fils de Soukman el-Kothby,
souverain de Khëlath, p. 195, 197, 201.
MirukipaTEe Î", roi de Perse, de la dynastie des Parthes
ou Arsacides, p. 681.
Mceu, dit Khodoron, nommé Milo, Melier ou Meslier,
Melih et MeAlas par les chroniqueurs occidentaux ou
grecs, prince roupénien, fils de Léon [”, p. Lt,
153, 195, 200, 376, 380, 475, 500, 501, 508,
5og, 551, 62-2626, 679, 684.
Men, grand domestique d'Orient, p. 7-9, 362.
Monsim-Ennix, Mejeredin, arrière-petit-fils de Toghté-
kin, émir de Damas, p. 185.
Mo ezz-Evpix Kaïçar-Scuan, fils du sulthan d'Iconium,
Kilidj-Arslan IT, p. 402.
Mo'ezz-Linin-ALcan, khalife fathimite d'Égypte, p. 13.
Monaumep, sulthan de Perse. — Voir DapH'an.
Mounammep ou Ismaïz, fils de Danischmend, fondateur
de la dynastie des émirs turkomans de Cappadoce,
p. LXxXI, CXxII. — V. DaniscHMEND.
Momauueo, émir de Mélitène , fils de Dsou'l-Noun, de
la famille de Danischmend, p. cxxt1.
MoamueD, émir turkoman de Castanon, p. 335.
Monaumep, descendant de Houlagou, et compétileur au
trône de Perse, p. 468.
Monaumen Burpagr, fils de l'émir d'Antioche Baghi-
Siân, p. 39.
: MonaumeD PEHLÉvAN, de la dynastie des Atabeks de
l'Azerbeïdjan, fils d'Idiguiz et son successeur, p. 436.
NaBycHoDONoson , roi de Babylone et de Ninive; il en-
voie en Arménie une partie des Juifs faits captifs à
Jérusalem, p. LvI, 314.
NaBuzarDan, général des armées de Nabuchodonosor,
conquérant et destructeur de Jérusalem, p. 553.
Nacer-LiniN-ALLAH (Abou-Abd-Allah Mohammed),
khalife de la dynastie des Almohades, 482. #
Nacer-Linin-ALLAH, khalife de Bagdad, 280.
Nacery, général du khalife fathimite Moezz-Lidin-
Allah, p. 17.
Napok, idole des Syriens de la Mésopotamie, p. 244.
NATHANILÉENS (Les), famille arménienne de la Cilicie,
vassale de l'empire grec, p. 506.
NECTANEBIS , roi d'Égypte, p. 301.
Nepsu-EppiN ABOU LMODHAFFER ALBY, fils de Timour-
tasch, ortokide, seigneur de Mardin et Meiafarékin,
p. 195, 346, 380, 382.
Moise (Le prophèle), p. 554, 585.
Moxrari-Biccan, khalife abbasside, p. 266,345, 346.
MonasTÉRIOTES, officier de l'armée grecque, p. 5.
Moxouaque, gouverneur de la Thessalie , opposé à Jean
Cantacuzène, p. 705.
Mowrouir (Simon de), Simeone da Monte Olimpo, cham-
bellan d'Amaury, prince de Tyr et Sidon, et son
meurtrier, p. 665.
Morria ou Marsiuta, fille de Khôril , gouverneur grec de
Mélitène, et femme de Baudouin du Bourg, p. 51,
119, 156.
Môrou ou Manoux, forme diminutive et familière en
arménien du nom de Marie, femme de Léon VI de
Lusignan, dernier roi d'Arménie, p. 696,714, 723.
— Mort de ceite princesse, p. 737.
Mosrapui, khalife de Bagdad, p. 364, 372.
Mosrannsep, khalife de Bagdad, p. 372.
MosrarscneD, khalife de Bagdad, p. 128, 120.
Mo‘ramep (Le khalife), crée roi d'Arménie Aschod I",
de la famille des Bagratides, p. Lxxvir.
Mo'ramen-EnbauLA, prince de Mossoul, 320.
Morur'-Lizrau, khalife de Bagdad, p. 8.
Mouça, porté sur le trône des khans mongols de la
Perse, ne règne pas, p. 468.
Mouça, émir turkoman, p. 72.
Moucça - Bicou ou lascov, l'un des quatre fils de Sel-
djouk, p. 318.
Mounsauni-EoDin Firouz, dans Aboulfaradj, émir de
Tékrit, p. 346. Le mème sans doule que Schems-
Eddin. — Voir ce dernier nom.
Mou'in-Ennin Axan, vizir du khalife d'Égypte Hafedh
Lidin-Allah, p. 474.
Mouaï, général mongol, p. 546.
Moumin-AGua, commandant du Djéziré, pour les Mon-
gols, p. 488.
Movuscuecu', roi bagratide de Gars, frère d'Aschod le
Miséricordieux, roi d'Ani, p. 10.
Mousrarna-Kuan, dernier prince de Schémakha, dans
l'Arménie orientale, p. 137.
Myre (François), camérier du roi Léon VI, et ensuite
sou sénéchal, p. LxXVIII, LXXxXIX, 728, 733, 734,
737.
MYRE (Jean), cainérier du même souverain, p. Lxvun,
33.
Newnop, arrière-petit-fils de Noé, fondateur d'Edesse,
suivant Michel le Syrien, p. 244, 340.
Nensës, fils puîiné du roi Léon [IT, mort en bas âge,
p. 529.
Nersës (Saint), dit le Grand, sixième patriarche d'Ar-
ménie, p. LV, 24, 44, 193, 584.
NensEs (Saint), dit Schnorhali (le Gracieux), ou bien
Glaietsi, c'est-à-dire de Hr’om-Gla, patriarche d'Ar-
ménie, p. 139, 168, 198, 223, 224, 269, 366,
355, 376, 397, 414, 416, 418,434, 435, 438,
458, 476, 4g1, 493, 495, 515, 559, 560, 561,
582, 597, 623, 625, 631, 641, 680.
Nensës V (Feu M“), patriarche d'Arménie, p. 125.
Nersës (Saint) de Lampron, archevêque de Tarse,
d'abord nommé Sémpad , fils d'Oschin IL, P- V. LI,
LV, LXVII, 206, 211, 269-270, 423, 454, 459, 469,
541,558, 561, 585, 589. 630, 632, 633, 748.
NOMS HISTORIQUES.
Nersës, évêque du district de Dchahan, dans la Troi-
sième Arménie, p. 565.
Nensès, évêque de Gaban, dans la Cilicie, p. zxvnu,
LXXI.
Nensës, évêque de Mauléon, dans la Cilicie, p. uxx.
Nensës. évêque arménien de Tyane, p. Lxvit, Lxx.
Nensës, docteur du monastère de Posenant, dans la
Cilicie, p. LAX, LXxII.
Nersës BaLiENTs où BaGu'on, s'intilulant lui-même
archevêque de Manazguerd, et en réalité évêque
d'Ourmia; l'un des chefs des frères arméniens unis,
ou Unitaires ; ses intrigues à la cour papale d'Avignon,
p: 70+, 702, 704.
Nesroriexs (les) et les SyriENs, dans l'erreur sur l'é-
poque de la célébration de la Pâque, p. 655.
— Les NESTORIENS, p. 554.
Nesronius, hérésiarque du v° siècle, p. 125.
Nevrouz, général mongol, commandant de l'armée de
Gazan-Khan contre Baïdou, p. 543.
Nicépaore (Le baron), seigneur de Verguis, château
fort de la Cilicie, p. 638.
NicéÉPaore (Le baron), l'un des seigneurs de la Petite
Arménie conviés au couronnement de Léon IT (1 198),
p. 638.
Nicépaone Boroniates, empereur d'Orient, p. 326,
h12,576.
NicéPñore PHocas, empereur d'Orient, p. xt. XVII,
4-6, 8.
Nicaossus, Nicusus ou Nicomèpe, chef arménien, en
Opon, évèque de Paplios, p. 710.
Opox Le Box, père de Tancrède, p. 50.
Ocerius DE Par.Lio ou pe PALLO, ambassadeur de la
république de Gênes auprès de Léon IT, p. xcvi.
Ocora ou Oxora, grand khan des Mongols, p. 651.
Ounsaïrou. —- Voir KHARBENDEH-KHAN.
Ouivier, chambellan du prince d'Antioche, entré plus
tard au service de Léon II, p. 634, 639.
Omar (Le khalife), troisième successeur de Mahomet,
p. 129, 230, 341, 3063.
OnBèLIANS (Les), famille princiere d'origine armé-
nienne, qui joua un rôle considérable au service
des rois de Géorgie, encore existante dans la fa-
mille des Orbéliani, au service de la Russie, p. 141,
435.
OnGEmoNT (Le chevalier d'), propriétaire du palais des
Tournelles, rue Saint-Antoine, à Paris, où mourut
Léou VI, roi d'Arménie, p. 735.
Onroxipes (Les), descendants d'Artoukh ou Ortok-Bek,
333, 336, 339.
Oscain , fils de Léon III, d'abord seigneur de Gaban et
connétable, puis souverain de la Petile Arménie,
p. Lxvint, xCv, iv, 466, 467, 548, 549, 664-667.
670, 679, 685, 755, 756, 761.
Oscuin I", prince de Lampron, de la famille des Hé-
thoumiens, p. x1, cxIx, 33. 97, 5957, 998.
— Il va au secours des croisés occupés au siége d'An-
uoche, p. LI, 33.
Oscuin Il, seigneur de Lampron, sébaste, petit-fils
d'Oschin I", p. cxvin, 168, 506, 553, 619, 620,
624, 632,640, 641.
Oscin II, de la famille des princes de Lampron, ma-
L
199
relation avec Godefroy de Bouillon et Baudouin de
Boulogne, 35, 36.
Niconèwe, disciple du Christ, p. 602, 608.
Nicozas (Saint), évêque de Myra, vénéré surlout par
les Grecs, et patron de la Russie, p. 713.
Nicozas IV {Le pape), p. 541, 542.
Nicozas IT, MuzaLon, patriarche de Constantinople,
p. 59.
Nicoas, évêque arménien de Chypre, à Nicosie,
P- LXX.
Ninvs, fils de Bélus, roi d'Assyrie, p. 333.
NiPRON, moine de Constantinople, infecté de l'hérésie
des Bogomiles, p. 339. |
Noë (Le patriarche), p. 244, 551.
* Nores (Zacco ou Jacques de), turcoplier du royaume
de Chypre, Giacomo de Norco dans la chronique de
Florio Bustron, p. 712.
Nour-epnin, fils de Zangui, Noradinus, p. Liv, cxxui,
148, 151, 154, 160, 161, 162, 164, 165, 166,
169, 176, 182, 183, 185, 186, 189, 190, 193,
194, 199,199, 205, 295, 339, 342, 346, 347,
348, 353, 354, 356, 357, 358, 359, 360, 361,
362, 363, 365, 372, 373, 375, 376, 377, 378,
379, 381, 382, 388, 404, 418, 420, 475, 508.
622, 637.
Noua-8pbin, fils de ‘Izz-epnin Maçoup , seigneur de
Mossoul , et petit-neveu du grandi Nour-eddin, p. 404.
Nour-enpi Manmoun, fils de Kara-Arslan, prince
ortokide de Hisn-Keïfa et d'Amid, p. 390, 393.
réchal d'Arménie, sous le règne de Héthoum Î,
P. LXXX, CXVIH, 941.
Oscuin, de la même famille, fils du grand baron Cons-
tantin et frère du roi Héthoum [", seigneur de Gor'i-
gos, et lieutenant du royaume, p. Lx, cxix, 429,
605, 651, 6g2.
Oscuin, de la même famille, seigneur de Gantchi, sé-
néchal et plus tard connétabie d'Arménie, frère de
Héthoum, l'historien, p. Lxvir, Lxix, cxvini, 463,
466, 547, 548, 680.
Ôscuin, de la même famille, comte de Gor'igos, baïle
du royaume pendant la minorité de Léon V, p. LxxxIx,
666, 668, 670, 756, 757.
Oscuix (Le baron ), de la mème famille, seigneur d'As-
gouras et de Mar’nisch, maréchal d'Arménie, p. xc,
cxvii, 655.
Oscuin, seigneur de Gobidar’, dans la Cilicie, p. 548.
Oscuinx, üls du maréchal Baudouin et frère du roi
d'Arménie Constantin IV, p. 667, 668, =07.
Oscaix, Ossinius, proximos ou surintendant des finan-
ces, sous le règne de Léon LIT, p. zxx1x, xc.
Oscuix Ekanwenrs (Fils ou descendant de Jean), proxi-
mos ou surintendant des finances sous le règne d'Os-
chin, p. LxxIx, 756. |
Ospêr (Le baron), seigneur de Djëguër (Giguerium),
château fort de la Cilicie, p. 628, 636.
OTHMAN (Le khalife), troisième successeur de Maho-
mel, p. 129. |
OrTuon IV, empereur d'Allemagne, p. 483.
Oraon De Brunswicx, proposé par le pape Grégoire XI
pour époux de Maroun ou Marie, reine d'Arménie, et
pour souverain de ce royaume, p. 718.
800 INDEX.
Oruon De Tisériane, l'un des seigneurs châtelains de
la Petite Arménie, p. xcvii.
Ouçaua 8EN-E1.-Moparex BEN-Scues, le Kéläbite, auxi-
liaire de l'émir ligazi, p. 123.
Pacouran, de la famille de Lampron, fils de Sémpad et
son successeur dans la possession de la forteresse «le
Babar'on, p. 509, 622, 623, 625, 628, 632,
633.
PaGouran, capilaine de la douane royale d’Aias, p. xci,
XCII.
Païen, comte de Seroudj, Paganus de Sororgia, p. 105.
116.
PAKARAD, PAKRAD, forme arménienne du nom de Pan-
crace. — Voir ce dernier nom.
PakaraD, ancêtre et chef de la famille des Bagratides,
d'origine juive, p. 236.
PakaraD (Bagrad IV), roi de Géorgie, p. 129.
PaLLAVICINO (Jacques), agent de la république de Gênes
à la cour de Léon JT, p. Lxxxix.
PancRACE (Pakarad ou-Pakrad), chef arménien, frère de
Kogh'-Vasil, et seigneur de Gouris (Cyrrhus) et d'A-
revéntan : (Bavendel) dans le nord de l'Euphratèse,
p. x1, 39-36, 70. 97, 117.
PaNTALÉON. — Voir LÉox et ManDaLè.
PARMÉNION, lieutenant d'Alexandre le Grand, s'empare
de la ville d'Issus, p. xx1x.
PascaL II, pape, p. 336, 333.
PauL (Saint), apôtre, p. 561, 572, 579, 595, 694.
— Le nouveau saint Paul, surnom donné par les Grecs
et les Latins à saint Nersès de Lampron, P- 561,
292.
Pauz I”, patriarche d'Arménie (1374-1378), p. 718-
719-
Paur, Boos (Boghos en arménien), archevêque de
Tarse, p. LxvII.
Pauc, évêque de Coquana, dans la Cilicie, p. Lxvinr,
LXXI.
Pauz (Le baron), officier de la cour de Léon II, am-
bassadeur de ce prince à Constantinople, p. 565,
632.
Pazount, frère d'Oschia [", prince de la maison de Lam-
pron, p. 133, 557. — Ï1 va au secours des croisés
occupés au siége d'Antioche, p. 21, 33.
PÉLAGE, légat du saint-siége en Orient, entreprend le
siége de Damiette, p. 514.
Pescennius Nicer, défait par Septime Sévère et tué à
Issus, p. xx1.
P'aADLOUN, émir kurde de Tévin, ville de la Grande
Arménie, p. 10, 196.
Pa'ADLOUN, émir d'Ani, de la tribu kurde des Réwadhis,
p. 236.
PHARAON, roi d'Égypte, p- 347.
Puiçar, maître de la chambre ou chambellan de Diran,
roi arsacide d'Arménie, p. LXXVII. |
PaiLarèTE BRAcHAMIUS, Arménien de naissance, duc
d'Antioche , au service de la cour de Byzance, p. xLv,
ka, 324, 325, 330.
Pu'inispê, roi de Gabau, dans l'Arménie orientale, p. 0,
10.
Pu'i18B, prince arménien de la famille des Arsacides,
p cxx.
Oucic, forme arménienne du nom de Hésyche.
OuLouen-Sarar, émir turkomau, P. 70.
Ovunuouiï ou Osnnoës, fils de Khewia, second rui d'E.
desse, p. 240.
Puiuippa, fille de Raymond de Poitiers et sœur de
Marie, femme de Manuel Comnène, p. 167, 169.
Paicipra, fille de Roupèn III et d'Isabeau de Thoron et
de Krak, mariée d'abord à Schahënschah, prince de
Saçoun, et ensuite à Théodore Lascaris, empereur
de Nicée, p. xxxix, Lxxx, 510, 627, 629, 640.
Paicippa De TouLouse, seconde femme de Guillaume IX,
comie de Poitiers, p. 213.
Puinipre, archevèque de Nicosie, p. 710.
Paiipre, évêque de Khortzèn, dans la Quatrième Ar-
ménie, p. LXIX, LXX.
Puiuipre, archidiacre de Brie, en l'église de Paris, fils
naturel de Léon VI, roi d'Arménie, p. 736.
PuiciPpe Îl AUGUSTE, roi de France, p. 1v, 403, 44,
478,480, 483, 484, 563.
Parcipre IV, 1e Bez, roi de France, p. 542.
PHinipre VI, DE Vavois, roi de France, p. 706, 708,
710
Paiipre, fils du prince d'Antioche , Boëmondle Borgne,
-roi d'Arménie par son mariage avec Isabelle, fille
de Léon IT,p. 407, 411, 423, 428, hha, 460, 485,
916, 517, 647, 679, 685.
Pæiipre, prince de Tarente, oncle de Maroun ou Ma-
rie, dernière reine d'Arménie, p. 666, 683, 714,
718.
Puirippe DE Miiy, seigneur de Naplouse, 627.
Purtipre, comte de Bressing, chevalier chypriote,
p. 715, 716.
PaiLiPre D'IBELIN, seigneur d'Arsouf, p. 716.
Pu'inxa (Joséphine), fille du roi Léon VI et de Maroun
(Marie); fenime de Schahan, comte de Gor'i igos,
p. 686, 719,733.
Pa'isiG ou Paysicus. — Voir IsaAC L'ANGE.
PHœBus DE LusiGNAN, sire de Sidon, maréchal d'Ar-
ménie, fils naturel de Janus, roi de Chypre, p. xciv.
Pierre (Saint), chef des apôtres, p. 559, 676, 689,
690, 697, C8.
P&ŒRRE (Saint) d'Alexandrie, martyr, p. 436.
Pierre, patriarche latin d'Antioche, 1201 1208; mort
en prison, p. 481, 512.
Pierre [", surnommé Kédulartz (arrètant un fleuve),
patriarche d'Arménie, p. Lx1v, 414.
Pierre, archevèque de Tarse, p. Lxvir.
PIERRE BARTRÉLEMI, prêtre marseillais à la première
croisade, inventeur de la Sainte Lance, p. xuvi, 42.
PiEëRRE L'ÉRMITE, prédicateur de la première croisade,
p. 42, 472.
PIERRE Îl, roi d'Aragon, p. 482.
Pierre IV, roi d'Aragon; ses démarches et ses instances
pour obtenir du sulthan d'Égypte la liberté de
Léon VI, roi d'Arménie, p. 722.
Pierre [", roi de Chypre, proclamé roi d'Arménie,
mais non intronisé, p. 638, 683, 711 el suiv.
— ÂAssassiné à Nicosie, p. 717.
Prerre Il, roi de Chypre, p. xxx1v.
Pierre, oncle maternel du prince arménien Kogh'-Va-
sil, p. 84.
N
’
=" =
NOMS HISTORIQUES.
Pienne (Bedros), employé de la douane royale d'Ar-
ménie et en même temps camerlingue, p. LXXVIH,
xCI1, 757. 798. |
Pienae Puocas, eunuque grec, p. 5.
Pietro Cavazzi excite les Turks à attaquer le château
de Gor'igos, qui était au pouvoir des Chyprioles; le
roi Pierre [* lui fait trancher la tête à Satalie,
p. 716. |
Pizancu'ou, PoucarGu'ou, BiLanGou ou bien Bar.ARGoù,
général mongol, commandant en Cilicie, p. 463,
466, 490, 546, 548, 549, 664.
Prrares de la Cilicie Trachée et de l'Isaurie défaits par
le consul P. Servilius Vatia, et ensuite par Pompée,
P. XXxIv.
8UI
Pompée, vainqueur des pirates de la Cilicie Trachée et
de l'Isaurie, p. xxxv. — Son expédition dans l'Ar-
ménie orientale, p. 201.
Ponce PizaTe, procurateur de la Judée, p. 590.
Pons, fils de Bertrand et petit-fils de Raymond de
Saint-Gilles, comte de Tripoli, p. 106, 107,219,
123, 141,143, 147.
PréryGioniTes, eunuque du palais, l'un des meurtriers
de l'impératrice Marie, femme de Manuel Comnène,
p. 391.
Poszius Senviius Varia (Le consul), surnommé
Isauricus, triomphe des pirates de l'Isaurie et de la
Cilicie Trachée, p. xxxv.
QuananTe (Les saints) martyrs de Sébaste, au temps de l'empereur Licinius, p. 38, 249.
Rassacès (Rabschakeh), l'un des trois envoyés de Senna-
chérib, roi d'Assyrie, vers Ézéchias, roi de Juda,
p. 267. |
RacHaneLLi (Pierre), capitaine pontifical de Smyrne,
p. 710.
Raouz Du Monr ou pes Mons. — Voir Du Monr.
Rarmonp DE Poiriens, régent de la principauté d'An-
tioche, p. xLv, xLvI, 152, 153, 156, 157, 161, 178,
179, 213, 231, 252, 344, 358, 437, 500, 616,
634.
RaymonD, comte de Tripoli, fils aîné de Boëmond le
Bambe, prince d'Antioche, marié à Alice, nièce de
Léou Il, p. Lit, 480, 510, 512, 632, 634, 635.
Rayuonp, fils de Boëmond le Borgne, tué par les Bathé-
niens ou Âssassins, à Tortose, p. 482.
RaymoxD DE Saint-Gizzes, comte de Toulouse, p. xL1,
29, 26, 32, 42-43, 47, 56-58, 79-80, 161, 328,
397, 419. :
RaymonD II, comte de Tripoli, petit-fils de Raymond de
Saint-Gilles, p. 397. |
Raymonp III, comte de Tripoli, p. 195, 381, 397, 420,
439, 457, 478.
RarmonD Rupin (Roupèu), prince d'Antioche, petit-fils
de Boëmond le Bambe, et petitneveu de Léon II,
P. ZXX, LI, LX,171, 172, 394, 483, 485, 512, 514,
515, 516, 632, 639. 645.
Raymonp (Le baron), oncle maternel du roi Héthoum II,
défend le château fort de Hr'om-Gla contre les Égyp-
tiens, p. 489, 543, 655.
Rarmonp, seigneur de Mikhaïilag, sénéchal du royaume
de la Petite Arménie, p. LxxxIx, 548.
Ravmonn BERENGER, grand maitre des chevaliers de
Rhodes, p. 718.
Récnier ou REINIER, second fils de Guillaume l'Ancien,
marquis de Montferrat, p. 390.
RELIQUES DES JEUNES GENS (Les), restes des chrétiens
qui furent massacrés par les infidèles, dans l'église
de la Résurrection , à Jérusalem , en 1006. Ces reliques
étaient conservées dans une caverne, à l'occident de
la ville, p. 63.
RenauD De CHÂTILLON, régent de la principauté d’An-
tioche .et ensuite seigneur de Krak, p. 178-179, 182,
HisroRr. ARM. — Î.
185-18y, 198, 344, 349, 350,354, 356, 358, 359,
360, 381, 388, 398, 457, 622.
Ricaanp I”, Cœur De Lion, roi d'Angleterre, p. 1v, 403,
b4a, 478, 563.
Ricuano II, roi d'Angleterre, accueille Léon VI de Lu-
signan, roi d'Arménie, p. 700, 726 el suiv.
Ricuarn pe Brus, chevalier croisé, p. 107.
Ricaanp pu Principar, prince de Salerne, neveu de
Boëmond 1“, p. 50-52, 71, 79, 87, 104, 328, 577.
Ricuier DEL ERMineT, l'un des seigneurs de la princi-
pauté d’Antioche, p. 634.
RinuouÂn ou Rapuouix, fils de Tétousch, prince sel-
djoukide d'Alep, p. 82, 108, 115, 147, 331.
Rrirua (Marguerite), de la maison de Lampron, fille de
Sémpad, seigneur de Babar'on, femme du prince
roupénien Sdéph'ané et mère de Léon II, p. xxx,
509, 565, 622, 628, 629.
Rirua (Marguerite), fille du roi Léon IIL, nommée aussi
Aéné ou Marie, femme de l'empereur Michel Paléo-
logue, p. 490, 544, 655, 656.
RoBerT Guiscard, duc de Pouille et de Calabre,
p- 147.
Roserr LE Bon, roi de Naples et non point de Si-
cile, comme il est dit par erreur à la page 666,
p. 683.
Roserr, comte de Normandie, l'un des chefs de la pre-
mière croisade, p. 26, 43.
Roserr (Le baron), seigneur de Thil de Hamdoun, (or-
teresse et ville de la Petite Arménie, p. 637.
RoBerT DE LusiGnan {Ruberto de Lusugnan), chevalier
poitevin, passe en Orient et se mel au service des
princes de sa famille, souverains de Chypre, p. 638,
711, 715. Roberto Tholosan, dans le chroniqueur
Florio Bustron.
RoBoau, roi d'Israël, p. 279.
Rovopne [”, de Habsbourg, empereur d'Allemagne,
fondateur de la monarchie autrichienne, p. 542.
RonoLpne, patriarche d'Antioche, déposé au eoncile
d'Antioche, en 1136, p. 223.
Rocen, fils de Richard du Principat, et cousin ger-
main de Tancrède; régent d'Antioche, p. 104, 106,
107, 119, 121-124, 192, 328, 449, 451, 500.
101
802 INDEX.
Rocer (Jean), césar, de la famille des princes de Capoue,
marié à Marie, fille de l'empereur Jean Comnène:
devenu veuf, il ambitionne, mais vainement, la main
de Constance, fille de Boëmond II, p. 186.
Roxn-Eppauca Daoun, seigneur de Hisn-Keïfa et Khar-
…_ pert, prince ortokide, p. 115, 339.
Roxn-Eppin SoLEiman, fils du sulthan d'Iconium, Ki-
lidj-Arslan Il, p. 404, 4o5.
Romain II (le Jeune), empereur d'Orient.
Romain IV (Diogène), empereur d'Orient, p. 322, 323,
329.
Romain, patrice et sébastophore, petit-fils de l'empe-
reur Romain Lécapène, p. 23.
Rouçoupan, reine de Géorgie, p. 437.
Roueêx 1”, fondateur de la dynastie des princes roupé-
niens dans la Cilicie, p. L, Lt, LXXHH, 99, 100, 104,
116,117, 167, 199, 530, 345,415, 4a1, 438, 448,
471, 497, 498, 551, 610,613, 615,679 ,681:, 684,
703. :
RouPêx IT, fils du prince Thoros II, p. 362, 380, 475,
508, 509, 623, 625-628, 640,679, 684.
Roupêx III, prince régnant de la Cilicie, fils de Sdé-
SA'D-EnpauLA, fils de Seif-Eddaula, prince hamdanite,
p. 12.
Sa p-EpvauLa er.-Tuoucy, Asus du vizir Bedr-el-
Djemäly, p. 61.
Sa'D-EDpiN-KUMUSGHTEKIN , émir de Harein, p. 388.
Sapaxa (Seif-Eddaula), roi arabe de Hillah, sur l'Eu-
phrate, p. 128, 142, 334.
SaLaDiN (Salah-Eddin Youçouf), p. xxx, xxXX11, LIT,
LIV, 171, 270, 274-279, 300, 302, 353, 364, 365,
370, 379, 380, 381, 382, 385, 387, 389, 390,
391, 393, 396, 398, 399, 4oo, 402, 4o3, 4o4.
420, 436, 439, 4h. 4ha, 454, 457, 476, 478,
k79, 512, 562,629, 648.
SaLGuës, nom torgé par Michel le Syrien, pour désigner
un des chefs de la première croisade, probablement
Raymond de Saint-Gilles, p. 328.
SALIXIDES Où SALDOUKHIDES, dynastie des princes d'Ar-
zen-Erroum (Erzeroun), p. 199.
SALoMON , roi des Juifs, p. 246, 396.
— (Temple de), à Jérusalem, p. 119, 400.
SANCHE VII, roi de Navarre, p. 432.
SanpsaR-ScHOuDyai, naïb (lieutenant) de Damas, pour
le sulthan d'Égypte, Mélik-Aschraf, p. 543, 654.
SaouTEkin, l'un des émirs au service du sulthan Alp-
Arslan I", p. 323. |
Sapor [° (en arménien Schabouh), roi de Perse, de la
dynastie des Sassanides, p. 318.
SaPor IT, rat Perse, de la dynastie des Sassanides,
p. LVIH, 490.
SarazaR, fils du roi d'Assyrie Sennachérib, meurtrier
de son père, se réfugie en Arménie, et y devient la
tige des princes du pays de Saçoun, p. xLIx, 101.
SARDANAPALE. dernier roi d'Assyrie, est détrôné par Ar-
baces, chef des Mèdes, et Bélésis, roi de Babylone,
auxquels s'était joint‘ Barouir, roi d'Arménie; il se ré-
fugie dans la Cilicie et v finit ses jours, p. 551.
SARGES (Grégoire de), chevalier, ambassadeur du roi
d'Arménie Jean, dit Constantin IIT, si du pape
Clément VE, p. 704.
ph'anê, p. xxxit, L1, 298, 380, 388,393, 394, 4o3,
405, 416, 421, 438, 475, 477, 482, 508,509 , 510,
b51, 622, 624, 634, 679.
Roupèx, dit Raymond Rupin. — Voir ce nom.
Rourêx, fils de Léon [”, mort en captivité avec son père
à Constantinople, p. xxxvnt, L1, 153, 500-502.
Rourêx, fils du roi Héthoum [", mort en bas âge,
p. 518.
RouPÉniENs (Dynastie des), princes et ensuite rois de
la Cilicie ou Pelite Arménie, p. m1, xxxv, 1, ui,
LXV, LXXX, XCII, 333, 557, 609, 624, 626, 640,
714.
— Liste des Roupéniens et des Lusignans d'Arménie,
d'après Mardiros de Crimée, p. 682.
— D'après le P. Estienne de Lusignan, p. 683.
RousTeM, en arménien Rosdom, chef de Turkomans
‘nomades, atlaque Léon IT, est défait et tué, p. 510,
512,628.
Rouzsen. — Voir Firouz.
RusP (Jean de), maître du palais de Léon VI, roi
d'Arménie, pendant son séjour en Europe, p. xc,
726, 728.
SARKIS, en arménien, SERGE (Saint), et ses compagnons
de martyre, vénérés par les Arméniens sous le nom
des Saints Guerriers, p. 499. Suint Sarquis, dans la
continuation de Guillaume de Tyr. p. 209, 632.
Sankis, évêque attaché au palais palriarcal, à Sis,
p. LXX.
Sarkis, docteur du couvent d'Agner, dans la Cilicie,
p. LXX.
Sankis, fils de Zak'arê, gouverneur militaire d'Ani,
P. 197.
SASSANIDES (Les), souverains de la Perse, maîtres de
l'Arménie orientale, p. xLix, Lxxv, 998, 681.
SATOUN, chef géorgien, commandant militaire d'Ani,
P:°497:
SBRAMIG, mère du chef arménien Mékhithar, P. 7
22.
SCHABOUH. — Voir SaPoR.
Scuapt (Soliman, dans Michel le Syrien), RE
et aieul de Saladin , p. 364.
ScHan-Banou ou SchaH-Baxoun, sœur du prince d'Ar-
zen-Erroum (Erzeroum), Mélik-Salik, et femme de
Soukman IT, souverain de Khëlath, p. 195.
SCHAHAN, général arménien, frère du patriarche saint
Nerses Schnorhali, p. cxx1, 377, 515,558, 631.
ScHAHAN, comte de Gor'igos, gendre du roi Léon VI
de Lusignan, nommé Soherius de Surto, miles, dans
. une lettre de l'antipape Clément VIT; prisonnier des
Égyptiens avec son beau-père, il est délivré et passe
en Europe, p. 686, 719, 720, 724.
SCHAHANTOUK HD, fille du général Schahan, nièce du pa-
triarche saint Nersès Schnorhali, p. 558, 599.
ScHAHAR-0GL1, général du sulthan d'Égypte. envahit la
Cilicie, en 1366 ,p. 715, 717.
ScHAHÉNSscHAH, fils du sulthan d'Iconium, Kiülidj-Ars-
lan I“, Zaoëv dans Anne Comnène, Malek-Schah
d'Aboulfarad)j, p. 142, 274, 331.
Scuanënscuan ou Amir-Scuan, de la tribu kurde des
Réwadis, de la famille des Béni-Scheddad, émir de la
ville d'Ani, p. 435.
_ en. es + de
NOMS HISTORIQUES.
ScHanËNscHAH, lils du seigneur de Saçoun, Tchor-
douanél, p. xxxix, 629, 630.
ScaanËNscHAH (Le baron), seigneur de Loulva. fils
d'Oschin II, de la famille de Lampron, p. 558, 637.
ScnAHiIN-ScHa ou SCHAHÉNSCHAH, Zavsodv, fils puiné
du sulthan d'Iconium, Mac'oud, p. 176, 331, 347,
359, 373.
ScHamPpa-PAraRAD, d'origine juive, chef de la famille
des Bagratides, investi de la charge héréditaire de
thakatir par le roi d'Arménie, Valarsace [*, P. LXXIV.
ScHAMPATH, juif ramené de Jérusalem, parmi les captifs
de Nabuchodonosor, tige de la famille satrapale des
Bagratides, en Arménie, p. Lvi, 236.
ScHAMscHAKRAN , prince d'Abahounik’, dans la Grande
Arménie, au lemps du roi Abgar Oukama ou le Noir,
P- 227.
ScuaRA, prince apanagé de la dynastie arménienne des
Haïciens, p. 236.
Scuark, prince khazar, p. 137.
Scuaven, vizir du khalife d'Égypte, Adhed-Lidin-Allah,
p. 363, 364, 478.
ScHEDDAD ou ScHAbpaD, émir kurde d’Ani, de la tribu
des Réwadis, chef de la "famille des Béni-Scheddad
P. 197.
ScuenÀB-Eppin, atabek d'Alep, p. 517.
Scueix-HAÇAN, meurtrier du prince mongol Ali-Padi-
schah-Nouian, p. 468.
ScHEMS-EDDAULA SALEM-BEN-MaLEk, émir de Kala'-
Dja'bar, p. 145.
ScHEMs-EbDAuLA THOGHAN-ARSLAN, seigneur de Bitlis
et d'Arzen, p. 123.
ScHEeMSs-EDpauLa, Samsadolus, Sansadoine, Gls de l'émir
‘ d’Antioche, Bäghi-Siän, p. 39.
Sca£ems-Epnin, émir de Tékrit, p. 346.
ScHems-Eppin, fils de Timour-Tasch, prince ortokide,
p. 346.
ScHeMs-EnpiN KaARA-SonNKoR, gouverneur d'Alep,
P. 547.
ScHeMs-Enpin MoHamMEeD BEex-A8p-EL-MELix BEN-EL-
MokabDau, régent de la principauté de Damas, pen-
dant la minorité de Mélik-Saleh, fils de Nour-Eddin,
p. 879.
Scuérer EL-MEiLy, fils de Mélik el-Afdhal, général
égyptien, p. 61.
SCHERVASCHIDZE , famille régnante de l'Abkhaze, p. 136.
SCHIRAKOUH, oncle paternel du grand Saladin, p. 346,
361, 363, 364, 365, 372, 458.
ScuouscHan (Suzanne), fille d'Oschin 1", de la famille
de Lampron, p. 558.
ScHuLTz (Le colonel), Yousouf-Aga, ingénieur polonais,
fortifie le défilé du Kulek-Boghaz, par ordre d'Ibra-
him-pacha, p. xxu1.
SozP'ANË, prince roupénien, fils de Léon I", p. xxvmi,
LI, 193, 172, 178-182, 2100, 349, 350, 351, 352,
356, 380, 39:, 403, 415,416, 421, 438, 454, 475,
500, 501, 503, 508, 551, 565, 621, 622, 625, 684.
Seir-EbDbauza. — Voir Hampax.
Seir Eopix-Gnazi, prince de Mossoul, fils de l'atabek
Emäd-Eddin Zangui, p. 279, 339, 379, 380, 381,
382, 3g1 (sa mort), 404.
Seïr-EpoiN AseNpemur Kuünuui, l'un des émirs de Da-
mas, sous Latchin, sulthan d'Égypte, p. 464.
SEzDbsoux ou SaGour, chef turk de la tribu des Kabaks,
ancêtre des Seldjoukides, p. xxxvn, 318.
SELDJOUK1DES d'Iconium (Les), p. xLv, 472,644, 666.
803
SéLeucus |“ Nicaror, roi de Syrie, fondateur de Sé-
leucie Trachée, p. xxxvinr, 232, 313, 340. |
SÉLGOUNIS (Les), l'une des familles satrapales de la
Grande Arménie, issue de Séloug, p. LvI, Lvunr.
SÉLIM IT. sulthan ottoman, achève la conquête de la
Cilicie et de toute l'Asie Mineure, p. xvili, 720.
SéLouc, chef de la famille satrapale des Sélgounis,
P. LV.
SEMM-FL-MauT ou SÉMÉLMÔTH. — Voir Izz-Eppin-Ican.
SÉmPAD IT, roi bagratide d'Ani, p. 10, 237.
SÉMPAD, roi de la Petite Arménie, fils de Léon III,
p. 463,464, 465, 4go, 531, 544, 545, 656, 679,
685. |
SÉmPaD (Le baron), seigneur de Babar'on, de la famille
des princes béthoumiens de Lampron, frère puiné
d'Oschin II, p. 509, 517, 558, 565, 619, 622.
SÉMPAD, seigneur de Babar'on, connétable d'Armé-
nie, fils du grand baron Constantin et auteur de la
Chronique d'Arménie, p. xxxn, Lx, 429, 530, 605,
680.
SÉmPaD, de la famille de Lampron, fils d'Oschin III et
seigneur d'Asgour'as, p. xc, 68n.
SÉwPAD, seigneur de Binag, maréchal d'Arménie, p. xc,
680.
SÉmPap (Le baron), seigneur de Gouglag, p. 637.
SÉMPAD (Le baron), seigneur de Sarvantik'ar (Serfend-
kar), dans la Cilicie orientale, p. 636.
SÉMPAD, seigneur de la forteresse appelée de son nom
Sémpadu-Gla, p. 548.
SÉMPAD, officier d'origine arménienne attaché au _—.
de l'empereur Manuel Comnène, p. 416.
SÉmPAD THOR'NETS1, protospathaire, chef arménien,
p. 21.
SÉNÉK'ÉRIM Où SINAKÉREM (Sennachérib), roi de Gaban,
dans l'Arménie orientale, p. 10.
SÉNÉK'ÉRIM JEAN, roi du Vasbouragan, dans la Grande
Arménie, p. XLIX, 10, 38.
SENESCALE (altération probable du nom de Sëmpad),
proximos ou surintendant des finances dans le
royaume de la Petite Arménie et la principauté d'An-
tioche , p. LxxIX.
SENNACHÉRIB, en arménien Sénékérim, roi d'Assyrie,
père de Sarazar et Adraniélech, qui furent la tige de
deux des maisons satrapales d'Arménie, les princes
de Sacoun et les Ardzrounis, p. xcix, LvI, 333, 340,
347, 911.
SePTIME SÉVÈRE défait Pescennius Niger à Issus, p. xx1.
SERGE, évêque du palais patriarcal, à Sis, p. Lxxi.
— Voir SArkis.
ScaïorTi, roi de la première dynastie arménienne, celle
des Haïiciens, p. 551.
SiBYLLE, fille (du second lit) d'Amaury, roi de Chypre,
et de la reine de Jérusalem, Isabeau de Plantagenet ,
seconde femme du roi Léon IT, p. Le. LIT, 425,
h28, 482, 516, 643.
SiByLLe, comtesse de Jaffa, fille d'Amaury, roi a Jé-
rusalem , ct femme de Guy de Lusignan, p. 37,
477.
SiBYLLE, seconde femme de Boëmond le Bambe, prince
d'Antioche, p. 634.
SiçaGan (La famille), l'une des"plus puissantes maisons
satrapales de l'Arménie, souveraine de la province
de Siounik’, p. £vur.
SicaiRes (La nation des), ou les Maronites du Liban,
p. 155.
101.
804
SIMÉON , patriarche de Jérusalem, p. 55.
SiméoN , archevêque arménien de Sébaste de Cappadoce,
P: LXVII, VXXIV.
Siméon, évêque de Gobidar, dans la Cilicie, p. Lxvur,
LXX.
SIMÉON , abbé du couvent Antriaçank’, ou des Andréans,
dans la Cilicie, p. Lxxnn.
Simon Le MaGicien, hérésiarque, p. 375.
SIMON, martyr à Édesse, p. 341.
SIMON, chef maronite, au service des croisés, p. 155-
156.
SIMON (Le baron), seigneur d'Amouda, dans la Cilicie
Champètre, p. 637.
Simon (Le baron), seigneur de Mazod-Khatch, château
fort de la Cilicie, p. 637.
Simon (Le baron), seigneur de Gor'igos, dans la Cilicie,
p. 638.
Sinosar, sulthan dans le Khoraçan, frère du sulthan
de Perse Daph'ar (Mohammed), p. 120, 129, 136,
372.
SiNpsar-ScHan (Mo'ezz-Eddin), seigneur de Djéziré,
petit-neveu de Nour-Eddin, p. 404.
Sirouui (Le baron), seigneur de Simana-Gla, dans la
Cilicie orientale, p. 636.
Sœur pe Seïr-EbpauLa (La), souverain d'Amid, p. 12.
SoLeiman, prince ortokide, cousin de Balag, qui lui
prend Alep, p. 94.
Souriman (Schems-Eddaula), fils d'Ilgazi, de la famille
des Ortokides, p. 132.
SoLimMaAN LE GRanp, sulthan oltoman, fait restaurer les
deux châteaux de la ville d'Aias, p. 716.
Souiman, fils de Koutoulmisch, fondateur de la dynas-
tie des Seldjoukides d'Iconium, p. 274, 324, 328,
472.
Sonror (Sangh'our en arménien), émir de Mélitène,
de la famille de Danischmend, p. exx1i.
TABLEAUX CHRONOLOGIQUES des princes et souverains de
la Petite Arménie : Roupéniens, 1“ et 2° tableaux,
p. cxu-cxv; Lusignans, 3° tabl. p. cxvi; princes Hé-
thoumiens de Lampron, 5° tabl. p. cxviri-cxix.
Des patriarches d'Arménie de la famille des Arsa-
cides, 6° tabl. p. cxx-ExxI.
— Des émirs lurkomans de Cappadoce de la famille de
Danischmend', 7° tabl. p. cxxi.
— Des souverains, princes et seigneurs d'origine euro-
péenne qui s'allièrent à la famille royale d'Armé-
nie, ou à la famille des Héthoumiens de Lampron,
p. GXxIII.
Taos-ec-\locoux Boury, fils de l'atabek Toghtékin,
émir de Damas, p. 148.
Tarnoc, Taros ou Tapanuz (Thoros), fils de Roupêa [,
et beau-père de Baudouin du Bourg, p. 25, 89.
TacouDar-Ocour, autrement appelé Ahmed ou Machu-
meth, khan des Mongols de la Perse, frère et succes-
seur d'Abaka, p. 488.
Tacuin-SevarTa, fils et successeur de Plulibbè, roi de
Gaban, dans la province de Siounik', Grande Armé-
nis, p. 9.
TaxcREDE, neveu ou cousin de Boëmond 1”, et régent
de la principauté d'Antioche, p. xx1xX, XXX1, XXXII, XL,
ALIV, XLVI, LXXIX, 29, 90, 50-52, 57, 58, 61, 71-
INDEX.
Soxkor - AscHkar, cest-a-dire le Faucon roux (Schems-
Eddin), émir au service du sulthan Beïbars, p. 524.
238. |
Sonxxor, fils de Danischmend, émir de Mélitène qui lui
est ensuite enlevée par le sulthan Kilidj-Arslan I",
p. cxxn1, 330.
SoraAnzo (Jean), doge de Venise, p. cn.
SouxMax l* Ez-KorHBy, surnommé Schah- Armén (roi
des Arméniens), souverain de Khélath, dans la Grande
Arinénie, p. 85, 94, 96, 97» 119,199, 197, 326.
Souxsax IT, Amir-Miran (Emir des Émirs), souverain
de Khëlath, fils de Dhahir-Eddin Ibrahim, p. 380,
390, 442, 454, 456.
Souxman (Mo ezz-Eddaula), fils d'Artoukh, prince or-
tokide, p. 32, 53,72-73, 74-79, 110, 339.
SouLAMISCH, général mongol, p. 545.
SOURÊN (Surena) BauLav, l'une des branches de la fa.
mille des Arsacides de Perse, de laquelle est issu
saint Grégoire lluminateur, p. Lxu1, 13, 24, 29,
47, 191, 223.
SOUTCHMAN, créé mélik (roi) de Garin par les Khoraz-
miens, p. 460.
STÉPBANIE, fille du grand baron Constantin, de la fa-
mille de Lampron, mariée a Henri 1‘, roi de Chypre,
fils de Hugues [", p. 604.
SuLTHÂN-ScHAH, fils de Ridhouän, sulthan d'Alep,
p.110, 119, 142.
SYENXESIS, roi de la Cüilicie, vassal du roi de Perse
Artaxerxe Mnémon, p. xx.
SYLVESTRE (Saint), pape, et l'empereur Constantin
accueillent à Rome saint Grégoire l'Iluminateur et
le roi d'Arménie Tiridate Il, et font avec eux un pacte
d'unité de foi, p. 418, 438, 677.
SYRGIANES (Sire Jean), grand échanson, marie sa fille
à Guy de Lusignan, plus tard roi d'Arménie,
p- 709
72,02, 87,89, 90,01, 92, g3, Q5, 47, 102, 103,
104,129, 528, 413, 416, 4h.
TapaNuz. — Voir TarRoc.
TanaTa, dieu des Syriens de la Mésopotamie, p. ah.
Tarice, général grec au service de l'empereur Alexis l”
Comnène, p. 28.
Taviru ou Davin IF, le Réparateur, roi de Géorgie,
p. 128-130, 136-137, 139, 141, 146, 148, 199,
196,417, 435, 45, 615.
Tavire où Davin II, fils de Dimitri !”, roi de Géorgie,
P. 199,417, 453.
TaY, ancètre et chef de da tribu des Arabes nomades
appelée Bén-Taÿ, campée dans les plaines sablon-
neuses de la Syrie, p. 325.
TeHaRmAGH'aN-Novix ou Nouian, général mongol envoyé
contre l'Arménie par Tchinguiz-Khan, p. 460.
TeuinGuiz-KHan, premier souverain des Tartares-Mon-
gols, p. 460, 544, 647.
TcuorDOUANÊL, prince du pays de Saçoun, province
d'Aghétenik", dans la Grande Arménie, p. xxxIx, Li,
910, 629.
Téméprè. — Voir Dimirai.
TÉMIREK , émir de Sindjar, dans la Mésopotamie, p. 107.
TEmxa, lils du roi de Géorgie, David IL, p. 437.
TeuPuikrs (Les), fondation de cet ordre, p. 352.
NOMS HISTORIQUES.
—— Établis dans la principauté d'Antioche et en Gilicie,
p: XXVIH, XXX, 917, 745. |
TÉRENIG, prince arménien de la famille des Ardzrounis,
souverain du pays d'Antzévatzik', dans la province de
Vasbouragan, p. 539.
TÉRÉNIG, fils de Khatchig-Kourkèn, roi du Vasboura-
gan, p. 10.
Téscakuo’, en arménien rene, tille du roi Léon Ill,
morte dans sa jeunesse, p. 529.
TESTAMENT de Léon VI, roi d'Arménie, p. 732-754.
Térouscx ou Tourouscu (Tadj-Eddaula), sulthan sel-
djoukide d'Alep, p. 30, 142, 274.
Teuroxiques (Les chevaliers), ou Frères allemands :
fondation de leur ordre, p. 478.
— Leurs possessions dans le royaume de la Petite Ar-
ménie, p.xXXI, XLVIIT, XLIX, XCINI, 171, 485, 646.
THaDoée (Saint). l'un des soixante et douze disciples
de J. C., premier apôtre de l'Arménie, p. 49, 229,
232, 244, 337, 677.
THaxvor, abréviation vulgaire et familière du mot {ha-
kavor, en arménien rot, nom d'un tout jeune enfant,
p. 607.
THaLaAï-IBn-Razik, émir de Moniat- Aboul-Khacib: il
prend le titre de Mélik-Essaleh , p. 348.
THamar, reine de Géorgie, fille de Giorgi LI, mariée
d'abord à un prince russe et ensuite à David Sôslan,
p. 437, 438, 442.
THaTsouL, gouverneur de Marasch pour les Grecx, avec
le titre arménien de prince des princes, p. 50-51, 95.
THÉANÔ, dimiputif familier du nom de Théophanô. —
Voir GuÉR'ax.
THEopora (L'impératrice), fille de Constantin VIN,
p. 321.
THeopora, lille du sébastocrator Isaac Comnéne, femme
de Baudouin IT, roi de Jérusalem ; devenue veuve,
elle vit dans une union illégitime avec Andronic Com-
nène, p. 167, 186, 361, 391.
THéovora, fille de l'empereur Michel Paléologue et de
la princesse arménienne Ritha, p. 410.
Tuéonore — Voir Taoros.
THÉODORE , patriarche de Constantinople, p. 390.
Tuéopore 11, patriarche d'Arménie, p. 720.
THÉODORE, du district de Daron, docteur de l'église ar-
ménienne, p. 292.
Taéovore Lascaris, empereur grec, à Nicée, p. 482,
J10.
THéovore Gavras, duc de Trébizonde, p. 333.
Tnéonore BapiBRÈNE, préfet des Rhabdophores, l'un
des meurtriers du jeune empereur Alexis BE, lils de
Manuel Comnène, p. 391. :
TaéoDorE STyPioTes, préposé du Canicleum , accusé de
conspiration contre l'empereur Manuel Comnene, et
mis à mort, p. 190.
THÉODORE SYNECDÈME, prolostralor, uouverneur de
Thessalonique, opposé à Jean Cantacuzène, p. 705.
THéonose LE GRaNo (L'empereur), p. xvini,‘£xvin,
LXXVII, O4.
Tuéopose LE JEUNE, empereur d'Orient, p. 317, 418.
— ll confère le titre de stratélatès (général en chef) au
prince arménien Vartan, de la famille des Mamigo-
niens.
THÉOPHANÔ , femme de l'empereur Romain J1 dont elle
se défait, et ensuite de Nicéphore Phocas qu'elle fait
assassiner par Jean Zimiscès, pour favoriser l'élévation
de ce dernier à l'empire, p. 5-7, 22.
805
TuéopuaN, fille du roi Leon 1IF, nommée aussi Théo-
dora, fiancée à Jean Ducas, l'Ange, p. 490, 544.
Tuéoniex, le philosophe, théologien grec, envoyé par
l'empereur Manuel Comnène vers les patriarches Mi-
chel le Syrien et saint Nersès Schnorhali, p. 366,
367-368.
TiBauT, comie de Champagne, p. 479.
TroporuË, frère du roi de Géorgie David IT, le Répara-
teur, p. 137.
THoGruL-ARSLAN, fils du sulthan d'Iconium Külidj-Ars-
Jan 1”, p. 142, 331.
Taocruz-REG (Mohammed), fondateur de Ja dynastie
des Seldjoukides de Perse, fils de Mikail et petit-fils
de Seldjouk, p. 131, 318, 320, 522. |
THoçruz -MÉLix, fils cadet du sulthan Daph'ar (Mo-
bammed), et prince de Kantzag. ensuite sulthan de
Perse, p. 120, 128-130, 148, 451.
Taocauz-ScHan, lils d'Alp-Arslan Il ou Arslan-Schah,
dernier des sulthans eldjoukides de Perse, p. 435.
Tuomas (Saint), apôtre, p. 228.
Tuomas DE LenriL (Frère), légat apostolique en Orient.
Sa conférence à Saint-Jean-d’Acre avec le docteur ar-
ménien Mékhithar de Daschir, p. vi1, 689, 698.
Taomas (Le duc), gouverneur grec de la Cilicie,
p. 619.
THowas, originaire d'Antioche, parent et ami du prince
roupéuien Thoros IL, tuteur du fils de ce dernier,
Roupën IL, p. 186, 362,475, 508, 509, 623, 624,
684.
Tuomas, ambassadeur du roi Héthoum [“ auprès du
légat du pape et des hauts barons à Saint-Jean-
d'Acre, p. 693.
Taomas, agent du fisc arménien, censarius, sous Île
règue de Héthoum IT, p. xcu. ‘
Tuorcow (Thogarimah}, petit-lils de Japheth, ou son
arrière-pelit-fils, suivant l'historien Moïse de Khoren;
considéré par les Arméniens comme leur ancêtre, et
comme la souche des Turks et des Turkomans,
d'après une opinion qui commença à s'accréditer vers
le xi° ou le xni° siècle, p. 310.
— Nation ou maison de Thorgom, locution employée
pour désigner la nation arménienne, p. 198, 311,
394, 912, 926.
Tuoros, archevêque de Séleucie Trachée, p. Lxvir.
THoros, évêque de Maschgavor, p. LXVIHT, LXX.
Tuoros, évêque de Séleucie Trachée, p. 035.
Tuoros, premier chapelain ou archiprêtre de la cha-
pelle royale, à Sis, p. LxIX, LxxI.
Tuoros, abbé du couvent de Medzk'ar, dans la Cilicie,
P. LXX.
Tuoros, abbé de Movsisnots, couvent du district de
Kharpert, dans la Quatrième Arménie, p. Lxxn.
Tuoros, abbé de Tzor, couvent dont la position est incun-
nue, mais situé probablement dans la Cilicie, p. Lxx.
Tuoros, docteur de Graguits, couvent de la Cilicie ou
de quelque contrée voisine, p. Lxx.
Tuoros (Théodore) I“, Anterellus, ils de Constantin [",
prince roupénien, p. xxI1, 30, 47. 79, 83, q9, 97-
100, 114, 116, 117, 448, 451, 472, 473, 498,
500, 551, 610,612, 613,615, 639, 684.
— Le pays de Thoros, ou la Cilicie, p. 499.
Tuoros Il, sébaste et plus larl pansébaste, prince
roupénien, fils de Léon [*, p. xxviir, xxxvII1, XxxXIX,
LI, LXXIII, LXXX, 193, 1606, 168-172, 175, 178-
182, 186-193, 195, 149, 200, 219, 341, 342,
806 INDEX.
344, 345. 347, 349, 350, 351, 352, 356, 358,
360, 361. 380, 394, 415, 416, 421, 452, 453,
454, 474, 475, 5oo, 508, 551, 582, 618-623,
678, 684.
Tuonos III, d'abord lieutenant du royaume et ensuite
souverain de la Petite Arménie, fils de Léon Ill,
p. 464. 465, 489, 4go, 531, 544, 548, 653, 656,
685.
Taoros, fils du roi Héthoum [°, tué en combattant les
Égyptien<, auprès de Derbeçak, p. Lxvir, xc, 461,
487, 518, 522, 537-540.
Tuoros, fils de Héthoum, gouverneur d'Édesse pour
les Grecs, p. 30, 35-38, 328.
Tuonos, capitaine de la cour du roi, sous Léon IV,
p. xc, 248.
Tuonros (Le baron), seigneur de Djofré-Gla (la forteresse
de Geoffroy), proximos ou surintendant des finances,
sous les rois Léon IV et Oschin, p. Lxx, 548.
Taoros (Le baron), seigneur du château de Simona-
Gla, maréchal d'Arménie, p. xc, 680.
Taoros (Le baron), seigneur de Thélbagh'd, p. 637.
Tuoros (Le baron), assesseur du connétable d'Arménie
(connestabuli-ducha\, p. Lxxvr.
Taonos Mixnaïzents (Sire), capitaine de la douane
royale d’Aïas, p. xc11.
THouxak, surnommé Themourialeg (arc de fer), émir
au service du roi des Kharzéens (Khazares), p. 318.
Taovurx’, de Bagdad, établi gouverneur de Damas par
l'empereur Zimiscès, p. 15.
THRASYBULE , général athénien, aborde avec sa flotte sur
la côte de la Pamphylie, p. xxxv.
Taugar ET Mosocu (Le prince de), dans Ézéchiel, c'est-
a-dire le chef des nations barbares reléguées aux ex-
trémités inconnues de la terre, p. 313.
Tisan , fils d'un bourgeois de Chypre, et favori du roi
Pierre IT, p. xxxiv. ,
Tisëre CoNsTANTIN II, empereur d'Orient, p. 317.
TiGhANE (Dikran), prince arménien, de la famille des
Arsacides, p. CXx.
Unsaix IV, pape, p. 691.
Unsain V, pape, écrit aux Arméniens pour leur conseiller
de se donner pour roi Léon VI de Lusignan, p. 714.
VAGAG, seigneur de la forteresse de Pëédchni, père du
prince Grégoire Magistros, de la famille des Arsa-
cides, p. CxX. |
Vacac, duc d'Antioche, fils de Grégoire Magistros,
p. cxx, 47.
Vacac, fils d'Abirad, fils de Haçan, gendre de Grégoire
Magistros, p. Cxx, 47.
Vaçac, de la famille des Arsacides, père d'Abëlgharib
et de Ligos, p. Cxx1, 116.
Vaçac, prince de Siounik’, dans l'Arménie orientale ,
père de la reine Gadramidè, femme de Kakig [*, roi
bagratide d'Ani, p. 237.
Vaçac, fils de Sémpad de Babar'on, et seigneur des
forteresses d’Asgour'as et de Lamos, de la famille
de Lampron, p. 622-623.
TiGRANE 1“, souverain de la première dynastie armé-
nienne, ou dynastie des Haïciens, p. Lxxvi, 114.
TicRane, chef arménien , au service du prince Kogh'-
Vasil. p. 85, 104.
TicRaNE, l'un des chefs de la Cilicie qui avaient em-
brassé le parti des Grecs, frère de Vasil de Partér-
pert, p. 168, 619.
Ticrane (Le baron), seigneur de Br'agana, château de
la Cilicie, p.637.
Ticranr, envoyé des moines de la Grande Arménie vers
le clergé de la Cilicie, p. 591.
TIMOTHÉE, moine arménien, p. 592.
Truour-Lenx où TAMERLAN, empereur mongol, p. 139.
Timour-TascH (Houcâm-Eddin), fils d'Ilgazi, de la fa-
mille des Ortokides, p. 110,132, 139, 346, 420.
Timour-Tascu, fils de Tchôban, gouverneur du pays
de Roum, pour les Mongols, p. 467, 667, 669,
670.
Tinipate (Dértad) IE, dit le Grand, premier roi chrétien
d'Arménie, de la dynastie des Arsacides, p. xxxv,
LVIN, LXXV, 232, 233, 235, 3o1, 411, 418, 438,
552, 602.
TiripaTe, célèbre architecte arménien, construit la ca-
thédrale d'Ani, p. 237.
Tirus (L'empereur); allusion à la prise de Jérusalem
par ce prince, p. 274.
TocarcHar-Nouin (Nouïan), chef mongol, p. 549.
TocaTEkIN (Dhahir - Eddin-Abou-Mancour), atabek de
Damas, p. 33, 97, 107-108, 115, 123, 124, 142,
143, 145, 148.
Toucan, émir égyptien, wali (gouverneur) de la ban-
lieue de Damas. nommé par le sulthan Mélik-Asch-
raf son naïib (lieutenant) de Hr'om-Gla, p. 543.
TouLovi, l'un des fils de Tchinguiz-Khan, tige de la
dynastie des Mongols de la Perse, p. 664.
Trasax, son expédition contre les Perses (Parthes),
p. 317.
Turkan-KHATOUN, femrve du sulthan de Perse Mélik-_
Schah, p. 75.
Unpaix VI, pape, accueille avec bonté Léon VI, délivré
de sa captivité, p.722, 723.
#
VaçaG (Le baron), seigneur de Pertgan, château de la
Cilicie, p. 548, 637.
VaçaG, renégat géorgien, au service des Turks, p.196.
Vauan, de la famille des Ardzrounis, commandant des
troupes arméniennes avec Vartan le Grand, dans la
lutte contre Yezdedjerd Il, roi de Perse, p. 248.
Van, le dernier des souverains de l'Arménie de la
dynastie de Haïg, contemporain d'Alexandre le Grand,
p. 681. :
Vasram. — Voir GRÉGOIRE IE. patriarche d'Arménie.
Vauram, duc de K’eçoun, p. 155.
Vaurau, fils de Krikorios (Grégoire), prince arménien
de la famille des Arsacides, p. cxx.
Varam, petit-fils de Grégoire Magistros, de la mème
famille, p. cxxi.
NOMS HIST
VanRam (Vaaram, Baharam et Varan), seigneur de
Corc (Gor'igos) et de Schakad, maréchal d'Arménie,
p. xc, xcvit, 485, 514. 680.
VasraM Lôbi6, l'un des seigneurs arméniens de la Ci-
licie, p. 667, 668.
VaurAu-ScHAH, seigneur d'Erzénge, p. 4o1.
Vazansace [", en arménien Vagh'archag, premier sou-
verain de l'Arménie, de la dynastie des Arsacides,
P. LVI, LXXIV, LXXVI, 235, 517, 681.
Vaarse ou VoLOGÈsE, en arménien Vagh'arsch, roi ar-
sacide d'Arménie, p. 235.
Vauexs (L'empereur), p. 341.
VALENTIN, ambassadeur de Tibère Constantin vers le
Khak'an des Turks, p. 317.
VarT (Le baron Kyr), seigneur d'Agh'ôl et de Godrad,
châteaux forts de la Cilicie Trachée, petit-fils d'Adom,
p. 638, 645.
VaRTAN, archevêque arménien de Lampron, et supé-
rieur du couvent de Sguëvr'a, p. LxvI1, 635.
VaRTAN, archevèque arménien de Tarse, p. Lxvir,
LXXI.
VanTAN, évêque d'Ani, dans la Grande Arménie,
P+ LXIX, LXX-
VARTAN , évèque arménien d'Eudocias |'fokat}, p. Lxvin,
LXX.
VanTan, moine, docteur de l'église arménienne, l'un
des adversaires de S. Nersès de Lampron, p. 565,
567.
VanTan, docteur de la Grande Arménie au xni° siècle ;
le même peut-être que l'historien de ce nom, p. 495.
VarTan, docteur du couvent d'Agner, dans la Cilicie,
P. LaX.
VarTAN Le GRaxD, de la famille des Mamigoniens,
général en chef des Arméniens, succombe dans la
W
ORIQUES. 807
guerre contre Yezdedjerd II, roi de Perse, p. Lxxv,
248.
VARTANIENS (Les), soldats arméniens qui combattirent
contre Yezdedjerd II, roi de Perse, sous les ordres
de Vartan le Grand, p. 248.
Vanrkës, beau-frère du roi Erouant I", de la dynastie
arménienne des Haïciens, p. 255.
Vasiz. — Voir Kocu'-VasiL.
VasiL, prince arménien, de la famille satrapale des
Gamsaragans, surnommé Dgh'a' ou l'Enfant, p. ni,
84, 103, 116, 154,577, 614.
VasiL, prince arménien de la famille des Arsacides,
p. Cxx.
Vasiz, seigneur des forteresses de Dzovk” et Gargar’,
de la famille des Arsacides, p. cxx1, 140, 269, 377,
D15, 558.
Vas (Le baron), Basizius Serricum, seigneur de
Vaner, maréchal d'Arménie, p. xc, 637, 680.
Vasiz (Le baron), seigneur de Partzërpert, château de
la Cilicie, p. 168, 219, 619. |
Vasiz (Le baron), l'un des seigneurs de la Cilicie,
. 641.
in chancelier particulier du roi Léon V, p. 761,
762.
VaraTze (Théodore), beau-frère de Manuel Comnéne,
p. 186.
V@aïacÈr. — Voir GRÉGOIRE II, patriarche d'Arménie,
VérTaanés, fils de saint Grégoire l'Illuminateur, son
second successeur sur le siège patriarcal de l'Armé-
nie, p. 414. |
Vr'am (Bchram V), roi de Perse, de la dynastie des
Sassanides, soumet la plus grande partie de l'Armé-
nie, P. LIX, LXXVI.
VsevoLon GEonGievircH, grand-duc de Russie, p. 437.
WaLERAN, cousin ou neveu de Josselin de Courtenay, p. 117, 131-135, 139, 328.
À
XENÊ. — Voir Rirna.
YaGan, émir de la famille de Danischmend, p. xxu.
Y1'KxouB, l'un des olliciers de l'armée du sulthan d'Ico-
nium Maç'oud, battu et exterminé par les Templiers
et les Arméniens, p. XXVIII, 171-172.
Ya'xOUB-ARSLAN, layoumaods, frère de Mélik - Mohain -
med et fils d'Amir-Ghazi, de la famille de Danisch-
mend de Cappadoce. Bâghi ou Yaghi des auteurs
arabes , p. eux, 157, 173, 176-178, 186, 194,
109, 345, 347, 353, 354, 355, 356, 357, 359, 374.
Yaxouri, père de Kothb-Eddin Ismail et de Zobcidé-
Khatoun, première femme du sulthan Mélik-Schah,
P-! 20.
YERMOLOFF {Le général), gouverneur russe des provinces
caucasiennes, p. 137. |
YezDEDsERD [*, en arménien ‘Azzuerd, roi de Perse de
la dynastie des Sassanides, p. Lix.
YezDeDJERD IT, roi de Perse, fait la guerre aux Armé-
niens, P. LXXV.
York (Le duc d'}, oncle de Richard IT, roi d'Angle-
terre, Pp. 727.
Youçour, premier nom de Saladin, p. 436. — Voir Sa-
LADIN.
Yvoxxer PaynEL, sommelier de corps du roi, sous le
règne de Charles VI ou de Charles VII, p. 736.
808 | INDEX.
Zasêz. — Voir Isasezee, fille de Léon II.
Zaszoun, diminutif familier du nom d'Isabeau ou Isa-
belle. — Voir IsaBeze, fille de Léon III.
ZacBARIE, patriarche arménien d'Agh’thamar, p. 468.
ZanGur (Emäd-Eddin), Sanguinus, atabek de Syrie,
fils d'Ak-Sonkor, et père de Nour-Eddin, p. Liv,
147, 148, 101, 155, 157, 158-160, 205, 224,
241,246,247, 248,252,335,336, 339, 345, 366,
Loë, 491, 509.
ZanGui (Emäd-Eddin}, cousin et successeur de Mélik-
Saleh à Alep , et neveu du grand Nour-Eddin, p. 404.
Zaneui, fils de l'émir de Mossoul, Djékermisch, p. 83.
Zanrzës SrrLianus, beau-père de l'empereur Léon le
Philosophe, hétæriarche, magistros et logothète,
P: LXXVIII.
Zémarque, ambassadeur de Justin IT vers le grand khan
des Turks, p. 317.
Zimiscès (Jean), en arménien Tchéméschquig, empereur
d'Orient, originaire du district de Khozan, dans la
Quatrième Arménie, p. x11, x, xvint, 5-23.
Zoseipé-KHATOUN, première femme du sulthan de
Perse Mélik-Schah, p. 120.
IT.
NOMS GÉOGRAPHIQUES.
ee
ABASGES. — Voir ABkHazes. Pp. 186.
ABËLDIËs, château fort de la Cilicie, sur les frontières
de la Syrie, qualifié de forteresse royale, p. 489, 655.
ABKHAZES, APH'KHAZ, ABAZES. ABASGI, Avascr, peuples
de la côte orientale de la Mer Noire, convertis au
christianisme par Juslinien I", P. 136, 186.
— ABKHAZIE, p. 312.
ABLASTHA , capitale du district de Dchaban, dans la Troi-
sième Arménie, Albistan ou Elbostan moderne, P:XLIV,
80-81, 177, 194, 325, 359, 360, 405, 614, 64.
— Son histoire au moyen âge ct son étai actuel, P- XLv.
Âcre (Saint-Jean-d') ou ProLémais, ville marilime du
royaume de Jérusalem, p. 1, xxx, uit, urv, xe, XCVII,
16,68, 107, 247, 277, 302, 357, 361, 369, 378,
391, 398, 402, 403, 478, 480, 486, 542, 563,
966, 631,633, 635, 655, 681, 691, 692, 746.
— Prise par les croisés, p. 473, 653.
— Se rend à Saladin, P- 439.
— Assiégée et reprise par les chrétiens, P. 44o-44à.
— Elle leur est enlevée définitivement par le sulthan
Mélik-Aschraf Khalil, p. 488, 653.
Abawa, ville de la Cilicie Champètre, chef-lieu actuel du
pachalik de ce nom: siége archiépiscopal et plus tard
simple évêché, P: XXII, XLII-XLIV, Lxx, 4, 5, 33,
138,152, 153, 299, 324, 394. 416, 464,487, 515,
922, 537, 545, 615, 616, 622, 625. 649, 670,
672, 674, 675, 686.
AbARôs, château fort de la Cilicie, p. 638.
ADÉRBADAGAN, l'Atropatène, en persan moderne Azer-
bcidjan, partie de la Médie, à l'est de la province ar.
ménienne du Vasbouragan, p. 96, 120, 320, 330.
Anny (territorium), partie de la plaine cilicienne. no
loin et au-dessous d'Amouda, P- XLVI.
ADRAMYTTIUM, ville et golfe de la Mysie, p. 643.
ADRASSUS, ville épiscopale de la Cilicie Trachée, p. 674,
676.
AbRIANOPOLIS , ville de la Thrace, sur l'Hébrus, la mo-
derne Andrinople, P- 44o.
ÆGzz. — Voir Aïas.
AGHÉTZNIK’, province de l'Arménie méridionale, sur les
bords du Tigre, Arzanène des écrivains byzantins, la
Mésopotamie arménienne, p. xxxx, 10, 637.
Acu'ôz, châtean fort de la Cilicie Trachée, p. 638.
HisTor. AR“. — I.
AGH'OUANS (Pays des), AcHoganie ou ALBANIE, pro-
vince au nord-est de la Grande Arménie, le Schirvan
moderne (Voir ce nom), p. 197, 460, 592, 681.
AGIL'OUNTZOR. — Voir CoLoNIa.
ÂGH'THAMAR, île du lac de Van, dans la Grande Ar.
ménie , où s'éleva en1113 un siège palriarcal en ri-
valilé avec le siége plincipal, et qui a duré jusqu'à la
fin du siècle dernier, P. Lxv, 468.
— Lac où mer d'Agh'thamar, — Voir Van (Lac de).
ÂGNER ou AGNEREV, couvent fondé par le roi Léon IT,
auprès de Tarse, p. cxxxti1, 424, 428, 459, 511,
914, 538.
Aï4s , en arménien, l'ancienne Ægææ ou Æge, ville de
la Cilicie orientale, sur le golfe d'Alexandrette, le port
principal du royaume, au moyen âge, siège épiscopal ;
appelée à cette époque Laiacium, Lajazzo, Layas,
Leace, p. xxn1, xxvI, xxvir, xxxv1, XLII, XLIV, XCI,
XCIX, CI, Â64, 489, 522, 528, 530, 545, 667, 673,
709, 716,746.
— Marchandises de l'Inde et de la Chine dirigées vers
ce port, p. c. |
— Aias prise et ruiuée par les Égyptiens, p. 757.
AïpziaTs, Aïozirs ou Anpzëvis, forteresse auprés de
Mousch, dans le district de Darôn , Grande Arménie,
P- 11,20, 94.
AÏLAH où ÆLana, port de l'Arabie Pétrée, sur la mer
Rouge, et dépendant du royaume de Jérusalem,
P- 291, 473.
AÏN-TaB, Anthaph' en arménien, Hamtap ou Hatap des
historiens latins des croisades, Aÿ6a de Ptolémée,
place forte dans le nord de l'Euphratèse, p. 108,
126, 138, 156, 164, 165, 176,182, 185, 347,382,
646.
AKHALTZIKHE (Pachalik d'}, correspondant à l'ancienne
province de Daik’, dans le nord-ouest de la Grande
Arménie, p. 195.
AKMA-DaGu, section septentrionale de la branche orien-
tale de l'Amanus, p. xxvir, xx1x.
AxsARA, ville de la Karamanie, entre Kaiçarié ( Césarée)
et Konieh {Iconium), p. 517.
Ak-SchEuR (La plaine d'), aux environs d'Erzendian,
dans la province de Haute Arménie, p. 545.
Ar-Sou. — Voir Cesraus.
102
810 INDEX.
ALa-DaGH, massif montagneux de l'Anti-Taurus, au nord
de la Cilicie, p. xx.
ALaïa ou ALayaA, l'ancienne Coracesium, ville de la côte
_de Pamphylie, p. xxx1rv, XXXVIE, XXXVIII, 721.
ALAMOUT, forteresse des Ismaëliens, dans l'Irak-Adjemi,
p- 486.
ALANs ou ALAINS, peuples émigrés à différentes époques
dans le Caucase, sur les bords du Danube, dans la
Germanie, les Gaules et la Péninsule hispanique;
les Âses des annales géorgiennes, lases des chroni-
queurs russes, aujourd'hui les Ossètes ou Osses,
P. 129, 312.
— Défilé aes Alans. — Voir DarieL.
ALARA, moderne Alara-Hissar ou Alara- Kalessi, chàâ-
teau fort de la côte de Pamphylie; Alara-Sou , nom de
la rivière sur le bord de laquelle ce château s'éle-
vait et à laquelle il a laissé son nom, p. xx, xxxvu1,
638. :
ALBANIE. — Voir Ac'ouans (Pays des).
ALBISTAN, ELBISTAN ou ELBosTAN. — Voir ABLASTHA.
ALEÏENNE (La plaine), rù Aior wédiov, Aleïus campus,
appelée par les Arméniens, au moyen äge, plaine de
Mëéloun, aujourd'hui Tchukur-Ova (plaine basse),
plaine de la Cilicie, comprise entre le Cydaus et le
Pyrame, p. xLvi1, 352. |
Auep, l'ancienne Berrhœa, ville de la Syrie, p. uiv, 5,
82, 89, 94, 110, 114, 115-116, 121, 123, 128,
131,132,134, 137, 138,139, 145, 147, 148, 160,
164.179, 183, 185, 186, 189, 194, 195, 199, 205,
270, 322, 331, 341, 346, 351, 353,356, 357,360,
362, 370, 372, 375, 380, 382. 388, 4o1, 4o4, 420,
461, 486, 508, 509, 521, 538, 542, 545, 546,
b47, 617, 624, 648, 671.
— Baudouin du Bourg, roi de Jérusalem, et Josselin,
ayant réuni leurs forces avec celles de plusieurs princes
musulmans, tentent un coup de main sur Alep,
p. 143-142.
ÂLEXANDRETTE, Alexandria ad Issum, Iskendéroun, ville
du nord de la Syrie, sur les limites de la Cilicie;
Alexandriola de Raoul de Caen; siège épiscopal, p. nu,
XXVI, XXVIII, XXX, 91, 171, 464, 628, 673.
— Golfe d'Alexandrette, p. xx1X, xxx, XXXIII, XLVHI,
CI.
— Défilé d'Iskendéroun, autrement appelé Pylæ Syro-
Ciliciæ et Portella.
ALEXANDRIF, Capitale de l'Égypte, p. XXxIV, 489.
— Siége de l'évangéliste saint Marc, p. 677.
— Prise par les Arabes, commandés par Ainrou, p.230.
— Par Pierre 1", roi de Chypre, p. 715.
Azexis (La contrée d'), la Sophène ou Quatrième Ar-
ménie , à l'est de l'Euphrate, p. 198.
AuTaïi (le mont), Éxréô, séjour du grand khan des
Turks, p. 317, 318.
Auaix’, écrit aussi Amouix , place de la Cilicie, p. 616,
6:17.
Amanus, ses deux branches, orientale et occidentale,
OP. AXI, XXVI, XXVII, XXIX.
— Défilé de l'Amanus, Pylæ Amanides, p. xxvi-xxx,
247.
— Montagne Noire, partie de l'Amanus, au nord d’An-
tioche. — Voir MonTaGne Noire.
AMasée, ville du Pont, dans le nord de l'Asie Mineure,
chef-lieu du Thema Armeniacum, p. 176, 324.
AMID ou AMITH, Amida, en arménien Dikranaguerd (Ti-
granocerla), ou la ville de Tigrane . aujourd'hui Diar-
békir, dans la Mésopotamie arménienne, p. 7-8, 12,
114, 320, 334, 339, 357, 391, 614, 646.
— Siége archiépiscopal, p. 675.
— Prise par les Mongols, p. 652.
AMMAN, localité de l'Arabie Pétrée, non loin du château
de Schaubak : p. 473.
Amoupa, Adamodana de Willebrand d'Oldenbourg,
Tumlo-Kalessi d'aujourd'hui, château donné par
Léon IT à l'Ordre teutonique et situé à l'entrée orien-
tale de la plaine cilicienne, p. xLvi, xzvuir, 341, 453,
508, 516,618, 637.
— Gué d'Amouda ou Amoudein , sur le fleuve Djeyhän,
p. 949.
"ANA, ville et forteresse de la Mésopotamie. — Voir
Kuani. ; |
ANaB, Nepa de Guillaume de Tyr, forteresse de la prin-
cipauté d'Antioche, sur la rive gauche de l'Oronte,
p- 161.
Axasan-Sou ou KorsuLa-Sov, rivière de la Cilicie, l’un
des affluents du haut Pyrame, p. xxvi.
ANABAGATA en arménien DaNAvAGH'a, siège archiépis-
copal de la Syrie ou de la Cilicie, p. 676.
ANALIBLA. — Voir LARANDA.
ANALIOUR, gros village de la nrovince de Vasbouragan,
dans la Grande Arménie, p. 113.
ANAMOUR Où ÂKÉMOUR, Anemunium , aujourd'hui Esten-
mur, château et ville de la Cilicie Trachée, sur la mer
de Chypre, siége épiscopal, p. xx, xxxiv, 638,
6-3.
— Anemurium promontorium, cap d'Anamour, la pointe
de terre de l'Asie Mineure la plus avancée vers le
sud, suc la mer de Chypre, p. xx.
ANaNIA (Couvent d'}, dans la Montagne Noire.
ANASCHA ou ANNAscHA-KaLessr, châtean de la Cilicie,
sur une des montagnes que traversent les Pylæ Ci-
liciæ, p. XxXHI.
ANATOLE, en turk ANapor.u, l'Asie Mineure, p. xxix.
ANAZARBE , nommée par Matthieu d'Édesse Nouvelle Troie
ou Troade, Ain-Zarba des Arabes, Naversa des chro-
niqueurs latins, métropole de la Seconde Cilicie,
siége archiépiscopal, p. xxv, xLv, XLVI1, 4-5, 30-31,
83, 95,117. 152,153, 171, 186. 449. 463. 4go,
499, 503,505, 506,545, 549, 577. 616,617, 622.
664, 671, 654, 686.
ANCHIALÉ , ville maritime de la Cilicie Champètre, fondée
par Sardanapale, roi d'Assyrie, l'ancien port de Tarse,
p. XVI, XXXIII, XL, XLI.
AncYRe, métropole des Galates, chef-lieu du Thema
Buccellariorum, évèché arménien, p. Lxviu, 176.
ANDAL-KALÉ, château de la Cilicie, dans le voisinage et
à l'est de Sis, p. xLvII.
Anpricus, chaine de montagnes de la Cilicie Trachée,
p. XXXVIII.
ANË. forteresse de la Cilicie orientale, p. xxx1, 637.
ANÉMOUR. — Voir ANAMOUR.
Axi, capitale des rois bagratides, dans le district de
Schirag, province d'Ararad, dans la Grande Arménie,
P. L, LXXIV, 22, 130, 140, 141,146,151,191, 106.
197, 235, 236, 323, 435, 443, 451, 580, 681,
684.
— Archives royales de cette ville, p. xui.
— D'abord siége du patriarcat arménien, puis devenue
archevêché et enfin simple évêché, p. Lxix, 674.
— Livrée aux Grecs, p. LxIv.
— Prise par le sulthan Alp-Arslan, ibid.
NOMS GÉOGRAPHIQUES,
A1, forteresse de la province de [Haute Arménie ,autre-
ment appelée Gamakh.
AnouscH-Perr. — Voir ANTÉMÉSCH.
ANTARAOUS ou Torrose, ville maritime du comté de
Tripoli, P- 302.
ANTÉMESCH , en arménien Anousch. Pert {le Château sans
souvenir ou le Château de l'oubli), forteresse qui ser-
vait de prison d'État en Perse et située dans le Khou-
jasdan (Khouzistan moderne), p. Lx.
AxTi-LiBan (La chaîne de l'}, p. 156.
ANTIOCHE , l'ancienne capilale de la Syrie et, au lemps
des croisades, siége d'une principauté, P- XXVUI, LI,
LIV, 9, 31, 34, 39, 4a, 54, 56. 97, 61, 97, 106,
119, 121,123, 124, 127,134 14, 143, 146, 147,
193, 156, 158, 162, 164. 169, 179, 186, 220.
274, 319, 323, 324, 327, 329, 336, 349, 352,
394, 871, 376, 381,382, 4oi, 4o3, 413, 417, 460.
464, 472, 478, 480, 482. A84, 503, 909, 514,
521, 545, 552, 563, 992, 614, 615, 621, 624,
635, 638, 673, 677, 692. |
— Duché d'Antioche, sous les empereurs byzantins,
P. XXI.
— Assiégée et prise par les croisés, P. LI.
— Tombe au pouvoir de Léon II, p. 543.
— Enlevée aux Franks par Beïbars, p. 652.
ANTIOCHE DE CALLIRHOË. — Voir Ébesse.
ANTIOCHE DE Pisipie ou Antiochette, p. 31.
ANTIOCHETTA, ANTIOCHIA PARVA ou bien ANTIOCHIA AD
CraGu, ville de la Cilicie Trachée, siége épiscopal ,
p. 638, 673.
ANTI-TaAURus, prolongation de la chaîne du Taurus ci-
licien, vers le nord-est, jusque dans le nord de la
Cappadoce, P.nT, xx.
ANTouscHpz, château de la Cilicie Trachée, p. 618.
ANTRIAÇANK’, ou couvent des ANDRÉANS, c'est-à-dire
des frères de Saint-André, auprès de Partzérpert,
dans le Taurus cilicien, P- LXXHI.
ANTZÉvATSIK’, district au nord-est de la province de
Vasbouragan, s'élendant jusqu'à l'Araxe, dans la
Grande Arménie, p. 10, 21, 53g.
APAMEA CiBOTUs, aujourd'hui Afioun Kara-Hissar, ville
de la Phrygie, P. xx.
APAMÉE, ville de Syrie, siége archiépiscopal, p. 107,161,
179,674.
ÂqQu£ CaLipÆ, station thermale dans le Taurus cilicien.
p. xx1.
ARABES (Les) DU DÉSERT, réunis à Saladin, détruisent
avec lui la forteresse bâtie par Baudouin IV, roi de
Jérusalem, au Gué de Jacob, p. 38).
— Les Arubes d'Égypte, p. 329.
* ARABISSUS, nom altéré par les Arméniens sous la forme
Araçous, ville de la Cataonie, dans la Cappadoce
méridionale, p. 512.
ARABTHIL, bourg ou château de la Mésopotamie, p. 306.
ARaçous. — Voir ARABISSUS.
ARADZANI, Arsanias de Pline, aujourd'hui Mourad-Tchai,
l'Euphrate méridional, p. 94.
ARÆ ÂALEXANDRI, localité sur le bord oriental du golfe
d'Alexandrette ; Bomitæ de Pline, Sakkâl-Thoutân des
Arabes et des Turks, Jonas Pillars des navigateurs
modernes, p. XXVII. |
ARaGu'iA, et ARAGH'A, Âral, pays au nord et au nord-est
de la iner Caspienne, partie du Turkestan, p. 314,
319, 317.
ARAKADZ, montagne qui a donné son nom au district
811
d'Arakadzodën, dans le nord ile la Province d'Ararad,
p. 236.
ARARAD Ou AïRARAD, l'une des quinze provinces de la
Grande Arménie. P. LXIX, 95, 580, 68:.
— Ananab ou Macis, célèbre montagne située dans la
même province, P- 173.
ARAXE, fleuve de la Grande Arménie débouchant dans
la mer Caspienne, aprés sa jonction avec le Gour ou
Cyrus, p. xLix, Lxxvi, 130, 136.
ARBÈLES, Erbil des modernes, ville de l'Assyrie, cé.
lèbre par la victoire d'Alexandre le Grand sur Darius,
p. 317.
ARCHERS (La nation des), expression par laquelle les
écrivains arméniens désignent quelquefois les Mon-
gols, p. 552.
ARDASCHAD, capitale de la province d'Ararad, dans la
Grande Arménie. au temps de la dynastie des Arsa-
cides, p. 552.
Anpaz, district de la province de Vasbouragan, dans la
Grande Arménie, p. 248, 702.
ARDJËSCH , ville de la même province de Vasbouragan,
sur la rive nord-est du lac de Van, p. 195, 608.
ARDZËN et ARDzÈx.ERROUM ou ARZEN-ERROUM, Âpréé,
ville de la Haute Arménie, ruinée et remplacée aujour-
d'hui par Erzeroum, P+ XXVI, GI, 191, 195, 455,646.
ARDZÈVIS. — Voyez AïDzIATs.
ARDZKHAN, forteresse située probablement sur le terri.
loire d'Antioche., P. 199.
AREx, couvent arménien, dans la Montagne Noire ou
Sainte Montagne, p- vaxur, 63, 299, 635.
AREVENTAN, Rawendan. Ravendel, Ravenel, forteresse
de l'Euphratèse, p. 36, 87, 126, 164.
An‘'1OuDz-PerT, c'est-à-dire la forteresse du Lion, chà-
teau de la Cilicie, p. 618. |
Aka , ville du comté de Tripoli, P-5,44,799,157,179.
ARK'AGAGH IN (liltér. le noisetier du roi, ou le noïsetier
royal), couvent de la Cilicie, auprès de Sis, p. Lxxun,
427, 458, 508, 634, 640, 737.
ARMÉNIE , divisée en Grande Arinénie. p. 432.
— Première, Deuxième, Troisième et Quatrième Ar-
ménie, P. LXIX sqq. 471.
— Haute Arménie, l’une des quinze provinces de la
Grande Arménie, dans le nord-ouest, P. LXXIL.
ARMÉNIE (Petite), Arménie Mineure, Armenia Minor ou
Seconde Arménie; ce nom de Petite Arménie appliqué
spécialement à la Cilicie, pendant le moyen âge,
p.11, XXVIII, 201, 360, 467.
— Distinction géographique et réelle entre cette déno-
mination et celle de Cilicie. p.11.
— La Petite Arménie érigée en royaume en faveur de
Léon IT, p. Liv.
ARMÉNIENS (Les), dans la Mésopotamie, dans l'Euphra-
tèse et la Cappadoce, P. XLIX.
ARRAN, district de la Grande Arménie, sur l'Araxe.
le Karabagh moderne, p. 130.
ARSAMOSATE, en arménien Arschamouschad ou Asch-
mouschad, ville du district d'Arschamounik', dans la
province de Douroupéran, Grande Arménie: siége
archiépiscopal au moyen âge, Arsamote de Pline, Ar-
samosata de Ptolémée, p. 675.
ARsêNÊ ou ARsissa Parus. — Voir Van (Lac de).
Ansour ou Arsour, Apollonias, ville maritime du
royaume de Jérusalem, p. 61, 400, 478, 605.
ARTAH, ARTASIA, ville de Syrie, dans le voisinage et au |
nord-ouest d'Alep, p. 82.
102.
812 INDEX.
ArTsaru, l’une des quinze provinces de la Grande Ar-
ménie, vers l'est, p. L, 200, 557.
AnzEeN-EnRou“. — Voir ARDZËN.
ASBARAN. c'est-à-dire la ville des chevaux (Asb) , Ispahan
moderne, p. 120.
ASsCALON, ville maritime de la Palestine, comprise dans
le royaume de Jérusalem , p. 46, 61, 183-184, 277.
278, 344, 398 436, 441, 479, 478.
AscapiscHap, c'est-à-dire la ville des sacrifices, dans le
district de Darôn, province de Douroupéran, Grande
Arménie, p. 136.
AscHNAG, grand bourg de la province d'Artsakh, dans
l'Arménie orientale, p. 200.
ASCHORNËX ou ARSCHAROUNIK, anciennement Eraskha-
r (littéralement vallée de l'Araxe), district de la
province d'Ararad, dans la Grande Arménie, p. 46.
Âses ou Îases. — Voir ALANs.
AsGour'as, forteresse de la Cilicie, p. 506, 548, 623,
680.
AsuËNTzouG où bien Rivière De Sis, l'un des affluents
du Pyrame, baignant sur la gauche la montagne oÿ
, Sélève Sis, p. xLvIt |
AsPENDUS, ville grecque de la Pamphylie, sur l'Eurymé-
don, nommée Primopols, sous les empereurs byzan-
tins, p. XXXV, XXXVII.
ASSYRIE, réunie par les Arméniens sous la même dé-
nomination que la Syrie, Asoresdan, p. 321,371.
ÂTHAREB, en arménien Thereb, Cerepum, Cerep, Ce-
BaBar'ON, chäteau fort de la Cilicie, dans le voisinage
de Lampron, apanage des cadets de la famille des
princes héthoumiens, p. xxn1, LxxvI, 509, 558, 619.
622, 623,625, 628, 637, 649, 656, 680.
Baez (La tour de),p. 251, 312.
BaByLonE , capitale «le l'antique empire des Babyloniens,
p. 655.
— Le vieux Kaire, Misr, et aussi quelquefois Bagdad,
dans les écrivains arméniens et les chroniqueurs la-
lins du moyen âge, p. 19,136, 251. 266, 280, 348,
363, 496, 720.
— Lo soudan de Babilonia, le sulthan d'Égypte, p. 723.
BacTriane (Les rois de la), branche de la famille des
Arsacides, p. Lvi.
Bapimum, ville et poste militaire de la Cataonie, p. xxv.
BaGpap, Irénopolis, p. 19, 31, 109, 129, 148, 185,
325, 326, 346, 363, 401, 468, 486, 406, 674.
— Grande mosquée de, p. 131.
— Siége patriarcal, p. 674.
BaGu'in, district de la province de Quatrième Arménie,
p. 637.
BaGras, Bagaras, en arménien Bagh'ras, l’ancienne
Pagrx, ville et château fort du terriloire d'Antioche,
nommé aussi Sara , xxvin1, 171, 303, 354, Ao1, 512,
545, 637. 648.
— Défilé de Bagras. le PARTS Béli-Boghaz, p. xxix,
xxx, 464.
Baun-ec-Koczouu, nom de la mer Rouge, chez les
Arabes, p. 473.
BaïÆ, aujourd'hui Païas, ville située entre la Cilicie et
la Syrie, eur le bord oriental du golfe d'Issus ou d'Is-
kendéroun, confondue quelquefois, mais par erreur,
avec ÂAïas, sur l'autre côté du même golfe, p. xxx, 628.
peron et Gerez, l'ancienne Sarepla Sidoniorum , chà-
leau fort dans le voisinage el an nord-ouest d'Alep.
p. 95, 123, 124, 144.
ATRÔA, plaine au pied du mont Olympe, dans la Bi-
thynie, p. 25.
ATTALIE où ADALIA, en arabe Anthalia — Voir Sarauie.
Auçai, lieu situé sur le Tigre et dans le voisinage de
Tigranocerte ou Amid, dans la Quatrième Arménie.
p. 8.
AuLos (La plaine d'}, probablement la plaine d' Érégl
(Héraclée), dans la Lycaonie, p. 60.
Aurascn, Ourascn, localité de l'Euphratèse, sur la
rivière Sinja (Singas), au sud-ouest de Samosate,
p. 133.
Auzoun, localité de la Mésopotamie, à deux journées
de marche de la ville de Khar'an ou Harran (Carræ),
P- 72:
Avarair, village du district d'Ardaz, dans la province
de Vasbouragan, Grande Arménie, p. 248.
Avzascu, entrepôt des marchandises à Tarse, sur le
bord de la mer, AüAal d'Étienne de Byzance, p. xr.
XLH.
Azaz ou Ezaz, Hasarth, place forte à une journée d'Alep,
a l'ouest, p. 121, 127, 143, 144, 145, 164, 165,
342, 352.
AZERBEÏDJAN. — Voir ADÉRBADAGAN.
Azorarrs, peuple noir d'Éthiopie, auxiliaire des Ésyp-
tiens contre les Franks. a la bataille d'Ascalon, p. 46.
BaLaNéE, VaLENIA où BELinas, ville de la côte de Syrie
dans la principauté d'Antioche, p. 18, 18g.
— Prise par Pierre I", roi de Chypre, p. 716.
Ba'LBex (Héliopolis), ville de la Syrie, siège archiépis-
copal, p. 14, 61,148, 352, 6759.
— L'émir de Ba’lbek résiste d'abord à Saladin, puis
fait sa soumission, p. 388.
Baux, le Balissus ou Belias des anciens, l'un Fe af-
fluents de l'Euphrate, se jetant dans ce fleuve à
Rakka (Nicephorium), p. 73, 243:
Biuis, ville de la Syrie, p. 97. 145, 185.
Bauxà, territoire montagneux , dans l'Arabie Pétrée, au
sud-est de la mer Morte, p. 473.
Bâ'RiN, ville de la Syrie, dans le district de Hamah,
avec ne ciladelle qui fut bâtie par les Franks, Mons
lerrandus, p. 372.
BaRkHAR (Mont), le Paryadrès des anciens . danse Daik",
province du nord-ouest de Ja Grande Arménie, p. 136.
Bansoma ou Bar-Tzaumi (Couvent de Saint-), résidence
du patriarche des Syriens jacobites, non loin de la
forieresse de Gargar’, dans DS p. 163, 309.
342, 424.
Bascakirs (Les), peuple nomade de l'Asie centrale, de
race lurke, p. 316.
BasiLiens (Le couvent des), dans la Montagne Noire ou
Amaous, p. 614.
BassorA, Basrah, ville commerciale du golfe Persique,
p-C, 128.
BEAUFORT ou BeLroRr. château de la Syrie, dépendant
de la baronnie de Saïette et Beaufort, p. 487.
Bésou, forteresse de l'Euphratèse, non loin de Gargar',
p. 140.
BeunEsni, BEHESNA ou Benespin. vulgairement RÊsNI.
NOMS GÉOGRAPHIQUES.
place forte de l'Euplratèse, située entre R'aban et
Hisn-Mançour (en arménien Haçan-Mécour), p.108,
127, 133,154, 162,165, 199-181, 194, 342, 353.
375, 449, 489, 520, 524. 943, 655.
BeïLan, village et défilé dans l'Amanus, au nord d'An-
tioche, p. xxvirr, xxx.
Bexas, forieresse de la Syrie, dépendant du gouverne-
ment de Kinnesrin, p. 303.
Bear, localité au nord-est d'Antioche, p. 123.
BeuBeïs, l'ancienne Péluse, ville de la Basse Égypte,
P. 359, 363, 475, 476.
Bezinas. — Voir Panéas.
BerœA, ville de l'éparchie de la Thrace, la moderne
Véria, p. 440. |
BersABÉE , ville de la tribu de Siméon , sur la frontière
d'Israël, dans le pays des Philistins, à l'entrée du
désert, p. 246.
BenTin (L'abbaye de Saint-), de l'ordre de Saint-Benoît,
à Saint-Omer, p. 470.
Bényre, Bevrouru ou Bérouru d'aujourd'hui, ville de
la côte phénicienne, siége archiépiscopal, P- 17. 91,
92.277, 400, 473, 479, 486, 488, 675.
BéTHANIE, bourg de la tribu de Benjamin, situé sur la
montagne des Oliviers: pris par Saladin, p- 282, 294.
BEerHLÉHEM , ville de la tribu de Juda, à environ deux
lieues au sud de Jérusalem, p. 284, 486.
BersPHaGé, bourg à une demi-lieue de Jérusalem, .
situé, comme Béthanie, sur le mont des Oliviers,
P. 294.
BeTusan (Scythopolis), ville principale de la Décapole,
non loin du Jourdain. p. 16.
Beyrouta ou BérouTH. — Voir BÉRyTE.
Bezau, Boza' ou Biza', Nièé, ville du lerriloire d'Alep,
P.- 122,193, 154.
Bica. — Voir Pecx.
Binac, château de la Cilicie, p. 680. |
Bir ou Brran, place forte de la Syrie, dépendant de la
CaranDa. — Voir KAFARTHÀB. |
Caïpna, Heïfà en arabe, petite ville et château au pied
du mont Carmel, p. 478, 485.
CALAMELE, localité de Syrie, mentionnée par Marino
Sanulo comme siluée entre Hama et Hems (Émesse).
p. 487.
CALANTHEA, ville de la cûte de Cilicie, aujourd'hui Er-
demlu , à la limite de la Cilicie Trachée et de la Cili-
cie Champètre, p. 613. |
Cacycapxus, ou Fleuve de Séleucie, daus la Cilicie occi-
dentale, nommé Saleph ou Sulef, Salephii flumen,
Aqua Selephica par les chroniqueurs du moyen âge,
aujourd hui Gôük-Sou ou Ermének- Sou , P. IV, XX,
XXI, XXXVHI, LIT, 403, 478, 565, 635.
— Fleuve d'Isaurie des Arméniens, P. XXXVIH, 645.
Camara ou Camera, ville de l'île de Crète, dans le nord-
est, p. 703.
CawBrisoPoLis, ville épiscopale de la Cilicie, dépendant
du siége d'Anazarbe, p. 673.
CANAMELLA, château et district du territoire qui borile
à l'est le golfe d'Alexandrette, P. XXX.
CanDELOR. -— Voir SCANDELOR.
CAPOTÈES, imontagne au nord-ouest de la Grande Arimé-
nie, où l'Euphrate prend sa source, p. 360.
813
préfecture de Kinnesrin. P- 93, 109, 116, 342.
528. : |
BiTHYNIE, répondant à peu près aux deux thèmes Obse-
quium et Optimatum, sous l'administration byzantine,
p. 330.
Brzou, ville de la Cappadoce, présumée avoir existé
dans le voisinage de Césarée. P. L.
BLACHERNES (La grande église de), à Constantinople,
P. 190. | |
Bocquée (La), La Bocches, localité voisine du château
des Kurdes, Hisn-el.A krad, à l'ouest de Hems (Émesse),
p. 195, 358.
Bormara, ville du Mä-Warä-Ennahr ou Transoxiane,
p. 646. |
Boknara (Le Nour de), petit district entre Bokhara et
Samarkande, p. 318.
Bousos, fleuve de la Cilicie Champêtre, p. 613.
BomiTÆ. — Voir ARÆ ALEXANDRI.
Bosphore DE THRACE (Le), p. xxxv.
Bosra ou Bostra, Bussereth, ville de l'Idumée orien-
lale, dans le pays de Themän : siége archiépiscopal,
p. 89, 674.
— Le pays de Bosra, p. 480.
BouLGHar-DAGu , massif montagneux du Taurus cilicien,
P. XX, XXI, XXII, XL.
Bounpi-ec-Raças (la tour du Plomb), forteresse du
terriloire d'Alep et non loin d'Antioche, p. 164.
Bouninies, porte de la ville de Mélitène, p. 1957.
Bourzô, Borzia, Berzouïa, Bourzaié, ville dans le Liban,
P- 18. 302, 303.
Bn'aGana, châleau fort de la Cilicie, P. LxxxvI, 629,
637, 650.
BuTReNTOTH ou BUTRENTUM. — Voir PODANDUS.
ByBros, Bisiium, GiBecer ou GiBLer, en arabe Djo-
bail, ville maritime du comté de Tripoli, p. 17, 79,
303, 4oo, 473, 479.
— Le seigneur de Gibelet, p. 389.
CaPPADOGCE (La), au pouvoir des émirs turkomans de la
lamille de Danischmend, 176, 324, 340, 345, 354,
374, 575, 611, 618, 64y.
— Dépendant de la juridiction de l'évêque arménien de
Tarse, p. 377.
— Comprise dans la division de l'empire romain sous
le nom de Première Arménie Npory Apuévia, p. 576.
CARIENS, peuples du sud-ouest de l'Asie Mineure; ter-
minaison particulière qu'ils donnent aux noms de
localités, et dont la trace se retrouve dans toute la
partie sud-ouest de l'Asie Mineure et Jusque dans
l'île de Rhodes, p. xxu.
Carmez (Mont), au sud de Ptolémais, dans la Galilée,
p. 485.
CaspiÆ Prix, au sud-est de la mer Caspienne, entre la
Médie et la Parthyène. p. 312.
CasTABALA ou CAsTABALUS (Castavali), ville épiscopale
de la Cilicie orientale, p. xxx, 673.
CASTAMON, ville du Thema Paphlagonum, dans l'Asie
Mineure, aujourd'hui Kastemouni, P. 149, 335.
CasTEez ANaBaD, château du Taurus cilicien, au nord-
est de Sis, P. XLVH.
CasTez LomBarDo, localité du littoral de la Cilicie Tra.
chée, p. xxx1v.
814 | = INDEX.
CASTELLUM GOTHOFREDI, ancien château fort, dans l’A-
manus, au nord d Antioche, p. xxvII.
CasTezLuu REGIS NiGrum. — Voir NiGRINUM.
CaTAONIE, partie méridionale de la Cappadoce, le Thème
de Lycandus sous l'empire byzantin, p. xxiv.
CarTarRaCTËS, fleuve de la Pamphylie, de hui Du-
den-Sou , p. xxxvII.
Caucase (La chaîne du), p. 312.
Cava (Locus depressus, vallis), localité de la plaine ci-
licienne, non loin et au-dessous d'Amouda, p. Lxv1.
CEbar, contrée de l'Arabie Pétrée, p. 291.
— (L'habitant de), expression pour désigner les Tur-
komans nomades, p. 290.
Cépron (La vallée de), ou vallée de Josaphat, entre
Jérusalem et la montagne des Oliviers, p. 203.
CéLenpenis, ville épiscohale de la Cilicie Trachée, sous
la juridiction du siége de Séleucie, p. 673.
CériNEs, ville et port de la côte septentrionale de Chy-
pre, P- XLI, XLV, 712, 713.
CÉSARÉE DE CAPPADOCE , capitale de la Première Armé-
nie, aujourd'hui Kaïçarié , p. xx1, xxIV, XxV, 31, 98,
157, 176, 177, 324, 333, 336, 357, 366, 372,
374, 462, 464, 496, Ban, 542, 544, 576, 617.
644.
CésaRéE DE Pazestine (Turris Stratonis), p. 16, 18,
143, 277, 398, 478, 484.
CésaREE DE PHiLipre, l'ancienne Panéas, Banias ou Be-
linas dans les chroniqueurs latins des croisades , ville
de la Palestine, située auprès de la branche du Li-
ban appelée Hermon, p. 49, 107, 378, 389, 476.
Cesrri (Ristria), ville épiscopale de la Cilicie Trachée,
sous la juridiction du siège de Séleucie, p. 673.
Cesrrus, fleuve de la Pamphylie, aujourd'hui Ak-Sou,
p. XXXVII.
Caaccis, ville de Syrie, Kinnesrin des Arabes, siége
archiépiscopal , p. 675.
Cuazor (Abbatia), abbaye de la plaine cilicienne, non
loin et au-dessous d Amouda, p. xLvI.
Caanzéens, nom des Khazares dans la Chronique sy-
riaque d’Aboulfaradj, p. 318.
Cuâreau Des Kuroes, Hisn-el-Akrad, dans la Syrie, à
l'ouest de Hems (Émesse), p. 179, 358.
CaÂrTeau DE La Monracxe (Le), au Kaire, résidence
des sulthans d'Égypte, 528.
CaÂâreau PELERIN ou Mont PELERIN, Mons Peregrinus,
Hisn-Sandjil (forteresse de Raymond de Saint-Gilles),
dans le comté de Tripoli, p. 58, 79.
Cuâreau (Le) des Pèlerins, Castellum Peregrinorum ou
Auith, sur le bord de la mer, à trois lieues sud-ouest
du mont Carmel, dans le royaume de Jérusalem,
p. 484.
Cuâreau pu Roi (Le), forteresse du royaume de Jéru-
salem auprès de Saint-Jean-d'Acre, sur le Nahr-el-
Na'man, p. 166.
Cuini, Ciriun, casal de l'île de Chypre, p. 716.
Cao, ville du Thème des Thracésiens, dans l'Asie
Mineure, anciennement Colossæ de Phrygie, p. 482.
Caoursa-Sou, affluent septentrional et principal du
Pyrame, auquel il se réunit dans la Cappadoce méri-
dionale, p. xLIv.
Cayrre (L'ile de), p. xxxv, xxx1x, 106, 6 186, 188,
561, 667.
— Royaume de Chypre sous les souverains de la mai-
son de Lusignan, p. Liv, 425, 428, 4h41, 467, 469,
478, 480, 482, 486, 514, 746.
— Descente qu'y font Renaud de Chätillon et le prince
arménien Thoros 11, p. 621.
— Diocèse arménien sous la juridiction d'un évêque
résidant à Nicosie, p. Lxx.
CiBYRRÆOTARUM THEMA, comprenant la Lycie, la Pam-
phylie et la partie occidentale de la Cilicie Trachée,
P. XXXVII.
Cicicie (La) ou Royaume de La Petite Arménie, Armenia
Minor au moyen âge, p. 126, 147, 151, 153, 154,
156, 165, 167, 169, 171, 172, 173, 186, 324,
330, 333, 336, 345, 347, 352, 361.
— Limites de la Cilicie, p. x1x.
— Sa position et son importance parmi les provinces
de l'Asie Mineure, p. xvii. |
— Maîtres sous lesquels elle passe, depuis l'antiquité
jusqu'à nos jours, p. XVII, XIX.
— Divisée en Cilicie Champêtre ou des plaines {Cilicie
orientale) et Cilicie Trachée ou montagneuse (Cilicie
occidentale), p. xvir, xxx, 449, 560, 613, 635,
731.
— La Cilicie propre, depuis le Pyrame jusqu'à la fron-
tière de Syrie, p. XxxI.
CrrcaAssIE, partie du Caucase occidental, habitée autre-
fois par les Tcherkesses, aujourd'hui émigrés dans
l'empire ottoman, et remplacés par des colons russes
et cosaques, p. 136.
CisTrauos, ville de la Cilicie Chamyètre, p. 136.
CLauDioporis, Mout des modernes, ville épiscopale de
l'Isaurie, dans le Taurus, au nord-ouest de Séleucic
Trachée, p. xxin1, 673.
Cocusus ou Cucussus, place forte de la Cataonie, dans
la Cappadoce méridionale (Thème de Lycandus),
Coxon des historiens latins des croisades, aujour-
d'hui Gôgsün ou Gôgsyn, p. XXIV, XXV, XLIV, LXXI,
31.
CoELÉSYRIE (La), habitée par des populations armé-
niennes au xl siècle, p. 322, 576.
CocezLaquus. — Voir GoucLac.
CoLoxiA, en arménien Agh'ounizor, ville de la Seconde
Arménie, sur l'Euphrate, au nord de Mélitène, évé-
ché arménien, p. LxIx.
Cooxxes D'Hercuze (Les) ou Détroit de Gibraltar,
P. XXXV.
COMAGÈNE, partie septentrionale de la Syrie, Euphra-
Lèse sous l'empire byzantin, p. ir, 636.
Comana CappapociÆ, ville de la Cataonie dans la Cap-
padoce méridionale, p. xxiv, cxx11, 382.
Couans, peuple habilant au nord de la mer Caspienne;
les Polovtses des annalistes slavons et russes, les Kip-
chaks des auteurs arabes, p. 315, 316.
Cour, localité entre Kcç'oun et Marasch, dans le Tau-
rus cilicien, p. 198.
Commonis, forteresse de l'Amanus, assiégée et prise par
Cicéron, p. xxx.
ConsTaxTiNoPLe, la ville impériale, siége du patriarche
grec ou patriarche œcuménique, p. 116, 117, 149,
192,193, 167, 169, 190, 191, 193, 199, 327, 338,
341,360, 373,384, 413, 44o, 464, 474, 486. 490. :
901, 961, 565, 566,617, 623, 627, 656, 677.
— Évêché arménien au temps des empereurs byzan-
lins, érigé en archevêché avec rang et litre de siége
patriarcal par Mahomet Il, après la prise de cette
ville, p. Lxx.
— Assiègée et prise par les Latins, p. 480, 642.
— Reprise par Michel Paléologue, p. 652.
EL mn
NOMS GÉOGRAPHIQUES.
Coquana, localité de la Cilicie, évêché, P. LXVIH.
CoRACEsIUM, ville de la côte de Pamphylie. — Voir
ALAÏA. |
Corxæuu, ville de la Phrygie, aujourd'hui Kutaieh
P. 193.
Coxon. — Voir Cocusus.
CraGus, chaine de montagnes de la Cilicie Trachée.
P. xxx.
CrésiPBOx, en arménien Dispon ou Gadispon, capi-
tale de l'empire perse, sous les Sassanides, p. 3i7.
CoMBETErFORT ou CumBerarorr, château fort donné à
l'Ordre teutonique par Léon II, et situé dens Ja
plaine cilicienne: visité au xui° siècle par le prince
allemand Willebrand d'Oldenbourg, p. xuvin.
DavsGaspan ou pays des Dadjigs (voir ce mot), expres-
sion désignant d'une manière spéciale la portion de
l'Asie Mineure occupée par les Musulmans, la contrée
de Roum , et quelquefois d'une manière générale lous
les pays habités par les sectateurs du Koran, p- 150.
Daoyié, en persan Vadjik, nom donné par les Armé-
niens d'abord aux Arabes nomades et ensuite aux
Arabes, aux Turks et à tous les Musulmans collecti-
vement, p. 5, 361,413, 42a, 447, 452, 496.
— Origine de ce nom, p. 325.
DavsiG, nom d'un pic du Taurus cilicien, p. 137.
DaGuesraN , contrée montagneuse du Caucase oriental ,
p. 137. |
DaGie (Gastina dicta), localité de la plaine cilicienne,
non loin et au-dessous d'Amouda » P- XLVII.
Daïx’, l’une des quinze provinces de la Grande Arménie,
au nord-ouest, correspondant aujourd'hui à la pro-
vince russe d’Akhalzikhe, P. 195.
Daïsan ou Scinrus, rivière qui baigne les murs d'É-
desse, à l'ouest, l'un des affluents du Balikh ou Belias,
P. 243.
DazisanDus , ville épiscopale de la Cilicie Trachée,
p. 673. |
DALMATE, mot pris dans le sens d'occidental, romain ou
frank, p. 259.
Damas, ville de Syrie, p. 5, 14, 15, 107, 108, 115,
141, 148, 184, 185, 189, 194, 304, 322, 346,
348, 353, 372, 374, 377, 380, 388, 388, 389,
393, 4o1, 408, 404, 406, 460, 474, 479. 480,
486,521, 528, 543,546, 547, 654, 657, 660, 662.
— Siége archiépiscopal relevant du patriarche latin
d'Antioche, 675.
— Évêché arménien, Lxx.
DÂmGÀ, l'ancienne HEÉCATONPYLE, ville de l'Hyrcanie
(Vérgan en arménien), p. 320.
DaMiETTE, assiégée par Amaury, roi de Jérusalem, de
concert avec les Grecs, p. 369, 476.
— ÂAssiégée de nouveau, prise et plus tard détruite
par les chrétiens, 434, 435.
Danim, montagne du territoire d'Alep, p. 124.
Danrzoup (La vallée de), dans le district de Tzoraph'or,
province de Koukark', dans la Grande Arménie,
P- 411.
Danuse (Expédition de Manuel Comnène sur le),
p. 361.
Dara, Anastasiopolis, ville de la Mésopotamie, p. 346,
399.
ô15
Cunaxa, ville de la Mésopotamie, célèbre par la défaite
du jeune Cyrus, p. xx.
CyBisrRA ou CvzisreaA, Kügiorpa, en arménien Guisicdr'a .
Guentrôsgavis ou Guentrosgô, ville et forteresse dans
la préfecture de la Cataonie, au nord-ouest et dans le
voisinage des Pyle Ciliciæ. P. XX, xx, 2, 30, 98,
193, 471. 499, 548, Grau. oo
— Autre place du même nom dans la préfecture de
Cappadoce, p. xxu.
Cvonus, fleuve de la Cilicie Champètre, aujourd'hui
Tersous-Tchai, p. xxxr, xxx, XL, XLI, XLH.
— Appelé par les Arméniens fleuve de Tarse, p. 467,
469.
Cyrus, fleuve de l'Arménie orientale. — Voir Gour
DaRanaLis. — Voir LaRAñDA :
Daniez (Le défilé de) ou détilé des Alans, Portes cau-
casiennes, Caucasiæ Pylæe des anciens, au centre de
la chaîne du Caucase, p. 312.
DaRÔN, district de la province de Douroupéran, dans la
Grande Arménie, p. Lxvir, 11, 13, 94, 136, 592.
Darou, ville de la Palestine, sur 14 frontière d'Égypte,
P. 247.
Dascuir, district de la province de Koukark'’, dans le
nord de la Grande Arménie. p. 323, 588.
Davip (La tour de), à Jérusalem , D. 845.
DcHaan ou DisvHäx, district de la Troisième Arménie,
el aussi nom du Pyrame, en turk et en arménien,
p.11, 80, 166, 197, 565. :
DcnéLéxors, château fort de la Cilicie, p. 667, 668.
Dcuouiman où DcHôLuar, village arabe de la Mésopo-
tamie, p. 96.
Décu'moun ( Boueuse), rivière du district d'Ardaz, dans
la province de Vasbouragan, Grande Arinénie.
p. 248.
Dezi-TcHaï. — Voir PixARus.
Decoux , Docoux, DoricHê, Tulupu, chäteau fort de Ja
Comagène, au nord de Ja principauté d'Antioche,
p. 61,126, 164. .
Deuir-KarPou, c'est-à-dire Porte de fer, en lurk, passage
très-étroit entre la montagne et la mer, au nord-ouest
du golfe d’Alexandrette, P. xxx.
DéPx'kis (en arménien); Tiflis, capitale du Karthli on
Géorgie propre, p. 129, 130, 136, 140, 141, 451.
Denpeçax ou Der-Beçax , Trapasa, château fort au nord
d'Antioche, sur le versant oriental de l'Amanus,
P- 171, 303, 4o1, 537.
DERBEND, ville et défilé au sud - est du Caucase, sur
la mer Caspienne; Caspiæ Pylæ, Porte des Huns,
ou Porte de Djor des Arméniens (T£oép de Procope),
p.197, 312, 313, 315, 316, 317, 417.
Dersenp-ec-MERraY. —— Voir PyLæ AMANIDES.
Deux-Sœurs (Tour des), à Antjoche, p. 40.
DiarBékIR, pachalik, ancienne Mésopotamie armé-
nienne, nom actuel de la ville d'Amid (vair ce nom),
p. 393.
DinBourkan, ville du Turkestan, p. 544.
DIKRANAGUERD (l'igranocerte), — Voir Amip.
DiocésaRÉE, ville épiscopale de la Cilicie Trachée,
sous la juridiction du siége de Séleucie, p. 673.
DisTRicTum. — Voir P1eRRE INcise.
DsanDas1, forteresse de la Cilicie, p. 636. |
816 | INDE X.
Dsepez-Missis (Montagne de Mopsueste), groupe mé-
ridional de la. branche occidentale de l'Amanus,
P: XLIY.
Dséséié. — Voir GABALA.
Drëcuer, en latin Giquerium, château fort, fief de la
couronne arménienne, sur Île bord oriental du golfe
d'Alexandrette, cédé par Léon Il aux Hospitaliers,
P. XXX, xLVIT, LxxIX, xCVII, 628, 636, 646.
DsEnasDaN, le pays des Djènes, la Chine, ou plutôt les
contrées à l'est de la mer Caspienne, qui, dans les
premiers siècles de notre ère, dépendaicnt de l'Em-
pire chinois, p. Lvin.
DreyuÀn , fleuve de la Cilicie Champètre. — Voir PxRAME.
DseymÂn-TcHai ou DsevHÂn proprement dit, bras gau-
che du Djeyhän (Pyrame). — Voir ce dernier nom,
“P- XIV, XCVI. ,
Dieyaoux ou Dyinoux, l'Oxus des anciens, p. 320,
646.
DsëziRé, ou DrÂR-DJÉZIRÉ, nom arabe de la Mésopota-
mie, p. 399, 480.
Doézine-1BN-Ouar, district de la Mésopotamie, p. 82,
109, 148, 404.
Doixin. — Voir GiNuM, GINEA.
Diosaiz. — Voir ByBcos, GIBELET.
Dsorrê-GLa, littéralement forteresse de Geoffroy, château
fort de la Cilicie, p. Lxx1x, 548.
Door {Porte de) ou déñlé de Derbend. — Voir ce der-
nier nom.
Dsouêr.. — Voir GABALA.
Docx'ovaru' ou mieux Docx'abaps”, ville de la province
de Douroupéran , Grande Arménie, p. 195.
Docorcanui , GorGoNIA ou OZzeilis, aujourd'hui In-
Épcuuianzix, les Tre chiese dans Pegolotli, aujourd'hui
Utch-Küilicé, les Trois Eglises, célèbre couvent de
l'Arménie, à trois heures de marche d'Érivan: siège
du catholicos ou chef religieux de la nation armé- |
nienne, p. xxvi, 233, 609.
— Ce siége, rétabli en 1441 et subsistant depuis cette
époque jusqu'à nos jours, p. 720.
— Riche bibliothèque de ce couvent, et catalogue de
cette bibliothèque publié à Tiflis, en 1863, p. 609.
ÉDEsse, métropole de l'Osrhoëne, primitivement Our’ha,
Antioche de Callirhoë sous les Macédoniens ; Justino-
polis au temps du Bas-Empire; Roha des Arabes,
aujourd'hui Orfa; siége épiscopal, p. Liv, 12, 48,
ho, 69, 70, 79, 82, 87, 88, 96, 100, 102, 104,
106, 109, 114, 118, 122, 125, 126, 133, 134,
148, 153, 154. 156, 194, 224, 227, 232, 239.
240; 268, 323, 328, 330, 340, 375, 379, 390.
4o4, 406, 456, 472, 501, 577, 611.
— Occupée par Baudouin de Boulogne, p. 35, 38.
— Assiégée et dévastée par l'émir Maudoud, p. 91,
gh
— Prise par J'atabek Emäd-Eddin Zangui, p. 157, 100.
— Par son fils Nour-Eddin, p. 161, 655, 674, 762.
— Par les Mongols, p. 652. |
Équises : Saint-Pierre, cathédrale d' Aoche. p. 624,
634.
— Les Saints-Apôtres, à Édesse, p. 38.
— Saint-Jean, ibid. p. 87.
— Sainte-Sophie, ibid. p. 81, 228.
Eunu, vallée près de Dorylée, dans l'Asie Mineure,
P. 29.
Dour, localité fixée à quatre journées de marche de la
frontière de la Syrie et de l'Égypte, et non loin du
Kaire, p. 657, 659.
DomwsrioPouis, ville épiscopale de la Cilicie Trachée,
p. 673.
Donyée, ville de la Phrygie, comprise, sous l'adminis.
tration byzantine, dans le Thema Obsequium, aujour-
d'hui Eski-Schehr, célèbre par la victoire que rem-
portèrent les croisés sur le sulthan Kilidj-Arslan I",
p. 27, 29, 194
Doss, district de la province de Vasbouragan dans la
Grande Arménie, ayant pour capitale Van, p. 737.
Doux, ancien district de la province d'Ararad, dans la
Grande Arménie, p. 235.
DourouPéra, l'une des quinze provinces de la Grande
Arménie, située au centre de ce pays, p. LxVIn, 10,
199, 418.
Drizês ou DaiztB10N, château fort à l'entrée du Taurus
par les Pylæ Ciliciæ (Kutek-Boghaz), p. xxu, 2ô.
Dupen-Sou. — Voir CATARRACTÉS.
Don-KaLa, château de la Cilicie, dans le Taurus, à l'est
de Sis, p. XLVII.
DZAMËNTAV ou SEMENDAV, Téauavèôs, ville de la Cap-
padoce méridionale, dans le Thème de Lycandus:
évêché arménien, p. L, LxvII, 157, 366, 576.
DzoPx'x (Sophène), district considérable de la Qua-
trième Arménie, p. LxIX.
Dzov ou Dzovx', château fort situé au milieu du lac de
Kharpert, dans la Quatrième Arménie, p. 198, 343,
415, 434, 455, 646.
— Saint-Thoros ou Théodore, à Édesse, p. 105.
— Les Saints-Confesseurs, ibid. p. 246.
— Notre-Dame de Sguëvr'a, près Laimpron, dans la
Cilicie, p. 558.
— Saint-Georges, attenant au couvent de Notre-Dame
de Sagh'rou dans le Taurus cilicien, p. 560.
— Saint-Grégoire l'Iluminateur, à Sis, p. 641.
— SaintMinas, a Adana, p. LXX, LXXXUI.
— Sainte-Sophie, à Tarse, p. Lu.
ÉGuises syriennes de la Cilicie : La Mère-de- Dieu, à
Sis, p. 922.
— Saint-Barsoma, ibid. p. 514, 522.
— Saint-Maroutha, auprès d'Adana, 670.
EcuéGuiars, district de la province de Haute Arménie.
Âcilisène des auteurs grecs, p. 542, 561, 592.
ÉGYPTE, p. 329,348, 353, 385, 387, 521, 697.
— Expédition de Baudouin [*', roi de Jérusalem, contre
l'Égypte, p-. 118.
— Limites, sur cette frontière, des possessions de Bau-
douin du Bourg, p. 126.
— Expédition d'Amaury, roi de Jérusalem, p. 153.
ÉGYPTIENS En des) en Cilicie, p. 461, 463, 467,
487.
ELBOSTAN. — Voir ABLASTHA.
ÉLeurRéRocILICES, populations de l'Amanus, que com-
battit Cicéron, p. xxxi1.
Ecyméens. — Voir PERSEs.
Éuesse, Hèms en arabe, ville de Syrie; siége archi-
épiscopal, avec quatre évêchés sous sa juridiction,
NOMS GÉOGRAPHIQUES.
p. 9, 14,148, 179, 185, 303, 372, 380, 547,
675.
— Bataille de Hèms entre les Mongols et les Égyp-
liens, p.546, 659.
Éxpzair' (Le couvent d ), dit de la Mère de Dieu, dans
la province de Vasbouragan , Grande Arménie .
p. 607.
Éncouzoun, château fort de la Cilicie orientale, avec
titre d'évêché, p. xxx, Lxvinr, 481, 635, 636.
EP#A, canton de l'Arabie, qui avait reçu ce nom de l'un
des fils de Madrin, et dont les habitants se livraient
à l'industrie du transport des marchandises par cara-
vanes , P. 291.
ÉPHèse, ville de l'Asie Mineure, siége de l'évangéliste
| saint Jean, p. xx, 643, 677.
EriPHaNIE (Monastère de l'), de l'ordre des Prémon-
trés, dans l'ile de Chypre, p. 469.
ÉPIPHANIE, ville épiscopale de la Cilicie, sous le juri-
diction du siége d’Anazarbe, p. 673.
EraNa, gros bourg ou ville dans l'Amanus. qu'assiégea
et pril Cicéron, p. XxviIH1, xxx.
ERDEMLU. — Voir CALANTHEA.
ERÉNDCHAG, bourg voisin de Nakhidchévan ou Nakchi-
van, dans la Grande Arménie, p. 701.
ERMENEx, l'ancienne GERMANICOPOLIS, capilale d'une
principauté appartenant aux émirs turkomans issus
de Karaman Ibrahim-Bek, P:XxIv.
FAMAGOUSTE, port commercial de la côte orientale de
Chypre, très-fréquenté au temps des croisades, p. xL,
712.715, 716,755.
FLavias, ville épiscopale de la Cilicie. —Voir Sis, p.673.
\
GABALA, DiéBeLE, Diouëe (dans Matthieu d'Édesse},
GaBuLum, ville de Syrie, dans la principauté d’An-
tioche ; siège archiépiscopal, p. 18, 19, 400, 675.
GaBan, district de la province de Siounik’, dans l'Ar-
ménie orientale, ayant eu, au moyen âge, ses souve-
rains particuliers, p. g-10.
GaBa, château fort dans la chaîne du Taurus cilicien,
situé sur Île fleuve Djeyhän ; siége épiscopal; aujour-
d'hui Geben ou Gheiben, p. xxv, XXVI, XXXI, LXVIn,
xcvi1, 153, 154, 465, 483, 513, 656, 686.
— Pris par les Égyptiens, P. 719-720.
— Gabno-pert en syriaque, Kapnispert des auteurs
byzantins, p. xxv, 154, 617.
GapaoN (La vallée de), d'Isaie, ou vallée d'Aïalon, dans
le royaume de Juda, p. 293.
Gapouc. bourg de la Cilicie, p. 360. 462.
GAËNSIN, village de la Cilicie, aux Pylæ Ciliciæ, bâti
sur l'emplacement d'un ancien château, nommé au-
jourd'hui Gaënsin-Kalé, p. xxur.
Gacu'zouan, village du district d'Arscharounik’, dans
la province d'Ararad, Graude Arménie, p. 46.
Gaïan, forteresse du district de Tzoraph'or, dans la pro-
vince de Koukark’, Grande Arménie, p. 411.
Gaxrua, ville et château de l'Euphratèse, l'une des pos-
sessions de Josselin IT, aujourd'hui Kiakteh, p. 342.
GaLATIE (La), province de l'Asie Mineure, p. 576.
HisTon. ARM. — Î.
817
ERMO\, nom du Pyrame dans l'Alexiade d'Anne Com-
nène, p. XXXI.
ERZÉNGA, EZENG4A ou ErziNcan, chez les anciens Eriza,
en arménien vulgaire Ezxéngan, en arabe Arzindjän
et Arzingän, Justinianopolis des Byzantins, Ârzinga
de Balducci Pegoloiti; ville de la Haute Arménie,
P- LAXI, C1, 319, 4o1, 455, 646.
ERzEROUM. — Voir ARDZÈN, ARDZÉN-ERROUM .
Eski-AnaLia (Vieille Satalie). — Voir Siné.
THIOPIE, envahie par Doubais, souverain arabe ile
Hillah, p. 129.
Evupocias ou Eubpoxias, ville de l'Asie Mineure. dans le
Pont; évéché arménien, aujourd'hui Tokat, p. xx,
LXVHI.
EUPHRÂTE; ses sources dans les montagnes de la Haute
Arménie; son bras méridional, Aradzani, l'Arsanias
de Pline; p. xx, Lvi, 93, 94, 96, 106, 109, 114,
122, 129, 126, 127 133, 145, 154, 160, 194,
198, 325, 339, 346, 353, 360, 546, 565, 576,
646, 663.
— Grand mouvement du commerce oriental dirigé vers
ce fleuve, p. c.
EUPHRATESE, partie septentrionale de la Syrie, sur la
rive occidentale de l'Euphrate; l'ancienne Comagène,
p. 182.
EunyMEDoN, fleuve de la Pamphylie, aujourd'hui K6-
pru-Sou, p. XXxv.
Fons MURATUS, localité de Ja Syrie, entre Apamée et
Rugia, p. 161.
For'os, bourg du Zeithoun, dans la partie orientale du
Taurus cilicien; ancien château, p. xxx1, 636.
GALILEE ou pays des Galiléens, ayant Acre pour ville
principale, p. 692.
GALONBEGH'aD, ville de la Cappadoce, présumée avoir
existé dans le voisinage de Césarée, p. L.
Gazônôros, forteresse de la Cilicie, p. 645, 650.
GamaxH, district de la province de Haute Arménie,
nommé aussi Taranagh'i. La forteresse qui s'élevait
dans ce lieu portait le même nom et aussi celui d'Ani.
C'est la que fut la sépulture des rois arsacides d'Ar-
ménie, p. 333, 334, 357. — Voir Anti.
GanGra, ville principale du Thema Paphlagonum, dans
l'Asie Mineure, aujourd'hui Kiangari, p. 149, 176,
339, 399.
GaxTcui, château de la Cilicie orientale, l'un des fiefs
de la couronne arménienne, p. xxx1, LxAVI, 947,
636, 667.
GarGar’, Kerker en arabe, place forte du nord de l'Eu-
phratèse, p. 36,117, 133, 140, 163, 325, 342, 377,
D15. : |
GaRiN, Théodosiopolis, remplacée par la moderne Erze-
roum, qui a élé bâtie dans le voisinage; province de
Haute Arménie, p. Lxxt1, 354, 361, 460.
Garizim (La montagne de), au sud de Sichen, dans la
Samarie, p. 270.
Garmin ou GUERMIAN , partie du territoire de Mélitène,
P. 127, 128.
10
818 INDEX.
Ganmin-Lian'x (Montagne Rouge), localité de la Gilicie
dans le Taurus, non loin de Vahga et de Gaban,
p. 617. |
Ganmirovin (Vallée Rouge), localité au nord d'Antio-
che; théâtre du combat où périt Roger régent de la
principauté d'Antioche, p. 450.
Garuir-Vanx', c'est-à-dire Couvent rouge, situé non
loin de la ville de K'éçoun, dans le nord de l'Eu-
phratèse, p. xLvIIt, LXxI1, 77, 103, 109, 149, 165,
302, 434.
Gars, aujourd'hui Kars, capitale du district du Petit
Vanant, possédée par une branche de la famille des
Bagratides , et située dans la province d'Ararad,
Grande Arménie; comprise aujourd'hui dans l'Armé-
nie turke, p. 1, 10, 141, 236, 323, 576, 646, 681.
Gasvacx'ôx, couvent de la Cilicie, situé auprès du chà-
teau de Vahga, p. uxxin, 48, 49, 448, 498, 610,
635.
Gaston, GuasTo ou Gasrim, château fort sur le revers
oriental de l'Amanus, dans la proximité d'Antioche,
P: XXVHIE, XXX, XLVII, 172, 172, 349, 514, 634.
GaucamëLe, localité de l'Assyrie, auprès de laquelle
eut lieu la bataille dite d'Arbèles . p. 317.
Gaza, ville de la Palestine, sur les frontières de l'É-
gyple, p. 659.
GeBen ou GHeïBen. — Voir GABAN.
GELATH (Le couvent de), dans la province d'Iméreth,
partie de l'ancienne Colchide, p. 417.
Gêxes (La république de), en rapports de commerce
avec le royaume de la Petite Arménie, p. xxx1V; —
marchands génois établis a Mamistra, Tarse et Aias,
p. cix, 745, 704.
GÉNÉSARETH , pelite contrée située sur le bord nord-ouest
de la mer de Galilée ou de Génésareth, ou bien en-
core lac de Tibériade, p. 16.
Georces (Le bras ou canal de Saint-), nom de l'Helles-
pont , au moyen âge, p. 643.
. GeorGrs (Saint-), couvent situé sur les confins de la
Cilicie Trachée et de la Pamphylie, p. Lxxuti.
Geonces (Saint-), église attenant au couvent de Notre-
Dame de Sagh'rou, dans la chaîne du Taurus cili-
cien, p. 960.
Gzonces (Chapelle de Saint-) au couvent de Gélath,
en Iméreth (voir GELATH). p. 417.
GéonGte (La) envahie par Doubais, Ilgazi et Thogrui-
Mélik, p. 129.
— Le catholicos ou patriarche de Géorgie, p. 673.
GERMANICIA. — Voir Marascu.
GERMaANicoPoLIS, aujourd'hui Ermének, ville du Tau-
rus isaurien; siége d'un évêché, p. xx111, xxiV, 673.
— Voir ERMENEK. |
Guazian, tribu arabe de la Mésopotamie, p. 128.
Guazna, Guisna où Guizxin. — Voir Kuiz.
Giaour - Dacu, groupe de montagnes dans la Cilicie,
sur les confins de la Syrie, p. 299.
GigeceT on GiseerT. — Voir ByBLos.
Ginum ou GinÆa, en arabe Djinin, ville de la Pales-
tine, au nord de Samarie: — le seigneur de Djinin,
p. 389. |
Gosipar, district de la Cilicie, dans la chaîne du Tau-
rus, au nord de Sis, et forteresse du même nom,
p.L, LXVIHI, C1, 30, 438, 471, 497, 548, 631, 637.
Goprap, château fort de la Cilicie Trachée, p. 638.
Gôasûn ou GôGsvx. — Voir Cocosus, Coxox.
GOGULAT. — Voir GOUGLAG. ‘
Goicora (La montagne du), p. 119, 279.
— Le Temple du Golgotha, c'est-à-dire l'église de la
Résurrection ou du Saint-Sépulcre, p. 293.
GonkANAG, montagne de la province de Mogk’, dans le
sud de la Grande Arménie, p. 78.
GorDsaïr' ou Korraix’, l'une des quinze provinces de
la Grande Arménie, nommée auxsi quelquefois le
pays des Gortouk' ou Gordyéens (Kurdes), la Gor-
dyène ou Arménie kurde, p. 95.
Gonpyéens (Les monts), chaine qui sépare l'Arménie
de l'Assyrie, p. 173.
Gorcô, Djordjän des géographes arabes; ville située à
l'angle sud-est de la mer Caspienne, p. 315.
GorGonra. — Voir Docorcaxui.
Gôri, ville de Ja Géorgie dans le Karthli propre,
p. 130. .
Gor'i6os ou Koryxos, Corycvos, ville et château fort de
la Cilicie, sur la mer de Chypre; au moyen âge.
Curcum, Curtum, Corc, le Courch, le Court, Curc:
aujourd'hui Korghos, l'un des fiefs principaux du
royaume de la Petite Arménie; siége épiscopal,
P. XXXIII, XXXIV, Lx, 469, 514, 547, 605, 638,
651, 653, 666, 667, 680, 686.
— Occupée par les Chypriotes, p. 711.
— Description de cette place, par Léon VI, roi d'Ar-
ménie, dans Froissard, p. 716.
Gor'omozo ou Gor'ozomor, village du Zeïthoun, dans
l'Anti-Taurus, où se refugia le prince arménien Rou-
pên E, p. xLH11, 471, 497.
GocBa, château fortde la Cilicie Trachée , p. 481, 638.
Goumix, localité non loin des murs d'Édesse, P- 100.
Goupa ou Goupar, château fort de la Cilicie orientale,
p. xxxt, 636, 680.
GoucLac, Co“eLAqQuus ou GoGuLaT, Pvlæ Ciliciæ, Porta
Juda, des chroniqueurs latins; aujourd'hui Kulek-
Boghaz ; défilé du Taurus, donnant accès de la Cappa-
doce dans la Cilicie, p. xutr, Gr, 31,098, 315, 637.
— Château de Gouglag, aujourd'hui Kulek-Kalessi,
p. XXI.
GouLza, la partie la plus élevée de la chaîne de l'Anti-
Taurus, nom présumé ètre l'arabe x «sommet de
montagne , » p. 194.
Gour, Cyrus, fleuve limitrophe de la Géorgie et de
l'Arménie, p. 136, 137.
Gouris ou Kouris, CoriTiuu, Conicté, l'ancienne Cyr-
rhus, capitale de la Cyrrhestique, au nord d'Alep,
aujourd'hui Khoros; siége archiépiscopal, p. 117,
126,143, 164, 362, 622, 675.
Gouvaïna, casal ou domaine rural, dans le voisinage
de Lampron, donné par Constantin, prince de la fa-
mille des Héthonumiens, aux Hospitaliers, p. Lxxiv.
Gozzes ou bien Ouzzes, peuple de race turke, les Turks
seldjoukides, p. 516, 520, 383,
GRAGGA ou GrRaGa, localité de la Cihicie, sur les bords
du fleuve Paradis , à la limite de la Cilicie Champêtre
et de la Cülicie Trachée, p. 613.
GraGuITs, couvent de la Cilicie, p. cxxin.
Guë ve Jacos, ou Passage de Jacob, dans le Jourdain,
un peu au-dessus du lac de Tibériade et au sud de
Panéas, p 477.
— Château bâti dans ce lieu par Baudouin IV. roi de
Jérusalem, p. 388. 384.
— Saladin s'en empare, p. 456.
GUENDIEH — Voir KANTZAG.
NOMS GÉOGRAPHIQUES. 819
GUÉNTRÔSGAVI, GUÉNTRÔSGAVIS, GUËNTROSGÔ ou Gan-
TRASGAVIS. — Voir CYBISTRA.
Guizispra. — Voir CYBISTRA.
Has, ville du territoire d'Alep, p. 124.
Hacan-Meçour. — Voir Hisn-Mançour.
Hapcin, district dans J'Anti-Taurus, répondant à la
partie occidentale du Thème de Lycandus des By-
zantins, p. XLIII, 720.
HaDiTua , ville de la Mésopotamie, l'ancienne Neharda,
p. xLvi1, 346.
Hacu'Pan, monastère et village du district de Tzora-
ph'or, dans la province de Koukark’ (Gogarène),
Grande Arménie ; centre d’études théologiques, très-
célèbre au moyen âge, p. 269. 411, 414,567, 580,
585, 588, 590.
Haï, nom national que se donnent les Arméniens , et d'où
vient le nom Haïasdan, c'est-à-dire le pays des Haiïs,
p. 301.
Hays, fleuve de l'Asie Mineure, aujourd'hui Kizil-
Irmak (le Flenve rouge), p. xzit, LvI , 176, 359.
— Vallée de l'Halvs, p. xuiv.
Hama, Xauä, ville de la Syrie, sur l'Oronte, p. 148,
275, 372, 380, 480, 487, 528, 546, 547.
Hamous, forteresse située sur les frontières de la Cilicie
et de la Syrie, p. xxxt, 545, 621, 636.
HanrziTu, district de la Quatrième Arménie, p. 5.22,
131, 133. |
Hareu, Harenc, forteresse de la Syrie septentrionale,
p.32, 161,195, 351, 353, 359, 360, 388.
— L'émir de Harem, p. 388. — Voir Sa'-Eonin Kc-
MUSCHTÉKIN, dans l'index des noms historiques.
Hanx', district de la province de Douroupéran, dans la
Grande Arménie, p. Lxvi1, 10, 418.
Haroux ou HarouwniA , forteresse de la Petite Arménie,
située sur la frontière de la Syrie et de la Mésopo-
lamie, p. XXXI, XLVII, XLIX, XCIII, 636.
HaRsENKÊèv. — Voir Hisn-Keira.
HarsëN-Mécour. — Voir Hisn-Mansour.
HarRTHAN, forteresse sur la limite du district de Dcha-
hao, au sud-est, dans l'Anti-Taurus, p. 84.
HauTE ARMÉNIE, l'une des quinze provinces qui parta-
geaient la Grande Arménie, située vers le nord-ouest,
p. 561.
HE8RON, auparavant Kiriath-Arba, ville de la Judée, à
sept heures de marche au sud de Jérusalem, p. 246.
Herta (Lacus) et Ion, localités de la plaine cilicienne,
non loin et au-dessous d'Amouda, p. xLvit.
HéLioPpozis. — Voir BA'LBERK.
Hêms. — Voir Émesse.
Her (Le pays de), district de la province de Persarmé-
nie, dans la partie orientale de la Grande Arménie,
p. 468, 539.
Héraciée, ville du sud de la Cappadoce, Reclei des
IBéRIeNS (Les), en arménien Vir et au pluriel Virk’,
les Géorgiens modernes, p. 186.
Iconium, ville principale de la Lycaonie, la moderne
Konieh, p. XX, XX, 31, 149, 150, 321, 328, 347,
t
Gusec-DaGn, seclion méridionale de la branche orien-
tale de l'Amanus, p. xxVI1, XXIX.
Gyunase (Le) des jeunes gens, à Tarse, p. xL11.
historiens latins des croisades, aujourd'hui Érégli.
p. XXI, xxX11, XXV, 31, 58, 511, 644.
Herex ou ALHARAG, montagne et forteresse dans Île
voisinage de la ville de Kantzag, province d'Artsakh,
Grande Arménie, p. 417.
Heron (Montagne de), la chaîne la plus élevée de la
Palestine, reliant l'Anti-Liban aux montagnes de Ga-
laad, p. 285, 43y.
Hrérapozis. — Voir MENBÊDI.
Hiérapozis. — Voir TCHÉMÉSCHGADZAK.
Hur.Lau, ville de la Mésopotamie, sur l'Euphrate, p. 334.
Hisn-er-Bina, forteresse du territoire d'Alep, p. 164.
Hisn-Keïra, en arménien Harsën-Kef, bourg et forte-
resse de la Mésopotamie, sur le Tigre, p. 73, 339.
357, 381, 390.
Hisn-Mansour, en arménien Hacën -Mëçour, forteresse
de la Syrie septentrionale , à l'ouest de l'Euphrate et
non loin de Samosate, p. 84, 102, 108, 112, 342,
614. |
Hisn-Zrvap, p. cxx11. — Voir KHARPERT.
Hozuia ou Hoi, pelite baie sur le littoral de la Ci-
licie, au sud-ouest de Séleucie Trachée; aujourd'hui
Aga-Liman, p. xxxvir.
HowGrie (La) envahie par une partie de la nation des
Comans, p. 315.
— Expédition de Manuel Comnène contre les Hon-
grois, p. 361.
Hortein ou Hirrin, village non loin de Tibériade. —
Voir TIBERIADE.
: Hr'our’ ou Hor'omx' en arménien, les Romains; Ouink',
lones, c'est-a-dire les Romains orientaux ou les sujets
de l'empire grec, les Byzantins; Hr’omaïetsik’, les
Romains de l'Occident, et en général les Latins , ainsi
que tous les peuples de l'Europe occidentale, p. 7,
24,204, 220, 245,259, 274, 413, 447, 450,465.
Hr'ou-GLa, Rous-KaLé ou Kara'T-ERROUM et KALA'T-
EL-MouüsLimix, c’est-à-dire le château des Romains,
place forte sur la rive occidentale de l'Euphrate,
p. Lu, 93, 154, 198, 223, 269, 342, 345, 353,
362, 376, 380, 4uu, 414, 415, 416, 427, 434,
449, 455, 458, 463, 476, 489, 515, 543, 547.
553, 559, 560, 564, 565, 567, 582, 613, 618,
624, 630, 631, 654, 655.
— Achetée par le patriarche Grégoire IIL, dit le Bah-
luvouni, à la veuve de Josselin le Jeune, p. Lxv.
— Assiégée et prise par le sulthan Mélik-Aschraf Kha-
il. p. 542, 543, 653.
— Concile de Hr'om-Gla tenu en 1179, p. 269.
HYRCANIE, en arménien Vérgan ou Vérkan; expédition
de Pompée vers ce pays et la mer Caspienne, p. 201.
/
383, 4o2, 403, 404, ho5, 430, 477, 507. 511.
964, 627.
— Fondation de l'empire d'Iconium par les Turks
seldjoukides, p. xviri.
103.
820 INDEX.
Içouçavanxs' ou EcouanrTs-Vanr’, littéralement Couvent
de Jésus, ou des Jésuéens, dans la Cilicie, auprès
de Marasch, p. Lxxir, 635.
Iêzvr, localité de la Cilicie, située non loin de la forte-
resse de Schogh'agan (voir ce dernier nom), p. 644.
IuBarus, chaîne de montagnes de la Cilicie Trachée,
p- XXXVIIL.
Inne (L') envahie par Doubais, souverain arabe de Hil-
lah, p. 129.
Inves (Les), dénomination employée dans le sens d'É-
thiopie, p. 45.
IRAK ARABIQUE ou MÉsOPOTAMIE, p. 185, 325, 372,
480.
IRAK PERSIQUE , [RAx ADIEMY ou Méie, p. 120.
IRAN ou Éran, nom national de la Perse, p. 318.
IRÉNoPoLIS, ville épiscopale de la “Gilicie Champètre ,
dépendant du siége d'Anazarbe, p. 673.
— De la Cilicie Trachée, sous ls juridiction du siége
de Séleucie, 1bid.
IsauniA , l'une des provinces méridionales de l'Asie Mi-
neure, comprenant, sous la domination byzantine, la
‘partie occidentale de la Cilicie Trachée, p. x1x, xxx1v,
XAXVH, 07, D10. É
Jacques (Le couvent de Saint-}, à Jérusalem, donné
aux Arméniens par Saladin, lorsqu'il eut pris cette
ville, en 1187, p. 686.
— La reine Marie, femme de Léon VI, dernier souve-
rain d'Arménie, et sa fille Ph'inna (Joséphine) y sont
eñterrées, p. 637, 738.
Jarra, l’ancienne Joppè, ville maritime de la Palée
line, comprise dans le royaume latin de Jérusalem,
p. 61, 297, 329, 478-479, 486, 487.
— Prise par le sulthan Beïbars, p. 652.
JAMENGAN, château fort de la Cilicie, non loin d'Ana-
mour, P. 638.
JéraGk , rivière du Taurus cilicien, p. 560.
Jéricuo, ville de la tribu de Benjamin. située à environ
. sept lieues à l'est de Jérusalem, p. 400.
Jénusazem, p. 12,16, 61, 67-68, 74, 106, 118-119,
127, 134, 141, 143, 144. 165, 171, 185, 186.
Ka'Ba (La), maison carrée ou temple de la Mekke,
p. 264.
Kaçacu', l'un des affluents de l'Araxe, dans la province
d'Ararad, Grande Arménie, p. 235. |
KararçouD, ville dépendant du territoire d'Alep, non
loin de Behesni (Behesnâ}, p. 164.
KaraRLÂTHÂÀ, pelile ville du territoire d'Alep, p. 164.
KarARTHÀB, CAFARDA, Xa6apôä, ville de laSyrie, entre
Ma’rra et Alep. p. 145, 193, 179.
Kacn'Ërtix’ ou KaAGH'ËRTIG, nom arménien d'une
plaine située auprès d'Anazarbe; Pratum Palliorum
de Guillaume de Tyr, p. 503, 506.
Kaïz ou Lyeus, affluent de l'Euphrate, baignant les
murs d'Erzénga, p. 446.
Kare (Le), p. 543, 545, 582, 657, 659.
— Vieux Kaire, Babylone, Misr des Arabes, p. 348,
476.
— Fleuve d'Isaurie. — Voir Cazycannus.
IsKENDEROUN. — Voir ALEXANDRETTE.
IsmaëLrres (Les) des écrivains arméniens , c'est-à-dire
les Arabes, quelquefois les Turks, les Turkomans
les Kurdes, et d'une manière générale tous les Mu-
sulmans, p. 162, 163, 244.
Issus, dernière ville de la Cülicie sur la frontière orien-
tale, avec sa plaine célèbre par la victoire d'Alexandre
le Grand sur Darius, p. xvi1T, XXI, XXVI, xx1X:; et la
défaite de Pescennius Niger par l'empereur Septime
Sévère, p. xx1.
— Golfe d'Issus, d'Alexandrette ou d'Iskenderoun, Cul-
fum Canamellæ, Golfe d'Arménie, au moyen âge,
p. XXII, 392.
ITINÉRAIRE des premiers croisés dans la Cilicie, p. 30-
31.
— des croisés lombards dans l'Asie Mineure, p. 56.
D7.
— de l'armée de Guillaume de Poitiers et de celle de
Guelfe, duc de Bavière, p. 58-bo.
— commercial de Tauris en Perse jusqu'au port d'Aiss,
décrit par Balducci Pegolotti, p. ci.
198, 328, 329, 331. 336, 340, 354, 357, 478,
h13, 417. 436, 438, 442, 448. 455, h7a, 478,
480,618, 621, 627, 629, 635, 660, 677.
— .Prise par les croisés, p. 44-46.
— Par Saladin, p. 273-307. 398, 562, 565.
— Renduë par le sulthan Mélik-Kamel , ainsi que Na-
zareth et Leyioun , à l'empereur Frédéric II, p. 486.
JEsuÉENs (Couvent des). — Voir Içouça-Vanx', p. 112.
JorTaPË (Yocopi}, ville épiscopale de la Cilicie Trachée
sous la juridiction du siège de Séleucie, p. 673.
Jourpain, NAHR-FL-ARDEN, rivière de la Judée, p. 388,
420,477.
JuLrEN (Saint-), localité dans le voisinage immédiat
d'Antioche, p. 634.
JusriniAanoPozts. — Voir ERZÉNGA.
JusrTinorouis. — Voir Epesse.
Jonas PirLzars. — Voir ARÆ ALEXANDRI.
— Nouveau Kaire, p. 363,475, 538, 545.
Kak, plaine de la province de Koukark', dans le nord
de la Grande Arménie, p. 200.
KaLacIOUR, monastère syrien de la Cilicie, p. 350.
Kaza-Dsa' BAR, Calogenbar, forteresse de la Mésopota-
mie, sur l'Euphrate, p. 145, 159, 160, 209, 379.
ho.
Kazenpser, forteresse située à la pointe nord-ouest de
la mer des Khozars (Mer Caspienne), p. 318:
Kamir où Kamirx' (Pays de Gomer), nom arménien de
la Cappadoce, p. 59. 98.
— Distinction eutre la dénomination de Kamirk' et
celle de Cappadoce, chez les écrivains arméniens du
moyen âge, p. 5706.
Kaxiouxa (Le pré ou la plaine de), sur le territoire
d'Iconium, dans l’Asie Mineure, p. 401.
KanTzag, Guenjeh ou Guendjé en persan, ville de la
PR EL ne ne tegenqu nds _
Se
NOMS GÉOGRAPHIQUES. | 821
province d'Artsakh , dans l'Arménie orientale, dis-
tincte de Kantzag de l'Adérbadagan ({Azerbeidjan)
ou Tauriz, p.L,71,120,128 ,139, 136,148, Ana,
417, 557.
Kanax, Krax ou CRac, forteresse du royaume de Jéru-
salem, à l’est de la mer Morte, Petra deserti, p. 392,
4oo, 404, 450, 473, 627.
KarakORUM, ville capitale, ou plutôt campement prin-
cipal des Mongols et la résidence du grand khan,
dans l’Asie centrale, p. 510, 606.
KaRAMANIE, ou le pays de Karaman, province de l'Asie
Mineure, comprenant l'ancienne Pamphylie et une
grande partie de la Cilicie, de la Pisidie et de la
Cappadoce, et ayant pour ville principale Konieh
(Iconium) , p. xt, 168, 303, 637, 666.
Kara-Sis (Sis la Noire), château de la Cilicie, dans le
Taurus, non loin de Sis, p. xLvir.
Kana-Tascu-Bouroon. — Voir MEGARsE (Cap de).
KARÉRES, défilé dans le Liban, p. 17.
Kars, ville de l'Arménie turke. — Voir Gars.
Kars, château de la Glicie, dans le Taurus, non loin
de Sis, p. xLvi1.
KarsAnTI-OGLou, tribu turkomane du Taurus cilicien,
p. XLHI.
KascHKAROUF, nom d'une caverne auprès d'Antioche,
p. 40.
Kasran Birouni, place forte de la Perse, non loin de
Reï, p. 322. |
Kaup£ruiz, bourg de la Mésopotamie, p. 96.
KaukxaB, forteresse considérable, au sud du lac de Ti-
bériade , appartenant aux Hospitaliers , prise et ruinée
par Saladin, p. 303.
Kayzroyn, couvent de la Cilicie, p. xx.
Kazaiu, petit village à l'ouest de l'embouchure du Ter-
sour-Tchaï {Cydnus), sur la côte de la Cilicie , ser-
vant d'échelle à Tarse, il y a quelques années, p. xLr.
Kazwix , ville de l'Irak persique ou Médie, p. 320.
K'éçoun, Crasson, ville du nord de l'Euphratèse, dans
la chaîne du Taurus, p. Laxn1, 36, 70, 77.97, 102.
109, 112, 127, 194, 140, 149-151, 154, 155.
158, 160, 161, 164, 165, 178-181, 185, 194.
325, 330, 390. 449, 563, 614.
— Érigée en évêché par les Franks, p. 575.
Képic. monastère du district de Gaïën , dans la province
de Koukark’, Grande Arménie: célèbre comme centre
d'études au moyen âge, rebâti par le docteur Mékhithar
Kôsch, sous le nom de Nouveau Kédig. p. 411, 432.
KEGH'aAM ou KéGH'ARK'OUNI,oubienencore KEGH'AK'OU NI,
Jac de la Grande Arménie, appelé aussi mer de Sévan ;
Tenguiz des Turks, c'est-à-dire Gôktcha, mer Bleue;
le Lychnitès de Strabon, p. 113. À
KELEGAGH'AN, château fort et couvent de la Cilicie orien-
tale, p. Lxx.
KELENDERIS. — Voir CÉLENDERIS.
KENISsA ou KENISsA-EL-SAuDÀ (Kénissa la Noire), ville
du nord de la Syrie, à 12 milles de Harounia (Voir
ce dernier nom), p. XLvn.
KËENnrz1, forteresse de la Quatrième Arménie, identifiée
par un géographe arménien moderne, le P. Indjidji,
avec Hisn-Keifa (Voir ce dernier nom), p. 73.
KsrMAG'PEeR, couvent de la Cilicie, p. Lxx1.
KEuMES-DAGH, l'un des massifs de l'Anti-Taurus.
p. XLIII.
KeRMINIÉ, ville du Mà-Warâ-Ennahr (Transoxiane),
entre Bokhara et Samarkande, p. 647.
K'ÉANI, ou au génitif K'ÉRNA’ (en sous-entendant le
mot wew%, bourg, où &be4 , village), dans le district
d'Eréndchag, non loin de Nakhdchivan, dans la
Grande Arménie, p. 609,701.
Kescn, ville du Mä-Warâ-Ennahr (Transoxiane). p.646.
KHäsour, ville de la Mésopolamie, p. 320. |
— Chaboras, affluent de l'Euphrate, dans lequel il se
jette a Circesium, Kirkesia, p. 83, 115, 335.
KHaxe ou KHAKkuD, village de la province de Haute Ar-
ménie , p. 942.
KHauIÔN, écrit aussi Kmazios, ville ou château de la
Cilicie, p. 616.
K&ani,'en syriaque et en arménien, ‘Ana en arabe;
petite ville et forteresse de la Mésopotamie, dans
une des îles de l'Euphrate, p. 346.
Kaanzin-Daca, l'un des massifs de l'Anti-Taurus dans
la Cappadoce, p. XL17, XLIV.
KaaPu'TcHaxs, KurcHaxHs, KiprcHaxs ou KircHaxs,
peuples au nord du Caucase et de la mer Caspienve:
les Polovtzes des chroniqueurs slavons et russes, ou
Comans, p. 129-130, 316.
KHAR'AN, HARRAN, l'ancienne Carræ, ville de ka Mésopo-
tamie, p. 71-73, 82, 89, 93, 94, 104, 106, 132,
139, 139, 148, 183, 193, 194, 351, 361, 379,
390, 404, 406.
KHaRPERT, Hisn-Zeyäd des Arabes (Zayd en syriaque),
Quartapiert ou Catapiert et Quart-Pierre des chro-
niqueurs occidentaux, aujourd'hui Kharpout, forte-
resse du district de Dzoph'k’ (Sophène), dans la Qua-
trième Arménie, entre Amid et Mélitène (Malathia),
p. CXU, GXXII, 94, 117, 132-135, 155, 163, 338,
385, 386, 393, 646.
— (Lac de), aujourd'hui Gôldjuk (Petit Lac}, p. 198.
— (District de), p. 223.
KHarsiNA ou KHARSCHÉNA, ville du nord de l'Euphra-
tèse, p. 78.
KHaTCHËN ou KHarTcHËnx”, district de la province d'Art-
sakh, dans l'est de la Grande Arménie, p. 502.
— Dynastie des princes de Khatchën, ibid.
KHavapanÊr, forteresse de la Cappadoce, au sud-ouest
de Sébaste, p. 333.
KnëLata, Akhlath des Arabes et des Turks; ville du
district de Péznounik’, dans la province de Douroupé- :
ran, sur le bord occidental du lac de Van, dans la
Grande Arménie: XAsar et Xalsar de Constantin
Porphyrogénèle, p. 195, 196. 323, 380, 393. 460.
168, 608.
KnéTÉENS ou HÉTHÉENS, peuplade de la terre de Cha-
naan, p. 246.
KuizN, Guizxa, GHazna où GuHizNiN, capitale du Za-
blestan, dans le royaume actuel de Kaboul, p. 120.
Knoï, ville de l'Azerbeïdjan, p. 39, 128.
KHORAÇAN . province orientale de la Perse; ce nom est
employé, d'une manière générale, par les historiens
occidentaux des croisades pour désigner les pays sou-
mis à la domination des Turks seldjoukides, p. 39,
52, 103, 120, 318, 320, 326. 330, 331, 338, 354,
414, 451, 647.
KHorazm. KHARIZM, ou pays des Chorasmiens, dans la
Transoxiane, vers le cours inférieur de l'Oxus,
p. 186, 646.
KHor-Virag, c'est-à-dire fosse profonde, souterrain
situé auprès de la ville d'Ardarchad, dans la province
d'Ararad, vénéré par les Arméniens comme le lieu où
fut renfermé saint Grégoire l'Illuminateur, p. 552.
822 INDEX.
Kuonin, couvent de la Cilicie, fondé par le grand baron
Constantin, connétable d'Arménie, p. Lxx111.
KHorTzËN, district de la Quatrième Arménie, Corsena
de Justinien, p. LxIx.
KaousasDan, littéralement le pays des Burbares, l'une
‘ des provinces de la Perse, Khouzistan moderne,
P. LIX.
KHôzan, district de la Quatrième Arménie, un des thèmes
de l'empire byzantin, Xoév e Constantin Porphyro-
génète, p. Lxx1, 5, 12.
Kirk-GETCHID, c'est-à-dire les quarante passages, vallée
dans le Taurus cilicien, près des Pylæ Ciliciæ, p. xxi.
Kiz-Pruax (Le Fleuve rouge). — Voir Hazrys.
Koceïr, ville et forteresse, située sur l'Oronte, au nord-
est d'Antioche, p. 360, 372. |
KoGuTHËN , district situé à l'extrémité de la province de
Vasbouragan, au sud de l’Araxe, Grande Arménie,
P: LXXVI.
Lac (Monastère du) de Kharpert, p. 154, 198.
LAGRAVÊNE, château fort dépendant du royaume de la
Petite Arménie et situé, à ce qu'il paraît, sur la côte
de Pamphylie, p. 638.
Laïacium, Lagazzo, Layas et Leace. — Voir Aïas.
Lanos, ville et château fort de la côte cilicienne, à la
limite de la Cilicie Champêtre et de la Cilicie Trachée ;
siége épiscopal, aujourd'hui Lamas-Kalessi, p. xxx1v,
186, 623, 638, 673.
LamPRôN ou LamPRox, forteresse de la Cilicic , au pied du
Boulghar-Dagh, près des Pylæ Ciliciæ, Lambron ou
les Embruns, dans une charte française du xurr° siècle,
aujourd'hui Nimroun, p. xxHI, LxXIV, 165, 168, 377,
506, 509, 510,512,516,5957,559, 619,620,624,
637. 680, 681, 758. |
LaMPsAQuE, ville de la Mysie, à l'entrée de la Propon-
tide, p. 643.
Laonicée, ville maritime de Sÿrie, dans la principauté
d'Antioche. siège archiépiscopal , p. 5, 302,357, 400,
675. ,
— Prise et saccagée par Pierre I”, roi de Chypre,
p.716.
Lananpa, DaraNDa ou ARaxDA, ville de la Lycaonie,
dans l'Asie Mineure, anciennement Analibla ou Da-
ranalis, aujourd'hui Derindeh, p. xx1, xxv, 193, 360,
644. |
LarissA, ville de la Deuxième Arménie, dans le voisi-
nage de Sébaste de Cappadoce, p. 177.
Lauzan, forteresse de la Gilicie Trachée, placée par
Constantin Porphyrogénète dans le Thema Seleuciæ,
p. 484, 638. |
— Défilé de Lauzad, p. 645.
Lexsis ou Lezcuis, peuple du Lezghistan, dans le Cau-
case oriental, p. 137.
LELINGHEM, lieu à mi-chemin entre Calais et Boulogne,
où furent tenues les conférences entre les plénipoten-
tiaires de Charles VI, roi de France, et de Richard II,
roi d'Angleterre, auxquelles assista Léon VI, roi
d'Arménie, p. 728, 729.
KonËr, couvent de la Cilicie, dans le district de Partr-
pert, p. LXXIIL.
K'oPair, couvent du district de Daschir, province de
Koukerk', Grande Arménie, p. 588.
KôPru-Sov. — Voir EurYMEDON.
Kora ou Korni, ville de la Géorgie, dans le Karthli
propre, au nord-ouest de Tiflis, p. 13%.
KorsuLa-Sou. — Voir ANABaD-Sou.
KouxarK', l'une des quinze provinces de la Grande Ar-
ménie, située dans le nord, Gogaréné de Strabon,
p. 10,137, 200, 323, 411, 588.
Krax. — Voir KaRax.
Kucex-Bocnaz. — Voir Prcæ CiniciÆ et GoucLac.
KunpiSTAN, ou pays des Kurdes, p. 351, 364. — Voir
Gonpsair'.
Kurin (La province de), dans le sud-est de la chaîne du
Caucase, p. 137.
Lena De LA Bacaxa, localité de la côte de la Cilicie Tra-
chée , fréquentée par les navires marchands de Chypre,
de l'Italie, de la Provence et autres contrées de l'Eu-
ropc méridionale, p. xxxIv.
Leox (Le pays de}, ou du fils de Léon, ou bien encore
pays de Sis, dénomination employée par les auteurs
arabes au temps des croisades pour désigner la partie
orientale de la Cilicie, p. 11, 104, 618.
LesERNAT, couvent de la Cilicie, p. Lxx1.
Leucosie ou Nicosie, l'ancienne Lédra, capitale du
royaume de Chypre, sous Jes souverains de la maison
de Lusignan, p. xciv, 187, 671.
Leyvoun, Leyxioux ou Léon, forteresse du royaume de
Jérusalem, au nord-est de Césarée de Palestine,
p. 486.
Lisan (Le mont), soumis par Zimiscès, p. 19, 156.
LiBYe INTÉRIEURE (Les peuples de la}, dans les armées
de Salailin, p. 396.
Liçan-EL-KAHPEH. — Voir SARPEDON PROMONTORIUM.
LiçaAnGAN, couvent de la Cilicie, p. Lxxu1.
LimassoL ou Liwisso, ville épiscopale de l'ile de Chypre,
l'ancienne Amathonte, p. 683.
Liparis. fleuve de la Cilicie se jetant dans la mer de
Chypre, a Soli ou Pompeiopolis, p. 613.
Loxcinias, LonGias ou Lon&Grnacu, château fort dans le
Taurus cilicien, au nord de Tarse, p. 25, 57, 58,
186. ,
Lor'£ ou Lor'r, ville principale du district de Daschir,
dans la province de Koukark', Grande Arménie,
p.414, 437, 681.
Lourva, château fort de la Cilicie, dans le voisinage des
Pylæ Ciliciæ, p. 484, 558, 637, 645.
Lycanpus (Le Thème), district de la Première Arménie,
dans lesud-est de la Cappadoce , répondant a la Cataonie
des anciens ; berceau de la dynastie des princes rou-
péniens, p. XLIHI, XLIV, L, LI, 177-178, 471.
Lycaonte (Défilés de la), donnant entrée dans la Ci-
licie, p. 517.
Lycus, fleuve de la Phrygie, affluent du Méandre, p. 482.
ne RE De ee RU CO me mil
Maannar &x-Nomin ou Maanna, ville de la Syrie, au
sud-ouest d'Alep, p. 97, 179.
Maçana. -— Voir MëscHar.
MaACcEDOINE D'ASSYRIE Où ASSYRIE MACÉDONIENNE, nom
donné au territoire d'Édesse par les Grecs, suivant
Michel le Syrien, en souvenir d'Édesse, ville de la
Macédoine propre ou Émathie, p. 340.
MaciaTs-Opë (littéralement le pied du Macis ou Ara-
rad), district de la province d’Ararad, dans la Grande
Arménie, p. 420.
Maciça. — Voir MoPrsursre.
Macis. — Voir Anarap (Le mont).
MaDiaNITES, primitivement fixés sur le bord oriental de
la mer Morte, et ensuite répandus vers le sud jusqu'à
la mer Rouge, non loin du mont Horeb, p. 291.
Mapsans, les Hongrois modernes considérés autrefois
comme étant de race turke, et aujourd'hui, avec plus
de raison, comme d'origine finnoise, p. 316. .
Marin, ViLLAREAL et ANDu3AR , villes cédées par Jean I",
roi de Castille, à Léon VL. roi d'Arménie, à litre de
seigneurie viagère, p. 730, 739.
Macu'res , dénomination arabe de l'Afrique occidentale,
p. 432.
Maipzan, localité de la Cilicie, vers le nord-ouest, dans
la direction du défilé de Gouglag, p. 649.
MaïriaTs-DcHounx' (Eaux ou rivière des Bois), forte-
resse de la province d'Artsakh, dans la partie septen-
trionale de la Grande Arménie, p. 1, 597.
Maison ou NATION ORIENTALE, ou bien simplement
L'ORIENT, expression employée par les écrivains armé-
niens, au moyen àge, pour désigner la Grande Ar-
ménie, par opposition à la portion du territoire ar-
ménien située à l'ouest de l'Euphrate, l'Arménie occi-
dentale ou Petite Arménie, p. 9. |
Makénis ou Maké\ors, couvent du district de Kegh”-
arkounik”, province de Siounik’, Grande Arménie,
p. 38.
— (Croix de), très-célèbre parmi les Arméniens et très-
vénérée, bd.
MaKRËR-ÂRABES, les Arabes maghrébins ou africains, ct
égypliens spécialement, p.13, 246. — Voir MakuëR,
ci-après, dans l'index, IV° partie.
MaALATHIA. — Voir MÉLITÈNE.
Mazzos, ville épiscopale de la Cilicie orientale, sous la
juridiction du siége de Tarse, p. x£viit, 675.
MameLLes Du NORD (Les), nom donné par Michel Île
Syrien à la grande chaine du Caucase prolongée jusque
dans l'Asie centrale, probablement l'Altaïi, demeure
primitive des Turks, p. 312.
Mamespia ou Mamougspia. — Voir MoPsuEsTe.
Mamcu'a. — Voir Vacn'va.
MAMISTRA, MALMISTRA. — Voir MoPrsuesTe.
ManavGarT, place forte et commerciale de la côte de
Pamphylie, située sur le Manavgat-Tchaï, le fleuve
Mélas des anciens, p. X1X, XxxXV. xxxvII, 058, 711.
712, 745.
ManazGuerD ou MaNDZGUERD, aujourd'hui Mélazguerd,
ville principale du district de Hark’, province de
Douroupéran , Grande Arménie; siége archiépiscopal,
p. 10,195, 323, 442, 646, 502.
ManÊ (Caverne de Sainte-}, lieu de la retraite et de la
NOMS GÉOGRAPHIQUES. 823
sépulture de saint Grégoire l'Iluminateur, sur le:
mont Sébouh, dans le district de Taranagh'i, pro-
vince de Haute Arménie, p. 561.
Maniacës (Forteresse de), citadelle d'Édesse, p. 88, 158.
Man, Mars (Les), nom sous lequel les Arméniens dé-
signent les Mèdes et quelquefois les Kurdes, p. 394.
MaraBa, district de la Troisième Arménie, dans le
Taurus cilicien, p. 30, 94.
Mar-ABBa, couvent des Syriens jacobites, situé proba-
blement dans la Mésopotamie , p. 346.
Marais Des ÉrouRNEaAUx, Cannetum Egurnellorum, Lin-
tanors des Estorniaux , localité auprès et au sud d'As-
calon, p. 436.
MaranD, capitale de l'Azerbeïdjan, p. 120.
MananT ou Maranrouix’, ville et district de la province
de Vasbouragan, dans la Grande Arménie, p. Lxvui.
Manasca ou MERascH, l’ancienne Germanicia, Marasis
ou Marasim, Maresia , Marésie, des chroniqueurs latins,
ville du nord de l'Euphratèse, siége archiépiscopal et
plus tard simple évêché arménien, p. 31, 75, 83,
108, 112,118, 138, 149, 193, 158, 162, 164,
194, 204, 324, 325, 342, 349, 350, 353, 360,
355, 449, 464, 471, 508, 510, 520, 540, 543,
563, 565, 606,614, 621, 652, 6974, 676.
— Érigée en évêché latin par les Franks, p. 579.
— Histoire de cette ville au moyen âge et son état ac-
tuel, p. XLv. |
Marascai ou peut-être, suivant une autre leçon, Mana-
Gu'1, village de la Mésopotamie, p. 139.
Manasis, Manasim. —- Voir Marasca.
MaRCHANDS CHYPRIOTES, GÉNOIS et autres , en relations de
commerce avec l'intérieur de l'Asie Mineure, p. xx1v.
Manvaïres ou MaronitTEes du Liban, appelés rebelles,
et par les Syriens Djourdjans ,. « audacieux, » p. 155-
196.
MañDin où Meroin, ville de la Mésopotamie, p. 70,
110,132, 139, 346, 361, 393, 40.
Maresca, ville de la Paphlagonie, entre Castamon et
Sinope, ou les croisés lombards furent battus et dé-
truits par les Turks, p. 57.
Maresia, Manesie. — Voir Marascu.
Man's, en arménien, Merry des Arabes. — Voir PviÆ
AMANIDES.
Mar’xiscH, château fort de la Cilicie, p. 680.
MARSEILLE (Les marchands de), commerçaut à Chypre,
dans la Petite Arménie et sur toute la côte méridio-
nale de l'Asie Mineure, p. 755.
Manricues (L'île de), sur les côtes de Provence, près
de l'embouchure du Rhône, p. 533.
MarrynopoLis, ville de la Sophène; Néph'érguerd des
Armeniens:; Meïafarckin des Arabes, en arménien
vulgaire, Mouph'argh'in ou Moufargh'in, p. Lxix,
152,199, 320.346. 380, 393, 404, 675.
MarzBax, Marsyas, affluent de la rive occidentale de
l'Euphrate, se jetant dans ce fleuve un peu au-des-
sous de Hr'om-Gla, p. 154.
MascHART, couvent arménien sar les limites de la Ci-
licie et de l'Euphratèse, P. LXXI.
Mascucavor ou MascBGuÉvor. du mot arménien mwschg,
“ peau ; r couvent de la Cilicie ainsi nommé parce que
les religieux de ce couvent avaient pour vêtement des
824 INDEX.
peaux d'animaux; construit par le prince roupénien
Thoros L", p. LXVHI, LXXIHI, 112, 449, 479.
MassacèTes, en arménien Mask'outh, peuples qui, dans
le v° siècle, étaient campés au nord du Caucase et de
la mer Caspienne, p. 129.
MaAULÉON, en arménien Môlivon, dans les chartes latines
Mons Leonis, château fort de la Cilicie, p. xx, 637,
656.
MA-Wari-Ennaur, nom arabe de la Transoxiane,
p. 318.
Mazon-KHarcu, château fort de la Cülicie, p. 637.
Méanore, fleuve de la Lydie, p. 154.
Mecnare (Vinea de), localité de la plaine cilicienne,
non loin et au-dessous d'Amouda, P XLvI.
Mëcis. — Voir MoPsuesTe.
Mèves (Les\, en arménien Mar; colonie de ce peuple
en Arménie par le roi Tigrane [", p. Lxxvi.
Ménie (La), au pouvoir des Turks, p. 186, 321.
MenzouernD ou Mexpzcuerp, forteresse du pays de
Dzoph'k' (Sophène), dans la Quatrième Arménie;
évêché, p. LxIx. |
Mepzx'ar (littéralement grande roche), couvent de la
Cilicie , siége d'un évêché, p. Lxvin1, 380, 462, 509,
635.
Mëpzpin. — Voir Nisie.
Méçarse (Cap de), Megarsi promontorium, aujourd hui
Kara-Tasch-Bouroun, Cap de la pierre noire, à l'extré
mité occidentale du golfe d'Alexandrette, p. xxvi,
XXXIII, XLIV.
MuaïaArARÉKIN. — Voir MaRTYRoOPOLIS.
Mézas. — Voir ManavGat-TcHaï.
MELDINIS, nom arménien de la forteresse de Myriocé-
phalon. — Voir ce dernier nom.
Mëzins, couvent de la Cilicie. p. 635.
MéLiTène, ville de la Troisième Arménie; en arabe et
en turk Malathia, p. xzvi1, Lxix, 7, 28, 37, 51, 127,
135, 142, 143, 153, 157, 158, 176, 191, 220,
320, 321, 322, 325, 329, 330, 333, 335, 355,
373, 381, 385, 402, 424, 547, 646.
— L'énir de Mélitène, p. 385, 3&6.
— Prise par les Morgols, p. 652.
MÉLoun, place forte de la Cilicie, située sur la rive
gauche du Sarus ou Seyhan, au nord-est d'Adana,
et donnant son nom à la plaine environnante. —
Voir ALBienne (Plaine), p. 637, 672.
Mexsèns, en syriaque Mabog, Hierapolis, ville de la
Syrie, au nord-est d'Alep; siége archiépiscopal, p. 5,
138, 382, 674.
MER ÊGéE : tout le pays, depuis Damas jusqu'à cette
mer, tombe au pouvoir des Turks, p. 322.
Mer Morte et ses riches produits en bitume et en sel
principalement, p. 273.
Mer pu PonrT, premières invasions des Turks dans l'A-
sie Mineure jusqu'à celte mer, p. 322.
MERAGA, ville de l'Azerbeïdjan, à l'est du lac d'Our-
mia, p. 96, 201, 544, 609.
Menroi-Essaran (Prairie jaune), plaine située auprès de
Damas, p. 546.
Méri, Merry des Arabes, Mar'i en arménien; dénomi-
nation de la branche orientele de l'Amanus, au nord-
est d'Antioche, p. 487, 545.
— Derbend-el-Merry, les Pylæ Amanides, p. xxvu,
2x1x. — Voir PyLÆ AMANIDES.
MËRIAN, forteresse au nord de la ville de Tévin, pro-
vince d'Ararad, Grande Arménie, p. 200.
Menez (Le château de), dans l'Amanus, au nord
d'Antioche, p. xxix, xxx. — Voir Nicrintu.
Mensyn. — Voir ZEPHYRIUM.
Méscnar, Masr, Maçara ou Macon, ville du territoire
de Mélitène, aujourd'hui Maschiré ou Miséré, dans
le pachalik de Malathia, p. 143, 157, 449, 616.
MESOPOTAMIE, occupée par une fraction de la tribu
arabe Taÿ, p. 225; le sulthan Maçoud arrive sur les
confins de cette contrée soumise aux Atabeks de
l'Azerbeïdjan, p. 347, 351.
Mera pe Gammasa. — Voir Quicui.
MiaTGuETsER, couvent de la Cilicie, p. Lxxu.
MixkHaïLAG, château fort de la Cilicie, p. 548.
MixeréLE, partie de l'ancienne Colchide, sur la côte
orientale de la mer Noire, au sud, p. 136.
Misr (Le pays de), l'Égypte, p. 616, et aussile Vieux
Kaire ou Babylone. — Voir Kaïre (Le).
Mossea, ville épiscopale de la Cilicie Trachée, sous lo
juridiction du siége de Séleucie, p. 673.
Mocr', l'une des quinze provinces de la Grande Armé-
nie, à l'est du Tigre, au sud des montagnes du Kur-
distan : Moxoène d'Ammien Marcellin, p. 78.
Moniar-ABouL-Kuäcis, dans le Merdcid-el-Itthila’, et
Moniet-Ibu-el-Khäcib, dans la Géographie d'Aboul-
féda; petite ville de l'Égypte, dans le Sa'yd, sur la
rive occidentale du Nil, p. 348.
Mons Gisarni, Moncisanp, localité près d'Ascalon,
p. 436.
MonTarex , tribu arabe de la Mésopotamie, p. 128.
Moxracne Du DiaBue, partie de {a chaîne de l'Anti-
Taurus, dans la Cataonie et le nord de l'Euphratèse;
Diabolica Montanea de Tudebode, p. xxv.
MonrTaGNE Noire, MoxraGxa Nicra, Moxs Nicronis ou
la Sainte Montagne, partie orien'ale de la chaîne de
l'Amanus , au nord d'Antioche, limitrophe de la Cili-
cie, p. XXVIII, LXXI, 63, 212, 123, 171, 172, 204,
298, 349, 508, 512, 541, 545, 563.
— Monastères arméniens, syriens, grecs et latins cons-
truits sur celle montagne, p. 33, 559,5g91,614, 621.
— Les moines de la Montagne Noire vont porter des
vivres aux croisés occupés au siége d'Antioche, p. ut,
33-34.
Montrort, forteresse du royaume de Jérusalem, ap-
partenant aux chevaliers teutoniques, p. 166, 485.
MoTrerLien (Les marchands de}, établis à Fama:
gouste, dans l'ile de Chypre, commerçant dans la
Petite Arménie, à Saint-Jean-d'Acre et dans toutes
les Échelles du Levant, p. 745, 754-758.
MorsuesTe, Mécis en arménien , et quelquefois Mames-
dia ou Mamouesdia, Meciça, Maciça ou Maciçah en
arabe, Mamistra ou Malmistra, Mamisière des chro-
niqueurs occidentaux; ville de la Cilicie Champètre;
siége archiépiscopal, et plus tard simple évêché,
pe XXVI, XXXIT, XLIN, XLV, XLVI, 4-5, 33, 86, 147.
152, 153, 168-171, 186, 187, 191,464, 514, 515,
922, 528, 530, 545, 394, 475, 506, 614-6106,
619,622, 623, 629,634, 671, 675, 686.
MOscHEM ou SCHÉMIÇANIÉ, village de la Mésopotamie,
sur les bords de la rivière Khäbour, p. 331.
Mossou , ville de la Mésopotamie, sur le Tigre, p. 73,
82-83, 91, 109, 115, 142, 145, 148, 197, 320,
330, 331, 339, 345, 351, 371, 373, 379, 393:
ho4, 461, 468, 460.
Moucn'an ou Mocn'an (Plaine de), à l'est de la Grande
Arménie, sur les bords de la mer Caspienne, p. 200.
= —
NOMS GÉOGRAPHIQUES. 825
Movunras, forteresse de la Cilicie, située dans le Tau-
rus, probablement à Mountas ou Mantas-Deressi
(la vallée de Mantas) d'aujourd'hui, p. xcvii, xc,
651.
Moura'aAnGH'IN, Mourarca'in ou MFÏïAPAREKIN. — Voir
MaARTYROPOLIS.
Mouscs, ville principale du district de Daron, dans la
province de Douroupéran, Grande Arménie, p. 11,
136, 199.
Mour. — Voir GLaupiopouis.
NaBaioTx, contrée de l'Arabie Pétrée , le pays des Na-
bathéens. p. 491.
— Ce nom employé pour désigner les lieux oecupés par
les Turkomans nomades dans le Taurus cilicien,
P- 299:
Naxr-Aswan (Fleuve noir), cours d'eau de la Cilicie
orientale, l'un des affluents du Pyrame ou Djeyhän,
p- 528.
Naër eL-Diouz, rivière et village du territoire d'Alep,
p. 164.
NasscueB (en arménien Nakschoub), ville du Mà-Warà-
Ennahr (Transoxiane), p. 647.
NaAkHDJAvAN où NAKHITCHÉVAN, aujourd'hui Nakhdchi-
van, Nakchivan, district et ville de la province de Vas-
bouragan, Grande Arménie, Nuxuana de Ptolémée,
p. 130, 325.
NaPzouse, NEarouis, l'ancienne Sichem, capitale du
royaume d'Israël, p. 400, 480.
Nawauy (Vallée de), dans la chaîne du Taurus isaurien,
p. xxnT.
NazaneTH, ville de la Galilée, p. 16.
— Siége archiépiscopal, p. 676.
— Prise par Saladin, p. 285, 398, 486.
Néapouis, ville épiscopale de la Cilicie Trachée, dépen-
dant du siége de Séleucie, p. 674.
Neosiman ou NaosiMAH, forteresse située sur les frou-
tières de la Cilicie et de la Syrie, p. 464, 545, 621.
NÉO-CESAREE, Niguiçar en arménien , aujourd hui Nik-
sar, ville du Pont, dans l'Asie Mineure, p. cxxu,
92, 60, 379, 382, 383, 405.
NÉPHELIS (Nefelia), ville épiscopale de la Cilicie Tra-
chée, sous la juridiction du siége de Séleucie, p. 673.
NÉPHÉRGUERD. — Voir MARTYROPOLIS.
Nepurai (Le pays de la tribu de), p. 107.
NeR&«'I-GRAGA. — Voir l’ARADISUS.
Oc£ax, MER OCÉANE, expression prise par les auteurs
arméniens dans le sens de mer Méditerranée, p. 4,
49, 91, 123,141,273, 419, 452.
Oxuruis ou Oxunix', aujourd'hui Olthi, ville de la pro-
vince de Daïk, maintenant pachalik d'Akhalizikhe,
dans le nord-ouest de la Grande Armenie, p. 195.
OcBÊê (Oropi), ville épiscopale de la Cilicie Trachée,
sous la juridiction du siége de Séleucie, p. 673.
Ouiviers (La montagne des), à l'est de Jérusalem, sé-
parée de cette ville par le torrent de Cédron et la
vallée de Josaphat, p. 285.
OntenT (L'}. — Voir Maison ou NATION ORIENTALE.
Hisror. ARM. — I.
Mynu, ville épiscopale de la Cilicie Trachée, sous la ju-
ridiction du siége de Séleucie, p. 674.
Myna, ville épiscopale de la Lycie, à l'ouest du golfe de
Satalie, p. 713.
Myrianpaus, ville du nord de la Syrie, au sud-ouest
d'Alexandrette et sur le golfe de ce nom, p. xxvn.
MYRIOCÉPHALON , forteresse de l'Asie Mineure, située au
nord-ouest d'Iconium.
— (Bataille de), où les Grecs sont défaits complétement
par les Turks, en septembre 1176,p. 383, 477. 626.
Nez8 (Bataille de) ou de Konieh, dans laquelle Ibra-
him-Pacha, fils du vice-roi d'Égypte Méhémet-Ali,
mit les Turks en déroute, p. xxm.
Nicée, ville de la Bithynie, prise par les premiers croi-
sés sur les Turks, p. 27-29 , 472.
— Occupée par Théodore Lascaris , p. 643.
Nicosre. — Voir Leucosre.
NiGriNUM ou CASTELLUM REGIS NicRUM, château fort
situé sur le territoire à l'est du golfe d'Alexandrette,
répondant peut-être à la position actuelle de Merkes,
p. XIX, XLVIT, xCV, 680.
Nimes (Les marchands de) et de la Provence, trafiquant
dans la Petite Arménie, p.755.
NimRouN. — Voir LAMPRON.
NinivE ; ses souverains, suzerains de l'Arménie, p. Lv.
— Assiégée par Cyaxare, roi des Mèdes , p. 313.
NiscHABour, en arménien Nuschabouh, ville du pays
d'Abar (Khoraçan), p. 318, 320.
Nisisr, Médzpin en arménien, appelée Antioche de
Mygdonie par les Macédoniens; ville de la province
d'Aghëédznik', ou Mésopotamie arménienne, p. 13,
83, 109, 148, 173, 244, 320, 331, 346, 372, 379,
393,399, 404.
Nor-PEerT, Castellum novum des chartes latines, Chà-
teau-Neuf, forteresse de la Cilicie Trachée, p. Lxxx,
481, 638.
NorTre-Damr pes CéLesrins (L'église de) reçoit les dé-
pouilles mortelles de Léon VT, roi d Arménie, p. 731,
732.
NouxH4, capitale actuelle du district de Schaki, au sud-
est de la chaine du Caucase, p. 137.
NouvezLe TRoïE ou TRoADE. — Voir AÂNAZARBE.
Nusie (Les peuples de la), les Nousi, p. 45.
— Saladin étend sa domination sur une partie de la
Nubie, p. 379.
OnopPi. — Voir OLpf.
Ospan, en arménien, «cité libre, exempte d'impôts; »
nom d'une ville sur le bord méridional du lac de
Van, p. Lvu.
OsDaniG, habitant d'une ville libre, c'est-à-dire, appar-
tenant à la classe bourgeoise, dans l'ancienne Armé-
nie, «bid.
OsRHoËne, province de la Mésopotamie, dont Édesse
tait la capitale, p. 239.
Ossères ou Osses, Ases ou [A$Es. — Voir ALANSs.
Our, l'une des quinze provinces de la Grande Arménie,
au nord est; Oténé des anciens géographes, p. 137.
104
ä ——
Te
826 INDEX.
Ouns, ou pays des Gozzes (Turks seldjoukides), dans
le sud-est de l'Asie Mineure. — Voir Gozzes ,:p. 321.
Ouzni (Saint-Étienne d'}, monastère situé dans le Zey-
thoun, au milieu de la chaine du Taurus cilicien, à
l'est, p. 636.
Ourasc. — Voir Aurascu.
Ouremäx, ville dans le nord de l'Euphratèse, p. 102.
Ovr’ua et Orra ou Ourra. — Voir Ébesse.
Ovauis et Orwta . lac de la province d'Azerbeïdjan , le-
PacrÆ. — Voir Bacras.
Pains. — Voir Baïs.
PALESTINE, soumise par Zimiscès , p. 19.
— Envahie par Saladin , p. 386.
Pazou ou Pacu'ou, place forte du district de Khozan,
dans la Quatrième Arménie, aujourd'hui une des di-
visions du pachalik de Diarbékir, p. 132, 393.
Pazros , ville de la côte de Syrie, dans le sui de la prin-
cipauté d'Antioche ; siège archiépiscopal , p. 676.
PamPhyLie, l’une des provinces méridionales de l'Asie
Mineure, peuplée d'Arméniens au xu° siècle, ainsi
que la Mésopotamie, la Syrie, la Cœlésyrie , la Cilicie
et la Cappadoce, p. 11, xxxIv, c1, 163. 576.
— Golfe de Pamphylie ou de Satalie, p. xviur, xx,
XXXII.
PanEaAs. — Voir Césarée pe Pairipre.
PAPHLAGONIE, patrie de l'empereur Constantin Ducas,
p. 321.
— Jean Comnène pénètre dans cette province de l'Asie
Mineure, p. 335.
Papnos, aujourd'hui Bafo, ville de l'ile de Chypre,
p. 485. 7.
Parapisus, rivière de la Cilicie Champètre, appelée par
les Arméniens Nerk'i Graga: aujourd'hui Serkendéré-
Sou, p. 449, 613 — Voir GRAGGA.
Paris'ARG, localité de la Cilicie orientale, située sur le
territoire de la ville d'Aias, p. 667. .
ParTzÈRPERT, forteresse du Taurus cilicien, au nord de
Sis; siége épiscopal, p. xLVIL, XLVIN, L, 168, 432,
464, 485, 487, 504, 544, 619, 637, 656.
ParziNACES, autrement appelés Petchenègues, jeuples
de race turke, p. 316. (Corps de), à la solde de l’em-
pire grec, envoyé par le prince arménien Kogh'-Vasil
au secours des Franks , p. 86.
Pays pu Frizs De LEON ou Pays pe Sis, dénomina-
tion arabe de la Cilicie orientale. — Voir Léon (Pays
de).
PEecæÆ, Bica , ville forte de l'Asie Mineure, dans le
Thema Obsequium; Les-Pigal de Geoffroy de Ville-
bardouin, p. 643.
PEnGê, ville de la Pamphilie, sur le Cestrus, p. xxxvur.
PerGuER, couvent de la Cilicie, p. Lxxu.
PERSARMÉNIE, l'une des quinze provinces de la Grande
Arménie, située dans l'est de ce pays, p. LxIx, 95.
Pense (La) tombe au pouvoir des Turks seldjoukides,
p. 521.
Perses ou ELYMÉENS, nom sous lequel les historiens
arméniens désignent les Turks seldjoukides en géné-
ral, soit ceux de la Perse, soit ceux de l'Asie Mi-
neure, p. 24, 27, 39, 83-85, 246, 386, 414.
PERTGAN, château fort de la Gilicie, p. 548, 637.
PerTouso. PerTous. Perrouxx' ou Perrour'. forteresse
quel a pris son nom de celui de la ville arménienne
d'Ourmi ou Orimi (nominatif d'Ourmis ou Ormi},
appelée aussi R'ousthava ou R'oustha , et située sur son
bord méridional; siége épiscopal, p. Lxix, 609, 7c1.
Ouroru et Ourmau (Ur), ancien. nom d'Édesse, men-
tionné par le chroniqueur Michel le Syrien, p. 340.
Ozezzis. — Voir Doconcanui.
O2Gax, Ozxenp, ville du Mâ-Warä-Ennahs, dans le Tur-
kestan, p. 120, 136.
de la Cilicie orientale , p. xxx, Lxvnr, 83, 179, 184,
350, 481, 635, 636.
Péznounix (Lac ou mer de. — Voir Van (Lac de).
Pa'ar'iços., ville du district de Gaban . dans la province
de Siouaik’, et capitale d'un petit royaume arménien
qui porta le nom de cette ville ainsi que celui du dis-
trict, p.9, 10.
Pn'anzman où Banrzmax, forteresse de l'Euphratése,
p. 165, 176, 182, 347, 449.
PHENICIE, soumise par Zimiscès, p. xXVIE, 10.
PHÈREs ou SERRHES , ville de la Macédoine, p. 305.
PHILADELPHIA PARVA, ville épiscopale de la Cilicie Tra-
chée, sous la juridiction du siége de Séleucie,
p. 673.
PaiLaDeLPrie, ville de la Lydie, aujourd'hui Ala-Sebehr,
p. 643, 666, 511.
Puirippopoutis, ville de l'éparchie de la Thrace, évêché
arménien, p. LxVII, 44O, 635.
Puaicisrins (Le pays des), p. 344.
— Philistins (Le peuple des), p. 553.
— Nom donné aux Arabes, Turks ou Musulmans de
la Syrie, en général, par le chrouiqueur Michel le
Syrien, p. 388.
Purzomezium, ville de la Lycaonie; Phiniminum dans
les historiens latins des croisades, aujourd hui Ak-
Schehr, p. xx, 58.
PHiximiNuM. — Voir PHILOMELIUM.
Parycte (La), province de l'Asie Mineure, p. 576.
— Dénomination de cette province élendue par Vahrem
d'Édesse jusqu'à la Cilicie, p. 497.
Picraxus , forteresse de l'Amanus, au nord d'Antioche,
p. XXVIN.
Pierius Moxs, montagne de la Syrie au nord-ouest d'An-
tioche, p. xxvi.
Prerre-Incise (Petra Incisa), localité située dans le lieu
appelé Districtum, près de Tyr. p. 68.
Pierre {La) Noire de la Ka'ba, à la Mekke, p. 264.
PILERGA, PILERGONDA et PiLAWGANDA ou PiLAOUGANDA,
montagne et bourg du Taurus isaurien, p. xx,
XXIV.
Pinarus, aujourd'hui Déli-Tchaï, rivière qui a son em-
bouchure sur le bord oriental du golfe d'Alexandrelte,
p. XXVII.
Pisibie (La), au pouvoir des sulthens d'lconiun,
P. XXXVIL.
Puour, en latin Pelor (colline), couvent et bourg du
territoire de la ville de Garin, dans la Haute Armé-
nie, p. LXXII.
Ponanous, ville de la Cappadoce méridionale et siége
épiscopal, au nord-est des Pylæ Ciliciæ ; Butrealum
ou Butrentoth des historiens latins des croisades,
aujourd'hui Bozanti, p. xxu, 645, 649, 675.
… —
NOMS GÉOGRAPHIQUES. "827
— Vallée de Butrentum, p. 31.
Pocovrzys (Les) ou PoLorvses. — Voir KRAPTcHAKSs.
Pompeïopocis, et auparavant Soli, ville maritime de la
Cilicie des Plaines; siége archiépiscopal, p. 613.
666, 674, 675.
— Golfe de Pompeiopolis, p. xxx.
Ponr (Le), province de l'Asie Mineure, traversée par
l'empereur Jean Comnène, en marche vers la Ci-
licie, p. 618.
Porra Junæ. — Voir PyLæ Ciiciæ.
Porte pes Eaux (La) et la Porte des Heures, deux des
entrées de 14 ville d'Édesse, p. 160, 246.
PORTES CAUCASIENNES , CaucasicÆ Pyzæ. — Voir DA4-
RIEL. |
Ponro CavaLLer, anse ou port du littoral de la Cülicie
Trachée, p. xxx1v.
Porro Pin, anse ou petit port de la Cilicie Trachée,
P. XXXIV. |
PraTum Pazcionuu, Pre des Pailles, Merdj-el-Dibädj des
Arabes, partie de la plaine cilicienne, qui s'étend
depuis Mopsuesle jusqu'a Anazarbe, p. xLvIn, 147.
PrimopoLis. — Voir ASPENDUS.
Proensaz ou PropexsaL (Lo), petit port du littoral de
la Cilicie Trachée, p. xxx1v.
Prorê (L'ile de), dans le Bosphore de Thrace, p. 324.
ProcéMaïs. — Voir ÂcRE.
Pozveraz, château fort, dans le nord de l'Asie Mineure,
qui appartenait à l'empereur Alexis, p. 57.
PyzÆ AMANIDES ou AMANICÆ, passage donnant accès
de la Cilicie dans la Syrie, par la chaine de l'Amanus;
QUATRIÈME ÂRMENIE où MÉSOPOTAMIE ARMÉNIENNE. —
Voir AGHÉTZNIK’.
QuEMERQUECON, couvent de la Cilicie, p. vxxtr.
RaBan, ville du nord de l'Euphratèse, p. 85-86, 102,
108, 112, 116, 127, 132, 138, 154, 155, 165,
185, 194, 330, 342, 353, 449, 614.
RauaBan, ville de la Mésopotamie, p. 83, 109.
Rarxka ou Rarxa, ville de la Mésopotamie, l'ancienne
Callinicum, p. 145, 194, 379. 404, 406.
RamaDmaniA, ville de la Cilicie musulmane, p. 720.
RauLa, ville de la Palestine, comprise dans le royaume.
de Jérusalem, p. 18, 61, 387, 400.
— Le seigneur de Ramla et Naplouse, 387.
— Défaite de Saladin à Ramla, p. 436, 455.
Ras-EL-Aix ou Ras -Ain, Resaina, ville de la Mésopo-
tamie , p. 346, 379.
RavenNEL, RAVENDEL, RAWENDAN , en arménien AREVEN-
TAN. — Voir ce dernier nom.
Reczei. — Voir HÉRACLÉE.
Reï, ville de l'Irak persique, p. 120, 320, 322.
Réscupouxix', district de la province de Vasbouragan,
dans la Grande Arménie, p. 10.
— Lac de Réschdounik”. — Voir Van (Lac de).
Réwapt, tribu kurde de la Grande Arménie, p. 96.
RaÊcma, lagune sur le bord de la mer, où se déversait
le Cydnus, et servant de port à la ville de Tarse,
p. XXXIII, XL, XLI, XLUI.
. appelé aussi Détroit de Sem (Schaim ou Syrie); Der-
bend-el-Merry des Arabes; Mar'i en arménien, p. xxvi,
XXVII, XXIX, 33,171, 303, 487. |
Pyzæ CiciciÆ, défilé de la chaîne du Taurus, donnant
entrée de la Cappadoce dans la Cilicie; Défilé de
Gouglag, Cogelaquus, Cojulacium ou Gogulat des
chartes latines; Porta Judæ des historiens latins des
croisades; Kulek -Boghaz des Turks; description de
ce passage, p. XX-XXIV.
— Mentionné, p. us, x1, xL, 637, 645,649, 650, 746.
Przz SvriÆ-Ciuiciæ et PyLæ syRo-ciLiciÆ, au moyen
âge Portella ou Passus Portellæ; Tour’n, c'est-à-dire
Porte, des Arméniens, Défilé d'Iskenderoun des au-
teurs arabes; passage étroit entre la montagne et la
mer, sur le bord oriental du golfe d'Alexandrette,
P: XXVI, XXVIT, AXVIHI, XXIX, XLVI, ACVII, 171, 172,
349, 545.
— Porte Syncraton d'Aboulfarad), p. 172.
PyRAME, fleuve de la Cilicie orientale, nommé Djeyhän
par les Arabes et les Turks, Dchahan par les Armé-
niens, p. XXIV, XXVII, XXXIX, XLIII, XLVI, 392, 379,
426, 460, 464, 513, 528, 545, 563, 6:17, 667,
719.
— Son cours décrit, p. XLIV-XLv.
— Sa vallée, p. xxv, XXVI, xxx.
— Son bassin inférieur, formant le port de Mopsueste,
P- XLVI.
— Son cours pris comme base d'une ligne militaire
destinée à défendre la frontière orientale de la Cili-
- Cie. p. XLVI-XLVII.
Quiei, quod dicitur latine Meta de Gammasa, localité
de la plaine cilicienne, non loin et au-dessous d'A-
mouda, p. XLVI.
Ruones (L'ile de) ; la flotte des Rhodiens, auxiliaires des
Romains, p. xxxv.
— Chevaliers de Rhodes (Les), p. xxxiv.
Ruossicus ScoPuzus, aujourd'hui Ras-el-Khanzar (la
têle du porc), cap de Ja côte de Syrie, au nord-ouest
d'Antioche, p. xxvi.
Ruossus ou Ruosvs, ville maritime de la Syrie septen-
trionale, p. 4.
— Siége épiscopal sous la juridiction de celui d'Ana-
zarbe, p. 673.
Rinon, localité de la Mésopotamie, p. 301.
Roposrum, Ronosro, ville de la côte septentrionale de
la Propontide, p. 26.
Roin, localité située aux portes de Sis, p. 629.
Romain (Saint-), couvent de la Cilicie, p. Lxxu1.
Roue (La ville de), considérée comme la capitale du
pays des Franks ou l'Occident, p. 147, 327, 336.
— Ville pontificale, premier siége de la chrétienté,
p. 676.
R'orax, localité de la Cilicie, siège épiscopal, p. Lx1x.
Rosrraum ve Roca Meota, localité de la plaine cili-
cienne, non loin et au-dessous d'Amouda, p. xLvi.
Rouu (Défilé de), passage donnant accès dans la Cilicie
par le Taurus, probablement le Kulek -Boghaz (Pylæ
104.
828 INDEX.
. Ciliciæ), et mettant en communication ce pays avec
la contrée de Roum, p. 528.
Roum (Paysde) ou des Romains , Romanie au moyen âge,
l'Asie Mineure, p. 467, 480, 522, 608, 649, 6b6. .
S
Saçoun, Saçouvx ou SaxaçounK', district montagneux
de la province d'Agh'étznik’, dans la Mésopotamie ar-
ménienne, p. XXXIX, LI, 10, 100, 136, 320, 321,
380, 629.
SAFARI, village de la Mésopotamie, p. 139.
SaGu'ROU (Notre-Dame de). couvent dans la chaine du
Taurus cilicien, p. 560, 561.
SÂHEL en arabe, SÊHL en arménien, « littoral, » et d'une
manière particulière, celui de la Syrie, p. 615,653,
655.
SAINT-AUDOIN (Ouen), lez-Saint-Denys, hôtel assigné
pour demeure a Léon VI de Lusignan, dernier roi
d'Arménie, lors de son arrivée à Paris, p. 725. .
SAINT-Dexys (L'église abbatiale de), renfermant actuel-
lement le tombeau de Léon VI, p. 683, 736.
SAINT-GEORGES (Porte de), à Antioche, p. 40.
Saint-Lazare (Couvent de), ou des Saints-Apôtres, à
Mousch, dans le district de Daron , Grande Arménie,
p- 1306.
SaINT-Lazare (L'île de), à Venise; son couvent fondé
dans le siècle dernier, par Mékhithar de Sébaste,
qui en fut le premier abbé; son imprimerie célèbre
per les éditions des ouvrages arméniens qu'elle a mis
au Jour, p. XIII. |
SainT-Nicocas, église ou couvent de Sis, dans la Cilicie,
P. 737.
Saint-PôL (Hôtel de), rue Saint-Antoine, à Paris, rési-
dence ordinaire des rois de France, p. 735.
SaiNT-SiMÉON (Port), ville servant de port à Antioche de
Syrie, l'ancienne Seleucia Pieria , Soueidié des auteurs
arabes, p. 57, 124.
Sainte-Croix (Couvent de la), dans la province de Kou-
kark', Arménie septentrionale, p. 200.
Sainte-Croix (Le convent de la), monastère arménien,
à Sébaste, en Cappadoce, p. 414.
SAINTE-JÉRUSALEM, collége arménien à Scutari (Cons-
tantinople), p. 609.
SAINTES - RÉSURRECTION (Église de la}, au couvent de
Garmir-Vank’, dans la Cilicie, p. 164. : |
SaixTs-APÔTRES (Couvent des), à Sévan , île du lac de
Kégham, dans la Grande Arménie, p. 113.
SaINTS-ManTyrs (L'église des), auprès des remparts
d'Édesse, p- 101.
SaxkÂc-THOUTHÂN. — Voir ARÆ ALEXANDRI.
SazamasD, SALMASD on SELMAS, ville de la Persarmé-
nie, sur la rive occidentale du lac d'Ourmia; évêché
arménien, p. Lxx, 468.
SALAMIA, aujourd'hui Ismil, ville de l'Asie Mineure,
dans le voisinage et au sud-est d Iconium, p. 58.
SALAMINIAS, SALAMIA, ville de la Syrie, auprès” et au
nord-est de Menbëdj; siége archiépiscopal, p. 676.
SazerH ou Sazgr. — Voir Cazycapnus et SÉLEUCIE
TRACHÉE.
SALVASTRO OU SAVASTO. — Voir SÉBASTE.
SAMARIE, prise par Saladin, p. 279.
SAMARKANDE, ville du Mä-Warâ-Ennabr, comprise au-
jourd'hui dans le Khanat de Bokhara, p. 646, 647.
RouméLié, en turk Roum:ili (le pays des Romains), la
Turquie d'Europe, p. xxix.
RuGta, en arabe Roudj, ville du territoire d'Alep, à
l'est de l'Oronte, p. 124, 161.
— (Le Soghd de), la contrée fertile et florissante qui
s'étend entre cette ville et Bokhara, p. 318.
Samos (L'île de}, p. 322.
SAMOSATE, en arabe Schémisath, métropolé de la Co-
magène, p. 36-37, 92, 93, 105, 112, 117, 126,
133, 139, 154, 164, 342, 404, 406, 577, 614.
Samour, Albanus de Ptolémée, rivière du sud-est du
Caucase, ayant son embouchure dans la mer Cas-
pienne, et district du même nom, p. 137.
Sax Topero, localité de la côte de la Cilicie Trachée,
p. XXXIV,
SanABIN, village et monastère de la province de Kou-
kark', Grande Arménie, célèbre au moyen âge comme
centre d'études, situé non loin du couvent de Hagh'-
pad, p. 269, 411, 414, 567.
Sanvéui, localité de la Cilicie, siége épiscopal, p. Lxvin,
635.
Saran-Sou, branche principale du Seyhân ou Sarus,
le Seyhân proprement dit, p. xunt, xLim.
SARDES, ville de la Lydie; route royale de cette ville à
Suse, en Perse, p. xx.
Sarkuas, ville du Khoraçan, entre Niçabour et Merw,
p. 320.
SARMATES (Les), soumis par Trajan, p. 317.
SARMÉDA (Les gorges de), dans le mont Amanus, au
nord d'Antioche, p. 123.
SARÔN , nom sous lequel Anne Comnène paraît désigner
le Sarus et le Pyrame réunis, p. xLvi.
SAROUANTI-K'AR, SARVANTIK'AR où SARVANTAVI-KaR c'est-
à-dire la pierre ou la roche de Sarvant ; Kéfo di Sarvand,
en syriaque ; Serfendkar des Arabes; aujourd'hui Ser-
fendkéré, château fort de la Cilicie orientale, p. xxvn,
97, 910, 922, 616, 628, 629, 636.
SARPEDON PROMONTORIUM, cap de la Cilicie Trachée, au-
jourd hui Liçaa el-Kahpeh, p. xxxvni.
SARTHAN, village du territoire de Khélath , dans la Grande
Arménie , p. 456.
SARUS, fleuve de la Cülicie des Plaines, le Seyhän actuel,
p. xxu, 352, 637.
— Description de son cours, p. xLn-xLHI.
— Le Sarus et le Pyrame tantôt réunis et tantôt sé-
parés, à diverses époques; réunis pendant le temps
de la domination arménienne dans la Cilicie, p. xLm,
XLV.
SATALIE , l'ancienne Attalie, Attalea, ville de l'Asie Mi-
neure, sur le golfe de Pamphylie, p. x1x, xxxvn,
xxx VI, 106, 322, 711, 712, 713.
— Florissante par le commerce, sous les Seldjoukides,
P- XLV.
-— Golfe de Satalie ou de Pamphylie. — Voir ce der-
nier nom.
SATRAPIES de la Grande Arménie, divisions politiques
de ce pays, leur constitution, p. LvIm-Lx.
SAVEH , ville de l'Irak persique, p. 120.
SCANDELOR où CAND£LOR , place forte et ville commer-
ciale de la côte de Pamphylie, p. xxxiv, xLV, 711,
712, 715.
n—
NOMS GÉOGRAPHIQUES. 829
ScHABÔRAN où SCHABOURAN , ancienne ville de l'Arménie,
au sud-est de la chaîne du Caucase, p. 137.
ScHaxap, château de la Cilicie, appartenant, ainsi que
Gor'igos, au baron Vabram, p. 514, 515.
Scuax'1 ou Scuan'8, ville et district au nord-est de la
Grande Arménie, sur la rive gauche du Gour (Cyrus),
p. 137.
Scau (Le pays de) ou Seu, dénomination arabe de Îa
Syrie, p. 473.
Scaamaxgi, aujourd'hui Schemakha, ancienne ville ar-
ménienne dans le sud-est du Caucase: chef-lieu du
gouvernement de ce nom, dans la Transcaucasie
russe, p. 137.
ScAAMK'AR Ou SCHAMK'OR, ville au ‘sud et sur les bords
du Gour (Cyrus), dans le nord-est de la Grande Ar-
ménie, p. 137.
SCHAMSCHOUILDÉ où SCHAMSCHOULDÉ. ville de la Grande .
Arménie, au nord-est, dans la contrée de Daschir,
" province de Koukark', p. 323. |
ScHATHAR, ancienne ville au sud-est de la chaine du
Caucase, p. 137.
SCHAUBEK Ou SCHAUBAK, Mons Regalis, Mont Royal, for-
teresse du royaume de Jérusalem, au sud-est de la
mer Morte, p. 392. 400, 404, 450, 473.
ScHÉBÈGHTHAN, en arabe Schebektân, district de la Mé-
sopotamie arménienne, p. 395.
ScHEïizAR ou ScHÈzaR, Cæsara, l'ancienne Larisse, ville
de la Syrie, sur l'Oronte, p. 97. 114,115, 131. 153.
179, 372, 615, 617.
ScHékir - ARNOUN , ville de la Svrie, entre Damas et le
Sâhel (littoral), dans le voisinage de Panéas, p. 487.
SCHÉMRARH OU, suivant une autre leçon, SCHMÉRSCHAKH ,
village de la Mésopotamie, p. 30. '.
ScHÊNaAv, château fort près de Khar’an, dans la Mésopo-
tamie, p. 93, 96.
SCHÉNDCHÈ-GANTARA Où KaANTARA (Pont du Schëndché
ou Sendja). — Voir SENDsA.
SCHÉNDCHRIG , localité de la Mésopotamie, non loin de
Samosate, p. 138. — Voir Senpsa.
Scaër-Dacu, l'un des massifs de l’Anti-Taurus, dans le
sud de la Cappadoce, p. xuiv.
ScHIRAG ou Tzoro'Kkep, district de la province d'Ararad,
dans la Grande Arménie ; siége de la principale branche
de la dynastie des Bagratides. — Voir Tzono'kep,
p. Lxx, 141, 236, 435, 580, 582, 587, 588, 596.
597, 601, 602, 681.
— Couvent de Tzoro'ked, p. 580.
SCHIRVAN Où SCHÉRVAN : ville et province au nord-est de
la Grande Arménie, l'ancien pays des Agh'ouank' ou
Albanie du Schirvan, p. 137.
ScHOGH'AGAN, château fort de la Cilicie, p. 636, 644
Scaocu'AGATH (Effusion de lumière), nom donné à la
plus ancienne et principale église de l'Arménie, autre-
ment appelée Édchmiadzin. — Voir ce dernier nom,
p. 233.
ScaôL , village de la Mésopotamie, p. 139.
SCHOUGH'R, nommé aussi X’ar (pierre ou roche) et
Couvent des Basiliens, parce qu'il était sous la règle de
saint Basile, situé entre Sis et Marasch, dans le Tau-
rus, p. LXXN, 108.112, 299, 302, 303, 434.
ScIRFUS. — Voir Daïsax.
SCYTHES, nom sous lequel les Arméniens désignent
quelquefois les Turks et autres peuples originaires
de l'Asie centrale, p. 184, 189, 274, 413, 414,
447.
Seyrnie ou ScHéré (Désert de), habité par des anacho-
rètes, non loin d'Alexandrie, en Égypte. p. 45.
Scrropozis. — Voir BeTasan.
SéBasTe, ville de la Cappadoce, en arabe et en turk Si-
was ou Sivas, Salvastro ou Savasto, au moyen âge,
dans les routiers de Pegolotti et l'Atlas catalan de
1375, p. XX, XXIV, XXVI, XLIV, L, CI, 142, 157, 176,
191,324, 333,351, 374,375, 379, 382, 4o1, 4o2,
4o4, h14, 415, 576.
SéBasTi, ville épiscopale de la Cilicie, sous la juridiction
du siège de Tarse, p. 673.
SéBoun, autrement appelé montagne de Suint-Grégoire
l'Illuminateur, dans le district de Taranagh'i, pro-
vince de Haute Arménie, p. 561.
SEDJELMAGA, ville du Maghreb ou Afrique occidentale,
p. 364.
Serep, ville et forteresse du territoire d'Émesse, en Syrie,
p. 303. |
SELEFKE OU SELEFKREH. — Voir SÉLEUCIE TRACHÉE.
SÉLEUCIE DE SYRIE, Seleucia Pieriu, siège archiépiscopal,
p. 675. — Voir SimMéoN (SainrT-) et Soveipre.
SÉLEUCIE TRACHÉE, métropole de la Cilicie occidentale
ou Cilicie Trachée, Saleph ou Salef au moyen âge:
la moderne Selefkeh ou Selefké, sur le Calycadnus;
siége archiépiscopal, p. iv, xx, XXIV, XXXVIN, LIN, LX,
152, 186, 403, 416, 428, 441, 516, 517, 565,
617, 629, 635, 637, 648, 673, 674.
— Thema Seleuciæ, comprenant une partie de la Cilicie
Trachée et la Cilicie Champètre, sous l'administration
byzantine, p. 6 5.
SELINUS, SELENUNTA Où TRAJANOPOLIS, ville épiscopale
de la CGilicie Trachée, sous la juridiction du siége de
Séleucie, p. 673, 692.
Sem (Maison de), locution arménienne servant à dési-
gner spécialement la Syrie, p. 521. — Voir ScHam.
SÉMÉCHONITIS OU SAMOCHONITIS {Lac de), ou lac de Ba-
neas, aujourd hui Babr el-Houla, p. 273.
SEMENDAY. — Voir DZAMENTAv.
SEMPADA-GLA (forteresse de Sémpad, château fort de la
Cilicie, p. 548.
SENDJA , Efyyas, Nahr-el-Azrek (le fleuve Bleu), afluent
de l'Euphrate, p. 132-133.
SÉPULTURE DES EMPEREURS, dans l'église des Saints
Apôtres, à Constantinople, p. 6.
SEPyrA, forteresse de l'Amanus, assiégée et prise par
Cicéron, p. xxx.
SERBES (Expédition de Manuel Comnene contre les),
p. 361.
SERFENDKAR, SERFENDKÉRÉ. — Voir SAROUANTI-K'ar.
Serciopouts, Resapha, ville au sud de l'Euphrate, dans
le Barbaricus Campus, p. 318.
SERKENDÉRÉ-Sou, fleuve de la côte de la Karamanie,
peut-être le Paradisus de Pline, p. 613.
SeroUDS, Bathnæ Sarugi, Sororgia des chroniqueurs la-
tins du moyen âge, ville de la Mésopotamie, p. 53,
54,94, 96. 101. 105, 116, 126, 379.
SEVILA, ville épiscopale de la Cilicie Trachée, sous la
juridiction du siége de Séleucie, p. 673.
SEYHÂN ou SEÏHÂN. — Voir Sarus.
SBYHOUN, SÉHOUN, SÉHIOUN , ville de la Syrie, à l'ouest
de Laodicée, dans la principauté d'Antioche, p. 18,
303, 4oo.
SGuévr'a, couvent de la Cilicie, situé dans la chaîne du
Taurus, non loin de la forteresse de Lampron (Nim-
roun), p. £xxI, 558, 559, 560, 566, 635.
2 + de EI 0 27 EE
- = ee ge mere
830 INDEX.
Siancoux (Montagne Noire), eu syriaque, Tell-Oukama,
dans une île du même nom, située à la pointe nord-
ouest de la mer des Khozars (Mer Caspienne), p.543.
SIGAGAN, l'un des districts de la province de Siounik’,
dans l'Arménie orientale, p. 737.
Sicie (Les marchands de la), trafiquant dans la Petite
Arménie, p. 798-762.
Sin, aujourd'hui Eski-Adalia (Vieille Satalie), port de
la Pamphylie, p. xix.
Sipon , Saïva, SaïerTe, Dzaïtan en arménien, ville de
la Phénicie, p. 17, 277, 400, 473, 488, 665.
SiGA, SIGUI , SIGUINUM , SECCHINUM , SECHIN , Où SECCHIN,
château fort sur le littoral de la Cilicie Trachée,
p. xxxiv, 483, 638, 644. |
SIHOUN , l'Iaxartes des anciens, aujourd'hui Sir Deria,
fleuve de la Sogdiane, p. 646, 64;.
SIMANA-GLA ou SImoxa-GLa, Simona-GLain (Forteresse
de Simon), château situé dans la plaine cilicienne,
non loin et au-dessous d'Amouda, p. xxx1, xLvI, 618,
636, 680. |
SIMÉON (Saint-), port d'Antioche, Seleucia Pieria, Souei-
dié, p. xLv.
SIMNÂN, ville du Thabaristan, au sud de la mer Cas-
pienne, p. 320.
Sinaï (Le mont), ses mouastères, p. 283, 285.
SINDJAR, ville de la Mésopotamie, p. 109, 148, 320,
ho4.
SINGAS. — Voir SENDJA.
SitDA , chäteau fort de la Cilicie, p. 431, 637.
SiNoPE, dans la Paphlagonie, où le comte de Saint-
Gilles, battu par les Turks, s'embarqua pour gagner
Constantinople, p. 57.
Siounir', l'une des quinze provinces de la Grande Ar-
ménie, Pp. LVII, 737. |
Sis, SistA, l'ancienne Flavias, capitale de la Cülicie,
sous les rois roupéniens, siége épiscopal, p. xxv,
XXVII, XXXII, 108, 112, 168, 301, 416, 428, 44a,
458, 459, 463, 464, 467, 468, 435, 485, 487,
493, 499, 514, 516, 522, 528, 537, 540, 548,
549, 557, 578, 606-608, 625, 629, 635, 655, 668,
673, 686, 717.
Tacura-Kôpru (Pont de planches), sur le Sarus ou
Seyhân, dans le Taurus cilicien, p. xxi.
Tansrr-KaLE, château de la Cilicie, situé sur le Boul-
ghar-Dagh, aux Pylæ Ciliciæ, p. xxnr.
TaraxaGn'i, district de la province de Haute Arménie,
p. 333, 561. — Voir Gamaru.
Tarsas-TcoHaï, rivière de la Cilicie, le plus méridional
des affluents de droite du Sarus ou Seyhän; vallée et
passage du Tarbas-Tchaï. p. xx.
Tanse, Tarsus, métropole de la Première Cilicie; en
arabe, Tarsous ou Tersous, qui est resté le nom mo-
derne de cette ville; Torsot, Trousot ou Tursolt, au
moyen âge, p. IN, XVII, XXXII, XXXVI, XL, XLI, ALI,
LIN, XCII, 4, 31, 193, 186, 342, 345, 380, 394,
16, 435, 462, 466, 485, 500, 506, 512, 514,
515, 517, 526, 528, 530, 549, 558, 561, 593,
615, 625, 627, 640, 648, 649, 650, 664, 666,
672, 073.
— (Église et diocèse de), p. 377, 600.
— (Patriarche grec de), p. 323.
— Défilé de Sis daus l'Amanus. — Voir PyLx Aa.
NIDES.
— Forteresse de Sis, construite par le roi Léon Il,
p. xzvn, 479, 515, 546.
— Concile de Sis, tenu en 1307, p. Lxx, 465.
— En :1342,p. Lxxt, 703.
— La rivière de Sis. — Voir AsMËNTzouc.
Siwas ou Sivas. — Voir SÉBASTE DE CapPADoOce.
SMYRNE tombe au pouvoir de Théodore Lascaris, p- 643.
Sozr. — Voir PompeiopoLts.
SovosE, contraste établi entre cette ville brülée par le
feu d’en haut ou du ciel et Édesse, dont les remparts
s'écroulent, minés par la sape et le feu souterrain des
Turks, p. 253.
SoGpiaAxE, visitée par Zémarque, ambassadeur de l'em-
pereur Justin IT vers le grand khan des Turks,
p. 317.
Sons ou SouanEs, habitants du Souaneth. — Voir ce
dernier nom.
SorcaNANT, localité de la Cilicie, siége épiscopal, p. Lxvur.
SouanÊTH, pays dans la chaîne du Caucase, à l'ouest,
P. 197,312.
SOULTHANIEN, ville archiépiscopale de l'Arménie per-
sane, p. 702.
Sourrous, place forte du nord de l'Euphratèse, p. 140.
Sour. — Voir Tyr.
Sraxcon, ville dans le centre de l'Asie Mineure, sur la
roule de Nicomédie à Phiniminum {Philomelium),
p. 98.
Suëves (Les), alliés aux Alains et aux Vandales, vont,
vers 406, des bords du Danube ravager la Germanie,
et se répandent dans les Gaules et de là dans la Pé-
ninsule dispanique, p. 129.
SusE, capitale de la Perse, sous les rois achéménides.
p. xx.
SYNCRATON (La porte). — Voir Pr Syriæ-Cruictæ,
P- 172. |
Synnaoa, ville de la Phrygie, p. xx.
SYRIE, soumise par Zimiscès, p. 19, 329, 330.
SYRIENS JACOBITES (Les), p. 336.
SYRIENS NESTORIENS (Les), p. 489.
— Érigée en archevêché par les croisés el en même
temps évêché arménien, p. zxvir, 560, 673.
— Siège de l'administration centrale de la douane ar-
‘ ménienne, p. XxvI.
— Stratégie sous les empereurs byzantins, p. xxx1.
— Emporium principal de la Cilicie, dans l'antiquité,
rival de Sardes, d'Éphèse et de Smyrne, p. xxx, XL.
— Au pouvoir des Sarrazins, p. XXXVIMI.
— Léon Il, sacré roi d'Arménie, dans l'église de Sainte-
Sophie de cette ville, p. cm.
— Le fleuve de Tarse. — Voir Cypnus.
Tarrares ou MonGozs, en arménien Thathars, p. 430,
432, 460, 461, 464.
Tanruyx, localité de la Cilicie, siége épiscopal, P- LXVIM.
Tauriz ou Taunis, en arménien Tavrèj, ville de l'Azer-
beïidjau, résidence des khans mongols de la Perse;
siége archiépiscopal, p. xxvi, xevu, 433, 558.
675.
Tauaus (Chaine du mont), ou Taurus cilicien, au nord
de la Cülicie, p. nr, xxxiv, 30, 33, 47, 83. 98, 153.
NOMS GEOGRAPHIQUES.
168, 169,186, 241,432, 47e, 497, 512, 545, 550,
560, 564, 576, 617, 622.
TcHËMÉScHGADZAK, Hiérapolis, ville du district de Kho-
zan , dans la Quatrième Arménie, patrie de l'empereur
Jean Zimiscès, nommé en arménien Tchémeschguig ,
p. Lxxx1. 5,12, 646.
TceauxuR-Ova. — Voir ALsienne (Plame).
TecHENs'arR (Roche jaune), château de l'Euphratèse,
sur les limites de la Cülicie, l'ane des possessions de
Josselin I, p. 342.
Téxkrir, ville et forteresse de la Mésopotamie, p. 334,
345, 346, 364, 365, 453.
TezL-BascHer. — Voir THËLBASCHAs.
Tezz DE Hamooux. — Voir Tai, Tir.
TecL-IFRIN, Campus Sanquinis de Guillaume de Tyr,
localité auprès d'Athareb, p. 123.
Tezi-KuaLen, forteresse du territoire d'Alep, p. 164.
Fecz-Ouxaua (Colline noire). — Voir Srascoux.
TempLe Ds JÉRUSALEM (Le), ou église de la Résurrec-
tion, p. 399, 400.
TErDCHAN, district de la province de Haute Arménie,
p- 20.
Tersous-Tcuaï. — Voir Cyonus.
Tévin, ville de la Grande Arménie, sur la rivière Med-
zamôr, au nord de la ville d'Ardaschad, dans la pro“
vince d'Ararad; en grec Aoÿkios et Ti$lov, en arabe
Dewyn et Debyl, p. 151, 200, 201, 356, 364, 414,
436, 437, 453, 454, 456.
Taasor (Mont), dans la Galilée, p. 16, 285, 294.
— Monastère du mont Thabor, p. 107.
THADDÉE (Saint-), couvent archiépiscopal du district
d'Ardaz, à l'est du lac de Van, dans la province de
Vasbouragan , Grande Arménie, p. 702.
THarsaque, ville de la Mésopotamie, sur l'Euphrate,
P. XXVII.
THéDauie (La). ou Tnipatie, ou pays des Thédalatsis,
identitiésavec les Huns blancs ou Hephthalites, aujour-
d'hui le Turkeslan, p. 315, 318, 324.
TaëéLBaGn'D, forteresse du district de Baghin, dans la
Quatrième Arménie ou Mésopotamie arménienne,
p. 637.
THÉLBASCHAR, en arménien, et primitivement, Thel-
Avédiats, colline de lu bonne nouvelle, en arabe et avec
la même signification, Tell-Bascher, Turbessel de
Guillaume de Tyr; ville et château considérable à deux
journées aü nord d'Alep, p. xxvni, 35, 87. 96, 104,
114, 125-1927, 133, 138, 162, 164, 165,166, 342-
382, 637.
THÉLGOURAN ou THOULKOURAN, aujourd'hui Thélkuran,
bourg de la Mésopotamie arménienne, à deux jour-
nées au sud d'Amid, p. 96.
THËLkHoUY, district et village de la Quatrième Armé-
nie, ou Mésopotamie arménienne, non loin d'Amid,
p- 334.
THÉLMOUZEN, en arabe Tell-Mauzen, ancienne ville de
la Mésopotamie, entre Ras-Aïn et Seroudj, p. 102,
396.
THESSALONIQUE, dans la Macédoine; la princesse Théo-
phanô, fille du roi Léon III, fiancée à Jean l'Ange,
est enterrée dans cette ville, p. 544.
Tri, Taie ou Tair De ampoun, Tuica, Tir, ville forte
de la Cilicie orientale, au sud du Djeyhän, en arabe
Tell. de Hamdoun ; siége épiscopal, p. xxxr, Lxx1, 37,
102, 171, 172, 179, 186, 347, 394, 464, 507,
516. 543, 545, 619,621, 628, 637, 648.
LS
891
Taornca, forteresse de la Cilicie orientale, p. xxx1,
636. .
Taosprris Parus. — Voir Van (Lac de).
Trounea, ville du nord de l'Eupbratèse, p. 102.
Tsrace (La), traversée par les croisés en marcke vers
l'Orient, p. 419, 459.
TiBaRan1, population de l'Amanus que combatlit Cicé-
ron, p. XXXII. ñ |
TisériADe (Lac de), Tabariëé en arabe, p. 15, 16, 106,
126, 286, 294, 303, 397.
— Ses produits, p. 27ä.
— (Ville de) ou cité de Tibère, p. 275, 398, 439.
— (Seigneur de), p. 389.
— (Bataille de) ou bataille de Hottein, dans laquelle
Saladin remporta une victoire décisive sur les Franks,
p. 396-397, 420, 457, 478.
TiBxiN, ville de la Syrie, cntre Damas et Tyr; en arabe
Schékif-Touroun, Toron, chef-lieu de l’une des ba-
ronnies du royaume de Jérusalem, p. 400.
Ticor ou Divcor, montagne dans le voisinage de Tiflis,
P- 129.
Ticre (Le), voie fluviale par laquelle les marchandises
de l'Inde et de l'extrême Orient arrivaient de Bassora
a Tauriz, p. c, 373.
Tios (L'ile de), dans la Chronique de Michel le Syrien,
probablement Téos, ville de l'Asie Mineure, sur la
côte d'Ionie, peut-être aussi Cmos, p. 322.
Tiriorouts, ville épiscopale de la Cilicie Trachée, sous
la juridiction du siège de Séleucie, p. 673.
Tuanis ou Touwanis, ville du nord de la Grande Ar-
ménie, dans la province de Koukark’, p. 137.
Torrose, Anturadus, sur la côte de Syrie, prise par
Picrre I”, roi de Chypre, p. 303, 432, 635, 716.
TouLouse (La ville de), au pouvoir de Guillaume IX,
duc d'Aquitaine, p. 161. |
Touran ou pays des Turks et autres nations barbares de
l'Asie centrale, par opposition à l'Iran ou la Perse,
P. 318.
Tour’, en arménien « Porte, » Portella, Passus Portellæ.
— Voir PyLæ Syniæ-Ciiciæ.
ToureLLes (Le palais des), rue Saint-Antoine, à Paris,
lieu du décès de Léon VI, roi d'Arménie, p. 735.
TRasanoPozis. — Voir SELINUS.
Traces, ville de la Lydie, aujourd'hui Sultan -Hissar,
l'une des haltes de Cicéron, dans sa route d'Éphèse
vers la Cilicie, sa province proconsulaire, p. xx.
TrazarG, couvent de la Cilicie, dans le voisinage de Sis,
Tres Arces où Tres Arcus, dans les chartes latines,
P- LXXINI, LXXX, 114, 148, 200, 449, 458,459, 462,
467, 508, 5107, 525, 605,614, 631,635, 640,669.
— Construit par le prince roupénien Thoros I“, P- 499.
TRÉBIZONDE, la dernière des élapes par lesquelles les
marchandises arrivaient de la haute Asie dans la mer
Noire, à travers la Péninsule anatoliqne, p. c.
— ‘Évèché arménien, P. LXVIII.
TRipour, ville de la Syrie, siège archiépiscopal, P. 2,
17,18, 75,79, 90,106, 179, 397. 439. 473, 478,
480, 484, 542, 547. 675.
— Prise par le sulthan Kalaoun, p. 746.
— Prise, saccagée et incendiée par Pierre L*, roi de
Chypre, p. 716.
Troas ou NouvELLE TROIE, surnom d'Anazarbe, p. xLvu.
Tsakuoup, place de la Cilicie, p. 617.
Turxesran (Le haut), envahi par les Tartares mongols,
p. 646.
832 INDEX.
Turks, leur origine, p. 311.
— Les'Turks seldjoukides se rendent maîtres de la Perse
et de la Grande Arménie, p. xLix. — Voir Perses.
TurniT, couvent arménien dans la partie de l'Amanus
appelée Montagne Noire ou Sainte Montagne, au nord
d'Antioche, p. Lxxui.
Tur«oMANSs nomades dans le sud-est de l'Asie Mineure,
dans le Taûrus et l'Amanus, p. xvII1, XxxII, 321,
383, 396, 402.
Trans, ville de la Cataonie, évêché arménien, p. Lxvitr,
98.
VaçaGavan, bourg du district de Hantzith, dans la
Trr, Sour, ville de la Phénicie, siège archiépiscopal,
p. 107, 140, 277, 302, 398, 399, 4oo, 439, 478,
480, 488, 542,665, 673, 674, 746.
Tzécan-Tceuour (Rivière du Poisson), localité dans le
sud de la Cappadoce, sur le revers septentrional du
Taurus cilicien, auprès de Cybistra, p. 98, 611.
TzoraPa'on, district de la province de Koukark', dans
la Grande Arménie, p. 411.
Tzoro'-Vanx' ou Tzona'-Vans' (littéralement couvent
de la Vallée), deux monastères de ce nom, dans la
Grande Arménie, p. 737.
Varak, monastère du district de Dosb ou Van ‘dans la
Quatrième Arménie, p. 7, 22. province de Vasbouragan, p. 38, 592.
VauGa, Baxä, en arabe àÿ, Féké d'aujourd'hui, for: — (Croix de), l'une des reliques les plus vénérées de
teresse dans le Taurus cilicien, p. xLvir, L, 47-48, l'Arménie ; Baudouin de Boulogne prête serment sur
79,153, 154, 448, 47, 474, 498, 504, 505,530, cette croix, p. 38.
610,612, 616-618, 622, 678. — Les Franks marchant contre les Turks l'arborent à
VaGu'va ou peut-être, suivant une autre leçon, Mauçu'a, la tête de leurs bataillons, p. 93.
château fort de la Gilicie Trachée, p. 483, 638. Varcoços (Vargouça), siège archiépiscopal de l'Orient,
Vazaques et BuLGaress, recrutés par l'empereur Frédéric dans le patriarcat d'Antioche, p. 676.
Barberousse, dans sa croisade en Orient , p. 44o. "VaRTAHÉRI, village de l'Eupbhratèse, auprès de Béhesni,
VaLARSABAD, en arménien Vagh'arscharad, l'une des p. 108. |
plus anciennes capitales de l'Arménie, sous les rois VASBOURAGAN, l’une des quinze provinces de la Grande
arsacides, autrement appelée Ville nouvelle, située Arménie, p. XLIX, LVII, LXVIN, 10, 99, 248, 333,
dans la province d'Ararad, p. Lxlit, 235. 334, 539, 592, 607, 702, 737.
Van (Lac de), mer ou lac de Vasbouragan, lac de Péz- — (Mer de}. Voir Van (Lac de).
nounik', autrement appelé mer d'Agh'thamar, ou bien Veniriens (Les), établis a Mamistra et à Aïas, dans la
encore lac de R'éschdounik'; Arsénè, Arsissa ou Thos- Petite Arménie, p. cix, 748.
pitis palus des anciens, p. xzix, 95, 611, 702. Verquis, château fort de la Cilicie, p. 638.
VanpaLes (Les), alliés aux Suèves et aux Alains, vont, Vin au singulier, Vins’ au pluriel, nom arménien des
vers le commencement du v' siècle, ravager la Ger- Géorgiens, d'ou est dérivé probablement le nom an-
manie, p. 129. cien de leur pays, l'Ibérie, p. 312.
Vaner, Vanerium des chartes latines, casal ou ferme de Vinan-ScneHr, ou la Ville en ruines, localité de la Cap-
la plaine de Mëloun , dans la Cilicie Champêtre, sur la padoce, assimilée quelquefois à l'ancienne Comana
rive gauche du Sarus ou Seyhân, p. xLvinr, 637, 680. Cappadociæ, p. xxv.
— Vendu aux chevaliers de l'Hôpital, en 1214, par le Voies ROMAINES d'Iconium à Séleucie Trachée, à Ané-
roi Léon IL, p. Lxxxix.
VarasNounix’, district de la province de Vasbouragan,
dans la Grande Arménie, p. 325.
mour, à Soli ou Pompeiopolis, p. xxxviu.
— Entre le cours du Sarus et du Pyrame, à travers le
Taurus cilicien, p. xx1V, xav.
W
Wesruinsren (Le palais de), à Londres; Léon VI, roi d'Arménie, y est appelé et parle devant le roi Richard Il
et son conseil, p. 727.
Yapsoups et Mavzsoups. — Voir Goc et Macoc. au nord-ouest de Ramla, sur le bord de la mer, p. 61.
Yarouss, Hiaroquins, Turkomans du territoire d'A- YÉMEN (Les habitants de l'}, enrèlés dans l'armée de
lep, répandus aussi dans les montagnes de la Cilicie, Nour-Eddin, p. 377.
p. 199. Youzpouz-Dacn, massif montagneux de l'Anti- Taurus,
Yazour, petite ville de la Palestine, dans le voisinage et P. xx.
Z
ZaBuLon (Le pays de la tribu de), dans la Galilée infé- ZÂn-eL-Baxz, localité située dans la province d'Alep.
rieure, s'étendant de la mer Méditerranée au lac de P. 127.
Tibériade, p. 107. Zaïn (La forteresse de). — Voir KHARPERT.
= Re Qc © À RU = nr
NOMS GÉOGRAPHIQUES.
Zamanra-Sou, l'une des deux branches principales du
Sarus ou Seybän, p. Lu.
Zamca, localité de la plaine cilicienne, non loin et au-
dessous d'Amouda, p. xLvi1.
Zsing, Bioê ou ZEeéD8 (Abidi), ville épiscopale de la
Cilicie Trachée, sous la juridiction du siége de Sé-
leucie, p. 673.
Zeïiraoun ou Zeiroux, et Zeythoun ou Zeytoun, district
de la Cilicié, situé dans l'Anti-Taurus et répondant à
la partie orientale du thème de Lycandus, habité au-
jourd'hui par des Arméniens indépendants (Zeïthou-
nioles), mélés a des Turkomans et à des Grecs,
p. 299. 471, 636, 674, 720.
ZèNopouis (Zmonopolis), ville episcopale de la Cilicie
Trachée, sous la juridiction du siège de Séleucie,
p. 674.
Hisror. ARM. — Î.
833
Zepayriun, petite ville de la côte de Cilicie, située
a vingt-deux kilomètres à l’ouest de l'embouchure
du Cydnus (Tersous-Tchaï); aujourd'hui Mersyn,
p. XLI.
Zepuyraium (Promonlorium), cap sur le littoral de la
Cilicie Trachée, au sud-ouest de Séleucie, p. xxxvin.
Zervanà, Surdonus, Sardanum, forteresse de la Syrie,
au sud-ouest d'Alep, p. 95, 145.
Zeucua (Le), pont sur l'Euphrate, donnant entrée de la
Syrie dans l'Osrhoëne, p. 232.
Zônvri-Gozer'x, couvent de lo Cilicie orientale, situé
non loin de la forteresse de Hisn-Mansour, p. 1.xxt.
ZouBLas, SouBras ou SousLéon, forteresse du Thema
Anatolicum , dans l'Asie Mineure, p. 153.
Zoweica (La porte), au Kaire, p. 348.
10
LV.
‘ PHILOLOGICA ET VARIA.
ABAD, wuunn «lieu habité, peuplé, bâtis; el en com-
position « ville, résidence, édifice »; persan sb}; Va-
gh'arschabad, Ywqwpzwmunn, la ville de Valarsch ou
Vologèse; Nerschabud, Erub&uuunn, la résidence
de Nerseh ou Nersès, passim.
ACTIO SEU ANGARIA TRIBUTI VECTIGALIS, contribution
forcée, avanie, p. xCvII.
ADENATÉBIR, wenbwguhp, mot composé de «diun,
emnbuu « assemblée, conseil, parlement», et de tébir,
aber «scribe, secrétaire, notaire , savant, docteur»,
et signifiant « secrétaire d'une assemblée, chancelier,
archiviste », p. LXXXVII.
'Aïs-cOUIS, Œuyu Gnyu «le ce côté-ci,» expression par
laquelle les Arméniens désignent les pays situés à
l'est pour eux, et dans un sens spécial l'Asie, le
Levant; 'Aingouis, Guju 4nyu «de ce côté-la», Îles
contrées de l'occident, l'Europe, pussim.
AKHAKHIR, fur «épiceries, drogueries»; arabe
le. pluriel de ,Uis « plantes aromatiques ou ra-
cines de ces plantes», p. 750.
AMANATH, wdèuwf; arabe àxel et y « sécurité, pro-
lection, et traité par lequel le vainqueur consent à
accorder la vie sauve aux habitants d'une ville ou d'un
pays conquis », p. 654-655.
ANABAD « non habité (lieu) », mot formé du prélixe né-
galf an, wv, et de abad « habitation », et dans l'usage
«couveul situé dans une solitude», p. xLvir.
ANDIATHIG, wbunhwfdhh, ab intestat, mot formé du pré-
fixe arménien négatif an, wv, el du grec à&rabÿxy,
“Icstament », p. CVI, 790.
AR'ACHAVORK", wnmewÿauenpe « préalables » ; les cinq jours
de jeüne institués par saint Grégoire l'Illuminateur,
et ainsi appelés parce qu'ils précèdent Je grand ca-
rême ou carême de Pâques: ils durent depuis le lundi
de la Septuagésime jusqu'au veudredi suivant,
p. 319.
AR'ADCHNORT, ww ÿünpy , littéralement primat, litre d'un
docteur (vartabed) admiuistrant un diocèse dépourvu
du titulaire, évêque ou archevêque, p. 582, 635.
ÂR'ARASD , wnwquuuem « rideau, courtine, pavillon, tente »
et, par suite « hit nuptial »; verin ar'akasd, JEpfvewnu.,
- qauum «le lit nuptial d'eu haut», c’est-à-dire « le lit
nuplial de l'époux céleste », dans le langage religieux
et mystique des Arméniens, p. 226. — Voir Kaoran,
lureuir. |
ARBORAGIUS Où ARBORAGIUM, droit de mâture perçu
sur les embarcations à l'embouchure des rivières,
p. XCVIHI.
ARÉVABASCHD, wplumeje, OÙ ARÉVORTI, wphapqh,
«adorateur ou fils du soleil,» sectaires arméniens
voués à l'ancien culte des astres ou sabéisme, et ré-
pandus principalement dans la Mésopotamie, p. 139.
ARKA'HAÏR, wppwyGuyp « père du roi», titre de dignité,
et arka'haïrouthioun, wppuwSuypar flv, nom de cette
dignité, p. Lxxvnr, 642, 761. — Voir THAKavorA-
HAÏR.
ARÔS, wpou, sorte d'oiseau aquatique, p. 135.
ARTICLES du commerce des Génois dans la Petite Ar-
ménie et l'intérieur de l'Asie Mineure, p. cir, cui.
ÀSB , www, mot qui se trouve dans un grand nombre de
composés arméniens ; sanskrit asva ; zend aspa; persan
aw, « cheval», P. LXXV.
ASBAÇALAR, wuuwuwyuwp, et sbaçalar, uuuwçup, litté-
ralement «commandant de la cavaleriv», titre du
général en chef de l'armée arménienne; étymologie
de ce mot, p. LxXIV. LXXV, 91, 114, 598. — Voir
ASBAHABED.
ASBAHABED, wuquw&wubkrunw, où bien asbarabed, wuuur.
puybuw, sbarubed, vuwpunnbin, e! asbed, wuuybrus:
étymologie de ce mot, p. Lxxv.
ASBED, wuwbruw, sanskrit asvapali, dominus equorum. —
Voir ASBAHABED.
ASPIÉTÉS, Âomiérys, transcription de l'arménien usbed,
œwuwbin (voir ce mot); litre attribué à Oschin le,
prince de la famille des Héthoumiens de Lampron,
par Anne Comnène, qui vante sa bravoure dans une
occasion où il se distingua en combattant, dans les
rangs de l'armée grecque, contre les Normands, p. 33
ATABEK , SLV), transcrit en arménien sous la forme atha-
pag, wffwpauk, littéralement « pére-seigneur », c'esl-à-
dire « premier ministre, grand vizir, suprême adminis-
trateur »; litre du tuteur d'un jeune prince, du régent
de l'État pendant une minorité, équivalant à l'armé-
nien arka'haïr ou thakavorahair, au grec BaorAeoma-
T&P, P. 209, 721.
AURORES BORÉALES, p. 34, 43-44, 48, 54, 451.
103,
LE me "à — eme — he 0 le OR et —— —— he Em À un M OM CS OU CT en “tp mm 2
de RE ie COS REA CR
830 . INDEX. :
LA
AUTOCRATE, aÜTOXp4Twp, en arménien flpbwkw, , in-
k'nagal, titre que prit le roi Léon II en montant sur
le trône, p. X, LIV, 9%9. |
AVAK BARON , wewg wwpnh, baro-senior, le grand baron,
le premier des barons du royaume par droit de pré-
séance ; le chef de la noblesse sous les princes roupé-
niens; litre correspondant à l'ancienne appellation
de prince des princes (voir ce dernier litre), p. LxxvIt,
483, 548. |
AVAK DANOUCIARK, wewg anwunewbrinpg, littéralement
«les principaux chefs de maison», la haute aristo-
cralie dans l'antique monarchie arménienne, par
BaB1ôs , guwhou; en grec wamäs, titre des patriarches,
des métropolitains et évêques de l'Église d'Orient,
et qui, dans l'Église grecque, est aussi donné aux
simples prêtres; en syriaque ÆOQanS. Matthieu
d'Édesse s'en sert pour désigner l'archevêque latin
d'Édesse , p. 53, 87, 158.
BAGHGH'AM, qugquwdl, persan et arabe A, bakam et
bakkam , bois de Brésil servant à teindre en rouge.
p. 790. |
Ban, wé, veille, l'une des quatre portions de trois
heures chacune qui, chez les Arméniens, partageaient
la nuit depuis le coucher du soleil jusqu'à son lever,
p. 43.
BAHLAV, wewçque, Où balhav, quy$ws; persan gs
«héros», surnom de deux branches de la famille
royale des Ârsacides de Perse, Sourên-Bahlav et Ga-
reni-Bahlav, p. Lx.
BARLAVOUNI , Que nu, et au pluriel, Balhavounik',
Quç$wencukp, les descendants des deux branches
Sourèu-Ballav et Garéni-Bahlav, passim.
Bar, quyg, bajulus, balius, tuteur d’un jeunc souverain
ou prince, régent du royaume pendant une minorité,
P: LXXXVIII, 308.
BaïLe, titre du chef de la cominuuauté des Vénitiens
résidant à Aïus, dans la Pelite Arménie, bajulus bur-
gensiam Venetorum de Laïacio, et aussi de ceux qui
habitaient Constantinople, p. cvini.
BAILLIAGE ROYAL. baillia regis, juridiction établie dans la
Petite Arménie et ressortissant à la cour du roi,
P. LXXXIX, XCINH.
BarzLis royaux (Les) dans la Petite Arménie, p. Lxxxix.
Banni (Les) de Florence, célèbre et riche compagnie de
banquiers et marchands qui faisait un commerce con-
sidérable dans le Levant et qui, après être parvenue
à un haut degré de grandeur et de prospérilé, fil
faillite en 1337, p. civ. '
BARON, qwpny, titre que portèrent les princes de la Pe-
lite Arménie jusqu'à Léon Il, qui, en 1198, prit celui
de roi et le transmit à ses successeurs, p. Lxxx1, 298,
393. |
— Les barons de la Petite Arménie sous le règne des
Roupéniens, p. LIx, Lx.
— Baron (Le) des Romains ou du pays de Roum {Asie
Mineure), titre donné par le continualeur du conné-
table Sémpad au chef turkoman Timour-Tasch,
p. xxx, 665.
BarTHÉLEMI (L'église de Saint-) à Venise, appartenant à
opposition à la noblesse secondaire, Lomukpuqai.
P. LVI.
AVAN, ee « bourg», mot qui entre comme éléruent
de composition dans une foule de noms géographi-
ques; Vaçag-avan, Yuwuwk uruiv « bourgide Vaçag ::
Pak-avan, ffRwg wruiu « bourg des idoles»: Zareh.
‘ avan, Owpté weuiu « bourg de Zareh »; Aschodi.avan :
euh wcuiv « bourg d'Aschod », passim.
Avocars (Les), en arménien, avoukathk' Qui nuque,
à Saint-Jean-d'Acre, p. 696. — Signification de ce
mot , ibid. uote 1.
AzAD, wquw «libre, noble »: persan 5), p. Lvur.
des religicux arinéniens de l'ordre de saint Basile, et
aujourd hui aux Barnabites, p. 228.
BARZOUNAG, aug gne tent, NOM arménien d'une mesure
de solidité, transcrit barzuna en latin, p. xcix, 749.
— Voir FirakH.
Basiziques (Les), dispositions de ce code introduites
dans le droit arménien de la Cilicie, p. cvi.
BED, he « maître, seigneur, chef»; persan À; sanskrit
pati; en composition: hantertzahed, &uñvybpduwghuw
«crand maître de la garde-robe »; huzarabed, &uwrqu.
pwwbu, chiliarche, chef d'un corps de mille hommes:
hairabed, &wypwwbin, peère-chel, patriarche, chef de
tribu ou de famille, p. Lxxv.
BÉDTHË, paf; ilalien boite «tonneau», p. 748.
BécaseGu, gpqubn, où bégh'bigh, gpauba : arabe Mb,
Jilfil ou foulfoul, p. 750.
Ce mot est donné dans les dictionnaires arabes ou
persans comme étant d'origine arabe; mais c'est añort,
puisqu'il se trouve dans le texte de la Géographie de
Moise de Khoren, auteur du v° siècle, parmi ceux
des denrées de l'extrême Orient que le commerce de
la mer des Indes, sous les Sassanides, faisait arriver
en Perse, en Arménie et de là dans les régions situées
à l'ouest ; cette origine doit être cherchée évidemment
dans le sanskrit pippal.
BÉNÉDICTION DE L'EAU, le jour de l'Épiphanie, fête s0-
lennelle chez les Arméniens et dans toute l'Église
orientale, p. 414, 538.
Besant DE ROMANIE équivalant à 10 taccolins d'argent
ou drachmes (trams) d'Arménie.
— Besant sarrasin, p. XLVIIT, LXXXV.
— Besant sarrasin au poids d'Acre, bisantius sarracenalus
ad pondus Accon., p. xxx.
— Besant staurat, ou à la croix, p. CM, 749.
Bois PERCÉ, duyen Swgnnbw , morceau de bois troué
et crénelé pour servir aux opérations d'arithmétique
et principalement pour le compte des intérêts, sorte
de taille, p. 574.
BouTEILLER, en arménien botler, gnyybp, lire du grand
échanson , à la cour des rois roupéniens . et emprunté
aux Franks de la Syrie, p. 208.
Brisim, wphubf, en arménien vulgaire de la Cilicie;
wwphaned, abrischoum ou abérschoum, umgpzned per-
san e&wl « soie», p. 790.
burpienses , en arménien grepäku, bourdjés,
mot d'origine provençale et désignant la classe des
bourgeois, dans la Cilicie, p. xcut.
NS RE “RS nm mr = pa
Em
L
| PHILOLOGICA ET VARIA.
CAMERARIUS fcamérier, chambellan ou camerlingue, reqni
Armeniæ camerarius, P. XCIv.
CAMERLINGA , P. LaxVINT, XCN, — Voir CAMERARIUS.
CANCELLARIUS LATINUS, rédacteur des actes en latin
dans la chancellerie des rois d'Arménie, P+ LXXXVI.
CAPITANEI, chevitaines, préfets de district dans le
royaume de la Petite Arménie, p. xci.
CAPITANEUS ou CAPITANUS CURLÆ REGIS, préfet du palais,
dignité de la cour des souverains roupéniens, p. xC.
CAPITANEUS PASIDONI, puyhnutt qihrwnp, préposé en
chef de la douane arménienne, p. xGI.
CarHoLicos, en arménien Gath'oughijos, 4&w@ne qhynu,
transcription du grec Kafolxés « patriarche univer-
sel», litre du chef religieux ou souverain pontife de
la nation arménienne, passim.
CENSARIA, censariuin, sensatarium, droil perçu au pro-
C
897
Ô nienne et russe ainsi que dans toute l'Église orien-
tale, p. 191.
Cowères (Apparition de), p. 34, 8a.
CommManDEUR, titre en usage chez les Chevaliers hospi-
taliers, substitué par le grand maître Hugues de Re-
vel à celui de précepteur, p. 695.
Commerce des Génois et des Véniliens dans la Petite
Arménie, sur les côtes de la Pamphylie et de la Ci-
licie Trachée et dans l'intérieur de l'Asie Mineure,
p.c, CI.
COMTE, 4ndi, goms « comes », titre en usage chez les Ar-
méniens soumis à la domination byzantine, avec le sens
de préposé à l'un des services de la maison impériale
ou de gouverneur de province et, dans la Petite Ar-
ménie, sous les souverains roupénièns, avec la signi-
hication occidentale de « seigneur lerrien, possesseur
fit du roi sur les objets vendus par les marchands d'un domaine érigé en comté», et sous la forme de
étrangers dans le royaume de la Petite Arménie,
P. XCVIIT, XCIX, CII, 748.
— Ce même droit appelé aussi Jura regalia, p. en.
kount, gnivy, ou kounth, gmvf, P. LXXXVIII.
CourE-MaArRQUIS, double titre conféré par les croisés au
prince roupénien Constantin [*, P. LXI.
CONNESTABULI-DUCHA, assesseur du connétable, titre
d'un officier présidaut le tribnual de la connétablie,
Cexsarius, officier chargé de prélever cette sorte d'im-
| pôt, p. x.
CHAMBELLAN, en arménien dchamblain, pudigpeju, et dans la Petite Arménie, p. LxxvI, xcr, xcin.
grand chambellan, ÆèwS fwdiypuju, dignité du CoNxEraBLE, kountèsdull, gnevquunwm, , titre du cow-
royaume de la Petite Arménie, p. LxxvI1, 208.
CHANCELIER, en arménien dchantsler, fuvgbp, titre
du grand chancelier du royadme d'Arménie: et de là
dchanlerouthioun, puukpniflur, nom de cette di-
gnité.
CHEvaLERIE (L'ordre de la) établi et en faveur chez les
Arméniens de la Cilicie, p. xc.
CHEVALIER, en arinénien !ziavor, dhwenp; ce mot qui,
mandant en chel des troupes arméniennes, au temps
des princes roupéniens, P. LXxv, 208, 598.
Consui, kounts, gmiug, ct kônts, qun'wg, titre du chef
de la communauté des Vénitiens et de celle des Pisans
résidant ou trafiquant dans la Petite Arménie. — Voir
BaïLe, p. cvint, 750.
CoNTRADICTIO ou CONTRARIETAS, urestament, violence
apportée à l'exercice d'un droit ou d’une chose per-
dans la langue usuelle, signifie «cavalier», prit au mise ou tolérée, p. xCVuI, c.
moyen âge la signification de « chevalier, ou agrégé Cour pu roi (La), haute cour ou cour des barons (la
à l'ordre de la chevalerie s, p. xc, xc1, 598.
CHEVELURE DE saINT JEAN-BAPTISTE trouvée par l'empe-
reur Jean Zimiscès, dans sa campagne de Syrie et de
Palestine, a Gabaon ou à Menbëd)j, el déposée par
lui dans l'église du Sauveur qu'il avait bâtie dans le
vestibule du grand palais de Constantinople, p. 19-20,
roiul aute cort), dans le royaume de la Petite Arménie,
autrement appelée Divan, p. Lx, xcn1, 583. — Voir
ve dernier mot.
Curia voucazis, tribunal de l'assesseur du connétable,
du ressort de la haute cour ou cour du roi, p. xeni.
CURIA SISENSIS ARCHIEPISCOPI, l'un des tribunaux de la
Petite Arménie ressortissant à la couc du roi,
21.
CHoRÉvÊQUES (Institution des), ou évêques ruraux, dans P. LXXXVIT, XCHI.
CUROPALATE, curapalatu, curopalutes, en arinénien gou-
rabagh'ad, 4nepuugesqunn, litre de l'une des plus con-
sidérables dignités de la cour de Byzance, porté par
les préfets grecs de l'Arménie cccidentale, et qui fut
conféré quelquefois à des Arméniens, p. Lxxvi1, 325.
Creer Paséa de 532 ans. p. 62.
la primitive église arménienne, p. Lxvi.
CHRÉTIEN (Le nom de) adopté pour la première fois
par les fidèles, à Antioche, p. 274.
CLERGÉ blanc ou séculier (Le), engagé dans les liens du
mariage, et le clergé noir ou régulier, vivant dans
le célibat: distinction existant dans l'Église armé-
D
DaosiG, Sw23$4 nom donné par les Armeniens, comme
celui de Scythes par les Grecs et les Romains, à tous
les peuples nomades et barbares, ensuite et dans un
sens moins étendu, aux Arabes, aux Turks et aux
\
Dasare , www, de l'arabe XÆ'S « douleur à la gorge,
étouffement par l'afflux du sang à cette partie du
corps, angine», P. 172.
Dapa, evuumwy ; persau F5ÿ5 « servante, bonne d'enfant», |
et aussi « père nourricier, gouverneur d'un jeune en-
” fant, resté auprès de lui lorsqu'il a atteint l'adoles-
cence », p. 539.
DaD:GasDAN, SwSquruunuwu , le pays des Dadjigs ou mu-
sulmans, passim.
musulwans en général. Diverses étymologies ant été
proposées pour expliquer ce mot; M. d'Ohsson le fait
dériver de Tayoyo, pluriel Toyoyé, par lequel les Sy-
riens désignaient autrelois d'une manière collective
les Arabes et, en particulier, ceux de la tribu Tav, la
338 INDEX. | dé
plus considérable des tribus errant dans les plaines sa-
blonneuses de la Syrie ; M. Fr. Neumann ( Translalions
from the Chinese and Armenian, London, 1831) fait
venir ce mot du chinois Ta-youé (Tadjik) ; voir aussi la
note d'Ét. Quatremère dans sa traduction de l'Histoire
des sulians mamlouks de Makrisi, 1. IL, a° part. p- 194.
DANOUDÉR, owtneunkp «maîlre de maison», titre que
portaient les chefs des familles satrapales, dans l'an-
cienne Arménie, p. LVI.
DASCHKHAMATSIS, euwbuiuglp, milice grecque ; TaËa-
rot, laxali, de Théophane; milites præsidiarit d'Anas-
tase le bibliothécaire, p. 17.
DATI0, DIRICTUS, DRICTUS, DRICTURA , preslalion, rede-
vance, droit de douane, p. XGVIIL.
DonanTAR, Dabqwp; persan Je. «écuyer, garde du
corps , huissier introducteur, ou ofhcier chargé de
faire exécuter la sentence d'un souverain», p. 495.
DenIER D'ARMÉNIE, équivalant à 10 ph'ogh's ou sous,
p. CIV. — Voir Pu'ocu'.
Denrées de l'Inde et de la Chine, transportées dans le
port arménien d'Aïas ct de là dans l'Asie Mineure et
en Europe, p. c.
DÊR, wbp «seigneur, dom», titre des patriarches el des
évêques arméniens , ainsi que des chefs des anciennes
familles satrapales, passim. -
D£rDËR, wkpukp, le mot dér, wkp, redoublé, titre d'un
ecclésiastique marié et appartenant au clergé séculier,
à la différence du vartabed ou docteur en théologie,
membre du clergé régulier et investi du droit de
prècher et d'enseigner, p. LVI, 655.
Dérran, Srquwun, forme arménienne du nom de Tiri-
date , composé de Dir, nom d'une divinité, et«le tud,
ou dat « donné», c'est-à-dire « donné par Dir», comme
Mithridate où Mihrtud, Qhéraun « donné par Mihr
ou Mithra», p. Lvil.
DêR VANITS, wbp duvhg, où vanals, Juiruwg « seigneur
de couvent», c'est-à-dire exerçant une aulorilé tem-
porelle ou féodale sur un monastère, titre de plusieurs |
hauts dignitaires du clergé de la Petite Arménie,
p. LXVIL.
Dexrre (La) de saint Grégoire l'Hluminateur, la main
et le bras droits de l'apôtre et premier patriarche de
l'Arménie, une des reliques les plus vénérées par les
Arméniens et d'autant plus précieuse que sa posses-
sion a été de tout lemps considérée comine le gage
de la légitimité du pouvoir patriarcal pour le siège
où s'en trouve le dépôt, p. 553, 757.
DGu’a', wqu «enfant», surnom du patriarche Gré-
goire IV ainsi que du prince arménien Vasil, fils
adoptif de Koglr-Vasil, p. 84.
Dicuix DIGNATS, wb4fv bjuwg «dame des dames » ou
«reine des reines », titre de la reine douairière, mère
du roi, dans la Petite Arménie, p. LXXX, 642.
Dinar (Le) arabe assimilé au tahégan arménien, Pp. 19.
. — Voir ce dernier mot.
Divan, heu, et, suivant la prononciation de l'armé-
“
ÉCLIPSES DE SOLEIL , p. 492, 626.
— De lune, p. 44, 54.
ÊLie (Le samedi du prophète), ou de la semaine qui
suit la Pentecôte chez les Arméniens, p. 901.
EmipH'oRON, &dbhnpnu, en grec &m0@opoy, humerule,
nien ancien, divan, gbrwv, cour d'un souverain,
conseil d'état, tribunal et, dans la Petite Arménie,
appellation nationale de la haute cour, cour du roi
ou des barons, p. 790.
Dsar'A, Awnw, arabe >. italien giarra ou giarro,
. français « jarre », p. 749.
Diocan, Anquiu, persan UV s> . bâton recourbé par un
bout, auquel est appendue une boule de fer ou d'acier
et que l'on porte devant les souverains cemme marque
de leur dignité ; insigne du souverain pontife, à Rome,
remplaçant la crosse épiscopale, d'après le témoignage
du connétable Sémpad, p. 676.
DiorD, Anpw «serviteur, disciple, jeune enfant, page »;
qualification donnée par Matthieu d'Édesse à Bau-
douin du Bourg comme ayant été attaché au service
de Boëmond [", p. 52.
DIOUSCHAN , Are puu; persan et arabe Où » CUIrasse »,
et aussi «le caparaçon protégeant la poitrine du che-
val de bataille», p. 598.
DoBLa CASTELÉANA, monnaie d'or de Castille du temps
du roi Jean I‘, et dont il fit cadeau en quantité à
Léon VI. roi d'Arménie en visite chez lui, p. 724.
DomesTique D'ORIENT ou GRAND DOMESTIQUE, Aopeo-
xds Tv axoÀwv, le commandant des forces militaires
dans les provinces orientales de l'empire byzantin, as-
similé par Guillaume de Tyr au sénéchal; plusieurs
Arméniens furent investis de cette dignité, p. LxxxIX.
h, 7, 8,329.
DOUANE ROYALE D'ARMÉNIE, reqia duana, ayant son ad-
ministration centrale à Tarse, p. xCvII.
— Bureaux particuliers établis à Aîas, à la Portella, au
Demir-Kapou , à Gaban , aux Pylæ Ciliciæ (Gouglag),
à Gor'igos, ibid.
__ Bureau des douanes des émirs turkomans d'Ermé-
nek, à Pilerga ou Pilergonda, p. xxH1.
DousËL, sncu, transcriplion du mol français double,
introduit dans le langage vulgaire de la Petite Armé-
nie, p. 749-
Dour. smncp, forme secondaire de la racine da, ww
«donner»: asdouadzadour, wunnewëwumnep s donné
par Dieu», adeodatus, « Dieudonné »; k'risdosadour,
erbrmnuumanrp «donné par Île Christ», passin.
DRAcuME, et drachme nouvelle d'Arménie, p. ci. 749.
— Voir TRa.
Daorr D'AUBAINE, et droit de bris et naufrage, dans la
Petite Arménie, abrogés en faveur des républiques de
Venise et de Gênes, p CIv-CvI.
DRUGOMANNI CURIÆ,, interprètes de la chancellerie royale
de Sis, p. LXXXVII, LXXXVIIT.
DZAGH'GAZART, Suvgguwqup, littéralement « orné de
fleurs, fleuri», nom du dimanche des Rameaux dans
l'Église arménienne, P- 62.
DzaRA', Swmay «serviteur, esclave », traduction du mot
arabe mamlouk, DAS, p. 21.
DzoULAG, #requk, corps d'une sorte de gens de guerre,
p. 198.
pallium , vrnement en forme de croix que portent les
évèques arméniens el orientaux en général, et qui
leur enveloppe la poitrine et les épaules, P- 202.
Éuie, Pr en arabe; amir, wdbp, et amira’, wdppuy . El
arménien, P. b98.
— _— —
PHILOLOGICA ET VARIA.
Émir De L'ORIENT, ou grand émir de l'Orient, titre de
Soukman el-Kothby, prince de Khéëlath, dans la
Grande Arménie, P- 94. 96. — Voir Oniexr et
SULTHAN, éinir de l'Orient. :
ÉmiR pe L'ORIENT, c'est-à-dire de la Grande Arménie
(voir le mot Orient dans l'index des noms géogra-
phiques) litre donné à Soukman el-Kothby, et à son
Hs Ibrahim, p. 97,146. -
EMMANUEL. (nobiscum Deus), nom de Jésus-Christ op-
posé, par un jeu de mots, à celui de l'empereur Ma-
nuel (longe à nobis Deus), p. 419, 452.
ENGAGuE, mot arménien cité dans la charte de donation
de la ville de Harounia faite aux chevaliers teuto-
niques par Héthoum I" et sa femme Isabelle; « (rus-
tici) dabant, sicut ante erat consütutum ut darent
medietatem reddituum qui dicuntur armenice engaque
Haronie et cetera dominis suis ,» p. XCHI.
ÉPée (L') de Vespasien ou épée requile (forgée deux
fois), le branc dont la tradition au moyen âge attri-
FaAmiINE, dans la Mésopotamie, p. 48.
— À Édesse P. Gr.
FÉLAN, au; en arabe U)% «un tel ou un tel». p. 760.
Fais, (mlS en arabe, folous, Usb, au pluriel; le grec
d60)0s ; en arménien ph'ogh', deg, p. civ, 749.
FÉODALITÉ {Système de la) arménienne dans l'antiquité,
comparé avec celui qui prévalut au moyen âge dans
la Cilicie, sous l'influence et à limitation des croi-
sés, Introd. Chap. 11, $ a.
Fêres de la Nativité et de l'Épiphanie célébrées le mème
jour, 6 janvier, chez les Arméniens, suivant une tra-
dition de la primitive église ; cet usage est combattu
vivement par les patriarches de Constantinople et, plus
tard, par les papes, p. 600.
Feu sacré (Le miracle du), au Saint-Sépulcre, p. 54.
59, 61-67. |
Fitax4, pywk, en latin Janconum, et double filakh.
oct Dhiwf, mesures arméniennes pour les corps
solides, divisions du barzounag , P- XCIX, 749. — Voir
ce dernier mot.
GABAN, Guru, et au génilif, dans le dialecte vuluaire,
gabna', Gurgtuuy, gubni, fuwuÿvh, on gabno', 4wuÿun):;
de là le nom de Kamviomepri Bpoüpoy, et qabno-pert
en syriaque, LS LR, cest-i-dire la forteresse
de Gaban, p. xxv, 513.
GAÏSÈR, 4wup, où Kuisér, transcription du mot César
«empereur », p. 26.
GH'ALABA', guy); arabe XNA « compétition ardente,
lutte pour s'assurer un avantage ou la victoire» et, en
arménien « procès, contestation », p. 760.
GuH'azi, s)E en arabe, « guerrier, principalement com-
battant les infidèles, général à la tête de son armée ,
conquérant, héros», p. 265.
GLa', 4uy «forteresse, château fort»: arabe äx M5, mot
passé dans l'arménien vulgaire au moyen âge. Ce mot
entre dans une foule de noms géographiques com.
posés comme : Hr'om-gla', &nndquy roy) a «la
forteresse des Romains »; Sémpadu-gla', Urunwkju)
839
buait la fabrication à Galan (Wailand}, le célèbre for-
geron, p. 25, 45. 0
ÊRE MONDAINE de Constantinople, citée par Matthieu
d'Édesse , P. 56. = Le
Ëre (Petite) ou indiction des Romains, c'est-à-dire in-
diction grecque ou conslantinopolitaine commençant
le premier septembre, et.en usage dans la chanoel-
lerie royale de Sis, P- 746-747.
ERÊTz, 4pkg, presbyter « prêtre séculier »: avak erélz,
“eus bpky «prêtre principal d'une église, curé»,
P- LXIX; fran erétz, pour Epkg « prêtre de la cour,
altaché à la chapelle du roi », ibid.
ErisrHaw, JÉob-os30, mot géorgien, gouverneur d'un
ou plusieurs districts, satrape, chef d'armée, p. 197.
TAT el condition civile des étrangers dans le royaume
de la Petite Arménie, P- CVut-cix,
ÉXALTATION DE LA SAINTE CROIX (Fête de l'), mobile dans
l'Église arménienne, tombant du 11 au 17 septembre
inclusivement. P 277.
Fonpoux, grec mavdoyeïo et mavèoxeiov; arabe SA,
Jondouk; en latin du moyen âge funda, fundicus, fun-
dacus, Jundechus, lieu où les marchands mettaient
en dépôt leurs marchandises et leur argent, et où
ils s'assemblaient pour conférer de leurs affaires.
P. Gix. |
FRÈRES, en arménien Ph'rèr, ppp, et au pluriel ph'rérk’,
#ebre, dénomination des chevaliers de l'Hôpital ou
du Temple dans les auteurs arméniens et dans l'his-
torien syrien Aboulfaradj, p. 171, 173, 188, 194,
344, 349, 389. Em"
FRÈRES MINEURS (Les) ou Franciscains dans la Petite
Arménie; le roi Héthoum II affilié à cet ordre,
P. cx.
FRÈRES unis (Les) de saint Grégoire l'luminateur,
ountthôrk", nevhBonp «unitaires». ordre religieux
fondé dans la Grande Arménie sous la règle de saint
Augustin, et d'après les constitutions des F rères prè-
cheurs, ct rallié à l'Église latine. p. 608, 609,
702. |
“la forteresse de Sémpad » ; Simana-gla', ou Simona-
gla”, Uédistu4qey «la forteresse de Simon », pas-
sum.
GLAÏEG ; &4yË4, en arménien vulgaire: arabe El
«étais, p. 751.
GôG, qu 4: en mongol kouke, y : en turk URS , 964
“ce qui est de couleur bleue, le ciel». p. 312.
GONK'ER'N; 4ntpbn%, en grec émiyOvéTiov, éyyelprov,
insigne du costume des prélats, pendant sur leur cuisse
gauche, à f'iñstar du havre-sac des bergers, et sym-
bole de leurs fonctions pastorales, p. 677.
Goumascu, 4nu iv , arabe UËles , objets de vestiaire ou
d'ameublement, étoffes. marchandises , en latin rauba,
quodve tegumen, suppellex quævis, P. 790.
GRAND DOMESTIQUE. — Voir DoMESTIQUE D'ORIENT. :
GUBERNATOR, regiæ procurutor, régent du royaume , titre
d'Oschin comte de Gor'igos, tuteur du jeune roi
Léon V, p. LxxxIx.
840 _ INDEX.
Gusao, 4éps , racine du verbe querdel, 4&puk, ,« faire, Mandzquerd, Y'uuS4kpue, Maruguerd ; V'puhé pe.
fabrication, construction »; persan LOS: de la racine la ville des Mars ou des Mèdes, passim.
sanskrite kar, kri; ce mot entre dans une foule de Guerniens (Les saints), Urcpn ghurcope, saint Serge
composés, comme Dikranaguerd, Sbepauwkkpu, Ti- et ses compagnons d'armes et de martyre; réfugiés cs
granocerta, la ville fondée ou bâtie par Tigrane; My- Perse, ils confessèrent le Christ devant Sapor II et
navazaquerd, T'uvwwqwhpu, la ville de Manavaz, furent mis à mort par l'ordre de ce prince; leur fête
et, par abréviation, Manazguerd, Wavwg4hpu, et fixée au 2 février dans le Ménologe arménien, p. 499.
H
Hanses, «> læ. en arabe « chambellan », transcrit par HEURE DE L'OFFICE DU A&PAs, p. 105. — Voir Orrice
les Arméniens sous la forme hedjoub, $kXm.w, titre DU REPAS.
de dignité en usage au temps de la dynastie des Ba- Hovin, nl, et ovid, nflur « vallée, vallée large et
gratides et correspondant à celui de sénégabed, u&uk . s'étendant en plaine », l'un des éléments de quantité
4wmbtuw, employé à la cour des Arsacides, p. LxvI1, de noms géographiques composés ; Gokovid, Ynqn_
598. — Voir CHAMBELLAN. {lu , la vallée de Gok (district de la province d’Ara-
Hapsi, $w3#h; en arabe 3e « pèlerin qui est allé visiter rad); Par'izagovid, fun kquw4nhun, la vallée de Pa-
la Ka’ba à la Mecque », p. 145. r'izag (dans la province de Vasbouragan); Palahovid,.
Haure cour (La), p. zx. — Voir Cour Du Roi. ffwgw$nghw, où Palakhohovid, fRuwpafn&ndhun, la
Hensous, p. 598. — Voir Hapses. vallée de Palou (Quatrième Arménie),
ILxHAN, en arménien elgh'an, bjqwu, élgh'an, kjmww où Imuorrezs (Le bataillon des), dans l'armée perse, p. 248.
aïlgh'an, pau”, en persan UN: mot composé de [NONDATION à Édesse , occasionnée par un débordement
el, &1, él, Ex ou ail, wyg , qui parait devoir signifier du Scirtus ou Daïsan, p. 69-70.
«grand», et de khan Ve, en arménien gh'an, qu, ISCHKHAN, fohuwv «prince, chef», en latin dominus,
en sorte que le mot ilkkan aurait le sens de « grand dans le privilége de Léon IIl aux Génois (1288),
khan», p. 461, 530. Cf. Ét. Quatremère, Histoire des p. Lvi, 748.
Mongols de la Perse, t. 1, p.10, n. 1. ISCHKHAN DÉROUTHIAN, bpbuu snbpec fhuiñu «prince ré-
IMAGE DU SAUVEUR trouvée par Zimiscès a Béryte, p. 20. gnant, chef de seigneurie», titre que portaient les
— De la Mère de Dieu de Marasch, p. 75. chefs des maisons satrapales, dans l'ancienne Armé-
— De la Sainte Vierge d'Anazarbe, p. 153, 499, 6:17. nie, p. LVI.
JAMAHAR , duxliv&wp (littéralement qui frappe les heures), JeÜNE dit des jours préalables, chez les Arméniens. —
sorte de crécelle ou instrument en bois qui, par le Voir ARADCHAVORE.
bruit qu'il produit lorsqu'il est frappé avec un mail- Jeûüne (Semaine de) précédant la fête de l'Invention des
let, sert en Orient à appeler les fidèles aux offices reliques de saint Grégoire l'Tluminateur, et tombant
de l'Église, p. 288. dans l'intervalle du 1° juin au 5 juillet, p. 197.
JANCONUM. — Voir FiLaKH.
K.
KÂax ou CÂan, contraction de khak'an, khakhan, ou KaLé, x k5, mot arabe passé dans la langue turke « chà-
khagan, titre des souverains mongols issus de Tchin- teau, forteresse » ; au pluriel kulalur, PL nom des
ghiz-khan et ses héritiers directs, supérieur au titre deux châteaux en ruines de Korghos (Gor'igos ou
de khan, qui signifie simplement « prince , seigneur, Korykos}), p. x1x.
noble », p. 315, 316, 531. KARMOUD , <Rawpuauu, les Karmates, dont quelques-uns
Ka, gw$, siége sur lequel s’asseyaient les grands d'Ar- s'étaient transformés en Ismaëliens ou Bathéniens,
ménie aux cérémonies de la cour, en présence du P. 179.
souverain, tabouret à la cour, p. Lvi1. — Voir PARTz. KarOUBE, petite monnaie usitée dans le royaume de
KAHAVÉS , guwGwykd « précipité de son siége », ou k’ara- Chypre et dans la Petite Arménie, p. XCIX, CII,
véj , pupwdtd « qui se précipite du haut d'un rocher 749.
ou d'une pierre», surnom donné au patriarche Gré- K£MIN, +kWt « commune », et en vieux français « com-
goire V, dit Manoug, ['wvne4 (jeune homme) parce mun». — Voir Kouwin. -
que, renfermé par ordre du roi Léon II dans la for- KEëscHors ,.22»9, flubellum, ou éventail employé à | autel
teresse de Sis, et ayant voulu se sauver par-dessus les pendant la liturgie chez les Arméniens, p. 202. |
rourailles, il tomba sur le sol et se tua du coup, K'ÉTHAN , e@u%, toile de coton; arabe oi. gossypium ,
Pp. 915. p. 790.
PHILOLOGICA ET VARIA. 8h1
KHABAR, fwmup en arménien vulgaire; arabe Pres -— Erqathakir, Ep4wf wypp (littéralement «écriture de
«récit, nouvelles s, p. 540. fer»), écriture en lettres onciales, usitée dans les
KHaK'anN. — Voir Käan. manuscrits jusqu'au x1° ou x1' siècle.
KHak'an où KHAKHAN, yéyavos, litre des souverains — Polorkir, pnynpqbe « écriture ronde», en minuscules
turks, tartares et khazares, et notamment des Scl- de forme pleine, exclusivement employée depuis le .
djoukides d'Iconium; kâan, câan, grand khan, titre xnr° siècle jusqu'au commencement du xvri°. C'est celle
du chef suprême ou empereur des Mongols, p. 315, qui sert aujourd'hui à l'impression courante et ordi-
316, 317, 318, 351. — Voir KÂan. naire.
KHazire DES Perses, litre donné par Matthieu d'Édesse — Nédrakir, vounpugbp « écriture de notaire ou de chan-
au khalife de Bagdad , Mostadhir-billah (Abou ‘1-Abbas cellerie », inventée à la fin du xvr siècle ou au conm-
Ahmed), p. 121. mencement du xvn°, plus dégagée et plus expéditive
KHAN. — Voir Käan et KHaK'an. que la précédente; elle sert, dans la typographie, en
KHAROUANTAR , fuwpnewuqup, corps d'une sorte de gens guise d'italique, p. 3. 433 et passim. :
de guerre, p. 198. KOHAR KHATHOUN, gn$wp fuufPniv, BTE PS: litté-
KHATHOUN, fuwfm%; mongol JRSux, turk il ralement « princesse-perle ou pierre précieuse », nom
«reine, princesse, dame, femme de noble naissance », de la fille d'Hgazi, femme de Sadaka, roi arabe de
p. 442. | Hillah, p. 129.
KHORAN, funpuu « pavillon, tente, édifice surmonté d'un Kôk. — Voir Gôc.
dôme » et, par suite « le lieu où se trouve le lit nup- Kos, qnv; persan Ue>S «timbale, grand tambour d'ai-
tial», vérin Khoran, dEpfu foapuñ «le pavillon d'en rain à un seul côté », servant en Orierit dans les camps
hauts ou «le lit nuptial» de l'époux céleste, p. 226. et dans les palais des souverains, p. 255.
— Voir AR'AKASD. | KoumIN, grec, et kémin, gkdfu «commune, commu
KahorAzm-scHaH (roi du Khorazm ou Kharizm), titre des nauté »; en vieux français «commun », corps de nation,
souverains de ce royaume, p. 647. réunion et gouvernement particulier des habitants
KHous , fred, et par réduplication KnousATOUS , fune dws. d'une même cité; corps des marchands génois, vé-
qn-d « peuple parlant une langue inconnue, habitant nitiens où siciliens résidant dans la Petite Arménie,
des lieux incultes et déserts, des nomades », de la le p. 748.
nom de Khoujasdan (Khouzistan moderne), p. 11x. KouNT, qe, el kounth, gmuf8 «comte», p. 539. —
KiIDNAGAN, ghertaukuis « savant, érudit, lettré », surnom Voir ce mot.
du patriarche arménien Jacques [*, p. 524. KounTs ou KônTs. — Voir Coxsut..
KiR, ghr «écriture ».
L
Lance (La sainte), ou la lance avec laquelle le Christ LeTrke de Jésus-Christ à Abgar Oukama, roi d'Édesse
sur la croix eut le côté percé, découverte à Antioche p. 49 |
par le prêtre Pierre Barthélemi, et usage qu'en fait — De Zimiscès à Aschod IIT, roi bagratide d'Ani,
Raymond de Saint-Gilles, p. 41-42, 43, 47, 50. P. 12-21. |
LeGaATus, messager d'État, fonctions attribuées à l'ar- — Du patriarche Grégoire Vahram aux habitants d'É-
chevèque de Sis, avec celles de chancelier du royaume desse, p. 63.
et de président d'un tribunal particulier (curia Sisensis LEVON, Len, forme arménienne du mot grec ÀAéwr
archiepiscopi), p. LxxxvII. «lion », à la fois nom commun et nom propre; en ar-
LEGIONIS MAGISTER, ligh'ion maiïsdèr, jhabrv dispuung, titre ménien, ar'ioudz , wnf#&; jeu de mots auquel donne
militaire que portait le théologien grec Théorien lieu la bravoure du roi Léon II par cette double si-
envoyé par l'empereur Manuel Comnène vers le pa- gnification; dans les auteurs byzantins Ae6oüyys, en
triarche saint Nersès Schnorhali (le Gracieux), pour arabe (y). p. 085.
s'entendre avec lui sur la question de la réunion de LiEUTENANT DU ROI où DU ROYAUME, celui qui était le
l'Église: arménienne avec l'Église grecque, p. 307. premier après le souverain, sous les Arsacides d'Ar-
* LÉGISLATION civile et criminelle relative aux étrangers ménie, ce litre parait avoir indiqué la préséance sur
dans la Petite Arménie, p. cvi-cvn. les autres dignitaires et avoir été purement honori-
Len, #64 « housse de cheval », dont l'usage et le nom fique. — Voir SEconD Du ROYAUME (Le).
furent empruntés aux croisés par les Arméniens ; an- Lie, transcrit en arménien sous la forme led} » 1FY,
cien allemand leilackh, leilak, aujourd'hui leilahen« cou- les hommes liges dans le rovaume de la Petite Armé-
verture de lit vet, par suite « housse de cheval », p.598. nie, p. Lx, 598. |
LeNouzia, Aevouêla, corruption grecque du nom de Lu- LouUçAVORITCH, goewwenphs, littéralement « illuminateur,
signan, Zûpyns NreAevoullas, sire Guy de Lusignan celui qui répand la lumière», surnom de saint Gré-
dans Jean Cantacuzène, p. 705. goire qui convertit l'Arménie au christianisme, et qui
LéPROSERIE, fondée par Léon II, p. 511. en fut le premier patriarche, p. rx. 136.
M
MaGisTER HOSPITI « majordome » (Johannes de Rusp ma- MaGisTRos, dwghunpau, péy1o1pos, magister officiorum
gister hospitii magnifici principis Leonis regis Arme- litre en usage à la cour impériale de Byzanceet qui
niæ (Léon VI à Paris), p. xc. fut conféré quelquelois à des Arméniens; c'était une
HistTor. ARM. — I. 106
a ne ire rm ex Al
842
dignite qui répondait à peu près à celle de conseiller
aulique ou conseiller d'État. Il n'y eut d'abord qu'un
magistros , plus tard on en compta jusqu'à quatorze;
des généraux d'armée reçurent aussi ce trtre qui
était, dans ce cas, l'équivalent de celui de maguter
militiæ, p. MXXIX, 11. :
Maunect, diu$mbub, forme altérée de l'arabe GX,
le hiérosolymitain , celui qui a visité la mawon du
sanctuaire, grill ag, c'est-à-dire Jérusalem ;
titre que prennent les Arméniens après être allés en
pèlerinage aux Saints lieux, et qu'ils ajoutent à leur
nom patronymique dans le même sens et avec le
mème sentiment de dévotion que les musulmans, de
retour de leur voyage à la Mekke, prennent le titre
de hudji, p. 686.
MAISON DES ÂTABERS, nr a fBuqubuiu, le.Khoraçan
et la Perse, ainsi nommés de l'atabek ldiguiz ou El-
digouz tuteur du jeune fils du sulthan Maç'oud et, de
fait, chef suprème du royaume avec le titre de ré-
gent, p. 391.
Maison DE SAÇOUN , nc Juve, c'est-à-dire la famille
des princes à qui appartenait ce district, dans la
Grande Arménie, et qui étaient de la race des Arsa-
cides, p. 10.
MalsOx DE SCHIRAG, em Chruku,, le district de ce |
nom, dans la province d'Ararad , et la famille souve-
raine des Bagratides qui résidait dans la ville d'Ani,
capitale de ce district, p- 22.
MamouL, diudnig , mot arménien vulgaire, corrompu de
l'arabe mo'allim, bee «savant, professeur, maitres,
p. 264.
ManouG, dinar 4 « jeune homme », surnom du patriarche
Grégoire V; — jeu de mots auquel ce nom donne lieu
par allusion à la conduite irréfléchie et imprudente
de ce patriarche. comparée à celle d'un jeune homme
sans expérience.
MARATSWOTS DÊR, U'wrwgeng bp « seigneur des Ma-
ratsis ou Mars», c'est-à-dire le chef de la colonie des
Mèdes transplantés en Arménie par le roi Tigrane [",
de la dynastie des Haïciens, p. LXXVI.
MARÉCHAL D'ARMÉRIE, en arménien marudchakh, diupus_
Pwfu, ou marakhächad , dispuprÿuns , dignité de la cour
des princes roupéniens , reqni Armeniæ marescallus,
p. xc, 208, 568.
__ Conservée à la cour des Lusignans de Chypre, après
la destruction du royaume d'Arménie et après qu'ils
eurent hérité de la souveraineté nominale de ce
royaume, p. XCIV. ©
MaRiAGE (Le) en troisièmes noces, interdit par les canons
_ de l'Église arménienne et dans toute l'Église orien-
tale en général, p. 600-6o1.
MaRzBAN , diupquuiu ; PCTSAN Uby* littéralement « garde
de la frontière», titre des gouverneurs perses de
l'Arménie, répondant à la significalion primitive de
notre mot marchio, murquis, p. LXXV, LXXVI, 906,
681.
MasCHGAVOR. divokwenp, muschquevor, div>kknp, où
*
maschgouor, diwz4nenp, mot formé de maschg, div)
« peau tannée, cuir, peau de brebis avec sa toison»,
ou bien «habit fait de cette matière»; ce nom fut
donné à un couvent de la Cilicie, sans doute parce
que les religieux étaient vêlus de peaux d'animaux,
P. LXXIII, 112.
INDEX.
Mécn'riG, dbyeb4 « mielleux», surnom du docteur ar.
ménien Kéork ou Kévork {Georges}, p. 118.
MeïDAN, dE puit, arabe Le « champ ouvert et vaste,
place destinée aux jeux équestres (hippodrome, ma-
nége) ou à des exercices de palestre », p. 539.
Méxurranisres, disciples de Mékhithar-abbé, fondateur
du couvent de Saint-Lazare à Venise; divisés aujour-
d'hui en deux branches, ceux de Saint-Lazare et ceux |
du couvent de Notre-Dame de Bon-Secours à Vienne,
en Autriche: services dont on leur est redevable par
leurs études savantes sur l’ancienne littérature armé.
nienne, et par les éditions qu'ils publient des auteurs
que cette littérature a produits; ces éditions fréquem-
ment citées, passim.
Méux. arabe éke, titre immédiatement au-dessous de
celui de sulthan, p. 120, 404, 405, 460.
Ménoraux où MÉMENTO, yhownwupui.p, notes ajou-
tées par les copistes dans le corps et le plus souvent
\ la fin des volumes transcrits par eux, ou rédigées
quelquefois par les auteurs eux-mêmes ; ces noles ont
pour objet de marquer la date de la transcription ou
de la composition de l'ouvrage par celle de quelque
événement remarquable contemporain, et sont pour
la plupart des documents très-précieux , p. LXVI, 30.
MÉNosaN, JYvXuñv, en arménien vulgaire moderne mér-
djan, JpAuu; persan et arabe Ver «corail en gé-
néral et sorte de corail rouge», p. 791.
Mëre (Sainte) de Dieu, vrepp Vowncwëmÿfu, nom
usuel de la Sainte Vierge chez les Arméniens, les
Russes et les chrétiens des autres communions orlen-
tales, p. 997.
Mescuzak ou KasouTa — Voir Tour'a.
Misuimax, dphduv; arabe moslim, dune «celui qui se
soumet à la volonté et à l'empire de Dieu et qui fait
profession de l'islamisme »; les Persans et les Turks
ont formé de lus l'adjectif Que, musulman, qui
est passé sous cette forme en arménien, p. 310.
MiAK HËLKABED, du lwuwbw, littéralement « tête unique
en chef»: l'un des titres du commandant suprême des
troupes arméniennes au temps des Arsacides , p. LXXV.
MICHAELITA, monnaie byzantine ainsi appelée du nom
de l'empereur Michel Ducas, et assimilée au lahégan
arménien; voir ce dernier mot, p. 19.
MinABAN, feu « gardien de port». officier chargé
de la police du port d'Aias ; mot hybride formé de l'a-
rabe Lie on &èse «port, station navale», et du sul-
fixe arménien quwv, persan Ub indiquant le posses-
seur, le gardien d'une chose, p- XCII, 790.
Mineurs ou sapeurs alépins, célèbres au temps des croi-
sades, embauchés par Richard Cœur-de-Lion au siépe
de Ptolémais, p. 247.
MOKHRAGAN , dhfupu$w, OÙ mough'ri, desqeb, et mukher,
lue, ahération de l'arabe ape magrébin, c'est-
à-dire originaire de l'Afrique occidentale, p. 15;
2A6.
MoLa', dope, arabe de, mauia, « roi, prince. seigneur,
magistrat, maitre», P. 264 |
Moucu'aL, Wrequz, nom des Yartares-Mongols: per-
san Je; mongol RSS: P- 910.
MouraD, dhcpunr; arabe 5ipe «ce qui est désiré ou dé-
signé, désir, volonté, intention, fin, but», P- 5ho-
MuséE ASIATIQUE de l'Académie impériale des sciences
de Saint-Pétersbourg , ses collections, p. 435.
NAGH'ARA , wep; DErsan à Lü «“timbale», dans le la-
tin du moyen âge, nuchara, p. 335.
NAHABED , basGurgbren « chef de race ou de famille», l'un
des titres que portaient les chefs des maisons satra-
pales, dans l'ancienne Arménie, p. Lvi.
NAKHARAR, wfuwgpup, littéralement «celui qui agit en
avant, ou qui précède », titre des grands d'Arménie,
équivalant à celui de satrape, dans l'empire perse,
Introd. chap. 11, passim.
NATION ORIENTALE, ou Race orientale, ou bien Orient,
expression désignant les habitants de la Grande Ar-
ménie, par opposilion à ceux de l'Arménie occiden-
tale ou Petite Arménie, p. 8, 75, 91, 128, 231, 288,
144, 438, 454, 461, 506.
OrriCE DE LA PAIX, la dernière des sept heures du bré-
viaire arménien, l'office que l'on récite avant d'aller
prendre le repos de la nuit, p. 699.
-— DU REPAS, Awonc du, la quatrième heure cano-
niale de l'Église arménienne, correspondant à peu
près à midi; sexte du bréviaire latin, p. 105.
OFFRANDE, arménien ofranth, n@paf2; manière de faire
cette cérémonie de la messe chez les Franks de Syrie,
p. 573-574. |
OMNIBUS PRÆSENTIBUS PARITER AC FUTURIS, #pp wydl'kp
L'app qÜub dép quyng k£, formule employée dans
les chancelleries des Latins, traduite et employée
par la chancellerie arménienne, p. 759.
Onpou; mongol 9S$2; « cour, palais, camp, horde de
Tartares », p. 468.
ORIENT. — Voir NATION ORIENTALE.
ORIENT DES PERSES, c'est-à-dire la Grande Arménie jus-
qu'aux limites du Tigre, toute la partie de ce pays qui
Pacrum ou Pacrio, tribut établi en vertu d'une conven-
tion réciproque, p. XCVIII.
Paix (Office de la). — Voir OFFICE DE LA PAIX.
PAIDOUN, pudanneu Où pwydmt «hôtel ou bureau des
douanes »; mot composé de paj, pwd « part, portion»,
et aussi «taxe, droit de douane», et de doun, niv
«maison»; en persan bdtch Khäneh, xls æb: en
latin pasidonum, pasidonium, passidum et pacetanum,
p. 790.
PANSÉBASTE Où AUGUSTISSIME, titre de la cour de By-
zance accordé par l'empereur Manuel Comnène au
prince roupénien Thoros If, p. Lxxx, 193. -
Pâques, dissidences et contestations entre les Armé-
niens et les autres nations, sur l'époque de la célé-
bration de cette fête, p. 61-63, 69, 489, 542, 553-
555, 633, 655.
PARÉGUENTAN, gwpb 4btuiu (littéralement « bonne vie»),
le dimanche gras ou carnaval des Arméniens, pré-
cédant les divers carêmes qu'ils observent dans l'année,
et qui commencent lous le lendemain lundi, p. 124.
PARTZ, pupd, siège sur lequel s'assevaient les grands
!
PHILOLOGICA ET VARIA.
843
Nariox ou Maisox pe Taoncou (Thogarmah); l'un des
noms que se donnent les Arméniens, comme descen-
dant, par Haïg leur ancètre, de Thogarmab, arrière-
petit-fils de Japhet, p. 158, 231.
Nariviré (La) et l'Épiphanie célébrées le même jour,
6 janvier, chez les Arméniens, d'après l'usage de la
primitive église, p. 600, 633, 668.
Neice Noirs, p. 88-89.
Noscesse (La) et ses divers rangs chez les Arméniens,
dans l'antiquité, p. Lvrr.
Norarius PUBLICUS, les notaires publics institués dans la
Petite Arménie, à l'imitation des Latins, p. cxxxvur.
NouiN, wmifv; mongol par , nouian «seigneur,
prince », p. 460.
fut sous la domination des Parthes et des Perses, et
qui bornait à l'est l'empire grec, p. 13.
ORTHODOXES , les Arméniens et peut-être les Syriens jaco-
bites a l'exclusion des Grecs, d'après Grégoirele Prètre ;
les Syriens jacobites, dans Michel le Syrien, p. 291.
OsDaAN, suuuu « cité libre»; osdanig, nuwuth4 « habitant
de cette ville», p. Lvn. — Voir ce mot dans l'Index
géographique.
OsDIGAN, naumbuñu, titre donné par les Arméniens aux
gouverneurs musulmans de leur pays, sous la domi-
nation des Arabes et des Turks seldjoukides, p. Lxxvn,
120, 681.
‘Oucic, reub4, forme arménienne du nom grec Hé-
syche, p. LxX.
OvLxH-SALAR, eh www « grand général, général en
chef», nom composé de oulough, Ë Doi ,en turk orien-
tal «grand, magnifique», et.salar, ,Ylw, en persan
« général d'armée», p. 70.
aux cérémonies de la cour d'Arménie, au temps des
souverains arsacides, p. LI. -— Voir Kag.
PAsiDONUM, PasinoniuM, Passibum et PACETANUM. =
Voir Paspoux.
PasaDs, puuwY, transcriplion du latin passagium « ex-
pédition armée ou pèlerinage en Terre Sainte»; pas-
sagium vernale, transitus vernalis où pussagium pasche,
le départ du mois de mars ou du printemps; et pas-
sugium æstivale, augusti où messis, ou bien encore vul-.
. gairement passagium sancli Johannis Baptistæ, départ
de l'été, aux mois de juin, juillet ou août, p. 471.
PASsAGIUM, taxe à payer pour traverser les villes, les
ports ou défilés des montagnes et les ponts, dans le
royaume de la Petite Arménie, P. xcvuI.
— BARCARUM, droit de passage aux bacs établis sur les
rivières, p. XCVIII.
PATNIKAGH, fhwrgihqua, dieu des Syriens de la Méso-
polamie, p. 244.
PATRIARCAT ARMÉNIEN (Le), et ses vicissitudes, p. 29.
— Scindé en deux siéges rivaux, celui de Sis et celui
d'Edchmiadzin en 1440: prédominance de ce dernier
106.
“
84ñ s
après la destruction du royaume de la Petite Armé-
nie, p. LXV.
_— Étendue de la juridiction du patriarche de Sis, ibid.
Parrice, litre de dignité que portaient les gouverneurs
grecs de l'Arménie occidentale, et qui fut conféré
quelquefois à des Arméniens, p. LXXVI, 68.
Pécvécios, erdb#, transcription du latin privilegium
ou du français privilége ; acte par lequel les souverains
de la Petite Arménie accordaient aux marchands
étrangers l'autorisation de résider ou de trafiquer
dans leurs États, p. 760. /
PÈRE CONFESSEUR, Suyp fonunnuiver huit, littérale-
ment « père de confession », directeur spirituel cher
les Arméniens, p. 199-
Père DU ROI, en arménien wppæyéuyp OÙ Duwqur-npin.
Gap, Baoikeomäræp, litre de Ja cour byzantine adopté
par les Arméniens pour désigner le 'baile ou régent,
administrant le royaume pendant une minorité ; #LU).
atabek (père-seigneur) chez les Turks, p. LXXVII,
Lxxxrir, D48, 642.
Pert, phpn. «forteresse, château fort», et en composi-
tion dans nne foule de noms géographiques, comme
Partzérpert, fewrdrpkpn « forteresse haute » ; Norpert
«Castellum novums», Château- Neuf; Kamvlorepri
@poÿpioy, en arménien Gabnipert, Yuwwubekre «le
château de Gaban ou du défilé», p. 617 et passim.
PertaDèr, phpquwmkp «maître de forteresse ou chà-
eau», seigneur châtelain, p. LXXXI.
Prsre NOIRE [ La), venue des régions du Khataïi, ravage
la Cilicie ainsi que tout l'Orient et l'Europe, p. 709-
PHARTCH, pags, où ph'artch, fn), transcrit en latin
sous la forme parge «cruche, broc, mesure pour le
vins, p. 748-749.
PHiLON, hhynv, l'ancien manteau grec, @eAômov, Gat-
»6Xns: en latin phenula ou penula ; en italien du moyen
âge pilone, p. 585.
Pu'ocu', 4e» , le sou en arménien; ce mot est une alté-
ration du grec d600s, obole; le fels, mb, pluriel
folous, vhs, des Arabes, p. civ. 749.
Pr'or, pp, et en composilion, dans un nom géogra-
RaPoOUN , pwpm%, chaldaique rabbân, 27 «maitre, doc-
_teur», et en composition avec le mot bed, bre, qui
signifie «maître, seigneur», rapounabed, pwupnivu.
gbu «le maître des docteurs, le docteur par excel-
lence »: titre conféré à un docteur arménien nommé
Léon, p. VI. 11.
RavADI, punk, en arabe ail), Rafédhite, qui ap-
partient à la secte musulmane appelée ÿas\): cette
secte, considérée comme hérétique , a donné naissance
à une foule de déviations de l'islamisme orthodoxe,
p. 129. 363.
R£,prk, transcription de l'italien re, roi, p. 799.
Rècces DE proiT applicables aux étrangers dans le
royaume de la Petite Arménie, en ce qui concerne
les successions. p. CVI; — les contestations et pro-
cès, p. CVI-CVII;, — l'état des personnes, comme ad-
mises à résider dans le royaume, p. CVIHI-CIX.
REINE DES REINES. — Voir DIGUIN DIGNATS.
Rires De L'ÉGLISE ARMÉNIENNE auxquels le saint-siège
tente de substituer les rites de l'Église romaine, p.A22-
INDEX.
phique « lieu resserre, déprime , bas »; Tzoraphor, Qn_
punp «la partie inférieure de + vallée»; Miaph'or,
U'hwdan «la partie basse unique», nom de deux dis-
tricts de la Grande Arménie, dans la province de Kou-
kark’, passim. |
PLour, gp, colline; ce mot entre dans la composition
de plusieurs noms géographiques, comme : Thavplour,
Qrerpyrep «colline couverte d'herbe ou d'arbres,
ombragée »; Arak'elotsplour, Urwebirg pinep «col-
line des Apôtres ».
PoRPHYROGÉNÈTr, en arménien dziranadznount, à fpu_
Maud tnitg, OÙ dziranadzin, hrs fu, titre de la
cour byzantine, importé en Arménie pour désigner
les jeunes princes ou princesses nés depuis que leur
père était monté sur le trône, p. Lxxvu. |
Pounosks ou Bourdsës, pmpäku, iraenscriplion du pro-
vençal bourgès, bourgeois, p. 760.
PRINCE DES PRINCES, hobuñt baluwuwg, litre du chef de
la nation arménienne sous l’aulorité des gouverneurs
perses ou arabes, et correspondant au titre de grand
baron, wcwg mupru, dans le royaume de la Petite
Arménie, p. LXXVII, 1 18, 298. 345.
PRINCE DU ROYAUME, babruiw Ponquinpar Eur, le pre-
nier des princes du sang royal, p. 429.
PRIVILEGIUM CERTITUDINIS, Guwmunon fui ufqhr,
acte confirmatif des priviléges précédemment accor-
dés, p. 747, 791: |
PROTONOTARIUS REGIÆ DUANÆ SECRETORUM DOMINI RRGIS
ARMENLE, titre du prèmier commis aux écritures, à
la douane royale d'Aïas, p. XCI, XCII.
PROTOSPATHAIRE , wpuroomabäpios , le chef des spathaires
ou gardes du corps. titre de dignité en usage à la cour
de Byzance, et dont furent investis plusieurs Armé-
niens, p. Il.
Proximos, Proximus, titre désignant, dans l'empire by-
zantin, l'assesseur du magusier scriniorum, où garde-
rôle de la chancellerie, quelquefois le lieutenant d'un
officier militaire, et, dans le royaume de la Petite Ar-
ménie, le surintendant des finances ou grand logo
thèle, p. LXXX, 598,
h23, 465. — Ce changement est décrété, en 1387.
par un concile tenu à Sis, et plus tard abrogé par un
nouveau concile qui eut lieu dans la même ville, en
1361, et qui décida que la nation reprendrait ses an-
ciennes observances, p. 713.
Ror DES ARMÉNIENS où D'ARMÉNIE, Æw44#77F Zu",
ou «roi de tous les Arméniens»; Æ#9#7-"F au ut
PATLIE distinction historique et politique entre ces
deux titres portés successivement par les souverains
roupéniens de la Petite Arménie, p- 747
Ro pes Bagvuontens (Le), c'est-à-dire le khalife d'É-
gypte, p. 266.
Ror pes ROIS, titre du roi de Perse comme chef de la
branche aînée des Arsacides el comme suxerain de
tous les princes et rois de la même famille; ce tire
passe aux Sassanides, p. LVI — Voir SCHAHAN-
SCHAH.
Rusrici, paysans, la classe des cultivateur® soit libres
soit attachés à la glèbe, dans le royaume de la Pe-
tite Arménie, p. XCII.
PHILOLOGICA ET VARIA,
SABON, uusug Al ; arabe uyyte «savon», p. 79 1.
SAINT-SUAIRE (Le) du Christ, relique conservée à Édesse,
puis achetée par l'empereur Constantin Porphyrogé-
nète et transportée à Constantinople ; donnée par Jean
Paléologue au doge de Venise, Leonardo Montaldo,
et enfin par ce dernier à l'église de Saint-Barthélemi
a Venise, où elle est déposée aujourd'hui, p. 227-
228, 456.
SAKOULA, uwgacyw; latin sacculus, le capuchon de la
robe monastique, cucullus, p. 585.
SALAR, uwwp; persan 3YLw “ancien, prince, chef, gé-
néral d'armée, viceroi, lieutenant, juge, ou toute
personne exerçant de hautes fonctions», p. Lxxv, 70.
SAMSÈR, wurüp, OÙ famMsur, wwdènwp, latin censarius; of-
licier du fisc, chargé de prélever pour le roi le cens
sur les marchandises mises en vente sur les marchés
ou dans les magasins, p. xCvI11, 748.
SAMSÈRICHÊE, vwdüpskp, et sémsarichék, odüwpstp-
latin censarta , sensatarium , droit perçu par le censarius ;
ce droit appelé aussi jus domini regis, p. 748,750, 759.
Sanpaces du CHRisT, trouvées par Zimiscès à Gabaon
ou à Menbëdj, dans son expédition en Syrie et en
Palestine, p. 19-20, 21.
SANTZAVEL, wuñudur by, transcription des deux mots,
vieux français, sanz avehor, sans aveir, p. 61.
SARÉTCHÈK , wwpbstp, de l'arabe Fe « mât de navire » ;
en latin arboragius ou arboragium, droit de mäture
qui se payait, à raison de tant par mât, à l'embou-
chure des rivières, p. 749-750.
SauMa « bète de somme et charge qu'elle peut porter»,
p. cv.
SBAÇALAR. — Voir ASBAÇALAR.
SBARABED. — Voir ASBAHABED.
ScHAD, zu « ville », mot qui n'existe que dans des noms
composés et qui paraît avoir élé importé en Arménie
par les Parthes: Erouantaschad, Kpacuivquwpunm, la
ville du roi Erouant; Aschdischad, Uisswmhaunn, la ville
des sacrifices ('aschd , jwrjem; rend yaçtu).
ScHan, en persan 8l& «roi»; schahi-Armén , 26 bup,
ou schah-Armën , zu&wpulu « roi des Arméniens », litre
d'Aschod IIT, roi bagratide d'Ani, et que prirent aussi
les souverains musulmans de Khélath, dans la Grande
Arménie, p. 13, 85, 195, 196, 197, 326, 393.
SCHAHANSCHAH, pwGuuouu, schahenschah, 284 v;w, et
schahinschah, >w@fupwé; persan SLRRDLS «roi des
rois»; transcrit en grec oeyavaad, daviodv: litre
donné à plusieurs des souverains arméniens d'Ani,
de la famille des Bagratides, p. 13.
SCHAHAKHOR'ABED, 2æGwfennuwuhkan, où schahour'abed,
2uéncnuwuwba «chef des écuries royales », comes sta-
buli, sous les rois arsacides d'Arménie; du persan
schah, 5 «rois, 4khôr, Je écurie», et bed, kan,
X «chef, maitre».
SCHAL'AR, 2wpwp; persan ne saccharum «sucre»,
p- 751.
SCHARPH'OUSCH, 2wphnr), sorle de coiffure en usage
chez les anciens Arméniens; persan OISE turban,
voile », p. 597.
ScHËN , 26% «construction », et en: composition « habita-
tion, résidence, village»; Héthoumaschéên, &6@Bni.
fu Eu «la construction, la résidence ou le village de
845
Héthoum »; Marmaruschén , W'æpdivpuw) Eu « construc-
tion en marbre »; en suivant une autre lecon et une
autre interprétation, Marmaschén, [J'wpiliu Eu, « cons-
traction de Marie»; nom d'un couvent de la Grande
Arménie. |
ScuiG, 244, en arménien vulgaire: arabe [ju « oiseau
aquatique du genre anas», p. 135.
ScuriTes, les musulmans qui reconnaissent Ali comme
le légitime successeur de Mahomet, et qui sont con-
sidérés par les Sunnites ou orthodoxes comme héré-
tiques, p. 363.
SCRIPTORES REGIS, les scrives du roi, erhployés à la
chancellerie royale de Sis, p. LxxxvII.
SDRADELAD, swpunbqunn, grec o7parekärys; titre du
général en chef des troupes arméniennes, sous Théo-
dose le Jeune, p. Lxxv.
SéBasTEe où AUGUSTE, titre honorifique de la cour byzan-
tine et ses dérivés : pansébaste, protosébaste, panhyper-
sébaste, sébastocralor. Le titre de sébaste accordé à
des princes et à des chefs arméniens, à un seigneur
français de la Cilicie, le baron Henri de Château-Neuf;
celui de pansébuste conféré par Manuel Comnène au
prince roupénien Thoros II, déja nommé sébaste,
P. LI, LXXIX, LXXX, 193, 329, 905.
— Sébastocrator, p. 156, 383.
SÉBOUH , #£œne$ « noble, hibre de condition », même si-
gnification que azad (voir ce mot), p. Lvir.
SECOND DU ROYAUME (LE), Ephpopr Puquinpar Oui,
ou lieutenant du roi, le principal des grands officiers
de la couronne institués par Valarsace, premier roi
arsacide d'Arménie, p. LxxvI. — Voir LiEUTENANT
DU ROI OU DU ROYAUME.
SEMAINE (GRANDE), avak schapath, wruwg jwpwff, où
semaine sainte, p. 70.
— Petite semaine, schapath ph'ok'rig, 2wpuf nerk4.
l'une des quatre semaines comprises depuis la troi-
sième jusqu'à la sixième du grand carême ou carème
de Pâques, à l'exclusion de la Grande semaine, ibid.
SÉMSARTCHÊK . — Voir SAMSÉRTCHÊK”.
SÉ\ÉCHAL, en arménien sinidchal, ufuhÿuw ; sénesdchal,
uEuEuÿuw, ; sénelsal, vbubguy , et sénéqal , “Eubku,,
dignité empruntée par les Arméniens aux croisés,
P. LXXXIX, 208.
SÉNÉCHAUX DE LA TABLE (Les), #6vbfu pu nbquiufu,
à la cour des rois de Jérusalem, p. 296.
SÉNÉGABED, #bbbuuwban, «maître de la chambre», ou
chambellan, dignité de la cour des Arsacides d'Armé-
nie, p. LXXVII, LXXVIIT.
SIÈGES APOSTOLIQUES les plus anciens, p. 227.
SIREGH, vhgbn, sikègh, “her où sikél, »h#by. et tche-
k'egh', 5847, transcription du grec oixéÀlov, ou
bien encore sidchil, “kÿbs. sidpil, b#ky du latin sigil-
lum ; acte ou privilège accordé à des marchands étran-
gers pour leur permettre de trafiquer dans la Petite
Arménie, p. 747. |
Sion (Les fils de), c'est-a-dire le clergé, p. 237. 272,341.
SIR, “hp «sire», titre emprunté par les Arméniens aux
Franks de la Syrie, p. 208, 748.
SoURÈN, Urepér, nom de l'une des branches cadettes de
la famille des Arsacides de Perse, pris par les Ro-
mains pour le nom propre du général parthe vain-
846 |
queur de Crassus, Suréna, lequel appartenait à cette
branche, p. LxIII, 151.
SuLTBAN, titre au-dessus de celui de mélk ou roi, p. 120.
SULTHAN, grand émir de l'Orient, titre donné par Mat-
thieu d'Édesse à Soukman el-Kothby, souverain de
Khëlath. dans la Grande Arménie, p. 94. — Voir
Maison ou NATION ORIENTALE.
SuLTHAX, émir de l'Orient, titre du sulthan seldjou-
kide de Perse, Daph'ar (Mohammed), p. 92.
TABLAGIUM, TABULAGIUM ou TAULAGIUM, droit à payer
pour tenir une table ou un étalage dans les marchés,
p- XCVHL.
TAccoLIN, nom italien de la drachme, ou tram d'Armé-
nie: le taccolin d'argent équivalant à 10 deniers d'Ar-
ménie, p. CHI, CIV, 749.
TAHÉGAN, monnaie arménienne de deux sortes, en or
et en argent, p. 15, 400.
— Tahégans d'or rouge, p. 365.
TAKAFOUR, ASS , transcription arabe du mot arménien
Buwqurnp, thakavor uroi», titre dont les écrivains
arabes se servent pour désigner le souverain de la
Petite Arménie, et quelquefois les empereurs de
Constantinople, p. 524, 528. 709, 710.
TaurÆ, en grec doméaxes, machines sous lesquelles
s'abriltaient les mineurs pour saper les murailles, dans
les sièges, p- 247.
TANG, quëk, ou tank, quiug , pelite monnaie, quatrième
partie de la drachme, une obole, un objet de petite
valeur; en persan “is, grec davéxr; assimilée dans
la version arménienne du Nouveau Testament à l'as,
docdpiov, p. 197, 221.
TARBAS, qupuuwu « palais », p. LXXXII.
— Mot pris aussi dans le sens de «cour du roi, haute
cour ou cour des barons du royaume de la Petite Ar-
ménie», p. 760.
TARIFS DES DOUANES ARMÉNIENNES, négociés erf 1288,
en faveur de la république de Gênes, par l'amiral Be-
noit Zaccharie, p. xCvI sqq. CH, CII.
TARITE, gwphB; arabe 5 b « vaisseau de transport»,
en latin du moyen âge tarida , tarides et tareta.
TonëkeGn’, seb. — Voir SIKEGH .
THôiz , Boys ; arabe SL « oiseau aquatique à longs pieds
ayant la queue noire cet le plumage cendré », p. 139.
TekBiR, arabe aS5 «l'action de prononcer la formule
PS AN, allah akbar, Dieu est très-grand », p. 549.
THaBazxHANAB . 8bldub ou &blub «orchestre ou
musique des souverains orientaux et des émirs»,
p. 335. |
THacri, Ve , et thangni, RS, en mongol;
sr: tanri, où suivant la prononciation vulgaire,
thangri, en turk «le ciel, Dieu», p. 312.
THAKABAH , Puwqauuuwé « gardien de la couronne», titre
de l'un des grands officiers de la cour d'Arménie,
p. Lxxiv. — Voir THAKATIR.
THAKATIR, Fwqwnbp, littéralement « poseur de la cou-
ronne», grand officier chargé de placer le diadème sur
la tête du souverain dans la cérémonie du couronne-
ment; on nommait aussi cet officier thakabuh, Pw_
quwwé «conservateur de la couronne», p. LAXIV,
644. — Voir THAKABAB.
THAkAVOR, @wquinp «roi», traduction arménienne
INDEX.
SuLTHAN D'ARMÉNIE, titre que s'attribuèrent plusieurs
souverains de la dynastie des Seldjoukides d'Iconium
commesuzerains, ou se donnant pour tels ,du royaume |
de la Petite Arménie, p. 85.
SyLTHAN D'OccrDENT ou de l'Asie Mineure, titre de
Kilidj-Arslan [°, sulthan seldjoukide d'Iconium, p. 60.
SoNNITES , les musulmans orthodoxes, atiachés à la sunna
ou tradition, par opposition aux schiites (voir ce mot),
P- 363.
+ du titre Basideus des empereurs byzantins, 26, 154.
— Du titre arabe &e, mélik, p-. 46.
THAKAVORAHAÏR, Hwqurnpuéuwnpn « père du roi»; grec
Baoikcomärewp; turk atabek. — Voir ARK'ARAÏR el
PÈRE DU ROI. . ji
THAKHDOUN , Berhanne, mot composé de takhd, Bu,
arménien vulgaire, ou dakhd, mwfun , en arménien lit-
léral, «ag en persan « siége royal, trône », et de doun
«maison »: littéralement «la maison du trône», c'est-
à-dire «le palais du roi», p. 760.
Taancri. — Voir THAGRI.
Tuimarsis, Fbdiughe, adjectif dérivé de thema, division
militaire de l'empire byzanlin; c'est le corps de milice
qui avait la garde du thema, p. 17.
Tuoncow. — Voir NarTioN ou Maisox DE THORGOM, c'est
à-dire les Arméniens,
THORGOMIENS, (drrpgndbuwrep, descendants de Thorgom,
nom sous lequel les Arméniens désignent quelquefois
les Turks et les Turkomans auxquels ils ont attribué,
dans des temps postérieurs, une descendance com-
mune avec eux de Thorgom ou Thogarmah, p 394.
TrTREs FÉODAUX empruntés par les Arméniens aux Latins
de la Syrie, p. Lx.
Tour’a, sorte de manteau fait en peaux de chèvre dont
le poil, ordinairement très-long, est tourné à l'exté-
rieur, en usage chez les anciens Arméniens, et encore
aujourd'hui, sous le nom de meschlak ou kaboula (ca-
pote), chez les montagnards du Taurus, p. 597.
TRAITE DES ESCLAVES dans la Petite Arménie, faite par
les Génois, p. c. |
Tram ou DRAM, gra, dpayur « drachme », monnaie ar-
ménieune autrement appelée taccolin (voir ce mot),
en arabe #5, le dirhem: le drachme ou taccolin va-
lait dix deniers d'Arménie, p. CI. 749.
TRANSLATEURS. — Voir DRUGOMANNI CURIEÆ.
TREMBLEMENTS DE TERRE dans la Syrie et la Cilicie,
P. 110-112,17Q, 370, 371,608, 614,624.
— À Chypre, p. 485.
— À Erzénga, p. 455.
— À Kantzag, p. 417.
— Dans le Khoracçan, P- 451.
_— Sur le littoral de la Syrie, p. 476, 480.
. Trisacion (Le) des Arméniens, réputé par les Grecs
comme contraire à l'orthodoxie parce que les premiers,
en chantant cet hymne en l'honneur du Christ, ajou-
taient : qui as été crucifié pour nous, et semblaient, au
dire de leurs accusateurs, donner à entendre par ces
paroles que les trois personnes de la Trinité s'élaient
incarnées en même temps el avaient souffert égale-
ment la mort sur la croix, p. 367.
Turma, roûpua, poste militaire placé comme garnison
dans un cantonnement ou une place forte. p. 177:
PHILOLOGICA ET VARIA. 847
Tzanca ou TERZARCA, prime exigée pour la recherche,
par la police arménienne, des objets volés à des étran-
gers, P. XCVIN.
TzoR, dep « vallée étroite et profonde», en composition
dans une foule de noms géographiques de l'Arménie ;
Khavuratzor, Juwcwpudnp « vallée de l'obscurité ou
ténébreusc »; Havoutzor, &uwinednp, « vallée du coq,
de la poule, ou de l'oiseau ,.
UniraiREs ou FRÈRES UNS, société religieuse composée des Arméniens latinisants, dans la Grande Arménie. —
Voir FRÈRES UNIs.
Van, fufv (sanskrit vana) , « habitation, demeure » ; vank',
Juve, au pluriel, « couvent ou réunion d'habitations
séparées formant, dans leur ensemble, une commu-
nauté religieuse »; pluriel vulgaire vaner, fuubp, d'où
le Vanerum des chartes latines, nom d'un casal ou
domaine rural situé dans la Plaine cilicienne; en com-
* position dans une foule de noms de monastères de la
Grande et de la Petite Arménie, Garmir-vank, Wwpdpp
Ju? «couvent rouge»; "Hovhana-vank', &nsuñnu.
due «couvent de Jean»; Hor'omosi-vank, &anadn.
“hfuup «couvent du Romain», p. Lxxxv, 637.
Var’, Jen, le sixième des huit tons de la musique de
l'église arménienne, lequel a un accent grave et plain-
tif, p.111.
VaARAKOUÏR, wpwagnyp, rideau qui ferme l'entrée du
sanctuaire, dans les églises arméniennes, et que l'on
ouvre ou que l'on ferme à divers moments de la
liturgie, et'tenant lieu de l'iconostase des églises
grecque et russe, p. 285.
VARÇAGAL, fewpuwkus , littéralement « ce qui retient les
cheveux», diadème ou couronne des anciens souve-
rains arméniens, liare arméniaque, p. Lv.
VARTABED, fwpquwbu, littéralement «maitre de la
rose », docteur en théologie dans l'Église arménienne,
passim.
-
VÉGHAR, bqup; latin velarium, insigne des patriar-
ches, évêques et docteurs de l'Eglise arménienne,
p- 598.
Veivres (Les quatre) de la nuit. — Voir Ban.
VESDARIOUDZ, buwwnpheS, et vesdur'in, Jéemuwn fu; en
latin vesliarius et veslitor, en grec Beoiäpos, Beoîy-
rwp (veslitor) et Béo7ns, officiers qui avaient soin de
la garde-robe du souverain, à la cour de Byzance, et
qui étaient chargés d'en présenter les différentes par-
ties au resliaritès, fBeciapirns, pour que celui-ci en
revêtit l'empereur ; à leur têle étaient placés le Be-
olapyns et le wpwroeoiaplrns, p. 296.
VGaAïASËR , ÿ fupwubkp « l'ami des martyrs », surnom donné
au patriarche Grégoire IT, dit Vahram, parce qu'il tra-
duisit ou fit traduire en arménien une grande partie
des martyrologes grec et sÿriaque, p. 29.
VIEUX DE LA MONTAGNE, chef de la secte des Ismaëliens
ou Assassins, p. 129.
Vixaïr, fbquyr, latin vicarius « le vicaire de la commune
de Gènes outre-mer», titre de l'amiral génois Benoît
Zaccharie, représentant de la République dans la né
gociation du traité de commerce fait en 1288 avec le
roi d'Arménie Léou IIT, p. 748.
Vou, gnry, latin bulla; osqi voul, nu4f {ney, chryso-
bulle, p. 761.
ZENDIÉBIL, gpvauhy, arabe Jan, «gingembre». l'un des articles du commerce des Génois dans la Cilicie et
l'Asie Mineure, p. 750.
Fe
+
CHANGEMENTS ET CORRECTIONS.
+
Page Lxin, ligne 17, Introduction, au lieu de $ 2, lisez $ 3.
P. cxxiv, À 2, Introduction, au lieu de $ 3, lisez S h.
P.8,1. 12, traduction, au lieu de la plus grande partie fut exterminée, lisez la plus grande partie
des dix mille hommes de l'armée grecque fut exterminée.
12,1. 2, trad. au lieu de dix mille, lisez douze mille.
16,1. 17, trad. au lieu de leur résidence, lisez leur résidence, redoutant notre approche.
18,1. 2, note 1, au lieu de Gibelet, lisez Gibel.
18,1. 3, note 1, au lieu de Phénicie, lisez Syrie.
392,1. à, trad. au lieu de six mois, lisez dix mois.
. 34,1. à, trad. au lieu de la maladie, lisez la mort avec la maladie.
h3,1. 14, trad. au lieu de trente mille hommes, lisez trois cent mille hommes.
d'ou Die
. 47,1. 4, trad. au lieu de par toute la nation arménienne, lisez par les habitants du district de
Schirag et toute la nation -arménienne.
P. 54,1. 7, trad. au lieu de puis cette teinte se changea en noir, lisez cette teinte, d'abord de
couleur de sang,
P. 54,1. 14, trad. au lieu de comme d'habitude, lisez contre l'habitude.
P. 64,1. 10, trad. au lieu de devant les savants, lisez devant les savants et les puissants.
se changea en noir.
P. 64,1. 19, trad. au lieu de néanmoins, j'existe par ma foi et ma foi existe, lisez néanmoins.
j'existe par ma foi.
P. 65,1.5, trad. au lieu de et si, en violation, lisez et si, pour l'exécution.
P. 70, L. 2, texte, au lieu de pu&uwyu, lisez pu&wu.
P. 72, 1.8, trad. au lieu de marchèrent, lisez marchèrent en nombre immense.
P. 74,1. 8, trad. au lieu de à la tête de son infanterie, lisez à la tête de sa garnison et de son
infanterie.
P. 55,1. 8, trad. au lieu de Daph'ar, lisez Daph'ar, son frère.
P. 80,1. 8, texte, au lieu de quggn, lisez wggr.
. 101,1. 3, trad. au lieu de quinze cents, lisez douze cents.
. 101,1. 5, trad. au lieu de les battit, fit, lisez les battit, leur tua cent cinquante hommes, fit.
. 122,1. 1, note, au lieu de veno, lisez vero.
P
P
P
P. 129, L. 8, texte, au lieu de A] LITE lisez U eg.
P. 129,1. 12, texte, au lieu de dE, lisez db.
P. 129,1. 13, trad. au lieu de cinq mille, lisez sept cents.
P. 132,1. 2, texte, au lieu de uucqanuil , lisez uncjnuit.
P. 141,1. 15, trad. au lieu de Josselin alla trouver, etc. lisez Sadaka (Salé), fils de... . alla
trouver Josselin.
P. 144,4 1, trad. au lieu de les enveloppèrent et, lisez les tinrent enveloppés pendant trois
Jours, et.
P. 239,1. 17, col. 2, au lieu de nqmwgkp, lisez anpugkp.
P. 312,1. 15, trad. au lieu de afin de contenir ces barbares, lisez afin d'empêcher ces barbares
d'inonder la terre par leurs populeuses irruptions et de la souiller par leur présence immonde.
P. 313,12, trad. au lieu de six mille, lisez trois mille. : |
Hisron. ARM. — |.
107
SR —
850 CHANGEMENTS ET CORRECTIONS.
p. 315,1. 1. trad. au lieu de en trois camps, lisez en deux camps.
P. 315,1. 9, texte, au lieu de anbqunÿu, lisez nbqunÿu. s
P. 316, 1. 8, texte, au lieu de Lajbuku L cb fr u qen'ut Su), lisez Unjuwyku L LT
peu qrenl SUP. Là
P. 316,1.13. au lieu de quoluwqiu, lisez quobuunsu. |
P. 316,1. 14,trad. au lieu de-on les appelle, lisez on les appelait.
P. 3:17, L 10, texte, au lieu de qhuunuiup . lisez qhumuilp. |
P. 430. 1. 7; note 1, au lieu de au lundi de la Pentecôte, lisez au dimanche, après la Pentecôte.
N. B. Ce qui suit, depuis : «seulement le chroniqueur syrien » jusqu'à « par conséquent le 8», doit étre effacé; *
car l'erreur du quantième mensuel reprochée ici à Aboulfaradj n'existe pas, el il est très-correct en disant : «le di-
manche 14 de Haziran ( juin)».-
P. 509, |. 3, note, au lieu de tutius, lisez tuteur.
P. 511,1. 1, note, au lieu de Héraclée ou Cybistra, lisez Héraclée, près de Cybistra.
P. 699, 1. 26, note préliminaire, au lieu de Gor'igost, lisez Gor'igos.
P.724,1. 7,àla fin du deuxième alinéa, à ajouter : À ces cadeaux , Charles IF, roi de Navarre,
joignit pour l'usage du roi d'Arménie, Léon VI, treize livres de sucre, huit livres d’avelines, une
livre d'eau de roses, une demi-livre de gingembre, une once de massis, une demi-livre d'anis, et
une demi-livre d'autres épices. (Diccionario de las antiquedades del reino de Navarra, par D. Jose
Yanguas y Miranda, t. IL, p. 131.)
N. B. Plusieurs autres erreurs commises, soit dans la transcription , soit dans l'identification des noms propres, |
ont été corrigées dans l'Index IT, noms historiques , et III, noms géographiques. Le lecteur est prié, au besoin, d'y Ù
recourir.
TABLE DES MATIÈRES.
PRÉFACE.
MATERIAUX POUR SERVIR À L'HISTOIRE DU ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE.
1° Les écrivains nationaux... ......... ee ee de ne I
2° Les chroniqueurs arabes, syriens, grecs et latins........... House es vil
Liste chronologique des auteurs arméniens contenus dans ce volume. ........ eo CRI
INTRODUCTION.
LE ROYAUME DE LA PETITE ARMÉNIE OU LA CILICIE AU TEMPS DES CROISADES.
Cuar. Ï. Géographie physique, considérée dans ses rapports avec la géographie poli-
tique....... > lobes “ss or taie PR AR DES XVII
$ 1. Configuration du sol; montagnes et défilés......... Seb eo XVIII
$a. La côte cilicienne........... A Re . XXXIII
$ 3. Système fluvial....................... Rd rc os XXXVI
Cuap. IT. Le royaume de la Petite Arménie au point de vue historique. ........... XLIX
$ 1. Ses origines et ses premiers rapports avec les croisés................ Ibid.
$ 2. La constitution politique, la royauté et l'aristocratie, ............. .. LV
Liste chronologique des princes et des rois de la Petite Arménie... .... LXI
$ 3. Le patriarcat et le clergé........... Re D Vraie. sue LU
Liste des catholicos ou patriarches, depuis 1065 jusqu'en 1392........ LXVI
Siéges archiépiscopaux...:........ en ete oies Ibid.
Siéges épiscopaux........... Cac babes does ... LXVIU
Chapelle du palais du roi................................... LXIX
Chapelle du palais patriarcal............ Ms edit) de maees . Ibid.
Offices ecclésiastiques divers.................,............. .... Loi.
État nominatif des membres du clergé présents : 1° au couronnement de
Léon IT (1198); 2° au premier concile de Sis (1307); 3° au concile
d'Adana (1314); 4° au deuxième concile de Sis (1342)............ LXX-LXXII
Liste des couvents de la Cülicie......... Hi néede ben ere LXXII
$ 4. Grands officiers de la couronne, et dignités civiles ou militaires; cours
de justice et tribunaux............ ati en nrdicéss LXXIV
Connétables ....... a ed CO Co dote LXXV
Le Heuténanl du TOR. eee saisi eee LXXVI
Chambellans et camériers.. ..... OR Hoi is dise LXXVIII
Proximos ou surintendants des finances. .............,.. ........ LXXIX
852
Cuar. II. Commerce, tarifs des douanes et condition civile des étrangers dans la Petite
TABLE DES MATIÈRES.
Bärons-du:rovalme... 2:22 n Nes ins éesrnetne.
Seigneurs châtelains présents : 1° au couronnement de Léon IT; 2° au pre-
mier concile de Sis; 3° au concile d'Adana
Seigneurs d'Antioche qui passèrent au service de Léon IT, après la mort
de Boëmond le Bambe
État nominatif de quelques seigneurs et des membres de la famille royale,
sous les règnes d'Oschin et de son fils Léon V
Liste des fiefs principaux de la couronne d'Arménie
Chanceliers du royaume, chanceliers particuliers et employés de la chan-
ONE Le ne dde ENT Na st ours .
16 ee 0 0 8 0e 4 2 0 ee 0 8 0e 0 0 1 0 0e 0 ee © ee © © 0e ee + eo
Baillis royaux ......................
EE ES CS
Maréchaux....... a
Capitaines de'la cour du roi
. 0 0 0 0 0 0.
Capitaines, préfets des villes et districts
0 4 0 0e 0 0e 0 0 9 ee ee ee © ee
Adiministration des douanes, capitaines et employés
Cour du roi ou cour des barons
Cour ou tribunal de l'archevêque de Sis
. 2. 0e 8 ee + © © «
Cour ducale, ou juridiction de la connétablie........ .
Bailliage royal
+ 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 ee « o
ArMÉNIE ec... a 0 in tie
$ 1. Tarifs des douanes
.0 ee ee 0 0 0 0 0 0 0 0 0e ee © ee © +
$ 2. Du cas de bris et naufrage
. 2 ee 2 0 9 ee 0e 0 0 0 0 0 0 0 0 0 ee ee ee 0e 0e à + © + 0e
$ 3. Du droit d'aubaine
0. 0 0
$ 4. Des contestations et procès
$ 5. De l'état des personnes.......... A ae) PRET
Concordance du livre des Lignages d'outre-mer avec les Tableaux généalo-
giques Ï et IT, ci-après, pour les alliances des familles arméniennes et des
familles françaises, à partir du règne de Thoros IT (1141-1166), jusqu'à
Léon V (1321-1340)
9 2... 8 00 8 0 0e 0 0 0 0, €
TABLEAUX GÉNÉALOGIQUES ET DYNASTIQUES.
Souverains de la Petite Arménie.
Princes régnants, première branche, Roupéniens, 1° tableau
ee 0 + 0 9 0 + © se «€
Rois : première branche, Roupéniens; deuxième branche, Héthoumiens, 2° tableau.
Troisième branche, Lusignans, 3° tableau
2. 2 0 0 0 0 0 0 ee ee
Transmission de la couronne de la Petite Arménie dans la maison de Savoie par les rois
de Chypre, de la famille des Lusignans, 4° tableau
Héthoumiens, princes de Lampron, 5° tableau
20 0 0 0 0 ee 2 0 0 ee © 0e © + +
Branche de la famille des Arsacides de Perse, dite Sourén-Baklar , tige des catholicos ou
patriarches d'Arménie, continuée jusqu'à l'extinction du patriarcat dans cette branche,
6° tableau
Émirs turkomans de Cappadoce, de la famille de Danischmend, 7° tableau
.
.. ee 0 0 0 0 Re 0 2 2 0 ee 2 8 0 0 8 2 8 te 0 0 et 0 0 0 0 * 0 8 0 © ee ee ee + e ee © €
Liste alphabétique des souverains, princes et seigneurs d'origine européenne qui s’allié-
rent à la famille royale d'Arménie ou à la famille des Héthoumiens de Lampron.….
LXXXIT
Ibid.
Ibid.
LXXIV
LXXXVII
LXXX VIII
LXXXIX
Ibid.
CVHII
CXII
CXIV
CXVI
CXVII
CXXII
©
Tu JU
TABLE DES MATIÈRES. 853
MATTHIEU D'ÉDESSE.
DORE RS :
1° Expédition de Nicéphore Phocas et de Jean Zimiscès dans la Mésopotamie, la Syrie
RE ne a de h
2° Récit de la première croisade... .,,,,..,,,,,................... 24
GRÉGOIRE LE PRÊTRE,
CONTINUATEUR DE MATTHIEU D'ÉDESSE.
Note préliminaire, ......,,....,......,,.,................ .. 151
RQ Re de ae a de nn 152
LE DOCTEUR BASILE.
Note "préliminaire. .......,.,,...,....,.,..,......,................. 203
Oraison funèbre de Baudouin, comte de K'éçoun et de Marasch (Balduinus de Mares).... 204
Note préliminaire. .......,................... ..... TT 223
Élégie sur la prise d'Édesse par l'atabek Emäd-Eddin Zangui........,.......,....... 226
Note préliminaire. .......,....,......................... A 269
Élégie sur la prise de Jérusalem par Saladin........ RER ren ie à 272
Note préliminaire. ...,..,,,..,...................................... baua
Extrait de son Histoire d'Arménie. .............................. ....... h13
Note préliminaire. .....,.,.......,, ..,............:................... 431
Extrait de son Histoire universelle... .....,..........4....................... 434
|
SAMUEL D'’ANI.
Note préliminaire. ............,...... Re a de Do do à h45
Extrait de sa Chronographie avec la continuation par un anonyme.........,.,..,.... h47
HÉTHOUM L'HISTORIEN, COMTE DE GOR'IGOS,
(HAYTHONUS MONACHUS).
{
854 TABLE DES MATIÈRES.
VAHRAM D'ÉDESSE.
Pages.
Note préliminaire. .......,............,....4...sssssssssservesess sense kg:
Chronique rimée des rois dela Petité Arménie. 5554222 seen . h93
CHANT POPULAIRE SUR LA CAPTIVITÉ DE LÉON,
FILS DU ROI HÉTHOUM l!*.
Note préliminaire.............. RS D Re dl de DU D aa a ND 537
OA ee a D Ce D Ta DO Re A los D ue 539
LE ROI HÉTHOUM II.
| Note préliminaire... .................................... D rt oi. 5h:
AT 550
SAINT NERSÈS DE LAMPRON,
ARCHEVÊQUE DE TARSE.
Notice sur sa vie et ses écrits. ............. ue 957
1° Extrait de son ouvrage intitulé : Réflexions sur les institutions de l'Église et explication
du mystre:dela:messts insu mismtsetsnesiuanbhesethastieers des 569
a° Lettre adressée au roi Léon IL....................................... 579
LE CONNÉTABLE SÉMPAD.
Note préliminaire... ........................ AS de a ca ni 605
Chronique du royaume de la Petite Arménie avec la continuation par un anonyme. ..... 610
Appendice à cette chronique... .....,...........................sssssssse 673
MARDIROS (MARTYR) DE CRIMÉE.
Note préliminaire... ....... RE NE nd ee D RD AU 681
Liste rimée des souverains de la Petite Arménie. ............................... 684
LE DOCTEUR MEKHITHAR DE DASCHIR.
Note préliminaire. ....................: NN lames a died io dote ou 689
Relation de sa conférence avec le légat du pape, tenue à Saint-Jean-d'Acre, en 1262..... 691
APPENDICE.
CONTINUATION DE L'HISTOIRE DU ROYAUME DE LA PETITR ARMENIE.
Note préliminaires, veus eos manne mes ee nes 699
Fin:du rèsne dé Léon Vars lis its se de ina diaes 701
Rois Lusisnans d'ArMÉRIS.; ess este ns idiote 708
Rectification et addition aux pages 729 et 730 de l'Appendice précédent..,........... 739
Documents espagnols relatifs au séjour du roi Léon VI à la cour de Jean [", roi de Castille :
1° Délibération du conseil municipal de Madrid, nommant trois commissaires chargés
d'aller prêter serment de foi et hommage au roi d'Arménie, investi par Jean 1" de
TABLE DES MATIÈRES. 855
Pages.
la scigneurie viagère des villes de Madrid, Villareal et Andujar, et lui demander le |
maintien de leurs franchises et priviléges......................... Fi 740
2° Procès-verbal de cette prestation de foi et hommage....................... 7h:
3° Confirmation par le roi d'Arménie des franchises et priviléges des habitants de
MAGIE ed a Cd D ou 743
CHARTES ARMÉNIENNES.
Note préliminaire... ............ D are D da eine 749
1° Privilége commercial accordé par Léon IT aux Génois.................... Ibid.
a° Par le roi Oschin aux marchands de Montpellier. ........................ 704
3° Confirmation du privilège des Montpellierais par Léon V, mineur, et ses deux baiïles
OT TOUR ee dd dd DO Ni ... 756
h° Privilége commercial accordé par Léon V aux Siciliens. ................... 758
INDEX.
I. Collections historiques et auteurs cités.................................... 763
11: Noms-histoniqués;ssu ass nca sen seen todo 778
II. Noms géographiques... ........ ........................,............. 808
IV. Plulologica ét Varia. nus remet caboiersviassienventunt 835
Changements et corrections... ............................................. 849
Karl Krausbart
Buchbincerel
8021 StraBiz ni Menan.
Kéltenstr.9,Tel.04170-521
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